Issuu on Google+

Volume 11, #5

oct. - nov. • 2013

Vio

lence et intimi dation Dans ce numéro : 

- La poésie trash de Corey Edwards - La haine de Yohann Clément - Adieu à Richard « Le Gaspésien », pigiste et camelot - Et plusieurs autres collaborations…


Couverture

Art numérique, par Al le Chacal

Coordonnées Journal de rue La Galère Les éditions La Galère 337, rue Laurier, C.P. 46 Trois-Rivières (Québec) G9A 5E3 Tél. : 819 373-1018 journallagalere@gmail.com www.journallagalere.com www.pointderue.com

Sommaire

Équipe de production

Capitaine : Philippe Malchelosse Timonier en chef : Olivier Gamelin Adjoint à la timonerie : André Gagnon Secrétaires à la timonerie : Catherine LebrunMcKinnon, Louise Plante Équipage de soutien : Suzanne Gauthier, Emmanuelle Caya, Stéphane Dubé, Sylvain Papillon, Samuel Marcoux, Mathias Boulanger, Patricia Côté, Geneviève Charest, Liliane Pellerin, Mathieu Marchand, Eve, Guillaume et Jean-Félix Raymond Saint-Germain Infographie : www.gamelin.ca Correction : Louise Bouchard Distribution : Point de rue et ses 135 camelots

Informations Parution : bimestrielle Tirage : 2000 exemplaires Fiduciaire du journal : Point de Rue Financement : Imprimeur : Les impressions Stampa Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque nationale du Canada Les opinions et les interprétations figurant dans le présent numéro du journal La Galère sont celles des auteurs/es et ne représentent pas nécessairement celles du Gouvernement du Canada. À chaque fois que vous achetez un exemplaire de La Galère, 1$ revient au journal. Le journal est le seul produit que l’on peut offrir au nom de La Galère. Pour faire un don au journal, prière de libeller votre chèque au nom de Point de Rue.

Toute reproduction à but non-lucratif est fortement encouragée.

*

Nota-benne : considérant l’augmentation des coûts de production, le journal de rue La Galère sera désormais vendu 3$, en rue conformité avec tous les autres journaux de . au Québec. Merci de votre compréhension

3 Éditorial • Olivier Gamelin 4 Violence et intimidation • Michel Dupont 5 Les séquelles de l’intimidation • Thierry Évrard 6 Violence et intimidation • Crissy 7 Témoignage • Steeve Giroux-Pépin 8 Témoignage • Raph 9 Un monde sans violence • Djou 10 Quand la violence se justifie • Gaétan Fiset 11 Riposte d’une timide • Cathie Farley 11 Histoire de violence • Cindy Leblanc 12 Dénoncer l’intimidation • Richard Létourneau 12 Salut à toi • Catherine L.-Mckinnon 13 Mon Gaspésien • Vangolet 13 Hommage au Gaspésien • Carole Bergeron 14 Destruction • Marc Morin 14 L’amour et la haine • Steph 14 L’intimidation • Réal Dion 15 L’hypothèque de la violence • FGL 16 Babillard • Divers 18 La douleur • Carole Bergeron 19 Petite place en dedans • Confidence 20 La violence : biographie • Gilles Cassivi 20 Aujourd’hui • Marika 21 Poésies • Mélissa Roussy-Roberge 21 Hymne à la haine • Yohann Clément 22 Bonheur • Corey Edwards 22 Rêver • Fardoche 23 Criss de beux • Djou 23 Insalubrité sociale • Fardoche 24 Poésies • Pino 25 Le voyou • Félix-Antoine Ébacher 26 Ce que je pense de Jésus • Alain Villeneuve 26 Reposez en paix • Johanne Chevanel 27 Entrevue • Christophe L. Béliveau 28 Faire preuve de bonté • Serge Arseneault 29 Capsules historiques • Denis Marcotte 30 Secousses • Julie C. 31 Le suicide n’est pas un choix • Michel Favreau 31 La violence envers les animaux • Patrick Conroy 32 Peu importe le geste • Mélanie Lefebvre 33 C’est l’automne • Nathalie Poirier 33 Critique de la civilisation • Nicolas Sourdif 33 Poésies • Vangolet 34 Poésies • Linda Carter, alias Sharkie

Illustrations

Patrick Boulay, Al le Chacal, Michel Forcier, Juile C., Zone Urbaine, Émilie Turcotte-Blais, Marc Brière, Carole Bergeron, Petite Ange, Claudia Hamelin, Vangolet, Lulu Fréchette, Claude Saint-Hilaire, Johanne Chevanel, Han Xiao, Félix-Antoine Ébacher et Alain C.


Édiiotleoncersioacialle De la v

diteur

cteur en chef-é

Gamelin, réda par Olivier

L’autre jour, sur les réseaux sociaux, le théologien et ami Nicolas Rivard réfléchissait, à la suite du psychanalyste Carl Gustav Jung, sur la nature humaine et affirmait : « La nature primitive et autonome de notre côté noir peut rarement être assumée comme faisant partie de nous ». Préalablement, il affirmait : « La plupart du temps nous sommes incapables de gérer nos instincts de violence et de mort, mais nous les voyons facilement à l’œuvre chez les autres ». Nous aurions donc de la difficulté, voire nous serions incapables de reconnaître comme violents des actes que les autres reconnaissent comme tels. Il va sans dire que pour un enfant qui a grandi dans un milieu où les agressions psychologiques, physique et morales étaient quotidiennes, pour un enfant qui a subi de l’intimidation à répétition, la violence n’a pas les mêmes impacts que pour celui qui a grandi dans la ouate. Un même comportement – par exemple un doigt d’honneur – pourra être interprété différemment par ces deux enfants. L’un pourra le banaliser, l’autre y voir source d’intimidation. En somme, poursuit Nicolas Rivard, « nous nous formons, notre vie durant, à partir des interactions de notre monde intérieur et du monde extérieur ». Ce qui est violent pour moi ne l’est pas forcément pour l’autre. Tout dépend de l’interprétation que je ferais du geste considéré par l’autre comme violent et, du même souffle, de la manière dont j’intérioriserais ce geste. Doit-on accepter qu’un enfant intimide son camarade de classe sous prétexte qu’il vit lui-même de la violence à la maison ? Et une fois adulte, doit-on supporter les gestes d’un agresseur uniquement parce qu’il a vécu une enfance où la violence et l’intimidation étaient au menu de tous les repas ? Chacun pourra répondre à cette question. Ce qui nous intéresse davantage au journal de rue La Galère, c’est de placer l’individu avant le geste, l’humain avant le coup qu’il porte. Nous aurons toujours une compassion infinie

-éditeur Olivier Gamelin, rédacteur en chef lay Bou Pat par n ratio Illust

envers les personnes victimes de violence et d’intimidation, que ce soit de la part de leurs parents, leurs voisins, leurs amis, des policiers, etc. Pareillement, nous considérerons toujours l’Homme caché derrière l’agresseur. Car oui, derrière l’agresseur il y a un homme, une femme avec un passé particulier, des expériences parfois difficiles, un présent souvent intolérable, un avenir inexistant. Il s’agit ici d’accueillir inconditionnellement toutes les personnes, de leur offrir notre respect peu importe les gestes qu’elles ont commis. Derrière chaque acte de violence, il y a un individu, et dans chaque individu une parcelle d’espoir sur laquelle le journal de rue La Galère aime à se pencher. Nous n’accepterons jamais que la violence et l’intimidation deviennent une finalité en soit. Pas plus dans les locaux de notre journal qu’ailleurs. Nous nous battrons sans relâche, en utilisant les armes de la parole et de la création, pour dénoncer ces tares qui empoisonnent la vie de trop de gens. Qui enlèvent la vie à tant de gens. Seulement, nous considérerons toujours la personne qui porte le geste malheureux avant le geste lui-même. Peuton enrayer la violence ? Certainement pas. Peut-on en retour travailler à améliorer le mieux-être et le mieux-vivre de la personne en situation de rupture sociale, à travailler à amenuiser autant que possible les frustrations et la colère qui animent la violence et l’intimidation ? Certainement. Dans le présent numéro, vous constaterez que, loin de l’encourager, les galériens sont unanimes : il faut non seulement dénoncer la violence, c’est-à-dire les effets désastreux qu’elle engendre, mais également travailler à annihiler les causes de cette violence. Certes, la violence et l’intimidation sont intolérables. Mais ce qui l’est tout autant ce sont des gens qui couchent dans la rue au milieu de l’hiver, qui ne mangent jamais à leur faim, qui souffrent de graves problématiques en santé mentale, qui vivent quotidiennement les effets secondaires inhérents à une surconsommation de drogue. Tout ceci et tout cela sans recevoir un iota d’aide et d’encouragement. Nous sommes tous un peu responsables de cette violence sociale. Nous en voyons les effets tous azimuts, sur le coin d’une rue, sur un banc de parc, dans les prisons, dans les ressources d’aide alimentaire. Sommes-nous incapables de s’avouer que nous en sommes un peu la cause ? Que cette violence sociale fait partie de notre côté noir, celui que l’on ne voit pas mais qui nous saute aux yeux lorsqu’il s’agit des autres ? Posons-nous en terminant cette question : Qu’estce que je fais pour enrayer la violence sociale ? Déjà en ayant acheté cet exemplaire du journal de rue La Galère, en encourageant l’un de ses camelots, vous êtes sur la bonne voie d’un monde plus paisible, moins violent…

Bonne lecture ! Illustration par Patrick Boulay

octobre • novembre 2013

ı La Galère 3


VIOLENCE ET Par Michel Dupont, le rêveur

Michel Dupont

Avant de débuter le prochain sujet, je voudrais remercier toutes les personnes qui m’ont félicité pour mes textes écrits dans La Galère. Je voudrais dire que je l’apprécie beaucoup et que cela me touche énormément. Tant et aussi longtemps que vous allez apprécier mes textes, je vais continuer à écrire. Je sais que certaines personnes n’aiment peut-être pas mes textes, mais c’est cela écrire, on ne peut pas plaire à tout le monde. Aujourd’hui, je vais vous parler de la maudite violence que l’on vit à tous les jours, mais surtout celle faite aux femmes et aux enfants. Vous savez la violence n’est pas juste physique, on peut utiliser la violence en criant après une personne, ou même en frappant sur la table et sur les murs et surtout en disant des choses comme « tu n’es bonne à rien, juste bonne à faire le ménage, à me faire à manger, une chance que tu es bonne au lit car cela ferait longtemps que je t’aurais crissée là, maudite épaisse, et surtout tu ne peux pas partir parce qu’il y a juste moi qui te trouve belle et qui peux t’endurer avec l’allure que tu as, maudite niaiseuse », etc. Vous savez, quelquefois les paroles font plus mal qu’une claque sur la gueule. Je connais beaucoup de femmes qui veulent rester

