n° 281, octobre 2010

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N° 281 Octobre 2010

www.observateurocde.org

L’art de la réforme Entretien : Felipe Kast Le défi de l’obésité L’essor du tourisme médical Urgence maladies rares Cellules de synthèse Stress tests bancaires

Remédier aux coûts de santé


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Entre l’expertise et la technologie :

le patient Notre force : nos équipes Au cœur de toutes nos actions : le patient. Au CHUM, 16 201 personnes mettent tout en œuvre pour donner des soins de la plus grande qualité. Des bénévoles jusqu’aux plus grands chirurgiens spécialistes, c’est toute une communauté qui se mobilise et travaille en interdisciplinarité avec un seul objectif en tête : offrir ce qu’il y a de mieux aux patients.

Soigner, collaborer, enseigner L’union fait la force. Au CHUM, près de 800 médecins, 2260 infirmières et 1500 professionnels de la santé travaillent en synergie, poussant au maximum leur expertise pour le plus grand bénéfice du patient. Comme centre hospitalier universitaire, le CHUM a entre autres pour mandat de former la relève médicale. Chaque année, nos 5000 étudiants et stagiaires apprennent l’importance du partage d’idées et d’informations, véritable force motrice de notre organisation et gage de la qualité des soins.

Prévenir aujourd’hui pour vivre mieux demain : un travail d’équipe La promotion de la santé est au cœur de la mission du CHUM. Nous croyons à une approche intégrée de la santé physique et psychologique, qui se vit à la fois au sein de nos équipes et auprès des patients. Nous nous employons à faire du CHUM un milieu de vie sain, en favorisant notamment le transport actif, les bonnes habitudes alimentaires ainsi que l’arrêt tabagique.

Un centre de recherche de calibre international au service des patients Les travaux des 110 équipes du Centre de recherche du CHUM (CRCHUM) sont étroitement liés à la mission clinique du centre hospitalier. Parce que le CHUM offre des soins spécialisés et ultraspécialisés, et parce qu’il est centre désigné dans 14 spécialités, les chercheurs ont accès à un volume suffisant de patients atteints d’une même maladie pour former des cohortes, les amenant à faire des découvertes qui contribuent à l’avancement des connaissances. La frontière entre recherche pure et appliquée est souvent mince; grâce aux liens étroits unissant chercheurs et cliniciens, les patients du CHUM ont accès aux derniers protocoles de traitement.

Le CHUM du futur : l’avenir existe déjà Avec ses équipes exceptionnelles et ses équipements de pointe, le CHUM est déjà un acteur majeur du monde de la santé. Le nouveau CHUM, dont la toute première phase de construction a débuté au printemps 2010 avec le lancement des travaux du nouveau Centre de recherche, viendra consolider ce rôle de leader. La proximité entre le CRCHUM et le centre hospitalier lui-même contribuera à améliorer les soins aux patients. Échanges, idées, découvertes : jamais autant d’équipes de recherche n’auront été si près des patients. Et au-delà de l’espace physique, c’est la force de nos équipes qui propulsera le CHUM dans son futur.

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SOMMAIRE N° 281 Octobre 2010

POINTS DE VUE

GOUVERNANCE

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ÉDITORIAL

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ÉDUCATION

L’histoire en marche ; L’innovation à tout prix ? ; L’égalité pour le Millénaire ; Le Panorama des statistiques sur iPhone

La santé et la valeur de la prévention Angel Gurría

EN BREF 4-5 Ralentissement en vue ? ; Économie ; Verbatim ; Dépêches ; Travaux anti-corruption primés ; Lancement d’iLibrary ; Israël rejoint l’OCDE ; Le Secrétaire général reconduit ; Best of…

DOSSIER SANTÉ 7 8 10 12 14 16 18 20 21 22

Les défis de santé après la crise Anne-Grete Strøm-Erichsen, Ministre de la Santé de Norvège et Présidente de la réunion des Ministres de la Santé des pays de l’OCDE de 2010 Remédier aux coûts de santé Mark Pearson Lutter contre l’obésité Franco Sassi L’essor du tourisme médical David Morgan Mondialiser les soins de santé Dean Baker, Co-directeur, Center for Economic and Policy Research (CEPR), Washington DC La biologie synthétique : un enjeu de santé publique Robert Wells Les maladies rares : une priorité invisible Yann Le Cam et Paloma Tejada, Organisation européenne pour les maladies rares (EURORDIS) Santé et technologies de l’information : aller de l’avant Nicole Denjoy, Secrétaire générale du COCIR TI à la rescousse Les personnels, maillons forts des systèmes de santé Roland Schneider, TUAC

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Comment réformer et être réélu ? Aart de Geus Chili : relever les défis sociaux Interview avec Felipe Kast, Ministre du Plan du Chili Des stress tests peu stressants

Qu’importe la qualité si les facs s’agrandissent Yojana Sharma, University World News

OCDE.ORG 36 37 38

Des politiques meilleures pour une vie meilleure ! Observations d’Angel Gurría à l’occasion du renouvellement de son mandat en tant que Secrétaire général de l’OCDE Discours récents d’Angel Gurría L’OCDE encourage l’entrepreneuriat féminin ; Nouveaux ambassadeurs Calendrier ; Frankie.org

Lutter contre l’obésité, page 10

LIVRES 39

De la crise à la reprise ; Maintenir le commerce vert face à la crise 40 Nouvelles publications sur OECD iLibrary 44 Des chaînes de valeur à double tranchant BON DE COMMANDE

BANQUE DE DONNÉES 45 46 48

Développement et parité ; En quête d’emploi ? Restez étudiant ! Indicateurs économiques Manne touristique ; Moins de suicides

Les maladies rares : une priorité invisible, page 18

En couverture Remédier aux coûts de santé Photo : Design Factory/ L’Observateur de l’OCDE

SECTION PUBLICITAIRE 24

Spécial secteur de la santé au Portugal

www.observateurocde.org © OCDE 2010 Abonnement 2010 : €69 – US$90 – £47 – ¥9 700 ISSN 0304-3390 Tél. : +33 (0) 1 45 24 80 66 Fax : +33 (0) 1 45 24 82 10 sales@oecd.org Créé en 1962, le magazine de l’Organisation de coopération et de développement économiques

L’art de réformer, page 30

Les éditions de l’OCDE, 2 rue André-Pascal 75775 Paris cedex 16, France observer@oecd.org www.ocde.org Publié en français et en anglais par l’OCDE RÉDACTEUR EN CHEF : Rory J. Clarke RÉDACTEUR : Ricardo Tejada JOURNALISTES : Brian Keeley, Patrick Love RÉDACTEUR ADJOINT : Loïc Verdier ASSISTANTES : Alison Benney, Tatiana Novikova, MarieCapucine Berthier MISE EN PAGE : Design Factory, Irlande ILLUSTRATIONS : André Faber, David Rooney, Stik RECHERCHE PHOTOGRAPHIQUE : Rory Clarke LOGISTIQUE : Jochen Picht RESPONSABLE PUBLICITÉ : François Barnaud

Les demandes de reproduction ou de traduction totales ou partielles des articles de L’Observateur de l’OCDE doivent être adressées au chef des éditions de l’OCDE, 2 rue André-Pascal, 75775 Paris, cedex 16, France.

Les articles signés expriment l’opinion de leurs auteurs et pas nécessairement celle de l’OCDE. Les articles reproduits ou traduits doivent être accompagnés de la mention « Reproduit (ou traduit) de L’Observateur de l’OCDE » et de la date du numéro. Les articles signés ne peuvent être reproduits ou traduits qu’avec leur signature. Deux exemplaires significatifs doivent être envoyés au rédacteur en chef. Toute correspondance doit être adressée au rédacteur en chef. La rédaction n’est pas tenue de rendre les manuscrits non sollicités.

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Points de vue

Quels

Mais combien de gens savent que cet anniversaire coïncide aussi avec le dernier paiement des réparations dues par l’Allemagne aux vainqueurs de la Première guerre mondiale ? Nous nous préparons à célébrer 50 ans de coopération au sein de l’OCDE, organisation née d’une initiative politique des plus larges et des plus progressistes, visant à soutenir le développement politique et économique de l’Europe après la Second guerre mondiale. Tel est l’esprit que les fondateurs de l’organisation, comme le président John F. Kennedy, voulaient voir porter par l’OCDE, pour le bien de l’économie mondiale. Loin des « ennemis éternels » que certains craignaient, il existe désormais une coopération et une intégration politiques et économiques sans précédent. Mais notre tâche n’est pas finie. Face à la crise actuelle, et alors que le G20 entre dans sa troisième année en tant que nouveau mode de gouvernance mondiale, la principale leçon à tirer de ces perspectives historiques, outre la faculté sans limite des hommes

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Votre avis nous intéresse. Écrivez-nous à observer@oecd.org ou publiez vos commentaires sur www.observateurocde.org et www.oecdinsights.org L’Histoire en marche L’OCDE fête son 50ème anniversaire sur fond de crise économique mondiale : voilà une coïncidence qui pourrait se révéler une chance. Après tout, une perspective historique aide à mieux comprendre le présent et à mieux préparer le futur. La période est aussi celle d’autres anniversaires d’importance historique, qu’il serait bon d’observer de près car ils sont riches d’enseignements. L’Allemagne, par exemple, vient de commémorer le 20ème anniversaire de sa réunification. La réunion des anciennes Allemagne de l’Ouest et de l’Est peu après la chute du mur de Berlin a marqué la fin de l’opposition entre l’idéologie de la planification centrale et celle des marchés. En outre, la réunification s’accompagna de mouvements de fond dans l’ancien bloc de l’Est et au-delà, libérant des centaines de millions de gens dans le monde.

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à travailler ensemble pour bâtir un avenir meilleur, est la patience et la persévérance considérables qu’une telle entreprise nécessite. Rolf Alter, OCDE L’innovation à tout prix ? Les grandes entreprises sont considérées comme innovantes parce que « ce n’est pas pour rien qu’elles en sont arrivées là, pas vrai ? », mais cela ne veut pas forcément dire qu’elles sont toujours des innovatrices de premier plan. Depuis quelque temps, nous partons du principe que l’innovation est une bonne chose car « il est bon d’innover », or, il ne s’agit pas seulement de savoir si une innovation est dangereuse ou inoffensive, mais aussi de l’argent et des efforts investis dans l’innovation sous prétexte que « c’est ce qu’il faut faire » ou que « c’est ce que tout le monde fait », sans aucun but précis ni cible stratégique… LJ

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Votre fenêtre sur l’OCDE Un magazine primé* pour vous tenir informé des grands défis politiques, économiques et sociaux actuels. Le magazine L’Observateur de l’OCDE présente une analyse détaillée, fiable et régulièrement mise à jour des principaux sujets de l’actualité économique et sociale internationale. Il constitue ainsi un excellent outil d’information pour les représentants du monde des affaires, les ONG, les universitaires et les journalistes qui souhaitent se tenir informés des débats menés par les décideurs politiques. • Analyses d’experts sur des questions internationales • Listes des réunions, ouvrages, rapports, documents de travail, etc. • Dossiers spéciaux

L’égalité pour le Millénaire De nombreuses promesses ont été faites ces derniers jours à propos des droits des femmes au sommet des objectifs du Millénaire pour le développement qui s’est tenu à New York. L’OCDE est idéalement placée pour suivre ces engagements politiques afin d’assurer que nos pays membres se montrent à la hauteur de leurs engagements. Cette surveillance passera par le suivi de leurs programmes de développement, ainsi que par l’analyse et la publication de leurs investissements en matière d’aide, en particulier pour la mise en place de l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes. Patti O’Neill Le Panorama des statistiques de l’OCDE sur iPhone Je crois que je suis amoureux de l’application iPhone de l’OCDE http://twitpic.com/2z99bd Cabrowns

• Indicateurs économiques, sociaux, environnementaux et scientifiques • Liens, références et bibliographies • Descriptions des nouvelles publications de l’OCDE, calendrier, etc. L’OCDE en chiffres, un recueil de données statistiques d’une valeur de 20 €, est offert à tout nouvel abonné. Abonnez-vous à L’Observateur de l’OCDE sur www.ocdelibrairie.org (€69, $90, £47, ¥9 700) ou sur www. observateurocde.org/abonnement.html (tarif spécial d’abonnement sur deux ans). *Recommandé par le jury au Prix 2002 de l’« Association of Learned and Professional Society Publishers », Royaume-Uni.


ÉDITORIAL

La santé et la valeur de la prévention Améliorer les systèmes de santé est vital pour la croissance à long terme Angel Gurría, Secrétaire général de l’OCDE

Dans le climat d’austérité que connaissent la plupart des pays de l’OCDE, les citoyens sont soucieux, à juste titre, que les coupes budgétaires portent le moins possible atteinte aux services dont ils dépendent. Le secteur de la santé est emblématique de ce dilemme. Au cours des 50 dernières années, les pays de l’OCDE ont fait des progrès remarquables en matière de santé. L’espérance de vie, par exemple, a augmenté de 10 ans depuis 1960. Un nouveau-né peut aujourd’hui espérer atteindre 80 printemps sans coup férir. Mais vivre plus longtemps a un prix. L’avenir du financement des retraites a déjà été amplement débattu. Les enjeux de santé ne sont pas moins importants. Si la crise ne doit pas mettre à mal les progrès accomplis à la sueur de nos fronts ni conduire à sous-estimer l’importance d’offrir au plus grand nombre des soins de qualité, elle nous donne l’occasion d’optimiser nos dépenses de santé. Avant la crise, les dépenses de santé par habitant augmentaient deux à trois fois plus vite que les autres secteurs. Ces 10 dernières années, elles ont augmenté de 50 % en termes réels dans la zone OCDE. Dans sept pays de l’OCDE, elles représentent plus de 10 % de l’économie. Les systèmes de santé, de la gestion des hôpitaux au remboursement des soins, occupent une part importante des budgets publics et des budgets des ménages. Cette part va inévitablement s’accroître, car en toute logique la demande de soins, et de soins de meilleure qualité, va augmenter. Quels domaines d’action les responsables politiques doivent-ils privilégier pour mettre en place des systèmes de santé moins coûteux et plus efficaces face aux enjeux actuels et à venir ? C’est l’une des questions fondamentales qui ont été discutées à notre réunion ministérielle sur la santé les 7 et 8 octobre. Tout comme les médecins consultent leurs pairs lorsqu’ils sont confrontés à un problème, les responsables politiques peuvent apprendre les uns des autres. Il ressort clairement de nos travaux que l’argent consacré à la santé peut l’être à meilleur escient, même si la maîtrise des facteurs qui augmentent les coûts est aujourd’hui un enjeu clé. Ces facteurs comprennent notamment les besoins et les traitements liés au vieillissement, ainsi que les coûteuses technologies pharmaceutiques et de diagnostic. Certains phénomènes récents, comme l’obésité, occasionnent des coûts de santé supplémentaires. Enfin, un certain assainissement de la structure et de l’organisation des systèmes de santé s’impose sans doute. Certaines actions, comme l’encouragement à recourir aux médicaments génériques, moins coûteux, ou l’amélioration de l’accès aux soins de base et

en ambulatoire pour réduire l’engorgement des hôpitaux, peuvent être relativement simples à mener. D’autres mesures, de la réforme des structures de coût à la réorganisation du management en passant par l’amélioration de l’usage des technologies de l’information, peuvent être plus complexes. Certaines stratégies s’imposent sans doute pour améliorer la cohérence et le partage des connaissances au sein de structures souvent fragmentées. Cela permettrait de réduire les temps d’attente, d’éviter les doublons et de réduire les risques pour les patients. Cependant, sur au moins deux fronts, une action résolue aurait des résultats quasiment garantis. Tout d’abord, la qualité pourrait être améliorée : de meilleurs services conduisent à réduire la durée des soins et à améliorer l’ensemble des conditions sanitaires. Il s’agirait de privilégier la qualité sur la quantité, en ajustant par exemple les modalités de rémunération des hôpitaux, des médecins et du personnel infirmier. Améliorer la qualité est aussi un gage d’économies, en évitant les interventions inutiles, sans parler des erreurs médicales. Selon l’Institute of Medicine des États-Unis, celles-ci feraient plus de victimes que les accidents de la circulation.* En second lieu, il faut améliorer la prévention. L’obésité est symptomatique à cet égard. En 1980, une personne sur dix était obèse dans la zone OCDE. Aujourd’hui, dans la moitié des pays membres, une personne sur deux est obèse ou en surpoids. Certains pays en développement sont aussi confrontés à ce problème, qui ne fait qu’accentuer les nombreux défis sanitaires auxquels ils sont confrontés. L’obésité accélère la progression de maladies chroniques au traitement coûteux, qu’il s’agisse de cardiopathies, d’accidents vasculaires cérébraux, du diabète ou encore de certains cancers. De fait, l’obésité réduit l’espérance de vie tout autant que le tabac. Certes, les nouvelles technologies et les nouveaux médicaments peuvent se révéler utiles contre ce phénomène, mais ils sont coûteux et ne permettent pas de traiter le problème à la racine. Contre certaines causes majeures, comme un régime alimentaire déséquilibré ou le manque d’exercice, la prévention est le seul remède véritablement efficace. Il est urgent d’agir. Cela rappelle quelque peu la crise économique, dont nous continuons de payer le prix parce que nous n’avons pas été capables, collectivement, d’en identifier et d’en traiter les causes. Le problème de l’obésité est un signal d’alarme que nous ne pouvons ignorer. Enfin et surtout, les décideurs doivent s’efforcer d’éviter de réduire les dépenses consacrées à la prévention. Les programmes de prévention ne donnent peut-être de résultats qu’au bout de plusieurs années, mais, comme les campagnes anti-tabac, ils ont un bon rapport coût-efficacité et ont de larges effets positifs en favorisant des modes de vie plus sains. Bien que la crise économique soumette les responsables politiques à des pressions considérables, préserver et améliorer les soins de santé est vital pour la croissance à long terme. En opérant des choix judicieux, nous pouvons obtenir mieux tout en dépensant moins. Une thérapie qu’Hippocrate, comme tout citoyen, approuverait certainement sans réserve. *Kohn, L. et M. Donaldson (2000), To Err is Human: Building a Safer Health System, Institute of Medicine. www.observateurocde.org/angelgurria et www.oecd.org/secretairegeneral

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En bref Ralentissement en vue ? Les derniers indicateurs composites de l’OCDE signalent un possible ralentissement de l’activité. Les indicateurs ont chuté de 0,1 % en août, marquant le quatrième mois consécutif de croissance négative ou très faible. Ces indicateurs, qui incluent des données comme les carnets de commande, les permis de construire et les taux d’intérêt à long terme, permettent d’anticiper des tendances et des changements d’activité environ six mois à l’avance. Actuellement, les indicateurs avancés suggèrent une baisse d’activité future au Canada, en France, en Italie et au RoyaumeUni. Surtout, ils indiquent une baisse d’activité dans les pays émergents, notamment en Chine, en Inde et au Brésil. Ils indiquent également un plafond d’activité aux États-Unis. À l’inverse, les données suggèrent que l’expansion de l’activité en Allemagne, au Japon et en Russie devrait continuer.

Économie Le PIB de la zone OCDE a augmenté de 0,9 % en volume au cours du second trimestre 2010 par rapport au trimestre précédent, une progression plus importante que les 0,7 % prévus. La formation brute de capital fixe, qui a augmenté pour la première fois depuis début 2008, a été le principal moteur de l’augmentation du PIB, la plus rapide depuis le premier trimestre 2000. L’augmentation de la demande intérieure a été en partie compensée négativement par une baisse des exportations nettes, qui a réduit la croissance du PIB de 0,2 points de pourcentage. La forte croissance de l’Allemagne (2,2 %) a été favorisée par la hausse de l’investissement et des exportations nettes, à hauteur de 0,8 points de pourcentage chacune. Au Royaume-Uni, la croissance de 1,2 % du PIB provient en partie de la consommation privée et des stocks. En Italie, le commerce extérieur a ajouté 0,6 points de pourcentage à la croissance globale de 0,5 % du PIB, compensant ainsi la faible demande intérieure. En France, la hausse de 0,7 % du PIB par rapport au trimestre précédent est entièrement due à la reconstitution des stocks. Le ralentissement de la reprise aux États-Unis et au Canada est dû aux contributions négatives

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Indicateurs avancés pour l’OCDE et la Chine 110

Femmes dirigeantes « Le fait que j’aie pu obtenir de nommer trois femmes sur cinq directeurs, dans mon administration, est important. Il a fallu convaincre, surtout les hommes ! Qu’à qualité égale, il fallait une femme. » Christine Lagarde, Ministre française de l’Économie, Le Monde, 14 octobre 2010

105 100 95 90 85 2006

Source : OCDE

Verbatim

2007

2008 OCDE

2009

2010

Chine

du commerce extérieur, alors qu’au Japon, la croissance de 0,4 % du PIB reflète la hausse de l’excédent commercial. Les prix à la consommation ont augmenté de 1,6 % dans la zone OCDE entre août 2009 et août 2010, soit le même taux d’inflation qu’en juillet. La croissance des prix de l’énergie a ralenti en août par rapport à juillet, passant de 6,2 % à 4,8 %. Sans compter l’alimentation et l’énergie, le taux d’inflation annuel est resté stable, à 1,2 % entre août 2009 et août 2010.

Pronostic optimiste « Je crois que la crise de la dette qui touchait l’Espagne et la zone euro en général est derrière nous. » José Luis Rodríguez Zapatero, Premier ministre espagnol, cité dans le Wall Street Journal du 22 septembre 2010 Tous mondialistes ? « Les délocalisations sont aussi le fait des consommateurs, qui n’acceptent pas de payer leurs achats 30 % plus cher s’ils sont fabriqués en France. » Xavier Fontanet, PDG d’Essilor, cité dans Le nouvel Observateur du 28 octobre-23 novembre 2010

Le chômage dans la zone OCDE a légèrement baissé, passant de 8,6 % de juillet à 8,5 % en août, retrouvant ainsi le niveau enregistré en août 2009. Le chômage paraît désormais stable dans tous les pays de l’OCDE.

La Ministre indonésienne de la Santé, Endang Rahayu Sedyaningsih, à la réunion ministérielle de l’OCDE sur la santé, le 7 octobre 2010. Voir le dossier commençant page 7


EN BREF

Dépêches Les taxes environnementales peuvent-elles stimuler l’innovation ? Une étude récente de l’OCDE examine cette question. De nombreux gouvernements ont mis en place des taxes sur l’énergie, la pollution aérienne et aquatique et les déchets. Toutefois, l’étude montre qu’elles pourraient être utilisées à bien meilleur escient pour décourager les activités polluantes et stimuler les technologies « vertes » innovantes. « La fiscalité écologique a un fort impact sur le comportement des consommateurs et des entreprises, souligne le rapport. Les gouvernements devraient en particulier envoyer un signal fort et afficher leur intention de maintenir durablement les taux d’imposition et le prix du carbone à des niveaux élevés. » Voir www.oecd.org/env/taxes/innovation

Dans l’industrie minière, les efforts pour mettre fin au commerce des minéraux dits de conflit ont progressé en septembre, lorsque 11 pays africains ont adopté un système de l’OCDE pour responsabiliser les approvisionnements en minerai brut. L’exploitation illégale des ressources naturelles – diamants, or, étain – dans certains pays africains fragiles attise les conflits dans la région depuis plus de dix ans. Les acteurs publics et privés s’accordent à dire que le système de réponse rapide de l’OCDE devrait s’inscrire dans une optique plus générale d’amélioration de la transparence et de la responsabilité dans le secteur minier d’Afrique centrale. D’autre part, les ministres de l’industrie minière présents à la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs ont décidé de transmettre les conseils de l’OCDE aux chefs d’État qui participeront à un sommet régional en République Démocratique du Congo le mois prochain.

Près d’1,2 milliards de personnes risquent de ne plus avoir accès à l’électricité d’ici 2035, selon l’Économiste en chef de l’AIE, Fatih Birol, interviewé au sommet de l’ONU sur les objectifs du Millénaire pour le développement. Des interventions rapides et à grande échelle s’imposent pour étendre l’accès à l’électricité. Actuellement, on estime à 1,4 milliards le nombre de personnes dépourvues d’accès à l’électricité à travers le monde.

Les Philippines ont rejoint la liste des juridictions qui « ont substantiellement mis en œuvre la norme fiscale internationale ». Après avoir ratifié de nouvelles lois plus tôt dans l’année, les Philippines ont pris des mesures pour mettre en œuvre ces nouveaux critères. Le rapport d’étape publié dans le cadre du sommet du G20 de Londres a été mis à jour

Travaux anticorruption primés

Lancement d’iLibrary

La Society of Corporate Compliance and Ethics (SCCE) a décerné son Prix international de la conformité à l’OCDE et à son Groupe de travail sur la corruption. Le secrétaire général Angel Gurría, qui a fait de la lutte contre la fraude et la corruption l’un des piliers essentiels des objectifs stratégiques de l’OCDE, a remercié la SCCE pour cette récompense. « La Convention contre la corruption, a-t-il souligné, est la pierre angulaire de la stratégie de l’OCDE contre la corruption, qui vise à s’y attaquer tant du côté de la demande que de l’offre. Ce prix prestigieux accordé à l’OCDE et à son Groupe de travail sur la corruption nous encourage à poursuivre cet effort important. » Le prix honore les personnes et les organisations qui ont contribué à établir des normes éthiques respectueuses des codes internationaux de conduite des entreprises. Voir www.oecd.org/daf/anticorruption

OECD iLibrary est née. Cette nouvelle plateforme de données statistiques, de livres, de périodiques et de documents de travail remplace SourceOCDE. Elle est conçue pour permettre aux utilisateurs de trouver et de citer des tableaux individuels et des bases de données aussi facilement que des articles ou des chapitres. Son outil de citation pour les bases de données et les tableaux est unique en son genre. OECD iLibrary contient toutes les publications et les données de l’OCDE et de ses organisations affiliées, comme l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et le Forum international des transports (FIT). Cela représente quelque 390 bases de données complètes, 2 500 documents de travail, 5 500 livres, 14 000 tableaux et graphiques, 21 000 chapitres et articles, y compris ceux de L’Observateur de l’OCDE prochainement.

pour refléter cette évolution. Voir www.oecd.org/dataoecd/50/0/43606256.pdf Vingt-huit juridictions de la région AsiePacifique ont accepté les recommandations sur la lutte contre la corruption nationale et internationale. Les recommandations sont faites dans la Thematic Review on Criminalisation of Bribery. Voir www.oecd.org/corruption. Voir la salle de

presse sur www.oecd.org/media-fr

Israël rejoint l’OCDE Le 7 septembre 2010, Israël est devenu le 33ème pays membre de l’OCDE en déposant son instrument d’adhésion à la Convention relative à l’OCDE. Israël a été invité par les pays de l’OCDE à entamer des négociations en vue d’une adhésion en mai 2007. C’est le troisième nouveau membre à rejoindre l’Organisation cette année, après le Chili en mai et la Slovénie en juin. Voir www.oecd.org/adhesion

Le Secrétaire général reconduit Les pays membres de l’OCDE ont nommé Angel Gurría pour un second mandat de cinq ans. L’ambassadeur du Portugal auprès de l’OCDE, Eduardo Ferro Rodrigues, doyen du Conseil de l’OCDE, a déclaré que cette décision unanime reflétait la « grande estime » que les pays membres ont pour le « leadership énergique » de M. Gurría et leur confiance en sa capacité de diriger l’organisation durant cinq années qui s’annoncent difficiles. Voir les remarques de M. Gurría pp. 36-37.

