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EDITO À toi qui lis ces lignes, bienvenue. Voici le deuxième numéro de YOUR MAGAZINE, dans lequel nous célébrons la diversité culturelle et artistique, qui devrait être de mise à chaque coin du globe, et qui le sera un jour prochain. Notre média s’exprime pour la jeunesse de tous les horizons, et s’en inspire. Notre crédo est l’abolition de l’élitisme culturel, de l’élitisme social, de la stigmatisation infondée. Dans un esprit d’échange interculturel et d’ouverture, nous allons vous faire découvrir des artistes, œuvres, évènements et modes de vie, qui ont retenu notre attention, attisé notre curiosité. Par ces partages, nous souhaitons diffuser la culture sans frontières ni stéréotypes, à tous et à toutes. Toute l’équipe de YOUR MAGAZINE vous remercie d’être présents entre nos lignes, et de participer à ce beau projet de média culturel, par les jeunes et pour tous les jeunes.

Dwinwen SCHALL, rédactrice pour YOUR MAGAZINE

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Sommaire PORTRAIT 06 Saint PHNX SOCIETE 15 Interview Isabelle ATTARD 19 Pride Month ARTS PLASTIQUES 23 Interview Ivannalys 31 Exposition Klimt 33 Interview Vitrine de Pop CINEMA 38 Un cinéma anti-Trump ? LECTURE 44 Les bibliothèques de rue ART REGNAIT 48 Critique Deadpool 2 49 Critique Dans la peau de Don Quichotte 51 Critique vidéo Solo : A Star Wars Story 3LF2018 55 Interview audio des Batteurs de Pavés 56 Interview audio de Molécule 57 Replay vidéo des 3LF avec YOUR MAGAZINE NATURE 59 Jardins partagés MUSIQUE 64 Rencontre d’Heroe 66 Rencontre de GRAND SERIE 69 Critique Brooklyn 99 72 Critique 13 Reasons Why – Saison 2 SPORT 75 Retour de Ligue 1 A (RE)DECOUVRIR YOUR MAGAZINE


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Saint PHNX Rising from the Flames

YOUR MAGAZINE : You guys make quite a Scottish symbolic duo: namely, Saint PHNX. Where does the group get its origins from? And how did you guys come up with this name? Tous les deux vous formez le duo emblématique écossais : Saint PHNX. Comment est né le groupe et son nom ? SAINT PHNX : We played in a previous band together for years. This is where PHNX came from. Rising from the flames. We put Saint in front as we wanted to be in a higher place. On a joué ensemble dans un autre groupe pendant des années. C’est de là que vient « PHNX ». Renaître de ses cendres. On a ajouté « Saint » devant car nous voulions nous élever par rapport à la place à laquelle nous étions.

YOUR MAGAZINE : As brothers, what does it represent to you to do music together? Vous êtes deux frères, qu’est-ce que ça signifie pour vous de faire de la musique ensemble? SAINT PHNX : We love it. It's a lot easier as we don't have to tip toe round any issues. We can be straight to the point. It is great fun but there are times when we argue and fight. Like all families do. Not many people get to do what we do but to be in a band with your brother is pretty cool. On adore. C’est beaucoup plus facile car en cas de mésentente, on n’a pas à passer par quatre chemins. On peut dire ce qu’on pense sans hésitation. On s’amuse bien mais parfois on se dispute et se bat. Comme toutes les familles. Très peu de gens ont l’occasion de faire ce que nous faisons, mais être dans un groupe avec son frère c’est plutôt cool.

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YOUR MAGAZINE : Your first single “Reload” came out in 2016, and this song sounds a lot like it was made just to fit stadiums, tournaments’ mood and spirit. The thing is, that very same year, the UEFA EURO took place in Paris; were you willing to have your music played in stadiums, during soccer games?

Votre premier single « Reload » est sorti en 2016 et c’est un titre presque taillé pour les stades et les compétitions sportives alors que cette même année il y a eu l’UEFA EURO à Paris, est-ce qu’il y avait cette volonté chez vous d’être joué dans les stades de foot?

SAINT PHNX : "RELOAD" is one of our favourite songs to play live because it was the first song we released. We are very ambitious and we want to make big sounding stadium music. We hope to play stadiums one day.

« Reload » est l’une de nos chansons préférées, surtout quand il s’agit de la jouer en live, parce que c’est le tout premier tube que nous avons sorti. On est très ambitieux, et on veut réaliser des chansons qui résonnent bien dans les stades. On espère un jour pouvoir se produire dans un stade.

CLICK ON TO HEAR « Reload »

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YOUR MAGAZINE : Today, you have 6 singles along with an acoustic version of the track “King”, what are you eager to share through your songs? Aujourd’hui vous avez réalisé 6 singles avec une version acoustique du titre « King », que souhaitez-vous partager à travers vos titres ? SAINT PHNX : Our songs are very close to us. They are all about how we have overcame so many obstacles in life, like so many people. We hope every song we release can connect with people on a real level. Our music is to inspire and uplift people. Nos chansons reflètent qui nous sommes. Elles expriment comment nous avons réussi à surmonter autant d’épreuves dans la vie, comme tellement d’autres gens. On espère que chacune de nos chansons puissent parler à quelqu’un, et faire écho à une situation qu’il ou elle pourrait avoir vécu. Notre musique vise à inspirer et encourager les gens.

YOUR MAGAZINE : For “One”, your last single to date, you made a rather down-to-earth video clip, but at the same time quite futurist with the colors black and green dominating the picture; my question is, how would you define your musical world? Pour « One » votre dernier single en date, vous avez fait un clip simple mais en même temps futuriste toujours dans ces couleurs qui sont le noir et le vert, comment est-ce que vous pourriez définir votre univers musical ? SAINT PHNX : We try our best to be forward thinking. We want to express our vision as artists in the way we see it or would want to see it. We just love making cool shit! On essaie au maximum d’être visionnaires. Nous voulons exprimer notre vision des choses en tant qu’artistes de la façon dont nous le percevons ou tel que nous aimerions que ça soit. On kiffe juste faire de la bonne musique !

YOUR MAGAZINE : You claim to be independent artists, what does it mean to you? Vous vous affirmez aujourd’hui comme des artistes indépendants, qu’est-ce que cela signifie pour vous ? SAINT PHNX : We do things our own way and release music we love. On fait les choses à notre façon et on fait de la musique qu’on aime.

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YOUR MAGAZINE : Your manager is also your father, is it important to you guys to kind of share your career with him that way? Votre père manage votre carrière, est-ce important pour vous de la partager avec lui de cette manière ? SAINT PHNX : Our father is not our manager! Haahaha. He'd like to be. We are very close with our family so he is there with us a lot of the time. He always wants to be in our Vlogs and social posts. Notre père n’est pas notre manager ! Ha haha. Il aimerait sans doute l’être, remarque. Nous sommes très proches de notre famille et donc il est à nos côtés la majorité du temps. Il veut toujours apparaître dans nos Vlogs et sur nos postes sur les réseaux sociaux.

YOUR MAGAZINE : You shared the stage with Imagine Dragons in the UK, and you are now notorious in France, the States and even Brazil. One of your tracks is now the official soundtrack for America’s Got Talent, how do you guys cope with all these new events? Vous avez fait les premières parties des concerts complets du groupe Imagine Dragons au RoyaumeUni, vous êtes maintenant connu en France, aux Etats-Unis et même au Brésil, un de vos titres est la bande originale de la nouvelle saison d’American Got Talent aux USA, comment est-ce que vous vivez les évènements ? SAINT PHNX : It is a great feeling when things like this happen. It shows us we are making good music. We just hope this increases the awareness of Saint PHNX and we can play our music to more places across the world! Quand quelque chose comme ça se produit, on ne peut que se sentir bien. Ça nous prouve qu’on fait de la bonne musique. On espère que ça va nous rendre encore plus populaires et qu’on aura la chance de jouer notre musique dans encore plus d’endroits différents à travers le monde.

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YOUR MAGAZINE : You’re currently performing your “DEADMEN TOUR”, and you will be back in Paris for the third time really soon, what does the French capital mean to you? Actuellement vous êtes dans votre toute nouvelle tournée nommée « DEADMEN TOUR », vous venez pour une 3e année consécutive prochainement faire un concert à Paris, que représente la capitale française à vos yeux ? SAINT PHNX : We absolutely love playing France. The people are so Welcoming. It is very surreal to play your music in another country and crowds are singing back the words. It's an incredible feeling. On adore jouer en France. Les gens sont tellement accueillants. C’est tellement irréel de jouer ta musique à l’étranger et de voir des foules entières chanter les paroles de tes chansons. C’est un sentiment incroyable.

YOUR MAGAZINE : In a few months probably, the UK will officially leave the European union, how do you feel about it? And do you think this major political change will have any blowback whatsoever on your career? Dans quelques mois sans doute, le Royaume-Uni quittera l'Union européenne officiellement, qu'est-ce que cela représente pour vous et votre musique ? SAINT PHNX : We didn't want to leave. Touring the EU may be harder for us a band but we don't really know whats going to happen. We'll cross that bridge when we come to it. On ne voulait pas quitter l’UE. Faire des tournées en Europe risque de devenir plus compliqué pour nous, mais sinon on ne sait pas vraiment ce qui va se passer. On verra bien quand on y sera.

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YOUR MAGAZINE : Up until now, you seem to favor singles over albums, can we expect to get an EP or even an album someday? Have you already planned it? If yes, can you tell us more about it? Jusqu’à maintenant vous avez l’air de favoriser la sortie de singles, estce que vous envisagez un jour de sortir un EP ou même un album ? Est-il déjà en préparation ? Si oui, pouvez-vous nous en dire plus ?

SAINT PHNX : Our album will be out later in the year. We love making new sounds so this gives us an opportunity to express ourselves in a certain way and give fans something different and new.

YOUR MAGAZINE : Your duo seems to be ready and strong enough to put up with the upcoming success that awaits you, what can the editorial board hope for Saint PHNX? Le duo semble aujourd’hui prêt et suffisamment solide pour l’avenir et le succès encore plus grand qui l’attend, qu’est-ce la rédaction peut souhaiter aux Saint PHNX ?

SAINT PHNX : We will be releasing an album and we can't wait for everyone to hear it. We hope to tour all over France very soon!

Notre album sortira plus tard cette année. On aime faire de nouvelles chansons, ça nous donne l’opportunité de nous exprimer d’une certaine façon, mais aussi de donner quelque chose de différent et nouveau aux fans.

On va sortir un album et on a vraiment hâte que vous puissiez l’entendre. On espère pouvoir venir jouer dans toute la France très bientôt !

We are honored to get the oppotunity to interview you guys. Thanks so much Al & Stevie for accepting to do this interview from all the editorial board. See you soon !

Interview réalisée par Stanley TORVIC Traduite par Anaïs DUFRENE

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« La politique culturelle actuelle risque de renforcer le sentiment d’exclusion » Ex-députée, engagée pour la Culture et la jeunesse : interview avec Isabelle ATTARD Passée par la Suède, l'Assemblée Nationale ou encore la direction du musée de la Tapisserie de Bayeux, Isabelle ATTARD mène une vie trépidante. Figure écologiste, citoyenne engagée, notamment vis-à-vis de la jeunesse et des questions culturelles, elle a accepté de nous recevoir chez elle pour échanger autour des thématiques qui nous sont chères.

