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Construction octobre 2021

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Construction

Le mensuel de l’entrepreneur • Une publication de la Confédération Construction • Rue du Lombard 34 - 42 • 1000 Bruxelles

OCTOBRE 2021 BUREAU DE DÉPÔT GENT X – €6

DROITS D’AUTEUR Soyez prudents avec les photos et illustrations !

75 ANS DE LA CONFÉDÉRATION Les roadshows ont commencé

FORMATION EN ALTERNANCE Boost financier du secteur

DOSSIER

L’après-inondations :

le rôle crucial du secteur /confederationconstruction www .confederation­construction.be @ConfedConstruct

Confederatie Bouw - Confédération Construction


09.12.2021 Château du Lac, Genval

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ÉDITO

75 ans de la Confédération Construction : construire ensemble, célébrer ensemble

L

es quelques roadshows que nous avons déjà organisés pour notre 75e anniversaire se sont particulièrement bien déroulés. Après plusieurs mois marqués par le Covid, nous avons remarqué que nos membres avaient bien besoin de se retrouver en face à face. De plus, nous sommes ravis de les voir heureux de venir fêter notre anniversaire avec nous.

« Nos huit roadshows sont l'occasion idéale pour revenir sur les 75 ans de la construction, mais surtout pour regarder vers l'avenir. »

Les roadshows sont, bien entendu, l'occasion idéale pour revenir sur l'histoire de notre organisation, durant laquelle elle s'est échinée à défendre les intérêts des entreprises de construction, petites et grandes. Dans le même temps, nous abordons un thème très important pour l'avenir proche de la construction. Notre objectif est d'être encore là pour vous durant les 75 prochaines années (et bien plus encore). Ainsi, le sujet de la numérisation se trouvait au centre des discussions dans le Limbourg. Il s'agit peutêtre de la plus grande révolution à venir dans notre secteur et tout le monde, petites et grandes entreprises, devra y participer. Nous avons abordé, entre autres, le BIM, naturellement, mais aussi la réalité virtuelle, l'utilisation des drones dans la construction, les imprimantes 3D… Lors de notre passage dans le Brabant wallon et à Namur, nous en avons profité pour nous concentrer sur la mobilité et les infrastructures. Nous ne parlons pas uniquement des grands projets d'infrastructure, comme le chantier de l'Oosterweel à Anvers, le Réseau Express régional de Bruxelles, l'écluse de Terneuzen, ou encore à la construction ou la rénovation de plusieurs écoles et hôpitaux dans toutes les régions, mais aussi des moyens de transport alternatifs (par voie fluviale ou ferrée...) et des futures infrastructures routières. Nous mettrons à l'honneur d'autres thèmes lors de nos roadshows : l'environnement et le Green Deal, l'emploi et les jeunes, et enfin, les nouvelles formes de logement dans la ville de demain. Fascinant, n'est-ce-pas ? Plusieurs roadshows sont au programme des prochaines semaines. Si vous voulez savoir où et quand, toutes les informations se trouvent sur notre site : www.75anscc.be. N'hésitez pas non plus à regarder les vidéos sur chacun des thèmes, ainsi que les interviews de plusieurs acteurs de la construction ou étrangers à notre secteur, comme Ayméric de Changy (Modulart SA), Natacha Jérouville (Jérouville SA), Annick De Swaef (CRR), Mohamed Ridouani (bourgmestre de Louvain) et bien plus. À ne rater sous aucun prétexte !

Thomas Scorier Président de la Confédération Construction octobre 2021 • Construction 3


SOMMAIRE

17 Dossier/L’après-inondations : le rôle crucial du secteur

Après les terribles inondations de la mi-juillet, le temps est désormais aux questions. Faut-il reconstruire ? Rénover ? Quel futur aménagement du territoire ? Notre secteur est en première ligne pour apporter des solutions.

10 La technologie et la réglementation améliorent la sécurité

30 Le secteur booste financièrement la formation en alternance

38 Le NID, dernier maillon du chantier de la Confluence à Namur

Comment pouvons-nous encore améliorer la sécurité sur chantier ? La technologie intelligente et une meilleure réglementation font partie de la solution. C’est ce qu’il ressort d’un séminaire organisé par la Confédération à Matexpo, le salon des équipements de construction à Courtrai.

Face au manque criant de maind’œuvre dont souffrent nos entreprises, le secteur de la construction et l’IFAPME ont décidé de renforcer leur collaboration. Comment ? En octroyant davantage d’incitants financiers aux apprenant(e)s engagé(e)s dans l’alternance (IFAPME et CEFA).

Le chantier de la Confluence, sur le site du Grognon dans le centreville de Namur, est terminé. Notre membre De Graeve a construit, en société momentanée, le parking souterrain ainsi que le bâtiment situé au confluent de la Sambre et de la Meuse, le NID.

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Le mensuel de l’entrepreneur • Une publication de la Confédération Construction • Rue du Lombard 34 - 42 • 1000 Bruxelles

Construction

OCTOBRE 2021 BUREAU DE DÉPÔT GENT X – €6

DROITS D’AUTEUR Soyez prudent avec les photos et illustrations !

75 ANS DE LA CONFÉDÉRATION Les roadshows ont commencé

FORMATION EN ALTERNANCE

VOS INTÉRÊTS

Boost financier du secteur

le rôle crucial du secteur /confederationconstruction www .confederationconstruction.be @ConfedConstruct

Confederatie Bouw - Confédération Construction

photo : © ’t dakdekkertje.

DOSSIER

L’après-inondations :

12 Droits d’auteur Soyez prudents avec les photos et illustrations !

3 Édito 75 ans de la Confédération Construction : construire ensemble, célébrer ensemble. 7 Point de vue régional Ambitions de rénovation et mobilité bruxelloise, amis ou ennemis ? 8 Roadshow 75 ans Namur/Brabant wallon, première halte wallonne. 10 Séminaires Matexpo • La technologie et la réglementation renforcent la sécurité. • Le Cluster Entreprises Complémentaires particulièrement actif, à Courtrai

VOS CONTACTS Construction est le mensuel de l’asbl Confédération Construction Rue du Lombard 34-42, 1000 Bruxelles Editeur responsable : Filip Coveliers, Rue du Lombard, 34-42, 1000 Bruxelles. Bureau de dépôt : Gent X Rédaction : Edition francophone : Construction Marc Guéret - tél. 02 545 57 31 marc.gueret@ confederation­construction.be Edition néerlandophone : Bouwbedrijf peter.graller@confederatiebouw.be Mise en page : Abder-Razzaaq Boujdaini abder-razzaaq.boujdaini@cnc.be Nikka Cuypers nikka.cuypers@cnc.be Secrétariat de rédaction : secretariatredaction@confederation­ construction.be

DOSSIER

17 Introduction L’après-inondations : le rôle crucial du secteur. 18 Aménagement du territoire « Il faut adapter le plan de secteur et revoir les cartes d’aléa ». 22 Système constructif « Entamer une réflexion au sujet de la construction sur pilotis ». 24 Espaces verts « La volonté publique de déminéraliser et verduriser le territoire est présente ». 26 Plan d’action La Confédération rencontre les autorités régionales pour évoquer la reconstruction.

SECTEURS & MÉTIERS

32 Energie/Enquête Les cadres qualité en matière de PEB sont efficaces mais entraînent trop de charges. 34 CSTC • Isolation thermique optimale dans le respect des détails constructifs du CSTC. • Pierre naturelle : les obligations du placeur.

PROJETS & ENTREPRISES

38 Le Nid Dernier maillon du chantier de la Confluence, à Namur. 42 Avantages membres Votre affiliation se rentabilise. 45 Marché de la construction • Cat • Husqvarna • Takeuchi 46 Marquant • Bilan Matexpo • Chiffre du mois

30 Emploi/Formation Le secteur booste financièrement la formation en alternance.

Impression : Graphius Réactions-questions : communication@ confederationconstruction.be Avec la collaboration des services d’études de : • Confédération Construction Morgane Halleux tél.02 545 56 33- fax 02 545 59 09 morgane.halleux@confederationconstruction.be • Confédération Construction Wallonne Katia Bogaard tél. 02 545 56 75- fax 02 545 59 05 katia.bogaard@ccw.be • Conféderation flamande de la Construction Johan Walewijns, tél. 02 545 57 49 - fax 02 545 59 07 johan.walewijns@confederatiebouw.be • Confédération Construction Bruxelles-Capitale Morgane Cendoya,

Membre de WE MEDIA.

tél. 02 545 58 29 - fax 02 545 59 06 morgane.cendoya@confederationconstruction.be Abonnements : Claude Bernaerts, tél. 02 545 56 88 - fax 02 545 59 00 claude.bernaerts@confederationconstruction.be Publicité : Kristel Dekempeneer, tél. 02 545 56 99 - fax 02 545 59 08, kristel.dekempeneer@confederation­ construction.be Prix abonnement annuel Membres de la Confédération Construction, compris dans la cotisation Non-membres : 137,80 euros (TVA et frais de port compris) / Etranger : 300 euros (TVA et frais de port compris)

Par la présente publication, la Confédération Construction asbl s’assigne comme but de vous communiquer des informations adaptées, fiables, complètes et exactes. Toutefois, elle ne peut pas être tenue responsable en cas d’un manquement quelconque à cet objectif. Tous les éléments de cette publication sont protégés par le droit d’auteur de la Confédération Construction asbl. Toute reprise d’articles, en tout ou en partie, n’est permise qu’après autorisation expresse et avec la mention explicite de leur provenance.

Vot re mensuel Construction est dorénavant imprimé sur du papier issu de la gestion durable des forêts. Le label Forest Stewardship Council veille à la préservation de l’écosystème forestier ainsi qu’au respect des droits sociaux des populations indigènes et des travailleurs forestiers.

octobre 2021 • Construction 5


E C R O F A L DE SE R E T N E I R RÉO

ns tous en nous. Cette force, nous l’avo y arriverons. Alors ensemble, nous

RÉUNISSONS NOS FORCES SUR PLUSFORTQUELECORONA.BE


POINT DE VUE RÉGIONAL

Ambitions de rénovation et mobilité bruxelloise, amis ou ennemis ?

L « Ne serait-il pas souhaitable de sortir de certains dogmes et d'adopter une vision de la mobilité plus large? »

a Région de Bruxelles-Capitale est ambitieuse pour relever les défis climatiques et environnementaux. Le secteur de la construction a toujours soutenu et accompagné ces ambitions, notamment dans des domaines tels que la performance énergétique des bâtiments, la gestion des déchets, ou encore la gestion de l’amiante. Cependant, pour que le secteur de la construction puisse mener à bien sa mission et répondre aux fortes ambitions bruxelloises, des freins importants risquent d’empêcher l’atteinte des objectifs poursuivis par la Région. Le manque de main-d’œuvre qualifiée est évidemment crucial. Nous y travaillons avec le gouvernement dans le cadre du projet Construcity. Brussels. Ensuite, permettre aux entrepreneurs de modifier leur empreinte écologique et être encore plus innovant requiert des moyens financiers orientés « recherche ». Il est donc temps de favoriser le juste prix tant sur les marchés publics que privés afin de rendre nos entreprises performantes, tout en offrant des produits financièrement accessibles. Ces avancées technologiques offriront des nouvelles perspectives, au service de l’humain et de notre planète et ce avec la contribution d’un acteur clef dans ce domaine : le CSTC. Enfin, une problématique dont beaucoup d’entrepreneurs parlent aujourd’hui est la mobilité bruxelloise. Ces dernières semaines, via les médias, certains décideurs bruxellois communiquent beaucoup sur des actions à propos de la mobilité, à Bruxelles : taxe kilométrique, suppression du diesel et de l’essence… La mise en œuvre de ces idées aura un impact significatif sur la compétitivité des entreprises bruxelloises et sur l’augmentation du coût global de la construction pour nos clients, sans pour autant être scientifiquement cohérente. Il n’existe pas une énergie électrique idéale mais bien diverses sources d’énergie performantes en fonction de la masse véhiculée, du type de trajet…Dès lors, ne serait-il pas souhaitable de sortir de certains dogmes et d’adopter une vision de la mobilité plus large, à long terme, en permettant aux secteurs qui n’ont, à l’heure actuelle, pas d’alternative viable de continuer à fonctionner ? Dans la négative, cette politique mènera certains secteurs à l’immobilité avec, comme effet collatéral, la fuite des entreprises vers la périphérie et l’augmentation du coût constructif, déjà bien plus élevé à Bruxelles que dans les deux autres régions. Cela serait le contraire des annonces faites par nos décideurs. C’est pour ces raisons que nous demandons instamment au monde politique bruxellois d’agir avec pragmatisme et pondération en matière de mobilité, a fortiori avec la mobilité des véhicules-outils afin que les entreprises de construction bruxelloises puissent continuer leur contribution aux ambitions énergétiques et circulaires régionales !

Marc Ruebens Président de la CCBC octobre 2021 • Construction 7


ANNIVERSAIRE/75 ANS

La Confédération Namur/Brabant wallon, première halte wallonne du roadshow Cette année, la Confédération fête son 75e anniversaire. Un heureux événement qui est célébré avec des roadshows dans les confédérations locales. En Wallonie, Namur et le Brabant wallon ont conjointement ouvert les festivités, le 9 septembre dernier. Thème de la soirée : « Infrastructures et mobilité ».

75

ans, ça se fête ! C’est aussi l’occasion de jeter un regard dans le passé. Dans les magnifiques installations de la Ferme de Mehaignoul (Meux), une bâtisse du 16e siècle, les 200 personnes présentes ont d’abord eu droit à un film court mais intense. Il résumait trois quarts de siècle d’histoire de la construction, de la reconstruction après la Seconde Guerre mondiale (autoroutes, voies de chemin de fer…) aux grands projets d’infrastructures actuels. Mais trois quarts de siècle, c’est aussi le moment idéal pour regarder vers l’avenir et parler des nombreux défis qui attendent le secteur. Ils ont été évoqués lors d’une table ronde réunissant Christophe Cardinael, administrateur délégué de Dherte ; Alexandre De Cesco, administrateur délégué de Socatra et Olivier David, gérant de l’entreprise de voirie Frateur.

