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Paperjam1 Décembre 2015

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Entreprises Investissements dans l’industrie du tabac

géants n’affectionnent pas pour des raisons de distribution mainstream. « Africaine », « Golden Midway », « Splendid »… En tout, 15 labels régionaux cohabitent avec sept marques internationales. L’idée est aussi de considérer le branding du paquet de cigarettes sous un autre jour, en travaillant, autant que la législation le permette, sur le look, la marque et les couleurs. Le dernier succès en date revendiqué par le producteur est le lancement de la « Maya » – garantie sans additifs – en Australie.

Dans le nord

Horizon 2021

Étendu sur une surface équivalente à 12 terrains de football, le futur site de production du Fridhaff, près de Diekirch, permettra à Heintz van Landewyck de développer de nouveaux produits, toujours de niche, pour les marchés visés, notamment en Asie. La fin des travaux est annoncée pour l’horizon 2021.

RENTABILITÉ INDISPENSABLE Mais cette stratégie qui a permis à Heintz van Landewyck de servir 40 marchés actuellement, contre huit en 2000, est contrebalancée par un besoin de flexibilité et de productivité. Axé sur les marques génériques, le producteur doit en maîtriser les variations de prix en optimisant sa chaîne de production dont une partie est établie au cœur du quartier de Hollerich depuis 1897. « Nous sommes une entreprise familiale, avec une longue tradition sur le plan national. Le Luxembourg est dans les gènes de Heintz van Landewyck, il est donc normal que nous investissions dans notre avenir au GrandDuché », explique Georges Krombach, directeur marketing international de Heintz van Landewyck, représentant de la sixième génération familiale. Car l’entreprise qui revendique son appartenance au patrimoine industriel national veut garder sa souplesse face aux grands et maintenir sa liberté d’action lorsqu’il faut entreprendre les investissements. Idéalement au bon moment, au bon endroit.

VILLE ET INDUSTRIE NON COMPATIBLES Le dernier investissement en date, dévoilé le 5 octobre dernier lors d’une conférence de presse très courue, s’élève à 60 millions d’euros pour une nouvelle usine de production située sur le site du Fridhaff, aux portes de la Nordstad. Le gouvernement veut en faire une nouvelle zone d’activités économiques, HVL y sera l’un des premiers occupants d’ici 2021, selon le planning estimatif des travaux. Hormis les services administratifs, les locaux historiques de la rue de Hollerich seront donc vidés. Fini le parfum caractéristique de tabac humé par les piétons. Place à une nouvelle chaîne de production correspondant aux standards actuels. « Il n’y a pas d’avenir pour la production industrielle dans un cadre urbain », estiment

Ce qui n’est pas chiffré encore, c’est le contingent de personnel nécessaire. Ce que l’on sait, c’est que cet outil de production, plus automatisé, nécessitera moins de monde pour faire fonctionner la machine. Il n’est toutefois pas question de licenciements ou de suppression de postes, assure la direction, mais plutôt d’une gestion des ressources avec les départs en pension. T. R. ◄

les représentants de l’entreprise. Bien au-delà des opportunistes éléments de communication externe, ce projet est aussi un véritable exercice de change management pour les collaborateurs qui devront déplacer leur site de travail. Les 520 salariés de HVL au Luxembourg (sur 1.900 que compte le groupe au total) sont ainsi parties prenantes de ce déménagement, dont la deuxième phase coïncidera avec les 175 ans de l’entreprise. D’où le nom de code choisi pour le projet : « Jos.lu », en référence au dirigeant Joseph Heintz, fils du fondateur Jean-Pierre, qui développa la vision industrielle de HVL. « Pour réussir dans chaque nouveau marché, nous devons recruter les bonnes personnes, autant au Luxembourg qu’à l’étranger », ajoute Christian Greiveldinger, qui précise aussi que la majorité des effectifs (65 %) sont des femmes. Outillé pour préparer son avenir, HVL regarde d’ores et déjà vers de nouveaux marchés. « Nous voulons nous adapter à la

demande, tout en développant nos têtes de pont en Asie, au Moyen-Orient ou en Afrique », prévoit Charles Krombach, annoncé pour reprendre à terme la direction de l’ensemble des activités d’un groupe qui a déjà su diversifier ses activités de longue date. Le patrimoine immobilier de Hollerich, dont il est propriétaire, fait partie de ses actifs importants et est repris dans les futures zones mixtes « Porte de Hollerich » et « Aciérie-Industrie », des nouveaux quartiers de la ville qui concernent aussi le site de Paul Wurth. Un signe de plus que patrimoines industriel et immobilier sont souvent étroitement liés. ◄ En résumé Bientôt fini l’odeur de tabac frais à Hollerich. Heintz van Landewyck va déménager sa production aux portes de la Nordstad. Le patrimoine immobilier aura un autre destin. Le groupe luxembourgeois, lui, se modernisera et se cherche de nouveaux débouchés sur le marché mondial où sa taille humaine ne l’empêche pas d’exister sur des niches et avec des produits savamment étudiés.

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