Page 1

bitĂŠal a h e ritoir ationn

ter hop internsage n u , que , works et pay

13 me ille 20 e, Urbanis juillet 2013 L’EsPta r ort V tu 14 Mer Architec juin au u 30 d

ENSA Marseille

1


2


oire habité

13

WORKSHOP Mer Ville Port 2013 L’Estaque, un territoire habité www.workshop.marseille.archi.fr/ESTAQUE2013 un projet mené dans le cadre du projet de l’Institut Méditerranéen de la Ville et du Territoire L’Estaque, un territoire habité

MPv 2013

avec la participation de

l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Marseille

m e r

l’Ecole Nationale Supérieure de Paysage de Marseille Versailles

– p o r t – v i l l e

Workshop international d’architecture, urbanisme, paysage

le collectif etc

l’Institut d’Urbanisme d’Aménagement Régionnal d’Aix-Marseille

Università di Roma Sapienza Italie

Swedish University Universidade Estadual of Agricultural Sciences do Maranhão Suède Brésil

à l’Estaque et l’ENSA-M

Universidade Federal do Rio Grande Brésil

le partenariat de Bilan deetl’opération

Le Ministère de la Culture et de la Communication

l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Marseille

Marseille Provence 2013

Pébéo

oles participantes : SA-M, ENSP, IUAR, Génie-Urbain-Paris-Est, Université SLU Alnarp/Malmö-

3


4


AVANT - PROPOS Texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte tetexte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte tte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte texte Marielle Riche Directrice à l'ENSA-Marseille

l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Marseille

l’Ecole Nationale Supérieure de Paysage de Marseille Versailles

l’Institut d’Urbanisme d’Aménagement Régionnal d’Aix-Marseille

5


INTRODUCTION Les travaux préparatoires à Campus 2013 sont au nombre de 7 et ont mobilisé les trois institutions partenaires de ce projet campus MP2013. L'Institut d'urbanisme (IUAR) a abordé un territoire large incluant l'Estaque, Saint Antoine et Mourepiane. La problématique était de savoir comment le développement de ce secteur nord de Marseille pouvait évoluer au regard de l'activité portuaire. L'école du paysage (ENSP) a développé une réflexion sur ces mêmes territoires mettant en avant la question des liens en profondeur entre le littoral et l'arrière collines. Cinq ont été menés par l'école d'architecture (ENSA-M) entre 2012 et 2013, qui se sont plus focalisées sur l'Estaque même posant la question de son devenir notamment sous l'impulsion d'une cité de la mer portée par la ville de Marseille, sorte de technopole-culturelle et scientifique regroupa,nt les compétence et la curiosité publique sur tout ce qui intéresse le milieu marin. Ils intéressaient des étudiants de Master 1 et 2 de l'ENSA-M mais aussi l'école de l'Estaque gare. Ils ont été en partie animés par des étudiants de cinquième année qui ont préparé des documentations et des scénarios à partir desquels les étudiants de master 1 ont pu concevoir. Un premier workshop développé en janvier 2012 en collaboration avec le GPMM et s'est focalisé sur le devenir des Riaux et du port de la Lave et sur le développement de la cité de la mer . Il a été suivi par 7 PFE (Projets de fin d'étude) dont quatre ont abordé des équipements importants du programme de cité de la mer et trois se sont investis sur des aménagements éphémères pour MP2013 sur le port de la Lave. Un second workshop a été développé en janvier 2013 et a permis de reconsidérer les questions posées aux Riaux sur un périmètre plus large de Saumaty à Corbières. De nouveaux, 6 PFE ont poussé les réflexions émergentes du workshop. Enfin, les étudiants de cinquième année, dans le cadre de leur PFE, ont entrepris une initiation pédagogique au projet urbains avec les enfants de l'Estaque gare. Il en ressort une vision du futur de l'Estaque optimiste et inventive. Ces différents workshops ont permis d'investir les sites, de récoler des documentations cartographiques, programmatiques, et de reconnaître les acteurs locaux et leurs avis. En cela, ils ont permis de constituer un fonds appréciable pour l'atelier d'été.

6


Mais les propositions de projet ont eu aussi leur rôle, celui de provoquer une réaction des habitants et associations. La dernière exposition d'avril 2013 organisée avec le CIQ de l'Estaque plage à la maison des associations a fait ressortir l'intérêt du public pour la restitution du littoral aux Estaquéen, l'accès aux digues, la création d'une gare au Riaux et la mise en place d'équipements culturels et scientifiques. Mais, en même temps, la crainte de la saturation automobile et d'une dénaturation de l'Estaque est souvent revenue. La perspective d'une évolution de l'Estaque vers une grande densité, comme l'imaginaient certaines équipes, a même provoqué des réactions de rejet très fortes. Il ressort de cette investigation préparatoire de deux ans un certain nombre d'hypothèses de travail : des devenirs à éviter et de bonnes idées qu'il faudrait prendre en compte à pour le futur. C'est à la redécouverte du territoire à partir de ses habitants et à la mise à l'épreuve de ces hypothèses que nous invitons les participants de “Mer-Port-Ville, l'Estaque, un territoire habité“ dans le cadre de MP 2013. Pour ce faire, il nous est paru important de revenir à l'Estaque dans le cadre de Campus avec une autre approche. Nous avons décidé de nous saisir du terrain concrètement. Tout d'abord en immergeant à demeure les étudiants architectes urbanistes et paysagistes, et les encadrants de ce workshop dans le camping artistique Yes We Camp. D'autre part, en faisant intervenir concrètement les étudiants sur trois espaces publics sous la gouverne du Collectif Etc. Il s'agissait là de construire en réalité des aménagements par équipes de 10. A l'occasion des ces réalisations, le public réagissait et une autre connaissance des habitants et de leurs désirs d'avenir se construisait. Le retour à l'ENSA-M permettra aux étudiants de retrouver leurs outils de concepteurs et de reconsidérer le développement général de l'Estaque. Croisant les hypothèses antérieures et l'expertise de terrain, les étudiants et les personnalités invitées auront à imaginer la mise en forme de ce territoire. Son expression sera celle d'une maquette grand format, innovant ainsi dans la pratique des concepteurs et transformant la présentation au public. Cette expérience se conclura par une restitution du travail à l'Estaque le 13 Juillet. Au-delà de ce travail sur un territoire habité, le workshop “Mer-ville-port: l'Estaque un territoire habité“ voudrait que le rapprochement entre architectes, urbanistes et paysagistes au sein d'équipes mixtes ouvre une réflexion sur les modalités de coopération de ces concepteurs de territoires et leurs compétences respectives.

7


sommaire Avant - propos : Marielle Riche ....................3 Introduction .....................................................5 Pensons différement le projet .......................9 Journal de bord ..........................................17 J1 - J7 : Atelier in situ .......................................19 J1 - Visite du territoire ....................................21 J2 - Appréciation des lieux ...........................35 J3 - Esquisse et construction .........................39 J4 - Avancée des réalisations .......................43 J5 - Avancée des réalisations .......................49 J6 - Dead line...! .............................................55 J7 - Présentation des travaux .......................59

J8 - J12 : Etape charnière ...............................67 J8 - Virage de la grande échelle..................69 J9 - Développer les thématiques .................75 J10 - Tensions et divergences .......................81 J11 - Convergences ......................................85 J12 - Fin de l’étape charnière ......................89

J13 - J14 : Production - rendu .........................93 J13 - Production intensive .............................95 J14 - Présentation publique ..........................99

Des idées pour l’Estaque...........................105 P1 - Doux loisirs dans de rudes friches.........107 P2 - Pour des transports amoureux des habitants.........................................................111 P3 - Nouveau visage du rivage....................115 P4 - Enchainer les belvederes.......................119 P5 - Les riverains au fil de l’eau.....................123 P6 - La nouvelle montée des sardines ........127 P7 - Le littoral en espace public ..................131 P8 - De l’Estaque gare à la Méditerranée..135

Conclusion : Stéphane Hanrot .................139 Remerciements............................................140 Biographies des acteurs ...........................141 Table des illustrations ........................................146

9


une forte empathie avec les habitants : n'étaient-ils pas devenus Estaquéens en transformant concrètement les choses sur place? Les travail ont été questionnées et l'approche traditionnelle, qui ve concepteurs travailler à partir du ciel avec l'assurance de leur exp appellera "top-down“), s'est trouvée confrontée à une approche “bottom du terrain. A la rencontre des deux s'est établi un espace de projet si conscience du terrain et de l'habitant devait négocier avec u organisatrice. L'innovation a été, ici, le travail sur grande pho (7mx2,5m) qui permettait de “voir“ précisément le site et demandait d'e principes architecturaux, urbains et paysagers par des moyens impr que par des dessins finis ou des maquette figées.

Travail en atelier à l’ENSA-M sur la grande photo aérienne

Chantier square Mallot avec la participation des enfants du quartier une forte empathie avec les habitants : n'étaient-ils pas devenus quelque peu Estaquéens en transformant concrètement les choses sur place? Les méthodes de En fin de première semaine, la visite des sites par 3 groupes d'une trentaine de travail ont été questionnées et l'approche traditionnelle, qui veut voir les visiteurs chacun, nous a permis d'amener un public très diversifié - local et plus concepteurs travailler à partir du ciel avec l'assurance de leur expertise (qu'on largement averti de MP2013 - à découvrir les réalisations et l'Estaque. Des débats appellera "top-down“), s'est trouvée confrontée à une approche “bottom-up“ partant se sonta engagés sur chaque la façon de repositionner les l que nous l'avions imaginé été effectivement mis site questionnant du terrain. A la rencontre des deux s'est établi un espace de projet singulier où la concepteurs suryleont terrain et de faire partager notre culture commune du projet. architectes, paysagistes et urbanistes participé. conscience du terrain et de l'habitant devait négocier avec une pensée L'hébergement à Yes We Camp en première semaine a été à la fois une épreuve . organisatrice. L'innovation a été, ici, le travail sur grande photo aérienne par sa rusticité et un plaisir. Plaisir d'échanger avec d'autres lors de tables rondes (7mx2,5m) qui permettait de “voir“ précisément le site et demandait d'exprimer des du soir sur les grands sujets qui traversent notre domaine. Le public était présent à principes architecturaux, urbains et paysagers par des moyens improvisés plutôt chacun des débats. que par des dessins finis ou des maquette figées.

e Camp

Débats de la première semaine à Yes We Camp

Vue de l’escalier des Riaux remis en service Travail en atelier à l’ENSA-M sur la grande photo aérienne

Le retoura àétél'école d'architecture, en seconde semaine, nous a replacés dans la trois sites prévus à l'Estaque l'occasion, par la L'idée que le projet n'était ainsi pas définitif et figé a permis à la population locale, classiqueundepublic concepteurs urbains. La confrontation aux personnalités gement de mobilier posture urbain, plus de toucher lors de la présentation à l'Estaque, en fin de seconde semaine, de donner son invitées aDes déstabilisé des étudiants qui, étant intervenus sur le site, ressentaient l'architecture et au paysage. adolescents, des point de vue et d'envisager des possibles non imaginés jusque-là. Une centaine de diants pour réaliser les aménagements. Des enfants personnes était présente lors de la dernière présentation. Il s'agissait moins, gements et de jeux. Des voisins ont approvisionné en d'ailleurs, d'une présentation que d'une mise en scène dont l'espace était défini par x, les étudiants sur les chantiers d'escalier aux Riaux la grande photo aérienne. Les débats et prises de position sur cette forme ouverte ur but ? Touchés par l’effort de ces jeunes et les de projet ont montré l'intérêt d'une nouvelle culture du projet urbain comme lieu de r malgré la chaleur tant l’idée d’aménager les lieux négociation entre les protocoles républicains qui organiserait la concertation en faut dire que des concepteurs qui commencent par partant du haut vers le bas - du pouvoir du politique et de l'expert vers l'habitant cret, sur le terrain, c'est plutôt rare. Sur certains sites, et la saisine citoyenne qui, partant du terrain, de l'action menée à petite échelle, il a fallu négocier avec une voisine inquiète de la remonterait vers le projet urbain en s'appuyant sur une expertise étudiante. Nous ions proches de son jardin. Faire évoluer un projet et avons initié ainsi et donné à voir une modalité différente d’implication de l’habitant ger, ce fut formateur. ouvrant vers une nouvelle culture du projet. Il faudra voir dans l’avenir où cela

L'idée que le projet n'était ainsi pas définitif et figé a permis à la popu lors de la présentation à l'Estaque, en fin de seconde semaine, de point de vue et d'envisager des possibles non imaginés jusque-là. Une personnes était présente lors de la dernière présentation. Il s'agi d'ailleurs, d'une présentation que d'une mise en scène dont l'espace é la grande photo aérienne. Les débats et prises de position sur cette fo de projet ont montré l'intérêt d'une nouvelle culture du projet urbain co négociation entre les protocoles républicains qui organiserait la con partant du haut vers le bas - du pouvoir du politique et de l'expert ver et la saisine citoyenne qui, partant du terrain, de l'action menée à p remonterait vers le projet urbain en s'appuyant sur une expertise étu avons initié ainsi et donné à voir une modalité différente d’implication ouvrant vers une nouvelle culture du projet. Il faudra voir dans l’av conduit, voir quelle légitimé les acteurs pourront donner à ces situation

Présentation publique à Yes We Camp


mis en service

P

ensons differement le projet

Rappel des intentions : Quel projet imaginer avec ses habitants pour l’Estaque, q situé au Nord de Marseille ?

En partenariat avec l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage (E d’Urbanisme et d’Aménagement Régional (IUAR) et le Collect Marseille organise un atelier d’été (workshop) sur le littoral nord l’Estaque.

Ce linéaire côtier est partagé entre plusieurs établissements publics locales : le port industriel, les propriétaires des sites industriel dépollution, la communauté urbaine MPM, le CG13 et la ville de Ma Ce paysage splendide tourné au sud vers la mer, adossé aux colline a été peint par Cézanne et Braque, l’inscrivant ainsi dans l’imag Habité initialement par une population ouvrière qui s’est mélangée du temps, on y trouve un art de vivre et une architecture vern cinéma de Guédiguian a mis en scène. Meurtri par les mutations l’ont laissé en partie en friche, coupé de la mer par le port industr de ville regagne progressivement des accès balnéaires. Aujour territoire en mutation qui fait l’objet d’attentes, de désirs et de convo

2

3

1

l’Estaque

Chantier square Mallot avec la participation des enfants du quartier

L’Estaque de Corbières à Saumaty : 1 Yes we camp / 2 escalier Riaux / 3 square Mallo Comment architectes, paysagistes et urbanistes peuvent-ils intervenir sur habités ?

La situation de l’Estaque n’est pas unique. C’est un territoire hab En fin de première semaine, la visite des sites par 3 groupes d'une trentaine de cadre institutionnel du projet urbain encadré classiquement par limites ne sont pas formalisées juridiquement, le foncier n’est pas visiteurs chacun, nous a permis d'amener un public très diversifié - local et plus opérateur unique et les financements ne sont pas assurés. Notre largement averti de MP2013 - à découvrir les réalisations et l'Estaque. Des débats que, dans ces conditions, le projet de territoire doit être alors ini acteurs et selon d’autres processus que ceux traditionnellement m se sont engagés sur chaque site questionnant la façon de repositionner les doit miser sur une dynamique sociale, sur la créativité collective concepteurs sur le terrain et de faire partager notre culture commune du projet. public pour se développer de l’intérieur. Quel rôle revient alors a paysagistes et urbanistes ? Car devant la complexité des problème L'hébergement à Yes We Camp en première semaine a été à la fois une épreuve territoires, une intelligence collective différente est nécessaire. par sa rusticité et un plaisir. Plaisir d'échanger avec d'autres lors de tables rondes C’est la deuxième facette de ce workshop qui se veut une pratiq du soir sur les grands sujets qui traversent notre domaine. Le public était présentprojet à sur les territoires habités, qui se veut questionner les respectives des architectes, urbanistes et paysagistes : en q chacun des débats. concurrentes ou complémentaires ? Comment développer u

collaborative dans ce cadre ? Comment imaginer de nouvelles com projet qui questionneraient les outils traditionnels et prop alternatives ?

11

Chantier square Mallot avec la participation des enfants du quartier


Mer-Ville-Port tel que nous l'avions imaginé a été effectivement mis s 30 étudiants architectes, paysagistes et urbanistes y ont participé. ont été accueillis.

pathie avec les habitants : n'étaient-ils pas devenus quelque peu Mallot avec la participationles deschoses enfantssur duplace? quartier nretransformant concrètement Les méthodes de té questionnées et l'approche traditionnelle, qui veut voir les mière semaine, visite par 3 groupes trentaine de ravailler à partirladu ciel des avecsites l'assurance de leurd'une expertise (qu'on un, nouss'est a permis d'amener un àpublic très diversifié - local partant et plus -down“), trouvée confrontée une approche “bottom-up“ erti de MP2013 à découvrir les réalisations Des débats a rencontre des-deux s'est établi un espace et del'Estaque. projet singulier où la agésterrain sur chaque questionnant façon de repositionner les du et de site l'habitant devait lanégocier avec une pensée sur le terrain eta deété, faireici,partager notresur culture commune projet. L'innovation le travail grande photo du aérienne nt à Yes Wede Camp première semaine été à la fois une épreuve i permettait “voir“en précisément le site etademandait d'exprimer des é et un plaisir. Plaisiretd'échanger d'autres lors improvisés de tables rondes hitecturaux, urbains paysagers avec par des moyens plutôt sessins grandsfinis sujets qui traversent notre domaine. Le public était présent à ou des maquette figées. ébats. udiants à Yes We Camp Repas des étudiants à Yes We Camp (3)

brication sur les trois sites prévus à l'Estaque a été l'occasion, par la oncrète d'aménagement de mobilier urbain, de toucher un public e l'intéresser à l'architecture et au paysage. Des adolescents, des pathie habitants n'étaient-ils pas devenus quelque peu nt jointsavec aux les étudiants pour: réaliser les aménagements. Des enfants transformant concrètement choses place? méthodes de sn idées d’aménagements et deles jeux. Des sur voisins ont Les approvisionné en questionnées et étudiants l'approchesurtraditionnelle, qui veut aux voirRiaux les etéfruits et gâteaux, les les chantiers d'escalier ravailler à partir ciel avec l'assurance de de leurces expertise r à la gare. Leurdubut ? Touchés par l’effort jeunes (qu'on et les -down“), s'est trouvée confrontée à une approche “bottom-up“ partant pas abandonner malgré la chaleur tant l’idée d’aménager les lieux aesrencontre des deuxdire s'estque établi espace de qui projet singulier oùpar la a séduits. Il faut desun concepteurs commencent du terrain et de l'habitant devait négocier avec une pensée ue chose de concret, sur le terrain, c'est plutôt rare. Sur certains sites, a ilété, ici, négocier le travailavec surune grande photo aérienne e L'innovation square Mallot, a fallu voisine inquiète de la i permettait de “voir“ précisément le site et demandait d'exprimer des certaines installations proches de son jardin. Faire évoluer un projet et hitecturaux, urbains paysagers des moyens improvisés plutôt ier à l’ENSA-M sur laetce grande photopar aérienne nrichir et le partager, fut formateur. essins finis ou desàmaquette figées. première semaine Yes We Camp Début de la première séance à Yes We Camp (4) projet n'était ainsi pas définitif et figé a permis à la population locale, école d'architecture, enen seconde semaine, semaine, nous a replacés dansson la sentation à l'Estaque, fin de seconde de donner classique de concepteurs urbains. La confrontation et d'envisager des possibles non imaginés jusque-là.aux Unepersonnalités centaine de stabilisé des étudiants étant intervenus sur le ressentaient ait présente lors de laqui, dernière présentation. Il site, s'agissait moins, ne présentation que d'une mise en scène dont l'espace était défini par to aérienne. Les débats et prises de position sur cette forme ouverte montré l'intérêt d'une nouvelle culture du projet urbain comme lieu de ntre les protocoles républicains qui organiserait la concertation en ut vers le bas - du pouvoir du politique et de l'expert vers l'habitant citoyenne qui, partant du terrain, de l'action menée à petite échelle, ers le projet urbain en s'appuyant sur une expertise étudiante. Nous nsi et donné à voir une modalité différente d’implication de l’habitant une nouvelle culture du projet. Il faudra voir dans l’avenir où cela uelle légitimé les acteurs pourront donner à ces situations nouvelles. Travail en atelier à l’ENSAM sur la photo aérienne (5) ier à l’ENSA-M sur la grande photo aérienne

maginent et peignent sol du square projet n'était ainsi pasledéfinitif et figé Mallot. a permis à la population locale, sentation à l'Estaque, en fin de seconde semaine, de donner son et d'envisager des possibles non imaginés jusque-là. Une centaine de ait présente lors de la dernière présentation. Il s'agissait moins, ne présentation que d'une mise en scène dont l'espace était défini par to aérienne. Les débats et prises de position sur cette forme ouverte montré l'intérêt d'une nouvelle culture du projet urbain comme lieu de ntre les protocoles républicains qui organiserait la concertation en ut vers le bas - du pouvoir du politique et de l'expert vers l'habitant citoyenne qui, partant du terrain, de l'action menée à petite échelle, ers le projet urbain en s'appuyant sur une expertise étudiante. Nous nsi et donné à voir une modalité différente d’implication de l’habitant une nouvelle culture du projet. Il faudra voir dans l’avenir où cela uelle légitimé donner à ces situations nouvelles. publique à Yes We Camp (6) publique à Yesles Weacteurs Camp pourront Présentation

12


Quel projet imaginer avec ses habitants pour l’Estaque, quartier littoral situé au Nord de Marseille ? En partenariat avec l’Ecole Nationale Supérieure du Paysage (ENSP), l’Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional (IUAR) et le Collectif Etc, l’ENSAMarseille organise un atelier d’été (workshop) sur le littoral nord de Marseille à l’Estaque. Ce linéaire côtier est partagé entre plusieurs établissements publics et collectivités locales : le port industriel, les propriétaires des sites industriels en cours de dépollution, la communauté urbaine MPM, le CG13 et la ville de Marseille. Ce paysage splendide tourné au sud vers la mer, adossé aux collines de la Nerthe, a été peint par Cézanne et Braque, l’inscrivant ainsi dans l’imaginaire mondial. Habité initialement par une population ouvrière qui s’est mélangée à d’autres au fil du temps, on y trouve un art de vivre et une architecture vernaculaire que le cinéma de Guédiguian a mis en scène. Meurtri par les mutations industrielles qui l’ont laissé en partie en friche, coupé de la mer par le port industriel, ce morceau de ville regagne progressivement des accès balnéaires. Aujourd’hui, c’est un territoire en mutation qui fait l’objet d’attentes, de désirs et de convoitises.

