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L’épopée de l’écriture inclusive
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L’épopée de l’écriture inclusive
Ah vous êtes là? Je me réveille tout juste excusez-moi! Je me présente : Je suis Bescheriel, et comme mon cousin Bescherelle je suis livre, et aussi guide. C’est moi qui vais vous éclairer sur le chemin de l'écriture inclusive (mais pas seulement). Dans ce livre, vous apprendrez l’existence de bien d’autres formes d'écriture fluide, qui cherchent toutes à dépasser les normes de genre. Votre mission? Apprendre à démasculiniser la langue et aussi à propager toutes ces intentions.
Alors? Vous trépignez d’impatience j’imagine? Et bien moi aussi! Avant de commencer il sera important de rappeler que je n’ai pas pour vocation de donner des leçons. Je tends à rendre compte de manière partielle des tests et autres expérimentations grammaticales liées à la création ou à la modification/ transformation d’un langage binaire et masculin en un langage fluide, non-genré + inclusif. Maintenant que c’est dit, on se retrouve au sommaire!
SOMMAIRE HISTOIRE............................................. 1 ARMES ................................................. 2 Langage épicène............................. 3-4 Double mention.......................... 5-6 Contraction................................. 7-8 Point médian............................ 9-10 Accords anciens...................... 11-12 Genre neutre........................... 13-14 Étoile ....................................... 15-16 X ...............................................17-18
FI�?........................................... 19-21 SOURCES................................. 23
Désolé pour les formalités mais on doit passer par là pour bien comprendre l’ampleur du problème. Si tu as toujours envie de continuer il reste un peu de lecture sur la page de droite, après c’est promis on passera aux choses sérieuses. Le temps presse! Les Immortels sont déja en train d’organiser leurs offensives.
HISTOIRE L’écriture inclusive propose des formulations plus représentatives que celles où le masculin a été imposé comme forme neutre, générique, s’inscrivant dans une histoire du langage patriarcale et exclusive que nous héritons de la masculinisation du français opérée au 17e siècle, combiné à une langue française très genrée. Cette dernière s’est «masculinisée» à la suite de la création de l’Académie française en 1635. Avant cela, les termes comme philosophesse, autrice, poétesse étaient utilisés couramment. L’Académie, exclusivement composée d’hommes, va purement et simplement faire disparaître le féminin de certains mots sur base de choix politiques et d’arguments sexistes: «on ne dit pas professeuse, graveuse, compositrice […] par la raison que Excusez mon interruption mais je dois juste vous rappeller que toutes ces informations passionnantes résument grossièrement une histoire qui se pérpétue e depuis le XVII siècle. La racine du mal est profonde mais c’est grâce à ces actions combinées qu’on avance. ces mots n’ont été inventés que pour les hommes qui exercent ces professions» défend avec ferveur Bescherelle (mon odieux cousin). Le genre masculin a alors été désigné comme étant la forme du «neutre» et la féminisation des noms, fut totalement exclue.
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SOMMAIRE
Maintenant que vous savez comment tout a commencé il ne me reste plus qu’à vous présenter quelques-unes des armes qui nous permettront de mettre en péril, dans un futur plus ou moins proche, Les Immortels ainsi que leur sombre dessein. Plusieurs langages ou règles de grammaire existent pour écrire ou parler en inclusif. Ici, j’ai fait une liste, (non exhaustive, je tiens à le rappeler), de différentes formes d'écriture qui semblent appropriées à la mission qui nous incombe. Notre objectif sera d’établir des repères historiques, conceptuels et politiques ainsi que des modalités d’utilisation de ces différentes formes, afin de pouvoir les apprivoiser plus facilement. Rappelez-vous également que la langue n’est pas figée, elle est malléable, par vous et pour vous. Soyez libre de mélanger différentes formes et d’en créer de nouvelles. Il est possible d’aller du simple réflexe de reformulation de ses phrases à l’utilisation d’une nouvelle grammaire. Après tout, dans les luttes en générales, de quelques natures qu’elles soient, on observe bien que l’un des meilleurs moyens d’arriver à ses fins est de privilégier la « diversité des tactiques ». L’intérêt est donc de s’approprier la langue, de la réinventer, et qu’elle nous représentent toustes.
