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sciences et techniques de l'information

Titre 1 - Promotion 2008-2009

Analyse économique d'un secteur industriel

Fabrication de produits azotés et d'engrais Du cours du gaz aux cours des céréales : un secteur sous tension

Janvier 2009

BLANC Mikaël GUEGAN Mathilde JAMAIN Yannick Groupe 2

A l’attention de

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Jean-Marc CHOLET Brigitte GUYOT


SOMMAIRE Points essentiels du secteur des produits azotés et engrais ................................................. 3 Avant-propos : définition du secteur selon la nomenclature française............................... 3 1. Les chiffres clés pour l'exercice 2007 ................................................................................. 4 2. Les principaux acteurs de la profession et leurs principales productions .................... 5 2.1 Les dix premières entreprises .............................................................................................. 5 2.3 Localisation des entreprises ................................................................................................ 7 2.3 Environnement professionnel .............................................................................................. 9 3. Production et marchés ...................................................................................................... 10 3.1 La production .................................................................................................................. 10 3.2 Le marché ......................................................................................................................... 11 4. Actualité économique, sociale et juridique de la profession .......................................... 11 4.1 La production ............................................................................................................... 11 4.2 Réglementation ............................................................................................................. 12 5. Procédés technologiques et innovations ........................................................................ 13 6. Conjoncture ...................................................................................................................... 16 7. La situation concurrentielle ............................................................................................. 16 8. Place du secteur dans l’industrie .................................................................................... 18 9. Etudes des ratios ................................................................................................................ 19 10. PMI et grandes entreprises ............................................................................................. 19 11 Commerce extérieur – Investissements Directs Etrangers ........................................... 23 12 Problématiques et conclusion .......................................................................................... 24 Annexe 1 : Environnement professionnel détaillé .................................................................. 25 Annexe 2 : Synthèse de presse de l’actualité du secteur ........................................................ 27 Annexe 3 : Principales sources d’information ........................................................................ 27 2


Points essentiels du secteur des produits azotés et engrais •

Secteur concentré (trois groupes dominants).

Le marché n°1 : fertilisation agricole (80%).

Le marché n°2 : l’industrie (20%).

Marché concentré dans le temps (pic de janvier à mars) et dans l’espace (France et voisinage). Marché mature.

Les produits phares sont les engrais azotés simples ou complexes.

Technologie complexe, secteur capitalistique.

Année 2007 : pas représentative de la tendance de fond qui est à la baisse.

Des importations de produits à bas prix pénalisent le secteur.

Avant-propos : Définition du secteur selon la nomenclature française (Source Insee) : Dans cette étude, nous nous référons au code NAF rév. 1, 2003. •

NAF 700 : 24.1J Fabrication de produits azotés et d'engrais

NES 114 : F41 Industrie chimique minérale

NES 16 : EF Industries des biens intermédiaires

Correspondance de cette activité dans la NAF 2008 : C (Industrie manufacturière) 20.15 Z.

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Cette classe comprend : •

Cette classe ne comprend pas :

La fabrication de produits azotés tels que l’ammoniac et sels d'ammonium, acide nitrique, nitrites et nitrates, urée et cyanamide calcique La fabrication d'engrais azotés, phosphatés ou potassiques, simples, composés ou complexes, pour usages agricoles ou domestiques La production et la collecte d'engrais d'origine animale (guano, bouses, crottin)

L'extraction d'engrais naturels 14.3Z)

La fabrication de agrochimiques (cf. 24.2Z)

Le compostage d'ordures ménagères (cf. 90.0B)

(cf.

produits

1. Les chiffres clés pour l'exercice 2007 (Entreprises de 20 personnes ou plus) Nombre d'entreprises (1) Effectifs (1) Chiffre d'affaires HT en millions d'Euros (1) Taux d'exportation Taux de couverture (2)

34 4 102 3 127 32% 37%

Sources: (1) SESSI - EAE 2007 - (2) Insee Alisse

Le secteur des fabricants d’engrais est extrêmement concentré : seules 34 entreprises enregistrent une activité significative. Cette caractéristique est typique des industries lourdes qui doivent faire des investissements importants dans leurs outils de production. Le chiffre d’affaires de l’année 2007 est assez élevé pour le secteur mais n’est pas représentatif de la tendance de fond, à la baisse. Cette tendance négative s’explique par les coûts élevés de production (matières premières, usines et main d’œuvre) ainsi qu’une amplitude de la demande locale qui ne peut pas croître énormément (marché mature et contraintes réglementaires dans l’utilisation du produit phare i.e. les engrais). Le taux d’exportation est faible car les engrais fabriqués en France conviennent essentiellement à une demande locale. Les mêmes engrais ne conviendraient pas à une utilisation agricole sur des terres lointaines. Le taux de couverture est largement déséquilibré. La France importe beaucoup plus qu'elle n'exporte de produits azotés et d'engrais. Ceci est dû aux importations d'engrais à bas prix en provenance d'Europe de l'Est, d’Asie et du Maghreb.

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2. Les principaux acteurs de la profession et leur principales productions 2.1 Les dix premières entreprises

Au sein des dix principales entreprises, on distingue nettement deux sociétés tant au niveau du chiffre d’affaires que des effectifs. En effet, Yara France et GPN représentent à elles seules 55 % des effectifs totaux et 70 % du chiffre d’affaires. Yara France représente quant à elle 51% du CA. Cette situation de quasi-oligopole existe depuis longtemps et tend à se renforcer.

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AGRIVA (anciennement INTERFERTIL suite à la réorganisation du pôle agrofourniture du groupe Roullier en Juillet 2008) FERTINAGRO

GPN

PRODUITS ET ENGRAIS CHIMIQUES DU RHIN (PEC RHIN) SECO FERTILISANTS

SICAM SICA S.A. SOCIETE CHIMIQUE D’OISSEL SUD-FERTILISANTS TIMAC YARA FRANCE

Principales productions Amendements basiques, liquides et minéraux. Possède des centres de R&D en Bretagne.

