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AMBASSADE PHOTO-REPORTAGE

SEMAINE DE LA SADC ¤ lÊinitiative des ambassades des 15 pays membres de la SADC (Communauté pour le Développement des États dÊAfrique Australe), accréditées à Bruxelles, une „Semaine de la SADC‰ sÊest tenue du 21 au 27 septembre dans la capitale européenne. Trois thèmes principaux structuraient cette semaine de la communauté régionale dÊAfrique Australe, dont la RD Congo, à lÊissue du sommet de Kinshasa, début septembre, a pris la tête pour un an : la promotion des investissements, le tourisme et la culture. Étalée en quatre actes, allant de lÊhabillement de Manneken-Pis, emblème bien connu de Bruxelles, aux couleurs de la SADC, au séminaire sur les investissements dans cette communauté de près de 300 millions de consommateurs, suivi dÊune fête haute en couleurs, de la Communauté, au Palais des Colonies à Tervuren et une coupe du Monde de Mini-Foot, South Africa 2010, avec 18 équipes internationales, cette première édition de la „Semaine de la SADC‰ a été un franc succès.

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Michael SAKOMBI

Photo dÊensemble des participants devant lÊHôtel de Ville de Bruxelles


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SEMAINE DE LA SADC

RÉCEPTION DES PARTICIPANTS ¤ LÊHłTEL DE VILLE DE BRUXELLES


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AMBASSADE

1. duN Collège à l'Hotel deLVille. CSon OLExcellence LOQUEavec ET les RÉmembres CEPTIO AU Péchevinal ALAIS D ES CO ONIES 2. LÊAmbassadeur signe le Livre dÊOr

¤ TERVUREN


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SEMAINE DE LA SADC


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AMBASSADE

COLLOQUE ET RÉCEPTION AU PALAIS DES COLONIES ¤ TERVUREN


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SEMAINE DE LA SADC


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COLLOQUE ET RÉCEPTION AU PALAIS DES COLONIES ¤ TERVUREN


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SEMAINE DE LA SADC


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AMBASSADE

MINI COUPE DU MONDE DE FOOTBALL


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SEMAINE DE LA SADC


LÊAMBASSADEUR MOVA SAKANYI, REÇU PAR LES COMMUNAUTÉS LUNDA,TSHOKWE ET NDEMBO

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Le samedi 28 novembre dernier, les communautés Lunda, Tshokwe et Ndembo, de Belgique et de France, ont convié lÊAmbassadeur de la République Démocratique du Congo, M. Mova Sakanyi à une réception très conviviale à laquelle a assisté un très nombreux public, avec des invités venant dÊautres communautés ethniques du pays. Après le mot de bienvenue des organisateurs qui se sont félicités que les trois communautés soient réunies pour accueillir lÊinvité du jour, lÊAmbassadeur les a remercié dÊavoir organisé cette réception et a exprimé sa grande joie dÊêtre parmi les ressortissants de son terroir dÊorigine ; une joie dÊautant plus grande, que cÊétait la première fois quÊun tel honneur lui était fait à travers ses différentes fonctions au service de lÊÉtat. Dans son adresse, que lÊassistance a écoutée avec attention, il a exhorté chacun à ne pas oublier dÊoù il vient, à oublier les querelles partisanes et à participer à lÊeffort général pour la reconstruction du Congo. La réception sÊest poursuivie dans la bonne humeur générale, avec un buffet richement garni de plats du pays et sÊest achevée par de la musique traditionnelle et des danses⁄


Š Ambassade RDC / BXL


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Chargée des questions juridiques et des contentieux à lÊAmbassade de la République Démocratique du Congo près le Royaume de Belgique, le Royaume des Pays-Bas et le Grand Duché de Luxembourg, la représentation de lÊUnion européenne, Madame Pierrette MWENZE KISONGA livre à Jok OGA, rédacteur de Yambi, sa réflexion sur la problématique des „sans papiers en Belgique‰. Madame MWENZE, quÊentendez-vous par Sans Papiers, particulièrement en Belgique ? CÊest une expression qui désigne des étrangers vivant en Belgique sans titre de séjour régulier. En principe, est autorisé à entrer et à séjourner sur le territoire belge, lÊétranger porteur dÊun passeport national valable ou dÊun titre de voyage en tenant lieu revêtu dÊun visa délivré par lÊAmbassade de la Belgique dans son pays de résidence. Ceci est le prescrit de lÊarticle 2 de la loi du 15 décembre 1980 sur les étrangers. De manière générale et simple, le sans papier est la personne qui vit en Belgique sans lÊautorisation des autorités

