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Mickaël FAURE, directeur de l’AFME, et Mostapha ROMLI, directeur de la Résidence d’artistes Ifitry, devant une œuvre de Saad Ben Cheffaj, collection du Centre d’Art Contemporain d’Essaouira.

Photo : Belaïd Belhaoui, C.A.C, 2011

En cette nouvelle année, que toute l’équipe de l’AFME vous souhaite heureuse et inspirante, Essaouira choisit “de ne rien céder de sa superbe, pour cultiver et afficher ici sans complexe ni retenue sa différence et sa singularité” (selon les mots de notre Président d’honneur, S.E. Monsieur André Azoulay, dans une préface à un ouvrage édité, il y a quelques années, à l’occasion d’une série d’expositions en France et consacrée aux artistes singuliers d’Essaouira). La cinquième édition du Festival de l’étrange, ETRANGE V, rendez-vous désormais incontournable de l’Alliance Franco-Marocaine et de la vie artistique de la ville, constitue la prochaine occasion de se délecter de l’art souiri, “dans ce mouvement qui exprime la vie par sa fraîcheur, sa créativité et sa force” (ib.). ETRANGE V se tient du 18 février au 24 mars prochains (vernissage de l’exposition et remise des prix le samedi 18 février) et allie exposition d’arts plastiques, performances et spectacles pendant la durée de l’exposition, à l’attention de nos différents publics (enfants, jeunes et adultes, locaux et internationaux). Sur la thématique ouverte et par définition insolite qui a fait la réputation de ce festival initié en 2007 par M. Alain Billy, ancien directeur de l’AFME – une thématique tout à la fois déroutante, rare, surprenante, et si heureusement inscrite dans le contexte de la ville et de sa région, de son environnement physique, visuel et mental – un vaste ensemble d’œuvres y est présenté, qui associe les productions de certains des meilleurs plasticiens d’Essaouira – Baki, Maimoun, Ben Ali, El Hadar, Asmah, Bentajar…– et une sélection d’artistes français et européens. Conjointement, ce début d’année voit aussi les nouveaux développements d’ICI / Programme de résidences d’artistes de l’AFME, initié au printemps 2011 et qui a déjà donné lieu à l’invitation, pour un temps de production et de présentation, de plusieurs créateurs français (établis notamment à Berlin – autre foyer, s’il en est, de la création artistique internationale). Dans le prolongement de ces premières résidences, sont donc successivement invités à travailler à Essaouira : Alexandre Roccoli, danseur et chorégraphe (actuellement à voir, à Paris, au Centre G. Pompidou dans le cadre de l’exposition Danser sa vie, à l’invitation prestigieuse


de l’artiste anglo-allemand d’origine indienne Tino Sehgal), Ariel Kenig, écrivain (prochain livre à paraître : Le Miracle, février 2012) et Arandel, musicien (ICI / IV, janvier-février 2012, projet Empty pictures – cf pages 5-6). Puis L’AFME accueille GIOM/Guillaume Bruère, peintre et sculpteur (ICI / V, aussi dans le cadre d’ETRANGE V, résidence couplée avec l’Institut Français de Marrakech, en coopération avec son directeur, M. Jérôme Bloch) ; Vincent Epplay, artiste sonore établi à Paris, et FMSW, collectif d’artistes germano-suisse (ICI / VI et VII). Ces artistes européens viennent travailler parmi nous en mars, pour concevoir, dans le cadre d’un autre rendez-vous à venir très attendu des publics de l’AFME, Chouf la mer (avril-mai, cf page 17-18), deux expositions sur ce thème, dans le cadre d’une coproduction développée avec le Goethe Institut de Rabat et son directeur, M. Wolfgang Meissner, et Mme Zhor Amhaouch, ancienne directrice du Musée Sidi Mohamed ben Abdellah et désormais Déléguée du ministère de la Culture à Essaouira – que nous souhaitons tous deux remercier vivement ici. Parallèlement, ce dispositif de résidences sera étayé au fil des mois par de nouvelles collaborations dont celle, prometteuse, entre l’AFME et le Centre d’Art Contemporain de Maroc Premium à Ifitry, dans un site maritime remarquable situé à quelques encablures d’Essaouira. Invitations d’artistes, échanges et coproductions inspireront ces nouveaux axes de coopération culturelle francomarocaine. Un mot, encore, sur la programmation des prochains mois à l’Alliance, pour vous convier aussi à des manifestations centrées sur le théâtre (Peaux, Compagnie les Pieds nus, et Amal-Gamme, Compagnie A’Kkada, le vendredi 24 février), le conte (soirée “Contes étranges”, proposition de Marie-Laure Depaulis, le mercredi 22 février), la musique et la littérature (concerts, conférences et ateliers, dont nous vous tiendrons bientôt informés par invitations et en lien avec les acteurs de communication culturelle de la ville – Le GUIDO/magazine d’Essaouira, notamment, mais aussi les portails essaouira.madeinmedina.com ou essaouira. vivre-maroc.com, bien connus des amateurs d’événements artistiques souiris – que nous saluons aussi chaleureusement. … Dans l’Intervalle, n’hésitez pas à nous contacter ou à nous rendre visite, comme à venir nombreux à notre prochain grand rendez-vous, le samedi 18 février, à l’occasion de l’inauguration d’ETRANGE V. A bientôt, Mickaël FAURE directeur de l’AFME

