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CGC inc. est un chef de file dans la fabrication de matériaux de construction de haute qualité depuis près de 120 ans, offrant des solutions novatrices grâce à un portefolio de produits de confiance. Grâce à ses installations de fabrication et à ses activités partout au Canada, CGC accompagne des projets d’un océan à l’autre en apportant son expertise, de la conception à la réalisation.
Car lorsque chaque détail compte, il est d’autant plus important de pouvoir compter sur un partenaire de confiance.












Îlot Balmoral, un projet signé Provencher_Roy. Photographie © Stéphane Brügger. Les vingt personnalités du dossier spécial MADE IN CANADA, réunis à l’Ilôt Balmoral, à Montréal. Découvrez-les en page 17 à 99.
De gauche à droite, de haut en bas :
Mina Popat Literie Laurier
Tim Zyto Montauk Sofa
Sylvain Garneau Lacasse
David Larivière Germain Larivière
Alexander Marcakis Foyers Suprême
Sylvain Duchesne Olon Industries
Alain Belzile Vanico-Maronyx
Danny Chartier Montauk Sofa
Dominic Aubry Lacasse
Sid Tetz CGC
Martin Bättig Bättig Design
Laurence Aubé-Comeau Produits American Biltrite
Ary Alavanthian Mobz Art
Martin Andreoli Germain Larivière
Katherine Marcakis Foyers Suprême
François St-Pierre Literie Laurier
Alex Lacroix Roc-Base
Anastasia Marcakis Foyers Suprême
Charles-Antoine Gauvreau Vanico-Maronyx
Daniel Walker Jaymar
Héritage et relève
Photographie © Youssef Shoufan
David Foroglou-Gadoury
Éliane Foroglou-Gadoury
Brigitte Gadoury
Ginette Gadoury
Juli Pisano
Contenu
Éditrices + directrices du contenu
Brigitte Gadoury
Ginette Gadoury
Création de contenu
Juli Pisano
Direction artistique
Aleksandra Krakowiak
Infographie
Hélène Goré
Publicité
Production + diffusion
Directrice Brigitte Gadoury
Communications internationales
David Foroglou-Gadoury
Développement de communautés
Éliane Foroglou-Gadoury
Impression
Impresse Inc.
Administration
Coprésidentes
Ginette Gadoury + Brigitte Gadoury
Comptabilité
Gestion Lynda De Grandpré Inc.
Web Hugo Lachance
Abonnements info@int.design
T 450 651 3630
Canada
30 $ + tx / 3 éditions
48 $ + tx / 6 éditions
International 80 $ + tx / 3 éditions
150 $ + tx / 6 éditions
Par numéro 12,95 $ + tx
Le magazine INT.DESIGN est publié trois fois par année par :
Agence PID 1080 Rue Sainte-Hélène
Longueuil (QC) J4K 3R9 Canada T 450 651 3630 F 450 651 8520 info@int.design
Convention de la poste-publication no. 40019406. Retourner toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada au service des publications. Toute reproduction de textes, illustrations et photographies du magazine est interdite. Bien que toutes les précautions aient étéprises pour assurer la rigueur des renseignements contenus dans le magazine INT.DESIGN il est entendu que le magazine ne peut être tenu pour responsable des erreurs ou des négligences commises dans l’utilisation de ces renseignements.
Dépôt légal
Bibliothèque nationale du Québec, Bibliothèque nationale du Canada ISSN 1206–0208
Imprimé au Canada

Découvrez
UrbanTouch MC — des textures modernes de grains de bois haute fidélité qui apportent innovation et inspiration à tous les espaces. Conçue pour se démarquer à elle seule ou s’harmoniser parfaitement aux riches couleurs unies de la collection VelourTouch® d’OLON, UrbanTouch™ vous offre toute la liberté de créer en toute confiance.
OLON conçoit et fabrique une vaste gamme de composantes intégrées innovantes destinées aux industries nord-américaines de l’ébénisterie et du mobilier.
Faire rayonner l'excellence, ici et ailleurs
Certaines convictions ne datent pas d'hier. La nôtre nous accompagne depuis toujours : les talents d'ici méritent d'être célébrés, racontés et portés haut.
Depuis 1988, cette conviction a donné naissance à un écosystème de publications, de plateformes, d'événements et d'initiatives destinés à porter l'excellence en design, en architecture et en environnement bâti. Cette année, elle se prolonge également à travers notre alliance avec Expo Design, créant de nouvelles occasions d'échanges au sein de la communauté du design. Autant de façons, pour nous, de tenir la même promesse depuis le premier jour.
Nous ouvrons ce numéro PEOPLE avec notre grand dossier Made in Canada, consacré à des entreprises qui conçoivent, fabriquent et innovent ici. Dans un contexte où les chaînes d'approvisionnement se transforment et où les règles du commerce international se redessinent, ces organisations démontrent chaque jour la valeur d'un savoir-faire enraciné dans nos communautés.
De l'atelier de rembourrage de Terrebonne aux escaliers sculpturaux de Trois-Rivières, du gypse du Cap-Breton aux foyers de la rue Jarry, ces histoires d'ancrage, de transmission et d'audace tranquille témoignent de la force et de la résilience d'un secteur qui continue d'avancer avec confiance, porté par celles et ceux qui choisissent de créer, de produire et d'entreprendre ici.
Nous vous invitons ensuite à découvrir les nouveaux membres du jury de la 19e édition des GRANDS PRIX DU DESIGN. Architectes et designers, mais aussi professeurs, chercheurs, auteurs et entrepreneurs, ils nous partagent leurs parcours et leurs convictions. De Bangkok à Chicago, de Shanghai à Montréal, leurs regards croisés élèvent les standards d'excellence et nous rappellent que les meilleures idées naissent souvent du dialogue entre les cultures, les disciplines et les expériences.
À tous ces professionnels qui nous ont ouvert leurs usines, leurs studios, leurs bureaux et leurs univers : merci. C'est grâce à vous que nous avons encore, après toutes ces années, tant d'histoires à raconter et tant de talents à célébrer. Bonne lecture,
Brigitte et Ginette Gadoury Co-présidentes
À propos
Depuis 1988, notre agence crée des occasions de mettre en valeur les talents, les projets et les entreprises qui façonnent notre environnement.
Au cœur de cet écosystème, INT.DESIGN met en lumière les projets, les produits, les entreprises et les professionnels qui transforment notre cadre de vie, à travers son magazine, sa plateforme numérique et ses contenus vidéo.
Le concours GRANDS PRIX DU DESIGN célèbre l'excellence à l'échelle internationale en récompensant chaque année les réalisations les plus remarquables dans les domaines du design, de l'architecture et de l'environnement bâti.
Cette mission se prolonge à travers notre alliance avec Expo Design, qui favorise les rencontres entre manufacturiers, designers, architectes, promoteurs et professionnels de l'industrie.
Ensemble, ces initiatives contribuent à bâtir un cadre de vie plus inspirant, innovant et durable, tout en donnant la visibilité qu'ils méritent aux talents, aux projets et aux entreprises qui le façonnent.

Depuis plus d’un siècle, notre savoir-faire prend racine à Sherbrooke. C’est ici que notre histoire s’écrit, portée par experts passionnés qui façonnent des produits reconnus bien au-delà de nos frontières.
Conçus et fabriqués au Canada, nos produits desservent avec rigueur et fierté les secteurs institutionnels, hospitaliers et commerciaux à travers l’Amérique du Nord. Un héritage solide. Une expertise d’ici. Une fierté qui traverse le temps.
Fait au Canada depuis 1913





Made in Canada
017
Les personnalités du dossier spécial, dans l’œil de Stéphane Brügger







022
10 leaders du « fabriqué ici » se confient







088
La collection Dan Hanganu par Mobz Art

094
La division commerciale de Germain Larivière
GRANDS PRIX DU DESIGN
103
Membres du jury — Les fidèles
109
Membres du jury — Les nouvelles voix

139
Appel de candidatures 20 e édition
Expo Design
141
C’est quoi et pour qui ?
144
Une programmation de conférences et atelier



La collection Hanganu présentée par Mobz Art



Dossier Spécial

Le paysage a des visages
À l'Îlot Balmoral, un matin de juin, Stéphane Brügger ajuste la lumière. D'ordinaire, c'est l'architecture qu'il cadre : des pavillons, des tours à condos, des gratte-ciels. Des lignes, des matières, des volumes, jamais de regards à diriger. Ce jour-là, devant son objectif, il y a plutôt une vingtaine de visages, ceux des gens qui fabriquent ou distribuent, ici, les meubles, les foyers, les luminaires, les électroménagers et les surfaces que spécifient designers et architectes.
Oh ! Canada
Des noms qu'on croise sur des fiches techniques, rarement sur des photos. Des produits qu'on retrouve dans les plus beaux projets, d'ici et d'ailleurs, mais dont l'origine reste souvent en retrait, quelque part entre le devis et le chantier. Le temps d'une séance photo, le paysage industriel canadien change d'échelle. Il devient une suite de visages, de mains, de postures. Le fond, c'est toujours l'architecture. Mais au premier plan, cette fois, ceux qui la remplissent.
Par Juli Pisano


En spread précédent © Youssef Shoufan
01 Chalet Le Littoral, Architecture 49, Malbaie, Canada © Stéphane Brügger
02 YUL, MSDL Architectes, Montréal, Canada © Stéphane Brügger
03 LG2, pour Provencher_Roy, Montréal, Canada © Stéphane Brügger
04 Pavillon D de l'ÉTS, MSDL Architectes, Montréal, Canada © Stéphane Brügger
05 ERICSSON, MSDL Architectes + Groupe Montoni, Montréal, Canada © Stéphane Brügger
06 lot Balmoral, Provencher_Roy, SHDM + ONF, lauréat du GPD 2022 en photographie d'architecture, Montréal, Canada © Stéphane Brügger
07 Maison des étudiants de l'ÉTS, MSDL Architectes, Montréal, Canada © Stéphane Brügger
08 + 09 + 10 Les personnalités de notre Made in Canada + les membres de notre équipe à l'œuvre pour immortaliser la journée © Youssef Shoufan
Sous la grande faille rouge
La séance photo du Made in Canada a eu lieu à l'Îlot Balmoral, en plein cœur du Quartier des spectacles. Difficile de trouver un décor plus à propos : l'immeuble a été pensé pour l'économie créative. Signé Provencher_Roy et livré en 2019, il abrite notamment le siège social de l'Office national du film.
Deux volumes de treize étages, fendus par une faille oblique d'un rouge éclatant qui ouvre un atrium sur toute la hauteur et fait descendre la lumière jusqu'au rez-de-chaussée. Une signature architecturale forte, pensée pour capter l'œil autant que la lumière naturelle.
Un lieu bâti pour ceux qui imaginent, occupé pour un matin par ceux qui fabriquent. Le contraste n'a rien d'anodin : d'un côté, les bureaux d'une institution culturelle vouée à la création ; de l'autre, le temps d'une matinée, les artisans d'une industrie qui, elle, transforme la matière plutôt que l'image.



L'œil de l'expert
« Mon métier m'ouvre les portes des plus beaux projets du pays. C'est un privilège que je ne tiens jamais pour acquis »
Pour les réunir devant l'objectif : Stéphane Brügger. Photographe d'architecture et de design établi à Montréal, il n'est pas un inconnu des architectes et des designers d'ici. On lui doit les images de plusieurs des plus beaux projets institutionnels et culturels du pays.
L'Îlot Balmoral, justement, qui accueillait les personnalités du dossier spécial ce matin-là, mais aussi le pavillon D de l'ÉTS et sa maison des étudiants, le projet résidentiel YUL et le chalet le Littoral de Charlevoix, pour n'en nommer que quelques-uns. Une feuille de route qui traverse les échelles, du bâtiment institutionnel au chalet privé, en passant par le résidentiel dense.

Un travail salué par plusieurs distinctions, dont des GRANDS PRIX DU DESIGN en photographie d'architecture. Une reconnaissance qui confirme ce que le milieu sait déjà : Brügger ne photographie pas seulement des bâtiments, il en révèle l'intention.


Un atout national
La force de l'écosystème manufacturier canadien est un avantage qui pèse de plus en plus lourd sur les chantiers : savoir d'où vient un produit, qui l'a fait et avec quoi compte plus que jamais pour ceux qui spécifient. Dans un marché saturé d'options importées, la traçabilité devient un argument de vente à part entière, presque une signature.
Nous sommes allés à leur rencontre, dans leurs usines et leurs salles de montre, là où se fabrique, concrètement, le design de demain. Derrière chaque pièce de mobilier, chaque luminaire, chaque surface qui atterrit dans un projet primé, il y a une équipe, un savoir-faire, des choix qui restent souvent invisibles une fois le produit livré.

Place aux femmes et aux hommes qui font tenir l'écosystème canadien du design et de l'architecture, atelier après atelier. Des PME établies depuis des décennies aux entreprises qui misent sur l'automatisation et l'innovation, un même fil les relie : la fierté de fabriquer ici, pour des projets d'ici et d'ailleurs.

Une journée, un escalier, deux objectifs Retrouvailles pour les uns, nouvelles rencontres pour les autres : le photographe Stéphane Brügger les a saisis, entre deux fous rires et quelques conversations, signant du même coup la couverture de ce numéro. Une matinée suffit rarement à réunir autant de monde ; celle-ci a tenu la promesse.
Plus loin, devant la caméra d' INT.TV, Youssef Shoufan cadrait et Juli Pisano, rédactrice du dossier, menait les entrevues au micro. Trois minutes par maison pour capter l'essentiel : une anecdote, un chiffre, une conviction, jamais plus.
Le premier objectif fige l'instant ; le second le fait parler. Autant de récits qui prolongeront le dossier spécial en capsules vidéo sur INT.DESIGN, à découvrir dans les semaines suivant la parution du numéro.
Lacasse 022
Du mobilier de bureau qui révèle encore le potentiel humain après 70 ans, d'une usine capable de produire à la pièce unique.
Foyers Suprême 028
Les foyers au bois d'une famille, brevetés pour une flamme en 3D et le seul modèle double face certifié EPA 2020 en Amérique du Nord.
L'escalier sur mesure comme pièce d'architecture, du Fairmont Queen Elizabeth à une maison de joaillerie parisienne.
Montauk Sofa 040
Le canapé fait main à Saint-Henri, bois massif et corde de lin, carboneutre depuis 2006.
Le rembourrage haut de gamme fabriqué à Terrebonne depuis 70 ans, du fauteuil cinéma-maison au lit capitonné.
American Biltrite 058
Le couvre-plancher commercial éprouvé en milieux hospitalier et scolaire, fabriqué à Sherbrooke depuis 1913.
Quarante ans d'expertise en mobilier de salle de bain haut de gamme depuis 1980, désormais étendue à la salle de lavage avec sa nouvelle collection Cycle.
Douze chaises imaginées par Dan Hanganu, fabriquées à la main par son ami Ary. La naissance d'une collection posthume sans équivalent.
Olon Industries 046
Du laminé décoratif aux finis ultramats et textures de bois à s'y méprendre, vendu comme un système coordonné plutôt qu'en pièces détachées.
CGC 064
Le plus grand fabricant canadien de gypse et de plafonds de performance, du mur au plafond, d'un océan à l'autre.
Quatre générations de tailleurs de pierre derrière Roc-Base, la première base de douche nord-américaine qui n'exige aucune modification du plancher.
Le matelas sur mesure conçu de A à Z à Anjou, des chambres d'hôtel à la collection brevetée Harlequin.
Sa division commerciale équipe les grands chantiers résidentiels du Québec et de l'Ontario. Un seul fournisseur du quai d'expédition au chantier.
« Réunir ces leaders, dont plusieurs ne se connaissaient pas, c'est rappeler qu'ils bâtissent un même héritage. Chacun, à sa façon, contribue à l'essor de notre patrimoine bâti. »
— Brigitte Gadoury Co-présidente

Sylvain Garneau Président + directeur général


Dominic Aubry Vice-Président Innovation + Design produits





«
Le
rôle
de l'humain est central dans les organisations. Nos solutions participent à la performance de ces talents par leur esthétisme, leur fonctionnalité, l'environnement et l'esprit qu'elles inspirent. »
Révélez le potentiel humain
Changer d'image pour paraître différent, c'est le réflexe marketing habituel. Après 70 ans à maîtriser le mobilier de bureau, Lacasse a fait l'inverse : elle a modernisé son image pour rattraper sa réalité et refléter ce qu’elle est réellement devenue.
Siège social + maison mère Saint-Pie, Québec, Canada Année de fondation 1956
Nombre d’employés 400 Production locale 100 % fabriquée au Canada Matériaux + composantes d’origine canadienne environ 95 % (pour quincaillerie + mécanismes)
Territoires desservis Canada, États-Unis Ventes par région Canada 30 % États-Unis 70 %
Un seul nom
Lacasse. Un seul nom, un logo raffiné, chaleureux et taillé pour durer, et une signature qui dit tout : révélez le potentiel humain. Et pour ceux qui la spécifient, la prescrivent et la recommandent depuis des années, c’est une promesse renouvelée. Celle d'élever chaque espace de travail à la hauteur de ceux qui l'habitent. groupelacasse.com


La mission prend forme
Cette mission commence par le produit. C’est Dominic Aubry, vice-président Innovation et Design produits, qui pilote ce virage au quotidien. À ses côtés, une douzaine d’ingénieurs, de designers industriels et d’acheteurs traduisent cette ambition en solutions concrètes : collaborer, se concentrer, se réunir ou s’installer dans un lounge de travail entre deux réunions.
Prévoir les virages
« En 70 ans, l’espace de bureau s’est réinventé plus d’une fois. Il faut savoir lire les signaux du marché et anticiper le prochain virage », résume Sylvain Garneau, PDG de Lacasse depuis maintenant 16 ans. Et depuis les années COVID, deux tendances redessinent les environnements professionnels : l’adoucissement de l’aire ouverte et le retour du bureau fermé. Volumes plus doux, matières feutrées, couleurs tamisées : Lacasse a répondu aux deux sans jamais compromettre le caractère professionnel. « Le rôle de l’humain est central dans les organisations, dit-il. Nos solutions doivent participer à la performance des talents par leur esthétisme, leur fonctionnalité, l’environnement et l’esprit qu’elles inspirent. »

« En 70 ans, l'espace de bureau s'est réinventé plus d'une fois. Il faut savoir lire les signaux du marché et anticiper le prochain virage.
»
Pensés de l’intérieur
Les nouvelles gammes traduisent cette approche. Avec Bluumrise, Lacasse explore le lounge professionnel dans ce qu’il a de plus sobre, accueillant et polyvalent. « On voulait une collection qui s’installe sans s’imposer, dit Dominic Aubry. Francesco Favaretto a apporté cette élégance italienne discrète : des lignes ovales, un cadre exposé, des proportions qui invitent à s’arrêter. »
Un angle nouveau
Studio de la collection Hip Hop pousse cette logique plus loin et transforme l’aire d’attente en véritable espace de travail. Table pour ordinateur portable, alcôve de conversation semi-fermée, salon modulable : l’espace n’est plus passif. « Il devient utile, adaptable, habité », résume Dominic.



L'évolution d'un classique
« Quant à Nex Nova, c'est le bureau privé d'aujourd'hui : plus doux, plus humain, sans compromis sur l'ergonomie » , explique Dominic Aubry. Évolution directe de la collection Nex, elle introduit un bord knifeedge arrondi en production automatisée, une exclusivité dans l'industrie que seule la technologie maîtrisée en usine à Saint-Pie rend possible.
Le comfort sans compromis
La chaise Tocco , dessinée par Patrick Martel avec l’équipe de design, répond à une obsession simple : redonner au siège de conférence le confort qu’il mérite, sans multiplier les ajustements.
Derrière ces produits, il y a une usine transformée de fond en comble. « Deux à trois ans pour identifier les bonnes technologies, trois à quatre autres pour les implanter », explique Sylvain Garneau. Le résultat est unique en Amérique du Nord : Lacasse est aujourd’hui la seule manufacture capable de produire en lot d’une seule pièce, chaque commande étant différente de la précédente, sans interruption ni perte d’efficacité, même sur des formes irrégulières. La portée de la personnalisation
Ce modèle de personnalisation de masse repose sur une chaîne adaptable : analyse des composantes, alternatives de finition, configurations modifiables à l’unité. L’automatisation n’a pas sacrifié la personnalisation. Elle en a plutôt décuplé la portée.
En amont, le robot qu’ils appellent affectueusement Goldorak, le plus grand robot mécanisé d'Amérique du Nord dédié à la gestion des matières premières de produits laminés, assure la fluidité de la chaîne. En aval, le laser FUZE redéfinit la finition : plutôt que d'appliquer une colle sur les chants, il fusionne le matériau directement au panneau. Résultat : aucune ligne de joint visible, une surface continue, plus résistante aux liquides et aux salissures. Lacasse est aujourd’hui la seule entreprise en Amérique du Nord à déployer cette technologie sur toutes les formes de composantes.
En spread précédent Nex Nova, designer Dominic Aubry © Jacob Shirf 01 Bluumrise, designer Francesco Favaretto © Patricio Silva 02 L'usine modernisée de Lacasse à Saint-Pie 03 Chaise Tocco, designer Patrick Martel © Steve Krug 04 Studio by the HipHop collection, designer Dominic Aubry © Patricio Silva 05 + 06 Bluumrise, designer Francesco Favaretto © Alin Copil
07 Chaise Papillon + table Quorum
08 Montréal, 2024. Client : Construction Irenée Paquet & Fils. Design Cimaise © Mathieu Barrette
09 Montréal. 2024. Client : Barilla Design Les Réalisations Conceptum International Inc + Solutions de bureau Rousseau © Phil Bernard

Fabriqué ici, entièrement
Cette maîtrise technique prend tout son sens parce qu’elle demeure ancrée ici. Trois usines intégrées à Saint-Pie, certifiées ISO 9001 et 14001, fabriquent 100 % des produits Lacasse en sol canadien avec une capacité de personnalisation industrielle rare, portée par un outil moderne, intégré et profondément maîtrisé. Mais derrière cette précision industrielle, il y a surtout des femmes et des hommes qui la rendent possible. Le feu dans les yeux
Lacasse compte quelque 400 employés. Sur le plancher des usines, près du quart de la main-d'œuvre est issue de l'immigration, notamment de Colombie, d'Ukraine, d'Haïti, du Mexique, du Brésil, de France et d'ailleurs. Leur intégration à l’équipe et à la communauté montérégienne repose sur un programme d’accompagnement RH structuré et un parc d’une quinzaine d’appartements mis à la disposition des nouvelles recrues.
« Le recrutement local est redevenu plus facile dernièrement et nous permet aussi de solidifier la relève d’ici », note Sylvain Garneau. « Peu importe la provenance, il y a un ADN commun dans nos équipes : la fierté du travail bien fait, et celle de contribuer à un produit qu’on est fier de signer », ajoute Dominic.
Toute une mécanique
Ce que l’automatisation des usines a changé, c’est où l’intelligence humaine s’investit : moins dans la répétition, davantage dans la conception, l’anticipation et le soin apporté à chaque détail. Sylvain Garneau abonde, sourire en coin : « J’étais dans les chemins de fer dans mon ancienne vie. Je dis souvent qu’à côté du mobilier de bureau, fabriquer des locomotives était largement plus simple. »
Car à Saint-Pie, chaque décision compte : le grain d'un textile, la trajectoire d'un laser, la courbe d'un dossier. Soixante-dix ans à en faire une mécanique de précision.
« Il y a un ADN commun dans nos équipes : la fierté du travail bien fait, et celle de contribuer à un produit qu’on est fier de signer. »


