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U n i o n Wa l l o n n e d e s E n t r e p r i s e s

Etudes sur la situation de l’ENTREPRISE THÈME 2008 : ENTREPRISES ET DÉVELOPPEMENT TERRITORIAL MONOGRAPHIES SECTORIELLES

Juin 2008


Rappor t sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

2 R a p p o r t U W E 2 0 0 78


Table des matières ENTREPRISES ET DÉVELOPPEMENT TERRITORIAL Synthèse

.........................................................................................................................................................................................7

Introduction

De l’espace pour entreprendre ................................................................................................................11

Chapitre 1

Situation actuelle et estimation des besoins......................................................................................13

Chapitre 2

Cadre réglementaire et contraintes ........................................................................................................31

Chapitre 3

Les acteurs de l’offre et de la demande ................................................................................................45

Chapitre 4

Pour une offre adéquate ..............................................................................................................................59

Conclusion générale .......................................................................................................................................................................67 Sources ..................................................................................................................................................................................................... 68 Liste des abréviations ........................................................................................................................................................................ 69 Acteurs ..................................................................................................................................................................................................... 70

MONOGRAPHIES SECTORIELLES Les secteurs de l’industrie technologique ............................................................................................................................... 75 L’industrie papetière ........................................................................................................................................................................... 81 La construction ..................................................................................................................................................................................... 85 Le secteur chimique ........................................................................................................................................................................... 91 L’industrie cimentière belge ........................................................................................................................................................... 93 Les ressources humaines ................................................................................................................................................................. 95 Le secteur de l’extraction de granulat naturel ....................................................................................................................... 99 L’industrie du bois, de l’ameublement et du textile ........................................................................................................ 103 Le secteur des déchets .................................................................................................................................................................. 111 La transformation du papier et du carton ............................................................................................................................ 113 L’industrie alimentaire .................................................................................................................................................................... 117 L’industrie du verre .......................................................................................................................................................................... 121 Le secteur sidérurgique ................................................................................................................................................................. 125

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Rappor t sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

4 Rapport UWE 2008


Entreprises et DĂŠveloppement territorial


Rappor t sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008 » SYNTHÈSE » Introduction » Chapitre 1 - Situation actuelle et estimation des besoins » Chapitre 2 - Cadre réglementaire et contraintes » Chapitre 3 - Les acteurs de l’offre et de la demande » Chapitre 4 - Pour une offre adéquate » Conclusion générale » Monographies sectorielles

6 Rapport UWE 2008


Entreprises et D éveloppement te r r i to r i a l

S i t u at i o n a c t u e l l e e t e s t i m at i o n s d e sSybnt e shoèi ns es

Synthèse Convaincue de l’importance des questions territoriales dans le développement des entreprises et donc de la région, l’Union Wallonne des Entreprises a décidé de consacrer son «Rapport 2008 sur la situation de l’entreprise» aux questions relatives à l’espace dédié à l’implantation et au développement de l’activité économique en région wallonne. En effet, alors que la disponibilité de terrains économiques est mise en exergue dans la promotion internationale de la Wallonie, plusieurs témoignages tendent à montrer qu’il n’est pas toujours aisé aujourd’hui de bénéficier des surfaces souhaitées aux caractéristiques demandées. Ce constat de pénurie a été quantifié par une étude de la Conférence Permanente du Développement Territorial (CPDT). Ces questions se posent non seulement pour les investisseurs étrangers, mais également pour les entreprises wallonnes souhaitant s’étendre et indirectement pour celles ayant le désir de se maintenir dans le tissu urbain. Le rapport aborde, en quatre chapitres, l’espace disponible pour l’activité économique en région wallonne, actuellement et dans l’avenir, les obstacles identifiés et les actions déjà mises en œuvre pour lutter contre la pénurie et mobiliser de l’espace, les acteurs de l’offre et de la demande, ainsi que des recommandations pour l’amélioration de la gestion de l’espace dédié à l’activité économique. Le rapport ne constitue pas une analyse exhaustive. Il présente la situation actuelle au départ d’études existantes et analyse les solutions qui ont été mises en œuvre. Il propose également un ensemble de recommandations pour que le développement territorial concoure au redéploiement économique de la région wallonne, tout en respectant l’objectif de gestion parcimonieuse du sol. Il formalise la contribution de l’UWE au débat en cours sur l’espace consacré à l’activité économique et rassemble certains éléments qui contribueront à fonder ses prises de position en la matière. La situation actuelle et l’estimation des besoins La caractérisation de l’implantation et la quantification des surfaces sont abordées selon deux angles de vue : l’affectation et l’occupation. L’affectation représente la situation «de droit» ou théorique. L’occupation représente la situation «de fait» ou situation réelle. L’examen de la situation actuelle, confrontant affectation «de droit» (planologique) et occupation réelle, conduit aux constats suivants : •

1,6% (27.900 ha) du territoire est affecté à l’activité économique par le plan de secteur (affectation «de droit», ou théorique) contre 2,8% en Flandre ;

1,2% (21.000 ha) du territoire est occupé par l’activité économique (occupation réelle au cadastre) contre 3,4% en Flandre ;

près de 50% du territoire occupé réellement par l’activité économique (21.000 ha) se situent en dehors des 27.900 ha de zone d’activité économique du plan de secteur ;

Les parcs d’activité économique (PAE) représentent près de la moitié de la zone d’activité économique, l’autre moitié est la propriété d’autres opérateurs (ports autonomes, communes, propriétaires privés dont entreprises, etc.). Les PAE regroupent 8% des entreprises et 19% des emplois marchands de Wallonie. Une certaine spécialisation de ces zones (accueil des entreprises industrielles et des entreprises de grande taille d’autres secteurs), très utile à l’ensemble de l’économie wallonne, se dégage de ces chiffres. On peut toutefois se demander si les politiques d’accueil des entreprises la favorisent suffisamment. On constate en effet que certains terrains sont occupés par des acteurs dont les activités pourraient aisément se déployer en zone urbaine, laissant ainsi la zone d’activité économique aux activités industrielles et à celles qui y sont liées.

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Rappor t sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

En ce qui concerne la disponibilité future, le Gouvernement wallon poursuit la mise à disposition d’espace, d’une part, par la levée de contraintes réglementaires, et d’autre part, par la mise en place d’un deuxième plan prioritaire d’affectation d’espace à l’activité économique. Ces mesures devraient conduire à la libération de près de 5.000 ha d’ici 2020, ce qui correspond aux estimations réalisées par la conférence permanente de développement territorial (CPDT). Nous constatons que la mise à disposition de ces 5.000 ha supplémentaires placerait la Wallonie dans une situation comparable à celle de la Flandre d’aujourd’hui (en termes d’ha consacrés à l’activité économique par habitant), ce qui permettrait de rattraper une partie de notre retard économique sur celle-ci. Il est également intéressant de constater que la Flandre, qui est davantage confrontée à la nécessité de gestion parcimonieuse du sol, dispose à l’heure actuelle de 2.300 ha immédiatement disponibles, soit 2,3 fois la disponibilité actuelle wallonne. Ces 5.000 ha constituent une superficie globale qui doit être distribuée de manière adéquate en fonction des besoins réels des investisseurs. Le cadre réglementaire et les contraintes Le CWATUP a subi de multiples modifications qui peuvent donner l’impression d’une législation par tâtonnement ou par essai et erreur et concourent à la relative illisibilité du texte. Une coordination officielle du Code est indispensable. La moitié (5 décrets sur 12) des modifications décrétales adoptées depuis le début de la législature poursuivent le double objectif de mobiliser de l’espace pour l’activité économique et de raccourcir les procédures en vigueur. L’inscription d’une nouvelle zone d’activité économique ou sa mise en œuvre se heurte à diverses contraintes : •

le phénomène Nimby. Les recours rencontrent un certain succès au Conseil d’Etat où les considérations de développement économique sont reléguées à l’arrière-plan (absence de balance des intérêts) ;

le manque d’intérêt des communes pour l’activité économique. Celui-ci doit être combattu sur base des avantages directs et indirects que confère la présence d’une activité économique sur leur territoire ;

la compensation planologique ou alternative. Celle-ci reste un sujet de préoccupation notamment liée à l’absence de critères qui permettraient d’encadrer la compensation alternative. La pratique fait craindre de coûteux dérapages. Il est urgent de fixer des règles en la matière ;

le principe de standstill, qui veut que le niveau de protection de l’environnement ne puisse pas régresser de manière sensible sans qu’il existe des motifs liés à l’intérêt général ;

la pollution des sols.

Les acteurs Le rapport analyse l’intervention des différents acteurs dans la procédure allant de l’inscription de la zone au plan de secteur à la délivrance du permis d’urbanisme ou au permis unique. Après avoir abordé les résultats de l’enquête menée par l’UWE auprès des entreprises, cette partie identifie les acteurs de l’offre, détaille leurs rôles, ainsi que les critères d’attribution des terrains. L’enquête menée par l’UWE dans le cadre de ce rapport montre d’abord une satisfaction globalement mitigée des entreprises quant à leur localisation actuelle pour laquelle les critères de localisation obtiennent les meilleurs scores tandis que les services sont jugés insatisfaisants. Les réponses relatives aux critères de choix d’une éventuelle relocalisation des entreprises illustrent une continuité de ce constat.

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Entreprises et D éveloppement te r r i to r i a l

S i t u at i o n a c t u e l l e e t e s t i m at i o n s d e sSybnt e shoèi ns es

En effet, dans le cas d’un déménagement, les chiffres indiquent que, dans un premier temps (lors de l’achat), les entreprises sont sensibles aux critères de positionnement géographique (d’abord sous-régionaux puis locaux) et aux éléments qui l’affectent directement (coût et accessibilité notamment) mais que dans un second temps, elles souhaitent des services appliqués à cette localisation (transport public, équipements…). Les niveaux de satisfaction relativement bas de leur localisation actuelle expliquent en partie les exigences des entreprises lorsqu’elles veulent déménager. Ce déménagement se fait de plus en plus régulièrement vers les PAE. L’installation d’une entreprise dans un PAE est l’aboutissement d’un parcours particulièrement long, mêlant une phase préparatoire principalement procédurale et une phase de mise à disposition du terrain à son acquéreur. La CPDT a estimé à une moyenne de 7 ans la durée allant de l’identification à l’équipement du terrain. De l’analyse de ces phases, nous pointons principalement une relative hétérogénéité sous-régionale et entre opérateurs, des procédures de cession, d’attribution et de gestion des terrains. Nous retenons également une arythmie entre les acteurs de l’offre et ceux de la demande, ainsi que l’absence d’un véritable outil régional de gestion et de promotion de ces terrains. Nous constatons aussi que l’ensemble des terrains sont gérés de la même manière, sans distinction de leur niveau d’intérêt stratégique (local, sous-régional, régional). Recommandations de l’UWE pour une offre adéquate L’analyse que nous avons faite nous permet de considérer qu’une politique spatiale dynamique nécessite l’adoption d’une vision stratégique régionale et sectorielle à long terme (20 ans) et la mise en œuvre d’une gestion opérationnelle performante, basée sur des outils et des modes de fonctionnement plus efficaces. Cette vision stratégique (qui ne se limite pas à mobiliser un nombre d’ha) doit être argumentée sur base des objectifs de développement de la Région wallonne et traduite dans les plans qu’elle adopte. Initialement, le SDER devait remplir cette fonction, mais il n’a pas été mis à jour depuis près de 10 ans, et l’on constate que ses orientations stratégiques sont trop peu traduites sur le terrain. En ce qui concerne la conception d’outils et de modes de fonctionnement plus efficaces, nos travaux nous ont amenés à constater les améliorations apportées à la gestion de l’espace dédié à l’activité économique. Cependant, des progrès sont encore nécessaires. A cet égard, nous formulons un ensemble de recommandations : 1. Connaître et évaluer. 2. Mobiliser l’espace judicieusement. 3. Mettre en œuvre une gestion du territoire à 3 niveaux. 4. Renforcer la spécificité des PAE par une politique stricte d’attribution des terrains. 5. Réfléchir en termes de «services» et pas uniquement en termes d’hectares mis à disposition. 6. Créer une base de données des terrains à vocation économique (existants et potentiels). 7. Assurer la cohérence des plans et des politiques menées. 8. Adapter le cadre réglementaire. La mise en œuvre de ces recommandations aboutira à une gestion quantitative et qualitative efficace des superficies dédiées à l’activité économique, dans le respect du principe de gestion parcimonieuse du territoire. Cela permettra aux entreprises de s’installer et de se développer dans le cadre d’une politique spatiale en cohérence avec les objectifs de redéploiement économique de la région wallonne. ||

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Rappor t sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008 » Synthèse » INTRODUCTION » Chapitre 1 - Situation actuelle et estimation des besoins » Chapitre 2 - Cadre réglementaire et contraintes » Chapitre 3 - Les acteurs de l’offre et de la demande » Chapitre 4 - Pour une offre adéquate » Conclusion générale » Monographies sectorielles

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S i t u at i o n a c t u e l l e e t e s t i m at i o n sI nt d ero s db ue cs ot iionns

Introduction

De l’espace pour entreprendre «Le bel espace pour entreprendre !» pouvait-on lire sur les affiches d’une ancienne campagne de promotion de la Wallonie représentant une image de la région. Ce slogan s’est vu récemment confirmé par l’inscription de la Wallonie au sommet de classements internationaux évaluant les régions selon leur niveau d’attractivité pour les investisseurs. Un des plus récents est celui du fDI Magazine, filiale du Financial Times, qui place la Wallonie cinquième du Top 25 des régions et villes d’Europe en termes d’attractivité pour l’investissement. D’autres classements, parfois plus sectoriels (comme pour la logistique, par exemple), sont tout aussi favorables voire davantage encore. La Wallonie est donc une terre propice à l’investissement. Le nombre d’entreprises étrangères ayant fait le choix de s’y installer depuis plusieurs années corrobore ce constat. La situation semble donc idéale… Plusieurs témoignages d’entreprises semblent pourtant indiquer qu’il est de plus en plus difficile de trouver les terrains nécessaires à l’installation et au développement des activités économiques. Les différents opérateurs évoquent également de multiples dossiers ne pouvant recevoir rapidement de suites favorables faute de disponibilités foncières. Dans certaines sous-régions, la saturation des parcs d’activité économique (PAE) est atteinte ou proche de l’être. Alors que la disponibilité en terrains économiques est vantée dans la promotion internationale de la Wallonie, ces témoignages tendent à montrer qu’il n’est pas toujours aisé aujourd’hui de bénéficier des surfaces souhaitées aux caractéristiques demandées. Ce constat de pénurie a été quantifié par une étude de la Conférence Permanente du Développement Territorial(1) (CPDT). Ces questions se posent non seulement pour les investisseurs étrangers, mais également pour les entreprises wallonnes souhaitant s’étendre et indirectement pour celles ayant le désir de se maintenir dans le tissu urbain. Convaincue de l’importance des questions territoriales dans le développement des entreprises et donc de la région, l’Union Wallonne des Entreprises a décidé de consacrer son rapport 2008 sur la situation de l’entreprise aux questions relatives à l’espace dédié à l’implantation et au développement de l’activité économique en région wallonne. Le rapport aborde les aspects suivants : •

l’espace disponible pour l’activité économique en région wallonne, actuellement et dans l’avenir (chapitre 1 : situation actuelle);

les obstacles identifiés et les actions déjà mises en œuvre pour lutter contre la pénurie et mobiliser de l’espace (chapitre 2 : cadre réglementaire et contraintes);

les acteurs de l’offre et de la demande (chapitre 3);

des recommandations pour l’amélioration de la gestion de l’espace dédié à l’activité économique (chapitre 4 : pour une offre adéquate).

Le rapport ne constitue pas une analyse exhaustive. Il présente la situation actuelle au départ d’études existantes et analyse les solutions qui ont été mises en œuvre. Il propose également un ensemble de recommandations pour que le développement territorial concoure au redéploiement économique de la région wallonne, tout en respectant l’objectif de gestion parcimonieuse du sol. Il formalise la contribution de l’UWE au débat en cours sur l’espace consacré à l’activité économique et rassemble certains éléments qui contribueront à fonder ses prises de position en la matière. ||

(1)

Conférence permanente de développement territorial – Evaluation des besoins en matière de zones d’activités économiques – Mission d’expertise – Janvier 2007

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Rappor t sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008 » Synthèse » Introduction » CHAPITRE 1 - SITUATION ACTUELLE » Chapitre 2 - Cadre réglementaire et contraintes » Chapitre 3 - Les acteurs de l’offre et de la demande » Chapitre 4 - Pour une offre adéquate » Conclusion générale » Monographies sectorielles

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S i t u at i o n a c t u e l l e e t e s t i m at i o n s d e s b e s o i n s

Chapitre 1

Situation actuelle et estimation des besoins Ce chapitre a pour objectif de quantifier certains aspects relatifs à l’espace dédié à l’activité économique en Wallonie. Il compare l’espace réservé à l’activité économique par les documents d’aménagement (affectation de droit) à l’espace que l’activité économique occupe réellement sur le territoire (occupation de fait). Certains de ces chiffres seront comparés à la situation en Flandre. Enfin, une étude du poids économique des parcs d’activité analyse le degré de spécificité de ces zones.

1.1. Remarque liminaire La rédaction de ce chapitre a nécessité la consultation de diverses sources statistiques relatives aux surfaces dédiées à l’activité économique, basées sur les documents publics existants les plus récents quant aux affectations et occupations actuelles globales. Il n’est guère aisé de trouver ces chiffres. Diverses institutions disposent de données éparses et incomplètes. De plus, ces diverses sources se recoupent rarement. Les données sur les surfaces existantes ont nécessité un travail conséquent de compilation et de croisement, mais nous ont permis d’obtenir une représentation relativement fidèle de la réalité. Par contre, il nous a été impossible d’établir un état des lieux fiable des disponibilités et potentialités du territoire. En effet, les données récoltées sont rarement concordantes. La CPDT a été chargée d’établir ces chiffres, mais son rapport n’a pas été diffusé. Une extrême prudence est recommandée pour la lecture de ces chiffres. Pour des raisons de facilité de lecture, certains chiffres ont été arrondis.

1.2. Le territoire wallon La Wallonie s’étend sur 16.844 km2 pour près de 3.430.000 habitants en 2007, ce qui représente une densité d’environ 200 habitants au km2. Le territoire wallon est occupé pour moitié par des terres agricoles et pour près d’un tiers par des bois. Près d’un dixième, soit 160.000 ha, est constitué de terrains dits «artificialisés». Cette appellation recoupe essentiellement les terrains occupés par de l’habitat, du commerce, de l’activité économique (industrie ou artisanat), des infrastructures de transport, des services publics ou des équipements communautaires. Le reste du territoire est occupé par des milieux naturels, des surfaces en eau et des terrains non cadastrés (notamment les emprises de routes et chemins)(1).

(1)

Conférence permanente de développement territorial – Evaluation des besoins en matière de zones d’activités économiques – Mission d’expertise – Janvier 2007

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Rappor t sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

Les situations de droit et de fait La caractérisation de l’implantation et la quantification des surfaces doivent être abordées selon deux angles de vue : l’affectation et l’occupation. L’affectation représente la situation «de droit» ou théorique. L’occupation représente la situation «de fait» ou situation réelle.

La situation de droit Sur le plan juridique, l’affectation de droit est régie par 23 plans de secteurs adoptés entre 1977 et 1987. Ceux-ci organisent la répartition des activités sur le territoire. Le plan de secteur a valeur réglementaire. On ne peut y déroger que selon les procédures prévues par le Code Wallon de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme et du Patrimoine (CWATUP). Le plan de secteur comporte, à titre obligatoire, les affectations du territoire (le «zonage») et le tracé du réseau des principales infrastructures ; et à titre facultatif, d’éventuels périmètres en surimpression aux affectations, des prescriptions supplémentaires d’ordre urbanistique ou planologique, d’autres mesures d’aménagement. Les zones réservées à l’activité économique (mixte, industrielle, agro-économique et grande distribution) représentent environ 25.500 ha (1,5% du territoire) auxquels s’ajoutent 2.420 ha de zone d’aménagement communal concerté à caractère industriel (0,1% du territoire). Sur le plan de secteur, ces zones sont identifiées par les couleurs suivantes : les zones d’activité économique mixte(1) (art. 30, al. 1) ; en ce compris, en surimpression : les zones d’activité économique spécifique agro-économique (art. 31 al.1) ; les zones d’activité économique spécifique grande distribution (art. 31 al.2) ; les zones d’activité économique industrielle(2) (art. 30, al. 2) ; la zone d’aménagement communal concerté à caractère industriel(3) (art. 34). La zone d’extraction, destinée à l’exploitation des carrières et de leurs dépendances, recouvre, quant à elle, 14.725 ha, soit 0,9% du territoire. Elle est identifiée de la manière suivante : la zone d’extraction (art. 32) Bien que l’exploitation des carrières et de leurs dépendances relève de l’activité économique, la zone d’extraction n’est pas abordée dans cette étude. Elle fait l’objet d’une analyse dans le cadre de la monographie sectorielle de Fediex.

La situation de fait L’Observatoire du Développement territorial, en collaboration avec l’équipe chargée de cartographier l’occupation du sol en Wallonie, a regroupé les 210 natures d’occupation du sol, définies par l’Administration du Cadastre, en 15 catégories. La carte d’occupation du sol qui en résulte constitue la source authentique de données relatives à l’occupation réelle du sol, et permet d’appréhender l’évolution des différentes catégories d’occupation dans le temps.

(1) (2)

(3)

La zone d’activité économique mixte est destinée aux activités d’artisanat, de service, de distribution, de recherche ou de petite industrie. La zone d’activité économique industrielle est destinée aux activités à caractère industriel et aux activités de stockage ou de distribution à l’exclusion de la vente au détail. Les entreprises de service qui leur sont auxiliaires y sont admises. La zone d’aménagement communal concerté à caractère industriel (anciennement ZADI) est destinée à recevoir les activités d’artisanat, de recherche ou de petite industrie, les activités à caractère industriel ou les activités de stockage et les activités agroéconomiques de proximité, à l’exclusion des activités de service, de distribution ou de vente au détail et des activités de grande distribution. Son affectation est déterminée en fonction de la localisation de la zone, de son voisinage, des coûts et des besoins pour la région concernée, des infrastructures de transport existantes, tout en veillant à développer des potentialités en termes de multimodalité ainsi que des synergies avec les zones attenantes.

14 Rapport UWE 2008


Entreprises et D éveloppement te r r i to r i a l

S i t u at i o n a c t u e l l e e t e s t i m at i o n s d e s b e s o i n s

Dans le présent document, l’appellation «zone d’activité économique» (ZAE) est utilisée pour désigner l’affectation au plan de secteur. L’appellation «parc d’activité économique» (PAE) est réservée aux espaces historiquement appelés «zonings industriels».

1.3. Activité économique : comparaison de l’affectation et de l’occupation Dans cette partie, l’activité économique est abordée par sa situation de droit (affectation au plan de secteur) et par sa situation de fait (occupation réelle au cadastre). Dans un premier temps, nous verrons que la zone qui, en droit, est affectée à l’activité économique est, dans les faits, en partie, occupée par d’autres activités (1.3.1) et, dans un second temps, nous montrerons que, dans les faits, l’activité économique est également présente dans des zones qui sont, en droit, réservées a priori à d’autres types d’activités (1.3.2).

1.3.1. Comment les zones affectées à l’activité économique sont-elles occupées ? 1.3.1.1. L’affectation La zone réservée actuellement par le plan de secteur à l’activité économique, telle que définie ci-dessus, représente 1,6% du territoire wallon, soit près 27.900 ha. Cette zone est subdivisée en 3 catégories : la zone d’activité économique industrielle, la zone d’activité économique mixte et la zone d’aménagement communal concerté à caractère industriel dite «ZACCI». La zone industrielle et la zone mixte (représentant toutes deux la ZAE) couvrent environ 25.500 ha (1,5% du territoire) auxquels s’ajoutent 2.420 ha de ZACCI (0,1% du territoire). Sur les 27.900 ha de ZAE et de ZACCI, 62% sont destinés à l’activité économique de nature industrielle et 29% sont destinés à l’activité industrielle mixte, cette dernière zone pouvant contenir des activités de commerce et de bureaux.

FIGURE 1 : Affectation au plan de secteur (en% du territoire wallon) et répartition de la zone dédiée à l’activité économique au plan de secteur (en %) Source : DGATLP

ZSPEC : zone de services publics et d’équipements communautaires ZACC : zone d’aménagement communal concerté Esp.verts-z.natur : espaces verts et zones naturelles

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Rappor t sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

Comme le tableau ci-dessous l’indique, les plans de secteur ont fait l’objet depuis leur adoption de modifications décrétales de leur légende (décret du 27/11/1997) ainsi que de révisions partielles et thématiques. La surface consacrée à l’activité économique est ainsi passée de 22.584 ha (sous le régime de la légende initiale) à 25.448 ha, soit une augmentation nette de l’ordre de 3.000 ha.

TABLEAU 1 - Evolution des zones d’affectation des zones d’activité économique au plan de secteur Légende initiale du plan de secteur

Légende modifiée (décrets des 27/11/97 et 03/02/05)

Plan de secteur initial avant révisions Zone d’activité économique (ha)

Plan de secteur en vigueur 01/12/05

Modifications par révisions au 01/12/05

22.328

25.448

+ 3.120

2.645

2.420

- 225

Plan de secteur avant révisions 21.705 Zone d’activité 879 économique

Zones d’extension d’artisanat et d’extension de services (ha) Total

22.584

Zone d’extension d’industrie (ha)

2.811

Zone d’aménagement différé à car. industriel

Source : fiche d’occupation et d’affectation du sol : Région wallonne - ODT CPDT/CREAT & DGATLP/DAU/DAR – sept. 2006

1.3.1.2. Le taux d’occupation de la zone d’activité économique Sachant que le plan de secteur consacre 1,6% du territoire wallon à l’activité économique,

il

est

nécessaire

FIGURE 2- Utilisation réelle de la zone d’activité économique

de

connaître l’occupation réelle de cette zone (situation de fait). Les chiffres qui suivent sont issus du croisement entre les 15 catégories de nature cadastrale évoquées ci-dessus (cf. encadré), et le plan de secteur au 1er

décembre

2005.

Ce

croisement

permet d’obtenir une analyse plus fine de l’occupation réelle de la zone dédiée à l’activité économique. En se basant sur l’Etat de l’Environnement wallon(1) qui confronte l’occupation réelle du sol et l’affectation de droit, on peut estimer que la zone d’activité économique du plan de secteur est, dans les faits, occupée en grande partie par d’autres activités : 26% par l’agriculture, 18% par des terres vaines et vagues, 4% par des bois, et 3% par de la résidence.

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(1)

Rapport analytique sur l’état de l’environnement wallon 2006-2007 - figure TERRIT 1-4, p. 126

Source : EEW 2006-2007


Entreprises et D éveloppement te r r i to r i a l

S i t u at i o n a c t u e l l e e t e s t i m at i o n s d e s b e s o i n s

Hormis les 14% occupés par les infrastructures d’équipement et de transport que l’on peut relier partiellement à l’activité économique, seuls 35% de cette zone sont réellement occupés par l’activité économique et de loisirs au sens strict. Autrement dit, près de deux tiers de la ZAE sont occupés par d’autres activités. La carte 1 illustre cet état de choses en présentant l’occupation réelle d’un PAE, sélectionné à titre purement exemplatif.

CARTE 1 - Occupation du sol dans les PAE : exemple

Source : DGATLP

17 R a p p o r t U WE 2008


Rappor t sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

1.3.2. Comment les zones occupées par l’activité économique sont-elles affectées ? Toute l’activité économique ne se concentre pas dans la zone d’activité économique du plan de secteur. Elle est notamment présente dans les noyaux d’habitat. L’objet de cette section est de présenter l’occupation réelle de l’activité économique, quelle que soit l’affectation au plan de secteur. 1.3.2.1. L’occupation réelle de l’activité économique Le cadastre, sur base duquel la carte d’occupation du sol est élaborée, permet d’identifier 20.953 ha(1) de type «bâti en

FIGURE 3 - Cadastre de l’activité économique

activité économique». Cette appellation

4%

recouvre essentiellement les activités industrielles et d’artisanat, ainsi que les commerces, services et bureaux.

Activités industrielles et artisanat

12%

Bâtiments et aires de stockage Commerces de petite surface

3%

Commerces de moyenne surface Commerces de grande surface

3%

Les terrains occupés par l’industrie et

Services et bureaux

l’artisanat s’étendent sur 16.035 ha, soit un peu moins de 1% de la superficie wallonne. Les commerces, bureaux et

58% 20%

services occupent 4.918 ha, soit environ 0,25% de la superficie wallonne.

Source : carte d’occupation des sols 2006, DGA

1.3.2.2. Affectation planologique de l’activité économique Sur base de ce cadastre de l’activité économique, il est intéressant de connaître la localisation de l’activité

FIGURE 4 - Affectation au plan de secteur de l’activité économique réelle

économique en fonction du zonage

12%

établi par le plan de secteur.

En zone d'activité économique

Le graphique suivant est issu des

En zone urbanisable

chiffres de la CPDT de septembre

En zone non urbanisable

2007. Selon cette source, sur les 20.953 ha identifiés par le cadastre comme «activités économiques», 50% seraient situés hors de la zone d’activité

38%

50%

économique du plan de secteur. Il en résulte que l’activité économique

Source : CPDT 2007

réelle occupe : •

38% de zones urbanisables. La zone d’habitat, certes principalement destinée à la résidence, peut accueillir des activités d’artisanat, de service, de distribution, de recherche ou de petite industrie ;

12% de zones non urbanisables. Cette situation s’explique, dans les faits, notamment par divers mécanismes prévus par le CWATUP permettant l’octroi de permis en dérogation avec l’affectation au plan de secteur.

(1)

Source : Statbel

18 Rapport UWE 2008


Entreprises et D éveloppement te r r i to r i a l

S i t u at i o n a c t u e l l e e t e s t i m at i o n s d e s b e s o i n s

La carte 2 met l’accent, à titre d’exemple, sur la présence de l’activité économique en dehors de la zone d’activité économique du plan de secteur.

CARTE 2 - Localisation de l’activité économique au plan de secteur : exemple

Source : DGATLP

19 R a p p o r t U WE 2008


Rappor t sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

Ainsi, sur les 20.953 ha identifiés comme «occupés par l’activité économique» selon le cadastre, •

près de la moitié sont situés hors de la zone d’activité économique au plan de secteur, ce qui suggère l’importance du développement économique en dehors de la zone traditionnellement dédicacée à cette activité. Ces 10.000 ha se situent pour 3/4 (7.580 ha) en zones destinées à l’urbanisation et pour 1/4 en zone non urbanisable (2.480 ha) ;

l’autre moitié est située en zone d’activité économique au plan de secteur.

Enfin, si on suppose que les 12% de terres non urbanisables sont en totalité en zone agricole au plan de secteur, on peut déduire que l’activité économique occupe 2.400 ha de zones dédiées à l’agriculture ; ce qui correspond à 0,3% de la superficie agricole utile (SAU). L’agriculture occupe encore 7.000 ha, soit 25% de la ZAE.

1.4. Estimation des besoins et des disponibilités Dans cette section, nous présentons les besoins estimés par le Gouvernement et la manière dont ils seront rencontrés. Ces données sont confrontées aux estimations de disponibilité réelle du territoire.

1.4.1. Estimation des besoins En septembre 2006, le Gouvernement a confié à la CPDT une étude sur l’évaluation des besoins spatiaux destinés à l’activité économique. La CPDT y confronte la disponibilité actuelle à la vente (uniquement les terrains détenus par les intercommunales de développement économiques - IDE) et l’estimation des besoins en terrains industriels d’ici à 2016. L’estimation des demandes est, quant à elle, réalisée sur base d’une extrapolation linéaire des ventes réalisées entre 1995 et 2005. La vente annuelle moyenne étant de 217 ha pour l’ensemble des IDE, un besoin de 3.689 ha a été déterminé, auquel il faut ajouter 12 à 15% pour tenir compte des terrains qualifiés de «perdus» (zones tampons, équipements, etc.). C’est sur ces bases que le Gouvernement a conclu à la nécessité de libérer 5.000 ha à l’horizon 2020. La question qui se pose à présent est de savoir comment ces 5.000 ha vont être mobilisés.

1.4.2. Trouver 5.000 ha Le Gouvernement wallon a décidé de suivre deux grandes voies pour y parvenir. D’une part, sur les 5.000 ha prévus, les modifications successives apportées au CWATUP ont permis dans un premier temps de rendre 2.435 ha rapidement mobilisables. Ceux-ci sont notamment dégagés par le premier plan prioritaire(1) (988 ha) et par la levée de contraintes juridiques (modifications successives du CWATUP, plan Marshall, etc.), et par la mobilisation de nouvelles zones (SAR, SRPE(2), RER, aéroports, etc.) pour le solde (FIGURE 5). D’autre part, le Gouvernement a invité (en février 2008) les IDE à lui remettre des projets pour les 2.500 ha manquants (plan prioritaire II). Celles-ci ont déposé 91 (3) dossiers pour un total de 3.000 ha, cumulant des superficies toutes supérieures à 5 ha. Les IDE ont également proposé, en le motivant, l’outil planologique qu’elles comptaient utiliser pour chaque projet : révision du plan de secteur ou plan communal d’aménagement compensatoire (PCAC) (4). Le graphique ci-après (FIGURE 5) illustre l’estimation des besoins et la manière dont les 5.000 ha seront mobilisés.

(1) (2) (3) (4)

Le plan prioritaire d’inscription de nouvelles zones d’activité économique (2004) a constitué la première révision thématique des plans de secteur sur l’ensemble de la Région wallonne (35 modifications). SAR : site à réhabiliter - SRPE : site de réhabilitation paysagère et environnementale Initialement, les IDE avaient rendu 93 projets pour une superficie totale de 4.200 ha. Un premier tri a conduit à revoir cette superficie à la baisse, particulièrement en région liégeoise. Voir le chapitre sur le cadre réglementaire.

20 Rapport UWE 2008


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S i t u at i o n a c t u e l l e e t e s t i m at i o n s d e s b e s o i n s

FIGURE 5 - Estimation des besoins en ZAE à l’échéance 2020 Besoins en 2020 : 5.000 ha 

2.435 ha libérables

2.565 ha à trouver 306

2.500 ha nouveaux doivent être mis à disposition

PP II : 91 projets rendus par les IDE en fév 2008 pour une surface totale de 3.000 ha

298 988

687

156

PPI Contraintes diverses levées Mesures Resa/Resa bis SAR/SRPE RER/aéroports

Source : Cabinet du Ministre du développement territorial – avril 2008

1.4.3. Estimation des disponibilités 1.4.3.1. Disponibilités actuelles de la ZAE La zone dédiée à l’activité économique est environ pour moitié constituée des parcs d’activité économique (PAE) relevant des intercommunales de développement économique (IDE) et pour moitié par des terrains appartenant à d’autres opérateurs (ports autonomes, communes, promoteurs privés, industriels, agriculteurs, particuliers), dont certains non mis en œuvre. De l’offre de terrains gérés par les IDE, 70% sont dédiés aux parcs généralistes. Le solde immédiatement disponible à la vente toutes zones confondues, s’élevait à 1.500 ha nets fin 2006 (selon la CPDT ). Wallonie Développement, l’association des IDE, estime les disponibilités actuelles à près de 1.000 ha. Ces chiffres n’intègrent ni les terrains du plan prioritaire n° 1, ni ceux qui ne sont pas encore équipés. D’autres terrains sont soumis à des contraintes telles que : appartenance à d’autres opérateurs, blocages légaux, techniques ou liés au droit de propriété, options, équipements, espaces non valorisables, trop petites parcelles, etc.). Rien ne nous permet à l’heure actuelle de chiffrer les potentialités réelles de ces terrains. L’offre non gérée par les IDE, quant à elle, comprendrait 41% de terrains libres et correctement inscrits au plan de secteur, mais la CPDT conclut à une disponibilité assez limitée dans plusieurs régions, compte tenu d’une série de contraintes, notamment de très faibles superficies d’un seul tenant.

21 R a p p o r t U WE 2008


Rappor t sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

1.4.3.2. Potentialités Le tableau ci-dessous propose une synthèse des données et informations recueillies de différentes sources, permettant d’aboutir à une estimation des potentialités réelles, au-delà de ce qui est évoqué plus haut. Pour rappel, ces dernières données sont à prendre avec toute la prudence nécessaire. Affectation au plan de secteur

Zone d’activité économique Zone d’aménagement communal concerté industriel (ZACCI) Total Zone d’aménagement communal concerté (ZACC) Zone de service public et d’équipement communautaire (ZSPEC) Zones blanches (non affectées)

Surface totale (ha)

Surface occupée (ha)

(1) 25.500

(2) 12.000

Disponibilité théorique (ha) (3) 13.500

2.420

480

1.940

27.920

12.480

15.440

Disponibilité réelle estimée (ha) (4)

Disponibilité réelle finale (ha) (5) 2.000

3.072 3.072

2.000

21.819

9.044

500

23.138

2.200

-

2.703

100

-

Les deux premières colonnes du tableau rappellent les chiffres de surface totale et de surface occupée pour plusieurs zones du plan de secteur pouvant accueillir de l’activité économique. La troisième colonne présente, par soustraction des deux premières, une disponibilité théorique dans ces zones. La deuxième expertise de la CPDT(1) a tenté de déterminer les disponibilités potentielles réelles dans chacune de ces zones, déduction faite des terrains soumis à des critères d’exclusion de l’urbanisation ou à de fortes contraintes telles que superficie trop faible, pente trop forte, coûts de viabilisation trop importants, risques naturels, milieux protégés. Ces chiffres sont en colonne 4. Certaines considérations émanant d’une analyse plus poussée nuancent encore davantage ces disponibilités estimées : •

Les 3.072 ha identifiés comme potentiel théoriquement disponible, dans la ZAE et la ZACCI, seront probablement réduits en fonction de problèmes d’accessibilité routière, de rétention foncière d’acteurs non expropriables, ou de zones à réserver à des usages spécifiques. Une disponibilité réelle d’environ 2.000 ha semble plus raisonnable.

Les 9.044 ha de ZACC seront fort probablement destinés en majorité à l’habitat, notamment au regard de la proximité avec l’habitat existant. En extrapolant la superficie des ZACC actuellement consacrée à l’activité économique, on peut estimer à 500 ha le potentiel qui sera utilisé à cette fin à l’avenir, sur les 9.044 ha de ZACC.

Les 23.138 ha de zones de service public et d’équipement communautaire sont constitués de domaines militaires en grande partie et le potentiel identifié (2.200 ha) ne pourrait dès lors être systématiquement urbanisé.

Les 100 ha de zones blanches ne contiennent que de toutes petites superficies.

