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ANTONIO GRANO Palerme 1660 – 1718

Allégorie du Printemps (recto et verso) Plume et encre brune, pierre noire et estompe, mis au carreau à la sanguine, traits d’encadrement à la plume et encre brune (recto) ; plume et encre brune, pierre noire et lavis bleu 345 x 227 mm (13 3/4 x 8 7/8 in.)

elle trouva de nouveaux dessins de cette main, puis prouva qu’ils ne pouvaient être de Rossi2, comprit qu’ils avaient pour la plupart un rapport avec la Sicile et enfin identifia leur auteur en mettant en rapport certaines feuilles avec la grande fresque du plafond de la nef de Santa Maria della Pietà de Palerme3. Élève de Pietro Novelli, dont on reconnaît l’influence dans la manière sophistiquée, chantournée, Grano fit l’essentiel de sa carrière à Palerme, où il s’installa en 1682. Il travailla avec l’architecte Giovanni D’Amato et les stucateurs Giacomo et Procopio Serpotta. Il produisit de nombreux dessins pour les autels et décors palermitains et fut aussi en contact avec le milieu romain marattesque, soit par l’intermédiaire de Giacinto Calandrucci, dont il fut l’élève, selon des sources anciennes citées par Catherine Goguel dans son article4, soit directement, par le biais d’un éventuel voyage. Ceci explique les mauvaises attributions de ses dessins à des artistes romains tels que Luti ou Gherardini et la proximité de style que l’on peut parfois observer. Les sujets mythologiques à portée décorative semblent rares dans son œuvre, plutôt connue pour l’instant par des plafonds religieux et des allégories de la Sicile. Catherine Goguel mentionne tout de même quelques projets de plafonds de palais5, exceptionnels puisque, à cette époque en Sicile, les commandes religieuses l’emportent en nombre sur les commandes privées. Le style graphique de ce dessin correspond plutôt à la maturité de l’artiste, un style efficace, rapide, destiné à séduire. Grano a probablement exécuté d’abord la composition d’ensemble au verso, à la plume et encre brune, lavis gris. Sur le recto, il a détaillé la composition et l’a mise au carreau, en vue de l’exécution du décor, pas encore retrouvé.

Antonio Grano est un artiste qui fut longtemps un mystère pour les amateurs de dessins napolitains. Sa main avait été identifiée, un style homogène reconnu, mais ses œuvres demeuraient dans les collections publiques sous différentes attributions : Francesco Solimena, Benedetto Luti, Luca Giordano, etc. Walter Vitzthum, rassemblant un groupe de vingt-deux dessins de cette même main, les attribua à Nicolo Maria Rossi en 19671. C’est Catherine Goguel qui, quelques années plus tard, résolut l’énigme. D’abord,

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54 DESSINS NAPOLITAINS

VII - Neapolitan Drawings / Dessins Napolitains - Marty de Cambiaire  
VII - Neapolitan Drawings / Dessins Napolitains - Marty de Cambiaire