Alexander Marcakis Président

Terry Tsarouhas
Directeur des finances + des opérations
Anastasia Marcakis Secrétaire-trésorière + relations avec les d étaillants
Katherine Marcakis Vice-présidente + directrice du marketing

supremem.com
Siège social + maison mère Montréal, Québec, Canada
Année de fondation 1982
Nombre d’employés 30
Production locale 100 % fabriquée au Canada
Matériaux + composantes d’origine canadienne 90 % Territoires desservis Canada, États-Unis
Ventes par région Canada 60 %
États-Unis 40 %
« Un foyer, c'est l'endroit où la famille se rassemble, où le matin commence, où le soir se pose. Le cœur émotionnel de la maison. »
Une famille au cœur du feu
En 1981, Emmanuel Marcakis emménage avec sa famille dans une maison montréalaise au foyer purement décoratif. L'ingénieur formé chez Canadair, habitué à concevoir des pièces qui doivent voler, refuse de passer l'hiver à grelotter devant un trou dans le mur. Il s'installe au garage, récupère de l'acier, et finit par fabriquer un insert qui, lui, chauffe vraiment la maison.
La bonne idée au bon moment
L'idée arrive au bon moment. La crise pétrolière force tout le monde à se chercher des solutions, les hivers ne pardonnent pas, et le voisinage entier finit par lui en commander un. Foyers Suprême prend forme dans ce garage, à la croisée d'une nécessité, d'un savoir-faire d'ingénieur et d'un refus d'avoir froid.
En spread précédent Novo Duo
01 Poêle à bois Novo 24, projet Cabine A, Design Bourgeois Lechasseur architectes © Maxime Brouillet 02 Foyer Astra 38, projet Piedmont, Design Nicolas Gervais © Raphaël Thibodeau
Un feu qui ne s'éteint pas
Quarante-cinq ans plus tard, l'atelier du garage est devenu une véritable usine. Foyers Suprême fabrique aujourd'hui des foyers au bois rue Jarry, à Montréal, avec plusieurs brevets en poche et une production entièrement maison. Emmanuel y passe encore presque tous les matins. Son fils Alexander a pris les commandes. Ses filles Katherine et Anastasia pilotent le marketing et les relations avec les détaillants. Son gendre Terry s'occupe des chiffres et du plancher. Trois générations autour de la même flamme.
Cendrillon, princesse des cendres
Toute petite, Katherine se promenait déjà sur le plancher de l'usine. Les artisans la surnommaient Cendrillon, la princesse des cendres. « Je revois mon père travailler jour et nuit. Il nous a transmis le sens de l'entreprise très jeunes. Quand j'ai voulu mon premier Walkman, il m'a suggéré d'aller emballer des boîtes la fin de semaine », raconte Anastasia.
Au début, le marketing tenait à une petite annonce dans le journal de quartier et à une promesse. « Essayez le foyer une semaine. Je vous l'installe sans frais », se souvient Emmanuel. « Si vous êtes satisfaits, vous me payez. Sinon, je le reprends. »
Emmanuel n'a repris qu'un seul foyer. Il avait deviné dès la première visite que ça ne tiendrait pas : pas à cause du mari, mais à cause de sa femme. « Ce sont les femmes qui décident », lance-t-il. « Et aujourd'hui, deux d'entre elles détiennent fièrement la majorité de l'entreprise pour laquelle leur père s'est tant sacrifié », ajoute Terry.
Bâti pour traverser
Mari d'Anastasia, Terry Tsarouhas a fait vingt ans de banque avant d'entrer chez Suprême. À quarante ans, il a pris les opérations et les finances en main. « Un autre bagage, un autre regard sur les choses », résume-t-il. « Jusqu'ici, ça va » , s'amuse son beaupère Emmanuel.

« Emmanuel a vu passer des récessions, des ruptures d'approvisionnement, la COVID », rappelle Terry. « De la banque, j'ai appris une chose : c'est dans la stabilité qu'on bâtit. On s'est préparés aux tarifs douaniers, aux secousses du marché, à tout ce que la suite nous réserve. Et on ne refile pas la facture à nos détaillants. On garde des produits abordables et une qualité qui ne plie pas. »
Une innovation discrète
Suprême détient plusieurs brevets, dont son contrôle d'air primaire, son déflecteur perforé et sa chambre de combustion à circulation. Des innovations qu'Alexander attribue, naturellement, à son père.
« Ce qu'on aime, c'est la beauté du feu, rendue possible par tout ce qu'on a développé », ajoute Anastasia, en expliquant comment le déflecteur breveté donne aux foyers leur signature visuelle : une flamme en 3D, des vitres généreuses, des détails soignés, une combustion qui tient ses promesses. Chaque détail est pensé, de l'ergonomie de la poignée aux proportions du foyer. « Toutes ces petites décisions techniques donnent à un designer un vrai matériau à travailler », résume Alexander. « De la flexibilité, de l'esthétique, de la performance. On l'allume, et on l'oublie. »
Tenir la ligne
L'Astra Duo, lancé il y a quelques années, reste le seul foyer au bois à double face certifié EPA 2020 en Amérique du Nord. « Pour brûler propre, il faut brûler chaud. Une deuxième vitre, ça refroidit la chambre de combustion. La plupart des manufacturiers s'en sont sortis avec des combusteurs catalytiques, coûteux et capricieux, ou en réduisant la taille de leur chambre de combustion. Nous, on a tenu la ligne sur les deux fronts, grâce à notre technologie brevetée », explique Katherine. Cet automne arrive le Novo Duo, le premier poêle à bois autoportant à double face jamais certifié EPA. Parfait comme cloison lumineuse ou pièce maîtresse au cœur d'un espace ouvert. « Avant, un poêle posé au milieu d'une pièce, ça donnait l'impression de regarder le dos d'un téléviseur des années 80 », ajoute Katherine. « Aujourd'hui, c'est du feu sous tous les angles. »
« Ce qu'on aime, c'est la beauté du feu, rendue possible par tout ce qu'on a développé. »


03
Le Corbeau, Design Bourgeois Lechasseur architectes © Adrien Williams
« Si on ne contrôle pas la qualité, on ne contrôle pas le produit. »
Fabriqué là où il se vend
« Si on ne contrôle pas la qualité, on ne contrôle pas le produit », tranche Katherine. Presque chaque composante d'un foyer Suprême est fabriquée sur place, où une trentaine d'employés font tourner une production automatisée jour et nuit.
Suprême fabrique aussi, discrètement, pour Ambiance : une marque maison distribuée par un réseau de plus de 400 détaillants en Amérique du Nord. Ce qui a commencé par un seul produit partagé il y a près de dix ans est aujourd'hui le genre de partenariat qu'on cherche chez Suprême. Sélectif. Fiable. Bâti pour durer.
Une famille de familles
Cette même vision à long terme façonne la relation avec les détaillants. « C'est un rapport de confiance », explique Anastasia. Et c'est en les écoutant que Suprême continue de s'améliorer. Le Lumis 32, un foyer encastrable à grande ouverture conçu pour le marché américain, est né directement de leurs commentaires. « Les salons, c'est là qu'on veut entendre ce qui n'a pas marché », dit Alexander. « Ce qui a coincé. Ce que les gens n'ont pas aimé. C'est comme ça que le prochain produit s'améliore. »
Le cœur de la maison
Comme Katherine, Alexander et Anastasia avant eux, les six petits-enfants du fondateur passent maintenant à l'usine les fins de semaine. Le plus jeune des garçons d'Anastasia et Terry a déjà annoncé son métier de rêve : soudeur.
Un foyer, dit Katherine, c'est plus qu'une source de chaleur. « C'est l'endroit où la famille se rassemble, où le matin commence, où le soir se pose. Le cœur émotionnel de la maison. » Et avec une passion qui rejoint déjà la prochaine génération, Suprême a de quoi tenir longtemps en faisant ce qu'il sait faire de mieux : transformer le feu en moments partagés.



battigdesign.com
Siège social + maison mère Trois-Rivières, Québec, Canada Année de fondation 1994
Nombre d'employés 20
Production locale 100 % fabriquée au Canada
Matériaux + composantes d'origine canadienne 70 % Territoires desservis Canada, États-Unis, Europe
Ventes par région Canada 40 %
États-Unis 50 % Europe 10 %
« Nos projets prennent forme dans un dialogue constant avec architectes, designers et clients. »
Au fil de l’escalier
Il y a, dans le travail de Bättig Design, une retenue maîtrisée, au service d’une grande clarté formelle. Une approche qui permet d’aborder des projets d’envergure comme des pièces uniques, pensées dans leur globalité.
Né d'un dialogue
Ici, chaque escalier naît d’un dialogue serré avec les architectes et les designers, porté par la vision du fondateur Martin Bättig, où l’intuition joue un rôle central et où la structure devient le terrain commun.
En spread précédent L'escalier blanc conçu sur mesure pour la résidence Saputo, Montréal, 2025
01 + 02 + 03 Escalier en colimaçon d'une église du Vieux-Québec
04 Projet d'escalier hélicoïdal de bois avec rampe en verre conçu pour une résidence privée 05 Une artisane à l'œuvre de l'équipe Bättig


À la racine du geste
Fils de cultivateur, né en Suisse et élevé sur la ferme familiale à Sainte-Genevièvede-Batiscan, en Mauricie, Martin Bättig grandit dans un environnement où le faire et la matière occupent une place centrale.
« L’enfant que j’étais serait sans doute surpris de voir jusqu’où nos capacités techniques et notre sens du design nous ont menés. À l’époque, j’étais beaucoup plus fasciné par la machinerie que par l’architecture ou le design. »
Ces derniers viendront plus tard, presque par glissement, portés par un appétit pour le beau et par la fabrication de meubles, d’abord pratiquée comme un loisir autodidacte.
Pousser les idées
À travers le verre, l’acier inoxydable, la pierre ou le bois et parfois même le plâtre, Bättig Design explore des formes flottantes, hélicoïdales ou structurées, chaque intervention étant développée sur mesure, dans un langage résolument contemporain. Qu’il s’agisse de limons centraux, doubles ou dissimulés, la structure ne se montre jamais gratuitement : elle sert l’architecture.
Ce qui anime Martin Bättig demeure le travail collectif. « J’aime travailler avec les gens et pousser les idées ». Les projets prennent forme dans un dialogue constant avec architectes, designers et clients, soutenu par les équipes de dessin, de fabrication et d’installation.
Quand les projets parlent
À la résidence de Saputo, l’escalier s’impose avec retenue : une présence discrète, fluide, baignée de lumière, pensée pour accompagner l’espace plutôt que le dominer. L’intervention se lit comme une œuvre en soi, intégrée à l’architecture privée avec une grande précision formelle.
Cette même attention se retrouve au Fairmont Queen Elizabeth, où l’escalier s’inscrit dans un contexte patrimonial réinterprété. Ici, la complexité disparaît derrière la clarté du geste : un équilibre maîtrisé entre contraintes techniques, continuité spatiale et élégance contemporaine. Du côté de nos cousins français, un projet en cours dans le 5e arrondissement de Paris prolonge cette démarche. Conçu sur mesure pour une importante maison de joaillerie, l’escalier a été imaginé et fabriqué au Canada — un choix d’autant plus significatif qu’il s’inscrit dans un pays reconnu pour sa longue tradition et sa maîtrise en la matière. Un geste fort, qui témoigne d’une confiance acquise au fil des réalisations.


L'expérience spatiale
Derrière chaque réalisation se cache un travail d’ingénierie précis, où calculs, prototypage et ajustements s’enchaînent jusqu’à atteindre un équilibre presque invisible.
L’objectif n’est jamais de démontrer la performance technique, mais de la faire disparaître au profit de l’expérience spatiale. C’est dans cette tension maîtrisée entre exigence structurelle et légèreté visuelle que s’affirme la signature de Bättig Design.

06 + 07 + 08 Projet d'escalier conçu pour le réputé joaillier René Boivin et installé à la boutique pignon sur rue au 25 rue Royale, 8e arrondissement de Paris, 2026
09 + 10 Conception d'escalier pour le Fairmont Reine Élizabeth de Montréal



L’instinct comme méthode
À la question de savoir ce qui guide ses meilleures décisions, Martin Bättig répond sans hésitation : l’instinct. Malgré une formation en administration, c’est le feeling qui prévaut. Un instinct qui s’appuie aussi sur un socle de valeurs qu’il associe spontanément au Canada, tout en reconnaissant l’influence de ses racines suisses. « Intégrité, respect des autres et, surtout, respect de ma parole », résume-t-il.
Penseur nocturne, une chose demeure non négociable au réveil : le café — au lait, s’il vous plaît. Puis, à l’atelier, la présence est immédiate. Autour d’une équipe d’une quinzaine de personnes, les échanges se font sur le plancher comme sur les chantiers ; le travail se construit ensemble. « Mon approche du leadership est comme une fondue suisse : conviviale, rassembleuse, authentique… et résolument ancrée dans mes origines. »
Réseaux de compétences
Ici, le recours à des sous-traitants locaux répond à une logique d’agilité. Installée en Mauricie, au cœur d’un territoire marqué par la fabrication, l’usinage et les savoirfaire techniques, l’entreprise évolue dans un environnement où les compétences sont accessibles et les échanges sont directs. Plutôt que d’internaliser l’ensemble des expertises, elle s’entoure de spécialistes, selon les matériaux, les procédés ou les défis propres à chaque projet.
« Mon approche du leadership est comme une fondue suisse : conviviale, rassembleuse, authentique... et ancrée dans mes origines. »
Ancré et adapté
Cette proximité permet un travail au cas par cas, tout en maintenant un haut niveau de contrôle créatif et technique, et en privilégiant concrètement les savoir-faire et les ressources canadiennes. Elle offre surtout la liberté d’explorer des solutions complexes sans alourdir la structure interne. Une souplesse précieuse dans un domaine où chaque projet est unique.


Le Canada comme paysage intérieur
Lorsqu’il se ressource, Martin Bättig évoque spontanément les parcs nationaux et les centres de ski du pays, de Whistler au Massif.
« S’il fallait comparer l’entreprise à un paysage canadien, je voterais pour les Rocheuses, sans hésiter. Et par une couleur, le rouge, une teinte qui dit autant notre pays que notre entreprise : forte, assumée, visible. »
Une montée maîtrisée
Ce qui traverse le temps chez Bättig Design tient à une manière de faire, nourrie par la créativité, l’innovation et le dialogue. D’hier à demain, l’escalier y demeure ce terrain de jeu où se croisent les humains, les idées et les projets.


montauksofa.com
Siège social + maison-mère Montréal, Québec, Canada Année de fondation 1995
Nombre d'employés 80 Production locale 100 % fabriqué au Canada
Matériaux + composantes d'origine canadienne 85 % (sans compter les tissus) Territoires desservis Canada, États-Unis
« Le confort demeure notre priorité. Des sofas dans lesquels on se glisse le vendredi pour s'y relever que le lundi. »
Le temps de bien faire À treize ans, Tim Zyto traînait dans l'usine de meubles de son père à Montréal, à regarder les canapés sortir de la chaîne au rythme de cinq cents par jour. Des décennies plus tard, il planterait sa propre enseigne, Montauk Sofa, à un coin de rue de là où s'élevait autrefois la shoppe de son père.
Le chemin de l'héritage
Quand Montauk s’est installé pour fabriquer dans le quartier Saint-Henri, Tim a trouvé un vieux canapé abandonné près des voies ferrées derrière le bâtiment. Encore aujourd'hui, il est convaincu que c'est une relique de l'ancienne usine de son père. Un héritage qui retrouve son chemin.

Une maison de longue durée
Montauk Sofa a fêté ses trente ans en 2025. Ce qui frappe, trois décennies plus tard, cest la fidélité des gens qui ont tout bâti. Tim est à la barre aux côtés du designer en chef Danny Chartier depuis le tout premier jour. Bruno, le directeur de production, dirige l'atelier depuis les débuts. Antoinette, membre fondatrice du quatuor original, bien qu’aujourd'hui établie en Europe, n'a jamais vraiment quitté le navire.
Ce sont soixante personnes qui œuvrent à l'usine de Saint-Henri. Beaucoup y ont fait toute leur carrière. « Un travail d'équipe, répète Tim. Le moindre petit geste compte autant que le plus grand. »
Cette année, Montauk lance une nouvelle collection inspirée des années 1970. Housses ajustées, matières tactiles — pensée, comme toujours, pour être habitée. « Le confort reste au cœur de tout, explique Danny. Esthétiquement, on va vers les textures : des rayures, des laines, de l'alpaga, des tapisseries. Des motifs qui ont du caractère. »
Le genre de canapé dans lequel on s'installe le vendredi soir pour n'en bouger que le lundi matin. Une pièce qu'on touche, qu'on froisse, qu'on s'approprie.
Des cotons blancs aux laines d'alpaga
Ces textures affirmées habiteront les showrooms de Montauk partout en Amérique du Nord. Un virage assumé, quand on se rappelle qu’il y a trente-deux ans, tous les canapés en showroom étaient recouverts du même coton blanc immaculé : une palette délibérément neutre, une page blanche offerte à l'imagination du client.

En spread précédent Showroom Montauk Calgary aux traditionnelles housses blanches qu'on identifie à l'étiquette depuis ses débuts
01 Tim Zyto, co-fondateur + président + l'Ottoman extérieur Jill sans accoudoir
02 Showroom Montauk Toronto, 3e étage
03 Sofa sectionnel Modern Lounde aux motifs inspirés des années 70s

Place à la mise en scène
Le nouveau flagship de Saint-Laurent, inauguré en 2021 dans une usine des années 1940 transformée par Cohlmeyer Architecture, en est l'expression la plus juste : cour intérieure, jardin, cascade, lumière zénithale. Le canapé qu'on habite, dans la pièce qui le met en valeur. De Montréal à Toronto, Vancouver, Calgary, New York et Chicago, la même intention voyage avec la marque. Et la prochaine adresse prend déjà forme à Los Angeles.
« Plus de tout »
À Saint-Henri, chaque canapé Montauk est construit comme il l'a toujours été depuis trente ans. Une structure en bois massif. Des ressorts maintenus par une corde de lin à huit brins, le plus haut standard de l'industrie. De la mousse à mémoire de forme. Des coussins garnis de duvet. Pas de pétrole, nulle part. L'entreprise est carboneutre depuis 2006, bien avant que le reste de l'industrie commence à en parler.
« Plus de bois, plus de métal, plus de plumes. Plus de tout ce qui fait qu'un canapé traverse des décennies de vie de famille sans fléchir. » 03
« Plus de bois, plus de métal, plus de plumes. » Tim le dit depuis vingt-cinq ans, et Montauk le fait. C'est du concret : plus de matière, plus de densité, plus de ce qui fait qu'un canapé traverse des décennies de vie de famille sans fléchir. Et derrière chaque couche, la même chose : des paires de mains.


