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Vivre sa grossesse en hiver nécessite une alimentation adaptée. D’après la diététicienne turque Dilan Dalgiç, les femmes enceintes doivent privilégier la consommation de fruits, de légumes, et de produits à base de protéines pour renforcer la constitution de l’enfant à naître.

03 FRANCE

SANTE

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Ce que doivent manger les femmes enceintes en hiver

WWW.ZAMANFRANCE.FR

Islam de France : le sondage de tous les dangers D’après un sondage publié dans le quotidien Le Monde, 74 % des Français jugent que l’islam est une religion intolérante et 8 personnes sur 10, qu’elle cherche à imposer son mode de vie. Une étude alarmante qui met aussi en avant la défiance ressentie envers la démocratie et la classe politique.

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Révélations sur un nid d’espions militaires en Turquie Après Ergenekon et Balyoz, une nouvelle affaire d’Etat vient d’éclater en Turquie. Les services d’enquête judiciaire ont découvert l’existence d’un gang d’espions niché au sein de l’armée qui recrutait des prostituées et les utilisaient pour obtenir des informations contre le gouvernement et des institutions telles que le MIT et la TSK. R TURQUIE 10 EDITO

L’affaire Selek, un défi pour la démocratie turque EMRE DEMIR r02

Chute d’escalade : un père indigné porte plainte rFRANCE 02

Pinar Selek, nouvelle victime du coup d’Etat du 28 février

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Condamnée à perpétuité pour terrorisme par une cour d’Istanbul, la sociologue turque Pinar Selek, qui vit à Strasbourg, va demander l’asile politique à Paris. Pour Zaman France, elle revient sur les raisons de cet acharnement judiciaire, pure conséquence du coup d’Etat du 28 février qui «n’a pas touché que les milieux religieux», confie-t-elle. RFRANCE 06

«On a l’impression que l’école ne suffit pas»

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Alors que le débat sur la réforme des rythmes scolaires bat son plein, les parents d’élèves s’inquiètent. Et si la solution à la faillite scolaire se trouvait du côté de l’accompagnement ? Pour Mahacen Varlik, chef de projet pédagogique à la Fédération Etude Plus, une chose est sûre : «on a l’impression que l’école ne suffit pas». RSOCIETE 08

Erdogan remercie 4 ministres rTURQUIE 09

«Il faut que M. Hollande se rende en Turquie» Sénateur PS de la Gironde et viceprésident du groupe d’amitié FranceTurquie au Sénat, Philippe Madrelle fait un état des lieux des relations entre les deux pays, et nous explique pourquoi François Hollande doit se rendre en Turquie. 1INTERVIEW 05


02 SOCIETE

Chute d’escalade : un père indigné porte plainte

EDITO EMRE DEMIR

L’affaire Selek, un défi pour la démocratie turque Pinar Selek a été condamnée jeudi 24 janvier à la réclusion criminelle à perpétuité par la 12e cour pénale du tribunal d’Istanbul. Elle a été relaxée trois fois, mais l’objection de la Cour suprême lui a valu ce quatrième procès, à l’issue duquel elle vient d’être condamnée à la réclusion à perpétuité pour terrorisme. L’affaire Selek symbolise toutes les failles du système judiciaire turc. Hérités des longues années du conflit avec le PKK, la loi relative à la lutte contre le terrorisme (TMK) et le Code pénal (TCK) ne sont pas compatibles avec la jurisprudence européenne. Lorsqu’en septembre 2010, 58 % des Turcs ont voté «oui», l’espoir était grand que le référendum constitutionnel permette d’accélérer la réforme judiciaire. Contrairement aux attentes, le gouvernement Erdogan n’a pas pu relancer le débat pour une nouvelle constitution civile, mais à la différence de la médiatisation faite en France, Pinar Selek n’est pas tombée dans le piège d’une vision caricaturale de son pays. La Turquie n’est plus un pays sous-développé dirigé par une dictature militaire. C’est un pays en transformation, avec ses défauts. Pinar Selek fait ainsi le constat que des éléments de l’Etat profond continuent d’agir en Turquie. Il est vrai qu’une structure autoritaire qui a derrière elle un siècle durant lequel elle a régné sur une Turquie sous contrôle est toujours là. C’est un phénomène que nous observons notamment à travers certaines décisions du pouvoir judiciaire. Même si le gouvernement a obtenu un pouvoir jusqu’alors inégalé, après une longue bataille politique contre l’armée turque, ce phénomène est encore à l’œuvre dans un système judiciaire hérité du coup d’Etat de 1980. Comme Pinar Selek le souligne dans son interview à Zaman France, elle est victime du coup d’Etat du 28 février 1997 comme l’a été l’électorat conservateur d’Anatolie qui a mené l’AKP au pouvoir en 2002. Aussi, les milieux conservateurs de Turquie se doivent d’être aux côtés de Pinar Selek dans ce combat. Si l’on souhaite qu’une démocratie mature puisse se consolider en Turquie, toutes les franges de la société turque doivent cultiver l’empathie, pour mieux incarner ces principes universels qui au final les unissent. e.demir@zamanfrance.fr

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SOPHIE SOUCHARD PARIS «Je ne veux pas que d’autres parents vivent ce que l’on a vécu», s’indigne Ahmet Pehlivan. Ce père d’un enfant de douze ans est encore très ému quelques semaines après l’accident de son fils, qui a fait une chute de cinq mètres en faisant de l’escalade le 9 janvier dernier dans la commune de Gien située dans le Loiret. Le père raconte que son fils est resté en situation critique pendant 72 heures, et a été hospitalisé pendant dix jours. Outre les hématomes internes et externes et une fracture du coccyx, il s’est finalement avéré que l’enfant souffrait d’une légère fissure crânienne. Si la situation semble redevenue normale à présent, les parents du jeune garçon attendent encore les résultats de nouveaux examens prévus prochainement à Tours. Sous le choc, ils ne peuvent que déplo-

rer cet incident et mettre tout en œuvre pour éviter une récidive. Mais qui est responsable de cette chute qui aurait pu être mortelle ? Le père a immédiatement porté plainte contre le club Atout Grimpe qui a d’ailleurs pris en charge tous les frais médicaux de l’enfant.

La gendarmerie ouvre une enquête

Pour M. Pehlivan, il ne fait aucun doute que la chute de son enfant est due au déchirement du baudrier, les contrôles de sécurité du matériel d’escalade étant insuffisants. «On a eu très peur. On n’a pas mangé, ni dormi pendant 72 heures. Je l’ai envoyé à ce club en leur faisant confiance», affirme le père, encore sous le choc de l’accident récent de son fils. Le but de son geste n’est pas de recevoir une quelconque indemnité, mais bien de faire en sorte qu’un tel

Le 9 janvier, à Gien dans le Loiret, un jeune Franco-turc a été victime d’un grave accident en pratiquant l’escalade.

incident, qui aurait pu tourner au drame, ne puisse pas se reproduire. Pourtant, selon le président du club M. Frédéric Durot joint par Zaman France, l’enfant s’était encordé au mauvais endroit du baudrier. Il aurait noué le cordage à la mauvaise sangle, dont les

coutures auraient cédé sous le poids de l’enfant. Or ce dernier, pratiquant l’escalade depuis quelques mois déjà, serait tout à fait apte à vérifier seul son équipement. Seule l’enquête de gendarmerie récemment ouverte pourra donner un éclairage nouveau à cette affaire.