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Langage Épicène 3
SOMMAIRE
Le sens ancien d’épicène est donc la caractéristique de certains mots qui ne possèdent qu’un seul genre mais qui peuvent désigner autant le mâle que la femelle d’une espèce. Certains mots peuvent avoir plusieurs genre mais leur morphologie ne varie pas en genre. Ex : Ministre, enfant, géomètre, je, vous, nous. Dans certains contextes, les marques de genres ne sont pas indispensables à la compréhension de l’énoncé. Il est alors possible de les effacer, simplement en reformulant sa phrase, ou encore en utilisant des mots épicènes. Ils sont facile d’utilisation, connus de tout le monde et ne troublent pas la lecture. Ex : Les enseignants > L’équipe enseignante. Les étudiants > Les élèves.
Les plus :
Avec le langage épicène on fait vaciller la règle qui dit que « le masculin l’emporte sur le féminin », au moins pour l’énonciation. C’est une première étape qui permet de ne pas trop bousculer nos habitudes d’écriture ou de langage parlé.
Les moins :
Le langage épicène n’est pas inclusif des personnes non-binaires/trans/genderfluid, il l’est seulement du genre féminin. Il demande aussi un effort de réflexion, mais comme chacune des solutions expliquées c’est en s’entraînant que son utilisation deviendra naturelle.
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Double Mention 5
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Pour ce qui est de la double mention (ou double flexion) c'est très simple, il s'agit de citer tout le monde. Ex : Bonjour à toutes et à tous. Les citoyens et les citoyennes. Tous les étudiants et toutes les étudiantes. Pour ce qui est de l'ordre, on peut, soit laisser faire le hasard, soit classer les mots par ordre alphabétiques. Avec ce genre de classement, l'ordre peut peut-être différent au singulier et au pluriel. Ex : Un ami et une amie > Des amies et des amis. Parfois, la double flexion peut être évitée, on cherche alors l'épicénisation à travers une forme pluriel. Ex : Un ou une juriste > Des juristes.
Les plus :
Avec cette forme là, personne n'est mis à l'écart. Ou en tout cas le genre féminin n'est plus effacée, il apparaît au même niveau que le genre masculin. On peut même décider de toujours placer l'occurence féminine en premier, comme pour rattraper ces années d'effacement.
Les moins :
La double mention non plus, n’est pas inclusive des personnes non-binaires/trans/genderfluid, elle l’est seulement du genre féminin. Elle reste, par la même occasion un marqueur de la binarité de genre. Mais elle est aussi une forme compréhensible par toutes et tous.
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Contraction 7
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Pour la contraction on pourrait aussi parler de flexion partielle, le but étant d’inclure dans un même mot les deux marques de genre : Ex : Ils & elles > Iels. Toutes & tous > Toustes. Batteurs et batteuses > Batteureuses. Auditrices & auditeurs > Auditeurices. Directeurs et directrices > Directeurices. Vous pouvez contracter les flexions partielles, afin de rendre la lecture plus fluide et de permettre une oralisation plus aisée. Tout le monde sait reconnaître cette forme, sauf en faisant preuve de mauvaise foi. Ex : Ttravailleureuse, Directeurice, Toustes, Auditeurices, Spectateurices, etc.
Les plus :
La contraction est aisément oralisable et compréhensible, ce qui reste l’une des choses les plus importantes. Elle permet aussi l’inclusion des personnes non-binaires/trans/genderfluid, (si cette forme leur convient). Enfin, elle est poétique et donne de jolies terminaisons.
Les moins :
Une fois de plus la contraction laisse apparaître le marqueur de la binarité de genre. Cela reste une bonne alternative et une étape importante avant de passer à des modifications radicales de la grammaire et de l’orthographe, mais nous en parlerons un peu plus loin.