05
04 Sectionnel + ottoman Jill
05 Sofa en cuir couleur cognac, modèle Robin
* La salle de montre de Montauk Sofa sur le boulevard Saint-Laurent à Montréal, conçue par Cohlmeyer Architecture, a été récompensée aux GRANDS PRIX DU DESIGN
15e édition : Prix de l'année en design d'intérieur (INT86, p.35) et Grand Lauréat en architecture (INT87, p.52)
Le savoir-faire et les générations
Dans l'atelier, le métier passe de main en main. Marcel, qui taillait et cousait des coussins dans l'usine du père de Tim, taille et coud encore, maintenant pour Montauk. Carmelina, la couturière, est là depuis près de trente ans. Un employé actuel travaille aujourd'hui aux côtés de son père, lui-même arrivé à dix-huit ans. La main-d'œuvre qualifiée se fait rare ; l'équipe forme la sienne. Et génération après génération, le savoir-faire reste là où il a toujours été : entre les mains des Montréalais qui fabriquent le confort, à la main, chaque jour.
C'est aussi ce qui explique pourquoi Montauk n'a jamais quitté Montréal pendant que tant d'autres délocalisaient. La qualité exige la proximité. « On ne peut pas garder un œil sur un canapé fabriqué à deux mille kilomètres de chez nous. »
Au-delà des frontières
Bien que le climat soit devenu plus rude pour les exportateurs canadiens confrontés aux tarifs américains, Tim n'est pas du genre à changer de cap au premier coup de vent. Le marché américain compte toujours ; la fabrication demeure à Saint-Henri.
C’est dire que l’entreprise fait ici depuis trente ans ce que d'autres cherchent maintenant à faire valoir. Ce qui change, c'est le regard des clients. De plus en plus, ils cherchent exactement ce que Montauk fait dans l'ombre depuis toujours.
Un code tranquille
Quand on lui demande ce qui l'a porté pendant trente ans, Tim répond sans hésiter. « Traiter les gens comme on aimerait être traité. » Une formule simple qui explique, mieux que n'importe quel détail de produit, la longévité de son équipe. La corde de lin, le bois massif, l'engagement carboneutre : ce sont des choses qu'on peut inscrire sur une fiche technique. La vraie signature Montauk réside dans tout ce que la marque a accompli en silence pendant que le reste de l'industrie s'affairait à s'annoncer.
Un jour, quelque part le long d'une voie ferrée, quelqu'un tombera peut-être sur un ancien canapé Montauk. La structure sera encore solide. La corde de lin tiendra encore. Et celui qui le trouvera saura, sans qu'on lui explique quoi que ce soit, que le confort peut traverser le temps.


olon.ca
Siège social Georgetown, Ontario, Canada
Société mère White Owl Family Office Group, firme d'investissement privée, Ontario, Canada Année de fondation 1981
Employés 180 à 200 employés, dont 65 à 75 au Canada Production locale 53 % fabriqué au Canada
Matériaux + composants d'origine canadienne 50 à 65 % Marchés desservis Canada, États-Unis Ventes par région (fabrication canadienne) Canada 74 %
États-Unis 26 %
« Nos clients ne cherchent pas à gérer davantage de produits. Ils cherchent à résoudre moins de problèmes. »
Au-delà de la surface
Lorsque Sylvain Duchesne s'est joint à Olon Industries en 2001 à titre de représentant des ventes, le monde des composantes laminées était bien différent. Les textures étaient moins réalistes, les choix de couleurs plus limités et peu de gens pouvaient imaginer l'évolution que connaîtrait l'industrie. Aujourd'hui, Olon propose des couleurs ultra mates tendance et des textures de bois haute fidélité qui répondent aux attentes des designers.
Du produit au système
Plus encore, ceux-ci ne spécifient plus un seul produit, mais un ensemble coordonné de surfaces et de composantes laminées. Cette évolution, du produit individuel vers un système intégré, reflète le parcours de Sylvain Duchesne, devenu président d'Olon en 2023 après plus de 25 ans au sein de l'entreprise.
En spread précédent Produits UrbanTouch™ Uptown et VelourTouch™ Cashmere Dusk, Cuisine contemporaine 01 VelourTouch™, Denin Chic, aménagement de garde-manger 02 Projet Cantin, Québec, QC, Canada, Design Sonia Leclerc, © Jean-François Therreault


Un système intégré
Les collections de surfaces décoratives VelourTouch®, UrbanTouch™ et NEXGEN® d'Olon sont soutenues par une gamme complète de composantes coordonnées, conçues pour simplifier la fabrication et assurer une parfaite cohérence esthétique à l'échelle d'un projet. « Nos clients ne cherchent pas à gérer davantage de produits » , explique Duchesne. « Ils cherchent à résoudre moins de problèmes. » Pour un fabricant d'armoires de cuisine, c'est toute la différence entre devoir coordonner une multitude de fournisseurs ou pouvoir compter sur un seul partenaire de confiance.
« Il y a dix ans, la durabilité faisait rarement partie des discussions. Aujourd’hui, elle influence tout, de l’approvisionnement à la qualité de l’air intérieur, en passant par la durabilité. »
Une collection qui suscite des émotions
Le lancement de la collection UrbanTouch™ en 2025 a marqué un tournant dans la façon dont Olon parle de design. Plutôt que de mettre l'accent sur les caractéristiques techniques, la collection s'est inspirée de lieux auxquels les gens sont émotionnellement attachés : le café du quartier, le loft urbain ou encore le bistro du coin. Confinés à la maison pendant la pandémie, les consommateurs ont développé un attachement particulier aux matériaux qui apportent chaleur, authenticité et réconfort aux espaces du quotidien. L'équipe marketing d'Olon a su reconnaître cette évolution et y répondre.
À l’intérieur du panneau
Les designers veulent des surfaces esthétiques tout autant que des substrats responsables. « Il y a dix ans, la durabilité faisait rarement partie des discussions », dit Duchesne. « Aujourd’hui, elle influence tout, de l’approvisionnement à la qualité de l’air intérieur en passant par la durabilité », souvent là où se gagne l’argument environnemental d’un architecte. Olon utilise fièrement des substrats nordaméricains conformes à la norme CARB2, certifiés FSC® et issus de forêts gérées de façon durable.
03 Design Armoires Cuisines Action, produit VelourTouch™ Warm Alpaca
04 Projet Leclerc, Design Sonia Leclerc, Québec, Canada © Jean-François Therreault
Plus près de la table à dessin
Pendant la majeure partie de son histoire, les surfaces d'Olon étaient spécifiées de façon indirecte, par l'intermédiaire des fabricants d'armoires et des ébénistes qui les intégraient à leurs réalisations. L'an dernier, l'entreprise a franchi une nouvelle étape en créant un département de spécification dédié, afin d'accompagner directement les architectes et designers dès les premières phases de conception.
Fabriqué ici. Fabriqué mieux.
Olon présente la fabrication locale non pas comme un symbole, mais comme une véritable garantie de fiabilité intégrée à chacun de ses produits. « La chaîne d’approvisionnement mondiale ne s’est pas brisée », dit Duchesne. « Elle a toujours été fragile. Nous avons simplement cessé de prétendre le contraire. » Grâce à son approche intégrée, Olon permet à ses clients de regrouper une plus grande part de leurs besoins auprès d'un seul partenaire de confiance. « Lorsque l'on combine une fabrication locale, des partenariats à long terme et des systèmes de composantes coordonnés, on crée des solutions plus durables, plus efficaces et plus résilientes pour l'ensemble des intervenants », affirme Duchesne. Entreprise détenue à 100 % par des intérêts canadiens, Olon est établie à Georgetown, en Ontario, et dirigée par un président bilingue né au Québec.

Sommets et vallées
« La force, la résilience, les sommets et les vallées. Il n'existe aucun chemin tout tracé vers le sommet, et personne n'y arrive seul. »
Originaire de Chibougamau et véritable joueur d'équipe, Sylvain Duchesne a fait du bilinguisme l'un de ses plus grands atouts. Lorsqu'on lui demande à quel paysage canadien il comparerait Olon, il répond sans hésiter : les Rocheuses. « La force, la résilience, les sommets et les vallées. Il n'existe aucun chemin tout tracé vers le sommet, et personne n'y arrive seul. » Et si Olon était un plat ? Une poutine raffinée. Simple au premier regard, mais bien plus riche et complexe qu’elle n’en a l’air. « Fiable, satisfaisante et, comme Olon, une fois qu’on y a goûté, on y revient. » Des paroles qui prennent tout leur sens lorsqu'elles sont prononcées par un homme fidèle à la même entreprise depuis plus de vingt-cinq ans.



jaymar.co
Siège social + usine Terrebonne, Québec, Canada
Année de fondation 1956
Nombre d'employés 145
Production locale 100 % fabriquée au Canada
Matériaux + composantes d'origine canadienne 45 %
Territoires desservis Canada, États-Unis
Ventes par région Canada 90 %
États-Unis 10 %
« Tu n'as pas acheté une entreprise de rembourrage, lui dira-t-on, tu as acheté une famille, une culture. »
Le confort comme résistance
Lorsque Daniel Walker acquiert Jaymar en 2014, le fleuron manufacturier de Terrebonne, fondé en 1956, traverse une période d'incertitude. Il choisit d'investir dans une famille manufacturière qu'il refuse de voir disparaître.
Le volume des valeurs
« Daniel, tu n'as pas acheté une entreprise de rembourrage, lui dira-t-on, tu as acheté Jaymar. » La nuance est essentielle. Il ne parle pas de volume, mais de valeurs, de culture et de gens.

Une spécialisation assumée
Chez Jaymar, le choix est clair : se consacrer entièrement au rembourrage, un segment qui représente plus de la moitié des ventes de l'industrie du meuble en Amérique du Nord. Fauteuils, causeuses, lits rembourrés, tout est conçu et fabriqué à Terrebonne, du cadre de bois jusqu'à l'emballage final. Ici, tout commence par la matière et les mains. L'approvisionnement est local : la majorité des fournisseurs se trouve dans un rayon d'une vingtaine de kilomètres. Le bois est découpé, assemblé, ajusté. Les mousses-mémoire, produites au Québec, sont choisies pour leur densité et leur résilience. Le cuir est coupé, cousu, tendu. Chaque pièce porte la trace des métiers qui l'ont façonnée.
Sur le plancher, 130 artisans se partagent sept lignes de production. Certaines étapes sont digitalisées, optimisées. Mais l'usine n'est pas robotisée : elle est habitée, et le plancher est climatisé. Le confort ne s'arrête pas aux fauteuils ; il commence avec celles et ceux qui les fabriquent.
« Jaymar n'est pas une usine : c'est une famille de métiers. »
Le sens du cap
Lève-tôt par responsabilité, penseur nocturne par passion, Daniel avance entre rigueur et intuition. « L'analyse m'aide à garder les pieds sur terre. L'instinct me pousse là où Jaymar doit aller. »
Son ancrage demeure le plancher. Il y descend, échange, écoute. « Jaymar n'est pas une usine : c'est une famille de métiers. » À ses yeux, le leadership commence par le respect du métier, du client, du temps et du savoir-faire. « On croit à la qualité, aux relations durables et à la parole donnée. » Puis il ajoute, en souriant : « Je suis chanceux d'être le gardien de cette culture. »

Une forêt mature
En 2026, Jaymar franchit le cap des 70 ans. Sur le plancher, quatorze employés cumulent plus de 40 ans d'ancienneté. Quatre décennies à voir passer les tendances, les propriétaires, les ajustements technologiques, et à rester. Cette fidélité raconte quelque chose que les bilans financiers ne mesurent pas : une culture qui tient.
Quand on lui demande quel paysage canadien incarnerait Jaymar, Walker répond : « Une forêt mature. Des racines profondes, une croissance continue et un équilibre entre force et souplesse. » C'est là que tout se joue. Une forêt qui traverse les saisons, même quand ça brasse.


Un vent du sud
Et ces derniers temps, ça brasse. Les droits tarifaires américains frappent désormais le secteur du rembourrage : 25 % sont actuellement imposés sur les exportations, avec la menace d'une hausse. L'inflation persiste, les coûts augmentent, les chaînes d'approvisionnement se resserrent. Et puisque Jaymar exporte aussi au sud de la frontière, l'impact est concret.
« L'achat canadien devient une fierté. »
Cap au Canada
Walker recentre alors l'élan vers le Canada. « L'achat canadien devient une fierté. Mais encore faut-il savoir ce qui est réellement fabriqué ici. » Dans un marché où près de 70 % des meubles vendus au pays proviennent d'Asie, la distinction n'est pas toujours évidente.
L'équipe de Jaymar intensifie ainsi sa présence auprès des détaillants canadiens, de Winnipeg à Toronto, d'Ottawa à Victoria, pour raconter l'histoire de la maison et rappeler la valeur du savoir-faire local. À Terrebonne, la salle de montre entièrement repensée accueille désormais les visiteurs sept jours sur sept, directement au cœur de l'usine.
Pendant que le marché se transforme, Walker observe ce qui change derrière les portes closes. « On ne vit plus comme il y a 30 ans. » Le salon est devenu le cœur du quotidien : celui des séries qu'on enchaîne, des soirées cinéma, des livres ouverts, du temps partagé.
Jaymar adapte sa recherche et développement en conséquence. La collection Ego, avec son assise zéro gravité, s'appuie sur un travail approfondi sur l'ergonomie et la posture. L'entreprise a collaboré avec un chiropraticien afin d'établir des standards précis de soutien et d'alignement, ensuite déclinés en différentes tailles programmées directement en usine. Une personnalisation intégrée au processus au lieu d’être ajoutée après coup.

Complice en confort
Quant à la ligne Jaymar BB, elle ouvre un nouveau chapitre. Pensée pour la jeune famille, cette clientèle plus jeune et urbaine, elle propose des formats compacts, une esthétique contemporaine et une conception UPSable : facile à livrer, à assembler, sans compromis sur le confort.
Au fond, il ne s'agit pas d'ajouter des fonctions, mais d'accompagner la manière dont on vit désormais la maison : plus longtemps, plus souvent, plus intensément.
Une force tranquille
Soixante-dix ans après sa fondation, Jaymar continue simplement de faire ce qu'elle a toujours fait de mieux : fabriquer ici, ajuster son geste aux usages d'aujourd'hui, prendre soin du produit comme des artisans.
Ici, le confort est un engagement, une manière de tenir, peut-être même une résistance. Et la suite s'écrira comme le reste : un geste concret et humain à la fois.


american-biltrite.com/couvre-planchers Siège social Sherbrooke, Québec, Canada
Maison mère Wellesley Hills, Massachusetts, États-Unis
Année de fondation 1913
Nombre d'employés 296 à Sherbrooke Production locale 87 % fabriquée au Canada Matériaux + composantes d'origine canadienne 71 % Territoires desservis Canada, États-Unis, Europe, Australie, Amérique latine
Ventes par région Canada 17 % États-Unis 80 %
Europe 1 %
Australie 1 %
Amérique latine 1 %
« Cent ans d'histoire et encore la même gouvernance familiale, la même rigueur, le même ancrage. »
En sol canadien
Dans un monde industriel marqué par l’instabilité des chaînes d’approvisionnement et la pression sur les coûts, fabriquer au Canada relève désormais d’un véritable parti pris stratégique.
Depuis 1913
Chez American Biltrite, solidement implantée à Sherbrooke depuis 1913, cette orientation n’a rien d’un héritage figé ni d’une posture. Elle structure l’organisation, les investissements et la vision à long terme.
En spread précédent Produit ABPURE, projet Greenstone, Australie
01 Fort de ses 296 employés, l'entreprise s'inscrit dans l'écosystème de la région depuis 112 ans
02 + 03 Produit Texas Granite, projet UVA Hospital, Virginie, États-Unis, 2020
© Halkin Mason Photography
04 L'usine, après 1951, sise aux rives de la rivière Magog au cœur de Sherbrooke


Une maison habitée
Au début du XXe siècle, portée par l’hydroélectricité et le rail, Sherbrooke s’impose comme un pôle industriel canadien en devenir. C’est dans ce contexte qu’American Biltrite ouvre son usine au Canada, quelques années après sa fondation au Massachusetts par la famille Marcus.
Si American Biltrite était un paysage canadien, ce serait, selon la cheffe de produit et stratège marketing Laurence Aubé-Comeau, « une maison solide dans un paysage d’hiver, où l’on devine, à travers les fenêtres éclairées, l’activité et la créativité d’un groupe uni ».
Plus d’un siècle après son implantation aux abords de la rivière Magog, la maison tient toujours debout. Même gouvernance familiale, même rigueur, même ancrage manufacturier. Les fenêtres restent allumées, mais l’intérieur évolue : les savoirfaire circulent, les outils se modernisent, et l’entreprise investit pour préparer la suite, sans jamais rompre avec ce qui la fonde.
Investir pour rester compétitif
Pour American Biltrite, la compétitivité commence sur le plancher de production. À Sherbrooke, plus de 10 millions de dollars ont été investis afin de moderniser et d’automatiser une ligne stratégique de couvre-planchers, et d’en doubler la capacité. Un chantier déployé sur deux ans, pensé pour soutenir la croissance sans compromis sur la qualité ni la fiabilité. Une croissance organisée, assumée, inscrite dans le temps long.
Décider avec méthode
Derrière cette posture industrielle se trouve une manière de décider. Ici, l'analyse guide les décisions. Les données deviennent des tendances, les tendances orientent les choix, et les choix s’inscrivent dans une trajectoire cohérente.


« American Biltrite c'est une maison solide dans un paysage d’hiver, où l’on devine, à travers les fenêtres éclairées, l’activité et la créativité d’un groupe uni ».
Quand l’innovation rencontre l’usage
Cet alignement devient tangible dans les produits offerts et les usages qui en déclinent. Dans le commerce de détail, American Biltrite s’inscrit dans la vague de remplacement des carreaux de vinyle composite (VCT), coûteux à entretenir et dépendants de la cire. Les carreaux de vinyle solide (SVT), sans cire et plus stables dans le temps, conjuguent durabilité, simplicité d’usage et une esthétique plus actuelle.
Ces solutions ont récemment trouvé un terrain d’application concret dans les réseaux de détail alimentaire, notamment au sein de bannières IGA. Voilà un exemple
parlant de la capacité d’un manufacturier canadien à accompagner, avec fiabilité, des réseaux comptant des centaines de succursales.
Cette capacité à répondre à des contraintes concrètes dépasse aujourd’hui le marché canadien où American Biltrite s’appuie sur Centura pour une représentation d’un océan à l’autre. Les produits développés à Sherbrooke trouvent des relais naturels à l’international, portés par des partenaires ciblés en Amérique du Sud, en Italie et en Australie, ainsi que par des marques privées en Angleterre et en France.

Là où l’exigence devient un standard
Les environnements hospitaliers et scolaires ont longtemps servi de banc d’essai, et la réputation du manufacturier canadien n’y est plus à faire. La rigueur développée à Sherbrooke dans ces contextes exigeants accompagne aujourd’hui l’expansion vers des marchés internationaux sensibles aux mêmes critères de durabilité.
Et cette ouverture sur de nouveaux marchés s’étend également du côté des tuiles électrostatiques, dont la demande s’accélère avec l’essor des infrastructures numériques. « Les centres de données imposent des solutions capables de contrôler l’électricité statique sur le long terme. C’est un créneau en pleine expansion, où notre précision manufacturière devient déterminante », explique Laurence.

05 Produit ABPURE, projet Greenstone, Australie
06 Produit Texas Granite, projet Bethel School, Caroline du Sud, États-Unis, 2022
07 Produit Texas Granite, projet IGA Couture, Sherbrooke, Canada, 2025 © Martin Blache
Rassembler les talents
Ici, le leadership se raconte à travers une image simple : « le sirop d’érable dans un repas de cabane à sucre », celui qui relie sans uniformiser.
Cette culture s’enracine dans l’environnement industriel de Sherbrooke, marqué par la proximité universitaire et une forte expertise en chimie et en matériaux. Un écosystème qui alimente à la fois la rigueur des procédés — American Biltrite fut la première usine de caoutchouc en Amérique du Nord certifiée ISO 9001 — et la transmission des compétences.
Une culture en partage
À cette grande table où coule le sirop d’érable se regroupent des stagiaires issus des universités de la région, des travailleurs d’expérience qui choisissent de demeurer actifs à temps réduit en formant la relève, ainsi que des talents recrutés à l’international, notamment à Madagascar, à l’Île Maurice et en France. Des parcours différents, réunis par une même attention portée à l’intégration. Une manière très canadienne de faire les choses : accueillir, transmettre, bâtir ensemble, sans effacer ce qui distingue chacun.
Bâtir la suite
Depuis plus d’un siècle, American Biltrite fabrique ici avec constance. Une maison solide, des fenêtres allumées, une table où chacun a sa place. Si le passé a démontré la robustesse des fondations du fleuron canadien, l’avenir se joue désormais dans sa capacité à investir, à s’adapter et à faire évoluer un modèle industriel toujours ancré ici, et ouvert à de nouvelles frontières.


Sid Tetz
Vice-président, CGC Inc. + Directeur général, IBP

cgcinc.com
Siège social Oakville, Ontario, Canada Maison mère USG Corporation, Chicago, Illinois, États-Unis
Année de fondation 1907
« Nous sommes le gypse sur lequel le pays est bâti. Une organisation solide comme le roc qui, à l'image des veines que nous exploitons, demeure reliée à de nombreuses autres couches sédimentaires. »
Ce que les murs racontent
Sid Tetz a grandi en Alberta avec une ambition typiquement canadienne : la LNH. Le rêve n'a pas tenu, mais le fil conducteur, lui, est resté : le moteur, la discipline, l'esprit d'équipe. Aujourd'hui, ces instincts s'expriment dans une autre arène : celle qui consiste à bâtir le Canada. Chez CGC Inc., le plus grand fabricant canadien de matériaux de construction à base de gypse et de plafonds de performance, Sid Tetz contribue à la gouvernance d'une entreprise dont le nom est associé depuis plus d'un siècle à la façon dont ce pays se construit.
Nombre d'employés 1100 Territoires desservis Canada, États-Unis
D'un océan à l'autre
Fondée en 1907 sous le nom de Canadian Gypsum Company, CGC déploie aujourd'hui un héritage qui couvre les panneaux de gypse, les produits de finition intérieure, les plafonds de performance et les systèmes de profilés d'acier, soutenu par un réseau national de fabrication et de distribution conçu pour servir les Canadiens d'un océan à l'autre.

Sid Tetz est un homme de famille attaché à la qualité des liens, qui prend son café au sérieux et dirige avec attention, franchise et intention.
Avec l'acquisition d'IBP, fabricant de profilés d'acier et d'accessoires, en septembre 2025, il assume désormais à la fois la vice-présidence de CGC Inc. et la direction générale d'IBP. À ce double titre, il participe à la manière dont CGC accompagne la prochaine phase de la construction canadienne et des objectifs en matière d'habitation.
Grâce à un investissement de 325 millions de dollars dans de nouvelles installations à Wheatland, en Alberta, et dans la carrière revitalisée de Little Narrows, en NouvelleÉcosse, CGC augmente sa capacité de production, rapproche celle-ci des chantiers, réduit les délais de livraison et renforce la fiabilité de son approvisionnement.
La chronologie de l'innovation chez CGC se lit presque comme l'histoire même de la construction au Canada : les panneaux de gypse de marque Sheetrock® en 1917, le panneau ciment Durock® dans les années 1950, le panneau Fiberock® composé à 95 % de matériaux recyclés en 1995, et, plus récemment, en début d'année 2025, le Sheetrock® UltraLight PRO, le panneau de gypse de demi-pouce le plus léger et le plus résistant jamais produit par l'entreprise.
L'avancée actuelle s'inscrit dans cette même logique. « Nous voulions réduire le poids sans compromettre la performance acoustique ou la résistance au feu », explique Sid Tetz. Le résultat s'installe plus facilement, performe mieux et fait avancer les objectifs de durabilité de CGC.
« Plus nous maîtrisons l'ensemble du système, mieux nous pouvons fournir les bonnes réponses. »
Le système au complet
Avec un portefeuille de matériaux désormais déployé d'un bout à l'autre du pays, CGC se positionne comme un partenaire de confiance, capable d'offrir l'assemblage complet de murs et de plafonds. Pour un architecte ou un rédacteur de devis, cela se traduit par moins de présomptions et des résultats plus prévisibles. « Plus nous maîtrisons l'ensemble du système, mieux nous pouvons fournir les bonnes réponses », résume-t-il.
En spread précédent CIBC Square Tower, Wilkinson Eyre and Adamson Associates, Toronto, Ontario, 2021
© Mark Olson Photography
01 The BMO Centre, Stantec Architecture en collaboration avec Populous + S2 Architecture, Calgary, Alberta, 2024
© Tom Harris Architectural Photography
02 Installation du chargeur de navires de pointe sur le quai de 183 mètres (600 pieds), qui intègre la mesure en temps réel du calibre de la roche et le suivi de la qualité au chargement du gypse, Little Narrows, Nouvelle-Écosse, 2026
03 Archive historique de Little Narrows
Retour à la roche
En 1907, CGC extrayait du gypse en Nouvelle-Écosse et expédiait la pierre brute vers le sud. En 2016, alors que le gypse synthétique offrait des avantages en matière de coût et de constance, l'entreprise ferma la carrière de Little Narrows, au Cap-Breton. Lorsque les centrales au charbon qui le produisaient ont commencé à fermer, la roche naturelle, et particulièrement le gypse de haute pureté de Little Narrows, est redevenue la source la plus fiable et la plus durable disponible.

