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Officiellement, Facebook est interdit aux enfants de moins de 13 ans. Pourtant, la facilité avec laquelle ces derniers peuvent contourner les paramètres de filtrage fait qu’ils sont environ 5.6 millions à utiliser le célèbre réseau social.

SPORT

FAMILLE

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Pourquoi 5 millions d’enfants sont sur Facebook ?

Ces arbitres turcs à la stature européenne Malgré le visage dernièrement peu glorieux du football turc à l’échelle internationale, plusieurs arbitres ont une stature européenne. Cüneyt Çakir vient ainsi d’arbitrer le match Benfica-Barcelone, joué le 2 octobre dans le groupe G de la Ligue des champions.

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5 - 11 OCTOBRE 2012 N° 233

Les universités turques manquent de professeurs Le racisme anti-Blanc n’«empêche pas d’avoir un logement»

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Selon Vincent Tiberj, chercheur à l’Institut national d’études démographiques (Ined), le racisme anti-Blanc évoqué par Jean-François Copé «ne doit pas être nié» mais «reste minoritaire». Le chercheur observe que le Secrétaire général de l’UMP «retourne la situation». RSOCIETE 04

Le nombre toujours croissant d’universités a entraîné en Turquie d’importants besoins en enseignants. D’après les données du Conseil de l’enseignement supérieur (YÖK), 170 universités doivent recruter d’urgence 30.000 enseignants, un besoin que le système de formation n’arrive pas à satisfaire.

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En Turquie, 85 universités ont été créées en 6 ans afin de pouvoir instaurer un système d’entrée à l’université sans examen. D’après le Conseil de l’enseignement supérieur, 170 universités, dont 68 privées et 102 publiques, ont besoin de recruter d’urgence 30.000 enseignants. Il faudrait même

en engager 110.000 pour pouvoir atteindre la moyenne des pays de l’OCDE. Alors que la carence est à son comble, le problème se voit aggravé par les défaillances du système de formation des enseignants. Les pratiques d’ordre idéologique et arbitraire dans les programmes de doctorat représentent en effet le plus grand obstacle dans la formation des universitaires.

Au Sénégal, musulmans et chrétiens se marient pour le meilleur

Une identité ne peut reposer sur des valeurs universelles rSELAMI VARLIK 02

Erdogan évoque la possibilité de négociations avec le PKK

La communauté musulmane cohabite en paix avec la minorité chrétienne au Sénégal. Un climat serein qui favorise les mariages mixtes interconfessionnels. Unies par leur culture commune, les familles chrétiennes et musulmanes cimentent le dialogue interreligieux. 1INTERNATIONAL 10

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Recep Tayyip Erdogan a annoncé à la télévision turque que le gouvernement pourrait engager de nouvelles négociations avec le PKK afin de mettre fin à un conflit qui a fait près de 45.000 morts depuis 1984. RTURQUIE 07

Fini les QCM pour devenir Français ! rFRANCE 02

RTURQUIE 08

Des malades qui pourraient rapporter gros rTURQUIE 06

Le jardin de Monet arrive à Istanbul rCULTURE 13


02 FRANCE EDITO SELAMI VARLIK

Une identité ne peut reposer sur des valeurs universelles Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a annoncé qu’il allait faciliter les critères de naturalisation, en supprimant notamment le QCM de connaissance générale. Toutefois, «la connaissance de la langue française et l’adhésion aux valeurs» de la République resteront des critères de décision. La France est le «pays des droits de l’homme», comme on l’entend souvent répéter ça et là, plus d’ailleurs en France qu’à l’étranger où l’on pense plutôt au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, qui ont attribué plus tôt les droits fondamentaux à leurs propres citoyens. Il est vrai que ce qui fait la spécificité de la France est que la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 concernait les droits fondamentaux de tout homme, qu’il soit Français, étranger ou même ennemi. Autrement dit, la conception française des droits élémentaires se veut véritablement universelle. Mais, c’est précisément cette universalité qui révèle l’une des principales difficultés de la définition du fait d’être Français. Car on peut difficilement définir une identité particulière à partir de valeurs universelles. L’identité est aussi ce qui fait la spécificité d’une culture, d’une histoire, d’un patrimoine, ce qui la distingue des autres identités, alors que l’universalité désigne ce qui est précisément en commun avec le reste de l’humanité. Si bien que dire qu’être Français, c’est avant tout croire en un certain nombre de valeurs universelles que tout individu doit accepter et vivre, a quelque chose de paradoxal dans les termes mêmes. Dès lors, on aboutit à des excès, parfois totalement inconscients, qui se manifestent sous la forme de la conviction que notre conception de ces droits – nécessairement particulière puisque tributaire d’une histoire spécifique – est la seule qui vaille. Une autre forme d’excès peut se manifester à travers la sacralisation de certains de ces droits, qui risquent alors de devenir de nouvelles idoles, dès lors en rivalité avec les figures de sacralité d’autres identités. C’est pourquoi il est important que la définition de l’identité prenne aussi le risque du particulier. Si la nécessité d’un minimum de connaissance et d’acceptation de cette culture particulière va de soi, la question est alors de dissocier un projet d’intégration sincère d’un naïf fantasme d’assimilation. selamivarlik@zamanfrance.fr

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Fini les QCM pour devenir Français ! Une circulaire sur les critères de naturalisation, supprimant notamment le QCM de connaissance générale, doit être transmise «dans les jours qui viennent» aux préfets, a indiqué vendredi à la presse le ministre de l’Intérieur Manuel Valls. L’obligation de détenir un contrat à durée indéterminée (CDI) sera également levée pour donner la nationalité à des étudiants méritants, notamment des doctorants, ou des gens travaillant de manière régulière même sous forme de CDD ou d’intérim, a ajouté un membre de son cabinet. «Il ne s’agit pas d’ouvrir un débat sur l’identité nationale mais de revenir sur les critères pénalisants» introduits par le précédent ministre de l’Intérieur Claude Guéant, a précisé M. Valls. «Il est important d’affirmer une volonté forte d’intégration par la naturalisation», a-t-il ajouté. «Il ne faut pas avoir peur de ces nouveaux Français qui sont une force pour la République». Le ministre, né à Barcelone le 13 août 1962, a lui-même été naturalisé Français à 20 ans, après

l’élection de François Mitterrand.

Un guide pour les agents des préfectures

Il avait fait part début juillet de son intention de revenir sur les critères de naturalisation. Comme annoncé précédemment, la circulaire prévoit de supprimer le questionnaire à choix multiples sur «l’histoire, la culture et la société française» voulu par le précédent gouvernement. Toutefois, «la connaissance de la langue française et l’adhésion aux valeurs» de la République resteront des critères de décision, a indiqué M. Valls. Le ministère entend publier un guide à usage des agents des préfectures pour les guider à ce sujet lors de «l’entretien d’assimilation». Les autres critères porteront sur les années de présence sur le territoire, «la stabilité familiale» et l’emploi, a poursuivi le ministre sans donner plus de détails. Les infractions à la législation sur les étrangers vieilles de plusieurs années ne seront plus des motifs de refus, Les procédures de naturalisation vont être facilitées grâce à une circulaire. a-t-il juste précisé.

Une œuvre de l’artiste Algérien Adel Abdessemed est exposée depuis le 30 septembre en face du musée d’art moderne du centre Pompidou à Paris. Elle représente le coup de boule de l’ancien meneur de jeu de l’équipe de France de football Zinédine Zidane contre le défenseur italien Marco Materazzi lors de la finale de la coupe du monde 2006.

...ET UNE MAUVAISE

UNE BONNE...

Durant sa visite à la Silicon Valley, en mai dernier, le président de la République, Abdullah Gül, avait fait savoir son souhait de voir les nouvelles technologies offrir la possibilité de fonctionner en langue turque. Son souhait commence à se réaliser puisque c’est déspormais le cas avec le système d’exploitation iOS 6 d’Apple. Plus récemment,

Les boucheries : nouvelles cibles des islamophobes Google vient de commencer à proposer une version en turc de son célèbre site de partage, sous l’adresse youtube.com.tr. En plus de la nouveauté linguistique le site respectera dorénavant rigoureusement la législation en vigueur en Turquie pour ce qui touche les droits de diffusion des vidéos. Le site compte également faciliter l’accès à des diffusions de vidéos locales.

L’islamophobie rampante a franchi une nouvelle étape en s’attaquant désormais à de simples commerces. Après les lieux religieux comme les mosquées et les cimetières, les boucheries halal sont la nouvelle cible des islamophobes de l’Hexagone. Dans la nuit du 29 au 30 septembre, la vitrine d’une nouvelle boucherie musulmane de Saint-Germainen Laye, dans la banlieue parisienne, a

été recouverte de tags nazis : des croix, les lettres «SS» et le message «Sale Biko». Deux jours plus tôt, une boucherie halal de Châlon-sur-Saône avait été la cible d’autres dégradations islamophobes similaires. Ce nouveau pas franchi dans la montée des actes islamophobes, qui touchent désormais des lieux de vie du quotidien, révèle l’ampleur inquiétante que prend le phénomène.

NOUVELLE

Youtube se met au turc


03 FRANCE

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«La question n’est pas de savoir si je vais revenir mais si j’ai le choix» aurait déclaré Nicolas Sarkozy à Bruno Le Maire, laissant ainsi entendre qu’il pourrait revenir à la politique pour les élections présidentielles de 2017.

