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ASSOCIATION REUNIONNAISE DE YOGA

JUIN 2013

N째59


Illustrations: Couverture : Chat zen - Kwong Kuen Shan page 11 : Calligraphie Luc Templier page 16 : Photographie Gislein Fontaine page 17 : Photographie magazine ACF mars-avril-mai-2012 page 19 : Photographie Jacqueline Vaisse Rabot Page 20 : Photo sur http://www.saveurscroisees.com Page 22 : Photo sur http://breathelosgatos.com

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éditorial Le miracle de l’Amour Il y a quelques semaines, notre île avait la chance d’accueillir une mystique indienne Mata Amritanandamayi1, appelée communément Amma (« Mère » en hindi). Cette représentante de l’hindouisme propose un message qui se veut universel, une religion de l’« Amour ».Elle parcourt le monde, rassemble des millions d’individus qu’elle prend simplement dans ses bras. Cette « étreinte » est devenue emblématique de son action : à travers le monde entier, jour après jour, Amma diffuse cette tendresse inconditionnelle. Face aux statistiques qui concordent pour indiquer que toutes les formes de violence –sociale, sexuelle, économique, politique- augmentent, que les incivilités et les agressions se multiplient, que les inégalités sociales s’accroissent, que les épidémies, la famine, les guerres et le terrorisme meurtrissent toute la planète, le geste d’Amma peut paraître dérisoire, naïf ou même suspect. Et pourtant, je fais partie de celles et de ceux qui ont renoncé –provisoirement ?- à chercher des explications rationnelles, de géo-politique internationale, à cet ensauvagement du monde. Je fais partie de celles et de ceux qui pensent qu’il y a une alternative à l’indignation et à la loi du Talion, et que cette alternative consiste à déployer la face inverse. Pour rendre le monde meilleur, on peut et on doit d’abord agir sur soi, en soi, autour de soi, en transformant quotidiennement nos élans de violence en tendresse 2. Si l’on admet que la violence est souvent une réaction individuelle et collective à la souffrance et à l’impuissance, alors le yoga, parce qu’il équilibre nos émotions, parce qu’il dissout les scories du passé, parce qu’il invite à la lucidité, parce qu’il rend les hommes libres face à la conjoncture, parce qu’il recherche l’ajustement des contraires, parce qu’il fait de la place et nous rend disponible à l’autre… Le yoga pourrait, localement, jour après jour, de proche en proche, constituer une issue à la crise3. C’est un apprentissage difficile mais c’est le chemin, le « grand raccourci » que nous invite à suivre le yoga. Alors oui, la tendresse pourrait être un projet de société, comme au Bouthan petit pays au nord de l’Inde qui a remplacé la mesure quantitative du PIB « Produit Intérieur Brut-«  par des mesures concrètes favorisant le BNB « Bonheur National Brut ». Christine DEGUINE 1/ Figure spirituelle contemporaine de l’Inde et fondatrice d’une ONG (« Embracing the World ») à but humanitaire et écologique dont le siège est au Kérala. 2/ J’emprunte cette formule à un travail de Charles-Rafael PAYEUR. 3/ On lira en ce sens, les « Réflexions » de Loredana HAMONIAUX dans Le yoga, le bébé et la tortue, Ed Dervy 2005 et en particulier les pages consacrées au « Yoga » pp 161-180.

SOMMAIRE

• Ayurveda, notre constitution en rapport avec les éléments.. page 4 • La Kumbha-méla de Prayag..................................................page 7 • Méditation..............................................................................page 10 • Pratique ................................................................................. page 12 • La montagne comme support de méditation, Suite.............. page 14 • Si............................................................................................page 16 • Jean Ziegler............................................................................page 17 • Poème..................................................................................... page 18 • Une journée sous la varangue............................................... page 19 •.Le coin gourmand..................................................................page 20 • Notes de lecture..................................................................... page 21 • Vie de l’association................................................................ page 22 • Le yoga sans dégâts............................................................... page 23 • Infos profs..............................................................................page 24 • Stage prévu............................................................................page 25 • Adhésion................................................................................page 26 • ARY.......................................................................................page 27 • Liste des profs........................................................................page 28

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La parole est à ... Françoise Martin Ayurveda : Notre constitution en rapport avec les éléments Pour nous qui pratiquons le Yoga, il est habituel d’être dans le ressenti et l’observation, non seulement de nous-mêmes, êtres humains, mais aussi de tout ce qui nous entoure : monde végétal, monde animal, espace du ciel, immensité cosmique. Tout est pour nous sujet de curiosité, d’émerveillement, d’approche de la sagesse et de contact avec l’intelligence de la vie. En tant que pratiquants de Yoga, nous sommes des observateurs, des témoins des manifestations de l’univers dont nous faisons nous-mêmes partie. Si nous observons les feuilles d’un même arbre, nous les voyons telles qu’elles sont en réalité, c’est-à-dire toutes différentes les unes des autres. Chaque feuille est unique. Même si la forme, la couleur, le dessin des nervures sont globalement comparables, certains détails différencient les feuilles les unes des autres. Chaque feuille a sa propre originalité. Il en est de même pour les êtres humains. Chacun de nous a une nature unique, profonde et singulière. Le monde vivant peut être vu comme composé d’une infinité d’unicités. L’étude des éléments, qui sont au nombre de 5, espace et air, feu, eau et terre, nous permet d’éclairer notre constitution, notre création principale, notre manifestation singulière. Nous sommes composés des mêmes éléments que les autres humains, mais chacun de nous les a combinés de façon personnelle et unique. Mon corps, disait André Van Lysebeth est l’endroit privilégié de l’univers où j’ai le pouvoir de matérialiser un agrégat de milliards de cellules, toutes vivantes, toutes conscientes, toutes intelligentes, qui sont porteuses des propriétés immémoriales de la Vie. Cette création est unique. Les différences entre deux créatures sont parfois imperceptibles, mais elles sont toujours présentes et n’échappent pas à un regard attentif. Chaque créature possède sa « signature personnelle ». Pour qui observe attentivement, cela est évident. Ce que nous voyons, ce sont les 5 éléments à l’œuvre dans la multiplicité de leurs manifestations et combinaisons possibles. -Là où prédominent l’espace et l’air, nous verrons un corps fin, peu de chair, des cheveux peu abondants et une peau sèche, des articulations saillantes, une ossature visible. L’allure générale sera aérienne. - Là où prédomine le feu, nous verrons que la peau rougit facilement, les cheveux sont parfois roux, la personne dégage de la chaleur et sue abondamment. La peau présente des taches de rousseur. L’activité est souvent intense. - Là où prédomine l’eau, le corps est plus plein, bien en chair, plus « juteux », le teint est clair, les lignes générales sont plus fluides. Les gestes sont plus coulés. Enfin, là où prédomine la terre, nous verrons un corps solide, stable et dense, une belle charpente, des os bien formés, des dents larges et blanches. L’impression générale est l’ancrage. 4