La table ronde, animée par Ingrid Bertrand, a réuni (de dr. à g.) Olivier David (Frateur), Alexandre De Cesco (Socatra) et Christophe Cardinael (Dherte).

1.800 membres

Après avoir excusé Thierry Toussaint, le président de la Confédération Namur absent pour raisons médicales, Stéphane Kaye, président de la Confédération Construction Brabant wallon, a introduit la soirée. Il a souligné l’importance du dynamisme des structures locales, en première ligne pour représenter les intérêts des membres. On en compte environ 1.800 dans les provinces du Brabant wallon et Namur. Thomas Scorier, fier d’être le premier entrepreneur issu du Brabant wallon nommé président national de la Confédération, a remercié l’assemblée d’être présente, malgré un agenda de rentrée toujours très chargé. Il a évoqué « des défis nombreux pour le secteur, avec des variables incertaines ».

Table ronde

Ces défis, Ingrid Bertrand, la maîtresse de cérémonie, les a abordés avec ses trois invités. Nous résumons ici quelques points marquants des échanges. Il a notamment été question de pénurie de main-d’œuvre, un mal récurrent dont souffre le secteur. « Après la guerre, les entreprises ont senti le besoin de se fédérer par rapport à la pénurie de matériaux et de main-d’œuvre. On peut faire le parallèle avec la situation que nous connaissons aujourd’hui. Nous souffrons d’un manque absolu de moyens et nous avons besoin de nous fédérer », a souligné Alexandre De Cesco. Dans le contexte de situation sanitaire actuelle, Ingrid Ber8 Construction • octobre 2021

trand a ensuite posé la question suivante : les crises ont-elles rythmé le secteur ? « Elles ont appris que l’être humain a une capacité à s’adapter. Mais le palier pour la construction n’a pas été une crise mais une prise de conscience environnementale. On a commencé à regarder l’empreinte carbone, les différents isolants… et puis la réglementation PEB est arrivée. Cela a entraîné un changement fondamental et le secteur a passé une étape », a indiqué Christophe Cardinael. L’administrateur délégué de Dherte a aussi parlé de « new way of working » et de « new way of living ». Deux nouvelles tendances qui vont influencer la construction. « Avant, on partait des centres urbains. Maintenant, les gens y reviennent pour des questions de facilité. Dans le passé, les villages se créaient autour des églises. Les églises sont désormais les gares. Être près d’une gare est devenu un critère important dans la recherche d’un logement. Et c’est cet accès au logement pour tous qui qui sera l’enjeu futur de la construction. » Nouvelle manière de travailler, de vivre et de…construire. « Ces dernières années, nous avons connu une forte évolution des modes constructifs. J’évoquerais la digitalisation avec le BIM et l’économie circulaire lors du démantèlement et la démolition d’un bâtiment. On trie les déchets sur chantier et on voit de nouveaux métiers apparaître, comme celui de valoriste », a expliqué Alexandre De Cesco.


Les entrées payantes de cette soirée festive ont été reversées à Think Pink, une association qui lutte contre le cancer du sein. Elle a reçu un beau chèque de 2.000 €. Près de 200 personnes ont participé à l’événement, dans les magnifiques installations de la Ferme de Mehaignoul.

Robert de Mûelenaere a reçu un bel hommage des deux directeurs, Geoffroy Doquire (Namur) et Charles Misonne (Brabant wallon).

ROBERT DE MÛELENAERE PART À LA RETRAITE Le 75e anniversaire de la Confédération n’est pas le seul événement qui fera de 2021 une année spéciale pour l’organisation professionnelle. Au mois de novembre, notre administrateur délégué, Robert de Mûelenaere, prendra sa retraite. Il passera alors définitivement le flambeau à Niko Demeester.

Pour les voiristes aussi, la société et le secteur ont changé. Et, comme l’a souligné Ingrid Bertrand, on voit désormais deux mondes se confronter : les voitures face aux vélos/trottinettes. « Tous ces utilisateurs prennent place sur cette voirie sans que ça ne soit prévu pour. Les clinkers, c’est bien pour les piétons mais pas adaptés pour les vélos et trottinettes. Il faut davantage légiférer le secteur de la voirie », a indiqué Olivier David. « Un autre grand défi, lié aux transports en commun et à la mobilité, est celui du dernier kilomètre. Comment le réaliser ? En navette autonome, en voiture… ? La question se pose aussi pour les marchandises. » De nouveaux types de voirie vont également voir le jour : des autoroutes intelligentes, des voiries silencieuses, d’autres qui vont capter le CO2… « On ne changera pas du jour au lendemain les voiries actuelles et il faudra les entretenir avec des pneus adaptés, des voitures à faible émission…Un dernier mot sur l’économie circulaire. L’Europe impose de plus en plus de réemploi. Le secteur est prêt à recycler les voiries qu’on démantèle. »  photos : © Jeroen Willems

•

Dans le Namurois, il est venu personnellement dire au revoir aux membres avec lesquels il a travaillé durant de nombreuses années. Tout d’abord, de 1992 à 1997 en tant que directeur du service d’études et ensuite, de 1997 à 2021 en tant qu’administrateur délégué. « Ce qui reste au terme d’une carrière, ce sont les liens. Dans un secteur à structure familiale comme le nôtre, la qualité de la relation entre les personnes est la base sur laquelle nous pouvons construire. De ce point de vue, vous m’avez comblé », a indiqué Robert de Mûelenaere. Après avoir remercié tout le monde pour ces belles années, il a tenu à rendre un hommage particulier à Geoffroy Doquire, directeur de la Confédération Namur, et Charles Misonne, directeur de la Confédération Brabant wallon. « J’ai eu la chance de gérer l’organisation professionnelle avec eux. Ils lui ont apporté du talent et un regard neuf  ». Dans son speech, notre administrateur délégué a aussi déclaré être un homme heureux. « Je le suis pour deux raisons. Tout d’abord, parce que de nombreux projets se sont réalisés, même s’il faudra continuer à innover pour répondre aux attentes et renforcer l’attractivité de notre secteur. Et ensuite car j’ai confiance en l’avenir. Niko Demeester est la bonne personne pour conduire aux destinées de la Confédération, de par ses qualités naturelles d’inspirateur et de fédérateur. Niko va aider l’organisation professionnelle à franchir de nouveaux caps. Je remercie toutes les entreprises, tous les collaborateurs et tous les mandataires du Brabant wallon et de Namur. Je vous souhaite à toutes et tous le meilleur dans toutes vos entreprises ! » Notre administrateur délégué a ensuite reçu un bel hommage, sur scène, de Charles Misonne et Geoffroy Doquire. Et la partie académique de la soirée s’est clôturée par la remise d’un beau chèque de 2.000 €, somme récoltée grâce à la généreuse participation de nos membres, à Think Pink, une association qui lutte contre le cancer du sein.

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MATEXPO

Les nouvelles règles d’inspection des grues à tour sont plus strictes, car le risque d’accident est réduit.

La technologie et la réglementation renforcent la sécurité Comment pouvons-nous encore améliorer la sécurité sur chantier ? La technologie intelligente et une meilleure réglementation font partie de la solution. C’est ce qu’il ressort d’un séminaire organisé par la Confédération à Matexpo, le salon des équipements de construction à Courtrai.

L

e séminaire a eu lieu le 8 septembre à Kinepolis, à Courtrai. L’occasion a été saisie pour présenter Niko Demeester aux personnes présentes. Il succèdera prochainement à Robert de Mûelenaere comme administrateur délégué de la Confédération. Dans son speech, Niko Demeester a souligné les bonnes relations entre la Confédération et Matexpo avant de passer à l’ordre du jour : la sécurité sur chantier.

Signez la charte !

Cette sécurité est un point d’action important de l’organisation professionnelle depuis plusieurs années. La charte sécurité de la campagne Safety My Priority a déjà été signée 2.600 fois. Niko Demeester a appelé les personnes présentes à la signer, si ce n’est 10 Construction • octobre 2021

déjà fait. C’est un pas vers l’ambition de la Confédération : hisser la Belgique au rang des pays les plus performants en Europe, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l’Irlande.

Enormes possibilités

Lors de la première partie du séminaire, Pieter Quagebeur (Senior Demonstrator Bergerat Monnoyeur Belgium) a expliqué comment les constructeurs rendent leurs engins de chantier plus sûrs. Il a pris l’exemple de Caterpillar pour illustrer les possibilités technologiques. Sa liste était impressionnante, trop longue pour tout énumérer dans cet article. Citons, par exemple, Caterpillar e-fence, traduit littéralement : la clôture électronique. Ce système vous permet de définir l’espace dans lequel une pelle

peut travailler sans compromettre la sécurité. Celle-ci a un plafond (e-fence ceiling), qui vous empêche de heurter des câbles haute tension et autres. Mais il existe également un e-fence floor qui empêche de creuser trop profondément et d’endommager les câbles et les tuyaux. Enfin, il y a encore la e-fence swing qui maintient les mouvements latéraux du godet hors de la zone dangereuse.

Ergonomie et attitude

Pieter Quagebeur a également souligné l’importance d’une bonne ergonomie pour la sécurité. Dans certaines machines de Caterpillar, un joystick remplace les nombreux leviers et volant. En conséquence, l’opérateur doit effectuer beaucoup moins de mouvements. Cela réduit la fatigue et donc les risques


Les possibilités technologiques pour renforcer la sécurité des machines de chantier lourdes sont impressionnantes.

QUELLE PLACE POUR LA TECHNOLOGIE DANS LA PRÉVENTION ? L’élimination des risques sur chantier est toujours la meilleure solution. Mais la technologie apporte également une contribution importante à la sécurité des travaux de construction. À la fin de son exposé, Tom Vermeersch a expliqué comment il est possible d’éviter les collisions entre les grues à tour. Malgré cet angle d’attaque particulier, ses conclusions lui ont permis de préciser plus généralement la place de la technologie dans les mesures de prévention. Ces mesures ont une hiérarchie. D’un côté, se trouvent les mesures qui reposent sur la coopération humaine : signalisation, instructions…De l’autre côté, se trouve l’élimination des risques. Celle-ci minimise le rôle humain dans la prévention. Que ressort-il ? Les plus efficaces sont la suppression des risques, les moins efficaces les instructions et la signalisation. Plus une mesure de prévention repose sur le bon comportement des personnes, moins elle est efficace.

d’erreurs. L’opérateur peut mieux se concentrer sur sa tâche. L’absence de volant n’est pas un problème pour les pouvoirs publics. L’orateur a donné l’exemple d’une machine autorisée à circuler dans le domaine public, contrôlée par un joystick. Quant à la capacité de concentration du conducteur, il existe désormais une technologie qui surveille ses mouvements oculaires. On peut en déduire qu’il garde son attention sur les travaux. Si ce n’est pas le cas, un avertissement peut être envoyé et des mesures peuvent être prises. L’évolution technologique s’est accélérée au cours des quatre dernières années. Pieter Quaegebeur a cependant souligné qu’il ne fallait pas non plus oublier l’ouvrier. Pour laisser la technologie faire son travail, il est essentiel que les utilisateurs aient la bonne attitude et qu’ils soient bien formés.

Grues à tour

La deuxième partie était consacrée à des machines de construction spécifiques, les grues à tour. Ces dernières années, elles ont entraîné un certain nombre d’accidents dramatiques. Tom Vermeersch (coordinateur national de la supervision construction – SPF Emploi) a expliqué la nouvelle réglementation. Elle rend l’inspection des grues à tour plus efficace et réduit donc les risques. Les nouvelles règles sont reprises dans une note adressée aux services externes pour les contrôles techniques (SECT).

La technologie est au centre de cette hiérarchie. Elle réduit le rôle de l’homme et est donc plus efficace que les consignes de sécurité. Mais elle n’atteint pas l’efficacité de la meilleure mesure éliminant les risques. Dans ses fonctions au SPF Emploi, Tom Vermeersch connaît la réalité de la construction. Il a reconnu lors du séminaire qu’il est souvent impossible d’éliminer tous les risques. Parfois, vous devez travailler avec deux grues à tour qui peuvent se toucher. Selon lui, c’est précisément dans des situations aussi courantes que la technologie de la sécurité prend tout son sens et est donc recommandée. Mais à une condition : que la technologie soit réellement utilisée. En effet, il arrive que les travailleurs désactivent ou ignorent la technologie parce qu’ils sentent qu’elle gêne.

Mais les changements ont aussi des conséquences pour les entrepreneurs. La contribution de Tom Vermeersch était très technique, mais nous en donnons les principales conclusions.

Défauts

Les rapports d’un SECT peuvent mener à trois situations : la grue à tour peut être utilisée ; elle peut être utilisée mais les remarques doivent être rectifiées dans les plus brefs délais et la grue ne peut pas être utilisée tant que les remarques n’ont pas été rectifiées. Il existe désormais une liste (non exhaustive) des défauts qui conduisent immédiatement à la mise hors service de la grue. Un exemple est l’absence d’une étude de la surface sur laquelle se trouve la grue. En général, la stabilité des grues à tour est davantage prise en compte dans la nouvelle réglementation.

Déclaration de montage

Nouveau : la déclaration de mon-

tage. S’il n’y en a pas ou si elle ne répond pas aux exigences, un SECT émettra un avis négatif. Cette déclaration contient : - la fiche de montage ; - une étude du sous-sol ou de la fondation de la grue ; - éventuellement : une étude du vent ; - l’inspection du générateur qui fournit la puissance ou de la basse tension qui est utilisée ; - des informations sur le sous-sol, les lignes de haute tension, le vent et autres facteurs environnementaux. La fiche de montage contient la marque, le type, l’année de construction et d’autres informations sur la grue. De plus, cette fiche doit également fournir des informations sur la disposition de la grue. Pour plus d’informations sur la nouvelle réglementation, nous vous renvoyons au SPF Emploi. Mais c’est Tom Vermeersch, lui-même, qui a tiré la conclusion générale : « Une bonne préparation est donc la clé d’une inspection (éventuellement) réussie. »

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SÉMINAIRES MATEXPO

Le Cluster Entreprises Complémentaires particulièrement actif à Courtrai Le Cluster Entreprises Complémentaires, au sein de la Confédération, a organisé un certain nombre de séminaires les 8 et 10 septembre 2021, dans le cadre de la sécurité et de la durabilité. Une fois encore, ces séminaires ont été un succès et le cluster attend déjà avec impatience la prochaine édition de Matexpo, en 2023.

