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Comment étudier la Bible • Alfred Kuen

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• Des aides pour l’étude personnelle : lecture cursive, méthode inductive, études thématiques ;

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• Des conseils pour l’étude de la Bible en commun : comment préparer et conduire une étude biblique, l’art de poser des questions, diriger une étude en groupe ; • Des suggestions pour l’utilisation de documentation : les différentes traductions bibliques, l’utilisation des commentaires bibliques… … Et de nombreuses autres ressources ! Un grand classique signé Alfred Kuen. À lire absolument.

Comment étudier la Bible – 2

Ce livre clair et pratique propose :

Alfred Kuen

L’étude de la Bible est une aventure merveilleuse et passionnante. Mais pour partir à la découverte des trésors qu’elle renferme, il faut des outils sérieux et pertinents.

Alfred Kuen

Comment étudier 2

la Bible À la découverte de la Bible

9 782910 246532

ISBN 978-2-910246-53-2

9,90 €


Comment ĂŠtudier la Bible


Alfred Kuen

Comment étudier

la Bible À la découverte de la Bible

Éditions BLF • Rue de Maubeuge 59164 Marpent • France


Comment étudier la Bible

Comment étudier la Bible • Alfred Kuen © 2001 BLF Europe • Rue de Maubeuge • 59164 Marpent • France Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés. Couverture et mise en page : Éditions BLF • www.blfeurope.com Impression nº 94783 • IMEAF • 26160 La Bégude de Mazenc Les citations bibliques sont tirées de la Bible du Semeur, © 2000, Société Biblique Internationale. Avec permission. ISBN 978-2-910246-53-2 Dépôt légal 3e trimestre 2013


Introduction Pourquoi étudier la Bible ? Lire la Bible ? Oui. Mais l’étudier ? Non. Je lis ma Bible le matin, au cours de mon recueillement personnel. Pour l’étudier, il me faudrait plus de temps, un esprit alerte, des dictionnaires, concordances, commentaires. Laissons cela à ceux qui se préparent au ministère de la Parole ! Pourquoi le « simple chrétien » devrait-il étudier la Bible ? Parce que l’étude de la Bible répond à la volonté de Dieu pour nous. Par elle, nous suivons l’exemple de Jésus, des apôtres et de tous les serviteurs de Dieu fidèles au cours de l’histoire de l’Église.

Étudier la Bible, c’est faire ce que Dieu désire « Dieu a parlé » (Hébreux 1 : 2). Il a fait consigner ses paroles par écrit : « Écris cela dans le livre, pour que le souvenir s’en conserve » (Exode 17 : 14). « Prends un rouleau de parchemin. Tu y inscriras toutes les paroles que je t’ai dites » (Jérémie 36 : 2 ; cf. Ésaïe 30 : 8). Il veut donc que les hommes lisent ce livre : « Aie soin de répéter sans cesse les paroles de ce livre de la Loi, médite-les jour et nuit… » (Josué 1 : 8). « Consultez et lisez le livre de l’Éternel » (Ésaïe 34 : 16). Plus que cela : il veut que les hommes le méditent (Psaumes 1 : 2 ; 119 : 15, 23, 148 ; littéralement : le ruminent), l’étu5


Comment étudier la Bible dient (Esdras 7 : 10), le sondent (Jean 5 : 39), qu’ils « examinent les Écritures » (Actes 17 : 11) et qu’ils « prêtent attention à la parole prophétique » (2 Pierre 1 : 19), qu’ils mettent les paroles qu’il a dites « dans leur cœur et dans leur âme » (Deutéronome 11 : 18). Mais ces paroles viennent à nous du fond des âges : vingt à quarante siècles nous séparent de leur rédaction ; les livres bibliques sont nés dans un milieu culturel fort différent du nôtre ; ils font allusion à des faits, des notions et des coutumes que nous ignorons ; ils s’expriment dans un langage étrange, suivant une ligne de pensée qui nous déroute souvent. Qui oserait prétendre que la Bible est d’une lecture facile ? Osons le dire : bien des pages demeurent fermées au lecteur moyen. Or, « toute l’Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, réfuter, redresser et apprendre à mener une vie conforme à la volonté de Dieu » (2 Timothée 3 : 16). Si donc nous voulons être un « homme de Dieu » qui « se trouve parfaitement préparé et équipé pour accomplir toute œuvre bonne », force est de nous astreindre à l’étudier, c’est-àdire à chercher le sens des mots, la signification des symboles et des rites, l’enchaînement des idées, les relations avec d’autres pensées exprimées ailleurs… L’apôtre Pierre nous exhorte à « faire tous nos efforts pour ajouter à la foi… la connaissance » (2 Pierre 1 : 5). Cette connaissance ne peut venir, pour nous, que de la Parole de Dieu correctement interprétée. Son acquisition exige « tous nos efforts » ; ces efforts sont voulus de Dieu. « Reconnaissons franchement, dit J. Kaltenbach, que pour comprendre la Bible, un effort de réflexion est indispensable. Mais affirmons hautement que cet effort est voulu de Dieu et nécessaire à notre éducation spirituelle. Dieu n’a pas voulu nous donner, dans la Bible, des idées toutes faites qu’il suffirait d’adopter aveuglément, pas plus qu’il ne nous a donné un code où seraient résolus d’avance tous les cas de conscience que nous pouvons rencontrer. Il sait que seule une patiente recherche permet d’apprécier la trouvaille à sa juste valeur et qu’après avoir 6


Introduction lentement mûri nos convictions, nous serons plus disposés à les défendre et au besoin à souffrir pour elles 1 ». N’en est-il pas de même pour tous les biens ? Nourriture, vêtements, logement doivent être gagnés au prix d’efforts persévérants. Dans aucun domaine, la connaissance ne s’acquiert sans peine. Pourtant, lorsqu’il s’agit de notre bien-être matériel, nous ne rechignons pas devant l’effort. Calvin déjà le constatait : « Ceux qui ont leurs affections fichées en ce monde pourchassent par tous les moyens ce qu’ils pensent devoir contribuer à leur félicité, sans épargner ni labeur, ni vie, ni renommée. Et toutes ces choses se font pour servir à ce malheureux corps, dont la vie est si vaine, misérable et incertaine ! Ceux qui s’adonnent aux arts mécaniques, quelque bas ou vils qu’ils soient, prennent beaucoup de peine pour les apprendre ; ceux qui veulent être réputés les plus vertueux se tourmentent l’esprit nuit et jour pour comprendre quelque chose aux sciences humaines, qui ne sont que vent et fumée. Combien plus ne devons-nous pas prendre de peine pour acquérir cette sagesse céleste qu’il a plu à Dieu de nous révéler par la sainte Parole ». Lorsqu’une chose a du prix à mes yeux, je consens volontiers à l’effort nécessaire pour l’acquérir. Pour le psalmiste, la Parole de Dieu était plus précieuse qu’un trésor : « La Loi que tu as édictée est pour moi plus précieuse que mille objets d’or et d’argent » (Psaumes 119 : 72, cf. versets 14 et 111). Aussi occupe-t-elle « tout le jour » (v. 97) sa réflexion. Il se lève même avant le jour pour la méditer et l’étudier (v. 148). Si nous avons compris combien il est important de connaître toute la Bible pour progresser spirituellement, nous accepterons aussi de faire l’effort nécessaire pour l’étudier.

Kaltenbach J., L’étude personnelle de la Bible, La Cause, p. 12-13.

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Comment étudier la Bible

Étudier la Bible, c’est suivre l’exemple de Jésus et des apôtres Jésus n’a pas fréquenté l’école rabbinique où l’on étudiait les textes de l’ancienne alliance, pourtant il les connaissait bien. C’est même cela qui a frappé ses auditeurs : « Comment peutil connaître à ce point les Écritures, sans avoir jamais étudié ? » (Jean 7 : 15). Preuve qu’il en faisait souvent usage. On a calculé que « sur 1 800 versets qui relatent ses discours dans les quatre Évangiles, 180 sont des citations ou des allusions directes à la révélation écrite 2 ». Il cite 22 livres différents, rien que dans les paroles qui nous ont été rapportées. Si les deux disciples d’Emmaüs, auxquels il a expliqué « ce qui se rapportait à lui dans toutes les Écritures » (Luc 24 : 27), avaient consigné cette étude biblique par écrit, nous aurions certainement une notion encore plus juste de ses connaissances bibliques. Dans sa lutte contre Satan (Matthieu 4 : 4, 7, 10), aussi bien que dans ses discours avec les Juifs, il emploie constamment comme arme la Parole de Dieu : « N’avez-vous donc pas lu ? » (Matthieu 12 : 3, 5 ; 19 : 4 ; 22 : 31). « N’avez-vous donc jamais lu cette parole… » (Matthieu 21 : 16, 42). « Quel commandement Moïse vous a-t-il donné ? » (Marc 10 : 2-3). « N’est-il pas écrit dans votre propre Loi » (Jean 10 : 34). En enseignant ses disciples, il se réfère à elle comme à l’autorité suprême (Luc 4 : 16-21 ; 10 : 26 ; 18 : 31). Il en connaissait le sens (Luc 20 : 17), la portée prophétique (Luc 4 : 16-21 ; 23 : 46 ; Jean 19 : 28-30), aussi bien que la teneur exacte (Matthieu 22 : 32 ; Jean 10 : 34, où il base son argumentation sur une expression du texte). Une telle connaissance des Écritures ne s’acquiert que par une étude assidue et prolongée. Durant les « années obscures » précédant son ministère public, Jésus a dû consacrer tous les loisirs que lui laissait son métier à la lecture, la méditation et l’étude de la Parole de Dieu. Pache R., L’Inspiration et l’Autorité de la Bible, Éd. Emmaüs, p. 201.