Selon l’agence des Nations Unies pour les réfugiés, l’UNHCR, la crise au Mali a déplacé depuis l’année dernière plus de 370.000 personnes. Beaucoup ont trouvé refuge dans la ville de Djenné, au centre du pays.

...ET UNE MAUVAISE

UNE BONNE...

Attentats anti-turcs en Autriche

Suite à l’adoption par le parlement turc du projet de loi autorisant les prévenus à s’exprimer dans leur langue maternelle, un premier traducteur officiel a été désigné à Diyarbakir. Un prévenu jugé dans cette ville et parlant le turc a déclaré qu’il voulait s’exprimer en kurde, sa langue maternelle, lors de sa défense, et qu’il avait déjà un traducteur. Bien que

La police autrichienne enquête sur une série d’attaques contre des centres culturels turcs et kurdes à Vienne, avec comme possibles pistes les séparatistes kurdes du PKK ou des groupes néo-nazis, a rapporté la presse samedi. Dans la nuit de mardi, des incendiaires ont causé d’importants dégâts à l’Atatürk Kulturzentrum (Centre culturel Atatürk)), deux

la loi n’ait pas été signée par le président, les membres du tribunal ont désigné un traducteur à l’unanimité, du fait que le prévenu s’est procuré un traducteur et que le projet de loi a été adopté par le parlement. Le prévenu a fait sa plaidoirie dans sa langue maternelle, puis son traducteur a retranscrit ses propos en turc après avoir prêté serment.

mois après des jets de cocktails Molotov contre une librairie turque. En janvier, un centre culturel kurde de Vienne a été vandalisé. En absence de tout lien entre les trois attaques, les enquêteurs de Vienne recherchent «dans toutes les directions» et la police a renforcé sa surveillance, a déclaré un porte-parole de la police au quotidien Die Presse.

NOUVELLE

Le kurde autorisé dans les tribunaux turcs


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«On ne va pas faire voter des étrangers qui haïssent la France» Déclaration de Christian Estrosi tenue sur Europe 1 à propos du droit de vote des étrangers aux élections municipales.

Islam de France : le sondage de tous les dangers D’après un sondage publié dans le quotidien Le Monde, 74 % des Français jugent que l’islam est une religion intolérante et 8 personnes sur 10, qu’elle cherche à imposer son mode de vie. Une étude alarmante qui met aussi en avant la défiance ressentie envers la démocratie et la classe politique. Près de trois Français sur quatre estiment que l’islam n’est pas compatible avec les valeurs républicaines, selon un sondage Ipsos intitulée «France 2013 : les nouvelles fractures», réalisé sur Internet du 9 au 15 janvier pour le quotidien Le Monde dans le cadre d’une enquête sur le populisme. Selon ce sondage, 74 % des personnes interrogées estiment que l’islam est une religion «intolérante», incompatible avec les valeurs de la société française. 8 Français sur 10 estiment que la religion musulmane cherche par ailleurs à imposer son mode de fonctionnement aux autres. Enfin, plus de la moitié pensent que les musulmans sont «en majorité» (10 %) ou «en partie» (44 %) intégristes, sans que l’on sache ce que recouvre ce «qualificatif». Interrogées sur la tolérance des religions en France, 24 % des personnes sondées estiment que la religion catholique est «tout à fait tolérante», contre 13 % pour la religion juive et seulement 3 % pour la religion musulmane.

Manifestation de mouvements identitaires français contre l’islam, en novembre 2012.

Zoom

Strasbourg publie un calendrier interreligieux La ville de Strasbourg a décidé d’éditer un premier «calendrier des religions» pour 2013, en accord avec les représentants de six cultes, a indiqué mercredi à la presse son maire Roland Ries (PS). Les principales fêtes des six religions y sont signalées par les symboles de la roue bouddhiste, des croix catholique, orthodoxe et protestante, de l’étoile juive et du croissant islamique. Le tirage de cette première édition, destinée à être distribuée par les différents cultes, n’est que de deux mille exemplaires. Mais ce calendrier pourrait aussi être mis à la disposition du public via le site internet de la municipalité, a précisé l’adjoint au maire en charge des cultes Olivier Bitz (PS).

Un outil de lutte contre l’ignorance

«Un des facteurs principaux de l’intolérance, c’est l’ignorance de ce que font les autres», a souligné M. Ries. Il a «associé aussi

à ce travail ceux qui n’ont pas de religion (athées ou agnostiques)». Dans ce calendrier ‒ dont chaque mois est illustré par une oeuvre photographique ‒ à l’épiphanie chrétienne de janvier succède pour février la commémoration de la mort de Bouddha, et en mars Pessah (la libération du peuple hébreu).

Juillet marque principalement le jeûne du Ramadan, septembre les trois fêtes juives de Tichri, octobre la grande fête musulmane du sacrifice, octobre la Toussaint catholique et décembre le Noël chrétien. La seule célébration non religieuse que les auteurs ont fait figurer dans ce calendrier est la fête nationale du 14 juillet.

Trop d’étrangers pour 70 % des Français

Strasbourg éditera en 2013 un calendrier des religions en concertation avec les responsables religieux des six principaux cultes de la ville.

A l’inverse, 7 % jugent la religion catholique «plutôt pas tolérante du tout», contre 10 % pour la religion juive et 39 % pour la religion musulmane. Quand à la compatibilité des religions avec les valeurs de la société française, 89 % des personnes interrogées mettent en premier le catholicisme, contre 75 % pour le judaïsme et 26 % pour l’islam. 51 % des personnes interrogées jugent par ailleurs que «le déclin de la France est inéluctable», contre 49 % qui pensent qu’il «n’est pas inéluctable». 90 % vont plus loin et trouvent que «la puissance économique française» a décliné. Le désenchantement concerne également la politique, 82 % approuvant l’affirmation selon laquelle les responsables politiques «agissent principalement pour leurs intérêts personnels», et 72 % allant jusqu’à dire que «le système démocratique fonctionne plutôt mal en France». Enfin, 29 % seulement jugent que «l’immense majorité (des immigrés vivant en France) est bien intégrée» contre 70 % qui partagent l’idée qu’ «il y a trop d’étrangers en France», et 57 % que «le racisme anti-blanc est assez répandu en France». L’enquête Ipsos/Le Monde, intitulée «France 2013 : les nouvelles fractures» a été réalisée auprès de 1.015 personnes âgées de 18 ans et plus selon la méthode des quotas.


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«Il faut que M. Hollande se rende en Turquie» Sénateur PS de la Gironde et vice-président du groupe d’amitié France-Turquie au Sénat, Philippe Madrelle fait un état des lieux des relations entre les deux pays, et nous explique pourquoi François Hollande doit se rendre en Turquie. TEOMAN AYDOGAN BORDEAUX

Pouvez-vous nous parler du rôle du groupe d’amitié France-Turquie au Sénat dans les relations entre les deux pays ?