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SANS PAPIERS EN BELGIQUE⁄

belges en charge de la politique de migration et dÊasile. Au delà de la définition que vous venez de donner, pouvez-vous donner des cas particuliers susceptibles dÊêtre assimilés aux Sans papiers ? Il existe plusieurs cas de figure : - Il y a des personnes qui après avoir obtenu un visa dÊentrée régulièrement décident de rester en Belgique à lÊexpiration de ce visa. Il sÊagit principalement des étudiants, des travailleurs immigrés avec contrat de travail à durée déterminée et des personnes qui viennent en Belgique dans le cadre du regroupement familial, lorsque les conditions liées à ce regroupement familial disparaissent (articles 11 §1 et 42 quater de la loi du 15 décembre 1980); - Le cas le plus fréquent, est celui des candidats réfugiés politiques qui arrivent en Belgique de plusieurs manières : cela peut être régulièrement (avec un visa dÊentrée) ou illégalement avec des

documents dÊemprunt (Kobuaka Ngunda). Lorsque la demande dÊasile est définitivement rejetée par une décision exécutoire, cette décision sÊaccompagne souvent dÊun ordre de quitter le territoire belge. La plupart nÊobéissent pas à cet ordre de quitter le territoire et entrent dans la clandestinité. Cette énumération nÊest pas exhaustive. Quelles sont donc les conséquences de cette vie dans la clandestinité ? CÊest une vie dangereuse et avec beaucoup de risques car en effet, le clandestin est une personne qui nÊexiste pas aux yeux de la loi. Cela veut dire que cette personne ne peut pas accéder à une profession rémunérée, elle ne peut signer un bail, elle ne peut pas ouvrir un compte en banque en son nom, elle ne peut pas accéder aux mutuelles de soins de santé. Cette vulnérabilité lÊexpose à tous les dangers. ¤ titre illustratif, on peut citer :


Quelles sont les possibilités en Belgique pour sortir de cette clandestinité ? En nous référant à lÊarticle 9bis de la loi du 15 décembre 1980, la loi belge sur les étrangers donne au Ministre en Charge de la politique de migration et dÊasile un pouvoir discrétionnaire dÊaccorder à un étranger en séjour illégal une autorisation de séjour à partir du territoire belge à condition que ce dernier invoque des circonstances exceptionnelles qui lÊempêchent de retourner solliciter auprès de lÊAmbassade de la Belgique dans son pays dÊorigine une autorisation de séjour.

Ces circonstances exceptionnelles ne sont pas définies dans la loi, mais il sÊest dégagé une jurisprudence du Conseil dÊÉtat (arrêt n°88.076 du 20 juin 2000) qui considère les circonstances exceptionnelles comme étant „celles qui rendent impossible ou particulièrement difficile le retour de lÊétranger dans son pays dÊorigine‰. C'est ainsi que le Ministre en Charge de la politique de Migration et dÊAsile, a considéré certains cas humanitaires qu'il cite dans l'instruction de régularisation de séjour du 19 juillet 2009, comme étant des circonstances exceptionnelles. Ont peut citer quelques exemples : 1- Des procédures dÊasile de longue durée (4 ou 5 ans). 2- Le parent dÊun enfant belge mineur qui mène une vie familiale réelle et effective avec lui. 3- Les personnes ayant développé en Belgique un ancrage local, résidant depuis au moins 5 ans de manière ininterrompue, ayant séjourné légalement en Belgique durant une période ou effectué des tentatives crédibles pour obtenir un séjour légal en Belgique. Il existe aussi une possibilité de régulariser son séjour sur le territoire en se fondant sur lÊarticle 9ter de la loi sur

les étrangers qui vise des personnes souffrant dÊune maladie dont la prise en charge dans le pays dÊorigine ne peut être assurée de manière optimale (exemples le Sida, le diabète, le cancer, la drépanocytose, etc.). Pouvez-vous donner lÊestimation du nombre des congolais clandestins en Belgique ? Cette statistique est impossible à établir pour la bonne et simple raison quÊun clandestin nÊa pas dÊexistence légale. Quel est le rôle que lÊAmbassade peut jouer dans lÊassistance au Sans papiers ? LÊAmbassade joue son rôle traditionnel de protection des Congolais dans le pays où ils sont établis. Concrètement, lorsquÊils sont menacés dÊexpulsion et contrairement à ce que lÊopinion pense, lÊAmbassade examine chaque cas qui lui est soumis, à la lumière de la législation belge afin de trouver la meilleure solution pour nos compatriotes. QuÊen est-il de ceux qui avaient demandé lÊasile politique ? Cette protection sÊapplique également à eux, étant donné quÊils sont citoyens congolais comme vous et moi. Propos recueillis par Jock OGA