GRO-TER

Le 8 septembre dernier, a eu lieu le séminaire des Entreprises de Terrassement (GRO-TER). Johan D'Hooghe, président de GRO-TER, a introduit ce séminaire. Nicolas Kovacs (stagiaire auprès du cluster) a ensuite parlé de l'adaptation de la réglementation concernant le transport de terres en Wallonie. Il a également évoqué le problème des plantes exotiques envahissantes. Comment les reconnaître ? Quels sont les caractéristiques et les risques ? Quels problèmes posent-ils sur les chantiers ? La numérisation dans le secteur du transport de terres était le sujet des présentations de Barry Van Leuven (Pionira) et Andy Heurckmans (Grondbank). Ils ont parlé des outils numériques utilisés spécifiquement auprès de la Grondbank. Ils ont également mis en lumière les opportunités que la numérisation peut offrir aux entreprises de terrassement dans le futur.

Échafaudages - FEMEB

La sécurité lors des travaux en hauteur était le thème de Matexpo 2021. La situation parfaite pour un séminaire de la FEMEB, la Fédération des Entreprises d’Échafaudages de Belgique. Elle considère le travail en hauteur en toute sécurité comme sa principale priorité. C’est dans ce cadre que des certificats personnels ont été développés en coopération avec le Cluster Entreprises Complémentaires et Constructiv. Récemment, des formations ont également été mises en place.

Johan D’Hooghe, le président de GRO-TER.

Le stand de la Confédération, à Matexpo.

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Ce 8 septembre, une explication des différents programmes de formation et des certificats a été donnée sur le stand de la Confédération Construction. Un stand qui était d’ailleurs habillé par un échafaudage mis en place par l'un des membres du conseil d'administration de la FEMEB (Monument Stability Contactors). L’occasion était idéale pour discuter avec un bon nombre d’entreprises du secteur. Les formations pouvant être suivies actuellement sont celles d'assistant monteur, de monteur, de chef-monteur et inspecteur, avec la possibilité d'obtenir ensuite un certificat personnel. Les chiffres d’accidents de travail des membres de la FEMEB témoignent de l'engagement de la fédération à faire de la sécurité du travail en hauteur sa plus grande priorité, ainsi que de son dévouement à l'amélioration continue de la qualité du travail en hauteur. Le code de bonne pratique et le certificat personnel pour les échafaudeurs, développés en coopération avec le Cluster Entreprises Complémentaires et Constructiv, démontrent ainsi leur utilité et leur nécessité.

BVBB - Rabattement

Le 10 septembre, c’était au tour de la BVBB, la Fédération du Rabattement. Bart Cloet, président de la BVBB, a accueilli les personnes présentes au séminaire. Il a ensuite donné la parole à Bert Creve (G. Smeyers) qui a expliqué le suivi de la réglementation actuelle, au cours de sa présentation : "Défi et réponse dans le monde du " rabattement " face aux changements de plus en plus rapides ". Le soutien des membres est extrêmement important pour la BVBB. Pour Bert Creve, les problèmes climatiques font partie des défis. En outre, l'orateur a évoqué les perspectives d'avenir et la transposition du cas du rabattement dans la pratique quotidienne.

Olivier Rens et Willem Van Peer (Constructiv) ont remis à Pascal Flameyn le premier certificat personnel de “machiniste en fondation profonde".

ABEF

Enfin, il y a eu le séminaire de l’ABEF, l’Association Belge des Entrepreneurs de Fondation. Le 10 septembre, Olivier Rens, le président de l'ABEF, a donné le coup d'envoi de la troisième édition de la Journée de la Fondation profonde. Il a donné des explications sur la sécurité sur les chantiers, la coopération active en matière de normes et d'Eurocodes, et la formation du personnel. Olivier Rens et Willem Van Peer (Constructiv) ont profité de l’occasion pour remettre à Pascal Flameyn le premier certificat personnel de " machiniste en fondation profonde ". Lors de sa présentation, Noël Huybrechts a expliqué l'évolution de l'Eurocode 7 et sa mise en œuvre en Belgique. En outre, il a discuté de certains rapports du CSTC et du cadre de qualité de l'ATG et de la certification. Nicolas Denies a ensuite expliqué l’importance de la stabilité du chantier pour les machines de fondation et la conception de plateformes de travail temporaires. Il a expliqué, plus en détail, les exigences minimales en la matière en Belgique et la manière dont elles doivent être exécutées. Enfin, Jan Leen van der Vlies (Franki Grondtechnieken) a expliqué les travaux de fondation de De Groene Boog, un projet très ambitieux aux Pays-Bas. Après le séminaire, les personnes présentes ont pu profiter d'un walking dinner et d'un verre lors d'un moment de networking.

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Bart Cloet, le président de la BVBB.

INFO : Vous trouverez plus d’informations sur ces fédérations aux adresses suivantes : www.gro-ter.be www.vsbb.be www.bvbb.be www.abef.be.

octobre 2021 • Construction 13


DROITS D’AUTEUR

Soyez prudents avec les photos et illustrations ! Etes-vous toujours prudent avec les images que vous utilisez sur votre site web et dans votre communication ? Espérons que oui. Sinon, la mésaventure qu’a connue un de nos membres pourrait également vous arriver. L’entreprise a reçu une lettre dénonçant une violation des droits d’auteur et demandant un règlement financier. Nous vous expliquons comment éviter les problèmes.

L

’entrepreneur en question a récemment reçu une lettre d’une société indiquant qu’il avait utilisé une photo sur son site internet sur laquelle une agence de presse détient les droits. L’entrepreneur avait le choix : acheter une licence avec effet rétroactif ou verser une indemnité et des intérêts de retard. Finalement, un règlement à l’amiable a été trouvé.

Faites attention !

Un beau site web comprend naturellement de belles illustrations. Mais la leçon est claire : la loi sur le droit d’auteur doit toujours être respectée. Il est interdit de simplement reprendre une image qui provient d’internet. Premièrement, il faut avoir le droit de la reproduire et de la diffuser. Nous expliquons ici à quoi vous devez faire attention pour éviter les problèmes. En matière juridique, seules la loi et la jurisprudence guident, mais si vous vous en tenez aux principes suivants, vous n’aurez probablement pas de problèmes.

Photos de bâtiments

Un entrepreneur est toujours fier d’utiliser des photos de ses projets sur son site internet ou dans des bro14 Construction • octobre 2021

chures. Mais la première chose dont il doit tenir compte est le droit de l’architecte.

Droit de l'architecte

En tant qu’entrepreneur, vous avez besoin de l’autorisation de l’architecte pour pouvoir utiliser des photos du bâtiment qu’il a conçu. En effet, le législateur le considère comme le père spirituel, comme « l’auteur » de « l’œuvre  ». Le droit d’auteur protège automatiquement sa création dès lors qu’il s’agit d’une forme originale et/ou nouvelle et d’un caractère personnel. Et ce n’est pas négligeable : le terme « œuvre » couvre ici bien plus que le seul bâtiment érigé. Les croquis, dessins et plans de l’architecte concerné peuvent également tomber sous la protection. On pense parfois que le droit d’auteur ne joue un rôle que lorsqu’il s’agit de créations très artistiques ou particulièrement originales. Et bien, ce n’est pas le cas. Dans la grande majorité des cas, le législateur considère l’architecte comme un auteur, même s’il utilise des éléments ou styles de construction connus. Une maison qui, à première vue peut être qualifiée d’ordinaire, peut donc être tout autant

une création. Et comme tout auteur, l’architecte a son mot à dire sur ce qu’il advient de son œuvre. En outre, il est préférable de conclure des accords clairs sur la finalité de la publication des images et du texte éventuel.

Autorisation écrite

Il est donc vivement conseillé d’obtenir l’autorisation écrite de l’architecte avant de procéder à la publication de photos ou d’illustrations. De plus, son nom doit être explicitement mentionné. Si ces règles ne sont pas respectées, le concepteur-auteur peut intenter une action en justice et réclamer des dommages et intérêts. Si un entrepreneur rend les photos publiques sans autorisation préalable, un juge peut le condamner à verser une indemnité. Le montant de cette indemnité dépendra des nuisances et dommages subis par le propriétaire du fait de la publication, compte tenu de la finalité pour laquelle la photo a été prise Cela arrive parfois. Un architecte a déjà saisi le tribunal parce que son nom n’avait pas été mentionné. La Cour d’appel lui a donné raison. Le juge a ordonné à la partie adverse de publier le verdict et de réimprimer les


EN RÉSUMÉ Si vous voulez utiliser des photos d’une construction et éviter des problèmes, veillez à ce que vous ayez préalablement : • l’autorisation de l’architecte ; • l’autorisation du propriétaire du bâtiment ; • évité d’y montrer des personnes (sans leur autorisation). Vous voulez montrer des photos de personnes ? Demandez-leur l’autorisation, à l’avance.

photos. Accompagnées du nom de l’architecte, cette fois.

Droit du propriétaire

Obtenir l’autorisation écrite de l'architecte n’est pas encore suffisant. Il y aussi le droit de propriété du maître d’ouvrage, surtout lorsque celui-ci est une personne privée. Vous ne pouvez pas diffuser des photos d’une maison privée. Le propriétaire a droit à la protection de sa vie privée et à la jouissance paisible de sa propriété. En tant qu’entrepreneur, vous ne pouvez donc diffuser des photos d’une maison privée qu’après avoir obtenu l’autorisation expresse du propriétaire. Comme pour l’autorisation de l’architecte, il est préférable d’indiquer clairement à quoi serviront les photos et cette autorisation est mieux consi-

gnée par écrit. À défaut d’autorisation, le propriétaire, comme l’architecte, peut également réclamer des dommages et intérêts.

Droits du photographe

Le photographe doit aussi donner son autorisation pour diffuser ses photos. Son travail est protégé par le droit d’auteur. Vous ne pouvez donc pas simplement utiliser des photos prises par un travailleur, un invité occasionnel ou un photographe professionnel. Si vous avez pris les photos vousmême, ce n’est pas un problème. Vos photos sont alors également protégées par le droit d’auteur. Quelqu’un d’autre n’est pas autorisé à simplement les diffuser.

Photos de personnes

Chacun a droit à l’image. Si une personne est reconnaissable sur une photo, vous ne pouvez pas simplement publier et diffuser la photo. Vous devez obtenir l’autorisation de la personne en question pour fixer, exposer, communiquer ou reproduire son image. Une autorisation tacite peut suffire mais une autorisation écrite vous donnera encore plus de garanties.

Photos de personnes connues publiquement et de foules

Il existe quelques exceptions à ce principe. Les personnes connues publiquement (les ministres, chanteurs, sportifs…) peuvent être photographiées, pour autant que ces images aient été prises au cours de l’exercice de leur fonction publique. Il s’agit, par exemple, du bourgmestre visitant le chantier d’une école communale.

Une deuxième exception concerne les photos de foule, par exemple lors d’une fête d’entreprise ou d’une journée portes ouvertes. Dans ce cas, vous ne devez pas demander la permission à toutes les personnes figurant sur la photo. En effet, ces personnes sont présumées autoriser la reproduction de leur image. Par contre, le cadrage d’une personne déterminé dans la foule ne sera pas couvert par la présomption d’autorisation parce qu’il ne s’agit plus d’une photo d’un groupe, mais bien d’un portrait isolé. Un conseil donc : si les photos sont publiées pour illustrer la brochure ou sur le site web de l’entreprise, il est préférable de demander le consentement des personnes figurant sur la photo en leur précisant pourquoi les photos sont prises à et à quoi elles serviront. Et si l’une des personnes représentées s’oppose à la publication, vous devrez retirer la photo immédiatement.

Pas absolu

D’un point de vue purement juridique, les choses ne sont pas toujours claires et définies. Le droit d’auteur, de propriété et le droit à l’image ne sont pas absolus. Mais un entrepreneur prudent doit toujours s’assurer qu’il a obtenu les autorisations écrites nécessaires. Si vous avez des doutes, il est préférable d’obtenir un avis juridique au préalable.

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INFO: Des questions ? Votre premier point de contact est votre confédération locale. Les adresses se trouvent sur www.confederationconstruction.be. octobre 2021 • Construction 15


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DOSSIER

L’après-inondations :

le rôle crucial du secteur

Après les terribles inondations de la mi-juillet, le temps est désormais aux questions. Faut-il reconstruire ? Rénover ? Quel futur aménagement du territoire ? Dans la première partie de ce dossier, un urbaniste de l’Université de Liège dresse un état des lieux de la situation actuelle et propose des pistes de solution. Notre secteur est en première ligne pour fournir ces solutions. Ce sont nos entreprises qui répareront les dommages causés aux bâtiments, aux infrastructures et aux cours d’eau. Nos entrepreneurs réaliseront également des travaux environnementaux et d’infrastructure qui atténueront les effets de la sécheresse et des inondations, à l’avenir. Bien entendu, la Confédération est à vos côtés. Elle multiplie les contacts avec les autorités pour que vous soyez dans les meilleures conditions pour relever ces défis. Une conclusion déjà : vous avez du pain sur la planche ! octobre 2021 • Construction 17


AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE

J

acques Teller, que répondez-­vous à la question que tout le monde se pose ­désormais. Faut-il reconstruire à l’identique ? Rénover ? Démolir ?

Reconstruire à l’identique dans les zones les plus touchées de la vallée de la Vesdre n’aurait pas de sens. À Verviers et Pepinster, des villes historiquement marquées par la présence de l’industrie, les fondations de rangées entières de bâtiments sont carrément dans l’eau. C’est très surprenant. Vous n’avez pas de voies de halages ou d’autres formes de dégagement le long des cours d’eau dans ces zones. Rénover ? Certains bâtiments ne sont plus récupérables en l’état et on ne peut pas les reconstruire de la même façon. Il faut laisser davantage d’espaces respirables à ces cours d’eau et créer des espaces verts, résilients et submersibles en cas de crues. Cela se fait à l’étranger. Je cite toujours l’exemple de Nimègue, aux Pays-Bas, où on a dégagé un immense espace pour laisser place à la rivière. Pourquoi pas chez nous ? La puissance publique doit prendre des dispositions et mener une politique d’acquisition de terrains et d’immeubles afin de mener des politiques de remembrement et de reverdissement. Les orientations en matière de reconstruction ne devraient pas se prendre à l’échelle d’un bâtiment individuel, mais à celle d’une commune, voire d’un ensemble de communes.

