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LEONARDO CASTELLANO Actif à Naples vers 1540 – 1588

L’Adoration des Mages Plume et encre brune, lavis brun, rehauts de gouache blanche et bleue, mis au carreau à la craie noire 245 x 325 mm (9 5/8 x 12 3/4 in.)

PROVENANCE Charles Rogers (1711-1784), Londres (L. 625), peutêtre sa vente, 15 avril (et 8 jours suivants), 1799, Londres Une marque de collection non identifiée (une étoile à six branches) en haut à gauche

Pierluigi Leone de Castris1. Si, selon Camillo Tutini, il était « napolitano, discepolo del sopradetto Marco Cardisco », c’est-à-dire qu’il faisait partie de l’autre atelier le plus important de la ville, son lien avec Criscuolo et Negroni est confirmé par les similitudes stylistiques importantes entre leurs œuvres, ainsi que par le témoignage de différents contemporains, notamment Giorgio Vasari, qui parle de lui comme de l’associé de Criscuolo.

Actif à Naples de manière documentée entre 1540 environ et 1588 par les paiements qui lui sont versés pour la réalisation de retables ainsi que par différents documents d’archives le rattachant au cercle de Giovan Filippo Criscuolo et à Pietro Negroni, Leonardo Castellano a été bien étudié par

Quoi qu’il en soit, Leonardo Castellano présente un intérêt majeur à deux titres. D’abord il montre de quelle manière l’influence de Polidoro da Caravaggio reste prégnante dans la ville, même chez des artistes qui, comme lui, n’ont pas été directement ses élèves. On peut supposer que c’est par l’intermédiaire de Negroni qu’il se familiarise avec ces formules polidoresques et qu’il s’en fait l’interprète et le diffuseur tardif. En second lieu, sa collaboration en 1546 avec Leonardo Grazia di Pistoia à une Assomption de la cathédrale d’Altamura prouve ses contacts avec le milieu florentin, renforcé par l’arrivée de Vasari et de Marco Pino dans la ville. Castellano trace donc un trait d’union entre les artistes de la Renaissance napolitaine encore ancrée dans le début du siècle et ceux qui seront sensibles à la maniera. De ces deux périodes, le dessin napolitain n’est pas riche, si l’on compare avec une ville comme Florence. Castellano, pour lequel on peut rassembler avec certitude un corpus de plus de cinq dessins, fait donc figure de dessinateur prolifique. Il faut signaler deux feuilles à la Royal Library de Windsor, une au Victoria & Albert Museum de Londres, une au Louvre (fig. 1), enfin une autre Adoration des Mages passée en vente chez Sotheby’s à New York le 14 janvier 1987. Le style est absolument homogène : des

Fig. 1 Leonardo Castellano, L’Adoration des bergers, musée du Louvre, cabinet des Arts graphiques.

6 DESSINS NAPOLITAINS

VII - Neapolitan Drawings / Dessins Napolitains - Marty de Cambiaire  
VII - Neapolitan Drawings / Dessins Napolitains - Marty de Cambiaire