A ce stade, vu les contraintes pesant sur ces zones, les disponibilités éventuelles en zones bleues (ZSPEC) et blanches ne sont pas prises en compte. Dès lors, compte tenu des restrictions émises plus avant, les disponibilités réelles, d’une part dans la zone industrielle du plan de secteur (2.000 ha), et d’autre part, dans le potentiel qui pourrait être libéré par les ZACC (500 ha) forment un total qui s’élèverait à 2.500 ha. Les disponibilités futures, estimées à 2.500 ha, correspondent, en termes de surface, aux besoins identifiés par le Gouvernement (FIGURE 5).

(1)

L’expertise ZAE II de septembre 2007 n’étant pas accessible pour le moment, les données de ce rapport sont issues de l’exposé de la Division de l’Aménagement et de l’Urbanisme de la DGATLP effectué au CESRW en mars 2008.

22 Rapport UWE 2008


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S i t u at i o n a c t u e l l e e t e s t i m at i o n s d e s b e s o i n s

Cette correspondance des surfaces pourrait laisser penser qu’il ne sera pas nécessaire de modifier le plan de secteur (par exemple en urbanisant de la zone agricole). Cela ne sera sans doute pas le cas, car il n’y a pas systématiquement correspondance de localisation, d’affectation et de qualité entre les hectares identifiés comme potentiellement disponibles et les hectares demandés.

Le potentiel des sites à réaménager (SAR) Le potentiel représenté par les SAR est assez faible, du moins à court terme. Une fois réaménagé, le SAR a sans doute un certain nombre de vocations spécifiques. Le SAR étant en moyenne de petite taille, majoritairement intégré ou proche des noyaux d’habitat, sa destination de reconversion est principalement dans l’accueil d’activités économiques de taille petite à moyenne ou d’autres fonctions de la ville (logement, espaces verts, etc.). La réhabilitation des SAR tient autant dans la restauration de l’image d’un quartier que dans sa capacité à générer de nouveau de la valeur ajoutée. Six mille sites, pour une superficie d’environ 5.000 ha, sont identifiés en région wallonne (2.500 décharges et 3.500 friches industrielles). De ces 5.000 ha, on estime que 1.500 seraient réutilisables. Le Boston Consulting Group estimait, en 2003, le programme de réhabilitation des décharges et friches industrielles en milieu urbain et périurbain à un coût total situé entre 2,1 et 3,9 milliards d’euros. Par ailleurs, en l’absence d’une législation spécifique sur la pollution des sols, les investisseurs semblent extrêmement réticents à s’établir sur ces terrains. Récemment, le Gouvernement a chargé la SPAQUE de réhabiliter 36 sites désignés au sein du Plan Marshall. Ces sites représentent une superficie de 482 ha, dont la majeure partie est destinée à de l’activité économique. Entre 2003 et 2007, la SPAQUE a également réhabilité 15 autres sites, pour une superficie de 237 ha.

(1)

Le décret-programme du 23 février 2006 a modifié le décret-sol afin d’étendre la notion de site désaffecté en introduisant la notion de «site à réaménager» (SAR) en lieu et place des notions de «site d’activités économiques désaffecté» et de «site d’activités économiques à réhabiliter».

1.5. Eléments de comparaison avec la Flandre Pour rappel, le bâti industriel réel wallon occupe 1,2% du territoire, soit près de 21.000 ha, alors que la superficie consacrée à cette activité au plan de secteur comprend près de 27.900 ha, soit 1,6% du territoire wallon. La Flandre, pour sa part, disposerait de 38.000 ha, soit près de 2,8% de son territoire, affectés à l’activité économique. Le taux d’occupation des zones d’activité économique est beaucoup plus élevé en Flandre (80% contre 50% en Wallonie). En 2007, la Flandre disposait d’un peu moins de 9.000 ha de réserves de terrains affectables à l’activité économique, dont 2.290 ha directement utilisables, 1.678 ha de terrains à équiper, et 4.840 ha de terrains qui, pour diverses raisons, n’ont pas été mis sur le marché mais dont la destination resterait industrielle. La Flandre, qui est davantage confrontée à la nécessité de gestion parcimonieuse du sol, dispose donc à l’heure actuelle d’une superficie directement disponible à la vente 2,3 fois supérieure à ce qui existe en Wallonie (1.000 ha).

23 R a p p o r t U WE 2008


Rappor t sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

Selon l’étude «ROTO»(1), dont certains de ces chiffres sont issus, la Flandre devrait dégager 11.000 ha bruts d’ici 2020. La réserve permanente idéale est estimée à 2.300 ha.

TABLEAU 2 - Eléments de comparaison avec la Flandre Flandre

Wallonie

Superficie (km2)

13.522

16.844

Zone d’activité économique au plan de secteur (ha)

38.043

25.500

Zone d’activité économique au plan de secteur (en pourcentage du territoire régional)

2,8%

1,5%

79% (soit près de 30.000 ha)

50% (soit près de 12.750 ha)

46.137

20.953

% de cette superficie situé en ZAE

66%

60%

Surface immédiatement disponible (ha)

2.290

1.000

Besoins estimés en 2020 (ha)

11.000

5.000

Réserve permanente idéale (ha)

2.300

?

% d’occupation de la zone dédicacée à l’activité économique, par de l’activité économique et des équipements Territoire occupé par l’activité économique (cadastre) (ha)

Sources : DGATLP, CPDT, VOKA, KUL, Parlement flamand

Par ailleurs, la répartition des activités économiques en fonction du zonage du plan de secteur en Flandre montre également qu’une proportion importante de l’activité économique s’établit hors de la zone «industrielle» du plan de secteur. 80% des entreprises se situent en zone d’habitat mais ils représentent une valeur ajoutée de 45% de la valeur ajoutée totale de l’activité économique, et près de 12% des établissements sont situés en zone agricole et représentent une valeur ajoutée de près de 4% de celle de l’ensemble de l’activité économique(2). Le territoire réellement occupé par l’activité économique

FIGURE 6 - Nombre d’hectares consacrés à l’activité économique / 1.000 habitants

(cadastre) représente 3,4% du territoire total de la Flandre. En Wallonie, cette proportion est de 1,2%. Le pourcentage de ces surfaces qui est situé en ZAE est plus élevé en Flandre (66%) qu’en Wallonie (60%).

7,0

6,0

Si l’on compare le nombre d’ha occupés par l’activité économique par 1.000 habitants en Flandre et en Wallonie,

Flandre (ha/1000hab) 5,0

comme l’illustre le graphique suivant, on peut constater que la Wallonie souffre d’un déficit d’espace économique

4,0

Wallonie (ha/1000hab)

(et par conséquent d’activités économiques) eu égard à sa population, par rapport à la Flandre. Si l’on appliquait le ratio flamand à la Wallonie, il faudrait que l’activité économique wallonne occupe 4.953 ha supplémentaires. Cet espace supplémentaire est un des éléments indispensables pour

3,0

2,0

1,0

nous permettre de combler une partie de notre retard en termes de PIB, sachant que la Flandre continue d’accroître

0,0

les surfaces destinées à l’activité économique.

(1)

(2)

«Voka-studie 05 – december 2006 : ruimte om te ondernemen – op zoek naar bedrijventerreinen in Vlaanderen», et séance de questions parlementaires de mars 2007 (question parlementaire n° 88 de Stern Demeulenaere à Dirk Van Mechelen), dont les éléments chiffrés sont repris dans l’avis du CESRW de juin 2008. KU-Leuven – SERV : la politique flamande en matière de PAE, Prof. Dr Peter Cabus – chaire CPDT – ULG, mai 2008.

24 Rapport UWE 2008

Source : SPF Economie 2007


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S i t u at i o n a c t u e l l e e t e s t i m at i o n s d e s b e s o i n s

1.6. Le poids économique des parcs d’activité économique (PAE) 1.6.1. Introduction Il existe en Wallonie 220 parcs d’activité économique (PAE) gérés par les Intercommunales de Développement économique (IDE), au nombre de 8. Cette analyse macroéconomique va tenter de cerner le poids économique des PAE existants.

1.6.2. Un aperçu général de l’activité dans les PAE Selon les informations disponibles sur le site internet «PARCS» de Wallonie-Développement, l’association des IDE, 5.600 entreprises sont installées dans les 220 PAE et elles génèrent 127.250 emplois. Cela représente 8% des entreprises actives en Wallonie, et 19% de l’emploi intérieur salarié du secteur marchand. Ces chiffres pourraient laisser penser que les PAE ne jouent qu’un rôle mineur dans l’activité wallonne. Cependant, une analyse plus détaillée de la population d’entreprises actives dans les PAE indiquera qu’elles ont une fonction importante dans le développement économique de la région.

1.6.3. Le poids économique des PAE 1.6.3.1. Sources statistiques Les seules statistiques disponibles sur les parcs d’activité économique (PAE) sont fournies par la revue «Les chiffresclés de la Wallonie», publiée par l’IWEPS une fois par an. Elles reprennent le nombre d’entreprises et le nombre d’emplois dans les PAE selon différents critères. Ces chiffres diffèrent de ceux qui sont publiés sur le site «PARCS», car ils datent de 2006 et ne concernent que 7 des 8 intercommunales, en raison de l’indisponibilité des données pour une des intercommunales hennuyères. Il n’existe donc pas de statistiques sur l’activité économique, stricto sensu, des entreprises actives dans les PAE : valeur ajoutée, exportations, investissement… C’est évidemment une lacune d’importance. 1.6.3.2. Répartition territoriale de l’activité économique située en PAE

TABLEAU 3 - Répartition territoriale de l’activité des PAE (2006) Province

Population

Nombre d’entreprises dans les PAE

Entreprises dans les PAE pour 1.000 habitants

Nombre d’emplois dans les PAE

Emplois dans les PAE pour 1.000 habitants

Hainaut

1.292.462

Liège

1.043.856

1.412

1

43.642

35

1.678

1,5

33.467

30

Namur

460.279

873

2

11.877

25

Brabant wallon

368.471

755

2

22.499

60

Luxembourg

253.863

405

1,5

8.891

35

3.424.929

5.123

1,5

120.376

35

Wallonie

Source : chiffres-clés de la Wallonie, comptes régionaux ICN, calculs UWE

Le tableau 3 montre que, selon une répartition provinciale, l’importance absolue de l’activité économique située en PAE suit grosso modo l’ordre d’importance des provinces en termes de population. En termes relatifs cependant, l’activité des PAE est beaucoup plus dense en Brabant wallon, puisque cette province compte, par 1.000 habitants, 2 entreprises et 60 emplois situés en PAE, contre une moyenne, toujours par 1.000 habitants, de 1,5 entreprises et 35 emplois pour l’ensemble des parcs wallons.

25 R a p p o r t U WE 2008


Rappor t sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

1.6.3.3. Répartition sectorielle au sein des PAE

TABLEAU 4 - Répartition sectorielle au sein des PAE STATISTIQUES DU NOMBRE D’EMPLOIS PAE

Wallonie

nombre emplois

part emploi dans total PAE (%)

(1) Industrie (9 secteurs)

STATISTIQUES DU NOMBRE D’ENTREPRISES

Comparaison

nombre salariés

part salariés dans total emploi wallon (%)

part emploi des PAE dans total wallon (%)

(2)

(3)

(4)

49.423

41

105.262

Commerce de gros

11.658

10

Construction

10.257

Services aux entreprises

PAE

Wallonie

nombre entreprises

part dans total PAE (%)

(5)

(6)

(7)

16

47

1.032

20

34.216

5

34

877

17

9

59.695

9

17

649

13

6.922

6

70.298

11

10

396

8

Transports terrestres

5.852

5

33.012

5

18

216

4

Commerce automobile

3.801

3

18.358

3

21

413

8

Comparaison

nombre entreprises

part entreprises dans total wallon (%)

part entreprises en PAE dans total wallon (%)

(8)

(9)

(10)

8.121

12

8

4.654

7

1

R&D

3.174

3

2.601

0

122

62

1

Santé et action sociale

2.984

2

124.114

19

2

42

1

Activités informatiques

2.643

2

5.055

1

52

140

3

Total secteurs définis

96.714

80

452.611

68

21

3.827

75

Autres secteurs

23.662

20

1.296

25

Total

120.376

100

663.667

100

18

5.123

100

68.800

100

7

Total industrie

49.423

41

131.146

20

38

1.032

20

5.836

8

18 Source : ICN - IWEPS

Les statistiques disponibles sur la répartition sectorielle de l’activité au sein des PAE ne sont pas très précises (1), puisque 25% des entreprises et 20% de l’emploi présents dans les PAE sont classés dans la catégorie «autres secteurs» (TABLEAU 4, colonnes 7 et 2). Il aurait été intéressant que cette catégorie résiduelle soit au moins ventilée entre les grandes catégories sectorielles : industrie/ services. L’analyse ci-dessous est donc tributaire de ces imprécisions. Le tableau 4 (colonnes 7 et 2) indique que l’activité industrielle est de loin la plus importante dans les PAE. Au moins 20% des entreprises et 41% de l’emploi dans les PAE sont de nature industrielle. Le deuxième secteur présent dans les PAE est le commerce de gros, puis vient la construction. Dans un troisième «peloton», se retrouvent les services aux entreprises et le transport terrestre. On peut noter la présence significative de secteurs qui a priori ne seraient pas attendus dans des parcs à vocation industrielle, comme des activités de commerce automobile, de santé et action sociale, ou même d’activités informatiques. (1)

N’ayant pas reçu les données de l’ensemble des IDE, nous n’avons pu préciser davantage la répartition sectorielle.

26 Rapport UWE 2008


Entreprises et D éveloppement te r r i to r i a l

S i t u at i o n a c t u e l l e e t e s t i m at i o n s d e s b e s o i n s

Ces éléments conduisent à se demander si la répartition des activités dans les PAE rencontre les objectifs assignés à ces parcs d’activités. En effet, ces zones devaient être prioritairement réservées à l’activité industrielle. Or, même si cette dernière occupe une part relative importante dans les PAE, rien ne dit que cette proportion est satisfaisante, étant donné que l’activité spécifiquement industrielle est de moins en moins localisable dans les zones urbaines ou dans les zones rurales urbanisables. L’étape suivante de la réflexion est de comprendre pourquoi l’activité industrielle n’est pas plus présente dans les PAE. Est-ce simplement parce qu’il n’y a pas plus de demandes de terrains par des entreprises industrielles, ce qui aurait conduit les gestionnaires des parcs économiques à accueillir d’autres activités qui auraient pu être localisées ailleurs que dans les PAE ? Ou, inversement, est-ce l’admission trop précipitée d’autres activités qu’industrielles dans les parcs qui a empêché l’installation d’activités industrielles, faute de place ? En tout état de cause, on ne peut faire l’économie d’une réflexion sur la présence, dans les PAE, d’activités économiques qui auraient pu trouver leur place dans des zones d’habitat. 1.6.3.4. Importance de l’activité sectorielle des PAE dans l’activité sectorielle wallonne L’activité industrielle Sur la vingtaine de secteurs industriels répertoriés au niveau 2 de la nomenclature NACE-BEL, 9 sont présents dans les PAE, dont les plus importants au niveau wallon : l’industrie chimique (la plus présente dans les PAE), les fabrications métalliques au sens large et l’industrie alimentaire. Quarante-sept pourcents de l’emploi wallon de ces 9 secteurs se situent dans les PAE ( TABLEAU 4, colonne 5). Pour la chimie, c’est près de 60% du total des emplois du secteur en Wallonie qui sont localisés dans les PAE. Si on considère l’ensemble de l’emploi de l’industrie wallonne, 38% se trouve dans les PAE (TABLEAU 4, colonne 5). En termes d’entreprises, seules 18% des entreprises industrielles wallonnes développent leur activité dans les PAE. Le rapprochement de ces deux pourcentages suggère que les entreprises industrielles situées dans les PAE sont de taille plus importante que la moyenne des entreprises industrielles pour l’ensemble de la Wallonie, ce qui sera confirmé dans la section suivante. Ces statistiques témoignent d’une certaine concentration de l’activité industrielle wallonne dans les PAE. Ce qui ne devrait pas surprendre, étant donné la vocation première de la plupart de ces parcs économiques. Mais, répétons-le, ces chiffres reposent la question du taux de concentration de l’activité industrielle wallonne dans les PAE. Ce taux est-il satisfaisant au regard des objectifs assignés aux PAE dans le cadre le la politique d’aménagement du territoire et de développement économique de la Région ? Les autres activités économiques D’autres statistiques de concentration (en termes d’emplois) des secteurs économiques wallons dans les PAE méritent l’attention. Ces chiffres mettent d’abord en évidence le manque de cohérence entre les statistiques d’emplois dans les PAE calculées par la CPDT et l’IWEPS et celles qui apparaissent dans les comptes régionaux. En effet, l’emploi de l’activité R&D située dans les PAE représenterait 122% de l’emploi salarié wallon dans le même secteur. Les statistiques qui suivent doivent dont être considérées avec prudence. Les autres secteurs qui connaissent une concentration dans les PAE sont les suivants : •

Le secteur des activités informatiques (52% de l’emploi wallon du secteur est situé en PAE).

Le secteur du commerce de gros (34%)

Le secteur du commerce et réparation automobile (21%)

Le secteur des transports terrestres (18%)

Le secteur de la construction (17%)

A nouveau, il serait utile de s’interroger, à la lumière des objectifs assignés aux PAE, sur la pertinence de la forte concentration de certains secteurs dans les PAE, ou, à l’inverse, de leur faible concentration.

27 R a p p o r t U WE 2008


Rappor t sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

1.6.3.5. La taille des entreprises dans les PAE

TABLEAU 5 - Comparaison des tailles des entreprises dans les PAE et en Wallonie PAE Nombre d’emplois

Nombre d’entreprises

(1)

(2)

Industrie (9 secteurs)

49.423

Commerce de gros

WALLONIE Taille moyenne des entreprises

Taille moyenne des entreprises

Nombre de salariés

Nombre d’entreprises

(3)

(4)

(5)

(6)

1.032

48

105.262

11.658

877

13

34.216 8.121

7

4.654

27

(nb salariés)

Construction

10.257

649

16

59.695

Services aux entreprises

6.922

396

17

70.298

Transports terrestres

5.852

216

27

33.012

Commerce automobile

3.801

413

9

18.358

R&D

3.174

62

51

2.601

Santé et action sociale

2.984

42

71

124.114

(nb salariés)

Activités informatiques

2.643

140

19

5.055

Total secteurs définis

96.714

3.827

25

452.611

Autres secteurs

23.662

1.296

18

Total

120.376

5.123

23

652.867

68.800

9

Total industrie

49.423

1.032

48

131.146

5.836

22 Source : ICN - IWEPS

Comme le montre le tableau 5 (colonnes 3 et 6), les entreprises actives dans les PAE sont plus grandes, en termes d’emplois, que la moyenne des entreprises wallonnes, 23 personnes employées contre 9. Cette comparaison, basée sur des moyennes, minimise le poids (en termes d’emploi) des grandes entreprises industrielles implantées en zone d’activité économique du plan de secteur, mais en dehors des PAE. Cette constatation se vérifie aussi au niveau sectoriel. Les entreprises industrielles actives dans les PAE comptent 48 personnes alors que la moyenne wallonne pour l’industrie est de 22. Il en va de même dans les autres secteurs pour lesquels nous disposons de statistiques : la construction (16 emplois par entreprise dans les PAE pour 7 dans l’ensemble du secteur en Wallonie), et santé et action sociale (71 emplois contre 27).

1.6.4. Spécificité économique des PAE Les statistiques sont insuffisantes pour évaluer le poids économique des PAE dans l’ensemble de l’économie. Si on s’en tient aux statistiques disponibles (nombre d’emplois et d’entreprises), le poids des PAE dans l’économie wallonne peut paraître minime (19% de l’emploi salarié marchand au sens économique du terme, 8% des entreprises). Une analyse plus fine montre l’importance de l’existence des PAE. Ces zones accueillent en effet des entreprises qui ne pourraient que très difficilement être implantées dans des zones d’habitat, à savoir des entreprises industrielles, généralement de grande taille, ainsi que les entreprises de grande taille des autres secteurs.

28 Rapport UWE 2008


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S i t u at i o n a c t u e l l e e t e s t i m at i o n s d e s b e s o i n s

1.7. Les aspects qualitatifs dans les PAE Les PAE ont été historiquement conçus dans une optique purement fonctionnelle : accueillir des activités économiques, sans que les considérations qualitatives soient systématiquement prises en compte (qualité et intégration paysagères, gestion de la propreté, existence de services de proximité, desserte transport en commun etc.). Actuellement, ces considérations sont davantage présentes dans la réalisation des nouveaux PAE, ainsi que dans la requalification de certains anciens PAE. Il nous semble aujourd’hui important de ne pas restreindre la question de l’espace dédié à l’activité économique aux seuls aspects de superficie et de localisation. Les aspects qualitatifs des parcs d’activité économique, ainsi que les services offerts prennent une importance croissante dans les critères de choix des entreprises. Ils peuvent également constituer un facteur d’attractivité de l’activité économique pour les autorités communales ou les riverains et réduire ainsi les réactions d’opposition liées au phénomène NIMBY. ||

EN BREF  1,6% (27.900 ha) du territoire est affecté à l’activité économique par le plan de secteur (affectation «de droit», ou théorique) contre 2,8% en Flandre.  1,2% (21.000 ha) du territoire est occupé par l’activité économique (occupation réelle au cadastre) contre 3,4% en Flandre.  près de 50% du territoire occupé réellement par l’activité économique (21.000 ha) se situent en dehors des 27.900 ha de zone d’activité économique du plan de secteur.  Près de 1.000 ha sont immédiatement disponibles à la vente en région wallonne, contre 2.300 ha en Flandre.  Le Gouvernement wallon a décidé la mobilisation de 5.000 ha (2.500 ha par la levée de contraintes réglementaires, et par le plan prioritaire n° I, et 2.500 ha par la réalisation d’un deuxième plan prioritaire).  Les PAE représentent près de la moitié de la zone d’activité économique, l’autre moitié est la propriété d’autres opérateurs (ports autonomes, communes, propriétaires privés dont entreprises, etc.)  Les PAE regroupent 8% des entreprises et 19% de l’emploi marchand.  La spécificité industrielle des PAE est insuffisamment marquée.

29 R a p p o r t U WE 2008


Rappor t sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008 » Synthèse » Introduction » Chapitre 1 - Situation actuelle et estimation des besoins » CHAPITRE 2 - CADRE RÉGLEMENTAIRE » Chapitre 3 - Les acteurs de l’offre et de la demande » Chapitre 4 - Pour une offre adéquate » Conclusion générale » Monographies sectorielles

30 Rapport UWE 2008


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S i t u at i o n aCcatdure e l lré e gelte emset int maati re i o nest dcoe nt s br ea si nte oins

Chapitre 2

Cadre réglementaire et contraintes L’objet de ce chapitre est de présenter le cadre réglementaire et les diverses contraintes rencontrées lors de la mise à disposition d’espaces pour l’activité économique et l’implantation des entreprises. Après avoir rappelé quelques notions de base de l’aménagement du territoire, on se penchera sur les modifications apportées au Code wallon de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme et du Patrimoine (CWATUP) depuis le début de la législature, en retenant celles qui ont concerné l’espace affecté à l’activité économique. Ensuite, nous aborderons les contraintes dont il faut tenir compte et les obstacles que l’on rencontre lorsqu’on veut faire évoluer les règles et les procédures ou que l’on veut favoriser l’implantation d’une entreprise sur un territoire donné.

2.1. Notions de base L’aménagement du territoire connaît différents types de documents. Traditionnellement, on distingue les documents d’orientation et les documents à valeur réglementaire.

TABLEAU 6 - Plans et réglements

Parmi ces derniers, certains constituent des

Documents d’orientation

plans, les autres sont des

Schémas

Plans

Règlements

Schéma de développement de l’espace régional (SDER)

Plans de secteur (PDS)

Règlements régionaux d’urbanisme (RRU)

Schéma de structure communal (SSC)

Plan communal d’aménagement (PCA)

Règlement communal d’urbanisme (RCU).

règlements d’urbanisme. Ces différents documents sont élaborés tantôt au

Niveau régional Niveau communal

Documents à valeur réglementaire

niveau régional, tantôt au

Source : DGATLP

niveau communal. Adopté en 1984, le CWATUP constitue la base légale du droit de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme et du patrimoine. Il comprend l’essentiel des dispositions décrétales et réglementaires en vigueur pour toutes les composantes de l’aménagement et de l’urbanisme en région wallonne : plans, schémas, règlements, permis d’urbanisme, certificats, permis de lotir, commissions consultatives, sites désaffectés, rénovation et revitalisation urbaines, etc.

2.1.1. Au niveau régional 2.1.1.1. Le Schéma de développement de l’espace régional Le Schéma de développement de l’espace régional (SDER) est un document à caractère transversal qui trouve sa base légale aux articles 13 à 15 du CWATUP. Son objet est de structurer l’espace wallon. Adopté le 27 mai 1999, le SDER exprime des options d’aménagement et de développement pour l’ensemble du territoire de la Région wallonne. Le SDER évalue les besoins économiques, sociaux, patrimoniaux et environnementaux et analyse les contraintes et potentialités du territoire wallon. Il définit des objectifs généraux d’harmonisation des activités, de mobilité, de gestion parcimonieuse du sol, de conservation et de développement du patrimoine dans la perspective du développement durable.

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Rappor t sur la situation de l’Entreprise

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Les indications et orientations contenues dans le SDER doivent être prises en compte lors de l’élaboration des plans de secteur. Le SDER étant postérieur à leur adoption, c’est à l’occasion des révisons partielles des plans de secteur que le SDER est pris en considération. Le SDER étant lui-même antérieur au Plan Marshall, il conviendra de s’assurer que les indications et orientations qu’il contient sont compatibles avec lui. A défaut, le SDER devra être adapté. A notre connaissance, ce travail d’examen de cohérence n’a pas été fait. 2.1.1.2. Les plans de secteur La région wallonne est couverte par 23 plans de secteur, adoptés entre 1977 et 1987. Le plan de secteur définit les affectations du sol à l’échelle du 1/10.000e (1 cm = 100 mètres). Il a valeur réglementaire et force obligatoire. On ne peut y déroger que selon les procédures prévues par le CWATUP, soit par l’octroi de permis en application de ses articles 110, 111, 112 et 127, soit par l’adoption d’un plan communal d’aménagement dérogatoire au plan de secteur (article 48). Le plan de secteur comporte : • •

A titre obligatoire : les affectations du territoire (le «zonage») et le tracé du réseau des principales infrastructures ; A titre facultatif : des périmètres en surimpression aux affectations, des prescriptions supplémentaires d’ordre urbanistique ou planologique, d’autres mesures d’aménagement.

Depuis leur adoption, les plans de secteur ont fait l’objet de multiples révisions pour y inscrire de nouveaux projets : routes, lignes électriques à haute tension, tracé TGV, nouveaux parcs d’activité économique, zones d’extraction, etc. Les révisions partielles des plans de secteur se font, en règle générale, de manière ponctuelle (148 modifications entre 1986 et 2007). Le plan prioritaire d’inscription de nouvelles zones d’activité économique (2004) a constitué la première révision thématique des plans de secteur sur l’ensemble de la région wallonne (35 modifications). Ces 35 révisions concernent une surface de 1.436 ha, mais 1 dossier a été annulé, et 6 dossiers sont actuellement querellés au Conseil d’Etat. On considère généralement qu’un solde de 988 ha a fait l’objet de révision du plan de secteur, et se trouve actuellement comme pouvant être dédié à l’activité économique. Pour compenser notamment les zones annulées ou querellées, le Gouvernement a initié, le 13 juillet 2006, la procédure de plans communaux d’aménagement «compensatoires» (PCAC). Cinq dossiers, portant sur 270 ha, sont actuellement en cours de traitement (Beauraing, Andenne, Waremme, Perwez, Marche). La gestion du plan de secteur relève de la Direction de l’Aménagement régional (DAR) de la DGATLP. Les révisions sont instruites par la DAR, à l’exception de celles qui ont été attribuées à la Cellule de développement territorial (CDT ), aussi dénommée «Cellule ESPACE». 2.1.1.3. Les règlements régionaux d’urbanisme Le règlement régional d’urbanisme (RRU) est édicté par le Gouvernement. Aux termes de l’article 76 du CWATUP, l’objectif poursuivi est notamment d’assurer la solidité, la salubrité, la beauté esthétique des constructions, des voiries et de leurs abords, et également la desserte des immeubles par des équipements d’intérêt général (distributions d’eau, de gaz, d’électricité, de télécommunication, etc.). Le RRU s’applique, selon les cas, dans toute la région wallonne ou à des parties bien délimitées du territoire wallon, ou encore à telles catégories de communes ou de parties de communes qu’il détermine. Il existe actuellement 6 RRU qui couvrent les matières suivantes : •

Protection contre l’incendie des bâtiments ;

Isolation thermique et ventilation ;

Accessibilité aux personnes à mobilité réduite ;

Règlement général sur les zones protégées ;

Bâtisses en site rural ;

Enseignes et dispositifs de publicité.

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2.1.2. Au niveau local 2.1.2.1. Les schémas de structure communaux Défini aux articles 16 à 18 du CWATUP, le schéma de structure communal est un «document d’orientation, de gestion et de programmation du développement de l’ensemble du territoire communal». L’objet du schéma de structure communal est de définir une politique d’aménagement du territoire dans le cadre d’un projet de développement communal. Le schéma de structure intègre la dimension du développement économique et de l’accueil des activités économiques sur le territoire communal, comme il aborde d’autres questions liées, par exemple, à la mobilité, au développement résidentiel, à l’égouttage, etc. Le schéma de structure communal doit respecter les dispositions du plan de secteur et tenir compte des moyens communaux. L’existence d’un schéma de structure communal est, avec celle d’un plan de secteur, d’un règlement communal d’urbanisme et d’une commission consultative communale d’aménagement du territoire et de la mobilité (C.C.A.T.M.), l’une des quatre conditions nécessaires pour qu’une commune puisse adopter le régime de la décentralisation, qui lui accorde une certaine autonomie en matière de délivrance de permis d’urbanisme et de lotir. 2.1.2.2. Les plans communaux d’aménagement Le plan communal d’aménagement (PCA) permet aux communes d’organiser de façon détaillée l’aménagement d’une partie de leur territoire. Il précise le plan de secteur en le complétant, mais peut, au besoin, y déroger (plan communal d’aménagement dérogatoire). Le dossier d’un plan communal d’aménagement comporte trois types d’information : les options urbanistiques et planologiques, un plan de destination des différentes zones d’affectation, représentées sur un plan à grande échelle, ainsi que le tracé des voies de communication, les emplacements des équipements communautaires et des espaces verts, les sites nécessaires au maillage écologique, etc. Il contient également des prescriptions relatives à l’implantation, au volume et à l’esthétique des bâtiments et à leurs abords. Si nécessaire, il organise le remembrement ou le relotissement des parcelles cadastrales. Lorsqu’il concerne l’aménagement d’une zone d’activité économique, le plan communal d’aménagement peut se borner à des indications plus générales. L’obtention des permis d’urbanisme et de lotir est alors soumise aux procédures habituelles. Un plan communal d’aménagement peut déroger au plan de secteur lorsque trois conditions sont rencontrées : •

la dérogation ne porte pas atteinte à l’économie générale du plan de secteur(1);

la dérogation est motivée par des besoins sociaux, économiques, patrimoniaux ou environnementaux qui n’existaient pas au moment de l’adoption définitive du plan de secteur ;

il doit être démontré que l’affectation nouvelle répond aux possibilités d’aménagement existantes de fait.

L’utilisation de la procédure de PCA dérogatoire est encouragée par le Gouvernement aux fins de créer ou d’étendre des zones d’activité économique. L’inscription de toute nouvelle zone d’urbanisation étant soumise à compensation (voir infra), on parle dans ce cas de PCA compensatoire (PCAC) (voir infra).

(1)

Pour un commentaire de la notion, voir l’explication donnée par le Ministre du Développement territorial en Commission parlementaire (Parlement wallon, CRIC 117 (2005-2006), Commission de l’Aménagement du territoire, des Transports, de l’Energie et du Logement, 22 mai 2006, p. 10.

33 R a p p o r t U WE 2008


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2.1.2.3. Le règlement communal d’urbanisme Le règlement communal d’urbanisme (RCU) (articles 78 et 79 du CWATUP) est établi et adopté par le Conseil communal, puis approuvé par le Gouvernement. Il complète, le cas échéant, les prescriptions des règlements régionaux sans pouvoir y déroger. On distingue : •

le règlement communal d’urbanisme complet ;

le règlement communal d’urbanisme partiel.

Le RCU complet est applicable à l’ensemble du territoire communal. Il porte sur tous les aspects prévus par le CWATUP. Son existence constitue une des quatre conditions permettant à la commune d’entrer en régime de décentralisation. Le RCU partiel couvre une partie du territoire communal ou ne s’applique qu’à certains aspects particuliers (article 79, § 2, du CWATUP).

2.2. Les évolutions du CWATUP 2.2.1. Nombreuses modifications Depuis son adoption en 1984, le CWATUP a fait l’objet de 98 modifications (25 décrets et 73 arrêtés réglementaires) soit une moyenne de 4 modifications par an. Le rythme s’est accéléré depuis l’adoption du «Nouveau CWATUP» (Décret du 27 novembre 1997) pour passer de 2 modifications à 6 modifications par an aujourd’hui. C’est beaucoup, notamment si on compare cette situation à celle d’autres législations comme le Code de l’environnement dont le livre Ier a fait l’objet de six modifications et le livre II (Code de l’eau) de trois, depuis leur adoption en mai 2004. Les multiples modifications du CWATUP peuvent donner l’impression d’une législation par tâtonnement ou par essai et erreur. Elles concourent à la relative illisibilité du texte et à sa méconnaissance par différents utilisateurs, y compris les agents de l’Administration(1). L’instabilité du cadre légal est aussi source d’une certaine insécurité juridique, notamment liée à la complexité des dispositions transitoires prévues en principe lors de chaque modification. Il est dès lors temps de procéder à une coordination officielle du Code. Ce travail devrait être fait avant la fin de la législature(2). Au delà du volet quantitatif, c’est l’aspect qualitatif qu’il convient d’aborder. La question est de savoir si les modifications successives du Code participent au redéploiement économique de la région, en allégeant les charges administratives qui pèsent sur les entreprises et en favorisant la mobilisation d’espaces pour l’activité économique, objet du présent rapport. 2.2.2. Mobiliser de l’espace et raccourcir les procédures Les préoccupations de mobilisation d’espace et de simplification administrative sont au centre de la moitié (5 décrets sur 12) des modifications décrétales adoptées depuis le début de la législature : •

Décret-programme du 3 février 2005 (communément dénommé «Resa») ;

Décret du 27 octobre 2005 (communément dénommé «décret zones blanches») ;

Décret-programme du 23 février 2006 (décret pris dans le cadre du «Plan Marshall») ;

Décret du 1er juin 2006 (communément dénommé «périmètres urbains) ;

Décret du 20 septembre 2007 (communément dénommé «Resa bis»).

(1) (2)

DGATLP – Rapport d’activités – 2006, p. 15. Parlement wallon, CRIC 87 (2006-2007), Commission de l’Aménagement du territoire, des Transports, de l’Energie et du Logement, 3 mai 2007, p.6.

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Ces décrets ont poursuivi le double objectif de mobiliser de l’espace pour l’activité économique et de raccourcir les procédures en vigueur. Sans entrer dans le détail de chaque texte, nous distinguons deux types de dispositions : celles qui, portant sur les zones urbanisables existantes, permettent leur mise en œuvre ou leur «recyclage» et celles qui, relatives à l’inscription de nouvelles zones, visent à adapter les procédures pour les simplifier et les raccourcir. Ces deux préoccupations principales semblent d’ailleurs s’être succédées dans les textes, mais aussi dans la volonté politique : d’abord utiliser les zones capables (c’est-à-dire celles dont l’affectation au plan de secteur permet une mise en œuvre immédiate) et rendre capables des zones qui ne l’étaient pas («recyclage»), puis, le tabou de la modification des plans de secteur étant partiellement levé(1), adapter les règles liées à l’inscription de nouvelles zones urbanisables et harmoniser et intégrer des procédures jusqu’alors distinctes pour raccourcir les délais dans lesquels les terrains sont rendus disponibles («gagner du temps»). 2.2.2.1. Actions sur les zones existantes Le décret-programme de relance économique et de simplification administrative du 3 février 2005 (ci-après décret Resa) a facilité la mise en œuvre des zones d’aménagement différé (ancienne appellation) désormais dénommées «zones d’aménagement communal concerté» (ZACC). Il s’agit de zones dont la commune détermine l’affectation. Au cas où la commune destine cette zone à l’urbanisation, sa mise en œuvre nécessite désormais l’adoption d’un rapport urbanistique et environnemental (RUE)(2), là où le décret du 18 juillet 2002 imposait de procéder à la hiérarchisation de l’ensemble des zones. Les ZACC représentent 21.819 ha. Une quarantaine de dossiers ont été initiés depuis lors pour 540 ha(3), 498 ha ont été approuvés dont 137 ont une vocation économique(4). Le décret Resa entendait également simplifier la mise en œuvre des zones d’aménagement différé à caractère industriel (ZADCI(5)- 2.420 ha) en supprimant l’obligation de réaliser un PCA, permettant ainsi directement, via l’octroi des permis, la mise en œuvre de la zone. La disposition a été annulée par la Cour d’Arbitrage(6). Il faut attendre le décret du 20 septembre 2007 (communément dénommé «Resa bis») pour régler la question des ZADCI, qui deviennent alors, zones d’aménagement communal concerté à caractère industriel (ZACCI) dont la mise en œuvre est désormais soumise à un RUE. L’avantage des ZACCI est qu’elles collent toujours à des surfaces industrielles existantes, ce qui, de l’avis du Ministre(7), réduit considérablement les risques de recours, le plan de secteur consacrant déjà la finalité industrielle de la zone. Depuis le décret du 27 octobre 2005 modifiant les articles 6, 21, 110bis et 127 du Code wallon de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme et du Patrimoine (décret «zones blanches»), le Gouvernement n’a plus l’obligation d’affecter au plan de secteur les domaines des infrastructures ferroviaires, aéroportuaires et des ports autonomes. Ces périmètres ont été, en quelque sorte, sortis des plans de secteur et sont alors devenus vierges de toute affectation («zones blanches»). Ces zones peuvent désormais être mises en œuvre par le biais de permis octroyés par le Fonctionnaire délégué sur base de l’article 127 du CWATUP, sans qu’il faille attendre une révision du plan de secteur.

