NOUVELLE VAGUE
LES JEUNES TALENTS QUI COMPTENT SUR LA SCÈNE DU DESIGN EUROPÉEN
GUIDE
LES PLUS BELLES
NOUVEAUTÉS TISSUS
ARCHITECTURE
LES 20 PROJETS
MARQUANTS DE 2022 VISITES PRIVÉES
À PARIS, MILAN, MAJORQUE…
6 INTÉRIEURS QUI FONT RÊVER
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LES JEUNES TALENTS QUI COMPTENT SUR LA SCÈNE DU DESIGN EUROPÉEN
GUIDE
LES PLUS BELLES
NOUVEAUTÉS TISSUS
ARCHITECTURE
LES 20 PROJETS
MARQUANTS DE 2022 VISITES PRIVÉES
À PARIS, MILAN, MAJORQUE…
6 INTÉRIEURS QUI FONT RÊVER
Services conseil décoration et conception 3D en magasin French : français
Serpentine. Table de repas, design Fabrice Berrux. Frontline. Bridges, design Antoine Fritsch & Vivien Durisotti. Parabola. Suspension, design Cristián Mohaded. Sushi. Tapis, design Messieurs.
French Art de Vivre
Photos : Michel Gibert, Baptiste Le Quiniou, non contractuelles.
Donnons-leur une chance, ou deux, voire plusieurs ! Car ce sont les forces vives de l’archite ure, du design et de l’art qui vont, dans un futur proche, donner une forme à notre vie et, à travers elle, son identité. C’e la raison pour laquelle nous consacrons ce numéro d’AD aux « jeunes talents » et à la que ion suivante : « Qui e en train d’émerger en ce moment ? Qui no impressionne aujourd’hui et achèvera peut-être de no convaincre dès demain ? »
Les chemins qui mènent aux métiers créatifs sont beaucoup plus divers qu’il y a encore une ou deux générations. Une chose, pourtant, devrait demeurer : pour qu’un projet professionnel con ruise une carrière, la passion doit tôt ou tard entrer en jeu. Les futurs talents majeurs doivent donc impérativement cultiver une vive conscience des choses qui les passionnent, des voies à te er, des portes auxquelles ils veulent frapper. Mais ce numéro montre aussi et surtout ceci : la rencontre entre la formation in itutionnelle, le dévouement personnel et, bien sûr, l’indi ensable
fa eur chance, revêt bien des visages. Prenez par exemple Jorge Suárez-Kilzi, un jeune designer et archite e vénézuélien qui a étudié en E agne et en France avant d’aller au Japon et d’y gagner ses premiers galons. Un passage par l’agence SANAA y a élargi son horizon, l’incitant à accepter des missions sans frontières. On songe aussi à la Française Bina Baitel qui, en étroite coopération avec l’éditeur Glass Variations, o re au verre un nouveau visage dans la fabrication de meubles – les premiers résultats sont merveilleux ! A contrario, tous ces exemples ne signifient pas nécessairement que les jalons de l’accomplissement professionnel doivent être posés dès le départ. Tyson Strang et Tatiana Baibabaeva ont ainsi longtemps exercé des jobs alimentaires à New York et ne faisaient de la poterie que pendant leur temps libre. Puis ce hobby a pris une place croissante dans leur vie, jusqu’à ce que leur marque de céramique Terra Coll Clayworks fi nisse par voir le jour. La vie a ensuite conduit le couple à Majorque, où il évolue désormais vers le design d’intérieur, suite à l’heureuse rénovation d’une ancienne fi nca. Comme quoi, s’il e bon de planifier, on doit aussi parfois savoir saisir, à la volée, les chances qui s’o rent à nous.
Ils sont jeunes et ils ont du talent. Dans ce numéro, c’est la nouvelle génération européenne que nous mettons en lumière à travers un dossier spécial design, présentant une sélection de treize créateurs émergents à suivre de près. En France, en Italie, en Pologne, en Espagne, aux Pays-Bas, en Grèce… ils marchent dans les pas de leurs aînés avec cette volonté de renouveler la discipline. Outre le design, la relève de la décoration est aussi à l’honneur dans ces pages avec Aurélien Raymond et Costanza Rossi, tandem de Studio Akademos. La trentaine à peine, tous deux figuraient déjà dans notre numéro de septembreoctobre dernier (n° 174), au cœur d’un article dédié aux jeunes créateurs français. Et les voilà nous dévoilant dans ces pages leur premier projet résidentiel à Paris, dans un style rétro mâtiné d’influences Art déco.
À Milan, c’est Carolina Castiglioni, fille des fondateurs de la griffe Marni, qui nous ouvre les portes de son appartement où la couleur a été le fil directeur, avec une palette des plus audacieuses. À Majorque, le jeune duo formé par Tyson Strang et Tatiana Baibabaeva nous invite dans sa finca séculaire restaurée par ses soins, en adéquation avec l’architecture vernaculaire de l’île baléarique : une source d’inspiration en matière de réutilisation raisonnée de l’existant. Et pour clore ce numéro consacré aux jeunes talents, comment ne pas évoquer les AD & Range Rover Awards, qui célèbrent à nouveau cette année cinq designers prometteurs. Bonne lecture !
Marina Hemonet Head of Editorial Content
Véritable tremplin pour les jeunes talents, notamment à travers sa section Curated, la foire internationale consacrée au design contemporain de collection revient pour sa 6 e édition, du 9 au 12 mars, à Bruxelles. Réputée pour son défrichage d’une scène vive et innovante, Collectible lance cette année la section New Garde, destinée à valoriser les galeries fondées il y a moins de deux ans. Un œil tourné là aussi vers la jeune génération.
p. 17 L’édito d’Oliver Jahn
p. 21 L’édito de Marina Hemonet
p. 36 Ils ont participé à ce numéro Journalistes, photographes, stylistes : ils ont du talent, nous travaillons ensemble.
p. 42 Nos dix envies du moment Les sculptures d’Isamu Noguchi, la TEFAF à Maastricht, la réouverture du Hangar Y, à Meudon, la monographie consacrée aux Lalanne…
p. 54 Objets de désir Accessoires, meubles de créateurs, luminaires… notre sélection des plus belles nouveautés.
p. 64 Les jeunes talents du design De l’Espagne au Royaume-Uni en passant par la France et l’Italie,
p. 74
ils font souffler un vent de nouveauté sur la scène du design…
Sensualité textile
Focus sur les assises d’exception de l’éditeur italien Edra, et son travail du textile, en constant renouvellement.
p. 76 Le design, une philosophie partagée
Les AD & Range Rover Awards 2023 célèbrent cinq jeunes talents, élus par cinq designers reconnus.
p. 78 La liste WoW 2023
La sélection par les rédactions européennes d’AD des projets qui marquent l’architecture, l’art et le design aujourd’hui.
p. 84 L’appel de la forêt
En Norvège, sur les rivages d’un fjord, une maison édifiée à l’aide de chutes de bois entre en osmose avec la nature.
p. 92 Eva Jospin, artiste protéiforme
La plasticienne nous invite à une promenade enchantée dans ses folies architecturales et ses paysages en carton.
p. 98 Éloge du zen
À Kyoto, les maisons d’hôtes de Maana Homes traduisent l’essence de la société traditionnelle nippone, où l’ascèse devient le nouveau luxe.
Les plus beaux tissus et les cuisines qui nous inspirent…
p. 106 L’étoffe des rêves
En lin ou en jacquard, à fleurs, rayures ou motifs graphiques… En trois tendances, voici
notre sélection de tissus pour des espaces inspirés, à l’intérieur comme au dehors.
p. 112 Le goût du beau
Tons fumés, espaces épurés et textures minérales… découvrez notre sélection de cuisines du moment.
Nooch sofa system, design Piero Lissoni. bebitalia.com
De la Drôme provençale à Paris, en passant par Milan, 6 intérieurs inspirants et, en exclusivité, une découverte des propriétés de Giorgio Armani.
p. 120 Bastide contemporaine
Dans une ancienne bergerie, l’architecte d’intérieur Émilie Bonaventure a créé un lieu où s’effacent les frontières entre intérieur et extérieur.
p. 130 Un écrin précieux
L’architecte Luis Laplace et son acolyte Christophe Comoy ont remodelé un appartement parisien afin d’y accueillir les trésors d’un collectionneur éclairé.
p. 142 Haut en couleur
Quand la styliste Carolina
Castiglioni mélange les couleurs dans son appartement bourgeois, à Milan, elle crée une nouvelle palette, épicée à souhait.
p. 150 De pierre et de terre À Majorque, un couple de céramistes new-yorkais se sont découvert une nouvelle vocation dans la décoration en réhabilitant leur fi nca séculaire.
p. 158
Exercice de style
Fraîchement débarqué sur la scène parisienne, le duo d’architectes d’intérieur Akademos Studio appose sa griffe sur un intérieur parisien bourgeois.
p. 166 L’alliance des contraires
Le duo d’architectes d’intérieur Lotte et Dennis Bruns ont donné une nouvelle âme à une maison hollandaise.
p. 176 Un créateur en ses demeures
Le styliste Giorgio Armani nous ouvre les portes de ses maisons à Milan, Paris, Saint-Moritz...
N° 177 — MARS / AVRIL 2023 EN COUVERTURE, un appartement à Paris signé par les architectes Luis Laplace et Christophe Comoy et photographié par Alice Mesguich.
On poursuivra conformément aux lois la reproduction ou la contrefaçon des modèles, dessins et textes publiés dans la publicité et la rédaction d’AD®© 2023. Les Publications CONDÉ NAST S.A.S Tous droits réservés. La rédaction décline toute responsabilité pour tous les documents, quel qu’en soit le support, qui lui seraient spontanément confiés. Ces derniers doivent être joints à une enveloppe de réexpédition prépayée. Droits réservés ADAGP pour les œuvres de ses membres.
Ce numéro comporte un encart abonnement jeté dans les ventes France, un encart abonnement jeté dans les ventes Suisse et dans les ventes Belgique. Le papier utilisé pour ce magazine est recyclable et renouvelable. Il a été produit avec du bois en provenance de forêts gérées durablement et dont la pâte a été blanchie sans chlore. Les usines sont certifiées par des tierces parties indépendantes selon les normes ISO 9001, Assurance Qualité, et ISO 14001, Environnement.
SYSTÈME D’ASSISES ROGER | DESIGN RODOLFO DORDONI
PETITES TABLES SUPERQUADRA | DESIGN MARCIO KOGAN / STUDIO MK27
DÉCOUVREZ-EN PLUS DANS MINOTTI.COM/ROGER
GLUSTIN.NET
Créations d’artistes . Vintage . Antiquités
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Ont collaboré à ce numéro Alexis Armanet, Helenio Barbetta, Sarah de Beaumont, Noelann Bourgade, Virginie Chuimer-Layen, Ulrich Clewing, Sam Cochran, Luca De Santis, Johan Dehlin, Salva López, Alice Mesguich, Laurence Mouillefarine, Sybil Perrin, Ian Phillips, Patrizia Piccinini, Valerie Präkelt, Flavien Prioreau, Valentina Raggi, Ana-Lena Reith, Francesca Santambrogio, Maite Sebastiá, Florian Siebeck, Daniëlle Siobhán, Hannah Staruschek, Mario Suárez
Senior Adaptation Editor
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Adaptation Editors
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Le photographe barcelonais Salva López vient, à l’origine, des arts graphiques. C’est sa passion pour l’image qui l’a mené vers son activité actuelle, qu’il pratique pour de nombreux médias internationaux, mais aussi des marques de design et de mode. Dans ce numéro, il signe le reportage consacré à la finca majorquine décorée par Terra Coll. Il y a été accueilli par la famille qui occupe les lieux avec « une grande hospitalité. Partager un dîner avec leur famille a été un moment spécial ». Ses photographies en témoignent : les jeux de lumière et de matières créent une atmosphère chaleureuse dans chacune des pièces.
Britannique d’origine et ancien correspondant parisien pour AD Allemagne, Ian Phillips est spécialiste du design et de la décoration d’intérieur.
« Ce qui m’a frappé dans l’appartement décoré par Luis Laplace et Christophe Comoy, c’est le niveau de raffinement et de sophistication, rapporte-t-il.
L’appartement est à la fois beau et chaleureux, sans être ostentatoire, et reflète parfaitement la grande culture de son propriétaire. »
Au-delà du journalisme, Ian se consacre désormais davantage à l’écriture de livres, mais aussi à la production de reportages (logistique et stylisme) dans le monde entier, de Los Angeles à Tokyo.
Alice Mesguich pratique la photographie d’intérieur et de natures mortes pour des designers et des galeries d’art. Ce n’était pas la première fois qu’elle collaborait avec Luis Laplace, dont le travail l’émeut tout particulièrement :
« Dès que j’entre dans ses intérieurs, je ne peux pas m’empêcher de ressentir une espèce de transe contemplative, confie-t-elle. C’est immédiatement inspirant, je deviens boulimique d’images. » Quant à la maison drômoise pensée par Émilie Bonaventure, Alice salue « le lien fait, partout, entre l’intérieur et l’extérieur, les ouvertures pensées au service des magnifiques paysages provençaux ».
Helenio Barbetta est né à Pescara, dans les Abruzzes, et vit aujourd’hui à Milan, après y avoir étudié la photographie. Il est familier des designers et architectes avec lesquels il travaille régulièrement, notamment pour Vogue ou AD. Ce sont « les couleurs » qu’il a aimées chez Carolina Castiglioni ; il faut dire que le rouge, le prune, le jaune ou le bleu qu’elle a choisis en all-over attirent l’œil et le retiennent. De ce shooting, il retient aussi « les pièces de design et les vues imprenables sur le château de Sforzesco » attenant. Dans les prochains mois, Helenio se consacrera à la sortie d’un livre inspiré par la nature.
Si Anna-Lena Reith a étudié la mode à Munich, elle se passionne tout autant pour l’art et le design, auxquels elle se consacre aujourd’hui, en tant que journaliste chez AD Allemagne. Le projet de DAB Studio, à Amsterdam, qu’elle a couvert pour ce numéro avec un enthousiasme non dissimulé, lui est apparu comme une occasion de valoriser « des talents émergents géniaux ». Les fondateurs, Lotte et Dennis Bruns, l’ont accueillie « comme une amie, avec toute l’ouverture d’esprit et la gentillesse du monde » et lui ont fait découvrir « des couleurs et des tons qui dialoguent à merveille, notamment le nougat crème, le beige et le cacao ».
Sam Cochran est journaliste de longue date pour la version américaine d’AD. « Les maisons de designers ont toujours été mon sujet de prédilect ion, explique-t-il. Il est des espaces où les esprits créatifs se révèlent entièrement, où leur imagination peut vraiment se déchaîner. » Il a été présenté à Tyson et Tatiana, de l’agence Terra Coll, par une amie commune, l’artiste Louise Despont, et est « immédiatement tombé amoureux de leur vis ion innovante du design majorquin local. Cette finca rest aurée est un rêve absolu. » Les éditions Rizzoli publieront en mars le nouveau livre du st yliste st ar Colin King, dont il est coauteur.
TOUT CE QUE L’ON AIME EN CE MOMENT
Les nouveaux talents du design européen, les pièces en bronze recyclé de Maison Intègre, le luxe zen des maisons d’hôtes de Maana Homes à Kyoto...
Après avoir inauguré en 2020 sa première adresse parisienne Rive droite, la créatrice de bijoux Charlotte Chesnais investit la Rive gauche avec une nouvelle boutique au cœur de Saint-Germaindes-Prés. C’est de nouveau l’architecte hollandais Anne Holtrop qui signe ce lieu, dans ce même esprit de recherche autour de la forme et de la matière qui le caractérise. Au centre, une paroi en acrylique recyclé évoquant une cascade d’eau figée accueille les dernières collections. Derrière ce décor, un escalier sculptural mène vers un espace plus intimiste abritant la joaillerie. Entre murs en laque vert jade et moquette ultra-épaisse, l’ambiance feutrée n’est pas sans rappeler les seventies, époque chère à la créatrice. M.H.
De l’artiste nippo-américain, on connaît bien sûr les luminaires en papier washi et structure de bambou. La rétrospective au LaM, la première à lui être consacrée en France, montre l’ampleur de son œuvre : ses sculptures et ses céramiques, ses interventions dans le paysage, tel le Jardin de la Paix de l’Unesco à Paris, ou ses réalisations pour l’espace public, dont la fameuse spirale en marbre blanc évoquant un toboggan, présentée à la Biennale de Venise en 1986. Abolissant les frontières entre les disciplines artistiques, Isamu Noguchi collabora aussi à la scénographie de spectacles de danse moderne, en particulier avec son amie Martha Graham. Belles surprises en perspective. L.M.
