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Asie du Sud Asie du Sud-Est et Chine

2013

Europe RAPPORT D’ACTIVITÉ Amérique Latine - Caraïbes Afrique

La planète Éducation n'est pas celle que l'on croit


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Carte des pays d’action et d’influence au 1 er janvier 2013

Bangladesh, Bhoutan, Myanmar, Thaïlande

France, Suisse

Honduras, Nicaragua

Haïti, République dominicaine

Pays d’intervention Pays observatoires

Inde, Népal, Sri Lanka, Cambodge, Chine, région administrative spéciale de Hong Kong, Laos, Vietnam

Madagascar, Union des Comores Rwanda, République démocratique du Congo, département et région d’outre-mer de la Réunion (France)

Bénin, Burkina Faso, Burundi, Côte d’Ivoire, Guinée-Conakry, Mali, Maroc, Niger, Sénégal, Tanzanie, Togo


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SOMMAIRE

> AVANT-PROPOS : Jacques Lemaréchal et Claire Calosci 

p. 6

> THÉMATIQUES

p. 9

> RÉGIONS

p. 31

> STRATÉGIE ET RESSOURCES - Mutation : en route vers Aide et Action International 2017

p. 53

- Knowledge Management - Communication et influence - Médias - Politique partenariale - Ressources humaines - Audits interne et externe > EMPLOI ET ORIGINE DES RESSOURCES 

p. 71

> 2013 MOIS PAR MOIS

p. 81

> STRUCTURE ASSOCIATIVE INTERNATIONALE 

p. 89

> PERSPECTIVES 2014

p. 98

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AVANT-PROPOS

C

omme nous le montrons sur notre carte du monde, de profondes évolutions apparaissent et de nouveaux enjeux émergent, qui ne sont pas sans lien avec le mode de gouvernance mondiale que nous connaissons actuellement. La carte du monde se redessine, des pôles d’attractivité et d’influence géopolitiques donnent à voir un profond bouleversement de l’organisation des relations internationales et du rapport de force entre les pays. Le monde de l’éducation en est fortement impacté. En effet, si les négociations internationales constituent toujours un espace commun de débats et d’identification des grands enjeux et objectifs sur lesquels s’engage l’ensemble de la communauté internationale, leur très lente avancée s’avère problématique (exemple : Rio). Pourtant, pour les objectifs du Millénaire pour le développement et les objectifs de l’Education pour Tous, de nombreux pays en développement considèrent à présent qu’il est dans leur intérêt d’accomplir rapidement des progrès durables en matière de développement, et notamment en matière d’éducation. Ceci représente une fenêtre d’opportunité pour Aide et Action International, intégrant quatre grandes évolutions majeures : 1 - l’absence de leadership clair sur les questions de développement (les Nations unies ne peuvent prétendre assumer seules ce rôle, pas plus que d’autres grandes organisations internationales) ; 2 - la défense des intérêts particuliers, chaque pays ou groupe de pays étant tenté de satisfaire ses propres besoins selon une géométrie plus ou moins variable, plutôt que de tenter de répondre collectivement à des enjeux mondiaux ; 3 - le rôle politique de plus en plus important que jouent les grands pays émergents ; 4 - la multiplication des acteurs intervenant dans le champ de l’éducation et leur rôle politique croissant, notamment l’influence grandissante des fondations privées. Or, il ne reste que deux ans avant que les Etats membres de l’Organisation des Nations unies ne s’accordent pour fixer des résolutions concernant les Objectifs du Millénaire pour le développement et pour atteindre ceux de l’Education pour Tous.

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En 2013, la préparation de l’agenda post-2015 constituait le cadre de réflexion sur le développement et sur les objectifs de l’éducation pour Aide et Action International, mais aussi pour tous les acteurs du secteur. En effet, des facteurs de changement doivent être pris en compte dans ces orientations. Le centre de gravité économique du monde se déplace, l’aide publique au développement diminue, la démographie évolue, le changement climatique bouleverse les équilibres. Toutes ces évolutions ont un impact fort sur les enjeux majeurs du monde actuel, notamment l’emploi, la jeunesse et la cohésion sociale. Quelles conséquences sur l’identification des nouveaux objectifs de l’Education pour Tous? A l’heure actuelle, la question qui nous mobilise principalement, ainsi que les défenseurs de la cause de l’éducation, est de savoir si un objectif spécifique sur l’éducation figurera ou non dans les objectifs de développement qui seront conclus pour l’après 2015. Ce qui, en réalité, est loin d’être garanti. Il y a pourtant urgence ! La « feuille de route » de la mutation d’Aide et Action International annoncée en 2012 pour orienter notre prochain cycle de planification stratégique 2014-2016 en a donc bien tenu compte. Le 2ème Congrès International, qui s’est tenu en octobre 2013, a souligné l’importance du maintien de la ligne stratégique du projet associatif international et sa pertinence, face à toutes les évolutions du monde, appuyé en cela par la vision des propositions des Conventions d’Objectifs 2014-2016 de chacune des cinq régions. Le monde est, et reste en mouvement. Aide et Action International poursuit son évolution et termine ses transformations. C’est donc avec confiance que nous avançons vers 2016, avec l’achèvement de notre processus de transformation, la confirmation de notre projet associatif international, de notre mission, de nos valeurs et de notre philosophie.

Jacques Lemaréchal Claire Calosci Président d’Aide et Action Directrice générale International internationale

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Tableau récapitulatif des projets par régions et thématiques d’intervention

Amérique LatineCaraïbes

Afrique

Asie du Sud

Asie du Sud-Est et Chine

Europe

Total

Accès et qualité de l’éducation

10 projets Bénin, Burkina Faso, Madagascar, Mali, Niger, Sénégal, Togo

20 projets Inde

5 projets Cambodge, Laos,

2 projets France

37

Petite Enfance

3 projets  Madagascar, Maroc, Togo

2 projets Inde

6 projets Cambodge, Chine, Laos, Vietnam

11

4 projets Inde

1 projet Chine

9

2 projets Cambodge

5

Education des filles et des femmes

1 projet République dominicaine

3 projets  Bénin, Guinée-Conakry, Niger

Education inclusive

1 projet République dominicaine

2 projets Sénégal

Education au développement durable et à la citoyenneté mondiale

2 projets République dominicaine

2 projets Guinée-Conakry, Madagascar

Education à la vie

1 projet Haïti

3 projets Burundi, Madagascar, Mali

14 projets Inde, Népal, Sri Lanka

1 projet Mali

2 projets Inde

Education à la santé Migration

5 projets Inde

Urgence et post-urgence

1 projet Haïti

TOTAL

6

3 projets France

7

1 projet France

19

3

1 projet Chine

6 1

24

47

15

6

98


Asie du Sud Europe

Asie du Sud-Est et Chine

THÉMATIQUES

Amérique Latine - Caraïbes Afrique

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l’éducation qualité de Accès et

ACCÈS ET QUALITÉ DE L’ÉDUCATION

S

i les taux de scolarisation augmentent globalement, des millions d’enfants sont toujours à la porte d’une école qui échoue trop souvent à remplir correctement sa mission d’éducation. Soutien à la formation des enseignants, amélioration de la pédagogie, de l’environnement scolaire, renforcement des capacités des familles, des communautés et des institutions locales, appui aux autorités de pilotage de l’éducation : l’association consacre une part très importante de ses projets à renforcer l’ensemble des systèmes éducatifs, pour qu’ils permettent à chaque enfant de se développer et de devenir un citoyen responsable. >C  omposantes

Pédagogies et contenus Gouvernance éducative Gestion et pilotage des systèmes éducatifs Savoirs locaux Environnement éducatif > 37 projets :

Bénin, Burkina Faso, Cambodge, France, Inde, Laos, Madagascar, Mali, Niger, Sénégal, Togo.

L’éducation est le levier le plus puissant de l’émancipation et du changement. Elle est indispensable à la formation de citoyens éclairés, pouvant jouer pleinement leur rôle dans le développement de leur territoire, aptes à maîtriser le changement et à contribuer au progrès, autonomes et responsables, en capacité de construire leur vie au sein d’une société pacifiée. Pourtant, en 2013, 69 millions d’adolescents n’ont pas accès à l’enseignement secondaire et, d’après l’UNESCO, 250 millions ne savent ni lire ni compter, même après avoir passé quatre

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années sur les bancs de l’école. Malgré les progrès réalisés, l’ampleur de la tâche reste donc immense à seulement un an de l’échéance des Objectifs du Millénaire pour le développement. Les systèmes éducatifs des pays dans lesquels intervient Aide et Action International peinent à permettre à chaque enfant et à chaque jeune d’acquérir les connaissances et compétences utiles pour son épanouissement personnel, son intégration dans la vie sociale et économique du pays, et le vivre-ensemble. C’est pour cela


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qu’en 2013, l’accès et la qualité de l’éducation ont constitué l’un des axes d’intervention prioritaires de l’association. Celle-ci s’est essentiellement focalisée sur la gouvernance éducative1 (renforcement des capacités communautaires, pilotage des systèmes éducatifs, participation des familles et des communautés, etc.), l’accès des populations les plus marginalisées à une éducation de qualité (minorités ethniques et/ou linguistiques, enfants des rues, etc.), la diversification

1. La gouvernance éducative désigne toutes les activités permettant de gouverner le système éducatif, c’est-à-dire permettant son pilotage, sa gestion, son suivi, son amélioration. Pour Aide et Action International, la gouvernance éducative repose sur trois piliers : le pilotage du système éducatif par les autorités nationales, la participation des familles et des communautés à sa gouvernance, et la mise en place de systèmes de suivi de l’éducation.

de l’offre éducative (écoles dites de la deuxième chance, écoles mobiles, etc.) et l’amélioration des conditions d’apprentissage et de travail des enfants et des enseignants (mobilier scolaire, pédagogies actives, réforme des curricula, formation des enseignants, etc.). Au Burkina Faso, Aide et Action International a contribué, en 2013, à améliorer les conditions d’accueil des élèves de l’enseignement de base et le cadre de vie de leurs enseignants à travers la construction de salles de classe et leur équipement ainsi que la réalisation de forages pour l’eau dans 18 villages de 7 provinces du pays. Ces infrastructures éducatives ont renforcé le cadre de travail des élèves et des enseignants. Les forages ont amélioré l’état sanitaire pour 1300 élèves et de 40 enseignants dans six écoles. La mise en place – ou le

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renforcement – de comités de gestion des écoles a augmenté l’implication de tous les acteurs, ce qui a eu pour conséquence une meilleure utilisation des biens matériels et financiers dans les écoles.

© S. Pihan / AEAI

Aide et Action International a pour mission de lutter contre les mécanismes d’exclusion de l’éducation. En France, elle le fait plus spécifiquement dans les Zones Urbaines Sensibles où les enfants et les jeunes sont confrontés à des problèmes identitaires qui rendent souvent plus complexe l’acquisition des savoirs de base et peuvent être source de démotivation, parfois même de décrochage scolaire. Aide et Action France agit à travers la réalisation de projets fédérateurs et en soutenant des activités éducatives et culturelles. En 2013, elle a lancé un projet dans deux classes de Villiers-le-Bel, basé sur la mise en place d’ateliers collectifs autour de l’écriture, du théâtre et d’une réflexion sur la notion d’identité, afin de contribuer à l’intégration

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socio-éducative et culturelle des enfants à travers le spectacle. En partenariat avec le théâtre de la Fugue2, 50 enfants ont participé à 24 ateliers de théâtre et 12 ateliers d’écriture. Les élèves ont écrit une pièce en s’appuyant sur l’histoire de l’école et son évolution, sur les notions de territoire et de passage car l’école actuelle sera démolie en 2014. Lors de la deuxième année de réalisation du projet ils seront donc appelés à écrire sur la naissance, l’appropriation et l’identité d’un nouveau lieu.

2. Le théâtre de la Fugue est une association artistique, et plus particulièrement théâtrale, fondée par Philippe Osmalin et Sylvie Harland, qui a pour objectifs de créer des spectacles dans des cadres divers, de mettre en œuvre toute activité relative à la formation d’amateurs et de professionnels du théâtre, de mener des actions artistiques au service d’enjeux socio-éducatifs et de favoriser l’accès des pratiques artistiques à des publics défavorisés.


PETITE ENFANCE ance Petite enf

L

e nombre de projets, mis en œuvre par Aide et Action International sur la thématique de la petite enfance a régulièrement augmenté au cours des dernières années. Cette thématique désigne l’ensemble des activités favorisant le développement physique, psychologique, social et cognitif de l’enfant de 0 à 6 ans, en prenant le milieu familial et communautaire comme cadre fondamental de son épanouissement. >C  omposantes

Néo et post-natal (0-1 an) Primo-enfance (1-3 ans) Préscolaire (3-6 ans) >1  1 projets :

Cambodge, Chine, Inde, Laos, Madagascar, Maroc, Togo, Vietnam.

En dix ans, les taux d’inscription des enfants dans le pré-primaire ont progressé de 40% dans le monde. Mais la protection et l’éducation des tout-jeunes enfants ne font toujours pas partie des priorités des politiques. Dans le monde, 200 millions d’enfants n’ont pas accès aux programmes de soin, de développement et d’éducation de la petite enfance3. Ces dispositifs jouent pourtant un rôle crucial dans le développement physique, cognitif, émotionnel et social des enfants. Aide et Action International fait du soutien à la petite enfance une priorité, avec un nombre croissant de projets qui reposent d’abord sur la sensibilisation des parents et des communautés aux besoins des

3. Source : UNESCO, Rapport mondial de suivi de l’Education pour tous 2012

enfants (hygiène, interaction, éveil, etc.) ; sur la construction ensuite, en partenariat avec les Etats, de politiques et de programmes dédiés à la petite enfance et sur le soutien du personnel des centres existants. Sur cette thématique d’intervention, Aide et Action International a, en 2013, développé son approche globale (et intégrée selon trois priorités). L’association a soutenu et renforcé les capacités des personnels intervenant dans les centres de développement de la petite enfance qui permettent aux jeunes enfants de bénéficier d’une supplémentation vitaminique, d’un suivi de santé global, et notamment de campagnes de vaccinations. Elle a également développé des actions de préscolarisation, notamment dans la langue maternelle, pour familiariser le plus tôt

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possible les enfants et leurs familles aux bénéfices de l’éducation. Enfin, elle s’est attachée à faire évoluer les comportements parentaux à travers la sensibilisation et la formation des parents au développement physique (besoins nutritionnels spécifiques, règles d’hygiène de base, prévention des maladies transmissibles, etc.), émotionnel (besoins spécifiques des jeunes enfants en termes d’échanges et d’interaction entre enfants et parents), et cognitif (éveil, premiers apprentissages, etc.) des enfants. En 2013, dans plusieurs provinces du Cambodge, Aide et Action International Asie du Sud-Est et Chine a lancé un projet en collaboration avec les autorités locales, prioritairement dans les zones rurales. Dans les campagnes, en effet, seuls 10 % des enfants âgés de 3 à 5 ans vont à l’école, lieu privilégié de la socialisation, de la découverte du monde et des premiers apprentissages. A travers ce projet, l’association vise un double objectif : améliorer les conditions de vie et l’accès à l’éducation des enfants d’une part, et soutenir le fonctionnement des écoles, d’autre part. 10 classes maternelles ont ainsi ouvert leurs portes et 10 enseignants ont été spécialement recrutés et formés. 220 enfants ont donc désormais accès à l’éducation préscolaire. M. Hout, chef de la commune de Pong Toeuk, exprime sa satisfaction : « Cette classe contribue au développement de l’éducation de ma commune. Mon équipe collabore bien

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avec l’association pour assurer le fonctionnement durable de cette classe ». A terme, ce projet concernera 3000 enfants. Au Vietnam, Aide et Action International a également développé dans plusieurs provinces du pays un projet d’éducation de la petite enfance qui met l’accent sur la sensibilisation des familles aux besoins spécifiques des jeunes enfants. Les parents, qui sont les premiers intervenants auprès des plus jeunes, disposent en effet de peu d’informations sur le développement et les besoins nutritionnels des enfants. Le projet s’emploie à les sensibiliser à travers diverses activités, notamment des jeux de rôle qui permettent de renforcer les liens familiaux. Loi Dinh Thien, Directeur du dispensaire de la commune de Phu Tien, partage un des impacts positifs du projet :  « Les participants ont assisté à plusieurs formations et ont amélioré leurs connaissances sur les soins de santé des enfants. Le message fondamental commence à se répandre à l’extérieur, au sein des familles. J’ai remarqué que la perception des parents sur l’importance de l’éducation maternelle a changé. Ils ont compris les causes de la malnutrition chez les enfants et comment la réduire petit à petit. Ils réfléchiront plus à la préparation des repas et à la propreté des aliments, à l’hygiène et aux soins des enfants ».


des filles Education mes et des fem

ÉDUCATION DES FILLES ET DES FEMMES

P

our Aide et Action International, l’éducation des filles et des femmes est à la fois une thématique d’intervention spécifique, mais également une approche globale visant à promouvoir l’éducation des filles et des femmes dans tous ses projets et à faire évoluer les relations de genre vers plus d’équité, en favorisant notamment la participation des femmes aux décisions affectant leur vie, leur leadership et leur insertion socio-économique. >C  omposantes

Droit à l’éducation des filles et des femmes Education à l’entreprenariat féminin Education au leadership féminin >9  projets : Bénin,

Chine, Inde, Guinée-Conakry, Niger, République dominicaine.