direction.afme@gmail.com Photo de couverture : Errasmi Mohammed Bouqsim, L’Eclosion, détail, peinture sur toile, 2011. Vit et travaille à Essaouira.

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Exposition Alexine CHANEL, ICI / III ORGUE, novembre-janvier 2012

Conférence Omar SAGHI 23 novembre 2011

Les 2 timides, Cie Privé de dessert 17 décembre 2011

Oukacha Family & Twam 03 7 janvier 2012


Concert HMADCHA d’Essaouira 14 octobre 2011

Maroc Insolite, Cie Terminus 21 octobre 2011

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Ahmed JIDDOU, conteur Mauritanien 9 & 10 décmbre 2011


Empty pictures ICI / IV

Programme de résidences d’artistes de l’AFME

Que retient le corps de ce qu’il explore ?

Alexandre ROCCOLI ARANDEL Ariel KENIG du 5 janvier au 5 février 2012 Une coproduction AFME (Essaouira), Institut Français (Paris), Ménagerie de Verre (Paris), CCN (Rilleux-La-Pape), Arty Farty (Festival Nuits sonores, Lyon), Mairie de Lyon, Les Subsistances (Lyon), Région et DRAC Rhône-Alpes, Gaîté Lyrique (Paris) Alex Roccoli remercie Ali Benmakhlouf et tous les artisans qui ont contribué à l’élaboration du projet EMPTY PICTURES (dont le Centre artisanal d’Essaouira)

Si le corps est une page blanche, quel imaginaire peut-il donner à voir ? Empty pictures s’empare des modes opératoires de la mémoire et questionne la construction/déconstruction de nos images mentales. L’imaginaire commence où naît le fantasme de l’espace vide : Projet à la croisée de la musique, du texte et de la danse, Empty Pictures se propose d’étudier les gestes propres à certains corps de métiers : pêcheurs, menuisiers, tisserands, tanneurs, ouvriers du bâtiment… Que retient le corps de ce qu’il explore ? A partir de cette collection de gestes, l’enjeu n’est pas de reproduire une typologie, mais d’articuler les rythmes, figures et significations entre les corporalités et de tisser des déterritorialisations de gestes et de constructions d’espaces imaginaires.

Ce travail de coagencement s’ouvrira aux rituels Gnawa, notamment à travers les corps des musiciens et danseurs mis en jeu. Ils serviront de champ d’exploration physique et mentale. Que nous apprennent ces danseurs sur leur rapport au corps ? De quelle mémoire physique sont-ils les héritiers ? Empty pictures prendra la forme d’une exposition chorégraphiée où les corps, réceptacles dynamiques de ce qu’ils apprennent, observent ou imaginent, tanguent à la frontière du visible et de l’invisible.


Ariel Kenig est né en 1983. Il est l’auteur de plusieurs romans dont Le Miracle, publié en ce moment aux éditions de l’Olivier. Intervenant au Laboratoire de Formation au Théâtre Physique à Paris, il écrit également pour la presse et la jeunesse.