Les âges de la vie sont marqués par les éléments : Le petit enfant qui commence à marcher à quatre pattes et découvre le monde environnant est au plus près de la terre. Il cherche son ancrage. L’être humain dans la force de l’âge est engagé dans l’action, son activité est importante, souvent intense. On dit même qu’il (ou elle) gagne sa vie à la sueur de son front. Le feu est bien présent. Dans le grand âge, souvent le corps se dessèche, devient noueux, instable, articulations et réseau veineux sont saillants. L’équilibre physique et psychique évolue vers l’instabilité. Le vent prédomine. Cette évolution de l’être humain est inévitable, mais elle peut être tempérée par une attitude adéquate. Présence et bienveillance nous permettent de surmonter les difficultés du grand âge. Il est important de développer l’observation de soi-même et des autres pour mieux se connaître, mieux connaître ceux qui nous entourent et pouvoir adapter non seulement nos actions et notre façon d’être, mais aussi peut-être ajuster notre mode de vie, notre alimentation, voire nos pratiques de Yoga. Ceci nous amène donc à affiner notre sens de l’observation. - Ceux d’entre nous qui ont une prédominance de « vent » (air et espace) peuvent se révéler sensibles au vent extérieur et être perturbés par un climat venteux. Dans le Midi, on dit parfois que le Mistral peut rendre fou, mais il sera parfaitement toléré par les constitutions possédant beaucoup de terre. En prendre conscience, permet de se garder de certains excès climatiques. - Si le « feu » est trop présent, trop élevé, le soleil au zénith devra être évité, ainsi que les nourritures trop épicées. La modération face à l’élément qui nous constitue nous permettra d’éviter les « coups de soleil » et « les coups de sang », l’état colérique qui nous caractérise. - Si nous avons trop de terre et d’eau en nous, nous serons gênés par un climat humide et froid. Il nous faudra surveiller notre poids, car nous aurons tendance à engraisser. Nous éviterons une nourriture trop riche qui, paradoxalement, nous attire peut-être. Tous les principes de l’Ayurveda nous proposent de trouver une adaptation en matière d’alimentation, de style de vie, de traitements, de pratique du Yoga, pour équilibrer les éléments en nous. L’Ayurveda est totalement différent de notre médecine occidentale. Nous avons l’habitude de prendre des médicaments qui soignent les symptômes (en général les mêmes médicaments pour tous) et sommes rassurés de voir ces symptômes régresser et, en apparence, disparaître. Nous disons que nous sommes guéris. En réalité, le terrain reste inchangé et se dégrade au fil du temps. Heureusement pour nous, André Van Lysebeth le répétait souvent, notre corps est doté d’une intelligence profonde et innée. Tant qu’il peut faire face, il se débrouille. Il nous conduit, en règle générale, vers ce qui est bon pour nous. Ecoutons l’intelligence du corps, cultivons-la, observons nos réactions et nous éviterons ainsi les erreurs qui amènent le déséquilibre et la maladie. Une pratique de Yoga quotidienne, même de courte durée, nous amènera à contacter l’intelligence du corps et à nous conformer sans frustration aux exigences, aux principes d’hygiène, aux restrictions que réclame notre santé. Nous pourrons ainsi nous débarrasser des déséquilibres acquis, souvent installés et profondément ancrés et revenir à notre véritable nature. Notre véritable nature est ce qu’on appelle en yoga Prakriti, c’est notre constitution unique et singulière. Elle est souvent recouverte par une accumulation d’erreurs et de mauvaises habitudes (Vikriti). Nous pouvons même parfois confondre ces déséquilibres acquis au fil du temps avec notre Prakriti. Nous pensons alors que c’est notre constitution qui nous amène nos souffrances, émotions excessives, stress, apathie, aigreurs, colères, excitation.

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Soyons attentifs et clairvoyants pour comprendre et respecter notre nature véritable, Prakriti. Des questionnaires existent en Ayurveda pour nous aider dans notre démarche de découverte. Ils sont intéressants, parfois aussi déconcertants…Ils ne remplacent pas l’observation, le ressenti de plus en plus fin de ce que le corps nous dit. * Emerge l’intérêt d’une pratique adaptée à chacun, ajustée de manière individuelle, fruit d’une constante observation. Puisque nous n’avons pas l’opportunité de bénéficier d’un enseignement particulier, c’est notre écoute et notre présence qui permettront les adaptations. En cours collectif, l’enseignant proposera différentes formules pouvant convenir au mieux à chacun. Et le pratiquant fera son choix. * Avec un peu de bon sens, nous aurons fait ce chemin vers nous-mêmes qui nous amènera à comprendre notre constitution et à démêler ce qui appartient aux déséquilibres acquis. Nous porterons alors plus de soin à respecter un mode de vie qui nous convient. De même nous porterons plus d’attention à notre nourriture, ayant à cœur d’équilibrer les apports qui nous sont nécessaires, d’éviter les excès, de veiller à une bonne élimination. * Enfin, et ceci est important, il conviendra d’accepter et d’honorer la constitution qui est la nôtre. Même si notre constitution ne nous plaît pas vraiment, l’attitude juste consiste à l’accepter, à l’améliorer, à l’honorer, à rester sensibles à la distribution des éléments en nous. Nous accepter nous-mêmes permet d’accepter également les autres dans leur singularité et de les considérer comme compagnons de voyage, même s’il est plus facile de l’écrire ou de le lire que de le vivre. Ce sujet est complexe, les mots sont réducteurs, certaines évidences échappent à l’explication. Il faudra donc faire appel à votre clairvoyance pour tirer profit de ces quelques conseils. Je les ai réunis en partant de la revue « Viniyoga », mais je reste toujours imprégnée de l’enseignement d’André Van Lysebeth que j’essaie de transmettre assidûment. Je me suis également référée à un ouvrage d’Annelise HAGEN, bizarrement intitulé « Le Yoga face » mais fort bien documenté.

Janvier 2013

Ce bulletin est le vôtre : articles, poèmes, notes de lecture, recettes de cuisine, tout nous intéresse! Alors, vite, à vos plumes!