Isamu Noguchi. Sculpter le monde, du 15 mars au 2 juillet, LaM, 1 allée du Musée, 59 650 Villeneuve-d’Ascq. musee-lam.fr
PAR Clément Bellanger, Annabelle Dufraigne, Nicolas Milon, Laurence Mouillefarine, Marina Hermonet
Charlotte Chesnais, 169, boulevard Saint-Germain, 75006 Paris. charlottechesnais.com
268 exposants ! La foire de Maastricht reste la manifestation la plus éclectique qui soit, couvrant sept mille ans d’histoire de l’art de l’antiquité à aujourd’hui. Certains marchands qui y participent pour la première fois complètent l’éventail des spécialités. Ainsi, PKM Gallery, qui fait le voyage depuis Séoul pour défendre des plasticiens coréens, l’Italienne Caterina Tognon qui présente de spectaculaires verreries contemporaines ou encore Carpenters Workshop Gallery, avec un fauteuil signé Rick Owens (photo). Une initiative cette année, la section Showcase, qui accueille de jeunes professionnels prometteurs, se déploie sur dix stands au lieu de six. Parmi ces bienheureux, le Parisien Maxime Flatry, passionné d’Art déco, qui vient à peine de s’installer rue Guénégaud. Quel tremplin ! L.M.
TEFAF Maastricht 2023 , du 11 au 19 mars. tefaf.com
BIG BANG UNICO SORAI
Hublot s'est uni à Kevin Pietersen et SORAI dans le but de soutenir la préservation et la protection des rhinocéros.
La Rive gauche est chargée d’histoire chez les artistes et intellectuels parisiens. C’est naturellement là que le tout nouvel Hôtel Dame des Arts a élu domicile. Dédié à l’art et aux lettres, pleinement imprégné de cet esprit Rive gauche emblématique, ce bâtiment des années 1950 vient d’être décoré par Raphael Navot. Élu designer de l’année lors de la dernière édition du salon Maison&Objet, il est l’auteur de l’intérieur du célèbre club Le Silencio de David Lynch et de l’Hôtel national des Arts et Métiers, à Paris. L’atmosphère anticonformiste et élégante qui règne dans cet hôtel lui donne un air – savamment cultivé – de décor de film de la Nouvelle Vague. A.D.
Hôtel Dame des Arts , 4, rue Danton, 75006 Paris. damedesarts.com
Au cœur de Saint-Germain-des-Prés, Signé, la galerie de design contemporain créée par Maxime Bouzidi en 2021 présente depuis septembre les pièces du duo de designers Marie & Alexandre. Après leurs étonnants luminaires totems en céramique, ils viennent de présenter des miroirs et, en mars, ont déjà prévu de nouvelles créations… encore secrètes. C’est toute la mission que s’est fixée Maxime Bouzidi : accompagner une nouvelle génération d’architectes, designers, décorateurs au long cours, sur une année complète, afin de produire, au rythme des saisons, des collections permettant d’appréhender toutes les facettes de leur travail. Un regard et un soutien qu’il résume ainsi : « Je les aime, mes créateurs. » De l’amour et le souci de maintenir un lien indissociable avec les plus grands savoir-faire artisanaux et manufacturiers. Coup double. N.M. Galerie Signé, 33, rue Bonaparte, 75006 Paris. galeriesigne.com
Enserré en pleine nature, au centre du Domaine national de Meudon, un immense bâtiment de brique et de verre se dresse aux portes de Paris. Fermé depuis les années 1980, ce monument classé abritait autrefois le premier hangar à dirigeables du monde. Après avoir entamé sa réhabilitation en 2016, le mythique Hangar Y ouvrira durablement ses portes au public au printemps prochain, offrant une surface de 3 500 mètres carrés destinée à accueillir événements et expositions. Ce patrimoine de l’architecture industrielle sera inauguré par l’exposition Dans l’air mettant en scène les machines volantes. Ce clin d’œil à l’histoire du lieu unit passé et présent afin de souligner la renaissance d’un véritable symbole de l’aéronautique. C.B. Hangar Y, 9, avenue de Trivaux, 92360 Meudon. hangar-y.com
Depuis la création de Maison Intègre en 2017, Ambre Jarno fait fabriquer au Burkina Faso des meubles et des objets en bronze à partir de métaux naturels et recyclés, selon le savoir-faire ancestral de la cire perdue. Elle collabore avec des designers sensibles à sa démarche, comme Noé Duchaufour-Lawrance qui vient de signer une collection de tables, lampes, appliques et chaises. Avec Maison Intègre Studio, elle propose désormais des objets et accessoires en bronze recyclé, fabriqués dans son atelier de Ouagadougou, telles que patères, poignées, petites lampes et objets divers à des dimensions plus abordables. Dans une démarche holistique, la créatrice a aussi fondé l’Association Maison Intègre (AMI), afin d’apporter un soutien aux femmes, une aide régulière aux artisans et à leurs familles via l’accès à l’éducation et à la santé.
Il faut saluer un tel engagement. N.M. maisonintegre.com
Nous sommes à quelques pas de Paradou, au cœur des Alpilles. Ici, le soleil règne en maître et vient caresser chaque espace, chaque parcelle du Mas d’Estello. Ce nouveau lieu a été pensé par Liliana Atilova et Alain Meylan, fondateurs du Mas de Chabran, tout proche. Matériaux traditionnels et structures modernes composent son architecture ; les grandes arches de verre du séjour sont habillées de rideaux Pierre Frey ou de Le Cuona tandis que d’anciennes pièces artisanales de L’Isle-sur-la-Sorgue viennent apporter du cachet à l’ensemble. Outre une vue exceptionnelle sur le paysage environnant, le Mas d’Estello offre une terrasse et une piscine en pleine nature. A.D.
Un hippopotame béant abritant un bar, des tritons sculptés dans des feuilles déroulées pour prendre la forme d’une fourchette, des entrelacs de mèches emmêlées pour composer un banc… Chaque sculpture des Lalanne est un coup de folie, aussi fonctionnelle que fantasque ; une ode surréaliste aux animaux. Le couple de sculpteurs fait l’objet d’un ouvrage tout juste publié aux éditions Assouline, LalanneA World of Poetry. Le galeriste Jean-Gabriel Mitterrand, qui les a exposés pendant plus de trente ans, signe le texte accompagnant les photographies des œuvres. L’occasion de redécouvrir les plus emblématiques d’entre elles. A.D. Lalanne - A World of Poetry, par Jean-Gabriel Mitterrand, Assouline, 240 pages, 1 200 €.
On voyage dans l’œuvre d’Elliott Erwitt comme on s’émeut des instants de la vie quotidienne, dans la rue, au théâtre, en famille. Chiens expressifs, quidams new-yorkais et stars de cinéma peuplent la vaste étendue de ses photographies, comme autant de moments d’humour et d’humanité à travers les décennies depuis les années 1950. Le photographe américain, membre de l’agence Magnum Photos depuis 1953, a lui-même défini les thématiques de la rétrospective qui lui sera dédiée au Musée Maillol dès le 23 mars. Une plongée dans la sensibilité de ce maître qui se décrit pourtant comme « un photographe amateur » au sens premier du terme, parce qu’il aime la photographie, tout simplement. A.D.
Elliott Erwitt,
du 23 mars au 15 août, Musée Maillol, 59, rue de Grenelle, 75007 Paris. museemaillol.com
LA TABLE MONOLITHE
Veinage marbré, formes organiques… ce e table en calcite créée par Ian Collings s’impose avec la puissance d’un roc.
Refigured 9, 71 x 61 x 33 cm, prix sur demande. THE FUTURE PERFECT.
PAR Sarah de Beaumont, assi ée de Noelann Bourgade
L’ÉTAGÈRE VINTAGE
Ses rayonnages en verre teinté et acier ont été dessinés par Dimore udio pour Fendi. Matrice, à partir de 143 x 49 x 188 cm, prix sur demande. FENDI CASA.
LE BOUGEOIR BAROQUE
Imaginées par l’arti e Seba ian Brajkovic, les formes rococo de ce chandelier en acier inoxydable font danser la lumière. Dancing Queen, 33 x 40 x 23 cm, prix sur demande. DAVID GILL GALLERY.
LE TAPIS BOURGEONS
Avec ce tapis en laine de Nouvelle-Zélande, l’archite e d’intérieur new-yorkais Giancarlo Valle clame son amour de l’e hétique ethnique. Buds, à partir de 140 x 200 cm, 745 €.
NORDIC KNOTS.
LE CANAPÉ COURBE
En velours de coton, ce e assise incurvée conçue par Chri ophe Delcourt nous invite aux confidences… SYD, 292 x 167 x 72 cm, prix sur demande. DELCOURT COLLECTION.
LE VASE TOTEM
La céramique émaillée tutoie le liège et la corde sur ce vase sculpture de Karl Monies. CCLXVII, 42 x 31 x 31 cm, prix sur demande. ÉTAGE PROJECTS.
LA TAPISSERIE FLEURIE
Comme un tableau, ce e tapisserie en laine tissée main créée par Ami Katz re ire la joie de vivre. Seasons no 3, à partir de 140 x 220 cm, 11 088 €. VANDRA RUGS CHEZ JULES & JIM.
LA TABLE LUMIÈRE
Des plaques de verre ratifié, un fond en miroir et du verre tran arent extralight : avec ce e table, le designer Piero Lissoni fait vibrer la lumière. Spectrum, 100 x 100 x 31 cm, 2 760 €. GLAS ITALIA.
L’APPLIQUE BIJOU
En bronze et laiton finition nickel mat et brillant, ce luminaire de Chry iane Charles orne les murs telle une parure. Composition Nénuphar, 110 x 10 x 69 cm, prix sur demande, MAISON CHARLES.
L’ASSISE BARBAPAPA
Polina Miliou signe des chaises bubble gum, en pâte à papier colorée, bois et mousse de poly yrène expansé. Fruza, 93 x 60 x 53 cm, prix sur demande, CARWAN GALLERY.
En vous réveillant dans un lit Hästens, vous réalisez ce que signifie vraiment un sommeil parfait. Fruit d’un savoir-faire exceptionnel et d’une sélection des meilleurs matériaux naturels, nos lits vous apportent un bien-être incomparable, qui dure toute la journée.
C’e tout un monde végétal et fanta ique qui jaillit de ce bu et en zinc poli de l’arti e Marcin Rusak.
Tephra Credenza, 73,5 x 66 x 197 cm, prix sur demande.
CARPENTERS WORKSHOP GALLERY.
Ce e su ension en bambou géant laqué a été sculptée à la main par l’ébéni e Thomas Lebecel.
Gueule de loup, 90 x 20 x 20 cm, 3 700 €. SAMY RIO.
Philippe Starck et Baccarat poursuivent leur collaboration avec ce e flûte en cri al à l’élégance intemporelle.
Eleganza - Talleyrand by Starck, 21 x 6,5 x 5,3 cm, 550 €, disponible à partir de juin. BACCARAT.
LE PAPIER PEINT GÉOMÉTRIQUE
Chri opher Farr rend hommage à l’arti e Anni Albers avec ce papier 100 % intissé. Child’s Check, 135 cm, prix sur demande.
CHRISTOPHER FARR CLOTH.
LE FAUTEUIL ICONIQUE
Hay réédite l’emblématique chaise de jardin de Gerrit Rietveld, en bois de pin massif. Crate Lounge Chair, 64,5 x 58 x 77 cm, 295 €. HAY.
LE LUSTRE ARTY
L’arti e Jie Wu explore la matière avec ce e lampe en résine et palissandre où l’on devine des formes végétales oniriques. Una Historia Filosófica De Los Jardines II, h 60 x Ø 90 cm, prix sur demande, GALLERY FUMI.
LA TABLE ANTHROPOMORPHE Comme deux jambes nouées dans une boucle infi nie, ce e table d’appoint a été sculptée à la main à partir de blocs individuels de pierre naturelle. Nudo Side Table Verde Tikal, 45 x 36 x 45 cm, 6 351 €. KELLY WEARSTLER STUDIO.
L’APPEL DE LA BANQUISE
Des motifs esquimaux et les couleurs de la glace habillent ce tissu en coton. Alaska, 147 cm de l, prix sur demande. DEDAR.
L’ASSIETTE ARABESQUE
Les couleurs s’entrelacent en un motif hypnotique sur ce e assie e en porcelaine. Dessert Plate, 20 x 20 cm, 130 € le set de 2. LA DOUBLE J.
L’ASSISE ART DÉCO
Avec ses courbes laquées crème et ses coussins en cuir blanc, ce fauteuil de Pierre Augu in Rose rend un bel hommage au design des années 1930. Fumoir Laque, 190 x 120 x 76 cm, prix sur demande. PIERRE AUGUSTIN ROSE.
LA TABLE MONUMENTALE
Avec son plateau en châtaignier massif et ses piètements en céramique émaillée, ce e table de Garcé & Dimofski donne une nouvelle dimension à la salle à manger. Mimi, 176 x 170 x 72 cm, prix sur demande. THE INVISIBLE COLLECTION.
LE PAPIER PEINT EFFET PLÂTRE
Façonné à la main sur des table es d’argile, ce revêtement mural revisite les moulures dans un e rit Art déco. Medjoul, prix sur demande, disponible à partir d’avril, ARTE.
LA LAMPE PLISSÉE
Par la grâce du tissu, un luminaire plissé aux couleurs du désert.
L’art Plissé, Ø 35 x 50 cm, 1 200 €. FOLKFORM.
L’ASSIETTE PÉTALE
De forme libre et épurée, ce e assie e en verre Soda-Lime à la couleur gourmande a été réalisée à la main. Petal Plate Small, à partir de 19 cm, 92 €. SOPHIE LOU JACOBSEN.
LE CANAPÉ AUBERGINE
On fait un clin d’œil aux eighties avec ce e réédition du canapé à la ru ure en vernis noir dessiné en 1982 par Pierluigi Cerri. Ouverture, 318 x 90 x 93 cm, à partir de 10 680 €. POLTRONA FRAU.
Ils explorent de nouvelles matières et régénèrent le vocabulaire créatif par leur vision singulière… Les rédactions d’AD France, Allemagne, Italie et Espagne dévoilent les noms qui comptent sur la scène du design européen.
PAR Ulrich Clewing, Marina Hemonet, Nicolas Milon, Valerie Präkelt, Valentina Raggi, Mario Suárez
TABOURET ET PIÉDESTAL
New Wave en fibre de verre et résine présentés par Lukas Cober lors de son solo show Glassy Conditions au concept store St. Vincents à Anvers, en novembre 2022.
Lukas Cober est né en 1989 à Aix-la-Chapelle, ville frontière entre l’Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas, où il a grandi. Entre 2010 et 2015, il étudie le design de produits à l’Académie des Beaux-Arts et du Design de Maastricht ainsi qu’à la Faculdade de Belas Artes Lisboa, tout en travaillant comme assistant de l’artiste et designer Valentin Loellmann. Depuis 2018, date à laquelle il fonde Studio Cober, il crée des pièces et des collections uniques en bois, fibre de verre et résine, minimalistes et intemporelles. Avec ses lignes architecturales, sa finesse sculpturale et ses formes organiques, Lukas Cober développe une identité singulière reconnue par les galeries du monde entier. N.M.
Ligia Poplawska ; Studio Cober
Il y a trois ans, elle travaillait comme chef décoratrice au Sundance Film Festival. Aujourd’hui, Polina Miliou se partage entre Athènes et Los Angeles. Ses pièces oscillent entre l’art et le design, à l’instar des assises Koutsobola et Irotile, fabriquées à partir de bois, de papier mâché et de mousse de polystyrène. Des œuvres uniques que l’on retrouverait aisément dans un conte de fées contemporain ou une bande dessinée – elle a d’ailleurs baptisé l’un de ses tabourets Obélix. Sa première exposition solo a eu lieu l’an passé à la galerie Carwan, à Athènes. U.C.
Si l’abat-jour Kabuto Light de Lola Lely (ci-dessous) rappelle un trèfle à quatre feuilles, ce n’est pas un hasard, la transformation et le soustexte étant deux thèmes récurrents de son travail. Il y a en effet chez la designeuse britannique un art de chevaucher le design et la scène artistique qui font que l’on retrouve ses créations dans des foires telles qu’Art Basel ou dans des galeries comme Hauser & Wirth, au Royaume-Uni, aussi bien qu’au sein de collaborations, par exemple avec l’artiste pop britannique Allen Jones. Sa Sculpture en bois et cuir (en bas) évoque aussi Alexander Calder U.C.
Autodidacte, c’est sous l’influence de la Méditerranée que ce designer marseillais de 32 ans fait naître de son imagination des pièces à la fois contemporaines et sculpturales. Donald Judd, Julio Le Parc ou encore Tom Wesselmann sont des figures qui l’inspirent, tout comme l’art cinétique et le mouvement Memphis. Son terrain de jeu : l’expérimentation de nouveaux matériaux comme l’acier, l’aluminium, le liège, le bois, la mousse expansée ou encore le plâtre. En rupture avec le design actuel, à travers ses pièces pop et colorées – mais pas que – Axel Chay recherche avant tout la rareté et une est hétique radicale qui confèrent à l’objet une présence artistique dans l’espace. N.M.
GRAND MIROIR mural Ondes 2, en aluminium poli, et fauteuil Parad jaune en acier laqué.
Né au Venezuela, puis formé à Barcelone et en France, cet architecte et designer est passé par des agences internationales telles que Sejima+Nishizawa SANAA et Jun’ya Ishigami, jusqu’à ce qu’en 2008 il s’établisse en créant ses propres collections de meubles, de céramiques et de luminaires. Son travail est influencé par ses racines latino-américaines mais aussi par la culture japonaise dans laquelle il a baigné durant sa formation. Sa collection de lampes Mush, en forme de champignon, est composée de morceaux de fibre de verre et de résine. L’aluminium et le bois de chêne et de cerisier font aussi partie de ses matériaux de prédilection, ainsi que la porcelaine, avec ses vases de la collection Family. Ces pièces s’appellent – pour rester dans le thème familial qui lui est cher – Papá, Mamá et Niño. M.S.
