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GALERIES LAFAYETTE STRASBOURG


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PROCHAIN NUMÉRO ZUT ! 18

SORTIE ÉTÉ 2013 ___

Robe tunique bicolore à attache de cuir et pantalon en crêpe BARBARA BUI chez l’Altra. Sandales GIANVITO ROSSI chez Ultima2. Bracelet Diva, collection Living Art, FREY WILLE.

Bruno Chibane

Directeur de la rédaction & commercialisation bchibane@chicmedias.com 06 08 07 99 45

Emmanuel Abela

Rédacteur en chef eabela@chicmedias.com 06 86 17 20 40

Myriam Commot-Delon Directrice artistique mode myriamdelon@noos.fr 06 14 72 00 67

Photo : Alexis Delon / Preview - www.preview-tm.fr

brokism

Design graphique hello@brokism.com 06 22 76 68 32

Caroline Lévy

Développement commercial levy_caroline@hotmail.com 06 24 70 62 94

Céline Loriotti

Développement commercial cloriotti@chicmedias.com 06 64 22 49 57

François-Xavier Cheraitia Développement commercial fxcheraitia@chicmedias.com 06 69 14 46 98

Philippe Schweyer

Développement commercial ps@mediapop.fr 06 22 44 68 67


design gRApHiQUe HoRsTAXe.FR


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Conception graphique : Chic Medias - Modèle : Plein Sud


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OURS

R

RÉDACTEURS

Emmanuel Abela, Cécile Becker, Agnès Boukri, Myriam Commot-Delon, Sylvia Dubost, Anthony Gaborit, Justine Goepfert, Flora-Lyse Mbella, Nicolas Léger, Olivier Legras, Caroline Lévy, Fouzi Louahem, Sébastien Ruffet, Vanessa Schmitz-Grucker, Philippe Schweyer, Claire Tourdot

D

DESIGN GRAPHIQUE

brokism, Laurence Bentz

Directeur de la publication & de la rédaction Bruno Chibane Rédacteur en chef Emmanuel Abela Rédactrice en chef mode Myriam Commot-Delon Direction artistique brokism Responsable d’édition Sylvia Dubost

Diffusion

Zut ! Team + Ultimatum Commercialisation & developpement

François-Xavier Cheraitia, Bruno Chibane, Caroline Lévy, Céline Loriotti, Philippe Schweyer développement international

Roland Anstett

S

STYLISTES

zut . 17

P

Crédits couverture Photographe Alexis Delon / Preview Réalisation Myriam Commot-Delon Mannequin Laura Savicka / Studio KLRP www.studioklrp.com Robe Stella McCartney chez Albe.

Myriam Commot-Delon, Caroline Lévy

PHOTOGRAPHES

Pascal Bastien, brokism, Alexis Delon / Preview, Sébastien Grisey, Gustave Gurs, Laurianne Rieffel-Kast / Preview Nathalie Savey, Tony Trichanh, Christophe Urbain

I

ILLUSTRATEURS

Laurence Bentz, Isaac Bonan, Le Futur, Laetitia Gorsy, Hugo Mast, Ariane Pinel / Central Vapeur, Terkel Risbjerg

S

STAGIAIRES COMMUNICATION ET DÉVELOPPEMENT

Anthony Gaborit, Justine Goepfert, Yassine Khelfa M'Sabah

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RETOUCHE NUMÉRIQUE

Emmanuel Van Hecke / Preview Camille Vogeleisen / Preview

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MANNEQUINS

Sacha D., Laura Savicka / Studio KLRP, Arnaud Schmitt

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COIFFURE

Alexandre Lesmes / Avila

M

MAKE-UP

Jacques Uzzardi

ZUT ! 8

Studio Photo / Preview 28, rue du Général de Gaulle 67205 Oberhausbergen 03 90 20 59 59 www.preview-tm.fr Ce trimestriel est édité par Chic Médias 12, rue des Poules - 67000 Strasbourg S.à.R.L. au capital de 25 000 euros Direction : Bruno Chibane - Administration, Gestion : Charles Combanaire Impression : Ott imprimeurs Parc d’activités « Les Pins » 67319 Wasselonne Cedex Tirage : 7500 exemplaires Dépôt légal : mars 2013 SIRET : 50916928000013 ISSN : 1969-0789

www . zutmagazine . com


STRASBOURG NUMÉRO 9


12 Éditorial 14 Courrier des lecteurs 16 Au bon parfum

SOMMAIRE

Les mots...

18 Toute premiere fois Ton corps se déforme

20 Ma crise à moi Sa voiture

22 La nuit je mens

Culture

Loup, y es-tu ?

24 Sélections Zut !

Lifestyle

Les sélections de la rédaction

28 Strasbourg vu par

Lifestyle

Culture

brokism + bentz

17 brokism + bentz

17

Camille, Beatrix Li-Chin Loos, Philippe Samoy, Shina, Viviane Beoletto, Jean-Clément Turblin & Loïc Robine, Régis Boughazra, Azdine Zeltout, Régis Gutapfel & Magali Karl

46 Dossier tatouage

58 Festival des Artefacts Focus sur la journée française avec Benjamin Biolay, Lou Doillon, La Femme et Woodkid

Tendances

160 Restaurant Te n d a n c e s

brokism + bentz

66 Nouveaux Medias

Jean Dujardin & Cécile de France, Edouard Baer, Philippe Djian, Raphaël Enthoven, Lilly Wood & The Prick, Mathieu Boogaerts

84 Just in

166 Artisanat

Z

168 Design

108 Raf Simons

170 Lifestyle Zut !

Heroes

Le créateur Slalome entre Dior et Adidas

86 Culture Zut !

110 Horlogerie Nid une nid deux

112 Must

Le sac Ateliers Heschung x Bleu de Chauffe

114 Mode homme Tricks

122 Printemps Les exclus en exclu

124 Copié-Collé Jodie Foster

126 Accessoires

De petits souliers printaniers

128 Shopping Pyjama Party

130 Wanted

Quoi de neuf dans les boutiques ?

132 Dressing

Andriana déballe son armoire

134 Urban Styles 136 Tendances Zut !

ZUT ! 10

Etienne Ayçoberry, ébéniste dans son atelier Mobilus

94 Mode femme

BangBangCockCock, Lab Fab de l'INSA

C

La Hache

162 Miam

Un chef, une recette : Olivier Meyer

Le magazine cinéma Bande à Part sur iPad, et la plateforme bilingue dédiée au spectacle vivant Szenik

72 Instant Flash

150 Sport

Le foot au féminin La famille Husser à la tête du Cerf à Marlenheim

62 Opera

Interview de Christian Lacroix, créateur des costumes pour Les Pêcheurs de perles de Georges Bizet

Z

156 Gastronomie

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Z

À l'heure où le tatouage se démocratise, quelle est la place de Strasbourg ? Rencontre avec des tatoueurs et tatoués et interview du sociologue David Le Breton

T

Luminaires

L


médiapopéditions about rock, sex and cities far out ! de buffalo bill à automo bill songs to learn and sing small eternitY la faute aux dinosaures funkY boY

Un livre témoignage du photographe Bernard Plossu sur les années hippies… Libération

Un très beau livre mélancolique… Les Inrockuptibles

La Courneuve, Mémoires vives a une dimension d’hommage mais aussi de combat… Mediapart

la courneuve, mémoires vives raqa îles grecques, mon amour

David Le Breton signe la préface truffée de références au western d’un ouvrage présentant des photographies de son ami Bernard Plossu, qui fixa, entre 1966 et 1985, les signes de l’ancien « Far West », recyclés par la société de consommation américaine. L’Alsace

2 collections

médiapopéditions www.mediapop.fr + r-diffusion.org

livres


ÉDITO

—— LES RÊVERIES D’UN BAIGNEUR SOLITAIRE

Jean-Paul Belmondo dans son bain dans Pierrot le Fou de Jean-Luc Godard.

Par Philippe Schweyer

Depuis qu’il y a trois éditions de Zut ! (Strasbourg, Lorraine et Haut-Rhin), ma vie est devenue un enfer. Entre les pages de pub à vendre, les photos à prendre et les textes à rendre, je n’ai plus une minute à moi. Bizarrement, mes amis qui en bavent vraiment au boulot (ou au chômage) sont persuadés que je me la coule douce sous prétexte que je fréquente les vernissages, que j’assiste aux projections de presse et que je reçois des tonnes de livres à lire. Ils n’ont pas compris que le relationnel, c’est comme l’amour, ça s’entretient et ça nécessite des efforts répétés dans la durée. Fréquenter les vernissages est un vrai travail, c’est même le cœur du métier. Il n’y a pas mieux pour humer l’air du temps, rencontrer du beau monde, gagner de nouveaux budgets ou monter de nouveaux projets. Et les films, si on n’y allait pas, comment ferait-on pour en parler avant tout le monde ? Pareil pour les livres, il faut bien les feuilleter avant de faire semblant

ZUT ! 12

de les avoir tous lus… Heureusement, après des semaines de concerts assourdissants, de défilés de mode épuisants, de repas d’affaires interminables, de réunions de travail dans des bars plus ou moins bien famés et quelques nuits de bouclages passées à cloper comme un dur et à manger des pizzas molles avec des stagiaires plus ou moins bien formées, ma vie finit toujours par reprendre un cours plus tranquille. Pendant quelques jours, le téléphone ne sonne plus, les mails se font rares et je peux enfin me faire couler un bon bain. Avec un gros bouquin de Kant ou de Fante, je suis capable de rester des heures dans ma baignoire. Mais il ne faut pas se fier aux apparences : ce n’est pas encore la belle vie ! Au lieu de me relaxer complètement comme le font mes amis travailleurs (ou chômeurs), je ne peux m’empêcher de réfléchir au passé, au présent et même à l’avenir. Et ça aussi, c’est un sacré boulot…


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CO U R R I E R D E S LE C T E U R S

FAITES ENTRER L’ A C C U S É Une lectrice d’un certain âge qui soigne son look, une fan de Marc Lavoine et une autre accro à son canapé, des lecteurs qui se posent des questions sur la lingerie ou qui ne supportent pas l’exhibitionnisme des gens qui lisent au lit… Une fois de plus, nos lecteurs réagissent et se dévoilent ! ——

CHIC ZUT !

Quelle heureuse surprise de découvrir dans votre dernier numéro une galerie de portraits de personnes d’un “certain âge” ! On en a soupé de tous ces jeunes qui encombrent les magazines. Sachez que l’on peut soigner son look et rester élégante à plus de 80 balais ! — Elisabeth, 82 ans.

CHIC ELISABETH,

Votre courrier donnera peut-être des idées aux autres magazines strasbourgeois… Une fois encore l’équipe de Zut ! a su faire preuve d’audace et d’originalité en sortant des sentiers battus. ——

HELP ZUT !

Vraiment très explicite la photo des filles du Cabaret New Burlesque dans votre dernier numéro. Par contre, pourriez-vous m’éclairer en m’expliquant ce qu’est un « soustingue » ? Je n’arrive pas à remettre la main sur mon Petit Robert… — Julia, 45 ans.

HELP JULIA

Connaissant bien l’auteur de l’article, j’imagine qu’il y a de bonnes chances que “soustingue” (je ne sais pas trop comment ça se prononce) soit un synonyme de soutif…

ZUT ! 14

——

TATOO ZUT !

Je n’arrive pas à comprendre ce qui pousse tout le monde à se faire tatouer ! Même ma boulangère exhibe désormais un petit croissant bleu sur son épaule. Vous qui avez tant d’amis dans le show-biz, ne pourriezvous pas sortir de votre milieu pour poser la question à un sociologue ? — Max, 36 ans.

TATOO MAX

Très bonne idée Max. Pour en savoir plus sur le tatouage, nous avons interrogé David Le Breton en personne. J’espère que vous apprécierez notre professionnalisme.

——

HELLO ZUT !

J’ai adoré la photo de Lescop dans le dernier numéro de Zut !. Vous avez vraiment une chance folle de côtoyer des chanteurs aussi excitants. Quand j’aurai fini mes études, je voudrais monter mon propre magazine pour passer des heures à discuter en tête à tête avec Marc Lavoine… — Helena, 19 ans.

HELLO HELENA

C’est vrai que c’est une sacrée chance de passer nos soirées à siroter des cocktails de toutes les couleurs avec des mecs aussi cool que Lescop ou Marc Lavoine. Par contre, sache que pas mal de gens se sont déjà cassés les dents en voulant imiter Zut ! Tu ferais peutêtre mieux de commencer par un blog. Et si tu te balades sur le Net, tu verras que notre site est plutôt bien foutu lui aussi… ——

CIAO ZUT !

Ma femme est accro à Zut !. Elle passe des heures à le compulser et à analyser chaque photo. Pour Noël, j’ai eu l’idée de lui offrir la lingerie que porte votre modèle dans le dernier numéro. Malheureusement ça ne rend pas du tout pareil sur elle… Que faire ? — Marcello, 69 ans.

CIAO MARCELLO

C’était une charmante idée de vouloir faire plaisir à votre femme, mais il ne fallait pas vous attendre à des miracles. N’oubliez pas que notre photographe et notre styliste passent à temps fou à réaliser chaque image… La prochaine fois, pensez à rendre l’atmosphère plus chaleureuse avec une lumière tamisée et un bon vieux tube de Marvin Gaye. Le diable est dans les détails !

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PLOUF ZUT !

Je suis une lectrice assidue de Zut !. Quand je rentre le soir après une dure après-midi de shopping, j’adore m’affaler dans mon canapé avec ma pile de magazines, un grand bol de pistaches et un petit verre de Porto. Le problème, c’est que mon Titi ne supporte plus d’attendre des heures que je lui prépare son dîner. — Cécile, 44 ans.

PLOUF CÉCILE

On ne peut que vous féliciter pour votre attachement à Zut !. Si cela se complique avec votre Titi, laissez-le jeter un œil à Zut ! un soir sur deux et mettez en place la parité dans votre couple pour les tâches ménagères. Vous verrez qu’il comprendra vite pourquoi vous n’arrivez plus à décoller du canapé ! ——

ZUT ZUT !

Je ne comprends vraiment pas les abrutis qui se font photographier dans leur lit et qui s’exhibent aux yeux du monde entier sur le site « tout-mulhouse-au-lit.fr ». Surtout quand ils sont Strasbourgeois comme vous et moi ! — Roger, 67 ans.

ZUT ROGER

Le site en question est plutôt sympathique. Je ne vois pas pourquoi il serait réservé à nos amis mulhousiens sous prétexte qu’ils n’ont rien d’autre à faire le soir… Lire au lit, même un mauvais bouquin, c’est tout de même moins abrutissant que de mater Confessions intimes ou Faites entrer l’accusé…


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CHRONIQUE

AU BON PARFUM

— Par Sylvia Dubost — Illustration Lætitia Gorsy

LES MOTS…

— Au départ, je voulais parler lavande. Dans mon exploration

des matières, je n’avais pas encore eu l’occasion d’examiner celle-ci, un peu passée de mode malgré son passé glorieux. Supposée éloigner la peste au Moyen-Âge, quand le parfum était encore remède, elle a parfumé les gants à la Renaissance (mode importée par Catherine de Médicis), est l’un des éléments de l’eau de Cologne, a donné quelques chefs d’œuvre et reste un ingrédient majeur dans la parfumerie masculine. Je commence mes recherches par osmoz, « encyclopédie » en ligne, pilotée par le fabricant de parfums Firmenich mais néanmoins utile. Pour chaque matière, elle donne quelques infos sur son histoire, ses méthodes d’extraction, une liste de parfums et une série de qualificatifs pour la désigner. Depuis mon dernier passage, le site a été radicalement modifié… D’« encyclopédie du parfum », il est devenu « Share your fragrances » : un site communautaire où l’on partage son avis sur ses parfums… Les précieuses informations ont quant à elles disparu. Deux jours plus tard, j’ai rendez-vous avec une étudiante des arts décos pour parler de son projet de diplôme : une représentation graphique des odeurs. L’idée est de créer des outils pour apprendre à décrire les odeurs et proposer un vocabulaire commun afin de pouvoir échanger. Mon interlocutrice me fait remarquer que si à l’école primaire, on organise désormais des ateliers autour du goût, on n’éduque toujours pas l’odorat. Ni à l’école ni plus tard, d’ailleurs. J’avais déjà constaté que même les gens les plus cultivés, capable de causer cinéma, peinture, musique, même mode et design, se trouvent fort dépourvus lorsqu’il s’agit de parfum. Il leur manque les mots pour le dire. Demandez à quiconque de décrire un parfum ou une odeur : il se limitera ZUT ! 16

bien souvent à « Ça sent bon » et « J’aime pas ». Au mieux, on ira jusqu’à l’analogie. Le fait est qu’on n’envisage même pas le parfum comme un sujet de conversation. Alors une œuvre à soumettre à la critique… D’ailleurs, comment pourrait-on produire une pensée sans les mots ? Pourtant, nul besoin de vocabulaire technique, la langue usuelle suffit amplement. Encore faudrait-il apprendre à sentir. Quelle bonne idée, alors, que de concevoir des outils pour faire émerger cette connaissance et cette pensée… En rentrant, j’ai fait un test auprès de mon ami et lui ai malicieusement demandé de qualifier l’odeur de la lavande. Devant son air interloqué, j'ai vite compris que le dialogue était, pour l'instant, impossible. Mes lavandes préférées Jicky, Guerlain (Aimé Guerlain, 1889) Une lavande sombre et animale, à la fois énigmatique et pétulante. Le premier chef d’œuvre de la parfumerie moderne. Encens et lavande, Serge Lutens (Christopher Sheldrake, 1996) Mystique et mélancolique, minérale et envoûtante : une chapelle de pierre dans la lande écossaise. Pour un homme, Caron (Ernest Daltroff, 1934) Une lavande ambrée un rien désuète et tellement chic, qui rappelle la peau d’un homme après une chaude journée d’été… Créée pour Francis Scott Fitzgerald, c’est tout dire ! Lavandula, Penhaligons (2004) Douce et chaude, confortable sans être ennuyeuse, une lavande simple et raffinée. La plus fidèle des quatre.


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CHRONIQUE

TOUTE PREMIÈRE FOIS

— Par Fouzi Louahem — Illustration Ariane Pinel / Central Vapeur

TON CORPS SE DÉFORME « Quoi ? - Ton corps se déforme, tu vois pas ? Ton corps change. Tu as quel âge, 40 ans ? Oui, alors crois-moi ton corps se déforme. » La petite ordure qui tient ces propos incohérents n’est autre que mon beau-frère, le frère de ma femme. L’année dernière, il s’est payé un voyage en Pologne, pour se faire réimplanter des cheveux élevés en captivité sur le haut du crâne. Depuis, chaque dimanche, je regarde les jeunes pousses gentiment alignées s’allonger. Cette vision hypnotique me ferait presque oublier ces discussions sans fin sur la diététique. En fait, tout ce qui a trait au physique l’obsède : le poids, les ongles, les yeux, les dents. Ce n’est pas tant cela qui m’agace, mais plutôt l’air dégoûté qu’il prend quand je me resserre une deuxième assiette de lasagnes aux épinards et à la ricotta. « Tu devrais faire attention, à ton âge, le corps stocke tout, cette assiette de lasagnes, c’est du stocké et après tu te déformes. N’oublie pas ton corps est un monastère. - Tu veux dire un temple... - Fais pas le malin. Je n’ai pas fait le malin longtemps, j’ai même pris cette mise en garde très au sérieux. L’idée que ma morphologie pouvait évoluer à sa guise, m’échapper, devenir hors de contrôle, m’a terrifié. Dès lors, j’ai passé quatre heures d’affilée par jour dans des salles de sport, à faire de la cardio-boxe, du max biking, du body pump, de la zumba et du pilates, je me suis exclusivement nourri de viande, puis d’olive, puis de raisin. J’ai bu beaucoup d’eau, puis beaucoup de thé, puis beaucoup de soda,

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puis plus rien, puis mon urine. J’ai mangé à l’heure du repas, puis entre les repas, puis exclusivement la nuit (méthode du Dr Ramadan), aux heures paires et impaires en alternance. J’ai dormi nu, couru emballé dans du cellophane, j’ai fait du vélo elliptique à longue amplitude, j’ai uriné en faisant le poirier (ce qui explique l’ingestion accidentelle citée plus haut), j’ai pris de la masse et j’ai séché, j’ai mangé du Nutella allégé. Aujourd’hui, je ne salive plus. Plus de rébellion, mon corps, de guerre lasse, m’obéit enfin. J’ai aussi, à ma grande surprise, développé depuis quelques semaines l’étrange faculté d’entrer en résonance avec les aliments : j’éprouve de l’empathie, une banane peut me faire rire, une pomme me donner le cafard, il m’est même arrivé de fondre en larmes dans un supermarché… devant une barquette Findus. »


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CHRONIQUE

MA CRISE À MOI

— Par Agnès Boukri — Photo Pascal Bastien

SA VOITURE

— Hourra ! Après moult négociations, j’ai obtenu le droit de conduire SA voiture. Ce n’est pas qu’Howard ne soit pas prêteur mais sa voiture, c’est SA voiture. C’est pourquoi, lorsque par un beau matin d’hiver, il m’a tendu les clés de la Volvo (en faisant la gueule, certes), j’ai accueilli le trousseau comme un trophée. What a surprise ! Howard prendrait-il des cours de relaxation en cachette ? Que cache-t-il derrière tant de générosité ? En fait, je m’en fous, j’ai les clés du break, je vais enfin pouvoir faire la Schnitzkopf*. Bien sûr, on ne conduit pas une Volvo automatique flambant neuve comme on conduit une teuf-teuf. Il a donc fallu que je repasse le permis de conduire avec Howard en moniteur en chef. Tout a commencé par le réglage du siège conducteur ; je n’ai strictement rien compris aux explications. La seule chose que j’ai retenue, c’est qu’il fallait que j’appuie sur le bouton « 2 » quelque part sous le siège et qu’automatiquement, le siège se mettait en position « Agnès ». Le bouton « 1 » c’est la position « Howard » et la « 3 », je ne préfère pas savoir pour qui elle est. La clé de contact en forme de petite boîte d’allumettes s’introduit dans une fente sur le tableau de bord. Et comme c’est une voiture automatique, le pied gauche est au chômage. C’est le droit qui se tape tout le boulot et qui jongle de la pédale de frein à celle du champignon. Jusque-là, ça va, pas trop de flip. Le gros stress est au moment du démarrage ; c’est le festival

ZUT ! 20

de biiiip : le biiiip pas-de-ceinture-conducteur, le biiiip pas-de-ceinture-passager, le biiiip trop-prochede-la-bagnole-devant, le biiiip trop-proche-de-la-bagnolederrière, le biiiip coffre-arrière-ouvert, le biiiip qui fait de plus en plus bip… Mais quel enfer ! Sans compter qu’Howard à mes côtés est un biiiip vivant. Une fois tous les biiip désamorcés, la conduite peut enfin commencer. Je prends la mesure du luxe. C’est assez agréable ce doux sentiment de richesse extérieure, cette sensation d’être la reine du macadam. Je me surprends à blâmer les pauvres types en Clio que je croise. Quand je pense que j’ai la même voiture, quelle tristesse ! Une chose est certaine : je n’ai pas le look Volvo ; mon bonnet péruvien jure avec les sièges en cuir pleine fleur. Il est bien plus adapté à l’intérieur de ma citadine, millésime 1992, qui me manque, snif ! Faire la Schnitzkopf*, ça va 5 minutes ; je rends la petite boîte d’allumettes à Howard soulagée de retrouver ma Clio sans chichi, sans bip-bip avec une clé en forme de clé et un radiocassette** pour pousser la chansonnette ! *Schnitzkopf est une expression alsacienne qui désigne une personne qui se la pète grave. **Une radiocassette est un appareil électronique permettant d’écouter à la fois des stations de radio et des enregistrements musicaux sur cassette (d’où son nom). Source : Wikipedia


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01

CHRONIQUE

LA NUIT JE MENS

— Par Cécile Becker — Illustration Laurence Bentz

LOUP Y ES-TU ? Vendredi, 22h, un bar à la Krutenau. Musique : Fisherspooner, The 15th. « Nous, on est pauvres, mais on a du cœur, mais bien sûr ! », s’exclame Jordan, en avalant d’une traite ce qui lui restait de bière, en direction de la table de « jeunes peigne-culs qui se la donnent à 300 kE ». Il hurle. Sa voix sent le cendrier baigné dans un litron de whisky. Depuis qu’il s’est laissé pousser les cheveux, son allure de jeune premier sortant de fac de droit tranche sec avec son attitude de vieux briscard du zinc. La tablée désignée par ses insultes, sûrement des étudiants de Sciences po, fait mine de ne pas entendre. Fier de ce qui reste pour lui une blague à l’attention des copains, il débine son sourire en coin et son hochement de tête. Il mériterait que les Sciences po lui en collent une, ça le calmerait. Au moins pour ce soir. Jean-Mi, son partner in crime, n’est pas de cet avis : il rit grassement à sa blague et renchérit, tout en mimant le délicat geste : « Hé, Jordan, peigne-cul, peigne-cul, regarde. » Rire général. Tout le bar a visiblement l’air de vouloir nous envoyer racler les toilettes avec un buvard. On aurait pu en rester là. Mais non, bien sûr que non. Voilà qu’un gonze pousse la porte du bar, affublé d’un long manteau en laine blanche, d’un pantalon en pilou rouge, avec, sur son épaule, un lapin albinos. Nous l’appellerons Angelo – rien d’un ange – en hommage à sa carrière d’artiste-peintre raté affichée sur son front. Jordan et JeanMi n’ont plus de mots. Alice parle pour eux : « Oh fatch ! » Cette entrée fait véritablement plonger la soirée dans une espèce de kaléidoscope étrange, une succession d’images animales fortuites ou inspirées de personnalités un peu dérangées. Pourquoi entraîner un lapin dans sa tournée des bars ? Ça n’a pourtant pas l’air d’être une performance des Arts Déco. Angelo exhibe son animal. Les poulettes tombent dans le piège. Elles s’avan-

ZUT ! 22

cent et caressent le museau du lapin, l’air attendri. « Oh pitiou pitiou, qu’il est mignon ! » Toujours avoir un animal sur soi pour draguer les filles... Toujours. Pour les garçons ? Tentez un double-cheese. Hey, il est cool ton double cheese, tu me donnes un croc  ? Touché. Coulé. Radio cliché. Angelo est dif-fé-rent, oui oui. Il place son Égo au-dessus de nous : son lapin, animal-ami totem censé représenter sa sensibilité exacerbée. Mais ça ne prend pas. Les quelques clients restant le harcèlent de questions, puis l’observent, effrayés. Il aime ça. Il reste là, à essuyer reproches et regards, la jambe droite négligemment posée sur l’autre, bras ouverts : « Si tu penses que je fais n’importe quoi, ne me parle pas, tu ne me comprends pas.  » Alors que tout s’accélère, alcool aidant, le lapin albinos, lui, est perdu : il fixe de ses yeux rouges Jean-Mi, qui, maintenant ivre, tente de plonger ses parties dans sa bière en criant  : «  Un éléphant, ça n’oublie jamais de boire ! ». Jordan a disparu. Comme d’habitude. Rentré chez lui, probablement. Dans l’allée centrale du bar, je regarde une bande de filles danser sur Hound Dog d’Elvis Presley, sans passion aucune. L’une d’elles balance à qui veut l’entendre qu’elle « a passé deux heures en gardav après un contrôle de ticket dans le tram ». Une vraie dure à cuire... La nuit, garçons et filles jappent tous à la lune attendant impatiemment ce moment-clé où ils se transformeront en chef de meute, pour quelques minutes ou quelques heures. L’aube venue, on pourra enfin discuter.


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SELECTION ZUT ! PRESSE

DERNIÈRES PIERRES

ARCHITECTURE

L’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Strasbourg va bientôt pouvoir prendre ses aises ! À l’étroit dans son antre boulevard du Président Wilson, elle s’étendra désormais de l’autre côté de la petite rue Moll, où l’ancien garage automobile des années 30 a connu une radicale transformation, sous la houlette de l’architecte Marc Mimram (concepteur de la Passerelle des Deux Rives entre Kehl et Strasbourg). L’école double ainsi sa surface, pour accueillir ses classes de bâtisseurs d’avenir dans trois boîtes superposées, bâtiment que Mimram a voulu comme un « support d’apprentissage » permanent. Rendez-vous à la fin du printemps pour sabler le champagne ! (C.T.) École Nationale Supérieure d’Architecture de Strasbourg, boulevard du Président Wilson Inauguration à la fin du printemps www.strasbourg.archi.fr

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PRESSE

ENTREZ DANS LE CERCLE

Bienvenue au petit nouveau de la presse strasbourgeoise ! Conçu comme une revue thématique indépendante et annuelle, Cercle allie conversations et images pour mettre en avant la création artistique. Chaque printemps sera désormais l’occasion de découvrir un thème particulier sous différents angles  : littéraire, artistique, botanique et industriel. Pour ce tout premier numéro, un portfolio regroupant dix artistes et plusieurs rencontres nous invite à une jolie balade en forêt… On souhaite un beau succès au Cercle ! (C.T.) Cercle, sortie en avril 2013, disponible dans les librairies spécialisées, musées et concept-store Soirée de lancement le 19 avril à 18h30 au bar Les Savons d’Hélène www.cerclemagazine.com

Alors que les experts prophétisent la fin de la presse papier et que la jeunesse s’abîme les yeux sur le Net, la petite équipe d’auteurs, d’illustrateurs et de bédéistes réunis par Julie Staebler et Suzanne Arhex lance Biscoto, le journal plus fort que costaud : un 16 pages format tabloïd super chouette pour les garçons et les filles. Après « le Sauvage » et «  la Machine », le troisième numéro explore le thème « Miam ! » avec un nouvel épisode très attendu des aventures de Francis Saucisson. À dévorer sans contre-indication. (P.S.) Biscoto, à partir de 6 ans Diffusé par abonnement et à La Bouquinette, Quai des Brumes et L’Usage du monde www.biscotojournal.com

ZUT ! 24


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SELECTION ZUT ! CD

GIRL POWER !