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1- LÊexploitation par des employeurs véreux qui les utilisent au noir, cÊest-àdire un travail non déclaré, ne donnant pas droit à des cotisations sociales et qui ne respecte pas les conditions légales de travail, qui accordent beaucoup dÊavantages aux travailleurs déclarés ; 2- Le fait de vivre avec la peur dÊêtre arrêté à tout moment et de finir dans un centre fermé pour illégaux en vue de lÊexpulsion vers le pays dÊorigine ; 3- Pour les femmes, le risque de tomber dans les réseaux de prostitution avec tout ce que cela comporte comme conséquences physique et psychologique⁄


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„P˚RE BUFFALO‰ NOUS A QUITTÉ

LÊAmbassadeur Mova Sakanyi a tenu à assister aux obsèques du regretté „Père Buffalo‰

Michael SAKOMBI

Le Père Joseph Laet, plus connu de la communauté congolaise sous le pseudonyme de „Père Buffalo‰,75 ans, est décédé au mois dÊoctobre dernier, et a été conduit en sa dernière demeure, mercredi 14 octobre au cimetière de la Mission des Pères de Scheut à Leeuw-Saint-Pierre, dans la périphérie bruxelloise. Plus tôt, dans la matinée, devant une audience de plus de cinq cents personnes, une messe de requiem avait été célébrée en son honneur.

Arrivé en 1957 au Congo belge, le Père Joseph Laet a marqué lÊhistoire congolaise par son intérêt pour lÊencadrement de la jeunesse désfluvrée. ¤ son actif, la réintégration de plusieurs jeunes désfluvrés par le biais du théâtre et de la musique, avec la création en 1967 du groupe Minzoto Wella Wella, qui fit la pluie et le beau temps sur la scène musicale congolaise de lÊépoque. Il créa aussi une Fondation éponyme dont les activités sÊétendent de Basankusu en Equateur à Lokanda au Maniema et Kasangulu au Bas-Congo, avec pour but le reclassement social des jeunes en difficulté dÊinsertion et ceux sortant de prison, via des ateliers dÊapprentissage et des écoles professionnelles.


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Véritable icône de la fraternité belgo congolaise durant sa vie, Père Buffalo, lÊaura aussi été à sa mort : deux chorales, une chantant en lingala et une autre en néerlandais étaient présentes pour lui rendre un dernier hommage, une audience métissée récitant et entonnant dans ces deux langues les différents cantiques et homélies du jour⁄ Présent en sa qualité de représentant de la République démocratique du Congo en Belgique, lÊAmbassadeur Henri Mova Sakanyi a révélé dans son oraison funèbre que la mort du Père Joseph Laet était „une grande douleur‰ pour la communauté congolaise car ce dernier, grâce à son „action salvatrice‰ sur la jeunesse congolaise, en était devenu „une institution‰. SÊexprimant au nom des autorités politiques congolaises et de la communauté, Henri Mova a dit un „grand merci‰ au Père Buffalo pour „avoir compris le rôle de la jeunesse congolaise dès lÊaccession à lÊindépendance‰, et a regretté que lÊillustre disparu nÊait pas été inhumé au Congo, „où on aurait vu au grand jour son impact et sa grandeur‰. Après la messe, le cortège funèbre chantant des cantiques dans les quatre langues nationales congolaises - lingala, swahili, kikongo et tshiluba - sÊest dirigé à pied au cimetière de la Mission des Pères De Scheut où le Père Buffalo a été porté en terre.


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NO˙LLA COURSARIS MUNSUKA Née dans la province du Katanga, d'un papa chypriote et d'une maman congolaise, Noëlla Coursaris Munsuka est une personnalité originale. Si cela n'est pas encore fait, vous entendrez parler d'elle. Ce qui est certain, c'est qu'en vous présentant quelques brochures, son visage vous paraîtra familier. En effet la belle a fait le tour du monde depuis le jour où elle est entrée dans le monde de la mode. Forte de son succès, les pieds sur terre, Noella ne s'arrête pas là, et décide de se mettre au service des plus démunis.