Il exerce différentes missions. Il sert de relais avec les instances diplomatiques, organise des conférences, des rencontres, des missions en Turquie. Il a un rôle d’information, de veille... On reçoit souvent, 3-4 fois par an par exemple, les représentants du gouvernement turc, les élus turcs, les ambassadeurs de la Turquie en France. C’est un vrai groupe d’amitié qui fonctionne bien et qui se réunit très régulièrement. On peut dire que c’est un groupe vraiment très actif.

Quels sont vos futurs projets pour améliorer les relations mutuelles ?

Dans le contexte géopolitique actuel, elle est appelée à jouer un rôle de premier plan au niveau international. Mais, depuis longtemps, elle était une victime de préjugés culturels. C’est un grand pays qui peut changer l’équilibrage de l’Europe. Certains mettent en avant un problème de religion, mais Atatürk a bien fondé une République laïque. La religion, on la respecte, mais l’Etat est quand même laïc. Je conseille aux gens qui connaissent mal le pays, l’ouvrage de Michel Rocard Oui à la Turquie (Hachette) qui explique toutes ces réticences. La Turquie fait peur, alors que nos deux pays sont liés depuis l’Empire ottoman.

Trois chapitres des négociations ont été gelés par la France sous la présidence de M. Sarkozy. Donc Ankara attend beaucoup de M. Hollande sur le dossier européen. Que pensezvous de l’avenir des relations franco-turques et d’une visite éventuelle du président en Turquie ?

La tâche est immense. Il faut continuer à travailler pour faire connaître la culture de ce grand pays, favoriser les échanges. Au niveau du département de la Gironde, depuis très longtemps, nous essayons de contribuer au Je compte sur la détermination de renforcement des liens. A l’occa- président Hollande pour inverser la tendance. De toute sion de l’Année de la façon, après Sarkozy Turquie en France, qui a carrément nous avons organisé mené une croisade une exposition avec anti-turque, les rapAttila Durak, des renports entre nos deux contres avec Cengiz Aktar, Nedim Gür- «Ce n’est pas au légis- pays ne peuvent que sel. Le conseil Génélateur de fixer une s’améliorer. Il faut ral de la Gironde vérité historique» m e t t r e u n t e r m e à ce climat mène d’ailleurs une politique de coopération décen- de défiance, de mépris tralisée avec la région de Samsun. exacerbé par l’initiative électoraliste sur le dosLa question des relations bilaté- sier arménien. Il faut rales pose celle de l’UE. Pourquoi le se dégager parfois de processus d’adhésion de la Turquie certaines influences. est-il, selon vous, si difficile et si On sait très bien que les communautés arlong ? La Turquie est un pays immense méniennes sont très avec une importante population, présentes mais, je le une croissance forte, des atouts dis souvent, il ne faut économiques considérables, une pas oublier que les

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position géographique sensible.

Philippe Madrelle est le vice-président du Groupe d’amitié France-Turquie au Sénat.

communautés turques aussi se manifestent. Vous êtes très nombreux. Et, je pense qu’il y a des rapprochements, des rencontres. Récemment, le ministre des Affaires étrangères français M. Laurent Fabius est allé là-bas. Je pense qu’il faut que M. Hollande se rende en Turquie.

Vous évoquiez la question arménienne. Qu’en pensez-vous personnellement ?

Mes idées n’ont jamais varié et sont connues. En février 2012, avec 82 de mes collègues appartenant à tous les groupes politiques, j’avais signé le recours auprès du Conseil constitutionnel qui a censuré la loi adoptée par le Parlement. Par la loi du 29 janvier 2001, la France avait déjà reconnu publiquement le génocide. J’estime que les parlementaires n’ont pas à s’ériger en historiens, que le Parlement n’a pas à s’ériger en tribunal de l’histoire. Ce n’est pas au législateur de fixer une vérité historique, d’imposer une lecture officielle. Si vous

sortez dans la rue, les Turcs ne peuvent pas approuver que sans arrêt les Français mettent une opposition pour quelque raison. On peut regretter que cette cause arménienne ait toujours été prise en otage des combats électoraux dans notre pays. J’ai toujours combattu cette loi dangereuse, inutile et opportuniste. Il faut d’abord penser à l’intérêt général. Vous êtes un grand pays et vous pouvez vous tourner ailleurs. La Turquie est très importante pour l’Europe politiquement, géopolitiquement, économiquement et culturellement. Et vous êtes une civilisation ancienne et vous avez une très grande histoire. Il nous faut un pont pour les relais. Autrement dit, l’UE n’est pas un club de chrétiens et un pays musulman peut nous faire gagner en richesse.

Malheureusement la France n’a pas non plus une bonne image en Turquie actuellement, notamment à cause de cette loi. Vous êtes connu comme un ami des Turcs, qu’auriezvous à dire aux Turcs de France ?

Vous savez, il y a d’une part la politique qui s’exprime de façon officielle par les chefs d’Etat, et d’autre part les liens tissés par les citoyens qui eux, sont solides et contribuent à un approfondissement de l’amitié entre les peuples. Mon souhait, c’est qu’on puisse se retrouver ensemble dans une entité économique, politique et culturelle. Les Turcs de France, ce sont des entrepreneurs, ils se battent pour travailler. La Turquie existe déjà en Europe, il y a plus de 5 millions d’habitants au total, presque partout en Europe. Actuellement, il y a un changement d’avis important chez les Français. J’étais jeune quand je suis rentré au Sénat, en 1980, et au fur et à mesure, je peux observer les changements chez les sénateurs.


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01 - 07 FEVRIER 2013 ZAMAN FRANCE

Pinar Selek, nouvelle victime du coup d’Etat du 28 février

MON AVOCAT Canan Özenici

Avis aux jeunes entrepreneurs

Condamnée à perpétuité pour terrorisme par une cour d’Istanbul, la sociologue turque Pinar Selek, qui vit à Strasbourg, va demander l’asile politique à Paris. Pour Zaman France, elle revient sur les raisons de cet acharnement judiciaire, pure conséquence du coup d’Etat du 28 février qui «n’a pas touché que les milieux religieux», confie-t-elle. plosion n’ayant pas été établi et le FERHAN KOSEOGLU PARIS Jugée et condamnée à la pri- principal témoin s’étant rétracté, son à vie pour terrorisme la Cour de cassation ait, à chaque jeudi 24 janvier par un tribunal fois, invalidé le jugement. Elle préd’Istanbul qui l’a rejugée pour la cise d’ailleurs qu’une fois, la déciquatrième fois après trois acquit- sion a été invalidée par des juges tements, la sociologue turque Pi- qui remplaçaient le principal resnar Selek s’apprête à demander ponsable de cette affaire judiciaire, absent, alors que ces l’asile politique au derniers ne connaisgouvernement fransaient pas le dossier. çais. Dans un entretien La décision est, selon accordé à Zaman elle, d’autant plus France, l’intellectuelle contestable que le a livré son sentiment sur l’acharnement ju- «Ils sont responsables président du tribunal diciaire dont elle est la de tout ce qui pourra a agi contre les provictime. La sociologue m’arriver demain» cédures habituelles et que la sentence de qui vit à Strasbourg se considère comme une victime du la perpétuité n’a pas été décidée à processus qui se poursuit depuis l’unanimité. La jeune intellectuelle le coup d’Etat postmoderne du 28 fait ainsi le constat que des éléfévrier 1997. «Ce processus n’a pas ments occultes continuent d’agir touché que les milieux religieux, en Turquie en rappelant qu’on ajoute-t-elle, mais a aussi touché vient de découvrir que l’ancien beaucoup d’autres gens.» Pinar président Turgut Özal avait finaSelek, qui conteste la décision du lement été assassiné. tribunal qu’elle juge injuste, précise que la procédure a fait l’objet d’une intervention extérieure le 22 novembre dernier. Ceci expliquerait le fait qu’ayant été acquittée à trois reprises, le caractère criminel de l’ex-

