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ASSOCIATION REUNIONNAISE DE YOGA

février 2013

N°58


Illustrations: Couverture : Tournesols «images buissonnières» Artifix page 2 : photo A. Hofer page 9 : photo Gislein Fontaine page 11 : calligraphie Luc Templier page 12-13 : photos Guy Martin pages 22 : photo Jean-Philippe Deguine page 22-23 : photos Cécile Donguy

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éditorial Et si l’on entamait l’année 2013 avec ces quelques vers de Guillaume Apollinaire ? « Un jour Un jour je m’attendais moi-même Je me disais Guillaume il est temps que tu viennes Pour que je sache enfin celui-là que je suis. » Cortège

Le poète le sait bien. La vie, trop souvent et l’air de rien, s’écoule hors de nous, devant ou derrière nous. Souvent et l’air de rien, on passe à côté des choses. L’instant d’avant ou l’instant d’après absorbe l’instant présent. Au moment où j’écris ces quelques lignes (début janvier), l’Eglise Catholique célèbre L’Epiphanie -expérience d’Eveil au divin - et les commerces font la promotion de la « Galette des Rois » ! C’est sans doute l’occasion de faire la part des choses et de se tourner vers des valeurs moins éphémères. Il existe en effet une forme laïque de l’Eveil Epiphanique : c’est un état, une attitude mentale particulière et volontaire qu’en psychothérapie on appelle « la pleine conscience ». La pleine conscience consiste à être présent à l’expérience du moment sans filtre (on accepte ce qui advient) sans jugement (on ne se demande pas si c’est bien ou mal) et sans attente particulière (on ne spécule pas sur ce qui pourrait advenir). Pour y parvenir, je vous suggère ces quelques pistes1 : apprendre à attendre, être attentif aux petits riens quotidiens, faire des cures de lenteur, repérer le pilote automatique, changer ses habitudes, désobéir aux injonctions de son inconscient, fréquenter la nature, savoir ne rien faire… Je vous souhaite, en 2013, de ne pas oublier de vivre. Bonne année à toutes et à tous. Christine Deguine 1 On pourra se référer à Christophe Charles, «La vie en pleine conscience », Les états d’âme, Odile Jacob Septembre 2011 SOMMAIRE

• Chronique libre.............................................................................page 4 • La pensée de Gandhi....................................................................page 5 • Méditation......................................................................................page 10 • Pratique ..........................................................................................page 12 • La mémoire : outil de travail dans la pratique du y.oga........page 14 • Le yoga apporte un nouveau souffle à l’école.........................page 15 • Poème..............................................................................................page 19 • La montagne comme support de méditation............................page 20 •.Le coin gourmand..........................................................................page 21 • Notes de lecture..............................................................................page 21 • Vie de l’association........................................................................page 22 • Infos profs........................................................................................page 25 • Adhésion...........................................................................................page 26 • ARY...................................................................................................page 27 • Liste des profs.................................................................................page 28

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La parole est à ... CHRONIQUE LIBRE

Voici quelques années que j’ai la  « prétention » de donner des cours de yoga. J’hésite encore à dire d’enseigner le yoga. De temps en temps, j’observe une personne franchir le seuil de la salle de yoga avec, de toute évidence, l’attente d’un « miracle ». En quels termes a-t-elle entendu parler du yoga ? En tout cas, elle semble vouloir en avoir le cœur net et voir quelle alchimie va pouvoir opérer sans qu’il y ait besoin de s’impliquer vraiment. N’est-ce pas une sorte de gymnastique douce qui promet monts et merveilles ! Bien sûr, ce genre de pratiquant ne dépasse généralement pas cette séance d’ « essai » et retourne sans doute à des activités plus concrètes. Est-ce que je n’ai pas été un peu cela moi aussi? J’ai moi-même fait un jour l’expérience d’aller dans un cours de yoga sans poursuivre cette fois-là. Le chemin de la pratique n’est venu que deux ou trois ans plus tard. Pourtant, il y avait déjà chez moi un intérêt certain et une connaissance au moins livresque du sujet. Je reviens aussi sur ce cours d’essai qui, dans l’esprit de certaines personnes, devrait être gratuit ! J’accueille régulièrement, pour ma part, les nouveaux pratiquants au sein d’un groupe déjà existant. Et ce groupe avec son énergie participe énormément à l’accueil de celles et ceux qui nous rejoignent. Une participation financière est donc demandée à ce premier cours (participation qui sert d’adhésion à l’ARY si la personne poursuit les cours). De ce fait, il n’y a pas de différence dans le groupe entre ceux qui auraient payé et les nouveaux qui demandent peut-être plus d’attention que les autres et qui seraient là gratuitement. Dans tous les cas, que ce soit le premier cours ou qu’on pratique depuis un an ou vingt ans, il est sans doute bien de se demander ce que l’on attend – Quelles sont nos attentes vis-à-vis de cette pratique et plus globalement de cette « discipline de vie » qu’est le yoga ? Et voir, débusquer même qu’il y a souvent, j’allais dire toujours (mais je parle sans doute pour moi) l’attente d’un « miracle ». L’attente qu’il se passe quelque chose d’extra-ordinaire : l’éveil par exemple… Le voir permet de désamorcer la chose… et de continuer le chemin. Guy MARTIN 4


La pensée de Gandhi et la psychologie de la non-violence par le Dr Jacques Vigne Journée internationale de la non-violence à l’occasion de l’anniversaire de la naissance de Gandhi 2-3 octobre, médiathèque et ancien hôtel de ville de St Denis.

Les difficultés de l’action non-violente de Gandhi Gandhi espérait que les musulmans du sous-continent indien pourraient rentrer dans le jeu démocratique. Dans l’ensemble, il s’est trompé à propos de la partie Pakistan et Bangladesh. Beaucoup d’hindous, à commencer par Shri Aurobindo lui-même, estiment que c’est sa faiblesse envers eux qui les a poussés à s’enhardir et a provoqué l’enchaînement qui a mené à la guerre de partition. Le système de la non-violence de Gandhi était bien adapté et a fonctionné correctement avec les Anglais. Le Mahâtma les connaissait bien, puisqu’il avait vécu en Angleterre et en Afrique du Sud. Il savait qu’ils étaient fondamentalement démocrates, et qu’il devait tenir compte de leur opinion publique, celle-ci étant sensible aux arguments moraux d’un leader non-violent et à ses manifestations pacifiques. Ce système ne fonctionne plus avec des dictatures militaires. Si Staline ou Hitler avaient réussi à envahir l’Inde, Gandhi aurait été balayé en un rien de temps, c’est évident. Après avoir répété son évangile de non-violence pendant un demi siècle, il avait perdu, semblait-il, le sens de cette réalité et on peut citer par exemple la lettre qu’il a écrite publiquement aux Anglais fin juin 1940, donc juste après la débâcle ; il avait à l’époque 71 ans : «Je lance un appel à la cessation des hostilités... parce que la guerre est mauvaise dans tous les sens. Vous voulez tuer le nazisme. Vos soldats font le même travail de destruction que les Allemands. La seule différence est peut-être que vous n’allez pas aussi à fond que les Allemands... Je m’aventure à vous offrir une manière plus noble et plus brave, pour les soldats les plus braves. Je veux que vous combattiez le nazisme sans armes... avec des armes non-violentes. Je vous demande de délaisser ces armes qui ont été inutiles pour vous sauver ou sauver l’humanité... Invitez Herr Hitler ou le Signore Mussolini à prendre ce qu’ils veulent des pays que vous appelez vos possessions. Qu’ils prennent possession de votre belle île et de ses nombreux beaux bâtiments. Vous donnerez tout cela, mais non pas vos âmes et vos esprits… » Il semble bien qu’après l’ouverture des camps de concentration, il a fini par comprendre que les nazis avaient été réellement plus brutaux que les Anglais, et que les Pakistanais devaient être maniés fermement. En automne 1947, quelques mois avant son assassinat et lors du discours qu’il faisait à Delhi après la réunion de prière quotidienne, il a déclaré : « Je vais aller voir le gouvernement du Pakistan et je vais leur lancer un ultimatum exigeant d’eux qu’ils honorent leurs engagements et protègent les hindous de leur pays. S’ils ne le font pas, il faudra leur faire la guerre ! » En tant que pratiquant l’attachement à la vérité, il était excédé par les mensonges du gouvernement pakistanais qui après s’être engagé à accepter les hindous dans leur nouveau pays, en a fait en réalité une purification ethnique. Les chiffres le confirment et remplacent de longs discours. Il y a actuellement 14% de musulmans en Inde, alors 5


qu’il n’y a plus que 2% d’hindous au Pakistan, et ils continuent à quitter le pays ou à être convertis de force. Quant au Bangladesh, il y avait 25% d’hindous juste avant l’indépendance, il y en a peut-être 800.000 ou un million qui ont été tués pendant la guerre de séparation des deux Pakistans en 1972. Actuellement il n’en reste plus que 7, 5 %, et leur chiffre continue de diminuer.