Un top modèle au service de l'humanitaire ¤ cinq ans, à la mort de son père, elle quitte sa terre natale le Congo pour l'Europe. Bruxelles, Genève, Londres, Paris, New York sont ses escales. Treize ans plus tard, elle retrouve son pays et découvre la dure réalité de la pauvreté, la précarité que vit une grande partie de la population. Elle décide de se battre à ses côtés pour un avenir meilleur. Elle crée en 2007 la Fondation Georges Malaïka, qui a pour but de favoriser l'éducation, et plus précisément celle des jeunes filles démunies, de 5 à 18 ans. La fondation leur donnera ainsi

un meilleur passeport pour l'avenir. Activiste, elle fait projeter le film de Lisa F. Jackson, „Le Grand Silence‰ à Kinshasa, et au Katanga, ainsi quÊaux Emmy Awards, film qui décrit l'horreur et la violence des crimes sexuels dans l'Est du Congo. Elle interpelle en décembre 2008, les parlementaires congolais concernant la violence subie par les femmes de l'Est du Congo, et appelle à la sécurité et au respect des droits des femmes dans le pays.


KALIAH ALI, SUR LES TRACES DE MUHAMMAD ALI ¤ KINSHASA

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C'est dans le cadre de ses différentes actions, et à son initiative, qu'elle invite au Congo, Khaliah Ali, fille du légendaire Mohammed Ali. Ainsi, à l'occasion du trente-cinquième anniversaire de l'historique „Rumble in the Jungle‰, le fameux combat opposant Mohamed Ali à Georges Foreman, estelle venue en RDC, accompagnée de Noella. D'abord au Katanga où elle fut accueillie par le gouverneur Moïse Katumbi, ensuite à Kinshasa par les différentes autorités de la ville dont Mme Jaynet Kabila, soeur du president, Zoe Kabila (le frère du président qui veut relancer la boxe au Congo ), M. Mokolo Viceprésident du Sénat, et le ministre des Sports. UNE GRANDE AFFECTION LIE MOHAMMED ALI AU PEUPLE CONGOLAIS

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¤ cette occasion, elle a visité différentes collectivités locales, des écoles, des centres médicaux et orphelinats financés par des ONG et l'Unicef, et inauguré aussi la première pierre de la Fondation Georges Malaïka, créée par Noëlla Coursaris Munsuka. Enfin, Khaliah, a visité le stade du 20 mai, où s'est déroulé le match de boxe opposant son père à Georges Foreman. ¤ NÊSele, elle a marché sur les traces de son père, en suivant le même parcours (entrainement, logement...). Pendant son séjour, Khaliah a tenu à rappeler la grande affection qui lie son père au peuple congolais, depuis ce match mémorable, et la place importante que ce dernier occupe dans l'histoire de sa famille. Khaliah, Noëlla, une belle histoire à suivre...

Noëlla Coursaris Musunka Founder Georges Malaika Foundation Empowering African Girls Through Education 244 Fifth Avenue, Suite N225 New York, NY 10001 Tel: +1646-684-5985 www.gmalaikaf.org

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Mona MK


Š Anthony de Meulemeester


YVES YAVÉ, UN STYLISTE CONGOLAIS BIEN CłTÉ

J'ai intégré de manière autodidacte et spontanée les préceptes de base du stylisme et du modélisme. Je ne pouvais pas entamer une formation car les grandes écoles de modes n'existaient pas au Congo. Le hasard a fait que j'ai débarqué à Bruxelles en compagnie d'une partie de la famille. J'aurai bien voulu m'inscrire à l'école privée d'architecture Victor Horta, mais le coût total sur lÊannée académique, était inabordable pour moi. J'ai passé avec brio l'examen d'entrée à la Cambre, mais je devais trouver du travail dans la journée, donc, par conséquent, j'ai opté pour les cours du soir à Saint Luc. Qu'est-ce qui fait votre particularité ? Fin des années 90, j'ai développé mon propre style. J'arrivais à réaliser pour chacun de mes professeurs des silhouettes tombant pile-poil, et cela sans avoir pris leurs mensurations. Le but de cette collection, était de mettre en 3D sculptural, le caractère de chacun de mes professeurs. J'ai créé une série de

© Anthony de Meulemeester

Votre nom se réfère au Tout Puissant, pourrait-on le prendre comme de la prétention ? Pas du tout, je suis quelqu'un d'assez discret et simple. Prenons-le, comme un jeu de mot. J'ai beaucoup le sens de l'humour. (Rires) D'ou vient votre talent ? Je suis à la base un autodidacte. Tout a commencé dans l'atelier de confection de mon père à Kinshasa. Je l'imitais déjà tout petit. Je jouais avec les tissus, les bobines. Mon père était spécialisé dans la réalisation de costumes sur mesure, et c'est de là, qu'est né chez moi la passion des tissus, du vêtement. ¤ 13 ans, j'ai réalisé mon premier pantalon, mis au défi d'ailleurs par mes frères aînés. Et votre inspiration ? Victor Horta, Issey Miyaké, Jean Paul Gaultier. J'aime l'Art Nouveau, l'élégance et la noblesse de la sobriété. Comment votre projet s'est il concrétisé ?

