YO! #2 / 2013

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YOUTH OPINION - #.02 / 2013

FREE / GRATUIT

IN THIS ISSUE: Political Dreams for XXI Century Europe / The Forbidden School / If I were young today… / DANS CE NUMERO: Rêves politiques pour l'Europe du XXI siècle / L'école interdite / Si J'étais jeune aujourd'hui…


EDITORIAL TEAM / EQUIPE ÉDITORIALE Giuseppe Porcaro – Editor in Chief / Rédacteur en Chef Macarena Rodriguez – Editor / Rédactrice Thomas Spragg – Assistant Editor / Assistant Rédacteur ˇ – Editor-at-large / Rédacteur régulier Peter Matjašicč Anne Debrabandere – Translator / Traductrice

CORRESPONDENTS / CORRESPONDANTS Aleksandra Maldžiski – Organising Bureau of European School Students Unions - OBESSU Nozizwe Dube – Vlaamse Jeugdraad - VJR Olga Volovyk – European Students’ Forum - AEGEE Vidmanteė Dubickaite – Lietuvos Jaunimo Organizaciju Taryba - LIJOT Editorial Design and Art Direction / Design Editorial et Direction Artistique Gabriele Trapani, www.gabrieletrapani.com Ruby Miah, Art Director assistant Cover graphics / Couverture graphique : Nicola Di Marco, www.nicoladimarco.com YO! Mag Concept / Concept du magazine : Vincenzo Onnembo, www.aspecialperson.com

INFO Join our Pool of Correspondents / Rejoins notre Equipe de Correspondants : Join our Pool of Artists / Rejoins notre Equipe d’Artistes : youthopinion@youthforum.org European Youth Forum 120, rue Joseph II 1000, Bruxelles Belgium – Belgique www.youthforum.org

with the support of / avec le soutien de: The European Commission / La Commission européenne, The European Youth Foundation of the Council of Europe / le Fonds européen pour la Jeunesse du Conseil de l’Europe

2013 European Youth Forum

ISSN : 2032-9938


giuseppe.porcaro@youthforum.org "Utopia" is derived from the Greek words eu (ευ), "good", ou (οὐ), "not", and topos (τόπος), "place", with the suffix -iā (-ία) that is typical of toponyms; hence Outopía (Οὐτοπία; Latinized as Ūtopia, with stress on the second syllable), both "no-place-land" as well as "good-place-land". The first connotation is negative and clearly states that utopias are dreams that will not come true. Therefore, if we had to choose which side of the two philological interpretations of the word this YO!Mag issue is leaning towards, it would definitely be the second one: “goodplace-land”. It is our hope that the dreams and dreamers we explore in this issue are not going to be solely imaginative exercises for the future, but that they will guide change in society. To this end, the dossier explores the educators’ dreams (both formal and non-formal), we dig into political ideologies (which might be more fashionable than we might have thought) and we try to see what a dream job could look like (or how to build your dream job yourself). But more surprises await you, dear readers. In this issue, we launch a new section. It will usually be written by influential people telling us what their dreams, aspirations and actions would be “if they were young today”. In this edition however, we wanted to know what would have been the dream of Mr. Martin Luther King nowadays if he had been alive to share it. The treats in this issue are not over, we also host a special interview with the President of the European Parliament, Martin Schulz, and a story written by 17 years old writer Simran Hothi, first place winner in the 5th Annual Junior Authors Short Story Contest. Last but not least, a special photo documentary about young Syrian activists. If not a “good-place-land”, at least this issue offers a rich menu to get a “better-place-land”. Enjoy reading!

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editorial

Giuseppe Porcaro

Le mot “utopie” vient du grec eu (ευ) “bon”, ou (οὐ), "non, ne … pas", et de topos, (τόπος) "région, lieu", avec le suffixe -iā (-ία) qui est typique des toponymes, et donc le mot Outopía (Οὐτοπία; latinisé en Ūtopia, accent sur la deuxième syllabe) signifie à la fois “un lieu qui n'existe pas” et “un lieu où il fait bon vivre”. La première connotation est négative et stipule clairement que les utopies sont des rêves qui ne se réaliseront jamais. Par conséquent, si nous devions choisir le côté de ces deux interprétations philologiques vers lequel ce numéro du YO!Mag penche, ce serait sans hésiter le deuxième : “un lieu où il fait bon vivre”. Nous espérons que les rêves et les rêveurs que nous étudions dans ce numéro ne seront pas seulement des exercices imaginaires pour l'avenir, mais qu'ils inspireront le changement dans la société. Le dossier de ce numéro explore d'ailleurs les rêves des éducateurs (tant formels que non formels), nous creusons les idéologies politiques (plus à la mode qu'il n'y paraîtrait) et nous tentons de savoir à quoi un travail de rêve pourrait ressembler (ou comment en fabriquer un soi-même). Mais d'autres surprises vous attendent chers lecteurs et lectrices! Dans ce numéro nous inaugurons une nouvelle section! Elle sera généralement écrite par des personnes influentes qui nous diront ce que seraient leurs rêves, aspirations et actions “s'ils étaient jeunes aujourd'hui”. Cependant, dans ce numéro nous voulions savoir ce qu'aurait été le rêve de Mr Martin Luther King s'il avait été vivant aujourd'hui, pour le partager avec nous. Mais ce n'est pas tout! Nous vous proposons aussi un entretien avec le Président du Parlement européen, Martin Schulz, et une nouvelle écrite par Simran Hothi, 17 ans et première lauréate du 5ème concours annuel des auteurs junior de nouvelles. Pour terminer, un photo documentaire spécial sur les jeunes activistes syriens. A défaut d'être un lieu où il fait bon vivre, ce numéro du YO!Mag vous propose un menu riche et varié où la vie paraît plus belle. Bonne lecture!


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YOUTH OPINION

CONTRIBUTORS Seyi Akiwowo

Breanne Bradley

22, is currently back in the UK after completing a six-month internship at the European Youth Forum. Seyi is a British-Nigerian youth activist and education reform campaigner. In her free time, she delivers presentations at conferences and writes articles for her blog and as freelance work.

20, was originally from Chicago and is currently a student at the University of Missouri studying photojournalism. After a summer spent in Brussels working as a journalism intern for the Youth Forum and traveling Europe, Breanne is back in Missouri continuing her studies and enjoying her last year as a university student. Breanne knows this isn’t her last trip abroad as she hopes to return one day exploring the world through the viewfinder of her camera.

22 ans, à présent de retour au Royaume-Uni après six mois de stage au Forum européen de la Jeunesse. D'origine anglo-nigériane, Seyi milite pour la jeunesse et la réforme de l'éducation. Durant son temps libre, elle livre des présentations lors de conférences et rédige des articles pour son blog et comme free-lance.

Thomas Deweer 24, is a former policy monitoring and communications intern at the European Youth Forum. After being given the chance to help organise the YO! Fest 2013 as a consultant, he continues working in the youth field. Currently he is using debate training as a method to empower young people, giving them the tools to speak up. However, at the time of writing he is preparing himself for a new adventure, a year of development work in Burundi. 24 ans, ancien stagiaire pour le suivi politique et la communication au Forum Jeunesse. Après avoir eu l'occasion de donner un coup de main pour la YO!Fest 2013 en tant que consultant, il poursuit son travail dans le secteur de la jeunesse. Il utilise actuellement la formation au débat comme méthode pour dynamiser les jeunes, leur offrant les outils pour s'exprimer. Au moment de rédiger cet article cependant, il se prépare à vivre une nouvelle aventure d'un an dans la coopération au développement au Burundi.

20 ans, originaire de Chicago mais actuellement étudiante en photo journalisme à l'Université du Missouri. Après un été passé à Bruxelles à travailler comme stagiaire en journalisme pour le Forum Jeunesse et à voyager à travers l'Europe, Breanne est rentrée dans le Missouri pour poursuivre sa dernière année d'études à l'université. Breanne sait que ce n'est pas son dernier voyage à l'étranger, et elle espère un jour encore pouvoir explorer le monde à travers le viseur de son appareil photo. Simran Hothi 18, is a young writer from Vancouver, British Columbia. She has loved writing from the moment she learned to put letters together, and aspires to pursue a writing- related career. Aside from reading and writing, Simran spends her free time playing sports, watching movies and hanging out with friends and family. 18 ans, jeune écrivaine de Vancouver en ColombieBritannique. Elle aime écrire depuis qu'elle sait écrire en attaché et rêve d'une carrière dans ce domaine. En plus de la lecture et de l'écriture, Simran aime faire du sport, regarder des films et passer du temps avec ses amis et sa famille.


.06 NEWS .10 YOUTH RIGHTS .16 DOSSIER

.34 HOTPOT .40 GRAPHIC JOURNALISM

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INFO FORUM News from our Members / Nouvelles de nos Membres

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YOUTH POLICY WATCH News from youth policy in Europe / Nouvelles sur la politique jeunesse en Europe.

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WE NEED TO GIVE OUR YOUTH A HOME IN EUROPE / NOUS DEVONS OFFRIR UN TOIT À NOS JEUNES EN EUROPE An interview with / Entretien avec MARTIN SCHULZ

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STOP BEING YOUNG AND BEHAVE! / ARRÊTE D’ÊTRE JEUNE ET TIENS-TOI BIEN !

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INTRO - EUROPEAN DREAM: REALITY OR UTOPIA? / LE RÊVE EUROPÉEN : RÉALITÉ OU UTOPIE ?

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POLITICAL DREAMS FOR XXI CENTURY EUROPE / RÊVES POLITIQUES POUR L’EUROPE DU XXI SIÈCLE

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THE FORBIDDEN SCHOOL / L’ÉCOLE INTERDITE

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YOUTH WORKER’S DREAM FOR IDEAL SPACES FOR NON-FORMAL EDUCATION IN THE COMMUNITY / LE RÊVE DE TOUT ANIMATEUR, UN ESPACE IDÉAL POUR L’ÉDUCATION NON FORMELLE DANS LA COMMUNAUTÉ

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BUILDING THEIR OWN DREAM JOB EUROPEAN YOUNG ENTREPRENEURS / CRÉER L’EMPLOI DE LEURS RÊVES LES JEUNES ENTREPRENEURS EUROPÉENS

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OPEN GOVERNMENTS FOR NEW TIMES / DES GOUVERNEMENTS OUVERTS POUR UNE NOUVELLE ÈRE

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WHERE TO LOOK

.40

BEYOND THE POLITICS OF CRISIS: THE FACE OF ACTIVISM IN SYRIA / AU-DELÀ DE LA POLITIQUE DE LA CRISE : LE VISAGE DU MILITANTISME EN SYRIE

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IF I WERE YOUNG TODAY… SI J’ÉTAIS JEUNE AUJOURD’HUI…/ IF MARTIN LUTHER KING WAS YOUNG TODAY… / SI MARTIN LUTHER KING ÉTAIT JEUNE AUJOURD’HUI...


INFO FORUM News from

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YOUTH OPINION

our Members / Nouvelles de nos Membres

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LITHUANIAN YOUTH COUNCIL / CONSEIL DE LA JEUNESSE DE LITUANIE_Lithuania / Lituanie

AEGEE

The Project “X-Y-Z” aims to tackle the issues of the social inclusion and young NEETs (person who is not in education, employment, or training) by enhancing young people’s knowledge on Lithuanian Presidency of the Council of the EU, structured dialogue and the European Union in general. By mid-Autumn, a review of young people’s opinion on social inclusion will be produced, involving NEETs, youth in youth organisations and decision-makers by inviting all of these groups to participate in non-formal education activities and learn about each other, break social boundaries and involve in structured dialogue.

In April 2013, AEGEE-Europe brought together a group of INGYOs and NYCs (CNJ, VJR, OBESSU, JEF, TEJO, IGLYO, YEU, EFIL and others) in the European Youth Centre in Strasbourg. The goal was to develop a campaign for Youth Rights in response to the Ministerial Conference in St Petersburg, which did not adopt the Youth declaration. A concept of the campaign to push the topic further inside the Council of Europe was developed with the support of the Advisory Council on Youth of the Council of Europe and the European Youth Forum. Another goal was to make young people more aware of the rights they have. The campaign will be launched in September 2013, so stay tuned.