Etude Plus Montargis ouvre un stand à la fête «Un jour sur le Plateau» Le centre d’accompagnement scolaire Etude Plus de Montargis a eu l’opportunité d’exposer deux de ses projets lors de la manifestation montargoise «Un jour sur le Plateau», avec un succès assuré auprès des habitants du quartier.

«S’intéresser à tout». Voilà la devise que Celal Erdem, directeur du centre d’Etude Plus Montargis, veut inculquer à ses élèves. Au-delà des cours classiques d’accompagnement scolaire, Etude Plus a pour ambition de les impliquer dans des projets instructifs. Le dernier en date a eu l’occasion d’être présenté aux habitants de l’Agglomération montargoise et rives du Loing. En effet, dans le cadre de la fête «Un jour sur le Plateau» organisée le samedi 22 septembre par la collectivité intercommunale, le quartier de Kennedy, à cheval sur Montargis, Villemandeur et Châlette-surLoing, a accueilli nombre de sportifs, de brocanteurs, de musiciens, d’artistes de cirque et de responsables associatifs. C’est dans cette ambiance conviviale que chacun a exposé ses préparations. Le club photo du centre Etude Plus a ainsi présenté son projet «Montargis au fil du temps» alors que le club science s’est fait fort de reproduire certaines des expériences qu’il avait faites dans le cadre du Festival de la science.

La rétrospective photographique du stand d’Etude Plus Montargis a attiré de nombreux visiteurs.

Zoom

Istanbul accueille les expats sur internet MAUD DRUAIS PARIS Istanbul Accueil, une association d’expatriés français, vous permettra de passer votre rentrée de la meilleure façon possible à Istanbul. En effet, si cette grande ville vous effraie et si vous faites partie de

Une initiative citoyenne

Les élèves avaient arpenté tout le Montargois afin de prendre des photographies des monuments, rues et bâtiments symbolisant la ville ; celles-ci ont été affichées à côté des photographies d’archives prises il y a un siècle et mises à disposition par un amoureux de la ville, M. Lauer. Le stand a attiré de nombreux curieux, séduits par cette rétrospective. «Nous pensons que le meilleur moyen d’impliquer les jeunes dans la préservation de leur ville, c’est de les faire voyager dans l’histoire. Un sentiment de respect se développe immanquablement», a déclaré M. Erdem. La maire de Montargis, ainsi que d’autres officiels ont également pu se féliciter de ces initiatives citoyennes, initiatives qui visent à souder les habitants et à souligner le tissu social et historique de l’agglomération. Exactement ce qu’en ont retiré les élèves d’Etude Plus, honorés d’avoir pu œuvrer en ce sens.

L’Echo du Bosphore est une publication d’Istanbul Accueil.

ces nombreux Français qui partent chaque année vivre en Turquie, pas de panique, l’association vous fournira toutes les informations dont vous avez besoin. Le site internet d’Istanbul Accueil comporte tout d’abord une foire aux questions très complète où ceux qui sont sur le départ – ou qui envisagent d’aller vivre en Turquie un jour – trouveront tous les renseignements pratiques sur les formalités administratives, le travail en Turquie, la scolarisation des enfants... Cette association a d’autre part mis en place un véritable réseau d’expatriés dans toute la ville. Il y a par exemple des «correspondantes» dans chaque quartier qui prêteront une oreille attentive aux questions des nouveaux venus, ainsi que des activités organisées très régulièrement pour que les Français d’Istanbul puissent se rencontrer et apprendre à connaître la magnifique métropole. Trois fois par mois, des visites sont

ainsi prévues pour partir à la rencontre de la ville. Tout un panel d’activités bénévoles – petit déj’ de presse, cercle de lecture, bricolage, création de bijoux – ou payantes – club photo, rugby, arts plastiques, cours de turc…- est également proposé pour que les nouveaux arrivants et les plus anciens ne se sentent pas isolés. Dans la même perspective, un café-rencontre mensuel rassemble de nombreux participants dans chaque quartier, qui parleront de leur expérience, de l’actualité de la Turquie, mais aussi de l’une des publications d’Istanbul Accueil, L’écho du Bosphore, qui paraît tous les deux mois et qui vient compléter Les Clés pour Istanbul, le guide incontournable de tout Français vivant à Istanbul. Départagé en trois tomes sur la vie pratique, les sorties et les moyens de transport, ce guide pratique est «une vraie mine d’or pour ne pas être perdu en arrivant».


04 SOCIETE Le racisme anti-Blanc n’«empêche pas d’avoir un logement» 5 - 11 OCTOBRE 2012 ZAMAN FRANCE

Selon Vincent Tiberj, chercheur à l’Institut national d’études démographiques (Ined), le racisme anti-Blanc évoqué par Jean-François Copé «ne doit pas être nié» mais «reste minoritaire». Le chercheur observe que le Secrétaire général de l’UMP «retourne la situation». D’après l’un de vos documents, 18% de la «population majoritaire» aurait déclaré avoir été victime de racisme. Que signifie exactement ce chiffre ?

Jean-François Copé (au centre) a relancé la question polémique du racisme anti-Blanc à l’occasion de sa campagne pour la présidence de l’UMP.

La question vient d’une enquête réalisée en 2009 par l’Ined et l’Insee auprès de 10.000 immigrés ou enfants d’immigrés et 2.000 natifs de natifs, c’est-à-dire de Français nés en France de parents français. La question de base était : «Est-ce que dans votre vie quotidienne, vous êtes victime de racisme ?». Et il y a donc en effet 18% des natifs de natifs qui ont répondu positivement, évoquant principalement des injures. Toutefois il faut bien noter que c’est le groupe qui est le moins souvent victime de racisme. Si vous prenez les descendants d’immigrés portugais le chiffre atteint 29% et pour les descendants d’immigrés maghrébins on est à plus de 50%! Il ne faut pas nier qu’il y ait un racisme antiBlanc mais cela touche donc une minorité. Et surtout Jean-François Copé retourne la situation, ce qui est problématique. Cette manière de présenter le sujet tend à dédouaner la société dans son ensemble et cela pose problème.

Quelle est la situation générale ?

Ce que nous apprend cette enquête, c’est que la société discrimine en fonction des origines. La couleur de peau, ce clivage là continue à perdurer! On est dans une société qui n’en a pas fini avec le racisme au quo-

tidien, même si les choses s’améliorent. Il est temps de chercher des moyens d’apaiser ces tensions qui se font sur fond de relégation urbaine, de chômage, de précarité. Par ailleurs, je pense que certains confondent une forme de jalousie sociale avec du racisme chez une partie des jeunes de banlieue. Il y a une construction sociale et politique autour de ce racisme anti-Blanc qui oublie la grosse histoire : le groupe majoritaire discrimine et on le sait et c’est d’autant plus vrai à l’égard des descendants d’immigrés.

Peut-on mettre sur le même plan le racisme dont seraient victimes les populations immigrées et la population «majoritaire» ?

Ce n’est pas la même chose. Le racisme anti-Blanc ne vous empêche pas d’avoir un logement, un boulot. Vous n’êtes pas victime de contrôles au faciès... Il faut regarder la prévalence et la gravité des actes : ne pas avoir un job, ne pas pouvoir se loger c’est peut-être beaucoup plus grave. Les comportements discriminatoires pèsent beaucoup plus. Plutôt que d’essayer de poser à plat la question des discriminations raciales en France, on revient à une thématique autour des problèmes d’intégration des immigrés et de leurs enfants autour de leur compatibilité avec les valeurs de la République. Pourtant ce que montre justement l’enquête globale, c’est plutôt que l’intégration fonctionne bien en France.

UNE MAJORITE DE FRANÇAIS D’ACCORD AVEC COPÉ Strasbourg: Besançon: Paris: Lyon:

+336 22 94 51 55 +333 81 53 19 25 +336 79 40 78 78 +336 11 22 74 35

Montpellier: Antwerpen: Mannheim: München:

+336 05 12 41 24 +324 86 70 76 19 +49 178 7625833 +49 89 54 3 8688

Stuttgart: Den Haag: Sousse: Istanbul:

SEVILOG 6 rue Hannong F-67380 LINGOLSHEIM

Tél : +33 (0)3 88 44 18 76

www.akead.com

+49 15787014798 +31 6 29 93 71 80 +216 2 4 27 81 29 +90 216 632 7066

Plus d’un Français sur deux (56%) est d’accord avec Jean-François Copé (UMP) sur le «racisme anti-Blanc», contre 27% qui ne le sont pas, selon un sondage TNS Sofres pour i>TELE publié vendredi. Sur les personnes qui partagent l’avis de M. Copé, 27% sont «tout à fait d’accord» et 29% «plutôt d’accord», tandis que parmi les «pas d’accord», 14% sont «plutôt pas d’accord» et 13% «pas du tout d’accord». 17% sont sans opinion. 84% des électeurs de droite sont d’accord, dont 82% des électeurs de

l’UMP et 90% des électeurs du Front national. Les électeurs de gauche sont 37% à être d’accord. 51% des personnes interrogées jugent que Jean-François Copé «a raison de parler» de ce «racisme anti-Blanc», «car c’est une réalité», 29% qu’il a tort «car cela peut attiser les tensions au sein de la société française», et 20% sont sans opinion. Par ailleurs, une majorité de Français (56%) estime que l’UMP et le Front national «partagent certaines idées mais sont en désaccord sur l’essentiel».