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Point Médian 9
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Dans le cas où il n’est pas possible d’effacer la marque de genre ou d’utiliser un mot épicène, le point médian est une solution facile et adaptée. Il vaut mieux préconiser des formes typographiques avec un seul point médian comme l’explique Eliane Viennot, professaire de littérature, dans l’ouvrage Le Langage inclusif : pourquoi, comment? «Ce point médian doit demeurer unique en cas de pluriel et non doublé avant le -s, comme on le voit souvent.» Ex : Travailleur·euses pas travailleur·euse·s. Eliane Viennot ajoute : « Cette répétition, présente deux inconvénients, d’une part, elle accentue la sensation de dislocation du mot, et d’autre part, elle met la finale féminine entre deux signes pluriel.»
Les plus :
Le point médian est facilement compréhensible, il peut s’oraliser sous la forme d’une flexion totale ou d’une flexion partielle avec contraction. Si il est écrit : «Bonjour à tous·tes», on lira : «Bonjour à tous et à toutes» ou bien «Bonjour à tous·tes» en marquant une pause.
Les moins :
Encore une fois, il marque la binarité de genre. Il peut être compliqué à utiliser quotidiennement, le raccourci clavier est relativement complexe (Alt + 250 pour les clavier Windows et Alt + maj + F.). Mais comme chaque fois c'est l'habitude qui rendra son usage naturel.
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Accords Anciens 11
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Pour remplacer la règle grammaticale «le masculin l’emporte sur le féminin», il suffit de réactiver d'anciennes règles, utilisées avant les réformes de masculinisation de la langue : • Les accords de proximité, cette règle consiste à accorder en genre et en nombre l’adjectif avec le plus proche des noms qu’il qualifie. Ex : Les hommes et les femmes sont belles. • Les accords de majorité. Cette règle consiste à accorder en genre et en nombre l’adjectif avec le genre majoritaire des noms qu’il qualifie. Ex : L’esprit et les portes sont ouvertes. • Les accords de sens consistent à accorder en genre et en nombre l’adjectif avec le plus important des noms qu’il qualifie. Ex : Les sublimes serviettes de tables et le vieux chiffon sale sont rangées au même endroit.
Les plus :
Cette forme est facilement compréhensible, elle repose sur des règles logiques et non-oppressives.
Les moins :
Marqueur de la binarité de genre et solution non inclusives des personnes non-binaires/trans/genderfluid...
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Genre Neutre 13
SOMMAIRE
Le genre neutre que nous allons exposer ici est le fruit du travail d’Alpheratz. Enseignanx en linguistique, sémiotique et communication à Sorbonne Université, al développe un lexique du genre neutre et le conceptualise dans son ouvrage Grammaire du français inclusif, parue aux Éditions Vent Solars en 2018. Sur le site d’Alpheratz, vous trouverez des extraits du lexique du genre neutre sous forme de tableau. Cette forme de langage repose sur des réactivations de forme du neutre latin comme le pronom «al», ou la ligature «æ» qui a disparu du français à force de normalisation. Ex : Le, la > Lu. / Un, une > An. Mon, ma > Mu, mi, mo. Nouvelles, nouveaux > Nouvauz. Confinés, confinées > Confinæs. Certains, certaines > Certans. Le mien, la mienne > Lu mian. Chacun, chacune > Chacan. Celui, celle > Céal, çauz.
Les plus :
Efface la binarité de genre et est facilement oralisable. Cette forme est un bon complément de l’épicénisation.
Les moins :
Nécessite un peu d'entraînement, peut être considérée comme une forme élitiste dûe à ces structures inédites.
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Étoile 15
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«L’astérisque a ceci de pratique et de joli qu’il ressemble à une étoile. J’y vois même une paillette, certes esseulée mais une paillette quand même. Et si c’était possible, elle serait de toutes les couleurs dans ce texte, si bien qu’à la fin, il chatoierait et rutilerait. J’utilise ce signe typo queer camp et kitsch pour les accords en genre et en nombre en zones d’énonciation queer et transféministe comme dans fabuleu*, étudiant*, militant*, un* licorne, etc. J’y vois une extension du * utilisé dans “trans*”, qui permet de sabrer “sexuel” de “transexuel” et de laisser ouvert le répertoire des identités et des subjectivités trans*. Enfin, comme d’habitude, l’argot sera là pour trouer la nappe de la langue soutenue.» Extrait de Homo Inc.orporated : le triangle et la licorne qui pète, extrait de « Petite “grammaire” du français queer et transféministe », écrit par Sam Bourcier, Éditions Cambourakis, 2019.