(1)

(2)

(3) (4) (5)

(6) (7)

Le 6 février 2006, dressant le bilan de l’action du Gouvernement depuis le décret Resa, le Ministre du Développement Territorial estimait encore qu’il n’était plus nécessaire de recourir aux révisions de plans de secteur pour atteindre l’objectif de la Déclaration de politique régionale (Parlement wallon, CRAC 85 (2005-2006), Commission de l’Aménagement du territoire, des Transports, de l’Energie et du Logement, 6 février 2006, p. 44. Le RUE est un document d’orientation à valeur indicative dont l’objet principal est de permettre la mise en œuvre d’une ZACC si le choix opéré par la Commune est une zone urbanisable. Il comporte un volet urbanistique et un volet environnemental. Parlement wallon, CRAC 87 (2007-2008), Commission de l’Aménagement du territoire, des Transports, de l’Energie et du Logement, 3 mars 2008, p. 12 Parlement wallon, CRAC 96 (2007-2008), Commission de l’Aménagement du Territoire, des Transports, de l’Energie et du Logement du 17 mars 2008, p. 11. Selon la CPDT, les ZADCI (devenues ZACCI) sont au nombre de 98 (Cf. Parlement wallon, CRAC 41 (2004-2005), Commission de l’Aménagement du territoire, des Transports, de l’Energie et du Logement, 30 mai 2005, p. 15). Arrêt de la Cour d’Arbitrage (N° 137/2006) du 14 septembre 2006. Parlement wallon, CRA 39 (2004-2005), Séance publique, 15 juin 2005, p. 16.

35 R a p p o r t U WE 2008


Rappor t sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

Plus de 2.700 ha sont concernés, dont une partie est bien localisée dans les centres urbains (gares). Les zones blanches permettraient, de l’avis du Ministre(1), de satisfaire 20% des demandes des entreprises. Toutefois, à notre connaissance, aucune étude n’étaye actuellement ce potentiel. La majorité de ces zones est constituée de terrains appartenant à la SNCB. Un groupe de travail étudie actuellement le devenir de ces terrains. Le décret d’octobre 2005 concerne également la zone de services publics et d’équipement communautaire («zone bleue») à l’intérieur de laquelle le fonctionnaire délégué peut délivrer des permis dérogatoires (article 127 du CWATUP) pour des activités économiques. En ce qui concerne les sites d’activité économique désaffectés, le décret-programme du 23 février 2006 modifie le décret-sol afin d’étendre la notion de site désaffecté en introduisant la notion de «site à réaménager» (SAR) en lieu et place des notions de «site d’activités économiques désaffecté» et de «site d’activité économique à réhabiliter». Les parcelles concernées sont ici également définies par le Gouvernement régional. Au total des réformes menées depuis 2004, ce sont plusieurs milliers d’hectares dont le «recyclage» juridique et planologique est rendu possible, auxquels il faut ajouter le recyclage des sites d’activité économique désaffectés sur lesquels des programmes de construction à vocation résidentielle ou économique peuvent être développés sans qu’il soit nécessaire de procéder préalablement à une révision du plan de secteur, tel que cela avait pourtant été imposé par le décret du 1er avril 2004 relatif à l’assainissement des sols pollués et aux sites d’activité économique à réhabiliter. Néanmoins aucune étude n’a été réellement menée pour évaluer la disponibilité effective de ces zones pour la construction, ni si elles répondent aux critères de localisation des entreprises. On ne peut clore cette section, sans mentionner l’article 127 du CWATUP qui a été modifié à 5 reprises depuis 2004. Le fonctionnaire délégué est devenu le bras armé du Gouvernement, habilité à délivrer les permis dans de nombreux périmètres et zones (sites à réhabiliter, périmètre des ZAE, zones bleues, zones blanches, périmètre de remembrement urbain, etc.) en lieu et place de la commune. Cette habilitation vaut aussi en cas de permis unique, fonctionnaire délégué et fonctionnaire technique agissent alors conjointement comme autorité compétente. 2.2.2.2. Actions pour de nouvelles zones Depuis le 13 juillet 2006, le Gouvernement wallon a décidé de réserver la procédure de révision des plans de secteur aux zones d’activité économique d’intérêt régional ou supra régional(2). Pour les autres cas de portée locale, le Ministre recommande le recours au plan communal d’aménagement compensatoire (PCAC). Cette procédure pourra s’appliquer aux projets qui constituent une réponse à des besoins nouveaux et qui mettent en œuvre des rectifications de zonage, telle l’inscription en zone non urbanisable, en tout ou en partie, de zones d’aménagement communal concerté (ZACC et ZACCI), de zones de services publics ou d’équipements communautaires, etc. 2.2.2.2.1. La procédure de révision des plans de secteur Le schéma ci-après (FIGURE 7) illustre la complexité de la révision d’un plan de secteur. Le décret Resa a apporté plusieurs modifications à la procédure de révision des plans de secteur, notamment en vue de soumettre la procédure à une décision formelle du Gouvernement, toute révision étant désormais soumise à étude d’incidences dont le contenu a été complété pour rencontrer le prescrit de la directive 2001/42/CE du 27 juin 2001 relative à l’évaluation des incidences de certains plans et programmes sur l’environnement (ci-après directive «plans et programmes» ). L’étude d’incidences n’était alors imposée que pour l’inscription de nouvelles zones d’urbanisation. Le Resa prévoit que le Gouvernement peut dispenser de la procédure la révision qui n’est pas susceptible d’avoir des incidences sensibles sur l’environnement.

(1) (2)

Parlement wallon, CRAC 104 (2006-2007), Commission de l’Aménagement du territoire, des Transports, de l’Energie et du Logement, 14 mai 2007, p. 20. Parlement wallon, CRAC 85 (2006-2007), Commission de l’Aménagement du territoire, des Transports, de l’Energie et du Logement, 22 mars 2007, p. 6.

36 Rapport UWE 2008


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FIGURE 7 - Procédure de révision des plans de secteur Mise en révision et avant-projet de révision de PS OUI Opportunité EIP

NON Avis CRAT/CWEDD (30j)

Projet de contenu EIP Avis CRAT/CWEDD/DGRNE... (30j) Contenu EIP

Décision : pas d’EIP

Réalisation EIP Information CRAT Projet de révision de PS

Enquête publique (45j) - Réunion d’information + réunion de concertation Avis du conseil communal (45j) Avis CRAT/CWEDD/DGRNE... (60j) Adoption définitive de la révision du PS + déclaration environnementale Ssource : DGATLP

Par ailleurs, on mentionnera aussi que le décret Resa a supprimé l’obligation de rédiger des cahiers des charges urbanistiques et environnementaux (CCUE) pour la mise en œuvre de zones d’activité économique. Cette suppression ne s’applique cependant pas aux projets pour lesquels la décision de rédiger un CCUE est antérieure à l’entrée en vigueur du Resa. Cette suppression permettrait, selon les estimations du Ministre du Développement territorial, de «gagner» deux ans dans la mise à disposition d’espace pour l’activité économique. Le décret du 20 septembre 2007 (Décret Resa bis) apporte, lui aussi, plusieurs modifications de taille à la procédure. En permettant à toute personne privée ou publique (les intercommunales de développement économique, par exemple) d’initier une procédure de modification du plan de secteur en vue de l’inscription d’une zone économique et ou d’une zone d’extraction, le décret a rencontré une demande ancienne de l’UWE. Il permet aussi aux intercommunales de mener à bien les opérations de modification de plans de secteur et celles d’établissement ou de révision de PCA, par délégation de compétences.

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Le décret opère également le regroupement de la procédure planologique et de la procédure de reconnaissance de périmètres de ZAE prévue par le décret du 11 mars 2004 relatif aux infrastructures d’accueil des activités économiques (reconnaissance administrative de la Direction de l’équipement des zones industrielles (DEZI). Cette modification permettrait de gagner entre un an(1) et deux ans(2). Enfin, les décrets Resa et Resa bis abordent tous les deux la question des compensations imposées lors de l’inscription d’une nouvelle zone d’urbanisation (voir infra). 2.2.2.2.2. Les plans communaux d’aménagement compensatoire Les plans communaux d’aménagement compensatoire (PCAC) font l’objet d’une circulaire ministérielle(3). Ils permettent la création ou l’extension des parcs d’activité économique sans recourir à la procédure de révision des plans de secteur. La procédure profiterait de la relative rapidité des plans communaux d’aménagement. A cet égard, on relèvera que, si sur papier une procédure peut paraître plus rapide qu’une autre (l’adoption d’un PCA par rapport à la révision partielle d’un plan de secteur), dans les faits, le dynamisme avec lequel la démarche est menée influence tout autant le déroulement, rapide ou non, de ladite procédure. A titre d’exemple, les procédures de révision de plans de secteur liées au plan prioritaire de 2004 ont duré 18 mois, tandis qu’il n’est pas rare que l’adoption d’un PCA prenne plusieurs années. Le PCA compensatoire est en fait un PCA dérogatoire qui peut modifier le plan de secteur à condition qu’il ne modifie pas l’économie générale de celui-ci (voir supra). Il est dit «compensatoire», car il est soumis à l’obligation de compensation (voir infra). L’outil n’était pas nouveau. Il existait dans le Code. Il est utilisé à des fins nouvelles : la nécessité de dégager des espaces pour accueillir de nouvelles entreprises. La commune qui destine une partie de son territoire à de nouvelles zones d’activité économique via un PCAC bénéficie d’une subvention régionale couvrant les frais des bureaux d’études pour l’aspect planologique ou environnemental, ainsi que les frais d’équipement et d’infrastructures des nouvelles zones d’activité économique, à concurrence de 80% (voire de 95% dans le cadre des sites à réaménager). Le recours à la procédure du PCAC peut également être appliqué, si les initiateurs du projet le souhaitent, aux six zones du plan prioritaire de 2004 qui sont actuellement querellées devant le Conseil d’Etat. Au 19 novembre 2007, 5 communes (Andenne, Beauraing, Marche, Perwez et Waremme) ont manifesté l’intérêt de s’engager dans la démarche du PCAC, le tout pour un total de 270 ha. Nous ne disposons pas du recul suffisant pour apprécier cet outil dont la promotion par le Gouvernement remonte à juillet 2006. Nous ignorons, en effet, comment il sera accueilli sur le terrain et avec quelle sévérité le Conseil d’Etat appréciera son application au regard des conditions de l’article 48 du CWATUP, en particulier celle relative au respect de l’économie générale du plan de secteur. En fonction des réactions, il appartiendra au Gouvernement de reconsidérer le choix de cet outil. Ces incertitudes sont source d’une inquiétude pour les entreprises.

(1) (2) (3)

Parlement wallon, CRAC 87 (2006-2007), Commission de l’Aménagement du territoire, des Transports, de l’Energie et du Logement , 16 avril 2007, p. 9. Parlement wallon, CRAC (2007-2008), Commission de l’Aménagement du territoire, des Transports, de l’Energie et du Logement, 3 mars 2008, p. 11. Circulaire ministérielle N°3/2006 du 6 septembre 2006 relative à la création de nouvelles infrastructures d’accueil des activités économiques via la procédure de plans communaux compensatoires.

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2.3. Les contraintes L’inscription d’une nouvelle zone d’activité économique ou sa mise en œuvre ne se fait pas sans rencontrer des obstacles et sans qu’il ne faille tenir compte de contraintes diverses. Sans vouloir être exhaustifs, nous aborderons successivement le phénomène Nimby, la prétendue non-attractivité de l’activité économique pour les communes, le principe de standstill, la compensation planologique et/ou alternative et la pollution des sols.

2.3.1. Le phénomène NIMBY («d’accord, mais pas chez moi !») Les années ’90 ont été marquées par une opposition quasi systématique aux projets d’implantation d’entreprises ou de création d’infrastructures. Cette opposition se manifestait en particulier au cours des enquêtes publiques organisées dans le cadre de la procédure de délivrance des permis. La situation était telle qu’en 1998 le Parlement wallon décida de la création d’une sous-commission chargée d’examiner le phénomène. La sous-commission Nimby a travaillé durant à peu près un an et a abouti à des conclusions adoptées à l’unanimité le 23 mars 1999. Ses travaux ont trouvé un certain écho anticipatif lors de l’adoption du décret du 11 mars 1999 relatif au permis d’environnement, et, plus récemment encore, à l’occasion du vote du décret du 31 mai 2007 relatif à la participation du public en matière d’environnement. Le décret de 1999 a modifié les règles de consultation du public pour les projets soumis à étude d’incidences en remplaçant la réunion de concertation, qui était organisée trop tard dans la procédure, par une réunion d’information qui se tient en amont du dépôt de la demande de permis. Le décret de 2007 a harmonisé les règles d’enquête publique pour les plans, programmes et projets individuels en matière d’environnement. Ce décret ne s’applique cependant ni à l’adoption des documents d’aménagement du territoire, ni aux demandes de permis d’urbanisme et de permis de lotir. Sur le terrain, malgré les évolutions, force est cependant de constater que l’implantation d’activités économiques (création d’une nouvelle zone, demande de permis d’environnement ou de permis unique) rencontre encore l’opposition des riverains ou de leurs représentants (comité de quartier, associations, etc.). Le phénomène ne concerne d’ailleurs pas uniquement l’activité économique, mais bien tout projet d’une certaine envergure qui vient perturber la quiétude du voisinage et les intérêts particuliers. Nous en voulons pour preuve, la multiplication des recours au Conseil d’Etat : 8 (sur 35) zones du plan prioritaire d’affectations d’espace à l’activité économique de 2004 (PPI) sont querellées au Conseil d’Etat, les projets d’infrastructures routières (RN 25, contournement de Couvin, liaison CHB) ou aéroportuaires (Bierset) font eux aussi l’objet de recours multiples. Ces recours rencontrent un certain succès au Conseil d’Etat où les considérations de développement économique sont reléguées à l’arrière-plan (absence de balance des intérêts). Confronté à une jurisprudence restrictive, le Gouvernement déposera prochainement un projet de décret sur les quelques permis pour lesquels il existe des motifs impérieux d’intérêt général. Si ce texte est adopté, les permis concernés par le décret seront confirmés par le Parlement wallon, les éventuels recours en annulation devant être introduits à Cour Constitutionnelle et non plus au Conseil d’Etat.

2.3.2. La prétendue non-attractivité de l’activité économique La question du Nimby renvoie à celle de l’attractivité de l’activité économique. Ainsi, un député wallon a estimé, au cours d’un débat au Parlement(1), qu’il est «politiquement et budgétairement suicidaire pour un Bourgmestre de proposer l’abandon d’une zone d’habitat ou d’extension d’habitat pour obtenir une ZAE, tant en ce qui concerne l’approbation par le citoyen qu’en ce qui concerne l’impact financier d’une telle opération».

(1)

Parlement wallon, CRAC 193 (2005-2006), Commission de l’Aménagement du territoire, des Transports, de l’Energie et du Logement, 19 septembre 2006, p. 25.

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De même, il se dit et il s’écrit(1), parmi d’autres choses, que d’un point de vue fiscal, il n’est plus du tout intéressant pour les communes de développer l’activité économique sur leur territoire et que ces zones causent une série de conflits avec les autres fonctions, notamment l’habitat. La substitution des PME à l’industrie lourde contribuerait aussi à amputer les retombées fiscales des ZAE et par là, à amoindrir l’attrait des communes pour accueillir celles-ci. Le manque d’intérêt des communes pour l’activité économique serait notamment lié aux mesures prises dans le Plan Marshall : exonération du précompte immobilier sur le matériel et l’outillage pour tout équipement acquis à l’état neuf, et de la taxe sur la force motrice. Ces idées doivent être combattues. Pour trois raisons. La première est liée au décret-programme du 23 février 2006 relatif aux actions prioritaires pour l’avenir wallon (plan Marshall) qui prévoit (article 37) que l’impact de la suppression de la taxe communale sur la force motrice est entièrement compensée par la Région, les entreprises remplissent d’ailleurs toujours une déclaration dont le seul but est de permettre cette compensation régionale. La circulaire budgétaire relative à l’élaboration des budgets communaux étend le bénéfice de cette compensation aux pertes liées à l’exonération du précompte immobilier matériel et outillage(2). Deuxièmement, qu’il s’agisse d’industries ou de PME, les communes perçoivent les recettes fiscales liées au précompte immobilier sur le terrain et les bâtiments (au même titre que les particuliers). Troisièmement, et cette considération n’est pas la moindre, il est très réducteur de considérer l’activité économique comme source de seules recettes fiscales. Les entreprises sont un des moteurs du développement communal par les emplois directs et indirects qu’elles offrent et par la dynamique qu’elles créent.

2.3.3. Le principe de standstill Tiré de l’article 23 de la Constitution qui consacre le droit de chacun à la protection d’un environnement sain, le principe de standstill (ou d’effet-cliquet) veut que le niveau de protection de l’environnement ne puisse pas régresser de manière sensible sans qu’il existe des motifs liés à l’intérêt général. Le principe, qui était déjà reconnu par la Doctrine et le Conseil d’Etat, a été consacré, pour la première fois, par la Cour d’Arbitrage en 2006(3), à l’occasion d’un recours en annulation introduit contre plusieurs dispositions du décret Resa, notamment son article 55. L’article 55, en supprimant l’obligation de réaliser un plan communal d’aménagement (PCA), permettait la mise en œuvre de la zone d’aménagement différé à caractère industriel (ZADI)(4) directement par le permis d’urbanisme. L’article 55 du décret Resa a été annulé, la Cour d’Arbitrage considérant que les motifs d’intérêt général à la base de la disposition attaquée ne pouvaient, en raison de dispositions européennes (évaluation des incidences organisée sur base de la directive «plans et programmes») et internationales (Convention Aarhus sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement), justifier la régression sensible du niveau de protection offert par la législation antérieure. Le principe de standstill a été au centre d’un deuxième arrêt de la Cour d’Arbitrage (devenue entre-temps Cour Constitutionnelle) rendu, en juin 2007, à l’occasion d’un recours en annulation introduit contre l’article 5 du décret du 25 octobre 2005 modifiant les articles 6, 21, 110bis et 127 du Code Wallon de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme et du Patrimoine, communément appelé décret «zones blanches»(5).

(1) (2) (3) (4) (5)

Parlement wallon, CRAC 162 (2005-2006), Commission de l’Aménagement du territoire, des Transports, de l’Energie et du Logement, 19 juin 2006, p. 15 et s. Le sujet a été récemment abordé dans le cadre d’une question écrite posée au Ministre Courard (Parlement wallon, Question écrite N° 191 (2007-2008). Cour d’Arbitrage, Arrêt N°137/2006 du 14 septembre 2006. Actuelles ZACCI. Cour constitutionnelle, Arrêt N°87/2007 du 20 juin 2007.

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Ce décret, dont la Cour a confirmé la légalité, vise notamment à faire sortir certains périmètres des plans de secteur – en fait, les périmètres des infrastructures ferroviaires, aéroportuaires et des ports autonomes qui sont devenus des zones blanches (c’est-à-dire des zones vierges d’affectation). Le décret de 2005 vise aussi à étendre les hypothèses dans lesquelles le Ministre ou son fonctionnaire délégué (article 127 du CWATUP) peut déroger aux prescriptions urbanistiques réglementaires. Selon la Cour constitutionnelle, ces dispositions constituaient certes un recul sensible du niveau de protection, mais le recul était justifié – la Cour se réfère aux travaux préparatoires du décret – par des motifs d’intérêt général, à savoir la volonté du Gouvernement et du Parlement de dynamiser les villes, de rendre des terrains disponibles pour les activités à vocation économique, de revitaliser les centres urbains, de promouvoir la rénovation et le retour des habitants au cœur de la ville en créant en son sein une mixité fonctionnelle. Le principe de standstill est devenu incontournable. Il ne doit cependant pas être synonyme d’immobilisme et empêcher les évolutions du cadre réglementaire et des documents planologiques qui s’avèreraient nécessaires pour rencontrer des objectifs d’intérêt régional, parmi lesquels nous estimons que l’activité économique au sens large occupe une place importante.

2.3.4. La compensation planologique et/ou alternative Inscrit à l’article 46, § 1er, 3°, du CWATUP, le mécanisme de compensation trouverait, selon certains, son origine dans la directive «plans et programmes». Nous y voyons surtout le prolongement au niveau planologique du principe de standstill et l’application de l’article 1er du CWATUP qui impose une utilisation parcimonieuse du sol et de ses ressources. Le principe est le suivant : l’inscription de toute nouvelle zone destinée à l’urbanisation doit être compensée par la conversion équivalente d’une zone existante destinée à l’urbanisation en zone non destinée à l’urbanisation (compensation planologique) ou, sans qu’il y ait primauté d’un mécanisme sur l’autre, par toute autre compensation alternative définie par le Gouvernement. La règle, inscrite dans le décret Resa, était d’application immédiate. Elle est entrée en vigueur le 11 mars 2005 et a été appliquée aux révisions de plans de secteur en cours dont la plupart ont dû dès lors être complétées sur ce point(1). Le texte a connu depuis une seconde évolution dans le cadre du Resa bis. Premièrement, la compensation est soumise au principe de proportionnalité. Deuxièmement, la compensation ne doit être appliquée que pour l’inscription d’une zone destinée à l’urbanisation susceptible d’avoir des incidences non négligeables. En d’autres termes, lorsque l’inscription de la nouvelle zone à des conséquences négligeables, la compensation n’a pas lieu. Troisièmement, le Resa bis prévoit que la compensation alternative est définie par le Gouvernement tant en termes opérationnel, environnemental ou énergétique qu’en termes de mobilité en tenant compte notamment de l’impact de la zone sur le voisinage. Enfin, la compensation planologique ou alternative peut être réalisée par phase. Malgré ces adaptations, la question des compensations reste un sujet de préoccupation, notamment liée à l’absence de critères qui permettraient d’encadrer la compensation alternative. La pratique(2) fait craindre de coûteux dérapages. Il est urgent de fixer des règles en la matière ; ce qui confortera aussi la sécurité juridique des dossiers pour lesquels des compensations sont imposées.

(1) (2)

DGATLP, Rapport d’activité 2006, p. 96. En juin 2007 (cf. Parlement wallon, CRIC. 103 (2006-2007), Commission de l’Aménagement du territoire, des Transports, de l’Energie et du Logement, 11 juin 20007, p.24 et s), le Ministre a présenté un premier bilan des compensations alternatives proposées dans le cadre de 9 opérations de modifications de plans de secteur entamées depuis mars 2005. Ainsi, les compensations alternatives ont été proposées. Relevons : • à Rendeux, obligation de réaliser une voirie de contournement d’un noyau d’habitat qui soulage les riverains, notamment d’un trafic lié à l’exploitation d’une laiterie ; • la réalisation d’une liaison qui diminue globalement le trafic d’une agglomération, par exemple Braine-Alliance ; • la création d’un accès direct vers une route nationale ou vers une autoroute pour le trafic lié à l’exploitation d’une sablière, à Antoing ; • la constitution d’une obligation, pour l’opérateur d’un centre de glisse, de prendre en charge la desserte par bus vers les gares voisines ; • la constitution d’un bail emphytéotique de 99 ans au profit de la Région wallonne portant sur la zone d’espaces verts d’intérêt paysager, à Louvain-la-Neuve et Chaumont-le-Neuf ; • le transfert d’un droit réel au profit de la commune sur un bâtiment, dans le cadre de la laiterie de Chéoux.

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2.3.5. La pollution de sol Le décret Resa a modifié le régime applicable à ce qu’on appelle communément les sites d’activité économique désaffectés sur lesquels des projets divers (programmes de construction à vocation résidentielle ou économique, par exemple) peuvent être développés sans qu’il soit nécessaire de procéder préalablement à une révision du plan de secteur comme l’imposait initialement le décret du 1er avril 2004 relatif à l’assainissement des sols pollués et aux sites d’activité économique à réhabiliter. Dans le cadre du Plan Marshall, le Gouvernement a dégagé des moyens financiers importants via un financement alternatif (Sowafinal : 243 millions d’euros pour les sites pollués et 100 millions d’euros pour les sites non pollués). Ces initiatives ne peuvent cependant pas cacher la situation d’extrême insécurité juridique qui pèse sur ces sites et les entreprises qui y investissent, compte tenu de l’absence d’un décret relatif à la gestion des sols pollués. Un avant-projet de décret a certes été adopté en deuxième lecture par le Gouvernement wallon, le 22 mai 2008. Ce projet de décret doit être étudié en profondeur pour s’assurer que les règles applicables à la pollution historique et le régime des exonérations permettront de rencontrer la situation particulière des entreprises qui se sont installées dans les SAR. A défaut de règles satisfaisantes, le décret «sols» risque d’apparaître comme contre-productif pour la réaffectation de ces sites. ||

La question a été récemment abordée à nouveau en Commission parlementaire (CRAC 11 (2007-2008), Commission de l’Aménagement du territoire, des Transports, de l’Energie et du Logement, 16 avril 2008, p.54). Dans le cas d’une carrière, le réaménagement d’une zone d’extraction déjà exploitée ; la cession pour l’euro symbolique à la commune d’une partie des terrains concernés, actuellement propriété du demandeur ; le versement par la société d’une compensation financière d’un montant de 50.000 euros, en guise de contribution aux projets d’intérêt général, développés par la commune (le réaménagement des plaines de jeux des écoles X et Y, le réaménagement du préau de l’école Y et la mise en œuvre de fiches projet du futur plan communal de développement de la nature).

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EN BREF Le CWATUP a subi de multiples modifications qui peuvent donner l’impression d’une législation par tâtonnement ou par essai et erreur et concourent à la relative illisibilité du texte. Ces modifications sont source aussi d’une certaine insécurité juridique. Une coordination officielle du Code est indispensable. La moitié (5 décrets sur 12) des modifications décrétales adoptées depuis le début de la législature poursuivent le double objectif de mobiliser de l’espace pour l’activité économique et de raccourcir les procédures en vigueur. L’inscription d’une nouvelle zone d’activité économique ou sa mise en œuvre se heurte à diverses contraintes :  le phénomène Nimby. Les recours rencontrent un certain succès au Conseil d’Etat où les considérations de développement économique sont reléguées à l’arrière-plan (absence de balance des intérêts) ;  la prétendue non-attractivité de l’activité économique. Cette idée fausse doit être combattue sur base des avantages directs et indirects liés à la présence d’une activité économique sur le territoire communal ;  le principe de standstill, qui veut que le niveau de protection de l’environnement ne puisse pas régresser de manière sensible sans qu’il existe des motifs liés à l’intérêt général ;  la compensation planologique et/ou alternative. Celle-ci reste un sujet de préoccupation notamment liée à l’absence de critères qui permettraient d’encadrer la compensation alternative. La pratique fait craindre de coûteux dérapages. Il est urgent de fixer des règles en la matière ;  les incertitudes liées au projet de décret relatif à la gestion des sols pollués.

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Rappor t sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008 » Synthèse » Introduction » Chapitre 1 - Situation actuelle et estimation des besoins » Chapitre 2 - Cadre réglementaire et contraintes » CHAPITRE 3 - LES ACTEURS » Chapitre 4 - Pour une offre adéquate » Conclusion générale » Monographies sectorielles

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Chapitre 3

Les acteurs de l’offre et de la demande UNE MOSAÏQUE D’INTERVENANTS De nombreux acteurs interviennent dans les processus de libération, d’attribution ou de réaffectation des terrains et bâtiments en parcs d’activité économique. Les règles de fonctionnement et les attitudes de ces acteurs ont une réelle influence sur la disponibilité de ces biens et la rapidité relative de leur mise en œuvre. Certains acteurs relèvent de l’autorité publique et ont pour mission d’encadrer la mise à disposition des biens ou l’équipement de ceux-ci, d’autres interviennent ensuite en tant qu’opérateurs et fixent librement des critères d’attribution, parfois fort différents d’un opérateur à l’autre. Nous aborderons successivement les acteurs de la demande (les entreprises) et ceux de l’offre. 3.1. L’entreprise 3.1.1. L’enquête de l’UWE Pour évoquer l’attitude des entreprises face aux considérations de développement territorial, deux questions ont été posées dans une enquête menée en mars 2008 par l’Union Wallonne des Entreprises en complément de son traditionnel point conjoncturel : •

Comment les entreprises apprécient-elles leur implantation actuelle ?

Quels seraient les critères qui guideraient une éventuelle relocalisation ?

Les 261 entreprises ayant répondu à l’enquête se répartissent comme suit : Industrie

48%

Moins de 10 personnes

24%

Milieu urbain

23%

7%

De 10 à 50 personnes

34%

Milieu périurbain

18%

Services

39%

De 50 à 200 personnes

25%

Milieu rural

21%

Autres

6%

De 200 à 500 personnes

9%

Parc d’activité économique

38%

Plus de 500 personnes

8%

Construction

Appréciation de la localisation actuelle La première question posée aux entreprises est relative à l’appréciation de leur localisation actuelle en fonction de 16 critères. Les répondants pouvaient quantifier leur jugement de «pas du tout satisfait» (-2) à «très satisfait» (+2). La figure suivante (FIGURE 8) donne la moyenne de la cote obtenue pour chacun des 16 critères. Les critères recevant un avis positif semblent avoir été classés par les entreprises par groupe cohérent de deux. L’accessibilité routière des marchandises et des personnes arrive en tête de ce classement par paire (sans différenciation significative en fonction de leur localisation) suivie par les localisations vis-à-vis des clients et des fournisseurs. En troisième position, les répondants placent un binôme de critères relatifs au voisinage et à la qualité urbanistique du site qui les accueille. Suivent ensuite l’accès à des services de proximité, l’accessibilité aéroportuaire et le cadre réglementaire qui obtient de justesse une cote positive.

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Rappor t sur la situation de l’Entreprise

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FIGURE 8 - Appréciation de la localisation actuelle des entreprises -2

-1,5

-1

-0,5

0

0,5

1

1,5

2

Accès à des services de proximité - commerces, horeca, creche Accessibilité marchandises par voie aéroportuaire Accessibilité marchandises par voie ferroviaire Accessibilité marchandises par voie fluviale Accessibilité marchandises par voie routiere Accessibilité personnes par voie routiere Accessibilite personnes en transports en commun Coût immobilier - prix, taxes Equipement public - énergie, fibre optique, épuration Localisation par rapport aux clients Localisation par rapport aux fournisseurs Obligations réglementaires en aménagement du territoire Possibilité d'extension Proximité de main d'œuvre qualifiée Qualité urbanistique et/ou paysagère du site Voisinage (riverains) - Impact Nimby

Source : enquête UWE

Il faut toutefois rappeler que ces critères obtiennent au mieux une cote de satisfaction (=1) pour l’accessibilité tandis que les autres critères sont entre la zone neutre (=0) et la satisfaction. A l’opposé, les entreprises participant à l’enquête se montrent globalement insatisfaites pour sept critères. En tête de leurs récriminations se trouvent la desserte en transport en commun suivie de la proximité en main d’œuvre qualifiée et, ex-æquo, les coûts liés à l’immobilier et la desserte fluviale. Ce sont les entreprises présentes dans les parcs d’activité économique et en milieu rural qui sont les plus insatisfaites de leur desserte en transport en commun. A ce sujet, il semble utile de relever que le débat sur l’offre de transport en commun, a fortiori dans les PAE, suscite des commentaires réguliers. Les opérateurs de transport mettent en avant la difficulté d’offrir une desserte performante dans des zones périphériques. D’autres, comme l’UWE, reconnaissent cette difficulté mais souhaitent que les PAE les plus pourvoyeurs d’emplois et/ou les mieux placés vis-à-vis d’une gare et/ou les plus motivés puissent bénéficier d’une desserte de qualité. L’expérience de la navette desservant le PAE de Nivelles-Sud est une réussite et devrait pouvoir être reproduite dans d’autres parcs. Le contrat de gestion des TEC prévoit d’ailleurs explicitement l’évolution de leur offre pour coller au mieux aux évolutions de la demande et, en particulier, celle issue de l’activité économique. La place du critère «accessibilité en transport en commun» à ce niveau du classement doit conduire les autorités à y être particulièrement attentives, compte tenu de son importance tant pour la desserte des entreprises, que dans le cadre d’une politique de mobilité durable.

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Le sondage confirme en tout cas que les questions d’accessibilité sont au cœur des préoccupations des entreprises. C’est sur ces matières que les entreprises s’expriment de la manière la plus tranchée, de manière positive ou négative. On peut également déduire de ce graphique que les entreprises sont globalement satisfaites de leur positionnement géographique mais relativement moins des services liés à cette localisation. Des attentes en deux temps Les entreprises ont également été interrogées sur leurs projets éventuels d’extension ou de déménagement dans les trois prochaines années. Les résultats sont assez impressionnants. Près de 6 entreprises sur 10 ont des projets d’extension et une sur quatre compte déménager dans ce terme. Projet d’extension dans les 3 ans

57%

Projet de déménagement dans les 3 ans

26%

Les projets d’extension concernent toutes les catégories d’entreprises et de localisation. Toutefois, si l’on se focalise sur celles situées en PAE, on constate que 60% des répondantes ont des projets d’extension. Près d’une entreprise sur quatre a un projet de déménagement. Des observations faites par la KUL en Flandre montrent que la grande majorité des entreprises qui déménagent le font à une distance maximale de 10 kilomètres de leur lieu d’origine. Ce constat est particulièrement important dans les questions de développement territorial de l’activité économique puisqu’il nuance fortement les possibilités de substitution d’un terrain disponible par un autre situé à des distances fortement supérieures à ce chiffre. En ce qui concerne l’enquête de l’UWE, si l’on observe les réponses des entreprises ayant un projet de relocalisation à la question relative aux critères qui guideraient ce mouvement, et sans savoir vers où il s’effectuerait, le critère cité comme le plus important est d’abord celui du coût suivi de près par trois critères recueillant le même score : l’accessibilité routière des personnes, les possibilités d’extension et la localisation par rapport aux clients.

FIGURE 9 - Critères de choix de relocalisation des entreprises souhaitant déménager Cité en 1ère, 2ème ou 3ème positions Cité en 1ère position

Voisinage (riverains) - Impact Nimby Qualité urbanistique et/ou paysagère du site Proximité de main d'œuvre qualifiée Possibilité d'extension Obligations réglementaires en aménagement du territoire Localisation par rapport aux fournisseurs Localisation par rapport aux clients Equipement public - énergie, fibre optique, épuration Coût immobilier - prix, taxes Accessibilité personnes en transports en commun Accessibilité personnes par voie routière Accessibilité marchandises par voie routière Accessibilité marchandises par voie fluviale Accessibilité marchandises par voie ferroviaire Accessibilité marchandises par voie aéroportuaire

Source : enquête UWE

Accès à des services de proximité - commerces, horeca, crèche

0

10

20

30

40

50

60

70

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Rappor t sur la situation de l’Entreprise

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En analysant ces chiffres par secteur d’activités, on se rend compte de la grande diversité de situations que ce graphique recouvre. En effet, le critère «coût» obtient ce score élevé majoritairement grâce aux suffrages des entreprises de services et des entreprises de petite taille. Le critère «Localisation par rapport aux clients» est lui aussi le fait des entreprises de services (et en particulier celles de moins de 10 personnes) qui le placent en tête de leur classement suivi, hormis le coût, par l’accessibilité routière des personnes. Du côté de l’industrie, la proximité de main d’œuvre est le critère le plus cité par les entreprises souhaitant déménager, alors qu’il est très peu cité par les entreprises de services. Il est suivi par le coût et les possibilités d’extension. Le tableau suivant donne une image de ces entreprises ayant le projet de déménager. Ces chiffres illustrent

TABLEAU 7 - Pourcentage des entreprises de leur catégorie souhaitant déménager et poids de ces entreprises dans le total

une tendance nette quant à la taille des entreprises ayant le

Taille des entreprises

Souhait de déménagement par rapport au total de leur catégorie

Pourcentage des catégories de taille dans le total des déménagements

projet de déménager.

Moins de 10 personnes

41%

38%

Entre 10 et 50 personnes

32%

41%

Entre 50 et 200 personnes

12%

11%

Entre 200 et 500 personnes

15%

5%

Plus de 500 personnes

16%

5%

Total

26%

100%

Il s’agit principalement d’entreprises de moins de 50 personnes (79% alors que ces entreprises représentent 60% des répondants au total) réparties

Source : enquête UWE

équitablement entre les entreprises de moins de 10 personnes (38%) et celles ayant de 10 à 50 travailleurs (41%). Dans ces catégories, respectivement 41% et 32% des entreprises ont un projet de déménagement. En croisant les chiffres de l’enquête avec la localisation actuelle de ces entreprises, on constate qu’une entreprise sur trois située dans les milieux urbain et périurbain souhaite déménager dans les trois ans contre une entreprise sur cinq en milieu rural et en PAE. Si l’on met ces données en parallèle avec la taille des entreprises, on remarque que les entreprises de moins de 10 personnes situées dans l’urbain ou en PAE ont proportionnellement les mêmes intentions de déménagement alors que pour les entreprises de 10 à 50 personnes, les projets de relocalisation concernent davantage les entreprises situées dans le tissu urbain. Ce sont principalement les entreprises du secteur des services qui souhaitent déménager puisqu’une entreprise sur trois de ce secteur a ce projet, et ce indépendamment de sa localisation actuelle, contre une sur cinq dans l’industrie, en particulier celles présentes dans le milieu urbain. En résumé, l’enquête de l’UWE montre d’abord une satisfaction globalement mitigée des entreprises quant à leur localisation actuelle pour laquelle les critères de localisation obtiennent les meilleurs scores tandis que les services sont jugés insatisfaisants. Les réponses relatives aux critères de relocalisation des entreprises illustrent une continuité de ce constat. En effet, les chiffres indiquent que, dans un premier temps (lors de l’achat), les entreprises sont sensibles aux critères de positionnement géographique (d’abord sous-régionaux puis locaux) et aux éléments qui l’affectent directement (coût et accessibilité notamment) mais que dans un second temps, elles souhaitent des services appliqués à cette localisation (transport public, équipements…)(1). Les niveaux de satisfaction relativement bas de leur localisation actuelle expliquent en partie les exigences des entreprises lorsqu’elles veulent déménager.

(1)

Ce constat se retrouve dans les conclusions d’une enquête de satisfaction menée en 2004 par la KUL dans les parcs scientifiques wallons. Les entreprises s’y déclaraient satisfaites de leur localisation mais souhaitaient des améliorations en termes de sécurité, de crèches, d’Horeca et de transport en commun.