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Des accusations blessantes pour Pinar Selek

Pour Pinar Selek, le plus dur est d’avoir été considérée comme un assassin et présentée comme la responsable d’un attentat à l’explosif dans un site touristique d’Istanbul, qui a fait sept morts en 1998. «Ils sont responsables de tout ce qui pourra m’arriver demain» ajoute-t-elle, en rappelant que Hrant Dink aussi avait été présenté comme un ennemi des Turcs, «alors qu’il essayait bien au contraire de rapprocher les personnes différentes, il menait un combat pour le dialogue». L’accuser de ce à quoi il était précisément opposé était, selon elle, une façon d’en finir avec lui. Des dizaines de militants des droits de l’Homme, féministes et universitaires européens, soutiennent la chercheuse. «On s’acharne sur notre collègue parce qu’elle a exercé son métier dans le respect de l’éthique, en refusant de trahir ses sources», a commenté Bruno Cousin, vice-président de l’Association française de sociologie, après le jugement. «Pinar Selek est une figure symbolique. Si des gens comme elle pouvaient travailler librement en Turquie, la Turquie serait un pays différent», a déclaré à l’AFP l’écrivain allemand Günter Wallraff. Egalement présente à Istanbul, Pernelle Richardot, adjointe au maire de Strasbourg, estime que «le cas de Pinar Selek devient emblématique d’une justice qui ne fonctionne pas aujourd’hui en Turquie».

D’après l’écrivain allemand Günter Wallraff, «Pinar Selek est une figure symbolique. Si des gens comme elle pouvaient travailler librement en Turquie, la Turquie serait un pays différent.»

Le 24 janvier dernier, au ministère des Finances, devant un parterre d’entrepreneurs, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, et Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des PME, de l’Innovation et de l’Economie numérique, ont signés la Charte nationale du mentorat entrepreneurial. Il s’agit d’un système d’accompagnement sur-mesure d’un jeune entrepreneur (le mentoré) par un chef d’entreprise expérimenté (le mentor). Le dispositif a fait ses preuves en termes de sécurisation des entrepreneurs et de leur entreprise. Cette charte va permettre d’encadrer et de développer le dispositif déjà mis en place de mentorat, réservé à quelques privilégiés de la région parisienne où il a été mis en place depuis cinq ans. Tous ceux qui ont pu bénéficier de ce système soulignent, unanimes, les bienfaits d’une relation désintéressée, car bénévole, et profitable pour les deux parties. Les mentors peuvent partager leurs expériences tout en étant confrontés aux nouvelles problématiques, tandis que les mentorés se sentent libres de s’exprimer et surtout un peu moins seuls face aux contraintes qu’ils affrontent au jour le jour. Il s’agit, pour les pouvoirs publics, d’un véritable levier pour pérenniser les entreprises. «D’après les études sur le sujet, ce dispositif d’entraide entre pairs fonctionne. Le mentorat est une vraie chance pour les entrepreneurs. Car quand on est accompagné, on a plus de chances de réussir et de pérenniser son entreprise», a souligné Fleur Pellerin. Ce dispositif s’inscrit dans le cadre du pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi qui prévoit un ensemble de mesures pour notamment doubler le nombre de créations d’entreprises de croissance d’ici à cinq ans. Et la ministre voit dans ce système d’accompagnement un levier d’importance pour atteindre cet objectif. Les mentors et mentorés, nouveaux relais auprès du gouvernement qui seront habilités, selon Arnaud Montebourg, à lui dire «vous êtes des fous, là, cette loi, il faut la modifier» ! Il faut comprendre que le gouvernement compte sur ces «volontaires de la croissance» pour faire remonter des informations du terrain. Parce qu’une entreprise qui se développe bien est une entreprise qui crée de l’emploi, le gouvernement ne perd pas le nord en mettant en place de telles mesures, d’autant que le taux de chômage a atteint en France la barre des 10 %. TPE et PME, premiers créateurs d’emplois en France : on compte sur vous ! Pour vos questions : ceruguz@yahoo.fr


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«On a l’impression que l’école ne suffit pas» Pour la Fédération Etude Plus, spécialisée dans l’accompagnement scolaire, les structures associatives doivent davantage intégrer les parents dans leur méthodologie globale.

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AUTOMOBILE

BREVES ECO

Daimler investit dans ses usines turques

Le constructeur automobile Daimler prévoit d’investir 40 millions d’euros dans ses deux usines turques d’Istanbul et d’Aksaray où sont produits des bus et des camions. Par ailleurs, Mercedes-Benz Türk, filiale qui commercialise des voitures importées des marques Mercedes et Smart en Turquie, prévoit une hausse de ses ventes dans le pays. Cependant, la production de voitures particulières en Turquie n’est pas envisagée par le groupe Mercedes-Benz. En 2012, Daimler a vendu 39.852 véhicules neufs en Turquie, soit une croissance des ventes de 4,1 %, dont 12.730 voitures particulières.

Bilan décevant pour la Turquie

Avec un taux de croissance économique dépassant les 4 % en 2010 et 2011, la Turquie abordait sereinement la crise économique mondiale. Pourtant ses répercussions n’auront pas mis longtemps à se faire sentir. Le bilan 2012 est décevant : la croissance a stagné à 1%. Avec une économie principalement basée sur la demande intérieure, la Turquie souffre aujourd’hui de sa balance négative des exportations nettes. L’Etat pourrait choisir de taxer plus pour tenter d’atteindre les 4 % de croissance prévisionnelle pour 2013, mais la croissance devra surtout venir de l’étranger.

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Alors que le débat sur la réforme des rythmes scolaires bat son plein, les parents d’élèves s’inquiètent. Et si la solution à la faillite scolaire se trouvait du côté de l’accompagnement ? Pour Mahacen Varlik, chef de projet pédagogique à la Fédération Etude Plus, une chose est sûre : «on a l’impression que l’école ne suffit pas». SOPHIE SOUCHARD PARIS «Accompagnement scolaire : quels outils face aux nouveaux défis ?» : le colloque organisé au Sénat par la Fédération Etude Plus le 6 février prochain se veut ambitieux et pragmatique. Cette fédération d’associations d’accompagnement scolaire ouvrira la discussion sur la nécessité d’intermédiaires entre la famille, l’école et l’élève. «Il y a aujourd’hui un déficit de crédit qui fait qu’on a l’impression que l’école ne suffit pas et qu’il faut compléter absolument par un accompagnement en dehors des heures de scolarité» constate Mahacen Varlik, chef de projet pédagogique à la Fédération Etude Plus. Face aux problèmes liés aux difficultés des réformes scolaires, la nécessité d’un accompagnement efficace se fait cruellement sentir. Mahacen Varlik souligne en effet que ce domaine en pleine expansion «est de plus en plus investi par des sociétés et non plus seulement par des associations sans but lucratif». Acadomia, Maxicours, autant d’entreprises qui profitent de ce besoin d’accompagnement des

élèves en faisant concurrence aux associations non lucratives.