Le projet “X_Y_Z” veut aborder les problèmes de l'inclusion sociale et des NEET (personne qui ne suit pas d'études, pas de formation et ne travaille pas) en informant les jeunes sur la Présidence lituanienne du Conseil de l'UE, le dialogue structuré et l'Union européenne en général. D'ici à la mi-automne, un examen de l'opinion des jeunes sur l'inclusion sociale sera produit, impliquant les NEET, les jeunes dans les organisations de jeunesse et les décideurs en invitant tous ces groupes à participer à des activités d'éducation non formelles, apprendre les uns des autres, briser les frontières sociales, et participer au dialogue structuré. www.lijot.lt

Jeunesses Musicales International 28/06 – 21/12/2013

En avril 2013, AEGEE-Europe a réuni un groupe d'OINGJ et de CNJ (CNJ, VJR, OBESSU, JEF, TEJO, IGLYO, YEU, EFIL et d'autres) au Centre européen de la Jeunesse de Strasbourg. L'objectif était de développer une campagne sur les droits des jeunes suite à la conférence des ministres de la jeunesse à St Petersbourg qui n'avait pas adopté la déclaration de la jeunesse. Un concept de campagne a été élaboré avec le soutien du Conseil consultatif de la jeunesse du Conseil de l'Europe et le Forum Jeunesse pour pousser davantage le sujet au Conseil de l'Europe. Un autre objectif était de sensibiliser davantage les jeunes à leurs droits. La campagne sera lancée en septembre 2013 ! www.aegee.org

Jeunesse Musicales Internationale's Ethno World music camps across Europe this summer! There are ten camps scheduled for all young folkies out there in Belgium, Bosnia and Herzegovina, Croatia, Cyprus, Denmark, Estonia, Germany, Slovenia, Sweden and even Australia! Jeunesse Musicales Internationale Ethno World présente les camps de musique Ethno World à travers l'Europe cet été. Une dizaine de camps sont prévus pour tous les jeunes de Belgique, Bosnie-Herzégovine, Croatie, Chypre, Danemark, Estonie, Allemagne, Slovénie, Suède et même Australie !

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www.ethno-world.org

The Norwegian Children and Youth Council / Le Conseil norvégien des enfants et des jeunes


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YOUTH OPINION

/

news

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The Norwegian Children and Youth Council (LNU) campaign, ”Finally 18 – final rejection” is aimed at the Norwegian authority’s 2009 scheme that once they turn 18, sends back unaccompanied asylum-seeking children that obtained temporary or limited residence. This scheme is in violation with United Nation’s Convention on the rights of the child, and LNU campaign demands that the scheme is abolished. La campagne du Conseil norvégien des enfants et des jeunes (LNU) “Finally 18 – final rejection” s'adresse au programme des autorités norvégiennes de 2009 qui prévoit que dès qu'ils ont 18 ans, les enfants demandeurs d'asile non accompagnés qui avaient obtenu un titre de séjour temporaire ou limité sont renvoyés chez eux. Ce programme constitue une violation de la Convention des Nations Unies sur les droits de l'enfant, et la campagne de LNU demande son abolition.

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International Roma Youth Network / Réseau international des Jeunes Roms 02/08/2013

International Roma Youth Network gathered around 300 young Europeans from 15 countries as well as different youth organisations for the remembrance day of the Roma Genocide during World War II. The initiative raised awareness on the mechanisms of anti-gypsyism, and current challenges of racism, hate speech and extremism in Europe. The initiative also strengthened the consciousness of young Europeans about their role and responsibility within their communities and the society at large. Le Réseau international des jeunes Roms a regroupé près de 300 jeunes Européens de 15 pays et différentes organisations de jeunesse pour la journée de commémoration du génocide des tsiganes pendant la Deuxième Guerre mondiale. L'initiative a permis de sensibiliser aux mécanismes anti-tsiganisme et aux défis actuels du racisme, du discours haineux et de l'extrémisme en Europe. L'initiative a également renforcé la prise de conscience des jeunes Européens par rapport à leur rôle et à leur responsabilité au sein de leurs communautés et de la société en général.


YOUTH POLICY WATCH

WORDS BY

SEYI AKIWOWO seyiakiwowo@gmail.com

THE PICTURE / IMAGE YO! Fest 2013 held on 30st and 31th May brought together young people, youth organisations and EU institutions to advocate for youth rights. La YO!Fest 2013 du 30-31 mai a rassemblé jeunes, organisations de jeunesse et institutions pour défendre les droits des jeunes


THE FACT / FAIT Croatia joined the EU last 1st July. The Croatian youth and its youth organisations have been already playing an active part in European youth work for over a decade. La Croatie a rejoint l'UE le 1 juillet. Les jeunes Croates et leurs organisations de jeunesse sont déjà actifs dans le travail européen de la jeunesse depuis plus de dix ans.

An unprecedented 23.1 per cent of young Europeans are unemployed as of May 2013. Source: Eurostat / 23,1% de jeunes Européens au chômage en mai 2013 Source: Eurostat

THE EVENT /EVENEMENT

30/05/2013 Friday 30th May: Launch of the League of Young Voters Vendredi 30 mai: lancement de la Ligue des Jeunes Electeurs

THE WORD / CITATION “We need to provide the conditions for young people to be genuinely involved in decision-making”. Androulla VASSILIOU, European Commissioner responsible for Education, Culture, Multilingualism and Youth, 31th May 2013 “Nous devons donner de vrais moyens aux jeunes de participer aux décisions”. Androulla VASSILIOU, Commissaire européenne chargée de l'Education, de la Culture, du Multilinguisme et de la Jeunesse, 31 mai 2013

THE PERSON / PERSONNAGE Djuna Bernard, 21, was the 3 millionth young person to take part in the Erasmus programme. Djuna Bernard, 21 ans, était la 3 millionième jeune à participer au programme Erasmus.

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YOUTH OPINION

THE FIGURE / CHIFFRE


/ YOUTH RIGHTS An interview with / Entretien avec

MARTIN SCHULZ

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YOUTH OPINION

WE NEED TO GIVE OUR YOUTH A HOME IN EUROPE / NOUS DEVONS OFFRIR UN TOIT À NOS JEUNES EN EUROPE WORDS BY PROPOS RECUEILLIS

MACARENA RODRIGUEZ

/ en

European Youth Forum macarena.rodriguez@youthforum.org Martin Schulz is the current President of the European Parliament. He was born on 20 December 1955 and grew up in Hehlrath, Germany. He started out his political career joining the Social Democratic Party of Germany at the age of 19. He led the SDP MEPs from 2000 and was subsequently elected Vice-Chair of the Socialist MEPs. In 2004 he was elected group leader of the second largest group in the European Parliament. How would you compare your youth, your personal experience as a young person, to today's youth? Dif ferent generations of young people face dif ferent challenges and

environments. I think that when I was young, a lot of possibilities youth enjoy today did not exist yet. What we know today as the European Union was only starting to grow, and we still had borders between the Member States. Cross-border friendships took a lot of ef fort to establish, and then also it was much harder to maintain them. I think that there are many more possibilities for young people today than when I grew up. On the other hand, I must say that youth also face a lot of insecurity and dif f iculties. There is a lot of competition on ever tighter European labour markets, and I heard various times from young students that they feel a certain "homelessness". This is why we need to

give our youth a home in Europe. We need to spread the message that young people can feel at home wherever they decide to go in the European Union. In your opinion, should the European Parliament try to give more visibility to Youth issues? If so, how can it be done? This is not a question, but a paramount responsibility we have. The current grave situation of youth unemployment in Europe is unacceptable in the richest continent in the world. To increase the visibility of youth issues is the least we can do in the European Parliament. However, visibility should be followed-


Š Sabine Engels

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YOUTH OPINION

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youth rights


up by concrete action. So far, we have proposed a wide range of measures to help young people, and have called for this for many years. The best example is the youth guarantee. We will keep putting pressure on governments, who are unfortunately not moving fast enough on this crucial issue.

the vote does not matter. We want to change this. European parties should campaign with concrete priorities and a programme, and the work of those parties, and consequently also the Commission, could be evaluated according to their stated aims. The League of Young voters is surely a laudable initiative, showing that young people are engaged and want to further foster the engagement of their fellows.

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YOUTH OPINION

The youth guarantee is a step in the right direction. It is a concrete help the European Member States will of fer to our European youth. The youth guarantee alone, however, will not be able to solve the problem of high unemployment among youth, especially because the envelope proposed in the MFF is insuf f icient compared to the needs. However, to prevent the youth guarantee from becoming a vicious circle of transition programmes, we have to make sure that at the end of such a transition programme stands a real job. In 2012, you stated your support for quality internship during the YO!FEST, what will the European Parliament do to promote but also implement quality internships? I signed and still support the European Quality Charter on Internships and Apprenticeships from the European Youth Forum presented to me at the YO!Fest in 2012. I f ind it a very useful document to describe what a quality internship should be. What the European Parliament can do itself is f irst to look at its own running, and I am pleased to say that we recently abolished unpaid internships in the European Parliament administration. The European Parliament has in 2009 already called for a European Quality Charter on Internships in our Turunen report. And, again, we are waiting for them to move. What would be your suggestion to increase youth participation at the 2014 European Elections? What do you think about the recently launched 'League of the Young Voters' initiative? I think the next European Parliament elections in 2014 will be much more European than ever before. I am also convinced that the next Commission President is elected by the European Parliament. In doing so, we address one central problem of previous European elections. This creates the feeling that

/ fr

Do you think that the proposed 'European Youth Guarantee' is the solution for tackling the current high youth unemployment rates?

Martin Schulz est le Président actuel du Parlement européen. Il est né le 20 décembre 1955 et a grandi à Hehlrath en Allemagne. Il a débuté sa carrière politique en rejoignant le Parti social démocrate d’Allemagne à l’âge de 19 ans. Il s’est trouvé à la tête des MPE du PSD à partir de 2000 et il a ensuite été élu Viceprésident des MPE socialistes. En 2004, il a été élu dirigeant du 2ème plus grand groupe au Parlement européen.

We need to spread the message that young people can feel at home wherever they decide to go in the European Union. Nous devons faire passer le message que les jeunes peuvent se sentir chez eux où qu’ils décident de se rendre dans l’Union européenne. Comment compareriez-vous votre jeunesse, votre expérience personnelle en tant que jeune à la jeunesse d’aujourd’hui ? Des générations différentes de jeunes sont confrontées à des problèmes et des environnements différents. Je pense que lorsque j’étais jeune, beaucoup des possibilités dont les jeunes jouissent aujourd’hui n’existaient pas encore. Ce que nous connaissons aujourd’hui comme Union européenne n’en était qu’à ses balbutiements à l’époque, et il y avait encore des frontières entre les Etats membres. Les amitiés transfrontalières ont nécessité énormément d’efforts pour être établies, et encore davantage pour être maintenues. Je pense

qu’aujourd’hui les jeunes ont bien plus de possibilités que lorsque j’étais jeune. D’un autre côté, je dois avouer que les jeunes connaissent aussi beaucoup d’insécurité et de difficultés. La concurrence est rude sur les marchés européens de l’emploi qui se rétrécissent de jour en jour, et bien souvent j’ai entendu de jeunes étudiants dire qu’ils avaient un peu le sentiment d’être des “sans abri”. C’est pourquoi je dis que nous devons offrir un toit à nos jeunes en Europe. Nous devons faire passer le message que les jeunes peuvent se sentir chez eux où qu’ils décident de se rendre dans l’Union européenne. A votre avis, le Parlement européen doit-il tenter d’accorder une plus grande visibilité aux problèmes des jeunes ? Si oui, comment procéder ? Ceci n’est pas une question mais une responsabilité capitale qu’il nous faut assumer. La situation désastreuse du chômage des jeunes aujourd’hui en Europe est inacceptable dans le continent le plus riche du monde. Accroître la visibilité des problèmes des jeunes est le moins que l’on puisse faire au Parlement européen. Cependant, cette mise en avant doit être suivie d’actions concrètes. Jusqu’à présent nous avons proposé une vaste série de mesures pour aider les jeunes et nous les revendiquons depuis de nombreuses années. Le meilleur exemple est la garantie pour la jeunesse. Nous continuerons d’exercer la pression sur nos gouvernements qui ne réagissent malheureusement pas suffisamment vite face à ce problème crucial. Pensez-vous que la proposition de “Garantie européenne pour la Jeunesse” soit la solution pour aborder les taux élevés de chômage des jeunes actuellement? La garantie pour la jeunesse est un pas dans la bonne direction. Il s'agit d'une aide concrète que les Etats membres européens vont offrir à notre jeunesse européenne. Cependant, la garantie ne pourra pas à elle seule résoudre le problème du taux élevé de chômage chez les jeunes, en particulier parce que l'enveloppe proposée dans le CFP est insuffisante comparée aux besoins. Or, pour ne pas que la garantie pour la jeunesse se transforme en un cercle vicieux de programmes de transition, nous devons veiller à ce qu'il y ait réellement un emploi à la clé. En 2012, vous déclariez votre soutien pour les stages de qualité lors de la YO!Fest, que va faire le Parlement européen pour promouvoir et aussi mettre en oeuvre des stages de qualité ?