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La Kumbha-méla de Prayag et la vitalité du pluralisme religieux de l’Inde

La Kumbha-méla est certainement le plus grand pèlerinage de l’humanité, avec 30 millions de personnes en tout qui se réunissent au même endroit sur deux mois. Elle prend place une fois tous les 12 ans en un lieu, mais il y a quatre endroits où elle se déroule : Prayag (à quelques kilomètres de la ville d’Allahabad), Hardwar, Ujjaïn et Nashik. Les deux principaux rassemblements sont associés au Gange, c’est-àdire Hardwar et Prayag. Ce dernier nom signifie «  confluence  » et il est de la même racine que yoga. Il désigne la rencontre du Gange et de la Yamuna, à 120 Kms environ avant Bénarès quand on vient de Delhi.

c’est-à-dire les congrégations monastiques traditionnelles qui défilent en premier pour les grands bains. Plus loin sont installés les mouvements plus récents ou considérés comme moins orthodoxes, comme le mouvement de Kabir, saint et poète du XVe siècle à Bénarès, qui prêche que les rituels, et donc le bain de la Méla, ne sont pas utiles pour le développement spirituel… Ils ont quand même leur place dans ce grand méli-mélo de la Méla, mot qui est en fait de la même racine que « mélanger » en français. Là peuvent se faire entendre des enseignements si différents qu’il peuvent sembler contradictoires.

La plus grande des fêtes végétariennes

Le cycle de douze ans de Jupiter La Kumbha-méla suit le cycle de la révolution de Jupiter, qui est d’entre onze et douze ans. C’est un mode d’inscription fondamental dans la nature de cet évènement humain considérable. Il n’est pas décidé par des compulsions temporaires de politique, voire de politique religieuse, mais il est géré par le Roi des astres lui-même, Jupiter, Brihaspati pour les hindous. (…)

L’étendard de l’hindouisme Mâ Anandamayî présentait la Kumbha-méla comme l’étendard de l’hindouisme, et on peut comprendre cette image en contemplant l’étendue bariolée des camps, la plupart avec leurs propres drapeaux qui représentent la variété considérable des écoles et des lignées religieuses variées. La dimension des campements a été cette fois estimée à environ 150 km², l’endroit près de la confluence était occupé par les Akharas,

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En dehors de la quantité même de 30 millions de personnes qui viennent camper sur les berges des fleuves en deux mois, la Kumbha-méla est remarquable aussi du point de vue de la nonviolence envers les animaux : en effet, tout cette foule est nourrie sans tuer aucun être vivant. Ce fait remarquable transforme la Kumbhaméla en un modèle possible pour l’avenir d’une « humanité plus humaine ». Cela s’ajoute à l’ancienneté, il s’agit d’un rassemblement qui se tient depuis le VIIe siècle de l’ère commune. Le pèlerin chinois Hsiang tang la décrivait à l’époque comme Maghméla, la ‘foire de janvier’ organisée par l’empereur Harshvardhan, ‘celui qui encourage : vardhan et la joie : harsha’.

Yoga-méla et enseignement En plus du bain rituel dans le Gange, l’élément important de cette rencontre est l’enseignement religieux, et la chance de pouvoir rencontrer


les moines, sannyâsis ou sadhous souvent dispersés ou isolés mais qui confluent en grand nombre à cet endroit et à ce moment-là. Le nectar d’immortalité associé à l’eau du Gange devient alors l’ambroisie des enseignements spirituels eux-mêmes. Les sannyâsis sont reliés à Shankarâcharya, fondateur de l’advaïtavédanta et vivent en général surtout dans des ashrams déterminés avec un gourou bien connu. La notion de sadhou est plus large, elle se réfère surtout aux religieux qui partent sur les routes, dont le gourou est moins connu et souvent plus lointain, quand il existe. Ces sadhous semblent bien être les derniers être libres de la planète, comme le soutient Patrick Lévy dans son livre récent, Sadhous. Certes, leur vie a en général une certaine structure, ils bénéficient d’endroits fixes où ils peuvent être nourris et soignés. Ils s’y reposent des rigueurs de la route. Le peuple indien sait très bien le type de pratiques spirituelles qu’ils sont censés faire. Il les soutiendra moins s’il voit qu’ils ne se conforment pas à ce modèle de vie spirituelle. Il y a une tolérance pour leur consommation de hashis pendant la Méla, mais ceci est mal vu des autorités religieuses et des sannyâsis conscients de leurs responsabilités vis-à-vis de leur idéal et de la société. La confluence du Gange et de la Yamuna a aussi un sens en yoga, sur lequel ont insisté la plupart des religieux que nous avons rencontrés : le Gange et la Yamuna représentent respectivement ida et pingala, les canaux latéraux, droit et gauche, c’est-à-dire la rencontre des deux courants de sensations latéraux. Le troisième est l’axe central, plus secret, rapproché d’une rivière cachée, la Sarasvatî, qui est à la fois le nom de la déesse des rivières (saras- signifie ‘rivière’) et de la connaissance. Quand tant de gens religieux rencontrent tant de laïcs avides de recevoir l’enseignement, il est évident que Sarasvatî est honorée… Un socle humain de la Kumbha-méla discret, 8

mais fondamental, est représenté par les Kalpavâsis. On estime qu’ils sont environ cent mille. Ce sont les résidents qui font le voeu de rester sur place toute la durée de la fête : en plus de bains quotidiens et de restrictions alimentaires, un seul repas par jour, ils vont s’asseoir pour écouter les discours, les chants dévotionnels, les théâtres sacrés sur l’histoire de Râm et Krishna qui sont aussi une forme d’enseignement. Ils participent aussi à la récitation à long terme d’un mantra donné. Certains camps chantent le même mantra continûment jour et nuit pendant les deux mois de la Méla. La méditation est une culture de l’esprit. Comme l’agriculture dans l’évolution de l’humanité, elle représente un progrès par rapport au fonctionnement ordinaire des gens, qui grappillent de-ci de-là des expériences intérieures plus ou moins au hasard, sans pouvoir les développer et « engranger » de façon systématique. Ils en sont au fond au stade des cueilleurs-chasseurs, souvent exposés à la famine.

Un rassemblement qui fait du bruit Nous en venons à un paradoxe certain de ce rassemblement, il s’agit du bruit. Déjà dans les descriptions des pèlerins des années 30, on se plaignait de l’apparition des micros et du fond de bruit que cela produisait. La première impression de la Kumbha-méla est a priori, il faut l’avouer, cacophonique-chaotique. En principe, à la fois les religieux et les laïcs qui viennent à la Méla sont censés avoir eu leurs méditations profondes dans des endroits plus tranquilles, et viennent là surtout pour le rituel de bains et les rencontres. Même si les kalpavâsis effectuent pour leur part des pratiques personnelles intensives pendant les deux mois, la Méla n’est pas considérée en tant que telle comme un lieu de pratique approfondie, celle-ci requiert beaucoup plus de silence !