En progressant dans le monde, l’éducation des filles et des femmes révèle son formidable impact sur le développement : diminution des mariages forcés, des grossesses précoces et de la mortalité infantile (un enfant dont la mère sait lire a 50% de chances de plus de survivre au-delà de sa 5ème année), accroissement de la scolarisation des filles, etc. L’éducation des filles et des femmes, clé de leur émancipation, est un enjeu central, intégré dans tous les projets d’Aide et Action International. L’association développe des actions spécifiques pour lever les obstacles concrets à la scolarisation des filles, encourager l’autonomie des femmes (alphabétisation, formation professionnelle) et leur leadership (soutien à l’entrepreneuriat

féminin). Chaque année supplémentaire d’éducation pour une jeune fille permet de réduire le taux de mortalité infantile de 5 à 10%, ce qui signifie qu’en Afrique subsaharienne, la vie de près de 2 millions d’enfants de moins de cinq ans pourrait être sauvée si toutes les jeunes filles avaient accès à une éducation secondaire4. Si tous s’accordent sur le rôle crucial des femmes dans le développement et l’importance de l’éducation des filles, et si de réels efforts ont été concédés pour réduire les inégalités de genre, il n’en demeure pas moins que les deux tiers des adultes

4. Source : équipe du Rapport mondial de suivi de l’Education pour tous (2012)

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analphabètes et 70% des personnes vivant en situation de pauvreté sont des femmes5, tandis que les filles continuent de représenter la majorité des enfants privés d’éducation. Face à cette situation, l’accès des filles, des jeunes filles et des femmes aux opportunités nécessaires pour améliorer leurs conditions de vie constitue plus que jamais une priorité pour l’association, qui intègre l’approche genre dans tous les projets mis en œuvre. En 2013, Aide et Action International a agi sur trois axes : l’accès des filles et des jeunes filles à l’éducation via l’amélioration de l’environnement scolaire et la promotion de contenus d’enseignement favorisant l’équité de genre  ; l’alphabétisation des femmes, plus particulièrement de celles vivant en zone rurale ou issues de communautés marginalisées ; l’accès des femmes à des opportunités économiques de développement, à travers la formation professionnelle et le soutien à l’entrepreneuriat. Les communautés tribales vivant dans l’état d’Odisha sont parmi les moins alphabétisées de l’Inde. En cause : la très grande misère des familles qui n’ont d’autre solution pour survivre que d’envoyer leurs enfants aux champs. «  Pendant la récolte du maïs, les enfants peuvent gagner jusqu’à 30 ou 40 roupies (38 à 50 centimes d’euros) par jour. Durant la saison des pluies, comme ils n’ont plus d’autres activités possibles, ils reviennent à l’école », explique le Directeur d’une des écoles du district de Naba-

5. Source : ActionAid International

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rangpur. La nécessité économique de travailler pour ces enfants, explique en partie le faible taux d’alphabétisation de ces populations tribales, de 24% pour les garçons et de seulement 11,2% pour les filles. L’autre grande raison de ce manque d’intérêt pour l’école tient à la mauvaise qualité de l’enseignement dispensé. «  Il manque beaucoup de professeurs  », explique une enseignante. « Dans l’école du village, il y a seulement 4 enseignants pour des centaines d’enfants. Beaucoup n’étudient pas et se contentent de jouer ». Aide et Action International Asie du Sud a mis sur pied un projet pour favoriser l’intégration et le maintien des enfants, notamment des filles, à l’école. « L’éducation des filles est en effet l’une des priorités de l’association, car il a été prouvé qu’une fille éduquée enverra plus facilement ses enfants et ses propres filles à l’école et leur permettra ainsi de participer au développement de la société  », explique Ravi Pratap Singh, Directeur Régional d’Aide et Action International Asie du Sud. Mené depuis 2011, ce projet vise à mobiliser l’ensemble de la communauté (hommes et femmes, adultes et enfants etc.) au profit de l’éducation, et notamment de l’éducation des filles. Au Niger, le taux d’alphabétisation de la population reste l’un des plus faibles au monde : 42,9% pour les hommes et 15,1% seulement pour les femmes. En dépit des progrès enregistrés et des efforts consentis dans le domaine de l’accès à l’éducation, la situation de la scolarisation des filles reste donc préoccupante  : de fortes inégalités persistent  au niveau de l’enseignement primaire où l’écart


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entre les taux bruts de scolarisation (TBS) filles-garçons stagne à 18 points depuis plus de cinq ans. Le déséquilibre entre le milieu urbain et le milieu rural s’aggrave également (il est passé de 10,5 points en 2009-2010 à 19,1 points en 2010-2011). En matière de taux d’achèvement, l’écart entre filles et garçons se creuse aussi. L’absence de maîtrise des compétences de base en calcul, lecture et écriture freine l’implication des femmes dans la société, leur accès à l’emploi, et l’accès

de leurs enfants à l’éducation. C’est dans ce contexte qu’Aide et Action International et ses partenaires ont appuyé l’alphabétisation de près de cinq cents filles issues de milieu rural dans les régions de Maradi et de Zinder. Chacune des filles bénéficie d’un accompagnement pédagogique et social, et a reçu une bourse mensuelle ainsi qu’un kit individuel composé des fournitures nécessaires.

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ÉDUCATION INCLUSIVE inclusive Education

C

e domaine d’intervention désigne l’ensemble des activités visant à permettre aux enfants et jeunes exclus de la société, en raison de leur condition sociale, économique ou d’un handicap, d’accéder à une éducation de qualité adaptée à leurs besoins, et de favoriser leur intégration éducative, sociale et économique. > Composantes

Enfance exploitée Enfance en situation de handicap Enfance marginalisée et vulnérable > 5 projets : Cambodge,

République dominicaine, Sénégal.

Dans le monde, entre 15 et 20% des enfants ont des besoins éducatifs spéciaux6, 90% des enfants en situation de handicap n’ont pas accès à une éducation de qualité7, 1,2 millions d’enfants sont victimes de la traite, et 115 millions exercent un travail dangereux pour leur développement physique, émotionnel et cognitif8. L’absence de scolarisation est bien souvent le symptôme de l’exclusion sociale. Pauvreté, appartenance ethnique, handicap… les raisons du rejet des enfants comme de leurs familles sont multiples et ses conséquences identiques : des millions d’enfants et de jeunes sont privés de leur droit à l’éducation.

6. Source : Organisation mondiale de la santé 7. Source : Organisation mondiale de la santé 8. Source : Organisation internationale du travail

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Donner à ces enfants une éducation qui leur permette de s’intégrer socialement et économiquement est un enjeu auquel Aide et Action International s’efforce de répondre par un double dispositif : d’une part, en développant une offre éducative appropriée à leur mode de vie (lieux alternatifs, alphabétisation, formation professionnelle), et d’autre part en permettant à l’école de s’adapter à leurs besoins éducatifs. Les conditions dans lesquelles ils vivent constituent pour tous ces enfants un obstacle quasiment infranchissable à leur accès à une éducation de qualité. Et malgré tous les progrès réalisés depuis la déclaration du Millénaire en septembre 2000, les enfants les plus marginalisés et les plus vulnérables continuent de rester en marge des bancs de l’école. L’exclusion à l’éducation a des causes diverses, mais permettre à ces enfants


Au Cambodge, Aide et Action International Asie du Sud-Est et Chine a axé ses interventions sur le développement de projets éducatifs globaux en direction des enfants en situation de handicap, comme Sok Cheng. Cette petite fille, âgée

de 7 ans, est née avec le syndrome de Down, une maladie qui l’empêche d’apprendre à parler et à écrire  comme les autres enfants. Ne sachant pas quoi faire, ses parents,  vendeurs de portables à Siem Reap,  une province au nord-ouest du Cambodge,  l’ont envoyée chez sa grand-mère à Phnom Penh. Celle-ci s’est occupée d’elle en dépit  des difficultés de communication.  Par l’intermédiaire d’un contact, Sok a intégré pendant quelques mois le programme de réhabilitation mené par l’organisation, en collaboration avec une association locale, la Rabbit School. Elle a ensuite poursuivi sa scolarité dans des classes  spécialisées, à l’école publique. Elle a depuis fait beaucoup de progrès : elle peut manger, se brosser les dents et se laver sans aide  extérieure. Elle a également appris à nommer les objets, à les associer avec des images, à tenir un crayon et à communiquer avec les autres. Services de réhabilitation, thérapie physique, éducation spécialisée, apprentissage de la lecture sont les principales activités développées auprès de ces enfants aux besoins spécifiques.

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et à ces jeunes de réintégrer la société et d’accéder à une éducation de qualité est un travail long et complexe. En 2013, Aide et Action International a travaillé sur deux axes complémentaires, avec tout d’abord le développement d’une offre éducative adaptée : soutien et renforcement des centres d’accueil (pour les enfants des rues par exemple), écoles du soir ou du midi pour les enfants en situation de travail, mise en place de centres ou de classes adaptés aux enfants en situation de handicap. En parallèle, l’association s’est engagée à promouvoir une vision plus inclusive de l’éducation en permettant aux enfants exclus de réintégrer les systèmes «  classiques  » d’éducation, ce qui nécessite d’adapter l’environnement scolaire, les programmes, méthodes et manuels, de former les enseignants et de sensibiliser les communautés.

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ÉDUCATION AU DÉVELOPPEMENT DURABLE ET À LA CITOYENNETÉ MONDIALE

nement à l’environ ndiale Education neté mo la citoyen

et à

F

ace à l’importance croissante des enjeux liés à l’environnement et au vivre-ensemble, cette thématique d’intervention s’impose de plus en plus dans les projets mis en œuvre par Aide et Action International. Elle désigne l’ensemble des actions de sensibilisation, de formation et d’éducation visant l’émergence de citoyens acteurs de leur propre développement en harmonie avec leur environnement.

>C  omposantes

Éducation aux droits humains Éducation au développement Éducation à l’environnement Éducation à la paix >7  projets :

France, Guinée-Conakry, Madagascar, République dominicaine.

Préservation et partage des ressources naturelles, gestion des conséquences sociales du changement climatique… Les défis que nous posera l’environnement demain appellent à une prise de conscience et de responsabilité collectives et à une solidarité internationale qui passent par la société civile. Il en va de même pour l’accès aux droits et à la citoyenneté. Attachée à promouvoir une éducation qui permette de former des citoyens responsables, Aide et Action International travaille activement à inclure les enjeux émergents et leur dimension éthique dans les programmes scolaires ainsi qu’à former les enseignants à cette thématique. Elle participe

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aussi au renforcement de la société civile, en soutenant plus particulièrement l’implication des jeunes et leurs associations. En 2013, cette conviction profonde d’Aide et Action International s’est incarnée dans trois grandes approches en faveur du développement durable et de la citoyenneté mondiale : la préservation de l’environnement et l’éducation à la gestion des ressources naturelles, le renforcement des organisations de la société civile, notamment des organisations de jeunes, et enfin la reconstruction du lien social solidaire dans le temps et dans l’espace. La préservation de l’environnement est le principal enjeu d’un projet mené en


Aide et Action International travaille avec une centaine de familles de la région au reboisement et à la création de jardins et de potagers destinés à la consommation familiale ainsi qu’à la formation des enseignants d’Elias Piña. Ce projet entend profiter de l’expérience pratique locale pour influencer les politiques de réponse au déboisement et à la dégradation des forêts à tous les niveaux : national, régional et international.

La promotion de la solidarité internationale a également été au cœur des interventions d’Aide et Action International. Compte tenu de l’évolution technique, les technologies de l’information et de la communication sont, dans de nombreux pays, un moyen efficace pour promouvoir cette solidarité. En 2013, l’association a lancé un projet expérimental d’éducation aux médias entre la France et le Sénégal, soutenu par la Fondation Google France : des établissements scolaires en France et au Sénégal travaillent ensemble à l’animation d’un site internet. Les élèves produisent des contenus écrits, mais aussi des vidéos, des reportages audio, etc. Pour Djibril Pouye, Directeur de l’école Diamaguène 2 de M’bour au Sénégal qui participe au projet, « il est essentiel d’initier les enfants très tôt au numérique, car le numérique, c’est l’avenir  ». 300 enfants en France et 600 au Sénégal sont impliqués dans le projet ainsi que 20 enseignants. Ils travaillent ensemble au renforcement mutuel de leurs compétences et au développement de leurs connaissances, notamment sur l’utilisation des nouvelles technologies pour l’éducation.

© S. Brochen / AEAI

République dominicaine dans la province d’Elias Piña, où le taux de pauvreté est le plus élevé dans le pays : les ménages pauvres y représentent 82,4% de la population totale. Par conséquent, cette province connaît les indices de qualité de vie les plus bas du pays. La déforestation est reconnue comme la principale cause des multiples problèmes qui affectent actuellement les ressources naturelles des bassins versants du fleuve Artibonite, l’eau et les sols, tant en République dominicaine qu’en Haïti. Dans cette région frontalière, on observe une accélération du processus de désertification et d’appauvrissement des sols liée à leur surexploitation et aux usages inappropriés d’une agriculture itinérante sur brûlis.

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ÉDUCATION À LA VIE à la vie Education

C

ette thématique regroupe l’un des plus grands nombres de projets mis en œuvre par Aide et Action International. Elle désigne l’ensemble des actions d’éducation et de formation permettant à un jeune adulte d’acquérir les connaissances et compétences nécessaires pour vivre dignement et participer au développement économique de son pays. >C  omposantes

Alphabétisation Formation professionnelle Développement de l’entreprenariat >1  9 projets :

Burundi, France, Haïti, Inde, Madagascar, Mali, Népal, Sri Lanka.

Ils ont entre 14 et 25 ans, vivent à 90% dans les pays en développement et sont appelés à relever les défis du futur. Mais 621 millions de jeunes n’ont actuellement accès ni à l’école ni à une formation ni à un travail9 : leur énergie est sans emploi et leur avenir hypothéqué. Un jeune de 15 à 24 ans sur huit est sans emploi10. Donner à ces jeunes les moyens de se développer, de prendre leur vie en main et d’occuper une place utile dans la société est une priorité pour Aide et Action International, qui consacre à ces objectifs de nombreux projets. Alphabétisation et écoles de la deuxième chance pour acquérir les com-

9. Source : Banque mondiale, Rapport sur le développement dans le monde 2013. 10. Source : UNESCO, Rapport mondial de suivi de l’Education pour tous 2013.

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pétences de base, accès à des formations professionnelles adaptées au marché de l’emploi et soutien à l’insertion sociale : l’éducation à la vie s’adresse en priorité aux jeunes les plus défavorisés. Sur le terrain, on constate qu’un grand nombre de ces jeunes sont issus de communautés marginalisées : minorités linguistiques, populations vivant dans des zones rurales et difficilement accessibles, etc. Aide et Action International a pour ces jeunes un triple objectif : leur permettre d’acquérir les connaissances de base (via l’accès à une éducation dite de la seconde chance, et à l’alphabétisation par exemple), leur donner les compétences utiles à leur insertion sociale et économique (afin de développer par exemple la confiance en soi, la résolution de problèmes, ou la maîtrise d’une


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langue de communication le cas échéant), et leur ouvrir l’accès à une formation professionnelle adaptée au marché local de l’emploi. En Inde, au Népal et au Sri Lanka, Aide et Action International a renforcé en 2013 son action en faveur de l’éducation à la vie des jeunes issus de milieux marginalisés. L’offre complète de formation développée par l’association avec ses partenaires vise à combler les lacunes existantes (en lecture, calcul, écriture, etc.), à redonner confiance à ces jeunes exclus du système éducatif, et à leur permettre d’accéder à une formation professionnelle qualifiante et adaptée au marché local de l’emploi. Depuis le démarrage du projet, plus d’une centaine de centres de formation – baptisés iLead – ont été mis en place,

150 000 jeunes ont reçu une formation professionnelle, et ont pu trouver un emploi. L’un des centres iLead soutenu par une initiative de Microsoft, lancé en 2013, a pour but spécifique de former en informatique et en systèmes d’information des jeunes issus de milieux marginalisés, afin de les inciter à développer leur propre entreprise. Jamuna Devi a quitté l’école au collège en raison de problèmes familiaux. Suite à la formation iLead de trois mois au centre de Perambur, elle travaille aujourd’hui comme vendeuse dans un magasin d’équipement informatique, maîtrise le fonctionnement de divers logiciels ainsi que l’accès à Internet et parle anglais. Elle espère que les compétences acquises au centre d’apprentissage l’aideront à obtenir un jour une promotion au travail.

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ÉDUCATION À LA SANTÉ à la santé Education

C

e domaine d’intervention concerne l’ensemble des actions éducatives de sensibilisation et de prévention contribuant à améliorer la santé et l’environnement sanitaire.

>C  omposantes

VIH/SIDA et actions de prévention Education à l’hygiène de vie >3  projets :

Inde, Mali.