Comment architectes, paysagistes et urbanistes peuvent-ils intervenir sur des territoires densément habités ? La situation de l’Estaque n’est pas unique. C’est un territoire habité qui sort du cadre institutionnel du projet urbain encadré classiquement par une procédure. Ses limites ne sont pas formalisées juridiquement, le foncier n’est pas maîtrisé par un opérateur unique et les financements ne Rappel des intentions : Quel projet imaginer avec ses habitants pour l’Estaque, quartier littoral sont pas assurés. Notre hypothèse est que, dans ces conditions, le projet de territoire doit être situé au Nord de Marseille ? alors initié par d’autres acteurs et selon d’autres processus que ceux traditionnellement mis en oeuvre. Il En doitpartenariat miser sur une sociale, Supérieure sur la créativité collective(ENSP), et sur lel’Institut débat avecdynamique l’Ecole Nationale du Paysage public pour se développer de l’intérieur. Quel rôle revient alors aux architectes, paysagistes et d’Urbanisme et d’Aménagement Régional (IUAR) et le Collectif Etc, l’ENSAurbanistes ? Car devant la complexité des problèmes posés par ces Marseille organise un atelier d’été (workshop) sur le littoral nord de Marseille à territoires, des connaissances techniques et une intelligence collective différente sont l’Estaque. nécessaires. C’est la deuxième facette de ce workshop qui se veut une pratique réflexive de projet sur Ce leslinéaire territoires habités, qui entend questionner les compétences respectives des côtier est partagé entre plusieurs établissements publics et collectivités locales : leet port industriel, lesquoi propriétaires sites industriels en cours de architectes, urbanistes paysagistes : en sont-elles des concurrentes ou complémentaires dépollution, une la communauté MPM,dans le CG13 et la ville de Marseille. ? Comment développer conception urbaine collaborative ce cadre ? Comment imaginer de Ce paysage splendide au sud vers la les mer, adossé aux collines de la Nerthe, nouvelles communications de projet tourné qui questionneraient outils traditionnels et proposeraient a été des alternatives ? peint par Cézanne et Braque, l’inscrivant ainsi dans l’imaginaire mondial. Habité initialement par une population ouvrière qui s’est mélangée à d’autres au fil du temps, on y trouve un art de vivre et une architecture vernaculaire que le cinéma de Guédiguian a mis en scène. Meurtri par les mutations industrielles qui l’ont laissé en partie en friche, coupé de la mer par le port industriel, ce morceau de ville regagne progressivement des accès balnéaires. Aujourd’hui, c’est un territoire en mutation qui fait l’objet d’attentes, de désirs et de convoitises.

4 2 1

3

L’Estaque de Corbières à Saumaty : 1 Yes we camp / 2 escalier Riaux / 3 square Mallot / 4 Gare L’Estaque de Corbière àSaumaty : 1 Yes We Camp / 2 escalier Riaux / 3 square Mallot / 4 Gare (2) Comment architectes, paysagistes et urbanistes peuvent-ils intervenir sur des territoires habités ? La situation de l’Estaque n’est pas unique. C’est un territoire habité qui sort du

13


Vue de l’escalier des Riaux remis en service

Vue de l’escalier des Riaux remis en service (7)

Vue de l’escalier des Riaux remis en service (8)

Pédagogie du workshop

Ce workshop ambitionnait d’aborder la question du projet urbain et territorial selon un mode différent de ce qui se pratique habituellement, à savoir un projet élaboré par référence à des modèles urbains bien formés, porté par une puissance publique, soumis à la concertation, amendé puis réalisé. Ce que l’on peut appeler une démarche top-down. Nous voulions tester une démarche inverse, bottom-up, qui partirait d’une connaissance du terrain par des interventions concrètes sur l’espace public avec le public. A l’occasion de ces actions, nous souhaitons faire remonter des thématiques qui intéressent la population résidente et les acteurs associatifs et institutionnels. Puis, prenant un peu de recul, il s’agissait de rendre convergentes les différentes thématiques dans une sorte de plan-guide qui, sans se présenter comme un projet ficelé, deviendrait un support au débat public et citoyen. Renverser le processus aurait un autre intérêt. Il permettrait d’éviter qu’architectes, urbanistes et paysagistes se en fixent sur les postures professionnelles habituellesde type top-down. Ce serait probablement une alier des Riaux remis service bonne façon de faire tomber les barrières et les a priori.

Déroulement des opérations

Les mains à la pâte : du 30de juin au 6 juillet l’Estaque. Vue l’escalier des àRiaux remis en service Intervenir sur site, avec le collectif Etc en résidence à Yes We Camp, en construisant des réaménagements de 3 espaces publics. Ça a été l’occasion d’inviter les habitants, les associations et les édiles à se prononcer sur leur lieu de vie et sur leurs envies de futur. Formulation des thématiques : du 6 au 9 juillet à l’ENSA-M. Chaque équipe mixte d’architecte, urbaniste et paysagiste, a développé une thématique qui avait banclors à la de garelade l’Estaquesemaine. Il convenait de formaliser des émergé de son travailChantier sur le de terrain première propositions et d’en débattre avec les personnalités invitées. Il s’agissait là encore d’une démarche bottom-up qui a peu ou prou conduit à une convergence des thématiques. Convergence des thématiques : du 10 au 11 juillet à l’ENSA-M. Puis, à l’ENSA-Marseille, ces équipes ont développé leurs projets avec l’appui d’experts et d’enseignants des écoles partenaires. Une sorte de plan guide collectif a été “bricolé“ sur une grande photo aérienne et présenté, par thème, sur des panneaux A0. alier des Riaux remis en service

banc à la gare de l’Estaque

14

Chantier dedubanc lagare gare(9) de l’Estaque Chantier banc à à la

Chantier du banc à la gare (10)


Présentations / relations au public 70 personnes nous ont rendu visite sur site durant la semaine de chantier 150 personnes ont assisté aux trois débats publics à Yes We Camp 110 personnes ont suivi la présentation des trois sites le 6 juillet 2013 130 personnes ont assisté à la présentation des travaux le 13 juillet 2013 Au final, plus de 400 personnes ont suivi le travail de 30 étudiants et 20 encadrants, personnes directement intéressées par le projet!

Mission accomplie! Le workshop Mer-Ville-Port que nous avions imaginé a été effectivement mis en oeuvre. Les 30 étudiants architectes, paysagistes et urbanistes y ont participé. 460 visiteurs ont été accueillis. L’atelier de fabrication sur les trois sites prévus à l’Estaque a été l’occasion, par la réalisation concrète d’aménagement de mobilier urbain, de toucher un public habitant et de l’intéresser à l’architecture et au paysage. Des adolescents, des adultes se sont joints aux étudiants pour réaliser les aménagements. Des enfants ont donné des idées d’aménagements et de jeux. Des voisins ont approvisionné en glaces, jus de fruits et gâteaux, les étudiants sur les chantiers d’escalier aux Riaux et de mobilier à la gare.

Chantier Square Mallot avec les enfants du quartier (11)

Chantier Square Mallot (12)

Chantier square Mallot avec la participation des enfants du quartier

En fin de première semaine, la visite des sites par 3 groupes d'une trentaine de Leur but ? Touchés par l’effort chacun, de ces jeunes, pousser à ne pas la chaleur tant visiteurs nous ales permis d'amener unabandonner public très malgré diversifié - local et plus l’idée d’aménager leslargement lieux abandonnés a séduits. faut dire que des concepteurs qui commencent averti deles MP2013 - à Ildécouvrir les réalisations et l'Estaque. Des débats par donner quelque se chose deengagés concret, sur terrain, site c’estquestionnant plutôt rare. Sur sites, comme surles sont sur lechaque la certains façon de repositionner le square Mallot, il a concepteurs fallu négociersur avec voisine de la proximité de certaines installations le une terrain et deinquiète faire partager notre culture commune du projet. proches de son jardin. Faire évoluer àunYes projet finalement l’enrichir et le partager, L'hébergement WeetCamp en première semaine a été à ce la fut foisformateur. une épreuve par sa rusticité unsites plaisir. d'échanger avec d'autres lors de tables nous rondes En fin de première semaine, la visite et des par Plaisir 3 groupes d’une trentaine de visiteurs chacun, du soir sur les grands sujets qui traversent notre domaine. Le public était présent a permis d’amener un public très diversifié - local et plus largement averti de MP2013 - à découvrir à chacun des les réalisations et l’Estaque. Desdébats. débats se sont engagés sur chaque site questionnant la façon de repositionner les concepteurs sur le terrain et de faire partager notre culture commune du projet. L’hébergement à Yes We Camp en première semaine a été à la fois une épreuve par sa rusticité un plaisir. Plaisir d’échanger avec d’autres lors de tables rondes du soir sur les grands sujets qui r square Mallot avec laet participation des enfants du quartier traversent notre domaine. Le public était présent à chacun des débats. Levisite retourdes à l’école seconde semaine, de première semaine, la sites d’architecture, par 3 groupesen d'une trentaine de nous a replacés dans la posture plus classique de d'amener concepteurs urbains. confrontation personnalités invitées a déstabilisé des étudiants s chacun, nous a permis un public trèsLadiversifié - localaux et plus étant intervenus sur leetsite, ressentaient une forte empathie avec les habitants : n’étaient-ils ent averti de MP2013 -qui, à découvrir les réalisations l'Estaque. Des débats engagés sur chaquepas sitedevenus questionnant façon de repositionner les quelquela peu Estaquéens en transformant concrètement les choses sur place? Les eurs sur le terrain et de faire partager notre culture commune du projet. méthodes de travail ont été questionnées et l’approche traditionnelle, qui veut voir les concepteurs gement à Yes We Camp en première a été à la fois une épreuve travailler à partirsemaine du ciel avec l’assurance de leur expertise (qu’on appellera «top-down“), s’est trouvée usticité et un plaisir. Plaisir d'échanger avec d'autres lors de tables rondes confrontée à une approche “bottom-up“ partant du terrain. A la rencontre des deux s’est établi un sur les grands sujets qui traversent notresingulier domaine. public était présent à et de l’habitant devait négocier avec une pensée espace de projet oùLe la conscience du terrain des débats. organisatrice. L’innovation a été, ici, le travail sur grande photo aérienne (7mx2,5m) qui permettait de “voir“ précisément le site et demandait d’exprimer des principes architecturaux, urbains et paysagers Débats plutôt de la première semaine à Yes par des moyens improvisés que par des dessins finisWe ou Camp des maquette figées. Le retour à l'école d'architecture, en seconde semaine, nous a replacés dans la posture plus classique de concepteurs urbains. La confrontation aux personnalités invitées a déstabilisé des étudiants qui, étant intervenus sur le site, ressentaient

15


illet 2013 nce du 5 ju ve ro P la s 2013 Article dan juillet 5 u d ce roven ns la P a d le ic

Art

Article dans La Provence du 5 Juillet 2013 (13)

16


L’idée que le projet n’était ainsi pas définitif et figé a permis à la population locale, lors de la présentation à l’Estaque, en fin de seconde semaine, de donner son point de vue et d’envisager des possibles non imaginés jusque-là. Une centaine de personnes était présente lors de la dernière présentation. Il s’agissait moins, d’ailleurs, d’une présentation que d’une mise en scène dont l’espace était défini par la grande photo aérienne. Les débats et prises de position sur cette forme ouverte de projet ont montré l’intérêt d’une nouvelle culture du projet urbain comme lieu de négociation entre les protocoles républicains qui organiserait la concertation en partant du haut vers le bas - du pouvoir du politique et de l’expert vers l’habitant - et la saisine citoyenne qui, partant du terrain, de l’action menée à petite échelle, remonterait vers le projet urbain en s’appuyant sur une expertise étudiante. Nous avons initié et donné à voir une modalité différente d’implication de l’habitant ouvrant vers une nouvelle culture du projet. Il faudra voir dans l’avenir où cela conduit, voir quelle légitimé les acteurs pourront donner à ces situations nouvelles. Nous avons aussi trouvé une modalité d’apprentissage du travail en commun entre architecte, paysagiste et urbaniste. Alors que la co-conception est souvent difficile à initier dans un cadre pédagogique tant chaque étudiant défend les prérogatives de son métier encore mal maîtrisé, le fait de travailler ensemble en préalable à une réalisation concrète, qui ne donne avantage à aucun des métiers et ne mise que sur une compétence au bricolage et à la solidarité, facilite la reconnaissance mutuelle des étudiants par le primat des qualités humaines. Dès lors, les frictions entre métiers, qui réapparaissent forcément lors du retour au projet urbain, peuvent être gérées entre amis. Elles s’apaisent alors et deviennent fécondes. Partager la culture du projet avec l’habitant et entre métiers de la conception, c’était notre objectif en cette année 2013 dans le cadre de Marseille Provence Capitale de la culture : mission accomplie !

Médiatisation et finalisation Une équipe d’observateurs était en charge de consigner les stratégies des équipes, d’interviewer les acteurs et de constituer un fond documentaire. Ce matériau sera utilisé pour une publication sous forme de vidéo, d’un livre et sera valorisé par un séminaire en juillet 2014. Ces documents sont en cours de réalisation suivie par un comité de pilotage regroupant des enseignants de chaque école partenaire. D’ores et déjà, un site Web présente le déroulement et les résultats du workshop par des photos, des articles d’enseignants visiteurs, des séquences filmées.

www.workshop.marseille.archi.fr/ESTAQUE2013

17


J

ournal de bord

19


J1 - J7 atelier

in

situ

Du 30 Juin 2013 au 6 Juillet 2013 Peu d’étudiants connaissaient le territoire de l’Estaque, voire les problématiques marseillaises dans leur ensemble. Nous avons donc opté pour une immersion directe par l’action. D’abord en considérant que c’est en agissant sur un territoire qu’on peut s’en imprégner. Se placer dans une posture de projet, avec un objectif de production palpable, amène à comprendre de manière très pratique et pragmatique le fonctionnement d’un espace et de ses usages. Ensuite en considérant que c’est dans l’action et la critique de sa production qu’un débat peut émerger. On se base ainsi sur des mises en situations concrètes, n’empêchant nullement des considérations plus poussées mais servant de point d’entrée dans le dialogue à de nombreux exclus habituels des questions urbaines. Enfin en considérant qu’il procède à une forme d’échange entre les étudiants, les usagers et habitants d’un territoire. Si les seconds sont sollicités pour leur disponibilité, les premiers laissent derrière eux un espace censé avoir amélioré la qualité du quotidien du quartier. Nous avons sélectionné les sites en fonction de leur intérêt pédagogique et de leur intérêt pour le quartier, lors de plusieurs repérages en amont pendant lesquels nous avons également rencontré et impliqué certains habitants et structures locales. Texte du Collectif ETC

21


J1

dĂŠcouverte

30 Juin 2013

du

territoire

(14) Dessin de Camille Molle, participante ENSP (Autour de la Gare)

23


Présentation du lieu, extraits du site officiel de YesWeCamp (http://www.yeswecamp.org)

(15)

YesWeCamp Marseille 2013 est conçu comme un village, avec sa place centrale, ses petits recoins, les lieux plus privatifs et ceux où l’on se retrouve, ses espaces de travail, d’échange, et son totem. L’idée est d’entremêler dans un même espace des équipements différents et créant ainsi une diversité des usages et des publics.