La Kumbha-méla aujourd’hui mondialisation de la non violence

et

la théologiques et métaphysiques, à la perspective brutale de la guerre sainte nucléaire au Moyenorient. Il faut regarder en face la raison principale La presse indienne parlait vers mi-février de de cette absurdité des absurdités, c’est la passion 40000 occidentaux qui avaient visité la Méla, et religieuse, supprimer physiquement ceux qui ne expliquait qu’on en attendait encore une vingtaine sont pas d’accord avec votre définition du Dieu de milliers d’ici la fin de l’évènement. Certains unique. C’est cette question de fond que fuient enseignants indiens ont un grand nombre d’élèves justement les esprits superficiels en s’étourdissant dans les pays germanophones ou de l’est, les russes avec le bruit de l’actualité. L’Europe a eu en en particulier étaient bien représentés. Peut-être quelque sorte besoin des 60 millions de morts que le fond mystique orthodoxe et chamanique de des deux guerres mondiales pour laisser tomber leur culture les prépare plus à la rencontre avec en pratique le christianisme, en réalisant en l’hindouisme. De plus, après non seulement 70 ans particulier que ce dernier n’a pas fait grandde totalitarisme communiste, mais avant cela un chose pour empêcher le désastre, les épiscopats millénaire d’exclusivisme chrétien, le pluralisme du côté français comme allemand ayant été plutôt de l’hindouisme évident à la Méla représente pour va-t-en guerre. Est-ce que le Moyen-Orient aura eux un bain de jouvence, une thérapie en quelque besoin d’une guerre sainte nucléaire pour laisser sorte pour effacer les traumas d’une intolérance tomber l’islam ? C’est malheureusement une qui a été souvent plus brutale en Russie qu’ailleurs. question qui se pose concrètement, on peut dire En outre, cette intolérance est au fond de plus en de façon brûlante. Dans ce sens, ceux qui sont plus en contradiction avec la modernité. capables d’avoir une vision à long terme et non Du point de vue de religions comparées, il est émotionnelle des choses se tournent vers l’Orient, important de noter qu’il y a, en fait, beaucoup plus en particulier l’hindouisme et le bouddhisme qui de monde à la Kumbha-méla, environ 30 millions, sont d’avis que ahimsa est paramdharma, la nonqu’au pèlerinage annuel de la Mecque où il n’en violence est la religion suprême. Avec sa masse de vient que quelques millions. Pourtant, il s’agit presque deux milliards de personnes, l’ensemble d’une obligation au moins une fois dans la vie dans hindouisme-bouddhisme fait un contrepoids une religion qui se présente comme mondiale. Il salutaire à la violence monothéiste qui est en train y a des raisons à cela, déjà économiques: il y a de faire sombrer le Moyen-Orient dans le chaos. environ six cent millions d’hindous habitant le nord ou le centre du pays qui peuvent potentiellement Voilà un message qui mérite d’être mondialisé : voyager en train de seconde classe et faire l’aller- il nous est donné en direct par ce plus grand retour pour la Kumbha-méla pour disons 20 euros, rassemblement religieux de l’humanité qui vient alors qu’un croyant du pays d’islam le plus peuplé, d’avoir lieu, espérons que nombreux seront c’est-à-dire l’Indonésie, devra payer un billet ceux qui sauront l’écouter et en développer d’avion de mille euros ou plus pour s’acquitter pratiquement une vision moins conflictuelle du de son obligation de pèlerinage à la Mecque. Cela monde, en particulier du monde religieux, et un fait beaucoup pour des fidèles qui sont pauvres. rapport à la nature plus sain, voire, pourquoi pas, (…) plus saint. Le message fondamental de non-violence et de pluralisme que représente ce plus grand Extraits du texte de Vigyânânand ( Dr.Jacques pèlerinage du monde (…) est important à Vigne) une époque où l’autre grand bloc religieux de Kankhal – 23 Février 2013. l’humanité, le monothéisme, en arrive après trois millénaires d’évolution et de raffinements 9


méditation Rester en colère,

c’est comme saisir un charbon ardent avec l’intention de le jeter sur quelqu’un, c’est vous qui vous brûlez.

« Je ne veux pas exprimer ma colère contre mes parents. Je ne veux pas qu’ils s’en tirent à si bon compte. Ils m’ont fait trop de mal, ils doivent payer. » Comment ? Sophie songe au suicide. Depuis des années, elle entretient sa souffrance, s’enferme dans sa solitude, se maintient en dépression, dans l’espoir inconscient « qu’ils voient combien ils m’ont blessée. » N’avez-vous jamais été tenté par cet esprit de vengeance ? Il est aussi fréquemment projeté sur un(e) ex. Faire suivre une séparation d’une belle dépression vous assure la compassion de votre entourage. Le méchant, c’est l’autre. Vous êtes la victime. Se maintenir en souffrance …Pour culpabiliser l’autre. Pas question de se réparer trop vite, vous devez conserver vos blessures pour alimenter votre ire ! Sans compter les dégâts physiques sur votre organisme. On oublie trop souvent que la colère est un processus physiologique avant d’être « psychologique ». La colère est une émotion. Considérons l’étymologie du mot : E-= vers l’extérieur / motion = mouvement. L’émotion est un mouvement vers l’extérieur. Il se déroule en trois phases, la charge ( adrénaline, accélération cardiaque, afflux de sang dans le haut du corps.…Je deviens rouge ), la tension ( pression sanguine, tensions musculaires, stases sanguines dans le cerveau…) puis la décharge ( par la parole ou par des coups sur un coussin quand la colère est très forte ). Quand la colère est sortie, l’organisme revient à un état de tranquillité intérieure. Mais si vous restez en tension,…bonjour les dégâts ! Retenir une émotion en soi consomme énormément d’énergie. Toute colère non exprimée nous détruit de l’intérieur. Rester en pression, c’est usant ! Choisissez plutôt l’expression. Vous êtes tenté par la violence ? C’est une autre façon de ne pas montrer votre colère, de ne pas parler de vous, de ne pas vous réparer. La violence est destructrice, la saine colère construit. Dans la violence, je parle de l’autre. Dans la colère, je parle de moi. Nous devons certes rester en colère et mobilisés contre la misère, contre la violence, contre la pollution de la planète…La saine colère consiste à assumer notre part de responsabilité et non pas à projeter notre ire contre des personnes. La colère est une émotion de réparation, mais conservée en soi, elle se comporte comme un poison. Isabelle Filliozat ( psychothérapeute )

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pratique SURYANAMASKAR- la salutation au soleil

