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ImprimĂŠ avec le soutien de la


Edito La démocratie des Hommes purs est-elle possible ? A en croire les plus hypocrites, la réponse est oui. Scandalisés par les affaires Sarkozy / Lepen / Fillon / Hollande etc, certains pensent que la seule solution serait une mise à bas des cartes de la démocratie, une sorte de chasse aux hommes non vertueux pour trouver enfin un politique innocent de tout crime, délit, infraction. S’il y a bien des valeurs que nous devons garder en politique telles que l’honnêteté, le sens des responsabilités, le sens moral et l’altruisme, il ne faut pas rêver de culs bénis ! Nous avons tous, au moins une fois, abusé d’un système qui nous arrangeait bien, enfreint des règles jugées trop dures pour soi ou nos proches. Et c’est tant mieux, si l’enfer existe, nul doute que la bureaucratie en occupe un bon espace ! Ce que nous devrions reprocher à Mr. Fillon et toute la clique n’est donc pas tant d’avoir enfreint des limites mais plutôt la façon dont la plupart se sont justifiés d’un tel comportement : Déni, colère, attaques et déni. Bien sûr que leurs actions méritent sanction mais humainement elles restent compréhensibles, il suffit de se mettre à leur place. Nous n’avons pas la démocratie dont nous avons besoin, nous n’avons que celle que nous méritons. Nathan Hardy

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Sommaire Rédaction du Gem In Way Journal étudiant de GEM

La vie de l'école Interview Claire Malet..................................p.4-5 Career Center : L’alternance............................p.6 GEM à la Fnac ...........................................p.7

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ASSOS

Publication Xpression

GED: Le lion Peugeot sort les crocs ................p8 Photo planète....................................................p.9 Interview de Maxime Guillot .................p.10-11 Quel futur pour la France paysanne ?..p.12-13

Contact xpression@grenoble-em.com Rédacteur en chef Nathan Hardy Responsable Maquette Charlotte de Verdière

SOCIETE L’agriculture urbaine ...............................p.16 La science de la décapitation.........................p.17 Les voitures autonomes.......................p.18-19

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Rédacteurs Maela Vincent Antoine Boulet Claire Maraval Emmanuelle Flahaut Joshua Mattei Pierre Jacquemin Albane van Hille Maquettistes Emeline Mauchaussé Antoine Boulet Clara Laugner Photos non contractuelles

CULTURE

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L’ère du divertissement ....................p.20-21 Le jeu vidéo est-il un art ..................p.22-23 Petit guide des festivals de l’été.................p.24 La Mouette, Tchekov ..........................p.24-25 Comprendre le monde ............................26-27 Efface moi si tu peux..............................p.28-29 La contradiction FIGHT CLUB..................p.30-31 LIBRE Des chiffres et des êtres.......................p.32-33 Pour quelques clics et un coup d’oeil....p.34-35 Tour du monde en solidaire ..................p.36-37 La pornographie et l’extermination de l’humanité ......................................................p.38 Le jeu du mois .........................................p.39

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Ecole

Ecole

Ce mois-ci, retrouve le Career Center avec son interview exclusive et ses infos pour l’alternance

Interview d'une alumni :

Claire Malet

GEM MS 2013 - GEM ESC 2012

Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ? Je suis Claire Malet, j’ai 28 ans. Après une prépa j’ai intégré GEM en 2009. J’avais choisi le parcours alternance avec une spécialisation en Ressources Humaines et puis ai fait le master RH en expertise internationale (Mais je ne suis pas sûre qu’il existe encore aujourd’hui !). J’étais à l’Espace (Le HUB aujourd’hui il me semble ?) au pôle Communication pendant 2 ans et concernant mon alternance je faisais partie d’une DRH Groupe. Après ma diplomation j’ai travaillé un an en CDD puis j’ai rejoint Orange via son Graduate Program.

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« L’opportunité offerte en intégrant un Graduate Program est une chance immense et il faut en tirer le meilleur possible ! » Concrètement, y a-t-il des promos de Graduate Program ? Nous sommes vraiment des promos (un peu comme à GEM) puisque nous sommes 25 à rentrer chaque année. Nous avons des formations au cours de l’année ensemble, des journées d’intégration… Nous faisons partie de la même classe en quelque sorte puisque nous nous voyons régulièrement. En outre il y a des évènements inter-promotions qui sont organisés pour créer du lien comme des conférences sur des sujets précis ou des présentations de métiers pour donner des idées aux personnes en recherche de mobilité. Cet effet promo est inéluctable puisque chaque année il y a près de 6000 candidats pour une vingtaine d’appelés. La sélection est aussi longue, plusieurs mois. Cette traversée d’épreuves crée une petite cohésion.

Pouvez-vous nous en dire plus sur les postes accessibles ? Les postes auxquels nous accédons doivent d’abord être face au client (au moins pour le premier). Cela nous ouvre les portes de postes tels que Responsable Boutique, Manager d’Unités d’Interventions ou Responsable d’un plateau téléphonique. C’est nous qui choisissons notre poste et Orange ne nous

Quel est votre lien avec Orange ?

Qu’est-ce qu’un Graduate Program ?

C’est mon employeur depuis Septembre 2013 ! Mais c’était aussi l’entreprise de mes rêves lorsque j’étais étudiante. Elle est passée de Public à Privé tout en gardant une grande force d’innovation, tout en allant vers de nouveaux terrains et territoires de développement et cela m’intéressait fortement. Mon lien aujourd’hui en est donc vraiment un de loyauté et d’intérêt réciproque !

Un Graduate program est un programme pour Jeunes diplômés en sortie d’école qui permet de tester plusieurs postes et notamment des postes en opérationnels pour découvrir l’entreprise et faire partie des instances dirigeantes tout en ayant une certaine légitimité. On passe donc plusieurs séries de test et ça permet de découvrir l’entreprise et ses métiers de manière accélérée. Chez Orange il dure 5 ans et durant ces 5 ans nous devons faire 5 postes. Nous sommes accompagnés spécifiquement au niveau RH par des personnes qui connaissent très bien le groupe.

oblige rien. J’avais par exemple choisie d’être dans une Unité d’Intervention, je manageais 8 personnes pendant 1 an puis j’ai été Responsable Commerciale pour des Grands Comptes de la Région Lyonnaise pendant 2 ans et demi. Début avril, j’ai intégré mon nouveau poste de Chef de Projet RH pour développer un Graduate Program à l’international. Et pour finir dans mon cas personnel, j’aimerais beaucoup à moyen terme devenir DRH d’une entité d’Orange. Via un Graduate Program nous pouvons donc vraiment créer notre parcours en fonction de nos envies en étant accompagnés et en bénéficiant d’une véritable confiance des gens qui nous entourent.

Comment le Career Center vous a-t-il aidé dans vos recherches de stages ? C’est un petit peu loin pour moi mais Le Career Center m’a permis de bien comprendre ce que je voulais faire en définitive dans la vie : des Ressources Humaines. Si ma mémoire est bonne le centre était moins développé avant qu’aujourd’hui mais j’avais postulé à des offres d’alternance sur leur site et je savais que nous pouvions avoir les coordonnées d’anciens travaillant dans les entreprises qui nous intéressaient. Aujourd’hui, il me permet de rencontrer d’autres diplômés via des rencontres organisées.

Quel est le plus important lorsque l’on veut décrocher un Graduate Program ? Rester soi-même et comprendre que l’opportunité offerte en intégrant un Graduate Program est une chance immense et qu’il faut en tirer le meilleur possible ! Ne pas hésiter à postuler, ne pas se faire d’autocensure !

Un dernier mot ? J’adore faire passer des entretiens pour les oraux de l’école et j’espère avoir aidé des étudiants grâce à cette interview !

Propos recueillis par Nathan Hardy

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Ecole

Ecole

EM Career Center

GEM A la fNAC

L’alternance

Depuis 1994, de nombreuses entreprises de tous secteurs et de toutes tailles accueillent les étudiants de notre école : PME régionales, sociétés nationales, filiales françaises de groupes internationaux, groupes français d’envergure mondiale. Vous aussi, tentez ce parcours !

Quels programmes en alternance à GEM ? - ESC 2A et 3A (sur les deux ans en contrat pro ou bien seulement en A3 en contrat d’apprentissage) - Programme de l’EMSI en 2 ans et contrat pro - Mastères Spécialisés en 2 ans et contrat pro

L’alternance, quels avantages ? 1. Atout sur le CV Tout d’abord, l’alternance t’apportera une expérience professionnelle significative qui te permettra de te démarquer sur le CV ! Ce n’est plus 6 mois de stage que tu affiches mais une voire deux années d’expériences en entreprise ! Les étudiants qui ont suivi une partie de leur cursus en apprentissage ont encore moins de difficultés que les autres à trouver un premier emploi.

2. Le rythme Si rester des heures sur les bancs de l’école n’est pas fait pour toi, l’alternance permet d’avoir un rythme plus dynamique en alternant les jours à l’école et en entreprise (le rythme en Programme Grande Ecole est d’une semaine à l’Ecole et deux semaines en entreprise).

3. Les finances Autre avantage indéniable : l’argument financier ! En contrat pro ou d’apprentissage, tu ne payeras pas tes frais de scolarisation ! C’est tout de même un argument de poids ! C’est l’entreprise qui prend en charge la totalité de ta scolarité et cerise sur le gâteau : à chaque fin de mois, un salaire tombera sur ton compte en banque !

Infiltration Gémienne !

