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CONFERENCES Aux sources de la violence. De l’enfance à l’adolescence, 8, 9 & 10 Octobre 2009, Paris. FFPP

LE BULLYING OU INTIMIDATION SCOLAIRE : PREVALENCE, CONSEQUENCES PSYCHOLOGIQUES ET SCOLAIRES, PREVENTION Roger Fontaine [rfontaine@univ-tours.fr] Professeur de psychologie du développement, Directeur de l'EA 2114, Psychologie des Ages de la Vie Département de psychologie, Université François Rabelais, Tour Le bullying est une forme de violence insidieuse dont les conséquences psychologiques constituent, selon l'OMS, un véritable problème de santé publique. Il s’agit d’une relation sociale stable dans laquelle l'agresseur témoigne d'une intention de nuire à sa victime de manière répétitive, avec cristallisation des rôles. Ses manifestions sont très variées, de la simple moquerie à la maltraitance physique avec, depuis quelques années, l’apparition et le développement du cyberbullying. Les études pionnières scandinaves ont imposé une approche épidémiologique du phénomène. Un établissement scolaire est considéré comme un lieu à risque où les élèves tissent des réseaux relationnels stables faits d’amitié, d’inimitié et parfois de haine. Chacun possède un statut social déterminant sa position dans les réseaux, ce qui est propice à la « victimisation » car certains jeunes peuvent être piégés dans des relations de domination sans pouvoir s’en extraire. Des enquêtes à grande échelle ont recherché la prévalence des agresseurs et des victimes ainsi que leurs caractéristiques psychologiques. Quatre invariants se dégagent : 1. Entre 15% et 30% des élèves sont impliqués dans des relations de bullying. 2. La majorité sont des victimes (en général plus de 10%). 3. Les garçons sont plus impliqués que les filles. 4. la prévalence est très variable selon les établissements. Les victimes présentent des niveaux très significativement élevés de désintégration sociale, de mauvaise estime de soi, de tendances dépressives et d'anxiété, avec des phobies scolaires souvent associées, des troubles cognitifs et du sommeil. Les mêmes symptômes sont observés chez les filles et les garçons. Ce syndrome de victimisation peut conduire à des tendances suicidaires. La majorité des spécialistes soutiennent que les programmes « anti-bullying » doivent s’inscrire dans un dispositif global et durable, visant à promouvoir la prosocialité comme norme relationnelle. Des actions ponctuelles dans le temps ne donnent pas de résultats efficaces. Dans certains pays, en particulier scandinaves, des programmes à caractère systémique ont été mis en place avec succès ; ces réussites n'ont pas été systématiquement observées dans les pays non scandinaves, ce qui pose la question d'un facteur culturel. • • •

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Fontaine, R. (2003). Psychologie de l’agression. Paris : Dunod. Fontaine, R. & Réveillère, C. (2004). Le bullying (ou victimisation) en milieu scolaire : description, retentissements vulnérabilisants et psychopathologiques. Annales Médico Psychologiques, 162, 588-594. Fontaine, R. (2008). Violence et intimidation : le bullying. In Conduites agressives chez l'enfant : perspectives développementales et psychosociales. Scheider, B.H., Normand, S., Allès-Jardel, M. & Tarabulsy, G.M. Montréal : Presses Universitaires du Québec. Smith, J.D., Schneider, B.H., Smith, P.K. & Anadiadou, K. (2004). The effectiveness of whole-school antibullying programs: a synthesis of evaluation research. School Psychology Review, 33, 4, 547-560. Solberg, M.E., Olweus, D. & Endresen, I. (2007). Bullies and victims at school: Are they the same pupils? British Journal of Educational Psychology, 77, 2, 441-464.

LE BULLYING OU INTIMIDATION SCOLAIRE - PREVALENCE, CONSEQUENCES PSYCHOLOGIQUES ET SCOLAIRES, PREVENT  

Roger Fontaine • Solberg, M.E., Olweus, D. & Endresen, I. (2007). Bullies and victims at school: Are they the same pupils? British Journ...

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