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Introduction Et pourtant, plus que tout autre homme, il aurait pu se passer de l’étude de la Bible et accéder à une connaissance intuitive et immédiate de la pensée de Dieu. Or, il n’en fut rien : Jésus s’est astreint à étudier les Écritures pour comprendre la pensée de son Père. Les apôtres étaient, eux aussi, des « hommes du peuple sans instruction » (Actes 4 : 13). Ils n’avaient pas étudié la théologie, ils étaient des « laïcs ». Cependant, ils ont suivi leur Maître dans l’étude de la Parole de Dieu. Les discours des Actes font constamment appel à l’Ancien Testament (près de la moitié des versets qui nous les rapportent sont des citations). Les lettres de Jacques, de Pierre, de Jean – pour ne pas citer l’ancien rabbin Paul – sont imprégnées de citations et d’allusions aux Écritures ; l’Apocalypse à elle seule en contient 245. Une telle connaissance ne s’explique que par une étude sérieuse des livres inspirés. Or, une telle étude était bien plus difficile en ce temps-là qu’aujourd’hui : les manuscrits étaient rares, chers et souvent difficiles à consulter, ils étaient écrits en hébreu ou en grec, alors que la langue maternelle des disciples était l’araméen. La Bible n’était pas divisée en chapitres et versets, il n’existait pas de concordance ; pour transcrire littéralement un verset (comme c’est souvent le cas dans les épîtres), il fallait donc presque connaître le texte par cœur pour retrouver le passage sur les rouleaux. L’argumentation basée sur l’Écriture prouve un effort intense de réflexion au sein de la communauté chrétienne. Il suffit de lire l’épître aux Hébreux pour se convaincre de l’étendue et de la sagacité de cette étude des écrits sacrés (cf. Hébreux 1 : 5-13 ; 2 : 6-8, 12 ; 4 : 7 ; 5 : 5… Cette seule épître contient 85 citations ou allusions à l’Ancien Testament). Apollos – l’un de ceux qui a pu l’écrire – était un homme « qui connaissait très bien les Écritures » (Actes 18 : 24). Mais il n’était pas le seul. Paul pouvait écrire à Timothée : « Depuis ton enfance, tu connais les Saintes Écritures » (2 Timothée 3 : 15) – et pas seulement : « tu les lis ». Silas (sécrétaire-interprète de 1 Pierre), Barnabas, Luc, étaient tous des familiers de l’Écriture.

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Comment étudier la Bible Luc donne les chrétiens de Bérée comme modèles : « Ils examinaient chaque jour les Écritures pour voir si ce que leur disait Paul était exact » (Actes 17 : 11). Les membres de nos Églises, disent G. R. Osborne et S. B. Woodward, doivent devenir des chrétiens « béréens » capables de vérifier dans la Bible si ce que le pasteur leur annonce du haut de la chaire est exact. L’erreur de l’Église romaine dans ce domaine était l’une des causes de la Réformation. Mais est-ce que le « sacerdoce universel des croyants » est vraiment mis en pratique aujourd’hui ? Combien souvent des « déclarations papales » venant de la chaire sont considérées comme des vérités ex cathedra par la congrégation ! L’Église doit commencer à former des gens qui étudient la Bible au lieu de chrétiens orientés essentiellement vers l’expérience, peu motivés pour poursuivre une étude intensive de l’Écriture. Beaucoup de divisions dans l’Église n’ont pas leur origine dans des débats doctrinaux, mais dans l’incapacité des congrégations d’étudier par elles-mêmes les questions en litige. Le défi devant lequel se trouve l’Église est d’insister sur l’importance de l’étude personnelle de la Bible parmi ceux qui croient en la Bible. Les chrétiens doivent acquérir une juste compréhension du ministère d’enseignement du Saint-Esprit. Beaucoup de secteurs de l’Église sont caractérisés aujourd’hui par un anti-intellectualisme qui déprécie une étude approfondie de la Bible. Les racines de cette attitude se trouvent au début du 20e siècle dans l’envahissement des facultés de théologie par le libéralisme. L’aile évangélique s’est alors repliée sur elle-même et a développé une suspicion à l’égard de toute approche académique de l’Écriture. Beaucoup se sont mis à enseigner que la seule façon d’étudier la Parole, c’est de le faire directement, sans aide externe, en permettant au Saint-Esprit d’illuminer le passage. Cette idée est fondée sur une fausse interprétation de Jean 14 : 26 ; Hébreux 8 : 11 et 1 Jean 2 : 27, donnant l’impression que le Saint-Esprit n’utilise jamais les commentaires… Le vrai rôle de l’Esprit dans notre étude de la Bible est celui d’un guide (Jean 14 : 26 ; 16 : 13). Pendant que nous étudions la Parole, d’abord par nous-mêmes, puis à l’aide de commentaires, l’Esprit nous donne du discernement, nous conduisant vers la vérité. Chaque chrétien – laïc, prédicateur ou professeur – a besoin des lumières de ceux qui ont étudié la Bible avec compétence pour stimuler sa compréhension d’un passage. Un jour, John Wesley a reçu un billet formulé ainsi : « Le Seigneur m’a dit de vous dire qu’il n’a pas besoin de votre savoir livresque, de votre grec et votre hébreu ». Wesley a répondu : « Merci, Monsieur. Votre lettre était inutile, car je savais déjà que le Seigneur n’avait pas besoin de mon « savoir livresque », comme vous l’appelez. Toutefois – bien que le Seigneur ne m’ait pas dirigé pour le dire – je voudrais vous dire sous

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Introduction ma propre responsabilité que le Seigneur n’a pas non plus besoin de votre ignorance 3 ».

Étudier la Bible, c’est imiter l’exemple d’hommes de Dieu D’innombrables serviteurs de Dieu ont été bénis dans leur activité, au cours de l’histoire de l’Église. Les chrétiens des premiers siècles attachaient un grand prix à la lecture et à l’étude des saintes Écritures. Leurs conducteurs les y exhortaient : « Vous avez lu l’Écriture et vous en êtes bien instruits ; conservez-la dans votre mémoire et repassez-la souvent dans votre esprit ; Appliquez-vous avec soin aux Écritures qui sont les vrais oracles de Dieu » (Clément de Rome). « J’ai cette confiance en vous que vous vous exercez aux saintes Écritures et que rien ne vous en reste caché » (Polycarpe). « Ignorer les Écritures est un abîme dangereux » (Chrysostome). « Les laïcs doivent abonder dans la connaissance des saintes lettres » (S. Jérôme). Les écrits de ces « Pères de l’Église » sont imprégnés de sève biblique et contiennent de nombreuses citations de l’Ancien Testament et des écrits apostoliques. Les Réformateurs ont trouvé dans la Bible l’inspiration de leurs réformes. Luther l’a traduite et expliquée oralement et par écrit ; plusieurs milliers de pages dans ses œuvres témoignent d’une connaissance approfondie de la révélation. Calvin l’a commentée, Zwingli la suivait, livre après livre, dans ses sermons. Les « hommes du Réveil » étaient des « hommes du Livre ». Le Réveil de Genève a éclaté grâce à l’étude biblique que l’Écossais Robert Haldane faisait de l’épître aux Romains dans un petit groupe comprenant, entre autres, Merle d’Aubigné, Frédéric Monod, Louis Gaussen et César Malan. Son commentaire compte 660 pages de petits caractères. Spurgeon, bien que n’ayant fréquenté aucune faculté de théologie ou école biblique, étudia inlassablement l’ensemble de la Bible : ses sermons et ses livres témoignent d’un labeur infatigable ; son commentaire des Osborne Grant R. & Woodward Stephen B., Handbook for Bible Study, Baker, Grand Rapids, 1979, p. 12-14.