I

l y a quelques jours, vos deux ambassadrices Fnac à GEM sont entrées en mission infiltration au sein du siège social de la Fnac, en banlieue parisienne. Direction donc Ivry-Sur-Seine où nous attend un gigantesque bâtiment en verre de 6 étages avec une vue imprenable sur la Seine. Première étape : le 6ème étage et son Fnac café, comme en magasin, et ses délicieux jus d’orange. Puis la journée d’infiltration s’enchaîne au rythme des rencontres avec le personnel, un personnel jeune, accueillant, dynamique, qui nous parle de la Fnac et de sa culture d’entreprise avec autant de plai-

sir qu’un Jean-François Fiorina qui tweete à propos de GEM. Et les missions sont très variées : community management, évènementiel, e-commerce, gestion de projet… Après une pause déjeuner très satisfaisante (mention spéciale à ce gâteau aux oréos que nous cherchons ardument à exporter dans la cafet de GEM), nous faisons la connaissance de Julie Chhéan, étudiante à GEM en alternance ici et qui nous semble plus qu’épanouie. La journée passe à toute vitesse et on regrette presque de ne pas avoir de temps de pause pour pouvoir profiter des Xbox et des

Playstation mise à disposition à chaque étage du bâtiment ! Finalement, le siège social, c’est un peu une Fnac géante : on a accès un peu partout à des livres et à des consoles de jeux. La question est, comment trouver le courage de travailler dans ces conditions ? Bilan de cette journée : les ambassadrices sont très satisfaites de l’entreprise qu’elles sont chargées de représenter au sein de GEM et ont hâte de pouvoir vous la faire connaître un peu plus, et peut-être pour les plus chanceux de vous y emmener ! À suivre…

Comment trouver une alternance ? Consultez les offres sur : - GEM Career Center (pour rappel www.grenoble-em.com/careercenter) - Tout autre type de jobboard - Les réseaux sociaux professionnels comme LinkedIn

Et surtout, le GEM Career Center organise le jeudi 27 avril le Forum de l’Alternance de 10h à 16h dans le Hall de GEM ! Une occasion unique de venir rencontrer une vingtaine d’entreprises qui propose des postes en alternance ! Les inscriptions et les noms des entreprises présentes seront disponibles début avril ! Préparez donc votre CV pour cette journée !

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Chloé Domeniconi et Reem Algasim

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Asso

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Ce mois-ci, retrouve notre interview d’un ex président et des infos asso;)lantes !

Le lion Peugeot sort les crocs

La firme Sochalienne marque un retour en force détonnant par le rachat de son concurrent Opel

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undi 6 mars 2017 fut une belle journée pour Carlos Tavares, président du directoire de Peugeot S.A : officialisation du rachat d’Opel, la Peugeot 3008 dont les commandes dépassaient déjà de 70% les prévisions élue « voiture européenne de l’année » et le cours en bourse affiche +2,7% à la clôture. Après presque 80 ans de possession, Général Motors se sépare d’Opel pour environ 1,3 milliards d’euros et cède également les activités européennes de GM Financial à PSA et BNP Paribas, le total de la transaction s’élevant à près de 2,2 milliards d’euros pour PSA.

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Comment PSA peut-il acheter un concurrent en grande difficulté (-250 millions d’euros de résultat opérationnel en 2016) à coups de milliards alors que le groupe était lui-même au bord du gouffre en 2012? A cette époque l’action Peugeot S.A passe sous la barre des 4€, bien loin des 40€ qu’elle tutoyait avant la crise de 2008 ; la situation était tellement catastrophique que le groupe a dû céder 14% de son capital au Chinois Dongfeng et autant à l’Etat pour renflouer ses caisses, Peugeot perdait alors 4 millions d’euros par jour.

A l’annonce des chiffres de 2016 le 23 février dernier on était déjà bien loin de cette sombre période avec un résultat opérationnel de 2,6 milliards d’euros. Ce retour en force spectaculaire est l’œuvre de Carlos Tavares, débarqué de chez Renault-Nissan pour prendre la tête de PSA en 2013 ; ses plans aux noms très évocateurs « back in the race » et « push to pass» ont redéfini totalement la stratégie du groupe. Aujourd’hui le rachat d’Opel propulse Peugeot dans la cour des grands avec une production totale supérieure à 4 millions d’unités par an, et Tavares s’est fixé le cap des 5 millions pour 2020 !

« En 2012, Peugeot perdait 4 millions d’euros par jour » L’atout majeur de cette acquisition est la synergie, l’évolution des exigences anti-pollution et l’intégration croissante des NTIC dans les véhicules font exploser les coûts en R&D. Ainsi en rachetant Opel, Peugeot met la main sur la technologie full-electric développée par GM et peut envisager le développement de technologies communes. La synergie est déjà enclenchée puisque le grand plan de modernisation de l’usine historique de Sochaux intègre la production du futur SUV d’Opel dès la fin de cette année. Reste à voir si le nouveau géant Peugeot-Citroën DS-Opel saura convaincre son public, toujours axé classe moyenne et marché européen. Un élément de réponse peut-être avec le nouveau SUV DS7 Crossback présenté en marge du Salon de l’Automobile de Genève, futur best-seller ?

Aurélien Trompette-Nevers

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Asso

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maxime Guillot ex-president de startin' block - interview

Le renouveau de Startin’ Block

Peux-tu te présenter rapidement ? Je m’appelle maxime (Ex Préz de Starting Block), je viens d’Orléans, j’ai 20 ans… J’ai fait une prépa ECE pendant 2 ans puis ai rejoint GEM l’année dernière dans le parcours classique. J’ai pris le parcours associatif en 2A car je voulais m’impliquer à fond dans la vie de l’école et aimerait bosser dans le secteur agro-alimentaire. Pourquoi as-tu voulu être Président de SB ? A la base je voulais faire progresser l’asso, lui donner un vrai cap, une vraie identité. Il y avait un truc à faire et j’ai décidé d’en saisir l’opportunité. Historiquement Starting Block est l’asso de la relation entreprise. D’ailleurs dans ses premières années l’association s’appelait « Job Odyssey » ! Puis l’école a peu à peu repris le concept notamment via CARE qui a récupéré l’organisation du Forum Recrutement il y a plusieurs années. L’école faisait d’ailleurs un meilleur travail que nous car plus de moyens, plus d’expérience, plus de reconnaissance… Puis, il y a deux ans, l’association a recueilli un embryon du pôle ONU (qui représente aujourd’hui 18 personnes, un peu moins de la moitié de l’asso !). Nous avions donc 2 activités principales et je sentais que quelque chose pouvait être fait à ce niveau-là. Et qu’avez-vous fait ? Quand on a eu notre séminaire asso en Mai dernier on a réfléchi à la stratégie de l’asso, l’axe dans lequel on voulait l’amener cette année et ça devenait compliquer de garder la dichotomie entre Relation Entreprise et Simulations ONU. On a donc voulu scinder en deux entités différentes nos deux

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activités mais Mr. Fiorina nous a dit qu’il n’était pas possible de créer une nouvelle association. Nous n’avons donc pas eu d’autre choix que d’abandonner une de nos activités, la Relation Entreprise, au profit des Simulations ONU (MUN) et de la Géopolitique. Ps : Un MUN c’est une simulation des Nations unies qui a pour but de former les participants aux négociations internationales, visant à promouvoir les droits de l’homme, mais aussi les qualités de communication, de relations internationales mais aussi de diplomatie.

La géopolitique, c’est pas ce que fait BIG aussi ? La Géopolitique est effectivement dans le nom de BIG mais ils font surtout de la finance. Le premier côté est délaissé et c’est vraiment dommage car nous sommes à GEM, l’école qui organise le plus grand Festival de Géopolitique dans le monde. Donc oui, c’est ce que faisait BIG mais je me suis arrangé avec leur (ex) présidente et le transfert d’activité s’est fait d’un parfait accord il n’y a pas de vol ou d’empiètement. Le but des associations à GEM c’est de travailler ensemble et pas les unes contre les autres. SB l’an prochain ça va ressembler à quoi ? Il y aura les pôles supports comme dans toutes les associations : Partenariats, Communication, TeamBuilding etc. Et plus spécifiquement nous aurons un Pôle Logistique qui aura énormément

de travail et la charge d’organiser les voyages pour les MUN + les formations de nos émissaires. Nous aurons aussi un Pôle Event qui va participer à l’organisation du Festival de Géopolitique et du MUN. Nous aurons aussi un Pôle qui décryptera l’actualité géopolitique sous forme de tribune, de cartes… Nous comptons avoir notre blog que nous alimenterons toutes les semaines. Le but sera d’intéresser les Gémiens sur ce qu’il se passe ailleurs ! Ah et n’oublions pas le Pôle ONU qui participera aux MUN évidemment.

« Intéresser les gémiens sur ce qu’il se passe ailleurs »

« Le choix du futur avec les simulations ONU » Pourquoi ce choix ? Il y avait un problème d’image entre notre activité historique en déclin et la nouvelle activité en pleine croissance. Notre identité et notre mission réelle ne correspondaient pas. Nous avons donc fait le choix du futur en nous concentrant sur les Simulations ONU et la géopo. D’ailleurs, si on regarde les meilleures écoles en France selon les classements (HEC, ESSEC, ESCP, EMLyon et l’EDHEC) toutes ont créé entre 2008 et 2014 une association orientée MUN ou Géopolitique. Notre choix est donc aussi un choix stratégique faisant que GEM ne soit pas en retard dans les tendances. Enfin, les plus grandes Ecoles et Universités dans le monde participent tous les ans au seul MUN officiel, celui de New-York. Il est donc impératif, une fois de plus pour des questions de visibilité, que GEM y participe aussi.