En tant qu'ex-directrice de musées (musée du débarquement à Utah Beach de 2010 à 2012, Tapisserie de Bayeux de 2005 à 2010), et exdéputée (2012-2017) notamment membre des commissions culture et jeunesse, que pensez-vous de la politique culturelle menée par le gouvernement actuel ? « Je ne connais pas précisément la politique culturelle menée en ce moment, mais entre le Pass culture et la proposition de déplacer certaines œuvres des grands musées parisiens en province, dans une sorte de

tournée en itinérance, il semblerait qu'on soit plus dans des mesures d'apparat et de communication que dans une réflexion globale. Pour les publics les plus éloignés de la culture, c'est très infantilisant et condescendant. Les ruraux et les habitants des quartiers populaires ne seront certainement pas les bénéficiaires de ces mesures si on ne prend pas en compte les transports par exemple. On risque au contraire de renforcer le sentiment d'exclusion ! Quelle que soit l'offre culturelle, il faut une réflexion sur l'accessibilité, notamment géographique. »

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Comment peut-on agir contre cette exclusion de certains publics vis-àvis de la culture ? « De façon générale, il y a une grosse barrière d'autocensure. On croit que tel concert ou tel spectacle n'est pas fait pour nous, même si on habite juste à côté. Il faut que la culture et les acteurs culturels aillent vers les gens. J'ai en tête l'exemple d'un village du Calvados où avait été installée une salle de musiques actuelles. L'idée était bonne, mais ça n'a pas marché. Les gens n'y allaient pas car ils ne se sentaient pas concernés. L'accompagnement et la médiatisation sont essentiels. Il peut également se passer de belles choses à l'école, quand on arrive à faire des écarts avec la méthode descendante habituelle. J'ai réellement découvert la musique à l'école lors de la venue d'un trompettiste. C'était fascinant, il se mettait au niveau des jeunes sans être moralisateur. C'est juste quelqu'un qui joue, c'est cool et ça peut susciter des vocations. Il faut de la liberté pour les profs pour faire entrer la culture à l'école. »

En tant qu'ex-directrice de la Tapisserie de Bayeux, un musée qui abrite des archives historiques uniques, et qui se trouve parmi les plus fréquentés de province, par quels moyens et quelles approches avez-vous tentez de le rendre attrayant aux yeux des jeunes ?

« Il faut mettre en place des choses pour que les jeunes ne s'ennuient pas, mais aussi pour qu'ils aient envie de venir. Lorsque j'étais à la tête du musée, nous avons travaillé avec Isao TAKAHATA, cofondateur du studio GHIBLI, et notamment réalisateur de l'animé Le Tombeau des Lucioles, pour la mise en place d'une exposition croisée entre l'art des rouleaux enluminés japonais et la Tapisserie. M. TAKAHATA proposait de mettre en perspective les procédés cinématographiques propres aux dessins animés, mais également aux mangas. C'est un beau moyen de faire une passerelle entre différentes cultures et de toucher un public jeune et adolescent. Malheureusement toute cette partie a été annulée pour revenir à quelque chose de beaucoup plus élitiste. »

Que pensez-vous de l'idée d'Emmanuel Macron de déplacer la Tapisserie de Bayeux en Angleterre? « C’est irresponsable. J'admets avoir eu moi-même l'idée de la faire voyager dans différentes grandes villes, mais son état de fragilité ne le permet pas ; d'autant plus qu'elle est essentielle pour la vie économique de la ville de Bayeux. »

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Vous avez vécu sept ans en Suède. Des inspirations en terme de modèle culturel ? « Il y a quelque chose de vraiment remarquable, c'est que dans tous les villages et hameaux il y a une épicerie, une école et une bibliothèque. Toujours ! Et ils ont l'obligation de vous faire venir un livre que vous cherchez s'ils ne l'ont pas. On peut vraiment avoir tous les bouquins qu'on veut.» Début 2016, vous avez participé à la mise en ligne de la version originale du Journal d'Anne Franck, contre l'avis des ayants droits, considérant que l’œuvre appartenait à l'intérêt public. Quelle est votre conception des droits d'auteur et des libertés de copie ? « Le Journal d'Anne Franck vaut pour généralité. Il n'est pas normal qu'il faille attendre 70 ans après la mort d'un auteur pour que ses œuvres entrent dans le domaine public. Parfois, au-delà de cette durée les droits dépendent toujours d'un propriétaire unique comme c'est le cas pour Disney ou Tintin par exemple. C'est l'argent et le business qui priment au détriment des œuvres

et de la liberté d'en jouir. Tout doit passer dans le domaine public pour travailler et retoucher une œuvre, non pas au bout de 70 ans, mais peut-être plutôt 20 ou 30 ans. Les droits d'auteurs ont du sens quand ils rémunèrent l'artiste et le font vivre, après c'est du business. Malheureusement il y a beaucoup de pression des lobbys et la tendance est plutôt à l'allongement de la durée des droits d'auteur. C'est un combat compliqué auquel les gens s'intéressent peu. Pour ce qui est du piratage, la notion n'est pas comprise par les institutions. Il faut écouter la jeunesse et accepter de changer les façons de consommer la culture. Le Rijksmuseum à Amsterdam, par exemple, a mis toutes les œuvres qu'il expose en ligne, et libres d'utilisation même dans un but lucratif ; et pourtant le nombre de visiteurs ne baisse pas, au contraire ! Il en va de même pour les artistes et l'industrie musicale, qui ne misent plus sur le CD mais sur les plateformes d'écoute en streaming. Quand les jeunes suivent une série ou un artiste, c'est désormais la vente de produits dérivés et les cachets des concerts et festivals qui rémunèrent ces derniers.

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Justement, lorsque vous étiez députée, vous vous êtes engagée en faveur des logiciels libres. Aujourd'hui, on utilise Google pour faire des recherches ou lire ses mails sur des ordinateurs Microsoft ou Apple, YouTube pour regarder des vidéos ou encore Facebook au quotidien. Que vous évoque cette dépendance des internautes envers quelques entreprises privées ?

Il existe des alternatives libres pour tous les logiciels, qui sont gratuites, transparentes, et vraiment respectueuses de la vie privée. Les gens manquent de confiance envers le logiciel libre, vu comme peu sécurisé, et restent pour le moment dépendant de Google, Windows, et autres grandes marques privées. Il faut que cela change au niveau des institutions. C'est problématique que l'Éducation Nationale favorise le monopole de Microsoft sur ses ordinateurs, cela l'est encore plus pour le ministère de la Défense, c'est effrayant! Ce manque d'indépendance ne va pas changer au niveau de l'État, il faut agir au niveau local. La ville de Grenoble utilise désormais un système d'exploitation et des logiciels libres pour la commune, Rennes a

suivi le mouvement récemment. C'est ainsi que les mentalités changent. Chacun peut participer au mouvement pour « dégoogliser » Internet.

Quels sont l'avenir?

vos

projets

pour

Avec mon compagnon, nous allons créer un tiers-lieu en Bretagne. Une sorte d'oasis. Ce sera un mélange entre un espace de co-working rural, un lieu de permaculture, un espace de réflexion sur l'autonomie énergétique et alimentaire, mais également une résidence d'artistes. Face à la situation actuelle du monde, je crois dans la force des initiatives locales, des « poches de résistance » face à l'effondrement.

Pour terminer, avez-vous un dernier message à adresser aux lecteurs ?

« Soyez curieux. La curiosité n'est pas un mauvais défaut comme on a pu nous le dire. Lisez de tout. Voyagez dès que vous en avez l'occasion, notamment en auto-stop ! Sautez sur toutes les occasions possibles et n'ayez pas peur. »

Robin BOUCTOT et Nathan FERRETTE

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Un Pride Month contrasté

T

out juste cinq ans après la légalisation du mariage pour tous en France, nous célébrions le 17 mai, la journée internationale contre l’homophobie et la transphobie dans une actualité bien contrastée.

Le 4 juin 2003, la Fondation Émergence avait organisé au Québec la première ébauche de cet évènement, alors appelée « Journée nationale de la lutte contre l’homophobie ». Peu à peu, le mouvement s’est amplifié, ralliant d’abord tout le Canada, puis plusieurs pays européens, jusqu’à ce que ce mouvement de solidarité atteigne l’échelle mondiale.

Le but de cette journée est de sensibiliser le grand public aux effets dévastateurs de l’homophobie et de la transphobie, favoriser la tolérance à la diversité des orientations sexuelles et de permettre aux membres de la communauté LGBTQ+ de s’exprimer pour leurs droits. Pour se faire, de nombreux évènements de sensibilisation sont organisés chaque année, pour faire évoluer les mentalités.

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Les changements progressifs des mœurs permettent chaque jour l’expression culturelle de nombreux jeunes, sans auto-restriction. Le patineur américain, Adam RIPPON, qui s’est illustré en patinage artistique lors des Jeux Olympiques de Pyeongchang en février dernier, était le premier athlète à se déclarer publiquement gay. On peut également penser à Hayley KIYOKO, l’artiste américaine qui sortit en 2015 son titre « Girls like Girls » et qui n’hésite pas à prôner son homosexualité dans ses musiques.

Le youtubeur Miles McKENNA, humoriste depuis de nombreuses années, a récemment fait son coming out en tant que transgenre à sa communauté : il est d’ailleurs le lauréat 2018 du Shorty Award pour le meilleur compte LGBTQ+. Enfin, dernièrement c’est la sortie du film Love, Simon réalisé par Greg BERLANTI qui relate la vie de Simon, un jeune homme qui découvre son homosexualité.

La représentation de la communauté LGBT dans les différents médias permet l’émancipation de nombreux artistes. L’IDAHOT, journée que vous avez pu suivre avec la rédaction du magazine est néanmoins contrastée à l’échelle mondiale. Alors que dans les pays du nord, de beaux jours semblent annoncés malgré la montée du nombre d’actes homophobes sur le territoire français, dans le sud, en Afrique comme dans certaines régions de l’Asie, l’homosexualité est vue par certains pays comme un délit passible d’emprisonnement dans certaines régions du monde voire la mort pour d’autre. A l’heure d’une revendication de soi des artistes internationaux, la réalité reste importante et de nombreux LGBT ont une liberté restreinte dû à la domination des sociétés hétéro-normées.

Marie AUBISSE

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Ivannalys, l’interview Du haut de ses 21 ans, Maëlys, aka Ivannalys, a su s’imposer rapidement aux yeux de tous comme une photographe aguerrie, notamment grâce à ses photos de nus. La lilloise a gentiment accepté de répondre à nos questions.

MARGAUX : Comment vous êtesvous intéressée à la photographie? IVANNALYS : J’ai toujours eu cette attirance pour la photo depuis gamine, je crois que mes parents et grands-parents avaient un budget de côté pour faire développer toutes mes pellicules tellement je prenais tout et n’importe quoi en photo. Je pense que ça m’aide en fait dans ma vie de tous les jours, je suis de base très timide et la photo m’a permis de rencontrer des gens, d’être en contact avec eux et aussi de raconter des choses, des choses qui me tiennent à cœur par exemple. Sans la photo je serais incapable de le faire.

MARGAUX : utilisez-vous?