Jacques Teller est professeur d’urbanisme à l’Université de Liège.

« Il faut adapter le plan de secteur et revoir les cartes d’aléa » Que pensez-vous de l’interdiction de construire dans des zones d’aléa élevé comme évoqué par le ministre Borsus ?

Dans les zones d’aléa fort et moyen, rouge et orange, la position du ministre me paraît tout à fait raisonnable. On ne construit d’ailleurs pratiquement plus dans ces zones et la plupart des communes sont très réticentes par rapport aux nouveaux projets en zones inondables. Plus fondamentalement, je suis favorable au développement de zones d’aléa larges, considérant des horizons temporels distants, à 200 ou 300 ans, pour travailler avec la population et y développer la culture du risque. Il est essentiel de conscientiser les habitants et les entreprises au sujet des mesures à prendre par 18 Construction • octobre 2021


« Si on fait la somme de l’ensemble des zones soumises à l’aléa; qu’il s’agisse d’aléa fort, moyen, faible, ou très faible; on couvre près de 10 % de l’ensemble du territoire régional. »

Après ces terribles inondations, la question de la reconstruction et du futur aménagement du territoire se pose. Pour évoquer le sujet, Construction s’est entretenu avec Jacques Teller. Il est professeur d’urbanisme à l’Université de Liège et spécialiste de l’impact de l’urbanisme sur les inondations. Entretien.

rapport à des aléas très peu fréquents. Et les pouvoirs publics ne pourront pas tout résoudre à eux seuls. Plutôt que de prendre des mesures linéaires, sur tout le territoire, je pense qu’il faut adapter le plan de secteur en fonction des cartes d’aléa, en travaillant au cas par cas. Il faut penser à retirer les espaces à risque des zones urbanisables et adopter des mesures adaptées dans les zones d’aléa faible et très faible. Deux exemples : le centre de la commune de Verviers n’est pas en zone d’aléa et le centre de Liège est en aléa très faible. Pour les nouvelles constructions, que va-ton adopter comme mesures dans ces centres-villes, après les événements de juillet 2021 ? Interdire complètement toute construction n’est évidemment pas la solution. Le secteur de la construction n’est bien évidemment pas favorable à cette interdiction. Quel rôle doit-il jouer et quelles solutions peut-il apporter ?

Son rôle sera capital. Je ne crois pas à la généralisation de la construction sur pilotis car elle aurait des conséquences néfastes au niveau des villes et de l’appropriation des espaces publics. Elle doit être utilisée à certains endroits précis, où c’est utile, et pour certains types de bâtiments. C’est notamment le cas du centre commercial Belle-Île, à Liège, au confluent de la Vesdre et de l’Ourthe. Je vois deux grands types de construction. Le premier est le « dry proof ». Il s’agit de fermer hermétiquement des bâtiments, par des batardeaux ou des systèmes de portes métalliques, par la mise en place de clapets anti-retour sur le système d’évacuation des eaux usées, en évitant les constructions en sous-sol…De cette façon, le bâtiment reste sec et la ville continue de fonctionner normalement lors d’épisodes de crue. Les bâtiments sont construits de cette façon dans l’ancien port d’Hambourg. Le second est le « wet proof ». Avec ce système, vous lais- ››› octobre 2021 • Construction 19


AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE

››› sez passer l’eau, à l’intérieur du bâtiment, en réduisant les

dommages. Il faut adapter le bâtiment en ce sens avec un système d’audit : mettre une chaudière à l’étage, hausser les prises électriques…Pour ces deux systèmes, on parle d’une résistance à 30 à 60 cm d’eau et non pas à des crues comme celles connues en juillet dernier. Question : quels seront les coûts de ces aménagements pour le secteur ? Ce ne sera pas toujours raisonnable.

« Dans ces zones à risques et même de manière générale, il faut redonner plus d’espace aux cours d’eau, dégager des zones où l’eau peut circuler plus facilement. »

Le stop au béton est prévu à l’horizon 2050. N’est-ce pas déjà trop tard ? Vu l’artificialisation des sols, sont-ils déjà devenus trop imperméables ?

Le stop au béton est un objectif essentiel en termes d’environnement, mobilité, préservation des terrains agricoles…et j’y suis tout à fait favorable. Mais il faut reconnaître qu’il s’agit d’une révolution culturelle et économique. Elle sera très compliquée à mettre en place. Le stop au béton va demander un changement radical par rapport à notre rapport au territoire. Il va mettre en concurrence le système classique de construction, qui se base sur une construction à moindres coûts sur des terrains vierges, et la filière de recyclage des espaces urbains qui sera beaucoup plus dure à développer, en raison des coûts de dépollution, des incertitudes juridiques et des éventuelles réactions du voisinage. L’artificialisation des sols n’a évidemment pas aidé lors des inondations, dans la mesure où l’égouttage accélère le transit de l’eau entre amont et aval. Cet effet est particulièrement marqué dans le voisinage direct des lotissements, mais il ne faut pas surestimer son effet à l’échelle de l’ensemble d’un bassin versant. D’autres facteurs, comme le type de couverture agricole et forestière, sont susceptibles d’avoir un impact tout aussi important à cette échelle. Pourquoi faut-il une réflexion profonde sur le futur aménagement du territoire ? Quelle est l’importance des zones d’aléa d’inondation dans ce cadre ?

Si on fait la somme de l’ensemble des zones soumises à l’aléa ; qu’il s’agisse d’aléa fort, moyen, faible, ou très faible ; on couvre près de 10 % de l’ensemble du territoire régional. C’est loin d’être anodin. D’autant qu’une part non-négligeable de ces zones est située en zones urbanisables. Dans ces zones à risques et même de manière générale, il faut redonner plus d’espace aux cours d’eau, dégager des zones où l’eau peut circuler plus facilement. En ville, il faut créer des ilots de fraîcheur et en amont des zones urbanisées, aménager des espaces de rétention pour retenir les eaux. De façon plus globale, il faut avoir un territoire plus perméable et plus poreux. Le changement climatique va également entraîner une réflexion globale sur l’aménagement du territoire.

Il va augmenter le nombre d’aléas et entraîner beaucoup 20 Construction • octobre 2021

plus d’incertitudes. Il faudra y répondre de manière catégorique malgré une marge d’incertitudes à intégrer. La construction et tous les acteurs concernés devront concevoir des scénarii beaucoup plus résistants et plus robustes. Quid de la situation à Bruxelles et en Flandre ?

À Bruxelles, on a développé des bassins d’orage et il y a une logique de réouverture des cours d’eau. Par exemple, une partie du tracé de la Senne, qui avait été canalisée, est aujourd’hui réouverte et renaturalisée. On va ainsi retrouver un contact visuel avec la r­ ivière dans la ville. Ceci permet de conscientiser les citoyens à la présence de l’eau en ville et de retrouver des îlots de fraicheur en milieu urbain dense. En Flandre, beaucoup de travail a déjà été fait. Je sais qu’à Anvers, il y a des projets d’adaptation des quais en fonction du risque climatique. Des bâtiments submersibles sont intégrés dans l’aménagement. La Flandre a également mis en place un mécanisme d’audit. Il est possible de faire auditer son habitation par rapport aux inondations. Cela devrait également être le cas en Wallonie. Il serait souhaitable d’adapter le CertIBEau en ce sens. Pour conclure, quelle est la plus grande leçon que vous ­retenez de ces inondations ?

À la suite de tous ces événements, on a entendu et lu beaucoup de débats sur la construction neuve, les permis d’urbanisme en zones inondables…Il est évidemment important d’avoir des constructions neuves plus résilientes et bien localisées. Mais le plus gros problème qui se pose concerne le bâti existant qui date, en grande majorité, d’avant 1950. L’aménagement du territoire et la construction doivent s’emparer de la ville avec une question importantissime : comment adapter la ville existante ? C’est là tout l’enjeu.

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SYSTÈME CONSTRUCTIF

« Entamer une réflexion au sujet de la construction sur pilotis » Suite à ces terribles crues, la construction sur pilotis a régulièrement été évoquée, comme l’une des solutions, dans la presse. Notre membre Chimsco a déjà réalisé ce type de construction mais uniquement pour des logements de loisir. Le gérant, Xavier Michaux, estime que la réflexion mérite d’être menée pour des logements durables, notamment dans les zones inondables.

L

’entreprise Chimsco est spécialisée dans la construction bois, charpentes, carport/poolhouse, terrasses, châssis…Elle a déjà été sollicitée pour construire des logements sur pilotis sur deux projets bien distincts.

Aqualodge

Le premier concerne Aqualodge, un ensemble de logements insolites construits sur l’eau, à Ermeton-surBiert (Maredsous). Ces logements sont à 100 % au-dessus de l’eau. « Sur ce projet, les pieux en bois ont été fixés sur des plateformes posées au fond de l’étang. Ces plateformes étaient placées sur des micropieux vissés dans le sol de l’étang. L’ensemble ressortait de l’eau à une hauteur d’environ deux mètres. Il faut, de préférence, utiliser du bois exotique ou du chêne dont la dureté est plus importante. Pour ma part, je conseille de l’azobé. »

Lodges de la Vierre

Deuxième projet sur pilotis : les lodges de la Vierre dans le domaine de Waillimont (province de Luxembourg). « Ici aussi il s’agissait de logements de loisir mais avec des pilotis en béton. Nous avons dû vider une partie de l’étang et construire des chambres de visite. Avec une entreprise spécialisée en terrassement, nous avons

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ensuite coulé des colonnes en béton armé de treillis », indique le gérant de Chimsco. « Il existait trois possibilités pour les fondations sur pilotis : en bord d’étang, dans l’étang ou en partie dans l’étang. La construction des chalets se faisait, en partie sur la terre ferme ou complètement audessus de l’étang. »

option : les pieux en métal. « Bois, béton et métal. Tout est faisable. L’oxydation du métal n’a lieu qu’au contact de l’eau et de l’air. Complètement immergé dans l’eau, le métal aurait une résistance beaucoup plus forte. Le choix dépendra d’une discussion entre le client et l’architecte. »

En bois, béton et métal

Autre question : à quelle hauteur construire ? « Ces logements de loisir, dans ce cas-ci, ne sont pas haut. Mais toutes les hauteurs sont envisageables : trois, quatre, cinq…mètres. Tout est possible du moment que des études de stabilité ont été bien réalisées au préalable. Cela vaut également pour le nombre de pieux. Combien en placer ? Tout dépend de leur taille et dimension. Vous pouvez en poser 30-40 avec un diamètre de 50 cm alors que 10, avec un diamètre d’un mètre, seraient suffisants. De nouveau, tout est une question de choix. Mais c’est possible de monter très haut. »

Pour Xavier Michaux, tous les types de pieux peuvent être envisagés pour la construction sur pilotis. « Bois ou béton ? Aussi bien le bois que le béton peuvent se détériorer au contact de l’eau. Il faudrait des siècles pour se rendre compte de quel matériau est le plus résistant. Et ce n’est pas forcément le béton ». Notre interlocuteur avance même une troisième

« Toutes les hauteurs sont envisageables : trois, quatre, cinq mètres…  »

Quelle hauteur ?

En zones inondables

Point capital pour ces deux projets : le niveau de l’eau doit rester le même et il ne doit surtout pas y avoir de contact entre le plancher de l’habitation et l’eau. L’isolation est aussi très importante. Dans ce contexte, est-il possible d’en-


Le projet Aqualodge, à Maredsous : un ensemble de lodges insolites construits sur l’eau.

Le choix des pilotis, ici en béton, se fera suite à une discussion entre le client et l’architecte.

visager ce type de construction dans des zones inondables ? « Oui, pourquoi pas ? Tout est faisable. La réflexion mérite d’être menée mais il ne faut surtout pas ouvrir les portes d’une construction à la sauvage. Ce que nous avons connu est surréaliste et nous espérons ne plus le connaître lors des 20 prochaines années. Ces inondations vont sans doute amener une nouvelle façon de penser l’aménagement du territoire, notamment aux abords des cours d’eau. Il faudrait penser à créer des zones neutres, c’est-à-dire des zones non-bâtissables avec une possibilité de construire sur pilotis. En tout cas, cette méthode de construction sur

pilotis ne pourrait pas être freinée dans des zones inondables ou sensibles. Elle ne détériore pas le sol, l’eau continue d’y pénétrer, le terrain peut respirer et l’impact des pieux est très minime. »

Graduer les zones inondables

Xavier Michaux estime donc que le secteur est prêt et disponible pour apporter des pistes de solution au monde politique. Pourtant, Willy Borsus, le ministre wallon de l’aménagement du territoire, souhaiterait rendre quasiment impossible toute construction dans des zones d’aléa élevé, où le

risque est plus important. Qu’en pense le gérant de Chimsco ? « Tout d’abord, je lui poserais la question de savoir ce qu’il propose comme alternative. Pour que la construction vive, il faut du terrain à bâtir ! Ensuite, je lui proposerais de graduer les zones inondables. Prenez l’exemple d’un terrain d’1 hectare considéré en zones inondables. En réalité, il n’y a peut-être que 70 % de ce terrain qui sont à risques car tout le reste est situé sur les hauteurs », indique-t-il.

Conclusion

Malgré cette bonne volonté et optimisme affichés, Xavier Michaux n’en reste pas moins réaliste. « Je connais très peu de nouveaux logements qui sont construits dans des zones à risques. Ce sont surtout des logements existants, depuis plusieurs années, qui passent en zones inondables suite à une décision politique ou d’urbanisme. » Et de conclure. « Mais je le répète, la construction sur pilotis dans ces zones est réalisable et tout est une question de volonté politique. Le secteur peut apporter des solutions et est disponible pour mener une réflexion qui mérite d’être entamée. »

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octobre 2021 • Construction 23


ESPACES VERTS

« La volonté de déminéraliser et est présente au sein des pouvoirs Les inondations ont mis en avant l’importance de revoir certains aspects de l’aménagement du territoire. Il est notamment question de déminéralisation, de verdurisation, de création de zones de rétention d’eau, d’îlots de fraîcheur dans les villes…Thierry Faes est directeur du département espaces verts chez Krinkels. Il a dressé un état des lieux de la situation actuelle sur le terrain.