Image extraite de j’apprends le Yoga » de Van Lisebeth 12


Sa symbolique Tous les enseignants de Yoga quelle que soit leur lignée pratiquent et font pratiquer cette salutation. Il est intéressant de connaitre sa symbolique afin de profiter davantage de ses bénéfices. Traduction : Surya = soleil

namah = s’incliner

Kar = faire acte

Le soleil est le symbole de Shiva, dieu yogin. Présent au centre de l’univers, il rayonne comme un soleil aux forces vivifiantes. On a le principe unique (le soleil), avec la multiplicité de l’existence (les mille rayons du soleil). Source de vie et de lumière il donne aux organismes vivants l’élan vers le ciel, la force de croître. Faire la salutation au soleil, c’est faire acte de s’incliner devant le soleil cosmique dont dépend toute vie. C’est saluer le principe créateur, l’énergie-conscience qui anime toute vie. La salutation au soleil part de la verticale et y revient après plusieurs stations intermédiaires qui plaquent au passage le corps au sol. C’est le cheminement obscur de l’homme vers la lumière. La vie ramène l’homme sans cesse vers la terre, où, au contact du sol il aspire les forces telluriques qui lui permettent de se redresser. Dans cet enchaînement, on passe constamment de la terre au ciel, du concret à la spiritualité. Vers le haut on invoque le soleil, ses qualités (lumière, force ... ) et vers la terre, on dépose ce qui a été capté en haut. La terre est ensemencée, enrichie. On s’enracine dans la terre et on se dresse vers le ciel. Par cet enchaînement, l ‘homme participe au mouvement de la vie. En tant qu’être humain, on se trouve au milieu, entre ciel et terre, debout, comme une antenne reliant les 2 pôles. Ce mouvement est un acte de dévotion au soleil, tout en prenant appui avec amour et humilité sur la terre qui nous porte. Bonne pratique à tous! Sylvie Bernabé, nouveau Professeur de Yoga à l’ARY

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La Montagne comme support de méditation suite Ayant beaucoup apprécié l’article d’Annie Koytcha dans le dernier bulletin (n°58, février 2013), j’ai eu envie de lui donner une suite. Je cite quelques passages de son article, vous les trouverez en italique dans mon texte.

En effet, la Montagne est le nom donné à une posture de yoga. C’est celle de l’attitude debout, appelée également SAMASTHITI, posture de l’égalité ( SAMA: même, pareil et STHITI: se tenir) ou TADASANA selon les écoles. Tout comme la montagne cette posture évoque stabilité, verticalité, immobilité, solidité, ancrage.

les pieds parallèles

les points d’appui

Point de départ : la terre, le sol. L’importance est donc donnée au contact des pieds avec leur support. Plaçons les, écartés de la largeur du bassin, parallèles entre eux (considérons une ligne qui va du 2° orteil jusqu’au talon et alignons ainsi nos 2 pieds). A présent, répartissons le poids du corps : appui fort sur les talons (60%), pression à l’avant, gros orteil et premier métatarse (20%) ainsi que sur la tranche externe (20%). La voûte plantaire reste formée. Nous avons donc dessiné deux triangles pointes à l’arrière, constituant ainsi un support ferme et un ancrage sûr.

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« La montagne se dresse fièrement vers le ciel et monte très haut  ».

Redressons et étirons notre colonne. Mais avant tout, trouvons la place du bassin. Fléchissons très légèrement les genoux sans pousser le pubis vers l’avant (marquons les plis de l’aine). Faisant ceci, procédons à une rotation externe des cuisses (surtout garder les fosses poplitées* creusées sinon ce geste s’avère impossible). Et curieusement, notre bassin trouve sa juste bascule, stable, ni trop vers l’avant ni trop vers l’arrière, léger et solide à la fois. C’est à partir de là que la colonne peut s’ériger souplement, respectant ses creux et ses bosses tels des vallons et des monts. « La montagne se dépouille de ce qui l’encombre comme si elle devait s’alléger ». Ainsi le haut du corps s’érige et s’ouvre au ciel. Plaçons nos épaules basses sans tension, ni trop vers l’avant, ni trop vers l’arrière. Elles s’ouvrent doucement sans fermer le dos (ne pas « pincer » entre les omoplates, mais tirer leur pointe basse vers le sol), ni faire « sauter » les côtes en avant (« estomac proéminent »…). Ce geste va se terminer au bout des bras avec une ouverture très subtile des paumes des mains vers l’avant. Tout est nuance et ajustement. La tête trouve sa place en haut de cet édifice : nuque souple et légèrement creusée (respectons la cyphose anatomique), regard sur un horizon lointain. Retrouvons une sensation globale, légèrement étirée vers le ciel : des pieds à la tête en passant par les jambes, les genoux, le bassin, la colonne, les épaules et les bras, la nuque, le sommet du crâne. Dans notre posture ainsi construite pas à pas, plaçons une respiration ample, fluide, régulière, lumineuse. Immobilité du corps-montagne, silence du mental, méditons.

Guylène Cottin

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SI... Si vous vous êtes levé, ce matin, avec plus de santé que de maladie, vous êtes plus chanceux que le million de personnes qui ne verront pas la semaine prochaine. Si vous n'avez jamais été dans le danger d'une bataille, la solitude de l'emprisonnement, l'agonie de la torture, l'étau de la faim, vous êtes mieux que 500 millions de personnes. Si vous pouvez aller à l'église sans peur d'être menacé, torturé ou tué, vous avez plus de chance que 3 milliards de personnes. Si vous avez de la nourriture dans le frigo, des habits sur vous, un toit sur votre tête et un endroit pour dormir, vous êtes plus riche que 4,5 milliards de personnes. Si vous avez de l'argent à la banque, dans votre portefeuille et de la monnaie dans une petite boîte, vous faites partie des 8% les plus privilégiés du monde. Si vous lisez ce message, vous ne faites pas partie des 2 milliards de personnes qui ne savent pas lire. Attac

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La parole est à ...

Jean Ziegler: utopiste ou visionnaire?

JEAN ZIEGLER : utopiste ou visionnaire ?

Vice-président du comité consultatif du conseil des droits de l’homme des Nations unies, Jean Ziegler vient de publier Destruction massive, Géopolitique de la faim (éd.du Seuil). Dans cet essai le sociologue suisse analyse les raisons qui provoquent chaque année la mort de 37 millions de personnes à cause de la sous-nutrition.