PANDI PANDA RADIO

On en a rêvé, elles l’ont fait ! Une émission de radio 100% féminine aussi chic que choc bouscule nos ondes alsaciennes depuis le mois de février. Pour Radio Judaïca, Axelle et ses deux chroniqueuses, Caroline (la spécialiste tendance de la team Zut!) et Kathia, parlent chiffons, discutent politique et bavardent actus alsaciennes. Pendant plus d’une heure, ces Grandes Girls apportent une touche de féminité aux dernières nouvelles et débattent avec humour des tendances du moment. Pour la première émission, elles recevaient Nathalie Roos et pour la deuxième... Gad Elmaleh ! Alors c’est réglé : le mardi, on enfile nos plus beaux escarpins et on branche notre transistor sur le 102.9 ! (C.T.) Les Grandes Girls, deux mardis par mois à 17h sur radio Judaïca (102.9 FM) et à réécouter en podcasts sur le site de la radio www.radiojudaicastrasbourg.fr

BD

C’est l’histoire d’un panda qu’on n’attendait pas. Un panda roux, oui. Une espèce de gros chat à la tête d’ourson et au pelage de renard : un Red Panda, l’animal totem des Strasbourgeois de Colt Silvers qui évoque la surprise. Celle de les retrouver sur un terrain nouveau, déblayé du passé, au croisement de diverses influences. L’urgence adolescente du premier opus a laissé place à un son impeccable, taillé sur mesure. Quatre mois de travail intense pour un bout de fanfare (en pétard), des sons électroniques froids, des guitares énervées et une écriture très fine. De la pop contemporaine, personnelle et bienvenue. Petit panda deviendra grand. (C.B.) Red Panda, Colt Silvers, sortie officielle le 20 mars chez Deaf Rock Records www.deafrockrecords.com coltsilvers.bandcamp.com

OVNI F O L K LO R I Q U E Entre deux contributions à Zut !, Ariane Pinel a imaginé une bande dessinée policière où la victime n’est rien d’autre qu’une… cornemuse ! Alertés pour le tapage nocturne lors d’un bal folk, des gendarmes sont confrontés à une affaire singulière  : un instrument est retrouvé ensanglanté, mais pas de traces du propriétaire. S’en suivront, au fil des bulles, une foule d’interrogatoires à la gendarmerie, confrontant deux mondes que tout oppose dans un savoureux huit-clos. D’un côté, des « folkeux » hauts en couleur ; de l’autre, le lieutenant et son équipe. Soulignant l’importance des codes dans ces petits mondes, l’illustratrice signe un polar humoristique tout en finesse et drôlerie. (C.T.) Tapage nocturne d’Ariane Pinel, aux éditions de l’Œuf www.oeuf.buzzkompany.net www.arianepinel.ultra-book.com ZUT ! 26


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STRAS BOURG VU PAR... Réalisation Caroline Lévy

Ils vivent, travaillent, créent et sortent dans Strasbourg. Les hommes et les femmes qui font vibrer la ville nous font découvrir leur lieu préféré.

Sweat et chino Leon & Harper, le tout chez Mistyk.

ZUT ! 28


CAMILLE 19 ans

MER 13 MARS Aventurière Koh-Lanta 2012

PHOTO brokism

O Ù ? Médiathèque André Malraux

——— “ Entre la fac, mon appartement et mon lieu de travail, la médiathèque est le point central de toutes mes activés à Strasbourg ! C’est également sur les quais attenants que j’avais enregistré la vidéo de présentation de ma récente participation à Koh-Lanta. J ’en garde de bons souvenirs… ”

SON ACTU.

Examens pour la validation de la 1ère année de la Faculté des sciences du sport (STAPS). Week-end au ski en Suisse avec tous les participants de l’émission Koh-Lanta 2012. Séance de dédicaces à la Foire du Printemps de Haguenau, dimanche 19 mai.

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BEATRIX LI-CHIN LOOS 41 ans

designer

JEU 28 FÉV

P H OTO Christophe Urbain

Veste courte façon trench Burberry chez L’Altra

O Ù ? Devant Arte

——— “ Ayant grandi en Allemagne, je suis attachée depuis l’enfance à ARTE. Aujourd’ hui, j’y passe régulièrement à vélo, avec beaucoup de tendresse. Je reste sensible à la programmation culturelle franco-allemande de la chaîne, installée dans le prolongement des institutions européennes. Un symbole fort pour Strasbourg. ”

ZUT ! 30

SON ACTU.

Expo-vente J’aime les créateurs, les 5 et 6 avril, résidence de l’Aar, 9 rue des Arquebusiers www.jaimeslescreateurs.com. Nouveaux points de vente de ses créations dans les magasins Ligne Roset et Elastabil à Strasbourg. Exposition au Conseil de l’Europe du 27 mai au 21 juin. www.chutcollections.fr


Léo

Louis

Mathéo

Camille Thomas Inès

Anaïs

Clément Yanis

Lola

Maxime

Zoé

Mathis Nathan

Hugo Lilou

Jules Tom Théo

Clara

Little Rosace

Manon

Graver ce(ux) que vous aimez

Léa

Enzo Chloé

Emma Lucas

Gabriel Sarah Noah

Jade Raphaël Lucie

Eva

Ethan

Lena Lina Arthur Maelys Louise

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Toutes nos collections et nos tarifs sur simple demande Éric Humbert 46 rue des Hallebardes 67000 Strasbourg tél & fax 03 88 32 43 05 info@eric-humbert.com www.eric-humbert.com

Romane


VEN 1ER MARS

PHILIPPE SAMOY 47 ans

imprimeur grand format

P H OTO A lexis Delon / Preview

Blouson en cuir Rick Owens, chemise Paul Smith Mainline, jean Dsquared et baskets Kris van Assche, le tout chez Algorithme

O Ù ? L ibrairie Quai des Brumes

———

“ J’ai véritablement découvert la littérature dans cette librairie : mon endroit rêvé à Strasbourg ! Elle est située au cœur de la Grand’Rue, dont j’apprécie tout particulièrement la mixité et le brassage de gens… Une rue aussi chic que populaire, qui mène au joyau de la ville : la Cathédrale. J’en suis fan ! “

ZUT ! 32

SON ACTU.

Pour DS Impression, spécialiste de l’impression grand format : renouvellement complet de l’atelier avec des machines qui permettent d’imprimer jusqu’à 5 cm d’épaisseur ; partenaire et mécène de Sea Sheperd, une organisation de conservation de la faune et la flore marines ; mécène des Eurokéennes de Belfort depuis huit ans. www.ds-impression.com


CELINE STELLA MAC CARTNEY PAUL SMITH CARVEN ISABEL MARANT MOOILOOP FABIANNA PHILIPPI JÉRÔME DREYFUSS SEVEN FOR ALL MAN KIND ALBERTO BIANI PAULE KA —— 16, rue des juifs Strasbourg 03 88 36 88 16

SCAPA HENRY COTTON ARMANI JEANS TRUSSARDI JEAN CLOSED MAJESTIC WOOLRICH —— 14, quai des bateliers Strasbourg 03 88 35 28 85


SHINA 33 ans

MER 13 MARS

chanteuse de fado

Gilet à motifs One Step.

O Ù ? Pâtisserie Koenig

——— “ En tant que gourmande assumée, cette pâtisserie est devenue une sorte de pied à terre entre deux de mes nombreux voyages à l’ étranger ! Je fais escale dans ce lieu de tentations ultime en famille dès que j’en ai l’occasion. Les tableaux exposés sont aussi une source d’ évasion qui m’ inspirent beaucoup. ”

ZUT ! 34

PHOTO brokism

SON ACTU.

Sortie d’un premier album Sinto-me Fado, label DistriRecords. Membre active de l’association culturelle portugaise de Strasbourg. Showcases Fnac au Portugal au mois d’avril. Concert au Consulat du Portugal à Paris le 13 juin. Co-animatrice de l’émission La voix du Portugal sur RBS, les dimanches de 11h à 13h. www.shinaoficial.com


NOUVEAU

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VIVIANE BEOLETTO 56 ans

VEN 1ER MARS

directrice associée Publicis Activ / présidente de l ’ UCCA

Veste bi-matières Barbara Bui chez L’Altra

O Ù ? L a Coop, rue des Dentelles

——— “ Installée depuis 1902, elle est la première Coop d’Alsace ! J ’ habitais petite juste à côté et j’en garde de doux souvenirs, surtout lorsque je vois le destin actuel de l’enseigne. Aujourd’ hui, en tant que communicante, je défends d’autant plus les marques régionales qui font partie intégrante de ma vie ! ”

ZUT ! 36

PHOTO brokism

SON ACTU.

Organisation du Grand Prix de la Communication UCCA 2013 – Union des Conseils en Communication Alsace – qui récompensera les communications et publicités des agences d’Alsace, le 10 octobre prochain. L’agence Publicis Activ accueille désormais deux agences intégrées pour son développement multi-expertise : Carré Noir pour le design ; Bleu Vert pour la promotion des ventes et le shopping marketing. www.publicisactiv-strasbourg.fr www.ucc-alsace.com


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JEU 26 FÉV

AZDINE ZELTOUT 51 ans

chef d ’entreprise

Parka IKKS, pull Armani et chèche Lafayette Collections, le tout aux Galeries Lafayette.

O Ù ? Par vis de la Médiathèque Malraux

——— “ Cet imposant silo a gardé trace de l’architecture industrielle et est devenu aujourd’ hui un lieu de culture incontournable. J’aime la mixité sociale du lieu et l’accessibilité à l’ information, sur cet archipel culturel en plein cœur d’un quartier en pleine évolution… ”

ZUT ! 38

P H OTO Nathalie S avey

SON ACTU.

Mise en place, avec le groupe Interactis, d’un nouveau protocole de VisioVigilance 2.0, pour gérer à partir d’un Smartphone et en temps réel ouvertures et fermetures, contrôles et autorisations d’accès à des zones sensibles, alertes et alarmes.

www.interactis-securite.com groupeinteractis/facebook.com


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RÉGIS BOUGHAZRA 42 ans

MAR 26 FÉV comédien / directeur artistique des Improvisateurs

P H OTO Nathalie S avey

Blouson en cuir IKKS et pull Armani, le tout aux Galeries Lafayette.

O Ù ? Place du Temple neuf

——— “ C’est sur cette place que nous avons choisi d’ installer nos locaux il y a deux ans. En plein cœur de l’effervescence du centre-ville, elle demeure une source d’ inspiration inépuisable pour nos personnages. Sans compter la vue imprenable sur l’ église depuis notre balcon... ”

SON ACTU.

- 6e Mondial d’Improvisation avec les ligues professionnelles du Québec, Belgique, Suisse et France, du 28 au 31 mars à l’hôtel Hilton. - Fight Club vs Cécile Giroud – du trio les Taupes Model avec Florence Foresti – samedi 20 avril à 20h à l’Hôtel Mercure, place de Bordeaux. - Web-série réalisée pour la marque Justin Bridoux, en ligne depuis début février. www.les-improvisateurs.com

ZUT ! 40


L’épure des lignes et les ingénieux rangements de ma cuisine ARGOS en noyer massif, son plan de travail en céramique et ses façades de portes et de tiroirs en matière acrylique brillantes, sont autant d’atouts pour magnifier mon art culinaire au quotidien...

Taglan c’est l’alliance d’un design intemporel avec de nobles essences de bois et des matériaux actuels, pour agencer votre cuisine, séjour ou votre chambre et créer ainsi le cadre de vie qui vous ressemble !

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MER 27 FÉV

MAGALI KARL 38 ans

restaurateurs

RÉGIS GUTAPFEL 35 ans

Régis : chemise en denim et doudoune à capuche sans manches G-Star Magali : veste en cuir et pull One Step

O Ù ? B erges de l ’ Ill

——— “ Nous entretenions déjà chacun un lien très fort avec ce quartier de la Petite France, avant même de se connaître ! Aujourd’ hui, nous avons choisi d’y installer notre restaurant. Avec ses ponts, ses pavés et ses quais, ce coin empreint de charme est un microcosme strasbourgeois pas aussi touristique qu’on l’ imagine...“

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P H OTO Nathalie S avey

LEUR ACTU.

Premier anniversaire du restaurant Perles de Saveurs en juin. Une nouvelle carte chaque mois avec des avant-goûts de printemps, volontairement réduite pour privilégier les produits de saison. Perles de Saveurs 9, rue des dentelles - 67000 Strasbourg 03 88 22 19 81 www.perlesdesaveurs.fr


BOUCHE BOUCHE

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JEU 28 FÉV

JEAN-CLÉMENT TURBLIN 42 ans

LOIC ROBINE

réalisateurs / vidéographeurs

36 ans

P H OTO Christophe Urbain

Jean-Clément : sweat à capuche Polo Ralph Lauren et blouson en toile Dockers Loïc : polo et veste en toile Dockers le tout au Printemps.

O Ù ? Rue des Récollets

——— “ Nous sommes fans de ce commerce toujours en activité, qui plus est dans cet immeuble à l’architecture dissonante dans le quartier. Un axe à la croisée des chemins empruntés par beaucoup de Strasbourgeois. Il pourrait être utilisé comme décor de cinéma, pourquoi pas ? ”

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LEUR ACTU.

Au sein de Motion agency et Vidéographique : réalisation de 60 minutes d’audiovisuel pour le Musée de la Guerre de 1870 et de l’Annexion, trois documentaires en écriture et développement, post-production d’une web-série pour l’OLCA, vidéos pour le site de la CUS, autour du thème du compost.

www.motionagency.fr www.videographique.com


Un diamant à Strasbourg…

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Tattoo 17 Dossier

Z

En terme de marquage corporel, le tatouage tient une place spécifique : il est permanent. Un rapport d’intimité s’installe entre le tatoué et son tatouage, mais aussi entre le tatoué et son tatoueur. Se piquer pour s’affirmer, pour se souvenir ou pour rendre hommage, chacun est maître de sa motivation. À l’heure où l’encre et le corps s’installent dans la culture populaire, un point sur Strasbourg, place forte du tatouage. Par Cécile Becker + Emmanuel Abela Photos Gustave Gurs Illustrations Hugo Mast

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M A R

bleu

E

N

I

« Tu commences : une pièce, deux pièces, après t’es fini. Tu ne t’arrêtes plus.  » Ce doit être la phrase que l’on entend le plus souvent chez les tatoués qui entretiennent une relation profonde avec le tatouage. Addiction  ? Pas vraiment. Les «  piqués  » évoquent volontiers la notion d’engagement, qu’il soit esthétique ou relationnel. Autour du tatouage se construit un monde tout à fait personnel fait de rencontres, d’anecdotes et parfois, de voyages. Alors que dans les sociétés primitives, le tatouage était facteur d’intégration sociale, il s’est peu à peu assimilé à un emblème de marginalité pour finalement devenir un acte individualiste : on se pare pour s’affirmer, ou affirmer quelque chose de soi. Depuis une dizaine d’années, du fait des liens forts du tatouage avec la culture underground – on le trouve depuis longtemps dans le punk ou le métal, dans le skateboard par exemple – et d’une société encourageant peu à peu la culture de niche, il s’est démocratisé. Si la France reste timide comparé à l’Amérique du Nord, et que les pièces sont souvent plus petites qu’ailleurs, la tendance s’inverse  : on croise de plus en plus de tatoués, et loi de l’offre et de la demande aidant, de tatoueurs. Proximité de l’Allemagne oblige, où la sensibilité au

tatouage est plus développée, Strasbourg n’échappe pas au phénomène. Stef Senn (Derm’hospice), l’un des organisateurs de la convention de tatouage Tattoo World Strasbourg, confirme : «  Je ne parlerais pas de démocratisation, mais de démarginalisation. Aujourd’hui, on dénombre 22 boutiques à Strasbourg et le public devient de plus en plus exigeant, parce que très au courant de ce qui se fait. Du coup, il y a une large palette d’imageries possibles : du tatouage alimentaire à celui plus artistique. » Le développement du tatouage induit des ouvertures stylistiques : le tribal ou celtique, en vigueur il y a quinze ans, a laissé place au old school, au dot ou au réalisme. Chaque tatoueur exprime sa ou ses préférences, presque à la manière d’un artiste ; les clients commencent à avoir le choix. Le tatouage est « sorti de la rue », comme nous le dit Reynald d’Asphalt Jungle, installé à Strasbourg depuis 1995 : « À l’époque, il n’y avait que quelques studios. Le tatouage était plus roots, plus rock’n’roll. Ce sont aussi les années où ça a commencé à devenir vraiment intéressant, plus artistique. C’était le début du custom-tattoo, pièce personnalisée. » Reynald, lui, a fini par s’installer dans un studio à Ostwald pour favoriser cette relation unique au tatouage. Le street shop où priorité est donnée à la rentabilité, où l’on passe sa journée à tatouer, se transforme en studio privé, que l’on partage ou non. Le milieu, lui commence à s’ouvrir et sort de son carcan d’initiés. «  Dans les années 70, il y avait en France 5 ou 6 boutiques, l’une des premières était d’ailleurs à Strasbourg, raconte Stef. Il y a encore 20 ans, dès qu’un tatoueur s’installait il retrouvait un pavé dans sa vitrine... Aujourd’hui, il y a une bonne entente, tout le monde se connaît. » À travers les conventions, les invitations en studio par les collègues, les tatoueurs voyagent et

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Tattoo Studio Ink, Olivier

17 Dossier

Z

Carnet d’adresses — Asphalt Jungle —

Asphalt Jungle, Reynald

Reynald, l’un des plus anciens tatoueurs de la ville, aime réaliser des crânes et des fleurs, « le mieux étant le mix des deux ». Pas mal de biomécanique, du noir et gris, un côté sombre et depuis peu une passion pour les mandala. 22, rue de Lingolsheim à Ostwald 03 88 29 04 04 www.asphalt-jungle.com

— Graff-o-Derma —

ne se cantonnent plus à leur milieu parfois jugé comme fermé. Oliv, d’ailleurs formé par Reynald, tatoueur au studio et galerie Ink, explique : « Je ne sais pas si je parlerai de milieu. Aujourd’hui, avec Internet, tu t’aperçois qu’il faut sortir de ta ville pour évoluer. Les échanges se font en convention et tu en ressors plus boosté que si tu restes dans ton coin. » Pour lui, le tatoueur est constamment en construction et doit se confronter à d’autres images. S’il dessine deux heures par jour, il estime «  qu’un bon tatoueur ne dessine pas forcément, il a simplement une culture de tatouage, sait ce qui fonctionne et ce qui est efficace. Avoir un style, c’est savoir aborder différents thèmes avec ta propre touche.  » Tout ne se tatoue pas. Et si on lui demande des motifs « mythologiques » comme les portraits de Johnny Hallyday ou les dauphins, lui est prêt à tout essayer, pour « voir comment il s’en sort » et se mettre en danger. En ce sens, le dialogue avec le client est primordial. Reynald confie : « Il ne faut jamais perdre de vue que l’on marque les gens à vie, il faut essayer d’aider les clients dans leurs choix et parfois même, les protéger d’eux-mêmes : tatouer un gars de 20 ans sur le cou ou la main pour son premier, non. » Question hygiène, une formation est aujourd’hui obligatoire et les contrôles se multiplient. Les tatoueurs sont soumis à des règles très strictes mais leur statut reste aujourd’hui assez flou : artistes, au-

ZUT ! 48

Klaus, maniaque de la précision et de la technique, pas de préférences graphiques, c’est selon le client et après conseils. JB, plutôt centré sur le japonais (jxbxtattoo@gmail.com). 9, rue Adolphe Seyboth 03 88 21 04 59 www.graffoderma.com

— Lucky Electric —

to-entrepreneurs, entreprises ? Au niveau local, Stef parle d’une reconnaissance grandissante : « Je remarque que la Ville s’intéresse au phénomène, elle accepte que ça fasse partie d’une culture locale, que nous sommes des professionnels et nous a offert plus de possibilités pour la convention. » À l’image d’une culture du tatouage ouverte, la deuxième convention organisée par l’association TWS Prod mêle musique et spectacle et invite surtout 25 nations et plus de 60 tatoueurs à venir montrer leur travail. À la conv’, pas de tatoueurs strasbourgeois  : «  L’important c’est de voir ce qu’il se passe ailleurs. » Un événement dont quelques-uns risquent de garder la trace. Tattoo World Convention 10, 11, 12 mai Centre culturel Marcel Marceau à Strasbourg Neudorf (et ailleurs pour les concerts et spectacles) Programmation complète www.tattoo-convention-strasbourg.com

(ex-Primitive Abstract) Leanka, old school, girly, flashy, Manue (blackcraft.tattoo@gmail.com), son apprentie, développe son style autour du old school tradi et Stef (Derm’Hospice, piercings). 9, rue des Pucelles - 03 88 52 91 89

— Ink —

Olivier, furieux du dessin avec une tendance noir et gris, aime dessiner crânes, femmes et travaille le japonais. Morgane, un style girly. 2, rue des Écrivains Morgane : doucesatine@yahoo.fr Oliv : 06 63 54 37 66 ink-strasbourg.blogspot.com

— Contraseptik —

Jubsss (tatouage) et Lili (Piercing). Un panel de tatouages assez large, plutôt modernes : des motifs graphiques et décalés inspirés par les illustrations et le street art. 50, rue de Zürich 03 88 22 25 82 www.contraseptik.com

— Tinta Tattoo —

Moustache, plutôt old school avec de la couleur, du contraste, des arrondis et Jessyink, un style plus dark, graphique et réaliste, toujours dans la finesse. 17, rue du Bain aux Plantes 03 69 81 64 19 www.tintatattoo.com


Tattoo & culture pop Une fan de Drake Annina Roescheisen

Un tigre tatoué sur la jambe à 13 ans, et un corps très coloré, les maisons la choisissent aussi pour ses tatouages.

La photo de ce tatouage a fait le tour du Web en quelques jours ; un buzz monumental devenu blague et qui pose la question de la responsabilité du tatoueur.

Mafia russe

Elle est devenue un emblème de la culture tatouage, chaque dessin revêt une signification particulière liée à l'organisation.

Lil Wayne

Un premier tatouage à 14 ans en l’honneur de son père décédé, et depuis des centaines sur tout le corps qui représentent son histoire. Weeezy !

Zombie Boy

Rick Genest, entièrement recouvert, devenu mannequin grâce à ses tatouages.

Black Flag

Le logo du groupe doit être l’un des plus tatoués : Barred for Life !

Viggo Mortensen

La Nuit du Chasseur

Dans Les Promesses de l'Ombre, il prend du galon dans la mafia russe en se faisant tatouer deux étoiles sur le torse.

Dans ce chef d’œuvre signé Charles Laughton (1955), Robert Mitchum, pasteur assassin de veuves, arbore le classique Love/Hate sur ses phalanges.

Ninja (Die Antwoord)

Le rappeur du groupe sud-africain exhibe des tatouages réalisés à l'aiguille.

Wim Delvoye

L’artiste belge a réalisé toute une série d'œuvres en tatouant des cochons, vivants.

Rolling Stones – Tattoo You

Mick Jagger, le visage entièrement tatoué pour ce retour en grâce des Rolling Stones en 1982.

Le Tatoué La Vida Loca

Dans ce documentaire de Christian Poveda (depuis assassiné) : immersion dans le gang des Maras ; tuerie, filles et tatouages au Salvador.

Jean Gabin/Legrain, un ancien légionnaire, porte sur le dos un authentique Modigliani que convoite ardemment Louis de Funès.

Damien Hirst L’artiste anglais dessine un papillon que cette jeune femme se tatoue sur le pubis : normal.

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Tattoo 17 Dossier

Z

CÉDRIC s u r n o mmé Fre a ko Ro d ri gu e z Installé depuis quelques semaines à Strasbourg, Cédric arrive de Toulouse après être passé par une vingtaine de studios entre guest, street shop, shop partagé, en France ou à Montréal. Niché derrière un antiquaire dans une cour intérieure, il pratique l’adage « Vivons mieux, vivons cachés », dans le respect le plus pur du tatouage. Passion d’abord, et bienveillance surtout. Pourquoi Strasbourg ? J’ai été invité à une convention, il y a 10 ans, où j’ai rencontré Aurélien [voir ci-contre]. On s’est suivi depuis son premier tatouage. Dès que je pouvais, je venais ici. J’ai choisi Strasbourg à cause d’Aurélien, en fait [rires, ndlr]. C’est surtout qu’on aime les villes où les gens sont sympas.

— Tatoue ur de puis 15 ans

Comment as-tu approché le monde du tatouage ? Je me suis fait tatouer à 18 ans, ça m’a plu. Je me suis dit que je pouvais le faire aussi. À l’époque, il y avait peu de magazines de tatouage, c’était moins développé qu’aujourd’hui, et l’envie s’est créée au fur et à mesure. Je ne pratiquais pas assidûment le dessin, je me suis mis à dessiner plus intensément le jour où j’ai décidé d’être tatoueur. J’ai commencé dans ma cuisine, sur des amis : mon premier tatouage a été un petit tribal que j’ai bien raté… Il y a 15 ans, le niveau graphique n’était pas du tout le même : on était encore au bracelet indien, au tribal, au celtique. Justement comment ton style a t-il évolué au fil des années ? C’est une recherche personnelle. Je me suis mis à la peinture à l’aquarelle pour faire évoluer mon style car la peinture en général se rapproche graphiquement du tatouage. Je pense que le tatouage ne suffit pas à assouvir l’envie d’être toujours créatif. J’ai aussi beaucoup voyagé. Toutes les rencontres ont été déterminantes, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Mais je ne me suis jamais arrêté sur un style précis. J’ai des affinités avec les styles japonais et old school traditionnel américain. J’essaye en ce moment de mixer les deux. J’ai des motifs récurrents : la gitane qui a différentes représentations ou le crâne, un classique. ZUT ! 50

Les Martyrs du Quai — Studio de tatouage privé 18, quai des Pêcheurs (arrière-cour) Prendre rendez-vous par téléphone le matin pour consultation : 07 62 52 44 89 Facebook : Les Martyrs du Quai Perso : Freako Rodriguez

Y a-t-il des choses que tu refuses de tatouer ? Avant tout, je suis un tatoueur. Ce que j’aime faire, c’est tatouer. Tout est lié à la demande, qu’il faut respecter. Par ailleurs, il faut savoir se mettre en danger pour évoluer. Beaucoup de gens ne savent pas ce qu’ils veulent et n’ont pas forcément de culture du tatouage, il faut prendre le temps de les guider. La seule chose que je ne fais pas c’est l’ultra-réalisme, parce que je ne sais pas faire, alors je conseille un autre tatoueur. On se fait tatouer ce qu’on veut, il n’y a pas de mauvais tatouage. L’important, c’est qu’il soit fait dans de bonnes conditions : esthétique, préparation, hygiène, mise en place.

Ces bonnes conditions, cela veut dire pour toi d’être installé ici, seul et à l’écart ? Je veux prendre le temps d’accueillir les gens, de discuter. Échanger pendant deux heures, même si le tatouage n’aboutit pas, ce n’est pas une perte de temps. Il y a une éducation à faire, par passion. Seul, j’ai plus de libertés par rapport à ce que j’ai envie de faire. Caché, je suis détendu. L’affluence me fatigue. Avant, je tatouais tous les jours, ce n’est pas une fin en soit. Aujourd’hui, j’ai le temps de faire de la peinture, de préparer de jolis tatouages. Travailler moins, c’est travailler mieux.


Auréli en , 32 ans — Le lo yal

Tatoué par Cé dric (Fre ako Rodrig ue z)

— « Je ne pourrais jamais regretter un tatouage », annonce Aurélien. Car ces traces qu’il porte sur le haut du corps sont liées à des rencontres, elles résultent parfois d’allers-retours de 48 heures montre en main pour se faire piquer, toujours par le même tatoueur. Une amitié qui dure depuis 10 ans, depuis qu’il a passé la porte de la deuxième convention de tatouage à Strasbourg. « Je voulais me faire tatouer du japonais depuis longtemps. Cédric avait quelques photos de ses tatouages sur son stand. J’ai été si impressionné par une pivoine bleue que je suis reparti avec mon premier tatouage : une pivoine rouge. Depuis, ce qui me donne envie de me faire tatouer, ce n’est pas le tatouage, c’est le fait que ce soit Cédric qui me tatoue ». Ce qui compte, c’est la confiance et le dessin selon lui « la plus pure expression d’une personnalité ». Un discours qui résulte d’un cheminement débuté au sein d’une famille de tatoués : son père arbore un peace and love sur l’avant-bras, son oncle, une gitane, un ami de la famille, une hirondelle sur le creux du bras, il bouge, elle bat des ailes. Lui, gamin, est fasciné. Aurélien s’est toujours fait tatouer indépendamment d’événements qui ont pu marquer sa vie, même si rétrospectivement, il finit toujours par trouver une justification symbolique à ses dessins. Si ce n’est pas pour révéler quelque chose de soi, pourquoi ?

« On est meilleur avec que sans. Si je ne me vois pas du tout comme un tatoué, je le fais car j’ai le sentiment que ça doit être fait. » Alors qu’il y a encore cinq ans, aucun de ses tatouages n’était visible, il porte aujourd’hui un loup sur le cou, sa façon de payer son tribut au tatouage. Si le regard des autres a depuis quelque peu changé, il l’entend : « Un jour, un ami m’a dit : “Les gens qui ne comprennent pas le tatouage sont des gens qui ne comprennent pas la liberté qu’on prend”. » Rien à ajouter…

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Tattoo

MORGANE dite Mo rg a ne Mangetesmortsky

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— Tatoue use de puis 7 ans

Un style vestimentaire girly, et les tatouages qui vont avec, Morgane tranche ferme avec le milieu viril du tatouage. Elle qui joue constamment dans ses productions sur le contraste douxacerbe ne se cache pas d’écouter du rock fifties comme Beyoncé, Britney Spears ou Lana Del Rey. Morgane et ses dessins, c’est toute la dualité assumée des filles (et des garçons aussi…).

Morgane Mangetesmortsky, — tatoue depuis peu chez Ink 2, rue des Ecrivains La contacter par mail : doucesatine@yahoo.fr

Te souviens-tu de ta première fois ? J’étais en fac d’arts plastiques, je me destinais à une carrière de prof. À l’époque, j’étais avec Sacha [Primitive Abstract, ndlr], il m’a poussé à me mettre au tatouage. J’ai commencé à tatouer des amis. Le premier, tu ne comprends pas trop ce qui se passe, c’est avec le deuxième que tu te découvres des angoisses. Mes mains ont tremblé pendant une bonne année. Le côté girly de tes productions a-t-il toujours été présent ? Je n’ai toujours dessiné que des nénettes. J’ai dû orienter mes dessins pour qu’ils soient tatouables. D’ailleurs aujourd’hui, je ne dessine plus que du tatouage, et je ne tatoue plus que des gens qui viennent pour mes dessins, 90% de filles. Il m’arrive de faire des choses qui sortent de mon univers aussi, c’est un challenge. J’aime bien me dire que je fais des œuvres d’art et des pièces uniques à chaque fois. Mes images se sont construites en même temps que mes capacités techniques. Marquer les gens à vie, est-ce une responsabilité pour toi ? Bien sûr, mais maintenant que je tatoue bien, je le prends avec plus de légèreté. Pour moi, la peau, c’est juste de la peau. Le tatouage ne change pas ce que tu es, ça te rend plus fort. Aujourd’hui, ça devient presque un atout d’être tatoué. Et comme je refuse de tatouer les trucs trop moches, je n’ai pas de scrupules.