Guglielmo Giagnotti a fait ses premières armes chez Vincent Van Duysen. De son côté, Patrizio Gola compte à son actif des collaborations avec DWA Design Studio et Dimorestudio. En 2020, ils fondent à Milan studioutte, un nom qui évoque les termes « refuge » et « hutte » en allemand. Des références multiculturelles, un culte presque animiste de l’objet et des formes archétypales caractérisent leur champ lexical très personnel. Parmi leurs projets récents, on note des hôtels, des appartements privés et des meubles autoproduits, sobres et raffinés. Ils travaillent en ce moment sur de nouvelles créations design, mais aussi sur une villa dans les Alpes rhétiques, deux maisons à Milan et des projets de stylisme et de direction artistique. V.R.
LAMPE Mush, en fibre de verre et résine.
FAUTEUILS 001 ert, en bois composé de sept planches, et banc 003 osaka, en chêne massif et détails de métal noir.
Bina Baitel connaît bien le langage classique du design, des colonnes cannelées de la Grèce antique aux édifices des Omeyyades, au Proche-Orient, en passant par les créations de Pierre Paulin ou Philippe Starck. La Française d’origine suédoise utilise ce savoir-faire pour donner à ses propres idées une tournure qui révèle sa belle personnalité. La collection Helia (2022), que l’on trouve chez l’éditeur Glass Variations, comprend une lampe, des tables d’appoint et une console dans différentes combinaisons de couleurs. Elle tire son charme particulier de la lumière réfractée dans le verre. L’architecte, dont l’agence se trouve à Paris, a aussi conçu le pouf Sublime chez Glass Variations. U.C.
On ne veut pas seulement regarder les tissus, on veut aussi les toucher, s’allonger dessus, s’en envelopper. Zuzanna Wójcik le sait : sa passion est le toucher des textiles – et leur façon de faire appel à tous les sens, d’où sa collection Touch the Textile qui parle d’elle-même. Zuzanna Wójcik affectionne particulièrement les jacquards, ces tissus aux motifs et aux teintures complexes, qui remontent à l’invention du tisserand français Joseph-Marie Jacquard. Originaire de Varsovie, la jeune femme de 26 ans a également étudié à l’Académie des beaux-arts de Łódź (où elle s’est bien sûr spécialisée dans le tissage Jacquard) et à l’University of Textiles de Borås, en Suède. Notre pronostic : avec son sens exceptionnel de la matière, elle ira loin. U.C.
LAMPE, POUFS ET TABLE D’APPOINT Helia, en verre réfracté (Glass Variations).
En 2022, Mac Collins a reçu le premier prix Ralph Saltzman du Design Museum de Londres. Ses bols en bois sont disponibles chez Vaarnii, sa chaise lounge Iklwa est produite par Benchmark. Il en existe aussi une version bleue, de la teinte du costume que portait son grand-père lorsqu’il a immigré au Royaume-Uni depuis la Jamaïque. En projet : la maison d’un ancien dirigeant colonial. V.P.
À tout juste 30 ans, Léa Mestres détonne dans le milieu du design avec ses lampes XXL en crépi aux teintes vives. À la frontière de la sculpture, celles-ci illuminaient le stand de la Galerie Scène Ouverte en décembre dernier à la foire Design Miami. Un joli coup de projecteur pour cette designeuse parisienne formée à Eindhoven, dont le parti pris est de se laisser complètement guider par son imagination, ses objets évoluant au gré du processus de fabrication. Puisant notamment son inspiration dans l’œuvre de Niki de Saint Phalle ou de Salvador Dalí, Léa Mestres joue avec les formes et les échelles pour apporter une note de légèreté à ses objets surdimensionnés ; une caractéristique déjà observée avec sa série Bubble, une ligne d’assises à l’esprit ludique. M.H.
CHAISE LOUNGE Iklwa, en bois, coloris Earth Orange (Benchmark).
Il a été l’un des jeunes créateurs espagnols sélectionnés pour le Rising Talents Award à la dernière édition du salon Maison& Objet de Paris. Formé au design industriel au Pratt Institute, à Brooklyn, le Galicien Miguel Leiro est passé par les agences de Juan Uslé, Jaime Hayón et Moneo Brock Studio. Il collabore aussi avec le verrier Panoramah ! ou la Camp Design Gallery. M.S.
« Que se passera-t-il si je prends une sneaker et que j’en fais une étagère ? », s’est demandé Gustav Winsth. Une question dont il a fait son sujet de thèse au Beckmans College of Design, à Lidingö, près de Stockholm. Le résultat : un diplôme, l’obtention de bourses et de prix divers et, bien sûr, l’invention de Dio. L’étagère, qui pourrait tout autant être une sculpture ou un paravent, est conçue en aluminium et a des pieds rouges en granulés de caoutchouc recyclé coulés en une seule pièce. Gustave Winsth a également conçu le daybed Dag, en collaboration avec la designeuse Teresa Lundmark pour Gärsnäs. Sur une base en bois très linéaire, ses dix coussins bombés ressemblent, disons-le, à des boudins blancs extrêmement confortables. U.C.
SCULPTURE
Tran-Substantia, en céramique et objets recyclés.
DAYBED Dag, en hêtre et coussins en laine (Gärsnäs).
Pour Martina Taranto, née en 1989, le design est un moyen de contact entre les humains et les autres formes de vie. « Mon langage de conception vise à générer des réactions comportementales et éthiques viscérales », confie-telle. La Sicilienne a étudié à l’Istituto d’Arte Applicata e Design de Turin, puis au Royal College of Art de Londres. Avec pour matériau de prédilection la nature, Martina Taranto crée des pièces holistiques et métamorphiques qui incorporent, invoquent, respectent cette nature. Ses recherches, commandées par des festivals et des galeries, comprennent des projets tels que Viral Nature, de petites colonnes archaïques en matière fertile qui incorporent des graines et génèrent des fleurs, Tran-Substantia, des fleurs en céramique fabriquées à partir d’objets recyclés de toutes sortes, ou encore Nuovomondo, des vases composés exclusivement de fibres et résines naturelles de figue de barbarie, désormais au catalogue de la marque JCP Universe. V.R.
Le toucher est le plus alerte de nos sens. C’est la conviction de Monica Mazzei, vice-présidente d’Edra, qui a fait du bien-être une vocation :
« Le confort idéal que nous cherchons ne peut s’obtenir que par une synergie entre la matière et la forme », explique-telle. L’éditeur est en effet pionnier dans ce domaine, grâce à ses matières brevetées, comme le Coussin intelligent ou le Gellyfoam : « Un canapé Edra accroche le regard par sa beauté, mais on ne le découvre réellement qu’en s’asseyant dessus. » Son savoir-faire permet à Edra d’innover sur chacun de ses produits : « Nous n’utilisons pas de concepts prédéfinis, nous considérons nos meubles comme des corps dotés d’une identité unique. Ils doivent pouvoir se prêter à toute une série d’exigences », même s’il faut pour cela inventer de nouvelles matières. Ainsi en va-t-il de leur collaboration avec le designer Francesco Binfaré, « qui vit ses créations à la première personne », faisant de chacune d’elles le creuset d’histoires de vie.
Une quête technique perpétuelle
Le siège milanais de la marque, installé dans le sublime Palazzo Durini Caproni di Taliedo, offre une profusion de formes et de matières, comme en témoigne le canapé On the Rocks, véritable osmose entre le volume, la matière et le revêtement. « Francesco Binfaré a imaginé un rocher moelleux, grâce au Gellyfoam, et nous avons conçu un fil adapté pour lui donner une armature et une texture qui nous satisfassent pleinement. » Chaque tissu est pensé en exclusivité pour les créations de la marque. « Le divan Sherazade nécessitait des nuances vives, tandis que pour le Pack, nous avons pu restituer sa référence à la banquise arctique grâce à du fil de Lurex. Pour le Grande Soffice, nous avons confectionné un habillage plus robuste à double fil. » Afin de flatter le plaisir des sens, un velours revêt le Tatlin, mais aussi les fauteuils de la Flowers Collection imaginés par Masanori Umeda ou encore l’iconique Boa des frères Campana et ses 120 mètres de coussins tubulaires tressés. Autre moment fort, le Flap Diamond, clouté de « 750 000 cristaux Swarovski sur un tissu en Kevlar de notre invention ». Aboutissement d’un processus de recherche qui embrasse autant la technique que l’émotion, les canapés Edra réveillent nos sens.
À l’ère de l’immatériel, la matière et ses
y reprennent plus que jamais leurs droits. Tour d’horizon.
www.nobilis.fr
Editeur de tissus, papiers peints, mobilier et tapis
© Quentin Ducros
Straw lamp rouilleJulie Lansom
Pour la deuxième année, AD et Range Rover célèbrent leur vision commune d’un design porté par l’innovation, l’expertise, l’élégance, la réinvention et la créativité. Les AD & Range Rover Awards seront l’occasion pour cinq designers de mettre en lumière des jeunes talents particulièrement prometteurs.
PAR Nicolas MilonSélectionné par Guillaume Delvigne
CHAISES Kelly en chêne et tissu Belsuelde chez Dedar (Kolkhoze).
dans la catégorie
Remarkable Design
Depuis plus de cinquante ans, Range Rover incarne un design automobile qui ne suit pas la mode, basé sur l’harmonie des proportions et des lignes, érigé en philosophie – le luxe moderne par le design. Pour illustrer ces valeurs, un jury de cinq designers sélectionnés par AD parmi les designers du moment a été réuni pour élire, dans cinq catégories, un talent émergent qui représente le design de demain. Les cinq créateurs confirmés sont Christophe Delcourt, catégorie Ultimate Chic Elegance ; Guillaume Delvigne, catégorie Remarkable Design ; Axel Goulée, catégorie Endless Reinvention ; Dan Yeffet, catégorie Evolution and Innovation, et Sophie Dries, catégorie Timeless Impact, lauréate 2022 du prix Coup de cœur AD & Range Rover. À l’occasion de cet événement, nous vous présentons les cinq jeunes designers choisis par le jury et dont le travail, orienté vers le design vertueux ou l’expérimentation de matériaux, semble particulièrement prometteur tant dans le domaine du luxe que de l’automobile. Un prix Coup de Cœur sera décerné par AD et Range Rover : rendez-vous dans le prochain numéro pour y découvrir le lauréat !
Des collections de meubles et d’objets sculpturaux de Frédéric Pellenq émane tout son amour du bois. Jouant les contrastes et les équilibres, il passe de formes rondes surdimensionnées à des constructions minimalistes, de totems oniriques à des meubles « couture » presque bourgeois, le tout dans une harmonie soignée et élégante. Ses collections intègrent un savoir-faire remarquable de qualité, grâce à sa collaboration avec des artisans. fredericpellenq.fr
Designer, collectionneur, rassembleur, observateur… Bertrand Fompeyrine est tout cela à la fois. Toujours attentif à l’impact de sa production, il privilégie les matériaux réutilisés, source d’inspiration infinie pour lui, convaincu que la création naît à la fois de la rencontre et de la contrainte. Son désir de créer, instinctif, est motivé par les matériaux qui l’entourent, et si ses créations sont marquées par une démarche engagée, elles le sont aussi par son enfance dans le Sud et ses visites régulières au Mexique et ses couleurs. bertrandfompeyrine.com
Sélectionné par Dan Yeffet
dans la catégorie Evolution and Innovation
FORME HYBRIDE conçue à partir de matériaux recyclés (Bertrand Fompeyrine).
Enfant, elle savait déjà que ses crayons de couleur seraient ses meilleurs amis. Depuis, si ses outils ont changé, Fleur Delesalle livre un travail qui demeure un hymne à la fraîcheur, la finesse et la légèreté. Et chaque projet est pour elle une nouvelle occasion d’explorer les variations d’une identité forte, teintée de poésie et d’élégance. Elle a été récemment remarquée pour son travail résolument graphique pour le château de Versailles et des projets résidentiels en France et en Europe. fleurdelesalle.com
Célèbres pour leur lampe de table en céramique, Cédric Gepner et Sophie Gelinet ont fondé Studio Haos en 2017 et dessinent des pièces aux lignes ultrarigoureuses, privilégiant des matériaux simples – bois massif, contreplaqué, plâtre, aluminium – qu’ils autoproduisent et autoéditent dans leur atelier. S’éloignant de la complication frivole, leurs créations sont marquées par l’attention méticuleuse portée sur les proportions et la clarté. Un style honnête, dépouillé mais réfléchi, austère mais ludique. studiohaos.com
Sélectionné par Sophie Dries
dans la catégorie Timeless Impact
dans la catégorie Ultimate Chic Elegance
Autant inspiré par l’œuvre d’Adolf Loos que de Josef Hoffmann et Piero Portaluppi, Pierre Lacroix imagine des lieux atypiques et singuliers mais accueillants et chaleureux. On lui doit le nouveau décor des suites de l’Hôtel Particulier Montmartre, un appartement galerie du XIIe arrondissement et un autre à deux pas de Saint-Germaindes-Prés où il inaugure les nouveaux bureaux de son agence. On attend sa microcollection de mobilier pour bientôt. pierre-lacroix.com
Sélectionné par Axel Goulée
dans la catégorie Endless Reinvention
GUÉRIDON Nemesis (Fleur Delesalle). TABLE d’appoint, en Inox. FAUTEUIL en acier et contreplaqué finition noyer (Studio Haos). Sélectionnée par Christophe DelcourtSélectionnés par les rédactions internationales d’AD, les projets les plus remarquables d’aujourd’hui en architecture, art et design, ne se contentent pas de réinventer notre monde avec audace : ils l’enrichissent, enflamment l’imagination et génèrent des communautés. Découvrez notre sélection des vingt Works of Wonder, la liste WoW 2023.
PAR Sam Cochran
LA MAISON DE LA MUSIQUE HONGROISE, à Budapest.
Boutique Dior, 30, avenue Montaigne
PARIS, FRANCE
L’emblématique hôtel particulier de Christ ian Dior, sur la Rive droite, siège parisien de la marque depuis 1946, a rouvert ses portes après une rénovation spect aculaire de plusieurs années par l’architecte Peter Marino.
À la fois boutique, atelier et galerie, cette adresse légendaire est désormais un lieu incontournable de l’histoire de la mode. Dior.com
L’extension du Anahuacalli Museum
MEXICO, MEXIQUE
Initialement imaginé par Diego Rivera et son ami Juan O’Gorman comme un dépôt pour les vast es collect ions d’artefact s précolombiens du peintre, ce centre artist ique a été agrandi avec beaucoup de sensibilité par Taller Mauricio Rocha. Trois nouveaux volumes reposent sur des socles en pierre volcanique, poétiquement perchés au-dessus des fameuses formations de lave du site. Les treillis de const ruct ion s’est ompent à l’intérieur comme à l’extérieur. museoanahuacalli.org.mx
Battersea Power Station
LONDRES, ROYAUME-UNI
Const ruit entre 1929 et 1955, ce monument de J. Theo Halliday et Sir Giles Gilbert Scott se montre sous un nouveau jour après une rest auration de huit ans par Wilkinson Eyre. Pour la toute première fois, le public peut profiter de ses salles des machines devenues une dest ination de premier choix pour dîner et faire du shopping. batt erseapowerstation.co.uk
Biosphere à Treehotel
HARADS, SUÈDE
BIG-Bjarke Ingels Group et l’ornithologue Ulf Öhman ont conçu une suite sphérique cernée de 350 nichoirs pour nourrir la population aviaire locale tout en permett ant à de chanceux hôtes de s’immerger dans un écosystème entièrement boisé. treehotel.se
City
NEVADA, ÉTATS-UNIS
Il aura fallu à l’artiste Michael Heizer cinq décennies d’élaboration pour combiner des volumes de terre compactée et de béton dans un paysage désertique qui s’étendent sur 2,4 kilomètres de long et 800 mètres de large. Souvent comparée à une ruine antique, cette œuvre ne ressemble pourtant à rien de ce que nous avons déjà vu. tripleaughtfoundation.org
Depot
ROTTERDAM, PAYS-BAS
Entièrement réfléchissante et trônant en plein parc urbain, cette tour en forme de bol conçue par l’agence MVRDV réinvente avec audace le stockage d’art, en exposant plus de 150 000 œuvres – art et design –qui ne trouvaient plus de place au musée Boijmans Van Beuningen. boijmans.nl
BIOSPHERE À TREEHOTEL, en Suède.Campus Ellen DeGeneres du Dian Fossey Gorilla Fund
KINIGI, RWANDA
Nommé en l’honneur de la star américaine du petit écran Ellen DeGeneres et la naturaliste autodidacte Dian Fossey, ce campus de près de cinq hectares prône la protection des gorilles et le développement de l’écotourisme au Rwanda, avec des salles de classe ultramodernes, des logements, un musée, un laboratoire entièrement équipé et un amphithéâtre à 360 degrés. Le tout signé par l’agence interdisciplinaire à but non lucratif MASS Design Group. gorillafund.org
Fondazione Luigi Rovati
MILAN, ITALIE
Repensé par Mario Cucinella Architects, ce palazzo historique sert désormais de vitrine spectaculaire à la collection de céramiques étrusques, bronzes, orfèvreries et autres artefacts archéologiques amassés par la fondation du médecin, chercheur et entrepreneur Luigi Rovati. Un espace d’exposition souterrain évoque des formations géologiques, tandis que les salles préservées de l’étage noble captent et valorisent l’environnement historique et l’esprit de découverte. fondazioneluigirovati.org
Maison de la musique hongroise
BUDAPEST, HONGRIE
Délice pour les yeux et les oreilles, ce lieu de performance et d’exposition d’un autre monde, conçu par Sou Fujimoto, présente un toit perforé de 145 ouvertures de formes uniques – certaines sont des puits de lumière, d’autres des découpes pour laisser passer les arbres. Les murs de verre font se confondre l’intérieur avec l’environnement sylvestre. ligetbudapest.hu
Kamwokya Community Centre
KAMPALA, OUGANDA
Par la grâce de l’architecte Francis Kéré, de simples plans d’aire de jeux se sont transformés en une étude de cas de bâtiment communautaire. La collaboration avec les résidents locaux a abouti à un complexe polyvalent, comprenant des salles de classe à usage flexible, un gymnase, un cybercafé, un terrain de sport et un studio de musique. « C’est devenu the place to be », confie le lauréat du prix Pritzker 2022 à AD.