Le Mahatma et la question des conversions Gandhi était content des occidentaux qui venaient en Inde avec de réelles idées de service, mais n’appréciait guère ceux qui venaient là avec l’arrière-pensée de convertir. Gandhi a beaucoup combattu pour défendre les droits des hors-castes, il les accueillait dans ses ashrams, mais il reconnaissait que réussir à convertir les membres de ce genre de tribus n’avait pas plus de mérite que de réussir à convertir une vache ... Il faut mentionner que la comparaison n’est pas si désobligeante que cela dans le contexte indien, car la vache est la mère qui nous donne du lait et elle est sacrée jusqu’à un certain point. De même, ces populations originelles de l’Inde en sont comme la mère, et il faut les respecter. Récemment, il y a eu des recherches sur l’ADN montrant qu’elles proviendraient peut-être directement des premières migrations de l’homo sapiens hors d’Afrique de l’Est. Il avait de l’admiration pour le message du Christ, mais considérait quand même que le prosélytisme était « le poison le plus violent qui ait jamais contaminé la fontaine de la vérité ». Pour avoir 120 pages de citations du Mahatma sur le christianisme, et en particulier sur les conversions, on pourra lire l’ouvrage HinduChristian Encounters (AD 304-1996). Je les ai lues, et elles vont régulièrement dans le sens d’une opposition aux conversions. Il a passé ses années en Inde en contact très direct avec la population, et disait franchement qu’il n’avait pratiquement jamais rencontré de conversions qui soient réellement dues à un choix en toute connaissance de cause, par une comparaison réellement documentée des systèmes chrétiens et hindous. Il reprochait aux missionnaires de s’attaquer aux illettrés et par exemple de ne pas trop chercher à le convertir, lui, qui avait la capacité de répondre à leurs arguments souvent naïfs. Gandhi estimait, dans le message du Christ, les Béatitudes, il le répétait souvent, mais n’allait guère plus loin. Il trouvait que l’idée de tendre l’autre joue à l’ennemi qui vous avait frappé était de la faiblesse, de la fausse non-violence, surtout au niveau des collectivités. Un jour, un missionnaire est venu voir Gandhijî et lui a demandé : « Que pouvezvous nous recommander pour nous guider ? » « Ce que je peux dire, répliqua Gandhijî, c’est qu’il devrait y avoir moins de théologie et plus de vérité dans ce que vous dites et faites » « Pouvez-vous expliquer cela ? », demanda le missionnaire. « Comment puis-je expliquer ce qui est évident ? » remarqua Gandhijî. « Parmi les facteurs responsables des nombreuses contrevérités qui sont proposées dans le monde, le plus évident est la théologie. Je ne dis pas qu’il n’y ait pas de demande pour elle. Il y a une demande dans le monde pour beaucoup de choses douteuses. » Gandhi disait souvent sarva dharma sambhava, ce qu’on traduit en général par «toutes les religions sont égales». Je ne sais pas ce qu’il en est dans le Goujarati, la langue maternelle de Gandhi, mais en hindi et en sanskrit, sambhava signifie avant tout «possible». Ainsi, cette formule de Gandhi revient à une gigantesque lapalissade : «Toutes les religions sont possibles», évidemment, puisque de toute façon elles existent. C’était une manière polie, mais ferme de tenir à distance les missionnaires, à une époque où le 6


prosélytisme chrétien en Inde était plutôt fort, et l’hindouisme plutôt faible. Dans une autre optique plus spirituelle, on peut interpréter bhava comme ‘état, expérience dévotionnelle’, à ce moment-là cela voudra dire que toutes les expériences de dévotion se valent. Ceci aura de nouveau la vertu de remettre en cause la raison d’être même de la conversion. Citons un autre texte qui va dans la ligne de Gandhi mais 30 ans plus tard. Il est de la plume de rien moins que Moraji Desai, qui était le Premier Ministre de l’Inde en 1979. C’est lui qui avait restauré la démocratie après l’état d’urgence de Indirâ Gandhi. Il était question de voter une loi pour contrôler les activités des missionnaires, et Mère Térésa avait écrit une lettre de protestation à Moraji. Celui-ci lui a répondu fermement dans les termes suivants : « Si la charité et la philanthropie ne sont pas reliées à des motifs ultérieurs, elles sont profitables. Mais charité et conversion ne peuvent aller ensemble. La religion prospère seulement quand la charité et la philanthropie sont entreprises sans aucun motif intéressé. Le projet de loi que vous avez mentionné ne va pas contre la propagation de la religion. En réalité, ce projet est une tentative pour veiller à ce que les pauvres et les illettrés puissent profiter de leurs libertés religieuses sans aucune peur. Nous devons être particulièrement vigilants à propos des tribus [la cible préférée des missionnaires depuis le début] dont la protection n’est pas seulement garantie par les lois du pays mais aussi incluse de façon sacrée dans la Constitution. C’est notre devoir de préserver les bases de leur manière de vivre en même temps que leur propre religion et leurs modes différents d’adoration. Aucun groupe, quels que soient son appartenance et son credo, ne doit interférer avec leur religion et leurs rituels. D’autres organisations sont aussi engagées dans le travail philanthropique que vous mettez en avant. Mais ce travail ne peut être utile que quand il est effectué sans aucun autre motif ultérieur. Mon opinion, c’est que vous devriez réviser votre attitude envers ce projet de loi [la loi Tyagi] à la lumière de ce que j’ai mentionné. » Ce que Moraji Desai, le Premier Ministre de l’Inde dit en clair à Mère Térésa, c’est que la première des charités est de respecter la croyance des autres, quel que soit leur état de faiblesse économique ou physique, et que les âmes des hindous ne peuvent être achetées pour un lit en hospice ou quelques mois de soupe populaire. La première des charités est donc de laisser les pauvres vivre leur religion tranquillement et sans interférences missionnaires. Cela rappelle la réponse du gouvernement vietnamien à la proposition d’aide par les Eglises. Il a refusé en disant en substance : « Toutes les aides sont bienvenues, mais pas celles qui sont intéressées ». Le Mahâtmâ Gandhi avait pourtant prévenu les missionnaires chrétiens : « Si vous continuez à vendre votre foi comme un produit commercial, votre spiritualité s’effondrera complètement. » Je comprends les choses également dans ce sens : ce qui se passe en Europe est un retour de bâton, un effet boomerang des efforts de conversion non-éthiques des populations du Tiers-Monde et des attaques, calomnies et tentatives de manipulation de l’information et de l’opinion contre les religions originelles. Vu d’Orient, on considère cela à l’évidence comme un retour de karma. Malgré le déploiement sur plusieurs siècles de toutes les gammes de la violence, militaire, économique, politique, idéologique, psychologique, livresque, oratoire, etc. les missions dans beaucoup de pays ont été un échec. Au début du XXe siècle, il n’y avait pratiquement pas de pays qui soient