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3.1.2. L’enquête de la CPDT La CPDT s’était également penchée en 2005 sur les entreprises qui déménageaient leurs activités(1). Dans le cadre de l’enquête qui a été menée auprès de 180 entreprises ayant déménagé entre 1998 et 2003, les premières raisons de déménagement citées concernent des problèmes de taille, d’espace et de développement des activités. Ces considérations viennent très loin devant les autres (qualité des locaux, volonté d’être propriétaire, fin de bail, prix, proximité des clients…). Les entreprises sont donc souvent contraintes de déménager. Comment s’organisent ces mouvements de déménagements ? Le rapport évoque une étude effectuée sur les 3490 déménagements intra-wallons réalisés entre 1998 et 2003 et compare la redistribution de ces entreprises par type d’espace. Cette étude indique une relative périphérisation des entreprises de l’agglomération vers la banlieue et la zone de migrants alternants(2). Par contre, bien que des mouvements s’enregistrent dans les petites villes et les zones rurales, le solde global est relativement stable entre 1998 et 2003 pour ces zones. Ces chiffres doivent évidemment être nuancés par de nouveaux critères tels que le secteur d’activités de l’entreprise et sa taille. On notera de manière très globale que le mouvement vers la périphérie est davantage le lot d’entreprises des secteurs du commerce de gros, de services aux entreprises et de l’industrie manufacturière. Ces mouvements vers la périphérie ont notamment pour destination les parcs d’activité économique. L’enquête auprès d’un échantillon de 180 entreprises évoquée ci-avant indique que si 13% des entreprises étaient situées en PAE avant leur déménagement, elles sont 48% à s’y retrouver après (10% y restant, 38% s’y installant). En ce qui concerne les 52% d’entreprises situées maintenant hors d’un PAE, 49% étaient déjà hors PAE, et 3% viennent d’un PAE. Ces chiffres montrent en premier lieu une relative stabilité de localisation des entreprises. En effet, 59% d’entre elles (10+49) sont restées fidèles à leur zone d’origine. Par contre, 38% ont choisi le PAE alors qu’elles n’y étaient pas et 3% seulement ont quitté le PAE. Ces 3% seraient notamment le fait de commerces de détail ayant quitté le tissu urbanisé pour s’installer en PAE mais souhaitant y retourner du fait d’un contexte plus approprié à leurs activités. En résumé, les PAE connaissent auprès des entreprises un réel succès que les chercheurs de la CPDT expliquent par la conjonction de plusieurs facteurs attractifs :  Ils proposent, à la location ou à la vente, des infrastructures économiques faciles d’accès, à savoir des terrains constructibles ou des bâtiments le plus souvent modernes, équipés (et modulables) ;  Cela simplifie grandement les démarches des entreprises en termes de permis d’urbanisme ;  Les parcs constituent des espaces réservés aux activités économiques et dans lesquels il n’y a donc pas de problème de nuisances vis-à-vis de l’habitat (cela dit, seuls certains secteurs sont concernés par cela);  Ils contiennent le plus souvent des grands espaces de parking, pour le personnel, les fournisseurs ou les clients ;  Ils sont localisés de manière stratégique par rapport aux axes routiers et les entreprises ont donc une bonne accessibilité routière. Les chercheurs ajoutent également que le succès des PAE vient également de leur notoriété. Les entreprises pratiqueraient peu la comparaison a priori des sites d’accueil potentiels compatibles avec leur activité et orienteraient rapidement et «instinctivement» leur demande vers les opérateurs de PAE. La disponibilité des terrains des autres opérateurs devrait être mieux connue, afin de confronter l’investisseur à la totalité de l’offre.

(1) (2)

CPDT - Déménagements et relocalisation d’entreprises en Wallonie – Thème 1 – Septembre 2005. La zone résidentielle des migrants alternants est adjacente à la région urbaine mais n’en fait pas partie.

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3.2. De l’inscription au plan de secteur à la gestion des terrains : les acteurs de l’offre 3.2.1. Une procédure longue et codée L’installation d’une entreprise dans un PAE est l’aboutissement d’un parcours particulièrement long mêlant une phase préparatoire principalement procédurale et une phase de mise à disposition du terrain à son acquéreur. En résumé, les phases suivantes se succèdent :  Choisir de nouvelles localisations  Rendre la zone capable  Acquérir les terrains  Equiper la zone  Attribuer les terrains  Céder les terrains  Délivrer les permis pour les infrastructures et les implantations  Gérer les PAE  Fournir un service La CPDT a estimé à une moyenne de 7 ans la durée allant du choix de la localisation à l’équipement du terrain, soit les quatre premières phases de cette procédure.

3.2.2. Choisir de nouvelles localisations Dans le cadre des plans prioritaires I et II, les IDE ont déposé auprès des autorités régionales des dossiers dits «de conviction» reprenant les terrains qu’elles ont identifiés comme potentiellement intéressants pour l’accueil de nouveaux PAE. A ce stade, il semble que ces dossiers soient traités principalement du point de vue des réglementations territoriales mais peu sur leur pertinence économique. Au terme de cette phase d’identification, c’est le Gouvernement wallon qui prend la décision finale quant aux nouvelles zones à consacrer à l’activité économique. Il est utile de rappeler que les entreprises et leurs organisations représentatives ne sont pas consultées à ce niveau de la procédure. Les évolutions récentes de la réglementation permettent à toute personne privée ou publique d’initier une procédure de modification du plan de secteur. Dès lors, le choix de nouvelles zones pourrait dorénavant se faire en dehors d’un plan prioritaire.

3.2.3. Rendre la zone capable Vient ensuite, dans le cas de nouvelles zones d’activité économique, le processus visant à modifier l’affectation au plan de secteur des zones choisies afin de les rendre «capables» c’est-à-dire aptes juridiquement à recevoir de l’activité économique. Leur inscription peut nécessiter une révision du plan de secteur. Depuis l’adoption du décret Resa bis, la révision de plan de secteur peut être couplée à la reconnaissance du périmètre. La «reconnaissance d’un périmètre» est une procédure purement administrative et réglementaire destinée à rendre la zone concernée légalement éligible à l’octroi des subsides(1). Dans le cas où la nouvelle surface se situe en zone capable au plan de secteur, seule la reconnaissance du périmètre est nécessaire. Une autre option est de passer par la procédure de plan communal d’aménagement dérogatoire/compensatoire (PCAD/C). Le chapitre relatif au cadre réglementaire (chapitre 2) précise ces notions.

(1)

Conformément aux dispositions légales relatives aux infrastructures d’accueil des activités économiques.

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3.2.4. Acquérir les terrains Quand les périmètres sont officiellement reconnus, les terrains peuvent être acquis par les opérateurs, soit sur base de procédures négociées, soit dans le cadre des procédures d’expropriation pour cause d’utilité publique. A ce niveau, les opérateurs peuvent bénéficier de subsides régionaux pour : •

l’acquisition de terrains ;

l’acquisition et la transformation ou la construction de bâtiments pour la création d’incubateurs, de centres de services auxiliaires, de halls relais, de centres d’entreprises et d’ateliers de travail partagé ;

les travaux d’infrastructures à réaliser sur les terrains nécessaires à la création et au développement d’un périmètre de reconnaissance ;

les études nécessaires à la réalisation des opérations.

L’achat des terrains est subsidié à 15%. En 2006, le Gouvernement wallon a fait passer ce taux à 50% pour les terrains déjà situés en zone urbanisable. Par cette mesure, la volonté du Gouvernement est bien sûr d’inciter les IDE à acquérir des terrains dans le tissu urbanisé et, dès lors, à renforcer la mixité des fonctions par l’intégration d’activités économiques dans les noyaux d’habitat.

3.2.5. Equiper la zone Un subside de 80% est octroyé par la Région pour l’équipement des PAE. Le subside est porté à 95% dans le cadre d’un «site à réaménager» (SAR). Ce subside porte sur un certain nombre de dépenses d’intérêt collectif telles que les travaux de nivellement, de création de voirie, d’égouttage, d’alimentation en eau, de construction de murs de quai, de raccordement à la voie ferrée ou navigable, d’éclairage, de trottoirs, de raccordements aux réseaux de distribution d’énergie, d’équipement en énergie durable, d’investigation quant à la pollution des sols, d’épuration collective des eaux, de gestion collective des déchets(1)… Ces subsides se limitent à la partie publique des dépenses. Une entreprise devra, lors de son installation dans un PAE, prendre en charge sa connexion privée à la partie collective de ces équipements. Les budgets traditionnels destinés à l’équipement des PAE ont été augmentés grâce à la mise à disposition de montants complémentaires via la création d’une structure dénommée Sowafinal. En effet, les actions prioritaires approuvées par le Gouvernement prévoyaient d’organiser, en complément du budget traditionnel de la Région, un financement alternatif en vue d’accélérer l’assainissement des sites d’activité économique désaffectés, pollués et non pollués, ainsi que l’équipement des zones d’activité économique prioritaires et des zones portuaires. La Sowafinal dispose pour ce faire d’une capacité d’intervention de 178 millions pour la période 2006-2009 pour un montant total de travaux estimé à 220 millions d’euros.

3.2.6. Attribuer les terrains Avant de céder les terrains, les opérateurs déterminent les critères d’attribution conditionnant leur cession aux acquéreurs potentiels. Les terrains en PAE L’implantation d’une activité économique dans un PAE est tout d’abord subordonnée aux prescrits du plan de secteur. Toutes les entreprises ne sont a priori pas autorisées à s’y implanter(2).

(1)

(2)

L’ensemble des dépenses éligibles est repris dans l’arrêté du Gouvernement wallon portant exécution du décret du 11 mars 2004 relatif aux infrastructures d’accueil des activités économiques (Moniteur belge du 21/11/2004) modifié par arrêté du 27 avril 2006. Dans le cadre de la demande de permis d’urbanisme, le fonctionnaire délégué doit vérifier l’adéquation de l’activité de l’entreprise avec le plan de secteur.

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Les conditions complémentaires d’installation sont le fait du règlement communal d’urbanisme de la commune concernée et/ou de l’intercommunale par le biais d’un cahier des charges. Ce cahier des charges peut intégrer des prescriptions urbanistiques relatives aux bâtiments, aux abords, aux accès… et à leur coefficient respectif d’occupation du sol sur le terrain mais également des considérations sur l’équipement des zones, l’égouttage, la mobilité, les aspects paysagers, l’environnement… Des critères spécifiques peuvent également s’appliquer dans des parcs spécialisés comme les parcs scientifiques ou à vocation logistique par exemple. Bien que chaque intercommunale analyse avec attention le critère emploi dans les demandes qui lui sont formulées, certaines d’entre elles ont établi des seuils en la matière.

TABLEAU 8 - Critères d’emploi pour l’attribution des terrains en PAE, par IDE BEP

A priori et au départ, taux de 15 à 20 emplois/ha pour activités industrielles ou artisanales et 25 à 30 emplois/ha pour activités de services et de recherche

IBW

Un ratio d’un minimum de 25 à 30 personnes ETP par hectare vendu, et ce, en fonction du PAE. Dans certains cas, jusqu’à 50 ETP/ha.

IDEA

Non communiqué

IDELUX

• 40 emplois/ 10.000 M² de bâtiments pour les activités de logistique • 10 emplois par hectare pour les «autres» activités

IDETA

Non communiqué

IEG

Discussion sur l’emploi mais pas de seuil

IGRETEC

Discussion sur l’emploi mais pas de seuil

SPI+

Discussion sur l’emploi mais pas de seuil Source : informations recueillies par l’UWE auprès de Wallonie Développement

En résumé, le plan de secteur et la réglementation régionale fournissent un cadre transversal de base quant aux activités s’installant dans les PAE, complété parfois par des réglementations communales et auxquels chaque intercommunale ajoute, pour les zones qu’elle gère, un ensemble de critères d’attribution selon ses spécificités et contraintes. Celles-ci étant par nature différentes d’une zone à une autre et l’intérêt pour ces différentes zones étant variable selon le type d’investisseur, les parcs d’activité économique ont des profils d’entreprises variés dans les sous-régions de Wallonie. Ceci n’empêche toutefois pas de constater une consommation effective d’espace variable pour la même activité selon la sous-région dans laquelle elle se situe. Cette variabilité peut tenir à des éléments spécifiques d’une entreprise par rapport à une autre mais on constate également une variabilité due aux opérateurs de terrains qui vont, selon leurs disponibilités, attribuer plus ou moins d’espace à une activité. La carte suivante (CARTE 3) illustre une quantification du ratio entre la consommation d’espace effective d’une activité et sa consommation théorique (standard établi sur base d’une comparaison internationale). Une cote de 100 indique une consommation effective égale à la consommation théorique calculée. Une cote inférieure à 100 indique que les activités consomment moins de place que les standards ; une cote supérieure à 100 indique que les activités consomment plus de place que les standards. Les zones vertes sont donc celles où l’espace est le plus sévèrement octroyé a contrario des zones rouges où l’espace est plus «généreusement» attribué.

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CARTE 3 : Ratio entre la consommation d’espace théorique et la consommation effective en 2001, prenant en compte les différences de taille des entreprises (Région wallonne en base 100)

Source : CPDT - Observatoire des mutations spatiales - Septembre 2004

Cette carte permet de constater que les sous-régions où les IDE pratiquent la gestion la plus parcimonieuse sont celles où la demande est la plus forte et où la disponibilité est la plus faible. Les terrains des ports autonomes Pour l’accueil d’investisseurs, les ports autonomes ont ajouté une exigence spécifique : la garantie d’un tonnage annuel par voie d’eau. Pour exemple, le port autonome de Liège pratique les conditions minimales de tonnage suivantes(1) : •

400 t/mètre courant de quai/an pour les marchandises générales et les mitrailles ;

750 t/mètre courant de quai/an pour des vracs (charbons, sables, minerais,...) ;

600 t/mètre courant de quai/an pour les opérations mixtes.

Les autres ports ont des minima plus faibles à 150 t annuelles par mètre courant de quai. Au cas où ces tonnages ne sont pas atteints, des indemnités pour insuffisance de trafic sont réclamées. Les terrains stratégiques Les terrains présentant une valeur stratégique pour la région (très grands terrains, aéroports, parcs scientifiques, grands terrains logistiques) sont globalement soumis à des procédures et régimes d’attribution relativement identiques aux autres terrains situés en PAE, hormis l’une ou l’autre spécificité propre à leur nature. Il semblerait toutefois pertinent de traiter ces terrains de manière réellement différenciée par le fait du rôle stratégique et suprarégional qu’ils sont amenés à jouer. Cela porte sur les terrains existants mais aussi sur tous les terrains qui pourraient être jugés comme potentiellement stratégiques à plus long terme.

(1)

www.portdeliege.be

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3.2.7. Céder les terrains La forme de la transaction avec les candidats investisseurs ayant répondu aux critères éventuels d’attribution peut varier selon l’opérateur : IDE, ports autonomes et autres. 3.2.7.1. Les opérateurs Les intercommunales de développement économique (IDE) Les intercommunales ont recours à la vente. Elles ont de plus un droit de regard ou de préemption sur la revente des terrains par l’acquéreur. Pour rappel, les IDE vendent en moyenne annuelle un total de 217 ha pour l’ensemble de la Wallonie. Ces ventes aux entreprises dans les PAE peuvent avoir des objectifs de trois natures : •

L’extension d’activité ;

Le transfert d’activité ;

La création d’activité.

Nous n’avons pu obtenir les chiffres que de peu d’intercommunales quant à la répartition des actes entre ces trois catégories. Si nous prenons le cas de la SPI+(1), la répartition s’organise comme suit pour l’année 2007 : 83 actes de ventes ont été réalisés en 2007 ; l’extension d’activité en concerne 25, le transfert 44 et la création 14. Le phénomène le plus important en nombre est logiquement celui du transfert d’activité soit du déménagement d’une activité existante vers un parc d’activité économique (plus d’un acte sur 2). Il y a lieu de penser que la prédominance claire de ces actes est relativement partagée par les autres intercommunales. L’extension de l’activité concerne près d’un dossier sur trois. C’est un phénomène important que confirme notre enquête (voir supra) où l’on constatait que 6 entreprises répondantes sur 10 situées en PAE avaient des projets d’extension dans les trois années à venir. Ceci nous amène à nuancer la légitime exigence de parcimonie voulue par les autorités régionales. Il faut sans nul doute être plus attentif à l’attribution sectorielle des terrains en PAE mais être prévoyant quant aux besoins d’extension des activités qui s’y implantent. Les ports autonomes Dans le cas des ports autonomes, la forme de la transaction est celle de la concession. La durée des concessions dans les ports autonomes est très variable et peut aller d’opérations courtes (6 mois) jusqu’à des concessions à très long terme (3 fois 30 ans). Les ports perçoivent principalement des redevances de deux natures : redevances d’occupation des terrains et redevances à la tonne manutentionnée. Les autres opérateurs Il est utile de rappeler ici que d’autres opérateurs peuvent vendre des terrains et/ou bâtiments économiques : les communes, des promoteurs immobiliers ou encore des entreprises revendant des parties de leurs avoirs fonciers. Toutefois, le nombre de transactions traitées par ces opérateurs est relativement marginal dans le cadre des opérations portant sur les terrains faisant l’objet de ce rapport même si l’une ou l’autre d’entre elles peut parfois porter sur un terrain de plusieurs hectares. 3.2.7.2. Le prix des terrains En Wallonie, les prix de vente des terrains équipés en PAE montrent une relative variabilité entre les sous-régions. Wallonie Développement indique qu’en 2007, ces prix variaient de 20 à 40 €/m² en Brabant Wallon et dans le Hainaut, de 8 à 50 €/m² dans le Luxembourg, 15 à 30 €/m² dans la province de Liège et de 6 à 20 €/m² dans la province de Namur.

(1)

www.spi.be

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Il est difficile de savoir comment s’élaborent ces prix, et notamment en quelle proportion ils tiennent compte des subsides à l’acquisition et à l’équipement obtenus de la Région wallonne. Dans le cadre du mode de financement des IDE, la CPDT relève que ces opérateurs ont plutôt avantage à vendre du terrain acheté au prix de la terre agricole et équipé grâce à une aide régionale pour ainsi opérer une plus-value.

3.2.8. Délivrer les permis pour les infrastructures et les implantations Aux termes de l’article 127 du CWATUP, les permis d’urbanisme relatifs aux actes et travaux situés dans le périmètre des PAE sont délivrés par le Gouvernement ou le fonctionnaire délégué. La règle vaut aussi pour les actes et travaux situés dans le périmètre d’un SAR ou d’un site de réhabilitation paysagère et environnementale (SRPE). Si le projet nécessite, pour sa réalisation, un permis unique, celui-ci est délivré par le fonctionnaire technique et le fonctionnaire délégué agissant conjointement.

3.2.9. Gérer les PAE La promotion des terrains disponibles auprès des différents opérateurs se fait en ordre relativement dispersé et il n’est pas simple (et pas toujours possible) pour un candidat de disposer d’une vue complète de l’offre immobilière économique en Wallonie. Nous l’avons vu plus avant, plusieurs opérateurs peuvent potentiellement répondre à une demande de terrains : intercommunales (huit), ports autonomes (quatre), communes (deux cents soixante-deux !), sans compter d’autres catégories de promoteurs dont les privés. Pour un investisseur étranger, la porte d’entrée qu’est l’AWEX-OFI constitue un partenaire précieux pour démêler cet écheveau. Des tentatives de centralisation de l’information ont été mises en œuvre à l’initiative des autorités et/ou des opérateurs, mais aucune ne remplit pleinement les objectifs de meilleure gestion des terrains à vocation économique et de promotion (de tous les terrains, tous opérateurs confondus) auprès de candidats investisseurs (voir encadré page 56).

3.2.10. Fournir un service Quand les parcs d’activité économique affichent complet, la gestion de certains éléments collectifs, quand elle a lieu, relève régulièrement de la bonne volonté des entreprises (sécurité, aménagement paysager, déchets, mobilité, etc.) et ce souvent dans le cadre d’associations d’entreprises qu’elles ont volontairement créées. L’intercommunale peut à ce niveau encore intervenir sur certains aspects ou participer aux efforts des associations d’entreprises mais en règle générale son rôle se réduit considérablement. La sensibilité des opérateurs à ce suivi est assez variable d’une intercommunale à l’autre, alors que le besoin en services est de plus en plus clairement exprimé (cf. résultats de l’enquête UWE). Les voies d’accès à la zone quant à elles retournent normalement dans le giron de la commune concernée. Ce changement de gestionnaire est parfois à l’origine d’un manque de clarté quant à la responsabilité réelle sur ces voiries.

3.3. Offre et demande se cherchent 3.3.1. Arythmie des acteurs Lorsque l’on confronte l’offre et la demande, la différence de rythme des acteurs interpelle. D’un côté, la mise à disposition des terrains suit une démarche longue et inévitablement procédurale. La CPDT a déterminé qu’il fallait environ 7 ans en moyenne entre le démarrage de la procédure et la mise à disposition réelle des terrains (soit bien avant la délivrance des permis aux entreprises). De l’autre, le monde de l’entreprise et les investisseurs sont soumis à des rythmes de fonctionnement et de décision plus rapides. La décision d’investir est évidemment mûrement réfléchie mais doit s’appliquer rapidement quand elle est prise. De plus, les avantages concurrentiels des territoires évoluent également. Si, pour un investisseur étranger, la Wallonie est la destination la plus pertinente aujourd’hui, elle peut perdre en quelques années cette position au bénéfice d’une autre région. La question de la rapidité est donc essentielle pour l’investisseur mais aussi pour les régions qui souhaitent l’accueillir.

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BASE DE DONNÉES DE IWEPS «ENTREPRISES «  L’IWEPS a créé en 2000-2001 une base de données «Entreprises dans les parcs». Celle-ci a été partiellement actualisée par la CPDT en 2006. Les chiffres-clés de l’IWEPS de décembre 2007 se basent sur ces dernières données. La mise à jour, le géoréférencement de cette base et la liaison avec la base «SUPERFICIES» de la DGATLP est projetée par l’IWEPS depuis 2002, mais nécessitait de définir la notion de parcs (voir ci-après). BASE DE DONNÉES DE LA DGATLP «SUPERFICIES»  Dans le cadre de l’étude stratégique relative au premier plan prioritaire, la DGATLP a initié une base de données «Superficies». Cette base a été mise à jour jusqu’au 31/12/2002 et étendue aux zones portuaires et aux communes dans le cadre d’une convention avec l’ICEDD. Outre des données superficies, cette base comprend des données sur les nouvelles entreprises implantées dans le parc (origine, notamment). Un projet d’actualisation et de géoréférencement de cette base à l’échelle parcellaire a été soumis (mais non signé) en fin de législature précédente. La structure de la base a évolué en concertation étroite avec les IDE en 2004-2005. Une tentative d’actualisation via la DEZI a été initiée en 2006. Dès lors, cette base n’a pas évolué depuis la mise à jour de décembre 2002. Dans le cadre de son rapport, les données de vente ont dû être demandées aux IDE directement par la CPDT fin 2006. Il n’existe pas de données de vente centralisées depuis l’étude de CPDT (ZAE I). CARTOGRAPHIE DE LA DGATLP «PARCS INTERCO»  Jusqu’à l’étude stratégique, la plupart des IDE et des ports autonomes ne disposaient pas d’un outil de gestion cartographique performant. Une cartographie des périmètres a dès lors été menée fin 2005 – début 2006 par la DGATLP, avec validation par les IDE. Cette base de données a débouché sur la constitution de la base «PARCS». BASE DE DONNÉES DE LA DGEE/OFI/WD «PARCS»  La base de données «PARCS» mise en œuvre par la DGEE, l’AWEX-OFI et les intercommunales rassemble un certain nombre de données sur les PAE existants . Cette base de données ne permet toutefois pas, à ce stade, une recherche transversale sur les terrains disponibles sur base de critères alors qu’elle le permet pour les parcs dans leur intégralité. Seules certaines intercommunales y mettent une cartographie, toutefois non-interactive, de l’état de disponibilité de leurs différents parcs. De plus, la mise à jour ne s’effectue pas en temps réel.

(1)

La base de données PARCS est issue de la base de données cartographique des parcs réalisée en 2005-2006 par la DGATLP.

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Les mesures prises récemment par le Gouvernement ont permis de raccourcir les procédures, mais il semble que les délais restent encore trop longs au regard des souhaits émis par les investisseurs. Il ne s’agit pas de prôner ici la rencontre absolue des rythmes des uns et des autres mais il est évident qu’une gestion efficace, singulièrement économique, du territoire réside notamment dans la volonté de les (ré)concilier au moins partiellement.

3.3.2. Une offre relativement floue Un autre enseignement de cette confrontation est la difficulté de mettre rapidement une offre adéquate face à une demande. Les opérateurs sont multiples, les critères variés, les services divers et, bien que certains efforts aient été réalisés, des améliorations pourraient être apportées pour rendre l’offre plus accessible et plus transparente. Une gestion plus transversale de l’ensemble des terrains économiques (existants et potentiels) est absolument nécessaire pour améliorer l’efficacité de la réponse de l’offre à la demande. La création d’une base de données constituerait un outil précieux pour concourir à cet objectif. ||

EN BREF Une enquête menée par l’UWE dans le cadre de ce rapport montre d’abord une satisfaction globalement mitigée des entreprises quant à leur localisation actuelle pour laquelle les critères de localisation obtiennent les meilleurs scores tandis que les services sont jugés insatisfaisants. Les réponses relatives aux critères de choix d’une éventuelle relocalisation des entreprises illustrent une continuité de ce constat. En effet, dans le cas d’un déménagement, les chiffres indiquent que, dans un premier temps (lors de l’achat), les entreprises sont sensibles aux critères de positionnement géographique (d’abord sous-régionaux puis locaux) et aux éléments qui l’affectent directement (coût et accessibilité notamment) mais que dans un second temps, elles souhaitent des services appliqués à cette localisation (transport public, équipements…). Les niveaux de satisfaction relativement bas de leur localisation actuelle expliquent en partie les exigences des entreprises lorsqu’elles veulent déménager. Ce déménagement se fait de plus en plus régulièrement vers les PAE. L’installation d’une entreprise dans un PAE est l’aboutissement d’un parcours particulièrement long, mêlant une phase préparatoire principalement procédurale et une phase de mise à disposition du terrain à son acquéreur. La CPDT a estimé à une moyenne de 7 ans la durée allant de l’identification à l’équipement du terrain. De l’analyse de ces phases, nous pointons principalement une relative hétérogénéité sous-régionale et entre opérateurs, des procédures de cession, d’attribution et de gestion des terrains. Nous retenons également une arythmie entre les acteurs de l’offre et ceux de la demande, ainsi que l’absence d’un véritable outil régional de gestion et de promotion de ces terrains. Nous constatons aussi que l’ensemble des terrains sont gérés de la même manière, sans distinction de leur niveau d’intérêt stratégique (local, sous-régional, régional).

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Rappor t sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008 » Synthèse » Introduction » Chapitre 1 - Situation actuelle et estimation des besoins » Chapitre 2 - Cadre réglementaire et contraintes » Chapitre 3 - Les acteurs de l’offre et de la demande » CHAPITRE 4 - POUR UNE OFFRE ADÉQUATE » Conclusion générale » Monographies sectorielles

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S i t u at i o n a c t u e l l e e t Po e s ut irmuat d eas dbéeqsuoate ins n ei oonfsf re

Chapitre 4

Pour une offre adéquate 4.1. Objectif global proposé L’analyse que nous avons faite nous permet de considérer qu’une politique spatiale dynamique nécessite l’adoption d’une vision stratégique régionale et sectorielle à long terme et la mise en œuvre d’une gestion opérationnelle performante. Ce point de vue se retrouve déjà dans l’étude stratégique préparatoire à l’élaboration du premier plan prioritaire que Deloitte et Touche et al. avaient réalisée en 2002. Le constat posé semble toujours globalement d’actualité. «La flexibilité des outils et la spacialisation des décisions est essentielle, tant pour que l’offre puisse se matérialiser rapidement (simplification administrative), mais aussi pour qu’elle puisse évoluer avec les besoins des parties prenantes»(1). Nous pensons qu’il faut développer une vision à long terme (20 ans) et concevoir des outils et des modes de fonctionnement plus efficaces. Cette vision stratégique (qui ne se limite pas à mobiliser un nombre d’hectares) doit être argumentée sur base des objectifs de développement de la Région wallonne et traduite dans les plans qu’elle adopte. Initialement, le SDER devait remplir cette fonction, mais il n’a pas été mis à jour depuis près de 10 ans, et l’on constate que ses orientations stratégiques sont trop peu traduites sur le terrain. En ce qui concerne la conception d’outils et de modes de fonctionnement plus efficaces, nos travaux nous ont amenés à constater les améliorations apportées à la gestion de l’espace dédié à l’activité économique. Cependant, des progrès sont encore nécessaires. Nous formulons à cet égard un ensemble de recommandations.

4.2. Recommandations de l’UWE L’analyse des aspects de la politique de gestion de l’espace économique identifiés au départ de cette étude nous a conduits à entendre les témoignages de nombreux acteurs du développement territorial, et à étudier plusieurs documents faisant référence. Les informations reçues nous ont permis de conforter, de nuancer et/ou de préciser un certain nombre d’observations émises sur ce sujet. De ce travail découlent, d’une part, les constats évoqués aux chapitres précédents, et d’autre part, la formulation d’un objectif stratégique global, assorti d’un ensemble de recommandations destinées à améliorer le cadre général dans lequel s’organise la gestion des espaces consacrés à l’activité économique. Les recommandations émises sont les suivantes : 1. Connaître et évaluer. 2. Mobiliser l’espace judicieusement. 3. Mettre en œuvre une gestion du territoire à 3 niveaux. 4. Renforcer la spécificité des PAE par une politique stricte d’attribution des terrains. 5. Réfléchir en termes de «services» et pas uniquement en termes d’hectares mis à disposition. 6. Créer une base de données des terrains à vocation économique (existants et potentiels). 7. Assurer la cohérence des plans et des politiques menées. 8. Adapter le cadre réglementaire. (1)

Deloitte et Touche, CREAT, ICEDD - Etude stratégique visant à éclairer le Gouvernement wallon en matière d’affectation d’espace à l’activité économique dans le cadre de la révision des plans de secteur, Rapport phase II, 2002.

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Rappor t sur la situation de l’Entreprise

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1

Connaître et évaluer Le premier constat de cette étude porte sur la difficulté de recueillir une information chiffrée précise, complète, mise à jour et validée (source authentique) sur l’espace dédié à l’activité économique, et particulièrement sur les disponibilités et potentialités réelles, tous opérateurs et toutes zones confondus.

Il est également regrettable qu’il n’existe pas de statistiques sur l’activité économique, stricto sensu, des entreprises actives dans les PAE : valeur ajoutée, exportations, investissement… C’est évidemment une lacune d’importance qu’il faudra combler. En outre, nous avons été interpellés par l’absence d’évaluation comparative de l’état des lieux avec les régions voisines et d’évaluation systématique du résultat des politiques menées. Il nous semble indispensable que les autorités prennent les mesures nécessaires pour améliorer sensiblement la qualité, la cohérence, la disponibilité, la transparence et la diffusion des données relatives aux terrains à vocation économique. La recommandation relative à la constitution d’une base de données participe de cet objectif. Par ailleurs, il faut systématiser l’évaluation des politiques menées et des outils promus. Nous pensons en particulier au PCAC dont l’utilisation est encouragée. L’évaluation de ces politiques et outils permet de les adapter, de les corriger, afin de répondre aux objectifs de redéploiement économique de la Wallonie.

2

Mobiliser l’espace judicieusement D’une manière générale, l’UWE est d’avis que l’offre de terrains doit être variée et qu’il faut des disponibilités adaptées aux besoins, sur l’ensemble du territoire wallon. Une nouvelle phase de libération d’espace pour l’activité économique est actuellement en cours (5.000 ha),

par la mise en œuvre de mesures réglementaires (2.500 ha) et par la sélection de projets présentés par les IDE (plan prioritaire n° II : 2.500 ha). Nous ne remettons pas en cause les estimations faites par la CPDT. Nous observons toutefois que la Flandre, qui se trouve dans une situation territoriale plus difficile que la nôtre, dispose de 2.300 ha immédiatement disponibles, et qu’elle envisage la libération de 11.000 ha complémentaires dans les 12 prochaines années ainsi que la constitution d’une réserve permanente. Les 5.000 ha à libérer en Wallonie sont dès lors un minimum. En tout état de cause, lors du choix définitif des nouvelles zones par le Gouvernement wallon (plan prioritaire n° II), deux critères doivent être privilégiés pour leur localisation : •

les sous-régions où le taux de saturation des PAE est élevé et où la demande potentielle est importante, non seulement pour la création, mais également pour le transfert d’activités. En effet, d’une part, les entreprises ont souvent une idée précise de la région dans laquelle elles veulent s’implanter et un manque de terrain dans une région ne peut dès lors être systématiquement comblé par une offre de terrain dans une autre. D’autre part, il faut noter que près de 50% des actes enregistrés par les IDE sont des déménagements. Or, l’on sait que ces mouvements se font majoritairement en deçà de 10 km, ce qui accroît la pression sur ces zones ;

le coût de l’aménagement et des équipements (proximité des voies de communication ou la possibilité de s’y raccorder, notamment), ce qui conduit à penser qu’il faut privilégier l’extension de zones existantes.

Nous nous interrogeons aussi sur le recours exclusif aux IDE pour les propositions de nouvelles zones. Nous estimons qu’une consultation plus large d’acteurs (notamment privés) permettrait et aurait permis d’identifier plus complètement les disponibilités pertinentes du territoire. En outre, quoique l’ensemble des outils actuellement mis à disposition par les modifications du CWATUP permettent de mobiliser rapidement une partie de ces 5.000 ha, une fois les zones mises en œuvre, il faudra malgré tout recourir à la révision partielle de plans de secteur pour répondre aux demandes des parcs d’activité économique qui arriveront à saturation.

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Entreprises et D éveloppement te r r i to r i a l

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L’UWE estime que la révision partielle de plans de secteur ne doit pas être systématiquement conditionnée à l’élaboration d’un plan prioritaire régional. En effet, il convient d’éviter à l’avenir les situations de pénurie que rencontrent certains opérateurs à l’heure actuelle. Les plans prioritaires doivent se focaliser sur ces zones. De plus, le fait que la réalisation d’un plan prioritaire régional soit une procédure relativement lourde et génère des difficultés pour l’ensemble des acteurs (administrations, opérateurs, bureaux d’étude, etc.) nous conforte dans l’idée qu’il faut mettre en œuvre un ensemble de révisions partielles à une échelle plus réduite. Que l’on choisisse le plan prioritaire régional (le deuxième devra éviter les écueils du premier) ou que l’on suive une dynamique à plus petite échelle, il est important d’inscrire la mise à disposition d’espace pour l’activité économique dans une gestion à long terme.

3

Mettre en œuvre une gestion du territoire à 3 niveaux La mise à disposition d’espace doit s’inscrire dans une stratégie qui intègre les spécificités géographiques du territoire (vocation logistique par exemple) et les spécificités d’une politique sectorielle (pôle pharmaceutique etc.), toutes deux respectant les prescriptions d’un SDER mis à jour.

Nous constatons aussi que l’ensemble des terrains sont gérés de la même manière, sans distinction de leur niveau d’intérêt stratégique (local, sous-régional, régional). Nous pensons qu’il serait utile de mettre en œuvre une gestion à 3 niveaux : •

les terrains stratégiques (aéroports, universités, parcs logistiques, terrains de grande superficie…) et les zones thématiques d’influence régionale ou suprarégionale devraient être gérés au niveau régional, sous la responsabilité d’un délégué spécial du Gouvernement pour le développement du territoire économique. Son rôle consisterait à assurer une tutelle sur l’attribution de ces terrains par les opérateurs, afin de veiller à leur meilleur usage dans une optique d’intérêt régional. Le délégué spécial devra faire appel, dans sa mission, au concours de l’ensemble des acteurs et administrations concernés. Dans ce cadre, les quelques terrains de grande superficie (plus de 100 ha) que la région compte encore devraient être inventoriés et conservés en vue d’y accueillir des activités qui nécessitent réellement de telles surfaces. Une approche régionale des terrains stratégiques améliorerait leur visibilité au niveau international avec des conséquences positives pour le développement de l’ensemble de la région ;

les parcs généralistes ou spécialistes d’influence sous-régionale resteraient confiés aux opérateurs existants, en continuité avec la situation actuelle ;

les petites zones (ZACC, SAR ou SRPE)(1) pourraient être gérées au niveau communal ou supra-communal. Cette option permettrait de régénérer une mixité favorable à la redynamisation des noyaux d’habitat.

D’une manière générale, la gestion des zones d’activité économique doit bénéficier de la parfaite collaboration entre les administrations concernées (DGATLP-DAR et DGEE-DEZI).

4

Renforcer la spécificité des PAE par une politique stricte d’attribution des terrains Une question importante qui ressort de notre analyse, en particulier de celle relative au poids économique des PAE, est de savoir si cette spécialisation très utile à l’ensemble de l’économie wallonne – l’accueil des

entreprises industrielles et des entreprises de grande taille d’autres secteurs – est suffisamment présente dans les politiques d’accueil des entreprises dans les PAE. En d’autres termes, certains secteurs ne sont-ils pas trop présents dans les PAE, occupant des terrains qu’il serait plus judicieux d’affecter au développement industriel, alors que leurs activités pourraient se déployer dans des zones urbaines ? La CPDT estime également que 15 à 20% des terrains à vocation économique sont occupés par des activités qui pourraient utilement trouver leur place au sein du tissu urbain ou périurbain.

(1)

ZACC : zone d’aménagement communal concerté, SAR : site à réaménager, SRPE : site de réhabilitation paysagère et environnementale.

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A l’exception de la présence parfois utile de certains sous-traitants ou services, les PAE ne devraient accueillir que des entreprises qui ne pourraient que très difficilement être implantées dans des zones urbaines, à savoir des entreprises industrielles, généralement de grande taille, ainsi que les entreprises de grande taille des autres secteurs. Nous pensons notamment aux entreprises liées au secteur de la construction dont les activités nécessitent espace et/ou isolement. Des critères - sectoriels et de taille - plus stricts d’admission des entreprises dans les PAE, tant en zone d’activité économique industrielle qu’en zone d’activité économique mixte, comporteraient trois avantages importants : laisser libres des terrains pour une politique industrielle plus ambitieuse, créer de nouveaux PAE avec parcimonie dans le respect d’une différenciation géographique et sectorielle évoquée précédemment, puisque ces derniers ne seraient dévolus qu’à des objectifs précis, et enfin recréer un tissu urbain mixte, dynamique, susceptible d’engendrer des effets d’agglomération positifs pour tous, entreprises comme citoyens. Bien entendu, une politique plus stricte d’admission d’entreprises dans les PAE demande au préalable que des terrains urbains soient mis à la disposition des entreprises qui, actuellement, ne trouvent une terre d’accueil que dans les PAE. Au-delà de critères sectoriels, il faut certainement être plus attentif à la gestion parcimonieuse des terrains en PAE, mais tout en étant prévoyant quant aux besoins futurs des activités qui peuvent s’y implanter (réserves foncières en vue d’extension). Pour rappel, l’enquête que nous avons menée auprès de 261 entreprises indique que 6 entreprises en PAE sur 10 ont le souhait de s’étendre dans les 3 ans à venir.

