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P i e r r e - Yv e s Z w a h l e n

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Édito Pour ne pas être mené en bateau... Embarquons pour une traversée de l’espérance biblique en quatorze étapes. L’espérance est certes cet appel de la vie et à la vie qui est la marque essentielle de notre humanité et de l’univers entier (Rm 8.2023). Mais la Bible, livre de l’espérance, d’une seule et même espérance, nous montre le fondement de notre espérance, sa dimension présente et concrète, et son aboutissement. Fondée dans le projet d’amour de Dieu dont témoigne la Bible, l’espérance chrétienne est inséparable de la confiance et de l’obéissance en sa Parole. Elle est un chemin : ce qui nous est donné d’espérer, ce vers quoi nous tendons est déjà une réalité aujourd’hui pour nous-mêmes et le monde, pour autant que nous le croyons et le pratiquions dans l’amour. Et tandis que nous nous efforçons de vivre conformément à notre espérance,

cette expérience humaine fondamentale est transformée peu à peu, au gré des aléas de nos existences et du monde, pour ne vouloir que le royaume de Dieu. Les réflexions qui suivent autour de la notion d’espérance, sont celles d’un homme qui se laisse éclairer par la Bible. Loin d’être un exposé dont nous serions seulement les auditeurs attentifs, ce qu’il nous partage nous touche dans nos propres expériences d’hommes et de femmes d’espérance. Laissons-nous donc rejoindre. Acceptons avec bienveillance d’être éclairé sur nousmêmes. Et poursuivons joyeusement la route de l’espérance en Jésus, ou reprenons-la si nous l’avons abandonnée pour un temps. Parce que le Dieu d’amour a mis en chacun de nous une espérance durable et qui ne trompe pas (Rm 5.5 ; 1 Pi 1.3-5). Daniel Besse

Coordinateur du Ministère Biblique International

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Espérer, c’est ne pas se satisfaire d’une vie « normale » L’être humain travaille seulement pour satisfaire ses désirs, mais il n’est jamais content. Quel avantage le sage a-t-il sur le sot ? A quoi sert à un pauvre de savoir se conduire dans la vie ? Il vaut mieux se contenter de ce qu’on a que de se laisser entraîner par ses désirs. Cela non plus ne mène à rien, autant courir après le vent ! Tout ce qui existe est connu depuis longtemps, et nous savons bien ce qu’est un être humain. Il ne peut pas discuter avec quelqu’un de plus fort que lui. Quand nous parlons beaucoup, nous disons beaucoup de choses inutiles. Qu’est-ce que nous gagnons ainsi ? Les humains traversent la vie aussi vite que l’ombre. Qui connaît ce qui est bon pour eux pendant les jours de leur courte vie ? Personne ne leur dira ce qui arrivera après eux sous le soleil. Ecclésiaste 6.7-12 4

Nous connaissons bien les codes qui régissent les sociétés occidentales. Nous connaissons la soif du profit, la boulimie de la consommation qui permettent à nos industries de se développer et à la croissance de nos États d’afficher une courbe positive. Nous vivons la mondialisation, nous en mesurons les effets dévastateurs. Comme l’Ecclésiaste, nous osons poser ce regard désabusé sur une société qui recherche le bonheur dans la satisfaction immédiate de ses besoins les plus élémentaires. Nous connaissons les travers de notre monde moderne, mais sans le vouloir, sans le savoir parfois, nous adoptons ce mode de vie et nous le laissons imposer ses valeurs jusque dans nos Églises et Associations chrétiennes, jusque dans notre relation à Dieu. C’est ainsi que peu à peu les termes : efficacité, croissance, rendement, visibilité, professionnalisme sont apparus dans notre vocabulaire ecclésial. Certes, ce n’est pas

qu’un mal. Nous avions certainement besoin d’un bon dépoussiérage. Nos méthodes étaient souvent désuètes, et il est sage de se doter d’outils performants pour annoncer la bonne nouvelle du Royaume. Mais attention à ne pas se tromper d’espérance ! Si notre espérance est l’efficacité - que ce soit dans notre vie de prière, dans notre ministère personnel ou ecclésial - il s’agit alors de bien comprendre ce que signifie ce terme dans le vocabulaire divin. Dans le nôtre, l’efficacité est souvent synonyme d’intransigeance, de dureté, d’exclusion des plus faibles. Dans le vocabulaire divin, efficacité rime avec patience, don de soi, générosité. Espérer, dans le langage de Dieu, c’est oser aller à contre-courant, changer de paradigmes. C’est oser perdre pour mieux gagner, apprendre à donner pour s’enrichir, investir dans des causes perdues, aimer sans rien attendre en retour. Espérer, c’est être en quête du monde de Dieu.


n Quels liens peut-on établir entre les questions de l’Ecclésiate et l’espérance ? n Donnez trois exemples concrets de ce qui vous appartient et vous donne un sentiment de contentement. n Comment relier le mot « espérance » avec la phrase qui dit que tout ce qui existe est connu depuis bien longtemps ? 5