Engrais liquides, hydrosolubles et granulés, engrais organo-minéraux. Egalement toute une gamme d’amendements et de stimulateurs de croissance. 80% fertilisation (engrais agricoles et services), 10 % nitrates d’ammonium industriels, 8% engineering (conseil en process de fabrication à l’international). En développement : produits et services pour la réduction des gaz à effets de serre. Produits à partir d’ammoniac fourni par GPN. Des engrais agricoles et des produits chimiques intermédiaires. Engrais minéraux solides: • une gamme de NPK • une gamme d’azotés soufrés • une gamme de superpotassiques et superphosphopotassiques, enrichis ou non en magnésium, soufre et chaux. • Engrais complexes granulés et engrais de précision (haute qualité) Engrais minéraux liquides : Polyphosphate Engrais divers. Engrais de base, colorants et pigments. Fertilisants divers. Fertilisants minéraux, organiques, calcaires et magnésiens. Engrais minéraux solides: • une gamme de NPK • une gamme d’azotés soufrés • une gamme de superpotassiques et superphosphopotassiques, enrichis ou non en magnésium, soufre et chaux. • Engrais simples, complexes, de spécialité et autres (sulfomagnésiens). Engrais minéraux liquides : Polyphosphate

Liste des principales entreprises de la branche, source SESSI – EAE 2007

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2.2 Localisation des entreprises Principales régions (*) du secteur d'établissements en 2007 Établissements de toute taille appartenant à une entreprise de 20 salariés ou plus

Régions

Nombre d'établissements

Effectif salarié

Aquitaine Bretagne Île-de-France Haute-Normandie Pays de la Loire France métropolitaine

4 9 6 4 6 75

279 688 427 393 358 3 075

Source : SESSI - EAE 2007

Les principaux bassins d'emplois se situent sur les côtes, notamment dans le Nord et l’Ouest de la France. On peut citer en plus de ces cinq régions, le Nord-Pas-de-Calais. Plusieurs facteurs expliquent ces implantations : Facteur n°1 : l’existant et les stratégies de restructuration Les usines représentant des investissements lourds, les entreprises partent de l’existant et opèrent des choix stratégiques : soit elles font évoluer leurs sites historiques de productions, soit elles rationalisent la production sur leurs différents sites (avec souvent la fermeture de certains sites). La rationalisation implique souvent la production d’ammoniac et d’acide nitrique sur un seul site et son transport vers d’autres. Facteur n°2 : la proximité des clients agricoles C’était hier et encore aujourd’hui le critère principal. Les lieux de production correspondent aux régions agricoles françaises. Cela réduit les coûts de livraison qui sont assez élevés à cause des obligations liées aux normes de transport et de stockage. Les fabricants situés en Bretagne et en Normandie peuvent aussi desservir le marché du Sud de l’Angleterre. Il reste quelques exceptions comme l’usine de PEC Rhin située en Alsace et qui fournit principalement des clients industriels locaux. Facteur n°3 : l’accès aux trafics portuaires ou fluviaux L’accès à tous les types de trafic se révèle toujours stratégique pour une industrie. La proximité de la mer ou d’un fleuve permet d’acheminer les matières premières suivantes : potasse et phosphate ainsi que les produits chimiques de base (ammoniac et acide nitrique).

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Facteur n°4 : Accès au gaz et à l’électricité Actuellement, l’alimentation en gaz et en électricité des usines est assurée par pipelines et canalisations. Quelque soit l’origine du gaz (Russie, Egypte, Qatar), il est acheminé par GDFSuez. Ce n’est donc pas un facteur déterminant pour la localisation en France. Facteur n°5 : proximité des matières premières Ce facteur n’est plus d’actualité mais explique l’origine de certaines implantations. En effet, la France exploitait des mines de potasse et de phosphate et les fabricants d’engrais se situaient à proximité de ces matières premières. Mais aujourd’hui il n’y a plus d’activité minière. Les implantations les plus significatives sont celles des 3 grands groupes du secteur YARA International : ses usines sont implantées dans les différentes zones stratégiques décrites couvrant le Nord et le Nord Ouest : Nord-Pas-de Calais, Haute Normandie, Pays de la Loire et Aquitaine. Un cinquième site dessert la région Centre. Yara a investi 3 millions d’Euros en 2008 sur le site du Havre et a annoncé 4 millions supplémentaires pour 2009. TOTAL : les deux sites principaux de GPN se trouvent en Normandie et en Ile-de-France. Ils ont reçu d’importants investissements en 2008. Leur marché principal est local (avec le Sud de l’Angleterre). GPN possédait l’usine AZF près de Toulouse. Depuis son explosion en 2001, GPN a été contraint de réaliser d’importants travaux de normalisation de son parc de production. Sa filiale PEC Rhin se situe en zone limitrophe allemande et dessert le marché de l’Ouest (en particulier Rhodia et Butachimie). Ce site est manifestement moins soutenu. ROULLIER : les trois filiales qui composent le groupe sont situées à St-Malo. Elles représentent 25% des effectifs du secteur.

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2.3 Environnement professionnel L'environnement professionnel du secteur des engrais se concentre autour de trois principaux organismes professionnels qui sont l'UNIFA (Union des Industries de la Fertilisation), l'EFMA (European Fertilizer Manufacturers Association) et l'IFA (International Fertilizer Industry Association). Avec une connexion un peu plus éloignée, le CEFIC (Conseil Européen des industries chimiques) et l'UIC (Union des Industries Chimiques) possèdent une place dans le contexte professionnel des fertilisants. Les coopératives agricoles sont également des acteurs importants car elles assurent la distribution des engrais auprès des agriculteurs. A côté de ces organismes privés, le Ministère de l'Agriculture et de la Pêche, avec l'AGRESTE, couvre le secteur économique et statistique, relayés au niveau local par les chambres d'agriculture, alors que l'INRA et le CEMAGREF sont actifs dans le domaine de la recherche et de l'innovation. Également, des pôles de compétitivité et des instituts techniques agricoles peuvent intéresser le secteur. En ce qui concerne les pôles, aucun ne travaille directement sur les fertilisants. La presse est relativement fournie avec des publications papier ou numériques1.