5

Réfléchir en termes de «services» et pas uniquement en termes d’hectares mis à disposition La qualité de l’environnement et du cadre de vie sur les PAE devient indispensable aux yeux des responsables d’entreprises. En effet, libérer de l’espace ne suffit plus. Au-delà de l’aspect quantitatif, les entreprises sont soucieuses

d’une gestion plus qualitative de leurs zones d’activités pour y trouver, d’une part, des facilités (crèche, sandwicherie, point poste….), et d’autre part, des services relatifs à la mobilité, aux aspects paysagers, à la propreté, au gardiennage, etc. Ce mouvement semble s’amorcer dans le cadre de la mise en œuvre des nouveaux PAE, via des mécanismes intégrés à l’acte de vente, tels que la copropriété ou les cautions. Par contre, les PAE existants ont été mis en œuvre sans prise en compte suffisante de ces éléments et généralement sans définition claire des modalités de gestion après la mise en œuvre de la zone. Or, la superficie des terres affectées à l’activité économique est limitée. Si l’on veut éviter l’abandon progressif des anciens PAE au profit des nouveaux, il faut y développer un cadre de vie de qualité (entreprises, riverains, clients). Une politique volontariste de requalification devrait y être menée, cela pourrait constituer un volet particulier d’un deuxième plan Marshall. Les différents acteurs s’accordent à dire que l’existence d’un comité de gestion sur le parc est le premier élément indispensable à sa requalification. De nombreux responsables d’entreprises se sont d’ailleurs associés pour pallier le manque d’organisation de la gestion et de l’entretien des parcs. Cependant, ils ne peuvent assumer seuls cette gestion. Les espaces publics notamment (trottoirs, accotements, voiries, bassins d’orage, …) ne relèvent pas de leur compétence. La présence d’une personne de référence est nécessaire à la coordination de ce comité de gestion. Cette personne de référence doit être compétente tant au niveau technique qu’en termes de communication. Elle pourrait notamment établir les cahiers des charges pour les adjudications publiques. Une rationalisation de la gestion interne des IDE et autres opérateurs permettrait de dégager des moyens humains qui pourraient être réaffectés à cette tâche. Un tel projet susciterait la participation de nombreux acteurs et contribuerait à l’attractivité de la zone. Convaincue de cette nécessaire évolution, l’UWE a initié une série d’actions pilotes dans le cadre d’un projet européen (LIFE)(1), lequel aborde notamment les aspects paysagers, la mobilité, la gestion des déchets ou des eaux usées, et la biodiversité dans les PAE. La prise en compte et le développement de ces aspects qualitatifs (intégration paysagère, qualité architecturale, gestion environnementale, mobilité, sécurité, etc.) contribueront à créer le différentiel d’attractivité avec les régions voisines et à rétablir la coexistence harmonieuse de l’activité économique avec son voisinage.

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Entreprises et D éveloppement te r r i to r i a l

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FOCUS 1

Le projet LIFE(1) de l’UWE : la gestion collective de l’environnement dans les PAE L’UWE, dans le cadre du projet «LIFE» qu’elle a initié, vise à promouvoir la gestion collective de l’environnement sur les PAE afin d’en améliorer l’efficacité. Ce projet d’une durée de trois ans (novembre 2006 à octobre 2009) co-financé par la Commission européenne et la Région wallonne (Ministre du Développement territorial et Ministre de l’Environnement) est mené en partenariat avec la Chambre de Commerce et d’Industrie du Valenciennois. Quatre thématiques environnementales sont abordées : la gestion des déchets et des flux de matière (ex : les eaux industrielles), l’énergie, la mobilité et les aménagements paysagers. Cinq PAE pilotes ont été sélectionnés en Wallonie (Waremme, Nivelles-Sud, Créalys, Courcelles et Saintes) et deux en France (Sars et Rosières et Parc d’activités de l’aérodrome). 110 entreprises se sont inscrites dans la démarche. Chacun de ces parcs a fait l’objet d’un diagnostic global et d’un plan d’actions, basés sur les audits individuels en entreprises et la rencontre des acteurs de terrain. Des actions sont menées en matière de : Déchets -

Appel d’offre pour une gestion collective des déchets

-

Séance d’information «déchets dangereux» (législation & obligations)

-

Séance d’information «responsables d’emballage»

-

Elaboration d’un logiciel de suivi

Energie -

Formations énergie : utilisation rationnelle de l’énergie (URE), lecture de factures, chauffage de grands espaces, quais d’expédition

-

Groupement d’achat gaz et électricité

-

Appel d’offre relighting

-

Campagnes de sensibilisation du personnel à l’URE

-

Elaboration de prescriptions énergétiques dans les cahiers de charges pour la conception de nouveaux bâtiments

Mobilité -

Accessibilité du PAE en transport en commun

-

Sensibilisation des usagers (en entreprise – semaine de la mobilité)

-

Promotion du covoiturage

-

Aménagement d’infrastructures sécurisées (trottoirs, pistes cyclables)

Paysage -

Formation des ouvriers communaux à l’entretien différencié

-

Sensibilisation des responsables d’entreprise

-

Réalisation d’un plan d’aménagement des espaces verts publics

-

Propreté des parcs (panneau, nettoyage,…)

-

Aménagement de prairies fleuries

(1)

SMIGIN : Sustainable Management by Interactive Governance and Industrial Networking (www.econetwork.eu).

suite 

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Rappor t sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

L’objectif final est l’élaboration d’outils méthodologiques permettant la gestion collective de l’environnement sur un PAE à destination des porteurs de projet. Les premières démarches de ce projet montrent que les besoins des entreprises dépassent le cadre environnemental strict. Les responsables d’entreprises sont de plus en plus concernés par la qualité environnementale de leur parc mais également par le cadre de vie, la sécurité et les services disponibles. Sur base de cette expérience, l’UWE formule quelques pistes de réflexion pour une gestion plus qualitative des zones d’activité économique : intégration de la qualité environnementale des nouvelles zones d’activité par un mode de gestion efficace des espaces publics (accotements, bassins d’orage, espaces verts, …) ; amélioration du cadre de vie et de l’image de marque par une offre de services sur le parc ; mise en place des mécanismes de requalification sur les zones plus anciennes, afin d’éviter leur abandon progressif au profit des nouvelles zones ; présence d’un gestionnaire de parc permettant cette gestion plus durable du parc, etc.

6

Créer une base de données des terrains à vocation économique (existants et potentiels) Aujourd’hui, malgré plusieurs initiatives, et bien que l’outil «PARCS» ait été mis en œuvre, l’information concernant l’offre de terrains reste disséminée. En effet, la base de données «PARCS» élaborée par la DGEE,

l’AWEX-OFI et les IDE rassemble un certain nombre de données sur les PAE existants mais elle ne permet toutefois pas à ce stade une recherche transversale sur les terrains disponibles sur base de critères, alors qu’elle le permet pour les parcs dans leur intégralité. Seules certaines intercommunales y présentent une cartographie, toutefois non interactive, de l’état de disponibilité de leurs différents parcs. Il est pourtant nécessaire de disposer d’une meilleure connaissance de l’offre, tous opérateurs confondus, pour visibiliser les terrains disponibles, mais aussi et surtout pour asseoir une véritable stratégie en la matière. La constitution d’une base de données géographiquement référencées permettrait aux autorités régionales de disposer d’un outil de gestion en temps réel, concernant tant les terrains disponibles que les terrains occupés. Sans être toutefois un outil transactionnel, une interface publique de cette base de données donnerait aux investisseurs une visibilité de l’offre, tous opérateurs confondus, y compris un ensemble d’informations relatives aux terrains disponibles (critères des cahiers des charges des IDE). En effet, les opérateurs sont multiples, les critères variés, les services divers et, bien que certains efforts aient été réalisés, des améliorations pourraient être apportées pour rendre l’offre plus accessible et plus transparente. Une gestion plus transversale de l’ensemble des terrains économiques (existants et potentiels) est absolument nécessaire pour améliorer l’efficacité de la réponse de l’offre à la demande, en plaçant l’investisseur en face des interlocuteurs pertinents. L’offre alternative aux PAE (notamment dans les noyaux d’habitat) serait davantage connue. La promotion et l’attrait de la région wallonne à l’étranger bénéficieraient de l’existence d’un tel outil. L’exemple des Extended Gateways® de la VIL en ce qui concerne les zones logistiques fournit une illustration pertinente (voir FOCUS 2) de ce qui pourrait être développé de manière plus large au niveau wallon. L’adhésion à ce concept pour les parcs logistiques wallons serait un premier pas utile vers l’objectivation et la caractérisation thématique du territoire régional.

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FOCUS 2

Les Extended Gateways® ou comment objectiver la localisation d’activités logistiques Le Vlaamse Instituut voor de Logistiek (VIL) a développé un concept particulièrement intéressant pour orienter au mieux les investisseurs logistiques mais aussi pour spécialiser le territoire à proximité des infrastructures de transport : les Extended Gateways®. L’idée de base est d’organiser une partie du territoire flamand selon ses liens avec ses grandes portes d’accès internationales (ports maritimes et aéroports). A partir de ces points, un réseau d’hinterlands multimodaux performants est constitué, pouvant répondre à divers besoins des investisseurs. Ceux-ci peuvent être orientés, selon un ensemble de critères liés à leurs activités, vers les zones spécifiques de ce réseau leur offrant le meilleur coût logistique total. Ce coût minimal vient notamment d’une recherche de cohérence dans les zones (hotspot) et dès lors d’une massification de produits et services similaires. Ce concept a le double avantage de donner aux investisseurs logistiques une base de décision pertinente (le coût logistique total) mais aussi de proposer aux autorités régionales une grille de spécialisation d’une partie de leur territoire leur permettant de prendre des décisions, valablement orientées, de libération de terrains logistiques nouveaux. Le continuum de ce concept sur le territoire wallon pourrait sans aucun doute être bénéfique aux deux régions.

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Rappor t sur la situation de l’Entreprise

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7

Assurer la cohérence des plans et des politiques menées Au cours de l’analyse que nous avons menée, nous avons observé une relative convergence de l’opinion des acteurs de terrain sur la nécessité de libérer de l’espace dans une vision à long terme. La parfaite rencontre de

cet objectif nécessitera l’adhésion de l’ensemble du Gouvernement et d’un nombre plus large d’intervenants, toutes politiques confondues. Il apparaît que la cohérence n’est pas suffisamment recherchée entre diverses mesures politiques et/ou opérationnelles ayant été adoptées. Nous avons pu constater une certaine dispersion des moyens mis en œuvre, voire même dans certains cas, des contradictions. Nous nous interrogeons par exemple sur les aspects suivants : •

la relative variabilité sous-régionale des critères d’attribution des permis par les fonctionnaires délégués ;

l’installation et la subsidiation d’activités tertiaires publiques ou parapubliques au sein des PAE, dont certaines destinées à recevoir des clients ou des personnes en formation, alors que l’on s’accorde à reconnaître la nécessaire spécificité «industrielle» des PAE ;

la faible pro-activité des TEC vis-à-vis des PAE. Les TEC pourraient à tout le moins étudier de manière plus systématique un renforcement de leur offre dans les PAE les plus importants et ceux situés à une distance acceptable d’une gare ;

• •

le manque de coordination avec certaines politiques environnementales (rejets des eaux usées industrielles) ; l’absence de mesures publiques destinées à rappeler que l’entreprise se situe au centre de la prospérité régionale. Les réformes sont une condition nécessaire au redéploiement de l’activité économique, mais non suffisante : il faudra continuer à convaincre l’ensemble des Wallons de l’utilité de l’activité économique.

Le développement territorial est un élément majeur au service des politiques économique, environnementale et sociale. Les mesures prises en ces matières doivent dès lors se traduire en toute cohérence dans la politique d’aménagement du territoire. La création d’une entreprise et la décision d’investir constituent les points de départ d’un processus s’inscrivant dans le long terme. L’UWE insiste sur la nécessité d’un engagement politique fort en matière de développement territorial, et sur l’importance de la continuité de cet engagement au-delà de la durée d’une législature.

8

Adapter le cadre réglementaire Comme l’analyse le montre, le CWATUP a connu de nombreuses modifications depuis 2005. Le cadre réglementaire devra pourtant encore évoluer pour rencontrer les préoccupations suivantes :

 L’outil d’orientation de niveau régional, le SDER, doit être réévalué, et le cas échéant adapté aux objectifs de redéploiement économique de la Région, en particulier dans le plan Marshall.  La question des compensations lors de l’inscription de nouvelles zones d’urbanisation, reste un sujet de préoccupation, notamment liée à l’absence de critères qui permettraient d’encadrer la compensation alternative. La pratique fait craindre de coûteux dérapages. Il est urgent de fixer des règles en la matière.  Les dispositions du décret «sols» en préparation relatives à la pollution historique et aux clauses d’exonération devront notamment être adaptées à la situation particulière des entreprises qui se sont installées dans les SAR.  Les multiples modifications du CWATUP concourent à la relative illisibilité du texte et à sa méconnaissance par différents utilisateurs. Il est dès lors temps de procéder à une coordination officielle du Code. Ce travail devrait être fait avant la fin de la législature, comme l’a annoncé le Ministre.

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S i t u at i o n a c t u e l l e e t e s t i m Coat n ci ol unssi odne sg éb ne és or ai nl es » Synthèse » Introduction » Chapitre 1 - Situation actuelle et estimation des besoins » Chapitre 2 - Cadre réglementaire et contraintes » Chapitre 3 - Les acteurs de l’offre et de la demande » Chapitre 4 - Pour une offre adéquate » CONCLUSION GÉNÉRALE » Monographies sectorielles

Conclusion générale Une région doit déployer beaucoup d’imagination, de détermination et de moyens – intellectuels et financiers – pour assurer son développement. Les efforts entrepris s’exercent toutefois en grande partie à l’intérieur d’un cadre territorial donné. Rien ne serait pire, pour la Wallonie, que de ne pas disposer de l’espace nécessaire à la matérialisation et à l’essor d’activités économiques sur son territoire. Ce n’est pas le cas ; mieux, on s’aperçoit, en parcourant les présentes études, que le potentiel est très loin d’être utilisé : il reste de la marge, sans qu’il faille pour autant sacrifier l’environnement ou le bien-être de nos concitoyens sur l’autel d’une croissance économique aveugle. Mais de croissance économique, et vigoureuse, il en faut ; lorsqu’on évolue à quelque 88% de la moyenne du produit intérieur brut de l’Europe des 27, on ne se pose même pas la question. Voilà pourquoi l’utilisation intelligente, rationnelle et planifiée des 17.000 km2 de Wallonie doit faire partie de tout programme politique, Marshall ou autre, présent ou à venir. Le gouvernement wallon s’est attelé à la tâche dans un louable souci de rendre les choses plus simples et plus rapides. Ce sont là en effet les recettes d’une mobilisation efficace de l’espace nécessaire à nos entreprises. Ces efforts doivent toutefois être poursuivis pour assurer une gestion plus performante du territoire garantissant une offre adéquate qui répond aux impératifs de développement économique de la Wallonie. Et comme l’espoir mène d’autant plus sûrement au succès qu’il s’accompagne d’actes constructifs, les quelques recommandations proposées par l’UWE sont de nature à y contribuer. ||

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SOURCES • •

Conférence permanente de développement territorial - Déménagements et relocalisation d’entreprises en Wallonie – Thème 1 – Septembre 2005 Conférence permanente de développement territorial – Evaluation des besoins en matière de zones d’activités économiques Mission d’expertise – Janvier 2007

Conférence permanente de développement territorial : expertise ZAE II - septembre 2007. Celle-ci n’étant pas accessible pour le moment, les données de ce rapport sont issues de l’exposé de la Division de l’Aménagement et de l’Urbanisme de la DGATLP effectué au CESRW en mars 2008.

Circulaire ministérielle N°3/2006 du 6 septembre 2006 relative à la création de nouvelles infrastructures d’accueil des activités économiques via la procédure de plans communaux compensatoires.

Cour d’Arbitrage, Arrêt N°137/2006 du 14 septembre 2006.

Cour constitutionnelle, Arrêt N°87/2007 du 20 juin 2007

Deloitte et Touche, CREAT, ICEDD - Etude stratégique visant à éclairer le Gouvernement wallon en matière d’affectation d’espace à l’activité économique dans le cadre de la révision des plans de secteur, Rapport phase II, 2002.

IWEPS – Les chiffres clés de la Wallonie N°8 - Décembre 2007

KU-Leuven – SERV : la politique flamande en matière de PAE, Prof. Dr Peter Cabus – chaire CPDT – ULG, mai 2008

Ministère de la Région wallonne, Direction générale de l’Aménagement du Territoire, du Logement et du Patrimoine, Rapport d’activité 2006, p. 96.

Direction générale de l’économie et de l’emploi – AWEX-OFI – Wallonie Développement - Base de données «PARCS» - 2005-2006.

Ministère de la Région wallonne, Direction Générale de l’Agriculture – Carte d’occupation du sol de Wallonie – Situation au 01/01/2006

Ministère de la Région wallonne, Direction Générale des Ressources naturelles et de l’Environnement Rapport analytique sur l’état de l’environnement wallon 2006-2007

Ministère de la Région wallonne – Observatoire du Développement Territorial - Conférence permanente de développement territorial CREAT & DGATLP/DAU/DAR - Fiche d’occupation et d’affectation du sol – sept. 2006

SPOW (Science Parks of Wallonia) Résultats d’une enquête de satisfaction menée auprès des entreprises implantées dans les 6 parcs scientifiques wallons. Communiqué de presse – 12 novembre 2004.

Voka-studie 05 – december 2006 : ruimte om te ondernemen – op zoek naar bedrijventerreinen in Vlaanderen.

Parlement flamand •

Question parlementaire n° 88 de Stern Demeulenaere à Dirk Van Mechelen (séance de questions parlementaires de mars 2007).

Parlement wallon • •

CRA 39 (2004-2005), séance publique, 15 juin 2005. Tous les comptes rendus suivants sont issus des débats de la Commission de l’Aménagement du Territoire, des Transports, de l’Energie et du Logement.

CRIC 117 (2005-2006), séance du 22 mai 2006.

CRIC 87 (2006-2007), séance du 3 mai 2007.

CRAC 85 (2005-2006), séance du 6 février 2006.

CRAC 87 (20007-2008), séance du 3 mars 2008.

CRAC 96 (2007-2008), séance du 17 mars 2008.

CRAC 41 (2004-2005), séance du 30 mai 2005.

CRAC N° 104 (2006-2007), séance du 14 mai 2007.

CRAC N° 85 (2006-2007), séance du 22 mars 2007.

CRAC N°87 (2006-2007), séance du 16 avril 2007.

CRAC N° 87 (2007-2008), séance du 3 mars 2008.

CRAC N°162 (2005-2006), séance du 19 juin 2006.

CRAC 193 (2005-2006), séance du 19 septembre 2006.

CRIC. 103 (2006-2007), séance du 11 juin 2007.

CRAC 11 (2007-2008), séance du 16 avril 2008.

Question écrite au Ministre Courard - N° 191 (2007-2008).

Sites Internet •

www.arbitrage.be

www.belgostat.be

http://cpdt.wallonie.be

http://developpement-territorial.wallonie.be/

http://parlement.wallonie.be

www.portdeliege.be

www.spi.be

http://statbel.fgov.be

www.vil.be

http://wallex.wallonie.be


L I S T E D E S A B R É V I AT I O N S •

BEP : Bureau Economique de la Province de Namur

CCUE : Cahier des Charges Urbanistiques et Environnementales

CPDT : Conférence Permanente du Développement Territorial

CRAT : Commission Régionale d’Aménagement du Territoire

CREAT : Centre d’Etudes en Aménagement du Territoire

CWATUP : Code Wallon de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme et du Patrimoine

CWEDD : Conseil Wallon de l’Environnement pour le Développement Durable

DAR : Direction de l’Aménagement Régional

DAU : Direction de l’Aménagement et de l’Urbanisme

DGATLP : Direction Générale de l’Aménagement du Territoire, du Logement et du Patrimoine

DGEE : Direction Générale de l’Economie et de l’Emploi

DGRNE : Direction Générale des Ressources Naturelles et de l’Environnement

DEZI : Direction des Equipements des Zones Industrielles

EIE : Etude d’Incidences sur l’Environnement

EIP : Etude d’Incidence de Plan

IBW : Intercommunale du Brabant Wallon

ICEDD : Institut de Conseils et d’Etudes en Développement Durable

IDE : Intercommunales de Développement Economique

IDEA : Intercommunale de Développement Economique et d’Aménagement du Territoire

IDELUX : Intercommunale de Développement Economique de la Province de LUXembourg

IDETA : Intercommunale de Développement Economique du Tournaisis

IEG : Intercommunale d’Etude et de Gestion

IGRETEC : Intercommunale pour la Gestion et la Réalisation d’Etudes Techniques et EConomiques

IWEPS : Institut Wallon de l’Evaluation, de la Prospective et de la Statistique

LEPUR : Laboratoire d’Etudes en Planification Urbaine et Rurale

MET : Ministère de l’Equipement et des Transports

(AWEX-)OFI : Office for Foreign Investors

PAE : Parc d’Activité Economique

PCA : Plan Communal d’Aménagement

PCAC : Plan Communal d’Aménagement Compensatoire

PCAD : Plan Communal d’Aménagement Dérogatoire

PME : Petites et Moyennes Entreprises

PMI : Petites et Moyennes Industries

PP : Plan Prioritaire

PDS ou PS : Plan de Secteur

RESA : Relance Economique et de Simplification Administrative

RUE : Rapport Urbanistique et Environnemental

SAED : Site d’Activités Economiques Désaffecté

SAR : Site A Réaménager

SDER : Schéma de Développement de l’Espace Régional

SPAQuE : Société Publique d’Aide à la Qualité de l’Environnement

SPI (+) : Société Provinciale d’Industrialisation

SRPE : Site de Réhabilitation Paysagère et Environnementale

TPE : Très Petites Entreprises

ZA : Zone Agricole

ZACC : Zone d’Aménagement Communal Concerté

ZACCI : Zones d’Aménagement Communal Concerté à Caractère Industriel

ZAE : Zone d’Activités Economiques

ZAEI : Zone d’Aménagement Economique Industrielle

ZAEM : Zone d’Aménagement Economique Mixte

ZADI : Zone d’Aménagement Différé à Caractère Industriel

ZH : Zone d’Habitat

ZSPEC : Zone de Services Publics et d’Equipement Communautaire


AC TEURS

Cellule de Développement Territorial (CDT – également dénommée Cellule Espace) Le 29 septembre 2005, le Gouvernement wallon a décidé de créer une cellule afin de rencontrer les besoins prioritaires de sa politique dans le domaine du développement territorial, principalement et particulièrement la révision des plans de secteur. Cette Cellule gère des dossiers tels que les deux aéroports régionaux (Bierset et Gosselies ainsi que leur environnement économique), les deux zones de développement liées au RER, la dorsale ferroviaire wallonne…

Conférence Permanente du Développement Territorial (CPDT ) Créée et financée par la Région wallonne, la Conférence Permanente du Développement Territorial est un réseau universitaire de recherches ayant principalement pour mission de constituer, par des recherches à long ou moyen terme et par des expertises à court terme, un outil d’aide à la décision pour le Gouvernement.

Direction de l’Equipement des Zones Industrielles (DEZI) Au sein de la Direction Générale de l’Economie et de l’Emploi, la Direction de l’Équipement des Zones Industrielles gère les dossiers de subventionnement des nouvelles infrastructures (voiries, eau, gaz, électricité, bâtiments-relais, centre de services auxiliaires) érigées dans les parcs d’activité économique conformément au décret du 11 mars 2004 relatif aux infrastructures d’accueil des activités économiques. Elle donne des avis sur la réhabilitation d’anciens sites d’activité économique désaffectés et gère les dossiers de reconnaissance et d’expropriation des nouveaux terrains dédiés aux activités économiques.

Direction Générale de l’Aménagement du Territoire, du Logement et du Patrimoine (DGATLP) La DGATLP assure la gestion du territoire wallon et, en particulier, du cadre de vie de tous ses habitants. Les divisions qui la composent se complètent dans la gestion du patrimoine bâti et non bâti de la Région wallonne. En particulier, par le biais de plans, de règles et de procédures, la Division de l’Aménagement et de l’Urbanisme (DAU) est chargée d’organiser au sol le développement des activités publiques et privées, en veillant à leur coexistence harmonieuse.

Intercommunales de Développement Economique (IDE) Les IDE assurent notamment des missions d’études, de planification et de valorisation du territoire en ce compris la mise en œuvre et la gestion de parcs d’activité économique et de bâtiments à vocation économique mais également des missions d’assistance et d’aide à l’application de toutes les mesures législatives, décrétales ou réglementaires visant au développement économique des territoires qu’elles ont en gestion. Elles sont au nombre de 8 en Wallonie.

Office for Foreign Investors (OFI) L’OFI, division Investisseurs Etrangers de l’Agence wallonne à l’Exportation (AWEX) et aux Investissements étrangers aide les investisseurs étrangers dans la mise en œuvre de leurs activités en Wallonie et dans leur intégration au tissu économique régional.

Ports autonomes Organisme d’intérêt public, un port autonome a pour mission de gérer, d’aménager et d’équiper des zones portuaires et des zones industrielles (ainsi que leurs dépendances) qui lui appartiennent ou qui lui sont confiées. Il est habilité à accorder, dans ces zones, des concessions et des autorisations aux candidats investisseurs et aux utilisateurs de la voie d’eau. Ils sont au nombre de 4 en région wallonne.


Etudes sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008 » Synthèse » Introduction » Chapitre 1 - Situation actuelle et estimation des besoins » Chapitre 2 - Cadre réglementaire et contraintes » Chapitre 3 - Les acteurs de l’offre et de la demande » Chapitre 4 - Pour une offre adéquate » Conclusion générale » MONOGRAPHIES SECTORIELLES

72 Rapport UWE 2008


Monographies sectorielles


Etudes sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

74 Rapport UWE 2008


M O N O G R A P H I E S S E C TO R I E L L E S

Section rédigée par Agoria, la fédération de l’industrie technologique

Les secteurs de l’industrie technologique en 2007 TENDANCES ET ÉVOLUTIONS DE L’INDUSTRIE TECHNOLOGIQUE WALLONNE L’industrie technologique couvre 13 secteurs (1) dont la production et la transformation des métaux, la mécanique, les TIC, les produits

Fiche synthétique pour 2007

métalliques, l’électronique, en passant par l’aérospatial, l’automobile,

PRODUCTION

l’électronique ou encore la sécurité et la défense.

Nombre d’employeurs (2005)

En Wallonie, les quelque 2.900 entreprises regroupées en son sein

Emploi (personnes)

59.776

occupent près de 60.000 personnes, soit un peu moins de 40%

Chiffres d’affaires (millions d’euros)

11.380

de l’emploi manufacturier wallon. En 2007, leur chiffre d’affaires progresse de 4,5% à prix constants et s’élève à 11,4 milliards d’euros, dont 73% à l’exportation. L’emploi y est en progression de 2,4%. Leurs

2.956

Taux d’exportation (% des livraisons)

73%

Investissements (millions d’euros)

421

investissements atteignent 421 millions d’euros (augmentation de 13% par rapport à 2006).

Caractéristiques principales et priorités Pour répondre aux grands défis se posant à notre société dans des domaines tels que la communication, la mobilité, la santé ou encore le développement économique, l’industrie technologique se transforme, voit ses frontières s’élargir, produit des biens et des services matériels et immatériels. Loin d’une vision archaïque elle est particulièrement concernée par la R&D et sa valorisation. Pour ce faire, grandir et innover grâce aux réseaux est une nécessité. Entreprendre seul n’est plus de mise. S’allier à d’autres organisations, développer des partenariats, interconnecter les réseaux pour progresser, devient la règle. L’industrie technologique l’a compris et soutient cette approche. C’est pourquoi elle s’inscrit pleinement dans des initiatives telles que les pôles de compétitivité Mécatech (génie mécanique) et Skywin (aéronautique et spatial) ou les clusters (déchets solides, AutoMobilité, Eco-construction, Infopôle cluster TIC, Twist – image, son et texte –, MiTech – micro-technologies et intelligent manufacturing –, Tweed (énergie et environnement durable, photonique). Ce sont autant de façons de décliner les technologies de ses entreprises et de susciter des projets innovants, facteurs de croissance économique. Le Pôle Mecatech se positionne aujourd’hui comme la «pointe du triangle» de l’industrie technologique wallonne, avec 18 projets innovants en phase de développement et 15 autres en préparation. Le budget alloué à ces projets s’élève à 56 millions d’euros avec un objectif de création de 800 emplois directs. Leur chiffre d’affaires annuel est estimé à 193 millions d’euros. Ils impliquent 11 grandes entreprises, 35 PME et 46 laboratoires. Métaux et matériaux, transformation du métal, mécanique et mécatronique, électrotechnique et électronique, produits pour la construction, TIC, plastiques, automobile, aérospatial, sécurité et défense, automatisation industrielle, contracting et maintenance

(1)

75 R a p p o r t U WE 2008


Etudes sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

Ceux-ci s’articulent autour de 4 axes stratégiques : -

Matériaux et surfaces du futur (intégration de nouvelles propriétés dans les matériaux)

-

Technologies globales (mises en forme complexes, rapides et économes)

-

Microtechnologies et mécatronique (systèmes mécaniques incluant des fonctionnalités intelligentes et électroniques)

-

Maintenance et fiabilité (intégration des nouvelles technologies au service de la maintenance: capteurs, mesures, systèmes experts, etc.)

La place des PME au sein de l’industrie technologique, et plus précisément des très petites entreprises, est importante. Ainsi, les sociétés occupant moins de 5 personnes représentent 50% du nombre d’établissements, mais 5% de l’emploi seulement. Les «moins de 50 personnes» représentent 93% des sociétés du secteur et 39% de l’emploi. Quatre entités seulement occupent plus de mille personnes. Une autre caractéristique de l’industrie technologique wallonne est sa forte implication internationale. La part de la production exportée augmente régulièrement. En 2007, environ trois quarts de sa production sont vendus à l’étranger. Ceci en fait le premier exportateur de la région puisqu’elle représente à elle seule 25% des exportations wallonnes. S’il est vrai que depuis 2000 les pays de l’Est et les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) occupent une place de plus en plus importante dans les exportations, les marchés traditionnels dominent toujours : la France, les Pays-Bas et l’Allemagne totalisent 45% des exportations du secteur. Autre élément important, 65% de l’emploi de l’industrie technologique dépendent d’entreprises contrôlées par des capitaux étrangers. En sens inverse, une enquête menée par Agoria a indiqué que 211 filiales, occupant environ 9.500 emplois, ont été créées par des entreprises technologiques wallonnes hors de nos frontières. Si ces dernières sont principalement concentrées en Europe de l’Ouest, on constate néanmoins une forte croissance du taux de création en Amérique du Sud (Brésil) et en Asie (Chine). Les objectifs principaux poursuivis au travers de la création d’une filiale sont la couverture du marché local (55% des cas), l’extension de la gamme de produits (15%) et la maîtrise des coûts (12%). Enfin, «last but not least», l’industrie technologique se met au vert. Elle effectue des efforts importants en matière d’énergie et d’environnement. Une enquête menée fin 2007 auprès de ses membres wallons a ainsi permis de constater une réduction(2) de : -

10 à 15% par an du rejet de métaux lourds dans les eaux usées,

-

5% de la consommation d’eau,

-

10% des émissions de poussière,

-

10% de la quantité de déchets produits.

Par ailleurs, cinquante entreprises représentant 80% de la consommation de l’industrie technologique en Wallonie se sont engagées, au travers des «accords de branche», à améliorer leur efficience énergétique et à diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2010 – 2012. Depuis la conclusion de ces accords en 1999, près de 200 projets ont été mis en œuvre à cet effet. Selon le dernier rapport d’avancement 2007, les investissements consentis ont permis une amélioration de 16% de l’indice d’émission de gaz à effet de serre, marquant là une contribution concrète de nos secteurs au défi des changements climatiques.

(2)

Sur les années 2004 à 2006, derniers chiffres disponibles. Enquête et calculs, Agoria Wallonie

76 Rapport UWE 2008


M O N O G R A P H I E S S E C TO R I E L L E S

PRINCIPALES EVOLUTIONS DANS LES SECTEURS DE L’INDUSTRIE TECHNOLOGIQUE Evolution générale L’activité de l’industrie technologique a connu une croissance de

L’industrie technologique en Wallonie (2000 = 100)

150,00

4,5% en 2007. La persistance d’une demande internationale forte

Livraisons: série désaisonalisée et lissée

en biens d’équipement a naturellement soutenu la production de ses entreprises. En outre, ces dernières indiquent que cette

Emploi 125,00

augmentation s’appuie de plus en plus sur une orientation vers de nouveaux marchés, activités ou destinations géographiques, et sur l’exploitation de leurs innovations technologiques.

100,00

L’automobile (+10, 6%) et le spatial (+9,3%) ont été les plus dynamiques. L’ensemble des autres secteurs progresse également

75,00

de manière significative. Seules les transformations du métal et les produits pour la construction affichent des tendances négatives (respectivement - 6,6% et - 0,4%), traduisant l’impact de la restructuration du secteur automobile en Flandre sur certains

50,00 00

01

02

03

04

05

06

07

sous-traitants wallons du secteur transformation du métal. L’emploi a bénéficié du dynamisme général de l’activité puisqu’il a progressé de 2,4% au total. Partant d’un recul de 2% entre 2004 et 2005, un frémissement de reprise s’était amorcé en 2006, dû uniquement aux TIC, à la mécanique et à l’électrotechnique. Les autres secteurs étaient en recul. Pour 2007, l’emploi progresse par contre dans la quasitotalité des secteurs. La hausse aurait encore pu être plus importante puisqu’un nombre croissant d’entreprises ont des difficultés à recruter du personnel qualifié. Pour 2008, un net ralentissement est attendu. C’est ce que révèlent plusieurs indicateurs, dont le baromètre de conjoncture de la BNB. Depuis mi-2007, l’environnement international s’est régulièrement dégradé : dollar en chute libre, hausse des prix de l’énergie et économie américaine menacée de récession en raison de la crise des «subprimes». Dans une enquête récente, les entreprises de l’industrie technologique ont indiqué s’attendre à une évolution légèrement négative de leur activité. Les prévisions sont de +0,7% pour l’emploi et de +1,5% pour l’activité. L’emploi ne devrait pas immédiatement pâtir de ce ralentissement, les entreprises étant réticentes à adapter rapidement leur main-d’œuvre alors qu’elles font face à une importante pénurie de personnel qualifié.

Emploi et production : le poids des secteurs Le détail par secteur indique que le plus grand employeur reste le secteur de la Mécanique (11.869 personnes) suivi par les TIC avec 8.919 personnes. C’est ce second secteur qui génère le chiffre d’affaires le plus élevé lorsqu’on y inclut les activités de service (plus de 2,5 milliards d’euros), suivi de l’Electronique (1,8 milliard d’euros). En matière d’emploi, les deux autres secteurs les plus importants sont les métaux & matériaux (7.878 personnes) et la transformation du métal (5.939 personnes). L’aérospatiale et la défense occupent respectivement 3.734 et 1.688 personnes, mais un grand nombre d’emplois indirects sont liés à ces activités. Proportionnellement au reste de la Belgique, la défense en Wallonie représente la quasi-totalité du secteur (90% du total belge environ) et a très fortement progressé (+9,2%). L’automobile, surtout composée de fournisseurs de premier ou second rang, regroupe 3.925 personnes. Enfin, les secteurs des plastiques et des métaux et matériaux complètent la présence de l’industrie technologique en Wallonie.

77 R a p p o r t U WE 2008


Etudes sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

Principales évolutions dans les activités de production LIVRAISONS (INS Prodcom + estimations Agoria) 2006 TOTAL Dont : Métaux et matériaux Transformation du métal Produits de construction

2007

2007/2006

mio €

mio €

% à prix contants

10.666

11.380

4,5%

1.477

1.650

2,9%

819

814

-6,6%

923

964

-0,4%

Mécanique

1.643

1.784

6,4%

Electrotechnique & industrial automation

1.738

1.813

4,6%

TIC

2.296

2.435

6,0%

Automobile

483

538

10,6%

Aérospatiale

659

720

9,3%

Défense

283

305

6,4%

2007/2006

EMPLOI (ONSS + estimations Agoria)

TOTAL Dont : Métaux et matériaux Transformation du métal Produits de construction

2006

2007

personnes

personnes

%

58.400

59.776

2,4%

7.892

7.878

-0,2%

5.846

5.939

-6,6%

5.914

5.793

-2,0%

11.446

11.869

3,7%

Electrotechnique & industrial automation

6.848

7.101

3,7%

TIC

8.564

8.919

4,1%

Automobile

3.744

3.925

4,8%

Aérospatiale

3.672

3.734

1,7%

Défense

1.546

1.688

9,2%

Mécanique

La mécanique

Le secteur de la Mécanique et mécatronique en Wallonie (2000 = 100)

Le secteur mécanique regroupe la production de machines

Livraisons désaisonnalisées et lissées en volume

et d’équipements, d’appareils et de composants ainsi que la sous-traitance et les services liés aux produits fabriqués.

150

Livraisons

2006 avait été très positif. La tendance se confirme en 2007 avec une augmentation de 3,7% de l’emploi et de 6,4% des livraisons (prix constants). Les investissements bondissent de 12,1%.

125

Ceci reflète essentiellement les mouvements du sous-secteur des machines de génie civil ou des appareils de chargement

100

et levage. La tendance y a été positive tout au long de l’année, quoique marquée par des irrégularités. Le secteur des machines liées à l’utilisation de l’énergie a également

75

enregistré un très bon résultat.

78 Rapport UWE 2008

50

Emploi


M O N O G R A P H I E S S E C TO R I E L L E S

L’Electrotechnique et l’électronique Le secteur de l’Electrotechnique et électronique en Wallonie (2000 = 100)

Après les 7,3% de croissance engrangés en 2006, l’électrotechnique & l’électronique viennent de connaître une deuxième année favorable (+4,6%). L’emploi du secteur tire directement profit de ce

Livraisons désaisonnalisées et lissées en volume 150,00

dynamisme et augmente de 3,7%. Le niveau des investissements

Livraisons

Emploi

augmente quant à lui de 14,5%. En Wallonie, deux acteurs spécifiques et importants ont enregistré

125,00

d’excellents résultats, bénéficiant d’un effet de prix (la hausse de leurs matières premières ayant pu être refacturée à leurs clients). C’est le sous-secteur des techniques pour le bâtiment qui a

100,00

connu la plus forte hausse. L’éclairage pour la construction est la branche qui a le moins progressé. Les activités de contracting et maintenance ont par contre connu une année plus favorable que la

75,00

moyenne du secteur. Elles ont, davantage que les autres, bénéficié d’une forte demande liée à la croissance des investissements en

50,00

général et à l’installation de processus industriels et de production

00

01

02

03

04

05

06

07

automatisés.

Produits pour la construction Les produits métalliques pour la construction ont connu une année difficile. Les livraisons y ont reculé de 0,4% et l’emploi de 2%. Cette évolution est due en partie à un effet structurel (l’arrêt d’activité de certaines implantations) et en partie au ralentissement conjoncturel subi par son principal client. C’est l’activité de chauffage-sanitaire qui a été la plus touchée. L’emploi est également en recul avec une baisse de 2% répartie dans la menuiserie-ferronnerie, les charpentes et constructions métalliques ainsi que le chauffage-sanitaire.