Un manque de méthodologie pédagogique

Face à ces sociétés, les associations d’accompagnement scolaire souffrent d’un manque d’organisation. «On se repose beaucoup sur la bonne volonté des gens, des accompagnateurs, des bénévoles. Mais la démarche pédagogique n’est pas très structurée. Est-ce qu’on fait ce qu’il faut avec les enfants ? Ce n’est pas toujours sûr», relève la chef de projet pédagogique chez Etude Plus. L’accompagnement scolaire, nécessaire, a néanmoins besoin de se professionnaliser tout en conservant son esprit non lucratif. C’est l’un des enjeux principaux du colloque du 6 février dont le but sera avant tout de permettre aux différents acteurs de l’accompagnement scolaire en milieu associatif de se rencontrer pour échanger leurs expériences et améliorer leur travail. Réunir les directeurs d’établissements scolaires et les personnes du milieu associatif au Sénat est une façon de «donner plus

d’aura à cet événement, d’éveiller les politiques» et de les rendre plus sensibles à l’accompagnement des élèves en dehors de l’école.

L’enfant, sa famille et l’école

Plus qu’une simple aide aux devoirs, l’accompagnement scolaire est une approche beaucoup plus globale et complète. Il s’agit de mettre en place un véritable «travail triangulaire de coordination entre l’enfant, la famille et l’établissement scolaire» en éduquant aussi les parents qui ne savent pas toujours comment jouer leur rôle. Comme l’indique Mme Varlik, «l’accompagnement éducatif se fait aussi par le biais de l’organisation de sorties au musée», et «de moments d’éducation à la vie en général». Intermédiaire indispensable entre l’élève, sa famille et l’école, l’accompagnement scolaire serait donc aujourd’hui la meilleure réponse à un secteur éducatif français en pleine crise. Colloque au Sénat le 6 février 2013 de 9:00 à 12:30. Contact : 01 43 32 08 34

L’Agence française de développement (AFD) participera à hauteur de 45 millions d’euros aux coûts de l’extension sud de la ligne de métro M2 d’Istanbul. Un financement total de 524 millions d’euros est prévu pour ce projet.


09 TURQUIE Erdogan remercie 4 ministres

01 - 07 FEVRIER 2013 ZAMAN FRANCE

Le gouvernement a annoncé jeudi 24 janvier un remaniement ministériel. Les ministres de l’Intérieur, de la Culture, de la Santé et de l’Education ont été remplacés. La plupart d’entre eux avaient exprimé leur désaccord vis-à-vis de la politique du Premier ministre. YAZGI GIRAY PARIS Il était attendu et beaucoup spéculaient sur son ampleur. Le remaniement ministériel décidé par le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan le 24 janvier concerne finalement quatre ministères. Le ministre de l’Intérieur Idris Naim Sahin laissera sa place à Muammer Güler, anciennement sous-secrétaire de l’Ordre public et de la Sécurité. Le ministre de la Culture, Ertugrul Günay, sera remplacé par Ömer Celik, adjoint à Adana et viceprésident chargé des Relations extérieures. Mehmet Müezzinoglu, adjoint à Edirne, prend le relais au ministère de la Santé en succédant à Recep Akdag. Enfin, le successeur d’Ömer Dinçer, ministre de l’Education nationale, sera Nabi Avci, professeur à la Faculté des sciences de la Communication.

Ertugrul Günay, le contestataire

De ces quatre ministres remerciés, Ertugrul Günay était le plus médiatisé. Il avait notamment exprimé ses désaccords avec le Premier ministre turc au sujet de la démolition de la statue de la paix à Kars, ou à propos du régime présidentiel, auquel il préfère le sys-

Nabi Avci (à gauche) succède à Ömer Dinçer à l’Education nationale.

tème parlementaire. Günay avait également critiqué la nomination de proches d’Erdogan.

Dinçer, impopulaire chez les enseignants

Le ministre de l’Education nationale Ömer Dinçer s’était vu reprocher pour sa part la non attribution de postes à des enseignants, ainsi que le système d’éducation «4+4+4» (4 ans en primaire, au collège et au lycée) qu’il avait mis en œuvre, décrié pour son manque d’organisation. Le comité chargé des programmes d’étude avait aussi désapprouvé certains projets du ministre.

11 ans passés au ministère de la Santé

Après 11 années consécutives d’exercice au ministère de la Santé, Recep Akdag avait obtenu un titre récompensant sa longévité. Son projet de remaniement de la santé et sa proposition de lois dites «à temps plein» et de «performance du système» avaient été fortement critiqués par les professionnels de la santé. Akdag avait aussi manifesté son désaccord avec le Premier ministre à propos d’une campagne nationale de vaccination contre la grippe, et, plus important, du processus d’Imrali engagé avec Abdullah Öcalan.


10 TURQUIE

01 - 07 FEVRIER 2013 ZAMAN FRANCE

Révélations sur un nid d’espions militaires en Turquie Après Ergenekon et Balyoz, une nouvelle affaire d’Etat vient d’éclater en Turquie. Les services d’enquête judiciaire ont découvert l’existence d’un gang d’espions niché au sein de l’armée qui recrutait des prostituées et les utilisaient pour obtenir des informations contre le gouvernement et des institutions telles que le MIT et la TSK.

Une enquête vient de dévoiler qu’un gang issu de l’armée turque vendait des informations secrètes à des Etats étrangers comme la Grèce et à des organisations terroristes telles que le PKK.

Le vice-premier ministre Bülent Arinç a récemment déclaré qu’il examinait les documents saisis par la police après l’opération menée contre un gang militaire impliqué dans une vaste affaire d’espionnage contre des institutions telles que les Forces armées turques (TSK), l’Organisation du renseignement national (MIT) et le gouvernement, et qu’il n’excluait pas de se porter partie civile dans le procès intenté à ses membres. L’acte d’accusation de la justice turque contre ce gang fait mention de 357 suspects ; 83 ont été arrêtés, parmi lesquels 55 officiers de l’armée turque en service actif. Il y est également fait état de 831 victimes et de 196 co-plaignants. Un document de plus de 1.900 pages révèle ainsi que le gang a recruté des étrangères afin qu’elles se prostituent auprès d’officiers turcs et en obtiennent des informations militaires confidentielles, qu’il a ensuite vendues à des pays étrangers.

danger la sûreté de l’Etat et la sécurité publique. Les suspects sont également accusés d’avoir recruté et envoyé à des officiers de l’armée des prostituées étrangères, qui ont pu ainsi obtenir des informations compromettantes. Sous la menace de les voir révélées, les officiers compromis ont fourni au réseau criminel des renseignements classés secret défense. Basée à Izmir, l’organisation posséderait des branches dans plusieurs provinces, dont Istanbul, Ankara, Bursa, Antalya, Mugla, Manisa, Zonguldak et Ordu.

