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Les crises de panique, qui reflètent l’angoisse d’un individu, ont de multiples causes : phobies contractées dans l’enfance, stress conjugal ou prédisposition génétique. Pour la psychologue Hanim Demirbas, ces crises peuvent frapper n’importe qui à n’importe quelle période de la vie.

16 SPORT

SANTE

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Les crises de panique : un phénomène imprévisible

Messi, Ronaldo et Iniesta en lice pour le ballon d’or Le 7 janvier 2013 à Zurich, la fin du suspens prendra fin entre l’Argentin Lionel Messi, le Portugais Cristiano Ronaldo et l’Espagnol double champion d’Europe et champion du monde Andrés Iniesta. L’un de ces trois joueurs recevra le ballon d’or 2012.

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7 - 13 DECEMBRE 2012 N°242

La Palestine à l’ONU : qu’est-ce qui va changer ? La reconnaissance officielle par l’ONU du statut d’État observateur non-membre de la Palestine, le 29 novembre, constitue une avancée légale importante pour les Palestiniens. Mais face à la détermination israélienne de poursuivre la colonisation, seul un nouveau rapport de forces politique, local et régional, pourra infléchir la fuite en avant de Tel Aviv. R INTERNATIONAL 11 EDITO

Palestine : le droit ne fait pas la force FOUAD BAHRI r02

CULTURE

Pourquoi les musulmans aiment la Palestine r14

Intégration : la France parmi les mauvais élèves de l’OCDE

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Plus de pauvreté et de chômage : la France figure parmi les mauvais élèves en terme d’intégration de ses immigrés, selon une étude de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publiée lundi qui compare pour la première fois la situation des étrangers installés dans ses pays membres. RFRANCE 02

L’apocalypse, symptôme Gül ordonne une enquête d’un monde en crise sur l’affaire Madimak

Qui n’a pas entendu parler de la fin du monde prévue par les Mayas en 2012 ? Ce type de croyances, très présent en temps de crise comme celle que traverse actuellement l’Occident, a aussi son équivalent en politique : la figure du sauveur, perçue comme un rempart contre la fin de la civilisation. 1SOCIETE 05

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Une nouvelle enquête officielle sur le massacre de Madimak, en 1993, a été ouverte sur ordre du président turc Abdullah Gül. 37 intellectuels étaient décédés en 1993, à la suite de l’incendie de l’hôtel Madimak à Sivas. L’affaire avait été classée en mars dernier. RTURQUIE 07

Des ultranationalistes turcs ciblent des Arméniens rTURQUIE 08

L’union sacrée des religions contre le mariage homosexuel rFRANCE 03


02 FRANCE EDITO FOUAD BAHRI

Palestine : le droit ne fait pas la force La reconnaissance de l’Etat de Palestine à l’ONU marque incontestablement une avancée diplomatique pour les Palestiniens. Devenue le symbole universel d’une situation d’oppression politique, la Palestine reste en effet l’emblème négatif d’un nouvel ordre mondial qu’on avait voulu bâtir sur la notion essentielle de droit international. Un droit précisément violé dans le cas palestinien puisqu’en plus de 60 ans, pas moins de 15 résolutions de l’ONU ont condamné la colonisation israélienne et plus globalement la politique de domination exercée contre les Palestiniens. Ces résolutions n’ont d’ailleurs jamais été appliquées. Pourquoi ? Parce que le fonctionnement des institutions internationales, à l’image du Conseil de sécurité, reste tributaire de l’ordre politique hérité de la Seconde guerre mondiale. Les Etats-Unis bloquent constamment toute mesure visant à appliquer le droit international, ce qui soulève cette question vitale : est-il encore possible de concevoir un monde où le respect du droit serait dépendant de la volonté d’une seule nation, si importante soit-elle ? Au-delà de ce triste constat, le cas palestinien démontre chaque jour que cet ordre mondial qu’on croyait fondé sur le droit, contrairement à ces temps anciens où les conflits se réglaient toujours par la guerre, est en fait plus que jamais soumis à la force. Ainsi, au moment où l’ONU reconnaissait l’Etat de Palestine, le Premier ministre israélien autorisait, comme un défi lancé au monde, la construction de trois mille logements dans les colonies, détruisant sur le terrain ce que les Nations du monde construisaient sur l’autel du droit. Dès lors, comment sortir de cet engrenage infernal où le droit ne fait plus la force, et où la force sait parfois se vêtir des attributs formels du droit ? Un changement politique de fond s’impose : le Conseil de sécurité doit réviser ses statuts, son fonctionnement et ses membres qui ne sont plus représentatifs de l’état du monde contemporain. Les puissances émergentes à l’image de la Turquie, du Brésil et de l’Egypte, qui revient sur le devant de la scène, doivent également réaffirmer leur rôle et poursuivre leurs pressions pour une résolution juste et définitive de ce vieux conflit. Une Palestine libre établie sur ses frontières reconnues internationalement marquerait alors le symbole d’une nouvelle ère où la force serait au service du droit et non plus l’inverse.

f.bahri@zamanfrance.fr

7 - 13 DECEMBRE 2012 ZAMAN FRANCE

Intégration : la France parmi les mauvais élèves de l’OCDE à celui de la population majoritaire, alors que ce rapport n’est que de un sur deux en moyenne dans l’OCDE.

Paris en 4e position sur les discriminations

Le président François Hollande au cours d’une réunion de l’Organisation de coopération et de développement économiques à Paris.

Plus de pauvreté et de chômage : la France figure parmi les mauvais élèves en terme d’intégration de ses immigrés, selon une étude de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publiée lundi qui compare pour la première fois la situation des étrangers installés dans ses pays membres. Avec 11 % de sa population née à l’étranger, la France se situe dans la moyenne des pays de

l’OCDE, qui abritent 110 millions d’immigrés soit 9 % de leur population, selon cette étude. Mais le taux de pauvreté des étrangers installés en France est de 21,1 % contre 17,3 % en moyenne pour les immigrés de l’OCDE. Et leur taux de chômage était de 14,5 % en 2010 contre 11,9 % en moyenne dans l’OCDE. Plus grave, les inégalités sont plus marquées dans l’Hexagone : le taux de pauvreté des immigrés y est quatre fois supérieur

Les Pays-Bas et la Belgique ne font guère mieux, mais la France se distingue sur un autre critère : la concentration des étrangers dans les zones très urbanisées. Dans l’ensemble de l’OCDE, 60 % des immigrés vivent dans ces zones, contre 44 % de la population globale. L’écart est le plus fort en Autriche et en France, où 70,9 % des étrangers habitent en ville. Pour les auteurs de l’étude, le succès des descendants d’immigrés «constitue bien souvent la référence de toute intégration réussie de leurs parents». Là encore, la France ne brille guère. Leur taux de chômage est de 15,6 % en France contre 13,8 % en moyenne dans l’OCDE. Enfin, la France est en quatrième position sur le sentiment de discrimination (après la Grèce, l’Autriche et les Pays-Bas). Et un test qualitatif, rapporté dans l’étude, confirme l’existence de filtres à l’embauche.

Dans le cadre d’une campagne de sensibilisation aux incivilités, la SNCF a installé dans certaines gares, (ici dans la Gare de Lyon) une cigarette et un chewing-gum géants. Des mesures de prévention et de répression seront prises en parallèle, notamment des amendes jusqu’à 700 euros.

...ET UNE MAUVAISE

UNE BONNE...

La Turquie, plaque tournante du trafic de drogues

A l’occasion du 5e Congrès international du tourisme médical, qui s’est tenu à Ankara le 19 novembre, le ministre de la Santé Recep Akdag a affirmé que le nombre d’étrangers qui visitent la Turquie pour un traitement médical augmente d’année en année. Ils étaient ainsi 200.000 en 2011. Ce phénomène s’explique selon lui par le fait que les hôpitaux turcs offrent des services de grande qualité à des prix

La Turquie est l’un des pays de transit de drogues les plus importants au monde. La cocaïne, en provenance de l’Amérique du sud ou l’héroïne produite en Afghanistan sont envoyées en Europe à travers la Turquie. Les méthamphétamines, originaires d’Iran, passent également par ce pays pour aller vers l’Asie extrême orientale. De plus, le haschich destiné

abordables par rapport à d’autres pays développés. M. Akdag a souligné que la Turquie a aujourd’hui les moyens de devenir l’une des meilleures destinations de tourisme médical au monde : elle fait déjà partie du top10. Recep Akdag a ainsi attribué principalement au Programme de réforme de la santé, initié par son ministère en 2003, les récents progrès enregistrés dans le secteur.