Quels

matériels

MARGAUX : Quel type de photo préférez-vous réaliser? IVANNALYS : Je fais principalement du portrait et du nu artistique

MARGAUX : Justement, vous réalisez beaucoup de photo de nus, pourquoi cette préférence? D’où vous vient cet attrait pour ce genre de photographie? IVANNALYS : J’ai découvert le nu d’abord en peinture (il y avait un nu dans la chambre de mes grandsparents et il était sublime), j’ai très vite eu un attrait pour ça. C’est à l’inverse de ce à quoi on associe la nudité. Aucun rapport à la sexualité, ou même la vulgarité. Tout au contraire le nu artistique c’est la beauté des corps, la vulnérabilité. Il n’y a aucun artifice, c’est le naturel qui prime !

IVANNALYS : J’ai un reflex semi pro de la gamme Canon. J’ai des objectifs allant du 24mm au 50mm pour la réalisation de portrait. J’ai aussi un appareil photo argentique.

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MARGAUX : Vous également réalisez beaucoup d’autoportrait, avez-vous un objectif particulier ? IVANNALYS : J’ai commencé plus sérieusement la photo en devenant modèle pour d’autres photographes et en pratiquant l’autoportrait. Cela m’a permis de travailler mon image et d’enfin gagner en confiance. Mes autoportraits me permettent de raconter mes histoires.

MARGAUX : Vous avez, il y a quelques mois de ça commencé le projet « J’ai peur d’aller dormir», en quoi consiste-t-il ? IVANNALYS : De base ce projet me permet de passer mon examen de

BTS Photo mais c’est devenu mon gros projet important de l’année. Il est sorti il y a quelques temps et comporte deux séries : une sur les phobies, qui met en scène des gens dans leur quotidien en y rajoutant l’élément de leur phobie, et une autre sur les cauchemars où la personne dans son lit voit son cauchemar prendre vie autour d’elle. C’est un projet qui aboutit à force de larmes et de sacrifices financiers énormes mais qui je l’espère va plaire car il est vraiment important pour moi. J’ai travaillé avec une équipe constituée principalement de gens de mon entourage. Ma grandmère par exemple en plus d’avoir été modèle est devenue mon assistante plateau par excellence ! C’était parfois difficile car des modèles ou figurants annulaient à la dernière minute, j’ai vraiment très souvent été en difficulté, pour obtenir des

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autorisations par exemple, des dates où chaque personne serait disponible. Il fallait aussi une bonne météo. Mais à l’heure actuelle je suis vraiment plus qu’heureuse de ce projet. Merci surtout aux personnes qui ont témoigné et accepté même de poser pour le projet alors qu’elles étaient phobiques et principales concernées par le projet. MARGAUX : Avez-vous déjà réussi à travers ces différents tournages à trouver un modèle qui vous a touché plus que les autres ?

IVANNALYS : J’en ai eu par ci par là mais aucun ne qui me suit sur chaque projet et qui serait la muse « Ivannalys ». En général, mes modèles ont déjà posé pour pas mal de photographes et j’aimerais tellement tomber sur celle qu’on aurait vu nul part ailleurs, celles qui me poussera à créer et être inventive, à me surpasser. Il y a une fille qui a posé nue pour moi en Bretagne. Vraiment si j’étais riche je l’emmènerais partout autour du monde avec moi car j’ai eu un énorme coup de cœur pour l’attitude qu’elle avait.

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MARGAUX : Y a-t-il un message que vous souhaitez partager à travers vos photos? IVANNALYS : Généralement oui, mais parfois il n’y a qu’une recherche esthétique. La plupart du temps mes photos ont un message fort quand je suis triste, malheureuse. Ma créativité dans ces moments est d’ailleurs sans faille.

IVANNALYS : Une photo que j’ai prise de mon grand-père quelques jours avant sa mort. La dernière image que j’ai de lui au final. C’est particulier vraiment ce rapport à l’image. Surtout dans de tels moments. J’avais envie de tout immortaliser car je n’acceptais pas qu’un jour cela puisse s’arrêter. Et surtout pas aussi rapidement. C’est une photo très dure au final.

MARGAUX : Votre nom d’artiste est Ivannalys, d’où vient ce pseudonyme ? IVANNALYS : Alors j’ai cherché ce pseudonyme au départ pour Instagram car je ne voulais pas lier ma vraie identité à ce réseau. J’ai trouvé, à raison de fouiller des sites sur les prénoms, « Ivana » dans le Top des prénoms donnés dans les pays de l’est. Je trouvais ça très chantant, et à l’époque je ne faisais que de regarder des films très gores qui se déroulaient régulièrement dans les pays de l’est haha ! J’y ai rajouté la fin de mon prénom, « lys », et je ne regrette pas car c’est finalement simple à retenir et pour le bouche à oreille c’est le TOP !

MARGAUX : Avez-vous parmi toutes les photographies déjà réalisées une photo qui vous tient particulièrement à cœur?

MARGAUX : Avec le recul, que vous a apporté la photographie dans votre vie ?

IVANNALYS : Énormément de chose. Des rencontres tout d’abord, une ouverture d’esprit aussi, et surtout un semblant d’avenir. Avant je ne me voyais pas vieillir. Au mois de janvier j’ai décidé de déclarer mon activité de photographe et je n’ai qu’une envie c’est de grandir, vieillir et pouvoir dire : Je suis Photographe, je vis de ma passion.

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MARGAUX : Quels sont vos objectifs dans la photographie ? IVANNALYS : Et bien là actuellement c’est de réussir à vivre de la photo, mes études viennent de se terminer et je n’ai plus rien. Alors pour joindre les deux bouts je vais essayer de vadrouiller dans les grandes villes à la rencontre de ceux qui aimeraient se faire tirer le portrait. J’aimerais me consacrer à nouveau un peu plus au nu artistique que j’ai laissé de côté pour mon projet « j’ai peur d’aller dormir ». Et puis comme tout photographe le rêve de voyager et d’encore plus de rencontres !

MARGAUX : Vous travaillez également à l’argentique, pourquoi ce choix? Selon vous quels sont les avantages d’utiliser ce type d’appareil ? IVANNALYS : J’ai dû apprendre la photographie argentique pour mes études. Il faut dire que c’est très important. Aujourd’hui avec le numérique nous sommes aidés par un écran, on a la possibilité d’effacer les photos loupées et de recommencer éternellement. A l’argentique l’erreur est moins autorisée car une pellicule qui ne contient que 24 poses ne nous laisse pas d’autres choix que de se concentrer, de bien créer notre image. Ça pousse à la réflexion et je photographie bien différemment maintenant que j’ai eu à faire de l’argentique. Je pense qu’on devrait

tous (en tant que photographe) passer par là. Aujourd’hui je continue car l’argentique a un charme plus que certain et le plaisir de scanner ses pellicules des mois après et de redécouvrir des images dont on avait oublié qu’on les avait faites est vraiment intense !

MARGAUX : Sur votre site, nous retrouvons de nombreux clichés réalisés justement à l’argentique sur un principe de double exposition. Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est la double exposition ? Quel résultat recherchez-vous lorsque vous faites ce genre de cliché ? IVANNALYS : Alors pour faire simple la double exposition est le fait d’exposer deux fois la même parcelle de notre pellicule pour superposer 2 images ensemble. J’en fais principalement pour créer des choses plus abstraites, et encore une fois pour la surprise, la place au hasard. C’est vraiment fun !

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MARGAUX : Quelles sont vos sources d’inspiration ? IVANNALYS : Principalement une seule : Corwin PRESCOTT, mon photographe préféré (des nus en pleine nature magnifiques). Sinon je dirais énormément les gens qui m’entourent et leurs histoires.

MARGAUX : Que pouvons-nous vous souhaiter pour cette année 2018 ? IVANNALYS : Et bien principalement une réussite pour mon projet « j’ai peur d’aller dormir ». De réussir à vivre de la photo à l’issue de mes études, de continuer à rencontrer de belles personnes. Et d’être heureuse dans ma passion tout simplement.

Toutes les images de l’article sont sous la propriété exclusive de l’artiste.

Margaux THERON DESNOS

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Klimt comme vous ne l’avez jamais vu YOUR MAGAZINE


Klimt comme vous ne l’avez jamais vu ’est au 38 rue Saint Maur, dans le 11ème arrondissement de Paris, que l’Atelier des Lumières, a ouvert ses portes le 13 avril 2018. Ce projet est le fruit du travail de Culturespaces, premier opérateur dans la mise en valeur des monuments et musées. Sa particularité ? Proposer uniquement la projection d’un cycle d’expositions numériques et immersives. Ainsi, le premier centre d’Art Numérique de Paris a été inauguré avec un programme consacré à Gustav Klimt.

C

Sous la direction de Beatrice AVANZI, directrice de la programmation, l’Atelier des Lumières présente donc depuis le 13 avril un parcours immersif amenant les visiteurs à la rencontre des plus grands représentants de la scène artistique viennoise, dont Gustav Klimt est la figure de proue. Aussi est-ce dans le hall de cette ancienne fonderie du XIXème siècle, sur près de 3300 m2 de surface et à l’aide des 140 projecteurs, que sont projetées les œuvres viennoises, s’animant sur la musique choisie par le compositeur Luca LONGOBARDI. Les formes et couleurs dansent alors sur une symphonie de Beethoven ou un concerto de Chopin, le tout dans une parfaite osmose. Le visiteur est alors invité à un voyage au cœur des œuvres colorées de Gustav Klimt, de ses contemporains et de ceux qu’il a inspiré au fil des siècles.

Ce programme est composé de 6 séquences. La première nous conduit directement au musée d’histoire de l’art de Vienne, le Kunsthistoriches Museum. Son architecture apparaît petit à petit sur les murs, offrant aux visiteurs la vision des multiples œuvres néoclassiques qui ornent les murs du musée réalisées par Hans MAKART et Gustav Klimt. La deuxième séquence du programme revient sur le lien unissant Klimt à la Sécession viennoise. En effet, le peintre viennois est un des fondateurs de ce courant artistique qui se caractérise notamment par ses représentations mêlant animaux et compositions florales, le tout dans une abondance de courbe et une forte relation entre le texte et l’image. Ainsi, cette seconde séquence nous renvoie à cette période de la vie de l’artiste. S’en suit une troisième séquence renvoyant aux origines du peintre. Fils d’artisan doreur, l’or est particulièrement présent dans les œuvres de Klimt. Il intègre de fines couches d’or afin de sublimer ses personnages. Il utilise ce procédé sur des tableaux comme Le Baiser ou Danaë. Durant ses nombreux séjours, Klimt peint la nature. Ce thème fait donc office de fil conducteur de cette quatrième séquence où nous sommes totalement immergés dans la flore autrichienne, notamment avec des tableaux comme Forêt de hêtres I. La séquence suivante explore l’univers d’Egon Schiele, un autre peintre viennois dont le travail fut influencé par Klimt. Enfin, l’ultime YOUR MAGAZINE


séquence du programme est dédiée aux femmes peintes et sublimées par Klimt. Le programme se finit donc sur une multitude de représentations de femme colorées et auréolées d’or, à l’instar par exemple du tableaux les Serpents aquatiques II. Et cette rétrospective n’est pas sans rappeler l’exposition du même type s’étant tenue à La Villette l’année dernière sur les plus grandes œuvres de Van Gogh. Ce genre d’expérience est de plus en plus proposé aux visiteurs, et désormais des lieux comme les Carrières de Lumières aux Baux-de-Provence ou bien l’Atelier des Lumières à Paris proposent uniquement des expositions immersives. Ces dernières offrent aux visiteurs une expérience inédite mêlant musiques et projections d’œuvres d’arts. Le visiteur fait partie intégrante de l’œuvre et peut donc en profiter pour en découvrir certains détails que l’on ne remarquerait pas forcément en la voyant dans un musée. Pour Bruno Monnier, président de Culturespaces (pionnière des expositions numériques), « le rôle d’un centre d’art est de décloisonner, et c’est pourquoi le numérique doit prendre sa place dans les expositions du XXIème siècle ». En effet, le fait de mêler le numérique à l’art agrandit alors massivement le champ des possibles quant aux rétrospectives et expositions, attirant alors par la même occasion différents profils de visiteurs, qui se retrouvent peut-être plus dans ce genre d’expositions. Vous pouvez profiter de l’exposition jusqu’au 11 novembre 2018 à l’Atelier des Lumières, 38 rue Saint Maur, 11ème arrondissement, à Paris.