INTIMIDATION

avec ces hommes qui sont violents. J’ai discuté avec certaines personnes pourquoi ces femmes restent avec ce genre d’hommes. D’après mes amis, certaines femmes restent à cause de la peur qui leur arrive des choses encore pires. Certaines femmes disent recevoir des menaces si elles parlent comme : « Je vais te tuer ou je vais t’en crisser une bonne si tu ouvres ta grande gueule ». Je connais un gars qui contrôle sa blonde en la manipulant avec des mots et, après, en pleurant, en disant qu’il ne recommencera plus jamais. Le lendemain il la frappe encore et le pire, c’est qu’elle est enceinte. Je lui ai dit de le quitter avant qu’il lui arrive le pire. Lui m’a dit que ce n’était pas de sa faute s’il était violent, que son père le battait quand il était petit ou bien que c’est de sa faute à elle. C’est elle qui le provoque… Le pire c’est qu’elle l’aime quand même. Je lui ai alors dit que cela n’était que des excuses pour ce faire battre, que je respectais son choix de rester avec lui, mais que je serais toujours là pour elle si elle a besoin de moi. Parfois, on ne peut pas faire grand-chose de plus… Je vais maintenant vous parler de la violence et de l’intimidation faites aux jeunes, surtout les jeunes filles. J’étais sur Internet voilà trois semaines et qu’elle ne fut pas ma surprise de voir qu’une jeune fille de 14 ans s’était suicidée parce qu’elle était tannée de se faire intimider à son école et sur la rue par des jeunes de son âge qu’elle ne connaissait même pas. Je commence à être royalement tanné que des jeunes intimident d’autres jeunes juste parce qu’ils sont différents ou juste pour faire chier les autres,

4 La Galère ı octobre • novembre 2013

pour impressionner leurs copains et copines. Pendant ce temps-là, une jeune fille de 14 ans s’est suicidée parce que d’autres jeunes trouvaient ça drôle de rire de son physique pour passer le temps. Je voudrais dire seulement à la prochaine génération qu’ils ont pour mission, s’ils le veulent bien, de vivre dans un monde sans violence. Ce n’est pas parce qu’on est différent que l’on n’est pas cool, comme ils le disent si bien. Oui, oui, moi aussi je me suis servi de violence quand j’avais une blonde dans ma vie de jeunesse et d’adulte. Je parlais fort, frappais sur la table et sur les murs et serrais les bras pour qu’elle ne parte pas. Quand cela ne marchait pas, moi aussi je faisais comme les autres, je lui jouais du violon et je pleurais. Ça marchait à 80%. Aujourd’hui je réalise que j’étais dans le champ et j’essaie de toutes mes forces de ne plus me servir de violence. Alors, jeunes et vieux, au lieu de frapper vos blonde ou femme, donner leur des fleurs et dites-leur tout simplement : « JE T AIME ». Ça marche mieux qu’une claque sur la gueule. En terminant, je souhaite que l’on puisse vivre dans un monde où la violence et l’intimidation ne fassent plus partie du dictionnaire et surtout de nos vies. Je souhaite que la nouvelle génération comprenne cette phrase : « Les fleurs, la tendresse et l’amour valent mieux que la violence et l’intimidation ». Je sais que je rêve, mais on peut toujours espérer et rêver qu’un monde comme cela peut être possible.

VIVE

UN

MONDE

S A N S

INTIMIDATION ET VIOLENCE.

SANS


Les séquelles

suite à des années d’intimidation

C’est là que cet enfant a connu le phénomène de l’intimidation, tant verbale que physique. Cette dernière s’est même poursuivie jusqu’à la fin du secondaire. Durant toute cette longue période, il ne pouvait avoir d’amis car il devait toujours se cacher. Durant les récréations, il a trouvé des moyens pour se camoufler à l’intérieur des écoles. À la fin des cours, il se terrait dans l’école jusqu’à ce que tous soient partis puis, se faufilant dans des ruelles, il se dépêchait de rentrer à la maison. Le drame dans toute cette histoire fut que ni ses parents, ni ses enseignants, ni les directions des écoles n’accordèrent de crédit à ses plaintes. On lui disait toujours que tout était de sa faute et qu’il avait juste à ne pas achaler les autres. Incompris et torturé, cet enfant a alors pris l’habitude de se réfugier dans la forêt, à l’extérieur de la ville, lors de ses temps libres. Tout cet acharnement des autres ainsi que le fait de se sentir incompris par ceux qui étaient chargés de son éducation, on fait en sorte de transformer cet enfant et de laisser en lui des traces indélébiles qui ont marqué sa vie par la suite. Certains qui ont vécu de l’intimidation, se sont écrasés, lors de leur vie d’adulte, se soumettant à tous et chacun. Pour cet enfant, cela eut un effet contraire. En plus de lui faire vivre une profonde révolte intérieure, ce vécu a produit un individu qui n’a pas peur de s’exprimer, de dire ce qu’il pense devant qui que ce soit. Par contre, les séquelles on fait en sorte qu’il vit des problèmes relationnels tant au sein de sa famille, de son travail qu’en société. Il a même connu une longue période d’intoxication à l’alcool qui a débuté vers l’âge de 14 ans. Aujourd’hui, libéré de cette dépendance, il a compris que son vécu d’intimidé y a grandement contribué. Près de 60 ans plus tard, on commence à peine à discuter du phénomène de l’intimidation et, connaissant la vitesse à laquelle les gouvernements se mettent à l’action, le phénomène risque de perdurer de nombreuses années encore. Si l’on se rendait vraiment compte de l’impact de l’intimidation sur la vie adulte par la suite, on lui accorderait sûrement autant d’importance que celle qu’on apporte à une maladie contagieuse qui agresse une région.

Il est primordial que nous cessions de discuter du problème et que nous agissions. Les séquelles de ce phénomène laissent des traces dont ceux qui ne l’ont jamais vécu ne peuvent en imaginer les effets. C’est alors un bagage extrêmement lourd que les intimidés ont à traîner tout au cours de leur vie. J’ai même entendu certaines personnes tenter de banaliser le phénomène et accuser la victime d’exagération tout en lui reprochant son grand manque de personnalité. Si ces gens avaient à vivre cette expérience seulement une semaine, ils comprendraient le calvaire que ces enfants ont à vivre… Comment se fait-il que les pouvoirs affirment qu’il est difficile de surveiller la cyberintimidation alors qu’ils réussissent à suivre le contenu des échanges courriels, des communications téléphoniques de millions de personnes, à travers tous les pays du monde ? On réalise bien leur manque d’intérêt à s’attaquer au problème. Probablement que nos gouvernants acquièrent plus de bénéfices électoraux en ciblant les terroristes plutôt que les intimidateurs. J’ai été extrêmement touché par les cas des deux jeunes filles qui se sont suicidées suite à de longues périodes de cyberintimidation. Si ces dernières avaient été un enfant d’un de nos ministres, j’ai bien l’impression qu’une guerre chevronnée serait déjà déclarée contre les intimidateurs. Quand est-ce que le bien du peuple primera enfin sur les stratégies électorales ?

Illustration par Michel Forcier

Michel Forcier

Dans les années 50, un enfant fraîchement arrivé d’Europe, s’installe avec sa famille dans une petite ville au nord du Québec. À la rentrée scolaire, en quatrième année, il ne s’exprime pas comme les autres, s’habille différemment, se retrouve muté de classe un mois après. Comble de malheur, il se classe quand même parmi les meilleurs, un cocktail maléfique qui a initié le début de son calvaire.

Thierry Évrard

Par Thierry Évrard

octobre • novembre 2013

ı La Galère 5


Ma première expérience d’intimidation Par Crissy Parlons de ce sujet, dans lequel j’ai grandi depuis que je suis jeune. Tout a commencé à ma troisième année de scolarité. Ma prof d’école se pensait bonne bonne bonne avec ses 22 ans d’école… Moi, je suis la dernière, la toute dernière de la salle de classe, parce que je suis la petite grosse qui ne parle quasiment jamais, parce qu’on m’ignore et qu’on essaie de voir que je ne suis pas là… Un jour, ma prof veut me forcer à aller devant toute la classe pour que je réponde à une simple question de français, une question d’épellation. Alors tout de go, moi je dis : « Pourquoi moi » ? Moi et les autres filles de la classe restons assises. Voilà le début de l’intimidation : j’ai répondu à la prof que : « Non, je n’irai pas à l’avant de toute la classe parce que d’habitude, on répond de notre pupitre ». Nous sommes à peu près une trentaine de jeunes filles. La prof arrive donc à côté de moi avec sa grande règle de bois de 36 pouces de long et cherche à me frapper. C’est là que la violence embarque. Je me lève de mon pupitre, fais le tour de la classe en me disant que je ne vais quand même pas me laisser battre par cette prof. Cette dernière réussit tout de même à m’agripper par un bras pour me reconduire à mon pupitre et me frapper dans le derrière du cou avec sa règle. Et cela pour soi-disant désobéissance pour une question d’épellation !

revenez-nous avec la réponse ». Toute la classe s’est mise à rire de la prof en m’applaudissant ! Moi, la petite grosse du fond de la classe ! Le lendemain matin, ce n’est pas l’autobus de la campagne qui vient me reconduire à l’école…c’est mon père ! Nous arrivons ensemble exprès avec 5 minutes de retard pour lui en faire baver. Mon père me dit alors : «   iens ma fille, vas à l’avant et écris au tableau noir la réponse à la question que tu as posée à ta prof hier ». Serpillière veut simplement dire : une mope pour laver le plancher. Et là, mon père regarde directement la prof et lui dit d’un ton très très sévère et sérieux : « Ne frappe plus jamais ma fille avec ta règle ». En disant cela, il casse la règle en deux et ajoute : « Même moi, son propre père, je ne frappe jamais

Même si je pleure en silence, je me suis promise qu’un jour, je l’aurais la peau de vache ! Je lui pose alors la question suivante : « Mademoiselle, que veut dire le mot serpillière ? » Elle me répond : « Je ne sais pas ». Alors voilà ma vengeance. « Comment voulez-vous montrer l’épellation si vous n’êtes même pas capable de répondre à cette simple question de vocabulaire. Ha ! Ha ! Ha ! Vous devriez aller en 23ième année et

6 La Galère ı octobre • novembre 2013

Photographie par Julie C.

mes enfants. La prochaine fois, je te fais perdre ta job. As-tu bien compris entre tes deux oreilles ? » La prof rougit alors de honte. Mon père lui sert un dernier avertissement en lui disant cette phrase : « Ne force plus jamais ma petite fille à aller devant toute la classe pour une question ou pour une autre. Tu ne te serviras jamais plus d’elle pour la gêner parce qu’elle est un peu plus ronde que les autres élèves et que personne ne veut jouer avec elle ». Voilà une de mes nombreuses expériences, la première mais non la moindre, en matière de violence et d’intimidation. Anyway, c’est la vie. On ne peut pas changer le destin.


