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Les dessous des arts du spectacle en Languedoc-Roussillon


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Yves Larbiou, président de Réseau en scène Languedoc-Roussillon Depuis sa création en 2006, Réseau en scène L anguedo c - Rous sillon explore l ’e spac e régional devenant un des vecteurs essentiels du développement du spectacle vivant en région, à la fois force de propositions et acteur du maillage d’un territoire aussi dynamique que contrasté.

Entretien entre Jean-Pierre Wollmer, directeur de Réseau en scène Languedoc-Roussillon et Éric Delhaye, journaliste. Quel bilan tirez-vous de l’exercice 2008, votre première année complète à la direction de Réseau en scène ?

À la croisée des politiques publiques et des acteurs culturels, son ambition de coordination et de soutien à la diffusion, partagée par ses partenaires institutionnels (DRAC LanguedocRoussillon, Région Languedoc-Roussillon, les Départements de l’Aude, du Gard, de l’Hérault, de la Lozère et des Pyrénées-Orientales) trouve aujourd’hui sa mesure. Au cœur de son projet audacieux : le soutien à la prise de risques artistiques et financiers et l’attention toute particulière qu’elle porte à la création, dans sa diversité, sa vivacité. Dans un contexte économique difficile, où créer et diffuser sont parfois de véritables parcours de combattants, l’outil Réseau en scène trace son sillon, valorisant et accompagnant ceux et celles (équipes artistiques ou opérateurs) qui contribuent à la richesse des territoires, les aidant ainsi à éclore sur l’espace régional ou national et à développer leurs publics.

Jean-Pierre Wollmer : Sur la position de Réseau en scène et face au dispositif d’accompagnement (diffusion, formation, ressource…), il y a une réelle avancée en 2008, que ce soit en région, dans les relations interrégionales, ainsi qu’aux plans national et européen. Réseau en scène a pris sa place dans le paysage culturel et on peut se féliciter du travail de toute l’équipe.

Répondant à ses missions, Réseau en scène Languedoc-Roussillon développe les liens de coopération durable et dispositifs nécessaires à la dynamique de réseaux qu’elle met en œuvre, élargissant ses frontières à l’interrégionalité, les ouvrant par exemple à la Catalogne, la Wallonie ou l’Aragon.

Constatiez-vous un déficit dans ces domaines ?

Avec passion, ténacité et rigueur, Réseau en scène expérimente et multiplie les initiatives, trouvant dans la confrontation, l’interrogation, le regard partagé et l’ouverture à la diversité, les chemins de sa trajectoire.

Nous nous sommes attachés à donner un sens au terme « coordination ». De nouveaux dispositifs ont donc été créés - notamment la bourse à la mobilité des professionnels et l’accompagnement de projets structurants auquels une attention particulière a été portée durant le second semestre - pour répondre à l’exigence d’une dynamique de réseaux, pour laquelle les soutiens financiers ne sont que des leviers. Cette question induit la structuration des champs artistiques d’une manière transversale.

Quand l’association Réseau en scène est née, sa mise en forme a pris du temps : il fallait faire comprendre son objet aux acteurs culturels. Tout cela est devenu plus clair en 2007. Ce qui est nouveau, c’est le besoin de rencontres que cela a réveillé, dans une région où chacun écrivait son histoire et avançait seul. Or, les acteurs du spectacle vivant ont besoin d’échanger. Nous avons soutenu 172 œuvres en 2008 contre 113 en 2007. Pour autant, l’objectif n’est pas de saupoudrer nos aides mais de les concentrer sur des projets porteurs d’une prise de risques artistiques et financiers.

Quelles initiatives sont exemplaires de cette démarche ? On pourrait citer les actions partagées, comme les salons et marchés en musique et en danse, mais aussi l’accompagnement du secteur des arts de la rue, ou encore la signature en décembre dernier de la charte avec les organismes similaires à Réseau en scène que sont l’Onda, l’Odia et l’Oara. L’aide à la diffusion ne résout rien si elle est isolée ; des problèmes de production se posent, d’où l’importance d’intervenir en amont des projets. C’est pourquoi notre réflexion est toujours transversale : nous considérons chaque champ artistique dans sa globalité à travers le prisme de nos missions en terme de diffusion, de formation, de rencontres et de ressources.

Au regard du volume de la création régionale et des possibilités de diffusion, on voit bien les difficultés que cela suppose. On va donc s’attacher aux œuvres qui pourront circuler dans toute la région. C’est aussi le but du rapprochement initié en 2008 avec les Départements, afin de mieux repérer les opérateurs et compagnies dans l’objectif de diagnostiquer leurs besoins en fonction des territoires.

Quel est l’ état des lieux de Réseau en scène ? En regard du nombre croissant des demandes de soutien, nous avons trouvé notre place. Mais nous avons subi en 2008 une baisse des financements aloués par l’État qui nous a contraints à une grande rigueur. Dans le même temps, nous avons envisagé de quelle manière nous pouvions poursuivre notre soutien à la diffusion, tout en créant de nouveaux dispositifs et en accompagnant les professionnels plus globalement, au-delà des œuvres. Reste qu’aujourd’hui, il n’est plus possible de passer à un stade inférieur au niveau budgétaire. Cela n’aurait plus de sens. Il est essentiel de poursuivre et d’accompagner la création régionale hors région, de conserver notre réactivité, d’être en perpétuel mouvement.

Pourquoi un magazine, et pourquoi Interlock ? Nous voulons présenter un panoramique de l’activité de Réseau en scène, qui n’est autre que la valorisation de ce que font les autres. Notre volonté est de donner la parole à certains de ces interlocuteurs, représentatifs de nos collaborations. Ce premier magazine dresse un bilan et reste dans la limite de cette contrainte. Les prochains numéros, deux fois par an, traiteront de l’actualité, évoqueront des expériences et engageront de véritables réflexions. Enfin, Interlock est un titre assez ouvert pour que chacun y plaque sa propre signification. Mais c’est aussi un mot qui désigne un tissu indémaillable : c’est une idée forte dans la vocation de Réseau en scène. Enfin, le titre est un clin d’œil puisqu’il désigne une fibre surtout utilisée en lingerie : il était donc tout approprié pour évoquer les dessous du spectacle vivant !


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Le théâtre en chiffres

PRODUCTION ∞ CRÉATION ∞ DIFFUSION

223 REPRÉSENTATIONS AIDÉES

THÉÂTRE

100 EN RÉGION, 123 HORS RÉGION 44 ŒUVRES CONCERNÉES 35 ÉQUIPES ARTISTIQUES

FOCUS En Lozère, la Mauvaise Tête s’entête La Mauvaise Tête, à Marvejols (Lozère), a deux casquettes : diffuseur et producteur, compagnie et salle de spectacle. « On n’est pas seulement des gens qui achetons un spectacle. On a un regard attentif aux créations des autres parce qu’on se met à leur place », confie Thierry Arnal, le directeur. Un choix : le théâtre contemporain, tant pour les spectacles créés que pour ceux accueillis. « C’est important pour les jeunes auteurs qu’il y ait des compagnies pour créer leur spectacle et des endroits pour le montrer », estime-t-il.

Enter the

Ghost

Chaque année, le théâtre lozérien accueille une compagnie en résidence : Brut de béton, du Puy-de-Dôme, pour le cru 2008, la compagnie Labyrinthe, de Montpellier, en 2007. Des résidences

financées par la DRAC, la Région, le Conseil général de Lozère et l’opérateur lui-même. Pour la production de ses spectacles, la Mauvaise Tête « reçoit une aide spécifique de la DRAC et cherche des co-producteurs. Mais aussi des lieux qui pré-achètent les spectacles. » Avec la nécessité de les faire circuler. « Si on ne tournait qu’en Lozère, on plierait de suite. La grande difficulté d’être ici, c’est l’éloignement. » Aussi, les visionnages (information ciblée, prise en charges des frais) mis en place à titre expérimental par Réseau en scène, favorisent le désenclavement et la venue d’opérateurs sur des moments clés : sortie de résidence, création, lectures publiques… dispositif dont le TMT a pu bénéfi cier lors de la création pour l’Entretien de Philippe Malone. A. G.

LE CHOIX DE LA PLURIDISCIPLINARITÉ

L’art du jonglage : production, création, diffusion, les trois clefs de voûte de l’économie du spectacle vivant… Un enjeu d’importance pour les compagnies qui trop fréquemment peinent à trouver leur élan malgré les paris souvent osés de leur production, l’exigence artistique affichée et les prises de risques des opérateurs qui les accompagnent. Un équilibre fragile dont nous trouvons ici l’illustration.