Les toilettes sèches Tout le site fonctionne avec des toilettes sèches aménagées dans des blocs sanitaires composés chacun de 4 cabines et 4 pissotières. Ces blocs sont construits à partir d’échafaudages. (16)

Les plateformes pour tentes Il s’agit de planchers sur échafaudages placés à 30cm du sol. La structure est recouverte d’un sol en bois ou en gazon synthétique. Les moissonneuses Modules d’architecture performative “zéro déchets”. Ils sont réalisés grâce à une utilisation innovante des échafaudages et montés en “rosaces”. (17) 24


résidence à l’estaque Le camping éphémère nous a semblé particulièrement intéressant sur de nombreux points, comme l’auto-construction du projet ou la question qu’il pose par sa présence ici, il nous paraissait souffrir d’un manque d’ancrage sur le territoire de l’Estaque, jusqu’à lui tourner réellement le dos. Un des objectifs des actions était donc de tisser des liens entre ces micro-architectures disséminées dans la ville et le camping du quai de la Lave. L’identification facile, par les estaquéens, des étudiants aux campeurs, a permis d’instaurer des dialogues à une échelle spatiale plus importante que le simple lieu d’intervention. Texte du collectif ETC

(18)

25


26


27 (19)


1

2

(20)

Regardez! C’est la Bonne Mère! « Je suis a l’école d’architecture de Marseille, en 3ème année. Je suis rentrée dans l’école après un bac ES. En 1ère année, on a fait un workshop en Italie. C’était juste entre archis, mais mélangés avec des masters en architecture italiens. Ensuite, j’ai fait un workshop assez court, c’était le jardin des rails à la Friche. » Extrait de l’entretien d’Elsa Clérin par Flavien Boulnois

(21)

« Je suis à l’école du paysage à Versailles en 3ème année. Avant cela, j’ai fait un BTS aménagement et paysage et une année de prépa. A l’école j’ai eu l’occasion de faire deux workshops. Le premier avec des archis israéliens. Un travail sur une des boucles de la Seine, sur la reconversion d’anciennes gravières. Et le second, il y avait des urbas aussi, c’était avec des allemands et des espagnols. On a bossé sur Versailles. C’était sur la reconversion d’un site militaire abandonné. Voilà, c’est un peu mes expériences en workshop. » Extrait de l’entretien d’Alexandre Malfait par Flavien Boulnois « Je suis en master 2 d’urbanisme, formé sur le montage de projet opérationnel. Avant l’urbanisme j’ai fait une licence de sociologie et une licence de géographie et de l’aménagement du territoire. Je suis formé sur les rapports entre les acteurs et les notions de dynamique économique. J’ai fait un peu de travail de terrain en socio, des enquêtes... Mais c’est mon premier workshop interdisciplinaire comma ça. » Extrait de l’entretien de Guillaume Pourre par Flavien Boulnois

(22) 28

3


visite des trois sites Le premier dimanche après-midi, une visite de l’Estaque a été organisée afin de présenter les sites d’interventions préalablement pré-sentis. Un escalier abandonné, sur la montée des usines, au passé industriel marquant. Le parc Mallot, square abandonné en plein cœur du centre historique du noyau villageois. Un délaissé au pied de la Cité Pasteur, symbole de l’éradication des bidonvilles de l’Estaque. Ainsi, trois sites, géographiquement, historiquement et socialement distincts, pour trois équipes composées d’une dizaine d’étudiants et de deux membres du Collectif Etc. Suite aux premiers échanges ayant eu lieu sur ces différents sites avec les personnes rencontrées sur place, des pistes d’intentions ont été dégagées, allant jusqu’à un changement de site pour le troisième lieu, l’intervention se déplaçant du délaissé de Pasteur à la montée de la gare de l’Estaque. Texte du collectif ETC (23)

29


Enjeux pédagogiques Site stratégique entre la cité Kuhlmann, l’ancienne usine et la future zone à urbaniser au Nord. Liaison visuelle avec le port et une grande partie de l’Estaque. Rencontres possibles avec des habitants de la cité Kuhlman et avec l’entreprise Vinci de dépollution des sols. (24)

Superbe point de vue!

Interventions possibles Réhabilitation de l’escalier. Réhabilitation des marches. Réhabilitation des étendoirs. Construction d’assises. Mise en valeur des cadrages. (25)

Référence ETC

Escalier de l’Ollière, Chateldon, France Ce workshop in situ était pour les étudiants l’occasion d’expérimenter la construction de mobiliers et de structures directement sur le terrain, et à moindre coût, grâce au réemploi de matériaux. (26) 30


visite du site 1 : montée des usines Le site est localisé à quelques centaines de mètres au dessus de la mer, et offre un panorama incroyable sur toute la rade de Marseille. Il est à la limite des anciennes usines, en cours de dépollution, et est bordé d’une série de maisons ouvrières, toujours habitées. Autrefois pratiqué quotidiennement par des milliers d’ouvriers se rendant à l’usine, il est aujourd’hui abandonné et dans un état de délabrement avancé. Il incarne à lui seul les pratiques d’un territoire et ses mutations au cours des dernières décennies : une histoire qui s’est construite avec l’industrie, aujourd’hui sinistrée ; des centaines de cheminements piétons maillant le morceau de ville abrupte, fourmillant de raccourcis entretenus, complètement délaissés au profit de la voiture individuelle. Texte du collectif ETC

(27)

31


Enjeux pédagogiques Réflexion sur un espace public en plein coeur du village, à grande proximité avec les habitations. Rencontre/collaboration avec des habitants et le centre d’animation. Rencontre avec la Maison Municipale d’Arrondissement et le centre social. (28)

Interventions possibles Construction de trois marches pour l’accès au site. Ombrière. Ecran végétal. Mobilier d’assises. Interventions plastiques sur le mur. (29)

Référence ETC

Mobilier urbain Calabre, Italie

Rosarno,

Dans le cadre du festival de regénération urbaine A di Citta organisé par des étudiants de l’université de Ferrare, le Collectif Etc est intervenu une semaine, fin septembre 2012, à Rosarno, dans la région de la Calabre, en Italie du sud. Nous avons encadré un chantier ouvert d’une semaine avec une vingtaine d’étudiants et tenté d’ouvrir un nouvel espace public aux habitants de Rosarno. (30) 32


visite du site 2 : square mallot En plein cœur du village, ce square tout en longueur fait figure d’un véritable délaissé, de par le manque d’infrastructures et l’absence de qualité de son aménagement. Il est situé en plein cœur du vieux village de l’Estaque, et est entouré de maisons individuelles mitoyennes qui lui tournent toutes le dos. Malgré des usages ponctuels, plus personne ne semble vraiment occuper le lieu. Il cristallise des tensions pouvant exister entre différentes populations, des conflits d’usages, entre des jeunes y restant tard le soir et des personnes plus âgées aspirants à une tranquillité permanente. Toute la semaine a été parsemée d’échanges et de négociation avec les riverains. Texte du collectif ETC

(31)

33


Enjeux pédagogiques Réflexion sur un espace public à ré-activer. Réflexion sur le patrimoine de l’Estaque : mise en valeur de monuments classés actuellement délabrés. Rencontre/collaboration avec des habitants, des passants, et avec la Maison Municipale d’Arrondissement Estaque-Gare. (32)

Interventions possibles Mobilier d’assises. Plantations. (33)

Référence ETC à nous le parking ! Strasbourg, France Le Collectif etc s’est proposé pour organiser un workshop à l’INSA de Strasbourg, du 17 au 21 janvier 2011. Pendant ces quelques jours, les étudiants ont fabriqué des éléments de mobilier qui ont permis une première appropriation du parking. Au travers de cette expérimentation d’usage, notre objectif était de faire prendre conscience de la possibilité d’attribuer cet espace au bénéfice des étudiants, des personnes travaillant à l’école, et du public. (34) 34


visite du site 3 : autour de la gare L’avenue de Caronte fait office de parking pour la gare et le quartier, il y a quelques bancs et on y attend le bus au croisement de la rue Pelletier. Juste en face cohabitent le centre social et la MMA (maison municipale d’arrondissement) qui nous ont bien aidés. Disséminés en trois lieux partant de la route structurante du village et remontant jusqu’au bâtiment de la gare quelques cinquante mètres plus haut, trois arrêts possibles ont été construits. Ceux-ci suggéraient des usages métropolitains et multimodaux sur le parking de cette gare villageoise : le quai 1 pour attendre le train vers Martigues, le quai 2 pour les promeneurs du quartier et le quai 3 pour prendre le bus vers Marseille. Ces trois installations, couplées à une signalétique propre, participent au séquençage de la rue. Texte du collectif ETC

(35)

35


J2

1 Juillet 2013

APPRÉCIATION DES LIEUX (36) Dessin de Jean Mazé, participant ENSA-M (Montée des usines)

37


Extraits des entretiens avec des étudiants sur leur première journée de travail.

Juste là, un petit géranium...

« D’abord, nous avons fait une promenade collective pour trouver des endroits où il était possible de mettre en place des espaces de repos ou de détente. » (37)

« Ensuite, nous nous sommes séparés en trois groupes, répartis entre les différentes spécialités (architecte, paysagiste, urbaniste), pour repérer de nouveaux lieux et discuter avec la population. » (38)

« Durant l’après-midi, nous avons fait un rassemblement pour poser des réflexions sur les travaux à effectuer sur les trois sites. » (39) 38


extrait du journal de bord des observateurs

Notre groupe d’observation, constitué par Julien Ineichen, Flavien Boulnois et Clément Pecqueux, a tenu un journal de bord sur l’ensemble du workshop. En voici un extrait : Premier jour de projet sur les sites d’intervention. Chaque groupe de 10 devra dans l’après-midi se rendre avec deux encadrant d’ETC sur un des trois sites d’intervention : l’escalier des Riaux, le square Mallot et la gare de l’Estaque. La matinée est alors consacrée aux premières réflexions sur les interventions, depuis le campement Yes We Camp. La discussion se fait autour de croquis et de schémas pour resituer le site et se mettre d’accord sur l’attache et la légitimité de l’intervention dans le quartier. Pour notre groupe d’observation, l’importance est de s’organiser pour la semaine à venir. Nous entamons les discussions autour des questions à poser lors de la première série d’entretiens. Nous décidons également des modalités de l’entretien : comment nous allons nous répartir sur l’aire du camping, dans quelles conditions, quel ordre pour les questions… Nous décidons de ne pas désigner les participants pour la prise de parole mais d’observer les prises de paroles spontanées, d’identifier les éléments potentiellement dominants dans les groupes et en analyser les évolutions. Chacun de nous doit se placer à un endroit du camping différent. Personnellement j’ai décidé avec les participants de nous placer dans la cabane de l’école d’architecture, un peu en retrait des activités du camping et puis, pour des raisons d’organisation, dans la « tour » à l’entrée du camping qui s’avère être au final notre QG. Nous nous organisons également concernant le matériel d’enregistrement pour les entretiens. Comme il nous manque encore des éléments, nous partons à l’école d’architecture pour récupérer des enregistreurs, des micros et caméras. Après le repas, nous décidons de mener notre première série d’entretiens par groupes de 3. Le but ici est de faire connaissance avec les participants, de repérer la constitution des groupes de travail et surtout d’amorcer entre eux les premiers échanges et réflexions. L’entretien se fait en plusieurs temps, d’abord chacun présente son cursus/parcours jusque-là, puis les participants nous font part de leurs expériences (ou non) dans des workshops ou des travaux de groupes plus ou moins importants. Ensuite, nous leur demandons, vis-à-vis de ces expériences, ce qu’ils attendent de ce workshop à l’Estaque et enfin,nous leur demandons leurs premières impressions quant à la prise de contact avec le terrain, l’installation sur le camping et les premières heures passées tous ensemble. A partir de 16h, tous se réunissent au campement pour prendre le bus et se diriger vers l’école d’architecture de Marseille, pour une soirée d’inauguration des trois workshops « Le temps des territoires » organisés dans le cadre du projet Campus 2013. Une très belle soirée avec différentes présentations des objectifs de ces workshops, puis une soirée dansante très animée autour d’un buffet. Cette première soirée a permis sans doute de rapprocher les participants les uns des autres et de donner une dimension ludique au cadre du workshop. Texte de Clément Pécqueux

39


J3

ESQUISSE

2 Juillet 2013

ET

CONSTRUCTION

(40) Dessin d’Alexandre Malfait, participant ENSP (Square Mallot)

41


« Avant, il y avait des arbres, des arbustes et des fleurs. C’était un jardin. » Un habitant du quartier (41)

Ah il est sympa ce square!

« Voir des gens ici, c’est étrange. Il n’y a rien de plaisant ici, c’était mieux avant, il y avait de la verdure… Des glycines ont été plantées le long des poteaux métalliques, mais ça n’a pas tenu. » Une habitante du quartier (42)

« Ils ont tout dégagé, parce que les jeunes ils cachaient des choses. Plus c’est dégagé, mieux c’est. » Un habitant du quartier (43) 42


récit des étudiants « square mallot »

Alors qu’à l’issue de la première matinée de travail, un consensus s’était formé au sein de l’équipe (autour du parti pris de concentrer nos actions sur une bande de 3 mètres de large s’étalant sur les 3 niveaux du site), le retour sur le site ce mardi matin a un peu remis nos projets initiaux en question. La bande de 3 mètres nous est en effet apparue trop petite. A également émergé l’idée d’en dessiner deux, de diamètres différents. La journée a donc commencé par un moment de débat au sein du groupe et d’essais au tesa. Après discussion et vote, le choix s’est finalement porté sur la réalisation d’une bande d’1,5 m de large (à l’arrière du square) et d’une bande de 3 mètres de large (vers les sièges individuels) essentiellement consacrée à la disposition de mobilier urbain. Deux équipes se sont formées, l’une devant réfléchir aux graphismes des murs et des sols, l’autre devant imaginer le mobilier urbain en bois à réaliser. Les membres de l’équipe se sont ensuite réunis pour un échange autour des différentes propositions formulées. Concernant les graphismes sur les murs et le sol, seront donc réalisés des bulles (type BD) d’expression libre et des suggestions de végétation par un graphisme relativement épuré Une réflexion a également été menée autour de l’articulation des différentes tranches d’âge des occupants de cet espace public. Les motifs de la bande la plus large seront ainsi plutôt axés vers les jeunes et les enfants en bas âge. Une « marelle escargot » sera notamment dessinée au sol. La bande plus étroite se destine, elle, à un

public plus adulte.

L’idée est de créer un espace convivial et ombragé de discussion, comparable à un salon. Les motifs au sol viseront donc à rappeler ceux d’un tapis persan. Le mobilier urbain se composera d’une partie fixe, contre le mur, sur toute la longueur de la bande et de parties mobiles, pouvant servir d’assise ou de table. Cette journée a par ailleurs été rythmée par les visites et les interventions de différents habitants et usagers du quartier, curieux, surpris, enthousiastes mais aussi pessimistes voire sceptiques face à notre projet. Certains se sont néanmoins montrés très enthousiastes, volontaires et appliqués. En milieu d’après-midi, un groupe d’ados du quartier est ainsi spontanément venu nous aider. Visseuse, scies… Ils n’ont pas ménagé leurs efforts pour tenter d’impulser une nouvelle dynamique à cet espace, qu’ils n’occupent que très rarement face au peu d’équipements existants leur étant destinés. Texte des étudiants de l’équipe « Square Mallot »

43


J4

AVANCÉE

DES

3 Juillet 2013

RÉALISATIONS

(44) Dessin de Camille Molle, participante ENSP (Autour de la Gare)

45


« Vous êtes fous de construire des choses avec du bois ! Si y a le feu sur le remblais, votre installation elle tiendra pas bien longtemps. Vous êtes sûr que vous voulez pas utiliser du ciment plutôt ? » Ahmed, observateur assidu de l’avancée des travaux (45)

Oh les filles! Donnez moi cette scie!

« Y a même des filles qui travaillent... Attends, je vais leur montrer comment on scie une planche. » « Si ma femme me voyait, elle me tuerait. Je l’aide jamais à la maison et là je me mets à découper des planches avec vous... » Collègue d’Ahmed, prof de bricolage improvisé (46)

« Le 14 juillet, il y a des bouchons sur la route jusqu’ici ! Tu m’étonnes, les gens ils viennent voir le feu d’artifice depuis le bord de la route. C’est magnifique d’ici. Maintenant avec votre terrasse en bois, on sera super bien installé. » Un habitant de l’Estaque venu apporter des seaux de terre (47) 46


récit des étudiants « montée des usines »

Nous avons découvert pour une partie d’entre nous la partie haute, au delà de notre site d’intervention. Cette balade nous a permis de mieux comprendre le contexte dans lequel nous travaillons. La route mène à une impasse et dessert des habitations.

Les vestiges industriels sont les éléments les plus frappants du paysage,

les murs restants véhiculent une ambiance particulière qui renforce le sentiment d’abandon. Cette route, autrefois très empruntée, est aujourd’hui uniquement utilisée par les habitants et les ouvriers travaillant à la dépollution des usines. L’abandon de l’industrie a mené à la désertification d’une partie de la zone. Par la suite, nous sommes allés vers les habitants afin d’engager la discussion. Ils nous ont tous accueillis chaleureusement et ont montré un certain enthousiasme vis à vis de la remise en état de ce cheminement. Toutefois, ils ont montré quelques réticences notamment concernant la mise en place de mobilier ou d’aménagements qui pourraient attirer des « jeunes » dont la présence apporte visiblement de nombreuses nuisances (déchets, tapage nocturne...). « Il y a des a dit Ahmed.

filles et des garçons qui font la bringue, ah non non non…. !!! » nous

Les habitants souhaitent en effet préserver leur cadre de vie, leur mode de vie autour des échanges entre voisins. La préservation des pratiques est souvent ressortie des rencontres avec les habitants, eux qui témoignent d’une dégradation de l’ambiance villageoise ces dernières années et d’un certain cloisonnement qui leur semble nécessaire pour garantir leur sécurité. A partir de ces rencontres nous avons décidé de modifier les aménagements que nous avions prévus de faire, notamment ceux qui concernent la mise en scène du cheminement avec les piquets que nous souhaitions mettre en place. Le projet sera orienté en priorité vers les habitants et visera à l’amélioration des conditions de cheminement plutôt qu’un rayonnement étendu du projet à une échelle plus large. Avancement des travaux : Construction de la deuxième partie de la terrasse et améliorations sur le premier palier : « platelage » du sol. Mise en place progressive du garde-corps en haut de l’escalier. Construction en cours des marches en bas du cheminement et utilisation du matériau bois pour les marches manquantes. Texte des étudiants de l’équipe « Montée des usines »

47


Jeunes du quartier venus prĂŞter main forte

48


(48)

49


J5

avancÉe

4 Juillet 2013

des

rÉalisations

(49) Dessin de Lucie Loosen, participante ENSP (Autour de la Gare)

51


L’Arrêt de bus (50)

LA

Cabine

LE

Parking

téléphonique

(51)

On est pas bien là?!

(52) 52

de

la

gare


récit des étudiants « autour de la gare »

L’arrêt de bus En observant l’usage du lieu par les habitants, nous avons pu voir qu’il manquait du mobilier urbain pour attendre l’arrivée du bus. L’idée est de développer deux quais en vis-à-vis afin d’améliorer le confort. Dans le trottoir côté gare, les habitants s’assoient sur un petit terre plein où est situé un local technique. Sur la droite de ce petit bâtiment, il y a un accès piéton peu utilisé et mis en valeur pour accéder à la gare. Le travail consistera à rehausser ce terre plein où les piétons s’assoient et mettre en valeur ce chemin d’accès à la gare en y installant des marches. En face, le trottoir est très étroit et les gens ne peuvent pas s’asseoir pour attendre le bus. Il s’y trouve aussi des portes condamnées. Le but sera de requalifier ces portes murées en y installant des sièges assis-debout. La cabine téléphonique Le deuxième site est situé entre l’arrêt de bus et le parking de la gare. Il est au niveau d’une cabine téléphonique en mauvais état. L’endroit dispose aussi d’un banc le long d’un mur peut attrayant pour se poser. Les travaux développés sont de réaménager le banc le long du mur et de prolonger ce banc sur le trottoir. Comme ce dernier est en pente, il est aussi prévu d’aplanir le trottoir. Au vu de l’état de la cabine téléphone, elle sera bâchée pour la remettre en valeur. Pour créer une liaison entre les deux autres sites, des signalétiques seront mises en place pour indiquer les autres aménagements. Le parking de la gare La gare de l’Estaque est un bâtiment très dégradé et non utilisé par les services de la SNCF. Pourtant ce bâti est classé au vu de sa valeur patrimoniale et architecturale. Les usagers du train contournent le bâtiment pour accéder aux quais. Il n’existe pas de mobilier pour attendre l’arrivée du train. Comme pour le premier site, il est prévu de créer des aménagements pour les usagers du train. Il sera développé des bancs permettant aux habitants de s’allonger ou de s’asseoir. La structure épousera la pente permettant d’accéder aux quais à sa gauche et les marches d’escalier sur sa droite. Texte des étudiants de l’équipe « Autour de la gare »

53


54


(53)

Alors alors?! Qu’est-ce qu’on mange?

55 (1)


J6

DEAD LINE !

5 Juillet 2013

(54) Dessin de Thibault Mercier, participant ENSP (Square Mallot)

57


Je range, et on y va...