© Anthony de Meulemeester

Quand une main divine associe théorie de la relativité aux courbes féminines, le résultat est „Amen‰ ! Un créateur couture qui installe définitivement son style :YAVE YUBA Yves (à prononcer Yavé). Pour illustration, la nouvelle Miss Bruxelles 2009 – Binta Telemans – sublimée par les mains divines de lÊartiste congolais. Entre deux „coupes‰, nous lÊavons rencontré⁄


© Anthony de Meulemeester modèles réversibles, portables par le haut ou par le bas ; à lÊendroit ou à lÊenvers. Je me suis inspiré de la théorie de la relativité d'Albert Einstein. Avec trois tenues, j'ai voulu offrir à la femme, cinquante manières de s'habiller. Pour mon examen de fin d'année, on me demandait de créer trois collections (10 silhouettes). J'en ai créé cinq dans la foulée, c'est à dire trente cinq modèles. Comment avez vous créé votre marque ? Pendant mon parcours académique, jÊai participé à différents concours, dont celui de „Moët & Chandon‰. ¤ cette occasion, des représentants de la griffe Louis Féraud Haute couture, m'ont proposé un stage dans leur maison parisienne. J'ai par la suite effectué un second stage chez Christian Lacroix. J'étais chargé de la recherche et de l'achat des matières et je participais donc en quelque sorte à la genèse du vêtement. J'oeuvrais en synergie avec le studio de création, mais aussi avec les ateliers, les artistes chargés des parures et des accessoires, la manutention et même la comptabilité. Mon stage chez Christian Lacroix a été une expérience inoubliable et très enrichissante. Après ma vie parisienne, je suis revenu à Bruxelles bâtir ma propre ligne inspirée de la Haute Couture. Je privilégie les coupes qui obéissent à la nature du corps. Pour moi, c'est le vêtement qui doit adopter la femme et non l'inverse. Propos recueillis par Mona MK

© Anthony de Meulemeester

Je privilégie les coupes qui obéissent à la nature du corps

Stylisme / Yves Yave / Modèle / Binta Telemans / Réalisation & direction artistique / Mona Mk / Photographie / Anthony de Meulemeester / Maquillage / Emilie Guillermin / Coiffure / Simon Design Antwerp

BOUTIQUES YAVE YUBA YVES

23, rue Van Artevelde 1000 Bruxelles 195, avenue Louise (Galerie du Bailli) 1050 Bruxelles. www.yveyave.be


YAMBI

© Luc VIATOUR

UN NOUVEL ESPACE DE DIVERSITÉ ET DÊINTERACTION

© Luc VIATOUR

Mot de circonstance de lÊambassadeur Henri MOVA Sakanyi, le jour du lancement officiel du magazine

Ce monde qui se mondialise et lÊagir humain qui se globalise imposent de nouvelles contraintes stratégiques, notamment celles liées à la prépondérance de lÊinformation. Tout le référentiel de base sÊen trouve socialement et sociologiquement chamboulé. La dislocation géopolitique mondiale que nous vivons procède de la crise systémique qui est loin dÊavoir montré toutes ses facettes. Cette crise systémique de plus en plus indéniable fait suite aux mutations de grande envergure qui affecte la marche de lÊhumanité. Il importe donc de sÊapprêter à gérer lÊinconnu. LÊinformation devient une manne de survie ; dÊoù cet appel pathétique pour la formation à lÊanticipation à travers une information partagée. La Soft diplomacy qui sous-tend notre praxis quotidienne nous entraîne aujourdÊhui vers des rivages de convivialités culturelles. Celles-ci sÊexprimeront dans le mot magique de nos langues : Yambi ; Yambi comme ferment et

