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SOLOMON RAY SOLOMON RAY


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L’Edito A vous qui nous lisez. A toi qui as pris ce risque en cliquant pour consulter un magazine inconnu. Merci YOUR MAGAZINE, c’est bien plus que de lire une revue lambda. A travers chaque numéro, on fera tout pour te faire découvrir des genres et pratiques artistiques et culturels tant méprisés par certains. On fera également tout pour te faire découvrir les cultures de nos banlieues, celles qui sont critiquées et condamnées. Oui, YOUR MAGAZINE est un média culturel centré pour la population et la culture populaire. Notre activité n’est aucunement politique mais sociale. Renouer les liens entre la Culture et la jeunesse populaire est notre ambition. Ce qui nous, me fait triper.

YOUR MAGAZINE c’est l’expression culturelle et la liberté artistique de la jeunesse populaire. YOUR MAGAZINE c’est l’abolition de l’élitisme culturel entre jeunes.

Parce qu’elle a souvent été stigmatisée, YOUR MAGAZINE est aujourd’hui là pour lui donner la parole et exposer ce qu’elle sait faire, ce que vous savez faire. YOUR MAGAZINE c’est le média culturel des jeunes, pour tous les jeunes de tous les horizons sociaux.

Pop Runs The World Stanley TORVIC, rédacteur en chef de YOUR MAGAZINE


SOMMAIRE

Page 6 Le Tableau Page 9 Portrait Page 13 Cinéma Page 17 Musique Page 21 Mode Page 23 Lecture Page 28 L’Art Régnait Page 31 Société / Média Page 37 Spectacle vivant Page 41 Arts plastiques Page 47 Sciences

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Salut à toi l’ami(e), moi c’est Maxime, @mdhml_ sur Instagram. Je dirais dans un premier lieu que mon style de photo est plutôt urbain, mais cela ne m’empêche pas de faire également des paysages, des portraits…. J’aime bien marcher et me perdre dans les rues, trouver des petits détails, des situations insolites. J’utilise le numérique et l’argentique.

Pour la suite, si tu me rejoins, tu pourras voir des projets sur les SDF de Toulouse, des portraits de personnes croisées dans la rue où à l’occasion de shoots, ceux de rappeurs, de spectacles, des scènes de la vie de tous les jours, que ce soit en couleur ou en noir et blanc. Beaucoup de choses sont à venir , et ton soutien est le bienvenu petit scarabée

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Solomon Ray on top ! YOUR : Firstly, how would you define the kind of music that you make? SOLOMON : At the moment, the easiest way to describe my music would be Reggeaton. Pour l’instant, la façon la plus simple de décrire ce que je fais serait de parler de Reggaeton. Y : Why did you choose music? Do you have something specific to share? If yes, what? S : I’ve always had a strong affinity and connection with music. It’s part of my culture. I’ve always had a hard time sharing how I feel so music has been that outlet and vessel in which I share my feelings and thoughts. J’ai toujours eu une forte connexion et beaucoup d’affinité avec le monde de la musique. Ça fait partie de ma culture. J’ai toujours eu du mal à partager ce que je ressentais et donc la musique a toujours joué ce rôle d’exutoire mais aussi de réceptacle, à travers lequel je partage à la fois mes sentiments et mes pensées. Y : On your social media accounts, you carry messages of tolerance, equality, freedom… To you, is this yet essential nowadays?

S : I’ve always been this way since the beginning, so it’s foreign for me to to witness this with other artist. You’re told to never talk about two things- religion and politics. But being Black and being Mexican, it’s impossible for me to be silent on issues that hurt my people. J’ai toujours fait ça depuis le début, donc ça me parait étrange quand je constate que d’autres artistes n’en font pas de même. On nous dit ne pas parler de ça ; de religion et de politique. Mais étant noir et mexicain, il m’est inconcevable de me taire sur ce genre de questions qui portent préjudice à ces groupes ethniques auxquelles j’appartiens. Y : You made an EP entitled “Le Garçon”, can you tell me why you chose this name and especially why in French particularly? S : As the time I was I feel I was saying good by to me being a boy and entering manhood. I was listening to music in French and reading books at the time, I wanted to explain this other side of me, which I always named Le Garçon. This inner kid in me. A cette époque, j’avais l’impression d’être en train de dire au revoir au petit garçon que j’étais, et je sentais que je devenais homme. J’écoutais de la musique et je lisais des livres en français, et je voulais fournir des explications sur cet autre moi, que j’ai toujours appelé «Le Garçon». Cet enfant qui sommeille en moi.


Y : Do you love France? Would like to share your opinion on President Macron? S : I love France. In fact, if I had it my way, I’d live there. It’s a very beautiful and romantic country. And as far as Macron, I think it’s refreshing not only for the people of France, but the world to see a young leader as himself. Especially a leader who has a fresh approach to government and someone willing to address climate control. J’aime la France. En réalité, si ça ne tenait qu’à moi je vivrais là-bas. C’est vraiment un beau pays, très romantique. Et en ce qui concerne Macron, je pense que c’est revigorant, pas seulement pour les français, mais aussi pour le monde entier, de voir un aussi jeune dirigeant. Surtout un dirigeant qui a une nouvelle approche sur la façon de gouverner un pays, et qui est prêt à faire face aux questions de réchauffement climatique. Y : As a Latin American artist, how do you feel in the American music industry? S : It’s strange because I started off doing music for the American industry. So for me it’s a little backwards because I’m more concerned with being an American artist going into the Latin American music industry. It’s exciting for me, but I still get nervous and insecure at times. I always beat myself up when my Spanish isn’t perfect. Or when I roll my “r’s” too much. It’s an adjustment, but Im having the best time I’ve ever had. C’est bizarre parce que j’ai débuté dans la musique par le biais de et pour l’industrie américaine. Donc pour moi, c’est un peu comme aller à contrecourant, parce que ce qui me préoccupe le plus finalement c’est le fait d’être un artiste américain essayant de rejoindre l’industrie musicale latinoaméricaine. C’est vraiment génial, mais je stresse et manque toujours de confiance en moi par moment. Je me remets en question en permanence quand mon espagnol n’est pas parfait ; ou quand je roule trop mes -r. Ça

demande un temps d’adaptation, mais ça me plait et je m’amuse vraiment. Y : You’re gay and Mexican, would you say it was easy accepting yourself that way? To what extent did this influence your career and evolution in this artistic field? S : It was always easy for me to accept. But maybe not the public? I’m still not sure yet. I know Reggeaton is such a heteronormative machismo genre. It’s changing, and I’m glad to be apart of the change. And as far as influence, I’d be lying if I said it hasn’t influenced my career in music. Because my perspective is always different and I approach my art and music differently, because of it. Je n’ai jamais eu de difficultés à m’accepter comme je suis. Mais en ce qui concerne le public, je n’en sais trop rien. Je suis conscient que le Reggaeton est un genre tellement hétéronormatif et même macho. C’est en train d’évoluer, et je suis content de prendre par à ce changement. Et en ce qui concerne l’influence, je mentirais si je disais que cela n’avait en rien influencé ma carrière dans la musique. Parce que la perspective que j’adopte est toujours différente, et que j’ai une approche différente de la musique et de mon art à cause ça. Y "El Otro” -your last song-, is the first one you actually sing in Spanish, which is (if I’m not mistaken ) your mother tongue. What’s the message (if there’s one) behind this choice? S : It’s a song about being in love with someone who is already with another person. It’s about desperately wanting something at the expense of yourself. At the expense of your dignity and better judgment. It’s a sad love song disguised as an upbeat dance track. C’est une chanson qui parle de quelqu’un qui est amoureux d’une personne déjà en couple ; quand on désire désespérément quelque chose aux dépens de sa propre personne. Aux dépens de sa dignité, de son bon sens. C’est une

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chanson d’amour triste, déguisée en un rythme entraînant et dansant.

pour mes chansons. Je ne fais qu’ajouter un genre de plus à la liste.