P

our faire face à d’éventuelles futures inondations, il faudra davantage déminéraliser et verduriser le territoire à l’avenir. L’urbaniste Jacques Teller l’a confirmé dans ce dossier (lire pp. 18-20). Notre membre Krinkels est actif dans l’embellissement et l’amélioration des espaces publics et privés.

L’entretien d’abord

Le directeur de la branche wallonne de l’entreprise confirme que le secteur est prêt pour relever les défis de cette déminéralisation et verdurisation de l’espace public. « Nous pouvons bien sûr y contribuer mais ça va toujours dépendre des pouvoirs adjudicateurs de créer des marchés spécifiques pour ce genre de projets », indique-t-il. « On parle de verdurisation du territoire suite aux inondations. Mais, à mes yeux, le plus important reste l’entretien de ce territoire et du réseau : le curage des fossés, les avaloirs le long des routes et autoroutes, les différentes canalisations, les bassins d’orage…Cet entretien est capital pour canaliser les quantités d’eau importantes qui pourraient tomber sur le territoire. » Qu’on ne s’y trompe pas. Thierry Faes ne veut pas dire par là qu’il y a un manquement à ce niveau de la part des autorités. « Que du contraire ! Des budgets 24 Construction • octobre 2021

sont prévus pour éviter les problèmes. Et le SPW met clairement l’accent sur tous ces entretiens le long des routes et autoroutes. Il existe également des marchés dédiés à l’entretien des cours d’eau non navigables : dégagement d’arbres tombés pour éviter que le cours d’eau ne sorte de son lit, enrochement de berges pour limiter l’érosion. Il y a aussi des contrats d’entretien au niveau provincial pour une bonne gestion des ruisseaux. Il y un véritable effort qui est réalisé à ce niveau. Mais comme les pouvoirs publics ont besoin d’argent suite aux inondations, il ne faudrait pas couper dans ces budgets et aller récupérer cet argent dans les baux d’entretien pour privilégier d’autres plans d’investissement. Alors, on se retrouverait face à un problème et je trouverais ça dommage », avertit le directeur.

Volonté des pouvoirs adjudicateurs

Outre cet accent mis sur l’entretien, Thierry Faes constate aussi une réelle volonté, à l’échelon communal notamment, de verduriser les espaces publics. « La déminéralisation et verdurisation sont une tendance amorcée par de nombreuses communes qui lancent de plus en plus de marchés publics à ce sujet. En tant qu’entreprise spécialisée, nous pouvons y contribuer par la plantation de végétaux ou arbustes pour limiter les érosions du sol,

La verdure en ville améliore le confort de vie, réduit les poussières fines et absorbe la chaleur estivale (photo Krinkels).

« On parle de verdurisation du territoire suite aux inondations. Mais, à mes yeux, le plus important reste l’entretien de ce territoire et du réseau. » en modifiant la structure de certaines surfaces minérales. On retire, par exemple, du tarmac ou du béton et on verdurise. Toutes ces surfaces deviennent plantées ou engazonnées et vont, de cette manière, limiter le ruissellement de l’eau et vont permettre une meilleure évacuation. » À l’échelon régional, il pointe aussi de bonnes intentions. « Il y a ce projet de la Région wallonne de planter 4.000 km de haies et/ou 1 millions d’arbres. C’est


verduriser le territoire adjudicateurs »

À Anderlecht, sur l’avenue Van Valken, Krinkels a installé un nouveau système de bordure qui permet à l’eau de s’infiltrer plus facilement dans le sol au pied des plantations (photo Krinkels).

très positif pour limiter l’érosion des sols. Il est mis en place avec différents pouvoirs publics : SPW, DNF, intercommunales et communes, mais également pour le privé (entreprises et particuliers). La volonté de verduriser le territoire est clairement présente au sein de nombreux pouvoirs adjudicateurs. »

Surfaces bétonnées

Autre sujet abordé avec le directeur Wallonie de chez Krinkels : la possibilité de repenser certaines surfaces « bétonnées » en surfaces perméables et espaces verts, comme par exemple les parkings d’hôpitaux, de zonings industriels… « Pourquoi construit-on des parkings en béton ou en asphalte ? Car c’est facile à entretenir, notamment lorsqu’il pleut. Mais ces surfaces sont imperméables alors qu’il faut aussi penser à récolter les eaux de ruissellement et les rediriger vers

un réseau qui peut saturer. Je pense que les bureaux d’architectes ont un rôle à jouer afin de revoir leur manière de concevoir les parkings avec davantage de surfaces perméables à l’eau. » Et quid des aménagements chez les particuliers ? « Je ne pense pas que ce soit l’aménagement d’un jardin qui va empêcher les eaux de rentrer dans une maison. Il peut atténuer ou limiter mais pas complètement empêcher l’inondation d’un logement. Ici aussi, c’est à l’architecte de réfléchir au lieu où est construit l’habitation, par rapport au niveau de la route, de la proximité d’un cours d’eau… »

Toitures végétales

Dans un contexte de changement climatique, les toitures vertes/végétales sont aussi évoquées pour concevoir les futurs bâtiments, voire même les existants. Si Thierry Faes connaît quelques

exemples privés, il a moins connaissance d’exemples pour des bâtiments publics. « Un bel exemple est celui du Colruyt d’Ixelles qui est équipé d’une toiture végétale. Elle sert à isoler parfaitement le magasin et de toiture-potager qui est un laboratoire d’agriculture urbaine. » Mais pour concevoir ce genre de projets, il indique que la marge de manœuvre des entrepreneurs spécialisés dans la verdurisation est limitée. « Un bâtiment est divisé en plusieurs lots : toiture, électricité…Et la toiture verte est comprise dans le lot toiture. C’est donc davantage les couvreurs qui sont amenés à travailler sur ces projets. Il faudrait créer un lot spécifique aux toitures vertes. Notre expérience et expertise amènent une plus-value à la toiture verte : toiture verte intensive ou extensive, amélioration de la biodiversité, entretien, isolation acoustique et thermique, aspect esthétique. Par exemple, une simple toiture extensive en 5 cm de sédum ne suffira pas à la rétention d’eau. »

Bioswales

Evoquons aussi les bioswales, ces canaux qui servent à concentrer et acheminer les eaux de ruissellement tout en éliminant les débris et la pollution. Krinkels verdurise les bermes et accotements, un peu partout à Bruxelles. « Par exemple, sur l’avenue Van Valken à Anderlecht, nous avons installé un nouveau système de bordure qui permet à l’eau de s’infiltrer plus facilement dans le sol au pied des plantations. »

Conclusion

Le secteur se dit donc prêt pour répondre aux différentes demandes. « Mais que va-t-on décider pour ces zones sinistrées le long des cours d’eau ? Reconstruire ou aménager des surfaces déminéralisées en espaces verts ? On ne sait pas encore. J’insiste encore une fois. Il faut aussi penser à l’importance de bien entretenir le territoire afin de faciliter l’écoulement des eaux en cas de fortes crues », conclut Thierry Faes.

•

octobre 2021 • Construction 25


PLAN D’ACTION

La Confédération rencontre les autorités régionales pour évoquer la reconstruction Suite à ces inondations, la Confédération (CNC et CCW) multiplie les contacts avec les autorités en vue de soutenir les sinistrés (y compris les entreprises) et de préparer la reconstruction, sur base des 50 mesures contenues dans notre mémorandum. La CCW a récemment rencontré plusieurs ministres wallons, le Forem, l’IFAPME et la commissaire spéciale à la reconstruction.

L

ors de sa rencontre avec Elio Di Rupo, le ministre-président de la Région wallonne, ce dernier a demandé si le secteur était capable d’absorber une demande accrue de travaux. La CCW a répondu que oui, mais pas à n’importe quelle condition. Aussi bien le public que le privé doivent trouver les solutions pour répondre aux emplois et nombreux besoins, à l’avenir. La CCW a présenté son plan d’action emploiformation, son catalogue de mesures concrètes (tant au niveau régional que fédéral) pour résorber les pénuries de main-d’œuvre.

Priorité numéro 1

Outre la task force de la Confédération, la CCW s’implique dans la plateforme rassemblant l’UWE, les architectes et les promoteurs en vue de préparer une nouvelle vision urbanistique des zones sinistrées.

26 Construction • octobre 2021

Cette lutte contre les pénuries de main-d’œuvre est la priorité numéro 1. Le secteur a demandé davantage de proactivité de la part du Forem dans la mobilisation à grande échelle des demandeurs d’emploi, sachant que selon une étude de Constructiv, 10 % à peine des nouveaux entrants sont arrivés par le biais d’intermédiaires d’emploi, comme le Forem.


« TRANSFORMER CETTE CATASTROPHE EN OPPORTUNITÉ »

Le ministre-président s’est montré ouvert sur plusieurs points du plan d’action CCW, notamment sur le lancement d’une grande campagne de promotion des métiers de la construction et le relais vers les autorités fédérales de nos demandes d’exonération de primes au bénéfice des apprenants et demandeurs d’emploi, d’intégration de travailleurs primo-arrivants dans le secteur. À ce sujet, la Confédération va nouer des contacts au niveau fédéral, en partenariat avec Fedasil, pour examiner la possibilité d’amélioration de la sélection des candidats primo-arrivants. Il a aussi été question de flexibilité optimale du temps de travail, comme prévu dans l’accord sectoriel 2019-2020, même si cette flexibilité ne résoudra pas tout. L’alternance peut constituer une partie de la solution pour répondre aux besoins en main-d’œuvre. La CCW et l’IFAPME ont d’ailleurs renforcé leur partenariat pour attirer davantage les jeunes vers le secteur. Cet accord vise tant les apprenants IFAPME que ceux du CEFA (voir pp. 30-31).

Logements

Auprès du ministre du logement Christophe Collignon, la CCW a présenté un plan global à 10 ans, réalisé avec les partenaires du CSTC et de Greenwin. Notre confédération régionale a souligné l’intérêt d’une massification de la rénovation (via des outils technico-financiers), complémentairement aux incitants fiscaux à renforcer pour stimuler la rénovation énergétique des logements privés. La CCW a aussi plaidé pour soutenir la production de logements neufs, notamment en partenariat avec nos affiliés développeurs-constructeurs (selon des modalités à préciser), tout en maîtrisant le coût du logement (pour préserver son accessibilité financière) via un phasage réaliste dans la mise en œuvre des nouvelles contraintes (gestion des déchets, recours aux matériaux biosourcés, normes PEB, stop à l’éta-

À quelque chose malheur est bon, dit le dicton. Pour Francis Carnoy, le directeur général de la CCW, il s’agit de « transformer cette catastrophe en opportunité ». Il pointe d’ailleurs deux opportunités à saisir, à la suite de ces inondations. La première concerne la modernisation et l’entretien des infrastructures. « Il faut investir pour renouveler les infrastructures et impétrants et pour ralentir le réchauffement climatique. Dans ce contexte, accélérer la rénovation énergétique et une meilleure gestion hydraulique sont capitaux : création de micro-barrages et bassins d’orage, verdurisation des sols… », indique-t-il.

Moderniser et entretenir Ces infrastructures, il faut également les entretenir. « Après 30 ans de sous-investissements publics, il faut remettre à neuf les berges, les ponts et embellir l’espace public. Le gouvernement doit prévoir des budgets et une programmation claire pour que nos entreprises s’organisent en vue de respecter les délais. Il faut aussi prévoir des crédits futurs pour l’entretien et le curage. »

Réflexion urbanistique Deuxièmement, il s’agira de mener une réflexion en profondeur en matière d’urbanisme, vu que les zones inondables sont plus vastes que les cartes initiales. « Il faut avoir une vision à dix ans », indique Francis Carnoy. « Pour le court terme, la dispense de permis d’urbanisme pour les travaux urgents, les installa­tions provisoires, légères et d’intérêt général comme les écoles et les hôpitaux est primordiale. À la question de réparer ou

lement urbain, charges d’urbanisme, clauses sociales…). La CCW a dénoncé les budgets unitaires insuffisants pour la construction (130.000 €) ou la rénovation (46.000 €) de logements publics et plaide pour leur relèvement. La CCW a demandé un recours systématique au CCT-B, l’accélération de l’informatisation des administrations communales, pour notamment accélérer l’octroi des permis, et la requalification de l’espace public urbain dans le cadre de la politique de la Ville.

rénover à l’identique, nous disons oui mais seulement en zone d’aléa moyen et pas élevé. Pour ce faire, il s’agira aussi de prévoir des mesures collatérales comme des rétentions d’eau en amont, des berges rehaussées et des murs anti-crues. Tout ceci est à organiser de façon collective, par quartier et/ou selon la typologie des sinistres en combinant avec la rénovation énergétique et le projet Reno +. » Pour le long terme, Francis Carnoy évoque plu­sieurs pistes, notamment le remembrement foncier et urbain et la reconstruction en multi résidentiel neuf performant, dense et inondable avec des nouvelles techniques de construction en partenariat avec les développeurs-constructeurs. « Mais évitons une surréaction généralisée sur le neuf avec le risque de délais allongés, de nombreux refus et la rareté accrue des terrains. » Il préconise également d’accepter un risque minimum selon la gradation. « Il faudra davantage dialoguer en amont avec l’architecte pour ne pas devoir tout recommencer à la fin. »

« Triple gel » Enfin, pour le directeur général de la CCW, il faut à tout prix éviter le « triple gel ». « À savoir la combinaison du gel des permis dans les zones sinistrées avec le stop béton et le refus des riverains de densification dans les périmètres bâtis actuels. On risque alors une flambée des prix de l’immobilier en sachant qu’il faudra loger 9.000 ménages supplémentaires chaque année d’ici 2035. Il faut absolument continuer de délivrer des permis de bâtir quelque part ! »

Mesures urbanistiques

En matière urbanistique, le gouvernement wallon a déjà pris des mesures pour certains actes et travaux urgents liés à la reconstruction dans les zones sinistrées. Sont exonérés de permis pour deux ans, le placement de logements modulaires et équipements communautaires réalisés par un organisme public. Pour un an ; le placement d’installations (comme des conteneurs) par les entreprises et indépendants ; les services publics comme les hôpitaux, écoles, centres de formation, centres cultu- ››› Construction octobre 2021 •• Construction octobre 2021 27


PLAN D’ACTION ››› rels…L’exonération s’applique aussi

pour les aménagements provisoires des ouvrages d’art supportant une voirie ou voie ferrée, pour la reconstruction des ponts, ainsi que les démolitions et réparations (ordonnées par le bourgmestre) nécessaires à la stabilité des bâtiments et installations menaçant de s’effondrer. La Confédération a également des demandes relatives, entre autres, au renforcement des mécanismes financiers de solidarité pour couvrir les dégâts assurés et non-assurés (Fonds des calamités) et aux assouplissements relatifs à la TVA. Ces demandes ont déjà reçu bon écho. Enfin, outre la task force de la Confédération, la CCW s’implique dans la plateforme rassemblant l’UWE, les architectes et les promoteurs en vue de préparer une nouvelle vision urbanistique des zones sinistrées (voir encadré p.27).