Best of... « C’est aux pays excédentaires comme aux pays déficitaires qu’il appartient de prendre des mesures pour empêcher que les déséquilibres ne prennent une grande ampleur ou un caractère persistant. (…) On ne saurait demander aux pays dont la balance est excédentaire en raison de leur forte compétitivité de relever délibérément le niveau de leurs prix. En pratique, il est vrai, ces pays ne peuvent pas s’isoler totalement (…) » « Pour atténuer les difficultés de balance des paiements », L’Observateur de l’OCDE n° 25, décembre 1966

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INTRODUCTION

Les défis de santé après la crise transition démographique, avec l’accroissement du nombre des personnes âgées, est un enjeu majeur. Dans certains pays, la proportion de personnes de plus de 80 ans devrait doubler d’ici 2040. L’allongement de la durée de la vie est une grande réussite pour nos systèmes de santé. Mais une population vieillissante nécessitera d’autant plus de services de santé et de soins. En outre, nous sommes confrontés à la difficulté de financer des coûts croissants avec une proportion plus faible d’actifs.

Nous ne devons pas laisser les conséquences de la crise financière creuser les inégalités sociales en matière de santé Dans le même temps, la charge de la maladie évolue dans la plupart des pays de l’OCDE. Le nombre de patients souffrant de maladies chroniques comme le diabète augmente rapidement. Davantage de gens souffrent de problèmes mentaux. L’obésité progresse. Ce sont autant de défis pour nos systèmes de santé.

Torgeir Haugaar, Norwegian Defence Media Centre

Un défi majeur consiste à organiser les systèmes de santé de façon à maximiser la santé tout en optimisant la dépense. Si un maximum de ressources sont dépensées à un stade précoce, on peut concentrer davantage les efforts sur la prévention, comme celle concernant le diabète, par exemple, et réduire ainsi le coût global. Les maladies les plus courantes aujourd’hui sont souvent liées au mode de vie – tabagisme, consommation abusive d’alcool, surpoids et manque d’entretien physique. Plusieurs pays de l’OCDE sont parvenus à faire baisser le nombre de fumeurs, mais il faut faire plus. Cette réussite doit aussi nous conduire à trouver les moyens de lutter contre l’obésité et la consommation abusive d’alcool.

Anne-Grete Strøm-Erichsen, Ministre de la Santé de Norvège et Présidente de la réunion des ministres de la santé des pays de l’OCDE de 2010

Au lendemain de la crise financière, les gouvernements doivent à la fois répondre aux pressions à court terme qui s’exercent sur les budgets de la santé et remplir leurs obligations à long terme, afin de fournir au public des services de santé de plus en plus performants. Trouver le juste équilibre entre ces deux exigences n’est pas chose facile. La crise financière pourrait accentuer les inégalités sociales en matière de santé entre nos pays et au sein de chacun d’entre eux. Pour éviter les inégalités, il faut intégrer la dimension santé à toutes les politiques. Ces défis sont à l’ordre du jour de la réunion ministérielle de l’OCDE à Paris, en octobre 2010. Celle-ci devrait être riche d’enseignements pour tous les ministres de la santé. Quant à la crise économique, sans doute nous offre-t-elle l’occasion de repenser nos priorités en matière de santé.

Le gouvernement norvégien s’apprête à engager une réforme de la santé mettant l’accent sur la prévention et les interventions précoces. Les soins de santé primaires sont une composante clé de nos systèmes de santé. L’une des grandes questions est le niveau de coordination entre les soins de santé spécialisés et les soins primaires. Trop de patients sont hospitalisés parce qu’ils n’ont pas été suffisamment pris en charge au niveau local. Cela coûte cher et n’est pas bénéfique pour les patients. Nous savons aussi que souvent, les groupes les plus vulnérables ne bénéficient pas des services auxquels ils ont droit. Nous ne devons pas laisser les conséquences de la crise financière creuser les inégalités sociales en matière de santé. Au contraire, nous devons saisir cette occasion pour réformer et améliorer nos systèmes de santé. Prévention, soins primaires solides et coordination accrue sont les clés qui nous permettrons de nous adapter aux évolutions démographiques et aux nouvelles pathologies.

Voir le site du ministère norvégien de la Santé : http://hod.dep.no Voir aussi www.oecd.org/sante/ministerielle

En tant que ministre de la Santé, je suis confrontée à plusieurs défis. La Norvège et les autres pays de l’OCDE sont très intégrés à l’économie mondiale. Les défis sont donc communs à de nombreux pays. La

L’Observateur de l’OCDE N° 281 Octobre 2010

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Remédier aux coûts de santé

Design Factory

Mark Pearson, Chef de la division de la Santé, direction de l’Emploi, du Travail et des Affaires sociales de l’OCDE

Les dépenses de santé s’accroissent alors même que les budgets publics sont de plus en plus resserrés. Une marge importante existe pour dépenser mieux. Dans les pays de l’OCDE, les dépenses de santé représentent aujourd’hui en moyenne 9 % du PIB et dépassent 10 % dans certains d’entre eux. Ces dépenses ont progressé plus vite que la croissance économique dans presque tous les pays de l’OCDE au cours des 15 dernières années. Plus des trois-quarts des dépenses de santé reposent sur des financements publics et, face à la crise économique, aux contraintes budgétaires croissantes et au vieillissement de la population, les systèmes de santé doivent impérativement contenir les coûts et être plus efficaces. Les dépenses publiques de santé pourraient augmenter de 50 % à 90 % d’ici 2050. Les populations des pays de l’OCDE vivent en meilleure santé et plus longtemps qu’autrefois. Les décès prématurés ont diminué de moitié depuis 1970 et l’espérance de vie à la naissance s’est allongée de dix ans depuis 1960. À la création de l’OCDE,

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il y a cinquante ans, 80 ans était considéré comme un âge très avancé. La plupart des filles et beaucoup de garçons qui naissent aujourd’hui peuvent espérer atteindre cet âge, sans connaître de problème de santé majeur. Cela doit évidemment beaucoup à la croissance économique et à l’éducation, qui ont favorisé des modes de vie plus sains et une prise de conscience des dangers du tabac, de l’alcool ou des drogues. Mais les progrès des sciences médicales et l’amélioration des systèmes de santé ont aussi été déterminants. Selon de récentes estimations de l’OCDE, l’augmentation des dépenses de santé et leur meilleur ciblage pourraient expliquer jusqu’à 40 % de l’allongement de l’espérance de vie depuis le début des années 90. La crise économique, qui resserre les cordons de la bourse publique, pourrait-elle mettre en péril ces acquis ? Aujourd’hui, la plupart des gouvernements doivent impérativement faire des économies. Dans le secteur de la santé, cela signifie dépenser mieux, sinon réduire considérablement les dépenses. Comment faire ? Certains gouvernements ont obtenu des résultats rapides en contrôlant directement

les dépenses de santé, en plafonnant les budgets de santé, en gelant les prix ou en limitant les moyens mis en œuvre. Ils ont réduit le remboursement des médicaments. Le plafonnement des salaires des personnels de santé a également allégé les finances de certains pays. Lors de périodes antérieures d’austérité budgétaire, certains pays ont même choisi de réduire le nombre d’infirmiers et de médecins formés pour réaliser des économies. Mais de telles mesures de court terme, si elles permettent de réfréner rapidement les dépenses, ne répondent pas aux facteurs de fond qui poussent les dépenses de santé à la hausse, comme le vieillissement ou les évolutions technologiques. En outre, les bénéfices de ces économies sont souvent de courte durée. On ne peut maintenir durablement les salaires des personnels de santé à un niveau inférieur à ceux d’autres secteurs, il est nécessaire de former la prochaine génération de médecins et d’infirmiers, et l’opinion publique tolère mal de devoir attendre de plus en plus longtemps pour recevoir des soins. Le « court-termisme » à outrance peut conduire à limiter ou à rendre inéquitable l’accès aux soins, à amoindrir la qualité des services et à différer l’accès aux nouvelles technologies médicales. Cela peut entraîner une dégradation de la santé, qui accroît au final les dépenses. De multiples stratégies ont été imaginées pour changer les comportements à long terme, et les plus efficaces ont deux points commun : premièrement, elles se concentrent sur les causes et la transmission des maladies ainsi que sur la progression des affections chroniques ; deuxièmement, elles s’efforcent de récompenser les acteurs qui proposent des soins efficaces et de qualité. Un bon patient est un patient informé. Aujourd’hui, la plupart des patients ont un niveau d’instruction suffisant pour comprendre les risques ou les effets secondaires éventuels d’un traitement. Ils sont souvent capables de décider de se soumettre ou non à un traitement intensif ou invasif. Selon une étude canadienne, la grande majorité des patients souffrant du genou préfèrent les soins traditionnels (par ailleurs moins coûteux) à la chirurgie. Une meilleure coordination entre les hôpitaux et les services de santé de proximité peut à la fois améliorer la qualité des soins et réduire les


Dépenses de santé

coûts. Aider les patients à se repérer dans des systèmes complexes, suivre leur parcours médical, éviter les hospitalisations inutiles et coûteuses et le recours prématuré à des spécialistes, sont autant de gains d’efficacité. La coordination peut nécessiter de lourds investissements en matière de gestion et de systèmes informatiques. Un programme norvégien, par exemple, a permis de faire d’importantes économies, notamment en

Dépenses de santé % du PIB, sélection de pays , 2008 ou dernière année disponible 18 16 14 12 10 8 6

Pour de nombreuses pathologies, la prévention est le meilleur des remèdes. Pourtant, malgré l’efficacité-coût manifeste de mesures préventives comme la vaccination et les campagnes de lutte contre l’obésité ou le tabagisme, la prévention occupe une faible part des dépenses publiques. Sur 20 dollars dépensés dans les systèmes de santé, elle représente moins d’un dollar. C’est insuffisant, d’autant qu’il est aujourd’hui avéré que de nombreuses maladies coûteuses, comme le diabète ou certains cancers, pourraient être évitées (voir l’article de Franco Sassi). D’autres pistes permettraient de faire des économies à long terme. Prenons le secteur hospitalier, qui absorbe près de 40 % des dépenses totales de santé. Malgré les efforts déployés depuis quelques années, d’autres économies sont encore réalisables, par exemple en améliorant la gestion des hôpitaux ou en limitant l’utilisation des lits de soins aigus pour les convalescents. En outre, étant donné l’extension des maladies chroniques, les soins correspondants ne devraient plus être prodigués dans le cadre d’une hospitalisation, mais plutôt en ambulatoire ou en consultation externe. Une meilleure affectation des ressources peut également jouer un rôle important dans la réduction des dépenses de santé à long terme. Quelques décisions difficiles s’imposeront, comme choisir d’investir moins dans des technologies coûteuses bénéficiant à un public

Dépenses publiques

Mexique

Turquie

Estonie

Corée

Chine

Japon

Espagne

Italie

Canada

Autriche

Suisse

Allemagne

Dépenses privées

Royaume-Uni

améliorant la transition entre l’hospitalisation et les services de santé de proximité, bien que cette transition ait nécessité un investissement en amont afin d’accroître le nombre d’infirmiers.

2 0

France

le coût des politiques de santé existantes

4

États-Unis

Il y a beaucoup à faire pour limiter

Source : OCDE

restreint pour pouvoir financer des traitements moins coûteux bénéficiant à un public plus large. Améliorer le partage de l’information peut également aider à affecter plus efficacement les ressources en évitant les doublons ou les traitements ayant peu de chances de succès, ou encore en privilégiant ceux qui ont été expérimentés et testés. Tout cela est toutefois plus facile à dire qu’à faire et cette démarche pourra nécessiter des changements organisationnels, ainsi qu’un investissement accru dans les technologies de l’information (voir l’article de Nicole Denjoy).

substantielles économies, sans nuire à l’accès aux soins et à leur qualité.

Réformer les systèmes de santé en récompensant la performance plutôt que le volume d’activité est une stratégie à laquelle se rallient de nombreux pays, car elle permet à la fois d’économiser de l’argent et d’améliorer les résultats cliniques. Les incitations financières à l’intention des hôpitaux, des médecins et des infirmiers et la mise en place d’un système de palmarès peuvent encourager les fournisseurs de soins de santé primaires à accroître la prévention et à impliquer davantage les patients dans le suivi et le traitement des maladies chroniques.

Enfin, améliorer l’efficacité consiste davantage à optimiser les politiques de gestion et d’investissement qu’à réduire les dépenses. Bien souvent, les responsables politiques pourraient tirer meilleur profit des systèmes de santé, à condition de bien garder ceci à l’esprit : particulièrement en matière de santé, des coupes mal avisées ou une mauvaise gestion peuvent entraîner le gaspillage de l’argent public et nuire à la performance.

Cette obligation de performance peut s’appliquer aussi aux médicaments. Les dépenses en médicaments représentent en moyenne encore 17 % des dépenses totales de santé dans l’ensemble des pays de l’OCDE. Les parts de marché des médicaments génériques varient de 15 % en Irlande à 75 % en Pologne. En encourageant l’utilisation de médicaments génériques, certains pays de l’OCDE pourraient donc réaliser rapidement de

À plus long terme, les décideurs devront se pencher sur le remboursement et la fixation des prix des médicaments pour s’assurer que les deniers publics sont judicieusement utilisés. Il y a de grands avantages potentiels à fixer les prix des médicaments en fonction des bienfaits qu’on en attend. En parallèle, les médecins doivent être mieux informés sur les coûts relatifs et les avantages des différentes options thérapeutiques.

Heureusement, les bonnes pratiques abondent dans les pays de l’OCDE, et les gouvernements peuvent s’en inspirer pour réformer efficacement leurs systèmes de santé. Ce qu’il faut retenir, c’est que, même en période d’austérité, réduire les dépenses de santé peut s’avérer une fausse bonne idée, alors même que beaucoup reste à faire pour limiter le coût des politiques de santé existantes. Voir www.oecd.org/sante/ministerielle

L’Observateur de l’OCDE N° 281 Octobre 2010

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Lutter contre l’obésité Franco Sassi, division de la Santé, direction de l’Emploi, du Travail et des Affaires sociales de l’OCDE

l’éducation et des conditions de vie. Mais certaines enquêtes ont enregistré une augmentation rapide de l’indice de masse corporelle (IMC) à partir des années 1980, jusqu’à deux à trois fois plus vite qu’au cours du siècle précédent dans de nombreux pays. L’IMC, qui met en rapport le poids et la taille, a ses détracteurs, mais son utilité est largement reconnue. Avant 1980, les taux d’obésité étaient généralement nettement en-dessous de 10 % de la population. Depuis, ils ont doublé ou triplé dans de nombreux pays et, dans plus de la moitié des pays de l’OCDE, 50 % de la population, voire plus, est en surpoids. Si les tendances récentes perdurent au cours des dix prochaines années, les taux d’obésité continueront d’augmenter, même si le nombre d’adultes en surpoids sans être obèses – IMC supérieur à la limite de 25 mais inférieur au seuil de l’obésité de 30 – devrait se stabiliser aux alentours d’un tiers de la population.

REUTERS/Rick Wilking

On observe certaines tendances qui peuvent orienter l’action publique. Par exemple, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à avoir des problèmes d’obésité, mais dans la plupart des pays de l’OCDE, les taux d’obésité masculins augmentent plus vite que les taux féminins.

« L’obésité est l’une des grandes urgences de santé publique de notre époque. » Cette affirmation sans détour repose sur des faits précis. Premièrement, l’espérance de vie : une personne atteinte d’obésité peut vivre entre huit et dix années de moins que la moyenne. À peu près comme un fumeur. Quant aux coûts de santé, une personne obèse engendre au moins 25 % de dépenses de santé de plus que la moyenne. L’obésité est un sujet de préoccupation croissante et à multiples facettes. Elle est associée à des maladies chroniques comme le diabète, les cardiopathies, les accidents vasculaires cérébraux, ainsi qu’à de nombreux cancers. L’obésité est aussi liée à des modes de vie mauvais pour la santé, le déséquilibre du régime alimentaire et l’absence d’activité physique étant parmi les causes les plus

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connues. Cependant, les personnes obèses vivant généralement moins longtemps, les dépenses de santé qu’elles engendrent tout au long de leur vie ne sont pas plus élevées, et sont même peut-être plus faibles que celles occasionnées par des personnes de poids moyen. On estime que l’obésité représente de 1 à 3 % des dépenses de santé totales dans la plupart des pays, et de 5 à 10 % aux États-Unis. Si l’on ajoute aux coûts de santé les pertes en termes de production, le coût de l’obésité représente environ un point de pourcentage du PIB dans la plupart des pays, et plus de 1 % aux États-Unis. Le gain de poids reflète en partie une tendance historique. Dans de nombreux pays développés, la taille et le poids augmentent depuis le 18ème siècle, sous l’effet de l’amélioration graduelle des revenus, de

De même, dans les pays riches, l’obésité touche davantage les pauvres. Dans plusieurs pays de l’OCDE, les femmes ayant un faible niveau d’éducation ont deux à trois fois plus de risques d’être en surpoids que les femmes ayant un niveau d’éducation supérieur. Pour les hommes, la disparité est beaucoup plus réduite, voire inexistante. Les enfants dont l’un au moins des parents est obèse ont trois à quatre fois plus de risques d’être eux-mêmes obèses. Ce n’est pas seulement une question de gènes, mais aussi de modèles de comportement, souvent déterminants. Les personnes obèses peuvent peiner à trouver du travail. Elles sont souvent victimes de discrimination, les employeurs craignant que ces personnes soient moins productives que d’autres. De même, certains travaux montrent qu’un désavantage salarial pouvant aller


OBÉSITÉ

jusqu’à 18 % peut être associé à l’obésité. Dans le même temps, les personnes obèses tendent à percevoir plus de prestations d’invalidité que les autres. D’où vient le problème de l’obésité ? Les raisons en sont multiples et complexes, bien que l’évolution des habitudes alimentaires et des modes de vie soit centrale. L’offre alimentaire s’est profondément modifiée depuis la seconde moitié du 20ème siècle. C’est aussi le cas des technologies de production alimentaires, avec le développement des aliments transformés, qui n’a pas été contrebalancé par la réaction de secteurs plus conscients des enjeux de santé,

Le coût des interventions destinées à lutter contre l’obésité représente une fraction infime des dépenses de santé, équivalente aux dépenses qu’un pays peut consacrer aux seuls médicaments anti-cholestérol

du moins au niveau mondial. La publicité et la pression par les pairs ont également de plus en plus contribué à promouvoir la rapidité et le plaisir, souvent au détriment de la santé. Le prix des calories a spectaculairement chuté et les aliments prêts à consommer, proposés par des marques mondiales, se sont répandus presque partout sur la planète. La préparation traditionnelle des repas à partir d’ingrédients bruts s’est raréfiée, en partie à cause des nouvelles conditions de travail et de vie. Moins d’activité physique au travail, des taux d’emploi féminin accrus, plus de stress et moins de sécurité de l’emploi, un temps de travail plus long dans certains emplois : tous ces facteurs ont joué un rôle, directement ou indirectement, dans l’épidémie d’obésité que nous connaissons. Mais la tendance peut être renversée. Nous savons que les interventions destinées à lutter contre l’obésité peuvent améliorer la santé et l’espérance de vie, et, du point de vue de l’action publique, l’argent qui y est consacré procure plus d’avantages de santé que de nombreux traitements curatifs actuellement

dispensés par les systèmes de soins des pays de l’OCDE. C’est vrai en particulier des actions d’éducation et de promotion de la santé, des mesures d’encadrement et des mesures fiscales, ainsi que des conseils sur le mode de vie prodigués par les médecins de famille. Des interventions plus légères qu’on ne le pense Des interventions simultanées dans ces trois domaines ne coûteraient pas plus de 12 dollars par habitant et par an au Mexique, 19 dollars au Japon et en Angleterre, 22 dollars en Italie et 32 dollars au Canada. C’est une fraction infime des dépenses de santé dans ces pays – cela équivaut à ce qu’un pays comme l’Angleterre consacre aux seuls médicaments anti-cholestérol. En outre, cet ensemble d’interventions ne représenterait qu’une faible proportion des dépenses que ces pays consacrent déjà (souvent inefficacement) à la prévention. La plupart des interventions examinées sont susceptibles d’engendrer des gains annuels d’au moins 40 000 années de vie, et jusqu’à 140 000 années de vie, quasiment sans invalidité supplémentaire, dans les cinq pays considérés. Un seul type d’intervention, en l’occurrence le conseil par les médecins de famille en direction des individus à risque, conduirait à un gain pouvant aller jusqu’à un demi-million d’années de vie sans invalidité. L’objectif premier de la prévention est d’aider les gens à vivre plus longtemps et en meilleure santé. Cela vaut aussi pour les gens qui ne mangent pas suffisamment – les campagnes de lutte contre l’obésité doivent veiller à ne pas encourager des pertes de poids excessives, qui peuvent également être risquées pour la santé. Il ne faut pas penser non plus que la prévention réduira le montant global des dépenses de santé, car un allongement de la durée de la vie signifie aussi plus de soins au fil du temps. S’agissant de l’obésité, les interventions engendreront au mieux des réductions de l’ordre de 1 % du total des dépenses liées aux grandes maladies chroniques.

ciblées sur les individus, par exemple à travers les conseils. Il importe aussi que les personnes obèses soient des acteurs à part entière ; elles ne doivent pas faire l’objet de discriminations ni se sentir persécutées. Mais les parties prenantes de l’alimentation et de la santé devraient être mobilisées également, qu’il s’agisse de prestataires de santé ou d’entreprises, d’organismes publics ou d’associations de consommateurs. Prévenir les maladies chroniques fait clairement partie du rôle des pouvoirs publics, mais ils ne peuvent pas le faire seuls. Une action sur le long terme exige aussi une forte mobilisation du secteur privé. L’épidémie d’obésité actuelle nous concerne tous. Nous devons l’affronter aujourd’hui pour réduire les coûts de santé actuels et épargner une charge de plus aux générations futures. Référence Sassi, Franco (2010), L’obésité et l’économie de la prévention : Objectif santé, OCDE, Paris. Pour plus d’informations sur l’obésité, voir www.oecdobserver.org

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Il n’y a pas de remède miracle à l’obésité. Les stratégies de prévention intelligentes et humaines sont celles qui combinent les campagnes d’information, les réglementations gouvernementales et les approches visant l’ensemble de la population avec des approches

L’Observateur de l’OCDE N° 281 Octobre 2010

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L’essor du tourisme médical David Morgan, division de la Santé, direction de l’Emploi, du Travail et des Affaires sociales de l’OCDE

Le nombre de personnes qui vont se faire soigner à l’étranger a augmenté ces dernières années. Cela pourrait refléter une tendance mondiale de fond. La Thaïlande attire les touristes pour ses plages magnifiques et ses temples majestueux. Mais désormais, ce « tigre asiatique » attire un autre type de touristes : les patients. Le Conseil thaïlandais de l’investissement constate que la Thaïlande a traité plus d’un million de patients étrangers en 2006. Tous ne sont pas des vacanciers malchanceux. Ce sont des patients qui alimentent un flux croissant de tourisme médical, représentant quelque 40 milliards de dollars au niveau mondial, selon le Conseil thaïlandais de l’investissement, avec un potentiel de croissance d’environ 20 % par an. Certaines estimations vont plus loin encore. Dans un rapport de 2008, le Deloitte Center for Health Solutions chiffrait la valeur du marché mondial du tourisme médical en 2008 à environ 60 milliards de dollars et anticipait

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des taux de progression à deux chiffres pour les années à venir. Et si un rapport de suivi a indiqué en 2009 que la récession freinerait cette progression – tendance que de récents rapports thaïlandais semblent confirmer – on estime néanmoins que le nombre de ressortissants des États-Unis allant à l’étranger pour motifs médicaux atteindra 1,6 million d’individus d’ici 2012. Le secteur de la santé n’a pas tardé à prendre acte de ce phénomène. De plus en plus de pays ou d’hôpitaux et de cliniques promeuvent activement leur image de destinations de premier plan pour la santé, auprès de patients des pays voisins ou plus lointains, en promettant des services de santé de première qualité, des technologies de pointe et des prix compétitifs. À dire vrai, le tourisme médical n’est pas une nouveauté. Depuis plusieurs millénaires, les gens peuvent franchir de grandes distances pour trouver des remèdes à leurs maux. Le 19ème siècle a été la grande époque des

stations balnéaires et des lieux de villégiature dédiés à la santé, partout en Europe. Et, plus récemment, de riches patients du monde entier ont fréquemment sillonné la planète pour accéder aux dernières technologies et aux services haut de gamme de cliniques privées très sélectives. Aujourd’hui, le tourisme médical est l’aspect le plus visible de l’accentuation générale de la mondialisation de la santé, reflétée au final par les échanges internationaux de services de santé. La plupart des gens préfèrent se faire soigner près de chez eux. Mais, dans certaines circonstances, un patient peut préférer se faire soigner à l’étranger. Parfois, l’établissement le plus proche est juste de l’autre côté de la frontière. Dans d’autres cas, certains spécialistes ou certains traitements de pointe ne sont pas disponibles localement, ou uniquement moyennant de longs délais d’attente. Bien sûr, le coût joue aussi un rôle important, et de nombreux touristes de la santé recherchent simplement


TOURISME MÉDICAL

1 200

1 005

Millions d’USD

757

1 000

576

800

limité par rapport à l’ensemble du secteur de la santé, mais la tendance s’amplifie

L’intensification de la coopération économique et politique est également un facteur de mouvements internationaux de patients et de professionnels de santé.

de santé à l’étranger en 2008. Un projet de l’OCDE financé en partie par la Commission européenne vise à améliorer la mesure des échanges internationaux de biens et de services de santé.