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Comment étudier la Bible Psaumes à lui seul comprend 7 volumes de 500 pages. Moody, l’ancien apprenti vendeur devenu le plus grand évangéliste de son siècle, a exalté l’étude de l’Écriture : « Dieu ne veut pas que nous nous contentions de lire la Bible, il nous faut l’étudier consciencieusement, la « sonder » : à la recherche des grandes vérités… Si peu de chrétiens croissent (dans la foi) parce que si peu d’entre eux étudient la Bible 4 ». Tous les réveils dans la Bible (2 Rois 22 : 8-13 ; 23 : 2-3 ; Néhémie 8 : 1-8 ; 9 : 1-37 ; 13 : 1-3) et dans l’histoire de l’Église étaient liés à une redécouverte de la Parole de Dieu. Les Vaudois du Piémont ont commencé par recopier et diffuser des portions de la Bible. La Réformation était tout entière liée à l’Écriture. Chaque jour on la lisait et on l’expliquait dans les Églises de la Réforme 5. Les études bibliques surgissent presque spontanément dans le réveil piétiste, chez les Moraves, les Méthodistes, à Genève, dans la « Mission intérieure » de Wichern 6, etc. Actuellement, dans les pays anglo-saxons, nous assistons à un renouveau spirituel considérable par la multiplication des cellules bibliques. Tom Rees ne craint pas de dire que c’est la chose la plus significative qui se soit produite dans le domaine spirituel depuis le 18e siècle 7. Dans beaucoup de pays d’outre-mer, des missionnaires remplacent l’évangélisation d’avant-guerre par les études bibliques de maisons. En Extrême-Orient, en particulier, l’Église croît de manière explosive grâce aux cercles bibliques commençant par deux ou trois dans un foyer. En Corée, quelque Pleasure and Profit in Bible Study. Luther avait institué des cultes de semaine pour l’explication suivie de la Bible (W. A. XIX, 79). Les ordonnances ecclésiastiques du 16e siècle demandent qu’ils soient quotidiens. Parfois, il y en a même eu plusieurs par jour. À Strasbourg, par exemple, en 1526, il y a eu journellement quatre prédications (à 4 heures en été, 5 heures en hiver, 7 heures, 8 heures et 16 heures). Ainsi les membres des Églises apprennent à connaître toute la Bible. Calvin rapporte l’habitude de Strasbourg à Genève où il introduit également le sermon quotidien dans lequel on étudie, l’un après l’autre, les livres de la Bible en lecture suivie (dimanche et jours de semaine, sans en excepter les jours de fête). Lui-même prêchait près de trois cents fois par an. Zwingli fit de même à partir de 1524 dans ses lectures bibliques expliquées. Parfois, dans ces diverses réunions, les fidèles pouvaient participer à l’étude en posant des questions ou en ajoutant leurs propres pensées. 6 Voir Wurster P., Die Bibelstunde, Quell-Verlag, Stuttgart, 1920, p. 23-26. 7 Break-through, Kent, Hildenborough Hall. s.d., p. 1. 4 5

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Introduction 1 500 étudiants se sont convertis dans des études bibliques. Aux Philippines, on a vu s’implanter quelque 10 000 groupes bibliques dans les maisons. Les Groupes bibliques universitaires multiplient les cercles d’études dans le monde entier. Les Groupes bibliques lycéens les introduisent parmi les jeunes de 14 à 18 ans. L’intérêt pour la Bible déborde actuellement toutes les frontières confessionnelles, nationales ou raciales. Si nous voulons accomplir une œuvre féconde pour le Seigneur, il nous faudra, comme tous ces hommes de Dieu, étudier notre Bible. Si nous voulons entrer dans ce grand courant de renouveau spirituel amorcé par l’étude biblique en commun, il nous faut connaître intimement la Parole de Dieu afin de pouvoir participer activement à un tel groupe ou le diriger.

Que nous apporte l’étude de la Parole de Dieu ? L’étude systématique de la Parole de Dieu est très importante pour notre développement spirituel : elle nous fait connaître la volonté et le plan de Dieu, nous fait croître harmonieusement, nous garde de l’erreur et nous permet d’aider les autres à trouver le chemin du salut et à y progresser.

L’étude de la Bible nous fait connaître la volonté de Dieu et comprendre son plan Il a peut-être suffi d’une parole extraite du saint livre pour nous amener à la conversion. Une phrase peut nous faire réfléchir et nous amener à changer de comportement. Une promesse piquée au vol dans une Bible ouverte au hasard nous redonne forces et courage au moment opportun. Mais pour comprendre le plan de Dieu dans son ensemble et connaître toute sa volonté à notre égard comme à l’égard de l’humanité, il est indispensable d’étudier avec sérieux et persévérance toute la Bible. En principe, Dieu n’accorde pas de révélation particulière de sa volonté là où il l’a déjà fait connaître dans sa Parole. À nous de la chercher dans l’Écriture. La règle : « Nul n’est censé igno13


Comment étudier la Bible rer la loi » s’applique aussi à la loi de Dieu. Si je la transgresse – consciemment ou non – je porterai la peine des conséquences de ma transgression. J’ai donc tout intérêt à me familiariser avec les « ordonnances » divines, si je veux éviter de graves inconvénients. Inversement, beaucoup de bénédictions dépendent de notre connaissance de la Parole : nous pouvons nous fonder sur les promesses de Dieu et les lui présenter dans la prière pour en demander l’exaucement. C’est pourquoi Jésus a dit : « Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, vous l’obtiendrez » (Jean 15 : 7). Nous jouirons des « bénédictions de l’Esprit dans le monde céleste qui, toutes, sont en Christ » (Éphésiens 1 : 3), si nous nous les approprions par la foi sur la base de la révélation biblique. Le psalmiste chantait : « Ton commandement me rend sage… Quand on découvre tes paroles, c’est la lumière : on y trouve le discernement… Grande est la paix de celui qui aime ta Loi » (Psa ume 119 : 98, 130, 165). Les indications sur la prière, le Saint-Esprit, l’Église, sont éparpillées ici et là dans l’Écriture. Si je veux avoir une idée claire de la pensée divine sur l’un de ces sujets, il faut que je rassemble tout ce qui est dit et que je classe méthodiquement les différentes pensées. Si je ne fais pas une étude d’ensemble qui tienne compte de toutes les affirmations bibliques sur un sujet, je risque fort d’être séduit par l’interprétation particulière d’un ou de deux versets isolés. Voici deux exemples : d’après Luc 24 : 49 et Actes 1 : 4, on pourrait croire qu’après la conversion, il nous faille attendre le Saint-Esprit. Si nous isolons 1 Corinthiens 15 : 34 et 2 Corinthiens 13 : 5 de leur contexte et de l’ensemble des notations concernant l’Église, nous pouvons penser que les Églises primitives étaient composées de croyants et d’incroyants 8. De même, le plan d’ensemble de Dieu pour notre vie ne se trouve exposé dans aucun passage isolé. Il se dégagera d’une étude systématique de l’ensemble de la révélation biblique. Voir Kuen A., Je bâtirai mon Église, Éd. Emmaüs, p. 142-143.

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Introduction Cela est encore plus vrai pour le plan de Dieu à l’égard de l’humanité : rôle d’Israël, de l’Église, sort des nations, retour de Christ, fin des temps… Or la vision de ce plan général de Dieu détermine l’orientation de notre action. Pour avoir une vision claire de la volonté et du plan de Dieu pour notre vie, il nous faut donc étudier par thèmes ce que la Bible dit à ce sujet.

L’étude de la Bible nous fait croître harmonieusement Presque tous les passages bibliques qui parlent de la croissance spirituelle la lient à la connaissance de Dieu et du Seigneur Jésus-Christ (Éphésiens 4 : 15 ; Colossiens 1 : 10 ; 2 Pierre 3 : 18). Or, nous ne pouvons connaître Dieu et son Fils que par la Bible dans laquelle il lui a plu de se révéler. La véritable croissance est donc liée à notre connaissance de la Parole de Dieu. C’est pourquoi le psalmiste déjà comparait celui « qui met toute sa joie dans la Loi de l’Éternel et la médite jour et nuit » à « un arbre planté près d’un courant d’eau et qui donne toujours son fruit lorsqu’en revient la saison et son feuillage est toujours vert » (Psaume 1 : 23). L’apôtre Pierre, de son côté, nous dit : « Comme des enfants nouveau-nés, désirez ardemment le lait pur de la Parole, afin qu’il vous fasse grandir en vue du salut » (1 Pierre 2 : 2). Le Seigneur disait, reprenant une parole du Deutéronome, que « L’homme n’a pas seulement besoin de pain pour vivre, mais aussi des paroles que Dieu prononce » (Deutéronome 8 : 3 ; Matthieu 4 : 4 ; cf. Psaume 119 : 93). Comme nous ne pouvons croître physiquement sans manger, ainsi nous ne pouvons grandir spirituellement sans nous nourrir de la Parole de Dieu. Mais pour assimiler la nourriture, il ne suffit pas de l’avaler précipitamment telle qu’elle se présente à nous dans la nature. La plupart des aliments demandent à être préparés, accommodés, mâchés pour pouvoir être digérés. Ainsi, bien des paroles de l’Écriture doivent d’abord être interprétées et méditées (« ruminées » comme dit l’hébreu) avant de pouvoir être intégrées à notre pensée et de contribuer à l’édification de notre « homme intérieur ». Nous croîtrons « dans la grâce » si nous connaissons mieux le « Dieu de toute grâce » ; or nous apprenons à le connaître en étu15


Comment étudier la Bible diant de près dans quelles circonstances il a témoigné sa grâce aux hommes. Nous croissons « en sagesse » par l’obéissance à ses commandements, si nous nous laissons avertir des conséquences de nos désobéissances par les exemples rapportés dans la Parole. Dieu veut que nous parvenions « à l’état d’adultes, à un stade où se manifeste toute la plénitude qui nous vient du Christ. De cette manière, nous ne serons plus de petits enfants… » (Éphésiens 4 : 13-14). Pour cela, il a donné à l’Église des apôtres, des prophètes, des évangélistes, des pasteurs et des docteurs (v. 11). Plusieurs d’entre eux ont laissé des écrits qui furent intégrés dans la Bible. En étudiant la Parole de Dieu, nous nous mettons au bénéfice des ministères accordés à l’Église primitive pour l’édification des croyants. La connaissance de l’ensemble de la révélation biblique est nécessaire à une croissance harmonieuse. Chaque partie, chaque livre de la Bible insiste davantage sur un aspect du message divin : sur la loi ou la conduite morale. Si nous ne voulons pas que notre foi ou notre piété soit déséquilibrée, il ne faut pas nous cantonner à l’étude de quelques livres favoris de la Bible. Nous avons besoin de « toute l’Écriture » pour parvenir à la maturité spirituelle – aussi de l’Ancien Testament : les livres historiques de l’Ancien Testament nous familiarisent avec les principes du gouvernement divin, les Psaumes nous apprennent à louer Dieu, Job nous fait prendre patience dans l’épreuve, l’Ecclésiaste nous pousse à réfléchir au pourquoi de notre existence, les prophètes secouent notre apathie et ouvrent notre vue aux perspectives du plan de Dieu. Certains chrétiens relisent indéfiniment les mêmes livres du Nouveau Testament, aux dépens des autres jugés trop difficiles ; or, sans la perspective donnée par les épîtres, les évangiles ne présentent qu’un modèle inaccessible. Les lettres de Paul elles-mêmes, qui expliquent le mieux le message central du Nouveau Testament, demandent à être complétées par celles de Jacques, de Pierre et de Jean. Si les écrits de Paul fondent notre foi, les lettres de Jean exaltent notre amour et son Apocalypse nourrit notre espérance. 16


Introduction L’Écriture forme un tout indivisible. Ceux qui l’étudient systématiquement dans son intégralité croîtront harmonieusement.