Témoignage d’une

Steeve Giroux-Pépin

Je suis une ancienne victime d’intimidation. J’ai pu remarquer une erreur que tous mes parents d’accueil ont faite, pis que même ma mère a faite. Je vais vous raconter trois histoires qui me sont arrivées ou qui sont arrivées à d’autres personnes qui me les ont racontées. La première c’est une de mes profs me l’a racontée et je vous avertis, c’est une histoire vraie. Dans une école de Québec, y’avait un gars qui se faisait intimider à chaque jour. Donc à chaque jour, dans les couloirs, il se faisait pousser sur les cases, se faisait piquer ses livres et surtout y se faisait traiter de toutes sortes de noms. À chaque jour, y’avait un prof qui lui, était spectateur de cela et à chaque jour le même professeur disait au gars qui intimidait l’autre gars d’arrêter, mais le gars lui, y disait que ça faisait rien, qu’y faisait juste le taquiner et qu’en les ignorant, à un moment donné, y’allait finir par se tanner, pis que ça allait s’arrêter. Mais quelques semaines après que le prof pis l’élève aient eu cette discussion, le prof est allé prendre son courrier avant son cours pour le mettre dans son bureau, mais c’t’e jour-là, y’avait quelque chose de différent dans son courrier. Au lieu d’y trouver juste des messages de la direction, y’avait une lettre dans une enveloppe anonyme. Au début, y’en n’a pas fait de cas mais, au moment de prendre les présences, le directeur viens cogner à la porte du prof. Il avait un message d’une grande importance à livrer aux élèves de la classe. Le prof demande si ça peut attendre la fin du cours, le directeur lui dit que non, pis il annonce que le gars qui se faisait intimider à l’école à chaque jour s’était suicidé la soirée d’avant, pis que les parents du gars ont appelé pour expliquer l’absence du petit. Le cours a été annulé pour permettre aux élèves d’encaisser le choc. Le prof, lui, est allé ouvrir la lettre qu’il avait reçue le matin. C’était une lettre du gars qui remerciait le prof d’avoir pris sa défense dans les dernières semaines, mais que lui y’en pouvait pu. La deuxième histoire c’est une expérience que moi-même j’ai vécue. Je reviens de l’école pendant la journée, j’m’étais fait écœurer par un gars, ça avait fini que mon chandail avait été étiré un peu. Ma mère décide alors qu’elle va parler à la mère du gars. Donc, on va voir la mère du gars et pendant une heure minimum, ma mère s’engueule avec la mère du gars à cause que mon chandail a été étiré. Moi et le gars, on regarde ça : t’as d’un côté ma mère qui est là : « TON FILS A ÉTIRÉ LE CHANDAIL DE MON GARS TU VAS ME PAYER UN NOUVEAU CHANDAIL POUR MON GARS, WRA », et de l’autre côté, t’as la mère du gars qui elle, elle est là : « CE N’EST PAS MON FILS QUI A FAIT ÇA, CE N’EST PAS DE SA FAUTE, WRA ».

Steeven Giroux -Pépin

par

ancienne victime d’intimidation Les deux se crient après comme des folles, il y a aucune des deux qui écoute l’autre, donc le conflit reste entre les deux. Le lendemain j’arrive à l’école et, première personne que je croise, c’est le gars. On se regarde, on part à rire parce que tout ce qu’on a en tête, c’est la scène de la veille pis, à partir de ce moment-là, ce gars-là et moi on était toujours ensemble. La dernière histoire vient de la seule personne que je connais qui a déjà réussi à régler ses problèmes d’intimidation. C’est un de mes profs de karaté qui me la raconté, histoire vraie. Encore une fois, y’arrive au secondaire et, déjà la première journée, ça va pas bien, y se fait écœurer mais fait comme si de rien n’était. Mais après une semaine, là, les gars qui l’écœuraient décident de lui en crisser une dans la cour. Son père voit ça, lui il lui demande de l’aide, le père bouge pas, mon prof en mange toute une. Plus tard dans la soirée, le père va voir mon prof, tout ce qu’il lui dit c’est : « Apprends à te défendre quand tu te fais battre ». Le lendemain les gars de son école décident de recommencer, pis de se remettre à le battre. Cette fois-ci, c’est les gars de son école qui en ont mangé une. C’est à partir de ce moment-la que j’ai compris que malheureusement le respect à l’école ça se gagne par la peur pis c’est à ce moment-là que je me suis aperçu que ceux qui réussissent dans la vie sont ceux qui ne font pas ce qu’on leur dit de faire. Ceux qui réussissent dans notre société se sont les crosseurs pis les menteurs pis ça, ben ça me fait de la peine parce que j’aimerais ça croire que c’est mes familles d’accueil qui ont raison. J’aimerais ça croire que si tu t’en occupes pas, y vont finir par se tanner, les intimideurs. J’aimerais ça croire que c’est en travaillant fort qu’on arrive à se faire une bonne réputation. Mais bon… octobre • novembre 2013

ı La Galère 7


Témoignage Par Raph

Quand j’avais seize ans, je n’avais pas de place où aller. J’étais dans la rue à Montréal. Qu’est-ce qu’on fait avec un jeune itinérant ? Par souci de justice, on lui donne une contravention même si on sait qu’il ne pourra pas la payer… Ça c’est banal, ce qui l’est moins c’est ce qui suit… J’ai aujourd’hui vingt cinq ans et un assez long cheminement de vie pour quelqu’un de mon âge. J’ai passé par la rue, la prison, j’ai dû vendre de la drogue, faire du squeegee, quêter, chanter dans les métros pour survivre. Il y a environ dix mois, j’ai commencé un travail honnête, le projet des vitraux à Point de Rue. Le plus dur pour moi a été de garder une adresse fixe et de respecter mes conditions juridiques, le tout en essayant de me débarrasser d’une addiction à la morphine. J’en ai bavé et j’ai envisagé le suicide pendant presque toute l’année 2012, mais j’ai réussi à m’en sortir.

À la fin du projet, le directeur général de Point de Rue nous a fait un cadeau que je pense bien que l’on a mérité. La joie ! Cela m’a rendu heureux comme un enfant. Dans ma vie, il ne m’est pas arrivé souvent de me faire récompenser pour les efforts que j’ai faits. Durant la même semaine, j’étais justement en train de raconter à un ami la chance que j’avais, quand tout à coup, un policier m’accoste pour me dire que j’ai un mandat visé, ce qui veut dire qu’il me fait signer un papier et puis il me relâche. Mais, pendant que ces représentants de la loi font mon DPE, ils me disent que finalement c’est un mandat d’arrestation qui pèse contre moi. Pourquoi ?, demandais-je. « Eh bien t’as un ticket vieux de huit ans, quand tu étais mineur, pour avoir couché dehors à Montréal, donc t’as le choix : ou tu vas directement en prison ou tu nous donnes 534$ pis on te sacre la

Photographie par Zone Urbaine

8 La Galère ı octobre • novembre 2013

paix ». Pas question d’avocat, il ne peut rien faire. J’ai donc été obligé d’emprunter le dit 534$ à ma boss pour pas aller en tôle. On était le 18 juin, mes payes du 4 et du 11 juillet y ont passé. Je suis donc libre mais là je ne peux pas faire de demande de BS avant le 11 juillet pis le 11, à ma demande, il va falloir que j’attende au moins un mois avant d’avoir un chèque si j’ai un appart, parce qu’ils te donnent pas de BS si t’as pas d’appart. Mais là, comment je fais pour me louer un appart sans un sous ? Je ne peux juste pas. Tout le travail et les efforts que j’ai faits pour m’en sortir sont tombés à l’eau et je suis de nouveau dans la rue. J’essaie d’entrevoir mes perspectives pour l’été, je ne peux m’empêcher d’avoir à nouveau l’envie de me crisser une corde au cou car la vie est une beurrée de marde, et plus je vieillis, moins y’a de pain. Trouvez la morale dans cette justice…


Un monde sans violence

Il était une fois, au merveilleux palais de l’injustice, une jeune fille aux cheveux roses appelée Djou. Elle comparaissait devant sa seigneurie, menottée, avec un méchant vilain pédophile, batteur d’enfant. Elle, elle était accusée d’avoir craché sur un agent de la guerre. N’en étant pas à son premier crachat criminel, elle a récolté la prison ferme, tandis que le pédo a été libéré : c’était sa première offense. Pauv’ ti-pit.

Pourquoi les humains sontils violents ?

Inutile de faire une dissertation littéraire làdessus, car une histoire courte vaut mille mots.