Margaux THERON DESNOS

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Une vitrine pas comme les autres à Caen Après l’exposition parisienne en hommage au grand Klimt, à Caen, POP THE FISH, un jeune musicien et DJ consacre une grande partie de son temps à la valorisation de l’art contemporain dans tous ses états. Ainsi est née la Vitrine de Pop ! Valoriser les créations des artistes de notre temps dans un espace abandonné a été un de ses moteurs. C’est un soir, en rentrant chez moi que j’ai découvert cette vitrine amusante. Curieux de découvrir qui se cachait derrière cet immense projet, je suis parti interviewer le créateur.

STANLEY : Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots le but de ce projet ? LA VITRINE DE POP : Visible 7 jours sur 7 et 24h sur 24, l'idée de La vitrine de Pop est de sortir l'art des galeries et musées, d’interpeller les passants, de leur arracher un sourire.

STANLEY : Quand vous êtes-vous venu l'idée et l'envie de réaliser cet espace à Caen ? LA VITRINE DE POP : Lorsque j'ai emménagé rue st Martin il y avait ce vieux local commercial avec une vitrine fissurée attenant à mon logement destiné à être un méga placard. Mais, avec cette grande ouverture sur la rue, je n'ai pas résisté à l'envie d'y accumuler différents objets insolites, juste pour rire le temps de faire les travaux et remplacer la vitre sur le point de s’effondrer par un mur et des fenêtres... Aux vues des réactions enthousiastes des habitants du quartier, l’idée d'inviter des artistes à

exposer est rapidement arrivé. J'ai fait remplacer la grande vitre en y ajoutant une bordure noire symbolisant le ''cadre'' d'un tableau géant.

STANLEY : Qui est à l'initiative de ce projet ? LA VITRINE DE POP : Je suis donc à l'origine du projet, et suis également musicien/Dj tout en étant un grand fan d'art contemporain. Après avoir écumé les scènes pendant 20 ans, j'ai ici l’opportunité de découvrir un tout autre univers que celui de la musique. La Vitrine de Pop est désormais une équipe d'une dizaine d'amis qui aide sur les vernissages, montages, démontages et travaux de maintenance selon les disponibilités de chacun, avec une envie commune d'apporter de la joie aux passants de la rue St Martin. STANLEY : Une programmation est faite plusieurs semaines à l'avance, comment et par quels critères définissez-vous les thèmes de chaque mois ?

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LA VITRINE DE POP : Ce sont les artistes qui définissent leur thème, je refuse tout ce qui serait politique, religieux ou violent. La Vitrine se situant entre deux écoles, nous avons également un très jeune public qui ne doit en aucun cas être heurté. La répartition sur l'année se fait selon la disponibilité des artistes. Je réserve Juillet/Août pour l'équipe de la vitrine. Nous sommes amateurs mais l’exercice de création en équipe est jouissif ! Si tout va bien, l'été prochain il y aura une ''Stargate'' (Porte des Étoiles) dans la vitrine ! Pourquoi ? Juste parce que ça nous fait marrer !!!

STANLEY : Avez-vous un style et une lignée artistique principale ou comptez-vous renouveler régulièrement l'univers de la Vitrine de Pop ? LA VITRINE DE POP : Il y a un artiste différent chaque mois donc la Vitrine est perpétuellement renouvelée. Pas de style imposé, La Vitrine de Pop est ouverte à tous et toutes, artistes confirmés ou amateurs, toutes les formes d'art peuvent être abordés (sculpture, peinture, dessin, accumulation, vidéo...). Je demande aux artistes d'adapter leurs œuvres au lieu qui reste atypique vu que ça n'est pas une galerie ''classique'' où l'on

accroche un tableau sur un mur, il faut agrémenter et harmoniser l'espace en hauteur, largeur et même maintenant en profondeur !

STANLEY : Vous réalisez de nombreux vernissage, la Vitrine est faite pour durer, et les caennais∙es la découvre de plus en plus, comptez-vous ouvrir d'autres espaces comme celui-ci sur Caen ou ailleurs dans la région ? LA VITRINE DE POP : Faire vivre le lieu me prend la majeure partie de mon temps, chaque vernissage relevant du ''Happening''. J'aimerais un jour faire plus pour Caen et y organiser, une grande rencontre d'art contemporain avec des œuvres disséminées dans toute la ville comme on a pu le voir l'été dernier au Havre ou tous les étés à Nantes. Sinon, avec Sylvain POINCELET, nous venons de peindre 8 blocs de sécurités en béton suite à l'appel aux artistes de la Mairie de Caen. Il y a une série de blocs ''Légo'' et une série ''Pac-Man et ses fantômes''. Les blocs se baladent dans les rues de la ville au gré des manifestations, ils étaient dernièrement sur le parcours du carnaval étudiant.

Stanley TORVIC

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Y a-t-il un cinéma anti-Trump ?

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ollywood a beaucoup réagi à la campagne puis à l'élection de Donald Trump dont les idées et le programme ainsi que les déclarations crues choquèrent. Des hordes d'acteurs, réalisateurs, stars en tout genre se sentirent obligés de réagir et le firent en masse à travers leurs discours lors de cérémonies comme les Oscars ou les Golden Globes. Il est donc évident que le monde hollywoodien soit très majoritairement anti-Trump. Mais est-ce également le cas des films en euxmêmes ? Je ne parle pas ici de documentaires dirigés directement contre Trump, puisqu'il n'y en a pas encore eu en salle, ni de ceux voulant faire une analyse de son électorat, comme Michael Moore in Trumpland (de Michael Moore, 2016), We blew it (de Jean-Baptiste THORET, 2017) ou encore America (de Claus Drexel, 2017). Nous allons plutôt nous concentrer sur le contenu de films de fiction à priori non-politiques qui, à travers leur message, vont s'opposer – de façon implicite mais souvent délibérée – aux valeurs prônées par le président des États-Unis.

Évoquons d'abord le personnage, car c'en est bien un. Donald Trump, né à New York en 1946, hérite de son père – un self-made man – d'un empire immobilier en formation. Passons ses années de business man et allons directement au sujet qui nous intéresse ici : son rapport à la politique et au cinéma. Trump est, de longue date, affilié au Parti Démocrate qu'il finance régulièrement jusqu'à l'élection du président républicain Ronald Reagan. Ce dernier prêche des valeurs qui touchent Trump, notamment la valorisation de la réussite de l'Amérique à travers ses citoyens, comme Trump qui a fondé The Trump Organization et fait bâtir la désormais célèbre Trump Tower de Manhattan. Il est en accord avec le slogan de Reagan: "Make America Great Again", ainsi qu'avec ses idées isolationnistes et populistes (Vous aurez noté d'ailleurs qu'il ne s'est pas privé de reprendre directement ce qui lui a plu dans la campagne de Reagan).

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Donald Trump rencontrant le président Ronald Reagan à la Maison Blanche, 1987

Avant d'aborder le sujet principal, et de voir s'il existe un cinéma "anti-Trump", il faut d'abord présenter, à titre d'exemple et pour mieux comprendre la suite, le cinéma "reaganien". En effet, en opposition au cinéma des années 60-70, expérimental, "hippie" voire libertaire au niveau des mœurs, les années 1980 et l'arrivée au pouvoir de l'ancien acteur Ronald Reagan changent la donne. Hollywood produit alors un cinéma qui partage les valeurs de ce président réactionnaire. C'est à ce moment-là que naissent les codes des blockbusters : un héros musclé, puissant, qui gagne forcément à la fin, qui vient d'en-bas et a pour ennemis les représentants de l'élite, de "l'establishment". Ce cinéma existe à travers des acteurs comme Arnold Schwarzenegger, Sylvester Stallone, ou encore pour la série B, Chuck Norris et Jean-Claude Van Damme. Il valorise le héros contre les "méchants", le "Bien" contre le "Mal", souvent incarné à l'époque par les Soviétiques, c'est le cas dans Rocky IV (de Sylvester Stallone, 1985). Il comporte aussi une mise en avant du soldat américain, homme de terrain dévoyé par ses supérieurs hiérarchiques, représentants une élite de bureaucrates corrompus et éloignée du peuple, comme dans Rambo (de Ted KOTCHEFF, 1983).

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On peut donc s'arrêter sur le cinéma dit "trumpien"1, qui n'est en réalité qu'une version modernisée du cinéma reaganien. Prenons l'exemple du film 13 Hours (de Michael BAY, 2016) qui met en avant l'armée américaine en Libye et les déboires de la bureaucratie de Washington qui laisse seuls de courageux soldats. Il constitue aussi une attaque contre Hillary Clinton, car le film sort en pleine campagne présidentielle et soulève les manquements de l'ex-secrétaire d'État, qui avait effectivement laissé à leur sort les soldats sur place. Le cinéma trumpien nous expose aussi la réussite de self-made men, d'entrepreneurs dans Le Fondateur (de John Lee Hancock, 2016) ou encore Gold (de Stephen Gaghan, 2016).

Répondons maintenant à la question qui nous occupe : oui, il y a un cinéma anti-trumpien. Dans son ouvrage2, David Da Silva cite comme exemple The Birth of a Nation (de Nate Parker, 2016), qui est surtout un remake "inversé" de l'œuvre éponyme de D. W. Griffith, célèbre film raciste datant de 1915. Les exemples du livre sont surtout des films mettant en avant des minorités, comme Les Figures de l'ombre (de Theodore Melfi, 2016), Moonlight (de Barry Jenkins, 2016 [qui a eu droit à un article sur le site de YOUR MAGAZINE]), mais surtout Les Sept Mercenaires (de Antoine Fuqua, 2016). Ce dernier est intéressant à analyser: c'est un remake du film de John Sturges de 1960, reprenant les codes de ce western au casting "WASP" 3 mais en faisant une représentation de la diversité des États-Unis du XXIe siècle, avec un personnage afro-américain, un amérindien, un chinois et un mexicain. Le "méchant" est un magnat de l'immobilier blanc qui terrorise la ville, authentique caricature de Donald Trump, comme l'a révélé Ethan Hawke, acteur du film, dans une interview. Plus inattendu dans un blockbuster de taille, Rogue One : A Star Wars Story, (de Gareth Edwards, 2016) peut être également cité. En effet, ce film met aussi en avant la diversité; la troupe de rebelles se compose de deux Asiatiques, un Hispanique et un Pakistanais. Ce film a été si mal reçu par une partie des électeurs de Trump que certains d'entre eux ont tout bonnement appelé à son boycott avant même sa sortie en salle. Ils accusèrent le réalisateur d'avoir modifié le montage du film pour y insérer des séquences anti-Trump. Il s'agit en fait d'une demande des studios Disney pour rendre le film moins "sombre" pour le jeune public. Cette réaction tient juste au fait que Chris WEITZ, coscénariste du film, ait déclaré maladroitement sur Twitter : "N'oubliez pas que l'Empire est une organisation prônant la suprématie de la race blanche". Le dernier exemple que nous allons tirer du livre de David Da Silva est Logan (de James MANGOLD, 2017). Il se déroule en partie à la frontière entre les États-Unis et le Mexique où de jeunes mutants, réfugiés illégaux chassés par un "méchant" nommé "Donald", veulent franchir un mur pour s'enfuir. Cela a suffi aux pro-Trump pour également l'étiqueter "anti-Trump". YOUR MAGAZINE