L’étude de la Bible nous garde de l’erreur et de la chute Déjà le psalmiste disait : « La Loi de leur Dieu, gravée dans leur cœur, les garde à l’abri de tous les faux pas » (Psaume 37 : 31 ; cf. Ésaïe 51 : 7) et Jésus dit aux sadducéens : « Vous êtes dans l’erreur, et en voici la raison : vous ne connaissez pas les Écritures ni quelle est la puissance de Dieu » (Marc 12 : 24). La caractéristique des enfants est, d’après l’apôtre Paul, d’être « ballottés comme des barques par les vagues et emportés çà et là par le vent de toutes sortes d’enseignements, à la merci d’hommes habiles à entraîner les autres dans l’erreur » (Éphésiens 4 : 14). La seconde moitié du premier siècle fut caractérisée par l’invasion de fausses doctrines dans les Églises. Les épîtres qui datent de la fin de l’ère apostolique (1-2 Timothée, Tite, 2 Pierre, Jude, épîtres de Jean) sont remplies d’avertissements contre les faux docteurs et les faux prophètes ; elles insistent sur la nécessité de la connaissance. La première épître de Jean à elle seule emploie, dans le texte original, une cinquantaine de fois les mots connaître et savoir. Dans ces lettres, les apôtres luttent davantage contre les hérésies en exposant le plan de Dieu qu’en dénonçant sa contrefaçon, car la connaissance de la vérité est l’arme la plus efficace contre l’erreur. Le souci des apôtres n’est d’ailleurs pas uniquement la pureté doctrinale : l’erreur doctrinale s’accompagnait généralement d’inconduite (1 Timothée 1 : 3-4 ; 6 : 3ss ; 2 Timothée 2 : 14ss ; 2 Pierre 2 : 1-19 ; 1 Jean 2 : 18-27 ; 4 : 1-6 ; 2 Jean 7-10 ; Jude 3-6). La connaissance de la vérité préserve à la fois de l’erreur et de la chute. La fin de l’ère chrétienne ressemble à la fin de l’âge apostolique par la floraison des hérésies, par leur pouvoir séducteur et leurs caractéristiques doctrinales et morales. Beaucoup de chrétiens sont vacillants dans leur foi et se laissent entraîner par des doctrines nouvelles parce qu’ils n’ont qu’une connaissance 17


Comment étudier la Bible superficielle des Écritures. Leur inertie devant l’étude approfondie de la Bible fait le jeu des militants des diverses sectes. Certes, la simple lecture des épîtres aux Galates, aux Colossiens ou aux Hébreux, ne suffit pas pour en pénétrer la pensée : ces écrits demandent une étude sérieuse pour être compris, mais une telle étude suffirait à garder les enfants de Dieu de certaines erreurs contemporaines dans lesquelles plusieurs se sont laissé entraîner.

L’étude de la Bible nous permet d’aider les autres Celui qui a trouvé le Seigneur désire amener d’autres à lui (Jean 1 : 40-42). Citer ou faire lire des paroles de l’Écriture est l’un des meilleurs moyens pour « convaincre de péché » et montrer le chemin du salut. Dans l’équipement du chrétien, la seule arme offensive est l’épée de l’Esprit : la Parole de Dieu (Éphésiens 6 : 17). L’ouvrier éprouvé doit savoir dispenser correctement la parole de vérité (2 Timothée 2 : 15). Nous trouverons le verset approprié au bon moment si nous avons une connaissance intime du contenu de notre Bible. Cette connaissance s’acquiert, non par la lecture superficielle, mais par l’étude. L’un des meilleurs moyens de retrouver une parole, c’est de la situer dans son contexte, c’est-à-dire dans le développement de la pensée de l’auteur. Cela est vrai également si nous voulons aider d’autres chrétiens à progresser. Nous sommes encouragés à nous instruire, nous exhorter, nous avertir les uns les autres (Éphésiens 4 : 25, 32 ; 5 : 19, 21 ; Colossiens 3 : 16 ; 1 Thessaloniciens 5 : 11 ; Hébreux 3 : 13 ; 10 : 2425). L’expérience prouve que nos paroles ont bien peu de poids et d’influence, mais « la Parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée à deux tranchants » (Hébreux 4 : 12), elle peut « enseigner, convaincre, corriger, instruire dans la justice » ceux que nous côtoyons, si nous savons leur citer – ou leur faire lire – au bon moment le passage opportun. Une bonne manière d’aider les autres à trouver le Seigneur et à croître, c’est d’étudier la Bible en commun. Au lieu d’enseigner 18


Introduction l’autre, je me place avec lui au bénéfice de la Parole, et je me laisse « enseigner, convaincre, corriger et instruire » par elle. En effet, dans une étude biblique, nous nous demandons ce que le passage enseigne sur Dieu, Jésus-Christ, le Saint-Esprit, l’Église… de quels péchés il nous convainc, quelles erreurs et idées fausses il corrige, quelles instructions il nous donne pour mener une vie juste à la gloire de Dieu. Pour aider les autres, pour les encourager et les exhorter, il nous suffira de souligner telle promesse lue ensemble, de nous demander ce que tel commandement exige de nous, ce que nous devons changer pour obéir à la Parole de Dieu. Le cercle biblique est probablement la forme d’étude de la Bible la plus accessible à tous. Il permet à chaque participant de découvrir ce que dit l’Écriture, de réfléchir sur la signification de son message et de l’appliquer à sa situation particulière. Le serviteur de Dieu, quel que soit son ministère, devra, tout au long de sa carrière, consacrer la primeur de son temps à la prière et à l’étude de la Parole, s’il veut pouvoir servir Dieu efficacement et aider les autres. La Bible exercera son discernement, l’aidera à dépister les erreurs à leurs débuts, lui fournira les armes pour réfuter les contradicteurs et lui offrira les semences qui portent les fruits demeurant jusque dans la vie éternelle. Moody disait : « Je n’ai jamais vu un chrétien portant du fruit qui n’ait été un lecteur assidu de la Bible ». Donner à l’activité le temps qu’il devrait consacrer à l’étude de la Bible est un leurre et un piège pour le serviteur de Dieu. « Là où il y a travail sans étude de la Parole, continue-t-il, avant longtemps, les hommes tomberont dans toutes sortes de péchés et d’erreurs, de sorte que leur activité nuira plus qu’elle ne servira. Par contre, si nous nous tournons d’abord vers la Parole et ensuite vers l’activité, nous serons des chrétiens saints et utiles ». Même la prière aux dépens de la lecture et de l’étude de la Parole de Dieu peut tourner à vide. « Quand je prie, continue Moody, je parle à Dieu, mais quand je lis la Bible, Dieu me parle. Et, au fond, il est plus important que Dieu me parle plutôt que je lui parle. Je crois que nous prierions mieux si nous connaissions mieux notre Bible ». 19


Comment étudier la Bible Dans Comment lire la Bible nous avons déjà examiné quelques méthodes simples d’étude biblique (comment étudier un récit, une parabole…). Ce nouveau livre aidera tous ceux qui ont pris goût à la lecture biblique à approfondir davantage leur connaissance des Écritures. Par les différentes méthodes d’approche exposées dans la première partie, ils parviendront à examiner le texte biblique sous divers angles afin d’en tirer la « substantifique moelle ». Les techniques d’étude en commun et les chapitres consacrés aux instruments de travail donneront à ceux qui ont pris la responsabilité d’un cercle biblique quelques conseils sur la manière de préparer et de conduire une étude en commun. Car l’aboutissement logique de toute étude de la Bible est le partage avec d’autres des richesses découvertes.