Espérer, c’est prendre le risque que Dieu nous remarque Jésus entre dans Jéricho et il traverse la ville. Là, il y a un homme appelé Zachée. C’est le chef des employés des impôts. Il est riche. Il cherche à voir qui est Jésus, mais il ne le peut pas. En effet, il y a beaucoup de monde et Zachée est petit. Il court devant et il monte sur un arbre pour voir Jésus qui va passer par là. Quand Jésus arrive à cet endroit, il lève les yeux et il dit à Zachée : « Zachée, descends vite ! Aujourd’hui, je dois m’arrêter chez toi ! » Alors Zachée descend vite et il reçoit Jésus avec joie. Tous ceux qui voient cela critiquent Jésus et disent : « Voilà que Jésus s’arrête chez un pécheur ! » Luc 19.1-7 6


Zachée était un petit homme qui nous est plutôt sympathique, surtout si nous sommes nous-mêmes de grande taille ! Pour voir Jésus, il doit faire preuve de créativité, d’audace. Il doit affirmer sa différence. Impossible de se mettre sur la pointe des pieds pour oser espérer l’apercevoir dans la foule qui se presse. Non, il doit trouver quelque chose de plus radical, de plus efficace comme : monter dans un arbre. Pourquoi Zachée voulait-il voir Jésus ? Pour satisfaire sa curiosité ? Pour pouvoir dire à ses collègues : Je l’ai vu ! Pour faire comme tout le monde ? Difficile de répondre d’une manière définitive mais ce qui est certain, c’est qu’il espérait le voir. Et pour que son espérance ait une chance d’aboutir, il a dû adopter un

comportement inhabituel : grimper dans un arbre. On fait ça quand on est gamin. On fait ça pour s’amuser, pour voler des fruits, pour se cacher, pour se faire peur. Mais quand on est un notable, un homme bien vêtu de beaux habits et une réputation à préserver, on ne grimpe pas dans les arbres ! Pourtant, Zachée l’a fait. Il l’a fait parce qu’il espérait voir Jésus ! Quelle est mon espérance  ? Me pousse-t-elle encore à accomplir des choses déraisonnables ? Il y a longtemps que je connais Jésus. Je peux même expliquer aux autres qui il est, ce qu’il fait, comment le rencontrer. Je sais tout de lui. Ai-je encore besoin d’espérer ? Ai-je encore quelque chose à recevoir de lui, quelque chose à découvrir, une raison de grimper dans un arbre ?

Paul disait aux Corinthiens : « Vous avez déjà tout ce que vous voulez ! Vous êtes déjà riches ! »* Cela peut aussi nous arriver. Nous pouvons être de ces chrétiens qui pensent qu’ils ont déjà tout reçu de Dieu. Et si j’espérais encore ? Si j’espérais recevoir une bénédiction nouvelle ? Si j’espérais entrevoir un aspect méconnu de Dieu ? Si je prenais le risque de l’espérance ! Assurément, Dieu me remarquerait et me ferait sortir de ma routine, descendre de mon arbre, marcher à nouveau à ses côtés et entrer dans ma maison.

* 1 Corinthiens 4.8

n Quelle est l’espérance de Zachée en montant sur l’arbre ? n Quelle est l’espérance de Jésus pour Zachée ? n Comment comprenez-vous l’attitude de la foule ? 7


Espérer, c’est découvrir que Dieu nous fait confiance Jésus monte dans la barque et ses disciples l’accompagnent. Tout à coup, une grande tempête se met à souffler sur le lac. Les vagues vont bientôt recouvrir la barque, et Jésus dort. Les disciples s’approchent de lui, ils le réveillent en disant : « Seigneur, sauvenous ! Nous allons mourir ! » Jésus leur dit : « Pourquoi est-ce que vous avez peur ? Vous n’avez pas beaucoup de foi ! » Alors il se lève, il menace le vent et l’eau, et tout devient très calme. Tous sont très étonnés et disent : « Qui donc est cet homme ? Même le vent et l’eau lui obéissent ! » Matthieu 8.23-27

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On a beaucoup écrit, beaucoup argumenté sur les raisons du sommeil de Jésus au cœur de la tempête. On a dit de fort belles choses, évoqué le contraste saisissant entre les éléments déchaînés et la sérénité divine. On a parlé, bien sûr, de la peur des disciples, de leur incompréhension face à ce maître qui dort alors que tout va mal, alors que la mort menace. Mais il est un élément que l’on a peut-être négligé, ou alors mal identifié : c’est celui de l’espérance. Une partie des disciples sont des professionnels de la navigation. Ils connaissent par cœur les barques de Galilée. La mer est leur terrain de jeu. Ils en connaissent les vents, les courants. Ils savent où trouver les bons coins pour