L’ENVERS DU DÉCOR Pour les compagnies et les opérateurs de théâtre, la route est longue avant de rendre un spectacle « vivant » : assumer sa gestation, le faire naître au public, assurer sa longévité. Les aides publiques (DRAC, Région, Conseil général…) sont généralement la principale ressource. La Llevantina, basée dans les PyrénéesOrientales, a la chance d’être conventionnée depuis 2002. « Cette manne financière, d’environ 50 000 euros par an durant les trois années d’accompagnement, aide grandement - même si elle ne suffit absolument pas, surtout quand on a l’ambition de sortir de la région », déclare Béatrice Cambillau, chargée, dans la compagnie, du rôle clé de la diffusion. « Les aides des collectivités et la possibilité de co-production de la part d’un théâtre, ajoutées au conventionnement, permettent à la compagnie de créer sans trop de soucis. De cette façon, nous maintenons l’équilibre entre un budget de fonctionnement fixe et de l’argent strictement dévolu à la création », complète Marie-José Malis, directrice de la compagnie. « Les Pyrénées-Orientales sont un département ignoré des programmateurs en raison du peu de structures et activités théâtrales. Heureusement, on a pu aller jouer au théâtre de La Vignette à Montpellier, où j’ai réussi à faire venir des programmateurs qui n’avaient jamais entendu parler de la compagnie », explique Béatrice Cambillau. Frédéric Sacard, directeur de ce théâtre intégré à l’Université Paul-Valéry, se souvient : « J’ai accueilli La Llevantina pour la première fois en 2004-2005. Grâce aux quatre représentations faites ici, via le dispositif d’aide à la série de Réseau en scène, une dizaine de programmateurs hors région se sont déplacés, qui tous ont donné suite. » Une collaboration intense s’est depuis nouée entre la compagnie et l’opérateur : « On essaie de travailler sur la durée. Les metteurs en scène viennent régulièrement, sur plusieurs

années, ce qui n’exclut pas l’accueil de nouvelles équipes. Avec la même somme, plutôt que de produire une série ou d’organiser une résidence, je pourrais accueillir quinze spectacles achetés une fois. Mais il est important, politiquement, de montrer le coût d’une création et de permettre à une compagnie de rencontrer un vrai public. » Aujourd’hui, après le tremplin qu’a été pour elle La Vignette, La Llevantina est depuis deux ans en résidence au Blanc-Mesnil, près de Paris, et a été accueillie en co-réalisation par l’Échangeur (un lieu repéré par les professionnels) à Bagnolet. « Comme il n’a pas les moyens d’acheter les spectacles, on joue à la recette et on partage la billetterie. Jouer sur trois semaines permet d’insérer le spectacle dans la durée sur Paris et de relancer la diffusion », explique Béatrice. En amont, la construction du projet et la création nécessitent la recherche de co-producteurs. Comme le théâtre Garonne, à Toulouse, « qui nous reçoit en mars 2009 pour une nouvelle création, Le Prince de Hombourg. Non seulement il achète six représentations, mais il nous octroie une aide financière pour produire le spectacle. Car avoir un maximum d’exigences artistiques coûte cher. C’est une économie très fragile », précise Béatrice Cambillau. « On essaie d’employer le plus de monde possible, d’échapper au calibrage d’une moyenne de quatre ou cinq comédiens par création. Le Prince de Hombourg compte neuf comédiens. C’est moins raisonnable mais ça anime le projet d’une forme de générosité. Cela a néanmoins des répercussions sur le budget : on est à flux tendu. Une grande partie du budget est consacré à l’emploi », ajoute Marie-José Malis. Par ailleurs, exporter des productions hors région reste difficile et nécessite d’autres appuis, comme en témoigne Béatrice Cambillau : « C’est en cela que Réseau en scène est intervenu de façon essentielle : en prenant en charge les frais d’hébergement et de déplacement, il a permis le travail de diffusion à l’extérieur. » En tout état de cause, la position de directeur de compagnie implique de jongler en permanence entre l’art et l’économie. Ce n’est pas ce qui gêne Marie-José Malis : « Monter un spectacle est une sorte d’utopie pragmatique : c’est normal d’avoir à faire face à des questions d’argent. Ce qui m’ennuie, c’est d’être isolée des moyens concrets de production. Ce sont les théâtres qui décident pour nous. Les créneaux qu’ils nous proposent sont toujours très stricts. Souvent, on a cinq lieux prêts à accompagner un projet, mais les cinq proposent les mêmes dates. Pour notre nouvelle création, par exemple, deux co-producteurs potentiels se sont retirés de la première exploitation pour des raisons de calendrier. Cela signifie qu’on perd également des lieux où montrer le spectacle. » Par Amélie Goursaud

Le théâtre du Périscope, à Nîmes, offre sa scène aussi bien au théâtre qu’à la danse, au cirque ou aux spectacles jeune public. Une pluridisciplinarité alliée à une prise de risques qui rendent ce lieu atypique et exemplaire. « C’est un lieu qui a un caractère humain singulier. Il y a un plaisir à mêler les disciplines pour faire en sorte que le public passe de l’une à l’autre. On essaie de créer des passerelles. Et puis, on a une petite salle avec 106 places et un plateau qui aboutit au pied des spectateurs. Donc, pour les artistes comme pour le public, c’est ressenti de manière forte », explique la directrice, Émilie Robert. C’est l’association Kaléidoscope, née il y a vingt ans, qui a décidé, il y a dix ans de cela, de se lancer dans la programmation de spectacles, tout en préservant les deux dispositifs déjà existants : les ateliers de pratique artistique et un volet d’action culturelle sur le quartier d’implantation. La programmation, répartie à parts environ égales entre les différentes disciplines, est basée sur les écritures contemporaines. La première des missions du Périscope : mettre en avant les équipes artistiques du Languedoc-Roussillon. « Dans cette région, il y a à mon sens, suffisamment d’équipes artistiques dans les domaines pré-cités qui méritent qu’on les accompagne, qu’on présente leur travail. Durant la saison 2007-2008, par exemple, au moins les trois-quarts de la programmation étaient consacrés à des compagnies régionales », continue Émilie Robert. Deuxième priorité à l’intérieur de cette programmation : mener un travail de soutien à la création. « Depuis l’ouverture du lieu, qui n’avait aucun moyen au départ, on a toujours mis la salle à disposition. Depuis 2005, une aide à la résidence de la DRAC Languedoc-Roussillon nous permet de joindre des moyens à cette mise à disposition. Cela concerne deux compagnies par an, en mêlant, dans la mesure du possible, théâtre et danse : en 2008, la compagnie À Contre Poil du Sens pour la danse et Les Perles de Verre pour le théâtre en ont bénéficié. En gros, nous rendons intégralement l’aide à la résidence que la DRAC nous octroie et nous y ajoutons des moyens financiers avec, bien sûr, la mise à disposition du plateau. D’autres compagnies peuvent venir, cependant sans moyens financiers, notre budget résidence étant épuisé, mais le lieu leur reste ouvert. » Outre les aides publiques (DRAC, Région, Conseil général du Gard, Ville de Nîmes), le dispositif de lieu pivot de Réseau en scène permet au Périscope de dédoubler systématiquement les représentations des équipes accueillies en création. « Dans le soutien à la création et à la diffusion, il me semble que l’important, c’est que ce soutien aille au-delà des moyens. Être autre chose qu’une simple porte ouverte. Pour que les équipes artistiques soient diffusées, les meilleurs relais sont les lieux qui les soutiennent », estime Émilie Robert, pas peu fière du chemin parcouru par Le Périscope en quelques années, même si « on manque un peu d’air. On est trop contraints financièrement, que ce soit pour les conditions de travail de nos équipes ou les moyens qu’on peut allouer à la programmation. » A. G.


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PRODUCTION ∞ CRÉATION ∞ DIFFUSION DANSE

La danse en chiffres 74 REPRÉSENTATIONS AIDÉES 34 EN RÉGION, 40 HORS RÉGION 32 ŒUVRES CONCERNÉES 24 ÉQUIPES ARTISTIQUES

L’Internationale Tanzmesse, Düsseldorf, août 2008

Quelle visibilité pour les compagnies dites régionales ? Un label réducteur à transcender ! Au détour d’itinéraires parfois chaotiques, l’acharnement apporte des résultats tangibles. La problématique est ici posée par une chorégraphe montpelliéraine.

ENTRETIEN AVEC HÉLÈNE CATHALA, CHORÉGRAPHE DE LA CIE HORS COMMERCE Installée depuis l’origine de la compagnie qu’elle formait avec Fabrice Ramalingom à Montpellier, Hélène Cathala a fait le choix d’y rester au moment de la création de sa propre compagnie, Hors Commerce. Ville d’élection s’il en est de la danse contemporaine avec un festival de renommée internationale et un centre chorégraphique non moins réputé, il n’en demeure pas moins que les compagnies qui existent sur ce territoire propice ont parfois du mal à se défaire de cette image restrictive de compagnie régionale. Compagnie régionale donc, ce qui sonne souvent comme un « label » négatif et réducteur pour les programmateurs « qui comptent » dans le réseau de la diffusion. Pourtant, pour la chorégraphe, l’inscription forte sur ce territoire - qu’elle revendique est due à son travail accompagné par les théâtres de la région, le CCN et le festival Montpellier Danse. La combinaison de ce travail d’action culturelle et la présence aux grands événements régionaux a permis l’inscription de la compagnie dans les réseaux de diffusion au niveau national.

La présence conjointe, dans la même saison, aux festivals d’Uzès, Montpellier et Avignon (Les Hivernales) permet-elle un élargissement du réseau de diffusion ? La présence à ces festivals est synonyme de visibilité médiatique indispensable pour un plus grand rayonnement, mais c’est également un gain d’image. La compagnie se positionne dans un

Shagga

Afin d’of frir une réelle visibilité à la création chorégraphique de la région sur un rendez-vous international, Réseau au scène a choisi d’occuper la scène et d’accompagner sur un stand commun sept compagnies de la région. Les Cies Achles, avec Bascule, et Aurelia, avec Pas de deux, officiellement programmées, et les Cies Inesperada, Patrice Barthès, R.A.M.a, À Contre Poil du Sens, Clash 66, ainsi que le CCN et Uzès Danse ont ainsi bénéficié d’une bourse d’aide à la mobilité des professionnels afin de promouvoir leur travail sur le plan international.

espace de valorisation et de qualification qui aide ensuite dans les contacts avec le réseau de diffusion. Une remarque : Avignon, où j’ai été invitée pour une série de quinze dates ! Une parenthèse de bonheur pour moi et l’ensemble de la compagnie, hélas trop rare.

En terme d’enjeux, les festivals sont-ils propices à la présentation d’une création pour une compagnie indépendante ? Je dirais oui bien évidemment, mais pas seulement. Le travail de terrain, auprès des structures moyennes concernées par le développement de la danse, me donne le sentiment de « faire mon travail », d’être à l’endroit juste pour une compagnie indépendante. En revanche, la recherche de visibilité qui est à l’œuvre dans un festival est obligatoire pour sortir de la qualification de « compagnie régionale » et faire ainsi la preuve de sa pertinence artistique. Je reste convaincue que le passage dans un festival est un atout majeur dans le développement d’une compagnie. Dans le même mouvement, je suis persuadée que ce n’est qu’un épiphénomène dans la vie au long cours d’une compagnie.