Nathan Hardy

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Asso

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Quel futur pour la

« France paysanne »? Au moment même où le salon de l’agriculture ferme ses portes, il paraît important de se pencher sur la question de l’état de l’agriculture française, que certains jugent (à tort ?) désastreux.

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ujourd’hui, la France est le premier producteur et le deuxième exportateur agricole au sein de l’Union Européenne. Dans le monde, c’est le huitième producteur et le quatrième exportateur. A titre comparatif, en 1995, c’était le sixième producteur et le deuxième exportateur agricole mondial. A qui attribuer la faute d’une telle chute ? Certains voudraient faire porter le chapeau à l’Union Européenne. En effet, ne voyez-vous pas que c’est la compétition accrue induite par le marché unique et la réglementation européenne qui sont la cause de la souffrance de nos chers agriculteurs… ?

« Commençons par donner un conseil à notre futur président : mettez au Ministère de l’Agriculture une personne issue de ce milieu qui en connaîtra les tenants et aboutissants. » A titre personnel, je dis que ce sont des balivernes ! La France a de l’or entre les mains grâce à son agriculture ; nous avons de grands atouts géographiques et fonciers, et le soutien de tous les gouvernements au cours de la seconde moitié de la XXème siècle ont permis à l’agriculture française d’être à la pointe de l’innovation et de la recherche agronomique. Par ailleurs, quoi qu’on dise de l’Union Européenne, le monde agricole a grandement bénéficié de la PAC qui lui a permis de continuer à se développer et d’augmenter toujours plus sa productivité. Ceci dit, il est certain aujourd’hui que ce secteur d’activité rencontre de nombreux problèmes qui peuvent remettre en question son futur. Mais il ne faut pas faire de généralités. Les secteurs du blé, de la betterave à sucre, du colza et de certains fruits et légumes se portent globalement très bien. Un domaine cristallise toutes les tensions et interrogations, celui de l’élevage. Et dans ce cas-ci, les torts sont partagés. L’élevage français est particulier dans le sens où on recherche encore à maintenir une petite exploitation familiale, avec peu de bêtes. Mais, à l’heure de la mondialisation, un tel modèle n’est

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plus soutenable. L’Allemagne a décidé il y a des années d’investir en masse pour créer de gigantesques fermes avec mille bêtes ou plus (je parle ici principalement du monde de la vache laitière). Résultat, les agriculteurs s’en sortent très bien. Et en France, avec des exploitations de 50 à 75 vaches, les exploitants sont à la peine. Il faut se faire une raison : nous devons changer notre modèle, il n’est plus viable. Il faut créer des super fermes, dont la rentabilité est largement supérieure aux modèles plus petits, afin que les agriculteurs s’en sortent. Une tentative a été faite avec la fameuse ferme « des mille vaches » il y a de cela quelques années. Autour de celle-ci s’est créée un véritable scandale que les médias n’ont fait qu’envenimer. Les mots barbarie ou maltraitance animale ont été mentionnés. Certes, être enfermé à vie pose un problème d’éthique. Mais sachez que, si on compare proportionnellement à la taille, les vaches de cette fameuse ferme ont deux fois plus d’espace que les lapins ou poules élevés en batterie. Qu’est-ce que cela dit sur l’état d’esprit français ? Que les agriculteurs en France ne sont pas prêts à faire face à la mondialisation car ils s’attachent à défendre un modèle de production dépassé.

Mais le changement ne peut se faire qu’à une seule condition : il faut que les grands groupes agroalimentaires, tels Lactalis, cessent de proposer des prix dérisoires à leurs fournisseurs. Aujourd’hui, les agriculteurs produisent à perte : leurs laits, leurs viandes sont achetés moins chers que ce qu’ils leur en coûtent à produire ces denrées. Comment voulez-vous qu’ils arrivent à rembourser leurs emprunts nécessaires au maintien de leur activité ? Ce secteur, moteur de la croissance économique en France, souffre énormément aujourd’hui et risque de sombrer si rien n’est fait pour l’aider.

Il y a une pression à la baisse sur les prix qui est faite par les grands groupes et la suppression de la PAC, qui augmente l’instabilité des prix des matières premières au sein de l’Europe, n’arrange pas les choses. Il est plus que temps que nos chers dirigeants politiques se réveillent et comprennent qu’il faut plus que quelques millions débloqués pour soutenir ce secteur. Commençons par donner un conseil à notre futur président : mettez au Ministère de l’Agriculture une personne issue de ce milieu qui en connaîtra les tenants et aboutissants.

Eugénie Heumez

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Société

Société

Ce mois-ci, informe toi sur la technologie dans laquelle nous allons vivre !

L'agriculture urbaine : quelle réalité ? Souvent présenté comme une utopie bobo, le concept est pourtant florissant.

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h l’agriculture urbaine… Comment peut-on associer l’agriculture et la ville dans le même temps ? Surprenant me direz-vous ! Eh bien, avec les besoins croissants des espaces urbains et la nécessité de modifier nos comportements, pas tant que ça ! Comme vous l’aurez sans doute deviné, l’agriculture urbaine consiste à mettre en œuvre des pratiques agricoles en ville. Elle peut prendre plusieurs formes : des parcelles individuelles ou collectives mises à disposition par les villes, sur les toits des immeubles ou bien encore, dans de véritables tours… C’est cette dernière configuration qui, à vrai dire, est la plus prometteuse. Connue sous le nom d’ « agriculture verticale » et théorisée en 1999 par le microbiologiste américain Dickson Despommier, cette nouvelle forme d’agriculture est censée être d’une aide majeure pour répondre aux besoins d’environ 10 milliards d’habitants en 2050. Avec 80% de terres arables déjà exploitées actuellement, chacun comprendra que

la situation sera vite intenable. L’idée est alors de produire dans des immeubles entiers, où la terre est remplacée par un substrat (sable, argile…) irrigué par de l’eau distillée et des nutriments. De plus, cette forme d’agriculture rend l’utilisation de pesticides inutile et pourrait même s’avérer productrice d’énergie. Les bénéfices sont donc nombreux et permettent de rapprocher considérablement les lieux de production des lieux de consommation.

la sciences de la décapitation De l’intérêt de ne pas perdre la tête Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, la tête est une partie merveilleuse de notre corps : Elle regroupe 20 os, jusqu’à 32 dents, une douzaine de muscles, 4 de nos 5 sens et notre cerveau, le cœur de notre système nerveux ! Elle nous est vitale autant que la sauce Big Mac est vitale au burger du même nom. Bref. L’intérêt pour la décapitation s’éveilla tout naturellement en France lors de la Révolution et un peu après tant la guillotine fonctionnait à plein régime. On se posa une question simple mais dont la réponse est difficile à apporter : Combien de temps la conscience reste-t-elle une fois la tête séparée du corps ?

De nombreuses expérimentations sont actuellement en cours, notamment aux Etats-Unis et au Japon. Leur viabilité économique n’est cependant pas encore assurée, étant donné le coût de construction de telles structures et la rareté des terrains constructibles dans les grands centres urbains. Soutenus par l’ONU et la FAO, ces projets se multiplient un peu partout dans le monde et les expérimentations menées permettent d’améliorer les procédés. Il ne fait guère de doute que nous tenons ici l’un des moyens pour relever les défis de l’urbanisation et de la sécurité alimentaire.

Lavoisier fut l’un des premiers à tenter de répondre à cette question que ce soit en tant qu’observateur ou en tant que rat de laboratoire. Il demanda à son assistant condamné à la guillotine de cligner des yeux aussi longtemps que possible une fois la tête tranchée. Le malheureux aurait cligné des yeux pendant 14 secondes avant de ne plus réagir du tout. Bien qu’impressionnante la performance n’est pas remarquable car d’autres condamnés auraient tenu plus de 30 secondes si l’on en croit les annales de la guillotine !

Pierre Jacquemin

Deux éléments sont importants lorsqu’on parle décapitation : L’oxygène et l’encéphale. Ainsi, un cerveau privé d’oxygène cessera de ‘fonctionner’ dans les 10 minutes. Plus rapidement, un cerveau

privé de liquide céphalo-rachidien retire dans la seconde le fonctionnement de l’encéphale (contenant une partie du système nerveux central qui contrôle l’ensemble de l’organisme). De fait, si une coupe parfaite est réalisée et qu’aucun choc n’est administré au cobaye, il mettra 10 minutes à mourir et sa conscience partira dans les premières minutes (Ca ressemblerait à une strangulation quoi). Pour autant, quels crédits pouvons-nous donner à ces « expériences » ? Des bourreaux étaient persuadés que des condamnés se moquaient d’eux une fois la tête tranchée car ces derniers tiraient la langue. Hors nous le savons, la décapitation produit un relâchement musculaire au niveau de la mâchoire ! En outre, même si des expériences menées sur des rats montre une activité cérébrale allant jusque 17 secondes après la décapitation, nous savons qu’en situation critique le cerveau réduit au maximum son activité et se replie sur lui-même, l’hôte s’évanouissant. Impossible pour l’instant de répondre précisément à la question donc à moins d’être volontaire pour l’expérience. D’ailleurs, encore faudrait-il être vraiment « conscient » : A raison, les personnes sur le point d’être décapités stressent et sont gonflées à l’adrénaline. Certains exécutés faisaient même des crises cardiaques avant l’exécution de leur sentence.