Certains pays autorisent déjà leurs ressortissants à se rendre dans d’autres pays européens pour y recevoir des soins lorsque ceux-ci sont couverts par leurs propres services nationaux de santé. La mobilité des patients en Europe pourrait recevoir une nouvelle impulsion, car la Commission européenne s’efforce de clarifier les droits des patients à la prise en charge de traitements dispensés dans d’autres États membres.

Il est sans doute exact que, malgré tout l’intérêt manifesté par le public, dans la plupart des pays, le tourisme médical reste limité par rapport à l’ensemble du secteur de la santé. D’autre part, parmi les personnes qui se font soigner à l’étranger, beaucoup sont sans doute des visiteurs réguliers qui ont besoin de soins médicaux, comme des touristes, des voyageurs d’affaires ou des travailleurs saisonniers ou frontaliers.

Une directive européenne a été proposée, qui vise trois objectifs : garantir que tous les patients aient accès à des soins sûrs et de bonne qualité, soutenir les patients dans l’exercice de leurs droits à des soins de santé à l’étranger et promouvoir la coopération entre les systèmes de santé.

Et même si les voyages de patients européens ou américains vers l’Inde et l’Asie du Sud-Est font les gros titres médiatiques, le tourisme médical a encore très largement lieu entre pays proches. Pour les Européens, la Hongrie ou la République tchèque sont désormais connus pour les services dentaires et la chirurgie esthétique, par exemple.

Les statistiques sur le montant représenté par les voyages à but médical restent parcellaires et tendent à sous‑estimer les tendances réelles. Elles montrent que les pays de l’OCDE ont consommé pour plus de 5 milliards de dollars de services

9

5

2 Estonie

11

Slovénie

12

Irlande (2)

Espagne

12 Islande

17 Rép. slovaque

Grèce (2)

22

20

Hongrie

Pologne

23 Rép. tchèque

65

Le graphique reflète les importations de services de santé. L’Allemagne dépense plus d’1 milliard de dollars à l’étranger, l’Estonie environ 2 millions de dollars.

52

Autriche

Le tourisme médical reste un phénomène

Mexique (2)

67 Suède

212 96 Corée (2)

267 Italie (2)

Turquie (2)

272 Canada (2)

0

Belgique (2)

200

Pays-Bas

400

366

600

Allemagne

Internet a également joué un rôle très important. Le nombre de sites Web consacrés au tourisme médical a explosé ces dernières années, donnant aux patients accès à une masse d’informations et à un vaste choix de services partout dans le monde. En Norvège, une étude de l’utilisation d’Internet à des fins médicales a montré qu’en 2007, 67 % de la population utilisait Internet pour obtenir des informations, d’une manière ou d’une autre, sur la santé, et on prévoyait que la proportion serait de plus de 80 % en 2010.

Tourisme médical Sélection de pays de l’OCDE, 2008

États-Unis (1)

un traitement équivalent dans des pays moins chers. Les obstacles juridiques et éthiques, concernant les cellules souches ou le don de sang ou d’organes, par exemple, ont aussi beaucoup contribué au développement du tourisme médical.

Source : OCDE, System of Health Accounts sauf (1) USITC et (2) BoP.

continuer à s’étendre. Les politiques publiques doivent être prêts à s’y adapter. Références Deloitte (2008), « Medical Tourism: Consumers in Search of Value », Deloitte Center for Health Solutions. Voir www.deloitte.com/centerforhealthsolutions Deloitte (2009), « Medical tourism: Update and implications », Deloitte Center for Health Solutions, 2009. Voir www.deloitte.com/centerforhealthsolutions Thai Board of Investment (2008), « A Medical Trade Valued at US$40 billion with a 20% Annual Growth ». Voir www.boi.go.th/english/why/Medical.pdf Wangberg, S., Andreassen, H., Kummervold, P., Wynn, R. et Sørensen, T. (2009), « Use of the internet for health purposes: trends in Norway 2000–2010 », Scandinavian Journal of Caring Sciences, 23 : 691–696.

Voir www.oecd.org/sante

Cela dit, la tendance s’amplifie. La mondialisation est de plus en plus présente dans nos vies et le tourisme médical devrait

L’Observateur de l’OCDE N° 281 Octobre 2010

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Mondialiser les soins de santé Dean Baker, Co-directeur, Center for Economic and Policy Research (CEPR), Washington DC

nationale. Actuellement, chacun des 50 États applique ses propres critères en la matière. Il devrait être possible de standardiser les critères essentiels, en donnant à chaque État la possibilité d’y adjoindre des conditions si elles sont manifestement liées à la qualité des soins.

Enrique de la Osa/REUTERS

Ces conditions devraient être aussi transparentes que possible, afin que la formation nécessaire pour s’y conformer puisse être aussi facile à acquérir en Inde ou au Mexique qu’aux États-Unis. L’évaluation des connaissances pourrait même être réalisée à l’étranger, par des responsables dûment autorisés. Les médecins étrangers ainsi qualifiés pourraient être autorisés à pratiquer la médecine aux États-Unis au même titre que les médecins américains.

Les soins de santé sont rarement une priorité des politiques commerciales. Pour l’économiste Dean Baker, c’est regrettable car, au vu des écarts considérables entre les coûts de santé selon les pays, développer les échanges liés à ce secteur pourrait offrir des solutions.

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concurrence, au plan national comme international.

Prenons le cas des États-Unis. Les avantages potentiels d’une plus large ouverture des échanges en matière de santé y seraient particulièrement importants, car les coûts de santé y sont les plus élevés au monde. Mais une telle libéralisation bénéficierait aussi à d’autres pays, quoique dans une moindre mesure.

Une plus grande ouverture des échanges en matière de soins de santé offrirait divers avantages, dont trois se détachent nettement. Tout d’abord, l’offre augmenterait. Il faudrait pour cela standardiser davantage et rendre plus transparents les critères d’obtention de l’autorisation d’exercer une profession de santé, en particulier la médecine. Ensuite, l’accroissement du tourisme médical inciterait les systèmes de santé à s’efforcer d’attirer les patients en quête de traitements moins chers. Enfin, les pouvoirs publics feraient des économies sur les soins dispensés aux retraités, notamment en créant des chèquessanté internationaux.

Selon la plupart des sources, les médecins sont beaucoup mieux rémunérés aux États-Unis qu’ailleurs (voir le graphique). Les disparités sont plus importantes pour les spécialités les mieux rémunérées, mais l’écart est sensible dans la plupart des domaines. Ce fossé persiste du fait des politiques d’autorisation d’exercer, délibérément conçues pour limiter la

Commençons par la standardisation. Simplifier et standardiser les conditions de délivrance d’une autorisation d’exercice faciliterait l’activité des médecins étrangers hors de leur pays et ne serait pas plus difficile que dans beaucoup d’autres domaines soumis à des accords commerciaux. Aux États-Unis, il faudrait commencer par une harmonisation

Une telle initiative accroîtrait l’offre médicale aux États-Unis, entraînant de fortes baisses de rémunérations et augmentant le nombre de médecins dans les régions où ceux-ci manquent. Aux États-Unis, le revenu moyen des médecins dépasse actuellement 200 000 dollars par an. Si la rémunération des 800 000 médecins en activité diminuait de 30 %, les économies réalisées dépasseraient 50 milliards de dollars par an (0,3 % du PIB). De même, il serait facile d’élaborer un système d’imposition des revenus des médecins formés à l’étranger, dont le produit serait transféré aux pays d’origine. Ces recettes pourraient permettre à ces derniers de former davantage de médecins. Le tourisme médical est un second moyen grâce auquel les États-Unis et d’autres pays peuvent tirer profit de la libéralisation des échanges dans le domaine de la santé (lire l’article de David Morgan page 12). Le tourisme médical est déjà important dans les pays en développement où les actes médicaux sont particulièrement peu coûteux. La majeure partie du tourisme médical issu d’autres pays de l’OCDE qui assurent une couverture quasi-universelle vise des interventions de chirurgie esthétique, non remboursées dans le pays d’origine. ce n’est pas le cas du tourisme médical issu des États-Unis, qui vise souvent à bénéficier d’interventions médicales importantes pour un prix bien inférieur aux tarifs américains. Beaucoup de pays en développement comptent


MONDIALISATION ET SANTÉ

Royaume-Uni en 2020 économiserait 5 800 dollars par an, y compris le montant de la prime à laquelle il aurait droit. Une personne éligible pour les deux programmes économiserait 13 700 dollars.

Les médecins gagnent plus que la moyenne des salariés Rémunération des médecins généralistes, ratio par rapport au salaire moyen, dernière année disponible 5,0 4.,0 3,0 2,0 1,0

des établissements médicaux conçus pour des patients provenant de pays riches. Ces établissements sont dotés d’équipements modernes complets et leurs médecins ont des niveaux de formation comparables à ceux des pays riches. Mais leurs tarifs sont beaucoup moins élevés. Par exemple, une opération cardiaque dans un hôpital américain peut coûter plus de 200 000 dollars. Certains hôpitaux indiens ou thaïlandais peuvent offrir des soins comparables pour 25 000 dollars. Cet écart de coût peut largement compenser les frais de voyage du patient et de ses proches. Le tourisme médical a progressé, notamment chez les personnes dépourvues d’assurance maladie aux États-Unis. Cette progression pourrait être facilitée par une réforme de la réglementation permettant aux compagnies d’assurance de proposer aux patients de recevoir des soins à l’étranger en partageant avec eux les économies réalisées. Il serait par ailleurs utile d’instaurer un système d’agrément garantissant la qualité des établissements étrangers (un système d’agréments privé existe déjà, mais un contrôle gouvernemental pourrait inspirer davantage confiance). Des règles claires en matière de responsabilité médicale rassureraient également ceux qui envisagent de se faire soigner à l’étranger. Parallèlement, les pays en développement pourraient lever des impôts sur le tourisme médical, qui permettraient de financer leurs

États-Unis

Allemagne

Canada

Pays-Bas

Irlande

Rép. tchèque

Autriche

Suisse

France

Luxembourg

Source : OCDE

Belgique

Australie

0,0

systèmes de santé nationaux. Un tel impôt représenterait peu de choses au regard des économies réalisées par les patients. Enfin, l’écart entre les coûts des soins de santé aux États-Unis et dans le reste du monde offrirait au régime d’assurance public pour les retraités Medicare la possibilité de faire des économies considérables grâce à l’utilisation de chèques-santé. Il devrait être relativement simple de négocier la mise en place d’un mécanisme grâce auquel les bénéficiaires de Medicare pourraient acheter des soins aux systèmes de santé d’autres pays riches. Les États-Unis pourraient offrir une prime de 10 à 15 % en sus du coût du traitement des patients âgés dans ces pays, afin d’inciter les patients à intégrer un tel mécanisme. Les économies potentiellement réalisées seraient importantes, en particulier si elles étaient couplées avec les économies faites au titre du programme Medicaid, qui couvre les dépenses des personnes âgées à faibles revenus non prises en charge par Medicare. Sur la base des projections établies avant la réforme de l’assurance maladie, le gouvernement américain pourrait économiser, en 2020, 1 700 dollars par an pour chaque personne affiliée au programme Medicare ayant opté pour un chèque-santé et 8 200 dollars pour chaque personne admise à la fois au bénéfice de Medicare et de Medicaid (en dollars de 2008 dans les deux cas). Pour les bénéficiaires, les économies varieraient selon les pays où ils seraient traités, mais un bénéficiaire de Medicare utilisant son chèque-santé au

Les économies faites des deux côtés augmenteraient rapidement avec le temps. En 2060, les économies réalisées par les pouvoirs publics au titre de chaque bénéficiaire de Medicare s’élèveraient à 12 000 dollars par an. Pour chaque personne admise au bénéfice des deux programmes, le montant des économies serait de 42 000 dollars. Un bénéficiaire utilisant son chèque-santé au Royaume-Uni en 2060 pourrait quant à lui économiser 26 000 dollars par an, et un bénéficiaire des deux programmes 45 000 dollars. Ces montants pourraient être un peu plus faibles si la demande des patients américains augmentait suffisamment pour influer sur les prix des pays d’accueil. D’après les projections, un chèque-santé international de ce type entraînerait des économies considérables pour les pouvoirs publics, ainsi que des avantages substantiels pour les bénéficiaires. Dans de nombreux cas, ces derniers pourraient doubler leur revenu à la retraite, au minimum. En outre, la réduction de la demande liée à la décision d’un grand nombre de bénéficiaires de se faire soigner à l’étranger abaisserait également les coûts globaux des soins de santé aux ÉtatsUnis. Même si les avantages potentiels d’une libéralisation des échanges de services médicaux ne sont pas aussi évidents pour les autres pays, elle permettrait sans doute de réaliser des économies importantes au regard de la plupart des domaines actuellement jugés prioritaires dans les négociations commerciales internationales. Il serait bon d’accorder à ce domaine toute l’attention qu’il mérite. Les opinions de l’auteur ne reflètent pas nécessairement celles de l’OCDE ni de ses pays membres. Références Baker, Dean et Hye Jin Rho (2009), Free trade in Health Care: the Gains from globalised Medicare and Medicaid, octobre. Voir www.cepr.net

L’Observateur de l’OCDE N° 281 Octobre 2010

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la biologie synthétique : un enjeu de santé publique Robert Wells, direction de la Science, de la Technologie et de l’Industrie de l’OCDE

La biologie synthétique pourrait être une source de progrès décisifs en biomédecine. Mais elle pose aussi une foule de questions scientifiques, sociales, commerciales et juridiques. Les pouvoirs publics commencent à y répondre. En mai 2010, une équipe de chercheurs a annoncé dans la revue Science qu’elle avait utilisé un génome artificiel pour fabriquer un nouveau type de bactérie. Ce résultat marquait à ses yeux une révolution ouvrant la voie à des avancées aussi diverses que le développement accéléré de vaccins ou la mise au point de carburants plus propres. Ce génome artificiel a été conçu sur ordinateur, synthétisé par voie chimique à l’aide d’organismes-hôtes, et transplanté dans une cellule. Cette cellule s’est ensuite auto-répliquée sous le contrôle du génome synthétique. Certains experts se sont empressés de souligner que cette nouvelle bactérie n’était pas une cellule entièrement synthétique car seule la structure de son génome était artificielle. Le directeur du projet, J. Craig Venter, l’un des artisans du premier séquençage du génome humain, a quant à lui décrit cette découverte comme la première cellule synthétique jamais créée.

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D’après le site Internet ScienceNow, cette percée marque un tournant pour la biologie de synthèse, et permet de nombreuses applications. Les plus rapidement envisageables sont de nouveaux outils de diagnostic et de nouveaux médicaments. Le site indique que cette même équipe de chercheurs envisage de mettre au point un vaccin contre la grippe grâce à ce procédé, même si elle avertit que de nouvelles manipulations pourraient entraîner un rejet du génome synthétique par la cellule receveuse, ce qui les ferait repartir de zéro.

Le docteur Craig Venter, du J. Craig Venter Institute, défend les travaux de son équipe sur les génomes synthétiques et leur impact sur la santé et l’énergie lors d’une audition du comité de l’Énergie et du Commerce de la Chambre des Représentants, au Capitole, le 27 mai 2010 à Washington.

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Cet exemple témoigne de la complexité des questions de biologie synthétique, tant au plan scientifique qu’éthique, ainsi que des enjeux sociétaux fondamentaux que comporte ce domaine en pleine expansion. Cette science revêt donc une importance majeure pour les pouvoirs publics. La biologie synthétique est une discipline qui associe la science et l’ingénierie dans l’objectif de fabriquer de nouvelles entités biologiques


BIOLOGIE SYNTHÉTIQUE

ou de reconcevoir des entités existantes. C’est un exemple d’approche systémique de la biologie : elle nécessite une puissance de calcul et un travail d’analyse de données qui mobilisent de nombreuses équipes à travers le monde. L’intérêt de cette discipline en matière de santé n’est plus à démontrer, les perspectives offertes allant d’une meilleure compréhension des maladies complexes au développement accéléré de nouveaux vaccins. La biologie synthétique ouvre la voie à la conception de traitements sur mesure pour des patients ou des groupes de patients, et au suivi de leur réaction aux traitements. Plusieurs applications en illustrent les potentialités.

Certains estiment que la biologie synthétique cherche à créer de nouvelles formes de vie « artificielle » et fait courir des risques environnementaux. Les scientifiques se veulent rassurants.

En immunologie, par exemple, une équipe slovène a conçu un dispositif capable de reconnaître l’activité du VIH et de déclencher une réponse antivirale pour prévenir la propagation de l’infection. En matière de thérapie cellulaire, une autre équipe américaine a conçu un biocapteur capable de reconnaître un médicament administré à un patient, puis d’établir un circuit qui donne aux lymphocytes T (des cellules du système immunitaire) l’instruction de se lier, par exemple, à des cellules cancéreuses, d’agir et de proliférer. Ce même principe pourrait aussi servir, par exemple, à reconnaître le biomarqueur d’une maladie donnée et, en cas de détection de celui-ci, à libérer les médicaments adéquats. Au vu de telles promesses, de nombreux responsables politiques souhaitent encourager les travaux dans ce domaine et fournissent des incitations et des structures pour aider les chercheurs. Mais ils sont également déterminés à en comprendre les implications et à en prévenir les risques. Sur le plan éthique et moral, par exemple, des interrogations existent, même si elles diffèrent d’un pays à l’autre. Comme les

biotechnologies, la biologie de synthèse modifie les gènes de telle sorte que, pour certains, elle se substitue à la nature en cherchant à créer de nouvelles formes de vie « artificielle ». Les tenants de la biologie synthétique voient les choses différemment. Selon eux, même l’équipe de l’Institut Venter n’a pas produit une cellule entièrement synthétique : elle a essentiellement recréé une cellule bactérienne existante. Une autre question, plus concrète, concerne le risque d’accident ou d’incident qui provoquerait la libération dans l’environnement de bactéries de synthèse, menaçant la santé publique. Mais les scientifiques se veulent rassurants. Ils soulignent ainsi que même dans les laboratoires, il est difficile d’assurer la survie des cellules synthétiques et que, par conséquent, une libération accidentelle tuerait probablement ces cellules. En outre, les équipes de R-D insèrent désormais de multiples sécurités dans les cellules synthétiques, qui consistent par exemple à leur conférer des durées de vie strictement limitées ou à les doter d’« interrupteurs », et à rendre leur survie tributaire de conditions de laboratoire spécifiques. Les chercheurs utilisent aussi des marques d’identification qui permettent de remonter aux « créateurs » de ces cellules. Malgré ces explications rassurantes, les responsables politiques ont besoin d’informations précises pour pouvoir élaborer des politiques prudentes. Peu après l’annonce de l’équipe Venter, le président des États-Unis Barack Obama a chargé sa commission de bioéthique d’étudier les conséquences de la recherche dans ce domaine. D’autres pays examinent aussi actuellement les implications de ces avancées scientifiques pour les politiques publiques. L’OCDE, qui travaille sur les grands enjeux de la biologie synthétique depuis 2009, appuie l’ensemble de ces efforts. Si elle entend favoriser la réalisation des potentialités de cette nouvelle discipline, l’organisation reconnaît néanmoins les questions complexes qu’elle soulève. Son Groupe de travail sur la biotechnologie dialogue avec les gouvernements des pays membres, des représentants des entreprises et de la société civile, ainsi que des organismes comme la Royal Society du Royaume-Uni et la National Academy of Science des États-

Unis, afin de mieux cerner les avantages de la biologie synthétique sur le plan médical, environnemental et sécuritaire, entre autres, ainsi que tout risque éventuel pour la santé et la sécurité. Il ne sera possible de mener des politiques publiques appropriées qu’en répondant à plusieurs questions de fond. Comment décider quelles interventions scientifiques et technologiques sont souhaitables pour la société ? Comment gérer aujourd’hui les processus liés aux sciences et aux technologies nouvelles, ainsi que leurs résultats ? Plus précisément, compte tenu des préoccupations en matière de manipulation génétique et des inquiétudes face aux tentatives de « synthétiser » la vie, où fixer les limites éthiques, morales et pratiques ? Outre ces questions, il convient d’examiner celles des droits de propriété intellectuelle, des investissements dans les infrastructures et de l’éducation, et ce à l’échelle mondiale. Les interrogations soulevées par la biologie synthétique sont sans doute envisagées différemment et avec plus ou moins d’importance selon les pays. Des avantages importants peuvent certes découler des découvertes récentes, mais ce sont les préoccupations de politique publique des différents pays qui façonneront, en dernier ressort, les effets futurs de la biologie synthétique sur nos vies. Pour plus d’informations sur les travaux de l’OCDE relatifs à la biologie synthétique, contactez la division de la Politique de la Science et de la Technologie : Robert. Wells@oecd.org ou Marie-Ange.Baucher@oecd.org Références OCDE, The Royal Society (2010), « Symposium on Opportunities and Challenges in the Emerging Field of Synthetic Biology – Synthesis Report » Voir www.oecd.org/sti/biotechnology/synbio Pennisi, Elizabeth, et Mark Bedau (2010), Synthetic Biology Breakthrough: Your Questions Answered, Science Magazine, mai 2010 : http://news.sciencemag.org/ sciencenow/2010/05/synthetic-biology-answers.html Paddock, Catharine (2010), « Synthetic Biology Breakthrough: Bacteria With Manmade Genome Self Replicates », Medical News Today, http://www. medicalnewstoday.com/articles/189458.php Voir aussi http://syntheticbiology.org/

L’Observateur de l’OCDE N° 281 Octobre 2010

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Les maladies rares : une priorité invisible Yann Le Cam et Paloma Tejada, Organisation européenne pour les maladies rares (EURORDIS)

Jusqu’à récemment, les maladies rares étaient largement ignorées des autorités de santé publique et des responsables politiques. Il est temps de leur accorder plus d’importance. Voici pourquoi. En apparence peu nombreuses, les personnes atteintes de maladies anonymes sont loin d’être prioritaires dans les budgets de la santé. Or, beaucoup oublient que si les effectifs sont relativement réduits pour chaque maladie, ils atteignent 60 millions, toutes maladies cumulées, rien qu’en Europe et aux États‑Unis. En outre, la recherche sur les maladies rares est un puissant moteur de progrès des technologies médicales et de la génomique, lesquels sont cruciaux pour améliorer les traitements de l’ensemble des maladies. Par définition, les maladies rares touchent peu de gens, et sont de ce fait souvent oubliées des politiques de santé. Mais ceux qui souhaitent maîtriser les dépenses de santé à long terme font fausse route en méconnaissant cette catégorie d’affections, qui atteint dans l’Union

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européenne à 25 quelque 30 millions de personnes, soit l’équivalent des populations de la Belgique, du Luxembourg et des Pays‑Bas. Une maladie rare est une affection qui survient avec une très faible fréquence dans l’ensemble de la population. En Europe, par exemple, sont considérées comme rares les maladies qui atteignent moins d’une personne sur 2 000, et aux États‑Unis, celles qui affectent moins de 200 000 personnes. Or, si l’on considère l’ensemble de ces deux populations, soit quelque 800 millions d’habitants, le nombre de personnes touchées peut aller de quelques centaines à pas moins de 400 000 pour une seule maladie rare. Malgré ces chiffres, les personnes atteintes de maladies rares sont les oubliées des systèmes de santé qui, bien souvent, ne leur consacrent ni diagnostics, ni traitements, ni efforts de recherche suffisants. Pour les malades et leurs familles, il est souvent très difficile d’accéder aux services requis. Trop souvent, trouver un spécialiste

du domaine tient davantage de la chance que d’une organisation adéquate des systèmes de santé nationaux. Or, paradoxalement, même si une maladie rare donnée peut ne toucher que quelques centaines de personnes, comme on recense à ce jour entre 5 000 et 7 000 maladies rares, le nombre de familles ayant besoin de services de santé adaptés est très important. De plus, ces maladies présentant plusieurs traits communs, les pouvoirs publics peuvent définir des politiques générales pour améliorer l’accès à l’information, aux diagnostics, aux soins et aux traitements, ainsi que pour encourager la recherche biomédicale et la recherche-développement (R-D) sur les médicaments. Les maladies rares sont souvent mortelles. Elles sont chroniques, évolutives, dégénératives et invalidantes. Les malades se heurtent à de nombreux obstacles, souvent similaires, comme un diagnostic tardif ou erroné, la difficulté d’obtenir des soins, l’insuffisance des connaissances ou l’impossibilité d’accéder aux services des spécialistes compétents. Pour le malade, cette situation est désastreuse, et pour