à la consommation domestique est produit à Diyarbakir et vendu dans des villes plus importantes. Le marché de la drogue représente des millions de dollars en Turquie, d’autant plus que les stupéfiants, provenant souvent d’autres continents, ont des prix au gramme qui atteignent des sommets : 1000 TL (environ 430 euros) par exemple pour un gramme de cocaïne.

NOUVELLE

200.000 étrangers soignés en Turquie


03 FRANCE

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7 - 13 DECEMBRE 2012 ZAMAN FRANCE

«La mort de l’UMP, ce serait l’avenir du FN» Déclaration de l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, dans une interview accordée au quotidien Le Figaro, à propos du conflit entre Copé et Fillon pour la présidence de l’UMP.

L’union sacrée des religions contre le mariage homosexuel Les religions musulmane, catholique, protestante, orthodoxe et juive, sous la voix de leurs représentants se sont à nouveau prononcées contre le mariage homosexuel, à l’exception des bouddhistes. Pour Mohammed Moussaoui, du CFCM, il faut protéger le mariage traditionnel, «une institution millénaire qui a permis à l’humanité de continuer à exister».

Les représentants des religions musulmane, catholique, protestante, orthodoxe, juive ont réaffirmé jeudi au cours d’une audition à l’Assemblée nationale leur opposition au projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe, à l’exception des bouddhistes qui ne se prononcent pas et souhaitent un référendum. Le cardinal archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois, a rappelé l’hostilité de l’Eglise au mariage homosexuel, «un changement profond et radical qui touche à l’équilibre général des relations sociales, c’est un nouveau modèle de société». Le président de la Fédération protestante de France, le Pasteur Claude Baty, a réfuté la revendication d’égalité des droits : «le mariage pour tous est uniquement un slogan (...) le mariage n’est pas uniquement la reconnaissance d’un amour, le mariage est l’institution qui articule l’alliance de l’hommme et de la femme avec la succession des générations». Pour les orthodoxes, le Métropolite Joseph de la Métropole s’est prononcé pour «le retrait du projet de loi afin d’organiser un débat national sur le sujet».

Les représentants des religions en France ont réaffirmé leur opposition au mariage homosexuel à l’Assemblée nationale.

Zoom Le Dojo grenoblois, ceinture noire contre les préjugés MAUD DRUAIS PARIS Le Dojo grenoblois est l’un des plus beaux exemples français de complexe sportif pour tous. Il a d’ailleurs reçu le 23 octobre, à Saint-Etienne, avec 18 autres projets Rhône-Alpins, le Prix «Le Monde» - Fais-nous rêver. Ce club de judo et de jujitsu situé dans le quartier populaire de La Villeneuve, à Grenoble, a vu le jour en 2009, afin de pallier à la fin de l’enseignement du judo dans cette cité de 12.000 habitants au-

«Il appartient à la population de décider»

Le Grand Rabbin, Gilles Bernheim, a estimé que le mariage «est l’institution qui articule l’alliance de l’homme et de la femme avec la succession des générations». Enfin, le président du Conseil français du culte musulman, Mohammed Moussaoui, a réaffirmé sa «condamnation des actes homophobes» mais mis en garde contre «la transformation profonde d’une institution millénaire qui a permis à l’humanité de continuer à exister et à s’organiser avec des repères clairs». «Pour les bouddhistes, le mariage est un acte civil pas religieux, le mariage n’a pas de connotation sacrée, c’est un contrat social entre deux personnes, parfois deux familles (...) et le Bouddha n’a jamais parlé d’homosexualité», a expliqué la présidente de l’Union bouddhiste de France, la Vénérable Marie-Stella Boussemart. Pour elle, «il appartient à la population de décider» et elle «estime qu’un référendum peut être une option intéressante».

Le Dojo grenoblois propose des cours de taïso aux femmes de quartier.

jourd’hui confrontée à de graves problèmes sociaux. Parmi les cours proposés, il y a celui de taïso, le mercredi soir. Sa particularité ? Il est exclusivement prodigué à une trentaine de femmes du quartier, de tous âges – de 15 à 75 ans – par une jeune éducatrice sportive de 23 ans, Laëtitia Cardaci. Cette discipline intéresse de nos jours «un public de plus en plus large, (…) qui n’a pas forcément pratiqué de sport auparavant», peut-on lire sur le site du

Dojo. Une aubaine pour les jeunes filles et les mamans du quartier qui ne veulent pas pratiquer de sport en présence des hommes. «S’il n’y avait pas ce cours uniquement destiné aux femmes, nous ne ferions jamais de sport car rien ne nous est proposé dans le quartier», explique Katia, une habitante de La Villeneuve âgée de 40 ans, aux journalistes du Monde. Ce cours va de pair avec un ensemble d’initiatives qui visent à inciter les «publics écartés de la pratique sportive et (à) créer du lien social entre les habitants», souligne Youssef Habib, directeur technique du Dojo grenoblois au Monde. Ainsi, des activités sportives adaptées aux résidents de la maison de retraite du quartier sont proposées depuis la rentrée. De même, le Dojo travaille en partenariat avec les écoles pour repérer les enfants les plus difficiles. Tout un programme pour un club dont les maîtres mots sont «politesse, courage, sincérité, modestie, respect, contrôle de soi, honneur, amitié».


04 SOCIETE

7 - 13 DECEMBRE 2012 ZAMAN FRANCE

Isabelle, musulmane, élue meilleure nounou de France 2013 Samedi 1er décembre a été organisée à Paris par l’Académie des gouvernantes la 1re édition du Concours national de la meilleure nounou de France. A la suite d’une journée où les candidates devaient passer des épreuves aussi bien techniques que théoriques, c’est Isabelle, une maman convertie à l’islam, qui a remporté le concours. Au total, 999 nounous qui se sont présentées à cette compétition. A la suite de différentes épreuves, le jury qui était composé de professionnels des métiers des services à la personne a évalué les compétences des participantes. La première épreuve pour les 999 nounous consistait à répondre à un questionnaire éliminatoire. Des questions pièges étaient glissées comme «Combien de doses de lait en poudre pour un biberon de 180 ml ?» A la suite de cette première étape, 150 nounous ont poursuivi l’aventure et finalement 5 se sont retrouvées en finale. Lors de l’ultime test, les cinq finalistes devaient être capables d’appliquer les premiers soins à un nourrisson en situation

d’étouffement. Isabelle a réussi à déjouer tous les pièges de la compétition et s’est vue décerner le prix de la Meilleure nounou de France 2013. Elle a remporté au passage la somme de 4.000 euros. «Je savais que je disposais d’une expérience [et que

j’étais] compétente dans le domaine de la petite enfance, mais arriver jusqu’à là, c’est surprenant» a-t-elle confié au journal télévisé Le 19:45. En France, les assistantes maternelles agréées, ou «nounous», sont près de 500.000.

Gonca ouvre sa table au vivre-ensemble YAZGI GIRAY PARIS L’association culturelle Gonca a organisé avec la Plateforme de Paris la 6e édition des dîners d’échanges culturels, le 24 novembre autour du thème du vivre ensemble. La directrice du repas, Yasemin Kurtsoy et son équipe se sont mises aux fourneaux dès le début de l’aprèsmidi pour proposer des plats riches en saveur. L’objectif était «la réduction des préjugés» liés à la culture turque. Gonca a accueilli des hôtes originaires d’Asie, d’Arménie, du Maghreb, de la Martinique, du Portugal, de la Suède et bien d’autre car «ni la couleur, ni la langue, ni la religion ne sont des barrières à la communication». Ce rendez-vous mensuel attise la promotion de l’échange entre les cultures autour de spécialités gastronomiques turques. En discutant de l’image de la femme turque, la directrice a insisté sur le fait que le foulard des femmes voilées «ne renferme pas l’esprit» et qu’il ne les «empêchent pas de penser librement».

Les invités de l’association Gonca ont dégusté un succulent repas autour du thème du vivre- ensemble.


05 SOCIETE

7 - 13 DECEMBRE 2012 ZAMAN FRANCE

L’apocalypse, symptôme d’un monde en crise

MON AVOCAT Canan Özenici

Différencier l’ostentatoire de la liberté vestimentaire Souvent associée au crépuscule, la fin du monde est une croyance ayant traversé toutes les sociétés.