Nathan Hardy

« Alors que la planète comptera 80% d’urbains en 2050, l’agriculture urbaine dite « verticale » pourraitelle être la solution pour nourrir les hommes ? »

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Société

Société

Les voitures autonomes : entre fantasmes et réalité Plongée au cœur d’une révolution annoncée

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e qui apparaissait comme de la pure science-fiction il y a un demi-siècle est aujourd’hui à l’essai en conditions réelles. Alimenté par des investissements financiers gigantesques, c’est tout un secteur encore en plein développement qui se fixe l’objectif de révolutionner nos vies et nos déplacements. Des constructeurs historiques à Google, en passant par des marques ayant une existence très récente, les acteurs du secteur ne manquent pas d’imagination et de moyens pour s’immiscer sur ce marché si prometteur… Tout d’abord, commençons par quelques éléments de langage. Un véhicule autonome est un véhicule équipé d’un système de pilotage automatique lui permettant de circuler seul, dans des conditions de circulation réelles. Un tel véhicule est bien entendu muni d’un grand nombre de capteurs et de radars afin de détecter les moindres mouvements autour du véhicule, prendre en compte l’ensemble de la signalétique routière, repérer les obstacles à plus longue distance et prévoir le comportement des autres usagers. L’environnement de la voiture est ainsi modélisé en trois dimensions et les informations recueillies se retrouvent traitées par

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un programme d’intelligence artificielle. Fascinant n’est-ce pas ? En tous cas, les constructeurs vantent les mérites de ce type de programmes, qui permettraient de fluidifier le trafic routier et de limiter le nombre d’accidents. Bien entendu, les constructeurs habituels axent désormais une partie non négligeable de leur stratégie et de leurs recherches vers ces nouveaux modes de déplacement. Tous (ou presque) développent actuellement des solutions de conduite autonome et tentent de rattraper leur retard. Mais ce qui est le plus étonnant, c’est que ce sont des acteurs relativement nouveaux dans le secteur de l’automobile qui apparaissent aujourd’hui comme étant les plus avancés. Tenez, prenons Alphabet, la société qui regroupe en autres Google ou encore X, la filiale traitant notamment de la Google Car, la voiture autonome électrique et sans conducteur de Google. Plusieurs Etats américains, dont la Californie, ont autorisé les tests en situation réelle. Ces derniers se révèlent encourageants, avec un seul µaccident provoqué entre 2010 et mars 2016, malgré près de trois millions de kilomètres parcourus depuis les premières expérimentations.

Plus que Google, le constructeur emblématique des véhicules autonomes se nomme sans aucun doute Tesla Motors. Le groupe d’Elon Musk, génial entrepreneur américain passionné d’intelligence artificielle, s’est imposé en moins de quinze ans comme véritable précurseur en matière d’automobiles. Exit les véhicules classiques roulant à l’essence ou au gasoil, et bienvenue aux véhicules électriques et, pour une part croissante d’entre eux, autonomes. Fondée en 2003, l’entreprise a développé son propre système de conduite, Autopilot, constitué notamment de huit caméras, de nombreux capteurs, et d’un puissant radar capable de détecter des obstacles se trouvant devant d’autres véhicules en circulation. Le système est en constante amélioration, mais la tâche demeure immense. Tesla, le constructeur le plus avancé dans ce domaine, est aussi le symbole des nombreux défis à relever par le secteur pour espérer voir un jour ces technologies se généraliser sur nos routes. Mis à part les défis techniques et technologiques, il est grand temps d’aborder désormais les obstacles d’ordre législatif. La législation américaine a encore peu évolué sur le sujet et surtout, chaque Etat américain devra statuer véritablement sur la question. Quid de la responsabilité en cas d’accident provoqué par un véhicule autonome ? Même si les conducteurs ont encore la possibilité de reprendre en mains la conduite, la question n’est pas tranchée… En tout cas, souli-

gnons tout de même que la Convention de Vienne sur la circulation routière (qui a eu lieu en 1968) a été amendée en 2016 pour autoriser désormais les véhicules autonomes à circuler. Un nouveau signe que les temps changent, que les obstacles d’ordre normatif se lèvent les uns après les autres, et que l’autonomie des véhicules, favorisée par l’ensemble des constructeurs pourraient avoir de beaux jours devant elle…

« Il aura fallu moins d’une décennie aux véhicules autonomes pour apparaître comme les dignes successeurs de nos véhicules traditionnels » Vous l’aurez compris, nous tenons là des évolutions qui risquent fort de nos révolutionner nos vies et nos façons de penser nos déplacements. Les changements à venir, qu’ils soient législatifs ou dans les mentalités, sont immenses. Alors, prêts à lâcher le contrôle et à vous laisser conduire ?

Pierre Jacquemin

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Culture

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Ce mois-ci, découvre toutes les infos les plus insolites de nos rédacteurs...

L'ère du divertissement La désintellectualisation du divertissement

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i le domaine de la culture a pu être celui des intellos pendant longtemps, on assiste aujourd’hui à l’avènement du divertissement, de l’entertaining. Hérité en grande partie d’un mode de pensée proprement américain, l’entertaining amuse, touche facilement et rapidement. La facilité et la rapidité sont devenues essentielles au succès de nombreux artistes. Face à un public de moins en moins fidèle, la question est de plus en plus d’être dans le coup, de satisfaire des attentes, mais aussi d’aller dans le spectaculaire pour attirer. De plus en plus, les artistes s’aventurent dans des domaines qui ne sont pas forcément les leurs et tombent dans le tape à l’œil, dans l’épate. Si l’on s’intéresse à la musique, il y a aujourd’hui pléthores de chanteurs (on remarquera la perte d’intérêt que subissent les musiciens) qui se battent pour l’attention du public. Parmi ceux-ci, beaucoup délivrent des morceaux plats, sans grand intérêt, mais hautement divertissants. Fondés sur des rythmes

simples et répétitifs peu recherchés, sur des textes plus ou moins intéressants, ces titres sont avant tout entêtants. On peut réellement se poser la question d’une perte de recherche, d’expérimentation dans la culture, en tout cas dans la culture « mainstream ». A force de vouloir plaire au plus grand nombre, on finit par perdre ce qu’il y a de réellement intéressant dans l’art. Certes, il est agréable de pouvoir se targuer d’être dans toutes les têtes pendant un ou deux mois, ou de faire parler de soi, mais n’y a-t-il pas là un abaissement de l’art au simple divertissement ? L’art, n’est-ce pas avant tout ce qui exprime différentes visions du monde ? L’art se doit de questionner, d’expérimenter, de se renouveler sans cesse. Je ne cherche pas à tomber dans le discours du « c’était mieux avant », et beaucoup trouveront à y redire. Mais il y a indéniablement une certaine facilité de l’art aujourd’hui.

Il n’est pas ici question de l’accès à l’art, de sa compréhension, car l’art a ceci de propre qu’il touche chacun de manière profondément différente. Tout en étant l’acte d’un artiste qui à sa propre vision des choses, chacun peut se retrouver et projeter quelque chose de sa propre personne sur une œuvre. Or, quand l’œuvre est plate et si simple, qui voudrait s’y retrouver ? Où sont passés les morceaux qui transportaient dans un autre monde, qui faisaient oublier à celui qui les écoute sa propre existence l’espace d’un instant ? Cette transformation n’est pas seulement visible dans la musique. Prenons la littérature : des livres sans intérêts, qui se lisent facilement et qui amusent, on en trouve à la pelle. Mais quel est l’intérêt d’une œuvre qui s’oublie aussitôt finie ? Non seulement la culture devient simple et facile, et même se doit de l’être, mais cela mène à une homogénéisation des formes d’expression. De plus en plus de musiciens se ressemblent, de plus en plus d’auteurs se ressemblent. Derrière le succès d’Harry Potter, un genre entier de littérature s’est créé, le Young Adult. Des Hunger Games aux Labyrinthes, on reproduit à l’infini le même schéma, puisqu’il plaît tant. Mais l’art perd tout ce qu’il de visionnaire, de perturbant, et devient entendu et attendu. Sous

des aspects faussement subversifs, on nous ressert la même soupe à longueur de journées, des œuvres sans styles, qui n’ont que fond sans forme, et encore. Sur la base d’un modèle qui a su plaire, on reconstruit sans fin les mêmes œuvres. On reconstruit, mais qu’en est-il de la création ?

« Puisqu’il plaît tant, on reproduit le même schéma à l’infini » S’il existe encore des artistes réellement modernes, qui inventent et créent, qui expriment quelque chose de nouveau, ils atteignent rarement le succès global. Cela dit, le succès du simple et du rapide n’a pas seulement un impact sur l’art. Le mot d’ordre concerne aussi de manière bien plus globale l’ensemble de notre vision des choses. Via des plateformes comme Twitter ou Vine, l’utilisateur n’a que peu de temps pour capter l’œil des autres, qui papillonnent de comptes en comptes. La communication s’abrège, l’attention s’écourte et la manière de penser se transforme.

Claire Maraval

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Culture

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tous ?

e jeu vidéo est, souvent à tort, considéré avec beaucoup de désinvolture par beaucoup de gens. Les jeux, c’est sympa mais voilà, sans plus. Ce n’est pas un jeu qui va vous élever intellectuellement, ça ne vaut pas un bon film quoi. Et pourtant, si l’on demandait à un joueur s’il considère ses jeux comme une forme d’art, il répondrait promptement que oui, et il pourrait probablement établir une liste exhaustive des raisons pour lesquelles le jeu vidéo est effectivement un art. Que nous dirait-il ?

Différentes facettes artistiques du jeu vidéo

Le plus du jeu vidéo : interactivité, et infini potentiel.