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officiellement fermés aux missionnaires chrétiens, mais maintenant, expérience faite, il y en a une soixantaine : est-ce un succès ? Ce reflux parallèle de la colonisation et des missions a semé le doute dans le christianisme européen, et ensuite, tout s’est passé comme dans les marchés financiers : quand la confiance est perdue, de plus en plus de gens retirent leurs actions, et ce de plus en plus vite : il y a un effet boule de neige ou de château de cartes qui mène à une sorte d’effondrement, au moins en Europe, quasi complet de façon imprévue. Le marché religieux a ceci de commun avec le marché financier qu’il repose au fond entièrement sur la confiance. Le pluralisme religieux est au fond une forme de polythéisme bien compris. Il y a un Absolu, et on s’y rattache comme on le sent le mieux. Dans beaucoup de pays du sud, et maintenant en Europe aussi, la question du syncrétisme se pose. Certains chrétiens essaient de faire peur aux fidèles en prétendant qu’honorer par exemple Jésus et Shiva est une preuve de schizophrénie. En temps que psychiatre m’intéressant depuis un quart de siècle aux questions religieuses, je dois dire que je ne suis pas d’accord. Le plus grand risque à mon avis, surtout si l’on s’intéresse à la question de la violence, est celui de paranoïa chez celui qui ne suit qu’une voie de façon exclusive et jalouse. L’histoire elle-même a amplement prouvé l’importance de ce risque qui a mené aux morts causées par l’expansion militarisée du christianisme et de l’islam, probablement 300 millions en tout, dont 85 millions environ rien que pour la série de génocides des Indiens opérés par les catholiques espagnols et portugais entre 1494 et 1650 en Amérique du sud et centrale. Il faut bien comprendre ce que voulaient dire Râmakrishna, Gandhi, Mâ Amritânandamayî ou d’autres sages de l’Inde quand ils ont affirmé : « Toutes les religions mènent au même but ». Ils entendaient par là que tous les individus animés d’une dévotion sincère pouvaient arriver à l’Absolu, malgré les limitations certaines du cadre religieux dans lequel ils vivaient le plus souvent à cause de leur naissance. Par contre, ils ne justifiaient ni n’acceptaient en aucun cas les prétentions exclusives et mondialistes qui ont, par exemple, animé le christianisme et l’islam depuis leur début et mené à tant de guerres saintes en répétant leur slogan central : « Seul notre fondateur et sa communauté peuvent sauver le monde, les autres sont destinés à la perdition ! » Ils n’adhéraient pas un instant à cette sorte particulière d’idées de grandeur : l’hindouisme accepte de multiples dieux chacun sur un pied d’égalité, c’est pour cela que ces sages étaient heureux d’être hindous et le sont restés. Pour montrer les tendances qui s’affrontent dans le christianisme américain à propos de la question du prosélytisme et des missions, et l’actualité de Gandhi, il peut être fort utile de parler d’Obama. Une fois, une écolière dans une institution qu’il visitait lui a demandé avec quelle grande personnalité, vivante ou décédée, il aimerait dîner si c’était possible. Il a répondu : « Gandhi » ! On peut citer également cette interview de Barak Obama en mars 2004, à une époque où il venait d’être nommé candidat démocrate pour le siège du Sénat à Chicago. L’interview s’est passée dans cette ville au café Baci avec Cathleen Falsani. Obama est venu seul et ils ont parlé à bâtons rompus pendant une heure, mais exclusivement de questions spirituelles. « Je veux dire que je suis professeur de droit à l’université de Chicago, et j’enseigne le droit constitutionnel. Je suis un grand admirateur de notre charte de fondation, et de sa résolution d’empêcher la formation d’une théocratie, et de sa résolution d’empêcher les tendances destructrices du fondamentalisme de prendre racine dans ce pays. Comme je l’ai dit auparavant, dans ma politique publique, j’ai de grandes suspicions à propos des 8


certitudes religieuses qui s’expriment dans le domaine du politique... Je pense qu’il y a un danger énorme de la part des figures publiques à rationaliser ou à justifier leurs actions en se réclamant d’un mandat divin. Je pense qu’il y a cette tendance et je ne crois pas que ce soit sain pour les figures publiques de brandir la religion à tout venant comme un moyen de se protéger de la critique, ou d’un dialogue avec des gens qui ne sont pas d’accord avec eux... Je suis sûr que c’est un sujet qui va m’amener à des débats sérieux avec mes compagnons chrétiens. Je pense que la chose difficile à propos de toute religion, y compris le christianisme, c’est qu’à un niveau ou un autre, il y a toujours l’appel à l’évangélisation et au prosélytisme. Il y a certainement la croyance en certains endroits que ceux qui n’ont pas embrassé Jésus-Christ comme leur sauveur personnel sont destinés à l’enfer. J’estime difficile de croire que mon Dieu consignerait les 4/5 de l’humanité à l’enfer. Je ne peux imaginer que mon Dieu permettrait qu’un petit enfant hindou en Inde, qui n’a jamais interagi avec la foi chrétienne, aille d’une façon ou d’une autre être consumé dans les flammes. Cela ne fait tout simplement pas partie de ma constitution religieuse. - Question : Avez-vous un exemple de figure de référence, qui pourrait combiner tout ce que vous avez dit vouloir faire dans votre vie, et votre foi ? - Obama : Je pense que Gandhi est un grand exemple d’un être profondément spirituel qui a agi et risqué tout au nom de ces valeurs, mais qui n’a jamais glissé dans l’intolérance et le dogme. Il a semblé toujours maintenir un air de doute à propos de lui-même. Je pense que Martin Luther King et Lincoln aussi, ces trois personnages sont de bons exemples pour moi de gens qui ont appliqué leur foi dans un cadre plus large, sans permettre que cette foi ne se métastase dans quelque chose qui puisse être nuisible ». D’après : - Gandhi MK, Autobiographie, ou mes expériences de vérité PUF, 1984, p.646 -Matthews op.cit. p.72 et 76 -Mahatma Gandhi, The Sole Hope and Alternative collective Bharatiya Viddya Bhavan, Mumbai, Delhi 1996 -Par Goel Sita Ram, Delhi, 1996, Voice of India, 124-239

Aryrando cratère Château Fort

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méditation

Regrets sur quoi l’enfer se fonde qu’un ciel d’oubli s’ouvre à mes vœux Apollinaire

Passé, présent, avenir. Trois coins du triangle au cœur battant dans lequel j’erre et quête sans fin le plein centre du cercle. Ne pas s’attarder sur ce qui est révolu. Ne point se retourner de peur d’être transformé en statue de sel !  «  Regrets sur quoi l’enfer se fonde  » comme dit l’autre vagabond au crâne trépané… Savoir que le présent seul compte, peut-être, et que l’avenir ne se sculpte qu’au fur et à mesure de la lente agonie de l’immédiat. Alors, marcher, cheminer, vagabonder en haussant les épaules, étoiler le monde afin « qu ‘un ciel d’oubli s’ouvre à mes vœux ? » Comme il y va, le poète, comme il y va si vite, trop vite, jusqu’au vertige du doute. Douter, le seul verbe véritablement intelligent aux yeux de l’âme… Les regrets peuplent l’enfer, certes. Et je m’en irai toujours « paradiser » cet enfer-là. Je ne veux plus savoir que tu m’as violé, tué, trahi, abandonné, et tutti quanti. Je ne veux plus savoir que le calvaire existe, et la croix et le reste ! Je jetterai le voile sur ton enfance égorgée, tes dieux étouffés, tes muses ridiculisées, ton sexe à l’échafaud du qu’en dira-on…Que le ciel, en effet, se déchire en deux, par le travers de l’espérance, que l’oubli soit consommé à jamais, que le rétroviseur se brise une fois pour toutes, que mes vœux soient exaucés une fois pour toutes, qu’Apollinaire rende ses poèmes de délivrance à mes rêves de pureté retrouvée, d’oubli absolu, d’espérance préservée. Dès lors, je me baptiserai moi-même philosophe tout neuf pour un siècle nouveau ! Je serai alors inédit comme une page vierge et désirable, comme une vie blanche de tout noir passé, comme une méditation à genoux sans églises ni dogmes prévus d’avance, et tout ira bien, tout baignera dans l’huile sainte, ô mon vieux frère pardonné, surmonté, oublié, dépassé, gommé…