Les plus :
Une forme poétique qui apporte une écriture mêlant lettres et pictogrammes. Elle laisse ouvert un champ des possibles, notamment dans le dessin typographique.
Les moins :
L'étoile peut être compliquée à appréhender dans un texte long, les personnes souffrant de dyslexie peuvent être relativement perturbé·es par ce symbole.
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X X 17
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L’utilisation du «x» vient des milieux transféministes et intersectionnels anglosaxons, notamment avec l’utilisation de «womxn» pour «woman». Cette utilisation vise à prendre en compte dans «womxn» toutes le femmes et personnes s’identifiant comme femme, c’est-à-dire autant les femmes cisgenres que les femmes trans*. De là, cette forme est arrivée en français avec le terme «fxmmes». Peu à peu, le «x» s'est intercalé entre les marques du féminin et du masculin (au même endroit que le point médian), pour signifier l'inclusion de tous les genres (féminin, masculin, non-binaire, neutre, queer, etc.) dans un même mot. Ex : Confiné·es, étudiant·es, tous·tes devient Confinéxes, étudiantxes, touxtes…
Les plus :
Ce X permet de mettre en avant une diversité dans le langage et l'écriture. Le X est militant, il est un marqueur fort et imposant tant dans la graphie qu'à l'oral. Il peut aussi permettre une reconnaissance des personnes concernées simplement par la parole ou l'écrit.
Les moins :
Pour certainxes le fait de mettre en avant cette diversité peut être une manière de montrer qu'elle est différente des nominations binaires. Comme elle est différente, elle en est exclue, elle n'a pas le même statut que la binarité. Il faut donc réfléchir à normaliser la diversité.
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Ayant maintenant connaissance de toutes ces possibilités, c'est à vous de vous en emparer pour faire vivre la langue et la faire évoluer vers une forme inclusive. Bien que tout cela soit en- core en cours d'expérimentation, les règles grammaticales se feront donc à l'usage. À vous d'en user!
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Je crois entendre les cannes des Immortels et les sirènes de leurs sbires ! C'est le moment ou jamais ! Taïaut !
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SOURCES La plupart des contenues de ce livre proviennent d'une recherche intensive et d'un croisement de sources diverses et variées. Vous retrouverez ci-dessous une sélection non-exhaustive des plus pertinentes et des plus complètes. Si l'envie vous prend d'approfondir le sujet, vous pourrez le faire directement à partir de ces ressources : • Alpheratz, «Grammaire du français inclusif». Alpheratz.fr • Collectif Club Med, «Guide pratique du langage inclusif en École d’Art». Langage-inclusif-clubmed.fr • Collectif Bye Bye Binary, «Imaginaires typographique inclusifs et queer». http://genderfluid.space/ • Caroline Dath°Camille Circlude, «Révolution typographique post-binaire». Typo-inclusive.net
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BESCHERIEL L'épopée de l'écriture inclusive
Conception graphique et sémantique par Hugo Amenouche. Imprimé en France. Dépot illégal : 1e semestre 2022 ISBNO : 978-2-985534-89-0. Toute reproduction est bienvenue, surtout n'hésitez pas.
Vous trouverez dans ce livre une panoplie d’armes non-exhaustives visant toutes à attaquer l’ordre orthographique en place actuellement. Et ce, dans le but de créer un nouveau non-ordre, fluide, inclusif & neutre. Chaque arme se vaut et chaque combat est une victoire, même les défaites. • • •
Mais attention aux Immortels, grands conservateur de ce que l’on appelera le “ vieux monde ”, leurs sbires n’hésiterons pas à user de malice pour mieux vous invisibliser et interdire nos armes.