Alexandre Roccoli, né en 1974, est titulaire d’une Maîtrise en Esthétique de la Création et d’une licence en information et communication. Il se forme aussi auprès de Mathilde Monnier au Centre Chorégraphique National de Montpellier, puis est membre actif du Théâtre du Soleil pendant trois ans, avec Ariane Mnouchkine. En 2003, il part vivre à Berlin, où il collabore avec les artistes Antonia Baehr, Aranxta Martinez, Tino Sehgal, Tamer Yigit, Clemens von Wedemeyer, Bruce Labruce. Sa rencontre avec Régine Chopinot est déterminante grâce à ses explorations via W-H-A (Warning Hazardous Area), qui posera les jalons de ses premières pièces quant à un mode d’écriture s’appuyant sur le cut up et l’énergie incisive du sampling. En 2008, dans le cadre de Second Skin, en partenariat avec Les Subsistances et Tanzquartier à Vienne, il crée avec des artistes d’autres disciplines artistiques la pièce Last Last, puis co-signe Drama per Musica avec Séverine Rième, pièce créée en 2011 au Centre Pompidou pour le Nouveau festival. A. Roccoli est également commissionné pour la conception d’expositions. Celles-ci sont conçues comme des chorégraphies, qui reposent sur des principes de mise en mouvement du regard et de l’expérience du spectateur et croisent les champs de la mode, du design, de la photographie et de la danse. Depuis 2009, il initie une étude sur le principe de « dérivations » - projet mettant en lien les domaines de savoirs du monde hospitalier et ses approches en recherches psychiatriques appliquées à une démarche chorégraphique et sonore.

Arandel n’est pas un groupe, Arandel n’est pas un personnage. Si l’album In D est un OVNI, son concepteur, plus qu’un sujet vivant non identifié, est surtout un musicien touche-à-tout, qui tient derrière ce projet à rester en retrait. Comme lorsqu’il mixe dissimulé derrière un rideau dans la Carrière du Normandoux, en distillant un Dj set uniquement constitué de plages vocales. Arandel est une entité secrète où seule la musique tient le rôle de vedette. Rester anonyme pour explorer le chant des possibles ; donner un multi-visage au profil de musiques expérimentales : Arandel est le nouveau terrain de jeu d’un artisan pop nourri au “krautrock”, à l’électro et à l’école newyorkaise minimaliste. C’est la face cachée d’un artiste qui révèle son envie d’explorer d’autres pistes, en proposant un projet affranchi des formats pop et de l’écriture classique. Un concept inédit, pour un résultat inouï.

Issu d’ICI / IV, le projet EMPTY PICTURES sera présenté en juin 2012 à l’AFME dans le cadre du Festival Gnaoua Musiques du Monde

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[Etrange V] vernissage le 18/02 à 19h exposition du 18/02 au 24/03/12 Entrée libre

Parmi les artistes présentés (liste non exhaustive)

Simo AAGADI - sculpture Dominique ALABERT - sculpture Mostapha ASMAH - sculpture et peinture BAKI - sculpture BEN ALI - sculpture et peinture Abdelkader BENTAJAR - peinture Abdelfattah BOUGATTI - peinture Abdelaziz BRIZE - sculpture GIOM / Guillaume BRUERE - peinture et sculpture (Résidence ICI / V) Jean-Michel CROPSAL - installation Abdelhadi DERHY - sculpture Monique FAVIERE - FERNANDEZ - sculpture Yassine BALBZIOUI & Badr EL HAMMAMI - film et installation Abdelkader et Saïd BENTAJAR - peinture Mustafa EL HADAR - sculpture et peinture Abderrahim HARABIDA - installation Zahra IGNAOUN - peinture Moustapha ISOUGIT - peinture Khadija KARIMI - sculpture et peinture Hilal KHALIL - sculpture Ali MAIMOUNE - sculpture et peinture Said OUARZAZ et fils - peinture Naïma RAOUIMIR - peinture Ismaïl SIHAM - peinture Ioana TANASESCU - sculpture