Les conditions de diffusion dans les festivals et le réseau « classique » sont-elles différentes ? Ce qui diffère beaucoup, ce sont les temps de décisions de programmation. Ils sont très courts pour les festivals, ce qui rend problématique la recherche de co-producteurs, en plus des conditions de travail rendues difficiles du fait du peu de temps consacré aux répétitions. Pour le réseau « classique », la recherche de co-producteurs se fait longtemps en amont. Par exemple, pour la création 2010, nous avons déjà les premiers co-producteurs, ce qui retire beaucoup la pression et permet de prospecter plus largement. Je dois ajouter que dans certains cas, sans l’aide de l’Adami et Réseau en scène, nous n’aurions pas pu terminer notre saison après Montpellier et Uzès. Pour Avignon, si nous n’avions pas bénéficié de l’aide de Réseau en scène, nous n’aurions tout simplement pas pu être programmés. Dans d’autres cas, cette aide est un atout majeur dans la prise de décision d’un théâtre, hors de la région, qui a des budgets serrés et choisirait plutôt une compagnie de proximité. Recueilli par Solange Dondi

Nommée depuis 2006 à la direction du Festival Uzès Danse, Liliane Schaus développe un projet européen en direction de très jeunes artistes, en complicité avec deux pays partenaires : le Portugal et l’Allemagne.

d’un dramaturge qui les accompagnera sur la matière même de l’écriture de la danse. Ce dramaturge sera choisi en accord avec l’artiste sur la proposition du directeur de chaque pays et d’un chargé de production qui aidera l’artiste à formaliser les besoins financiers nécessaires à la création.

Très attentive à la vie chorégraphique du Languedoc-Roussillon, comment inscrivez-vous les équipes artistiques de cette région dans votre projet et dans la programmation du festival ?

Lors de la prochaine édition du festival (du 13 au 18 juin) les six artistes choisis en 2009 présenteront leur création au cours de deux soirées, et seront également programmés à Lisbonne et Berlin.

« Depuis 2007, grâce à l’accueil studio (financé par l’État dans le programme des Centres de Développement Chorégraphique), il a été possible d’accueillir des artistes en résidence : David Wampach a bénéficié de cet accueil et de parts de coproduction qui lui ont permis d’être présenté au Festival Uzès Danse, mais également aux Rencontres Chorégraphiques de Seine-Saint-Denis. Nous avons aussi accompagné, sous différentes formes, les créations de Fabrice Ramalingom, Hélène Cathala, Laurent Pichaud et Elsa Decaudin. Pour cette dernière artiste, le projet, financé par l’Europe depuis janvier, va lui permettre d’obtenir en plus de la coproduction, une résidence de création à Uzès et une résidence courte dans un des pays partenaires, le Portugal. Le projet mis en place consiste à accompagner six artistes par an choisis par les directeurs des lieux partenaires, sur la production d’une commande d’un solo ou duo de 30 minutes qui sera présenté dans chacun des festivals. En plus des moyens financiers et techniques, ces artistes vont bénéfi cier de l’apport théorique

Quelles sont les relations que vous entretenez avec les institutions de la région Languedoc-Roussillon ? Les accueils en résidence, les coproductions, se font en collaboration avec les partenaires du Languedoc-Roussillon (le CCN de Montpellier, Le Cratère - Scène Nationale d’Alès, le Théâtre de Nîmes…). Je m’adresse très souvent directement à des collègues français ou étrangers pour leur indiquer le travail de compagnies repérées sur le territoire et je transmets ces contacts aux compagnies concernées. Une relation privilégiée engagée avec Réseau en scène s’est construite autour d’un partenariat sur la mise en œuvre de rencontres professionnelles durant le temps du festival, l’aide financière apportée sur l’accueil des compagnies de la région, les conseils et actions de concertation tout au long de la saison. Toutes ces relations confortent le travail d’attention aux artistes qui créent sur ce territoire. » S. D.


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Les arts de la rue ∞ Le cirque en chiffres

PRODUCTION ∞ CRÉATION ∞ DIFFUSION ARTS DE LA RUE ∞ CIRQUE

152 REPRÉSENTATIONS AIDÉES 70 EN RÉGION, 82 HORS RÉGION 31 ŒUVRES CONCERNÉES

Le Mur

28 ÉQUIPES ARTISTIQUES

La structuration : le maître mot pour tout développement d’un secteur artistique, des points de convergence à trouver qui, en région pour les arts de la rue, trouvent leur vitesse de croisière… Entre lieux de fabrique, de résidence et d’écriture, projets de formations spécifiques et lieux de diffusion, la cohérence s’affirme.

RENDRE À CES ARTS CE QUI LEUR REVIENT La rue a ses arts, qui font pousser sur les pavés la fleur du spectacle. La région compte, actuellement, une dizaine de programmateurs d’arts de la rue (festivals, saison ou diffusion dans de nouveaux champs, comme les lycées). Mais les quelque 80 compagnies recensées n’ont pas toutes la chance d’être accompagnées. Le chemin le plus solide est de passer par un lieu de résidence. Deux principaux en structurent le paysage régional : le Lieu noir, lieu de résidence d’écriture, et l’Atelline, lieu de fabrique. D’autres partenaires accueillent en résidence : la Scène Nationale d’Alès ou Eurek’Art, qui commence à le faire. Cette association, spécialisée dans les arts de la rue, a créé, en 2001, le festival itinérant Label Rue.

Chalon dans la Rue : un des grands festivals français, qui a plus de 20 ans. Nombreuses sont les compagnies de la région qui ont envie et besoin de s’y présenter. Ce fut le cas de la survoltée compagnie 1 Watt : « Quand j’ai créé ma compagnie, mon premier spectacle, Parfait état de marche, a été présenté à Chalon. Il y a quelques festivals comme ça qui sont des endroits où les diffuseurs viennent repérer. C’est un des grands rendez-vous du théâtre de rue », témoigne Pierre Pilatte, directeur de la compagnie. En 2008, sa dernière création, Le Mur, a été présentée dans le cadre de Label Rue : « Les deux spectacles précédents m’ont permis d’avoir la trésorerie nécessaire pour monter Le Mur. Nous avons eu la chance de bénéficier de lieux de résidence et de coproducteurs : l’Atelline nous a accueillis une semaine et a organisé une répétition publique. J’ai réussi à boucler le budget pour monter ce projet mais je sais que je vais avoir du mal avec le suivant : je n’ai pratiquement aucune marge. » Le Mur, selon lui, devrait « vivre une seconde année puis probablement prendre fin. Quand ce sont les mairies qui achètent un spectacle, elles retiennent, en général, des spectacles pour distraire les touristes l’été. C’est plus difficile pour les propositions plus pointues d’être diffusées. » Eurek’Art, avec d’autres programmateurs, travaille à ce que « ce réseau des arts de la rue dans la région ne soit pas émietté, qu’il permette l’émergence d’une œuvre. En suscitant la mise en place de ces itinéraires de diffusion, Réseau en scène stimule cette mise en réseau. Mais on a du retard à rattraper. » Un avis partagé par Pierre Pilatte : « Tout ce qui se passe est très éphémère. Une région comme Midi-Pyrénées est bien mieux structurée. Il faut que se crée une mouvance entre les créateurs et les diffuseurs. » Par Amélie Goursaud

Cirque Précaire

« On fait le choix de favoriser la création. C’est une part importante de la programmation, qui comporte des risques », explique la directrice, Catherine Lemaire. « Mais la région manque de lieux de diffusion des arts de la rue. Aussi, on voit apparaître de plus en plus de créations sans technique, tout terrain, pour répondre aux problèmes de diffusion. » Développé depuis deux ans, le projet Via, auquel participe Label Rue, est un réseau entre les festivals des régions Pyrénées-Méditerranée. « Ce qui est important, c’est que l’artiste puisse jouer sans frontières et que des propositions artistiques vraiment innovantes émergent, estime Catherine Lemaire. Via est une des possibilités qu’on s’est données pour soutenir les compagnies. Réseau en scène les accompagne aussi en les aidant à se présenter à Chalon-sur-Saône. »

Les arts du cirque sous la Verrerie d’Alès, un outil performant dans un lieu patrimonial fort… Beau tour de piste pour les artistes circassiens !

LE PÔLE FAIT SON CIRQUE ! La Verrerie d’Alès en Cévennes, Pôle Cirque Région LanguedocRoussillon, centre de ressource cirque auprès des collectivités en région et centre de production et d’accompagnement, de diffusion en réseau, dédié aux spectacles de cirque de création, accompagne et soutient des artistes et compagnies d’intêret national sur le territoire régional (co-diffusion avec les réseaux généralistes). Son fonctionnement en réseau avec les autres centres de production et de diffusion cirque, favorise les échanges mutuels régional/ national et donc la circulation et la valorisation des œuvres et des artistes.

FOCUS

Au sein de sa riche programmation : Les Régionales, un dispositif destiné aux compagnies régionales, soutenu via le dispositif lieu pivot de Réseau en scène Languedoc-Roussillon. Les Régionales permettent à certaines compagnies de bénéfi cier d’un accompagnement privilégié : soutien à la production et résidences de création et tournée. En ont bénéficié cette année : Cirque Précaire (Cie La Faux Populaire / Le Mort aux Dents), Coma Idyllique (Cie Hors Pistes), De l’autre côté du chronomètre (Cie Dare d’Art), Des Hauts et des Bas (Cie Scorpio) et Ils préfèrent le canard, c’est normal (Cie Encore et Un). F. P.

Au cœur du projet de La Scène Nationale de Sète et du Bassin de Thau, La Fabrique accueille artistes et compagnies dans leurs projets de production et de création. La Cie Moglice Von Verx a rejoint le théâtre en 2004 pour un compagnonage de quatre saisons ayant pour premier résultat la présentation en 2005 de I Look up I look down. Retravaillé et proposé au public dans une nouvelle forme en 2006, ce spectacle a été soutenu en 2007 et 2008 par Réseau en scène.