YOUTH OPINION

.013 © European Parliament J’ai signé et je soutiens toujours la Charte européenne pour la qualité des stages et des apprentissages du Forum Jeunesse qui m’a été présentée à la YO!Fest en 2012. Je trouve que c’est un document très utile pour décrire ce que devrait être un stage de qualité. Ce que le Parlement peut faire de son côté c’est d’abord observer son propre fonctionnement, et ici je suis ravi d’annoncer que nous avons récemment aboli les stages non rémunérés dans notre administration. Déjà en 2009, le Parlement européen demandait une Charte européenne pour la qualité des stages et des apprentissages dans son rapport Turunen, et une fois de plus, nous attendions qu’ils bougent...

Quelle serait votre suggestion pour accroître la participation des jeunes aux élections européennes de 2014 ? Que pensez-vous de l’initiative de la Ligue des Jeunes Electeurs inaugurée récemment ? Je pense que les prochaines élections parlementaires européennes de 2014 seront plus européennes que jamais auparavant. Je suis également convaincu que le prochain Président de la Commission sera élu par le Parlement européen. Ce faisant, nous abordons l’un des problèmes centraux des élections européennes précédentes. Cela engendre le sentiment que le vote n’a pas d’importance. Nous voulons changer cela. Les

partis européens doivent mener campagne avec des priorités et un programme concrets, et le travail de ces partis et par conséquent également de la Commission pourrait être évalué en fonction des objectifs qu’ils ont proclamés. Il ne fait aucun doute que la Ligue des Jeunes Electeurs est une initiative louable, qui démontre que les jeunes sont engagés et qu’ils veulent encourager une plus grande participation de leurs pairs.


Belgium is a tiny but diverse country, open to visitors from all over the world. However, as in any other country, it is expected to respect local laws. So, if you are living in Belgium or are planning to come, please keep in mind not to scare people in the city of Lokeren, do not cover your face in Hasselt unless you are Santa Claus or the Easter bunny, do not play on the street in Lede and certainly do not sing ‘dirty songs’ in Dendermonde. Doing any of the above can lead to a fine up to 350 Euros, to be paid immediately without court ruling, with no exceptions here for minors as 14 years olds can be penalised as well. The description above is not an exaggerated representation of reality, it is a system referred to as GAS/SAC-fines. The municipal administrative sanction is a system that punishes the behaviour of a civilian or a group of civilians that can be experienced to be a nuisance to others. Although giving out GAS/SAC fines began in 1999 for the whole federal state of Belgium, it is up to the locally elected governments to decide which acts are seen as a nuisance. What consequences does this peculiar legal system have for young people? A lot of attention has been given to this particular age group lately due to the lowering of the age limit for getting a fine. On the 30th of May 2013, it was

voted in Parliament that ‘infringements’ made by 14 years olds can be punished as well. The loudest voices of criticism of this decision were heard from the Belgian national youth councils. Both the Walloon (CRIJ) and the Flemish National Youth Council (VJR) called through various channels for an in-depth debate on this decision but found themselves unheard. Lander Picquart, the president of VJR stated, quite rightfully, that we have to see young people as an asset rather than a complaint. A crucial issue at stake is that ‘being young’ in all aspects, is being more and more problematised. One might say that being young is almost a synonym with experimenting. Sometimes hitting your head hard against the wall is the best learning experience. This tactic becomes problematic however if a society does not grant this space to young people. VJR and CRIJ are also supported by 213 civil society organisations. Even UNICEF signed the latest petition criticising the crack down on the ‘annoying elements of being young’. GAS/SAC-fines create a parallel system next to regular rule of law, thus removing many of the protections children and young people can enjoy. What we can learn from Belgium’s case is what not to do; young people should be allowed to be young.

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YOUTH OPINION

STOP BEING YOUNG AND BEHAVE! / ARRÊTE D’ÊTRE JEUNE ET TIENS-TOI BIEN !

WORDS BY

THOMAS DEWEER

thomas_deweer@hotmail.com Le Belgique est un tout petit pays mais un pays très varié et ouvert aux visiteurs du monde entier. Toutefois, comme dans n’importe quel autre pays, il faut y respecter les lois locales. Donc, si vous vivez en Belgique ou prévoyez d’y venir, veuillez garder à l’esprit qu’il ne faut surtout pas faire peur aux habitants de la ville de Lokeren, se couvrir le visage à Hasselt à moins d’être le père Noël ou le lapin de Pâques, jouer dans la rue à Lede, et chanter des chansons cochonnes à Dendermonde. Si vous faites l’une de ces choses, vous risquez une amende pouvant aller jusqu’à 350 euros, à payer immédiatement, sans décision de justice, ni aucune exception si vous êtes mineur car les jeunes de 14 ans peuvent eux aussi être pénalisés. Cette description n’est pas une représentation exagérée de la réalité; c’est un système connu sous le nom de SAC ou Sanctions Administratives Communales (Gemeentelijk Administrative Sancties – GAS en flamand). Il s’agit d’un système qui punit le comportement d’un civil ou d’un groupe de civils pouvant être vécu comme une nuisance par les autres. Bien que la distribution de ces sanctions ait débuté en 1999 pour l’ensemble de l’Etat fédéral belge, ce sont les gouvernements locaux qui décident des actes pouvant être catalogués ou non de nuisances.


youth rights / YOUTH OPINION

.015 © aspecialperson Quelles conséquences ce système légal étrange a-t-il sur les jeunes? Enormément d’attention a été consacrée récemment à ce groupe d’âge particulier en raison de l’abaissement de la limite d’âge à laquelle une amende peut être infligée. Le 30 mai 2013, le Parlement a voté que toute “infraction” commise par un jeune de 14 ans peut également être punie. Les Conseils nationaux de la Jeunesse de Belgique ont vivement critiqué cette décision. Tant le Conseil wallon (CRIJ) que le Conseil flamand (VJR) de la jeunesse ont utilisé divers canaux pour solliciter un débat approfondi sur la question, mais ils n’ont pas été entendus. Lander Picquart, président du VJR, a déclaré assez légitimement que nous devons considérer les jeunes comme un atout au lieu de s’en plaindre. Une question fondamentale en jeu est que le fait “d’être jeune”, dans tous les aspects que cela comporte, est de plus

Doing any of the above can lead to a fine up to 350 Euros, to be paid immediately without court ruling. Si vous faites l'une de ces choses, vous risquez une amende pouvant aller jusqu'à 350 euros, à payer immédiatement, sans décision de justice.

en plus problématisé. On pourrait dire qu’être jeune c’est f inalement comme vivre une expérience. Parfois, le meilleur moyen d’apprendre c’est de se cogner très fort la tête contre un mur. Or, cette tactique devient problématique lorsque la société n’accorde pas cet espace aux jeunes. Le VJR et le CRIJ sont également soutenus par 213 organisations de la société civile. Même l’UNICEF a signé la dernière pétition qui critiquait les mesures plus fermes prises à l’encontre des “éléments ennuyeux de la jeunesse”. Les SAC créent un système parallèle à l’Etat de droit général, éliminant bon nombre des protections dont les enfants et les jeunes peuvent bénéf icier. Ce que nous pouvons retenir du cas de la Belgique, c’est ce qu’il ne faut pas faire; les jeunes doivent avoir le droit d’être jeunes.


dossier intro

European Dream: reality or utopia? / Le Rêve européen : réalité ou utopie ?


WORDS BY Peter Matjašic ˇ

However, the economic and financial crisis that we’ve experienced since 2008 has exposed the weaknesses of the Union’s current set-up and people have started questioning what remains of the European Dream in times of ongoing austerity. The EU is no longer perceived as the mystical place flowing with milk and honey where people enjoy ongoing richness and progress of all sorts. Today’s talk is of Troika’s austerity programmes, never-ending European summits with little real commitment and of the danger of a Euro collapse as well as of a “lost generation” with record high unemployment rates of young people: in such a gloomy view of the state of affairs there is little room for hope and dreams. Does this mean that Jeremy Rifkin’s book “The European Dream” from 2004 can now be seen as a utopia that once was or a reality that can still be attained? Rifkin portrayed Europe as “a giant laboratory for rethinking humanity’s future,” and as having a focus on “sustainable development, quality of life, and the nurturing of community.” I believe this kind of European Dream is still very much in the minds of Europe’s youth. I always say that I have been living my European dream for over a decade now thanks to my involvement in youth organisations and youth work at European level as an active participant, youth leader, trainer and facilitator, youth representative and activist. Because through this type of engagement I experience a reality where young people from all over the European

Many of the things we want and dream about are already a reality – on paper. In order for the dreams to come true we need commitment of European and national leaders alike. This dossier looks into how different youth leaders and young people view the future and what change they aspire to see. Enjoy the read!

Le soi-disant Rêve européen peut être compris de multiples façons. L’histoire nous enseigne le rêve des pères fondateurs de l’UE actuelle qui ont posé ses premières pierres sur la lutte pour la paix et la prospérité après la Seconde Guerre mondiale. Le processus d’intégration européenne a aidé des pays comme la Grèce, le Portugal et l’Espagne à passer de dictatures militaires fascites à des démocraties libérales dotées d’un modèle socio-économique. Même chose pour les pays d’Europe centrale et orientale qui ont rejoint l’UE en 2004 et 2007. Cela tente toujours les pays des Balkans de l’Ouest comme en atteste l’adhésion récente de la Croatie en tant que 28ème Etat membre de l’Union. Cependant, la crise économique et financière que nous connaissons depuis 2008 a révélé les faiblesses de l’organisation actuelle de l’Union et l’on commence à se demander ce qui subsiste du Rêve européen en ces temps d’austérité sans fin. L’UE n’est désormais plus perçue comme cet endroit mythique où coulent le lait et le miel et où les individus jouissent de richesses et de progrès de toutes sortes. Aujourd’hui, on parle des programmes d’austérité de la Troïka, des sommets européens interminables où les vrais

Cela veut-il dire que le livre de Jeremy Rifkin “Le Rêve européen” de 2004 peut aujourd’hui être considéré comme une utopie qui fut un jour, ou comme une réalité qui peut encore être atteinte? Rifkin y dépeignait l’Europe comme “un laboratoire géant où repenser le devenir de l’humanité”, axé sur “le développement durable, la qualité de la vie, et l’éducation de la communauté”. Je pense que ce type de Rêve européen est toujours très présent dans l’esprit des jeunes d’Europe. Je dis toujours que je vis mon Rêve européen depuis plus de dix ans déjà grâce à ma participation à des organisations de jeunesse, et au travail associatif au niveau européen en tant que participant actif, animateur, formateur, représentant et militant, parce que ce type d’engagement me permet de vivre une réalité où les jeunes de tout le continent européen se réunissent pour discuter, échanger, faire l’expérience de l’Europe et la vivre. Ils comparent leurs conditions de vie, partagent leurs aspirations et luttent ensemble pour leurs droits en tant que jeunes. Ils contribuent également à la vie de leurs communautés aux niveaux local, régional, national, européen et international. Ils rêvent d’un continent où règne l’égalité des chances pour tous. Ils veulent une Europe inclusive, pacifique et démocratique, qui repose sur la diversité et le respect mutuel, la compréhension interculturelle, la solidarité et la responsabilité mondiale. Ils veulent une Europe plus unie, qui deviendra une Union politique et économique responsable vis-à-vis de ses citoyens! Bon nombre des choses que nous voulons et dont nous rêvons sont déjà réalité – sur le papier. Pour que les rêves se réalisent, il faut que les dirigeants européens et nationaux prennent des engagements. Ce dossier étudie comment différents animateurs et différents jeunes voient l’avenir, et à quels changements ils aspirent. Bonne lecture !

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engagements se font rares, du danger d’une chute de l’euro et d’une “génération sacrifiée” vu les taux record de chômage des jeunes. Une vision aussi maussade de la situation laisse peu de place à l’espoir et aux rêves.

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continent come together to discuss, exchange, experience and live Europe. They compare their living conditions, share their aspirations and jointly fight and stand up for their rights as young people. They also contribute to their communities at local, regional, national, European and international levels. They dream of a continent of equal opportunities for all. They want a Europe which is inclusive, peaceful and democratic based on diversity and mutual respect, intercultural understanding, solidarity and global responsibility. They want a more united Europe that will become a political and economic Union accountable to its citizens!