05 SOCIETE

5 - 11 OCTOBRE 2012 ZAMAN FRANCE

Forces et faiblesses de la démocratie turque En médecin avisé, la chaîne Arte a pris l’habitude, depuis le début de l’année 2012, d’ausculter la situation démocratique d’un pays. Après la Tunisie, la Russie et la Grèce, sa collection documentaire I love democracy pose son stéthoscope sur le cas turc. Le documentaire sera diffusé le mardi 9 octobre à 22h35, et fera, sans caricature ni concession, l’état des lieux d’un pays gouverné par l’AKP. AZIZ OGUZ PARIS Le documentaire I love democracy consacré à la Turquie sort des sentiers battus. Que ce soit dans sa première heure («Carnet de voyages») ou dans sa dernière demi-heure d’entretiens, le programme d’Arte veut éviter les clichés. En effet, le film ne présente pas caricaturalement d’un côté les islamistes de l’AKP et de l’autre les mouvements démocratiques qui se battent pour préserver la laïcité. «L’AKP gouverne depuis 2002. S’il existe un agenda caché, c’est le secret le mieux gardé du monde», ironise le ministre turc des Affaires européennes, Egemen Bagis, lors d’une interview, tandis qu’une Turque s’exclame à la caméra : «Dites à vos médias d’arrêter de comparer la Turquie à l’Iran !» Et cet agacement ne vient pas d’un membre du Parti de la

justice et du développement (AKP) mais d’un... travesti. Cet échange marque parfaitement l’esprit du documentaire I love democracy consacré à la Turquie.

Ni concession, ni caricature

Le documentaire ne fait toutefois pas l’éloge du gouvernement. «La Turquie n’est décidément pas l’Iran. Erdogan n’est pas Ahmadinejad. Mais... quand même !», juge la voix-off de Daniel Leconte, le présentateur et producteur de l’émission. Le film aborde sans concession le récent raidissement du pouvoir en s’appuyant sur les dernières arrestations d’intellectuels, d’étudiants ou de journalistes. Le documentaire décortique ainsi minutieusement ce pays que l’on présente comme un modèle pour les pays bouleversés par les révolutions arabes. Avec une question centrale : la Tur-

quie réussit-elle à concilier islam et démocratie ? I love democracy va tout de même à l’encontre de l’idée souvent véhiculée d’une incompatibilité entre les deux, évoquant notamment le processus de démocratisation à travers la remise en question de la tutelle de l’armée. A cet égard, la romancière Elif Safak, dans l’un des entretiens phare du documentaire, donne une brillante réponse à Daniel Leconte, qui s’étonne qu’en tant que féministe elle défende le port du voile : «Ce n’est pas parce qu’une femme porte le voile qu’elle n’est pas démocrate. Et ce

n’est pas parce qu’elle [ne le porte pas] qu’elle est démocrate». Néanmoins, malgré son travail réussi d’équilibriste, le documentaire souffre de quelques défauts, allant par exemple jusqu’à parler de «guerre civile» en évoquant la question kurde, quand rien, dans la situation actuelle, ne saurait le justifier.

Elif Safak a participé au programme d’Arte I love democracy.

Manuel Valls veut que l’islam de France clarifie son financement Lors de l’inauguration de la Grande Mosquée de Strasbourg, Manuel Valls a appelé l’islam de France à clarifier le financement de ses lieux de culte, en pointant du doigt plus particulièrement le fonctionnement de la Fondation des œuvres de l’islam. Le gouvernement français à exhorté l’islam de France à clarifier son financement des lieux de culte qui provient de dons de fidèles, d’une fondation paralysée depuis quatre ans et aussi de pays étrangers à l’influence desquels il veut le soustraire. Jeudi 27 septembre, Manuel Valls, inaugurant la Grande Mosquée de Strasbourg, a lancé : «Il est temps que l’islam de France prenne ses responsabilités et s’organise pour traiter avec l’Etat les vrais problèmes», citant notamment «le financement des lieux de culte». De source proche du ministère de l’Intérieur, on estime qu’il s’agit d’une «mise en demeure de faire fonctionner la Fondation des œuvres de l’islam», créée en 2005 pour financer la construction et l’entretien des mosquées, la formation des imams et les instances représentatives. Or, la fondation, présidée par le recteur de la Grande Mosquée de Paris Dalil Boubakeur est paralysée, privant le Conseil français du culte musulman (CFCM) des ressources nécessaires à son fonctionnement. Ainsi, son président Mohammed Moussaoui a-t-il dû se priver de secrétaire, faute d’argent. «Depuis 2008, M. Boubakeur n’a fait que travailler à empêcher

de faire fonctionner cette fondation», souligne-t-on de même source proche du ministère. La fondation, créée à l’initiative de Dominique de Villepin, «avait été dotée initialement de 2 millions d’euros par l’avionneur Dassault» rappelle Abdallah Zekri, président de l’Observatoire de l’islamophobie, qui dépend du CFCM. L’«avionneur avait rapidement retiré un million d’euros, face à la zizanie régnant entre les différentes mouvances musulmanes», poursuit-il.

Une dissolution de la fondation ?

La fondation, qui devait verser une subvention votée de 150.000 euros au CFCM, n’a débloqué qu’un tiers de la somme à ses débuts, mais rien depuis 2008. «Depuis, les fonds déposés à la Caisse des dépôts et consignations dorment, sans que rien ne se passe, et s’effritent à raison de 2,5 % par an pour les frais d’entretien», rappelle-t-on de source proche du ministère. Interrogé par l’AFP, le recteur de la Grande Mosquée a déclaré que «la fondation est en sommeil parce que son fonctionnement n’a pas permis de faire face à ses obligations», ajoutant que «le financement du CFCM n’est pas prévu dans

Manuel Valls a inauguré la Grande Mosquée de Strasbourg le jeudi 27 septembre.

les statuts de la fondation, sauf vote spécial du Conseil d’administration». «La Fondation pour les œuvres de l’Islam de France était une initiative pertinente», a jugé M. Valls regrettant que «le musulman se prive d’un outil pertinent, efficace et transparent». Il

a annoncé des initiatives pour «bientôt». L’annonce montre sa détermination à clarifier la situation. Faute de quoi, «cette mise en demeure pourrait aller jusqu’à la dissolution de la fondation», indique-t-on de source proche du ministère.


06 TURQUIE

5 - 11 OCTOBRE 2012 ZAMAN FRANCE

Des malades qui pourraient rapporter gros Un rapport récemment publié par la Chambre de commerce d’Istanbul recommande aux pouvoirs publics de s’intéresser au secteur du tourisme médical, plein d’avenir selon l’institution. En effet, les systèmes de santé se dégradant dans les pays occidentaux, la Turquie pourrait bien attirer un autre type de visiteurs. MAUD DRUAIS PARIS Un nouveau champ d’opportunités économiques pour la Turquie est-il en train de s’ouvrir ? Pour la Chambre de commerce d’Istanbul, rien n’est plus vrai. Celle-ci assure que l’un des secteurs économiques de la Turquie de demain est celui du tourisme médical, un secteur qui pourrait bien booster considérablement la croissance de l’économie du tourisme en Turquie. Dans un de ses derniers rapports, la Chambre de commerce d’Istanbul recommande en effet au gouvernement d’étudier les possibilités de l’économie turque en matière de tourisme de la santé parmi les différents types de ce que l’on appelle le «tourisme alternatif», afin de tirer parti au mieux de son potentiel touristique. Le rapport note que les économies émergentes sont des terres fertiles à l’accueil de ces voyageurs un peu particuliers, notamment pour un pays comme la Turquie, située à la croisée des conti-

nents et destination particulièrement prisée. «Cela permettrait à la Turquie d’éviter d’être une destination pour un seul type de voyageurs, ceux qui visitent le pays pour son patrimoine culturel et environnemental à certaines saisons seulement. Cela préviendrait également l’existence d’activités touristiques centrées dans quelques villes connues du pays», insiste le rapport. En résumé, la recette est la suivante : attirer des voyageurs différents pour développer une industrie du tourisme dans des régions nouvelles et ce, en évitant les creux des périodes hors saison.

Un secteur encore négligé

Les raisons d’un tel potentiel économique sont simples. La Turquie souhaite tirer profit du vieillissement de la population sur le Vieux Continent et en Amérique, ainsi que de l’augmentation des frais de santé dans ces pays où les individus doivent dépenser toujours

Le tourisme de la santé devrait être valorisé en Turquie, selon la Chambre de commerce d’Istanbul.

plus pour se soigner. Le pouvoir d’achat étant en baisse, explique la Chambre de commerce, les Occidentaux se tournent vers les pays émergents pour avoir accès aux soins : la Turquie doit donc, et ce, rapidement, se doter en infrastructures pour répondre à cette demande et ne pas perdre en compétitivité dans la région. Pour l’instant, le rapport fait état d’un secteur ignoré, où les hôpitaux ont une politique de prix basée sur des profits à court terme, et où les activités com-

merciales et publicitaires sont également négligées. Les personnes ciblées pour ce tourisme sont celles qui sont sur des listes d’attente pour se faire soigner dans leur pays d’origine ou encore celles qui rencontrent des difficultés financières pour accéder à leur traitement. Le grand avantage de la Turquie, ce sont ses tarifs médicaux, selon le rapport. Celui-ci calcule que le prix de revient d’un malade du cancer serait par exemple d’environ 10.000 euros pour 30 jours de traitement.