Jean-Luc Maxence ( psychanalyste, écrivain et poète ) 10


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pratique SEQUENCE POUR REAJUSTER LE DOS La pratique du Yoga nous permet de vivre de façon acceptable certaines de nos faiblesses. La plupart de nos sièges sont très mal conçus. Les dossiers sont souvent inclinés vers l’arrière, ce qui nous incite à être avachis, colonne vertébrale tassée. Le résultat est que nous nous plaignons du dos, alors que nous sommes souvent encore jeunes, que parfois nous sommes éventuellement sportifs. Notre faux confort, nos canapés trop moelleux et profonds n’apportent aucun remède à cet état de choses. Nous compensons à longueur de journée, soit en croisant les jambes, ce que font souvent les femmes, soit en nous penchant en avant les coudes sur les genoux, recherchant une posture assise qui puisse être acceptable. Or ces positions précaires et inadaptées ne permettent pas à notre dos d’être correctement tenu. Il est donc nécessaire tout d’abord d’adapter nos sièges surtout ceux qui nous amènent à être longuement assis devant nos tables de travail. Le dos doit être allongé sans tension et la respiration abdominale doit rester libre. Nous devons également avoir recours à certains exercices appropriés qui amènent un réajustement de la colonne, des deux ceintures et des structures musculaires dorsales. Ces exercices, très simples, répétés plusieurs fois, dans un état de présence totale, peuvent faire merveille en allant même jusqu’à nous éviter de basculer dans l’inconfort, voire dans la douleur. J’ai mis au point une série d’exercices pratiqués à plat dos que je vous propose ci-après. Choisissez un plan rigoureusement plat, confortable mais pas trop moelleux. Bannissez les tapis de plage trop épais. Installez-vous sur un sol bien régulier, couché sur un drap de bain ou une couverture repliée. Posture de départ : A plat dos, colonne strictement alignée, jambes réunies, genoux pliés modérément, pieds à plat au sol. Vérifiez que la colonne repose naturellement sur toute sa longueur, y compris l’arrière de la tête. Vérifiez la symétrie de l’appui des deux parties du dos, à droite et à gauche. Les bras seront placés le long du corps, paumes dirigées vers la terre. Arrêtez vous aussi longuement que nécessaire pour ressentir le dépôt des plantes de pieds, du bassin, du dos, de l’arrière de la tête, des épaules et des bras sur toute leur longueur. Cette posture de départ sera reprise entre chaque mouvement de l’exercice pour que le maître-mot soit toujours le réajustement. Travail dynamique : Le genou droit est ramené vers la poitrine par l’appui des deux mains superposées, tandis qu’on expire lentement. Durant l’inspiration, l’appui est relâché, le genou remonte. Tandis que la main gauche maintient le bassin au sol en saisissant la crête iliaque, la main droite saisit le genou par le côté pour l’ouvrir dans un plan latéral sur le temps expiratoire. Durant l’inspiration qui suit, le genou est ramené vers le centre pour permettre ensuite à la jambe de se déplier vers le ciel, tandis qu’on expire et que les deux mains viennent soutenir la cuisse, doigts croisés au niveau du creux poplité. Cette succession d’exercices, exécutée sur la respiration profonde, se fera dans la conscience parfaite de l’appui du dos au sol. Toute la surface du dos, y compris le bassin et les épaules. Le travail se fera ensuite à gauche, non sans être revenu à la posture de départ, avec le plus de soin possible. Ce travail dynamique peut être exécuté 3 fois, à droite et à gauche. La tenue de posture se fera ensuite dans la symétrie, avec les deux jambes en même temps. Trois postures successives : les deux genoux vers la poitrine, les deux genoux en ouverture latérale, les deux jambes déployées vers le ciel. Entre chaque posture, retour à la posture de départ déjà décrite.

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Vient ensuite une torsion, mise en rotation de la colonne, exécutée toujours en position de décubitus dorsal. Les deux pieds sont alors écartés de telle sorte qu’il y ait entre eux la longueur d’un tibia et il faudra alors basculer lentement les deux genoux sur la droite tandis que le regard se portera en sens inverse. Posture tenue sur plusieurs longues respirations, avant de réaliser ce même travail vers la gauche.

Le travail se poursuit en assise, toujours jambes jointes, genoux légèrement pliés, pieds à plat au sol, les bras soutenant le dos mains à plat derrière le bassin. Deux postures seront tenues successivement : Enroulement du dos, menton vers la poitrine, bas du dos arrondi comme si on voulait faire bailler les corps vertébraux. Puis au contraire, ouverture de l’avant, bas du dos creusé, épaules ramenées vers l’arrière, tête renversée vers le ciel.

La dernière posture sera un relâchement de tout le dos vers l’avant, les talons ayant glissé pour étaler les jambes, les bras accompagnant le mouvement vers l’avant, sans aucun autre but que de laisser la détente s’effectuer. Durant toutes ces actions, la présence ne se départit jamais, la conscience des sensations de symétrie, la volonté d’aller toujours plus avant dans la tentative de réajustement.

Pratique proposée par Françoise Martin

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LA MEMOIRE : Outil de travail dans la pratique du yoga La mémoire est la fonction centrale du psychisme humain. Fonction d’une complexité telle qu’elle échappe encore en partie à notre compréhension. Elle peut être tournée sur le passé ou ordonnée au présent, en prise avec le ressenti, avec l’intellect, personnelle ou collective. Elle peut être transformante et constituer un véritable tremplin dans une recherche existentielle. Elle est parfois sclérosante et constitue alors un véritable obstacle à tout désir de transformation. Dans les Yoga Sutra de PATANJALI, la mémoire est considérée comme un VRITTI : Modification, agitation, perturbation. « La mémoire consiste à ne pas se départir du passé, à ne pas dépouiller l’objet dont on a fait l’expérience de ce caractère d’expérience. » Effectivement le « nœud » qui nous attache au passé est souvent tellement serré que nous ne pouvons plus nous en distancier et nous en restons prisonniers. Or la fonction de mémoire est intéressante quand nous pouvons, avec la distance nécessaire pour ne pas en être affectés, nous y référer, nous y appuyer, nous en servir comme d’un tremplin. C’est donc un outil, parmi d’autres, pour tenter d’organiser le présent, de mieux vivre l’ici et maintenant. La mémoire du passé servant en quelque sorte à « éclairer le présent ». On pourrait étudier la mémoire sous de multiples angles, entrant dans différentes méthodes et analyses psychanalytiques. On pourrait étudier également les modifications pathologiques de cette fonction et entrer alors dans la psychiatrie ou la neurologie. Bien sûr, ce n’est pas mon propos. Je veux seulement noter la relation de la mémoire avec les traditions, celles notamment des 3 grands continents : Inde, Islam et ancien Israël, ce qui lui confère un caractère pour ainsi dire universel. Je désire ici considérer le côté pratique de la fonction de mémoire. Cette « imprégnation » qui commence à la naissance et bien avant sans doute nous permet d’évoluer dans notre vie en ayant à notre disposition les différents éléments spatio-temporels, familiaux, professionnels, comportementaux qui découlent de cet apprentissage perpétuel et quotidien. L’être humain utilise la méthode dite «  des essais et des erreurs ». Il expérimente sans cesse, rejetant ce qui est négatif pour ne conserver, en principe, que les actions réussies et s’en servir à nouveau. Il procède donc par petites touches répétitives. Il est intéressant par exemple d’observer l’apprentissage de la marche chez le petit enfant, de quelle façon imperturbable il se relève à chaque chute pour se lancer à nouveau dans un nouvel essai qui, si tout va bien, est à chaque fois plus réussi que le précédent. L’apprentissage du langage est tout aussi systématique, le petit enfant répétant inlassablement les sons, les chantant, les psalmodiant pendant de longues minutes sans paraître en être lassé. Plus tard seulement viendra la lassitude, quand nous aurons désappris le plaisir de l’apprentissage. Alors nous souffrirons de ces fameux «  trous de mémoire » qui signent le vieillissement. La mémoire, nous disait André Van Lysebeth, se travaille comme les muscles. Il faut faire des exercices permettant à notre cerveau de rester performant. Les méthodes qu’il préconisait utilisaient la répétition. Dans l’apprentissage des postures de Yoga ou des exercices de Pranayama, répétition des gestes, des mouvements, des formes corporelles, des attitudes, des situations spatio-temporelles. Et il nous conseillait aussi l’apprentissage « par cœur », comme autrefois à l’école, de textes, prose ou poésie, susceptibles de nous apporter un enrichissement intellectuel ou idéologique. Nous y reviendrons. En ce qui concerne la pratique du Yoga, André nous expliquait que le corps, avec son 14