•

LE GOUVERNEMENT WALLON MOBILISE ENTRE 2,3 ET 3 MILLIARDS D’€ Juste avant de boucler cette édition, nous apprenions que le gouvernement wallon décidait de mobiliser entre 2,3 et 3 milliards d’€ pour aider les sinistrés et réparer les infrastructures. Cette manne d’argent permettra de soutenir financièrement les sinistrés assurés et, dans une moindre mesure, les non-assurés. Nous n’avons pas la place ici pour rentrer dans les détails. Mais cette aide contribuera à réparer aussi bien les habitations que les entreprises sinistrées. La Wallonie interviendra également pour la réparation des infrastructures locales et régionales endommagées. Cela concerne notamment les berges, les voiries, les tunnels, les voies hydrauliques, les

LE CONSTRUBUS A AIDÉ PLUS DE 400 VICTIMES Le 10 août dernier, le Construbus, une belle initiative du secteur (voir édition de septembre p.31) a débuté sa tournée à Verviers. Il s’est ensuite rendu dans les localités les plus touchées afin de rencontrer les victimes des inondations dans la vallée de la Vesdre entre Eupen et Liège ainsi que dans les provinces de Namur et Luxembourg. Le Construbus s’est ainsi arrêté

dans les communes de Verviers, Liège, Chaudfontaine, Trooz, Limbourg, Eupen, Nassogne, Rochefort, Jemelle et comme dernière étape, jusqu’à nouvel ordre, Hargimont. Les questions adressées à l’équipe d’experts portaient sur des thèmes extrêmement variés : assurances, préoccupations d’ordre technique, fonds des calamités et aides finan­

bassins d’orage, les déchets, les centres de formation…Au moment d’écrire ces lignes, les dégâts étaient estimés à 650 millions d’€, juste pour les infrastructures régionales. Enfin, le gouvernement propose également des mesures de soutien à la formation en pénurie : prime, vaste campagne de promotion des métiers, chèques permis de conduire et renforcement des stages d’immersion découverte en entreprise. La CCW salue ces mesures, pour la plupart prises en concertation avec les syndicats. Elle insiste sur l’urgence de leur mise en œuvre. Mais vu l’ampleur des pénuries, elle proposera d’autres mesures encore au gouvernement.

cières. Sur le plan technique, les questions concernaient principalement la formation et la lutte contre les moisissures, le séchage des habitations et la stabilité des maisons. Au besoin, les visiteurs du Construbus ont été réorientés vers des experts ou des organisa­ tions partenaires : travailleurs sociaux, avocats, notaires, cour tiers en assurances… Une première orientation très pragmatique et approfondie d’au moins une demi-heure par victime a ainsi été proposé à plus de 400 victimes des inondations. « Ces dernières semaines,

nous avons observé beaucoup de souffrance et désarroi. Nous savons que dans de nombreux cas, la reconstruction sera conséquente. Nous n’avons pas pu résoudre tous les problèmes, mais nous espérons avoir réussi, avec cette initiative, à aider les personnes concernées en les orientant et en leur apportant des pistes de solutions très pratiques et concrètes », a déclaré Paul-Philippe Hick, le directeur de la Confédération Construction de Liège et de Verviers-Ostbelgien.

28 Construction • octobre 2021


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EMPLOI/FORMATION

Le secteur booste financièrement la formation en alternance Face au manque criant de main-d’œuvre dont souffrent nos entreprises, le secteur de la construction et l’IFAPME ont décidé de renforcer leur collaboration. Comment ? En octroyant davantage d’incitants financiers aux apprenant(e)s engagés dans l’alternance (IFAPME et CEFA). Explications.

D

epuis des années, la CCW et l’IFAPME travaillent main dans la main pour former au mieux les apprentis et adultes aux métiers de la construction. « Le secteur de la construction est un partenaire historique de l’IFAPME. Près de 30 % des apprentis se forment aux métiers de la construction. Face à la pénurie de maind’œuvre, en tant qu’organisme de formation wallon, nous nous devions d’être aux côtés des entreprises. Nous devions également être un levier du gouvernement wallon pour répondre au plan de reconstruction de la Wallonie, consécutif aux inondations du mois de juillet », a indiqué Raymonde Yerna, l’administratrice générale de l’IFAPME.

apprenants) que les adultes à partir de 18 ans (stagiaires). Quelles sont les lignes forces de l’organisme pour attirer les apprenants intéressés par le secteur ? L’administratrice générale en pointe quatre. « Tout d’abord, notre méthode d’alternance qui combine un jour en centre de formation et quatre en entreprise. Ensuite, la qualité de nos formateurs. Nous en comptons au total 3.500 et 98 % sont des professionnels en activité. Ils connaissent les réalités de l’entreprise et peuvent transmettre les compétences techniques. Troisièmement : le taux d’insertion. Il est très important dans le secteur : 85 % chez les apprentis (ndlr : 1.306 inscrits dans la filière construction l’année

Métiers en pénurie

Il y a quelques semaines, le Forem a publié sa liste des métiers en pénurie. « Dans cette liste, 1/3 des métiers sont liés à la construction. Elle a été publiée avant les inondations. C’est dire si l’urgence est encore plus importante aujourd’hui qu’hier. 40 % de notre offre sont des formations « construction » et le taux d’insertion est important. Mais nous devons encore travailler davantage ensemble pour convaincre les jeunes et les parents. »

Lignes de force

L’IFAPME forme aussi bien les jeunes, à partir de 15 ans (apprentis/ 30 Construction • octobre 2021

« Les filières en alternance, et plus particulièrement l’IFAPME, sont une voie royale d’entrée dans la construction. »

dernière) et 94 % chez les stagiaires (ndlr : 1.968 inscrits dans la filière construction l’année dernière). Enfin, la large palette de formations de métiers dans la construction. On en compte plus de 40 : maçon, couvreur, carreleur, peintre, menuisier, coordinateur BIM, tailleur de pierre… Nous allons aussi davantage implémenter les nouvelles technologies de la construction dans nos formations ».

Mesures et incitants concrets

Six mesures et incitants concrets doivent permettre d’attirer davantage les candidat(e)s à la formation en alternance dans la construction. Les formations seront gratuites pour les apprenants et le minerval sera remboursé pour les adultes. Outre les diplômes classiques IFAPME octroyés après 1 à 3 ans de formation ; une RAF (Reconnaissance des Acquis de Formation) ou un CeCAF (Certificat de Compétences Acquis en Formation) peut sanctionner un ensemble de compétences acquis sur une période plus courte. Ce système permet une mobilité et flexibilité plus grandes pour les apprenant(e)s. Une journée dédicacée à la découverte des métiers de la construction a été organisée le 22 septembre dernier et le Speedjobbing entre les entreprises et les candidat(e)s à l’alternance aura lieu le 8 octobre prochain. Mentionnons aussi que le coaching des apprenant(e) s


Les modalités de cette prime • • • •

Geste sociétal de la part des entreprises du secteur Pour tous les nouveaux entrants dans une formation construction 100 euros de rétribution mensuelle supplémentaire Pour l'année scolaire 2021-2022

En apprentissage, pour les JEUNES sous contrat d’alternance

1ère année

L’augmentation est un geste sociétal, sur base volontaire, de la part des entreprises du secteur pour tous les nouveaux entrants dans une formation construction en alternance. « Elle est d’environ 100 € par mois (voir tableaux). En fonction que l’on soit jeune ou stagiaire, c’est une augmentation qui varie de 13 à 36 %. Cela devient presqu’un salaire. Nous veillerons également à ce qu’elle soit neutre par rapport aux allocations familiales perçues pour les jeunes. C’est un test que nous lançons pour l’année 2021-2022 », a indiqué Francis Carnoy.

Pourcentage d’augmentation de la rétribution

276,37

376,37

36 %

En formation d’ADULTES/ Convention de stage Rétribution mensuelle avant ce nouvel incitant

Nouvelle Rétribution mensuelle

Pourcentage d’augmentation de la rétribution

1ère année

464,40

564,40

21 %

Si le stagiaire dispose déjà d’un diplôme relatif au métier

785,91

Primes Constructiv

Cette augmentation vient s’ajouter aux primes déjà accordées par Constructiv lors du trajet d’un jeune en alternance : 400 € la première année, 500 € la deuxième, 700 € la troisième et 700 € si l’emploi est durable ; soit un montant total de 2.300 € (voir tableau). « 96 % des jeunes qui terminent un parcours d’apprentissage en alternance souhaitent rejoindre le secteur de la construction. Ce trajet inspire donc confiance à l’entreprise et aux jeunes. Pourquoi ? La bonne ambiance de travail, le salaire, la possibilité d’acquérir de

885,91

Source: CCW

Geste sociétal de 100 €

Nouvelle Rétribution mensuelle

Les modalités de cette prime

L’alternance, voie royale

Francis Carnoy, le directeur général de la CCW, a expliqué les raisons et les modalités de cette augmentation mensuelle. « Le secteur connaît de graves pénuries de main-d’œuvre dans quasi tous les métiers. Actuellement, 7.000 postes sont vacants dans la construction wallonne. Dans un contexte de rénovation énergétique du bâti et du plan de reconstruction, les besoins sont énormes et pourraient doubler, voire tripler. Le secteur est en première ligne pour fournir des bras. Les filières en alternance, et plus particulièrement l’IFAPME, sont une voie royale d’entrée dans la construction. Un jeune qui s’engage dans la construction s’implique de manière sociétale dans un emploi plein de sens. Son job sera stable, sûr, innovant et bien payé. Nous sommes le deuxième secteur qui paie le mieux ses ouvriers, juste derrière la chimie. Nous renforçons également nos campagnes sur les réseaux sociaux pour toucher les jeunes. Mais toutes ces démarches ne suffisent visiblement pas. D’où notre décision d’augmenter la rétribution dans l’alternance ».

Rétribution mensuelle avant ce nouvel incitant

Source: CCW

sera renforcé. Et enfin, l’augmentation de la rétribution des apprentis et des stagiaires de l’IFAPME ainsi que des jeunes actifs dans un CEFA (Centre d’Education de Formation en Alternance), proposée par le secteur.

13%

l’expérience et de se mettre à son compte plus tard, la perspective d’un emploi fixe et la variété du travail », a indiqué Pierre-Paul Yerlès, le directeur de Constructiv.

Urgence !

L’offre de formations est donc bien présente et le secteur et l’IFAPME s’engagent à aider les entreprises à pouvoir répondre aux besoins sociétaux. « Il y a urgence ! Les carnets de commandes sont pleins et les marchés publics se profilent. L’IFAPME est l’une des solutions à tous ces enjeux », a conclu Raymonde ­Yerna.

•

octobre 2021 • Construction 31


ÉNERGIE/ENQUÊTE

Les cadres qualité en matière de PEB sont efficaces mais entraînent trop de charges Nos trois confédérations régionales ont mené une enquête auprès de leurs membres pour avoir leur avis sur les cadres qualité en matière de PEB. 210 entreprises ont répondu à l’enquête : 71 francophones et 139 néerlandophones. Constat principal : ces cadres sont efficaces pour améliorer la qualité des travaux mais entraînent trop de charges administratives.

L

es cadres qualité en matière de PEB sont des procédures et exigences visant spécifiquement à assurer un niveau élevé de qualité des travaux réalisés dans les domaines de l’isolation (toits, murs, sols, fondations), de la menuiserie, de la ventilation, de l’étanchéité à l’air, du chauffage, de la climatisation et des énergies renouvelables. Il existe différents types de modèles de cadres qualité : certains de ces cadres sont obligatoires, d’autres sont volontaires. Pour certains, le suivi d’une formation et la réussite d’un examen sont requis et il est fréquent, mais pas systématique, qu’un contrôle soit réalisé sur chantier. Les cadres qualité s’appliquent parfois différemment d’une région à l’autre et sont beaucoup plus nombreux en Flandre que dans les deux autres régions du pays.

Échantillon représentatif

Sur les 210 participants à l’enquête, 70 % sont des petites entreprises (moins

32 Construction • octobre 2021

de 10 travailleurs), 20 % des entreprises de taille moyenne (entre 10 et 50 travailleurs) et 10 % (qualifiées dans cette enquête) de grandes entreprises (plus de 50 travailleurs). L’échantillon est donc assez représentatif et tous les métiers concernés par la thématique sont assez bien représentés. Plus de de la moitié des entreprises (65 %) considèrent que ces cadres sont efficaces pour améliorer la qualité des travaux. Elles estiment cependant que le contrôle du respect des exigences et des procédures est trop théorique et devrait davantage correspondre à la réalité du terrain. Seules 9 % estiment qu’ils n’influencent pas la qualité des travaux exécutés.