Une renaissance
Un investissement de 104 millions de dollars ramène la carrière à la vie, avec une pleine activité prévue d'ici la fin de l'année. Pour les architectes et les designers, le retour à une source naturelle, locale et canadienne rappelle le rôle que joue la sécurité d'approvisionnement dans la planification de projets à long terme.
L'Ouest, plus proche À l'autre extrémité du pays, une usine de panneaux de gypse de 210 millions de dollars doit ouvrir cet été dans le comté de Wheatland, en Alberta. Sixième usine de fabrication de CGC, elle sera aussi la plus durable. Alimentée à l'énergie solaire et conçue selon une logique de zéro déchet à l'enfouissement, elle desservira l'Ouest canadien par camion et par train.
« Wheatland libère le potentiel », résume Sid Tetz. Après des années de délais prolongés et de pressions liées à la distance, l'usine rapproche la production du marché de l'Ouest et soutient un pays qui cherche à se sortir de la crise du logement en construisant.
Terre natale
Pour Sid Tetz, voir cette usine s'élever en Alberta a une portée personnelle. C'est ici qu'il revient se ressourcer. À Canmore, plus précisément, où les montagnes l'inspirent autant qu'elles le ramènent à l'humilité.


Là où se jouent les décisions difficiles
L'empathie, selon lui, est une valeur canadienne fondatrice. « Faire des affaires au Canada, ça se vit différemment » , observe-t-il. Cette posture façonne la manière dont CGC évolue dans l'industrie de la construction.
Elle se révèle aussi dans des chantiers complexes, là où la performance ne laisse aucune marge d'erreur. Au Lions Gate Hospital, en Colombie-Britannique, un bâtiment situé en zone sismique, exposé à une forte humidité et soumis à des exigences acoustiques élevées, les systèmes de CGC ont accompagné le projet depuis les profilés extérieurs jusqu'aux assemblages muraux et aux plafonds de performance.
« Les bons produits, aux bons endroits. »
Ni vu, bien connu
« Les bons produits, au bon endroit » , résume-t-il. L'aéroport international de Calgary illustre bien cette philosophie. L'usine de CGC à Oakville y a fabriqué sur mesure des systèmes de plafonds répondant aux exigences précises d'un environnement à très fort achalandage. Le même savoir-faire se retrouve à la tour CIBC Square 1, à Toronto, conçue par Wilkinson Eyre et Adamson Associates en 2021. CGC y a fourni le système de plafond métallique à emboîtement Celebration™ ainsi que le système de plafond acoustique en panneaux de gypse Ensemble™, pour l'un des plus importants ensembles de bureaux commerciaux du pays.
« Nous voulons innover dans un domaine que l'on tient souvent pour acquis, et c'est précisément ce qui rend notre travail créatif à sa manière », souligne Sid Tetz. Pas étonnant que CGC ait obtenu la certification Great Place to Work® deux années consécutives. Le produit se fait discret, la culture, beaucoup moins.
Les coutures qui relient
Demandez à Sid Tetz quel paysage canadien ressemble le plus à CGC, et il ne cherche pas la métaphore. Il va directement à la géologie. « Nous sommes le gypse sur lequel le pays est bâti. Une organisation solide comme le roc qui, à l'image des veines que nous exploitons, demeure reliée à de nombreuses autres couches sédimentaires. »
Les chiffres, eux, racontent leur propre géologie. Près de 120 ans dans les maisons canadiennes. Plus d'un millier d'employés. Quinze sites d'un océan à l'autre. Un investissement de 325 millions de dollars dans une fabrication durable et locale.



04 L'usine ultramoderne de CGC à Wheatland établit une nouvelle référence en matière de fabrication durable, Wheatland, Alberta, 2026
05 The Post, Musson Cattell Mackey Partnership, Vancouver, Colombie-Britannique, 2023
© Tara Callaghan Photo
06 Lions Gate Hospital Acute Care Facility, HDR Architecture Associates Inc, North Vancouver, Colombie-Britannique, 2025
© Brett Ryan Studios
07 Ontario Court of Justice Toronto, NORR Architects & Engineers Limited + Renzo Piano Building Workshop, Toronto, Ontario, 2023
© Scott Norsworthy Photography Inc

Alex Lacroix
Copropriétaire + directeur des ventes


rocbase.com, granitplus.com
Siège social + maison mère St-Sébastien-de-Frontenac, Québec, Canada
Année de fondation 1989 (Granit Plus) 2011 (Roc-Base) Nombre d'employés 45 Production locale 100 % fabriquée au Canada Matériaux + composantes d'origine canadienne 50 % (Granit Plus) 100 % (Roc-Base) Territoires desservis Canada, États-Unis Ventes par région Canada 90 % États-Unis 10 % (Granit Plus) Canada 80 % États-Unis 20 % (Roc-Base)
« C'est une histoire de famille d'abord. On travaillait déjà la pierre, nous avons développé une base de douche pour que notre grand-père vieillisse dans le confort de son chez-soi. »
Le roc à la base
Il y a des héritages qu'on reçoit, et il y a ceux qu'on transforme. Chez les Lacroix de Granit Plus, les deux se font à la fois. Ici, tout part de la pierre.
La famille instigatrice
Et c'est d'un besoin familial très humain, celui de garder un grand-père dans sa maison le plus longtemps possible, qu'est née Roc-Base, une base de douche en pierre naturelle aujourd'hui distribuée au Canada et aux États-Unis. Alex Lacroix, copropriétaire et directeur des ventes, nous raconte le récit.
En spread précédent Salle de bains
des maîtres, Design : Sanfaçon Design
© proaction photo
01 Antonello de Granit Plus
02 Salle d'eau, Design : Sanfaçon Design
© proaction photo
03 Dirigeants actuels, de gauche à droite : Rock, Pierre, Yvan, Alex, Francis, Kevin Lacroix
04 Armand Lacroix, patriarche de la famille Lacroix
« Ce n'est pas seulement un comptoir de granit, c'est bien plus que ça. »
Dans la mine, déjà
Au début des années 1950, l'arrièregrand-père d'Alex travaille dans la carrière de granit de son village, dans ce coin de l'Estrie qu'on appelle le MRC du Granit. La pierre qu'il extrait prend le chemin des plus grands chantiers au Québec, dont l'Oratoire Saint-Joseph de Montréal. C'est en 1962 qu'il fonde avec ses fils A. Lacroix et Fils. L'entreprise collabore alors à des projets d'envergure, comme la tour IBM à Manhattan dans les années 1970.
Deux générations plus tard, ses trois petits-fils, Pierre, Roch et Yvan, fondent Moderne Granit. Pierre et Roch dans le MRC du Granit… Ça ne s'invente tout simplement pas.
Du garage à la marque
En 1989, la fabrication de comptoirs débute derrière la maison d'Yvan, avant de passer rapidement à l'échelle industrielle. Un procédé breveté et une qualité supérieure changent la perception du produit. Sur le terrain, les clients le disent eux-mêmes :
« Ce n'est pas seulement un comptoir de granit, c'est bien plus que ça. »

En 1992, Moderne Granit change sa raison sociale pour devenir Granit Plus. Le nom circule, s'ancre, puis devient une référence dans son domaine. On compte trois innovations marquantes à leur actif : ce procédé breveté de 1989, aujourd'hui utilisé partout au Québec, le joint aveugle Spectra conçu en 2007, et Roc-Base, lancé en 2011.
La relève prend sa place Vingt-deux ans plus tard, la relève arrive, jeune et décidée. Alex rentre d'une immersion anglophone en Nouvelle-Zélande, déterminé à s'investir dans l'entreprise. Son frère Francis se lance dans l'ouverture d'un showroom à Québec, et son cousin Kevin prend ses aises sur le plancher de l'usine. On est alors en 2011.
Un geste d'amour, une invention En parallèle, un autre récit, plus intime et tout aussi décisif, se trame. Le grand-père Lacroix perd de l'autonomie. La douche devient un obstacle, un risque quotidien.
La famille réfléchit. Ils fabriquent déjà dans la pierre. Pourquoi ne pas concevoir une base de douche de plain-pied adaptée pour vieillir chez soi ?
L'idée est née, reste à y trouver son marché. C'est le défi que les fondateurs lancent à la relève : « Prenez Roc-Base, et faites-en quelque chose ! »



Une rupture tranquille
Roc-Base repose sur une idée simple : une base ultra-mince de 30 mm, en granit ou en quartz, sans joint ni colle, avec drain intégré. Dans une industrie dominée par la céramique, c'est un changement discret, mais structurant.
Première base de douche nord-américaine à ne nécessiter aucune modification du plancher, elle est certifiée ADA et pensée pour les personnes à mobilité réduite. Et puisque granit et quartz sont des conducteurs de chaleur, elle est compatible avec le chauffage radiant.

La pierre est patiente
Changer les habitudes prend du temps. Le marché nord-américain reste fortement ancré dans le bain-douche, surtout hors Québec. En 2016, l'obtention d'une certification CSA change la donne : elle ouvre les portes du marché commercial et donne à Roc-Base la crédibilité nécessaire pour être prescrite.
La croissance se construit patiemment, un détaillant à la fois, des provinces maritimes jusqu'en Colombie-Britannique, puis aux États-Unis, en Nouvelle-Angleterre, dans le Midwest et en Californie. Ce qui ne comptait que cinq détaillants à ses débuts en rassemble aujourd'hui plus de 70.
Fait ici, jusqu'à la grille
Chez Roc-Base, le « fabriqué ici » est plus qu'une valeur d'entreprise, c'en est la raison d'être. « La collaboration avec les fournisseurs locaux demeure non négociable », dit Alex. Le quartz vient de l'Ontario. Le granit, des carrières de Portneuf, du Saguenay ou des Appalaches. Et la grille du drain ? Fabriquée dans le village d'à côté, à moins de cinq kilomètres de l'usine de Saint-Sébastien.
« La collaboration avec les fournisseurs locaux demeure non négociable.
»
De Lévis aux Hamptons
Aujourd'hui, la portée de Roc-Base se mesure en projets. À Lévis, un Quality Inn de 94 unités a choisi la base de douche québécoise pour l'ensemble de ses salles de bain. À Toronto, pour une résidence pour aînés de 140 unités, les concepteurs ont retenu Roc-Base pour sa durabilité et son accessibilité universelle. Dans les Hamptons, des projets de douches extérieures se profilent, portés par un intérêt croissant pour des matériaux nobles capables de résister aux éléments.

L'instinct comme boussole
Penseur nocturne, Alex compense le jour à sa manière : un café pris comme il vient, un bonjour à chacun, et le reste suit.
Si Roc-Base naît de l'humain, de l'amour et de l'instinct, c'est que suivre son intuition est dans l'ADN de la famille. « Entreprendre, c'est se lancer dans le vide. Si quelque chose te dit de sauter, tu sautes. Il n'y a rien de pire que d'hésiter et de vivre avec le remords de ne pas s’être lancé. Au pire, tu tombes, tu te relèves et tu apprends. »
Taillé pour durer
Quatre générations à bâtir du solide, ça ne s'improvise pas. La spécialisation est totale et assumée : que de la pierre, sous toutes ses formes. Et la pierre n'a jamais cessé d'inspirer cette famille aux idées de roc.
06
Denis Benoit Co-propriétaire + président

François St-Pierre Co-propriétaire + vice-président ventes

literielaurier.com
Siège social + maison mère Montréal, Québec, Canada
Année de fondation 1938
Nombre d'employés 45
100 % fabriquée au Canada
Matériaux + composantes d'origine canadienne 55%
Territoires desservis Canada, États-Unis
Ventes par région Canada 80 %
États-Unis 20 %
« On a toujours été relationnels, jamais transactionnels. » À Anjou se joue l’Amérique
Quand l’usine d’Anjou se vide, François St-Pierre reste. Il traverse les allées entre les matelas finis, les matières et les projets en cours. Un moment non négociable dans sa journée. « C’est là que je prends le pouls et que je pense à ce qui s’en vient. »
Avancer avec méthode
Après près de 90 ans d’existence, Literie Laurier lit son marché, ajuste ses créneaux et avance avec méthode. « On a toujours été relationnels, jamais transactionnels. » Une manière de faire qui privilégie la continuité plutôt que la simple performance de volume.
01 + 04 Les artisans à l'œuvre à l'usine d'Anjou
02 Modèle Malia, Collection Harlequin™


Un leadership à deux temps
La continuité s’inscrit aussi dans une trajectoire familiale. Petit-fils du fondateur, François St-Pierre rejoint l’entreprise au début des années 1990, formé en administration et déterminé à la faire évoluer. En 1995, il s’associe à Denis Benoit. Ensemble, ils font l’acquisition de l’entreprise fondée par le grand-père de François et de celle de l’oncle de Denis, puis fusionnent les opérations des compétiteurs. Une décision structurante qui consolide la base artisanale tout en propulsant la croissance.
Puis il y a Harlequin™. Cette collection ajustable protégée par un brevet mondial, intégrant la technologie directement au matelas plutôt qu’à la base. Une innovation qui permet de transformer n’importe quel lit en surface ajustable sans altérer son design. La prochaine génération s'annonce encore plus intégrée. Au programme : commandes vocales, application dédiée et capteurs analysant les paramètres du sommeil en temps réel. Si des ronflements sont détectés, le système ajustera subtilement l'inclinaison pour faciliter la respiration, sans réveiller le concerné. En page précédente + 03 Modèle Virtuose, Collection Harlequin™
Penseur nocturne assumé, François complète le rythme plus matinal de son associé. Depuis près de trente ans, les décisions se prennent à deux voix, entre l’écoute, l’observation, l’analyse et l’instinct. Le confort, d’un océan à l’autre À Anjou, les matelas sont entièrement conçus et fabriqués sur place. Vingt-quatre paires de mains interviennent dans leur production, du choix des composantes à
la finition. Le sur-mesure demeure central. Qu’il s'agisse de produits conçus pour des détaillants, des marques privées ou des projets hôteliers, la conversion prévaut.
Cette approche se reflète dans la collaboration avec le Groupe Germain, qui confie depuis plus de dix ans à Literie Laurier la fabrication des matelas des hôtels Alt et Le Germain au Canada. Dans ce segment, la constance est essentielle. Le confort doit être reproductible à Montréal comme à Calgary. La relation s’inscrit dans la durée. La maîtrise des matières
Depuis les années 1970, Literie Laurier cultive également un créneau haut de gamme fondé sur le latex naturel et des matières comme le crin de cheval, la laine, le coton ou la soie. Le procédé de cuisson du latex, réalisé sans injection d’air, assure une densité stable et une longévité supérieure. Les modèles développés à Anjou sont conçus pour conserver leur structure bien au-delà de quinze ans et se durcissent au lieu de s'affaisser avec le temps.
Brevetée et assumée

L’Amérique en jeu
Et c’est cette capacité à intégrer l’innovation sans diluer le savoir-faire qui structure aujourd’hui le développement de l’entreprise, de part et d’autre de la frontière.
« On sent que certains joueurs américains ont le pied sur le frein », observe François St-Pierre. « De notre côté, on maintient notre vitesse de croisière. Et dans le haut de gamme, on accélère. »
Ce segment, aux États-Unis comme au Canada, ne montre aucun signe d’essoufflement. Les consommateurs investissent dans la qualité, la durabilité et l’intégration technologique. Harlequin™ s’inscrit pleinement dans cette dynamique.
« De notre côté, on maintient notre vitesse de croisière. Et dans le haut de gamme, on accélère.
»


Développer des marchés clés
Déjà distribuée dans 23 États, la collection poursuit son expansion. L’arrivée du directeur des ventes Ronnie Bergh, fort d’une expérience acquise auprès de l’élite de Hästens, vient structurer le développement aux États-Unis. En ligne de mire : une percée dans des marchés clés tels que Dallas, Atlanta, New York, Los Angeles, Orange County, Nashville et Chicago, en s’appuyant sur un réseau de détaillants de mobilier contemporain, du milieu haut de gamme à l’ultra-luxe, ainsi que sur les prescripteurs — architectes et designers.
Un écosystème en action
En parallèle, le Canada reprend une place stratégique plus affirmée. Soutenue par Investissement Québec et la BDC, l’entreprise intensifie sa présence auprès du réseau professionnel.
En Ontario, plus de quarante détaillants ont récemment été réunis lors d’une présentation organisée conjointement par le fabricant de mobilier Natart, le rembourreur Furnirama et Literie Laurier. L’objectif ? Parler d’une seule voix à un même public, et démontrer la solidité d’un écosystème manufacturier canadien capable de répondre à des projets complets. Une missive similaire est prévue dans l’Ouest canadien. « Le Canada reste notre base. L’Amérique du Nord est notre terrain » , affirme François.
Relief et cohérence
Si Literie Laurier devait se définir par un paysage, François évoque la région de Charlevoix. Exceptionnelle, longtemps perçue comme un secret bien gardé. « Du relief. Du caractère. Et surtout, du bon monde. »
Il compare son style de leadership à une assiette bien composée : une bisque de homard de Terre-Neuve, du pain artisanal du Québec, des légumes de l’Ontario, un filet mignon de l’Alberta et un crumble aux petits fruits de la Colombie-Britannique. Une vision rassembleuse où chaque ingrédient conserve sa place tout en contribuant à un ensemble cohérent.

Mesurer la trajectoire
Literie Laurier avance ainsi, en intégrant artisanat, innovation, ancrage local et développement continental, sans que l’un ne prenne le dessus sur l’autre. Et chaque soir, avant de quitter l’usine, François St-Pierre en mesure la trajectoire, éteint les lumières et verrouille les portes.
« Le Canada reste notre base. L’Amérique du Nord est notre terrain de jeu. »


Alain Belzile Vice-président automatisation

Charles-Antoine Gauvreau Directeur général

vanico-maronyx.com
Siège social + maison mère Terrebonne, Québec, Canada Année de fondation 1980
Nombre d’employés 75 Production locale 97 % fabriquée au Canada
Matériaux + composantes d’origine canadienne 27 % Territoires desservis Canada, États-Unis
Ventes par région Canada 88 % États-Unis 12 %
« J’ai toujours voulu grandir dans l’entreprise que mon père avait fondée. L’enfant de 10 ans serait fier de voir où j’en suis. »
Un cycle nouveau
Entre le moment où son réveil sonne et celui où il pose le pied à l'usine de Terrebonne, Charles-Antoine Gauvreau ne dit pas un mot. « Je suis en mode préparation mentale », confie-t-il en riant. À l'usine de Vanico-Maronyx, le silence cède. Le directeur général entame son tour des 78 000 pieds carrés, salue les employés, observe. Ce qu'il cherche, c'est prendre le pouls. Sentir, en peu de temps, ce qui va et ce qui ne va pas. C'est sa façon d'écouter une maison qui compte 75 personnes et 45 années d'histoire.
La saveur du leadership
Si on lui demande à quoi ressemble son leadership, Charles-Antoine répond : un cipâte. Un plat en couches, qui demande du temps et de la constance. On aligne les bonnes expertises, on bâtit sur le long terme, et on vise quelque chose de rassembleur. Cette année, dans cette maison fondée par son père en 1980, il pose une toute nouvelle couche : une collection de mobilier conçue spécialement pour la salle de lavage.


La pièce qui manquait
La salle de lavage a longtemps été pensée comme une arrière-pièce, un espace utilitaire qu'on cache derrière une porte. Elle s'invite aujourd'hui dans les projets résidentiels haut de gamme comme une pièce à part entière, et les manufacturiers québécois tardent à suivre. C'est précisément cette niche que Vanico-Maronyx vient occuper avec Cycle, sa nouvelle collection complète dédiée à cet espace. « Personne au Québec n'offre une collection aussi complète », explique le directeur général. Sections lavage, rangements pensés pour l'électroménager, mobilier intégré, structure, design : tout y est étudié avec la même exigence que ce qu'on apporte à la salle de bain depuis quatre décennies.
« Personne au Québec n'offre une collection de mobilier de salle de lavage aussi complète. »
Une maison qui change de mains
Pour Charles-Antoine, ce projet a une charge particulière. « C'est mon premier bébé à moi. La première couche dans le design instiguée et développée entièrement par la nouvelle génération. » Cinq ans de gestation, démarrés en pleine pandémie. Le timing patient d'un homme d'affaires qui ne brûle pas les étapes et qui inscrit l'entreprise familiale, de père en fils, dans une pièce qu'elle n'avait jamais habitée.
Complices toujours
Aux commandes avec son associé Alain Belzile, Charles-Antoine pilote aujourd'hui une maison dont son père, Robert Gauvreau, est devenu actionnaire minoritaire pour la première fois en 45 ans. Un passage de témoin sans tambour ni trompette, à l'image d'une maison qui se construit en couches. Le Charles-Antoine de dix ans, lui, sourirait : « Wow, tu as vraiment réussi à prendre la relève de l'entreprise familiale comme tu le voulais », dirait-il.

Le luxe dans le détail
Cycle n'est pas la seule nouveauté qui sortira de Terrebonne cette année. La collection Penthouse, vaisseau-amiral de la maison, s'enrichit de deux pièces pensées pour les clients les plus exigeants.
D'abord, la lingerie FurnSpin, dotée d'une quincaillerie signée Hettich, manufacturier allemand de réputation mondiale.
D'un geste, le caisson pivote sur lui-même pour révéler son contenu, puis se referme sur une façade épurée et sans poignée. Vanico-Maronyx compte parmi les premiers fabricants nord-américains à l'avoir intégré à sa collection.
Puis, une maquilleuse qui repense la pièce comme un véritable espace de soin : rangement à bijoux sécurisé, frigo à cosmétiques, miroir grossissant. Du contenu, de la fonction, du luxe — la signature Penthouse, poussée d'un cran.