intelligence profonde, conservait la mémoire des postures et attitudes déjà pratiquées et qu’il était profitable de s’efforcer d’ajuster sans cesse, pour pouvoir s’approcher au plus près du geste juste. A la fin des exercices et surtout des postures d’assise, il avait coutume de dire : « Réajustez votre position avant de la quitter », nous expliquant que, si le corps s’était imprégné d’une attitude fausse, il en garderait la mémoire. Et qu’il serait alors plus difficile de se défaire de cette mémoire distordue pour en créer une autre plus conforme et plus juste. Revenons à l’apprentissage de textes de prose ou de poésie : J’ai fait cette expérience il y a quelques années avec un groupe de pratiquants de St Denis. Nous avons d’abord fait ensemble la lecture de quelques extraits de livres que certains désiraient faire découvrir au groupe. Puis j’ai choisi quelques courts textes poétiques que nous avons dits et répétés ensemble, à haute voix, vers après vers, nous intéressant à l’émission la meilleure possible du son des mots. Certains d’entre nous ont bien voulu donner une version personnelle de ces lectures puis nous avons discuté ensemble du plaisir procuré par l’émission des mots et de la façon dont la mémoire des sons s’inscrivait au fil du temps. Cette expérience a marqué certains pratiquants puisque l’un d’entre eux m’en a reparlé récemment. Expérience à renouveler peut-être… Je veux revenir maintenant sur le mécanisme de cet apprentissage des textes que je pratique assidûment depuis longtemps. Ma mémoire n’est pas exceptionnelle et il suffit de quelques jours d’interruption dans l’apprentissage pour que le travail déjà effectué soit perdu. La règle générale est la suivante : il faut exercer sa mémoire chaque jour. La régularité, la persévérance, l’exercice quotidien sont indispensables pour obtenir des résultats. Dans la phase de « mémorisation mot à mot », vous pouvez par exemple souligner les verbes, éventuellement un ou deux mots peu familiers que vous craignez d’oublier. Dites et répétez le passage à haute voix, vous efforçant de mémoriser la place des mots sur la page, si vous êtes un « visuel », les sonorités particulières si vous êtes un « auditif ». Consacrez par exemple 10 minutes par jour à votre apprentissage, sans vous préoccuper des résultats. Puis, laissez le tout sombrer dans votre inconscient, par exemple mettez-vous au lit pour dormir ou faites tout autre chose. Cette phase d’oubli est essentielle. Ne vous souciez plus de ce que vous avez mémorisé, faites confiance à votre mémoire. Enfin, ne passez pas à un autre texte tant que vous ne connaissez pas parfaitement celui que vous avez décidé d’apprendre. Il est plus facile de mémoriser des vers, car le rythme et la rime vous aideront. Mais ne tolérez aucun à peu près. Exigez le mot à mot exact avant de passer au texte suivant. A quoi ça sert ? me direz-vous. Qu’importe, pratiquez et n’attendez-rien ! « Une once de pratique vaut mieux que des tonnes de théorie » SWAMI SIVANANDA. 31 Aout 2012.

Françoise et Guy Martin ( 0262 23 66 19 ou 0692 22 91 30)

Ce bulletin est le vôtre : articles, poèmes, notes de lecture, recettes de cuisine, tout nous intéresse! Alors, vite, à vos plumes! 15


Le yoga apporte un nouveau souffle à l’école Jennifer, Aliénor, Gabriel... Disposez les tapis en étoile. On s’assoit, les jambes croisées en lotus. On inspire par les narines, on expire par les narines... calmement... On a juste à sentir l’air qui entre et sort... Le dos bien droit, on va tendre les mains très haut vers le ciel, comme pour toucher le sommet d’une montagne. Maintenant, relâchez tout et bâillez. On va se lever et se pencher en secouant

:

Ulrika Dezé, diplômée en les bras» sciences de l’éducation et fondatrice de Yogamini, une méthode ludique et pédagogique de yoga, commence son cours avec les élèves de CE2 à l’école primaire des Francs-Bourgeois(école privée

sous

contrat),

à

Paris.

Le projet a démarré il y a trois ans.

«La directrice constatait que beaucoup d’enfants étaient stressés, avec des maux de ventre et de tête. Ils avaient du mal à se concentrer et cela avait un impact en classe. J’ai proposé un atelier yoga pendant six mois, et les résultats ont été si positifs, les enseignants tellement satisfaits, que les cours se sont institués. Si les enfants sont mieux dans leur peau et dans leur tête, ils sont mieux à l’école», dit Ulrika Dezé avec sourire chaleureux.

que cette pratique leur fait du bien. Caroline Allard, leur enseignante, le confirme. «Quand ils sortent du cours de

yoga hebdomadaire, ils sont concentrés, posés, et je peux aller plus en profondeur dans l’apprentissage. Paul arrive maintenant à rester calme. Au fil des séances, j’ai vu son attitude changer et ses notes grimper ! L’école privilégie les résultats et l’intellect. Rarement l’être. Ce sont eux qui me demandent : «Maîtresse, et si on respirait cinq minutes, si on faisait l’arbre ?»»

Pour Ulrika Dezé, il importe d’associer les enseignants à cette expérience et de les former au yoga. «Ils suivent le cours,

et cela leur donne des outils en classe. S’ils sont moins stressés et reviennent au calme intérieur, eux aussi sauront mieux enseigner et gérer leur classe», remarquet-elle. Former les enseignants est un axe

essentiel du yoga à l’école, défendu par Micheline Flak, pionnière en France avec un projet pilote au collège Condorcet en 1973, à Paris, et fondatrice du centre Recherche sur le yoga dans l’éducation (RYE) en 1978. Elle a formé plus de deux mille enseignants qui ont intégré la relaxation dans leur temps de cours - obtenant des résultats Le yoga pour enfants est bien différent étonnants chez les élèves en difficulté. de celui destiné aux adultes. Ainsi, les cours alternent des histoires où l’on Le yoga s’implante en milieu scolaire mime des postures, le cygne, la chandelle et concerne déjà 70 000 élèves. Daumail, professeur ou l’arbre, des épisodes relaxants Dominique basés sur la respiration pour calmer d’éducation physique et sportive dans les émotions, des dessins de mandalas un lycée de Pontoise, témoigne : «J’ai

favorisant la concentration et des jeux qui améliorent le rapport à l’autre. En quelques minutes, ces écoliers agités sont détendus, concentrés et souriants. Même les plus indisciplinés, comme Paul : «J’adore le yoga parce que c’est pas du travail et ça me détend.» Aliénor fait même des exercices chez elle le matin. «Je travaille mieux en classe, je retiens mieux», confie-t-elle. Tous les élèves de CE2 sont unanimes pour dire 16

des ados de 15 à 18 ans dont beaucoup sont indisciplinés et anxieux. Je les fais respirer en traçant un trait montant puis descendant, en insistant sur l’expiration pour évacuer les tensions et apaiser le stress physique, émotionnel et mental. Ils se calment en moins de cinq minutes, puis

observent intérieurement leur état de calme, de concentration et d’écoute. Ils sont alors prêts à apprendre.»