Maison Owl
UBE, JAPON
« On dirait qu’elle existe depuis dix mille ans et qu’elle sera toujours là dans dix mille ans », est-il écrit sur le site internet de ce restaurant aux allures de grotte, idée originale du chef Motonori Hirata et de l’architecte Jun’ya Ishigami. Son labyrinthe de salles à ciel ouvert serpente à travers le sol, comme érodé par l’eau et le vent. maison-owl.com
Musée Munch
OSLO, NORVÈGE
S’élevant sur treize étages au-dessus du front de mer radicalement transformé de Bjørvika, ce musée énigmatique – conçu par Estudio Herreros selon la norme Maison passive – rend un hommage affectueux au peintre le plus célèbre de Norvège, Edvard Munch, réunissant quelque 42 300 objets personnels, et 26 000 de ses propres œuvres (dont Le Cri ). Un revêtement en aluminium recyclé et perforé préserve l’espace muséal du capricieux soleil nordique. munchmuseet.no
MAP – Museum of Art & Photography
BANGALORE, INDE
Conçu par Mathew & Ghosh Architects, le MAP vise à transformer la perception du musée par une programmation éducative et une architecture à l’avenant. Le bâtiment de cinq étages fait référence à l’humble réservoir d’eau, élément incontournable des quartiers locaux. À l’intérieur, une vaste collection de peintures, de photographies, de textiles, de sculptures et de design (offerte par le philanthrope Abhishek Poddar) capte la créativité du sous-continent indien depuis le xe siècle. map-india.org
Stade de Quzhou
PROVINCE DU ZHEJIANG, CHINE
MAD Architects a conçu cette arène futuriste – pièce maîtresse d’un parc sportif plus grande encore – en réponse au terrain environnant. Sa forme sinueuse fait écho aux sommets des montagnes lointaines et un réseau d’espaces publics verts permet de mixer les environnements naturels et construits. Enveloppée d’une membrane éthérée, la verrière en acier semble planer au-dessus du sol.
Richard Gilder Center for Science, Education, and Innovation
NEW YORK, ÉTATS-UNIS
L’ajout de Studio Gang au Museum d’Histoire naturelle de New York n’est pas seulement un exploit de construction, c’est aussi une véritable aubaine pour les visiteurs du musée, qui ont vu la circulation s’améliorer, tout en gagnant un accès à des merveilles autrefois inaccessibles et une connexion plus fluide avec le quartier. amnh.org
Rosewood São Paulo
SÃO PAULO, BRÉSIL
Il y a les hôtels traditionnels et il y a ce haut lieu de l’hospitalité brésilienne, cœur ultime de l’excellence architecturale, design et artistique. Une tour végétalisée signée Jean Nouvel, des intérieurs de Philippe Starck,
des jardins de Louis Benech et des installations in situ d’artistes brésiliens comme Vik Muniz et Sandra Cinto, le tout à l’emplacement d’une ancienne maternité. rosewoodhotels.com
Sixth Street Viaduct
LOS ANGELES, ÉTATS-UNIS
Engagé pour remplacer un pont détérioré de 1932, l’architecte Michael Maltzan a conçu un spectaculaire « ruban de lumière » en réunissant dix ensembles d’arches illuminées en une merveille d’ingénierie qui relie désormais les résidents de Boyle Heights au quartier de l’Arts Districts de Los Angeles.
Smritivan Earthquake Memorial & Museum
BHUJ, INDE
Honorant les victimes du séisme de 2001 dans le Gujarat, ce mémorial et musée, signé Rajeev Kathpalia, de Vastu Shilpa Consultants, célèbre la résilience, la régénération et l’espoir. Réparti sur 190 hectares, le lieu, qui veille à favoriser la biodiversité comprend un réseau de réservoirs d’eau monumentaux qui affichent les noms des défunts. smritivanearthquakemuseum.com
Sydney Modern Project
SYDNEY, AUSTRALIE
L’agence SANAA a presque doublé l’espace d’exposition du musée, avec des pavillons vitrés qui descendent vers le port et parmi lesquels une galerie dédiée à l’art aborigène. Un réservoir de pétrole désaffecté datant de la Seconde Guerre mondiale a été audacieusement adapté pour accueillir installations et performances. artgallery nsw.gov.au
Taipei Performing Arts Center
TAIPEI, TAÏWAN
Rem Koolhaas et son équipe de l’OMA ont réuni trois salles de spectacle innovantes, dont le Globe Playhouse sphérique, en un seul complexe flexible. Ses formes futuristes sont surélevées du sol pour laisser place à un « super théâtre » de cent mètres de long. tpac-taipei.org
POUR
LA MER,
propriétaires ont fait couper, devant la maison, les arbres « comme des bonsaïs ». Les branches qui barraient la vue sur l’horizon ont été taillées et le reste a pu rester tel quel.
La côte sud de la Norvège offre un spectacle naturel époustouflant. Petites criques, îles innombrables et fjords étroits, forêts sauvages et prairies vert vif : face à ce paysage, on pourrait croire que des rochers ancestraux ont plongé à dessein vers la mer pour y dessiner un motif. Le genre de lieu qui rappelle à celles et ceux qui voudraient l’oublier que sur Terre, l’être humain n’est qu’un invité. Les architectes de Stockholm Erik Kolman et Victor Boye, eux, le savent bien. Lorsque les fondateurs de l’agence qui porte leur nom, Kolman Boye, ont pris en charge le projet de construction d’une maison près de la ville de Grimstad pour une famille norvégienne, ils se sont simplement posé quelques questions essentielles. D’abord, comment intervenir le moins possible sur le terrain ? Ensuite, quelle est la meilleure façon de mettre en valeur cet environnement grisant ? Et enfin, quels matériaux choisir pour préserver les ressources ?
Pour commencer, la présence sur le terrain d’une cabane construite dans les années 1950 a permis d’accélérer l’obtention du permis de construire. Le reste n’a été qu’un mélange de réflexion minutieuse sur l’espace, de plans millimétrés et de beaucoup d’audace. « Pour ne pas avoir à déplacer ou extraire des rochers sur place, nous avons conçu une maison qui les entoure, explique Erik Kolman. Pour cela, nous avons d’abord étudié et mesuré le terrain avec précision, et nous en sommes venus à la conclusion qu’il était impossible
Si le bois est un matériau renouvelable, son travail génère quantité de résidus et de chutes. En Norvège, deux architectes ont eu l’idée de génie d’employer ces ressources pour construire un refuge de rêve.
PHOTOS Johan Dehlin PAR Ulrich ClewingVOIR les
En tant qu’entreprise familiale, nous savons exactement ce qui entre dans la composition de nos peintures. Nous fabriquons des peintures écologiques dans notre propre usine située sur les contreforts de Snowdonia, dans le nord du Pays de Galles, en utilisant uniquement des ingrédients de la plus haute qualité. Ceux-ci sont mélangés par notre équipe dévouée qui crée des peintures aux magnifiques couleurs utilisées depuis des générations.
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de concevoir des fondations planes. » La maison se compose désormais de deux espaces distincts, reliés par un couloir de verre. Dans l’un, on trouve la salle à manger et la cuisine ouverte. Dans l’autre, un salon ainsi que quatre chambres à coucher sur deux étages, sans oublier la salle de bains. Mais, de fait, le sol n’est pas plan : il épouse le terrain tel un immense coussin. Sur un seul et même étage se succèdent donc cinq niveaux différents. On passe d’une chambre à l’autre tantôt en montant trois marches, tantôt en en descendant trois autres. Autre sujet, et non des moindres : la maison est construite →
presque exclusivement en bois. Cela pourrait sembler banal, beaucoup de maisons alentour le sont aussi. Sauf qu’ici, aucun arbre n’a été coupé pour construire la façade, qui a été intégralement conçue à partir de chutes récupérées chez Dinesen, un fabricant danois de planches et de parquets. « Depuis que nous avons découvert cette entreprise par le biais d’un projet étudiant de l’Académie royale des beaux-arts du Danemark, nous avons réfléchi à ce que nous pourrions faire avec leurs résidus de bois, raconte Erik Kolman. Et pour cette mission, nous avons pensé que c’était la meilleure solution. » S’en suivent alors « beaucoup, voire énormément d’heures » passées
LA FAÇADE de la maison est composée de 12 000 chutes de bois provenant de l’entreprise Dinesen.
Il y a le sur-mesure standardisé… et il y a le sur-mesure Arthur Bonnet. Le vrai. Celui qui commence par une rencontre, votre rencontre avec votre concepteur-décorateur. Une personne aussi passionnée que créative, à qui vous allez confi er vos idées, vos goûts, vos envies, vos besoins. Vous échangerez vos points de vue, il vous conseillera, vous proposera son regard de créatif, et à coup sûr, il vous étonnera. Ensemble, vous aurez conçu votre cuisine à vous et elle ne ressemblera à aucune autre. Pas même à une autre Arthur Bonnet. Le vrai sur-mesure se crée avec vous.
DANS LA CUISINE (EN HAUT), le four à bois permet de chauffer rapidement la maison, qui est également pourvue d’un chauffage au sol.
À L’INTÉRIEUR, les murs, plafonds et fenêtres de l’entrée, du couloir (ci-dessus) et du loft à l’étage (à gauche) sont tous habillés de pin Douglas clair.
DES MARCHES conduisent d’une pièce à l’autre à l’intérieur de la maison.
« Les fondations n’étant pas planes , cinq niveaux différents se succèdent sur un seul et même étage. »
— L’architecte Erik Kolman
à fouiller l’entrepôt de Dinesen, à la recherche de bois exploitable. « Nous nous sommes limités au chêne car c’est un bois dur qui convient parfaitement aux façades, ajoute Erik. Ce fut tout de même un travail éprouvant et chronophage. » Le binôme a fini par réunir 12 000 morceaux utiles.
De largeurs diverses, ils devaient aussi être sciés en trois longueurs différentes – un processus pris en charge par Erik Kolman, qui se trouve être par ailleurs propriétaire d’une menuiserie.
Le jeu en valait la chandelle. La récompense des efforts déployés dans la construction de cette maison ? La certitude ô combien satisfaisante d’un impact bien moindre sur l’environnement. Autre avantage : l’utilisation d’une gamme de bois de teintes différentes, qui fait l’effet d’un camouflage. La façade semble ainsi se fondre entre les rochers et les arbres anciens. Une impression qui ne fera que se renforcer au fil du temps, lorsque le bois se teintera de gris avec les intempéries. Conclusion : la valeur de l’âge ne réside pas que dans sa force, mais aussi dans sa beauté.
LES ARCHITECTES Victor Boye et Erik Kolman.
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l’occasion de la nouvelle carte blanche Ruinart, la plasticienne française Eva Jospin déploie son univers fabuleux et onirique autour du carton. Inspiré par l’esprit du lieu, la nature et certains pans de l’histoire de l’art, son monde foisonnant illustre une multiplicité de savoir-faire et de matériaux.
L’ARTISTE Eva Jospin dans son atelier.
On ne présente plus Eva Jospin. Depuis plus de dix ans, cette diplômée des Beaux-Arts de Paris en 2002 a fait du carton alvéolé et du scalpel une signature à succès. En 2021-2022, l’ancienne pensionnaire de la Villa Médicis, à Rome, a présenté Galleria, remarquable et remarquée forêt conçue à la manière d’une monumentale chambre des merveilles de la Renaissance, au Musée de la Chasse et de la Nature, à Paris. La même année, elle exposait aussi au Musée des Impressionnismes, à Giverny, intervenait aux Franciscaines de Deauville et habillait les défilés Haute Couture Dior de somptueux décors. Celui d’automne-hiver 2021-2022 révélait sa Chambre de soie, constituée d’immenses broderies. Inspirées par celles de la salle des tentures indiennes du palais Colonna à Rome, elles furent réalisées en collaboration avec l’école des métiers d’art de Chanakya, à Mumbai, en Inde. Certes, cette orfèvre du carton n’a de cesse d’accumuler, découper, coller, ciseler ou encore poncer sa matière fétiche, dans son atelier parisien. D’un geste patient, répétitif et minutieux, elle en sonde la profondeur, les nombreuses perspectives et l’aptitude à la métamorphose. « Le carton, c’est la liberté, explique-t-elle,
c’est comme le crayon mais ramené à la sculpture. Désacralisé, pratique, il autorise les erreurs et m’a permis de créer des œuvres à l’échelle monumentale. » Toutefois, depuis quelques années, Eva Jospin explore également d’autres matériaux et supports. Des fils de lin, soie, laiton ou encore du papier japonais, cette passionnée du bel ouvrage fait surgir des œuvres à la typologie plurielle. Où la mémoire du lieu investi se mêle à des nymphées, des architectures gothiques, palladiennes, mais aussi à des gouffres ou encore d’obscures forêts. En bref, une kyrielle de paysages utopiques, inspirés des capricci du xviiie siècle, composés des vestiges, strates géologiques et végétales d’un autre monde.
Genius Loci, entre ciel et terre
« Promenade(s) », son exposition-carte blanche imaginée pour Ruinart, propose plus de vingt pièces à la fois autonomes et connectées entre elles, qui traduisent toute la virtuosité de ses pratiques, nourries par ses visites in situ. En premier, cette amoureuse des jardins merveilleux a imaginé un Carmontelle, inspiré des transparents du peintre, architecte et paysagiste Louis Carrogis, dit de
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VÉRITABLES PAYSAGES
MINIATURES, les « chefs-d’œuvre » d’Eva Jospin s’inspirent des folies du xviii e siècle, mêlant architecture gothique et fantastique à des éléments naturels. En arrière-plan, un haut-relief représente une forêt dense et majestueuse.
LA MÉTAMORPHOSE des couches de carton en strates de pierre, tandis que des petites flammes de laiton illuminent l’ensemble.
« Le carton, c’est la liberté. Il autorise les erreurs et m’a permis de créer des œuvres à l’échelle monumentale. »
— L’artiste Eva Jospin
Embrassez la vie. Embrassez les amitiés et la vie de famille précieuses. Embrassez les moments que vous célébrez ensemble.
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Nous aimons le goût des bonnes choses. Préparées de la meilleure façon possible.
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Carmontelle, précurseur du cinéma au xviiie siècle. Ce fantastique panorama animé déroule mécaniquement son dessin ajouré, révélant des paysages suggérés notamment par le vignoble champenois et le sous-bois avoisinant, auxquels elle a associé des grottes, fabriques de jardin et autres motifs récurrents dans son corpus. « Le Carmontelle constitue le fil rouge de mon ensemble. De ce dessin évoquant l’idée de minéralité, de couches, j’ai créé des broderies colorisées. Mais aussi un important haut-relief, allusion à une forêt dense et inquiétante. » Également issus de ce dispositif qui invite à la rêverie, plusieurs « chefs-d’œuvre », réalisés dans l’esprit du compagnonnage, dévoilent d’incroyables sculptures à l’esprit néoromantique, composées de ruines miniature, de folies accrochées à d’étonnantes stalactites, qui incitent à se perdre dans leurs méandres. S’ajoutent à cela deux vidéos animant la forêt et le décor du Carmontelle, plusieurs séries à l’encre de Chine – dessins marouflés sur plans-reliefs et délicats papiers sous verre, à feuilleter comme un livre – ainsi qu’une œuvre en béton, exposée en extérieur. Autant de mirabilia version xxie siècle qui signent un autoportrait tridimensionnel, comme sa vision de la Maison Ruinart, de ses terroirs et savoir-faire. L’architecture des crayères, celle de la Montagne de Reims, les sarments et les rangs de vignes lui ont inspiré une multitude de formes entrelacées, dans un jeu trouble de temporalités, de circulations, de perspectives inversées et de confusion des matières.