UNIFA

EFMA

Organismes professionnels

Ministère de l’agriculture et de la pêche

Agreste

IFA

CEFIC

Organismes publics

Fabricants de produits azotés et engrais

Chambres d’agriculture

UIC

La presse spécialisée Le marché

Agro distribution

Organismes de recherche Coopérative s agricoles

INRA CEMAGREF

Campagne et environnement

Négociants Fournisseur s

Instituts techniques agricoles

Circuit culture La France agricole

Concurrents Réussir grande culture

Aravalis Pôles de compétitivité Pôle Mer

1

Pour plus de détails concernant l’environnement professionnel voir Annexe 1.

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3. Production et marchés 3.1 La production La liste de la production industrielle de ce secteur est très détaillée. Certaines données ne sont pas renseignée ou gardées secrètes. En regroupant les montants des facturations par classe de produits, on obtient le graphique suivant:

Sur 9 classes, 5 ont des facturations positives. Les produits phares sont les engrais simples à base d'azote et les engrais composés et complexes (qui contiennent principalement de l'azote et du potassium). La diversité des formules de composition et de présentation des engrais est caractéristique de ce secteur. Ce très large éventail répond à des besoins en agriculture très précis calculés en fonction du type de culture, de la localisation du terrain, des conditions climatiques etc. Les trois grandes entreprises proposent toutes des services de conseil afin orienter les consommateurs dans leurs achats. Les engrais à base d'azote sont les plus demandés (61% des livraisons) car ils agissent directement sur le rendement de la production (en stimulant la photosynthèse). Nous pouvons voir sur le schéma ci-dessous que si la demande en engrais azotés est stable (voir en augmentation depuis 25 ans) la demande sur les autres engrais, en particulier les engrais simples phosphatés et les engrais composés en phosphate et en potassium, recule. Source : BimagriHS, n°21, janvier 2008 d'après des données UNIFA

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3.2 Le marché Le débouché n° 1 du secteur est l’agriculture (80% du marché). Le débouché n° 2 est l'industrie (applications dans un grand nombre de secteurs d'activité comme la métallurgie, l’électronique, les explosifs, les matières plastiques etc.). L'acide nitrique en particulier est utilisé dans la métallurgie et l'électronique. Un nouveau marché industriel est peut-être en train de s’ouvrir : l’utilisation d’urée dans la réduction des émissions d’oxydes d’azote (les NOx, impliqués dans le réchauffement climatique). Le marché des produits de jardinage pour le grand public est relativement restreint et assez cloisonné en comparaison de celui de l'agriculture. La production et le marché évoluent dans une logique contradictoire. La production s’étale sur 12 mois afin de rentabiliser les investissements lourds et l’embauche d’une main d’œuvre qualifiée. Le marché, quant à lui, est concentré sur 6 mois (de janvier à juin) avec un pic de janvier à mars. Ceci correspond à la période légale d’épandage (dès le 15 janvier jusqu’à juin/août). Les agriculteurs attendant le dernier moment pour acheter leurs engrais, la demande connaissant un pic en janvier. Le marché est également réduit dans l’espace à cause de la spécificité des produits limitée à un usage agricole local. Globalement, l’Europe représente 10% du marché mondial d’engrais et la France et 25% du marché européen. Le marché français est un marché assez stable car les agriculteurs ne connaissent pas de variations climatiques extrêmes (contrairement aux zones agricoles australienne et argentine). La dernière caractéristique du marché est donc qu’il est mature. La consommation d’engrais est réglementée, les surfaces agricoles sont connues et ne vont pas, sauf exception conjoncturelle, se développer.

4. Actualité économique, sociale et juridique de la profession 4.1 Point d’actualité économique et sociale1 Ces derniers mois, le secteur a été fortement marqué par le ralentissement ou l’arrêt de certains sites de production de Yara France, GPN et Timac. François Servantie, le président de Yara France a indiqué que ces arrêts étaient « liés aux conditions du marché. Par manque d’absorption des productions, les cours ont atteint des niveaux trop bas »2. Sur le plan international, Yara envisage de réduire ses capacités de production et de fermer temporairement certains de ses sites. Dans l’ensemble, la crise du gaz n’a pas affecté les entreprises du secteur. Si le cours a augmenté, le gaz a continué d’être distribué grâce aux stocks existants. On peut noter que le site du Havre de Yara n’est plus depuis un an en contrat avec Gaz de France mais Gazprom. Ce dernier livre directement certains industriels de la chimie, ce qui leur permet de ne pas subir la fermeture des vannes du gazoduc ukrainien alimentant l'Europe en méthane.