Y: Are you currently working on something new? If yes, can you tell us a little more about it?

Y : What were your inspirations for “Asi Asi”?

S : Currently working on my Spanish project. Not sure when it will come out, but a lot is recorded. I just want to do some ballads before I release it. Actuellement je travaille sur mon projet en espagnol. Je ne suis pas sûr de quand ça va sortir, mais une grande partie est déjà enregistrée. J’aimerais bien faire quelques ballades avant la parution. Y : You are currently working on two new tracks coming out this summer, both are in Spanish and closer to Latin American music, therefore less pop than your previous songs. My question is, why such a change? And will you ever go back to what you used to do? S : Musicians evolve. I’ve been making music for 10 years now. I’ve lived a lot. I’ve traveled a lot. And since I was 5 I’ve always wanted to make music in Spanish. So Reggeaton just seemed most natural for me coming from a HipHop and Pop background. I’ll still do various genres. In fact, I release a song recently of me just rapping. I love Hip-Hop, R&B and Pop, so I’ll always have those genres to create from. I’m just adding an extra genre now to that list. Les musiciens changent de registres. Ça fait dix ans que je fais de la musique. J’ai profité de la vie. J’ai beaucoup voyagé. Et depuis mes cinq ans j’ai toujours voulu faire de la musique en espagnol. Le Reggaeton met alors naturellement apparu comme étant ce que je voulais faire, sachant que j’ai grandi dans milieu Hip-Hop et Pop. Je continuerai de toucher à différents genres. D’ailleurs, j’ai sorti une chanson y’a pas longtemps où je ne fais que rapper. J’aime le Hip-Hop, le RnB et la Pop, donc je m’inspirerai toujours de ces genres

S : Honestly, out of all the tracks I’ve ever done, this is the one track I had the least about of say in creating. I had influence on the production and direction, but lyrics and topic I didn’t. The track was finished from beginning to end in a matter of hours. But the song was so good and so catchy, I didn’t feel the need to change it. Sometimes when somethings good, you don’t need to change it. Honnêtement, de toutes mes chansons, celle-là est celle sur laquelle j’ai le moins de choses à dire. J’ai participé à la production et à la direction, mais je ne me suis pas occupé du sujet et des lyrics. La chanson était entièrement finie en quelques heures. Mais elle était tellement bien et accrocheuse, que je n’ai pas ressenti le besoin de la modifier. Parfois quand quelque chose est bien, il ne faut rien y changer.

Y : You told me before that this song will have an English version. Do you feel entitle to sing your songs in English to widen your fandom? Songs in Spanish are yet attractive to people and listened to worldwide (e.g “Despacito”). I honestly do. I feel this responsibility to be billigual and keep the fans I have, while introducing new fans. So I’m finding ways to work in English and Spanish together to not alienate everyone. Je pense que oui. J’ai l’impression d’avoir cette responsabilité de devoir être bilingue afin de garder les fans que j’ai, tout en essayant d’en aborder de nouveaux. Donc je trouve des combines pour travailler en anglais ET en espagnol ; pour ne laisser personne à de côté. Une interview réalisée par Stanley TORVIC et traduite par Anaïs DUFRENE


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Rétro ou Rewind sur... Shining de Stanley KUBRIK (1980). Avec Shining, sa onzième réalisation, le réalisateur américain nous propose un film d’horreur épouvante. Un long-métrage, pourtant mal reçu, il y a moins d’une quarantaine d’années, lors de sa sortie en salle. Aujourd’hui, il est considéré par beaucoup comme l’un des meilleurs film d’épouvante. Shining, l’enfant lumière est le titre du livre de Stephen King sur lequel s’est basé Stanley Kubrik pour réaliser Shining. Jack Torrance, incarné par Jack Nicolson, se fait embauché comme gardien d’Overlook, un palace situé dans les montagnes Rocheuses aux États-Unis. Pendant l’hiver, cet hôtel a la particularité d’être complètement coupé du monde. Jack est prévenu, Gardy, le précédent gardien qui était chargé de s’occuper de l’hôtel lors de

sa fermeture en hiver, a assassiné sa femme et ses deux filles avec une hache avant de se donner la mort. Sachant cela, il décide quand même d’accepter ce poste et de prendre la direction du Colorado où est le palace. Wendy, sa femme et son fils doivent donc l’accompagner dans ce lieu marqué d’événements tragiques sauf que Danny possède un don : il a des voyances télépathiques et ces dernières, appelées shining, vont l’avertir d’un danger. Stanley Kubrik est un autodidacte du cinéma, le réalisateur qui a débuté par la photographie a par exemple réalisé Full Metal Jacket, Docteur Folamour ou 2001, l’Odyssée de l’espace. Pour ce long métrage, Diane Johnson, une romancière états-unienne, participe à ses côtés au scénario de ce film qui est tiré d’un roman de Stephen King. Par ailleurs, le film, est jugé excellent par l’écrivain mais trahi selon lui l’esprit du roman ; les deux œuvres sont donc à distinguer. Shining (1980) / Stanley Kubrik Shining, l’enfant lumière (1977) / Stephen King Romain CAPDEPON


Daddy Cool, la bonne comédie française. [CRITIQUE] Daddy Cool est une comédie française sortie le 1er novembre 2017, réalisée par Maxime Govare. Vincent Elbaz et Laurence Arné offrent leur talent d’acteurs pour les personnages principaux. Après 10 ans de mariage, Adrien 42 ans, éternel ado irresponsable, se fait larguer par Maude 35 ans, désireuse d’enfin fonder une vraie famille. Toujours amoureux, Adrien refuse de quitter leur appartement, malgré la présence du nouveau petit ami de Maude. Adrien contre-attaque en installant dans le futur ex-appartement conjugal...une crèche ! Désormais ils vont devoir tous cohabiter avec des enfants de 3 ans, gérés par Adrien, fidèle à lui-même. Le début d'une improbable expérience éducative. Daddy Cool est une bonne comédie française familiale, on rit comme on pleure. Vincent Elbaz tient parfaitement son rôle de quarantenaire immature durant tout le long du film, et fait très bien ressortir son côté « lover » en tentant de reconquérir son exfemme. Adrien est un personnage arrogant avec du culot et beaucoup de maladresse, on pourrait presque croire que c’est voulu de sa part. C’est un personnage très drôle et émouvant que Vincent Elbaz est parvenu à mettre parfaitement en valeur. De son côté Laurence Arné joue Maude, une ex-femme

hystérique essayant coûte que coûte de faire virer son ex-mari de leur appartement pour pouvoir récupérer ses parts. Drôle, dynamique et touchante, Laurence a tout pour plaire au grand public. Sa performance d’actrice est mise en valeur dans ce film. Mon gros coup de cœur va évidemment aux enfants dont s’occupe Adrien, on les aime dès leurs premières apparitions, ils sont drôles et spontanés. Durant tout le long de cette comédie, on rit noir des méthodes éducatives d’Adrien (riz et McDo à chaque repas, pas de sieste, il fume lorsqu’il est avec eux… ). Après avoir vu ce film, vous n’oserez tout de même pas me dire que vous n’avez jamais songé à promener vos enfants en les faisant courir plus de 5 km pour les faire dormir ! Non ? Ah bon ? Jamais…? Le film a un côté touchant, puisqu’Adrien ouvre cette crèche dans le but d’empêcher Maude de récupérer l’appartement, mais on se rend vite compte que c’est également pour lui prouver qu’il peut avoir des responsabilités. Même si les films français ne sont pas votre tasse de thé, je vous recommande tout de même cette comédie. Elle ne vous fera peutêtre pas changer d’avis en un clin d’œil, mais vous apprécierez l’humour et l’audace qu’on peut retrouver dans les films américains. 3 films en un, vous serez gâté ! Vous serez sans doute déçus par cette fin malheureusement trop prévisible. Pour finir, si je devais donner une note sur dix à Daddy Cool. Ce serait un beau 7 !