Pour citer un exemple plus récent au-delà du livre, parlons du film Hostiles (de Scott Cooper, 2017). Ce western humaniste prône la coopération entre de vieux ennemis puisque le héros, vétéran des guerres contre les Amérindiens, est forcé de conduire son pire ennemi sur la terre de ses ancêtres pour qu'il y meure et y soit enterré. Au fil de l'expédition, les anciens ennemis deviennent frères d'armes et [Spoiler alert] le soldat finit par défendre la sépulture du chef indien face à des propriétaires terriens racistes revendiquant les lieux. Ici aussi, les valeurs présentées sont contraires à celles de xénophobie et de fermeture du président. Nous avons donc bien affaire à un film "anti-trumpien". On pourra toujours voir un message "anti-trumpien" dans les films récents même s'ils ne sont pas dirigés contre Trump en particulier, comme le message contre le racisme et la violence envers les Noirs américains dans Get Out (de Jordan Peele, 2017). Il peut même ne pas y avoir de lien délibéré avec son élection ou avec la société américaine actuelle, mais juste un choix progressiste comme dans Loving (de Jeff Nichols, 2016) qui raconte une histoire (vraie) d'un couple mixte dans l'Amérique ségrégationniste des années 1950. Il ne faut donc pas voir le cinéma "anti-trumpien" partout, même avec un monde hollywoodien aussi ouvertement "anti-Trump", mais plutôt considérer que, de manière générale et depuis toujours, le cinéma est le reflet de son époque (aussi pourra-t-on peut-être voir de "l'anti-Weinstein" dans certains films dans les mois et les années à venir).

Nathan FERRETTE

1J'utilise

le terme de "Trumpien" qui est celui généralement admis

2Trump et Hollywood, 1. L'arrivée au pouvoir, Éditions LettMotif, 2017 (qui est à l'origine et sert de base à mon article) 3"White Anglo-Saxon Protestant", désigne les blancs américains d'origine anglaise et protestante, parfois vus comme les seuls "vrais" américains

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Portrait officiel du PrĂŠsident Trump YOUR MAGAZINE


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Les livres s’invitent dans la rue ous la forme d’une petite étagère dans un parc, d’une cabine téléphonique réaménagée ou encore installée sur des couvertures au cœur d’un quartier, les boîtes à livres et bibliothèques de rue fleurissent un peu partout. Gratuites, libres de tout engagement réglementé et à disposition de tous, elles portent l’ambition d’offrir l’accès au livre et à la lecture au plus grand nombre.

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Exemplaires et inspirantes dans la reconquête de l’espace public et dans la création de lien social, les bibliothèques de rue se multiplient depuis 2012-2013. Portées par des associations ou des particuliers, elles s’inscrivent dans une démarche de partage et de promotion de l’accès à la lecture pour tous. Installées dans des lieux publics, accessibles en permanence, gratuites et sans restriction, les bibliothèques de rue permettent de prendre un, deux, trois livres (ou plus, il n’y a pas de restriction) et d’en déposer. Aucune règle n’impose le dépôt d’un livre en contrepartie de l’emprunt, libre à chacun d’utiliser la bibliothèque selon ses envies. « Il y a vraiment des livres très variés qui circulent dans les bibliothèques, de Victor Hugo aux OSS, en passant par les mangas et les livres pour enfants. » remarque Jean-Pierre LETONDU, viceprésident de l’association Les Livres des Rues. Créée à Rennes en 2013, l’association accompagne les

initiatives et les projets de bibliothèques de rue dans toute la France. « Nous sommes complémentaires des institutions culturelles. On touche des personnes qui n’ont jamais mis les pieds dans une bibliothèque municipale. Rendre la culture plus accessible et plus proche des gens, c’est participer à sa reconquête. Il n’y a pas la crainte du jugement dans une bibliothèque de rue. Par exemple, un adulte qui a des difficultés de lecture pourra prendre des livres jeunesse sans s’inquiéter du regard des autres. » remarque-t-il. Ces lieux de vie et de culture dans la rue sont également un moyen de lutter contre l’isolement, notamment des personnes âgées : « Certains utilisateurs prennent quelques livres le matin, se plongent dedans dans la journée, puis viennent les redéposer et en emprunter d’autres le soir ou le lendemain. Le choix des livres dans les étagères de la bibliothèque est l’occasion d’échanges et de discussions avec les autres utilisateurs. »

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Sur un autre modèle, le mouvement ATD Quart Monde, qui lutte contre la grande pauvreté, met en place et anime des bibliothèques de rue. A Caen, Maurice et Geneviève

s'investissent pour la mise en place prochaine d'une bibliothèque dans un quartier populaire de la ville. « Nous voulons faciliter l'accès à la lecture, en transmettre le plaisir et l'importance aux jeunes. Je crois beaucoup au pouvoir du livre et à son pouvoir d'émancipation. On peut se projeter dans le monde avec la lecture. C'est une telle ouverture, c'est connaître ses semblables et le monde qui nous entoure. » confie Geneviève. Une fois par semaine, ils s'installeront en extérieur sur des couvertures avec des caisses de livre, avec l'objectif d'aller à la rencontre des jeunes et des habitants. « Il faut que ce soit de la lecture plaisir pour les jeunes, rien à voir avec l'approche scolaire de la lecture. » remarque Maurice. "Les gens peuvent avoir peur d'aller à la bibliothèque du quartier. Nous on ira à leur rencontre pour faciliter l'accès à la lecture." ajoutent-ils.

Portées par les mêmes valeurs de partage, de liberté et d’égalité d’accès à la lecture, les boîtes à livres apparaissent un peu partout. « Il y a quelques prérequis pour leur installation en extérieur : il faut une autorisation, l’installer dans un lieu fréquenté, un meuble robuste et qui protège les livres des intempéries, mais également l’investissement de quelques personnes pour la « maintenir » en vie. » précise Jean-Pierre LETONDU. Dans la rue, dans les locaux associatifs, les gares ou même les centre-commerciaux, on en trouve de plus en plus. Déposer dans une de ces boîtes ou bibliothèques un livre dont l’histoire nous a transporté, touché, révolté ou enrichit avec l’idée qu’un autre lecteur inconnu puisse s’en imprégner à son tour, avant peut être de le redéposer à son tour, puis un autre, et ainsi de suite encourage une culture du partage forte. « On a de très belles histoires de livres partagés et toujours en circulation. Bien sûr il y a toujours une certaine satisfaction à conserver dans sa bibliothèque un livre que l’on aime, et cet attachement se comprend très bien. Mais on peut également avoir beaucoup de satisfaction dans l’idée que d’autres profitent à leur tour de ce même livre. » remarque le viceprésident de l’association Le Livre des Rues.

Robin BOUCTOT YOUR MAGAZINE


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Deuxième fissure du quatrième mur

Dur, très dur de reprendre le flambeau après un premier opus qui est déjà considéré comme culte. Le premier film centré sur l'antihéros Deadpool (issue des comics Marvel) avait été un énorme succès pour les critiques et le public. Une constatation étonnante vu les restrictions de visionnage pour les mineurs lors de sa sortie en salle du film. Deux ans plus tard, ce deuxième volet réussit-il à surpasser son prédécesseur ?

On retrouve Ryan REYNOLDS dans le mythique et cynique personnage de Wade Wilson, dirigé par David LEITH à qui l'on doit récemment bon nombre de films d'action tels que Atomic Blonde (2017) ou le premier John Wick (2014). Au programme, ce cher Deadpool met les bouchées doubles pour retrouver l'antagoniste Cable (Josh Brolin), dont l'objectif est de tuer le jeune Russel, un mutant au tempérament assez flamboyant. Et le moins que l’on puisse dire, c'est que la formule identique à celle du premier volet est toujours aussi étonnante : succession de blagues, scènes d'action fluides à l'esthétique recyclée, ralentis en cascade, de nombreuses répliques avec des références à la pop-culture, et une inconditionnelle manie de ce cher Wilson de casser le quatrième mur constamment. Que cela soit par les répliques, le générique au début du film, les détails qui composent les plans, les dessins du générique final... Deadpool ne cesse de s'adresser à nous dans toutes les situations possibles, et cela relève d'une fidélité impressionnante qui rend hommage aux personnages des Comics de Marvel.

Certains regretteront le fait que nous n'ayons plus la découverte d'antan lors de la sortie du premier film, mais Deadpool 2 réussit à se démarquer par sa réalisation. Les multiples chorégraphies de combats se différencient toutes par un principal facteur : les pouvoirs des mutants. Chacun d'entre eux guide la mise en scène et la réalisation en fonction de sa capacité respective. Cette réalisation est desservie par une bande-son qui ne cesse de faire le grand écart, accentuant ainsi le côté décalé de cet univers. Pour exemple, on passe notamment de Skrillex à AC/DC pour continuer sur "Take on me" d’A-ha. Le seul défaut que l'on peut reprocher à ce long-métrage est le scénario qui met un certain temps avant de se lancer pour de bon : on alterne des phases de doutes pour le personnage principal en pleine réflexion sur sa vie, et cela entre en contradiction avec la première séquence explosive du film, au sens littéral du terme. Néanmoins, on ne tarde pas à retrouver l'aspect délicieusement déjanté de Deadpool avec un Ryan REYNOLDS au top de sa forme.

Matthieu BOUTTIER YOUR MAGAZINE


Michel, dans la peau de Don Quichotte. Nous connaissons tous l'histoire de Don Quichotte, un homme qui se prend pour un chevalier errant, là pour sauver la veuve, l'orphelin et protéger la jeune demoiselle en détresse. Ce roman de Miguel de Cervantes, nous plonge dans un XVIIème siècle chevaleresque. En janvier 2018, la compagnie de la Cordonnerie s'accapare ce roman canonique pour le réadapter d'une façon plus contemporaine et cinématographique. Cette compagnie est connue pour sa façon de rendre le théâtre pluridisciplinaire. Elle a pour but de mélanger les arts du cinéma, du théâtre, également de la musique, genre que la compagnie nommera par la suite comme étant du « ciné-spectacle ». La Cordonnerie a pour habitude de reprendre les grands contes classiques et de les représenter dans une société que nous connaissons pour les avoir vécus ou pour les avoir lus. Dans la peau de Don Quichotte retrace l'histoire d'un bibliothécaire municipal, Michel ALONZO. Un homme peu bavard et introverti. Son travail consiste à numériser les livres de la bibliothèque. Cependant, la fin de l'année arrive et la peur du bogue ou plutôt bug de l'an 2000 se fait sentir. Cet évènement transformera-t-il Michel en chevalier errant ?