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Simo AAGADI (France/Maroc) Des corps vident résonnent au delà de l’espace-temps, moments de contemplation et de méditation. Lier le tissu organique au tissu textile, comme une seconde peau, une enveloppe charnelle que l’on se façonne et qui retranscrit notre histoire, notre fragilité, notre identité. Jean-Michel CROPSAL (France/Maroc) Etrange comme étranger. Comme un objet que l’on extrait de son milieu naturel, que l’on élève au rand d’une œuvre d’art et que l’on réintroduit dans un milieu qui peut lui paraître naturel, mais ne l’est plus. « Pour cela, je prends des galets à l’embouchure de l’oued, je les couvre de mes grravures coupées en bandes et de petites bandes de papier noir. » Ces galets seront présentés sur du sable, entourés d’autres, naturels. Certains seront supportés par des socles en ciment. Guillaume BRUERE (France/Allemagne) « Quand les discussions avec Guillaume Bruère portent sur Thomas Hirschhorn, Georg Baselitz, Günter Brus, Eugène Leroy, Thomas Schütte et Jonathan Meese, il n’est pas question de citation mais d’attitude. Ce sont tous des artistes qui de façon singulière ne pensent pas l’art du passé comme une condition, comme un point de départ ou bien encore comme un simple “étrier”, mais qui s’appliquent à un geste de création ex nihilo. Ce sont également des artistes qui ne se laissent pas détourner de leur direction. Assurément, c’est aussi le cas de Guillaume Bruère. » (Robert Fleck, Katalog Max-Pechstein Förderpreis, Kunstmuseum Zwickau 2007) Daniel GASTAUD (France/Maroc) Qui n’a jamais voulu voler ou la peinture en élévation… Une certaine idée du baroque. La peinture sans peinture, en exploitant des médiums de substitution inexplorés plastiquement. Dialogues permanents entre la photographie et la peinture, entre le palpable et l’impalpable, entre le présent et la mémoire, la rencontre de l’homme et de son ange, avec la plume comme médium, pour un possible inutile. « Le bel inutile », une sorte de continuum entre les Beaux-Arts et l’inutile, tend vers un déplafonnement terrestre ; possibilité d’un processus de distanciation entre l’image et le réel. Bref, une conquête de l’air sans en révéler toutes ses ambiguïtés ! Badr EL HAMMAMI et Yassine BALBZIOUI (Maroc/France) Deux artistes marocains diplômés de l’école des beaux-arts de Bordeaux (Yassine) et de celle de Valence (Badr). Le projet ESSAOUIRA.MOV est un film expérimental qui s’inscrit dans la démarche artistique des deux artistes : un mélange de performance et d’intervention dans la ville; c’est elle qui inspire les artistes comme un livre dans lequel ils plongent pour fabriquer leur propre imagination.