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1re partie

Techniques et méthodes d’étude personnelle

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Comment ĂŠtudier la Bible


Chapitre 1

La lecture cursive de la Bible Avant de s’attaquer à l’étude de tel ou tel passage ou d’un thème particulier, il serait bon d’avoir une vue d’ensemble du contenu de la Bible, car elle constitue un tout où les différentes parties sont reliées les unes aux autres. Constamment, les auteurs du Nouveau Testament se réfèrent à des textes de l’Ancien Testament, soit par des citations, soit par des allusions indirectes. Si on ne connaît pas les écrits de ce Testament, on ne comprend pas bien la pensée des auteurs du Nouveau Testament. Mais la Bible est un gros volume dont les dimensions font peur à ceux qui ne l’ont jamais lue. « Comment arriverai-je à maîtriser le contenu d’un tel livre ? » Rares sont ceux qui se sont lancés dans sa lecture en commençant par la Genèse avec l’intention d’aller jusqu’à l’Apocalypse et qui sont parvenus jusqu’au terme de leur périple. Jeune garçon, Harry Emerson Fosdick avait pris la décision courageuse de lire trois chapitres chaque jour et cinq le dimanche. Il était parvenu jusqu’au milieu du livre de Jérémie lorsqu’il a déclaré forfait. La plupart des lecteurs débutants ne parviennent pas aussi loin. À partir du chapitre 20 de l’Exode, ils s’embourbent dans le dédale des lois cérémonielles et des instructions au sujet de la construction du tabernacle. Les autres livres de Moïse ne sont guère faits pour leur redonner courage. 23


Comment étudier la Bible Comment faire alors ? Luther comparait la lecture de la Bible à la cueillette de pommes. « Tout d’abord, disait-il, je secoue le tronc et je ramasse les fruits qui tombent. Ensuite je grimpe dans l’arbre et je secoue chacune des grosses branches : de nouveau des pommes mieux attachées que les précédentes s’en détachent et tombent. Puis je prends chaque plus petite branche à part et je lui fais rendre ses fruits. Finalement, je regarde sous chaque feuille s’il n’y a pas une pomme rebelle qui s’y cache encore ». La première chose à faire, c’est de récolter les fruits de la Bible considérée comme un tout (secouer le tronc pour que l’arbre entier fasse tomber les fruits les plus mûrs). Il s’agit de gagner une vue d’ensemble de toute l’Écriture en tant qu’unité et de voir comment le thème central court du premier au dernier livre de la Bible et constitue son unité foncière. Dans cette première approche, on se contentera de deux livres, l’un dans l’Ancien, l’autre dans le Nouveau Testament ; ils nous serviront d’introduction à l’ensemble de la Révélation. A. J. Conyers propose, comme première étape, la Genèse et l’évangile de Jean. La Genèse est le livre des commencements (création de la terre et des cieux, de l’homme, chute, plan de Dieu pour redresser la situation : choix d’un homme, puis d’un peuple issu de cet homme). L’évangile de Jean est comme un résumé de tout le message du Nouveau Testament en nous montrant le but ultime du plan de Dieu pour le rachat de l’humanité 9. Dans la deuxième étape, nous nous attaquerons aux différentes branches : nous essaierons de gagner une vue panoramique de la diversité des genres littéraires que nous trouvons dans la Bible : livres historiques, lois, livres « philosophiques », prophétiques, évangiles, épîtres. En lisant un spécimen de chaque genre, nous aurons une vue plus juste de la « sagesse infiniment variée de Dieu » qui a inspiré ces livres que si nous nous cantonnions dans plusieurs livres du même genre. Une des vérités qui s’imposera à nous sera la nécessité d’adapter notre interprétation au genre de littérature dont relève chaque livre : on ne lit pas un Conyers A. J., How to read the Bible, InterVarsity Press, Downers Grove, Illinois, 1986, p. 61-69.

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La lecture cursive de la Bible poème comme un livre historique, ni un psaume comme une lettre d’apôtre. Conyers propose pour cette deuxième étape : l’Exode (la suite de l’histoire de la Genèse et le début des lois), Ruth ou Esther (un flash sur un épisode de l’histoire d’Israël), l’Ecclésiaste (pour donner un aperçu de la réflexion des sages d’Israël), Ésaïe (le premier et principal prophète), Matthieu ou Marc (pour compléter la lecture de Jean) et l’épître aux Romains. Dans la troisième étape (les petites branches), nous approfondirons notre survol en entrant de plus près dans l’histoire du peuple juif avec le livre des Nombres, puis les autres livres historiques (Josué, Juges, 1-2 Samuel, 1-2 Rois, Esdras et Néhémie). On lira ces livres à la suite l’un de l’autre, comme on lit un livre d’histoire ou un roman, par grandes tranches, afin d’en dégager une vue d’ensemble des grands principes directeurs selon lesquels Dieu agit avec son peuple. Dans le Nouveau Testament, on lira l’évangile de Luc suivi du livre des Actes pour avoir un survol de l’histoire des débuts du christianisme. Avec cette vingtaine de livres lus rapidement, sans s’arrêter aux détails ni aux questions que cette lecture soulève, vous aurez une vue générale du contenu de la Bible. Vos lectures subséquentes la compléteront et vous permettront d’approfondir les questions nées de cette première approche. Pendant cette première lecture, ayez toujours un carnet ou un cahier à portée de main pour noter vos impressions, les pensées que la lecture vous suggère, éventuellement les charnières que vous relevez dans un livre, dénotant une structure que l’auteur a voulu donner à son ouvrage (le chapitre où commence une nouvelle histoire, avec un nouveau personnage). Vous pouvez aussi noter les questions que tel ou tel passage soulève, quitte à y revenir plus tard. Après chaque livre, arrêtez-vous un moment pour réfléchir au thème central de ce livre, aux idées-forces qui s’en dégagent. Et puisque c’est le livre de Dieu, demandez-lui de vous guider dans votre lecture vers les pensées qu’il voudrait vous inspirer. 25


Comment étudier la Bible

Quelques conseils généraux pour l’étude de la Bible Ayez deux Bibles à disposition : l’une pour la méditation que vous garderez sans annotations, une autre pour l’étude dans laquelle vous pourrez marquer le plan des chapitres, souligner les mots-clés et annoter de différentes couleurs les passages qui se rapportent à Dieu, au Christ, au Saint-Esprit, les promesses, les commandements, etc. Fixez dans votre agenda un temps suffisant pour l’étude de la Bible. Pour la méditation, mieux vaut prendre dix minutes par jour qu’une heure par semaine. Pour l’étude, c’est l’inverse : mieux une heure d’affilée (ou deux heures) que de petits moments dispersés au long des jours. « Le plus grand ennemi de l’étude biblique aujourd’hui dans les pays occidentaux, dit Richard Warren, est la télévision ». L’Américain moyen de dix-huit ans a déjà passé 18 000 heures devant le petit écran. À 65 ans, il lui aura consacré neuf ans et demi de sa vie, c’est-à-dire quinze pour cent de son existence. S’il avait consacré ce temps à sonder les Écritures, il s’en trouverait certainement mieux. Déterminez le moment le plus favorable de la journée pour vous (selon que vous êtes « du matin » ou « du soir ») où vous ne serez pas dérangé. Commencez chaque séance par un moment de prière, demandant à Dieu de vous guider et vous éclairer durant votre étude (Psaume 119 : 18). Ayez, si possible, tous vos instruments de travail à portée de main : différentes versions, dictionnaires (bibliques et profanes), concordance, atlas, commentaires, introductions…

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Chapitre 2

La méthode inductive Méthode inductive et méthode déductive Souvent l’étude biblique est conçue comme un sermon ou un plaidoyer, c’est-à-dire la démonstration de certaines vérités doctrinales à l’aide de la Bible. Dans cette démarche, on part des propositions générales et on cherche à prouver leur vérité par l’Écriture. C’est la méthode déductive. Elle a l’avantage d’être systématique et commode pour l’enseignement dogmatique, car elle regroupe les textes bibliques autour de thèmes et de propositions simples. Cependant, par cette méthode, on risque toujours de voir le texte biblique à travers des idées préconçues et de chercher simplement dans l’Écriture des appuis pour ses vues. Dans la méthode inductive, on part de l’observation des détails de texte pour arriver à des conclusions générales et des applications personnelles 10. Nous avons déjà appliqué cette méthode dans la plupart des études de Comment lire la Bible. Nous en exposerons ici l’appli L’induction est « l’opération mentale qui consiste à remonter des faits à la loi, de cas donnés, le plus souvent singuliers ou spéciaux, à une proposition plus générale » (P. Robert). « L’induction passe du fait, ou plutôt de la donnée, à l’idée, tandis que la déduction va de l’idée à l’idée » (Dorolle M., Les Problèmes de l’Induction II, p. 74). Le célèbre mathématicien Henri Poincaré voyait dans l’induction le raisonnement mathématique par excellence (Science et méthode, p. 159-160). C’est par cette méthode que toutes les lois scientifiques ont été établies.

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Comment étudier la Bible cation systématique à l’étude personnelle de la Bible telle que certains théologiens américains la proposent 11. En fait, cette méthode n’a rien de révolutionnaire ni même de neuf. Au 14e siècle déjà, John Wycliffe, le célèbre traducteur anglais de la Bible (1324-1384), disait : « Cela vous aiderait grandement à comprendre l’Écriture si vous observiez, non seulement ce qui est dit ou écrit, mais de qui et à qui cela est dit, avec quels mots, à quel moment, où, dans quelles circonstances, en considérant ce qui précède et ce qui suit ».

La méthode inductive appliquée aux textes bibliques On distingue trois stades dans l’étude : l’observation, l’interprétation et l’application ou actualisation.

