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LIVRES

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Du-o de gamme La saison 5 d’Écrivains en dialogue a commencé. L’ADAAL (Association Des Auteurs Aux Lecteurs), en partenariat avec la Bibliothèque départementale et l’association Libraires à Marseille, proposera tout au long de la saison des rendez-vous littéraires mensuels, selon la formule qui a fait son succès jusqu’à présent : deux auteurs invités dialoguent autour de leurs œuvres, mais aussi de la littérature en général ; leur «conversation», ponctuée par la lecture d’extraits de leurs ouvrages, se conclut sur un bref débat avec le public. Une façon pertinente de renouveler le principe de la rencontre littéraire. Et souvent de l’enrichir. Ce fut encore le cas le 16 nov. Puissance de la langue : le titre de la rencontre était en soi prometteur et le public n’a pas été déçu du tandem Mathias Enard - Juan Gabriel Vasquez. Qui dit que la culture et la langue se perdent ? Sans doute ceux qui jugent à l’aune des écrans médiatiques. Car on goûte dans ce genre de manifestations aux plaisirs

Jean-Claude Nieto d’abord, par eux ensuite (et en V.O. pour Vasquez !) c’était faire un pas vers leurs mondes puissants et profondément originaux. FRED ROBERT

Mathias Enard : Zone (disponible en édition de poche, Babel) et Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants (Prix Goncourt des Lycéens 2010 ; voir Zib’ 34). Juan Gabriel Vasquez : Les dénonciateurs (Actes Sud) et L’histoire secrète du Costaguana (Seuil). La prochaine rencontre d’Écrivains en dialogue aura lieu le 25 janv à 18h30 à la BDP Gaston Defferre. Juan Gabriel Vasquez et Mathias Enard © Fanny Pomarede_ADAAL

d’un échange subtil sans se sentir exclu, on renoue avec une réconfortante ambition littéraire que les deux écrivains invités ce soir-là ont incarnée avec brio. Ils sont nés à quelques mois d’intervalle, au début des années 1970. Tous deux

vivent aujourd’hui à Barcelone. Ils se connaissent bien et se vouent une admiration réciproque. Les écouter parler, c’était presque être invité à leur table. Et entendre lire des extraits de leurs romans, par Alfonso Rodriguez et

L’Arménie chez Maupetit Au premier étage de la librairie, dans un espace vite rempli, on a assisté le 20 nov à une belle rencontre, tandis qu’au dehors l’orage faisait rage. Judith Meyer y avait invité Anahide Ter Minassian et Houri Varjabédian à parler du livre qu’elles viennent de faire paraître aux éditions Parenthèses. Nos terres d’enfance est un livre-mosaïque à l’image de l’identité fragmentée des auteurs qui y figurent. Un parcours aussi, au fil d’un siècle et demi d’enfances arméniennes collectées dans cette anthologie qui ne rassemble pas

que des textes littéraires. Un recueil donc, qui privilégie la vision des enfants, laissant paraître en filigrane, et en filigrane seulement, les dimensions historique et politique. C’est ce qui fait (lire la chronique p.65) l’originalité de l’ouvrage. Au-delà de la qualité du livre, l’enthousiasme, voire la ferveur, des deux responsables de cette somme, agrémentée par leurs soins d’un liminaire d’une vingtaine de pages et de plus de 3o pages de notes biographiques, étaient palpables. Ainsi, d’extraits en

Il s’agira de Décaler le réel, en compagnie de Fotos Kongoli et de Jacques Jouet.

anecdotes, de digressions en rappels historiques, au gré des questions de J. Meyer puis des interventions du public, on a pu saisir l’importance de ce projet pour les deux femmes. Les territoires enfantins qu’elles ont choisi d’arpenter ouvriront, espèrent-elles, sur la lecture des œuvres intégrales. Et feront réfléchir à cette drôle d’identité liée à la mémoire… FRED ROBERT

Anahide Ter Minassian et Houri Varjabédian étaient invitées à la Librairie Maupetit pour leur ouvrage Nos terres d’enfance, l’Arménie des souvenirs, éditions Parenthèses. © X-D.R

Zibeline n°36  

Toute l'actualité culturelle déc/janv 2010/11 en région PACA

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