Automobile L’activité du secteur automobile en Wallonie est principalement le fait de sous-traitants très spécialisés, de premier et second rang. C’est ce qui permet à la Wallonie de se démarquer et d’afficher des chiffres positifs (+ 10,6% pour les livraisons et + 4,8% pour l’emploi) alors que la tendance fédérale à la baisse est en grande partie influencée par les restructurations chez les assembleurs. ||

79 R a p p o r t U WE 2008


Etudes sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

80 Rapport UWE 2008


M O N O G R A P H I E S S E C TO R I E L L E S

Section rédigée par Cobelpa, l’association des fabricants de pâtes, papier et cartons de Belgique

L’industrie papetière belge en 2007 : dur, dur d’être papetier ! Depuis plusieurs années, la situation économique de l’industrie papetière évolue en sens divers selon les soussecteurs : de moyen à bon dans l’emballage, de moins bon à passable pour les papiers de presse, de mauvais à très mauvais pour les papiers graphiques. La faiblesse de certains marchés, tant sur la demande que sur les prix, la poursuite de la hausse du prix de l’énergie et des matières premières, ont fait plonger les marges des grandes entreprises du secteur tant chez nous qu’au niveau européen. Impossible pour beaucoup d’entreprises de répercuter les hausses de coûts dans des prix de vente qui restent désespérément bas. Les résultats de 2007 reflètent bien cette situation : les chiffres globaux de la production belge sont en recul. Légèrement certes, mais en recul. Certains sous-secteurs parviennent néanmoins à tirer leur épingle du jeu et à rompre avec le pessimisme ambiant en affichant une vigueur enfin retrouvée; c’est le cas du secteur des papiers d’emballages pour qui 2008 aura été une bonne année. Mais globalement, le secteur cherche un nouveau souffle.

Les matières premières Selon une première estimation, 1,12 million de tonnes de vieux papiers ont été recyclés en 2007 dans notre pays. Le recyclage des vieux papiers est donc resté supérieur au seuil du million de tonnes, sans toutefois établir un nouveau record comme ce fut le cas en 2006. L’activité de l’emballage était pourtant bien soutenue mais un important investissement d’augmentation de capacité sur une ligne de production a entraîné à un arrêt de production de plusieurs semaines. Nul doute que 2008 verra davantage de vieux papiers recyclés en Belgique. En matière de commerce extérieur, les chiffres définitifs ne sont pas encore connus mais il semble bien que l’importation de vieux papiers soit restée élevée alors que, paradoxalement, les quantités collectées en Belgique restent en grande majorité destinées à l’exportation et notamment vers la Chine, pays structurellement en manque de matières premières. Au niveau de la consommation de bois, les chiffres définitifs ne sont pas non plus connus, mais on peut d’ores et déjà dire que la situation 2007 a été une année normale en termes de volume, les prix restant affichés à un niveau très élevé. Reste pour les producteurs de pâtes un défi de taille : la concurrence de la valorisation énergétique du bois. Le nombre de projet «bois-énergie» continue à augmenter et atteint aujourd’hui un niveau inquiétant. Mais où toutes ces entreprises vont-elles s’approvisionner en matières premières, quand on sait que notre pays est déjà dépendant de l’importation pour plus de 50% de ses besoins en bois ? Plus que jamais, notre secteur continue à défendre la valorisation «matière» du bois comme une priorité sur sa valorisation énergétique, priorité matière qui n’est encore reconnue ni au niveau européen ni au niveau wallon mais bien au niveau de la Flandre! Une étude du bureau Mac Kinsey a par ailleurs démontré qu’à l’horizon 2020, l’Europe connaîtrait une pénurie de quelque 230 millions de m³ de bois, ce qui devrait conduire les autorités à se définir des règles plus strictes quant à l’utilisation des produits de la forêt.

81 R a p p o r t U WE 2008


Etudes sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

La production de pâtes Bénéficiant d’investissements structurels antérieurs, la production belge de pâtes à papiers est demeurée stable à 513.000 tonnes. Sur le plan conjoncturel, la faiblesse de certains marchés papetiers n’a curieusement pesé ni sur les prix ni sur la consommation

Evolution de la production de pâte à papier en 2007 EVOLUTION PRODUCTION PATE A PAPIER EN 2006

65.000 60.000 55.000 50.000

de pâtes. On peut même dire que le marché de la pâte a été

45.000

très bon en 2007, dégageant des bénéfices appréciables. Reste

40.000

que le prix du bois reste élevé et qu’une baisse conjoncturelle

35.000

future du marché de la pâte (tant sur la demande que sur les

30.000

prix) pourrait faire souffrir les producteurs.

25.000 20.000

AV M A JU I N E JU L AU G SE P O KT N O V D EC

Après une année 2006 mal orientée pour les papiers graphiques,

15.000 JA N FE V M AR

La production de papiers

tout le monde espérait une reprise conjoncturelle. Ce ne fut pas le cas. Tirée par un marché morose, la production belge

Evolution de la production de papier et carton en 2007

s’est inscrite en baisse de près de 90.000 tonnes pour s’établir à

EVOLUTION PRODUCTION PAPIER ET CARTON EN 2006

1.97 million de tonnes. A signaler que cette baisse a également été influencée par l’arrêt technique prolongé d’une machine à papier et la faillite de la société ADAPACK. La faiblesse des prix et la hausse alarmante de certains coûts de production ont par ailleurs pesé sur la rentabilité de beaucoup d’entreprises.

185.000 175.000 165.000 155.000

assez stable mais avec des prix à nouveau légèrement orientés à la baisse. Pour le LWC (papiers magazines), peu de changements étaient notés: le marché restait bon en

135.000 125.000 115.000 A JU I N E JU L AU G SE P O KT N O V D EC

une certaine sur-capacité, ont connu une demande

AV

Les papiers de presse (papier journal), qui connaissent

M

-

145.000

JA N FE V M AR

Analyse conjoncturelle par sous-secteur

volumes mais anormalement faible en termes de prix. -

Dans l’emballage, le marché restait bien orienté tant en volume qu’en prix. Reste que le ralentissement économique général observé depuis plusieurs mois dans notre pays, pourrait peser sur la consommation d’emballages, ce qui pourrait aussi se traduire à moyen terme par un ralentissement dans ce sous-secteur.

-

Soutenus par une demande en très légère décroissance, la production de papiers domestiques et sanitaires s’est maintenue au niveau de l’année précédente. Le prix élevé de la pâte marchande étaient quelque peu compensé par le cours de l’euro, ce qui a permis aux entreprises de maintenir des marges relativement satisfaisantes.

-

Le marché des papiers graphiques sans bois qui avait touché le fond en 2005 et 2006, est resté orienté à la baisse : faiblesse de la demande, niveau de stock important et prix sous pression, telles furent les caractéristiques principales de l’année 2007.

82 Rapport UWE 2008


M O N O G R A P H I E S S E C TO R I E L L E S

Perspectives pour 2008 La fin 2007 et le début 2008 sont marqués par une baisse généralisée de l’activité économique et par une poussée inflatoire brutale et intense. Les coûts salariaux s’affichent en forte hausse ce qui grèvera les résultats annuels. La norme salariale négociée en 2007 sera quant à elle largement dépassée, et on peut s’imaginer que ce point sera au centre des prochaines négociations inter-professionnelles prévues en fin d’année. Le prix des matières premières est élevé et beaucoup de prix des produits papetiers trop bas. Si la demande fléchit, la situation risque bel et bien de devenir plus préoccupante encore pour bon nombre de producteurs. Certes, le haut niveau de l’euro par rapport au dollar nous protège un peu du choc de la hausse du coût des produits pétroliers mais notre compétitivité sur les marchés intérieurs et à l’exportation marque le coût. Il faudra donc une bonne dose d’optimisme aux producteurs en ce début d’année. Et les nouvelles législations en matière de politique climatique ou énergétique ne seront pas sans incidence sur les possibilités de développement de l’industrie papetière belge et européenne au cours des prochaines années. Mais le secteur possède beaucoup d’atouts et certaines opportunités pourraient permettre à certaines entreprises de tirer leur épingle du jeu. En tous cas, le secteur veut y croire. ||

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Etudes sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

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M O N O G R A P H I E S S E C TO R I E L L E S

Section rédigée par la Confédération de la Construction Wallonne

La situation du secteur de la Construction en 2007 SECTION 1 - DESCRIPTION ET EVOLUTION DU SECTEUR Conjoncture construction en 2007 : la Wallonie fait toujours bonne figure Après une année 2006 exceptionnelle, la conjoncture construction a connu en 2007 un net ralentissement au niveau belge. La croissance de la valeur ajoutée sectorielle se limite à 3,5%, soit deux fois moins qu’en 2006. Mais dans ce contexte moins porteur, la Wallonie semble bien résister. Déjà en 2006, la croissance de l’activité construction (+ 9%) avait été plus soutenue en Wallonie que la moyenne belge, et cette performance se réitère en 2007, mais à un niveau moindre (+ 4%). La construction wallonne continue à s’imposer comme moteur de l’économie régionale, avec une croissance supérieure en 2007 à celle du PIB (+ 2,7%). •

Construction de logements : -2,5% en Wallonie (contre -12,0% au niveau belge), pour se stabiliser en 2007 à 14.700 permis de bâtir, ce qui reste un excellent cru. Pour les appartements, on note même une croissance wallonne de 8% (qui conduit au record historique de 6.700 appartements neufs), alors qu’ils reculent ailleurs en Belgique.

Rénovation de logements : -8,8% en 2007 (contre -6,2% au niveau belge), mais 2006 avait connu une croissance exceptionnelle et 2007 reste en Wallonie, avec 11.000 rénovations, la deuxième meilleure année de la décennie. La part wallonne, venant de 29% en 2003, reste à 34% du total belge. Parallèlement, on assiste à une nette augmentation des petits travaux d’économies d’énergie sans permis d’urbanisme.

Construction de bâtiments non-résidentiels (administratifs, commerciaux, etc.) : la Wallonie confirme en 2007 les signes de reprise, avec une croissance (en millions de m3) de 9,6% en 2007, mais la croissance est plus soutenue au nord et le niveau wallon reste structurellement faible.

Rénovations de bâtiments non-résidentiels : après trois années de hausse, la croissance marque le coup en 2007 (-5,5%), de même que la moyenne belge (-2,6%). En 3 ans (2003-2006), la part de la Wallonie était remontée de 19 à 27% du total belge, et elle se maintient proche de 27% en 2007, ce qui illustre la réhabilitation du tissu économique wallon.

Travaux publics : la Wallonie a connu en 2006 une hausse de 10% à l’approche des élections communales, mais 2007 a été moins favorable (-8% estimé). Les difficultés financières des communes wallonnes ne rassurent guère, et le secteur de la voirie se déclare pessimiste. Le secteur compte sur les grands chantiers régionaux (épuration des eaux, aéroports, friches industrielles, logement public, nouveaux zonings…) pour soutenir l’activité.

La bonne résistance de la construction wallonne en 2007 s’accompagne d’autres bonnes nouvelles, comme le recul des faillites sectorielles (-1% en Wallonie) et la croissance de l’emploi salarié «construction» (+4,4% en Wallonie sur douze mois au 30/6/07). Sur quatre ans (2004-2007), plus de 10.000 emplois supplémentaires ont été créés dans la construction wallonne, qui se confirme comme pôle de croissance de l’économie régionale. Le cap des 65.000 salariés est atteint (outre 12.000 indépendants), et ce serait davantage encore si les employeurs trouvaient la main-d’œuvre motivée qu’ils cherchent.

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Etudes sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

Si cette dynamique immobilière reste dépendante des aléas conjoncturels (à l’image du ralentissement de 2007), les facteurs structurels devraient rester favorables en Wallonie : croissance démographique, croissance de la proportion d’isolés, prix fonciers plus abordables. Près de 100.000 logements sont à construire en Wallonie d’ici 2015, et la rénovation sera croissante grâce au potentiel élevé d’un habitat construit majoritairement avant 1960 et grâce au besoin d’adaptation énergétique des bâtiments et logements.

Les principaux dossiers environnementaux Gestion des déchets de construction et de démolition Chaque année, le secteur de la construction génère en Wallonie plus de 2 millions T de déchets, sans compter les terres de déblais. 83 % de ces déchets sont des matériaux pierreux (déchets inertes). Le solde se répartit entre des déchets dits de classe 2 (bois, métaux, verre, etc.) et des déchets dangereux (amiante, etc.). Depuis 15 ans, des efforts considérables sont fournis afin de développer les filières de gestion de déchets répondant aux particularités de la construction. Plus de 80 centres de tri-recyclage ou de tri-regroupement de déchets inertes de construction sont en service, outre une vingtaine de CET (décharges) de classe 3 et plusieurs sites de remblayage de terres. Néanmoins, le secteur de la construction souffre encore du manque de sites disponibles pour accueillir les terres de déblais. A l’automne 2008, la Région wallonne devrait adopter un nouveau décret relatif à la gestion des sols. Ce nouveau cadre réglementaire responsabilisera davantage les acteurs, et en particulier les entreprises réalisant les transports et la valorisation des terres excavées. La caractérisation des terres à excaver en phase d’avant-projet deviendra très probablement une des clés de la réussite de cette gestion optimale. En parallèle, les efforts doivent être poursuivis concernant la valorisation des terres, soit en augmentant le nombre de sites récepteurs (projets de réhabilitation), soit par une réutilisation des terres de déblais en tant que matériaux de construction (e.a. terres stabilisées à la chaux). Afin d’informer au mieux les entreprises du secteur sur les différents aspects environnementaux (permis d’environnement, gestion des déchets, etc.), la CCW a mis en place une cellule «environnement» avec le soutien du Ministre wallon de l’environnement.

La performance énergétique du parc immobilier wallon Suite à l’adoption du décret performance énergétique des bâtiments (PEB), le niveau d’isolation globale (K) du bâtiment neuf en Région wallonne passera le 1er septembre 2008 d’un niveau 55 à un niveau 45. Mais c’est le 1er septembre 2009 que la modification majeure sera en vigueur : le niveau de consommation en énergie primaire du bâtiment (Ew) sera le nouvel indicateur de la PEB. En construction neuve, cet indicateur sera porté à la valeur 100, ce qui correspond à une consommation de 17 litres de mazout (ou kWh)/m²/an. En région wallonne, près de 45 % des logements datent d’avant 1945 et 70 % sont antérieurs à 1970. Plus de 620.000 habitations n’ont pas de murs extérieurs isolés, près de 400.000 ne possèdent pas de double vitrage et plus de 480.000 n’ont pas de toiture isolée (Source INS – données 2001). Il y a donc là un énorme potentiel d’économie d’énergie et d’opportunité pour le secteur de la construction via la rénovation énergétique du parc immobilier wallon. Afin de préparer au mieux ses affiliés, la CCW a mis en place une cellule «énergie» avec le soutien du Ministre wallon de l’énergie. Cette cellule est chargée d’informer les entreprises de construction sur la nouvelle réglementation ainsi que de les préparer au mieux à ces nouvelles opportunités de marché via la mise en place de modules de formation répondant à leurs besoins spécifiques dans le domaine de la PEB. La CCW promeut également l’engagement volontaire des entreprises dans l’action «Construire avec l’énergie» : les entreprises partenaires y trouvent tous les outils pour se préparer aux nouveaux enjeux de la construction liés à la PEB.

86 Rapport UWE 2008


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Efforts de Recherche & Développement Le Centre Scientifique et Technique de la Construction Le secteur de la construction intègre une multitude de techniques innovantes qui nécessitent des règles pour garantir les performances attendues grâce à une bonne exécution. Sans nul doute, la construction durable - et plus spécifiquement la directive performance énergétique des bâtiments - impose aux prescripteurs de revoir leur logique de conception ou de rénovation, ce qui engendre toute une série d’études. Le CSTC est avant tout un centre «Loi De Groote» de recherches collectives reconnu par les différentes fédérations de métier touchant principalement aux bâtiments et au génie civil. En 2007 quelques 68% de son chiffre d’affaires ont été directement investis dans les activités liées aux comités techniques à savoir : -

les études de développement, les recherches de stimulation d’innovation, les guidances technologiques, les antennes-normes ;

-

les recherches collectives et prénormatives ;

-

les essais en laboratoire ;

-

la normalisation, l’agrément et la certification.

Les résultats des études à caractère collectif sont diffusés vers les 74.000 entreprises ressortissantes et les 1.800 abonnés via le CSTC CONTACT, les notes d’informations techniques mais aussi en ligne sur le site www.CSTC.be.

Le Centre de Recherches Routières Les activités menées par le CRR bénéficient aux entrepreneurs de voirie belges, aux administrations maîtres d’ouvrages (communes, provinces, régions, état) et aux bureaux d’études, laboratoires, universités, écoles supérieures, fournisseurs et fabricants. Le CRR exécute des recherches scientifiques et techniques dans les domaines de la conception, de la construction, de la gestion, de l’entretien et de l’exploitation des routes, pistes aéroportuaires, ouvrages d’art et équipements routiers. Les aspects de mobilité, d’environnement, de circulation et de sécurité routière connaissent un développement croissant. Le CRR s’investit aussi dans l’assistance à la profession sous forme de guidances technologiques, assistances techniques, formation permanente, stages, cours de perfectionnement, journées d’études, publications, etc. Les moyens financiers consacrés à ces missions atteignent près de 10 millions d’euros annuellement, en provenance essentiellement des redevances des ressortissants, le solde provenant de prestations de services et de subventions publiques. Tout comme le CSTC, le CRR est géré sous un système qualité accrédité ISO 17025 par BELAC pour garantir la mesure des essais et satisfaire ses clients. Les résultats des études à caractère collectif sont diffusés vers les ressortissants via le magazine et le site internet du CRR.

La plateforme Constru-Futur La compétitivité et le développement du secteur de la construction au sens large, de plus en plus soumis à diverses formes de concurrences (intérieures et extérieures), dépendront de sa capacité à innover. En 2005 déjà, le secteur de la construction avait mis en place la «European Construction Technology Platform» afin d’accroître l’innovation grâce aux regroupements et aux échanges plus dynamiques des potentiels de recherche publics et privés. Conformément à la volonté de la Commission européenne de susciter des plateformes régionales, une plate-forme similaire a été lancée en 2006 au niveau fédéral belge à l’initiative du CSTC avec l’appui du CRR. La CCW, le PMC (Groupement des Producteurs de Matériaux de Construction) et quatre centres de recherches (CSTC, CRR, CRIC et CRIBC/Inisma) ont jugé utile de constituer en Wallonie une plateforme spécifique de concertation «Constru-Futur», venant en appui d’une part aux initiatives européenne et fédérale, et d’autre part en appui aux objectifs socio-économiques et stratégiques du Plan Marshall. Constru-Futur s’est élargie en 2007 à l’Union Wallonne des Architectes (UWA) et au bureau de certification SECO.

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Etudes sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

La R&D au sein de la filière construction prend d’autant plus de sens face aux défis sociétaux que sont le développement durable, le changement climatique, l’évolution démographique, l’augmentation des besoins de mobilité, de sécurité et de confort, etc. qui impliquent de continuelles adaptations au niveau de la conception et de la réalisation des ouvrages (bâtiments et infrastructures).

Efforts de formation du secteur de la Construction D’importants objectifs de formation

Efforts de formation du secteur Construction en Wallonie

ont été déterminés par :

Efforts de formation informels

1. L’Accord interprofessionnel de 1998 : indicateur du coût général

(1)

pour fin 2004, fixé à 1,9%. 2. La confirmation de l’Accord interprofessionnel par la Conférence sur

3. Le Pacte de solidarité entre les générations d’octobre 2005 qui a prolongé l’objectif de 1,9% jusqu’à fin 2006. Les chiffres ci-contre (en millions EUR) du secteur (et pas seulement ce qui est géré par le fonds sectoriel).

6,80 M€

Formations organisées par des fournisseurs

0,59 M€

Meetings toolbox VCA

0,98 M€

Efforts de formation formels

l’Emploi en 2003.

quantifient l’effort de formation de la totalité

Accompagnement de nouveaux ouvriers

Collaboration avec l’enseignement

1,27 M€

Reconversion des demandeurs d’emploi/Alternance

9,13 M€

Convention d’insertion socio-professionnelle

2,05 M€

Formations IFAPME

1,79 M€

PFI

8,44 M€

Formations des travailleurs FFC

2,05 M€

Crédit-adaptation

1,25 M€

Chèques-formation

1,13 M€

Efforts de formation informels » Accompagnement de nouveaux ouvriers Le temps nécessaire à l’apprentissage des

TOTAL

35,47 M€

Masse salariale globale

1.003,00 M€

% de la masse salariale consacré à la formation

3,53%

compétences de base d’un métier est en moyenne de 120 jours pour le gros-oeuvre et 170 jours en parachèvement. Dans ce contexte, les entreprises chargent un ouvrier de l’équipe dans laquelle le nouvel ouvrier inexpérimenté est intégré, de l’accompagnement de ce dernier. La durée de l’accompagnement (pendant la première année d’occupation) varie de un à six mois selon les métiers. Le temps investi est estimé à 120 heures, soit 2.520 € par nouvel ouvrier inexpérimenté. En 2005-2006, le secteur de la construction a accueilli 2.700 nouveaux ouvriers de moins de 25 ans, qui sont restés actifs en tant qu’ouvriers dans le secteur de la construction durant au moins 6 mois. » Formations organisées par des fournisseurs Lors de l’achat ou de la mise en œuvre de nouveaux produits, matériaux et/ou équipements, les entreprises de construction envoient régulièrement des ouvriers en formation chez leurs fournisseurs. Cette pratique est courante dans le gros-œuvre et plus encore dans le parachèvement. Il s’agit ici de 3.500 ouvriers suivant 1 journée de formation. » Meetings toolbox VCA Un meeting toolbox est une réunion de courte durée entre un responsable et un groupe d’exécutants sur un aspect spécifique de la sécurité des chantiers, ou afférant à une tâche précise. Un meeting toolbox dure de 15 à 20 minutes et a lieu mensuellement. (1)

Le budget pour formations formelles exprimé en pourcentage des frais de personnel.

88 Rapport UWE 2008


M O N O G R A P H I E S S E C TO R I E L L E S

Efforts de formation formels » Collaboration avec l’enseignement Quelque 80 écoles comptant 170 sections construction collaborent avec le FFC dans le cadre d’accords de partenariat. L’apport du FFC revêt différentes formes: -

offre de manuels à tarif réduit ;

-

mise à disposition d’un parc d’engins de chantiers (pour les sections concernées) ;

-

promotion de l’enseignement construction;

-

mise à disposition d’un budget pour l’amélioration de l’équipement des ateliers construction.

» Reconversion des demandeurs d’emploi & régimes d’apprentissage sectoriels Pour stimuler la reconversion de demandeurs d’emploi vers un métier de construction, le FFC soutient les formations de base organisées par le Forem et l’Arbeitsamt, notamment par le biais d’un régime de primes octroyées tant aux stagiaires (moyennant une occupation poursuivie dans le secteur) qu’au centre ayant dispensé la formation. Concernant les formations en alternance (RAJ & RAC), les entreprises de construction ont la possibilité de former à un métier de construction des jeunes de 16 à 25 ans par le biais d’une formation en alternance d’une durée en général de 24 mois. L’entreprise paie au jeune une indemnité d’apprentissage en fonction de son âge. Charges patronales incluses, l’indemnité mensuelle moyenne varie de 553 € (16-18 ans) à 684 € (18-25 ans). En 2005-2006 cette indemnité a été payée 580 fois à des jeunes de 16-18 ans et 7.762 fois à des jeunes de 18-25 ans. Le FFC complète cette indemnité par une prime complémentaire. » Convention d ’Insertion Socio Professionnelle Une autre possibilité de formation en alternance pour les 15-18 ans, connaît un grand succès, la CISP. Pendant cette formation de 12 mois, les entreprises paient aux jeunes une indemnité mensuelle moyenne de 256 €. En 2005-2006, 665 CISP ont été conclues. » Formations IFAPME Chaque année, le secteur de la construction forme des jeunes dans le cadre d’un apprentissage IFAPME, avec une indemnité mensuelle moyenne de 276 €. En 2005–2006, ces indemnités ont été payées 6.493 fois. » Le Plan Formation Insertion Le PFI permet à l’entrepreneur de former un demandeur d’emploi au profil recherché par l’entreprise. Celle-ci paie au stagiaire une indemnité mensuelle moyenne de 1.065 €. En 2005-2006, ces primes ont été payées 7.920 fois. » Formations des travailleurs Les entreprises de construction ont la possibilité d’envoyer leurs ouvriers en recyclage. Les coûts s’y rapportant (rétribution du centre et coût salarial de l’ouvrier) sont à charge du secteur et non de l’entreprise. La durée des formations peut, selon les besoins de l’entreprise et sur base annuelle, varier de 4 heures à 300 heures par ouvrier. Les programmes de formation sont établis en concertation entre l’entreprise et le FFC afin de réaliser une adéquation optimale avec les besoins de l’entreprise. Les formations ont lieu dans un centre de formation agréé par le FFC ou dans l’entreprise.

Crédit-adaptation Selon le rapport technique 2006 «crédit-adaptation», les entreprises de construction ont consommé 75.152 heures de formation par le biais du crédit-adaptation, pour un coût total pour le secteur de 1,25 million d’euros.

Chèques-formation Selon le rapport technique 2006 «chèque-formation», 1.173 entreprises de construction ont utilisé 75.381 chèques– formation à 15 € (tous publics confondus), pour un coût total de 1,13 million d’euros.

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Etudes sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

DEUXIEME SECTION : FOCUS AMENAGEMENT DU TERRITOIRE La CCW est très attentive aux incidences urbanistiques au sein des entreprises de construction. La construction est, en permanence, de par son activité, soumise aux contraintes urbanistiques imposées par le Code wallon de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme, du Patrimoine et de l’Energie (CWATUPE) qui a fait l’objet de nombreuses modifications, de toutes natures. Ces multiples modifications expliquent certainement sa complexité, qui prend davantage d’importance pour un non-juriste. Or, «nul n’est censé ignorer la loi», mais cet adage semble difficile à mettre en œuvre dans cette matière. Une clarification de la réglementation s’impose afin de rendre l’information accessible à tout un chacun, et il semblerait utile que le Gouvernement entame un travail de coordination du CWATUPE afin de le rendre plus compréhensible, surtout au vu de l’introduction de la dimension énergétique qui, tout en étant indispensable, alourdit quelque peu la procédure de demande de permis et complique la lecture du texte. Cependant, force est de constater que d’autres modifications sont de nature à rencontrer les intérêts des entreprises. Le décret RESA, par exemple, a largement contribué à alléger les démarches procédurales en matière d’autorisations administratives : les actes et travaux de minimes importances ne requérant plus l’avis du fonctionnaire-délégué, d’autres ne faisant l’objet que d’une déclaration urbanistique préalable, ou encore ne faisant plus l’objet d’aucune démarche administrative, ce qui simplifie grandement la vie des entreprises. Soulignons aussi les dispositions relatives à la mise en œuvre des opérations de revitalisation urbaine, qui s’inscrivent dans la logique actuelle et très en vogue des partenariats public-privé (PPP), tout en offrant un cadre légal et une procédure claire aux entreprises. La CCW souligne par contre, que sans avoir fait l’objet de modification, certaines dispositions du CWATUPE sont problématiques et font obstacle à l’exercice de l’activité de l’entreprise, notamment en ce qui concerne les délais, ou plutôt, l’absence de délai dans certains cas : nous visons plus particulièrement ici l’obligation impartie à l’autorité communale de vérifier l’implantation du projet autorisé avant l’exécution des travaux par l’entrepreneur. Les autorités communales ne disposant pas toutes du personnel qualifié pour effectuer cette formalité et aucun délai légal n’étant fixé pour sa réalisation, elles mettent souvent beaucoup de temps pour procéder à cette vérification préalable, et retarde ainsi le commencement des travaux de l’entrepreneur. ||

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Section rédigée par Essenscia Wallonie, la section régionale pour la Wallonie de la fédération belge des industries chimiques et des sciences de la vie, asbl

Le secteur chimique Le chiffre d’affaires (1)

Graph 1 Graphique 5

Le chiffre d’affaires du secteur chimique wallon en mia € 12

En 2007, le chiffre d’affaires du secteur chimique wallon a augmenté de quelque 12% pour atteindre 10,9 milliards d’euros. Il représente

25,0% 23,8%

10

Chimie wallonne

ainsi 20% du total du chiffre d’affaires de l’industrie chimique belge et 25% du chiffre d’affaires de l’ensemble de l’industrie manufacturière en Wallonie. Sur l’ensemble de l’année, le chiffre d’affaires du secteur chimique

24%

22,9% 10,91 9,75

22%

part de la chimie wallonne dans l'industrie manufacturière wallonne

8

20%

7,28

6

18%

belge s’est établi à 53,9 milliards d’euros (+5,4%). Etant donné qu’en 2007 le chiffre d’affaires de l’ensemble de l’industrie manufacturière

16%

4

14%

belge a augmenté moins rapidement (+4,7%), la part du secteur chimique s’est par conséquent légèrement accrue et se chiffre

2

12%

maintenant à 19,6%, contre 19,4% l’année passée.

Le commerce extérieur

26%

0

10% 1997

2006

2007 (prov)

En 2007, le taux d’exportations(2) du secteur chimique wallon était de 74,5% pour 75,7% au niveau de la Belgique. D’après nos estimations, le solde de la balance commerciale(3) des produits du secteur chimique wallon devrait

Page 1

légèrement augmenter par rapport à 2006 et tourner autour des 4,5 milliards d’euros, contre 4,4 en 2006. Au niveau de la Belgique, les exportations de produits chimiques ont aussi été orientées à la hausse (+9,4%). Les importations quant à elles ont progressé moins fortement (+7,8%). En conséquence, la balance commerciale de la chimie s’est accrue par rapport à 2006.

Les investissement(4) et la R&D(4)

Graph 2 Graphique 2 Les investissements du secteur chimique wallon

En région wallonne, la hausse des investissements dans le secteur

mio €

35%

chimique a été très marquée en 2007 (+44,2%). Les investissements

700

se chiffrent à 596 millions d’euros, représentant environ 30% des

600

Chimie wallonne

500

Part dans l'industrie manufacturière wallonne

investissements chimiques belges, contre 23,9% en 2006. La part des investissements du secteur chimique en Wallonie dans

33%

32%

30% 597

27%

25%

484

20%

l’industrie manufacturière wallonne a également augmenté pour

400

atteindre plus de 33% en 2007, contre 27,1% en 2006.

300

15%

200

10%

100

5%

En 2007, les investissements dans le secteur chimique belge ont

413

augmenté de 13% par rapport à 2006 pour s’élever à près de 2 milliards d’euros. Ces investissements représentent 26,2% du total des investissements réalisés dans l’industrie manufacturière belge.

0%

0 1997

2006

2007prov

(1) Source : INS selon les déclarations à la TVA (enquête mensuelle et trimestrielle pour 2007), données régionalisées. (2) Source : INS selon les déclarations à la TVA ; ce qui permet la comparaison avec le chiffre d’affaires. (3) Source : BNB selon le système harmonisé, nomenclature combinée 28-40 : selon le concept national ; estimations sur base des 9 premiers mois 2007. (4) Source : INS selon les déclarations à la TVA. (5) Source : enquête Essenscia auprès de ses membres.

91

Page 1

R a p p o r t U WE 2008


Etudes sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

D’après nos premières estimations, les dépenses en recherche et développement de la chimie wallonne se situent à près de 720 millions d’euros en 2007, soit environ 30% des dépenses en R&D de la chimie belge et environ 50% des dépenses du secteur privé wallon. Ceci représente, à échantillon d’entreprises constant, une hausse de quelque 10% par rapport à 2006. Une part importante des ces dépenses (près de 75%) a été réalisée dans le secteur des sciences de la vie (pharmacie et biotechnologies).

L’emploi dans le secteur chimique wallon Graph 3 Graphique 7

L’emploi Le nombre de personnes employées dans le secteur

26%

25000

chimique en région wallonne s’élevait, d’après nos estimations, en 2007, à plus de 24.300 unités, soit une

25%

24000

hausse d’environ 2% par rapport à 2006. Un quart de l’emploi du secteur chimique belge est donc situé en

23000

Chimie wallonne

26%

24350

25% 23782

Part de la chimie wallonne dans la chimie

24% 23%

Wallonie. Plus de 40% de l’emploi du secteur chimique wallon se trouve dans l’industrie pharmaceutique. Viennent ensuite

22000

22% 21000

la main-d’œuvre du secteur. Les cosmétiques, parfums et

21%

20586

la chimie de base et la transformation des matières plastiques, employant respectivement 23,1% et 15,4% de

23%

20%

20000 1997

2006

2007

détergents contribuent quant à eux à 6,6% de l’emploi dans le secteur chimique en région

L’emploi dans le secteur chimique wallon

wallonne. En

ce

qui

(répartition par activité)

concerne

la

répartition

géographique de l’emploi wallon dans le secteur chimique, les provinces du Brabant wallon et du Hainaut

Industrie du caoutchouc Transformation des (25.1) matières plastiques (25.2) 2,2% 15,4% Fibres artificielles et synthétiques (24.7) 0,6%

Produits chimiques de base (24.1) 23,1%

Produits destinés à Page 1 l'agriculture (24.2) 1,3%

contribuent à elles seules à plus de 70% de l’emploi total comptabilisé dans le secteur chimique en Wallonie. Pour l’ensemble du secteur chimique belge, l’emploi aurait baissé d’environ 1% en 2007 d’après les premières estimations. ||

92 Rapport UWE 2008

Autres produits chimiques (24.6) 5,9% Cosmétiques, parfums et détergents (24.5) 6,6%

Industrie pharmaceutique (24.4) 43,1%

Peintures, encres et vernis (24.3) 1,9%


M O N O G R A P H I E S S E C TO R I E L L E S

Section rédigée par Febelcem, la fédération de l’industrie cimentière belge

L’industrie cimentière belge Consommation de ciment gris en Belgique

La consommation de ciment gris en Belgique La consommation de ciment gris en Belgique s’établit à 5.954.000 tonnes pour l’année 2007. Elle enregistre une diminution de 1,4% par rapport aux 6.039.000 tonnes de ciment consommé en 2006. Ramenée par tête d’habitant, la consommation belge représente

6.500

KTonnes

6.000

5.500

577 kg de ciment en 2007, soit 8 kg de moins que durant l’année passée. Au niveau européen, cette consommation s’élève à 536 kg soit 7,5% de moins que le volume consommé par le citoyen belge.

5.000

4.500

Chez nos voisins, le volume annuel consommé par habitant en 2007 a progressé de respectivement 3% en France et 3,3% aux Pays-Bas,

4.000 1995

pour atteindre au cours de l’année concernée respectivement 401

2000

2005

2007

et 353 kg (soit 70 à 60% de la consommation belge).

Parts relatives des importations dans la consommation de ciment gris en Belgique

L’Allemagne, comme la Belgique, a accusé un recul par rapport à 2006 : son niveau passe de 351 à 338 kg en 2007, soit une diminution de 4%.

Les importations de ciment gris en Belgique La quantité de ciment importé a augmenté de 30.000 tonnes par rapport à l’année 2006. Elle s’établit à 1.304.000 tonnes, soit une croissance annuelle de 2,4%.

30% 25% 20% 15% 10%

La consommation de ciment gris d’origine importée représente

5%

aujourd’hui 22% (1% de plus qu’en 2006). Elles absorbent ainsi,

0% 1995

pour la cinquième année consécutive, plus d’un cinquième de

2000

2005

2007

la consommation de ciment alors qu’elles ne dépassaient que légèrement les 10% auparavant.

Parts relatives des importations dans la consommation de ciment gris en Belgique.

Les provenances des importations de ciment gris en Belgique 1800

KTonnes Import INTRA UE

Import EXTRA UE

1600

La répartition des volumes importés selon leur provenance n’a pas

1400

évolué par rapport à l’an passé. La part relative des importations

1200

intra-communautaires s’élève à 89% pour 11% de flux extra-

1000

communautaires. En ce qui concerne les volumes intra-communautaires, on notera le renforcement de la position de l’Allemagne en hausse de 20% par rapport à 2006. Ces importations allemandes représentent aujourd’hui 57% du total importé.

800 600 400 200 0 1995

2000

2005

2007

93 R a p p o r t U WE 2008


Etudes sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

Les livraisons des membres de Febelcem

Composition des livraisons totales de ciment gris

Le total de ciment gris et clinker livré par les membres de

8000

Febelcem au cours de l’année 2007 atteint 6.930.000 tonnes,

7000

un résultat inférieur d’à peine un demi-pour-cent en regard

6000

de l’année précédente.

5000

La répartition entre les livraisons destinées à la Belgique et

4000

celles destinées à l’exportation n’évolue que très peu, elle

3000

reste conforme à la répartition des cinq dernières années.

2000

Belgique

KTonnes

Exportation

1000

Les livraisons des membres sur le marché belge

0 1990

1995

2000

2005 2007

Les membres de Febelcem ont livré à fin décembre 2007 quelque 4.650.000 tonnes sur le marché national. Ils

Evolution des livraisons des membres en Belgique

accusent une régression de 2,4% en regard du volume livré fin 2006.

6000

KTonnes

Les premières diminutions ont été enregistrées en juin 2007, après 25 mois de croissance positive. Concernant la répartition des livraisons intérieures par type d’utilisateur, on note un nouvel essor de la part relative du

5000

4000

3000

secteur du béton prêt à l’emploi. 2000

Effectivement, le béton prêt à l’emploi absorbe quelque 55,3% des livraisons des membres, sa part de marché la plus élevée de l’histoire du secteur. Preuve de la bonne santé du béton prêt à l’emploi en 2007,

1000

0 1995

2000

2006

2007

les expéditions des membres aux centrales à béton ont augmenté de 2,2%, alors que les livraisons des membres en Belgique accusent une baisse de 2,4%. Ce gain de

Evolution des livraisons des membres par catégorie d’acheteur

part de marché s’est réalisé au détriment des livraisons

Livraisons au négoce 13%

directes sur chantier, qui connaissent une perte de leur taux de pénétration sur le marché national comparable à l’augmentation de part du béton prêt à l’emploi.

Livraisons sur chantiers 6%

Le secteur du béton préfabriqué et fibres-ciment consomme, comme l’an passé, 26% du volume livré par les membres de Febelcem, il enregistre une baisse de 2% du tonnage absorbé. Enfin les livraisons au négoce se sont contractées de 3% par rapport à 2006 mais leur représentativité dans les livraisons par type d’utilisateur est demeurée au même niveau que l’an dernier. ||

Le rapport annuel complet est disponible sur www.febelcem.be

94 Rapport UWE 2008

Béton prêt à l'emploi 55%

Produits en béton & fibres-ciment 26%


M O N O G R A P H I E S S E C TO R I E L L E S

Section rédigée par Federgon, la fédération des partenaires de l’emploi

Les ressources humaines Federgon, la fédération des partenaires de l’emploi, représente les entreprises actives dans sept secteurs ayant trait aux ressources humaines (intérim, recrutement-search & selection, outplacement, projectsourcing, interim management, formation et services aux particuliers).