Qui n’a pas entendu parler de la fin du monde prévue par les Mayas en 2012 ? Ce type de croyances, très présent en temps de crise comme celle que traverse actuellement l’Occident, a aussi son équivalent en politique : la figure du sauveur, perçue comme un rempart contre la fin de la civilisation. MAUD DRUAIS PARIS «Selon les dires de plusieurs oracles comme Nostradamus ou encore la Sybille, la fin du monde ou l’apocalypse serait prévue pour le 21 décembre 2012 !» : voici ce qu’on peut lire sur le site internet 2012fin.com, qui reprend les principales traditions apocalyptiques pour 2012. Pourtant, pas de panique ! La fin du monde a déjà été prévue pas moins de 183 fois depuis la chute de l’Empire romain, et nous sommes toujours là. Une chose est sûre : ces croyances, qui vont de la prophétie biblique dans le dernier livre du Nouveau Testament à l’extinction de l’humanité en raison du réchauffement climatique, ont toujours existé.

D’une apocalypse à l’autre

Pour Mouloud Haddad, chercheur associé au CNRS, les croyances apocalyptiques sont le reflet des périodes auxquelles elles se rattachent. Par exemple, pendant la guerre froide, «la grande peur apocalyptique, c’était la guerre nucléaire entre les Soviétiques et les Américains». Un peu plus tard, les peurs se sont focalisées sur le risque écologique, avec un pic après le tsunami de 2004, principalement dans le monde musulman. En effet, l’eau, symbole de purification, aurait été un avertissement divin envoyé à ces régions du monde musulman «touchées par la corruption des mœurs, notamment par le tourisme». Et puis, dernièrement, c’est la crise fi-

nancière qui est prise en grippe. M. Haddad rappelle ainsi que cette critique du capitalisme rejoint l’idée de perte de la morale, chère à tous les monothéismes. Comment ? L’enchaînement est simple : puisque les économies vont s’effondrer, «on arrivera à des situations de tensions extrêmes, de guerres»... jusqu’à ce que «les hommes […] mangent la chair de leurs voisins».

Des croyances favorisées par les nouvelles technologies

Les croyances apocalyptiques sont largement diffusées par les nouvelles technologies, rappelle Mouloud Haddad, et par internet en particulier qui «joue un rôle d’accélérateur et d’amplificateur, [à travers] les forums, les blogs, les sites». Ces croyances sont multiformes, parfois a-religieuses. En Occident, par exemple, le public le plus réceptif est celui qui «consomme le New Age, les croyances alternatives». Aujourd’hui, «tout est interconnecté», explique M. Haddad, d’où la large propagation de ces croyances.

les derniers remparts face aux menaces qui surgiraient de toutes parts. Ainsi, les leaders d’extrême droite surfent sur la «vague islamiste» supposée ensevelir ce qu’il reste des sociétés européennes. «La menace musulmane, c’est [pour ces leaders] une menace sur les fondements mêmes de la société, […] ça détruit le tissu social en France, la culture même et l’identité même de la France», explique M. Haddad. Selon lui, Marine Le Pen a développé un discours basé sur le messianisme. Elle est, dit-il, un leader incontesté et la seule alternative possible. «Si les Français n’ont pas recours à [elle], la crise […] va s’amplifier jusqu’à détruire complètement le pays. C’est […] l’apocalypse totale puisqu’elle [la France] va […] perdre complètement son identité», commente le chercheur à propos du discours de Mme Le Pen.

Apocalypse et messianisme politique

La peur de la fin du monde, voire plutôt de la fin d’un monde, d’un modèle civilisationnel, est d’autant plus présente dans les sociétés en crise, comme en Occident. Ce climat de peur favorise l’émergence de figures de «sauveurs» qui se présentent comme

Mouloud Haddad est chercheur associé au CNRS.

La liberté vestimentaire est une liberté individuelle et les libertés d’expression et de religion sont considérées comme des libertés fondamentales. Il est, en principe, impossible d’y porter atteinte. Pourtant, dans les relations de travail, le débat fait encore rage… Alors que l’article 1132-1 du code du travail prohibe toute discrimination, notamment religieuse, les interdictions faites par les employeurs à leurs salariés de porter un vêtement ou insigne religieux, sur le fondement de l’article 1121-1 du même code, suscitent des interrogations : quid de la compatibilité des deux textes ? L’employeur possède un pouvoir de direction qu’il doit exercer suivant des règles. En ce qui concerne l’interdiction de porter un vêtement ou insigne religieux, l’interdiction ne pourra s’exercer que sous les conditions suivantes : elle doit être justifiée par la nature de la tâche à accomplir (exemple : impératifs d’hygiène et de sécurité, contact direct avec la clientèle) ; elle doit être proportionnée au but recherché (exemple : est proportionnée l’interdiction du voile, couvrant totalement le cou et une partie du visage, pour une vendeuse commerciale qui était autorisée par son employeur à porter un foulard noué en bonnet dégageant le visage et le cou). Si les tribunaux admettent dans certaines circonstances et sous certaines conditions que des salariées soient sanctionnées pour port du voile, les sanctions sont souvent qualifiées de discriminatoires pour la raison suivante : le règlement intérieur de l’entreprise est souvent imprécis. La définition du terme souvent employé «tenue conforme à l’image de l’établissement» est trop subjective : qu’est-ce qu’une tenue correcte ? Les salariées se contentent de porter le simple foulard qui n’a rien d’ostentatoire et non ce qui est communément désigné comme «le voile islamique» couvrant les cheveux mais également tout le cou et une partie du visage ; la jurisprudence est dans ce domaine peu fournie et très casuistique. Elle est donc susceptible de varier en fonction des conseils de prud’hommes, des circonstances particulières de chaque affaire, du caractère plus ou moins ostentatoire du signe religieux… Nous ne pourrons que conseiller tant du côté de l’employeur que du côté du salarié de discuter d’une telle situation et d’exposer d’un côté comme de l’autre les arguments avant d’entrer dans un processus contentieux souvent douloureux pour l’une et l’autre parties. Pour vos questions : ceruguz@yahoo.fr


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07 TURQUIE

7 - 13 DECEMBRE 2012 ZAMAN FRANCE

Gül ordonne une enquête sur l’affaire Madimak Une nouvelle enquête officielle sur le massacre de Madimak, en 1993, a été ouverte sur ordre du président turc Abdullah Gül. 37 intellectuels étaient décédés en 1993, à la suite de l’incendie de l’hôtel Madimak à Sivas. L’affaire avait été classée en mars dernier. Le chef de l’Etat turc Abdullah Gül a ordonné l’ouverture d’une nouvelle enquête officielle sur les circonstances d’un massacre d’intellectuels survenu en 1993 à Sivas (centre), une tragédie qui reste un traumatisme pour la communauté alévie de Turquie, a annoncé vendredi la présidence. «Le président a demandé au Conseil de contrôle de l’Etat (DDK) d’instruire une nouvelle enquête afin d’établir les causes et les conséquences de l’affaire Madimak et ses implications dans la vie politique de l’époque», a-telle expliqué dans un communiqué, précisant que «cet incident suscite toujours beaucoup de doutes et d’incertitudes». Le 2 juillet 1993, 37 intellectuels de confession alévie ont péri dans l’incendie criminel de l’hôtel Madimak, dans la ville anatolienne de Sivas. Ils étaient réunis à l’occasion d’une conférence sur le

poète Pir Sultan Abdal. Parmi eux figuraient l’écrivain Aziz Nesin, décédé après l’incident, qui avait entamé la traduction en turc des Versets sataniques de l’écrivain Salman Rushdie, mais aussi l’écrivain Asim Bezirci, le poète et chanteur Nesimi Çimen, le poète Metin Altiok et le chanteur de musique folklorique Hasret Gültekin.

Un courant minoritaire en Turquie

La présence d’Aziz Nesin avait motivé une manifestation à l’appel des partis islamistes de l’époque. En mars dernier, un tribunal d’Ankara avait confirmé que les faits étaient désormais prescrits pour les cinq auteurs présumés du massacre, qui n’ont jamais été interpellés. Les enquêtes alors menées par la presse ont pointé du doigt la mansuétude des forces de l’ordre à l’égard des

L’hôtel Madimak, à Sivas, avait été le lieu d’un incendie à l’origine de la mort de 37 intellectuels alévis, en 1993.

manifestants. Cet incident a traumatisé la minorité alévie de Turquie (environ 12 millions de personnes sur une population de 74 millions). Né en Asie centrale, ce courant de l’islam ne prescrit pas l’accomplissement de la prière cinq fois par jour à ses fidèles, qui ne vont pas à la mosquée mais dans un lieu de

culte appelé cemevi, où hommes et femmes sont réunis. L’alévisme ne bénéfice pas du statut de religion minoritaire en Turquie. Cependant, depuis 2009, les autorités ont pris des mesures pour améliorer le dialogue avec les communautés alévies et roms, ainsi qu’envers les autres minorités.