Rendre les élèves autonomes, tel est son formés aux techniques de yoga ou de professeur objectif. «Après chaque séance, je leur demande de yoga intervenant en milieu scolaire. d’évaluer ce qu’ils ont ressenti et de pratiquer par eux-mêmes l’exercice qui leur a fait le plus de bien. Ils acquièrent ainsi un aperçu global des techniques et peuvent s’approprier l’exercice qui leur va le mieux pour réviser un examen ou contrôler leur trac le jour J. Grâce à cette pédagogie, ils s’aperçoivent qu’ils ont un mental et des émotions, et qu’il est possible d’apprendre à les contrôler.»

Laurence Scheibling, professeur des écoles et de yoga, intervient, elle, dans le cadre du dispositif ULIS (unité localisée d’inclusion scolaire), auprès d’élèves ayant un handicap léger, sensoriel, moteur ou mental. «Avec les autistes, je stimule l’attention portée à l’autre par des exercices d’écoute et de relaxation. Chez ceux présentant des troubles moteurs, on travaille sur la posture et le ressenti corporel.»

Cette pratique à l’école dépend pour l’instant d’initiatives locales et spontanées d’enseignants en matière générale, qui ont été

Au ministère de l’éducation nationale, un responsable qui a suivi ce dossier l’admet :

«C’est une initiative bénéfique, et nous étudions la proposition de Micheline Flak d’intégrer le yoga dans le cadre de l’expérimentation lancée en 2010 [matières fondamentales le matin et ateliers (culture, arts, sport) l’après-midi]. Il y a déjà de l’expression corporelle et de la relaxation. Mais le yoga pourrait se généraliser s’il y a des organismes agréés de qualité ou reconnus car proposant une méthode pédagogique et une formation comme celle du RYE.» Mais il reste prudent : «L’activité doit être bien encadrée. L’école reste vigilante sur la qualité des intervenants et sur ce que l’on propose aux enfants.» Pauline Garaude Le Monde 11/11/2012

Du yoga pour les enfants : pour celles et ceux qui voudraient explorer cette voie, voici quelques références bibliographiques proposées par Stéphanie MARGELIDON. La plupart des titres ont été transmis par le groupe de recherche sur le yoga et les enfants de la FNEY. SNEL Eline , Calme et attentif comme une grenouille, Méthode de Méditation pour les enfants de 4 à 12 ans, accompagné d’un CD. Edition Les Arènes. KARVEN Ursula , Léa et le chat yogi, Ed. La Plage LARK Liz , Yoga pour les enfants, Ed Courrier du livre STEINER Claude , Le conte chaud et doux des chaudoudoux, Interéditions SALOME Jacques , Contes pour grandir de l’intérieur, Ed Albin Michel jeunesse COLES Johanna Marin, ROSS Lydia Marin, L’alphabet de la sagesse, Ed Albin Michel jeunesse SELLIER Marie, LOUIS Catherine : La naissance de Ganesh, Ed Picquier jeunesse DEZE Ulrika, Le yoga de Kika, Milan jeunesse SHARMA Partap , 15 contes de l’Inde, Ed Flammarion jeunesse 17


Poème

Oublieuse mémoire Mais avec tant d’oubli comment faire une rose ? Avec tant de départs comment faire un retour ? Mille oiseaux qui s’enfuient n’en font un qui se pose Et tant d’obscurité simule mal le jour. Ecoutez, rapprochez-moi cette pauvre joue, sans crainte libérez l’aile de votre cœur Et que dans l’ombre enfin notre mémoire joue, Nous redonnant le monde aux actives couleurs. Le chêne redevient arbre et les ombres, plaine, Et voici donc ce lac sous nos yeux agrandis ? Que jusqu’à l’horizon la terre se souvienne Et renaisse pour ceux qui s’en croyaient bannis ! Mémoire, sœur obscure et que je vois de face Autant que le permet une image qui passe... Jules Supervielle 1949

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La montagne comme support de méditation

La montagne peut être un merveilleux symbole pour aider à méditer. Elle évoque en nous les notions de stabilité de verticalité, d’élévation, d’immobilité, de silence… Le point de départ de la montagne c’est la terre, le sol. La base de la montagne est très large, stable, elle s’étale au sol sur des kilomètres, elle est donc en contact avec la terre, solidement ancrée dans le monde matériel. C’est la première étape, le point de départ incontournable de tout chemin initiatique : être conscient de ce monde dans lequel nous vivons, ne pas le renier, au contraire le connaître afin de pouvoir mieux le dépasser. Mais la montagne c’est bien surtout la notion de verticalité. La montagne se dresse fièrement vers le ciel et monte très haut jusqu’à toucher l’infini. Elle est donc un exemple de droiture, d’évolution, de transformation, de dépassement de soi. En bas ses pentes sont très chargées, couvertes de forêts, de villages, d’habitations et peu à peu, au fur et à mesure de la montée, la montagne se dépouille de ce qui l’encombre : le paysage devient plus clairsemé, les végétaux plus rares comme si, pour poursuivre l’ascension elle devait s’alléger, aller à l’essentiel, se dépouiller de tout ce qui l’empêche d’avancer. C’est la même chose pour nous, nous ne pouvons espérer avancer si nous restons prisonniers de nos conditionnements, de nos peurs, de nos illusions. La montagne c’est la stabilité, l’immobilité, le non-agir, savoir se poser. C’est ce qui se produit quand on médite : immobiliser le corps pour immobiliser le mental. La montagne quant à elle fait fi de toutes les intempéries qui l’assaillent. Elle reste imperturbable devant le vent la pluie la neige l’orage : ne laissons pas les aléas de la vie, les éléments extérieurs, perturber notre calme intérieur, le silence du mental. Depuis sa base la montagne offre une infinité de chemins pour parvenir à son sommet. Comme le disait si bien Krishnamurti : « il n’y a pas de chemin qui mène à la Vérité », ou plutôt, chacun doit trouver son propre chemin. Les flancs de la montagne offrent une grande variété de voies que chacun peut choisir en fonction de son état, de ses besoins, de ses possibilités. Mais tous ces chemins se rejoindront au sommet pour déboucher sur la paix et le silence absolus. N’hésitons pas à utiliser ce merveilleux symbole de la montagne comme support de méditation car il est très riche et facilement accessible.

Annie Koytcha

Variations sur ce thème, inspiré d’un texte de Jon Kabat-Zin : « Où tu vas, tu es ».- Lattès, 2012, p.161 : La méditation de la montagne.

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coin gourmand

Moelleux aux courgettes Ingrédients  - les cœurs : 2 c. à s de crème fraiche 50 g de fromage frais à l’ail - les moelleux :

300g de courgettes râpées ½ c. à s d’huile d’olive 1 œuf 10 cl de crème liquide 1 c . à café de basilic ciselé 50 g de farine sel et poivre

Mélanger la crème fraiche et le fromage et remplir des moules à glaçons. Placer au congélateur 2 heures au moins. Faire revenir les courgettes râpées dans l’huile pour les faire dorer légèrement. Mélanger l’œuf et la crème. Ajouter les courgettes refroidies, le basilic et la farine. Saler et poivrer. Verser la pâte dans les moules en silicone. Laisser reposer 1 heure au frais. Placer le cœur au centre des moelleux, ( enfoncer légèrement). Au four 20 minutes à 180° ( th 6 ). A la sortie du four, attendre 5 minutes puis démouler.