Tendances et perspectives Le futur du secteur des ressources humaines se présente de façon encourageante. Cela ressort des résultats d’une large étude menée par le bureau de conseil et d’étude Tilkon, à la demande de Federgon, sur les tendances et perspectives des ressources humaines(1). Les principales évolutions attendues pour les prestataires de services sont les suivantes : -

La demande de services RH externalisés continuera à croître dans les prochaines années ;

-

L’élargissement de la gamme des services proposés est considéré par une grande majorité des prestataires de services RH comme indispensable ;

-

La recherche de solutions flexibles et sur mesure à la place de produits standardisés est une exigence croissante de la clientèle en matière de ressources humaines.

Ces études montrent également que le marché du travail connaît aujourd’hui deux évolutions majeures : -

Le besoin accru de flexibilité ;

-

La difficulté de trouver les bons candidats.

Ces deux évolutions entraînent une adaptation de la politique RH des employeurs : -

Le besoin d’un éventail élargi d’instruments de flexibilité ;

-

L’importance croissante accordée au développement des compétences.

Focus sur l’évolution du travail intérimaire en région wallonne en 2007 L’activité du secteur intérimaire en région wallonne a progressé de +6,2% en 2007. C’est moins qu’en 2006, année au cours de laquelle la croissance avait atteint un taux record de +14,7%. Au cours de l’année 2007, le rythme

Nombre d’heures prestées en Région wallonne

de croissance s’est progressivement

(1)

20 07

20 06

20 05

20 04

Nombre d'heures d'intérim prestées en Région wallonne

20 03

19 95

dans le pays.

20 02

du total de l’activité du secteur

20 01

prestées, représentant ainsi 24,64%

20 00

enregistré 46,2 millions d’heures

19 99

En 2007, la région wallonne a

19 98

ressenti selon le segment d’activité.

19 97

ralentissement a été différemment

50 45 40 35 30 25 20 15 10 5 0 19 96

ralenti. A noter toutefois, que le

Voir les rapports «Dynamique et croissance», «Les RH en mouvement» et «Le marché du travail en mouvement», www.federgon.be/Publications.26.0.html?&L=1

95 R a p p o r t U WE 2008


Etudes sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

Evolution de l’activité et taux de pénétration en Wallonie 1990-2007

La croissance a été différente selon le segment d’activité puisque le segment 3,00%

des employés a affiché une croissance

350 Taux de pénétration

de + 10,89% et le segment des ouvriers, qui représente près de 68% des heures

Ind 90=100

(échelle de gauche)

2,50%

2,47% 300

(échelle de droite)

2,36%

prestées, a progressé de + 3,88%.

1,80%

A long terme, l’évolution de l’indice (1990=100)

indique

que

1,17% 0,99% 1,01% 0,95%

1,00%

a atteint sa valeur la plus haute, soit

200

1,24%

150

0,97% 0,79%

100

0,50%

333 points. Le taux de pénétration de l’intérim dans la région s’est ainsi établi

50

0,00%

0

19 90 19 91 19 92 19 93 19 94 19 95 19 96 19 97 19 98 19 99 20 00 20 01 20 02 20 03 20 04 20 05 20 06 20 07

à 2,47% contre 2,36% en 2006. Le chiffre d’affaires total réalisé

Evolution du nombre d’ETP (Equivalents Temps Plein) en Région wallonne 25000

d’euros. L’accroissement du nombre accompagné

d’une évolution positive du nombre d’équivalents temps plein (23.524 en 2007

15000 10000 Nombre d'ETP par jour en Région wallonne

5000

contre 22.150 en 2006).

20 04

20 03

20 02

20 01

20 00

19 99

de

19 98

travail

19 97

au

19 96

mise

0 19 95

En 2007, l’intérim a permis

20 07

également

20000

s’est

20 06

prestées

20 05

d’heures

94.178 personnes en région wallonne, soit près de 3.000 de plus qu’en 2006. Cette mise à l’emploi s’est réalisée par l’entremise d’un réseau de 307 agences généralistes ou spécialisées, réparties sur le territoire wallon, et qui emploient 1.585 travailleurs fixes.

Evolution du nombre d’agences et de travailleurs fixes en Région wallonne 350

1800 1600 1400 1200 1000 800 600 400 200 0

Nombre d'agences en région wallonne (échelle de gauche) Nombre de travailleurs fixes en Région wallonne (échelle de droite)

300 250 200 150 100 50 -

1995

96 Rapport UWE 2008

1996

1997

1998

250

1,50%

Au quatrième trimestre 2007, l’indice

la

2,08%

1,73%

depuis le début des années 90.

s’élève à 1.029 millions

1,96% 1,88% 1,91% 1,98%

1,45%

l’activité

intérimaire en région wallonne a triplé

par le secteur en Wallonie

2,06%

2,00%

1999

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007


M O N O G R A P H I E S S E C TO R I E L L E S

L’aménagement du territoire et la mobilité géographique des travailleurs La disponibilité de terrains et l’aménagement du territoire à vocation économique en Wallonie sont des facteurs essentiels du développement économique et de l’emploi. Une bonne politique d’aménagement du territoire doit tenir compte du facteur mobilité. Celle-ci est devenue un élément clé de la gestion des ressources humaines. Aujourd’hui, les difficultés de recrutement des entreprises sont un frein à leur développement. Outre les problèmes de qualification, de comportement et de pièges à l’emploi, la mobilité est devenue l’un des éléments essentiels de cette inadéquation entre offre et demande d’emploi. Un élément prépondérant de l’intégration sur le marché du travail est la propension à effectuer de longs déplacements pour se rendre sur un lieu de travail. En 2004, entre 6 et 30% des gens en âge de travailler effectuaient quotidiennement des navettes pour se rendre à leur travail dans une autre province, à Bruxelles ou à l’étranger. C’est dans le Brabant flamand et dans le Brabant wallon que ces chiffres sont les plus élevés. L’aggravation des problèmes de circulation pour les navetteurs et la sédentarité croissante de la population amène à penser que de plus en plus de gens souhaiteront travailler dans leur région. Les employeurs devront répondre à ce souhait par la décentralisation et/ou le travail à domicile. Une vive attention doit être portée aux opportunités ou contraintes que l’implantation d’activités économiques peut générer en termes de mobilité aux travailleurs. Si l’aménagement du territoire à vocation économique doit contribuer à résoudre une partie de l’inadéquation entre l’offre et la demande sur le marché de l’emploi en Wallonie, les dispositions actuelles sont, sur ce point, insatisfaisantes. Trop d’implantations souffrent de difficultés d’accès sérieuses sur le plan du transport individuel et/ou collectif. A l’heure de la promotion de la mobilité interrégionale, il convient de ne pas se priver d’une analyse sur les facteurs de la mobilité régionale dans le cadre de la mise à disposition de surfaces à vocation économique. ||

97 R a p p o r t U WE 2008


Etudes sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

98 Rapport UWE 2008


M O N O G R A P H I E S S E C TO R I E L L E S

Section rédigée par FEDIEX, la Fédération des industries extractives et transformatrices de roches non combustibles

Le secteur de l’extraction de granulat naturel La production extraite en Belgique atteint 72,5 millions de tonnes en 2007, comme l’an dernier. Les carriers membres de FEDIEX ont extrait, pour leur part, 63 millions de tonnes de roche en 2007, soit un volume également comparable à celui de l’an passé.

Les livraisons extérieures Les membres de FEDIEX ont livré 37 millions de tonnes sur le marché national en 2007. Ils bénéficient d’une croissance de 2% en comparaison avec le volume expédié au cours des douze mois précédents. Les secteurs de l’acier et du verre ont consommé en 2007, 2,5 millions de tonnes de calcaire, de sable et de dolomie en provenance des carrières de FEDIEX. Si les carriers se réjouissent de cette progression annuelle, il n’en est pas moins vrai que ces utilisateurs consommaient – avant les restructurations – quelque 3,7 millions de tonnes par an, soit 1,2 million de tonnes de plus qu’aujourd’hui. L’essentiel des livraisons intérieures des membres se concentre sur le secteur de la construction en général. Ainsi, c’est une production d’environ 34,5 millions de tonnes de granulat qui est expédiée vers ce secteur majeur. Les domaines d’activités qui composent le secteur de la construction (travaux hydrauliques, génie civil, bâtiments non-résidentiels, logement, etc.) se sont vus livrer, au cours de l’année 2007, un volume quasi identique à celui de 2006 (une légère diminution de 0,4%).

Évolution des importations de granulats 6.000

Les importations de granulat n’ont guère augmenté au cours

5.800

des douze derniers mois. Leur estimation pour 2007 se chiffre

5.600

à 5,85 millions de tonnes, contre 5,80 millions en 2006.

5.400 5.200 5.000 4.800

Les pays limitrophes constituent l’essentiel des fournisseurs,

4.600

avec en ordre d’importance le Royaume-Uni, les Pays-Bas,

4.400

l’Allemagne et la France.

4.200

:

20 07

Es

tim at

io n

20 03

4.000 20 06

et graviers, soit 97%.

Source : BNB/FEDIEX

20 05

Presque la totalité des volumes importés concernent les sables

KTonnes x 1.000 t

20 04

Les importations

source : BNB / FEDIEX

99 R a p p o r t U WE 2008


Etudes sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

La consommation de granulats naturels

Évolution de la consommation de granulat naturel

La consommation de granulats naturels estimée pour 2007 s’élève à 52 millions de tonnes. Elle dépasse le volume consommé en 2006 de quelque 2%. En outre, elle atteint le niveau le plus élevé depuis le début de la décennie.

54.000

Source : FEDIEX

52.000

50.000

Les livraisons à l’exportation

48.000

Les livraisons de granulat exportées au cours de l’année

46.000

2007 ont enregistré une hausse d’un peu plus d’1%

KTonnes

44.000

par rapport au volume exporté en 2006. Elles se chiffrent à 13,3 millions de tonnes.

42.000

La France réceptionne 57% des expéditions des membres,

40.000 2003

pour 31% aux Pays-Bas.

2004

2005

2006

2007

Les livraisons vers l’Allemagne et le Grand-Duché du Luxembourg n’atteignent pas les résultats engrangés en France ou aux Pays-Bas. Ils représentent chacun 6% des exportations de 2007.

Les livraisons totales Le total des livraisons des membres de FEDIEX pour l’année 2007 s’élève à 50 millions de tonnes. Il s’agit d’un

Évolution des livraisons totales 60000

KTonnes

Livraisons intérieures Livraisons à l'exportation Livraisons totales

50000

Source : FEDIEX

accroissement annuel en hausse de 2% par rapport à 2006. 40000

Ces livraisons totales se répartissent entre les livraisons intérieures (74%) et les exportations vers les pays limitrophes

30000

(26%. || 20000

10000

0 2001

Le rapport annuel complet est disponible sur www.fediex.be

100 Rapport UWE 2008

2002

2003

2004

2005

2006

2007


M O N O G R A P H I E S S E C TO R I E L L E S

ACCÈS AUX RESSOURCES NATURELLES | MODIFICATION DES PLANS DE SECTEURS (extrait du Rapport annuel 2007 de Fediex) L’accès aux ressources naturelles, base de l’activité extractive est vital pour notre secteur d’activité. Le CWATUPE(1) en régit les grandes lignes dans un souci «de rencontrer de manière durable les besoins sociaux, économiques, de mobilité, patrimoniaux et environnementaux de la collectivité par la gestion qualitative du cadre de vie, par l’utilisation parcimonieuse du sol et de ses ressources». Ce cadre réglementaire en évolution permanente ne permet pas à notre industrie d’anticiper les choix stratégiques nécessaires à ce type d’activité qui s’envisage toujours sur du long terme. Les implications à long terme de notre secteur offrent par ailleurs un gage de pérennité de l’activité extractive, avec toutes les conséquences positives en terme socio-économique qui en découlent pour notre pays… La préoccupation majeure du secteur s’est focalisée sur le principe de la compensation. Unanimement, notre secteur – ainsi que toutes les composantes de la CRAEC(2) dont nous faisons partie – reconnaissait que le système en vigueur n’était pas adapté au particularisme de la Zone d’extraction par rapport aux autres zones classées comme elle en zone destinée à l’urbanisation. Tous les membres de la CRAEC constataient également que la Zone d’extraction ne constitue qu’un intervalle par rapport à sa destination réelle qui se révèle au terme du réaménagement souvent bénéfique pour la richesse faunistique et floristique. Notre secteur proposait une solution juridiquement validée par plusieurs experts. Elle suggérait de limiter la compensation à la partie de la Zone d’extraction réellement urbanisée et de ne pas l’appliquer pour l’ensemble de la zone au vu de ses caractéristiques définies par la CRAEC. Le Parlement wallon en adoptant le RESAbis n’a clairement pas retenu cette orientation. Dont acte. Néanmoins, le Parlement wallon a adopté une série de mesures qui concernent notre secteur et lui ouvrent des perspectives à approfondir sur différents aspects : •

En matière de procédure, il existe désormais la possibilité pour une personne physique ou morale d’initier une procédure de modification de plan de secteur et de recevoir dans un délai de rigueur de 60 jours une décision de principe du Gouvernement wallon sur un avant-projet de révision de plan de secteur ou un refus du dossier. Au préalable, il faut disposer d’un avis de la commune (avec délai de rigueur et avis favorable en cas d’absence de décision) et informer le public avant de pouvoir déposer le dossier au Gouvernement wallon.

En matière de compensation, le principe est maintenu pour l’ensemble de la zone. Toutefois, un lien est réalisé entre ce principe et le concept de compensation de la Directive Plan et Programme. La compensation devra donc tenir compte de l’incidence du projet sur l’environnement. En outre, les principes de proportionnalité et de proximité ont été ajoutés. Les compensations pourront être planologiques et/ou alternatives portant sur l’environnement, la mobilité, l’énergie… Enfin, la compensation planologique ou alternative pourra être réalisée par phase. Le commentaire de l’amendement prévoit la possibilité de phasage «parallèlement à la mise en œuvre de la zone» et stipule que la mise œuvre du plan peut s’étendre sur plusieurs années.

En matière d’Autorité compétente, le fonctionnaire délégué délivrera désormais le permis d’urbanisme pour les activités en zone d’extraction et pour les projets dérogatoires pour les projets relatifs à l’exploitation de la roche ornementale. Cette disposition rend par ailleurs les fonctionnaires de la DPA et de la DGATLP conjointement compétents pour les permis uniques. Seuls les permis d’environnement relèvent encore de la compétence des communes.

(1) (2)

Code wallon de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme, du Patrimoine et le l’Énergie. Commission d’avis pour l’exploitation des carrières.

101 R a p p o r t U WE 2008


Etudes sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

102 Rapport UWE 2008


M O N O G R A P H I E S S E C TO R I E L L E S

Section rédigée par FEDUSTRIA, la Fédération de l’industrie du bois, de l’ameublement et du textile

L’industrie du bois, de l’ameublement et du textile en 2007 INTRODUCTION Née de la fusion, au 1er janvier 2007, entre Febeltex (Fédération belge du textile) et Febelbois (Fédération belge du bois et de l’ameublement), FEDUSTRIA représente les entreprises de l’industrie du textile, du bois et de l’ameublement. Soit un total de 2 680 entreprises, de 57 000 emplois (85% sont des PME de moins de 50 travailleurs) et de 14 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

CHIFFRES CLÉS Chiffres nationaux (Belgique) Chiffre d’affaires

14,0

(en milliards d’euros)

Investissement

4.163

(en millions d’euros)

Valeur ajoutée

3,2

(en milliards d’euros)

(estimation)

57.000

Emploi (nombre de travailleurs)

(+ 15.000 inclus confection)

2.680

Entreprises (nombre d’établissements)

(90% < 50 travailleurs)

Exportation (en% du chiffre d’affaires)

75%

Chiffre d’affaires (en milliards d’euros) Part du chiffre d’affaires à l’exportation (en%) Investissements (en millions d’euros) Valeur ajoutée (prix réels, en milliards d’euros) Entreprises (nombre d’établissements) Emploi (nombre de travailleurs) Petites Entreprises (< 50 travailleurs)

TOTAL

TEXTILE

BOIS ET AMEUBLEMENT

14,0

7,7

6,3

75

80

72

416,3

199,2

217,1

3,2

1,6

1,6

2.680

1.020

1.660

57.000

32.300

24.700

90.9

84,5

94,5

Chiffres régionaux (Wallonie) Chiffre d’affaires (en milliards d’euros) Valeur ajoutée(*) (en millions d’euros) Investissements(*) (en millions d’euros) Entreprises (nombre d’établissements) Emploi (nombre de travailleurs) Exportation (en % du chiffre d’affaires) (*)

Estimation

(*)

Le Hainaut Occidental (Tournai/Mouscron/Comines) et la région 1,49

de Liège/Verviers concentrent la majeure partie de l’activité textile

440

wallonne.

55,1 500

Les entreprises du bois et de l’ameublement se répartissent quant à elles sur l’ensemble de la Wallonie, avec une prédominance pour les Provinces de Liège, du Luxembourg et du Hainaut.

7.000 75%(**)

Forte disparité entre groupes de produits

103 R a p p o r t U WE 2008


Etudes sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

GROUPES PRODUITS Industrie du bois et de l’ameublement (seconde transformation)  Produits finis ou semi-finis en bois ou à base de bois (seconde transformation)  Ne concerne pas le secteur de la première transformation : exploitation forestière + scieries

Industrie textile  Entreprises de production, d’ennoblissement et filatures.  Ne concerne pas le secteur de la confection FEDUSTRIA concentre environ 80% de la production de produits d’intérieur : tapis, laminés et parquets, meubles et sièges, portes,...mais également tissus d’ameublement, rideaux et tissus de décoration, textile de bain, linge de table et linge de lit, matelas, sommiers et coutil à matelas,…

10 sous-secteurs : 

Ameublement : CA: 3,0 milliards d’euros / 54.5% export • Chaises et sièges, meubles bureau et magasins, salle à manger, salle de séjour chambre, jardin et terrasse, matelas et sommiers

Textiles d’intérieur : CA : 2,6 milliards d’euros / 93% export • Tapis, tissus d’ameublement, issus de décoration (tentures, revêtements,…), linge de maison (linge de cuisine, de table, de nuit, de bain,…), outil à matelas, couvertures / couvre-lits, passementerie En matière de tapis et de coutil à matelas, notre pays reste le plus grand producteur européen ; il se classe en seconde position dans le domaine des tissus d’ameublement et à usage ménager et dans le top 5 dans le domaine des tissus de décoration.

Textiles techniques : CA :1,95 milliards d’euros / 65% export • Agrotech (agriculture, horticulture, pêche  toiles de paillage, de protection) ; • Buildtech (bâtiment et construction)  matériaux d’isolation et de protection ; • Geotech (géotextiles)  toiles pour travaux routiers et terrassements, d’étanchéité et de filtration; • Indutec (applications industrielles)  bandes transporteuses, filtres ; • Medtech (applications médicales)  bandages, compresses, linge d’hôpital, couches, tissus barrières ; • Mobilitec (automobile / aéronautique)  ceintures, airbags, moquette et revêtements, tissus de renforcement ; • Packtech (transport et emballage)  bâches, sacs, filets, cordages ; • Protech (protection et sécurité)  tissus ignifuges, de protection (à la chaleur, à l’usure, à l’humidité, NBC,..) ; • Sportech (applications sportives)  gazon artificiel, toile parachutes, sangles, équipement (sacs,…),…

Panneaux : CA : 1,25 milliards d’euros / 92% export • Panneaux bruts (panneaux fibres et particules, contre-plaqué,…) et revêtus (placage, mélamine,…)

Eléments de construction : CA: 936 millions d’euros / 26.3% export • Portes et fenêtres, parquet, charpentes, habitations structure bois

Textile d’habillement : CA : 605 millions d’euros / 50% export • Tissus et étoffes (denim, vêtements de sport,…), doublure, bonneterie

Packaging : CA : 269 millions d’euros / 34.3% export • Caisses, palettes, plateaux de chargement, tambours pour câbles, fûts et tonneaux

Autres ouvrages : CA : 265 millions d’euros • Boissellerie (petits objets en bois), cadres et moulures, stands et structures, brosses et pinceaux, facture d’orgue, cercueils,…

Ennoblissement : CA: 180 millions d’euros / 25% export • Teinturerie, impression, enduction, lavage,…

Filatures : CA : 25 millions d’euros / 35% export •

Fils (laine, coton, lin), fibres et filaments (polyester, nylon, polyamide)

104 Rapport UWE 2008


M O N O G R A P H I E S S E C TO R I E L L E S

Importance relative des sous-secteurs de l’industrie textile (% de la valeur ajoutée) Ennoblissement 0,06

Filatures 0,04

Textiles confection 20,00%

Textiles d'intérieur 42,00%

Importance relative des sous-secteurs de l’industrie du bois et de l’ameublement (% du chiffre d’affaires)

Textiles techniques 28,00%

Packaging 5,80%

Divers 4,40%

Ameublement 49,30%

Elements de construction 17,30%

Panneaux bois 23,40%

CONJONCTURE GÉNÉRALE Si les 3 premiers trimestres 2007 ont affiché des performances moyennes comparables à l’année 2006 (qualifiée d’«assez satisfaisante»), nous avons dû constater une dégradation sensible au cours du 4ème trimestre. En 2007, l’industrie du textile, du bois et de l’ameublement a affiché une croissance nominale de son chiffre d’affaires de l’ordre de 4,1% (+4.8% en 2006). Conséquence de l’augmentation des prix de vente (essentiellement imputables au coût des matières premières dans l’industrie du bois), le secteur a connu une légère baisse en volume (+8.0% en 2006). Au niveau du textile, le segment des «Fibres et fils synthétiques» affiche la plus forte progression (11.8% en valeur et 6.0% en volume). Au niveau du bois, le segment des «Emballages» progresse de 19.4% en valeur et de 9.2% en volume ; celui des «Panneaux à base de bois», respectivement de 11.6 et de 19.5%. Au niveau ameublement, soulignons les performances des segments «Meubles de bureau et de magasin» (+10.2% en valeur et +2.4% en volume) et «Matelas et sommiers» (+9.6% en valeur et +0.8% en volume). Une stagnation ou un revirement négatif (essentiellement au niveau textile), s’est toutefois produit au cours du dernier trimestre (- 3.9% en valeur et - 5% en volume). De manière globale, au niveau européen, 2007 était somme toute une année convenable pour l’industrie du textile (production en hausse de 0.4%). La Belgique s’est maintenue au-dessus des performances des principaux pays concurrents (+ 3.3% pour la Belgique ; de +1 à -1% pour l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l’Italie). Soulignons la croissance de 83.8% de la Pologne et ce, en dépit de l’important effritement de son industrie locale cotonnière. Mis en perspective à partir de l’année 2000 de haute conjoncture (indice = 100), nous constatons une forte progression de la Bulgarie (indice = 268), de la Lettonie (indice = 150) et de la Roumanie (indice = 126). Ici aussi, la Belgique fournit de bonnes prestations avec un indice de 101,5 (Allemagne : 83.2, France : 68.8 – EU25 : 79.4)

105 R a p p o r t U WE 2008


Etudes sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

La courbe conjoncturelle synthétique lissée de l’industrie textile, reflétant

Courbe conjoncturelle synthétique de l’industrie textile (à l’exclusion de la confection) Source : BNB

en partie la confiance des chefs d’entreprises, n’a évolué que très peu entre le second semestre 2006 et le second semestre 2007. Elle s’est stabilisée à un faible niveau reflétant

Données lissées et désaisonnalisées Données brutes et désaisonnalisées

une certaine prudence ou incertitude de la part des chefs d’entreprises quant à l’évolution conjoncturelle (ils restent en majorité plus pessimistes qu’optimistes…). Début 2008, la courbe brute affiche une baisse pour le troisième mois consécutif. Depuis la mi-2006, la courbe l’industrie du bois et de l’ameublement s’est stabilisée à un niveau relativement

Courbe conjoncturelle synthétique de l’industrie du bois et de l’ameublement Source : BNB

conjoncturelle synthétique de

élevé, affichant même une légère croissance. La plupart des paramètres constituant

Données lissées et désaisonnalisées Données brutes et désaisonnalisées

l’indice de conjoncture (appréciation des commandes, évolution de la demande et de l’emploi,…) étaient de fait positifs. Depuis mi-2007, la confiance des chefs d’entreprises du secteur a toutefois fortement reculé. Cette tendance s’est poursuivie début 2008….

PARAMÈTRES CONJONCTURELS Les échanges internationaux Les exportations Les exportations représentent près de 75% du chiffre d’affaires global du secteur (80% pour le textile et 72% pour le bois/ameublement). Notons de fortes disparités en fonction des groupes de produits (de 25 à 93%). Ainsi, si certains segments de l’industrie textile (textiles pour confection,…) font face à une concurrence sévère, les textiles techniques (sous-secteur principal en Wallonie, tourné à plus de 93% vers l’exportation) connaissent une progression constante et régulière de leurs exportations (+ 3,1% en valeur en moyenne/an ; + 9,9% en 2006).

106 Rapport UWE 2008


M O N O G R A P H I E S S E C TO R I E L L E S

Il s’agit généralement de produits innovants nécessitant expérience, know-how et intensifs en R&D. Ils sont de fait moins exposés à la contrefaçon et à la concurrence des pays à bas salaires. Relevons également qu’en matière de tapis et de coutil à matelas, la Belgique reste le plus grand producteur européen. Elle se classe en seconde position dans le domaine des tissus d’ameublement et à usage ménager et dans le top 5 en ce qui concerne les tissus de décoration. De nombreuses entreprises (bois et textile) belges et wallonnes affichent en outre toujours leur suprématie et leur leadership, au niveau européen ou mondial, sur certains segments de produits. Autre élément favorable, les marchés de croissance, notamment de l’industrie du bois et de l’ameublement, affichent en général un indice élevé de confiance des consommateurs. Ces échanges commerciaux furent, et restent

Répartition des exportations (source : ICN)

2,8% 0,6% 1,9%

2,1%

encore entravés par une parité Euro/Dollar 0,7% 2,1%

défavorable (Euro fort), débouchant sur

0,3% 26,4%

2,4%

des pertes d’opportunités dans les pays de la zone dollar (et ne parvenant pas à compenser les achats de matières premières

16,3%

réalisés en euros). Au total, les exportations wallonnes affichent (3e trimestre 2007) un léger fléchissement

4,4%

France 12,6% Pays-Bas Allemagne Royaume-Uni Italie Autres UE-25 Europe occidentale hors UE-25 Europe de l'Est Amérique du Nord Amérique latine Afrique Proche et Moyen-Orient Extrême-Orient Océanie

13,8% 13,7%

pour l’industrie textile (-2.6%), mais une évolution sensible pour l’industrie du bois et de l’ameublement (+34.0%)

Les exportations sont majoritairement tournées vers l’Europe (85% en valeur), notamment la France, les Pays-Bas, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Notons la croissance notable enregistrée dans les pays d’Europe de l’Est (Pologne, Roumanie, Bulgarie,…) et en Russie.

Les importations Plus de 75% des importations proviennent toujours essentiellement d’Europe (Allemagne, Pays-Bas, France et Italie). Malgré la hausse significative des importations en provenance de l’UE-25, la Chine confirme sa place de concurrent direct. Les importations chinoises ont connu, depuis 2005, une augmentation moyenne annuelle de 13,5% pour le textile (hors vêtements confectionnés) et de 22,5% pour le bois/ameublement. Devenant de fait le 4e pays importateur pour le textile et le 3ème en ce qui concerne le bois/ameublement ! Il s’agit de l’un des effets palpables de la libéralisation (suppression des quotas) dont profite la Chine depuis 2005, lui permettant d’écouler, sur les marchés européens et américains, des volumes toujours plus importants à des prix toujours plus – et anormalement – bas (par exemple, pour le textile, de l’ordre de 30% inférieur au prix moyen des vêtements importés en provenance de pays situés hors EU-25). Effet amplifié par des pratiques commerciales qualifiées de déloyales (prix non conformes, dumping, copies et contrefaçon, barrières douanières et tarifaires, respects et applications aléatoires des législations et des normes,…).

107 R a p p o r t U WE 2008


Etudes sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

Créant de la sorte un déséquilibre entre les pays occidentaux et les économies émergentes, libres de tirer parti de l’ouverture des marchés internationaux sans ouverture équivalente et réciproque. Malgré la dégradation de la balance commerciale sectorielle, le solde global reste positif (2,30 milliards d’euros).

Les investissements Au niveau national, les investissements se sont élevés à 199,2 millions d’euros pour l’industrie du textile (+8.0%) et à 217,1 millions d’euros pour l’industrie du bois et de l’ameublement. Soit un total de 416,3 millions d’euros. Au niveau de la Wallonie, nous pouvons les extrapoler respectivement à 21,1 et 34 millions d’euros Après une baisse de 2001 à 2005 inclus, les investissements ont renoué avec la croissance depuis 2006. Ils restent néanmoins, environ 2 fois moins élevés qu’en 2000. De manière générale, la capacité d’investissement reste limitée par une pression continue sur les prix de vente (hausse des prix des matières premières et de l’énergie, concurrence internationale,…) et une érosion de la rentabilité nette des fonds propres des entreprises. La recherche d’une réduction des coûts de production demeurait en 2007 la principale raison d’investir. Suivi par l’introduction de nouvelles techniques de production ou de nouveaux produits et l’insuffisance des capacités de production. Concernant ce dernier point, le taux d’occupation de la capacité de production (textile) s’établissait à 74.8% en janvier 2008, soit à un niveau inférieur à celui de janvier 2007 (76.9%). Il était de 78% en 2006 et 74,3% en 2005). Pour le bois/ ameublement, ce taux se situait à 82.8% en janvier 2008 soit à un niveau quasi-identique à celui de janvier 2007 (82.1%). Une estimation de la nature des investissements laisse apparaître la ventilation suivante : investissements de remplacement (+/- 43%), investissements d’extension (+/- 41%), investissements de rationalisation (+/- 10%) et investissements environnementaux (+/- 2%). Pour 2008, la BNB table, pour la plupart des secteurs, sur une croissance moins forte (+7.0% en moyenne), voire une diminution des investissements (notamment dans l’industrie textile, l’industrie graphique et dans l’industrie des fabrications métalliques et électrotechniques). Ce ralentissement s’inscrit dans un contexte général marqué depuis quelques mois par une incertitude accrue des entrepreneurs.

L’emploi Si l’emploi a certes continué de baisser légèrement (1,5%), tant pour le secteur textile que pour celui du bois et de l’ameublement, les entreprises des deux secteurs éprouvent toujours paradoxalement des difficultés à recruter du personnel qualifié et motivé. Ainsi, des fonctions critiques ont beaucoup de mal à être remplies et quelques 1 500 postes restent désespérément vacants. Par ailleurs, les deux secteurs sont confrontés à un problème de pyramide des âges. Le secteur textile recense 39,2% de travailleurs âgés de plus de 45 ans, et le secteur bois et ameublement en recense 35,6%. Soit des pourcentages considérablement plus élevés en comparaison avec l’ensemble de l’industrie belge (34%) et avec l’ensemble du secteur privé (30%). Devant ce constat, les partenaires sociaux des deux secteurs ont conclu des accords de collaboration avec le Ministre fédéral de l’Emploi dans le cadre du Fonds de l’Expérience professionnelle. Des actions concrètes pourront ainsi être mises en œuvre dans les entreprises – avec l’expertise des deux centres de formation sectoriels CEFRET et CFB – afin d’améliorer l’employabilité des travailleurs plus âgés ; notamment via l’adaptation de l’organisation du travail et des postes de travail (fonction, durée,…).

108 Rapport UWE 2008


M O N O G R A P H I E S S E C TO R I E L L E S

L’objectif recherché étant de maintenir plus longtemps à l’emploi les travailleurs expérimentés, de manière à assurer la transmission du savoir-faire à la jeune génération. Ce n’est ni plus ni moins que la pérennité des entreprises qui est en jeu.

L’environnement et l’énergie L’augmentation des prix de l’énergie ne semble plus avoir de fin et continue d’éroder la compétitivité des entreprises du secteur. Dans ce contexte, il est primordial de veiller à un fonctionnement plus transparent et concurrentiel du marché de l’énergie. Fedustria, s’est manifesté à plusieurs reprises auprès des différents stakeholders, mais initia également des actions communes vis-à-vis des différents fournisseurs d’énergie pour obtenir de meilleurs prix. Les obligations en termes d’utilisation des énergies renouvelables et de diminution des émissions de gaz à effet de serre ont, elles également, un impact sur le prix de l’énergie et de la matière première bois. Pour l’industrie du textile du bois et l’ameublement, il est impératif de bien évaluer les conséquences directes et indirectes des engagements pris et des politiques menées tant sur les grandes que sur les plus petites entreprises. Il est également impératif d’accentuer les efforts de diminution des GES vers des secteurs tels que le transport ou encore le résidentiel, pour lequel les produits du secteur peuvent apporter une contribution indéniable. En outre, le secteur poursuit ses propres efforts pour une utilisation optimale des ressources énergétiques et a conclu en 2007 un accord de branche avec le Gouvernement wallon. Les entreprises participant à cet accord s’engagent sur une amélioration globale de l’efficience énergétique de 7,1% à l’horizon 2012.

PERSPECTIVES Après une année 2006 «à peine satisfaisante», les membres wallons de FEDUSTRIA espéraient pouvoir tabler sur les effets conjoncturels globalement positifs des trois premiers trimestres 2007. Cette confiance fût toutefois tempérée par le revirement négatif survenu lors du quatrième trimestre. Les chefs d‘entreprises ne s’attendent pas une amélioration substantielle avant le second semestre 2008. Cette incertitude s’explique par différents paramètres communs à de nombreux autres secteurs industriels : -

L’évolution des prix de l’énergie et des matières premières ;

-

Le handicap persistant (intra-européen et international) du coût salarial ;

-

La parité euro/dollar ;

-

La hausse des importations de la zone dollar ;

-

Un affaiblissement de la conjoncture internationale ;

-

La concurrence internationale (Chine) ;

-

Une concurrence déloyale : dumping, contrefaçon, barrières tarifaires… ;

-

Et, au niveau régional ou fédéral: paperasserie administrative, contraintes sociales et environnementales, relation avec la -grande- distribution,...

Dans ce contexte global, les entreprises wallonnes du textile, du bois et de l’ameublement peuvent néanmoins faire valoir et mettre à profit leurs précieux atouts et avantages concurrentiels : -

Des efforts nombreux et soutenus en matière de développement et d’innovation (technologique et esthétique) ;

-

Des produits innovants à haute valeur ajoutée (moins sensibles que les activités «basiques») ;

-

Une productivité élevée ;

-

Une approche commerciale performante (flexibilité, réputation et know-how) ;

-

Une ouverture naturelle à l’exportation.

109 R a p p o r t U WE 2008


Etudes sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

FEDUSTRIA Wallonie entend amplifier ses actions afin d’aider l’ensemble des entreprises de la filière textile, bois et ameublement à s’adapter au mieux aux prochains défis, à leur insuffler un nouveau dynamisme et à leur proposer de nouvelles opportunités. Notamment dans les domaines suivants : expansion économique (Plan Marshall, pôles de compétitivité, programmation européenne 2007–2013, R&D,…), formation et enseignement (Centre de formation bois, Cefret, Centres de compétence), recherche et développement (Centexbel, CTIB, réforme des aides à la recherche) environnement (accords de branche, energy pooling, déchets, recyclage,…), innovation esthétique (Wallonie Design, OPTIMO, AWEX-DRI,…), clustering (medium textile, Mediatex,…), collaboration transfrontalière (Objectif 3),… En collaboration avec d’autres secteurs industriels, nous poursuivrons par ailleurs nos actions de lobbying auprès des mandataires politiques sur des sujets aussi divers que la réduction des coûts salariaux, l’amélioration de la flexibilité et de la mobilité de la main-d’œuvre, la poursuite des mesures de simplification administrative, la meilleure protection de la propriété intellectuelle, la diminution des taxes sur les entreprises , la suppression de tous les impôts non directement liés aux résultats, la libéralisation effective du marché de l’énergie ou bien encore, la diminution des coûts en matière d’innovation. ||

110 Rapport UWE 2008


M O N O G R A P H I E S S E C TO R I E L L E S

Section rédigée par la FEGE, Fédération des Entreprises de Gestion de l’Environnement

Le secteur des déchets Le secteur d’activité de la gestion des déchets et l’assainissement des sols est représenté en Belgique par la FEGE. La Fédération des entreprises de gestion des déchets, malgré sa petite taille (240 sièges d’exploitation représentées, depuis la collecte jusqu’au traitement final des déchets ainsi que les centres de traitement des sols pollués) est toutefois très représentative – près de 90% du secteur privé. Le contexte actuel de développement des activités est assez contrasté. D’une part, la mondialisation de l’économie et notamment le développement fulgurant du continent asiatique dope la demande de matières premières secondaires et donc le prix de revente des déchets à recycler. D’autre part, la gestion de la flotte très importante de camions (plus de 1.500 véhicules en Belgique) est sous l’emprise des prix de carburants très élevés (entre janvier et mai 2008 : +19% !). Parallèlement, l’assainissement des sols subit un ralentissement au nord alors que le sud du pays tarde à décider de véritables options – le nouveau Décret Sol est à l’heure actuelle toujours en discussion. Le potentiel d’actions de la SPAQuE, près de 500 millions d’euros d’ici 2010, seront donc bien nécessaires pour assurer une croissance ou un maintien du secteur spécialisé dans la gestion des sols pollués. Le contexte législatif, notamment fiscal, est également en plein bouleversement (fiscalité accrue en fonction de la hiérarchie de traitement des déchets mais également des nouvelles interdictions de mise en décharge). En conséquence, la ré-organisation des filières de traitement est également très importante dans cette période. La FEGE a analysé les bilans et compte de résultats de 87 entreprises, dont la moitié sont des entreprises familiales ou de dimension moyenne – ce qui permet de comparer l’évolution des deux tendances d’actionnariat. Les réserves d’usage sont naturellement formulées dans la mesure où ces comptes annuels reflètent certainement une vérité mais qu’une analyse plus poussée des conditions économiques de chaque entreprise reflèterait sans doute plus la vraie réalité.