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Comment travailles-tu ? Je suis un peu autiste, je rencontre mes clients le jour du rendez-vous, on construit le projet par mail. Je suis dans l’action, dans l’immédiateté. Mes inspirations viennent de partout sauf du tatouage, j’essaye de ne pas en regarder car je m’imprègne trop. Si j’ai besoin de référents, je vais aller regarder des images dans des bouquins. Tu portes aussi beaucoup de tatouages... Je vois ça comme une collection, d’ailleurs les tatoueurs sont des collectionneurs. J’aime porter des tatouages de gens que j’aime bien comme ceux de mon maître, Sacha. J’aime beaucoup Angélique Houtkamp, le boulot d’Alix à Versailles, Sunny Buick, Raphaël Trovato, Fat Manu. Bien sûr, il y a Topsi, mon maître absolu. D’ailleurs je suis devenue copine avec lui, je l’aimerai pour toujours.

Vois-tu les tatouages comme des décors ? Je vois le corps comme un mur sur lequel tu accrocherais des petits tableaux. J’aime l’impact visuel des corps blindés de tatouages. Ils sont pour moi des accessoires permanents qui veulent dire plus qu’une broche ou une bague. Moi, je ne vois plus que les trous qui restent sur ma peau. J’aimerais être remplie, mais le problème aujourd’hui c’est la douleur, je suis une vraie chochotte… [Rires]


Xa vi er, 27 ans — L e pi rate

Ta t o u é p a r l ui - mêm e, Sa c h a ( Pr i m i t i v e Abs tra c t), Mo rg a n e , Cédri c . . . — Si le matelot est entré au panthéon des tatoués, c’est parce qu’au XIXe siècle il est obligatoirement tatoué. Il rentre « bleu » de ses voyages et se sert de son corps comme d’un journal de bord pour y inscrire les épisodes marquants de sa vie. En ce sens, Xavier pourrait être un « mataf », mais se dit pirate, par respect : « Sur mon corps, il y a mon passé, mon présent, mon futur, des rencontres, des anecdotes. J’essaye de perpétuer la tradition des marins, de les honorer avec mon corps. » Un hommage poussé jusqu’au bout puisque Xavier se tatoue lui-même, à l’aiguille, ou à la machine via sa formation de tatoueur presque aboutie. Le tatouage est un sacerdoce : s’il n’est pas de lui, il est de tatoueurs qu’il admire. Une vraie collection. Un périple débuté tout jeune : « Avant même de me tatouer, je savais que j’en aurai sur tout le corps », dit-il. Chaque tatouage est un symbole. Il boit, deux toiles d’araignées viennent se loger sur ses coudes ; l’araignée tisse sa toile sur le zinc. Il a fait souffrir des femmes comme il a souffert ; une veuve noire vient élire domicile au plafond, sur son front. Il fait partie de ces rares personnes étant tatouées sur le visage : « J’en ai marre de voir des gamins d’à peine 20 ans arborer des manchettes comme on mettrait un t-shirt de marque. Le tatouage est devenu une vulgaire mode, la plupart des gens se font tatouer des pièces sans connaître leurs histoires. Je devais me démarquer, aller plus loin. » Impossible pour lui d’envisager de se faire enlever un tatouage : « Le tatouage, tu vis avec : c’est pas moi et mes tatouages, c’est moi en entier. » Authentique.

Ju li e , 3 2 a n s — L a d i sc rè t e

Tatoué e par Topsi www.topsiturby.com — Son premier tatouage, elle ne le voit pas. Sa première pièce, elle l’a voulue sur le dos : grande, originale et douloureuse. Cinq séances ont été nécessaires, deux le seront encore. Un tatouage-illustration sur lequel elle flashe il y a sept ans lors de la convention de Paris au parc floral : « À l’époque, ça me correspondait vraiment. Ce tatouage fait partie de ma construction. Ce n’est pas mon corps que je tatoue, c’est une partie de mon histoire que je déroule sur mon corps. Ça me permet de m’ancrer dans la vie », explique Julie. Elle évoque le tatouage comme une forme de résilience : une empreinte d’un cycle qui se termine, une marque de mémoire qui lui appartient et qu’elle n’aime pas forcément montrer : « À partir du moment où tu es tatouée, les gens se permettent de te toucher, ils ont tendance à se l’approprier. Ce sont les autres qui te rappellent que tu es tatouée, mais les questions m’ont toujours gênée. » Elle entretient de fait un rapport très personnel à ses tatouages. Outre une deuxième pièce sur le pied, elle attend le bon moment, la bonne rencontre pour continuer. Doucement. « Tatouée (ou pas d’ailleurs), l’idée est de ne pas être mise dans une case, quelle qu’elle soit », affirme t-elle. Cette journaliste pour le magazine de tatouage Rise a approché le milieu par intérêt pour la production artistique, mais aussi pour son côté non conventionnel il y a une dizaine d’années. Elle avait envie de connaître le tatouage de l’intérieur, elle y est aujourd’hui plongée. Prochaine étape : « Peut-être un chat. Le bras ou la jambe. Ça me tente bien. On verra. » 53 ZUT !


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Le corps sans rémission —— Par Emmanuel Abela Photo Christophe Urbain ——

On assiste depuis quelques années à la renaissance du tatouage. Comment expliquer ce besoin de se mettre en scène soi-même par la marque sur le corps ? Le phénomène tatouage est récent  ; au début, le tatouage touchait plutôt les populations en marge de la société. Les premiers tatoués étaient des marins, des soldats, des détenus ou encore des prostituées. Au fur et à mesure, les milieux populaires se sont pris au jeu, mais le tatouage gardait une connotation très masculine et virile et relevait d’une démonstration de force et de courage. Édith Piaf dit bien dans une de ses chansons* [Dans Mon légionnaire, ndlr], que son homme est tatoué [« Il était plein de tatouages », ndlr], que c’est un légionnaire, un vrai. Dans les années 70-80 enfin, le tatouage devient progressivement un art ! D’abord aux États-Unis puis partout dans le monde, le tatouage s’émancipe de son côté «  voyou  » pour devenir un art à part entière. Il ne s’agit plus de marquer son corps mais de le styliser, et les gens de toute condition sociale et de tout âge vont se passionner pour le tatouage et la transformation du corps. Au fil du temps, il y a une diffusion de plus en plus large, géographique puis sociale. Dans les années 90, les jeunes générations se passionnent progressivement pour le tatouage et le piercing, et dans les années 2000, le phénomène s’étend à toutes les populations, notamment aux personnes publiques tels que les chanteurs et les sportifs qui cherchent à sortir du lot et à marquer leur corps d’un « logo ». On a pu ZUT ! 54

Depuis plus de 20 ans, l’anthropologue David Le Breton interroge les marques corporelles. Il nous renseigne sur l’appropriation du corps par le tatouage dont il révèle les dimensions mémorielle et sensuelle.

notamment le voir aux Jeux Olympiques de Londres cet été où quasiment tous les sportifs étaient tatoués. Le tatouage devient leur marque de fabrique, la manière qui va leur permettre d’être identifiés, notamment dans l’univers des médias. Pourquoi ? Parce qu’on vit dans une société d’individus où chacun essaye de créer sa différence. Nous sommes dans une société du look, de l’apparence, de l’image, dans une société du spectacle où il convient, pour exister dans le regard des autres et avoir une bonne estime de soi, d’afficher des signes distinctifs qui soient socialement valorisés. Chez les jeunes générations, on remarque surtout la présence de marques commerciales

mais aussi, de plus en plus, de marques corporelles comme le tatouage ou le piercing. Et pour beaucoup de nos contemporains de tous les âges, le tatouage est devenu un moyen de s’approprier leur corps, d’afficher cette petite différence qui fait qu’ils se sentent différents dans le regard d’autrui et qu’autrui les percevra différemment.


Le tatouage relève d’une envie de rattachement à une communauté, mais aussi d’un individualisme profond. Pouvezvous nous expliquer ce paradoxe ? Pour moi, le tatouage est plus une forme de différenciation qu’une forme d’affiliation à une communauté. Je crois que l’idée de la tribu est assez controversée, car elle relève d’une vision trop simpliste. Le discours autour d’un tatouage est toujours très personnel, et même lorsque deux personnes portent le même symbole les propos varient totalement parce que chacun a besoin de se raconter une histoire : son histoire autour de son propre tatouage. La raison d’un tatouage peut être une personne, un moment, une date, un souvenir. Ce sont toujours des raisons très singulières et particulières qui font que chacun peut écrire un véritable roman intime. Parfois même, le symbole choisi n’a plus rien à voir avec sa signification d’origine. Les tatouages maoris, par exemple, ont une signification religieuse très précise, mais la plupart des tatoués portant un signe maori ne savent même pas d’où vient ce symbole… Pour autant, peut-on affirmer que le tatouage contient une dimension mémorielle ? Pour la plupart, les personnes qui se tatouent archivent leur mémoire personnelle sur leur corps. Beaucoup vous disent d’ailleurs : « Sur mon corps, tu as toute ma vie.  » Les personnes, notamment celles ayant beaucoup de tatouages, peuvent raconter leur vie à travers leurs tatouages. Elles manifestent de la fierté et s’inventent une personnalité autour de ce tatouage. Ça magnifie d’une certaine manière l’existence, ça donne un supplément d’âme et d’aventure à leur histoire personnelle. Le tatouage se manifeste par une inscription à même la peau. Cela pose la question de la décision qui va marquer le corps sans rémission, sur la durée. Quand on interroge un tatoué, il pourra parler pendant de très longs moments

de la signification de ses tatouages, sur le choix du tatoueur et de l’instant du passage à l’acte. Il y a une grande différence entre le piercing qui peut être retiré et le tatouage qui est permanent. Quand on se fait tatouer à 18 ans ou 20 ans, il faut effectivement bien choisir la marque pour ne pas avoir de regrets. Et aujourd’hui on sait qu’il y a un marché très important du détatouage, surtout chez les jeunes générations qui n’ont pas la notion du temps qui passe. Ils ont une passion pour un groupe de rap ou de métal, se font tatouer le logo de ce groupe et 2 ou 3 ans après ils s’aperçoivent qu’ils ont fait une bavure monumentale. Ils sont alors contraints de retirer leur tatouage au laser, ce qui est couteux et laisse quand même une trace sur la peau, ou alors ils font recouvrir leur tatouage par un autre beaucoup plus gros. Les adolescents et jeunes adultes fonctionnent beaucoup sur un coup de cœur, sur un réflexe en quelque sorte, et en général, ils le regrettent assez vite, dans les mois ou les années qui suivent. Toutefois, dans l’immense majorité des cas, on a affaire à des gens qui ont réfléchi en profondeur sur la figuration de leur tatouage, sur sa signification aussi et sur le fait qu’ils vont vieillir avec… Est-ce que l’on connaît un sentiment d’addiction au tatouage ? Dans les recherches que j’ai menées, la relation au tatoueur et à la douleur sont effectivement très importantes pour les personnes tatouées. Selon leurs témoignages, si ça ne faisait pas mal, ça n’aurait aucun sens car c’est un moment unique qui doit rentrer dans la peau, non seulement au niveau de l’encre mais aussi dans l’intensité du moment. Beaucoup ont parlé d’adrénaline et d’une douleur « qui ne fait pas mal  ». Les femmes comparent ça à l’accouchement : on ne sait pas si ça fait mal ou si c’est un moment absolument merveilleux et extraordinaire. Les mots manquent pour traduire le ressenti du moment. En revanche, j’ai assez rarement entendu parler d’addiction. Quand ils réitèrent l’opération, c’est en général parce qu’ils ont

vécu un moment intense, et qu’ils ont envie de le revivre. Pour certains, ils se retrouvent pris au piège dans une ambiance sociale où, dans certains milieux, il est difficile d’échapper aux tatouages. Ceux qui en ont déjà un se disent « pourquoi pas un deuxième ou un troisième », mais ils se contentent de petites pièces parce qu’il y a une certaine présomption à l’encontre des personnes portant des tatouages un peu larges ou trop visibles. Cela suscite encore des interrogations et des jugements de valeur négatifs. L’érotisation du corps et le jeu coquin qu’on associe à la découverte d’un tatouage dissimulé sont-ils des pratiques qui se généralisent ? Le tatouage est-il objet de séduction ? Le tatouage érotise le corps. Quand on est devant quelqu’un qui porte un tatouage, que ça soit un homme ou une femme, on a envie de poser le doigt dessus et de sentir la différence entre le point tatoué et le reste de la peau. Le tatouage (et même le piercing) est un haut lieu de l’érotisation et des jeux érotiques. Pour la personne tatouée elle-même, on observe une narcissisation de soi. Les tatoués ont tendance à régulièrement poser la main sur leur tatouage, à le caresser et à le regarder dans le miroir. On peut même parler d’une auto érotisation du corps, mais qui susciterait aussi la curiosité du partenaire qui a envie de toucher, de caresser, d’embrasser le tatouage. Cela relève d’une érotisation contemporaine du corps, aussi bien chez les jeunes générations que chez les générations plus anciennes. * Une autre allusion dans une chanson de Piaf, dans L’Homme à la moto « Un tatouage avec un cœur sur la peau blême ».

À lire : David Le Breton, Signes d’identité, Tatouages, piercings et autres marques corporelles, Métailié (Coll. Traversées)

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la culture n’a pas de prix www.novomag.fr


Z Culture

brokism + bentz

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MUSIQUE

FRENCH I N VA S I O N Avec cette 18 e édition, l’heure de la majorité a sonné pour le FESTIVAL DES ARTEFACTS. Huit jours, 40 concerts, des couleurs allant de l’électronique à l’indie folk en passant par le hip-hop : Zut ! s’est attaché au débarquement français qui s’abat sur la journée du 28 avril. ———— Festival des Artefacts, du 10 au 28 avril au Zénith, à La Laiterie et à la salle des Fêtes de Schiltigheim festival.artefact.org ————

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Benjamin Biolay, l’histoire d’un garçon

———— Mort et résurrection de celui qui s’est toujours refusé à être L’Enfant terrible de la chanson française. Il est amusant parfois de se projeter dix ans en arrière pour mieux situer les choses. Mars 2003 : Benjamin Biolay a 30 ans, il a remporté la Victoire de la musique de l’Album révélation l’année précédente, après une prestation scénique télévisée absolument sublime de La Monotonie ; on associe son nom à celui de Keren Ann, au succès de Chambre avec vue du faux gentil Henri Salvador ; il s’apprête à sortir son deuxième album, Négatif, au printemps. Les premières copies – souvenons-nous des “copy controlled” en pleine parano anti-piratage – circulent parmi les journalistes. Nul doute possible, la prochaine grande figure de la chanson française est là  ! Pop, folk, chanson, tout semble réuni, avec ce soin apporté aux arrangements. L’homme est fin, il est cultivé, il est frondeur. Il devrait réussir, il va malheureusement sombrer. On pourra s’interroger longuement sur le malentendu qui va faire de lui le mauvais garçon, L’Enfant terrible, de toute une génération, mais peut-être l’a-t-il signifié lui-même : « Je suis négatif. » Sauf qu’une chanson n’est pas la vie, et sa manière de s’en prendre à la nouvelle chanson française dont on mesure aujourd’hui le désastre, était sans doute la meilleure attitude possible. Que lui reprochaiton alors  : d’ouvrir sa gueule, de ne pas jouer le jeu, et pire que cela d’affirmer des opinions politiques ? Tout cela associé avec l’idée de l’enfant gâté qui ne se satisfait pas de sa situation –  allusion à son mariage avec Chiara Mastroianni  –, le met malheureusement sur la touche. Il en reste quand même une poignée de chefs d’œuvre, ses Melody Nelson à lui, notamment le magnifique À l’Origine, puis Trash Yéyé. Nous l’avions rencontré à l’époque, au moment d’une ultime tentative de reconquête sous la bannière

Virgin, c’était en septembre 2007. Le concert à la Cigale manifestait quelque chose de l’ordre du malaise – Benjamin Biolay n’est pas, et ne sera jamais un personnage scénique très intéressant, même si sa position malaisée le rend incroyablement attachant. Au détour d’une discussion informelle autour de François Truffaut, de McCartney et de la scène ouest française, Etienne Daho and co –  «  Elli [Medeiros], Jacno et Etienne sont des mutants, tout était à inventer, j’apprécie leurs velléités » –, il nous disait alors son amour immodéré pour la pop en général et sa nouvelle quête de lumière. Il nous affirmait également sa volonté d’établir une relation équilibrée à sa maison de disque – « La maison de disque, comme tout partenaire, il faut la challenger, elle a tendance à tout déshumaniser. Je suis tendre avec chacun des individus isolés, je les aime beaucoup dans la vie, mais une maison de disque c’est une machine de guerre ! […] J’ai eu une relation forte avec ma maison de disque, j’ai toujours été dans la même, et je n’ai pas l’intention d’en changer. » Mais ces années-là, on s’en souvient, sont les années d’une profonde mutation, il ne se passe pas une saison sans son lot de licenciements, ça marche pour le personnel, ça marche pour les artistes. Après le demi-échec commercial de Trash Yéyé, Biolay ne sait s’il va rebondir, et c’est le cinéma qui le sauve. Il est assez symptomatique de constater que l’année 2008 est l’année où il a le plus tourné, pas moins de trois films en un an : Didine de Vincent Dietschy, C’est pour quand ?, un court métrage de Katia Lewkowicz – qu’il retrouve en 2011 avec le plaisant Pourquoi tu pleures ? – et Stella de Sylvie Verheyde. Sont-ce ces apparitions filmées qui finissent par le rendre très familier du public ? Mais le malen-

—— Par Emmanuel Abela Portrait Alexis Delon ——

tendu semble se dissiper progressivement et le lien enfin s’établir. La base très fidèle de ses fans depuis ses débuts continue de jouer les apôtres et le succès pointe enfin à l’horizon à l’occasion de la sortie de La Superbe, très bon disque publié chez naïve qui contient sa part d’intimité, mais ni plus ni moins que les enregistrements précédents. Les choses ont cependant changé : le public est enfin prêt à accueillir celui qu’il a poussé sur la touche, la profession ou les journalistes font de même et l’auréolent. On le sait, en France, on aime brûler ce qu’on a adoré, mais on aime également exhumer ceux qu’on a trop vite enterrés. En cela, le parcours de Benjamin Biolay ressemble un peu à celui de certains de ses éminents devanciers, on pense à Gainsbourg ou même à Bashung. Il partage avec eux cette conviction intime de la musique. Le cliché veut qu’il soit comme le premier un compositeur à femmes et comme le second qu’il lorgne vers des horizons plus ou moins lointains, l’Angleterre et la pop, mais aussi les US et le hip hop, pour éprouver sa manière très française d’aborder la composition. On peut l’avouer : en mécréants que nous sommes, nous avions un peu boudé son dernier-né, Vengeance, mais une écoute tardive nous dit que le garçon n’a rien perdu de sa superbe, qu’il reste aujourd’hui bien au-dessus du lot, et qu’il est prêt à régner pour bien longtemps encore et que plus rien ne lui sera refusé, jamais. Benjamin Biolay, sur la scène du Zénith le 28 avril à 19h20

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MUSIQUE

We see her : Lou Doillon

On suppose qu’elle a été elle-même la première surprise par sa récente Victoire de la musique dans la catégorie artiste féminine de l’année. Il faut dire qu’en remportant ce prix –  dont on ne cherchera même pas à discuter ici du bien-fondé –, elle défie toute statistique : un disque sorti récemment, peu ou pas d’expérience scénique, autant d’arguments qui auraient pu peser. Le Monde titrait en septembre « Lou Doillon enfin », là on est forcés de dire  : Lou Doillon déjà  ? Et en même temps, sont-elles si nombreuses ces artistes à nous embarquer comme elle le fait ? Elle le fait pourtant magistralement malgré une difficulté majeure, le danger de la ballade guitarevoix. On en a beaucoup parlé de sa voix justement, incertaine mais si enveloppante, bref, comme on en rencontre peu chez nous. L’exercice de la forme pure peut conduire à de la mièvrerie, mais ce danger-là, cette jeune artiste fragile le contourne avec une maturité qui déconcerte. Le parrainage d’Etienne Daho doit y être pour beaucoup, mais ces cordes légères sur Devil Or Angel, cette gravité sur ICU ou Places, cette fausse nonchalance sur Make a Sound, on suppose qu’elle ne les doit qu’à elle-même. Tout comme cette envie de maîtriser tout en pointillés une émotion pourtant prête à exploser, à l’égal du plaisir d’un instant de jouissance retenue. Certains se gaussent de ses échecs passés  : actrice, mannequin, on ne sait pas vraiment qui elle est, d’où l’idée de trop insister sur sa généalogie et l’aisance que celle-ci devrait favoriser. À l’écoute de Places, tout vole en éclats, le

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—— Par Emmanuel Abela ——

Photo : Zazzo

Lou Doillon vient de sortir sa poignée de chansons de sa chambre et vit pourtant une totale consécration. Il ne reste plus que l’épreuve de la scène.

cynisme et les certitudes aigres : le disque est parfait, digne des grands albums du genre, signés Joni Mitchell, Emmylou Harris ou Feist. Il reste naturellement à faire vivre sur scène ces belles chansons, sobres et intimistes, mais gageons que la petite y trouvera sa place en leur donnant leur pleine dimension.

Lou Doillon, sur la scène du Zénith le 28 avril à 17h50


Photo : Sébastien Grisey

Photo : Karim Sadli

—— Par Claire Tourdot ——

Il était une fois Woodkid Mais qui est donc Woodkid ? Sorti de l’ombre en 2011, le Lyonnais affole les compteurs de Youtube à chaque sortie de clip. Alors qu’il dévoile The Golden Age, portrait d’un génial touche-à-tout. Dans une autre vie, Woodkid se prénommait Yoann Lemoine. Mais ça, c’était avant. Avant Lana Del Rey, la Tour Eiffel et Iron. Elève brillant et créatif, Yoann Lemoine se destine très tôt aux métiers de l’illustration et de l’animation. Il aime l’harmonie des images en mouvement et fait ses armes aux côtés de Luc Besson et Sofia Coppola. Sa carrière prend la direction du monde de la publicité avant de s’étendre à celui de la réalisation de clips vidéo. Le garçon collabore avec les pointures du top 50 : Katy Perry, Taylor Swift, Drake... Son plus beau coup de poker sera la production des clips de Born To Die et Blue Jeans, visionnés des millions de fois par les fans de Lana Del Rey. Yoann forge peu à peu sa signature visuelle, épurée et mélancolique. Puis tout ce temps passé au côté de musiciens finit par le séduire. Il imagine Woodkid, son alter-ego musical, et sort en mars 2011 un premier EP. La chanson-titre Iron est une véritable claque pop symphonique et surprend face aux autres morceaux beaucoup plus folk, voire dépouillés. S’en suit une success story célébrée par un concert privé au pied de la Tour Eiffel. Mais le surdoué n’abandonne pas ses vieilles habitudes et l’amour de la vidéo. Chacun de ses tubes fait l’objet d’un clip en noir et blanc qui, mis bout à bout, forment une épopée guerrière. I Love You, extrait de son premier album The Golden Age, prolonge une course sans fin débutée dans Iron et poursuivie dans Run Boy Run. Celle d’un petit garçon et d’un homme d’Eglise confrontés à des monstres chimériques à travers de majestueux paysages. Percussions soulignées, puissance des cuivres et sons électro sont la clé de ces succès qui, quelques heures après leurs mises en ligne, font le buzz sur les réseaux sociaux. La voix pleine de spleen, Woodkid chante des mélodies parfois lyriques, souvent oniriques et nous invite dans son univers particulier fait de montagnes enneigées et d’animaux mystifiés. On y entre à pieds joints, sans hésiter. Woodkid, sur la scène du Zénith le 28 avril à 21h05

—— Par Cécile Becker ——

La Femme : Dame Blanche La Femme a suscité bien des interrogations. Avec la volonté de provoquer des frissons à l’échelle de la Terre toute entière, le groupe se dévoile aujourd’hui plus que jamais, aussi bien sur disque que sur scène. C’en est donc fini de La Femme mystérieuse ? Depuis son troisième EP, le groupe a signé un contrat de licence avec Barclay et avoué son besoin d’être plus visible. La Femme est devenue bipolaire : elle surfe sur des vibrations positives et négatives, elle ne sait plus très bien combien elle est, le groupe s’étant, depuis, décrit à géométrie variable. Elle s’affirme plus pop aussi : joue sur des rythmes tropicaux, sur des paroles plus légères, une voix plus claire mais garde cette tendance psychédélique qui lui est propre. La Femme veut se la jouer Queen de la pop, comme elle nous le confiait déjà lorsque nous l’avions rencontrée à Metz : « J’aime les clips de Michael Jackson, je collectionne les sapes des années 20, les chemises au col amidonné. Je fais attention à nos visuels, je ne veux pas faire n’importe quoi. Pour les clips, nous écrivons les scénarios nous-mêmes. » Elle avait sûrement déjà Hypsoline en tête. Ce clip en forme de court-métrage, c’est la femme de toutes nos angoisses qu’on croise au détour d’un virage  : la dame blanche, la femme zombie, la sorcière, la vampire, l’enchanteresse se déplaçant, fantomatique, entre le surf rock et la new wave. Non, elle n’est plus vraiment Sur la Planche mais plutôt sur la base de lancement comme une Ariane à l’assaut des charts. Depuis une tournée en Europe, et même aux États-Unis, elle a sûrement pris de la bouteille sur scène, et ça, il faudra le voir en live. La Femme, sur la scène du Zénith le 28 avril à 14h50 61 ZUT !


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OPÉRA

un monde plus grand CHRISTIAN LACROIX réalise les costumes pour Les Pêcheurs de perles, opéra en trois actes d’un compositeur avec qui il entretient une relation privilégiée depuis l’enfance : Georges Bizet. L’occasion pour lui de libérer une fois de plus un imaginaire visuel foisonnant. —— Par Emmanuel Abela Photo Frédéric Godard ——

En passionné de théâtre, vous rêviez à vos débuts de réaliser des costumes pour la scène. On imagine donc un plaisir particulier à renouer aujourd’hui avec ce type d’expérience. Je ne dirais pas renouer mais continuer. Depuis les années 80, mon activité pour le théâtre, l’opéra et le ballet est allée croissant avec le design industriel, la décoration et les musées. Je l’ai menée pendant 25 ans en parallèle de mon travail de couturier, et depuis la fin des activités couture de la maison qui porte toujours mon nom – bien que je n’y appartienne plus –, cette activité représente désormais la majeure partie de mes projets. La réalisation des costumes pour Les Pêcheurs de perles est l’occasion de vos retrouvailles avec un opéra de Bizet, après Carmen en 1989. Quelle relation entretenezvous avec l’univers de ce compositeur ? Pour être né à Arles au début des années cinquante [en 1951 précisément, ndlr], disons que je suis «  né  dedans  » puisqu’il ne se passait pas une saison sans que l’on donne Carmen ou Les Pêcheurs de perles. Bizet se partageait les faveurs locales avec Gounod et Mireille ou

Faust. C’est une musique qui électrisera toujours les latins comme moi, au même titre que Verdi. C’est sans doute aussi le premier opéra dont j’ai entendu un enregistrement à la maison, à l’époque où il fallait un coffret de gros disques noirs pour écouter toute l’œuvre. À la fin des années 60 et au début des années 70, naturellement, l’adolescence de l’époque s’est un peu moquée, tendrement, de ces répertoires considérés comme « kitsch  » pour aborder plus volontiers la musique pop d’un côté, les Beatles en particulier, et de l’autre les classiques allemands, Bach, Beethoven, Wagner. La fin des années 70 et les années 80, par contre, ont remis l’opéra à l’honneur et j’ai pu assister à la fameuse mise en scène de Piero Faggioni à l’opéra comique avec Teresa Berganza, Placido Domingo et Ruggiero Raimondi dans les décors de Frigerio. Les costumes que vous aviez réalisés pour Carmen restent dans la mémoire collective. N’est-ce pas un défi supplémentaire que de s’attaquer au même compositeur, avec le risque que le public cherche à comparer, même malgré lui ? Il y a toujours danger, risque que le public compare le spectacle avec l’idée qu’il se fait de mon travail, parfois caricaturale,

mais je ne pense pas qu’il y ait le moindre risque que le public de l’Opéra national du Rhin soit le même que celui des arènes de Nîmes il y a presqu’un quart de siècle. La mise en scène d’Antoine Bourseiller était basée sur une approche assez classique, inspirée des photos et peintures espagnole des années 10, 20 ou 30, alors qu’aujourd’hui l’inspiration de Vincent Boussard est plus cérébrale, plus conceptuelle, recentrée sur la rivalité de deux hommes, Bizet lui-même et un jeune ténor, auprès d’une soprano, Leïla. Étiez-vous familier de cet opéra en particulier ? Bien moins familier que de Carmen, je dois l’avouer. C’était à Arles un des opéras favoris de nos parents et surtout de nos grands-parents, mais moins souvent joué. On y trouve de grands airs fameux, bien sûr, comme « C’est elle, c’est la déesse », qu’il nous arrivait de chanter adolescents, certains amis et moi, avec emphase et au 11e degré dans les moments d’exaltation. Je l’ai vu enfant mais n’en garde qu’un vague souvenir. Par contre j’ai en tête la production d’Antoine Bourseiller à l’opéracomique à la fin des années 80 ou au début des années 90.