Le festival Crimes et Châtiments lutte pour l’égalité homme-femme Le festival international de cinéma Crimes et Châtiments, du nom du célèbre roman de Dostoïevski, a choisi cette année de pointer du doigt les discriminations faites aux femmes en Turquie et dans le monde. ALYSON NEEL ISTANBUL La seconde édition du festival international de cinéma Crimes et Châtiments, qui a débuté le 25 septembre dernier à l’Université d’Istanbul, a pour objectif de changer les mentalités en Turquie et dans le monde, concernant la violence et les discriminations faites aux femmes à travers le cinéma et la législation. Cette année, le festival de cinéma, qui se terminait le 4 octobre, accueillait 98 académiciens, représentants d’ONG, militants, auteurs et acteurs de films turcs et de 40 autres pays. Le visionnement de plus de 100 films a permis de traiter les crimes sexistes sous différents aspects. Pour Adem Sözüer, président de la faculté de droit à l’Université d’Istanbul et directeur du festival, la violence et les discriminations faites aux femmes sont «des problèmes majeurs» dans nos sociétés contemporaines. La militante pour les droits de la femme Pinar Ilkkaracan a indiqué à

Zaman que le choix de ce thème met en avant la priorité donnée par l’Université d’Istanbul concernant la violence et les discriminations sexistes, mais également l’étendue du problème en Turquie. En effet, ce pays arrive en tête de la liste dressée récemment par l’Organisation pour la Coopération et le Développement

Economiques (OCDE) des pays ayant le chiffre record de jeunes femmes non scolarisées et ne travaillant pas, et où 40 % des femmes déclarent avoir été abusées sexuellement ou physiquement.

Un difficile changement social

«Si nous ne parvenons pas à changer la situation des femmes dans notre pays, nous ne pourrons pas

devenir une vraie démocratie», a déclaré M. Sözüer. Cependant, pour ce dernier et Mme Ilkkaracan, rien ne pourra être fait en matière de droits de la femme en Turquie sans donner un grand coup de pied dans les mentalités concernant la violence et les discriminations faites aux femmes et les discriminations sexistes en général. «Les femmes en Turquie ont un nombre incroyable de droits sur le papier», indique Sözüer. La gravité de la situation actuelle est plus due au manque de moyens et de compréhension du problème. Or le changement social est difficile et lent. Les militants turcs savent très bien qu’un véritable progrès en matière de droits de la femme repose sur l’éducation des futurs dirigeants du pays. Sözüer affirme que «Ce festival du cinéma est particulièrement important pour les étudiants en droit. Ils représentent les futurs juges, avocats et procureurs de la Turquie».


07 TURQUIE Erdogan évoque la possibilité de négociations avec le PKK

5 - 11 OCTOBRE 2012 ZAMAN FRANCE

Recep Tayyip Erdogan a annoncé à la télévision turque que le gouvernement pourrait engager de nouvelles négociations avec le PKK afin de mettre fin à un conflit qui a fait près de 45.000 morts depuis 1984. Alors que le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a été réélu dimanche pour trois ans chef de l’AKP par le congrès général du parti, il a affirmé que de nouvelles négociations pourraient avoir lieu entre l’Etat turc et le PKK, alors que son gouvernement est confronté à une recrudescence des violences séparatistes dans le sud-est de la Turquie. «Si (des) entretiens nous permettent de régler quelque chose, faisons-le. Si ça doit être à Oslo, alors à Oslo», a déclaré mercredi 26 dans un entretien télévisé M. Erdogan, faisant référence à des négociations menées entre 2009 et 2011 à Oslo avec les terroristes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). «Nous sommes prêts à faire tout ce qui est né-

cessaire pour (trouver) une solution», a souligné le chef du gouvernement sur la chaîne privée Kanal7, avant d’insister sur la nécessité pour les rebelles de déposer les armes.

Un dialogue rompu après plusieurs rencontres

Des responsables des services de renseignements turcs (MIT) et des dirigeants du PKK, mouvement considéré comme terroriste par la communauté internationale, se sont rencontrés plusieurs fois pour une paix négociée mais le dialogue a été rompu. M. Erdogan a indiqué qu’il y avait une dimension militaire au conflit kurde qui, a-t-il insisté, «va continuer». Mais il a aussi souligné

Depuis un an, les violences se sont nettement intensifiées entre le PKK et l’armée turque.

sa volonté de traiter ce conflit, qui a fait près de 45.000 morts depuis 1984, par des «dimensions diplomatiques, socio-économiques et psychologiques». «Nous voulons un Etat de droit, une démocratie, et les pas que nous ferons, nous les ferons dans le cadre du droit. Mais avec ceux qui ne comprennent pas le droit, le nécessaire sera fait», a-t-il dit. M. Erdogan s’exprimait après l’appel lancé par le principal parti turc pro-kurde (BDP, parti pour la paix et la démocratie) à la reprise des discussions avec le PKK pour éviter une escalade de la violence.

Le BDP propose une «trêve mutuelle»

En outre, le parti du Premier ministre, le Parti pour la justice et le développement (AKP), a tenu son congrès annuel dimanche dernier et a entrepris sa réorganisation la plus importante depuis son arrivée au pouvoir il y a dix ans. La non résolution du conflit kurde est la plus grande pierre d’achoppement de M. Erdogan. Le chef de file des nationalistes au Parlement turc, Devlet Bahçeli, a aussitôt dénoncé la volonté de M. Erdogan de dialoguer avec les rebelles, parlant de «folie impardonnable». Lors d’un récent entretien avec des journalistes, le co-président du BDP, Selahattin Demirtas, a proposé une «trêve mutuelle» entre rebelles armés et forces turques et la reprise du dialogue entre Ankara et le PKK. «La formule est la suivante : sans conditions préalables, les deux parties doivent retirer leurs doigts des gâchettes de leurs armes (...) ce qui créera un terrain propice pour des discussions», a-t-il dit. Depuis un an, les violences se sont nettement intensifiées entre le PKK et l’armée turque. M. Erdogan a indiqué que 144 membres des forces de sécurité et 239 rebelles kurdes avaient été tués depuis le début de l’année en Turquie.

La majorité des Turcs préfère Gül comme président De récents commentaires d’analystes, tels Akin Özçer, un ancien diplomate et chroniqueur au quotidien Taraf, ou encore Veysel Ayhan, à la tête du Centre de recherche international de la paix au Moyen Orient ont interpellé l’opinion publique sur les différences entre le président et le Premier ministre turc. Ils ont ainsi affirmé que les positions du président turc Abdullah Gül étaient plus en conformité avec les aspirations démocratiques du pays que celles de Recep Tayyip Erdogan. Dans la même perspective, un récent sondage montre que plus de la moitié des citoyens turcs veut voir le président en exercice continuer son mandat et la majorité préfère Abdullah Gül plutôt que l’actuel Premier ministre, d’après un sondage réalisé en septembre par MetroPOLL. Le sondage de MetroPOLL comportait également des questions sur les élections présidentielles de 2014, les premières élections où le président sera élu directement par le peuple. Jusqu’à présent, toutes les élections présidentielles en Turquie ont provoqué des crises politiques. La candidature du Premier ministre dans la course à la présidentielle

est fort probable. Abdullah Gül pourrait également se présenter pour un second mandat, rendu possible grâce à un arrêt de la Cour Constitutionnelle rendu en août.

Un vote stratégique?

60% des personnes interrogées ont exprimé leur souhait de voir Gül exercer un nouveau mandat, tandis que 33% sont opposées à sa candidature. En réponse à la question «Qui devrait être président en 2014 ?», 21% ont répondu Gül et 18% Erdogan. Les enquêteurs ont constaté un écart entre le pourcentage de ceux qui soutiennent la candidature de Gül (60%) et ceux qui ont l’intention de voter pour lui (21%), indiquant qu’une partie de la population considère Gül comme un candidat qui pourrait contrer Erdogan et vont voter stratégiquement pour un autre candidat. C’est ce que confirment les réponses des personnes votant habituellement pour le Parti Républicain du Peuple (CHP) à la question concernant leur intention de vote si elles devaient choisir entre Erdogan et Gül. Seulement 5% ont déclaré qu’elles préféreraient Erdogan alors que 48% ont

Gül (au centre) serait favori dans les sondages pour la course à la présidentielle, face à Erdogan (à gauche).

répondu Gül. Quel que soit le pourcentage, le sondage a fait ressortir que la course à la présidentielle se fera essentiellement entre Gül et Erdogan. Cependant, les enquêteurs ont ajouté que : «Cette possibilité [d’avoir

aussi bien Gül qu’Erdogan en tant que candidat] est réduite par le fait que les deux candidats sont rattachés au groupe parlementaire de l’AKP et dépendants du même électorat».


08 TURQUIE

5 - 11 OCTOBRE 2012 ZAMAN FRANCE

Les universités turques manquent de professeurs Le nombre toujours croissant d’universités a entraîné en Turquie d’importants besoins en enseignants. D’après les données du Conseil de l’enseignement supérieur (YÖK), 170 universités doivent recruter d’urgence 30.000 enseignants, un besoin que le système de formation n’arrive pas à satisfaire. Les universités turques connaissent un manque criant d’enseignants. Ici un professeur à la retraite aide un étudiant.