08 TURQUIE Un groupe ultranationaliste cible les Arméniens de Turquie

7 - 13 DECEMBRE 2012 ZAMAN FRANCE

Un groupe d’extrême-droite a pris pour cible en Turquie les institutions arméniennes, ainsi que les particuliers, dans le cadre d’une campagne internet d’incitation à la haine ethnique. HANIFE SEVDE KÖSE, E. BARIS ALTINTAS, ISTANBUL Les commentaires des utilisateurs de réseaux sociaux ont dégénéré en tweets provocateurs émanant du président d’un groupe qui se présente comme étant l’Association internationale de lutte contre les allégations arméniennes infondées (ASIM-DER). Il a récemment ciblé de manière active sur Twitter des Arméniens et des institutions arméniennes de Turquie, affirmant qu’ils font partie d’un complot contre Ankara soutenu par la diaspora arménienne. Göksel Gülbey, président de l’ASIM-DER, a tweeté les noms d’écoles, d’églises et de fondations arméniennes de Turquie, ce qui, aux yeux des membres de la société civile, désigne ces derniers comme cibles des ultranationalistes dans un pays où des personnalités d’origine arménienne, ainsi que des chrétiens impliqués dans des activités missionnaires, ont été les cibles de vio-

lences. En 2007, les meurtres de trois éditeurs de Bibles à Malatya, l’assassinat en 2007 du journaliste turco-arménien Hrant Dink, et l’assassinat en 2006 d’un prêtre italien à Trabzon sont quelques-uns des exemples tragiques de la menace ultranationaliste.

Un plan contre les minorités turques

Le groupe, fondé en 2002, a organisé de manière active des conférences et des événements pour promouvoir sa cause, et possède, selon son président, des branches provisoires et régionales, ainsi que quelques antennes à l’étranger. Mais ce n’est qu’un peu plus tôt cette semaine qu’il a été placé sous le feu des médias turcs, à la suite, principalement, de tweets. Selon le chroniqueur du quotidien Taraf , Markar Esayan, cette campagne fait partie d’un plan plus vaste visant à créer une atmos-

phère hostile aux minorités. Dans une déclaration faite à Zaman, Esayan a rappelé les expériences passées de la Turquie en matière de diabolisation des Arméniens du pays. «D’un côté, on ne doit pas attacher une trop grande importance à ces campagnes, mais d’un autre côté, les responsables [de ces déclarations provocatrices] doivent répondre de leurs propos», a-t-il déclaré, ajoutant que les procureurs devaient agir.

Göksel Gülbey est le président de l’association ultranationaliste turque ASIM-DER.

Davutoglu appelle Turcs et Arabes à mieux coopérer au Moyen-Orient Le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu a appelé samedi les pays arabes à unir leurs efforts avec la Turquie pour résoudre les crises régionales, à commencer par la question pales-

tinienne et le conflit syrien, lors d’un forum turco-arabe à Istanbul. «La coopération et la solidarité turco-arabe vont renforcer les efforts pour accélérer la résolution des crises de la région et y établir la paix et la

stabilité», a déclaré M. Davutoglu devant les représentants de 21 pays arabes, dont 12 ministres des Affaires étrangères. M. Davutoglu a placé le dossier palestinien en tête de l’agenda politique régional, se félicitant de l’accession de la Palestine au statut d’Etat observateur à l’ONU, mais prévenant que la communauté internationale n’aura «payé sa dette morale, juridique et politique» aux Palestiniens que lorsque la Palestine sera un Etat pleinement reconnu.

Mettre fin au «massacre du peuple syrien»

Ahmet Davutoglu au cours du dernier forum turco-arabe à Istanbul.

«Le moment est venu d’adresser des réactions fortes aux politiques d’Israël qui ruinent le processus de paix», a-t-il poursuivi. Le ministre a également encouragé

ses homologues arabes à collaborer pour mettre fin au «massacre du peuple syrien» par le régime de Damas, évoquant un «test pour la conscience non seulement des musulmans et des Arabes, mais aussi de l’ensemble de la communauté internationale». Le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi a pour sa part souligné que la coopération devait se concentrer sur la fin de l’«occupation» israélienne. «Nous devons maintenant travailler ensemble pour mettre fin à l’occupation par Israël» des territoires palestiniens, a déclaré M. al-Arabi, selon la traduction en turc de ses propos. Les ministres des Affaires étrangères turc et des pays arabes se réunissent en forum une fois par an depuis 2008 pour renforcer leur coopération.


10 INTERNATIONAL En Turquie, une carte électronique d’achat pour les réfugiés syriens 7 - 13 DECEMBRE 2012 ZAMAN FRANCE

Afin de faciliter la distribution et le contrôle du ravitaillement aux réfugiés, le Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU et le Croissant-Rouge turc ont lancé une carte d’achat électronique.

Réfugiés syriens faisant des achats dans un magasin proche de la frontière turco-syrienne.

Les rayons d’un supermarché, la queue qui s’allonge aux caisses et des clients qui paient avec une carte à puce... Depuis quelques mois, les réfugiés syriens du camp turc d’Oncupinar font leurs courses comme des consommateurs classiques grâce un système expérimental destiné à limiter le casse-tête logistique des distributions de vivres. La carte électronique a été lancée à l’initiative du Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU et du Croissant-Rouge turc avec un objectif simple : faciliter la distribution et le contrôle du ravitaillement aux réfugiés. «Nous avons décidé de tester ce système de carte intelligente parce qu’il permet de respecter la dignité des réfugiés en les aidant sans ostentation», explique le patron du CroissantRouge turc Ahmet Lutfi Akar, «plutôt que de leur donner des cartons qu’ils ne peuvent choisir, il vaut mieux qu’ils choisissent eux-mêmes dans des magasins ce qu’ils veulent en fonction de leurs goûts».

Eviter les hausses de prix et la fraude

Les locataires de plusieurs camps de réfugiés de Turquie disposent désormais d’une carte bancaire créditée chaque mois d’une somme, jugée suffisante pour satisfaire un régime

alimentaire équilibré, de 80 livres turques (environ 35 euros) directement versées par le PAM et le CroissantRouge. Avec cette carte, fournie par la banque turque Halkbank, ils peuvent s’approvisionner dans les magasins d’une enseigne turque. Avec certaines restrictions notables toutefois. Le chocolat et les cigarettes, pourtant distribués par ailleurs par le gouvernement turc, n’y sont pas accessibles. Pour éviter les fraudes, les Syriens qui utilisent la carte doivent montrer patte blanche à la caisse. «C’est un système très sûr», insiste M. Akar, «il est très facile de bloquer immédiatement une carte en cas d’abus». Autre avantage de ce système, il permet d’éviter un des effets pervers souvent constatés sur les économies locales comme les mouvements de prix ou la fraude. En tout cas en Turquie. «Si notre carte fonctionne ici, c’est parce que le développement de l’économie turque permet de soutenir un tel système», note Matthew Nims, de l’Agence américaine pour le développement international (USAID). «Dans d’autres endroits du monde, l’économie locale n’est pas en mesure d’absorber de tels flux de population», ajoute-t-il, «le système bancaire turc, lui, est en mesure de le faire».

Allemagne : Brême reconnaît les fêtes musulmanes La ville-Etat de Brême a annoncé vendredi qu’elle allait devenir le deuxième Etat régional allemand à reconnaître les fêtes religieuses islamiques, après Hambourg, qui avait signé un contrat en ce sens avec les représentants de la communauté musulmane il y a deux semaines. «Je suis heureux [que nous nous soyons mis d’accord], car les musulmans font Le ministre de l’Intérieur allemand Wolfgang Schäuble. La ville de Brême a reconnu les jours de fêtes musulmanes. Les salariés musulmans pourront prendre des jours de repos non payés.

partie intégrante de notre ville et de notre vie», a commenté le maire de la cité hanséatique, le social-démocrate Jens Böhrnsen, au terme de discussions. L’accord intervenu entre les deux parties reflète «le respect des valeurs de chacun et la reconnaissance mutuelle», selon lui. Le contrat prévoit notamment que les salariés musulmans auront le droit de prendre des jours de repos sans solde à l’occasion des principales fêtes musulmanes. Il doit toutefois encore être ratifié par le «Sénat», qui représente l’échelon régional, et par l’autorité municipale de Brême. Il y a deux semaines, Hambourg, également une ville-Etat dirigée par une coalition entre sociaux-démocrates et Verts, avait signé un contrat avec les communautés musulmanes et alévies allant dans le même sens. Déjà approuvé par le Sénat, il doit encore recevoir l’aval des autorités municipales hambourgeoises avant d’entrer formellement en vigueur.