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PRODUCTION ∞ CRÉATION ∞ DIFFUSION MUSIQUE

La musique en chiffres

DU LOCAL AU NATIONAL, UN CAP À FRANCHIR Moshpit, Electric Octopus Orchestra et Furaya. Ces trois groupes forment la Sélection Régionale à 100 %* dans le cadre du festival Montpellier à 100 %. Venus de l’Hérault, des Pyrénées-Orientales et de l’Aude, ils marchent dans les pas de Fanga. L’évolution du groupe, soutenu par Réseau en scène, est un exemple à suivre. « Réseau en scène est venu en soutien du travail que mes partenaires privés et moi-même n’étions pas capables de faire, tant en terme financier que pour la présence de l’artiste sur des salons », explique Alain Rabaud, le manager du groupe montpelliérain d’afrobeat. Alain Rabaud qui développe : « Fanga a ainsi pu jouer en région dans des lieux ou des structures qui, sans cela, n’auraient pas eu les moyens de les faire venir dans de bonnes conditions. Je pense à la première partie de Johnny Clegg à Fiest’à Sète, ou à la programmation du groupe à Jazzèbre 2007 qui nous a faits connaître sur Perpignan et alentours. Sans ce soutien, Fanga n’aurait pas connu le même développement aux plans régional et national. » Basé à Gignac, Jean-Hervé Michel, directeur de Nueva Onda, le tourneur de Fanga, explique : « L’année passée, nous avons organisé trois showcases à Londres, Tarragone et Paris afin de

réunir des programmateurs de festival, des journalistes... » La date parisienne à la Maroquinerie a particulièrement bien rempli ce rôle de tremplin : « Quand on fait monter à Paris les membres de Fanga pour se produire, cela coûte entre 4 000 et 5 000 euros, détaille Jean-Hervé Michel. Après, on a décidé de faire les entrées à 12 euros plutôt que 17 ou 20 euros, pour attirer du monde. Et la Maroquinerie affichait presque complet. Par la suite, cela a amené plein de dates pour le groupe. Sans Réseau en scène, il aurait été impossible de monter ce showcase parisien : son soutien constitue une marge de sécurité financière. Après, on a pu assurer la promotion pour le Printemps de Bourges, prendre une pub dans Libération... » Pour autant, bien avant d’accéder à la reconnaissance nationale, les groupes doivent se faire remarquer sur les scènes locales. Pour cela, une salle comme El Mediator, à Perpignan, accueille des groupes en résidence et participe à leur reconnaissance à travers des opérations comme Talents d’Ici : « Avec El Mediator, qui est aussi un lieu de travail, nous voulons aider les groupes à se professionnaliser. Nous avons aussi pour mission, en plus de la diffusion, de les faire jouer dans des conditions professionnelles. Nous ne sommes pas là pour les faire accéder à la scène nationale », explique Stéphane Berger, administrateur de la salle catalane. Fanga a franchi ce cap et l’année 2009 doit lui permettre de gravir une marche supplémentaire : sont ainsi programmées quatre dates en Allemagne en mars, puis la sortie du troisième album en octobre accompagnée, jusqu’en décembre, par une tournée des salles Smac. En attendant quelques gros festivals pour 2010. Par Cédric Nithard

*Les groupes sélectionnés sont issus d’un des dispositifs d’accompagnement départementaux : 34 Tours (Addm 34), Vice-Versa (Addmd 11 et Adda Scènes Croisées Lozère), Garden Party (Femag), Talents d’Ici (El Mediator).

121 CONCERTS AIDÉS 69 EN RÉGION, 52 HORS RÉGION 65 ŒUVRES CONCERNÉES 65 ÉQUIPES ARTISTIQUES

La Mal Coiffée

De l’émergence à la reconnaissance : une scène musicale riche en région, qui cependant trouve difficilement ses marques. Déficit d’organisation, de lieux dédiés, de moyens de production… Un état des lieux plutôt pessismiste, toutefois modéré par certaines initiatives.

FOCUS Le modernisme des polyphonies vocales occitanes, celui de La Mal Coiffée : six filles (et un arrangeur) ont collecté et collectionné chansons et histoires de chansons, ont chanté à pleines gorges leurs polyphonies douces autant que malignes, ont tourné ce répertoire dans les villes et foires où on leur servait le vin et le refrain. De Babel Med Music au Festival Hos Ayas en Mongolie en passant par le Printival ou Planètes Musiques, 2008 témoigne d’un parcours professionnel de haute tenue !

LE MIDEM, LE SALON OÙ LES LABELS DOIVENT ÊTRE VUS Depuis 2007, Réseau en scène expérimente l ’e f f ic ac ité de l ’ac c ompagnement de s professionnels sur un marché comme le Midem de Cannes. En incitant les labels et producteurs à se coordonner autour du Midem, Réseau en scène a favorisé la structuration de l’Apem (Association et producteurs et éditeurs de musique) Languedoc-Roussillon en 2008.

Regard croisé : interview d’Abel Gibert, chargé de communication du label Rude Awakening présente

Fanga

Quelle est la mission du label ? Rude Awakening a pour mission de faire vivre les musiques innovantes sur Montpellier et sa région et d’aider les artistes à se professionnaliser. Pour cela, nous organisons des concerts, créons un réseau et des résidences (la Fanfare Electrique à Victoire 2 et Sap(e) au Trioletto en 2007/2008). Nous nous attachons à faire tourner et à promouvoir nos artistes.

Quelle est votre vision de la scène régionale ? Il manque d’abord une salle pour les musiques innovantes. La scène régionale est en train de trouver ses marques à travers des structures comme Jazz en L’R mais la route est encore longue. Les artistes ne manquent pas, seules les structures ont encore du mal à se professionnaliser. Le déficit de labels et de producteurs reconnus par le milieu institutionnel et le réseau national est flagrant.

Comment faire passer un artiste de la scène locale à la scène nationale ? En tournant ! C’est en faisant des dates qu’on devient musiciens : j’ai souvent vu des groupes partir en tournée et revenir plus forts de leurs expériences, plus professionnels dans l’exécution de leur musique, donc plus crédibles aux yeux du public et des professionnels.

Quel est le principal problème auquel se heurte votre secteur ? Le disque, qui a de plus en plus de mal à se vendre. Or, les artistes ont besoin d’un support disque pour se faire connaître, figurer dans la presse et partir en tournée. Mais les studios professionnels sont chers et le financement, même si les coûts de production ont baissé, reste un problème pour les groupes émergents. La solution se trouve probablement du côté du public : sortez, achetez des disques, encouragez les initiatives près de chez vous, soyez curieux et éteignez votre télévision ! Recueilli par C. N.

Le marché international de la musique constitue une place stratégique importante pour les labels. Quand ils peuvent s’y déplacer, comme le remarque Jean-Hervé Michel, directeur de Nueva Onda : « Sans Réseau en scène, je n’aurais pu financièrement aller au Midem les quatre jours et obtenir des dates pour mes artistes. » La seconde problématique qui se pose - et à laquelle l’Apem-LR se veut une réponse - est la visibilité dans une telle manifestation. « Avoir l’identité Apem-LR sur le salon ne change rien pour les labels au niveau du fonctionnement, mais offre une meilleure exposition », constate Pascal Portugues, le président de l’Apem-LR, qui souligne que « Réseau en scène, outre son apport logistique, a pris en charge le financement du stand et de la moitié des accréditations. » Dans un contexte que l’on sait diffi cile pour le marché du disque, alors que la musique occupait en 2004 une place déterminante dans les dépenses des collectivités (à hauteur de 49,2 % du budget dédié au spectacle vivant), l’Apem-LR souhaite apporter une meilleure exposition à la scène régionale : « Il faut prendre comme exemple la Région Rhône-Alpes, très visible au Midem, qui a permis à travers le label Jarring Effects l’émergence d’une grosse scène dub. » C. N.

Les bourses d’aide à la mobilité des professionnels Afin de promouvoir la création régionale sur des événements nationaux ou internationaux, Réseau en scène aide les programmateurs, tourneurs, chargés de diffusion, labels… dans leurs déplacements. Cette année, six structures en ont bénéficié pour le Printemps de Bourges, trois pour les Trans Musicales de Rennes et deux pour le Festi‘Val-de-Marne (Journée des Initiatives Musicales Indépendantes).