Santé et éducation sont intimement liées. Si la malnutrition handicape le développement cognitif des enfants, le simple accès à une alimentation suffisante, à une hygiène et des soins de santé de base augmente de façon significative leurs chances de terminer l’école primaire. L’éducation reste par ailleurs la meilleure des préventions des grandes maladies et épidémies. Pourtant, en 2013, 171 millions d’enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition11, ce qui est susceptible d’entraîner sur le long terme des effets néfastes irréversibles sur leur développement physique et cognitif. C’est pourquoi Aide et Action International met l’accent sur l’information et la sensibilisation (des parents mais aussi des pouvoirs publics pour qu’ils intègrent la santé dans les apprentissages) tout en mettant en œuvre des moyens concrets de pré-

11. Source : UNESCO, Rapport mondial de suivi de l’Education pour tous 2013

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vention dans trois domaines prioritaires : la sécurité alimentaire, l’hygiène et l’assainissement, et le VIH/SIDA.                   Si les connaissances globales liées au VIH/SIDA progressent, de manière générale, dans les pays à forte prévalence comme le Kenya ou Haïti, moins de la moitié des jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans ont une connaissance suffisante du VIH, notamment de ses modes de transmission ou des moyens de prévention, alors même que les jeunes constituent désormais la majorité des nouvelles infections VIH12. L’éducation à la prévention du VIH et des IST reste donc un sujet majeur pour l’association. Dans un autre domaine, dans de nombreux pays d’intervention, les populations font face à une augmentation sensible de l’insécurité alimentaire qui, combi-

12. Source : Population Reference Bureau


née à la hausse des prix des denrées alimentaires, affecte tout particulièrement les enfants. Pour tenter d’améliorer la qualité de l’alimentation de ces enfants, Aide et Action International a, par exemple, développé des jardins scolaires et s’est attachée à sensibiliser les parents aux besoins nutritionnels spécifiques des enfants. Enfin, la construction d’ouvrages sanitaires adaptés (latrines, bacs à laver, etc.), l’accès à l’eau potable et la sensibilisation aux règles d’hygiène de base (consommation d’eau, modes de transmission des maladies transmissibles par voie hydrique, etc.) restent des facteurs majeurs pour améliorer la santé des enfants et leur environnement scolaire. Depuis 2013, Aide et Action International mène au Mali, près de l’axe routier Ségou - Tombouctou, un projet de sensibilisation au VIH/SIDA. Information, distribution de préservatifs masculins et féminins, accès accru aux services de conseil et de dépistage volontaire : le projet vise à prévenir et réduire les risques de propagation des IST et du VIH/SIDA parmi les ouvriers, techniciens, travailleuses du sexe, vendeurs et routiers qui

constituent la population vulnérable de ces grands axes routiers. La propagation croissante du VIH/SIDA au Mali est aussi synonyme de stigmatisation, de précarisation et d’isolement pour les personnes directement ou indirectement affectées par le VIH/SIDA. C’est pourquoi Aide et Action International développe également la prévention dans les écoles. 180 enseignants ont été formés dans 107 écoles, encadrés par les Centres d’Animation Pédagogiques concernés, ainsi que 270 pairs éducateurs. Pour Moussa Sagara, enseignant à l’école Alpha Aly SEC A à Bandiagara dans la région de Mopti, le projet a un impact réel sur les élèves qui sont désormais sensibilisés aux différentes infections. 3 554 personnes ont pu prendre connaissance de leur statut sérologique et ont bénéficié de conseils et d’orientation pour leur prise en charge. 262 305 préservatifs masculins et 4 520 préservatifs féminins ont été distribués. Chacun des 270 pairs éducateurs vend également les préservatifs. 48 comités de lutte contre le VIH au niveau du village et de la commune mettent en œuvre leur plan d’action de réponse au VIH et au Sida.

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MIGRATION Migration

C

ette thématique regroupe l’ensemble des actions visant à accompagner des populations, contraintes ou non de se déplacer pour des raisons économiques, politiques, environnementales, en situation de précarité et des populations nomades, en facilitant l’interaction avec les populations d’accueil.

>C  omposantes

Éducation aux droits des migrations et à la multiculturalité/interculturalité Éducation des minorités et des populations migrantes Éducation au développement des diasporas > 6 projets :

Chine, Inde.

Le nombre de migrants dans le monde s’élevait en 2012 à 214 millions de personnes13. Qu’elles soient choisies, ou le plus souvent subies, pour des raisons liées à la pauvreté, aux conflits ou à l’environnement, les migrations, hors des frontières ou à l’intérieur d’un pays, ont un impact sur la scolarité des enfants. Fragilité sociale, précarité, barrières linguistiques : la réintégration scolaire dans le nouveau lieu de vie s’avère souvent délicate et le risque est grand de voir les enfants abandonner définitivement l’école. Aide et Action International soutient l’éducation des enfants migrants en améliorant leurs conditions de vie, en mettant en place des alternatives éducatives et en sensibilisant les autorités et populations locales à la nécessité du vivre-ensemble et à sa richesse.

13. Source : Organisation internationale pour les migrations.

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Sur cette thématique d’intervention, en 2013, Aide et Action International a développé ses actions sur trois axes. Le premier a concerné l’amélioration des conditions de vie des enfants migrants (salubrité de l’habitat, accès à l’eau potable, accès aux soins de santé de base). Le deuxième s’est focalisé sur leur accès à l’éducation : écoles passerelles destinées à permettre aux enfants migrants et en situation de travail de réintégrer peu à peu le système éducatif, centres alternatifs d’éducation pour les jeunes déscolarisés et centres d’éducation préscolaire pour les enfants de moins de 5 ans. Le troisième axe d’intervention a concerné la promotion du vivre-ensemble, à travers la sensibilisation des différentes communautés et la reconnaissance des droits des migrants, notamment par les autorités locales.


Pour remédier à cette situation, Aide et Action International a mis en place un projet original : inciter les migrants à prendre en photo leur vie quotidienne et leur ville. Une trentaine de familles de Jinjiang tentent ainsi de s’approprier leur histoire. Un centre animé par des équipes de volontaires encadre les familles au niveau pratique (sélection des familles, prêt de matériel, apprentissage de la photographie, collecte des photos etc.) et social (réunions de présentation des photos et organisation d’expositions dans la ville).

Aide et Action International a développé en Asie du Sud une expertise particulière sur la problématique des travailleurs migrants. L’organisation a, en effet, participé à la réintégration sociale de nombreux migrants travailleurs forcés dans des briqueteries de l’Andhra Pradesh et de l’Odisha. En collaboration avec les autorités locales, un recensement de ces travailleurs a d’abord été effectué. Une fois secourus, ils ont été placés, avec leurs familles, dont de nombreux enfants, dans des centres de réinsertion. Ce sauvetage ponctuel a créé une opportunité pour Aide et Action International qui a pu entreprendre un plan de réhabilitation pro-actif global et durable de ces travailleurs migrants sauvés, en partenariat avec l’administration d’Odisha. L’existence de la servitude pour dettes est une atteinte à la dignité de la vie humaine et une violation flagrante des droits humains fondamentaux. En 2013, 500 travailleurs récemment libérés ont intégré un centre de réinsertion.

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Il y a environ 2 millions de travailleurs migrants à Chengdu en Chine, dont 1/5 de résidents permanents. Ils contribuent à la construction de la ville et à son développement économique. Le plus souvent sans assurance sociale, subissant l’indifférence de la société qui les côtoie sans les voir. Ils éprouvent d’autant plus de difficultés à s’intégrer qu’ils sont en proie à une crise identitaire.

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URGENCE ET POST-URGENCE Urgence

nce et post urge

C

e domaine d’intervention fait référence aux actions développées par Aide et Action International avant, pendant et après l’urgence, afin de prévenir et de préparer les populations aux situations d’urgence, mais aussi de maintenir ou restaurer le système éducatif et les acquis familiaux une fois celle-ci passée.

> Composantes

Education à la prévention et à la gestion des crises Réponses à l’urgence et à la reconstruction durable > 1 projet : Haïti.

Depuis plusieurs années, Aide et Action International constate une augmentation des situations d’urgence sur le terrain, qu’il s’agisse de la recrudescence des catastrophes naturelles ou de l’augmentation des situations de conflit ou de crise sécuritaire comme cela a été le cas au Mali en 2012. Sans oublier qu’une nouvelle menace, déjà visible mais appelée à montrer ses effets sur le long terme, se fait de plus en plus pressante : le changement climatique. En affectant l’ensemble du climat, les écosystèmes et les ressources financières des États – effets néfastes qui se répercutent à leur tour sur l’accès à la nourriture, la santé et les migrations – le changement climatique impacte très fortement l’éducation. D’autant plus que près des deux tiers des enfants privés d’éducation vivent actuellement sur les deux continents les plus fragiles en termes de risque climatique, l’Asie du Sud et de l’Ouest, et l’Afrique subsaharienne. Les inondations ou les tempêtes entraînent, par ailleurs,

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très souvent la destruction ou l’endommagement des salles de classe, contraignant à chaque fois des milliers d’enfants à ne pas reprendre le chemin de l’école. Si Aide et Action International n’est pas une ONG dite « d’urgence », la solidarité au cœur de son action impose de ne pas rester à l’écart de l’intervention en situation d’urgence lorsque celle-ci touche les populations avec lesquelles elle travaille. Forte de cette proximité et dans le droit fil de sa démarche, l’association développe une approche spécifique associant solidarité dans la première phase de l’urgence, accompagnement des populations dans l’identification et la mise en œuvre des projets de reconstruction, et prévention des risques. Sur ce dernier axe, Aide et Action International s’est focalisée sur le renforcement des capacités des populations, qui sont souvent les mieux placées pour identifier les risques et les premières à intervenir en situation d’ur-


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gence, et l’implication des jeunes et des enfants qui se révèlent bien souvent être les premiers acteurs du changement. En Haïti, d’après les données officielles, plus de 4 000 écoles ont été détruites par le séisme dans un pays où les besoins éducatifs sont considérables. Deux ans après le tremblement de terre, très peu d’enfants ont repris le chemin de l’école, et l’apparition du choléra à la fin de l’année 2010 a rendu la situation plus compliquée encore. Dans ce contexte, Aide et Action International a décidé de poursuivre son appui à la rescolarisation des enfants pour l’année scolaire 2012-2013. En 2013, l’éducation de plus de 1 500 enfants haïtiens a été soutenue (prise en charge des frais de scolarité, fourniture des manuels scolaires et d’une partie du matériel pédagogique, etc.), et les capacités de 200 enseignants et directeurs d’écoles ont été renforcées dans la com-

mune de Léogâne. En partenariat avec le médecin de l’Ambassade de France en Haïti, une formation de 16 heures a été proposée à plus de 750 élèves et leurs enseignants sur le thème du secourisme en milieu isolé. Des supports pédagogiques et des trousses de premiers soins ont été distribués aux participants. Mais la reconstruction et le retour à la vie normale s’avèrent plus complexes que prévu. Le passage  des ouragans Isaac et Sandy a eu de lourdes conséquences humaines et matérielles. «  Les conditions climatiques compliquent la donne : les gens vivent sous  la  menace de  vents  violents, d’orages et de pluies diluviennes, entraînant  parfois  des  crues  de  rivières ou  des  éboulements », explique Guilène Bordes, responsable de projet en Haïti. « La population vit toujours dans le désarroi et dans l’attente, alors que l’inflation et les coûts des denrées de première nécessité ne cessent d’augmenter. »

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Asie du Sud Europe

Asie du Sud-Est et Chine

RÉGIONS

Amérique Latine - Caraïbes Afrique


AFRIQUE >1  3 PAYS D’INTERVENTION :

Bénin, Burkina Faso, Burundi, Union des Comores, Côte d’Ivoire, Guinée-Conakry, Madagascar, Mali, Maroc, Niger, Sénégal, Tanzanie, Togo

> 3 PAYS OBSERVATOIRES :

Rwanda, République démocratique du Congo, département et région d’outre-mer de la Réunion (France)

> 184 SALARIÉS ı

647 BÉNÉVOLES ı 24 PROJETS

> 7 THÉMATIQUES ABORDÉES : Accès

et qualité de l’éducation (10), Education des filles et des femmes (3), Education à la Santé (1), Education au développement durable et à la citoyenneté mondiale (2), Education inclusive (2), Education à la vie (3), Petite enfance (3)

> 1 895 000 PERSONNES CONCERNÉES (DONT 421 360 ENFANTS) > 2 173 ÉCOLES IMPLIQUÉES > 18 995 PARRAINAGES

2013 : contexte régional En 2013, des crises sociopolitiques et des conflits armés, notamment au Mali, à Madagascar, en République démocratique du Congo et en Guinée-Conakry, ont engendré des impacts négatifs sur les systèmes éducatifs, en accentuant les problèmes d’accès et de qualité et la baisse des financements. Ils ont aussi provoqué chez les enseignants des grèves répétées et reconduites, notamment au Togo, au Bénin et à Madagascar. Le cadre macroéconomique s’est toutefois amélioré dans certains pays (République démocratique du Congo, Maroc, Union des Comores, Côte d’Ivoire ou Bénin). De façon générale, de nombreux pays ont mis en place de nouveaux plans de développement économique et social qui ouvrent des opportunités à de nouveaux partenariats et offrent à Action et Action International la possibilité de renforcer sa mission éducative, au moment où se redéfinissent les agendas nationaux post-2015 des Objectifs du Millénaire pour le développement.

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L’Afrique doit faire face à des défis importants dont, en matière d’éducation, la jeunesse de sa population. Il y avait 200 millions de jeunes de 15 à 24 ans en 2010 ; ce chiffre aura doublé en 2045, concentrés dans les zones urbaines. Cette évolution est appelée à provoquer des tensions sur le marché de l’emploi et nécessite déjà la mise en place de nouvelles infrastructures - et programmes - pour l’éducation et la formation. La problématique de la décentralisation et de la gouvernance participative, tout particulièrement dans le secteur clé de l’éducation, reste par ailleurs une préoccupation majeure. De même que la répartition inégale des richesses et les problèmes de bonne gouvernance qui limitent les efforts dans la lutte contre la pauvreté, dans une région pourtant riche en ressources naturelles et humaines. Autant de défis et d’opportunités qui ont orienté l’action d’Aide et Action International Afrique en 2013 dans le cadre du déploiement de sa mission éducative.

Focus projet Expérimentation d’un projet régional d’un nouveau type, bâti sur des composantes pays : >D  éclaration des naissances par téléphone mobile >L  ieu du projet :

Sénégal, Burkina Faso, Côte d’Ivoire 1 520 K€ >D  urée : 1 an (phase pilote) >C  oût du projet :

>3  00

000 personnes impliquées au Burkina, 500 000 en Côte d’Ivoire, 141 000 au Sénégal >1  0 communes concernées au Burkina Faso, 6 communes en Côte d’Ivoire, 3 communes au Sénégal Ne pas être déclaré à la naissance, c’est être privé d’existence légale et de tous les droits que confère l’Etat civil : droit à l’éducation, aux soins, à la protection de la loi, à poser des actes civils (tel le mariage), à participer à la vie citoyenne, etc. Mais dans de nombreuses régions du monde, et notamment en Afrique, cette formalité essentielle n’est pas remplie, et ce pour de multiples raisons : négligence, ignorance, éloignement géographique, migration, manque de moyens techniques et financiers des administrations, de formation de ses agents, inadéquation des textes législatifs et réglementaires avec les réalités sociologiques et politiques, etc.

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Consciente de l’importance de l’enjeu, Aide et Action International, en partenariat avec Orange Group, a expérimenté au Sénégal un projet pilote de déclaration des naissances par téléphone mobile. Une procédure inédite destinée à faciliter la démarche de la déclaration, afin de la rendre systématique, tout en fournissant à l’Etat civil des données à la fois fiables et sécurisées. Le projet, motivé par la volonté d’améliorer l’accès aux droits fondamentaux, notamment à l’éducation et à la citoyenneté, a donné des résultats probants dans cette phase pilote : 100% des naissances ont été déclarées dans les communes concernées. Un succès qui a conduit les Etats du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire à demander son extension dans leur pays. Le projet est construit dans une démarche multi-acteurs sur le principe de l’accompagnement des structures étatiques, qui sont au cœur de ce projet touchant à l’institutionnel, et des acteurs locaux appelés à s’en approprier la mise en œuvre. Dans sa phase pilote, sa mise en œuvre a nécessité des actions de sensibilisation et de formation des communautés et des acteurs institutionnels. Les centres d’état civil ont été équipés en conséquence (téléphones mobiles, matériel informatique et bureautique, etc.). Un système permanent pour assurer la notification, la transcription et le suivi des naissances a été mis en place dans chaque village et quartier cible. Les acteurs ont été formés à l’utilisation de l’interface et aux règles de l’Etat civil.

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Paroles d’acteurs M. Faye, Directeur de l’école de Diogo, Tiwaouane, Sénégal : « Je voudrais vraiment remercier et féliciter Aide et Action International. Ce qui nous a particulièrement plu, c’est sa démarche : tout a été conçu avec nous, les acteurs de terrain. Pour cette raison, beaucoup d’acquis ont été enregistrés à Diogo. L’Etat civil dans notre commune est une préoccupation réelle. Moi-même je m’investissais en allant porter personnellement les dossiers des enfants à régulariser pour les examens. Nous saluons vraiment l’avènement de ce projet ».

Partenariats Institutions : Ministères, délégations, services et organisations des Etats du Bénin, du Burkina Faso, du Burundi, des Comores, de la Côte d’Ivoire, de Guinée-Conakry, de Madagascar, du Mali, du Maroc, du Niger, du Sénégal, de la Tanzanie, du Togo, Agence française de développement, Alliance ICCO, Association des municipalités du Burkina Faso, coopération néerlandaise, Union européenne, UNICEF, USAID, UEMOA, CUA, gouvernements du Bénin, Togo, Sénégal et Burkina Faso. ONG et associations : En Afrique, plusieurs acteurs travaillent avec Aide et Action International sur le terrain : organisations de la société civile, coalitions et tables de concertations, associations locales, associations de parents et d’élus locaux, ONG nationales et internationales (Plan, Eau vive, Sos Sahel, CORIPH, Entrepreneurs du monde, Care Mali). Nous leur exprimons notre reconnaissance et les remercions pour la confiance qu’ils ne cessent d’accorder à Aide et Action International. Université et institut de recherche : Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Education à l’Université de Genève. Fondations et entreprises : Airtel, Fondation Medicor, Fondation Orange, Fondation Turing, Fondation Stavros Niarchos, Fondation UBS Optimus, KUMBA Mining, l’Occitane, Lyreco, MTN, Orange Guinée, Orange Niger, Orange France, Société Générale de Banques de Madagascar, Ulric de Varens, Togocel.