Dans votre livre vous dites : «La faim tient du crime organisé». Pouvez-vous développer ? le massacre annuel de dizaines de millions d’êtres humains par la faim est le scandale du siècle. Toutes les 5 secondes un enfant enfant de moins de 10 ans meurt de faim. Tous les jours, ce sont 37000 personnes qui meurent de faim et 1 milliard qui sont mutilées par une sous-alimentation permanente... Ceci sur une planète qui déborde de richesses ! Il n’y a donc aucune fatalité. Un enfant qui meurt de faim est assassiné. Pourquoi, au XXè siècle, meurt-on encore de faim ? Les causes sont multiples. Une des premières et des plus importantes est la spéculation boursière sur les aliments de base (riz, maïs, blé) qui couvrent 75% de la consommation mondiale. Depuis le krach financier de 2008, les fonds souverains, les hedge funds et les banques se rabattent sur les matières agricoles et font flamber les prix. Par exemple, la tonne de blé meunier a dou-

blé entre 2010 et 2011, elle est aujourd’hui à 270 euros. Tout cela de manière légale, même si c’est moralement inacceptable. Il y a quelques semaines, les Nations unies ont annoncé que nous étions 7 milliards d’êtres humains. La terre pourra-t-elle tous nous nourrir ? Evidemment ! Le rapport annuel de la FAO sur l’insécurité alimentaire dans le monde montre que l’agriculture mondiale peut nourrir 12 milliards d’êtres humains. Le problème réside dans le défaut d’accès à la nourriture et de moyens pour l’acquérir. Je reviens de la Corne de l’Afrique, une région qui vit un véritable cauchemar. En effet, en Somalie, en Erythrée et en Ethiopie, les populations doivent faire face à une faim conjoncturelle (sécheresse, guerre), mais aussi structurelle, en raison de l’envol des prix des denrées. Impossible alors d’acquérir assez de nourriture pour les populations. la faim est le fait de l’homme. Elle peut être éliminée par l’homme. 14

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Pourquoi avoir écrit ce livre ? Il existe des mesures concrètes que les citoyens des états démocratiques peuvent imposer : interdire la spéculation boursière sur les produits alimentaires, empêcher le vol des terres arables par les multinationales, prohiber le dumping agricole, faire annuler la dette extérieure des pays les plus pauvres pour qu’ils investissent dans l’agriculture, délaisser les agrocarburants... Tout cela peut être obtenu si nos peuples se mobilisent. J’ai écrit Destruction massive, géopolitique de la faim pour renforcer la conscience des citoyens. Georges Bernanos écrit : «Dieu n’a pas d’autres mains que les nôtres.» Le bonheur matériel peut être assuré pour tous. Je suis confiant car, en Europe, l’insurrection des consciences est proche. (interview publiée dans le magazine ACF de mars-avril-mai 2012)


Poème

GITANJALI: L’offrande lyrique Le temps que prend ma course est long ; la route est longue. Je suis sorti sur le char du premier rayon de lumière, et j’ai poursuivi mon voyage à travers les solitudes des mondes, laissant ma trace sur mainte étoile. C’est le parcours le plus distant qui m’approche le plus de toi, et la modulation la plus détournée est celle même qui mène à la parfaite simplicité de l’accord. Le voyageur doit frapper à toutes les portes avant de parvenir à la sienne ; il faut avoir erré à travers tous les mondes extérieurs pour atteindre enfin au tabernacle très intime. J’ai laissé mes yeux longtemps s’égarer au loin, avant de les fermer et de dire : Tu es ici ! Cette interrogation, cette attente, se fond dans les larmes d’un millier de fleuves et submerge le monde sous le flot de cette certitude : Je suis.

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UNE JOURNEE SOUS LA VARANGUE

C’est le matin à l’ île de La Réunion.

Un beau caméléon, un mâle vert et noir, oscille au bout d’une branche dans mon jardin...Il fait bon ; plein de couleurs, de senteurs ; les oiseaux chantent. Je suis sous ma varangue, je pense à la vie. Les années ont passé, l’ âge avance. Mais ma jeunesse est toujours là, intacte, avec les mêmes ressentis, les mêmes envies. La puissance de vivre est forte toujours, encore plus, car il n’y a plus de barrières. Je sais que le temps de vie est compté et que je ne crains plus rien. La raison est un frein, alors je laisse venir la douceur, j’ose la liberté ! Le chemin de la vie n’est pas facile, il ne l’est jamais. Il se trace chaque jour et chaque jour il y a des douleurs et des instants de joie. Prendre conscience de soi, de son acceptation dans l’instant. Découvrir qu’en nous il y a ce Soi calme, inaltérable vers lequel on doit se reporter. Se poser les bonnes questions, s’observer objectivement : qui suis-je ? Quelles fonctions ont ceux que j’ aime, pour moi ? Quelles fonctions j’ai, pour eux ? Il faut se resituer par rapport à ses amours et s’accepter « tel quel ». Puis lâcher prise, se désagripper. Ce travail apaise, il ouvre les yeux et la voie du bonheur. Il faut aussi se recentrer, rééquilibrer les deux cœurs : droit-gauche, physique-subtil, rougedoré. Réajuster les forces positives et négatives, masculines et féminines qui sont en nous. La vie n’est pas être en équilibre sur le bord d’une falaise, ni sur un chemin plein d’embûches. Il y a certes des faux pas. Il faut les assumer sans les craindre, et juste accepter qu’un peu de bonheur nous accompagne. L’ île de La Réunion s’éteint doucement. Le soleil d’or couchant adoucit la nature et mon âme. Je me retrouve sous ma varangue : Orange et rose des bougainvillées. Bleu des plumbagos. Violet et blanc des franciseas. Rose et jaune des rosiers. Rouge de la Rose du Désert. Blanc de l’orchidée. Vert, vert, vert de toute la nature. Et bleu du ciel. Cadeau de la Vie ! Nous sommes tous les uns à l’intérieur des autres. L’amour est notre lien, il est le fil conducteur de la vie, toujours, toujours. Osons aimer ! Soyons comme l’eau paisible, GANGA, pleine d’élan et de force ! Jacqueline VAISSE RABOT Le Tampon, 29/12/12

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coin gourmand

Entrée glacée aux courgettes 1kg5 de courgettes 3 oignons 3 citrons huile d’olive (2 cuillères à soupe) 10 grains de coriandre 1 bouquet de menthe

Couper les courgettes en dés et les mettre dans une casserole avec l’huile, le jus des citrons, la coriandre, les oignons émincés, sel et poivre. Faire mijoter à feu doux 15 minutes et laisser refroidir. Servir glacé.