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The so-called European Dream can be understood in many ways. History teaches us about the dream of the founding fathers of the current EU that laid its foundation based on the strive for peace and prosperity in the aftermath of Second World War. The European integration process helped countries such as Greece, Portugal and Spain to make their transition from fascistic military dictatorships to liberal democracies with a social economic model and the same was true for the countries of Central and Eastern Europe that joined the EU in 2004 and 2007 and it still has an appeal for the countries from the Western Balkans with the recent entry of Croatia as the Union’s 28th Member State.

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President, European Youth Forum Président du Forum européen de la Jeunesse peter.matjasic@youthforum.org @curlyP


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WORDS BY Giuseppe Porcaro giuseppe.porcaro@youthforum.org

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Political Dreams for XXI Century Europe / Rêves politiques pour l’Europe du XXI siècle Ideologies are political dreams of utopias (or dystopias) for the present and the future of nations, communities and society in general. However, it is widespread opinion that ideologies lost the meaning they used to have to drive change and get people elected.

YES), the European Liberal Youth (IFLRY), the Federation of Young European Greens (FYEG) and the Young European Federalists (JEF). Despite the variety of political views, their answers are straightforward: ideologies are still very much up and running.

We met with the Presidents of the youth wings of the Party Political Youth Organisations that are members of the European Youth Forum and we challenged them on the issue. Konstantinos, Kaisa, Jeroen, Ingrid and Pauline are respectively leaders of the Youth of the European People’s Party (YEPP), the Young European Socialists

When it comes to the content of their respective ideologies, differences are more defined. “For the centre-right - Konstantinos points out - the individual is at the centre, with the right to pursue happiness, being capable to make it on their own”. For Kaisa “socialism it’s about giving a fair chance to all people and especially those who are

less well off”. Jeroen states, “The core of liberalism didn’t really changed over the century, it is freedom together with responsibility”. Things get more intertwined with the Greens, as Ingrid explains “the green ideology incorporates many perspectives and influences from environmentalism to peace, to social rights movement”. Last but not least, the Federalist movement roots its ideology in the political theory of institution building and governance. “It is about how we are seeing this continent to be democratically governed”, says Pauline. If there is still a defined set of ideals,


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.019 principles, doctrines, myths or symbols of a political movement it is also clear that “any ideology has to move on with the time”, using the words of Kaisa, or, as Jeroen states, “the core of the ideology can remain the same but the way it is implemented changes over the years”. What would be, then, the political dreams for XXI Century Europe? European Homeland For Konstantinos, the dream is a European Homeland based on a European identity to be built gradually but bravely and together. “Working on the issue of identity is a longterm commitment” – he tells us – “building a widespread common feeling of pride associated to be a European is something not easy to achieve but it is a prerequisite if we want our Union to stay together”. The words of Konstantinos resonate with those of Luigi Sturzo, the founder of the first Christian democrat Party in Italy suppressed by the Italian Fascist regime. Sturzo found support

Europe should become a top reference throughout the world to guarantee individual freedoms. L’Europe doit devenir LA référence à travers le monde pour ce qui est de garantir des libertés individuelles.

from Konrad Adenauer, Alcide de Gasperi and Robert Schuman. Konstantinos described the ideology of the centre-right with 4 phrases: commitment to societal values, aim for constant prosperity of the individual, genuine patriotism and full respect of the institutions and the law. European Welfare State Kaisa thinks, “The key question of what socialism will be like in 30 years time is what kind of economic system do we accept or approve or aim at”. The socialist alternative is very clear “We want deeper integration and we want to create a European Welfare State” – she states – “to protect the interest of the people collectively and individually there is a need for a well defined structure in Europe, not only social Europe but a real welfare state.” Kaisa proposes to move to a postKeynesian thinking with true investment in areas that can create growth and jobs rather than just holding off the old institutions and


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Looking at what Europe should look like in 2046, Ingrid has a very ambitious plan: “it should be a 100% renewable energy Continent leaving behind the traditional concept of growth”.

old structures that have passed their time. European Freedoms Space Jeroen reminds, “Liberals do not have a perfect society in their heads but the fact that the individuals can take care of society”. According to his dream Europe should become a top reference throughout the world to guarantee individual freedoms. “Much more than today, people should be free to really express their full potential”, he states. Within the boundaries of not creating a heavy state apparatus, he believes that progressive legislation can be adopted to harmonize the standards of such freedoms to the highest extent instead of lowest common denominators.

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Sustainable Europe Ingrid dreams of a Sustainable Europe. “It should not be just about the environment” – she says – “but also about social and economic sustainability”. For the Greens it is important that the current policies do not look at short-term goals, but at future generations. This is the core of the concept of sustainable development applied to public policy.

European Federation For Pauline, the federal dream is not necessarily creating the United States of Europe, she explains “for federalists the most important is to create a new political object which will allow a greater coordination and allow to fully apply the concept of subsidiarity”. The goal is therefore to create a European Federation that would allow all citizens to participate more actively and democratically to its construction. For example, she concludes, “we strongly believe that the European Council and the current Parliament should merge on a dual Chamber Assembly with equal powers”.

Les idéologies sont des rêves politiques d’utopies (ou dystopies) pour le présent et l’avenir des nations, des communautés et de l’ensemble de la société. Pourtant, l’avis de plus en plus général est que les idéologies ont perdu le sens qu’on leur attribuait, à savoir: actionner le changement et per-

mettre à des personnes d’être élues. Nous avons rencontré les Présidents des organisations de jeunesse des partis politiques membres du Forum, et nous leur avons posé la question. Konstantinos, Kaisa, Jeroen, Ingrid et Pauline sont respectivement à la tête des Jeunes du Parti populaire européen (YEPP), des Jeunes Socialistes européens (YES), des Jeunesses libérales d’Europe (IFLRY), de la Fédération des Jeunes Ecologistes européens (FYEG), et des Jeunes Fédéralistes européens (JEF). En dépit de la variété d’opinions politiques, leurs réponses sont directes : les idéologies sont toujours en état de marche! Lorsqu’il s’agit du contenu de leurs idéologies respectives, les différences sont plus marquées. D’après Konstantinos, pour le centre-droit l’individu est au centre, il a le droit de rechercher le bonheur et est capable d’y parvenir seul. Pour Kaisa, le socialisme, c’est donner une chance équitable à tous les individus, et en particulier à ceux qui sont moins aisés. Pour Jeroen, le noyau du libéralisme n’a pas réellement changé pendant ce siècle, c’est la liberté unie à la responsabilité.” Les choses s’entremêlent davantage avec les Verts comme l’explique


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Ingrid “l’idéologie écologique incorpore de nombreuses perspectives et influences allant de l’environnementalisme à la paix et au mouvement des droits sociaux”. Pour finir, l’idéologie du mouvement fédéraliste est enracinée dans la théorie politique de la construction institutionnelle et de la gouvernance. “Il s’agit de la façon dont nous concevons la gouvernance démocratique de ce continent”, nous explique Pauline. S’il existe encore une série définie d’idéaux, de principes, de doctrines, de mythes ou de symboles d’un mouvement politique, il va de soi que “toute idéologie doit évoluer avec le temps”, pour utiliser les mots de Kaisa, ou comme le dit Jeroen: “le coeur de l’idéologie peut rester le même, mais la façon de l’appliquer change d’année en année”. Quels seraient donc les rêves politiques pour l’Europe du XXIème siècle? Une Patrie européenne Pour Konstantinos, le rêve est une patrie européenne fondée sur une identité européenne qui doit être construite progressivement mais courageusement et ensemble. Il nous dit que “travailler sur la question de l’identité est un engagement de longue durée, construire un sentiment répandu de fierté associé au fait d’être Européen n’est pas chose facile mais c’est une condition préalable à l’unité de notre Union”. Les mots de Konstantinos rappellent ceux de Luigi Sturzo, fondateur du premier Parti démocrate chrétien en Italie supprimé par le régime fascite italien. Sturzo avait trouvé appui auprès de Konrad Adenauer, Alcide de Gasperi, et Robert

Schuman. Konstantinos a décrit l’idéologie du centre-droit en quatre termes : engagement au profit de valeurs sociétales, tendre vers la prospérité constante de l’individu, patriotisme authentique, et respect total des institutions et de la loi. Un Etat Providence européen Kaisa est d’avis que “la question clé de savoir ce que sera le socialisme dans 30 ans consiste à savoir quel type de système économique nous acceptons, nous approuvons ou nous visons”. L’alternative socialiste est très claire: “nous voulons une intégration plus approfondie et nous voulons créer un Etat providence en Europe” dit-elle, “pour protéger l’intérêt des individus collectivement et individuellement il faut une structure bien définie en Europe, pas uniquement une Europe sociale,mais un véritable Etat providence.” Kaisa propose de passer à un raisonnement post-keynésien avec un réel investissement dans des domaines qui peuvent engendrer croissance et emplois plutôt que de simplement freiner les anciennes institutions et structures qui ont fait leur temps. Un espace européen des Libertés Jeroen rappelle que “les libéraux n’ont pas une société parfaite en tête mais bien le fait que les individus peuvent prendre soin de la société.” Selon son rêve, l’Europe doit devenir LA référence à travers le monde pour ce qui est de garantir des libertés individuelles. “Beaucoup plus qu’aujourd’hui, les individus doivent être libres de réellement exprimer pleinement leur potentiel”. Sans aller jusqu’à créer un dispositif étatique pesant, il estime qu’une législation progressive pourrait être

adoptée pour harmoniser les normes de ces libertés au plus haut point au lieu de s’en tenir aux plus petits dénominateurs communs. Une Europe durable Ingrid rêve d’une Europe durable. “Il ne s’agit pas uniquement de se soucier de l’environnement; nous souhaitons également une société et une économie durables”, ditelle. Pour les Verts, il est important que les politiques actuelles ne visent pas des objectifs à court terme mais qu’elles se concentrent sur les futures générations. C’est le coeur du concept du développement durable appliqué à la politique publique. En pensant à ce à quoi l’Europe ressemblera en 2046, Ingrid a un plan très ambitieux : “elle devrait être un Continent à l’énergie 100% renouvelable laissant derrière elle le concept traditionnel de croissance.” Une fédération européenne Pour Pauline, le rêve fédéral ne consiste pas nécessairement à créer les Etats Unis de l’Europe. Elle explique que “Pour les Fédéralistes, le plus important c’est de créer un nouvel objet politique qui permettra une plus grande coordination et la pleine application du concept de subsidiarité”. Le but est donc de créer une Fédération européenne qui permettrait à tous les citoyens de participer plus activement et plus démocratiquement à sa construction. “Par exemple”, conclut-elle, “nous sommes fermement convaincus que le Conseil européen et le Parlement actuel doivent s’associer pour former une assemblée parlementaire à deux chambres, aux pouvoirs égaux.”


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The forbidden school / L’école interdite Educational system designed based on students’ needs. Classes with open space instead of ex-cathedra. Learning to think critically. Students and teachers as equal partners in decisionmaking. / Un système pédagogique basé sur les besoins des étudiants. Des classes avec des espaces ouverts plutôt qu'ex cathedra. Apprendre à penser de façon critique. Etudiants et enseignants égaux dans la prise de décisions.

Words by Seyi Akiwowo seyiakiwowo@gmail.com

Aleksandra Maldžiski aleksandra@obessu.org

Illustrations by Todd Berman www.theartdontstop.com


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.024 In one secondary school, the day starts with the teacher asking, “How are you?” “What would you like us to discuss today?” Typically, students apathetically reply and go to their seats where they will spend the rest of the day not doing much but sitting and listening. But not in here; in this school, teachers do not just teach, but encourage debates and discussions empowering the students to look for answers and to be constantly inspired to learn more than what the syllabus requires.

worthy if they are not the best in class. Instead of being pushed to have high grades and to stress over exams, they are supported to explore and develop their interests and talents and to be active citizens through the use of life skills education with a holistic approach. The teachers presume the role of facilitators of the learning process that encompasses intellectual, emotional and social skills of each student individually.

Students do not have to deal with the sick feeling in their stomachs when they are about to receive useless, patronising evaluation of their work, because they receive quality feedback instead. The value teachers place on their learning encourages good atmosphere in the classroom where they do not need to compete with each other and feel less

The School Board is open for the students and is a place where decisions are made democratically and reflect the needs and interests of the students. They are equal partners to teachers and the school staff in all the decision-making. Together they work towards sustaining and improving this inclusive and learner-centred school environment.