Solide quand l'industrie tremble
Autour de la maison, la conjoncture frappe fort le meuble canadien. Les tarifs américains, eux, sont passés à 25 % depuis octobre. « On en absorbe la majeure partie », disait Charles-Antoine l'an dernier. La position tient toujours, mais elle coûte. « Nos ventes aux États-Unis ne sont pas en hausse. On a coupé nos marges de façon substantielle. La marge était plus grande au départ qu'au Canada, et tout a été grugé pour aider les clients américains. Un effort de guerre, comme on dit. »
Un modèle ancré
Pendant ce temps, la croissance se redéploie ici. Au Canada, les ventes représentent 88 % du chiffre d'affaires et la nouvelle collection Cycle élargit du même coup l'offre Vanico-Maronyx chez les centres de plomberie qui la distribuent déjà. Cet ancrage canadien n'est pas qu'une affaire de chiffres. Depuis 2005, l'entreprise est en partie détenue par ses propres employés, réunis dans une coopérative de travailleurs-actionnaires qui en est aujourd'hui le troisième plus grand bloc d'actionnaires. Le modèle vient de franchir le cap des 20 ans. Cette structure ancre Vanico-Maronyx dans le long terme. « On n'est pas dans des stratégies à court terme. On bâtit du solide et on bâtir sur ce qu'on a. »
Comme la Côte-Nord
Quand on lui demande de comparer Vanico-Maronyx à un panorama du pays, Charles-Antoine répond sans hésiter : à la Côte-Nord. Vaste, authentique, exigeante. Un territoire où tout ce qui se construit doit l'être pour durer. C'est aussi là qu'il va se ressourcer, en camping dans une Sépaq, en rivière, à taquiner la truite à la mouche. « Heureux sur le bord du fleuve à observer les baleines ! », s'amuse-t-il. Connecter avec l’authentique. Le vrai.
Pour l'architecte ou la designer qui spécifie un Vanico-Maronyx, c'est ce que le drapeau rouge apposé sur la pièce vient signifier : une maison qui conçoit et fabrique ici, qui prend le temps qu'il faut, et qui pose ses couches une à une.
« On bâtit du solide et on bâtir sur ce qu'on a. »
05 Double vanité Neolito, Collection Penthouse
06 Vanité Penthouse Plaza
07 Skyline, Collection Penthouse




Mille-et-un, mille-et-deux, mille-et-trois
Un architecte, Dan Hanganu, et douze chaises dessinées la nuit, dans le secret. Un rêve confié à son ami Ary Alavanthian : celui qu'un jour, il les produise. Quarante ans d'amitié entre deux hommes qui se reconnaissaient dans leur rigueur artistique. Presque dix ans après que Dan nous ait quittés, Ary tient la promesse. Mobz Art en est ce chapitre.
Remontons quelque 40 ans dans le temps. La représentante de Novus Lighting doit rencontrer un architecte pour un mandat d'éclairage. Elle est malade. Ary Alavanthian prend sa place. Esther, la coordonnatrice de production, l'accueille. Un homme rôde, écoute, ne se présente pas. Il entraîne Ary à la mezzanine et lui parle de fouilles archéologiques, de colons, de strates de temps enfouies sous la ville. L'homme, c'est Dan Hanganu. Le projet, Pointe-à-Callière.
En spread précédent Chaise Kétos par Dan Hanganu
01 Musée Pointe-à-Callière, Dan Hanganu Architectes, éclairage architectural par Novus
Lighting © Michel Brunelle
02 Pavillon de Design de l'UQAM, Dan Hanganu Architectes, éclairage architectural par Novus Lighting © Michel Brunelle
03 Carnet de dessins de Dan Hanganu
04 + 05 Dan Hanganu, 1939-2017

L'homme de la lumière
Ary Alavanthian a fondé Novus Lighting à Montréal en 1976. Au fil des décennies, l'entreprise s'est imposée comme premier fabricant canadien d'éclairage architectural personnalisé. Du Musée Pointe-à-Callière au Casino de Montréal, des Archives nationales à l'Abbaye Saint-Benoît-du-Lac, en passant par le World Trade Center à New York, Novus a signé l'éclairage de certains des espaces les plus exigeants de sa génération. L'architecte de l'essentiel
Fondateur de la firme Dan Hanganu Architectes en 1983, Dan Hanganu a consacré sa carrière aux projets culturels et communautaires : le Musée Pointeà-Callière, l'HEC Montréal, ainsi le Pavillon de Design de l'UQAM, inauguré en 1995 et récipiendaire en 2026 du Prix du XXe siècle de l'Institut royal d'architecture du Canada (IRAC). Exigeant jusqu'au bout, il ne soumissionnait que par concours. Nommé à l'Ordre du Canada, il nous a quittés en 2017, laissant Anca Hanganu gardienne de son legs.
Une pomme partagée
« Durant notre tout premier échange, tout bonnement, Dan avait sorti une pomme et un canif de sa poche et m'avait offert la moitié. » Rien de solennel : un geste simple, spontané, le signe d'une amitié qui venait de naître sans qu'on l'ait cherchée. Puis il l'entraîne au sous-sol voir la maquette de Pointe-à-Callière. « Je m'étais alors accroupi pour regarder l'intérieur par un œil à cinq pieds du sol. Il avait hoché la tête, posé une main sur mon épaule et dit: "Suis-moi. On a un long chemin à faire ensemble." »
Le même diapason
Ce chemin, fait autant d'architecture que d'amitié, durera des décennies, d'un projet d'éclairage architectural au suivant. La rigueur artistique des deux hommes se retrouve à chaque fois : Ary doit s'imprégner du lieu, reculer dans le temps, concevoir un éclairage qui semble avoir toujours été là. « Ma façon de travailler, c'est de prioriser le langage de l'architecte d'abord et avant tout, dit Ary. Je le rejoins religieusement. Dan était dans le top du top. Pas d'équivalent dans sa façon de penser. »
« Dan était dans le top du top. Pas d'équivalent dans sa façon de penser.





De minuit à six
L'amitié se poursuit. En 2005-2006, Dan achète « 1000 Chairs », cette encyclopédie du siège à travers les âges. Il le lit en entier et sa conclusion est nette : il en dessinera la 1001e. Celle que personne n'avait imaginée, ni à Babylone, ni de nos jours. Il remonte quatre mille ans d'histoire pour s'en assurer. Puis il attend que la lune monte sur le Vieux-Montréal, que les rues se taisent. Et il la dessine, ainsi que onze autres. En visio, Anca sourit complice. Décidément, elle s’en souvient bien. « Et je vais vouloir que tu les fabriques, dira-il à Ary. Et je sais que tu ne vas pas tricher. »
Rémus, Kétos, Levon
Les carnets que Dan a laissés racontent l'ampleur du travail : croquis, plans développés, maquettes en carton, tous organisés avec soin. Rencontrons Rémus, Kétos et Levon, numérotés 1001, 1002 et 1003. Des pièces que Dan lui-même qualifiait d'inclassables car elles n'appartiennent à aucune période, ne ressemblent à rien de connu. « Certaines personnes sont dérangées devant elles, dit Ary. Comme si elles perdaient leurs repères. C'est exactement ce que Dan voulait. »
Sans compromis
L'édition est limitée à 500 exemplaires par modèle. Le bois est dur, en chêne ou en noyer. Le reste, cuir ou tissu, finition, hauteur, profondeur, se règle en dialogue avec le client. Tant que la rigueur artistique et la qualité qu'avait envisagées Dan sont préservées, le modèle s'adapte.
Chaque chaise est fabriquée à la main, et sans compromis, par trois artisans, à Montréal. Le rembourrage est cousu selon une technique empruntée à la sellerie équestre : trois piqûres à deux aiguilles passant dans le même trou en même temps. Un procédé choisi pour sa pérennité, pensé pour traverser les générations.





Et au-delà
Voilà que cette douce folie que Dan avait confiée à son ami est devenue une collection posthume qui s'adresse aux connaisseurs : ceux qui sauront reconnaître l'œil, la vision et l'exigence singulière d'Hanganu dans chaque ligne, et apprécier la rigueur de manufacture dans chaque piqûre.
«
Certaines personnes sont dérangées devant elles. Comme si elles perdaient leurs repères.
C'est exactement ce que Dan voulait. »
La suite
Et l'ambition d'Ary dépasse ces trois premiers modèles : l'objectif est d'éditer l'ensemble des douze chaises dessinées par Dan, chacune en édition limitée de 500 exemplaires numérotés.
Merci, Ary. Merci, Anca. Pour la promesse tenue. Pour la mémoire gardée.
06 Rémus, chaise # 1001 dessinée par Dan Hanganu, une édition limitée de Mobz Art 07 Kétos, chaise # 1002 dessinée par Dan Hanganu, une édition limitée de Mobz Art 08 Levon, chaise # 1003 dessinée par Dan Hanganu, une édition limitée de Mobz Art 09-14 Chaises # 1004 à # 1009 dessinées par Dan Hanganu, une édition limitée de Mobz Art © Anca Hanganu




David Larivière Vice-président exécutif

germainlariviere.com
Siège social + maison-mère Saint-Hyacinthe, Québec, Canada
Année de fondation 1957
Nombre d'employés 200
Production locale 80 % du mobilier distribué est fabriqué au Canada Territoires desservis Québec, Ontario

De gauche à droite
Karim Benhamioud Directeur Gestion propriété
David Gagné-Vallé Directeur Gestion propriété
Martin Andreoli Vice-Président, division commerciale
Davide Pecora Directeur des Ventes
« Dans un projet de 400 unités, c'est surtout l'électroménager qui se copie-colle d'un appartement à l'autre. C'est le cœur de notre modèle B2B. »
Au cœur de vos projets les plus ambitieux Dans l'industrie du bâti et des intérieurs, un manufacturier conçoit et produit. Un promoteur bâtit et livre. Entre les deux, quelqu'un s'assure que les six cents électroménagers commandés arrivent dans le bon ordre, au bon étage, le bon jour.
Un modèle d'affaires
Depuis 2012, c'est précisément ce maillon que la division commerciale de Germain Larivière occupe, avec Martin Andreoli à sa tête et une quarantaine de spécialistes derrière lui.
01 + 02 Mellem Grace Dart, un projet de Maître Carré, Montréal, Canada © Maître Carré
03 Rendu 3D de la nouvelle salle de montre dédiée aux bâtisseurs et ouverte à Laval cette année
04 + 05 + 06 La nouvelle salle de montre dédiée aux bâtisseurs et spécificateurs présente un amalgame de marques pour tous les besoins

L'électroménager des grands chantiers
Pendant longtemps, au Québec, les électroménagers ne pouvaient pas être intégrés au financement hypothécaire des unités résidentielles, contrairement à ce qui se faisait ailleurs au pays. Quand les règles ont changé, les promoteurs ont vite saisi l'occasion : contrôle des installations, uniformité des garanties, gestion simplifiée. C'est dans cette brèche que Germain Larivière a lancé sa division commerciale en 2012.
« Dans un projet de 400 unités, c'est principalement l'électroménager qui se copie-colle d'un appartement à l'autre. C'est le cœur de notre modèle B2B », explique Martin. Équiper 400 unités, livrées au bon étage, au bon moment, branchées, testées et garanties : la division en a fait son métier, équipant aujourd'hui des tours de condos de luxe, des résidences pour aînés, des résidences étudiantes et de grands ensembles résidentiels au Québec et en Ontario.
Une croissance qui s'inscrit dans la vision du fleuron canadien, qui multiplie les initiatives destinées au marché des grands projets résidentiels.

Une enseigne bien établie
Le pari s'appuie sur des fondations solides. Fondée à Sainte-Rosalie en 1957, Germain Larivière est aujourd'hui l'un des principaux détaillants québécois en mobilier et électroménagers. Fondée par leur père et aujourd’hui dirigée par Jean Larivière, président, et David Larivière, viceprésident exécutif, l'entreprise compte plus de 200 employés, trois magasins et un centre de distribution de 250 000 pieds carrés à Longueuil.
Cap sur Laval
Cet automne, Germain Larivière inaugurera à Laval la plus grande salle de montre dédiée aux bâtisseurs au pays. Conçu selon une approche store-in-store, cet espace de 3 000 pieds carrés permettra aux promoteurs, architectes et designers de comparer, manipuler et voir fonctionner les appareils qui équiperont leurs futurs projets.
Pour David Larivière, ce lieu pensé pour les professionnels du milieu vise à rapprocher manufacturiers, prescripteurs et promoteurs, à simplifier le processus de sélection et à accélérer la prise de décision.

« Dans le service commercial, il faut un volume considérable en stock pour livrer au bon moment sur des projets qui ne tolèrent aucun retard. »
Du quai d'expédition au chantier
Le nerf de la guerre, lui, se trouve à Longueuil. Le centre de distribution, un investissement de 45 millions de dollars, offre 250 000 pieds carrés d'entreposage et permet aujourd'hui de compléter l'équipement d'un bâtiment en moins d'une semaine.

« Au détail, environ 80 % des ventes de mobilier sont des commandes spéciales, ce qui demande peu d'inventaire. Dans le service commercial, c'est l'inverse : il faut un volume considérable en stock pour livrer au bon moment sur des projets qui ne tolèrent aucun retard » , explique David Larivière.


07 + 08 Mæstria, un projet de Devimco
Immobilier, Montréal, Canada © David Boyer
09 + 10 Canöe, un projet de Rachel Julien, Montréal, Canada © Laurier Verdaguer
« Bâtir la confiance, gérer des équipes et livrer pour des milliers de familles, c'est ça qui nous motive. »
À chaque typologie, ses besoins
Dans un modèle où les projets se planifient parfois des années avant leur livraison, la fiabilité devient la véritable monnaie d'échange. Un seul fournisseur, un seul interlocuteur, un seul service après-vente : pour les promoteurs, c'est autant de risques en moins. « C'est à cette étape-là qu'on peut vraiment ajouter de la valeur, en proposant les bons produits, les bonnes configurations et les bonnes solutions techniques avant que les choix soient coulés dans le béton », résume Martin Andreoli.
Car un condo de luxe ne s'équipe pas comme une résidence étudiante, et une résidence pour aînés ne répond pas aux mêmes impératifs qu'une tour locative urbaine. Forte de la diversité des marques offertes et de l'expérience acquise sur des centaines de projets, l'équipe ajuste ses recommandations aux besoins réels de chaque bâtisseur.

Des chantiers qui parlent Quelques adresses suffisent à mesurer l'ampleur du travail. À Montréal, la division a participé à Mæstria Condominiums, projet emblématique développé par Devimco et conçu par Lemay. Elle a aussi accompagné le développeur Maître Carré dans la livraison des électroménagers du Mellem Grace Dart et le constructeur Rachel Julien dans celle des projets résidentiels Canöe et Laurent & Clark.


Des milliers de cuisines plus tard
Au fil des ans, les projets et les appareils livrés se comptent par milliers. Les chiffres donnent le vertige, mais ce ne sont pas eux que Martin Andreoli retient, ce sont les relations. « Bâtir la confiance, gérer des équipes et livrer pour des milliers de familles, c'est ce qui me motive vraiment. »
Le soir venu, dans des milliers de cuisines du Québec et de l'Ontario, un four affiche l'heure juste, un frigo ronronne, une brassée tourne au bout du couloir. Personne ne pense au maillon qui les a menés là. Personne, sauf l’équipe de spécialistes chez Germain Larivière qui ne pensent qu'à ça.


www.designspecrep.com

PENTHOUSE - LINGERIE FURNSPIN
SÉRIE PENTHOUSE - LINGERIE FURNSPIN





19 e édition

120 regards sur l’excellence
Pour sa 19e édition, le concours des GRANDS PRIX DU DESIGN franchit un seuil : 120 jurés, toutes disciplines confondues, venus de plus de vingt pays répartis sur six continents. Notre plus vaste cohorte d'experts internationaux jamais réunie pour évaluer l'excellence en design, en architecture, en paysage, en communication, en environnement bâti et en arts. Une assemblée à la mesure d'un concours dont la portée et le rayonnement ne cessent de s'élargir.
Par Juli Pisano
Au chevet de la créativité
Si le concours rassemble autant de projets visionnaires et significatifs, c'est qu'année après année, ceux-ci sont scrutés par un jury d'élite qui élève les standards et inspire l'excellence. La diversité de leurs parcours et de leurs ancrages confère à l'évaluation rigueur, curiosité et ouverture, et affirme la valeur d'une pluralité de regards pour aborder les enjeux d'aujourd'hui et imaginer ceux de demain.
Les fidèles
Évaluer l'excellence et la beauté à l'échelle internationale est un mandat stimulant, et pour plusieurs jurés, il est devenu un rendez-vous récurrent. Cette année, 92 d'entre eux reviennent en service : certains pour une deuxième ou troisième fois, d'autres pour une cinquième, voire au-delà. Retrouvez leurs portraits dans les éditions précédentes du magazine (n° 81, 85, 88, 91 et 94), disponibles sur
INT.DESIGN

Christine Abbate PDG
Novità Communications
New York, NY, États-Unis

Patrick Abbattista
Fondateur + PDG
DesignWanted Milan, Italie








Imen Ben Youssef Zorgati
Directrice + professeure agrégée Université de Montréal Faculté de l’aménagement École de design Montréal, QC, Canada
Mark Blackwell
Directeur de création Morphis Hong Kong, Chine
Daniele Agostinelli PDG
Agostinelli Architetti Green Interior Design Milan, Italie

Jacques Boily Directeur, Aménagements locatifs Royalmount Carbonleo Montréal, QC, Canada
Sarmad Al-Mashta Architecte principal en infrastructures de transport HDR Vancouver, CB, Canada

Nataly Bolshakova Fondatrice + directrice
Bolshakova Studio Genève, Suisse
Aidin Ardjomandi Chargé de cours Pars University of Art and Architecture Tehran, Iran

Nadja Borras Markovic
Directrice du design
Gensler
Mexico, Mexique
Christian Bélanger Designer
BELANGERMARTIN
Saint-Sauveurdes-Monts, QC, Canada

Bill Bouchey
Associé + directeur du design
Gensler
Los Angeles, CA, États-Unis
Marie-France Bélec Architecte associée, LEED AP BD+C Automne, architectes Montréal, QC, Canada

Jean-Sébastien
Bourdages
Directeur design + innovation
BC2
Montréal, QC, Canada
Tima Bell Associé AIA + directeur fondateur Bell Design Group Los Angeles, CA, États-Unis

Jaime Bouzaglo
Designer + fondateur
Jaime Bouzaglo
Design Studio
Montréal, QC, Canada

Cheryl Broadhead Principale BYU Design Vancouver, BC, Canada

Virginia Burt Principale
Virginia Burt Designs Dundas, ON, Canada

Luis Calabuig Co-fondateur + directeur de la conception Odosdesign Valence, Espagne






Gabriele Chiave Directeur de création CONTROVENTO Milan, Italie Amsterdam, Pays-Bas


Didier Chincholle Responsable de la conception de l'expérience, Services numériques Ericsson Stockholm, Suède

Cynthia Damar-Schnobb Fondatrice + PDG Artellix Toronto, ON, Canada

Antonio De Antonis Président ADWS (Antonio De Antonis Work Studio) Milan, Italie
Onie Chu Directrice exécutive The Association of Accredited Advertising Agencies of Hong Kong Hong Kong, Chine

Andy Dowding Directeur de la conception urbaine et de la planification stratégique
Lambert Smith Hampton Londres, Royaume-Uni
Laure Capitani Coordinatrice Wallonie-Bruxelles Design Mode Bruxelles, Belgique
Joanne Chan Cheffe de l’innovation + responsable des environnements de travail SDI Design Toronto, ON, Canada

Steve Clem Principal TVS Atlanta, GA, États-Unis

André-Yves Coenderaet Propriétaire + designer graphique CONTRASTE [stimulateur d'identités] Bruxelles, Belgique

Ahmed Dridi Architecte associé Moke architecten Amsterdam, Pays-Bas

Christian Dunbar Designer principal + créateur de mobilier
Christian Dunbar Design Brooklyn, NY, États-Unis
Susan Chang Partenaire Shimoda Design Group Los Angeles, CA, États-Unis

Sara Corvino Professeur Nottingham Trent University Nottingham, Royaume-Uni
Benoit Chapellier Directeur marketing Montoni Laval, QC, Canada

Giorgio Cui
Directeur de l'architecture + urbaniste principal Bofill Taller de Arquitectura Barcelone, Espagne
Nicole Charbonneau
Architecte paysagiste Nvira Montréal, QC, Canada

Freddy Curiél Fondateur + directeur de création Lapis Bureau (LxB) Shenzhen, Chine

Reza Eslami Partenaire fondateur + architecte ICON Architects Toronto, ON, Canada

Pete Evans
Professeur adjoint, design industriel Iowa State University Ames, IA, États-Unis








Jean-François Guimont Architecte principal, associé, directeur projet + intégration Lemay Montréal, QC, Canada
Ban Kubba Architecte + vice-présidente associée
Leader nationale du secteur de marché, bâtiments de transport ÆCOM Toronto, Ontario, Canada


Martin Liu Secrétaire général China Europe International Design Culture Association (CEIDA) Anvers, Belgique
Carlo Martino Professeur titulaire en design Sapienza University of Rome Rome, Italie
May Fawzy Fondatrice + directrice de la création MF Design Studio Guildford, Royaume-Uni
Filipa Figueira Associée fondatrice HAS Hinterland Architecture Studio Porto, Portugal

Dominique Lannoy Présidente
ASBL Re Créarts Eghezée, Belgique

Denys Lapointe Chef de la direction du design BRP Valcourt, QC, Canada

Louise Mazauric Architecte BGIS Montréal, QC, Canada

Alain Moureaux Co-fondateur
MOUREAUX –HAUSPY Design Montréal, QC, Canada
Hans Fonk
Fondateur, éditeur + photographe OBJEKT International + USA | Canada Amsterdam, Pays-Bas

Debbie Laporte Directrice fondatrice Orterra Brisbane, Australie

Mardi Najafi
Directeur Principal + chef de la création, responsable de la pratique commerce de détail et hôtellerie
SDI Design Toronto, ON, Canada
Hans Galutera Fondateur HG DesignWorks New York, NY, États-Unis

Patrick Leblanc
Designer + président-fondateur Conception Leblanc Boucherville, QC, Canada
Benoît Gérard
Fondateur associé
Atelier Benoit Gérard BlazysGérard St-Gabriel-de-Brandon, QC, Canada

Nicolas Lebrun
Designer Industriel Creaform Inc Lévis, QC, Canada
Alain Gilles
Designer de produits + de meubles de marque
Alain Gilles The Studio Bruxelles, Belgique

Sheng-Hung Lee Directeur d-mix lab Ann Arbor, MI, États-Unis

Nina Ndichu Directrice du bureau d’Austin Toole Design Group Austin, TX, États-Unis

Tushar Negi Architecte principal THINK Architecture Toronto, ON, Canada







Christophe Pillet
Designer
Agence Christophe Pillet Paris, France

Stephen Pimbley Fondateur, partenaire + directeur
SPARK Architects Singapour


Saty Sharma Professeur en design pour la durabilité Savannah College of Art and Design (SCAD) Savannah, GA, États-Unis
Anita Sircar Responsable du département d'architecture
Michæl Baker International Alexandria, VA, États-Unis
Erin Neufeglise Directrice principale, design Royal Bank of Canada Toronto, ON, Canada

Thanasis Polyzoidis Fondateur
TPOL landscape architecture + co-fondateur topio7 team Athènes, Grèce

Marc Streker Administrateur Limal, Belgique
Carolina Nisivoccia Propriétaire
Studio Carolina Nisivoccia : Architettura Milan, Italie

Scott Poole Doyen émérite University of Tennessee Knoxville, TN, États-Unis

Stanley Sun Partenaire
Mason Studio Toronto, ON, Canada
Edith Normandeau Propriétaire + conceptrice Atelier VITA LOCI Lac-Beauport, QC, Canada

Kourosh Salehi Architecte + urbaniste LWK + PARTNERS Émirats Arabes Unis

Leslie Sydnor Directrice + chef de projet planification et développement Cumming Group Van Nuys, CA, États-Unis
Bruno Oro Professeur Iowa State University Ames, IA, États-Unis

Mark Schollen Architecte paysagiste + directeur Schollen & Company
Richmond Hill, ON, Canada
Ema Peter Photographe professionnel d'intérieur + d'architecture
Ema Peter Photography Vancouver, BC, Canada
Claudya Piazera Directrice de la stratégie + co-fondatrice Smart8 & Design for Winning Winter Garden, FL, États-Unis

Ana Segovia Directrice créative + co-fondatrice Odosdesign Valence, Espagne

Hao Shan Directeur créatif CRE+ Design
Shanghai, Chine

Ho Tan Duong
Président
Vietnam Design Association (VDAS)
Ho Chi Minh, Viêt Nam

Christiane Tawil
Directrice de la publication
côté déco Beyrouth, Liban

Marco Tortoioli Ricci
Directeur du design
Bcpt Associati Milan, Italie


Danh Tran
Vice-présidente
Vietnam Design Association (VDAS), Fondatrice + PDG
Vietnam Design Award (VMARK)
Ho Chi Minh, Viêt Nam




Alina Valcarce
Fondatrice
+ directrice du design
Valcarce Architects
Dubaï, Émirats Arabes Unis

Suzanne Wilkinson Principale
Figure3 Toronto, ON, Canada
Alessandro Valente Contrôleur
+ directeur financier
Alife, Campania Benevento, Italie

Lei Ye UX Designer
Amazon New York, NY, États-Unis
Alykhan Velji
Directeur de création
Alykhan Velji Designs Calgary, AB, Canada

Marie-Chantal Villeneuve Directrice salle de montre et marketing + designer L’Atelier Studio d’Électroménager
Montréal, QC, Canada
Marie-Hélène Trottier
Co-fondatrice + directrice de création Jump&Love Design Montréal, QC, Canada

Ingalill Wahlroos-Ritter
Professeure East Los Angeles College Los Angeles, CA, États-Unis
Milagros
Zingoni Phielipp
Directrice + professeure associée University of Tennessee School of Interior Architecture Knoxville, TN, États-Unis
« On ressent un réel engouement à prendre part à notre jury et on se réjouit de remarquer la qualité de cette cohorte de pairs au service de l'évaluation de l'excellence des projets soumis. »
— Brigitte Gadoury Co-présidente
Les nouvelles voix
Au rythme où croît le rayonnement du concours, 28 nouveaux jurés se joignent cette année à l'élite internationale des GRANDS PRIX DU DESIGN.
Tournez la page pour faire la connaissance de ces esprits brillants et talentueux, venus enrichir la conversation autour de l'excellence et de la création.