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notes de lecture

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur Harper Lee (1960) - Livre de Poche

La couleur des sentiments

Kathryn Stockett (2009) - Actes Sud, collection Babel Ces deux romans ont pour cadre le Sud des Etats Unis au début des années 60. John Kennedy sera bientôt assassiné, Martin Luther King « fait un rêve » et l’entrée d’un noir à la Maison Blanche relève de l’utopie. Scout, la jeune narratrice de  Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, orpheline de mère, est élevée avec son frère Jem dans la tolérance et le respect des autres par leur père Atticus et leur bonne noire Calpurnia. La vie monotone de leur petite ville poussiéreuse se trouve bouleversée lorsque Atticus, avocat intègre et généreux, est désigné pour défendre un Noir accusé du viol d’une jeune Blanche. C’est par les yeux grands ouverts des enfants que le lecteur découvre la réalité sociale de ces états du Sud ruinés par la crise économique et gangrenés par les lois raciales. Dans La couleur des sentiments, roman à trois voix, c’est la disparition inexpliquée de sa bonne noire Constantine qui pousse Skeeter, jeune fille de la bonne société sudiste, à porter un regard critique sur le monde dans lequel elle a grandi. Voulant savoir ce qu’il est advenu de celle qui l’a élevée avec amour durant 22 ans, elle interroge en grand secret les bonnes de son entourage et finalement leur donne la parole dans un recueil de témoignages dont la publication les mettra toutes trois en danger. Au-delà du contexte historique de la lutte pour les droits civiques d’une population humiliée par l’apartheid alors en vigueur, ces deux romans, émouvants et passionnants, sans manichéisme, à l’écriture simple et fluide, sont un plaidoyer pour la tolérance et le respect de la dignité humaine. Tous deux ont fait l’objet d’une adaptation cinématographique. Celle du premier, réalisée peu après sa parution en 1962 par Robert Mulligan sous le titre To kill a Mockingbird (en français De silence et d’ombre), est un très beau film dans lequel Gregory Peck incarne la magnifique figure d’Atticus Finch. La couleur des sentiments (The Help), de Tate Taylor, sorti en 2011, vaut surtout par le jeu des actrices. Jacqueline Badon 21


vie de l’association

Cours de Yoga

Les cours au Stade Michel Volnay à Saint-Pierre : Hatha Yoga Mercredi : de 8h15 à 9h30 Vendredi : de 12h15 à 13h30

(Réservation nécessaire, nombre de places limité)

Les cours à mon domicile rue du Presbytère : Hatha yoga : Lundi : de 18h00 à 19h30 Mardi de 17h00 à 18h30 Mercredi de 18h00 à 19h30 Jeudi : de 18h00 à 19h30 Samedi : 9h à 10h30

Tel : 06.93.42.24.79 / 02.62.09.68.24

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Caroline Vornière

Mail : caroyogito@hotmail.fr Blog : caroyogito-yogito.blogspot.com/


REGION NORD:

Jacqueline Prouteau

ST DENIS (centre ville) : mercredi soir de 19h00 à 20h15 Studio 72, 80 av du Général de Gaulle Cours tous niveaux

professeur de l’ARY*

0692 88 63 03 0262 38 60 28 satyajackie@gmail.com

STE CLOTILDE : jeudi soir de 18h45 à 20h00 Holistique institut, 38 rue de l’Ancienne Poste Cours semi-collectif tous niveaux

SAINT-LOUIS

maison de l’Inde le Gol Lundi 9h et 18h

REGION EST BRAS PANON : vendredi de 10h00 à 11h30 Centre Samsara, 1 bis chemin Balance – Rivière du Mât les Hauts Cours tous niveaux

LIGNE DES BAMBOUS 696 chemin des Chataigniers mardi 9h - 12h30 -18h jeudi 18h

REGION OUEST

samedi 10h

LA POSSESSION : mardi de 19h00 à 20h15 Ecole Artistique de l’Ouest, 15 av Jacques Prévert – Rivière des Galets Cours tous niveaux

STAGES

yoga - chant védique - méditation

deuxième samedi de chaque mois de 14h à 18h

Informations : Stéphanie Margelidon au 0692 26 11 56 (professeur de l’ARY et de la FNEY)

*Association Réunionnaise de Yoga www.yogary.fr

COURS de YOGA PRÉ NATAL Dans le cadre de l’Association AQUA BIEN-ÊTRE (aquabienetre@gmail.com), Christine DEGUINE vous propose des cours de yoga prénatal Le mardi de 9h à 10h Site EDF, Bas de la Rivière à St Denis. Renseignements et inscription : 06 92 77 26 67 23


« Le yoga sans dégâts »

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façon Bernadette de Gasquet

Quelques professeurs de l’ARY ont participé , le 29 et le 30 avril 2013, à un stage animé par le Dr Bernadette de Gasquet. Médecin, professeur de yoga, élève de Jacques Thiebault, Bernadette de Gasquet nous a proposé de revisiter le travail postural et respiratoire du yoga avec les outils de la bio-mécanique. Durant deux jours, nous avons appris « à faire attention à ce que l’on fait » : à expirer à partir du périnée, à nous asseoir, à nous pencher en avant, à nous mettre à quatre pattes, à nous étirer vers l’arrière, à faire des torsions… sans tasser, sans arrondir, ni creuser le dos, en gardant toujours » la plus grande distance entre le bas de la colonne et le sommet du crâne ». Cet enseignement précis, basé sur la physiologie, à la recherche du geste et de la respiration justes - c’està-dire qui n’abîme pas le corps - a été dérangeant mais utile. Madame de Gasquet a certes gentiment chamboulé nos façons de faire, mais elle a renouvelé la caisse à outils : personnellement je l’en remercie. Christine DEGUINE

1

Nous reprenons le titre d’un ouvrage écrit par Jean-Paul BOUTELOUP, un autre élève de Jacques Thiebault, Ed Robert

Jauze, 2006

http://www.degasquet.com

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infos

Stage prévu en octobre 2013

L’Ary organisera un stage de Yoga du 12 au 19 octobre prochain, animé par Gisèle SiguierSauné et Dominique Brenguier. Il est prévu un week-end les 12 et 13 octobre, puis un séminaire d’une semaine sur le thème de la Bhagavad Gita, plus des pratiques de yoga en lien avec le texte. La Bhagavad Gîta est avec les Yoga Sutra de Patanjali un texte fondateur du Yoga. Gisèle Siguier-Sauné est philosophe et professeur de pensée indienne dans les écoles de la FNEY. Elle assurera le travail sur la Bhagavad Gîta et Dominique Brenguier, professeur de yoga à Toulouse, animera les pratiques. Retenez déjà ces dates ! Un dossier établi par les professeurs sera disponible dans le prochain bulletin et sur le site de l’ARY.

