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un gratuit qui se lit

N°48 - du 18/01/12 au 15/02/12

2012 en créations


Politique culturelle La Cité – Maison du théâtre, Palais Longchamp La TVA sur le prix du livre, Ballet d’Europe Culture et social, Culture du cœur Musée départemental Arles antique, Le Massalia Théâtre Durance, Région en scène Le GMEM, le MuCEM Scènes d’hiver Avignon, Bis Nantes

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Chroniques Théâtre Les Bernardines, Le Merlan, Cavaillon, La Criée, le Lenche Théâtre du Petit matin, La Friche Scènes et Cinés, Avignon, le Toursky, Aubagne, le Jeu de Paume Avignon, Cavaillon, Toulon

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Chroniques Danse Grasse, La Parenthèse, Pavillon Noir, le Merlan, Cavaillon, Draguignan, Ollioules Monaco, Var

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Chroniques Cabaret/Arts de la rue Arles, le Merlan, le Gymnase Cité des arts de la rue, Sirène

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Chroniques Jeune Public Toulon, Cavaillon, Velaux, Massalia

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Au programme Théâtre Danse Danse/Cirque/Arts de la rue Jeune public Musique Arts visuels Les Ateliers de l’Euroméditerranée Rencontres, sciences et techniques Cinéma

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Chroniques Musique Lyrique Symphonique, récitals Actuelle, flamenco, jazz

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Cinéma Court, La Buzine El Gusto

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Arts visuels La Maison de la création Istres, Miramas, Avignon Images en manœuvre, Toulon

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Livres/CD/DVD Musique Arts visuels Arts visuels, jeunesse Jeunesse Littérature Rencontres avec Sofiane Hadjadj

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Histoire MuCEM, Montmajour Echange et diffusion des savoirs

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Philosophie Prométhée La domination masculine

Ah ! Ah ! Ah ! Comment ? Nous voici donc privés de cette première lettre, d’une des trois du moins, et propulsés subséquemment vers une infinie et mortifère fin du monde ! Non ? Voyons, soyez-en sûrs, on peut s’en dépouiller, on peut même l’ignorer superbement, cette lettre : comme Perec le fit pour le «e» j’obstrue d’un bout de scotch le premier bouton de mon pupitre, et vous écris complètement dépossédée (ou presque ; il nous en reste deux, dont je compte me servir…) de ce triple truc dont on nous remplit les têtes, les peurs et les oreilles. Expliquez-moi donc… en quoi cette note, qui doit permettre d’emprunter, est-elle essentielle lorsque nous devrions justement réduire notre dette ? Vous souciez-vous de l’évolution des coûts du crédit lorsque vous remboursez et n’empruntez plus ? Ou bien nos politiques ont-ils peur pour les entreprises, plutôt que pour nos comptes publics ? Quoi qu’il en soit cette RGPP, qui nous prive de tout y compris de nos lettres, (Révision Générale des Politiques Publiques, qui en plus dépense 50% du solde de cet édito), s’exerce en 2012 sur notre DRAC PACA (triple A, joker !) : le ministère l’enjoint d’économiser 400 000€ sur les cies (sigle commode !) qu’elle subventionne. Qui seront les victimes ? Et quels reproches trouveront-ils pour justifier les coupes ? Le suspense reste entier, et insondé, tout comme l’espoir de nos esthètes, qui ce mois-ci nous ont concocté nombre de nouvelles surprises. Hubert Colas (solde épuisé !), F. Dimech (je triche), R. Lay et C. Marnas (triple A, joker !), M. Godinho, Alain Béhar (joker), R. Hayrabédian (joker), S. Triger, Miguel Nosibor, même Pietragalla (joker), et puis GéGé du Chêne Noir (c’est limite OK, désolée monsieur le directeur…) proposent leurs opus tout neufs. Leçons de vie, puisque le pouvoir de créer, de résister, de rire en dépit des peurs, et de tout reconstruire, reste, définitivement, celui des citoyens. AGNÈS FRESCHEL

(celui-ci, puisque je n’y puis rien depuis longtemps, ne compte point)

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Sciences et techniques Le Palais Longchamp

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Adhérents

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RetrouveZ nos éditions précédentes sur www.journalzibeline.fr


04 POLITIQUE CULTURELLE PALAIS LONGCHAMP | LA CITÉ MAISON DU THÉÂTRE

L’eau, l’art et l’or

«Nous serons prêts, sur les lieux que nous demande Marseille Provence 2013 : le J1 sur le Port, la Friche, le musée d’histoire, le Palais Longchamp, le musée Borely, le MuCEM aussi qui relève de la responsabilité de l’État, tout ceci sera prêt, à l’heure, nous pouvons l’affirmer à présent.» C’est ainsi que s’exprimait Daniel Hermann lors de la visite du futur Pôle muséal Longchamp en compagnie de Renaud Muselier, qui réaffirma quant à lui la séparation nette entre «le contenant et le contexte», dont il s’occupe (entendez les bâtiments, les transports et les structures d’accueil) et «le contenu», c’est-àdire la programmation artistique, qui n’est pas de son ressort, et que MP2013 va dévoiler le 19 janvier ! Que se passera-t-il à Longchamp, monument historique, palais de l’eau qui a vécu un état de décrépitude indigne (voir p 78) ? La rénovation des façades est achevée, celle des fontaines et des espaces intérieurs du musée des Beaux-Arts sont en bonne voie, ainsi les «fabriques orientalistes» de l’ancien zoo, cages qui accueilleront des animaux virtuels, un zoo artistique, à partir de 2013… Quant au Musée des Beaux-Arts, qui possède un fonds splendide que plus personne n’a vu depuis des années, il accueillera la grande exposition De Van Gogh à Bonnard qui devrait attirer de très nombreux visiteurs : 800 pourront simultanément visiter l’exposition, c’est-à-dire les 1350 m2 dévolus aux expositions d’un musée de 2200 m2 en tout, doté d’une magnifique verrière zénithale -occultée jusqu’alors par un faux plafond ! «Par-delà le musée, c’est la totalité des espaces qui

© Ville de Marseille

retrouveront leur beauté, les fontaines, les fresques, le péristyle, les escaliers… Le jardin est idéalement situé dans un quartier aujourd’hui parfaitement desservi par le tramway, et tout cela est mis au service du citoyen marseillais, au-delà de 2013.» Des travaux qui, pour l’ensemble du Pôle Longchamp (hors le Museum et l’Observatoire, qui ne seront hélas restaurés qu’après 2013, la culture scientifique restant comme ailleurs le parent pauvre de la politique culturelle marseillaise) s’élèveraient à 18 Md’€, essentiellement pris en charge par la Ville, aidée par l’État, mais aussi par un fonds privé pour le

Écrire le réel Depuis 10 ans, Michel André et Florence Lloret, à La Cité-Maison de Théâtre et ailleurs, proposent des créations qui entretiennent un rapport de proximité immédiate avec le quotidien contemporain, fondé sur des témoignages, des récits autobiographiques, des expériences sociales et éducatives. Un travail partagé, à La Cité, avec plusieurs groupes d’amateurs, scolaires, adolescents et adultes, dans une pratique du théâtre qui ne sépare pas l’écrit du jeu. Aujourd’hui Michel André lance une Biennale des Écritures du réel

Zibeline : Qu’entendez-vous par «écriture du réel» ? Michel André : Ce sont les écritures qui travaillent avec des matières brutes de vécu, des sujets de vie, qui partent d’une sorte d’Alphabet des oubliés comme l’écrit Patrick Laupin dans le spectacle que Florence Lloret met en scène avec des enfants. Une écriture sociale, alors ? Oui, mais pas uniquement : une écriture de la relation. Bien sûr il est question dans cette programmation des classes populaires, des Roms, de la crise, du travail, des analphabètes… Mais cela ne suffit pas à définir une écriture du réel : nous voulons sortir de la maitrise totale de l’œuvre par l’artiste, de l’auteur qui écrit tout seul sa pièce, pour aller vers une écriture collective, ou une écriture inspirée très directement du territoire dont elle parle, par des enquêtes, des

ateliers d’écriture. Une écriture qui garde visible ces traces, et l’expérience de la rencontre. N’est-ce pas ce qu’on appelle du théâtre documentaire ? Pas exactement. Le théâtre documentaire s’attache essentiellement aux archives. Personnellement, je préfère travailler sur des écritures en création, mêler le travail professionnel avec celui des amateurs pour des créations partagées qui établissent d’irremplaçables relations avec les habitants. Et puis entrer en dialogue avec la fiction. Dans écrire le réel il y a aussi écrire, qui n’est pas simplement rapporter. Cette biennale sera donc essentiellement composée d’écritures dramatiques ? De textes oui, mais aussi de films, de travaux plastiques, de photos, et de slam. Il y aura aussi des philosophes et des penseurs, comme Bernard Stiegler. Il s’agit de fédérer ceux qui veulent travailler dans ce sens. Pensez-vous que cette volonté d’écrire le réel représente un nouveau courant esthétique ? C’est une démarche dans laquelle beaucoup d’artistes semblent s’engager aujourd’hui. En tous les cas les lieux intéressés par l’aventure sont nombreux à Marseille : des théâtres (la Minoterie, le Merlan, les Bernardines, le Massalia, les Bancs Publics, la Gare Franche, le Gyptis ndlr), mais aussi Le Polygone étoilé, la Marelle, Le Point de Bascule, les Archives

patrimoine (voir Zib’ 47) : ainsi EDF, qui est aussi un des nouveaux partenaires de MP2013, et Suez environnement, pour les fontaines, et les cages virtuelles. Un moyen pour Suez de rappeler sa présence à Marseille, au moment où va s’ouvrir un Forum de l’eau (voir p 78) plutôt piloté par Véolia ? AGNÈS FRESCHEL

www.marseille.fr

Départementales et le Mucem, de nombreux établissements scolaires et centres sociaux, l’École de la 2e Chance. Et puis on s’étend à Avignon et à Cavaillon (scène nationale, les Doms, Les Halles ndlr), et même à Paris. Quelles sont vos relations avec l’année capitale ? La Biennale aura lieu en 2012 puis en 2014 ! La Cité a un projet labellisé 2013, mais nous inscrivons cette biennale dans un temps que nous espérons pérenne, et qui n’est pas lié à la Capitale européenne. Avec quels financements ? La programmation de la première édition, soit une vingtaine de spectacles, des tables rondes, des expositions, lectures, ateliers, rencontres… n’est évidemment pas produite par le théâtre de la Cité ! Nous fédérons les propositions de chacun, et produisons nos propres propositions. La Minoterie d’ailleurs coproduit notre Alphabet des oubliés. Nous avons pour l’ensemble de la Biennale obtenu des financements spécifiques de la Région Paca (30 000 €) de la Ville de Marseille (6000 €) et le mécénat de la Fondation de France (30 000 €). Pour le CG 13, le montant n’est pas encore arrêté ! PROPOS RECUEILLIS PAR AGNÈS FRESCHEL

La première édition de la Biennale des Écritures du réel aura lieu du 14 mars au 7 avril www.maisondetheatre.com


BALLET D’EUROPE | LA TVA SUR LE PRIX DU LIVRE

L’alarme résonne toujours

la Librairie Française (SLF). Si cela ne remet pas en cause la loi Lang -qui a instauré le prix unique du livre en France, fixé par les éditeurs et pratiqué dans toutes les librairies, qu’elles soient indépendantes ou appartenant à une chaîne-, elle est néanmoins «en contradiction avec la reconnaissance et le statut particulier dont le livre a bénéficié jusqu’à présent» selon le SLF. À savoir le soutien à la chaîne du livre, et plus particulièrement au tissu des librairies en France, qui ne sont pas des commerçants comme les autres, ont une mission de conseil et de passeurs de culture qui ressemble à un service public. Mais chacun semble se préoccuper davantage des restaurateurs, à croire que la disparition progressive des disquaires n’a pas marqué les esprits…

Confirmé en séance plénière par l’Assemblée nationale le 21 décembre, le relèvement de la TVA à 7% entrera en vigueur, pour la filière livre (et aussi sur les spectacles, les places de cinéma ou encore les entrées de musée), le 1er avril. La très forte mobilisation des libraires a en effet permis d’obtenir le délai de trois mois de l’entrée an vigueur de cette mesure (voir Zib 47), un délai qui «doit être mis à profit pour s’assurer qu’un maximum d’éditeurs tiennent compte de cette hausse de la TVA dans leur politique de prix, conformément au principe de neutralité de la TVA pour les acteurs économiques, mais aussi pour mettre à jour les bases de données en librairie, déterminer le statut fiscal des retours et mettre en place une information à destination des clients des librairies sur les écarts entre les prix imprimés et ceux en vigueur» rappelle le Syndicat de

À suivre… «Alors que les difficultés structurelles rencontrées ces dernières années par la librairie tendent à s’accentuer, Frédéric Mitterrand a décidé d’engager une nouvelle étape dans la stratégie de soutien développée dans les pouvoirs publics.» Voilà donc lancée, par le ministère de la Culture, une mission sur l’avenir de la librairie, confiée à Bruno Parent, inspecteur général des finances, Marc Sanson, Conseiller d’État, Matthieu de Montchalin et Colette Kerber, libraires (respectivement à la librairie l’Armitière à Rouen et

POLITIQUE CULTURELLE 05

à la librairie Les Cahiers de Colette à Paris), Teresa Cremisi, éditeur (Flammarion) et Alexandre Jardin, écrivain. Elle «examinera notamment les questions de l’accès au financement de ces commerces, de l’amélioration de leurs marges et de l’allocation la plus efficace des aides publiques […] Elle étudiera les conditions d’un maintien d’une offre de libraires dense et diversifiée sur le territoire et les facteurs de réussite des libraires face au développement des nouveaux modes de distribution des livres» Un chantier à suivre tout au long du trimestre, et dont nous rendrons compte. DO.M.

À Barjols, la Zone d’Intérêt Poétique (ZIP) des éditions Plaine Page entre en résistance le 28 janvier par le biais de la revue Art-matin, gazette poétique et sociale, qui consacre son n°3 au sujet. Et pour l’accompagner, la ZIP organise, le jour même, des lectures des pages par leurs auteurs, la lecture bilingue d’Alberto Valdivia-Baselli, poète et auteur péruvien, et une exposition des œuvres originales spéciales TVA du 28 jan au 10 fév. 04 94 72 54 81 www.plainepage.com

Le paquebot blanc C’est sous le signe de l’énergie, du mouvement et de la vie que Jean-Charles Gil lance son Paquebot blanc à la mer, actant ainsi la première phase de travaux : «Il y a le Pavillon Noir, et aujourd’hui le Paquebot blanc. C’est un nom cohérent par rapport à ce que je ressens : tout peut évoquer le voyage…» Et tout peut s’ouvrir aux autres : «Je crée une danse accessible à tous, mais pas facile, qui s’appuie sur la technique classique pour mieux la dépasser, la transcender (…) Si on a une équipe vivante pour une danse vivante, il est important d’avoir un lieu de travail vivant.» Ce qui, dans un premier temps, signifie que le public peut découvrir les nouveaux aménagements à l’occasion d’actions de sensibilisations, de journées portes ouvertes, de week-ends danse et de rencontres intimes. Les travaux de mise en conformité se sont concentrés sur le premier étage qui dispose désormais d’un hall d’accueil, d’un espace bar et d’un studio de répétition pouvant accueillir 250 personnes grâce à des gradins modulables. À plus long terme il est question d’optimiser les 1000 m2 de surface totale de l’ancienne usine : une seconde phase de réhabilitation est prévue avec, notamment, des espaces de travail pour accueillir des artistes en résidence. Pour l’heure l’immense studio lumineux bruisse d’une intense activité car la troupe est mobilisée

H2O © Agnès Mellon

Installé depuis quatre ans dans une ancienne centrale électrique à Allauch, le Ballet d’Europe ouvre aujourd’hui les portes de son studio au public. Tout un symbole !

par le projet H2O / Mémoires de l’eau qui fera l’ouverture, le 12 mars, du 6e Forum mondial de l’eau à Marseille. Près de 1200 participants le découvriront en avant-première avant la création en 2013 labellisée Marseille Provence - Capitale européenne de la culture. Un travail artistique mené depuis deux ans avec l’Institut français de Tanger/ Tétouan qui associe des danseurs du Ballet et des breakers de Tanger, notamment SisQo qui partageait l’affiche du duo Udor Polimatès / Eau savante avec Jean-Philippe Bayle. Jean-Charles Gil poursuit donc l’aventure en créant une «nouvelle unité symbolisée par l’eau» née de ses réflexions sur la

mémoire et le mystère de l’eau, sa puissance mystique, sa fluidité et sa mobilité. Le travail chorégraphique est épuré, entre danse au sol et verticalité, pour donner à voir la combinaison des matières (hydrogène, oxygène) et des cultures dans une vision jaillissante. Tout est lié, comme l’eau qui nous entraine dans une histoire, un voyage. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI

Ballet d’Europe 04 96 13 01 12 www.balletdeurope.org


06 POLITIQUE CULTURELLE CULTURES DU CŒUR

À l’occasion de son 10e anniversaire, Cultures du cœur 13 a tenu des Assises professionnelles du Dialogue Culturel et Social aux Archives départementales de Marseille. Une journée fructueuse d’ateliers et d’échanges, qui a soulevé bien des questions… Il est rare de les voir assis aux mêmes bancs que les médiateurs culturels, mais les travailleurs sociaux font un constat qui les rassure : la «sortie culturelle» est un facteur d’intégration irremplaçable, et favorise indéniablement la réintégration sociale des «publics fragilisés» ! Cette vertu bienfaitrice conforte donc les efforts de «démocratisation» des professionnels de la culture. D’ailleurs aujourd’hui chacun semble souhaiter que les publics soient plus nombreux, plus impliqués dans la fabrique même du «culturel», et ses pratiques. Encore faudrait-il s’entendre sur les concepts premiers, et faire une analyse historique exacte. Ce qui ne fut pas toujours le cas lors de cette journée, par ailleurs réjouissante (voir encadré).

Accès ou partage ? Qu’est-ce que la culture, tout d’abord ? Visiblement les divers intervenants ne parlaient pas de la même chose ! Si certains voulaient «donner les clefs pour accéder aux grandes œuvres et aux lieux intimidants», d’autres parlaient de partager la culture de chacun, de rendre les citoyens actifs, affirmant que personne n’est éloigné de la culture, parce que tout le monde en a une. Ce qui est vrai, mais relève d’une autre acception du mot culture : de fait, si la Directrice des Archives Départementales se réjouit à juste titre qu’il soit enfin question des Harkis dans ses murs (grâce à une exposition remarquable ! voir Zib’ 45), renvoyer chacun à «sa» culture n’est pas sans danger, et fabrique peu d’en-commun. Quant aux œuvres d’art et de l’esprit, de quelque provenance qu’elles soient, elles sont difficilement abordables sans explications, ce que les médiateurs savent bien, et qu’ils s’attachent à proposer. Tout en faisant des choix sur ce qu’ils proposent, choix qui ne sont pas sans conséquence dans le monde culturel, qualifié de nombreuses fois, au cours de cette journée, d’«élitiste».

Du prétendu élitisme Si une grande partie de la population française ne va pas régulièrement au restau, ou à l’hôtel, on ne dira pas que c’est parce qu’ils sont élitistes, mais parce qu’ils sont chers. Quel est donc ce reproche d’élitisme, que l’on fait aux artistes et intellectuels ? Certains restent hermétiques, compliquent l’accès à leurs œuvres, et aiment les portes étroites, mais la plupart d’entre eux rêvent d’être compris, lus, vus, entendus par le plus grand nombre ! Et s’il est encore des cérémonials désastreux, dans la musique classique en particulier, les lieux culturels ne sont matériellement pas plus difficiles d’accès que les stades de foot, les codes plutôt plus simples qu’au rugby ou à l’église, nettement moins séparateurs qu’à la mosquée, et les places moins chères qu’à un stand up dans un quelconque Zénith. L’élitisme n’est clairement ni dans les prix (du moins dans notre région), ni dans la pratique d’une ségrégation sociale par les acteurs culturels. Le fait que les lieux culturels ne soient fréquentés que par un faible pourcentage de la population (en

accroissement constant cependant, ce qui signe plutôt une réussite, certes relative, de la démocratisation culturelle…) n’est pas dû non plus, de nos jours, aux thèmes que les artistes et les intellectuels abordent : si les histoires des riches et des princes s’étalent sur les journaux «people», il est plutôt question, sur les scènes, les écrans et dans les conférences, des difficultés sociales, des relations économiques, des opprimés de l’histoire, des contes qui traversent tous les imaginaires, de nos corps, de nos psychés, de nos représentations communes. Les bourgeois sont plus que jamais brocardés sur les planches, sans parler des spéculateurs… Pourquoi donc le peuple, qui est représenté sur les scènes, ne vient-il pas dans les salles ? C’est qu’il y souffre toujours le même malaise, qui demeure la plus douloureuse des ségrégations symboliques : ne pas comprendre ce que les autres partagent, demeurer à la porte du sens parce que l’on ne possède pas les prérequis nécessaires à la compréhension d’une œuvre, voir que les autres rient ou applaudissent ou apprécient des allusions qui nous échappent,

est une frustration que l’on n’accepte qu’en pays étranger, et qui dans sa propre langue, ou culture, devient vite une humiliation.

Simplifier ? Faut-il pour autant renoncer aux œuvres complexes et, pour mettre l’art, la philosophie et les sciences à portée immédiate de tous, concevoir des œuvres simples et formatées ? Si personne ne semble, sérieusement, prôner cela, la tentation affleure dans certains discours. Lors des assises de Cultures du Cœur le président de Banlieues d’Europe, Jean Hurstel, appelait de ses vœux une culture plus proche des habitants des cités ouvrières, montrant pour exemple des parades et des carnavals populaires, racontant comment il avait très tôt renoncé à attirer les ouvriers vers Shakespeare. Ulrich Fuchs, Directeur général adjoint de Marseille Provence 2013, prônait quant à lui le tour de passe-passe, en concevant un itinéraire visant à attirer le plus grand nombre de façon ludique, pour pimenter ensuite leur parcours d’œuvres contemporaines… Autant de

La culture Entre deux rives Si Cultures du Cœur est une association nationale présente dans 47 départements, Cultures du Cœur 13, qui fêtait en novembre son dixième anniversaire, est particulièrement active. Avec ses trois centres (Marseille, Aix et Arles) elle défend un droit fondamental et propose, pour un «accès égal de tous, tout au long de la vie, à la culture», des invitations (offertes par les théâtres, les musées…) et un accompagnement aux publics «en précarité». Comprenez aux pauvres, bénéficiaires des minimas sociaux, souvent décrochés de toute activité sociale, voire de toute relation humaine. Les bénéficiaires repérés et envoyés par des foyers, centres sociaux, centres de réinsertion et d’hébergement d’urgence… reçoivent un accompagnement particulièrement intelligent, et les groupes, peu nombreux, s’intègrent sans difficulté aux publics habituels. Ainsi, en 2011, 12 000 sorties culturelles ont eu lieu grâce à l’entremise de Cultures du Cœur 13. Une goutte d’eau pour la démocratisation culturelle, mais une œuvre colossale si l’on songe à ce que chacun a pu y vivre, et y gagner. L’association, qui est subventionnée par les collectivités territoriales, et en particulier par la

région PACA, au titre de son action culturelle et/ou de la politique de la ville, compte quelques employés mais surtout des bénévoles. Elle est également «pôle de formation pour l’accès à la culture» et travaille à rapprocher professionnels des secteurs sociaux et culturels afin que les propositions faites aux personnes «en situation de précarité» correspondent à leurs besoins, et soient correctement médiatisées. Ainsi les 6 et 7 fév un stage conventionné (280 €, finançables par les OPCA) s’adressant aux médiateurs culturels et relations publiques permettra d’élaborer «une problématique sociale au cœur du projet culturel» en s’interrogeant sur la sociologie de la culture, et en apprenant à connaître le secteur social. Deux autres stages en mars et avril, finançables également par les organismes collecteurs, s’adresseront plutôt aux travailleurs sociaux pour leur permettre de «faire découvrir l’art et la culture» ou d’«élaborer un projet culturel au sein d’une structure sociale». Autant de ponts lancés entre deux mondes qui se ressemblent mais se méconnaissent ! A.F.


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© Cultures du Coeur 13

et le social démarches généreuses dont on comprend l’intérêt, mais qui aujourd’hui mettent les artistes et les écrivains dans des positions insoutenables. Car pris à la gorge par les difficultés économiques, les éditeurs de romans ou d’essais suggèrent aux auteurs de faire de l’attractif, du polar, du biographique, du pamphlet. Et producteurs de spectacles, jusque sur les scènes les plus subventionnées qui relèvent du service public, demandent aux artistes de faire du lisible, du «tout public», de l’abordable. Si certains s’y plient naturellement, parce que leur univers y correspond, d’autres ne peuvent pas simplifier leur propos, leurs concepts, ou leur langage…

Les malentendus Car de nombreux glissements se sont opérés dans le monde culturel, soumis aux lois libérales, et il est urgent de reposer quelques notions de base : une œuvre d’art ou de l’esprit ne vaut pas, sauf hasard, par son impact immédiat. D’une part parce qu’elle peut déplaire à ses contemporains, ou passer inaperçue, et être «belle», d’autre part parce que même lorsque son impact est grand il ne se mesure pas au nombre de ses spectateurs ou de ses lecteurs1. Un autre glissement provient de l’histoire sacrée de l’œuvre d’art : celle-ci, reliée plus ou moins consciemment à un objet religieux, se comprendrait dit-on

par une autre voie que la raison. Par l’émotion, le ressenti, le primitif, la transe, le corps, cet héritage du sacré qui l’habite. Les plus généreux pensent donc que l’œuvre d’art, contrairement aux essais philosophiques ou scientifiques, peut être comprise par tous, qu’il suffit de donner quelques clefs, pour que chacun accède à la Révélation ! C’est oublier l’aliénation. Le public populaire est aliéné, il aime la culture industrielle de masse, parce que c’est celle qu’on a intérêt à lui vendre pour maintenir la paix sociale, et pour qu’il consomme gentiment. Comment imaginer que dans un monde où l’essentiel de l’information est dispensé par des médias privés, des écrans qui diffusent des codes formatés intrusifs, des messages attrayants qui simplifient et vident de sens et de singularité tout ce qu’ils touchent, comment imaginer que dans ce monde, où l’éducation nationale seule demeure un rempart vacillant contre un abominable formatage des esprits, comment imaginer que le monde culturel pourrait attirer un public grandissant ?

E pur si muove… Et pourtant il l’attire. Parce que des enseignants courageux font magnifiquement leur boulot. Parce que les médiateurs culturels inventent chaque jour le leur, parce que des associations comme Cultures du Cœur jouent les passeurs, parce que certains déci-

deurs politiques, aussi, des militants, se battent pour que l’esprit demeure vivant. Mais si l’on veut que l’art et la culture deviennent populaires, soient partagés et pratiqués par tous, si l’on veut renouer avec l’idéal qui anima les années 70, c’est l’aliénation de la culture de masse qu’il faut combattre, et non le prétendu élitisme d’artistes et de chercheurs, qui doivent continuer, pour notre bien commun, à travailler sur les ressorts complexes du monde. AGNÈS FRESCHEL

Cultures du Cœur 13 04 91 32 64 78 www.culturesducoeur.org

1 Très peu d’Algériens (ou de Français !) ont lu Nedjma en 1956. Pourtant le roman de Kateb Yacine (voir p 74) a indéniablement concouru à l’édification de l’Algérie comme «nation», par sa complexité même, son absence de manichéisme, sa poésie, ses analogies mythologiques, les échos dialogiques qui le fondent… et sont bien loin des descriptions linéaires des romans militants.


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POLITIQUE CULTURELLE

LE MASSALIA | MUSÉE DÉPARTEMENTAL ARLES ANTIQUE

La dynamique du triangle «Seule figure géométrique à pouvoir être étendue sans modifier sa structure initiale, le triangle a été choisi par l’architecte Henri Ciriani pour construire le musée archéologique d’Arles. Dès 1995, suivant l’idée que tout bâtiment doit avoir dans ses gènes les principes de son développement, il avait prévu des voiles de béton pour des extensions futures… dans 2 ou 300 ans!» Claude Sintès, le directeur du Musée départemental Arles antique sourit : jamais il n’aurait pensé voir une extension du musée ! Mais le musée s’étend comme Ciriani l’avait imaginé : le CG a confié à Jean-François Herrelle cet agrandissement dans le respect de la construction existante, avec les mêmes panneaux bleus, la même géométrie, les cimaises intérieures du projet initial et 1/3 de surface supplémentaire (800 m²) ! «Cet espace sera dédié à la barge dont on a suivi avec passion les fouilles, l’extraction du fleuve, les découpes, et qui, comble de la modernité, attend, plongée dans les bassins d’un centre atomique, sa polymérisation, puis bombardée de rayons gammas, sa reconstitution. Il est fascinant de penser que, représentant le meilleur de la technologie de son époque elle bénéficie aujourd’hui des sommets de la nôtre ! Si l’on avait trouvé ce bateau il y a 50 ans, il aurait été perdu. Après 2000 ans sous l’eau, la cellulose est totalement détruite et le bois en séchant s’effondre sur lui-même.» Cet exceptionnel témoignage sera intégré au parcours muséographique par des maquettes, des films, des diaporamas commentés, comprenant l’évocation des fouilles et des traitements apportés aux vestiges. Les métiers portuaires, armateurs, dockers, calfateurs seront évoqués avec l’exposition d’objets d’une étonnante actualité, comme les maillets en bois, les plombs de douane (l’administration impériale était aussi tatillonne que la nôtre !) ; les métiers du commerce également, avec les cargaisons d’objets transformés ou bruts (lingots de fer, pierres…), qui font comprendre la mondialisation avant la lettre du commerce antique, avec des produits à bas prix importés de la Galice ou du Liban pour la Belgique ou l’Allemagne* «Arles était alors une plaque tournante, un hub du commerce international ! celui de la navigation dans l’Antiquité, avec les instruments de navigation, les pièces de bateau comme les poulies, les cordages dont nous possédons des rouleaux complets !» Pour cet évènement unique au monde, environ 9 Md’€ ont été dégagés (1,5 pour la fouille et le relevage, 1,5 pour la restauration et la création du socle, 6 pour la création de l’extension, la scénographie, la restauration des objets). Le CG13 finance à hauteur de 6M, la Compagnie Nationale du Rhône 2,5M (mécénat qui s’inscrit comme un hommage à

Extension MDAA © CG13 DAE Atelier departemental de maitrise d'oeuvre

leurs ancêtres professionnels), le ministère de la culture 400 000€ (les objets appartiennent à l’État, propriétaire de tout ce que l’on trouve dans la mer ou les fleuves), la Région réfléchit encore... Le bateau est classé trésor national. Les retombées économiques sont considérables, d’autant que le musée devient de plus en plus populaire. L’ouverture de l’extension prévue le 1er oct 2013 fait partie des projets structurels de Marseille Provence 2013 et en attendant, d’avril à juillet 2013, une exposition rare verra le jour : Rodin et

l’antique, qui montrera comment le sculpteur s’est inspiré du terreau antique, pour inventer un art révolutionnaire. MARYVONNE COLOMBANI

* noms contemporains, pour une meilleure compréhension géographique ! Musée Départemental Arles Antique 04 13 31 51 03 www.arles-antique.cg13.fr

Massalia nouvelle Après le départ de Philippe Foulquié de La Friche, puis de Massalia, comment le théâtre jeune public, privé momentanément de tête, va-t-il s’inscrire dans un Pôle Friche en mutation? Des inquiétudes ont plané en décembre sur son devenir, mais l’idée d’une fusion dans Système Friche Théâtre semble aujourd’hui abandonnée. Massalia, assuré de son indépendance, va s’autogérer pendant six mois, © Agnès Mellon

jusqu’à la fin de la saison, et ouvrir un appel d’offre pour un poste de directeur artistique et administratif. Car s’il était question que le nouveau directeur de la Friche, Alain Arnaudet, reprenne le double flambeau de son prédécesseur en dirigeant les deux structures, ou que le directeur du Pôle jeune public du Revest, et adjoint de Massalia, Patrice Laisney, propose un projet territorial fédérateur, ces deux options semblent aujourd’hui écartées : Massalia, une des rares structures de la Friche à posséder quelques moyens de production, conserve son indépendance. Car elle seule lui permet une programmation à l’esthétique affirmée, qui défend des formes refusant le spectaculaire, et pariant souvent sur l’intime. Massalia s’est toujours démarqué des propositions jeune public des théâtres généralistes, faisant office de laboratoire. Un rôle qu’il va donc conserver… jusqu’à nouvel ordre ! A.F.


THÉÂTRE DURANCE | RÉGION EN SCÈNE

POLITIQUE CULTURELLE 09

À l’heure des bilans Selon Éliane Mathieu, coordinatrice artistique et régionale du Théâtre Durance, le projet CAT (Confrontations Artistiques transfrontalières) peut se targuer d’une exceptionnelle réussite. Tous les objectifs fixés au départ ont connu leur aboutissement, avec un cahier des charges estimé au plus juste des besoins : un budget de 1 525 000€ réparti entre l’Union Européenne (FEDER*, 902 800€) dans le cadre du programme ALCOTRA**, l’État italien et Région Piémont (197 600€), l’État français (DRAC), le conseil régional PACA et le conseil général 04 apportant chacun 40 000€, la Commune de Savigliano de 85 000€, de la Communauté de Communes Moyenne Durance (CCMD) 115 000€, enfin l’Associazione Culturale Marcovaldo 105 000€, pour un calendrier de réalisation étalé sur 3 exercices, de 2009 à 2011. Les partenaires ont consacré leurs budgets aux travaux pour Savigliano (425 000€), et au spectacle vivant pour la CCMD (575 000€) et Marcovaldo (525 000€). Les deux axes principaux sur lesquels s’est articulé le projet, «réhabilitation de lieux de diffusion pour le spectacle vivant et mise en réseau de ces équipements dans une programmation commune», se sont révélés particulièrement fructueux. Le théâtre historique Milanollo avec son architecture conçue comme un intérieur d’instrument de musique a été restauré, rendu aux spectacles et à la population ; le théâtre civique de Busca a été réhabilité ainsi que son équipement technique. Ateliers, débats, représentations, toujours en relation étroite avec la population des territoires, ont tissé des relations fortes, ménagé des rencontres où les pratiques des artistes, des équipes techniques se sont confrontées, mettant au jour des habitudes parfois diamétralement

DeBaTailles © Christian Ganet

opposées de travailler (au niveau artistique et administratif), des problèmes de traduction et d’adaptation des œuvres… La danse parle alors un langage commun, comme pour DéBaTailles par la Cie Propos-Lyon, avec sa performance déjantée qui a scellé la réouverture partielle du Téatro Milanollo, mais les autres formes de spectacle vivant ont su trouver leur place et ont enthousiasmé les divers publics, grâce à un travail de fond avec les écoles et les associations, réflexions communes. Essentiel aussi pour cette «porosité» entre les deux versants des Alpes, le projet a été pris en charge par un seul directeur artistique, Robert Pasquier, qui a cultivé la symétrie avec des résidences croisées. Les rencontres ont établi, durablement, un axe de circulation des artistes entre

Pour la diffusion des compagnies régionales ! que, une épouse innocente et empêtrée, un ancien amant fraternel et un témoin de l’intrigue en forme de tête de cochon. Loufoque à souhait, ce vaudeville haut en couleurs s’amuse du paradoxe de la vie moderne et revisite les lois hypocrites du genre. À la Distil-

MARYVONNE COLOMBANI

*FEDER : Fonds Européen de Développement Régional **ALCOTRA : Alpes Latines Coopération Transfrontalière France Italie

lerie, humour avec Ali au Pays des Merveilles dans lequel Ali Bougheraba nous fait visiter son quartier d’enfance, le Panier, en nous livrant ses codes et coutumes. Une fable contemporaine pleine de sensibilité inspirée de la réalité. Autres spectacles en solo avec Didier Ferrari dans le Grand Saut, l’histoire et les péripéties d’un jeune corse qui arrive sur le continent, et L’œuf, la poule ou Nicole joué par une ancienne prof de sciences naturelles re-convertie dans la comédie. Côté danse, le collectif avignonnais 2 Temps 3 Mouvements présentera la Stratégie de l’échec, un spectacle engagé sur l’héritage culturel villa olga © X-D.R

Label du réseau national Chainon Manquant, le Cercle de Midi organise avec la Ville d’Aubagne l’événement Région en Scène du 13 au 15 février : 14 spectacles de compagnies de PACA seront joués dans la communauté du pays d’Aubagne, offrant ainsi aux artistes non seulement une visibilité cohérente mais aussi la possibilité d’être repérés pour une programmation sur le festival du Chainon Manquant, qui rassemble les meilleures propositions de chaque région. Un vrai tremplin pour les compagnies et groupes en émergence pour qui la diffusion relève souvent de la quadrature du cercle. C’est la Cie Tandaim d’Alexandra Tobelaim qui ouvrira le festival au Comoedia avec une comédie policière sur fond de Côte d’Azur écrite par Catherine Zambon. Villa Olga réunit un oligarque russe traqué, un détective féru d’art plasti-

Marseille et Turin : le volume de spectacles et de production a fortement augmenté sur le territoire, grâce à la dynamique créée par l’aventure. Qui se poursuit aujourd’hui sous d’autres formes, avec des Échappées ou l’accueil de spectacles dans la ligne directe des actions menées, comme le 11 février, au théâtre Durance la représentation de deux courtes pièces à l’humour féroce, Invisibilmente et In Festa (prod Menoventi).

et social, entre cirque et hip hop, rupture et chute. Le jeune public pourra découvrir Jeune Pousse de la Cie Piccola Velocità, du théâtre dansé qui fait réfléchir et grandir. Le Philharmonique de la Roquette présentera Le P’tit ciné concert 2, la rencontre entre neuf courts métrages d’animation et une musique interprétée en direct. Il y aura d’ailleurs de la musique dans ce festival, essentiellement à la MJC d’Aubagne : chanson épicée avec Elvas, le duo de filles Isaya, l’auteur compositeur en langue corse Pierre Gambini, le groove de Will the Blue Griot et les improvisations de l’excellent quintet Ahmad Compaoré, révélé par les jam sessions Musique rebelle à la Friche. La Naïve clôturera ce temps fort avec un Dom Juan surprenant et réussi, interprété par Charles-Eric Petit et mis en scène par Jean-Charles Raymond, transposé dans les seventies. DE.M.

Région en Scène Du 13 au 15 fév divers lieux Théâtre Comoedia, Aubagne 04 42 18 19 88 http://cercledemidi.org


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POLITIQUE CULTURELLE

LE GMEM | LE MUCEM

Électro-nique ou acoustique ?

eRikm © Karel šust

Le nouveau directeur du GMEM Centre National de Création Musicale de Marseille, Christian Sébille, lance un second temps fort annuel «au croisement des esthétiques contemporaines et actuelles». Reevox, du nom de ce magnéto à bande que les ex manipulateurs du coupé/collé au ciseau connaissent bien, est destiné à jeter des ponts entre deux mondes qui, pour ce qui est du traitement électronique du son, sont effectivement un peu cousins, enfants des mêmes arpenteurs technologiques, bricolos acoustophiles qui ont ouvert la voie aux nouveaux geeks sonores. Pourtant les créations des studios d’électroacoustique diffèrent sensiblement de la musique electro, qui a abondamment réinjecté des mélodies souvent simplettes et des pulsations binaires dans le vocabulaire du son qu’ils ont hérité des défricheurs… Reevox parviendra-t-il à ce que les publics se croisent, les uns s’abandonnant à une musique sans pulsation, les autres adoptant le dance floor ? Les soirées, quoiqu’il en soit, rétablissent les frontières, puisque le Cabaret aléatoire, partenaire de Reevox, programme les nuits électro avec eRikm,

Les rendez-vous réguliers proposés par le MuCEM (le mardi une fois par mois à l’Alcazar à 18h30) -rencontres et débats conçus et animés par Thierry Fabre, réalisés en partenariat avec l’INA, les Libraires à Marseille et France Culture- entament le 2e cycle de la 2e saison, intitulé Méditerranée, un nouvel ordre du monde ? Premier des invités en 2012, Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences Po Paris, historien et arabisant, auteur notamment de Révolution arabe, dix leçons sur le soulèvement démocratique (Fayard, 2011) se penchera sur Les révoluTakis Theodoropoulos © X-D.R.

tions arabes, un an après (le 17 janv). Le 14 février, Josep Ramoneda, philosophe, éditorialiste au journal El Pais, directeur du Centre culturel contemporain de Barcelone (CCCB) et Président de l’Institut de recherche et d’innovation (IRI) de Paris évoquera l’état de crise que connaît l’Espagne ; du malaise social qui fit naître le mouvement des indignés aux inégalités qui perdurent dans la société, il sera notamment question du rôle que pourrait jouer la culture dans ce moment de crise. Enfin, le 13 mars, c’est la Grèce qui sera à l’honneur avec Takis Théodoropoulos, éditorialiste dans le quotidien Ta Nea, auteur de nombreux essais et romans dont Nous sommes tous gréco-latins (Flammarion, 2005) et L’Invention de la Vénus de Milo (Sabine Wespieser, 2008). Avec, en toile de fond, des soubresauts qui font trembler l’Europe, et replongent le pays dans sa fatale tragédie. DO.M.

Les Mardis du MuCEM BMVR Alcazar, Marseille www.mucem.org

Josep Ramoneda © X-D.R.