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Lucile BEL


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à un public connaisseur et averti. Cependant tout s’accélère à partir de juillet 2016, avec la sortie de l’album Batterie Faible de Damso, le jeune protégé de Booba. C'est en effet un succès en France où l’album est certifié disque de platine. Et ce n’est que le e 21 septembre 2009, la scène commencement : dès le début de 2017, musicale francophone rencontrait grâce à Roméo Elvis (en association avec le son titre Alors on danse le jeune producteur Le Motel) partage Morale 2, Stromae. Tout droit venu de Belgique, il son quatrième album. Puis s'ensuit a su au fil des années se faire un nom Damso avec son nouvel opus Ipséité dans la musique, et ce plus (triple disque de platine en France), L’Or particulièrement dans la culture hip-hop du Commun avec leur album Zeppelin francophone. Ainsi ouvra-t-il la voie à puis enfin une Hamza et nouvelle son génération album d’artistes, 1994. Cet tous issus essor de la scène soudain du rap du rap belge, et belge avides de projeta se faire un ces nom dans artistes © Guillaume Durand (Weareminimals) la sur le musique. devant de Depuis quelques années déjà, la scène du la scène française, et ce, au plus grand rap belge a su prouver sa qualité et sa plaisir du public français. Mais, alors que diversité musicale, avec des artistes tel les thèmes abordés restent la plupart du que Damso, Roméo Elvis, Hamza, temps similaires entre rap français et rap Caballero & JeanJass, ou encore des belge, d’où vient le charme propre à ce collectifs comme L’Or du Commun (qui dernier ? Et bien tout d’abord, de cet n’est pas sans nous rappeler le style du humour bien propre à nos voisins belges. groupe 1995), mais cela uniquement face Ces rappeurs ne se prennent pas toujours

Bruxelles arrive !

L


au sérieux ( par exemple dans l’émission Youtube de Caballero & JeanJass, High & Fines herbes). De plus, pas mal de morceaux sont écrits avec humour, tout en restant percutants. Mais cela vient aussi de cette fierté, presque patriotique, que l’on retrouve chez chacun de ces rappeurs, ils sont belges et fiers de l’être ! Ils aiment leur pays et leur capitale, que l’on retrouve dans certains morceaux comme BruxelleVie de Damso ou Bruxelle arrive de Roméo Elvis et Caballero. C’est peut-être ce sentiment d’appartenance qui crée cette union que l’on retrouve et que l’on sent entre ces rappeurs. En effet, contrairement au rap français, il n’y a pas, ou du moins très peu, de clashs entre les différents rappeurs belges, et cette bonne entente donne alors naissance à de nombreux morceaux comme Apollo (L’Or du Commun et Roméo Elvis) ou encore Slow (Damso et Hamza). Cela peut aussi aboutir à la naissance d’un album. En effet, la bande original du film Tueurs est entièrement constituée de morceaux de rap belge. On y retrouve donc évidemment Damso, Roméo Elvis et Cabbalero & JeanJass, mais aussi des artistes moins connus mais non moins

son album Morale 2 (avec 10 nouveaux morceaux), et on attend avec impatience la sortie de Lithopédion, le troisième album de Damso, prévue pour le 15 juin prochain. Enfin, le nouvel album de Caballero & JeanJass, Double Hélice 3, dont la date de sortie est fixée au 1er mai.

talentueux comme Isha, Krisy ou Senamo. Ainsi, la relève est plus que bien assurée, et l’année 2018 semble de bonne augure pour les rappeurs belges : Roméo Elvis vient de sortir l’édition deluxe de YOUR MAGAZINE

Margaux THERON DESNOS


© Guillaume Durand


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Hubert de Givenchy en 5 dates.

Le 10 mars dernier, le monde de la mode était en deuil. Hubert de Givenchy s’est éteint, entouré de son compagnon Philipe Venet, et des ses neveux et nièces. Ce génie de la haute couture avait su s’imposer dans ce milieu tant convoité avec des pièces mythiques, comme la blouse Bettina ou la robe-chemise, qui avaient fait de son nom une référence dans le milieu. Afin de lui rendre un dernier hommage, revenons ensemble sur les cinq dates marquantes de sa vie.  C’est le 20 février 1927, à Beauvais, que vit le jour Hubert de Givenchy. D’origine noble, ses parents le prédestinaient à une carrière dans le droit. Pourtant, lorsque le jeune garçon découvre le travail de Cristobal Balenciaga, c’est une révélation. Il intègre donc, 18 ans plus tard, l’école supérieure des Beaux-Arts de Paris.

 Après de nombreuses années aux services de grands couturiers comme Robert Piguet ou Elsa Schiaparelli, Hubert de Givenchy décide d’ouvrir, en 1952 la maison Givenchy. Il s’y donne corps et âme, venant dans ses ateliers tous les jours à 7h du matin, et ce jusqu’à la fin.

 En Février 1952, c’est le premier défilé de la maison Givenchy. Hubert de Givenchy présente alors sa première collection haute couture ; un défilé tout en sobriété, all black & white. C’est aussi la présentation de la blouse Bettina, cette blouse mythique au nom de Bettina Graziani, une célèbre mannequin française.

 En 1953, Henri rencontre tout d’abord Audrey Hepburn. Givenchy créa les costumes pour le film Sabrina, puis pour d’autres films de l’actrice comme Diamants sur Canapé ou Charade. C’est le début d’une grande amitié entre le créateur et l’actrice, qui devint par ailleurs l’égérie mythique de la marque. Ensuite, la même année, Hubert de Givenchy rencontre Cristobal Balenciaga, celui a qui il doit sa vocation. Il dira « Balenciaga était ma religion. Puisque je suis croyant, pour moi, il y a Balenciaga et le Seigneur ».

 Enfin, 43 ans après son premier défilé, le 11 juillet 1995, Hubert de Givenchy se retire du devant de la scène et laisse sa place au créateur John Galliano et Alexander Mcqueen. Ce dernier défilé fut l’occasion pour lui de rendre hommage un dernier hommage au 80 ouvrières de la maison Givenchy.

Margaux THERON DESNOS

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Celui qui murmurait à l’oreille des adolescents

Auteur

de bestsellers mondialement connu et reconnu, John green est, à l’heure actuelle, un des écrivains les plus populaires du milieu littéraire. Majoritairement lu par un public d’adolescents et de jeunes adultes, il demeure une référence dans le milieu de la littérature jeunesse grâce à une compréhension aiguë de l’adolescence et de ses mystères. C’est ce qui lui vaudra le surnom « Teen whisperer » ( celui qui murmurait à l’oreille des adolescents), tiré d’une biographie parue en 2015, relatant l’ascension de l’auteur à son statut actuel en seulement dix ans, par Kathleen Deakin, Laura A. Brown et James Blasingame Jr. Avant de publier et de se faire connaître grâce au succès de son premier livre Qui es-tu Alaska ?, John Green a d’abord été assistant d’édition dans le magazine de critiques littéraires Booklist. Cependant, l’auteur possédait déjà une certaine renommée , mais dans un milieu autre que le monde littéraire. En effet, John et Hank Green, son frère, possèdent une chaîne Youtube, Vlogbrothers, depuis 2007. Le projet initial nommé brotherhood 2.0 des deux frères étaient de passer un an sans communiquer entre eux autrement que par vlogs interposés.