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AMÉRIQUE LATINE CARAÏBES > 2 PAYS D’INTERVENTION : Haïti

et République dominicaine.

> 2 PAYS OBSERVATOIRES : Honduras > 20 SALARIÉS ı

et Nicaragua.

1 110 BÉNÉVOLES ı 6 PROJETS

>5  THÉMATIQUES ABORDÉES : Éducation

des filles et femmes (1), Éducation au développement durable et à la citoyenneté mondiale (2), Éducation à la vie (1), Éducation inclusive (1), Urgence et Post-urgence (1)

> 26 400 PERSONNES CONCERNÉES (DONT 1 230 ENFANTS) > 75 ÉCOLES IMPLIQUÉES > 4 235 PARRAINAGES

2013 : contexte régional La région Amérique latine - Caraïbes a connu une croissance économique relativement faible au cours de l’année 2013 avec un taux de croissance de 2,6% du PIB, insuffisant pour améliorer le sort des plus de 170 millions de personnes en situation de pauvreté, soit près de 30% des habitants de la région. Malgré tout, la pauvreté est en baisse en Amérique latine. Haïti reste le pays le plus pauvre du continent américain et se redresse péniblement des destructions liées au séisme du 12 janvier 2010. En 2012, son taux de croissance a été évalué à 2,8 %, après la forte augmentation de l’année précédente (5,6 %). A partir de 2013, le Fonds monétaire international  (FMI) et la Banque mondiale, comptant sur l’aide internationale, estiment que les efforts de reconstruction en matière d’infrastructures permettront une croissance annuelle supérieure à 5 %, pendant cinq ans. Pour sa part, la République dominicaine a bien résisté aux difficultés économiques de la région, avec un taux de croissance de 3 % parmi les plus forts de la zone (2,3 % en

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moyenne dans les Caraïbes), mais bien moindre qu’en 2010 (7,5 %) et d’un point inférieur aux prévisions du gouvernement. Son niveau de croissance, en 2014, devrait correspondre à celui de l’ensemble de l’Amérique latine (4 %). Au cours de l’année 2013, les deux pays qui partagent la même île de Hispaniola ont connu des moments de forte tension avec la fermeture de la frontière haïtienne aux produits agricoles de la République dominicaine et la décision du Tribunal Constitutionnel dominicain de retirer leur nationalité aux descendants de migrants haïtiens illégaux, en remontant jusqu’à 1929.

Focus projet >A  delante : Renforcement des capacités des jeunes exclus du nord de la ville

de Saint Domingue >L  ieu du projet :

Guaricano, Duquesa, Jacagua et Los Casabes à Saint-Domingue, en République dominicaine. >C  oût du projet : 28 015€ >D  urée : 4 ans Le projet Adelante s’adresse à des jeunes de 18 à 24 ans parmi les plus pauvres et les plus marginalisés des quartiers nord de la capitale. L’objectif est de leur apporter une formation qui leur permette de trouver un emploi et de sortir de la pauvreté. Sur l’ensemble de sa durée prévue (60 mois), il devrait concerner entre 1 200 et 1 600 jeunes, garçons et filles à égalité autant que possible. Mis en place en 2012 par Aide et Action International, en collaboration avec les Ministères de l’Éducation et de l’Industrie, l’Université d’Etat de Saint-Domingue (UASD) et l’Institut Technologique Siglo XXI, le projet Adelante a pris la suite du programme Conjunto, lancé en 2006, pour permettre aux enfants des quartiers de Saint-Domingue Nord d’accéder à l’éducation. Plus encore que de permettre à des jeunes marginalisés d’obtenir un gagne-pain pour vivre dignement, le projet vise à leur donner un véritable travail, par le développement de formations professionnelles adaptées au marché de l’emploi. Il ambitionne aussi d’en faire les entrepreneurs de demain en les formant aux nouveaux métiers de la technologie. La toute première promotion fin 2012 comptait 14 jeunes diplômés en technologies de l’information. En 2014, le premier semestre est consacré à la formation de réparateur en matériel électronique et électrique.

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Paroles d’acteurs Ciriaco Cruz, Directeur de l’Institut de Recherches Socio-économiques INISE à l’Université d’Etat de Saint-Domingue, souhaite encourager les institutions du gouvernement qui font partie du projet « Adelante » : « Il est très important de prendre des mesures dans le domaine de la formation car elle s’adresse aux jeunes qui sont les premières victimes du chômage ». Selon lui, « cette expérience facilite l’acquisition de connaissances indispensables à qui veut travailler ou gérer une entreprise ».

Partenariats Institutions : Ambassade de France en Haïti, Communauté de Liège, Direction départementale de l’éducation du Centre d’Haïti, ministère d’Etat de l’éducation, de la jeunesse et du sport en Haïti, ministère de l’éducation de la République dominicaine, ministère de l’éducation supérieure, des sciences et de la technologie de la République dominicaine, Institut de la Formation Technique et Professionnel de la République dominicaine. Universités et instituts de recherche : Institut Siècle XXI, Université Action Pro-éducation et Culture, Université d’Etat d’Haïti, Université Quisqueya d’Haïti, Université catholique de Saint-Domingue, Université ibéro-américaine, université autonome de Saint-Domingue, Institut technologique de Saint-Domingue.

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Fondations et entreprises : Orange, Fondation Orange, Schneider Electric, Fondation Schneider Electric.

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ASIE DU SUD > 3 PAYS D’INTERVENTION : > 2 PAYS OBSERVATOIRES : > 308 SALARIÉS ı

Inde, Népal et Sri Lanka.

Bangladesh et Bhoutan.

10 683 BÉNÉVOLES ı 47 PROJETS

>6  THÉMATIQUES ABORDÉES : Accès

et qualité de l’éducation (20 projets), Education à la vie (14), Migration (5), Education à la santé (2), Petite enfance (2), Education des filles et des femmes (4)

> 996 253 PERSONNES CONCERNÉES (DONT 311 561 ENFANTS) > 1 166 ÉCOLES IMPLIQUÉES > 3 915 PARRAINAGES

2013 : contexte régional L’année 2013 a connu peu d’évènements politiques ou socio-économiques. En Inde, elle a vu le lancement du programme Cash Transfert Benefit et la disparition du National Food Security Bill. Le pays a dû faire face à de graves inondations dans l’Etat d’Uttarakhand et au cyclone Phailin dans l’état d’Odisha, ainsi qu’à un regain de tension dû aux activistes maoïstes à la frontière du Chhattisgarh et de l’Andhra Pradesh. Sur le plan de l’éducation, alors que le Right to Education Act de 2009 représentait une avancée considérable, les évaluations, après trois ans d’application, sont décevantes. L’accès et la qualité de l’éducation connaissent encore de grandes lacunes, au moment où le pays doit faire face à une augmentation des migrations liées à des difficultés économiques. Au Népal, un pays qui lutte encore pour retrouver sa stabilité, trois évènements majeurs ont marqué l’année : la fin du processus d’intégration, la formation d’un gouvernement provisoire et la tenue des deuxièmes élections de l’Assemblée Constituante. Autant de bouleversements politiques qui ont empêché toute évolution dans le domaine éducatif. Au Sri Lanka, après la guerre civile, le gouvernement s’est engagé dans un vaste programme de déminage et de réimplantation des populations. Afin de faciliter la réintégration des combattants dans leur communauté, des programmes psychosociaux ont été ouverts dans chaque village, ainsi que des centres de formation professionnelle.

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Ces efforts ont permis d’organiser les élections des conseillers municipaux, les premières depuis 1987. Dans ce contexte, Aide et Action International Asie du Sud a poursuivi ses efforts, en collaboration avec les gouvernements, les ONG et les entreprises, pour faire progresser l’éducation, combler ses lacunes et participer ainsi au développement socio-économique de la région.

Focus projet > Projet de développement de l’école Sirugugal > Lieu du projet : > Coût du projet : > Durée :

Nilgiris, Tamil Nadu, Inde 39 344 €

2 ans

> Nombre de villages concernés :

28

> Nombre d’enfants :

4 397 > Nombre d’écoles : 31 Les communautés tribales qui vivent dans les forêts doivent se battre pour survivre : leurs ressources s’épuisent et font l’objet d’un contrôle accru de la part de l’Etat. Première génération des tribus à prendre le chemin de l’école, les enfants sont très vite totalement désorientés, étant donné que l’enseignement n’est pas dispensé dans leur langue maternelle. Programmes inappropriés, professeurs mal formés à leurs besoins particuliers : le niveau scolaire et le moral de ces enfants sont anormalement bas, ce qui déclenche des abandons en cascade. En 2013, Aide et Action International Asie du Sud s’est associée à la Fondation Hemendra Kothari pour soutenir l’éducation des enfants de la réserve forestière de Mudumulai, dans le Tamil Nadu. Un programme global qui fait appel à la collaboration active de tous, parents, enfants, professeurs, dans un objectif commun : apprendre aux enfants à lire, écrire et compter. Chaque enfant a fait l’objet d’une évaluation de niveau, afin de permettre aux enseignants de mieux les connaître et de mieux les soutenir sur la base d’un plan d’accompagnement personnalisé. Pour développer leur intérêt pour la lecture, ils ont eu accès à une bibliothèque à l’école et à des clubs de lecture. Un accent tout particulier a été mis sur les cours d’anglais et d’initiation à l’informatique et à l’usage d’Internet, avec l’introduction de tablettes numériques. Les enseignants ont également participé à des formations pour renforcer leurs compétences.

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Dans tous les villages, des jeunes ont été invités à participer à ce programme collaboratif, en recevant une formation pour jouer auprès des enfants le rôle d’auxiliaires scolaires. De leur côté, les autorités locales, le Sarva Siksha Abhayan et le Forest Department, ont joint leurs efforts pour construire ou aménager des infrastructures. Enfin, dans ce milieu forestier particulièrement vulnérable aux problématiques de l’environnement, les enfants ont été encouragés à prendre part à des initiatives pour sa protection en plantant chacun trois arbrisseaux et en sensibilisant, à leur tour, leurs parents à cet enjeu. Un projet qui a réussi à démontrer que l’éducation des enfants ne se limite pas à leur inscription à l’école, mais va bien au-delà en leur donnant les capacités de préserver leur environnement.

Paroles d’acteurs Un étudiant membre de l’Eco-club : « Nous faisons participer activement les enfants et leurs parents à la restauration des processus écologiques et insistons sur la nécessité des efforts collectifs pour préserver l’environnement ». Un élève : «  Maintenant, nous sentons que nos professeurs nous encouragent à apprendre librement ». Bindhu, une maman : « Le centre éducatif du village a énormément changé nos enfants : ils lisent et écrivent tout seuls, sont bons en calcul et maîtrisent la langue. Et ils font bon usage de la bibliothèque du village maintenant ».

Partenariats Gouvernements et institutions : Bihar Rural Livelihood Promotion Society (Société pour la promotion des moyens de subsistance en zone rurale du Bihâr), Development Support Agency of Gujarat (Agence du Gujarat pour le soutien du développement), Gujarat Urban Development Mission (Mission du développement urbain du Gujarat), North-East Council, Punjab State AIDS Control Society (Société d’Etat du Punjab pour le contrôle du SIDA), Rajasthan Skills and Livelihoods Development Corporation (Groupement du Rajasthan pour le dévelop-

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pement des compétences et des moyens de vie), Rajasthan State Aids Control Society, Government of India (Himayat Project), Government of India (Sarva Shiksha Abhiyan), Service de la Solidarité Internationale, République et Canton de Genève, Tamil Nadu Corporation for Development of Women (Groupement du Tamil Nadu pour le développement des femmes), TNHSP (Tamil Nadu Health System Projet – Projet pour l’amélioration du système de santé au Tamil Nadu), UNICEF, Fonds international pour le développement agricole (FIDA). ONG et associations : ABHIGYAN DISHA, ARCOD, ARTS, AASAMAN, Bhoruka Charitable Trust, CARD, Catholic Relief Services, CULP, DEEP, GRAMYA, IDYWC, MASS, NEADS, PRAYATNA, SOPAN, SPID/Abigyavati Foundation, UCEP, VIDHYA DHAM SAMITI, VIKAS SANSTHAN, World Vision India. Fondations et entreprises : Accenture Service, Fondation American India, Fondation Bernard Van Leer, Fondation Cognizant, Fondation Hemendra Kothari, Fondation Jochnick, Fondation Mphasis F1, Fondation SNS, Fondation Tech Mahindra, Help A Child India, Hindustan Petroleum, India Cements, Lafarge, L’Oréal Inde, Maithon Power, Microsoft Inde, Sri Dorabhji Tata Trust, Tata Steel.

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ASIE DU SUD-EST ET CHINE

>4  PAYS D’INTERVENTION : Cambodge,

Chine et région administrative spéciale

de Hong Kong, Laos et Vietnam. >2  PAYS OBSERVATOIRES : >4  5 SALARIÉS ı

Myanmar et Thaïlande.

200 BÉNÉVOLES ı 15 PROJETS

>5  THÉMATIQUES ABORDÉES : Accès

et qualité de l’éducation (5 projets), Petite enfance (6 projets), Education des filles et des femmes (1 projet), Education inclusive (2 projets), Migration (1 projet)

>1  37 983 PERSONNES CONCERNÉES (DONT 38 844 ENFANTS) >2  79 ÉCOLES IMPLIQUÉES >1  935 PARRAINAGES

2013 : contexte régional En 2013, l’Asie du Sud-Est et la Chine ont continué à bien résister au ralentissement économique mondial, essentiellement grâce à l’accroissement de la demande domestique de consommation et d’investissement qui a permis de maintenir une croissance moyenne de 5% dans la région. Pour sa part la Chine, deuxième puissance économique du monde, est restée stable avec un taux de croissance de 7,7%. Mais l’année a également été marquée par une instabilité politique en Thaïlande et au Myanmar, des catastrophes naturelles aux Philippines, des mouvements sociaux de revendications salariales en Indonésie. Autant de bouleversements qui ont ajouté de nouveaux défis dans le domaine du développement. Si le rapport d’étape 2013 des Objectifs de développement du Millénaire montre que le niveau de pauvreté a été réduit dans la région, celle-ci reste plongée, pour une large part, dans une pauvreté handicapante. Beaucoup d’efforts restent à faire pour réduire les inégalités, notam-

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ment à l’égard des minorités ethniques, et pour améliorer la santé de base et surtout l’éducation. Dans ce domaine, les pays d’Asie du Sud-Est restent marqués par un taux élevé d’exclusion des enfants de l’école, et ce pour des raisons diverses et qui se cumulent : appartenance ethnique, statut socio-économique, handicap, ou simplement parce que ce sont des filles. Avec une population globale de 600 millions d’habitants, la région doit aujourd’hui faire face aux défis de taille que représentent à la fois le nombre élevé de jeunes sans qualification et la nécessité de créer des emplois. En 2013, Aide et Action International Asie du Sud-Est et Chine a poursuivi sa collaboration avec ses partenaires locaux et gouvernementaux au Cambodge, Laos, Vietnam et Chine, ainsi que dans deux pays observatoires, la Thaïlande et le Myanmar. Notre espoir est de répondre aux enjeux éducatifs de la région et de participer au développement socio-économique de l’Asie du Sud-Est et de la Chine.

Focus projet > Soin et éducation de la Petite Enfance au Laos >L  ieu du projet : > Coût du projet :

Provinces de Huaphan et Bolikhamxay, la capitale Vientiane, Laos 684 000 €

> Durée : > Le

3 ans projet concerne 8 576 enfants dans 60 écoles et 18 165 adultes.

Au Laos, 16% seulement des enfants sont inscrits en maternelle. Privés de cette base indispensable à leur développement, un tiers des élèves abandonne l’école avant la fin du primaire (près de 14% dès la première année) et dans les zones rurales, seuls 33% des enfants sont scolarisés. Ces statistiques témoignent du besoin urgent d’améliorer le système éducatif, mais aussi de mieux préparer les jeunes enfants à l’entrée dans le primaire. En partenariat avec le gouvernement, Aide et Action International Asie du Sud-Est et Chine conduit un projet pilote de soutien au développement et à la scolarisation des jeunes enfants les plus vulnérables (ruraux, minorités ethniques, filles). Une approche globale qui inclut santé, nutrition et éducation et implique les communautés et les parents. Elle réunit également dans un même programme la petite enfance en maternelle et les jeunes enfants scolarisés dans les deux premières années de primaire, pour mieux accompagner les enfants dans cette transition.

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En 2013, le projet a connu plusieurs avancées majeures : - Un changement réel de mentalité des parents et communautés qui s’impliquent désormais dans la vie scolaire des enfants, en participant par exemple à la préparation des repas et à des ateliers de sensibilisation à l’hygiène, mais aussi en apportant un appui financier. Cette implication a eu pour effet une nette amélioration de l’hygiène et de l’équilibre alimentaire des enfants. - Une hausse du niveau de l’enseignement et de la confiance en soi des professeurs ayant reçu un soutien et une formation, notamment sur les mécanismes d’apprentissage des enfants (563 professeurs et éducateurs) ainsi que de nouveaux matériels pédagogiques. - Chez les 5 576 enfants concernés par le projet, une augmentation des inscriptions en pré-primaire et CP, et du niveau des élèves dans les deux premières années de primaire : ils savent maintenant lire dans leur langue maternelle, compter et sont plus actifs en classe.