La Méditerranée en crises

Étienne Jaumet, tandis que le GMEM, le Conservatoire et le Klap accueillent les propositions plus pointues, concerts de haut parleurs, roadmusic, performances et rencontres autour de la composition, de l’organologie et de l’interactivité… Ainsi Christian Sébille, qui refuse que la musique contemporaine soit jouée «devant des publics clairsemés composés de professionnels», veut impulser un nouvel élan au CNC en le rendant à sa vocation de «fabrique musicale». Il souhaite que le GMEM rayonne audelà du festival les Musiques, et déclare pour cela vouloir créer des ponts entre les mondes musicaux, entre les arts, les scènes, en insistant sur la transmission et la pédagogie comme il l’a fait pendant 15 ans à la tête du CNC de Reims. Des déclarations un peu étonnantes, dans une ville où le Gmem lui-même, mais aussi le Grim, le MIM, le festival Mimi, Musicatreize et d’autres défendent et démocratisent avec succès depuis longtemps la musique contemporaine, qu’on entend même dans les théâtres, et sur les scènes de danse… AGNÈS FRESCHEL


AVIGNON | NANTES

POLITIQUE CULTURELLE

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Les Scènes font leur festival La 4e édition du festival des Scènes d’Avignon -réduites au carré depuis le retrait du théâtre des Carmes et le décès d’André Benedetto- reprend du service. Après deux ans d’absence, Fest’hiver continue d’éclairer, sur les plateaux «historiques» d’Avignon, les compagnies locales sans lieu de travail, véritable point commun d’une programmation à la qualité indéniable, malgré l’unique et symbolique subvention municipale spécifique à ce projet. Une formule de temps forts de plus en plus usitée à Avignon (la danse en février, Festo Pitcho en avril, les compagnies émergentes en mai, le hip hop en novembre…) qui compte à l’année une douzaine de scènes permanentes, mais un public plutôt chagrin hors saison, impatient d’arriver au foisonnement de juillet. Aussi les quatre «barons» avignonnais promettent-ils d’élargir le collectif à d’autres lieux, à la condition que le directeur soit aussi un créateur. Chaque spectacle sera joué deux fois, deux d’entre eux seront créés pour l’occasion. Le Balcon ouvrira le bal dès le 31 janv avec l’accueil d’Antigone, une création collective orchestrée par Marie Vauzelle. Pour l’occasion, le théâtre de la Calade revisite la figure de résistance que représente l’adolescente, la confrontant aux Antigone de l’histoire ainsi qu’à l’actualité et aux textes contemporains. Avec au cœur de l’exploration théâtrale, une des questions qui taraude les jeunes générations : que faire pour changer les choses ? Puis, aux Halles, sera jouée La Farce de Maître Pathelin (voir p 16). La nouvelle création d’Agnés Régolo, revisitation du chef-d’œuvre

Antigone © X-D.R

du théâtre comique médiéval parfaitement d’actualité, entraine à nouveau dans son énergie jubilatoire et sa force de frappe, grâce à une équipe de choc. Autre tourbillon qui nous fera fondre, au Chien qui Fume, avec Edmonde Franchi et le Cocktail théâtre qui, en deux épisodes, nous plongeront Dans le tourbillon de l’amour et les tribulations de comédiens d’une série TV, pointant la complexité des relations humaines dans le cadre du travail. Et au Chêne Noir, Onysos le Furieux par la très jeune cie vauclu-

sienne l’Éternel Été, fermera la marche le 3 février. Emmanuel Besnault à la mise en scène et François Santucci au jeu, formés dans les ateliers du Chêne Noir, sont rejoints par Jacques Frantz dans ce chant épique signé Laurent Gaudé. DELPHINE MICHELANGELI

La Farce de maître Pathelin les 31 janv et 2 fév aux Halles 04 32 76 24 51 www.theatredeshalles.com Dans le tourbillon de l’amour les 1er et 3 fév au Chien qui Fume 04 90 85 25 87 www.chienquifume.com Onysos le Furieux les 2 et 3 fév au Chêne Noir 04 90 86 58 11 www.chenenoir.fr

Antigone les 31 janv et 1er fév au Balcon 04 90 85 00 80 www.theatredubalcon.org

Le spectacle fait salon C’est LE rendez-vous des professionnels du monde du spectacle vivant et de la culture : c’est la 5e édition des BIS (biennales internationales du spectacle) de Nantes, qui se déroulent à la Cité des congrès les 18 et 19 janvier. Lors de cette manifestation conçue et organisée par le magazine La Scène, premier magazine des professionnels du spectacle, artistes, directeurs de théâtre, de salles de spectacles et de festivals, de compagnies, tourneurs, producteurs, représentants de services culturels et plus généralement tous les acteurs œuvrant dans la filière du spectacle vivant se rencontreront au détour de stands, et lors de

débats, d’ateliers, de tables rondes… Au menu de ce programme intense, de grands débats consacrés à l’actualité et à l’avenir du spectacle vivant (État, collectivités… (R)évolution des budgets culturels en 2012 ?, Politiques culturelles : quelles réformes ? quels modèles pour demain ?...), des forums portants sur des thématiques liées au développement de projets culturels (Le public du spectacle vivant, Le spectacle vivant au cœur du développement des territoires…), des ateliers qui permettront aux professionnels de confronter pratiques et expériences, des parcours consacrés à la filière musicale, au jeune public, au théâtre et à la danse et aux

chorégraphes, le rendez-vous attendu par les producteurs et tourneurs qu’est la Place des tournées… Et puis, projet dernier né des BIS en collaboration avec la Sacem, «Scène Sacem Emergence BIS», un rendez-vous musical novateur qui présente des artistes et groupes soutenus et accompagnés par la Sacem et neuf de ses partenaires au cours des derniers mois. DO.M.

Les BIS de Nantes Les 18 et 19 jan www.bis2012.com


12 THÉÂTRE LES BERNARDINES | LE MERLAN | CAVAILLON | LENCHE | LA CRIÉE

Scènes de ménage les menaces sont intemporelles, fondées sur des au-delà inconscients, une inaptitude à communiquer avec l’autre qui fait penser au théâtre dit absurde

qui naîtra quelques années plus tard. Les schémas des pièces de Courteline font d’ailleurs férocement penser aux dialogues de sourds d’Ionesco ! Jean© Antoine Benoit

Passé de mode Courteline ? Certes. Les rapports de couple qu’il décrit, fondés sur la domination financière, la dépendance de la femme à l’époux, sont aujourd’hui datés. Mais si le vaudeville s’est fait une spécialité des scènes de ménage, celles de Courteline gardent une acuité particulière, dans leur cruauté et leur appétence jubilatoire pour l’extrême, la dispute qui dégénère vers l’outrance. Car il n’est pas question de mensonge ou d’amants dans les placards dans les trois pièces en un acte de Courteline, juste de la force destructrice des couples qui ne s’aiment pas, et vivent ensemble par convenance, pris au piège de schémas qui ne sont pas les leurs. La lâcheté du mari de La Peur des coups, la lassitude de celui de La Paix chez soi, et la violente folie des Boulingrin sont à la fois hilarantes et glaçantes, parce que les reproches échangées, les insultes,

Louis Benoit a donc bien fait, pour sa visite à La Criée, d’aller pêcher ces saynètes abandonnées d’ordinaire au théâtre amateur. Il les monte avec justesse, des accessoires bienvenus, le sens du rythme qu’on lui connaît, des couleurs et des éclats qui lui sont moins familiers. Il les décale pourtant dans un décor d’intérieur populaire surprenant pour ces couples (petits) bourgeois qui ont des bonnes. Peu importe, on y rit, parce que ses comédiens ont du talent, qu’il sait diriger à merveille. AGNÈS FRESCHEL

À noter Courteline, mon amour est joué à la Criée jusqu’au 28 janv La Criée, Marseille 04 91 54 70 54 www.theatre-lacriee.com

Chambre d’échos «Je suis en train d’écrire une pièce intitulée 4.48 Psychosis. (…) La pièce parle d’une dépression psychotique. Et de ce qui arrive à l’esprit d’une personne quand disparaissent complètement les barrières distinguant la réalité des diverses formes de l’imagination.» À ce dernier feu de la météorite Sarah Kane, cet incandescent poème théâtral, Thomas Fourneau s’était déjà confronté dans le cadre d’un atelier lycéen. Il revient aujourd’hui à ce texte fragmen-

taire, violent et poétique, pour faire entendre cette voix qui dit si intensément le trouble de l’identité, la perte des repères, le désir éperdu d’amour, l’évidence de la destruction. Et il y réussit. Par sa grande attention au texte, d’abord, dont la prestation au cordeau des deux actrices, Rachel Ceysson et Marion Duquenne, révèle les ruptures, l’humour noir, la crudité. Par son sens de la composition ensuite. Dans cette mise en scène chorale, les voix, comme les

êtres, se dédoublent, se répondent. Fourneau joue du monologue de Kane comme d’une partition subtile, le ponctuant çà et là de quelques accords de violoncelle (Britten), de quelques vers anglais (Dickinson). Et sur la scène d’un blanc clinique, sous des spots éclatants (une chambre d’hôpital ? un espace quelque part entre vie et mort?), en un pas de deux minutieusement chorégraphié, les fractures d’une identité à la dérive sont mises à nu. Et

superbement amplifiées par le plateau et le fond de scène lorsque, devenus écrans, ils projettent les éclats du moi ou le ruissellement des mots. FRED ROBERT

À noter 4.48 Psychose Les 19, 20 et 21 jan Les Bernardines 04 91 24 30 40 www.theatre-bernardines.org

Conte cruel En ce début d’année, les Scènes nationales du Merlan et de Cavaillon proposent la reprise de Gemelos de la cie chilienne Teatrocinema. Deux jumeaux abandonnés par leur mère arrivent chez leur grandmère, paysanne hideuse et méchante comme une vieille sorcière. Ces deux «fils de chienne» acceptent brimades et privations sans émotions : ils volent, espionnent, secourent les égarés, travaillent jusqu’à épuisement avec la même indifférence mécanique, qui est une forme de résistance entêtée et sans pathos au mal. Ils tirent les ficelles de ce petit monde,

ravalé aux dimensions d’un théâtre de marionnettes vivantes, entre comédie, mime, théâtre d’objet et cinéma muet, servi par le jeu précis et faux, époustouflant, des acteurs masqués. Tout est conte d’enfants, stéréotypes, rengaines désuètes. Mais les avions bombardent le paysage d’Épinal, des militaires casqués viennent enlever un commerçant juif, il y a des camps d’où on ne revient pas : si Agota Kristof dans le Grand Cahier se situait à l’Est, ici c’est Pinochet, c’est la Shoah, ou l’Argentine des généraux qui s’évoque. La mécanique des marionnettes trouve

celle des soldats anonymes, la déraison des contes d’enfant la destruction impersonnelle. Il n’y a pas de message : seulement l’énigme de cette rencontre des histoires d’enfance et de l’Histoire. Dans les premières on finit toujours par être consolé, les méchantes sorcières finissent mal. Dans la seconde, les avions derrière la scène, les trains qui la traversent, n’ont pas de sens. On essaie de partir, de passer des frontières, en trimballant quelques objets dérisoires et minuscules : vélo, valises ou cercueils. Et si le texte laisse échapper quelques lourdeurs inutiles, on regarde avec émerveillement le mal du siècle et les trains militaires qui passent. AUDE FANLO

Gemelos a été joué le 6 janvier au Merlan

À venir Gemelos Le 20 jan Scène nationale de Cavaillon 04 90 78 64 64 www.theatredecavaillon.com


Masques Lionel Briand ne manque pas de talent ! Le premier volet de la trilogie Divine humanité est véritablement porté par son énergie d’acteur : il assume (presque) tout seul, avec son musicien, une histoire qu’il a écrite à partir de l’Histoire de la Chine et de Confucius, et qui fonctionne bien, entraînant sans temps mort dans ses péripéties grâce à la souplesse de jeu qui permet à l’auteur, devenu acteur, de camper tous les personnages qu’il a créés, d’un geste, d’un accent, d’une voix, d’un habit. Pourtant dans ce premier volet chinois mis en scène par Jean-Michel Bayard avec force trouvailles, la jubilation du jeu ne parvient pas à tout à fait faire oublier quelques maladresses d’écriture, et l’absence réelle de propos (la sagesse de Confucius n’est à l’œuvre que comme élément de l’intrigue, comme décor). L’esthétique foraine, les masques et la commedia sont utilisés avec virtuosité, mais sans distance. Peut-être les deux volets suivants sauront-ils convoquer une réflexion sur cette Divine Humanité qui nous était promise ? A.F.

Le masque du singe a été joué du 10 au 14 janvier au Mini Théâtre du Panier, Marseille Le Cœur du sage Du 24 au 28 jan Théâtre de Lenche 04 91 91 52 22 www.theatredelenche.info

À noter Le fils de l’Homme Du 17 au 21 jan Mini-Théâtre

© Jean-Michel Albert

Sans Brecht ni Fassbinder Pionniers à Ingolstadt est une pièce mythique, une des premières que Brecht monta à Berlin (1929), avec Peter Lorre, avant qu’il ne tourne au cinéma. Puis Fassbinder en fit un film sur le désir, avec Hanna Schygulla, en 1974. Monter la pièce de Marieluise Fleisser avec ses songs en live, aujourd’hui, en Français, est donc intéressant, et Yves Beaunesne s’y est attelé avec une équipe d’acteurs suisses qui en comprennent visiblement le ton. Pourtant il a déplacé l’intrigue dans les années 60, ce qui enlève de la pertinence au © Antoine Chosson

propos : ces femmes du peuple allemandes, dans les années 20, qui sentent une liberté possible, affirment leur désir et choisissent de soldats de passage, odieux, pressés et maltraités eux-mêmes, pour l’assouvir, ne peuvent avoir conservé ce visage après la guerre. L’ambiance de bar à flipper, parfaitement reconstituée, est constamment inadéquate… Si Fassbinder avait aussi opéré une transposition temporelle son film, fluide, parlait de son présent, celui d’une petite ville de province où seules les femmes naïves confondent encore sexe et amour. Au théâtre la transposition tourne à la reconstitution figée, soignée mais froide, et les songs non surtitrés laissent à la porte nombre de non germanophones… A.F.

Pionniers à Ingolstadt a été joué au Théâtre de Nîmes du 18 au 20 novembre et à la Criée du 13 au 15 décembre


14 THÉÂTRE THÉÂTRE DU PETIT | MATIN LA FRICHE La clarte, avec Géraldine Martineau © Nicole Yanni

Avec La Clarté, jour 2, le Théâtre du Petit Matin le bien-nommé donne à entendre le second volet du diptyque consacré à la traversée de l’Obscurité (performance-installation nourrie de l’œuvre de Philippe Jaccottet) vers la lumière. Thématique hivernale, sinon sacrée, et au moins universelle. Commande d’écritures (Rémi Checchetto essentiellement, Suzanne Joubert pour une dernière touche pas encore finale), mise en voix et en espace constituent une étape de ce chantier lumineux. Le dispositif est des plus simples : 4 lecteurs et 2 écrans se partagent l’espace et le temps, jeune fille et jeune homme face à homme et femme mûre («morte» s’il est permis d’arrêter un sens dans ce qui file si vite). Couverts, troués, tatoués de l’abstraction des images mouvantes de Benjamin Buj, les comédiens de manière un peu inégale font naître par petites touches ce qui pourrait être l’histoire d’une vie, d’une relation amoureuse avec apparitions, disparitions, intermittences, de la dépression à une forme de plénitude. Le texte de Rémi Checchetto est exactement dans cet entre-deux : lyrisme contenu, images très présentes, monde de «l’enfance» ; Géraldine Martineau, la «petite reine à la couronne déboulonnée» entre pertinemment par sa lecture «double» (une parole qui n’est pas la sienne mais venue du fond d’elle-même) dans ce monde à la Supervielle. Agnès Sourdillon trace aussi brillamment sa propre route dans le texte qui, au moment du

La clarte, avec Agnes Sourdillon © Nicole Yanni

Luminations

La quadrature du cercle les nouvelles, inspirées de la vie et de la personnalité des acteurs, sont à la fois la source de la pièce à venir, et son prolongement, sa ramification dans le temps du récit. Les comédiens sont incarnés par leurs personnages et non l’inverse, cherchant l’équilibre entre la vérité du personnage et la mise en fiction de leur propre vie. Le spectateur, invité à chaque étape de ce spectacle en devenir, qui s’invente en marchant, participe à l’aventure comme à une partie de «ping pong» à l’issue incertaine, entre deux auteurs, entre acteurs et personnages, entre nouvelle et théâtre. On en ressort touché et enthousiaste, dans l’attente, comme au premier jour, de ce qui va advenir : le Quadrille amoché, à voir bientôt au Gyptis. A.F. ET A.FA

Guillaume et Auguste racontent leur histoire, entre arrachement à la douleur d’enfance et agonie enlisée, puis Franck et Hélène, entre chronique d’un couple et fait divers, depuis la rencontre au camping jusqu’à la prison où Franck est désormais enfermé. La lecture de Guillaume Clausse, lyrique et précise, celle de Charles Éric Petit, moins déchirée mais tout aussi déchirante, celles de Franck Gazal et Charlotte Daquet enfin, simples et presque rudes, touchent juste. Elles font sonner la mort et la violence des exclus, puis la puissance d’un amour solaire, coincé entre France soir et France profonde. Elles font entendre aussi la manière dont les comédiens ont voyagé vers leurs propres histoires mises en fiction, et dont l’écriture romanesque de Jérôme Lambert voyage vers le texte théâtral. Car le travail autour de ces quatre personnages cherche la quadrature d’un cercle très intime, qui explore un nouveau rapport de la scène à l’écriture :

Guillaume, Auguste, Franck et Hélène ont été lus par la cie l’Individu au Théâtre du petit matin, Marseille, les 16 et 17 décembre © Yann Loric

Contre utopie

passage de relais, semble changer d’auteur... Les messieurs en retrait n’ont peut-être pas trouvé leur place... Beau travail encore fragile qui ne court pas le risque de la pesanteur... MARIE-JO DHÔ

La Cie Cela ne finira jamais a présenté ce spectacle le 5 et 6 janvier sous la direction de Nicole Yanni

Sous Chambre est une des dernières pièces de Bond, écrites à partir des ateliers d’écriture qu’il pratiquait avec des adolescents pauvres. L’univers qu’elle projette, pour 2077, est terrifiant : une société policière où l’immigré est traqué comme un animal, condamné à voler pour survivre. À se déshumaniser, pour être ensuite mieux traité comme un chien. Car il est toujours question de cela chez Bond, comment parvenir à rester humain dans un univers de ruine. Eva Doumbia monte ce texte avec une pertinence particulière. Parce qu’elle place le spectateur tout près des acteurs, dans un sous-sol glacé sans air ; parce que ses comédiens Noirs portent visiblement dans leur chair l’histoire de l’oppression, de l’exil, de l’immigration et du rejet que le texte évoque ; parce que le choix de ce comédien

blanc et hâbleur à l’accent marseillais pour jouer le passeur est parfait : Fabien Aissa Busetta est un voyou plus vrai que nature, d’une cruauté sans nom, qui pourrait cependant basculer vite dans le camp des pauvres, dont il vient ; tout le banditisme marseillais est là. Car Eva Doumbia choisit toujours des comédiens et des lieux proches des fictions qu’elle évoque, immédiate incarnation qui est sa marque de fabrique esthétique. Mais ici la construction de la tragédie (et langue de Bond, très bien traduite dans ses «fautes») donne une véritable cohérence, qui lui manque parfois, à son propos. AGNÈS FRESCHEL

Sous Chambre a été créé à la Friche du 16 au 22 décembre


16 THÉÂTRE OUEST PCE | LE TOURSKY | AUBAGNE | LE JEU DE PAUME | AVIGNON © Andy Parant

Game over

Surrevolté Hamlet n’est pas une pièce parmi d’autres. Hamlet est le théâtre. On y joue une pièce, on y parle théâtre, les scènes du spectre sont aussi des scènes à effets spéciaux, Hamlet joue la comédie, à moins qu’il ne soit fou, mais la folie est aussi un théâtre. L’homme est dérisoire, le fils joue la comédie dans un jeu de quilles quand le père, lui, livrait de grandes batailles. Et le suicide, cette ultime forme de liberté, est interdit, sinon pour Ophélie, l’envers féminin d’Hamlet. Ce jeu-là est devenu, depuis le XIXe siècle, celui du monstre sacré : la star possessive, colonisant tout le plateau, provocante, pathétique, funèbre, qui joue du spectacle de son impuissance : injouable, donc. L’adaptation donne certes l’impression d’un équilibre mal trouvé : une distribution pléthorique ravalée à la simple figuration, une deuxième partie qui liquide la première, une musique, des échappées fantaisistes, des costumes qui paraissent un peu kitsch dans un ensemble appliqué, exceptions faites de la scène des comédiens et de quelques seconds rôles libérés où le décalage est assumé. Mais on n’en voudra pas à Philippe Torreton de monopoliser la scène : son énergie porte, sans déperdition et sans

romantisme, son évidence massive leste la représentation et entraîne avec elle le poids de toutes les trahisons et lâchetés dont est faite l’histoire. Il faut être à la hauteur, quitte à cabotiner, parce que the time is out of joint : l’époque sort de ses gonds, doute de l’homme et du monde. L’argument du metteur en scène a dans ce contexte l’immense intelligence de n’en être pas un, évitant les récupérations au nom de parti pris douteux. Mais on ne peut s’empêcher de regretter que Jean-Luc Revol n’ait pas retrouvé, cette fois, l’audace brillante et l’inventivité féconde qu’il avait mises au service de Shakespeare dans sa mémorable adaptation de La Tempête. Tant pis, c’est bien quand même. AUDE FANLO

Hamlet a été joué le 10 janvier à la Colonne, à Miramas

À noter Hamlet sera joué les 10 et 11 fév au Toursky (voir p 27)

Jubilatoire causticité Il est des plaisirs particulièrement délicats, lorsque le sentiment de transgression prend une dimension contestataire constructive et caustique à la fois. Assister à une représentation de La Farce de maître Pathelin par la Cie du jour au lendemain, en ce début effréné de la grand-messe à la consommation que sont les soldes, fait indubitablement partie de ces plaisirs-là ! Ne pensez pas que le spectacle soit conçu pour une jeunesse potache. Car c’est une farce mais le sujet et son traitement touchent à l’universel : la mécanique des tromperies s’appuie sur la le verbe, comme celui tout puissant des traders d’aujourd’hui, qui ressemblent étonnamment à cet avocat sans cause et désargenté qui veut, dans notre pièce, se procurer quelques pièces de tissu… La mise en scène d’Agnès Régolo, dynamique, rapide, cultive l’esthétique de la surprise, avec des liaisons chantées qui ajoutent à l’élan de l’ensemble.

Tout se déroule autour, sur et dans une construction de bois, à l’instar des scènes médiévales. Le jeu des comédiens en acquiert une belle liberté. Une petite introduction resitue l’œuvre dans son contexte, brosse un court historique du théâtre à son époque, écorne Berlusconi, roi du langage et de ses emplois, s’interroge sur l’étrangeté des acteurs… Puis une volte, et nous sommes immergés dans la pièce… Le public

d’écoliers, captivé, rit («Dieu que ma couille est poilue !» emporte leurs suffrages !) et goûte à ce texte si lointain et si proche. Les adultes aussi ! MARYVONNE COLOMBANI

La farce de Maître Pathelin a été créée au Jeu de Paume, Aix, du 11 au 13 janvier

© De.M

À venir Le 17 jan Théâtre de La Colonne, Miramas 04 90 58 37 86 www.scenesetcines.fr Du 31 jan au 2 fév Théâtre des Halles, Avignon 04 90 85 52 57 www.theatredeshalles.com

Depuis 1985, la Cie Le bruit des hommes effectue un travail rigoureux autour des écritures dramatiques contemporaines. Maryse Courbet et Yves Borrini sont revenus un peu en arrière pour proposer Fin de partie de Beckett, presque un classique déjà, de 1957. Il s’agit de la fin de parcours de 4 personnages : deux vieux, Nagg et Nell, enfermés dans des poubelles dont on change régulièrement la sciure ou le sable, qui sortent la tête de temps en temps pour demander leur bouillie ou leur biscuit (Maryse Courbet et Gérard Lacombe) ; Hamm leur fils (Yves Borrini), lui-même cloué dans un fauteuil, sous la garde (à la merci ? ) de Clov, son fils adoptif (?) à qui il a servi de père et de bourreau ; on apprécie particulièrement la prestation de Frédéric Grosche qui sait donner à Clov une fragilité et une violence cachée. Leur proximité les pousse à la lutte à coups de mots et de pauvres fictions. Ainsi se joue chaque jour une comédie, toujours la même avec ses codes et ses redites à heure fixe, dans un monde qui meurt privé d’horizon, où il est nécessaire d’utiliser une échelle pour voir par la fenêtre. Longtemps qualifié d’«absurde», le théâtre de Beckett se ressent aujourd’hui comme celui de la réalité, à peine travestie, de la violence du monde dans lequel nous vivons. Un message hélas visionnaire : ce monde en ruine d’après la guerre se révèle d’une totale actualité. Il sera présenté, sous des formes morcelées, des «matériaux», dans les lycées de la région. CHRIS BOURGUE

Ce spectacle s’est joué au Comoedia d’Aubagne le 13 janvier © X-D.R.


18 THÉÂTRE AVIGNON | CAVAILLON | TOULON

Le choix de Juette Richard met en scène avec pudeur, et incarne sensiblement, cette femme enfant, fragile autant que forte. Elle est très justement accompagnée dans la «manœuvre» par Olivier Barrère, l’ami Hugues, le prêtre confident qui lui ouvre l’univers des livres ; par le violoncelliste Guillaume Saurel qui déploie finement l’étrangeté mystique et dramatique du récit, et par le scénographe Erick Priano et ses subtiles vidéo-tableaux tout en mouvements intérieurs.

© Cecile Pantle

Huit siècles nous séparent de cette Juette rêveuse dépeinte dans le roman de Clara Dupont-Monod élégamment adaptée par la Cie Simples Manœuvres. Une jeune fille de 13 ans, mariée de force dans la ville belge médiévale de Huy (où a été créée la pièce), veuve à 18 ans, se révolte contre l’ordre établi, le clergé corrompu et les hommes bourreaux, à qui elle vouera une haine féroce. Bien qu’on n’adhère pas toujours à l’absolu dégoût que l’héroïne éprouve envers les hommes, son regard lucide sur une société d’un autre temps et le rapprochement d’avec la nôtre est saisissant. Juette la rebelle déçue, la féministe avant l’heure, la martyre qui garde le sourire malgré la colère intérieure, la passionnée chrétienne qui défie le diable pour gagner sa liberté et quitter le monde des Hommes en s’enfermant dans une léproserie, est une figure de sainte laïque. Mylène

DELPHINE MICHELANGELI

La Passion selon Juette a été joué du 13 au 15 décembre au théâtre des Doms, Avignon

Ken et Barbie version trash

C’est une pièce précieuse, parce qu’elle met en scène et sous nos regards des Invisibles que nous avons croisés souvent. Les Chibanis, cheveux blancs en arabe, sont ces travailleurs immigrés qui ont usé leur vie à travailler dans les usines françaises, à construire les routes, les immeubles, ou à récolter nos melons. Car programmer cette pièce dans une région où le Front national demeure si puissant, a donné à cette soirée une intensité particulière. Écrite par Nasser Djemaï après une longue collecte de paroles dans des foyers de travailleurs, la pièce (publié chez Actes sud papiers) construit pourtant une fiction, celle d’un fils à la recherche de son père. Mais l’autre histoire, la vraie, apparaît en filigrane : l’évocation des souvenirs violents de la colonisation, de l’exil en France, de la guerre d’indépendance avec ses collectes et ses répressions, de l’impossible retour au pays, et des injustices subies comme travailleur immigré, retiennent toute l’émotion. Les comédiens arabes, que l’on a vus plutôt au cinéma tant le théâtre leur ouvre peu ses scènes, sont terrible-

ment attachants, et un peu déroutés de jouer leur histoire, ne sachant trop comment naviguer entre le jeu réaliste auquel la situation les convie, et les tirades qu’ils ne savent à qui adresser. Lounès Tazaïrt s’en tire avec brio, Kader Kada et Mostefa Stiti avec l’éclat que les comédiens acquièrent sur les scènes comiques, mais Angelo Aybar, monolithique, affublé d’un accent plutôt espagnol, a plus de mal. Qu’importe, l’essentiel n’est pas là, ni même le malaise parfois ressenti : quelques propos recueillis certainement sur le vif («sale race») à propos des jeunes descendants d’immigrés qu’il faudrait éliminer, ou tout le moins bastonner, fleurent bon le racisme ordinaire… Car ces Invisibles là, rendus à la lumière, révèlent aussi d’autres misères: celle des Arabes qui ne veulent plus subir, celle des ouvriers qui voient aujourd’hui leurs enfants sans travail…

© Louise Vayssie

Pères sans famille

AGNÈS FRESCHEL

Invisibles, la Tragédie des Chibanis a été jouée au Théâtre Liberté, Toulon, le 14 janvier © Philippe Delacroix

Avec la compagnie de rue des 26 000 couverts, le décalage est assuré, les spectateurs du théâtre de Cavaillon en ont précédemment gardé des souvenirs indélébiles ! Dans cette pièce en intérieur et en version nomade, Ingrid Strelkoff et Philippe Nicolle ne dérogent pas à la règle en poussant la caricature d’un jeune couple au bord de la crise de nerfs à son comble ! La pièce écrite par Gabor Rassov, mise en scène par Benoît Lambert, joue au vaudeville, à la tragédie, la farce et la série B, mais c’est surtout à un feuilleton carnavalesque en deux actes que nous convient ces deux doux dingues en sur-parodiant à merveille la diction abêtissante des sitcoms abrutissantes. S’ils jouent en duo cette comédie écrite pour 7 personnages, des Barbie trash aux accessoires graveleux à leur effigie les accompagnent -fort biendans la figuration. Sous ses airs cocasses et totalement absurdes, l’histoire de cette funeste journée d’un jeune couple conforme qui apprend en cinq minutes que la mère du marié est la maitresse de l’oncle de la mariée qui elle-même est l’amante de son père… est aussi abracadabrantesque que les soaps télévisuels servis à longueur d’année. Mais divinement jouée et beaucoup plus drôle ! DE.M.

Jacques et Mylène s’est joué en tournée Nomade(s) du 10 au 17 janvier


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DANSE

GRASSE | PARENTHÈSE | AIX | MERLAN | CAVAILLON | DRAGUIGNAN | OLLIOULES

Une parenthèse enchantée Pour son dixième anniversaire, la compagnie dirigée par Christophe Garcia s’est offert un plateau prestigieux © Agnès Mellon

Déjà dix ans que La Parenthèse poursuit son aventure, naviguant, d’un entrechat, de Marseille à Montréal. Un événement que Christophe Garcia, son directeur artistique, a voulu marquer en le plaçant, avec la modestie qui le caractérise, sous le signe de la grande famille de la danse. Et quelle famille !

Le Béjart Ballet Lausanne, les Ballets Trockadéro de Monte-Carlo, le Ballet d’Europe, le Scapino Ballet Rotterdam et le Malandain Ballet Biarritz ont accepté l’invitation pour un plateau d’anniversaire partagé, sur la scène d’un des théâtres les plus populaires de Marseille, le Gymnase.

D’Alice, première création de Christophe Garcia pour des danseurs de Béjart en 2000, à l’incontournable Boléro, dans sa version d’origine créée en 2004 à Marseille, la soirée a balayé un parcours assez remarquable de créations chorégraphiques au style bien affirmé. La dernière d’entre elles, Je suis sage mais tu me manques  !, conçue pour son interprète le danseur Arnaud Baldaquin, restera le moment le plus intense. À la fois légère comme une comptine et pesante par l’atmosphère incertaine qui s’en dégage, cette œuvre interroge les préoccupations et responsabilités d’un père devant une lettre de son fils absent. La pièce résume assez bien l’esprit de La Parenthèse, à mi-chemin entre insouciance et gravité, fluidité et rugosité. Mais qui sait s’accorder des moments d’humour, avec le numéro d’une étoile russe au nom imprononçable, alias Roberto Forléo, sur une Mort du cygne interlope. Par sa démarche et son talent, cette Parenthèse a tout d’une grande.

Nos destructions Le dernier opus de Maguy Marin poursuit sa route, soulevant, après Lyon et Avignon, la stupeur admirative à Gap (La Passerelle) et Aix (Le Pavillon Noir). Salves sera dans les prochains jours à cavaillon, Draguignan et Marseille (Le Merlan). Préparez-vous. Le spectacle a la pertinence politique de AhAh, et la perfection formelle de Turba. Il met en scène, sans les nommer, par des flashes insupportables, des morcellements, des déflagrations, des disparitions qui sans évoquer précisément rien de factuel renvoient pourtant à nos images quotidiennes, notre état mental. La violence de notre condition, celle d’êtres bombardés. D’images d’infos de douleurs de bombes. On n’en sort pas indemne, mais c’est bien. A.F.

Salves Les 20 et 21 jan Le Merlan, Marseille 04 91 11 19 20 www.merlan.org

THOMAS DALICANTE

La soirée anniversaire de La parenthèse a eu lieu le 6 janvier au Gymnase

Le 24 janv Scène nationale de Cavaillon 04 90 78 64 64 www.theatredecavaillon.com

Glaçant littérature en piochant dans Moby Dick de Melville le fil rouge de son récit, la danse avec quelques figures d’ensemble puissantes. Et, plus déroutant, se réfère aux «récents et tristes événements de Fukushima» évoqués à travers l’utilisation des couvertures de survie comme élément scénographique et sculpture murale, et à la spiritualité japonaise -shintô- qui anime les gardiens de l’eau de Kyoto. L’eau, © Eric Oberdorff

justement, qui goutte du pain de glace sur le plateau et recouvre l’espace fantasmé selon Oberdorff ; l’eau purificatrice dans la tradition japonaise qui nourrit la gestuelle des danseurs ; l’eau raréfiée qui divise, source de conflits dans le monde réel. Léviathan dessine en gris glacé une société imaginaire et intemporelle (mais pour combien de temps encore ?) et dénonce une relation de l’homme à l’univers à rendre pessimiste le plus optimiste des spectateurs. Car, malgré la sincérité du propos et le talent de ses interprètes, le spectacle s’enlise dans une succession de scènes narratives et d’instants rituels, de monologues et d’incantations, brandissant le spectre de l’apocalypse. Face à la cohorte d’hommes et de femmes à bout de nerfs on ne sait plus s’il faut combattre, résister ou désespérer. Ou les trois à la fois. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI

Léviathan a été créé les 9 et 10 décembre au Théâtre de Grasse

Le 31 janv Théâtres en Dracénie, Draguignan 04 94 50 59 59 www.theatresendracenie.com Les 3 et 4 fév Châteauvallon, Ollioules 04 94 22 02 02 www.chateauvallon.com © Jean-Pierre Maurin

Cela ressemble à une fin du monde annoncée. Pensé sous forme d’allégorie et de fable, Léviathan d’Éric Oberdorff marche sur les pas du cinématographique Dernier combat de Pierre Jolivet  : humains à la dérive, paysage indéfini, relations exacerbées… Un no man’s land terrifiant dont on ignore l’issue. Le chorégraphe y convoque le théâtre sous les traits du comédien Frédéric de Goldfiem, la


MONACO | VAR

DANSE

21

Barbie Bleue On avait laissé William Petit quelque part vers Tijuana, pour une recherche sur la frontière et les passages. On le retrouve naviguant avec le Ballet de l’Opéra de Toulon pour une déambulation métropolitaine autour des figures de Barbe Bleue. Le résultat de leur rencontre inédite est déconcertant, tant par la difficulté des interprètes à intégrer à la fois la danse, le jonglage, la vidéo, les voix et paysages sonores (du jazz au funk arabo-oriental), que par la multiplication des représentations de Barbe Bleue dont on doute d’avoir trouvé les portes du château. BBB est chaotique, et son écriture déconstruite déroute les danseurs qui se tiennent à distance de la narration, cherchant vainement des correspondances entre mouvements et images, hiératiques dans

intermittente d’une image vidéo sacrificielle, le numéro du chapeau rouge ! Cette impossibilité à nouer un lien, même ténu, vient sans doute de ce que «chaque personne de l’équipe a travaillé du travail, du processus, de cette création», écrit le chorégraphe. Note d’intention ou mode d’emploi  ? Il manque un capitaine à bord… M.G.-G.

© X-D.R

leurs kimonos chamarrés… entravés pour certains dans leur dépla-cement. Difficile de recoller les morceaux entre

BBB, déambulation métropolitaine s’est joué le 2 décembre au Revest, le 10 à La Valette-du-Var, le 11 à Six-Fours et le 18 au Pradet. Il sera repris à Villeneuve-les-Avignon lors des Hivernales

la danse maniériste (élégante signature de William Petit), la scène des marionnettes à têtes de Barbie, l’apparition

Mythique ballet du répertoire, Le Lac des cygnes ! Avec ses interprétations multiples, romantique, psychanalytique, ce conte suranné est devenu une incontournable légende où la vie et la mort, l’ombre et la lumière s’affrontent. Ecourté en trois actes au titre épuré, élagué des parties qui ne contribuent pas directement au sens, Lac acquiert une nouvelle puissance sous la plume (sic) de Jean Rouaud. Prince, cygne blanc, cygne noir sont des enfants sacrifiés à l’égoïsme de parents terribles. La genèse de l’histoire filmée en noir et blanc (subtile musique de Bertrand Maillot), prélude aux mouvements de l’œuvre, suggère des images fortes qui reviennent hanter la chorégraphie : ainsi, une petite fille enlevée qui s’accroche aux rochers pr��figure le personnage du cygne blanc arraché au Prince. Les décors d’Ernest Pignon-Ernest, d’une sobre et sublime élégance, jouent entre d’amples pans de toile sombre ou claire pour les scènes du palais et leur version verticale de rochers bruts pour le lac. L’opposition des univers se retrouve dans les costumes de Philippe Guillotel, or pour la robe de la reine, noir et androgyne pour la reine de la nuit (substituée ici, intrigue oblige, au sorcier Rothbart du conte), couleurs vives des jeunes gens, blancheur des cygnes avec leurs mains emplumées… La chorégraphie de Jean-Christophe Maillot est littéralement portée par l’Orchestre de Monte Carlo. Quels solistes dans la fosse ! Quelle troupe exceptionnelle sur scène ! Un instrument de rêve

© Angela Sterling

Tel qu’en lui-même l’éternité le change

pour tout chorégraphe ! La perfection plastique des gestes sert avec finesse le propos  : la danse endiablée des jeunes chasseurs, l’exaltation initiatique des corps, le bruissement des cygnes, le théâtre dans le théâtre, tout est à la fois beau, et signifiant. Ainsi c’est sous les ordres de la reine de la nuit, qui corrige ses attitudes, que le cygne noir usurpe la place du cygne blanc. Enfin, superbe hymne à la main, fragile, tendre, lorsqu’elle se

dépouille des plumes qui la tiennent prisonnière, le dernier tableau est d’une poésie bouleversante dans son esthétique du «ravissement». MARYVONNE COLOMBANI

Lac a été créé du 27 au 31 déc au Grimaldi Forum de Monaco


22 CABARET/ARTS DE LA RUE ARLES | GYMNASE | MERLAN | SCÈNES ET CINÉS

Noël et cætera

Installation lumineuse interactive Phosphene de la cie Eido a l'Espace Van Gogh © DE.M pour Zibeline

ture et de fermeture en plein air : les Envolées Chromatiques de la cie Aérosculpture et la Distillerie d’images par le Kolektif Alambic et le Philharmonique de la Roquette. Parmi les nombreux rendez-vous, la compagnie du Petit Monsieur aura plié de rire son auditoire avec une démonstration

Depuis huit ans, à Arles, la période de Noël est le temps des retrouvailles familiales autour d’un festival de réjouissances gratuites digne d’un conte de fées. Huit jours de déambulations de rues en rues, de spectacles en acrobaties, de musique en poésie, avec en point d’orgue deux spectacles d’ouver-

pas si farfelue de l’art de dompter une tente injustement dénommée 2 secondes. Avant d’aller découvrir à l’Espace Van Gogh l’univers lumineux de Phosphène, où la matière lumière était en libre service grâce à une installation interactive, ou de s’essayer aux jeux en bois géants proposés par la Martingale à la Chapelle Sainte-Anne, petits et grands auront appris la fabrication d’un Chapeau Magique avec des ateliers spectaculaires de pliage, à même le sol. À la fin de la journée, chacun finissait de déambuler dans la ville, des marrons chauds plein les mains et son drôle de bonnet géant sur la tête. Un signe de ralliement à chaque coin de rue autour de ces Drôles de Noëls qui réchauffent les petites mains et rassemblent à leurs côtés les plus grands.

Soviet ! Au détour de Drôles de Noëls mais aussi à Marseille, Martigues, Nice et Brignoles on a croisé deux fous échappés d’une singulière machine à remonter le temps… soviétique ! Le duo PasVuPasPris a eu la très très bonne idée de reprendre Les Moldaves, créés en 2007. Spoutnik, Vodka, armée russe et hymne soviétique renaissent avec une ironie mordante, évoqués par ces deux acrobates de haut vol qui, mine de rien, de main à main et entre deux caricatures d’accent de l’Est, exécutent quelques figures virtuoses. À l’aide de jeunes femmes du public qui doivent avoir le cœur bien accroché ! Vraiment hilarant… A.F.

DE.M.

À venir Les Drôles de Noëls se sont déroulés à Arles du 17 au 24 décembre

Les Moldaves se produiront le 19 février à Istres et Grans dans le cadre des Elancées

© Agnès Mellon

Vive le cul (et les seins) Après le succès et le Prix (mise en scène, Cannes) du film joyeux de Mathieu Amalric qui les a fait découvrir en Europe, les actrices et l’acteur de Tournée ne pouvaient se résoudre à retrouver leurs cabarets américains et sont venus faire leur show dans nos théâtres ! Forcément décalés dans les dorures sublimes du Gymnase, leur show tapageur, s’il n’est pas novateur dans son alternance de numéros de striptease individuels, fait découvrir des individualités fascinantes, et surtout un esprit caustique qu’on n’attendrait pas là : lorsque Dirty Martini, sublime obèse blonde, se débarrasse de ses vêtements, sous-vêtements et accessoires tous aux couleurs du drapeau américain, et laisse éclater sa chair blanche sur Proud to be an american, ou lorsque la meneuse de revue entonne, une ceinture de

bananes à la taille «j’ai deux amours, ma main droite et mon godemichet», on est évidemment pas dans les attendus du striptease. Personne n’est là pour se rincer l’œil triste, mais pour tapager, ensemble. Salace, mais sympa ! A.F.