MALADIES RARES

l’économie, elle a un coût direct et indirect non négligeable. Un diagnostic et des soins précoces peuvent permettre au patient de garder une qualité de vie normale. Il s’agit donc non seulement d’éthique, mais aussi d’améliorer sensiblement le rapport efficacité-coût. Une enquête sur l’hémophilie aux Pays‑Bas a montré qu’en 2001, les patients traités restaient en activité dix-sept ans de plus que les autres. L’enquête a aussi révélé qu’en l’absence de traitement, le coût de l’hospitalisation pouvait atteindre 100 000 euros par an. Les erreurs et retards de diagnostic et les traitements inadéquats engendrent des dépenses supplémentaires et des gaspillages pour les systèmes de santé. Si l’on étend chaque cas à l’ensemble des maladies rares, on peut vite atteindre des chiffres considérables. Pourtant, une enquête européenne a révélé que 40 % des malades ont fait l’objet d’un diagnostic initial erroné. Les conséquences ont parfois été graves, avec par exemple des interventions médicales – opérations ou traitements psychologiques – inadaptées et coûteuses. De même, 25 % des malades interrogés ont déclaré avoir attendu de cinq à 30 ans entre l’apparition des premiers symptômes et le diagnostic final. Investir dans le traitement des maladies rares est un choix rationnel. Bien souvent, les découvertes ainsi réalisées favorisent la recherche sur les maladies courantes, ainsi que la mise au point de nouvelles thérapies et de nouveaux médicaments. On observe ainsi depuis quelques années un essor des biotechnologies, en partie dû aux dispositions incitatives de la loi sur les médicaments orphelins adoptée en 1983 aux États‑Unis (Orphan Drug Act) et du Règlement européen de 1999 sur les médicaments orphelins. Dans nos sociétés de la connaissance, cette évolution stimule l’innovation et renforce la compétitivité des pays de l’OCDE. Cela dit, la recherche reste dispersée et fragmentaire. Les mécanismes de financement classiques, qui s’appuient sur des conditions normales de marché et des instruments publics de financement, ne sont pas adaptés aux réalités de la recherche sur les maladies rares. Le manque de coordination et le nombre restreint de malades concernés font que les ressources et connaissances relatives à ces maladies sont rares. Des

Les personnes atteintes de maladies rares sont oubliées des systèmes de santé qui, bien souvent, ne leur consacrent ni diagnostics, ni traitements, ni efforts de recherche suffisants

approches parcellaires ont entraîné gaspillages et doublons. C’est pourquoi les approches nationales doivent être complétées par des approches mondiales, par exemple en instaurant des plateformes internationales, tant pour la recherche fondamentale que pour la recherche translationnelle. Cela faciliterait le partage des connaissances et ferait progresser les méthodes de dépistage et les normes de diagnostic et de soins. De même, il y a encore trop peu de statistiques fiables et comparables sur les maladies rares. Les instances responsables de la santé devraient s’associer aux initiatives prises aux niveaux national et international pour accroître la visibilité de ces affections dans les systèmes d’information médicale. À cet égard, l’inscription des maladies rares dans la version révisée de la Classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes (CIM‑11) facilitera sensiblement la prise de décision et le suivi des dépenses. Elle permettra aussi d’apporter des données essentielles à la recherche clinique et thérapeutique. Au niveau national, plusieurs domaines des politiques de santé peuvent être développées, comme la recherche scientifique et biomédicale, la politique industrielle, la R-D sur les médicaments, l’information et la formation, les prestations et services sociaux, l’hospitalisation ou encore les soins ambulatoires. La création de centres nationaux de compétences sur les maladies rares aidera à progresser sur tous ces plans, ainsi qu’à assurer aux malades un diagnostic rapide et juste, tout comme des services médicaux et sociaux de qualité. À défaut d’un centre pour chaque maladie, objectif peu réaliste, les centres pourraient être reliés en réseau pour mettre en commun connaissances et ressources. Une telle centralisation n’entraînerait pas nécessairement une

augmentation des dépenses. Elle exigerait avant tout une réorganisation des services et de la circulation de l’information. L’an dernier, le Conseil de l’Union européenne a adopté une Recommandation relative à une action dans le domaine des maladies rares, qui appelle tous les pays de l’UE à mettre en œuvre des plans nationaux de lutte contre les maladies rares avant fin 2013. Ces dispositifs devraient encourager l’instauration de mesures et de programmes coordonnés dans tous les domaines que doit recouvrir la politique concernant les maladies rares : le dépistage et les tests génétiques chez les nouveau-nés, la recherche et la mise au point de médicaments, les registres et les essais cliniques, les normes en matière de diagnostic et de soins, la mobilité des malades, les services sociaux et les moyens d’assurer l’autonomie des patients. La France, l’Espagne, le Portugal, la Roumanie et la Bulgarie ont déjà adopté des plans nationaux sur les maladies rares. D’autres États membres de l’UE, le Danemark, l’Italie, la Suède et le Royaume‑Uni, les avaient précédé dans ce domaine. Le principe des plans nationaux a fait beaucoup de progrès au Canada et en Australie, et l’idée fait son chemin dans certains pays, notamment le Japon, la Corée et la Nouvelle‑Zélande. Ces premiers pas sont encourageants. Il faut maintenant que les budgets suivent. Il est temps que les pouvoirs publics considèrent les maladies rares comme une priorité de santé publique tant nationale qu’internationale, et qu’ils prennent des mesures concrètes pour soutenir les malades et les familles touchées par ces affections. La méconnaissance de cette catégorie de maladies aura un coût beaucoup plus élevé, aussi bien pour l’économie que pour ceux qui en sont atteints, que l’adaptation des systèmes de santé et des services sociaux aux besoins spécifiques de ces personnes. Références Organisation européenne pour les maladies rares (EURORDIS) : www.eurordis.org National Organization for Rare Disorders (NORD) : www.rarediseases.org Base de données d’Orphanet sur les maladies rares et les médicaments orphelins : www.orpha.net

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Santé et technologies de l’information : aller de l’avant Nicole Denjoy, Secrétaire générale du COCIR*

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de mettre en place dans tous les pays européens une infrastructure de TI pour les dossiers médicaux, l’aide à la décision clinique et les programmes de gestion des maladies. Une fois en place, ces systèmes doivent pouvoir échanger des données, au moins au niveau national. Depuis une dizaine d’années, des infrastructures et des applications de santé en ligne ont été développées et testées partout en Europe, mais elles de façon isolée, ce qui crée aujourd’hui des défis d’interopérabilité. Dans certains pays, notamment les pays nordiques et le Royaume-Uni, des applications comme les systèmes de communication et d’archivage des images (PACS), les prescriptions en ligne, les systèmes de dossiers médicaux électroniques, ainsi que les programmes informatisés de gestion des maladies et de dépistage, connaissent déjà des résultats très satisfaisants.

Incontestablement, la santé des citoyens s’améliore dans les pays de l’OCDE. Mais la viabilité des systèmes de santé est en question. Quel rôle les technologies de l’information peuvent-elles jouer ? La prospérité de l’Europe dépend de la santé de ses citoyens. Les responsables politiques doivent donc impérativement encourager l’investissement dans la santé s’ils veulent atteindre leurs objectifs à long terme en matière de santé publique comme en matière sociale et économique. Il est de plus en plus manifeste qu’en Europe, les systèmes de santé risquent de ne plus être viables s’ils n’évoluent pas au cours des 15 prochaines années. Les contraintes d’aujourd’hui sont appelées à s’intensifier sous l’effet du vieillissement démographique, de l’évolution des modes de vie et des nouvelles formes que prennent les maladies. Les maladies chroniques sont le principal obstacle à la pérennité de nombreux systèmes de santé publics. Non seulement nos systèmes de santé sont mal préparés aux évolutions démographiques et pathologiques, mais ils font en outre l’objet d’une vigilance accrue du public et subissent une demande de services plus nombreux et de meilleure qualité. Si nous conservons notre modèle de soins de santé axé sur le traitement, nous risquons d’assister à une escalade sans précédent des coûts et de la demande. Tous les acteurs de la

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santé doivent se mobiliser pour élaborer de nouvelles stratégies capables de générer des gains d’efficacité, d’améliorer la qualité des soins et de répondre aux besoins de sécurité des patients. À l’évidence, pour relever les nombreux défis auxquels nos systèmes de santé sont confrontés, nous devrons impérativement innover. Il nous faudra notamment encourager l’innovation si nous voulons rendre les systèmes de santé véritablement plus efficients. Nous soutenons les travaux de l’OCDE dans ce domaine. L’innovation est indispensable dans de nombreux domaines lié à la santé, notamment la prestation de services, les systèmes de financement, les solutions et dispositifs de soins, ainsi qu’en matière d’organisation et de gestion des établissements médicaux. Les technologies de l’information (TI) peuvent améliorer la sécurité des patients en contribuant à réduire les erreurs médicales, et peuvent donner plus de choix aux patients en leur permettant d’être soignés à distance et de rester chez eux plus longtemps. Elles peuvent aussi faciliter l’accès des professionnels dûment habilités aux dossiers médicaux, améliorer l’efficience en évitant, par exemple, la duplication des examens, et aider à mieux utiliser les personnels de santé compte tenu de la pénurie dont souffrent certaines spécialités. Chaque maladie et chaque patient nécessitent des soins spécifiques. Il est donc indispensable

Le rapport de l’OCDE intitulé Improving health sector efficiency: the role of information and communication technologies reconnaît les avantages incontestables des systèmes de communication et d’archivage des images (PACS), qui augmentent les capacités, améliorent l’efficacité des soins et accroissent la satisfaction des consommateurs.

Il est indispensable de mettre en place une infrastructure de TI pour la santé dans tous les pays européens Toutefois, même si les avantages potentiels des outils de santé en ligne sont considérables, plusieurs obstacles continuent d’entraver l’introduction et la bonne application des TI et des solutions de santé en ligne : manque de vision politique, gouvernance fragmentée ou encore investissements irréguliers, par exemple. Il faut lever ces obstacles de façon à encourager une traduction plus rapide de l’innovation en avantages pour les patients et en efficience des systèmes de soins. Dans certaines structures, le coût peut poser problème. Les avantages des TI étant souvent intangibles, il est difficile de convaincre les responsables politiques de leur utilité. Il est vrai que les TI nécessitent des investissements conséquents dès l’origine, ce qui peut être problématique en cette période de difficultés économiques.


TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION

Mais si les responsables politiques y regardent à deux fois, nous sommes certains qu’ils conviendront que ces investissements sont en fait une source d’économies. Une bonne gouvernance et des normes internationalement reconnues telles que DICOM (Digital Imaging and Communications in Medicine – imagerie numérique et communications en médecine) sont deux dimensions clés du succès des projets d’investissement dans les TI, ainsi que de l’amélioration de la qualité et de l’efficacité des soins de santé. Les usagers doivent considérer les TI comme un progrès et non comme un obstacle. Il faut du temps pour encourager le changement et instaurer la confiance. Nous avons élaboré dix recommandations pour réussir la mise en place des TI dans le secteur de la santé : 1. Définir une vision ; 2. Unifier davantage la gouvernance ; 3. Élaborer des modèles économiques innovants ; 4. Établir la confiance ; 5. Soutenir la responsabilisation du patient-citoyen ; 6. Encourager l’élaboration de normes et l’interopérabilité ; 7. Assurer la sécurité juridique ; 8. Favoriser le développement de marchés ; 9. Renforcer la position internationale ; 10. Stimuler l’innovation. Au bout du compte, les patients et le grand public exigeront un recours accru aux TI dans le secteur de la santé et les responsables politiques devront être en mesure de

satisfaire cette exigence. *Nicole Denjoy préside le groupe de travail du BIAC sur la politique de la santé. Le BIAC est le Comité consultatif économique et industriel auprès de l’OCDE. Voir www. biac.org Le groupe de travail a activement soutenu la Stratégie de l’OCDE pour l’innovation, qui a été présentée à la réunion du Conseil de l’OCDE au niveau des ministres tenue en mai 2010, et qui encourage la poursuite de travaux transversaux de l’OCDE sur l’instauration d’un environnement propice à l’innovation pour relever les défis mondiaux, notamment dans le domaine de la santé. Voir www.oecd.org/innovation Le COCIR est le Comité européen de coordination des TI de l’industrie radiologique, électromédicale et médicale. Voir http://cocir.org

TI à la rescousse Un recours accru aux technologies de l’information (TI) peut-il contribuer à mieux gérer les systèmes de santé ? Oui, estime le Centre d’information du Service national de santé britannique (NHS IC), source d’informations centralisée et référence majeure en matière de soins de santé et d’aide sociale. SAS, premier fournisseur de services et de logiciels d’analyse métier, a conclu en mai 2009 un partenariat avec le NHS IC en vue de mettre en place un environnement normalisé de gestion des données et une plateforme d’analyse métier. Il s’agit ni plus ni moins que de révolutionner l’utilisation de l’information pour améliorer la prise de décision, assurer de meilleurs soins et accroître la productivité. Ce projet se propose de faire la synthèse des informations disponibles dans l’ensemble du NHS, sur les inégalités sanitaires, par exemple, de gérer ces informations et de les analyser en vue d’aider les décideurs à améliorer les prestations et les soins aux patients. « Les services de santé dans le monde sont confrontés à trois grands défis, souligne Tim Straughan, le directeur du NHS IC. Premièrement, améliorer la qualité des soins pour répondre aux attentes des patients ; deuxièmement, faire face à la récession économique ; et troisièmement, – l’objet du NHS IC – avoir accès à l’information et l’exploiter efficacement pour relever les deux premiers défis. » Pour bien évaluer l’efficience et l’efficacité des services assurés par le NHS, le NHS IC doit recueillir les données auprès des différents organismes – services sociaux, services de santé mentale et soins de santé primaires –, les gérer et les analyser. SAS collabore avec le NHS IC pour intégrer les données contenues dans ces systèmes disparates, afin de mieux cerner les besoins des patients et d’améliorer la prise de décision locale. Toutefois, en cette période de crise économique et avec la nouvelle donne politique britannique, le NHS IC met désormais davantage l’accent sur la collecte et la gestion professionnelle

centralisées de toutes les données au sein du NHS. Dans cette optique, le gouvernement britannique facilite l’accès aux données sanitaires, par exemple, via le site data.gov.uk, ce qui devrait ensuite favoriser la création d’un marché commercial de l’analyse de données. L’objectif est que des organismes ne faisant pas partie du NHS en analysent les données et fournissent en retour des informations aux prestataires de santé. Selon SAS, si cette approche devrait assurer davantage de transparence et élargir le choix des patients, on peut toutefois s’interroger sur le type d’analyse rémunératrice susceptible d’intéresser des organismes ne faisant pas partie du NHS. S’ajoute aussi la difficulté de déterminer dans quelle mesure certaines données doivent impérativement être analysées en interne, comme les résultats et les mesures de performance du NHS. Néanmoins, en ces temps de contraintes budgétaires croissantes et de vieillissement démographique, ces outils d’analyse pourraient être le seul moyen de progresser vers des politiques mieux informées et une gestion pro-active des systèmes de santé publique. Si ce projet n’en est qu’à ses débuts, avec le soutien et l’investissement adéquat des autorités publiques, les citoyens devraient en bénéficier tant sur le plan de la qualité que du coût des soins de santé. Pour plus d’informations sur les activités de SAS, contactez Saul Spearing, Healthcare Client Manager, SAS UK. Voir aussi www.sas.com

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L’Observateur de l’OCDE N° 281 Octobre 2010

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EMPLOI

Les personnels, maillons forts des systèmes de santé Roland Schneider, Commission syndicale consultative auprès de l’OCDE (TUAC)

prévention et la promotion de modes de vie plus sains. Il faut accroître les dépenses dédiées à la promotion de la santé. Leur niveau actuel semble insuffisant. Les stratégies d’amélioration de la santé doivent tenir compte du cadre socio-économique de vie et de travail et, en particulier, des effets négatifs sur l’emploi de la crise financière et économique.

Ciric, publié dans L’Observateur de l’OCDE n° 229, novembre 2001, consacré à la santé

Les gouvernements doivent également garder à l’esprit le fait que le chômage entraîne des risques majeurs pour la santé. Des preuves incontestables suggèrent que des liens étroits existent entre le chômage et la mortalité ou la morbidité, les modes de vie dangereux, ou encore une moindre qualité de vie. Lutter contre le chômage et faire advenir une reprise riche en emplois engendrerait à l’évidence des économies budgétaires en matière de santé, à court et à moyen terme. Un système de santé public accessible universellement est un droit fondamental. Les soins de santé doivent être considérés comme un bien public essentiel, et doivent être préservés à ce titre. Un système de santé national juste et accessible est incompatible avec l’idée de services de santé entièrement privés et à but lucratif. La plupart des observateurs sérieux du secteur des services de santé estiment que cette dernière approche ne réduit pas les coûts, n’atténue pas la pression sur le système public, pas plus qu’elle n’améliore la qualité des soins.

Pour les travailleurs et leurs familles, des soins de santé de qualité, équitables et abordables sont une priorité absolue. Les syndicats soutiennent les stratégies au service de ces objectifs : ils sont attachés à la fourniture complète de soins de qualité financièrement abordables. Mais si des réformes peu judicieuses conduisent à ce que la santé pèse plus lourd dans les budgets des ménages, les syndicats s’y opposeront. Nous convenons cependant qu’une attention particulière doit être portée à l’amélioration de la qualité des soins et de la sécurité des patients. Concevoir et mener des politiques de santé efficaces requiert bien plus que de meilleures

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données sur la qualité. Une approche globale est nécessaire, notamment des conditions de travail décentes pour les personnels de santé et une formation professionnelle adéquate et continue. Cela requiert en outre une participation appropriée de tous les acteurs. Les décideurs du domaine de la santé doivent garder à l’esprit que les personnels sont les maillons forts du secteur. On ne saurait améliorer la qualité des soins seulement en mettant en place les dossiers médicaux électroniques ou une coordination des soins en ligne, en responsabilisant les patients et en accroissement leur autonomie en matière de traitement. Pour bien fonctionner, les systèmes de santé ont besoin de personnels bien formés et motivés. L’objectif des systèmes de santé est de préserver et d’améliorer la santé. Outre les soins, il faut insister davantage sur la

Il n’y a pas de recette unique pour rendre les systèmes de santé plus efficaces. Proposer un modèle préétabli de système de santé, applicable universellement, ne serait guère judicieux. Les pays de l’OCDE devraient mettre en commun leurs informations sur les systèmes qui fonctionnent bien en pratique. Il faut aller au-delà du regroupement et de la diffusion de données comparables et d’indicateurs sur la qualité des soins, et procéder à une analyse qualitative de ce qui marche et de ce qui ne marche pas. Le TUAC demande à ce que les facteurs liés au travail soient davantage pris en compte, de même que les facteurs environnementaux et sociaux liés à la santé. C’est à cette condition que nous pourrons élaborer et mettre en œuvre des stratégies de prévention efficaces. Voir www.TUAC.org


Dibsuf!eÖfohbhfnfou!fowfst!mft!dmjfout! Dibsuf!eÖfohbhfnfou!fowfst!mft!dmjfout! fo!nfuubou!mÖbddfou!tvs!mb!!Rvbmju fo!nfuubou!mÖbddfou!tvs!mb!!Rvbmju Rvbmju -!Fevdbujpo!! Rvbmju -!Fevdbujpo!! fu!Gpsnbujpo!eft!dijsvshjfot fu!Gpsnbujpo!eft!dijsvshjfot

Stryker Strykercomprend comprendque quelalameilleure meilleure-et-etseuleseule-façon façondedesoutenir souteniref-efficacement ficacementses sesclients clientsestestdededonner donnerlalapremière premièreplace placeà àlalaqualité. qualité. LaLaQualité Qualitén’est n’estpas passeulement seulementununobjectif, objectif,c’est c’estune unediscipline disciplinequi qui régit régittous tousleslesaspects aspectsdedenotre notreorganisation organisationetettoutes toutesleslesinitiatives initiatives que quenous nousentreprenons. entreprenons.Nous Nousaméliorons amélioronscontinuellement continuellementnos nossyssystèmes tèmesdedequalité qualitépour pourdévelopper, développer,produire produireetetcommercialiser commercialiserdes des produits produitsqui quirespectent respectentououdépassent dépassentleslesexigences exigencesdes desclients clientsetet des desorganismes organismesréglementaires réglementairesà travers à traverslelemonde. monde.Nous Nousreconnaisreconnaissons sonsque quelalaqualité qualiténeneseselimite limitepas pasauauseul seuldomaine domainededelalafabricafabrication. tion.Notre Notrerelation relationavec avecleslesmédecins, médecins,lesleshôpitaux hôpitauxetetleslespatients patients s’étend s’étendau-delà au-delàdedelalasalle salled’opération d’opérationà l’ensemble à l’ensemblededelalapratique pratiquecliclinique, nique,aussi aussinos nosengagements engagementsdedequalité qualitédoivent-t-ils doivent-t-ilss’étendre s’étendreà ces à ces différents différentsniveaux. niveaux.Que Quenous nousdéveloppions développionsdes desproduits produitsinnovants, innovants, mettions mettionsenenplace placedes desprogrammes programmesd’éducation d’éducationououcollaborions collaborionsavec avec leslesadministrateurs administrateursd’hôpitaux, d’hôpitaux,nous noussavons savonsque quelalavaleur valeurdedenos nos nombreux nombreuxproduits produitsetetservices servicessera seraenenfinfindedecompte compteévaluée évaluéesur surunun seul seulcritère: critère:lalaqualité qualitédes desrésultats résultatscliniques cliniquesetetfinanciers financiersque quenous nous aidons aidonsnos nosclients clientsà atteindre. à atteindre.

Rvbmju !fu!Joopwbujpo Rvbmju !fu!Joopwbujpo

Notre Notre engagement engagement dede qualité qualité s’étend s’étend au-delà au-delà des des produits produits que que nous nous fabriquons. fabriquons. Nous Nous nous nousassocions associonsavec avecnos nosclients, clients, professionnels professionnelsdedelalasanté santéetet leaders leadersd’opinion d’opiniondedetechnolotechnologiegiemédicale, médicale,pour pourélaborer élaborerdes des programmes programmeséducatifs éducatifsqui quiaméaméliorent liorentleslesconnaissances connaissancesetetlesles compétences compétencesdans dansdedenombreunombreuses sesspécialités spécialitésmédicales, médicales,y comy compris prisl’orthopédie. l’orthopédie.Nos Noscentres centres d’excellence d’excellenceà àtravers traverslelemonde monde sont sontdes descentres centresdederecherche recherche etetd’éducation d’éducationqui quirendent rendentces ces programmes programmespossibles. possibles.Nos Nosproprogrammes grammesd’éducation d’éducationmédicale médicaleaident aidentleslesprofessionnels professionnelsmédicaux médicaux à fournir à fournirdes dessoins soinsdedequalité. qualité.IlsIlssont sontconstitués constituésnotamment notammentdedecolcolloques loqueschirurgicaux, chirurgicaux,dedecours, cours,dedeguides guidesd’aide d’aideà àlalacertification certificationetet dedepublications publicationstrimestrielles trimestriellesdestinées destinéesà accroître à accroîtreleslesconnaissances connaissances etetà améliorer à améliorerleslessoins soinsaux auxpatients. patients.

Rvbmju !fu!Fgßdbdju !N ejdbmf Rvbmju !fu!Fgßdbdju !N ejdbmf Les Les équipes équipes dede Stryker Stryker coopèrent coopèrent avec aveclesleshôpitaux hôpitauxpour pourcontribucontribuererà àleur leurefficacité, efficacité,tout toutenenaméaméliorant liorantleleconfort confortdes despatients patients etetlalasatisfaction satisfactiondudupersonnel. personnel. Par Parexemple, exemple,depuis depuis2007, 2007,notre notre expertise expertiseenenLean LeanManagement Management a afait faitdedenous nousununpartenaire partenairein-indispensable dispensablededel’Hôpital l’HôpitalduduJura Jura Schesslitz SchesslitzenenAllemagne. Allemagne.Notre Notre équipe équipea atout toutd’abord d’abordformé formé huit huit employés employés dede Schesslitz Schesslitz pour pouroptimiser optimiserleslesprocessus processusauau niveau niveaudes dessalles sallesd’opération d’opérationetet duduservice servicecentral centraldedesoins soinsamambulatoires bulatoiresdedel’hôpital. l’hôpital.Dans Dansces ces services, services,leslesheures heuressupplémentaires supplémentairesnon nonplanifiées planifiéesetetlaladiminution diminution dedelalamotivation motivationdes desemployés employésétaient étaientdes desproblèmes problèmesclés. clés.Les Lesrésulrésultats tatsont ontétéétéspectaculaires spectaculairesavec avecdes desstocks stocksrationalisés rationalisésdiminuant diminuant dede1717000 000à à1000 1000articles, articles,etetleslesinstruments instrumentsetetdispositifs dispositifsmédimédicaux cauxréorganisés réorganiséspour pouraccélérer accélérerleur leurmise miseà disposition à dispositionetetaméliorer améliorer leleplanning planningfinancier. financier.L’hôpital L’hôpitala araccourci raccourcilesleslistes listesd’attente d’attenteetetlesles temps tempsopératoires. opératoires.Il Ily ay eu a euune uneaugmentation augmentationdudunombre nombrededepatients patients etetdedeleur leursatisfaction. satisfaction.Financièrement, Financièrement,leleprojet projeta réussi a réussiau-delà au-delàdes des attentes attenteseteta apermis permisd’identifier d’identifierununpotentiel potentieldederevenu revenusupplémensupplémentaire tairedede1,5 1,5millions millionsdededollars. dollars.

Dans Danssasaquête quêted’amélioration d’amélioration dedelalaqualité qualitédedevieviedes despapatients tientsetetdes deschirurgiens chirurgiensdans danslele monde, monde,Stryker Strykerseseconcentre concentreenen permanence permanencesur surleledéveloppedéveloppement mentdedeproduits produitsetetsolutions solutions innovants innovantspour pourrépondre répondreaux aux besoins besoinsmédicaux médicauxexistants existantsetet émergents. émergents.Pour Pourdévelopper développerdes des produits produitsdedelalaplus plushaute hautequalqualité, ité,nous nousforgeons forgeonsdes desrelations relations très trèsétroites étroitesavec avecleslesprofessionprofessionnels nelsdedelalasanté santédedefaçon façonà àêtre être sûrs sûrsdedemettre mettresur surlelemarché marchédes des technologies technologiesnouvelles nouvellesqui quiont ontlele potentiel potentield’améliorer d’améliorerréellement réellement leslesrésultats résultatscliniques cliniquesdes despatients. patients.LaLaprothèse prothèsetotale totalededehanche hancheExExeter, eter,par parexemple, exemple,a arévolutionné révolutionnél’arthroplastie l’arthroplastiededehanche hanchelorsque lorsque Stryker Strykera complété a complétésasagamme gammed’implants d’implantsavec avecdes destêtes têtesfémorales fémoralesdede Tuszlfs!TB Tuszlfs!TB longueurs longueursetetdedetailles taillesdifférentes, différentes,permettant permettantainsi ainsiauauchirurgien chirurgiendede restaurer restaurerl’anatomie l’anatomieunique uniquededechaque chaquepatient patientetetd’accroître d’accroîtrelalalonlon- Cité-Centre Cité-Centre- Grand-Rue - Grand-Rue9090- 1820 - 1820Montreux Montreux- Switzerland - Switzerland gévité gévitédedel’implant. l’implant.Lancée Lancéeil ilyaya4040ans, ans,cette cetteprothèse prothèsededehanche hancheestest Tel. Tel.: +41 : +412121966 96612120101- Fax - Fax: +41 : +412121966 96612120000 devenue devenueunundes desmeilleurs meilleurssystèmes systèmesdedehanche hanchejamais jamaisintroduit. introduit. www.europe.stryker.com www.europe.stryker.com


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Jtbcfm!Wb{! Présidente du Comité Exécutif de Espírito Santo Saúde - SGPS

différenciée, et pour fixer des standards élevés concernant les moyens techniques, humains et de service, à la fois efficaces, sûrs et réalisables. Quels services proposez-vous à vos clients?