Paroles d’acteurs Mademoiselle Phianeseng, enseignante à l’école maternelle de Nanongboua : « Avec un effectif très au-dessus de la moyenne nationale, j’avais du mal à enseigner et, en même temps, à contrôler mes élèves très remuants. Grâce à deux sessions de formation avec Aide et Action International en 2012, je me sens plus sûre de moi et j’ai de nouvelles idées pour créer du matériel adapté à mes élèves. Ils m’apprécient et moi je suis très heureuse dans ma classe ».

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Partenariats Institutions : Agence australienne pour le développement international (via la Croix-Rouge australienne), China Association of Social Workers, commune de Plan-les-Ouates, commune de Lancy, Département de l’éducation de la province de Kratie, Département de l’éducation de la province de Prey Veng, Département de l’éducation de la province de Kep, Département de l’éducation de la province de Pursat, Département de l’éducation de la province de Kandal, Département de l’éducation de la municipalité de Phnom Penh, Département de l’éducation et des sports de la province de Vientiane, Département de l’éducation et des sports de la province de Houaphanh, Département de l’éducation et des sports de la province de Bolikhamxay, Département de l’éducation et de la formation de la province de Khanh Hoa, Département de l’éducation de la province de Takeo, Département de l’éducation et de la formation de la province de Thai Nguyen, Ministère laotien de l’Education et des Sports, Ministère cambodgien de l’éducation, de la jeunesse et des sports, UNESCO, Housing Authority of Chengdu City, Union européenne, Ministère cambodgien des affaire sociales, des vétérans et de l’insertion des jeunes, Paccom Vietnam, Chengdu Women’s Federation. ONG et associations : Bophana Audiovisual Resource Centre, Banmov, CABDICO, Chenxi Children Development Center, Chengdu Xin Jia Yuan Social Work Service Center, Culture Development Center for Rural Women, Damnok Teok Cambodia, Dongguang Sub-District Xinlianxin Community, Disability Development Services Programme, Guangxi Tiandong Chen Xi Center for Children Development, Huangyuang Ecology and Culture Association, Krousar Yoeung Association, PACHID, Peuan Mit, Qingshen Rural Women Children Development Center, Rabbit School Cambodia, Tiandong Chenxi Center for Child Development, SIPAR, Youth Star Cambodia. Fondations et entreprises : Air France Foundation, Asia Capital Reinsurance Group Pte Ltd, Chengdu Jinjiang District Social, Organisation Development Foundation, China Charities Aid Foundation for Children, China Non-profit Network for Disaster Risk Management, Fondation Gertrude Hirzel, Herrod Foundation, Hoi Meng Foundation, L’Occitane Foundation, Maywood Travel Limited, Roadshow, Hong Kong Professional Chinese Calligraphers Association, Shanghai United Foundation, Services Industriels Genevois (SIG), , UBS Optimus Foundation.

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EUROPE

> 2 PAYS D’INTERVENTION :

France et Suisse.

>3  6 EN FRANCE + 5 EN SUISSE SOIT 41 SALARIÉS I 250 BÉNÉVOLES

(France) +

14 (Suisse) > 6 PROJETS

(France)

>3  THÉMATIQUES ABORDÉES :

Education au développement durable et à la citoyenneté mondiale (3 projets), Accès et qualité de l’éducation (2 projets), Education à la vie (1 projet)

> 13 088 PERSONNES CONCERNÉES (DONT 4 498 ENFANTS) (FRANCE) > 6 531 ÉCOLES IMPLIQUÉES (FRANCE) > 47 991 PARRAINS ET DONATEURS RÉGULIERS

2013 : contexte régional En 2013, le contexte européen est resté marqué par les conséquences de la crise économique, financière et sociale de 2008. Malgré quelques signes de reprise au niveau économique, de nombreux pays européens continuent d’être rongés par la rigueur et le chômage. Si le taux de chômage reste inférieur à 5% en Suisse, il se maintient à 25% en Espagne et en Grèce et atteint les 10% en France. Les personnes peu ou pas qualifiées ainsi que les jeunes forment les catégories les plus exposées. En outre, plus de 124 millions de citoyens européens seraient ainsi menacés de pauvreté ou d’exclusion sociale. Les inégalités n’ont cessé de se creuser entre personnes défavorisées et populations aisées. Le constat est sans appel : les 20% d’Européens les plus riches ont des revenus cinq fois supérieurs aux 20% les plus pauvres. Dans ce contexte, et comme l’atteste un récent sondage d’opinion14, les Européens sont de plus en plus nombreux à plaider pour davantage d’investissement dans l’éduca-

14. Eurobaromètre du Parlement européen (EB/PE 79.5), décembre 2013

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tion et la formation. D’autant plus que les résultats de la dernière enquête PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves), publiée en décembre 2013, confirment qu’à l’exception entre autres de la Suisse, qui améliore ses résultats, le niveau des élèves européens âgés de 15 ans reste insuffisant. En France, après plusieurs années de réformes controversées et de réductions budgétaires drastiques, la loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école, votée au cours de l’été 2013, s’est donnée pour ambition de construire une école plus juste et plus exigeante. Dans cette optique, le retour de la semaine de 4 jours et demi en primaire et la relance de la formation des enseignants constituent des étapes essentielles. Concernant les enjeux de solidarité, en Suisse comme en France, les acteurs du développement par l’éducation se sont mobilisés pour soutenir une formulation de l’agenda du développement post-2015 qui tienne compte de manière effective du thème de l’éducation. En 2013, la contribution d’Aide et Action International Europe à cette dynamique collective s’est articulée, entre autres, autour de la promotion de solidarités locales et internationales, de l’amélioration des interactions entre acteurs et dispositifs éducatifs et de la mise en œuvre d’actions visant l’inclusion sociale et professionnelle des populations les plus fragiles. En outre, les équipes européennes d’Aide et Action ont redoublé d’efforts pour apporter leur soutien aux actions menées par Aide et Action International dans le monde, et ce grâce à la générosité de nombreux parrains, donateurs, entreprises, fondations et institutions.

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Focus projet >A  pprendre Ensemble par la Coopération et les Médias (AECEM) >L  ieu du projet :

le projet se déroule dans deux pays : France et Sénégal.

>E  n 2013, il a ciblé 3 écoles en particulier :

- En France : l’école Jean-Baptiste-Clément à Montmagny, dans le Val-d’Oise. - Au Sénégal : l’école Célestin-Freinet à Dagana et l’école Diamaguène 2 à Mbour. >C  oût du projet en 2013 : 36 000€ >D  urée : 4

ans

En 2013, le projet concerne de façon directe 150 enfants en France et 2 030 enfants au Sénégal, et 25 enseignants (10 France et 15 Sénégal). De façon indirecte, le projet touche également les familles des enfants scolarisés dans ces écoles. AECEM est un projet d’éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale à travers la pratique des médias. Il vise à faire travailler les enfants et les enseignants de manière collective et coopérative aussi bien au niveau de leur établissement qu’au niveau international. Il porte des enjeux de coopération, d’ouverture sur le monde et de mutualisation des savoirs. L’enfant y est acteur de ses apprentissages. Dans chaque école, les enfants produisent articles, photos et vidéos autour d’un thème commun : « le vivre ensemble ». Les productions sont valorisées et partagées à travers deux supports : - un site web, www.aecem.ac-versailles.fr, qui recueille l’ensemble des productions des enfants. 16 contenus ont été mis en ligne en 2013, dont 4 vidéos. - un magazine annuel, le « 100% Junior » sorti en octobre 2013. Le dossier du magazine a été élaboré par les enfants des 3 écoles, à partir des productions mises en ligne sur le site internet. Ainsi, outre l’apprentissage des nouvelles technologies, l’étude en classe des productions des enfants permet de faire travailler la langue française, la lecture, la rédaction, les concepts de narration, d’édition, ainsi que des savoirs-être tels que la curiosité, la capacité à se projeter dans le temps pour la réalisation d’un projet commun, etc. Une cérémonie de remise du magazine a été organisée dans chaque école fin 2013. Ce moment convivial et festif matérialise le projet avec un support papier dans lequel se reconnaissent les enfants. Il permet aussi de réunir les acteurs qui gravitent autour de l’école, dont les parents.

Paroles d’acteurs Djibril Pouye, enseignant et Directeur de l’école Diamaguène 2 à M’bour, Sénégal : « En voyant le magazine et en découvrant certaines de leurs productions dans le dossier, les enfants se sont dit avec fierté  « c’est notre travail ! ». 

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Partenariats Institutions Agence française de développement (AFD), Service de la Solidarité Internationale de la République et Canton de Genève, CAGI, CASDEN - Banque Coopérative des personnels de l’éducation, de la recherche et de la culture, Commune de Lancy, Commune de Plan-Les-Ouates, Réseau Education DDC, Ville de Liège. Universités et instituts de recherche : Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Education à l’Université de Genève, Institut de Formation et d’Appui aux initiatives de Développement (IFAID), Institut Supérieur de Formation de l’Enseignement Catholique (ISFEC LaSalle Mounier), Institut Universitaire de Formation des Maîtres de Grenoble (IUFM), Laboratoire CIRCEFT de l’Université Paris 8. ONG et associations : Association des femmes africaines du Val d’Oise (AFAVO), Association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV), Association Pères de la Négritude Universal Vision (PNUV), Association Sénégalaise de l’Ecole Moderne, Centre de recherche et d’info pour le développement (CRID), Coordination Sud, Deci-Delà, Ecole et Famille, Educasol, Education 21, Fonds pour la promotion des études préalables, des études transversales et des évaluations (F3E), Groupe français d’éducation nouvelle, Kurioz, La Case, Plateforme Equi-Libre, Réseau Suisse Education et Coopération Internationale (RECI), Réseau Aquitain pour le développement et la Solidarité Internationale (RADSI), Semaine de la Solidarité internationale (SSI), Théâtre de la Fugue. Entreprises et fondations : Computacenter, Corrélation, Crédit Coopératif, Crédit Mutuel, CRELAC, CREG, EDF et prestataires, Editions Ivoire, Elisefaitsavalise, Entreprise San Leandro Tapas, Fondation Air France, Fondation CHANEL, Fondation France TV, Fondation Gertrude Hirzel, Fondation Herrod, Fondation l’Occitane, Fondation Lord Michelham of Hellingly, Fondation MACIF, Fondation Medicor, Fondation Orange, Fondation SNCF, Fondation Stavros Niarchos, Fondation Turing, IfYou, Les Bobines, Les Etrangers, Les Services Industriels Genevois (SIG), LYRECO, Newell Rubermaid, Raindance, Recyclivre, RRG Renault Retail Group, Schneider, So Give, Telligo, Terracycle, TFWA, Tralalère, Transicia, Fondation UBS Optimus, ebdokid, WINDS.

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FOCUS NOUVELLES DÉMARCHES Focus 1 En juillet 2013, un atelier d’analyse, organisé par Aide et Action International et réunissant les acteurs du projet, a permis d’élaborer un document de capitalisation des pratiques pédagogiques et des dynamiques de coopération à l’œuvre dans le projet “Apprendre Ensemble par la Coopération et les Médias (AECEM)”, mené en France et au Sénégal depuis 2012. Ce document, qui sera enrichi au cours des années à venir, a pour objectif de mettre en lumière la valeur ajoutée de ce type de projet et son impact sur les apprentissages des enfants, en vue de proposer son déploiement dans de nouvelles écoles. Focus 2 Le programme iLead engage les jeunes à développer la conscience sociale, culturelle et environnementale des sociétés. Il se sert des grandes journées internationales ou nationales pour diffuser des messages d’humanité, d’amour, d’altruisme et d’empathie. ILead a formé et sensibilisé des jeunes lors des réunions du “Gossip Circle for empowerment”, afin de les amener à devenir de véritables acteurs du changement social. La “Course pour l’Inclusion” a été organisée à l’initiative de iLead. Elle est le prolongement de la “Course contre l’exclusion”, initiée par Aide et Action International et qui a débuté son tour du monde en France, course qui avait pour but d’appeler au respect de la dignité des communautés exclues. La région Asie du Sud a mobilisé pour cet évènement près de 100 000 participants dans plus de 50 villes asiatiques.

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Asie du Sud Europe

Asie du Sud-Est et Chine

STRATÉGIES ET RESSOURCES

Amérique Latine - Caraïbes Afrique


MUTATION : EN ROUTE VERS AIDE ET ACTION INTERNATIONAL 2017

L’

année 2013 marque pour Aide et Action International un temps fort de son évolution. En effet, cette année lui a permis de définir les contours de sa mutation pour les années à venir. Voici un bref rappel des enjeux de cette transformation et des premières avancées opérées en 2013.

Sa capacité à changer, une force L’une des caractéristiques constantes d’Aide et Action International réside dans sa capacité à se questionner en permanence et à évoluer pour demeurer pertinente, efficace et « utile au monde » à travers sa mission. Au fil de ses 33 ans d’existence, elle a déjà engagé de profondes transformations qui ont à la fois renforcé son identité et son impact en tant qu’acteur du développement. On pense notamment au passage de l’assistance à de véritables démarches de développement lors des Etats Généraux de 1998 ; mais aussi à l’internationalisation de l’association, issue des Etats Généraux de 2004, et fondée sur cette idée à la fois simple et complexe que les décisions peuvent se partager.

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En 2012, au lendemain de ses 3èmes Etats Généraux, Aide et Action International se préparait à un nouveau cycle de transformation. A l’écoute permanente du monde qui l’entoure et des aspirations des acteurs qu’elle accompagne, elle a engagé une réflexion sur sa mutation pour anticiper les évolutions qui transformeront inévitablement le visage des ONG dans les années à venir.

Anticiper les évolutions de son environnement En 2012 et 2013, des ateliers de réflexion ont été organisés dans toutes les régions et à l’international, associant salariés et membres de la gouvernance, autour de questions à forts enjeux : quels sont les grands changements en cours dans le monde du développement ? Quel rôle cela donne-t-il à Aide et Action International ? A quoi ressemblera Aide et Action International après cette mutation ? Ces ateliers ont permis à l’association de cerner les grandes tendances susceptibles de transformer en profondeur le rôle et le visage des ONG dans les années à venir.


Orientation 2 EXPÉRIMENTER Orientation 1  DÉPLOYER Concepts clés Internationaux – à fort impact – porteurs de changement

Orientation 3 VALORISER

La perte de crédibilité des OSI : Les Organisations de Solidarité Internationale (OSI), et parmi elles les ONG, souffrent d’une perte de crédibilité et de légitimité, tant auprès des institutions que du grand public. De nouveaux acteurs occupent le champ du développement : mouvements de la société civile, mais aussi acteurs institutionnels, universités, entreprises etc. Dans ce contexte a priori porteur, d’autres formes d’organisations se saisissent des enjeux de développement. Quelle est alors la valeur ajoutée d’une ONG ? Quelle expertise, quelle compétence, quel impact, quelle contribution particulière apporte-t-elle ? Il devient alors essentiel de démontrer avec clarté notre impact, notre capacité à générer des changements. Un environnement de plus en plus concurrentiel : Même si le développement est largement marqué par la coopération et le partenariat entre acteurs, les ONG évoluent comme de nombreuses organisations

dans un environnement concurrentiel, car soumis à la rareté des ressources. La réalisation de leur mission, de leur raison d’être, dépend non seulement de leurs compétences sur le terrain, mais aussi de leur capacité à obtenir les ressources nécessaires pour la réalisation de cette mission. Cette concurrence se joue donc dans la captation des ressources, au service de la mission. Dans ce contexte, il est crucial pour Aide et Action International d’affirmer sa valeur ajoutée, sa différence. Une crise économique et financière internationale d’envergure : Enfin, la crise que traverse actuellement l’économie mondiale oblige toute organisation à s’interroger sur l’efficience de son fonctionnement, sur l’utilisation optimale de ses ressources et de ses compétences au service de sa mission. Plus difficiles à obtenir, les ressources se font aussi plus rares. Notre mission nous impose cette exigence d’efficacité, au moment où les populations que nous accompagnons en ont le plus besoin.

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Un enjeu central : renforcer l’impact de sa mission Au-delà de ce diagnostic sur le monde qui entoure Aide et Action International, 2013 voit ces réflexions converger autour d’une même conviction : le changement entrepris doit consister à décupler l’impact des actions conduites sur le terrain. Il ne s’agit pas de changer la mission d’Aide et Action International, qui est et qui restera sa raison d’être. Il s’agit de faire face aux défis du monde qui entoure l’association, de saisir ses opportunités, et de s’appuyer sur ses forces pour rendre la mission toujours plus efficace. C’est là l’idée majeure de cette évolution : se concentrer sur les idées forces qui permettent le changement, celles qui fonctionnent, qui ont fait leurs preuves et qui contribuent à transformer le monde.

