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B R E T A G N E

SURMORTALITÉ DES HUÎTRES, QUI EST RESPONSABLE ? Le tribunal de Rennes a rendu son verdict : l’IFREMER n’est pas responsable de la surmortalité des huîtres survenue entre 2008 et 2012. L’affaire pourrait ne pas en rester là. ls sont 5 ostréiculteurs du Morbihan ou d'Ille-et-Vilaine à s'être fournis en naissains de triploïdes auprès d'Ifremer et à avoir enregistré une perte de 80% de leur production, soit environ 200 000 euros par exploitation. Accusé notamment de ne pas contrôler les naissains d'huîtres génétiquement modifiées dans les écloseries, l'Institut à qui étaient réclamés plus de 2,8 millions d'euros de dommages ne sera finalement pas reconnu fautif dans l'affaire. Une décision que le tribunal explique en indiquant qu'Ifremer n'est pas chargé d'une mission de surveillance sanitaire du milieu marin.

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nir à empêcher la prolifération des bactéries. Une fois celle-ci entamée, le mollusque ne peut plus lutter. Les chercheurs ont également tenté de dessiner quelques pistes destinées à enrayer cette surmortalité catastrophique pour certains ostréiculteurs. Il s'agirait par exemple de ne pas mettre les naissains en mer durant l'été où la température de l'eau est idéale au développement du virus, pour laisser une résistance se mettre en place progressivement. Des études qui doivent se poursuivre afin d'étoffer ces connaissances.

QUELLES SUITES POUR L'AFFAIRE ? Concernant l'éventuel manque de surveillance sanitaire de la part d'Ifremer, les juges ont expliqué à quel point il est UN VIRUS INDENTIFIÉ Des chercheurs d'Ifremer, du CNRS et délicat de se protéger d'un virus dans des universités de Montpellier et de un environnement aussi particulier l'Institut à Perpignan ont tenté de définir les raique le milieu marin et ont rappelé qui étaient sons de cette surmortalité et le virus qu'Ifremer a effectué de nombreuses réclamés est désormais connu. Il s'introduit recherches sur différents types de viplus de 2,8 dans l'huître encore jeune, s'y déveloprus dès les années 90, sans pour aumillions pe en 24 ou 48 heures et entraîne une tant être en mesure de prévoir la mutad'euros de très forte prolifération bactérienne qui tion du virus en cause ici. À la question tue l'huître au bout de 68 heures minidommages de l'absence d'informations sur la prémum. Quant à la question de savoir vention des risques enfin, le tribunal a comment certaines huîtres parvienindiqué que l'institut a tenu des réuninent à survivre face à la vaste mortalions publiques d'information chaque té des autres, Guillaume Mitta, biologiannée sur le sujet. Des arguments qui ste à l'université de Perpignan explique que « ne suffisent à convaincre ni les avocats de la celles qui sont résistantes ont tout simpledéfense, ni les ostréiculteurs. L'un d'eux, Yvonment une réponse immunitaire antivirale un nick Jégat, envisage d'ailleurs de faire appel. À petit peu plus efficace qui bloque les étapes noter toutefois que cette surmortalité ne touultérieures de la maladie ». Pour se défendre che pas que la France, mais s'étend à pratiqueen effet, il semblerait que l'huître doive parvement tous les continents. 

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Le P'tit Zappeur - Bretagnesud #507  

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