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Le drame se déroule à Ceylan, mais l’exotisme n’est qu’un prétexte à un drame amoureux poignant : cela vous a-t-il suggéré une approche particulière et des recherches documentaires ? Nous avons bien entendu fait des recherches, sur l’Inde plutôt qui sera présente, mais en filigrane seulement. En tant que costumier, je me dois de suivre les indications du metteur en scène, d’illustrer son imaginaire. À condition, bien entendu, de comprendre, accepter et partager ses partis pris. Vincent était d’abord parti sur l’Inde d’aujourd’hui, sous son jour le moins pittoresque, celui de la pollution et des cimetières de bateaux à la casse. Puis l’idée de cette histoire d’amour et d’amitié que vous évoquez vous-même s’est imposée, avec pour cadre un théâtre à l’italienne et une ambiance de personnages entre Nadar et Daumier, surtout pour les chœurs, au début, puis plus tard, une évocation plutôt abstraite de l’Inde, plus suggestive qu’exotique. De beaux sentiments s’expriment dans cet opéra : l’amitié, même si celle-ci est brisée par l’amour, l’abnégation et le sacrifice. Pour être honnête, cela n’a pas influé sur les costumes qui resteront sobres et classiques d’un bout à l’autre de l’œuvre. Un mot sur les costumes de la prêtresse Leïla ?   Je vais déjà vous décevoir : elle n’en aura… qu’un ! Plus Napoléon III qu’indien, intemporel même, sans rien d’ethnique. Dans le domaine de la haute couture, la tendance est à un retour à des formes minimales. L’opéra est-il l’endroit privilégié où votre créativité débordante peut s’exprimer pleinement ? Il est certain que la mode et la couture que j’ai pu dessiner étaient «  opératiques », théâtrales, loin du minimalisme. Mais les deux tendances ont toujours

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coexisté, en plus ou moins bonne intelligence, anciens et modernes, classiques et baroques, etc. Certes, on assiste avec la crise à un retour des années 90 en noir et blanc. Mais il y aura toujours des designers et des maisons vouées au maximalisme, au baroque, au choc des cultures et des époques, des couleurs. C’était là mon inspiration, c’est aussi ce qui a fait que certains ont adoré mon travail tandis que d’autres l’ont méprisé ou détesté. Si Jean-Luc Tardieu, le premier, en regardant deux secondes l’un de mes tous premiers défilés au journal télévisé, a eu l’intuition – et je lui en serai éternellement reconnaissant  –, que je pouvais faire du théâtre, c’est parce qu’il avait capté la part de spectacle qu’il contenait. Et le style des productions d’alors, surfait dans l’abondance des années 80 naissantes, où tout était spectacle, exhibition, excentricité, pour ne pas dire arrogance. Puis, petit à petit, les influences septentrionales se sont fait sentir, le Regietheater et la crise allaient bien ensemble. Avec moins de décor, moins de costumes, pratiquement plus de costumes d’époque, à la fois trop chers et méprisés, les générations nouvelles ont eu à cœur de transposer toutes les œuvres dans des périodes plus ou moins contemporaines, la guerre et les années 30-40, les années 50 ou 60-70, si possible dans l’ambiance la plus quotidienne, ou même la plus triviale, la plus kitsch, la plus décalée. Certes, je peux faire des costumes contemporains noirs et des t-shirts sur des jeans, mais ce n’est pas mon plaisir. Ni ma force. Je peux avoir de la joie à habiller un chœur entier comme les spectateurs eux-mêmes le sont ou l’étaient dans la rue, quelques heures avant le spectacle. Mais à Strasbourg, heureusement, il s’agit de recréer un certain XIXe à partir des stocks formidables de costumes que possède l’OnR. J’adore cela, redonner une seconde ou troisième, voire une quatrième vie à un costume plutôt que de le laisser dormir et de créer un costume neuf qui aura moins d’âme. L’économie y trouve également son compte. Ma créativité s’exprime aussi

aujourd’hui dans ce genre d’exercice que j’aime. Contourner les impératifs ou les contraintes en les transformant en avantages, c’est là ma certitude. J’ai pu bénéficier dans certaines maisons de moyens illimités, mais cela peut parfois manquer de saveur ; se tordre l’esprit pour trouver une jolie solution au plus juste prix est un autre plaisir. Même en haute couture, je n’ai jamais disposé de budgets phénoménaux. Même inconsciemment, cela se sent je crois, et c’est tout à l’avantage des costumes. Mais pour vous répondre plus précisément, oui bien sûr que de travailler des volumes qui n’ont rien de quotidien, avec des effets à l’avenant, patines, perruques, décoration, et qui donnent l’illusion de faire renaître des modes et des silhouettes surgies de l’histoire du costume, ne me dépayse pas. Bien au contraire, c’est ma passion profonde. Je me sens dans mon élément au théâtre depuis l’enfance. La vraie vie ne me semblait commencer que lorsque la salle s’éteignait, que les trois coups résonnaient, que le rideau ou l’écran publicitaire se levaient sur le spectacle, le festival dans le théâtre antique ou la représentation d’une pauvre troupe ambulante de plein air, aussi bien dans un humble cinéma qu’une salle rouge et or. L’important était que le monde devienne enfin plus grand qu’au quotidien… Les Pêcheurs de perles de Georges Bizet, mise en scène de Vincent Boussard avec les Chœurs de l’OnR et l’Orchestre symphonique de Mulhouse. Les 17, 21, 23, 26, 28 et 30 à l’Opéra de Strasbourg. Les 7 et 9 juin, à La Filature de Mulhouse


“ Ma créativité s’exprime aussi dans ce genre d’exercice que j’aime. Contourner les impératifs ou les contraintes en les transformant en avantages, c’est là ma certitude. ”

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NOUVEAUX MEDIAS

ÉCRAN TOTAL Le microcosme médiatique strasbourgeois est constitué de personnalités qui ne cessent d’échanger. Un terreau favorable au développement d’idées qui poussent encore plus loin les envies de culture. Deux pure-players viennent de faire leur entrée dans ce paysage numérique : SZENIK, site Internet bilingue dédié au spectacle vivant et BANDE À PART, magazine gratuit de cinéma à consommer sur iPad. —— Par Cécile Becker

— Bande à part

Portraits Christophe Urbain —— Anne-Claire Cieutat et Fouzi Louahem dans l’atelier de la Bande.

Une belle bande de joyeux lurons prête à faire les 400 coups pour le cinéma. À sa tête, deux directeurs de publication : Fouzi Louahem, directeur artistique à la tête foisonnante d’idées visuelles, et Anne-Claire Cieutat, rédactrice en chef mue par une relation viscérale au cinéma. Comme un clin d’œil à l’industrie cinématographique, le premier numéro de Bande à Part (Bàp pour les intimes) s’ouvre sur une couverture animée : celle d’une pellicule de cinéma qui se déroule. L’arrivée fracassante du numérique signe la fin d’une ère, mais n’est pas pour autant pessimiste : il suffit de tirer profit de ses outils. L’équipe de Bàp, profondément animée par le transmédia et par un amour inconditionnel du cinéma, l’a compris. Vidéos, sons, images mouvantes, textes  : on voyage dans ce magazine comme dans « le labyrinthe d’Alice » pour reprendre les mots d’Anne-Claire Cieutat, la rédactrice en chef. « On ouvre des portes, on va où l’on veut », pourvu que ZUT ! 66

l’on découvre. Avec Fouzi Louahem, elle forme le duo de choc derrière la Bande. La Bande, mais quelle bande ? Outre la référence évidente à Jean-Luc Godard, «  ce sont des gens complémentaires, répond la rédactrice en chef. Les cinéphilies de Bande à Part sont plurielles, rien n’est figé. S’il y a un point commun entre tous les membres, c’est le rapport

à l’enfance. C’est important de réactiver les émotions. » Une passion vibrante partagée lorsqu’ils se rencontrent il y a tout juste un an et évoquent leurs projets multimédia. Quelques mois plus tard, sous le soleil de l’été strasbourgeois, l’union était scellée : elle voulait un magazine de cinéma, il voulait un magazine sur iPad. Fouzi Louahem enchaîne  : «  Si on fait


cela à Strasbourg, ce n’est pas un hasard. Avant nous, il y a eu Limelight, une très belle revue de cinéma. Ici, il y a de très bons journalistes, c’est une ville très fréquentée et appréciée par les équipes de cinéma et nous avons de très belles salles. » Une conjonction d’arguments décisifs qui les conduit à concrétiser le projet, à le fabriquer à la main au cœur de leur « atelier expérimental » situé au Neudorf. Le digital oui, mais avec cette idée prépondérante de construction avec les cinéastes et pour les gens, afin de susciter un désir de cinéma. Anne-Claire et Fouzi tendent vers autre chose que le discours traditionnel, en dehors du circuit de promotion, « travailler sur les bulles, sur ce qui constitue les acteurs et réalisateurs ». Ils passent donc du temps, beaucoup de temps, avec les cinéastes dont ils aiment le travail. Passées les quelques réticences, le courant passe. Fouzi se souvient de la rencontre avec Mickaël Youn : « On s’est pris une douche froide. Il nous a demandé si les gens lisaient vraiment les magazines de cinéma... On lui a laissé l’application pendant une demi-heure et il a fini par nous dire  : «Ok, on fait l’interview, mais ce qui m’intéresse, c’est que vous assistiez à l’écriture de mon prochain scénario». Les cinéastes s’ouvrent assez spontanément finalement.  » Ils montent leur magazine comme un scénario : tou-

jours en cohérence avec la personnalité qu’ils ont en face d’eux : ils gagnent leur confiance, doucement, créent un dispositif vidéo ou son, discrètement, récupèrent ces documents qui nous approche un peu plus du cinéma, sûrement. AnneClaire explique : « Ce qui nous intéresse, c’est d’avoir une approche pragmatique du cinéma, de présenter scénarios, storyboards, carnets... Le but est d’explorer les processus de création des artistes. Nous avons des rubriques intimistes où se construisent des univers particuliers, mais on est aussi très ludique dans la forme. C’est la créativité qui nous anime par dessus tout, la nôtre et celle des autres. » De l’affectif, du jeu, de l’interactif, des idées, des propositions : une alchimie qui fonctionne et intéresse cinéphiles débutants ou confirmés. www.bande-a-part.fr Application disponible sur iPad

BÀP C’EST QUOI ? Un magazine de cinéma sur iPad, à télécharger gratuitement sur l’App Store (pas de panique, une version Android et iPhone est en préparation) Une bande de passionnés de cinéma d’hier et d’aujourd’hui Des portraits, des feuilletons, les films qu’on attend, des entretiens, des reportages, un cahier critique Beaucoup de passerelles interactives menant à des vidéos, des photos, du son, des documents ouvrant l’univers d’un film : storyboard, dessin, scénario et même des effets personnels de réalisateurs et d’acteurs

Ce qu’on aime

La séance photo sonore de Pascal Bastien, la boîte à trésors, l’interview minutée, 15x la scène

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NOUVEAUX MEDIAS

———— M EDIA-CRE A ————

3 questions à Michel Cieutat ——— Critique cinéma pour la revue Positif depuis 1973, Michel Cieutat fait partie de ceux qui entretiennent une relation physique et profonde à la Toile, mais aussi au papier. Avec Anne-Claire Cieutat, sa fille rédactrice en chef de Bande à Part, il participe à l’aventure du magazine, à cette aventure numérique à laquelle il croyait déjà. Comment vous êtes-vous laissé embarquer par la Bande ? J’ai bien sûr été embarqué pour des raisons familiales. Ma fille m’a demandé si je voulais reprendre un portrait de Daniel Day-Lewis publié dans Positif, dans une version courte. Rendre hommage à cet acteur particulièrement grand à l’occasion de la sortie de Lincoln a bien sûr été un plaisir. Il y a aussi cette rubrique qui m’a beaucoup intéressé : 15 fois la scène d’un film culte, en l’occurrence Psychose d’Alfred Hitchcock pour ce premier numéro. Il est question que d’autres critiques puissent proposer des scènes de films. Nous verrons. Je continuerai de travailler à la demande avec la Bande. Vous qui êtes critique depuis de longues années, vous avez vu le milieu subir de profondes mutations. Comment réagissez-vous à ces nouveaux outils numériques ? Nous sommes en pleine mutation au niveau de la communication, il y a un petit côté révolutionnaire à ça. Les innovations technologiques en matière d’informatique vont engendrer des progrès multiples. L’« instantanéisation » de l’information, ce spectacle constant donné par la télévision, et même par la radio, tout cela contribue à la domination de la presse écrite par le numérique. L’innovation est inéluctable. Bande à Part va dans ce sens, mais apporte des idées originales. ZUT ! 68

Comment avez-vous réagi lorsque vous avez pris en main le magazine Bande à Part ? Quand je l’ai vu, j’ai été impressionné. En toute objectivité, je reconnais que ce premier numéro est remarquable : au niveau de la diversité, de la quantité mais aussi de la composition graphique. Pour un dinosaure de mon espèce qui a l’habitude de tourner les pages d’un livre ou d’un journal, je dois dire que le geste est assez similaire, sauf que l’on est vraiment plongé dans le cinéma. On ne reste pas à la surface de l’imprimé, le processus intellectuel est plus poussé, tout est détaillé. Ce qui est très difficile à transmettre sur le papier, c’est le langage du corps pourtant essentiel à l’appréhension d’un homme. Ici c’est possible. Au travers de vidéos, on peut interpréter les signes physiques, on est vraiment avec la personne interviewée et l’on peut lire sa personnalité. Ce qui me plaît par dessus tout avec l’interactivité, c’est que l’on passe au-delà d’une passivité de regard.

« Newspaper will become viewspaper », affirmait Simon Kelner ancien rédacteur en chef de The Independent. Comprendre : les journaux se regarderont plus qu’ils ne se liront. Si cette phrase annonce un tournant clair dans la manière de consommer l’information, rares sont les médias s’étant réellement saisi des outils numériques pour proposer des sites Internet ou applications créatives. À y regarder de plus près, Strasbourg fait figure de ville-clé en la matière : Szenik, Bande à Part et bien sûr Arte. En dehors de la production d’excellents web-documentaires, la branche Arte Creative est un témoin artistique de notre époque. Gratuite et sans publicité, cette plateforme se veut soutenir la création audiovisuelle contemporaine en présentant les artistes de demain et leur travail. De l’autre côté de la Manche, The Creators Project naît en 2010 suite au partenariat du magazine Vice avec la même intention de valoriser les artistes d’aujourd’hui. Trois ans plus tard, c’est un blog quotidien, une communauté virtuelle, beaucoup de documentaires et même un studio de création. Côté tablette, il est souvent difficile de faire la différence entre le site Internet d’un magazine et son application. Quelques grands médias font sortir leur app du lot, celle du Wall Street Journal propose une expérience de lecture d’un genre nouveau et hybride et l’incontournable Wired, développée avec les équipes d’Adobe où même les pubs sont interactives ! La presse hexagonale a de nombreux exemples desquels elle pourrait s’inspirer... À suivre.


— Szenik Lancée en novembre dernier, la plateforme bilingue Szenik réunit trois personnalités portant haut et fort la création, et trois intérêts : le spectacle vivant, la vidéo et les échanges franco-allemands. Un agenda complet, transfrontalier, qui révèle une dynamique culturelle. Trouver des informations complètes sur ce qui se passe ailleurs et surtout dans sa langue, quelle soit française ou allemande, relevait jusqu’à l’apparition de Szenik du parcours du combattant. Un constat qui nous permet d’affirmer que cette toute nouvelle plateforme est le premier média bilingue à vocation informative, mais aussi éditoriale. Derrière elle, une très forte amitié entre le regretté Klaus Wenger, directeur d’Arte Deutschland, et Jean-Jacques Schaettel, journaliste puis producteur audiovisuel, qui raconte : « Klaus avait piloté la candidature de Strasbourg, capitale culturelle. À la suite de cet échec, il y a eu des souhaits très forts des structures d’un côté et de l’autre des frontières, de maintenir cette relation. Nous avions l’envie de croiser nos expériences de la télévision et du constat que tout se développait sur Internet. Le Pass Musées existait déjà, nous avons donc décidé d’orienter le projet sur le spectacle vivant.  » Szenik était né, partie émergente de l’iceberg, portée par l’association Europe, Culture et Citoyenneté, fondée bien avant avec pour volonté d’accompagner des projets transfrontaliers. Suite au décès brutal de Klaus Wenger, un trio se forme autour de Jean-Jacques Schaettel, le chef de projet déjà très impliqué dans des captation de spectacles, notamment avec Arte Live Web. Il choisit Sylvia Dubost pour porter l’éditorial, ex-rédactrice en chef de Poly et collaboratrice précieuse de Zut !, passée par la radio comme par la télé, et Jean-Luc Bredel, germaniste invétéré, ancien Directeur Régional des

(de gauche à droite) Jean-Luc Bredel, Sylvia Dubost et Jean-Jacques Schaettel à l’Opéra national du Rhin

Affaires Culturelles. « Ce qui nous réunit découle d’un intérêt profond pour la création artistique et le désir de la mettre en valeur auprès des publics et avec les porteurs de projets culturels, explique Sylvia Dubost. Le médium Internet nous paraissait naturel en ce sens qu’il met en valeur immédiatement le spectacle vivant, le terrain naturel de la vidéo.  » L’équipe de Szenik développe une image mobile de la culture en créant des envies auprès des spectateurs. Une mission, presque de service public, soutenue par Interreg, programme valorisant la coopération transfrontalière et montée en partenariat avec des structures allemandes,

suisses et françaises. Trois cultures qui gagnent à échanger. La suite ? Jean-Luc Bredel l’annonce : « Nous travaillons sur une présence sur les mobiles et tablettes, c’est très important dans le cadre de cultures qui se déplacent. Une nouvelle version du site arrivera par ailleurs. » Rien n’est figé, Szenik est destiné à suivre le foisonnement du spectacle vivant, audelà des frontières. www.szenik.eu

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NOUVEAUX MEDIAS

Freiburger Barockorchester à Freiburg (partenaire) - Henning Bey, responsable presse et relations publiques « Avant que Szenik ne filme notre concert Zukunft Beethoven, certains spectateurs français se déplaçaient déjà jusqu’à Freiburg pour assister à nos représentations. Nos musiciens ont en fait beaucoup joué en France. À travers ce site, nous espérons attirer plus de public français, mais pas seulement. Car ce qui est nouveau ici, c’est que ce média ne représente pas un seul pays, mais trois. Nous sommes très heureux d’être partenaire, ce n’est que le début d’une longue collaboration... » www.barockorchester.de Opéra National du Rhin à Strasbourg (partenaire) - Mélanie Aron, directrice de la communication et du mécénat

Ce qu’en disent les structures

SZENIK C’EST QUOI ? Un site Internet bilingue proposant une sélection de spectacles vivants dans le Rhin supérieur : Allemagne, Suisse et Alsace Un guide pratique mais aussi un projet éditorial autour de la vidéo 14 événements en moyenne mis en ligne chaque semaine Tous les mois, un spectacle en intégralité sur Szenik Live Six rubriques : Rock/Pop/Electro, Classique, Jazz, Théâtre, Danse, Jeune Public Une sélection de festivals et de nouveautés à ne pas rater

Ce qu’on aime

La sélection avisée s’adressant à tous les publics, les vidéos pour se faire une idée précise des spectacles, les liens placés après l’annonce pour aller au cœur du projet artistique

——— Outre les partenaires, qui sont aussi co-financeurs de la plateforme d’information Szenik, les échanges sont favorisés avec toutes les salles dispersées sur le Rhin supérieur. Un site, une région élargie, plusieurs opportunités. Le Théâtre National de Strasbourg (partenaire) - Chantal Regairaz, responsable de l’information « Il me semble que Szenik a permis de constater combien le Rhin supérieur est d’une très grande richesse culturelle. La visibilité du TNS sur Internet via Szenik l’a été plus particulièrement récemment grâce à Szenik live et la captation du spectacle Sallinger de Koltès mis en scène par Catherine Marnas. Szenik intéresse d’autant plus le TNS qu’elle rejoint une attention toute particulière que nous avons pour le développement des informations numériques du TNS. Nous travaillons à un «  théâtre connecté  » au cœur de notre communication. » www.tns.fr

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« Il est important de souligner que Szenik fournit un excellent contenu éditorial. La sélection est possible par localisation, ce qui est très pratique sur une zone géographique aussi vaste. Par ailleurs, il est impensable de ne pas être présent sur Internet de nos jours. En plus d’un site Internet trilingue riche en supports multimédia, l’OnR souhaite intensifier sa présence numérique via les réseaux sociaux, une application iPad, et une application iPhone  : nous accompagnons ainsi les internautes où qu’ils soient, pour offrir toujours plus de contenu multimédia. » www.operanationaldurhin.eu Kaserne Basel à Bâle - Katrin Schmidlin, relations publiques « Nous avons, avec Bernard Fleury du Maillon entre autres, construit un réseau européen «  Second cities – Performing cities ». Depuis peu, nous travaillons avec le Theater Freiburg, Pole Sud et le Maillon dans le cadre de TRIPTIC, un échange culturel trinational mis en place par Pro Helvetia, une fondation, et notre région. Szenik approfondit ces collaborations et donne la possibilité de regarder au-delà des frontières, c’est excellent pour que le public découvre le vaste programme culturel de cette région. » www.kaserne-basel.ch


Ils viennent se produire sur une scène, assurent des instants de promotion. Artistes pop, acteurs ou écrivains, ils posent et s’exposent. L’équipe de Zut ! en profite pour les rencontrer.

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Par Caroline Lévy // Photo Tony Trichanh

JEAN DUJARDIN & CÉCILE DE FRANCE SUPER TSARS

« J’ai conduit beaucoup de bagnoles et on m’avait prévenu que celles-ci seraient difficilement maniables. Mais eux deux, ce sont des Rolls ! », déclare Eric Rochant en évoquant Jean Dujardin et Cécile de France dans son dernier film. Notre meilleur produit d’exportation du 7e art et la plus française des actrices belges sont réunis pour la première fois à l’écran dans Möbius, un thriller romantico-financier. D’une légèreté déconcertante, ils fredonnent le générique de Motus et parlent du film en sirotant une bière… Rencontre avec deux grands du cinéma qui ne se prennent décidément pas au sérieux. C’est votre premier film ensemble. Comment a fonctionné le duo à l’écran ? J.D. : Ça s’est passé comme je le pressentais : simplement et de manière cool ! Surtout dans les scènes intimes parce qu’il fallait désamorcer dès le début. Mais au final, c’était presque un duo à trois avec le metteur en scène… C.D.F. : Jean est vraiment dans la décontraction. Il prend les choses avec beaucoup de recul, d’ironie et d’humour. Ça fait du bien ! Jean, comment avez-vous préparé votre personnage d’espion russe ? J.D. : J’ai dû revoir Les Patriotes et Les Enchaînés d’Hitchcock… J’ai dû faire un tour du côté d’OSS, une mauvaise idée ! [rires, ndlr] J’ai aussi regardé Les Trois jours du Condor, en faisant attention à ne pas tomber dans le stéréotype de l’espion… Mais ça m’intéressait plus d’écouter Eric et de m’inspirer de son fantasme. Finalement, les acteurs ne sont qu’un véhicule à fantasmes,

et il était forcément mieux placé que Robert Redford pour m’en parler ! En tant qu’acteurs, nous essayons de nous rapprocher du metteur en scène pour essayer de lui plaire tout en restant ce que l’on est, tandis que lui doit faire le deuil de son fantasme. C’est un chemin perpétuel de l’un vers l’autre… The Artist a-t-il influencé votre façon d’interpréter ce rôle ? J.D. : Non je ne pense pas, ou alors inconsciemment. Sur ce projet, je voulais être totalement à l’écoute et très disponible pour l’histoire. C’est votre premier film après l’Oscar. Vous êtes attendu au tournant par le public et la presse. Pourquoi ce film en particulier ? J.D. : En fait, je l’avais choisi avant ! Mais on a dû décaler le tournage de six mois à cause de cette course aux Oscars inattendue. Je n’aurais pas pu faire autrement ou on allait droit dans le mur. Mais j’aurais choisi ce film dans tous les cas. Je me montre obsessionnel quant aux scénarios qu’on me propose, et celui-ci est particulièrement réfléchi et intelligent. C’est rare. Cécile, votre personnage d’agent trouble glamour et déterminé est presque à contre-emploi, et pourtant vous l’interprétez avec aisance… C.D.F. : Des rôles féminins, il y en a peu d’aussi complexes et riches dans l’interprétation. Alice est cynique, individualiste, presque détestable et devient fragile et attachante lorsqu’elle tombe amoureuse. C’est un personnage tout sauf monolithique…

Qui a dû vous demander beaucoup de préparation aussi bien dans le jeu que dans le physique. C.D.F. : Oui, j’ai dû prendre des cours de finances pour apprivoiser le personnage alors que je n’y comprends absolument rien ! Il y a eu un travail énorme de style et de recherche avec l’équipe pour me transformer. J’ai modifié ma voix et mon apparence. Ce qui m’intéresse, ce n’est pas ce que je suis dans la vie : j’ai une vraie distance avec mes rôles. Depuis toute petite j’adore me déguiser, ça m’amuse énormément. J’ai presque un rapport enfantin à mon métier d’actrice. Jean, vous retournez à Los Angeles remettre l’Oscar de la meilleure actrice. Une envie, un pronostic ? J.D. : Oh putain, Emmanuelle Riva ! J’adorerais le dire. J’y vais exactement dans le même état d’esprit que l’année dernière, voire avec un peu plus de pression. Mais il faut que j’y aille totalement vierge et avec ce qu’il faut de palpitant juste avant ! [L’Oscar a finalement été remporté par Jennifer Lawrence pour Happiness Therapy, ndlr] Propos recueillis à l’Hôtel Régent Petite France à l’occasion de l’avant-première du film Möbius, le 13 février à l’UGC Ciné Cité

73 ZUT !


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Par Caroline Lévy // Photo Christophe Urbain // Graphisme Le Futur

EDOUARD BAER DANDY COOL

Le hasard a voulu que le scandale du « bœuf à cheval  », déclenchant un raz de marée planétaire, éclate à peine quelques jours avant la sortie de TURF, la dernière production de Fabien Onteniente sur le milieu du tiercé. On aurait pu assister à un souffle de légèreté bienvenu et presque salvateur avec cette histoire de copains et de leur canasson de mauvais augure qui va leur rapporter gros. Et rien. Le film de PMU bon enfant au budget colossal peine à faire agiter nos zygomatiques… Cette comédie veut renouer avec les films du dimanche, un rituel presque oublié que le réalisateur compte remettre au goût du jour, avec Edouard Baer comme porte-étendard du rire, hommage aux années Audiard. Mais le trublion du PAF nous a habitué à mieux, d’abord aux côtés d’Ariel Wizman, son acolyte sur Radio Nova puis sur Canal+ où il impose une éloquente loufoquerie totalement imprévisible. En interview, le dandy parisien retrouve sa verve inimitable. Il coupe volontiers la parole, provoque les malentendus et se met en scène sans même qu’on l’y invite ! Il a conscience de son pouvoir de charmant perturbateur et, sur une impulsion dont lui seul a le secret, mordra mon bras parce que je lui ferai signe de rejoindre notre photographe en ZUT ! 74

le montrant du doigt ! L’homme de théâtre est en forme et le manifeste à sa façon. Notamment lorsqu’on évoque son rôle de looser attachant et sa voix off omniprésente dans la comédie : « C’est un peu comme dans le film d’Yves Robert Un éléphant ça trompe énormément, où Jean Rochefort raconte l’histoire. La voix off est souvent grandiloquente et la réalité de la scène très décevante. Ce décalage renforce encore plus la nullité de l’action. J’adore  !  » Une inspiration assumée de l’acteur octogénaire et amoureux des chevaux : « Vous savez, le milieu hippique n’a rien à voir avec celui des courses et du tiercé. Demandez à Jean de parier sur un cheval et il vous fera des signes de croix pendant des heures  !  », s’amuse l’acteur. Dommage qu’Edouard Baer ait quant à lui parié sur le mauvais cheval avec ce film. Parce qu’on l’aime bien, nous, ce génie de l’absurde dans ses spectacles soigneusement foutraques ! Propos recueillis à l’Hôtel Cour du Corbeau, à l’occasion de l’avant-première du film TURF, le 29 janvier à l’UGC Ciné Cité.