Lauréate 2023 du prix Art Eco-Conception de l’association Art of Change 21, soutenu par la maison Ruinart, Eva Jospin est une artiste inspirante. Précise et précieuse, sa main tout entière au service de ses mythes produit inlassablement des œuvres bijoux qui fascinent et interrogent. Eva Jospin, Promenade(s), du 8 au 12 mars, Carreau du Temple, 4, rue Eugène-Spuller, 75003 Paris. Entrée libre sur inscription. ecarraudutemple.eu
Tout au long de l’année, certaines pièces seront dévoilées lors des foires d’art contemporain internationales dont Ruinart est partenaire.
LE CARMONTELLE déploie un somptueux décor ajouré, inspiré des paysages champenois du domaine Ruinart.
DANS L’ATELIER DE LA CRÉATRICE, à Paris, les cartons empilés, dans l’attente d’être travaillés pour la carte blanche Ruinart 2023.
EVA JOSPIN met la dernière main à Nymphées, œuvre monumentale qui a servi de décor au défilé Dior Haute Couture printemps-été 2023.
Non contentes de prouver que le calme est un luxe moderne, les maisons d’hôtes conçues par l’architecte japonais Uoya Shigenori pour Maana Homes, à Kyoto, démontrent aussi à quel point la beauté de notre cadre quotidien peut être source de bien-être.
PAR Valerie PräkeltDans son célèbre essai Éloge de l’ombre (1933), l’écrivain japonais Junichiro Tanizaki postule que la beauté n’est pas inhérente aux objets, mais se révèle seulement lorsque la lumière rencontre l’obscurité. La maison d’hôtes Maana Kamo, à Kyoto, semble obéir scrupuleusement à ce principe : une fois passé l’entrée, on pénètre dans un salon aux boiseries foncées et aux sols en tatami qui plonge le visiteur dans une pénombre apaisante. Derrière un shôji (cloison coulissante traditionnelle en papier washi), une baignoire en pierre éclairée par une lanterne en papier donne sur un petit jardin à ciel ouvert. Une oasis de tranquillité qui rappelle les onsen, à deux pas d’une rue animée de l’ancienne cité impériale.
À l’origine de Maana Kamo, il y a Hana Tsukamoto et Irene Chang, deux entrepreneuses. « Quand on a découvert la maison, elle était dans un état catastrophique », confie Hana Tsukamoto. Aux côtés de l’architecte Uoya Shigenori, les deux amies d’enfance se sont mis en tête de donner une nouvelle vie à ce bâtiment centenaire. Pour rétablir son intégrité architecturale, il a fallu arracher les papiers peints en vinyle, les lambris et les parquets trop usés. « La maison était assez sombre, se souvient Irene Chang. Au lieu de se donner du mal à essayer d’y faire entrer la lumière, on a préféré expérimenter autour de l’atmosphère des lieux. » Uoya Shigenori a intégré des panneaux de bois foncé et un mobilier discret. De rares objets viennent décorer les pièces. Visuellement, ces espaces nus sont particulièrement évocateurs : la chambre à coucher donne l’impression d’être dans un cocon de bois, éclairé par une unique lucarne au plafond. « La beauté des maisons de ville japonaises traditionnelles ne réside pas dans leur décoration, mais dans les éléments de leur structure », explique Hana Tsukamoto. Le superflu doit disparaître, pour laisser s’épanouir l’essentiel. À l’origine, les machiya, ces maisons en bois du centre de Kyoto, appartenaient aux marchands et
UNE RETRAITE MODERNE À L’ESTHÉTIQUE TRADITIONNELLE À Maana Kamo, les éléments décoratifs sont ramenés au strict minimum, pour laisser libre cours aux jeux d’ombres et de lumière. Une petite alcôve abrite des objets d’art anciens qui incitent à vivre dans la simplicité.
Renee Kemps
aux artisans, et étaient situées dans les quartiers les plus tranquilles de la ville – c’est le cas de Maana Kyoto, la première maison d’hôtes ouverte en 2018 par Chang et Tsukamoto. La bâtisse, tout en couleurs minérales chaleureuses, dégage quelque chose de plus traditionnel que Maana Kamo, car ses plafonds en bois, ses cadres de fenêtres et ses shôji originels ont pu être conservés. La pièce à vivre, qui débouche sur un petit jardin, s’articule autour d’une table en bois sur mesure agrémentée de sièges bas en rotin. L’ancienne cuisine a été transformée en salle de bains de luxe, avec vue sur l’érable du jardin, et la baignoire a été réalisée par des artisans d’arts spécialisés dans la céramique de Shigaraki.
Un lieu où s’initier à un mode de vie ancestral « Partout où c’est possible, nous nous efforçons de conserver le caractère du bâtiment », ajoute Hana Tsukamoto. Avec pour conséquence de créer un contraste, car les machiya qui ont survécu aux incendies, aux tremble-
ments de terre et à la vague de constructions récentes, sont aujourd’hui victimes de l’hôtellerie de luxe. Chaque jour, des nouvelles sont détruites alors même qu’elles sont classées monuments historiques. Dans un pays où la foi en le progrès joue souvent en défaveur de la préservation du patrimoine, les amendes sont anecdotiques – d’autant plus à Kyoto, où le tourisme représente une manne financière conséquente. Nombre de Japonais restent indifférents à ce phénomène. « La plupart de nos compatriotes considèrent que la vie moderne est incompatible avec les machiya », jugées vieillottes et trop exiguës, déplore Irene Chang. Les deux femmes veulent démontrer le contraire – et proposer une alternative à mi-chemin entre Airbnb et boutiques-hôtels. Le check-in se fait sur tablette mais un concierge reste à disposition 24 heures sur 24 pour réserver un restaurant en dernière minute, gérer la livraison de kaiseki (repas traditionnel japonais) ou faire venir une masseuse.
Dernière-née des machiya de Maana Homes, Maana Kiyomizu, située à proximité immédiate du quartier historique de Gion, possède son
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UN MOMENT D’ASCÈSE
Décoration minimaliste, matériaux naturels et couleurs douces… « La quiétude est un état d’esprit que l’on retrouve partout dans l’habitat japonais. Le zen a été une source d’inspiration majeure pour ce projet », selon Hana Tsukamoto.
Savoir-faire inégalé – Design emblématique – Qualité inaltérable – Performances de pointe
ATTENANTS AUX TROIS
SUITES, un atelier où découvrir des techniques d’artisanat ancestral et un kissaten (salon de thé), proposant une cuisine de saison.
« Avec leurs plans traditionnels et leurs structures en bois, les machiya se prêtent particulièrement bien à la rénovation. »
— L’architecte Uoya Shigenori
propre kissaten – un salon de thé ouvert toute la journée. À l’inverse des autres maisons d’hôtes, Maana Kiyomizu n’est pas une bâtisse indépendante, mais rassemble trois suites. L’une d’elles dispose d’une grande baignoire avec vue sur le sanctuaire Toyokuni ; la chambre à coucher de la seconde est entourée d’un treillage de bambou, habituellement dissimulé par un enduit traditionnel. Dans la troisième, les murs sont habillés de panneaux washi, réalisés par l’artiste Wataru Hatano. Les bancs en bois anciens cohabitent avec des chaises de Karimoku Case Study et des luminaires d’Elsa Foulon. Certains des objets fabriqués à la main sont disponibles à la vente dans le studio attenant de Pieces of Japan, qui propose aussi différents ateliers, ouverts à la réservation – pour découvrir par exemple le kintsugi, une technique de réparation des céramiques à l’aide de laque d’or, ou le sashimono , l’art subtil de la menuiserie japonaise. « Le but est de développer une relation avec les choses qui nous entourent, conclut Irene Chang. Kyoto ne se résume pas à de beaux jardins et de jolis temples. Ici, on propose à nos hôtes un mode de vie qui s’articule autour de l’idée de simplicité. »
« Nous nous efforçons d’aider nos hôtes à trouver le calme et la sérénité en eux-mêmes. »
— L’entrepreneuse Hana Tsukamoto
En lin ou en jacquard, à fleurs, rayures ou motifs graphiques… En trois tendances, voici notre sélection de tissus pour des espaces inspirés, à l’intérieur comme au-dehors.
PAR Sarah de Beaumont, assistée de Noelann Bourgade
En bande organisée, simple, double ou triple, ses raies ouvrent l’infini des possibles.
Tons sourds et motifs opulents, les bouquets foisonnants signent leur grand retour.
Des motifs géométriques aux couleurs ensoleillées pour un été à l’esprit Riviera.
PAR La rédaction
fumés, espaces épurés et textures minérales… découvrez notre sélection de cuisines du moment.Plan de travail en marbre et chêne, portes en laque mate nacrée, design Vincent Van Duysen, Island Intersection, MOLTENI&C Portes en chêne doré, poignées et profil en moka anodisé, plateau en orme noir, pied et support en laque gaufrée moka, design R&D, Alea Pro, POLIFORM. Îlot et coin repas en étain et quartz blanc Matanuska Pierre de Plan, façades en chêne et en Fenix Verde Comodoro, PERENE.
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DANS CET INTÉRIEUR
PARISIEN revu par Studio Akademos, acajou, laque, ivoire et angles biseautés se donnent la réplique. Faisant office d’appliques, les urnes sont signées du duo d’architectes, tout comme la table.
LES INTÉRIEURS QUI NOUS INSPIRENT
À Milan, Paris, Amsterdam et Majorque, ces appartements et maisons de rêve revisitent avec brio la grammaire du beau.
IMMERGÉE DANS LA NATURE , la piscine à débordement dialogue avec les essences méditerranéennes. Chaises longues DNA (Gandia Blasco).
Dans une palette mêlant couleurs du paysage et matières naturelles, l’architecte d’intérieur Émilie Bonaventure a réveillé une ancienne bergerie pour en faire un lieu tout en lignes fluides.
’est une rencontre professionnelle comme il en arrive rarement. C’est en effet après avoir dormi dans l’une des chambres de l’Auberge du Père Bise, au bord du lac d’Annecy, que ce couple a eu l’idée de contacter l’architecte d’intérieur qui en a signéle décor afin de lui proposer le chantier de leur maison en Drôme provençale. Totalement immergée dans la nature, cette ancienne bergerie distribuée en plusieurs petits bâtiments a nécessité une complète remise à plat et une rénovation dans le respect de l’architecture locale. À cela, s’est ajoutée la réalisation d’une extension contemporaine afin d’accueillir la vaste chambre parentale et l’installation d’une piscine à débordement pensée comme un prolongement de la maison. Car ici, c’est la vision panoramique à 360 degrés qui a guidé la manière de travailler sur ce projet carte blanche : « On a pris en compte aussi bien les horizontales que les verticales, les horizontales étant induites par la vue et les verticales par la nature avec notamment les grandes lignes de cyprès que l’on a gardées », explique Émilie Bonaventure.
Une partition très écrite À l’intérieur, l’architecture initiale a été préservée, les voûtains d’origine de la salle à manger ont été gardés, la terre cuite a été réinterprétée différemment avec un traitement plus mat, les ouvertures ont été retravaillées et une entrée cathédrale accueille désormais le visiteur : « On a commencé par tirer une ligne imaginaire centrale qui a permis de déployer tout le reste. Le résultat a l’air très fluide en apparence, très simple, mais c’est très écrit, très dessiné. C’est une maison que l’on a mise dans le rythme d’aujourd’hui et le temps de demain, avec cette possibilité par exemple de la raccorder à des sources d’énergies nouvelles. » L’autre prouesse de cette maison de famille, c’est la baie vitrée de la
chambre parentale qui s’ouvre intégralement, sans reprise de charge, afin de laisser totalement place au panorama alentour : « J’aime lorsque le dedans et le dehors fusionnent, lorsque les limites s’effacent. » Ce tableau végétal visible depuis la chambre est l’œuvre du paysagiste Thierry Dalcant, qui a joué ici avec les différentes essences méditerranéennes. L’idée était de préserver l’environnement existant tout en inventant de nouveaux points de vue. Afin de créer une harmonie entre extérieur et intérieur, la palette de couleurs a également été orientée en conséquence, avec l’utilisation de camaïeux de vert, de brun, de kaki et une matérialité exacerbée par la présence de matériaux naturels comme la paille, la terre cuite, la pierre de Bourgogne, le marbre, le granit, le lin, le chanvre ou encore la chaux sur tous les murs. Pour imaginer le décor, Émilie Bonaventure a mêlé un sourcing local – céramiques de Vallauris, tapis de La Manufacture Cogolin, mobilier en osier de Atelier Vime – à des pièces collectionnées ou chinées au fil des ans et à du mobilier contemporain signé par des talents émergents ou au contraire par des architectes d’intérieur confirmés : « J’aime dénicher de jeunes talents, j’aime me dire que j’ai un rôle de passeuse, mais j’apprécie aussi de mettre en lumière mes confrères. En fait, je choisis le meilleur de ce qui se fait aujourd’hui et je le mélange avec mon goût ancien, c’est cette rencontre qui crée mon langage. »
Afin de créer une harmonie entre extérieur et intérieur, la palette de couleurs a été orientée en conséquence
DANS LA SALLE À MANGER, autour de la table Romane en travertin rouge et bronze signée Garnier & Linker x Ormond Éditions, des chaises en noyer Karnak (E15). Au mur, des tableaux de Bonnie Colin. À gauche, sur une enfilade en palissandre de Franco Albini, 1957, une œuvre de Jean Duruisseau (Amélie, Maison d’art). Suspension Vallauris et applique Médicis (Atelier Vime). Tapis en laine et coton (La Manufacture Cogolin).
SOUS L’ESCALIER EN CHÊNE de l’entrée, devant un sofa Nuage (Pierre Augustin Rose), une paire de consoles en travertin vintage. Suspension Vallauris (Atelier Vime). Fleurs (Castor Fleuriste).
« C’est une maison que l’on a mise dans le rythme d’aujourd’hui et le temps de demain. »
— L’architecte d’intérieur Émilie Bonaventure
DANS LA CHAMBRE PARENTALE, la vue embrasse le paysage. Sur un banc de lit en travertin, pierre et acier de Cécile Laffonta (Amélie, Maison d’art), un vide-poche de Jacques Blin (Galerie Thomas Fritsch - Artrium). Devant, à droite, un lampadaire vintage. Rideaux et plaid de lit (Pierre Frey), coussins verts (Dedar). Tapis en raphia et coton (La Manufacture Cogolin). Sur la terrasse une paire de fauteuils Boomerang d’Olavi Hänninen, 1950. À gauche, une sculpture Monologue en ardoise de Michel Kirsch.
DANS LE SALON BIBLIOTHÈQUE, sous l’escalier en métal plié et chêne, un canapé Nos, tissu Kiowa (Collection Particulière) et, sur une paire de tables basses en lave émaillée de Kim Haddou et Florent Dufourcq, un plateau en métal signé Mathieu Matégot (Galerie Thomas FritschArtrium). À gauche, un bout de canapé Ramo en rocaille (Éditions Midi) et un lampadaire en céramique de John Parker Glick, 1970. Tapis en jute et velours (Galerie Diurne).
« J’aime lorsque le dedans et le dehors fusionnent, lorsque les limites s’effacent. »
— L’architecte d’intérieur Émilie BonaventureSUR UNE COMMODE Louis XVI patinée (Antiquités Lahaye), une lampe Vallauris vintage et des céramiques vintage des Pays-Bas. Au-dessus, un tableau de Juan Castilla, 1963.
Dans l’appartement parisien de leur client collectionneur et esthète, Luis Laplace et Christophe Comoy ont imaginé un lieu destiné à accueillir toutes sortes de chefs-d’œuvre.
PHOTOS Alice Mesguich
TEXTE Ian Phillips
DANS LE BUREAU, autour d’une table basse de Jacques Adnet, une paire de fauteuils de Sven Staaf et, sous la fenêtre, une banquette sur mesure en tissu (Nobilis) agrémentée de coussins en tissu (Holland & Sherry). À droite, un lampadaire en cuivre signé Hans-Agne Jakobsson. Au mur, des tableaux de Salvatore Emblema. Suspension de Max Ingrand.
DANS LE SALON, devant un canapé aux lignes droites, une table basse en verre et placage de bois de rose ainsi qu’un fauteuil Carlo di Carli. Une table ronde en travertin fait office de console. Le plafonnier des années 1980 est signé Gio Ponti. Rideaux en tissu (Jules & Jim),tapis (Tai Ping).
« Des volumes signés par des artistes célèbres, des éditions limitées, des catalogues raisonnés anciens…
Je n’avais jamais vu ça. »
— L’architecte d’intérieur Luis Laplace
Les pièces remarquables ne manquent pas dans ce pied-à-terre parisien : table basse de Jean Royère, Fauteuils aux pommeaux de canne de Diego Giacometti, luminaires de Paavo Tynell et Max Ingrand, table de Carlo Scarpa, ainsi qu’une prodigieuse collection d’œuvres signées Andy Warhol, John Baldessari ou encore Max Ernst… Mais ce qui fascine réellement Luis Laplace, l’architecte qui a entièrement repensé cet espace, c’est la fabuleuse bibliothèque de son client américain : « Je n’avais jamais vu ça. Des volumes signés par des artistes célèbres, des éditions limitées, des catalogues raisonnés anciens… J’ai passé des heures à les parcourir pendant l’installation. »
Que le propriétaire soit un passionné d’art n’est guère surprenant. Presque tous les clients de Luis Laplace le sont. Au côté de son partenaire, Christophe Comoy, l’architecte est à la tête d’une agence présente dans le palmarès AD100 et, depuis 2013, a mené d’innombrables projets pour des pointures du monde de l’art, des galeristes Iwan et Manuela Wirth à la photographe Cindy Sherman. Mais n’espérez pas qu’il vous donne des conseils sur l’agencement des œuvres chez vous.