Ali MAIMOUNE (Maroc) « Avant j’étais berger, puis maçon, et maintenant je me définis comme un artiste. » (Ali Maimoune, juin 2011). Par cette simple évocation des métiers qu’il a exercés, Ali Maimoune trace un chemin et nous apprend qu’il estime avoir, en tant qu’artiste, une tâche à accomplir. Il nous présente aussi son art, né du rêve et de la nature, mais nullement ESSAOUIRA.MOV expérimentalcar empreint de l’esprit du bâtisseur. La évanescentFilm ou chimérique, et la présence Yassine force BALBZIOUI Badr ELexprimées HAMMAMIpar ses œuvres sont ainsi comparables à celles d’un en plein champ ! L’art de Maimoun est plus Badr EL HAMMAMI etmenhir Yassinedressé BALBZIOUI deux artistes marocains diplômé ou moins tout cela, et plus encore, car ses tableaux et ses sculptures de l’écolecontiennent des beaux-arts de Bordeaux pour Yassine et l’école des beaux-arts avant tout ce qui ne se dit pas. (extrait de Quoi ?... Tout, Ali de Valence pour Badr. deux artistes Maimoune, deLes Catherine Conil).naviguent entre vidéo, performances, installation, dessin et peinture. Leur rencontre s’est faite à Bordeaux en 2002 et depuis(Roumanie) ils ont participé enIoana TANASESCU semble roumaine, à plusieursIoana manifestations dernière estBeauxle projet AFRICA D’origine Tanasescuartistiques, a étudié àla l’Ecole des Arts de Rennes. “Personnellement, je me trouve sur la route de laet Bordeaux. LIGHT : une exposition itinérante entre Bordeaux, Dakar, Bamako connaissance et de la conscience qui se développent autour Le projet ESSAOUIRA.MOV est d’enjeux un film expérimental qui s’inscrit dans la dudémarche corps et de ce qu’il sous-tend. L`homme son histoire, l`humanité et artistique des deux artistes : unetmélange de performance et son histoire. La question du bien et du mal, de la violence et de la d’intervention dansbeaucoup la ville, c’est qui inspire comme paix. Je m’interroge surelle le rôle de l`artles et artistes de l’artiste dansun livre dans lequel ils plongent pour critiquer, fabriquerdoit-il leur propre imagination c’est le moteur de ce notre époque. L`art doit-il être politique ? Émotionnel ? Personnel projet. ? ” Les deux artistes sont acteurs et réalisateurs à la fois, ils proposent un voyage subjectif au coeur d’Essaouira, chaque jour les artistes déambulent dans les rues pourDERHY réaliser (Maroc) leurs démarches artistiques filmer par une caméra vidéo. Abdelhadi Un montage fait à la fin de la journéede de marqueterie leurs productions durée de Vingt-deux ansest d’arttisanat d’incrustation, et de d’une création. Premier prix au concours dumontage meilleur est artisan d’Essaouira ende 2008. Le sculpture 10d’innovation min, le résultat final de ce le point de départ la suite du film qu’il présentere dans jusqu’au le cadre d’ETRANGE V s’intitule Beau sourire. pour le lendemain. jour 5 ou le montage final d’une durée d’une heurs environs est finalisé et projeté le jours du vernissage dans une salle du cinéma ou dans un lieux qui correspond à l’esprit du projet. En parallèle à ce film, les artistesEL proposent une exposition à partir d’objets Mustafa HADAR (Maroc) Le peintre et sculpteur El Hadar n’a à cultiver l’étrange utilisés dans le film (dessins, peintures, installations...) ellepas regroupe leurs pouràl’être. Ses œuvres bombes atomiques, productions qu’ils ont créé Essaouira (objets,(crânes-ovnis, textes, dessin, peinture...) et robots...), machines bizzaroïdes et « déglingue », frappent trois de leurs dernièresd’emblée. réalisations artistiques estaux de puces montrer Devant elles –personnels, à la jutiya : l’idée marché et cette confrontation de leurs personnels et aussi de montrer le résultat rucheunivers artistique, entre zone industrielle et grève balayée de leur collaboration. par le vent – le « regardeur » s’embarque pour un futur de bricole, tout à la fois entropique et joyeux.

Abdealilah DMAI (Maroc) De « la biche dans la clairière », à une nouvelle manière résolument souirie, il n’y a qu’un pas – de géant – que Dmai décide de franchir. Le jeune peintre développe d’abord une peinture hyperréaliste des plus étranges, à midistance d’une sorte de Brueghel post post et de Nouvelle objectivité. Dans ses toutes premières œuvres, c’est le détail absolument minutieux et troublant, le quotidien et la simplicité de la condition humaine qui sont mis en valeur. Puis Dmai part ailleurs, c’est-à-dire qu’il revient aux sources, près des siens et de « l’Ecole d’Essaouira ». L’extraordinaire finesse des débuts est toujours là, mise au service des motifs et éléments du langage pictural souiri, pour une aventure artistique des plus prometteuses.

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Mostapha ASMAH, technique mixte, 2012


Zahra IGNAOUN (Maroc) Dripping en mode souiri, pour un raccourci des plus saisissants : où l’haïk, le voile et le sexe féminin se confondent.

