Skip to main content

NOVO N°67

Page 94

CLAIRVOYANCE DE LA FOLIE Par Luc Maechel

CONSACRER UNE EXPOSITION À L’ART BRUT EST UNE ENVIE ANCIENNE DE MARIE-FRANCE BERTRAND, DIRECTRICE DU MUSÉE WÜRTH. ELLE S’EST CONCRÉTISÉE GRÂCE À L’EXPERTISE ET AU RÉSEAU DE JEAN-PIERRE RITSCH-FISCH, GALERISTE STRASBOURGEOIS EXPERT EN MATIÈRE D’ART BRUT ET CO-COMMISSAIRE AVEC CLAIRE HIRNER DE CE DIALOGUE SINGULIER. GRÂCE À LUI, L’EXPOSITION BÉNÉFICIE DE NOMBREUX PRÊTS : LES TROIS QUARTS DES PIÈCES PRÉSENTÉES N’ONT JAMAIS ÉTÉ EXPOSÉS.

94

Ira, 1986, Huile sur toile, 162 x 130 cm, Collection Würth © Georg Baselitz 2022. Photo : Jochen Littkemann, Berlin

C’est en 1945 que Jean Dubuffet pose le périmètre de l’art brut : « des œuvres créées hors de tout conditionnement culturel et de tout conformisme social », un art asilaire… Au commencement, début XIX e siècle, il y a l’asile d’aliénés : un dispositif de mise à l’écart des fous pour protéger la société. Un cadre rude : traitements brutaux (camisole, pratique récurrente des bains glacés…) et malnutrition. Dans cet espace réservé, hors du temps, certains internés se consacrent à des pratiques artistiques (parfois en cachette). Progressivement, des médecins s’y intéressent, préservent les travaux et commencent à les exposer vers 1914. Ils sont réalisés avec


Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
NOVO N°67 by MÉDIAPOP - Issuu