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notes de lecture

Méditer, jour après jour de Christophe ANDRE est un magnifique livre méthodique et poétique à la fois qui propose 25 leçons pour apprendre à vivre en pleine conscience.

Rien de nouveau sur le fond : comment utiliser sa respiration, son corps, comment développer la conscience de l’instant ? Comment faire face à la souffrance, stabiliser ses émotions, être en paix ? Les choses sont dites clairement. Un CD au format MP3 propose au lecteur  près de 3h de méditation, sous la forme de 10 exercices expliqués et guidés, qui invitent à passer très progressivement de la théorie à la pratique. L’ensemble est joliment écrit, ponctué de citations bien choisies et conçu à partir de tableaux qui sont commentés et qui nous amènent à voir les choses, à les ressentir, à nous affranchir des mots  et consentir à accepter le réel. Aux Editions L’Iconoclaste.

Calme et attentif comme une grenouille d’Eline SNEL. Méthode de Méditation pour les enfants de 4 à 12 ans, accompagné d’un CD. Edition Les Arènes 2012.

Et si on apprenait à méditer à nos enfants ? Eline Snel a transposé à destination des 4-12 ans une méthode de méditation, la pleine conscience, prévue à l’origine pour les adultes. Avec des histoires de spaghettis ou de petites araignées, elle leur apprend ainsi à accueillir avec bienveillance pensées, sensations, respiration…. Préfacé par le célèbre psychiatre français Christophe André, le livre est assorti d’un CD pour que les enfants puissent, tout seuls ou avec leurs parents, effectuer des exercices. Une voix douce les guide, comme dans un conte. L’enfant est invité à repérer les bruits à l’intérieur de son corps, à porter son attention sur le bout de son nez, là où l’air entre et sort. « C’est un moyen d’apprendre à maîtriser la petite voix qu’ils ont dans leur tête, celle de leurs pensées, explique l’auteur. Ils apprennent à écouter… et à ne pas forcément réagir, ce qui est une formidable école de gestion des impulsions. » Pour eux, c’est un jeu bien sûr, mais un jeu dont ils ressortent apaisés et confiants. Les «  idées noires » deviennent une petite araignée qui descend un fil et quitte progressivement la tête pour descendre dans le ventre, où l’on appose ses mains et où l’on respire. Après la séance, les gamins disent qu’ils se sentent : « tout doux et reposé à l’intérieur. » Alors, s’il ne s’agit pas de les envoyer méditer dans un monastère, on se dit que dix minutes de calme introspectif entre la Nintendo et la télé ne peuvent pas leur faire de mal…Pour Christophe André, la méditation n’est pas une activité de plus qu’imposent des parents, trop soucieux de bien faire, à des enfants déjà surbookés, mais bien d’« un cadeau dont ils se serviront toute leur vie». Notes proposées par Christine Deguine

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vie de l’association

Dernier CA 2012 !

Martyn Neal

A propos du stage à l’Ile Sainte Marie Du stage à l’île Sainte-Marie, auquel j’ai participé en octobre sous la conduite de Martyn Neal et de Jacqueline Prouteau, je garde le souvenir d’un enseignement rigoureux dans une atmosphère légère. Débutants ou pratiquants chevronnés nous avons plongé avec bonheur dans l’approche du chant védique, de la « méditation sans larmes » et du travail postural articulé autour du « Grand Geste » , Mahâ mudrâ. Des réponses simples et pratiques à toutes nos interrogations et une présentation claire du chapître III du Yoga sutra, qui n’est pas le plus facile à aborder, nous ont poussés à avancer un peu plus loin sur la voie du Yoga. Le cadre et l’accueil du gîte, les soirées de musique, ont contribué à créer une ambiance chaleureuse et décontractée où tout le monde s’est senti bien et à souder un groupe au départ assez hétérogène ( sinon hétéroclite ?) Ce fut un stage « heureux » et j’en suis reconnaissante aux deux animateurs et aux participants. Cécile

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LA JOIE à L’ILE SAINTE MARIE

Une semaine de YOGA animée par Jacqueline Prouteau et Martyn Neal, l’un de ses professeurs formateurs, à l’île SAINTE MARIE, située au nord-est de Madagascar, c’est cela qui m’a procuré de la JOIE. Tout d’abord le fait d’être logée dans un hôtel les pieds dans l’eau, à l’ombre des cocotiers, dans un bungalow rustique et confortable, aménagé avec un certain raffinement, voilà un cadre tout à fait propice à la pratique du yoga. Malgré cette impression d’être en vacances sur une île paradisiaque, pas encore trop polluée par le tourisme, l’enseignement prodigué par Jacqueline et Martyn s’est révélé tout à fait approprié ! Les 2 pratiques posturales quotidiennes, dont une à jeun, guidées par Jacqueline ou Martyn m’ont paru courtes et d’une grande précision ; à remarquer la préparation progressive à la prise de posture de MAHÂMUDRÂ (le grand geste) qui fut l’âsana principale pendant toute la semaine ; cette âsana qui favorise la tonification des muscles du dos et l’assouplissement des articulations des jambes m’a en même temps amenée dans un état de calme et d’intériorité, proche de la méditation, à condition de la garder pendant un assez grand moment. Martyn nous avait alors proposé de méditer sur le passé, le présent et le futur ; cette expérience m’a fait prendre conscience que je préférais méditer sur le présent, car le passé me gênait et sur le futur... je n’en avais pas envie. Une large place fut consacrée à l’étude du 3ème chapitre du YOGA SUTRA de PATANJALI , et de la TAITTÎRIYA UPANISHAD éclairée par le commentaire de Martyn, ce qui en résumé m’a donné l’opportunité de mesurer le chemin à parcourir pour parvenir à encore plus de conscience de mon fonctionnement parfois erroné ! Fort heureusement la pratique du chant védique ainsi que les moments de méditation libre, le soir, au soleil couchant, sur la plage, ont calmé mon mental en me libérant momentanément des pensées parasites. Je ne peux éluder nos folles soirées, animées tantôt par Martyn à la guitare, avec au programme THE BEATLES , tantôt par des musiciens locaux que Martyn rejoignait pour un « bœuf », ainsi qu’un groupe de danseurs chanteurs folkloriques ; l’ambiance était « very hot » !!! UN TRIPLE BAN à Jacqueline qui a organisé ce stage, que ce soit l’idée de solliciter Martyn, le choix du lieu, le déroulement et le contenu du stage, sans oublier les espaces de liberté prévus pour visiter l’île ou flâner, tout a été très bien pensé. Merci aussi à vous tous et toutes qui avez cultivé une bonne ambiance de franche camaraderie, n’avons-nous pas eu de grands instants de fous rires ? Andrea Sanne