BEN ALI (Maroc) Ben Ali – ou la peinture singulière… Singulière dans ses couleurs : intenses, presque « fluo », électriques, sombres ou éclatantes, des plus naturelles aux plus sophistiquées. Singulière dans ses formes, son rythme et ses motifs, souvent répétés et audacieux : comme un entrelacs ininterrompu de courbes, de lignes et de superpositions de figures qui se distordent ou s’enchevêtrent. Singulière dans ses thématiques : par son caractère fortement individué, le langage pictural déployé par l’artiste met en images un univers total et fantastique, fait de créatures énigmatiques, dans des paysages et des situations qui ne le sont pas moins, pour des peintures où tout se mêle : l’être humain, le règne animal, le végétal - mais aussi le rêve, le délire, les visions intimes de l’artiste, qu’elles soient joyeuses ou terrifiantes. Ben Ali nous invite, à son insu ou en toute conscience – il ne nous le dira pas – à lâcher prise, pour nous plonger dans un monde au temps différent et englobant, peut-être mythique. Mostapha ASMAH (Maroc) Peintre et sculpteur, Asmah puise dans les tréfonds sombres de notre âme une inspiration obsessionnelle et insatiable, qui vient éclore à la surface, souvent avec humour, sous la forme de masques tordus et de créatures difformes. Son œuvre abondante semble vouloir nous dire quelques chose, quelque chose que nous ne voulons pas entendre, quelques chose qui a l’évidence de la nuit et qui doit y rester (source : site de la galerie Damgaard, Essaouira). Abdelkader BENTAJAR (Maroc) Né en 1949 dans la région de Marrakech, Bentajar a été séduit par la cité d’Essaouira, cette ville de lumière suspendue entre ciel et terre, au point que, dans ses œuvres, il épouse les couleurs traditionnelles de la ville : le bleu et le blanc, chères aux cœurs des habitants et amoureux d’Essaouira. Lorsqu’on interroge le peintre à propos de son art, il s’explique à travers cette phrase simple : « la couleur bleue est la plus belle, car le ciel bleu est le seul ami et le compagnon fidèle des êtres du commencement jusqu’à la fin ». Said OUARZAZ (Maroc) Originaire de la campagne d’Essaouira, Said Ouarzaz est un artiste autodidacte. Cultivateur par tradition et maçon de métier, il commence sa carrière artistique en réalisant des sculptures très étranges en diverses matières, puis, rapidement, se lance dans la peinture. Il peint intensément, avec fougue et vigueur, des oeuvres très personnelles et d’une remarquable fulgurance gestuelle. Il faut contempler la toile longuement avant de voir surgir ici quelques oiseaux, là des figures humaines. L’œuvre de Ouarzaz ne peut donc pas être qualifiée d’abstraction. C’est une sorte de peinture mi-abstractive, mi-figurative, qui aboutit à un style absolument singulier et, une fois encore, irréductiblement souiri.


Errasmi Mohammed BOUQSIM (Maroc)

Abdelfattah BOUGATTI (Maroc)

Hilal KHALIL (Maroc) Monique FAVIERE-FERNANDEZ (France/Maroc)

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Isma誰l SIHAM (Maroc) Moustapha ISOUGIT (Maroc)

Abdelaziz BRIZE (Maroc)

EL ATTAOUI (Maroc)


sur les traces de Delacroix ICI / V

programme de résidences d’artistes de l’AFME

GIOM / Guillaume BRUÈRE www.guillaumebruere.com

du 10 au 21 février

Depuis bientôt trois ans, GIOM / Guillaume BRUÈRE renouvelle la pratique obsolète du dessin en musées par une pratique davantage proche des arts martiaux, méditative autant qu’explosive. “sur les traces de Delacroix” est l’occasion pour l’artiste de se confronter à l’œuvre d’un artiste majeur, mais par le biais cette fois des souks, aux antipodes du musée.

Est-il possible de revenir sur les pas de Delacroix, lorsqu’on a du mal trouver quatre heures de temps libre pour voler jusqu’au Maroc, que le souk ne devrait bientôt plus vendre que des vieux iphones? En théorie oui, car la lumière elle, se moque éperdument des progrès techniques.

Et puis, la théorie depuis que Guillaume BRUÈRE est devenu GIOM, il n’en n’a que faire.

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Dans le cadre d’ETRANGE V,

La Médiathèque recherche

O.L.N.I.

Objets Littéraires Non Identifiés à exposer Si vous êtes en possession d’ouvrages « étranges »… Si vous souhaitez participer à cette « étrange » exposition, Venez nous rencontrer !