1 2

Pour plus de détails concernant l’actualité voir Annexe 2. Le 14/11/2008, usinenouvelle.fr

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4.2 Réglementation Sécurité : par nature, les engrais ne sont ni explosifs ni inflammables mais certaines conditions peuvent entraîner la décomposition des composants et favoriser les émissions de fumées et de gaz toxiques. La règlementation applicable est la Directive SEVESO II. Commerce : Différentes règlementations européennes visent à empêcher un dumping (i.e. vente à perte). La mise sur le marché, l’importation et l’exportation des engrais nécessitent des homologations et/ou des autorisations préalables délivrées par le Ministère de l'Agriculture. On peut obtenir des dispenses si l'on respecte certains critères : norme rendue obligatoire, Directive Communautaire, plans d'épandange par arrêté préfectoral, produits organiques bruts et naturels. Directive Nitrates : Cette Directive Européenne du 12 décembre 1991 impose la lutte contre la pollution des eaux par les nitrates d’origine agricole. Un décret de 1993, relatif à la protection des eaux contre la pollution par les nitrates d’origine agricole, demande également la délimitation des zones vulnérables. Loi sur l’Eau : La 4ème Loi sur l’Eau, mise en application fin 2005, comprenait dans son avant-projet un chapitre concernant une redevance sur les engrais et pouvant touchée indirectement les producteurs. Soit une redevance acquittée par l’exploitant lui-même sur les quantités d’azote acquises et utilisées l’année N-1, soit un taux unique fixé au plan national. Cependant, le gouvernement a préféré l’abandonner justifiant son choix par le fait que son efficacité demeurait imprécise et préférant s’appuyer sur les conditionnalités des aides PAC. PAC (Politique Agricole Commune) : la réforme de la PAC en 2003 a entraîné la baisse des superficies agricoles céréalières (d'où ouverture des terrains en jachère) mais les surfaces consacrées aux plantes énergétiques a augmenté. Dans le domaine des engrais, les exploitants doivent respecter de critères environnementaux dont le plus important est la quantité maximale utilisée par hectare et par an soit 170 kg. REACH (enRegistrement, Evaluation et Autorisation des substances Chimiques) : il s’agit d’une Directive Européenne entrée en vigueur le 1er juin 2007, et dont la première étape d’enregistrement de la toxicité de 30 000 substances chimiques utilisées dans l'Union s’est terminée le 30 Novembre. Cette réglementation touche le secteur étudié, engrais et produits azotés étant la résultante de la combinaison de plusieurs substances chimiques. Seuls les producteurs/fabricants qui distribuent ces biens, à hauteur de plus d’une tonne par an y sont soumis.

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5. Procédés technologiques et innovations Les procédés techniques de fabrication des engrais sont différents selon la matière première d'origine (organique, minérale et organo-minérale) et selon leur forme finale (solide, liquide ou gazeuse). Les engrais d’origine organique sont produits à partir de déchets industriels (par exemple d'abattoirs comme le sang desséché, la corne torréfiée, les déchets de poissons, les boues d'épuration des eaux). Ils peuvent également être collectés à partir de ressources naturelles (guano, fientes d'oiseaux, bouses, crottin, algues). La production et la collecte de ce type d’engrais fait partie du secteur (cf. avant propos). Cette activité est délaissée par les deux premiers acteurs. Le groupe Roullier s’est spécialisé dans le traitement des algues. Les engrais d'origine minérale sont de trois sortes : azotés, phosphatés ou potassiques. Trois schémas présentent les différents traitements et les noms des différentes solutions.

Source: UNIFA, Ferti-pratiques - engrais minéraux. Origines et productions, fiche n°11, 2008, [2 pages]

Les engrais azotés sont constitués d'azote présent dans l’air (78% de notre atmosphère) et de gaz naturel qui fournit à la fois l’hydrogène et l’énergie nécessaire pour réaliser la synthèse de l’ammoniac. Le gaz naturel représente de 55% à 80% des coûts de production des engrais azotés.

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Source: UNIFA, Ferti-pratiques: engrais minéraux. Origines et productions, fiche n°11, 2008, [2 pages]

Le phosphate naturel a été le premier engrais chimique. Il est extrait le plus souvent dans des mines à ciel ouvert. La France possède des réserves qui ne sont plus exploitées.

Source: UNIFA, Ferti-pratiques: engrais minéraux. Origines et productions, fiche n°11, 2008, [2 pages]

Les mines de sels de potasse viennent de l’évaporation de la mer dans les lagunes. La France possédait un gisement de potasse en Alsace. Les engrais solides représentent la majeure partie des ventes car ils sont plus faciles à manipuler. Les solutions liquides et gazeuses demandent plus de précaution dans les conditions d'utilisation. Elles sont potentiellement plus polluantes. Les perspectives d’ouverture du marché sont réduites car aucune technique ou produit novateurs ne sont annoncés. Les fabricants développent en outre des stratégies diverses.

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Algues et boues : le groupe Roullier, implanté en Bretagne, a lancé 2 projets en novembre 2007. 1. Recherche de nouveaux fertilisants azotés présentant une efficience nutritionnelle améliorée et respectueuse de l’environnement (avec le pôle de compétitivité « Pôle Mer Bretagne ») et l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique). 2. De plus petites structures effectuent des recherches pour améliorer les qualités des boues (ex: Granuval, société Degrémont). Les émissions de gaz à effet de serre : produites par les poids lourds, les émissions de NOx doivent être fortement réduites à l’avenir (réglementations européennes). Les fabricants du secteur proposent des solutions à base d’urée pour traiter ces fumées. La technique est connue depuis longtemps mais le marché est potentiellement nouveau. L’engineering : Les grands groupes souhaitent capitaliser leur expérience en matière de fabrication en fournissant du conseil en engineering pour la fabrication, le transport et le stockage d’engrais à l’international. La fertilisation raisonnée : A l'ordre du jour dans plusieurs textes politiques communautaires, la limitation des nitrates d’ammonium dans les sols est une demande écologique majeure. Les entreprises communiquent sur le thème de la fertilisation raisonnée. Le concept réunit différents objectifs : assurer la poursuite de la commercialisation des engrais en limitant les conséquences environnementales. Dans les faits, nous n'avons pas trouvé d'exemple récent de recherches. L'OCDE a accordé son soutien à une initiative sur ce thème jusqu'en 2003. Les recherches portent en général sur l'élaboration de logiciels capables de mesurer les pertes en ammoniac (par volatilisation ou par lessivage). D'autres logiciels, outils et modules web permettent aux utilisateurs de diagnostiquer leurs besoins en engrais selon les paramètres environnementaux de la surface cultivée (type de culture, sol, climat, proximité d'eau de surface ou de zones de captage).