« Ici, les cloisons sont très fines. On vit avec ses voisins en permanence. C’est la courée. » (55)

Un habitant du quartier

« Le soir on vient faire des pétanques avec des amis. » Un habitant du quartier (56)

« Ici, le soleil on l’aime quand ça sert à fabriquer de l’ombre. » Un habitant du quartier (57) 58


récit des étudiants « square mallot »

Les services techniques de la municipalité nous ont contactés. Certains riverains ont en effet fait part de leur crainte face à nos installations, et tout particulièrement au mobilier urbain qui s’appuyait contre le mur de soutènement. Nous avons donc rencontré une représentante de la municipalité. Suite à cette discussion, nous avons décidé de démonter la structure de bois construite hier. Au cours de l’après-midi, nous avons également reçu la visite de jeunes enfants, du centre d’activité près du parc. Nous leur avons proposé un petit atelier où chacun a pu proposer ses idées concernant les jeux qui seront peints au sol dans la bande la plus large. A partir de leurs dessins, nous avons décidé de combiner les différentes idées émises, selon un principe de cercles dessinés au sol pouvant être utilisés comme une marelle, un jeu de cibles et un jeu d’obstacles. Parallèlement, nous avons à nouveau reçu la visite du groupe de jeunes garçons du quartier qui étaient venus nous aider hier. Le groupe du mobilier a continué le meuble pivotant, tandis que l’on a entamé la peinture du mur de la grande bande et fait quelques finitions. Nous avons également tracé le jeu au sol : c’est une série de cercles plus ou moins rapprochés avec quelques dessins ou chiffres dans certains. L’objectif est que le dessin soit

suffisamment simple pour que l’enfant lui même puisse inventer les règles du ou des jeux, il peut notamment servir de marelle ou de jeu de « cibles » avec des pierres. Nous avons également débattu sur ce que nous voulions voir apparaître dans les bulles de BD peintes au mur... Du texte ? Des images ?

Le texte correspondait à l’idée que l’on puisse le compléter, que certaines bulles puissent être laissées vides et complétées par la suite par les habitants. Mais qu’y écrire ? Des paroles d’habitants ? Des suggestions sur l’utilisation du lieu ? Des jeux de mots plus neutres ? Les images ou « pictogrammes » présentaient l’avantage de pouvoir s’adresser à tous sans privilégier une parole ou un point de vue sur un autre. Nous avons réfléchi au mobilier de la « petite » bande, celle avec le tapis au sol censé rappeler un salon : nous pensions que pour affirmer cette idée il devait être différent, et éventuellement évoquer des fauteuils… etc Les débats et l’attente du matériel manquant nous ont freiné dans la journée mais ont permis de soulever certaines questions et clarifier le projet pour tous. Texte des étudiants de l’équipe « Square Mallot »

59


J7

PRÉSENTATION

6 Juillet 2013

DES

TRAVAUX

(58) Dessin de Thibault Mercier, participant ENSP (Square Mallot)

61


« Tu vois cet escalier là? Y’a 50 ans en arrière, tous les jours il était emprunté par 1500-2000 personnes! » (59)

Un habitant du quartier

« La dernière personne à utiliser cet escalier, c’est moi. » Un habitant du quartier (60)

La prochaine fois, ils monteront pieds nus!

« En reprenant un peu l’ancien tracé, on a tout déplacé pour avoir ce chemin qui se tient sur ce talus» Alain Millias (61) 62


Le dernier jour, une visite des différents sites a été proposée, chaque groupe expliquant

aux autres étudiants, aux encadrants et aux passants leurs intentions sur chacun des sites, avec un temps d’échange sur chacune des interventions. C’était l’occasion de relier les différents points d’intervention les uns avec les autres, ainsi que de mettre en avant leur rapport avec le quartier de l’Estaque, mais aussi avec le camping éphémère, les départs des balades commentées ayant lieu là-bas. Texte du collectif ETC

présentation « montée des usines » (62)

63


CHEEEEESE !

« Ah! Sur cet espace, il y a de quoi faire! C’était beau avant, mais maintenant c’est pas beau... » (63)

Une habitante du quartier

« Ces maisons ont été construites dans les années 60. C’était pour les personnes qui travaillaient à l’usine Lafarge, pour les cadres. » Un habitant du quartier (64)

« Ce site a une situation particulière. Il est à mi-pente. Une espèce de respiration entre le parc Minèrve et le parc du mistral. » Alexndre Malfait (65) 64


Nous sommes partis en groupe de 3 selon des itinéraires différents pour ne pas que

la centaine de personnes qui étaient présentes se retrouvent toutes au même endroit, ce qui aurait posé des problèmes de gabarit d’accueil et d’audibilité des explications des étudiants. Donc, les cheminements se sont produits de manière différenciée, chacun ayant commencé par l’un des lieux, l’objectif étant de se retrouver vers 17h à Yes We Camp pour faire un bilan. Les présentations des étudiants ont été tout-à-fait intéressantes parce que assez familières, au fond, avec des enfants sur le Square Mallot qui avaient travaillé sur le chantier qui sont venus raconter ce qu’ils avaient fait.

Texte de Stéphane Hanrot

présentation « square mallot » (66)

65


«Une espèce de scène, visible depuis en bas, qui indique la gare » Benoit Romeyer

(67)

« Un espace avec beaucoup de potentiel, avec de l’espace, mais relativement difficile à utiliser » Benoit Romeyer

(68)

Un vrai plaisir d’attendre le bus

« Comme il y a beaucoup de gens qui attendent le bus, on va profiter des portes qui ont été murées pour mettre un mobilier «assis-debout», comme on en trouve dans les tramway par exemple. » Benoit Romeyer

(69) 66


Sur la gare, on a eu le plaisir de trouver des gens assis sur les bancs et

les utilisant. Tout ceci a permis, en fait, aux étudiants d’expliquer avec beaucoup de chaleur la dureté du travail qu’ils avaient fait évidemment et puis l’intérêt social de ce travail dans la découverte, en fait, des distinctions fortes entre quartiers, des attentes de la population, attentes d’un milieu en évolution, de la déception des populations qui ont été souvent mobilisées, à qui l’on n’a rien donné finalement et qui sont toujours en train de répondre à des questionnaires, des enquêtes d’opinion mais n’ont jamais de retour concret. Là, on amenait quelque chose, on a donné quelque chose a priori et la population s’est intéressée à ce don par l’usage qu’elle en a fait d’une part mais aussi par l’encouragement au travail des étudiants. Texte de Stéphane Hanrot

présentation « autour de la gare » (70)

67


J8 - J12 Étape

charniÈre

Du 7 Juillet 2013 au 11 Juillet 2013 Durant cette période, les étudiants se sont répartis en groupes de trois, toujours en mélangeant les disciplines d’origines. Ils ont ainsi mené une réflexion prospective à l’échelle du territoire, en réfléchissant aux orientations possibles pour le devenir de cette frange littorale. Durant cette semaine, ils étaient accompagnés de duos enseignant-professionnel : pour l’architecture, Stéphane Hanrot et Marc Barani ; pour l’urbanisme Michel Chiappero et Francis Ampe ; pour le paysage René Girard et Guerric Péré. Étaient en outre présents des enseignants invités de différentes universités : Serge Bethelot du Génie-UrbainParis-Est, Lisa Diedrich du TU-Malmö , Elio Trusilani de La Sapienza-Roma, Alex Oliveira et Marluce Venancio de l’Université UEMA São-Luis (Brésil), et Maísa Veloso de l’Université de Natal (Brésil). Un des objectifs résidait dans l’expérimentation de différents outils de représentation du projet urbain. L’idée était ici de se servir d’une photo aérienne, imprimée sur une bâche de 10m x 4m posée au sol, sur laquelle il est possible de marcher, donnant une représentation en vue d’avion. Texte du collectif ETC

69


J8

7 Juillet 2013

VIRAGE DE LA GRANDE ÉCHELLE (71) Dessin de Thibault Mercier, participant ENSP (Square Mallot)

71


« Derrière le projet il n’y a pas simplement des compétences, des savoirs faire, il y a aussi la question de les mettre au service d’un diagnostic, d’un idéal, d’une ambition sociale et de proposer un enjeu politique. » Extrait d’entretien de Marc Barani par Clément Pécqueux

(72)

« Je pense qu’il faut que les concepteurs aient justement l’habitude de travailler à toutes les échelles en parallèle. Les concepteurs, c’est-à-dire les architectes, les paysagistes, les urbanistes ou autres également. » Extrait d’entretien de Guerric Péré par Flavien Boulnois (73)

« Le métier de l’urbaniste c’est de jongler. C’est de jongler avec les outils, avec les disciplines, les connaissances, l’ensemble des connaissances que l’on peut avoir sur un territoire, que l’on peut construire sur le territoire, et c’est fondamentalement de jongler avec des échelles de territoire. Extrait d’entretien de Michel Chiappero par Julien Ineichen

(74) 72


Le point de vue des experts

Question des observateurs : « Si on revient sur la pratique de cette première semaine de workshop, avec le collectif Etc., nous pouvons dire que ce collectif amorce des dynamiques à l’échelle micro-locale, qui impactent l’espace public et qui posent comme hypothèse que ce processus de projet peut initier des réflexions à une échelle plus globale, à partir du moment où elle met en dialogue les acteurs locaux et par effet « boule de neige » pourrait éventuellement impacter le territoire à plus grande échelle. Comment vous évaluez la pertinence de ces démarches qui sont quasi-évènementielles sur le territoire comme outil de projet à l’échelle territoriale ? » Extrait de la réponse de Marc Barani : « L’idée c’est plutôt d’avoir plusieurs outils pour intervenir sur le territoire. Et le workshop commence à mettre ça en place. Je prends un exemple précis. Sur la frange littorale de l’Estaque, il y a des interventions avec Yes We Camp qui sont de l’ordre de ce que peut faire Etc. C’est-àdire une sorte de colonisation provisoire avec de nouveaux usages qui peut créer une brèche, dans une zone qui, à une échelle territoriale, devrait muter. [...] Je crois que c’est le temps qui permet de régler les choses et qui permet de mettre en place les diverses échelles. [...] La mutation de ce lieu, qui est une plateforme industrielle, c’est génial. [...] C’est un emboîtement, c’est-à-dire que c’est dans cette tension, entre un projet urbain général, un projet territorial et des micro-interventions, que ça peut se passer et donc, que ça peut induire des pratiques nouvelles ou révéler un potentiel nouveau pour les sites. » Extrait de la réponse de Guerric Péré : « A mon avis, il y a deux échelles de pertinence. Dans le cadre pédagogique je trouve que c’est assez essentiel de se confronter à un principe de réalité. La réalité, c’est à la fois la forme du terrain, la dureté d’un bois que l’on va scier ou la haine du voisin qui ne veut pas que l’on touche à son environnement. [...] Je crois que l’installation de choses dans un temps court est un révélateur. ça associe des forces vives locales et c’est un révélateur des possibles. ça n’engage rien, ça n’engage pas le long terme, ça ne solidifie pas et ça met des gens autour d’un fait. [...] Ça permet d’animer des espaces provisoirement et d’éclairer des lieux qui pourraient être délaissés. » Extrait de la réponse de Michel Chiappero : « Je pense qu’il y a une vraie demande sociale, socio-politique, on peut dire, pour un renouveau, pour ce style d’intervention et pour un renouveau des façons dont se pratiquent aujourd’hui l’intervention architecturale et l’intervention urbaine, puisque l’on est sur ce champ. [...] Le deuxième point, c’est qu’il y a eu une simultanéité d’intérêts puisque l’hypothèse de constituer un Institut Méditerranéen de la Ville et des Territoires, donc de collaboration entre l’école d’architecture, l’IUAR et l’ENSP. Cette convergence momentanée a fait que nos trois institutions se sont engagées dans un système de pensée un peu différent de la pédagogie et de rapport au territoire. Et peut-être nous amener à redéfinir un certain nombre de façons de faire avec nos propres étudiants, en gardant évidemment chacun sa propre spécificité, mais peut-être amener à modifier un certain nombre de modalités pédagogiques. En tous cas, ça nous donne l’occasion. C’est nouveau. C’est une expérimentation. Je pense que ça va impulser de nouvelles façons de réfléchir notre pédagogie, notre métier de formation, dans nos institutions. »

73


« Je vois en cette démarche deux bénéfices. Le premier, c’est de créer un effet d’annonce et finalement de servir de support de transfert pour l’habitant et lui donner un accès à ce que l’action de projet peut produire pour lui, avant d’être posé comme un projet d’ensemble. (75)

Le deuxième, c’est que je crois qu’en adoptant cette démarche, je me mets dans la peau du professionnel qui s’appuie sur cette démarche via ETC ou autre. Finalement, on devient un peu à son tour citoyen de l’endroit. Autrement dit, on est acteur sur place, même si on n’est pas à la scie ou à la découpe, le fait d’être en discussion avec des habitants qui viennent donner un coup de main.

(76)

Et finalement, ça donne le sentiment que l’on appartient un peu à ce territoire, qu’on n’est pas seulement observateur. On entre en connaissance et en résonnance avec le lieu et les gens. A partir de là, le regard professionnel sur le territoire s’aiguise, s’affute et devient plus juste, je pense. » Extrait d’entretien de Stéphane Hanrot, par Flavien Boulnois

(77) 74


Extrait de la réponse de René Girard : « Je me demandais, pour que les choses soient encore plus performantes, s’il n’aurait pas été intéressant d’y associer en amont des gens qu’on aurait contactés. [...] C’est-à-dire amorcer le processus de la rencontre au-delà de la rencontre fortuite des gens qui passent et qui voient tout à coup qu’il se passe quelque chose sur leur site. Ce n’est peut-être pas facile à mettre en place et ça peut éventuellement être contesté, je ne sais pas. Toujours est-il qu’on a là une expérience assez unique. Je pense qu’il serait intéressant qu’il y ait un suivi. C’est-à-dire de revenir sur le site, constater les niveaux d’usage et de dégradation, pour qu’on ait une véritable évaluation de l’impact. Et puis éventuellement voir si les gens regrettent que ça ait été abîmé, brulé… Faire une sorte de retour sur expérience, ça me semble intéressant parce que si on renouvelait l’expérience, on le ferait peut-être différemment, avec des matériaux plus durables par exemple. » Extrait de la réponse de Francis Ampe : « Je vais vous faire part de deux notions que j’aime bien employer avec mes étudiants et qui sont quelques principes simples que j’applique en urbanisme. Je dis d’abord que « l’urbanisme est un art qui se pratique avec les pieds ». ça demande donc vraiment une présence physique sur le terrain et un contact avec les différentes dimensions. Et deuxièmement, « l’urbaniste c’est quelqu’un qui joue sur les échelles ». Ce qui fait que la démarche qu’ETC a proposé aux étudiants me plaît assez. Pour autant, ça n’empêche pas que le passage de la petite à la grande échelle est conceptuellement parfois assez difficile. Parce qu’on a l’illusion d’une continuité. Or, il y a des ruptures. C’est ça la plus grande difficulté qu’ils vont rencontrer dans cette deuxième semaine, c’est gérer les sauts qualitatifs, le passage de l’un à l’autre qui n’est pas linéaire. » Extrait de la réponse de Serge Bethelot : « Sur les questions de pédagogie et d’approche du projet, on développe habituellement une méthode plus traditionnelle, sur un schéma classique, c’est-à-dire sur des emboîtements d’échelles, de la grande échelle à la petite échelle. Mais, je pense que c’est l’expérience et que c’est le résultat qui dit la vérité. Je trouve cette méthode intéressante. J’attends le résultat pour voir comment ils vont pouvoir imbriquer ce rapport de l’échelle 1.1 à la grande échelle ou même à l’échelle du projet pour certains. La question, c’est celle de la transition. C’est vrai qu’une analyse plus classique, en entonnoir, c’est relativement facile, ça paraît plus évident. [...] C’est intéressant de faire de l’intervention urbaine, on est à mi-chemin entre l’intervention artistique et puis le projet urbain. Je trouve ça très intéressant, en clouant quatre planches pour faire un banc, de voir ce que ça fait évoluer dans l’environnement. » Extrait de la réponse de François Monjal : « Pour moi, [...] c’est cette valeur de bien cerner le lieu, de comprendre le lieu, d’être dans de l’intervention où on est en phase avec une population, un territoire… Il y a une proximité qui est complètement différente de la proximité qu’on peut avoir dans une logique de planification ou une logique de prospective. Avec eux [le collectif etc], il y a une proximité temporelle et une proximité physique, ce qui me paraît être important. C’est important parce que ça donne de la crédibilité au projet. Ça donne une vérité, ça instaure un nouveau processus participatif. C’est plutôt participant que concertant… [...] Ça me parait intéressant de montrer à nos étudiants qu’au final c’est quand même pour faire des choses concrètes. [...] Et puis qu’on a quand même encore, de temps en temps, un champ d’actions sur le territoire. »

75


J9

8 Juillet 2013

DÉVELOPPER LES THÉMATIQUES (78) Dessin de Quentin Fargeix, participant ENSA (Autour de la Gare)

77


« La photo aérienne comme base de travail commune et table de discussion des propositions de projets, seul ou en groupe... puis du projet commun partagé (ou quasiment). Un instrument important et fondamental, hérité de l’expérience du workshop de Sao Luis, au Brésil : contamination entre workshops. » Extraits (traduits) de « Conziderazione a margine de un osservatore interessato », d’Elio Trusilani, en ligne sur le blog. (79)

« Je pense que le modèle du workshop aujourd’hui, l’atelier urbain, doit se composer autour des équipes pluridisciplinaires, obligatoirement pluridisciplinaires. Je prends l’exemple des équipes que je connais, dans l’atelier du Grand Paris, ils produisent des choses qui viennent de la pluridisciplinarité. Quand Yves Lion parle des puits de chaleur dans son projet, on voit que dans son équipe il y a des gens qui viennent d’autres horizons. » Entretien de Serge Bethelot par Clément Pécqueux (80)

« L’ensemble des représentations sont un outil. On peut représenter un morceau de territoire, quelle que soit son échelle d’ailleurs. Le dessiner à la main, c’est éviter l’interface informatique qui désimplique le cerveau par rapport aux lieux, par rapport au territoire. [...] Alors la question du rapport de la représentation collective et représentation dessinée prend du sens. Est-ce qu’une représentation dessinée peut avoir un impact sur les représentations collectives ?» Extrait d’entretien de Michel Chiappero par Julien Ineichen (81) 78


un outil original : l’estaque au sol

Et le lundi soir, il y a eu une sorte de panique sur la nature des rendus que nous devions produire. Je dois préciser que le rendu principal était formé par une grande photo aérienne de 7 mètres par 3mètres 20 - 3mètres 40, échelle 1/500ème sur l’ensemble du site de l’Estaque.

Pourquoi cette grande photo ?

Parce que d’intuition je considérais que se limiter à l’écran d’ordinateur et à des échelles petites pour parler du territoire de l’Estaque, allait créer un hiatus très fort avec la connaissance territoriale acquise lors des exercices de réalisation sur place. Travailler sur un grand document permet d’avoir le sentiment de planer, quoique à hauteur d’homme, comme un gabian qui observe son territoire. Il est évident qu’une photo de 7 mètres de long par 3 mètres 40 de large n’est pas appréhendable d’un seul tenant, on a donc une vision partielle. Mais la possibilité d’appréhension d’ensemble était possible grâce à ma mezzanine de l’atelier. Ce sentiment de planer, je l’ai eu lors d’un workshop au Brésil, à San Luis, où, pour que les étudiants puissent se repérer sur les sites, l’équipe pédagogique avait imprimé un grand format au 1/5000ème de l’estuaire sur lequel nous devions travailler. Ne connaissant pas le site, j’y suis revenu souvent avec mes étudiants pour localiser les enjeux et les débats. J’avoue que j’avais beaucoup de plaisir à me trouver en posture debout sur cette photo aérienne avec le sentiment d’entrer dans le territoire, ce que la même photo à l’écran ne procure pas. A l’Estaque, l’échelle était le 1/500ème, beaucoup plus précise donc et très fine grâce à Géoportail. Elle montrait en détail l’espace public, le bâti, les jardins. C’était l’échelle intermédiaire entre le travail à l’échelle 1/1 sur le terrain de la première semaine et le recul cartographique nécessaire à la conceptualisation d’un projet urbain.

Comment a-t-elle été utilisée ?