Une fois leur objectif atteint, la chaîne a continué d’exister et culmine aujourd’hui à plus de trois millions d’abonnés pour près de mille six cent vidéos postées en dix ans. Chacun des deux frères continuent de poster des vidéos régulièrement, en parlant de ce qui leur fait envie, ou de leurs actualités respectives. Depuis la publication en 2005 de son premier roman Qui es-tu Alaska ? , John Green a réussi l’exploit de voir chacun de ses livres récompensés de prix littéraires et figurer dans la liste des meilleurs bestsellers, dans de nombreux pays. Son premier livre est entré dans le top dix des meilleurs livres de l’American Library Association et a reçu le prestigieux Michael L. Printz Award. Il recevra également ce prix pour Le théorème des Katherine, paru en 2006. La Face Caché de Margo recevra lui l’Edgar Allan Poe Award du meilleur roman pour adolescents en 2009 . Ce roman, ainsi que Nos étoiles contraires se placeront tous les deux dans top cinq des bestsellers du New York Times, respectivement en cinquième et deuxième position. John Green, la muse de Hollywood Nos étoiles contraires, sorti en 2012 reste, jusqu’à présent son plus grand succès au niveau mondial, avec près de vingt-trois millions de ventes dans le monde dont six cent vingt mille uniquement en France. Le succès de ces œuvres a eu son lot d’adaptations cinématographiques, avec les plus populaires , La Face Caché de Margo et Nos étoiles Contraires en 2015 et 2014,

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avec des actrices connues telles que Cara Delevingue et Shailene Woodley, qui est également connue pour avoir incarnée Tris dans la saga Divergente. Une adaptation à l’écran du Théorème des Katherine en discussion. Le succès de ces romans a fait que, pour la sortie du dernier roman de John Green, tortues à l’infini, paru le 10 octobre 2017 , trois cent mille exemplaires ont été imprimés en France, ce qui est significatif du phénomène et de l’engouement dont John Green est l’objet. Toujours aussi près des jeunes La raison de l’emballement auprès des jeunes est la façon qu’il a de comprendre et de se mettre à la place de personnes de l’âge de ses lecteurs. C’est toujours avec une touche d’humour qu’il dépeint des problèmes d’adolescents et de leurs départs pour l’aventure. Les points communs entre ses différents romans sont nombreux, et c’est ce qui marque son style, très reconnaissable. Tous les héros sont, au départ, des lycéens lambda ou alors légèrement atypique comme Colin dans Le théorème des Katherine, qui est un surdoué se démarquant de son entourage par son intelligence hors norme et surtout sa façon singulière de fonctionner et de réfléchir. John Green aborde également différents sujets et permets de mieux les comprendre, comme ici par exemple la précocité. Le point de vue interne de la narration nous permet de suivre le cours de pensées du héros ou de l’héroïne, et donc de mieux le comprendre.

Le fonctionnement des personnes précoces peut être assez difficile à appréhender pour la plupart des gens, et le cas de Colin, même s’il est romancé, peut aider à sauter le pas. Le sujet de la maladie a également été abordé par l’auteur, évidement avec Nos étoiles Contraires, et l’histoire magnifique de Hazel Grace, malade du cancer et Augustus, ancien malade du cancer, en rémission. Avec la touche d’humour qui lui est propre, John Green arrive à faire accepter la maladie sans la dédramatiser pour autant. D’autres sujets reviennent également assez régulièrement comme l’amitié par exemple. Tous les héros de l’auteur partent à l’aventure avec leurs ami(e)s de toujours, et souvent ce sont ces amis qui les poussent à sortir de leurs zones de confort.

L’émancipation par la prise de risque et le rêve L’aventure est aussi un élément récurrent de ces ouvrages. Le saut vers l’inconnu des personnages est un des éléments principaux des romans de John Green. Chaque livre contient son propre périple, sa propre épopée, qui fera évoluer l’histoire et surtout les personnages. Les adolescents grandissent à travers leurs épreuves et cela fait d’eux des modèles pour les lecteurs. Hazel Grace voyage pour réaliser son plus grand rêve, Colin quitte son confort pour un road trip improvisé avec son meilleur ami, Quentin part à la recherche de son amie Margo, et enfin Aza l’héroïne de Tortues

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à l’infini qui, en cherchant à retrouver un milliardaire disparu, affronte sa pathologie psychique et ses peurs obsessionnelles. Tous partent à l’aventure en n’oubliant pas leurs préoccupations d’adolescents : l’amour, l’amitié, les peurs et blessures personnelles les accompagnent comme il est le cas pour tout adolescent. Les lecteurs comprennent et compatissent car leurs préoccupations sont identiques et donnent aux récits un doux parfum de réalité.

devenu une icône de la littérature, John Green est une personne qui aide, à travers ses ouvrages, à donner un regard lucide et heureux sur ce qui nous entoure. On referme chacun de ses livres avec l’envie de vivre, plus que jamais.

Le fait qu’ils vivent tous une aventure hors-du-commun donne également une place au rêve et à l’imaginaire : Celui de sauter le pas et partir à l’aventure à son tour. C’est ce mélange des deux, du quotidien et de l’inconnu qui fait ce style si particulier qu’est celui de John Green. Il pousse ces lecteurs à rêver leurs vies et à s’accepter soi-même. Ces histoires heureuses et positives mettent en lumières des problèmes qui méritent leurs parts d’attention. C’est le devoir de n’importe quel auteur, de faire passer des messages de cette importance, par leurs écrits et leur influence. John Green y arrive à chaque fois avec brio, à travers des récits uniques et drôles. Il réussit à capter l’attention de millions de lecteurs en parlant de sujets importants, et étant une des personnes les plus influentes du monde, cette attention qui lui est portée ne peut être que bénéfique. Depuis maintenant près de dix ans, John Green fascine pour sa facilité à parler aux adolescents et pour ses histoires toujours drôles, heureuses et optimistes, malgré des thématiques relativement sombres. Il sait comprendre et se faire comprendre, transmettre et apprendre. En plus d’être YOUR MAGAZINE

Anaëlle PERRONE


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Mi-Tomb, mi-figue, mi-raisin. |CRITIQUE] L'une des plus célèbres héroïnes des jeux vidéo revient sur vos écrans pour une troisième adaptation cinématographique. Lara Croft est de retour en pleine crise d'adolescence, refusant d'accepter l'idée que son père soit mort et, par la même occasion, son héritage. Cette dernière entame un voyage initiatique en direction de Yamatai, une île perdue au large du japon à fin d'enquêter sur la disparition de son père et d'éclaircir le mystère autour de la tombe maléfique d'Himiko. Point d'Angelina Jolie pour ce troisième film. Le personnage de Lara Croft est repris par la talentueuse Alicia Vikander et le moins, que l'on puisse dire, c'est que le bilan est bien plus mitigé que prévu. La réalisation plane entre deux bords : le film est violent visuellement, sortant ainsi le long-métrage du lot (empalement, putréfaction...). Malgré tout, les choix de cadrage et les mouvements de caméra ne laissent entrevoir aucun parti-pris dans les intentions du réalisateur, si ce n'est rendre les scènes d'action lisibles et faire évoluer l'histoire. Paradoxalement, cette histoire est teintée de nostalgie qui entre en contradiction avec certains choix scénaristiques.