Christine

Samia

mediatheque.afme@gmail.com - 05 24 78 48 78


Mercredi 22 février à 19h CONTES ÉTRANGES Marie-Laure DEPAULIS Marie-Laure Depaulis est née en France, où elle a enseigné l’italien pendant dix années. En 2009, un départ pour le Maroc l’incite à se consacrer pleinement à l’écriture d’histoires poético-imaginaires. L’éditeur numérique Chemins de traverse publie en 2010 une série de ses contes étiologiques (Pourquoi le vent est-il transparent ? Pourquoi les pendules tournent-elles toutes dans le même sens ?...) Du plaisir que Marie-Laure Depaulis a éprouvé au cours de ses déambulations casaouies est né le recueil Les promenades de Lina à Casablanca. Enrichi des photographies de Khalil Nemmaoui, cet ouvrage est édité par Yanbow al Kitab en novembre 2011. Les promenades de Lina à Casablanca est une évocation poétique de flâneries urbaines imaginaires. Le lecteur est guidé par Lina, une jeune fille dont le comportement est induit par des curiosités qui éclosent au fil des rues. Dans la première partie du livre, “les Chaises de Casablanca”, Lina observe les chaises de sa ville pour en comprendre l’utilité. Ces objets quotidiens, oubliés par les passants pressés dans le décor des rues, prennent vie grâce à ce regard frais et naïf qui s’attarde sur elles. Dans la seconde partie, “Ma maison blanche”, Lina crée des associations entre les pièces de son appartement et les quartiers de sa ville. Réveillées par la fantaisie de cette jeune fille, les pièces deviennent des orateurs avertis et dévoilent à la maîtresse de ce jeu topographique d’insolites histoires casaouies. Marie-Laure Depaulis se prêtera au jeu d’ETRANGE V en portant sur la ville d’Essaouira un regard étrange(r). En partant d’un détail de la ville qui l’a interpellée lors de ses passages en terre souirie, elle conduira le spectateur dans un univers imaginaire.

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Vendredi 24 février à 19h DUOS DE DANSE CONTEMPORAINE Soirée présentée par la compagnie LES PIEDS NUS, en partenariat avec l’Institut Français et DABATEATR

AMAL-GAMME

de la compagnie A’KKADA Chorégraphie Amal HADRMI &

PEAUX

de la compagnie LES PIEDS NUS Chorégraphie Salima MOUMNI

Musicien : Enzo TIBI Régisseur lumière et plateau : René FITOUSSI

Deux chorégraphes franco-marocaines, venues d’horizons différents, viennent chacune exprimer leur double culture … AMAL-GAMME Un duo entre une femme et un homme, une danseuse et un musicien, une artiste et son public, la France et le Maroc, la liberté et la censure, l’ignorance et le savoir, le rêve et la réalité. Construite comme un « one woman show », la pièce met en scène Amal, danseuse contemporaine, française et marocaine, femme moderne et musulmane. Elle s’adresse directement au public, mêlant le geste à la parole, accompagnée par Enzo, dj-compositeur, tantôt juge tantôt partenaire. Ensemble ils mettent le doigt sur le double sens des mots qui lui collent à la peau. Etiquetée comme un emballage de supermarché, elle décortique un à un ces mots qui la définissent auprès de l’autre et l’étouffent ; des mots qui viennent finir leur course, émiettés à ses pieds. Amal HADRAMI PEAUX Peaux parle de la femme dans tout ce qu’elle a de singulier et de pluriel. Les femmes sont souvent stigmatisées, de l’épouse à la prostituée, de la bimbo à la femme au foyer, comme si elles n’avaient qu’un seul et même visage, comme si elles n’étaient réduites qu’à une seule « fonction »… Les hommes ont parfois intérêt à les catégoriser afin de les garder sous leur coupe et d’en avoir moins peur… J’ai voulu montrer une palette d’épidermes, des grains de peaux, pour que la femme ose être tout ce qu’elle porte en elle, être bien dans ses peaux et ne se laisse plus enfermer dans une unicité qui peut l’empêcher de s’épanouir. Nous avons le droit d’être toutes ces femmes, nous sommes toutes ces femmes, mais nous ne l’assumons pas toujours, prises dans un carcan qui ne laisse guère respirer toutes ces peaux… Salima MOUMNI