11 INTERNATIONAL La Palestine à l’ONU : qu’est-ce qui va changer ?

7 - 13 DECEMBRE 2012 ZAMAN FRANCE

La solution passera par le politique

Le président palestinien Mahmoud Abbas acclamé à Ramallah après la proclamation officielle de l’Etat palestinien à l’ONU.

TURQUIE

INFLATION

BREVES ECO

Taux en baisse de 6,37 %

Après plus d’un an d’une inflation relativement élevée, les marchés turcs ont vu leur inflation baisser en novembre de 6,37 %, selon les données publiées par l’Institut des statistiques turques (TurkStat). L’augmentation de 0,97 % de l’indice des prix à la consommation a contredit le rapport des spécialistes. A l’issue de la deuxième session du marché, le IMKB-100 Index a augmenté de 0,66 % pour atteindre un niveau record de 73.541 points. La livre turque a, quant à elle, légèrement augmenté passant de 1,7816 à 1,7881 pour un dollar. Cette baisse de l’inflation vient achever 14 mois consécutifs de forte hausse.

Record d’exportations

Selon les données de l’Institut des statistiques turques (TurkStat), les exportations de la Turquie ont atteint une valeur record mensuelle de 10,20 milliards d’euros pour le mois d’octobre 2012. Sur les dix premiers mois de l’année, les exportations ont enregistré un gain de 13 % par rapport à la même période de l’année dernière. Le rapport de TurkStat a également montré un chiffre encourageant avec une réduction du déficit commercial du pays de 23 % en octobre dernier par rapport à octobre 2011. Pour le ministre de l’Economie Zafer Çaglayan, ces chiffres reflètent la capacité de l’économie turque à se diversifier et à se détourner d’une Europe engluée dans les difficultés.

La reconnaissance officielle par l’ONU du statut d’État observateur non-membre de la Palestine, le 29 novembre, constitue une avancée légale importante pour les Palestiniens. Mais face à la détermination israélienne de poursuivre la colonisation, seul un nouveau rapport de forces politique, local et régional, pourra infléchir la fuite en avant de Tel Aviv. auteur de Sauver la mer Morte : un enjeu pour FOUAD BAHRI PARIS la paix au Proche-Orient (Armand Colin). «La Une annonce historique. Le vote, à la majorité des voix, du statut d’État ob- Palestine n’est plus un territoire occupé mais servateur non-membre pour la Palestine à un Etat occupé, ce qui change des données l’Assemblée générale de l’ONU le jeudi 29 dans les rapports entre Israéliens et Palestiniens. Cela va probablement novembre constitue une pousser les Israéliens à relancer étape importante pour le une partie des négociations peuple palestinien et ses leaqu’ils enterrent depuis dix ans» ders. Après l’adhésion de la explique M. Boussois. Le cherPalestine à l’Unesco, le 31 cheur ajoute que «cela permet à octobre 2011, les Palestiniens «Cela ne changera la Palestine de pouvoir négocier semblent donc avancer inexorablement vers une re- rien. On passera juste de grands traités, de rentrer dans connaissance internationale de l’Autorité palestides organisations comme l’OMS plus grande de leur existence nienne à l’Etat pales- et donc de ré-émerger». Autrepolitique. Pourtant, loin des ment dit, devenir un Etat officiel tinien» décors officiels de la diplomadevrait offrir aux Palestiniens de tie et comme indifférente aux décrets des nouveaux leviers juridiques, économiques et Nations Unies, la colonisation israélienne se institutionnels susceptibles de renforcer leur poursuit en Palestine. Que peut changer pour position à la table des négociations. Parmi ces les Palestiniens, dans ces conditions, l’obten- nouveaux atouts, l’arme suprême des dirition formelle d’un statut d’Etat face à la poli- geants palestiniens sera sans aucun doute la tique dure du Premier ministre israélien Neta- saisine de la Cour pénale internationale (CPI). nyahu ? «Ils auront cette possibilité s’ils adhèrent au statut de Rome et rejoignent la CPI», confirme De nouvelles armes institutionnelles Jean-Paul Roche, membre de l’association France Palestine solidarité. «Des individus pour les Palestiniens Beaucoup de choses pour le docteur en coupables de crimes de guerre commis sur le science politique et spécialiste de la question territoire palestinien pourraient effectivement israélo-palestinienne, Sébastien Boussois, être déférés devant la CPI», ajoute-t-il.

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Mais ces nouvelles dispositions suffiront-elles à infléchir sérieusement l’unilatéralisme israélien ? Pas si sûr. D’après Sébastien Boussois, il manquerait aux Palestiniens une manière de contraindre légalement l’Etat d’Israël à respecter ses engagements internationaux sur des sujets comme «la relance de la colonisation sur le terrain», à l’image de la mesure du 30 novembre décidée par Netanyahou, «annonçant 3.000 nouveaux logements pour rattacher Male Adoumim à Jérusalem-est». Cette politique du fait accompli illustre, selon lui, cette volonté de faire disparaître matériellement l’Etat palestinien. D’autres font valoir que la solution sera in fine politique et non juridique, à commencer par le rétablissement de l’unité interpalestinienne entre le Fatah et le Hamas. Jean-Paul Roche en est convaincu. S’il constate sur ce sujet, «des signes d’espoir», il reconnaît qu’il faudra aller plus loin car «si la Palestine reste divisée en deux entités, c’est un cas de faiblesse extrême». L’émergence de nouveaux acteurs politiques de poids dans la région, comme la Turquie, le Qatar et surtout l’Egypte, pourrait aussi changer la donne palestinienne. «L’Egypte est le seul pays à bien s’entendre avec les Etats-Unis et à être dans une relation de paix, économique et politique, majeure avec Israël depuis le traité de paix de Camp David en 1978. Il est le seul également à pouvoir relâcher le blocus israélien sur Gaza», déclare M. Buisson.

Quid des réfugiés palestiniens ?

Mais sur le terrain, les militants de la cause palestinienne restent plutôt pessimistes et ne se font pas d’illusions. «Cela ne changera rien. On passera juste de l’Autorité palestinienne à l’Etat palestinien. Il y a même le risque qu’on se satisfasse de cet Etat et qu’on en oublie les millions de Palestiniens réfugiés» affirme ainsi Taymour Ahmad, responsable des relations externes à la GUPS (Union générale des étudiants de Palestine) pour Paris, qui concède néanmoins qu’«un petit pas en avant diplomatique» a bien été fait.

Sébastien Boussois est spécialiste des relations israélo-palestiniennes et l’auteur de Sauver la mer Morte : un enjeu pour la paix au ProcheOrient (Armand Colin).

C’est le nombre d’élèves français non-diplômés (sans brevet ou baccalauréat) qui, chaque année, quittent le système scolaire. Le gouvernement promet de diviser par deux ce nombre pendant le quinquennat de François Hollande.


13 FAMILLE & SANTE Les crises de panique : un phénomène imprévisible

7 - 13 DECEMBRE 2012 ZAMAN FRANCE

Les crises de panique, qui reflètent l’angoisse d’un individu, ont de multiples causes : phobies contractées dans l’enfance, stress conjugal ou prédisposition génétique. Pour la psychologue Hanim Demirbas, ces crises peuvent frapper n’importe qui à n’importe quelle période de la vie.

Les crises de panique se manifestent par «un sentiment croissant d’inquiétude, de peur et de malaise», d’après la psychologue Hanim Demirbas.

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mariées, ou ceux qui ont une prédisposition génétique pour ce genre de crises. Des périodes d’extrême angoisse qui surviennent brusquement caractérisent principalement ce genre d’affection. Lorsqu’une crise se produit, le patient éprouve un sentiment croissant d’inquiétude, de peur et de malaise, poursuit Hanim Demirbas. «Ils [ces symptômes] peuvent se produire plusieurs fois. Ils laissent la personne dans un état de terreur absolue et modifient radicalement sa vie», dit-elle.