Quelques séquences reprennent, avec efficacité, des scènes importantes du reboot de 2013, mais l'essence même de la saga des Tomb Raider passe à la trappe. L'aspect archéologique n'est traité que sommairement, l'ambiance glauque du jeu ne se fait ressentir qu'à la fin du film. Cependant, dans l'optique de reprendre plusieurs éléments importants du reboot, le film trouve sa force dans son actrice principale Alicia Vikander, qui cartonne dans son interprétation d'une Lara jeune, hésitante et torturée, de quoi faire taire les mauvaises langues jugeant le talent d'une Lara Croft que par sa taille de poitrine. Sa performance est suffisamment convaincante pour nous donner l'impression que de nombreuses scènes de gameplay issues du jeu de 2013 ont été transposées au script. Pour le meilleur, mais également pour le pire, nous ne pouvons que rapidement mentionner la scène d'infiltration d'un camp composé d'ennemis, tous plus idiots les uns que les autres. Tous ces détails servent bien entendus à rallonger la durée du film, mais ce choix de simplifier le scénario est hélas un moyen d'atteindre un public bien plus large. A défaut de choisir entre un public nouveau et le fait de contenter les fans, la société Warner Bros a choisi de couper la poire en deux. On est donc face à un long-métrage fade, qui tente de trouver sa place en essayant de contenter un maximum de spectateurs.

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Matthieu BOUTTIER


Ça ira pour la suite, [CRITIQUE] Ça ira (1), fin de Louis mais pas la fin de l'ère Joël Pommerat. Rentrons dans la salle pour découvrir ce que depuis des mois nous attendons. 4H30 de spectacle, 4h30 de passionnants débats, de reconstitution de l'histoire de la Révolution Française. Ils racontent, du moins, ils vivent la Révolution Française mais ne sommesnous pas plutôt dans l'assemblée nationale que nous connaissons ? De la sobriété dans le majestueux Le spectacle commence. Le décor imposant et sobre dont nous avons l'habitude chez ce metteur en scène, se retrouve dès le début de la pièce. Des personnages, des ambitions, des sujets imposants, cela s'impose, cela se voit. Nous pouvons d'abord évoquer la scénographique typique de Joël Pommerat, une scénographie très grande, ergonomique, dynamique, qui bouge, qui change et qui se révèle grâce à la lumière sobre et puissante du spectacle. Une scénographie qui quitte la scène pour venir s'installer parmi le public. Un public dans le jeu, Nous jouons avec eux, nous sommes ces députés de l'assemblée nationale, tout est fait pour que le spectateur se sent impliqué dans les débats qui persistent sur scène. Le spectateur est toujours en haleine sur ce qu'il se passe, à chercher qui parle, qui soupir, qui dévale les escaliers... Il ne manque sans cesse de se lever et de prendre part au débat, sûrement y avait-il le droit ! Ce moment fort où nous étions des témoins directs à la sacralisation du roi Louis XVI, nous le

voyons descendre les escaliers sur cet air connu The Final Countdown du groupe Europe. Nous adulons un roi sur scène, ce qui n'aurait pas été le cas dans la vie et ce qui ne l'a pas été auparavant. La musique nous emporte dans cette euphorie et nous coupe de toute objectivité de spectateur ; pourtant le quatrième était bien brisé. Un spectacle sans « faim ». Tout d'abord, un spectacle qui nous rassasie par sa immensité, son dynamisme, sur sa transposition d'époque... Même la durée n'est pas un obstacle au nombre incalculable de fois que nous pourrions voir ce spectacle. Le jeu des acteurs doit sans cesse se renouveler en fonction du public, des comédiens amateurs choisis pour participer aux débats de la pièce. C'est un jeu qui amène le spectateur à ne jamais vraiment tomber deux fois sur la même représentation. Enfin, un spectacle sans fin car il se finit sur un discours où le roi se rassure et il quitte la salle. S'en suit les gardes qui jouent au billard, celui du roi. Retournent-ils à leur routine lorsque que Louis n'est pas là ? Ou annoncent-ils une fin, la fin du roi ? Là où est toute la force de Pommerat c'est dans la façon de raconter des faits politiques d'une période très riche de l'histoire en restant le plus possible objectif. Ça ira (1), fin de Louis, nous n'avons vu la fin de Louis. Ceci sera, peut être, pour une prochaine fois, Ça ira (2), la vraie fin de Louis ?

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Laura HENICKER


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Le "passe culture" : vrai vecteur de démocratisation culturelle ou simple argument politique ?

L'action

du Ministère de la

culture est sous le feu des projecteurs en ce début d'année 2018. La raison ? La création du "pass culture", pensé comme une application GPS répertoriant l'offre culturelle à proximité de l'utilisateur. Mis à disposition de tous, il est présenté comme un moyen d'ouverture et de démocratisation de la culture. Mais la mesure forte du pass mise en avant, c'est l'aide financière offerte aux jeunes de 18 ans : 500€ à dépenser dans l'offre culturelle. Encore en construction et réflexion, la mesure fait d'ores et déjà débat. Le pass doit-il permettre de voir Star Wars au cinéma, comme semble l’espérer la Ministre de la culture, Françoise Nyssen ? L'abonnement aux grandes plateformes musicales peut-il être inclus ? Ou bien l'offre doit-elle davantage être éditorialisée, afin d'offrir une ouverture culturelle supplémentaire à la jeunesse ?

Promesse de campagne d'Emmanuel Macron, le "pass culture" est mis sur un piédestal, illustrant l'engagement du gouvernement en faveur de la culture et de la jeunesse. A première vue, offrir 500€ à tous les jeunes de 18 ans semble aller dans le sens d'un accès égalitaire à la culture. Un spectacle à l'opéra, un ticket de cinéma pour le dernier blockbuster américain, l’inscription à un cours de trompette, la visite d'un musée ou encore l'abonnement à Spotify... L'offre que pourrait aborder ce pass est considérable, et par conséquent, pose question. Le Ministère de la culture peut-il mettre sur un pied d'égalité l'industrie culturelle et la création artistique relevant de la culture dite légitime ? "On ne peut pas dire qu'il y a de bonnes et de mauvaises cultures, surtout pour des hommes et des femmes politiques. Mais si on refuse de dire qu'il existe des différences, que fait-on ?" s'interroge Romual Poretti, en charge de l'animation et de la communication pour le Lux, cinéma d'arts et essais à Caen. "Si on offre la possibilité aux jeunes d'aller au cinéma, on espère qu'ils iront plutôt vers les salles arts et essais. Mais en réalité 90% en profiteront pour aller voir Star Wars, et seulement 10% iront vers des structures comme la nôtre. Faut-il conforter les jeunes dans leurs pratiques ou bien en créer de nouvelles, apporter de l'ouverture et de la diversité ?". Le Ministère de la culture a notamment pour rôle de permettre au plus grand nombre d'accéder à la création artistique dans sa diversité et de favoriser l'éveil culturel. Il n'est pas question pour les pouvoirs publics de remettre en cause et de juger les pratiques culturelles des jeunes,

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mais plutôt d'offrir la possibilité d'en découvrir d'autres. Exempté de choix éditoriaux dans l'offre proposée, le pass ne serait alors qu'un atout pour le pouvoir d'achat des jeunes, qui viendrait renforcer des pratiques préexistantes. "A titre de comparaison, si on offre 500€ à des jeunes pour de la bouffe et qu'on ne restreint pas l'offre, il y a fort à parier que nombre d'entre eux iront au MacDo." précise Romuald. "Le Ministère table sur un budget de 400 millions d'euros pour le pass. A côté de ça, le budget pour la formation et le développement culturel et artistique, c'est 350 millions d'euros. On peut s'interroger sur la pertinence de cette logique..." confie Ludwig Chenay, directeur adjoint du théâtre de Caen. "Ne faudrait-il pas plutôt renforcer les moyens et les outils que l'on a à notre disposition aujourd'hui ? Les réductions tarifaires, elles existent déjà, et elles ne suffisent pas pour que les jeunes franchissent les portes du théâtre. Le travail doit davantage se faire sur la sensibilisation." Force est de constater que certaines pratiques culturelles, tel que le théâtre ou l'opéra, restent intimidantes auprès d'une majorité des jeunes. Ces

pratiques culturelles, si elles ont pu être appréhendées au cours de l'éducation, restent apparentées comme "scolaires". Le "passe culture" peut être un moyen de déplacer ces frontières et stimuler l'ouverture culturelle, à partir du moment où il privilégie certaines pratiques. "Il ne faut pas exclure la culture que les jeunes aime de l'application, sinon elle ne sera pas téléchargée. Mais il est fondamental que certaines pratiques soient davantage mises en avant et encouragées. On peut tout à fait se passer de culture, mais il est primordial de la développer pour harmoniser le vivreensemble." remarque Ludwig Chenay.