L’itinéraire des avions de chasse turcs révélé à la Grèce

L’un des documents saisis montre que le réseau d’espionnage a vendu aux autorités grecques les plans des opérations militaires prévues en cas de conflit ou de guerre avec les pays limitrophes de la Turquie. Y est notamment expliquée la manière dont l’armée turque entendait se protéger des mines terrestres disposées par l’armée grecque au niveau de Des informations la frontière gréco-turque. D’autres documents saisis chez des membres transmises au PKK Le principal objectif du gang était, présumés du réseau d’espionnage selon l’acte d’accusation, le gain fi- montrent que le groupe surveillait nancier. L’organisation a ainsi infil- des dizaines d’officiers militaires eu tré les Forces armées turques au sein égard à leur appartenance idéolodesquelles elle a regique ou religieuse. cruté de nombreux L’acte d’accusation membres, ce qui lui révèle également que a permis d’approle gang a transmis à la cher plus facileGrèce des informations ment les hauts ultrasecrètes sur l’itifonctionnaires et néraire des avions de «A l’image d’une d’en obtenir des pieuvre, l’organisation chasse turcs. D’après documents confiles avions a enserré les institu- lededocument, dentiels. «De plus chasse étaient censés tions de l’Etat» en plus puissante, patrouiller au-dessus l’organisation criminelle a élargi sa de la mer Egée dans le cadre d’un sphère d’influence [aux militaires] et entraînement de routine destiné à augmenté le nombre de ses objec- parer à l’éventualité d’une guerre tifs. A l’image d’une pieuvre, elle a contre la Grèce, mais l’information enserré les institutions de l’Etat.» en question a été reçue par les autolit-on dans l’acte d’accusation. Mais rités grecques quelques minutes à aussi que le réseau d’espionnage a peine après que les autorités milicommuniqué des documents mili- taires turques aient fixé l’itinéraire taires confidentiels aux organisa- que devaient emprunter les avions tions terroristes du PKK (Parti des de combat. Toujours selon l’acte travailleurs du Kurdistan) et du d’accusation, le réseau avait égaleKCK (Union des communautés du ment prévu d’obtenir des informaKurdistan). Pour les procureurs, en tions sur le projet Milgem de navire livrant ces documents à des groupes de guerre turc, informations qu’il terroristes, les espions ont mis en aurait vendues à des Etats étrangers.

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11 INTERNATIONAL Au Liban, la légalisation du mariage civil divise En se mariant civilement, un acte formellement interdit par la loi au Liban, Khouloud Soukkarieh et Nidal Darwich ont jeté un pavé dans la mare dans le débat sur ce type d’union qui divise le pays régi par un système politique confessionnel. «Pour nous, le mariage civil n’est pas seulement une question de mariage. C’est en fait une affaire libanaise : le mariage civil serait la première pierre dans la construction d’un système non-confessionnel», explique Khouloud à l’AFP. Leur avocat a sollicité le ministère de l’Intérieur, en charge du registre de la famille, pour qu’il le reconnaisse, ce qui serait une première au Liban. Dans le cadre de leur combat laïc, Khouloud et Nidal ont demandé, conformément à une loi datant de 2011, à supprimer de leur état-civil la mention de leurs confessions sunnite et chiite. La religion occupe une place de premier plan au Liban, un pays qui réunit 18 communautés religieuses où l’Etat est régi par un système complexe de partage du pouvoir entre les différentes confessions. Les mariages, divorces et questions d’héritage sont du ressort des autorités religieuses propres à chaque

La loi libanaise n’autorise que les unions religieuses mais reconnaît les mariages civils.

communauté. La loi libanaise n’autorise que les unions religieuses mais reconnaît les mariages civils contractés à l’étranger. Dans certains couples mixtes, chrétiensmusulmans, l’un des deux époux décide

de se convertir pour éviter les complications du mariage religieux. D’autres optent pour le mariage civil à l’étranger, souvent dans l’île de Chypre voisine, puis font reconnaître leur union au Liban.

01 - 07 FEVRIER 2013 ZAMAN FRANCE

Des Turcs attaquent Lego en justice La communauté turque d’Autriche envisage de poursuivre en justice le fabricant de jouet danois Lego en Autriche, en Allemagne et en Turquie, pour incitation à la haine raciale avec une boîte de jeu de construction dont certains éléments sont «pédagogiquement douteux». Dans le jeu de construction «Lego Star Wars 9516», où les enfants de 9 à 14 ans sont amenés à reproduire le Palais de Jabba de Star Wars, le fabricant danois établit plusieurs «associations culturelles douteuses», estime la communauté turque d’Autriche. La forme du palais assemblé et de la tour qui l’accompagne sont des imitations de la mosquée Hagia Sophia d’Istanbul ou de la mosquée Jami al-Kabir à Beyrouth, et d’un minaret, ajoute l’organisation. «On peut s’attendre à plus de conscience de sa responsabilité de la part d’un fabricant qui produit depuis des décennies des jouets pédagogiques précieux.» De son côté, Lego, cité dans le communiqué de la Communauté turque d’Autriche, estime que le palais est «aussi proche que possible» de l’original dans le film de George Lucas.


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13 FAMILLE & SANTE

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Ce que doivent manger les femmes enceintes en hiver

Vivre sa grossesse en hiver nécessite une alimentation adaptée. D’après la diététicienne turque Dilan Dalgiç, les femmes enceintes doivent privilégier la consommation de fruits, de légumes, et de produits à base de protéines pour renforcer la constitution de l’enfant à naître.

La consommation de boissons lactées est recommandée pour les femmes enceintes en hiver.

Du point de vue de la santé maternelle et infantile, les spécialistes insistent sur l’importance d’une alimentation saine en hiver et conseillent aux femmes enceintes d’être très attentives à leur alimentation. Ces mêmes spécialistes soulignent que le poids excessif pris au cours de la grossesse ne contribue pas au développement du bébé et insistent sur le fait que la consommation de chocolats, pâtisseries, aliments frits et desserts, qui n’ont pas de valeur nutritionnelle et contiennent trop de calories, nuit au développement physique et psychique du bébé.

Dilan Dalgiç, diététicienne et propriétaire de Delight Beslenme Egitim ve Danismanlik Merkezi (Centre de conseils et d’éducation nutritionnels Delight) a déclaré que les futures mamans devaient faire très attention à leurs choix alimentaires durant les mois d’hiver. «La consommation de fruits et légumes tels que les pommes, coings, grenades, poires, céleris, épinards, oignons, radis, citrouilles et choux est très importante pour la santé de la mère et du bébé, grâce à leurs vitamines et minéraux abondants qui renforcent le système immunitaire», a souligné la diététicienne.