Observation Il s’agit de noter tout ce que l’on constate dans le texte, sans se demander ce que cela signifie ou quelle application on pourra en tirer. On lit et relit le texte en relevant toutes les notations, même les plus simples qui nous paraissent évidentes. Pour cela nous pouvons nous servir des questions : qui ? quoi ? où ? quand ? comment ? pourquoi ? Qui ? Qui a écrit cela ? À qui ? Quels sont les personnages du récit ? Quoi ? Que dit exactement l’auteur ? Quels mots emploie-t-il ? Combien de fois trouvons-nous ce terme dans ce passage, dans le chapitre ? Que font les acteurs de cette scène ? Quel est le contenu essentiel de ce discours, la phrase centrale ? Voir Traina Robert A., Methodical Bible Study. R. A. Torrey, How to Study the Bible for greatest profit. Oletta Waldo, The joy of discovery. Foos Harold, The ‘how’of discovery in Moody Monthly, fév. 1970, p. 37ss. Jensen Irving L., Independent Bible Study, Moody Press. H. Vos, Effective Bible Study, Zondervan 1968, p. 16-24.

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La méthode inductive Où ? Où se passe la scène ? D’où viennent les personnes ? Où vontelles ? Où se tient l’orateur ? Où écrivait l’auteur ? Où étaient ses destinataires ? Quand ? Quand a lieu l’action (moment de la journée – de la semaine : sabbat, jour de fête légale ou jour ordinaire – de l’année) ? Combien de temps dure-t-elle ? En quelle année écrit l’auteur ? Avant et après quel événement ? Comment ? Comment se déroule l’action ? Comment se succèdent et s’enchaînent les faits ? Comment agissent les personnes ? Quelle attitude ont-elles l’une vis à vis de l’autre ? Comment est-ce formulé (genre littéraire, ton du récit, images, figures de style, procédés rhétoriques ou littéraires…) ? Pourquoi ? À cette étape, nous nous limiterons aux « pourquoi » auxquels le texte répond. Pourquoi les acteurs du récit agissent-ils ainsi ? Que dit l’auteur sur leurs mobiles, leurs pensées, leur attitude envers Dieu ou le prochain ? Par exemple, dans 1 Corinthiens 1 : 1-2, l’observation consisterait à noter : Verset 1 : Qui ?

n n n n n n

L’écrit est de Paul ; Paul s’intitule apôtre ; Apôtre de Jésus-Christ ; Il dit qu’il a été appelé à l’être ; Par la volonté de Dieu ; Il s’associe au « frère Sosthène ».

Verset 2 : À qui ? Où ?

n n

Il adresse son écrit à l’Église ; Il l’appelle Église de Dieu qui est à Corinthe ; 29


Comment étudier la Bible n Il s’adresse à ses destinataires comme à ceux qui ont été sanctifiés en Jésus-Christ ; n Appelés à être saints, etc.

Interprétation Entre l’observation et l’application s’insère l’interprétation : étape indispensable pour exploiter, d’une part les faits relevés au cours de l’observation, pour asseoir d’autre part l’application sur une lecture correcte et réfléchie du texte. Avant de se demander ce que ce texte signifie pour nous, il s’agit de s’assurer de son sens premier et général : celui qu’il avait dans l’intention de son auteur et qu’ont pu comprendre ses destinataires immédiats. Par exemple, avant de me poser la question si, moi aussi, je suis sanctifié en Jésus-Christ, appelé à être saint, je me demanderai ce que l’apôtre voulait dire par là, ce que les Corinthiens ont compris sous ces termes. Sinon je risque de substituer ma propre conception de la sainteté et de la sanctification à la pensée biblique. Ma méditation sera subjective et partiale tout en croyant s’appuyer sur l’Écriture. C’est ainsi que des chrétiens justifient l’unité entre croyants et incroyants par les paroles de Jésus : « Que tous soient un », ou demandent à de jeunes convertis de demeurer dans une secte en s’appuyant sur la parole de Paul : « Que chacun demeure dans l’état où il était lorsqu’il a été appelé » (1 Corinthiens 7 : 20), ou s’opposent au départ de serviteurs de Dieu en mission sous prétexte qu’il est écrit dans les Psaumes : « Aie le pays pour demeure » (dans certaines versions : Demeure dans le pays). Une simple consultation de ces citations dans leur contexte eût prévenu ces fausses interprétations. L’interprétation de la Bible fait l’objet d’une science complexe : l’herméneutique. Faut-il donc faire des études spécialisées pour avoir le droit d’ouvrir sa Bible ? Au fur et à mesure que nous nous familiarisons avec les différents genres de littérature biblique, nous découvrirons nous-mêmes quelques règles nous permettant d’interpréter correctement les textes 12. Herméneutique : littéralement, du grec, « explication ».

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La méthode inductive Nous décrivons brièvement ici les trois étapes dans l’interprétation préconisée par la « méthode inductive » : 1. Questions d’interprétation ; 2. Réponses à ces questions ; 3. Assimilation des notions découvertes.

Première étape – Questions d’interprétation Nous pourrons poser trois séries de questions : 1. Que signifie ce mot ou cette expression ? Avant de comprendre la pensée, il faut saisir le sens originel des mots qui l’expriment, c’est-à-dire le sens que ces mots avaient à l’époque de la rédaction. Par exemple, dans le passage cité : que signifient exactement les mots apôtres, saints, sanctifiés… les expressions : sanctifiés en Jésus-Christ, appelés à être saints, invoquer le nom de notre Seigneur… ? 2. Pourquoi l’auteur écrit-il cela ? Quel but vise-t-il ? À quels besoins des lecteurs veut-il répondre ? Quelle objection avait-il en vue ? Pourquoi emploie-t-il tel mot et non tel autre exprimé dans un autre passage où il développe la même pensée ? Pourquoi prend-il ce ton ? Pourquoi la forme interrogative, la voix passive, le mode impersonnel ? Pourquoi tel temps du verbe ? Par exemple dans 1 Corinthiens 1 : 1-2 : pourquoi Paul met-il en avant sa qualité d’apôtre ? Pourquoi dit-il qu’il a été appelé apôtre par la volonté de Dieu ? Pourquoi dit-il « l’Église de Dieu » ? Pourquoi appelle-t-il les membres de l’Église « ceux qui ont été purifiés de leurs péchés dans l’union avec Jésus-Christ » ? Quelle différence y a-t-il entre « purifiés de leurs péchés » et « appelés à mener une vie sainte » ? Pourquoi ajoute-t-il : « ainsi que tous ceux qui en quelque lieu que ce soit, font appel à notre Seigneur Jésus-Christ » ? Il n’est pas dit que nous trouvions une réponse à toutes ces questions, mais il est important que nous les posions ; notre esprit aura été sensibilisé au problème et nous trouverons peut31


Comment étudier la Bible être les solutions au cours de nos études suivantes de la Parole. C’est pourquoi il est important de séparer l’étape « questions » de l’étape « réponses » pour ne pas limiter les questions par la difficulté d’y répondre : si je me rends compte que je n’arrive pas à répondre aux trois premières questions que je me pose, je risque de ne pas en poser davantage. 3. Qu’implique ce passage ? Il s’agit de chercher les présuppositions sous-entendues sur lesquelles se base l’auteur pour parler comme il le fait, c’est-àdire l’ensemble des pensées, croyances et raisonnements sur lesquels il s’appuie sans les préciser chaque fois. Par exemple dans le passage considéré : du moment que Paul se dit apôtre de JésusChrist par la volonté de Dieu, qu’est-ce que cela implique pour lui ? (foi en Dieu, en Jésus, le Christ – en un Dieu personnel, qui a une volonté pour ses serviteurs – en Jésus-Christ, le Seigneur, qui envoie des hommes). S’il associe à son nom celui de Sosthène, quelle conception du ministère cela implique-t-il chez Paul ? S’il s’adresse aux chrétiens de Corinthe disant d’eux : « sanctifiés en Jésus-Christ » et « appelés à être saints » qu’est-ce que cela suppose de sa part ? Pouvons-nous mettre ces deux appellations en relation avec ce que l’épître nous apprendra de ces chrétiens ? S’il s’adresse en même temps « à tous ceux qui invoquent en quelque lieu que ce soit le nom de notre Seigneur Jésus-Christ » qu’est-ce que cette phrase implique chez l’auteur ? Pensait-il que cette lettre serait lue ailleurs qu’à Corinthe ? Avait-il déjà en vue une utilisation plus générale de ses écrits ? Pourquoi éprouve-t-il le besoin de préciser : « leur Seigneur et le nôtre » ? Là encore il ne faut pas nous attendre à trouver toutes les réponses le jour même, mais l’habitude de nous poser de telles questions tiendra notre esprit en éveil et, par la suite, en lisant la Parole, notre attention sera attirée vers une foule de détails que nous n’aurions jamais remarqués. Nous pénétrerons dans l’intimité du rédacteur, nous devinerons ses intentions et ses mobiles et nous saisirons l’esprit dans lequel le texte a été écrit. Nous serons ainsi préparés à répondre à la question : qu’est-ce que Dieu voulait nous dire en inspirant cet écrit à l’auteur sacré ? 32


