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CONFERENCES Aux sources de la violence. De l’enfance à l’adolescence, 8, 9 & 10 Octobre 2009, Paris. FFPP

LE PASSAGE A L’ACTE VIOLENT A L’ADOLESCENCE : NARCISSISME, SUBLIMATION ET PREUVE DE REALITE Marcia Matos do Amparo Deise [deise@ucb.br] Psychologue clinicienne, Centre régional de psychologie de Barretos, Brésil Professeur de psychologie, Institut supérieur d’éducation de Barretos, Centre universitaire de Rio Préto, Brésil Le propos de ce travail est de discuter certains aspects du fonctionnement psychique (via des entretiens cliniques et le Rorschach), ainsi que la dimension de violence et du traumatisme chez des adolescents qui passent à l’acte de façon violente et qui se retrouvent sous contrôle judiciaire, en traitement socio-éducatif au sein d’institutions au Brésil. Tout d’abord, il faut discuter le sens du passage à l’acte dans la dynamique psychique de ces adolescents. Qu’est-ce qui peut nous montrer l’action violente ? Dans le cadre de l’adolescence, de quelle violence s’agit-il, étant donné que la violence est surtout une donnée pubertaire (Gutton, 1991) ? Ensuite, un deuxième aspect concerne le travail psychique que ces adolescents ne supportent pas ou qu’ils n’arrivent pas à réaliser et qui rend impossible toute transformation libidinale. Si d’un côté, nous pouvons travailler sur l’hypothèse qu’il existe une fragilité narcissique chez l’adolescent qui passe à l’acte violemment, d’un autre côté, nous pouvons aussi nous questionner sur la capacité du registre sublimatoire de ces adolescents. Marty (2000) souligne l’interaction qui existe entre la violence pubertaire et le registre sublimatoire qui permettrait de renoncer à une satisfaction pulsionnelle immédiate. Si nous considérons que l’action violente n’indique pas seulement une faille du recours sublimatoire, mais qu’elle a aussi un effet traumatique, nous pouvons affirmer qu’il s’agit d’une rencontre malheureuse au sein de laquelle l’espace psychique et l’espace externe communiquent de telle manière que l’appareil psychique ne peut pas jouer son rôle de contenant du monde interne et produit un « collapse topique interne ». Le sujet ne sait plus si la source de son excitation est interne ou externe et perd temporairement la capacité de constituer quelque chose d’extrêmement important sur le plan psychique : « la preuve de la réalité » (Janin, 2005). Pour reprendre la proposition de Gutton (2000), l’objet traumatique est toujours une coïncidence entre deux histoires, l’une externe et l’autre interne. Ce qui compte le plus dans l’expérience traumatique vient du manque de régulation entre l’intérieur et l’extérieur (Amparo & Brasil, 1998). A partir de ces considérations, nous discuterons trois aspects du fonctionnement psychique de ces adolescents : la nature du fonctionnement narcissique, les recours sublimatoires et la capacité à établir la preuve de la réalité. Il s’agit d’analyser la dimension du traumatisme et de la violence à partir d’une hypothèse métapsychologique, en considérant que l’appareil psychique est en même temps pulsionnel et effet de la culture. • • • • •

Amparo, D.M. & Brasil, K.T.R. (1998). Dimensões Psiquicas e sociais da criança em situação de rua. Psicologia, Reflexão e Crítica, 11, n°2, 327-344. Gutton, P. (2000). Le traumatisme à l´adolescence : son expérience, sa source, la vulnérabilité. In : Marty, F. L´illégitime violence : la violence et son dépassement à l´adolescence. Ramonville Saint-Agne : Erès. Gutton, P. (1991). Le pubertaire. Paris : PUF. Janin, C. (2005). Au cœur de la théorie psychique : le traumatisme. In : Brett, F., Emmanuelli, M. & Plagier, G. Le Traumatisme psychique. Organisation et désorganisations. Paris : PUF. Marty, F. (2000). L´illégitime violence : la violence et son dépassement à l´adolescence. Ramonville Saint-Agne : Erès.


LE PASSAGE A L’ACTE VIOLENT A L’ADOLESCENCE - NARCISSISME, SUBLIMATION ET PREUVE DE REALITE