Une des raisons de la carence en enseignants vient du transfert du personnel des universités publiques vers les universités privées, qui ont également vu leur nombre s’accroître rapidement ces dernières années. Les universités ouvrent des départements de sciences sociales, qui ne nécessitent pas d’investissements en infrastructures techniques

Le programme de formation doit être révisé

Le président de l’université Fatih et professeur des universités Serif Ali Tekalan insiste sur le fait que le problème de la formation des enseignants n’a jamais été suffisamment traité jusqu’à présent «alors que le manque en universitaires devrait passer avant celui du manque en enseignants dans l’enseignement primaire et secondaire ; puisque les enseignants de ces écoles sont également issus des universités». Tekalan précise que le sujet sera débattu

et défini dans le cadre de la nouvelle loi sur l’enseignement supérieur, qui va être prochainement étudiée. Pour Musa Asyali, professeur à la faculté d’ingénierie de l’université Internationale d’Antalya, il faudrait rapatrier en Turquie les étudiants partis à l’étranger, tandis que seulement 30 % d’entre eux reviennent en Turquie. «Il est temps d’inverser la tendance», ajoute-t-il.

EN BREF

JUSTICE

Les domaines les plus touchés sont la médecine et les sciences sociales

et scientifiques et plus particulièrement de laboratoires, et accaparent les enseignants de la discipline. C’est ce qui explique le fait que la plus grosse carence en académiciens se trouve dans les domaines liés aux sciences sociales. Mais aussi le fait que le manque d’enseignants dans les universités publiques est plus important dans les domaines où les doctorats se font rares, comme le droit ou la médecine. Une autre difficulté vient de l’obligation pour les étudiants revenant de l’étranger d’effectuer un service obligatoire de plusieurs années. Les mêmes problèmes apparaissent dans les Programmes de formation des enseignants (ÖYP), qui ont été lancés par le YÖK afin de pallier la carence en universitaires.

Un imam interpellé à Epinay

SANS-PAPIERS

BURAK KILIÇ ISTANBUL En Turquie, 85 universités ont été créées en 6 ans afin de pouvoir instaurer un système d’entrée à l’université sans examen. D’après le Conseil de l’enseignement supérieur, 170 universités, dont 68 privées et 102 publiques, ont besoin de recruter en urgence 30.000 enseignants. Il faudrait même en engager 110.000 pour pouvoir atteindre la moyenne des pays de l’OCDE. Alors que la carence est à son comble, le problème se voit aggravé par les défaillances du système de formation des enseignants. Les pratiques d’ordre idéologique et arbitraire dans les programmes de doctorat représentent en effet le plus grand obstacle dans la formation des universitaires. Un doctorat qui devrait être obtenu en 4 ans peut nécessiter 8 à 10 ans à cause de mésententes avec les directeurs de thèse.

16 heures de rétention bientôt possibles

LA CARRIERE D’ACADEMICIEN N’EST PAS ASSEZ ATTRAYANTE Les Programmes de formation des enseignants (ÖYP), lancés afin de satisfaire les besoins du pays en universitaires, n’attirent pas assez les jeunes étudiants brillants. Le président de l’université polytechnique de Bursa et professeur des universités Ali Sürmen indique que les jeunes à l’avenir prometteur ne se dirigent pas vers les filières académiques, si bien que «les universitaires se retrouvent sur le marché noir. Le nombre d’universités aux enseignants peu qualifiés augmente de jour en jour». Il pointe notamment du doigt le manque de planification à long terme.

Un imam et deux responsables d’une association musulmane ont été interpellés jeudi à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), sur fond de désaccord sur la gestion d’un espace de prière. La gestion de cet espace qui abrite une mosquée, a été confiée à la Grande Mosquée de Paris il y a deux ans. Des membres de l’Union des associations musulmanes d’Epinaysur-Seine (UAME) contestent cette attribution. L’imam a été interpellé pour participation à une manifestation non autorisée. Dans la soirée, les trois gardes à vue ont été levées. Selon le maire Hervé Chevreau (divers droite), «ces gens ne représentent qu’eux-mêmes, et pas l’ensemble des musulmans d’Epinay-sur-Seine».

Un projet de loi, présenté vendredi en Conseil des ministres, prévoit de remplacer la garde à vue des sanspapiers par une «retenue» pouvant aller jusqu’à seize heures. Un «régime d’exception» vivement décrié par les associations. Le projet de loi sera présenté à la commission des Lois au Sénat vers la mi-octobre pour une adoption que le gouvernement souhaite avant la fin de l’année. Pendant les seize heures, l’étranger aura droit à un avocat, à un médecin, à l’aide juridictionnelle et pourra contacter une personne de son choix.

«En Suisse le port de ce type de vêtements (…) ne pose pas de réels problèmes» Déclaration d’Hugues Hiltpold, parlementaire Suisse de la majorité, qui s’exprimait sur le vote contre l’interdiction du voile intégral par le Conseil National et la chambre basse suisses.


09 INTERNATIONAL

5 - 11 OCTOBRE 2012 ZAMAN FRANCE

La Mecque épargnée par un nouveau virus

Le département de santé saoudien a mis en place des «mesures préventives» à l’arrivée des pèlerins de l’étranger, pour faire face à l’apparition d’un nouveau virus.

Le ministre saoudien de la Santé Abdallah al-Rabia a assuré que le nouveau virus de la famille des coronavirus, qui a tué un Saoudien, «reste limité» et sans effet sur la santé des fidèles en pèlerinage à La Mecque, dans des déclarations publiées lundi par la presse. «La propagation du coronavirus, dont deux cas ont été enregistrés récemment, reste limitée», a déclaré M. Rabia, cité par le quotidien AlHayat, affirmant que les dizaines de milliers de fidèles, déjà arrivés dans le royaume pour y effectuer le pèlerinage annuel de La Mecque, étaient «en bonne santé». Les deux cas pour lesquels ce nouveau virus a été identifié ont en commun d’être originaires de la même région géographique, l’un du Qatar, l’autre d’Arabie

Saoudite. Mais le patient qatari s’était rendu en Arabie Saoudite avant de tomber malade. Les deux cas sont survenus à trois mois d’intervalle, en juin et septembre, et le premier patient, un Saoudien, est décédé. Le second se trouvait dans un état critique dans un hôpital de Londres.

Un virus peu contagieux

Fin septembre, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait affirmé que le nouveau virus était très peu contagieux. «Ce virus n’a encore ni vaccin, ni traitement médical», a rappelé le ministre saoudien de la Santé. Il a ajouté que son département avait mis en place des «mesures préventives» à l’arrivée des pèlerins de l’étranger et pris «des dispositions

pratiques et scientifiques pour faire face à l’apparition d’une quelconque épidémie». Les pèlerins ont commencé à arriver pour ce rituel à La Mecque qui rassemble des centaines de milliers de personnes venant du monde entier et représente un vecteur possible de propagation d’épidémies. Quelque deux millions de fidèles sont attendus cette année pour le pèlerinage annuel qui va culminer fin octobre. Les coronavirus font partie d’une large famille qui inclut des virus responsables de simples refroidissements, mais aussi le «SRAS» (syndrome respiratoire aigu sévère), qui a provoqué une épidémie de «pneumonie atypique» ayant provoqué la mort de 800 personnes dans le monde en 2003.

Jebali : «Nous combattrons toutes les formes de violence» Les autorités tunisiennes sont déterminées à combattre les partisans de la violence, a assuré vendredi dernier le chef du gouvernement Hamadi Jebali, en allusion aux islamistes extrémistes qui se sont attaqués à l’ambassade américaine après la diffusion d’un film islamophobe. «Nous combattrons fermement toutes les formes de violence et poursuivront partout tous ceux qui veulent instaurer le chaos», a-t-il affirmé dans un entretien à la télévision Watanya 1. Il a vivement dénoncé l’attaque de l’ambassade des Etats-Unis par des «fanatiques» qui «n’ont réussi qu’à noircir l’image de la Tunisie et de sa révolution dans le monde», a-t-il dit. Le 14 septembre des manifestants issus pour la plupart de la mouvance salafiste jihadiste ont attaqué l’ambassade des Etats-Unis et incendié une école américaine, des violences qui ont fait 4 morts et des dizaines de blessés. Le chef historique du parti Ennahda Rached Ghannouchi avait affirmé à l’AFP que les sala-

fistes jihadistes représentaient un «danger» pour la Tunisie ajoutant que l’Etat tunisien devait «serrer la vis». «Ces gens là représentent un danger non seulement pour Ennahda mais pour les libertés publiques dans le pays et pour sa sécurité», avait-il affirmé, rejetant les accusations de laxisme à l’encontre du gouvernement. Le chef du gouvernement a par ailleurs souligné l’urgence de finaliser la rédaction du nouveau texte fondamental pour la Tunisie à l’Assemblée constituante, appelant à un compromis sur la nature de régime politique. Son parti Ennahda réclame un régime parlementaire alors que l’opposition veut un régime mixte accordant d’importantes prérogatives au chef de l’Etat. M. Jebali s’est dit favorable à un consensus politique proposé par l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT, centrale syndicale historique) pour établir une feuille de route sur la conduite du pays jusqu’aux prochaines élections, prévues théoriquement en mars 2013.

Hamadi Jebali, le chef du gouvernement tunisien (ici au forum économique arabe), a vivement dénoncé les violences en Tunisie.