Charge administrative

Nos membres se plaignent de la charge administrative pour le respect de ces cadres. Ils sont près de la moitié (46 %) à estimer qu’elle est trop importante. Cette charge administrative est chronophage et les nouvelles

législations entraînent des surcoûts difficilement valorisables auprès des clients. Le rapport coûts/bénéfice n’est d’ailleurs pas idéal, selon l’enquête. Ils ne sont que 10 % à estimer que les cadres qualité existants représentent un coût raisonnable et 8 % à penser qu’ils donnent un avantage économique. Les entreprises pointent également la complexité des réglementations qui évoluent sans cesse.

TIC

Les participants à l’enquête utilisent-ils les TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) pour faciliter les contrôles qualité euxmêmes ? Plus de la moitié (58 %) ont répondu non. Et seuls 5 % estiment que ces outils sont faciles à utiliser. Ce qui met (à nouveau) en lumière que les TPE (principalement) ne sont pas équipées en la matière ou pas à niveau dans l’utilisation des outils numériques. Près de la moitié des répondants ne souhaitent d’ailleurs pas une aide supplémentaire


Les cadres qualité s’appliquent parfois différemment d’une région à l’autre et sont beaucoup plus nombreux en Flandre que dans les deux autres régions du pays.

pour maîtriser ces outils, principalement par manque de temps.

Compétences et formations

Ces cadres représentent-ils un moteur pour rehausser le niveau de compétence des travailleurs dans l’entreprise ? 65 % estiment que oui. Mais la lourdeur administrative, liée aux cadres qualité, freine de nombreuses entreprises à y adhérer. De plus, certains cadres qualité ne sont pas actualisés et n’intègrent pas correctement les dernières compétences qu’il est nécessaire de maîtriser. 56 % pensent d’ailleurs que la définition des exigences de compétence devrait être réalisée en concertation entre les autorités et le secteur. Et 80 % estiment que la validation de ces compétences via, par exemple, un examen certifiant devrait être déterminée en collaboration avec le secteur. Il ressort aussi de l’enquête que la validation des compétences de base devrait être obligatoire pour exercer les métiers nécessitant des compétences pointues. Pour la Flandre, de nombreuses entreprises demandent de réinstaurer l’accès à la profession. Pour améliorer ces compétences, 57 % estiment que les formations des travailleurs devraient être obligatoires. Ils pensent que ces formations devraient

être « plus solides » (adaptées à la réalité du terrain), moins commerciales et organisées selon des modules de courte durée. Ils insistent aussi sur l’importance de leur gratuité et leur accessibilité, notamment pour les indépendants.

Efficacité du contrôle

À la question de savoir si la qualité d’exécution des travaux est suffisamment contrôlée par les architectes/ maîtres d’œuvre et pouvoir publics, près de la moitié (46 %) des entreprises ont répondu par l’affirmative. Néanmoins, le constat est que les différents contrôles qualité sont nombreux et manquent parfois de complémentarité, particulièrement en construction neuve. Une meilleure cohérence entre les différents contrôles réalisés est souhaitable.

Conclusion

Que retenir de cette enquête ? Les entreprises trouvent les cadres qualités PEB globalement efficaces pour améliorer la qualité des travaux mais souhaiteraient néanmoins des mesures supplémentaires pour les travaux de rénovation, notamment pour les tra-

vaux d’isolation des bâtiments existants qui sont, selon elles, pas suffisamment contrôlés. Elles voudraient aussi que les pouvoirs publics s’impliquent davantage dans la thématique et uniformisent les procédures de contrôle et les formations entre les trois régions, ce qui nécessiterait davantage de concertation entre les parties prenantes. Les formations et le contrôle qualité devraient être davantage axés « chantier » plutôt que « gestion administrative et théorique du projet ». Malgré les lourdeurs administratives chronophages, l’utilisation des outils numériques reste encore beaucoup trop faible, par manque de temps. Enfin, pour trouver un équilibre budgétaire, les certificats de qualité/ validation des compétences pourraient être mieux valorisés par les entreprises auprès de leurs clients pour justifier le prix juste d’un travail qualitatif ou/et les éventuels surcoûts.

•

INFO : Le rapport complet des résultats de cette enquête peut être demandé par e-mail à nicolas.spies@ccw.be. octobre 2021 • Construction 33


CSTC

Isolation thermique optimale dans le respect des ‘détails constructifs’ du CSTC La rénovation énergétique, objectif majeur du Green Deal, figure aussi parmi les priorités du plan stratégique ‘Ambitions 2025’ du Centre scientifique et technique de la construction. Le défi : améliorer sensiblement les performances énergétiques du parc immobilier, à rénover entièrement d’ici 2025 ! Dans le cadre du projet BE REEL ! subsidié par l’Union européenne (https://be-reel.be/ ), le CSTC a donc décidé de mettre à la disposition du secteur des détails types d’isolation thermique à utiliser lors de travaux de rénovation. Toutes les parois seront abordées, à commencer par les façades, les planchers et la toiture. La première série de détails a été mise en ligne sur www.cstc.be . Elle vise l’isolation des planchers, l’isolation des façades par l’intérieur et les raccords au droit des fenêtres.

P

armi les détails constructifs, points de raccord entre les diverses parties d’un bâtiment, on appelle ‘nœuds constructifs’ ceux qui ont une influence sur la performance énergétique du bâtiment (PEB). Le CSTC les a conçus pour garantir une bonne isolation thermique, sans négliger pour autant leurs autres fonctions telles que la stabilité, l’étanchéité à l’eau, l’étanchéité à l’air et à la vapeur, et même l’isolation acoustique et la sécurité incendie lorsqu’elles sont pertinentes.

Isolation thermique par l’intérieur

Ce type d’isolation demande plus de prudence que d’autres techniques, mais constitue, dans certains cas, la seule ­option pour améliorer le niveau d’isolation des murs existants, notamment en milieu urbain. Avant de l’envisager, un diagnostic s’impose : le 34 Construction • octobre 2021

Sur www.cstc.be (rubrique "Expertise & Soutien", sous-rubrique "Publications & Outils / Détails constructifs"), cliquez sur le point orange correspondant au détail qui vous intéresse.


De nouvelles fiches de détails types pour la rénovation seront bientôt disponibles. Celles sur l’isolation thermique des toitures à versants et le raccord avec les façades seront publiées prochainement.

Les systèmes d’isolation capillaires actifs ont pour avantage de permettre le séchage des murs humides vers l’intérieur (© photo : Xella – Multipor).

figuration locale, car chaque projet de rénovation a ses spécificités, mais, dans tous les cas, il faut appliquer les mêmes principes. Chaque fiche montre le ou les détails concernés, avec les légendes et commentaires utiles et les points d’attention particuliers.

mur extérieur est-il assez sain pour que les travaux n’aient pas de conséquences dommageables sur le bâtiment ? Il faut ensuite choisir son système et le pare-vapeur : contre-cloison constituée d’une ossature en bois ou en métal avec interposition d’isolant, pose de panneaux d’isolation rigides ou d’un isolant capillaire actif … De nombreuses solutions existent. Dans tous les cas, il faut rendre la paroi étanche à l’air, veiller à une bonne ventilation des locaux et garantir la continuité de la couche d’isolation au droit des détails (raccords de fenêtres, raccords avec le plancher …). Le traitement des raccords est essentiel : si on ne traite pas convenablement les détails, cela n’a pas de sens d’un point de vue énergétique d’augmenter l’épaisseur de l’isolation thermique des parties courantes au-delà de huit centimètres ! Les pertes de cha-

leur au droit des détails deviennent en effet alors largement dominantes. Le CSTC propose des solutions avec des isolants traditionnels ou des isolants dits capillaires-actifs. Les raccords plancher/façade et façade/menuiserie sont conçus pour éviter tout pont thermique. Bien qu’il soit toujours conseillé de prévoir les travaux en une seule fois, des points d’attention et des conseils sont également donnés en cas de phasage des travaux (remplacement des menui­ series avant l’isolation des façades, par exemple). Le risque de condensation et de développement de moisissures a également été étudié et fait l’objet de commentaires spécifiques. Une attention particulière est apportée à l’étanchéité à l’air et à sa continuité, notamment au droit des raccords avec les menuiseries. D’autres solutions peuvent ou doivent être envisagées en fonction de la con-

Une fiche pour chaque détail ­constructif

C’est au niveau des points d’assem­ blage des éléments entre eux que se joue la continuité de la performance attendue d’un bâtiment : là où plusieurs maté­ riaux et systèmes constructifs pas toujours compatibles doivent se connecter et là où plusieurs corps de métier sont amenés à se succéder, voire à travailler en parallèle. Cette performance doit bien sûr avoir été pensée dans la conception même du bâtiment, mais si tel est le cas, c’est à l’entrepreneur général de contrôler sa mise en œuvre par une bonne coordination des activités des sous-traitants. Et pour cela, il doit avoir à sa disposition des modèles de ‘détails de référence’ prenant en compte les différents niveaux de performances à atteindre. En conclusion, le détail constructif est bien souvent l’interface où tout se joue, car c’est à ce niveau-là que la performance d’un bâtiment peut augmenter ou diminuer drastiquement selon le soin mis à les concevoir et à les réaliser. Les fiches mises au point par le CSTC, par détail constructif, sont à cet égard plus que précieuses.

•

octobre 2021 • Construction 35


CSTC

Pierre naturelle :

les obligations du placeur Le placeur de pierre naturelle, qu’il soit tailleur ou marbrier, est soumis au règlement “Produits de construction” (RPC) qui lui impose trois obligations lors de chaque “mise sur le marché” d’une pierre en Europe. Mais quand y a-t-il “mise sur le marché” ? C’est ce que nous verrons aussi ci-après. Les trois obligations sont, primo, le “marquage CE”, secundo la “déclaration de performance” (DoP, pour Declaration of Performance) et tertio le “dossier technique”. Voyons donc ici, avec les spécialistes du CSTC et de la Confédération Construction, ce que signifie concrètement chacune de ces obligations pour vous, marbrier ou tailleur de pierre, qui êtes responsable de l’établissement des déclarations voulues et de la conformité de vos produits aux performances déclarées.

L

e marquage CE

Le placeur (terme que nous utiliserons ici pour désigner à la fois le marbrier et le tailleur de pierre) est-il toujours responsable de l’apposition du marquage CE sur les produits en pierre naturelle ? Tout dépend de la situation dans laquelle il se trouve…

SITUATION N° 1 : le marbrier achète

un bloc à une carrière, le transforme en dalles, par exemple avec une finition flammée pour un sol extérieur. Il pose lui-même ces dalles chez son client. Dans ce cas, le marquage CE ne s’applique pas à l’acheteur placeur, puisqu’il n’y a pas eu d’introduction sur le marché.

SITUATION N° 2 : le marbrier vend

à un tiers les dalles qu’il a fabriquées. Étant donné qu’il y a mise sur le marché, le marquage CE s’impose au marbrier qui fabrique et vend les dalles, sauf s’il s’agit de produits dont l’usage n’est pas couvert par une norme harmonisée (cf. tableau ci-après). Par exemple, s’il vend des dalles devant ser-

NORMES HARMONISÉES EN VIGUEUR RELATIVES AUX PRODUITS EN PIERRE NATURELLE Les quatre normes harmonisées pourvues de l’astérisque dans ce tableau existent déjà en version plus récente, mais non encore publiée au Journal officiel de l’Union européenne. Pour ces quatre normes, c’est la version indiquée ici qui est d’application pour le marquage CE.

36 Construction • octobre 2021


TABLEAU RÉCAPITULATIF

vir à faire des plans de cuisine, seuils, couvre-murs, pierres tombales et autres applications absentes de notre tableau, le marquage CE n’est pas obligatoire. SITUATION N° 3 : le marbrier achète les dalles à un fournisseur. C’est ce dernier et non le placeur qui doit appliquer le marquage CE pour l’usage prévu. En revanche, si notre placeur-marbrier lui achète des dalles pour leur donner un autre usage, également couvert par une norme harmonisée, c’est lui, le placeur, qui devient responsable du marquage CE des dalles. Par exemple, si le placeur veut réaliser un trottoir (selon la norme NBN EN 1341) à l’aide de dalles prévues pour un usage interne (selon la norme NBN EN 12058), c’est lui qui devra donner à ces dalles le marquage CE. Le marquage CE est apposé sur le produit ou son emballage, mais peut aussi être reproduit sur un document l’accompagnant (bon de livraison, facture…).

La déclaration de performance

Les diverses normes existantes se distinguent par la destination des produits, leurs caractéristiques et les exigences en matière de contrôle de qualité interne (voir à ce sujet la Note d’information technique du CSTC n° 228). Toutes ces caractéristiques essentielles associées à tel ou tel usage prévu par les normes harmonisées doivent être énumérées dans la déclaration de performance. Elles sont clairement identifiées dans l’annexe ZA de chacune des normes. La déclaration doit comporter au moins une des caractéristiques essentielles du produit de construction qui sont pertinentes pour l’usage prévu (voir Les Dossiers du CSTC 2015/3.11).

Le dossier technique

Le marbrier qui introduit sur le marché des produits en pierre naturelle

doit aussi disposer d’un dossier technique en cohérence avec la déclaration de performance. Son contenu est fonction de la nature du produit et doit permettre de démontrer que celui-ci est conforme d’un point de vue technique aux normes harmonisées ou aux exigences essentielles issues du Règlement “Produits de construction” (UE n° 305/2011). Le dossier technique comporte, entre autres : • le nom de l’entreprise • des informations relatives au produit : nom, marque déposée, marque commerciale enregistrée, adresse de contact figurant sur le produit ou sur les documents d’accompagnement • les instructions et informations concernant la sécurité et l’installation • un descriptif de la procédure d’évaluation de la conformité qui a été suivie (informations disponibles sur le site Internet de l’Union européenne) • les rapports d’essai • une analyse de risques. La Confédération Construction Pierre Naturelle, avec le soutien du CSTC, a décidé d’aider et d’accompagner ses membres dans l’ensemble

des procédures décrites dans cet article (contacts indiqués dans l’encadré cidessous). Un plan qualité sera également mis à leur disposition.