À noter Cabaret new burlesque se joue jusqu’au 21 jan Théâtre du Gymnase, Marseille 0820 000 422 www.lestheatres.net

Il est rare que les spectateurs aient ainsi l’occasion de sentir l’humanité de ceux qui sont sur scène. Du spectacle qu’on leur offre. Dans Gardenia Alain Platel réussit une fois de plus ce tour de force, en touchant à ce naturel désarmant que son œil seul semble savoir capter et faire reproduire à ceux qu’il met en scène. Vanessa Van Durme, une fois encore, mène le jeu, ayant regroupé autour d’elle d’anciens compagnons, travestis ou transsexuels, entre 58 et 69 ans. Ensemble ils s’offrent au regard sans tapage, les yeux dans les yeux, dans leurs costumes gris masculins qui ne vont pas à leurs allures, puis dans des tenues colorées et féminines qui ne leur vont plus… Que sont-ils, ces anciennes fleurs sublimes, gardénias d’un jour disparus ? Un sublime solo sur la chanson d’Aznavour, décalée avec ses affirmations grossières, mais juste dans sa

douleur, vient compléter des embryons de numéros et des changements constants d’habits, des regards échangés. La forme de Gardénia reste un peu molle, on se demande pourquoi une femme est là. Mais peu importe. On y a vu, au détour, un geste de séduction qui survit, un sourire nostalgique, une démarche qui fut sublime, et des regards complices échangés entre ceux qui ont toujours vécus à côté. De leur corps, des attentes, de la société, des vêtements, des musiques qui ne peuvent pas les faire simplement pleurer. Car ces vieux Gardénias gardent une odeur sublime, et le commun n’est pas pour eux. AGNÈS FRESCHEL

Gardénia a été joué au Merlan du 13 au 17 janvier

© Luk Monsaert

Voir l’humain


CITÉ DES ARTS DE LA RUE | SIRÈNE

CABARET/ARTS DE LA RUE

23

Voisins et complices La nuit la plus longue de l’année, le 21 décembre, a été célébrée dans l’enthousiasme à la toute nouvelle Cité des Arts de la rue. Une partie de ses habitants -c’est ainsi que se nomment les structures qui l’occupent- ont invité leurs amis, voisins et complices. Inauguration de l’installation de Karwan, pôle de développement des arts de la rue, dans ses nouveaux locaux avec une exposition de photos qui retraçaient le parcours de la structure durant 10 ans; fête pour le retour de Salé (Maroc) de la 4e promotion des Apprentis de la FAI AR, qui auparavant avaient suivi un travail sur les écritures du réel et le goût des autres à La Cité - Maison de Théâtre (voir p 4); occasion d’accrocher une toile que l’artiste Antoine de Bary offre à la Cité, rendant hommage à un célèbre funambule, Michel Brachet, surnommé «Le Diable blanc» ; présentation d’un travail en cours de Bernard Llopis à la verve toujours convaincante... et d’autres mini-événements qu’on ne peut tous citer ! Entre un verre et un bol de soupe, on découvrait un immense bonhomme construit avec des containeurs par l’Atelier Sud Side pour la prochaine création de Générick Vapeur, Waterlitz. La soirée a été aussi l’occasion de signer une convention entre la Cité et les entreprises du secteur en zone franche (EZF) regroupées sous la bannière

Inauguration Karwan Cite des arts de la rue - algo © 2011- Karwan

de Cap Au Nord Entreprendre. Il s’agit d’un partenariat qui permet la valorisation du site, la participation des publics du secteur. En signe de dérision cet accord, surnommé G 21, a été signé sur une table conçue par Sud Side. Tout cela souligne le nouveau dynamisme de ces quartiers, présageant des actions multiples, des partenariats prometteurs avec les artistes. Signalons aussi les ballades

À venir Dans le cadre de l’Art est public, et pour faire suite à cette manifestation issue d’un appel lancé par la fédération nationale des arts de la rue aux artistes, sympathisants, plasticiens, techniciens, élus et citoyens curieux, l’Université buissonnière s’annonce les 9 et 10 février à la Cité des Arts de la Rue de Marseille. Étape d’échange et de réflexion autour de L’Art est public, elle permettra

notamment d’interroger les conditions d’une véritable reconnaissance de l’importance de l’art vivant dans la culture et de la culture comme ferment de démocratie, et d’interpeller les politiques autour de ces problématiques. 01 42 03 91 12 www.federationartsdelarue.org

Sous le signe des César... L’ANPU (Agence Nationale de Psychanalyse Urbaine) a voulu souhaiter ses bons voeux de rétablissement à Marseille en ce début d’année 2012. Tout y était : sapins couverts de faux givre et guirlandes, apéritif offert aux spectateurs… Notez que l’apéro servait à faire passer la petite pillule blanche offerte en traîtement de la névrose marseillaise ! Sur fond

© Vincent Lucas

musical d’un Petit papa Noël à la sauce orientale, deux hommes, un marseillais et un algérois, s’adressent à la foule dans les deux langues, appelant à la reconstruction d’un avenir commun et à la guérison. Rendez-vous est pris pour le 4 janvier 2062, car il faudra bien 50 ans pour atteindre ce but ! Au sol sont découverts des messages retraçant l’histoire de Marseille depuis Phocée, puis l’empereur César pour arriver au règne des automobiles et de cet autre César qui les a compressées... Une manière sarcastique de réfléchir à la place de l’automobile dans cette ville ! CHRIS BOURGUE

La sirène de l’ANPU a eu lieu le 3 janvier sur le parvis de l’Opéra

urbaines organisées par la coopérative Hôtel du Nord qui oeuvre pour valoriser le patrimoine local et méconnu. CHRIS BOURGUE

www.lacitedesartsdelarue.net www.hoteldunord.coop


24 JEUNE PUBLIC TOULON | CAVAILLON | VELAUX | MASSALIA

Encore un Tour !

Vous avez déjà passé près de quatre heures mal assis sur le banc de bois d’un chapiteau trop plein face à un seul acteur, à en redemander encore, et à regretter que ça s’arrête ? Gilles Cailleau fait Le Tour complet du cœur de Shakespeare, de son Shakespeare, en magnifiant le théâtre forain, les tréteaux, en vous embarquant dans un résumé, des extraits, des commentaires des 37 pièces de Shakespeare -toutes sont évoquées ou jouées-, en retrouvant, (ou en inventant  ?) un art de la

avec ses spectateurs. Shakespeare y retrouve la force des rêves, la fureur des combats, la violence éperdue de l’amour, le goût infini des voyages, du fantastique et des tempêtes. Un Tour de force, que Gilles Cailleau accomplit depuis plus de 10 ans, et qui tournera encore…

représentation qui se joue des abimes, du théâtre dans le théâtre, des règles du jeu. Car il est lui-même, Gilles Cailleau qui vous accueille, puis ce comédien Antoine Garamond qui a joué tout Shakespeare, puis sa famille qui l’a accompagné, puis les personnages qu’ils ont joués. Il passe d’un niveau à l’autre sans plus d’effort qu’il ne balaye tous les registres du jeu forain, acrobate, musicien, poétique, bateleur, tout cela sans caricature, pimentant chacun de ces registres d’un art subtil de comédien, et d’une complicité chaleureuse

A.F.

Le Tour complet du cœur a été joué à la Friche (programmation Massalia) du 17 au 23 décembre

© Jean-Francois Gaultier

Funambules de la vie

Un vieux cirque sans animaux part à la conquête du public dans la vaste et étrangère Pampa. À son bord, les facétieux Pink et Punk, abandonnés par leur Reine mère et rejoints par deux loustics pour continuer à faire leur cirque. Il y a Manouche reine de la séguedille en 3D, Ficelle un va-nu-pieds né d’hier et blues man sur les bords. Il y a des envies de voyage et le désir d’être aimé. Des cabrioles avec les épithètes et des flip-flap arrières avec la grammaire ; des fins de phrases à 1000 pattes et des charivaris d’adverbes approximatifs. Et il y a aussi Ornicar, la grosse voix à képi qui remettra de l’ordre dans la joyeuse troupe après vérification d’identité. «Au bout du bout de la fin du chemin» de ce chapiteau nomade, il y a un formidable et poétique bric-à-brac imaginaire du dramaturge-metteur en scène Joël Jouanneau, qui réunit ces Zappachéos d’infortune pour jongler avec les mots et réinventer les Demoiselles de Rochefort. Sous ses loupiottes colorées et sa joie de vivre contagieuse, cette pièce pour les enfants de 7 à 107 ans est un bel hommage au cirque et aux gens du voyage, à l’enfance, aux funambules de la vie. Et à la grammaire !

Presque parfait !

© X-D.R.

rideau du castelet. Les voici contant l’histoire de Riquet à la Houppe au cœur aussi gros et moelleux que son faciès est hideux… un comble au pays où la beauté est érigée en dogme d’État ! Heureusement la Fée -à ses heures marieuse- veut libérer les laids du joug du couple royal et forcer le destin du jeune Riquet. Vaste programme que la troupe se fait fort de distiller aux oreilles des jeunes spectateurs par le truchement d’un spectacle alerte, vivifiant, aux sentences bien senties et aux images percutantes. Ouf, le drame est vite oublié et le dénouement heureux, les vœux des amoureux sont exaucés et les despotes fragilisés dans leurs certitudes ! L’Imparfait est une aubaine pour initier le jeune public au goût du théâtre. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI

L’Imparfait s’est joué le 10 janvier au Théâtre Liberté à Toulon

DE.M.

PinKpunK CirKus s’est joué le 11 janvier au théâtre de Cavaillon © Julien Piffaut

Masques et ronds de jambe, coups de baguette, boule de cristal, talismans et formules magiques, travestissement, valet espiègle, chaste baiser, souverains féroces, apartés comiques et grimaces, intrigue amoureuse : traitée sur le mode d’une farce classique, L’Imparfait d’Edwige Cabélo est un opéra sur la différence et la tolérance auquel Philippe Ricard donne une dimension théâtrale. L’adaptation du conte de Charles Perrault est servie magistralement par la Compagnie Septembre et le chœur d’enfants du CNR de Toulon Provence Méditerranée embarqué dans l’aventure, et entraperçu dans l’encablure du


Brocante lumineuse

© Jef Rabillon

Philippe Lefebvre est un artisan, au sens noble du terme. Ses bricolages millimétrés, désuets, évoquent ceux d’autres chercheurs en roue libre -de Léonard de Vinci à Wallace et Gromitmais focalisés sur l’optique. Son installation se visite au rythme des points d’éclairage successifs : un robinet qui coule à l’infini, une petite fille sur sa balançoire, l’ombre d’une fourchette qui s’allonge démesurément, des mécanismes cliquetant, petits miroirs, fils de métal tordus, bassines remplies d’eau réfractant la lumière... Le public se laisse prendre, et il en va de son œuvre comme des tours de magie : il y a ceux qui veulent absolument comprendre comment ça marche, «trouver le truc», et ceux qui n’apprécient que le mystère. Les bébés observent fascinés les jeux d’ombres chinoises, les plus grands

ponctuent de commentaires qui participent à l’amusement attendri des adultes, certains résistent difficilement à l’envie de toucher. A l’issue du parcours qui dure une demi-heure, un jeune garçon s’exclame : «Non, c‘est pas déjà fini quand même !» En voilà un qui est mûr pour les ateliers proposés par l’artiste en parallèle à l’exposition. GAËLLE CLOAREC

À noter Heureuses Lueurs, Allusions d’optique se visite et s’expérimente jusqu’au 28 janv au Studio de la Friche dans le cadre de Laterna Magica Théâtre Massalia 04 95 04 95 70 www.theatremassalia.com

Inépuisable malade Le théâtre Kronope joue la comédie ballet du Malade imaginaire avec un bel allant. Certains passages sont transposés, ainsi la tirade de la première scène dans laquelle Argan énumère les diverses potions dont les médecins et apothicaires le nourrissent et les sommes pharamineuses réclamées, est prise en charge par le trio de la mort et des lutins… Optique de carnaval, pied de nez à la mort ? La scénographie de Guy Simon jongle sur les hauteurs, entre échasses et différents niveaux de scène ; les masques sont inventifs, même si celui du fils Diafoirus tend à surjouer le ridicule du personnage © Théâtre du Kronope que l’acteur rend déjà. En revanche, superbe performance de Louison dans la petite scène avec son père, Argan ; le masque de la petite fille souligne avec un humour désopilant sa fausse naïveté. Performance d’acteurs aussi, les 13 personnages de la pièce sont portés par les 5 membres de la troupe. Le public jeune rit beaucoup visiblement bien préparé lors des interventions dans les écoles et collèges. Le jeu des acteurs fait le reste… la langue de Molière aussi ! M.C.

Le malade imaginaire a été joué à l’Espace Nova,Velaux, le 7 janvier


Invasion

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Manifeste rien Jérémy Beschon poursuit au Lenche son entreprise

Hamlet © Andy Parant

© Eric Didym

singulière et militante (voir p77), en mettant en scène le texte d’Howard Zinn sur l’autre histoire des ÉtatsUnis. Celle du peuple, et de la gauche, étonnamment absent de nos représentations. Une histoire populaire des États-Unis Le 2 fév Théâtre de Lenche, Marseille 04 91 91 52 22 www.theatredelenche.info

Bang Bang Un spectacle écrit, mis en scène interprété par les

Comédie joyeuse de Jonas Hassem Khemeri, mise en scène par Michel Didym, Invasion soulève le problème de l’étranger, de l’autre, du racisme, de la bêtise. Un mot, simple farce au départ, «Abulkasem», devient polysémique, recouvre toutes les angoisses d’un monde occidental sur le repli. Une pièce à la fois ludique et courageuse.

deux complices Magali Contreras et Carole Errante. Le sujet, le corps féminin, le désir, l’amour dans ses passes et impasses. Un théâtre qui aime à se jouer des codes, par deux comédiennes à la belle fougue, accueillies en résidence au Lenche.

Du 8 au 11 fév La Criée, Marseille 04 91 54 70 54 www.theatre-lacriee.com

Du 15 au 18 fév Théâtre de Lenche, Marseille 04 91 91 52 22 www.theatredelenche.info © X-D.R.

Le crépuscule du Che Dans la lignée du Dernier jour d’un condamné à mort,

Depuis déjà deux ans, la mise en scène de Jean-Luc Revol conquiert les spectateurs avec sa distribution éblouissante (voir p16)… Cette histoire de vengeance où la réalité se mêle au fantastique, où le calcul épouse la folie, où chaque personnage joue entre vérité et apparences se déroule dans le glacial château d’Elseneur. La peur règne, instrument politique, moteur d’une intrigue tortueuse comme le cœur torturé des protagonistes…

la pièce de José Pablo Feinmann (adaptée par Marion Loran) s’attache à imaginer la dernière nuit du Che, interrogé par un journaliste. En sort un portrait troublant éloigné des poncifs. Pas de jugement mais un questionnement sur la violence du point de vue politique et idéologique. Une mise en scène de Gérard Gélas, superbement interprétée par Olivier Sitruk.

Les 10 et 11 fév Théâtre Toursky, Marseille 0 820 300 033 www.toursky.org

Le 24 jan Théâtre Toursky, Marseille 0 820 300 033 www.toursky.org

Alain Simon Le directeur du Théâtre des Ateliers (Aix) vient

Woyzeck © Hsu Ping & Yawen

Du 24 au 28 jan La Minoterie, Marseille 04 91 90 07 94 www.minoterie.org Le 1er fév Théâtre Vitez, Aix 04 42 59 94 37 http://theatre-vitez.com

Le discours de la Méthode en slam Du 31 jan au 4 fév Voyage sur place Du 8 au 12 fév Théâtre de Lenche, Marseille 04 91 91 52 22 www.theatredelenche.info Je pense donc je suis © X-D.R.

© Manuel Pascual

Après un très beau travail autour de L’échange de Claudel avec des comédiens japonais, Franck Dimech dirige des comédiens taïwanais et chinois dans Woyzeck de Büchner. Ne parlant pas le chinois Franck Dimech travaille au plus près des corps et des voix des acteurs, qui eux-mêmes sont étrangers au monde déchiré de Büchner. Des surtitrages permettront de suivre l’action. Une histoire de passion et de mort au plus près de la vie de la chair.

présenter à Marseille un intéressant diptyque. Descartes en slam, parce que dit-il la langue s’y prête dans son dynamisme, nouvelle en son temps, philosophique mais populaire, comme cet art nouveau de dire en rythme. Et puis un spectacle écrit avec Alain Reynaud (Les nouveaux nez), très beau voyage dans les rêves et les souvenirs d’enfant de ce clown tendre… et si drôle !

AU PROGRAMME

THÉÂTRE


THÉÂTRE

Até Désolé pour Les Bernardines accueillent la nouvelle création la moquette d’Alain Béhar. L’auteur metteur en scène poursuit

La vie de Galilée À tous ceux qui n’auraient pas encore eu l’occasion © Pascal Gely CDDS Enguerand

sa recherche d’écritures nouvelles, mêlant et superposant sans les décrypter langages intérieurs, objectifs, fictions et adresses, son et image, artisanat et technologie. Une pièce autour de la déesse de l’égarement, Até, jouée par 5 acteurs complices. Du 26 au 31 jan Les Bernardines, Marseille 04 91 24 30 40 www.theatre-bernardines.org

Ivanov La pièce est écrite et mise en scène par Bertrand Blier. Par un concours de circonstances, deux mondes se mêlent curieusement, celui de la bourgeoisie et celui des clochards. Cocasserie et cruauté dans un théâtre où la dénonciation parfois se teinte de tendresse… décalée ! Du 31 jan au 4 fév Le Gymnase, Marseille 08 20 00 04 22 www.lestheatres.net

Une maison de poupée

Du 31 jan au 4 fév Théâtre Gyptis, Marseille 04 91 11 00 91 www.theatregyptis.com

© Xavier Torrès

© Jean-Baptiste Pasquier et Marina Damestoy

Le spectacle orchestré à partir de la pièce de Tchekhov est mis en scène par Jean-Pierre Baro qui souligne qu’Ivanov est «un être sans but et être sans but ouvre beaucoup de possibilités». C’est à cette exploration des possibles que le spectateur est convié dans une vision subjective et sensible du monde.

d’aller applaudir la Compagnie du Grand Soir dans son interprétation de la pièce de Brecht (avec Régis Vlachos, notre collaborateur, dans le rôle de Galilée), une belle occasion est donnée de prendre un bain de «poélitique» dynamique et profonde à la fois. Une version ramassée et vivifiante. En petite préparation, possibilité d’assister aux jeux dits d’auteur autour de la vie et de l’œuvre de Bertold Brecht le jeudi 2 février au foyer du théâtre. Le 3 fév Le Comoedia, Aubagne 04 42 18 19 88 www.aubagne.fr

© Pascal Victor

Motobécane Le roman de Pascal Savatier, Le ravisseur, a été réécrit et adapté au théâtre par Bernard Combrey qui en est aussi l’interprète. Le sujet, un homme est jeté en prison pour un enlèvement qu’il n’a peut-être pas commis. De sa cellule il clame sa vérité. Que s’est-il passé ? Au jeu des points de vue et des vérités particulières s’aiguise un spectacle bouleversant.

Stop Une nouvelle création d’Hubert Colas ? Cela mérite effectivement qu’on s’y arrête. Reprenant la phrase de Sophocle, l’auteur-metteur en scène travaille sur notre peur de l’avenir, ou de son absence, crainte du réel par laquelle on nous manipule pour nous maintenir les mains sur les yeux, terrorisés et inactifs. Mais complices aussi, parce que l’état de peur est aussi un plaisir.

Le 19 jan Théâtre du Golfe, La Ciotat 04 42 08 92 87 www.laciotat.com © Jean-Marie Legros

AU PROGRAMME

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Stop. Tout est bruit pour qui a peur Le 3 fév Théâtre d’Arles 04 90 52 51 51 www.theatre-arles.com Du 10 au 16 fév Le Merlan, Marseille 04 91 11 19 20 www.merlan.org © Lisa Wiltse

Sulfureuse au XIXe, la pièce d’Ibsen n’a rien perdu de la profondeur et de l’originalité de ses questionnements. La demande de l’héroïne Nora, que la vie commune avec son époux se «transforme en mariage», pose toujours le problème des relations du couple, de la place accordée aux uns et aux autres, de la possibilité pour chacun de se réaliser… Une œuvre à voir et revoir et méditer… Du 15 au 18 fév Le Gymnase, Marseille 08 20 00 04 22 www.lestheatres.net


Les oiseaux… Résultat d’un atelier de création de l’université de

© Danica Bijeljac

… haine ordinaire Jours souterrains «Étonnant, non ?» Tous ceux qui ont connu la Minute nécessaire de monsieur Cyclopède se souviennent avec un sourire complice des sketches de Pierre Desproges, sa chasse aux cons, compagnie nombreuse s’il en fut, ses pieds de nez à la mort, son humour dévastateur et sa tendresse. Christine Murillo et Dominique Valadié, sur une adaptation d’Hélène Desproges et la mise en scène de Michel Didym, produisent un spectacle qui rend justice à son talent d’auteur.

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Provence sous la houlette d’Agnès Regolo, un petit cabaret bercé entre les textes de Levin, Chaval, Bierce, Michaux, Cami, Valentin, Lewis Caroll. Pour goûter au bonheur des mots et du jeu. Les oiseaux sont des cons Du 8 au 10 fév Théâtre Vitez, Aix-en-Provence 04 42 59 94 37 http://theatre-vitez.com

Chroniques d’une haine ordinaire Du 24 au 28 jan Jeu de Paume, Aix-en-Provence 0 820 000 422 www.lestheatres.net ©Éric Didym

© BM Palazon

…ouverte ou fermée Jacques Vincey met en scène une pièce de l’écrivain norvégien Arne Lygre. Il s’agit d’un homme qui enlève dans sa maison des personnes pour les «sauver», les dépouiller de leur identité pour leur en donner une nouvelle. Questionnement sur notre société, sur le moi, l’individu, ce qui le façonne. Une pièce qui se joue des codes avec un propos passionnant. La représentation est précédée à 18h30 par une rencontre entre Jacques Vincey et Michel Terestchenko, maître de conférences de philosophie à l’université de Reims et à l’IEP d’Aix et auteur de plusieurs ouvrages de philosophie politique. Le 30 jan ATP, Aix Pavillon Noir, Aix-en-Provence 04 42 26 83 98 www.atpaix.com

Exposition de masques Exceptionnelle exposition de masques de théâtre au

Drames de Princesses La Cie aixoise Variant s’attache à trois variations

Bois de l’Aune : Erhard Stiefel, créateur de masques pour le théâtre et le cinéma (Bejart, Vitez, Kokkos….) offre au public (l’entrée est libre) la possibilité de voir plus de 80 pièces issues de traditions différentes, commedia dell’arte, théâtre oriental (Chine, Indonésie, Japon…). Un art subtil et passionnant.

dramatiques d’Elfriede Jelinek (prix Nobel de littérature 2004). Mise en scène de la féminité réifiée jusque dans les contes, Blanche Neige ou la Belle au Bois Dormant, éternelles mineures… et ses symboles contemporains, Marylin Monroe ou Jackie Kennedy, tout aussi prisonnières de leur image. Trois textes féministes, de l’humour, de la causticité, de la poésie en plus.

Du 28 jan au 23 fév Bois de l’Aune Aix-en-Provence 04 42 93 85 47 www.agglo-paysdaix.fr

Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée Le 21 janv Salle culturelle Simiane Collongue 04 42 22 62 34 www.simiane-collongue.fr Photo de répétition © X-D.R

Masque de Bali Topeng © X-D.R.

Les 14 et 15 fév Théâtre Vitez, Aix-en-Provence 04 42 59 94 37 http://theatre-vitez.com

Précédée par un délicieux lever de rideau de et par Isabelle Andréani, La clef du grenier d’Alfred, la pièce de Musset continue de nous ravir, avec ses jeux subtils, ses fausses indifférences, son écriture fine et aiguisée. Un régal spirituel et délicat !

Monsieur chasse La compagnie Les loups masqués reprend cette pièce de Feydeau qui sous les dehors légers et convenus de la comédie bourgeoise remet en cause l’institution traditionnelle du mariage. Au vaudeville la troupe ajoute un caractère burlesque, «vraie-fausse» comédie musicale où les personnages s’échangent, où même le décor subit de curieuses transformations… Le 27 janv Cinéma 3 Casino, Gardanne 04 42 65 77 00 www.ville-gardanne.fr

AU PROGRAMME

THÉÂTRE


THÉÂTRE

El viento…

Je pense à Yu … Germaine Tillion Carole Fréchette tisse les destins de trois personnages, Yu, Lin et Jérémie, dont le sort obsède Madeleine. Au centre de ses préoccupations, mai 1989 et les événements qui se sont déroulés sur la place Tienanmen… Jean-Claude Berutti, artiste associé de la Scène des Salins, met en scène ces temps mêlés, ces humanités communes. © Magali Hirn

Après avoir décortiqué les aventures des membres de la famille Coleman, Claudio Tolcachir se penche à nouveau sur une famille improbable, non conventionnelle, une famille que les événements vont se charger de composer. En créant un monde, selon le metteur en scène, «où des êtres vivent chaque moment sans préjugé ni retenue civilisée. La liberté comme bonheur plein et aussi comme une douleur incompréhensible.»

Les 3 et 4 fév Théâtre des Salins, Martigues 04 42 49 02 00 www.theatre-des-salins.fr

© Herve Kielwasser

AU PROGRAMME

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S’appuyant sur trois des écrits de Germaine Tillion –Il était une fois l’ethnographie, Une opérette à Ravensbrück et Les ennemis complémentaires-, Xavier Marchand a créé un spectacle passionnant qui rend hommage à l’ethnologue (passionnante !) engagée tout au long de sa vie, dans les camps de déportés, puis dans les Aurès et la guerre d’Algérie. Un spectacle qui mêle au récit des cartes, des photos et des films.

Une veillée singulière Le Théâtre de Cuisine invite à la veillée autour d’une malle que vont ouvrir Hadi Boudechiche et Claire Laterjet, deux conteurs qui ne se sont pas revus depuis 25 ans. Dans la malle, leurs souvenirs de vacances…

El viento en un violin Le 14 fév Théâtre d’Arles 04 90 52 51 51 www.theatre-arles.com

Il était une fois Germaine Tillion Le 3 fév Théâtre de l’Olivier, Istres 04 42 56 48 48 www.scenesetcines.fr

Du 19 au 21 jan Le Sémaphore, Port-de-Bouc 04 42 06 39 09 www.theatre-semaphore-portdebouc.com

Le 10 fév Le Sémaphore, Port-de-Bouc 04 42 06 39 09 www.theatre-semaphore-portdebouc.com

Le 8 fév Espace Gérard Philippe, Port-Saint-Louis 04 42 48 52 31 www.scenesetcines.fr © Paolo Cafiero

Le 10 fév Châteauvallon, Ollioules 04 94 22 02 02 www.chateauvallon.com

Grand écart Personnage original et fantasque, Tobias est un retraité forcé de la danse devenu professeur. La rencontre avec un jeune couple venu l’interviewer dans le cadre d’un mémoire sur la danse classique aux États-Unis va révéler les mensonges, ellipses et mystère d’une grande carrière… Le texte de Stephen Barber est mis en scène par Benoît Lavigne avec Thierry Lhermitte dans le rôle-titre.

Le 17 fév Théâtre Durance, Château-Arnoux 04 92 64 27 34 www.theatredurance.fr Le 28 mars Théâtre Vitez, Aix 04 42 59 94 37 www.theatre-vitez.com

Le 22 jan Théâtre des Salins, Martigues 04 42 49 02 00 www.theatre-des-salins.fr

L’Avare Après un beau succès lors de la création au théâtre © Dunnara MEAS

du Gymnase, la Cie Vol Plané promène son Avare dans la région. Ne manquez pas cette relecture intelligente et joyeuse, iconoclaste et pertinente, enlevée et profonde, qui pimente Molière sans enlever à son génie… comme le faisait le Malade Imaginaire de la même équipe, revu récemment au Gyptis ! Le 19 jan Théâtre de l’Olivier, Istres 04 42 56 48 48 www.scenesetcines.fr Le 7 fév Théâtre de la Valette 04 94 23 62 06 www.lavalette83.fr Le 10 fév Espace des Arts, Le Pradet PôleJeunePublic, Revest-les-Eaux 04 94 98 12 10 www.polejeunepublic.fr

Le 31 mars Scène nationale de Cavaillon 04 90 78 64 64 www.theatredecavaillon.com

Henri IV Daniel Colas met en scène les dix huit derniers jours de la vie du monarque, roi très humain, amoureux comme un adolescent d’une très jeune femme pour laquelle il est prêt à sacrifier son royaume. Une restitution historiquement exacte et précise, avec Jean-François Balmer dans le rôle-titre. Henri IV le bien aimé Le 28 jan Théâtre de La Colonne, Miramas 04 90 58 37 86 www.scenesetcines.fr © Bernard Michebe ATA


Le Gorille © Adrien Lecouturier

Loi du marcheur Le Chemin solitaire La Sous la houlette d’Eric Didry, Nicolas Bouchaud s’est emparé du documentaire de Régis Debray, Serge Daney, itinéraire d’un cinéfils, pour un seul-enscène remarquable autour du critique de cinéma. Une marche enrichissante en forme de leçon de cinéma et un retour sur le métier de critique tout autant qu’une réflexion générale sur le rôle et la place des images dans notre société. Programmé par la Scène nationale de Cavaillon au théâtre des Halles et en Nomade(s). Les 3 et 4 fév Théâtre des Halles, Avignon 04 90 85 52 57 www.theatredeshalles.com

© Tim Wouters

Le collectif flamand Tg STAN revisite la pièce d’Arthur Schnitzler en privilégiant une approche moderne du drame que vit Julian, venu révéler à son enfant, après la mort de sa mère, le secret de sa paternité. Un théâtre «sans fard» qui bouleverse les codes habituels de la représentation et questionne avec humour l’effondrement des valeurs dans un monde désenchanté.

Le 8 fév Espace culturel Folard, Morières-les-Avignon Le 9 fév Salle des fêtes, Le Thor 04 90 78 64 64 www.theatredecavaillon.com

Les 24 et 25 jan Théâtre de Nîmes 04 66 36 65 10 www.theatredenimes.com

Alejandro Jodorowsky adapte et réactualise la nouvelle de Kafka, Compte rendu pour une académie, une fable philosophique dont il souligne tout le tragique dans une mise en scène centrée sur le personnage du gorille qui, pour survivre, consent à devenir humain. Entre prises de conscience et douloureux apprentissage, la bête deviendra-t-elle humaine pour autant ?

Les 2 et 3 fév Le Bois de l’Aune, Aix 04 42 93 85 40 www.agglo-paysdaix.fr

Bullet Park Écrit par John Cheever en 1969, Bullet Park décrit

Le 14 fév La Colonne, Miramas 04 90 58 37 86 www.scenesetcines.fr

avec causticité une certaine Amérique bienpensante, une middle class sans histoire, mais en apparence seulement. Car sous le vernis les fêlures se dévoilent… Le collectif Les Possédés s’empare avec jubilation du rêve américain, sans jamais s’éloigner de ce qui fait le sel de leurs spectacles, humour et folie douce.

Pluie d’enfer © M. Magliocca

Les 8 et 9 fév Théâtre de Nîmes 04 66 36 65 10 www.theatredenimes.com

© Giovanni Cittadini

Lignes de failles Peut-être une ultime occasion de voir le spectacle dans la région… Catherine Marnas met en scène le magnifique roman de Nancy Huston avec un talent rare, une équipe de comédiens exceptionnels, remontant les douleurs du siècle jusqu’à l’origine du mal, et éclairant l’histoire contemporaine d’un lyrisme aujourd’hui nécessaire à notre humanité. Allez-y, le voyage dure plus de quatre heures, mais vaut vraiment le coup !

Deux flics à Chicago -un pourri, un honnête- dans un face à face viril et passionnel, de la violence urbaine, une difficulté de vivre qui fait prendre des décisions douteuses… Pluie d’enfer est l’adaptation, par Benoît Lavigne, d’une pièce américaine de Keith Huff, un classique de l’aventure humaine porté par Bruno Wolkowitch et Olivier Marchal.

© Pierre Grosbois

Le 10 fév Scène Nationale de Cavaillon 04 90 78 64 64 www.theatredecavaillon.com

© Pierre Grosbois

Le 26 jan Théâtre de Fos 04 42 11 01 99 www.scenesetcines.fr Les 18 et 19 fév Le Chêne Noir, Avignon 04 90 86 58 11 www.chenenoir.fr

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AU PROGRAMME

THÉÂTRE


THÉÂTRE

Antigone Tout est normal… Le Théâtre de la Calade enquête sur la possibilité, ici et maintenant, du geste d’Antigone. Une équipe réduite, orchestrée par Marie Vauzelle, pour une Antigone d’aujourd’hui. Dans le cadre du Fest’Hiver d’Avignon (voir p.11). Les 31 jan et 1er fév Théâtre du Balcon, Avignon 04 90 85 00 80 www.theatredubalcon.org

© Elisabeth Carecchio

Bibi… © Manuel Pascual

La tête dans les étoiles, Jacques Gamblin raconte, invente, danse comme il joue, et nous offre un spectacle extrêmement achevé, où il scrute tout ce qui fait battre notre cœur.

Pazzi La cie Interface revient pour la seconde fois de la

Tout est normal mon cœur scintille Les 20 et 21 jan Théâtre de Châteauvallon 04 94 22 02 02 www.chateauvallon.com

saison au théâtre du Balcon avec un spectacle charnel et mystique inspiré de la vie de MarieMadeleine de Pazzi. Deux danseuses et une comédienne évoquent la quête d’une âme humaine qui veut toucher le divin et embrasser la sainteté. Un combat pour soi-même et une ode à la marginalité.

Le 3 fév Théâtre Durance, Château-Arnoux 04 92 64 27 34 www.theatredurance.fr

Les 10 et 11 fév Théâtre du Balcon, Avignon 04 90 85 00 80 www.theatredubalcon.org

Occident La nouvelle création de la Cie Hors Champ revient sur le texte à la précision implacable de Rémi De Vos. Frédéric Valet met en scène cette comédie où le rire surgit constamment, aux dialogues au vitriol, qui raconte la dissection au scalpel d’un couple à la dérive ayant besoin de jeux extrêmes pour retrouver l’amour perdu. Sous le rire et les insultes comme seul moyen de communication, la dénonciation de la montée du racisme et des intégrismes.

© X-D.R.

Bibi, ou les mémoires d’un singe savant Du 26 au 29 jan Théâtre du Chêne Noir, Avignon 04 90 82 40 57 www.chenenoir.fr

Onysos le Furieux Dans le cadre du Fest’Hiver 2012, la jeune compagnie l’Éternel Été renoue avec la grande Tragédie et livre le récit d’Onysos, mi-homme, mi-dieu, incarné par Jacques Frantz (voir p.11). Les 2 fév et 3 fév Théâtre du Chêne Noir, Avignon 04 90 86 58 11 www.chenenoir.fr

Comment ai-je pu… Jean Lambert-Wild et Stéphane Blanquet

Le 27 jan Théâtres en Dracénie, Draguignan 04 94 50 59 59 www.theatresendracenie.com

adaptent la Chèvre de Monsieur Seguin et la transforment en fable féérique et visuelle sur le désir de liberté. Un conte initiatique pour petits et grands raconté par le troublant André Wilms et interprété par Elena Bosco, une magnifique comédienne à la gestuelle chorégraphique dessinée sur mesure. Un théâtre visuel inventif et élégant. Comment ai-je pu tenir là-dedans ? Le 31 jan 1er fév Théâtre de Grasse 04 93 40 53 03 www.theatredegrasse.com © Tristan Jeanne-Vales

Le projet initialement prévu avec Cyril Lecomte, qui signe l’adaptation, avait été abandonné, mais cette année Gérard Gelas revient au texte de l’auteur marseillais Henri Frédéric Blanc, plus motivé que jamais. En 2010, année présidentielle, un outsider pointe le bout de son museau, Bibi ! Les drôles de mémoires d’un orang-outan capturé sur son île par des pirates et revendu aux puces de Cauchemarseille à des scientifiques «experts de la comprenette», qui lui donneront la parole (et le regretteront  !). Il découvre Paname City et se retrouve à la Garden party présidentielle de Coryza 1er, dont il deviendra vite le singe de confiance… Cet «antitoutiste» autoproclamé, interprété par le comédien fétiche de Gélas, Damien Rémy, devrait faire du grabuge en cette année présidentielle. «Plus inquiétant que le bruit des bottes, il y a le silence des pantoufles», Gérard Gelas a choisi de dresser un tableau de notre temps… et d’en rire !

© X-D.R

AU PROGRAMME

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Le Maître des marionnettes Dominique Pitoiset, directeur du Théâtre National de Bordeaux, nous offre une occasion unique de découvrir toute la magie de l’art ancestral des marionnettes sur l’eau. Un spectacle comme un carnet de voyage au Vietnam, qui tient à la fois du songe et du conte, réalisé avec le concours d’artistes marionnettistes vietnamiens. Une pratique issue du monde ancien qui se transmet de génération en génération confrontée à l’énergie du monde moderne, à l’heure où des projets immobiliers empiètent sur les rizières. Le 7 fév Théâtres en Dracénie, Draguignan 04 94 50 59 59 www.theatresendracenie.com


La compagnie des spectres

Casanova Requiem for love

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Apéro poétique Attention ! Nombre de places limitées pour cette © L. Legros

© Chantal Depagne-Palazon

soirée qui se déroulera dans la salle de répétition. Privilège d’une rencontre avec l’auteur des textes, Sonia Chiambretto, et ses invités complices. Élucidation du titre énigmatique Chto. Charmant et convivial prélude aux deux autres facettes de la trilogie poétique, Mon Képi Blanc (21 avril à 21h) et 12 sœurs slovaques (19 avril à 21h), par la compagnie Diphtong dans la mise en scène d’Hubert Colas. Le 10 fév Théâtre Durance, Château-Arnoux 04 92 64 27 34 www.theatredurance.fr

Invisibilmente & In festa Deux courtes pièces par la compagnie Menoventi, chacune abordant le thème de l’absurde : une fête, mais, comme dans le bal de Nemirovsky, les invités sont absents ; une situation qui échappe aux personnages, seule solution, devenir invisibles… Petits bijoux d’humour féroce.

Certes entre Kierkegaard et Casanova il y a un abîme, et pourtant si le dernier est célébrissime par sa propension à séduire le premier a écrit Le Journal du Séducteur… C’est à un voyage initiatique de haute volée que nous convie l’adaptation bulgare sur titrée (Diana Dobreva) du philosophe Danois, lutte entre le bien et le mal dans un ensemble baroquisant et raffiné… Une partition musicale mystique dans jeux de l’ombre et de la lumière.

One woman show superbe dans lequel Zabou Breitman joue les rôles d’une mère, Rose, sa fille, Louisiane, et maître Echinard, l’huissier. Drames familiaux liés à la deuxième guerre mondiale, nondits, souffrances, tout se dévoile dans une logorrhée sensible et désespérée. Un très beau roman de Lydie Salvayre, que l’on avait découvert sur scène dans la région grâce à Florence Hautier en 2007 (Théâtre du Maquis).

Macbett Non, vous avez bien lu, Macbett, il n’y a pas de faute

Métiers de nuit © Triny Prada

de frappe. Shakespeare est repris par le prince des «anti-pièces» et des «pseudo-drames», le spécialiste de la «farce tragique», Ionesco. La Cie des Dramaticules s’empare avec jubilation de ce texte où la tragédie et l’absurde se côtoient dans une mise en scène de Jérémie Le Louët. Le 27 jan Théâtre Durance, Château-Arnoux 04 92 64 27 34 www.theatredurance.fr © Gregory Lienard

Les 10 et 11 fév Théâtre Liberté, Toulon 04 98 00 56 76 www.theatre-liberte.fr

© X-D.R.

Le 21 jan Théâtre Durance, Château-Arnoux 04 92 64 27 34 www.theatredurance.fr

Le 4 février Théâtre Liberté, Toulon 04 98 00 56 76 www.theatre-liberte.fr

La Compagnie des hommes reprend le spectacle Métiers de nuit, créé au Comoedia d’Aubagne, en resserrant le propos autour de 5 personnages. Propice au rêve, la nuit permet à ces travailleurs nocturnes de se projeter dans de nouvelles images, d’accomplir ce que le jour interdit, ainsi cette aidesoignante d’une maison de retraite organise la fuite des pensionnaires…

Le 11 fév Théâtre Durance, Château-Arnoux 04 92 64 27 34 www.theatredurance.fr

Service de nettoyage Une petite forme proposée dans la galerie du théâtre par deux comédiens italiens. Qui sont d’ailleurs comédiens mine de rien, puisqu’ils sont là pour faire le ménage, faisant part des projets les plus farfelus pour sortir de la pauvreté et pouvoir être artistes… Une proposition hors norme, qui pose un regard inhabituel sur notre rapport à l’argent, à l’art et à ce qu’on appelle aujourd’hui les «services». Les 2 et 3 fév La Passerelle, Gap 04 92 52 52 52 www.theatre-la-passerelle.eu

AU PROGRAMME

THÉÂTRE


DANSE

Le Tango du cheval

Pour Giselle

Play Rencontre au sommet entre l’énergie et la grâce avec

© Antoine Tempé

le chorégraphe et danseur Sidi Larbi Cherkaoui et la danseuse indienne Shantala Shivalingappa, interprète lumineuse de Bartabas et Pina Bausch, inspiratrice de la rencontre à qui la pièce est dédiée. Histoires d’amour et de séparation, de séduction et d’échec, réelles ou fictives. Deux artistes qui se jouent avec jubilation d’eux-mêmes, de leur identité, qui confrontent leurs racines et font danser et chanter leurs mondes invisibles. Un duo au carrefour des mondes et des êtres. © Alain Hanel

Le 15 fév Théâtre de l’Olivier, Istres 04 42 55 24 77 www.scenesetcines.fr

Symbole du ballet romantique, Giselle d’Adolphe Adam est certes un hymne à l’amour vainqueur de la mort, mais avant tout un hommage à la danse. Michel Hallet Eghayan accorde donne de cette œuvre une version surprenante aux élans dépourvus de la retenue du XIXe !

Les 10 et 11 fév Théâtre de Grasse 04 93 40 53 00 www.theatredegrasse.com

Le 14 fév Théâtre Toursky, Marseille 0 820 300 033 www.toursky.org

Le chorégraphe-danseur et musicien burkinabé Seydou Boro revient au Merlan pour une création autour de ses premières sources d’inspiration : le cheval. L’animal y est symbole de l’intégrité, dans une société africaine, minée par la corruption et le délitement, opprimée par l’Europe. Une pièce pour sept danseurs et quatre musiciens qui tutoie l’animal pour parler des hommes.