Quel rôle joue Espírito Santo Saúde dans le système de santé portugais? Espírito Santo Saúde a pour objectif d’être une marque incontournable dans le secteur des soins de santé, tout en ayant de hauts standards d’excellence et d’innovation en médecine. Le Groupe est pleinement engagé dans cette vision, tout en assurant le meilleur diagnostic et traitement médical possibles, fondés sur l’expérience, l’innovation et le dévouement. Notre mission est de diagnostiquer et de traiter rapidement et efficacement, dans le plein respect de l’individualité du patient et de construire une organisation capable d’attirer et de maintenir un nombre croissant de collaborateurs exceptionnels. Placer en premier l’intérêt du patient reflète un état d’esprit, une culture et la mentalité d’une organisation axée sur les patients et qui met tout en œuvre pour mériter leur préférence. Pour Espírito Santo Saúde, il est évident que tous les autres objectifs et compétences sont mis au service de ce processus, et c’est ici que réside notre véritable force. Depuis notre création en 2000, le Groupe a développé un réseau intégré d’hôpitaux et de cliniques ambulatoires, hôpitaux résidentiels et résidences seniors assistées. Nous avons aussi une participation active dans le Programme Public-Privé de Partenariat pour des Soins de Santé. Aujourd’hui, le Groupe détient et gère au Portugal sept hôpitaux, sept cliniques ambulatoires, un hôpital résidentiel et deux résidences seniors assistées. Début 2012, Espírito Santo Saúde gérera également un hôpital public. Les unités qui font partie du Groupe Espírito Santo Saúde sont responsables, chaque année, de plus d’un million de consultations, 35 000 interventions chirurgicales et accouchements et de près de 3,5 millions de tests de diagnostic. Celles-ci ont déjà gagné la confiance de plus d’un million de personnes. Une décennie plus tard, le Groupe Espírito Santo Saúde est devenu une référence incontournable dans le secteur, et a contribué de manière exceptionnelle et exemplaire au développement de l’initiative privée dans le secteur des soins de santé au Portugal. Comment êtes-vous devenus un acteur de premier plan ? Le groupe Espírito Santo Saúde a introduit l’innovation dans le secteur de santé portugais, en joignant à la connaissance, à l’expérience et à la technologie médicales, les meilleures pratiques d’autres secteurs de l’économie, par exemple, le service aux clients, les technologies et systèmes d’information, la gestion des ressources humaines et des modèles d’organisation innovants. Ce modèle unique dans le secteur de la santé portugais offre à nos professionnels toutes les conditions pour pratiquer une médecine

Espírito Santo Saúde propose une offre complète et une approche globale et intégrée des problèmes de santé, alliées à la sécurité et au confort des patients et de leurs familles, assurant la continuité des soins et répondant à l’évolution des besoins de santé tout au long de la vie. Dans les unités du Groupe Espírito Santo Saúde, vous trouverez une gamme complète de services médicaux et chirurgicaux, en particulier dans des domaines différenciés soutenus par une technologie de pointe. Par exemple, l’Hospital da Luz à Lisbonne reflète l’idéal du Groupe en termes de soins de santé, en intégrant dans un complexe intégré de santé unique un hôpital de soins intensifs et un hôpital résidentiel. L’Hospital da Luz comprend toutes les spécialités médicales et chirurgicales, organisées dans plusieurs centres d’excellence multidisciplinaires - oncologie, chirurgie micro-invasive et robotique, arrythmologie, hémodynamique, traitement de l’obésité, pathologies digestives, pathologie de la thyroïde, médecine sportive, gestion de la douleur, développement neurologique des enfants, grossesse à haut risque, parmi tant d’autres. Quels sont vos projets pour l’avenir ? La mission que nous avons engagée il y a 10 ans est toujours et plus que jamais actuelle. Nous concentrons notre attention sur le talent, la médecine de haute qualité et les valeurs d’intégrité, d’esprit de service et de respect absolu des patients. L’accomplissement de notre mission, se traduira, nous l’espérons, par le respect et la reconnaissance des citoyens. Pour offrir les meilleurs soins à nos patients, nous continuerons à travailler avec les meilleurs professionnels de santé et les équipements et technologies les plus innovantes. Pour les trois à quatre prochaines années, et concernant les investissements futurs dans les installations, l’Hospital da Luz sera élargi; il y aura aussi une nouvelle unité à Porto, la deuxième plus grande ville portugaise. L’ouverture de l’Hospital Beatriz Ângelo en 2012, le premier partenariat public-privé du Groupe, sera également une étape importante de ces prochaines années. L’expansion internationale sera également une priorité pour les années à venir, en particulier dans les marchés dans lesquelles notre modèle de gestion peut créer de la valeur.

ESPIRTO SANTO SAUDE GROUP, Rua Carlos Alberto de Mota Pinto Ed Amoreiras square, 1070 – 313 Lisboa Tel: 351 213 138 260 Fax: 351 213 530 292 email: geral@essaude.pt



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Quel rôle rôle jouez-vous jouez-vousdans danslelesystème systèmedede santé Portugal santé auau Portugal ? ? APIFARMA, Association Portugaise de l’Industrie Pharmaceutique APIFARMA,Portuguesa Association Portugaise de l’Industrie Pharmaceutique [Associação da Indústria Farmacêutica], représente environ [Associação Portuguesa da Indústria Farmacêutica], représente 140 entreprises qui se dédient à la recherche, à la Productionenviron et à la 140 entreprises dédiées à la recherche,à àUsage la production la commerCommercialisation de Médicaments Humain et et àVétérinaire, cialisation usage humain et vétérinaire, de vaccins et de Vaccinsde et médicaments de Dispositifsà de Diagnostic. de dispositifs de diagnostic. En tant qu’association représentative de l’Industrie Pharmaceutique, En tant qu’association représentative de l’industrie pharmaceutique, APIFARMA a pour mission de résoudre les problèmes communs à ses membres, en contribuant développement socio-économique APIFARMA a pour mission de au résoudre les problèmes communs àses du secteur et Pays, pourau améliorer la Santé au Portugal et pour famembres, endu contribuant développement socio-économique du ciliter aux nouveaux accomplir secteurl’accès et du des pays,patients pour améliorer la santétraitements. au PortugalPour et pour faciliter sa mission, l’Industrie défend de accomplir hauts standards l’accès des patients aux Pharmaceutique nouveaux traitements. Pour sa miséthiques et de qualité, auxquels elle associe la responsabilité sociale sion, l’association défend de hauts standards éthiques et de qualité, et le devoir de solidarité. Les interlocuteurs habituels d’APIFARMA auxquels elle associe la responsabilité sociale et le devoir de solidarité. sont le Gouvernement, l’Administration Publique, le Parlement, les Les interlocuteurs habituels des d’APIFARMA le gouvernement, commissions parlementaires, organismessont coupoles nationaux et l’administration publique, le Parleinternationaux, des associations ment, les commissions parlemende malades et des institutions qui représentent les travailleurs. taires, des organismes nationaux et internationaux, des associations de APIFARMA coopère également malades des institutions qui reavec les etassociations et les organismes présentent professionnels les travailleurs. associés aux domaines de la santé et du médicament de contribuer APIFARMA afin coopère égalementà l’amélioration des soins de orgasanté avec les associations et les apportés aux malades grâce au nismes professionnels associés médicament. aux domaines de la santé et du Par son activité, APIFARMA chermédicament afin de contribuer à che également à contribuer à la l’amélioration des soins santé. perception publique de de la valeur du médicament et du rôle décisif Par son activité, APIFARMA que celui-ci assume dans cherche le proégalement améliorer la perception grès socialà et l’amélioration de la qualité vielades populations. publiquedede valeur du médicament et du rôle décisif que celuici assume dans le progrès social et Quelles prestations proposezl’amélioration de la qualité de vie.

vous à vos membres ?

Quelles prestations La prestation de servicesproposez aux entrevous à vos membres ? tous les prises associées recouvre champs disciplinaires importants pour le secteur, particulier dans La prestation deen services aux entrele domaine économique, prises associées recouvrejuridique, tous les financier, pharmaceutique et de champs disciplinaires importants formation professionnelle. Il compour le secteur, en particulier dans prend une intervention au niveau le domaine économique, juridique, national et international auprès financier, pharmaceutique et de des institutions européennes et formation professionnelle. Il comprend intervention audu niveau nades organismes gouvernementaux qui une assurent la tutelle secteur tional et international auprès congénères des institutions européennes et des du ordu médicament, des entités et d’autres partenaires ganismes de gouvernementaux qui assurent la tutelle du secteur du médomaine la Santé. En matière d’affaires juridiques, APIFARMA soutient entreprises associées etdans le domaine de ladu législation dicament,lesdes entités congénères d’autres partenaires domaine pharmaceutique, sociétaire, du juridiques, travail, administrative et déonde la santé. En matière d’affaires APIFARMA soutient les tologique. entreprises associées dans le domaine de la législation pharmaceutique, des entreprises du travail, administrative et déontologique. Comment se porte le secteur de l’industrie pharmaceutique Comment au Portugalse? porte le secteur de l’industrie pharmaceutique au Portugal ? Au Portugal, l’Industrie Pharmaceutique est un secteur composé d’entreprises multinationales, est dontunl’activité Au Portugal, nationales l’industrieetpharmaceutique secteurreprésente composé environ 2,8% nationales du ProduitetIntérieur Brut et qui contribue un niveau d’entreprises multinationales, dont l’activitéà représente d’emploi hautement qualifié avec environ 12 contribue 000 emplois environ 2,8% du produit Intérieur brut et qui à undirects. niveau

Au cours hautement des dernières années, a clairement d’emploi qualifié avecl’industrie environ 12nationale 000 emplois directs. misé sur l’internationalisation et l’activité exportatrice, a enregisAu cours des dernières années, l’industrie nationale aetclairement tré une de plus de 30% entre 2004 et 2009. Le misé surcroissance l’internationalisation et l’activité exportatrice, et adéveloppeenregistré ment du projet PharmaPortugal, un partenariat public/privé réussi une croissance de plus de 30% entre 2004 et 2009. Le développement et pionnier en termes d’industrie pharmaceutique, a contribué à du projet PharmaPortugal, un partenariat public/privé et pionnier cette évolution. Il a impliqué l’autorité nationale de réussi l’Agence nationen pharmaceutique, a contribué à cette évolution. Il aletermes pour lad’industrie règlementation pharmaceutique, INFARMED, et l’agence adeimpliqué l’autorité nationale l’Agence nationale règlemenl’investissement, AICEP etdea fonctionné commepour une la plate-forme tation pharmaceutique, INFARMED, l’agence de l’investissement, représentative de la modernité et la et qualité de l’Industrie pharmaceutique surune desplate-forme standards européens. AICEP et aportugaise fonctionnébasée comme représentative de la modernité et lade qualité de l’industrieune pharmaceutique portugaise basée sur Au niveau l’investissement, étude réalisée pour APIFARMA par standards un consultant externe a démontré que durant les trois années des européens. 2006-2008, niveau d’investissement global s’estpour accruAPIFARMA d’environ Au niveau delel’investissement, une étude réalisée 28%, la particularité cet investissement vers par unavec consultant externe que a démontré que duranta été les canalisé trois années les domaines de R&D, ce qui démontre un clair pari sur le dével2006-2008, le niveau d’investissement global s’est accru d’envioppement du secteur au niveau national. Ces dernières années, en ron 28%, avec la particularité que cet investissement a été canalisé particulier les deux dernières, ont montré de fortes contraintes en vers les domaines de R&D, ce qui termes d’évolution du marché, en démontre un clair pari sur le déveraison de l’introduction de mesures loppement du secteur au niveau restrictives par le Gouvernement, national. Ces dernières en et l’investissement a années, enregistré une croissance de l’ordre de -0,5% particulier les deux dernières, ont en 2009. de fortes contraintes en montré termes d’évolution en Le secteur a connudu le marché, développement quelques petites entreraison de de l’introduction de mesures prises de biotechnologie qui ont restrictives par le gouvernement, et progressivement des partel’investissement établi a enregistré une nariats d’autres entreprises baisse deavec l’ordre de 0,5% en 2009. du secteur. Le secteur a connu le dévelo pement de matière quelques d’environnement petites entreprises de En biotechnologie qui ont progressiet de biodiversité, quels sont vement établi des partenariats les efforts des industriels deavec la d’autres entreprises du ?secteur. pharmacie au Portugal Par d’APIFARMA, En l’intermédiaire matière d’environnement et l’Industrie Pharmaceutique de biodiversité, quels sont nationale s’est associée aux autres les efforts des industriels de la intervenants de la chaîne du médipharmacie au Portugal ? cament – Distributeurs et Pharmacies – et a créé VALORMED, une Par l’intermédiaire société responsable d’APIFARMA, de la gestion l’industrie natiodes déchetspharmaceutique et des emballages et des périmés. nalemédicaments s’est associée aux autres intervenants la chaîne médiBien que lede Secteur du du Médicacament – distributeurs pharmament représente moinset de 0,5% des Solides Urbains,une le cies Déchets – et a créé VALORMED, projet justifie en termes santé sociétéseresponsable de la degestion publique et environnementale. En des déchets et des emballages des médicaments périmés. s’impliquant dans le traitement des déchets et dans le financement Bien que le secteur du médicament représente moins de 0,5% des déde cette activité, l’Industrie Pharmaceutique a assumé l’important chets solides urbains, le projet se justifie en termes de santé publique engagement public de tout faire pour donner une destination sûre et environnementale. En s’impliquant dansetledetraitement déchets aux emballages de médicaments périmés contribuerdes ainsi à un et dans le financement de cette activité, l’industrie pharmaceutique a Environnement plus sûr et plus sain pour tous. assumé l’important engagement public de tout faire pour donner une destination sûre aux emballages de médicaments périmés et de contribuer ainsi à un environnement plus sûr et plus sain pour tous.

João JoãoAlmeida Almeida Lopes Président d’APIFARMA, Association Président d’APIFARMA, AssociationPortugaise Portugaisede de l’Industrie l’Industrie Pharmaceutique Pharmaceutique [Associação Portuguesa da Indústria Farmacêutica]


L’INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE AU PORTUGAL // MARCHÉ PHARMACEUTIQUE (2009) Marché national: 4,7 millions d’euros Marché OTC: 233 millions d’euros Marché vétérinaire: 96 millions d’euros Marché des dispositifs de diagnostic: 244 millions d’euros // ÉCONOMIE (2009) Production nationale de médicaments: 1975 millions d’euros Contribution au PIB: 2,8% Exportations: 447 millions d’euros 12 000 emplois directs (50% d’emploi qualifié) Emploi indirect créé par les services fournis et nécessaires aux activités de l’Industrie pharmaceutique. // RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT (2009) 130 nouveaux essais cliniques/an 60-80 Études d’observation/an

APIFARMA Associação Portuguesa da Indústria Farmacêutica [Association Portugaise de l’Industrie Pharmaceutique], représente 140 entreprises dédiées à la recherche, production et commercialisation de médicaments à usage humain et vétérinaire, aux OTC, aux vaccins et aux moyens de diagnostic

R. Pêro da Covilhã, nº 22 / PT - 1400-297 Lisboa - Portugal Tél.: (+351) 213 018 264/3 031 780 / Fax: (+351) 213 031 797/98 e-mail: board@apifarma.pt / www.apifarma.pt


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Publicité Dr Francisco Lino, PDG, Quel rôle jouez-vous dans le système de santé au Portugal ? En 1996, Médis était la première compagnie d’assurance maladie privée à lancer le concept des soins intégrés au Portugal, modifiant à jamais le marché de l’assurance maladie local. Plus qu’une assurance maladie, Médis se présente comme un système de santé intégré grâce auquel les clients bénéficient de la meilleure aide médicale ainsi que d’un service d’excellence. Avant Médis, les régimes d’indemnité traditionnels représentaient la seule option pour les clients. La santé privée était considérée comme un luxe et impliquait d’avoir recours aux rares organismes de santé privés. Le succès et le leadership de Médis ont poussé les autres acteurs du marché à se tourner vers les soins intégrés, ce qui a entraîné une croissance à deux chiffres du secteur au cours de la dernière décennie. Le Portugal compte désormais plus de 2 millions d’assurés. Dans le même temps, cette croissance du marché de l’assurance maladie a grandement contribué à l’émergence de prestataires de soins nouveaux et plus puissants, comme les hôpitaux et les cliniques. Aujourd’hui, l’aide médicale privée fait partie du quotidien des Portugais. En 2009, malgré la conjoncture économique, l’assurance maladie a connu une croissance bien supérieure aux autres secteurs d’activité, dont l’assurance obligatoire. Nous sommes fiers de dire que Médis a largement contribué à rendre les services de santé privés de haute qualité plus accessibles au grand public. Cependant, l’assurance privée vient compléter le système de santé national au Portugal. Les clients recherchent des soins de meilleure qualité par l’intermédiaire des assurances, mais le système de santé public continue à jouer un rôle fondamental pour les personnes sans assurance ou celles qui nécessitent des soins à long terme. L’avenir proche réserve des défis structurels, mais Médis compte continuer à jouer un rôle décisif. Comment Médis s’est-elle hissée sur le devant de la scène ? Depuis le premier jour, Médis DNA repose sur l’innovation et la qualité. Médis a tiré parti du fait qu’elle a été la première à lancer les soins intégrés. Elle a fait bon usage de cet avantage pour se distancier de ses concurrents, qui ont dû par la suite suivre le même chemin. En misant constamment sur l’innovation, Médis a sans cesse lancé de nouvelles solutions pour répondre aux besoins des clients : elle a notamment ouvert le premier site d’opérations d’assurance maladie sur Internet et lancé Linha Médis (ligne de conseil médical téléphonique 24h/24 basée sur un algorithme clinique déposé), un service unique sur le marché. Tous ces produits sont complétés par un excellent service reconnu qui permet à Médis de garder une longueur d’avance sur la concurrence. La marque Médis jouit également d’une excellente réputation parmi la population portugaise : elle a été reconnue 4 fois SuperBrand et 2 fois Trusted Brand, ce qui lui confère de loin la plus grande notoriété sur le marché de l’assurance maladie. Selon une étude de marché commandée à Nielsen en 2008, Médis a été reconnue par tous les acteurs du secteur comme spécialiste de la santé, avec des indices de satisfaction et de recommandation élevés, bien supérieurs à sa part de marché. Médis a également bâti son succès sur sa stratégie de distribution multicanal. Son distributeur principal reste la banque Millenium BCP, mais les produits de l’entreprise sont également vendus par tous les grands agents et courtiers, ainsi que par quatre importantes compagnies d’assurance, qui ont préféré profiter de l’expertise de Médis en matière de santé plutôt que de se risquer à commercialiser leur propre solution.

Faire partie du secteur de la santé en tant que compagnie d’assurance implique également une responsabilité sociale. Médis a récemment élargi son éventail d’actions avec par exemple la création du « prix Médis », (récompense financière destinée à promouvoir la recherche scientifique) ou le lancement d’un site Web destiné aux enfants, www. mediskids.pt. Sur ce site, les enfants peuvent apprendre les concepts médicaux de base tout en s’amusant. En somme, Médis s’est battue sur tous les fronts au quotidien pour occuper la première place, tout en restant fidèle à ses valeurs fondamentales. Quelles prestations proposez-vous à vos clients ? Médis est un organisme de gestion intégrée des soins de santé, nous finançons donc les dépenses de nos clients en payant directement les prestataires de notre réseau. Tous les régimes de santé Médis réunissent des avantages fondamentaux qui caractérisent la proposition de valeur de l’entreprise, notamment : l’accès au réseau des prestataires de santé Médis, qui compte plus de 6 000 spécialistes, dont les meilleurs hôpitaux et cliniques, le droit à un médecin de santé primaire personnel, le recours à une deuxième opinion d’un médecin du réseau international Best Doctors et des tarifs préférentiels chez un réseau de prestataires de bien-être via la carte Médis. Médis offre une couverture internationale unique qui permet à ses clients de bénéficier de traitements dans le monde entier pour des maladies graves (capital de 1 million d’euros) et d’avantages exclusifs à la Clinique Universitaire de Navarre (capital illimité). En plus d’une ligne de conseil médical téléphonique 24h/24, 7j/7, Médis a également établi sa présence dans les principaux hôpitaux avec un espace dédié au personnel infirmier, l’Espaço Médis, entretenant ainsi une relation de proximité avec les clients et les fournisseurs. Quels sont vos projets pour l’avenir ? Médis a clôturé l’année 2009 avec une part de marché de 23,9 % et a toujours enregistré une croissance et des profits constants d’année en année. Ses indices de notoriété, de satisfaction des parties prenantes et de recommandation offrent des perspectives de croissance solides. Nous continuerons à nous concentrer sur la satisfaction des attentes des clients, en fournissant une offre attractive et un service d’excellence tout en maintenant une solidité financière et technique (Médis possède des rapports sinistre/prime de référence), et à explorer les opportunités commerciales. Médis compte atteindre ces objectifs grâce à l’innovation et les nouvelles technologies, comme le Web, sur lequel l’entreprise concentre ses efforts en 2010. En rafraîchissant l’aspect du site et en mettant de nouvelles opérations d’assurance, plus complètes, à disposition des clients, nous avons amélioré le côté pratique. En termes d’efficacité du système, nous sommes actuellement en train d’optimiser les interfaces en ligne avec les prestataires du réseau et les distributeurs pour permettre aux clients d’effectuer toutes les étapes du processus de souscription et d’achat en ligne. Ce ne sont que quelques moyens de poursuivre notre chemin tout en honorant l’histoire de Médis et en nous préparant aux défis à venir : plus nous sommes efficaces, plus nous devenons forts. Nous comptons ainsi répondre aux besoins de nos clients et aux attentes de nos actionnaires en termes de dividendes.

MÉDIS - COMPANHIA PORTUGUESA DE SEGUROS DE SAÚDE, SA Tagus Park, Edifício 10, Piso 0, 2744-002 Porto Salvo tel: Lisboa - 21 845 8888 / Porto - 22 207 8888


STUDIECENTRUM VOOR KERNENERGIE CENTRE D’ETUDE DE L’ENERGIE NUCLEAIRE


Comment réformer et être réélu ?