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6. Conjoncture

Source Sessi – Enquête Mensuelle de branche

La production, depuis août 2008, est marquée par une baisse, moins 19.9 % par rapport à novembre 2007. La demande a fortement diminué au dernier trimestre 2008. Une situation qui fait craindre à l’Unifa des problèmes logistiques au printemps si les livraisons ne repartent pas assez vite en 2009. L’Union des Industries Chimiques (UIC) estime quant à elle que la production chimique française, hors pharmacie, sera en recul de 0,7 % pour l’année 2009 et de 0,8 % l’an prochain. Tous les segments seraient à la peine, à l’exception des engrais et des pesticides, soutenus par les demandes mondiales agricole et alimentaire. La dernière campagne 2007-2008 a été marquée par une augmentation de livraison d'engrais à l'agriculture malgré une conjoncture de forte hausse des prix et la mise en oeuvre de normes environnementales qui contraignent les agriculteurs à raisonner leur utilisation d'engrais. Dans l’industrie, le secteur secondaire, notamment celui des explosifs, gros consommateur d'acide nitrique a été particulièrement porteur.

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Analyse de la conjoncture

(a) Plus 4 %, en raison de la suppression en 2007 de la jachère. Cependant, l'Agreste constate que les livraisons d’engrais vont au-delà de cette remise en culture.

(b) Le cours du gaz naturel a plus que doublé en trois ans. Le prix de la potasse a pratiquement doublé en deux ans, celui du phosphate a été multiplié par cinq en un an. Ces engrais sont essentiellement issus de l’extraction minière, concentrée dans un nombre réduit de pays et leurs prix flambent à partir du début de l’année 2008. (c) Cette limitation de l'offre s'explique par des investissements insuffisants ces 20 dernières années. Donc, les prix se maintiennent au niveau actuel pour poursuivre leurs investissements. (d) Comme les cours des prix agricole sont élevés les agriculteurs peuvent acheter les engrais plus cher.

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7. La situation concurrentielle

8. Place du secteur dans l’industrie Secteur étudié

NES 114

NES 16

Industrie manufacturièr e (hors énergie)

Secteur / IM

Nombre d’entreprises

34

112

2105

18674

0.18 %

Effectifs

4102

24445

329545

2631169

0.15

Chiffre d’affaires (en G d’euros) Exportations (en G euros)

3127

11542

95538

706175

0.44

1000

4637

5599

304053

0.32

113

471

2084

21082

0.54

Investissements corporels (en G euros)

Source SESSI 2007

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Le secteur a réalisé en 2007 un chiffre d’affaires de 3 127 G Euros soit 0.4 % des ventes de l’industrie manufacturière et 3.3 % de celle du secteur des biens intermédiaires, son poids économique n’est donc pas négligeable même si au niveau de l’emploi il reste limité. Employant 4 102 personnes, le secteur des engrais ne représente que 0.15 % de l’emploi manufacturier et seulement 1,2 % des effectifs de l’industrie des biens intermédiaires. Les exportations sont peu importantes, le marché français absorbant la quasi-totalité de la production et les produits ne se prêtant pas à l’export. Les investissements corporels représentent 24% au niveau de la branche. Les plus grosses entreprises investissent de façon importantes dans des sites pour moderniser l'appareil productif, renforcer la sécurité et la qualité environnementale.

9. PMI et grandes entreprises (source EAE) Situation comparée 2007 & 2000 Taille des entreprises (en nombre de salariés) Nombre d'entreprises (1) en valeur en % Effectifs (1) en valeur en % Chiffre d'affaires en millions d'Euros en valeur en % Taux d'exportation (1) en % Taux de couverture (3) en %

20 à 249 (exercice 2007)

249 et + (exercice 2007)

Total (exercice 2007)

20 à 249 (exercice 2000)

249 et (exercice 2000)

Total (exercice 2000)

30 88%

4 12%

34 100%

39 88%

5 12%

44 100%

1 233 30%

2 869 70%

4 102 100%

2 511 42%

3 462 58%

5 973 100%

783 (4) 25%

2 344 (2) 75%

3 127 (1) 100%

N.R. (5)

N.R.

2 477 (1) 100%

N.R.

N.R.

32 %

N.R.

N.R.

N.R.

N.R.

N.R.

37%

N.R.

N.R.

N.R.

Sources: (1) Source SESSI - EAE 2007, (2) Source Diane, (3) Source Insee Alisse, (4) Donnée déduite, (5) N.R.=Non Renseigné

Le secteur des engrais est dominé par les grandes entreprises et 3 groupes en particulier. Les chiffres de l’EAE ne concernent que les entreprises de plus de 20 salariés. Les très petites entreprises jouent un rôle marginal dans ce secteur très capitalistique.

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Seules quatre grandes entreprises réalisent 73 % du CA et regroupent 55 % des effectifs du secteur. Evolution de la situation depuis 2000 Le nombre d'entreprises de plus de 20 salariés a diminué de 23%. La tendance est similaire pour les effectifs (baisse de 31%). Les petites entreprises (- de 250 employés) disparaissent au profit de conglomérats mondiaux. Les fabricants négocient directement leurs propres produits avec les coopératives agricoles qui demeurent cependant majoritaires dans la commercialisation des fertilisants auprès des agriculteurs. En mars 2008, à Parthenay (79), vingt-huit négociants agricoles (GNACA, Groupement du Négoce Agricole Centre Atlantique) sont devenus propriétaires de la S.A. Aubrun-Tartarin (site de production et de stockage). Les clients ont investi pour conserver un outil de production. Cette recapitalisation totale, dans le secteur d'activité est une première en France. Elle est due à une conjoncture qui a été extrêmement défavorable dans la filière dans les années 2005-2006. Huit des dix des principales entreprises de la branche appartiennent à trois Groupes : Yara International, Total et le Groupe Roullier4. YARA INTERNATIONAL actionnaire à: 

100% de YARA France



49% de SECO FERTILISANTS (via Yara Tertre/Belgique) aux côtés de Prayon



50% (Belgique)

C'est le groupe leader sur le marché mondial.