Dès le lundi, les étudiants, qui avaient été frustrés jusque là de documents graphiques, tournaient autour, marchaient en chaussettes dessus pour aller voir leurs secteurs d’étude de près. A la fin de cette première journée de travail, nous avons fait un petit tour des thématiques que chaque équipe de trois devait proposer. Comme la réactivité des groupes était faible, je leur ai demandé : « Proposez vos thématiques en mettant en œuvre un certain nombre d’objets sur cette photo aérienne. On ne fait pas une maquette réaliste, on ne fait pas les courbes de niveau, (c’était leur angoisse), car ce serait énorme au vu du relief, et nous avons déjà une maquette de site. Non ! vous allez chercher des bouts de bois, des branches, des bouts de plastique, tout ce que vous trouvez d’utile pour raconter votre diagnostic et votre proposition» Je leur ai laissé une demi-heure, en fait ça a pris une heure. Puis on a engagé la présentation équipe par équipe. Ça a été assez extraordinaire. Au début, c’étaient des post-it, puis des bâtons pour indiquer des organisations urbaines, des scotchs pour marquer un cheminement. Tout d’un coup, notre photo aérienne est devenue une sorte de capharnaüm incroyable mais duquel émanaient des lignes de force, des idées directrices que portait chacun des thèmes. On basculait d’un débat existentiel à la fabrique d’un projet. Mais il ne s’agissait pas d’un projet classiquement dessiné, plutôt de potentiels territoriaux. Restait alors à faire émerger une proposition commune. J’ai donc poussé les équipes à négocier sur la photo aérienne, la complémentarité de leurs propositions, à créer une synergie entre elles, à les amender si besoin. Puis, le soir, j’ai reprécisé les conditions de rendu : un panneau A0 dans lequel chaque équipe pouvait insérer un texte de format A4 plus des commentaires avec des cartes à différentes échelles. Texte de Stéphane Hanrot

79


80


(82)

81 (1)


J10 TENSIONS

9 Juillet 2013

ET

DIVERGENCES

(83) Dessin de Quentin Fargeix, participant ENSA (Autour de la Gare)

83


« Le workshop que l’on a mis en place et que l’on teste cet été, a une vertu singulière. C’est qu’il veut se faire confronter des compétences complémentaires dans le projet, qui sont souvent vues comme concurrentes dans la vie réelle : architecte, paysagiste et urbaniste. Profiter du fait que les étudiants sont d’abord volontaires et qu’ils ont une disponibilité intellectuelle pour les amener à découvrir une situation de coconception. Pourront-ils alors comprendre quelles sont leurs spécificités de leurs compétences respectives et en même temps leurs recouvrements sans entrer en conflit. C’est tout l’enjeu. (84)

Je pense qu’il y a des mécanismes de convergence ou de divergence qui se mettent en place. Les mécanismes de divergence s’installent par défaut. C’est-àdire, qu’à priori, les étudiants vont avoir des points de vue divergents. La convergence demande à être activée et demande une abnégation des uns et des autres au profit du collectif. Si on force la convergence de manière autoritaire, on est sûr que l’on va générer des facteurs de divergence rédhibitoires. Il faut que les étudiants entrent dans une négociation. (85)

Avec les étudiants, les experts et les enseignants, nous avons fait un travail de récolement des idées. Je leur ai expliqué que c’était une méthode que j’utilisais largement avec les collectivités locales quand différents services étaient mobilisés mais qu’ils ne travaillaient pas ensemble. Récoler les idées des uns et des autres est une étape importante et difficile, que nous avons franchie. » Extrait d’entretiens de Stéphane Hanrot (86) 84


extrait du journal de bord des observateurs

Le matin, à l’arrivée des groupes, le flottement de la veille se fait sentir. Les groupes retardataires de la veille ou absents rattrapent les manques d’information quant à l’organisation générale. Assez rapidement les groupes se reconstituent pour se mettre au travail. Nous prenons du temps pour élaborer les questions à poser lors de notre deuxième série d’entretiens avec les participants, davantage axée sur le bilan de la première semaine et l’articulation avec la seconde. Dans l’atelier l’ambiance est studieuse mais il flotte une forme de malaise. Personne ne sait vraiment où il va dans la production des idées. Les enseignants encadrants tournent dans les groupes de trois et questionnent les positionnements abordés. Après le repas, nous commençons la deuxième série d’entretiens avec les groupes de trois. Nous choisissons de nous mettre en dehors de l’atelier, dans la pinède, à l’ombre, comme pour marquer un temps de repos et d’oxygénation. Là, de manière générale, nos ressentis quant au malaise concernant la production et l’avancement des projets se confirment. Ils se sentent un peu perdus et ont du mal à nourrir une vision prospective pour la fin du workshop. Dans l’après-midi, Stéphane Hanrot, semble lui aussi sentir le flottement ambiant. Il commence par faire un point général sur l’organisation du workshop et replace le rôle de chacun dans le système. Nous en avions bien besoin, les rôles sont désormais bien établis et clairs pour tous. Il impose ensuite, en présence des enseignants encadrants et des professionnels invités, un exercice intensif d’une demi-heure. Les équipes doivent alors produire, sur la vue aérienne sur le sol de l’atelier, une forme de représentation de leur thématique de projet et de leurs propositions premières d’interventions globales. Il fournit des propositions de matériaux à employer et du matériel de bricolage (carton gris, branches d’arbres, tuyau de chantier, pommes de pins, calques, post-it…). Là, il se produit une étrange émulation. Tous se mettent intensivement au travail, comme si la pression de l’exercice court les poussait à poser et concrétiser leurs idées et discussions. Ou bien, les explications plus concrètes de la part de Stéphane Hanrot quant aux formes possibles de représentations ou de matériaux utilisables avaient tout à coup éclairé les participants et levé le doute quant à la mise en œuvre des idées. Quoi qu’il en soit, tous se mettent à produire et à discuter autour des possibles représentations de leurs idées. Parfois, les mises en forme de deux groupes se superposent à certains endroits mais qu’importe, cela nourrira le débat avec les professionnels invités qui nous ont rejoint pour la discussion et la conférence à venir. En fin d’après-midi, après cet exercice court, tout le monde se réunit autour de l’intervention générale sur le sol de l’atelier. Là, les différents groupes se succèdent pour présenter leurs réflexions aux professionnels invités et aux enseignants encadrants. Les discussions sont intenses, les idées se précisent, les demandent de la part de l’auditoire quant à la suite des réflexions donnent une sorte de ligne directrice pour les participants jusqu’à la fin de cette phase thématique. Le temps de la table ronde en amphi approchant, les discussions s’arrêtent et reprendront demain matin. La table ronde est très riche. Tous les encadrants initiateurs du workshop prennent la parole pour contextualiser le débat et l’atelier de travail. Puis c’est au tour de Guerric Perré, Marc Barani et le Collectif Etc de débattre entre eux et l’auditoire sur les questions d’échelles d’intervention, d’articulation des processus de projet, des représentations disciplinaires et culturelles. Texte de Clément Pécqueux 85


J11

10 Juillet 2013

CONVERGENCE (87) Dessin de Thibault Mercier, participant ENSP (Square Mallot)

87


« Il y a une grosse rupture. Même le travail sur table, ça aurait été bien de le faire à l’Estaque pour pouvoir continuer les allersretours. Ce qu’on repproche souvent à la logique, c’est que la manière de faire du projet revient. Il n’y a pas moyen d’aller tester. Hier après midi les idées sont venues et ça s’est débloqué mais ça aurait été pas mal de tester et d’aller demander aux gens. » Extrait de l’entretien de Glenn Pouliquen par Julien Ineichen (88)

« Par rapport au workshop, c’est mon tout premier, du coup, pour moi, c’est une expérience nouvelle et c’est l’occasion de travailler avec d’autres profils, architectes et paysagistes. Souvent les gens font un peu des clichés et là c’était l’occasion de voir comment ça se déroule et comment on peut travailler en commun avec d’autres personnes. » Extrait de l’entretien de Medhi Mamou par Flavien Boulnois (89)

« Je commence à me poser la question du lien entre la première et la deuxième semaine. Durant la première semaine, le débat était issus de la production. Ce qui me dérange c’est que lors de cette deuxième semaine, comme nous n’avons pas de temps de production, nous n’avons pas de matière pour débattre » Alexandre Malfait Extrait du film (90) 88


extrait du journal de bord des observateurs

Dès le matin, les équipes se mettent au travail, comme si le vent d’un nouveau dynamisme et de production avait soufflé sur le workshop. Tout le monde semble savoir où il va et quelles sont les attentes de chacun. La matinée est consacrée aux derniers échanges entre les professionnels invités et les participants sur les mises en œuvre des thématiques. Dans l’après-midi, c’est le temps de la négociation. Dans chaque équipe, un participant se porte volontaire pour une discussion commune, une négociation autour des objectifs et des projets proposés par tous. La discussion est modérée par les enseignants encadrants et les deux professionnels invités. Les bricolages de la veille font place à de grandes idées posées sur des post-it. Ensuite, un deuxième tour de négociation s’effectue et propose de faire le tour des idées et intentions de projets, par lieux d’intervention et de voir lesquelles se superposent, se complètent ou se confrontent. Il faut alors renégocier les positions de chacun pour tenir une cohérence globale. Les échanges sont assez fluides. Stéphane Hanrot endosse le rôle de modérateur et effectue un gros travail de synthèse des idées, étape par étape, et donne des informations complémentaires, notamment sur les programmes envisagés par les acteurs décideurs locaux (technopôle de la mer). L’interrogation de ces programmes et les questions de temporalités sont abordées pour tenter d’imaginer des stratégies temporaires pour assurer la transition dans l’installation de ces grands projets. Pendant ce temps, certains participants se sont regroupés à l’extérieur de l’atelier et ont exprimé certaines inquiétudes quant à la suite des évènements. Ils se sentent perdus et ont l’impression que la journée dans son déroulement a été une perte de temps. En effet, ils pensent que du fait d’un manque de temps pour la production, le débat a été biaisé et que la position des professionnels invités et des encadrants dans la discussion a été trop forte. Il se fait sentir un besoin de recadrage. Stéphane Hanrot le fait juste après la fin du débat mais devant seulement 1/3 des effectifs. Flavien choisit donc de demander une nouvelle intervention de Stéphane Hanrot pour recadrage et surtout écoute des inquiétudes, questions et revendications des participants. Julien est alors chargé d’animer cette discussion qui a lieu dehors, juste avant la conférence du soir. Sont présents également Barani et les représentants d’ETC. La discussion est calme, chacun donne son avis et ses impressions. Après cela, se tient la conférence de David Mangin dans l’amphithéâtre de l’école d’architecture. Le travail continu ensuite dans l’atelier assez tard. Texte de Clément Pécqueux

89


90


J12

11 Juillet 2013

LA FIN DE L’ÉTAPE CHARNIÈRE

(91) Dessin de Thibault Mercier, participant ENSP (Square Mallot)

91


« Je pense qu’on a eu le contre coup… Mais on ne peut pas aller faire du terrain tous les jours, on ne peut pas y retourner donc on est un peu obligés de rester sur une première impression. Après, on aurait aussi pu se perdre dans des observations trop poussées. D’ailleurs, on l’a vu hier quand on est allé sur le terrain. On a toujours envie d’aller voir autre chose et puis autre chose. Finalement on pourrait se perdre sur le terrain et vu que l’on a qu’une petite semaine, c’est peutêtre plus efficace. » Extrait d’entretien de Julie Aillaud par Clément Pécqueux (92)

« Je suis assez curieux. Parce que justement on sait qu’il y a des objets communs mais des manières de faire différentes qui ont toutes leur légitimité, dont on entend parler en bien ou en mal en fonction des discours plus ou moins corporatistes qu’on entend au sein de nos formations. C’est ça surtout, de la curiosité sur des grandes corporations qu’on nous présente et dont on entend parler mais on ne sait pas vraiment les outils qu’ils savent manier, ce sur quoi ils se sentent légitimes, ce sur quoi ils ne le sont pas. » Extrait d’entretien de Benoît Romeyer par Clément Pécqueux (93)

« On a tendance à trop sectoriser les métiers. Par exemple, ma formation c’est l’urbanisme. Il y a des options et on a quand même des troncs communs avec les autres spécialités et maintenant tout le monde veut que ce soit des cours spécifiques alors que finalement c’est enrichissant d’avoir d’autres métiers. C’est bien d’échanger et de connaître aussi ce que font les autres. » Extrait d’entretien de Maï Dinh par Clément Pécqueux (94) 92


le point de vue des étudiants

Alexandre Malfait : « Au-delà de nos parcours différents, ce qui est intéressant au travers de nos groupes c’est de faire le point. Comme je le disais hier, entre archi, urba et paysagiste c’est aussi une question de personnalité. On n’a pas tous la même manière d’aborder le territoire et comme c’est des métiers de projet, il y a une grande part de subjectivité, on a chacun notre manière de projeter. Dans le système de groupe ce qui est bien c’est de se poser et de dire concrètement ce qui intéresse, de faire confiance à l’autre, de faire tourner l’info dès qu’il y a quelqu’un qui produit une nouvelle analyse, la faire tourner. Qu’il y ait un partage et qu’au fur et à mesure ça se construise comme ça. Il y a aussi que l’on a des approches complémentaires, on ne travaille pas à la même échelle, on n’a pas la même manière de regarder les choses. Ça du coup, c’est super. C’est une super expérience. » Guillaume Pourre : « L’avantage de ce workshop c’est de se donner des libertés que l’on ne pourrait pas forcément prendre dans un projet légal, on est un petit peu dans une démarche alternative. Le camping est là pour le rappeler. Les péripétie que l’on a eues sur notre territoire avec les riverains nous rappellent qu’on est sur un territoire partagé par des riverains. Nous, en urbanisme, on est un peu formé à respecter ce cadre légal et de pouvoir s’extraire pour faire émerger une dynamique de projet un peu plus partagée, alternative ça permet des libertés. Il y a de l’idée aussi. » Elsa Clérin : « J’ai l’impression que c’est vraiment comme un bouillonnement de cerveau, plein d’échange, de partage, d’interactions et c’est ça qui est intéressant. Autant entre nous qu’avec les gens extérieurs et ça c’est vraiment chouette. » Guillaume Pourre : « Ma principale appréhension ça a été de me dire qu’il y pourrait y avoir une concurrence entre les disciplines. [...] Parce que j’ai l’impression qu’on est formé dans la concurrence. En archi on rassure les élèves en leur disant que l’urbanisme n’est pas une discipline qui est reconnue en tant que telle. Et en urba on a tendance à nous dire que l’on est plus réaliste que les architectes. Du coup, ça peut créer des concurrences portées sur le dénigrement ou sur une attitude un peu hautaine que l’on peut avoir. Mais globalement, et surtout sur ce workshop, il faut s’adapter et mettre de côté. On part avec des a priori de départ et le but c’est de les casser. Je n’aime pas les a priori, je me suis toujours bien entendu avec les architectes, j’ai toujours eu un profond respect envers les paysagistes. C’est complémentaire, le truc de la concurrence c’est que les formations sont en concurrence puisque la disponibilité du marché du travail fait que la concurrence est obligatoire mais après on a tous notre épingle à tirer du jeu. Il faut savoir prendre les opportunités et se nourrir de l’échange avec l’autre, toujours être curieux sur plein de choses. » Extrait d’un entretien collectif mené par Flavien Boulnois.

93


J13 - J14

PRODUCTION ET RENDU Du 12 Juillet 2013 au 13 Juillet 2013 Le lien entre la première semaine et cette seconde, de l’intervention locale à la réflexion sur le territoire, s’est notamment faite ressentir sur les tactiques mises en place par les étudiants. En effet, certains d’entre eux ont développé une méthode incrémentale de construction d’un projet, en partant de lieux très localisés pour aller petit à petit vers des postures à l’échelle du grand territoire. La restitution de cette deuxième séquence s’est déroulée à nouveau sur le camping éphémère de l’Estaque, et était ouverte au public. Quelques estaquéens et notamment des représentants des comités d’intérêts de quartier étaient présents lors des explications des étudiants amenant un débat basé sur des propositions stratégiques très diverses. Cet exercice pose de nombreuses questions sur la démarche, le statut et les projets que peut avoir une personne ayant le pouvoir d’aménager le territoire. Pourquoi et jusqu’où a-t-elle ce pouvoir ? Sympathiser avec des habitants d’un quartier, lui permet-elle d’imaginer des projets meilleurs? Est-ce possible de raisonner à la fois sur des échelles de 50 ans et sur celles de quelques jours ? Qu’appelle-t on aménagement du territoire ? Texte du collectif ETC

95


J13

12 Juillet 2013

PRODUCTION INTENSIVE

(95) Dessin de Julie Aillaud (IUAR), Camille Molle (ENSP) et Quentin Fargeix (ENSA)

97


« Du point de vue pédagogique, il est clair que, dans un workshop d’étudiants, les processus de discussion et de prise de décision sont beaucoup plus importants que les résultats des travaux euxmêmes. Et dans ce sens, le WS l’Estaque, un territoire habité, est déjà un succès. Le travail est collaboratif, les discussions et réflexions critiques en équipe présentes. Mais il y a un facteur fondamental qui influence la nature et la qualité des relations qui y ont lieu : le temps court pour la conception des idées, pour leur représentation en 2D ou en 3D et leur présentation pour les autres participants. (96)

Les contraintes de temps obligent, par exemple, qu’il y ait un partage des tâches et une plus grande objectivité dans les démarches nécessaires à la réalisation. Mais elles créent aussi une situation de relatif stress, ce qui peut agir de manière défavorable sur la conception autonome des idées et sur la compréhension plus large des problématiques travaillées aussi bien que des conséquences des décisions prises. (97)

La « charrette » fait partie de la vie académique et professionnelle (pour les rendus notamment), mais, à mon avis, la conception nécessite d’un temps de réflexion un peu plus large (et calme), surtout si elle est faite en groupe.» Extraits de « Le temps et la conception des idées dans le cadre d’un workshop », de Maisa Véloso, en ligne sur le blog. (98) 98


finalisation et fiesta ! Le lendemain, ils ont travaillé à la fabrique de la carte et à la production des documents avec un stress assez important : Comment allaient-ils présenter les choses ? La journée s’est terminée avec un gros travail des moniteurs qui ont pu fabriquer des éléments de médiatisation comme un petit livret, le site web. Les étudiants ont réussi à finir leurs documents, c’était visé à 17h-19h et ça a fini évidemment à 22h-23h, à temps pour participer à la fête de fin des workshops du “temps de territoires“. Pendant tous ces derniers jours, il faut que je précise que les observateurs avaient produit des interviews des encadrants, des experts, des profs extérieurs et de tous les étudiants, de manière systématique. L’idée était de constituer une base de données à réinterpréter une fois le workshop terminé. Texte de Stéphane Hanrot

(99)

99


J14 LA

PRÉSENTATION

13 Juillet 2013

PUBLIQUE

(100) Dessin de Thibault Mercier, participant ENSP (Square Mallot)

101


« C’était un grand plaisir de partager quelques moments en commun durant l’atelier d’été 2013 à Marseille. Sous l’angle de vue du paysage et d’une pratique professionnelle européenne, tous deux faisant partie de mon expertise, la thématique de l’atelier est d’un grand intérêt pour le développement des disciplines impliquées et pour la conception générale du projet. » (101)

Nulle n’est la seule et unique vérité, et toutes déploient une boite à outils incroyablement riche à ceux et celles qui savent s’en emparer, tout en sachant que ces outils sont voués à l’enrichissement à tout moment de par de nouveaux courants disciplinaires, de nouvelles écoles, de nouvelles approches provenant de champs culturels divers. (102)