« Ce n’est pas un processus rationnel, confie-t-il. Je me laisse guider par mon intuition. »
Le lieu – il s’agissait au départ de deux appartements distincts – se déploie sur deux étages dans un bel immeuble haussmannien et donne directement sur l’un des parcs les plus prisés de la capitale. Il possède également une valeur sentimentale pour le propriétaire, qui a grandi tout près de là : « C’est l’une des rues les plus magiques de Paris. » L’état des deux appartements était toutefois moins féerique.
Luis Laplace a créé un escalier pour les relier. Pour le reste, il a fait place nette. Le brief concernait un projet typiquement français, à la fois intemporel et subtilement contemporain, dans des tons lumineux.
Un décor mêlant Art déco et années 1940
Pour le propriétaire, la patte de Luis Laplace est « séduisante, sans être flashy ». Dans ce cas précis, les panneaux de chêne sont un hommage limpide au maître Art déco Jean-Michel Frank, les corniches simples, un clin d’œil aux années 1940, tout comme les encadrements de porte en marbre vert. Le client, collectionneur impénitent, ne se cantonne pas à l’art, il est également fou de mobilier. Luis Laplace a donc ajouté quelques pièces trouvées dans des brocantes parisiennes, dont une adorable table en bois, non signée, aux pieds évoquant des quilles de bowling. Les tableaux non plus, ne portent pas nécessairement de grandes signatures. « J’adore l’idée, dit Christophe Comoy, que notre client n’hésite pas à faire se côtoyer des Max Ernst ou des David Salle avec les toiles d’un peintre dont je n’avais jamais entendu parler. » L’artiste auquel il fait référence est Salvatore Emblema, un Italien qui travaillait principalement sur de la toile de jute dans des couleurs influencées par Rothko. L’éclairage est tout aussi remarquable. Comme l’explique Luis Laplace : « Je pense que les maisons doivent être éclairées de manière presque irrationnelle. Je n’aime pas les choses trop homogènes. » Il planche actuellement sur une multitude de projets, résidences à New York, nouvelle galerie Hauser & Wirth à Paris, hôtel à Capri… mais c’est un appartement rue de Bellechasse, dans le viie, qui l’enthousiasme le plus. La veuve d’Alphonse Daudet y tenait salon. « C’est de là que Proust a fait campagne pour obtenir le Goncourt, juste après la Première Guerre mondiale », précise Christophe Comoy. Des livres, encore…
DANS LE SALON PRINCIPAL, autour de tables basses couvertes de parchemin (Laplace Design), un canapé (Laplace Design), des fauteuils de Marco Zanuso (tissu Holland & Sherry) et une paire de Fauteuils aux pommeaux de canne de Diego Giacometti. Sur le mur, des tableaux de Sōfū Teshigahara et, au-dessus de la cheminée, de Salvatore Emblema. Suspension de Paavo Tynell.
DANS LA CHAMBRE D’AMIS, une table basse de Fernand Dresse. La lampe rouge est signée Jacques Adnet.
AU-DESSUS DE LA CHEMINÉE, un tableau de Salvatore Emblema. Devant, une petite table en bois non signée chinée dans une brocante, dont le piétement évoque des quilles de bowling.
DANS LA SALLE À MANGER, en majesté, un tableau de David Salle. Autour de la table, des chaises (Laplace Design) tapissées de velours (Dedar). Au plafond, des lustres (Laplace Design). Tapis (Tai Ping). À gauche, un lampadaire signé Jean-Michel Frank.
DANS LE SALON PRIVÉ, le canapé de Jorge Zalszupin est recouvert d’un tissu (Pierre Frey) et le fauteuil (Laplace Design) d’un tissu (Loro Piana). Desserte en chêne et verre (FontanaArte). Au-dessus de la cheminée, une œuvre d’Enrico Baj.
« Ce n’est pas un processus rationnel. Je me laisse guider par mon intuition. »
— L’architecte d’intérieur Luis Laplace
DANS LA CHAMBRE aux murs tapissés de tissu (Holland & Sherry), le lit est tendu de tissu (Nobilis). Table de chevet (Laplace Design).
Lorsqu’elle s’est installée dans les anciens bureaux de Condé Nast, à Milan, la styliste Carolina Castiglioni s’est laissé guider par son amour des nuances fortes. Le résultat, un appartement bien pigmenté, qui fait valser les espaces.
RÉALISATION Francesca Santambrogio
PHOTOS Helenio Barbetta
TEXTE Ulrich Clewing
DANS LA SALLE À MANGER, les murs et le plafond orangés sont les véritables protagonistes des lieux. Leur teinte chaude fait ressortir les moulures et l’encadrement blanc cassé qui mène au salon aubergine.
DANS LE SALON, le choix s’est porté sur l’aubergine pour les murs et le plafond. Le canapé des années 1960 et la table basse sont signés du designer italien Claudio Salocchi. Sur le mur du fond, un tableau de Gary Hume côtoie des étagères de Vittorio Introini.
DANS LA CUISINE dotée d’un équipement professionnel, le rose corail des murs a été la première couleur choisie par Carolina Castiglioni. Il a servi de point de départ à toutes les autres teintes de l’appartement.
Les gens qui ne se prennent pas au sérieux ne sont pas nécessairement plus heureux que les autres, mais ils abordent sans aucun doute la vie plus gaiement. Quand Carolina
Castiglioni s’est mise à chercher un nouvel appartement pour elle et ses deux enfants, elle n’avait que deux exigences non négociables : une terrasse et un garage. Pour le reste, elle était ouverte à tout. D’interminables mois de recherche se sont écoulés, mais un beau jour, une énième visite a été la bonne et la jeune femme a enfin trouvé l’appartement de ses rêves. Situé dans le centre-ville de Milan, doté d’une vue splendide sur le Castello Sforzesco, il a la particularité de… ne disposer ni d’un garage ni d’une terrasse. « Je n’étais pas du tout intéressée au départ », confie la designeuse, sans pouvoir réprimer un sourire en repensant à la vitesse avec laquelle elle a changé
d’avis. « Mais je me suis laissé convaincre d’aller le voir une fois. J’ai tout de suite été frappée par la beauté de la lumière et par la vue fantastique. J’en suis immédiatement tombée amoureuse ! » Comme l’étage abritait auparavant des bureaux – en l’occurrence les locaux milanais de Condé Nast, la maison mère d’AD –, il était dans l’ensemble très bien entretenu.
« J’ai transformé l’une des pièces en deux salles de bains pour que chacun de nous trois puisse désormais avoir la sienne, explique Carolina Castiglioni, mais nous avons aussi gardé beaucoup de choses telles que nous les avions trouvées. » Les parquets, le stuc aux plafonds, les portes coulissantes aux vitres bleu clair et jaunes, signées par l’architecte et designer turinois Toni Cordero… tout cela pouvait évidemment rester. Mais quand il s’est agi de choisir la couleur des murs, la propriétaire et directrice artistique de la marque de prêt-à-porter féminin Plan C n’a pas pu se retenir plus longtemps. →
UNE DES TROIS SALLES DE BAINS de l’appartement, au motif géométrique réalisé à la main.
DANS LA CHAMBRE aux murs et au plafond bleu nuit, l’imposante tête de lit tapissée de velours reprend toutes les couleurs choisies dans l’appartement.
Cela a commencé par un mélange rose rouge sur les murs de la cuisine. Le reste, Carolina Castiglioni l’a trouvé intuitivement. « Je ne m’explique pas toujours pourquoi certaines teintes me plaisent quand j’en vois deux ou trois les unes à côté des autres. C’est plutôt un ressenti… Par ailleurs, je n’ai pas vraiment besoin de tester beaucoup de choses. Je sais souvent très vite quelles sont les bonnes décisions. » Armée d’un nuancier, la styliste s’est promenée d’une pièce à l’autre, et au vieux rose de la cuisine se sont ajoutés la tonalité aubergine du salon, puis le jaune orangé profond de la salle à manger. Pour le couloir, elle a conçu un motif géométrique –de fines lignes couleur chocolat au lait sur fond blanc – dont la pose a nécessité un minutieux travail à la main. Elle a fait peindre sa propre chambre en bleu marine – « c’est peut-être un peu sombre mais cela a un effet très apaisant ». Dans celle de son fils Filippo, elle a choisi un vert prairie. Pour finir, elle a repris (presque) toutes ces couleurs et les a réutilisées pour la haute tête de lit de sa chambre : on sait bien qu’un tel projet ne se prévoit pas vraiment à l’avance et se produit grâce à un flux créatif où une idée conduit à une autre. Ce talent pour les couleurs et la conception en général, Carolina Castiglioni en a quasiment hérité au berceau. Son arrière-grand-mère était créatrice de mode : elle était fourreuse, dans les années 1950. Puis en mars 1994, ses parents, Consuelo et Gianni Castiglioni, ont fondé Marni, marque considérée par le Vogue britannique comme « la quintessence de la mode italienne non conventionnelle » – ce qui, venant des Anglais n’est pas peu dire ! Carolina aime aussi acquérir des pièces de design atypiques, qu’elle achète avec sa mère. Dans le salon, on remarque des fauteuils et une table basse des années 1960, signés Claudio Salocchi, ainsi que des étagères conçues par Vittorio Introini. On repère aussi du Mies van der Rohe (les chaises de table) ou encore du Luigi Caccia Dominioni (une armoire noire dans l’entrée). « Ce que je préfère, c’est aller à la foire de Parme, dit la maîtresse de maison, j’y trouve toujours de belles choses. » Cette foire, c’est la Mercanteinfiera, et pour en avoir entendu parler, il faut déjà être une experte. Mais Carolina Castiglioni s’en sort très bien de ce côté-là.
« Je ne m’explique pas toujours pourquoi certaines teintes me plaisent plus que d’autres . »
— La créatrice Carolina Castiglioni
PHOTOS Salva López TEXTE Sam Cochran
En redonnant vie à une finca historique sur l’île de Majorque, un duo de céramistes s’est découvert une nouvelle vocation créative.LA FENÊTRE DE LA CHAMBRE, qui servait autrefois à accéder au grenier à foin, est l’endroit favori du couple de céramistes.
DANS LA CUISINE, l’îlot a été construit en grès jaune. Au second plan, le salon, baigné de lumière naturelle, domine l’ensemble de l’espace, dont le plafond est entièrement habillé de poutres apparentes.
Tyson Strang et Tatiana Baibabaeva n’auraient jamais pensé un jour quitter New York pour s’installer sur l’île de Majorque, et encore moins que ce déménagement orienterait leur carrière vers la décoration. Mais les Baléares allaient réserver encore quelques surprises au couple de créatifs et fondateurs du studio de céramique Terra Coll Clayworks. Après un échange de maison en 2015 qui leur a fait découvrir le cœur agraire de l’île, le duo s’est pris à rêver d’une maison d’été dans les environs et a finalement acquis sa propre finca. C’est ainsi que ce qui avait commencé comme une courte escapade à l’automne 2020 s’est transformé en un séjour à durée indéterminée, et la rénovation de la maison en vivier d’emplois à travers l’île. « Tout s’est fait très progressivement », indique Tyson Strang, qui compare le processus à « la découverte de nouveaux arbres à mesure que nous nous enfoncions dans la forêt ». La curiosité est une qualité qui leur a toujours réussi. À New York, le couple s’est essayé à la céramique d’abord comme un hobby, privilégiant les soirées et les week-ends pour expérimenter la glaçure et le travail des formes. À l’époque, elle travaillait dans la mode et lui était directeur adjoint d’une école publique. Quand ABC Carpet & Home a lancé un appel à candidatures pour les nouveaux créateurs, ils se sont tous deux inscrits. Le jour de l’événement, ils ont spontanément uni leurs forces et installé leurs créations respectives sur un même présentoir, séduisant les acheteurs avec leurs finitions élémentaires et leur approche intuitive des formes. Les récipients Terra Coll ont rapidement trouvé leur place sur les rayonnages des galeries et des boutiques les plus huppées du pays. Aujourd’hui, tous deux partagent un studio, une famille qui s’agrandit, une adresse mail et une vision – texturée, chaleureuse et un peu sauvage – qu’ils ne cessent d’enrichir pendant l’aménagement de leur finca. « Notre première mission a été de nous débarrasser de tout ce qui n’était pas beau et ancien à nos yeux, se souvient Tyson Strang en évoquant cette ferme bâtie il y a près de trois cents ans, et qui n’a subi que quelques changements mineurs au cours des dernières décennies. Nous avons décidé de conserver tout ce qui était patiné par le temps. »
Une fois les pierres d’origine mises à nu, le couple procède aux premières interventions, apprenant de nouvelles techniques alors qu’ils s’attaquent manuellement aux surfaces. Les murs ont été enduits de tadelakt naturel, un plâtre marocain imperméable. « C’est doux au toucher, sublime à regarder et cela reste assez minimaliste », explique Tatiana Baibabaeva, comparant ce processus exigeant à la céramique en raison des étapes de séchage et de lissage. Son compagnon
LE SALON dévoile les sols d’origine, la maçonnerie apparente. Au premier plan, le tabouret a été fabriqué par un ami charpentier de la région. L’évier de la cuisine, en contrebas, est accolé à un bloc de roche trouvée sur place. →
— Le créateur Tyson Strang
« Nous avons privilégié des matériaux résistants et conservant une vraie qualité organique. »
DANS LE JARDIN, la piscine, parfaitement carrée, est bordée de grès jaune et entourée d’un sol en galets posés à la main.
plaisante : « Nous avons appris par nous-mêmes, un tutoriel YouTube d’un côté et une pierre à polir de l’autre. » À l’intérieur comme à l’extérieur, les sols sont couverts de mosaïques traditionnelles en galets, dont les motifs irradiants rappellent les lignes tourbillonnantes des jardins zen ou la géométrie des mandalas. Pour leur mortier, composé à partir d’un mélange sur mesure de ciment et de sable local, ils ont obtenu la nuance parfaite pour équilibrer la palette des couleurs tout en évoquant le paysage majorquin. « Nous avons privilégié des matériaux et des surfaces résistants qui ont une longue durée de vie, tout en conservant une qualité organique retouchée à la main », poursuit Tyson Strang.
Un mobilier vernaculaire
Le couple a utilisé les meubles qui se trouvaient déjà sur la propriété, une stratégie en accord avec leur conscience environnementale. « Nous voulions rester fidèles à la terre et à l’esprit du lieu », explique Tatiana Baibabaeva. D’anciens paniers ont été recyclés en abat-jour pour les appliques, une pierre creuse qui servait autrefois de pressoir à vin a été roulée de la colline et transformée en table à cocktail et le bois d’un imposant tonneau à vin a été récupéré pour la table. Le couple a également intégré des troncs et des branches d’arbres dans toute la maison, comme support pour le banc flottant du bureau ou comme étagères dans leur chambre, qui était autrefois un grenier à foin. Ils y ont aussi fixé une branche à la verticale servant de repère pour indiquer à Tyson l’endroit où son mètre quatre-vingt-neuf risquait de heurter le plafond en pente.
Sous le toit à pignon de la ferme, le neuf et l’ancien se marient avec des murs sculptés pour mettre en valeur la structure d’origine et les éléments en bois ou en pierre récemment intégrés. « Nous voulions que plusieurs générations se superposent, le tout dans une ferme authentique, vivante et qui respire », confie le propriétaire. La communauté locale n’a pu qu’appuyer l’idée, se réjouissant de la proposition du couple de créer un style vernaculaire majorquin contemporain. D’ailleurs, les projets en cours de Terra Coll Home Interiors vont dans ce sens, de la rénovation d’une cuisine à la réhabilitation d’une cabane de berger. Les jours s’écoulent au rythme des tours de roue de leur atelier de poterie, une ancienne étable équipée d’un four céramique à gaz venu des Pays-Bas. Durant les chaudes après-midi, famille et amis peuvent se rafraîchir dans la piscine carrée : sa faible profondeur est adaptée au substrat rocheux accidenté de la propriété, dont on aperçoit les roches à travers la terrasse en mosaïque de galets. Au coucher du soleil, le couple aime s’installer à la fenêtre de sa chambre, qui servait autrefois d’accès au grenier à foin, pour profiter de la vue sur les environs. « Majorque a toujours été synonyme de nature, à proximité des montagnes et de la mer », résume Tyson. Ce à quoi sa compagne ajoute : « Et aujourd’hui, l’île, nous la connaissons vraiment. »
DANS LA CHAMBRE, un lit plateforme sur mesure est habillé de draps en lin (Parachute). Au fond, une branche d’olivier fixée à la verticale rappelle la nature environnante.
« Nous avons éliminé tout ce qui n’était pas beau à nos yeux pour ne garder que ce qui était patiné par le temps . »
— La créatrice Tatiana Baibabaeva
UNE COLONNE DÉCORATIVE en ivoire et en acajou dessinée par Aurélien et Costanza, fait office de rangement.