Au niveau du scénario, nombre de jeux n’ont strictement rien à envier au grand écran. Prenez la trilogie Bioshock. Incroyable. La complexité et la beauté de l’histoire l’élèvent au rang d’œuvre d’art. En fait, Bioshock ferait un excellent film, et fait écho au 1984 de George Orwell d’une certaine façon.

Si nous acceptons de voir dans le jeu vidéo un art, on pourrait aller encore plus loin et dire que le jeu vidéo est peut-être l’art le plus abouti de tous, en mettant en avant le côté interactif du jeu vidéo.

Pour ce qui est de la musique, on pourra être surpris que certains jeux n’aient pas droit à la reconnaissance réservée à certains films, ou même à certains artistes. Certaines bandes sonores sont de vrais bijoux. Par exemple, Jeremy Soule fait des merveilles avec sa bande son pour l’excellent jeu qu’est Skyrim. L’atmosphère qu’apporte la musique à un jeu est souvent tout à fait unique et enchanteresse, et pour rester sur Skyrim, on pourra s’essayer à écouter « The Streets of Whiterun » pour vraiment saisir la portée et la beauté de la musique d’un jeu.

Certes, le processus créateur ne revient pas totalement au joueur : il est guidé par le jeu, par une boussole, une ligne tracée au sol, des personnages ou autre, mais un tableau fait la même chose : les lignes appellent et guident le regard, et très souvent, l’œuvre doit être regardée d’une certaine façon, du moins si l’on prétend en saisir toute la profondeur. Le jeu vidéo fait cela, mais permet au joueur d’y ajouter sa touche personnelle, et sa liberté est souvent bien plus grande : nombre de jeux laissent le choix au joueur, choix qui aura des conséquences plus tard dans le jeu, comme par exemple dans Fable ou Dishonored, jeux dans lesquels chaque décision aura un impact plus tard sur le monde et l’atmosphère du jeu. Mais mieux que cela, le jeu vidéo est une réalité à part entière, un monde qui, par sa complexité et l’immersion qu’il rend possible, bat à plate couture toute autre forme d’art. Enfin, pour ajouter à cette idée que le jeu vidéo propose le monde le plus immersif et l’expérience la plus convaincante, notons que certains jeux requièrent de passer une quantité incroyable de temps afin d’en dénicher tous les secrets, comme dans un Zelda par exemple : une centaine d’heures est une moyenne (très) approximative du temps que vous passerez sur un Twilight Princess ou un Breath of the Wild si vous voulez prétendre avoir « fini » le jeu.

« Les créateurs de jeux vidéos méritent plus de reconnaissance. »

Au niveau du design, un effort colossal est souvent fait, et certains jeux ont l’âme d’un tableau, où bien s’apparentent tellement à un film qu’on pourrait les considérer ainsi. On pourra penser à Limbo, qui paraît être un tableau interactif, et où le design fait tout à fait sens lorsque l’on s’attarde sur le scénario lugubre et mystérieux du jeu. On pourra aussi évoquer Uncharted, qui n’a quasiment rien à envier à un film de par sa réalisation. Dans les jeux au visuel légendaire, on pourra citer God of War, Dishonored, Uncharted, Limbo, Journey, Shadow of the Colossus, Bioshock, Skyrim, The Last Guardian, Zelda: Breath of the Wild…

Le jeu vidéo est un art.

Joshua Mattei

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Culture

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La mouette Tchekov

Petit guide des festivals de l'été L’année est presque terminée, et vous n’avez rien de prévu pour cet été ? No worries, le Gem in way vous conseille ! En cette période estivale, requinquez-vous en vous rendant à un de nos festivals préférés ! Hellfest Deux mots : DEEP PURPLE. Non vraiment, ils sont vieux et Jon Lord est mort mais rien que pour apercevoir leur silhouette ça vaut le coup. Et puis observer la faune du festival au Leclerc du coin, transformé en paradis de la bière pendant trois jours, c’est rigolo. Pour ceux qui se sentent toujours l’âme d’un ado haineux, vous pourrez même aller rager sur Linkin Park, grosse soirée throwback en perspective. Plus sérieusement, la programmation est très lourde, notamment en metal prog et stoner, avec pleins de groupes pas très connus mais qui gagneraient à l’être ! Jazz in Marciac Festival très tranquille avec de la super musique, des gens de tous les âges et généralement super intéressants, c’est clairement un des festivals les plus sympas de l’été. Peacock society Festival des cultures électronique, ce rassemblement de hipsters et de petits bobos parisiens est the place to be seen in si vous êtes du genre à suivre le Bonbon et à participer à des petits happenings chébrans. Montreux Jazz Festival Le plus mythique des festivals, dans la ville qui inspira Smoke on the water au fabuleux Roger Glover et fut le havre de paix de Freddy Mercury ! Une programmation hétéroclite et franchement impressionnante, de Brian Wilson à Grace Jones, dans un décor paradisiaque et chargé d’histoire. Les Femmes s’en mêlent Pour sa vingtième édition, les artistes féminines sont encore une fois à l’honneur, dans plusieurs villes de France. Du rock à l’électro, il n’y a pas vraiment de cohérence sur le plan des styles de musiques, mais le talent est toujours au rendez-vous ! Les Déferlantes Sud de France Bienvenue à Argelès, le paradis des beaufs, dans un cadre idyllique transformé en cauchemar de béton et de casino sur le sable ! L’espace d’un weekend, Argelès accueille un festival bien sympa plutôt rock indé, avec pour cette édition des artistes vraiment tops. Sting, Renaud, Iggy Pop, Airbourne ou Die Antwoord, une programmation variée et extrêmement stylée.

Claire Maraval

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ans ce numéro, parlons de théâtre, de Tchékhov, et de sa mouette. La mouette, c’est Nina, jeune fille malheureuse, soumise à des contraintes familiales rigides et pleine de penchants idéalistes. Dès lors, il semble difficile de rattacher la jeune actrice à la symbolique de l’oiseau rieur. En réalité, la pièce souffre de la traduction en français. En russe, le mot « tchaïka » (la mouette) contient le verbe « tchaïat’ » qui signifie « espérer vaguement quelque chose, plutôt en vain ». Comme l’écrit André Markowicz dans ses notes de traduction, la mouette symbolise davantage pour Tchékhov l’illusion, le fait d’être tourné vers le futur et d’attendre l’irréel, ou de regarder vers le passé et d’attendre que ce passé découvre un espoir d’y voir une réconciliation possible. La traduction du titre est donc un échec, et ne peut se comprendre que si on considère la mouette comme un oiseau exilé sur les rives d’un lac, comme c’est le cas pour Nina dans la pièce. A l’instar de Nina, tous les personnages de la pièce semblent poursuivre des rêves inaccessibles (la reconnaissance du public ou celle de ses pairs, l’amour de quelqu’un qui ne vous aime pas, le mode de vie opposé à celui que l’on pratique, etc.).

Au-delà de cette dramatique comédie de mœurs, Tchékhov aborde la thématique de l’artiste et la problématique de la création artistique. Dans la pièce, l’artiste vit sa vocation comme une fatalité, un poids accablant qui lui interdit tout bonheur. Créer est une tâche douloureuse, pénible, qui confine à la torture comme l’affirme le personnage Trigorine. Cette vision de l’artiste, sinon maudit du moins torturé, reflète les perpétuelles inquiétudes de l’auteur lui-même qui, après avoir écrit La Mouette, n’hésite pas à affirmer avec amertume: « je constate une fois de plus que je ne suis pas du tout dramaturge ». A l’intersection des courants symboliste et réaliste, représentés respectivement par les personnages de Tréplev et de Trigorine, Tchékhov nous donne à lire une pièce résolument moderne et contrastée, en combinant souci d’objectivité et impressionnisme. A priori banale, cette pièce est en réalité riche d’interprétations et révèle de nombreux niveaux de lecture en à peine cent pages. Pleine de lyrisme et de réflexions existentialistes, elle se pose selon moi en témoin de la beauté de la création artistique

Warren Bonnard

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Culture

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Pourquoi on ne comprendra jamais le monde.

Nous est-il possible de « capturer » la vérité ?

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’homme a toujours eu différentes façons de se représenter l’univers, différents points de vue sur ce dernier. Points de vue qui, d’ailleurs, sont toujours portés par le divin : les dieux païens, le dieu vengeur du Vieux Testament (et autres religions monothéistes), la science, ou le dieu dollar du capitalisme. On appelle ces différents modèles des paradigmes. Et l’on va se demander si tous ces paradigmes, même s’ils contiennent du vrai, ne sont pas tous, en réalité, essentiellement composés de faux, en cela qu’ils excluent tous les autres. Ce qui revient à dire que tout paradigme est toujours carré, et que l’homme, semblable à un nourrisson dans un bac à sable, essaye obstinément de faire rentrer ce carré dans le rond de la réalité. Nous ne nous attarderons cependant pas sur tous les paradigmes, mais sur les deux plus évidents de ces deux derniers millénaires, il s’agit simplement de soulever une question, la seule prétention de quelques paragraphes.