Françoise Nyssen, actuelle Ministre de la culture

Encourager une démarche d'ouverture culturelle En répertoriant l'activité culturelle à proximité géographique de l'usager, l'application peut-elle favoriser l'ouverture à d'autres usages ? Pour le directeur adjoint du théâtre de Caen, c'est possible, à condition d'être dans une logique incitative.

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"On pourrait imaginer qu'en allant voir un concert de jazz dans notre structure, le jeune bénéficie en contrepartie d'une place de cinéma bonus, par exemple. Mais c'est également à nous de rendre notre programmation attractive pour les novices." La révolution numérique va de paire avec une évolution des pratiques culturelles. En deux clics, on a accès à une formidable bibliothèque musicale ou cinématographique. La culture est plus accessible que jamais et les opportunités d'ouverture sont énormes. Mais pour se saisir de cette masse considérable, l'éveil culturel doit être encourager. "En ce sens, le passe culture peut être un véritable atout. Avec cette bibliothèque universelle qu'on a au creux de sa poche, l'opportunité d'écouter tous types de musique est lumineuse. L'algorithme du pass culture peut être un moyen pour guider et proposer une démarche d'ouverture, de façon implicite." imagine Ludwig Chenay. "Le Ministère de la culture est une sorte de dealer, il doit favoriser la première dose. Puis, plus on consomme de biens culturels, plus on éprouve de satisfaction. C'est une véritable boulimie".

qu'il est présenté aujourd'hui, le pass représente davantage un dispositif politique qu'un véritable engagement. Si ce n'est qu'un chèque-cadeau qui favorise les pratiques préexistantes des jeunes, ce n'est qu'un argument politique." remarque Romuald Poretti. Le gouvernement a besoin d'une vitrine culturelle illustrant son engagement en faveur des jeunes. Ce dispositif, si il ne fait pas de choix éditoriaux clairs n'apportera guère d'ouverture culturelle, et, a contrario, risque davantage de financer l'industrie culturelle, ce qui n'est pas le rôle du Ministère de la culture.

Vitrine politique plutôt qu'engagement véritable pour la démocratisation culturelle La finalité du "passe culture" est encore floue. Les limites qui seront fixées et les choix éditoriaux sont en construction. Mais l'inquiétude est d'ores et déjà présente au sein des acteurs de la vie culturelle. "Tel YOUR MAGAZINE

Robin BOUCTOT


La Renaissance

Trappes, une ville qui fascine.

Aujourd'hui, la ville de Trappes fascine les médias ainsi que les politiques et fait les couvertures lors de chaque attentat sur le sol français. Une “poudrière islamiste” pour Valeurs Actuelles. La ville de Jamel Debbouze, Omar Sy, Arnaud Tsamère ou de Nicolas Anelka, essaye d’œuvrer contre cette image du territoire. Depuis 2001, le socialiste Guy Malandain est à la tête de cette ville tant aimée, critiquée mais également surveillée et protégée. Père du danseur, chorégraphe et de l'actuel directeur du centre chorégraphique national de Biarritz, Thierry Malandain ; Guy Malandain, le père, met en place quant à lui avec son adjoint et sa directrice des actions culturelles, une politique culturelle visant à ré-insérer la population au bord de l'exclusion sociale dans la vie de la cité grâce à la culture. Pour Alain Degois, le fondateur de la compagnie d'improvisation Déclic Théâtre : « seule la culture peut sauver la banlieue ». Depuis plusieurs années, la politique culturelle de la ville se transforme et prend des directions nouvelles, populaires. Comment la ville de Trappes a bouleversé ses politiques culturelles au profit et à l'image de ses habitants ?

Anciennement directrice des actions culturelles de la ville de Maurepas, à son arrivée en 2014, Chloé MATTY, la directrice des actions culturelles (DAC) a découvert une ville où tout était à reprendre. L'offre du service public était dans une position défavorable qui était le résultat d'une mauvaise gestion des affaires culturelles. À son arrivée, Chloé MATTY devait donc pour première mission reprendre en main la gestion et construire une nouvelle politique culturelle pour la ville. La première solution a été de municipaliser la régie autonome qui avait un programme beaucoup trop élitiste, « complètement déconnecté du territoire ». Cette régie avait des logiques qui ne répondaient pas à la commande municipale mais qui répondaient à des logique propres d'une certaine forme et représentation d'un spectacle d’art. Après la municipalisation de cette régie il a fallu nommer un directeur ville pour transformer les lieux anciennement gérés par la régie qui étaient le cinéma et la salle de spectacle. Ils avaient besoin pour cela d’un directeur au profit de l’éducation populaire et qui venait du monde du festival, des musiques actuelles, du cirque plutôt que quelqu'un d'un milieu artistique très savant. L’agencement des espaces et des programmes culturels était indispensable et a été la première mesure dès le début de la dernière mandature. C'était ainsi créé un projet de lien social et d'éducation populaire au sens : « d'éducation tout au long de la vie ». En plus de cette reconstruction artistique et culturelle dans le secteur de la diffusion et de la programmation, s'est engagé la

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création d'une éducation populaire inscrite dans le cursus scolaire et dans la formation professionnelle. Une éducation populaire « tout au long de la vie » Pour valoriser et mettre un peu plus en relief l’offre culturel de la ville et la nourrir par la suite de création « made in Trappes », une mise en cohérence pédagogique en arts du spectacle était nécessaire. Depuis son arrivée à la direction des actions culturelles, Chloé MATTY a opéré pour le développement d’une filière danse, un parcours théâtre, un dispositif d'éducation à l’image ou encore dans le développement d’études à la ville et à l’architecture et l'urbanisme. Aujourd’hui, la salle de spectacle de la ville est agréée par le ministère via la direction régionales des affaires culturelles de la région Ile-DeFrance (DRAC) et est de plus partenaire avec trois lycées ayant les options théâtre de la ville et des villes proches. Le résultat de la construction d’un parcours cohérent inscrit la politique culturelle dans le parcours éducatif et cela permet à des élèves en échec scolaire de trouver de nouvelles compétences. La ville a entre autres le dispositif d’éducation à la musique à vocation sociale (DEMOS) par l’orchestre de la Philharmonie. Ce dispositif permet à des jeunes repérés ayant de grandes difficultés scolaire de faire 4h de musique par semaine avec la Philharmonie de Paris. Ce dispositif comme le soulignait madame MATTY est un symbole pour cette jeunesse à qui on offre enfin « une prise en charge et une prise en compte individuelle ».