L’atelier d’été de l’Estaque, avec sa valeur attribuée au bottomup et à la génération d’un savoir situé, avec son approche de travail transversal aux disciplines, esquisse les fondations d’un projet urbain conceptuellement et pédagogiquement renouvelé. » Extraits de « Un projet urbain conceptuellement et pédagogiquement renouvelé », Lisa Dietrich, en ligne sur le blog. (103) 102


retour à l’estaque

« Le samedi matin, nous sommes arrivés à YesweCamp pour la présentation finale. Avec les moniteurs, nous avons pris possession de l’endroit pour installer notre carte : avons ratissé les lieux, enlevé les cailloux, monté les panneaux, bref mis en scène. Les étudiants étaient dans une passivité absolue. Une fois que tout a été en place, le public est arrivé. On a commencé vers 11h moins le quart, et les présentations se sont déroulées sous un soleil de plomb mais tout le monde a résisté pendant bien deux heures. La photo aérienne a été centrale. Certaines équipes avaient travaillé leur mise en scène de façon vivante. Toutes ont su présenter leur thématique avec des objets mis en scène sur la grande photo. De l’une à l’autre, la maquette s’enrichissait, comme une sorte de dessin aborigène à même le sol. Une idée d’ensemble se matérialisait sans s’imposer par un dessin fermé et définitif. Les liaisons entre le bas et le haut de l’Estaque avec cette bande transporteuse industrielle faite de ficelle et de cailloux se transformait en un téléphérique pour les habitants. Le sable répandu sur la digue devenait une plage possible. Et tout le monde comprenait, les habitants qui avaient été rencontrés lors de la première semaine ainsi que les représentants de plusieurs associations locales et des CIQ. Ils entraient complètement dans le processus. A la fois joueurs et sérieux, ils posaient des questions, proposaient des adaptations, soulignaient l’intérêt de telle ou telle proposition. Il y avait, en gros, une centaine de personnes autour de la photo-maquette, attentifs au débat et voyant là se figurer une sorte d’Estaque du futur, plausible. Les étudiants ont été eux-mêmes étonnés de ce que leur travail, qu’ils considéraient comme inabouti et imparfait la veille, pouvait servir, en tant que tel, de support à une discussion et à un échange avec la population. Ils ont découvert qu’un projet non finalisé était plus facile à appréhender et à discuter par les habitants qu’un projet complètement bouclé et ficelé. Pour entrer dans la participation, le “work in progress“ est nécessaire. Les panneaux de présentation A0, de caractère professionnel, n’ont pas été du tout utilisés. Ce sont cependant eux qui restent en témoignage de la production des étudiants. » Texte de Stéphane Hanrot

103


104


(104)

105


D

es idées pour l’estaque

107


Doux loisirs dans de rudes friches Luisa Franzen GHIGNATTI - Laure MONDANGE - Glenn POULIQUEN - Frédéric SIMIEN

Projet 1 A l’heure d’un processus de métropolisation global, le quartier de l’Estaque semble aujourd’hui inéluctablement être amené à occuper une nouvelle place au sein de la métropole Marseillaise. Deux projets phares sont notamment envisagés : la construction d’une Cité de la Mer et l’implantation d’un site de stockage et de réparation des conteneurs du Grand port maritime de Marseille (GPMM), sur les anciens carreaux de carrière du massif de la Nerthe. Ces grands projets métropolitains s’accompagnent de deux autres projets corollaires : -Une nouvelle gare aux Riaux -Un échangeur routier sur l’A55, au niveau du Jas de Rhodes, et la création d’une nouvelle route permettant de désenclaver l’Estaque et le massif de la Nerthe et de rejoindre l’A55. La démarche adoptée ici ne consiste pas à interroger le bien-fondé des projets métropolitains et de leurs corollaires - dont la concrétisation apparaît quasiment inéluctable - mais bien davantage à concilier ces projets métropolitains de grande envergure à une démarche d’aménagement plus locale, servant au mieux les intérêts des Estaquéens. Cela passe notamment par une logique de négociations entre les principaux acteurs de ces projets et de ce territoire : le Grand port maritime de Marseille, le groupe Lafarge, la Ville de Marseille et les habitants. En contrepartie de la réalisation de l’échangeur et de la nouvelle route reliant l’A55 à la route départementale D568 – qui profiterait au groupe Lafarge pour la circulation des camions, au Grand port maritime de Marseille pour l’acheminement des conteneurs et à la Cité de la Mer : le lac de la Nerthe serait préservé. Cela induirait que le groupe Lafarge abandonne, pour le relocaliser, son projet de réalisation de centre d’enfouissement de déblais inertes dans le lac. Les Estaquéens bénéficieraient d’un nouvel accès public à la mer. Cela induirait que le Grand port maritime de Marseille cède le quai de la Lave à la municipalité (par un bail emphytéotique par exemple). Le tracé de la route tel qu’il est représenté dans le Plan local d’Urbanisme serait modifié afin de ne pas longer le lac de la Nerthe, permettant ainsi aux gens de profiter pleinement de cet espace – et de contourner les Riaux. En contrepartie de la réalisation d’une nouvelle gare aux Riaux, prévue notamment pour l’acheminement des visiteurs et travailleurs à la Cité de la Mer. Cette gare serait le terminus d’une ligne de tram-train. Ceci permettrait aux habitants des Riaux de rejoindre le centre de Marseille mais également de circuler au sein de l’Estaque, répondant ainsi aux revendications anciennes d’une partie des Estaquéens militant pour la création d’un tram à l’Estaque. Les anciens escaliers des Riaux seraient réhabilités, permettant une reconnexion progressive des espaces de l’Estaque et facilitant un accès piéton à la nouvelle gare. L’ensemble des aménagements métropolitains actuels et futurs serait tenus au respect d’une charte d’aménagement pour la carrière de Riaux, fixant des principes de préservation du patrimoine industriel cher aux habitants. Des aménagements relativement minimaux seraient réalisés sur la partie Est de la carrière des Riaux (point d’eau, sanitaires, végétation, ombre etc.). Ceux-ci visent à impulser de nouveaux usages de la part des habitants dans l’optique de réaliser, dans un second temps, des aménagements complémentaires afin de répondre au mieux aux besoins et envies des Estaquéens.

109


Les Riaux / La Nerthe : métropolisation des territoires «du bout du monde» Espaces de négociation entre logiques métropolitaines et intérêts locaux

Cité de la mer Futur centre d’enfouissement de déchets inertes

Carrière «Lafarge» Futur site de stockage et de réparation des conteneurs

Création du terminus de la nouvelle ligne tram-train

Nouvel accès public sur le quai de la lave

Préservation du lac de la Nerthe et relocalisation du centre d’enfouissement

Création d’une liaison entre l’A55 et la D568 (d’après les orientations du

Création d’une charte d’aménagement afin de préserver le patrimoine industriel

Encourager la réappropriation de l’ancienne du Riaux par une logique d’aménagement «douce».

Modification du tracé de la liaison prévue dans le PLU

(105)


Site de stockage/ Réparation conteneurs

Cité de la mer

Echangeur + route départementale

Gare/Terminus Tram-train

Charte d’ aménagement

Reconnexion douce des Riaux : haut/bas

Aménagement carrière des Riaux Préservation lac de la Nerthe

Accès public au quai de la Lave

Synthèse des aménagements résultant des compromis entre les différents acteurs et logiques du territoire.

Maquette de travail : articulations entre logiques descendantes et ascendantes. Relations inter-acteurs sur différentes échelles territoriales.

Elements patrimoniaux marquants constituant une ligne directrice pour le futur aménagement du quartier.

(106) Réhabilitation du réseau des escaliers des Riaux


Pour des transports amoureux des habitants Anaïs Barboni - Lucie LOOSEN - Alain MILLIAS - Medhi MAMOU

Projet 2 Historique et contexte du Chemin de la Nerthe Le chemin de la Nerthe est un ancien axe structurant les noyaux villageois de l’Estaque, Saint Henri, Saint André. Les villages se sont développés le long de cette voie historique. Les camions n’utilisent plus cette route depuis trois ou quatre ans, mais la circulation est très importante en heure de pointe. Il s’agit de la seule route permettant de relier les estaquéens du nord du village à la ville de Marseille. Raisons pour développer un projet Il serait important de requalifier le rôle de la gare qui a une position marginale aujourd’hui par rapport au quartier de l’Estaque. Sa position future deviendra centrale avec le développement tertiaire de Saumaty et d’un quartier résidentiel au nord de la gare. Requalifier cette voirie pour la rendre plus attrayante, permettrait aux habitants de se l’approprier à nouveau, en rendant plus agréable l’accès aux commerces de proximité localisés autour de cet axe et en travaillant sur les rapports d’échelle entre le piéton et ce qui compose la largeur de cette rue. Il faut profiter des vues possibles sur le littoral pour amener une proximité visuelle avec le grand paysage. Le projet permettrait de donner un nouveau statut au chemin de la Nerthe pour relier l’ensemble des quartiers à des transports en commun adaptés au développement d’une métropole. Le projet > Développer un Tram-Train reliant l’Estaque à la gare Saint-Charles. > Requalification de la gare de l’Estaque et des espaces alentours : développement d’un pôle multimodal. > Création de deux haltes réversibles (Liaison avec Estaque Rocher/Riaux) et le quartier de StHenri dans le but de tester à court terme l’appropriation par les habitants des espaces publics engendrés. > Dans un temps plus long, la création d’une gare à l’ouest de l’Estaque Riaux dans le cadre du développement de cette zone à enjeux futurs (Cité de la Méditerranée, liaison avec l’A55 et l’échangeur de Jas de Rhodes) > L’aménagement d’une route pour relier le Chemin de la Nerthe à ces nouveaux quartiers en développement.

113


Tram-train Un nouvel axe structurant pour l’Estaque 1950

1900

1980

Evolution historique de l’Estaque

N

Légende

Vers Vitrolles A 55

Pôle multimodal Halte réversible Quartiers à enjeux Liaison Chemin de la Nerthe / Nouvelle Gare

Estaque Rocher

Estaque Riaux Estaque Village

St-Henri Saumaty

Vers Gare St-Charles

Vers Le Rove / Martigues

Vers Martigues/ Istres / Miramas 0

N

Vers Vitrolles

Vers Aix-en-Provence

200

400

Légende Gare existante Voies ferrées Projet Nouvelle Gare Halte réversible Autres haltes

Vers Martigues / Istres / Miramas

Gare Saint-Charles

(107)


Carte des espaces publics, des parkings et des commerces.

Pourquoi aménager un Tram-train ? L’Estaque est un des quartiers les plus isolés de la ville de Marseille. Le Tramtrain permettra de répondre à deux grands enjeux sur le territoire. D’une part, il permettra d’offrir une nouvelle offre de mobilité aux résidents et d’accéder plus facilement au centreville marseillais. D’autre part il sera un aménagement nécessaire pour accompagner le développement résidentiel et économique des quartiers de Saumaty et de l’Estaque Riaux. Coupes schématiques des typologies du tissu urbain du chemin de la Nerthe

Points de vue Haltes réversibles Gares Quartier en développement ou en projet Sens unique Chemin de la Nerthe et structure viaire Réseau férré du Tram/Train

(108)


Nouveau visage du rivage Orianne GUIOT - Elisa LAGIER - Thibaut MERCIER - Jean Mazé

projet 3 Le contexte: Située à l’extrémité nord de Marseille, au bout de la ville, l’Estaque incarne à la fois la fin de la ville et la porte d’entrée vers une autre entité : la Côte Bleue. Le quartier des Riaux et la zone des Corbières, au nord, constituent actuellement un espace d’entre-deux dont la lisibilité est floue. Dans le contexte marseillais, la pointe des Corbières fait écho aux autres éléments du grand paysage tels que les Calanques ou encore les îles du Frioul. De par sa situation, elle joue le rôle de point d’appel, de repère. Le patrimoine paysager se mêle au patrimoine industriel par des ouvrages visibles depuis de nombreux points dans Marseille. Le long de la bande littorale, le trajet dessiné par la route départementale fait ressortir des fractures d’usages, des séquences différenciées. Le morcellement du territoire par des pratiques et des usagers différents rendent complexes les accès à la mer et aux seules plages du nord de Marseille. Par exemple, les ports de plaisance ont une empreinte forte sur les plateformes littorales et limitent largement l’accès à la mer. Ce territoire littoral est par ailleurs en évolution. Marqué par le passé industriel de la zone et les anciennes carrières en cours de dépollution, des enjeux forts émergent. Les potentialités de ces nouveaux espaces sont nombreuses, les anciennes carrières des Riaux deviennent des espaces convoités notamment par les promoteurs immobiliers. Le projet : A partir de l’identification de cette zone d’enjeux nombreux et variés, l’idée est d’abord de proposer des modalités d’évolution et d’adaptation des espaces en fonction du temps. Dans un contexte où les projets sont esquissés mais incertains, la bande littorale doit pouvoir évoluer dans le bon sens, s’ouvrir à de nouveaux usages et permettre la réconciliation des espaces aujourd’hui fragmentés. L’évolution de ce territoire clé ne doit pas être contrainte uniquement par l’espace des carrières. Les orientations proposées permettent l’adaptation de la bande littorale à de nouvelles pratiques et la garantie de ne pas voir une standardisation de la côte ou encore de conserver les éléments de patrimoine paysager. En connectant les différentes lignes de force du site (route, quais, digues) et en s’appuyant sur les pratiques actuelles telles que les loisirs nautiques, la détente à la plage ou encore la mise en valeur de points de vues remarquables, l’idée est de faire de cet espace la porte d’entrée de la Côte Bleue et une fin de ville qui bénéficie d’un traitement paysager et une offre en équipements suffisante. Des «pôles» seront mis en place afin d’amorcer une meilleure cohabitation d’usages déjà existants, d’améliorer leurs conditions de développement pour ensuite en proposer de nouveaux. Ces « pôles » aux caractéristiques différentes vont avoir pour rôle de structurer des zones avec des logiques de développement, excepté pour le pôle le long du quai de la Lave, actuellement fractionné en différentes zones plus ou moins accessibles. Ce pôle serait le plus impacté par les évolutions en cours et futures des carrières des Riaux. Le projet propose d’encadrer des aménagements ponctuels et temporaires afin de jouer sur la mutabilité de ces plateformes portuaires. Les possibilités d’évolution permettront la mise en place d’usages et de pratiques en cohérence avec les besoins du territoire, au fur et à mesure des expérimentations. L’accès et les déplacements devront dès lors évoluer pour favoriser l’amélioration des connexions avec la mer. Il est donc prévu de faciliter l’accès à l’eau via de nouveaux cheminements le long des digues et grâce à la mise en place de passerelles d’accès. Ces aménagements vont par ailleurs dans le sens des revendications des habitants qui regrettent la fermeture des quais au public. De nouvelles pratiques liées à la pêche, la baignade ou la balade permettront à une multitude d’usagers de profiter d’aménagements en direction de la mer qui favorisent des points de vues variés sur le grand paysage. En effet, des espaces relais aux extrémités des digues viendront rythmer les balades et offrir des aménités. L’aménagement de belvédères offriront des vues vers Marseille ou vers la Côte Bleue. Un point de vue inédit sera également mis en valeur ; la vue de l’Estaque depuis la mer. 117


De l’Estaque à Corbières : porte d’entrée de la Côte Bleue Les Corbières, uniques plages du littoral nord de Marseille

Les différents usages le long du littoral

ESTAQUE RIAUX

O

500 mètres

Equipements : musée, école de voile, associations d’art, DRASM, société d’aviron, sport nautique Espaces publics : plages, espace mistral, quais, digues

Espaces mutables qui appartiennent au port : usages portuaires, questionnements sur les usages, absence d’usage Fractures entre les usages

Espaces privatisés : sociétés nautiques, réparation navale, port à sec, port privé

(Re)modeler un espace d’entre-deux

Site naturel Milieu urbain Zone d’entre-deux Pôle de valorisation du patrimoine paysager Pôle de valorisation des activités nautiques Pôle de développement territorial adapté aux temporalités et aux usages

Nouveaux accès à la mer, création de cheminements Points de vues et espaces relais Influences terre/littoral

Zone à enjeux paysagers Zone d’activités et de loisirs Zone en mutation à destination du plus grand nombre d’usagers

(109)


Potentialités et limites des lignes de force existantes

Conflit d’usages entre piétons et véhicules La route Belvédère Espaces privés Port de plaisance

Espace

La ligne littorale

Les digues

Digue fermée Digue inaccessible

Des amorces pour une réappropriation du littoral Point de confluence des déplacements urbains

Les quais, espaces de déploiements temporaire

Entrée balnéaire

Pointe de Corbières Point de vue vers le Grand Paysage

Evolution de la zone du quai de la Lave

1

2

3

4

(110)


Enchainer les belvédères Mai DINH- Léo POULIQUEN - Olivier VANEL

Projet 4 La thématique d’origine de notre équipe consiste à nous appuyer sur la topographie afin de travailler les espaces offrant à la population des points de vue remarquables sur le paysage typique d’Estaque. Pour cela, nous avons décidé de cibler le vallon de la Nerthe, et notamment le versant est, pour notre plan guide. Le choix est justifié par le fait que ce vallon marque l’urbanisation de l’Estaque, créant un vis-à-vis dans cette ville qui regarde habituellement la mer. Il s’agit de travailler dans l’épaisseur EST OUEST ainsi que dans l’étagement de la ville du port à l’arrière pays. Notre étude débute par un recensement des espaces vacants. Certains sont en friche, d’autres sont aménagés mais peu fréquentés. Sur chacun de ces espaces, on arrive toujours à apercevoir le bleu de la Méditerranée et les crêtes de l’Estaque, constituant un spectacle continuel. Aménager et réaménager ces lieux permettra de mettre en scène des belvédères, tout en répondant aux besoins locaux selon la localisation et les enjeux de chaque espace. Pour cela, nous avons repéré sept espaces interstitiels stratégiques : Les espaces situés sur la route Plage de l’Estaque constituant de terrain de football et le jardin Sylvain Bettini. Ici l’action consiste à détourner la route de l’embouchure de la vallée pour réunir deux espaces et ainsi recomposer une grande place sur le littoral. L’espace disponible au croisement entre la montée Antoine Castejon et le boulevard de la Falaise. Ici l’enjeu est de concerver et affirmer un petit square sur une corniche permettant d’entretenir le vis-à-vis avec le versant ouest. La parcelle inoccupée située sur l’avenue de la Mer. Ici nous proposons de créer la médiathèque attendue. La parcelle de bonne dimension, située sur un plat relatif et à proximité d’une école parait tout indiquée. Le square en bordure du boulevard Raymond Fillat. Il s’agit de condenser le parc sur la partie ouest vers le versant opposé et de bâtir le reste de la parcelle avec des logements sociaux et des commerces en rez de chaussée pour redynamiser un quartier essentiellement résident. L’ancienne usine entre deux rails de chemin de fer. Site exceptionnel donnant sur le viaduc et portant la mémoire ouvrière des lieux, il s’agit de le révéler, le remobiliser par une mise en sécurité puis par un évènement festif pour attirer le regard. Ensuite il s’agit de considérer le possible de ce lieu comme futur lieux d’expositions pérennisant la mémoire collective des lieux. Un pont de retournement de véhicule désaffecté, offrant une vue sur l’estaque exceptionnelle. La situation du visiteur est elle aussi exceptionnelle : sur une structure architecturale unique, le promeneur est perché à 20 mètres au dessus du sol dominant la vallée.

121


RĂŠhabilitation

Site 6

Site 5

Site 4

Site 3

Site 2

Site 1

(111)


Site 6

Site 5

Site 4

Site 3

Site 4

Site 2

Site 1

Le projet vient requalifier cet espace situé aux abords de la route du littoral estaquéen et lui donner une qualité supérieure. Actuellement, la Montée Antoine Castejon sépare ce vide urbain en deux, laissant des espaces sans usages particuliers. Nous déplaçons cette route en bas de vallon afin de créer un espace concret et rationnel. Afin d’accompagner le stade de football existant, le vide créé permettrait de prolonger ce complexe sportif par des terrains de tennis, volleyball et un espace de skatepark. Ce nouvel ilôt public et sportif engendra la requalication du réseau viaire qui l’entoure. Des places de parking seraient créées parallèlement à la rue ainsi qu’un traitement paysager plus audacieux. Ce projet permettrait de retrouver cette courbure bâti annonçant le début du vallon de la Nerthe, seul vallon à ne pas finir en cul de sac à l’Estaque.