MikeSegar/Reuters

Aart de Geus, Secrétaire général adjoint de l’OCDE*

« Réformez la finance, vite ! »

« Réformer et réussir », tel est le but de plus d’un responsable politique digne de ce nom. C’est un objectif ambitieux. Il n’est pas rare que des personnes de haute tenue morale et intellectuelle voient leurs propositions passées au peigne fin et déformées, et qu’elles soient poussées à mettre en péril leur carrière et leur réputation. Satisfaire les électorats n’est pas chose facile. En période de crise, la population réclame des changements mais se montre parfois vigoureusement réticente aux solutions proposées. S’ensuivent rejet, défiance, voire manifestations, comme nous l’observons aujourd’hui dans nombre de pays touchés par la crise. Comme l’a écrit John Kenneth Galbraith dans une lettre adressée à John Fitzgerald Kennedy, en référence à Bismarck : « La politique n’est pas l’art du possible. Elle

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fructueuses. Il révèle que la cohérence politique joue un rôle plus important que la conjoncture, par exemple. Que celle-ci soit favorable ou non, les gouvernements qui font preuve de cohérence et de cohésion atteignent leurs objectifs, tandis que les divisions constituent des brèches dans lesquelles peuvent s’engouffrer les opposants à la réforme.

consiste à choisir entre le catastrophique et le désagréable ». Si tel est le cas, comment mener à bien les réformes ? De nombreux travaux forts instructifs ont été consacrés aux déterminants de la réussite ou de l’échec des réformes, mais la plupart sont très théoriques et donc relativement peu utiles pour les responsables politiques. Pouvonsnous y remédier, sans nous borner à un recueil d’anecdotes croustillantes, et améliorer véritablement le processus de réforme ? Oui, nous le pouvons, nous le devons et, de fait, nous le faisons souvent. Considérons la vaste expérience acquise en un demi-siècle en matière de réformes engagées dans les pays de l’OCDE. Nous avons étudié 20 cas de réformes initiées dans les domaines des marchés de produits, du marché du travail et des retraites. Notre rapport intitulé L’économie politique de la réforme, publié en 2009, met en évidence d’intéressants dénominateurs communs aux initiatives

En outre, nous avons constaté que les retombées positives et les coûts d’une réforme sont rarement répartis de manière équitable. C’est pourquoi les réformes structurelles doivent être assorties de mesures de compensation ou être suffisamment progressives pour atténuer l’impact ressenti par les agents économiques. Les réformes des retraites, par exemple, doivent généralement s’appliquer à long terme. Mais ces mesures doivent aussi être temporaires et prévoir de compenser leurs inconvénients réels, et pas seulement ressentis. Dans de nombreux pays, l’ajustement de plans de départ à la retraite anticipée, instaurés au début des années 80 pour compenser certaines pertes d’emploi, a nécessité plusieurs décennies. Bien souvent néanmoins, ces mesures peuvent être conçues dans l’esprit de la réforme plutôt qu’en contradiction avec elle. Le compromis ne doit pas nuire à la cohérence des politiques, comme les gouvernements français et mexicain l’ont expérimenté au sujet des retraites, respectivement en 2003 et en 2007. Des finances publiques saines sont également d’un grand secours. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, aujourd’hui, la discipline budgétaire est un puissant moteur de réforme et l’on ne peut subordonner l’engagement des réformes à la stabilisation de la situation financière. Il faut conserver une certaine marge de manœuvre budgétaire, car les réformes structurelles, par exemple en matière de transferts ou de fiscalité, peuvent engendrer des coûts de transition. En bref, l’assainissement financier non seulement limite les coûts futurs, mais donne aussi une marge de manœuvre pour répondre aux difficultés immédiates liées aux réformes structurelles. Si les réformes consistent à changer les choses pour le mieux, bien gouverner consiste à réussir les réformes. Making Reform Happen (« Réussir la réforme ») est justement le titre d’un nouveau rapport de


RÉFORMES

l’OCDE dont le lancement aura lieu à Paris le 26 novembre 2010. Nous y analysons les réformes des pays de l’OCDE dans 10 domaines différents : marchés de produits, fiscalité, environnement, santé, éducation, administration publique, assainissement des finances publiques, politique de la réglementation, marché du travail et retraites. L’une des leçons ainsi tirées de l’expérience est l’importance d’une autorité politique forte. Il ne s’agit pas de défendre une conception centralisatrice de la réforme ni de privilégier une action unilatérale menée d’en haut. Bien qu’une réforme unilatérale soit parfois la seule solution, exigeant détermination et ingéniosité politique, le bon exercice du pouvoir consiste à susciter l’adhésion plutôt que de rechercher la simple exécution des décisions. À tous les niveaux – local, national, voire international – nouer le dialogue avec les opposants à la réforme s’avère généralement payant. Une communication efficace est donc primordiale, qu’il s’agisse de la cohérence des messages politiques, dans leur formulation comme dans leur diffusion, ou d’une pédagogie efficace autour de la réforme. Cette démarche est particulièrement importante dans le cadre des réformes touchant à l’éducation et à la santé, les professionnels concernés parvenant en général à bloquer le processus de réforme s’ils n’y sont pas associés. Dans la plupart des pays, ils inspirent au public une plus grande confiance que les responsables politiques et, dans tous les cas, leur contribution est susceptible d’améliorer la qualité des réformes originelles. Confier la réalisation d’études à des organismes impartiaux dont les travaux font autorité, comme la Commission de la productivité en Australie ou le Bureau d’analyse des politiques économiques (CPB) aux Pays-Bas, peut également aider à susciter l’adhésion, mais cela peut aussi donner lieu à des contre-rapports et à des accusations de parti pris. Quoi qu’il en soit, les réformes structurelles nécessitent souvent plusieurs tentatives avant de « prendre ». De fait, la plupart des réussites sont bâties sur les ruines d’échecs passés. Comme l’a écrit Samuel Beckett : « Essayer encore. Rater encore. Rater mieux ». L’OCDE est déterminée à aider ses membres et ses partenaires à réussir la réforme, et ce pour de multiples raisons. Nous voulons

concevoir des politiques meilleures pour une vie meilleure et rendre nos économies plus fortes, plus saines et plus justes. Nous devons donc être prêts à changer notre façon de faire. En parallèle, d’autres défis – changement climatique, vieillissement de la population, intensification de la concurrence, tensions dues à la mondialisation, nouveaux déséquilibres en termes de pouvoir commercial, financier et géopolitique, et pauvreté endémique, pour n’en citer que

Si réformer, c’est changer les choses pour le mieux, bien gouverner, c’est réussir la réforme. quelques-uns – doivent être relevés, ce qui ne se fera pas sans réformes structurelles. Ces défis montrent bien qu’il est urgent de trouver le bon dosage entre les leviers d’action disponibles et de faire en sorte que les peuples (et les États) agissent de concert. Bien entendu, face à la crise financière, économique et sociale actuelle, les pouvoirs publics veulent en priorité sauver les institutions financières nationales et relancer l’économie à court terme. Or, nous nous apercevons qu’il n’existe pas de remède miracle. La reprise est fragile, et nous constatons également que le changement climatique, le vieillissement et les autres défis mondiaux auxquels nous étions confrontés avant la crise restent omniprésents. Pour reprendre la plus courte nouvelle jamais écrite, que l’on doit à Augusto Monterroso : « Lorsqu’il s’éveilla, le dinosaure était toujours à ses côtés. » Nous n’avons pas le choix. Nous devons regarder la réalité en face et agir vite. Il n’y a pas de temps à perdre sur des chemins de réforme longs et sinueux, et nous pourrions gagner du temps en tirant davantage de leçons de l’expérience des autres.

Voici néanmoins quelques conseils. Les gouvernements et les partis politiques devraient commencer par mettre au point leurs réformes avant la campagne électorale, communiquer activement pour les promouvoir, puis entamer la mise en œuvre de ces réformes dès le premier jour de leur mandat. Tout le reste est affaire de compétence, de discernement, d’autorité politique et de soutien, ainsi que d’usage des bonnes pratiques et des enseignements comme ceux que l’OCDE est en mesure de fournir. Si la réforme est effectivement un art plus qu’une science, au moins les responsables politiques devraient-ils s’assurer qu’ils passent à l’action en préparant soigneusement leur palette. NB : « Réussir la réforme », une conférence à haut niveau de l’OCDE, se tiendra le vendredi 26 novembre 2010 au Centre de conférences de l’organisation à Paris. Y sera abordée la manière d’appliquer les enseignements du projet « Réussir la réforme » face aux défis mondiaux actuels. Cette conférence est organisée en association avec l’Institut coréen du développement et constituera l’une des premières célébrations du 50ème anniversaire de l’OCDE. Voir www.oecd.org/mrh *M. de Geus a été Ministre des Affaires sociales et de l’Emploi des Pays-Bas de 2002 à 2007. Références OCDE (2010), Making Reform Happen: Lessons from OECD Countries (à paraître), ISBN 978-92-64-08628-9

À paraître ! Making Reform Happen: Lessons from OECD Countries sur www.oecd.org/librairie

Y a-t-il donc une recette pour réformer et être réélu ? Non, car les citoyens ont tendance à voter pour des idées d’avenir plutôt qu’en fonction de résultats passés. Les échecs ont un retentissement électoral plus fort que les succès. Même de bonnes réformes correctement gérées peuvent ne pas aboutir au résultat souhaité au bon moment sur le calendrier électoral, comme l’a montré le cas des réformes Hartz du marché du travail en Allemagne. L’Observateur de l’OCDE N° 281 Octobre 2010

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ENTRETIEN

Chili : relever les défis sociaux de la pauvreté, quel que soit le contexte international. Vous êtes actuellement en visite à l’OCDE. En quoi l’organisation peut-elle vous aider à relever ces défis ? Le Chili est très fier et très heureux de faire partie de l’OCDE. Je suis venu pour recueillir des commentaires sur notre action et pour déterminer comment améliorer certains de nos indicateurs. Nous cherchons à mettre en

Le taux de pauvreté a été ramené de près de 40 % en 1990 à 13 % en 2006 place de nouvelles méthodes pour mesurer la mobilité sociale, ainsi que la cohésion sociale, entre autres, pour faire en sorte que la croissance se traduise par une meilleure qualité de vie. Les réunions sont très constructives et je me réjouis d’être ici.

Felipe Kast évoque les enjeux sociaux au Chili dans un entretien filmé disponible sur www.oecd.org/chile

Lorsque le Chili est devenu le premier pays d’Amérique du Sud à rejoindre l’OCDE, en 2010, l’événement a été salué comme le couronnement de plusieurs années de progrès, fruit d’un travail sans relâche. Mais des défis subsistent, notamment en matière de lutte contre la pauvreté. Felipe Kast, Ministre du Plan, les a évoqués avec L’Observateur de l’OCDE. L’Observateur de l’OCDE : Le Chili a récemment enregistré une légère hausse de la pauvreté, peut-être due à la crise économique. Comment comptez-vous remédier à cela ? M. Felipe Kast : Nous avons commencé à faire reculer la pauvreté très fortement en 1990. Alors à près de 40 % de la population, son taux a été ramené à 13 % en 2006. Puis, entre 2006 et 2009, il a remonté légèrement jusqu’à 15 %, ce qui est bien sûr une très mauvaise nouvelle. La crise en est certes en partie responsable, mais nos politiques ont également souffert

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d’un certain manque de suivi. Nous devons remédier à cela. Nous avons beaucoup augmenté nos dépenses sociales, mais sans obtenir les résultats voulus, de sorte que la réduction de la pauvreté est surtout due à la croissance et à l’emploi. Nous devons nous assurer que nos dépenses sociales auront les retombées escomptées. Le Chili a décidé de transformer le ministère du Plan en ministère du Développement social. Pourquoi ce changement de dénomination ? Ceci est lié au point précédent. Il s’agit de modifier la conception de nos politiques. Aujourd’hui, chaque ministère reste dans son pré carré, les divers problèmes sociaux et leurs répercussions ne sont pas considérés dans leur ensemble. Par conséquent, pour mettre en place des mesures vraiment efficaces, nous avons créé un ministère du Développement social, qui tient compte du contexte global et œuvre à une véritable réduction

Voir le site du ministère chilien du Plan, Mideplan : www.mideplan.cl L’entretien, réalisé par Ricardo Tejada, est visible sur www.oecd.org/chile et sur www.youtube.com/oecd

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FINANCE

Des stress tests peu stressants même dans le cas hautement improbable où aucun titre ne pourrait être vendu sur le marché. Pourquoi alors les agences de notation comme Moody’s sont-elles aussi préoccupées par les emprunts souverains de pays comme les ÉtatsUnis, l’Allemagne, la France ou le RoyaumeUni, qu’elles jugeaient dans leur dernier baromètre « bien positionnés pour conserver leur note AAA » ?

Brendan McDermid/Reuters

S’ils ne sont pas inquiets pour les deux ou trois ans à venir, beaucoup d’analystes anticipent des difficultés avec les réformes des marchés du travail et des retraites pour garantir une

Les tests partaient de l’hypothèse qu’aucune banque ne ferait faillite

Le mot « wurfing » (surfer sur Internet au bureau) n’est pas entré dans la dernière édition de l’Oxford Dictionary of English, mais « haircut » (pour « décote »), lui, y figure : en américain courant, une réduction de la valeur d’un actif. C’est l’un des termes à connaître pour suivre le raisonnement du Document de travail de l’OCDE consacré aux stress tests brillamment réussis en juillet par 84 banques européennes. Adrian Blundell-Wignall, Conseiller spécial auprès du Secrétaire général de l’OCDE pour les marchés financiers, et son collègue Patrick Slovik soulignent que ces tests n’ont porté que sur les risques liés à l’exposition des « portefeuilles de négociation » aux dettes souveraines, alors que 80 % des risques concernent les « portefeuilles bancaires ». Le portefeuille de négociation comprend les titres qu’une banque achète et vend régulièrement, voire quotidiennement, tandis que le portefeuille bancaire contient les produits que la banque est censée conserver jusqu’à leur échéance, notamment les obligations utilisées pour financer les emprunts souverains. Pour les portefeuilles de négociation, la décote appliquée pour les tests a été fixée autour de 26 milliards d’euros. Mais aucune décote n’a été appliquée aux portefeuilles bancaires, au motif qu’une défaillance était quasiment impossible sur la période considérée. Les tests partaient

aussi de l’hypothèse selon laquelle aucune banque ne ferait faillite. Pour MM. Blundell-Wignall et Slovik, ces deux hypothèses expliquent pourquoi les résultats encourageants des tests (seules sept banques n’ont pas obtenu de résultats satisfaisants) ne sont pas reflétés en pratique. Les marchés d’actions restent en effet moroses, les écarts de taux sur obligations élevés, et les banques rechignent toujours à accorder des prêts. Une banque qui fait faillite ne peut conserver les actifs à long terme de son portefeuille bancaire, qui devront être vendus à leur valeur du jour, même à perte, et il n’y aura donc plus de différence entre portefeuilles de négociation et portefeuilles bancaires. Les évolutions de la valeur de marché des emprunts souverains ont donc bien une importance, sauf à estimer que les banques soumises aux stress tests ne font jamais faillite. Une hypothèse hardie, sinon stupide, si l’on pense à tous les événements survenus depuis le déclenchement de la crise. Cela dit, grâce aux 720 milliards d’euros débloqués en début d’année dans le cadre de la Facilité de stabilité financière européenne (FESF), il est possible qu’il n’y ait pas de défaillance souveraine dans les deux ans à venir. La FESF a de quoi couvrir largement les besoins de financement des pays les plus à risque,

croissance durable avant d’être arrivé au bout des plans de relance. À moyen terme, les restrictions budgétaires vont rendre ces réformes plus difficiles. À long terme, Moody’s s’alarme d’une situation dans laquelle les États repousseraient la réforme des retraites pour des motifs politiques, enclenchant une spirale de crise s’ils empruntent davantage pour financer leurs déficits alors que parallèlement, le conflit entre les générations risquerait de détruire la cohésion sociale requise pour stabiliser la dette. Patrick Love Adaptation de « Haircuts can be dangerous », posté le 19 août 2010 sur www.oecdinsights.org Références Les essentiels de l’OCDE : De la crise à la reprise (version française à paraître) Voir www.oecd.org/insights/crisis Blundell-Wignall, A., et P. Slovik (2010), « The EU Stress Test and Sovereign Debt Exposures », Documents de travail de l’OCDE sur la finance, l’assurance et les pensions privées, n° 4, www.oecd.org/dataoecd/17/57/45820698.pdf Travaux de l’OCDE sur les marchés financiers : www.oecd.org/daf/fin Dans une note de l’OCDE intitulée « Assessing Default Investment Strategies in Defined Contribution Pension Plans », les auteurs mettent en garde contre la « loterie » que pourraient devenir les pensions faute d’une stratégie d’investissement par défaut soigneusement conçue : www.oecd.org/dataoecd/22/63/45390367.pdf.

L’Observateur de l’OCDE N° 281 Octobre 2010

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Qu’importe la qualité si les facs s’agrandissent

André Faber

Yojana Sharma, University World News

La conférence de l’OCDE intitulée « L’enseignement supérieur dans un monde en profonde mutation : faire plus avec moins » a mis le doigt sur l’un des principaux enjeux de l’expansion des systèmes universitaires : l’enseignement supérieur peut-il apporter de la « valeur » tout en accueillant plus d’étudiants et en réduisant les dépenses dans un climat de récession ? Le problème est que personne ne sait mesurer la « valeur » de l’enseignement supérieur. « Nous devons viser une meilleure qualité et de meilleurs résultats alors même que la demande augmente et que les ressources diminuent », a résumé Richard Yelland, président de la conférence, lors de son discours d’ouverture le 13 septembre. Johan

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Roos, président de l’École de commerce de Copenhague, a ajouté lors de la conférence, tenue à Paris : « Le meilleur des mondes serait celui où les coûts seraient faibles et la valeur très élevée », même s’il admet qu’il s’agit d’une gageure. Au Danemark, les autorités évaluent la valeur de l’enseignement en utilisant des indicateurs axés sur les résultats, tels que les taux d’abandon, les taux d’emploi, etc., « mais ce sont là des indicateurs très grossiers », reconnaît-il. Lors de la présentation de Regards sur l’éducation 2010 à Londres début septembre, Andreas Schleicher, de l’OCDE, avouait : « Dans le domaine de l’enseignement supérieur, le manque d’indicateurs de la qualité est criant. Nous connaissons les coûts, mais nous n’avons pas la moindre idée des résultats effectifs, impact économique mis à part – et celui-ci ne donne pas d’indication sur l’utilité d’un diplôme donné. »

En Europe, la qualité est depuis toujours un sujet de préoccupation. Aux systèmes sélectifs d’Europe du Nord, on a opposé les amphithéâtres pleins à craquer des systèmes universitaires d’Europe méridionale. Cependant, les jeunes Scandinaves étant de plus en plus nombreux à aller à l’université (près de 70 % en Finlande, par exemple), il est devenu évident que l’on pouvait concilier « massification » et qualité. L’Australie, moins touchée par la récession que de nombreux autres pays, s’oriente vers un système axé sur la demande, c’est-à-dire un système de masse. À partir de 2012, les universités pourront accueillir autant d’étudiants qu’elles le souhaitent. Mais, comme l’a souligné à la conférence David Hazelhurst, du ministère australien de l’Enseignement : « La question de la qualité demeurera importante ». Entre-temps, « la mondialisation et les palmarès internationaux, conjugués aux


ÉDUCATION

effets de la crise financière, rendent d’autant plus dominants et importants les critères liés au rapport entre coûts et résultats », ajoute Ellen Hazelkorn, de l’Institut de technologie de Dublin, qui précise dans un document présenté à la conférence : « La qualité perçue du système d’enseignement supérieur constitue un facteur essentiel pour aider à attirer des investissements étrangers [en Irlande] ». En Amérique latine, les pouvoirs publics commencent à s’inquiéter de la qualité de leurs diplômes, la compétitivité internationale devenant de plus en plus cruciale dans le contexte de la mondialisation. « Le cas de l’Amérique latine est très différent. Il ne s’agit pas de faire plus avec moins, mais de faire bien plus avec plus. Le niveau de départ est très bas », indique Daniel Samoilovich (Argentine), directeur du Forum Europe-Amérique latine pour un développement régional fondé sur la connaissance, basé à Paris. Dès lors que les entreprises multinationales en Amérique latine « dépendent largement des revenus », la qualité de l’enseignement supérieur est devenue une priorité dans la région, a-t-il ajouté. Et cela ne concerne pas seulement l’Amérique latine. Eduardo Ochoa, Secrétaire adjoint auprès du Bureau de l’enseignement postsecondaire au sein du gouvernement Obama, souligne que la qualité est une préoccupation pour tous les pouvoirs publics qui financent les universités ou les prêts étudiants. « De par sa taille, [le portefeuille des prêts étudiants financés sur fonds publics des ÉtatsUnis] correspondrait à la septième banque aux États-Unis », indique M. Ochoa. « Il est évident que les autorités ont intérêt à ce que l’argent soit bien investi. » La progression des effectifs « crée certaines tensions à mesure que les étudiants soucieux de s’émanciper par le savoir deviennent de plus en plus des clients qui achètent un service. » Le débat sur la qualité aux États-Unis a été déclenché par la hausse incessante des droits de scolarité. Un mécanisme permettant de déterminer si les programmes d’enseignement

professionnel préparent bien les étudiants à leurs emplois futurs est en cours d’élaboration.

encore très peu sur l’apprentissage réel des étudiants au cours de leur formation supérieure ».

Doug Lederman, co-rédacteur en chef du journal américain en ligne Inside Higher Ed, a fait observer, alors qu’il présidait l’une

Michelle Asha Cooper, présidente de l’Institute for Higher Education Policy à Washington, a relayé ce constat sur un blog de l’OCDE : « La nécessité de « compter » est devenue un phénomène mondial dans le secteur de l’éducation. Nous comptons le nombre de diplômes décernés, le nombre d’enseignants titulaires d’un doctorat, le nombre d’articles publiés dans des revues spécialisées, etc. Mais aucun de ces décomptes ne reflète véritablement la qualité de l’enseignement, ne mesure vraiment la réussite des étudiants ni ne garantit le niveau global des compétences ou la compétitivité de la main-d’œuvre. »

La nécessité de « compter » est devenue un phénomène mondial. Nous comptons le nombre de diplômes décernés, de doctorats, d’articles publiés, mais aucun de ces décomptes ne reflète véritablement la qualité de l’enseignement.

des séances de la conférence, que « pour la première fois, [il constatait] une forme de mesure fédérale de ce que les étudiants paient par rapport aux résultats. » Reste toutefois à déterminer ce que la « valeur » signifie. « Il existe des mesures indicatives de la qualité de l’enseignement, mais aucune n’est parfaite », indique Diane Lalancette, de la direction de l’Éducation de l’OCDE, qui réfléchit aux manières d’évaluer la qualité des cursus d’ingénierie et d’économie, dans le cadre des travaux de l’organisation sur l’évaluation des retombées de l’enseignement supérieur (AHELO). Parmi ces mesures indicatives, on trouve les palmarès universitaires, nationaux et internationaux, dont certains sont fondés sur des articles soumis à comité de lecture et qui favorisent souvent la recherche. On peut citer également les résultats en termes d’emploi, par exemple le pourcentage d’étudiants ayant trouvé un emploi trois à six mois après avoir obtenu leur diplôme – un indicateur qui ne tient guère compte du sous-emploi ou des emplois qui ne nécessitent pas de diplôme. L’OCDE a tenté de mesurer la « valeur » de plusieurs façons, par exemple en déterminant si les revenus des diplômés tout au long de leur vie sont significativement supérieurs au coût du diplôme, ou si les diplômes permettent d’obtenir de meilleurs emplois, plus reconnus et plus intéressants. Cependant, Barbara Ischinger, qui dirige la direction de l’Éducation à l’OCDE, a reconnu pendant la conférence que « nous en savons

Ainsi, la Chine surpasse sans doute les pays avancés en nombre d’articles cités sur certains sujets ou en nombre de doctorats décernés, l’Inde forme peut-être plus d’ingénieurs que d’autres pays, mais l’intégrité de certains projets de recherche chinois et la qualité de nombreux diplômes d’ingénieur en Inde ont été mis en question. Bert Vandenkendelaere, président de l’Union des étudiants d’Europe, estime que du point de vue des étudiants, un enseignement de qualité permettrait de réduire le nombre d’abandons de cursus. « Il n’y a pas de définition arrêtée de la qualité, mais même en période de « récession », les pouvoirs publics dépensent beaucoup d’argent pour évaluer cette qualité », ajoute-t-il. « Peut-être devraient-ils tout simplement poser la question aux étudiants. » Extrait de University World News Special Report, volume 2, 10 octobre 2010, voir www.universityworldnews.com

Références Sharma, Youjana, University World News (2010), « OECD: Higher education conference attacks rankings » : www.universityworldnews.com/article. php?story=20100918074720362 Pour plus d’informations sur les travaux de l’OCDE consacrés à l’enseignement supérieur, voir www.oecd.org/edu/imhe-fr, www.oecd.org/education-fr et www.observateurocde.org/education

L’Observateur de l’OCDE N° 281 Octobre 2010

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Des politiques meilleures pour une vie meilleure ! Les propositions que j’avais présentées en prenant ces fonctions se sont révélées appropriées et nécessaires au fil du temps. Cependant, la situation internationale et les évolutions de l’économie mondiale nous obligent à accélérer leur mise en oeuvre. La recherche de la pertinence était mon objectif alors et elle reste mon axe directeur. Pertinence au plan intérieur et international, afin d’améliorer le bien-être de nos citoyens. Pertinence lorsque nous continuons de définir de meilleures politiques pour des vies meilleures.

Alors qu’elle s’apprête à souffler ses 50 bougies, l’OCDE doit continuer à être toujours plus pertinente, utile et ouverte au sein de la nouvelle architecture de gouvernance mondiale, affirme Angel Gurría dans cet extrait des observations qu’il a formulées à l’occasion du renouvellement de son mandat de Secrétaire général.* Je vous suis très reconnaissant de la confiance et de l’appui que vous m’avez manifestés par la décision de renouveler mon mandat de Secrétaire général de l’OCDE. (…)

Discours récents d’Angel Gurría Pour la liste complète des discours et allocutions en français, anglais et autres langues, voir www.oecd.org/ discours

La raison d’être de cette Organisation, c’est de constituer une source de conseils aux gouvernements fondés sur des données probantes et une instance de normalisation pour faire face à de nombreux défis mondiaux. Nous y parviendrons armés de nos valeurs fondatrices : l’attitude d’ouverture, l’objectivité, l’audace, l’esprit pionnier et une éthique saine. Il ne suffira pas de renouer avec la croissance après les événements dramatiques que nous avons connus depuis 2008. Nous devrons le faire dans le contexte de la lutte contre le changement climatique, qui reste l’une des grandes priorités, d’un taux de chômage très élevé, particulièrement chez les jeunes, et de déficits budgétaires importants. À cet effet, nous avons mis en place les fondements analytiques nécessaires avec notre Réponse

Spain after the crisis: a new growth model 4 octobre 2010 Observations à l’occasion du 10ème anniversaire de la revue Revista Capital, Madrid, Espagne. Visite à l’OCDE du Président de la République italienne Giorgio Napolitano 30 septembre 2010 Allocution de bienvenue. Smarter partnerships for development

Four key challenges

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6 octobre 2010 Discours devant l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, Bruxelles, Belgique.

20 septembre 2010 Observations sur les objectifs du Millénaire pour le développement devant l’Assemblée générale de l’ONU, New York, États-Unis.

Improving global governance in a changing world: a view from the OECD

Millennium Development Goals: a job well done?

4 octobre 2010 Observations prononcées lors du séminaire Beyond the Crisis: the Future of the Multilateral System, Madrid, Espagne.

20 septembre 2010 Observations sur les objectifs du Millénaire pour le développement devant l’Assemblée générale de l’ONU, New York, États-Unis.