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Devoir composer avec des conditions de vie de plus en plus difficiles et stressantes dans un monde chaque jour plus globalisé peut conduire à des crises de panique, explique la psychologue Hanim Demirbas. «Il n’y a pas d’âge limite pour les crises de panique, affirme-t-elle. Elles peuvent se déclarer à tout moment et constituer un problème pour chacun, depuis ceux qui sont inquiets pour leur santé jusqu’à ceux dont l’angoisse trouve son origine dans n’importe quel autre objet». Sont principalement concernés ceux qui appréhendent un divorce ou une séparation, qui ont des phobies liées à l’école, qui souffrent de déséquilibres de la personnalité comme le manque de confiance en soi, les moins de 50 ans, les femmes, les personnes

Lorsque se produisent les crises de panique, certains problèmes physiques émergent. En règle générale, la panique atteint son pic en seulement 10 minutes. Pour pouvoir être diagnostiquée, une personne doit avoir fait au moins deux crises de panique soudaines, avec tous les symptômes physiques qu’elles supposent. Les crises de panique sont également liées aux inquiétudes quant à l’avenir. La psychologue turque ajoute également d’autres éléments d’explication : «Les gens qui souffrent de ces crises cherchent souvent à éviter les situations qui semblent de nature à les déclencher, et cette attitude d’évitement peut se transformer en une sorte de phobie. Avec une angoisse à son comble, les patients ont du mal à prendre du plaisir dans des situations qui pourtant devraient être agréables», analyse-t-elle. Ainsi, un manque de sommeil peut conduire à une fatigue extrême, et lorsqu’à cette fatigue vous ajoutez cette volonté d’essayer à chaque fois d’éviter certaines situations, le désir d’être seul finit par s’imposer. Les tendances suicidaires sont souvent observées chez ceux qui ont des crises de panique et souffrent de dépression. De même observe-t-on parfois chez ces personnes le recours à l’alcool et à des substances illicites dans une tentative d’apaiser l’angoisse.

Des imams pakistanais engagés contre le sida Au Pakistan des imams mènent de front la guerre contre le sida en sensibilisant les fidèles et en les invitant à prendre soin des personnes atteintes par ce virus encore considéré comme un «péché mortel» dans cette société conservatrice. Abdul Khaliq Faridi faisait partie il y a deux ans seulement de la majorité de ces concitoyens méprisant les quelque 100.000 personnes ayant contracté le sida dans son pays. Mais aujourd’hui, il fait des sermons à la mosquée Jamia Sattaria de Karachi pour éduquer les fidèles à propos de ce virus. «Il y a deux ans, je pensais que le sida était causé par une relation sexuelle immorale de l’ordre d’un péché mortel, mais j’ai rencontré des experts qui m’ont invité à une formation», dit-il à l’AFP. «J’étais vraiment réticent, je pensais commettre moi-même un péché en me rendant à cette conférence, mais j’étais aussi curieux», confie-t-il. Les centaines de fidèles à sa mosquée, le millier d’étudiants à sa madrasa (école coranique) forment désormais un public réceptif. «Au début les fidèles étaient gênés, voire offensés, mais aujourd’hui ils écoutent attentivement. Ils ont commencé à

comprendre que le sida est une maladie et non un péché», ajoute-t-il. M. Faridi est l’un des 2.500 leaders musulmans et communautaires impliqués dans le programme de lutte contre le sida de la province méridionale du Sind, dont Karachi, mégapole de 21 millions d’habitants, est la capitale. Et aussi la ville la plus affectée du pays par le virus.

Dans un pays où le sida est encore mal perçu, des imams pakistanais ont décidé de s’investir dans une campagne de sensibilisation sur cette maladie.


14 CULTURE

7 - 13 DECEMBRE 2012 ZAMAN FRANCE

En 640, la province arabe de Jund Filastîn recouvre la totalité de la Palestine du temps de l’occupation romaine. Elle sera particulièrement honorée sous la

A lire

CONCERT Première orientation de prière des musulmans, Jérusalem est un lieu chargé de sacralité et de spiritualité pour les musulmans du monde entier.

des Palestiniens chrétiens aujourd’hui, comme dans la mémoire des musulmans, les Croisades et le siècle de colonisation européenne qu’elles induiront (1099-1187), loin d’avoir «libéré les Lieux saints» relèvent de l’agression, de l’injustice et de la profanation. Au mépris et à la marginalisation dont auront souffert les chrétiens non catholiques de la part du colonisateur franc, succédera le rétablissement de la politique de tolérance avec la libération des principales villes de Palestine par Saladin (1138-1193), à la tête d’armées qui comptaient également des soldats de confession chrétienne. Il faudra néanmoins attendre 1291 pour que tombent Acre et Césarée, dernières possessions franques. Aux Mamelouks d’Egypte succéderont à partir de 1516, et jusqu’à la première guerre mondiale, les Ottomans. Victorieux, le général français Gouraud s’exclamera en 1917, à Damas, «Nous revoilà, Saladin !» en frappant du pied la tombe du libérateur de la Palestine.

Quand le patriarche meurt, les enfants se déchirent israélienne en tant qu’Arabe, à la marge de la culture traditionnelle en tant qu’artiste femme, doublement aliénée, puis doublement émancipée, Hiam Abbas a développé une réflexion sur l’identité et la transmission des valeurs. La famille fait aujourd’hui office de foyer national pour les Palestiniens. La structure est forte, mais aussi contraignante, et

CONFÉRENCE

dynastie des Omeyyades : Mu‘âwiya se fera proclamer calife à Jérusalem, et c’est sous le règne de son successeur ‘Abd al-Malik (685-705) que seront édifiés dans la cour de l’ancien Temple, troisième lieu saint de l’islam après La Mecque et Médine, le Dôme du Rocher et la mosquée d’al-Aqsa. Outre Jérusalem, appelée al-Quds, «la Sainte», par les musulmans comme par les Arabes chrétiens, c’est toute la Palestine qui dès le XIIIe siècle est célébrée par les chroniqueurs arabes comme étant une terre de prophètes : Naplouse et Hébron (Madînat al-Khalîl, «la ville d’Abraham») abritent ainsi de nombreuses reliques vénérées par les autochtones, musulmans ou Gens du Livre, mais aussi ‘Asqalân, où est enterrée la tête d’al-Husayn, fils de Ali ibn Abi Talib, et Gaza, où se trouve la tombe de Hashim, l’arrière-grandpère du Prophète. Si elle n’est jamais devenue intégralement musulmane, la Palestine est très tôt devenue une terre intégralement arabe. Dans la mémoire

& à voir...

Héritage est le premier longmétrage de Hiam Abbas. Actrice internationale, elle a tourné pour des réalisateurs tant tunisien (Satin rouge), israélien (Free Zone), palestinien (Paradise Now) qu’américain (Amreeka). Cette vocation universelle, Hiam Abbas la lie à sa condition d’Arabe israélienne originaire d’un village de Galilée. A la marge de la culture

Un colloque autour de 3 axes : faire un état des lieux, analyser les retombées politiques et religieuses du Printemps arabe sur l’Europe et la Méditerranée, et réfléchir sur le vivre-ensemble aujourd’hui et demain. Avec la participation de Jean-Marc Aveline, Akram Belkaïd, Christophe Roucou et Azzedine Gaci.

spécialement pour les femmes. Elle est, en tout état de cause, le lieu de toutes les luttes. Au nord de la Galilée, une famille palestinienne se rassemble pour célébrer un mariage alors qu’éclate une guerre contre le Liban. Le conflit s’envenime, le patriarche Abu Majd tombe dans le coma, les tensions familiales explosent, révélant ce qui jusqu’alors était enfoui…

Héritage, réalisé par Hiam Abbas (drame, Israël/ Turquie/France, 2012, 1h28). Avec Hafsia Herzi, Hiam Abbass, Yussef Abu Warda. Sortie en salles le 12 décembre.