On ne reçoit pas la médaille d'or de l'AIA en faisant dans la dentelle. On la reçoit en passant cinquante ans à répéter, envers et contre tous, que le bon design appartient à tout le monde. Carol Ross Barney en a fait son combat, un espace public à la fois. Du Riverwalk de Chicago à l'édifice fédéral d'Oklahoma City, érigé là où la bombe Murrah a tout emporté, son travail ne trône pas. Il sert. Depuis plus de trente ans, elle enseigne à l'Illinois Institute of Technology, et rien ne laisse croire qu'elle ralentira.
Ce que la petite Carol voulait être ? Je fabriquais des choses, et je pensais pouvoir réparer à peu près n'importe quoi. Cet instinct ne m’a jamais quitté. Qui vous a mis sur cette voie ? Ce n'était pas une personne. C'était une façon de voir les choses : laisser les lieux meilleurs qu'on ne les a trouvés. Pour moi, ça voulait dire l'espace, ce qu'il fait ressentir, et pour qui il fonctionne.
Revenez-nous à vos débuts dans le domaine. Chicago. Holabird & Root. Au milieu des années 70. J'étais l'une des

deux seules femmes dans un groupe de plus de cent architectes. Ça aurait pu être décourageant. J'y ai trouvé de l'énergie.
Le meilleur conseil de carrière que vous ayez reçu ? Concevoir de bons bâtiments économiques et les rendre nobles. C'est John Holabird qui me l'a dit, et il a toujours raison.
La réalisation dont vous êtes le plus fière ? Un travail que les gens utilisent vraiment. Tous les jours, sans y penser.
Ce qui vous motive le plus dans cette industrie ? Trouver le « quelque chose » dans les espaces résiduels, ceux que personne ne juge dignes d'être conçus.
Ce que Chicago vous apporte ? C'est une ville qui exige beaucoup et qui vous donne matière à travailler. Elle est vraie et vous garde honnête. Quand je manque d’inspiration, je sors observer comment les gens habitent l’espace. Et la musique rythmée, comme la ville, me met de bonne humeur par tous les temps.
« L'architecture n'est pas neutre. Elle aide les gens, ou elle ne les aide pas. »
Cofondatrice + architecte principale HAS design and research Bangkok, Thaïlande hasdesignandresearch.com
Il y a des invitations qui changent tout. Celle de Renzo Piano, une bourse pour rejoindre son atelier à Paris, a tracé la voie de Kulthida Songkittipakdee, première architecte asiatique à vivre cette expérience. Cofondatrice de HAS Design and Research à Bangkok, elle bâtit depuis une architecture ancrée dans le patrimoine, le développement durable et ses propres racines culturelles.
Qui vous a aidée à trouver votre voie ? Deux personnes ont profondément marqué ma carrière. Renzo Piano d'abord, qui m'a offert cette bourse pour son atelier parisien, où j'ai contribué au Jerome L. Greene Science Center à Columbia et à l'expansion du LACMA. Puis, Jenchieh Hung, mon associé, avec qui j'ai bâti HAS Design and Research. Tous deux m'ont appris que l'architecture, à son meilleur, est toujours au service de quelque chose de plus grand.
Le meilleur conseil de carrière reçu ? Il vient de Renzo Piano : « Enracine-toi dans ton contexte. » Après plus de vingt ans de pratique, j'ai compris à quel point il est essentiel de puiser dans ses propres racines culturelles et personnelles pour créer des œuvres qui portent un sens au-delà des frontières.
« Enracine-toi dans ton contexte, puise dans tes origines, et contribue au monde par la force de tes racines. »


Ce qui vous motive le plus ? Garder l'architecture en dialogue avec le monde. Siéger dans des jurys comme les GRANDS PRIX DU DESIGN, transmettre aux nouvelles générations, faire rayonner l'architecture thaïlandaise sur la scène mondiale : le travail le plus significatif est souvent le moins visible.
Un rêve encore devant vous ? Voir l'architecture thaïlandaise prendre la place qui lui revient dans la conversation mondiale, non pas comme l'écho d'ailleurs, mais comme une voix singulière. Chaque conférence donnée, chaque jury siégé, chaque étudiant accompagné y contribue. Un endroit favori dans le monde ? Paris, où j'ai travaillé avec Renzo Piano. Mais, le Canada m'intrique profondément, un pays que je n'ai pas encore visité et que j'espère découvrir bientôt.


« Faire ce qu'on aime, c'est le rêve. Mais la réalité nous impose souvent de faire des choses qu'on n'aime pas. En reliant rêve et réalité, on peut créer un avenir nouveau et transformer l'impossible en possible. »

Pourquoi les villes asiatiques sont-elles dominées par le béton ? Une question d'enfant devenue la quête de toute une vie. Aujourd'hui, Jenchieh Hung compte parmi les voix les plus avant-gardistes de l'architecture asiatique contemporaine. Fondateur de HAS Design and Research, il a bâti une pratique marquée par des projets phares comme le Museum of Modern Aluminum Thailand et le High Line Bangkok. Il est également professeur invité aux universités Chulalongkorn et Tongji.
Qu'est-ce que vous rêviez de devenir, enfant ? Je n'ai jamais rêvé de devenir architecte. Ce qui me captivait, c'était dessiner et imaginer des villes, en me demandant pourquoi une si grande partie de l'Asie était construite en béton. L'architecture est venue plus tard, comme une réponse à cette curiosité, un endroit où l'imagination, la logique et l'espace réel se rejoignent.
Fondateur + architecte principal HAS design and research Bangkok, Thaïlande hasdesignandresearch.com
De quelle réalisation êtes-vous le plus fier ? D'avoir ouvert des portes. Premier architecte thaïlandais au jury du RIBA, premier cabinet thaïlandais dans le Wallpaper* Architects' Directory, première grande exposition d'architecture contemporaine asiatique. Tous ces exploits contribuent à élargir les horizons pour l’ensemble de la profession.
Bangkok est à la fois votre foyer et votre moteur créatif. Qu'est-ce que la ville vous apporte ? Son énergie, sa densité et son climat sont une source d'inspiration constante. Le dynamisme vibrant de la Thaïlande nourrit mes idées et mes approches architecturales.
Qu'est-ce qui vous motive le plus ? Créer quelque chose d'entièrement nouveau. Transformer des idées abstraites en expériences concrètes et significatives qui façonnent la façon dont les gens vivent, interagissent et envisagent l'avenir. Comment gardez-vous la flamme ? En enseignant. La recherche et le design avec les universités m'obligent à voir autrement. Pratiquer et enseigner en parallèle, c'est ce qui garde ma curiosité en éveil.
Fondateur + architecte principal
Kokaistudios
Shanghai, Chine kokaistudios.com
Enfant de Turin élevé dans les coulisses du théâtre, Andrea Destefanis a toujours su que l'espace pouvait raconter une histoire. C'est à Venise, où il part étudier l'architecture, que cette intuition prend forme. En 2000, il cofonde Kokaistudios à Shanghai avec Filippo Gabbiani. Depuis, le cabinet s'est imposé comme une référence en restauration du patrimoine et design environnemental, avec des projets emblématiques comme le Bund 18 et le Shanghai Suhe MixC World.
Parlez-nous de vos rêves d’enfants. J'ai grandi dans une famille de théâtre. La scénographie, les éclairages, la façon dont un décor peut transformer un espace et porter un récit, tout cela m'envoûtait. La magie de la scène ne m'a jamais vraiment quitté.
Quel est l'événement qui vous a mis sur la voie ? L'été suivant mon secondaire, un voyage en Interrail avec des amis s'est terminé à Venise. La ville m'a arrêté net. Ses paysages, ses toits, sa beauté fragile et stratifiée. Vivre à La Serenissima m'a appris à aborder l'architecture avec humilité, respect du contexte et sens de l'histoire.
De quelle réalisation êtes-vous le plus fier ? De notre capacité à trouver le juste équilibre entre ce qui est bon pour la ville, son patrimoine bâti et son environnement, tout en répondant aux attentes du client. C'est cet équilibre qui permet à nos projets de perdurer.
Où vivez-vous et travaillez-vous, et qu'est-ce qui vous y plaît ? Depuis un an, je vis entre Majorque et Shanghai. La lumière méditerranéenne invite à la réflexion. Shanghai, elle, ne tient pas en place. Ce contraste est devenu une source d'inspiration à part entière.

« Ce qui me motive, c'est de voir les gens s'approprier les espaces que nous concevons, qu'ils y vivent, y dînent, y flânent ou simplement y passent. L'architecture, quand elle est juste, crée des moments, guide des expériences et tisse une histoire. »

Associé principal
Superkül
Toronto, Canada
superkul.ca
L'architecte torontois Brian Melcher pense comme un réalisateur, imaginant sans cesse ce qui pourrait être retranché ou réordonné pour enrichir l'espace et le récit. Fort de plus de 20 ans d'expérience, il façonne des projets complexes avec une précision narrative bien avant de s’établir chez Superkül en 2021. Diplômé de l'Université Penn State et de Princeton, il a travaillé sur des typologies aussi variées que des musées, des institutions culturelles, des tours d'habitation et des plans directeurs sur trois continents.
Revenons à vos ambitions d'enfance. Petit, je voulais être réalisateur et je passais beaucoup de temps à tourner des films avec mes amis. J'étais fasciné par la façon dont on peut couper, monter et réorganiser des scènes pour créer du sens de manière non linéaire.
Qui vous a mis sur cette voie ? C'est mon prof d'atelier de bois au secondaire qui m'a ouvert les yeux sur l'architecture. Son frère était architecte, et il nous donnait un petit cours d'initiation au design avec un vieux logiciel de CAO qui s'appelait RoboCAD. Les projets étaient modestes, mais ça
« Restez souple et ne vous accrochez pas à une seule solution. Les meilleures idées naissent souvent des contraintes les plus grandes. »

m'a donné la piqûre et une envie durable de comprendre comment on imagine et construit un bâtiment.
Comment avez-vous fait vos débuts ? Tout juste sorti de l'université, je me suis retrouvé dans l'atelier de Steven Holl à New York. Trois mois plus tard, le 11 septembre frappait. C'était une période hors du commun, difficile à décrire, où la ville révélait quelque chose d'essentiel sur l'humanité. Ça m'a vraiment marqué dans ma façon de concevoir le rôle de l'architecture.
Comment retrouvez-vous votre élan créatif ? Je reviens souvent au livre de Rick Rubin, The Creative Act: A Way of Being. Ce qu'il dit me rejoint : l'inspiration ne se commande pas, elle arrive quand on se laisse disponible. Parfois il suffit de décrocher un moment pour que les idées se remettent à circuler.

Architecte + fondateur + professeur SCAD
KANS
Savannah, Georgie, États-Unis

L'architecte néerlandais Casimir Esbach a fondé KANS et enseigne au SCAD à Savannah. Forgé chez MVRDV, BIG, Derksen Windt et Civic Projects, sa pratique couvre le design architectural, les expositions, l'enseignement et la recherche. Au cœur de son travail, une question fondamentale : comment l'architecture répond aux outils qui changent, aux cultures visuelles qui évoluent et aux nouvelles formes d'auteurship. Et dans ce contexte, comment l'IA peut élargir la créativité sans sacrifier l'intention, la clarté et le jugement.
Qu'est-ce qui rend l'architecture intéressante à vos yeux ? C'est l'un des rares domaines où la culture, la technologie, l'économie et le comportement humain convergent dans une seule décision. L'épaisseur d'un mur peut être, à la fois, logique structurelle, contrainte réglementaire, maîtrise des coûts et création d’atmosphère. Cette densité de sens, c'est ce qui maintient l'intérêt.
Où se situe votre travail en ce moment ? Les règles du jeu changent. La vraie question n'est plus quoi concevoir, mais où se situe l'intention quand les outils prennent de la place. Ce qui me motive, c'est de transformer ce flou technologique en décisions spatiales claires. Quand la méthode évolue, l'architecture évolue.
Comment sortez-vous d'une impasse créative ? Plutôt que d'inventer une forme, je reformule le problème. Les blocages viennent rarement d'un manque d'idées, mais de contraintes encore mal définies. Je retourne en arrière, je précise, je change les règles. Un problème bien posé est déjà à moitié résolu.
Qu'est-ce qui garde votre esprit créatif vif ? Je change de médium. Puis je produis délibérément de mauvaises options, le plus vite possible. La quantité brise le gel. L'objectif n'est pas l'inspiration, c'est la clarté.
Un rêve encore devant vous ? Une pratique où l'architecture est jugée moins sur l'image que sur l'intelligence qui la sous-tend. L'architecte ne dessine plus seulement des objets, il conçoit des processus. Le rêve, c'est que la discipline le reconnaisse franchement, non pour diluer l'auteurship, mais pour l'assumer pleinement.
« Je n'aborde pas l'architecture comme une production d'images, mais comme une conception de processus. Comment de nouveaux outils font naître de nouveaux types d'espaces. »



« Enfants, on se promettait de ne jamais devenir des adultes ennuyeux. Cette promesse, c'est Bombol. L'idée, c'est d'apporter de petits bonheurs qui, multipliés par des milliers de personnes, rendent le monde un peu meilleur. »
Fondateur + directeur artistique
Studio Gooris Kowloon, Hong Kong studiogooris.com
De l'atelier de Philippe Starck à Paris à celui de Stefano Giovannoni à Milan, le designer, ingénieur et entrepreneur belge Frédéric Gooris n'a jamais tenu en place. Fondateur du Studio Gooris et co-fondateur de Bombol, ses projets couvrent l'art de la table, l'aéronautique et le mobilier enfants pour des clients comme Alessi, Ferrero et Qantas. Il enseigne aujourd'hui à la Hong Kong Polytechnic University.
D'où vient cette vocation ? Tout a commencé avec le rêve de ma mère de devenir décoratrice d'intérieur, balayé par mon grand-père, convaincu que les artistes crèvent de faim. Elle a su créer la maison de ses rêves, et moi, j'ai grandi entouré de design, à bricoler dans mon atelier au sous-sol. Quand mon tour est venu, l'ingénierie s'est imposée. Une formation qui serait décisive.
Votre premier poste dans le domaine ? En 1999, fraîchement diplômé de la Domus Academy de Milan, j'ai atterri au studio de Starck à Paris. Un an plus tard, une ouverture s'est présentée chez Giovannoni et je l'ai saisie. Stefano m'a appris à transformer une idée en récit, un récit en forme épurée, puis en produit concret. Cette logique ne m'a plus jamais quitté.
Le meilleur conseil de votre carrière ? « Le design, c'est 5 % d'inspiration et 95 % de transpiration. » En Italie, on dit « È pensato, quindi è fatto », ce qui signifie : si c'est pensé, c'est fait. Rien n'est plus faux. Cette première idée n'est qu'un embryon fragile.
Vos héros ? Achille Castiglioni et Santiago Calatrava, deux grands narrateurs. Les créations de Castiglioni étaient pleines d'humour. Pour Alessi, j'ai conçu un ouvre-bouteille inspiré de la baguette de sourcier, histoire de trouver de la bière plutôt que de l'eau. C'est l’esprit Castiglioni. Quant à l'œuvre de Calatrava, c'est tout simplement de l'art à échelle monumentale.
Jiani Zeng
Co-fondatrice + directrice des produits
Butlr Technologies
San Francisco, Californie, États-Unis butlr.com
À 18 ans, une photo d'un Leica M6 Historica habillé de cuir bleu vif fait basculer tout le reste. Cofondatrice de Butlr Technologies, née au MIT à la croisée du design et de l'intelligence artificielle, Jiani Zeng figure au palmarès Forbes 30 Under 30 et a été reconnue par TIME, Fast Company et Wallpaper Magazine. Sa philosophie : créer de l'intimité virtuelle dans l'espace physique.
Parlez-nous de vos rêves d'enfant. Je voulais être policière. Ou détective.
Ce qui vous a tout déclenché ? À 18 ans, j'ai choisi le design industriel après avoir vu la photo d'un Leica M6 Historica habillé de cuir bleu vif. Coup de foudre instantané. Mes intérêts n'ont cessé d'évoluer depuis : design computationnel, robotique souple, impression 3D multi-matériaux. Toujours curieuse, toujours à la poursuite du prochain outil.
Le meilleur conseil de carrière reçu ? Si tu veux être au sommet, sois irréprochable. Ne perds pas ton temps à t'expliquer à ceux qui ne te comprennent pas.


Et quand la créativité tombe en panne ? Je dors. Je laisse ma personne de demain s'en charger.
Y a-t-il quelque chose que vous préférez laisser imparfait ? J'aime les objets imparfaits. L'imperfection porte souvent la marque du moment où quelque chose a été créé. C'est l'histoire inscrite dans la forme.
Chine, Australie, Royaume-Uni, ÉtatsUnis. Où est votre chez-vous ? J'ai déménagé toute ma vie et je vis maintenant à San Francisco. Je ne suis pas sûre « d'aimer » un endroit au sens traditionnel du terme. Je suis un peu comme de l'herbe sans racines.
Trois invités pour un remue-méninges de rêve ? Einstein, Lex Fridman et Jerome Wiesner, un homme en avance sur son temps. Le sujet ? À leur discrétion, mais de préférence quelque chose en lien avec l'univers.
« Le design est une résolution de problèmes structurée.
Une façon de penser qui s'applique à tout : la créativité, la pensée systémique, la construction d'une entreprise. Ce n'est pas une industrie. C'est une manière d'être. »
Kim
Professeur Université Nationale de Pusan + directeur
A+U LAB
Busan, Corée du Sud au-lab.net
Lawrence Kim a passé 24 ans à pratiquer l'architecture à New York, chez ÆCOM, HLW International et Perkins Will, concevant des projets pour des gouvernements, des universités et des institutions culturelles sur quatre continents. En 2015, il fait un choix délibéré : quitter New York, rentrer en Corée du Sud, bâtir autre chose. Professeur à l'Université Nationale de Pusan et directeur d'A+U LAB, il poursuit depuis une question fondamentale : que fait l'architecture aux gens qui l'habitent ?
Quel est le meilleur conseil reçu en carrière ? On ne vaut pas mieux que les gens qui nous entourent. C'est simple à dire, mais ça devrait guider chacune de nos décisions.
Votre plus grande fierté professionnelle ? Voir mes anciens étudiants s’épanouir. Chaque prix est gratifiant, mais accompagner quelqu'un jusqu'à ce qu'il trouve sa voix, puis le voir faire sa marque dans le monde, c'est sans comparaison.
Quel est le champ d'action d'A+U LAB ? Du grand projet urbain à l'installation immersive, en passant par les institutions
culturelles, les résidences et les intérieurs, A+U LAB intervient à toutes les échelles, au plan régional et à l’international. Parlez-nous de Silk Cloud. Il s’agit d’une installation de 9 mètres de long, 4 mètres de haut, et plus de 350 mètres carrés de soie suspendue au plafond d'un bâtiment universitaire. Elle a été conçue pour que les gens entrent, traversent les couches de tissu et s'y perdent un instant. Parfois, un nuage de soie dans un couloir en dit plus sur l'espace qu'un bâtiment entier. Une chanson qui remonte toujours le moral ? Les Suites pour violoncelle de Bach. Il y a une architecture dans la composition : structurée, inévitable, profondément humaine.
Vous citez Kyoto comme source d'inspiration. Qu'est-ce que cette ville vous enseigne ? Que la meilleure architecture ne s'annonce pas. Elle dure, en façonnant discrètement les vies qui l'entourent. Un endroit favori pour recharger les batteries ? Hawaï. Pour sa beauté naturelle et sa chaleur.