Students are the majority in school

A utopian dream or reality? So, do you think this school is in Sweden? Or in the United States, maybe? No, this in fact is not a real school yet, but it might not be all that utopian. Examples of unconventional schools and alternative education practices such as Montessori schools or “progressive education” can be found in various parts of Europe and the world. Some of them are presented in an independent documentary “The Forbidden Education (La Educación Prohibida)” released in 2012 presenting the history of the school system, authority and power in schools, evaluation and segregation of students and the social function of educational institutions.


Les étudiants représentent la majorité dans l'école Le Conseil d'Administration de l'Ecole est ouvert aux étudiants. C'est un lieu où les décisions sont prises démocratiquement et reflètent les besoins et intérêts des étudiants qui sont des partenaires égaux par rapport aux enseignants et au personnel de l'école dans toutes les prises de décisions. Ensemble ils s'efforcent d'entretenir et d'améliorer cet

environnement scolaire inclusif et axé sur l'apprenant. Rêve utopique ou réalité ? Alors? Croyez-vous que cette école se trouve en Suède? Ou aux Etats-Unis peutêtre? Non, en fait il ne s'agit pas encore d'une vraie école mais elle pourrait bien ne pas être si utopique que cela. Des exemples d'écoles non conventionnelles et de pratiques pédagogiques alternatives du type Montessori ou “éducation progressive” existent dans différents coins d'Europe et du monde. Certains sont présentés dans un documentaire indépendant intitulé “The Forbidden Education (La Educación Prohibida)” paru en 2012 qui expose l'histoire du système scolaire, de l'autorité et du pouvoir dans les écoles, l'évaluation et la ségrégation des étudiants, et la fonction sociale des institutions pédagogiques.

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Ici, les étudiants n'ont pas à s'inquiéter de leur estomac barbouillé lorsqu'ils sont sur le point de recevoir une évaluation inutile et condescendante de leur travail parce que ce qu'ils reçoivent à la place, ce sont des remarques de qualité. La valeur que les enseignants accordent à leur apprentissage favorise une bonne atmosphère dans la classe où les étudiants n'ont pas besoin d'entrer en compétition les uns avec les

autres ou se sentir moins méritants parce qu'ils ne sont pas les meilleurs. Au lieu d'être poussés pour obtenir de bonnes notes et de stresser pour les examens, ils sont soutenus pour explorer et développer leurs intérêts et leurs talents et devenir des citoyens actifs grâce à l'utilisation d'une éducation aux aptitudes de vie, tout cela dans une approche holistique. Les enseignants assument le rôle d'animateurs du processus d'apprentissage qui englobe les compétences intellectuelles, émotionnelles et sociales de chaque étudiant individuellement.

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Dans une école secondaire, la journée commence avec le professeur qui demande “Comment allez-vous?”, “De quoi aimeriezvous que l'on discute aujourd'hui?”. Habituellement, les étudiants répondent de manière apathique et rejoignent leurs chaises où ils passeront le reste de la journée en ne faisant pas grand chose d'autre que rester assis et écouter. Mais ici c'est différent; dans cette école les enseignants ne font pas qu'enseigner; ils encouragent le débat et la discussion, habilitant les étudiants à chercher des réponses et à être constamment motivés à en apprendre davantage que ce que le programme exige.


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WORDS BY

NOZIZWE DUBE nozizwe.bel@gmail.com

Youth worker’s dream for ideal spaces for non-formal education in the community / Le rêve de tout animateur, un espace idéal pour l’éducation non formelle dans la communauté


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We are a Friday evening and the Brusselsestraat in Leuven is bombarded with posters directing people to one place: VleugelF, a youth centre. The poster speaks of an event ‘Poetic Beats n’ Jam’ (PB n’ J): a mix of poetry slam, hip hop beats, open mic jam and live graffiti/painting by Happy Campers, a lively group of artists who spray and paint up the place with the performing artists in the background. And the mandatory peanut butter and jam sandwiches of course. This is one of many events put on by Urban Woorden. Urban Woorden organises free open podia, performances, workshops with and for young people of diverse backgrounds. Indeed, the youth organisation is living up to its slogan, ‘Creating Wordsmiths, Uniting Society!’ At the venue, the air is thick of an ignited and contagious energy. Urban Woorden is not alone in this adventure. Many other youth organisations have projects that make non-formal education a reality. Young people living with disabilities and active members of a youth organisation are also working together, learning together sharing stories, experiences while having

Urban Woorden organises free open podia, performances, workshops with and for young people of diverse backgrounds. Urban Woorden organise des podiums ouverts, des performances, des ateliers gratuits pour et avec les jeunes de milieux divers. fun. In Madrid (Spain) CISV International runs yearly community projects like this one (called Mosaic) that are a true source of inspiration for making a difference in our communities. And it is not the only one, at the beginning of this year, the Junior Branch

of CISV Geneva, Switzerland gathered to take part in a project in collaboration with the Red Cross. One Wednesday afternoon per month until the end of the school year of 2013, volunteers planned and ran activities for immigrants’ kids in Geneva to promote integration and to show them a bit about the Swiss culture. Another way of living the non-formal education concept is simply learning from each other experiences. 3,000 Rover Scouts of CNE, Portugal, were involved in 82 volunteering projects, all across the country in 2011. All projects were developed in partnership with the community, involving youth volunteers from both in and outside the youth movement. Every non-formal education project that is run by youth organisations sets out with a well-paved mission. A youth worker is passionately driven to the highest heights of devotion by their mission, is therefore a tool to inspire others. We can create our ideal space for other sort of learning simply by believing in our projects, and trying to make them a reality!


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Nous sommes vendredi soir et la rue de Bruxelles à Louvain est placardée de posters direction VleugelF, un centre de jeunes. Sur les posters, de la pub pour un événement “Poetic Beats n’ Jam” (PB n’J); un mélange de poésie slam, beats hip hop, sessions open mic, et réalisation d’une fresque en direct par Happy Campers, un groupe d’artistes dynamiques qui bombent et peignent avec d’autres artistes qui jouent en toile de fond, sans oublier les sandwiches incontournables à la confiture et au beurre de cacahouètes. C’est un des nombreux événements proposés par Urban Woorden. Urban Woorden organise des podiums ouverts, des performances, des ateliers gratuits pour et avec les jeunes de milieux divers. L’organisation de jeunesse est tout à fait à la hauteur de son slogan “Construire des génies du langage et unir la société!”. Sur place, l’air est rempli d’une énergie super contagieuse. Urban Woorden n’est pas seule dans l’aventure. Beaucoup d’autres organisations de jeunesse ont des projets qui font de l’éducation non formelle une réalité. De jeunes personnes handicapées et des membres actifs d’une organisation de jeunesse travaillent aussi ensemble, ils apprennent ensemble et partagent leurs histoires et expériences tout en s’amusant. A Madrid (Espagne), CISV International dirige des projets communautaires annuels comme celui-ci (il s’appelle le projet mosaïque) qui sont une véritable source d’inspiration pour apporter le changement au sein de nos communautés. Et ce n’est pas le seul! Au début de cette année, la branche junior de CISV Genève en Suisse s’est réunie pour participer à un projet en collaboration avec la Croix Rouge. Un mercredi après-midi par mois jusqu’à la fin de l’année scolaire de 2013, des volontaires ont prévu et organisé des activités pour les enfants d’immigrés à Genève pour promouvoir leur intégration et leur montrer un peu de la culture suisse.

Une autre manière de vivre le concept de l’éducation non formelle est simplement d’apprendre des expériences des uns et des autres. Trois mille Rovers (scouts) de CNE au Portugal ont participé à 82 projets de volontariat à travers le pays en 2011. Tous les projets ont été développés en partenariat avec la communauté, impliquant de jeunes volontaires internes et externes au mouvement associatif. Chaque projet d’éducation non formelle dirigé par des organisations de jeunesse démarre avec une mission bien pensée. Un animateur de jeunes est passionné par sa mission qui l’emmène aux sommets de la dévotion, pas étonnant donc qu’il soit un outil d’inspiration pour les autres. Il est tout à fait possible de créer l’espace idéal pour une autre sorte d’apprentissage, il suffit simplement de croire à nos projets, et d’essayer d’en faire une réalité!

Another way of living the nonformal education concept is simply learning from each other experiences. Une autre manière de vivre le concept de l'éducation non formelle est simplement d'apprendre des expériences des uns et des autres.


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Building their own dream job

European young entrepreneurs

Créer l’emploi de leurs rêves les jeunes entrepreneurs européens

Today, more and more young people are becoming entrepreneurs due to perseverance, dedication and the help of new technologies that make their businesses successful. These entrepreneurs are the ones that can create jobs and help fight the current higher unemployment rates that are threatening Europe. Even the European Commission has realised the importance of promoting entrepreneurship among young people, recently launching the ‘Erasmus for Young Entrepreneurs’ call for proposal, which intends to give “new or aspiring entrepreneurs the chance to learn from experienced entrepreneurs running small businesses in other European Union countries”. We have talked with some young and successful entrepreneurs from all over Europe in order to see their key for success.

WORDS BY OLGA VOLOVYK

olga.volovyk@gmail.com

AND VIDMANTE DUBICKAITE

d.vidmante@gmail.com

Aujourd'hui, de plus en plus de jeunes deviennent entrepreneurs grâce à leur persévérance, à leur dévouement et à l'aide des nouvelles technologies qui leur permettent de réussir dans leur entreprise. Ces entrepreneurs sont des personnes qui peuvent créer des emplois et contribuer à lutter contre la hausse des taux élevés de chômage qui menace l'Europe. Même la Commission européenne a réalisé l'importance de promouvoir l'entrepreunariat des jeunes en lançant récemment l'appel à propositions pour “Erasmus pour jeunes Entrepreneurs” qui veut “donner la chance à de nouveaux ou aspirants entrepreneurs d'apprendre auprès d'entrepreneurs chevronnés à diriger de petites entreprises dans d'autres pays de l'Union européenne”. Nous nous sommes entretenus avec quelques jeunes entrepreneurs chanceux éparpillés à travers l'Europe pour essayer de comprendre quel était le secret de leur succès.


Peter Savych

A business of your own is for those who weren’t able to fill their potential within the already existing structures and who want to create something completely new.

Laura Saralegui Having a dream job also means making your ideas a real job proposal. For example, Laura Saralegui (26 years old, Spain) was the winner of the Women Entrepreneurs in Europe ’12 competition organised by Siemens España and IE Business School. She invented a new method of treating water that uses ultrafiltration technology to eliminate waste from cosmetic treatments that have a high pollution potential for water in urban areas. Laura received a 100% scholarship to do IE Business School’s International Management during the 2012-2013 academic year that enables her to make her business idea a reality.

Faire le travail de ses rêves, c'est aussi transformer ses idées en vraie proposition de travail. Par exemple, Laura Saralegui (26 ans) a gagné le concours “Femmes Entrepreneurs en Europe '12” organisé par Siemens Espagne et l'Ecole de Commerce IE. Elle a inventé une nouvelle méthode de traitement de l'eau qui utilise la technologie de l'utrafiltration pour éliminer les déchets des produits cosmétiques qui ont un potentiel de pollution élevé pour l'eau dans les zones urbaines. Laura a bénéficié d'une bourse d'études complète pour étudier la gestion internationale à l'Ecole de Commerce IE pendant l'année académique 2012-2013, ce qui lui a permis de convertir son idée d'entreprise en réalité.

Une entreprise personnelle est destinée à celles et ceux qui ne sont pas parvenus à réaliser leur potentiel au sein de structures déjà existantes et qui veulent créer quelque chose de totalement nouveau.

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Peter Savych a 23 ans, il est le fondateur de “Sales Marketing System” en Ukraine; une entreprise orientée vers le développement et la mise en place de stratégies de marketing, de consultance et de formations. “Une entreprise personnelle est destinée à celles et ceux qui ne sont pas parvenus à réaliser leur potentiel au sein de structures déjà existantes et qui veulent créer quelque chose de totalement nouveau”, nous dit Peter. Inspiré par ses clients, par la concurrence et par ses partenaires, il a quitté un emploi bien payé dans une entreprise à la pointe dans son domaine. A présent il cherche à agrandir son entreprise et à passer à un stade où son travail consistera à engendrer des idées et à tout contrôler depuis le sommet.

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Peter Savych is 23 years old and is the founder of “Sales Marketing System” in Ukraine, a business oriented at development and implementation of marketing strategies, consultancy and trainings. “A business of your own is for those who weren’t able to fill their potential within the already existing structures and who want to create something completely new”, says Peter. Inspired by his clients, competition and partners, he quitted a well-paid job in one of the leading companies in his sphere. Now, he is looking to expand his business and grow to a point where his job will be to generate ideas and control everything from the top.