¤ lÊinitiative de lÊAmbassadeur de la République Démocratique du Congo, lÊassociation Carrefour Congo Culture a lancé un magazine dénommé Yambi. Celui-ci se veut avant tout un lien entre les Congolais de lÊUnion européenne. Comme lÊa souligné lÊAmbassadeur Henri Mova Sakanyi, ceux-ci doivent être fiers de leur pays, au-delà des divergences politiques ou autres. Dans son éditorial, le Professeur Eddie Tambwe, directeur de la publication, insiste sur le fait que les cinq chantiers promis par le Président Kabila ont bien démarré. Il invite les Congolais de la diaspora à faire connaître la culture de leur pays et à la faire rayonner au départ de Bruxelles. Il prône aussi de lutter contre le Congo-pessimisme qui plombe toutes les analyses sur le pays et fausse le regard sur celui-ci. „Qui ne veut pas reconnaitre les réalisations en cours (⁄), condamne les Congolais au renoncement‰, écrit-il. J.-J. DURÉ pratique diplomatique par excellence. Yambi est surtout le pendant philosophique de la résilience. CÊest probablement le mot le plus à même de sÊopposer dans lÊabsolu à lÊadversité. Yambi est donc par essence résilience en tant quÊelle est lÊexpression dÊune victoire sur lÊadversité, une capacité à se développer nonobstant lÊenvironnement délabrant voire hostile. Elle est une forme dÊhoméostasie qui nous permet de retrouver les conditions post ante ou celles de départ après les chocs structurels quÊont connu nos relations sociales. Yambi, pour prêcher à tue-tête dans le désert en quête de reconquête dÊun être cher dont lÊempathie a été momentanément brouillée par une rupture séquentielle. Dans notre espace de vie fait dÊinterculturalité et de multilinguisme, tout devait convier à la séparation, à la scissiparité, à la fragmentation. Mais Yambi est le „sésame ouvre-toi‰ de la remise en connexion, une embellie de


© Luc VIATOUR

De gauche à droite : Claude Dupuis, Herman De Croo, lÊAmbassadeur Mova Sakanyi et Xavier Dupuis.

la pluralité culturelle. Yambi se veut donc une infrastructure de mixage, de mixité, de métissage, de connexion, dÊéchange, dÊaccueil, dÊembrassades, de convivialité, de bienséance, jÊen passe des meilleures. „Qui trop embrasse, mal étreint‰ dit un dicton français. Mais Yambi ne peut se contenter de la portion congrue. Les relations belgo-congolaises sont dÊune telle importance quÊil faut parfois ramasser jusquÊaux miettes qui tombent de la table du festin. Du Congo à la Belgique, le sentier sinueux nous amène en gare finale de lÊensemble de lÊUnion Européenne. Ce quÊune relation binaire sÊenrichit de vingt-six autres apports. Et à vingt-huit, il y a suffisamment de matières pour la convivialité soit lÊantidote aux embouteillages. CÊest ainsi que Yambi sÊérige en un cénacle du rendez-vous du donner et du recevoir ; tout en se bonifiant dÊune prétention noble dÊêtre un apport modeste à lÊuniversel.Yambi répond, ce faisant, à lÊambition dÊinsertion sociale de la Communauté nationale par la culture et le sport dans les tissus sociaux des pays dÊaccueil. Yambi ne peut pas ne pas être un acte de partage en ce quÊil élargit et approfondit lÊespace des rencontres. Yambi se destine à être un cadre de cohabitation pacifique dans le respect des spécificités de chacun. Yambi est aussi une mise en commun des valeurs

de société et des talents. En tant que fenêtre dÊopportunité, Yambi promeut le brassage, lÊosmose, la symbiose, le métabolisme culturels dans la mesure où il se veut contribution à lÊharmonie et à la reconnaissance mutuelle. Medium équidistant par essence, Yambi se veut réceptacle de la diversité et dÊinteraction (les plumes pouvant provenir de tous les milieux), catalyseur dÊintercompréhension et dÊinterpénétration des statuts sociaux. Convier les uns et les autres à interagir procède dÊun processus dÊenrichissement mutuel dont Yambi souhaite garder les traces et marquer les instants de rencontres. Il est lÊimpression et lÊexpression de la pluralité de nos politiques culturelles et du cheminement de notre nation. Agora dÊune identité trop souvent et malencontreusement présentée en puzzle,Yambi veut assumer notre héritage et ouvrir les vannes culturelles de lÊavenir afin de démontrer que notre histoire nÊest pas une instance figée malgré les douleurs actuelles. Promouvoir la communication et lÊéchange des matériaux informatifs. Stimuler le débat sain au sein de la communauté congolaise. Ces missions, Yambi voudrait les assumer en tant que vecteur de nos valeurs et celles de la mondialisation en ce quÊelles nous déterminent dans la construction de la société juste.