•

RÉFÉRENCES  Compilation libre d’un

article paru en pages 16 et 17 de CSTC-Contact 2021/2 et signé conjointement par Dominique Nicaise, docteur en sciences et chef du laboratoire “Minéralogie et microstructure” auprès du CSTC (dominique. nicaise@bbri.be), et par Sabine Piedboeuf, secrétaire générale de la Confédération Construction Pierre Naturelle (pierrenaturelle@ confederationconstruction.be).  Seul ce texte original peut

être cité en référence. Il figure également dans “Les Dossiers du CSTC” 2021/2.7. Uniquement disponible en ligne sur www.cstc.be à la rubrique "Expertise & Soutien", sous-rubrique "Publications".

octobre 2021 • Construction 37


PROJET

Le NID, dernier maillon du chantier de la Confluence à Namur Le chantier de la Confluence, sur le site du Grognon dans le centre-ville de Namur, est terminé. Il était divisé en quatre projets : la réalisation d’une passerelle au-dessus de la Meuse ; d’un rond-point, voiries et esplanades ; d’un parking souterrain et d’un bâtiment nommé le « NID ». Notre membre De Graeve a construit, en société momentanée, le parking souterrain ainsi que le bâtiment situé au confluent de la Sambre et de la Meuse.

U

n gros chantier vient de s’achever dans la capitale wallonne, en face du parlement wallon, au pied de la citadelle. En cours depuis plusieurs années, il a été inauguré à l’occasion des Fêtes de Wallonie, au mois de septembre. « Tous les projets sur le site s’articulaient autour du parking souterrain. C’est donc fort logiquement que les travaux ont commencé par la construction de ce parking, en 2017. Les travaux ont connu quelques péripéties, dues à des fouilles archéologiques régulièrement relayées par la presse », souligne Antonin Cartiaux, le gestionnaire de chantier chez De Graeve.

Terrassement en stross

La société momentanée De Graeve/Duchêne/Valens a construit, pour le concessionnaire InterParking, un parking 38 Construction • octobre 2021

souterrain de 4 niveaux (670 places), d’environ 5.000 m² chacun. La technique du terrassement en stross a été utilisée, avec une évacuation de terres à travers une ouverture limitée. « Nous avons d’abord aménagé la dalle de support et la dalle du -1 du parking par lesquelles nous avons rentré les machines pour excaver au total 65.000 m³ de terres. Les travaux ont avancé parallèlement avec des fouilles archéologiques réalisées par une trentaine d’archéologues du SPW, jusqu’à deux mètres sous le sol. Elles ont mis à jour différentes périodes de l’histoire namuroise remontant à l’Antiquité. À un certain moment, le chantier a dû être mis à l’arrêt pour le bon déroulement des fouilles. » Une fois ces fouilles terminées ; un radier étanche, ancré par près de 400 micropieux, a été conçu à 9m50 en-dessous du niveau de la Meuse pour la stabilité de l’ouvrage. « Pour


 Le chantier de la Confluence était divisé en quatre projets : la réalisation d’une passerelle au-dessus de la Meuse ; d’un rond-point, voiries et esplanades ; d’un parking souterrain et d’un bâtiment nommé le « NID ».

(© PASCAL THEMANS PRODUCTIONS)

 L’escalier hélicoïdal et le mur rideau vitré qui offre une superbe vue sur la confluence des deux fleuves.

(©De Graeve)

 Les murs du NID ont été construits avec un système de banches métalliques cintrables.

(©De Graeve)

permettre de supporter la dalle de toiture et la dalle du -1, nous avons préalablement au gros terrassement posé 35 colonnes préfondées d’une douzaine de mètres pesant plus de 18 tonnes chacune et les murs périphériques ont été réalisés avec des pieux sécants. » Le parking est ouvert depuis le mois de juillet dernier.

Intelligente et Durable), le bâtiment numérique et didactique situé à la pointe du confluent entre la Sambre et la Meuse, en septembre 2019. C’est la société momentanée De Graeve/Nonet (ndlr : notre membre Nonet a réalisé l’esplanade et les abords du NID) qui a remporté l’appel d’offres lancé par la Ville de Namur. Ce projet a été réalisé en collaboration avec le bureau d’architectes danois (3XN Architects) et belge (BEE architect), ainsi que le bureau d’études paysagiste belge JNC. Le bureau d’études pour la stabilité et les techniques spéciales étant Arcadis. Le bâtiment se compose de deux niveaux. Le rez-de-chaussée, niveau Meuse et Sambre, accueillera un espace horeca, dans un esprit local, durable et accessible à tous. Et à l’étage, un espace de débats et de dialogues, ouvert à tous, sera aménagé pour penser la ville de demain avec différentes thématiques abordées : l’environnement, l’urbanisme, l’aménagement du territoire, le climat, l’économie, l’alimentation… La phase de prédémarrage du chantier a connu quelques aléas. « Le NID a été construit sur une ancienne esplanade. Avant de terrasser, nous avons dû enlever des câbles à haute tension, situés dans le sol, et réaliser des fouilles blindées, pour maintenir les terres en place autour d’un arbre classé, un Sophora japonais », explique Antonin Cartiaux. L’idée de départ était de poser le bâtiment sur des pieux placés dans la roche. « Mais lorsque nous avons creusé, nous avons découvert plus de 200 anciens pieux en béton, non référencés, qui servaient à maintenir les murs des berges. Il était impossible de les enlever. Nous avons donc dû trouver une autre solution assez rapidement. La même technique que pour le parking a finalement été utilisée avec la pose d’un radier sur les anciens pieux. Ces pieux ont donc été finalement utilisés pour rendre la terre plus rigide. »

Le NID

Banches métalliques cintrables

Lorsque la dalle supérieure du parking a été terminée, De Graeve a pu commencer la construction du NID (Namur

Le gros enjeu de ce projet était que l’architecte imposait du béton apparent dans un bâtiment circulaire, avec des murs ››› octobre 2021 • Construction 39


PROJET

Pour le parking, un radier étanche, ancré par près de 400 micropieux, a été conçu à 9m50 en-dessous du niveau de la Meuse.

(© PASCAL THEMANS PRODUCTIONS)

››› pouvant faire jusqu’à 9 mètres de haut. De Graeve a utilisé un

système constructif, assez inédit en Belgique, pour construire les murs du NID : les banches métalliques cintrables. « À ma connaissance, ça n’existe pas chez nous dans le bâtiment. Nous avons donc visité plusieurs chantiers en France pour observer la technique. Il s’agit de deux panneaux de coffrage de trois mètres sur trois que l’on pose face-à-face. On y coule du béton et une fois sec, on retire les panneaux et le mur est construit. Avec cette technique, on sait travailler en courbes et sur de grandes hauteurs, comme le souhaitait l’architecte. » Pour réaliser les colonnes à l’intérieur du bâtiment, De Graeve a eu recours à la technique du coffrage perdu. « Nous avons coulé du béton dans un tube en carton. Une fois le béton sec, nous avons cassé le carton pour laisser apparaître les colonnes. » À l’intérieur, un impressionnant escalier hélicoïdal, en béton préfabriqué, a été amené en une seule pièce. Le plancher en bois, sur lequel on est venu couler du béton, a ensuite été réalisé à l’étage. « Et les systèmes de refroidissement ont été intégrés dans le béton de structure, ce qui est assez rare. » Au sommet du bâtiment d’une dizaine de mètres de hauteur, la dalle en béton de la toiture est large de 40 cm. « Il fallait qu’elle soit épaisse car les gens vont se promener sur le toit. La volonté était aussi qu’elle soit courbe. Un maillage point par point a donc été réalisé en 3D pour régler le plancher en bois. »

Mur rideau vitré

De l’intérieur, un mur rideau vitré offre une superbe vue sur la confluence des deux fleuves. « Le bâtiment est exposé au soleil. Nous avons donc posé des pare-soleils en acier galvanisé pour rejeter la chaleur. Le NID est tellement bien isolé qu’en été, il fait bon et en hiver, il ne fait pas froid. Nous avons également 40 Construction • octobre 2021

conçu des systèmes de pompage de l’eau de la Meuse pour alimenter une pompe à chaleur pour principalement refroidir le bâtiment. Et pour anéantir les effets du vent sur cette paroi vitrée, une poutrelle métallique circulaire, produite au Royaume-Uni, a été déployée. » Certains murs extérieurs sont des prémurs préfabriqués, pouvant atteindre 9 mètres de hauteur. « Ils sont arrivés couchés en une seule pièce et nous avons dû les redresser délicatement ». Les différences de hauteur permettent de marcher, à l’extérieur, sur une pente. « Les têtes des voiles courbes étant également inclinées, nous n’avons pas pu travailler avec du béton autoplaçant, mais avec un béton que nous avons dû vibrer sur toute la pente. Le dernier camion a livré du béton plus ferme afin de réaliser la pente. »

Inondations

Sur un tel site, la question des inondations s’imposait. Les aménagements en cas de crue ont-ils été prévus ? « Pour le parking, outre des batardeaux prévus si la Meuse et la Sambre sortent de leur lit, en cas de crue tri-centenalle (300 ans), le dernier niveau sera volontairement inondé pour équilibrer les forces de l’eau. Pour le NID, un système de barrage mobile de 120 centimètres de haut, un batardeau, devant les bâtiments est prévu et stocké dans le bâtiment », conclut Antonin Cartiaux. Les Namurois l’attendaient depuis des années. Le site du Grognon est désormais complètement aménagé. À eux de s’approprier leur ville et aux touristes d’en profiter également !

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42 Construction • octobre 2021


Journal des Travaux Le journal des travaux (établi conformément aux prescriptions des autorités) doit être tenu sur chaque chantier par le délégué du pouvoir adjudicateur. Chaque jour doivent y être inscrits tous les renseignements relatifs à l’exécution des travaux. Le journal des travaux permet d’avoir une vue d’ensemble du déroulement des travaux et des décisions prises, de même que des instructions données par le pouvoir adjudicateur et le concepteur du projet. Il est tenu à jour en permanence sur le chantier jusqu’à la réception provisoire du marché. L’administration, l’entrepreneur et le concepteur de l’ouvrage reçoivent généralement chaque semaine une copie des éléments qui ont été ajoutés au journal durant la semaine écoulée. Le journal des travaux est surtout utilisé dans le cadre des marchés publics mais peut aussi être utile pour les marchés de travaux privés.

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octobre 2021 • Construction 43


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gamme de produits alimentés par batterie Récemment, Husqvarna Construction a dévoilé une avant-première à Matexpo : trois nouvelles machines alimentées sur batterie. La clé de voûte de cette gamme est la meuleuse K1 PACE. Ses performances sont comparables à celles des meuleuses à essence, mais n'émettent aucun gaz d'échappement, un grand avantage pour l'environnement et l'utilisateur. La deuxième nouveauté était la machine de forage DM 540i sur batterie. Légère et parfaitement équilibrée, elle garantit une

journée de travail encore plus productive. Enfin, la talocheuse BV 30i, une machine à lisser puissante sur batterie. Elle combine la commodité d'une utilisation sans fil, en plus de se charger rapidement et de posséder un refroidissement actif. De plus en plus d'entreprises de construction s'efforcent de créer des lieux de travail sans émissions. Husqvarna, en tant que fournisseur de premier plan, se sent responsable d'œuvrer à plus de durabilité.

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La TB325R est la dernière venue dans la gamme Takeuchi. Si elle rejoint la populaire TB225 en termes de catégorie, de moteur et de performances hydrauliques, cette nouvelle mini-pelle se distingue par son concept de rayon court. En effet, la TB325R présente un très faible porte-à-faux et se faufile donc aisément dans de petits espaces exigus. Cette machine de 2,5 tonnes est donc aussi facile à transporter sur une remorque.

Grâce à des fonctionnalités telles que le mode Eco pour réduire au minimum la consommation de carburant pour les applications moins exigeantes, la pelle hydraulique consomme jusqu’à 5 % de carburant de moins que les modèles précédents, ce qui permet de réduire les coûts d’exploitation à long terme. Que ce soit dans la poussière ou sur des surfaces en asphalte, la M319 peut réaliser différents projets du secteur des services publics au creusement de tranchées en passant par des opérations générales d’excavation.

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MARQUANT

Matexpo 2021 : une édition record Matexpo, le salon des équipements de construction, a fermé ses portes à Courtrai, le 12 septembre dernier. Vu les conditions sanitaires de ces derniers temps, cette édition pouvait être qualifiée de « particulière ». Mais le moins que l’on puisse écrire, c’est que ce salon a été une véritable réussite. Environ 42.000 visiteurs (41.671) se sont rendus en Flandre occidentale pour découvrir les dernières nouveautés du secteur des machines de chantier. C’est près de 2.000 visiteurs en plus que lors de la dernière édition qui s’était déroulée en 2019. Les réactions des exposants, parmi lesquels la Confédération, étaient quasi unanimement positives. Le secteur de la construction avait un grand besoin de se retrouver dans un tel événement idéal pour le networking. L’organisation est donc ravie et parle d’une édition record.

Elle vous fixe déjà rendez-vous pour la 40e édition, incontestablement spéciale et qui aura lieu du 6 au 10 septembre 2023. Mais avant cela, notez déjà dans

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votre agenda la troisième édition des Demo Days powered by Matexpo qui aura lieu à Boussu, les 3 et 4 septembre 2022.

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Près de 42.000 visiteurs se sont rendus à Matexpo.

Selon le SPF Economie, le nombre de faillites dans le secteur de la construction a diminué de 33 % en 2020, par rapport à 2019. L’année dernière, 1.322 entreprises de construction ont dû déposer le bilan. En 2019, il y en avait encore 1.969. Ces chiffres nécessitent une certaine interprétation. En raison de la crise sanitaire, les tribunaux d’entreprise et les greffiers ont mené un lockdown administratif au deuxième trimestre 2020. Leurs activités ont été limitées jusqu’au 18 mai 2020. En outre, jusqu’au 17 juin 2020, il y avait un gel temporaire des procédures de faillite pour protéger les entreprises saines des conséquences de la crise du coronavirus. Le vendredi 6 novembre 2020, un nouveau moratoire sur les faillites a été approuvé jusqu’au 31 janvier 2021, pour protéger les entreprises contraintes de fermer temporairement leurs portes. Et jusqu’au 31 décembre 2021, il existe des mesures au niveau fédéral, régional et local qui soutiennent les entreprises dans le besoin et ont une influence sur les faillites.

46 Construction • octobre 2021


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