Bibliographie de référence pour celles et ceux qui souhaiteraient, d’ores et déjà, préparer le stage: - La Bhagavad-Gîtâ, traduite et présentée par Alain Porte, Editions Arléa, 1992 - Bhagavad-Gîtâ, «Le chant du Seigneur», traduction du sanskrit par Swami Ritajananda, Centre Védantique Râmakrishna, Gretz, 1976 - La voie de l’acte juste. La Bhagavad-Gîtâ, texte traduit par Emile Sénart ; édition présentée et introduction par Gisèle Siguier-Sauné, Pocket, 2008. - Le Mahâbhârata. Extraits traduits du sanskrit par J.M Petervalvi. Commentaires, résumé et glossaire par Madeleine Biardeau, Flammarion, 2 vol, Paris, 1985-1986 - Jean-Claude Carrière, Le Mahâbhârata, Pocket n° 3938, 2001 - Madeleine Biardeau, L’hindouisme - Anthropologie d’une civilisation, G.F. 1981 - Gandhi, Tous les hommes sont frères, Folio/Essais, Gallimard, 1969 - Gandhi, Autobiographie ou mes expériences de vérité, trad. G. Belmont, PUF, 1950 - Tara Michaël, Yoga, Seuil, «Points Sagesses», 1995

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BULLETIN ADHESION A.R.Y. / U.N.Y.

à remettre à votre professeur ou à envoyer à la trésorière : Monique Bécarie 90 bis route de Fatima 97435 SAINT PAUl _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ __ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ __

Bulletin d’adhésion A.R.Y. / U.N.Y. 2013 Nom...................................................................................................... Prénom................................................................................................ Date de naissance............................................................................... Adresse............................................................................................... ............................................................................................................. Téléphone : 0262.................................../0692.................................... Adresse e mail : ................................................................................. Profession .......................................................................................... Nom de votre professeur de l’ARY.................................................. J’adhère à l’A.R.Y. :

10 euros

ou j’adhère à l’A.R.Y. et à l’U.N.Y. :

26 euros

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -- Votre adhésion nous permet d’organiser des stages. Elle vous permet de recevoir 3 bulletins par an et d’avoir accès à une bibliothèque spécialisée.

N.B. Renouvellement à la rentrée scolaire

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ary Siège social et secrétariat 25 rue Paul Cézanne 97432 Ravine des Cabris pour contacter l’ARY un n° de téléphone / fax est à votre disposition : 0262 38 60 28

www.yogary.fr

(un répondeur prend vos messages en cas d’absence)

email : satyajackie@gmail.com secretaire.ary@gmail.com

MEMBRES DU BUREAU Présidente

Christine Dupuit Deguine

0692 77 26 67

Vice-présidente

Guylène Cottin

0262 22 91 29

Trésorière Trésorière adjointe

Monique Bécarie Andréa Sanne

0262 55 38 37 0262 38 62 97

Secrétaire

Secrétaire adjointe

Elisabeth Hoarau 0262 49 46 54 25 rue Paul Cézanne 97432 Ravine des Cabris Stéphanie Margelidon 0692 26 11 56

BIBLIOTHEQUE Nord

Claudine Douyère 75 centre de St Gilles Haut 97435 Saint Gilles les Hauts

0262 22 91 29 0692 69 08 34

Andréa Sanne 21 chemin Reboul 97432 Ligne des Bambous

0262 38 62 97

Sud

COMMISSION STAGES Claudine Douyère Monique Ducrocq

0262 22 91 29 0262 46 77 58 0692 82 14 05

COMMISSION SITE

0692 88 63 03 0693 42 24 79

Jacqueline Prouteau Caroline Vornière

BULLETIN

Où envoyer vos articles ( fichiers informatiques - en .doc sans mise en page particulière) ou textes dactylographiés uniquement) : email : christine.deguine974@orange.fr / jbadon@orange.fr

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PROFESSEURS DE L’ASSOCIATION REUNIONNAISE DE YOGA ARMOUDOM Régine

0692 17 73 48

SAINT DENIS - SAINT PAUL ( dans les écoles)

BIGORNE René

0262 88 36 47 / 0693 90 89 73

LE TAMPON

BISSON Alexandra

0262 46 77 86 / 0692 20 54 40

SAINT DENIS

CASSAM-CHENAI Roumana

0262 96 09 23 / 0692 66 44 93

SAINT PIERRE

COTTIN Ghislaine

0262 45 60 86

LIGNE DES BAMBOUS

DONGUY Cécile

0262 38 52 41 / 0692 77 93 62

LIGNE DES BAMBOUS

DOUYERE Claudine

0262 22 91 29 / 0692 87 82 08

SAINT GILLES LES HAUTS - SAINT GILLES LES BAINS

DUCROCQ Monique

0262 46 77 58 / 0692 82 14 05

DUPONT Laure

0262 32 46 83 / 0692 60 02 72

LA SALINE LES BAINS - ST PAUL L’ETANG

DUPUIT DEGUINE Christine

0262 29 24 12 / 0692 77 26 67

SAINT DENIS

0262 88 28 16 / 0692 60 41 90

LE TAMPON

0692 77 80 07

SAINT LEU

0692 63 22 17

SAINT DENIS

FRUTEAU Rémy FURERE Pascale LE BOURHIS Edith LOPIN Edvard MALATRE Arnaud

0262 34 81 36 /0692 84 69 33 0693 41 73 74

LA SALINE LES BAINS

SAINT DENIS - PLAINE SAINT PAUL LE TAMPON

MARGELIDON Stéphanie

0262 43 30 51 / 0692 26 11 56

SAINT ANDRE - POSSESSION BRAS PANON : Samsara - SAINT DENIS

MARTIN Françoise et Guy

0262 23 66 19 /0692 22 91 30

SAINT DENIS - LA MONTAGNE

OLLAGNIER Wilfried

0692 57 94 19

SAINT LEU

PATHIER Hélyette

0262 45 23 68 / 0692 75 72 31

ETANG SAINT PAUL

PROUTEAU Jacqueline

0262 38 60 28 / 0692 88 63 03

RAVINE DES CABRIS : Ligne des Bambous - SAINT LOUIS

RANDRIANOME Annick ROCHETAING Keshin SANNE Andréa

0262 57 34 25 / 0692 75 61 86

RAVINE DES CABRIS : Ligne des Bambous SAINTE SUZANNE - SAINTE MARIE - SAINT ANDRE LE PORT

0692 20 07 78 0262 38 62 97 / 0692 48 40 08

RAVINE DES CABRIS : Ligne des Bambous

TRY Bophana

0693 44 45 65

SAINT PIERRE - SAINT GILLES LES HAUTS

VARENCE Valérie

0692 61 24 18

SAINT PIERRE - LE TAMPON

VORNIERE Caroline

0262 09 68 24 / 0693 42 24 79

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SAINT PIERRE

Bul 59  

Bulletin de l'association réunionnaise de yoga

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