« Entourez-vous de talents. Tout le reste en découle. »
Mike Charpin
Enseignant en design industriel
Iowa State University Ames, Iowa, États-Unis michÆlcharpin.com

Il se décrit comme un obsédé de science-fiction industrielle et écoute les Beastie Boys en travaillant. Mike Charpin n'est effectivement pas un enseignant ordinaire. Chargé de cours au Collège de Design d'Iowa State University, il a bâti une carrière à la croisée des produits physiques et du numérique, des casques militaires aux systèmes de fitness robotisés. Designer reconverti en développeur full-stack , il connaît le produit sous toutes ses coutures.
Qu'est-ce que vous vouliez être, enfant ? Inventeur, sans avoir le mot pour le dire. Je passais mon temps à démonter les appareils de la maison, à cartographier leurs mécanismes, à garder ressorts et engrenages dans un contenant sous mon lit. C’était mon tout premier labo.
Qui vous a mis sur la voie ? Mon grandpère, bricoleur dans l'âme, convaincu que rien n'est jamais vraiment terminé. Son garage m'a appris que le design ne consiste pas à créer quelque chose de nouveau, mais à cultiver cette curiosité qui refuse de laisser les choses telles quelles.
Votre plus grande fierté professionnelle ?
Le travail fondateur chez Proteus Motion. Chaque problème que nous avons résolu était inédit. Voir cette technologie passer d'un casse-tête mécanique à un outil aidant des patients à récupérer après une opération reste la validation la plus précieuse de ma carrière.
Ce qui vous motive le plus ? Ce que la réalité a de science-fiction. Je veux créer des choses qui ne font pas que paraître futuristes, mais qui fonctionnent avec une précision qui donne à l'utilisateur l'impression d'interagir avec le siècle prochain.
Trois invités pour un remue-méninges ?
Patricia Moore, Dieter Rams et H.R. Giger.
Le sujet : l'Âme Tactile d'un Futur Solarpunk, en fusionnant l'esthétique industrielle-organique de Giger, l'empathie radicale de Moore et la longévité fonctionnelle de Rams. Une technologie faite pour durer et pour inspirer.
« Le design est le pont entre la curiosité de l'enfant et la responsabilité du citoyen. On peut tout démonter. Mais quand on reconstruit, tâchons de laisser le monde meilleur qu'à votre arrivée. »


Associé directeur
Terrapin Bright Green
New York, NY, États-Unis terrapinbg.com

« Tous les espaces, que nous en soyons conscients ou non, nous affectent physiologiquement et psychologiquement. »
Bill Browning se consacre depuis quatre décennies à démontrer que le bon design est bon pour les gens, et que les données le prouvent. Directeur associé de Terrapin Bright Green, il compte parmi les grandes voix du design biophilique, aidant des clients allant de Disney à Google à comprendre comment l'environnement bâti façonne le bien-être humain. Diplômé de l'Université du Colorado et du MIT, il a été membre fondateur du conseil d'administration de l'USGBC et a coécrit plusieurs publications de référence. Premier emploi dans le domaine : un lieu, un moment, un état d'esprit. 1983. Je sortais de l’école de design et travaillait à construire le dernier dôme géodésique de Buckminster Fuller, pour la Windstar Foundation de John Denver à Snowmass, au Colorado. Ce biodôme était une serre solaire passive à plusieurs étages dédiée à l'agriculture biologique et à l'aquaponie. Avec le recul, c'était le début d'un parcours de toute une vie en design vert.
Ce qui vous motive le plus dans cette industrie ? Par notre travail en design biophilique, nous apprenons, jour après jour, comment des environnements bien conçus peuvent améliorer les réponses psychologiques et physiologiques de leurs occupants. Contribuer de façon mesurable au mieux-être des gens par le design, c'est une motivation puissante.
Un projet qui a mis vos principes à l'épreuve. L'aéroport international de Portland, conçu avec ZGF Architects. Notre équipe avait pour mandat de concevoir un terminal capable de réduire le stress des passagers.
La durabilité, c’est payant ? Toujours. La durabilité et le design biophilique sont bons pour les gens, et bons pour les affaires. Nous le défendons depuis 1994, avec la publication de Greening the Building and the Bottom Line , et encore dans The Economics of Biophilia (2012, 2023).
Trois invités pour votre séance de réflexion idéale. Qui et pourquoi ? Le père de l'architecture organique Frank Lloyd Wright, la peintre Georgia O'Keeffe et le maître de la géométrie sacrée Antoni Gaudí. Je voudrais comprendre comment chacun perçoit les qualités spatiales.
Professeur adjoint en design et fabrication de produits
University of Nottingham Ningbo China Ningbo, Chine nottingham.edu.cn

Il se voyait photographier des lions, piloter en Formule 1, ou tenir les commandes d'un Bœing. Luis Felipe Moreno Leyva a finalement opté pour le design industriel, ce qui, pour ceux qui le connaissent, était une évidence. Designer, enseignant et chercheur, il a enseigné en Inde, au Mexique et en Chine, et dirige aujourd'hui le programme de licence en design et fabrication de produits à l'Université de Nottingham Ningbo Chine.
Qu'est-ce qui vous a attiré vers le design au départ ? Enfant, je customisais mes voitures miniatures aux marqueurs, les repeignant, les modifiant au fil des idées. Je démontais aussi toutes sortes de jouets, ou plus exactement, je les démolissais, pour voir ce qu'il y avait dedans. En y repensant, l'intérêt pour le design a toujours été là.
Quel a été votre premier emploi dans le domaine ? Après mon secondaire, j'ai travaillé comme assistant auprès d'un créateur de décors de films. Je me destinais au design graphique, mais apprendre à manier les outils et toucher à la modélisation 3D a tout changé. Je me suis tourné vers le design industriel et je n'ai jamais regardé en arrière.

Comment sortez-vous d'un blocage créatif ? Je quitte mon bureau et je pars marcher ou faire du vélo. Ningbo, ville de canaux et de quartiers anciens au bord de l'eau, s'y prête vraiment bien. Explorer des coins inconnus à la nuit tombée me remet les idées en place.
Une chanson qui ne manque jamais de vous redonner le moral ? Watchamacallit, d'Esquivel.
Si vous pouviez inviter trois personnes à un brainstorming, qui et pourquoi ?
Simone Giertz, reine autoproclamée des machines inutiles et grande championne de l'invention joyeuse et irrévérencieuse. Salvador Dalí, artiste surréaliste et provocateur. Et Klaus Nomi, le contre-ténor hors norme qui a refusé toutes les cases qu'on voulait lui imposer. Le thème : comment penser autrement.
« Le design est dynamique. Un jour, on travaille sur un type de projet, et le mois suivant, c'est quelque chose de complètement différent. C'est ce qui me pousse à continuer. »



Il a cofondé Furf Design Studio en deuxième année d'université et n'a jamais cessé de viser l'impossible depuis. Lauréat du Forbes 30 Under 30, Rodrigo Brenner a pris la parole au TEDx, enseigné aux Nations Unies et intégré le corps enseignant de l'Istituto Marangoni de Milan. Son studio cumule plus de cinq millions de produits vendus à travers le monde, un Cannes Lions, un Red Dot et un iF Design Award.
Du trophée de F1 de São Paulo à Confetti, une prothèse de jambe dans plus de 20 pays. Comment expliquez-vous l’étendue de vos projets ? Le design est une façon de produire de la poésie pour le quotidien. Qu'importe le produit, l’important est le sens qu’on y attribue.
J'ai lu que vous aviez inventé un parc d'attractions entier, enfant. D'où vient cette énergie créatrice ? J'ai toujours créé des personnages, des histoires, des concepts de produits. Je ne savais pas encore qu'il existait une profession qui permettait d'en vivre. J'ai découvert le mot « design » à l’école et j'ai su que c’était pour moi. Comme me l'a dit le maître Sérgio Rodrigues : « On ne devient pas designer. Soit on l'est, soit on ne l'est pas. »
Cofondateur
Furf Design Studio Milan, Italie furf.it
Le meilleur conseil de carrière reçu ? Une prière ancienne : « Mon Dieu, donnez-moi la sérénité d'accepter les choses que je ne peux pas changer, le courage de changer celles qui doivent l'être, et la sagesse d'en connaître la différence. »
Un rêve encore devant vous ? Créer quelque chose qui mérite un Prix Nobel, en utilisant le design comme une force réelle et positive dans le monde. Et redessiner le drapeau brésilien peut-être ? Ce rêve est tout aussi vivant et excitant pour moi. Vous êtes né à Curitiba et vivez aujourd'hui à Milan. Qu'est-ce que chaque ville vous apporte ? Curitiba, c'est là où je suis né et où j'ai grandi. Belle, ancrante, et mienne. Milan, c'est là où je vis et respire le design au quotidien, une ville vibrante pleine de trésors cachés qui ne cesse de m'inspirer.
« Soyons la génération de la régénération. »
Scott Roos
Expert en durabilité et innovation en éclairage Glenview, Illinois, États-Unis
Quand les paroles d'une chanson s'avèrent une philosophie de carrière, ça donne 47 ans à chasser la lumière. Pour Scott Roos, « I've got sunshine on a cloudy day » résume tout. De l'halogène basse tension dans les années 1980 aux LED au début des années 2000, il en a été un des artisans. Récemment retraité d'Acuity Brands, il reste convaincu que la nature livre la lumière d'une façon qu'on n'a pas fini d'étudier.
Qu'est-ce qui vous a mis sur la voie ? Une exposition sur le design de produits au musée d'art, en deuxième année d'études en architecture. Je n'avais jamais imaginé qu'une telle profession existait. En quelques mois, je concevais un assistant personnel à clapet pour un projet étudiant avec Motorola. J'étais accro au design de produits, la profession la plus fascinante qui soit.
Le meilleur conseil de carrière reçu ? « Vise les étoiles et tu atteindras peut-être le sommet. » Ça m'a donné le courage de prendre des risques et de dépasser les
limites de descriptions d’emploi trop étroites. Mon père avait sa propre version : « Tout ce que tu fais, fais-le de toutes tes forces. Ce qui vient du cœur est toujours bien fait. »
Votre plus grande fierté professionnelle ? Être l’instigateur d’idées qui ont ouvert des catégories entières de produits. Voir un concept passer de l'esquisse aux tablettes, ça ne vieillit jamais.
Ce qui vous motive le plus ? L'architecture pérenne et le design d'éclairage inspiré de la nature à travers le monde. La sensation d'entrer dans la Sagrada Família ou dans une installation de James Turrell. La nature livre la lumière d'une façon que nous n'avons pas fini d'égaler. C'est dans cet écart que vit le travail le plus inspirant. Un rêve encore devant vous ? La paix dans le monde. Je suis fils d'un survivant de l'Holocauste. Si je peux l'imaginer, alors tout le monde le peut. Notre survie comme espèce repose sur la coopération et le respect de la terre.

« Quand tout le reste s'efface, la nature demeure notre seule vraie réalité. »


« Comme le disait le Dr
Samuel Johnson : "Quand un homme est las de Londres, il est las de la vie." Je reste néanmoins attaché à mes racines rurales. La forêt près de chez nous ne m'a jamais entendu me plaindre. »

Fondateur + directeur créatif
Tollgard Design Group Londres, Royaume-Uni tollgard.com
Grandi sur une île de l'archipel de Stockholm, il a étudié le génie, abandonné ses études pour poursuivre une carrière dans le cinéma et la télévision, avant de trouver sa voie en rénovant une maison victorienne à Londres avec sa femme. Aujourd'hui, Staffan Tollgard et son épouse Monique dirigent l'un des studios de design d'intérieur les plus célèbres de Londres, reconnu pour des espaces audacieux et contemporains, conçus avant tout pour être habités.
Revenons à vos ambitions d'enfant. Je ne voulais pas être pompier ni policier, comme mes amis. Je voulais absolument être Luke Skywalker. Très précis, et un peu farfelu, certes, mais au début des années 80, tout semblait possible.
Quel événement vous a mis sur la voie ? Jeunes mariés en 2003, ma femme et moi avons entrepris l'ambitieux projet de rénover une maison victorienne à Londres. En travaillant avec l'architecte et les entrepreneurs, en essayant de traduire nos pensées et nos rêves pour cet espace, j'ai enfin trouvé ce que je cherchais.
De quelle réalisation êtes-vous le plus fier ? De tenir, avec ma femme, une entreprise aussi dévorante que la vie de famille, sans nous entretuer, ni tuer nos clients, ni nos enfants. Le succès par la survie. Une chanson qui vous remonte toujours le moral ? « What a Wonderful World » de Louis Armstrong. C'était notre chanson de mariage, celle de la première danse. Elle me fait sourire et pleurer à tout coup. Une belle émotion.
Quel projet de design auriez-vous aimé concevoir vous-même ? Fallingwater, sans hésiter. Si Frank Lloyd Wright m'a devancé, c'est uniquement parce que je n'étais pas encore de ce monde en 1935.
Si vous pouviez inviter trois personnalités à un remue-méninges créatif, qui choisiriez-vous et quel en serait le sujet ? Le Corbusier, Alain de Botton et Jan Gehl. Le sujet : quelles sont les composantes d’une ville réussie, aujourd'hui et demain.
Responsable des ventes en prescription + chef de produit architectural (Canada) Current Lighting Toronto, Canada currentlighting.com
Dubaï, 1987. Un jeune ingénieur électrique fraîchement diplômé entre dans une agence d'éclairage sans vraiment savoir où ça lui mènerait. 40 ans plus tard, Prem Kumar est l'une des voix les plus respectées au Canada en matière de spécification d'éclairage architectural. Une soif d'apprendre l'a conduit à la Rotman School of Management de l'Université de Toronto, approfondissant sa vision autant que son métier. Il siège aujourd'hui comme juge mérite aux Prix d'illumination de l'IES.
Quel a été votre premier emploi dans le domaine ? Directeur des ventes dans une agence d'éclairage à Dubaï, en 1987. Mon état d'esprit ? Je n'avais absolument aucune idée de ce dans quoi je me lançais. Qu'est-ce qui vous motive le plus dans votre métier ? Comprendre ce dont mes clients ont vraiment besoin, et trouver des solutions d'éclairage qui y répondent pleinement. Cette adéquation, quand elle se produit, ne perd jamais de son éclat. Vous avez beaucoup donné à la section torontoise de l'Illuminating Engineering Society. D'où vient cet engagement ? J'ai siégé au conseil exécutif de la section torontoise de l'IES pendant plus de vingt

ans, du poste de trésorier jusqu'à celui de président. Quand la section m'a remis le Prix de service en 2017, Current Lighting a tenu à le souligner publiquement. Ce genre de reconnaissance, on ne l'oublie pas. La vraie récompense, c'est de pouvoir redonner à cette communauté.
Toronto, votre ville. Qu'est-ce qu'elle vous apporte ? C'est, sans conteste, la ville la plus diversifiée au monde, reconnue comme telle par les Nations Unies ellesmêmes. Cette diversité nourrit tout. Et quand les vacances m’appellent, je retourne là où tout a commencé, à Dubaï et en Asie du Sud-Est.
Comment vous ressourcez-vous ? J'écoute des riffs de heavy metal ou des mélodies Bollywood envoûtantes, selon ce dont j'ai besoin sur le moment. Et une longue promenade avec mon ami à quatre pattes. Je dis toujours : « Gardez le sourire. Ça arrange tout. »
Un rêve encore à réaliser ? Visiter cent pays. Il me reste encore beaucoup de chemin à faire.
« Forgez-vous une marque et préservez-la. Tout le reste suit. »



« Je reviens sans cesse à quelque chose que le grand bédéiste canadien Seth m'a dit un jour : les deux seules choses qu'un artiste devrait faire, au-delà de son propre travail, sont d'honorer la génération précédente et de soutenir la suivante. »
Fils d'un architecte, illustrateur de presse à ses heures, Bruno Porto a découvert le design graphique en travaillant sur son album finissant d'école secondaire. Depuis, il n'a plus cessé de se réinventer : commissaire de trois éditions de la Biennale brésilienne de design graphique, auteur de livres primés, membre de jurys sur trois continents, et docteur de l'Université de Tilburg.
Qu'est-ce que vous vouliez faire, enfant ? Dessinateur de BD. J'ai grandi entouré de matériel artistique et de l'idée qu'on pouvait vraiment gagner sa vie en dessinant. Qui vous a mis sur cette voie ? Mon professeur d'arts plastiques au secondaire m'a suggéré la classe de graphisme, où les élèves réalisaient l'album des finissants et des affiches d’événement. C'était les années 1980, l'époque du montage manuel. C'est là que j'ai compris à quel point la typographie, les textures et la photographie pouvaient raconter des histoires.
Chercheur au doctorat
Université de Tilburg Toronto, Canada
Meilleur conseil de carrière ? En 2006, mon ancien professeur de typographie m'a annoncé qu'il prenait sa retraite et envisageait d'ouvrir un magasin d’aquariums et un restaurant. Je n’y voyais aucun rapport avec le design. Puis, il m’a dit: « Une seule vie à vivre ne veut pas dire une seule façon de la vivre. » Une semaine plus tard, je recevais une invitation à enseigner à Shanghai. Depuis, j'ai déménagé tous les cinq ou six ans : Brasília, La Haye, et maintenant Toronto.
De quelle réalisation êtes-vous le plus fier ? J'ai été designer graphique, enseignant, organisateur d'expositions, auteur. Mais rien ne me touche autant que de voir d'anciens étudiants s'épanouir, souvent bien au-delà du design. Certains sont devenus auteurs de BD à succès, musiciens nommés aux Grammy, cinéastes primés.
Un endroit préféré dans le monde ? Paris. Se promener dans ses rues, entrer dans les librairies, observer les passants. Dans les mots d’Humphrey Bogart : « Nous aurons toujours Paris. »
Fondatrice + Directrice du design + Leader d’opinion dans le domaine de la santé et du bien-être SADA
Londres, Royaume-Uni sadastudio.com
Tout a basculé dans un avion quelque part au-dessus du Minnesota. Un inconnu en costume tapageur lui racontait les derniers jours de son épouse : les murs de l'unité de soins intensifs, le lustre de Chihuly qui avait ranimé son regard sur le chemin des traitements. Le bâtiment l'avait tenue. C'était l'œuvre du cabinet que Rachel Vig venait de rejoindre quatre jours plus tôt. Fondatrice de Sada, elle dirige aujourd'hui une pratique implantée aux États-Unis, en Europe, en Asie et au Moyen-Orient et repousse les frontières mondiales du design thérapeutique.
Cette rencontre fortuite au-dessus du Midwest, qu'est-ce qu'elle a changé pour vous ? Tout. Elle a révélé que les décisions de design, même les plus anodines en apparence, portent le poids de la guérison, de la sécurité, du deuil et de l'espoir. La conviction s'est encore approfondie quand j'ai pris en main mon premier projet en santé. Je m'attendais à des bâtiments ternes, interchangeables, aseptisés. C'était tout le contraire : un travail d'une densité humaine rare. C'est là que j'ai saisi l'architecture intérieure comme un acte profondément égalitaire.
Qu'est-ce qui vous anime dans le design de santé en particulier ? Offrir des espaces qui préservent la dignité, la sécurité, la
résilience. La lumière, l'acoustique, la matière façonnent l'expérience humaine de façon concrète. Un lieu peut modifier une humeur, déclencher une réaction physique réelle. Il y a quelque chose de vertigineux là-dedans.
Votre plus grande fierté ? Les hôpitaux sont là où l'on naît et parfois où l'on meurt, là où se forment les premiers souvenirs et où l'on prononce les derniers adieux. Ces lieux sont trop souvent redoutés. Ma plus grande fierté, c'est d'avoir contribué à retourner ce regard, de créer des hôpitaux qui parlent d'épanouissement plutôt que de simple survie.
Ce qui reste encore à accomplir ? Un hôpital conçu comme un écosystème vivant, où l'art, les jardins, la musique, l'enseignement, l'alimentation et le mouvement s'intègrent au modèle de soins lui-même pour nourrir l'être humain dans sa globalité. Et je termine un livre sur les environnements de guérison : en quelque sorte, c’est la version écrite du même plaidoyer.
« Refusez tout lieu qui se contente de vous contenir quand il devrait activement vous nourrir. »



Directrice
The Be-Lab Grasse, France thebelab.org + laetitiawolff.design

« Pour tenir le rythme : il y a Brel. La valse à mille temps. Et je bats la mesure. »
Grasse jusqu’à 18 ans, puis le sac sur l'épaule, Paris, puis New York. Vingt ans à construire des ponts entre le design, la ville et le vivant. Commissaire, rédactrice en chef, auteure, directrice des programmes à l'AIGA, Laetitia Wolff a fait de chaque territoire traversé un laboratoire. De retour sur la Côte d’Azur, dans cette capitale du parfum, elle pilote aujourd'hui le Be-Lab à Besign, The Sustainable Design School, où le design régénératif s'expérimente au contact du terrain.
Qui vous a mis sur la voie ? Petite, je rêvais d’être écrivaine. Ma mère, graphiste et artiste, m'invitait chaque jour dans son atelier pour me montrer ce qu'elle avait produit. Ce rituel de critique improvisée, cette confiance accordée au regard d'une adolescente, ont aiguisé en moi le sens de l'analyse visuelle, l'amour du texte et le respect de la création.
De quelle réalisation êtes-vous la plus fière ? Massin, la monographie publiée chez Phaidon en 2007. Derrière le livre, une exposition itinérante aux États-Unis, et surtout une relation : ce graphiste génial, esprit libre et autodidacte, est devenu mon second grandpère. Un duo infernal, en route ensemble. Vous avez quitté Grasse à 18 ans. Pourquoi y revenir ? Pour retrouver l'échelle humaine, la lumière du Sud, le chant des oiseaux, les grands ciels et la mer pas loin. Et parce qu'un territoire qu'on connaît de l'intérieur, c'est un terrain d'expérimentation que personne d'autre ne peut vous offrir.
Que faites-vous pour vous sortir d'une panne créative ? Je vais jardiner. Et l'objet que je rêve de redessiner ? Ma tondeuse à gazon. Un rêve encore à réaliser ? Un livre-plateforme co-créé et open source, un dictionnaire du bien vivre ensemble inspiré du design d'innovation sociale et solidaire, et soutenable. Et oui, oui, je vais m'y mettre !

Kristen Mallardi
Responsable des ventes par prescription DLS Group Hudson, Ohio, États-Unis dlsgroupoh.com
Kristen Mallardi n'avait pas prévu une vie dans l’éclairage. Elle y est entrée à la fin de la trentaine, en cherchant un nouveau poste dans la vente technique, et n’a jamais regardé en arrière. Dix-huit ans plus tard, la native de Cleveland est responsable des ventes par prescription chez DLS Group, une professionnelle certifiée en éclairage, une membre du conseil du NCQLP et un pilier de longue date de l'Illuminating Engineering Society, où son engagement bénévole a façonné la manière dont le milieu reconnaît les siens.
Votre premier emploi dans le domaine : un lieu, un moment, un état d'esprit ?
L'éclairage est arrivé comme une seconde carrière. On m'a offert un poste de ventes régionales chez Venture Lighting, et l'idée d'apprendre une technologie entièrement nouvelle m'a enthousiasmée. Le premier jour, quelqu'un m'a dit que lorsqu'on entre dans l’éclairage, on n'en sort plus. C’est totalement vrai ! Depuis ce moment, l'évolution constante de la technologie m'a poussée à déployer mes talents bien au-delà de ce que j'imaginais. Ce sont les dix-huit années les plus enrichissantes de ma vie d'adulte.