Il existe un million de bonnes ou mauvaises raisons. Parce que la colère fait partie des émotions de base de l’être humain. Parce que depuis le début de l’humanité, il y a toujours eu des forts pour écraser des faibles. Parce que la violence et l’agressivité font partie de l’arsenal de défense dont nous a doté la nature. Parce que c’est un moyen rapide d’obtenir ce que l’on veut. Parce que certains trippent fort là-dessus. Parce que le sado-maso est à la mode. Parce qu’il fait chaud, parce qu’il fait frette et alouette ! En somme, peut-être la violence est-elle le moyen d’expression des sans-voix ? Ou bien c’est tout bêtement parce que les humains sont violents de nature. Seule la façon de le manifester varie d’un individu à l’autre.

lais

Pourquoi la violence existe-t-elle ? Un monde sans violence est-il envisageable ? Les peines de justice encourues envers les personnes violentes sont-elles justes ? Trois questions et une infinité de réponses possibles. Voici ce que je tente comme réponse en fonction de mes propres idées et expériences.

Émilie Turcotte-B

Djou

Par Djou

Un monde sans violence est-il envisageable ? On peut se pencher un instant sur le monde animal. Peuton imaginer la lionne demandant à l’antilope de bien vouloir se suicider afin qu’elle puisse nourrir ses lionceaux  ? Ou bien à l’échelle humaine mondiale, suggérer poliment aux États-Unis de bouger leur gros derrière des pays pétroliers sous peine de se faire enrayer et réfléchir dans le coin ? Autrement dit, le monde est une jungle où la loi du plus fort est toujours celle qui prévaudra. Supériorité physique, mentale, whatever… Sentence bonbon ? Enfin, je ne voulais pas en parler parce que ça me fait chier en osti, mais au niveau des sentences, punitives ou bonbons, on constate un sérieux dérapage. J‘en prends à témoin cette tranche de vie. 1,2,3 action ! is Illiustration par Émilie Turcotte-Bla octobre • novembre 2013

ı La Galère 9


et Par

violence

l’intimidation se justifient Gaétan Fiset

Il y a trois sortes de punition sociale, la torture, l’exclusion par emprisonnement et les traitements dits (empathiques) de psychiatrie. En fait, cette dernière est comme un pénitencier à vie à l’intérieur du sujet par la modification de sa chimie cérébrale… on l’appelle la camisole de force chimique, pratiquement inaperçue, mais aussi violente que les barreaux, avec ou sans gardien. Bien sûr, dans la tête de la population, elle s’avère nécessaire car on ne voit à la télé que des cas de fous qui découpent le monde en morceaux. Probablement que Guy Turcotte aurait dû être neutralisé chimiquement, ou enfermé en prison à vie, mais 97% des traités n’ont jamais vraiment posé d’acte de violence, même si on se sert d’eux pour tester les drogues de contrôle comportemental après de grossières expériences sur des rats. Avis à vous tous qui prenez de l’extasie ou du speed, méfiezvous, car vous faites des psychoses toxiques à répétition et êtes même en proie, à n’importe quel moment, à la schizophrénie. Toutes les justifications pour l’institution sont en place pour vous interner et vous faire absorber, même par la force, des drogues vraiment plus désagréables et ce, à vie, sans possibilité de libération avant votre mort. Attention spéciale, le juge peut exiger votre internement et la prise de ces drogues vraiment souffrantes et abjectes. Sur l’étage des traitements à l’hôpital, les portes sont barrées et le personnel a, à sa ceinture, un bouton qui sonne l’alarme. On appelle ça un code 55. En 20 secondes, 30 personnes t’encerclent. Delà on te contentionne et t’isole dans une cellule et on t’injecte. Tout cela peut être provoqué par le seul fait de ne pas vouloir prendre les pilules. Ou tu prends tes médicaments ou on te les donne de

force. En fait, toutes les justifications sont possibles pour t’isoler. Même si des lois encadrent les conditions d’isolation et de contention, elles sont, aujourd’hui encore, non respectées par le personnel en place et bien sûr, ils écrivent bien ce qu’ils veulent dans votre dossier. Le plus drôle, c’est que vous serez assez gelé pour ne pas pouvoir vous défendre et même qu’aucun avocat ne voudra plaider en votre faveur... […] On dit que la schizophrénie est génétique, qu’elle est chronique et ne se guérit pas, mais se contrôle. En fait, on ne contrôle pas la schizo, on désactive des cerveaux et on les rend inopérants en rendant à la fois les symptômes inaperçus mais, en même temps, en enfermant dans la désactivation et la coupure chimique du système nerveux l’individu, en l’enfermant donc dans une société dont il reste plus ou moins conscient mais n’a aucun accès réel (ici voire aucun accès réel à ses émotions, sa conscience entière, son sexe et sa possibilité de vivre en société). En fait, il est exclu même de sa capacité à prospecter et avoir des contacts humains à la limite. A mon humble avis, ces traitements dits de «bon soins » sont beaucoup plus néfastes que la maladie non traitée. […] « Ces bien traités », ne sont même pas tolérés dans les cafés car même si on dit que les symptômes ne sont pas apparents, on constate rapidement quand un être est ralenti, marche comme un zombie et a la bave à la gueule. Ce qui crée un renfermement de l’extérieur, vis-à-vis l’individu et donc encore, une plus grande isolation. Si la schizophrénie est un problème de renfermement sur soi-même, de perte de contact avec la réalité et d’exclusion même, sachez que peu importe la médication à la mode, en essai clinique ou utilisée, elle ne règle

10 La Galère ı octobre • novembre 2013

Gaétan Fiset

Quand la

absolument pas le problème. Au mieux elle le rend pire, en enfermant dans une perception atrophiée les gens traités, en les attroupant dans des lieux réservés aux désactivés où ils ne se rendent pas compte de la réalité d’exclus qu’on a créée pour eux, pour s’en débarrasser peu importe les raisons. Mais voyez-vous, ici la question principale est : Dans quel but soignonsnous nos mentaux, dans quel but on veut contrôler leur agir et leurs pensées ? Est-ce vraiment d’avoir l’esprit sain de sacrifier des vies au nom de l’Esprit Saint, voir leurs culs ou leur prospérité ? Ici le problème est familial à la base. Si la race humaine en est rendue là, je la rejette, si c’est le plan divin, je le crucifie à nouveau et le compare à Satan par l’intervention de l’Esprit Saint. Il n’y aurait qu’une culture extraterrestre qui agirait de la sorte et non pas des humains normaux. Et si oui, nous détruisons la planète, nous avons perdu notre humanité. A la limite, un jour nous répèterons l’exploit des Égyptiens : nous gèlerons le plus grand nombre et les réduirons à l’esclavage pour nous construire des pyramides. […] « Rien n’est plus cruel que de mourir de soif en pleine mer » (Nietzsche). Il est tout aussi difficile de vivre au trois quart empoisonné, donc mort parmi les vivants et sans accès à son propre sexe, son propre esprit, sa propre conscience et même sans contact réel possible avec l’environnement ou la vie financière et/ou la société. Ne vaut-il pas mieux être gazé ditesmoi... Vivement 7 milliards de doses de L.S.D. 25.


Riposte d’une timide à l’intimidation Farley

Cathie Farley

Heureusement, je n’ai pas subi d’intimidation ni de violence lorsque je fréquentais l’école. En fait, un peu seulement : une fois deux filles m’ont dit de ne pas m’asseoir à leur table car elle était réservée. J’étais tellement timide et mal dans ma peau que je n’ai jamais osé aller manger dans cette salle à nouveau, déjà que cela m’avait pris tout mon petit change pour y aller cette fois-là. Je ne sais pas ce qui se serait passé avec moi si les élèves m’avaient crié des noms ou battue. J’ai tout simplement été rejetée par les autres, j’étais toujours plus ou moins ignorée et on m’abordait rarement. Ignorer fait plus de mal parfois. Nous aussi, les adultes, faisons une certaine forme d’intimidation même si elle est beaucoup plus subtile. Nous ne donnons pas le bon exemple. Au moins, nous devrions poser les actions que nous demandons aux jeunes de poser. Ricanements lors de l’arrivée de quelqu’un, non verbal exprimant une certaine agressivité, rejet d’une personne en particulier, commérages…telles sont les formes que prend l’intimidation maintenant que nous sommes sortis de la petite école. Il faut aller vers les gens qui sont tenus à part. Ce n’est pas parce que tout le monde dit que telle personne est une mauvaise personne qu’ils ont nécessairement raison. Le phénomène du conformisme est toujours plus ou moins à l’œuvre dans la prolifération des rumeurs. C’est comme pour les films et les livres, si tout le monde dit du mal d’une œuvre en particulier cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas l’apprécier pour nous-mêmes. Souvent les gens parlent dans le dos des autres pour se remonter ou pour faire comme les autres et ainsi, malheureusement, certaines personnes sont tenues à l’écart. Nous ne sommes pas plus forts en rabaissant les autres. La vraie force c’est d’aider celui qui est plus à part à s’intégrer plutôt que de rire de lui comme tout le monde. Tôt ou tard la vie nous rattrape et elle nous démontre qui sont les véritables vainqueurs.

Histoire de la violence Par Cindy

Leblanc

La violence, d’avant à aujourd’hui, n’a pas changé. Au temps de nos grands-parents, on mangeait des claques sur la gueule. Nos enfants aujourd’hui subissent également des agressions. Une transmission a été émise graduellement de génération en génération.Tout commence par le manque de ressource. À cause de ce manque, malgré les attentes indéterminées de notre système social, des mois et des années s’écoulent avant de recevoir des services.