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CARTOGRAPHIE ŒUVRES, COMPAGNIES ET GROUPES SOUTENUS

10 rue d’la Madeleine Absinthe Provisoire Anne-Marie Porras Danse Cie ∞ Plaine des sables Antonio Rivas ∞ trio ∞ sextet Artefactdanse ∞ La morsure de l’iceberg Auprès de ma blonde ∞ Mon oncle Alphonse Bal o Gadjo Cafarnal Tribu ∞ Caïtos Project Caïtos Quintet ∞ Hautbois languedociens Céleste Cie ∞ Le Festin de Céleste Celsius Ciné Musique ∞ Cartoons Circus Coko Collectif K. Rosing Show, Aurélien Besnard, Patrice Soletti ∞ Contrabande Collectif Koa ∞ Grand ensemble Koa Collectif La Basse Cour ∞ Le Cubitus du Manchot Cie 1 Watt ∞ Le mur Cie 1057 Roses ∞ De mes yeux la prunelle ∞ La chambre à air ∞ La valise qui contenait des chiens Cie À Contre Poil du Sens ∞ J’arrive plus à mourir Cie Absolut Vocal, Les Grandes Gueules ∞ Exercices de style Cie Achles ∞ Auto ∞ Bascule ∞ Quatorze Cie Acta ∞ Croyez-moi Cie Adesso e Sempre ∞ Les yeux rouges Cie Aries et Scorpio ∞ Des hauts et des bas Cie Aurelia ∞ Pas de deux Cie Balandran ∞ Brut de rue Cie Bruitquicourt ∞ Le Dompteur de Sonimaux ∞ Les Augustes blancs Cie Cacahuète ∞ L’enterrement de Maman Cie Chagall sans M ∞ Vivre Cie Cortizone ∞ L’Histoire du tigre Cie Dare d’Art ∞ De l’autre côté du chronomètre Cie de l’Échelle ∞ Les Grands-Mères sont des Anges Cie Délit de Façade ∞ Menus Larcins Cie Didier Théron ∞ En forme ∞ Harakiri, un sacre Cie Dorée ∞ Opus 47 Cie du Groupetto ∞ Deux premières méditations ∞ L’art, le beau et le bel art Cie Dynamogène ∞ La Cymbalobylette Cie Encore et Un ∞ Ils préfèrent le canard, c’est normal Cie Enfance et Théâtre ∞ Celui qui a vu Cie Hana-bi ∞ Kamtchka, L’Arche du Mégalo Cie Hors Commerce ∞ Exode 1.25 ∞ Shagga Cie Hors Pistes ∞ Coma Idyllique Cie Humani Théâtre ∞ L’ombre Cie Ici et Maintenant ∞ Les ailes de la gravité Cie In Situ ∞ La trilogie de la villégiature ∞ Occident Cie Interstices ∞ Faux bals Cie Jackie Taffanel ∞ Protections Particulières Cie KD Danse ∞ Discussion autour d’une table sur un sujet non défini Cie L’Atalante ∞ Chromatique Cie La Chèvre à Cinq Pattes ∞ Les trois vies de Lucie Cabrol Cie La Chouing ∞ Plume (de nuit) Cie La Llevantina ∞ Enter the Ghost ∞ Un orage serait bien beau ici Cie La Loue ∞ Petit Indien ∞ Roue libre Cie La Nuit Remue ∞ Scanner, nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes dévorés par le feu Cie La Poudrière ∞ Va jouer plus loin ! Cie La Veilleuse ∞ France-Algérie Cie La Faux Populaire / Le Mort aux Dents ∞ Cirque précaire Cie Le Chat Pitre ∞ L’Égaré Cie Le Ratatouille théâtre ∞ La cerise sur le béton Cie Le Tintouin Déguingandé ∞ Le Papalagui Cie Les Apostrophés ∞ l’Écume de l’Air ∞ Passage désemboîté Cie Les Arts Oseurs ∞ Valises Cie Les Gens du Quai ∞ Idiots mais rusés Cie Les Perles de Verre ∞ Le bureau national des allogènes Cie Les Petites Choses ∞ Marcello Marcello, champion de papier Cie Les Trigonelles ∞ Jocelyne vache à lait Cie Machine Théâtre ∞ Désertion ∞ Woyzeck ∞ Le Roi Nu ∞ Henri VI Cie Moglice Von Verx ∞ I look up I look down Cie Murray/Brosch Productions ∞ Kings and Queens / Boyland Cie Pourquoi Pas, Les Thélémithes ∞ Le balcon Cie Pulx ∞ Syntonie Cie Quasi ∞ Manège Cie RAMa ∞ Comment se ment ∞ Fiction in Between ∞ Postural : études Cie Rascalou ∞ Déclassé X Cie Théâtre de la Remise ∞ La dent creuse Cie Théâtre 7, Michel Boy ∞ L’Humanité disparaîtra, bon débarras Cie Tintamarre et Boudeficelle ∞ Mémoire de la rose Cie Tire pas la Nappe ∞ Les Aventures de Nathalie Nicole Nicole Cie Triptyk Théâtre ∞ Foi Amour Espérance Cie Tutti Frutti ∞ Un air de fête Cie U Structure Nouvelle ∞ Baal Cie X-Sud ∞ Fer Terre Cie Yann Lheureux ∞ Bal(l)ade ∞ J’embrasse pas ∞ No one’s land Cie Zouak ∞ La Baraque Foraine, Le musée des petites personnes Compania Inesperada ∞ Fuero(n) Davy Kilembé Trio Dimoné ∞ Madame Blanche

Duo Labbé / Morières Duo Pierre Coulon-Cerisier / Doudou Gouirand Electric Octopus Orchestra ∞ Sélection Régionale à 100 % 2008-2009 Elsa Gelly ∞ Larguez les amours Ensemble Héliade Fabien Bages ∞ Mon grand-père dans la lune Fanga Denis Fournier, Denis Badault, Frédéric/Diaz, Aurélien Besnard, Patrice Soletti ∞ Cabarets jazz Franck Vigroux ∞ Hums 2 terre ∞ Supersonic Blues Aka Furaya ∞ Sélection Régionale à 100 % 2008-2009 Groupe Noces ∞ Du sirop dans l’eau Jazz Poets quartet Jean Chartron ∞ Blues Blues Jean Morières Jean-Pierre Llabador ∞ Give me Three Kaloome L’Herbe Folle La Mal Coiffée La Mouise La Nhaca Laurent Audemard ∞ Entre Bretagne et Occitanie Lazuli Le Chauffeur est dans le Pré ∞ Féroce machination Les Ateliers de Nino ∞ Le grand théâtre mécanique Maguelone Vidal ∞ Instantanés d’intensités Mallau, Matas, Warbuton Michel Altier, Christine Lutz Moshpit ∞ Sélection Régionale à 100 % 2008-2009 Nada Roots Orchestre Evariste Bouchardeau ∞ Hommage à Évariste Bouchardeau P18 Patrice Barthès & Cie ∞ Double Cue ∞ Obscène Pierre Coulon-Cerisier ∞ Wired System Pierre Diaz et Trio Zéphyr Post Partum Collectif ∞ Kill the Baby Save the Food Projet Lafaille Renaud Papillon Paravel Rivatges ∞ Balaubois Rue Rouge Safi ∞ Etnik Hop

Smart FR ∞ La Fanfare E. Soriba Kouyaté, Joël Allouche, Dominique Di Piazza Stéphanie Lignon Sulky Sheena Sur l’Air de Rien ∞ Les Dormeurs du bal Suzana Azquinezer ∞ Couleurs d’Espagne Tango Théâtre ∞ Les enfants du Bing Bang Taraf Goulamas ∞ À table Tekameli ∞ Chants sacrés gitans The Chase Théâtre de la Mauvaise Tête ∞ L’Amélioration ∞ L’Entretien Théâtre des Treize Vents ∞ Marx Matériau Trash Aka L Trislipson Vent du Sud, Denis Fournier ∞ L’Appel du ring Vrack Trio Yéti Zaragraf ∞ Ajde Dado ZoB’


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CARTOGRAPHIE CARTOGRAPHIE LIEUX ET STRUCTURES DE DIFFUSION PARTENAIRES

HORS RÉGION

EN LANGUEDOC-ROUSSILLON Les Tas d’Urgence Printival Chant Libre, Festival Chansons de Parole Communauté de communes de Valcézard Ville de Marseillan Communauté de communes du Lodèvois-Larzac Théâtre de Villeneuve-lès-Maguelone, La Grande Ourse Communauté de communes Terre de Camargue Compagnie Art Mixte Théâtre de Pierres Jam Jazz à Junas, Vagabond’Jazz Théâtre des Trois Ponts Espace culturel des Corbières ATP de Lunel Cie Cacahuète Trad’Hivernales Courant Scène ECAS (Expressions, Culture et Art Scènique) El Mediator Association Labo’Art Espace Cathare, Quillan Théâtre du Périscope Eurek’Art, Label Rue Fédération départementale des foyers ruraux de Lozère Association Ça s’ouïe Théâtre de Clermont-l’Hérault Ville de Mèze Théâtre de La Vignette Fédération des œuvres laïques de Lozère Ville de Bédarieux Festival Quand je pense à Fernande Ville de Mende Théâtre du Hangar Association Alternateuf Foyer d’éducation populaire de Chalabre Greca Illustre Théâtre Jazz à Mèze, Festival de Thau Charte intercommunale de Cerdagne Jazzèbre L’Enfance de l’Art Le Genette Verte La Chapelle ATP d’Uzès et de l’Uzège La Muscadière, Festival du clown Label I.D. Adda-Scènes Croisées Lozère Le Cratère, Scène Nationale d’Alès Théâtre Na Loba Le Théâtre, Scène Nationale de Narbonne ATP de l’Aude Les Elvis Platinés Théâtre de l’Arentelle Les Troubadours Mobile Homme Théâtre Association L’Auboi Montpellier Danse New Art Concept Parc Naturel Régional de La Narbonnaise, Festival Identiterres Scène Nationale de Sète et du Bassin de Thau La Méridionale des Spectacles Théâtre de Mende Communauté de communes du Pays de Sommières ATP d’Alès Communauté de communes Piémont d’Alaric Théâtre Jean Vilar Uzès Danse, Centre de Développement Chorégraphique Ville de Bagnols-sur-Cèze AREMA, Festival Art Pantin Théâtre de la Mauvaise Tête

Théâtre de la Maison du Peuple, Millau (12) Théâtre des Bernardines, Marseille (13) Festival de la Marionnette, Dives-sur-Mer (14) Les Éclats Chorégraphiques, La Rochelle (17) Ass. Octarine / Les Tanneries, Dijon (21) Art Danse Bourgogne, Dijon (21) La Mals, Sochaux (25) ARTO, Ramonville (31) Le Chèvrefeuille, Festival Convivencia, Ramonville (31) CDC Toulouse / Midi-Pyrénnées, Toulouse (31) CIRCA, Auch (32) École de Danse des Universités de Grenoble, EDUG, Grenoble (38) Mômes en folie, Saumur (49) Les traversées de Tatihoou, Saint-Vaast-la-Hougue (50) Ligue de l’enseignement, Spectacles en recommandé, Laval (53) Danse à Lille, Lille (59) CDC Roubaix / Nord-Pas-de-Calais, Roubaix (59) Cie DF, La Cour des 3 Coquins, Clermont-Ferrand (63) Éclats de Fête, Riom (63) L’Atelier du Rhin, Colmar (68) Le Croiseur, Lyon (69) Chalon dans la rue, Chalon-sur- Saône (71) La Maroquinerie, Paris (75) Faits d’Hiver, Paris (75) Scène Bastille, Paris (75) Théâtre du Rond Point, Paris (75) La Flèche d’Or, Paris (75) New Morning, Paris (75) Théâtre du Ranelagh, Paris (75) Espace Jemmapes, Paris (75) Le Chantier, Correns (83) L’Été Danse des Hivernales, Avignon (84) Théâtre des Halles, Avignon (84) Ligue de l’enseignement de Vaucluse, Avignon (84) Théâtre de l’Adresse, Avignon (84) A.V.E.C. La Gare, Coustellet-Maubec (84) Le Carré Bleu, Poitiers (86) Festival Les Primeurs de Massy, Massy (91) Théâtre de Bligny, Bris-sous-Forge (91) Mains d’Œuvres, Saint-Ouen (93) L’Échangeur, Bagnolet (93) Théâtre Gérard-Philipe, Saint-Denis (93) Centre National de la Danse, Pantin (93) Théâtre Kampnagel, Hambourg (Allemagne) Kuzkultur Zentrum, Mainz (Allemagne) Internationale Tanzmesse, Düsseldorf (Allemagne) Etnika Festival, Maribor (Slovénie) Festival Ward in rock, Wardin (Belgique) La Zone, Zayak, Liège (Belgique) Sferaculture, Torino (Italie) Paradiso, Amsterdam (Hollande) Sala Apolo, Barcelone (Espagne) El Mercat de les Flors, Barcelone (Espagne) Averno, Castellon (Espagne) Fira De Musica al Carrer de Vila-Seca, Tarragone (Espagne) Biborock Hall, Bilbao (Espagne) London Calling, Londres (Angleterre) Société des fifres et tambours, Saint-Luc (Suisse) Festival Letni Letna, Prague (Tchéquie) Vancouver International Dance Festival, Vancouver (Canada) The Issue Project Room, New York (USA) Festival Los Dias de la Danza, La Havane (Cuba)