à la crise, notre Stratégie pour l’innovation et notre Stratégie pour une croissance verte. Promouvoir la croissance (et chercher de nouvelles sources de croissance qui soient également « vertes », plus équitables et plus respectueuses de l’égalité des chances hommes-femmes) est devenu un objectif commun pour surmonter les effets de la crise et arracher à la pauvreté des millions de personnes dans le monde. Il faut commencer par mesurer et définir ce que l’on entend par bien-être au 21ème siècle. N’oublions pas que le « D » d’OCDE est celui du développement, qui constitue par conséquent une priorité stratégique. Étant donné les carences massives de gouvernance et de gestion des entreprises qui ont provoqué la crise, et au vu de la situation budgétaire actuelle, nous sommes confrontés à une perte de confiance tout aussi massive de la part de nos citoyens. Comme je l’ai dit à maintes reprises, une crise est terrible pour les responsables en place. Sur le plan économique, nous devons nous attendre à connaître une croissance faible pendant un certain temps. Il faudra des années pour pouvoir envisager de retrouver les niveaux de production et d’emploi d’avant la crise. Les citoyens voient l’avenir avec morosité et ne tolèrent plus les mauvaises nouvelles. Ils ont perdu patience et, pire encore, ils perdent espoir. Nous devons changer cette perspective et cette attitude négative. Il y a là

Finance: review of causes and management of the crisis 17 septembre 2010 Observations lors de la conférence de haut niveau des ministres de la finance, Vienne, Autriche. Turkey: exiting the crisis on a stronger growth path 15 septembre 2010 Observations à l’occasion de la parution de l’Étude économique de l’OCDE sur la Turquie, Ankara, Turquie. Investing in the future 7 septembre 2010 Observations à l’occasion de la parution de l’édition 2010 des Regards sur l’Éducation. South Africa: boosting job creation and exports key to growth 21 juillet 2010 Observations à l’occasion de la parution de l’Étude économique de l’OCDE sur l’Afrique du Sud


OCDE.ORG

un rôle à jouer pour l’OCDE. Pour ce faire, je propose une stratégie à deux axes. En premier lieu, ne pas seulement aider les Membres à élaborer des politiques. Peut-être pourrionsnous aller plus loin et proposer des options pour en assurer la mise en oeuvre effective, à condition de le faire en étroite collaboration avec les gouvernements des pays Membres. Notre pertinence se mesure au degré d’influence que nous pouvons avoir sur les politiques et à notre contribution à la mise en oeuvre de ces politiques et à leur évaluation. C’est ce que j’appelle notre « rôle de conseillers et d’éclaireurs », qui fait partie de notre mission de suivi. Mais ce rôle devra s’appuyer sur nos activités « de coeur de métier » portant sur les politiques économiques, de santé, sociales, d’emploi, d’éducation, d’amélioration des compétences et d’environnement, parmi bien d’autres, que je considère comme fondamentales. C’est là que résident nos atouts.

actuel la coopération internationale et le multilatéralisme sont perçus comme le meilleur moyen de résoudre ces problèmes. L’OCDE, institution dotée de formes de coopération et d’engagement parmi les plus avancées, devrait contribuer à bâtir le consensus nécessaire pour s’attaquer à ces problèmes.

En second lieu, nous devons continuer d’accroître notre pertinence en tant qu’organisation définissant les normes les plus élevées pour l’économie mondiale. Nous sommes une instance de normalisation. Nous devons donc collaborer plus étroitement non seulement avec les pays Membres, mais aussi, et en particulier, avec les grandes économies émergentes.

L’émergence du G20 a créé pour nous une autre opportunité cruciale. Auparavant, le G8 était le seul véritable sommet. Ce n’est plus le cas. Nous avons oeuvré à ce processus depuis le début, en prêtant notre concours pour les dossiers les plus importants comme la fiscalité, l’équilibre de la croissance, le protectionnisme dans le domaine de l’investissement et des échanges, la lutte contre la corruption, l’emploi et le développement. (…)

Je compte sur ces efforts conjoints, durant les cinq années à venir, pour préparer cette merveilleuse Organisation aux cinq prochaines décennies, et faire en sorte qu’elle soit encore plus pertinente et plus utile pour ses Membres et leurs pays partenaires, et au sein de la nouvelle architecture de gouvernance mondiale. De meilleures politiques pour des vies meilleures ! Ce sera l’impératif de mon nouveau mandat, de notre nouveau mandat.

Plus généralement, abstraction faite de ces groupes, la pertinence de notre Organisation à l’échelle mondiale exigera de plus denses relations avec les économies émergentes. Pour ce qui est de l’engagement renforcé, expression que nous avons forgée il y a trois

* Les remarques du Secrétaire général ont été prononcées le 30 septembre 2010. Le texte complet, de 2000 mots, est disponible en ligne sur www.oecd.org/secretairegeneral. M. Gurría a été nommé Secrétaire général de l’OCDE pour la première fois en juin 2006. ** Les cinq pays de l’engagement renforcé sont le Brésil, la Chine, l’Inde, l’Indonésie et l’Afrique du Sud.

Nous sommes aujourd’hui confrontés à des défis formidables. Les déséquilibres mondiaux se creusent à nouveau et le consensus international nécessaire pour traiter des questions majeures comme le changement climatique, les migrations ou la pauvreté tarde à se concrétiser. En revanche, dans le contexte

Nous assistons actuellement à une révolution dans la façon dont le monde est gouverné, et nous nous emploierons à continuer de faire partie intégrante de cette nouvelle gouvernance. Cela renforce la pertinence de nos travaux à l’échelle mondiale, mais nous devrions intensifier nos efforts et nous comptons sur nos Membres pour réaliser ce dessein. Il nous faut consolider notre présence, contribuer encore par des études de fond de grande qualité aux débats mondiaux et renforcer notre rôle d’instance de « normalisation ».

L’OCDE encourage l’entrepreneuriat féminin

Nouveaux ambassadeurs

L’OCDE est une pionnière de l’étude de l’entrepreneuriat féminin et des obstacles rencontrés par les femmes qui veulent créer leur propre entreprise, a déclaré Aart de Geus, Secrétaire général adjoint de l’OCDE. Au 58ème congrès mondial du Réseau mondial des femmes chefs d’entreprise, qui s’est tenu à Florence du 19 au 23 octobre 2010, M. de Geus a attiré l’attention sur le fait que l’entrepreneuriat des femmes reste une source sous-utilisée de croissance économique et que les décideurs doivent faire davantage d’efforts pour relever ce défi. Voir www.oecd.org/discours

1er octobre Stefan Flückiger a pris ses fonctions en tant que nouvel ambassadeur de la Suisse, en remplacement d’Eric Martin. 10 septembre Carlo Maria Oliva a pris ses fonctions de nouvel ambassadeur de l’Italie, en remplacement d’Antonio Armellini. 7 septembre Nimrod Barkan a pris ses fonctions de premier ambassadeur d’Israël auprès de l’OCDE, suite à l’adhésion d’Israël à l’organisation.

ans, je suis persuadé que le chemin que nous avons tracé pour enrichir progressivement la base de connaissances et la compréhension mutuelle par des analyses sectorielles et une participation au niveau des comités n’est tout simplement pas suffisant. Cela ne nous permettra pas de faire de véritables percées, mais seulement de continuer sur notre lancée. Nous devons aller plus vite si nous voulons progresser davantage. Nous sommes en présence d’une mutation véritablement mondiale et nous devons accélérer notre stratégie juste pour ne pas prendre de retard. Sommes-nous prêts à donner suite à des demandes d’adhésion de la part d’un ou de plusieurs des pays de l’engagement renforcé ? Auparavant, il nous faut trouver des moyens plus efficaces pour emporter leur participation sur les questions de fond. (…)

1er septembre Rosemary Banks a pris ses fonctions de nouvelle ambassadrice de la Nouvelle-Zélande, en remplacement de Sarah Dennis. 11 août Pawel Wojciechowski a pris ses fonctions de nouvel ambassadeur de la Pologne, en remplacement de Jan Woroniecki. 27 juillet Motohide Yoshikawa a pris ses fonctions de nouvel ambassadeur du Japon, en remplacement de Norio Hattori.

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OCDE.ORG

Programme des conférences Veuillez noter que la plupart des réunions ne sont pas ouvertes au public ni aux médias mais sont mentionnées pour information. Sauf indication contraire, toutes les réunions se tiennent à Paris. Une liste plus complète et mise à jour chaque semaine est disponible sur www.oecd.org/media/enbref OCTOBRE 7-8

Réunion ministérielle sur la santé « Les priorités des systèmes de santé au lendemain de la crise »

19-21 Semaine OCDE-Mexique. Mexico City, Mexique. 21-22 « Industry and Policy Approaches to Foster Green Growth in Tourism », table ronde organisée par le centre pour l’Entrepreneuriat, les PME et le Développement local. Jérusalem, Israël. 21-22 « Long-term Scenarios: Supporting Robust Policies for Global Agriculture and Food », atelier organisé par la direction des Échanges et de l’Agriculture. 25-26 La protection des données personnelles et la confidentialité, conférence organisée par la direction de la Science, de la Technologie et de l’Industrie, dans le cadre du 30ème anniversaire des Lignes directrices de l’OCDE sur la protection de la vie privée. Jérusalem, Israël. NOVEMBRE 2

Accroître le potentiel de croissance, séminaire parlementaire de haut niveau.

4-5

Réunion ministérielle du comité de l’Éducation, sur le thème : « Investir dans le capital humain et social – les nouveaux enjeux ».

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Lancement des Perspectives économiques en Asie du Sud-Est : rééquilibrer la croissance, organisé par le centre de Développement de l’OCDE et le Centre de l’OCDE à Tokyo. Tokyo, Japon.

9-11

« Les Journées de l’Économie », Jéco 2010, conférence de haut niveau. Lyon, France.

10-12 Atelier sur « La bioéconomie fondée sur la connaissance » organisé par la direction de la Science, de la Technologie, et de l’Industrie. Saint-Pétersbourg, Fédération de Russie. 10-13 Conférence internationale anti-corruption (IACC). Bangkok, Thaïlande. 11-12 Sommet du G20, avec participation du Secrétaire général de l’OCDE. Séoul, République de la Corée. 15

Réunion ministérielle du comité de la gouvernance publique de l’OCDE. Venise, Italie.

17-18 « Bologne + 10 » : Petites et Moyennes Entreprises et l’Entrepreneuriat, réunion à haut niveau organisée par le centre pour l’Entrepreneuriat, les PME et le Développement local. 17-18 Les statistiques de brevets pour les décideurs politiques, conférence organisée par l’Office européen des brevets et la direction de la Science, de la Technologie et de l’Industrie de l’OCDE. Vienne, Autriche. 18

Parution des Perspectives économiques de l’OCDE.

22-23 Statistiques du tourisme 2010, forum organisé par le centre de l’OCDE pour l’Entrepreneuriat, les PME et le Développement local, et Eurostat. Lisbonne, Portugal. 29-30 « Policies for Agricultural Development, Poverty Reduction and Food Security », Forum mondial sur l’agriculture, organisé par la direction des Échanges et de l’Agriculture. 29/11-10/12 COP16 : Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique, avec la participation de l’OCDE et de l’Agence internationale de l’énergie. Mexico City, Mexique. DÉCEMBRE 1

« The Economic Dimensions of Privacy », conférence organisée par la direction de la Science, de la Technologie et de l’Industrie.

2

Lancement de « Regulatory Policy: Guiding the Road to Recovery and Growth », rapport de synthèse de 10 ans de la réforme réglementaire dans les pays de l’OCDE.

2-4

Lancement de la publication Perspectives économiques de l’Amérique latine lors du 20ème sommet Ibéro-Américain. Mar del Plata, Argentine.

7

18-19 Asie du Sud-Est : conférence ASEAN-OCDE sur la politique de l’investissement . Djakarta, Indonésie.

Publication des derniers résultats de l’étude PISA (Programme international de l’OCDE pour le suivi des acquis des élèves).

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22-23 La gestion des risques dans l’agriculture, conférence organisée par la direction des Échanges et de l’Agriculture.

Journée internationale de la lutte contre la corruption. Lancement de l’étude « International OECD Foreign Bribery Impact. »

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Lancement de la publication Sciences, technologie et industrie : perspectives de l’OCDE.


LIVRES OECD iLibrary

De la crise à la reprise Quelque 200 ans après la Révolution française, invité à en commenter l’héritage historique, le dirigeant chinois Zhou Enlai aurait répondu : « Il est trop tôt pour le dire. » S’il était encore en vie, M. Zhou donnerait sans doute une réponse analogue à propos de l’impact de la crise financière de 2008. Bien que la plupart des pays de l’OCDE semblent être sortis de la récession (parfois de justesse), l’impact de la crise et le déclin économique consécutif se font encore sentir sous la forme d’un chômage élevé, de budgets resserrés et d’une incertitude économique patente. En bref, si la Grande récession est sans doute passée, ses conséquences se feront sans doute encore sentir pendant plusieurs années. Le dernier Essentiel de l’OCDE, collection de vulgarisation économique, arrive donc au bon moment. De la crise à la reprise explique les causes et le déroulement de la Grande récession. Surtout, il explore les nombreux domaines qui vont continuer à subir les conséquences de la crise : emploi, retraites,

finances publiques, gouvernance financière, entre autres. La gestion des retombées de la crise est un défi de taille pour les responsables politiques. De la crise à la reprise explique les choix auxquels ils sont confrontés – par exemple, la nécessité de rééquilibrer les budgets sans priver les économies des dépenses publiques nécessaires, ou encore l’attention à accorder aux services qui soutiennent la croissance sur le long terme, comme l’éducation. L’ouvrage examine aussi les manières de renforcer la gouvernance après la récession, non seulement sur les marchés financiers mais aussi dans les domaines de la planification fiscale ou des pratiques entrepreneuriales. Les auteurs soulignent l’existence de certaines opportunités dans le sillage de la crise, notamment pour repenser l’économie et empêcher un retour au statu quo. « Les universitaires flairent ici l’opportunité de nouvelles recherches, de nouveaux articles, déclare Tim Besley, de la London School of

Economics, aux auteurs. Dans les cercles universitaires, il existe une multitude d’opportunités d’aborder de nouvelles questions et d’en aborder d’anciennes sous un nouvel angle… » De la crise à la reprise apporte une utile contribution à ce travail. ISBN 978-92-64-07942-7 À paraître

Maintenir le commerce vert face à la crise La crise financière a-t-elle renforcé ou affaibli le soutien aux politiques de commerce respectueuses de l’environnement ? Au vu des timides signes de reprise, les experts du commerce de l’OCDE encouragent vivement les gouvernements à ne pas céder à la tentation du protectionnisme, y compris par le biais du commerce vert.

véhicules respectueux de l’environnement par les constructeurs nationaux. D’autres ont inclus des mesures favorisant les opérateurs locaux dans des marchés publics liés aux énergies renouvelables ou à des travaux publics favorables à l’environnement. Des politiques peu compatibles avec un commerce ouvert.

Outre les obstacles manifestes à l’importation et les subventions privilégiant les industries nationales, un protectionnisme masqué peut biaiser les relations commerciales. C’est le cas lorsqu’un gouvernement adopte des politiques restrictives sous prétexte de vigilance environnementale. Ce protectionnisme environnemental peut prendre plusieurs formes, selon Les effets sur l’économie et le commerce des réponses à la crise économique.

En outre, parmi les économies émergentes qui commencent à développer leurs propres marchés de biens et services environnementaux, il se pourrait que les plus riches d’entre elles adoptent des réglementations environnementales de plus en plus exigeantes plutôt pour favoriser les opérateurs nationaux que par réel souci environnemental.

Depuis mars 2009, par exemple, plusieurs pays ont subventionné le développement de

restrictives. Les effets sur l’économie et le commerce des réponses à la crise économique appelle à la coopération multilatérale afin d’éviter les tensions commerciales liées à ces questions. ISBN 978-92-64-08844-3 À paraître

De telles mesures protectionnistes restent sans doute limitées, mais les perceptions selon lesquelles la mondialisation a joué un rôle dans la crise pourraient favoriser le maintien de mesures commerciales

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Nouvelles publications de l’OCDE ÉCONOMIE Les pêcheries : jusqu’à l’épuisement des stocks est la dernière publication dans la collection Les essentiels de l’OCDE, qui explore des thèmes complexes en termes accessibles. Cet ouvrage se penche sur les principales questions concernant le secteur des pêcheries dans le monde. Regards sur l’éducation 2010 : panorama contient une sélection des indicateurs les plus utilisés et demandés de Regards sur l’éducation 2010, et les présente différemment, d’une manière plus facilement abordable. Cette publication est destinée à un public non-spécialisé. Regards sur l’éducation 2010 est une publication très détaillée sur les dernières statistiques de l’OCDE en matière d’éducation dans ses pays membres. Le message-clé des données de cette année est que les gouvernements doivent viser un degré d’excellence mondialement reconnu dans leurs systèmes d’éducation pour s’assurer une croissance économique à long terme. Ces publications sont disponibles par l’intermédiaire des établissements abonnés à notre librairie en ligne, à l’adresse URL indiquée ci-dessus. Ils sont également disponibles en ligne pour les établissements abonnés à OECD iLibrary à l’adresse dx.doi.org indiquée. Si votre établissement n’est pas abonné, demandez à votre bibliothécaire de s’abonner dès aujourd’hui !

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Études économiques de l’OCDE : Canada 2010 ISBN 978-92-64-08326-4 20-sep-2010, 180 pages, €57 $75 £45 ¥8 100 Études économiques de l’OCDE : Portugal 2010 ISBN 978-92-64-08334-9 À paraître, 130 pages, €57 $75 £45 ¥8 100 Études économiques de l’OCDE : Afrique du Sud 2010 ISBN 978-92-64-08320-2 À paraître, 140 pages, €57 $75 £45 ¥8 100 Études économiques de l’OCDE : Turquie 2010 ISBN 978-92-64-08306-6 À paraître, 150 pages, €57 $75 £45 ¥8 100 Études économiques de l’OCDE : États-Unis 2010 ISBN 978-92-64-08330-1 À paraître, 150 pages, €57 $75 £45 ¥8 100 Growth and Sustainability in Brazil, China, India, Indonesia and South Africa ISBN 978-92-64-09019-4 27-août-2010, 188 pages, €54 $75 £48 ¥7 000 Disponible en anglais uniquement Comptes nationaux des pays de l’OCDE 2010, Volume 1 : Principaux agrégats ISBN 978-92-64-09166-5 6-oct-2010, 173 pages, €50 $70 £45 ¥6 500 Études économiques de l’OCDE : Indonésie 2010 ISBN 978-92-64-08342-4 À paraître, €57 $75 £40 ¥8 100 Études économiques de l’OCDE : Australie 2010 ISBN 978-92-64-08336-3 À paraître, €57 $75 £40 ¥8 100 Études économiques de l’OCDE : République Slovaque 2010 ISBN 978-92-64-09276-1 À paraître, €57 $75 £40 ¥8 100

Disponibles sur www.oecd-ilibrary.org Études économiques de l’OCDE : Zone euro 2010 ISBN 978-92-64-09002-6 13-déc-2010, €57 $75 £40 ¥8 100 AGRICULTURE Les pêcheries : jusqu’à l’épuisement des stocks? ISBN 978-92-64-07992-2 À paraître, 140 pages, €15 $19 £10 ¥2 000 << Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2010 ISBN 978-92-64-08377-6 3-août-2010, 275 pages, €52 $72 £46 ¥6 700 Politiques agricoles des pays de l’OCDE 2010 : panorama ISBN 978-92-64-08381-3 10-août-2010, 132 pages, €28 $39 £25 ¥3 600 DÉVELOPPEMENT Innovation and the Development Agenda ISBN 978-92-64-08891-7 8-sept-2010, 152 pages, €35 $49 £31 ¥4 500 Disponible en anglais uniquement ÉDUCATION Regards sur l’éducation 2010 : panorama ISBN 978-92-64-08650-0 6-oct-2010, 92 pages, €28 $39 £25 ¥3 600 Regards sur l’éducation 2010 : les indicateurs de l’OCDE ISBN 978-92-64-07567-2 8-sept-2010, 503 pages, €75 $105 £67 ¥9 700 Mathematics Teaching and Learning Strategies in PISA ISBN 978-92-64-03951-3 15-sept-2010, 176 pages, €45 $63 £40 ¥5 800 Disponible en anglais uniquement PISA Computer-Based Assessment of Student Skills in Science ISBN 978-92-64-08202-1 9-sept-2010, 132 pages, €30 $42 £27 ¥3 900 Disponible en anglais uniquement


LIVRES OECD iLibrary

Formation et emploi : relever le défi de la réussite ISBN 978-92-64-08747-7 4-nov-2010, 238 pages, €35 $49 £31 ¥4 500

CO2 Emissions from Fuel Combustion 2010 ISBN 978-92-64-08427-8 27-oct-2010, €165 $231 £148 ¥21 400

Comment apprend-on ? : La recherche au service de la pratique ISBN 978-92-64-08693-7 2-nov-2010, 356 pages, €39 $54 £35 ¥5 000 >>

Statistiques de l’énergie des pays de l’OCDE 2010 ISBN 978-92-64-08408-7 10-août-2010, 430 pages, €120 $168 £108 ¥15 600

EMPLOI L’emploi d’après mandat : bonnes pratiques en matière de prévention des conflits d’intérêts ISBN 978-92-64-05671-8 29-déc-2010, 92 pages, €24 $30 £20 ¥3 000 >>

Statistiques de l’énergie des pays non-membres de l’OCDE 2010 ISBN 978-92-64-08410-0 1-sept-2010, 768 pages, €120 $168 £108 ¥15 600 Bilans énergétiques des pays de l’OCDE 2010 ISBN 978-92-64-08412-4 21-juil-2010, 720 pages, €165 $231 £148 ¥21 400

Coal Information 2010 ISBN 978-92-64-08420-9 1-sept-2010, 528 pages, €165 $231 £148 ¥21 400

Bilans énergétiques des pays non-membres de l’OCDE 2010 ISBN 978-92-64-08414-8 21-juil-2010, 720 pages, €165 $231 £148 ¥21 400 Disponible en anglais uniquement : Energy Policies of IEA Countries: France 2009 ISBN 978-92-64-06045-6 3-août-2010, 200 pages, €75 $101 £63 ¥9 300

Electricity Information 2010 ISBN 978-92-64-08418-6 10-août-2010, 770 pages, €150 $210 £135 ¥19 500

Energy Policies of IEA Countries: Turkey 2009 ISBN 978-92-64-06041-8 3-août-2010, 170 pages, €75 $101 £63 ¥9 300

Natural Gas Information 2010 ISBN 978-92-64-08425-4 24-août-2010, 592 pages, €165 $231 £148 ¥21 400

Energy Policies of IEA Countries: Czech Republic 2010 ISBN 978-92-64-09470-3 7-oct-2010, 160 pages, €75 $105 £67 ¥9 700

ÉNERGIE Disponible en anglais uniquement :

Oil Information 2010 ISBN 978-92-64-08422-3 21-juil-2010, 720 pages, €165 $231 £148 ¥21 400 Renewables Information 2010 ISBN 978-92-64-08416-2 1-sept-2010, 440 pages, €110 $154 £99 ¥14 300 >> World Energy Outlook 2010 ISBN 978-92-64-08624-1 9-nov-2010, €150 $210 £135 ¥19 500

ENVIRONNEMENT La fiscalité, l’innovation et l’environnement ISBN 978-92-64-08764-4 6-déc-2010, 245 pages, €45 $63 £40 ¥5 800

Comment apprend-on ? rassemble les résultats de recherche sur la nature de l’apprentissage, ainsi que ses différentes applications dans le domaine de l’éducation. Ces résultats sont résumés sous forme de sept principes-clés. Les principes et le cadre de bonnes pratiques présentés dans cet ouvrage servent de références aux décideurs politiques et aux directeurs d’entreprise pour revoir et moderniser les politiques d’emploi d’après mandat. Les ouvrages statistiques annuels de l’Agence internationale de l’énergie sont devenus des outils de référence courants dans leurs secteurs respectifs. Ils incluent le charbon, l’électricité, le gaz naturel, le pétrole et les énergies renouvelables, et présentent les données statistiques annuelles les plus récentes sur la production, la consommation et le commerce, ainsi qu’une analyse des développements dans chaque secteur. Les collections Statistiques de l’énergie et Bilans statistiques englobent tous les secteurs pour donner une perspective complète et comparable du secteur énergétique mondial.

Suivez l’actualité de l’OCDE sur Payer pour la biodiversité : améliorer l’efficacité-coût des paiements pour les services écosystémiques ISBN 978-92-64-09028-6 À paraître, 210 pages, €29 $40 £26 ¥3 700

www.facebook.com/theoecd www.flickr.com/oecd www.twitter.com/oecd www.youtube.com/oecd

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Uranium 2009, le rapport périodique de l’Agence pour l’énergie nucléaire de l’OCDE sur l’uranium, confirme que les réserves d’uranium pour la production de l’électricité sont en bon état. Même en suivant un scénario de croissance élevée jusqu’en 2035, moins de la moitié des réserves connues serait consommée. L’investissement transfrontalier serait fortement entravé s’il y avait un risque que les bénéfices soient taxés deux fois. Le Modèle de convention fiscale de l’OCDE et le réseau mondial de traités basés dessus aident à éviter ce problème. La Convention est régulièrement mise à jour pour correspondre à un environnement économique et fiscal en perpétuelle évolution. Face à une économie mondiale dans laquelle les enterprises multinationales ont un rôle de premier plan, les gouvernements doivent s’assurer que les bénéfices imposables de ces entreprises ne soient pas artificiellement exclus de leurs juridictions. Les Principes de l’OCDE applicables en matière de prix de transfert clarifient ces questions. L’édition 2010 a été largement mise à jour et inclut un nouveau chapitre sur les restructurations d’entreprises.