Cindy Leblanc

Par Cathie

En premier, les itinérants qui ne mangent qu’à moitié ont souvent des problèmes mentaux. Leur estime de soi et leur confiance sont à zéro. Les vols, les bagarres, le froid, la chaleur du soleil, la rage, la colère, la tristesse, la famille perdue mènent souvent à la dépression. La drogue suit son cours. Les ressources d’aide manquent encore. La violence verbale s’amplifie avec le jugement et l’intimidation des gens à cravate qui leur mettent un dossier judiciaire sur les bras, sans savoir ce que ces personnes subissent quotidiennement. Et lorsque la justice ne sait plus quoi faire, elle met les itinérants en prison, croyant protéger ainsi la société. Pourtant, peut-on en vouloir à quelqu’un qui a été intimidé et manipulé, provoquant ainsi sa colère envers les policiers ? Bel exemple à donner à nos futures générations ! Manipuler, se justifier, voler, battre, intimider, harceler et bien d’autres gestes pourraient se rajouter à cette lettre. Avant de juger une personne, demandez-lui si elle a besoin d’aide. Peut-être sera-t-elle cellequi vous sauvera la vie lorsque vous aurez l’âge de mourir. Madame, Monsieur les cravates, avant d’enfermer quelqu’un dans la misère, aidez-le donc. Je parle ici aux avocats, policiers, juges et autres gens qui ignorent trop souvent la misère humaine.

octobre • novembre 2013

ı La Galère 11


RICHARD « Le Gaspésien » LÉTOURNEAU 1955-2013

Par Richard

« Le Gaspésien » Létourneau Texte posthume

Où en sommes-nous aujourd’hui avec la violence et l’intimidation ? Oui, c’est une chose courante, elle fait partie de notre quotidien. Tout un chacun la pratique souvent, parfois sans s’en rendre compte. L’intimidation est rendue à un point tel que malgré nous, elle fait partie de notre langage. La vie est ainsi faite. L’intimidation est rendue une mode, une sorte de langage, un mot de notre vocabulaire courant. Nous la subissons de partout, famille, amis, société en général. Nous ne pouvons nous en passer car le monde auquel nous faisons face ne marche qu’à l’intimidation. Depuis le début de l’histoire de l’humanité, la violence et l’intimidation ont toujours eu leur place. L’histoire le prouve : les guerres le prouvent. C’est par l’intimidation que l’histoire a bâti notre monde et marqué les grands événements qui ont façonné nos vies. Demain, où serons-nous rendus ? Car les paroles s’envolent, mais avec une branche d’intimidation

12 La Galère ı octobre • novembre 2013

Salut à

Catherine McKinnon Par

RNEAU

toi

Lebrun-

À notre poète de la rue, salut ! En plus d’être un camelot, il était poète de la rue. Cher Richard, je te dis au revoir et à bientôt !

non

Dénoncer l’intimidation

Oui, nous pouvons vivre sans cette intimidation. Il suffit de garder la tête froide et de penser intelligemment sans mettre de pression. Ainsi tout ira pour le mieux. Avec de la politesse et une certaine courtoisie, l’amabilité dominera toujours sur l’intimidation. Je pourrais en parler longtemps, mais l’intimidation n’en vaut pas la peine.Elle fait partie du quotidien. Ceux qui s’en servent sont des cons et ceux qui l’acceptent sont trop peureux pour la dénoncer. Sur ce, ne vous laissez pas intimider et dénoncez-là. Salut et à bientôt !

Mckin

Il laisse dans le deuil la mère de ses enfants Sylvie Lévesque, ses enfants Jonathan et Marc-André Létourneau, ses frères et soeurs: Serge (Fernande St-Pierre), Rénald (Patricia Chassé), Ange-Aimé, Bernard, Gaston (Christine Cassin), Charline, Chantal, Johanne, Mona (Donald Gauthier), Jovette (Didier Simard), ses neveux et nièces ainsi que plusieurs parents et ami(e)s. L’ont précédéses frères et soeurs: Pauline, Jacqueline, Jacques, Gérald, Marc, Cyprien et les jumelles.

Tout vient de l’enfance, l’adolescence etdu monde adulte surtout. Celui qui est élevé par l’intimidation devient pareil à celui qui lui a fait subir. Et mêmepire ! Car le traumatisme subi dans le passé le hante constamment, le ronge de l’intérieur et nourrit la vengeance. L’intimidation refoulée peut même jusqu’à tuer pour apaiser la souffrance intérieure.C’est cela l’intimidation mal perçue. Ça peut amener à commettre des actes de violences verbale et/ ou physique.

rine L .

La famille recevra les condoléances le vendredi 20 septembre à compter de 13h30 à l’église de Grosses-Roches. Les funérailles de Richard Létourneau auront lieu le vendredi 20 septembre à 14h00 en l’église de Grosses-Roches et l’inhumation au cimetière du même endroit.

dans la parole et les gestes, ça rentre mieux dans les cerveaux lents ? Bêtise ! L’intimidation n’a pas sa place dans notre société. Il y a ceux qui comprennent vite et ceux qui font semblant de ne pas comprendre.

Cathe

C’est avec tristesse que toute l’équipe du journal de rue La Galère tient à annoncer le décès de Monsieur Richard Létourneau, dit « Le Gaspésien », à son domicile, le 22 août dernier. Fidèle camelot et collaborateur assidu dans les pages de notre journal, Richard a été l’auteur de plusieurs articles généreux et sensibles, en plus de jouer le rôle de mentor auprès de nombreux camelots. Nous souhaitons offrir à la famille de Richard nos plus sincères condoléance. R.I.P.

RICHARD « Le G aspésien » LÉTO U

AVIS DE DÉCÈS


Mon Gaspésien : lettre-poésie Par Vangolet Mort depuis une semaine Mon copain de campagne Généreux, honnête Arnaqué toute sa vie À côté de son lit Pour son repos éternel Sa répartie de jovialiste Son égo de millionnaire Que des tonnes de fer N’ont pû arrêter Richard de premier nom Cinquante huit ans De travaux forcés Font de toi le quatorzième En quinze mois Tous plus jeunes Vingt, trente, quarante ans En majorité, en tortionnaire Travailleurs d’identité propre Richard au Salon du livre de Trois-Rivières, avec Carole L’amitié dans la différence Bergeron et Vangolet, 2012. Des besoins semblables Tu es mon ami De ce que tu m’as fait connaître Ta disparition après une semaine Depuis que je te connais M’a toujours inquiété Aujourd’hui tu nous aimes Par Carole Bergeron Ta pensée nous ressemble Nous rassemble tous La mort n’éteint pas la lumière Dans l’amour de ton esprit Elle souffle sur la bougie Ta traduction de toi, Gaspésien Lorsque l’aube se pointe Que ça serve à voir Hé ! Toi, le Gaspésien Merci Amène-moi dans ton jardin

Hommage au Gaspésien

Ton ami

Illiustration par Patrick Boulay

Parle-moi de ces fleurs Que t’arrosais de tes pleurs Raconte-moi encore ces p’tits matins Où tu faisais ton pain De ces grains semés par ta sueur T’as travaillé à t’en fendre le cœur Pis tu t’es blessé au dos, aux jambes et aux mains Malgré cela, inlassablement, t’as chanté tes refrains Jusqu’à moi, se faisaient l’écho de tes ritournelles Puis, de mon côté, j’t’envoyais des lecteurs Afin qu’ils te réconfortent en câlins Car sur ton point de vente, t’avais froid au cœur Mutuellement, on s’encourageait de loin J’appréciais quand tu me prenais dans tes bras On s’est connu il y a huit ans déjà Mais tu n’es plus là… Bon voyage on grand À la revoyure ! Salut Ti-Blanc pour moi, au passage La mort ne surprend point le sage Car il est toujours prêt à partir octobre • novembre 2013

ı La Galère 13


Marc Morin

Mais je suis le seul responsable À moi de réparer Les pots cassés D’une amitié spéciale Mais dans un sens unique Cela ne compte Une amitié profonde Est difficile à garder

L’amour et la haine Par Steph

Pour un instant j’aimerais oublier toutes mes souffrances Pour un instant je voudrais t’aimer Pour un instant je voudrais sentir le parfum de ta peau Pour un instant je voudrais que tu me touches Pour un instant je voudrais que tu me regardes avec les yeux du cœur Pour un instant je voudrais que tu me dises : un jour nous serons enfin libres Pour un instant je voudrais que tu ne m’oublies Pour un instant je voudrais que tu me donnes la force de continuer ma life Pour un instant je voudrais que tu me parles avec les yeux du cœur Pour un instant je voudrais que tu ne me haines Pour toutes mes peines et ma joie Que seule toi-même peut à jamais exister dans mon âme De tout ce qui me frôle chaque seconde qui passe sur cette terre Pour un instant ne crache pas sur mon âme Car Dieu n’a pas mis ma chance Être sans mes cornes de diablesse

L’intimidation Par Réal

Dion

Bonjour, j’aimerais vous parler de l’intimidation. Ce qui est plate de constater c’est que nos gouvernements se donnent le plaisir de payer grassement des policiers pour intimider les pauvres. Je suis outragé de ce que les quatre policiers ont fait subir à ce jeune homme de Trois-Rivières, des policiers de prison qui intimident les pauvres.

Illiustration par Marc Brière

14 La Galère ı octobre • novembre 2013

Réal Dion

La vie est difficile La jalousie détruit des amitiés Perdre une amie C’est la pire chose qui peut arriver

Steph

Par

Marc Morin

n o i t c u r t s De


L hypothèque de la violence ’

Par FGL

Cette histoire est un fait vécu. Elle a changé le cours de ma vie, mon présent et surtout mon avenir. Je suis une jeune maman de cinq enfants. Je travaillais au même endroit depuis seize ans. Exactement la moitié de ma vie. Un emploi que j’adorais, une vie que je chérissais car elle m’avait donné cinq beaux enfants presque tous en santé. J’avais le même conjoint depuis quelques mois et je l’aimais beaucoup. Je croyais qu’il m’aimait lui aussi. Je me suis cachée la vérité pendant presque deux ans. Au début, tout allait bien. À la première chicane, j’ai remarqué une agressivité que je ne lui avais jamais vue. Je n’en ai pas tenu compte, me disant que c’était la période d’ajustement au couple, que ça ne serait pas toujours comme ça, etc. De querelle en querelle ça empirait. Puis les coups ont surgi presque chaque fois. Il semblait regretter son geste, me suppliait de ne pas partir, était tout gentil avec moi. Il ne faisait qu’entrelacer les mailles de son filet. Et moi je le croyais. Il m’aidait dans les deuils que j’ai vécus durant cette période, s’occupait de moi quand j’étais malade. Tout le monde disait que j’avais trouvé l’homme idéal, de ne jamais le laisser partir, que je ne trouverais jamais mieux ailleurs. Et puis, je suis tombée très gravement malade. Je me sentais prise au piège, je me demandais si c’était moi qui méritais tous ces coups de pieds ou coups de poings. Je ne trouvais plus l’espoir. Puis un jour, il est allé trop loin. Il m’a carrément soulevée de terre et m’a lancée dans un mur de béton. Ce jour-là, amochée et raquée, je suis partie en me disant que je reviendrais de nouveau, comme d’habitude. Je suis allée chez une bonne amie à moi sans lui dire où j’étais partie, car je voulais qu’il se calme avant qu’il me fasse un tort irréparable.