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CHOUF LA MER

7 Avril - 19 mai 2012

Autre rendez-vous attendu de l’AFME et de la vie artistique d’Essaouira, la nouvelle édition de Chouf la mer se tiendra aux mois d’avril et mai prochains (inauguration le samedi 7 avril). L’exposition de cette année se déploiera dans différents lieux – à l’Alliance, bien sûr, mais aussi, en coopération avec nos partenaires culturels de la Ville et de la Délégation du ministère de la culture à Essaouira, au Bastion du port et au musée d’Essaouira. Chouf la mer 2012 sera couplée à l’invitation à un temps de travail et de production de plusieurs artistes internationaux dans le cadre d’ICI / Programme de résidences de l’AFME. Ces invitations donneront lieu, en outre, à une coproduction inédite entre l’AFME et le Goethe Institut de Rabat, via l’invitation à Essaouira d’un collectif d’artistes germano-suisse basé à Berlin, FMSW. FMSW développera, sur le thème de la mer, une installation au cœur de l’Alliance, transformant une barque de pêcheurs souirie en une fusée pour aller sur la lune… D’autres artistes seront invités au même moment, dont le plasticien du son Vincent Epplay, qui présentera, dans le prolongement d’un projet développé en février à l’invitation du Centre G. Pompidou, à Paris, une nouvelle version de cette pièce récente, spécifiquement adaptée au contexte thématique et d’énonciation d’Essaouira. Ces différentes productions seront données à voir parallèlement à un ensemble d’œuvres d’artistes souiris, marocains et européens, associant tous modes d’expression (peinture, sculpture, objet, photographie, musique, etc.). L’inauguration de Chouf la mer donnera lieu, enfin, à la tenue parallèle de la désormais célèbre course de barques d’Essaouira. Les prix et récompenses offertes aux vainqueurs se feront avec le soutien de nos partenaires, dont le Ryad Watier, le Sofitel Essaouira Mogador Golf & Spa, le Riad Alech et le restaurant El Minzah.

Photos : Sylvie Brignon

A noter : la sélection des œuvres qui seront présentées dans le cadre de CHOUF LA MER est en cours. Aussi, n’hésitez pas à nous contacter, par mail ou en nous rendant visite à l’Alliance, pour nous proposer votre participation. Dossiers ou visuels sont à envoyer, avant le 15 mars, aux adresses suivantes : direction.afme@gmail.com ET culture.afme@gmail.com


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Dans le cadre du festival « Chouf la mer » L’AFME organise

des ateliers d’écriture « ECRIRE LA MER » Du 7 Avril au 19 Mai 2012-01-12 pour tous les âges tous les samedis animé par deux enseignants de l’AFME

Envie de larguer les amarres ? Laissez-vous tenter par l’aventure de l’écriture, au gré du vent, des vagues et de votre imagination ! Ateliers de « navigation ludique » pour les enfants et les adolescents, animés par Bouchra El Mekkaoui en partant de l’expérience directe du participant face à la mer, il s’agira de créer, d’exprimer ses émotions à travers de nombreux jeux de mots, jeux de langue, écrire « à la manière de », etc. Ateliers de traduction de poèmes, toujours relatifs au thème de la mer, animés par Mohcine Ghailan (grands adolescents et adultes) qui vous initiera au plaisir du « peut-on mieux dire » de l’acte traduisant. Cela pourra aboutir à une présentation en public (avec l’accord des participants). « Il est des portes sur la mer que l’on ouvre avec des mots », nous confiait Rafael Alberti dans son poème « Sobre los angeles » (1929, traduit de l’espagnol par G. Lévis Mano)... Pendant le festival Chouf la mer, interrogeons notre expérience quotidienne de l’océan, en tant qu’habitants d’une médina ouverte sur l’océan ! Nous vous convions à cette découverte, cette ouverture à l’autre et à la littérature, sans prétention ni préjugés... L’envie sera votre unique passeport à bord !

Pour toute information sur les inscriptions, contactez Christine à la médiathèque mediatheque.afme@gmail.com ou 05 24 78 48 78 Pour les adultes : ateliers traduction 9h (6x1h30) le samedi 10h-11h30 Pour les enfants (6-12 ans) : ateliers jeux et expressions 9h (6x1h30) le samedi de 14h à 15h30 Pour les adolescent et adultes (à partir de 12 ans) : ateliers jeux et créations 9h (6x 1h30) le samedi de 16h à 17h30 Tarif : 200dhs/cycle Pré-requis : niv. A2 du CECR Dans la limite des places disponibles



Programme de l'AFME / janvier-mars 2012