qui est aussi augmenté par un semis assez clair, peu profond et précoce. Protection de la culture La vesce-avoine est une culture nettoyante et étouffante empêchant le développement de la plupart des adventices. Cependant, la présence de mauvaises herbes peut avoir un effet négatif sur l’opération récolte et sur la qualité du produit obtenu. Parmi les espèces les plus dangereuses il faut signaler l’orobanche contre laquelle il faut adopter une démarche essentiellement préventive. Le désherbage chimique étant quasi impossible, la vesce et l’avoine appartenant à deux groupes différents (mono et dicotylédones), il faudrait recourir à d’autres méthodes agronomiques préventives. Les plus importantes sont l’assolement, le labour avant semis, la date et densité de semis, l’utilisation de semences sélectionnées indemnes de graines d’adventices, le désherbage manuel dans certains cas, la récolte précoce en cas d’attaque sévère, … Les ennemis et parasites du mélange vesce-avoine sont peu nombreux et sont connus sur d’autres cultures (luzerne, …), leurs dégâts sont limités et ne nécessitent pas de lutte particulière. Sur le plan cryptogamique, le mélange est moins sujet aux maladies que la vesce et l’avoine cultivées séparément et les mesures préventives et curatives sont bien connues. Récolte et stockage Il s’agit ici de réduire au maximum les pertes en valeur nutritive, sachant que la récolte et le stockage de tout produit entraîne des pertes plus ou moins importantes et qu’une plante fauchée continue à vivre tant que sa teneur en eau demeure supérieure à 35%. De même, l’association vesce avoine est composée de deux espèces différentes et le meilleur moment pour la coupe est forcément un compromis entre les stades de développement des
deux plantes. Pour cela il faut prendre en considération que : - la valeur fourragère de la vesce croit jusqu’à la floraison et décroit ensuite. Il faut donc la couper au plus tard avant la formation des gousses - l’avoine doit être récoltée au stade de l’épiaison floraison et au plus tard à la formation des grains. Trois années d’essais à Meknès ont montré que l’association vesce-avoine atteint un maximum de production au stade « grain laiteux » de l’avoine mais l’optimum se situe aux stades « floraison des vesces ou début formation des gousses et épiaison en cours de l’avoine » (Ouknider). Ainsi, même si le cycle complet de la vesce et de l’avoine dure 7 à 8 mois jusqu’à la maturité, la coupe se fait en général 6 mois après le semis et varie selon les régions, les pratiques culturales, les conditions de l’année, l’utilisation envisagée, etc. Généralement, elle s’effectue environ un mois avant le début des moissons céréalières, la fauche pour l’ensilage étant légèrement plus tardive que celle pour le foin alors que pour le fourrage vert la coupe peut se faire progressivement selon les besoins. Pour le foin, usage prédominant, il est nécessaire d’effectuer la coupe par temps sec et de laisser sécher sur place (fanage) en retournant fréquemment et en évitant une trop longue exposition au soleil qui risque d’altérer sa couleur et ses qualités nutritives (pertes en provitamine A). Une fois séché le fourrage doit être rentré soit en vrac soit en ‘‘balles’’ après bottelage à la ramasseuse presse, sachant que la dessiccation peut continuer pendant que les balles sont encore sur le champ ou au cours de leur manipulation. Pour l’ensilage l’opération doit être effectuée à l’ensileuse le plus vite possible et après avoir haché le mélange (préférable pour faciliter le tassement et l’élimination de l’air). Il faut aussi remplir et fer-
Prix des semences R2 en Dh/ql Type de semence
200809
200708
200607
2005 -06
2004 -05
2003 -04
2002 -03
Avoine
665
590
500
505
470
599
540
Vesce
700
640
530
535
535
540
540
Source : Mapm
mer rapidement les silos (tranchées, taupinières). Mécanisation La mécanisation du travail dépend de la taille des surfaces de fourrage à récolter et à manipuler et peut consister en matériel simple, différent pour chaque opération ou en machines effectuant plusieurs opérations à la fois (ensilage). En général, le matériel utilisable pour la coupe, le fanage et le ramassage du fourrage est disponible dans toutes les régions céréalières du pays, d’autant plus que c’est du matériel courant qui ne coûte pas cher et que son utilisation ne coïncide pas avec les périodes de forte demande. Ainsi, divers types de faucheuses sont disponibles et la coupe est facile et rapide si l’équilibre du peuplement est bien réalisé, de même pour les râteaux faneurs qui servent à l’endainage et au retournement de l’herbe fauchée. En foin, le bottelage par ramasseuse-presse ne pose pas de problèmes particuliers. Les producteurs et éleveurs de
certaines régions préfèrent les presses utilisant du fil de fer au lieu de ficelle plastique (les plus utilisées). Pour l’ensilage aussi (avec ou sans préfanage) différents types d’ensileuses plus ou moins perfectionnées
sont
disponible
essentiellement auprès des éleveurs produisant leur propre fourrage.
Différents
disposi-
tifs peuvent leur être ajoutés comme des applicateurs d’acide lactique, de conservateurs et correcteurs d’ensilage, etc. Dans tous les cas, il faut veiller à réduire le nombre de passages de matériel dans les parcelles pour éviter le tassement du sol et les difficultés de sa préparation pour la culture suivante. A signaler qu’on peut recourir à des machines et techniques plus avancées (séchage par ventilation, déshydratation, …) pour obtenir une meilleure qualité nutritive, conservation ou pour des utilisations particulières.
Agriculture du Maghreb N° 89 Novembre 2015
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