Je ne savais pas à ce moment-là qu’il était déjà trop tard. Je sais que je me souviendrai de cette date toute ma vie. Nous étions le 10 août. Lorsque je me suis couchée ce soir-là, j’étais loin de me douter de ce qui m’attendait au matin. Ce soir-là (une intuition), j’ai dormi chez mon amie et je n’ai pas donné de nouvelles à l’homme que j’aimais, car j’avais peur de lui. À mon réveil, le 11 août, je n’ai jamais été capable de me tenir debout !!! J’ai tenté de me mettre debout à plusieurs reprises mais mes jambes me donnaient l’impression d’être en réglisse. Rien à faire. Mais je n’ai pensé à aucun moment que c’était dû au choc que j’avais subi la veille. Je suis allée consulter mon médecin de famille la journée même, sans lui dire ce que je vivais chez moi. Mes docteurs ont été paniqués de voir que je ne marchais plus du jour au lendemain. Une résonnance magnétique de ma colonne vertébrale en entier a été demandée. Mais ça prend des mois avant d’avoir un rendez-vous et encore au moins un mois pour les résultats. Pour faire une histoire courte, j’ai su huit mois après mon « accident » que j’avais une fracture dans le cou, et que mon cou était tordu à trois endroits différents, ce qui comprimait ma moelle épinière. Je devais être opérée de toute urgence, j’avais 30% de chance de ne pas sortir en vie de cette opération, mais ne pas la faire me condamnait aussi à petit feu. J’ai effectivement failli quitter ce monde le lendemain de l’opération. Mon neurochirurgien m’a dit que je serais toujours dans mon fauteuil roulant. Malgré l’opération, je perds peu à peu l’usage de mes jambes et de mes mains car ma moelle épinière a été touchée. Je ne suis jamais retournée depuis. Cet homme qui m’a blessée gravement, il travaille, il se promène librement et il fait ce qu’il veut alors que moi, ma vie est hypothéquée. J’ai dû abandonner mon travail, laisser la garde de mes enfants à leur père, je ne peux même plus faire de sport sauf le badminton et encore… Avant d’user de violence sur les autres, réfléchissez aux conséquences qui pourraient en découler et demandez-vous ce que vous feriez si c’était vous la victime de cette violence et si c’était votre vie qui était hypothéquée ou ce que vous ressentiriez si c’était votre enfant, votre conjoint ou votre amie. Personne n’est à l’abri de la violence car il y a toujours plus fort que soi autour de nous. N’attendez pas qu’il soit trop tard pour partir si vous êtes victime de violence. Le silence est la meilleure amie et la meilleure arme de la violence. Parlez-en, n’attendez pas d’être mort ou gravement blessé !

Illiustration par Carole Bergeron

octobre • novembre 2013

ı La Galère 15


Babillard Conjoint à comportement violent ?

L’Accord Mauricie a pour mission de concourir à la résolution de la problématique de la violence conjugale en responsabilisant les hommes face à leurs comportements violents ou contrôlant. De plus, notre organisme informe et sensibilise la population au problème de la violence conjugale et aux solutions possibles.

819-693-5264

info@accordmauricie.com

Victim

es d’ag

ressio ns sexuel à caractèr e ?

CALACS

:L contre e Calacs (Ce les agr ntre d’ a e est un organis ssions à car ide et de lutt actère e me co contre sexu mm les femme agressions unautaire qu el) se i lu s viol, d’ et les adoles xuelles et aid tte inceste centes e les , d’atto v d’exhib uchem ictimes de it io n en nis harcèle ment s me, de voy ts sexuels, eurism exuel e e, t d’app els obs de cènes.

819-37 calacs

3-1232

@qc.a

ira.com

CAVAC Mauricie

La maladie du Bonheur Par Violette

à bicyclette

Si vous avez été victime d’un acte criminel, si vous êtes un proche d’une victime, si vous avez été témoin d’une agression, d’un vol par effraction ou de tout autre crime, le personnel du CAVAC de la Mauricie peut vous aider à en surmonter les conséquences physiques, psychologiques et sociales. Le CAVAC peut aussi vous aider dans vos démarches pour obtenir une indemnisation pour les préjudices subis. 819 373-0337 information@cavacmauricie.com

Que faire lorsque la tension monte ? 1- Prenez de grandes respirations. N’oubliez pas…respirez ! 2- Prenez le temps de vous assoir avec votre stress… Le fameux « pas de recul ». 3- Prenez le temps de faire le plein d’énergies positives, soit en se ressourçant dans la nature ou tout simplement en dansant sur place… 4- Trouvez votre propre équilibre à partir du cœur 5- Venez tout simplement ici, à Point de Rue, prendre un bon café, un bon dîner et apostrophez quelqu’un comme l’ABC dans les cours de premiers soins 6- Restez dans le calme. Respirez… 7- Pis finalement, allez prendre une marche et crissez moi la paix ! Et vive le moment présent !

e n i h C n e e La GalèrHan Xiao Par

Galère, pour La r tu fu n o mon aite un b rs fois, elle est e Je souh u e remèd r plusie rt comm . e s car pou i u q Galère exutoire meilleur œur. Pensée à la du c


À mes clients du journal La Galère Par Carole

Bergeron

Cette histoire d’amour Qui existe depuis les tous premiers jours Vous, qui m’avez apporté que du bien Ce, en écoutant inlassablement mon refrain Depuis ce temps je vous aime d’amour Vous m’avez ouvert les yeux Je vous fais mes aveux Vous si merveilleux Si précieux à mes yeux Cette histoire d’amour Qui me rend si fière et si droite maintenant Comment pourrais-je être maladroite comme avant Car devant vous je me dois être « renaissante » Depuis ce temps Toutes ces fois, vous m’avez redonnez espoir Encouragez toute ma persévérance Faisant rejaillir l’espoir de meilleurs jours Serrons-nous très très fort Restons ensemble, cet amour durera Je crois, il me semble, seul l’avenir nous le dira Moi je vous aime Quelle belle histoire d’amour (Je considère l’amour comme un état de grâce et non comme un instrument, comme l’alpha et l’oméga, qui est une fin en soi).

Chronique pour le s poètes actuels Par Michelle R oy, journaliste retraitée

Illiustration par Carole Bergeron

AVIS

Il y a plusie urs semain es, une lec à notre ca trice confia melot du s it ecteur Les son souha Rivières, it d’entrer collaborate en contact avec notr ur Denis M e arcotte. Cette dam e est invité e à écrire à denismon y@gmail.c om Au plaisir !

et écrivaine Je lis régulièrement les poèmes publiés dans La Galère.Cer magnifiques. Malheu tains sont reusement,il y a de ces poètes qui s’astr inutilement à créer eignent des rimes, ce qui es t nuisible à « l’envol langage poétique. Ce » du n’est pas la rime qu i fait le poème. C’es l’expression elle-m t ême dans un style inspiré qui crée le po ème. Utiliser la rime, c’est comme essayer de jouer de la musique un clavecin de l’épo rock sur que de Mozart. Quan d on veut utiliser abso la rime, il faut le faire lument avec les autres règle s de la poésie class Comme par exemple ique. écrire des vers de do uze pieds, des alexa (douze syllabes à ch ndrins aque ligne). Comm e dans « L’art poétiqu Descartes (1596-165 e » de 0) : « Ce qui se conç oit bien s’énonce cla Et les mots pour le irement / dire arrivent aisémen t» (À noter que le verb e « arrivent » compt e trois syllabes et la se faire entre le T fin liaison doit al du mot et le A du mot suivant). Poètes qui vivez au jourd’hui, écrivez de s vers libres comm aujourd’hui… et sa e on le fait ns rime à la fin des vers. Des vers longs ou courts. Avec un souffle poét ique inspiré !


La douleur La douleur prend sa source au creux d’une larme d’enfant. Il supplie, mais rien n’est fait. Que de supplices imposés à ces frêles êtres ! Dans le murmure de la savane, au fin battement relâché, se soulevait la poussière du sable aux somptueuses colorations de l’Afrique au coucher. Mes capteurs de mémoire au travail m’amenaient ces visages meurtris. Promiscuité Pas de mots pour le dire, en ces jours sans fin. Définir mes besoins au sein de cette famille. Ma jeunesse, de grands fantômes bien en vue s’approchant derrière moi pour me faire taire. Je m’enfuis dans mon silence. Oh ! Que puis-je faire ? Je suis seule à me défendre. Oh ! Que puis-je faire ? Les mots sortent de leur tanière. Le courage me monte à la gorge. Toi, Mère-Terre si familière, quand viendras-tu à mon aide ? Je ne sais pas comment me défendre. Je m’enfuis dans mon silence. Oh ! Que dois-je faire ? Je suis seule à me défendre. Oh ! Que puis-je faire ? À tourner en rond, à refaire mon passé, je me suis piégée. Pis, en tirant un trait sur mon passé, de rature en rature, les mots pour le dire se sont clarifiés. En ma gorge de femme, ne veulent plus se taire, non, non… Je dois le faire pour tous ceux qui doivent se taire. Maintenant, j’ai des mots pour « LE » dire. Chaos Le monde s’agite Les conflits continuent La tourmente s’empare Du cœur du plus fort au plus faible Agitant les pensées Des plus folles aux plus tordues Le grand chaos Prend possession de l’anarchie N’offrant aucun répit Chasseurs, chassées Chacun son butin Butant contre tout

n

Carole Bergeron

Pour de quoi se nourrir Le ventre, l’esprit, l’âme, l’égo, la cupidité Puis tout s’endort Au travers les uns des autres Le grand chaos Fait place à ce silence murmuré Que seuls les rêves amènent Des plus fous aux plus terribles Agitant les paupières Des yeux les plus rudes aux plus tendres Puis la tourmente continue Par ses rêves Le corps spasme Le monde s’agite… Pardon Je ne suis qu’une femme ben ordinaire Au fond de moi il y a des mères C’est mon fil conducteur De ma naissance, de mère en mère Au fond de mon cœur il y a des veines C’est pour ça que je suis sur la terre Toute ma force, ma résilience Mon refus, la maltraitance J’me défaits de mes lanières J’accepte mieux le différent Je travaille sur mes erreurs C’est pour ça que j’suis sur la terre J’ai mal en dedans d’avoir souffert Et les remords d’avoir fait de même Toutes ces souffrances si accablantes Ne font que ruiner l’existence Alors que tout, oui, tout ce que j’veux C’est être heureuse sur la terre Oh ! Près de toi, mon ami, près de vous…