Evolution du chiffre d’affaires Les grands groupes industriels des déchets membres de la FEGE atteignent un chiffre d’affaires ensemble de plus de 1 milliard d’euros, soit une progression de 6% par rapport à l’année précédente. Les entreprises de taille moyenne voient une stabilisation de leur chiffre d’affaires (- 0,1%). A noter que la FEGE constate également par sous-secteur, un chiffre d’affaires : -

en augmentation pour les centres d’enfouissement technique (+ 6%),

-

en légère diminution pour les centres de recyclage du verre (-3%),

-

en très nette augmentation pour le secteur du papier (+ 23%),

-

en augmentation pour l’assainissement des sols (+ 6%).

Nul doute que la réorganisation du marché en 2008 bouleversera ces données.

111 R a p p o r t U WE 2008


Etudes sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

Données sociales Fin 2006, 3.643 personnes travaillaient pour les grands groupes industriels, soit une progression de 2% par rapport à l’année précédente. On peut également mentionner qu’après un recensement effectué auprès des entreprises du secteur, il existe encore peu d’harmonisation au niveau des commissions paritaires des membres de la FEGE. Le secteur des déchets compte ainsi près de 10 Commissions paritaires actives dont les principales sont la 121 (nettoyage), la 140 (transport), la 142 (récupération) ou encore la 116 (chimie). La FEGE est toutefois en voie d’être reconnue comme fédération professionnelle et participera activement à une harmonisation du secteur.

Résultats financiers Les bénéfices enregistrés pour les grands groupes industriels membres de la FEGE sont de 49 millions d’euros, ce qui est un important recul par rapport à l’année précédente mais s’explique par la mise en place d’infrastructures de gestion des déchets (non encore opérationnelle totalement) ou des provisions enregistrées. En ce qui concerne les PME, un léger recul de 4% est également à enregistrer alors que l’année précédente avait vu une progression de 10%.

Conclusion Plus que jamais, on peut constater que les investissements consentis dernièrement dans le traitement des déchets, que ce soit des nouveaux outils en Flandre ou les partenariats à conclure en Wallonie, sont des éléments déterminant de la politique des déchets en Belgique. Il reste des capacités de traitement importantes à construire, surtout pour les déchets industriels banals et ce tant en Flandre qu’en Wallonie. De plus en plus, on s’accorde d’ailleurs à dire que les investissements actuels ne suffiront pas. L’augmentation des produits pétroliers crée toutefois une forte demande en produits de substitution et les déchets peuvent se profiler comme une matière très intéressante pour de nombreuses industries. Une diversification des outils de traitement est donc peut-être envisageable... Si le traitement final est certainement un enjeu important, toutes les formes de recyclage sont en expansion, dopées pour l’instant par la demande en matières premières secondaires. Il faudra toutefois voir si cette haute conjoncture se maintiendra et confortabilisera dès lors certains plans financiers pour des nouveaux outils qui sont très facilement soumis à une vive concurrence internationale. Au niveau collecte sélective, le marché belge des déchets est relativement mature – peu d’espaces ou de potentiels existent encore pour le développement lié à la quantité. Il est clair que toute l’attention doit se focaliser aujourd’hui sur la qualité de celles-ci. Pour la création de nouvelles tournées, les Régions et les collectivités locales se posent encore plus la question qu’auparavant pour le lancement de nouvelles collectes sélectives (langes, organiques, …) et le problème essentiel est surtout lié aux coûts et à la durabilité des filières. Nous l’avons encore vécu dernièrement avec l’arrêt de Knowaste aux Pays-Bas qui fragilise les collectes des langes dans une quarantaine de communes flamandes. Au niveau industriel, notre secteur est prêt à développer des nouvelles collectes sélectives mais la clientèle voit encore trop peu de différences au niveau financier par rapport à une gestion brute des déchets. Le prix reste un élément prépondérant, voir exclusif dans les choix opérés. La FEGE et ses membres mènent d’ailleurs plusieurs initiatives avec les secteurs concernés afin d’offrir des nouveaux services ou d’améliorer les opportunités existantes de collecte sélective. Un accord avec l’Union des Classes Moyennes est en voie d’être finalisé. ||

112 Rapport UWE 2008


M O N O G R A P H I E S S E C TO R I E L L E S

Section rédigée par FETRA, la Fédération des industries tranformatrices du papier et du carton

La transformation du papier et du carton en 2007

PIB de la Belgique

L’activité du secteur de la transformation du papier et du carton a, dans son ensemble, été quasiment corrélée aux évolutions économiques générales du pays tout au long de cette année 2007. La conjoncture économique en Belgique s’est dévoilée favorable au cours du premier semestre de 2007, conjuguée

1er trimestre

Millions d’euros, par rapport aux prix de 2005 (dessaisonnalisé) 2006 2007 76.849 79.137

% 3,0

2e trimestre

77.473

79.650

2,8

3e trimestre

78.075

80.080

2,6

4 trimestre

78.619

80.530

2,4(*)

311.016

319.397(*)

e

notamment à l’amélioration de la situation économique de la zone euro et à la croissance de l’économie mondiale.

EVOLUTION

(*) estimation

(*)

2,7

Source : BNB, indicateurs économiques, synthèse

Mais après avoir connu une croissance soutenue, la progression du Produit Intérieur

Evolution de la croissance d’un certain nombre d’indicateurs macro-économiques en Belgique

Brut s’est quelque peu essoufflée au cours du second semestre faisant notamment suite aux

2004(1) 2005(1) 2006(1)

(% de variation par rapport à l’année précédente)

incertitudes économiques surve-

2007(1)(*)

2008(1)(*)

BNB

BNB

BNB

BNB

CE

OCDE

CE

OCDE

nues à l’échelon international

Consommation privée

1,4

1,4

2,1

2,5

2,5

2,3

1,8

2,1

(affaiblissement de l’économie

Demande intérieure(2)

2,7

2,5

2,8

2,9

3,1

3,2

2,0

2,3

Exportations de biens et services

6,3 6,5

4,1

2,6

4,6

4,8

5,2

5,0

4,7

Importations de biens et services

4,9

2,5

5,0

5,4

5,9

5,0

5,1

P.I.B.

2,8

2,0

2,9

2,7

2,7

2,6

2,1

1,9

américaine, le prix du pétrole, le prix des matières premières,...). La

croissance

annuelle

ainsi

(*) Date de diffusion des prévisions = BNB février 2008 (1) les réalisations belges, les prévisions de la BNB, de la BCE et de l’OCDE sont des données corrigées des effets de calendrier (2) y compris les variations de stocks

enregistrée est de 2,7% en 2007,

Source : BNB, indicateurs économiques, synthèse

après avoir été de 2,9% en 2006. La zone euro affiche quant à elle +2,6% par rapport à +2,8% en 2006. L’activité économique belge s’est principalement vue portée

Courbe de conjoncture Transformation du papier et carton) 20,0

par la demande intérieure (consommation privée : +2,5% et investissements : +5%).

Série dessaisonalisée et lissée Série dessaisonalisée

15,0

La courbe de conjoncture qui se dresse pour le secteur de la transformation du papier et du carton reflète une évolution de l’activité nettement plus positive qu’en 2006 :

10,0 5,0

2007

0,0

Source : BNB - Enquête de conjoncture

-5,0 -10,0 -15,0 -20,0 2004

2005

2006

2007

2006

à fin janvier

1,8

-6,3

à fin juin à fin septembre à fin décembre

2,3 -1,4 3,3

-12,3 -3,3 2,1

113 R a p p o r t U WE 2008


Etudes sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

Occupation des machines

Au niveau de la capacité de production, le degré moyen

87,3

87,3

quasiment identique à celui de l’an dernier : 85,3% contre

86,5

85,7% (1er trimestre 2007 : 84,1% ; 2e trimestre : 87,3% ; 3e trimestre : 83,9% ; 4e trimestre : 86%).

84,6

84,1

84

84,3

84,7

85 84,1

84

Au vu des résultats provisoires issus des déclarations faites

86,0

83,9

82,3

par les entreprises à la TVA, le chiffre d’affaires réalisé en 2007 atteindrait ainsi près de 3,352 milliards d’euros, soit

80,5 80

80,3

une augmentation de 3,11% par rapport au chiffre d’affaires 78,1

enregistré l’an dernier ; les exportations s’élèveraient quant à

Capacité de production Moyenne annuelle

elles à 1,584 milliard d’euros, soit une progression de +1,75% par rapport à l’année précédente ; la part totale consacrée

76 2004

2005

2006

Source : BNB - Enquête de conjoncture

d’utilisation enregistré sur l’ensemble de l’année est resté

88

2007

aux investissements serait de 102 millions d’euros, soit une régression de près de 4% par rapport à 2006. Malgré la tendance positive de ces indicateurs économiques et de la conjoncture dans son ensemble, le secteur de la transformation du papier et du carton a dû lutter contre la

Exportations dans l’industrie de la transformation du papier et du carton (en millions d’euros) 140,00 126,53 120,00

115,03 106,21

progression constante des coûts de production. 2007 a en effet été marquée par le maintien des tensions sur les constituants du prix de revient ; les industries de

102,18

100,00

80,00

la transformation du papier et du carton ont dû tendre à une pleine utilisation de leurs capacités, mais la hausse des prix de vente des produits en papier et carton reste

60,00

40,00

de très loin inférieure aux augmentations des coûts et des transports, les autres produits nécessaires à la

20,00

Source : INS (TVA)

provoquées par les matières premières, le prix de l’énergie

0,00

production tels que les encres, les colles, ...

2004

2005

2006

2007

Rien qu’au niveau de l’approvisionnement en matières

Investissements dans l’industrie de la transformation du papier et du carton (en millions d’euros) été selon les sortes supérieurs de 5 à 30% par rapport au premières, les prix d’achat du papier et du carton ont début de l’année.

1.600,00

1.584,35

Ainsi en fin d’année, les qualités de papiers pour la fabrication de papier et carton ondulé (wellenstoff, testliner,

1.550,00

schrenz) affichent une majoration de 23 à 27% (près de 90 € la tonne) (1) ; le kraftliner écru est quant à lui resté stable.

1.500,00 1.467,38

Les cartons utilisés pour la fabrication de la boîte pliante, tant les cartons GC que les cartons GD, ont - selon les

1.456,16 1.450,00

1.440,44

dernières publications parues à fin 2007 de l’Euwid et de 1.400,00

Source : INS (TVA)

PPI - subi une majoration pouvant aller de 5 à 6% (50 € la tonne). Or, les membres de l’association des fabricants de cartonnages pliants de Belgique font état de hausses nettement plus importantes.

114 Rapport UWE 2008

1.350,00 2004

2005

2006

2007


M O N O G R A P H I E S S E C TO R I E L L E S

Les prix des papiers pour la fabrication d’enveloppes ont été revus à la hausse, pouvant atteindre les 10% (de 80 à 90 € la tonne) (1). Les papiers kraft destinés à la fabrication de sacs ont également subi une majoration de près de 13% (de 80 à 90 € la tonne) (1). L’écart entre les différents coûts et le prix de vente des produits du secteur reste très infime ; il ne peut être partiellement compensé par l’industrie que par des mesures de rationalisation et d’optimalisation. Le sentiment des entrepreneurs du secteur de la transformation des papiers et cartons reste d’autant plus mitigé face aux perspectives qu’offrent les mois à venir. La crise qui sévit actuellement en Amérique aura certainement en 2008 sa vague de répercussions sur l’économie nationale et européenne. L’appréciation de l’euro par rapport au dollar risque de lui conserver un taux de change particulièrement élevé, pénalisant ainsi la compétitivité des entreprises au niveau du commerce extérieur. Qu’en adviendra-t-il du cours du pétrole et du coût de l’énergie ? Les prévisions pour 2008 font d’ailleurs état d’un ralentissement de la croissance économique belge, conjugué à une accélération plus que probable de l’inflation. Selon les études, les économistes belges avancent pour 2008 un taux annuel de croissance du PIB de +1,9%(2) et d’une inflation annuelle de 3,0%(2). ||

Sources : • Banque Nationale de Belgique : rapport annuel, enquêtes de conjoncture, synthèse des indicateurs économiques pour la Belgique (n°2008/8)(2), www.bnb.be • Bureau Fédéral du plan (2) • EUWID(1) • Institut des Comptes Nationaux • Institut National des Statistiques : statistiques TVA, statistiques Prodcom • Pap’Argus (1) • P.P.I (1)

115 R a p p o r t U WE 2008


Etudes sur la situation de lâ&#x20AC;&#x2122;Entreprise

Edition 2008

116 Rapport UWE 2008


M O N O G R A P H I E S S E C TO R I E L L E S

Section rédigée par FEVIA Wallonie, l’aile régionale wallonne de la Fédération de l’industrie alimentaire

L’industrie alimentaire Evolution de la production Après une très bonne année 2006, l’année 2007 est plutôt une année en demi-teinte. Le chiffre d’affaires de l’industrie alimentaire wallonne peut être évalué à 6.959,7 millions d’euros, soit une progression de 4,7%. Le volume de production n’a augmenté que de 0,9% contre + 4,8% pour l’industrie alimentaire belge et 6,2% pour l’industrie alimentaire flamande. En cause, notamment, les moins bonnes performances du secteur de la viande en raison de la crise de la maladie de la langue bleue qui touche les secteurs ovins et bovins, de l’industrie sucrière, conséquence de la réforme de la politique européenne, du secteur de la torréfaction suite à la fermeture de l’entreprise Chat noir, de l’industrie des eaux minérales et boissons rafraîchissantes en raison des conditions estivales médiocres de l’été 2007.

Evolution du volume de production de l’industrie alimentaire wallonne et flamande

Evolution du volume de production de l’industrie alimentaire wallonne et flamande

135 Wallonie

2002

2003

2004

2005

2006

2007

Wallonie

100,0

110,5

116,0

122,0

130,4

131,5

Flandre

100,0

109,4

115,8

115,0

117,3

124,6

131,5

Flandre

130,4

130

125 124,6

122,0

120 117,3

116,0

115

115,8

Taux de croissance du volume de production de l’industrie alimentaire wallonne et flamande

115,0

110,5

110

105 100,0

100

2004

2005

2006

2007

Wallonie

5,0%

5,2%

6,8%

0,9%

Flandre

5,8%

-0,6%

2,0%

6,2%

109,4

Source : CCE sur base des indices bruts de production / DGISE (ex INS)

100,0

2002

2003

2004

2005

2006

2007

Evolution des exportations Les moindres performances de l’industrie alimentaire wallonne se perçoivent également au niveau des exportations qui n’enregistrent qu’une augmentation de +0,4% seulement au cours des neufs premiers mois de 2007 par rapport à la même période de 2006. Les importations ont quant à elles augmenté de 3,7%. Ce qui implique, pour la première fois depuis 2003, une baisse de l’excédent de la balance commerciale de 2,8%.

117 R a p p o r t U WE 2008


Etudes sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

Le commerce extérieur

Le commerce extérieur de l’industrie alimentaire par région (en millions d’euros) EXORTATIONS Flandre ∆ en % Wallonie ∆ en % Bruxelles ∆ en % Belgique

2002

2003

2004

2005

2006

9 mois 07

Part en 2007

10.545,6

10.761,1 2,0% 2.944,6 1,0% 401,8 -3,7% 14.107,5

11.461,4 6,5% 3.146,4 6,9% 313,2 -22,1% 14.921,0

11.997,4 4,7% 3.226,1 2,5% 320,8 2,4% 15.544,3

12.634,3 5,3% 3.364,2 4,3% 317,2 -1,1% 16.315,7

10.422,0 12,1% 2.502,6 0,4% 193,1 -13,9% 13.117,7

79,4%

1,6%

5,8%

4,2%

5,0%

9,2%

8.314,5 0,2% 2.172,3 7,5% 518,5 -5,1% 11.005,3 1,3%

8.569,8 3,1% 2.224,9 2,4% 560,7 8,1% 11.355,4 3,2%

8.940,4 4,3% 2.272,8 2,2% 571,6 1,9% 11.784,8 3,8%

9.176,7 2,6% 2.309,8 1,6% 531,5 -7,0% 12.018,0 2,0%

7.528,8 11,7% 1.755,8 3,7% 321,8 -14,9% 9.606,4 10,2%

2.446,6 8,9% 772,3 -13,8% -116,7 -9,3% 3.102,2 2,9%

2.891,6 18,2% 921,5 19,3% -247,5 112,1% 3.565,6 14,9%

3.057,0 5,7% 953,3 3,5% -250,8 1,3% 3.759,5 5,4%

3.457,6 13,1% 1.054,4 10,6% -214,3 -14,6% 4.297,7 14,3%

2.893,2 13,1% 746,8 -2,8% -128,7 -16,3% 3.511,3 6,4%

2.916,7 417,4 13.879,7

∆ en % IMPORTATIONS Flandre 8.298,5 ∆ en % Wallonie 2.020,9 ∆ en % Bruxelles 546,1 ∆ en % Belgique 10.865,5 ∆ en % SOLDE DE LA BALANCE COMMERCIALE Flandre 2.247,1 ∆ en % Wallonie 895,8 ∆ en % Bruxelles -128,7 ∆ en % Belgique 3.014,2 ∆ en %

19,1% 1,5% 100,0%

78,4% 18,3% 3,3% 100,0%

82,4% 21,3% -3,7% 100,0%

Source : CCE sur base des statistiques du commerce extérieur selon le concept national de la BNB

Exportations de l’industrie alimentaire wallonne par groupes de produits au cours des neuf premiers mois de 2007 Travail des grains, malt, fécules 3,9%

Corps gras 2,6%

Aliments pour animaux, tourtaux, sons… 2,4%

Préparations alimentaires diverses 6,0%

Produits laitiers 26,8%

Viandes et produits de viandes 13,2%

Sucres et sucreries 7,9% Boissons 8,0%

118 Rapport UWE 2008

Pains, pâtisseries, biscuits… 8,0%

Café, thé 0,6%

Cacao, chocolats 8,4%

Préparations fruits, légumes, pommes de terre 12,4%


M O N O G R A P H I E S S E C TO R I E L L E S

Evolution des investissements Les investissements déclarés par l’industrie alimentaire wallonne à l’administration de la TVA se sont élevés à près de 260 millions d’euros (soit +/- 2%).

Emploi dans le secteur Enfin signalons que le nombre de salariés occupés par les 1.625 entreprises alimentaires wallonnes s’élevait au 31 décembre 2006 à 21.231 travailleurs.

Nombre d’entreprises wallonnes de l’industrie alimentaire par taille et nombre de salariés au 31 décembre 2005 Catégorie d’entreprises

Nombre d’entreprises

%

Nombre de salariés

%

Emploi moyen

< 10 pers.

1.301

80,1%

4.184

19,7%

3,2

10-49 pers.

258

15,9%

5.496

25,9%

21,3

50-99 pers.

26

1,6%

1.829

8,6%

70,3

100-199 pers.

24

1,5%

3.261

15,4%

135,9

> 200 pers.

16

1,0%

6.461

30,4%

403,8

Total

1.625

100%

21.231

100%

13,1

Source : Conseil central de l’économie sur base ONSS

Chiffres-clés Industrie alimentaire : part relative des régions (en millions d’euros) Flandre

Wallonie

Bruxelles

Royaume

Chiffre d’affaires (2007)*

28.558,9 77,3%

6.959,7 18,8%

1.414,5 3,8%

36.933,0 100%

Valeur ajoutée (2006)

4.275,1 71,0%

1.367,5 22,7%

375,0 6,2%

6.017,6 100%

Investissements (2007)*

983,6 75,9%

260,1 20,1%

52,9 4,1%

1.296,6 100%

Emploi (2006)**

63.688 71,4%

21.231 23,8%

4.315 4,8%

89.234 100%

Nbre établissements (2006)**

3.852 65,9%

1.625 27,8%

372 6,4%

5.849 100%

(*) Estimations - Les données du dernier trimestre 2007 sont encore provisoires. (**) Situation au 31 décembre 2006

Sources : Conseil central de l’économie sur base TVA, ICN, BNB, ONSS, INS

119 R a p p o r t U WE 2008


Etudes sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

L’industrie alimentaire dans le monde industriel wallon Part de la valeur ajoutée de l’industrie alimentaire wallonne dans les industries manufacturières wallonnes en 2006 Source : CCE sur base INC

Caoutchouc, plastiques 2,9%

Travail du bois 2,1%

Textile et habillement 1,3%

Autres industries manufacturières 3,8%

Matériel de transport 3,5%

Industrie chimique 23,8%

Equipements électriques, électroniques et communication 5,7%

Papier, édition, imprimerie 6,8%

Métallurgie et travail des métaux 17,4% Fabrication de machines et équipements 7,9%

Produits minéraux non métalliques 11,7%

Industrie alimentaire 13,0%

Les principaux secteurs de l’industrie alimentaire wallonne Les principaux secteurs de l’industrie alimentaire wallonne selon le nombre de personnes occupées au 31 décembre 2006 Source : CCE sur base des statistiques du commerce extérieur selon le concept national de la BNB

Meuneries, amylacés, pâtes 2,6%

Aliments pour animaux 1,3%

Toréfaction café, thé 1,2%

Alcools, cidres… 0,6% Autres industries alimentaires 3,8%

Biscuiteries 3,3%

Boulangeries, pâtisseries 33,0%

Industrie sucrière 3,4% Brasseries, malteries 6,4% Eaux et limonades Industrie laitière 6,6% 8,1%

120 Rapport UWE 2008

Industrie des fruits, légumes, pommes de terre 8,5%

Abattage, prépations de viandes 12,2% Chocolaterie, confiserie 8,9%


M O N O G R A P H I E S S E C TO R I E L L E S

Section rédigée par la FIV, la fédération de l’industrie verrière

L’industrie du verre Evolution et caractéristiques du secteur Un secteur très exposé à la concurrence qui continue à investir beaucoup L’activité verrière belge représente aujourd’hui :  ± 8.900 personnes (chiffre 2007)  près de 1,4 million de tonnes de verre fondu (chiffre 2007)  un chiffre d’affaires de 2,5 milliards d’euros (chiffre 2006, Centrale des Bilans)  et une valeur ajoutée de quelque 736 millions d’euros (chiffre 2006, comptabilité nationale). Son orientation exportatrice et l’importance de sa contribution à la balance commerciale de la Belgique sont des constantes dans l’industrie du verre. Multipliées par deux en vingt ans, ses exportations dégagent chaque année un solde positif important : il a atteint un record de 963 millions d’euros en 2007. Dans tous les autres pays européens, la production est quasi équivalente à la consommation de verre. En Belgique, il en va tout autrement : -

le secteur du verre plat y taille la part du lion alors que dans la plupart des autres pays, c’est le secteur du verre creux qui occupe la plus grande place ;

-

la production nationale a atteint plus du double de la consommation apparente (= production + importations - exportations) ;

-

la place que le secteur occupe dans le commerce extérieur (± 1%) est trois fois plus importante que celle qu’il occupe dans le produit national ou la population active (± 0,30%) ;

-

le marché est beaucoup plus ouvert que celui de ses concurrents directs : on importe un volume équivalent à 80% environ de la production belge.

Le verre figure dès lors parmi les secteurs les plus exposés à la concurrence. D’où l’absolue nécessité pour le secteur de rester compétitif par rapport à ses concurrents directs puisqu’il doit exporter un volume supérieur à sa propre production. La pression sur les prix est constante et, pour assurer sa survie, il lui faut innover sans cesse en mettant au point des produits à plus haute valeur ajoutée et en élargissant tant les usages que les applications du verre. Les investissements du secteur verrier sont historiquement hautement capitalistiques et très irréguliers (on ne construit pas et ne répare pas un float tous les ans !). Ils sont effectués en majeure partie par les grands groupes et sont toujours programmés de longue date. Les pics d’investissement du secteur au cours des dix dernières années se situent en 1997, 1998, 2002 et 2005. Le secteur a consacré, en moyenne, quelque 93 millions d’euros à ses investissements au cours des 10 dernières années soit, en moyenne, plus de 9.000 euros par personne occupée en moyenne et par an.

121 R a p p o r t U WE 2008


Etudes sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

Ces investissements représentent, en moyenne, 13% de sa valeur ajoutée et 4% en moyenne du chiffre d’affaires. Ils ont permis au secteur de se doter d’outils de production à la pointe du progrès et d’enregistrer les gains de productivité rendus indispensables par une concurrence qui n’a cessé de se renforcer. Couplés à un effort soutenu de recherche et de développement, ils ont également abouti à un élargissement sans précédent d’une gamme de produits de haute qualité répondant aux besoins les plus diversifiés dans un nombre de domaines de plus en plus larges. Les investissements du secteur sont majoritairement constitués d’investissements de remplacement tandis que l’on observe, depuis quelques années, une tendance à l’augmentation, des investissements en matière de protection de l’environnement. Les investissements verriers sont d’autre part financés pour une bonne partie par ses propres moyens et pour une part importante via les centres de coordination agréés (40% en moyenne au cours des exercices 2004, 2005 et 2006 ; première estimation 2007 : plus de 50%). Les exigences toujours plus nombreuses en matière de sécurité et de préservation de l’environnement pour les entreprises comme pour les particuliers, si elles représentent des investissements coûteux bien que rentables à moyen ou long terme, elles constituent aussi bien sûr des opportunités que tous les fabricants de produits verriers isolants et de sécurité n’ont pas manqué de saisir.

Un secteur important pour la Wallonie L’industrie verrière continue à faire partie des 20 secteurs d’activité dominants en Wallonie. Le secteur y dispose d’indices de spécialisation élevés pour la plupart des variables. La place qu’occupe la Wallonie dans le secteur verrier belge varie peu d’une année à l’autre. Elle va de 59% pour la valeur ajoutée à 91% pour le volume de verre fondu.

% moyen estimé

Production de verre fondu

Valeur ajoutée

Chiffre d’affaires

C’est d’autre part en Wallonie que se trouve la plus grosse

Wallonie

91

59

65

implantation verrière de verre plat au monde.

Flandre

9

30

27

Les performances à l’exportation du secteur verrier wallon ne

Bruxelles

0

11

8

100

100

100

sont plus à démontrer. Le float et les fibres de verre figurent

Total

toujours parmi les 10 produits les plus exportés de Wallonie. Le verre wallon est exporté dans plus de 130 pays. Si la France, l’Allemagne et les Pays-Bas se taillent toujours la part du lion, le verre wallon est aussi vendu aux Emirats Arabes (8e destination), en Turquie (10ème destination), au Brésil, à Taïwan, au Japon, en Afrique du Sud, en Inde…pour ne citer que quelques-unes parmi les destinations les plus importantes. Quelque 60% des exportations belges se font au départ de la Wallonie pour une valeur qui s’est élevée à plus d’un milliard d’euros pour les 9 premiers mois

2006 - Nombre d’établissements par catégorie d’emploi Catégories

Bruxelles

Flandre

Wallonie

Total

500 à 999

0

0

3

3

part importante à la balance commerciale du pays.

200 à 499

0

5

6

11

La Wallonie occupait encore 5.460 personnes en

< 200

7

65

32

104

2006 sur les 9.190 pour l’ensemble du pays, soit

Total

7

70

41

118

de 2007, soit 10% de plus que pour la même période de 2006. Le verre wallon contribue ainsi pour une

quelque 60% (les chiffres 2007 ne sont pas encore disponibles).

122 Rapport UWE 2008

Source : ONSS


M O N O G R A P H I E S S E C TO R I E L L E S

La Wallonie est également la seule région du pays à compter des établissements verriers de plus de 500 personnes. Le nombre d’établissements est supérieur en Flandre mais ils occupent, pour la plupart, un nombre de travailleurs inférieur à 200.

L’année 2007 Nouveau record à l’exportation Le climat économique qui s’était bien redressé dans l’industrie du verre depuis la fin de 2005 s’est assez fortement détérioré depuis le printemps 2007. La tendance de la courbe de conjoncture était inscrite à la hausse depuis le dernier trimestre 2005 pour décoller et atteindre des valeurs positives et en quasi constante augmentation jusqu’à mai 2007où elle atteignait une valeur d’environ 15 points, la plus haute depuis 2003. On restait toutefois encore en dessous du maximum historique de 20 points atteint en l’an 2000. Fin 2007, le niveau de la courbe était négatif et équivalent à celui du début du 3e trimestre de 2006 Les exportations verrières, vitales pour le secteur qui, pour rappel, exporte un volume supérieur à sa propre production, ont atteint un nouveau plafond historique de 2,5 milliards d’euros, malgré un volume production

Les chiffres clés du secteur

en diminution de quelque 5% par rapport à 2006. Quant à l’emploi, il n’augmente plus depuis plusieurs années en raison notamment d’un taux de rentabilité restant largement insuffisant au cours des dix dernières années. Ce taux n’a été égal ou supérieur à 5% que 4 fois dans l’ensemble du secteur verrier au cours des dix dernières années : 1996,1999, 2001 et 2002. La rentabilité du secteur pour 2006 est de -1,9%.

Rentabilité nette des fonds propres après impôts 20%

Production (milliers de tonnes) Chiffre d’affaires (millions d’euros) Exportations totales (millions d’euros) Importations totales (millions d’euros) Balance commerciale (millions d’euros) Emploi Valeur ajoutée (millions d’euros)

Verre DE261

2005

2006

2007

% 07/06

1.441

1.439

1.372

-4,66

2.260

2.560

nc

nc

2.188

2.316

2.476

6,91

1.394

1.433

1.513

5,58

794

883

963

9,06

9.512

9.199

8.896

-3,29

726

736

nc

nc

15%

10%

5%

0% 1997

1998

1999

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

-5%

-10%

123 R a p p o r t U WE 2008


Etudes sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

Une analyse par secteur indique que celui du secteur dit des «autres

Répartition de la production verrière par secteurs en 2007 21%

produits» a à nouveau réalisé de belles performances. Le tonnage de verre fondu y est toutefois resté en deçà du record historique de 2006. La part de ce secteur dans la production verrière totale reste fixée à quelque

12% 67%

21% comme en 2006. Le redressement déjà perceptible dans

Verre plat

Verre creux

Autres produits

le secteur du verre creux depuis 2005 s’est quant à lui confirmé : la quantité de verre domestique et d’emballage issu des fours de fusion atteint quelque 171.000 tonnes en 2007 soit quelque 50% de plus qu’en l’an 2000. Sa part dans le total de la production verrière passe ainsi de quelque 8% en 2000 à un peu plus de 12% en 2007. En l’absence de données récentes relatives aux investissements, les résultats de l’enquête de la Banque Nationale sur l’évolution de ces derniers fournissent heureusement d’intéressantes indications : s’ils ont été inférieurs en 2006 par rapport à 2005, ils devraient repartir fortement à la hausse en 2007. Pour ce qui est de l’avenir du secteur, très exposé à la concurrence internationale, les entreprises verrières se montrent inquiètes de l’augmentation des prix de l’énergie et des coûts salariaux ainsi que de la dimension «carbone» qui devient de plus en plus contraignante pour la bonne poursuite de leurs activités. Pour la seconde période 2008-2012 de l’Emission Trading, les entreprises ont ainsi vu leur allocation de CO 2 réduite de 8,3% par rapport à la première allocation retenue par le Gouvernement wallon. Cela signifie pour le secteur verrier wallon une réduction de 130.000 tonnes par an, ce qui, avec un prix de 25€/tonne CO2 équivaut à un surcoût de 3,3 millions d’euros par an. Or, les allocations du premier plan avaient été calculées de manière précise, en tenant compte des prévisions de production et des objectifs découlant de l’accord de branche «énergie et CO 2» que la FIV avait signé le 7 juin 2004 avec le Gouvernement wallon. Une réduction linéaire et arbitraire de la quantité de quotas telle que décidée dans le second plan est donc contraire à l’esprit des accords de branche et ne manquera pas d’avoir une influence négative sur les activités des entreprises wallonnes. Pour la troisième période 2013-2020 de l’Emission Trading, la proposition de directive avancée par la Commission Européenne est encore plus préoccupante. Les entreprises vont devoir acheter leurs quotas de CO2 via une mise aux enchères graduelle (de 20% en 2013 à 100% en 2020) ce qui aura un impact non négligeable sur les coûts de production, et ce faisant sur leur position concurrentielle vis-à-vis des entreprises opérant dans des pays où la contrainte carbone est inexistante. Cette mise aux enchères représente au niveau européen un transfert de 2 milliards d’euros des entreprises vers les gouvernements, ce qui ne sera pas sans conséquence sur le niveau d’activité et l’emploi en Europe. Les verriers disposent toutefois de trois excellents atouts : leur capacité d’innovation, leurs efforts dans la formation du personnel dans le centre de compétence CEFOVERRE qui bénéficie de subsides importants du Feder, et leur capacité de recherche et d’innovation : verre easy clean, vitrage de contrôle solaire, verre antibactérien, verre avec LED incorporé, miroir écologique, fibre de verre de nouvelle génération…. La demande comme les carnets de commandes semblent orientés à la hausse début 2008 et la durée d’activité assurée tourne autour de 4 mois pour l’ensemble du secteur. ||

124 Rapport UWE 2008


M O N O G R A P H I E S S E C TO R I E L L E S

Section rédigée par le Groupement de la Sidérurgie

Le secteur sidérurgique en 2007 5e année consécutive de hausse supérieure à 7,5% La production mondiale d’acier brut en 2007 a augmenté de près

MT

2007 / 2006 2007 / 1998

de 8% à 1.344 millions de tonnes. Cette nouvelle forte progression

UE27

210

1%

10%

reflète l’importance des besoins d’acier principalement dans les pays

Chine

489

16%

327%

émergents. Avec 489 millions de tonnes produites, la Chine a largement

Japon

120

3%

29%

consolidé sa place de numéro 1 mondial tant en production qu’en

USA

98

0%

-1%

consommation. De fortes croissances ont également été enregistrées

Russie

72

2%

65%

en Inde, Russie, Turquie, au Brésil ainsi qu’au Moyen-Orient. La part

Inde

53

7%

126%

des pays BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) est ainsi passée de 30% de la

Corée du sud

51

6%

29%

production mondiale en 2000 à 48% l’année dernière.

Brésil

34

9%

31%

Monde

1.344

8%

73%

Plus de 31% de la production mondiale, soit plus de 420 millions de tonnes, a été réalisée dans des fours à arc électriques au départ de

ferrailles récupérées mettant ainsi en exergue le caractère recyclable de l’acier. Ce procédé, plus économe en émissions CO 2, est toutefois limité par le manque de disponibilité de ferrailles, principalement dans les pays émergents. A titre de comparaison, la part de l’acier brut produite par la filière électrique est de 40% en UE27 mais de 22% seulement en Asie et même de 11% en Chine. La demande de minerais est d’autant plus forte du fait que les pays en forte croissance produisent principalement via la filière hauts fourneaux / aciérie à oxygène. L’année dernière, la production d’acier brut s’est élevée à 10,7 millions de tonnes en Belgique dont 5,5 millions en Wallonie. Le recul de 5,5% sur un an est imputable essentiellement aux travaux de rénovation du haut fourneau à Charleroi. Par ailleurs, les préparatifs nécessaires à la relance – effective en février 2008 – du haut fourneau à Seraing ont eu lieu. D’autres investissements importants, portant tant sur l’amélioration des procédés de production que sur la protection de l’environnement, ont été réalisés l’année dernière en Wallonie. Enfin, il convient également de souligner les études en cours, portant sur des projets liés à la sécurisation de l’approvisionnement énergétique des entreprises ainsi que sur des réaffectations de terrains industriels après réhabilitation.

Concentration et globalisation Le secteur sidérurgique reste encore relativement peu concentré au niveau mondial. En 2007, la part des dix plus grands producteurs s’élevait à 27% de la production totale (22% en 1997), soit des niveaux largement inférieurs à des secteurs tels les minerais, l’automobile ou l’électroménager. La montée en puissance de la Chine se manifeste aussi par la présence de quatre acteurs dans le Top 10 pour aucun il y a 10 ans. La globalisation s’est encore intensifiée avec plus de 350 millions de tonnes traversant les frontières. La Chine, traditionnellement importatrice de produits sidérurgiques, est devenue depuis deux ans exportatrice nette. Ses expéditions à destination de l’UE27 ont ainsi progressé de 1,1 millions de tonnes de produits finis en 2005 à 9,5 millions de tonnes en 2007 (+740%). En conséquence, le déficit de la balance des échanges d’acier de l’UE27 s’est accentué en 2007 pour atteindre 9,4 millions de tonnes de produits finis.

125 R a p p o r t U WE 2008


Etudes sur la situation de l’Entreprise

Edition 2008

Région particulièrement ouverte – il n’y a pas de droits de douanes à l’importation de produits sidérurgiques en UE –, les producteurs d’acier ont alerté les autorités européennes afin que les règles en vigueur au sein de l’OMC soient respectées par tous évitant ainsi des distorsions de concurrence au détriment des sidérurgies localisées en Europe.

La demande d’acier est restée soutenue en 2007 La consommation d’acier en 2007 a progressé de 6,6% au niveau mondial et de plus de 13% dans les pays BRIC, particulièrement dynamisés par leurs énormes besoins en infrastructures. En UE27, la demande d’acier est restée, sur sa lancée de 2006, bien orientée durant le premier semestre avant de ralentir en fin d’année. Un retournement conjoncturel est intervenu vers le milieu de l’année avec des fondamentaux restant toutefois bien orientés à des niveaux d’activité robustes. Globalement sur l’année, la consommation a progressé de 3,4% en UE27 et de 2,1% en UE15. Malgré une conjoncture mondiale empreinte de nombreuses menaces et incertitudes, 2008 devrait être une année positive pour le secteur sidérurgique. ||

126 Rapport UWE 2008


La rédaction de ce rapport a été achevée le 16 juin 2008.

Pour toute information complémentaire, vous pouvez contacter Vincent REUTER, Administrateur Délégué de l’UWE : Tél. 010/47.19.40 Courriel : vincent.reuter@uwe.be


Ce rapport peut être consulté ou téléchargé sur w w w.uwe.be (rubrique «Publications > Etudes»)

Chaque année en juin, l’Union Wallonne des Entreprises publie ses «ETUDES SUR LA SITUATION DE L’ENTREPRISE». L’édition 2008 prend comme thème l’espace dédié à l’implantation de l’activité économique en Wallonie. L’UWE y propose un ensemble de recommandations pour que le développement territorial concoure au redéploiement économique de notre Région. Dans une deuxième partie sont proposées des monographies sectorielles qui procurent une bonne vision du tissu économique wallon. L’UWE est une organisation privée qui constitue auprès des instances officielles (gouvernementales, syndicales, administratives) le porte-parole des entreprises implantées en Wallonie. Alimentée financièrement par les cotisations de ses quelque 6.000 membres et des 18 fédérations sectorielles avec lesquelles elle a signé un accord d’affiliation, l’UWE dispose d’un staff permanent basé à Wavre. Importante source d’informations sur l’économie et les entreprises, l’UWE anime plusieurs sites internet, publie un magazine (DYNAMISME) et effectue de nombreuses études et enquêtes.

Union Wallonne des Entreprises , a s b l Chemin du Stockoy 3 - 1300 Wavre Tél. 010/47.19.40 - Fax : 010/45.33.43 info@uwe.be

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Etudes sur la situation de l'entreprise  

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