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Par Nicolas Léger // Photo Christophe Urbain

PHILIPPE DJIAN PROFESSION : ÉCRIVAIN

« Il m’arrive de me demander si je suis un écrivain » : tels sont les mots de l’auteur exigeant et reconnu qu’est Philippe Djian. Rencontré à l’occasion de sa venue à la Librairie Kléber pour son dernier roman, Oh, couronné du prix Interallié, porté par le succès à la fois populaire et critique, Djian ne cesse pourtant de trimballer avec lui cette salutaire inquiétude. Ce n’est pas une modestie mal déguisée mais une volonté de se tenir à la hauteur où il élève la littérature : « Comme il faut des médecins, des profs, il faut des écrivains : c’est mon job. » Ellroy, maître américain, ne dit pas autre chose  : écrire est un job. Pas de tour d’ivoire ou d’élection des muses. L’écrivain devient dans ses interrogations du monde, les coups qu’il lui porte et les paroles qu’il accueille. Contrairement au préjugé, ce n’est pas l’histoire qui prime dans le roman mais bien plus le travail de la langue. Elle est un outil que Djian entretient et expérimente pour entendre, enfin, ce qui sourde sous la peau d’une société. La narratrice de Oh est une femme violée, fille d’un tueur de masse, prise dans le vacillement de son existence : situation extrême mettant

ZUT ! 76

au jour ce qui se tait en nous. Alors forcément, il se reconnaît dans Echenoz, Toussaint, tous ceux que le souci de la langue porte et qui remettent tout en jeu à chaque nouvelle phrase. Cette fascination et cette créance dans la puissance des mots trouvent aussi un lieu de prédilection dans la chanson : « Elle peut aller droit au cœur de millions de gens. Produire le miracle d’une chanson exige une maîtrise des mots, du rythme, l’accès à une universalité. C’est un art difficile, il faut trouver la bonne fréquence et la tenir. » Parolier de Stephan Eicher bien sûr, de Johnny ou encore proche collaborateur de Bashung, l’écrivain sait de quoi il parle. Rencontrer Djian ? Et bien, c’est boire une bière, parler littérature et toujours se rappeler de formuler les bonnes questions et bannir les réponses toutes faites. Et déjà, devant ce constat, nous savons que nous avons à faire à un écrivain. Propos recueillis le 31 janvier à la librairie Kléber


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Par Nicolas Léger // Photo Pascal Bastien

RAPHAËL ENTHOVEN EN QUÊTE D’UNE MATIÈRE À PENSER

Souvent le philosophe est sommé de « parler du monde », de s’arracher de ce qui serait l’abstraction éthérée des idées pour prendre un bain de réel. Mais ce faisant, on oublie que la philosophie n’a à faire qu’à la vie et rien d’autre : Heidegger ne cessait de rappeler qu’il était aussi absurde de parler d’une philosophie de l’existence que d’une botanique des plantes. Raphael Enthoven, dans son essai Matière première, s’inscrit dans cette exigence. Réfutant les « petites philosophies » (celles du cyclisme, de la gastronomie, pour n’en citer que deux parmi une infinité), il parvient, au contraire, à retrouver la philosophie en partant de cette disparité des objets et des phénomènes. Que trahit notre addiction aux nouvelles technologies et leur promesse de performances ? Que nous dit Lady Gaga sur l’être et le non-être ? L’indignation tant promue ces dernières années est-elle pour autant une révolte ? Ces questions trouvent, on le voit, leurs sources dans le prosaïque, lieu de mille symptômes à déceler. Il ne s’agit pas de « se pencher sur le monde, insiste l’auteur, mais de partir de lui pour atteindre la philosophie ». Animateur des Chemins de la connaissance (sur France Culture) ZUT ! 78

durant de longues et belles années, il a donc su rester fidèle à la métaphore qui donne sens à sa démarche de découverte et de partage de la pensée. Une pensée qui, toujours, s’incarne littéralement au travers de figures : si nous ne sommes pas tous philosophes, eux sont comme nous. Ils ont chacun un caractère qui suscite l’empathie, une sympathie plus ou moins forte selon nos tempéraments, nos âges et expériences de vie. Enthoven sait trouver cette dimension solidaire du réel dans les textes des philosophes et nous la livre dans une parole joviale. Mais cette joie, à maints égards spinoziste, surgit d’une inquiétude initiale et créatrice : celle d’interroger avec probité et de voir dans le monde, non pas l’obstacle à la pensée, mais son terreau. Autrement dit, sa matière première. Propos recueillis le 28 février à la librairie Kléber


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Par Cécile Becker // Photo Tony Trichanh

LILLY WOOD & THE PRICK SIMPLE ET FUNKY

Une fois devient coutume. Ces deux Invicible Friends avaient affiché complet partout après la sortie de leur premier album. Les médias s’étaient emparés du phénomène, ils étaient omniprésents. Leur deuxième album The Fight dans les bacs, même rengaine : tournée complète, pop toujours aussi lumineuse mais avec plus de nuances. La plupart des médias titrent « Lilly Wood & the Prick transforme l’essai  », puis affirment qu’il s’agit de « l’album de la maturité » : le cliché est absolu. Ils ont grandi, quoi de plus normal après l’urgence de débuts fulgurants ? Benjamin Cotto, guitariste, le rappelle : « On est venu nous chercher, on ne s’attendait pas à faire un album. On avait l’habitude de jouer devant les copains et, du jour au lendemain, on s’est retrouvé devant 600 personnes. Tout s’est emboîté parfaitement, par hasard, on a essayé de gérer tout ça naturellement. » Avec The Fight, pourtant, la composition a été assez douloureuse. Nili Hadida au chant, explique : « Pour le premier album, on était très sûr de nous, on avait des idées très arrêtées sur la musique. Là, tout a été hyper éprouvant. On était très stressé. Ce que tu traverses émotionnellement sur un deuxième disque est assez ZUT ! 80

terrible, tu ne sais jamais si tu vas dans la bonne direction. Mais du coup, on y retrouve beaucoup de sensibilité. » Un mode de production sur le fil, aussi spontané que ces deux personnalités très différentes : « Elle est très sentimentale, alors que je suis toujours dans le jeu », confirme Ben. Une dualité qui leur permet de rester décontractés face aux diktats de l’industrie  : sortie d’album calibrée, maîtrise parfaite des réseaux sociaux, promotion nationale avec apéro-mix à l’appui. Ils mixent The Rapture, Blood Orange, comme ils passent les Rita Mitsouko, Iggy Azalea ou Phoenix, bières à la main, tout en signant quelques autographes. À l’aise à la ville comme à la scène. En live, ils explorent « de vraies libertés musicales » à travers une nouvelle configuration scénique augmentée d’un claviériste. « Aujourd’hui, on fait ce qu’on a envie de faire, peu importe le cool. » Cool sans vouloir l’être, une formule qui fonctionne. Propos recueillis le 8 février à La Laiterie Lilly Wood & The Prix, The Fight


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Un bien étrange personnage que ce Mathieu Boogaerts ! Nous aurions tort de le prendre pour un doux rêveur, tant il exprime une lucidité qui tranche avec la dimension onirique de sa musique. Dans sa démarche, rien n’est laissé au hasard, et derrière la simplicité apparente de ses chansons se cache une vraie construction de l’esprit. « On a pu croire à des textes écrits comme ça, de manière presque automatique, mais je pourrais vous justifier le choix de chaque mot  », affirme-t-il avec une grande conviction. Il se vexerait presque un peu quand on lui rappelle l’extrême cohérence de son univers depuis près de vingt ans de carrière. « Ça peut vous sembler comme faisant partie d’un même langage, et pourtant il a fallu à chaque fois constituer un dispositif différent. Pour chaque disque, ce qui est le plus compliqué c’est l’envie : celle d’aller puiser au fond de moi ce que je vais exprimer.  » Pour le dernier album, il a souhaité une lecture aisée de ses chansons. « Je voulais que ça soit compréhensible immédiatement, je voulais éviter les pièges de la langue et qu’on ne sache plus quelle porte ouvrir. » Le fait ZUT ! 82

de les avoir beaucoup interprétées en guitare-voix sur la scène de la Java à Paris l’a conduit à se montrer plus soucieux des détails. Il a apporté un soin particulier à l’enregistrement, à ce qu’il appelle de manière étonnante la « photo du disque », d’où le fait que cet album corresponde «  aujourd’hui à ce qui est le plus proche de [lui] sur scène. » Le public se reconnaît dans l’intimité de ce personnage singulier. S’il insiste aujourd’hui sur le bonheur de pouvoir conduire sa carrière comme il l'entend, à destination d’un public fidèle, et s’il admet même le « confort » de sa situation, il pointe quand même une petite frustration : «  Quand je vois les Victoires de la Musique, je me dis  : bon, tous les copains y sont tous passés, mais moi je n’y suis jamais cité ! » Alors après la consécration de Dominique A cette année, à quand la reconnaissance de Mathieu B ? Propos recueillis le 26 janvier au Cheval Blanc, à Schiltigheim


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——— Par Sylvia Dubost ———

L’INSA, l’école d’ingénieurs et d’architecture de Strasbourg, vient d’ouvrir son FabLab, le premier en Alsace à être reconnu par le MIT. Mais cékoidon, un FabLab ?

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Plus qu’un laboratoire, le FabLab est un environnement de conception et de création. Explication : l’objectif est de donner les moyens humains et techniques aux ingénieurs, designers, etc., de concrétiser le plus rapidement et efficacement possible leurs idées. Ces « laboratoires fabuleux » sont nés au MIT, l’institut de technologie du Massachusetts, au début des années 2000. Neil Gershenfeld y dispense un cours intitulé « How to make almost anything  », où il enseigne aux étudiants l’usage des machines à commandes numériques. Il veut en faire des acteurs plutôt que des consommateurs, et remettre la fabrication au cœur de l’apprentissage. Gershenfeld met à leur disposition savoirs et outils, et fixe les règles du jeu. Ce lieu doit être un espace partagé, une communauté où l’on échange les savoirs et les designs, un lieu ouvert sur les disciplines, la Cité et le monde. Le FabLab est né. Depuis, l’idée a fait florès. Il s’en est ouvert des dizaines partout sur la planète, y compris en France, où ils émergent en 2011. Seuls sont reconnus par le MIT ceux qui adhèrent à la charte. C’est le cas de celui de l’INSA, né au sein de Laboratoire

de génie de la conception, dont le but est de « créer du nouveau » : des objets qui n’existent pas encore, et les moyens d’y parvenir. Jean Renaud, Amadou Coulibaly et Denis Cavallucci planchent avec leurs étudiants sur les moyens de raccourcir la chaîne entre l’idée et l’objet. Autour de la grande table tactile, dont le laboratoire a développé lui-même le logiciel, quatre personnes peuvent élaborer ensemble un premier dessin. Il est ensuite transmis à l’ordinateur, où l’on peut retravailler les formes, puis envoyé à l’imprimante 3D, d’où sort un prototype en plasticine. Les étudiants se sont vite saisi de ce nouvel espace : ils ont imaginé une carafe qui verse l’eau en même temps que le sirop, une râpe à spaetzle réglable, des modules de prises électriques emboîtables qui remisent la triplette rigide et souvent vilaine, et des dizaines d’autres objets innovants, près à être présentés à des fabricants. Le FabLab est une réussite. «  La créativité est décuplée quand on donne les moyens de produire, explique Denis Cavallucci. Les idées ne se perdent plus… » CQFD.


I feel love

——— Par Cécile Becker ———

Les ex-Crocodiles devenus BangBangCockCock viennent de sortir leur premier EP auto-produit, Thank you for no Being a Dick ! Cinq titres entre pop et new wave, de quoi nourrir une mini-interview intersidérale avant la sortie du clip de Carry On.

Votre esthétique dénote une imagerie kitsch et cosmique : pourquoi ? Adrien Moerlen : Ça découle du clip Carry On : on voulait filmer sur fond vert et incruster des images dégueulasses. David Bowie, Flight of the Conchords nous ont inspiré, mais il faut dire que la boutique Fiesta Republic y est pour beaucoup. Logo, imagerie… BBCC serait-il une secte ? A.M. : J’aime bien le côté secte, c’est assez fascinant. Les Raëliens, je trouve ça magique. Côté cosmos, j’imagine qu’on tient un truc... Votre projet secret ? A.M. : Que tout le monde se donne de l’amour. Quel serait votre instrument fétiche ? A.M. : Un orgue de l’espace, transparent, à la Jean-Michel Jarre, qui pourrait d'ailleurs être notre gourou. Si ce n'est pas lui alors Zangief (Street Fighter, ndlr)... L’époque que vous vénéreriez ? A.M. : Les années 80, mais leur côté fun. Plus New Order que Joy Division Comment faire de l’ombre à Sébastien Tellier, gourou célèbre ? Thomas Lafont (le managraphe, contraction de manager et chorégraphe) : Et ben, on fera pas l’Eurovision. Autre secte : les hipsters. S’il y avait une bagarre entre vous, quelles armes utiliseriez-vous ? T.L. : Un vibromasseur. Stephan Nieser : La sincérité. ——— Thank you for not being a dick !, BBCC bangbangcockcock.bandcamp.com Le 20 avril à La Laiterie, dans le cadre du festival Artefacts à Strasbourg


Visuel : Jacco Gadner © Nick Helderman

CULTURE ZUT ! LIGHT SIDE OF THE MOON

MUSIQUE

MAÎTRE DE CÉRÉMONIE

FESTIVAL

Ça ne ressemblerait pas aux premiers rayons de soleil, là ? Pas de doute, le printemps fait son retour avec le festival Supersounds, qui bourgeonne du côté de Strasbourg, Colmar, Mulhouse et Freiburg. Sa riche programmation réunit Frustration, Feeling of Love, Zombie Zombie, Nils Frahm… et un coquelicot venu tout droit de Hollande : Jacco Gardner. Comme nombre de ses jeunes pairs – il a 25 ans -, il s’inspire des 60’s avec pour maîtres Syd Barrett, Love et The Zombies. Une musique élégante empreinte d’histoires sombres, dont Jacco Gardner joue et enregistre les moindres notes. Une pop baroque délivrée sur son album Cabinet of Curiosities, talisman de saison, qu’il interprétera dans notre cabinet de curiosités à nous : le Troc’afé. (C.B.) Festival Supersounds, du 20 mars au 10 mai à Colmar, Strasbourg, Mulhouse et Freiburg Jacco Gardner, le 8 avril au Troc’afé à Strasbourg www.hiero.fr

COMMENT ALLEZ-VOUS ?

MUSIQUE

On l’a connu tour à tour rappeur déjanté sur scène avec son amie Peaches, entertainer déchainé et harangueur des foules, producteur émérite, on a fini par découvrir le maître de musique, immensément cultivé, qui se passionne autant pour Chopin et Françoise Hardy que pour Daft Punk. Chilly Gonzales sait à peu près tout faire, avec un aplomb et une conviction qui peuvent surprendre ceux qui le découvrent ; il sait surtout émouvoir avec des pièces jazz mélancoliques composées au piano, qu’il interprète en solo tout en délicatesse, sans se priver toutefois de quelques facéties. Sa nouvelle tournée intègre les nouveaux éléments d’un répertoire qu’il vient d’élargir à l’occasion de la publication de Piano Solo II : des pièces miniatures dont il est le seul à détenir la clé. (E.A.) Chilly Gonzales, le 27 avril au Cheval Blanc à Schiltigheim www.ville-schiltigheim.fr

Pour Yan Gilg, artiste militant et directeur artistique de Mémoires vives, c’est une évidence : il faut parler d’une histoire à ne pas oublier et mixer les cultures. En résidence à Vendenheim, il monte un nouveau projet avec la rappeuse strasbourgeoise Sévère et les musiciens marseillais de la formation Naïas. Entre slam, rap et théâtre, Kerakoum est une immersion au cœur des relations franco-algériennes, entre colonisation et immigration, et transmet un message universel d’amitié. Dans un esprit de métissage, Kerakoum traverse deux cultures et mêle sonorités d’ici et de là-bas  : accordéon, mandole kabyle, oud, batterie et surtout langage. Rêves et déchirures, textes sensibles et ouverts… quand l’histoire se chante et continue de s’écrire. (C.B.) Kerakoum, le 26 avril à l’espace culturel de Vendenheim Un spectacle proposé dans le cadre des Ephémères, du 13 au 27 avril 03 88 59 45 50 ZUT ! 86


Visuel : Merlin l’enchanteur – Photo : Franck Beloncle

DANSE

DANSE MACABRE Bartabas, maître parmi les écuyers, n’est plus à présenter. Depuis plus d’un quart de siècle, il murmure à l’oreille des chevaux et apprivoise leur fougue pour créer des spectacles uniques et toujours plus époustouflants. Conjuguant musique, danse, comédie et dressage, ses créations se démarquent par leur authenticité et leur mysticisme bestial. 2013 sonne l’heure, pour le théâtre équestre Zingaro, de célébrer sous la toile du chapiteau la Fête des Morts, une tradition mexicaine ancestrale. Au son de l’orgue de barbarie et du tambour des chinchineros, le cheval se fait passeur et ange gardien vers l’audelà, pénétrant dans la danse effrénée de la vie humaine. Car honorer la mort, c’est aussi célébrer la vie et le cycle infiniment renaissant de toute chose. Calacas est une course sans fin débridée vers l’inconnu mais surtout une joyeuse fresque colorée. (C.T.) Calacas, du 12 au 30 avril au Parc expo de Mulhouse Un spectacle présenté par La Filature www.lafilature.org

3 QUESTIONS À…

THÉÂTRE

Julie Brochen Suite du cycle Graal Théâtre au TNS. Avec Gauvain et le Chevalier vert, héros malgré lui, Julie Brochen poursuit son exploration de l’œuvre littéraire magistrale de Florence Delay et Jacques Roubaud. Où se situe l’histoire de Gauvain dans le cycle ? Après les deux introductions au mythe, religieuse pour Joseph d’Arimathie et magique pour Merlin l’enchanteur, Gauvain marque le début du cycle des trois chevaliers [avec Lancelot et Perceval, ndlr] et des « temps aventureux » Qui est Gauvain ? C’est un chevalier particulier, qui séduit sans le vouloir, et rate beaucoup de choses parce qu’il s’endort toujours au mauvais moment. Il est un peu comme un ado, avec à la fois de la grâce et quelque chose de mal fini [rires]. Il est jeté dans un péril malgré lui, parce qu’il était là au mauvais moment, et devient chevalier par circonstance. Gauvain serait un bon amoureux dans une autre époque, il aimerait beaucoup le farniente italien ! Pourquoi adapter les dix pièces du cycle ? La folie et l’ambition des auteurs d’y consacrer toute leur vie. Avec Christian [Schiaretti, directeur du TNP de Villeurbanne, co-créateur du cycle, nldr], on avait l’envie de réunir un maximum de monde autour d’un champ poétique fort. Et à l’heure des restrictions budgétaires, il y avait l’envie de retrouver irresponsabilité et vigueur, comme les enfants quand ils jouent. Et c’est savoureux, tout simplement ! Une dernière chose à ajouter ? Une question : comment décapiter un acteur et faire en sorte que sa tête continue à parler ? Pour savoir, il faut venir voir la pièce ! (S.D.) Du 21 mai au 7 juin au TNS www.tns.fr

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Journal d’un fou, édition 2012 - Photo : Alexandre Schlub

CULTURE ZUT ! Photo : Cécile Baret

THÉÂTRE

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B AL ADE T HÉÂTR A LE

THÉÂTRE

C’est devenu LE rendez-vous des amoureux de théâtre. Pour la 8e fois, le festival Premières, co-piloté par Le-Maillon et le TNS, fait découvrir à un public désormais fidèle les jeunes metteurs en scène de demain. Spectacles d’école ou premières créations, il invite des artistes de toute l’Europe dans des conditions professionnelles, pour un panorama enthousiasmant de la jeune scène théâtrale. Pour achever de faire de ce festival un voyage de découverte et l’ouvrir encore plus sur l’Europe, il se délocalise cette année à Karlsruhe, où le Badisches Staatstheater accueillera des spectateurs strasbourgeois transportés en bus. Ne le ratez ! (S.D.) Premières, 6 au 10 juin au Staatstheater Karlsruhe www.festivalpremieres.eu

TRANSGENRES

Théâtre Lumière fête ses 20 ans. Parmi les auteurs qui ont conduit Christophe Feltz à non seulement faire du théâtre mais aussi créer sa propre compagnie, on trouve le dramaturge et scénariste Harold Pinter, Prix Nobel de Littérature en 2005. Avec la complicité de Chantal Richard, le metteur en scène réunit pour l’occasion des pièces courtes, rarement jouées, qui dressent avec une saisissante actualité le portrait d’« une société déshumanisée et d’un monde désemparé ». Une manière pour lui de cheminer vers l’auteur autour duquel il tourne depuis ses débuts « avec le projet sincère de monter un jour l’une de ses pièces », Samuel Beckett. En attendant Beckett, redécouvrons Harold Pinter ! (E.A.) Chacun son problème, de Harold Pinter du 21 au 25 mai au Taps Gare www.theatre-lumiere.com

UNHEIMLICH Si le terme n’était pas si galvaudé, on qualifierait sans doute cette création de la compagnie WHS d’originale. Pour exprimer l’impossibilité profonde pour les êtres de communiquer, Lähtö utilise le langage du cirque et de la danse, les arts visuels mais aussi les techniques traditionnelles de la magie et la technologie des capteurs. Grâce à elles, vêtements et objets s’animent, contribuant à créer un univers onirique, inquiétant et particulièrement esthétique. (S.D.) Lähtö, les 28 et 29 mars au Théâtre de Hautepierre billetterie@lesmigrateurs.org

ZUT ! 88


Visuel : .ici, d’Anil Eraslan Visuel : .ici, d’Anil Eraslan1

ZONE DE RENCONTRE

NOW !

EXPO

L’espace international du CEAAC invite le violoncelliste et photographe Anil Eraslan à rendre compte de sa résidence à Berlin à travers une improvisation visuelle et sonore. Sans présenter un travail documentaire sur une ville, Anil Eraslan s’attache à retranscrire une atmosphère. Il envisage images et sons comme une performance continue, sans véritable contrôle, et transforme temps, lieu et personnage en objets esthétiques. De la musique en deux dimensions. (C.B.)

Visuel : Molly

.ici d’Anil Eraslan, du 12 avril au 19 mai, à l’espace international du CEAAC www.ceaac.org

FESTIVAL

BATEAUX PHARES L’équinoxe marquera, on l’espère, le grand retour des Picon en terrasse. Pour une place au soleil, direction le quai des Pêcheurs et ses quatre péniches où il fait bon ivre. Top départ pour jouer des coudes et taper du pied en profitant des apéro-mixes, des spectacles, des concerts intimistes et des soirées électroniques du festival Spring Roll. Une 2e édition où l’on retrouvera, à la barre du Rafiot, Teki Latex, les amis estampillés Deep House du collectif Friendship, Mr Viktor, DJ d’Orelsan et Beat Assailant ou encore la belle Molly de chez Concrete. Du live à l’Atlantico avec les locaux de Grand March, du mix avec les Djs Ben G ou Aramis au Barco Latino, quelques surprises au Bacchus, une longue liste de festivités à ne pas manquer. Chaleur. (C.B.) Festival Spring Roll, du 20 au 31 mars quai des Pêcheurs à Strasbourg www.springroll.fr

EXPO C’est l’un des événements phares de la saison culturelle à Strasbourg, et il nous invite à un nouveau regard sur l’histoire. À un moment où les relations entre la France et l’Allemagne sont surtout tensions, l’exposition Interférences joue la carte de l’échange des idées et des savoirfaire. Elle dresse un panorama inédit des interactions architecturales et urbaines entre les deux pays, des lendemains de la Révolution française et de l’Empire à nos jours. Les commissaires ont choisi de parler d’interférences et non d’interactions, pour manifester la quasi-absence du politique dans ce domaine. Même pendant la période d’annexion de l’Alsace par la Lorraine, où le Reich pose sa marque, les influences ont toujours passé la frontière dans les deux sens, de Paris à Berlin et de Berlin à Paris. Comme le souligne Jean-Louis Cohen – cocommissaire de l’exposition, historien de l’architecture et enseignant à la NYU – le Palais du Rhin à Strasbourg, érigé sous le Guillaume II, emprunte largement à l’architecture hausmanienne ! Cette grande exposition d’art, d’architecture et d’histoire propose ainsi d’arpenter, au travers de 400 œuvres, la riche aventure de ces croisements. À l’heure où l’on fête le cinquantenaire du traité de l’Élysée, elle propose d’envisager différemment les rapports qu’entretiennent les deux pays. Proposition qui se prolonge dans les autres musées de Strasbourg et dans toute la ville… (V.S.-G.) Interférences, Architecture. Allemagne-France 1800-2000 Du 30 mars au 21 juillet au musée d’Art moderne et contemporain www.strasbourg.musees.eu

89 ZUT !


CULTURE ZUT ! Photo : Christophe Raynaud de Lage

THÉÂTRE

SOS MAMAN ! E N (H)AUTE UR

CIRQUE

Au fil des éditions, 18 désormais, Pisteurs d’étoiles a su s’imposer comme un rendezvous incontournable pour le cirque d’auteur. À telle enseigne qu’en collaboration avec l’association strasbourgeoise Les Migrateurs, le festival vient d’obtenir le label Pôle National des arts du cirque. L’affiche 2013 s’inscrit dans cette démarche d’excellence et accueille le meilleur de la création. Focus cette année sur la Catalogne, avec six compagnies, sur la Suède, dont on voit rarement les artistes, sur les écoles et la jeune scène. Pisteurs d’étoiles accueille également le Mix Acrobatic Theater de Taïwan pour ses seules dates en France. Une programmation éclectique, à l’évidence. Et ce qui est bien avec le nouveau cirque, c’est que les spectacles sont toujours à la fois pointus et populaires ! (S.D.) Pisteurs d’étoiles, du 30 avril au 11 mai à Obernai www.pisteursdetoiles.com

Marzeille et Perpignan sont deux frères qui, depuis quelques temps, sont livrés à euxmêmes aux portes de l’adolescence. Depuis que leur papa a claqué la porte de leur maison en bord de mer, leur maman n’est plus la même. Vite, il faut la sauver de la folie qui la guette ! Alternant récits, monologues intérieurs et passages dialogués, Gilles Granouillet nous embarque dans la « folle journée  » de ces deux mômes, à la découverte du monde des adultes. Une histoire simple qui dévoile un attendrissant récit d’apprentissage entre épreuves, révélations et désillusions. Pas facile de devenir grand ! (C.T.) Ma mère qui chantait sur un phare de Gilles Granouillet, le 3 et 4 mai à 20h30 et le 5 mai à 17h au Taps Scala de Strasbourg www.taps.strasbourg.eu

DANSE David Rolland, L'Étranger au paradis © Anima productions

HISTORY REPEATING D’où venons-nous ? Dans quelle histoire intime et universelle nous inscrivons-nous  ? Et ce terrain nous construit-il ? Les 22 chorégraphes et performers invités de Nouvelles Strasbourg Danse Performance, LE rendez-vous des amateurs de danse de la région propulsé par Pôle Sud, se questionnent sur leurs origines et revisitent l’histoire, chacun avec leur langage. François Verret se penche ainsi sur la Grande Guerre, Mathilde Monnier sur les marathons de danse de la Grande Dépression, József Trefeli se replonge dans les danses folkloriques hongroises, Fatou Cissé et Andreya Ouemba dans les clichés que véhicule encore un Sénégal en plein changement… En somme, un festival de propositions à se replonger dans le passé pour inventer le présent et le futur. (S.D.) Nouvelles Strasbourg Danse Performance, du 21 au 31 mai www.pole-sud.fr

ZUT ! 90


brokism + bentz

“   L’élégance à la française, le net plus ultra ” ———— Vogue janvier 2013 ————

www.zut-magazine.com


Modèles : Rick Owens

Rick Owens Paul Smith Dsquared2 Kris Van Assche Diane Von Fürstenberg Red Valentino Church’s Barbour Marc Cain Parajumpers Allude Bleu de Chauffe Patrizia Pepe

PRÊT-À-PORTER - CHAUSSURES - ACCESSOIRES - BEAUTÉ

6 rue Gutenberg - 67000 Strasbourg - 03 88 23 61 61


Z Te n d a n c e s

brokism + bentz

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PHOTOGRAPHE A le x is D e lon / P re v ie w w w w. p re v ie w -tm . f r R É A L I S AT I O N M yria m C om m ot-D e lon

H E RO E S Du rose pour la douceur, des roses pour le printemps, d es couleurs saturées de pigments et des lignes graphiques signent la voie d’un nouveau style, moderne et romantique.

Robe en soie MIU MIU chez Ultima prêt-à-porter. Roses chez AU NOM DE LA ROSE.

95 ZUT !


Maillot de bain bustier à double zip ERES chez Alice Lange Le Boudoir. Bracelets Diva et Miss, collection Impressionist Flowers, FREY WILLE. Coiffure : coloration temporaire Color Bug, nouvelles couleurs 2013, KEVIN MURPHY. Couleur éphémère à réaliser en salon ou disponible à la vente chez AVILA, 69 rue des Grandes Arcades - 03 88 23 05 43

ZUT ! 96


Robe en soie et pochette bicolore CÉLINE et sandales compensées en tissu ottoman STELLA MCCARTNEY chez Albe.

97 ZUT !


Top frangé FENDI chez Ultima prêt-à-porter. Bas de maillot de bain ERES chez Alice Lange Le Boudoir. Sandales GIANVITO ROSSI chez Ultima2.

ZUT ! 98


Veste et pantalon BARBARA BUI chez l’Altra. Haut de maillot de bain bandeau ERES chez Alice Lange Le Boudoir. Escarpins SAINT LAURENT PARIS chez Ultima. Bracelet en or jaune Love, porté ouvert, CARTIER.

99 ZUT !


ZUT ! 100


Robe A.FRIEND by A.F.VANDEVORST chez K.Collections. Collier en or blanc et diamants MONTBLANC.

101 ZUT !


Smoking bleu nuit Ă double col en satin noir PAUL SMITH BLACK chez Algorithme La Loggia. Sandales en satin bleu nuit PRADA chez Ultima2. Collier en or blanc et diamants MONT BLANC. Soutien-gorge STUDIO LA PERLA chez Alice Lange Le Boudoir. Roses chez AU NOM DE LA ROSE.

ZUT ! 102


Tunique en soie fleurie TSUMORI CHISATO chez K.Collections. Dessous, maillot de bain bustier ERES chez Alice Lange Le Boudoir. Sandales en caoutchouc MELISSA chez K.Collections. Bracelets FREY WILLE.

103 ZUT !


Combinaison pantalon MAISON MARTIN MARGIELA et veste HERNO, les deux chez chez K.Collections. Escarpins SAINT LAURENT PARIS chez Ultima. Lunettes solaires à monture dorée LINDA FARROW LUXE chez Opticiens Maurice Frères. Sautoir Love en or jaune, CARTIER.

ZUT ! 104


Robe, sac en cuir végétal et sandales compensées, STELLA MCCARTNEY chez Albe. Bracelet Love, ouvert, en or jaune, CARTIER.

105 ZUT !


ZUT ! 106


COIFFEUR Alexandre Lesmes / Avila www.facebook.com/avilafactory Coiffure réalisée avec la coloration temporaire Color Bug de Kevin Murphy www.kevinmurphy.com.au MAKE-UP ARTIST Jacques Uzzardi / www.jacquesuzzardi.com Maquillage réalisé avec les produits MAC / Galeries Lafayette www.galerieslafayette.com MANNEQUIN Laura Savicka / Studio KLRP www.studioklrp.com POST-PROD Camille Vogeleisen et Emmanuel Van Hecke / Preview ASSISTANTE STYLISME Justine Goepfert

Robe bustier extra longue, en jersey de coton imprimé cosmique, TSUMORI CHISATO chez K.Collections. Sautoir en or jaune Love CARTIER. Roses chez AU NOM DE LA ROSE.

107 ZUT !


CRÉATEUR

RAF(TING)

QUI D’AUTRE QUE RAF SIMONS POUR SL ALOMER AVEC JUSTESSE ENTRE DIOR ET ADIDAS ?