Carole Bergero

par

J’aime entendre ta voix Elle résonne sous mes pas, ha-ha-ha Comment te sens-tu, oh ! Baby Viens t’blottir dans mes bras Si tu t’crois loin de moi Comment te sens-tu, oh ! Baby Quand tu es dans mes bras Là ! Tout près de moi Je t’entends Je ressens ta présence Même loin de moi, ha ! Avec toi je partirai au loin Vers un quelque part, ha-ha-ha Comment te sens-tu, oh ! Baby Viens t’bottir dans mes bras Si tu t’crois loin de moi Comment te sens-tu, oh ! Baby Quand tu es dans mes bras Là ! Tout près de moi

Consolante Comment te sens-tu, oh ! Baby Viens t’blottir dans mes bras Si tu t’crois loin de moi Comment te sens-tu, oh ! Baby Quand tu es dans mes bras La ! Tout près de moi J’te perçois T’imagines T’entends Ton cœur qui bat, ah ! Je te vois

18 La Galère ı octobre • novembre 2013

geron Illiustration par Carole Ber


Petite place en dedans recherchée Par Confidence

L’intimidation a plusieurs formes. Elle n’a pas vraiment d’âge et elle sévit dans toutes les couches de la société, à la maison, à l’école, au travail et dans la vie de tous les jours… Et le plus grand responsable, c’est les différences humaines causées par des actes cruels, verbaux ou physiques et qui sont l’œuvre de personne qui, au nom de leurs différences ou de leurs incompréhensions face aux différences, se donnent le droit de juger et même de blesser les autres qu’ils ne comprennent ou n’acceptent pas. Alors plusieurs questions logiques et sensées sont à poser dans de telles circonstances. Qu’estce qu’un être humain à de plus qu’un autre pour que ça lui donne le droit de le juger sur ces compétences, son physique, sa situation financière, sa culture, son sexe, sa couleur, sa direction sexuelle, sur ses choix ou se valeurs qui différent des nôtre ? Faut-il vraiment, à cause de ces différences, qu’ils ou qu’elles soient exclus et victimes de moqueries par la société ? Il y a souvent une grosse différence entre les convictions de chacun et la réalité et le respect des autres, ça commence par le respect de soi-même ! Combien encore d’enfants devront grandir dans la peur, la détresse et le rejet des autres ? Combien encore, accablés et poussés à un faible estime d’eux-mêmes, en viendront à se couper du monde ou deviendront des marginaux afin d’éviter les agressions constantes et incessantes des intimidateurs ? Combien de familles seront brisées, combien d’enfances volées ? Combien deviendront des agresseurs à leur tour ? C’est là que les vieilles expressions comme « tourner sa langue 7 fois dans sa bouche avant de parler »,

« chacun à son temps pour apprendre » et «  ne fait pas aux autres ce que tu ne veux pas qu’on te fasse », prennent tout leur sens ! Et moi j’y ajoute la question : que laisses-tu ou laisserastu en héritage ? Ce n’est pourtant pas si dure que ça de faire la différence entre le bien et le mal… Notre province, notre beau Québec est une porte ouverte sur le monde. Chaque jour des milliards de gens nous observent tout Petite Ange autour de la planète ! Illiustration par Quel exemple donnonsnous à nous enfants et aux autres mémoire un moment de l’histoire, nations, nous qui se disons pacifiques lors de la première guerre mondiale, et précurseurs de la paix ? Nous où une partie des troupes anglaises ne sommes même pas capables et allemandes ont fait la paix le soir de s’entendre dans nos propres de Noël afin de fêter et d’échanger maisons, dans notre propre province tous ensemble pour oublier un et dans notre propre pays ! Ne seraitinstant le ridicule et la folie de cette pas temps de faire un effort pour guerre ! Et par la suite, ont tout fait devenir un exemple de paix et de afin que tous les bombardements convivialité pour le reste du monde ? ou tirs d’artillerie ne touchent jamais N’est-ce pas là une raison de plus la cible. Évidemment, il arrivera des pour laisser parler le bon sens ? fois où vous serez choqué, ou que ces découvertes vous laisserons Intervenez, lorsque vous le pouvez, indifférents, mais assez souvent elles pour que l’intimidation cesse. Peutvous charmeront. Restez calme, être même expliquer la raison de essayez de comprendre ou de cet état de différence. Souvent, respecter les choix des autres sans tous seront agréablement surpris. poser de jugement. C’est souvent Cherchez à connaître, à comprendre, plus facile à dire qu’à faire… Ditesà découvrir les pourquoi. Partagez vous alors que bien heureux celui qui son temps et ses passions, ne pas ne vit pas dans la peau de l’autre… porter des jugements trop hâtifs De toute façon, c’est la différence qui et surtout lorsqu’on en comprend fait toute la beauté du monde. Si tout pas… C’est comme laisser le don était pareil… Ha ! J’aime mieux ne de soi parfumer les arènes afin que pas y penser. À vous de voir… les armes tombent. Il me vient en octobre • novembre 2013

ı La Galère 19


Par

Gilles Cassivi

Pour moi, la violence a commencé à ma première année du primaire. Oui ! La religieuse qui m’enseignait m’a donné un coup de règle sur la main gauche pour que j’écrive de la main droite. J’étais, sans m’en rendre compte, un orphelin de Duplessis.

Aujourd’hui Par Marika

Aujourd’hui les plaies sont cicatrisées Les marques sur mes bras s’atténuent Disparaissent Comme une plaie qui se referme Qui oublie la douleur du passé Même si rien n’est facile, on avance Et jamais on ne se rabaisse Le bonheur, j’aimerais y goûter Plutôt que de le frôler Je suis fatiguée d’attendre Voir les jours défiler sous mes yeux D’attendre un miracle Un soupir se répandre Sur mon visage attristé Connaître des jours heureux Le sang s’est arrêté de couler Sur mes poignets Le couteau est rentré dans sa boîte Et ne pourra plus en sortir Maintenant j’avance J’écris ce poème Comme un texte à la craie Je m’étouffe de rire à nouveau Reprendre goût à la vie Et sourire

Marika

En ce qui à trait à mes 16 ans maintenant : viol sur ma personne de la part d’un homme qui m’a masturbé et, par la suite, qui amena un autre homme et une femme à qui j’ai dû faire l’amour tour à tour. Cela se passa à Montréal. Le premier homme me demanda alors si je connaissais Pierre-Elliot Trudeau et les champs de pot qui poussent dans les champs de maïs. Il m’a aussi dit que je m’en souviendrais, en me présentant des revues de sexe et un film pornographique. Ensuite il a prit une photo de moi et de la fille de joie au jardin botanique. Cela finissait mal mon adolescence.

De 18 à 20 ans, je suivais un cours en technique des loisirs au CÉGEP de Rivière-du-Loup. Deux belles années réussies. Je me décidais de faire le tour de la Gaspésie par le nord. Cette longue randonnée à travers les côtes abruptes m’a prit six jours. Une fois rendu à Gaspé, mon copain de toujours m’a demandé si je voulais me rendre avec lui au Festival des pêches de Rivière-au-Renard. J’ai acquissé, mais je ne savais pas que mon calvaire allait commencer là. En effet, dans une côte que l’on descendait, un chauffard a fait exprès de me faire tomber (hit and run, en anglais). Pierrot a essayé de capter son numéro d’immatriculation, mais le chauffard s’est enfuit à toute vitesse. J’ai dû me faire soigner par une infirmière du CLSC de l’endroit. J’ai dû aussi porter mon avant-bras dans une écharpe une partie de l’été. Aux alentours de la mi-août, j’ai commencé ma troisième année au lac Pohénégamook, mais la première journée de cours théorique me réservait le début d’une maladie étrange : la schizophrénie. En effet, je me prenais à ce moment pour Jacques Cartier, Jésus Christ et Gilles Cassivi. Une nouvelle page sera sans doute écrire dans une Galère subséquente. Merci de me lire depuis 2008.

Gilles Cassivi

La violence : biographie

Photographie par Julie C

20 La Galère ı octobre • novembre 2013


J’ai pleuré

J’ai pleuré J’ai pleuré À sa mort Car je l’admirais Et que je ne pourrais Plus le voir jamais Et plus j’aime entendre Sa voix d’or Qui ne faisait vibrer À chaque fois qu’un de ses chansons Jouait à la radio Je tendais l’oreille Pour entendre sa voix Qui était une merveille Pourquoi se battre ? Pourquoi se battre Quand il ne reste Plus rien à défendre Ne reste plus que les cendres De notre amour Pourquoi se battre Quand il ne reste Plus rien de notre amour Qu’on aurait aimé Garder pour toujours Puisque c’est impossible Cessons de nous battre Pour garder cet amour Qu’on croit encore possible De conserver

La folie La jalousie À l’infini Pour à la possession Et à l’obsession Pour au crime passionnel Qui est mortel La jalousie tue l’amour Qui devrait être une passion Et non une obsession Car l’obsession est fatale Fatal à l’infini

