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NOVO N°72

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Michael Halsband, Jean-Michel Basquiat et Andy Warhol, 1985. Collection Würth, Inv. 7018 Photo : Archiv Würth © DR

Le corps en jeu L’exposition « Frisbee ! Sports Et Loisirs » bénéficie du label Paris 2024, mais a été imaginée pour la Kunsthalle de Schwäbisch Hall autour du dessin de Fernand Léger, Les loisirs (1944). L’envie était de confronter les œuvres évoquant les « sports, loisirs & jeux », activités proscrites pendant les restrictions. Le musée Würth France Erstein se l’approprie en cette année olympique, préservant avec près de 80 œuvres l’ambition de l’originale. D’emblée, l’ancien et le contemporain s’affrontent : un coureur cycliste à terre (sculpture hyperréaliste de Jan Nelson) et les répliques romaines en plâtre du guerrier blessé, du discobole devant le joueur de frisbee sur son pénétrant fond vif orange (Donna Stolz) cinglent la perspective. Au rez-de-chaussée, les œuvres souvent de grand format montrent le corps martyrisé par l’effort, la mécanique, les mêlées, la vitesse (trait enfiévré des encres d’Höckelmann), mais aussi par la tauromachie et la danse. L’ironie (Tomi Ungerer) ou deux plongeuses en apesanteur (Christine Gallmetzer) suggèrent leur alternative à la rage compétitrice, tandis que l’étage pose le nouveau rapport à l’espace et au temps né de l’industrialisation (pertinent catalogue). La marche s’approprie la nature, surtout la montagne teintée d’un romantisme assagi ; le balnéaire ou la fête virent avec le tourisme de masse à l’oppressif. Le jeu achève le parcours avec les échecs et la volonté de célébration collective (affiches des JO 1972). Entre Pissarro, Miró, Grosz, Ernst, Morellet… les bronzes tourmentés d’Alfred Hrdlicka affirment en Leitmotiv que « toute la force de l’art vient de la chair ». Par Luc Maechel — FRISBEE ! SPORTS ET LOISIRS, exposition jusqu’au 15 septembre au Musée Würth, à Erstein musee-wurth.fr

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