— Navigation urbaine

——— Par Par Myriam Commot-Delon ———

Designer industriel de formation et chantre d’un minimalisme au raffinement extrême, Raf Simons a réussi à redonner à Dior une fraicheur printanière. Comment ? En revenant aux fondamentaux et à l’ADN de la maison de couture, après des années de show off et d’exubérance sous la houlette du fantasque et borderline John Galliano. Depuis 2005, Raf Simons était le directeur créatif de Jil Sander ; il avait donné à la marque allemande un nouvel envol. Pour piloter le blockbuster Dior, il a enfilé sa carapace de Kevlar et opéré, depuis son arrivée en juillet 2012, un virage technique et cérébral, tout juste flanqué de deux assistants. Simplicité. — Classification

En rafting, les rapides en eaux vives sont classées par catégorie, de 1 à 6. La dernière est la plus dangereuse, réputé innavigable. Chez Dior, Raf Simons est le 6e créateur à prendre la responsabilité de la haute couture. Grand admirateur de Christian Dior, il en a respecté l’héritage, sans s’y perdre. Le résultat est moderne, et le mot a son importance pour ce collectionneur de mobilier moderniste. — En amont

En 1947, Monsieur Dior révolutionne la mode. Les lignes Corolle et Grand Huit voient le jour. Le New look et ses lignes florales sont ensuite gommées, d’abord au profit de la ligne H, dite Haricot vert, puis de la ligne Fuseau en 1957. Ce sera sa dernière collection, élaborée avec un jeune stagiaire : Yves Saint Laurent. Un parcours de 10 ans et un mythe : le New Look, qui ne peut se résumer à une seule silhouette, est une révolution vestimentaire. En 2013, Raf Simons est à son tour considéré comme l’un des créateurs de mode masculine les plus influents des 10 dernières années. ZUT ! 108

— Eaux vives

Performers, designers, architectes, musiciens et artistes l’inspirent. Photographe, il immortalise de jeunes garçons castés dans les rues anversoises. L’art contemporain et le mobilier moderniste passionnent cet esthète qui les met en scène dans sa propre maison, un duplex lumineux aux lignes nettes, où le bois et le blanc servent d’écrin à ses collections. La mode s’est imposée à lui lors du défilé de l’un de ses compatriotes, Martin Margiela. — Insubmersible

Raf Simons a gardé son propre label après la prise de ses nouvelles fonctions chez Dior. La ligne masculine et la femme Dior vivent depuis une liaison judicieuse. Aucune schizophrénie, l’une se nourrit de l’autre. C’est la métaphore de l’orchidée. Une fleur attire l’insecte, l’enferme

le temps de la fécondation et le libère ensuite. Proche du ready-made, ses accumulations de fleurs n’ont pas de fonction décorative, elles s’inscrivent dans une approche dadaïste. Lors de son dernier défilé pour Jil Sander, il avait accumulé des fleurs dans des boites-vitrines. Lors du défilé haute couture Dior printempsété 2013, le décor était recouvert d’un million de fleurs : des roses, des dahlias, des pivoines et… des orchidées. — Vague

Tout est question d’équilibre. À la source, la veste Bar, pièce emblématique du New Look. Selon Raf Simons, elle se mue en mini robe. Les pastels s’emparent du sac Lady Dior – tonalités préférées des deux couturiers – et se parent de touches vives et métallisées. Mélanger le quotidien avec l’extraordinaire, la grâce à la netteté des


lignes. De larges rayures géométrisent la ligne. Cet été, un short se glisse sous une jupe de satin. Les robes sont raccourcies, et quand elles ne le sont pas, de simplissimes body noirs de danseuse accompagnent d’amples jupons. Une preuve : Beyoncé, photographiée en couverture de The Gentlewoman, n’a jamais été aussi belle qu’en Dior par Raf Simons. Pureté et modernité. Côté catwalk, les yeux ou les lèvres s’ornent de strass et les cheveux se portent à la garçonne. Une femme déterminée, sûre d’elle, hier comme aujourd’hui. Les talons sont vertigineux, l’allure domine. Le floral est en interrelation avec la géométrie. Paradoxal et vivifiant.

Photos du défilé Dior prêt-à-porter printemps-été 2013 : Tony Trichanh

ADIDAS by Raf Simons ——

Baskets édition limitée, saison automne-hiver 2013-2014

— Slalom

Il collabore depuis huit ans avec la marque anglaise Fred Perry, et depuis quatre saisons avec la marque américaine Eastpak – où il fait grandir le sac symbole de nos années lycée en lui donnant des airs sophistiqués grâce au satin graphique. Et aussi avec Asics, lui qui aime plus que tout décaler les silhouettes épurées de sa collection homme avec des chaussures avant-gardistes et techniques. Cette année, ce sera sa première saison avec l’équipementier Adidas. Il signe une collection de sneakers aux lignes sportives, qui s’inscrit dans la ligne Adidas performance aux côtés de Stella McCartney. Les cinq modèles, déclinables en trois couleurs seront disponibles à partir du mois de juillet.

—— Christian Dior chez Ultima Prêt-à-porter 4, petite rue de l’Eglise 03 88 21 91 66 www.ultima-mode.com

109 ZUT !


H O R L O G E R I E

PAR Myriam Commot-Delon

Nid une

PHOTOS Alexis Delon / Preview

Vous cherchez l’oiseau rare ? Une montre de haut vol pour donner des ailes à des poignets virils et raffinés ? Voici deux des plus beaux spécimens de la saison.

Montre Nicolas Rieussec Monopusher Chronograph, MONTBLANC Modèle inspiré par l’horloger français Nicolas Rieussec, inventeur du premier chronographe. Remontage manuel, calibre Montblanc MB R100, compteurs du chronographe avec disques rotatifs, bracelet en cuir d’alligator noir.

ZUT ! 110


Nid deux

Montre Santos-Dumont Squelette, CARTIER. En hommage à la montre créée par Louis Cartier pour son ami, l’aviateur Alberto Santos-Dumont, en 1904. Remontage manuel, calibre 9611 MC, or gris et cuir d’alligator. Édition spéciale du Salon International de la Haute Horlogerie. Birds, oiseaux soufflés bouche, (1972) design Oiva Toikka par IITTALA à La Maison Scandinave

111 ZUT !


MUST Réalisation Myriam Commot-Delon —— Photo Alexis Delon / Preview —— Modèle Sacha D.

HAND-CRAFTED Notre premier must du printemps, ce sera lui.

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FICHE TECHNIQUE • Sac à dos de coursier, Ateliers Heschung x Bleu de Chauffe • Cuir de vachette Yucatan revêtu d’un apprêt de paraffine, tannage végétal • Dim : 45 x 36 x 7,5 cm • Extérieur : poche zippée • Intérieur : poche grand format et divers aménagements intérieurs. • Caractéristiques : l’aspect vieilli doit être entretenu en brossant régulièrement avec une brosse douce • Fabrication française • Prix : 595 € • e-shop : www.heschung.com ----------------------------------------------Le sac Ateliers Heschung x Bleu de Chauffe en exclusivité chez Heschung Bleu de Chauffe est distribué à Strasbourg chez Algorithme La Loggia 6, rue Gutenberg - 03 88 23 61 61 www.algorithmelaloggia.com

ZUT ! 112

On aimait déjà le bel esprit Workwear que Thierry Batteux et un ami designer ont insufflé à Bleu de Chauffe, un label de maroquinerie conçu entre l’Alsace et l’Aveyron : un concentré de sacs de métiers et d’accessoires aux lignes puristes et à la conscience écologique, adulé par les hipsters. Et aujourd’hui on se pâme devant leur sac à dos de coursier réalisé en cuir de vachette Yucatan par Pierre Heschung et ses ateliers alsaciens. Des matériaux nobles, du fait main, de l’authenticité, de la proximité… Qui doutait qu’une collab 100 % alsacienne pouvait être hype ? Cette saison, c’est grand bleu chez Ateliers Heschung x Bleu de Chauffe.


Conception graphique : Chic Medias - Modèle et sac Dior

PRÊT À PORTER / CHAUSSURES / ACCESSOIRES / HOMMES & FEMMES

ULTIMA

3, 4 et 8 petite rue de l’Église Strasbourg 03 88 21 91 66

ULTIMA bis

34, rue Thomann Strasbourg 03 90 22 19 23

DIOR / PRADA / MIU MIU / DOLCE GABBANA / SAINT LAURENT PARIS / FENDI / BALENCIAGA / GIVENCHY / ISABEL MARANT KARL LAGERFELD / PIERRE BALMAIN / JIMMY CHOO / GIANVITO ROSSI / CÉLINE / GIUSEPPE ZANOTTI / SERGIO ROSSI / MARC JACOBS / GUCCI / CHLOÉ / TOD’S / HOGAN / MONCLER / HIGH / FAITH / J BRAND / STUART WEITZMAN / ROBERT CLERGERIE / REPETTO / ASH SACS DIOR / PRADA / MIU MIU / DOLCE GABBANA / SAINT LAURENT PARIS / FENDI / BALENCIAGA / TOD’S / REPETTO.

WWW.U LTI MA-MOD E.COM


Blouson Slim Taylor JKT et jean en denim usé et délavé, polo en maille, le tout G.STAR RAW, www.g-star.com. Mocassin Apache Hunting Petrol Ripple en velours hunting, laçage cuir et semelle Vibram, ATELIER HESCHUNG, www.heschung.com. Skateboard, réf : 7625, SLIDEBOX, www.slidebox.fr.

Photographe Alexis Delon / Preview Réalisation Myriam Commot-Delon Mannequin Arnaud Schmitt Post-prod Camille Vogeleisen et Emmanuel Van Hecke / Preview Assistante photo Laurianne Rieffel-Kast / Preview Assistante stylisme Justine Goepfert

ZUT ! 114


Manteau en tissu technique à capuche, t-shirt long sous un pull sans manches en maille ajourée, pantacourt, RICK OWENS. Spartiates, zip arrière, KRIS VAN ASSCHE, le tout chez Algorithme. Skateboard SLIDEBOX.

115 ZUT !


T-shirt en coton sérigraphié Modern XIV, édition limitée (150 ex.), made in France, WEST GATE PARK, www.westgatepark.fr. Bermuda en coton écossais SUPERDRY. Slippers peints à la main en soie et cuir VIVIENNE WESTWOOD chez Revenge Hom, http://revenge-hom.com. Casquette KREW et skateboard, les deux chez Slidebox.

ZUT ! 116


Veste et pantalon HENRY COTTONS, chemise VAN LAACK, chèche imprimé et baskets running PAUL SMITH, le tout chez Boutique Dôme. Skateboard cruiser Globe Bantam ST et casquette CARHARTT, les deux chez Slidebox.

117 ZUT !


Blouson zippé en cuir et pantalon Punacho en toile kaki FREEMAN T PORTER, www.freemantporter.com. Casquette KREW et skateboard SLIDEBOX. Bottines Malko Velours Taupe Ravel en cuir lisse et nubuck, cousu norvégien, HESCHUNG. T-shirt en coton sérigraphié Modern XIV, édition limitée (150 ex.), made in France, WEST GATE PARK, www.westgatepark.fr.

ZUT ! 118


Costume surmesures, modèle 3 pièces en denim et élasthanne, boutonnage et coutures contrastées, chemise en coton à carreaux, pochette et nœud papillon en soie, le tout chez Xavier Hédoire, www.xavierhedoire.com. Boutons de manchette Globe RTT by TATEOSSIAN chez Revenge Hom. Sneakers Sand Hunting Petrol Street, modèle à deux œillets et semelle gomme (existe aussi en marine), HESCHUNG. Skateboard, SLIDEBOX.

119 ZUT !


Costume bermuda et chemise à col lavallière VIVIENNE WESTWOOD, bottines CARMINA, le tout chez Revenge Hom. Chaussettes en fil d’Écosse HESCHUNG. Lunettes solaires, série limitée Reflex, PERSOL chez Opticiens Maurice Frères. Skateboard SLIDEBOX.

ZUT ! 120


Blouson en nylon matelassé et bermuda chino SUPERDRY. T-shirt en coton sérigraphié, WGP 01, WEST GATE PARK. Lunettes de soleil THIERRY LASRY X GARRETT LEIGHT chez Opticiens Maurice Frères. Sac PAUL SMITH chez Algorithme. Mocassin Mustang Horse cognac Ripple, ATELIER HESCHUNG. Skateboard cruiser Globe Bantam ST et casquette CARHARTT, les deux chez Slidebox.

121 ZUT !


M O D E

En f i n l e p r i n t e m p s Après deux ans de travaux et une attente sans égal, les Strasbourgeois découvrent enfin leur nouvel écrin mode au Printemps.

—— Réalisation Caroline Lévy ——

Aussi audacieux par son habillage extérieur que par son intérieur inspiré d’hôtels particuliers précieux, le grand magasin se veut volontairement intimiste. Sur sept étages, les griffes de luxe – souvent exclusives – se succèdent avec élégance dans une ambiance cosy. Coup de projecteur sur nos incontournables.

Maria Luisa Pygmalion mode

Acheteuse, sélectionneuse et fondatrice d’une boutique éponyme. Elle est l’actuelle Fashion Editor du Printemps, mondialement reconnue pour un flair inimitable qui déniche les créateurs de demain. Installée depuis 2009 au Printemps Haussmann, son « concept-store » multimarque intégré se décline pour la première fois en dehors de Paris. Strasbourg lui dit merci !

— Andro chic —

— Preppy structural —

— Swedish minimal —

La griffe autrichienne Helmut Lang bouscule les codes de la mode. En s’inspirant du vestiaire masculin et féminin dans un futurisme transgenre, elle surfe sans cesse sur l’ambiguïté.

Avec l’arrivée de son prolifique directeur artistique, Guillaume Henry, Carven a retrouvé les lettres de noblesse qui font d’elle la marque française du moment.

Précurseur en matière de denim, la marque scandinave Acne joue sur les structures et les couleurs, avec un avant-gardisme déroutant.

On craque aussi pour les griffes françaises furieusement modernes comme Isabel Marant, Vanessa Bruno, Paule Ka…

— Coup de pied dans le luxe — Prodige de la shoes, François Najar investit l’espace Souliers du Printemps et présente en exclusivité ses modèles intemporels et élégants à la cambrure idéale, qui a fait sa réputation !

— Nez doux — Sur 500 m2, la Belle Parfumerie accueille fragrances rares et jus d’exception. On retrouve notamment en exclusivité le parfumeur parisien Diptyque, pour un paysage olfactif singulier.

Printemps Strasbourg 1-5, rue de la Haute-Montée - 03 69 71 40 75 www.printemps.com ZUT ! 122


Suspension A338 (Alvar Aalto, Artek)

The Puffin by Kay Bojesen (Rosendahl)

Set de table Siena (abc Collection, Artek)

Tabouret E60 (Alvar Aalto, Artek)

5 quai des Pêcheurs, 67000 Strasbourg · Tél. 06 08 86 67 30 · info@lamaisonscandinave.fr www.lamaisonscandinave.fr · Horaires d’ouverture: mardi – samedi 10h – 18h30

PA r q u E t s

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ZAC VENDENHEIM - 21, rue du chemin de fer 67450 Lampertheim - 03 88 18 20 01 - www.forgiarini-bois.net


M O D E

Copié-collé

PAR Myriam Commot-Delon

— J o d i e Fo s t e r —

B a d t r i p , Ye l l o w C a b e t t o p c r o p p e d

ILLUSTRATION Isaac Bonan

Capeline en paille LUCA DELLA LAMA chez Il Salone, 99 € ______ Cardigan court en coton PIANURA STUDIO chez Vicino, 122 € ______

Top rose fleuri PIANURA STUDIO chez Vicino, 178 € ______

Short corail en coton et élasthanne, G-STAR RAW, 79,90 € ______

Sac en patchwork en cuir et tissu MALIPARMI chez Vicino, 413 € ______

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Sandales compensées FRU.IT chez Il Salone, 239 € ______

Parfum Iris Nobile AQUA DI PARMA au Printemps, 105 € les 75ml ______

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Maillot de bain deux pièces PAIN DE SUCRE chez Alice Lange Le Boudoir, 146 € ______


CANALI ALLEGRI VAN LAACK CERRUTI HENRY COTTON’S CHURCH’S PAUL SMITH CORNELIANI SMALTO ROY ROGER’S HILTL

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A C C E S S O I R E S

Tip, tap, t’entends mes pas *

ILLUSTRATION Isaac Bonan

Du plat ultraconfortable, c’est une bonne idée pour démarrer le printemps, non ? Une sélection de petits souliers printaniers à chausser en toute décontraction, pour imiter l’allure cool et sixties de Françoise Hardy.

Derbys en cuir verni (existent en bleu pâle) MONA, 110 €

Ballerines en cuir caramel et tissu CARVEN chez Albe, 175 €

* Titre extrait de l’album Musique saoule de Françoise Hardy (1978)

PAR Myriam Commot-Delon

Ballerines métallisées SERGIO ROSSI chez Ultima bis, 395 € Packshots Preview Image Maker / www.preview-tm.fr

Ballerines pliables MEHER KAKALIA chez Albe, 145 €

Sandales JANET & JANET chez Il Salone, 179 €

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Ballerines en cuir et strass MONA, 185 €

Derbys en raphia, ROBERT CLERGERIE chez Ultima bis, 300 €

Sandales à découpe étoile strassée MONA, 169 €


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PAR Myriam Commot-Delon

Photo Preview Image Maker / www.preview-tm.fr // Assistante stylisme Justine Goepfert

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S H O P P I N G

kit de survie — pour une pyjama party —

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J O H N G A L L I A N O • P R I M A D O N N A • R A C H E L PA P P O • S I M O N E P É R È L E PA I N D E S U C R E • L I S E C H A R M E L • W A C O A L • L A P E R L A • E R E S • F E R A U D A N T I G E L • I M P L I C I T E • O S C A L I T O • C H A N TA L T H O M A S S • V E R D E V E R O N I C A

LI N G E R I E • MAI LLOTS D E BAI N • LI N G E R I E D E N U I T • P R OTHÈS E S MAM MAI R E S

4, rue de l'Out re - S t r a sb o u r g - 03 8 8 22 6 9 83


Wa n t e d

G.Star Raw

1 A Crotch est la nouvelle collection capsule disponible en mars. La ligne est construite pour suivre les mouvements du corps : c’est beau, c’est workwear, c’est abrasif, c’est explosif et c’est une série limitée. Et pour ne rien rater des nouveaux arrivages régulièrement injectés dans la collection en cours, surveillez leur facebook ! facebook.com/GStarRawStrasbourg

— Quoi de neuf ? —

2 J Brand est le nouveau Levis. Un denim de luxe ultra confortable et plus que parfait. K.Collections, le multi-marques pointu de Colmar, est le repère préféré de ce jean indispensable et adoré par le tout Hollywood.

Ultima 

New Arrival ! La grande ligne d’Isabel Marant fait son entrée chez Ultima. Ça va rocker, dégainer et l’allure va être over sexy, entre flore tropicale et imprimé folk. Yeah ! 4, petite rue de l’Église www.ultima-mode.com

ZUT ! 130

Albe 

K Collections

Jean Slick J Brand, collection printemps-été 2013

4

3

Céline, Stella McCartney, Carven, Étoile d’Isabel Marant, Jérôme Dreyfuss, Paul Smith ou Chloé… Une sélection de rêve orchestrée par Micheline Christophe, prêtresse d’un chic effortless, arty et minimal. C’est toujours fusant et d’une classe folle. 16, rue des Juifs 03 88 36 88 16

5

Nuances de gris, motif floral, couleurs sorbets ou rayures Buren ? Le télescopage est décidemment le terrain de jeu préféré de Sandrine Meyer. Un sujet bien maitrisé et rythmé qui mixe avec peps Pianura Studio, Annette Görtz, Tricot Chic, Liu.Jo ou Marccain. Avec ce printemps, une mention spéciale pour le vestiaire bohème-chic de Twin-Set de Simona Barbieri et cette robe-pull au jacquard digne d’une mosaïque Bisazza ! 6, rue Frédéric Piton 03 88 23 19 39

Photo : Daria Werbowy photographiée par David Sims pour Céline, collection printemps-été 2013

M O D E

Vicino 


Calligaris, agenceur d’espaces de vie dans le pur esprit du design italien


D R E S S I N G

Com e as you are Zut ! se glisse dans le dressing des filles (ou des garçons !). Une envie qui nous taraudait depuis longtemps...

Par Myriam Commot-Delon ——— Photos Tony Trichanh

Du blog, du web tes préférés ?

ZUT ! 132

leblogdebetty.com tokyobanhbao.com theblondesalad.com afterdrk.com camilleovertherainbow.com asos.fr


Andriana Chiriac ---

Passeport, mademoiselle !

J’ai 22 ans. Originaire de Moldavie, je vis à Strasbourg depuis que mes parents s’y sont installés, il y a une douzaine d’années, pour travailler auprès des institutions européennes. Je suis étudiante en droit, en parallèle je travaille chez Sandro et je tiens aussi un blog mode, La Voguette : ma petite entreprise familiale ! Mon frère s’occupe de l’intendance et ma maman est ma photographe attitrée. Comme j’ai suivi des cours de photo, je la coache sur les prises de vue ! Le bonus c’est qu’elle est toujours là pour me motiver quand j’ai la flemme de poster une photo ! www.lavoguette.com

Ta devise ?

« Effortless », chic et surtout confortable !

Ton uniforme ?

Minimaliste avec des flashs de couleur.

Ta pièce de prédilection ?

La veste. J’en ai trop, mais je n’arrive pas à me raisonner : c’est la pierre angulaire de tous mes looks. Je les cumule jusqu’à l’overdose et mon placard, je l’avoue, commence à montrer des signes de faiblesse !

Un sac, des sacs ou pas de sac ?

Des... peut être même un peu trop ! Souvent sombres… J’ai un panel de modèles, oscillants du noir jais au gris, mais mon préféré est ce Céline Luggage noir, dans lequel je glisse mes cours, mon iPad ou mon Nikon…

Toutes griffes dehors ou pas ?

Plutôt pas, à part des baskets ou des gadgets – la plupart du temps offerts par mon fiancé. La pièce de mon dressing la plus funky et identifiable reste mon weekend bag Vuitton, tagué par Stephen Sprouse en 2008. J’aime ces pièces qui décloisonnent la mode, et Marc Jacobs maitrise à merveille le vocabulaire arty fashion, non ?

À talons ou à plat ?

À plat ! Des ballerines à nœuds-nœuds, des Converse, des baskets « techniques », uniques ou excentriques (dont un modèle Nike avec son nom monogrammé ou, chez Adidas, une paire de Jeremy Scott funky façon nounours psychédélique et plusieurs Stella McCartney), des bottes cavalières Heschung… Et pour le soir, quelques talons, de préférence compensés. Les sneakers Isabel Marant sont ultra confortables, c’est ma révélation talons ! J’en ai une paire en cuir et serpent noir et je viens de craquer pour cette version en daim sable.

Ta fashion fixette ?

Les souris et les chatons ! [Traduction : Les ballerines Souris Marc by Marc Jacobs et des gadgets et figurines HK, avec une mention spéciale pour une peluche Hello Kitty sans oreilles, dénichée chez Colette, et un distributeur Pez géant vide, ndlr]

Tes rituels beauté ?

No make-up mais souvent un lipstick YSL bien pigmenté. Pour mes cheveux longs, une nette inclinaison pour l’hair libre et wavy.

Tes achats de printemps ?

Une petite veste type « Chanel  » et une mini jupe en guipure noire doublée de soie fluo chez Sandro, l’incontournable chemise à rayures de la saison shoppée chez Zara, une blouse rose fluo et plissée chez Cos et des tennis cloutés Miu Miu, avec une semelle type Converse, repérés et sur ma liste d’attente…

Tes icônes ?

Front row ? Anna Wintour et Carine Roitfield !

Tes adresses intra-muros ?

Albe pour Céline et Isabel Marant. Ultima est mon QG incontournable pour les chaussures. Je passe régulièrement chez Zara et H&M pour les basiques, chez Cos pour des pièces plus épurées et créateur à prix tout doux. Sans oublier Minelli, Mango, Maje et Iro.

133 ZUT !


FA S H I O N

S T R E E T

Début mars, la Fashion week initiée par l’École de Management a donné lieu à un florilège de styles, d’ateliers décalés et de défilés ultralookés. —— Par Caroline Lévy ——

Ur b a n St y l e s ——— Julie, 18 ans Avec sa chemise oversize certainement piquée à un vestiaire masculin, elle ose l’accessoire arty. À son nœud pap’ et sa pochette en canevas du créateur strasbourgeois Monsieur Renard, elle ajoute une touche street avec une paire de Vans, pour un look plus jeune et Julie !

ZUT ! 134


——— Gautier, 21 ans Sans chemise ouverte, mais avec chaîne en or qui brille, l’étudiant fait le show en dehors du catwalk. Petit blouson camel et desert boots sobres pour accompagner un t-shirt d’inspiration jungle : sur l’arche de Gautier, on a trouvé une bête de mode !

——— Marie, 19 ans Mixer les motifs ne semble pas effrayer cette jolie porte-étendard du Bureau des Arts de l’école, qu’elle affiche sur son top loose. Elle ose l’empilement audacieux d’imprimés, du legging aux chaussettes, le tout relevé d’une veste en denim chinée. Elle assure.

——— Estelle, 21 ans Preppy à souhait, l’une des nombreuses organisatrices de l’événement a définitivement le sens du style ! Derbies vernies et col claudine discret, la silhouette d’Estelle est joliment relevée d’un bun élégant. On EM !

——— Julia, 21 ans L’énergumène à la personnalité bien trempée assume sa street mood du jour. Quand le confort prend le dessus, la modeuse dégaine une paire de Air Jordan et un bonnet à l’effigie des Ducks… mais elle opte pour une manucure parfaite et un tie & day capillaire tout juste rafraîchi, s’il vous plaît ! http://therealjulicius.tumblr.com

135 ZUT !


TENDANCES ZUT ! L’ANTRE DES MERVEILLES PARFUMS

JOAILLERIE

LA VIE EN ROSE Quand il ne se décontracte pas en créant « des petites têtes de morts » dans sa boutique-atelier nichée au pied de la cathédrale, qu’il ne voyage pas à travers le monde pour y trouver gemmes et inspiration, Éric Humbert aime revenir aux fondamentaux de la joaillerie et à ses racines. Après les Bijoux-Bretzels, Rosaces est le deuxième volet de sa collection «  Retour aux sources ». Cette nouvelle ligne épurée, empreinte de modernité, de féminité et de symbolisme, a déjà tout d’un «  nouveau classique  ». Un retour à l’essence même du bijou et un nouveau talisman en hommage à la cathédrale et à la délicate rosace qui en orne le frontispice. Une collection joaillière florale et inspirée, aux lignes douces et arrondies, presque enfantines, dont le cœur plein pourra être gravé à l’arrière d’un mot doux, d’une date précieuse... Elle se décline aussi en haute-joaillerie, avec ce pendentif raffiné en or blanc et serti de 40 brillants, de taille à envoûter tous les regards et dont la finesse insolente risque de faire tourner plus d’une tête. (M.C.D.) Collection Rosaces / « Retour aux Sources » joaillerie Éric Humbert 46, rue des Hallebardes 03 88 32 43 05 www.eric-humbert.com

ZUT ! 136

Le 19 janvier dernier, les amoureux de parfum ont dû sentir leur cœur bondir. Après une longue traversée du désert olfactif, certaines des plus belles marques de la parfumerie, jusqu’ici introuvables à Strasbourg, sont désormais à leur (Ombres) portée(s). La boutique lilloise, référence en la matière, installe ici une belle sélection de niche : Odin, Byredo, Miller Harris (dont le joli L’Air de rien, créé pour Jane Birkin), Parfums d’empire, le charmant poudré Ombre rose de Jean-Charles Brosseau, et bientôt Diptyque. On y trouve aussi la collection Acqua di Parma, Penhaligon’s et les éditions Frédéric Malle, ainsi que les belles bougies parfumées créées par la maison, qui évoquent lieux et souvenirs de Lille. Un jardin regorgeant de créations subtiles et soignées, à qui l’on doit notre plus belle découverte depuis longtemps : Arquiste, ligne impressionniste lancée par un architectearchéologue mexicain, qui s’attache à la retranscription olfactive des sites et époques sur lesquels il a travaillé. Boutonnière n°7, un gardénia gracieux et limpide proposé en édition limitée, nous aura accroché le sourire béat que provoquent les vraies rencontres… (S.D.) Ombres portées 7, rue du Sanglier 03 90 22 59 04


Leon & Harper Bella Jones Meltin’Pot Oakwood Reqins Majestic Anti-Flirt

CHROMATIQUE

OUTLET

Le centre de marques à prix réduits de Roppenheim accueille désormais la sulfureuse enseigne italienne de prêt-à-porter Benetton. Campagne choc ou provocation maîtrisée, la marque spécialisée dans les basics survitaminés revient cette saison avec un message fort sur l’identité. Elle invite neuf citoyens du monde à l’histoire singulière et hautement symbolique ; parmi ces ambassadeurs, on retrouve la célèbre transsexuelle Léa T., la top soudanaise Alek Wek ou la mannequin aux cheveux roses Charlotte Free. La diversité comme symbole de la couleur, si chère à Benetton ! (C.L.) Benetton, à Roppenheim The Style Outlets www.roppenheim.thestyleoutlets.fr

TÉLEX

Amateurs de montres racées et stylos aux lignes affûtées, sachez que vous êtes bien en veine ! La boutique Montblanc de Strasbourg est désormais l’une des 15 dernières de France (et la seule en Alsace), la marque ayant choisi de s’appuyer davantage sur son réseau de distributeurs (bijouterie, papeterie…) et sur sa boutique en ligne. Toute la région vous envie ! 18, rue de la Mésange 03 88 22 20 98 - www.montblanc.com

7 rue des Frères 67000 Strasbourg 03 88 25 03 38


Photo : Dima Peels for UniSex

TENDANCES ZUT ! 2 SP OTS TRO P SH O ES IL SALONE

Une nouvelle adresse pour Il Salone, au 1er étage du 17, rue de la Haute Montée. On adore l‘ambiance cosy de la nouvelle boutique-appartement de Carole Perez (mais aussi son e-shop !), le new QG incontournable pour les hommes et femmes à la recherche d’accessoires et de chaussures italiennes comme Fru.it, Doucal’s, AGL ou Janet & Janet… 17, rue de la Haute Montée 03 88 38 54 10 www.ilsalone.com

MONA ARTY

RENARD CHENAPAN Avec sa crinière rousse et son allure androgyne, Sacha, alias Monsieur Renard, n’est pas sans rappeler la silhouette d’un David Bowie exalté ! Le tout jeune créateur – que nous avions immortalisé dans la rubrique Urban Styles – bouscule les codes et prône dans ses créations une vision unisexe. Diplômé en Design de Mode de l’école ORT, il affiche un univers aux inspirations « westwoodiennes », où des excentricités capillaires viennent parfois orner des tops – rappelant le fêlé du cheveu Charlie Le Mindu. Des créations hybrides et audacieuses, de la pochette en canevas au nœud pap’ en mouton en passant par la veste en denim totalement revisitée. Après une expo-vente réussie chez Avila et une participation à la Fashion Week de l’EM, on retrouvera cet enfant terrible chez Jeannette et les Cycleux le 6 avril prochain pour « Vintage never die » et à la Vitrine, shop de créateurs mulhousien dès ce printemps. Monsieur Renard « sacripant, sacripouille, coquet coquin » : le dessin animé des 90’s avait vu tout juste ! (C.L.) www.monsieurenard.tumblr.com

ZUT ! 138

Gaelle Mourer sélectionne toujours des chaussures et des accessoires pile poil dans l’air du temps. Et comme la gamme de prix y est juste parfaite, à vous les jolies sandales, les boots rock ou autres souliers plus casual, mais toujours avec ce petit « je ne sais quoi » en plus. Pour commencer, ce sera ces sneakers cloutés. Un bon début, non ? 83, Grand-Rue 08 99 10 39 56


“jamais sans mes lunettes de soleil”

Adèle porte les solaires persOL référence 3023 disponibles dans votre magasin.

strasbourg - 40 rue des Hallebardes - www.maurice-freres.com


TENDANCES ZUT ! SHOP

ÜBER CL ASS

EVENT

Et si le plus beau casino du monde – c’est Marlene Dietrich qui le dit – devenait l’espace d’une soirée le théâtre de toutes les extravagances stylistiques ? La désormais mythique série new-yorkaise, qui a inspiré toute une génération (Y) de modeuses, est remise au goût du jour lors de l’événement Glamour Party in the City, le 9 avril au Casino de Baden-Baden. Au programme de cette nuit, trois défilés thématiques et des animations qui feront appel à tous vos sens : découverte de fragrances sensuelles, espace coiffure et maquillage où bénéficier de conseils personnalisés et d’une petite retouche entre deux shows. Pour insuffler un soupçon de rivalité à cette atmosphère glamour, quoi de mieux que l’élection des quatre plus belles tenues de la soirée ? Car n’est pas Carrie Bradshaw qui veut… À vos stilettos, mesdames ! (C.L.) Glamour Party in the City, le 09 avril au Casino de Baden-Baden Défilés à 17h, 19h30 et 21h www.casino-baden-baden.de

DÉFILÉ

M O O D Red alert pour la griffe française Leon & Harper, distribuée en exclusivité chez Mistyk. Philippe Corbin, son créateur, a passé plus de 25 ans chez Et vous : un très bon point, non  ? Vous allez adorer ses codes androgynes et son masculin-féminin aux belles matières loose, typiques de la sélection de Sylvie Rhinn et de sa charmante boutique à l’âme rock & folk… Qui saura vite vous faire oublier les désagréments de ce printemps, liés aux travaux d’embellissement de la rue des Frères. (M.C.D) Leon & Harper, en exclusivité chez Mistyk 7, rue des Frères 03 88 25 03 38

Croquis : Clara Picq

Œ U V RES D’A RB RE S

ZUT ! 140

Lorsque L’Appel de la forêt est trop fort, il devient un terrain de fantasmes artistiques et créatifs. Cette exposition du Musée Würth place la nature au cœur des cultures et des civilisations, comme un idéal de vie sauvage qui laisse place à la méditation, mais pas seulement. Les œuvres de Max Ernst, Christo ou encore David Hockney, qui explorent la représentation de l’arbre et de la forêt, ont inspiré les étudiants du BTS Design de mode pour leur prochain défilé, pour le moins végétal. Pendant plusieurs semaines, ces stylistes en herbe ont imaginé et réalisé une collection en hommage à l’exposition, dont la présentation des créations se fera au sein du musée. Quand la mode investit les territoires artistiques, on applaudit ! (C.L.) Défilé L’Appel de la Forêt par le BTS Design de Mode, jeudi 25 avril au Musée Würth à Erstein Ecole ORT - 14, rue Sellenick - 03 88 76 74 64 www.strasbourg.ort.asso.fr


il SALONE

CHANGEMENT D’ADRESSE !