Karsten Deppert

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Karsten is a co-founder of "Contentor" whose most clients are e-commerce websites and SEO agencies. "I have never planned to become an entrepreneur. It started with a small project, which later became a company and now a complete startup with a great team", says Karsten Deppert (28 years old, Sweden). As Karsten's co-founder has already had a business before, the process of setting up the company was relatively easy. "My co-founder, Dan, is a person inspiring me. Apart from that, there is no particular person, but rather a lot of traits from different persons that inspire me - honesty, transparency and business orientation. Elon Musk is inspiring for his grand plans and great ambitions", says Karsten, when asked about his inspiration. Karsten is aware of the youth unemployment in Europe and believes that there is a possibility to create our own workplace. "Unfortunately, a lot of young people do not have that ambition or mindset, which is the main obstacle, I believe", he concluded.

A lot of young people do not have that ambition or mindset, which is the main obstacle, I believe. Beaucoup de jeunes n'ont ni l'ambition ni l'état d'esprit, et je crois que c'est l'obstacle majeur.

Karsten est l'un des co-fondateurs de “Contentor” dont la plupart des clients sont des sites web d'ecommerce et des agences SEO. “Je n'ai jamais prévu de devenir entrepreneur. Tout a commencé par un petit projet qui est ensuite devenu une entreprise et aujourd'hui une startup complète avec une super équipe”, nous raconte Karsten Deppert (28 ans, Suède). Vu que l'autre co-fondateur de Karsten avait déjà une entreprise auparavant, le processus d'établissement de l'entreprise a été relativement simple. “Mon co-fondateur Dan est une source d'inspiration pour moi. A part ça, il n'y a aucune personne en particulier, mais plutôt énormément de traits de caractères de personnes différentes qui m'inspirent – l'honnêteté, la transparence et l'orientation professionnelle. Elon Musk m'inspire pour ses grands projets et ses grandes ambitions”, explique Karsten, lorsqu'on lui demande d'où lui provient son inspiration. Karsten est conscient du chômage des jeunes en Europe et il croit qu'il est possible de créer son propre lieu de travail. “Malheureusement, beaucoup de jeunes n'ont ni l'ambition ni l'état d'esprit, et je crois que c'est l'obstacle majeur”, conclut-il.


Wessel Reijers

En plus de la vie très mouvementée d'un entrepreneur, Wessel Reijers (24 ans, PaysBas), étudie, il fait tourner son entreprise – il dirige une société de voyages organisés, il travaille sur le lancement d'une nouvelle société IT “DoToKnow”, et il joue dans un groupe. Il a commencé au niveau local en reprenant une entreprise à son compte, et il prévoit à présent de la propulser au niveau international. Son diplôme en études européennes et son futur diplôme en philosophie n'ont pas grand chose à voir avec les affaires. Etudier ce qui l'intéresse et faire ce qui le passionne lui donne l'élan, l'enthousiasme et l'énergie dont un entrepreneur a besoin. Fort de l'expérience acquise grâce à son travail en organisation de jeunesse et des compétences obtenues grâce à sa position de chef, il est certain de réussir.

Coming from different countries and being all different ages, each of these entrepreneurial companies have their own target group and aim for success in different ways and for different reasons. Be it accidental or planned, their ideas are becoming companies and businesses that can create jobs; they are building their own dream future while helping fighting unemployment.

Dominika Koczot-Mosz Dominika Koczot- Mosz (30 years old, Poland) is the owner of ManifatturaDonna. She set up the company two years ago in London. Her company is operating mainly on the British market, producing in Italy and for the past two months also in Warsaw. Her business assists women in finding personal style and in identifying strengths that help them achieve business goals. For Dominika it is important, as a businesswoman, to stay true to yourself, your personal style, and follow your dreams. Dominika Koczot – Mosz (30 ans, Pologne) est la propriétaire de ManifaturraDonna. Elle a monté sa société il y a deux ans à Londres. Elle opère principalement sur le marché britannique, produit en Italie, et depuis ces deux derniers mois également à Varsovie. Son entreprise aide les femmes à trouver leur style personnel et à identifier les forces qui les aideront à réaliser les objectifs de leurs entreprises. Pour Dominika, une femme d'affaires doit rester fidèle à soi-même, à son style personnel et suivre ses rêves.

Provenant de pays différents et ayant tous un âge différent, chacune de ces entreprises a son propre groupe cible et vise le succès à sa manière et pour différentes raisons. Qu'elles aient été accidentelles ou planifiées, leurs idées se transforment en sociétés et entreprises qui peuvent créer de l'emploi; elles construisent leur propre avenir de rêve tout en permettant de lutter contre le chômage.

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YOUTH OPINION

With a hectic life of an entrepreneur, Wessel Reijers (24 years old, Netherlands) combines studying, keeping one company running –he is the head of a guided tours company, working on the launching of a new IT company “DoToKnow” and is playing in a band. Starting local by taking over a business, he plans to make his own company go international. His degree in European Studies and future degree of Philosophy have little to do with business. Studying what he likes and doing what he has passion for together will give him the drive, enthusiasm and energy that a young entrepreneur needs. With the experience gained from work in the youth organisation, combined with the skills obtained in the position of a boss, he is sure of his future success.


/ HOTPOT OPEN GOVERNMENTS FOR NEW TIMES / DES GOUVERNEMENTS OUVERTS POUR UNE NOUVELLE ÈRE WORDS BY

MACARENA RODRIGUEZ macarena.rodriguez@youthforum.org


In a modern society living in the XXI century, the «open government» is essential to enable citizens to hold power and oversee decision-makers and governments. This is fundamental for democracy, but it is still a utopian concept. Politicians however cannot continue ignoring the concept of open government especially since social networks have helped citizens to be directly in touch with them. They are to an extent obliged to interact with citizens; the same citizens that trusted them and thus, voted for them. New technologies, and especially social networks, are the best vehicle to promote collaboration and participation of

/hotpot

Media thus needs to publish information also using new technologies, but not only social media networks. In order to make accountable citizens, they must publish the data that belong to the citizens. This exercise is known as «open data.» Open data does not refer to personal data; it refers to all public data that may affect citizens’ livelihood in a community. One example is the procurement data. Citizens must know all the information that relates to the tenders launched by their municipalities in order to take part in them as participants, but also in order to see how their tax money is invested. Of course, data provided by governments should be published in formats adapted to be readable by machines so

YOUTH OPINION

Les citoyens ne demandent la transparence qu’après que ces cas aient été divulgués, alors qu’ils auraient dû la demander avant.

Nevertheless, transparency being the first step of a government to empower citizens remains a foreign concept to the average citizen and also to decision-makers. Media are still the fourth pillar, and though social networks are beginning to have a large presence, media are still holding the power to inform and therefore they must be the transparency guarantors. We must take into account that a media could be a private company, thus, they are not obliged to be transparent, but they must work for having governments’ transparency and keep citizens informed.

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Transparency should be used as a tool to «empower» citizens. If there is no transparency, the information does not flow. If citizens are not informed, they cannot collaborate with the decision-makers and governments in improving their lives and environment. If there is no collaboration, they are not able to participate to improve their lives. These three pillars -transparency, collaboration and participationare therefore the three pillars of the «open government”.

Citizens only call for transparency after these cases are known, when they should call for transparency before.

citizens with governments in order to benefit everyone.

UN Photo/David Finn

/ en

Transparency. This word is often linked to a behaviour used as a tool to fight against corruption. In Europe, especially in Southern Europe, we have heard more than ever calls for transparency because more corruption cases are being released in the media. However, citizens only call for transparency after these cases are known, when they should call for transparency before, in order to avoid these cases. If governments are more transparent, there will be fewer investigations. If citizens know in detail the budget of their municipalities and exactly where their taxes are spent, they can monitor if the budget lines are well spent by their representatives. Thus, politicians elected by citizens can be truly overseen and citizens could avoid cases of misappropriation or mismanagement of municipality funds -at least in theory if citizens want to exercise this «power».


UN Photo/David Finn

In conclusion, an informed citizen is a citizen with power. In order to move from the utopian concept to make this a reality, we need an «open government» at all levels of democracy, from local to European, based on transparency,

collaboration and cooperation, and that uses information and communication technologies as a tool for these purposes.

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YOUTH OPINION

journalists or media can transform these data into pieces of news. Therefore, citizens can understand, learn, and decide how to exercise their power and finally, act and monitor their democratic rights. Also, social networking can be a two-way vehicle for all actors; governments, media and citizens, to discuss the findings given by the open data and to really enjoy the democracy in which they live.

Transparence. Ce mot est souvent associé au comportement utilisé pour lutter contre la corruption. En Europe, surtout dans le Sud, nous entendons de plus en plus souvent des appels à la transparence parce que de plus en plus de cas de corruption sont révélés par les médias. Pourtant, les citoyens ne demandent la transparence qu’après que ces cas aient été divulgués, alors qu’ils auraient dû la demander avant pour les

empêcher. Si les gouvernements étaient plus transparents, il y aurait moins d’investigations. Si les citoyens connaissaient en détail le budget de leurs municipalités, et s’ils savaient exactement où passe l’argent de leurs impôts, ils pourraient contrôler si les lignes budgétaires sont bien dépensées par leurs représentants. Donc, les politiciens élus par les citoyens pourraient vraiment être supervisés et les citoyens pourraient éviter des cas de détournement ou de mauvaise gestion des fonds de la municipalité – du moins en théorie, si les citoyens souhaitent exercer ce “pouvoir”. La transparence doit être utilisée comme un


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.037 outil pour “responsabiliser” les citoyens. Sans transparence, l’information ne circule pas. Si les citoyens ne sont pas informés, ils ne peuvent pas collaborer avec les décideurs et les gouvernements pour améliorer leur vie et leur environnement. Sans collaboration, ils ne peuvent prendre part à l’amélioration de leur vie. Ces trois piliers -transparence, collaboration et participation- sont donc les trois piliers d’un “gouvernement ouvert”. Dans une société moderne vivant au XXI siècle, le “gouvernement ouvert” est essentiel pour permettre aux citoyens de jouir d’un certain pouvoir et de superviser les décideurs et les gouvernements. C’est fondamental pour la démocratie, mais cela reste un concept utopique. Or, les politiciens ne peuvent pas continuer à ignorer le concept de gouvernement ouvert, en particulier parce que les réseaux sociaux ont aidé les citoyens à être en contact direct avec eux. Ils sont en quelque sorte obligés d’interagir avec les ciotyens car ce sont ces mêmes citoyens qui leur ont fait confiance et les ont élus. Les nouvelles technologies et les réseaux sociaux en particulier sont le meilleur moyen de promouvoir la collaboration et la participation des citoyens avec les gouvernements pour que tout le monde en profite.

Cependant, le fait que la transparence constitue le permier pas pour qu’un gouvernement valorise ses citoyens est un concept étranger au citoyen moyen et également aux décideurs. Les médias sont toujours le quatrième pilier, et malgré que les réseaux sociaux commencent à bénéficier d’une large présence, les médias détiennent toujours le pouvoir de l’information et ils doivent donc se faire les garants de la transparence. Nous devons tenir compte du fait qu’un média pourrait être une entreprise privée qui ne serait donc pas tenue d’être transparente; mais ils doivent par contre tout faire pour avoir la transparence du gouvernement et maintenir les citoyens informés. Les médias doivent donc publier des informations en utilisant également les nouvelles technologies, mais pas uniquement les réseaux des médias sociaux. Pour rendre les citoyens responsables, ils doivent publier les données qui appartiennent aux citoyens. Cet exercice est connu sous le nom de “données ouvertes”. Les données ouvertes ne font pas uniquement référence aux données personnelles; elles font référence à toutes les données publiques qui peuvent affecter les moyens de subsistance des citoyens au sein d’une communauté. Un exemple porte sur les données d’approvisionnement. Les citoyens doivent tout savoir sur les appels d’offres lancés par leurs municipalités pour pouvoir y participer,

en tant que participants mais également pour voir comment l’argent qu’ils versent aux impôts est investi. Bien sûr, les données fournies par les gouvernements doivent être publiées dans des formats adaptés pour être lisibles par des machines, pour que les journalistes ou les médias puissent les transformer en nouvelles. Ainsi, les citoyens peuvent comprendre, apprendre, et décider comment exercer leur pouvoir pour enfin agir et superviser leurs droits démocratiques. L’utilisation d’un réseau social peut également être un véhicule à double sens pour l’ensemble des acteurs; les gouvernements, les médias et les citoyens, qui peuvent discuter des résultats fournis par les données ouvertes et véritablement bénéficier de la démocratie dans laquelle ils vivent. En conclusion, un citoyen informé est un citoyen doté de pouvoir. Pour pouvoir passer du concept utopiste à la réalité, il faut un “gouvernement ouvert” pour tout le monde à tous les niveaux de la démocratie, du niveau local au niveau européen; un gouvernement qui soit fondé sur la transparence, la collaboration et la coopération, et qui utilise les technologies de l’information et de la communication dans ce sens.