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DYNAMIQUE DE RÉSEAUX PLATEAUX DÉCOUVERTES

FOCUS Une charte interrégionale pour le spectacle vivant, signée le 9 décembre 2008 L’Office National de Diffusion Artistique, l’Office Artistique de la Région Aquitaine, l’Office de Diffusion et d’Information Artistique de Normandie et Réseau en scène Languedoc-Roussillon s’engagent d’une même voix et associent leurs moyens, leurs capacités d’expertises et d’animation du réseau des professionnels, afin de mettre en œuvre la dynamique et les outils indispensables à une réelle politique de soutien aux compagnies repérées par elles. Repérage, visionnages, accompagnement, valorisation, incitation à la programmation des compagnies sont les maîtres mots de cette charte qui se traduira dans les faits dès cette saison.

Les rencontres nationales

Marcello Marcello, champion de papier

Réseau en scène par ticipe aux RIDAS (Rencontres Interrégionales de Dif fusion Artistiques) organisées par l’ONDA ou permet, via la bourse à la mobilité des professionnels, à certains opérateurs de la région « ambassadeurs de la création régionale » d’y assister.

La dynamique de réseaux : une expérience révélatrice des possibles. Coordination des professionnels et pertinence des choix artistiques révèlent les atouts des plateaux repérages, éléments majeurs de la structuration du secteur jeune public en région.

UN PLATEAU RÉGIONAL JEUNE PUBLIC FÉDÉRATEUR Dans le cadre du festival Scènes d’enfance, semaine audoise consacrée au spectacle jeune public, le plateau régional a réuni, au printemps dernier, près d’une centaine de professionnels, artistes et diffuseurs. Organisé par Réseau en scène en partenariat avec le Conseil général de l’Aude et la Scène Nationale de Narbonne, l’événement, ponctué d’un forum de rencontres, avait pour objectif de favoriser et dynamiser la diffusion des œuvres. Six créations régionales ont été présentées devant un public composé majoritairement de programmateurs, régionaux ou pas, et d’enfants. Parmi elles, Marcello Marcello, champion de papier, par les Petites Choses. Pour cette petite compagnie gérée, seule, par Mathilde Aguirre, l’événement a d’abord contribué à « faire connaître [son] travail de comédienne-marionnettiste ». Une bonne occasion pour se faire repérer, mais qui s’est accompagnée d’un « stress » non

négligeable avant l’entrée en scène, d’autant qu’il s’agissait-là d’une première… Un trac compensé par plusieurs dates programmées, directement ou indirectement, à la suite du plateau régional. « Même si, à mon sens, la journée était trop condensée et ne m’a pas laissé le temps de discuter avec les programmateurs (le forum se déroulait pendant le montage de son spectacle, ndlr), cela m’a permis de confirmer certaines dates, d’avoir des retours par mails, et surtout d’être mise en relation avec d’autres théâtres, notamment le Théâtre de Pierres, à Fouzilhon, dans l’Hérault. Des dates où je pourrai inviter d’autres diffuseurs. Mon réseau s’est agrandi. » En clefs de voûte de cette manifestation, plusieurs réseaux se sont ainsi tissés entre artistes et diffuseurs, mais aussi entre opérateurs, qui ont pu renforcer leurs liens. « Bien que nos missions soient différentes, constate Magali Morin du service culturel de la communauté de communes Terre de Camargue, les contacts créés avec quelques programmateurs de grandes scènes me permettront de rester attentive aux nouveautés pour, peut-être, les diffuser. » En terre de Camargue, un tiers des programmations concerne le secteur jeune public. Soumis à des impératifs de diffusion liés à la politique culturelle de la Communauté de communes et à ses moyens techniques et budgétaires, les choix artistiques de Magali Morin se sont affinés lors du plateau régional avec, notamment, le suivi de deux compagnies rencontrées sur place. « C’est bien plus concret qu’un dossier et cela m’évite des déplacements souvent limités par le temps et le budget. Les réunions, organisées en amont de cette journée, nous ont donné la possibilité de rencontrer les artistes, comprendre leurs spectacles. Et, a posteriori, je suis plus attentive à un mail qui concernerait une compagnie que j’ai vue jouer. » Par Ysis Percq

Les plateaux 2008 8 février 2008 ∞ Conte Théâtre de la Mauvaise Tête, Marvejols (48) Organisée en partenariat avec la Fédération Départementale des Foyers Ruraux de Lozère. Dans le cadre du Festival Contes et rencontres en Lozère. 84 participants

24 mai 2008 ∞ Jazz El Mediator, Perpignan (66) Jazz Mexx, vitrine de la production jazz en Languedoc-Roussillon Rencontre organisée en partenariat avec l’Association Strass. Dans le cadre du Festival Jazzèbre. 36 participants

Le jeune public en chiffres 82 REPRÉSENTATIONS AIDÉES 37 EN RÉGION, 45 HORS RÉGION 16 ŒUVRES CONCERNÉES 14 ÉQUIPES ARTISTIQUES

Du 5 au 7 décembre 2008 ∞ Jazz Les journées Jazz en LR 12 concerts en région avec le concours de 10 opérateurs. En partenariat avec le collectif Jazz en L’R.


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DYNAMIQUE DE RÉSEAUX VISIONNAGES / CONCERTATION, INFORMATION

CONCERTATION, INFORMATION, PROMOTION Les rencontres régionales de diffusion et d’échanges artistiques

Les visionnages 2008 21 octobre 2008

Interface entre équipes artistiques et programmateurs, Réseau en scène développe une politique d’information et d’incitation auprès des opérateurs. Objectif affiché, organiser des temps de visionnages, mettre l’accent sur les sorties de résidence, les créations pour rejoindre le cœur de ses missions : favoriser la diffusion des œuvres créées en région. La parole est donnée aux chargées de diffusion.

LE VISIONNAGE, MAILLON FORT D’UN RÉSEAU Inciter les programmateurs à se rendre aux dates de créations s’apparente parfois, pour un chargé de diffusion, à un véritable challenge : « Soit ils n’ont pas le temps, soit ils sont déjà trop sollicités… ». C’est dans cette difficulté que provoquer des rencontres entre artistes et opérateurs par la mise en place de visionnages s’avère opportun dans la mission d’un chargé de diffusion. Pour Élodie Couraud, chargée de production et de diffusion pour plusieurs compagnies, notamment pour le collectif Machine Théâtre et pour la compagnie 1057 Roses dont les œuvres sont soutenues par Réseau en scène, l’intérêt du visionnage « ne s’arrête pas à la vente d’un spectacle. Il contribue à la découverte du travail des artistes. Même si l’on sait que l’on est attendu au tournant, le visionnage peut devenir un moment de convivialité et de discussions entre professionnels et artistes. Je travaille, certes, pour faire tourner nos spectacles mais je ne suis pas une vendeuse ! Avant tout, il faut qu’un programmateur prenne le temps de comprendre la raison d’être d’une pièce à travers le travail des artistes, de rencontrer une équipe, un lieu… » Ce moment privilégié intervient en maillon fort dans les différentes étapes de diffusion. Si une opération ponctuelle comme le visionnage est enrichissante, elle complète cependant le travail de fourmis mené toute l’année par les chargés de diffusion. Seule, elle ne suffirait pas. « Je crois beaucoup à l’acharnement du chargé de diffusion à travers un suivi annuel auprès des opérateurs, explique Élodie Couraud. Il faut les garder informés toute l’année de l’actualité de la compagnie afin que le jour où on les sollicite pour un visionnage, ils se déplacent. » Pour Fatiha Schlicht, chargée de diffusion pour la compagnie de danse Hors Commerce, « le travail de prospection est capital. Il s’inscrit dans la durée, dans la persévérance. Il s’installe dans un rapport particulier avec les professionnels. » Facilitée notamment par les bourses à la mobilité, l’organisation de ces rencontres entraîne l’élargissement d’un réseau. À partir d’un visionnage, des liens se créent et perdurent. L’année dernière, la compagnie Hors Commerce a su tirer parti d’un visionnage organisé lors de représentations à Paris : « Des programmateurs ont participé à ce visionnage, poursuit Fatiha Schlicht. Cela a fait boule de neige et nous a permis de rencontrer d’autres opérateurs pour ensuite être programmés dans un festival. De plus en plus, les programmateurs mettent leurs forces en commun et tissent des réseaux entre eux. En somme, le visionnage s’inscrit dans un processus de travail, une projection que je mets en œuvre sur un terme. Selon les conditions du visionnage et des lieux de diffusion, la rencontre avec les professionnels peut se faire ou pas. Le lien se fait lorsque l’équipe du lieu d’accueil favorise et accompagne ce rendez-vous. Elle peut même en être le maître d’œuvre. Un chargé de diffusion doit déployer divers moyens pour créer la rencontre : par exemple, organiser un filage dans son lieu de travail. L’essentiel est de mettre en lien l’œuvre de l’artiste et le professionnel, d’être l’artisan de cette rencontre. » Par Ysis Percq