Yambi sera porté au pinacle si jamais, sans rudoyer qui que ce soit. Yambi assurera un plaidoyer pour une meilleure place de la culture dans nos relations politiques et les rapports internes de la communauté congolaise dans les États de lÊUnion Européenne ayant Bruxelles comme centre de rayonnement. La mondialisation, parce que pouvant parfois susciter la dispersion, est un défi que se propose de relever Yambi en nous sollicitant à la mise en regard de nos identités pour un enrichissement mutuel. La perte de repères qui sévit dans les milieux diasporiques est un mal que sÊefforcera de conjurer Yambi. Aussi se présente t-il comme un socle sur lequel pourrait se bâtir un renou-veau du vouloir vivre collectif pour ceux des Congolais que la nécessité vitale a éloigné de la mère-patrie. Yambi sera pour eux un axe de reconquête des identités spoliées ou édulcorées par les sollicitations dÊun universel idéologiquement orienté. Cadre dÊexpression de nos valeurs que nous suggérons aux autres, Yambi est aussi un miroir de notre société avec le souci de lÊexactitude houspillant ainsi la tendance mortifère qui ne voit dans notre pays quÊune cohorte de malheurs. Sans lisser artificiellement notre cheminement, Yambi se présente comme un laboratoire où lÊalchimie se nourrit des apports les plus divers. Il


sÊefforcera de saisir les mutations en sÊérigeant en une zone de leur confluence pour en extirper le filon à même dÊenrichir le génie congolais. LÊinnovation et la créativité des Congolais y trouvant un exutoire⁄ Pour Yambi, la fragmentation du discours est une diversion. Sa dissertation à lui ouvre des perspectives à la composition des discours, à la conjugaison des efforts, à la grammaire des événements. Yambi plaide pour la meilleure interprétation possible du vécu réel dans le Congo nouveau. Les lignes de rupture parfois incomprises par nos partenaires étrangers seront mieux élaborées, en tout cas cela est lÊune de ses ambitions ; alors que les permanences y seront mieux exposées. Les défis majeurs du futur y seront passées au peigne fin. Microscope aux verres non grossissants mais aussi kaléidoscope du fourmillement culturel congolais, Yambi assure la communication culturelle à travers une invitation à lÊexcellence autant quÊune exhortation à lÊobjectivité. Ce qui a de mieux y sera privilégié.

Il nÊy a de richesse que dÊhommes ? Alors Yambi présentera la richesse contenue dans les ressources culturelles congolaises. Il est lÊinstrument de la soft diplomacy en offrant une tribune à ceux, Belges et Congolais fondamentalement, à qui les médias classiques nÊaccordent pas la parole. Ceux qui sont exclus du magister superstructurel y trouvent un espace démocratique de prise de parole. En cela, Yambi est une passerelle qui voudrait en susciter dÊautres afin que les relations belgo-congolaises principalement, sÊenrichissent dÊapports sectoriels des opérations non étatiques de terrain. Des médecins, des universitaires, des journalistes, des ONGs, la société civile, les opérateurs économiques, les acteurs culturels, les artistes et artisans de la pérennisation des liens séculaires belgo-congolais y décèleront un terrain naturel et fertile de leurs actions. La signification et la portée des liens historiques sur tous ceux à venir sÊy déploieront allègrement. Cet appel du large incite à lÊaventure. Elle ne sera exaltante et excitante que dans la

mesure où on sÊy engagera à plusieurs. Et la fête nÊen sera que plus belle. Cette bouteille jetée à la mer attend des initiatives, des suggestions, des apports, des appuis, de la spontanéité de lÊenthousiasme, de lÊengagement, du volontariat, voire du bénévolat. ¤ nous de générer, de transformer et de consommer lÊinformation à la portée de Yambi.Ainsi, nous y radierons des rayons vertueux, le corps social et politique qui est le nôtre ; mais aussi dÊun soleil nouveau porteur dÊespoir et dÊespérance. Les enjeux géo-culturels modernes charrient des nécessités nouvelles dont celles de lÊexpression à travers un média global afin que les différences enrichissent plutôt quÊelles nÊéloignent. Yambi en tant quÊespace symbolique pour cette fin vous convie à lÊembarquement pour un monde où le glorieux supplante le banal, où le positif submerge le négatif, où la pluralité phagocyte le manichéisme, où la hauteur surplombe les platitudes, où la prestance lÊemporte sur la bassesse !!! Ainsi, nous aurons accompli fluvre utile.