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Aide et Action International souhaite rendre visibles et tangibles les idées phares, les concepts clés qui apportent des changements concrets et importants, car c’est bien là le sens de l’association. Cette mutation doit lui permettre de franchir un cap en rendant sa mission plus lisible, plus percutante, plus experte, et donc plus efficace, pour qu’elle contribue toujours plus à changer le monde. La future Aide et Action International concentrera sa mission autour de concepts clés internationaux, à fort impact, qui seront déployés dans les différentes régions. Dire que toute l’organisation se centre autour de ces concepts clés, cela signifie qu’Aide et Action International doit être capable : - de déployer ces concepts clés de manière internationale, - d’en expérimenter de nouveaux,


- de valoriser et de partager l’expertise ainsi acquise. Cette évolution demande à Aide et Action International de faire évoluer l’ensemble de ses métiers dans cette direction. L’association s’est donnée trois ans pour déployer ce changement. Mais en amont, dès 2013, c’est la conception même de ses projets qui a été revue en profondeur.

En 2013 : passer de 130 projets à 9 idées qui changent le monde Au-delà de la formulation commune de la « future » Aide et Action International, l’année 2013 a permis la réalisation d’avancées concrètes vers cette nouvelle conception de la mission de l’association. En effet, neuf concepts clés internationaux (5 prioritaires et 4 transversaux) ont été identifiés comme étant aujourd’hui la colonne vertébrale de la mission d’Aide et Action International, les idées forces qui lui permettent d’obtenir un impact fort. Les 5 concepts clés prioritaires : - Apprentissage tout au long de la vie - Gouvernance locale participative et projets d’école - Développement de l’Etat civil de l’enfant par les NTIC -D  éveloppement intégré de la petite enfance - Accompagnement des migrations subies Les 4 concepts clés transversaux : - Autonomie et leadership des femmes - Résilience aux changements

- La solidarité internationale au service du renforcement de la société civile en tant qu’acteur du changement - Le “triangle d’or” : un partenariat Etat, Universités et Aide et Action International pour travailler à un développement pertinent et pérenne. Un travail important d’analyse détaillée de chacun des projets d’Aide et Action International a alors été entrepris. Ce travail a permis d’identifier : - les projets qui aujourd’hui déploient un ou plusieurs concepts clés, - ceux qui peuvent évoluer dans cette direction, - et ceux qui ne s’inscrivent pas dans cette dynamique, qui ne seront pas reconduits et pour lesquels un plan d’accompagnement est mis en œuvre (passation à d’autres acteurs, suivi du partenaire, etc.). Ce travail, conduit dans le cadre de la pré­paration des plans d’actions pluriannuels, a transformé en profondeur la conception même des projets. Ceux-ci continuent à respecter les particularités régionales, mais ne sont plus des entités isolées : ils s’inscrivent désormais dans la stratégie de ces concepts clés internationaux, autour desquels l’ex­pertise commune d’Aide et Action Inter­national et son impact futur peuvent être bâtis. L’année 2013 a ainsi posé les fondations de la future Aide et Action International, avec un impact renforcé, une reconnaissance accrue et une plus grande synergie internationale dans toutes ses actions.

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KNOWLEDGE MANAGEMENT

L

e processus de mutation que conduit Aide et Action International place la connaissance au cœur de l’association : nos savoirs et savoir-faire sont, plus que jamais, un enjeu central. S’adapter, innover et donc mobiliser nos connaissances en valorisant la diversité de notre capital humain deviennent des nécessités pour une “organisation apprenante” telle qu’Aide et Action International. Forte de ce constat, Aide et Action International formalise, dans le cadre d’une orientation stratégique validée pour la période 2014-2016, sa volonté d’accompagner cette mutation par la définition d’une stratégie de knowledge management. Le knowledge management (ou management des connaissances) est une démarche qui vise à créer des conditions favorables au sein d’une organisation pour que les détenteurs de connaissances puissent les transmettre et permettre à d’autres de se les approprier pour en créer de nouvelles. Après un travail de recherche sur le knowledge management et sur les pratiques dans d’autres organisations, Aide et Action International a entrepris un diagnostic interne en octobre 2013, accompagnée par un consultant externe, afin de cadrer la mise en œuvre de la démarche en fonction des besoins de l’Association. Ce diagnostic a permis à Aide et Action International d’identifier les freins et les attentes, de cerner ses priorités et de définir un plan d’action international de mise en œuvre d’une démarche de knowledge management pour 2014, à travers des projets pilotes dont les résultats seront évalués en 2015. Il s’agira d’accompagner le lancement de deux communautés de pratique rattachées à deux de nos concepts clés prioritaires, d’élaborer le prototype d’un annuaire d’expériences, de concevoir la maquette d’un portail d’accès à la connaissance et de scénariser un parcours d’intégration au sein d’ Aide et Action International. Ce projet, piloté par un groupe de travail transversal, constitue l’un des neuf chantiers stratégiques de conduite du changement, visant à opérer un profond changement culturel et à fédérer les collaborateurs au sein du Réseau Aide et Action International.

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COMMUNICATION ET INFLUENCE

E

n 2013, Aide et Action International a renforcé son travail d’émergence de la marque par le développement d’une stratégie de communication avec, notamment, une campagne sur Facebook pour accélérer le recrutement de fans (+16%).

C’est dans ce but que la vaste opération internationale « Run against Exclusion » a été initiée au premier trimestre. Il s’agissait de faire participer toutes les régions à une même thématique de communication internationale. Un double  dispositif a ainsi été proposé aux participants sur le terrain, mais aussi aux internautes : participer ou organiser des courses à pied et des courses virtuelles sur une application Facebook. Plusieurs régions ont ainsi pu prendre part à cet événement international, lancé  en France en mars et qui s’est achevé en Inde avec un formidable « Run for inclusion » touchant plus de 100 000 personnes.   En 2013, afin de préparer une prise de parole dans les débats de l’agenda post-2015, Aide et Action International a décidé de donner la parole à ceux que l’on n’entend jamais. Une vaste étude d’un tout nouveau genre a en effet été lancée, avec plus de 4 600 entretiens conduits en face à face auprès d’enfants, de parents et d’enseignants de 9 pays où agit Aide et Action International. Ces questionnaires révèlent ce que vivent les populations sur le terrain face à l’éducation. Des résultats qualitatifs précieux qui viendront compléter ceux dont l’Organisation des Nations unies, l’UNESCO et les différentes organisations disposent par ailleurs. L’année 2013 a également permis à Aide et Action International de consolider son portefeuille de projets (le Portfolio) et de conduire une réflexion commune sur le développement de ce dispositif afin de définir la stratégie à mettre en place sur le prochain triennal. Une étude sur son évolution et deux ateliers de renforcement des capacités de ceux qui le mettent en œuvre ont eu lieu. Mis en place en 2008, le Portfolio a connu une importante évolution pour devenir le dispositif principal d’accès à l’information sur les projets dans un processus de partage des responsabilités et des tâches avec les régions. 

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Plusieurs événements ont émaillé cette année 2013 : Le lancement du film « Sur le Chemin de l’Ecole » auquel Aide et Action International a activement participé. En plus de son succès incroyable en France et en Suisse, il a remporté le César du meilleur documentaire. Ce film est maintenant projeté à Hong Kong. Un événement organisé à la demande de l’UNESCO sur les problématiques du Handicap, avec la participation remarquée de Samphors Vorn, coordinateur programme au Cambodge à Aide et Action International. La participation au World Entrepreneurship Forum, organisé à Singapour, auquel la Direction internationale d’Aide et Action International a invité Prasert Tepanart, Directeur d’Aide et Action International Asie du Sud-Est et Chine et Yasmin Abdeen, Présidente d’Aide et Action International Asie du Sud-Est et Chine. Un événement organisé par les bénévoles en France, en présence de deux vice-présidents de la région Rhône-Alpes, qui a accueilli plus de 120 personnes.

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MÉDIAS France France 3 Alpes : de l’art au profit d’Aide et Action International (mai 2013) Quatorze artistes de la région iséroise (peintres, sculpteurs etc.) ont proposé de faire découvrir et de vendre jusqu’au 25 mai 2013, leurs œuvres exposées au Centres des Arts de Meylan. Ils s’étaient engagés à reverser 30% de leur chiffre d’affaires à Aide et Action France. Un reportage de France 3 Alpes a permis de découvrir cette initiative, réalisée grâce à la mobilisation des bénévoles d’Aide et Action France en Isère.

La Croix : un projet d’Aide et Action International pour scolariser les enfants des rues au Cambodge (28 mars 2013) Sortir les enfants des rues au Cambodge afin de les re-scolariser est l’une des missions d’Aide et Action International et de ses partenaires, souligne le journal La Croix du 28 mars 2013. Le quotidien revient sur les actions des travailleurs sociaux et sur le centre d’accueil pour enfants des rues ouvert par Aide et Action International avec ses partenaires. Plus de 160 enfants de 5 à 13 ans, contraints de travailler dans la rue, le fréquentent à mi-temps. Ils y reçoivent un repas par jour, des soins, un minimum d’éducation et surtout la possibilité de jouer et de redevenir enfin des enfants.

Le Petit Quotidien, Mon Quotidien et L’Actu en reportage sur le travail des enfants au Cambodge (15 juin 2013) A l’occasion de la Journée Mondiale du Travail des Enfants (12 juin 2013), Le Petit Quotidien pour les 6-10 ans, L’Actu, un quotidien pour les plus de 14 ans et Mon Quotidien, un journal destiné aux 10-16 ans, publient un reportage sur le Cambodge où près d’un enfant (de 7 à 14 ans) sur deux est forcé de travailler. La journaliste Juliette Tissot s’est ainsi rendue sur les projets menés par Aide et Action au Cambodge à destination de

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ces jeunes, le plus souvent privés d’éducation. Elle y a notamment rencontré Vichet, 15 ans, qui travaille dans les rizières chaque après-midi. Grâce à Aide et Action International, qui lui a donné des cours de soutien et qui a aidé sa famille à développer une activité génératrice de revenus, Vichet parvient à aller à l’école tous les jours et rêve de devenir médecin.

Suisse

L’Hebdo : Aide et Action Suisse invitée à s’exprimer sur l’importance de l’éducation dans la société (28 novembre 2013) « En situation d’urgence, l’éducation représente l’espoir en l’avenir et le moyen pour parents et enfants de rebondir et retrouver des repères ». En novembre, Aide et Action Suisse a été invitée à répondre aux questions d’un journaliste de l’Hebdo sur l’engagement de l’association pour une meilleure éducation à travers le monde. En quoi l’éducation est-elle aussi essentielle que l’aide au logement ? Comment améliorer la qualité de l’enseignement ? L’opinion est-elle suffisamment consciente de l’importance de l’éducation dans les pays en voie de développement ? L’interview a été retranscrite dans une édition spéciale du magazine suisse qui avait pour objectif de sensibiliser les lecteurs à l’importance qu’ont les associations, fondations et organisations dans la société actuelle, et de les encourager ainsi à devenir des donateurs.

Amérique latine-Caraïbes Acento.com.do : Une série de conférences dans le cadre du projet d’observatoire binational des universités (16/03/2013) En République dominicaine, le quotidien en ligne Acento.com.do a consacré un article à un projet original mené par Aide et Action International et l’université Autonome de SaintDomingue, dans le cadre de l’Observatoire Binational des Universités. Ce projet, intitulé « Contributions de Sociologie », a consisté à programmer une série des conférences et de présentations scientifiques en sciences sociales au sein des principales universités dominicaines (UASD, UNAPEC, INTEC et UTESA). Elles se sont tenues du 14 mars au 23 avril 2013. Lors de la séance inaugurale, la Directrice de l’école de sociologie, le Professeur Marisela Duval et le Directeur de l’Institut de recherche socio-économique Inise, le Dr Ciriaco Cruz, qui dirigeaient le groupe de sociologues impliqués dans le projet, ont

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© AEAI

expliqué leur démarche : faire une étude de cas de l’éducation en tant que fait social, à travers l’explication des questions historiques, sociales et culturelles qu’elle pose.

Asie du Sud-Est et Chine EAP UNGEI : Aide et Action sur le front de la ségrégation à l’embauche des personnes en situation de handicap En mai 2013, EAP UNGEI (East Asia and Pacific United Nations Girls’ Education Initiative) a publié dans sa newsletter un article sur un rapport qui identifie les freins à l’embauche des jeunes souffrant de déficiences intellectuelles au Cambodge. Ce rapport est le fruit d’une étude menée par Aide et Action Cambodge, avec le soutien financier de AusAid et de la Croix-Rouge australienne. Les conclusions de cette étude démontrent que les jeunes adultes souffrant de déficiences intellectuelles légères à modérées ont autant d’aptitudes que d’intérêt pour le travail. Les barrières à leur emploi sont d’abord sociales et l’éducation et l’enseignement professionnel représentent pour ces jeunes une opportunité. L’étude confirme également que la différence de traitement entre les genres, tant à l’école qu’au travail, s’accentue de façon disproportionnée dès qu’il s’agit de filles ou de femmes souffrant de déficiences intellectuelles. Le rapport préconise de donner aux jeunes souffrant de déficiences intellectuelles une formation, à la fois technique et générale, qui leur permette de répondre aux besoins du marché de l’emploi.

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Afrique Le Progrès, Bénin : atelier de Restitution sur la décentralisation de l’éducation en Afrique de l’Ouest : deux jours pour s’approprier les résultats de Ouagadougou « Faustin Akplogan, un membre d’Aide et Action International Afrique, n’a pas caché la joie qu’ont eue les dirigeants béninois à accueillir l’atelier national de partage sur la décentralisation de l’éducation en Afrique de l’Ouest,… Pour lui, ce partenariat pour l’amélioration des systèmes éducatifs des pays concernés est exemplaire et mérite d’être salué ». Ghislain Kouthon, représentant de l’Agence Française pour le Développement, a renchéri sur ce propos, en soulignant le rôle crucial de cet atelier d’échanges sur la décentralisation de l’éducation en Afrique de l’Ouest dans le cadre du Programme d’Amélioration de l’Offre Educative en Afrique de l’Ouest (PADOE), phase II. « Car, a-t-il ajouté, la pertinence du PADOE réside précisément dans sa capacité à contribuer au renforcement des compétences des collectivités territoriales ».

Asie du Sud News Nation : L’opération “Run for Inclusion” relayée par une chaîne nationale indienne Le 22 décembre 2013, Aide et Action International Asie du Sud a organisé “Run for inclusion”, une course pour l’inclusion, dans 54 villes d’Inde, du Népal et du Sri Lanka. Comme son nom l’indique, cette course est un plaidoyer pour l’inclusion sociale des communautés marginalisées et des exclus. News Nation, chaîne de télévision nationale indienne, était le partenaire média de cet évènement. La campagne médiatique a démarré très en amont afin de lui assurer le maximum de publicité. Presse écrite, télévision, radio, réseaux sociaux ont été largement mis à contribution pour faire connaître la course. La région a également créé un clip musical de promotion dont la chanson, “Apni fikar key thi humne abtak… aavo fikr kare sab ki” (“Jusqu’à maintenant nous pensions à nous… allez, pensons aux autres”) est devenue très populaire sur les réseaux sociaux. L’évènement a été largement couvert par les médias locaux et nationaux. Plus de 100 000 personnes ont couru pour la même cause, au même moment en Asie du Sud et cela a constitué l’un des grands évènements dans la région, en 2013. La manifestation était sponsorisée par des entreprises, des médias et des organisations gouvernementales et non gouvernementales.

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POLITIQUE PARTENARIALE La politique partenariale d’Aide et Action International a été influencée par plusieurs facteurs : - L’arrivée d’acteurs du secteur privé dans le domaine du développement par la RSE (responsabilité sociale de l’entreprise), - la perte de crédibilité des Organisations de Solidarité Internationale (OSI), - un environnement de plus en plus concurrentiel, même si le développement est largement marqué par la coopération et le partenariat entre acteurs, - une crise économique et financière internationale d’envergure, - le recentrage de l’association sur 9 concepts clés porteurs de changement au niveau international. Pour adapter son approche et sa stratégie de mobilisation des ressources, Aide et Action International a mené une vaste étude pour dresser un état des lieux de la collecte de fonds à l’international. Les résultats de cette étude, incluant les facteurs visés plus haut, ont permis de planifier durant l’année 2013 un travail de fond sur la redéfinition d’axes de développement de la collecte de fonds dans les cinq régions où l’association agit, mais également dans d’autres régions présentant un fort potentiel. En France, le groupe EDF (Electricité de France) soutient Aide et Action France depuis 2007. Pour chaque équipement acheté par EDF auprès des sociétés CFI, SCC et Computacenter, 1 € est reversé à Aide et Action International. Près de 150 000 € ont ainsi été collectés pour contribuer au financement de quelques 100 projets éducatifs, notamment pour la

scolarisation des enfants travailleurs en Inde. A partir de 2014, EDF poursuivra son engagement pour trois ans supplémentaires en se mobilisant pour l’insertion socio-professionnelle des jeunes déscolarisés et d’adultes éloignés de l’emploi des agglomérations du Val-de-France (95). A Saint-Domingue, en République dominicaine, Aide et Action International et l’Institut technologique de Saint-Domingue INTEC ont signé en mai 2013 un accord-cadre de coopération scientifique afin d’effectuer des actions pour renforcer les filières d’enseignement supérieur sur des questions fondamentales pour le pays telles que le commerce, l’environnement, la migration et l’éducation, et permettre ainsi la formation de citoyens éclairés sur ces enjeux cruciaux. En Asie du Sud-Est et Chine, Aide et Action Laos a travaillé avec le minis-

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© C. Morgen / AEAI

tère de l’Education et des Sports et l’entreprise sociale Friends International. Ces partenariats ont permis de toucher 7 000 enfants vulnérables de communautés ethniques marginales dans 99 écoles, 591 enseignants et plus de 10 000 parents dans une centaine de communautés. En Chine, ces neuf dernières années, plus d’une vingtaine de partenaires se sont engagés aux côtés d’Aide et Action International et de ses projets, à la fois dans l’action, la recherche et le plaidoyer. Parmi eux, des ministères, des ONG, des universités et des équipes de jeunes volontaires. 38 communautés et 65 écoles soutiennent ce partenariat qui a permis d’améliorer directement l’éducation de base de 2218 femmes et 77 364 enfants. Au Burkina Faso, en collaboration transrégionale avec les équipes France, Aide et Action International a conclu un partenariat avec SOS Sahel International et ASIENA (Association Inter Instituts Ensemble et Avec). Une convention a été

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signée en 2013. Ce partenariat, qui a également reçu le soutien de la Fondation L’Occitane, a permis de mettre sur pied le projet Microfinance Alphabétisation Maraichage (MAM), avec un budget de 125 000 euros sur trois ans. Il a été lancé le 5 avril 2013 à Koundougou dans la province du Houet, à l’ouest du Burkina Faso. En Asie du Sud, la Fondation Bernard van Leer s’est associée à Aide et Action International Asie du Sud pour lancer le projet “Conditions de vie des jeunes enfants de travailleurs migrants”, grâce à un financement de 123 795 € sur une période de douze mois (jusqu’à novembre 2014). Le projet concerne 60 centres de soins à la Petite Enfance et centres éducatifs pour jeunes migrants, dans 4 villes indiennes, soit 2000 enfants. Il devrait à terme bénéficier à plus de 20 000 enfants dans la mesure où il permet d’améliorer les services gouvernementaux d’aide à la petite enfance (ICDS, Integrated Child Development Services).