Boutique - Appartement au 1er étage 17 rue de la Haute Montée - 67000 STRASBOURG (Arrêt Tram Homme de Fer) 03 88 38 54 10 - www.ilsalone.com

- - - - - - - - - - - - - COIFFEUR - - - - - - - - - - - - -

4 quai des bateliers - Strasbourg / 03 88 25 15 38

83 Grand’rue / 67000 Strasbourg 03 88 23 29 22

41, quai des bateliers · 67000 Strasbourg · 09 82 50 53 09 du lundi au jeudi 14h-19h · vendredi & samedi 11h-19h non stop

www.marjy.fr


TENDANCES ZUT ! Illustration : Isaac Bonan

NEW OUTLET BOUTIQUE

COIFFURE Il y a du changement dans l’air chez Heschung. La boutique nichée rue du Sanglier s’est transformée en outlet après les soldes d’hiver. L’emplacement, trop confidentiel, ne pouvait lutter contre deux magasins d’usines trop proches et hyper fréquentés par tous les Alsaciens fans de ses beaux souliers. La griffe, qui poursuit son développement sur Paris et à l’international, a donc décidé de fermer prochainement son adresse strasbourgeoise. Mais que tous ceux qui attendaient avec impatience la nouvelle collection se rassurent, leur e-shop et leur site fraichement relifté sont la solution 2.0 pour shopper les derniers modèles et découvrir leurs collabs de saison avec Yuketen, Bleu de Chauffe et Carhartt. Un grand pas vers une notoriété encore plus affutée. (M.C.D.) Outlet Heschung - 8, rue du Sanglier à Strasbourg (03 88 32 31 80) - à Dettwiller et à Roppenheim www.heschung.com

BARBOUR MON AMOUR

MODE

Comment féminiser la veste Barbour sans lui ôter son impeccable côté chasse et pêche ? En la doublant de Liberty of London. Une version fleurie so cute à arborer au bras de la gent masculine bien informée, qui a adopté depuis déjà plusieurs saison les Barbour reliftés par le créateur japonais Tokito. Allez, je parie mon trench que cette version champêtre du cultissime coton huilé sera sur le dos de toutes les it-girls de ce printemps ! Veste Barbour & Liberty, chez Algorithme La Loggia www.algorithmelaloggia.com

ZUT ! 142

L A B E L R O U G E Petite sœur de la marque british Tony & Guy, label.m est la nouvelle gamme professionnelle de soins capillaires à adopter de toute urgence pour ce printemps. Elle réussit le challenge d’allier qualité et diversité grâce à un programme pointu en quatre étapes : cleanse, condition, create and complete. Le salon de coiffure Atmostore, toujours à la pointe de la tendance et pionnier du lissage brésilien, accueille en exclusivité cette marque adaptée à tous les besoins. On craque particulièrement pour la ligne bio label.m Organics, qui soigne tout en douceur et avec éthique grâce aux bienfaits de la nature. Pour les plus matures, tournez-vous vers les produits label.m Therapy Age-Defying : crinière luxueuse et revitalisée garantie ! (C.T.) Label.m, en exclusivité chez Atmostore 4, quai des Bateliers 03 88 25 15 38


Graphisme : Chicmedias / photo : StĂŠphane Louis

9, rue des dentelles 67000 Strasbourg 03 88 22 19 81

www. p e r les d es a veur s . fr


TENDANCES ZUT ! LE CHANT DES SIRÈNES

BIJOUX

JEM JEM JEM

BIJOUX

Laurence Di Constanzo, propriétaire de la galerie Pêle-Mêle, aime toujours autant marier mobilier fifties et parures féminines. Elle ne pouvait qu’être séduite par l’univers onirique de la créatrice Léonor Mataillet. Après ses textiles sérigraphiés et ses céramiques élégantes, c’est au tour des bijoux d’être touchés par sa grâce. Des pierres semi-précieuses ponctuent avec gaieté de fines bagues en or ou en vermeil, des joncs ou des colliers pleins de délicatesse. Et des prix tout doux pour ces bijoux pleins de finesse, à accumuler sans remords pour coller à la tendance du layering qui fait florès chez les filles dans l’air du temps. (M.C.D.) Collection ST1 par Léonor Mataillet, en exclusivité à Strasbourg à la galerie Pêle-Mêle 9, rue des Veaux - 03 88 32 54 59 www.st1leonormataillet.com

SHOP

Que l’on soit précieuse, bucolique ou citadine, chacune d’entre nous trouvera son bonheur chez Les Néréïdes. Née du coup de foudre entre deux artistes hippies dans les années 80, férus de voyages et collectionneurs compulsifs de petits objets insolites, cette marque est avant tout une grande histoire de famille. Des grands-parents aux enfants, tous travaillent à la développer la marque, mais aussi en Europe, dans un seul but : raconter de jolies histoires, en bijoux. À travers une imagerie poétique, débordante de créativité et minutieusement travaillée, Les Néréïdes proposent des accessoires faits main par les experts du monde entier. Un conte de fée, à prix tout doux, auquel on ne peut que succomber… (J.G.)

Les Néréïdes chez Roppenheim The Style Outlets www.roppenheim.thestyleoutlets.fr

MADE IN ELSASS Dans sa boutique Marjy & co, en bord de quai, Marie-José Moisson met à l’honneur la création et la production en petite série. On y retrouve sa propre marque, Marjy, imaginée, fabriquée et commercialisée à Strasbourg. Créée pour des femmes actives et modernes, elle s’épanouit dans un univers alliant originalité et séduction. Voilà pour Marjy. Mais alors qui sont ces « & co » ? Régulièrement, de nouveaux créateurs d’accessoires et de vêtements viennent compléter cette collection : Christine Schoettel, Karin Stegmaier, Teresa Aurín Lopera… voici quelques perles à retrouver en magasin. Une façon de promouvoir les talents émergents tout en renouvelant sans cesse le choix d’une clientèle fidèle ! (C.T.) Marjy & co, 41 quai des Bateliers 09 82 50 53 09 www.marjy.fr

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graphisme : (hello)Buckwild

R

Centre de Bien-Être ***

La Source au Lotus

17, rue des Moulins • 67000 Strasbourg 03 90 22 28 86 • strasbourg@lasourceaulotus.com www.lasourceaulotus.fr

Prêt à porter féminin 6 rue Frédéric Piton - Strasbourg - 03 88 23 19 39


Visuel : Naho

TENDANCES ZUT !

HAUTE POINTURE

MODE

Prendre de la hauteur sur le pavé strasbourgeois n’est plus un problème ! Les Galeries Lafayette n’ont rien laissé au hasard pour faire succomber la fashionista cherchant à assouvir sa shoes obsession… À la manière d’une Cendrillon urbaine, elle peut désormais arpenter les allées d’un nouvel espace Chaussures & Souliers de 530 m2 pour trouver son bonheur : des stillettos Jimmy Choo, pour que chaque pas soit un vrai happening, des incontournables tout confort comme le mocassin Tod’s aux couleurs infinies ou l’escarpin chic Ferragamo. L’arrivée du concept Biondini va secouer à coup sûr son placard, puisqu’il accueille la crème des marques de luxe. Désormais, plus de jalousie sur le catwalk : place aux collections Alexander McQueen, Chloé, Sergio Rossi ou encore Valentino, pour être perchée sans perdre pied ! (C.L.) Galeries Lafayette 34, rue du 22 novembre 03 88 15 23 00 www.galerieslafayette.com

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Givenchy

Jimmy Choo

Sergio Rossi

Valentino


P R É-P R O D U C T I O N

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PRISES DE VUES

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PHOTO

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POST-PRODUCTION

— 03 90 20 59 59 —

W W W. P R E V I E W-T M . F R

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VIDÉO NUMÉRIQUE


Z Lifestyle

brokism + bentz

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SPORT

LE

—— Par Sébastien Ruffet ——

NOU

VEAU VISA GE FO

ZUT ! 150

DU OT

—— Illustration Laurence Bentz ——


Photos FEP / FFF

Le foot féminin est-il une nouvelle discipline ? À entendre les commentaires énamourés autour de l’équipe de France ,

on semble aujourd’hui redécouvrir un sport qui a déjà charrié son lot d’émotions, de surprises et d’agacement. Mais avec les filles, tout semble nouveau. Le chantier sort à peine de terre : c’est le moment d’en parler ! Qu’est-ce qui a bien pu changer en seulement cinq ans ? En économie, on appelle cela un effet ciseaux. La côte d’amour de l’équipe de France de foot – hommes  – a chuté à la suite de deux catastrophiques campagnes sous l’ère Domenech  : le piteux Euro 2008 et le détestable Mondial 2010 et son épisode burlesque du « Bus de Knysna ». Dans le même temps, les Bleues commençaient à faire parler d’elles sur la scène internationale : quart de finale à l’Euro 2009, demifinaliste du Mondial 2011 et 4e aux Jo de Londres. Au classement international, voilà les filles parmi les cinq meilleures nations de la planète, capable de faire jeu égal avec le Japon, les États-Unis ou l’Allemagne. Gaëtane Thiney a remarqué une vraie évolution dans l’entourage des joueuses tricolores : « Avant, les points presses étaient plus intimistes, sourit

l’attaquante des Bleues, sous la pression légère de l’attaché de presse. En cinq ans, ça a énormément changé. Notre statut a beaucoup évolué, que ce soit au niveau des médias, du public, de la fédération… Aujourd’hui, l’équipe de France féminine existe. » Dans le sillage de ce groupe de filles souriantes, disponibles et attachantes, de plus en plus de jeunes filles parviennent à s’identifier. L’envie de taper dans un ballon a toujours été présente, mais les barrières culturelles sont tenaces, dans un milieu relativement machiste. «  Les choses avancent, remarque Aurélie Mula, du FC Vendenheim. Des filles font du foot comme des filles pourraient faire du basket. Quand je dis que je joue au foot, il n’y a plus cet air choqué… J’ai commencé il y a vingt ans, dans le sillage de mon frère, et ce qui est bien,

c’est qu’aujourd’hui, il y a des gens qui s’investissent. Au niveau de la ligue, il y a même des gens qui ne s’occupent que du foot féminin. » Les ligues, justement, voient d’un bon œil l’afflux de nouvelles licenciées. Après un effritement à la fin des années 2010, les chiffres repartent spectaculairement à la hausse, tirés, on l’a dit, par les performances des Bleues, la vitrine. 52 870 licenciées en 2010-2011, 58 003 en 20112012 et 62 482 pour cette saison. Une croissance confirmée au niveau de la ligue d’Alsace par son directeur, Ilan Blindermann : « On a enregistré un bond de 18% toutes catégories confondues cet été, et surtout, phénomène intéressant, +32% sur la tranche des 5-10 ans. » Ces bons chiffres sont aussi l’expression d’une vraie politique axée sur les filles. Ilan Blindermann se félicite par exemple de la 151 ZUT !


Photos FEP / FFF

SPORT

À quand le Racing version filles ? —

mise en place de plusieurs axes de travail. « Il y a d’abord le foot en milieu scolaire, note le DG. Le football des princesses a été élaboré en collaboration avec l’Education Nationale, et 23 classes sont partenaires en Alsace. Il y a ensuite la labellisation des écoles de foot pour les 5-10 ans et les Pôles prioritaires conventionnés qui sont des partenariats entre communes, ligue et clubs. »

dans la gestion des clubs. » La marge de progression est en tout cas énorme. Et dans une période de vaches maigres, les petites licenciées représentent aussi une manne financière intéressante. Les ligues l’ont bien compris.

L’idée de mixité au placard Ce qui incite aussi les jeunes filles à se lancer dans l’aventure, c’est l’abandon progressif de l’idée de mixité. Valérie Bouchet, dirigeante au Mars Bischheim, souligne cette ellipse fatale dans la carrière des jeunes footballeuses, qui, « après avoir fait leurs gammes avec les garçons jusqu’à 13 ans, se retrouvaient sans aucune structure pour les accueillir avant de pouvoir jouer en senior. Certaines ont tout simplement arrêté, d’autres sont revenues au foot ensuite, mais en ayant beaucoup perdu de leurs qualités… » Depuis trois ans, la mise en place des écoles de foot permet d’envisager conduire un cursus de formation intégral. Comme les garçons. « Les effets se feront sentir d’ici une dizaine d’années », estime Bouchet. Ilan Blindermann insiste, quant à lui, sur « la féminisation des clubs et des instances. Une centaine de femmes se sont formées l’an passé en Alsace. Nous avons 30 présidentes de club, et une hausse de 8% de femmes dirigeantes. C’est aussi un nouveau regard

Le revers de la médaille

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Sébastien Duret, rédacteur du site footofeminin.com, est un suiveur pas comme les autres. Quand le site a été lancé, en 1999, c’était surtout pour que la petite communauté puisse avoir des infos. « Maintenant, d’autres sites, plus polémiques, ont vu le jour. On discute de la vie des clubs, des choix du sélectionneur… Depuis que c’est télévisé, tout le monde peut avoir un avis ! » Lui se rappelle volontiers un France-Suisse disputé devant 50 personnes à Clairefontaine. « À l’époque, c’était plus facile pour nous. La popularité a changé les normes, mais il ne faut pas qu’on tombe dans certains travers. » Sébastien Duret reste pour l’heure un interlocuteur privilégié. Les Bleues n’ont pas encore la mémoire courte. L’auront-elles un jour ?

À en croire les différents échos, le RC Strasbourg section féminine serait l’idéal pour monter un club d’envergure. « Quand Schiltigheim a jeté l’éponge, il y a dix ans, on en parlait déjà, se rappelle Aurélie Mula, du FC Vendenheim. On ne sait pas pourquoi ça ne s’est pas fait… » Valérie Bouchet, du Mars Bischheim, soutient elle aussi qu’« un grand club alsacien, ça devrait s’appeler le Racing. Il y a des infrastructures pour cela. Vendenheim et Bischheim ont beaucoup de mérite d’exister au niveau national, mais on est condamnées à survivre et à faire l’ascenseur. » Le sujet semble sensible et a bien failli être sorti des cartons quand l’éphémère Frédéric Sitterlé a repris les rênes du club strasbourgeois, avant de repartir aussi vite qu’il était arrivé. « Aujourd’hui, l’urgence c’est de reconstruire le club », admet Valérie Bouchet. « Mais dire qu’on est le RC Strasbourg, ce n’est pas la même chose que dire Vendenheim, appuie Aurélie Mula. Parfois, on pense qu’on est une équipe allemande ! » Les deux femmes sont sur la même longueur d’ondes et affirment que, si l’on peut être fier d’avoir deux clubs de ce niveau, une seule structure assurerait un avenir définitif parmi l’élite. Mula : « On a parfois des problèmes d’effectif, avec les blessures. Si tu prends les meilleures joueuses de Bischheim, tu fais un groupe homogène et tu n’as pas ces problèmes-là… » Sans oublier un point décisif. « Racing, c’est aussi plus porteur médiatiquement, et ça pourrait attirer plus facilement des sponsors. » Car comme chez les garçons, la qualité a un prix.


Photos : Lucas Cournut

FC Gries

LE PREMIER BARREAU D E L’É C H E L L E

En pleine reconstruction, le petit club du FC Gries a créé une section féminine en juin 2012. La première « promo » compte une vingtaine de joueuses. Bienvenue dans un univers pas toujours rose.

Le premier barreau de l’échelle Il fait froid. Le terrain bosselé du FC Gries est enneigé ce soir-là. Les garçons viennent de finir leur entraînement de reprise, et les quelques filles présentes continuent sous les flocons. Elles ne sont que cinq à suivre les instructions de leur coach David Muchensturm. Pas de mystère : quand ça caille, l’être humain, homme ou femme, est mieux chez lui que sur un terrain de foot. Les contrôles sont hésitants, les passes mal assurées. Ces filles-là, pour la plupart, n’avaient jamais touché un ballon six mois auparavant. Elles s’appellent Pauline, Margaux, Marie, ou encore Fanny. Et sur les 19 joueuses que compte l’effectif, pas une n’est de Gries. Pauline, 18 ans, est venue ici parce que son frère y joue aussi. Elle a emmené Margaux dans ses bagages. Celle-ci, le même âge, «  ne regarde jamais le foot à la télé. Je voulais faire un autre sport, et je me suis dit “pourquoi pas le foot” » C’est aussi simple que cela. Si les filles viennent de plus en plus naturellement au foot, des barrières restent à tomber. Pauline : « Mes parents ne voulaient pas que je fasse du foot. Ils ont fini par céder, mais j’ai dû insister ! » La séance se termine par un trois contre trois. Si les filles sont plus susceptibles que les garçons – selon les échos reçus ce soir-là –, avec David Muchensturm,

elles doivent prendre légèrement sur elles. Pas tendre le coach. « Pas mal le contrôle orienté. C’était juste du mauvais côté.  » Les piques fusent. «  Fais pas un truc que tu sais pas faire ! » Avec son attitude proche et sévère à la fois, l’entraîneur rend toutefois hommage à ses filles à sa manière : « Elles progressent vite. Les filles sont nettement plus à l’écoute que les garçons. Quand tu dis un truc, elles essayent de le mettre en application. Les gars, ils ont toujours l’impression de tout savoir… » Une simple ligne dans le journal L’idée d’une section féminine est née fortuitement. « On avait eu deux ou trois questions dans le village, raconte Muchensturm, et du coup, on a rajouté une ligne dans l’annonce qu’on met tous les ans dans le journal. On cherche toujours des joueurs, des dirigeants, des arbitres… Là, on a mis qu’on cherchait des filles pour créer une équipe. »

Dans ce vestiaire aux murs jaunes défraîchis, avec une douche sur six qui fonctionne, et parfois pas d’eau chaude, on imagine bien plus volontiers une bande de mecs goguenards qu’une troupe de filles proprettes. Et pourtant. La réalité du football français passe aussi par là aujourd’hui. L’équipe de Gries joue au foot à sept. En féminines, il y avait la saison passée une seule poule de douze équipes en Alsace. Il existe désormais trois poules de dix. Preuve d’un engouement nouveau et consistant des filles pour les terrains en herbe. En Alsace, le nombre de licenciées a progressé de 18% en un an. Beaucoup de novices, beaucoup de contrôles ratés, mais aussi beaucoup d’envie de montrer qu’on peut jouer au foot de manière moins virile. « Elles ont déjà pris quelques tampons le dimanche, ça leur a fait bizarre  », note toutefois Muchensturm. Quelques raclées aussi. Et une ambiance qui se délite. «  Franchement, chez les filles, ça parle tout le temps, raconte 153 ZUT !


SPORT

“ Les filles sont nettement plus à l’écoute que les garçons. Quand tu dis un truc, elles essayent de le mettre en application. Les gars, ils ont toujours l’impression de tout savoir…”

Photos FEP / FFF

———— DE BAS EN HAUT ————

Trois questions des joueuses de Gries à destination de l’internationale française Gaëtane Thiney.

Marie. Je pense que les mecs, quand ils ont un truc à dire, ils le disent en face. En plus aujourd’hui avec les réseaux sociaux, quand ça parle dans le dos, on le sait de toute façon. » La fin de saison s’annonce donc compliquée pour le noyau dur du FC Gries. Peu importe. Elles vont toutes rempiler l’été prochain en essayant d’amener l’une ou l’autre copine pour pacifier un peu le vestiaire et trouver une cohésion. Quant au niveau de jeu, ici, il n’est pas primordial. «  On n’a pas les moyens de faire une sélection, poursuit le coach. Si elles viennent, elles signent, elles jouent. » A peu de choses près, l’univers impitoyable du foot amateur est transposable chez les filles comme chez les garçons. Terrains “piégeux”, adversaires indélicats, vestiaires décrépis, prises de tête régulières… C’est bien la preuve que le foot des filles ressemble à s’y méprendre à celui des garçons.

ZUT ! 154

Retour sur France-Allemagne —

Face à l’une des meilleures nations du monde, l’équipe de France de Bruno Bini a tenu le choc au Stade de la Meinau (3-3). Les tricolores ont toutefois bénéficié de deux énormes erreurs de la défense allemande pour prendre un avantage que l’on pensait définitif (3-1) – une équipe de France qui mène face à l’Allemagne 3-1 pour se voir remontée au score, ça rappelle d’étranges souvenirs. Les 15  388 spectateurs officiels de la rencontre – dont Michel Platini – ont assuré une superbe ambiance tout au long de la soirée, et ont prouvé aux observateurs que, oui, Strasbourg, c’est bien en France !

Margaux : Nous, on est tellement loin de l’équipe de France… Ça fait quoi de porter le maillot bleu ? Gaëtane Thiney : C’est toujours une fierté et une émotion. Quand tu entends la Marseillaise, c’est quelque chose… À ce moment-là, tu oublies tous les sacrifices, tous les mauvais côtés, il ne reste plus que le positif. Marie : Qu’est-ce qui manque par rapport à la vie avant l’équipe de France ? G.T. : Du temps ! J’ai beaucoup moins l’occasion de voir ma famille, mes amis, moins de temps à passer avec eux. C’est ça qui manque le plus. Fanny : Pour en arriver à ce niveau, tu as commencé quand et comment ? G.T. : Je suis issue d’une famille de « footeux ». Mon père jouait en amateur et m’emmenait le voir le dimanche. J’ai tout de suite attrapé le virus, et j’ai dû commencer à jouer vers l’âge de 5 ans avec mon frère.


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GASTRONOMIE

L e s H u s s e r s u r l ’ é t o i l e ——— Par Flora-Lyse Mbella

Photos Christophe Urbain ———

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D’un bistrot de campagne, la famille Husser a fait du Cerf à Marlenheim une table étoilée et un hôtel cossu. Prenant la suite de son arrière-grand-père et de son père, Michel Husser perpétue l’esprit de la maison, auréolée d’une étoile Michelin depuis 1936.

À un moment ou un autre, nous sommes tous passés devant : cette nationale qui relie Saverne à Strasbourg, nous la connaissons par cœur. Le village de Marlenheim, porte nord de la route des Vins, ne serait pas aussi célèbre sans sa grande table, sise précisément sur cette route, nettement moins fréquentée depuis la récente mise en œuvre d’un contournement bienvenu. Membre des Étoiles d’Alsace, du club Prosper-Montagné et de diverses autres associations, Michel Husser est un des chefs les plus talentueux d’Alsace, un des plus discrets aussi. Son restaurant est à son image, simple et raffiné, sa cuisine reconnaissable entre mille. Il y a un style Michel Husser, c’est indéniable. On lit ou entend souvent qu’il a un physique d’acteur. Mais cela ne vient même pas à l’esprit de la personne qui vient l’interviewer, apaisé par l’atmosphère chaleureuse et tranquille de la maison, à l’image de la famille. Au commencement, il y a l’aïeul, Paul Wagner. Lassé par son travail à Strasbourg, il rachète ce Cerf, relié à la ville par un tram détruit depuis. C’est un ancien relais de Poste, où l’on faisait sécher le tabac et où l’on entreposait le houblon. Paul Wagner est un travailleur acharné et dès 1936, il décroche une première étoile dans le guide Michelin. Depuis 77 ans, l’astre brille toujours dans le guide rouge, après en avoir obtenu une seconde en 1986, perdue 20 ans plus tard. Paul Wagner propose une authentique cuisine classique française, avec des spécialités comme le presskopf, les quenelles de brochet ou les truites au bleu. L’homme reste aux commandes jusqu’en 1957, année de sa disparition. La succession

saute une génération, ses filles l’ont aidé mais ne reprennent pas l’affaire familiale. En effet, elles n’épousent pas de chef et à l’époque, une femme ne dirige pas ce genre d’affaire. Irmgard, grand-mère de Michel Husser, épouse un ingénieur SNCF : Robert Husser. Un homme dont la passion habite encore la maison : il adore manger. Mais pas n’importe quoi : il aime la qualité. Son fils, lui aussi prénommé Robert, hésite à suivre la voie paternelle de l’ingénierie ou celle de l’entreprise familiale. Il opte finalement pour l’école hôtelière. — Du grand-père au petit-fils À sa sortie de l’école, à 22 ans, il prend les rênes, et ses parents le soutiennent, surtout sa mère. Nous sommes en 1957 et le charismatique grand-père vient de disparaître. Le tram amène toujours les citadins, qui peuvent profiter pleinement des vins à la carte. Strasbourg brille de son plus bel éclat européen. Les habitués se nomment Jean Monnet ou Jacques Chaban-Delmas, le livre d’or se remplit – « Je ne le mets même plus à disposition », sourit Michel Husser, peu sensible à ces hommages des puissants. Aidé de son épouse Marcelle, Robert Husser fait tourner l’affaire, avec très peu de personnel et des conditions d’hébergement qu’on considèrerait comme spartiates de nos jours. Michel Husser reconnaît avec le recul que la famille a toujours privilégié le restaurant à l’hôtel. Le succès est quand même au rendez-vous. Le petit-fils travaille bien, il développe la maison, modifie peu à peu les usages sans faire fuir la clientèle traditionnelle, s’essaie à la fameuse « nouvelle cuisine » des années 1970 mais sans oublier sa spécificité, son Alsace, son terroir. Il est

parmi les premiers à servir du magret de canard, une rareté à l’époque dans la région. Il propose aussi du poisson de mer et instaure un chariot des desserts que les habitués plébiscitent. Une ligne que son fils Michel, né en 1959, va suivre. Dès ses 10 ans, il commence à donner un coup de main au service. Mais contrairement à son père, après le lycée hôtelier, il saisit l’opportunité de voyager. Un premier poste au Canada chez un ancien de la maison, un service militaire dans la marine qui lui permet de faire le tour du monde : le jeune Michel est un globe-trotter. Mais au lieu de ramener l’exotisme sur la table du Cerf, il le laisse précieusement s’ancrer dans son seul souvenir : « Mon grand plaisir, quand je voyage, c’est de faire connaissance avec la cuisine et les coutumes locales. On ne vient pas en Alsace pour manger de l’exotisme, on vient pour y manger des choses que l’on trouve en Alsace. Quand je vais au Japon, je veux goûter la cuisine japonaise. » En revanche, il retient les techniques et les goûts. Il continue son apprentissage dans l’une des brigades les plus prestigieuses et innovantes de l’époque : celle d’Alain Senderens, après quelques mois à l’Auberge de l’Ill des frères Haeberlin. Est-ce cette formation à la fois classique et originale qui lui donnera cette idée, jugée délirante à l’époque, de rajouter cette choucroute à sa carte ? Un plat que l’on vient aujourd’hui déguster de très loin mais que son essence populaire a longtemps disqualifié aux yeux des Alsaciens. Les Parisiens et les étrangers ont commencé par apprécier ce plat qui rassemble le cochon de lait, le boudin noir, le foie gras poêlé et un chou d’une divine finesse. En toute saison, il est à la carte et cela fait 20 ans que

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GASTRONOMIE

“ On ne vient pas en Alsace pour manger de l’exotisme, on vient pour y manger des choses que l’on trouve en Alsace. Quand je vais au Japon, je veux goûter la cuisine japonaise. ” ———— Le Cerf 30, rue du Général de Gaulle à Marlenheim 03 88 87 73 73

www.lecerf.com ————

ça dure. Enfin, de cette solide formation, Michel Husser conserve aussi une double compétence, la cuisine et la salle : « C’est important de savoir ce qui peut se passer en salle, surtout quand on se retrouve en cuisine ensuite. Le contact avec le client, le cuisinier ne l’a, en principe, jamais. Cela ouvre l’esprit. Il faut connaître tous les postes, cela nous rend meilleurs. » — « Je ne me suis même pas posé la question » A-t-il toujours voulu être chef ? C’est toujours la question qui vient à l’esprit dans un contexte familial aussi lié à une maison. «  J’ai choisi cette voie de manière naturelle. Si l’on peut parler de choix. Vous savez, quand j’étais enfant, nous mangions au stammtisch familial, au contact des clients. Je ne savais pas ce que pouvait être la vie hors d’un restaurant. Je ne me suis même pas posé la question de savoir si j’allais reprendre ZUT ! 158

ou pas l’affaire de mes parents. C’était écrit. Et puis ma sœur, Danièle, a épousé un ancien apprenti de mon père et ils sont partis dans le sud. Vous savez, à l’époque, on ne discutait pas trop avec son père. Ce n’étaient pas les mêmes rapports qu’aujourd’hui entre les générations », sourit le chef. Michel Husser réintègre la maison familiale en 1982 et en 1986, la deuxième étoile arrive. Une vraie surprise et une authentique interrogation. « Je ne sais pas pourquoi on nous l’a donnée, je ne sais pas pourquoi on nous l’a enlevée 20 ans plus tard. Je considère que je suis bien meilleur qu’il y a 20 ans. Mais c’est comme ça, je suppose. » La fille aînée de Michel Husser, Clara, sourit : « Mon père n’est pas très motivé par les étoiles. Il préfère que ses clients soient contents.  » Cependant, on peut se dire sans trop s’avancer que l’étoile acquise par l’arrière-grand-père est un héritage que le chef tient à conserver.