4 Source Diane

20


TOTAL actionnaire à: 

100% de GPN.



49% de SICAM SICA SA



49% de PRODUITS ET ENGRAIS CHIMIQUES DU RHIN (PEC Rhin) aux côtés de BASF (Allemagne) 50%

GROUPE ROULLIER actionnaire à: •

100% d’AGRIVA et d’INTERFERTIL France

99% de SUD FERTILISANTS (via INTERFERTIL France)

99% de TIMAC

10. Etudes des ratios 24.1J

NES 114

NES 16

Industrie manufacturière

CA HT / pers (en k euros)

762

472

290

268

Taux d’exportation

32

40

38

43

VA / pers (en k euros)

86

89

71.5

68

Taux d’intégration

11

18

24

25

Frais de personnel / pers.

51

65

47

45

Taux de marge EBE / VA

33

20

30

27

Résultat net comptable / CA

28

39

29

4

Invest. corporels / pers (en k euros)

28

19

11

8

Taux d’investissement

32

22

15.3

12

Taux d’autofinancement

45.1

137.8

137.1

170

Sous-traitance / Production

2.2

1.4

3.9

12

propre/ CA Publicité

1.3

1

4.8

1

Effectif moyen par entreprise

120

218

156

141

(en k euros)

Source SESSI Enquête Annuelle d’Entreprise - exercice 2007

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La part de la valeur ajoutée dans le chiffre d'affaires est faible, 8 %.

Le résultat net des entreprises, souvent symbole de leur bonne santé financière, est faible mais s’accroît pour se rapprocher de l’équilibre.

La productivité apparente du travail est très élevée : la valeur ajoutée par personne est en effet près du double de celle observée dans l’industrie manufacturière ou dans le secteur des biens intermédiaires.

Ce haut niveau de productivité par tête trouve sa source dans la nature des activités. La chimie de base est un secteur à forte intensité capitalistique, dont les productions exigent des installations coûteuses : le ratio immobilisations/effectifs est ainsi très élevé. Par ailleurs, le secteur connaît souvent des cycles.

Le taux d’investissement l’est également, la fraction de la valeur ajoutée consacrée au maintien et au renouvellement d’un tel stock de capital étant nécessairement importante. Cette intensité capitalistique et sa conséquence fréquente, une demande de travail principalement adressée à des personnels très qualifiés, induisent une forte productivité par employé. Le personnel est dans l’ensemble bien payé avec une rémunération du capital qui représente quatre fois celui de l’industrie manufacturière. C’est un secteur qui fait peu appel à de la main d’œuvre.

Le chiffre d’affaires est trois fois supérieur à celui de l’industrie manufacturière. Les coûts d’approvisionnement élevés (le gaz représente 90% des charges externes) sont compensés par une demande en constante augmentation, l’ouverture des terres en jachère décidée par Bruxelles permettant en outre de faire face à l’envolé du prix des matières premières. De plus, mise à part le gaz, les achats de matières premières sont réduits.

Ce sont les achats des matières premières qui représentent la majeure partie des charges de l'entreprise. Pour compenser, les fabricants augmentent le prix de leurs productions. Le léger repli de 2006 n’a pas suffi à enrayer les marges des producteurs qui souhaitent les conserver.

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11. Commerce extérieur – Investissements Directs Etrangers

Le déficit se creuse fortement avec l’augmentation des importations. Cet écart est pour l’essentiel lié à l’importation de la potasse et du phosphate qui sont des ressources inexistantes en France. Les importations proviennent majoritairement de pays de l’Europe de l’Est et de l’Afrique du Nord. La production d’azote de la France et des pays de l’Union Européenne représente 71 %, aussi est-elle obligée d’en importer. La part de la livraison en provenance de pays tiers à l’Europe (14%) est en augmentation de 1,5 %.

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Il n'a pas été possible de trouver des données concernant l'IDE pour le secteur étudié. Cependant, le tableau ci-dessus permet de voir que l’industrie chimique est bien située pour recueillir des flux d’investissement industriel. En effet, il représente 20% du total, ces investissements étant liés à la hausse des prix des matières premières agricoles.

12. Problématiques et conclusions En France, le secteur est soutenu par la croissance de la demande agricole mondiale. Ce secteur ne souffre pas de concurrence directe car les produits azotés et engrais de haute qualité sont difficilement substituables. Cependant, grosses consommatrices de matières premières, les entreprises sont tributaires des fluctuations des cours. Ces prix élevés stimulent la prospection minière, mais il faudra plusieurs années avant le démarrage de nouvelles extractions et donc une baisse des prix. Les réponses aux enjeux à venir se situent dans la sécurité alimentaire, l’efficacité énergétique, le changement climatique ou la biodiversité. Produire plus avec moins d’intrants est le défi à relever. La fertilisation possède un rôle à jouer car elle doit améliorer les bilans énergétiques et environnementaux des productions végétales en maximisant leur rendement. Une opportunité : les entreprises du secteur doivent développer l’engineering dans les pays d’Europe de l’Est car l’outil de production est obsolète. Le parc est donc à rénover.

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Annexe 1 : Environnement professionnel détaillé Organismes professionnels • L'UNIFA (Union des Industries de la Fertilisation) représente les industries françaises productrices de fertilisants ainsi que des producteurs européens commercialisant en France. Quarante-cinq entreprises ont adhéré à l'UNIFA. • L'EFMA (European Fertilizer Manufacturers Association) représente les principaux fabricants d'engrais en Europe. GPN et Yara en sont membres. • L'IFA (International Fertilizer Industry Association) représente quant à elle l'industrie mondiale des engrais, regroupant 525 membres dans environ 85 pays dont la moitié est en voie de développement.