RESSOURCES HUMAINES

D

ans le cadre de la mutation de ses modalités d’intervention, le Réseau Aide et Action a entamé, en 2013, une réflexion sur son organisation exécutive internationale la mieux à même de répondre aux enjeux qu’elle rencontre et d’atteindre les objectifs qu’elle s’est fixés.

En Afrique, la mise en place de sa nouvelle organisation a constitué la priorité de la région en 2013. Des actions majeures ont été réalisées telles que la finalisation et la validation de l’audit organisationnel de la région, de même que la validation d’un modèle organisationnel cible et de ses modalités de mise en œuvre. En parallèle, la fin de certains projets institutionnels a entraîné une baisse de ses effectifs. En Asie du Sud-Est et Chine, Aide et Action a continué à travailler à l’amélioration de l’efficacité organisationnelle au sein de la région. Le partage d’expériences et de compétences au sein d’une équipe mutualisée a non seulement amélioré l’adéquation au besoin, la réactivité mais aussi le développement et la motivation de ses ressources humaines. En Asie du Sud, Aide et Action International a continué à renforcer les compétences de son équipe, et notamment de ses managers, grâce à la participation à des formations externes sur le leadership ainsi que par la mise en place d’un système de mentoring. Répondant à une stratégie de formation continue de son personnel, Aide et Action International a également mis en place des modules de formation à distance concernant les outils du Système d’Information et un accent particulier a été mis sur l’outil de comptabilité ERP5. 615 salariés dans le monde ont concouru, en 2013, à la réalisation de la mission d’Aide et Action International et de son Réseau. EFFECTIFS Direction Internationale

2013

2012

17

18

Europe

41

44

Afrique

184

247

Amérique Latine-Caraïbes

20

19

Asie du Sud

308

421

Asie du Sud-Est et Chine TOTAL

45

47

615

796

67


AUDITS INTERNE ET EXTERNE

Audit interne Le plan d’action du service d’audit interne s’est déroulé en deux temps sur l’année 2013. Au premier semestre, il consistait en une mission d’accompagnement de la clôture des comptes 2012 de la région Amérique latine Caraïbes ainsi qu’une mission d’appui auprès du Secrétariat général international portant sur les procédures internationales et la séparation des comptes. Au deuxième semestre, le travail d’audit interne a consisté d’abord à coordonner et finaliser la cartographie internationale des risques, puis à réaliser cinq missions successives, en Guinée-Conakry, au Cambodge, en Inde, en France et au Mali, conformément au plan d’audit arrêté pour la période, sur les thématiques de la mobilisation et de la gestion administrative en appui au Conseil International d’Aide et Action International. Sur cette période, le comité d’audit s’est réuni trois fois. Il faut souligner que l’année 2013 a été l’occasion pour Aide et Action International de suivre une formation sur la détection des fraudes. Suite à la mise en place en 2013, par l’audit interne et le Secrétariat général international, d’un suivi semestriel des audits et des recommandations, un premier état d’avancement de la mise en place de ces recommandations a été réalisé à la fin juin 2013. Il en ressort que 20 missions d’audit, réalisées de 2011 à 2013, ont été suivies. Elles correspondent à 184 recommandations.

Audit externe Dans le cadre de leur mission de certification des comptes 2013, les commissaires aux comptes d’Ernst and Young ont développé leur intervention dans les différentes entités de l’association notamment auprès d’Aide et Action France et dans les régions Afrique, Amérique latine – Caraïbes et Asie du Sud-Est et Chine. Ils sont intervenus auprès d’Aide et Action International Asie du Sud, dans le cadre de travaux spécifiques liés à la clôture des comptes de l’Association au 31/12/2013. S’agissant d’Aide et Action USA et Aide et Action Suisse, ils ont réalisé des diligences spécifiques dans le cadre de la certification des comptes au 31/12/2013. Ils sont également intervenus auprès d’Aide et Action International à Genève.

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Asie du Sud Europe

Asie du Sud-Est et Chine

EMPLOI ET ORIGINE DES RESSOURCES

Amérique Latine - Caraïbes Afrique


L

e contexte économique mondial et notamment européen continue à affecter les résultats liés à la collecte de fonds. Le Réseau Aide et Action a connu en 2013 une baisse de ses ressources sur ses cibles traditionnelles : les dons issus de la générosité du public et financements institutionnels. Après quatre ans de croissance, 2013 enregistre également une pause dans l’obtention de financements auprès des partenaires privés (entreprises et fondations). Afin d’amorcer une nouvelle dynamique de sa collecte, Aide et Action International a lancé une étude sur la situation des dons dans ses différentes régions afin de définir une nouvelle stratégie de fundraising pour son prochain plan d’action à trois ans. En outre, Aide et Action International, dont la pertinence du travail est reconnue par les acteurs de ses projets, s’est employée en 2013 à faire connaître les enjeux inhérents au développement par l’éducation auprès du grand public, des grands donateurs et des fondations.

Générosité du public : en 2013, la collecte de rue est restée l’un des meilleurs moyens en Europe pour non seulement collecter des ressources, mais également sensibiliser le donateur et créer un lien fort entre le parrain et l’association dès le premier contact. D’autres initiatives ont été lancées telles que le « Run for inclusion » en Asie du Sud. Au delà de la mobilisation de ressources nouvelles, la tenue d’évènements s’avère un moyen efficace de faire connaître les actions d’ Aide et Action International au grand public, mais aussi aux entreprises, et de les sensibiliser aux enjeux éducatifs. Enfin, Aide et Action International, par la refonte de ses outils et une revue de ses modalités de travail, a posé les bases d’une gestion plus dynamique de sa relation donateur. En 2013, la générosité du public représente 67% des ressources du Réseau Aide et Action soit 13 224 K€ (64% en 2012). Financements Institutionnels : dans un contexte d’une aide au développement en diminution aggravée par des crises politiques et sécuritaires, notamment au Mali, Aide et Action International Afrique a revu sa stratégie de partenariat institutionnel, afin de lancer une nouvelle dynamique, appuyée par une forte mobilisation de sa gouvernance. En outre, la place croissante de certains pays du Sud dans l’aide au développement crée de nouvelles opportunités pour Aide et Action International en Asie et en Amérique Latine et Caraïbes. Cette situation se traduit par des financements institutionnels représentant 3 844 Ke soit 19% de nos ressources (14% en 2012). Entreprises et fondations  : le succès rencontré auprès des partenaires privés reste le fruit d’opérations concomitantes de communication et d’influence au travers d’une implication croissante dans les réseaux spécialisés. 2013 a connu un ralentissement de l’implication financière des entreprises et des fondations alors que ces dernières développent d’autres manières de porter leur responsabilité sociétale, par exemple par l’implication plus grande de leurs salariés, soit par des dons sur salaires, soit par des apports de compétence en appui de projets. Ces fonds représentent en 2013 12% de nos ressources soit 2 445 K€ (19% en 2012). Les chiffres présentés sont issus des comptes d’Aide et Action France, qui reflètent en 2013 la quasi-totalité des activités du Réseau Aide et Action dans le monde.

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Répartition des ressources de l’année

(en pourcentage)

67+12+192 2%

Autres produits

19 % Financements publics

12 % Générosité du secteur privé

67 % Générosité du public

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Emploi des ressources Dans ce contexte de tension sur les ressources, Aide et Action International s’efforce d’optimiser l’allocation de ces dernières afin d’être efficient dans ses réponses aux problématiques des différentes communautés. Les emplois de l’exercice 2013 représentent 20 775 K€, contre des recettes de 20 542 K€, après reprise des fonds dédiés, créant ainsi un déficit de 233 K€ lié essentiellement à des charges exceptionnelles non récurrentes. Ratios d’emplois Afin de refléter fidèlement l’affectation des dépenses effectuées, les ratios sont calculés sur la base du total des fonds utilisés (hors fonds dédiés et provisions), conformément à l’arrêté du 11 décembre 2008 portant homologation du règlement du comité de la réglementation comptable française (CRC) sur le compte d’emploi des ressources (CER). Les emplois se décomposent comme suit en 2013 :

81+9+10 10 %

Frais de fonctionnement

9% Frais de recherches de fonds

81 % Missions sociales

74


Mission sociale En 2013, Aide et Action International a consacré 16 817 K€ à ses activités de mission sociale à travers le monde soit 81% de ses emplois. Ces emplois financés à hauteur de 57% par la générosité du Grand Public se répartissent géographiquement comme suit :

2%

61+8+56102

10 %

Suisse

International

6% Asie du Sud-Est et Chine

5% France

8% Asie du Sud

8% Amérique Latine-Caraïbes

61 % Afrique

Frais de recherche de fonds Ces frais représentent 9% de nos emplois soit 1 909 K€ consacrés à la recherche de nouveaux partenaires et à la fidélisation de ceux qui participent aujourd’hui au déploiement de nos activités. Sur les trois prochaines années, d’importants investissements sont prévus afin de diversifier l’origine et la répartition géographique de nos partenaires financiers. Frais de fonctionnement En forte baisse par rapport à 2012, les frais de fonctionnement représentent, en 2013, 2 048 K€ soit 10% de nos emplois. Ils se composent essentiellement de frais de gestion (1 239 K€) et de frais d’information et de communication (397 K€).

75


Compte emplois des ressources (en euros)

EMPLOIS

EMPLOIS de 2013 = compte de résultat (1)

Affectation par emplois des ressources collectées auprès du public, utilisées en 2013 (3)

1 - Missions sociales

16 818 634

9 590 769

2 - Frais de recherche de fonds

1 908 502

1 892 538

3 - Frais de fonctionnement

2 047 584

1 541 125

Montant des ressources collectées et utilisées sur l’exercice

-

I - Total des emplois de l’exercice inscrits au compte de résultat

20 774 721

II - Dotations aux provisions

593 792

III - Engagements à réaliser sur ressources affectées

2 528 827

12 962

IV - Excédent de ressources de l’exercice

-

-

TOTAL GÉNÉRAL

76

13 024 432

23 897 341

V - Part des acquisitions d’immobilisations brutes de l’exercice financées par les ressources collectées auprès du public

-

283 641

VI - Neutralisation des dotations aux amortissements des immobilisations financées à compter de la première application du règlement par les ressources collectées auprès du public

-

478 798

VII - Total des emplois financés par les ressources collectées auprès du public

-

12 842 238


RESSOURCES

RESSOURCES COLLECTÉES sur 2013 = compte de résultat (2)

«Suivi des ressources collectées auprès du public et utilisées sur 2013 (4)»

-

2 605 544

1 - Ressources collectées auprès du public

13 224 726

13 224 726

2 - Autres fonds privés

2 445 396

-

3 - Subventions et autres concours publics

3 843 803

-

Report des ressources collectées auprès du public non affectées et non utilisées en début d’exercice

4 - Autres produits

413 689

-

19 927 614

-

II - Reprises des provisions

121 053

-

III - Report des ressources affectées non utilisées des exercices antérieures

3 615 554

-

-

-

233 119

-

I - Total des ressources de l’exercice inscrites au compte de resultat

IV - Variation des fonds dédiés collectés auprès du public V - Insuffisance de ressources de l’exercice TOTAL GÉNÉRAL

23 897 341

13 224 726

VI - Total des emplois financés par les ressources collectées auprès du public

-

12 842 238

Solde des ressources collectées auprès du public non affectées et non utilisées en fin d’exercice

-

2 988 032

77


Bilan (en euros) ACTIF en Euros

78

2013

2012

Brut

Amort. Prov.

Net

Net

Immobilisations incorporelles

1 243 128

529 520

713 608

744 704

Immobilisations corporelles

5 926 915

4 121 842

1 805 073

2 022 702

Immobilisations financières

233 500

2 798

230 701

219 328

Total Actif Immobilisé

7 403 543

4 654 160

2 749 383

2 986 735

Stocks et en-cours

59 596

53 691

5 905

43 534

Avances et acomptes versés sur commandes

87 212

0

87 212

87 386

Financements institutionnels

4 976 871

0

4 976 871

5 746 295

Autres créances

1 917 700

139 113

1 778 587

1 668 362

Produit à recevoir

3 634

0

3 634

17 658

Valeurs mobilières de placement

2 047 344

233 732

1 813 612

1 972 506

Disponibilités

3 430 410

0

3 430 410

3 949 273

Charges constatées d’avance

1 203 997

0

1 203 997

1 000 216

Total actif circulant

13 726 764

426 537

13 300 227

14 485 230

Ecart de conversion actif

702 062

0

702 062

658 794

TOTAL ACTIF

21 832 368

5 080 697

16 751 671

18 130 759


PASSIF en Euros

2013

2012

Fonds associatifs

4 923 373

4 990 467

Excédent ou insuffisance en attente d’affectation

-233 119

-67 094

Fonds propres

4 690 254

4 923 373

Provision pour risques et charges

335 595

164 930

Provision pour risques de change

702 062

658 794

Provisions

1 037 657

823 724

Fonds dédiés

3 689 010

4 815 760

Dettes fournisseurs et comptes rattachés

2 248 585

2 157 905

Autres dettes

1 152 288

774 530

Dettes fiscales & sociales

727 262

970 488

Dettes

4 128 135

3 902 923

Produits constatés d’avance

3 126 700

3 565 108

Ecart de conversion passif

79 917

99 872

TOTAL PASSIF

16 751 671

18 130 759

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© AEAI


Asie du Sud Asie du Sud-Est et Chine Europe

2013 MOIS PAR MOIS Amérique Latine - Caraïbes Afrique


Janvier Sri Lanka Aide et Action International Asie du Sud ouvre son premier centre iLead à Vavuniya dans la partie nord du pays, touchée par la guerre civile. Il vise à fournir aux jeunes de la région des moyens de subsistance, en leur offrant une formation et des opportunités professionnelles. Le centre rencontre un large succès. Inde Aide et Action International Asie du Sud et Microsoft s’associent pour lancer des « iLead Youth Spark » en Inde, centres de formation modèles en entrepreneuriat pour les jeunes marginalisés et bâtis sur la base du modèle iLead déjà développé dans tout le pays. Suite à l’ouverture du premier centre de ce type à New Dehli, plusieurs autres seront créés à Jaipur, Udaipur, Chennai, Bangalore, Trivandrum, Pune, Patna, Gurgaon et Shillong.

Février Madagascar Dans la nuit du 22 février, le cyclone Haruna détruit une grande partie des habitations, des cultures et des infrastructures dans le sud-ouest du pays. Plusieurs écoles travaillant avec Aide et Action International à Sakaraha, Tuléar et Betioky Sud sont également endommagées, au risque de réduire à néant les progrès accomplis au cours des dix dernières années en matière de scolarisation des enfants travailleurs. Un appel à la générosité du public est lancé. Cette campagne permettra de collecter environ 10 000 euros, de reconstruire cinq centres préscolaires et de remplacer le matériel scolaire abîmé par la pluie.

Mars France Lors du semi-marathon de Paris qui a eu lieu le 3 mars, plus de 150 coureurs portant le t-shirt jaune de l’association ont participé à la collecte. Un invité de marque nous a rejoint sur le stand. Parrain d’Aide et Action depuis 24 ans, Frédéric Bouraly, acteur de la série « Scènes de Ménage » sur la chaîne TV M6, a décidé de renforcer son engagement pour l’association. Il a accompagné l’association dans ce semi-marathon de Paris, signant des autographes et discutant d’éducation avec ses fans. En fin d’année, il jouera dans le clip « Le cartable », réalisé pour Aide et Action France, afin d’inciter le plus grand nombre à devenir parrain, comme lui.

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© S. Pihan / AEAI

France Aide et Action France, en partenariat avec La Case, centre de formation et d’animation au développement durable, et avec le soutien de la Fondation Macif, mène un travail de capitalisation sur le projet « Rallye-toi aux jardins ». Objectif : mettre en lumière ce qui a fait de cette découverte ludique du développement durable pour les plus jeunes un véritable outil de lien et de cohésion sociale au sein de la ville de Villiers-le-Bel (Val d’Oise). Ce projet intergénérationnel s’est, en effet, révélé créateur de lien social dans un quartier pourtant traditionnellement en proie aux incivilités. Aide et Action France produit un guide pédagogique et une vidéo pour diffuser cette réussite.