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RICHESSE, CRÉATIVITÉ ET VARIÉTÉ DU PATRIMOINE CULTUREL CONGOLAIS Yvon RAMAZANI

Avec la commémoration du cinquantenaire de lÊindépendance de la République démocratique du Congo, qui se profile à lÊhorizon, lÊoccasion est belle, de rappeler et de mettre en exergue quelques domaines où les artistes et créateurs congolais se sont illustrés et continuent à se distinguer, comme le rappelle un de nos rédacteurs dans cette brève évocation, qui annonce un futur prolongement plus fouillé⁄ La République démocratique du Congo est l'héritière d'un patrimoine culturel riche et diversifié, à l'instar de la multitude des groupes ethniques qui l'ont élaboré. Sa notoriété s'est affirmée dans les domaines de la musique et de la danse, même si la reconnaissance des artistes congolais est longtemps passée plus souvent par Bruxelles et Paris que par Kinshasa. La littérature nationale, en revanche, ne connaît pas un grand rayonnement au-delà des frontières. Un autre art aujourdÊhui très prisé, est la peinture qui a connu un grand essor durant la colonisation et surtout après, avec des artistes qui ont développé un genre très original qui combine lÊimage et lÊécriture, et dont les figures de proue sont des artistes comme Chéri Samba, Moke, Sim Simaro, etc. Même constat pour la sculpture sur métal et sur pierre, qui a connu lÊémer-

gence de Maître Liyolo, bien connu à lÊétranger et sur le plan national, Pathy Bukasa (également peintre) et le peintre Botembe dont la renommée a dépassé les frontières nationales... Avant l'arrivée des Européens et les mutations que provoqua le choc colonial, les populations congolaises avaient manifesté un goût très prononcé pour la statuaire. Le pays a vu s'épanouir des styles prestigieux, de cour et de village. Dans le Sud-Est, les Lubas ont élaboré des objets, des statues et des ustensiles d'un grand raffinement ; leurs sculptures comptent parmi les plus belles réussites de l'art africain.

L'art contemporain marque une rupture avec les arts anciens, qui étaient souvent liés à des rituels sacrés, voire à des pratiques magiques. Les masques, statuettes, figurines de toutes sortes ou autres objets de divination étaient utilisés à l'occasion de divers cultes et cérémonies. La modernité s'est traduite par l'éclosion d'un art profane, principalement en peinture (la renommée de l'école de Lubumbashi a largement dépassé les frontières du pays).

Un art à la fois sculptural et décoratif

C'est surtout dans le domaine musical que les artistes nationaux ont atteint à une renommée internationale. Kinshasa a été, depuis l'indépendance, un haut lieu de la musique africaine, avec des chanteurs de renommée internationale ; son célèbre quartier de Matongue, à la vie nocturne animée, donnait le ton, y compris dans la mode vestimentaire. Les rythmes zaïrois de Papa Wemba et de nombreuses autres formations connurent un grand succès dans toute l'Afrique ; certains orchestres et chanteurs se produisaient dans le monde entier. Une rumba spécifique, connue sous le nom de soukouss, était apparue à la fin des années 1950. La musique congolaise a profondément influencé toutes les nouvelles musiques du continent et malgré la crise économique et politique, installée depuis la fin des années 1980, aujourdÊhui encore la vie artistique et culturelle reste dÊune grande vivacité. On citera notamment sur le plan international le nom de Ray Lema, musicien expérimental, qui adapte des arrangements électriques à des rythmes traditionnels provenant de multiples cultures, Maïka Munan, un arrangeur reconnu par tous les amateurs de musique congolaise et africaine, et puis les vedettes consacrées que sont : Koffi Olomide, Werrason, Fally Ipupa, Souzy Kasseya, papa Wemba, JB Mpiana, etc. Nous y reviendrons.

Dans un autre registre, les Kubas et les Chokwés du Centre-Sud, ont favorisé un art à la fois sculptural et décoratif. Les Kubas, par exemple, sont célèbres pour la qualité de leurs tissus de raphia, dont la finesse et l'habileté d'exécution avaient fait l'admiration des premiers voyageurs européens. Dans le Bas-Congo, les Kongos et les Tékés ont sculpté des figurines à usage magique et funéraire. Dans la région du Kwango, les masques ont souvent des formes „surréalistes‰, très colorées. Les masques lega et les statues songye, dans l'Est, associent abstraction et expressionnisme. Dans le Nord, les Mangbetus et les Zandés ont élaboré des sculptures et des instruments de musique décorés avec un très grand art (harpes et tambours). L'ivoire a été abondamment travaillé sous forme de statuettes ou de défenses sculptées; il fait encore de nos jours l'objet de trafics de contrebande dans les zones frontalières mal contrôlées. Le Musée royal de Tervuren, près de Bruxelles, détient les plus importantes collections d'objets en provenance de l'ancien Congo belge.

Musique et danse

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