Senem Diyici & Mavi Yol Quartet

Un quartet turc qui évolue dans cette zone mouvante qui unit ou parfois sépare jazz, musiques traditionnelles et musiques électroniques. Le 7 décembre à 21:30 Satellit Café Roanne-Villerest 180, Route de Vilemontais 42300 Villerest

Regards chrétien et musulman sur Marie dans la Bible et le Coran

Avec Marie-Laure Bousquet, musulmane, membre du Groupe islamochrétien Jasmin, et Hendro Munsterman, théologien chrétien. Le 12 décembre 2012 à 20:30 Centre œcuménique Saint-Marc 6, avenue Malherbe 38000 Grenoble

EXPO PHOTO

Une terre de prophètes et de convoitises…

L’islam en Europe : entre peur et dialogue

Du 7 au 9 décembre Centre Notre-Dame du Roucas 341, chemin du Roucas Blanc 13007 Marseille www.chretiensdelamediterranee.com

Les derviches de Konya

Après Les visages du monde en 2010, le photographe Mehmet Ilbaysözü revient avec une série d’œuvres autour des cérémonies du tekke à Konya. Jusqu’au 16 décembre Palais des congrès et de la culture Rue d’Arcole 72000 Le Mans

EXPOSITION

Islam des mondes

SEYFEDDINE BEN MANSOUR TUNIS Lors d’un vote historique à l’Assemblée générale de l’ONU, la Palestine est devenue le 27 novembre dernier un Etat observateur aux Nations unies. Sur les 188 voix exprimées, on compte 41 abstentions, 9 contre, et 138 voix pour. L’Albanie et la Bosnie exceptés, qui ont choisi de s’abstenir, l’ensemble des pays musulmans ou à forte proportion de musulmans ont voté pour, parmi lesquels, naturellement, l’ensemble des pays arabes. Car au-delà de la question politico-morale qui la définit depuis plus de 60 ans – celle d’une terre spoliée et d’un peuple opprimé –, la Palestine est, en tant que telle, chère aux musulmans de quelque origine qu’ils soient, et aux Arabes, quelle que soit leur religion. Première des deux qiblas (direction de prière), c’est en effet vers Jérusalem que pendant 13 ans les musulmans se sont d’abord tournés pour prier, avant qu’une nouvelle révélation leur enjoigne en 624 de prendre désormais pour qibla la Kaaba (II, 144). C’est vers cette même Jérusalem que 2 ans avant l’Hégire le Prophète fit son Voyage nocturne et son Ascension : chevauchant al-Bouraq et accompagné de l’ange Gabriel, il s’élèvera vers les cieux depuis le Rocher sacré, descendra aux enfers et se rendra au mur du Temple. Deux ans après sa mort, la Palestine sera gagnée à l’islam : dès mars 634 en effet, ‘Amr Ibn al-‘As et Abou Bakr conquièrent Gaza et marchent sur Césarée (Qaysariyya).

COLLOQUE

Pourquoi les musulmans aiment la Palestine

AGENDA CULTUREL

Une route longue et sinueuse : les relations entre la Turquie et l’UE à travers les dessins de presse

Organisée dans le cadre de Cartooning for Peace en partenariat avec Tarih Vakfi, fondation pour l’histoire de la Turquie, l’exposition retrace le fil des relations entre la Turquie et l’Europe depuis les années 1960. L’ouverture donnera lieu à une conférence en présence de dessinateurs de presse turcs et français, suivie d’un cocktail. Du 10 au 20 décembre Vernissage le 10 décembre à 18:00 Centre culturel Anatolie 77, rue La Fayette 75009 Paris


OPINION15

7 - 13 DECEMBRE 2012 ZAMAN FRANCE

Faut-il se contenter d’une intervention militaire au nord du Mali ? Le 12 octobre, le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) a adopté à l’unanimité une résolution présentée par la France appelant les organisations régionales – c’est-à-dire la DIDIER BILLION Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et l’Union africaine (UA) – à présenter sous 45 jours un plan d’intervention armée visant à reconquérir militairement le nord du Mali tout en préconisant la mise en œuvre d’un processus de négociation entre le gouvernement malien et les rebelles. Cette résolution représente une étape intermédiaire avant que le Conseil de sécurité de l’ONU, par une deuxième résolution, donne son accord formel à l’opération militaire demandée par le Mali. Ensuite, le déploiement d’une force militaire prendra certainement plusieurs mois à se mettre en oeuvre. La France s’est beaucoup investie dans ce processus sous égide de la légalité internationale. Elle n’a pourtant cessé de répéter qu’elle ne prendrait pas directement part à une opération militaire et a constamment demandé que ce soit les Etats africains qui organisent eux-mêmes une telle intervention. L’Algérie, qui reste probablement le pays décisif pour contribuer à résoudre la situation a, pour sa part, longtemps refusé l’idée même d’une intervention militaire en privilégiant la voie de la négociation politique.

Pas de bonnes solutions pour le Mali Edité par : Source SARL 2, boulevard Saint Martin 75010 PARIS Directeur de la publication : HÜSEYİN KARAKUŞ Rédacteur en chef : EMRE DEMİR e.demir@zamanfrance.fr Gestionnaire administratif : FAHRETTİN TEKİN f.tekin@zamanfrance.fr Responsable publicité : MEHMET SELVİ m.selvi@zamanfrance.fr Secrétaires de rédaction : BAYRAM ŞEN b.sen@zamanfrance.fr FOUAD BAHRI f.bahri@zamanfrance.fr Directeur artistique : EVREN AYAZ e.ayaz@zamanfrance.fr

Relations publiques : SIDDIK İLHAN PARİS s.ilhan@zamanfrance.fr MEHMET DİNÇ Strasbourg m.dinç@zamanfrance.fr OSMAN USTA Orleans o.usta@zamanfrance.fr

Imprimerie : ROTOCENTRE 348, rue Marcel Paul 45770 SARAN Adresse : 2 Boulevard Saint-Martin 75010 PARIS Tel : 01 42 00 19 36 Faks : 01 42 00 19 58 info@zamanfrance.fr www.zamanfrance.fr - www.zamanfransa.com no CPPAP 112U90032 - ISSN 1869-5795 Tarif abonnement annuel France : 100€

Craignant un enlisement dans le cas d’une intervention militaire, le pouvoir algérien considérait en effet que le préalable à toute action était la nécessaire relégitimation du pouvoir

malien et la reconstitution de trafics de drogue, d’armes et son armée. Le 11 novembre, d’êtres humains. Toutefois les 20 Etats africains réunis à revendications de ces groupes Abuja, capitale du Nigeria, ont sont totalement divergentes approuvé l’envoi d’une force puisqu’elles vont de l’indéafricaine destinée à reconqué- pendance de l’Azawad (Mourir le nord du Mali. Une force vement national pour la libéde 3300 soldats doit être orga- ration de l’Azawad – MNLA) nisée et un plan à l’exigence de la stratégique est en mise en œuvre de train d’être élala charia (Ansar boré avant d’être Dine) ou à la transmis à l’UA volonté d’instaupuis à l’ONU. un émirat de «La France doit don- rer Nous sommes la Mauritanie à la ner des assurances Somalie (Al-Qaidans une situaconcrètes à l’Algérie» da au Maghreb tion où il n’y a pas de bonne islamique – AQMI solution. D’une part, il y a - et son allié, le Mouvement une légitimité à agir car la pour l’unicité et le jihad en situation sur le terrain induit Afrique de l’Ouest - Mujao). une véritable urgence. Tout Ainsi quand les séparatistes d’abord à cause du contrôle touaregs ont proclamé l’indépar la violence du nord du pendance de l’Azawad, le 6 Mali par des mouvements avril 2012, les forces djihadistes extrémistes qui semblent se ont dénoncé l’initiative explirenforcer en termes de recru- quant que pour eux l’essentiel tement, d’arsenal militaire et était de poursuivre le combat d’actions terroristes. Ensuite, pour l’instauration de la chaconséquence logique, parce ria. Depuis, ces groupes djihaque les populations du Nord distes, mieux armés, ont temsubissent des exactions quo- porairement pris le dessus. Ces tidiennes et qu’un drame divergences politiques entre humanitaire se prépare avec les groupes rivaux doivent plus de 200.000 déplacés ou non seulement être prises en réfugiés. Enfin, parce que des compte mais aussi exploitées risques de déstabilisation se pour accroître leurs divisions développent dans toute la et les affaiblir. Si le principe zone sahélienne et pourraient d’une intervention militaire se avoir des conséquences dans confirme, quatre dimensions l’Afrique sub-saharienne et devraient être menées de pair en Europe occidentale. Des pour espérer régler réellealliances existent en effet ment positivement la situaentre quatre forces politiques tion. La dimension militaire pour le contrôle des divers tout d’abord : elle suppose la reconstitution de l’armée malienne mise à mal par un coup d’Etat et une défaite militaire face aux rebelles du Nord ; le déploiement des forces africaines ; l’appui logistique par la formation, le renseignement et les forces spéciales provenant de la France, de l’Algérie et peut-être des Etats-Unis.