attraper du poisson. Mais ils connaissent aussi les criques où se réfugier en cas de coup dur. La mer est leur domaine, leur spécialité, leur métier. Jésus, lui, est charpentier et rabbin. La mer, c’est pas son truc ! D’ailleurs, un jour où il avait laissé ses disciples partir sans lui, il choisit de les rejoindre à pied plutôt qu’en bateau ! C’est tout dire de la relation que notre Seigneur entretenait avec ces objets étranges que l’on pose sur les vagues ! Et c’est probablement pour cela que Jésus dort dans cette barque battue par les flots. Il dort, parce qu’il fait confiance à ses disciples. Il sait qu’ils sont compétents. Il espère en eux, en leur talent, en leur savoir, en leur maîtrise. Et il est très surpris de découvrir à son


réveil que les disciples manquent de foi, non pas en lui, puisqu’ils lui demandent de les sauver, mais en eux-mêmes ! Jésus a confiance en nous ! Plus que cela, il a posé une espérance sur nos vies. Il a choisi de nous faire confiance parce qu’il nous connaît. Il sait ce dont nous sommes capables. Il a une vision positive de nous-mêmes, de nos capacités, de nos talents, de notre foi. Cette connaissance heureuse et positive que Jésus a de nousmêmes tranche de manière radicale avec le portrait que nous dessinons de nos vies. Apprenons à nous découvrir dans le regard divin. Que la foi que nous plaçons en Dieu nous apprenne à avoir un peu foi en nous !

n Qu’est-ce qui pousse les disciples à réveiller Jésus ? n Le fait d’avoir peu de foi a-t-il comme conséquence d’avoir peu d’espérance ? Comment reliez-vous espérance et foi ? n Quels sont les miracles de Jésus qui vous questionnent ? 9


Espérer, c’est jeter l’ancre dans les promesses de Dieu

Une promesse et un serment, voilà deux choses qu’on ne peut pas changer. Dans sa promesse et dans son serment, Dieu ne peut donc absolument pas mentir, et cela nous encourage beaucoup. Ainsi nous avons tout laissé pour saisir l’espérance qui nous est offerte. Pour notre vie, cette espérance est comme une ancre. Elle traverse même le rideau du temple dans le ciel et elle est fixée solidement. C’est là que Jésus est entré avant nous et pour nous. Hébreux 6.18-20 10

Le langage maritime n’est pas courant dans la Bible. Cette évocation de l’ancre est d’autant plus surprenante. Pour les marins, l’ancre représente l’assurance ultime, l’espérance d’un mouillage en toute sécurité quand les besoins de la navigation le rendra nécessaire. L’ancre est également l’espérance de pouvoir, en cas de tempête, immobiliser le navire loin des récifs, à l’abri de la côte toute proche et tellement dangereuse. Mais pour un marin, l’ancre demeure l’outil exceptionnel que l’on n’utilise que dans le port si l’on ne peut pas aller à quai, ou si l’on doit s’arrêter à proximité d’une côte. Le reste du temps, l’ancre demeure « à poste », bien fixée sur son bossoir. Prête à l’action, mais immobile. On ne jette pas l’ancre n’importe où, n’importe quand. Il faut qu’il y ait du fond, c’est-à-dire que la longueur de la chaîne permette à l’ancre de toucher le fond. Il

faut également que le fond soit de qualité, que l’ancre puisse s’y accrocher fermement et retenir efficacement le navire. « Sable et coquillages »,ce sont les mots espérés que le sondeur à l’avant du bateau va crier à son capitaine, lui indiquant que le fond sur lequel ils naviguent est propice pour jeter l’ancre. Là, ils seront bien ! Le navire sera retenu en toute sécurité. « Sable et coquillages », c’est ce que l’auteur de l’épître aux Hébreux essaie de nous dire quand il affirme que l’ancre de notre espérance est jetée de l’autre côté du voile, dans le lieu Très-Saint, le cœur du Sanctuaire céleste. Notre espérance n’est pas déposée n’importe où. Jésus l’a prise avec lui et, en tant que grand prêtre, l’a apportée au cœur même de la présence divine. Existe-t-il un lieu plus sacré, un endroit plus préservé où accrocher notre espérance ?


Même si notre vie est ballottée par les vagues des tempêtes que nous traversons, grâce à l’ancre de notre espérance, nous avons l’assurance que rien ni personne ne pourra nous éloigner du cœur du Père. Car c’est dans la présence même de Dieu que Jésus est allé déposer notre espérance. Nous ne pouvions rêver d’un meilleur endroit pour renouveler nos forces, soigner nos blessures, ouvrir notre âme à l’infini de Dieu.

n A partir de ces versets, définissez l’espérance. n En quoi l’espérance estelle une ancre ? n Qu’est-ce que signifie : « Tout laisser pour saisir l’espérance » ? 11


Et si j’espérais encore ? Si j’espérais recevoir une bénédiction nouvelle ? Si j’espérais entrevoir un aspect méconnu de Dieu ? Si je prenais le risque de l’espérance ? Assurément, Dieu me remarquerait et me ferait sortir de ma routine, marcher à nouveau à ses côtés sur le chemin de sa grâce...

www.ligue.ch

Ce petit guide a été conçu pour cela : nous redonner le goût, la saveur de l’espérance ; faire de nous des croyants positifs et animés de la joie sereine de la tendresse de Dieu.

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