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WHERE TO LOOK

SIMRAN'S STORY WAS A FIRST PLACE WINNER IN THE 5TH ANNUAL JUNIOR AUTHORS SHORT STORY CONTEST HOSTED BY LAURA THOMAS COMMUNICATIONS. THE CONTEST IS AN INTERNATIONAL COMPETITION FOR YOUNG WRITERS AGED 9-21 FROM ANY COUNTRY. LET’S DREAM WITH HER STORY! / L’HISTOIRE DE SIMRAN A REMPORTÉ LE PREMIER PRIX DU 5ÈME CONCOURS ANNUEL DE NOUVELLES POUR JEUNES AUTEURS ORGANISÉ PAR LAURA THOMAS COMMUNICATIONS. C’EST UN CONCOURS INTERNATIONAL POUR JEUNES AUTEURS DE 9 À 21 ANS OUVERT À TOUS LES PAYS. LAISSONS-NOUS EMPORTER PAR SON HISTOIRE!

/ en

WWW.JUNIORAUTHORSCONTEST.COM He must have heard her coming because once she’d slammed the gate and stomped her way through the yard, he was already sitting expectantly on one of the lopsided boulders lining the garden. He held a gardening tool in his hands—an odd looking contraption used to pull out weeds, he’d once explained to her. A curious smile touched the gardener’s face as he watched her storm towards him. She wore a rumpled blue dress and hauled a knapsack over her shoulder. Arms flying at her sides, frizzy hair poking out of her braid—she looked incredibly annoyed. “How was school?” he offered, a smile at his lips. In reply she dropped her knapsack to the ground,

ripped off her shoes and flung them through the air. They hit the fence with a thwack. She then dropped onto her back, stretched out on the lawn and looked to the sky. “Sam,” she said, breath heaving. “This planet sucks.” He did his best to look serious. “What happened?” “Frankie Collins, that’s what,” she snorted as if it were the most obvious thing in the world. Rolling over onto her side, she twisted a strand of grass around her finger and looked up at him. He had dark hair and eyes, and his sun-browned skin was marked with scars—a large one ran along his jaw and another poked out from under his collar. She’d asked him about them once, but

his face had taken on that sad look he got whenever she asked too many questions. She didn’t want to make him upset, so she had stopped asking. “The principal called my mom. They’re mad.” Sam just looked at her. She groaned, rolling onto her back. “I may have hit him.” He sighed, looking out into the yard. It was very large—with freshly cut grass, surrounded by hedges and an assortment of trees bearing apples, plums and cherries. A stone pathway curved through the middle, which led to a polished gazebo. The house itself was enormous.


“C’était comment l’école?” lança-t-il, un sourire aux lèvres. Pour toute réponse elle jeta son sac à dos par terre, retira ses chaussures et les balança dans les airs. Elles allèrent heurter la barrière. Elle se laissa ensuite tomber sur le dos, s’étira dans l’herbe et regarda le ciel. “Sam” dit-elle, tout essouflée, “cette planète craint”. Il fit de son mieux pour avoir l’air sérieux. “Que s’est-il passé”? “Frankie Collins, voilà “ce” qui s’est passé” grogna-t-elle, comme si c’était la chose la plus évidente au monde. Roulant sur le côté, elle entortilla un brin d’herbe autour de son doigt et regarda Sam. Il avait les cheveux noirs et les yeux foncés, et sa peau bronzée était marquée de cicactrices – une grande le long de sa mâchoire, et une autre qui sortait de son col. Elle lui avait demandé un jour comment il se les était faites, mais son visage était devenu triste, comme lorsqu’elle lui posait trop de questions. Elle ne voulait pas lui faire de peine alors elle avait arrêté de lui demander. “Le principal a appelé ma mère. Ils sont cinglés.” Sam la regarda, simplement. Elle geignait, se roulant sur le dos. “J’aurais pu le frapper”. Il soupira, regardant vers le jardin. Il était très grand – la pelouse venait d’être tondue, il était entouré de haies et d’une série d’arbres fruitiers pleins de pommes, de prunes et de cerises. Un petit chemin de pierres le sillonnait au milieu, menant à un très joli pavillon. La maison ellemême était énorme. Des portes blanches, d’élégantes fenêtres – c’était une grande maison de l’époque victorienne. Il fixa la fillette qui était pieds nus et se mordillait les lèvres, “Alors pourquoi aurais-tu fait une chose pareille?”. Elle observait le ciel. “Il a dit que j’étais grosse”. “Et tu le crois?” “Pfffff”, gémit-elle. “Je sais ce que tu vas dire. Ce que les autres pensent n’a pas d’importance, ce qui compte c’est comment moi je me vois, et bla bla bla.” Furieuse, elle changea de sujet. “Pourquoi ne vas-tu pas à l’école Sam?” C’est une question qu’elle s’était toujours posée depuis que Sam avait commencé à travailler pour sa famille il y

Ca l’a énervée. Elle a senti ses poings se serrer et ses ongles s’enfoncer dans ses paumes. Avant de s’en rendre compte elle avait levé le poing en l’air et menacé le ciel. Elle imaginait que soudain il se déchirait en deux, que des tessons de verre bleu éclataient autour de ses mains, tombant, scintillant, avec de fines volutes de nuages ici et là. Au-delà elle ne voyait rien, ou peut-être voyait-elle tout. Le vide s’étalait au-dessus d’elle et elle se sentit tout doucement s’élever, les bras ouverts, flottant. Puis soudain cela n’avait plus aucune importance que sa mère soit folle, ou qu’elle puisse être grosse, ou qu’elle soit nulle en gym, ou que Frankie Collins soit un crétin parce qu’elle se sentait si petite, qu’elle flottait, et que tout allait bien. Elle voulut se tourner vers Sam et lui dire “Viens avec moi” mais alors il demanderait “Où ça?” et elle devrait répondre “Dans l’espace”, et tout ça aurait l’air complètement absurde. Alors elle ne dit rien. Le silence emplissait l’air. Elle sentit quelque chose lui démanger l’épaule mais elle eut trop peur de bouger, trop peur de rompre le charme de cet instant. “Ce n’est pas si grave”. Elle se tourna pour happer cette voix accrochée à un sourire familier. Sam se pencha vers le massif et s’agenouilla dans la terre. Avec précaution il enroula ses doigts autour d’un lys de Colombie, des pétales orange tachetés de petites lignes noires- comme des cicatrices, pensa la fillette. Des gouttelettes de vert, mauve et bleu aussi douces que ce ciel d’après-midi jaillirent autour de lui. Il inspira, et la fillette eut presque l’impression de voir les couleurs flotter doucement vers lui. Il ferma les yeux, s’offrant le plaisir de chaque couleur. Lorsqu’il parla enfin, ses yeux sombres captèrent le regard de la fillette pour tenter de lui faire comprendre. “ Il suffit de savoir où poser le regard”.

hotpot

Dès que les mots sortirent de sa bouche, elle les regretta. Le visage de Sam se ferma et ses yeux prirent cet air absent, comme lorsqu’il disparaissait. Elle voulut savoir à quoi il pensait mais elle ne supportait pas son air malheureux. “C’est pas grave, oublie ça” avait-elle dit. “L’école, ça craint de toute façon”. Elle l’observa encore un moment mais ne put trouver les mots. Vaincue, elle s’affala de nouveau dans l’herbe et fixa le ciel – le grand ciel solitaire. “La vie, ça craint”.

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Il avait dû l’entendre arriver parce que dès qu’elle avait claqué la porte et qu’elle marchait d’un pas lourd à travers la cour il était déjà assis à l’attendre sur une des grosses pierres asymétriques qui jonchait le jardin. Il tenait un outil de jardinage dans les mains – un engin bizarre utilisé pour arracher les mauvaises herbes, lui avait-il expliqué un jour. Un sourire curieux apparut sur le visage du jardinier alors qu’il la regardait exploser de colère en se dirigeant vers lui. Elle portait une robe bleue froissée et un sac à dos sur les épaules. Les bras ballants, les cheveux ébouriffés sortant de sa tresse – elle avait l’air terriblement contrarié.

a des mois. Parfois il parlait comme son grandpère, pourtant il n’était pas vieux. Il devait avoir le même âge que son grand frère qui était rentré au collège il y a quelques années.

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Il suffit de savoir où regarder

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Furnished with white panels, elegant windows—it was grand, a model Victorian house. He considered the girl, barefoot and chewing on her lip, “Now why would you do something like that?” She watched the sky. “He called me fat.” “You believe him?” “Ugh,” she groaned. “I know what you’re gonna say. It doesn’t matter what others think, it’s how I look at myself. Blah blah.” Irritated, she changed the subject. “Why don’t you go to school Sam?” It was something she’d always wondered since Sam first began working for her family months ago. Sometimes he spoke like her grandpa, but he wasn’t old. He looked about the same age as her eldest brother, who’d gone off to college a couple of years ago. The moment the words left her mouth, she regretted them. Sam’s face fell, his eyes taking on that glazed-over look he got whenever he disappeared. She wanted to know what he was thinking, but couldn’t stand his miserable expression. “Look, just forget it,” she backtracked. “School sucks anyway.” She observed him awhile longer, unable to find words. Defeated, she flopped back onto the grass and stared up at the sky— the big, lonely sky. “Everything sucks.” It made her angry. She felt her fists clench, nails digging into her palms. Before she knew it she drove her fist into the air and jabbed the sky. She imagined it cracking in two, shards of blue glass bursting around her knuckles, falling, shimmering, with wisps of cloud here and there. Beyond it she saw nothing. Or maybe it was everything. Emptiness stretched out above her and she felt herself slowly rise, arms outstretched, floating. And suddenly it didn’t matter that her mom was mad, or that she might be fat, or that she wasn’t good at gymnastics, or that Frankie Collins was a stupid-head, because she was so small and she was floating and everything was okay. She wanted to turn to Sam and say, “Come with me,” but then he’d ask “Where?” and she’d have to say “Outer space,” and that would all be very silly. So she said nothing. Silence filled the air. She felt an itch at her shoulder but was too afraid to move, too afraid to break the spell. “It’s not so bad.” She turned to find the voice attached to a familiar smile. Sam turned to the shrubbery, kneeled in the dirt. Gingerly, he wrapped his fingers around a tiger lily, orange petals flecked with black—like scars, the girl thought. Splashes of greens, purples and blues as soft as the afternoon sky, sprouted around him. He inhaled and the girl could almost see the colours waft their way toward him. He closed his eyes, indulging in each one, each colour. When he spoke at last, his dark eyes reached for her to understand. “You just have to know where to look.”


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BEYOND THE POLITICS OF CRISIS: THE FACE OF ACTIVISM IN SYRIA / AU-DELÀ DE LA POLITIQUE DE LA CRISE : LE VISAGE DU MILITANTISME EN SYRIE IMAGES AND WORDS BY / IMAGES ET TEXTES PAR

When mass anti-government rallies in Tunisia prepared the ground for the Arab Spring to bloom in Algeria, Lebanon, Morocco, Egypt, to name a few – the world looked on with baited breath, ready to scrutinise every development and condemn each atrocity against peaceful protesters. When the young Syrians took to the streets to demand greater respect for human rights in their nation, they were met not with water cannons nor rubber bullets – but live ammunition and a brutal regime crackdown. Before long, the lifeless bodies of 1,000 peaceful protesters lined the streets of some of the world’s oldest cities, whilst the wider world remained largely uninformed and passive to the situation. Two years after the onset of the revolution many young Syrians still play active roles in the revolution and continue to put themselves in harms way for the good of the cause. Many activists remain inside the country, with others have sought refuge in locations across the Middle East and the wider world. Many remain peaceful, whilst others have decided that an armed revolution is the solution.