La méthode inductive

Deuxième étape – Réponses aux questions d’interprétation Après avoir posé, si possible par écrit, ces différentes questions, il s’agit de trouver une réponse au plus grand nombre possible d’entre elles. Nous pourrons ici faire appel aux instruments de travail dont nous disposons : dictionnaires, lexiques, concordances, commentaires, atlas, synopse des évangiles… Nous nous servirons bien entendu aussi des dictionnaires profanes que nous possédons (dictionnaires encyclopédique, étymologique, analogique, dictionnaires de synonymes, des citations : Littré, Robert) pour préciser le sens des mots, leur emploi courant dans la langue française, leurs nuances par rapport aux mots voisins et à leurs antonymes (contraires). Évidemment, ces dictionnaires indiquent une série de significations parmi lesquelles il nous faudra sélectionner celles qui se rapprochent du sens biblique. Si nous voulons faire une étude un peu approfondie, un dictionnaire biblique nous sera indispensable. Ceux qui ont un peu plus de courage apprendront à lire le grec (la lecture s’apprend en quelques heures). Avec un peu d’habitude et de patience, ils pourront repérer le terme original traduit par le mot français à étudier 13. Cela leur permettra de consulter les dictionnaires grec-français et d’accéder à une définition plus précise des vocables employés par les auteurs bibliques. Ce repérage est plus facile dans le Nouveau Testament Interlinéaire grec-français (M. Carrez), Alliance biblique universelle 1993 (avec les textes du N.T. de la TOB et de la Bible en français courant), qui indique, sous chaque mot grec, le mot français correspondant. Ce Nouveau Testament interlinéaire peut être avantageusement remplacé par la Bible Online où il suffit de cliquer sur un mot dans une des traductions données pour avoir le mot grec qu’il traduit, ainsi qu’une brève explication de ce mot. Par les différentes autres fonctions de ce logiciel, on peut chercher combien de fois ce mot apparaît dans le N.T. ou dans le livre en question, l’explication qui en est donnée dans le Nouveau Dictionnaire Biblique (Emmaüs), on peut afficher les autres passages qui contiennent ce mot et s’en servir comme d’une concordance – sans compter bien d’autres fonctions. Le Sprachlicher Schlüssel zum griechischen N.T. de Rienecker F. (Brunnen-Verlag, Giessen) donne la traduction de chaque mot et quelques indications grammaticales en suivant le texte du Nouveau Testament. Existe aussi en anglais : A Grammatical Analysis of the Greek New Testament, Editrice Pontificio Istituto Biblico, Roma 1996. 13

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Comment étudier la Bible La concordance pourra également aider à définir un terme par son emploi dans différents contextes bibliques. La réponse aux pourquoi sera trouvée par une lecture attentive du contexte, éventuellement des chapitres précédents et suivants. Par exemple, pour les questions que nous nous sommes posées à propos de 1 Corinthiens 1 : 1-2, nous verrons, en lisant l’épître, que l’apôtre Paul parle, non en tant qu’ami ou en s’appuyant sur son autorité de maître face à ses disciples, il ne s’appuie pas non plus sur la sympathie qui unissait les Corinthiens à lui, mais sur sa vocation d’envoyé de Jésus-Christ. C’est là le fondement stable de son autorité. Il dit qu’il a été appelé apôtre par la volonté de Dieu pour montrer, d’une part qu’il n’est pas gouverné par des ambitions personnelles dans ses relations avec les Corinthiens, d’autre part qu’il est parfaitement indépendant des hommes. Il ne doit pas son ministère à l’Église de Corinthe et n’est pas responsable devant eux de sa manière d’agir à leur égard. L’appellation « Église de Dieu » montre, d’autre part, qu’il ne considère pas non plus l’Église de Corinthe comme son œuvre. Elle est l’œuvre et la propriété de Dieu. Par cela, l’apôtre et l’Église se trouvent placés dans une commune dépendance vis-à-vis de Dieu et en même temps dans une mutuelle indépendance et liberté. Quant à la troisième série de questions, nous trouverons les réponses au fur et à mesure que nous nous familiariserons avec le langage et la pensée bibliques.

Troisième étape – Assimilation des réponses Pour ne pas perdre le fruit de nos réflexions, il s’agit d’intégrer ce que nous avons trouvé à nos connaissances antérieures. Il nous faudra donc résumer l’essentiel de nos découvertes en quelques phrases ou faire une liste des vérités contenues dans le passage en distinguant ce qui est certain de ce qui est probable ou hypothétique. Nous pourrons aussi, à ce niveau, nous demander pourquoi ce passage est dans la Bible, pourquoi à cet endroit ? Pourquoi l’apôtre adresse-t-il cette exhortation aux Corinthiens, et pas aux

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La méthode inductive Romains ? Quelle était l’intention divine en proposant ces vérités à la méditation des chrétiens de tous les temps ?

Application Que signifie ce texte pour moi, pour nous, aujourd’hui ? Sans l’observation du texte, notre méditation risque de tomber dans une rêverie plus ou moins mystique. Sans l’interprétation, notre transposition du texte dans l’actualité court le danger d’être en porte-à-faux avec la Révélation. Mais sans l’application, notre étude restera stérile, nous amasserons des connaissances qui se dresseront un jour en accusatrices contre nous. L’apôtre Paul a dit aux Corinthiens : « La connaissance rend orgueilleux » (1 Corinthiens 8 : 1). Littéralement : elle « enfle ». Une connaissance non appliquée augmente notre responsabilité. « Le serviteur qui sait ce que son maître veut de lui mais qui n’aura pas agi selon la volonté de son maître sera sévèrement puni » (Luc 12 : 47). C’est celui « qui accomplit la volonté de mon Père céleste qui entrera dans le royaume de Dieu » (Matthieu 7 : 21 ; cf. v. 24-27 ; 12 : 50 ; Romains 2 : 18 ; 1 Jean 2 : 17). Jacques nous avertit : « Ne vous contentez pas d’écouter la Parole, traduisez-la en actes, sans quoi vous vous tromperiez vous-mêmes » (1 : 22). Car « celui qui sait faire le bien et ne le fait pas, se rend coupable d’un péché » (Jacques 4 : 17). Je me poserai donc toute une série de questions personnelles : Que m’apprend ce texte concernant Dieu, Jésus-Christ, le Saint-Esprit ? Concernant moi-même et ceux qui m’entourent ? Qu’y a-t-il à changer en moi ? Comment puis-je appliquer dans ma vie le principe illustré par le texte ? Par exemple : la recommandation de s’abstenir des viandes sacrifiées aux idoles (1 Corinthiens 8 : 10) concernait les chrétiens du premier siècle, le principe de ne pas scandaliser les frères faibles s’applique en tout temps. Dans quel domaine peut-il changer mon comportement envers les autres ? Si je reprends l’exemple médité plus haut : Paul était apôtre, c’est-à-dire envoyé. Est-ce que Dieu ne m’envoie pas moi 35


Comment étudier la Bible aussi vers les autres pour les aider, pour leur apporter un message libérateur ? « Seigneur, montre-moi vers qui tu m’envoies aujourd’hui ». Il se savait apôtre par la volonté de Dieu. Suis-je aussi certain que lui d’être à la place où Dieu me veut ? Ma vocation est-elle fondée sur la volonté de Dieu ou sur mes idées personnelles, sur mon imagination ? Pourrais-je dire comme Paul : « et le frère Sosthène » ? Ai-je un associé, ou plusieurs, dans le travail du Seigneur ou bien vais-je en cavalier solitaire ? Quelle place est-ce que je réserve à ceux qui collaborent avec moi ? Ne devrais-je pas associer tel frère à mon travail ? Nous pourrons reprendre ici les dix questions que la Ligue pour la lecture de la Bible nous propose 14. Pour ne pas risquer d’oublier l’application, il sera bon de la noter par écrit. R. Warren nous rappelle quatre facteurs d’une bonne application. Elle doit être : Personnelle : formulée avec des je, moi, mon… Pratique : quelque chose que je puisse faire et que j’ai vraiment l’intention de faire : une action spécifique et concrète ; n Possible : une action que je sais pouvoir accomplir, sinon je me décourage d’avance ; n Prouvable ou mesurable. Il faut se fixer un délai où l’accomplissement devra avoir lieu : « D’ici la fin de ce mois, je veux… » n n

Si nous avons l’habitude de pratiquer cette méthode, il nous sera facile d’en transposer les principes dans notre méditation personnelle de la Parole, dans la conduite d’un cercle d’étude biblique et dans la préparation d’un message. Un ami demandait un jour à Torrey de lui dire en un mot comment étudier sa Bible. Torrey répondit : « Pense ». L’effort de réflexion est – après la prière – la condition nécessaire et suffisante d’une étude fructueuse. La méthode inductive a le mérite de systématiser cet effort et de le canaliser pour le rendre plus fécond. Voir chapitre La méditation personnelle de la Bible dans Comment lire la Bible.

14

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Chapitre 3

D’autres points de vue Si vous vouliez étudier un animal vous pourriez aborder votre sujet de différentes manières ; par la méthode scientifique : caractéristiques zoologiques, anatomie et physiologie, race et espèce… ou l’observer en naturaliste : habitat, mœurs, comportement envers les autres animaux… Vous pouvez l’étudier en géographe, en historien, en écologiste ou le regarder en poète, en peintre, en littérateur. Ou tout simplement le considérer du point de vue pratique : comment l’élever (nourriture, maladies, soins), utilité, rapport. Sur certains animaux vous pourrez faire des études littéraires, juridiques. Suivant votre point de vue et l’instrument que vous utiliserez (microscope, balance, caméra, photo, microphone…), le même objet vous donnera des réponses fort différentes. Il en est de même de la Bible. Suivant le point de vue adopté et la méthode utilisée, le même texte donnera des renseignements différents – mais complémentaires. Certes, ces renseignements ne touchent que très accessoirement le message central de l’Écriture. L’essentiel est ailleurs. Cependant cette exploration de la Bible à partir de différents points de vue nous permettra de découvrir une foule de détails que nous n’aurions pas relevés au cours de notre lecture médita37


Comment étudier la Bible tive. Elle donnera à notre Bible un intérêt et un relief nouveaux, et nous permettra parfois de mieux comprendre le message spirituel qu’elle veut transmettre.