Le 3 avril Théâtres en Dracénie, Draguignan 04 94 50 59 59 www.theatresendracenie.com

Folavi et…

Poupée Post-it La nîmoise Mélodie Gonzales crée une chorégra-

© JC Verchere

Les 2 et 3 fév Théâtre du Merlan, Marseille 04 91 11 19 20 www.merlan.org

phie au croisement de la danse, du théâtre et des arts plastiques, et s’accompagne des compositions musicales acousmatiques de Jérémie Mathes et de la musique électronique de DJ Marks. Elle est cette poupée qui va se servir de post-it pour incarner cinq personnages, avec la complicité du public. Les 3 et 4 fév Théâtre Christian Ligier, Nîmes 04 66 36 65 10 www.theatredenimes.com

Les Diables Verts Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault reviennent au Toursky, pour un spectacle où performances chorégraphiques, musicales et poétiques mêlent leurs univers respectifs : la danse de Julien Derouault, le piano et le violon de Thomas Enhco, la trompette de David Enhco, l’électro hiphop de Malik Berki. Ces 4 diables, verts comme l’absinthe, se retrouvent autour d’Aragon, qui raconte son passé dans La nuit des Jeunes gens. Le 20 jan Théâtre Toursky, Marseille 0 820 300 033 www.toursky.org © homardpayette

Le Ballet d’Europe propose à Miramas deux pièces très différentes de Jean-Charles Gil : Folavi, pièce enlevée, légère, gracieuse sur Vivaldi  ; Udor Polimatès, duo aquatique et masculin entre un danseur du Ballet et Sisqô, breakeur Marocain. Deux pièces de la rencontre, qui parient sur l’élégance et la pertinence du mouvement. Comme Schubert in love, ballet plus romantique et émotionnel, qui remplacera le duo à Cannes. Folavi et Udor Polimatès Le 21 jan La Colonne, Miramas 04 90 50 05 26 www.scenesetcines.fr Schubert in love et Folavi Le 18 fév Théâtre de la Croisette, Cannes 04 97 06 44 90 www.madeincannes.com

© Tino Di Santolo

AU PROGRAMME

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Klap ! La maison pour la danse de Kelemenis programme ouverture, répétitions publiques, sorties de résidences et ateliers... Programme sur leur site. 04 96 11 11 20 www.kelemenis.fr


Tout va bien Après un bel échange de Torgnoles entre Georges Appaix et son complice (voir Zib’ 47), Alain Buffard va opposer la dérision et le pied de nez aux forces militaires. Inspirée par le conditionnement que vivent les apprentis soldats dans Full Metal Jackett de Kubrick, mais pariant que le rire a plus de force, et peut tout déminer… Torgnoles Les 26 et 27 jan Tout va bien Les 3 et 4 fév Pavillon Noir, Aix 0811 020 111  www.preljocaj.org Tout va bien © Marc Domage

Suivront mille ans… Dernière grande création en date d’Angelin Preljocaj (2010) pour son Ballet et le Bolchoï, dansé à présent par l’int��gralité du ballet Preljocaj (21 danseurs), Suivront mille ans de calme est une pièce troublante, inspirée de L’apocalypse de Jean, aux lectures multiples, allégorique, politique, anagogique, mystique. La danse, toujours aussi belle, violente, puissante, est accompagnée par une création de Laurent Garnier étonnante, qui ne se laisse pas aller au binaire, et oblige les corps à trouver d’autres appuis. Dans les âmes, ou les tréfonds des millénaires… Suivront mille ans de calme Du 8 au 11 fév Grand Théâtre de Provence, Marseille 08 2013 2013 www.grandtheatre.fr © JC Carbonne

Le Lac des cygnes Le Ballet de l’Opéra de Perm, «la perle de l’Oural», dans l’œuvre la plus populaire du répertoire, troublante et fascinante. Natalia Makarova, l’une de ses plus grandes interprètes aux côtés de Noureev, signe la chorégraphie et livre sa version avec la performance d’interprétation des danseurs de Perm, haut lieu de l’école russe de danse avec le Bolchoï et le Marlinsky. Un Lac qui revient à la mode, avec les représentations classiques du ballet de Saint Petersbourg au Silo les 14 et 15 janv, et la création à Monaco (voir p 21) de Jean Christophe Maillot ! Du 24 au 26 jan Grand Théâtre de Provence, Marseille 08 2013 2013 www.grandtheatre.fr


DANSE/CIRQUE/ARTS DE LA RUE

Meleyket Le Sacre Azdine Bouncer, chorégraphe et interprète se raconte du printemps en dansant Meleyket, une chorégraphie dans laquelle

À travers les notes Magnifique soliste des ballets de Monte Carlo, © Agostino Pacciani

AU PROGRAMME

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il dresse état des lieux des événements les plus marquants qui ont jalonné son existence, où comment le passé permet de mieux traverser le présent. Le 2 fév Forum des jeunes, Berre l’Étang 04 42 10 23 60 www.forumdeberre.com

interprète de Jiri Kylian puis Jean-Christophe Maillot depuis 10 ans, mais aussi de Lionel Hoche ou Olivier Dubois, le brésilien Ramon Reis propose aujourd’hui un quatuor avec une autre danseuse des ballets de Monte Carlo, et un couple Brésilien. Un ballet en trois actes, sur des musiques métissées. Le 21 jan Théâtre des Variétés, Monaco 377 93 25 17 51 www.ramonreis.org

La géographie… © Laurent Philippe

Avec sa troupe de 16 danseurs hors pair aux origines cosmopolites, le chorégraphe Ivoirien Georges Momboye relève le défi d’’une nouvelle exploration du Sacre du printemps de Stravinsky, Prélude à l’après midi d’un faune. Une chorégraphie puisée au cœur des vibrations de la danse africaine, à bout de souffle, portée par une énergie régénératrice et une technique contemporaine exemplaire. Le 28 jan Le Carré, Sainte-Maxime 04 94 56 77 77 www.carreleongaumont.com

Un sans-papiers vit depuis des mois terré dans une chambre de bonne, seul, apeuré, survit en proie à un sentiment d’isolement absolu, de rejet social. Adapté du roman éponyme de l’écrivain algérien Hamid Skif et dansée par Hamid Ben Mahi, ce solo est une danse brute, explosive, percutante. La géographie du danger Le 2 fév Forum des jeunes, Berre l’Étang 04 42 10 23 60 www.forumdeberre.com

le Comoedia d’Aubagne n’hésite pas à programmer un fascinant quatuor de Preljocaj, et à coproduire la création de Nosibor. C’est le Ballet National de Marseille qui clôt les festivités à La Penne-surHuveaune, qui dispose d’uni plateau plus grand. Dans un programme mixte mêlant Les Nuits d’été de Malandain, une création de Malgorzata Czajowska et Gabor Halasz et le très singulier Ci-Giselles d’Olivia Grandville. Empty moves Le 18 jan Empreinte(s) Le 20 jan Programme mixte Le 21 jan Le Comoedia, Aubagne 04 42 18 19 88 www.aubagne.fr Empreinte(s) © X-D.R.

Ramon Reis © X-D.R.

Second souffle Les Pockemon Crew, un clan de danseurs hip hop

lyonnais Mourad Merzouki et sa cie Käfig ! Solos, duos duels, phrases chorégraphiques d’ensemble qui simulent et subliment des combats revisités. Accompagné par les musiciens du Quatuor Debussy et une scénographie de fer forgé, un spectacle magique et réjouissant.

accompagnés pour cette nouvelle création de la danseuse contemporaine Sandra de Jesus, se confrontent au principe féminin. Deux univers qui se touchent, se croisent et finissent par ne faire qu’un. Quand la féminité transforme le chaos en chorégraphie, la cacophonie en harmonie. En première partie, la cie Artefakt dans B-Gaïa.

Les 24 et 25 jan Théâtre la Passerelle, Gap 04 92 52 52 52 www.theatre-la-passerelle.eu © M. Cavalca

Au Comoedia Le petit festival de danse proposé chaque année par

Boxe Boxe Un nouvel opus en forme d’uppercut du chorégraphe

Le 3 fév Théâtre de la Licorne, Cannes 04 97 06 44 90 www.madeincannes.com © Homard Payette


unissant 12 disciplines de cirque avec 17 acteurs et artistes de cirque, la nouvelle création du cirque Eloize s’empare avec poésie et dynamisme du mythe urbain. Un spectacle visuellement époustouflant, mis en scène par Jeannot Painchaud, où la prouesse n’est pas gratuite mais s’interroge sur la place de l’individu dans la société contemporaine. Du 15 fév au 19 fév Les Salins, Martigues 04 42 49 02 00 www.theatre-des-salins.fr

Sirène and co La Cie Antipodes présente Des corps provisoires : un homme, une voiture, la chair à vif et la tôle... pour qu’à midi net cette sirène n’hurle pas pour rien… Pour le 7 mars le compositeur Wilfried Wendling invite le public à pratiquer des ateliers d’expression vocale gratuits et ouverts à tous pour participer à la représentation. Premier atelier le 19 jan à 18h30 (Inscription au 04 91 03 81 28) Sirène et midi net Le 8 fév à 12h Parvis de l’opéra, Marseille 04 91 03 81 28 www.lieuxpublics.fr

Janvier dans les étoiles Le 13 festival du cirque contemporain accueille 7 spectacles, dont 4 premières. e

Parmi eux, le Ballet Manchot du Cubitus du Manchot, une aventure artistique et humaine d’un collectif acrobatique et musical, le goût du risque en commun. Le Grupo Circondriacos (Brésil) présentera sa première création, O destino das flores, une pièce de cirque sur la vie d’un écrivain tourmenté. Alliance époustouflante entre danse de rue et techniques de cirque avec les colombiens d’Urban qui livrent des moments d’une puissance dramatique incroyable pour se jeter avec une folie joyeuse dans le récit de leur existence. Conte slam acrobatique avec la compagnie régionale Hors Surface dans Tetraktys, une structure aérienne inventive et unique. Up end Down, succès national en République Tchèque, mélangera les genres, entre acrobaties, danse et marionnette. À noter également la compagnie In Extremiste qui joue avec les équilibres instables et les bascules sur des objets régis par la loi de l’apesanteur ! Du théâtre acrobatique avec Mal(e) d’Antoine Raimondi ; fil de fer et clowns avec la Quincaillerie Lamoureux et cadre coréen avec Eppur si muove par la cie Morosof. Du 10 au 19 fév Théâtre Europe, la Seyne-sur-Mer 04 94 06 84 95 www.janvierdanslesetoiles.theatreurope.com Urban © Miky Calero

© Valerie Remise

ID Version hip-hop de West Side Story


Uccellini

C’est bien… Paron Agop La Cie Du Zieu dans les bleus s’attache à la figure Trouvé enfant au pied du grand chêne de son village,

«mythique» de l’adolescent dans la société contemporaine, imaginant un cycle de travail en plusieurs étapes, qui réunit un collectif d’acteurs, de plasticiens et de techniciens. Les Études sera le premier temps présenté en tournée dans les collèges, articulant des formes brèves autour d’une question générale (la vérité, le courage, la justice…) et des extraits d’œuvres du répertoire (Shakespeare, Tchekhov…). Un spectacle conçu pour les adolescents et présenté dans le cadre des actions éducatives du CG 13.

en Arménie, par un mystérieux personnage nommé Paron Agop, Hazzad, devenu adulte et musicien, apprend que son sauveur est sur le point de mourir à Marseille. Il part alors le retrouver pour lui livrer un lourd secret… La pièce de la Cie La Naïve livre un beau message de paix et de tolérance. Le 20 jan Les Terres Blanches, Bouc-Bel-Air 04 42 60 68 78

Offenbach et la mouche enchantée

C’est bien, c’est mal Du 6 au 10 fév Théâtre Massalia, Marseille 04 95 04 95 70 www.theatremassalia.com

© X-D.R.

Avec cet autoportrait en grand format réalisé en direct, la cie Skappa ! s’adresse aux tout-petits dès 9 mois. Au départ, presque rien, de l’eau et de la terre, des éponges pour pinceaux. Puis la peinture se déploie sur la toile et au fur et à mesure s’enrichit le regard qu’elle porte autour. L’art comme force vitale, comme mode de vie et comme possibilité d’aller chercher et de rendre visible ce qui nous rassemble.

Misérables, libre cours La cie L’Envers des corps adapte Les Misérables de

Victor Hugo pour en faire une pièce accessible aux jeunes en les sensibilisant à la construction du parcours initiatique d’une vie. Pour ce faire Elsa Granat, la metteure en scène, qui a travaillé en amont, avec des adolescents de ce secteur difficile de Marseille, sur le glissement de la misère au XIXe à la précarité actuelle, concentre l’action sur le destin des 4 enfants du roman, Cosette, Eponine, Gavroche et Marius ; une belle façon de se réapproprier le mythe, et d’en faire un sujet très actuel.

© X-D.R.

AU PROGRAMME

38 JEUNE PUBLIC

Conte fantastique et fantaisiste charmant que celui du compositeur à la recherche d’un personnage. Offenbach se transforme en mouche pour trouver la perle rare. Comme Cendrillon, il a juste qu’à minuit pour réussir… Un ensemble pétillant par les artistes de la Compagnie lyrique de Paris sous la houlette de Frédéric Bang-Rouhet sur une idée originale de Cecilia Adoue, spectacle de Françoise Kreif.

Du 17 au 20 janv Espace Culturel Busserine, Marseille 04 91 58 09 27 www.mairie-marseille1314.com

Du 24 au 26 jan Théâtre Massalia, Marseille 04 95 04 95 70 www.theatremassalia.com

Les 14 et 15 fév Jeu de Paume,Aix 0 820 000 422 www.lestheatres.net

Un autre 11 novembre,… Le 11 novembre 1940, après avoir reçu un message

…Cap Horn © David Anémian

clandestin d’appel à la résistance, des lycéens décident de résister à l’occupation allemande en s’imposant trois règles : ne jamais faire une action à plus de trois personnes ; ne jamais impliquer le lycée ou le groupe théâtre ; et surtout continuer à vivre. Un 1er acte de résistance que la Cie La Naïve relate finement.

Manoviva La cie Girovago et Rondella, une famille d’artistes

Le 27 jan Salle La Manare, Saint-Mitre 04 42 49 18 93 © X-D.R.

Embarquement pour un récit terrifiant et burlesque à la fois. Une navigatrice surnommée Bricole quitte le quai sur son bateau parrainé par une marque de limonade, pour une course en solitaire. L’histoire commence dans cet immense cimetière de bateaux qu’est le Cap Horn… Un voyage hasardeux pour une actrice et deux fantômes. À partir de 8 ans. Le passage du Cap Horn Du 14 au 17 fév Théâtre Massalia, Marseille 04 95 04 95 70 www.theatremassalia.com

italienne, présente un spectacle de marionnettes à cinq doigts tout en rêve miniature. Une première partie sur le thème du cirque avec des virtuosités captivantes et une seconde qui se compose de petites histoires sans paroles, surréelles comme un tableau de Chagall, pour un dialogue en famille. À la fin du spectacle, la magie se termine et les deux marionnettes marchent au milieu du public pour toucher les petites mains. À partir de 6 ans. Le 18 jan Forum des jeunes, Berre L’Étang 04 42 10 23 60 www.forumdeberre.com Le 26 janv Théâtre Comoedia,Aubagne 04 42 18 19 88 www.aubagne.fr Le 21 fév Théâtre du Rocher, La Garde 04 94 98 12 10 www.polejeunepublic.fr


Jekyll

Le voyage égaré Camélia (…) Dans le cadre du Festival Amarelles initié par Théâtres Ce spectacle est interprété par les artistes co-auteur

© Agnes Mellon

Camélia (…)Titre provisoire Le 10 fév Théâtre d’Arles 04 90 52 51 51 www.theatre-arles.com

Stéréoptik © Claire Curt

Le 31 jan La Passerelle, Gap 04 92 52 52 52 www.theatre-la-passerelle.eu

© X-D.R.

Tour à tour dessinateurs, bruiteurs, projectionnistes, conteurs et accessoiristes, Jean-Baptiste Maillet et Romain Bermond invitent les enfants à découvrir un univers insolite, intime et drôle, où dessin et musique jouent une partition à quatre mains. Deux histoires se rencontrent, celle de deux silhouettes qui partent découvrir le monde et celle d’une chanteuse de jazz enlevée par des extraterrestres.

Le 21 jan Les Salins, Martigues 04 42 49 02 00 www.theatre-des-salins.fr

Le 25 jan Théâtres en Dracénie, Draguignan 04 94 50 59 59 www.theatresendracenie.com

… des labyrinthes © X-D.R.

Albatros Adapté du texte de Fabrice Melquiot et servi par la

Et il me mangea… «Il était une fois un loup. Et pour une fois, c’est lui le

compagnie foraine HumaniThéâtre, cet Albatros conte l’histoire drôle et bouleversante de Casper et Tite Pièce. Deux enfants des rues qui font l’école buissonnière pour se réconforter et rêver ensemble à une vie meilleure. Un drôle de Génie va les entraîner dans une étrange épopée initiatique. À partir de 8 ans.

héros de l’histoire.» Et si le loup sanguinaire était une victime ? Sous la pelure du féroce carnassier, se cache un cœur qui bat et une poésie à fleur de griffe. La création du Vélo Théâtre évoque avec délicatesse le monde de l’enfance et des contes, en théâtre d’ombres, papiers déchirés et accessoires miniatures. Un théâtre d’images et d’émotions.

Le 24 jan Théâtre Marcel Pagnol, Fos-sur-Mer 04 42 11 01 99 www.scenesetcines.fr

Le 8 fév Théâtre La Passerelle, Gap 04 92 52 52 52 www.theatre-la-passerelle.eu

Le prince minuit Il est drôle et effrayant à la fois ce prince-là… Un peu

© Chritophe Loiseau

Je leur construisais des labyrinthes Le 24 jan PôleJeunePublic, le Revest-les-Eaux O4 94 98 12 10 www.polejeunepublic.com

du projet (circassiens, musiciens, marionnettistes et comédiens) et par un groupe de personnes âgées avec lesquelles Le Boustrophédon travaille plusieurs jours dans chaque ville avant les représentations. Une aventure humaine singulière qui nous fait découvrir Camélia, cette «vieille dame» en marionnette, tour à tour langoureuse et frivole, pas près de se faner. À partir de 9 ans.

Le 24 jan Salle François Mitterand, Lorgues 04 94 50 59 59 www.theatresendracenie.com

Ce n’est pas la première fois qu’ils allient leurs talents : l’Ensemble Télémaque et la Cie Parnas, après La Jeune fille aux mains d’argent et Le Pacte de Pierre, proposent un «opéra philosophique et terrifiant» sur Henry Jekyll, personnage trouble qui veut se séparer de sa méchanceté, et ne réussit qu’à la libérer… Catherine Marnas et Raoul Lay ont écrit un livret d’après Stevenson, complété par les explications philosophiques de François Flahaut sur le mal qui bouillonne en chacun… Franck Manzoni interprète l’âme noire du docteur présomptueux, la musique de Raoul Lay est chantée par Brigitte Peyré, Yannis François et des chœurs mixtes de Martigues ou de Gap, mis en scène par Catherine Marnas. Un spectacle pour adultes et enfants à partir de 10 ans, s’ils aiment avoir peur…

Luc Amoros transporte son auditoire dans des univers parallèles, à travers un labyrinthe de surprises. Entre fiction et réalité, ombre et lumière, le comédien accueille les enfants autour d’un célèbre plat méditerranéen. Des gestes exécutés avec leur complicité, prétextes à raconter le monde à sa manière, un discours ininterrompu, une causerie semée de souvenirs et de digressions poétiques et philosophiques.

en Dracénie, Aurélie Namur (auteur et interprète de cette aventure) nous entraine avec cocasserie dans les moments les plus périlleux de son périple à travers la jungle amazonienne à la rencontre des Indiens. Un récit de voyage du XXIe siècle, entre le récit anthropologique et le conte échevelé, qui démonte le mythe de l’état de nature. À voir dès 10 ans.

étrange aussi, éperdument amoureux de l’obscurité et des étoiles, sous le coup de la malédiction d’une sorcière éconduite qui promet de le transformer en monstre le jour où il tombera amoureux… L’univers de la jeune cie italienne Teatropersona n’est pas sans rappeler celui de Tim Burton, mystérieux et poétique. Le 31 jan Théâtre de l’Olivier, Istres 04 42 56 48 48 Le 4 fév Théâtre de Fos 04 42 11 01 99 www.scenesetcines.fr

AU PROGRAMME

JEUNE PUBLIC 39


Jacques Chalmeau) joue la trame de la formidable musique de ballet de Serge Prokofiev inspirée de Shakespeare (voir p59). Rarement l’histoire des amants de Vérone aura été mise en musique avec un tel lyrisme : du bal et sa célèbre Danse des poignards, à la tendre scène du balcon, du mariage secret aux meurtres vengeurs… jusqu’à l’ultime et tragique scène du tombeau. La tournée de concerts gratuits se poursuit au Pays de Cézanne jusqu’à fin janvier. PERTUIS. Le 20 jan à 20h30. Salle des fêtes SIMIANE-COLLONGUE. Le 22 jan à 18h30. Complexe socio-culturel VENTABREN. Le 27 jan à 20h30. Salle Reine Jeanne AIX. Le 28 jan à 20h30. GTP ROUSSET. Le 29 jan à 18h. Salle Emilien Ventre www.orchestre-philharmonique-aix.com

théâtre, Raoul Lay et l’ensemble Télémaque s’intéressent à Stevenson et L’Étrange Cas du Docteur Jekyll et de M. Hyde. Le Docteur Jekyll, notaire londonien philanthrope, tourmenté par sa double personnalité, met au point un filtre séparant son bon côté du mauvais. Hélas, ce dernier, nuit après nuit, prend le dessus et le mue en monstrueux Mister Hyde. Les musiciens font appel à leurs complices Catherine Marnas (mise scène), au comédien Franck Manzoni, à la soprano Brigitte Peyré et à un étonnant baryton/danseur Yannis François. Un spectacle tout public (à partir de 10 ans), possédant différents degrés de lecture : purement «terrifiant», mais également «philosophique», en vertu «d’intermèdes métaphysiques à la portée de tous» conçus par François Flahault. Du Double… du Bien et du Mal… ? On ramasse les copies au final ! MARTIGUES. Le 21 jan à 19h. Salins 04 42 49 02 00 www.theatre-des-salins.fr GAP. Le 31 jan à 19h. La Passerelle 04 92 52 52 52 www.theatre-la-passerelle.eu

Reflets L’Ensemble Dulcisona livre son 2 volet du cycle e

dédié à la vie musicale d’une bastide baroque avec des airs de la Renaissance pour soprano (Anne Périssé dit Préchacq) et deux cornets à bouquin (Lambert Colson & Adrien Mabire) accompagnés d’images projetées. MARSEILLE. Le 20 jan à 20h30. Bastide de la Magalone 04 91 39 28 28 www.citemusique-marseille.com

Stéphanie d’Oustrac Au lendemain de sa performance avignonnaise, la mezzo soprano ressert son menu Mozart/Rossini en bas du Cours Mirabeau en compagnie de l’O.L.R.A.P. (dir. Yeruham Scharovsky) : de la Symphonie «Parisienne» à «l’Italienne» algéroise, des Noces au Barbier… AVIGNON. Le 20 jan à 20h30. Opéra-Théâtre 04 90 82 42 42 www.operatheatredavignon.fr AIX. Le 21 jan à 20h30. GTP 04 42 91 69 69 www.legrandtheatre.net

Tremplin Concert des élèves de musique de chambre du

Hommage Concert des Festes d’Orphée en mémoire d’Odile

MARSEILLE. Les 21 jan et 4 fév à 11h. Foyer Opéra 04 91 55 11 10 www.opera.marseille.fr

(piano), jouent la 3e sonate op.69 de Beethoven, la Sonate op.6 de Richard Strauss, le Rondo op.194 de Dvorak et la Sonate op.40 de Chostakovitch. MARSEILLE. Le 21 jan à 17h. Foyer Opéra 04 91 55 11 10 www.opera.marseille.fr

Week-end La Semaine Piano s’achève avec Jean-Louis Steuerman (Bach, Villa-Lobos, Chopin) puis Varduhi Yeritsyan (Prokofiev, Stravinsky). ARLES. Le 21 jan à 20h30 et le 22 à 11h. Méjan 04 90 49 56 78 www.lemejan.com

Le théâtre aixois, joliment rénové il y a une dizaine d’années, fait décidément la part belle à Euterpe. On y entend de la musique de chambre avec le Quatuor Vlach de Prague qui avec, les Talich, Prazak et autre Kocian constitue le fleuron des quatuors tchèques (donc du monde ?) : ils jouent trois merveilles du genre : les Quatuor américain de Dvorak et les Rosamunde et La Jeune fille et la Mort de Schubert (le 23 jan à 20h30). Au rayon jazz, le pianiste Antoine Hervé donne sa 2e «leçon» sur Bill Evans (Le romantisme et la passion, le 30 jan à 20h30). Le formidable Nonette, pièce rare de la compositrice Louise Farrenc (quintette à vents et quatuor à cordes), retrouve les feux de la rampe grâce à une bande d’éminents solistes réunis autour du flûtiste Philippe Bernold, du violoniste Olivier Charlier, Raphaël Sévère à la clarinette, Antoine Pierlot au violoncelle… le tout en partenariat avec le Palazzetto Bru-Zane qui se consacre à la mise en valeur du patrimoine musical romantique français (le 7 fév à 20h30). Ce dernier soutient également le programme de Philippe Jaroussky : le contre-ténor (à contre-emploi ?) chante Verlaine ou Leconte de Lisle dans des mélodies françaises de Chausson, Fauré, Reynaldo Hahn, Massenet… (Opium, le 9 fév à 20h30 - cf. CD Virgin Classics 50999 216621 2 6). N’en jetez plus ! On termine avant les vacances scolaires par un spectacle à voir en famille : la Compagnie Paris lyrique imagine une fantaisie chantée autour d’Offenbach et de la mouche d’Orphée aux Enfers (Offenbach et la mouche enchantée, le 14 fév à 19h et le 15 fév à 14h30– Dès 5 ans). AIX. Théâtre du Jeu de Paume 0 820 000 422 www.lestheatres.net

Conservatoire.

Violoncelle & piano Jean-Eric Thirault (violoncelle) et Amandine Habib

Quatuor Vlach © X-D.R

Roméo et Juliette Jekyll Jeu de Paume L’Orchestre Philharmonique du Pays d’Aix (dir. Pour leur dernière création mêlant la musique et le

© Agnès Mellon

AU PROGRAMME

40 MUSIQUE

Olivier Vernet L’un des plus éminents organistes français joue

Brunel, longtemps membre de l’ensemble vocal, disparue en avril dernier. AIX. Le 24 jan à 20h30. Temple rue de la Masse 04 42 99 37 11 www.orphee.org

Séverac, Widor, Debussy et Guilmant. MARSEILLE. Le 23 jan à 20h30. Eglise St-Joseph Espace culture 04 96 11 04 61 www.marseilleconcerts.com

Evelina Pitti La pianiste bâtit un programme didactique sur l’évolution de la forme sonate classique  : des fondements mozartiens à Dutilleux en passant par Beethoven et Ravel. MARTIGUES. Le 24 jan à 20h30. Salins 04 42 49 02 00 www.theatre-des-salins.fr

En Allemagne L’ensemble Baroques-Graffiti inaugure un cycle consacré aux Concertos au XVIIIe siècle avec la famille Bach  : Sharman Plesner (violon), JeanChristophe Deleforge (violone), Jean-Paul Serra (clavecin). ARLES. Le 26 jan à 20h. Temple réformé 09 51 16 69 59 www.baroquesgraffiti.com MARSEILLE. Le 27 jan à 20h30. La Magalone 04 91 39 28 28 www.citemusique-marseille.com Concert pédagogique et conférence, le 25 jan à 15h (enfants) et à 17h (adultes). Bibliothèque de l’Alcazar (entrée libre)


Brahms, Quatuor Raphaël Révélation du Concours de Bordeaux en 2010, les quatre Orchestre de Paris La classe ! Paavo Järvi à la tête de la formation instrmentale musiciens jouent le 8 Quatuor de Beethoven et les 12 et e

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capitale joue la 2e symphonie de Brahms et accompagne, dans son concerto, une pointe parmi les violonistes actuelles : Viktoria Mullova. Immanquable !

13 Quatuors de Schubert.

MARSEILLE. Le 31 jan à 20h30. Faculté de médecine 04 96 11 04 60 www.musiquedechambremarseille.org

AIX. Le 27 jan à 20h30. GTP Concert pédagogique le 28 jan à 11h (orchestre seul) 04 42 91 69 69 www.legrandtheatre.net

C.N.I.P.A.L Récitals du Centre National d’Insertion des Artistes Lyriques. TOULON. L’heure exquise. Les 27 jan et 14 fév à 19h. Foyer Opéra 04 94 92 70 78 www.operadetoulon.fr AVIGNON. Apér’opéra, le 28 jan à 17h. Foyer Opéra 04 90 82 42 42 www.operatheatredavignon.fr MARSEILLE. L’Heure du Thé, les 16 et 17 fév à 17h 15. Foyer Opéra 04 91 18 43 14 http://opera.marseille.fr

Lohengrin Wagner est de retour à Toulon avec l’histoire du chevalier au cygne, dont s’inspire son «opéra romantique en 3 actes». La distribution est royale : dans le rôle titre Stefan Vinke, avec Anna Gabler (Elsa), Janice Baird (Otrud)… Le spectacle, mis en espace par Frédéric Andrau est dirigé par Giuliano Carella. TOULON. le 29 jan à 14h30 et les 31 jan et 3 fév à 19h30. Opéra 04 94 92 70 78 www.operadetoulon.fr

Festes d’Orphée Du cycle des quatre conférences illustrées que présente cette saison Guy Laurent sur Un patrimoine d’exception : compositeurs aixois & provençaux. AIX. Le 31 jan à 18h30. Espace Forbin 04 42 99 37 11 www.orphee.org

Debussy et la modernité Avec l’Orchestre Les Siècles, François-Xavier Roth conçoit un programme autour d’œuvres phares, Prélude à l’Après-midi d’un faune, la Fantaisie pour piano (Alain Planès) et la création en première mondiale de l’orchestration originale de la Première Suite (complétée par Philippe Manoury). NÎMES. Le 31 jan à 20h. Théâtre 04 66 36 65 10 www.theatredenimes.com

Suite Tango Le groupe Tango Quattro livre un «Concert-spectacle» basé sur Les Quatre Saisons d’Astor Piazzolla.

© Amelie Tcherniak

Chœur de Radio France Retour au Grand Théâtre pour le Chœur français dans Brahms, Schumann et Kodaly (dir. Matthias Brauer). AIX. Le 31 jan à 20h30. GTP 04 42 91 69 69 www.legrandtheatre.net

Reevox Le nouveau festival créé par le non moins nouveau directeur du GMEM Christian Sebille s’échelonne sur six soirées qui revendiquent, en particulier pour les longues «performances/concerts/vidéo» au Cabaret Aléatoire (les 10 et 11 fév «à partir de» 21h à la Friche jusqu’à 1h ou 2h du mat), un croisement entre l’univers électro-pop actuel et la tradition électroacoustique (voir p.10). Au programme également, une Rencontre autour du concept mobilo-sonore de Peter Sinclair, (le 2 fév à 19h, Studio GMEM), des concerts pour hautparleurs (le 8 fév à 19h, GMEM ou le 3 fév. à 19h et 21h, au Conservatoire Melchion), un vidéo-live musique et une création musico-chorégraphique Un œil sur la chose (le 4 fév à 19h puis à 21h au Klap). MARSEILLE. Du 2 au 11 fév. 04 96 20 60 40 www.gmem.org

MARSEILLE. Le 31 jan à 21h. Théâtre Toursky 820 300 033 www.toursky.org

100 violons tziganes L’Orchestre symphonique itinérant venant de Budapest joue Brahms, Liszt, Strauss, Sarasate… MARSEILLE. Le 1er fév à 20h30. Silo 04 91 90 00 00 www.silo-marseille.fr Un oeil sur la chose © Emilie Salquebre


Maîtrise Deux pianistes Il Trovatore Jean-François Zygel et Antoine Hervé entrent en Avant Marseille fin avril, l’opéra de Verdi est joué au de Radio France dialogue pour une performance où l’improvisation fait Les enfants et adolescents chanteurs sont dirigés par pied du Palais des Papes. Cette production, conçue Sofi Jeannin dans un opus de Julien Joubert, L’Atelier du Nouveau-Monde qui propose «un voyage au cœur de la Renaissance». Des choristes amateurs de la région, enfants et adultes, spécialement encadrés par d’émérites chefs de chant, participent au programme en collaborations avec les petits «pros» de la Maîtrise. À côté de Bach et Mozart, une pièce de Joubert est créée pour l’occasion. AIX. Le 3 fév à 20h30. GTP 04 42 91 69 69 www.legrandtheatre.net

loi. Du classique au jazz, virtuose et inventif !

par Charles Roubaud, est interprétée (dans les deux villes) par Adina Aaron (Leonora) et Giuseppe Gipali (Manrico). En Avignon, la sorcière Azucena est chantée par Mzia Nioradze quand le Comte di Luna est tenu par George Petean (dir. Roberto RizziBrignoli).

TOULON. Le 7 fév à 20h30. Théâtre Liberté 04 98 00 56 76 www.theatre-liberte.fr

Lugansky Avec Brahms, Chopin et Liszt, le pianiste russe joue

AVIGNON. Le 5 fév à 20h et le 7 fév à 14h30. Opéra-Théâtre 04 90 82 42 42 www.operatheatredavignon.fr

un grand programme romantique. TOULON. Le 7 fév à 20h30. Palais Neptune 04 94 18 53 07 www.festivalmusiquetoulon.com AVIGNON. Le 9 fév à 20h30. Opéra-Théâtre 04 90 82 42 42 www.operatheatredavignon.fr

Chartreuse Musicales de février de Parme Une série de cinq soirées qui mêlent les genres : des L‘annonce de la re-création de La Chartreuse de standards de jazz (Agnès Maillard et Pierre Cammas, le 7 fév à 21h ou Yves Laplane, le 12 fév à 20h30) aux grandes œuvres sacrées telles que le Stabat mater de Dvorak (Ensemble vocal d’Arles, le 4 fév à 20h30) ou le Requiem de Gounod (Michel Camatte, Maîtrise Gabriel Fauré, le 11 fév à 20h30). LA CIOTAT. Du 3 au 12 fév. Théâtre du Golfe / Eglise Notre-Dame Renseignements : Passion’arts 04 42 83 08 08

Orchestre de Radio France Les musiciens dirigés par Kirill Karabits jouent les Danses symphoniques de Rachmaninov et le Concerto pour violon n°1 de Chostakovitch (Alina Ibragimova). AIX. Le 4 fév à 20h30. GTP Concert pédagogique présenté par Jean-François Zigel, le 5 fév à 11h. 04 42 91 69 69 www.legrandtheatre.net

Récital romantique Marc Badin (hautbois, hautbois d’amour et cor anglais) et Anaït Sérékian jouent l’Adagio et Allegro op.70 de Schumann, trois Romances sans paroles de Mendelssohn et des opus méconnus de Théodore Lalliet (Fantaisie sur des motifs de Chopin) et Carlo Yvon (Sonate en fa mineur). MARSEILLE. Le 4 fév à 17h. Foyer Opéra 04 91 55 11 10 www.opera.marseille.fr

Laurent Korcia Le violoniste joue le Concerto de Brahms en compagnie de l’Orchestre de Cannes (dir. Philippe Bender) qui interprète également la 3e symphonie de Beethoven. SALON. Le 4 fév à 20h45. Théâtre Armand 04 90 56 00 82 www.salondeprovence.fr

Nonette Opus de Louise Farrenc pour quintette à vents et quatuor à cordes avec le flûtiste Philippe Bernold, le violoniste Olivier Charlier, Raphaël Sévère à la clarinette ou Antoine Pierlot au violoncelle… ARLES. le 5 fév à 20h30. Méjan 04 90 49 56 78 www.lemejan.com Même programme à AIX. le 7 fév à 20h30 (voir annonce Jeu de Paume).

Parme d’Henri Sauguet à l’Opéra de Marseille est un événement majeur du monde lyrique hexagonal, voire au-delà (l’opéra sera diffusé sur France musique le 28 avril). La partition créée à la veille de la seconde guerre mondiale, a été oubliée, avant de disparaître… Retrouvée miraculeusement, elle a été reconstituée avec soin, ce qui permet au public de découvrir la belle musique d’un grand compositeur ayant traversé le XXe siècle… comme les mots tirés de l’œuvre de Stendhal (livret d’Armand Lunel). Outre l’attrait historique, musical et excitant de l’aventure, on apprécie que l’équipe de Maurice Xiberras ait particulièrement soigné la distribution. On entend, juste après son triomphe dans La Bohème, la soprano Nathalie Manfrino (Clélia Conti) aux côtés du ténor Sébastien Guèze (Fabrice del Dongo). Le reste est du même niveau avec Marie-Ange Todorovitch, Sophie Pondjiclis, Nicolas Cavalier, JeanPhilippe Lafont et Laurence Foster à la baguette, quand la mise en scène est signée d’une personnalité appréciée pour son travail accompli Place Reyer : Renée Auphan. MARSEILLE. Les 8, 10, 14 fév à 20h et le 12 fév à 14h30. Opéra 04 91 55 11 10 www.opera.marseille.fr Conférence le 28 janv à 15h Foyer Opéra Nathalie Manfrino © Fabien Bardelli

Didon et Enée Oscar Stranoy © Martin Felipe

AU PROGRAMME

42 MUSIQUE

Conçue pour être jouée en complément son opéra de chambre Un retour (créé au Festival d’Aix 2010), l’adaptation du Didon et Enée de Purcell qu’imagine Oscar Strasnoy utilise le même dispositif instrumental : deux pianos, deux percussionnistes une trompette et un trombone. Si les parties vocales baroques restent quasiment inchangées, l’orchestration laisse présager une latitude de couleurs sonores originale qu’on a hâte d’entendre… D’autant que le compositeur n’hésite pas non plus, « sans complexe », à prendre des libertés harmoniques. Dix jours après sa création au festival Présences de Radio France au Châtelet, on découvre, sur nos rives méditerranéennes, l’histoire d’amour impossible de la Reine de Carthage et du prince troyen chantée par les solistes de Musicatreize dirigés par Roland Hayrabedian. MARSEILLE. Le 10 fév. à 19h30. ABD Gaston Deferre Entrée libre sur réservation au 04 91 31 82 00 www.musicatreize.org

Musique[s], on tourne ! Mise en dialogue de films documentaires (Manon de Boer) avec des formes de musiques expérimentales. MARSEILLE. Le 9 fév à 19h30. Auditorium Cité de la Musique 04 91 39 28 28 www.citemusique-marseille.com


AU PROGRAMME

44 MUSIQUE

Sonates en trio Viva Argentina ! Musique mariale Musique de chambre avec Jacques Raynaut (piano), Beau duo que celui formé par Florent Héau L’ensemble vocal féminin Hymnis (dir. Bénédicte Eric Charray (clarinette) et Jean-Eric Thirault (violoncelle).

(clarinette) et Marcela Roggeri (piano) dans un répertoire argentin : Piazzolla, Ginastera, Guastavino.

CASSIS. Le 9 fév à 20h. Oustau Calendal 04 42 01 77 73 www.musicalescassis.com

SALON. Le 12 fév à 15h. Abbaye de Ste-Croix 04 90 56 24 55 www.musiquealabbaye.com

Peireira) chante Duruflé, Busser, Bardòs, Kocsar, Guerrero et Verdi. MARSEILLE. Le 17 fév à 20h30. Eglise St-Mitre (Entrée libre)

Piano & orchestre Jeannine Giovanni Bellucci joue le 24 concerto de Mozart en compagnie de l’O.L.R.A.P. (dir. Alexander Vieuxtemps La pianiste propose un Concert-Causerie autour de Vakoulski) qui joue également la 2 symphonie e

Violon & Orchestre Renaud Capucon © Darmigny

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Maupassant et la musique et des opus de circonstance. CARRY. Le 14 fév à 20h45. Espace Fernandel 04 42 44 64 01 www.moments-musicaux-de-carry.fr

d’Onslow et Mosaïques de Yan Maresz. AVIGNON. Le 17 fév à 20h30. Opéra-Théâtre 04 90 82 42 42 www.operatheatredavignon.fr

Cycle Brahms 1 Violon & piano L’ensemble Des Equilibres consacre trois soirées Isabelle van Keulen et Ronald Brautigam jouent à la musique de chambre du compositeur. On débute Renaud Capuçon joue le Concerto op.61 de Beethoven quand l’Orchestre Symphonique de l’Opéra interprète Pelléas et Mélisande de Sibelius et la Symphonie n°1 «classique» de Prokofiev. Le tout dirigé par l’inusable Serge Baudo ! TOULON. Le 10 fév à 20h30. Opéra 04 94 92 70 78 www.operadetoulon.fr

Baroque français Marin Marais, Rameau, Jean-Fery Rebel, Leclair et Francoeur en trio  : Etienne Mangot (viole de gambe), Christine Lecoin (clavecin) et Roberto Crisafulli (violon). MARSEILLE. Le 10 fév à 20h30. La Magalone 04 91 39 28 28 www.citemusique-marseille.com

la Sonate «Le Printemps» de Beethoven, les 1re et 3e Sonates de Brahms et Cinq pièces op.35bis de Prokofiev. MARSEILLE. Le 14 fév à 20h30. Faculté de médecine 04 96 11 04 60 www.musiquedechambremarseille.org

MARSEILLE. Les 10 et 11 fév à 20h30. Théâtre du Petit Matin 04 91 48 98 59 http://theatredupetitmatin.free.fr

Liber’tango Le Tango Nuevo initié par Piazzolla restitué par le Quatuor Caliente et Sandra Rumolino. MARSEILLE. Le 11 fév à 21h. Station Alexandre 04 91 00 90 00 www.station-alexandre.org

En famille Les Jeux d’enfants de Bizet et le Carnaval des animaux de Saint-Saëns pour piano à quatre mains (Feriel Kaddour & Jérémie Honnoré). Récitant François Castang. SALON. Le 11 fév à 15h. Auditorium 04 90 56 00 82 www.musiquealabbaye.com

TOULON. Le 18 fév à 21h. St-Jean Bosco 0 892 68 36 22 www.fnac.com

Violoncelle Violoncelle & piano & création Sonia Wieder-Atherton et Bruno Fontaine jouent Le violoncelliste Henri Demarquette joue le un cycle de Chants juifs traditionnels et des pièces de Chostakovitch et Anna Akhmatova. MARSEILLE. Le 16 fév à 20h30. ABD Gaston Deferre Espace culture 04 96 11 04 61 www.marseilleconcerts.com

Les mots à l’heure Vocalises «Le Chant des Radiateurs» – Murmures pour voix Le quintette Cuivres magnifica et la soprano (Ignace Fabiani) et violoncelle (Claire Davienne) d’après Autoportrait au radiateur de Christian Bobin.

par les trois Sonates pour violon (Agnès Pyka) et piano (Bruno Robillard).