Calcium et vitamine D pour les os

Dilan Dalgiç attire également l’attention sur l’importance de certains aliments riches en fer comme les œufs, la viande rouge, ainsi que les légumineuses sèches, fruits secs, légumes séchés et légumes à feuilles vert foncé comme les épinards, le choux noir, le pourpier et la roquette,

des aliments dont la consommation augmente en hiver. La diététicienne indique que «le calcium, qui est la source principale du développement des dents et des racines des os du bébé, a pour origine non seulement les produits laitiers tels que le lait, le yaourt et le fromage, mais également les produits végétaux tels que la citrouille, le boulgour, les légumineuses sèches, fruits séchés, épinards, la roquette et le choux noir». En période de grossesse, le besoin en calcium est deux fois plus important. La vitamine D est très importante dans l’accroissement de l’utilité du calcium et du phosphore. Elle fournit une contribution importante au développement du système squelettique du bébé. La vitamine D, dont la source majeure est le soleil, peut être aussi obtenue en hiver en consommant des aliments tels que les produits laitiers, les œufs et le poisson, et en faisant de la marche quotidienne en plein air, conclut la diététicienne.


14 CULTURE

01 - 07 FEVRIER 2013 ZAMAN FRANCE

autrement dit, aucun texte coranique ou aucun hadith ne pouvait être directement invoqué. Cette opinion qui, par définition, peut varier, était néanmoins légitime en tant que source de loi. Le Prophète et les premiers Califes avaient ainsi reconnu la validité des décisions prises par les juges qu’ils avaient nommés dans les provinces nouvellement conquises, et dans lesquelles le recours à l’opinion n’était pas rare, le corpus juridique n’étant pas encore constitué. On y trouvait déjà les premiers instruments méthodologiques dont useront les différentes écoles juridiques, et notamment le raisonnement par analogie et la prise en compte de l’esprit des lois.

L’imitation juridique contre la diversité des avis

C’est à peu près à la même époque qu’apparaît le concept de consensus (ijmâ‘), qui, comme la divergence, suppose la pluralité. Il faut ici avoir à l’esprit que la jurisprudence islamique, loin de s’être développée à

La mosquée Oqba Ibn Nafi à Kairouan en Tunisie avait, depuis le IXe siècle, la réputation d’être l’un des plus importants centres d’enseignement de la jurisprudence malikite.

A lire

partir d’un corpus existant, a dû l’élaborer au fil des siècles. Son histoire est celle d’approches différentes, incarnées dans des écoles différentes qui, en arabe, sont désignées du nom de madhâhib, littéralement, «chemins». C’est vers le milieu du VIIIe siècle que des groupes appartenant à la tradition juridique de telle province ou de telle cité se définissent par rapport à l’enseignement d’un maître. Il est alors question des «disciples d’Abou Hanifa» à Koufa, des «disciples de Malik» à Médine, de ceux d’al-Awza‘i en Syrie, etc. De ces différentes écoles, seules quatre survivront au sein du sunnisme au XIIIe siècle et jusqu’à nos jours : les écoles hanbalite, hanéfite, malékite et chaféite. Si elles divergent dans la manière d’interpréter le Coran et la Sunna, elles partagent néanmoins une même théorie de la loi. Elles se conçoivent les unes les autres comme également légitimes, c’est-à-dire comme proposant chacune des interprétations alternatives mais également valides. A partir du Xe siècle commencera à prévaloir le principe de l’imitation des décisions des anciens. Limitant fortement le champ de l’ijtihad ou «effort (de réflexion personnelle basée sur les principes généraux de l’islam)», ce principe d’imitation cantonnera l’activité juridique à l’explication, l’application et, au mieux, l’interprétation, d’une des quatre doctrines, hors desquelles aucune orthodoxie sunnite ne sera dès lors concevable. Pourtant, la contrainte de l’imitation n’aura pas raison de la diversité, de la divergence, parfois, au sein d’une même école. Et si le consensus a un rôle régulateur, «la différence d’opinion au sein de la communauté des musulmans est une bénédiction de Dieu», selon le mot célèbre du cheikh Abou Hanifa.

Wadjda, réalisé par Haifaa Al Mansour (drame, Arabie saoudite, 2012, 1h37). Avec Waad Mohammed, Reem Abdullah, Abdurrahman Al Gohani. Prix de la Critique internationale, Venise 2012. Sortie en salles le 6 février.

Les trois frères Joubran, héritiers d’une ancienne famille de luthiers de Palestine, célèbreront leurs dix ans de carrière à l’Olympia.

Ahmet Midhat : Dürdane Hanim et les limites du patriarcat

Par Erol Köroglu, professeur à l’université du Bosphore à Istanbul (conférence en turc).

CINÉ-DÉBAT

Byzance du point de vue des Arabes et des musulmans : entre histoire et historiographie

Une conférence prononcée par Taher Mansouri (université de Tunis), dans le cadre du cycle «L’aire arabe et le monde : contacts, échanges, stratégies». Le 7 février à 18:00 Maison de l’Orient et de la Méditerranée 7, rue Raulin 69007 Lyon

Les Frères musulmans égyptiens, des origines au défi du pouvoir

L’épreuve du pouvoir accélère aujourd’hui l’évolution de l’organisation des Frères musulmans, fondée en 1928. C’est un paysage organisationnel et idéologique en mouvement que s’efforcera d’analyser Stéphane Lacroix, professeur à l’Ecole d’affaires internationales de Sciences Po. Le 5 février à 18:00 EHESS 105, boulevard Raspail 75006 Paris

PRÉSENTATION

un beau vélo vert à vendre. Elle le veut à tout prix, pour pouvoir le battre à la course. Mais la mère de Wadjda lui interdit, redoutant les répercussions dans une société qui conçoit les vélos comme une menace pour la vertu d’une fille. Wadjda décide alors de trouver l’argent par ses propres moyens, déterminée à se battre pour défendre ses rêves.

Trio Joubran

Le 6 février à 17:00 INALCO 65, rue des Grands moulins 75013 Paris

Une cinéaste saoudienne brise les tabous qui signe là son premier long-métrage. Un film qui ambitionne de faire avancer les choses de l’intérieur, au sein d’une société qui a amorcé une lente mutation. Wadjda, dix ans, est une fille pleine de vie. Issue d’un milieu conservateur, elle cherche toujours à en faire plus que ce qui lui est permis. Après une bagarre avec son ami Abdullah, elle aperçoit

Fuir ou se retrouver à travers ses contradictions, le parcours de deux Germano-turcs devenus couple. Ours d’or au Festival de Berlin 2004. Projection suivie d’un débat sur le cinéma de Fatih Akin. Entrée libre.

Le 7 février à 20:00 Olympia Bruno Coquatrix 28, boulevard des Capucines 75009 Paris

& à voir...