Un capital culturel renforcé Trappes, une ville nombreuse fois attaquée et critiquée, jugée à tort parfois et tant stigmatisée, montre aujourd’hui combien elle sait se diversifier et faire de ses difficultés une force pour promouvoir les arts et la culture de tous les genres. Chloé MATTY et ses collaborateurs ont dés leur arrivée retravailler le volet culturel de la ville de A à Z. Une programmation trappiste, et culturellement ouverte, un parcours éducatif et la réelle mise en place d’une formation artistique ont permis aujourd’hui de faire rayonner la ville dans le domaine culturel. La ville aujourd’hui revendique sa multiculturalité. Didier Hallépée disait dans son ouvrage La culture générale les citations : “La culture est facteur, voire moteur d’intégration.” et c’est visiblement la politique culturelle dans laquelle s’est lancée par le biais de Chloé MATTY, la ville de Trappes.

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Stanley TORVIC


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émergées de cette fable poétique ; Est ce qu'un homme peut vraiment être jugé coupable de son crime ?

Peter Brook et la justice humaine

Le plus grand metteur en scène britannique revient sur la scène des Bouffes du Nord à Paris avec une nouvelle création The Prisoner. Après avoir monté plus de 100 pièces, Peter Brook, avec son assistante Marie-Hélène Estienne, nous plongent une nouvelle fois au cœur des grandes problématiques humaines et en particulier celle de la justice humaine.

Comment un homme peut survivre en faisant face à sa prison intérieure et extérieure ? Masuvo voulait-il protéger sa soeur en tuant son père ou se libérer de sa propre colère ? Comment trouver le chemin de la rédemption après avoir commis un tel crime ? The Prisoner, Peter Brook © Simon Annand

La dramaturgie de la pièce s'est construite à partir d'un voyage qu'il a effectué en Afghanistan dans les années 1940 durant lequel il va faire des rencontres qui vont le hanter toute sa vie. Tout d'abord, il rencontra un maître soufi qui lui conseilla d'aller voir un de ses élèves devenu criminel. Celui-ci était condamné à vivre face à la porte de la prison pour purger sa faute. Au lieu d'être incarcéré, il se retrouvait face à sa propre réalité et il était seul maître de décider s'il pouvait retourner ou non dans sa communauté. Cette rencontre a nourri sensiblement le personnage du prisonnier dans The Prisoner. Ce personnage, que nous allons voir évoluer tout au long de la pièce, va être puni après avoir tué son père par jalousie et par amour pour sa sœur. Il va être seul, dans un paysage désert, face à sa prison, face à son crime. De nombreuses questions vont alors

Sur un plateau presque nu

caractérisant son esthétique de l'espace vide, les comédiens vont vivre pleinement chacun de leur personnage avec une prestance très belle et saisissante. Ils gagnent une nouvelle fois l'imaginaire des spectateurs grâce à leur identité et leur langage qui leur sont propres. La diversité culturelle des comédiens donnaient une nouvelle fois une grande vitalité et une universalité à la dramaturgie. Nous rentrions dans un grand moment de partage et d'humanité avec une abolition du quatrième mur. Leurs yeux brillaient et faisaient briller les nôtres. Quelle justice pour quel crime ?

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Marion FOUQUET


Nos Opinions Sur… Ca Ira (1) Fin de Louis

Clique sur l’araignée pour regarder la critique vidéo

Gaëlle et Marion de l’Art Régnait

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Guillaume Garat, l’interview

Quels matériels utilisez-vous? Je travaille essentiellement avec la marque Nikon. J'ai fait l'acquisition il y a plus de 4 ans maintenant d'un Nikon D7100, qui m'accompagne encore aujourd'hui, très souvent couplé avec un 50mm. Mais je travaille aussi beaucoup avec un D800, quand j'emprunte au sein de mon école. Retouchez-vous beaucoup vos photos? Oui. Toutes mes photos sont retouchées, et pour moi, cela fait parti du processus de prise de vue et de création. J'aime tout autant la partie de la post production que la partie de prise de vue. Ceci dit, le degré de retouche dépend toujours de la visée de l'image en question. Quel type de photo préférez-vous réaliser? Je m'intéresse à beaucoup de genres photographiques, mais c'est vrai que je fais essentiellement du portrait. Ce qui m'intéresse et m'intrigue à la fois c'est la relation que j'arrive à avoir avec les modèles que je shoote, c'est très fusionnel et j'essaie de retranscrire au maximum et au mieux leur personnalité.

À tout juste 19 ans, Guillaume Garat a su toucher un large public et s’imposer, notamment sur Instagram, comme l’un des photographes phares de sa génération, que se soit par ses portraits, ses autoportraits, ou encore ses natures mortes. L’enfant solitaire du Pays Basque, pour qui la photographie devint une passion, a accepté de répondre à nos questions : Comment vous êtes vous intéressé à la photographie? J'ai commencé la photographie à l'âge de 12 ans, tout simplement pour tuer l'ennui. Je cherchais un moyen d'occuper mon temps libre, et vu que j'étais un garçon solitaire, il me fallait une activité de ce type.

Avez-vous un modèle préféré, une muse? Oui c'est le cas. Je pense que ça se ressent beaucoup quand on regarde mes photos, surtout d'il y a un an ou deux. C'est une amie à moi, Charlotte (@moodcharlotte sur Instagram). Elle m'inspire beaucoup et me fait rechercher au fond de moi de nouvelles idées au quotidien.


angle ! Ceci dit, j'essaie quand même à tous les coups de faire ressortir la personnalité des personnes que je photographie. Avez-vous des objectifs en particulier lorsque vous réalisez des autoportraits? La pratique de l'autoportrait est un exemple parfait de ce que je fais pour faire passer des messages qui me sont chers. C'est un des plus beaux moyens que j'ai trouvé de m'exprimer lorsque je n'arrive pas à mettre des mots sur mes maux, et essayer de faire réagir le spectateur face à une thématique, un sujet, un débat qui m'est cher.

Quels sont vos objectifs dans la photographie? Ce que je recherche dans la photographie c'est avant tout prodiguer des émotions et des questionnements à celui qui les regarde. C'est la chose la plus importante pour moi et c'est ce que je trouve beau. C'est pour cela d'ailleurs que je change souvent de « terrain de jeu » et que j'essaie de diversifier ma pratique, en explorant de nouveaux genres comme la nature morte ou le paysage. Il y a t-il un message derrière toutes vos photos? Répondre oui serait mentir je pense, car je fais aussi ce que j'appelle des «commandes». Tout simplement prendre en photo des particuliers qui veulent se faire un book ou se faire prendre en photo. Donc dans cette pratique, il n'y a pas vraiment de but artistique, si ce n'est de mettre à l'aise la personne et la montrer sous son plus bel

Lorsque vous réalisez une série comme «Présence» , avez-vous des objectifs particuliers? La série «Présence» est avant tout un devoir d'école. Ce qui m'a étonné et plu dans ce projet c'est la dimension artistique que cela a pris. Je ne m'attendais pas à trouver un tel plaisir et de telles idées sur un projet d'école, et au fil de la réalisation, j'ai voulu travailler sur la relation de mon propre corps dans

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l'espace et le temps, ce sont donc aussi des Quelle est la photo dont vous êtes le plus autoportraits. fier ? Il y a beaucoup de photos dont je suis fier, que ce soit pour l'engouement qu'elles ont apportés, pour leur diffusion, ou leur message. Mais je pense que la série dont je suis le plus fier reste celle que je réalise en ce moment, sur des maladies physiques et mentales. Avez-vous une photo qui vous tient particulièrement à cœur? Je suis toujours touché lorsque je re regarde la série «Le corps dans tous ses états», car c'est une amie à moi qui a bien voulu poser. J'ai voulu imager la relation délicate qu'elle entretien avec elle même et son corps, et je suis fier du résultat donné.