Shugeko Hata mêlent leur souffle dans un programme qui puise sa source dans l’univers sonore de la Renaissance. AIX. Le 16 fév à 20h30. GTP 04 42 91 69 69 www.legrandtheatre.net

En France L’ensemble Baroques-Graffiti poursuit son cycle consacré aux Concertos au XVIIIe siècle avec des opus de Jean-Joseph Cassanea de Mondonville  : Sharman Plesner (violon) et Jean-Paul Serra (clavecin). ARLES. Le 16 fév à 20h. Temple réformé 09 51 16 69 59 www.baroquesgraffiti.com MARSEILLE. Le 17 fév à 20h30. La Magalone 04 91 39 28 28 www.citemusique-marseille.com Chidren’s corner, le 15 fév à 15h30 (concert gratuit pour les enfants). Bibliothèque de l’Alcazar

Concerto n°1 de Saint-Saëns en compagnie de l’Orchestre Philharmonique de Marseille (*) dirigé par Jean-Claude Casadesus qui joue également la musique du ballet Petrouchka de Stravinsky et une création, commande de la Ville de Marseille : Color de Régis Campo. MARSEILLE. Le 22 fév à 20h. Opéra 04 91 55 11 10 www.opera.marseille.fr L’Opéra en scène, le 11 fév à 17h. Bibliothèque de l’Alcazar. Entrée libre (*) Le jeune et impressionnant virtuose Thomas Leleu, tuba solo de l’Orchestre Philharmonique de Marseille est le premier tubiste a être nommé aux Victoires de la Musique Classique 2012, catégorie «Révélation soliste instrumental de l’année». Thomas Leleu Tuba © Eric Manas


AU PROGRAMME

46 MUSIQUE ACTUELLE AIX Pasino : Thomas Dutronc (18/1), Zazie (19 et 20/1), Letz Zep (8/2) 04 42 59 69 00 www.casinoaix.com

Théâtre et Chansons : Mouron chante Brel… et Mouron (28 et 29/1), Tremplin Jeune Talent/Emilie Rambaud (3/2), Malvina chante avec les loups (11 et 12/2) 04 42 27 37 39 www.theatre-et-chansons.com

Seconde Nature : Hyphen Hyphen + l’Amateur (20/1), Portable Aka Bodycode + Sarah Goldfarb (27/1), Labo Rock & Co avec Erevan Tusk + Hannah (28/1), Dubble Gum Dubstep (3/2) 04 42 64 61 01 www.secondenature.org

Cité du Livre : Névchehirlian dans «Le Soleil Brille pour tout le monde ?» (1/2) 04 42 91 98 88 www.secondenature.org

ARLES Cargo de nuit : Da Silva + The Chase (3/2), Ariel Wizman (4/2), Nevchehirlian + Red Rum Orchestra (10/2) 04 90 49 55 99 www.cargodenuit.com

AUBAGNE Escale : Wayaz (11/2) 04 42 18 17 18 www.mjcaubagne.fr

AVIGNON Les Passagers du Zinc : Soirée avignonnaise (20/1), Claire Denamur (25/1), Les Tambours du Bronx + Onstap (27/1), L + Dizzylez (3/2), Inna Modja + Random Recipe (4/2), Apéro concert Nobelium (9/2), Les 2 ans de Radio Campus Avignon (10/2) 04 90 89 30 77 www.passagersduzinc.com

BERRE L’ETANG Forum de Berre : Ghalia Benali chante Oum Kalsoum (26/1), Arthur Ribo & l’Assemblée (10/2) 04 42 10 23 60 www.forumdeberre.com

BRIGNOLES Le Bazar du Lézard : Slow flow (19/1) 06 71 58 73 26 www.lebazardulézard.com

CAVAILLON Le Grenier : HK et les Saltimbanks (17/2) 04 90 78 64 64 www.theatredecavaillon.com

CHÂTEAUNEUF-DE-GADAGNE Akwaba : Gablé + Mina May (21/1), Biga*Ranx + Patko & Conquering Sound System (28/1), Avignon reggae dub meeting #5 (11/2), Class Eurock (18/2) 04 90 22 55 54 www.akwaba.coop

CORRENS Le Chantier : «Haïti : chants vaudou et contredanses» avec Erol Josué (10/2) 04 94 59 56 49 www.le-chantier.com

DRAGUIGNAN Théâtres en Dracénie : Angélique Ionatos et Katerina Fotinaki (14/2) 04 94 50 59 59 www.theatresendracenie.com

GAP La Passerelle : The King’s Singers (19/1) 04 92 52 52 52 www.theatre-la-passerelle.eu

GARDANNE Maison du Peuple : Iraka (20/1) 04 42 65 82 71

ISTRES L’Usine : Izia (20/1), Imany (21/1), Iraka (3/2), Zaza Fournier (4/2), Tata Milouda (9/2), Arthur Ribo & l’Assemblée (9/2), Ahamada Smis (10/2), Souleymane Diamanka (11/2) 04 42 56 02 21 www.scenesetcines.fr

LE THOR Auditorium de Vaucluse : Shanghai Percussion ensemble (26/1), Bill Deraime (28/1), Charles Pasi (18/2) 04 90 33 97 32 www.auditoriumdevaucluse.com

Le Sonograf’ : Big Daddy Wilson trio (26/1), Gaby Moreno (15/2) 04 90 02 13 30 www.lesonograf.fr

MARSEILLE Cabaret Aléatoire : Sefyu (14/2) 04 95 04 95 09 www.cabaret-aleatoire.com

Dock des Suds  : Shotu et Manu/ Twisted Vision 3 (21/1) 04 91 99 00 00 www.dock-des-suds.org/

Enthropy : H.C.C.E. Orwell (20/1), DJ Popxigen (21/1), LowHat + Casino (26/1), Monkey See Monkey Do + Tonnerre Mécanique (27/1), Profs de Skids (31/1), Soirée KGB (2/2) http://enthropy.fr

Espace Julien : Miossec (3/2), Corneille (8/2), Ben Howard (10/2), Festival for unlimited Art & Music avec 9th Cloud feat. Airsolid, Plapla Pinky, De-bruit live band, l’Amateur, Ideal Corpus (11/2), Colonel Reyel (12/2), Thin Lizzy (15/2) 04 91 24 34 10 www.espace-julien.com

La Criée : Par hasard et pas rasé (jusqu’au 28/1) 04 91 54 70 54 www.theatre-lacriee.com

La Machine à Coudre : Mick Wigfall & the Toxics + The French Revolution (21/1) 04 91 55 62 65 www.lamachineacoudre.com

La Meson : Pierre-Laurent Bertolino & Guests (21/1) 04 91 50 11 61 www.lameson.com

Le Polikarpov : “Rien à gratter” avec John E. Boy (21/1) 04 91 52 70 30 http://lepolikarpov.com

Le Poste à Galène : La Fine Equipe (20/1), Nuits Années 80 (21/1), Nuits Années 90 (28/1), Jono McCleery + Nostalgia 77 feat. Josa Peit (5/2), Nashville Pussy (6/2), Vandaveer + St Augustine (16/2) 04 91 47 57 99 www.leposteagalene.com

Le Silo  : 100 violons Tziganes de Budapest (1/2), Isabelle Boulay (8/2) 04 91 90 00 00 www.silo-marseille.fr

Toursky : Cinq de cœur, Métronome (17 et 18/1), Suite Tango (31/11) Claire Diterzi Rosa la Rouge (7/2) 0 820 300 033 www.toursky.org

MARTIGUES Théâtre des Salins : Les étrangers familiers/Un salut à Georges Brassens (7/2), Incisif #2/Les Nuits de l’alligator The Red Rum Orchestra (9/2) 04 42 49 02 00 www.theatre-des-salins.fr

MAUBEC La Gare : Cowbones + Les Robertes (27/1), John Trudell (3/2), Milenka (8/2), Alina Orlova (12/2), Ottilie B + Françoiz Breut (17/2) 04 90 76 84 38 www.aveclagare.org

NIMES Théâtre de Nimes : Maria Toledo/ Nino Josele (18/1), De Tangos y Jaleos (20/1) 04 66 36 65 10 www.theatredenimes.com

OLLIOULES Châteauvallon : Raul Barboza, Daniel Duchowney et Alfonso Pacin (11/2) 04 94 22 02 02 www.chateauvallon.com

RÉGION Tournée «Trop Puissant !» 2012 : M!ura à la MJC Jean le Bleu, Manosque (19/1) et à la Cité de la Musique, Marseille (du 31/1 au 2/2) ; Namaste à l’Oméga Live, Toulon (23 et 24/1), au Portail Coucou, Salon-de-Provence (26/1), à la Passerelle, Gap (10/2), à la MJC Picaud, Cannes (14/2), à l’Espace Magnan, Nice (16/2) et au Lycée international de Valbonne (17/2) www.regionpaca.fr

SAINTE-MAXIME Le Carré : Ol’Dirty (21/1), Intime Cabaret (10/2) 04 94 56 77 77 www.carreleongaumont.com

SALON-DE-PROVENCE Portail Coucou : Appletop + Transgunner (21/1) 04 90 56 27 99 www.portail-coucou.com

TOULON Oméga Live : Jamaïca Airlines vol.2 avec Turbulence + Skarra Mucci + YT + Black Prophet (4/2), Pigalle avec Sons et Merveilles pour petites oreilles (7/2), les Nuits de l’Alligator avec Two Gallants + Mama Rosin + Lewis Floyd Henry (11/2), Mina May + Clara Clara + Le Prince Miiaou (18/2) 04 98 070 070 www.tandem83.com

Théâtre Liberté : Alain Chamfort (28/1), Jean-François Zygel et Antoine Hervé (7/2) 04 98 00 56 76 www.theatre-liberte.fr

VELAUX Espace NoVa : AaRON (18/1) 04 42 87 75 00 www.espacenova.com

VENELLES Salle des fêtes : Mr Day + Gaïo (21/1), Liz Cherhal (4/2) 04 42 54 71 70


AIX EN PROVENCE Théâtre du Jeu de Paume Leçon de Jazz par Antoine Hervé «Bill Evans» (30/1) 0442991200

AUBAGNE Château des Creyssauds Swinging Papy’s (2/2) 04 91 248 445 www.creissauds.com

AVIGNON AJMI Tea-Jazz avec Joël Forrester (22/1) Jazz Story #3 «Ellington» (26/1) Tea-Jazz avec Franck Amsallem (29/1) Géraldine Lau-rent 4tet Around Gigi (4/2) Jam Session (9/2) Alexandre Saada piano solo (10/2) Semaine du Jazz voir Sorgues 04 90 860 861 www.jazzalajmi.com

BRIANÇON / MONTGENEVRE / SERRE-CHEVALIER Altitude Jazz Festival 6ème édition plus de 30 concerts en divers lieux (du 20/1 au 4/2) Wang Li & Yom Anicroche, Sandy Patton 4tet, Samarabalouf, Gauthier Toux trio, Dreisam trio, The Fakir, Ping Machine, Minvielle/ Suarez tandem, Nicolas Folmer&Daniel Humair Project, Louis Winsberg www.altitudejazz.com et OT de Briançon 0492 210 850

HYERES Théâtre Denis Jean Michel Pilc (28/1) 0494 007 880 www.jazzaporqueroles.org

MARSEILLE Art|Positions Katy Roberts-Christian Brazier-Rasul Siddik (19/1) 0491 040 723

Les Bancs Publics Musique improvisée Objets vocaux avec entre-autres Emilie Lesbros (21/1) 0491 646 000 www.lesbancspublics.com

La Caravelle TrioTentik (20/1) Satva dobar (25/1) Manuel Amelong trio (27/1) Concerts les mercredis et vendredis 0491 903 664 www.lacaravelle-marseille.fr

Cité de la Musique - Auditorium / La Cave / Salon Nuestra Cosa Le Vaisseau Fantôme (20/1) Roda de Choro (6/2) Scène ouverte Jazz & Latin Jazz (13/2) 04 91 392 828 www.citemusique-marseille.com

Espace Julien / Café Julien Méandres puis Kami 5tet (21/1) Ruben Paz y su cheverfusion (28/1) 0491 243 410 www.espace-julien.com

Inga des Riaux Noto Swing (20/1) Blue Alert (26/1) Swinging Papy’s (27/1) New BeeJazz 4tet (3/2) Nougarotrement (10/2) 06 07 575 558 www.inga-des-riaux.fr/music.html

La Meson Oneira (20/1) Bertolino & guests (21/1) Leila Martial Group (2/2)

Roll’ Studio ZAJ 4tet (21/1) Benoît Paillard 4tet (28/1) Duo Gomez (4/2) Duo At Home (11/2) 04 91 644 315 www.rollstudio.fr

Station Alexandre Perrine Mansuy 4tet Vertigo Songs (21/1) Quatuor Caliente Liber’Tango avec Sandra Rumolino (11/2) 0491 009 004 www.station-alexandre.org

SALON DE PROVENCE IMFP – Salon de Musique Tam de Villiers 4tet (24/1) The Road to You (31/1) Alice Martinez 4tet (7/2) Life trio (14/2) 0490 531 252 www.imfp.fr

SAINT-RAPHAEL Salle Felix Martin Marcel Azzola 5tet (19/1) Christian Escoudé Nouveau trio Gitan (2/2) 04 98 118 903

Centre Culturel Auditorium Saint Exupéry Ana Maria Bell & Paul Staicu (21/1)

MUSIQUE 47

LA SEYNE SUR MER Fort Napoléon - ArtBop Salut à Guy Longnon (20/1) 0494 094 718 www.ot-la-seyne-sur-mer.fr

SORGUES Pôle Culturel Camille Claudel Exposition & Conférence Jazz Vocal (14/2 à 19h) 0486 199 090 www.sorgues.fr

LA TOUR D’AIGUES Bibliothèque Expo photo par Gilbert Lieval Jazz à la Tour (23/1 au 4/2) & Conférence Petite histoire du jazz par JP Ricard (27/1) Vernissage (24/1) 0490 073 974 www.biblio.la.tour.daigu.free.fr

VITROLLES Moulin à Jazz Thomas Savy trio invite Louis Sclavis (21/1) Leïla Martial Group (4/2) 04 42 796 360 www.charliefree.com

0498 118 900

0491 501 161 www.lameson.com

Nomad Café Kaballah (3/2) 0491 624 977 www.lenomad.com

Le Paradox Eric Lachaux Maynard Project (21/1) Pierre Piloni (24/1) Alexandre Manno & Invités Brésil (29/1) 04 91 631 465 www.leparadox.fr

Labo rock

La première soirée Pop & Co se tiendra le 28 janvier à partir de 19h dans les locaux de Seconde Nature à Aix. Le principe ? Offrir au public aixois et mar-

Planet Mundo K’fé Lezarythmiques 4tet (19/1) Accoules Sax (26/1) Soirée Brésil (27/1) Les Jeudis : Concert Jazz & Jam Session Les Vendredis : Scène Latine Les Samedis : Scène World Music 04 91 92 45 72 www.mundokfe.fr

seillais de jeunes artistes émergents du coin qui ont une démarche de recherche et proposent un concert «éco-réflexion», à découvrir sur place. En attendant les deux autres soirées qui rythmeront les mois de février et mars, le Labo Rock & Co annonce pour cette première Erevan Tusk et Hannah. Un lieu et une démarche à découvrir ! F. I.

04 42 64 16 50 www.laborock.org Erevan Tusk © Jessy Rakotomanga

AU PROGRAMME

JAZZ


48

ARTS VISUELS

AU PROGRAMME Aurélie Vagharchak Entrer dans le ventre des villes avec le bon angle de vue et repérer les bons angles de rues, voir les diversités des quotidiens… Les photographies d’Aurélie Vagharchak fixent les détails, captent les matières, la force des formes et des couleurs, l’urbanité des signes sociaux en Inde du Nord et à New York, entre 2008 et 2010. Que seront-ils devenus après ces arrêts sur image ? C.L. Fragments Urbains jusqu’au 15 fév La Citerne du Panier, Marseille 04 88 44 31 72 www.laciternedupanier.com Aurélie Vargharchak, This is the original, Coney Island, Brooklyn, New York City, 2010, 60X40cm, Impression alu-dibond

Marco Godinho L’art peut-il offrir un peu d’espérance, «donner un souffle» en regard du désenchantement globalisé de notre monde et de «l’incertitude du bonheur» ? Les pièces de Marco Godinho, pour certaines très récentes (branches de verre soufflé réalisées au CIRVA en 2011) travaillent sur notre perception subjective de l’espace et du temps, dans une marge poétique ténue... C.L.

Marco Godinho, Autre chose © Carlos Mendes Pereira, 2008

Close to the disappearance jusqu’au 29 février Espace pour l’art, Arles 04 90 97 23 95 www.espacepourlart.com

Thomas Azuélos Sous l’anagramme Athémos Zolus, Thomas Azuélos a tracé une chronique dessinée, personnelle et acérée des grandeurs et misères phocéennes, Le ventre de Marseille, diffusée sur le site Rue 89 puis sur papier dans le mensuel CQFD. Ses autres productions et projets sont à découvrir ou revoir sur http://azuel.free.fr/, et sur place, dessins, bande dessinée, film d’animation chez Où. C.L.

Thomas Azuelos, le ventre de Marseille, 2011 © Thomas Azuelos

Le ventre de Marseille du 21 janv au 4 fév Où, Marseille 06 98 89 03 26 www.ou-marseille.com Fontaine Obscure © Judith Lorach

Judith Lorach Présence/absence, apparition/disparition, fugacité, traces, la photographie autorise bien des registres de révélation. Dans la cohérence de ses recherches antérieures, Judith Lorach a travaillé pour cette installation des grands tirages couleur, notamment à partir de négatifs au gélatinobromure d’argent sur verre du début du XXe siècle dénichés dans des brocantes. Résurgence du passé, évanescence du présent. C.L. Latentia-les absences révélées du 1er au 29 fév La Fontaine Obscure, Aix 04 42 27 82 41 www.fontaine-obscure.com


ARTS VISUELS 49

Bernard Descamps Des Peuls du Mali aux Pygmées Aka de Centrafrique, des Berbères du Maroc aux pêcheurs malgaches, Bernard Descamps dessine une Afrique plurielle, riche de ses cultures et de sa diversité. Il explore la photographie argentique à travers le reportage, le paysage et le portrait, préférant aux mutations des villes les territoires ruraux et les paysans dont il partage les valeurs : «Ils ont les pieds sur terre, et en Afrique, c’est ça.» M.G.-G. Quelques Afriques du 21 janv au 24 mars Galerie La Passerelle, Gap 04 92 52 52 52 www.theatre-la-passerelle.eu

Géographie à l'usage des gauchers (détail) © Hervé Durand ADAGP

Mali 1997 © Bernard Descamps

Philippe Favier Philippe Favier regarde la vastitude du monde par le prisme de ses minuscules Corpuscules, dessinant une cartographie sensuelle à nulle autre pareille. Il découpe, colle, dessine, monte et recompose un univers fait d’infimes particules : des êtres et des choses, des chimères et des vanités, des notes et des matières. Le musée Granet nous invite à plonger dans 30 années de création au gré d’un voyage intime et universel à la fois. M.G.-G. Corpuscules du 1er fév au 22 avril Musée Granet, Aix 04 42 52 88 32 www.museegranet-aixenprovence.fr

Solange Triger Née à Safi au Maroc, résidente à Toulon, c’est à Surabaya en Indonésie que Solange Triger a peint une nouvelle série de Fleurs, thème phare de ses recherches, dont elle a transformé et agrandi des fragments. Au Moulin, sur une création sonore de Benoit Bottex, ces métamorphoses distillent un vent de fraicheur et de couleurs, même si ces volutes abstraites cachent parfois des pensées plus sombres… Une rencontre avec l’artiste est prévue le 20 mars à 18h30. M.G.-G. Surabaya du 21 fév au 28 avril Le Moulin, La Valette 04 94 23 36 49 www.lavalette83.fr

© Solange Triger, Fleur, 2011 © Armand Morin, Folies, vidéo 2011

C’était pas gai… L’exposition de Sextant et plus, pensée comme un récit autour du paysage, emprunte son titre à une lettre de Vincent Van Gogh à son frère Théo. Modelés, capturés, réinventés : les paysages font encore couler beaucoup d’encre chez nos contemporains Pierre Ardouvin, Caroline Duchatelet, Katia Kameli, Pierre Malphettes, Caroline Le Méhauté, Alexandre Perigot, Nicolas Pincemin, Lawrence Weiner… M.G.-G. C’était pas gai mais pas non plus triste, c’était beau du 14 janv au 10 mars Espace van Gogh, Arles 04 90 49 94 04


50 MP2013 LES ATELIERS DE L’EUROMÉDITERRANÉE

Repères Jean-Michel Bruyère est membre très actif du groupe d’artistes LFKs, dont le siège est à Marseille et les ateliers principaux à la Friche la Belle de Mai. Les domaines d’activité de LFKs vont du cinéma aux arts électroniques, en passant par la vidéo, la musique et la littérature. Le groupe LFKs est international : ses membres sont de 14 nationalités différentes, et ils ont participé à des résidences de création dans 34 pays depuis sa fondation. Atelier Résidence de juin 2011 à juin 2012 École Nationale Supérieure des Mines de Saint-Etienne Fondée en 1816 par Louis XVIII, l’École des Mines a accompagné la révolution industrielle en formant les ingénieurs de l’époque. Aujourd’hui, elle est l’une des institutions les plus prestigieuses de France, et propose une formation complète, entre recherche, technique et monde de l’entreprise. En 2002, elle a ouvert un second site à Gardanne, dont la spécialité est la microélectronique.

© JM Bruyère

JEAN-MICHEL BRUYÈRE It’s now baby ! Marseille Provence 2013 accompagne Jean-Michel Bruyère depuis 2011 sur ses projets en région, avec une installation (bouleversante !) lors du dernier Festival d’Avignon, un opéra dans le cadre du prochain Festival d’Art Lyrique d’Aix-en-Provence, et à Arles en 2013 «un grand polyptyque vidéo, conçu spécialement pour la halle des Ateliers SNCF et exploitant les dernières capacités de l‘image en très haute définition.» Conçues comme «un cycle de créations, intitulé vitaNONnova et dont l’histoire du Black Panther Party est le fil», ces œuvres ont donné lieu à une collaboration entre l’artiste et les élèves de l’École des Mines. Encadrés par un enseignant, Laurent Freund, trois groupes d’étudiants se sont penchés sur un projet «d’édition pour tablette numérique : la conception artistique et technique d’un «livre enrichi» c’est-à-dire exploitant les possibilités offertes par ce support électronique en matière de navigation dans un contenu articulant textes, photos, illustrations, films, musiques…» Le public aura par exemple la possibilité d’accéder à certaines archives qui ne sont physiquement consultables qu’à San Francisco. Jean-Michel Bruyère commente sobrement son travail : «Beaucoup d’expériences sont menées en ce moment à travers le monde dans ce domaine, nous ne faisons que nous inscrire dans ce mouvement général.» Mais l’expertise de la prestigieuse École des Mines est certainement un atout en matière d’innovation technologique…

Repères Née en France dans une famille algérienne, Zineb Sedira vit à Londres après avoir étudié au Royal College of Art. Elle a été nommée en 2009 Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres. Plasticienne, photographe et vidéaste, elle travaille notamment sur la mémoire et les flux migratoires. Atelier Résidence d’octobre 2011 à l’automne 2012 Ici / Ailleurs, en janvier 2013 Espace Panorama de la Friche - Belle de Mai Grand Port Maritime de Marseille Le Port de Marseille Fos est le premier port français, et l’un des plus grands pétroliers au monde. Il assure le transport des marchandises, minerais, matières premières et passagers entre l’Europe et la Méditerranée, et dessert 400 destinations sur la planète. Ses deux bassins couvrent une superficie de près de 10 500 hectares au total.


MP2013

Repères Après une maîtrise en Arts Plastiques à l’Université d’Aix-en-Provence, Étienne Rey a poursuivi ses études en architecture ; il a également tâté du dessin industriel et des sciences dures avant de débuter sa carrière d’artiste plasticien en 2001. Son travail explore le mouvement et l’espace, en filiation directe avec l’art cinétique. Le projet Tropique a été lauréat du Réseau Arts Numériques en 2011.

ÉTIENNE REY Tropique L’atelier d’Étienne Rey est tendu de draps noirs, une bouche d’aération crache des flots de vapeur qui envahissent lentement l’espace, et trois vidéoprojecteurs sculptent cette matière impalpable à l’aide de la lumière. Pour le visiteur, c’est une sensation physique unique en son genre, les murs et le sol disparaissant pour laisser la place à un non-lieu défini par des rais lumineux et les volutes du brouillard. Dans la version finale, un dispositif de capteurs Kinect et caméras 3D infrarouges permettra au public d’interagir avec ces flux, les plus infimes mouvements entraînant une réaction en écho à sa présence. Derrière cette installation subtile, une collaboration fructueuse entre le plasticien et Laurent Perrinet, chercheur en neuroscience, spécialiste de la perception et de la cognition. «Le cerveau humain évalue constamment son environnement : ça c’est lumineux, ça non. Ça c’est en mouvement, ça non, ça ça n’existe pas, ça oui... D’où parfois la reconstitution faussée, les illusions d’optiques !» Mais l’artiste n’a pas cherché à mettre en scène

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Atelier Résidence de mars 2011 à janvier 2012

Tropique 2011 © Etienne Rey

un mirage, il évoque plutôt les hologrammes ou la transformation de la lumière par la matière, son dessein étant de révéler... une structure à l’état de vapeur. Le visiteur ne percevra peut-être pas que l’univers dans lequel il plonge est le fruit de savants algorithmes issus de la mécanique des fluides, et c’est tant mieux : il pourra ainsi absorber avec l’esprit libre des enfants une atmosphère onirique, contemplative et ludique à la fois.

ZINEB SEDIRA Sans titre (provisoire) Le projet de Zineb Sedira pour les ateliers de l’EuroMéditerranée est de conclure son triptyque vidéo consacré aux ports d’Alger et de Marseille. Dans le deuxième volet, intitulé MiddleSea, l’artiste filmait le ferry circulant entre les deux villes, ses gerbes d’écume et coursives désertes, dans une puissante évocation de l’expérience du transit... Attente comprise, corne de brume et regard perdu dans les vagues, le mazout laissant une tache sale dans le sillage du bateau. «La plupart de mes recherches portent sur le mouvement, les flux, les déplacements, les exodes.» Jean-Claude Terrier, Directeur Général du Grand Port Maritime de Marseille, se dit ravi d’accueillir Zineb Sedira : «Pour nous qui le connaissons comme un outil, ce sera enrichissant de découvrir le regard d’une artiste sur le Port.» L’artiste quant à elle espère aussi accéder aux archives, ce qui n’est pas évident dans un cadre industriel, et rencontrer les salariés, marins, dockers, pour les faire parler de leur lieu de travail, de leur rapport à la mer. «Je m’intéresse à l’histoire orale. Le son est important dans mon processus de création.» Les repérages auront lieu cet été, le tournage en septembre, en fonction des arrivées de bateaux, puis l’œuvre sera intégrée à l’exposition inaugurale du nouvel espace de la Friche en janvier 2013. Afin de prolonger son immersion dans l’univers salé du Port, le public pourra accéder exceptionnellement et durant toute l’année à la totalité du hangar J1, et même à une partie de la Digue du Large.

Série Alger-Marseille, 2008 © Courtesy Zineb Sedira et galerie Kamel Mennour, Paris

IMéRA L’Institut Méditerranéen de Recherches Avancées, fondé par les Universités d’Aix Marseille et le CNRS, accueille en résidence des chercheurs, scientifiques et artistes, afin de mettre l’accent sur «la condition humaine des sciences». Son objectif est de favoriser leur rencontre, en leur évitant toute contrainte administrative ou d’enseignement le temps nécessaire à leurs travaux.


AU PROGRAMME

52 RENCONTRES Libraires du sud /Libraires à Marseille - 04 96 12 43 42 Rencontres : avec Philippe Carrèse à l’occasion de la réédition de son roman Le bal des cagoles (L’écailler) le 21 jan de 16h à 19h à la librairie Prado Paradis (Marseille) ; avec Gérard Haddad pour son livre Lumière des astres éteints, la psychanalyse face aux camps (Grasset) le 26 jan à 19h à la librairie L’Odeur du temps (Marseille) ; avec Gérard Neyrand autour de son ouvrage Soutenir et contrôler les parents : le dispositif de parentalité (éd. Érès) le 26 jan de 17h à 19h à la librairie Maupetit (Marseille). Escales : rencontre avec l’illustratrice Charlotte Gastaut, les 8 et 9 fév à la librairie l’Encre bleue (Marseille). Itinérances littéraires : rencontre avec Maylis de Kerangal autour de ses derniers livres, Tangente vers l’est (Verticales, 2012) et Pierre feuille ciseaux (Le Bec en l’air, 2012), le 15 fév à 19h à la librairie Histoire de l’œil (Marseille) et le 16 fév à 18h30 à la librairie L’Alinéa (Martigues). AIX Cité du livre – 04 42 91 98 88 Ecrire et publier le monde arabe aujourd’hui : rencontre organisée par La Marelle avec Sofiane Hadjadj (voir p73) et Farouk Mardam-Bey, le 25 jan dans l’amphithéâtre. Dans la cadre de la manifestation Princes comme ci, princesses comme ça ! : Exposition Secrets de princesses, gouaches sur papier aquarelle de Rebecca Dautremer et textes de Philippe Lechermeier, du 21 jan au 10 mars à la bibliothèque Méjanes, visites contées avec la conteuse Aurélie Loiseau les 26 et 27 jan à 17h ; atelier À chacun sa couronne avec Aurélie Loiseau, le 25 jan à 15h30 et le 28 jan à 10h30 à la bibliothèque Méjanes ; atelier Créer son prince et sa princesse avec la plasticienne Pascale Roux, le 28 jan à 15h à la bibliothèque des Deux Ormes ; spectacles Prince y es-tu par la cie Après la pluie, le 21 jan à 15h à l’amphithéâtre de la Verrière, et Princes et princesses en pagaille par Aurélie Loiseau, le 25 jan à 11h à la bibliothèque des Deux Ormes. Exposition Pierre Guerre, 1910-1978 : je demande aux hommes d’être des promeneurs. Vernissage le 20 jan à 19h en présence d’Alain Vidal-Naquet et Alain Paire, exposition jusqu’au 7 mars, à la fondation Saint-John Perse. Exposition De l’autre côté. Le mur de Berlin vu de l’est dans les années 60, photos d’Arwed Messmer, textes d’Annett Gröschner, du 27 jan au 3 mars à la Galerie Zola ; vernissage le 27 jan à 19h suivi d’un entretien avec Annett Gröschner et Arwed Messmer. Université populaire – 06 37 26 91 62 Histoire de la philosophie avec le philosophe Jean-Pierre Creste, le 23 jan à 19h à l’Auditorium ; Sociologie du travail avec les sociologues Paul Bouffartigue et Jean-René Pendaries, le 30 jan à 19h à l’Auditorium. Centre Franco-Allemand – 04 42 21 29 12 Journée Franco-Allemande L’Allemand un atout pour votre avenir : 1re table ronde le 26 jan à 18h au lycée Vauvenargues en présence de Madame le Consul Général d’Allemagne à Marseille, avec Agnès Lévicky (IPR d’allemand, Académie d’Aix-Marseille), Hanno Klausmeier (Directeur exécutif de SAP Labs France), Philippe d’Estienne (PDG de Métaux Moteurs, PME basée à Marseille), Christine Jobert (Directrice du Club d’Affaires Franco Allemand de Provence), Joachim Rothacker (Directeur du Centre Franco-Allemand de Provence), Sarah Langenbach (lectrice du DeutschMobil) et un représentant du Département d’Etudes Germaniques de l’Université de Provence. 2e table ronde le 30 jan au lycée Philippe de Girard à Avignon. Studyrama – 01 41 06 59 00 5e Salon Studyrama des Etudes Supérieures d’Aix avec

des conférences sur des thèmes phares, le 18 fév de 10h à 18h au Pasino. Galerie d’art du CG – 04 13 31 50 70 Exposition Voyage en orient de Pierre Loti à Nan Goldin, jusqu’au 29 janv. Galerie IPSAA ESDAC- 04 42 91 66 90 Journée des auteurs, le 28 jan de 10h à 19h, en présence de 50 auteurs. Ecritures Croisées – 04 42 26 16 85 À l’occasion de la parution du livre et du DVD Écritures croisées : parcours raisonné dans les littératures du monde (éd. Rouge Profond), Annie Terrier, directrice des écritures croisées), Guy Astic, éditeur, Laurent Poutrel, directeur technique de la Fête du livre de 1986 à 2003, et Gérard Meudal, journaliste et traducteur évoqueront ensemble près de trente années de rencontres littéraires à Aix. Lectures par Agnès Regolo et Alain Simon. Le 26 jan à 18h30. ALLAUCH Musée – 04 91 10 49 00 Exposition Petits miracles à Mexico, ex-voto mexicains et contemporains, jusqu’au 28 janvier. ARLES Abbaye de Montmajour – 04 91 92 15 30 Exposition organisée par Images en Manœuvres éditions : Pastreja. Paysages et pastoralisme en pays d’Arles. Jusqu’au 18 mars. Atelier Archipel – 06 21 29 11 92 Exposition des dessins d’Emeline Girault, du 5 au 26 fév. AVIGNON Librairie La Mémoire du monde – 04 90 85 96 76 Rencontre-débat avec l’auteur Christian Garcin, le 19 jan à 19h. CABRIÈRES-D’AIGUES Les Nouvelles Hybrides – 04 90 08 05 52 Rencontre avec Brigitte Giraud qui lira des extraits de ses livres et s’entretiendra avec Maya Michalon, le 27 jan à 19h à la bibliothèque. FOS-SUR-MER Centre Culturel Marcel Pagnol – 04 42 11 01 99 Conférence de Michel Vauvelle sur le thème 1793, la Révolution hier et aujourd’hui, le 20 jan à 18h. GARDANNE Médiathèque Nelson Mandela – 04 42 51 15 57 Conférence-projection de Chantal Crovi à propos de son ouvrage Guide de la Haute vallée du Pô (éd. Artézin), le 7 fév à 18h. LA SEYNE Les chantiers de la lune – 04 94 06 49 26 Exposition des œuvres de Nicole Benkemoun, Patrick Sirot et Serge Plagnol, du 21 jan au 30 mars, vernissage le 20 jan à 19h. MANOSQUE Médiathèque intercommunale d’Herbès – 04 92 74 10 54 Exposition Jean Giono en portraits à l’occasion des 40 ans de l’association des Amis de Jean Giono et des 20 ans du centre Jean Giono. Jusqu’au 31 jan. MARSEILLE BMVR Alcazar – 04 91 55 90 00 Exposition Le livre, l’enfant et la photographe, la photographie dans le livre de jeunesse avec Sarah Moon, Kathy Couprie, Dominique Darbois, Tana Hoban, Ylla, jusqu’au 21 janv

ABD Gaston Defferre - 04 13 31 82 00 Exposition Ils écrivent l’histoire – La grande guerre dans les Bouches-du-Rhône, jusqu’au 31 jan. Exposition de photographies de Marie-Paule Nègre, À fleur de l’eau, du 7 fév au 30 juin. Exposition Du bateau à la cité : L’enfermement à Marseille, XVIIIe – XXe siècles, jusqu’au 21 janv ; Arts et Archives, Montrer et dire l’archive avec l’Institut national du patrimoine et l’Ecole supérieure d’art et de design de Grenoble-Valence : journées d’études pour les professionnels de l’art et du patrimoine, les 19 et 20 janv ; Papiers du grand large, les archives de bateaux dans les Bouches-duRhône, atelier avec Olivier Gorse, archiviste, le 21 janv de 14h30 à 16h30. Rencontre Ecritures au-delà des mers avec Nabil Fares et Anne Roche proposée par l’Université de Provence, le 20 jan à 18h30 à la BDP. Écrivains en dialogue : rencontre animée par Pascal Jourdana entre Dominique Fabre (voir p71) et Brigitte Giraud sur le thème Le monde qui nous entoure, le 26 jan à 18h30 à la BDP. Échange et diffusion des savoirs – 04 96 11 24 50 Conférences à 18h45 à l’Hôtel du département : Le regard de l’occident sur l’autre lointain : le sauvage et le préhistorique par l’historienne Marylène Patou-Mathis, le 2 fév; La politique de la fiction par le philosophe Jacques Rancière, le 9 fév. Centre culturel Edmond Fleg – 04 91 37 42 01 Hommage à l’auteur Patrick Cauvin, alias Claude Klotz, autour de son roman Venge-moi (Albin Michel), le 7 fév. Institut Culturel Italien – 04 91 48 51 94 Rencontre avec Giulia Maltinti, auteure de Dans la tempête… le quotidien, le 19 jan à 18h. Conférence sur les Étoiles du cirque italien d’Enrico Rastrelli à David Larible par Alessandro Serena, historien du cirque et professeur à l’université de Milan, le 1er fév à 18h. Rencontre avec l’auteur Alessandro Perissinotto autour de son dernier roman Semina il vento, le 8 fév. Dans le cadre d’un cycle de conférences sur l’art : Sur la piste de la Louve : les origines de Rome, entre tradition et archéologie (2), par Laure Humbel, spécialiste des civilisations de l’Italie antique, le 9 fév à 18h. Théâtre La Minoterie – 04 91 90 07 94 Exposition Carnet éthiopien, photos de Jean-Jacques Moles, jusqu’au 24 fév. Théâtre Gyptis – 04 91 11 00 91 Dans le cadre des représentations de Roméo et Juliette, rencontre avec Corinne Flicker, Maitre de conférence à l’Université Aix-Marseille, spécialiste des réécritures de Shakespeare dans le théâtre français du XXe siècle, sur L’actualité de Shakespeare au XXe siècle, le 18 jan à l’issue de la représentation ; exposition photographique de Diego Barrera, Amor… à mort, jusqu’au 21 jan. Atelier Juxtapoz – 06 63 82 00 76 Exposition Écorchés de AMO, alias Virginie Biondi, du 20 jan au 19 fév. Association Sur la place – 06 69 28 90 87 Expographique Insulaires de Leïla Rose Willis, du 25 jan au 11 fév. Auditorium de la Caisse d’Epargne – 04 91 57 26 49 Conférence d’initiation L’art en France, par Jean-Noël Bret : l’art français IV : De la fête à la vertu, le 19 janvier à 18h. Lollipop Music Store – 04 91 81 23 39 Exposition Live in Marseille 2011 : une année de concerts en photos, jusqu’au 15 fév. PERTUIS Bibliothèque – 04 90 79 56 37 Exposition de sculptures et dessins des artistes de l’Atelier 113, du 19 jan au 8 mars.


PORT-DE-BOUC Médiathèque Boris Vian – 04 42 06 65 54 Rencontre débat sur La question du progrès avec Jean Druon, auteur du film Un siècle de progrès sans merci (projeté à la suite au cinéma Le Méliès), et de Bertrand Brozec, philosophe, le 24 jan à 18h30. Rencontre-débat avec Charalambos Petinos, historien, auteur du livre Chypre-Turquie, perspectives géopolitiques (éd. L’Harmattan), le 31 jan à 18h30. SAINT-RAPHAËL Service culturel de la ville – 04 94 19 88 40 Exposition de peintures Balade entre orient et poésie, jusqu’au 3 mars. 1res rencontres artistiques de la rue Safranié : Emmanuelle Picq reçoit Sonia Coudenq, Liliana Anic reçoit Aurore de Saint-Florent, Monique Flochlay reçoit Robert Pluvinage, Sabine Belli reçoit Philippe Plaisir et la Ville de SaintRaphaël reçoit Marta Gleisner. Le 3 fév à 19h. SALON Musée Grévin de la Provence – 04 90 56 36 30 Exposition de photos de Bernard Plossu, L’Univers des croyances, jusqu’au 1er mars. SORGUES Médiathèque Jean Tortel – 04 90 39 71 33 Il était une fois l’Amérique : manifestation qui met à l’honneur le roman américain à travers une exposition didactique et une lecture-concert autour des nature writers et des écrivains engagés américains, du 3 au 17 fév. TOULON Théâtre Liberté – 04 98 00 56 76 Conférence-débat sur Les exilocrates ; d’Istanbul à Marrakech dans la France d’aujourd’hui par Ali Akay, professeur à l’Université des Beaux-Arts Mimar Sinan à Istanbul, le 20 jan à 19h. VAISON-LA-ROMAINE Bibliothèque municipale – 04 90 36 18 90 Seul ou ensemble : exposition, spectacles, atelier sur le thème Le Petit Prince, du 21 jan au 4 fév. VERS-PONT-DU-GARD Pont du Gard – 0 820 903 330 Exposition des œuvres de Daniel Deleuze, Patrick Saytour et Claude Viallat, jusqu’au 13 mars. VITROLLES Cinéma Les Lumières – 04 42 77 90 77 3e édition de Polar en lumières (voir p54) : conférence-concert de Stephan Oliva sur le film noir, le 7 fév à 19h ; conférence de Stéphane Bourgoin Dans la tête d’un tueur en série : l’ange de la mort sur le tueur en série Donald Harvey, le 8 fév à 19h ; atelier d’écriture avec le parrain du festival

Patrick Raynal, le 11 fév de 13h30 à 16h ; animations jeune public à la bibliothèque les 8 et 15 fév ; conférence-concert de Francis Mizio et du groupe Lulu la Nantaise sur The greatest Ennio Morricone movie, le 10 fév à 19h ; rencontre avec Patrick Raynal interrogé par Serge Scotto, le 11 fév à 16h30. Soirée spéciale autour de l’écrivain HenriFrédéric Blanc en sa présence, le 20 jan à 20h30. Espace Prairial – 04 42 77 63 06 Exposition des œuvres d’Emilie Perotto, Comme le chat n’est pas là, proposée par le Frac Paca, jusqu’au 20 avril.

Culture Scientifique et technique TOULON

Muséum d’Histoire Naturelle de Toulon et du Var Biodiversité... mon trésor : exposition jusqu’au 25 mars coproduite par le réseau des Muséums d’Histoire Naturelle de la région PACA et l’lRD. Elle tente d’apporter, en 20 panneaux, 3 vitrines et 1 diorama, quelques réponses sur la question de la biodiversité, sujet d’actualité s’il en est. Entrée libre et gratuite tous les jours de 9h à 18h sauf lundis et jours fériés. 04 94 36 81 10 www.museum-toulon.org

MANE

Musée Ethnologique de Haute-Provence. Prieuré de Salagon VOLONNE Médiathèque Louis Joseph – 04 92 64 44 12 Festival du livre Jardins d’hiver, jardins divers : rencontre avec le peintre et illustrateur Martin Jarrie, conférence de Robert Devaux sur le jardin au naturel, ateliers, expositions… Le 29 jan de 10h à 18h

Le 18 fév à 17h la conférence Des couleurs dans notre assiette tentera de la teinter de couleurs scientifiques et techniques. Pourquoi la tomate est-elle rouge et l’olive verte ? Une invitation à la chimie moléculaire autour des couleurs des aliments. Le conférencier Mathieu Barrois est Président de la Société coopérative d’intérêt collectif Okhra et co-fondateur du Conservatoire des ocres et de la couleur en 1994, vice-président de la Commission Aménagement et Développement des Territoires du CESER PACA (Conseil Economique Social et Environnement Régional). Entrée libre et gratuite. 04 92 75 70 50 http://musee-de-salagon.com

CONCOURS 7e édition de la manifestation Lire Ensemble, initiée par Agglopole Provence, qui se tiendra du 6 au 8 avril, et 3e édition des concours littéraires : - concours de nouvelles adultes, ouvert à toute personne de plus de 18 ans n’ayant jamais publié, sur le thème «a.i.M.e comme Méditerranée. M, un pont entre 2 rives» - concours de nouvelles jeunes ouvert à tous les collégiens et lycéens habitant ou scolarisés sur la Communauté d’Agglomération sur le même thème - concours création de marque-page pour les enfants de la maternelle au CP et de création de poésie libre illustrée pour les enfants du CP au CM2 sur le thème «autour du M» La date limite des envois est fixée au 1er mars. 04 90 44 77 41 lire.ensemble@agglopole.org www.agglopole-provence.fr

Concours classes professionnelles de l’ERAC : inscriptions ouvertes jusqu’au 15 fév. Le 1er tour aura lieu du 29 mars au 2 avril, le 2d tour et le stage du 13 au 20 avril. www.erac-cannes.com/inscription

MARSEILLE

Maison de la Région Le cycle de conférences Les Horizons du Savoir sur la thématique Des Chiffres et des Hommes continue à la Maison de la Région, en collaboration avec l’Institut de Mathématiques de Luminy, l’Institut de Recherche sur l’Enseignement des Mathématiques et le Centre International de Poésie de Marseille. La conférence Mathématiques et communication : d’Alexandrie à San Francisco se propose, le 7 fév à 18h30, de faire le point sur la cryptologie de l’information et ses racines dans les travaux conceptuels sur les nombres des mathématiciens de l’antiquité grecque. Gilles Lachaud est Directeur de Recherches Émérite au CNRS, Institut de Mathématiques de Luminy. 04 91 57 57 50 www.regionpaca.fr © Ville de Marseille

Muséum d’Histoire Naturelle Le muséum du Palais Longchamp continue à vivre pendant ses travaux au 1er semestre 2012 (voir p 78). Dont une exposition Australie, Terre de Découvertes, du 7 fév au 6 mai. Il s’agit d’une «Invitation aux voyages avec les explorations françaises en Australie au XVIIIe et XIXe, puis découvertes de la faune et de la flore» réalisée en collaboration avec l’Ambassade d’Australie à Paris et le Musée de Quinson. 04 91 14 59 55 www.museummarseille.org Y.B.