« L’homme doit apprendre à se familiariser avec l’inconnu, à embrasser l’inattendu, d’autant plus dans le monde d’aujourd’hui. » Partie 1 : La vision chrétienne. Le paradigme chrétien a eu énormément de poids en Occident. Ce modèle affirme, si l’on devait grossir les traits, que l’individu possède une âme, impure à la naissance, qui va devoir être purifiée pendant la vie, avant d’être jugée à la mort physique de l’intéressé. Ensuite, cette âme sera dirigée soit au paradis, soit en enfer, où elle passera l’éternité. C’est le modèle de la paranoïa, où l’individu se sent constamment observé par un Dieu qui joue le rôle d’un Big Brother, et parfois, de père Noël, auquel on fait sa liste de vœux lorsqu’on a été sage. Pendant longtemps, ce modèle s’accordait avec une vision géocentriste, qui veut que tout, dont le Soleil, tourne autour de la Terre, et où celle-ci aurait joui d’une place de choix dans l’univers, et aux yeux de Dieu. Paradigme qui paraît limité, et qui l’est en de nombreux points, à n’en pas douter. Cependant, il admettait l’existence de l’âme et ne faisait de la mort qu’un passage vers un autre monde, ce qui donnait, pourrait-on dire, de la profondeur et du sens, même un brin de magie, à la vie sur Terre. Cette indépendance de l’âme, la promesse d’une continuité après la mort sont des concepts qui, s’ils n’ont pas (encore ?) été épaulés par la science, restent rassurants, beaux, et presque magiques.

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Partie 3 : Mariage. L’infinie complexité du monde, de l’univers, des choses, impose à l’homme de gagner en souplesse et d’arrêter d’essayer de capturer une image morte de l’univers. Le monde est vivant, en mouvement constant. L’homme doit apprendre à se familiariser avec l’inconnu, à embrasser l’inattendu, d’autant plus dans le monde d’aujourd’hui. Toute vision, tout point de vue, contient du vrai. En réalité, le « vrai » est une notion bien plus éphémère qu’il n’y paraît. En effet, à titre d’exemple, qui, de l’homme qui dit brusquement à un autre « tu es laid », ou de l’homme qui se garde de dire ce qui d’un certain point de vue est « la vérité », et qui au lieu de cela

l’aide à s’embellir, est le plus vrai des deux ? Une vision très répandue et pourtant bien limitée de la vérité donnerait raison au premier, quand le deuxième est, somme toute, plus vrai, en tant qu’il est plus humain. Le vrai n’est donc pas figé. Le vrai, le beau, sont probablement, par conséquent, les produits d’un état d’esprit ouvert et souple. On peut par là-même essayer de projeter une vision de l’homme idéal, soit un homme qui marie religion et science, mais ne sert aucun Dieu. Il ne conclut jamais rien, n’impose rien au monde, mais le regarde tel qu’il est, toujours ouvert, toujours curieux. Il observe.

Joshua Mattei

Partie 2 : La vision scientifique. Le divorce entre religion et science, deux extrêmes d’un même spectre. Le paradigme scientifique, né du divorce au XVIIème siècle de la Science et de la Religion avec Descartes, a vu les frontières de l’Univers s’effondrer, et l’âme disparaître. Désormais, l’univers est infini, mais l’individu n’est plus qu’une étincelle sur une ligne de temps infinie. L’individu naît, vit, et meurt, le temps d’un clin d’œil à l’échelle de l’univers. C’est la perte du sens, et la naissance d’une vision utilitariste et matérialiste de l’univers, finalement épaulée par le mode de pensée capitaliste qui aujourd’hui domine le monde. Encore une fois, des points positifs, avec une augmentation du niveau de vie (pour quelques un, les « happy few »), une gamme de choix si grande dans de nombreux domaines (vêtements, technologie, chaînes télé, etc) que l’on finit par oublier la vanité dans laquelle on tombe à force s’y noyer. Ce qui amène un manque au niveau de l’esprit, ou de l’âme si tant est qu’on en ait encore une. On en vient à assister à une mort de la vie spirituelle des individus, et à un monde dans lequel l’habit fait le moine.

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Efface-moi si tu peux Avez-vous déjà prêté attention à ces rues dans lesquelles vous marchez tous les jours ? L’art est partout et surtout là où on ne le chercherait pas au premier abord.

Le Street Art est un mouvement artistique contemporain. Art éphémère par excellence, il regroupe toutes les œuvres réalisées dans la rie ou dans les lieux publics (mosaïques, pochoirs, graffitis, projections vidéo, création d’affiches, etc.) et est destiné à un très large public. Les peintures sur toile peuvent également entrer dans ce cadre mais elles doivent pour cela être exposées sans autorisation préalable et avoir été réalisées de la façon la plus subversive possible. Ce terme peut également être utilisé pour désigner un acte de vandalisme réalisé par un individu qui défend par le graffiti une appartenance à un groupe ou veut faire passer un message sans valeur artistique.

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e ne doute pas que vous connaissiez Google Street View, cette plateforme de Google qui vous permet de vous promener et de visiter virtuellement le monde. Mais avez-vous déjà entendu parler du StreetArtProject ? Ce projet, lancé en juin par l’institut culturel de Google est également une plateforme en ligne gratuite mais cette dernière vous emmène à la découverte du Street Art, art urbain en pleine expansion, depuis votre écran d’ordinateur. Grâce aux mêmes équipements de numérisation utilisés par Street View, des œuvres éphémères par nature sont immortalisées et restent donc

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accessibles à tous les spectateurs même après leur disparition. Par exemple, la Tour Paris 13, aujourd’hui démolie, a été entièrement numérisée (sols, plafonds et murs sur neuf étages) afin de conserver les créations d’artistes urbains connus qui avaient eu carte blanche à l’époque. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. Au cœur du projet se trouve l’envie de sensibiliser les passants à cet art urbain, de plus en plus utilisé pour embellir les villes et d’en diffuser les origines, l’histoire, les lieux mythiques et les artistes emblématiques.

Le Street Art apparaît pour la première fois dans le métro de New York, dans les années 1970 avant de finir par s’exporter en Europe dans les années 80. Les tags, qui n’étaient à l’origine que de simples signatures, recouvrent peu à peu tous les wagons de train et de métro, avant que les graffeurs, quelques années plus tard, ne développent un style personnel et original. Les sanctions alors instaurées poussent les artistes à s’exiler d’abord dans les quartiers plus défavorisés puis dans d’autres grandes villes américaines et européennes. L’aspect illégal et clandestin du Street Art fascine les artistes et chatouille leur liberté d’expression brimée. Le Mur de Berlin, par exemple, lors de sa chute en 1989, était presque entièrement recouvert de graffitis et peintures en tout genre.

« L’aspect illégal et clandestin du Street Art fascine les artistes et chatouille leur liberté d’expression brimée »

Mais cette forme d’art pose principalement problème aux sociétés de transport, qui voient leurs propriétés dégradées. Si vous prêtez un peu attention, vous verrez que nombre d’artistes choisissent les wagons SNCF comme support pour leurs œuvres. En France, les graffitis réalisés sur des supports non autorisés sont considérés comme nuisibles et destructeurs de la propriété d’autrui : l’artiste peut être passible d’une amende allant de 1 500 à 30 000 euros, voire même d’une peine de prison de deux ans au maximum. Le Street Art est présent partout dans le monde. Cet art n’a pas de frontières car les artistes qui refusent de se fondre dans la masse sont partout. Les œuvres représentent souvent des visions politiques, des critiques de la société, ou des réactions de leur auteur. Grenoble n’est pas épargnée et je ne doute pas que vous ayez aperçu un ou deux moutons sur les murs de notre ville. Ils sont en réalité près de 150 et ont tous été réalisés par un même artiste d’origine grenobloise, The Sheepest. Souvent situé en hauteur, à nous observer, le mouton a pour but de faire lever la tête au passant plutôt que de suivre les autres (comme un mouton) et de faire réfléchir les gens sur la société de consommation. On retrouve parfois le slogan de l’artiste à la place des yeux de l’animal : « Je suis ce que je suis ». Ils sont tellement appréciés et recherchés dans la ville que la consigne a été donnée de ne pas les enlever des murs. Les moutons se sont multipliés jusqu’à envahir Lyon, Paris, Berlin et même Las Vegas. Le Street Art naît de la volonté pour une génération de s’exprimer, de laisser une signature peut-être éphémère mais tout du moins largement visible et de s’affranchir des règles préétablies. Levez les yeux, regardez autour de vous. Vous verrez qu’il est partout.

Antoine Boulet

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Culture

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La contradiction

Fight Club. Bah alors David?

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ight Club, aujourd’hui devenu film culte en dépit d’une réception peu enthousiaste au moment de sa sortie en 1999, est en tête de liste des films « engagés » qui se proposent de dénoncer quelque chose, ici, le capitalisme. En effet, le capitalisme apparaît ici sous son jour le plus sombre, c’est un gouffre béant qui se repaît de l’individualité de chacun : le personnage principal est aliéné par les grands piliers du capitalisme que sont la « planète café Starbucks », la « galaxie Microsoft » ou le « cocooning Ikea », pour ne citer que ceux-là. En fait, ce personnage restera sans nom à travers le film. On ne connaîtra que (spoiler alert) celui de son alter ego imaginé, meilleur ami et mentor, Tyler Durden. Hors, un problème de cohérence se pose à travers tout le film, et ce de plusieurs façons.

Une première chose qui peut frapper, c’est justement ce paradoxe d’un film qui dénonce le capitalisme et qui s’amuse, derrière, à placer une tasse de café Starbucks dans toutes les scènes du film. Certains diront génie artistique. D’autres, placement de produit. C’est une dénonciation à la fois très intelligente, puisqu’elle représente à l’écran une réalité du monde (Starbucks s’insinue dans chaque recoin disponible, tout récemment à la gare de Grenoble d’ailleurs), et à la fois très hypocrite, en cela que le film devient la publicité parfaite pour ledit produit : en effet, au-delà du sens que pourrait avoir la présence de ces tasses, la puissance et l’impact des images subliminales n’est plus à prouver, et puis, voir toutes ces tasses donne envie, tout simplement.