En revanche, Michel Husser s’est posé la question de la reprise du Cerf pour ses enfants. Une question qui n’est d’ailleurs pas encore tout à fait tranchée dans son esprit. Avec son épouse Cathy, disparue en 2009, il avait voulu les préserver de cette vie systématique de restaurant. La famille ne vit pas sur place, et c’est lui-même qui cuisinait pour tout le monde avant le service. « Je ne voulais pas leur mettre la pression et j’ai toujours essayé de les en préserver. J’ai même conseillé à mes filles de faire autre chose. » Elles ont entamé des études : Clara s’était tournée vers le paramédical, Mélina avait choisi un métier en rapport avec le monde du cheval. À 16 ans, Luca, le dernier, ne sait pas encore mais l’œnologie serait une piste. Cependant, les filles sont revenues épauler leur père. Et la famille se retrouve dans une situation que Michel Husser redoutait, même s’il est ravi de les voir tous les jours  : «  Ce n’est pas évident de passer de rapports familiaux à ceux de collègues, voire de patron et d’employé. Nous le gérons bien mais c’est un équilibre subtil à préserver. » Après tout, peut-être que Luca se sentira attiré par la cuisine. Son père confirme : le jeune homme manifeste déjà du goût. De là à en faire un métier et reprendre le Cerf, il faut laisser faire le temps et surtout l’envie, poursuit Michel Husser. Peut-être aussi qu’une génération sera sautée et que Emma, fille de Clara, sera attirée par ce métier. « C’est un métier très complet mais il exige aussi énormément de disponibilité et de sacrifices, notamment avec les horaires. Après tout, nous travaillons quand les autres s’amusent. Si mes enfants veulent une vie familiale épanouie et tranquille, en harmonie avec le reste de la société, je ne pourrai pas leur en vouloir. Ils sont libres. » — Marchands de plaisir Après tout, si Luca décide de perpétuer la tradition, lui aussi aurait besoin de se faire un prénom et ce n’est pas chose aisée, Michel Husser en sait quelque chose. Combien de fois a-t-il entendu les clients habitués lui dire que «  ce n’était pas comme ça du temps de [ses] parents  ». La règle est ainsi  : un fils se doit de faire ses preuves. Et on attend toujours énormément de lui. Robert et Marcelle Husser ont pris leur retraite assez tôt, après avoir dirigé la maison très jeune. Il a fallu faire évoluer les choses lentement. Mais même s’il n’est pas certain qu’un ou une Husser reprenne les choses en main, Michel Husser l’espère : « Oui, j’ai conscience que nous formons une sorte de dynastie. Ce sentiment d’appartenance est d’ailleurs un moteur, ça donne envie de continuer. Après tout, la famille y travaille depuis des générations et ces efforts ont été reconnus. Cette maison est remplie de souvenirs. Et puis la gastronomie, comme le luxe et les parfums, cela fait partie de l’image de marque de la France. Cela a un certain cachet. Nous ne sommes pas des commerçants, nous sommes des marchands de plaisir. Alors oui, c’est difficile mais tellement gratifiant.  »


RESTO

Ha c h é menu

———— La Hache 11, rue de la Douane 03 88 32 34 32 www.la-hache.com ————

— PAR — Myriam Commot-Delon

Nouvelle direction, nouvelle déco, nouveaux horaires et nouvelle carte : la nouvelle Hache est une hache de guerre. — Historique La Hache, qui a vu le jour en 1257, est l’une des plus anciennes winstubs de Strasbourg. — État des lieux Ouvert tous les soirs et cuisine de 19h à minuit, c’est le bistrot strasbourgeois qui nous manquait pour ripailler après un spectacle et boire un verre jusqu’à 1h30.

— Côté déco À la conception et à la décoration, Pascal Claude Drach. Mais n’y cherchez pas une ambiance tomahawk (à peine quelques haches et hachoirs disséminés au mur de manière graphique) : c’est un dialogue raffiné entre couleurs denses et bois brut qu’offre ce grand volume nimbé d’un bleu-vert enveloppant et traité en all over. Ajoutez-y un zinc XXL, une cloison en verre sablé qui abrite un espace privé, une mise en lumière parfaite, intime mais pas trop sombre, des banquettes moelleuses, une armée de jolies chaises sixties en cuir caramel (pour ceux qui voudraient les mêmes, filez voir Régis de la Galerie Fou du Roi, c’est leur dealer d’assises) et vous obtenez un lieu chaleureux.

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Photo : Claude Drach

— Aux manettes Gilles Egloff et Jérôme Fricker. La Corde à Linge, Jeannette et les Cycleux, l’épicerie, c’est déjà eux, et les restaurants à la forte personnalité, c’est leur dada.

— Dans l’assiette Plus bistronomie que winstub ! De l’authenticité, des serveurs cools mais attentifs, une ambiance bon enfant mais chic, plus de 70 vins (principalement issus de petits producteurs et une sélection élaborée avec les cavistes alternatifs d’Oenoesphère et de Entre Deux Verres) et de belles surprises à la carte. Une délicieuse tête de veau sauce gribiche, un fish and chips croustillant et so british, un risotto

aux légumes oubliés hyper gourmand… le tout franchement bon. Pour les desserts, que du classique régressif comme on en voudrait plus souvent : des profiteroles généreuses, un Paris-Brest et un divin baba au rhum servi avec sa crème fouettée (la recette perso de la maman de Gilles !). Une tuerie. Et leur botte secrète pour nous faire revenir très vite.


Jean WALCH • Caviste 26, Quai des Bateliers 67000 Strasbourg TÊl. 03 88 35 12 09

jean.aufilduvinlibre@orange.fr

www.aufilduvinlibre-strasbourg.com


MIAM

Un c h e f , une recette, r i e n q u e p o u r Zu t ! — PHOTOS — Alexis Delon / Preview — RÉALISATION — Myriam Commot-Delon

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Un nouveau rendez-vous qui va vous faire saliver et emballer vos papilles. Chaque saison, un chef nous livrera une recette facile et rapide à réaliser. Avec une nette préférence pour une cuisine du marché, primesautière et locavore.Olivier Meyer, jeune chef ambulant et emballant, nous livre cette première suggestion ultra-printanière, à concocter en deux temps trois mouvements !


Carré d’ag ne au rôti , p e t i t s lé gumes p r imeur, poi s de m o ntag nes —————— Pour 4 pers onnes ——————

1 carré d’agneau (3/4 côtes / pers.) 4 gousses d’ail 10 cl d’huile d’olive 1 botte de jeunes carottes multicolores 1 botte de jeunes navets violets 1 bulbe de céléri 1 botte de jeunes poireaux 1 poignée de jeunes pousses de moutardes japonaises 1 poignée de jeunes orties 100 gr de pois de montagne

— Tremper les pois durant 1 nuit, dans de l’eau filtrée et au réfrigérateur. — Le lendemain, les cuire 30 minutes (ils doivent rester croquants), réserver la moitié, mixer l’autre moitié avec 2 cuillères à soupe d’huile d’olive et une pincée de sel. — Pendant que les pois cuisent, éplucher, laver et tailler les légumes. — Préchauffer le four à 200°C et saisir le carré dans une cocotte en fonte avec de l’huile d’olive, ajouter les gousses d’ail et les parures de viandes (à demander au boucher si c’est lui qui vous prépare le carré) puis enfourner durant 12 à 15 minutes suivant l’épaisseur. — Sortir la cocotte et laisser reposer la viande 10 à 15 minutes en veillant à la couvrir d’une feuille de papier aluminium. — Pendant que la viande repose, cuire les petits légumes à l’étouffée avec un filet d’huile d’olive et une pincée de sel. Lorsque vos légumes sont presque cuits, ajouter les jeunes feuilles d’orties, cuire 1 minute supplémentaire et réserver. — Réaliser une vinaigrette huile d’olive et vinaigre balsamique pour les pousses de moutardes japonaises, trancher le carré et dresser vos assiettes.

Q U E L V I N ? Côtes du Rhône 2010 cuvée Gaia Domaine Roche Bussière

Vin composé majoritairement de syrah, aux reflets violacés. Nez floral et épicé doté d’une superbe matière fruitée et soyeuse. Vinifié sans sulfites, il est d’une buvabilité maximum pour cette association printanière. À carafer de préférence une heure et à servir entre 16 et 18° -— Prix TTC : 17 € Au Fil du Vin Libre 26, quai des Bateliers 03 88 35 12 09

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MIAM

LE CHEF

———— Olivier Meyer 06 23 57 81 12 Sonia & Olivier soniaetolivier.com ————

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UN PAIN

Du talent, de la sincérité et une bonne pincée de charme caractérisent Olivier Meyer, cuisinier multicarte, globe-cooker, formateur mais aussi designer culinaire aux côtés de Sonia Verguet. Ce duo à l’imagination débridée saura toujours trouver un angle novateur pour vous faire oublier les buffets plan-plan et donner un côté arty-food à tous les événementiels qui ne veulent pas céder aux sirènes du painsurprise. Et ce n’est pas le dernier salon parisien Playtime ou St ‘Art qui nous contrediront. Pour dynamiter le petitdéjeuner d’une réunion de travail, un brunch de presse ou un finissage d’expo, oubliez vos assiettes et couverts… Les bonnes manières selon Sonia & Olivier, quand elles sont délicieuses et design, n’interdisent plus de se lécher les doigts !

Le carré d’agneau ? Olivier Meyer l’aime local et bio, de préférence chez Remy Picot, éleveur présent sur le marché de Neudorf le samedi et sur celui de la place de Zurich le mercredi matin. ZUT ! 164

Difficile de résister à la tourte au seigle Westermann. Mais patience, sa belle rondeur farinée ne livrera tous ses arômes que le lendemain de son achat ! Et c’est après un passage au toaster que sa mie moelleuse et miellée pourra enfin exprimer toute sa générosité… Le bonus ? Elle se conserve plusieurs jours et limite ainsi tout risque de perte. Tourte au seigle, à la boulangerie Westermann 1, rue des Orfèvres 6,30 € le kg

Sa botte secrète ? Un bouquet d’orties fraiches, l’un des végétaux les plus riches en fer et chlorophylle. Ou à remplacer par des pousses de lierre terrestre (glanées dès les beaux jours lors de vos ballades en forêt) pour accompagner l’agneau d’un délicat petit goût de cassis, citron et menthe, et ponctuer le plat de délicates fleurs mauves. Quant à la salade de moutarde japonaise, vous la trouverez au marché des producteurs de Strasbourg, le samedi de 7h à 13h, rue de la Douane, devant l’ancienne Douane.

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À TABLE Régalez-vous avec Svarjaton, le service de table dépareillé et spontané de la maison finlandaise Iittala. Charmant, vintage et moderne à la fois, vous pourrez le compléter à l’envi. À composer suivant vos besoins et votre budget. Les collections Iittala sont disponibles en exclusivité à La Maison Scandinave 5, quai des Pêcheurs


Conception graphique : Chic medias / Photo : Christophe Urbain

Restauration 7j/7 • Entreprises • Fêtes de fin d'année • Cocktails • Réceptions

Le Jardin de l’Orangerie

Parc de l’Orangerie • 67000 Strasbourg • 03 90 41 68 05 W W W. J A R D I N O R A N G E R I E . F R


ARTISANAT

Wo o d ( o o ) C h i l d — PAR — Cécile Becker

— PHOTOS — Christophe Urbain

C’est un petit atelier niché au cœur de la Petite France, d’où l’on entend parfois chanter la machinerie. Derrière une vaste vitrine, entre la Grand’Rue et le TJP, trône la mascotte de Mobilus, une belle table d’appoint conçue par Jérôme Henner, l’employé d’Etienne Ayçoberry. Si un ébéniste sis en plein quartier touristique peut susciter la surprise, à une époque où l’artisanat s’éloigne du centre-ville, pour Etienne Ayçoberry c’est un choix de vie : « J’ai toujours voulu trouver un équilibre entre la fabrication et la vie de quartier. Je tiens à avoir les pieds dans la ville. Et cela illustre aussi la dualité que je revendique, entre tradition et modernité. » Plus que de dualité, on parlera de complémentarité, autant dans le travail que dans la personnalité d’Etienne Ayçoberry. Autour de nous, des indices viennent renseigner sur son univers. Sur la vitrine, le reste d’une peinture : d’où vient-elle ? «  D’une performance que nous avions organisée avec deux de mes voisins, en marge du parcours urbain Perffusion qui invitait l’art dans les vitrines des commerces. Juliano, DJ, passait quelques disques, Pierre Boileau, chorégraphe, dansait en vitrine pendant que je réalisais son portrait en transparence. J’ai gardé le visage, qui me plaît beaucoup. » Une résurgence de sa formation artistique, débutée en licence d’arts plastiques en 1986. Il s’y

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———— Mobilus 8, rue du Bouclier Strasbourg 06 80 58 33 04

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Le toucher et l'odeur, le bruit aussi : l'ébénisterie fait appel à tous les sens, ou presque. Le goût ? Celui du « travail bien fait », la définition de l'artisanat selon Étienne Ayçoberry, ébéniste agenceur. Bienvenue dans son atelier, Mobilus, où il nous reçoit entre bois, musique et peinture.


“ Regardez-moi ces veines, ça a quelque chose de psychédélique. ” découvre une passion pour l’architecture et le design et en garde un souci d’esthète. « Je me pose la question de la fonction, c’est sûr, mais les volumes et les formes me touchent beaucoup. J’aime trouver un équilibre entre les matières : rien ne vaut un meuble d’un beau bois avec des pieds en fer brossé. » Dans l’arrière-boutique, un ampli nous amène à l’autre passion de l’ébéniste  : la musique. Bassiste au sein de deux formations, il nous parle de Chantal Experience, groupe local imprégné de l’univers de Jimi Hendrix, et nous raconte ses performances –  dont une mémorable au Bandit, salle de concerts culte à Strasbourg dans les années 80 – avec feu l’association Trans Neuron’Express qu’il a rejoint après avoir intégré la section Ébénisterie aux Arts Décoratifs de Strasbourg. Il abandonne l’école après un trimestre, pour s’associer à un menuisier et monter une entreprise d’agencement, La Fabrique, où il apprend les bases du métier. Il poursuit sa carrière d’autodidacte dans le monde de la menuiserie ancienne, au sein de La Brocante du Bâtiment puis avec Gérard Balboni, restaurateur de meubles. « Aujourd’hui, si j’explore les possibilités du moderne, l’ancien me fascine. Je me rappelle la première fois que j’ai poncé un parquet avant d’appliquer de la gomme laque. Ça a été une révélation au premier coup de pinceau.  » Il manifeste la même émotion lorsque dans un coin de l’atelier, il nous montre une planche de ronce de noyer. «  Regardezmoi ces veines, ça a quelque chose de psychédélique. » Bagage traditionnel et envies de moderne finissent par se rejoindre lorsqu’en 1997, Etienne Ayçoberry lance son entreprise  : Mobilus. D’abord installé rue Seyboth, il saute sur l’occasion de cette ancienne boutique d’antiquaire, rue du

Bouclier. Il commence à restaurer de vieux meubles, dont il conserve consciencieusement les photos, avant de travailler avec des architectes, Gilles Kempf, Fabrice Pérez ou encore Pascale Richter, avec qui il poursuit une collaboration fructueuse : « Je suis exécutant mais nous travaillons sur des chantiers complets. Le dernier en date était dans la vallée de Munster pour un particulier. Il y a ce côté sympa où on vit avec les gens. On construit le projet avec eux.  » Le relationnel est un aspect de son métier qu’il affectionne particulièrement. « Ça commence toujours avec une petite bricole à réparer, puis les relations s’approfondissent. » L’embauche de Jérôme Henner, il y a huit ans, lui a permis de faire fleurir son activité en se consacrant à la recherche de contrats. Avec un carnet de commandes, principalement de particuliers, rempli sur plusieurs semaines, l’avenir de Mobilus promet d’être radieux. De quoi se dégager un peu de temps pour se frotter à la création de mobilier contemporain.

Si cela reste une activité rare car coûteuse et gourmande en énergie, le plaisir non dissimulé qu’y prend Etienne Ayçoberry convainc des clients amoureux de la matière. Notre regard se pose sur une table en acajou au plateau en damier, et nous mesurons là tout le sens de l’expression « métier noble  ». Se pose alors la question de la transmission de ce métier de passionné. « Si ça me rebutait durant mes premières années, j’en éprouve le besoin aujourd’hui. J’ai envie de transmettre toute cette pratique accumulée.  » Des défis, toujours des défis, mais finalement, n’est-ce pas là le propre de l’artisanat ?

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Lampe de chevet Evo (2013), réalisée en une seule feuille de métal, design Armando D’Andrea chez CALLIGARIS.

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Lampe de travail Work en métal laqué, plusieurs couleurs disponibles, BOCONCEPT. www.boconcept.fr. Su o sp de u la ens en sig iton ion ve n L et Do nt O a o e UI cie -w à S r o La P in p M OU ox (19 ais L yd 50 on SE ab ) e Sc N, le, n a an lu m di in na iu ve m .

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DESIGN

Non mais HALO, quoi ! Par Myriam Commot-Delon

Lampe de table Forêt Illuminée (2011) en bois de hêtre et papier Tyvek, design Ionna Vautrin pour SUPER-ETTE, en vente chez Flat Concept Store. www.flatconceptstore.com.


Liseuse baladeuse Led U-Turn (2012) à diodes et à articulation magnétique (existe aussi en version spots), design Michel Charlot pour BELUX, en vente chez decoburo.

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Ce printemps, préparez vous à une éclosion de luminaires. Qu’ils soient réédités, tout nouveaux ou déjà classiques, il y en a pour tout le monde !

Réédition de la lampe de table Cobra (1950), existe en noir et gris-bleu, design Greta Grossman Collection GUBI, en vente à la Galerie Fou du Roi.

Réédition de la potence Lampe de Marseille (1954), design Le Corbusier, diffuseur de 50 cm de diam. et déportation du mur à 140 cm, collection Nemo chez CASSINA, en vente chez Pyramide. www.pyramide-design.com.

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LIFESTYLE ZUT ! DÉCO

AUTOMOB ILIER

NEW VINTAGE

ARTISAN

C’est le partenariat le plus surprenant de ce printemps : celui entre le constructeur automobile Smart et le fabriquant danois de meubles BoConcept. Alors quand la petite citadine s’invite à la maison, elle donne vie à smartville, une gamme hybride de produits sobres et épurés. Du fauteuil en cuir inspiré du siège de voiture high-tech au canapé modulable à la ligne impeccable : les deux experts en design urbain mixent leurs savoir-faire pour injecter chacun un peu de leur ADN dans une collection d’objets déco inédite et aboutie, tout en conservant leur identité. On craque pour les objets déco et accessoires collector à l’effigie de la smart, comme cette horloge BoConcept réplique parfaite de son compteur de vitesse. Enfin une déco qui roule ! (C.L.) Collection smartville chez BoConcept 4, rue du Chemin de fer à Lampertheim 03 88 81 66 53 www.boconcept.fr

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Le design vintage, ok. Mais les revêtements défraîchis, non. Avec Emmanuel Lecureur, meilleur apprenti de France en 2005, la question est réglée : son savoir-faire d’excellence redonnera ses lettres de noblesse à une assise de designer. De la réparation du cuir d’un Lounge chair de Charles & Ray Eames à un fauteuil Mourgue, rien ne lui résiste. La bonne idée est de le rencontrer en amont chez IDDE, son show-room épuré, pour évaluer le prix de la réfection. Et de visiter régulièrement son site Internet pour y trouver des idées et découvrir ses travaux en cours et ses chantiers de décoration d’intérieure. (M.C.D) IDDE 8, quai des Pêcheurs www.idde-stras.fr


AUDIO

GAME OVER Si je vous dit « Shoot them up ! », vous me répondez ? Space Invaders, le jeu japonais d’arcade sorti en 1978, LE JEU le plus vénéré des gamers, geeks ou kidultes du monde entier ! Quoi de plus jouissif en effet que de détruire des aliens au canon laser ? Peut-être écouter de la bonne musique vissé à son écran adoré. On souhaite donc autant de succès à Thierry Raynaud, ancien prototypiste et maquettiste pour des firmes de jouets, et à son kit d’enceintes Space Invaders. À connecter sur votre PC, Mac, PS3, Xbox 360, Wii, Ipod ou lecteur dvd… De quoi donner, sans trop de problème, un air seventies et régressif à votre computer et votre intérieur. (M.C.D) Kit de 5 enceintes Space Invaders, fabrication sur commande, possibilité de différentes combinaisons de couleurs prix public : 750 € www.madein70s.blogspot.fr

DESIGN

HAPPY B I R T H D AY Tabouret 60 d’Alvaar Alto, édition limitée, en exclusivité à La Maison Scandinave 5, quai des Pêcheurs 03 88 22 08 03

Ultra copié, l’iconique tabouret 60 en bouleau vernis d’Aalvar Alto, le vrai, celui édité par Artek, fête ses 80 ans. Et pour célébrer l’événement, quoi de mieux qu’une édition limitée ? Cinq couleurs sorbets inspirées de la décoration intérieure du sanatorium de Paimio, première œuvre architecturale majeure d’Aalvar Aalto, habillent cette assise minimaliste. Que les adeptes d’un black & white radical ne se fâchent pas : le tabouret est toujours disponible recouvert de linoléum noir ou de mélamine blanche, avec 3 ou 4 pieds. Bref, de quoi trouver tabouret à son pied ! (M.C.D)

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NOVA – Strasbourg : Nuera

LIFESTYLE ZUT !

HOME

NOVE SED NON NOVA *

Entité de renommée internationale faisant partie des leaders de la promotion immobilière, Bouwfonds Marignan Immobilier proposait déjà de nombreux programmes sur le territoire de la Communauté Urbaine de Strasbourg. Aujourd’hui, c’est au Neudorf qu’il prévoit un nouvel espace de vie. Face au parc de l’Étoile, la résidence Nova proposera dès le premier trimestre 2015 des logements haut-de-gamme allant du studio à l’appartement 4 pièces. Avec sa vue imprenable sur la cathédrale de Strasbourg et son environnement calme, nul doute que la résidence suscitera bien des envies… (J.G.) *La manière est nouvelle, mais non la matière.

Espace de vente Bouwfonds Marignan rue de la Thumenau – allée du Schluthfeld - 0 805 20 15 15 www.bouwfonds-marignan.com

PAST & CURIOUS

BROCANTE

Après une 33e édition tout juste achevée, les amoureux du rétro vont à nouveau être servis. Les 18 mai et 22 juin, la place Broglie reprendra des allures de marché aux puces géant, avec plus de 70 exposants professionnels venus de toute la France. Un nouvel invité de marque se greffe désormais à la manifestation : le Musée du Bagage de Haguenau y posera ses valises et exposera une sélection de pièces d’exception. Le duo d’Handschuhheim Gentlemen Designers prendra aussi ses marques avec un large choix de mobilier vintage de sa création ou relooké. Badauds curieux ou connaisseurs dénicheront à coup sûr la perle rare. Chiner devient l’activité indispensable du printemps, alors on veut bien tomber du lit le week-end ! (C.L.) Brocante de la place Broglie, les samedis 18 mai et 22 juin de 8h à 18h www.brocantes-strasbourg.fr

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AUTO

MOTEUR ! C’est désormais un rituel pour la Veyron de Bugatti : chaque version spéciale fait l’objet d’une carrosserie unique et originale. Pour sa dernière version, le constructeur automobile installé à Molsheim a fait appel à une pointure de l’art contemporain : Bernar Venet. Fasciné par ces puissants engins, l’artiste, connu pour la formulation mathématique de ses œuvres et le rouillé de ses sculptures monumentales, a imaginé un dégradé, de l’orangerouille vers le noir en passant par le brun. On peut y lire les caractéristiques développées par les ingénieurs pour cette Veyron Grand Sport similaire à la célèbre automobile produite depuis 2008 : 1001 chevaux, 450 km/h, 16 cylindres, 4 turbos. Un objet d’exception qu’on ne croisera pas souvent sur la route, mais qui a fait sensation à la foire d’art contemporain Art Basel Miami Beach. (V.S.-G.)

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TÉLEX

Avec le concept de café poussette, on peut s’occuper de bébé et de son grand frère tout en s’occupant de soi. Un concept qui fait florès partout en ce moment… sauf à Strasbourg. Les choses pourraient bien changer, si vous soutenez le projet Des Roses et des choux. Une ambiance madeleine de proust, une déco branchée et des petits plats bio, qui n’attend plus que vous pour voir le jour. Go kiss kiss, bisous bisous. (C.B.) www.kisskissbankbank.com/ des-roses-et-des-choux-cafe-parents-enfants

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LIFESTYLE ZUT !

MAXI MINI

AUTO

Mini Paceman disponible à l’Espace H 2, rue Emile Mathis à Hoenheim 03 88 75 37 53 www.mini.espace-h-strasbourg.fr

GOURMANDISE

Si « à l’arrière des berlines, on devine », à l’arrière d’une Mini on se sent particulièrement bien ! La petite dernière du géant de l’auto Mini lance son 7e modèle. La Paceman a déjà tout d’une grande, avec sa silhouette agile aux lignes tendues ; le premier Sports Activity Coupé au monde, dans le segment des petites voitures compactes haut de gamme, demeure pionnier de la mobilité urbaine. Avec ses deux portes, son grand volet et ses deux sièges individuels à l’arrière, cette nouvelle variation est résolument sportive de par ses proportions et sa conduite inspirée des sensations du karting ! L’ambiance Lounge de l’habitacle témoigne de la signature design de la marque britannique. Spacieuse et agréable à piloter, sur le bitume elle assure : bienvenue à la Mini (S)PACEMAN ! (C.L.)

AS DE PÂQUES

Le chocolat n’est pas une douceur à apprécier seulement au moment des fêtes de Noël. Surtout lorsque l’on a dans sa ville un artisan comme Jacques Bockel, médaillé d’or à l’Academy of Chocolate de Londres en 2011. Il en maitrise toutes les saveurs : fruitées, épicées, venues d’Amérique du sud et du monde entier. Elles se mêlent avec un savoir-faire acquis durant ces trente dernières années. Jacques Bockel nous offre un voyage à travers plus de vingt origines chocolatées, hautes en couleurs et riches en parfums. Idée cadeau ou petit plaisir perso : pour Pâques, ne résistez pas. (A.G) Chocolaterie Jacques Bockel 10, rue du Vieux Marché aux Poissons 03 88 91 29 49

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Non, Otto n’est pas que le titre d’un livre de Tomi Ungerer. Chez Forgiarini, c’est celui d’un ensemble sanitaire comme on les aime : une vasque et une armoire suspendues, du bois clair, des lignes nettes et douces, le tout dessiné pour créer la salle de bain parfaite. Forts d’un savoir-faire élaboré sur trois générations, Forgiarini vous aidera à concrétiser toutes vos envies et besoins en carrelages, sanitaire, meubles de bain, parquets, terrasses bois, pierre naturelle… Le choix y est vaste et contemporain. Une enseigne pointue et spécialisée. (M.C.D) Forgiarini 21, rue du Chemin de Fer 67450 Lampertheim 03 88 18 20 01 www.forgiarini-parquet-terrasse.fr

TABLE RASE

Que diriez-vous de vous faire masser tout habillé ? Reprenant des techniques venues d’Extrême-Orient et vieilles de plus de 2000 ans, le centre de bien-être La Source au lotus propose un tout nouveau concept de massages énergétiques sur corps vêtu. Techniques traditionnelles thaï et shiatsu, matelas d’eau, fauteuils massants, aromathérapie, luminothérapie... le lieu est équipé d’un matériel de dernière génération, en harmonie avec l’environnement, pour le bonheur de sa clientèle. Au cœur du quartier historique de la Petite France, on s’accorde volontiers (avec ou sans rendez-vous !) une parenthèse détente et évasion. (C.T.) * Un esprit sain dans un corps sain.

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Gher est un nouveau système de tables disponible dans quatre finitions de bois, plusieurs tailles de plateaux et de formes. Leur point commun ? Des pieds graciles aux accents fifties et un plateau ultra slim pour une impression empreinte de légèreté et d’élégance. (M.C.D) Tables Gher par Lievore Altherr Molina chez ARPER Disponible chez decoburo, 4, le Schlossberg - 68340 Zellenberg 03 89 21 72 00

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Photo : Djeb

BIEN-ÊTRE


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- Albe - Algorithme - Alice Lange - Le Boudoir - Altra - Cartier - Dome - Freeman - Frey Wille - Galeries Lafayette - G-Star - Heschung - Il salone - Eric Humbert - K.Collections - Marbre - Marithé+François Girbaud - Maurice Frères - Marjy & Co - Mistyk - Mona - Mont Blanc - One Step - Printemps - Revenge Hom - Roppenheim The Style Outlets - Superdry - Ultima - Ultima bis - Vicino - Xavier Hédoire …

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BEAUTÉ & BIEN-ÊTRE

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COM’ & MEDIA

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————————————— DÉCO & DESIGN

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