Quel est le meilleur conseil de carrière qu'on vous ait donné ? Dire oui à tout, même quand on ignore comment on va s'y prendre. C'est ainsi qu'on apprend, qu'on repousse ce que l'on connaît et que l'on grandit.
Quelle réalisation vous rend la plus fière ? Mon engagement bénévole auprès de l'IES, l'Illuminating Engineering Society. Je suis particulièrement fière d'avoir siégé puis présidé le Distinguished Service Award Committee, qui honore les membres ayant offert quinze ans ou plus de service continu à l'organisation. Un véritable privilège.
Où vivez-vous et travaillez-vous, et pourquoi cela vous convient-il ? Je vis à Cleveland depuis toujours. Le nord-est de l'Ohio déploie une vie artistique et culturelle d'une richesse rare : le Cleveland Orchestra, le Rock and Roll Hall of Fame, une scène gastronomique vibrante. Le plus beau des cadeaux demeure pourtant le lac Érié, l'un des cinq Grands Lacs. Vivre à ses côtés, jour après jour, tient d'une chance tranquille.
« Lorsqu'on entre dans la lumière, on n'en sort plus. »
Matteo Cainer
Fondateur + directeur de création
Matteo Cainer Architecture
Londres, R-U matteocainer.com

Matteo Cainer dessine, peint et construit des mondes. Établi entre Londres et Milan, l'architecte dirige Matteo Cainer Architects, a cofondé le Confluence Institute et anime Architecture Whispers. Formé dans les ateliers d'Eisenman, de Coop Himmelb(l)au et d'Isozaki, il conduit aujourd'hui une pratique présentée aux Biennales d'architecture de Venise et de Londres, et enseigne à la NABA de Milan ainsi qu'à la DAD de Gênes.
Enfant, que rêviez-vous de devenir ? Artiste et réalisateur. J'aimais l'idée de créer des mondes, de raconter des histoires, de donner forme aux rêves, d'imaginer un avenir sans frontières. J’étais fasciné par la possibilité de mêler émotions et idées à travers la couleur, la matière et le trait. L'architecture m'apparaît comme le prolongement naturel de ces passions d'enfance, où l'art, le récit, le cinéma, l'espace et l'expérience humaine se rejoignent.
Votre premier emploi dans le domaine : un lieu, un moment, un état d'esprit ? New York, dans l'agence de Peter Eisenman, un rêve devenu réalité. La ville respirait la promesse, et le studio rassemblait des talents qui vivaient l'architecture comme une vocation. Nous passions des heures
à construire des maquettes, à éprouver les idées dans le carton, le bois, le plâtre, le métal, cherchant l'équilibre entre le concept et sa traduction bâtie. Épuisant, grisant, totalement addictif.
Que faites-vous pour briser un blocage créatif ? Je marche dans la ville, je vais voir une exposition ou je retrouve un ami. La réponse rôde ; il lui faut seulement un déclencheur, et ce déclencheur peut se cacher sous nos yeux.
Où vivez-vous et travaillez-vous, et pourquoi cela vous convient-il ? Entre le Royaume-Uni et l'Italie. Londres concentre les énergies, creuset d'expositions, d'universités, d'artistes et de penseurs en dialogue permanent. L'Italie avance à un rythme plus lent qui laisse affleurer les détails, les atmosphères, l'authenticité : les plafonds peints, les perspectives surgissant au détour d'une rue, la lumière qui sculpte chaque chose. Jusqu'à la cuisine qui porte en elle la chaleur du soleil.
« L'architecte doit agir comme un sismographe de son époque, percevoir les déplacements avant qu'ils ne se manifestent pleinement. »


Architecte fondatrice + Professeur chargé de cours
Appareil Architecture + McGill University
Montréal, Québec, Canada appareilarchitecture.com
2024 aura été une année charnière pour Kim Pariseau : médaille du Gouverneur général en architecture et Prix d'excellence de l'OAQ, coup sur coup. Architecte fondatrice d'APPAREIL Architecture, formée au Québec et au Danemark, elle développe une pratique minimaliste profondément ancrée dans le territoire. Elle enseigne à l'UQAM et à McGill, et a été professeure invitée à l'UCLouvain.
« Le talent est partout, et chaque rencontre ouvre une nouvelle façon de penser et de créer. »
Qui vous a mise sur cette voie ? Mon père tenait un magasin de matériel pour artistes, et j'ai grandi au cœur de l'effervescence créative montréalaise. J'y ai côtoyé une foule d'artistes passionnés, portée par des rencontres vibrantes et des conversations aussi riches qu'inspirantes. Je sens encore toute la force de ces années qui ont profondément façonné ma sensibilité.
Quelle musique vous accompagne ?
Le piano de Jean-Michel Blais et celui d'Alexandra Stréliski me touchent profondément. J'aime les sons de la ville intégrés à certaines pièces de Jean-Michel Blais, une ambiance très montréalaise, à la fois vivante, sensible et enveloppante. Peu importe le temps ou l'humeur, leur musique me fait toujours du bien.
Quel architecte vivant admirez-vous le plus ? Anne Lacaton, de Lacaton & Vassal. Son approche « ne jamais démolir » est à la fois audacieuse et profondément humaine. Elle propose une autre façon de penser l'architecture, en privilégiant la transformation plutôt que la destruction. J'aimerais comprendre sa manière de repenser les logements sociaux, en réinventant des modèles établis avec intelligence, sensibilité et respect des lieux et des gens.
À quel personnage historique vous identifiez-vous ? Aux femmes de l'ombre qui ont contribué à façonner de grandes œuvres sans toujours recevoir la reconnaissance qu'elles méritaient. Camille Claudel, Aino Aalto, Lilly Reich, Charlotte Perriand. Leur immense talent, leur discrétion, leur persévérance dans des milieux exigeants m'inspirent. Elles sont restées fidèles à leur vision, même dans l'ombre de figures plus médiatisées.



Architecte en chef + Président du conseil
Les Ensembliers Montréal, Québec, Canada ensembliers.com
Jusqu’à l’âge de 5 ans, Maxime Vandal voulait être laitier — pour les matins, déjà. Puis vint l'architecture, héritage croisé d'un père dans la construction et d'une mère artiste. Diplômé de l'Université de Montréal en 1994, il est membre de l'Ordre des architectes du Québec et détient un sceau de l'Ontario Association of Architects. En 2003, il cofonde Les Ensembliers avec ses deux entités sœurs en architecture et en construction. Trente ans plus tard, il dirige le groupe aux côtés de Richard Ouellette, son associé dans le métier comme dans la vie : Ouellette l'artiste, Vandal le maverick.
Quelle rencontre a été déterminante pour votre carrière ? Paul Desmarais Sr, qui m'a fait confiance à 31 ans pour l'accompagner dans la construction de son manoir. Il aurait pu choisir n'importe qui ; ce fut moi. Treize années à côtoyer un homme plus grand que nature, parvenu à ce moment de sa vie où il pouvait partager son bonheur et se consacrer à bâtir son rêve. Mon premier véritable client, il m'a permis de lancer mon entreprise.
De quelle réalisation êtes-vous le plus fier ? La tombe de l'honorable Brian Mulroney. Servir un client de son vivant est une chose ; l'accompagner dans son dernier projet, c'est le plus grand honneur qu'il puisse nous faire.
Quel est le meilleur conseil de carrière que vous ayez reçu ? Écouter et comprendre, plutôt que parler et convaincre. Parlez-nous de votre coin de pays. Si nous travaillons à Montréal, c'est à Bolton-Ouest que nous avons posé nos racines, un village agricole protégé du développement urbain, où l'on vit à l'heure du moment présent. À quel projet auriez-vous aimé penser vous-même ? Habitat 67. J'ai eu le privilège d'y vivre et d'y travailler. Cet immeuble m'émeut profondément chaque fois que je m'y trouve. Pour le reste, l'Italie demeure ma muse intarissable : l'architecture, les jardins, la gastronomie, l'histoire, et ce caractère si accessible de ses habitants.
« ‘Building meaning into beauty’, c’est ce qu’on tente de faire tous les jours. »
David Rodier
Président directeur général
Paysages Rodier
Saint-Hyacinthe, Québec, Canada paysagesrodier.com
Architecte paysagiste de formation, David Rodier a grandi parmi les plans, les pépinières et les chantiers de Paysages Rodier, l'entreprise fondée par ses parents en 1980. Diplômé de l'Université de Montréal et de l'Université d'Adélaïde, en Australie, il a complété sa formation par un détour en horticulture ornementale à l'ITA de Saint-Hyacinthe, et par des stages au Canada, en Italie et au Liban. Aujourd'hui président et actionnaire majoritaire, il préside aussi le conseil d'administration de l'Association des paysagistes professionnels du Québec depuis 2021.
Qui ou quoi vous a mis sur cette voie ?
Le domaine dans lequel j'évolue, je suis tombé dedans quand j'étais petit. De quelle réalisation êtes-vous le plus fier ? D'avoir pris la relève de l'entreprise fondée par mes parents.
Qu'est-ce qui vous motive le plus dans cette industrie ? À l’époque dans laquelle nous vivons, ce sont les enjeux de durabilité et de résilience face aux changements climatiques qui me motivent. Je souhaite que nos aménagements durent longtemps, et je crois que notre domaine peut créer des solutions innovantes pour faire face à des enjeux comme les épisodes de sécheresse ou de fortes pluies.

Un rêve encore à réaliser ? Au même titre que je suis fier d'avoir pris la relève, je serais fier, un jour, de transmettre l'entreprise à une prochaine génération de releveurs.
À quel projet de design ou d'architecture auriez-vous aimé penser vous-même ? Central Park, à New York. Un classique de l'architecture de paysage. Il fallait être visionnaire pour conserver un tel espace de verdure au cœur de la ville. J'admire autant l'esthétique du site que sa fonctionnalité, avec ses strates de circulation.
Quel est votre endroit de vacances favori au monde ? Au sommet d'une montagne. J'aime le défi que représente l'ascension, et la récompense de se retrouver au sommet.
« À tout problème, sa solution. La façon dont on y fait face est une occasion de se dépasser. »

Vincent Laganier
Fondateur + Enseignant sur l'histoire de la conception lumière
LZL Services + ENSA Nantes
Lyon, France lightzoomlumiere.fr
De l'agence de Roger Narboni aux pages de Light ZOOM Lumière, Vincent Laganier a fait un pas de côté que peu d'architectes osent : quitter le chantier pour le récit. Diplômé de l'ENSA Nantes, éclairagiste urbain de 1997 à 2013, il fonde en 2012 le portail francophone de référence sur l'éclairage durable, puis en 2023 l'agence LZL Services. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, il enseigne également l'histoire de la conception lumière à l'ENSA Nantes.
D’où vient l’étincelle ? Les concerts-spectacles de Jean-Michel Jarre. J'ai eu le plaisir d'assister à celui du Mont-SaintMichel en 1993. En parallèle, je créais mes premiers son et lumière en Ardèche, sur le pigeonnier de la maison de mes grands-parents. À l'époque, je mêlais déjà l'éclairage du patrimoine et de la végétation à la musique et à la pyrotechnie, avec des personnages qui évoluaient dans cet environnement.
Quel est le premier emploi que vous avez occupé dans votre domaine ? Assistant concepteur lumière chez Concepto à Paris. Ma première collaboration professionnelle avec le maître de la conception lumière urbaine, Roger Narboni.
De quelle réalisation êtes-vous le plus fier ? L'annuaire professionnel Talents de lumière . Digital et illustré, il regroupe les professionnels dynamiques des métiers de l'éclairage, des concepteurs lumière aux fabricants de luminaires. La première édition est parue fin 2025 ; je viens de lancer la deuxième.
Light ZOOM Lumière fête bientôt quinze ans. Où en est le portail aujourd'hui ? Plus de 56 000 visiteurs uniques par mois, 14 300 abonnés sur les réseaux sociaux, 6 400 inscrits à l'infolettre. Devenu le premier portail francophone de l'éclairage durable, il accueille désormais un lectorat international.


Quel bâtiment ou objet avez-vous envie de redessiner chaque fois que vous le voyez ? La Saline royale d'Arc-et-Senans, de Claude Nicolas Ledoux, avec un ordre nouveau de colonnes alternant cylindres et pierres à section carrée, pour un effet visuel surprenant.
Quels sont les héros, mentors ou talents vivants que vous admirez le plus ? James Turrell. Artiste de talent dans la perception de l'espace, il utilise la lumière comme médium.
« Partager la lumière, communiquer l'éclairage. »
Associée + directrice du design d’intérieur
BIG | Bjarke Ingels Group Brooklyn, New York, États-Unis big.dk
Certaines carrières se déploient vers l'extérieur, du concept à la ligne d'horizon. Celle de Pauline Lavie-Luong a suivi le chemin inverse, vers l'intérieur, vers ces pièces où l'architecture rencontre celles et ceux qui l'habitent. Directrice du design intérieur et associée au bureau new-yorkais de BIG, elle façonne depuis près de vingt ans la manière dont l'architecture se vit, du mobilier aux édifices culturels, en passant par l'Isenberg Innovation Hub de l'UMass Amherst, le campus Google en Californie et les Galeries Lafayette Champs-Élysées à Paris.
Où votre parcours a-t-il commencé ? Je savais très jeune que je voulais devenir architecte. Dès le collège, la certitude était installée.
Quel a été votre premier emploi significatif ? J'ai étudié à l'École Nationale Supérieure d'Architecture de Versailles, et très vite, je me suis retrouvée à Copenhague chez BIG. Le bureau était jeune, mais déjà en pleine effervescence. Un rythme soutenu, exigeant, formateur. J'ai même contribué à la première monographie de BIG, Yes Is More.
Quel projet vous rend le plus fière ? Voir un bâtiment réellement construit reste ce qu'il y a de plus gratifiant dans ce métier. Récemment, le court métrage Two People

Exchanging Saliva a été tourné presque entièrement à l'intérieur des Galeries Lafayette Champs-Élysées, un projet dont j'ai signé l'aménagement intérieur ainsi que l'ensemble du mobilier d'exposition sur mesure. Voir ces espaces porter le film a été un vrai bonheur, d'autant plus lorsqu'il a remporté deux Oscars.
Qu'est-ce qui vous enchante le plus dans ce métier ? Chaque projet apporte une nouvelle typologie, un contexte différent, un tout autre jeu de contraintes. Ce que j'espère ne jamais perdre, c'est cette envie de rester curieuse, d'éviter de m'installer dans le confort de ce que je sais déjà faire. Quel objet redessineriez-vous chaque fois que vous le croisez ? Une fontaine à eau potable. Omniprésente, et pourtant jamais vraiment dessinée.
Où vivez-vous et travaillez-vous ? À New York, depuis treize ans maintenant. Je reste très française au fond, mais je suis aussi devenue profondément new-yorkaise. La ville offre une richesse incroyable : art, culture, gastronomie, et un multiculturalisme qui demeure une source d'inspiration permanente.
« Rester curieuse et ne jamais me contenter du terrain connu. »


Enfant, pendant que ses camarades s'attardaient au rayon des jouets, Jean-Luc Vincent entraînait ses parents vers les présentoirs d'éclairage. Cette curiosité précoce a forgé une carrière de plus de quarante-deux ans. Diplômé en design environnemental de l'UQAM, titulaire de la certification LC du NCQLP, il accompagne depuis trente ans les professionnels du bâtiment dans la création d'environnements lumineux performants. Très engagé au sein de l'IES-Montréal, il en a occupé la présidence à deux reprises.
Qu'est-ce qui vous anime le plus dans cette industrie ? Notre capacité à sculpter l'espace avec un matériau immatériel.
L'éclairage n'est pas un accessoire ou une étape finale ; c'est l'âme d'une conception architecturale réussie. La lumière dicte notre ressenti, influence notre rythme biologique, notre sentiment de sécurité. Par un faisceau bien dirigé, on transforme un lieu froid en refuge chaleureux.
De quelle réalisation êtes-vous le plus fier ? Au-delà des projets techniques, ma plus grande réalisation est d'avoir guidé des professionnels émergents. J'ai eu le privilège de leur transmettre ma passion et de jouer un rôle de mentor. Les voir devenir à leur tour des acteurs influents de notre industrie, c'est l'héritage le plus précieux que je puisse laisser.
Quel personnage historique admirez-vous le plus ? Léonard de Vinci. Pour l'admiration que je porte à l'ensemble de son œuvre et à l'influence qu'il a exercée sur le développement de la société au cours des siècles qui ont suivi. Cette curiosité tous azimuts, cette façon d'embrasser à la fois l'art, la science et l'ingénierie, c'est ce qui continue de m'inspirer dans ma propre approche du métier.
Pourquoi avoir choisi de vivre au Québec ? Pour sa diversité culturelle et le meilleur des deux mondes qu'apportent ses deux grandes solitudes linguistiques. Une identité unique, une dynamique créative qu'on ne retrouve nulle part ailleurs. Et je ne saurais me passer des extrêmes que nos quatre saisons nous imposent.
« La lumière est l'âme même d'une conception architecturale réussie. »
Président sortant
IES Montréal Laval, Québec, Canada


Enseignant en design de produits + chercheur
University of Leeds
Leeds, UK
leeds.ac.uk


Omar Ivan Huerta Cardoso vous dira qu'il voulait être sculpteur. Vingt ans de design de produit, d'innovation disruptive et de recherche centrée sur l'humain plus tard, l'ambition a simplement trouvé une surface plus grande. Aujourd'hui chargé de cours et chercheur à l'Université de Leeds, il apporte cette profondeur d'expérience en salle de classe et en laboratoire, collaborant avec des géants de l'industrie des biens de consommation en repoussant les limites de ce que le design peut accomplir pour les gens.
Ce que vous vouliez être, enfant ? Sculpteur. D'une certaine façon, j'ai l'impression d'y parvenir un peu chaque jour dans mon travail.
Qui vous a conduit vers le design ? Ce n'est pas une personne en particulier, mais toute une constellation de gens : des professeurs d'arts plastiques, des membres de ma famille, qui, tout au long de mon enfance, m'ont montré qu'une vie créative valait la peine d'être vécue. Où tout a-t-il commencé ? Mon premier rôle de designer, c'était en 2006 chez Hunpel, un studio mexicain spécialisé en design de transport et de produit. C'était davantage une famille de design qu’un

boulot. Je me sentais à la fois porté par l'enthousiasme et complètement immergé, comme si le design n'était plus seulement quelque chose que je faisais, mais quelque chose que je vivais.
De l'industrie à l'académie. Qu'est-ce qui a changé ? Travailler avec de grandes organisations m'a beaucoup appris sur la façon dont le design fonctionne à grande échelle, mais je voulais comprendre pourquoi il fonctionne, pas seulement comment. La recherche et l'enseignement m'ont offert cet espace.
Sur quoi porte votre recherche en ce moment ? Le design de produit, l'UX et la conception centrée sur l'humain. Mais je reste profondément intéressé par l'écosystème du design dans son ensemble et par son rapport en constante évolution aux besoins humains et à la société.
Comment sortez-vous d'une impasse créative ? Je prends du recul, et je joue. Un clin d'œil à mes coéquipiers Lego pour du jeu sérieux !
« Une vie créative vaut la peine d'être vécue. Jamais facile, mais toujours profondément satisfaisante. »




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L'événement incontournable de l'année
Le plus grand rendez-vous annuel de l'industrie du design, de l'architecture et de l'environnement bâti au Québec.



Le rendez-vous du design au Québec À sa 11 e édition, présentée au Palais des congrès de Montréal les 7 et 8 octobre prochain, Expo Design poursuit une évolution amorcée il y a plus d'une décennie. L'événement s'est imposé, année après année, comme un moment incontournable pour l'industrie québécoise du design et de la construction, un rendez-vous où se croisent les grandes tendances, les nouveaux produits et les visages qui façonnent le secteur.
Longtemps connu sous le nom d'Expo Bois Design et créé par Commonwealth Plywood, l'événement réunissait d'abord fabricants, distributeurs et spécialistes des matériaux autour de l'ébénisterie, de la cuisine et des surfaces. À ses débuts, la programmation restait largement centrée sur le bois et ses dérivés, reflet d'une industrie encore jeune et d'un marché en construction. Ce positionnement initial a néanmoins posé les bases d'un événement rassembleur, pensé pour connecter les fournisseurs de matériaux aux professionnels qui les transforment en projets concrets.
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Au fil des éditions, l'événement a grandi avec l'industrie pour embrasser tout l'environnement bâti. Ce virage ne s'est pas fait du jour au lendemain : il a suivi la diversification des besoins d'un secteur en pleine transformation, où l'ébénisterie côtoie désormais l'architecture, le design intérieur, la promotion immobilière et l'innovation technologique. Expo Design réunit aujourd'hui fabricants, distributeurs, détaillants, architectes, designers, promoteurs et décideurs autour des produits et des idées qui façonnent les projets de demain. Cette diversité de participants constitue sa véritable force : elle permet des échanges directs entre ceux qui conçoivent les matériaux et ceux qui les mettent en œuvre, entre les grandes tendances internationales et les réalités du marché québécois.



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S’allier pour accroître
Pour cette 11 e édition, Expo Design s'allie à INT.DESIGN afin d'offrir une programmation enrichie et une portée accrue auprès de la communauté qui spécifie, fabrique, distribue et réalise les projets de demain. Ce partenariat vient consolider la position de l'événement comme plateforme de référence pour l'industrie, en misant sur la crédibilité et le rayonnement du magazine dans les cercles du design et de l'architecture au Canada. L'objectif est clair : rassembler encore davantage les forces vives du secteur autour d'une programmation qui reflète l'ampleur et la diversité de l'environnement bâti d'aujourd'hui.
Pourquoi visiter Expo Design ?
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Pour qui ?
L'accès est gratuit et réservé aux professionnels qui conçoivent, spécifient, fabriquent, distribuent ou réalisent les projets de l'environnement bâti .
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La soirée que le design attend : le dévoilement des lauréats de la 19 e édition des GRANDS PRIX DU DESIGN



Pourquoi les équipes diversifiées conçoivent de meilleurs projets
L’impact réel de la diversité des parcours sur la qualité de conception.





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Tafisa
Choisir l'économie circulaire.
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La porte d'armoire : évolution, matière et impact dans le design intérieur contemporain.
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Être cité par l'IA : les nouvelles règles du contenu
Du SEO à l'AEO : gagner en visibilité dans les moteurs de réponse.
Palais des Congrès de Montréal
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Du contenu qui nourrit la pratique
Présentée avec traduction simultanée français-anglais, la programmation est incluse dans l'inscription gratuite réservée aux professionnels.
Une salle principale de 225 places accueille les conférences et panels; deux salles satellites de 85 places, les formations des exposants.
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Architecture caméléon
Le design pour un monde en transition. VO EN
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Cofondatrice et architecte principale, Jenchieh Hung + Kulthida Songkittipakdee / HAS design and research, Bangkok, Thaïlande Avec
Kulthida Songkittipakdee
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L'architecture
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Une approche humaine pour la sélection des couleurs dans les espaces commerciaux.
Évitez les pièges, visez l'excellence. 06
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