(112)


Les riverains au fil de l’eau Julie AILLAUD - Quentin FARGEIX - Camille MOLLE

Projet 5 Suite à notre première semaine de travail et d’immersion sur le terrain, le souhait de plus d’ombre et d’eau se ressentait vivement chez les habitants. Nous partons ainsi de ce constat, notre objectif étant d’agir, d’imaginer des interventions sur le territoire en faveur du bien-être des estaquéens. L’eau, moteur de la vie, créatrice de végétation et d’ombre, mais aussi ressource économique, sera la porte d’entrée de notre atelier à l’Estaque. Pour mener à bien notre projet, il nous semble primordial de mobiliser les acteurs concernés dans un périmètre assez proche des cours d’eau : les mma, le centre social, établissements scolaires, associations… Notre acte déclencheur est de rouvrir les vannes du Canal de Marseille, afin de réactiver l’eau dans la ville. A partir de ce premier engagement, les différentes interventions sont les suivantes : Ruisseau Zamenhof Nous souhaitons utiliser l’eau qui passe sous le parc pour le revégétaliser, planter des arbres, offrir de l’ombre (usages : pétanque, les personnes qui travaillent y viennent déjeuner) Ruisseau Fenouil Ouvrir la gare vers le haut du quartier nous semble être une des priorités pour la rendre plus perméable ; il s’agit d’une nouvelle entrée qui suggère l’accès vers les collines et vers le canal. Torrent des Riaux Rouvrir la brèche pour le torrent des Riaux. Nous souhaitons activer un dialogue entre la place existante (où les habitants jouent aux boules, au foot) et le front de mer. Torrent de la Sardine Hier : Le torrent de la Sardine était les égouts du quartier, les habitants y jetaient leurs poubelles. Aujourd’hui : Les principaux acteurs à mobiliser sont l’école primaire, la MMA, les artistes de la salle d’exposition sur le boulevard littoral. Ensuite, nous préconisons d’effectuer un droit de préemption au niveau de la parcelle en face de l’école privée, afin de pouvoir ouvrir un lieu à proximité directe du ruisseau. Une négociation auprès du Port permettrait de retravailler la brèche de la Sardine, de façon à ouvrir une avancée vers la mer (tel un ponton). Demain : Le port industriel est très étanche, comment le rouvrir de façon ponctuelle, par des événements urbains ? Il pourrait ainsi devenir une petite fenêtre sur la mer. Le trop plein du Canal de Marseille rejoindra le cours d’eau du torrent de la Sardine, dévié davantage, pour retenir l’eau, renforcer sa présence dans la ville. Après-demain : La Montée de la Sardine pourra accueillir quelques bassins de rétention, suite à l’ouverture du canal de Marseille (le trop plein pourra s’y déverser) et des eaux torrentielles, offrant des points d’eau ponctuels dans cette rue très pratiquée à pied. Torrent des Carrières / Torrent de la Nerthe Hier : Ce talweg artificiel a été créé pour l’écoulement d’eau des carrières Aujourd’hui : Les sols sont actuellement en décontamination. Demain : La récupération des eaux torrentielles dans les restanques des fondations industrielles permet d’utiliser et de développer les bassins de rétention (zones de retenues d’eau). Après-demain : Une agriculture hors-sol est envisageable à plus long terme avec l’approvisionnement en eau du canal. Après-après-demain : Nous préfigurons un aménagement possible (agriculture ou habitat). Notre travail sur l’eau, sur ses potentiels, permet alors de réenclencher l’imaginaire collectif sur l’eau. Elle révèle des lieux estaquéens parfois délaissés, oubliés, supprimés. Les interventions que nous suggérons sont envisageables à court et long terme. Elles peuvent être entreprises dès demain. 125


Les riverains

he es rt Ne t d en es rr èr to rbi Co

ru i Za ssea me u nh x of

e t d ren ine tor Sard la

nt x rre au to s Ri de

t en rr a l

es t d en res rr to rriè Ca

to de

ru i Fe ssea no uil ux

« qui habitent le long d’une rivière ou d’une étendue d’eau »

Canal Canal bis

S itu at ion d es r i aux dan s le re l ie f ex ist ant.

Différentes n at u r e s d ’ e a u à l’ Es ta q u e : L’eau b rute venant du Cana l de Marse ille, qui pa r t de la D u rance. Les po ints d ’eau qu i p onc tu en t l e quar tier, sont u n p oint de re nco nt re qu otidie n p o u r l es habitants. Les eaux d e rég imes to rrentiels s o nt qu elques foi s canalisée s, ét a nt visible s, elle s stru c ture nt l e t i s s u u rbain dense. Les eaux usées e t p o l lu é e s s o nt ac tuelle me nt en cou rs de dé p o l l u t i o n dans les carri ères.

Ac te ur s à m ob i li s e r d a n s un p re m i e r te m p s

S i t u at i o n 2 torrent des Carrières H i e r S i t u at i o n 1 torrent de la Sardine Le re l ie f de ssine l e passage du ru isse au de l a S ardine, de ssinant l e t racé de l a fu t u re ro u te.

A u j o u r d ’ h u i


O uve r ture d e s va n n e s e t m a r te li ères du c a n a l d e M a r s e i lle. O uve r ture d e la g a re ve r s le h au t du q ua r ti e r p our p lus d ’a cce s s i bi li té ; c ré ati on d ’ un n ouve lle e ntré e q ui s u ggère l ’a ccè s ve r s le s colli n e s e t ve r s le c anal d e M a r s e i lle. O uve r ture d e l ’é cole vers le rui s s e a u.

Situation 2 Situation 1

Interventions à mener «demain» Interventions possibles «après-demain» Interventions éventuelles «après-après demain» Cours d’eau visible Cours d’eau enterré Canal Canal prolongé

Vé g é ta li s ati on d u Pa rc à p roxi m i té des é q ui p e m e nts s cola i re s g râ ce l ’eau du rui s s e a u s i tué s ous la rue Za m enho f, p la ntati on d ’a r b re s a f i n d ’of f ri r de l ’om b re a ux us a g e r s (q ui joue nt à la p é ta n q ue, q ui v i e n n e nt d é je un e r )... R é ouve r ture d e la b rè c h e d u tor rent des R i a ux a f i n d e c ré e r un d i a log ue e nt re les d e ux e s p a ce s p ub li c s ( la p la ce exi tante et l ’ava n cé e f uture ve r s la m e r ) .

M i s e e n oe uv re d ’ un e a g r i c ulture h or s -s ol ( n ouve lle é con om i e loc a le ) .

Ut il isat io n de s re st anqu e s indu t rie l l e s ex ist ante s po u r sto c ke r l ’e au de pl u ie e t ce l l e issu e de s c ru e s to rre nt ie l l e s:

Pré ve rd i s s e m e nt, e t hy p oth è s e d ’ un p a rc h a b i té.

p ri n ci p e d e b assi n s d e réten t i on

D e m a i n

A p r è s - D e m a i n

O u ve r t u re de l ’é co l e ve rs l e ru isse au e t né go c iat io n s au prè s du Po r t Au to no me po u r re ndre pu bl iqu e l a brè c he du To rre nt de l a S ardine afin d ’o u vrir u ne avancé e ve rs l a me r.

A p r è s - a p r è s

D e m a i n

Em e ttre un d roi t d e p ré e m p ti on a u n i ve a u de la p a rce lle e n f a ce d e l ’é co le p r i vé e a f i n d ’of f r i r un li eu om b ra g é, e t d ’i m a g i n er u n p a rcour s d e p a rc s p onc t u els d a n s la v i lle, of f ra nt bancs e t om b re.

Cré at io n d ’ u n po nto n po ur bé né fic ie r d ’ u ne avancé e po nc t u e l l e ve rs l a me r.

(113)


La nouvelle montée des sardines Elsa CLERIN - Alexandre MALFAIT - Guillaume POURRE

Projet 6 L’intitulé de notre démarche s’inscrit dans une rupture d’échelle, une fracture de l’espace vécu dont le groupe a pris la mesure en traversant les dédales du quartier de l’Estaque à Marseille. Le quartier est parcouru dans sa longueur par des axes structurant du réseau métropolitain, représenté par la route du littoral, entamant la grève de l’Estaque Plage au Sud, et un tronçon ferroviaire au Nord, encadrant un schéma d’aménagement historique à plus petite échelle depuis ses réseaux. Le rapport à l’histoire du site nous a aiguillés sur la permanence d’un rapport localisé entre le haut et le bas du quartier, ses circulations étant pour partie le résultat d’une prise en compte des ensembles écologiques (canalisation des vallons, indexation du bâti à la pente, terrassement des activités industrielles et de villégiature). Le chemin de la Sardine illustre ce phénomène entre le haut et le bas du quartier. Le vallon sur lequel la route a été aménagée servait de route principale pour la remontée du produit de la pêche. L’ère industrielle l’a refaçonnée comme en témoigne le creux d’argile en rive gauche sur lequel s’est constitué le bidonville puis le quartier Pasteur. La montée s’obstrue en amont au niveau de la voie ferrée, ramenant le marcheur à emprunter un escalier improbable aujourd’hui ou à continuer sa route sur le chemin de la gare. Le vallon est canalisé au niveau de l’école et l’emprise constituée à la fois par les abords du viaduc et par les berges du vallon peut nécessiter un travail paysager plus approfondi, au service du passant, ou des usagers les plus initiés (les élèves de l’école accompagnés de leurs parents ?) En embouchure du vallon, le boulevard Chieusse donne sur une singulière réappropriation du port de pêche, marquant une rupture nette entre l’historique voie balnéaire du site, jonchée de platanes, de baraque à panisse et de commerces et restaurants locaux, et une série de stationnements divers, laissant année après année un site dont l’activité mobilisait tout le quartier à la solde d’une armada de véhicules particuliers, inerte et passif face à la puissance historique de la zone. Comme autant de bras d’honneur tendus au rapport ville/port, la perte de visibilité et de lisibilité a rendu à ce sol, à la fonction locale stimulante, un héritage passant sans réelle aménité. Le projet présenté consiste à optimiser l’espace public restant des sites présentés. En amont une ferme pédagogique concertée avec les écoles du quartier permettrait l’implantation d’un petit verger sur les pentes surplombée par le viaduc. La réintroduction en milieu urbain de chèvres du Rove doit concilier l’intérêt pédagogique pour la population locale tout en entretenant les berges des vallons et les massifs boisés, des territoires d’enjeux écologiques, constituant à terme un marqueur territorial puissant et influant dans la lutte quotidienne contre les inondations torrentielles et les incendies de la Nerthe. En aval, c’est la réappropriation des voies à travers une charte de partage de la voirie et l’implantation de petits stands à l’usage du commerce local (articles de pêches, activités sousmarines…) qui pourrait accompagner l’intensification de l’activité de bord de mer en étendant le territoire de promenade et en offrant un itinéraire de marche vers le haut du vallon. Tout ceci rendant à la circulation des hommes sa place sur la voie publique, après des décennies de passages, de transit et de commerce en tout genre. 129


Imaginer une nouvelle montée des sardines

Investissement temporaire d’une voûte du viaduc

Création d’une placette entre le chemin de la nerthe et le chemin du marinier

Construction d’un escalier verger avec l’école primaire saint Joseph entre le boulevard chieusse et le chemin de la nerthe.

(114)


Descente des associations du viaduc sur le port les jours de marché. Transhumance des chèvres de rove dans la montée des sardines. Dégustation des produits locaux et partage de mémoires

Extension de l’habitat dans le vallon

Desserte des hauteurs assurée par un nouveau schéma de transport en boucle autour du centre ville.

Réintroduction de la chèvre Rove sur un délaissé

Les voûtes du viaduc deviennent traversantes, accueillent associations de quartier et marchés temporaires

Extension de la cour de l’école primaire Saint joseph en jardin avec des plantes condimentaires et potagères

(115) Coupe longitudinale sur la montée du viaduc


Le littoral en espace public Simon DREANO - Julia MOUTIEZ - Aline TERRIEN - Carolina TRAMONTI

Projet 7

L’Estaque La départementale 568 longeant le littoral est une voie très empruntée par les véhicules, les bus et les piétons. Elle dessert différents espaces stratégiques du quartier tels que les plages des Corbières à l’Ouest marquant la fin du quartier de l’Estaque et par la même occasion la fin de la Ville de Marseille, les zones closes appartenant au Port Autonome de Marseille, quelques restaurants, des commerces, l’espace Mistral, la criée, le marché… Elle est un point de raccordement de la route de la gare de l’Estaque située au nord du quartier. Malgré toutes les fonctions qu’elle concentre, cette voie entretient le sentiment d’inaccessibilité à la mer renforcé notamment par la présence marquée du GPMM détenteur de nombreux espaces clos sur la mer. Partis de ce constat, la problématique d’intégration et de partage par tous de la départementale 568 s’est imposée à nous. Comment parvenir à la rendre accessible à tous les usagers tout en l’intégrant au paysage, en la fluidifiant et en rendant l’accès à la mer ? Plusieurs aménagements sont nécessaires pour répondre à un tel traitement. Dans un premier temps, un cheminement piéton est créé. Il est séquencé par des esplanades, des pentes, des rampes et des passerelles. Il permet de relier les deux parcs projetés, les logements et de créer des points de vue à la mer. Les parcs ont chacun une fonction. Ils sont en lien avec le projet hydraulique d’un des groupes d’étudiants qui souhaite recréer l’hydrographie du site en réintroduisant les cours d’eau dans le paysage. Nous nous appuyons sur leur proposition pour implanter une piscine naturelle dont les principes phytosanitaires permettront de traiter la pollution des sols. Ce parc semi aquatique a été positionné sur les anciennes carrières. Le second est quant à lui situé à l’est du Port Autonome où un point d’eau est également présent. Un jardin de la méditerranée, des logements sociaux intégrés aux paysages, des jardins partagés, des terrasses en accessibilité libre sont des principes de maintien du tissu urbain existant. Au-delà de ces aménagements, la voirie est totalement requalifiée en boulevard urbain. Elle intègre des réseaux techniques permettant la récupération des eaux de ruissellement, des espaces de mobilité douce avec l’élargissement des trottoirs sur toute la continuité et des espaces entièrement dédiés aux piétons dans la zone littorale commerçante. Cette redynamisation générale du littoral apporte un nouveau regard. Elle permet de donner de la profondeur au littoral grâce à des éléments structurants forts. Elle intègre la voirie générale par les voies à mobilité douces et les perspectives vers la mer et vers le cœur du quartier en point haut. L’effet recherché à travers l’identification d’espaces à potentiel de développement est celui de la profondeur de champ, matérialisé par une logique d’accroches transversales au territoire redonnant l’accès à la mer.

133


Parco minerale Connexion et requalification des espace publics le long du littoral

Schema: déploiement des activités et notion de profondeur

Schema: déploiement des activités et notion de profondeur


Phase 1: Amorce d’une urbanisation maitrisée

Phase 2: détail d’une urbanisation côté nouvelle gare

(116)


De l’Estaque gare à la Méditerranée Mathilde ASSIER - Benoît ROMEYER - Salvatore TERRANO

Projet 8 Le secteur est de l’Estaque représente un lieu de concentration d’enjeux forts à différentes échelles : l’Estaque, les quartiers nord et l’agglomération marseillaise dans son ensemble. La gare de l’Estaque représente un lieu emblématique à partir duquel il est possible de retisser des liens. En effet, le train apparaît comme un mode de transport rapide et fiable permettant de rallier le centre-ville de Marseille en moins de quinze minutes. En cela, la position excentrée de la Gare au sein de l’Estaque ainsi que son manque de liaison avec la zone franche peut représenter un véritable levier pour favoriser une meilleure intégration de ce nouveau morceau de ville actuellement en rupture avec le quartier de l’Estaque-Gare. Plus généralement, il s’agit de saisir cette opportunité pour envisager sa densification par la construction de nouveaux logements à proximité des infrastructures de transports déjà présentes. Notre stratégie vise à refaire la ville avec la ville et s’appuie sur un axe fort, l’actuelle rue JeanJacques Vernazza, pour progressivement réinvestir la frange et permettre d’habiter la zone franche tout en favorisant les connexions avec la gare et en encourageant une multi-modalité. A plus long terme, la prolongation de cet axe, actuellement largement surdimensionné par rapport aux usages et au trafic automobile pourra être prolongé jusqu’à l’anse de Saumaty. Une passerelle profitant d’une vue imprenable sur le port viendra surplomber un jardin méditerranéen se lovant le long du chemin du littoral. Cette nouvelle liaison transversale offrira une continuité piétonne reliant plus facilement Saint-Henri à l’Estaque. Cette passerelle ouvrira sur un nouvel espace public proposant l’accès à l’eau dont les estaquéens ainsi que les habitants des quartiers nord de Marseille ont été privés. Dans une première phase, l’action se concentrera sur les abords de la gare, avec la création d’un parking-relais favorisant la multimodalité et impulsant la mise à sens unique de la rue Le Pelletier où l’automobile induit de nombreuses nuisances pour le confort des piétons qui s’y déplacent et fréquentent les commerces qui la bordent comme celui des résidents. Aussi, la gare et le bâtiment néo-gothique qui lui fait face seront réhabilités et pourront être aussi réutilisés pour accueillir les équipements publics qui font actuellement cruellement défaut aux quartiers nord de Marseille, en particulier les équipements culturels, comme une médiathèque par exemple. Dans la dynamique de l’ouverture d’un nouveau centre social dans ce secteur, il apparaît évident que même si les regards et les convoitises sont actuellement plutôt tournées vers l’ouest de l’Estaque, son avenir apparaît aussi clairement en train de se jouer à l’Est. La deuxième phase se concentrera sur la création d’une couture urbaine entre le quartier de l’Estaque-Gare et le secteur de Saumaty par l’amélioration des continuités existant entre ces deux entités et la mise en place d’un cheminement piéton à l’intérieur de la zone tampon qui les sépare actuellement. Par l’amélioration des liens avec la gare, les personnes travaillant dans ce secteur prendront plus facilement le train pour se rendre au travail. Pariant sur des effets d’entraînement, il sera dès lors possible de réutiliser une partie de l’emprise des parkings existants pour introduire de l’habitat dans ce secteur monofonctionnel tout en recréant un front bâti le long des voiries existantes. La densification autour d’une infrastructure de transports pourra en retour entraîner une intensification de son utilisation pour rentrer dans une dynamique de type « cercle vertueux ». Enfin, la troisième et dernière phase de notre stratégie vise à la prolongation de cet d’axe fort reliant symboliquement la Gare de l’Estaque à l’actuel port de pêche de Saumaty. Le long de la corniche, un jardin méditerranéen participera de la mise en paysage de ce secteur. Aussi, dans l’idée de reconquérir des accès publics à la mer, l’implantation d’une piscine flottante dans la baie de l’Anse de Saumaty permettra d’offrir un cadre à des usages qui existent déjà, et de justifier de la nécessité d’un grand équipement public ouvert dédié à la baignade. 137


Penser le devenir de l’Estaque-Gare Refaire la ville avec la ville / réinvestir la frange / habiter la zone-franche

Gare de l’Estaque Espace Mistral

Site de Saumaty

32 min métro + bus

10 min train Métro Bougainville

40 min bateau

20/30 min bus

Gare Saint-Charles Vieux-Port

Carte de Situation : Le train, un moyen rapide et fiable pour relier l’Estaque au centre-ville de Marseille

Bâtiments inutilisés Connexions difficiles Ruptures urbaines Voiries : - Surchargées - Surdimensionnées Nuisances liées à l’automobile Coupure ville/port Deficit d’urbanité Rayon de 400m autour de la gare

Carte des problèmes : La frange est de l’Estaque, un territoire actuellement à la marge mais physiquement très proche de la ville existante et de la Gare de l’Estaque.