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Les conditions d’une intervention

L’intervention devra ainsi être très ciblée face à des milices extrêmement mobiles. Audelà de la reconquête des villes de Gao, Kidal et Tombouctou, se posera la difficile question du contrôle d’un immense territoire désertique. Les 1000 combattants jihadistes doivent être dissociés des

4000 combattants touaregs du MNLA, à qui il faut par exemple proposer des opportunités de reconversion. Il importe aussi de tarir les circuits d’approvisionnements en armes qui proviennent de Libye et transitent par l’Algérie. La dimension diplomatique suppose que les pays qui s’estiment trahis par la façon dont la résolution 1973 votée à propos de la Libye en mars 2011 à été appliquée, soient assurés que cette fois-ci l’intervention militaire planifiée sera strictement encadrée par une résolution de l’ONU et respectée par ladite communauté internationale. De ce point de vue la France doit faire un important effort d’explication et donner des assurances concrètes à l’Algérie pour qu’elle lève ses réticences et accepte d’assumer ses propres responsabilités dans la stabilisation de la région. La dimension politique implique que les rivalités qui minent les différentes factions du régime malien cèdent la place à l’unité au nom de la sauvegarde de la nation.

L’absence de remèdes économiques

Si du point de vue du droit international l’indépendance de l’Azawad n’a aucune légitimité, il n’en demeure pas moins que les dirigeants maliens doivent avoir la lucidité d’accorder une plus grande autonomie à la région touarègue du nord du Mali, voire envisager une solution fédérale. La dimension économique enfin reste la dimension absente des projets en cours. Les causes profondes de la crise au Mali renvoient pourtant, comme pour les autres pays de la région, à la conjonction d’une explosion démographique, d’une jeunesse sans perspectives, de la prolifération des trafics, de crises environnementale et sanitaire, et de l’extension d’un islam radical sous l’influence de puissances non africaines. C’est pourquoi la question de l’aide au développement est essentielle et que les puissances les plus riches doivent se mobiliser sans attendre pour aider le Mali et ses voisins. C’est en articulant ces quatre dimensions que sera évité un enlisement du conflit ou son déplacement vers d’autres zones géographiques proches. Il en va de l’avenir de la région. dbillion@iris-france.org


Messi, Ronaldo et Iniesta en lice pour le ballon d’or Le 7 janvier 2013 à Zurich, la fin du suspens prendra fin entre l’Argentin Lionel Messi, le Portugais Cristiano Ronaldo et l’Espagnol double champion d’Europe et champion du monde Andrés Iniesta. L’un de ces trois joueurs recevra le ballon d’or 2012.

Meilleur but 2012 : Miroslav Stoch, de Fenerbahçe, bien placé

Lionel Messi, Cristiano Ronaldo et Andrés Iniesta se disputeront le trophée du ballon d’or le 7 janvier prochain à Zurich.

FLORIAN GAMBIN PARIS De Cristiano Ronaldo, Lionel Messi ou Andrés Iniesta, qui a les meilleures chances de décrocher le ballon d’or 2012 qui sera remis le 7 janvier prochain à Zurich ?

Messi, l’homme de tous les records

Vainqueur en 2009, 2010 et 2011, Lionel Messi est cette année encore le grandissime favori à sa propre succession. En 2012, il a fait tomber une pluie de records et est devenu le meilleur buteur de l’histoire du F.C Barcelone en matchs officiels (279 buts), d’un championnat européen sur une saison (50 buts) et de la Ligue des Champions également sur une saison (14 buts). En club, il a remporté avec le F.C Barcelone la coupe et la Supercoupe d’Espagne. Avant la fin de l’année, il devrait décrocher un autre record, celui du

meilleur buteur de l’histoire sur une année civile. Avec ses 84 buts, il ne devrait pas tarder à dépasser l’Allemand Gerd Müller et ses 85 buts.

Ronaldo, l’éternel second ?

Trois fois deuxième en 2007, 2009 et 2011, Cristiano Ronaldo ne souhaite certainement pas voir encore une fois le ballon d’or lui passer sous le nez. La saison précédente, il a permis au Real Madrid de reconquérir le titre de champion d’Espagne. Il a emmené à lui seul la sélection portugaise en demi-finale de l’Euro 2012 en ne se faisant éliminer qu’aux tirs aux buts par l’Espagne. La différence avec son rival, c’est que Ronaldo est très souvent seul en club comme en sélection et n’a pas la chance, comme Messi, d’être entouré de joueurs tels qu’Iniesta ou Xavi qui peuvent prendre le relais.

Iniesta enfin dans la lumière ?

Double champion d’Europe et champion du monde, Andrés Iniesta a déjà remporté toutes les plus prestigieuses récompenses qui existent à seulement 28 ans. Élu meilleur joueur de l’Euro 2012, ses qualités individuelles ont enfin été récompensées par la Fifa qui lui a décerné le prix du meilleur joueur évoluant en Europe. Si le ballon d’or lui revient, il réussira un véritable exploit en étant le premier à avoir stoppé depuis 2008 la lutte entre les deux phénomènes Lionel Messi et Cristiano Ronaldo. Andrés Iniesta peut jouer les troubles fête. En 2010, il avait déjà fini sur la seconde marche du podium. Vu son palmarès, il serait logique que le trophée lui revienne, car sur la technique personne ne peut les départager et chacun mérite de l’emporter.

Lors de la cérémonie de remise du Ballon d’or 2012, le 7 janvier prochain à Zurich, sera également décerné le prix Puskas 2012. Ce trophée récompense le plus beau but de la saison 2011/2012. Le joueur slovaque du Fenerbahçe, Miroslav Stoch, 23 ans, tentera de succéder au Brésilien Neymar, vainqueur de l’édition 2011. La tâche sera ardue, car il se trouve opposé au lauréat 2011, le prodige de Santos, Neymar, 20 ans, et la pépite colombienne de l’Atlético Madrid, Falcao, 26 ans. Le joueur de Fenerbahçe a néanmoins toutes les chances de l’emporter : son but inscrit le 3 mars 2012 contre Gençlerbirligi est un véritable chef-d’œuvre. À la suite d’un corner, il déclenche aux 25 mètres une reprise de volée monumentale du pied droit, qui vient se loger en pleine lucarne du gardien de but adverse. Tous les amoureux du ballon rond peuvent d’ores et déjà voter pour élire le lauréat 2012. Il suffit de se rendre sur le site de la Fifa (www.fifa.com), où l’on peut découvrir les trois vidéos et choisir le plus beau but de l’année 2012.

Luis Figo : le racisme «n’est pas un problème de football» Le racisme n’est pas un problème particulier au football, mais un problème plus large de société, a déclaré mercredi à l’AFP Luis Figo, l’une des légendes du football portugais, après une série d’incidents dans des stades européens. Figo, à New York pour promouvoir le travail fait par l’Inter Milan auprès de jeunes vivant dans des environnements difficiles, a souligné que ce travail montrait que «le football a une responsabilité». Le projet, appelé Inter Campus, enseigne le football à environ 10.000 enfants dans 25 pays. Mais en dépit d’accusations de racisme impliquant des fans européens, des joueurs et même récemment un arbitre, Figo a estimé que son sport n’était pas en cause. «Ce n’est

pas un problème de football», a déclaré l’ancien du F.C. Barcelone, du Real Madrid et de l’Inter, Ballon d’or en 2000. «C’est comme tout. Dans un stade où il y a tant de gens, vous en trouverez toujours qui ne sont pas intelligents. Je pense que c’est un problème de société, ce n’est pas seulement un problème de football», a-t-il déclaré dans les bureaux de l’ambassadeur d’Italie à l’ONU.

Zidane ou Messi : qui est le meilleur ?

Pour Figo, si certains supporters ont un problème de racisme, ce n’est pas le cas des joueurs, même si parfois ils peuvent tenir des propos qui sembleraient l’accréditer. «Parfois, cela peut arriver pendant le jeu, au plus fort

de l’action, vous allez dire des choses sans réfléchir», explique-t-il. «Mais je ne pense pas que les joueurs pensent comme ça», insiste-t-il. Surtout à l’ONU, Figo sait être diplomate. Et quand on lui demande qui est le meilleur, de l’ancien capitaine de l’équipe de France Zinédine Zidane ou de l’Argentin Lionel Messi, il ne choisit pas : «Ce sont des joueurs complètement différents. Pour moi, c’est très difficile d’en choisir un. La plus grande différence, c’est que dans cette génération, il y en a probablement seulement quatre ou cinq parmi lesquels vous pouvez choisir. Dans la génération de Zidane, ou probablement avant [...] si vous comptez, vous trouvez 20 ou 25 grands footballeurs.»

L’ancien capitaine de la sélection portugaise Luis Figo estime que la question du racisme ne doit pas être cantonnée au football, mais relève de la responsabilité de l’ensemble de la société.


Zaman France N°242 - FR