La méthode synthétique Nous avons trop souvent tendance, dans notre étude de la Bible, à la découper en chapitres et versets juxtaposés, au lieu de voir chaque livre comme un tout ayant un message central, un but essentiel, une unité de pensée et de structure. Après avoir étudié le texte chapitre par chapitre suivant les techniques exposées plus haut, il s’agit de le considérer avec un peu plus de hauteur, comme si on embrassait d’un coup d’œil, du haut d’une montagne, un paysage parcouru. Nous l’étudierons donc selon une méthode « synthétique ». La synthèse « rassemble les éléments de connaissance concernant un objet de pensée en un ensemble cohérent » (P. Robert). L’objet de l’étude est envisagé, non plus comme une succession d’éléments disparates, mais comme un tout, une entité cohérente. Nous commençons par lire le livre d’une traite, nous le relisons plusieurs fois à intervalles séparés, et nous notons chaque fois les impressions générales, la pensée que l’auteur semble développer tout au long de l’écrit, le ton, l’atmosphère qui s’en dégage, la progression de l’argumentation, de la tension des événements. Laissons-nous gagner par le récit (comme dans un roman) ou par la controverse (comme dans un échange épistolaire), imaginons ce qui est décrit, écoutons ce qui se dit, vivons dans l’ambiance créée par le livre.

La méthode historique La Bible est aussi un livre d’histoire – et pas seulement un livre d’histoires. On peut donc l’étudier suivant les principes de la méthode historique. Nous comprendrons d’autant mieux le

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D’autres points de vue message de chacun des livres qui la composent si nous les replaçons dans leur cadre historique. Quand ce livre a-t-il été écrit ? Parfois quelques détails du texte nous permettent de répondre à cette question ou du moins de fixer certaines limites (exemples : Josué 9 : 27 ; Actes 28 : 30-31). Quelle époque décrit-il (la date des événements et celle de la rédaction sont parfois très différentes, comme dans le cas du livre de Job) ? Quelles allusions historiques trouvons-nous dans le livre (événements de l’histoire profane, coutumes, mode de vie, formes de gouvernement, exercice de la justice, lois sociales…) ? En somme, nous ferons comme si nous avions à écrire un chapitre d’un livre d’histoire sur la période concernée avec comme unique source, le livre biblique étudié. Nous serons certainement frappés du nombre de renseignements historiques que la Bible contient. Nous pourrons aussi étudier un événement particulier sous l’angle historique : Date ou place dans l’ensemble du livre ? Place dans la vie du personnage central, dans l’histoire de la nation ? Causes lointaines ou immédiates ? Déroulement : temps écoulé, interventions (légales ou illégales) ? Changement du cours des événements, causes de ce changement, réactions des personnages ? Conséquences : effets sur les personnages impliqués, sur l’histoire du personnage central, sur les événements subséquents, sur l’histoire du peuple ?

La méthode sociologique La sociologie étudie les formes de vie sociale, c’est-à-dire les relations entre les hommes, leur structure et leur évolution, l’organisation et le fonctionnement des différentes institutions. Étudier la Bible du point de vue sociologique, c’est nous intéresser aux questions suivantes : n

Quelle est la structure de la famille à une époque donnée ? Rôle du père, statut de la femme, de la veuve ? Lois 39


Comment étudier la Bible

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de succession, lois particulières. Relations entre les générations. Influence de l’habitat familial sur ces relations. Évolution de la structure familiale. Organisation de la communauté : village ou ville. Distribution des responsabilités. Fonctions publiques. Exercice de la justice. Soin des pauvres. Relations entre les concitoyens. Société ouverte ou fermée ? Gouvernement : forme et type, relations entre gouvernants et sujets. Institutions politiques et sociales. Communications : moyens de communications, état des routes et des chemins, sécurité : conséquences sur les déplacements (de Galilée en Judée, par exemple). Voyages par mer : navires, itinéraires, usages (Jonas, voyages de Paul). Communication des nouvelles : vitesse, contrôle, propagande… Distribution des biens : ressources naturelles. Formes de propriété (privée – publique), de production. Évaluation des trois secteurs : primaire (agriculture, chasse, pêche), secondaire (industrie), tertiaire (commerce, administration : les collecteurs d’impôts, les changeurs du Temple). Circulation des biens (octroi). Lois particulières aux Juifs : année sabbatique, jubilé, rachat des propriétés (Lévitique 25). Travail et emploi : formes du travail, lois qui le régissent, relations entre patrons et ouvriers, l’esclavage : statut des esclaves autochtones et étrangers, rachat, esclavage volontaire (Exode 21). Éducation et vie artistique : l’enfant dans la famille, rôle du père et de la mère dans l’éducation, l’école : fonctionnement, rétribution des maîtres, autorité, âge des élèves, matières de l’enseignement… Les arts : musique, architecture, sculpture, pourquoi pas peinture ? Les activités récréatives dans la famille, dans la communauté.

L’étude de l’arrière-plan sociologique des différentes époques de l’histoire du peuple de Dieu facilitera considérablement notre compréhension des récits bibliques. 40


D’autres points de vue

La méthode psychologique L’homme étant le personnage central de la Bible – après Dieu – il est normal que l’on cherche à savoir comment elle nous le présente, c’est-à-dire comment Dieu nous voit. Prenons un personnage biblique qui est décrit en détail (Moïse, Samuel, David, Pierre…) et étudions-le comme le ferait un psychologue : Influence de l’hérédité : que nous apprend la Bible sur ses parents, sur ses ancêtres ? Retrouvons-nous chez lui des traits de famille ? n Rôle du milieu : familial, social, professionnel. Comment at-il réagi à l’influence de l’environnement sur lui : passivité – adaptation intelligente – révolte ? Place des habitudes religieuses. n Vie intellectuelle : influences subies, caractéristiques de sa forme d’intelligence, paroles et attitudes qui révèlent sa mémoire, son imagination, son jugement. n Vie affective : premières manifestations, émotivité, sentiments durant la jeunesse : relations avec les parents, les frères et sœurs, les amis, avec l’autre sexe. Place et caractéristiques de la vie affective actuelle (au moment du récit). Rôle de la volonté. n Comportement social : relations avec les membres de la famille, de la communauté, avec les ennemis. Motivation du comportement : instincts, réflexion, éducation, imitation, orgueil, volonté de puissance, colère, crainte de Dieu ou des hommes… n

L’étude psychologique des personnages bibliques est, certes, l’une des plus passionnantes, elle aide à mieux nous connaître nous-même. Il ne faudrait pas, cependant, oublier dans cette étude la dimension verticale. En effet, l’originalité de la Bible, par rapport à tous les autres livres de psychologie, est de montrer comment l’intervention de Dieu dans une vie peut renverser le cours probable des événements tel qu’il était dicté par l’hérédité, l’influence du milieu et le comportement antérieur. Cette rupture 41


Comment étudier la Bible du déterminisme psychologique est, pour un lecteur objectif, l’une des meilleures preuves de l’existence de Dieu et de la vérité du message biblique. Les livres didactiques de l’Ancien et du Nouveau Testament (Job, Proverbes, Ecclésiaste, épîtres) contiennent également de nombreuses notations psychologiques. Ils nous apprennent à voir l’homme comme une entité indivisible dont les trois composantes : esprit, âme et corps (1 Thessaloniciens 5 : 23) réagissent constamment l’une sur l’autre. Cette énumération des méthodes d’étude est loin d’être exhaustive. On peut interroger la Bible du point de vue littéraire comme une autre œuvre (procédés poétiques, parallélisme de forme, de pensée, de strophes, rythme). On peut la parcourir en ethnologue en relevant tout ce qu’elle dit des mœurs et coutumes ainsi que du genre de vie des hommes : traditions relatives à la naissance, à l’introduction de l’adolescent dans la société adulte, aux mariages et aux funérailles, habitat, vêtements, nourriture, repas, fêtes, métiers… Quel que soit le point de vue adopté, nous trouverons dans la Bible une mine de renseignements qui aideront à mieux connaître le passé, le pays, le cadre de vie et le comportement des hommes dont Dieu s’est servi pour transmettre son message. Ces connaissances pourront contribuer à une meilleure compréhension du message lui-même et nous permettront de distinguer plus sûrement les principes immuables du cadre temporaire.

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• Des aides pour l’étude personnelle : lecture cursive, méthode inductive, études thématiques ;

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• Des conseils pour l’étude de la Bible en commun : comment préparer et conduire une étude biblique, l’art de poser des questions, diriger une étude en groupe ; • Des suggestions pour l’utilisation de documentation : les différentes traductions bibliques, l’utilisation des commentaires bibliques… … Et de nombreuses autres ressources ! Un grand classique signé Alfred Kuen. À lire absolument.

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L’étude de la Bible est une aventure merveilleuse et passionnante. Mais pour partir à la découverte des trésors qu’elle renferme, il faut des outils sérieux et pertinents.

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