« Certains choix de réalisation, de mise en scène ou de scénario laissent pantois, comme après une bonne droite. »

Un autre produit dont le film fait l’apologie alors qu’il incarne le capitalisme est la cigarette. Fight Club est un film qui pomponne la cigarette, qui l’habille de toutes les gestuelles les plus sophistiquées, les plus stylisées. Le mégot est rendu beau parce qu’il représente la crasse que l’on trouve dans ce fond qu’il faut à tout prix toucher pour renaître de ses cendres. Bref, le sale dans Fight Club, c’est beau, et la clope devient le béaba du style. Pourtant, on lui avait rien demandé à David Fincher, dans le bouquin, il n’est pas question de cigarettes.

Enfin, la dernière contradiction notable est la suivante : le fight club, ce club où l’on se rend pour se bastonner un bon coup et renouer avec sa nature profonde, dégénère en deux secondes pour devenir cet espèce de régime totalitariste miniature appelé « Projet Chaos », dans lequel la liberté obtenue dans le sang et la sueur se perd dans une vaine quête anti-système, double paradoxe, qui plus est, puisque cette organisation est un système en soi. Ce n’est pas un défaut de réalisation, ni de scénario, ni rien, au contraire, c’est une subtilité qui montre que foutre bordel, ça peut paraître sympa, mais à un moment c’est juste plus possible : on assiste à la montée de l’extrêmisme à l’écran, qui, en fait, n’est pas du tout présenté comme une solution. Les membres sont de nouveau aliénés par un Dieu qui n’est plus Starbucks ni Microsoft, il a juste des méthodes radicales et un nom différent : Tyler Durden. En somme, le débat reste ouvert. Mais bon il faut bien admettre que certains choix de réalisation, de mise en scène ou de scénario laissent pantois, comme après une bonne droite. Ah, ça devait être fait exprès, en fin de compte.

Joshua Mattei

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Libre

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Ce mois-ci, découvre ce qui s’est passé dans la tête de nos rédacteurs...

des chiffres et des êtres A peu près 20.000 morts ». Voilà ce qui a été dit par un journaliste de radio décrivant un naufrage de migrants. Cette proposition est un scandale. Aussi horrible que l’événement lui-même. On a souvent entendu les journaux couvrir la « crise des migrants » avec beaucoup d’emphase et de verve. Les morts dans la méditerranée nous scandalisent, à raison. Mais nous sommes nous interrogés sur l’emploi des mots décrivant l’horreur de ces personnes tombées en mer ? Laissez-moi vous en expliquer le pourquoi. 1,2,3 et puis 5 ? Non. 1,2,3 et 0 ? Toujours pas. Cela me démange mais je ne souhaite pas terminer la suite. Pourquoi le 5 doit-il advenir après le 4 ? Cette question te semble dérisoire ? Toi qui lit le GIW en MQAD ? Et bien sache que cette question est décisive. Bien sûr cette introduction est trop longue, elle ne correspond pas à mon propos mais tu comprends que ce dont je vais te parler maintenant est une affaire de nombre. Les chiffres ne sont pas des fictions suspendues dans les nuages. Ils n’apparaissent pas seulement à l’esprit d’un mathématicien ou d’un philosophe. Le nombre est partout. Le nombre est là, quand tu es comprimé sur la vitre du tram le lundi matin, coincé entre la vieille dame qui sent le petit marseillais et le punk à chien qui cuve sa Kro. Le nombre, c’est quand tu te précipites dans le couloir asso et que tu fais la queue

pour avaler ton café brulant avant de reprendre les cours. Le nombre est partout. Le nombre est tout : totalité et totalitaire. Je t’entend qui marmonne : « mais qu’est-ce que j’en ai bien à faire ? ». Attend deux secondes veux tu ? Tu ne prends pas le temps de comprendre la réflexion que je te propose. Calme toi. Tu as le temps de réfléchir un peu. Plutôt que de rêvasser sur FB continue cette lecture, tu y trouvera nouveauté et fraicheur qui te désaltèreront comme l’eau d’une oasis dans la sécheresse d’un reg, saï ou d’un gibber. Le nombre est donc l’inconnu, le paramètre hasardeux pourtant bien présent à chaque coin de rue. C’est une masse, appelons la : foule. La foule est l’ennemi juré du penseur. Elle menace de nous faire perdre notre individualité (supposée). Qui n’a pas peur en effet d’être « fondu dans la masse », « entré dans le moule », « comme les autres » ? La foule apparaît à l’individu comme une vague dévastatrice dont la force est si puissante qu’elle fige cet individu et en fait un spectateur. Incapable de bouger, le temps s’arrête et notre spectateur n’a plus que deux options: ou bien se faire engloutir, ou bien lutter. Lutter, d’accord, mais comment ?

Comment faire face à la foule sans se faire engloutir soi même ? Platon l’appelait le « gros monstre », Hobbes la dessine sous des traits plus archaïques et terribles, le Léviathan. La foule qu’est-ce que c’est ? C’est quand 1+1+1+1 = 1. Un tout indifférencié, compact et solide. Comme si l’on avait fondu des individus et mélangé ce précipité dans un seul creuset (melting pot ?) avec lequel on aurait moulé une seule et même plaque, mot d’ordre ou devise (in G od we trust ?). La question est de taille. Et pour dire vrai, je n’ai pas la réponse. Je ne possède dans ma poche qu’un outil, une arme pour l’esprit : un coutelât aiguisé. A l’aide de cet attribut, tu pourras commencer à te défendre de la foule, si seulement tu le souhaites. La langue est ce coutelât aiguisé. Baudelaire avait tort, les paroles de la nature ne sont pas confuses. La langue est claire. A nous de l’aiguiser, de la tailler, d’en faire une arme tranchante et précise. Les hommes ne doivent pas être décomptés. Staline

disait : « un mort c’est un désastre, 100.000, de la statistique ». Dire « à peu près 20.000 morts dans la méditerranée » revient à dire « on n’est pas à un près, comme on est pas à 100 près ». Je tiens cette leçon de Jean Claude Milner, depuis sa conférence donnée en 2015 au banquet du Livre à Lagrasse. La langue fait advenir des réalités. En nommant l’autre, je le fais advenir à l’être. En le décomptant, je le prive de son humanité. Nota : l’historien Polybe avait définit le monde comme soumis au cycle de l’alternance des régimes politiques. Chaque régime passait par une phase « pure » et une phase « corrompue ». La monarchie faisait ainsi place au bout de quelques temps à un régime corrompu remplacé par l’aristocratie, l’oligarchie, l’anarchie, la démocratie. La dernière phase de cette anacyclose s’appelle « ochlocratie ». Le pire de tous les régimes, le plus redouté : le règne de la foule.

« La foule apparaît à l’individu comme une vague dévastatrice dont la force est si puissante qu’elle fige cet individu et en fait un spectateur. » Samuel Chicheportiche

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Libre

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Pour quelques clics et un coup d’œil. Est-ce qu’on devient cons ?

« What is this life if full of care We have no time to stand and stare.” William Henry Davies

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l’époque de l’avènement de la télé réalité, des heures passées à regarder des memes, drôles certes, mais absurdes sur Facebook, sans pouvoir s’arrêter, et où tout le monde est persuadé de connaître « la vérité » et à imposer à tous son point de vue sans le moindre recul, on se demande : est-ce qu’on devient cons ? Les mouvements de masses paraissent assez stupides. D’ailleurs, cette dernière prétendra souvent avoir sa propre opinion, quand en réalité, cette opinion est fabriquée de toutes pièces puis vendue par le web et les médias. Ils exploitent une haine très primaire chez l’être humain, pour quelques clics. On nous dit qui haïr, et nous haïssons aveuglément. Souvent parce que c’est politiquement correct et que nous cherchons à nous rendre invisibles parmi nos semblables. On ressent tellement de plaisir à lâcher son petit tweet, son petit commentaire pour dire à quel point tel ou tel est mauvais, à quel point ceci ou cela devrait changer, sans vraiment se demander pourquoi, ni même sans réaliser qu’au fond, on a aucune preuve de quoique ce soit. Mais est-ce qu’on se regarde dans le miroir ? « Avant d’enlever l’écharde dans l’œil de ton frère, commence par enlever la poutre qui se trouve dans le tien », disait Jésus lors de son sermon sur la montagne. Il n’avait pas si tort. Deux millénaires plus tard, nous n’avons pas vraiment changé, pas du tout changé, même. De ce point de vue, on ne devient pas cons. On l’a toujours été. La technologie est une chose merveilleuse. Les opportunités se multiplient. Une connaissance inépuisable est à portée de main, la possibilité de partager et d’échanger sont juste là, il suffit d’un clic. Et pourtant, peut-être ne sommes-nous pas à la hauteur de ce cadeau. Du moins, pas encore.

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En fait, notre attitude face à cette opportunité est le reflet de ce que nous sommes, la technologie est le miroir dans lequel on peut contempler la psyché humaine sans le moindre filtre, puisque nous pouvons tout dire sans devoir craindre d’en subir les conséquences. Et qu’est-ce qui en ressort ? Beaucoup de haine, beaucoup de rage. Tout est noir, ou bien tout est blanc. Pas étonnant : un titre attractif, c’est une ligne de mots accrocheurs et percutants. Nous n’avons plus le temps pour des vérités nuancées, qui n’existent que dans le développement point par point et éclairé d’un sujet.