10 INTERNATIONAL Au Sénégal, musulmans et chrétiens se marient pour le meilleur 5 - 11 OCTOBRE 2012 ZAMAN FRANCE

La communauté musulmane cohabite en paix avec la minorité chrétienne au Sénégal. Un climat serein qui favorise les mariages mixtes interconfessionnels. Unies par leur culture commune, les familles chrétiennes et musulmanes cimentent le dialogue interreligieux. PAULINE HAMMÉ DAKAR Les époux Diatta n’ont qu’un seul mot à la bouche : «la tolérance». Lui, musulman, elle, chrétienne, ils ont décidé de respecter les deux religions car «forcer l’autre à prendre un chemin,

Les époux Diedhiou, couple mixte, élèvent leur fille dans le respect des valeurs musulmanes et chrétiennes.

ce n’est pas aimer». Depuis leur mariage, célébré à la mosquée et à l’église, leur union est faite de compromis afin d’éviter les divisions. Chez cette famille installée dans une modeste banlieue dakaroise, les enfants portent des prénoms musulmans et chrétiens et vont à la messe comme à l’école coranique. Dans la maison partagée avec les oncles, tantes et cousins, exit les crucifix ou les portraits de Serigne Touba, le célèbre guide reli-

gieux des mourides, qui représentent la mane et un chrétien est si sensible, c’est deuxième plus importante confrérie aussi parce que la société sénégalaise musulmane du pays. Au Sénégal, où étant des plus traditionnalistes, les en95 % de la population est musulmane, fants issus de ces unions mixtes suivent, à quelques exceptions près, les mariages entre chrétiens la religion du père. «Mais et musulmans sont fréinévitablement, ils reçoivent quents. «Les communautés les deux influences» rapporte sont déjà très liées grâce à le chercheur Mbanga Diallo. leur culture commune, anUne situation qu’il juge plutérieure à l’importation des deux religions» ana- «La plupart des chefs tôt bénéfique pour la cohéd’Eglise sénégalais sion religieuse du pays. «La lyse Mbanga Diallo, jeune chercheur à l’université sont issus de familles plupart des chefs d’Eglise sénégalais sont issus de familles Cheikh Anta Diop de Damixtes» mixtes, comme l’abbé Jacques kar. «Ils ont les mêmes Seck, grand défenseur du croyances héritées des pratiques animistes et l’esprit de solidarité, dialogue interreligieux». Le refus des très présent au Sénégal, fait qu’ils s’in- parents met pourtant souvent fin à ces vitent entre eux pour les fêtes reli- romances interreligieuses. Malgré une gieuses». La fête de l’Aïd al-Fitr (la cohabitation pacifique entre chrétiens Korité au Sénégal) est ainsi célébrée et musulmans, les préjugés persistent au même titre que l’Assomption. entre les deux communautés. Comme Même la polygamie, largement ré- en témoigne ces rumeurs des plus insopandue et autorisée chez les mu- lites : on prétend chez les musulmans sulmans sénégalais, se retrouve que les femmes chrétiennes sont les plus chez les chrétiens. «Certains fidèles, tandis que chez les chrétiens on chrétiens prennent plusieurs vante la chasteté des musulmanes. femmes, mais ils n’en déclarent qu’une seule à leur paroisse» confie le chercheur.

‘‘

La conviction de croire au «même Dieu»

Cependant, cela reste très mal vu pour une musulmane de se marier avec un chrétien. Félix et Lissa Diedhiou peuvent en témoigner. Lorsque ce couple se rencontre dans les rues poussiéreuses de Dakar, ils tombent très vite amoureux et décident de fonder un foyer quelques mois plus tard. Le plus difficile reste de convaincre leur entourage. A force de discussions, leurs familles finissent par accepter le mariage à condition que Lissa ne se convertisse pas et que le mari paye pour une cérémonie à la mosquée. Félix continue à espérer que sa femme rencontre un jour le Christ, mais il reste persuadé de croire au «même Dieu» qu’elle. Si la question de l’union entre une musul-

15

ASILE

BREVES ECO

89 millions d’euros supplémentaires

Les crédits pour la politique d’asile augmenteront de 89 millions d’euros en 2013 pour financer à son niveau réel l’accueil des demandeurs, selon le projet de loi de finances (PLF) publié vendredi. Globalement, les politiques d’immigration, d’asile et d’intégration sont dotées d’un budget de 670 millions d’euros en 2013, contre 590 en 2012. La hausse vient «d’un effort supplémentaire s’élevant à 89 millions d’euros en 2013». Cette somme est destinée «à l’ouverture de 1.000 places supplémentaires en centre d’accueil des demandeurs d’asile» et «à fixer les crédits de l’allocation temporaire d’attente et d’hébergement d’urgence des demandeurs d’asile».

Il y aura 15 emplois supplémentaires d’aumôniers musulmans débloqués dans les établissements pénitentiaires, selon les prévisions du budget 2013 du ministère de la Justice.


11 FAMILLE & SANTE Pourquoi 5 millions d’enfants sont sur Facebook ?

5 - 11 OCTOBRE 2012 ZAMAN FRANCE

Officiellement, Facebook est interdit aux enfants de moins de 13 ans. Pourtant, la facilité avec laquelle ces derniers peuvent contourner les paramètres de filtrage fait qu’ils sont environ 5.6 millions à utiliser le célèbre réseau social. Facebook a un vilain petit secret, un nombre ne figurant nulle part dans ses classeurs volumineux. Près de 5.6 millions d’utilisateurs sont des enfants, alors que la société affirme qu’ils ne sont pas autorisés à aller sur le réseau social. Facebook et bien d’autres sites refusent les personnes âgées de moins de 13 ans car la Loi sur la protection de la vie privée des enfants sur le net (COPPA) exige que les sites web accordent un traitement particulier aux enfants de moins de 12 ans. Facebook refuse pourtant de reconnaître que ses efforts pour bloquer les enfants ne sont pas efficaces. Le problème a pris une nouvelle ampleur avec l’adoption par la Commission fédérale du commerce (FTC) américaine d’une règlementation imposant de nouvelles contraintes aux entreprises et aux sites web qui ciblent les jeunes ou qui s’adressent à un public jeune. Facebook, qui compte 955 mil-

lions d’utilisateurs, a déclaré qu’il n’était pas concerné par cette loi, la société interdisant explicitement l’utilisation du site aux personnes âgées de moins de 13 ans. Toutefois, le réseau social a fait des progrès pour identifier les préadolescents et les exclure du site. Une étude menée par Consumer Reports en juin dernier a montré que Facebook efface chaque année près de 800.000 utilisateurs de moins de 13 ans au moyen d’un système de filtrage nivelé que la société refuse de décrire.

Une inscription pas assez filtrée

L’étude estime toutefois à 5.6 millions le nombre d’enfants sur Facebook, un chiffre qui, d’après les experts, comprend les comptes créés avec l’aide des parents. Les données de Consumer Reports proviennent d’une enquête TNS, menée en janvier 2012. «Cela ne nous surprend pas

de voir des enfants de 12 ans surfer secrètement sur Facebook», a déclaré le président de la FTC Jon Leibowitz, ajoutant que la situation est «particulièrement compliquée» quand les parents les aident. Un test réalisé par Reuters sur le procédé d’inscription à Facebook montre qu’un enfant peut facilement contourner les paramètres de filtrage du site. Facebook refuse de parler des données ou de décrire ses efforts pour interdire l’accès aux enfants. Son porte-parole Frederic Wolens a déclaré par mail que Facebook «s’engage à améliorer les protec-

tions pour tous les jeunes en ligne». Larry Magid, membre du comité consultatif de Facebook et co-directeur du groupe Internet Connect Safely, a indiqué que lui et d’autres étudiaient le problème depuis un an et qu’ils n’avaient trouvé aucun moyen de savoir si des enfants étaient en ligne. «La seule solution que je connaisse serait d’accéder à une sorte d’identifiant national ou à des dossiers scolaires», a-t-il affirmé. «Nous ne le faisons pas pour de bonnes raisons. [...] Je suis sûr que cela serait relativement facile à faire dans des régimes totalitaires», précise-t-il.


n o i t i d 23 é tival l a n o s i e Fe rnat i h p e a t r g In o s é e g s G o V e s d nt-Dié-de i a S de e

4 1 u a Du 11 2 1 0 2 e r b o t c o

Les facettes

du paysage nature, culture, économie

Photo : Service de la Culture et de l’Information près de l’Ambassade de Turquie à Paris

Pays invité : La Turquie

Présidente : Mireille DELMAS-MARTY Grand Témoin : Régine DEFORGES Président du salon du livre : Jean-Pierre RIOUX


13 CULTURE Le jardin de Monet arrive à Istanbul 5 - 11 OCTOBRE 2012 ZAMAN FRANCE

L’exposition du musée Sakip Sabanci, «Jardin de Giverny», qui ouvrira ses portes du 9 octobre au 6 janvier, présentera les tableaux de Monet. Elle est l’occasion de revenir sur la vie de ce dernier, sa place dans l’histoire de l’art et sur son époque. JÜLIDE KARAHAN PARIS A quelques jours de l’ouverture à Istanbul de l’exposition «Jardin de Giverny», qui présentera les œuvres du peintre français Claude Oscar Monet, Zaman a visité les musées parisiens où se trouvaient la maison, le jardin et les œuvres du peintre, en compagnie de la directrice du musée Sakip Sabanci (SSM) Nazan Ölçer. Le parcours a débuté avec le musée de l’Orangerie, au centre de Paris. Là-bas se trouvait le tableau Les nénuphars, offert au gouvernement français et par Monet. La deuxième étape a été le musée Marmottan Monet, où se trouvent les 40 œuvres transférées au SSM : y figurent essentiellement des tableaux représentant des jardins, thème principal de l’œuvre de Monet dans les 30 dernières années de sa vie. Par ailleurs, les portraits de Monet et de son épouse Camille signés Auguste Renoir, des effets personnels et des photographies vont également être exposés. Le musée Marmottan Monet doit sa riLes Nénuphars est un des plus chesse au fils cacélèbres tableaux de Monet. det de Monet,

Michael Monet, qui légua la maison du peintre ainsi que ses tableaux à l’Académie des Beaux-arts en 1966.