DANS UN COIN DU SALON, sur la cave à liqueur-signature d’Akademos, une paire de vases en argent de Lino Sabattini. À côté, une assise signée Maison Baguès.
L’acajou, la laque, l’ivoire et les angles biseautés se donnent la réplique dans cet appartement parisien inscrit dans son époque. Il est l’œuvre du tandem d’architectes d’intérieur Akademos, et l’expression d’une écriture esthétique affirmée.
PHOTOS Alexis Armanet
DANS LE SALON, le canapé est intégré à une bibliothèque laquée (Akademos) qui accueille une lampe de Maurice Dufrène et des bougeoirs de Jacques Adnet. Sur la table basse également dessinée par Aurélien et Costanza, une paire de boîtes de Jean Michel Frank (Maxime Flatry) et un porte-pinceau chinois du xviie
D’ANCIENS TABLEAUX italiens chinés habillent les murs du couloir, au passage souligné par une arche en acajou verni et des plinthes en inox satiné. Les appliques ont été dessinées sur mesure par Akademos.
DANS LA SALLE À MANGER, autour d’une table réalisée sur mesure par Akademos, une assise (Maison Roméo) et des chaises de Paolo Buffa. Au centre, une toile de l’artiste Marlon Wobst (Galerie Maria Lund) et au plafond, un lustre de Gaetano Sciolar. Faisant office d’appliques, les urnes sont également signées Akademos.
« Cet appartement a été notre terrain de jeu pour expérimenter le sens même d’Akademos. »
— L’architecte d’intérieur Costanza Rossi
Demandez à Aurélien Raymond, 32 ans, et à Costanza Rossi, 31 ans, comment leur est venu le nom de leur studio de design et d’architecture d’intérieur, Akademos. Ils évoqueront la revue d’art éponyme fondée par le poète Jacques d’Adelswärd-Fersen, en 1909. De la même manière que cet aristocrate anticonformiste du xixe siècle a su s’affranchir des codes de son époque, Akademos Studio prend racine dans la culture bourgeoise pour la réinventer avec le juste twist. Nous sommes donc dans un appartement de réception dont il a fallu repenser entièrement les volumes pour retrouver une cohérence
« à la fois dans la distribution des espaces de vie mais aussi dans la façon de circuler, explique Aurélien, avant de poursuivre Face à cette boîte vide, nous avons dû créer un nouveau dialogue spatial. » Une aubaine, car la contrainte permet au duo de partir de zéro, pour apposer véritablement sa patte à un projet qui deviendra l’essence de son style. « Cet appartement a été notre terrain de jeu pour expérimenter le sens même d’Akademos », confie Costanza. L’exploration de la couleur y est à son apogée par le biais d’associations téméraires – velours couleur brique et canapé laqué bleu roi –, qui répondent aux signatures du tandem. À savoir l’utilisation simultanée de la laque, du color-block et des miroirs, ainsi qu’une succession de clins d’œil à leur première collection de mobilier ; la table de la salle à manger se pare d’angles biseautés,
la forme des chevets évoque celle de leur boîte en noyer Gloria. Autant d’éléments qui inscrivent la genèse d’Akademos dans cet intérieur très personnel – il s’agit de leur premier espace attitré –, à la fois lieu de vie, de travail et de retrouvailles, puisqu’il devient un QG de choix pour accueillir leurs clients.
Une esthétique atemporelle
À l’instar de leur premier projet privé, livré plus tôt dans l’ouest parisien, qui est un hommage à la Café Society des années 1970, le fil rouge de cet appartement a pour seule temporalité la sienne. Son histoire et son caractère sont intimement liés à ses architectes, pour qui il était crucial de réaliser l’ensemble du mobilier sur mesure. La réflexion créative leur a été soufflée par des intérieurs cultes, à l’image de celui de Marie-Laure de Noailles, pour qui Jean-Michel Frank compose un décor en décalage avec la structure de l’Hôtel Bischoffsheim (l’actuel musée Baccarat), place des États-Unis, à Paris. Si l’extérieur et les volumes jouaient la partition classique, ses intérieurs étaient tout autres : murs ornés de vélin, portes en bronze, cuir crème et galuchat martelé apposé au mobilier. Cette mélodie aux accents 1930 ne faisait en rien écho à l’architecture de la bâtisse. Ici, rue de Maubeuge, l’appartement se soustrait aussi à son squelette, un immeuble haussmannien construit en 1852. « Nous souhaitions des éléments puissants visuellement, qui permettent d’aller encore plus loin dans les associations inattendues. Ce qui nous intéresse, c’est de prendre des risques », expliquent Aurélien et Costanza. Déshabillée de ses attributs, la demeure revêt l’habit Akademos – une alliance stylistique érudite, au tempérament inné.
« Nous souhaitions des éléments puissants visuellement, qui permettent d’aller encore plus loin dans les associations inattendues. Ce qui nous intéresse, c’est de prendre des risques. »
— Les architectes d’intérieur Aurélien Raymond et Costanza Rossi
LA CHAMBRE affiche de belles pièces de mobilier dessinées par Aurélien et Costanza, à l’image de la tête de lit et du chevet sur lequel est disposé un vase en argent (Christofle). Tapisserie murale (Les Éditions de Tapis).
Le duo d’architectes d’intérieur
Lotte et Dennis Bruns, à la tête de DAB Studio, offre un nouveau chapitre à une maison hollandaise marquée par un lourd passé.
DANS LA SALLE À MANGER, les chaises Dialogo d’Afra et Tobia Scarpa (B&B Italia) ont été retapissées. Le canapé Groundpiece (Flexform) sert de démarcation avec le salon.
Suspensions Ball Bubble de George Nelson (Hay).
DANS LA SALLE À MANGER, des chaises vintage des années 1970 (Galerie Kitanovic) dialoguent avec un calendrier indonésien en textile, souvenir rapporté de Bali.
LA CUISINE aménagée par DAB Studio célèbre la rencontre heureuse du noyer, du marbre et du laiton. Sous la table haute, des tabourets de bar au tressage viennois (Detjer). Au-dessus, des suspensions (Soho Home). Au mur, une œuvre de Servie Janssen (Galerie OODE).
« La cuisine occupe une place centrale et pas seulement pour des considérations de fonctionnalité. »
— L’architecte d’intérieur Dennis Bruns
DANS LA GRANDE PIÈCE À VIVRE, la cuisine, la salle à manger et le salon sont d’un seul tenant. Côté salon, devant un fauteuil en cuir Mole de Sergio Rodrigues, une table basse au plateau en bois d’orme et une table d’appoint Bois de serpent (Atelier Constant).
Lotte Bruns sourit de toutes les discussions qu’elle a eues avec son futur mari, Dennis, lors de leurs premiers projets communs. DAB signifie Dennis Antonio Bruns – c’est lui qui a fondé l’agence d’architecture d’intérieur à Amsterdam en 2016. Le succès a été au rendez-vous, si bien que Lotte Bruns, qui était alors sa petite amie, a rejoint la société. En travaillant ensemble, le couple, qui s’est marié en 2021, s’est complètement redécouvert. « Pour la première fois, j’ai vu à quel point il est différent de moi. Nous travaillons de manière très distincte », confie-t-elle. Dennis est le stratège, le constructeur qui aborde les volumes et les proportions comme un ingénieur.
Lotte, elle, aime les sensations tactiles, c’est la femme d’action qui abat volontiers des to-do list et se lance sans crainte. Qui dit oppositions dit souvent frictions.
Mais Lotte et Dennis Bruns ont su faire de ces contrastes une force de travail. Pour leur projet le plus récent, une maison de trois étages dans le centre-ville d’Amsterdam, près de la Waterlooplein, tous les contraires se mêlent avec une facilité stupéfiante : sur une surface totale de 150 mètres carrés, des objets organiques mid-century côtoient des œuvres d’art contemporaines, les couleurs douces fusionnent avec des meubles vintage plus sombres… C’est un couple de jeunes mariés qui a chargé le duo de la rénovation – le bureau de DAB Studio est à vingt minutes de marche. D’autres réalisations de l’équipe, qui compte maintenant cinq personnes, sont dispersées dans tous les Pays-Bas et les pays voisins. Il n’est pas rare que Lotte et Dennis Bruns y convoquent l’histoire du style, des années 1930 aux années 1960. Tous deux mettent un point d’honneur à comprendre et à révéler de manière créative l’histoire des bâtiments dans lesquels ils interviennent. Et encore davantage quand des événements particulièrement tragiques s’y sont déroulés, comme c’est le cas ici.
LOTTE ET DENNIS BRUNS, les architectes d’intérieur à la tête de DAB Studio.Le bâtiment, construit en 1861, accueillait un orphelinat de jeunes filles. En 1943, ses occupantes, toutes juives, furent déportées dans le camp de concentration de Sobibor, en Pologne. Sur la façade de la maison, gravée dans la pierre, une plaque rend hommage à leur mémoire. Aussi, c’est avec un profond respect que DAB Studio a rénové la maison et ouvert un nouveau chapitre de son histoire, un avenir plein d’optimisme et de bonheur pour ses nouveaux propriétaires, un couple qui rêve d’y voir grandir ses enfants.
« Pour nous, il est important que les besoins des habitants se reflètent dans l’organisation de l’espace », explique Dennis Bruns. En l’occurrence, il fallait penser aussi à l’avenir : au rez-de-chaussée, on trouve une chambre d’amis avec une salle de bains et un bureau – des pièces appelées à se transformer un jour en chambres d’enfants. Un escalier courbe conduit à un deuxième niveau, où les espaces cuisine, salle à manger et salon se côtoient, presque à la manière d’un loft. Ici, les murs sont beige sable et le plancher en pin couleur crème. L’îlot et les placards en noyer, conçus par Lotte et Dennis Bruns, ne s’insèrent pas si facilement dans le décor. Là encore, DAB a trouvé une solution élégante : des plans de travail en marbre rosé assurent la transition avec charme. L’enthousiasme de leurs clients pour les influences tropicales et le design brésilien a joué un rôle significatif dans la palette des couleurs et des matériaux utilisés par les architectes. Dans la salle à manger, on note les lampes Ball Bubble de George Nelson et la grande table en bois foncé, suffisamment vaste pour accueillir toute une famille nombreuse. Les livres, œuvres d’art et autres objets de prédilection sur les étagères en bois de rose de Franco Albini confèrent une atmosphère particulière à l’appartement, tout comme le calendrier en tissu indonésien, rapporté d’un voyage à Bali. Lotte et Dennis Bruns ont eux aussi fait du chemin : « Aujourd’hui nous voyons les oppositions comme un défi qui nous permet de progresser. Nous avons trouvé notre centre commun. »
DANS LE BUREAU, devant une table en chêne gaufré Marena (Soho Home), une chaise vintage (Galerie Kitanovic). Au mur, un tableau de Fred Gubbels.
SUR UNE TABLE DE NUIT à trois pieds conçue par Atelier Constant, une lampe (Soho Home).
Inimitable et discrète, l’esthétique de Giorgio Armani a marqué à jamais le monde de la mode. Cette harmonie qui fait sa patte, on la retrouve aussi dans les lieux où il vit. De Saint-Moritz à Paris, en exclusivité pour AD, le créateur nous en ouvre les portes.
« J’ai vécu dans nombre d’endroits différents à Milan, mais ce n’est que lorsque j’ai trouvé cette maison de la Via Borgonuovo que j’ai su que c’était la bonne. Cet édifice imposant du xviie siècle n’a pas vocation à être une salle de réception, il s’agit davantage pour moi d’un lieu paisible où recevoir mes amis les plus proches. Avec l’aide de l’architecte Peter Marino, j’ai fait ressortir la matérialité des pièces. L’intérieur embrasse plusieurs époques, on y trouve des styles des années 1930 et 1940 et des inspirations de la culture orientale. J’ai choisi des objets graphiques et chromatiques de ma collection, qui s’accordent bien aux canons de l’époque. »
CETTE MAISON de la Via Borgonuovo, Giorgio Armani l’a agencée avec l’aide de l’architecte Peter Marino. Table Eliseo (Armani/Casa).
« Ma vie à Paris est en rupture complète avec mon quotidien à Milan. C’est comme si je plongeais dans un autre monde. Le souvenir de ma première visite est encore très vivace. J’étais très timide et dans ce monde merveilleux et si particulier où la population se déplaçait complètement différemment, je me sentais tout petit. Mais je suis tombé amoureux de la joie de vivre parisienne, de cette élégance excentrique qui allie le formel et la fantaisie. En 2014, j’ai acheté un appartement près du Café de Flore. Sa décoration très française, élégante et bourgeoise, a une petite touche moderne – à la Armani ! »
DANS LE SALON de l’appartement parisien de Giorgio Armani, des deux côtés de la cheminée, des commodes Erin (Armani/Casa).
« J’aime Saint-Tropez car c’est un lieu, comme la Provence en général, qui s’insère entre terre et mer. Pour moi, ce paysage a toujours eu quelque chose de familier. Ici, je peux me détendre profondément. Et la liberté qu’évoque la mer à perte de vue… Éprouver ces deux sentiments réunis est très grisant. Malgré ses 700 mètres carrés, la maison reste intimiste et douillette, et baigne dans une atmosphère chaleureuse. Elle est entourée d’un parc, qui est l’une des raisons principales pour laquelle je l’ai achetée voici maintenant près de trente ans. La propriété est entourée d’innombrables cyprès, de jasmin grimpant et de deux douzaines d’eucalyptus. »
« Ici, je peux me détendre profondément. Et la liberté qu’évoque la mer à perte de vue… Éprouver ces deux sentiments réunis est très grisant. »
— Giorgio ArmaniDANS LE JARDIN de la propriété de Saint-Tropez, des cyprès taillés, des pins d’Italie et des eucalyptus.
« Pantelleria m’a longtemps fait l’effet d’une île abandonnée, mais avec les années, j’ai succombé à son charme sauvage. La crique de Gadir m’a particulièrement séduit. On y trouve trois exemplaires de ce que l’on appelle des dammusi , ces maisons historiques aux toits en forme de dôme, construites avec des pierres de lave fixées par un mélange de terre et d’eau. Je les ai acquises en 1981 et agencées avec des meubles modernes dont la forme m’a semblé écarter tout risque d’exotisme excessif. Avec un grand dévouement, je me suis consacré au havre de paix que constitue l’espace autour de la propriété. Je tire une grande fierté de la palmeraie, devenue une petite attraction sur l’île. »
LE REFLET DES PALMIERS dans la piscine.
DANS LE SALON, au-dessus de l’âtre, une carte ancienne de l’île de Pantelleria, issue de la collection privée de Giorgio Armani.
LA PISCINE et le salon outdoor. La vue sur la piscine et les montagnes volcaniques environnantes est imprenable.
« Ma propriété à Forte dei Marmi, petite commune qui borde la mer de Ligurie, occupe une place particulière dans mon cœur car il s’agit de ma toute première maison de vacances. Bien adaptée à son emplacement, elle se dresse telle une petite cabane face à la mer. Depuis que je l’ai achetée, je n’ai que très peu changé sa décoration car elle est restée en excellent état tout au long des années. J’ai ajouté ici et là quelques commodités, comme un bain de vapeur ou des appareils de fitness plus récents. J’ai aussi installé de nouveaux canapés dans le séjour. Sinon, tout est resté intact. Je m’y sens très bien ainsi. »
LE JARDIN ET LA PISCINE de la maison de Forte dei Marmi.
« Ma vie à Saint-Moritz est rythmée par la montagne. Je m’y lève tôt pour profiter des premiers rayons du soleil et je vais me promener au calme dans la forêt ou en bas au village. J’adore l’équilibre qui règne à Saint-Moritz. Malgré l’affluence touristique, le lieu a conservé son authenticité. Un peu en périphérie, j’ai fait l’acquisition d’une maison du xviie siècle avec une grange adjacente que j’ai fait rénover. Mais l’intérieur s’inspire davantage de l’esthétique japonaise que du style typique de l’Engadine, caractérisé par le pin et le mélèze non traités. Nombre des objets de cette maison sont issus de mes voyages. »
« Au début des années 1980, je cherchais une villa à la campagne, quelque chose de simple où passer les week-ends. Après avoir longuement arpenté les environs de Pavie en voiture avec des amis, une sorte de Versailles miniature et décati est apparu devant nous. Cette maison des années 1950 était presque une ruine mais je l’ai achetée quand même. Je l’ai meublée de cheminées, de tables basses, de confortables canapés et de boiseries et j’ai fait peindre ses murs dans des couleurs douces. Aujourd’hui, Broni est comme un théâtre où je me rends quelques jours de temps en temps, pour faire germer de nouvelles idées dans mon esprit. »
LE JARDIN DE LA VILLA de Broni est un véritable paradis pour les animaux qui y circulent librement.