« On ne devient pas cons, mais le fait qu’on l’est devient évident par l’image que nous renvoie notre rapport à la technologie. » On ne devient pas cons, mais le fait qu’on l’est devient évident par l’image que nous renvoie notre rapport à la technologie. Un chat mignon mérite un « j’aime ». Quoi ? Un tel n’a pas été parfait ? Eh bien, qu’il crève ! Nous sommes vraiment retournés à l’âge de la chasse aux sorcières, toujours prêts à blâmer le moindre faux pas chez qui que ce soit, à juger et à condamner, et pourquoi ? Parce que les réseaux sociaux et les médias savent comment nous fonctionnons, et transforment tout, en nous présentant un tout petit reflet d’une réalité modifiée, transformée dans le but non pas de nous éclairer, mais de susciter en nous une réaction agressive. Et nous mordons à l’hameçon, tous fiers que nous sommes de représenter des idées qui nous sont inculquées à notre insu. Donc ce qui est sûrs, c’est que notre stupidité est exploitée.

C’est un défi aujourd’hui que de réfléchir. C’est un effort, auquel rien ne nous contraint vraiment. Et pourtant c’est tout ce qu’il nous reste pour ne pas nous noyer. Prenons le temps d’analyser, de réfléchir, de soupeser avant de s’épancher en conclusions trop hâtives. Arrêtons de haïr tout ce qui bouge sous prétexte qu’on a entendu dire, ou qu’on a lu qu’une ligne, ou un petit article qui

prétend représenter la vérité. Sans cela, nous n’aurons du monde qu’une image amère, et des hommes qu’une bien mauvaise impression. Alors qu’au fond, les deux ont du beau et du bien en eux, mais qui, pour être mis en évidence, nécessitent une observation attentive, et non pas quelques clics et un coup d’œil. ●

Joshua Mattei

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Tour du monde en solidaire

« Soutenir et financer les initiatives locales » En Septembre 2013, Matthieu et Nicolas, 21 ans partent réaliser un tour du monde en 4L afin de promouvoir la création d’entreprises par le micro crédit et soutenir la microfinance. Ils ont ainsi traversé 50 pays à bord d’une vieille Renault et soutenu 15O micro-entrepreneurs. Microcrediten4L.com

Le voyage solidaire : une expérience pour soi et pour les autres

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utrefois, voyager était perçu comme une source de distraction, un moyen de prendre du bon temps et d’oublier un peu la pénibilité du travail. On partait en famille ou en couple, à la mer ou à la montagne. Bien souvent, on retournait au même endroit chaque année, par habitude et par confort. Les précédentes générations n’avaient pas cette soif de voyager loin et longtemps, et encore moins pour vivre dans des conditions spartiates ! Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui conçoivent encore les vacances ainsi. On observe toutefois que la pratique du voyage en bagpack est de plus en plus populaire, bien que nous manquions encore en France de cette culture du voyage itinérant. Certains opposeront à l’idée d’un voyage autour du monde le coût élevé de pareil séjour, la difficulté pour se réinsérer dans le marché du travail de retour en France – réaction exacerbée par le climat écono-

mique de ces dernières années – ou encore les dangers que peuvent comporter un telle aventure. Toujours est-il que le voyage en bagpack, à défaut d’être une pratique généralisée en France, s’est normalisé, surtout chez les jeunes. Il est le reflet d’une quête d’authenticité, d’une soif d’aventure, d’un désir ultime de liberté, et parfois d’une volonté de quitter un quotidien inhibant et vide de sens. J’aimerais me pencher sur le cas de ces jeunes globetrotters, âgés de 18 à 25 ans, qui partent en voyage pour vivre une expérience hors du commun. A vélo, en transports en collectifs, en voiture, en moto ou à pied, ces étudiants, ces jeunes diplômés, ces ex-salariés, mettent leur vie en standby et quittent leur pays natal pour plusieurs mois voire plusieurs années, dans le but de découvrir le monde mais aussi d’effectuer par la même occasion une réelle action sociale. Voici quelques exemples.

« Une quête d’authenticité, une soif d’aventure, un désir ultime de liberté » « Soutenir des structures sociales par la vidéo de communication » Adrien et Grégoire, 21 et 22 ans, partent faire un tour du monde solidaire : ils réaliseront à chaque étape de leur voyage des vidéos de communication pour diverses associations locales. Entre tentatives d’arnaque, rencontres, galères, trajets interminables – ils ont voyagé durant 4 jours et 4 nuits à bord du mythique Transsibérien -, ils en voient chaque jour de toutes les couleurs ! Youtube/ça tourne autour du monde.

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« Faire rêver et voyager » Enzo, 21 ans, poste chaque semaine des vidéos de son tour du monde, dans le but de faire voyager son audience à travers son aventure. Son objectif : visiter 31 pays sans aucune limite de temps prédéfinie, sortir des sentiers battus par le passage de hordes de touristes et aller à la rencontre des autochtones. Après plus de 8 mois de voyage, une véritable transformation psychologique s’est opérée : Enzo a complètement changé de regard sur lui-même et ce qui l’entoure. Il a désormais une conscience aiguë des travers de nos sociétés occidentales et des conditions extrêmement précaires dans lesquelles vivent encore des millions de personnes. Une transformation physique aussi, puisque Enzo a perdu une vingtaine de kilos, passant d’un état d’obésité à un poids normal, le résultat de visites chevronnées réalisées essentiellement à pied à travers tous ces pays. Enzo a acquis sa notoriété en racontant ses anecdotes de voyage en vidéo, et c’est désormais au côté de 25 000 personnes qu’il découvre les curiosités de notre planète. Youtube/Mafiatripes. Vincent, diplômé de GEM, et son frère Jérémy, traverseront l’Amérique en vélo, de Québec à Ushuaia. Chaque kilomètre parcouru équivaudra à 1 euro récolté pour l’association Mécénat Chirurgie Cardiaque. Ces fonds permettront le financement de l’opération de Ryan, un jeune rwandais de 2 ans atteint d’une malformation du cardiaque. En quelques chiffres : 20 000 kms (donc 20 000 euros pour l’opération), 12 pays traversés, 97 000 m de dénivelé, 4 200 000 coups de pédale. bikingbrosheart.com Ce ne sont que quelques exemples parmi une multitude d’aventureux qui ont franchi le pas et ont effectué un voyage solidaire, avec quelques économies ou en faisant un appel aux dons. « Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage » disait Du Bellay. Pourquoi ne pas faire d’une pierre deux coup et l’apporter à l’édifice d’un monde meilleur ?

Cyril Carponcin

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La pornographie et l'extermination de l'humanité

Le jeu du mois ! Un petit labyrinthe avant la fin de l’année ?

Et si le coupable c’était la pornographie ?

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e Japon est en déclin démographique depuis des décennies et la situation ne s’améliore pas. Le gouvernement est d’ailleurs très inquiet suite à la publication d’une étude en 2016. Selon celle-ci, plus de 40% des japonais de 18 à 34 ans sont vierges et 70% des hommes / 60% des femmes non mariés du même âge seraient célibataires ! Un petit tour rapide sur Youtube à la recherche de documentaires sur le sujet vous montrera l’étendue des dégâts : Agences matrimoniales en plein boom, stages pour apprendre à draguer, location d’un petit-ami à l’heure, faux mariages pour célibataires voulant vivre le plus beau jour de leur vie… seul(e) !

« Les consommateurs de porno se désensibilisent de la dopamine » Et si la coupable c’était la pornographie ? La puce est mise à l’oreille en visionnant quelques documentaires : Les hommes y apparaissent en groupe revendiquant leur amour pour des personnages imaginaires mis en scène dans des hentaï. Plus, beaucoup plus creepy, des vieillards mariés achètent à prix d’or des « Sex Dolls » en silicone aux caractéristiques de leurs choix. Les femmes quant à elles ne sont pas en reste : Désabusées et n’y croyant plus, elles préfèrent louer un copain parfait que trouver un bonheur plus durable et moins cher. La plupart ne voit même pas l’intérêt d’une relation amoureuse / sexuelle. Le sexe agit comme une drogue chez la plupart des animaux tant il libère des bombes d’hormones avant, pendant et après l’orgasme. Le problème avec le porno est qu’il est accessible n’importe où et n’importe quand. Nos parents galéraient à trouver une image un brin sexuelle, nous avons accès à un contenu presque illimité en quelques clics. Si

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l’orgasme libère un bon paquet d’hormone, la pornographie nous permet de bombarder notre cerveau bien plus souvent qu’en temps normal. Peu à peu, le cerveau s’habitue et ses récepteurs se désensibilisent : il faut aller plus loin pour les titiller de nouveau de la même manière que notre résistance à l’alcool augmente à mesure que nous en buvons. La nouveauté excite alors que la normalité rebute. En repoussant les limites de leur libido, les consommateurs de porno se désensibilisent de la dopamine (Hormone du plaisir et de la récompense) tout en en sécrétant et le piège se referme : Ils prennent du plaisir à fantasmer mais pas assez pour atteindre le climax. Les accros au porno témoignent même qu’ils passent des heures devant leur écran sans atteindre l’orgasme ! Bientôt, le réel ne suffit plus, n’intéresse plus et l’imaginaire prend le relai, plus flexible, plus conciliant, plus créatif. On peut alors bien plus facilement transposer son fantasme sur une poupée, une image que sur une personne, imparfaite par définition et insoumise à sa volonté.

« Citation »

Heureusement pour le Japon, les chercheurs auteurs d’études sur le sujet ont une solution, la même que pour les addictions aux autres drogues : Le sevrage. La fin des Japoneries sauvera-t’il le pays ?

Nathan Hardy

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Giw 71 - avril  
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