A plus d’un égard, ce film est une première. Dans un pays où non seulement les femmes sont privées des droits civiques, mais encore du simple droit de conduire un véhicule, dans un pays où les salles de cinéma sont prohibées, une femme, Haifaa Al Mansour, fait un film. Une première pour le royaume wahhabite, mais aussi pour la réalisatrice saoudienne,

Head-on

Le 5 février à 18:00 Institut d’études politiques 104, boulevard de la Duchesse Anne 35700 Rennes

CONCERT

Islam des mondes

SEYFEDDINE BEN MANSOUR LILLE Le Haut conseil islamique du Mali a annoncé le 23 janvier son soutien à l’intervention militaire française au Mali. Une semaine plus tôt, le président de l’Union internationale des savants musulmans, le cheikh égypto-qatari Yusuf al-Qaradhawi, avait condamné l’initiative de la France. Nombreux sont les musulmans qui déplorent l’existence de pareilles divergences entre institutions islamiques. Plus généralement, et plus fondamentalement, beaucoup redoutent la divergence au sein de l’islam, dans laquelle ils voient un facteur de discorde et de faiblesse. Force est de constater pourtant qu’en matière d’interprétation des principes de l’islam et de définitions de normes ‒ qu’il s’agisse de lois, ou, comme ici, d’avis (fatwa) ‒, la divergence, et la pluralité qu’elle suppose, a toujours existé. A l’origine même de la jurisprudence islamique, il y a l’opposition entre science et opinion, la seconde palliant les carences de la première, quand,

CONFÉRENCE

La divergence d’opinions à la source du droit musulman

AGENDA CULTUREL

Le mythe de l’islamisation, de Raphael Liogier

Dans son dernier essai paru au Seuil (2012), Raphaël Liogier, professeur à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, s’applique à déconstruire le mythe de l’islamisation. Entrée libre. Le 2 février à 12:00 Institut des cultures d’Islam 19-23, rue Léon 75018 Paris


OPINION15

01 - 07 FEVRIER 2013 ZAMAN FRANCE

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La Turquie regarde aussi vers l’Est Boudée par une Europe de plus en plus isolée économiquement et affaiblie politiquement, la Turquie n’hésite plus à envisager des scénarios d’adhésion alternatifs comme le Shangai Five. D’après le chroniqueur Yavuz Baydar, cette attitude est compréhensible au regard de la politique systématique d’obstruction menée par l’UE à l’égard d’Ankara. Le populaire Premier ministre de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, ne cesse de nous surprendre. Sa dernière sortie en date est une référence au Shanghai Five. Lors d’une récente interview téléYAVUZ BAYDAR visée, alors qu’on lui demandait, le plus simplement du monde, où en était le gouvernement avec le processus d’adhésion à l’UE, il fit une réponse pour le moins abrupte : «L’UE voudrait nous oublier, mais elle hésite et n’y arrive pas vraiment. Si seulement elle nous disait le fond de sa pensée, nous serions soulagés. Quand les choses se passent aussi mal, et qu’on est Premier ministre de 75 millions de personnes, on cherche forcément d’autres voies. C’est pourquoi j’ai récemment dit à M. [Vladimir] Poutine : "Preneznous avec vous au sein du Shanghai Five. Faites-le et nous dirons adieu à l’UE ; nous la quitterons définitivement. Pourquoi donc tout ce blocage ?"». Le Premier ministre a ensuite ajouté, en guise de commentaire, que le Shanghai Five était «meilleur, plus solide» que l’UE. Ce qu’il a dit là n’est pas vraiment nouveau pour qui suit ses discours et ses rencontres. Des médias avaient rapporté l’été dernier qu’Erdogan avait suggéré cette idée à M. Poutine lors d’une réunion avec le président russe. Mais cette fois-ci, le Premier ministre met davantage l’accent sur son propos et le place dans le contexte de l’UE. Cette répétition montre qu’il continue à échafauder cette idée qu’il n’abandon-

nera pas. J’ai évoqué la question au dîner avec mon collègue Cengiz Çandar. Il nous semble clair à tous les deux qu’Erdogan étant ce qu’il est, il pense ce qu’il dit. Il ne s’agissait pas pour lui de secouer les turcosceptiques européens, ni de brandir une menace.

Un paria dans l’Europe

Le Premier ministre est, comme il l’a dit, à la recherche de nouvelles voies pour placer la Turquie dans un contexte géostratégique où sa force économique correspondrait à sa chorégraphie politique. Il exprime par ailleurs la frustration de voir l’Europe traiter un membre du G20 et la 16e puissance économique mondiale, avec aujourd’hui une classe moyenne stable et très puissante, comme un pays de seconde classe et, à ses yeux, de manière inique, comme un paria. Compte-tenu du piètre avancement des négociations avec l’UE, assombries par les tra-

casseries liées au visa, prises en Cameron que Recep Tayyip Erdogan ont exprimé des intentions otage par les Grecs de Chypre, qui se sont servis de leur position de claires, justifiées de leur point de membre pour tuer et enterrer les vue. Sans le Royaume-Uni et la négociations des Nations Unies Turquie, l’UE sera assurément pour l’unification de l’île, et une quelque chose de très différent, et clairement, une entité sans résistance mentale renforcée par l’islamophobie et la xénopho- réelle puissance ‒ et certainement bie ambiantes, on ne peut pas pas un acteur au plan mondial. Ce qui me fait croire vraiment le lui qu’Erdogan pense reprocher. Il n’a ce qu’il dit est l’aliépas bénéficié de nation croissante beaucoup d’endes citoyens turcs couragements envers l’adhésion à dans sa marche vers la pleine «Prenez-nous au sein l’UE. Peut-être a-t-il du Shanghai Five lu la récente enquête adhésion et on (décembre-janvier) l’a rencontré à et nous dirons adieu publiée par le Centre chaque fois avec à l’UE» d’études économiques suspicion. Les propos d’Erdogan vont provoquer et de politique étrangère (EDAM), deux types de réactions au sein un think tank libéral d’Istanbul, qui montre que son mécontentede l’UE : les turcosceptiques s’en féliciterons, tout en maintenant ment à l’égard de l’UE est largel’offre d’un partenariat privilégié ; ment partagé. L’EDAM constate quant aux autres ‒ la Commis- ainsi que si un tiers de la populasion européenne, ainsi que cer- tion pense que la Turquie devrait tains Etats membres sages poursuivre son objectif de paret clairvoyants ‒ voudront venir à une adhésion complète, relancer rapidement le pro- les deux tiers restants estiment au contraire qu’Ankara devrait y cessus d’adhésion. renoncer.

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Le désenchantement européen des Turcs

Ceci étant posé, un point doit être souligné : aujourd’hui, deux puissantes économies situées sur les flancs ouest et est de l’UE expriment clairement leur consternation face à l’état de l’union. Aussi bien James

Les Kurdes majoritairement pro-adhésion

Bien que 34 % des électeurs de l’AKP pensent que la Turquie devrait «persister dans son objectif d’une adhésion complète», ce taux tombe à 30 % chez les électeurs du principal parti de l’opposition de centre-gauche, le CHP et à 15 % parmi ceux qui votent pour le parti nationaliste MHP. Seuls les partisans du BDP défendent avec passion l’objectif d’une adhésion à l’UE, avec un taux de 88 %. L’EDAM a par ailleurs posé la même question à 202 experts en politique étrangère. Ils ont préconisé massivement, à 87 %, le maintien de l’objectif d’une adhésion à part entière ; le fossé est grand entre les spécialistes de la politique étrangère et l’opinion publique. Pour les Européens, il y a dans tout cela matière à réflexion. La question «Qui a perdu la Turquie ?» devra donc rester à l’ordre du jour. y.baydar@todayszaman.com



Zaman France N° 250 - FR