AU PROGRAMME

RENCONTRES 53


AU PROGRAMME

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CINÉMA

RENDEZ-VOUS D’ANNIE | MANOSQUE

Jusqu’à la fin du mois de janvier, l’Institut de l’image propose l’intégrale des longs métrages de Maurice Pialat ainsi que ses courts métrages turcs réalisés en 1963. Le 21 janv, journée de rencontres autour de trois films Van Gogh, À Nos amours, Nous ne vieillirons pas ensemble, animée par Vincent Amiel et Marc Cerisuelo. Institut de l’Image, Aix 04 42 26 81 82 www.institut-image.org

Dans le cadre du Festival Télérama/AFCAE du 18 au 24 janv, l’Alhambra Cinémarseille propose de voir les films de l’année, parmi lesquels Le Havre d’Aki Kaurismäki, Incendies de Denis Villeneuve, Il était une fois en Anatolie de Nuri Bilge Ceylan, Une Séparation d’Asghar Farhadi, La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli… Alhambra Cinémarseille 04 91 03 84 66 www.alhambracine.com

Le 28 janv à 21h, l’Alhambra Cinémarseille et Peuple et Culture présentent Kinshasa Symphony en présence de son réalisateur Martin Baer, un film sur le Congo et la musique. Le 1er fév à 20h30, Tahrir de Stefano Savona en présence du réalisateur, et le 4 fév à 17h, en écho à la programmation de Hugo Cabret, projection de Le voyage dans la lune de Georges Méliès, précédé du film documentaire de Serge Bromberg, Le Voyage extraordinaire. Le 16 fév, une soirée Jafar Panahi, cinéaste iranien privé de libertés : à 19h, Le Miroir et à 21h, Ceci n’est pas un film : depuis des mois, Jafar Panahi attend le verdict de la cour d’appel, assigné à résidence dans son appartement. Il décide d’en faire un film. Alhambra Cinémarseille 04 91 03 84 66 www.alhambracine.com

Le 2 fév à 18h30 au Musée départemental Arles antique, le Museon fait son cinéma : projection de Vivre avec l’art... un art de vivre d’Anne-Marie Tougas qui montre la passion qui anime deux collectionneurs québécois, Bernard Landriault et Michel Paradis. MdAA, Arles 04 13 31 51 99 www.museonarlaten.fr

Le Havre de Aki Kaurismaki

Le 19 janv à 20h, dans le cadre des soirées VidéoFID, le FIDMarseille propose Road movie, la vie est ailleurs d’Elsa Quinette en sa présence : le départ annoncé d’une grand-mère qui a bien vécu. FIDMarseille 04 95 04 44 90 www.fidmarseille.org

Le 19 janv à 9h et 14h et le 20 à 9h, dans le cadre d’Averroès Junior, Tilt et Espace Culture-Marseille présentent à La Maison de la Région des projections de courts, suivies d’une rencontre avec Fouad Didi, interprète de musique arabo-andalouse. 04 96 11 04 72 www.rencontresaverroes.net

Les 20 et 21 janv, Peuple et Culture propose au Polygone étoilé Afrique en toutes indépendances, des rencontres autour du cinéma historique africain : La Noire de Sembène Ousmane, Le retour d’un aventurier de Mustapha Alassane, Touki Bouki de Djibril Mambety Diop en présence de Catherine Ruelle, spécialiste du cinéma africain. Polygone étoilé, Marseille 04 91 91 58 23

Les 28 et 29 janv, le cinéma Le Méliès propose un atelier consacré à Stanley Kubrick, animé par Pierre Gabaston : projection de Le Baiser du tueur, Spartacus, Lolita et Eyes Wide Shut. Le Méliès, Port-de-Bouc 04 42 06 29 77 www.cinemeliesportdebouc.fr Eyes wide shut de Stanley Kubrick

Du 2 au 4 fév, 3e Festival International du Film des Droits de l’Homme : rencontres et débats autour de cinq films. En ouverture, projection du film Ctrl+ Alt + Supr en présence de la réalisatrice, Elsa Bloch, qui a donné la parole à des Palestiniens et une Israélienne, tous engagés dans la lutte contre l’occupation. Auditorium de Salon 04 42 64 20 20 www.salondeprovence.fr

Le 5 fév à 18h30, Art et essai Lumière en partenariat avec l’association Jazz Convergences propose au cinéma Lumière le documentaire de Michael Radford, Michel Petrucciani, en présence de son frère, Philippe Petrucciani. La projection sera suivie d’un concert au Club avec le trio Perfetto. Cinéma Lumière, La Ciotat 04 42 83 20 57

Du 6 au 10 fév, les Rencontres Cinématographiques et la Ligue de l’enseignement proposent la 5e Rencontre autres regards, Imagine…, une semaine de projections, rencontres et ateliers, marrainée par Anik Le Ray, scénariste du Tableau de JeanFrançois Laguionie, que pourront voir le jeune public et les autres. Au programme, Le petit chat curieux de Goda Tsuneo, Le Criquet de Zdenek Miler, Rouge comme le ciel de Cristiano Bortone, Le Gruffalo de Jakob Schuh et Max Lang… Rencontres Cinématographiques, Digne-les-Bains 04 92 32 29 33 www.unautrecinema.com

Du 6 au 12 fév se tiendra au Cinéma Les Lumières la 3e édition de Polar en Lumières, parrainée par Patrick Raynal. Au programme, litt��rature, théâtre musique et cinéma. En ouverture, après une pièce de Gilles Ascaride, le Sultan est dans l’escalier, projection du dernier film de Christophe Ruggia, Dans la tourmente, en sa présence. Le 7, Stephan Oliva revisite et explique les thèmes de plusieurs grands films noirs puis Julien Donada présente son film Beau rivage. Le lendemain soirée Serial Killers : conférence et

ciné concert : The Lodger d’Hitchcock accompagné par le Stephan Oliva Trio. Le 10 après une conférence concert, projection du film de Rabah Ameur Zaïmèche, Les Chants de Mandrin. Le 11, soirée grecque et en clôture le 13 fév à 19h30, en avant-première, Cassos en présence de Philippe Carrese et de l’équipe du film. Les Lumières, Vitrolles 04 42 77 90 77 www.cinemaleslumieres.fr

Du 8 au 21 fév, l’Institut de l’image propose de revoir l’œuvre de l’un des spécialistes de la comédie sentimentale hollywoodienne, George Cukor, qui a aussi réalisé des mélodrames et des adaptations. On pourra voir Holiday et Indiscrétions avec Katharine Hepburn et Cary Grant, Femmes avec Norma Shearer, Joan Crawford, Rosalind Russel, Paulette Goddard, Joan Fontaine…, ainsi qu’Il était une fois, La Femme aux deux visages, Hantise, Madame porte la culotte, Une étoile est née… Institut de l’Image, Aix 04 42 26 81 82 www.institut-image.org

Les 9 et 18 fév à 19h, à la Cité de la Musique, Peuple et Culture propose Musique[s], on tourne !, des films de l’artiste néerlandaise Manon de Boer : Presto perfect sound, Dissonant… Cité de la musique, Marseille 04 91 39 28 28 www.citemusique-marseille.com

Emmenez-moi ! Pour faire le tour du monde et de belles rencontres durant 6 jours, allez donc à Manosque ! Vous voyagerez Du réel à l’imaginaire : dans les saunas, Au Tour des Hommes de Joonas Berghäll et Mika Hotakainen, dans le pays de Kaurismaki qu’il a quitté pour venir au Havre avec Marcel Marx, exécrivain et bohème renommé. Vous partagerez la vie d’une famille chinoise, prés de La Rizière avec Xiaoling Zhu ou rendrez visite à Tengming avec Wang Bing. Vous suivrez quatre jeunes filles Sur la planche, à Tanger avec Leila Kilani, explorerez la Rua Apérana 52 à Rio avec Julio Bressane, passerez une semaine dans une prison de Venise avec Pénélope Bortoluzzi ou à Palerme, au Palazzo delle aquile, en compagnie de Stefano Savona, avant de le suivre sur la place Tahrir au Caire. Lors de ces escales, vous pourrez déambuler, rêver, découvrir la terreur de Lieux interdits, vous questionner, penser, voire vous indigner devant le travail à la chaîne filmé par Manuela Frésil dans Entrée du personnel ou devant La Désintégration de Philippe Faucon. Donoma de Djinn Carrénard vous insufflera son énergie et comme La Langue ne ment pas, vous pourrez discuter avec Stan Neumann et tous les cinéastes qui vous auront accompagnés le temps d’une projection dans leur réel ou leur imaginaire. C’est ça la magie du cinéma ! ANNIE GAVA

Du réel à l’imaginaire 25e Rencontres cinéma de Manosque Théâtre Jean Le Bleu, Cinéma Le Lido Du 7 au 12 fév 04 92 70 35 45 www.oeilzele.net


56 MUSIQUE LYRIQUE

Double vie pour Mimi ! On peut regretter que les moyens de ces deux productions n’aient pas été mis en commun : Toulon a offert une Bohème version 68, Marseille un détour chez de futurs bobos…

Froid révolutionnaire

La Boheme, a l'opera de Marseille - Maitrise des Bouches-du-Rhone © Jean-Philippe Garabedian

Bobohème

On peut être surpris par l’apparence lisse et légère de la lecture que JeanLouis Pichon fait du chef-d’œuvre vériste, de son absence d’ancrage social. Il s’émancipe volontairement de la vision misérabiliste qu’on a d’ordinaire des Scènes de la Vie de Bohème, feuilleton réaliste écrit par Henri Murger dont s’inspire Puccini, pour risquer une dimension poétique. Sa mansarde étudiante, son café Momus et la Barrière d’Enfer sont plantés sur un décor aérien, intemporel et improbable, en haut d’un toit où se loge, au 2e acte, l’escalier montmartrois d’un SacréCœur carton-pâte qu’arpente la charmeuse Musette (Gabrielle Philiponet) se rêvant meneuse de revue. Pour lui, les quatre dandys intellos et joueurs, enfants d’un XIXe siècle prônant l’Art pour l’Art, vivent leur modeste condition avec la conscience qu’elle est passagère : ils rejoindront bientôt le confort bourgeois dont ils sont issus après que la (vraie) fille du peuple, Mimi, aura succombé dans les bras du poète pleurnichant sur sa jeunesse révolue ! De la fête bariolée où s’agitent les Chœurs de l’Opéra et les enfants de la Maîtrise des Bouches-du-Rhône (voir p.66) à l’intimité de la chambre faiblement éclairée, Nathalie Manfrino rayonne, légère et délicate dans la confidence, large et sonore dans les élans pathétiques. Elle est la seule à pouvoir vraiment suivre les règles qu’impose Marc Shanahan, sans ciller, ses tempi et nuances ne ménageant pas les belles voix -qu’on aime assez légères- du ténor Ricardo Bernal (Rodolphe), voire du baryton Marc Barrard (le peintre Marcello), excellents acteurs, comme le grave philosophe Nicolas Courjal (Colline) et son alter ego musicien Igor Gnidi (Schaunard). La Boheme, a l'opera de Toulon © Ville de Nice

En cette période de fêtes, l’opéra de Toulon a choisi une version dépoussiérée de La Bohème, joyau du répertoire. Bénéficiant d’une mise en scène dynamique et très cohérente de Daniel Benoin qui transposait l’action de l’hiver parisien pré-révolutionnaire de 1830 à celui de 1968, la production souffrait un bémol de taille : en effet, fatiguée et chevrotante, la voix de Mimi interprétée par Nuccia Focile (pourtant une habituée du rôle) manquait cruellement d’éclat et son physique trahissait un net décalage avec le reste de la distribution, plus jeune. Dès lors, son idylle avec Rodolfo, magistralement incarné par Arnold Rutkowski et son timbre rutilant, devenait peu crédible, visuellement et vocalement. Heureusement le reste du plateau était de haute tenue : on retiendra les superbes Devid Cecconi (Marcello), Massimiliano Gagliardo (Schaunard) et Roberto Tagliavini (Colline), ainsi qu’Anna Kasyan parfaite en Musetta décomplexée. L’acte deux valait lui aussi le détour grâce à la présence vigoureuse des chœurs d’adultes et d’enfants visiblement très à leur aise dans des costumes des années 60. Pour le reste, une fois de plus, la phalange de la maison a brillé sous les doigts experts de Giuliano Carella offrant une lecture colorée des savantes orchestrations impressionnistes de Puccini.

ÉMILIEN MOREAU ET JACQUES FRESCHEL

La Bohème a été chantée à l’opéra de Marseille et à l’opéra de Toulon en décembre et janvier

Carotène Le 11 déc, l’Auditorium de Fourques concoctait un minestrone aux petits oignons sous les sunlights orangés de sa nouvelle salle : Le Roi carotte, Opérette fantastique et féérique. Aux fourneaux, les trente cinq sociétaires de Voce sous la direction musicale de Fernande Estève : l’Ensemble Lyrique Arlésien constitué d’amateurs sérieux et engagés, n’en était pas à

son coup d’essai avant de mitonner ces pages d’Offenbach ! Un échafaudage d’acier flanqué de deux escaliers latéraux mobiles permettait une modularité efficace et symbolique du décor, pour illustrer un livret touffu et fantasque. Celui-ci met en scène les tribulations du Prince Fridolin XXIV chassé du pouvoir par l’usurpateur Roi Carotte aux allures de

dictateur (d’opérette ?). La sorcière Coloquinte délicieusement hideuse, le magicien Quiriboudou aux allures de revenant cacochyme, apportaient la touche de fantastique qui menaient Robin Luron et ses compagnons au bord du Vésuve dans un ingénieux théâtre d’ombre, à la quête du salvateur anneau magique. Après un hilarant passage aux royaumes des

insectes, Carotte sera défait dans une parodie révolutionnaire. Bourré de clins d’œil, de calembours et d’allusions, le rythme du spectacle palliaient les quelques défauts vocaux des comédiens-chanteurs enthousiastes. Juste ce qu’il faut pour Offenbach ! PIERRE-ALAIN HOYET


MUSIQUE

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L’orchestr’acteur Bâtie autour du pupitre des bois, les cordes venant iriser l’ensemble d’une tendre lumière tamisée, La Procession nocturne du méconnu Henri Rabaud est un océan de douceur, suave et charnel. À cet univers pictural s’opposa la Sinfonietta, éloge à la modernité, du compositeur tchèque, œuvre d’une douce brutalité aux sonorités délicieusement âpres, tapissée de copeaux mélodiques diatoniques. Par sa capacité à ne pas développer, à superposer, imbriquer, entrechoquer des parcelles de blocs sonores, Janacek affirme son génie. Le Don Quichotte de Richard Strauss, avatar d’un poème symphonique, œuvre centrale de ce concert «pédagogique» permit au public d’apprécier le très beau jeu de Sonia Wieder-Atherton au violoncelle, et l’excellent travail de Dennis Russel Davies à la tête du très bon Orchestre français des jeunes. Les héros du roman de Cervantès, incarnés par différents instruments de l’orchestre, paradèrent au sein d’une orchestration bigarrée, tout en épaisseur, l’auditoire pendu aux derniers murmures du violoncelle emportant dans un triple piano l’âme du chevalier… CHRISTOPHE FLOQUET

Ce concert a eu lieu le 17 décembre au GTP, Aix

Orchestre francais des jeunes © Sylvain Pelly

Rabaud, Janacek, Strauss : trois œuvres, trois écoles, trois modèles d’orchestration

© Cedric Delestrade - ACM-Studio

La fraîcheur des Noces Les Noces de Figaro, composé sur un livret de Lorenzo da Ponte d’après l’œuvre de Beaumarchais et créé en 1786 à Vienne, est un des grands chefs-d’œuvre mozartien, un operabuffa toujours populaire : on ne se lasse pas de ré-entendre les airs, la sensibilité et la délicatesse de la structure mozartienne en ayant fait des «tubes» classiques. À Avignon, une distribution juvénile a réjoui et enthousiasmé le public : chacun des jeunes chanteurs, recrutés au CNIPAL, aux Jeunes Voix du Rhin, à l’Atelier Lyrique ou dans les conservatoires supérieurs de Paris et Lyon, effectuait une prise de rôle ! D’un enthousiasme et d’une fraîcheur rare sur les scènes lyriques, dans un écrin de sobriété baigné d’une lumière douce très XVIIIe (la mise en scène de Christian Gangneron tour-

ne depuis 20 ans sur les scènes lyriques), les jeunes artistes ont pu laisser libre cours à leur talent en communiquant leur allégresse, spontanéité qui a permis le succès de l’œuvre. Car si certaines voix manquent encore de maturité, d’autres sont déjà très prometteuses ! Celles de Gaëlle Arquez (Susanna), de Yann Toussaint (le Comte Almaviva) ou de Manuel Betancourt (Figaro) en particulier ! Le fameux air de Cherubino, Voi che sapete, interprété par Bérengère Mauduit, fut un bel instant d’ingénuité et de douceur. Quant à la direction d’Olivier Schneebeli, spécialiste de la musique des XVIIe et XVIIIe, secondé par Fabien Armengaud au clavecin, elle fut précise et pertinente. Un magnifique spectacle, salué par de nombreux applaudissements, pour commencer en beauté l’année 2012 ! CHRISTINE REY

Les Noces de Figaro ont été jouées à l’Opéra Théâtre d’Avignon du 31 décembre au 8 janvier

Un, deux, trois ! Dès l’Ouverture rebondissent ses temps, le premier en bas et les deux autres en l’air, comme s’il se mordaient la croche pour ne plus s’arrêter de tourner. De l’acte premier au troisième, ils ne quitteront plus la scène : un, deux, trois ! Quand on naît Straus à Vienne et qu’on est musicien, même prénommé Oscar, elle pulse dans ses veines, la Valse ! Pas celle qui fait «zim, boum, boum», celle des bals

musette, mais l’autre qui donne à rêver, tissant de fines mélodies aux accords délicats. On n’en revient toujours pas de voir qu’un samedi après-midi, quelques 1200 personnes se pressent pour ouïr des rengaines vieilles de plus d’un siècle ! Elles applaudissent, malgré des gênes acoustiques dues à un lieu peu adapté au genre, les chanteurs et l’orchestre emmenés par Bruno

Conti, les respirations opportunes du Chœur Phocéen, les pointes vocales de Laure Crumière (Hélène) et le talent du couple incarnant Franzi et Fonsegur (immortalisés par Paulette Merval et Marcel Merkès), en l’occurrence Kathia Blas et le baryton d’opéra de Rodrigue Calderon. JACQUES FRESCHEL

Rêve de Valse d’Oscar Straus a été représenté le 14 janvier à Marseille au Palais des Congrès. Prochaine opérette de la Saison hors-les-murs de l’Odéon : Les Mousquetaires au Couvent de Louis Varney, le 26 fév à 14h30. Palais des Congrès 04 96 12 52 70 www.marseille.fr


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MUSIQUE

SYMPHONIQUE | RÉCITAL

Ma vie avec Mozart Ce livre d’Eric-Emmanuel Schmitt est une correspondance intime, un dialogue sans concession avec le compositeur salzbourgeois. Amoureux de musique, le dramaturge joue son propre rôle sur la scène du Grand Théâtre de Provence avec son double, Julien Alluguette, comédien expressif qui incarne le jeune Eric-Emmanuel.

«Un jour, Mozart m’a envoyé sa musique. Elle a changé ma vie. Depuis, je lui écris souvent. Quand ça lui chante, il me répond, toujours surprenant, toujours fulgurant.» Ils sont accompagnés par l’Orchestre symphonique Confluences, dirigé par Philippe Fournier : ensemble de qualité, aux lignes et accents mozartiens. Perrine

Madoeuf, soprano, aigus sûrs et graves veloutés (La Comtesse, Chérubin, Papagena…), et Patrice Berger, baryton élégant et puissant (Don Giovanni, Leporello, Papageno…) accompagnent les rencontres d’E.-E. Schmitt avec la musique du divin Mozart. L’écrivain, dans une posture assez raide, porte son texte avec un © X-D.R.

appétit qui émeut : «Chérubin, impulsif, impatient comme le murmure de nos frissons.» Mozart semble répondre aux troubles sur la vie, l’enfance (Ah, vous dirai-je maman), l’amour (La Comtesse délaissée), la mort (Requiem) : «Il n’y a pas de descendance Mozart ; ta gloire, Wolfgang, n’est pas de chair, mais d’Art» ! La musique sublime les mots, (Concerto pour clarinette), les accompagne, écho permanent aux réflexions humaines (Concerto pour piano n°21). L’Incarnatus est de la Messe en Ut mineur est un moment de grâce. «Mozart, je voudrais l’offrir à chacun. Un coup de foudre, c’est aussi mystérieux en amour qu’en Art !» clame l’écrivain. On a eu aussi le coup de foudre ! YVES BERGÉ

Le concert-lecture Ma vie avec Mozart d’Eric-Emmanuel Schmitt a eu lieu le 19 décembre au Grand Théâtre de Provence, Aix

Sacrée musique ? La Petite messe solennelle de Rossini est une étrangeté de l’histoire de la musique. Le mystère reste entier sur les motivations du septuagénaire à écrire le «dernier péché mortel de sa vieillesse». Rien de «petit», du reste, dans cette messe qui dure plus d’une heure, sauf son effectif chambriste initial, en 1864, constitué de quelques choristes, de solistes tirés du chœur, de deux pianos et d’un harmonium, qui sonne comme un accordéon de bastringue préfigurant une espèce de «distanciation» que n’auraient pas désavoué Brecht et Kurt Weill dans l’Opéra de Quat’sous. De fait, on entend bien, sous un style buffa, des références au contrepoint classique, on frise parfois le pastiche et il semble que le vieil homme doute, malgré des craintes légitimes, de la sincérité de son propos… Le Choeur Asmara © X-D.R.

L’interprétation qu’en a donné Samuel Coquard à la tête de l’ensemble Asmarã, au gong de la nouvelle année, a été remarquable sur les plans de l’équilibre choral, du souffle romantique, du rendu intimiste des couleurs et des jeux fugués. Il en a été de même du côté des pianos, de l’élan dynamique du Kyrie (Nina Uhari) aux accents funèbres de l’Offertoire (Fabienne di Landro). On aurait aimé cependant que l’harmonium (Cécile Maurel) soit plus présent dans la confrontation des claviers. Si les voix n’ont pas toujours été à la mesure des solos, quant au style, la technique, l’égalité ou l’adéquation du timbre, on loue Marie-Hélène Beignet pour son vibrant mezzo révélé dans le final. JACQUES FRESCHEL

Petite messe solennelle de Rossini, à Marseille au Gymnase, le 2 janvier Samuel Coquard dirigera à nouveau cet opus aux Chorégies d’Orange les 20 et 21 juillet 2012. Asmarã assurera la partie chorale quand les solistes annoncés sont Amel Brahim-Djelloul (soprano), Isabelle Druet (alto), Leonardo Cortellazzi (ténor) et Nicolas Courjal (basse)

Aux sources contemporaines du son Les élèves du Conservatoire de Turin, Andrea Steffenel, piano, Stanislas Pili, percussions, Salvatore Livecchi, électronique, ont présenté, dans le cadre de Suona Italiano, trois œuvres contemporaines où la voix essentielle et les peaux originelles se mêlent au piano percussif, dans un parcours doublé par l’électronique. Maurizio Pisati a livré une œuvre très esthétique : Tomtomeyes, pour percussion amplifiée, électronique et vidéo. Sur un défilement d’images, comme un journal quotidien, le percussionniste déroule un flot incessant de sons vocaux et joue sur des toms des motifs rythmiques issus des tambours de Bâle : belle performance. Sofferte onde serene de Luigi Nono, créée en 1976 par Maurizio Pollini, est une pièce pour piano et bande magnétique, qui oscille entre une réflexion intérieure et un regard puissant vers la lagune vénitienne ; piano et bande magnétique se confondant de manière séduisante et mystérieuse. Très bel engagement du pianiste. Dans Transicion II de Mauricio Kagel, des sections enregistrées par le pianiste sont réinterprétées, dimension théâtrale où le pianiste et le percussionniste utilisent le même instrument. Double concerto pour bande où de grands clusters alternent avec des touches impressionnistes pendant que le percussionniste domine la table d’harmonie et invente, sur les cordes, d’incroyables couleurs avec ses multiples baguettes. Une belle découverte qui enrichit nos liens musicaux. Y.B.

Ce concert de la classe électroacoustique du Conservatoire de Turin a été programmé par le GMEM le 14 décembre


MUSIQUE

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Vents debout ! Philippe Berrod © Marc Rouve

La Société de Musique de Chambre de Marseille propose, sans tapage, chaque saison, des programmes pointus donnés par des formations qui constituent le fleuron du genre. Pour la 1305e séance, la «bande à Camau» avait signé son pacte coutumier avec la Biennale Internationale de Quintette à Vent (9e du nom) et l’Institut Français des Instruments à Vent qui, comme son nom l’indique, met à l’honneur flûtes, hautbois, clarinettes, bassons ou cors… Un effort conjugué qui a permis de faire descendre de la capitale huit formidables solistes issus de l’une de nos meilleures formations symphoniques : l’Orchestre de Paris ! Emmenés par le clarinettiste Philippe Berrod, ils

ont proposé des opus rarement joués, car inadaptés aux Trios ou Quatuors couramment établis : le Septuor pour cordes et vents op.20 de Beethoven et l’Octuor pour cordes et vents D.803 de Schubert. Dans ces œuvres cousines aux dimensions hors normes, où coexistent pureté mélodique et modernisme formel, les musiciens se sont livrés à un habile jeu de vaet-vient vents/cordes pour une belle (mais illusoire !) alchimie. JACQUES FRESCHEL

Octuor de l’Orchestre de Paris. Auditorium de la faculté de médecine de Marseille, le 13 décembre

C’est après avoir avalé, sans difficulté aucune, quelques dix préludes de Rachmaninov, dont le redoutable en sol m, avec une aisance et une décontraction à la limite de la nonchalance, puis englouti les diaboliques Variations sur un thème de Paganini de Brahms, que Boris Bérézovsky s’excusa de ne point pouvoir jouer les Études d’exécution transcendante de Liszt car il était en petite forme ! En lieu et place de ce monument de virtuosité, le pianiste russe enchaîna une kyrielle de «petites» pièces de Chopin, Godowsky, Albéniz… avec son style caractéristique, tout en finesse et élégante robustesse, déclinant dans la fluence des phrases mélodiques une musique cristalline marbrée d’une extrême sensibilité. Visiblement très fatigué et ému, le virtuose s’effaça discrètement après une étude de Chopin tout en retenue et délicatesse à l’image de ce pianiste hors norme, encore plus touchant peut-être dans ce moment de fragilité… CHRISTOPHE FLOQUET

Concert donné au GTP le 13 janvier

Boris Berezovsky © Vincent Garnier Mirare

Un colosse aux pieds d’argile

Amor amor Orchestre philharmonique du Pays d'Aix © X-D.R

Si tu ne viens pas au concert, le concert ira à toi ! C’est le mot d’ordre de la CPA depuis déjà 8 ans. L’orchestre philharmonique du Pays d’Aix, composé de 60 musiciens de la région, anime dix villes du territoire, de Saint-Cannat à Pertuis deux fois dans l’année. Pour la tournée d’hiver, le chef d’orchestre Jacques Chalmeau a choisi de se confronter à l’interprétation d’une seule œuvre, plus précisément à un choix d’extraits du ballet de Prokofiev, Roméo et Juliette. Ce «chef-d’œuvre absolu met vraiment en musique le texte originel de Shakespeare explique-t-il, avec ses nuances, ses atmosphères.» L’orchestre, brillant, se glisse dans les méandres de la musique de Prokofiev, ses variations de rythmes, de la grande respiration russe aux ébauches du jazz. Descriptive, elle raconte les colères, les coups de foudre, la

douceur, le désespoir, la mort… échos à l’intérieur même de l’œuvre du compositeur, des accents de Pierre et le loup dans la jeunesse provocante et insouciante des Masques… Le final de la mort des amants est tout simplement bouleversant. Aussi, peu importe si la sonorisation du gymnase de Fuveau saturait un tantinet les graves et asséchait les aigus, l’émotion était transmise. Petite récréation et particularité propre à Fuveau, au rappel, l’orchestre se laissait conduire avec humour par le Vice-président de la CPA, délégué à la culture, Jean Bonfillon, sur la Rhapsodie Hongroise de Brahms. Une reconversion en vue ? MARYVONNE COLOMBANI

Ce concert a eu lieu à Fuveau le 14 janvier (voir tournée p 40)


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MUSIQUE

ACTUELLE | FLAMENCO | JAZZ

Torride

La salle du théâtre était chauffée à blanc pour les concerts du 13 et 14 janvier de Flamenco 2012. Car à Nîmes tous les amateurs du genre sont présents, à commencer par la com-

munauté gitane mêlée aux payos, et tous manifestent chaleureusement leur passion pour l’art Andalou. Tomatito longtemps complice du défunt Camarón entretenait la flamTomatito © Alain Jacq

me du flamenco nuevo allumé par son maître Paco de Lucia avec son sextet(o) : travail en finesse de Lucky Losada au cajon alterné à main nue avec la caisse claire et la basse du jembe pour baliser les déchirantes envolées des cantaores Morenito de LLora et Simon Roman, soulignées par les motifs rythmiques secs et claquant des palmas. Le bailaor José Maya nous offrait alors un festival de pas, de sauts et de rotations alternant avec d’impressionnants zapateado en rafale : un équilibre, délicat à maintenir, entre virtuosité pure et expression contemporaine d’une tradition bi-centennale, frisant avec les apports harmoniques du jazz dans les rasgueados de Tomatito. Le lendemain, le cantaor Sevillan Jose de la Tomasa revenait aux fondamentaux avec le tocaor Antonio

Moya assurant les compás contrastés et démonstratifs de l’intemporel cante jondo. Seuls les familiers de l’idiome hispanique goûtaient alors pleinement aux évocations tour à tour tragiques ou facétieuses de la condition gitane sur les coplas d’El Capullo de Jerez, interpellé par un public complice. Artiste au charisme impressionnant, El Capullo frisait constamment avec une esbroufe faussement improvisée, démontrant sa maitrise du genre et une pratique accomplie avec ses partenaires. C’était show ! P-A HOYET

Le festival de flamenco se poursuit à Nîmes jusqu’au 21 janvier. 04 66 36 65 10 www.theatredenimes.com

Un choix de programmation inhabituel au Moulin à jazz de Vitrolles, pour cette soirée avec un groupe d’origine helvétique. Une harpe est disposée sur la scène et ajoute au mystère. C’est un instrument rarement utilisé ailleurs que dans de grandes salles de concert. Deux femmes sont à l’origine du projet Orioxy : Julie Campiche à la harpe et voix, Yaël Miller au chant. L’univers musical que l’on entend est tout sauf simple. L’inspiration pour ces compositions semble provenir d’un tumulte intérieur qui oscille sans cesse entre tempête et accalmie. On s’attend à ce qu’une bête noire venue des profondeurs surgisse... Au placard les clichés que l’on peut avoir sur le climat de quiétude instauré par le son de la harpe ! Ici, l’instrument est maltraité, les cordes deviennent percussions et les lignes mélodiques sont dépouillées, même dans les chorus où

l’on a plus l’impression que seuls des accords sont plaqués. Une douleur profonde semble parfois s’extirper par la voix et le corps de la chanteuse qui s’exprime indifféremment en anglais ou en hébreux. Toutes deux sont parfaitement épaulées par Nelson Schaer, à la batterie et Manu Hagmann à la contrebasse. Heureusement, cette tension se relâche par moment et laisse la possibilité à l’auditoire de souffler un peu. Un public qui en a redemandé et a été exaucé par plusieurs rappels.

Orioxy © Dan Warzy

Sirènes de l’abîme

DAN WARZY

CD : Orioxy Tales Ce concert a eu lieu au Moulin à Jazz de Fontblanche à Vitrolles le 7 janvier

À fond de Sud Patrimoine de la culture populaire marseillaise, Quartiers Nord a présenté son nouveau spectacle au Toursky chichi de l’Estaque, Rock, Fred et Tonton, nos trois comédiens chanteurs, ne craignent pas les clichés. Ils en jouent, les sur-jouent, non par maladresse mais grâce à un sens développé de la caricature et de l’autodérision. Chacun dans son rôle : le «mains de pati» en tenue de plage pour Gilbert Donzel, le © Frederic Stephan

Une plage, une paillote, un palmier, des cannes à pêche. Le décor est planté. Ça sent les vacances et la légèreté. Pas complètement faux ni tout à fait vrai. Pendant deux heures et à un rythme effréné, One again a fly, la dernière création de Quartiers Nord, envoie plutôt du lourd. Rock, twist, blues, reggae, boogie-woogie, chansonnettes et saynètes avec l’accent. Cela fait trente-quatre ans que cela dure et le public ne s’en lasse visiblement pas. Entre opérette rock et comédie musicale marseillaise, leur nouveau spectacle se paye une section cuivre qui donne un relief encore plus festif au répertoire. Au programme : une ribambelle de tubes (L’amour en pédalo, Le blues du plâtrier, Tombé du camion, La petite de la Belle de Mai, etc) et cinq nouveaux morceaux qui ponctuent un repas aux saveurs bien de chez nous. Du jaune au digeo, en passant par les pieds paquets marseillais et le

rebelle en cuir pour Robert Rossi et le blagueur sentimental en salopette pour Frédéric Achard. Dans sa peinture d’un art de vivre méridional intemporel, Quartiers Nord n’oublie pas la couleur sociale. Le climat politique conjugué à la réalité marseillaise a de quoi inspirer. Quand l’un nous conte une énième amourette, prénommée Paule, on découvre qu’il s’agit d’un certain Pôle emploi. L’identité nationale en prend elle aussi pour son grade. Et quand ils entonnent leur célèbre Partouze, on se dit qu’il n’en fallait pas moins pour commencer 2012 ! THOMAS DALICANTE

One again a fly a été créé les 6 et 7 janvier au théâtre Toursky, à Marseille


MUSIQUE

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La tournée des Chants de Noël du CG13 proposait, en décembre, cinq programmes itinérants. Après les Noëls, Nomades, Swing et Napolitains (voir Zib’47), Zibeline est allé à Marseille du côté des Amériques et de l’Europe baroque Noel de l'europe baroque, Concerto Soave © X-D.R.

Noel des ameriques, Christian Brazier Quintet © X-D.R.

From U.S. Europa tour Avec le contrebassiste Christian Brazier, Christophe Leloil (trompette), Au solstice d’hiver, à l’heure où de nombreux rites, païens ou religieux, depuis Philippe Renault et Romain Morello (trombones), Jean-Marie Guyard (chant), on a troqué le binaire de Christmas songs réorchestrés, pour un ternaire swingué aux accents décalés. Au rythme de standards aux multiples modulations, à la pulsation expressive, aux contretemps décapants, de jolies re-découvertes ou de Miniatures personnelles de belle facture, le Quintet nous a invité à partager Noël, de l’Afrique à l’Amérique, du Worksong aux mélodies européennes plus linéaires, en suivant un parcours sacré et profane. On regrette cependant que la voix, souple dans le grave et le médium, ait donné des signes de fatigue dans les aigus, plus serrés. Pourquoi avoir chanté une grande partie du concert debout en regardant les partitions sur un pupitre complètement baissé ? Une posture curieuse qui ressemblait à un déchiffrage, alors que sur les morceaux par cœur face au public, la voix était prenante et plus libérée. De même, des explications trop simplistes ou «étranges» ont contrasté avec des harmonies chatoyantes, très complexes, des rythmes variés, un groove puissant et un swing permanent : un ensemble chaleureux où chacun apporta sa virtuosité solistique en chorus endiablés ou en scat vocal !

la nuit des temps, célèbrent le retour de la lumière, on se presse dans la nef. Il ne fait pas bien chaud, mais elle est bondée : plus une place assise ! On se tient debout, adossé au bénitier planté dans le narthex, face au chœur. On ne s’est pas moqué du peuple avec ce programme baroque (une dizaine de concerts gratuits dans le département), tant la qualité des interprètes et les opus choisis par l’ensemble Concerto Soave sont pointus. Avec la soprano Anne Magouët, Alba Roca et Yoko Kawabuko (violons), Etienne Mangot (violoncelle, viole de gambe), on voyage, de pastorales en airs liés à la Nativité, de l’Italie de Monteverdi, Ziani, Legrenzi, Scarlatti, à l’Espagne de Soler, l’Allemagne de Bach, l’Angleterre de Haendel ou la France de Campra… Une virée qui laisse le spectateur scotché, une heure et demie durant, malgré l’aspect intime et plutôt monochrome du programme, un lyrisme contenu aux sonorités soyeuses, contrepoints de cordes, coloris d’orgue et de clavecin, le tout ponctué d’explications bienvenues du maître de cérémonie dirigeant l’ensemble du clavier : Jean-Marc Aymes. YVES BERGÉ ET JACQUES FRESCHEL

Patronage Le cantique des cantiques aurait pu en rester là, escapade sensuelle et spirituelle de l’ancien Testament… Mais cet «opéra rock» fut spectacle © Franck Rozet

La fin de l’année, les fêtes de Noël incitent à la bonhommie, aux guirlandes en accroche cœur, aux sapins chargés de friandises et de cadeaux. Pour les mystiques l’heure se fait sainte, les textes sacrés reprennent un certain lustre, et on fait défiler les moutons. Les santonniers cultivent les personnages rustiques, les enfants s’acharnent sur l’argile, les parents s’émerveillent. «C’est l’heure tranquille où les lions vont boire» murmure Victor Hugo. Booz est endormi… La Bible s’érotise, le roi Salomon séduit la reine de Saba par un long poème d’amour qui joue sur les quatre lectures, et donne des idées très précises à l’enfant de chœur dont l’acné précoce s’enflamme de passions interdites pour les stars qui offrent avec générosité leurs charmes voluptueux. Volupté, volupté, métaphore des émois de l’âme…

affligeant, indigent, tant par la musique que par sa mise en scène, spectacle de patronage qui a surpris et violemment déçu les attentes du public du Festival côté cour habitué à des propositions de qualité. Même les chorégraphies des Claudette avaient plus de sens ! MARYVONNE COLOMBANI

Le Cantique des Cantiques, adaptation francoroumaine (association Mnémosyne) a été joué le 20 décembre au Jeu de Paume, Aix, dans le cadre du festival Côté cour


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CINÉMA

COURT | LA BUZINE

Il avait ses festivals, ses magazines, ses sites, ses fans. Le court métrage a désormais son jour ! Le plus court évidemment, subséquemment suivi de la plus longue des nuits qui, en ce 21 décembre à Marseille, a débuté au cinéma Les Variétés dans une salle comble et s’est prolongée avec un vin chaud partagé jusqu’au petit matin au Polygone étoilé. Pour cet événement national initié par le CNC et l’Agence du court métrage, Film Femmes Méditerranée, TILT, Peuple Culture et Film Flamme avaient concocté à Marseille des programmes représentatifs de la diversité du genre. Des premiers films, comme À l’endroit du

réalisateur-comédien phocéen Solal Bouloudnine flirtant avec le fantastique. Ou encore le délicieux Gratte papier de Guillaume Martinez, romance sans paroles entre deux jeunes lecteurs à coups de mots soulignés au crayon sur leurs livres respectifs, dans la promiscuité contrainte d’une rame de métro. Lieu d’expérimentation, moins formaté que le long métrage, le court adopte une expression et un ton très libres. Dans un style vaguement vertovien, Freedub 1 de Stéphane Elmadjian détourne au rythme d’un marteaupilon des images de guerre. Edouard Deluc sur fond de chagrin d’amour et de solidarité fraternelle recons-

Babel d'Hendrick Dussollier

Jour de fête

truit une errance en noir et blanc dans la cinégénique Buenos Aires. La pâte à modeler offre à Grégoire Sivan la liberté des gags visuels de Premier voyage où un papa de bonne volonté auquel J.P. Rouve prête sa Premier voyage de Grégoire Sivan

voix, se trouve dépassé par son bébé de dix mois. La 3D associée à des images réelles permet à Hendrick Dusollier d’exprimer la beauté et la violence de Shanghai, liant mythe et réalité, fiction et histoire dans sa plastique Babel. Sur des images documentaires, le temps de la lecture d’une lettre, J.B. Huber avec Viejo pascuero prouve que le père Noël, à ne donner qu’aux riches, est vraiment une ordure. Stéphanie Duvivier sans discours théorique, par petites touches concrètes nous rend tous amoureux de Moui, la grand-mère marocaine du Mariage en papier. Dans un des témoignages captés au fil des projections estivales de Ciné Plein Air, proposés ici en intermèdes, un des spectateurs dit que «le ciné, ça doit donner la banane, le sourire...». Oui, mais toutes les autres émotions aussi, et une forme d’énergie renouvelée par sa constellation créative. ÉLISE PADOVANI

Enki Bilal accompagné de son compositeur et ami, Goran Vejvoda, était à La Buzine, le 18 décembre, aux manettes de sa palette graphique, discrètement éclairé de rouge, pour faire vibrer les images, dessiner en direct, à l’intérieur même du film-collage de ses trois œuvres, Bunker Palace Hotel, Tykho Moon et Immortel ad vitam. Un peu plus d’une heure d’images et de sons en live ! Créé en 2006 à la Géode, Cinemonstre peut, au départ, dérouter le spectateur qui ne serait pas un aficionado du dessinateur, et réalisateur. Il suffit d’accepter de ne pas tout comprendre et se laisser emporter par ce «fatras, ce magma de la tragédie des hommes, compression d’humanité» : son univers totalitaire à la fois futuriste, poétique et parfois trash, peuplé d’humanoïdes, où l’on croise bons et méchants qui se parlent en différentes langues, le dictateur Holm (Jean-Louis Trintignant), une belle espionne, Clara (Carole

Enki Bilal © A.G

Quand 3 = 1… Bouquet), une dissidente Elma (Charlotte Rampling), le dieu Horus, athlète à tête de faucon, le défenseur des opprimés, Alcide Nikopol (Thomas Kretschmann), une belle femme qui pleure des larmes bleues (Linda Hardy)… Le casting, vous l’aurez compris, est prestigieux puisque se retrouvent aussi dans ce montage, Julie Delpy, Richard Bohringer, Marie Laforêt, Michel Piccoli et bien d’autres… Les deux complices auraient aimé faire plusieurs versions de ce film et tirer au sort l’une d’entre elles pour la recréer à chaque représentation. «La partition est celle qui est sur l’écran, précisent-ils, et cette expérience atypique demande au public une certaine participation.» À la Buzine, le public s’est laissé emporter par la magie de ces images et de ces sons, dont la matière même est renforcée par la performance. ANNIE GAVA


EL GUSTO |

CINÉMA/ARTS VISUELS

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Le goût de la musique En 2003, en vacances, Safinez Bousbia, se promenant dans les dédales de la Casbah d’Alger, entre dans une boutique pour acheter un petit miroir. Celui qui la tient, Monsieur Ferkoui, a été un musicien célèbre dans les années 50, un pionnier d’une musique née de la rue que découvre Safinez Bousbia, le chaâbi (chaâb signifie «peuple»). M. Ferkoui l’a apprise, au conservatoire, sous la direction de son fondateur El Anka, en compagnie de musiciens juifs et musulmans qui sont devenus des amis. En voyant ces photos du passé, Safinez Bousbia entreprend de partir à la recherche des «élèves» de cette classe de musique, séparés par la guerre d’indépendance, de refaire jouer ensemble quelque quarante musiciens et d’en faire un film -son premier !- à la manière du célèbre Buena Vista Social Club. Elle a envie que cette génération de musiciens

de chaâbi soit reconnue internationalement. Ils vivent en Algérie ou en France, certains ne jouent plus depuis longtemps mais tous évoquent avec passion cette musique dont on écoute l’histoire, qui nous plonge dans l’Histoire. Une époque où «Tout le monde chantait en arabe, il y avait des musiciens musulmans qui jouaient dans les bar-mitsvas et les mariages juifs» comme se souvient Robert Castel, le fils de Lili Labassi, un des maîtres du chaâbi. Jusqu’aux heures plus sombres, aux déchirures de la guerre. C’est à une superbe promenade dans la Casbah d’Alger que nous convie le film, dans ses ruelles tortueuses, ses cafés… en suivant le récit d’une belle aventure qui se goûte dans la bonne humeur et le plaisir, El Gusto. C’est bien ce qui s’est passé le 4 janvier au cinéma Le Prado, où le film était présenté en avant-première !