Avez-vous imaginé une photo que vous voudriez absolument réaliser? On me pose beaucoup de questions sur une photo en particulier que j'ai en tête mais ça n'est pas le cas. Dans ma tête se trament plus des projets entiers, des séries sur des thèmes précis, que je souhaite réaliser dans les années à venir Êtes-vous souvent satisfait de votre travail? Non. Malheureusement je suis un éternel insatisfait, et ce que je pense avoir aimé et acquis, se remet en question dans ma tête le lendemain. C'est un long chemin pour un artiste d'aimer ce qu'il fait, et je pense que je suis sur la bonne voie. Je le remarque surtout lors de la réalisation de projets qui me touchent vraiment.

Que vous a apporté Instagram? Autant professionnellement que personnellement. Je serais toujours très humble envers Instagram pour tout ce que cela m'a apporté. Au niveau professionnel j'ai pu travailler avec plusieurs marques, chose que je n'aurais pas encore fait de moi même en dehors du réseau social. Et à un niveau plus personnel, j'ai fait de merveilleuses rencontres, de gens aussi passionnés que moi par les arts visuels, des gens humains et touchants. J'ai aussi la chance d'avoir construit une communauté, des personnes qui me soutiennent au quotidien et m'encouragent dans mes doutes et mes projets. Je leur en serais éternellement reconnaissant.


Quelles sont vos sources d’inspiration? Énormément de photographes m'inspirent aujourd'hui, que ce soit Peter Lindbergh, Fanny Latour Lambert, Solenne Jakovsky, Marta Bevacqua... Je m'inspire aussi beaucoup du cinéma, surtout de Xavier Dolan. Avez-vous conscience d’être vous aussi, à présent, une source d’inspiration pour certains jeunes photographes? Qu’est-ce que ça vous fait? J'ai encore du mal à me faire au fait de recevoir des messages d'admiration sur Instagram, ou de personnes qui me prennent en exemple pour mes choix artistiques et je trouve cela incroyable. Je suis encore jeune et je n'ai pas encore l'expérience de mes aînés photographes donc c'est quelque chose que j'apprécie, mais que je regarde de loin. Je n'ai pas envie de rentrer dans cette course aux abonnés, qui souvent fait oublier d'où l'on vient, et nous fait devenir exécrable. D'ailleurs, beaucoup de jeunes de la nouvelle génération confondent le fait d'avoir beaucoup d'abonnés avec avoir du talent et des choses à dire, c'est pour ça qu'Instagram peut s'avérer dangereux. Y-a-t-il un type de photo auquel vous Merci à Guillaume Garat d’avoir répondu voudriez vous essayer? à nos questions. J'en ai fait un petit peu, mais j'aimerais beaucoup m'adonner à l’exercice du nu Vous pouvez le suivre sur son compte artistique. Je pense que le corps, quel qu'il Instagram (@guillaumegarat) soit, est l'une des plus belles œuvres que nous possédons, et que j'aurai pas mal de Une interview réalisée par choses à exprimer à ce sujet. Margaux THERON DESNOS Quels sont vos projets pour cette année? Cette année je passe l'examen de BTS Photographie, et je tente un concours pour continuer mes études sur Paris. Ces épreuves ne laissent pas beaucoup de temps pour des projets personnels, mais j’essaie de m'y pencher quand même.

Toutes les images sont sous la propriété intellectuelle de Guillaume Garat

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Qui était Stephen Hawking ?

Vous

avez probablement beaucoup entendu le nom de Stephen Hawking ces derniers temps, ou même vu apparaître nombre d'hommages dans votre fil d’actualité à son sujet. En effet, cet éminent scientifique connu par le grand public pour ses vulgarisations, et dans la communauté scientifique pour ses contributions considérables aux avancées scientifiques, est décédé le 14 mars 2018 à l’âge de 76 ans, laissant le Monde entier en deuil.

Il était considéré comme le scientifique contemporain le plus connu de la planète. On trouve plusieurs explications à cela. Tout d’abord, comme nous l’avons mentionné plus haut, Hawking faisait de la vulgarisation, c’est-à-dire qu’il expliquait des faits, constats et théories scientifiques de manière clarifiée et simplifiée, afin que le plus grand nombre puisse comprendre les avancées de la science dans ses domaines de prédilection : la cosmologie (étude des lois physiques de l'Univers et de sa formation) et la gravité quantique (essentiellement à propos du Big Bang et des trous noirs). Il est d’ailleurs l’auteur, entre autres, du célèbre best-sellerUne brève histoire du temps. De plus, ce n’est un secret pour personne, et lui-même le dit à plusieurs reprises lors

d’interviews, sa maladie n'est pas sans lien avec sa notoriété : “Je suis certain que mon handicap a un rapport avec ma célébrité. Les gens sont fascinés par le contraste entre mes capacités physiques très limitées et la nature extrêmement étendue de l’Univers que j’étudie.”. En effet, le scientifique au corps paralysé par la maladie de Charcot (maladie neurodégénérative touchant les neurones responsables de la motricité) incarne un grand paradoxe : l’infini qu'il étudie dans ses travaux, s’opposant à la finitude physique considérable que lui impose sa maladie. Doté de beaucoup d’humour, il n’hésite pas à avoir recours à l’autodérision pour parler de sa situation : “Le désavantage de ma célébrité c'est que je ne peux aller nulle part sans être reconnu. Cela ne sert à rien de porter des lunettes de soleil et une perruque. Le fauteuil roulant me trahit.”.

Au fil du temps, Hawking est devenu une source d’inspiration pour nombre de personnes, incarnant à la fois la persévérance, la détermination et le courage. On lui prédit en effet à ses 21 ans, lorsque sa maladie est diagnostiquée, une espérance de vie de deux ans. Il vivra cependant 55 années supplémentaires. Sa longévité improbable et sa capacité de survie n’ont jamais pu être expliquées, pour vous donner une idée, la moyenne d’espérance de vie d’une personne diagnostiquée avec la maladie de Charcot (aussi appelée sclérose latérale amyotrophique) se situe entre 2 et 5 ans. Certains pensent que c'est de par son intelligence supérieure qu’il a su surpasser


son corps défaillant, et en pallier les faiblesses avec une volonté de fer. Le combat qu’il a mené contre sa maladie a pourtant été tumultueux, le privant par exemple de la parole, et le forçant à s’exprimer par le biais d’un synthétiseur vocal. Sa condition atypique, son grand humour et son vif intérêt pour la science fiction lui ont valu d’être représenté dans de nombreux films, séries et dessins-animés, tel que les Simpson, The Big Bang Theory ou encore Star Trek, où il incarne même son propre rôle. Il est ainsi devenu une icône de la popculture, faisant de la vulgarisation jusque dans ses interventions, puisque de ce fait il se rend abordable, et encourage les gens à s’intéresser à des choses qu’ils peuvent croire inaccessibles. Le message qu'il semble nous laisser, parmi beaucoup de belles citations, est que peu importe qui l’on est et ce à quoi on peut faire face, il faut persévérer et garder une attitude positive. Si vous voulez en savoir plus sur la vie de Stephen Hawking, nous vous conseillons Une merveilleuse histoire du temps, film biographique britannique du réalisateur James Marsh sorti en 2014, pour lequel l’acteur Eddie Redmayne (Les Animaux fantastiques ; The Danish Girl ) a obtenu l’Oscar 2015 du meilleur acteur, en interprétant le rôle principal du physicien.

Dwinwen SCHALL

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YOUR MAGAZINE - n°001 / AVRIL-MAI 2018  
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