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MARCHE, ATELIER D’ ECRITURE ET YOGA A MARLA 17, 18, 19 décembre 2012 Nous étions une dizaine d’amis- dont six yogis- à franchir le col du Taïbit pour nous installer dans un joli éco-gîte végétarien, tenu par nos amis Sophie et Alain. Le thème choisi était : «  Ici-Maintenant  », développé par l’attention aux sensations, l’écriture de haïkus et de renkus guidée par Marie- Christine, des salutations au Soleil et à la Lune, des exercices de pranayama et des méditations -voyages à l’intérieur du corps et dans l’infini. L’écoute du silence alternait aussi avec des lectures de phrases de Victor Segalen, Milarepa, Sylvain Tesson, JMG Le Clézio, Michel Jourdan et Jacques Vigne. Les chants védiques du soir ont bercé nos nuits. Voici quelques-unes de nos créations : « Au plateau du Kerval, à proximité du lac à demi asséché, la montagne, aux flancs écorchés, ne pleure plus. Silence propice à l’observation de l’instant présent. » « Cercle de l’eau Dans le cercle du cirque, Je n’y suis qu’un point posé. » « Le haïku pour scander le jaillissement de nos mots, tenter de le discipliner et de le porter plus avant, plus haut. Horizontalité de la marche même dans ce royaume de la verticalité qu’est Mafate. Horizontalité de l’ écriture, ligne après ligne, page après page... Et Verticalité de la méditation. Verticalité du poème qui s’ébauche et aspire à se dresser sur ses petites jambes fragiles. » « Une montée qui s’escarpe sous un ciel qui s’ennuage. On y sent les muscles vivre et chauffer, des gouttes d’eau perler et couler. Un regard pardessus le col et c’est la descente vers ce nouveau climat où m’entraîne mon âme. » « Appel aux yogis Matin pieds nus dans la rosée Nous voici réunis. Un peu d’action quand même pour faire plaisir à mon corps qui la réclame, qui l’aime et s‘en enivre parfois . » « Ainsi quand j’ai médité, j’ai entendu des silences. Oiseaux du Taïbit vous ouvrez la porte de Mafate et vous éloignez. Comme l’oiseau du Taïbit, reste légère et sautille.  Ainsi quand j’ai respiré, j’ai élargi sans crisper. » De 6H15 à 21 H., nous avons vécu trois journées hors du temps, hors de la vie courante, dans un bonheur paisible. « Soyez à vous-mêmes des îles et que votre Soi soit votre seul refuge. » Sakyamuni.

Joelle Coiret (janvier 2013)

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infos

Cours de yoga à Saint Leu chez Wilfried OLLAGNIER Lundi : 17h et 18h30 Mercredi 9h et 17h Jeudi : 17h et 18h30 Vendredi : 9h

Tél. : 0692 57 94 19

Assemblée générale de l’ARY Vous êtes membre de l’Association Réunionnaise de Yoga : vous appréciez de trouver des professeurs formés partout dans l’île, de pouvoir participer aux stages annuels animés par des enseignants extérieurs de qualité exceptionnelle. Vous aimez recevoir le bulletin, participer aux balades mensuelles, emprunter des livres à nos bibliothèques… Les membres du bureau seraient ravis de vous rencontrer lors de notre Assemblée générale le samedi 23 février à 14 heures à la Capitainerie du Port de St Pierre : venez leur apporter votre soutien, participer aux différents votes et exprimer vos suggestions et vos avis sur le fonctionnement de l’association. Peut-être, en ce début 2013, pouvez-vous trouver …3 heures dans votre emploi du temps pour répondre à cette invitation ? Ce serait un grand encouragement pour celles et ceux qui s’investissent toute l’année pour la transmission du yoga à travers l’ARY. A bientôt donc ?

Cécile Donguy 25


BULLETIN ADHESION A.R.Y. / U.N.Y.

à remettre à votre professeur ou à envoyer à la trésorière : Monique Bécarie 90 bis route de Fatima 97435 SAINT PAUl _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ __ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ __

Bulletin d’adhésion A.R.Y. / U.N.Y. 2013 Nom...................................................................................................... Prénom................................................................................................ Date de naissance............................................................................... Adresse............................................................................................... ............................................................................................................. Téléphone : 0262.................................../0692.................................... Adresse e mail : ................................................................................. Profession .......................................................................................... Nom de votre professeur de l’ARY.................................................. J’adhère à l’A.R.Y. :

10 euros

ou j’adhère à l’A.R.Y. et à l’U.N.Y. :

26 euros

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -- Votre adhésion nous permet d’organiser des stages. Elle vous permet de recevoir 3 bulletins par an et d’avoir accès à une bibliothèque spécialisée.

N.B. Renouvellement à la rentrée scolaire 26


ary Siège social et secrétariat 25 rue Paul Cézanne 97432 Ravine des Cabris pour contacter l’ARY un n° de téléphone / fax est à votre disposition : 0262 38 60 28 (un répondeur prend vos messages en cas d’absence)

email : satyajackie@gmail.com secretaire.ary@gmail.com site : yogary.org/yogary.fr

MEMBRES DU BUREAU

Christine Dupuit Deguine

Présidente Vice-présidente Trésorière Trésorière adjointe Secrétaire

Secrétaire adjointe

BIBLIOTHEQUE Nord Sud

COMMISSION STAGES

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0262 22 91 29

Monique Bécarie Andréa Sanne

0262 55 38 37 0262 38 62 97

Elisabeth Hoarau 0262 49 46 54 25 rue Paul Cézanne 97432 Ravine des Cabris Stéphanie Margelidon 0692 26 11 56

Claudine Douyère 75 centre de St Gilles Haut 97435 Saint Gilles les Hauts Joelle Coiret 696 Chemin des Châtaigniers Claudine Douyère Monique Ducrocq

0262 22 91 29 0692 69 08 34 0262 59 66 48 97430 Le Tampon

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0262 22 91 29 0262 46 77 58 0692 82 14 05 0262 25 35 78 0692 31 58 66 0692 56 27 42

Jacqueline Prouteau Caroline Vornière

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BULLETIN

Où envoyer vos articles ( fichiers informatiques - en .doc sans mise en page particulière) ou textes dactylographiés uniquement) : email : christine.deguine974@orange.fr / jbadon@orange.fr 27


PROFESSEURS DE L’ASSOCIATION REUNIONNAISE DE YOGA ARMOUDOM Régine

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SAINT DENIS - SAINT PAUL ( dans les écoles)

BIGORNE René

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SAINT DENIS

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SAINT PIERRE

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Le TAMPON

DONGUY Cécile

0262 38 52 41 / 0692 77 93 62

RAVINE DES CABRIS : Ligne des Bambous

DOUYERE Claudine

0262 22 91 29 / 0692 87 82 08

SAINT GILLES LES HAUTS - SAINT GILLES LES BAINS

DUCROCQ Monique

0262 46 77 58 / 0692 82 14 05

LA SALINE LES BAINS

DUPONT Laure

0262 32 46 83 / 0692 60 02 72

LA SALINE LES BAINS - ST PAUL L’ETANG

DUPUIT DEGUINE Christine

0262 29 24 12 / 0692 77 26 67

SAINT DENIS

FRUTEAU Rémy

0262 88 28 16 / 0692 60 41 90

LE TAMPON

FURERE Pascale

0692 77 80 07

SAINT LEU

LOPIN Edvard MALATRE Arnaud

0262 34 81 36 /0692 84 69 33 0693 41 73 74

SAINT DENIS - PLAINE SAINT PAUL LE TAMPON

MARGELIDON Stéphanie

0262 43 30 51 / 0692 26 11 56

SAINT ANDRE - POSSESSION BRAS PANON : Samsara - SAINT DENIS

MARTIN Françoise et Guy

0262 23 66 19 /0692 22 91 30

SAINT DENIS - LA MONTAGNE

PATHIER Hélyette

0262 45 23 68 / 0692 75 72 31

ETANG SAINT PAUL

PROUTEAU Jacqueline

0262 38 60 28 / 0692 88 63 03

RAVINE DES CABRIS : Ligne des Bambous - SAINT LOUIS

RANDRIANOME Annick

0262 57 34 25 / 0692 75 61 86

RAVINE DES CABRIS : Ligne des Bambous

ROCHETAING Keshin SANNE Andréa

0692 20 07 78 0262 38 62 97 / 0692 48 40 08

SAINTE SUZANNE - SAINTE MARIE - SAINT ANDRE LE PORT RAVINE DES CABRIS : Ligne des Bambous

TRY Bophana

0693 44 45 65

SAINT PIERRE - SAINT GILLES LES HAUTS

VARENCE Valérie

0692 61 24 18

SAINT PIERRE - LE TAMPON

VORNIERE Caroline

0262 09 68 24 / 0693 42 24 79

28

SAINT PIERRE

Bulletin 58  

Bulletin trimestriel de l'Association Réunionnaise de Yoga

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