El Gusto

ANNIE GAVA

Mode au Noir métiers de la Mode, ex Institut de la Mode) pour être guidés en tant qu’entrepreneurs et artistes, et plus particulièrement pour concevoir dans ce cadre une œuvre individuelle sur un thème commun. Cette année le Noir, couleur absolue

La Maison de la Création met en place depuis deux ans un accompagnement aux créateurs de mode de Méditerranée : pendant six mois à raison d’une semaine par mois, les sept lauréats se sont réunis à la MMMM (Maison Méditerranéenne des

Ayda Pekin - Turquie © Sigrun Sauerzapfe

Marion Vidal - France © Sigrun Sauerzapfe

dans son absence ou son absorption des autres… Pour la mode couleur de l’élégance, mate ou brillante, du costume, de la petite robe Chanel, mais aussi de la cérémonie ou du deuil. Les sept lauréats ont produit des œuvres très diverses, bijou qui devient l’âme d’une tenue comme pour la Française Marion Vidal, ou la Turque Ayda Pekin, sublime costume de laine et d’or du danseur marocain Artsi Ifrarach, qui donne une liberté de mouvement sensible aux matières et formes traditionnelles du vêtement marocain, tissu subtil laissant la couleur et la matière sourdre par endroits (Mariem Besbes, Tunisie), costume grillagé de saudade de la portugaise Evgenia Tabakova… Espérons que ces œuvres créées ici, soutenues à la fois par le ministère de la Culture, Chanel SAS, la MMMM et MP2013, mais exposées confidentiellement dans une scénographie pourtant soignée à la CCIMP du 12 au 14 janv pour la clôture de la résidence, reviennent s’exhiber à la MMMM, après leur passage au salon Who’s next à Paris (du 21 au 24 janv) ! A.F.

Maison de la création 04 91 14 92 02 Maison méditerranéenne des métiers de la Mode, Marseille www.m-mmm.fr


64 ARTS VISUELS ISTRES | MIRAMAS | AVIGNON

Ouest contemporain

Pascale Robert, Tu as de beaux cheveux, dessin crayons de couleur, 2009, nouvelles acquisitions Artothèque de Miramas/POPARTs

Pour sa deuxième année d’existence la POPARTs se tourne vers l’Ouest et la question de l’espace dans l’art contemporain ; en Ouest Provence, l’année 2011 a marqué un rapprochement décisif des différentes structures dédiées aux arts visuels et à l’art contemporain. Désormais sous le label POPARTs (Plateforme Ouest

Provence des Arts Visuels) le Centre d’art contemporain et l’Adapp à Istres, l’Artothèque de la médiathèque de Miramas font programmation commune autour d’une thématique annuelle. La question de la fiction avait invité en 2011 entre autres Bruno Peinado, Nicolas Pincemin et Lilian Bourgeat.

En 2012 (puis 2013) les projets se centrent sur la représentation de l’espace dans l’art contemporain et particulièrement l’installation. Ce sont les volumes architecturés de Vincent Mauger qui inaugurent la saison au Centre d’art contemporain. À Miramas, l’Artothèque après l’inventaire scientifique de près de deux mille œuvres sous la direction de sa responsable, Béatrice Béha, intensifie sa politique d’enrichissement de sa collection et de prêt au public : le 17 janvier elle présentera les nouvelles acquisitions mises au prêt et le 1er février organise une journée particulière. Dans la lancée du succès des évènements conçus avec Lilian Bourgeat (Vertigineuses virées), plusieurs rendez-vous sont à suivre hors-lesmurs. «Nous voulions depuis le début sortir l’art contemporain du musée pour aller aussi vers le public» rappelle la directrice Sandrine Joviado. «En multipliant les possibilités de rencontre on ouvre à d’autres formes d’étonnement : l’installation est particulière à l’art d’aujourd’hui. Elle n’exclut pas les autres formes d’art. Elle permet à la peinture, au dessin par exemple d’en faire l’expérience sensible différemment des présen-

Dans l’église des Célestins où Miquel Barceló et Josef Nadj créaient dans l’argile Paso doble en 2006, s’étale une évocation en plantes séchées de Provence du Semeur peint par Van Gogh, lui-même emprunté à Millet. C’est que le travail de Vik Muniz s’ancre dans le principe d’emprunt et de référence, dans l’histoire de l’art (on pense aussi à Arcimboldo comme à Georges Rousse pour l’anamorphose) comme dans l’imagerie populaire (images de magazines en écho à Warhol), voire le mythe comme ici. L’image photographiée de cette installation unique (une commande spécifique pour Avignon alors que Muniz ne montre jamais cette étape du travail, seule la photo comptant au final) est à retrouver à la Collection Lambert parmi la centaine d’œuvres exposées. On ne prête pas trop attention aux sibyllines inscriptions bilingues sur le fronton du bâtiment sacré, mais il n’est pas possible d’échapper à celles qui ouvrent l’exposition de l’hôtel de Caumont. Lawrence Weiner s’affiche presque monumental (référence à la communication urbaine, l’enseigne) en bleu et rouge sur blanc. L’espace muséal s’invite, lisse et clean, dans la rue. Investir la ville aurait été plus signifiant encore ? Yvon Lambert offre à Vik Muniz une de ses plus importantes expositions en France et le premier catalogue en français (traduction en anglais) fort utile pour approfondir la visite et situer l’ensemble de son travail (texte de l’artiste, entretien avec Éric Mézil commissaire de l’exposition). À voir la vidéo Waste land qui l’a rendu célèbre pour son intervention avec les catadores brésiliens. Quant

à Lawrence Weiner, le maître de l’art conceptuel est-il de l’histoire de l’art (Lambert fut un des premiers à le présenter en France), ou conserve-t-il sa valeur d’antidote à la surprolifération des images et la dilution du sens dénoncée en son temps ? Le contraste est saisissant entre les photographies surdimensionnées, séduisantes à la confiture, caviar, pigments colorés ou fils tendus de Muniz et le moins disant -austère- de Weiner : une invitation au grand écart mental entre de la réalité augmentée et du moins donné à voir. À Avignon il faut oser traverser le fleuve, même sans pont. CLAUDE LORIN

After crossing the river/ Après la traversée du fleuve Laurence Weiner Le musée imaginaire Vik Muniz jusqu’au 13 mai Collection Lambert, Avignon Église des Célestins 04 90 16 56 20 www.collectionlambert.com

Vik Muniz, The Sower, after Van Gogh, végétaux, 12x9m, Église des Célestins, Avignon, 2011 © D.M./Zibeline

L’Ancien et le Jeune

tations frontales habituelles» précise Catherine Soria, directrice artistique et pédagogique. Images transversales (cinéma et art contemporain) fera interférer l’Ouest (Provence !) et les espaces mythiques du genre western (Ouestern Road, expo collective), suivront Anthony Duchêne et Nicolas Darrot pour un Museum imaginaire, Katia Bourdarel une exposition et un spectacle au théâtre de l’Olivier, une exposition/ fiction par Virginie Barré d’après le film The ghost and Mrs Muir de Mankiewicz. C.L.

L’absence de règles est-elle une règle en soi ? Vincent Mauger du 30 janv au 27 mars Centre d’art contemporain intercommunal, Istres 04 42 55 17 10 Œuvres à emporter du 19 janv au 1 fév Médiathèque intercommunale, Miramas 04 90 58 53 53 www.ouestprovence.fr


IMAGES EN MANŒUVRES | TOULON

ARTS VISUELS

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Le prix de l’édition Reconnue en tant que première pratique culturelle des Français, la photographie est représentée par de nombreux éditeurs en province, en particulier pour l’édition d’art. À Marseille, les éditions Images en Manœuvres ont vu leur investissement de longue date récompensé récemment : Camden, livre réalisé avec le photographe Jean-Christian Bourcart a reçu le prestigieux Prix Nadar 2011. Cette distinction vient couronner leur travail d’éditeur entrepris dès les années 90. Distingué parmi une centaine d’ouvrages proposés par des maisons d’édition souvent renommées, Camden a su retenir l’attention du jury «qui a tenu à souligner la force du travail photographique de JeanChristian Bourcart, soutenue par un texte dont le style renvoie directement à celui des images». C’est aussi la reconnaissance d’un éditeur non parisien «qui œuvre depuis de longues années auprès des photographes pour faire vivre leur œuvre à travers les livres». Le projet est né à la suite des Rencontres de la Photographie d’Arles où Jean-Christian Bourcart exposait en 2009 son travail réalisé dans une des villes réputées les plus violentes des

«Aujourd’hui ça se vend sur le Net ou dans des lieux confidentiels qui s’adressent à des gens qui connaissent la photo, qui s’informent. C’est le Net qui veut ça et la librairie n’a plus tellement sa place.» Éditer des photographes reste un véritable engagement. CLAUDE LORIN

Camden Jean-Christian Bourcart français/anglais Images en Manœuvres Éditions, 45 euros Sur le Prix Nadar, Gens d’Images : http://gensdimages.com

Camden © Jean-Christian Bourcart

États-Unis : de grands tirages accompagnés de textes de l’auteur épinglés directement aux cimaises. Nous retrouvons dans le livre cette double narration, chronologique, l’écriture manuscrite ayant été commuée en une typographie évoquant les caractères d’une machine à écrire. Paradoxalement, ce sont les commentaires qui portent cette violence quand les images -incluant une sélection d’un film vidéo- captent

les habitants dans leurs espaces privés et publics déshérités. Images en manœuvre n’attend pas de retour financier particulier de cette distinction. «Ce prix est une distinction sans dotation. C’est une reconnaissance qui nous met maintenant au même niveau que d’autres plus connus.» Sauf pour les artistes les plus renommés, la vente de livres photo reste aléatoire, et l’Internet commence à jouer un rôle non négligeable.

Sur les éditions Images en Manœuvres : www.iemeditions.com

Quatre haltes et le renouveau Nomade par obligation l’Espace Castillon a déménagé quatre fois depuis 1994, quadrillant les rues de Toulon de sa ferveur à défendre l’art pour tous

Espace Castillon, Toulon © Cyrile Besson

Chaque déménagement a été l’occasion d’un accroissement de ses activités, du nombre de ses artistes ou de sa surface d’exposition. Dernier en date le 24 novembre au 22 rue Paul Lendrin, grâce aux HLM de Toulon, dans le cadre du Plan de rénovation urbaine : là la galerie dispose de 110 m2 de surface commerciale et de 50 m2 de réserve. Un atout, bien sûr, mais aussi un challenge que sa directrice-fondatrice Arlette Bernard doit relever : «Notre loyer ayant triplé, nous devons développer nos activités. Nous créons des stages thématiques autour de l’œuvre de 10 artistes qui ont accepté de partager leur savoir-faire. Ce sont des stages intensifs de 2 jours sur la mémoire et la matière avec Loknar, le papier mâché avec Jacky Planche… Nous ouvrons aussi des ateliers de modèles vivants, des ateliers-découvertes pour les enfants avec Napo, peintre et illustratrice.» «Garante d’une qualité dans toute sa diversité», Arlette Bernard défend le travail d’une soixantaine d’artistes qu’elle expose aux cimaises de manière collective et dans des bacs nominatifs en libre service, selon des tarifs qui n’excèdent pas 3 000 euros. L’ambiance est cosy avec ses tons chauds

brique et gris, et la circulation aisée entre les sculptures de Florent Caillol, les céramiques de Martine Royer, les sépias et céramiques de Catherine Ducreux, les travaux en fer de Isabeau Chirat, les linos de Stéphane Macedo ou encore les planches originales du polar postal de Elena Ojog, dont le bouquin est en vente à quelques pas de là chez Contrebandes… Cet éclectisme esthétique, qui fait grincer des dents certains puristes de l’art contemporain, est sa marque de fabrique. Tant pis s’ils l’ignorent depuis 18 ans, elle

préfère rester iconoclaste ! Quitte, parfois, à flirter avec un esprit plus décoratif que créatif. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI

Visages et silhouettes jusqu’au 4 février Explorations urbaines du 7 au 31 mars Espace Castillon, Toulon 04 94 93 47 33 espacecastillon.free.fr


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LIVRES/CD

MUSIQUE

Retour en grâce Après Saint-Saëns, Jacques Bonnaure s’intéresse à une autre grande figure de la musique française d’héritage romantique : Jules Massenet (1864-1912). Il défend sa cause ! Que n’a-t-on pas dit sur celui qui fut pourtant le compositeur le plus important de son temps, avec Gounod son aîné, en matière d’opéras français ? Longtemps décriée sans véritable raison, l’œuvre de ce surdoué a connu la gloire avec Manon et Werther qui n’ont jamais véritablement quitté les scènes lyriques. Il n’en est pas de même d’Hérodiade,

Voix du 13

Voici une dizaine d’années que Samuel Coquard a débarqué à Marseille pour prendre la direction de la Maîtrise des Bouches-du-Rhône ! On croise ses jeunes pousses un peu partout dans la région, sur les plateaux des opéras de Marseille, Avignon, aux Chorégies d’Orange... Le pôle vocal, en résidence au collège André Malraux et à l’école Athéna, accompagne les enfants, dès leur plus jeune âge, vers les voies du chant maîtrisien, à l’instar de l’initiation que reçurent, dans nos régions à l’époque baroque, les jeunes Campra ou Belissen. Le Jeune Chœur, composé de chanteurs de 16 à 20 ans issus de la Maîtrise, constitue le fleuron et le prolongement du dispositif, avec en complément les douze voix professionnelles d’Asmara, entendues au Gymnase le 2 janvier (voir p 58). Les jeunes artistes gravent un premier disque sous leur propre label Parsiphonie, après deux enregistrements

Cendrillon, Le Cid, Le Jongleur de Notre-Dame, Don Quichotte et tout un répertoire (mélodies, oratorios, ballets, pages symphoniques) encore inexploité qui revient heureusement en grâce aujourd’hui. Indispensable ! JACQUES FRESCHEL

Massenet Jacques Bonnaure Actes Sud / Classica, 18 €

chez Solstice dont l’un, fort beau, voué à l’œuvre vocale sacrée de Jean Langlais. Les sept Lieder et Chants du temps de la Jeunesse composés par Mahler entre 1888 et 1891, extraits du Knaben Wunderhorn (si cher au Viennois), sonnent avec une grande simplicité, une naïveté heureuse. Le soin apporté à l’équilibre polyphonique, la prononciation, la palette des nuances est remarquable, magnifié par le jeu pianistique de Nina Uhari. Les six Duos pour deux voix égales de Mendelssohn antérieurs d’un demi-siècle, complètent un récital, délibérément court, bâti sur un nuancier qui pourrait lasser les non-mélomanes. Ils exaltent un romantisme frais qui fait plaisir à entendre. De quoi vanter, une fois encore, les qualités artistiques de musiciens qui oeuvrent sous nos latitudes !

CD Parsiphonie PAR 001 À noter La Maîtrise recrute les 12 et 13 avril du CE1 à la 3ème. Clôture des inscriptions le 10 fév www.maitrise13.com

J.F.

Un nouvel âge ? Sous la direction de Françoise Ferrand, une pléiade de chercheurs, universitaires, musicologues, a planché sur cette période riche en matière de création musicale. Leur ouvrage (1 240 pages, complément de celui paru en 1999 sur la musique du Moyen-âge) précise les caractères généraux d’un temps dont la charnière esthétique se situe, fruit d’un lent tuilage avec l’ère médiévale, au 14e siècle avec Guillaume de Machaut, et se poursuit jusqu’à la fin de 16e siècle. Les articles sur l’humanisme, le langage musical, les terminologies profane et sacrée, le plain-chant, les textes mis en musique, la place du musicien, la théorie et les théoriciens, les instruments, sont riches d’enseignement, parfois illustrés d’exemples sur partitions ou sous la forme de lexiques alphabétiques. Une seconde partie s’attache aux très nombreux musiciens classés par «ensembles géographiques» : les anciens Pays-Bas et la

Bourgogne, l’Italie, la France, le monde hispanique, les pays de langue allemande, l’Europe centrale, l’Angleterre. Un ouvrage indispensable aux étudiants, chercheurs, mais aussi à ceux qui, intéressés par cette musique qui n’a pas encore vécu l’engouement qui s’est porté vers la musique baroque ces dernières décennies, voudraient pénétrer davantage son univers. Un monde pensé (héritage médiéval) comme une science des nombres, un parallèle cosmologique qui veut que la terre imite le ciel ! Alors, une science la musique ? C’est cette théorie qu’illustre Maurice Bourbon et son ensemble vocal dans son enregistrement des Messes La sol fa ré mi et Gaudeamus de Josquin Desprez. L’alchimie vocale s’y trouve au service d’opus construits avec des outils mathématiques. J.F.

Wagner à l’écrit Pour comprendre le processus créateur de Richard Wagner, mieux vaut lire ses propres écrits ! Le musicien, en effet, a accumulé nombre d’articles, essais théoriques, journal, correspondance, pour la plupart réunis dans les dix volumes de l’Oeuvre en prose. On s’y penche rarement, particulièrement les Français, à cause de la barrière de la langue. Le compositeur et musicologue Christophe Looten en expurge une colonne vertébrale dans une bible (1 110 pages) où quelques 110 thèmes sont classés par ordre alpha-

bétique. C’est un véritable autoportrait diffracté de l’homme de culture, immense lecteur, de l’érudit philosophe ayant un avis sur tout. Il permet de cerner ses pensées, d’envisager le génie dans ses fulgurances, son souffle, mais aussi ses crétineries… J.F.

Dans la tête de Richard Wagner Christophe Looten Fayard, 38 €

Guide de la Musique de la Renaissance Fayard, 39 €

CD Ligia Lidi 0202238-12, dist. Harmonia Mundi


MUSIQUE | ARTS VISUELS

CD/DVD

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Tour de Babel Tel un labyrinthe infini, Ryzhom, nouvel album du quintet manceau Outrage repousse les frontières de la créativité. Après des détours punk, rock, ska, métal, slaves et orientaux, le mélange opère dans une fenêtre stylistique novatrice et singulière. De l’utilisation claviériste (orgue Hammond) à l’électro de nappes planantes, différentes langues édifient une tour de

Babel sonore resplendissante. L’essence de leur musique est infiniment rock voire hard-rockeuse, mais l’énergie si communicative en live des trublions de la Sarthe se retrouve sur ces onze pistes : enlevée et rythmée, l’ascension de cette pyramide kaléidoscopique se fait au pas de course.

Ryzhom Outrage Mosaicmusicdistribution Yozik

FRÉDÉRIC ISOLETTA

Sans colorant ajouté On peut dire qu’ils sont gonflés, les quatre lascars d’Under Kontrol. Un album 100 % beatbox ? Ils l’ont fait, et même avec une indécente réussite. Ce concentré d’exploits gutturaux et de contrepoints ventriloques nous ferait presque douter de l’humanité des auteurs, qu’on soupçonne d’être des mutants… La preuve est faite : l’équation «homme + groove» peut se passer d’instrument : de quoi rester bouche bée à

l’écoute de ce manifeste buccal ! Basse slappée, breakbeat, funk, drum’n’bass, groove, électro-pop… tout est d’une précision déconcertante et d’une habileté à couper le souffle. Sans compter que ce type de prouesses vocales se double de prestations scéniques marquantes : on attend de voir sur scène ces magiciens époustouflants en CD !

Strictly from the mouth Under Kontrol Iot Records - Full Rhizome

F.I.

Toujours là Avec Gaëtan Roussel toujours aux manettes, Louise Attaque ne fait pas dans la demi-mesure pour la parution de son best of intitulé Du monde tout autour. Un coffret soigné et conséquent comprenant 17 titres dont 2 inédits, mais également un DVD incluant des titres live, un clip et le film Toute cette histoire depuis 1998. Ton invitation, Léa, Les nuits parisiennes ou J’t’emmène au vent nous rappellent des souvenirs… que nous retrouvons avec plaisir tant la bande des

quatre a marqué les esprits et les dance floor pendant une décennie. Mais si le temps passe vite pour le quatuor parisien aux 3 500 000 albums vendus, il n’a pas donné une ride aux textes ni à la gourmandise rythmique de Louise attaque, dont le très beau coffret nourri de curiosités comblera les adeptes, et ouvrira un monde aux autres !

Best of Du monde tout autour Louise Attaque Barclay - Universal, 30 €

F. I.

Épopées méditerranéennes À l’origine de Naïas, il y a le nom du dernier bateau conçu au chantier naval de Port-de-Bouc dans les années soixante. À sa barre, Daniel Gaglione -dit Nielo- compagnon de route de Sam Karpienia pendant deux décennies, de Kanjar’Oc à son aventure en trio en passant par le sublime Dupain. Un parcours marqué par un engagement musical aux sonorités clairement méditerranéennes et aux textes exaltant la dignité et les souffrances du monde ouvrier. Depuis plus d’un an, Naïas navigue dans les mêmes eaux tourmentées, entre révolte, espoir et ode à la

liberté. Avec ce quatre titres United Chapacan, prémices d’un album attendu pour le printemps, le capitaine Nielo et son équipage nous transporte à travers les langues occitane, française ou encore espagnole. Mandoles, accordéon, basse et percussions portent la voix vibrante et inspirée de Gaglione. Qu’elle incite à danser, à voyager, à lutter, à rêver ou à aimer, la musique de Naïas est avant tout à partager. Elle est en tous les cas bienvenue dans une société tentée par l’uniformisation et parfois le repli.

United Chapacan Naïas Production Nuit Métis

THOMAS DALICANTE

Ermite en exil Peter Schamoni qui nous a quittés en juin 2011 laisse un des plus édifiants documentaires sur son ami Max Ernst à l’occasion du centième anniversaire de sa naissance. L’auteur, lui aussi d’origine allemande a réalisé plusieurs portraits d’artistes – Niki de Saint Phalle, Dorothea Tanning, Fernando Botero. Le film emprunte des cheminements géographiques et artistiques depuis la révolte Dada née à Cologne, programmatique d’une «jeunesse furieuse à peine sortie comme d’un cauchemar d’une ridicule et cruelle canonnade». «Que pourrions-nous faire, nous les jeunes gens en colère, sinon d’essayer de démolir par la force tous les fondements de la société occidentale, à commencer par le culte de la raison, de la logique, de la morale chrétienne, du langage conventionnel, de la beauté conventionnelle, de la poésie conventionnelle, en un mot de la conventionnelle stupidité.» Bien que réalisé il y a vingt

ans, ce film trouve toute sa place dans l’excellente collection Phares. Témoignages, documents, archives, et particulièrement ici la parole donnée à l’artiste, confortés par le livret biographique habituel, participent avec fluidité à la compréhension de la personnalité du créateur et de son œuvre. La caméra prend le temps de s’attarder sur la genèse des fameux collages, suit l’élaboration des sculptures, des frottages et la peinture au goutte-à-goutte, glisse d’un lieu et des évènements à l’autre de Saint-Martin d’Ardèche avec Leonora Carrington (voir Zib’47) à l’Arizona avec Dorothea Tanning, puis Saillans, accompagnés de la musique de Stravinsky. La redécouverte des peintures murales de 1923 sous les papiers peints de l’ancienne maison d’Éluard à Eaubonne en constitue un des moments les plus émouvants. CLAUDE LORIN

Max Ernst Mes vagabondages, mes inquiétudes Peter Schamoni Seven Doc, coll. Phares, DVD + livret, 23 €


68 LIVRES ARTS VISUELS

Des images et des livres 2011 a été une année faste pour Alinka Echeverria et Zhang Xiao qui, entre les expositions internationales et les récompenses, se partagent à 30 ans le 16e Prix HSBC pour la Photographie1. Soit, entre autres, la publication de leur première monographie : conçues sur le même modèle que les précédentes, elles privilégient l’image sur le texte bilingue dans une maquette aussi sobre qu’efficace. Le travail de la jeune mexicaine est préfacé par Christian Caujolle, directeur de la Collection du Prix HSBC pour la Photographie, qui met l’accent sur sa démarche, sa posture esthétique, le contexte culturel de ses photos. Où l’on apprend à les regarder non comme un documentaire ou un point de vue sociologique sur le pèlerinage de millions de mexicains au sanctuaire de Tepeyas en l’honneur de la Virgen de Guadalupe, mais comme une mise en abyme de l’image. Car Alinka Echeverria collectionne des figures vues de dos -non des portraits- portant selon la tradition leur image pieuse sur le dos, figures qu’elle détoure et prive radicalement de toute information contextuelle.

Autre continent avec Coastline de Zhang Xiao présenté par Yan Changjiang (L’absurdité et après) et Jiang Wei (Éveil de la conscience, échos, démonstration). Et autre regard sur les nouvelles aspirations de la Chine, l’intrusion d’objets artificiels dans la nature, la survivance des traditions, les littorals urbanisés et la permanence de l’eau. D’où cette luminosité vaporeuse, le grain un peu blafard, qui rendent irréelle la réalité. Tous deux ont en partage leur empathie pour leur mère patrie. MARIE GODFRIN-GUIDICELLI 1 En 2009 le [Mac] de Marseille exposait Grégoire Alexandre et Mathieu Gafsou (voir Zib’25)

Coastline Zhang Xiao Sur le chemin de Tepeyac Alinka Echeverria Actes Sud, 17 € chacun, offre de lancement jusqu’au 31 janvier

Jugements derniers En 1918, lorsque s’éteint Apollinaire, René Gimpel commence son journal qui ne s’interrompra qu’en 1939 à la veille de la déclaration de la seconde guerre mondiale. Résistant à l’ignoble, il succombera dans un camp nazi quelques mois avant la reddition de 1945. Son Journal d’un Collectionneur a été publié une première fois en 1963. Objet de plusieurs rééditions, il bénéficie aujourd’hui d’une version révisée augmentée -mais non exhaustive- à l’initiative de ses petits enfants. Marchand d’objets d’art, René Gimpel a consigné pendant vingt ans les faits et gestes concernant son univers professionnel, familial et amical entre Europe et Amérique où il tenait une galerie depuis 1902. S’il ne fait pas œuvre littéraire comme son ami Marcel Proust, il s’autorise des portraits tantôt corrosifs tantôt bienveillants (Marie Laurencin, Forain) parfois élogieux du milieu de l’art (le collectionneur Doucet) : Renoir «cette chose informelle» rencontré à la fin sa vie, le Baron Wildenstein «gros cochon», «Sargent, ce mauvais peintre dont l’Amérique est si fière», Picasso «le chef de l’école cubiste est en boudin». Gimpel apparaît en amateur éclairé héritier du bon goût à la française, appréciant au plus haut point Chardin, attentif cependant aux innovations de son temps (Cubisme,

abstraction) sans forcément en défendre les esthétiques. Le personnage est agaçant en dandy mondain rendant compte des potins comme des transactions : les (très) riches, aristocrates, grands bourgeois, industriels et banquiers comptent parmi ses fréquentations professionnelles ou son cercle proche. Mais son journal est aussi une chronique des transformations de l’entre deux guerres sur les deux continents : les espoirs du communisme puis le virage de la révolution russe, les soulèvements irlandais, la grève des mineurs anglais, la montée des fascisme et nazisme ; outre-atlantique en particulier : la hiérarchie des gratte-ciels (les plus hauts étages sont habités par les plus riches), le téléphone, le cinéma, le phonographe, l’aviation, «la glacière automatique à l’électricité». Les désastres de la crise de 1929 comme les moeurs américains (alcoolisme, l’éducation des jeunes filles…) retiennent aussi sa réflexion. Son journal s’interrompt l’année où, à New York, on inaugure le musée d’art moderne avec une exposition retentissante Art of our time. On aurait apprécié son commentaire, lui qui déclarait qu’«une œuvre qui ne bouge pas, ce n’est pas de l’art». CLAUDE LORIN

Urbanisme durable Comme chaque année, les éditions Parenthèses publient le très instructif Grand Prix de l’Urbanisme, consacrant pour le cru 2011 Michel Desvigne mais également Joan Busquets (prix spécial pour le développement européen de sa «pensée barcelonaise»). Sous la direction d’Ariella Masboungi, l’ouvrage revient de manière détaillée sur la récente intervention de Desvigne sur le plateau de Saclay, mais aussi sur l’aspect protéiforme de ses projets ou réalisations : de Montpellier au Vieux-Port de Marseille en passant par Londres, Bordeaux, Anvers ou Lyon Confluence. La

recomposition urbaine des grands territoires est initiée par le paysage, dans une pensée constructive sur le long terme, «durable», qui veut tisser des liens intelligents entre les hommes, les espaces et les fonctions. Tout un programme à l’heure où la spéculation va bon train, et multiplie les processus destructeurs d’urbanité. Une belle leçon ! FRÉDÉRIC ISOLETTA

Grand Prix de l’Urbanisme 2011 Parenthèses, 14 €

Journal d’un collectionneur Marchand de tableaux René Gimpel Editions Hermann, 35 €


ARTS VISUELS | JEUNESSE

LIVRES

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Mexique, suites À l’occasion d’une imposante exposition consacrée aux voyages mexicains de Bernard Plossu, visible jusqu’en avril, le Musée des Beaux-Arts de Besançon et les éditions Images en Manœuvre sises à Marseille (voir p. 65) font paraître simultanément deux ouvrages complémentaires d’importance. Le premier est issu de la version intégrale, remodelée et augmentée du mythique Voyage Mexicain édité la première fois par Contrejour en 1979. Du format carnet de 71 pages et 53 photos noir et blanc, le lecteur retrouve la préface originale par Denis Roche, des citations choisies d’écrivains, les notes du photographe conçues en 1977. L’ouvrage bénéficie aujourd’hui d’un nouveau graphisme de couverture, d’un format élargi à 20x24cm en commun avec le second livre, et notamment d’une présentation de la genèse du projet par Salvador Albiñana complétée de plusieurs documents iconographiques. Le principal consiste bien sûr dans la présentation enrichie jusqu’à plus de deux cents photographies, pour la majeure partie inédites, dont

une section en couleur selon le procédé de tirage au charbon Fresson. Le voyage peut se poursuivre avec le second ouvrage qui retrace en quatre-vingts clichés jusque-là inédits, le retour du photographe dans les faubourgs délaissés de Mexico en 1970. «À Mexico, là, en automne 1970, j’étais photographe : j’avais besoin de communiquer la vérité sur ce que je voyais devant mes yeux, tel quel. […] Et des centaines de gosses venant vers moi en courant, qui n’avaient jamais vu un type comme moi venir photographier leurs ruelles, leurs baraques, leurs zones, les bruits, les odeurs. Et ils me souriaient !» Une compilation exceptionnelle et sûrement la plus conséquente à ce jour sur le sujet. CLAUDE LORIN

Le voyage mexicain, l’intégrale 1965-1966, 30 € Le retour à Mexico 1970, 14 € Images en Manœuvre, Editions/Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon

Les livres et la vie

Les lycéens et apprentis de la Région PACA, leurs enseignants et partenaires, repartent pour une année de découvertes de livres et d’auteurs vivants. Cette action de la Région et de L’Agence Régionale du Livre (ARL) en faveur de l’éducation culturelle en partenariat avec la DRAC, les Académies d’AixMarseille et Nice s’affine depuis 2004 et touche depuis deux ans des adolescents incarcérés. 31 établissements, partenaires d’une librairie et d’une bibliothèque, engagent environ 40 adolescents à lire les 12 livres de la sélection, à participer aux Forums et à dialoguer avec les auteurs dans leurs établissements tout au long de l’année. Le 1er Forum a rassemblé les participants de 11 établissements autour de 3 BD et 2 romans. Ils ont tout d’abord manifesté un intérêt pour la construction et l’élaboration des œuvres : de nombreuses questions ont porté sur les lieux dans lesquels se passent les actions, puis sur l’authenticité des personnages, avec une envie très nette de trouver la part de vérité et d’autobiographie. Aussi Vélibor Čolić, originaire de l’ancienne Yougoslavie, a-t-il fait l’objet de nombreuses questions sur son adolescence dans un pays où se dessinaient déjà les désastres que l’on sait, tandis que Katherine Mosby déclarait que son personnage féminin n’avait que peu à voir avec elle. Les auteurs de BD ont été interrogés sur leur choix du noir et blanc ou de la sépia. Aurélien Decoudray déclare de façon un peu provocante que la couleur «pollue» le sens ! Futurs

débats en perspective... Les élèves, intrigués par les deux duos de ce jour-là, s’interrogeaient sur les relations du texte et de l’image. Anthony Pastor n’a pas ce problème puisqu’il est la fois scénariste et dessinateur ! Et l’on put constater que les jeunes lecteurs ne se contentent pas de «lire les

histoires» mais sont attentifs à leur gestation, pour peu qu’on leur donne encore le temps de s’y pencher. Qui a dit que les ados n’aimaient pas la lecture ? CHRIS BOURGUE

Au théâtre de Cavaillon, les auteurs du 1er forum répondent aux questions © ARL PACA

Jésus et Tito, Vélibor Čolić, Gaïa, 17 € Sanctuaires ardents, Katherine Mosby, Quai voltaire Las Rosas, Anthony Pastor, Actes Sud Championzé, Aurélien Decoudray & Eddy Vaccaro, Futuropolis, 20 € De briques et de sang, Régis Hautière & David François, KSTR


70 LIVRES/CD JEUNESSE

L’apprentissage de la démocratie En cette année nouvelle propice aux débats politiques, l’ouvrage de Sophie Lamoureux Pour ou Contre ! L’actualité en débat ouvre un espace où parents et enfants, adolescents peuvent se retrouver avec passion. À l’encontre des modes qui procurent des discussions à partir d’idées reçues et de pathos mal digéré, le livre propose de nombreux outils capables de nourrir intelligemment les opinions. Orchestré en huit chapitres thématiques clairs (monde, éthique, économie, institutions, immigration, laïcité, environnement, culture) le livre propose quarante débats. Dans lesquels les arguments pour et contre se répondent directement. Le jeu des couleurs permet de

s’orienter dans les méandres des différents avis. Contextes, références sont insérés dans de sobres encadrés. Précis, actuel, sans langue de bois («ça donne des échardes» dixit Titeuf de la BD), ce livre apparaît comme un outil précieux pour appréhender les débats à venir et garder les enfants de tout manichéisme. Car la démocratie s’apprend, et la liberté se cultive…

MARYVONNE COLOMBANI

Pour ou Contre ! L’actualité en débat Sophie Lamoureux Gallimard Jeunesse, 14,95 €

Pour une belle défunte

Guillaume Guéraud, jeune auteur prolifique, livre un nouveau roman publié chez DoAdo. Nostalgique de son adolescence, il déclare qu’il écrit “sur” des adolescents mais pas nécessairement “pour” : le choix des éditeurs en fait un auteurjeunesse, ce qui n’est pas un pis aller... Ses récits sont courts, vivants, son style lapidaire frappe fort de ses phrases courtes, de son rythme haletant. Ses personnages attachants sont saisis dans ces moments où un événement surgit qui oblige à un engagement. C’est bien de cela qu’il s’agit pour Marco. Médiocre élève de 3ème, il voit arriver la fin de l’année scolaire sans projet professionnel et avec un nombre intéressant d’heures de colle. C’est l’annonce de la mort d’une jeune et belle roumaine de 29 ans, Anka, qui déclenche chez lui des réactions imprévisibles ; le père de Marco l’avait épousée 10 ans auparavant. Une magouille pour qu’elle ait des papiers et lui une belle somme

d’argent. Abasourdi par la nouvelle, Marco part à la recherche de renseignements sur Anka à travers les rues de Marseille, retrouve des gens qui l’ont croisée. Le récit de Marco est entrecoupé de courts passages en italique, flashes sordides et éprouvants qui révèlent des moments du parcours douloureux d’Anka. À la recherche du passé de cette fille, Marco se trouvera lui-même, dans la fureur et la révolte face à l’injustice, la misère et la connerie. CHRIS BOURGUE

Anka Guillaume Guéraud Le Rouergue, DoAdo, 9,50 €

Tout le monde sait que Léonard de Vinci a longuement observé les oiseaux avant de concevoir son ornithoptère en 1485.Vous savez peut-être moins que la tôle ondulée s’inspire des dessins de la coquille St Jacques, que la raie a servi de modèle pour un robot sous-marin ou encore que le pangolin (petit mammifère à écailles) a inspiré des architectes !... Avec une iconographie très précise, le livre passionnant de Mat Fournier, enseignante et chercheur, témoigne de sa profonde connaissance de la nature et met intelligemment en parallèle les capacités des espèces naturelles et les progrès scientifiques. Il trouvera sûrement sa place dans les médiathèques, et sur vos étagères ! C. B. Quand la nature inspire la science Mat Fournier Plume de carotte, 35 €

Le jeune homme et la mort

La mort marraine, conte de Grimm adapté et mis en musique par Raoul Lay, parait aujourd’hui en livre-CD (avec les photos de notre collaboratrice Agnès Mellon, et sous la direction artistique de Jacques Freschel). Les thèmes romantiques de l’amour et de la mort s’y croisent dans l’univers musical contemporain onirique du fondateur de l’Ensemble Télémaque, porté ici par la voix délicate de Julie Cordier. La recette n’est pas nouvelle et l’on pense immédiatement à Pierre et le loup dans la représentation des différents protagonistes de l’histoire par une instrumentation et un motif musical assignés à chaque personnage et individualité. Ainsi se détache le motif du violon (le Jeune Homme) confronté au timbre nostalgique de la

Trouver avec la nature

clarinette qui prend le rôle de La mort. Autour de ces deux protagonistes cheminent les personnages du Père (timbales), de la Princesse (glockenspiel) et du Roi (trompette)… sans oublier le Diable (contrebasse) ni Dieu, à l’accordéon! Le jeune homme est conduit par les desseins de sa marraine la mort, inflexible, et par sa condition humaine. De quoi faire réfléchir petits et grands, baignés par des arabesques musicales entrelacées qui dépassent le figuralisme de Prokofiev pour développer des couleurs imaginaires, des émotions suggérées par les

évocations de la récitante. Une réalisation qui appelle des écoutes multiples, pour découvrir de petites perles mélodico-rythmiques habillées par le timbre chatoyant des instruments. Le texte intégral du conte complète cette incantation à la vie, et à son corollaire personnifié par une marraine initiatrice et éternelle. PIERRE-ALAIN HOYET

La Mort Marraine Raoul Lay Billaudot, 17 €


LITTÉRATURE

Vivre avec elle

Elle, c’est la maladie qui s’invite dès les premiers mots du roman et que le titre ne laissait guère prévoir. Pas d’inquiétude, un titre comme un mantra que le narrateur essaie de se répéter, et dont le lecteur sent d’emblée la vanité. Car dès les premières lignes, quand arrivent les résultats des analyses de son fils Mehdi, son existence vacille, comme lui-même, en équilibre instable sur une planche jetée en travers du jardin gorgé d’eau. À travers le récit rétrospectif du père, Brigitte Giraud s’attache à montrer les dégâts collatéraux de la maladie de Mehdi. Son impact sur la famille, sur le narrateur surtout, puisque c’est lui qui arrête de travailler pour s’occuper de son fils entre les périodes d’hospitalisation. La romancière scrute avec acuité ses velléités d’organisation de cette «vie parallèle», ses ébauches de projets, ses élans puis ses retombées dans l’apathie. La maison est comme une île (Mehdi passe d’ailleurs son temps à lire et relire

Robinson Crusoë) où tout devient pesant : «mes journées étaient comme des sacs emplis de gravats, que je devais soulever, et j’attendais que le soir arrive pour poser mes sacs et m’endormir.» Il faut pourtant trouver la force de continuer à vivre. Dans un style concret, sensible aux détails de la vie, Giraud excelle à faire partager les petites résistances quotidiennes que ce père courageux offre à la maladie, simplement, sans esbroufe ; ses sentiments contradictoires et son désarroi aussi. FRED ROBERT

Pas d’inquiétude Brigitte Giraud Stock, 19 € Brigitte Giraud est invitée à Marseille dans le cadre d’Écrivains en dialogue le 26 janv à 18h30 à la BDP Gaston Defferre

Ma route avec Rodgeur Comment, à partir d’un personnage public (ici Roger Federer), envisager une fiction ? Comment, par l’écriture, prendre en charge le réel, en lui gardant sa complexité et sa charge d’adrénaline ? Comment, à l’instar des jazzmen, trouver, sur un court ou dans une narration (ce qui au fond revient au même) le «it» ? C’est à ces questions, et à bien d’autres encore, qu’Arno Bertina se collète dans son dernier roman Je suis une aventure. Alors bien sûr on peut ne voir dans ce récit des tribulations d’un journaliste sportif en quête d’une interview de la star qu’une sorte de road novel déjanté. Une série d’aventures débridées qui les conduiront, Rodgeur Fédérère et lui, de Bâle à Londres et jusqu’à Bamako. On peut n’en retenir que la magie de certaines descriptions (un paysage sous l’orage, une vue nocturne de Londres), l’ambiance fantasmatique de certaines scènes (une nuit dans un

bordel malien), la cocasserie de certaines situations (un périple à moto avec la statue de cire du champion) ou de certains personnages (l’inénarrable Benigno Ramos), les audaces formelles (un échange de tennis en 7 doubles pages de schémas). On peut aussi gloser à l’infini sur les références littéraires, philosophiques, musicales… qui nourrissent ce roman dialogué, descendant de Sterne et de Diderot. Mais c’est avant tout la possibilité de vivre une belle aventure de lecture qu’offre Bertina. Un jeu où il suffit, comme lui, d’accepter les «carambolages» et les «sorties de route». Et de se laisser embarquer. FRED ROBERT