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Avril République dominicaine L’équipe dominicaine s’allie aux étudiants de sociologie de l’Université de SaintDomingue pour mener à bien le travail lié à la grande enquête mondiale sur l’éducation, lancée par Aide et Action International. Cette étude a pour objectifs de mesurer l’accès à l’éducation et sa qualité ainsi que d’identifier les attentes des familles en matière d’éducation. Niger Le 3 avril 2013, le projet « Tablettes numériques » est lancé officiellement au Palais des Congrès de Niamey en Afrique. Ce projet est né en 2012 d’un séminaire collaboratif sur le partenariat public/privé pour l’introduction des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans l’éducation. A l’issue de cette réunion, Orange, au regard de son positionnement responsable pour le soutien de l’innovation et l’aide à l’éducation en Afrique, a décidé, avec les autres parties prenantes (AFD, ministère de l’éducation Nationale du Niger) d’accompagner ce projet pilote, conduit par Aide et Action International. L’intérêt des tablettes est double : développement des compétences informatiques d’une part, et multifonctionnalités apportées par les TIC d’autre part. A quoi s’ajoute, bien sûr, le fait qu’elles se substituent aux livres et manuels papier. Suisse En tant que membre du Réseau Education Coopération Internationale (RECI), Aide et Action Suisse a participé aux réflexions soumises par la DDC sur la position de la Suisse dans l’agenda de développement post-2015. L’objectif de cette position était d’assurer la prise en compte effective du thème de l’éducation dans le futur agenda et d’identifier les priorités dans lesquelles s’inscrit la Suisse en termes d’éducation pour le développement.

Mai Cambodge Le 6 mai 2013, Aide et Action au Cambodge et les principaux comités de la Campagne mondiale de l’éducation (CME) organisent à Phnom Penh une conférence nationale sur le thème “Chaque enfant a besoin d’un enseignant qualifié”, qui rassemble plus de 80 participants. Elle a pour objectif principal d’accroître la prise de conscience du manque d’enseignants qualifiés dans le pays, en ciblant tant le grand public que le ministère de l’Éducation. Cette pénurie reste, en effet, un grand défi à relever pour développer la qualité de l’éducation des enfants.

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Sri Lanka Claire Calosci, Directrice générale internationale d’Aide et Action International, rencontre le ministre sri-lankais des Affaires de la jeunesse et du développement des compétences, Dullas Alahapperuma, avec lequel a été signé un protocole d’accord de cinq ans pour le développement des compétences au Sri Lanka. En vertu de cet engagement, Aide et Action International s’engage à former 10 800 jeunes, dont 500 ex-combattants des Tigres de libération de l’Îlam Tamoul (LTTE), au cours des cinq prochaines années.

Juin Suisse Dans le cadre d’une table-ronde « Regards croisés : Education et Coopération Internationale » organisée par le Professeur Akkari de l’Université de Genève, Claire Calosci, Directrice Générale Internationale d’Aide et Action International, intervient aux côtés de l’UNESCO et d’un représentant de la Ville de Genève. Népal Le Service de la Solidarité Internationale du Canton de Genève approuve l’attribution d’une subvention pour le projet « Emploi des Jeunes et amélioration de la qualité dans l’enseignement primaire », dans le cadre des programmes iLead et « Back to basics » (B2B), réalisé en partenariat avec une ONG locale, Aasaman Népal. Le projet a pour objectifs d’améliorer l’accès à l’éducation des enfants les plus vulnérables, d’assurer le maintien de la scolarité, en particulier celle des filles, et d’offrir aux jeunes des formations qui leur donnent les moyens d’assurer ensuite leur subsistance.

Juillet Chine Entre le 26 juin et le 23 juillet, une campagne publicitaire sur la migration est diffusée dans six stations de métro de la ville de Chengdu. Plus d’un million de personnes voient ces affiches pendant la durée de la campagne. Toutes les photos ont été réalisées par les acteurs du projet « iView, Familles de migrants et photographies », c’està-dire les migrants eux-mêmes. Leurs témoignages de vie ont également été ajoutés aux photos pour accroître leur impact sur le public. Afrique La Gouvernance d’Aide et Action International Afrique décide, au cours de son Assemblée générale ordinaire de juillet 2013, de mettre en place une « Task Force Res-

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sources ». Il s’agit de créer une dynamique chez les membres de l’Assemblée générale et les bénévoles de la région afin qu’ils accompagnent les équipes exécutives des différents pays dans leur recherche de partenariats stratégiques et financiers et dans l’exploitation de leurs réseaux, afin de mobiliser de nouvelles ressources.

Septembre France Le 17 septembre 2013, Pascal Plisson et Barthélémy Fougea, respectivement réalisateur et producteur du film documentaire « Sur le Chemin de l’école », accueillent les salariés d’Aide et Action France et leurs invités pour l’avant-première du film à Paris. En présence de Claire Calosci, Directrice Générale Internationale d’Aide et Action International et de Charles-Emmanuel Ballanger, Directeur régional d’Aide et Action France/Europe, ils témoignent du soutien précieux apporté par l’association à leur projet, dès sa conception. Avec l’appui de son réseau bénévole en France, huit « avant-premières Aide et Action » réunissent plus de 1000 personnes. Suisse Organisée par Aide et Action Suisse, l’avant-première à Genève du film-documentaire de Pascal Plisson rassemble, de son côté, plus d’une centaine de parrains, donateurs et invités. La projection est suivie d’un moment d’échanges en présence du Professeur Abdeljalil Akkari, Professeur en Dimensions Internationales de l’Education à l’Université de Genève et de Gérard Perroulaz, Secrétariat de la Délégation Genève Ville Solidaire.

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Octobre Vietnam Aide et Action au Vietnam lance une enquête sur l’état de l’éducation dans les provinces de Thai Nguyen et Khanh Hoa pour cerner la réalité de l’accès et de la qualité de l’éducation dans ces régions ainsi que les attentes de leurs populations dans ce domaine. 530 personnes, dont 25 enfants, 25 parents et trois enseignants de chaque école primaire des dix communes seront interrogées. En collectant des faits et des témoignages au niveau local, l’enquête doit contribuer à la discussion internationale en cours sur les objectifs de l’agenda post-2015 en matière d’éducation et aider Aide et Action International Asie du Sud-Est et Chine à définir ses priorités. (Voir un court clip vidéo sur l’enquête locale ici : https://www.youtube.com/watch?v=90nIsBAxqJU).

Novembre République dominicaine Le samedi 9 novembre a lieu le marathon pour l’éducation et contre l’exclusion de la région Amérique latine et Caraïbes, dans une ambiance très enthousiaste. Cette manifestation est la consécration d’un grand travail d’équipe entre Aide et Action International Amérique latine - Caraïbes, l’Université de Saint-Domingue et la Pastorale Juvénile de l’Eglise Catholique. Ensemble, ils ont déployé une grande campagne à la radio baptisée « Agir pour l’éducation et contre l’exclusion », pour pousser chacun à réfléchir sur ce thème.

Décembre Suisse Un partenariat « solidaire » naît entre Aide et Action Suisse et l’association Pédibus-ATE. Les Pédibusiens sont invités à soutenir l’éducation au travers d’un projet de préscolarisation au Maroc. Les salariés de l’association ayant également entendu l’appel optent pour un « geste solidaire » au profit d’Aide et Action International. Inde, Sri Lanka, Népal Le 22 décembre, Aide et Action International Asie du Sud organise une grande course intitulée « Run for Inclusion » à travers 58 villes de toute l’Asie du Sud. Elle regroupe 100 000 participants et offre à l’association une large couverture médiatique et une visibilité accrue. De nombreuses personnalités et célébrités prennent part à la course et affichent leur soutien à l’inclusion par l’éducation dans toutes les régions. Cette expérience est un succès et sera réitérée chaque année en Asie du Sud.

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Asie du Sud Asie du Sud-Est et Chine

STRUCTURE Europe ASSOCIATIVE INTERNATIONALE Amérique Latine - Caraïbes 2013 Afrique


AIDE ET ACTION INTERNATIONAL LE CONSEIL INTERNATIONAL EN 2013

M. Jacques LEMARECHAL Président

M. Daniel DESPRES Secrétaire

Mme Aïcha BAH DIALLO Trésorière

Mme Rukmini RAO Administratrice

M. Jacky LUMARQUE Administrateur

M. Radhamés MEJIA Administrateur

M. Teeka RAM BHATTARAI Administrateur

Mme Yasmin ABDEEN Administratrice

Mme Jeannine AGOUNKE Administratrice à partir d’octobre 2013

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GOUVERNANCE RÉGIONALE D’AIDE ET ACTION INTERNATIONAL AFRIQUE

M. Djibril DEBOUROU (Bénin) Président

Mme Aïcha BAH DIALLO (Guinée-Conakry) Trésorière

M. Youssouf MOUSSA (Union des Comores) Trésorier

M. Théodore BILUMBELE (RDC) Administrateur

Mme Bouli Ali DIALLO (Niger) Administratrice

Pr. Issa N’DIAYE (Mali) Administrateur

Mme Jeannine AGOUNKE (Togo) Administratrice

Mme Samuëline Z. RAHOLIARINTSOA

(Madagascar) Administratrice

Mme Honorata RUHUMBIKA (Tanzanie) Administratrice

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GOUVERNANCE RÉGIONALE D’AIDE ET ACTION INTERNATIONAL ASIE DU SUD

Mme Rukmini RAO (Inde) Présidente

Dr. Ganesh N. DEVY (Inde) Administrateur

M. L. MEHTA (Inde) Administrateur

Dr. Kedar B. MATHEMA (Népal) Administrateur

Dr. Rajiva WIJESINHA (Sri Lanka) Administrateur

GOUVERNANCE RÉGIONALE D’AIDE ET ACTION INTERNATIONAL AMÉRIQUE LATINE - CARAÏBES

M. Radhamés MEJIA (République dominicaine) Président

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Mme Léa CRUZ (Honduras) Secrétaire

Mme Carmelle JEANMARIE (Haïti) Trésorière

Mme Mercedes CAPELLAN DE LAMA (République dominicaine) Administratrice

M. Jacky LUMARQUE (Haïti) Administrateur


GOUVERNANCE RÉGIONALE D’AIDE ET ACTION INTERNATIONAL ASIE DU SUD-EST ET CHINE

Mme Yasmin ABDEEN (Singapour) Présidente

M. Seng HONG (Cambodge) Secrétaire

M. Narongsak BOONYAMALIK (Thaïlande) Trésorier

M. Tchen CHI-YANG (France) Administrateur

M. Huang YUNONG (Chine) Administrateur © AEAI


CONSEIL D’ADMINISTRATION D’AIDE ET ACTION FRANCE

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M. François COLAS Président jusqu’au 23 juin 2013

M. Daniel DESPRES Président, élu le 2 juillet 2013

M. Gérard NEVEU Trésorier jusqu’au 23 juin 2013

M. Régis de la SERRE Trésorier, élu le 2 juillet 2013

M. Jean-Michel PIERRE Secrétaire, jusqu’au 19 décembre 2013

Mme Dominique SAINTIER Secrétaire, élue le 19 décembre 2013

Mme Véronique BAILLET Administratrice

M. Alain COUGARD Administrateur

M. Olivier ESTOUR Administrateur

Mme Wafa SKALLI Administratrice

Mme Brigitte VERPEAUX Administratrice


COMITÉ D’AIDE ET ACTION SUISSE

M. Yves TAPIERO Président

M. Abdeljalil AKKARI Secrétaire

M. Norbert VU Trésorier

M. Jürg WOLFENSBERGER Administrateur

Mme Monique BREMOND Administratrice jusqu’en mai 2013

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COMITÉ DE DIRECTION INTERNATIONAL D’AIDE ET ACTION INTERNATIONAL

Claire CALOSCI Directrice Générale Internationale

Koffi ADJIMON Directeur de la Coordination Afrique

Charles-Emmanuel BALLANGER Directeur France/ Europe depuis septembre 2013

Sabine BOYE-GONCALVES Secrétaire Générale International

Xavier DU CREST

Véronique FAVREAU Directrice Suisse

Nesmy MANIGAT Directeur régional Amérique latine et Caraïbes

Hélène NIEUL Responsable de la conduite du changement depuis décembre 2013

Directeur international de la communication et de l’influence

Prasert TEPANART Directeur régional Asie du Sud-Est et Chine

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Ravi Pratap Singh Directeur régional Asie du Sud


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PERSPECTIVES 2014

L’

année 2013 a été pour Aide et Action International une année de réflexion sur les fondamentaux de son approche de terrain, de ses projets ainsi que des changements à apporter pour garantir l’impact et la pertinence de sa mission, et répondre aux grands enjeux d’un monde en transformation. Une démarche de constante recherche de « valeur ajoutée » qui a conduit l’association à définir trois orientations majeures pour son prochain triennal : déployer des concepts clés internationaux porteurs de changement, expérimenter des projets novateurs, valoriser son action et son savoir-faire pour les proposer à d’autres acteurs et en retirer de nouvelles sources de financement. Neuf concepts clés ont été retenus pour leur pertinence et leur capacité à être développés dans le monde, afin d’apporter une véritable transformation de la société par l’éducation :

5 concepts clés prioritaires pour un déploiement international : - Apprentissage tout au long de la vie - Gouvernance locale participative et projets d’école - Développement de l’Etat civil de l’enfant par les NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) - Développement intégré de la petite enfance - Accompagnement des migrations subies 4 concepts clés transversaux - Autonomie et leadership des femmes - Résilience aux changements - La solidarité internationale au service du renforcement de la société civile, en tant qu’acteur du changement - Le « triangle d’or »: un partenariat Etat, Université, Aide et Action International, pour travailler à un développement pertinent et pérenne. En 2014, cette évolution, destinée à donner plus d’impact à nos actions et à accroître notre expertise, en développant nos échanges d’expériences internationales, va marquer notre mission en profondeur. Elle touchera l’ensemble de nos métiers, qui devront s’adapter à cette évolution. Des chantiers ont donc été définis pour assurer la cohésion de toute l’organisation autour de sa mission :

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- le déploiement des concepts clés internationaux, trame de notre mission ; - le lancement d’une démarche de knowledge management internationale ; - la définition commune de l’ensemble des coûts des projets ; - la cohésion de notre communication internationale ; - l’élaboration de notre discours commun ; - l’évolution du parrainage en cohérence avec l’évolution de notre mission ; - la définition d’une stratégie internationale de collecte adaptée ; - le développement de nos ressources humaines en adéquation avec notre évolution ; - la structuration de notre réseau international. Ces évolutions seront déployées à travers une démarche de conduite du changement cherchant à mettre en cohérence les démarches internationales, régionales et locales mais autorisant chacun à penser sa propre implication et les moyens de les adapter à son secteur d’activité et à ses évolutions. Ainsi, en 2014, l’organisation va, appuyée sur son nouvel engagement triennal, mettre en œuvre la feuille de route de cette grande transformation qui va donc accompagner et impacter chacun de ses métiers au service de sa mission éducative au niveau international. Ce nouvel élan permettra à Aide et Action International de poursuivre et renforcer son action auprès des populations les plus exposées et les plus démunies, afin qu’elles puissent anticiper et conduire leurs projets, grâce à leur accès à une éducation de qualité, fondement du développement humain.

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Aide et Action International dans le monde Aide et Action International Afrique

Aide et Action Hong Kong

Direction de la Coordination Régionale Afrique Villa Lot n° 45 Mermoz Pyrotechnique B.P. 45-390 Dakar - Fann - SENEGAL Tél: + 221 33 869 19 69 www.aide-et-action.org

Unit D, 1/F, Yue Xiu Industrial Building, 87 Hung To Road, Kwun Tong, Kowloon - HONG KONG Tél: + 852 2815-3834 www.aide-et-action.org.hk

Aide et Action International Asie du Sud

Aide et Action France

16/20, Gilchrist Avenue, Harrington Road, Chetpet, Chennai 600 031- Tamil Nadu - INDE Tél: + 91 44 2836 5516/17/19/20 www.aea-southasia.org

53 boulevard de Charonne 75011 Paris - FRANCE Tél: + 33 1 55 25 70 00 www.france.aide-et-action.org Aide et Action Suisse

29, rue 294 - BP 1370, Sangkat - Tonle Bassac - Khan Chamcarmon, Phnom Penh – CAMBODGE Tél: + 00 855 23 221 940 www.aeai-sea.org Aide et Action International Amérique Latine-Caraïbes José Desiderio Valverde #55, esquina Santiago Zona Universitaria – Saint-Domingue – REPUBLIQUE DOMINICAINE Tél: + 1 809 689 5160/6170/5143 www.aea-alc.org

Rue des Pâquis 11 1201 Genève - SUISSE Tél: + 41 22 716 52 10 www.suisse.aide-et-action.org Aide et Action Canada 1010, rue Sherbrooke Ouest - Bureau 1800 Montreal QC H3A 2R7 CANADA Aid Education Action USA 795 Folsom Street (1st floor) San Francisco, CA 94 107 - USA Tél: +1 415 848 30 44

Organisation Aide et Action International Route des Morillons 15 1218 Le Grand Saconnex, Genève - SUISSE Tél: + 41 22 544 29 80 www.aide-et-action.org

Design graphique : www.nicolaspruvost.fr

Aide et Action International Asie du Sud-Est et Chine

Aide et action - Rapport annuel 2013