SPATIALITÉ VIBRATOIRE Par Luc Maechel
LE MUSÉE WÜRTH REND HOMMAGE À LA GALERISTE DENISE RENÉ, QUI A EXPOSÉ VASARELY DÈS 1944 ET IMPOSÉ CETTE « NOUVELLE BEAUTÉ MOUVANTE ET ÉMOUVANTE », ET À L’ARTISTE ALLEMANDE LORE BERT DONT LA MONUMENTALE INSTALLATION, LES CORPS SOLIDES DE PLATON, INVESTIT LE REZ-DE-CHAUSSÉE. Si la collection Würth compte nombre d’œuvres issues de l’abstraction géométrique, elles sont rarement montrées et, à Erstein, c’est une première avec la double exposition « Radical » et « Lore Bert ». Selon un dispositif aéré, « Radical » prend le visiteur dans un jeu de manipulation de l’espace par effets d’optique (Victor Vasarely) ; où la perspective génère des volumes fictifs (Josef Albers) ; et où l’affrontement de matériaux fins et mobiles (JesúsRafael Soto) ou d’aplats francs transcende le support. L’ambition est d’instituer, par l’invention plastique, un ordre dynamique qui fait bouger le visible. Une quête de la beauté évoluant au gré des déplacements avec une logique d’effraction du réel – le réel, c’est le corps du visiteur – ouvrant un espace ductile, protéiforme, trompeur quelquefois. Le geste artistique est le fruit d’une « morale anarchique » (Pontus Hultén).
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Certains s’emparent d’autres matériaux pour mettre le regardeur en interaction ludique avec l’œuvre (les néons chez François Morellet ou Gun Gordillo). Yaacov Agam travaille sur l’épaisseur pour développer la troisième dimension et provoquer une tension cinétique. Et, tandis que les figures les plus connues sont représentées : Vasarely, Buren ou Sonia Delaunay-Terk, chez Aurelie Nemours, Richard Mortensen ou Auguste Herbin, un chromatisme vif, net et enlevé, sublime la représentation spatiale ; et chez Lothar Quinte ou Max Bill, les vibrations naissent de subtiles variations sur fond noir ou blanc.