FINANCE ET INVESTISSEMENT

ÉNERGIE NUCLÉAIRE

Examens de l’OCDE des politiques de l’investissement : Indonésie 2010 ISBN 978-92-64-08718-7 À paraître, 225 pages, €40 $56 £36 ¥5 200

Uranium 2009 : ressources, production et demande ISBN 978-92-64-08889-4 À paraître, 500 pages, €130 $182 £117 ¥16 900

Principes de l’OCDE sur la réglementation des pensions professionnelles : méthodologie pour l’évaluation et la mise en œuvre ISBN 978-92-64-08637-1 À paraître, 150 pages, €35 $49 £31 ¥4 500 GOUVERNANCE Disponible en anglais uniquement : Progress in Public Management in the Middle East and North Africa ISBN 978-92-64-08206-9 3-août-2010, 260 pages, €50 $70 £45 ¥6 500 Denmark: Efficient e-Government for Smarter Public Service Delivery ISBN 978-92-64-08664-7 11-oct-2010, 250 pages, €50 $70 £45 ¥6 500 Better Regulation in Europe: Austria 2010: ISBN 978-92-64-08476-5 21-oct-2010, 162 pages, €30 $42 £27 ¥3 900 Better Regulation in Europe: Sweden 2010 ISBN 978-92-64-08781-1 27-juil-2010, 188 pages, €30 $42 £27 ¥3 900 Mieux légiférer en Europe : France 2010 ISBN 978-92-64-08716-3 3-août-2010, 224 pages, €30 $42 £27 ¥3 900 INDUSTRIE ET SERVICES Measuring Globalisation: OECD Economic Globalisation Indicators 2010 ISBN 978-92-64-08435-3 14-sept-2010, 230 pages, €60 $84 £54 ¥7 800 Disponible en anglais uniquement

Les déchets radioactifs : mise en perspective ISBN 978-92-64-09263-1 À paraître, 224 pages, €48 $67 £43 ¥6 200 FISCALITÉ Principes de l’OCDE applicables en matière de prix de transfert à l’intention des entreprises multinationales et des administrations fiscales 2010 ISBN 978-92-64-09034-7 1-sept-2010, 408 pages, €89 $124 £80 ¥11 500 << Modèle de convention fiscal concernant le revenu et la fortune : version abrégée 2010 ISBN 978-92-64-08961-7 À paraître, 490 pages, €69 $96 £62 ¥8 900 La version électronique ne paraîtra pas avant la fin de l’année << Addressing Tax Risks Involving Bank Losses ISBN 978-92-64-08867-2 5-oct-2010, 88 pages, €24 $33 £21 ¥3 100 Disponible en anglais uniquement Coopération fiscale 2010 : vers l’établissement de règles du jeu équitables ISBN 978-92-64-08658-6 À paraître, €80 $112 £72 ¥10 400 ÉCHANGES Les effets sur l’économie et le commerce des réponses à la crise économique ISBN 978-92-64-08845-0 À paraître, 140 pages, €24 $33 £21 ¥3 100 TRANSPORTS Mettre en oeuvre la tarification de la congestion ISBN 978-92-82-10286-2 5-oct-2010, 166 pages, €65 $91 £58 ¥8 400

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LIVRES OECD iLibrary

Sélection sur la santé L’obésité et l’économie de la prévention : objectif santé

Cet ouvrage examine l’ampleur et les caractéristiques de l’épidémie d’obésité, les rôles respectifs et l’influence des forces de marché et des gouvernements, ainsi que l’impact des interventions. ISBN 978-92-64-08487-2 27-oct-2010, 226 pages, €39 $54 £35 ¥5 000

Améliorer la performance des soins de santé : comment mesurer leur qualité Mesurer la qualité des soins de santé n’est pas chose facile. Cet ouvrage décrit quels paramètres de qualité les décideurs politiques doivent examiner en priorité : l’accréditation, les critères de qualité, la corrélation entre les salaires et la qualité des soins, les programmes nationaux de sécurité et les rapports d’activité.

Optimiser les dépenses de santé

Cet ouvrage étudie les projets actuels pour améliorer l’efficacité des soins de santé, y compris des outils prometteurs pour établir le meilleur rapport qualité-prix dans les systèmes de santé. ISBN 978-92-64-08882-5 5-nov-2010, 228 pages, €45 $63 £40 ¥5 800

ISBN 978-92-64-09482-6 À paraître, 110 pages, €24 $33 £21 ¥3 100

Health at a Glance 2010: Europe ISBN 978-92-64-09030-9 15-nov-2010, 115 pages, €27 $37 £24 ¥3 500 Disponible en anglais uniquement

Obtenir un meilleur rapport qualité-prix dans les soins de santé ISBN 978-92-64-07424-8 18-nov-2010, 182 pages, €24 $32 £20 ¥3 000

L’éducation, un levier pour améliorer la santé et la cohésion sociale ISBN 978-92-64-08632-6 À paraître, 228 pages, €40 $56 £36 ¥3 900

Panorama de la santé 2009 : les indicateurs de l’OCDE ISBN 978-92-64-07556-6 8-déc-2009, 200 pages, €30 $40 £25 ¥3 700

Éco-santé 2010 sur CD-ROM ISBN 978-92-64-08607-4 27-juil-2010, CD-ROM, €85 $119 £76 ¥11 000

Coherence for Health: Innovation for New Medicines for Infectious Diseases ISBN 978-92-64-06014-2 29-avr-2009, 148 pages, €24 $32 £20 ¥3 000 Disponible en anglais uniquement

Améliorer l’efficacité du secteur de la santé : le rôle des technologies de l’information et des communications ISBN 978-92-64-08462-9 À paraître, 180 pages, €30 $42 £27 ¥5 200 Pharmacogenetics: Opportunities and Challenges for Health Innovation: ISBN 978-92-64-07679-2 7-déc-2009, 132 pages, €24 $32 £20 ¥3 000 Disponible en anglais uniquement

Prévenir, assurer et couvrir les incidents médicaux ISBN 978-92-64-02906-4 10-jan-2007, 90 pages, €30 $42 £27 ¥3 900 Les prix des médicaments sur un marché global : politiques et enjeux ISBN 978-92-64-04416-6 28-oct-2008, 236 pages, €50 $70 £45 ¥6 500 L’assurance-maladie privée dans les pays de l’OCDE ISBN 978-92-64-01565-4 24-mai-2005, 265 pages, €60 $84 £54 ¥7 800 Systèmes de santé : efficacité et politiques ISBN 978-92-64-09491-8 À paraître, €38 $53 £34 ¥4 900

Les personnels de santé dans les pays de l’OCDE : comment répondre à la crise imminente ? ISBN 978-92-64-05077-8 14-oct-2008, 106 pages, €24 $33 £21 ¥3 100 Genetic Testing: A Survey of Quality Assurance and Proficiency Standards ISBN 978-92-64-03201-9 31-oct-2007, 131 pages, €35 $49 £31 ¥4 500 Disponible en anglais uniquement

L’Observateur de l’OCDE N° 281 Octobre 2010

43


LIVRES OECD iLibrary

Des chaînes de valeur à double tranchant La mondialisation a-t-elle contribué à la crise économique, et si oui, comment ? C’est l’une des questions abordées par Measuring Globalisation: OECD Economic Globalisation Indicators 2010. Sous forme d’instantanés, ce livre examine la crise financière, les échanges, les technologies et les entreprises multinationales, et se demande comment ces derniers peuvent avoir influé sur la propagation de la crise, tout comme ils avaient d’abord aidé la prospérité et la richesse à se diffuser. Cette publication considère notamment la façon dont la production, les échanges et les investissements opèrent d’un pays à un autre et selon les continents. On peut retracer le parcours d’un produit et de ses composants pardelà les frontières, y compris l’investissement intellectuel, via les chaînes de valeur mondiales : une grande partie des échanges

de produits manufacturés a en réalité lieu au sein d’une même industrie, voire au sein d’une même grande entreprise, car les composants, les produits finis, ainsi que les services qui y sont liés tels que la comptabilité et le marketing, sont exportés et importés entre les filiales d’une même entreprise dans différents pays. En période d’expansion économique, la chaîne de valeur s’étoffe et crée des emplois, encourage les échanges, les investissements et la consommation. Mais l’inverse arrive aussi. Comme le souligne Measuring Globalisation: OECD Economic Globalisation Indicators 2010, dans un contexte d’interdépendance économique accrue, la récession s’est propagée le long des chaînes de valeur par une sorte d’effet domino. L’un des phénomènes marquants étudiés par l’ouvrage est la chute brutale du commerce mondial au début de la crise. L’année 2008 a vu le plus important recul des échanges internationaux jamais enregistré par l’ensemble des pays concernés, ce qui reflète en partie l’interdépendance accrue des pays à travers

les chaînes de valeur mondiales. Les auteurs soulignent en particulier le fait que de très nombreux pays ont été touchés, et ce de manière simultanée. Au premier trimestre 2009, tous les pays de l’OCDE ont accusé une baisse des échanges de plus de 10 %. Tous les domaines n’ont pas été affectés de la même façon. Les plus touchés ont été le commerce des machines et les transports. Enfin, les auteurs suggèrent aux responsables politiques d’accorder une attention particulière à certains domaines, compte tenu des échanges et des investissements internes aux entreprises, et de la complexité des chaînes de valeur mondiales. Il s’agit par exemple de mettre en valeur l’innovation, les compétences et la compétitivité dans tous les domaines plutôt que de raisonner par secteurs entiers. ISBN 978-92-64-08435-3 Disponible en anglais uniquement

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L’abonnement débutera avec le prochain numéro. La version anglaise est envoyée automatiquement aux abonnés sauf indication contraire. Version anglaise ISSN 0029-7054 Version française ISSN 0304-3398

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Pour les États-Unis Turpin Distribution, The Bleachery, 143 West Street, New Milford, Connecticut 06776 USA Tel : (1) 800 456 6323, Fax : (1) 860 530 0039, Email : oecdna@turpin-distribution.com Pour le reste du monde Turpin Distribution Services Ltd., Stratton Business Park, Pegasus Drive, Biggleswade, Bedfordshire SG18 8QB, UK Tel : (44) 1767 604 960 Fax : (44) 1767 604 640 E-mail : oecdrow@extenza-turpin.com

44

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BANQUE DE DONNÉES

faibles résultats dans la mise en œuvre de plusieurs objectifs du Millénaire pour le développement.

L’action en faveur de l’égalité homme-femme pourrait-elle aider à relancer les efforts nécessaires pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement d’ici 2015 ? Le troisième objectif (OMD 3) a pour but explicite de « promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes », mais cette dimension a de multiples facettes dont on ne mesure pas toujours toute l’importance.

Prenons l’éducation. Les pays où plus de 45 % des femmes de moins de 19 ans sont mariées connaissent un faible taux d’achèvement du cycle primaire. C’est donc un frein à l’OMD 2 : rendre l’éducation primaire universelle.

D’après l’Index « Institutions Sociales et Égalité homme-femme » (ISE) du Centre de développement de l’OCDE, les variables comprennent la violence à l’égard des femmes, l’acceptation de la polygamie et l’accès des femmes à la propriété, parmi un total de 12 indicateurs.

Les pays où les femmes n’ont pas accès à la propriété terrienne ou au crédit peinent à réaliser l’OMD 1 : éradiquer l’extrême pauvreté et la faim. Dans ceux où les femmes n’ont aucun accès au crédit, le nombre d’enfants mal nourris est supérieur de 85 % à la moyenne. Dans les pays où les femmes n’ont aucun droit de posséder des terres, il y a en moyenne 60 % d’enfants mal nourris en plus.

L’Index montre que les pays dans lesquels la société exerce une forte discrimination à l’égard des femmes ont généralement de

Les pays qui tolèrent la violence physique contre les femmes peuvent difficilement espérer atteindre l’OMD 5 : améliorer la santé

En quête d’emploi ? Restez étudiant !

de l’augmentation des investissements dans l’éducation, alors même que les dépenses publiques sont sous pression. Il serait particulièrement avisé d’investir dans l’éducation universitaire grâce aux recettes fiscales supplémentaires lorsque l’emploi et la productivité progresseront. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, le coût

Le constat est sans appel : plus on a un niveau d’éducation élevé, plus on a de chances de trouver un emploi. Dans tous les pays de l’OCDE sans exception, les 25 à 64 ans diplômés du troisième cycle sont plus nombreux à avoir un emploi que ceux qui n’ont qu’un diplôme de deuxième cycle du secondaire. De même, ces derniers ont généralement beaucoup plus de chances d’avoir un emploi que ceux qui ont un niveau de formation inférieur. Dans les pays de l’OCDE, quelque 85 % des 25-64 ans ayant un diplôme de troisième cycle ont un emploi, contre 59 % en moyenne chez les diplômés du deuxième cycle ou moins. À l’exception notable de l’Islande et de la Corée, très peu de pays ont réussi à réduire cet écart. Vu l’importance de l’emploi et des compétences pour la reprise, ces chiffres prêchent en faveur du maintien, voire

maternelle. L’égalité des sexes a aussi un impact sur d’autres indicateurs des OMD, comme la mortalité infantile, la prévalence du VIH ou l’accès à l’eau potable. Voir l’Index « Institutions Sociales et Égalité homme-femme » (ISE) : http://genderindex.org

Taux d’achèvement du cycle primaire en fonction du % de filles de moins de 19 ans mariées 100 Taux d’achèvement

Développement et parité

80 60 40 20 0 0-15%

15-30%

30-45%

Source : OCDE

Plus de 45 %

public total de l’obtention d’un diplôme de troisième cycle est de 33 000 dollars par étudiant, mais le total des bénéfices s’élève à 86 000 dollars. Voir les Regards sur l’Éducation 2010 : www.oecd.org/edu/rse2010

Taux d’emploi par niveau d’éducation % des actifs de 25 à 64 ans 100 80 60 40 20 0 Italie Canada É-U Espagne France Niveau secondaire ou moins

Niveau tertiaire

Moyenne République Allemagne OCDE slovaque

R-U

Source : Regards sur l’Éducation 2010

L’Observateur de l’OCDE N° 281 Octobre 2010

45


BANQUE DE DONNÉES

Variation (%) par rapport à : période précédente

Niveau : valeur même période courante année précédente

T2 10 36,93 Balance des comptes courants août 10 6,8 Taux de chômage harmonisé * Taux d’intérêt à trois mois

35,24 7,6

3,3 5,6 3,1

Balance des comptes courants Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois

T2 10 août 10 sep. 10

-4,97 5,1 4,82

-10,44 5,8 3,37

1,2 0,2 0,2

2,3 6,8 1,7

T1 10 Balance des comptes courants août 10 Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois

1,48 4,3 *

1,71 5,2

0,9 0,3 0,3

2,4 7,3 2,9

T1 10 Balance des comptes courants août 10 Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois

-2,77 8,7 *

-0,80 8,1

T2 10 T2 10

4,3 .. 0,9

5,0 .. 1,2

Balance des comptes courants Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois

T2 10 juil. 10 août 10

-0,83 8,3 2,47

1,29 11,6 0,46

Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 août 10

0,5 -0,5 -0,1

3,4 4,5 1,7

Balance des comptes courants Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois

T2 10 -10,72 août 10 8,1 sep. 10 1,10

-10,67 8,7 0,40

Corée

Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 sep. 10

1,4 -0,3 1,1

7,1 -1,2 3,6

Balance des comptes courants Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois

juil. 10 août 10 sep. 10

5,01 3,4 2,66

4,22 3,7 2,64

Danemark

Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 août 10

1,7 0,3 0,3

3,8 6,5 2,3

Balance des comptes courants Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois

T1 10 août 10 sep. 10

3,88 6,9 0,57

2,63 6,1 1,15

Espagne

Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 août 10

0,2 0,0 0,3

-0,1 4,9 1,8

juin 10 Balance des comptes courants août 10 Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois

-4,81 20,5 *

-5,16 18,7

États-Unis Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 août 10

0,4 -0,1 0,1

3,0 6,6 1,1

Balance des comptes courants Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois

T2 10 -123,28 août 10 9,6 sep. 10 0,28

-84,45 9,7 0,25

Finlande

Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 août 10

1,9 -0,2 0,4

3,4 3,6 1,2

juil. 10 Balance des comptes courants août 10 Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois

0,32 8,5 *

0,76 8,6

France

Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 août 10

0,7 -0,1 0,2

1,7 1,0 1,4

juil. 10 Balance des comptes courants août 10 Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois

-2,80 10,1 *

-1,62 9,6

Grèce Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 août 10

-1,8 -0,1 -0,7

-3,7 -2,4 5,5

juil. 10 Balance des comptes courants juin 10 Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois

-2,83 12,2 *

-3,43 9,2

Hongrie

Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 août 10

0,0 0,2 -0,6

0,1 6,7 3,8

Balance des comptes courants Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois

T1 10 août 10 sep. 10

0,19 10,9 6,41

-1,05 10,5 8,78

Irlande

Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 août 10

-1,2 0,4 0,7

-1,8 6,3 0,2

T2 10 Balance des comptes courants août 10 Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois

-1,62 13,9 *

-2,25 12,5

Islande

Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 sep. 10

-3,1 .. 0,0

-8,6 .. 3,7

Balance des comptes courants Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois

T2 10 T2 10 sep. 10

0,18 6,8 5,71

0,39 7,1 8,40

Italie

Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 sep. 10

0,5 -0,2 -0,2

1,3 1,6 1,6

mai 10 Balance des comptes courants août 10 Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois

-7,73 8,2 *

-5,11 7,9

Japon

Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 août 10

0,4 0,3 0,3

2,4 8,2 -0,9

Balance des comptes courants Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois

juil. 10 août 10 août 10

16,73 5,1 0,36

12,28 5,4 0,54

Luxembourg

Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 sep. 10

-0,3 0,2 0,0

5,3 8,6 2,4

T1 10 Balance des comptes courants août 10 Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois

2,07 5,0 *

0,75 5,1

Mexique Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 août 10

3,2 0,0 0,3

7,7 1,0 3,7

Balance des comptes courants Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois

-2,74 5,2 4,98

-1,14 5,9 5,00

Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 août 10

2,2 0,0 0,0

3,7 10,0 1,0

Australie Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 T2 10

1,2 -0,3 0,6

Autriche

Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 août 10

Belgique

Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 sep. 10

Chili

Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

Canada

Allemagne

46

année précédente

T2 10 août 10 sep. 10

*

*

*

*

*

*

*

*

*

*


Variation (%) par rapport à : période précédente

Niveau :

année précédente

valeur même période courante année précédente

Norvège

Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 août 10

0,1 0,2 -0,2

0,9 1,9 1,9

Balance des comptes courants Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois

T2 10 juil. 10 sep. 10

13,94 3,3 2,64

13,37 3,1 1,93

Nouvelle- Zélande

Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 T2 10

0,4 -0,8 0,3

2,3 0,3 1,8

Balance des comptes courants Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois

T2 10 T2 10 sep. 10

-1,27 6,8 3,18

-0,34 5,9 2,77

Pays-Bas

Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 sep. 10

1,0 0,1 0,6

2,7 7,5 1,6

T2 10 Balance des comptes courants août 10 Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois

7,06 4,5 *

9,27 3,9

Pologne Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 août 10

1,1 0,4 -0,4

3,8 7,3 1,8

Balance des comptes courants Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois

avr. 10 août 10 sep. 10

-0,77 9,4 3,84

-0,80 8,5 4,18

Portugal

Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 août 10

0,3 0,0 -0,2

1,5 7,4 1,9

Balance des comptes courants juil. 10 Taux de chômage harmonisé août 10 Taux d’intérêt à trois mois

-1,53 10,7 *

-2,12 10,2

République slovaque

Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 août 10

1,2 -2,1 -0,1

5,0 2,7 1,1

Balance des comptes courants T1 10 Taux de chômage harmonisé août 10 Taux d’intérêt à trois mois

-1,73 14,6 *

-1,69 12,7

République tchèque

Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 août 10

0,9 -0,1 -0,3

2,4 5,5 1,9

Balance des comptes courants Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois

T2 10 août 10 sep. 10

-0,91 7,0 1,22

-0,75 7,3 1,88

Royaume-Uni

Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 août 10

1,2 -0,2 0,5

1,7 3,1 3,1

Balance des comptes courants Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois

T1 10 -15,03 juin 10 7,8 sep. 10 0,75

-5,12 7,8 0,62

Suède

Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 août 10

1,9 0,3 0,0

4,5 12,0 0,9

Balance des comptes courants Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois

T2 10 août 10 sep. 10

7,19 8,2 0,52

9,23 8,8 0,15

Suisse

Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 sep. 10

0,9 -0,3 0,0

3,4 7,7 0,3

Balance des comptes courants Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois

T2 10 T2 10 sep. 10

14,51 4,4 0,18

12,56 4,4 0,29

Turquie Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 sep. 10

3,7 -0,3 1,2

10,0 4,4 9,2

Balance des comptes courants Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois

T2 10 juin 10 avr. 08

-8,18 10,5 16,65

-3,44 12,9 17,86

Zone euro

Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 août 10

1,0 0,0 0,2

1,9 5,1 1,6

Balance des comptes courants Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois

juin 10 août 10 sep. 10

-5,60 10,1 0,88

-7,12 9,7 0,77

Fédération de Russie 1

Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 août 10

1,1 0,5 0,6

5,3 9,0 6,1

Balance des comptes courants T4 09 Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois juil. 10

19,95 .. 4,20

12,29 .. 10,40

Afrique du Sud 2

Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 août 10

0,8 0,2 0,2

3,0 5,5 3,4

Balance des comptes courants T1 10 Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois août 10

-3,56 .. 6,42

-3,53 .. 7,16

Brésil 2

Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 août 10

1,2 -0,3 0,0

8,7 2,9 4,5

Balance des comptes courants T1 10 Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois

-9,69 .. ..

-2,50 .. ..

Chine 2

Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

août 10 juin 10

.. -0,4 -0,6

.. -1,4 2,7

Balance des comptes courants Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois août 10

.. .. 2,44

.. .. 1,70

Inde 2

Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T1 10 août 10 août 10

5,0 -0,2 0,0

11,3 0,2 9,9

Balance des comptes courants T2 09 Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois

-5,81 .. ..

-9,02 .. ..

Indonésie 2

Produit intérieur brut Indicateur avancé Prix à la consommation

T2 10 août 10 sep. 10

1,7 -0,2 0,4

6,2 0,4 5,8

Balance des comptes courants T1 10 Taux de chômage harmonisé Taux d’intérêt à trois mois août 10

0,64 .. 6,96

1,64 .. 8,73

*

*

*

Non-membres

Définitions et notes : Produit intérieur brut : Séries en volume ; corrigées des variations saisonnières. Indicateur avancé : Indice composite basé sur différents indicateurs de l’activité économique, qui signale les mouvements cycliques de la production industrielle de six à neuf mois en avance. Indice des prix à la consommation : Mesure les variations dans le temps des prix de vente au détail d’un panier constant de biens et services. Balance courante : Milliards de dollars US ; corrigée des variations saisonnières. Taux de chômage : Pourcentage de la population active civile, taux de chômage standardisés ; définitions nationales pour l’Islande, le Mexique et la Turquie ; corrigé des variations saisonnières sauf pour la Turquie.

* voir zone euro. ..= données non disponibles. 1 Candidat à l’adhésion à l’OCDE 2 Programme d’engagement renforcé Source : Principaux indicateurs économiques, octobre 2009.

L’Observateur de l’OCDE N° 281 Octobre 2010

47


BANQUE DE DONNÉES

Manne touristique Le tourisme est un secteur important de l’économie mondiale. En 2009, il représentait un peu plus de 9 % du PIB mondial et employait environ un travailleur sur 12, selon le Conseil mondial du voyage et du tourisme.

Recettes liées au tourisme En milliards d’USD, 2008

160 140 120

Le secteur du tourisme international a augmenté à un rythme légèrement plus rapide que l’économie mondiale. Malgré la récession et la baisse du tourisme, cette tendance semble devoir continuer sur le long terme. L’emploi dans le tourisme connaît lui aussi une croissance relativement forte : dans les pays de l’OCDE, entre 2000 et 2007, le taux de croissance de l’emploi dans les hôtels et les restaurants dépassait 2 % par an, soit plus d’un point de pourcentage de plus que le rythme total de croissance de l’emploi. La France est en tête des chiffres d’arrivants internationaux, mais en matière de revenus du tourisme international, les États-Unis sont loin devant, avec un montant de 134 milliards de

Moins de suicides On estimait à 140 000 le nombre de suicides dans les pays de l’OCDE en 2006, dernière année pour laquelle on dispose de données internationalement comparables. Les taux de mortalité les plus bas étaient ceux des pays d’Europe du Sud comme la Grèce, l’Italie et l’Espagne, ainsi que le Mexique et le Royaume-Uni, avec moins de sept décès pour 100 000 personnes. Ils étaient au plus haut en Corée, en Hongrie, au Japon et en Finlande, avec 18 décès ou plus pour 100 000 personnes.

100 80 60 40 20 0 É-U

Espagne

France

Italie

Chine

Allemagne

R-U

Australie Turquie

Autriche

Source : OCDE

dollars gagnés par la vente de biens et services aux visiteurs internationaux en 2008. Soit bien plus du double de la France, à environ 55 milliards de dollars. Aux États-Unis, les voyages et le tourisme ont représenté en 2008 près de 1,4 billions de dollars en retombées

économiques totales et emploient – directement et indirectement – un salarié sur 16.

lesquels les difficultés économiques, une certaine dégradation de l’intégration sociale et l’érosion du soutien traditionnellement apporté par les familles aux personnes âgées.

et les personnes âgées. Les statistiques sur le suicide restent toutefois difficiles à établir avec précision.

Voir « France still number 1 for tourists », OECD Factblog, 27 juillet 2010 : http://blog.oecdfactblog.org/?p=125

Voir www.oecd.org/sante/ecosante En général, le suicide est trois à quatre fois plus courant chez les hommes que chez les femmes dans les pays de l’OCDE. Le suicide est aussi lié à l’âge, les populations les plus à risque étant les jeunes de moins de 25 ans

Ce graphique corrige et remplace celui publié dans le numéro 280, avec les excuses de la rédaction.

Taux de suicide Nombre de suicides pour 100 000 personnes, année la plus récente

48

4,3

14

14,2

13,2

12,6

11,4

11,1

11,3

10,9

10,8

10,7

10,6

10,2

9,9

10,1

9,8

9,1

8,9

8,7

8,1

6,1

6,3

Grèce Mexique Italie Royaume-Uni Espagne Pays-Bas Portugal Irlande Allemagne Australie Danemark États-Unis Canada Islande Luxembourg Norvège République slovaque Moyenne OCDE Suède République tchèque Nouvelle-Zélande Autriche Pologne Suisse France Finlande Japon Hongrie Corée

2,9

5

4,8

2003

10

12,2

2004

19,1

18

2005

15

0

21

2006

20

21,5

25

Le taux de suicide a chuté dans la plupart des pays de l’OCDE depuis 1990, particulièrement au Danemark, au Luxembourg et en Hongrie, où il a chuté d’au moins 40 % – même s’il y est encore relativement élevé. En revanche, il a augmenté au Japon, en Corée et au Mexique (le taux du Mexique étant relativement bas). En Corée, les suicides masculins ont quasiment triplé après 1990, jusqu’à atteindre 32 décès pour 100 000 hommes en 2006 ; le taux féminin était le plus élevé de la zone OCDE, à 13 décès pour 100 000 femmes. Différents facteurs ont été invoqués, parmi

Source : OCDE



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Depuis 1961, par ses analyses objectives et ses recommandations, l’OCDE aide les gouvernements Ă mener EFT QPMJUJRVFT NFJMMFVSFT QPVS VOF WJF meilleure et Ă bâtir VO NPOEF QMVT GPSU QMVT TBJO FU QMVT KVTUF‌

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