Une zone-tampon représentant une coupure urbaine entre le quartier de l’Estaque-Gare et la zone-franche

(117) Perspective de la rue le Pelletier apaisée


C’

(118) Coupe C - C’


Conclusion Stéphane HANROT

Un premier sentiment laisse à penser que l’expérience a été féconde. Certes les étudiants ont été mis à rude épreuve, mais la découverte des compétences des autres a manifestement été importante. A ce titre, l’implication du collectif Etc en première semaine et la qualité de l’encadrement des chantiers et de la vie à YesweCamp ont réellement créé les conditions d’une véritable rencontre sur terrain “neutre“ entre architectes, paysagistes et urbanistes. Cela a été effectivement bien ressenti par tous. Par tous, y compris par les habitants rencontrés in situ qui étaient reconnaissants au fait que quelque chose d’utile et de beau leur soit offert avec générosité plutôt que de se retrouver une fois de plus objet d’étude pour des projets qui n’aboutiront pas. En deuxième semaine, même si de vieux démons de concurrence professionnelle ont ressurgis, les équipiers ont su dépasser les situations de conflit grâce à l’estime réciproque acquise pendant la première semaine. Ainsi, on pourrait admettre que, globalement, notre première hypothèse pédagogique est vérifiée. La seconde considérait qu’à la charnière entre une démarche partant du terrain (bottom-up) et celle, plus classique, d’une expertise politico-technique (top-down) nous allions trouver les conditions d’un espace de projet. La difficulté a été grande pour des étudiants à basculer du terrain dans le projet, c’est à dire de se dégager d’une appartenance au lieu créée par chaque chantier, chaque rencontre avec les habitants, pour repenser l’Estaque avec les outils plus classique du concepteur. Pour les experts, la position très proche du terrain des étudiants a été probablement aussi déstabilisante. Quand bien même le résultat est positif et le débat final avec les habitants bien reçu, nous allons devoir clarifier les modalités de cette articulation. Il nous reste donc à analyser le riche matériau que ce prototype pédagogique nous a permis de constituer. Cela fera l’objet d’un second volume dans lequel les acteurs seront invités à présenter leurs réflexions et propositions pour améliorer le dispositif.

141


142


Plaidoyer Stéphane HANROT

xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx xxxxxxxx

143


Remerciements La contribution des différents acteurs de cette dramaturgie qu’a été l’atelier Mer-Port-Ville 2013 a été essentielle pour sa réussite. Les habitants tout d’abord qui ont trouvé un intérêt encourageant aux travaux réalisés in-situ et qui ont accepté de débattre avec nous des intentions de projet sur l’Estaque. Les trente étudiants qui ont été engagés et ouverts malgré la fatigue physique de la première semaine et les difficultés méthodologiques de la seconde. Ils sont la preuve qu’une nouvelle génération d’architectes, urbanistes et paysagistes se lève et devrait transformer radicalement les pratiques de projet urbain et territorial à l’avenir. Les moniteurs - R.Gonzalez, L.Lerude, C.Piqué, M.Serre - étudiants tout juste diplômés, qui ont assuré les relais techniques sans lesquels rien n’aurait pu avoir lieu. Le collectif Etc a été déterminant lors de la première semaine et a montré ses aptitudes pédagogiques. Les experts - M.Barani, G.Péré, F.Ampe – qui ont été généreux dans leurs contributions et se sont prêtés avec finesse au jeu délicat de la mise en question de leurs postures professionnelles. Les enseignants visiteurs – S.Bethelot, F.Monjal, L.Diedrich, E.Trusilani, A.Oliveira, M.Venancio, M.Veloso - ont apporté des points de vue aux étudiants et relevé les forces et les faiblesses de ce prototype pédagogique ce qui nous ont permis d’ajuster le processus. Les observateurs – F.Boulnois, J.Ineichen, C.Pecqueux – qui ont patiemment relevé les situations et les avis des acteurs, et ont intercédé avec efficacité quand des tensions émergeaient. Qu’ils en soient tous sincèrement remerciés. Que soient aussi remerciées les institutions qui ont rendu cet atelier d’été possible. L’ENSA-M qui a pris en charge la coordination, la logistique et la majeure partie du financement de l’opération dans le cadre du « temps de territoires ». L’ENSP et l’IUAR qui ont détaché des enseignants et financé respectivement les interventions des experts paysagiste et urbaniste. Marseille Provence capitale européenne de la culture 2013 qui a soutenu cet atelier dans le cadre de l’action Campus. Le camping artistique YesWeCamp qui nous a accueilli une semaine et donné un cadre de vie dans l’esprit que nous recherchions.

C.Girard, M.Chiappero et S.Hanrot (coordinateur)


Biographies des acteurs du workshop

{

Dans le cadre de l’IMVT

équipe pédagogique Stéphane HANROT (coord.), ENSA-M René GIRARD, ENSP Michel CHIAPPERO, IUAR + le collectif ETC

experts

étudiants

Marc BARANI, architecte Guerric Péré, paysagiste Francis AMPE, urbaniste

(x10) Architectes (x10) Paysagistes (x10) Urbanistes

habitants De l’Estaque, De Marseille, Et d’ailleurs.

+ le collectif ETC

Enseignants invités Serge Bethelo, Paris 4 François Monjal, Université Paris Marne-La-Vallée Lisa Diedrich, Université SLU Alnarp / Malmö-Malmö Paysage Elio TRUSILANI, La Sapienza-Roma Alex Oliveira et Marluce VENANCIO, Université UEMA São-Luis Maisa Veloso, Université de Natal UFRN

observateurs ENSA-M : Clément PECQUEUX ENSA-M : Julien INECHEN PARIS 4 : Flavien BOULNOIS

moniteurs Ruth GONZALEZ Lucie LERUDE Christophe PIQUE Marion SERRE

145


Equipe pédagogique Stéphane Hanrot

Architecte, Docteur en science, HDR en architecture, il est aussi professeur à l’ENSA-Marseille en Master. Praticien (atelier HetR), il a aussi enseigné dans les écoles de St Etienne, ENAU Tunis et Newcastle (Australie). Il dirige le département de la recherche doctorale de l’ENSA-M, le DREAM.

René Girard

Architecte-urbaniste libéral, il encadre le Dess d’urbanisme de Sciences Po à l’École d’architecture de Marseille. Depuis 1995, il est professeur associé responsable du Master 2 «Paysage et aménagement» à l’Université de Provence et de la 3e année de l’ENSP de Versailles-Marseille.

Michel Chiappero

Urbaniste et architecte, il est professeur des universités associé à l’IUAR, Institut d’Urbanisme et d’Aménagement régional, Aix Marseille Université. Il est aussi responsable du Master Urbanisme durable et Projet territorial, Vice-Président du Crige-Paca et de l’Association Devenir.

Experts

Collectif ETC

Travaille sur la question de l’autonomie de la société dans l’amélioration de son cadre de vie. Développe des projets de différents niveaux, de l’objet à la stratégie de territoire. Cherche à provoquer la rencontre et l’échange à toutes les étapes des processus de projets afin d’y replacer des valeurs telle que l’équité de pouvoir, l’intelligence collective ou la créativité de chacun.

Marc Barani

né en 1957 à Menton (Alpes-Maritimes), Marc Barani est un architecte français. Il exerce à Nice et est lauréat du Prix de l’Équerre d’argent 2008 et grand prix national de l’architecture en 2013.

Guerric Péré

Paysagiste et urbaniste, il anime ILEX, une équipe pluridisciplinaire de concepteurs associant leurs compétences en paysage et urbanisme pour le développement des projets d’aménagement complexes. Il enseigne le projet de paysage et de territoire à l’ENSP de Versailles.

Francis Ampe

Consultant en urbanisme; DG de l’Agence de développement et d’urbanisme de Lille (90-99); Conseiller pour le développement urbain DATAR (98-03) ;Président du département « Ville-environnement-transport » de l’ENPC (99 à 04); chef de projet Casablanca-Anfa et Euroméditerranée

146


Enseignants invités Serge Bethelot

Diplômé en informatique de l’université Paris-VI (1985) il est titulaire de l’agrégation de génie civil (1986) chargé de cours à l’Ecole Nationale Supérieure de Cachan. Actuellement professeur agrégé à l’Université Paris-Est Marne la Vallée. Membre du jury de l’agrégation de Génie Civil (2005-2008)

François Monjal

Diplômé en Urbanisme et aménagement, il est actuellement gérant de l’agence Alphaville et professeur associé à l’Université Paris-Est Marne la Vallée. L’agence Alphaville a été lauréate de la 2ème édition du Palmarès des jeunes urbanistes en 2007.

Lisa Dietrich

Lisa Diedrich est une spécialiste de l’architecture européenne du paysage contemporain. Elle travaille actuellement en tant que professeur d’architecture de paysage à l’Université suédoise des sciences agricoles à Alnarp / Malmö et en tant que rédacteur en chef des publications

Elio Trusiani

Architecte, docteur en urbanisme, maître de conférences en urbanisme et aménagement du paysage à l’Université La Sapienza de Rome. Il coordonne également les recherches du Centre d’Urbanisme pour un Développement Durable des pays émergents à travers le monde.

Alex Oliveira

Architecte et Urbaniste, Docteur en Aménagement de l’Espace et Urbanisme. Il développe des recherches sur le projet territorial urbain, notamment en ce qui concerne la réhabilitation de sites urbains protégés d’intérêt historique, culturel et naturel.

Marluce Venancio

Diplômée en architecture et urbanisme de l’université fédérale de Rio de Janeiro. Professeur à l’université de l’état du Maranhão. Spécialiste en patrimoine historique, aménagement urbain, urbanisme, morphologie urbaine et l’histoire de la ville.

Maisa Veloso

Architecte, Docteur par l’Université de Paris-III. Professeure Associée, Chercheuse et Directrice de Thèses à l’Université Fédérale du Rio Grande do Norte (UFRN), Natal, Brésil. Directrice du Groupe de Recherche « PROJETAR – Projet et Perception de l’environement ».

147


Observateurs

Flavien Boulnois

Clément Pécqueux

Julien Ineichen

Moniteurs

Ruth Gonzalez

Marion Serre

Christophe Piqué

Lucie Lerude

Assier Mathilde

Aillaud Julie

Barboni Anaïs

Clérin Elsa

Architecte ENSA Marseille

Architecte ENSA Marseille

Do Ràsario Rui

Dinh Mai

Dreano Simon

Fargeix Quentin

Urbaniste Université Paris IV

Architecte ENSA Marseille

Ghignatti Luisa

Guiot Orianne

Lagier Elisa

Loosen Lucie

Étudiants

Architecte ENSA Lyon

Architecte Natal

Architecte Sao Luis

Urbaniste IUAR 148

Paysagiste IUAR

Urbaniste IUAR

Urbaniste IUAR

Paysagiste ENSP Versailles Marseille


Malfait Alexandre

Mamou Medhi

Mazé Jean

Mercier Thibaut

Millas Alain

Molle Camille

Mondange Laure

Moutiez Julia

Pouliquen Glenn

Pouliquen Léo

Pourre Guillaume

Romeyer Benoit

Simien Frederic

Terrano Salvatore

Paysagiste ENSP Versailles Marseille

Architecte ENSA Marseille

Paysagiste ENSP Versailles Marseille

Urbaniste Université Paris IV

Paysagiste ENSP Versailles Marseille

Urbaniste IUAR

Urbaniste IUAR

Urbaniste IUAR

Paysagiste ENSP Versailles Marseille

Paysagiste ENSP Versailles Marseille

Architecte ENSA Marseille

Paysagiste ENSP Versailles Marseille

Urbaniste IUAR

Paysagiste Roma Sapienza

Terrien Aline

Tramonti Carolina

Vanel Olivier

Ventura Elena

Urbaniste Université Paris IV

Architecte ENSA Marseille

Paysagiste Roma Sapienza

Paysagiste Roma Sapienza

149


Tables des illustrations Préambule .......................................................9 (2) L’Estaque de Corbières à Saumaty ..............................................11 (3) Repas des étudiants à Yes We Camp ..........................................10 (4) Début de la première séance à Yes We Camp...........................10 (5) Travail en atelier à l’ENSAM sur la photo aérienne .....................10 (6) Présentation publique à Yes We Camp .....................................10 (7) Vue de l’escalier des Riaux remis en service ...............................12 (8) Vue de l’escalier des Riaux remis en service ...............................12 (9) Chantier du banc à la gare de l’Estaque......................................12 (10) Chantier du banc à la gare de l’Estaque......................................12 (11) Chantier Square Mallot avec les enfants du quartier...................13 (12) Chantier Square Mallot ................................................................13 (13) Article dans La Provence du 5 Juillet 2013..................................14

Journal de bord ..........................................17 J1 - J7 : Atelier in situ .......................................19 J1 - Visite du territoire ....................................21 (14) Dessin de C. Molle, participante ENSP (autour de la gare) ........21 (15) Présentation de Yes We Camp ...................................................22 (16) Les toilettes sèches ......................................................................22 (17) Les plateformes pour tentes ........................................................22 (18) Les moissonneuses ........................................................................23 (19) Vue du camp...........................................................................24 -25 (20) Carte avec les 3 sites d’intervention...........................................26 (21) En visite ...........................................................................................26 (22) En visite ...........................................................................................26 (23) En visite ...........................................................................................27 (24) Site 1 : enjeux pédagogiques ......................................................28 (25) Interventions possibles ..................................................................28 (26) Référence ETC............................................................................... 28 (27) Montée des usines ........................................................................29 (28) Site 2 : enjeux pédagogiques ..................................................... 30 (29) Interventions possibles ..................................................................30 (30) Référence ETC............................................................................... 30 (31) Square Mallot ................................................................................31 (32) Site 3 : enjeux pédagogiques ..................................................... 32 (33) Interventions possibles ..................................................................32 (34) Référence ETC .............................................................................. 32 (35) Autour de la gare ......................................................................... 33 J2 - Appréciation des lieux ...........................35 (36) Dessin de J. Mazé, participant ENSAM (montée des usines) ... 35 (37) Réunion de travail à Yes We Camp .......................................... 36 (38) Réunion de travail à Yes We Camp .......................................... 36 (39) Réunion de travail à Yes We Camp .......................................... 36 150


J3 - Esquisse et construction .........................39 (40) Dessin de A. Malfait, participant ENSP (square Mallot) ........... 39 (41) Travail au square Mallot .............................................................. 40 (42) Travail au square Mallot .............................................................. 40 (43) Travail au square Mallot .............................................................. 40

J4 - Avancée des réalisations .......................43 (44) Dessin de C. Molle, participant ENSP (autour de la gare) ........ 43 (45) Travail sur la ‘montée des usines’ ............................................... 44 (46) Travail sur la ‘montée des usines’ ............................................... 44 (47) Travail sur la ‘montée des usines’ ............................................... 44 (48) Travail sur la ‘montée des usines’ ......................................... 46 - 47

J5 - Avancée des réalisations .......................49 (49) Dessin de L. Loosen, participant ENSP (autour de la gare) ...... 49 (50) L’arrêt de bus .............................................................................. 50 (51) La cabine téléphonique ............................................................ 50 (52) Le parking de la gare .................................................................. 50 (53) Travail au camp .................................................................... 52 - 53

J6 - Dead line...! .............................................55 (54) Dessin de T. Mercier, participant ENSP (square Mallot) ........... 55 (55) Travail au square Mallot .............................................................. 50 (56) Travail au square Mallot .............................................................. 50 (57) Travail au square Mallot .............................................................. 50

J7 - Présentation des travaux .......................59 (58) Dessin de T. Mercier, participant ENSP (square Mallot) ........... 59 (59) Travail montée des usines ........................................................... 60 (60) Travail montée des usines ........................................................... 60 (61) Travail montée des usines ........................................................... 60 (62) Présentation du travail sur la montée des usines .................... 61 (63) Travail au square Mallot ............................................................. 62 (64) Travail au square Mallot ............................................................. 62 (65) Travail au square Mallot ............................................................. 62 (66) Présentation du travail au square Mallot ................................. 63 (67) Travail autour de la gare ............................................................ 64 (68) Travail autour de la gare ............................................................ 64 (69) Travail autour de la gare ............................................................ 64 (70) Présentation du travail autour de la gare ................................ 65

151


J8 - J12 : Etape charnière ...............................67 J8 - Virage de la grande échelle..................69 (71) Dessin de T. Mercier, participant ENSP (square Mallot) ........... 69 (72) Entretien avec Marc Barani ........................................................ 70 (73) Entretien avec Guerris Pérré ....................................................... 70 (74) Entretien avec Michel Chiappero ............................................. 70 (75) Entretien avec les invités ............................................................. 72 (76) Entretien avec les invités ............................................................. 72 (77) Entretien avec les invités ............................................................. 72 J9 - Développer les thématiques .................75 (78) Dessin de Q. Fargeix, participant ENSA (autour de la gare) .... 75 (79) Travail en atelier ........................................................................... 76 (80) Travail en atelier ........................................................................... 76 (81) Travail en atelier ........................................................................... 76 (82) Travail autour de la carte ...................................................... 78 - 79

J10 - Tensions et divergences .......................81 (83) Dessin de Q. Fargeix, participant ENSA (autour de la gare) .... 81 (84) Travail en atelier ........................................................................... 82 (85) Travail en atelier ........................................................................... 82 (86) Travail en atelier ........................................................................... 82 J11 - Convergences ......................................85 (87) Dessin de T. Mercier, participant ENSP (square Mallot) ........... 85 (88) Entretiens à l’ENSAM .................................................................... 86 (89) Entretiens à l’ENSAM .................................................................... 86 (90) Entretiens à l’ENSAM .................................................................... 86

J12 - Fin de l’étape charnière ......................89 (91) Dessin de T. Mercier, participant ENSP (square Mallot) ........... 89 (92) Entretiens à l’ENSAM .................................................................... 90 (93) Entretiens à l’ENSAM .................................................................... 90 (94) Entretiens à l’ENSAM .................................................................... 90

J13 - J14 : Production - rendu .........................93 J13 - Production intensive .............................95 (95) Dessin de J. Aillaud, C. Molle et Q. Fargeix .............................. 95 (96) Travail en atelier ........................................................................... 96 (97) Travail en atelier ........................................................................... 96 (98) Travail en atelier ........................................................................... 96 (99) Fête sur la terrasse ........................................................................ 97

152


J14 - Présentation publique ..........................99 (100) Dessin de T. Mercier, participant ENSP (square Mallot) .......... 99 (101) Travail en atelier ....................................................................... 100 (102) Travail en atelier ...................................................................... 100 (103) Travail en atelier ....................................................................... 100 (104) Fête sur la terrasse ........................................................... 102 -103

Propositions ..................................................105 P1 - Métropolisation des terriroires «du bout du monde» .....................................107 (105) Planches ................................................................................... 108 (106) Planches ................................................................................... 109

P2 - Le tram - train ..........................................111 (107) Planches ................................................................................... 112 (108) Planches ................................................................................... 113

P3 - Corbière Riaux ........................................115 (109) Planches ................................................................................... 116 (110) Planches ................................................................................... 117

P4 - Réhabilitation .........................................119 (111) Planches ................................................................................... 120 (112) Planches ................................................................................... 121

P5 - Les riverains .............................................123 (113) Planches ...................................................................... .... 124 -125

P6 - Imaginer une nouvelle montée des sardines .....................................127 (114) Planches ................................................................................... 128 (115) Planches ................................................................................... 129

P7 - Parco mineral .........................................131 (116) Planches .......................................................................... 132 - 133

P8 - Penser le devenir de l’Estaque - gare ....135 (117) Planches ................................................................................... 136 (118) Planches ................................................................................... 137

153


L’Estaque, un territoire habité

m e r

– p o r t – v i l l e

Workshop international d’architecture, urbanisme, paysage

à l’Estaque et l’ENSA-M

MPv 2013 16/12/2013

ISBN : 2 – 916153 – 13 - 6 EAN : 9782916153131

http://workshop.marseille.archi.fr/ESTAQUE2013/ 154

Bilan de l’opération

MVP_Hanrot  
Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you