Au cœur du bruitage. La force de ce spectacle se trouve dans le bruitage. Rares sont les spectacles où le bruitage est mis en avant. Durant 1h30, nous assistons aux coulisses de ce que nous avons l'habitude d'entendre au cinéma et non de voir. Pour donner ce côté théâtral à ce spectacle, il est important de se démarquer du seul fait de projeter un film sur écran. C'est alors qu'ils ont décidé de nous montrer comment, avec des objets du quotidien ainsi qu'insolites, nous pouvons entendre un bruit que nous

connaissons. La canne à pêche pour le vélo, des guirlandes de noël qui font du foin, un gong pour le train... Un métier, voire un art délicat, qui demande une grande précision dans les gestes et une grande coordination dans les pas. Le bruitage est l'une des spécialités de la Cordonnerie.

Le cataclysme. Le tonnerre s'abat, l'an 2000 arrive. Un bruit assourdissant résonne dans la salle. Un bruit bien trop fort pour le coup. Mais la surprise qui suit nous fascine.

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Le personnage apparaît réellement sur scène. Michel Alonzo apparaît devant nous comme si l'homme était sorti de l'écran que nous n'avions pas quitté des yeux depuis trois quarts d'heure. C'est à ce moment-là que nous voyons la part théâtre de ce spectacle. Les personnages jouent et dans leur jeu nous retrouvons toujours ce bruitage qui leur est cher. Cependant, l'écran est toujours là, derrière Michel. Il nous montre Michel dans le désert, typique à l'histoire originale de Don Quichotte qui se déroule en Espagne. Dans ce même moment, nous voyons Michel dans la vie de tous les jours à notre époque, qui lui, est sur scène. Un mélange entre le cinéma et le théâtre agrémenté d’une musique qui nous fait voyager dans le temps ainsi que dans les arts.

L'émotion du genre. Au fur et à mesure de l'histoire, le personnage principal montre sa faiblesse à l'écran jusqu'à se mettre à nu au sens propre et figuré du terme. Une mise à nu de ses sentiments envers Dulcinée, la femme qu'il aime et qu'il recherche à travers ses multiples périples. De plus, Michel subira une mise à nu impulsée par son patron qui le rabaissera en le filmant en train de se déshabiller dans l’unique but qui est de montrer sa vulnérabilité à l'écran aux spectateurs. L'amour de Michel envers Dulcinée le rend aveugle et naïf vis à vis du monde qui l'entoure. La fin de ce spectacle ne peut pas être révélée ainsi, mais vous remarquerez sans doute que Dulcinée rime avec destinée.

Laura HEINECKER

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Si tu cliques sur le logo de l’Art Régnait, tu découvriras leur opinion en vidéo sur… Solo : A Star Wars Story

Une vidéo signée Alexandre CHAMPION et Matthieu BOUTTIER

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© Alexis_Janicot_23

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Rédigé par Stanley TORVIC Cette année encore, le célèbre festival lavallois a mis la barre très haute en valorisant plus que jamais la diversité culturelle et artistique. De la variété française de Juliette Armanet, au rap belge de Roméo Elvis en passant par les sonorités afros de 10LEC6 et de Tshegue, il y avait du choix et pour tous les goûts... En somme, vous l’avez compris, les 3LF 2018 nous en mis plein les oreilles ! Avec les spectacles de rues, ce festival émergent se place de plus en plus au rand des grands festivals parisiens et propose pour des coûts moindres un panel d’offres incroyable et bien plus intéressant. Pour la première fois, la rédaction de YOUR MAGAZINE est allée au cœur même d’un si gros évènement et l’expérience a été plus que jouissive. Une expérience que nous n’aurions pas pu vivre de cette manière sans les accueils chaleureux de Sandra NICOLAS et Simon HERMINE. Organisé par l’association Poc Pok les 25, 26 et 27 mai dernier, le festival Les 3 Eléphants a même annoncé complet le samedi soir, jour où étaient à l’affiche Roméo Elvis, Moha La Squale, The Legendary Tigerman, Loud ou encore Molécule et pleins d’autres. Dans l’enceinte de ce festival, on se sent comme à la maison, avec des artistes de notre playlist et d’autres, qu’on n’hésitera aucunement d’ajouter le lendemain dans le train en rentrant chez soi. Les 3LF ça se passe dans un espace délimité, sécurisé mais également au cœur des rues de Laval et s’il y a bien une chose qui a pu nous surprendre, Romain et moi, ce sont bien les lavallois∙es qui se sont montré∙es ultra agréables et très accueillant∙es. YOUR MAGAZINE


L’exception culturelle française, c’est ce qu’a pu bénéficier grâce aux 3LF l’une des troupes de spectacles de rue venue de Suisse. Les Batteurs de Pavés, c’est le nom de ce duo atypique qui rend au peuple ce qui le lui appartient : le théâtre. A but d’amusement et d’émancipation, M. MOSER et M. LECOULTRE rencontrés entre les murs d’un conservatoire suisse n’ont pas résisté et sont vite repartis là où ils se sentent le mieux, loin des théâtres d’une certaine catégorie de gens. Nous avons pu les rencontrer, leur poser des questions sur leur spectacle unique en son genre et porteur de messages forts pour la jeunesse et les sociétés d’aujourd’hui.

CLIQUES SUR LA PHOTO POUR ECOUTER L’INTERVIEW

© Romain CAPDEPON

Des spectacles de rue et pour tous, géniaux comme celui-ci, les 3LF vous en proposent nombreux d’autres dans une programmation incroyable et tout ceci gratuitement. Nous avons également rencontré la troupe Version 14 et vu leur mise en scène décortiquée du mythe de Polyphème, article que vous pourrez retrouver sur notre site ou en cliquant – ICI – YOUR MAGAZINE


Alors qu’aujourd’hui de plus en plus de personnes mettent en place des studios d’enregistrement chez eux, lui, installe son studio dans des lieux peu ordinaires tels qu’un chalutier ou un village inuit. Lui, c’est Molécule alias Romain DELAHAYE, un musicien faisant rimer électro et exploration. Pour connaître les raisons de ses voyages et en savoir plus sur sa musique, nous avons interviewé ce créateur itinérant. CLIQUES SUR LA PHOTO POUR ECOUTER L’INTERVIEW © Romain CAPDEPON

Que retenir finalement des 3LF2018 ? Une programmation extraordinairement riche et diversifiée ? Une bonne musique ? D’excellents spectacles ? Un accueil comme on trouve rarement ailleurs ? oui, nous croyons que c’est un peu tout ça. Les 3LF2018 ça a été Hyphen Hyphen qui sont montés sur scène défendre comme on voit si peu leur nouvel album, ça a été la folie et le bonheur dans les yeux des fans de Roméo Elvis quand ils l’ont vu sur scène, enfin bref, les 3LF2019 n’attendront plus que toi à Laval ! YOUR MAGAZINE


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Quand la nature se lance à l’assaut des villes Vous avez peut-être déjà vu en pleine ville, au détour d’une rue, un bac de légumes, des arbres fruitiers, quelques plantes d’aromates. Surprenant, non?

Il s’agit en fait de ce que l’on appelle des jardins partagés, ou jardins communautaires. Ce sont des espaces mis à disposition des populations et utilisés pour cultiver des végétaux, principalement comestibles, excluant tout usage commercial. Tout le monde y a accès et a la possibilité d’y contribuer comme d’en profiter, totalement gratuitement, ou parfois moyennant une adhésion à très bas prix. Ils sont des lieux privilégiés d’échange et de

rencontre, vecteurs de lien social tout autant que d’écologie urbaine, certains leur prêtent même l’appellation de terreau social, puisqu’ils favorisent une grande mixité d’âges et de milieux. De plus, l'implantation de ces îlots de verdure au sein des villes permet une recrudescence de la biodiversité, les oiseaux et insectes pollinisateurs reviennent y jouer leur rôle vital, et insuffler la vie dans des zones délaissées.

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D’autres avantages indéniables peuvent être énoncés, en effet la végétation purifie l’air en fixant les particules de pollution présentes dans celui-ci, permettant tout à la fois de réduire les risques sanitaires, et de réguler la température, en diminuant l’effet de serre bien présent dans les villes. Il s’agit également d’une ressource non négligeable de nourriture, qui permet à tous un même accès à des fruits et légumes frais et bio, autrement dit une nourriture de

grande qualité, quelques soient les moyens financiers de chacun.

L’impact sur les consciences est multiple, et contribue par exemple à l’affirmation du bio et du sans OGM, car ces jardins sont cultivés en plein respect des enjeux environnementaux. L’usage des produits phytosanitaires y est en effet proscrit, on y pratique également le

compostage, faisant alors d’une pierre deux coups : jouant le rôle de pointsdépôts, les jardins bénéficient de l’apport quotidien des déchets verts et organiques des habitants. L’arrosage est souvent fait à partir d’eau de pluie, récoltée dans des réservoirs prévus à cet effet.

Pour certains, ces jardins sont même une forme de réappropriation de notre alimentation, on (ré)apprend à produire, devenons plus indépendants des grands groupes de production et de distribution. Par ce biais, on modifie notre rapport à la terre et à la nourriture : après avoir constaté le temps qu’une tomate peut mettre à pousser, peut-être a-t-on alors plus de scrupule à gaspiller.

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Tout est organisé et pensé de sorte à ce que ces espaces de verdure jouissent d’une indépendance énergétique, et soient des modèles d’écologie, au sein même d’environnements artificialisés et modulés par l’Homme. Nous pouvons aussi noter la dimension pédagogique et éducative, car les jeunes et moins jeunes ont face à eux une multitude de choses nouvelles à découvrir ou à faire découvrir, et personne n’est insensible à la satisfaction d’une graine qui prend vie sous ses mains. Aussi, si d’aventure votre chemin venait à croiser un de ces jardins, n’hésitez pas à cueillir une poignée de basilic, quelques fraises ou abricots, et à prendre le temps de savourer la douceur des lieux. Vous trouverez en cliquant sur ce lien – ICI – une liste des jardins partagés répertoriés à Paris, et sur celui-ci – ICI – une carte de ceux de la région toulousaine, mais elles sont loin d’être exhaustives, et pour ce qui est des autres villes, renseignez-vous auprès de votre mairie. C’est aussi en vous promenant au hasard des rues que vous pourrez en découvrir davantage. Bon retour à la Terre !

Dwinwen SCHALL

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Rone aux 3FL2018

© Romain CAPDEPON

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A la rencontre d’Heroe Tout droit venu du Maroc, Heroe, ce jeune artiste aux sonorités indie pop fait vibrer le cœur et les oreilles des Caennais et Caennaises qui ont eu la chance de croiser son chemin. C’est lors de la finale du Tremplin Phénix organisée par la Maison des Etudiants de Caen que nos chemins se sont rencontrés. Guitare en mains, ambiance tamisée, voix tremblante, l’artiste sortait à peine les premiers sons de ses lèvres que les poils sur ma peau se dressaient. Heroe, je ne pouvais pas le laisser s’échapper ainsi, alors je suis parti le rencontrer chez lui, dans son intimité. Jeudi, 19h00, le rendez-vous était pris.