Clin d’œil de l’histoire

Le peintre français Claude Oscar Monet est né en 1840 à Paris et a grandi au Havre. Alors qu’il dessinait des caricatures avant sa rencontre en 1858 avec le peintre Boudin, il s’est orienté vers la peinture en plein air sous l’influence de ce dernier. Après cette rencontre, son occupation première a été d’observer les cours d’eau, le ciel, les arbres et les personnes. Le rassemblement des peintres Monet, Troyon, Pissaro, Renoir, Sisley et Manet est en quelque sorte un clin d’œil de l’histoire. En raison du désintérêt du groupe pour les peintures historiques et religieuses, il a été exclu du Salon de l’exposition officielle de l’Académie et a par la suite ouvert son propre salon nommé Les Refusés. Après qu’un critique ait qualifié d’«impressionniste» l’œuvre Impression, Soleil Levant, présentée lors d’une exposition tenue dans un atelier de photographie pour la mépriser, le groupe a commencé à être appelé «Impressionniste». Après le musée d’Orsay, Zaman s’est rendu au jardin du peintre à Giverny. Monet a acheté cette propriété en 1891 et a consacré 12 années de sa vie aux fleurs. Il a probablement rassemblé toutes les fleurs du monde. De 1926 jusqu’à sa mort, il a peint son jardin, les nénuphars, les peupliers, les saules pleureurs et le pont japonais. Une partie sera visible à l’exposition «Jardin de Giverny», qui va ouvrir ses portes à Istanbul.


14 CULTURE

5 - 11 OCTOBRE 2012 ZAMAN FRANCE

A lire

dent musulman (mirhab de la Grande mosquée de Kairouan, 670), qui en développera la technique des siècles durant : bien que très marqué par la faïence flamande, l’azulejo portugais en est aujourd’hui l’héritier direct. Si l’art du tissu est pour une large part le fait des Egyptiens, celui du tapis est essentiellement celui de l’aire turco-iranienne, et spécialement de l’Anatolie. Ainsi soumis du milieu du VIIe à la fin du IXe siècle aux influences des peuples devenus musulmans, c’est entre le X e et le XII e siècle qu’il prendra conscience de lui-même, brillant d’un éclat sans pareil dans les trois siècles suivants (XIIIe-XVe siècle). Il connaîtra un rebondissement au XVIe siècle sous l’impulsion de l’architecte ottoman Sinan. L’avènement à la même époque en Inde d’une dynastie turco-mongole de culture persane, les Moghols, sera également à l’origine d’un des chefsd’œuvre de l’art d’islam : le célèbre Taj Mahal, qui unira à l’élégance persane, la somptuosité indoue.

OGM et nucléaire : pour une humanité sans avenir danger qui guette l’humanité, le nucléaire, – souvent avec la complicité des Etats. JeanPaul Jaud pose des questions simples : comment se fait-il que les OGM agricoles soient dans les champs et dans les assiettes alors qu’ils n’ont été testés que pendant trois mois sur des rats ? Les études du professeur Séralini sur des rats nourris au maïs NK 603 de Monsanto montrent pourtant

qu’au-delà du 3e mois, les rats développent des tumeurs cancéreuses grosses comme des balles de ping-pong. Comment se fait-il que l’énergie nucléaire soit toujours «l’énergie du futur», malgré Tchernobyl et Fukushima ? Dans les deux cas, l’homme a fait un usage irresponsable de ces technologies. Or la contamination du vivant est irréversible ; et elle est d’ores et déjà réelle.

Tous cobayes ?, réalisé par Jean-Paul Jaud (documentaire, France, 2012, 1h55). Sortie en salles le 26 septembre.

Horovel. La frontière arméno-turque

A travers photos, témoignages et court-métrages, le photojournaliste turc Erhan Arik décrit son parcours personnel, sa quête de l’histoire de ses ancêtres et de ses frères d’autrefois. Entrée libre.

DÉBAT

Jusqu’au 28 octobre Péniche Anako Face au 61 quai de la Seine 75019 Paris

Yurda

Plus connue sous son nom d’artiste, «Yurda», la peintre Yurdagül Basarsian expose ses dernières œuvres. Jusqu’au 31 octobre Office de Tourisme 6, place de l’Hôtel de Ville 67110 Niederbronn-les-Bains

Œuvre de Muhammad Ibn al-Zayn (Syrie, début XIVe s.), le Baptistère de Saint Louis a servi de cuve baptismale pour les enfants royaux, depuis Louis XIII jusqu’au prince Napoléon Eugène. Il est exposé au musée du Louvre.

& à voir...

Jean-Paul Jaud se présente d’emblée comme un «cinéaste citoyen». On lui doit notamment Nos enfants nous accuseront (2008) qui dénonçait l’usage des pesticides. Ce nouveau film s’en prend également à la tentaculaire Monsanto, multinationale spécialisée dans les OGM (12 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2011). Mais aussi, parallèlement, à cet autre

Le 9 octobre à 18:00 iReMMO 5/7, rue Basse des Carmes 75005 Paris

TABLE RONDE

pier, céramique, ivoire, bois, cuir, textile, verre, cristal, métaux, pierres précieuses, marbre, pierre, brique et stuc, le génie des artistes et artisans musulmans se sera exprimé à travers une très grande variété de supports. Trait caractéristique des grandes civilisations, ce génie tout islamique est historiquement un creuset dans lequel se sont fondus les savoirs, les techniques et les esthétiques des peuples qui ont embrassé l’islam. Ainsi le dôme du Rocher à Jérusalem (660), dû à des Syriens byzantins, est-il la reproduction avec un décor floral et calligraphique spécifique de la cathédrale de Bosra (plan octogonal central avec coupole). Le transfert du califat de Damas à Bagdad au milieu du VIIIe siècle marquera le début d’une forte influence de l’art iranien, notamment dans l’architecture avec l’utilisation de la brique. Mais également dans le travail du bronze, du verre et surtout des céramiques, dont les célèbres céramiques à reflets métalliques, que l’on retrouvera très vite dans l’Occi-

Révolutions, révoltes... deux ans après

Un bilan provisoire du Printemps arabe, avec au programme : «Printemps arabes, automnes islamistes, hivers occidentaux ?», avec Alain Gresh (Le Monde diplomatique), «Révolutions arabes : d’où vient-on, où en est-on, où va-t-on ?», avec Gilbert Achcar (université de Londres), «Où en est la Syrie ?», avec Basma Kodmani (Arab Reform Initiative). Le 6 octobre à partir de 10:30 iReMMO 5/7, rue Basse des Carmes 75005 Paris

THÉÂTRE

Islam des mondes

SEYFEDDINE BEN MANSOUR TUNIS Le 22 septembre dernier ouvrait le huitième département du Louvre, consacré aux arts de l’Islam. Sous une verrière ondulante due aux architectes Bellini et Ricciotti, le nouveau département s’étend sur 3.000 m 2 et abrite quelques 19.000 objets répartis sur deux étages dans la cour Visconti. Musée universel par excellence, le Louvre est pour les arts d’Islam un écrin idéal, l’un des rares à même de rendre compte de leur universalité, aussi bien en tant que produits d’une culture qui a porté le flambeau de la civilisation humaine, qu’en tant que produits d’une civilisation qui s’est étendue sur la quasi-totalité du monde connu. S’il existe en effet une esthétique propre appelée «arts de l’Islam», qui relève tant du domaine religieux que du domaine profane, elle se décline en une variété de formes et de techniques depuis le Portugal jusqu’au Turkestan chinois. L’unité de cette esthétique relève en dernière analyse de l’interdit relatif de la représentation en islam, qui a favorisé le développement de la calligraphie et des motifs ornementaux, géométriques ou floraux. La représentation figurée des hommes et des animaux, si elle est loin de constituer la norme dans le domaine profane, est simplement proscrite dans le domaine religieux (ainsi l’enluminure coranique et la décoration des mosquées). Aussi, si l’art de la miniature a pu se développer, dans l’aire persane notamment, il n’existe pas à proprement parler d’art pictural d’Islam. La typologie des arts d’Islam comprend essentiellement l’architecture, les arts du livre et les arts mobiliers, l’art de la calligraphie traversant ces trois catégories. Pa-

François Hollande et la Méditerranée : politique du vide ?

Avec Monique Cerisier Ben-Guiga, sénatrice honoraire, membre de l’iReMMO et Jean-Yves Moisseron, chercheur à l’IRD. Un débat organisé par l’Institut de recherche et d’études Méditerranée Moyen-Orient.