Ces trois organismes publient sur leurs sites Internet des rapports et autres notes de conjoncture. Dans une moindre mesure, mais parce que la fabrication d'engrais est avant tout une industrie chimique, les organisations professionnelles du secteur de la chimie telle que le CEFIC et l'UIC sont à prendre en compte. • Le CEFIC (le Conseil Européen des Industries Chimiques) regroupe environ 29.000 petites, moyennes et grandes entreprises ainsi que les Fédérations Nationales représentée en France par l'UIC (Union des Industries Chimiques). • Dans le cadre des relations professionnelles du secteur, les fabricants d'engrais travaillent en étroite collaboration avec les coopératives agricoles qui leur assurent la distribution des engrais auprès des agriculteurs. Certaines d'entre elles (Champagne Céréales, Ligea) ont intégré la filière en développant des participations dans le capital des fabricants.

Organismes publics • L'AGRESTE est le site du Service de la Statistique et de la Prospective (SSP) du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche. Il donne des informations sur les évolutions de production, de consommation et de prix dans les différentes filières agricoles. Il publie également des enquêtes statistiques et des études sur les grands thèmes agricoles. Organismes de recherche • L'INRA, premier institut de recherche agronomique d'Europe et deuxième dans le monde. L'INRA mène des recherches finalisées pour une alimentation adaptée, pour un environnement préservé et pour une agriculture compétitive et durable. Yara et GPN travaillent avec l'INRA sur des travaux de recherches.

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• Le CEMAGREF, organisme public de recherche finalisée sur la gestion des eaux et des territoires centre ses recherches sur les ressources en eau de surface, les systèmes écologiques aquatiques et terrestres, les espaces à dominante rurale, les technologies pour l’eau, les agro-systèmes et la sûreté des aliments. • Seul le pôle de compétitivité Mer Bretagne mène des actions dans lesquelles participent des acteurs du secteur des engrais. Cependant, il existe des pôles pour développer des innovations dans la chimie et le végétal qui pourront avoir des impacts dans le secteur des engrais. On peut noter ceux d’Axelera à Lyon et Végépolys à Cholet (Céréales Vallée). • Les Instituts techniques agricoles peuvent se rapprocher du secteur en matière d'innovation et de recherche, leurs domaines intéressant la fertilisation. Il s'agit d'organismes de recherche appliquée, d’appui technique, d’expérimentation, de formation et d’information. Ils ont pour objectifs d'apporter une expertise scientifique et d'être des référents techniques pour les agriculteurs, les filières et les pouvoirs publics français et européens. Ils développent des partenariats avec d’autres acteurs de la recherche et du développement agricole. Arvalis, institut du végétal, organisme de recherche appliquée agricole, financé et géré par les producteurs propose des formations sur les thèmes de la fertilisation raisonnée. L’ITAB, institut Techniques de l'Agriculture Biologique « a pour objectif de produire des outils et références techniques pour des systèmes innovants et durables en vue de développer l’agriculture biologique ». Exemple de formation :"Le travail du sol". La Presse spécialisée La presse ci-dessous a été sélectionnée à partir d'entretiens avec des professionnels du secteur. Ces revues sont en format papier et/ou numérique. • Seul, Circuit Culture n'a pas de format numérique. C'est une revue qui s'adresse « aux cadres dirigeants des entreprises de la distribution & de la collecte agricole & aux intervenants dans la gestion de l'entrepris ». • Agro-Distribution s'adresse aux « professionnels de l'approvisionnement, de la collecte et de la transformation ». • Réussir Grande Culture « couvre l'ensemble de l'actualité technique, économique et professionnelle des différentes filières des grandes cultures ». • La France Agricole, hebdomadaire professionnel le plus diffusé en Europe, à destination « des agriculteurs et des entreprises du monde agricole ». • Campagne et Environnement, « analyse chaque trimestre l'information sur l'environnement et la sécurité des filières agricoles ».

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Annexe 2 : Synthèse de presse de l’actualité du secteur La synthèse de l'actualité économique et sociale du secteur a été élaborée à partir de diverses sources obtenues via Google Reader mise en place en novembre 2008. LES FABRICANTS YARA France Fin novembre à Gonfreville-l’Orcher près du Havre (76), Yara a été contraint d’arrêter provisoirement sa production d’ammoniac et d’urée. « L’Arrêt de fabrication est lié aux conditions du marché. Par manque d’absorption des productions, les cours ont atteint des niveaux trop bas » a souligné François Servantie, le président de Yara France. Ajoutant que « les délais de reprise de la production dépendront de l’évolution des marchés du gaz naturel, de l’ammoniac et de l’urée». A noter que Yara à investi 3 millions d'Euros en 2008 sur ce site et y investira 4 millions en 2009. Parallèlement, la production a été, à plusieurs reprises, réduite sur des sites en Italie, Angleterre et Pays-Bas. (21/11/2008- Chimie Pharma Hebdo revue en ligne dans http://www.france-chimie.com). Mi-janvier 2009, Gazprom a commencé à livrer directement certains industriels de la chimie dans l'Hexagone dont l'usine de Yara en Seine Maritime, au Havre. L'augmentation des tarifs demandée par Gaz de France à l'occasion d'un renouvellement de contrat avec l'entreprise ne convenait pas à la direction qui les jugeait trop élevés pour assurer la rentabilité. L'usine s'est alors directement tournée vers Gazprom via sa filiale Marketing & Trading France pour conclure un deal plus favorable. Les ateliers sont à l'arrêt depuis le 24 novembre pour des raisons économiques. Le précédent arrêt avait duré neuf mois. (12/01/2009 - Usinenouvelle.com). TIMAC Le 28 novembre à Saint-Malo (22), la direction de la Timac a annoncé que ses deux usines de fertilisants agricoles tournaient actuellement à 50% de leur capacité habituelle, en raison de la chute des commandes. A compter du 19 décembre, elles ont fermé pendant deux semaines. Près de 200 salariés étaient concernés et pourraient même être mis au chômage partiel en janvier. La Timac est une filiale du groupe international Roullier, qui totalise plus de 6 000 salariés à travers le monde. (Source : Ouest France.fr). GPN