Heroe, un artiste solitaire Dès qu’il a eu son bac S dans un des lycées français du royaume marocain, Mehdi NACER de son vrai nom est venu étudier en France, en Normandie. Maintenant, cela fait 6 ans qu’il est à Caen et il se sent « grave bien ici » à en croire ses mots. Arya - sa chatte à la main - il s'assoit. Le cadre est donné. Il se relève aussitôt et me propose, une ruby, je suis charmé. Ma préférée. Il m’invite à prendre place, l’interview commence. Baigné dans la musique dès son plus jeune âge par son oncle qui ira par la suite vivre de sa passion

aux Etats-Unis, faire de la musique pour ce jeune homme était finalement comme une suite logique. Au parcours tumultueux, il avouera lors de notre conversation avoir eu ce « besoin » de s’exprimer à travers la musique. « Je ne chantais pas à la base », celui qui a reçu sa toute première guitare en 5e a commencé à en jouer alors que ce n’était qu’un jouet. Curieux et tout de suite attiré par ce qu’il a reçu entre les bras, il s’est mis à apprendre de lui-même cet instrument à travers des vidéos sur YouTube. En quelque sorte son graal, il développa un art qui s’avère être son don secret.

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L’union des cordes et de la voix

Heroe est un de ces rares artistes à nos jours qui n’ont besoin que de quelques cordes et d’une voix pour nous transporter dans un endroit inconnu et faire naître chez nous, un mood, un sentiment de mélancolie profond. Heroe tout simplement, c'est la cohabitation de la voix et de l'instrument. Chez lui, pas de drama queen, cette bonne mélancolie est le produit de ses doigts et de sa voix,

L’envol d’un artiste Son succès croissant est la somme d'une ambition envieuse. La musique, s'il pouvait en vivre, il le ferait. Sa famille restée au Maroc comme premier soutien, l’artiste émergent peut également compter sur celui de la chaîne YouTube Ines K. qui cumule à ce jour déjà plus de 194 000 abonnés. Sur cette chaîne, ses titres enregistrent plus de 50 000 vues, une

d’une sincérité exemplaire. Des titres nostalgiques, c’est l’unique chose que l’artiste est en capacité de nous produire aujourd'hui. « Je n’arrive pas à écrire un truc joyeux », le syndrome de nombreux artistes. Ses chansons évoquent son vécu, sa vie et tout ceci en anglais pour dit-il une meilleure « sonorité ». Son premier single arriva précipitamment en novembre dernier. Nommé « Prom Night », cette musique aux paroles simples et à la mélodie douce et angélique nous emporte aussitôt dans cet univers unique.

aubaine pour un artiste qui enregistre avec ses propres moyens dans ses quelques mètres carrés. C'est grâce à cette forte détermination qu’Heroe a réalisé son tout premier concert sur la scène du El Camino à Caen, a enchaîné avec la compétition le Tremplin Phénix et qui le 21 Juin prochain fera partie des artistes qui joueront pour la fête de la musique à l’Abbaye aux Dames de cette même ville.

Bien que l’artiste se sente « nul sans guitare », Heroe est un interprète et compositeur qui pour moi, à encore tant à montrer. Sa musique suspend le cours du temps et un Farewell n'est pas pour tout de suite. La voix de Casablanca ne nous a pas encore tout partagé. Son ascension, la rédaction la suivra de près. Heroe, un artiste confirmé en devenir.

Stanley TORVIC

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GRAND, le produit de deux arts Il y a quelques jours je suis allé à la découverte d’une pratique artistique qui aura réussi à susciter ma curiosité. Ronan alias GRAND est un jeune artiste qui aujourd’hui grâce à son synthé magique à 2euros, partage avec un de ses amis Jérémy, sa passion pour la musique et ils le font de manière très distinguée. GRAND, l’amour du rythme Pour lui, faire de la musique et en vivre comme beaucoup d’artistes : c’est un goal. Alors qu’il vient tout juste de terminer un service civique à la réalisation d’une radio caennaise, le jeune artiste ne perd pas son temps et reprend à temps plein la confection de ses titres. Une bonne trentaine dans ses disques durs, il a dû m’en faire écouter non loin d’une dizaine. Tous différents et à la fois dans une ambiance plutôt similaire, GRAND réalise sa musique électro à partir de sa guitare. Quand je lui demande comment lui vient l’inspiration de ses titres jusquelà sans paroles, il me confie la trouver

uniquement dans un moment de profonde tristesse ou encore d’énervement. Il créé “tout sur le coup de l’émotion”. N’allez pas pour autant penser que ses titres ressemblent à du heavy metal car vous faites fausse route. GRAND, il n’y a rien de plus mélodieux et ambiançant. Sa volonté première est de créer des titres comme il le dit luimême : “rythmés”. Un tantinet perfectionniste, celui qui est originaire de la petite ville du Mans me partage à la suite de notre échange être un amoureux de la culture japonaise et c’est cette vibe que tu pourras sans doute remarquer dans son premier titre publié, nommé “Torii”.

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La somme de deux médium GRAND a attisé ma curiosité notamment pour ce travail autour du masque. Longtemps associé aux arts de la scène tel que le cirque notamment, Ronan et Jérémy, d’ailleurs rencontrés lors d’une soirée du jour de l’an, ont souhaité “apporter un truc différent”. De cette volonté de se démarquer des autres, ils auraient pu se perdre mais le résultat est je ne sais pas pour toi, plutôt ouf. Au-delà de cette volonté première, ils partagent également cet amour pour les masques culturels, d’où le titre de la chanson “Torii” et cette empreinte japonaise. Un torii au Japon, est un portail sacré qui sépare l'environnement sacré de l’environnement profane. Leur premier masque a pris deux ans pour se faire et arriver à la version que nous connaissons tous désormais. Un travail plus que minutieux qui aurait l’apparence d’un cours d’arts plastiques au collège. C’est armé

GRAND : synthé, masque, voix ? Issu d’une formation de son, Ronan s’essaye de plus en plus à la voix. Lui qui créé tout à partir d’une émotion, démarre avec un air, vient un

d’une règle, d’un crayon à papier HB, d’un compas, d’une équerre et d’écouteurs qui lui permettront d’écouter le titre en boucle, que Jérémy créé aujourd’hui après plusieurs expériences un masque en l’espace de cinq bonnes heures. Avec à la maîtrise du calque, il dessine une facette du masque, puis c’est grâce à sa table lumineuse qu’il a achetée par la suite, il calque l’autre partie du masque puis tout le reste c'est-à-dire les couleurs et les finitions se passe sur son ordinateur. Après la confection du masque, le petit duo passe à la recherche du kaléidoscope parfait. Aujourd’hui, GRAND et Jérémy travaillent ensemble et il serait très compliqué voire inenvisageable pour le musicien de sortir un titre sans son masque. 1 titre = 1 masque unique et c’est également pour cela que sortir un album ou même un EP desservirait leurs arts.

yaourt, ce murmure de son, puis sort des mots. La voix, il en a une sublime et il ne devrait pas tarder à sortir de nouveaux titres alliant ses cordes vocales.

GRAND, c’est un artiste à découvrir simplement, il démarre et il promet déjà de belles choses pour l’avenir. Son univers pourra te sembler trop lointain mais avec un peu de temps et d’ouverture, tu sauras trouver la perle de ses créations.

Stanley TORVIC

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Brooklyn 99 : "New York Unité très spéciale"

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abituellement propice à une atmosphère sérieuse et dramatique, la vie quotidienne d’un commissariat de New-York est dépeinte d’une toute autre manière dans la série Brooklyn 99. Elle prend le contre-pied des standards du genre en nous proposant une galerie de personnages oscillant constamment entre extravagance et humanité. Créée par Dan Goor (Parks and Recreation) et Michael Schur (The Office), Brooklyn 99 était diffusée depuis 5 saisons par la chaîne FOX puis vient d’être reprise cette année par une de ses concurrentes, NBC, qui diffusera la 6ème saison l’an prochain. Sauvée par son grand succès critique, sa plus grande

force est son casting à l’image de Brooklyn : cosmopolite et vivant. Se connaissant depuis longtemps, les deux créateurs avaient déjà imaginé concevoir une série parodiant la franchise des New-York (Police Judiciaire, Unité Spéciale…) et plus largement des films policiers. Recréer la synergie d’un groupe

d’individus dans un commissariat ne fut pas chose compliquée pour eux : The Office racontait le quotidien des employés d’une entreprise qui fabrique du papier tandis que Parks and Recreation suivait les péripéties administratives du département « Parcs et Loisirs » d’une ville américaine.

Cette fois-ci l’intrigue prend place dans l’un des nombreux postes de police de l’arrondissement de Brooklyn. La rareté des séries policières sous forme de comédie permet d’user des clichés du genre. Chose encore plus rare : ils sont utilisés de manière particulièrement intelligente tout au long des épisodes : les

interactions entre chaque personnage permettent de jouer avec ces stéréotypes. L’humour est articulé autour du fonctionnement de l’équipe et leur manière de percevoir le métier. Jake Peralta est un agent se rêvant superflic, capitaine Raymond Holt, froid et doté d’un étrange sens de l’humour ; Amy

Santiago voue un culte au capitaine et est moquée pour être ultra procédurière, Rosa Diaz est colérique et effrayante, Boyle est un flic gênant et maladroit, sergent Terry J, une montagne de muscles hypersensible et Gina, secrétaire de l’équipe folle se rêvant danseuse.

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Chaque personnage représente certains clichés du milieu policier, Jake Peralta étant celui rêvant le plus à son moment de gloire et d’action : fan de Die Hard (franchise de films d’action portée par Bruce Willis), il profite des enquêtes et interventions policières pour tenter d’assouvir sa soif d’action. La première scène de la série représente parfaitement l’esprit de décalage du personnage : il répète le monologue solennel de Donnie Brasco (film culte au sein de la mafia avec Al Pacino) en pleine enquête d’un cambriolage de magasin multimédia. Il forme un duo avec Amy Santiago en totale opposition avec

les méthodes de son collègue, le genre de duos que l’on retrouve dans nombreuses séries policières et qui est ici volontairement exagéré. Aussi, l’un des clichés les plus assumés de la série et

le duo de personnages secondaires Hitchcock et Scully, représentant les flics donuts à la main et restant assis à leur bureau toute la journée. Le groupe de personnages fonctionne parfaitement car chacun possède sa faille – voire ses failles – humoristique(s) qui apporte dans le même temps potentiel comique et épaisseur émotionnelle. Rosa Diaz qui est volontairement effrayante trouvera par exemple sa part d’humanité en rencontrant un collègue aussi étrange qu’elle en cours de saison 3.

Brooklyn 99 réussit là où d’autres séries comiques échouent ou se révèlent trop frileuses : être drôle tout en étant progressiste et intelligente. C’est quand il s’agit des questions de diversité et de mixité que la série prend un pas plus sérieux et offre aux personnages leur moment d’humanité. C’est là une de ses grandes forces : quand il s’agit d’orientation sexuelle, de couleur de peau, de genre, l’humour prend alors une autre forme. Plus sobre et surtout qui n’exclut pas les minorités mais les inclut dans le processus comique.