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Tomas Spragg and Matthias Baun Brubaker Christensen www.syrianactivists.org Lorsque les rassemblements de masse opposés au gouvernement en Tunisie ont préparé le terrain pour que le Printemps arabe fleurisse en Algérie, au Liban, au Maroc et en Egypte -pour n’en citer que quelques-uns, le monde retenait son souffle, prêt à analyser le moindre développement à la loupe et à condamner chaque atrocité venant frapper les manifestants pacifiques. Lorsque les jeunes militants syriens sont descendus dans la rue pour réclamer un plus grand respect des droits humains pour leur nation, ils se sont trouvés face non pas à des canons à eau ni à des balles en caoutchouc – mais bien à des balles réelles et à une répression brutale du régime. Très vite, les corps sans vie d’un millier de manifestants pacifiques ont commencé à joncher les rues de quelques-unes des plus vieilles villes du monde, tandis que le reste du monde restait pour la plupart dans l’ignorance et la passivité face à la situation. Deux ans après le début de la révolution, de nombreux jeunes Syriens continuent de jouer un rôle actif dans la révolution et se mettent en danger pour la bonne cause. Beaucoup d’activistes sont restés dans le pays tandis que d’autres sont allés chercher refuge quelque part au Moyen Orient ou ailleurs. Beaucoup restent pacifiques tandis que d’autres ont décidé que la révolution armée était la solution.


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“En 2002, ceux qui organisaient étaient un groupement particulier d'individus, principalement des intellectuels. Le Printemps arabe de 2011 a montré aux Syriens que la volonté du peuple pouvait vraiment amener le changement. Pourtant, tout a très vite tourné au bain de sang. Lorsque le premier manifestant a été tué, nous avons su que nous ne retournerions pas chez nous avant d'avoir terminé ce pour quoi nous étions descendu dans la rue.”

YOUTH OPINION

"In 2002, those that organised were a particular grouping of people, mainly intellectuals. The Arab Spring in 2011 showed Syrians that the will of the people could really make a change. It quickly became about blood though. When the first protester was killed, we knew that we were not going back to our houses until we achieved what we went to the street for."​

journalism

Oula Ramadan

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Kinda & Lubna Zaour

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“When we protested in wedding dresses we wanted to deliver the message that there is still a peaceful movement in Syria. We knew we would be arrested, but knew we had to continue. The 50 days we spent in prison was a painful time that I will never forget” “Many activists ran away from the revolution when the armed conflict began, with the opposition, regime and Islamic fundamentalists making activism in Syria a very dangerous game. We fled to Lebanon after my sister was kidnapped; now we do what we can to support the revolution from outside.” “Lorsque nous avons manifesté en robes de mariées, nous avons voulu faire passer le message qu’il existe encore un mouvement pacifique en Syrie. Nous savions que nous allions être arrêtées, mais nous savions que nous devions continuer. Les 50 jours que nous avons passés en prison ont été douloureux, je ne les oublierai jamais!”

“De nombreux militants ont fui la révolution lorsque le conflit armé a commencé et que l’opposition, le régime, et les fondamentalistes islamiques ont transformé le militantisme en Syrie en un jeu très dangereux. Nous avons fui vers le Liban après que ma soeur ait été kidnappée; aujourd’hui nous faisons ce que nous pouvons pour soutenir la révolution depuis l’extérieur.”

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Ibrahim al-Bassri & Mozna Duraid “In my hometown of Der er Zor, I was active in the demonstrations from the very start and remained peaceful and active when armed groups took over. Before long, I fled north to provide humanitarian help to children” “We fled to Turkey to be together and got engaged when we were finally reunited here. The day Bashar al-Assad falls is the day we will marry, so we hope not to wait too long.” “Dans ma ville natale de Der er Zor, j'ai participé aux manifestations depuis le tout début et je suis resté pacifique et actif lorsque les groupes armés ont pris le contrôle. Très vite j'ai fui vers le nord pour apporter de l'aide humanitaire aux enfants”. “Nous avons fui vers la Turquie pour être ensemble et nous nous sommes fiancés lorsque nous avons finalement été réunis ici. Le jour où Bashar al-Assad tombera nous nous marierons, donc nous espérons ne pas devoir attendre trop longtemps.”

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Haitham Siefo “Even though I was a member of the military special forces in the south at the beginning of the revolution, whenever home in Damascus, I’d join the protestors demonstrating in Ruqn Edin. I was sent to Dara’a to crackdown on protesters and when I refused to open fire on civilians, I was shot four times in my right leg as I tried to flee. I took the long road to the border via Damascus, Homs and Hama to Turkey, where I now provide logistical support for a Syrian opposition brigade” “Même si j'étais membre des forces militaires spéciales dans le sud au début de la révolution, dès que j'étais à la maison à Damas je me joignais aux manifestants à Ruqn Edin. J'ai été envoyé à Dara'a pour réprimer les manifestants et lorsque j'ai refusé de tirer sur des civils, on m'a tiré quatre fois dans la jambe droite alors que je tentais de m'enfuir. J'ai emprunté la longue route jusqu'à la frontière turque via Damas, Homs et Hama où j'apporte aujourd'hui un soutien logistique à une brigade de l'opposition syrienne .”


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Dara’a’s Children / Les enfants de Dara'a

Un militantisme aussi impressionnant est malheureusement réservé à la poignée de personnes qui peut survivre au-dessus du seuil de pauvreté. Alors que le conflit fait rage, des milliers de réfugiés, principalement des enfants orphelins comme ceux de Dara'a, ont fui de l'autre côté de la frontière – avec un nombre encore plus important de déplacés internes. Avec autant d'enfants pétrifiés qui cherchent désespérément un abri sûr loin des assauts, il n'a jamais été aussi important de soutenir les missions humanitaires d'organisations comme Save the Children. Donate to Save the Children / Faire un don à Save the Children: http://bit.ly/syriastc

YOUNG SYRIAN ACTIVIST / JEUNES MILITANTS SYRIENS Unbeknown to a large proportion of the western world, Syria is much more than Assad, al-Nusra, bombings and killings. The nation is one of the oldest civilisations on earth, rich in heritage, cultural diversity and inhabited by an immensely warm people. If you ask most outside of Syria though, they know nothing beyond the headlines of extremism and devastation. This is why the Young Syrian Activists project aims to bring an insight into people who have shaped the revolution, by providing a platform to the originally peaceful activists to express themselves. What is their rationale for their activism? What are their dreams for the future of Syria? The project has a simple objective: to share personal stories that all can identify with, thus raising awareness of the conflict and both the true atrocities and hope it contains. We look beyond the politics of the conflict and instead focus on the individuals who are searching for a brighter future for their homeland.

Inconnue d'une grande partie du monde occidental, la Syrie est bien plus qu'Assad, al-Nusra, les bombardements et les massacres. Cette nation est l'une des plus anciennes civilisations sur terre, riche d'un énorme patrimoine, d'une grande diversité culturelle, et peuplée d'individus extrêmement chaleureux. Par contre, si l'on interroge les gens hors de la Syrie, ils ne savent rien de plus que ce qu'en disent les gros titres: extrémisme et dévastation. C'est pourquoi le projet des Jeunes militants syriens est né, avide de mettre en lumière toutes ces personnes qui ont façonné la révolution et de fournir une plate-forme aux quelques activistes pacifiques à l'origine de cette même révolution. Quelles sont les raisons de leur activisme ? Quels sont leurs rêves pour l'avenir de la Syrie ? L'objectif du projet est simple : partager des récits personnels auxquels tout le monde peut s'identifier, sensibiliser au conflit et aux véritables atrocités tout comme aux espoirs qu'il charrie. Nous dépassons l'aspect politique du conflit pour nous concentrer sur les individus qui sont en quête d'un avenir plus prometteur pour leur terre natale. www.syrianactivists.org facebook.com/youngsyrianactivists / @syrianactivists

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Such inspiring activism is sadly reserved for the few who can survive above the bread line. As the conflict rages on, thousands of refugees, especially orphaned children like these of Dara’a, have fled across the border – with even more internally displaced. With so many children petrified and drastically searching for safe refuge from the onslaught, supporting humanitarian missions from organisations such as Save the Children has never been more critical.

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IF I WERE / SI J’ETAIS YOUNG JEUNE TODAY… AUJOURD’HUI…

IF MARTIN LUTHER KING WAS YOUNG TODAY… SI MARTIN LUTHER KING ÉTAIT JEUNE AUJOURD’HUI...


Dr. King supports education in all forms, recognising the importance of formal and non-formal education as two compliments to the whole of a person’s identity. “The function of education is to teach one to think intensively and to think critically... Intelligence plus character—that is the goal of true education,” said Dr. King. In his famous “I Have a Dream” speech, Dr. Martin Luther King Jr. said the inalienable rights of life liberty and the pursuit of happiness may have been promised in the founding documents of the nation, but they were not fulfilled. It took over 100 years, continuing to this day, of perseverance by people like Dr. King to make a stack of papers a living document. Dr. King’s hope for his four children to live in a nation where they will not be judged by the colour of their skin but by the content of their character speaks to all the youth of today’s world. This would be Dr. King’s hopes today for the future if he were young. His dream does not disappear with equal rights for African Americans, but rather his dream is the dream of everyone who desires change for equality and fairness for all. “I say to you today, my friends, that in spite of the difficulties and frustrations of the moment, I still have a dream”.

En ces temps de sévères discrimination, ségrégation et inégalité pour les Afro-Américains, Dr Martin Luther King fait un rêve. Ce n’est pas un rêve qui le concerne lui, ni uniquement les Afro-Américains, non ; c’est un rêve qui concerne le monde entier.

Si Martin Luther King Jr était jeune aujourd’hui, l’un de ses rêves serait de défendre les droits des jeunes, encourageant la jeune génération à réaliser pleinement son potentiel dans tous les aspects de la vie, y compris l’éducation, l’emploi, la liberté de mouvement et le droit de promouvoir pacifiquement le changement. Pendant les dernières années de sa vie, Dr King se souciait de la pauvreté dans le monde, indépendamment de la race, organisant une Marche des Pauvres sur Washington pour préconiser le plein accès aux allocations santé, un enseignement de qualité, et un salaire décent. Son combat dans les années 1960 est tout aussi approprié pour les jeunes d’aujourd’hui qui connaissent un taux de chômage sans précédent. Dr King soutient l’éducation sous toutes ses formes, reconnaissant l’importance de l’éducation formelle et non formelle comme deux éléments complétant l’ensemble de l’identité d’un individu. « La fonction de l’éducation consiste à enseigner à l’individu à penser intensivement et singulièrement… l’intelligence plus le caractère – voilà l’objectif d’une véritable éducation », a dit Dr King. Dans son fameux discours « Je fais un rêve », Dr Martin Luther King disait que les droits inaliénables à la liberté, à la vie et à la recherche du bonheur avaient été promis dans les documents instituant la nation, mais que la nation avait failli à sa promesse. » Il a fallu plus de 100 ans – et encore aujourd’hui – énormément de persévérance de la part de gens comme Dr King pour faire d’une pile de papiers un document vivant. L’espoir de Dr King pour ses quatre enfants de vivre dans une nation où ils ne seraient pas jugés sur la couleur de leur peau mais bien sur la nature de leur caractère est un espoir qui parle à toute la jeunesse du monde aujourd’hui. Ce seraient aujourd’hui les espoirs de Dr King pour l’avenir s’il était jeune. Son rêve ne disparaît pas avec l’égalité des droits pour les Afro-Américains ; son rêve c’est plutôt le rêve de tout individu avide de changement pour l’égalité et la justice pour tous. « Je vous le dis ici et maintenant mes amis, même si nous devons affronter des difficultés aujourd’hui et demain, je fais pourtant un rêve. »

YOUTH OPINION

Bien que la discrimination et le racisme à l’encontre des Afro-Américains étaient au centre de son mouvement, ce n’était pas son seul objectif. Ses convictions transcendent les questions de race de la culture américaine des années 1960 car elles ont un rapport avec les problèmes que connaissent les jeunes chaque jour.

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If Martin Luther King Jr. was young today, one of his dreams would be to champion youth rights, encouraging the young generation to reach their full potential in all aspects of their lives including education, employment, freedom of movement and the right to peacefully promote change. In the last years of his life, Dr. King became concerned with global poor regardless of race, organising a Poor people’s March on Washington to advocate for full health care benefits, a high-quality education, and a living wage. His fight in the 1960’s is just as relevant for today’s youth with an unprecedented high unemployment rate.

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In a time of harsh discrimination, segregation and inequality for African Americans, Dr. Martin Luther King Jr. had a dream. His dream was not only for himself, or even solely for African Americans, but his dream was for all people. While African American discrimination and racism was a major focal point of his movement, this was not his only goal. His beliefs transcend race issues of the 1960’s American culture as they are relevant to the issues youths face every single day.


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