EXPOSITION

Arts de L’Islam : synthèse islamique des arts d’Orient

AGENDA CULTUREL

Rostam et Sohrâb : la voix de Ferdowsi

D’après le Livre des Rois, de Ferdowsi, un chef-d’œuvre de la littérature mythologique persane, composé sous le règne du sultan turc Mahmoud de Ghazni. Rostam, défenseur d’Irân, n’a nul égal au combat. De sa liaison avec une femme de Tourân, pays des Turcs, vient au monde Sohrâb. A l’âge de cinq ans, le jeune prince est déjà fort comme un guerrier adulte… Mise en scène et adaptation de Farid Paya. Jusqu’au 28 octobre Théâtre de l’Epée de Bois Cartoucherie Route du Champ de Manœuvre 75012 Paris


OPINION15

5 - 11 OCTOBRE 2012 ZAMAN FRANCE

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Congrès de l’AKP : y a-t-il du nouveau ? Pour Mümtazer Türköne, le discours prononcé par Recep Tayyip Erdogan, à l’occasion de sa réélection à la tête du Parti de la justice et du développement, avait quelque chose de décevant pour qui s’attendait véritablement à l’annonce de grands changements. La réponse à cette question varie en fonction du point de vue de chacun. Ceux qui s’attendaient à ce que le discours du Premier ministre consacre un nouveau départ ont été Mümtazer Türköne grandement déçus. Le discours de Recep Tayyip Erdogan ne contenait en effet rien de ce que certains ont espéré, voire anticipé. Aucune surprise dans ce discours du leader du Parti de la justice et du développement (AKP). Mais un discours puissamment rhétorique, avec un style et des messages qui utilisent efficacement les ressorts de l’émotion. En termes de contenu néanmoins, rien de nouveau n’a été dit quant aux projets de l’AKP pour l’avenir. Mais c’est le congrès du parti qui, en tant qu’événement, présente en lui-même beaucoup d’éléments nouveaux. Erdogan est un homme politique expérimenté et un stratège à succès. La semaine dernière, il est apparu plusieurs fois à la télévision, où il a délivré au public toutes sortes de messages sensationnels. Il y faisait notamment référence de manière explicite à un possible cessez-le feu avec le Parti des travailleurs kurdes (PKK), à la possible réactivation du processus d’Oslo, ainsi qu’à la possibilité qu’aient lieu des rencontres avec Abdullah Öcalan. Aucun

de ces messages ne figurait par contre dans son discours devant le congrès du parti. Ni aucune proposition concrète pour résoudre le problème du terrorisme. Il apparaît maintenant évident qu’aussi bien le discours du congrès que les précédentes apparitions à la télévision sont liés aux calculs personnels d’Erdogan. Le «fruit» offert au public du congrès avait été en quelque sorte dénoyauté et équeuté lors des apparitions télévisées qui avaient précédé ; le «plateau de fruits» qui a été offert n’en était ainsi que plus attrayant.

Un congrès à dimension internationale

Le fait que les messages véritablement nouveaux et innovants d’Erdogan figurent tous dans la brochure intitulée 2023 Siyasî Vizyonu (La vision politique de 2023) révèle une autre dimension de ce «plateau de fruits». Ce texte condense en effet en 63 articles l’ensemble des réponses aux questions susceptibles d’être posées. Parmi les nouveaux pas

importants, l’affirmation que du parti au pouvoir est le signe l’initiative kurde sera poursui- d’une grande nouveauté, non vie, comme il est souligné dans seulement pour la Turquie, «Accès aux services publics mais pour l’ensemble de la dans la langue maternelle», région. Les lignes de démarun article qui décrit l’offre de cation entre politique natiotraduction en kurde au sein nale et politique internationale de la fonction publique. Autre deviennent incertaines, et les pas important, la création masses, à travers ces partis, de centres indépendants de deviennent un acteur de la posupervision de la sécurité. En litique internationale. Le prince qui concerne la question temps arabe marque le début d’une ère dans lakurde, le docuquelle les masses ment à visée proscontribuent enfin pective contient à déterminer le tout, à l’exception jeu politique et de l’éducation les politiques pudans la langue «La véritable inno- bliques dans les maternelle. Mais la véritable vation de ce congrès pays musulmans. Avec son expéinnovation de aura sans doute été ce congrès aura sa dimension interna- rience en matière de démocratie, la sans doute été tionale» Turquie a contrisa dimension internationale. L’AKP a réussi bué à ce processus. S’il n’est à transformer le congrès de pas tout à fait juste de dire son parti en assises destinées que la Turquie est un modèle, à exprimer ses propres poli- il est néanmoins clair qu’elle tiques régionales et l’orienta- a encouragé les peuples tion de sa diplomatie. Pour la arabes et qu’elle a contribué première fois, nous voyons des à renforcer chez les peuples messages diplomatiques occu- de la région le sentiment de per les premières places dans confiance en soi. Mais peutle congrès national d’un parti. être que la contribution la plus En effet, la présence même de importante de la Turquie aura Mohamed Morsi, ainsi que été de faire que l’Occident ne le discours qu’il a prononcé, considère pas négativement le constituent en eux-mêmes un réveil arabe. S’ils n’avaient en événement diplomatique. La effet l’exemple de la Turquie, chose vaut également pour le les Etats-Unis n’auraient pas discours prononcé par le chef fait autant pression sur l’armée du Hamas, Khaled Mechaal, égyptienne pour qu’elle laisse ainsi que pour la sa place à Morsi à la tête du grande ovation pays. Le congrès de l’AKP qui l’a suivi. De doit être considéré comme un même, les mes- événement qui constitue en sages de soutien soi le signe majeur des chanofferts, depuis le gements à l’œuvre en Turquie congrès, aux Kurdes comme dans l’ensemble de la de Turquie par le région. Les sociétés musulprésident du gouver- manes se sont engagées sans nement autonome du possibilité de retour dans la nord de l’Irak, Massoud voie de la démocratie. C’est pourquoi la Syrie de Bachar Barzani. al-Assad n’a aucune chance. Il est par ailleurs clair que le Les masses déterminent monde occidental devra de les jeux politiques Le fait que ces discours son côté s’habituer à ce que n’aient pas eu lieu dans les politiques publiques soient le cadre d’une conférence désormais déterminées par des internationale, mais dans partis démocratiquement élus. celui, national, d’un congrès m.turkone@todayszaman.com

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Ces arbitres turcs à la stature européenne Malgré le visage dernièrement peu glorieux du football turc à l’échelle internationale, plusieurs arbitres ont une stature européenne. Cüneyt Çakir vient ainsi d’arbitrer le match BenficaBarcelone, joué le 2 octobre dans le groupe G de la Ligue des champions.

Cüneyt Çakir a arbitré, entre autres, la rencontre Angleterre-Ukraine en match de qualification pour le mondial 2014 le 11 septembre dernier.

AZIZ OGUZ PARIS Bien que non qualifiée à l’Euro 2012, la Turquie n’était pas pour autant absente de la plus grande compétition européenne de football. L’arbitre Cüneyt Çakir, tout de noir vêtu, a indirectement représenté les couleurs de son pays. Le Turc faisait partie des douze arbitres internationaux sélectionnés par l’UEFA pour officier à l’occasion du tournoi. La Turquie n’avait plus été présente dans une compétition d’envergure mondiale depuis l’unique match arbitré pendant l’Euro 96 par Ahmet Çakar. Cüneyt Çakir a lui arbitré non pas un, mais trois matchs. Et non des moindres, puisqu’il a officié la demi-finale entre l’Espagne de Xavi et le Portugal de Cristiano Ronaldo. D’ailleurs, «dès que nous avons reçu nos convocations pour les compétitions européennes 2012, nous avons été très fiers», a déclaré Cüneyt Çakir le 3 août au nom de ses camarades, à l’occasion du lancement de la nou-

velle saison, en compagnie des autres arbitres turcs européens. «Nous sommes fiers pour les arbitres turcs. Cette mission est très importante parce que cela faisait longtemps que nous [..] n’étions pas présents dans les compétitions internationales. Nous représentons aujourd’hui notre pays de la meilleure des manières». C’est maintenant au tour des footballeurs turcs d’être à la hauteur des espérances de leurs supporters.

Sept arbitres turcs internationaux

L’année 2012 a été pleine pour le Stambouliote, qui a arbitré cinq matchs de Ligue de champions, la plus grande compétition du monde des clubs. L’homme de 35 ans a notamment dirigé la prestigieuse demi-finale retour Barcelone-Chelsea. Les observateurs n’ont pas manqué de louer sa très bonne performance, même si cela ne lui a pas suffi à accéder à la finale. Le dernier à l’avoir fait est Ahmet Çakar en 1993 pour

la victoire de Marseille contre le Milan AC. Cüneyt Çakir concentre toute l’attention sur lui, mais il n’est pas l’unique arbitre international turc. Ils sont en effet six autres à ce niveau ! On retrouve Halis Özkahya, Tolga Özkalfa, Yunus Yildirim, mais surtout Bülent Yildirim, Firat Aydinus et Hüseyin Göçek. Ce dernier a notamment arbitré le dernier match de la France contre la Biélorussie dans le cadre des qualifications pour la prochaine coupe du monde 2014. Les deux autres ont déjà officié des matchs de ligue de Champions ou des qualifications pour des tournois internationaux. Firat Aydinus a par exemple dirigé, le 19 septembre, la confrontation européenne entre le Bayern Munich et le FC Valence. Les autres officient en Europa League, la «seconde division» européenne. Du côté féminin, le match de Ligue des champion féminine entre Roa IL et BIIK Shymkent, joué le 4 octobre, a été confié à Deniz Gökçek.

Zaman France N° 233 - FR  

Zaman France est le premier hebdomadaire franco-turc. Fondé en septembre 2005, c'est d'abord un mensuel qui devient hebdomadaire en février...