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Raymond Holt est le capitaine fraîchement arrivé qui s’occupe de l’ensemble de l’équipe du district 99. Ce dernier doté d’un certain sens de la discipline est ouvertement gay. Son orientation sexuelle quand elle est évoquée, sert à expliquer à quel point il n’est pas simple pour un policier d’être noir et gay : le capitaine Holt raconte à plusieurs reprises combien il a été difficile pour lui de s’imposer et de ne pas être mis de côté avant son arrivée dans cette équipe. A aucun moment son homosexualité est un prétexte pour se moquer : c’est au contraire un « non-sujet » au sein de l’équipe et son couple est introduit naturellement dans la série au bout de quelques épisodes. Le comique du personnage réside dans sa froideur, son sens de l’humour tout à fait particulier et ses interactions avec le reste de l’équipe notamment Jake Peralta, flic efficace mais particulièrement moqueur. Si la série

réussit à ne pas être qu’une simple parodie c’est grâce aussi au constant équilibre qu’elle trouve dans les ressorts de la comédie et les situations dites plus « graves ». Le sergent Terry Jeffords dont l’instabilité émotionnelle est l’un des atouts humoristiques est au centre d’un des épisodes les plus sérieux de la série portant sur le racisme, un épisode qui fait référence aux événements dramatiques qui arrivent encore trop souvent aux Etats Unis. Dans l’épisode en question, le sergent, qui est en tenue de civil, est arrêté par un autre policier ouvertement raciste, pour simple délit de faciès. Les personnages féminins (comme Rosa Diaz citée plus haut) sont également confrontés au machisme ambiant du milieu et rencontrent à plusieurs reprises des collègues masculins se sentant menacés dans leur position hiérarchique.

Si l’humour extravagant et souvent absurde de la série pourrait en dérouter certains, l’approche humaine de Brooklyn 99 permet de s’attacher très vite à ce groupe délirant.

Johnny FOUCHER

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13 Reasons Why : saison 2

Bonne ou mauvaise idée ?

13

Reasons Why est une série inspirée du livre de Jay Asher. Durant toute la fiction on suit Clay Jensen, un adolescent qui découvre sous son porche au retour du lycée une boîte. À l'intérieur, des cassettes enregistrées par Hannah Baker, une camarade de classe qui s'est tragiquement suicidée deux semaines auparavant. Les enregistrements révéleront par la suite que la jeune fille, dont il était amoureux, a décidé de mettre fin à ses jours pour treize raisons. La première saison se base sur les raisons du suicide d’Hannah. L’histoire se suit grâce à Clay qui découvre petit à petit la dure réalité de la vie de son ancienne amie au lycée. Au-delà de cette fiction glaçante, 13Reasons Why fait avant tout passer des messages aux jeunes collégiens et lycéens de notre génération à travers différentes situations que tout le monde est susceptible de vivre au cours de sa vie. Le harcèlement scolaire, la dépression ou encore le viol, rien est laissé au hasard. Sur cette seconde saison sortie le 18 mai 2018 sur Netflix, l’histoire est moins concentrée sur Hannah mais plus sur le procès et les situations de Jessica et Alex après leur passé tragique. J’avais peur que cette nouvelle saison soit moins captivante que la précédente car celle-ci n’est plus basée sur l’œuvre de Jay Asher et il faut dire que les auteurs ont fait un bon travail. Durant 13 épisodes, nous voyons chaque témoignage de chaque personnage ayant été impliqué dans le suicide d’Hannah, nous entrons dans une phase de rencontre avec chacun de ses personnes. Durant un épisode nous écoutons ce que le « coupable » a fait à Hannah, sauf que jusqu’à maintenant on avait uniquement le ressenti de la jeune défunte et savoir ce que représentait pour eux leur ancienne camarade de classe a tout simplement donné ce charme et cette envie de poursuivre la série pour mieux comprendre.

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On découvre une Hannah totalement différente grâce à cela, ça change également notre point de vue sur toute la saison une et sur son histoire. On découvre également une Jessica mal dans son corps et dans son esprit, un Alex qui perd tous ses moyens et qui n’a plus confiance en lui, des lycéens qui se sentaient coupables après leurs actes impardonnables et surtout un Clay plus mature mais également encore un peu perdu quand il s’agit de ce qu’il doit penser ou faire. Dans cette nouvelle saison de nouveaux thèmes sont abordés comme l’addiction à la drogue, les sans-abris ou encore le quotidien des femmes violées. Tous ces sujets traités sont tabous bien qu’il soit pourtant tellement important d’en parler. C’est aussi pour cela que j’apprécie cette série, elle ose dénoncer chaque acte de la vie de tous les jours sans préjugé. Par la même occasion, à travers chaque personnage l’identification chez le spectateur est possible voire régulière et cela nous permet de nous sentir moins seul∙e face aux situations de la vie de tous les jours. La première comme la deuxième saison, nous permettent d’être plus engagés contre

le harcèlement scolaire, à lutter contre le viol, à aider nos amis dans la détresse à cause de la dépendance. Cette série ouvre les yeux aux adolescents comme aux parents qui peuvent parfois être très maladroits dans leurs façons d’aider leurs enfants face à cette sombre étape qui est l’adolescence. Il est important de souligner que cette série est déconseillée aux moins de 16 ans. J’ai moi-même au-dessus de cet âge et il m’est arrivée d’être choquée par quelques scènes. Le but des producteurs et des auteurs était de dénoncer toutes ces choses, je comprends parfaitement le fait de montrer des images crues pour sensibiliser son public.

J’ai beaucoup lu que 13 Reasons Why incitait au suicide et à la violence. FAUX. Je ne trouve pas que cela fait cet effet, comme je l’ai écrit plus haut, à travers les histoires et les personnages, nous savons que nous ne sommes pas seuls en cas de détresse, cette fiction nous donne les armes pour agir dans la vraie vie. D’ailleurs si vous ou vos proches ont besoin d’aide, cliquez – ICI – Si je devais donner une note à 13 Reasons Why, ce serait un 9/10.

Lucile BEL

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Retour sur une palpitante saison de Ligue 1 ela faisait des années que notre championnat français de football n’avait pas été aussi haletant. Entre les bagarres en haut du classement et les folles remontées pour se sauver de la relégation, chaque journée aura eu son lot de surprises.

C

Si la domination du Paris Saint Germain était actée presque dès le début de la saison en raison de son budget hors norme et de ses stars mondiales, la bataille pour le podium a rythmé la saison. Lyon, Marseille et Monaco se sont disputés les deuxièmes et troisièmes places synonymes de qualification en Champions League. Marseillais et Monégasques ont tous deux longtemps cru que le podium leur était acquis jusqu’à une baisse de régime de chaque côté. La défaite de Marseille sur le fil contre Lyon reste sûrement le tournant de la saison dans cette quête du podium. Quelques journées et attaques journalistiques plus tard, Monaco termine devant Lyon et Marseille, le club de la Côte D’Azur finaliste d’Europa League retrouvera cette compétition la saison prochaine. Loin derrière la guerre pour le podium, 6 clubs se sont longtemps battus pour une qualification en Europa League. Si Nantes et le système très défensif de Claudio Ranieri a longtemps semblé être le club le mieux placé pour finir dans le top 5, les Canaris se sont effondrés en fin de saison laissant les tickets qualificatifs à Rennes et Bordeaux. En embuscade, Saint-Etienne et Nice ont presque réalisé l’exploit de se qualifier après un début de saison calamiteux des deux équipes. Enfin, la bataille pour le maintien dans l’élite a été également très animée. Amiens et Strasbourg, deux des trois promus dans l’élite se sont sauvés sans se faire peur en se plaçant respectivement 13e et 15e. En revanche, Metz, troisième club venant de Ligue 2, a connu une saison très difficile et termine dernier du championnat synonyme d’une redescente en deuxième division. Quant à Troyes, le club s’est longtemps accroché pour tenter de se maintenir avant de lâcher prise et de terminer 19e du championnat. Catastrophe. La place de barragiste revient finalement à Toulouse, dépassé sur le fil par Lille. Caen a une fois de plus, fait peur à tous ses supporters en assurant une prochaine saison de l’élite lors de la dernière journée grâce à un nul face à l’ogre parisien.

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Championnat terminé, place maintenant à la plus grande compétition internationale de football ; la Coupe du Monde. 50 joueurs de notre championnat sont convoqués dans les pré-listes des différentes équipes présentes lors de la compétition, dont 9 en Equipe de France. La Coupe Du Monde aura lieu en Russie du 14 juin au 15 juillet. L’heure est d’ores et déjà aux pronostics pour le vainqueur mais aussi pour les surprises comme la montée en puissance de l’Islande lors du dernier Euro en France. Ici, nous misons forcément sur une victoire de la France, bien armée pour défendre nos couleurs mais des pays comme l’Espagne, l’Allemagne ou bien le Brésil avec le magicien Neymar sont dans de bonnes conditions pour remporter le trophée.

Partagez-nous vous aussi votre pronostic sur notre Twitter : #YOURPronos

Maxime GANA

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A (Re)Découvrir Tu as zappé un des derniers articles de notre site ? No panic ! Cliques sur le bout de texte de ton choix et tu découvriras un article.

Born Idiot c'est le nom d'un groupe de jeunes bretons passionnés par la musique. A l'ambiance vintage et indie pop, ils partagent ce qui savent sans doute faire le mieux. Fondé en 2015 par Lucas et Tiago, ils sillonnent aujourd'hui les rues de France avec leur univers atypique dans leur grand van noir. C'est lors d'une halte à Caen, sur la scène du Portobello Rock Club pour fêter les 3 ans de l'association rennaise La Liaison, que j'ai pu rencontrer et découvrir ce nouveau gang.

Sylvain, Camille et Ludivine sont originaires de Lille et forment, depuis 6 ans, le groupe Vertigo. Ils produisent une musique indie pop ou presque pop comme ils peuvent la qualifier. Le côté vintage, qu'elle possède, ne lui empêche aucunement d'être ancré dans le présent puisque, parmi la dimension rétro, des sonorités actuelles transparaissent formant parfois des mélodies proche d'univers qu'il est possible d'assimiler à celui du jeu vidéo voire à quelque chose de fantastique.

Guillaume Durand fait partie des artistes de l'ombre dont nous avons forcément vu les photos sans automatiquement connaître le nom. Du haut de ses 27 ans, le jeune clermontois est déjà un photographe émérite, que ce soit avec ses clichés ou ses vidéos. Celui qui travaille avec le rappeur belge Damso a depuis peu crée son entreprise d’audiovisuel, Weareminimals. Guillaume Durand a accepté de revenir sur son parcours pour YOUR MAGAZINE.

Jaffna, c'est l'union de Stan, parisien, autodidacte, passionné de house comme de techno, et de Bravin, d'origine sri-lankaise, amoureux d'éléctropop et de r'n'b. Complémentaires tous les deux, ils ont produit leur tout nouvel EP de 5 titres le 20 avril dernier nommé Retrograde. Après le succès plutôt confirmé de leur premier EP intitulé Ripples et du single "Hear Me Out", le duo revient aujourd'hui avec un tout nouveau clip marquant plus que jamais cette plongée rétro.

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Pop Runs The World YOUR MAGAZINE

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION : Stanley TORVIC ------------------------------------------------------------REDACTEUR EN CHEF : Stanley TORVIC stanley.torvic@yourmagazine.fr ------------------------------------------------------------REDACTEUR EN CHEF ADJOINT : Romain CAPDEPON ------------------------------------------------------------ONT PARTICIPE A CE NUMERO : Dwinwen SCHALL, Anaïs DUFRENE, Nathan FERRETTE, Robin BOUCTOT, Marie AUBISSE, Margaux THERON DESNOS, Matthieu BOUTTIER, Laura HEINECKER, Alexandre CHAMPION, Betty GRESSELIN, Johnny FOUCHER, Lucile BEL, Maxime GANA et les rédacteurs en chef. PARTENAIRES : Association Art Régnait et G-PRI Vidéos CONTACT : 06 98 84 92 44 contact@yourmagazine.fr YOUR MAGAZINE

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