Kill the Baby, Save the Food Post Partum Collectif Théâtre du Périscope, Nîmes du 12 au 14 novembre 2008 Les Aventures de Nathalie Nicole Nicole Cie Tire pas la Nappe Théâtre des Treize Vents, Montpellier Un orage serait bien beau, ici Création, Cie La Llevantina Théâtre de La Vignette, Montpellier Occident Création, Cie In Situ Le Cratère, Scène Nationale d’Alès Le Bureau national des Allogènes Création, Cie Les Perles de Verre Théâtre du Périscope, Nîmes Rencontre et lectures autour de l’écriture de Philippe Malone Théâtre de la Mauvaise Tête, Marvejols L’Entretien Création, Cie Théâtre de la Mauvaise Tête TMT, Marvejols

Les repérages 2008 Sur le plan international, l’association a également été présente lors de rencontres organisées par : Théâtre ∞ L’agence WBTD : Wallonie Bruxelles Théâtre Danse (Belgique). Danse ∞ Les Rencontres Chorégraphiques de Carthage (Tunisie). Danse ∞ Le Mercat de Les Flors, Barcelone (Espagne).

L’infozoom Expérimenté depuis septembre 2008, ce dispositif de sensibilisation destiné aux programmateurs met l’accent sur certaines créations à découvrir. Pour ce dernier trimestre, neufs projets en ont bénéficié : Cies Moëbus, Primesautier, La Tortue Frisée, 1057 Roses, Aurelia et Didier Théron, ainsi que La Fanfare E, Mathis, et l’Hommage à Évariste Bouchardeau.

Temps de concertation ouverts et informels, pierres angulaires de la dynamique de réseaux promue par l’association, ces rencontres constituent l’espace d’échanges privilégiés autour de l’actualité de la diffusion artistique en région et des projets de création en cours. Sous le signe de la convivialité, ces moments permettent aux équipes artistiques et aux opérateurs de partager et de croiser leurs objectifs. 29 juin 2008 Maison des relations internationales, Montpellier (34) Brunch organisé en partenariat avec Montpellier Danse, dans le cadre du Festival Montpellier Danse. Rencontres entre diffuseurs présents sur le festival et les compagnies régionales. Plus de 80 opérateurs régionaux, nationaux et internationaux, 23 compagnies régionales. 29 et 30 juin 2008 Studio Bernard Glandier, Montpellier (34) Rencontre organisée en partenariat avec la Plateforme, dans le cadre de la session montpelliéraine des Petites Scènes Ouvertes. Déjeuners d’échanges entre professionnels ayant réuni 87 personnes sur deux jours. 30 juillet 2008 Château de Barjac (30) Rencontre de diffusion et d’échanges artistiques organisée en partenariat avec l’association Chant libre, dans le cadre du Festival Chansons de Parole lors du concert de Stéphanie Lignon. 21 opérateurs

7 novembre 2008 Corum, Montpellier (34) Rencontre de diffusion et d’échanges artistiques musiques actuelles, organisée en partenariat avec le Garage Électrique et La Méridionale des Spectacles, dans le cadre du Festival Montpellier à 100 %. 91 opérateurs

10 décembre 2008 Théâtre des Treize Vents, Montpellier (34) Rencontre de diffusion et d’échanges artistiques théâtre, danse, cirque, arts de la rue, organisée en partenariat avec le Centre Dramatique National du Languedoc-Roussillon, Montpellier. 67 participants

FOCUS Les aides et bourses à la mobilité des professionnels, ou comment être présent là où il faut. Dispositif mis en place en 2008, l’aide à la mobilité des professionnels sur des événements nationaux ou internationaux permet de promouvoir la création régionale. Les bourses à la mobilité des équipes artistiques visent à favoriser leur diffusion hors région suivant trois critères : valorisation des œuvres, plus-value apportée aux compagnies, liens de coopération durable avec un lieu. 37 équipes artistiques et opérateurs en ont bénéficié cette année.


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DYNAMIQUE DE RÉSEAUX

E. Négrier

RENCONTRES PROFESSIONNELLES

Identifier, diagnostiquer les besoins, organiser la concertation, mutualiser et confronter les expériences : ramener l’ensemble à l’échelon territorial pour l’enrichir et le développer, tels sont les enjeux de ces rencontres aussi riches que passionnées.

LA CULTURE EN MILIEU RURAL : LE CRÉPUSCULE D’UN OXYMORE 1 Longtemps, la culture et le monde rural ont semblé antinomiques, tant il est vrai que l’essor des politiques culturelles doit, dans l’ensemble du monde occidental, au double phénomène de sécularisation et d’urbanisation. Si les villes ont semblé détenir le monopole de l’initiative et des institutions culturelles, on s’aperçoit aujourd’hui que l’urbanité n’est plus synonyme de concentration urbaine. Les populations rurales ont changé dans leur composition sociologique, leur connectivité à la ville, et donc dans leur rapport à la culture. Comme un symbole, la première visite en LanguedocRoussillon de Jack Lang, ministre de la Culture, en 1982, avait eu Octon, 350 habitants, pour théâtre et les cultures régionales pour thème. La rencontre de Soumont, un quart de siècle après, avait pour objectif de préciser, au-delà de ce constat, les contours des politiques culturelles qui s’y développent aujourd’hui. C’est que, si culture et ruralité ont cessé d’être inconciliables, comme le rappelait Laurent Mazurier à Soumont, un certain nombre de traits spécifiques demeurent, qu’il convient de rappeler ici. Ils tiennent en trois points, et interpellent les niveaux d’action publique qui en soutiennent, depuis la région ou le département, le développement. Première caractéristique : le monde rural doit composer avec une densité difficilement compatible avec une politique propre d’équipements. Ces derniers sont souvent à la charnière entre la culture, le sport, les loisirs, et ce sont les professionnels, de passage ou en résidence, qui doivent s’adapter à cette donne. La chose est plus ou moins facile selon les disciplines (musique / danse par exemple).

En deuxième lieu, le monde rural coïncide avec une faiblesse du tissu professionnel de la culture, celui qui est la clé des offres culturelles urbaines. Le mouvement associatif, le bénévolat y sont les ressources sans lesquelles les propositions ne peuvent durablement s’ancrer localement. Les différentes formes de mutualisation territoriale (pays, communautés et syndicats de communes) sont aujourd’hui une manière de pallier ce déficit, à travers l’embauche d’animateurs ou de médiateurs culturels. Enfin, la diversité de cette « ruralité » nous permet de relativiser ces traits, et de constater, partout en France, de remarquables exceptions. Au cours des années 1990, les plus fortes croissances budgétaires pour la culture, en Languedoc, ont été le fait de deux villes de moins de 10 000 habitants. Aujourd’hui, si l’on observe l’implication des intercommunalités en matière culturelle, on notera qu’à côté des Montpellier, Amiens ou Évry, certaines communautés de communes (La Grand-Combe, en LanguedocRoussillon, Océan-Marais de Monts, en Pays-de-Loire) dépassent aussi les 50 euros culturels par habitant) 2. La ruralité culturelle française ressemble à ce qu’étaient les politiques culturelles des villes moyennes dans les années 1950 : une vocation sporadique. Les politiques culturelles des niveaux supérieurs se sont, depuis quelques années, penchés sur l’enjeu. Il y va de leur légitimité, sinon de leur responsabilité. Rappelons que, lorsque les DRAC se sont implantées en région, elles ont parfois disputé à l’Administration de la Jeunesse et des Sports la prééminence sur certains partenariats que l’on dirait aujourd’hui « socioculturels » ou « régionalistes » avec une certaine condescendance, mais qui furent les complices, souvent ruraux, de cette épopée territoriale du ministère. La territorialisation des politiques culturelles s’est naturellement étendue aux conseils généraux et régionaux, posant dans tous les secteurs le même dilemme : l’action partenariale et sélective, ou l’équité territoriale par règlement. Précisons les choses. L’intervention partenariale, qui se traduit le plus souvent par des contrats territoriaux (en Midi-Pyrénées, en Mayenne et dans la plupart des régions et départements), appuyés sur des pays ou autres subdivisions locales, peut privilégier les « territoires » qui sont déjà prêts : la communauté a opté pour la compétence culturelle, un équipement mutualisé existe, les volontés sont là, etc. La politique contractuelle gagne en efficacité,

mais elle peut pêcher par une sélectivité telle qu’elle ne satisfera, au final, que les mêmes « bons élèves » de l’action culturelle territoriale. À l’opposé, une politique de « règlement territorial » permettra à chacun de s’inscrire dans le mouvement, quel que soit son stade de maturation culturelle ou même sa motivation. Une telle philosophie, si elle ne décourage pas les porteurs de projets culturels « sincères », favorise les conduites opportunistes « au guichet ». C’est évidemment entre ces deux pôles que se situe la dialectique vertueuse de politiques culturelles rurales qui, en dépit de leur nouveau visage, ne peuvent décidément qu’être à la fois le sujet d’une volonté et l’objet de celle des autres. À ce titre, la rencontre de Soumont aura montré que les perspectives actuelles de spécialisation des compétences culturelles selon les différents niveaux institutionnels sont hautement suspectes. En effet, la pratique généralisée du partenariat « multi-niveau » est la double garantie d’une diversité des acceptions de la culture et de leur convergence au gré des projets territoriaux. Par Emmanuel Négrier

1 Présence de la culture en milieu rural, Prieuré Saint-Michel de Grandmont, Soumont, 30 mai 2008. 2 Nous avons récemment publié un ouvrage retraçant deux années de recherche sur l’intercommunalité culturelle. Cf. Emmanuel Négrier, Julien Préau et Philippe Teillet, Intercommunalités : le temps de la culture, Grenoble : Éditions de l’OPC, 2008


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DYNAMIQUE DE RÉSEAUX RENCONTRES PROFESSIONNELLES

FOCUS Les communautés de communes : une dimension territoriale Le 30 septembre 2008, Réseau en scène accueillait les services culturels des communautés de communes de la région, avec pour objectifs de stimuler la circulation des œuvres créées en région et d’aller vers une coordination plus aboutie entre les services culturels. En présence de représentants de la DRAC, de la Région, des Départements du Gard et de l’Hérault, la trentaine d’élus et de techniciens présents ont partagé leurs différents projets et ont initié une réflexion sur de possibles mutualisations de moyens. Riches d’une grande diversité des approches et des réalités territoriales pour le moins hétérogènes, ils ont pu mieux identifier les ressources mises à disposition par les différents partenaires, les convergences possibles entre territoires et aborder quelques pistes de travail - dont la mise en réseau des techniciens.