OBJETS DE DÉSIR P.54
Arte, arte-international.com
Baccarat, baccarat.fr
Carpenters Workshop Gallery, carpentersworkshopgallery.com
Carwan Gallery, carwangallery.com
Christopher Farr Cloth, christopherfarrcloth.com
David Gill Gallery, davidgillgallery.com
Dedar, dedar.com
Delcourt Collection, christophedelcourt.com
Etage Projects, etageprojects.com
Fendi Casa, fendi.com
Folkform, folkform.se
Gallery Fumi, galleryfumi.com
Garcé & Dimofski, garce-dimofski.com
Glas Italia, glasitalia.com
HAY, hay.dk
Kelly Wearstler Studio, kellywearstler.com
La DoubleJ, ladoublej.com
Maison Charles, charles.fr
Nordic Knots, nordicknots.com
Pierre Augustin Rose, pierreaugustinrose.com
Poltrona Frau, poltronafrau.com
Samy Rio, samyrio.fr
Sophie Lou Jacobsen, sophieloujacobsen.com
The Invisible Collection, theinvisiblecollection.com
The Future Perfect, thefutureperfect.com
Vandra Rugs, vandra-rugs.com
LES JEUNES TALENTS DU DESIGN P.64
Axel Chay, axelchay.com
Bina Baitel, binabaitel.com
Gustav Winsth, gustavwinsth.com
Jorge Suárez-Kilzi, jorgeskilzi.com
Léa Mestres, @leamestres
Lola Lely, lolalely.com
Lukas Cober, lukascober.com
Mac Collins, maccollins.com
Martina Taranto, martinataranto.com
Miguel Leiro, migueleiro.com
Polina Miliou, @polinamiliou
Studioutte, studioutte.com
Zuzanna Wojcik, zuzannawojcik.com
SENSUALITÉ TACTILE P.74
Edra, edra.com
L’APPEL DE LA FORÊT P.84
Dinesen, dinesen.com
Kolman Boye Architects, kolmanboye.com
EVA JOSPIN, MAGICIENNE PROTÉIFORME P.92
Ruinart, ruinart.com
ÉLOGE DU ZEN P.98
Maana Homes, maanahomes.com
Uoya Shigenori, uoya.info
L’ÉTOFFE DES RÊVES P.106
Casamance, casamance.com
C&C Milano, cec-milano.fr
Dedar, dedar.com
Élitis, elitis.fr
Etamine, zimmer-rohde.com/de/brands/etamine
Fendi Casa, fendi.com
Holland & Sherry, hollandandsherry.com
IDO, idodiffusion.com
James Malone Fabrics, jamesmalonefabrics.com
Jim Thompson, jimthompsonfabrics.com
Manuel Canovas, manuelcanovas.fr
Misia, misia-paris.com
Nobilis, nobilis.fr
Osborne & Little, osborneandlittle.com
Pierre Frey, pierrefrey.com
Ralph Lauren, ralphlaurenhome.com
Schumacher, fschumacher.com
Sunbrella, global.sunbrella.com
Zak+Fox, zakandfox.com
LE GOÛT DU BEAU P.112
Arrital, arritalcuisines.fr
Arthur Bonnet, arthur-bonnet.com
Atelier Saint Paul, atelier-saintpaul.fr
Boffi, boffi.com
Cuisines Schmidt, home-design.schmidt
Gaggenau, gaggenau.com
Miele, miele.fr
Modulnova, modulnova.com
Molteni&C, molteni.it
Officine Gullo, officinegullo.com
Perene, perene.fr
Poliform, poliform.it
Samsung, samsung.com
Santos-Eba, ebainteriors.com
Scavolini, scavolini.com
Siemens, siemens-home.bsh-group.com
Seb Groupe, groupeseb.com
Sub Zero, subzero-wolf.fr
Vzug, vzug.com
Zimmer + Rohde, zimmer-rohde.com
BASTIDE CONTEMPORAINE P.120
Amélie Maison d’Art, amelie-paris.com
Atelier Vime, ateliervime.com
Collection Particulière, collection-particuliere.fr
Dedar, dedar.com
Éditions Midi, editions-midi.com
Emilie Bonaventure, be-attitude.net
Galerie Diurne, diurne.com
Gandia Blasco, gandiablasco.com
Garnier & Linker, garnieretlinker.com
La Manufacture Cogolin, manufacturecogolin.com
Ormond Edition, ormond-editions.com
Pierre Augustin Rose, pierreaugustinrose.com
Pierre Frey, pierrefrey.com
UN ÉCRIN PRÉCIEUX P.130
Christophe Comoy, @comoylaplace
Dedar, dedar.com
FontanaArte, fontanaarte.com
Holland & Sherry, hollandandsherry.com
Jules & Jim, www.julesetjim.fr
Loro Piana Interiors, loropiana.com
Luis Laplace, luislaplace.com
Nobilis, nobilis.fr
Pierre Frey, pierrefrey.com
Tai Ping, taipingcarpets.com
HAUT EN COULEUR P.142
Claudio Salocchi, salocchi.com
DE PIERRE ET DE TERRE P.150
Tatiana Baibabaeva, @baibabaeva
Terra Coll Clayworks, terracollhome.com
Tyson Strang, @tysonstrange
EXERCICE DE STYLE P.158
Baccarat, baccarat.fr
Christofle, christofle.com
Galerie Maria Lund, marialund.com
Les Editions de Tapis, leseditionsdetapis.com
Maison Baguès, bagues-paris.com
Maxime Flatry, maximeflatry.com
Studio Akademos, studioakademos.com
L’ALLIANCE DES CONTRAIRES P.166
Atelier Constant, atelierconstant.eu
B&B Italia, bebitalia.com
DAB Studio, dabstudio.nl
Detjer, detjer.com
Flexform, flexform.it
Hay, hay.dk
Galerie Kitanovic, kitanovicgallery.com
Galerie OODE, oode.nl
Soho Home, sohohome.com
UN CRÉATEUR EN SES DEMEURES P.176
Armani/Casa, armani.com
Peter Marino, petermarinoarchitect.com
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MARS / AVRIL 20 23
À VIVRE I Architecture de 1862, ce e bastide provençale de 142 m2 se tient sur un terrain arboré de 2 000 m2, à proximité de la plage et du centre. La maison incarne à la fois les codes d’une bastide traditionnelle et un parti pris contemporain assumé. Un havre de paix verdoyant au bord de la Méditerranée.
Prix : 1 150 000 € I Réf : OP1264
À VIVRE I Architecture de 1850, cet immeuble haussmannien abrite au 5e étage avec ascenseur un appartement de 84 m2. Entièrement réaménagé par architecte en 2017, le plan a été repensé en o rant la part belle aux pièces de vie. Volumes décloisonnés et jeux de lumière en font un cocon design et chaleureux.
Prix : 1 140 000 € I Réf : AP153
BALZAC | MARSEILLE 6ÈME
À VIVRE I Architecture noble du XIXe siècle, cet hôtel particulier accueille en rez-de jardin un appartement de réception de 235 m 2 et ses cours intérieures verdoyantes, dans le quartier de la Préfecture. Ce lieu à l’ambiance surannée a conservé ses a ributs bourgeois et o re un beau potentiel. Ina endu et hors du temps.
Prix : 1 180 000 € I Réf : OP1212
À VIVRE I Architecture de 1905, ce e maison de 230 m2 et son audacieuse dépendance de 55 m2, se tiennent au cœur du quartier prisé du Busca. Intégralement repensé en 2009 par l’architecte Raphaël Bétillon, le lieu joue le mélange entre architecture classique toulousaine et ultra contemporaine. À la fois remarquable et familiale.
Prix : 2 000 000 € I Réf : AT214
Maison de caractère de 580 m² entièrement rénovée par un architecte de renom en 2021. Béné ciant d’un jardin de 250 m² exposé sud avec un jacuzzi, elle comprend une belle entrée, un double-séjour o rant une double exposition, une salle à manger avec boiseries, une cuisine dînatoire équipée ouvrant sur une terrasse, deux bureaux, une salle de sport avec un sauna et trois suites dont une avec dressing. Un appartement de service de 40 m² et trois places de parking.
Prix sur demande | Réf : 7495697
105 avenue Achille Pére i - 92200 Neuilly-sur-Seine
01 84 79 83 31
neuilly@danielfeau.com
Exclusivité. Au troisième étage d’un immeuble haussmannien de grand standing, vaste appartement traversant de 270 m². Rénové récemment, il se compose d’une galerie d’entrée, d’une double réception, d’une salle à manger, d’une grande cuisine dînatoire et de quatre suites dont une avec dressing. Parquet, boiseries et cheminée en marbre. Une chambre de service et deux caves.
Prix : 5 200 000 € | Réf : 7686774
77 avenue Paul Doumer - 75016 Paris 01 84 79 81 15
passy@danielfeau.com
MARS / AVRIL 20 23
Propriété d’environ 500 m² entièrement rénovée sur un parc arboré de 2 hectares avec maison bourgeoise et ancienne grange attenante. 6 chambres. Piscine. Triple garage. Parking.
Prix : 1 260 000 € | Réf : PER-3290-HDF | DPE : B
Emile Garcin Périgord
Tél : +33 5 59 01 59 59
Mail : perigord@emilegarcin.com
Quartier des Salins, à 5 minutes à pied de la plage, charmante et élégante propriété nichée dans un cadre magnifique entre vignes et mer. 7 suites, salon avec cheminée, salon de lecture, mezzanine, logement de gardien.
Prix : 6.900.000 € | Réf : STZ-1584-JC
Quartier Robert Schuman – Bel appartement de 95 m² en rez-de-jardin de 250 m². Entrée, séjour, salle à manger, suite parentale en cour anglaise avec accès direct au jardin. 2 parkings.
Prix : 1.670.000 € | Réf : NEU-11152-OP | DPE : D
Emile Garcin Neuilly-sur-Seine +33 1 47 17 18 18 neuilly@emilegarcin.com
Aux portes de Biarritz, Parc d’Hiver, grande maison style Godbarge d’environ 300 m². Beaux volumes. Jardin piscinable. Atelier. Garage. Proche des commerces et plages.
Prix : 2.310.000 € | Réf : BIA-2031-GRA
Emile Garcin Saint-Tropez
Tél : +33 4 94 54 78 20
Mail : saint-tropez@emilegarcin.com
Emile Garcin Biarritz
Tél : +33 5 59 01 59 59
Mail : biarritz@emilegarcin.com
Luberon
Propriété de charme de 300 m² avec vue à couper le souffle. Alliance du style provençal et de l’écologie moderne, 5 chambres/salles de bains. Terrain paysager 9.500 m², piscine, terrasses. Véritable havre de paix.
Prix : 2 750 000 € | Réf : MEN-6446-SV | DPE : C
Emile Garcin Luberon
Tél : +33 4 90 72 32 93
Mail : luberon@emilegarcin.com
Au cœur du Parc régional de Camargue, magnifique propriété sur 5,8 hectares. Maison de style Art déco conçue par l’architecte Louis Süe, avec dépendances : pigeonnier, longères, annexe, piscine et pool house, tennis.
Prix : 2.300.000 € | Réf : SRM-9025-MB | DPE : E
Gard
À 20 km d’Uzès, beau mas du XVIIe siècle sur un territoire d’environ 1,3 ha avec verger, oliviers et une grande piscine. Belles pièces de vie, 6 chambres, 4 salles de bains, appartement de gardien.
Prix : 1.315.000 € | Réf : UZS-8846-NAP | DPE : NC
Emile Garcin Uzès & Camargue
Tél : +33 4 66 03 24 10
Mail : uzes@emilegarcin.com
Emile Garcin Alpilles & Avignon
Tél : +33 4 90 92 01 58
Mail : provence@emilegarcin.com
Bel immeuble XVIIIe, à l’étage noble, appartement d’exception de 158 m², 3 chambre, 3 bains, cave, box et studio. Beaux volumes et parfait état.
Prix : 4.750.000 € | Réf : PRG-7126-MB | DPE : E
Emile Garcin Paris Rive Gauche
Tél : +33 1 42 61 73 38
Mail : parisrg@emilegarcin.com
Non loin du VIIe arr. aux derniers étages (10ème et 11ème) d’un immeuble moderne, un spectaculaire penthouse d’architecte de 243m2 en duplex, entièrement curé, entouré de 219m2 de terrasses avec quadruple exposition et vue exceptionnelle sur Paris et la Tour Eiffel. Ce duplex à l’état brut offre de nombreuses possibilités d’aménagement. Possibilité de parking en location.
Prix : 3.950.000 €
Dans un très bel immeuble des années 30, en rez-de-cour, un appartement traversant de 112 m2 comme un atelier d’artiste, ouvrant sur une cour privative de 25 m2, comprenant : entrée, salon avec cheminée, 4 chambres, 2 salles de bain, cuisine conviviale. Cave.
Prix : 1.550.000 €
Au sein d’un hameau privé et dans une allée bordée d’érables, aux rez-de-jardin et 1er ét. d’un imm. moderne, un duplex de 210 m2 ouvrant sur des terrasses et un jardin de 550 m2 environ, comprenant au rez-de-jardin : double salon et cuisine ouverte donnant sur une terrasse et un jardin, chbre avec salle d’eau, bureau. Au 1er étage : chambre principale d’angle ouvrant sur balcon, salle d’eau, chambre avec bains et dressing. Cave, 2 parkings. En sus : studio de 15m2 au 1er étage.
Prix : 5.400.000 €
À deux pas du Sénat et du jardin du Luxembourg dans l’une des rues les plus recherchées de Saint-Germain, au fond d’une ravissante cour pavée, au 1er ét. avec asc. d’un imm. ancien, un appartement traversant de grand charme de 134 m2 avec 3,20 m sous plafond, ouvrant sur une véranda. Entrée avec vestiaire, double séjour donnant sur la rue de Condé avec vue dégagée, s. à manger, 2 chambres, bureau, sdb, cuisine. Cave. Box à louer dans la cour.
Prix : 2.790.000 €
Plus de 2000 ans après son ouverture, l’ancienne route de la Soie, qui relie l’Extrême-Orient et l’Occident, continue de nous fasciner. Ce réseau de voies commerciales était jadis emprunté par des marchands aux caravanes lourdement chargées de soie et d’autres denrées précieuses. Ce e fabuleuse épopée nous a inspiré la collection Alaya. À travers ces revêtements muraux, préparezvous à un captivant voyage dans le temps. Nous vous entraînons dans une odyssée le long de cet axe de circulation mythique… arte-international.com/fr
Grâce à leur design innovant, ces adorables modèles sous-plan ne font qu’un avec leur environnement et se fondent complètement dans la décoration de la pièce. Dotés de la technologie de pointe qui a fait de Sub-zero le must en matière de conservation, les aliments, vins, boissons et même crèmes de beauté sont préservés à la perfection. Les appareils Sub-Zero et Wolf subissent des tests stricts pour garantir une utilisation quotidienne durant plus de 20 ans. subzero-wolf.fr
Le fauteuil Curve reprend les lignes douces et la centralité de la matière bois de la collection du même nom. L’intuition d’Emmanuel Gallina a été d’alléger la structure et le rembourrage en les rendant essentiels, sans renoncer pour autant au confort. La poignée incurvée du dossier est un détail fonctionnel d’un grand a rait, rendant le dos du fauteuil particulièrement intéressant. Disponible en di érentes nitions et dans une large gamme de revêtements, Curve peut prendre l’esthétique souhaitée – plus classique ou plus moderne. poliform.it
Ce e année, Schmidt dévoile la collection Wonder Wall, une solution conçue pour aménager tous les espaces de la maison : entrée, cuisine, salon, mais aussi en séparation de pièces... Schmidt bouscule et repense les codes pour construire des espaces uniques, toujours plus optimisés, plus beaux, plus intuitifs et plus vertueux. Avec le Home Design de Schmidt, on crée un chez-soi pour être au meilleur de soi. home-design.schmidt.fr
MARS / AVRIL 20 23
En pleine propriété, dans un environnement calme et arboré de la bu e Montmartre, la maison atelier d’Eugène Boudin, élégamment restructurée par des collectionneurs. Des volumes conservés et magni és, un plan fonctionnel, une terrasse surplombant les toits.
Prix : 5 980 000 € | Réf : 246202
Chomel, 75007 Paris
01 42 84 80 85
www.patrice-besse.com
Dans une célèbre cité d’artistes, une villa-atelier de 1926 de 208m2 sur 3 niveaux, signée André Lurçat. Volumes et matériaux du style moderniste se côtoient : espaces ouverts, bandeaux de fenêtres, sols de béton teinté et parquets de chêne.
Prix : 2 300 000 € | Réf : 643748
7 Rue Chomel, 75007 Paris
01 42 84 80 85 www.patrice-besse.com
Kazumasa Yamashita, rappelle un décor de film d’animation de Studio Ghibli.
Si la Face House s’est nichée en 1974 dans une rue particulièrement étroite et sans prétention de Kyoto, son apparence inhabituelle la distingue des autres maisons. Chercher des traits anthropomorphiques dans notre environnement n’a rien d’extraordinaire mais cette habitation aux traits humains n’a pas été construite pas un neuroscientifique… C’est l’architecte japonais Kazumasa Yamashita, né en 1937, qui a conçu le simple bâtiment en béton à la façade plutôt comique pour un client graphiste. On y entre côté rue par la bouche.
À l’étage, le nez fait office de puits de lumière dans la chambre d’enfant. Enfin, au dernier niveau, deux grands yeux ronds servent de fenêtres.
CERTAINES RENCONTRES MARQUENT POUR TOUJOURS. BAGUES ET BRACELETS COCO EN OR BEIGE, OR BLANC ET DIAMANTS.