Le 11 décembre au Grand-Quevilly (76), une cinquantaine de salariés qui travaillaient à l'atelier de fabrication d'acide nitrique de GPN étaient en grève en réclamant une augmentation salariale de 150 Euros. Le site a fait ces derniers mois l'objet d'un investissement de 50 millions d'euros, visant à remplacer deux petits ateliers de fabrication par un nouveau, plus grand et mieux adapté à la demande des clients et aux normes environnementales (Paris-Normandie.fr)

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PEC Rhin Début novembre, BASF a annoncé vouloir se retirer de PEC-Rhin, codétenue à 50-50 avec GPN, l'ex-société Grande Paroisse, filiale de Total. Le groupe allemand a mandaté Rothschild & Cie pour trouver un repreneur de sa participation, que GPN ne souhaite pas racheter. Ce dernier explique avoir déjà investi des montants importants (plus de 13 millions d'Euros) dans ses sites de Grandpuits et Grand-Quevilly et ne désire plus investir davantage. De son côté, BASF produit déjà des engrais à Ludwigshafen en Allemagne et à Anvers en Belgique, dans des grands sites appelés « Verbund », qui offrent plus de synergies que le joint-venture d'Ottmarsheim en France. De plus, le leader mondial de la chimie veut se désengager des produits de base sans grande valeur ajoutée, du type engrais, qu'il fait déjà commercialiser par l'entreprise K+S. (Les Echos – 10/11/2008). LES CLIENTS Selon un sondage BVA réalisé pour le mensuel Agro Distribution, le prix est le principal facteur de choix des engrais pour 43% des agriculteurs, Ce critère enregistre une progression de 15 points par rapport à l'enquête réalisée un an auparavant. (24/12/2008 -La France Agricole.fr) REGLEMENTATION

Le 20 novembre 2008 à Bruxelles, les ministres européens de l'agriculture annonce que dans le cadre de la politique agricole commune, il a notamment été prévu la suppression des jachères obligatoires. « Cette mesure leur permettra de maximaliser leur potentiel de production ». (Europa (portail de l'UE) - Communiqué de presse). INTERNATIONAL Fin novembre 2008 au Niger, la Banque mondiale a offert 4000 tonnes d’engrais pour aider à accroître la production rizicole pour l’année 2008-2009. La valeur de l’aide est estimée à 7 millions $. Elle est composée de 2000 tonnes d’engrais type NPK 15-15 et de 2000 autres tonnes de type urée 46%. Ces engrais seront vendus à des prix modérés. Les recettes issues de cette vente seront reversées au Fonds de Sécurité Alimentaire, pour renforcer le dispositif national de prévention et de gestion des crises alimentaires. (23/11/2008 - Les Afriques. Le journal de la Finance Africaine).

Au début 2009, une société chinoise, CGC Overseas Construction Group (CGCOC), a annoncé envisager de lancer une usine de production d'engrais chimique sur le sol camerounais d'une capacité de 80.000 tonnes d'ammoniac et 130.000 tonnes d'urée par an. (01/01/2009 - french.xinhuanet.com).

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Annexe 3 : Les principales sources d'information Les sources économiques L’INSEE, l'Institut National de la Statistique et des Etudes Économiques. www.insee.fr/ SESSI, le Service des Etudes et des Statistiques Industrielles (SESSI) du Ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie. www.industrie.gouv.fr/sessi Les Douanes http://www.douane.gouv.fr L’Agreste, le service statistique du Ministère de l’Agriculture. http://www.agreste.agriculture.gouv.fr/ Diane, base de données qui donne accès à la description complète de 1 050 000 entreprises françaises ou filiales françaises d'entreprises étrangères sur 10 ans. Xerfi, portail des études de marchés économiques et sectorielles. www.xerfi.fr Kompass.com, annuaire des entreprises qui comprend 2 millions d’entreprises de plus de 70 pays qui ont une activité B2B. http://www.kompass.fr

Les organismes professionnels UNIFA, l’Union des Industries de Fertilisation. http://www.unifa.fr IFA, l’association Internationales de l’Industrie des Engrais. http://www.fertilizer.org/ EFMA, l'European Fertilizer Manufacturers Association. http://www.efma.org/ Cette étude s'est appuyée sur d'autres sources d'information économiques, industrielles et réglementaires diffusées sur la presse quotidienne nationale ou régionale et la presse spécialisée5.

5 Supra : 2.3 l'environnement professionnel.

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Une veille produit et une veille concurrents du secteur La veille des sites Internet des acteurs du secteur ne peut se faire directement par un flux RSS, aucun site ne le propose. Cependant il existe des outils, qui convertissent n'importe quelle page web de news en fil RSS (exemple : RssMecano, http://www.rssmecano.com/). Il est également possible d'utiliser Google Reader en choisissant des mots clés pertinents (noms d'entreprises et nom des produits à suivre). Cependant, il y a toujours un peu de bruit, aussi un travail de filtrage manuel et de mise en forme est-il à effectuer quasi quotidiennement. La consultation de base de données est également utile. Diane, Factiva pour le suivi économique; Pressed pour le suivi de l'actualité presse; le serveur Questel-Orbit pour l'information en matière de propriété intellectuelle (brevet...).

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NPK  

Analyse sectorielle

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