Les rendez-vous 2008 30 mai 2008 Prieuré Saint-Michel de Grandmont, Soumont (34) Présence de la culture en milieu rural. Dans le cadre du Forum Culturel en Cœur d’Hérault. Journée de réflexion sur la démocratisation culturelle et le développement local engendrés par la mise en place de projets culturels sur des territoires ruraux. En partenariat avec le Pays Cœur d’Hérault et l’association Les Tas d’urgence. Débats animés par Laurent Mazurier, consultant au développement culturel. 178 participants 20 juin 2008 Espace Racine, Uzès (30) Quels publics, pour quelles danses ? La perception et la transmission de l’œuvre chorégraphique en débat. Dans le cadre et en partenariat avec le Festival Uzès Danse. Débats animés par Geneviève Vincent, historienne de la danse. 61 participants 5 juillet 2008 Le Cratère, Scène Nationale d’Alès (30) Arts de la rue : rives et dérives. Échanges autour des perspectives de développement des arts de la rue. Dans le cadre du Festival Cratère Surfaces et en partenariat avec le Cratère, Scène Nationale d’Alès, l’ONDA et Hors Les murs. Débats animés par Jean-Sébastien Steil, coordinateur du Réseau In Situ. 52 participants 18 juillet 2008 Château de Girard, Mèze (34) Émergence et réseaux des musiques actuelles : franchir les frontières régionales. Réflexion sur la mise en réseau des acteurs des musiques actuelles dans un contexte de développement du rôle des collectivités territoriales, notamment en matière de soutien à l’émergence artistique. Dans le cadre du Festival de Thau, en partenariat avec l’Association Jazzamèze. Débats animés par Mathieu Lambert, coordinateur du Garage Électrique (Montpellier). 42 participants 3 octobre 2008 La Clé des chants, Vergèze (30) Dramaturgie et marionnettes, le passage de l’écriture à la scène. Vertus et spécificité de la dramaturgie à l’usage des marionnettistes. Dans le cadre du Forum Art Pantin et en partenariat avec Arema LR. Débats animés par Claire Wilmart, directrice du festival Théâtre Enfants (Avignon). 44 participants 16 octobre 2008 Théâtre de Clermont-l’Hérault (34) De nouveaux réseaux de diffusion et d’échanges artistiques interrégionaux. Présentation par Bruno Graziana et Mathieu Siorat du Chainon / FNATV (Fédération des Nouveaux Territoires des Arts Vivants). Organisée en partenariat avec le Chainon / FNATV et le Théâtre de Clermont-l’Hérault. 26 participants 7 novembre 2008 Corum, Salon du Belvédère, Montpellier (34) Trop de musique(s) ? La profusion des labels et des festivals en question. Dans le cadre du Festival Montpellier à 100 %, en partenariat avec le Garage Électrique et la Méridionale des Spectacles. Débats animés par Franck Berger, directeur du Trioletto (Montpellier) et Cyril Dellavia, médiateur culturel d’Avant-Mardi (Toulouse). 104 participants

N/B synthèses des travaux téléchargeables : http://www.reseauenscene.fr/publications.php


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FORMATIONS Cherchez, c’est trouvé sur www.reseauenscene.fr La rubrique offres d’emploi est en ligne en page ressource du site de l’association, consultable par tous, il vous est aussi possible d’y déposer vos offres d’emploi. Le répertoire de la formation professionnelle dans le spectacle vivant, également en ligne, permet aux professionnels d’identifier l’ensemble des offres de formation proposées sur le territoire. Ce travail, auquel sont étroitement associés les organisations professionnelles et les acteurs institutionnels intervenant dans le champ de la formation, fait l’objet d’une veille permanente.

Compétence ou connaissance, apprentissage ou remise en question de ses propres acquis ? La formation est l’outil qui façonne l’avenir professionnel, renforce les défis et permet d’oser aller plus loin. Aux besoins diagnostiqués répondent de multiples offres… S’y retrouver n’est pas toujours facile, choisir non plus !

DANS LES LABORATOIRES DE LA CRÉATION

Chantiers Nomades

Enjeu primordial du secteur, et gros chantier en région, la formation est l’une des missions de Réseau en scène, comme l’explique le directeur adjoint, Yvan Godard : « La logique est d’aider les organismes locaux à structurer leurs propositions afin qu’elles répondent aux besoins diagnostiqués et qu’elles soient de véritables outils d’évolution pour les secteurs concernés. » Une aide qui se matérialise de différentes façons : « Cela peut passer par des choses très simples, comme encourager ces structures à travailler ensemble ou imaginer les nouvelles formations sur lesquelles elles n’oseraient pas se lancer. » Réseau en scène cherche ainsi à développer une offre de formation pertinente : « Dans les régions voisines, il y a de grands centres de formation technique, comme en Avignon. On ne va pas créer ce qui existe à 80 km de chez nous, mais plutôt nouer des partenariats. Sur le plan artistique, le constat est à nuancer. Les mêmes personnes travaillent entre elles : un régionalisme qu’il faut parfois briser en amenant des acteurs extérieurs et des choses un peu différentes. » Dans ce but, l’association a fait appel aux Chantiers Nomades : « Ce qui est intéressant avec eux, souligne Yvan Godard, c’est leur résonnance nationale. Dans ces laboratoires, sont présents des artistes de la région, mais aussi d’ailleurs. Cela permet d’échanger les pratiques. » Frédéric Plazy, directeur des Chantiers Nomades, structure grenobloise, explique ainsi sa démarche : « Notre philosophie s’illustre par cette citation de Gilles Deleuze : « On enseigne bien ce que l’on cherche, non ce que l’on sait. » Nos laboratoires sont un échange de trois à quatre semaines. Il y a un thème mais pas de programme. Une personnalité artistique décide de questionner un moment de spectacle ou de travailler sur un type d’écriture. Nous convoquons un groupe d’acteurs pour avancer tous ensemble. » Des laboratoires tournant autour de trois axes : « Avec les spectacles vivants, des professionnels se rencontrent. Dans le cinéma, nous faisons se confronter des démarches de réalisations et les acteurs appréhendent les contraintes et les libertés de leur exercice. Quant au théâtre, nous réfléchissons sur la transmission de cet art. » Delphine Mélèse, comédienne et directrice de la compagnie montpelliéraine Les P’tites Marguerites, témoigne de sa participation au dernier laboratoire dans la région* : « Nous étions une quinzaine, au Théâtre des Treize Vents, avec Alexis Forestier. Il y a une étape théorique où nous avons beaucoup lu et parlé autour des mouvements engagés russes. Nous nous sommes plongés dans des textes du peintre Kandinsky théorisant sur la peinture et le spectacle. L’objectif était de voir, avec nos moyens, ce que nous pouvions en faire. Chacun prenait en charge quelque chose : le mouvement, le chant… » Une manière de travailler enthousiasmante : « J’ai apprécié la recherche que l’on ne fait pas habituellement. J’ai également beaucoup aimé le côté collectif, l’assemblage de chaque compétence, un peu comme des pièces d’horlogerie. Leur manière d’aborder, de présenter, d’accompagner. C’est agréable d’avoir un moment de recherche qui ne suppose pas une production en aval. » Par Cédric Nithard

*Chantiers Nomades : « À la recherche de compositions scéniques »

COREPS Languedoc-Roussillon Déclinaison régionale du Conseil National des Professions du Spectacle (CNPS), mis en place en novembre 2004 en Languedoc-Roussillon, le COREPS est l’instance de dialogue social dans le secteur du spectacle regroupant les représentants des syndicats de salariés, des organisations professionnelles et les représentants des collectivités territoriales et des services de l’État en région. À l’issue du séminaire de restitution et de réflexion organisé par Réseau en scène en février 2007, en partenariat avec l’Observatoire des politiques culturelles, l’État et la Région ont pris publiquement sept engagements forts pour le développement et la structuration du spectacle vivant, du cinéma et de l’audiovisuel en région. Ces engagements s’appuyant fortement sur le renforcement des travaux du COREPS, c’est dans cette logique que Réseau en scène en assure aujourd’hui le secrétariat. La cellule de veille du COREPS publie désormais des fiches thématiques (disponibles auprès de Réseau en scène). Réseau en scène travaille à l’organisation, fin mars 2009, d’un séminaire portant sur l’emploi dans le spectacle vivant et enregistré et les financements publics pour la culture en région. Y. G.

FOCUS Formations en partenariat avec Illusion & madacam Des offres de formations pertinentes : Depuis deux ans, Réseau en scène cherche, au plus près du réseau régional des organismes de formation professionnelle, à structurer et accompagner le développement d’une offre de formation cohérente. Dans cette logique, un partenariat fort a été établi avec Illusion & macadam autour de trois formations menées dans le cadre du PRQ de la Région LanguedocRoussillon : Produire et diffuser pour les musiques actuelles, en partenariat avec l’IRMA, Produire et diffuser en espace public, en partenariat avec Hors Les Murs, Technicien du spectacle vivant, en partenariat avec le Théâtre Jean Vilar.


Réseau en scène Languedoc-Roussillon reçoit le soutien de


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