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NOËLS

MUSIQUE 29

Petit papa Noël n’oublie pas mes chers concerts ! Depuis 18 ans, les concerts de Noël enchantent un public toujours fidèle et nombreux et ce par la belle qualité de l’ensemble des spectacles proposés par le Conseil Général. Certes, la gratuité n’est pas étrangère au phénomène, mais elle n’explique pas tout : chacun sait d’expérience que, quel que soit le spectacle, on ne sera pas déçu. Du 3 au 23 déc, inlassables, les 5 groupes parcourent le département. 55 occasions de concert sont ainsi proposées, nous entraînant par les pays et les époques, avec le même esprit de paix et de convivialité. Noel Baroque - Cie Les Bijoux Indiscrets © Serge Ben Lisa - CG13 - Culture

Noels Argentins - L'Atelier du Possible © Serge Ben Lisa - CG13 - Culture

Indiens Guarani et Argentine On s’évade aussi en des terres lointaines, avec les «Noëls argentins». Cyril Martial, chanteur et arrangeur, Jean-Luc Di Fraya, batteur, percussionniste et chanteur, Florian Fusade, guitariste et chanteur, Etienne Jezel, bassiste, chanteur, Pascal Llinares, chanteur, Jean-Marc Marroni, accordéoniste, s’inspirent de Ariel Ramirez, avec l’interprétation de la Misa Criolla et de la Navidad Nuestra, et de l’accordéon de Raùl Barboza. Rythmes qui entraînent le public, de beaux passages vocaux, émotion liée aux photographies des Indiens Guarani, sur qui l’esprit de Noël devrait bien se pencher tant est grand l’abandon de ce peuple. Rythmes contrastés, passages instrumentaux, puis vocaux, petite théâtralisation de certains chants, juxtaposition de musique populaire et savante, de quoi emballer le public !

Andalou créateur

Baroque et féministe La compagnie des Bijoux indiscrets apporte sa douceur et son talent aux hymnes de Noël avec des œuvres variées : Corelli et son continuo, et les belles envolées des violons étrangement modernes pour la musique baroque ; Scarlatti, dans une cantate pastorale d’une rigueur enlevée, Torelli, le père du concerto en une somptueuse sonate… Mais l’originalité est d’avoir privilégié les compositrices, trop souvent oubliées, absentes des manuels, alors que leurs œuvres souffrent toutes les comparaisons, tant pour l’originalité que la force du propos. Antonia Bembo, Isabella Leonarda, Xaviera Peruchona ou encore Maria Meda : pour chacune Claire Bodin, superbe au clavecin et à la direction artistique sait composer un bref hommage, situation de l’œuvre, anecdotes, puis les notes s’envolent, expressivité des violons de Brigit Goris et de Stéphanie Erös, profondeur sensible du violoncelle d’Etienne Mangot, et délicatesse de la voix de soprano d’Edwige Parat, avec de belles extensions. Se greffe en bis une chanson alerte et un peu gaillarde sur Joseph qui fut un bon mari…

Enchantée !

C’est à un conte initiatique, centré autour de «la Nativité et du mystère incarné du Christ», que nous conviait Samuel Coquard, Directeur musical de la Maîtrise vocale des Bouches-du-Rhône ainsi que du Chœur Asmara .Le programme choisi est éclectique et nous conduit du Moyen Âge à l’époque baroque et moderne, jusqu’à des œuvres proches de nous, pour la plupart du répertoire anglais et français. La magie de Noël fonctionne grâce aux superbes voix d’enfants, à la mâle assurance du Chœur d’hommes, au fil conducteur délivré par la flûte

D’emblée, seul au cœur de l’arène de bois, Juan Carmona, vaillant torero, brandit sa guitare, l’étreint, la caresse ou la bat et fait ainsi jaillir le flot musical enivrant de ses compositions. On est aussitôt ébloui par l’intensité du flux sonore, cascade de notes égrenées, alliant velouté et retenue, et la richesse polysémique de l’univers musical du maître. Puis surgissent de l’ombre les companeros, son frère Paco Carmona, à la seconde guitare, Raphaël De Utrera au chant et palmas, Domingo Patrizio, à la flute traversière et l’envoûtante danseuse Carmen Lozano. Le chanteur d’une voix timide, quasi-enfantine, émue sans doute par quelque réminiscence, célèbre la naissance de l’enfant sacré dans le Villancico de

enchan-teresse et éthérée de Dominique Bouzon, mais aussi à la direction exigeante, rigoureuse, du chef de chœur. On est saisi par la pureté des timbres, l’équilibre et la douceur des voix lors de l’Ave Maria d’Anton. On touche au sublime avec le O Magnum Mysterium de Francis Poulenc, dans lequel la jeune soliste fait montre d’une superbe technique vocale, alliant avec bonheur grâce et puissance. L’apothéose se poursuit jusqu’au Videntes Stellam, extrait des quatre motets pour le temps de Noël. Décidément, la Maîtrise maîtrise et le public subju-

Navidad traditionnel. Pour les chants suivants, s’il a conservé les textes populaires, Juan offre au public ses propres compositions, aux riches variations et aux ornementations foisonnantes. Sur ces chants «flamenco», la voix arrachée, haut placée, jaillit avec puissance, exalte la souffrance, le vague à l’âme et l’esprit du «duende». Fascinée, la danseuse s’étire, alliant sensualité et attitude altière, virevolte dans un roulement continu. Le groupe nous livre encore une version espagnole du célébrissime Stille Nacht de Franz Gruber. L’aspect visuel très élaboré du spectacle, jouant tant sur la chorégraphie que sur le clairobscur, contribue également à soulever les foules…

gué en redemande. Bon prince, Samuel Coquard déroge à la règle (ne pas doubler un bis) pour le plus grande joie de chacun ! Ces cinq concerts sont encore à l’affiche jusqu’au 23 déc dans divers lieux du département 13 www.culture-13.fr Un programme de Chants corses, par les ensembles Barbara Furtuna et Multitudes, est également à l'affiche de ces Chants de Noël MARYVONNE ET JEAN-MATHIEU COLOMBANI

Zibeline n°36  

Toute l'actualité culturelle déc/janv 2010/11 en région PACA

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