Je suis une aventure Arno Bertina Verticales, 24,90 €

Décrépir Dominique Fabre construit ses phrases comme la vie de ses personnages. Privés d’élan. Raccourcis. Commençant comme si elles s’engageaient pour de longues courses puis s’arrêtant là. Avant même un début d’histoire. Dans des gestes et des rythmes qui tout entiers les définissent, des décisions qui les figent. Des expressions qui deviennent leur petite rengaine. Construit en trois parties qui cheminent à peu près à rebours -rien de systématique dans ce roman qui aime à suivre les lacets affectifs du narrateur- Il faudrait s’arracher le cœur conduit vers une armoire retrouvée, celle d’une grand-mère disparue en y laissant une terrible absence de souvenirs, la décrépitude de ce qui n’a jamais été. Car le Paris périphérique des années 80 que Dominique Fabre évoque a un goût familier et peu triomphant. Il est celui des renoncements, de la maladie, de l’abandon et du suicide, des mères qui n’ont pas d’amour à transmettre parce qu’elles crèvent de solitude, et d’absence d’horizon. Seule Magali, la sœur, est animée d’une force de vie sous ses larmes et son khôl qui coule. Mais elle aussi part, non vers la mort comme Jérôme que le narrateur étudiant aimait (ou

pas ?), non vers une autre vie comme le père qui s’étiole et disparaît après avoir abandonné le foyer familial armé d’une seule et très laide valise, non comme la grand-mère qui en changeant de quartier redevient anonyme, abandonnant un Tlemcen imaginaire gardé par un Kabyle immobile. Elle part construire sa vie, quand son frère ne sait pas s’arracher le cœur. Un beau roman sur les années 80, et leurs renoncements idéologiques qui planent au-dessus des renoncements affectifs, comme le constat suggéré d’une mauvaise bifurcation de l’histoire. AGNÈS FRESCHEL

Il faudrait s’arracher le cœur Dominique Fabre L’Olivier, 18 €

À noter Dominique Fabre sera présent le 26 janv à Marseille à la Bibliothèque départementale, dans le cadre d’Écrivains en dialogue, avec Brigitte Giraud

LIVRES 71


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LIVRES

LITTÉRATURE

Verroterie

Scintillation est un ouvrage étrange, au titre particulièrement bien choisi. Il évoque l’éclat d’une verroterie chapardée par une pie, quelque chose de vain et de précieux à la fois... La vie sur une presqu’île empoisonnée par les relents d’une usine chimique désaffectée, la démission lamentable des adultes, l’errance affective des jeunes, et un mystérieux serial killer qui exécute presque tendrement son rituel malade. John Burnside est un poète reconnu en Écosse, il distille à merveille le malaise contemporain de la résignation : dans son univers pourtant non dénué de chaleur et d’intelligence, les fantômes, la cruauté et l’absence l’emportent sur l’humanité. On peut y voir une parabole de notre triste façon de crever

en charentaises, hypnotisés par la télévision, léguant à nos enfants un monde désenchanté et brutal car ce contexte de mafia locale, de policiers complices, de population rongée autant par les pathologies chimiques que par la lâcheté n’est pas si éloigné du nôtre... On peut y voir aussi quelque chose qui n’est pas tout à fait là, une menace, un abîme au bord duquel nous retiennent encore les livres, et un amour puissant de la beauté. GAËLLE CLOAREC

Scintillation John Burnside Métailié, 20 €

Candide au Cameroun Pauvre Marc ou «Mike», léger strabisme vocal qui permet à l’auteur de n’être ni tout à fait le personnage, ni vraiment un autre... Le voilà prêt à en découdre virilement avec les charmes tant vantés de l’Afrique éternelle : à lui les petites anglophones (sans capote /full contact) à peau noire, à lui la pacification culturelle à la tête de l’Alliance Française de Buea (capitale économique endormie au pied du volcanique Mt Cameroun) à lui le frisson de l’Homme Blanc au cœur des ténèbres... L’épreuve de la première de couverture passée, la moitié du roman lu narines pincées apporte son lot d’irritations et sa dose de malaise : qui parle et que dit ce quinquagénaire sur un pays vu par le petit bout de la braguette qui n’ait déjà alimenté la bourse aux lamentations sur le choc des cultures et le continent en perdition ? Et puis le poison de l’écriture dense et nerveuse agit ; la moisissure de la salle de lecture aux six étudiants inscrits ; la barge échouée sur les rochers, antre sonore des ensorceleuses mamiwatas

(sorcières de la mer) ; le tragi-comique chemin de croix du petit homme caracolant sur sa moto aux fesses de la flamboyante Gloria aux lunettes Dior de facture chinoise tel un Des Grieux cédant encore et encore aux sortilèges de sa Manon ; sa lucidité effarée sur son rôle de «sponsor» ou de «papa sucre» , sa fragilité de représentant d’une époque révolue ou d’une culture vaine (très drôles, les ruses du paternalisme éclairé pour amener la bombe sexuelle à la lecture) et surtout la chronique simplement journalistique d’une semaine d’émeutes ou de la violence des rapports quotidiens, font de cette épopée minable un récit initiatique aigredoux coupant la route à toute forme, même mineure, d’angélisme... MARIE-JO DHÔ

Les Mamiwatas Marc Trillard Actes Sud, 21 €

Ligne claire La nouvelle c’est court et pas bavard ; ça vous balade vers l’essentiel et vous conduit très vite vers la chute ou la sortie ; pas chez Mingarelli qui dans cette forme narrative semble encore ralentir le temps et suspendre le sens comme pour créer des trappes à émotions, déjà explorées dans ses précédents romans, encore plus efficaces ici. L’air de rien, ils ne font que passer, chargés de leur petite averse : l’auteur se déleste avec lenteur et précision de son orage menu, de plus en plus ténu et fugace, mais dont les gouttes mouillent durablement. Pratiquer sans trop de façons la phrase d’une demiligne et laisser proliférer le sujet/verbe/complément sans affectation n’est pas donné à tout le monde ; la manière Mingarelli est connue : tous ces «il» et ces «je», hommes sans femme, garçons sans mère, souvent sans nom, perdus entre nulle part et ailleurs, en quête d’un peu de beauté, d’amour ou de paix sont autant de figures autour desquelles se noue ou plutôt flotte le récit ; fables qui captent un moment (La beauté des choses) un sentiment inavouable (l’enfant saisi

d’horreur au contact de l’ami dont la mère vient de mourir) ou une quête énigmatique (pourquoi le personnage central de Pas d’homme, pas d’ours s’isolet-il dans la neige et dans le froid ?). La nouvelle éponyme, la plus longue, ouvre sur d’autres horizons et d’autres temps à partir de la mort en pleine rue d’un inconnu et surtout de ses dernières paroles. Plus banalement pathétique, ce dernier récit écorne le pacte d’écriture suspendu entre deux silences si subtilement illustré par La Plume, sommet du recueil. Le regard d’une souris mélancolique ou un peu de sciure de mélèze oubliée au fond d’une poche sont autant de signes qu’Hubert Mingarelli nous fait parvenir de son monde poignant et tendre... mais chut !! pas trop d’adjectifs !! M-J.D

La lettre de Buenos Aires (nouvelles) Hubert Mingarelli Buchet Chastel, 15 €


SOFIANE HADJADJ

RENCONTRES

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Un éditeur algérois à Marseille Fondateur avec Selma Hellal des éditions Barzakh en 2000, Sofiane Hadjadj (voir p. 74) est aujourd’hui un éditeur heureux : plus de 120 titres au catalogue, des partenariats en France, au Liban, en Afrique… Ce qui lui manque, c’est le temps. Voilà pourquoi il a accepté avec joie de venir en résidence d’écriture à La Marelle. Zibeline : Comment vous définiriez-vous ? Comme un éditeur ? Un écrivain ? Sofiane Hadjadj : Comme un éditeur qui écrit à temps perdu, c’est-à-dire pas beaucoup, car je n’ai pas beaucoup de temps perdu ! L’éditeur est plongé toute la journée dans le travail des autres, parasité par tout ce qu’il lit, ce qui ne facilite pas l’écriture. J’aimerais être comme François Maspero, mon idéal d’éditeur-écrivain. Quel genre de textes éditez-vous chez Barzakh ? Nous éditons environ 15 titres par an ; pour les 2/3, de littérature algérienne contemporaine, en privilégiant les auteurs qui témoignent de l’esprit d’une époque, ceux qui reviennent sur les traumatismes, avec du recul et une exigence formelle. Ces écrivains travaillent à la déconstruction de l’histoire officielle et à l’exploration des recoins, même les plus sombres, de l’identité algérienne. Quels auteurs nous conseillez-vous particulièrement ? J’ai un vrai coup de cœur pour Kamel Daoud, son travail me semble un bon reflet de ce qu’on essaie de faire à Barzakh. Je conseillerais aussi Chawki Amari et Mustapha Benfodil, dont l’Archéologie du chaos amoureux est éditée en français ce moisci chez Al Dante. Pourquoi cette résidence à La Marelle ? Pour fuir un quotidien qui m’étouffe ! Grâce à ces 3 temps (août, novembre-décembre, puis janvier, ndlr), je peux enfin avancer mon «roman méditerranéen». Il y sera question des tribulations d’un diplomate entre Alger, Tunis et Istanbul ; une évocation sur le mode burlesque des enjeux géopolitiques contemporains. Je profite aussi de ces séjours à Marseille pour participer à des rencontres littéraires. Avez-vous encore le temps de lire ? Bien sûr ; je suis super dépendant et lis beaucoup la nuit. Les

Trahison

Né en 1935, Robert Littell, ancien journaliste, spécialiste du Proche-Orient et de l’Union soviétique est certainement, avec John Le Carré, le plus grand auteur de romans d’espionnage vivant. Son œuvre fouille inlassablement, depuis près de quarante ans, les arcanes de la guerre froide qui vit proliférer tant de personnages troubles et ambigus dont le credo aura été le double jeu et la trahison. Il était inévitable alors que Robert Littell s’attache à la figure extraordinaire d’Harold Adrian Russell Philby (1912-1988), connu sous le nom de Kim Philby, dont on dit qu’il est le plus grand agent double du 20e siècle et qui aura été trente ans durant LA «taupe» soviétique nichée au cœur des services secrets anglais. Mais ce qui intéresse ici Littell est de sonder le mystère qui est à l’origine de la «trahison» de Philby. Comment et pourquoi dans l’Europe tourmentée du début des

Échanges de haute volée

Sofiane Hadjadj © X-D.R

romans d’espionnage, avec leurs questions de trahison et de loyauté, d’identité double voire triple, me passionnent : Le Carré, Littell (le père), Porter, je lis tout… Notre agent à La Havane de Greene est mon modèle pour le roman que je suis en train d’écrire. Si vous voulez, j’écris une chronique pour Zibeline. Pourquoi pas !

C’est à un bien beau set qu’on a assisté à la librairie Histoire de l’œil. Sofiane Hadjadj y animait une rencontre avec Arno Bertina, autour de son dernier roman Je suis une aventure (voir p. 71). Et comme Fédérère dans le livre, le jeune écrivain a brillamment prouvé qu’une partie se construit dans l’échange ; qu’il s’agisse de tennis ou d’entretien sur la littérature, le jeu se fait avec l’autre. D’où l’impression délicieuse que chaque question d’Hadjadj permettait à Bertina d’approfondir les enjeux littéraires de son roman. Ainsi la littérature estelle pour lui, comme le tennis ou la moto, comme le jazz aussi, une «pratique érotique», une manière de «se gorger de corps» et de sensations ; et la langue «comme un corps en face de vous» auquel il s’agit de donner vie. Ainsi le livre s’offre-t-il comme un jeu (le tennis encore!) qu’il faut accepter de jouer, qu’on en soit l’auteur ou le lecteur, afin de vivre intensément l’aventure qu’il propose. FRED ROBERT

PROPOS RECUEILLIS PAR FRED ROBERT

années trente, un jeune homme -pur produit de l’aristocratie britannique, formé dans la prestigieuse Cambridge- est-il recruté par les services secrets soviétiques ? Comment décide-t-on de trahir sa patrie ? De la lutte contre le fascisme et le nazisme jusqu’à la guerre d’Espagne, le roman, à l’image du «travail de renseignement (qui) ressemble beaucoup à l’assemblage d’un puzzle» s’attache à (re)construire la personnalité du jeune Philby en convoquant tour à tour sa maîtresse, son recruteur soviétique, son père -St John Philby, figure s’il en est de la trahison, rival de Lawrence d’Arabie, converti à l’Islam et devenu conseiller du Roi Ibn Seoud d’Arabie-, autant de voix qui, prenant la parole, dessinent en creux le portrait de la personnalité tortueuse du jeune espion en devenir.

Arno Bertina était le 11 janv l’invité des Escales en Librairies proposées par l’association Libraires à Marseille, en partenariat avec La Marelle

Mais comme un pied de nez au lecteur, au final Robert Littell d’avancer l’hypothèse : et si la trahison de Philby n’avait été qu’un immense stratagème destiné à berner les soviétiques ? SOFIANE HADJADJ

Philby, portrait de l’espion en jeune homme Robert Littell BakerStreet, 21 €


74 HISTOIRE MUCEM | MONTMAJOUR

Regards croisés sur l’Algérie un romancier, a créé la France d’après 1940, l’a emmenée à Londres, puis l’a ramenée, devenant ainsi incontournable.

Complexité

© Adrien Joly

Pour cet entretien, Thierry Fabre avait invité Alexis Jenni, dernier prix Goncourt pour son Art français de la guerre, et Sofiane Hadjadj, fondateur de la maison d’édition algérienne Barzakh (voir p. 73). Le propos liminaire précisait qu’ici, il s’agissait de visiter l’histoire de la guerre d’Algérie au prisme de la littérature, en commençant grâce au concours de l’INA par le témoignage de Kateb Yacine lors de l’émission «Lecture pour tous» en 1956 : il existait alors une littérature algérienne au son français, dont le plus célèbre représentant était Camus, et une prise de conscience avait lieu, avec des auteurs nouveaux qui ont écrit une Algérie différente, plus réelle. Sofiane Hadjadj, prenant la parole, témoigna de l’impact de Nedjma, le roman de Kateb Yacine. Ni pamphlet, ni histoire, il explore les fondations de la nation, en pleine guerre. Prise de conscience, il fait émerger la complexité des origines et la volonté de faire résonner une voix autre que celle, propagandiste, du FLN. De fait, la littérature introduit à la compréhension de la guerre. Alexis Jenni pour sa part précise son absence de lien personnel avec les événements algériens : il se situe comme un personnage décalé qui regarde un conflit important, violent, dont la marque est encore très vive dans le vécu des Français. Ce «pas de côté» fait selon lui l’intérêt de l’œuvre romanesque : L’art français de la guerre veut montrer la grandeur et le ridicule du moment. La littérature est également essentielle dans la composition du personnage historique central, côté Français : De Gaulle ! Selon lui il a agi comme

Pastoralisme

S’interrogeant sur la relation entre activités humaines et paysage, les auteurs de Pastreja, Paysage et Pastoralisme présentent des vues de la Camargue, des Alpilles, de la Crau, du Comtat, de la Montagnette en les mettant en relation avec l’élevage, le pastoralisme, la transhumance… Ils montrent combien le travail des bergers a modelé le paysage lui accordant son originale beauté. Ils insistent sur la nécessité vitale de la conservation d’un tel type d’exploitations afin de préserver le caractère de ces paysages. Les photographies de Lionel Roux, spécialisé dans la photographie des

Selon Sofiane Hadjadj, le personnage central de L’Art français de la guerre, Victorin Salognon, rend compte de la contradiction de cette France gaulliste et de ses rapports avec l’Algérie. Résistant puis oppresseur, il pose la question du sens du combat : doit-on trahir ses amis (les harkis) ou son pays ? Le roman évoque des acteurs comme Hélie Denoix de Saint-Marc qui refuse l’abandon et se plonge contre l’autorité, contre De Gaulle dans le putsch des Généraux, en 1961. Toute autre est l’attitude du général la Bollardière : son refus de la torture et des atrocités l’amène à prendre ses distances, à démissionner de l’armée, à s’engager enfin sur la voie de l’antimilitarisme et de la non-violence. Pour Alexis Jenni, chacun doit se détacher du groupe, le quitter, ce qui n’est jamais simple ! Il insiste aussi sur la «pourriture coloniale», l’attitude qui consiste à séparer les hommes en races, à utiliser la violence pour entériner les faits. Le «fait colonial» est un cadavre qui pue dans les placards de la France. Mais ce fait a longtemps donné l’occasion de décrire un peuple algérien martyr et résistant, une envolée manichéenne d’opprimés et de libérateurs. La littérature algérienne actuelle, souffle Sofiane Hadjadj, a rompu ce mythe, elle a réintroduit de la complexité. L’Algérie ne se réduit pas à une définition arabo-musulmane, ni à l’unité du combat anticolonialiste. Des berbères aux romains, des luttes et des meurtres fratricides pendant la guerre d’indépendance, l’Algérie est un mélange complexe. La compréhension de ces influences diverses, essentielle pour le pays, s’exprime bien dans l’acceptation, comme patrimoine national, du bâti colonial par exemple : Hadjadj raconte, mutin, que l’architecture urbaine coloniale, omniprésente en Algérie, n’était pas enseignée jusqu’à peu à l’école d’architecture d’Alger ! Kateb Yacine ne considérait-il pas la langue française comme un «butin de guerre», et ne défendait-il pas d’arrache pied la langue berbère ? L’enjeu actuel, pour la littérature algérienne et pour l’Algérie, est bien de renouer avec la complexité, et de tirer tous les fils qui donneront une nouvelle forme au roman national. La reconnaissance officielle de la langue berbère dans la constitution montre qu’elle est sur le bon chemin.

Simplifications

Si le roman d’Alexis Jenni ne manque ni de souffle ni d’intérêt, quelques simplifications dans son discours étonnent : débarquant à Marseille il en loue le caractère pittoresque et différent, image d’Epinal qui ne cesse de coller aux semelles d’une ville embourbée dans sa pauvreté qu’on lui brandit à la face comme un prétendu atout… Présentant de Gaulle comme celui qui seul a sauvé l’honneur de la France occupée, il omet les Résistants… Affirmant qu’il faut mettre au jour les fantômes enfouis de l’histoire, pour laisser s’évanouir les non-dits, il oublie que certains servent aussi de porte-drapeaux, que les spectres aussi rôdent qui ravivent les guerres pour peu qu’on les exhume sans précaution. Enfin, présentant la littérature comme celle qui fait «un pas de côté» et permet ainsi de comprendre le réel, il passe sous silence le recul constitutif des historiens, et fait mine d’ignorer à quel point le fait littéraire est ancré, plus profondément que l’histoire, dans le réel de la chair, du vécu et de la langue. Simplifications étonnantes, qui n’enlèvent rien à son talent de romancier ! A.F.

Écrire l’Algérie, entre littérature et histoire a eu lieu le 13 déc à l’Alcazar, Marseille dans le cadre des Mardis du MuCEM

RENÉ DIAZ

peuples nomades, composent avec les textes de Jean-Claude Duclos, conservateur en chef du patrimoine honoraire et de Patrick Fabre, ingénieur agricole de la chambre d’agriculture des Bouches du Rhône et directeur du

musée de la transhumance de SaintMartin de Crau éclairent avec justesse le propos, alliant commentaire savant et beauté des vues. Une grande partie des photographies de l’ouvrage et leurs textes sont exposés dans le bel

Leader Pays d'Arles © Lionel Roux Maison de la Transhumance

écrin de l’Abbaye de Montmajour. On ne regarde plus les paysages de la même manière au retour ! MARYVONNE COLOMBANI

Exposition Pastreja jusqu’au 18 mars Abbaye de Montmajour, Arles 04 90 54 64 17 http://montmajour.monumentsnationaux.fr Pastreja paysages et pastoralisme en pays d’Arles Images en Manœuvre, Maison de la Transhumance, 35 €


ÉCHANGE ET DIFFUSION

Nicolas Offenstadt © David Balicki

Histoire et Vérité Pour le médiéviste Nicolas Offenstadt, il n’existe pas de Vérité mais des questions sur la vérité ! Mais si chaque époque produit sa vérité, celle-ci est-elle une fiction ? L’historien en est-il réduit au rôle de romancier du passé ? Peut-il être objectif ? Depuis longtemps débattues par les historiens, ces interrogations sur la place de l’histoire et la qualité du savoir produit se fondent sur le fait qu’un ensemble d’obstacles théoriques empêchent l’établissement de la vérité du passé. En effet, il est impossible de connaître avec certitude la réalité qui se cache derrière les mots : la vigne du Moyen-âge n’est en rien la nôtre et pire, on ignore ce qu’elle est ! Impossible aussi de combler l’absence de documents ou de comprendre des phrases trop complexes. Les récits d’un événement peuvent être multiples et contradictoires. Dans son Arnaud de Brescia, Arsenio Frugoni superpose les récits pour fournir autant de points de vue légitimes. Nouvel obstacle, formulé par Foucault : il n’est pas de discours qui ne soit

un reflet du pouvoir. L’historien, otage, produit une vérité compromise. Partialité encore avec les oubliés de l’histoire : les classes populaires ne surgissent que dans les années 60 ; les femmes, encore après ! Enfin, pour certains, notamment anglo-saxons, l’histoire n’est qu’un récit : elle appartient au genre littéraire et ne peut être regardée comme science. Le passé, connu par toutes sortes de fictions, ne peut engendrer une histoire supérieure à ses fictions. C’est donc un bilan très sombre que l’on pouvait faire avec notre conférencier : tout se vaut et rien ne peut être attesté. Dans un cadre privé, cela n’aurait guère d’importance mais dans l’espace public ? Peut-on estimer que le négationnisme a la même valeur que les témoignages des déportés ? À poursuivre dans cette voie, la raison vacille. Comment déterminer des valeurs, juger des comportements, établir des faits ? Heureusement, Nicolas Offenstadt ne s’en tint pas au constat et proposa une alter-

HISTOIRE 75

native : il existe une vérité historienne ! On peut lever les doutes sur les morts du métro Charonne, le 8 février 1962. Alain de Werth a montré, au cours d’une enquête approfondie, que les neuf morts étaient victimes de la répression de la police. L’historien, s’il veut faire son métier, doit administrer la preuve de ce qu’il soutient ! En citant ses sources, il donne les moyens d’une contradiction. L’erreur peut être décelée ! Le travail historien est régi par des règles, par un cadre. En rupture avec son passé, l’histoire doit désormais abandonner l’idée de formules générales définitives : «le féodalisme c’est...». Modeste, elle se contentera d’énoncés plus restreints : «le féodalisme méditerranéen c’est...». Ces vérités produites restent toutefois le consensus de ceux, comme le dit Gérard Noiriel, «qui construisent la vérité de la même manière». Si une vérité est possible comment peut-on en user ? L’obligation, faite aux professeurs d’histoire, d’une célébration normée de la mort de Guy Moquet fait réfléchir ! Nicolas Sarkozy a voulu en faire un symbole du patriotisme et du sacrifice mais il a volontairement oblitéré ce qui déterminait l’existence du jeune résistant : son engagement communiste. En usant de Guy Moquet à sa convenance, en le dépouillant de sa réalité historique, Sarkozy participe aux usages délétères de l’histoire. L’historien ne peut s’aventurer sur ce terrain. Son rôle doit se borner à fournir un cadre de lecture et de compréhension, non à fournir un point de vue. Il doit décoder, par exemple, le contexte de la condamnation des mutins de 1917, pas les juger positivement ou négativement. Ainsi, sa place n’est pas dans le prétoire : expert, il deviendrait caution, sa présence étant le résultat d’une demande du pouvoir, pas l’aboutissement d’un questionnement scientifique. L’histoire doit-elle disparaître de l’espace public ? Nicolas Offenstadt ne le croit pas ! L’historien doit donner les armes de la critique aux citoyens. Il doit rendre ses travaux accessibles. Il doit s’efforcer de livrer toutes les lectures possibles et affirmer les faits tels que les archives les attestent. Histoire scientifique et citoyenne ? À entendre Nicolas Offenstadt, on comprend mal pourquoi elle est devenue optionnelle pour les élèves de terminale scientifique ! RENÉ DIAZ

L’historien produit-il la vérité du passé ? par Nicolas Offenstadt a eu lieu le 15 déc à l’Hôtel du département, Marseille dans le cadre d’Échange et Diffusion des Savoirs


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PHILOSOPHIE

PROMÉTHÉE

L’homme et la nature :

cette nature violente de l’homme. D’abord, en affirmant que dans l’état de nature il n’y a pas de propriété donc que les hommes ne peuvent se voler : si je vois un pommier avec des pommes et que j’ai faim je prends une pomme et je la mange, je ne vais pas dire «ce pommier est à moi»… Ensuite en avançant que les hommes sont par nature solitaires, et que c’est la société qui les rend sociables : la famille n’est pas naturelle, à commencer par l’idée de rester avec quelqu’un toute sa vie. Ainsi la nature de Hobbes est déconstruite. Les hommes sont par nature libres, bons et heureux, c’est la société qui les rend méchants. Si «les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit» c’est que par nature ils le sont, puisque le mot vient du latin nascor, naître. On comprend alors que politiquement la nature soit une référence. Mais elle n’est pas pour Rousseau une finalité. C’est le méchant Voltaire qui dira de lui : «On n’a jamais mis autant d’esprit à rendre les gens bêtes et à vous lire il nous prend l’envie de marcher à quatre pattes.» Pour Rousseau il faut repenser un système social afin d’empêcher toute inégalité : hors de question de rester des «bons sauvages».

histoire philosophique d’un combat

Léviathan Hobbes © X-D.R

(art-technique-travail) et l’interdit en général, dont celui de l’inceste est le seul commun à toute l’humanité.

Le défi Il n’y a qu’un pas pour que ce dépassement soit assimilé à un combat, et pour que tout ce qui est naturel apparaisse comme devant être défié : la nature devient une tare à combattre, on ne fait pas d’humanité ou d’omelette sans casser les œufs, et pas d’agriculture sans déforestation, pas de villes sans rasage des campagnes, pas d’électricité sans éolienne… bref sans défiguration du naturel.

Art ou hasard

Prométhée à Tchernobyl © X-D.R

La nature peut être la plus grande ennemie de l’homme ! Aujourd’hui notre relation avec elle révèle surtout notre impuissance à réguler nos modes de production. L’écologie est en effet ce qui permet de produire -même industriellement- sans atteinte à l’environnement, c’est-à-dire au milieu dans lequel vit l’humain. Laisser, un tant soit peu, de bonne santé à la planète, est donc une question d’intérêt. Mais, plus philosophiquement, la nature est aussi cet envers indispensable qui permet à l’homme de penser son humanité ; il y a humanité quand il n’y a plus nature. Il semble que le défi prométhéen ait toujours été ce qui a permis à l’homme de se sentir humain. Car l’homme, c’est la culture. C‘est à dire l’effort, même minime, pour s’arracher du naturel : crier est naturel, parler est culturel ; casser une branche est naturel, fabriquer un outil est culturel ; gratter une paroi est naturel, la peindre est culturel ; mourir d’une blessure est naturel, la médecine est culturelle ; et enfin, comme ça on aura fait le tour, la co-sanguinité est naturelle, l’interdit de l’inceste est culturel. Ainsi ce qui fait l’homme ce sont ces trois dépassements nécessaires et suffisants de la nature : le mot, le geste

En fait, la Nature a toujours été glorifiée et moralisée pour de mauvaises raisons, comme un état antérieur à l’homme qui serait régulé par le jeu de forces spontanées et innocentes, et existerait préalablement à toute dégradation du fait de l’artifice humain. Un Paradis perdu, en quelque sorte, antérieur au péché originel. Et le grand Rousseau (le paranoïaque, pas le Douanier) n’y est pas pour rien : «Tout est bien sortant des mains de l’auteur des choses, tout dégénère entre les mains de l’homme.» Ceci dit il s’agit pour lui de rendre hommage à la nature pour prouver que l’inégalité entre les hommes n’est pas naturelle mais culturelle et sociale. Dans le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, Rousseau réussit le tour de force d’inscrire à jamais ce fait dans la pensée humaine. Pour cela il remonte à un temps présocial, pour voir ce qu’il se passait. D’où le fameux «état de nature» qui est en fait une hypothèse de travail. Car Hobbes, un siècle avant Rousseau, avait montré qu’avant la société c’était la guerre de tous contre tous : il n’aurait pas fait bon vivre dans cet état naturel puisque, sans loi, les hommes se volent et s’entre-tuent. L’homme étant violent par nature, Hobbes mettait en place le Léviathan, ce monstre froid pour calmer tout le monde : l’État. Le génie de Rousseau fut de revisiter

Mais le vrai problème de la nature pour l’homme est en fait son artificialisation à la même époque. Les philosophes du 18e siècle vont tous voir de l’art dans la nature, plus perfectionné que l’art humain : «Si tu considères seulement la formation d’un insecte, d’un épi de blé, tout te paraitra de l’art» (Voltaire, Dictionnaire philosophique). Un regard anthropomorphique s’empare de la nature, y projetant des intentions humaines. Mais voilà, la nature n’est pas bien faite parce qu’elle n’est pas faite du tout ; il faudra attendre le 20e siècle et les progrès de la biologie pour comprendre la nature et le vivant en particulier comme le fruit d’un immense hasard : plus besoin d’architecte et de créateur comme le croyait même le grand Newton. Si des espèces vivantes existent qui semblent si bien faites («le miracle de la vie» !) c’est quelle sont chanceuses : 99 % de ce qu’a fait la nature depuis le départ de la vie a disparu. Parce que la nature fait mal, qu’elle gaspille, que c’est une immense loterie à perdre. Et la si belle perle n’est qu’une horrible maladie de l’huître ! RÉGIS VLACHOS

PS : Dans le prochain numéro nous nous intéresserons à l’écologie politique chez Marx…


DOMINATION MASCULINE

La sociologie à l’épreuve des planches Lorsqu’un metteur en scène de théâtre s’empare des sciences humaines pour en «redistribuer les outils» à son public, on s’attend à le voir dégainer l’artillerie lourde de la sociologie et de l’histoire. Or la stratégie pédagogique de Jérémy Beschon tient plutôt du couteau suisse : un petit format pour ne pas rebuter l’esprit, mais efficace et multifonction, sans sacrifier la rigueur. Aussi quand il s’est mis en tête d’adapter La Domination Masculine de Pierre Bourdieu, c’est à l’une de ses disciples, Tassadit Yacine-Titouh, qu’il a fait appel. Directrice d’études à l’EHESS, cette anthropologue travaillant sur les sociétés berbères s’est prêtée à nos questions après la représentation du 8 octobre à l’Alcazar. Zibeline : Vous-même, en tant que femme et chercheuse, avez-vous été confrontée à la domination masculine ? Tassadit Yacine-Titouh : Toute ma vie, et cela continue. Même si on peut dire aujourd’hui que j’ai atteint une position dominante, j’ai été freinée tout au long de mon parcours, j’ai continuellement bataillé. Il s’agit d’une attitude déterminée par l’enfance, ce que Bourdieu appelait un habitus. Originaire d’Algérie, j’ai grandi pendant la guerre, et lorsqu’on lutte pour sa survie au jour le jour, la combativité vient naturellement. On le voit bien dans l’ouvrage : les femmes qui ont du pouvoir ont dû l’extorquer1. Qu’est-ce qui vous a amenée à participer à une pièce de théâtre ? À travers Bourdieu, Jérémy Beschon a La Domination Masculine © Francois Fogel

découvert mes travaux sur la socioanthropologie des affects et les relations hommes/femmes. Je m’intéresse aux sentiments, pas seulement à la domination, car il y a d’autres éléments forts qui interviennent dans les rapports humains. Les exemples choisis par l’actrice (Virginie Aimone ndlr) sont parlants, compréhensibles ; c’est important car le socle théorique est complexe, et si on ne connaît pas bien l’œuvre de Bourdieu on risque de passer à côté. Nous allons poursuivre notre collaboration en travaillant sur les mythes kabyles, notamment le bestiaire qui illustre la complexité du pouvoir, des hiérarchies : la force du lion ne peut rien faire sans l’intelligence du chacal, par exemple, il est bon de se le rappeler! Le pouvoir est-il masculin ? Indéniablement. Même lorsque les femmes prennent le pouvoir, elles s’inspirent du modèle masculin. Pour trouver un modèle féminin, il faudrait reformater complètement la société actuelle, effacer la culture existante et lui en substituer une autre, réfléchir à grande échelle à notre vision de la compétitivité, de la mixité, du maternage, du paternage... Dans ce domaine nous sommes tributaires des médias, de la publicité et de la pornographie, qui véhiculent une image des femmes réifiée, chosifiée. Mettre Bourdieu en scène réveille un grand nombre de questions essentielles. ENTRETIEN RÉALISÉ PAR GAËLLE CLOAREC

© Manifeste Rien

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Définition du Petit Robert pour «extorquer» : obtenir quelque chose sans le libre consentement du détenteur (par la force, la menace ou la ruse)

À voir La Domination Masculine Collectif Manifeste Rien d’après Bourdieu le 5 mars Une histoire populaire des États-Unis Collectif Manifeste Rien d’après Howard Zinn, ed Agone (voir Zib’15) le 6 fév Friche du Panier, Théâtre de Lenche, Marseille 04 91 91 52 22 www.theatredelenche.info

PHILOSOPHIE

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78 SCIENCES ET TECHNIQUES PALAIS LONGCHAMP

le beau débit de l’eau !

Marseille se jette à l’eau Créés en 1997 les Forums se sont donné pour objectif de rassembler tous les acteurs concernés -au niveau local, régional ou international- autour des enjeux sociaux cruciaux de la ressource en eau. En mars prochain, plus de 180 pays, 140 délégations ministérielles, 350 maires et représentants de collectivités locales et régionales, 800 intervenants, 25 000 participants sont attendus pour plus de 250 sessions et plus de 400 heures d’échanges d’expériences, de savoir et d’idées. Objectif : accroître la mobilisation mondiale sur les questions de l’Eau. Décideurs politiques, élus, maires, présidents de communautés de communes, professionnels de l’eau, experts, institutions, associations d’usagers et société civile sont invités à participer et à contribuer au 6ème Forum Mondial de l’Eau. La 6e édition du plus grand rendez-vous mondial de l’eau est organisée par la France, la Ville de Marseille et le Conseil mondial de l’eau. Son organisation s’appuie sur le secrétariat du Comité International du Forum et sur 4 commissions : Politique, Régionale, Thématiques et Racines & Citoyenneté. Plus de 2 000 personnes, y compris de nombreux maires et présidents de communes français, sont impliquées à travers le monde dans la préparation de cet événement qui est avant tout un rendez-vous politique.

Massilia palais d’eau La situation géographique particulière de Marseille en Méditerranée confère à ce port depuis l’Antiquité une importance géopolitique majeure. Cependant la cité phocéenne connaissait, à l’aube de l’ère industrielle, un obstacle majeur à son développement : un approvisionnement en eau précaire. Pour y suppléer, au XIXe siècle, la municipalité décide de construire le canal de Marseille, pour dériver les eaux de la Durance. Le 4 juillet 1838, une loi accorde à Marseille l’autorisation de détourner du cours de la Durance environ 6 m3 d’eau par seconde. Les pouvoirs publics ne faisaient que prendre acte de la terrible sécheresse qui avait frappé Marseille le printemps et l’été 1834 et des pluies catastrophiques qui avaient suivi en septembre de la même année. Il fallait remédier définitivement aux pénuries et aux inondations dues au débordement du Jarret et de l’Huveaune qui avaient déjà provoqué 2 épidémies de choléra, 865 morts fin 1834 et 2 576 en juillet 1835. En 1839 les travaux du canal commencent avec le percement de la galerie des Taillades et déjà les autorités envisagent de construire à Marseille, sur le plateau Longchamp, un temple à l’eau plutôt qu’un simple château d’eau pour célébrer l’ouverture des vannes aux eaux de la Durance, la fin de la pénurie. À l’achèvement du canal le 15 novembre 1839 c’est le duc d’Orléans qui posera la première pierre de l’ouvrage prononçant, paraît-il, cette phrase prémonitoire : «Poser la première pierre n’est pas malaisé ; c’est la dernière qui est difficile.» En effet il faudra encore trente ans, marqués par l’abandon de projets aussi somptuaires qu’irréalistes, pour que notre palais de l’eau prenne forme. Le projet du sculpteur F.A. Bartholdi (auteur de la statue de la Liberté à N.Y.) commandité par le maire J.F. Honnorat en 1859, bien qu’abandonné, occasionnera débats et procès quant à la paternité de la colonnade semi-circulaire de l’édifice que nous connaissons. Le plan d’Henri Espérandieu répond à un cahier des charges très précis portant sur la réalisation d’un château d’eau entouré de cascades abondantes visibles depuis le boulevard Longchamp, d’un muséum

Fontaine du Palais Longchamp © X-D.R

Des Beaux-Arts au casoar

2013 sera l’Année internationale de la coopération dans le domaine de l’eau. En mars Marseille accueille le 6e Forum Mondial de l’Eau. Dans ce cadre, le Muséum d’Histoire Naturelle de Marseille devance l’appel et présente Marseille, Longchamp et l’eau, exposition photographique du 21 février au 6 mai 2012, avec Michel Eisenlohr, auteur photographe

d’histoire naturelle, d’un musée des Beaux-Arts et de deux jardins, l’un public, l’autre botanique à l’usage du muséum. L’inauguration a lieu le 15 août 1869. L’idée d’un jardin zoologique sur le Plateau Longchamp avait germé dès l’aménagement des jardins en 1854 mais ce n’est qu’en 1856 que le zoo est construit. Le premier jardin se révèle rapidement trop petit et il est agrandi à 5 ha au delà de l’actuel boulevard Cassini qu’il enjambe par un petit pont. On reconnaît dans ces projets la tendance «naturaliste» de la science du XIXème siècle. En effet le muséum créé en 1819 a préalablement occupé différents lieux, dont la chapelle des Bernardines alors sous obédience maçonnique. Le musée est aujourd’hui sous la tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Il a été classé musée de France en 2002. En tout, le muséum possède 83 000 spécimens d’animaux, 200 000 spécimens végétaux, 81 000 spécimens de paléontologie, et de 8000 échantillons de minéraux. Une partie de ses collections est présentée au public, organisée en quatre salles. Une salle Safari, regroupant des animaux naturalisés ; une salle de Provence, sur la faune et la flore régionales. Ses murs sont ornés de fresques peintes par Raphaël Ponson et classées aux monuments historiques (récemment restaurées dans l’esprit de son inauguration en 1869) ; une salle d’ostéologie, regroupant squelettes et crânes et une salle de préhistoire, sur l’évolution. Le muséum organise de nombreuses conférences et expositions temporaires. C’est dans ce cadre que se situe l’exposition de Michel Eisenlohr. La boucle est bouclée et… eau les cœurs pour 2012 ! YVES BERCHADSKY

www.worldwaterforum6.org/fr/accueil http://www.museum-marseille.org/Programme_ PEDAGOGIQUE_2011_2012.pdf


ADHÉRENTS

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Pour les places gratuites, téléphonez-leur rapidement pour réserver, puis présentez votre carte de membre (1 place par carte nominative). Pour les réductions, présentez simplement votre carte (réduction valable seulement pour l’adhérent) Le Klap 1 invitation pour 2 personnes aux 5 premiers appels Pour l’avant-première de Slogans / opus 1 Travelling & Co/Hervé Robbe le 26 jan à 20h30 pour l’avant-première de Jusque là c’est nous A contre poil du sens/Matthieu Hocquemiller le 1er fév à 20h30 04 96 11 11 20 La Minoterie Tarif réduit pour toutes les représentations 8€ au lieu de 12€ 04 91 90 07 94 Les Bancs Publics 1 place offerte pour 1 place achetée pour tous les spectacles 04 91 64 60 00 Théâtre Vitez (Aix) 4 invitations Pour Woyzeck mes Franck Dimech le 1er fév à 20h30 Pour Les oiseaux sont des cons mes Agnès Régolo le 8 fév à 20h30 le 9 fév à 19h le 10 fév à 20h30 Pour Drames de princesses, la jeune fille et la mort Cie La Variante Le 14 fév à 17h Le 15 fév à 19h 04 42 59 94 37 3bisf (Aix) Entrées et visites gratuites sur réservations 04 42 16 17 75 Théâtre de l’Olivier (Istres) 4 invitations Pour Play Sidi Larbi Cherkaoui et Shantala Shivalingappa Le 15 fév à 20h30 04 42 56 18 00 Mensuel gratuit paraissant le deuxième mercredi du mois Edité à 30 000 exemplaires imprimés sur papier recyclé Edité par Zibeline SARL 76 avenue de la Panouse | n°11 13009 Marseille Dépôt légal : janvier 2008 Directrice de publication Agnès Freschel Imprimé par Rotimpress 17181 Aiguaviva (Esp.) photo couverture Jekyll © Agnès Mellon Conception maquette Max Minniti Rédactrice en chef Agnès Freschel agnes.freschel@wanadoo.fr 06 09 08 30 34

Le Sémaphore (Port-de-Bouc) 8€ au lieu de 12€ Pour Une Veillée singulière Le Théâtre de cuisine Le 19 jan à 18h Le 20 jan à 20h30 Le 21 jan à 15h Pour Il était une fois Germaine Tillion mes Xavier Marchand le 10 fév à 19h 04 42 06 39 09 Le Chêne Noir (Avignon) 1 place offerte pour 1 place achetée Pour Bibi, ou les mémoires d’un singe savant mes Gérard Gélas le 26 jan à 19h le 27 jan à 20h le 28 jan à 20h le 29 à 16h 2 invitations Pour Bibi, ou les mémoires d’un singe savant le 26 jan à 19h pour la première le 29 jan à 16h pour la dernière 2 invitations par soir Pour Onysos le furieux Mes Emmanuel Besnault le 2 fév à 21h le 3 fév à 19h 04 90 82 40 57 L’institut culturel italien 3 adhésions annuelles d’une valeur de 32 €, cette «carte adhérent» vous donnera accès à tous les services de l’Institut, médiathèque et programme culturel. Demande par mail : iicmarsiglia@esteri.it ou au 04 91 48 51 94

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Philosophie Régis Vlachos regis.vlachos@free.fr Sciences et techniques Yves Berchadsky berch@free.fr

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Ont également participé à ce numéro : Yves Bergé, Émilien Moreau, Gaëlle Cloarec,Christophe Floquet, Thomas Dalicante, Aude Fanlo, Pierre-Alain Hoyet, Christine Rey, Sofiane Hadjadj

Photographe Agnès Mellon 095 095 61 70 photographeagnesmellon.blogspot.com Directrice commerciale Véronique Linais vlinais@yahoo.fr 06 63 70 64 18 Chargé de diffusion Jean-Mathieu Colombani 06 03 28 60 47 jmcolombani13@msn.com



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