La violence La violence À quoi ça sert Quand j’y pense Il y a trop de violence Abus et violence Sur cette terre Qui mise sur la guerre Illiustration par Carole Bergeron Pour régler les problèmes Du monde entier Comme la pauvreté Mais dans le fond la guerre Ne règle aucun problème Au contraire Ça les empire Vaut mieux rire que d’en pleurer

t

Roussy-Roberge

Yohann Clémen

Par Mélissa

Mélissa RoussyRoberge

Poésies

Hymne à la haine Par Yohann

Clément

Je t’étrangle, je t’étripe, je te hais Que me font tes cadeaux ? Je te méprise, je t’abhorre, je t’abomine Je te déteste à mort De mes mains je te tuerai Que tu me couvres de présent n’y changera goutte Je t’égorge, je te méprise, En Enfer me paierai mon crime Mes fibres vibrent de haine pour toi Le sang de ton cou baignera le sol Comme Caïn je ne suis pas le gardien De mon frère Ou de ma sœur La terre ouvrira sa bouche Pour recevoir ta vie que j’aurai répandue Meurtrier je serai Tueur je serai aussi Je te détruirai, je me détruirai aussi Se sera une symphonie de destruction Que je performerai en ce monde Un assassinat, un meurtre, un massacre, une tuerie Je me baignerai les pieds Dans ton âme épanchée Ruisselante sur la poussière de cette planète maudite Où je serais un fratricide

octobre • novembre 2013

ı La Galère 21


Bonheur Edwards

J’aimerais raconter des récits qui ne sont pas vexatoires Mais je n’y arrive pas car le bonheur n’a pas d’histoire Donc je m’immisce dans la tristesse, mes contes sont pas joviaux Et je dois avouer que j’ai souvent eu les mains sales Quand la douleur s’installe des fois les larmes me montent aux yeux Je pleure ce que aurait pu être au paradis perdu Tout jeune j’étais têtu mon cœur était rempli avec la rage Mais la vie m’a enseigné que c’est mieux de se montrer sage J’ai été mis dans la cage, luttant contre des mirages Ou devrais-je dire des fantômes qui étaient plutôt sauvages Ils ont déchiré mon esprit, me laissant avec dépit Et quoique j’aie prié il n’y avait pas de répit J’suis devenu aigri avant d’avoir pleinement vécu Je me sentais enfermé et il n’y avait pas d’issue Mais il faut que je l’avoue le chagrin s’allège des fois Et je peux donc apprécier l’amour quand je le vois Et bien sûr il n’y a que moi qui souffre ici-bas Peut-être mon futur sera sombre mais je taffe d’ici-là Y’en a qui parle de la foi, qui disent il faut que je crois Mais Dieu sait que j’ai pas respecté beaucoup de ses lois Y aura-t-il la joie de l’autre côté quand le destin va m’ôter La vie ou vais-je payer pour les blasphèmes chuchotés La vérité c’est que ces temps-ci je vis au jour le jour Car je sais dans mon cœur qu’il n’y a que Dieu qui nous assure En fait, je crois qu’il y a quelque chose de beau qui nous attend L’amour inconditionnel même pour les gens méchants Car si on pouvait lire leur histoire, sans doute on verrait Assez de souffrance pour éliminer toute hostilité C’est une phrase que j’ai lue quelque part et elle résonne dans mon âme Peut-être Dieu est miséricordieux pour les gens infâmes Avant je voulais savoir pourquoi j’ai été mis sur terre Car des fois ma vie semblait comme un véritable calvaire Et même quand j’ai cru que mes yeux ils voyaient clair Ils ne m’ont guidé que vers un autre atroce enfer Faire des bonnes décisions dans la vie c’est un art à maîtriser Sinon on aura des plaies dures à cicatriser Doit-on viser pour l’argent ou seulement aimer notre prochain Les honneurs valent-ils quelque chose ou sont-ils malsains Ne devrait-on se cultiver au lieu d’écouter la télé Et approfondir nos discours même si on a l’air fêlé Ne faut-il pas montrer la tendresse au lieu de baiser sans cesse Jugeant une femme par ses charmes et pas la grandeur de ses fesses Estimant un homme pour son cœur et pas pour sa voiture Est-ce que je vois juste ou est-ce que c’est la folie pure Y’en a qui me trouvent toqué et peut-être c’est pas faux Mais une chose est vraie c’est que mes rêves sont plutôt beaux Peut-être mon raisonnement est sot mais penses-y un instant Tu ne trouves pas que nos vies ne nous rendent pas un peu indécents Cherchant le fric à outrance quand un peu peut suffire À mon avis je ne suis pas le seul qui vit dans un délire Mais malheureusement les choses vont de pire en pire Car c’est seulement l’épanouissement de soi qui est dans le point de mire Alors j’écris ces missives en espérant communiquer Mes convictions même si elles sont tristes et un peu niquées Mais j’aimerais raconter des récits qui ne sont pas vexatoires Mais je n’y arrive pas car le bonheur n’a pas d’histoire

22 La Galère ı octobre • novembre 2013

Corey Edwards

Par Corey

Rêver Par

Fardoche

Rêver tout éveillé Endormi à moitié Ne plus y penser Ne plus exister Rêver à mon identité Pourtant bien forgée Comme de l’acier trempé En marge de la société Si vous êtes offusqués C’est parce que je suis frustré De me sentir retardé Par cette société pressée ! Partir à la quête enviée D’un bonheur oublié Probablement caché À travers l’éternité Machine à faire consommer Éternellement ébranlé Par ces chiens ben enragés Corrompus et sang pitié Adopte une idéologie Qui s’adapte à ta vie Dans un chaos sans merci Comparable à l’anarchie


Criss de beux Par Djou

J’en connais qui vivent encore en enfer Même 20-25 ans après avoir vécu la loi du feu Mais connaissez-vous un commis de dépanneur Qui va se retrouver en thérapie car sur son heure Il y a eu le vol d’un sandwich au fromage Car quelqu’un ce soir-là avait trop faim ? C’est dommage Je suis assise dans mon fauteuil Tous les hommes de ma vie vont en tôle Mon corps me fait mal tellement il se sent seul Plus rien n’est jamais drôle J’ai mon chien, Colosse, qui me fait parfois rire Une chance que je l’ai celui-là Je le regarde lâcher ses gros soupirs Et me dis que je ne peux pas me laisser mourir Et le laisser là C’est une mauvaise passe qui s’éternise La seule qui a du pouvoir dessus c’est moi La sérénité serait de mise Si seulement je pouvais dire : « J’y crois »

Photographie par Claudia Hamelin

Par

Fardoche

société perdue Comme une ompue À jamais corr être exclu J’aime autant uent nnaires qui p De ces fonctio on s’entretue Bien souvent ens déchus Comme des g oués, battus Secoués, baf ra vaincu À savoir qui se ul des trous d’c Gouverné par u cr ai jamais Auxquels je n’ ues autorités vend s Résister à ce e ru la s être dan J’aime autant né dans l’jus Toujours pog u qu’on est rend À savoir où c’ ourut m as p u’on est q ce an ch ne U on a rien vu Pis encore là attus émons comb Comme des d couru se e tr tout d’ê ré g al m in o es B la que j’ai bu C’est pour ce rien foutu Et que je n’ai détenu é comme un Institutionnalis lu e un hurluber Éberlué comm z pas lu ve ’a m e si vous Faites comm retenue Toujours sans

Fardoche

Câlisse de beux sales ! Pourquoi ils ne s’en prennent pas À ceux qui brutalisent, violent et font du mal Entre toé pis moé pis le gars d’à côté C’est qui qui va se ramasser dans la rue À cause d’un bill de dix ou deux ?

ciale

o Insalubrité s

Claudia Hamelin

Même le ciel, bleu ciel ne peut Me rendre mon sourire, sans toi Même les rires me semblent malheureux Criss de marde de loi !

octobre • novembre 2013

ı La Galère 23


Attention inaction Par Pino

Les feuilles d’arbre sont révoltées Soufflées par les vents ravageurs Arrachées à leur source de vie Manifestation sur les gazons Leurs intentions, nous faire suer Nous les humains, les pollueurs Il y en a tu qui s’en soucie Ils sont la cause, c’est la raison À l’échec ils sont voués De Gaïa nous devons avoir peur C’est d’elle que vient la vie Nous sommes des bêtes sans émotions

Femme (Pour Par Pino

Pourriture du vécu Par Pino La vie me sourit de ses dents pourries Je me sens seul devant un monde corrompu Je suis l’homme qui vous fuit Comment puis-je être aussi mal vu

ma femme Karyne)

Soleil, nuage Tu rayonnes, tu es noir Tu bourdonnes et me donnes espoir Sous ta beauté se cachent des épines Souvent blessée émotions spontanées Tu me souris et je suis comblé Tu fais partie de ma vie intense et dynamique Tu es telle que de la dynamite Explosions de joie De colère d’autres fois Je t’aime tu es ainsi Avec toi je m’épanouis

Vangolet

Je me soulève, je suis l’incompris Eux s’inclinent devant leur roi déchu Face au temps je suis une fourmi Moralité tu me rends fru Je partirai chasser la vie Crever l’abcès enlever le pus Vouloir changer cet infini Et c’est ainsi qu’est mon vécu

Pour voir l’œuvre de Vangolet en couleurs, visitez-nous sur notre site Internet au

www.journallagalere. com 24 La Galère ı octobre • novembre 2013

Acrylique sur toile, Vangolet


Le voyou Par Félix-Antoine

Ébacher

Les overdoses cachées sous des ruelles fétides Où l’âcre puanteur de la robine Imbibe l’innocence du va-nu-pieds À l’esprit damné d’une décadence sociale Le voyou scrute les récits les plus morbides D’un squelette irradié par la morphine Où d’une putain aux perles éplorées Qui danse au cœur des orgies triviales C’est un matou noyé dans les ordures Aux gloussements espiègles et galeux D’une goule qui chantonne l’hymne à la lune Ce lustre dulcifiant les débauches Qui creusent la fosse de sa sépulture Et le poème de son regard glacial et crasseux Reflète une aura envahie de poison et de brume

D’être un authentique damné crevant de famine Clochard puant la vérité pittoresque D’une clairière pleine de rats conformistes Consumant des hectares de merveilles sauvages Des parasites qui grugent comme de la vermine Nos forêts et leurs scintillantes fresques Le voyou est un guerrier anticapitaliste Cœur rabougri à la conquête de voluptueux mirages Qui de leurs essences lui envoient des illusions enfantines Y égarer son existence grotesque Dans les opiacés et des fondements extrémistes Afin de hurler contre ce monotone esclavage

Lulu Fréchette

C’est le petit marginal au cœur gauche Qui déambule, veuf des utopies anarchistes Dans une jungle amère et pleine d’automates S’abreuvant d’ambition pour panser l’avarice Une caboche morne et des couilles flasques Le voyou leur dégueule une écume triste Lance aux lobotomisés un crachat écarlate Et vagabonde dans le chaos de ces vices Des occidentaux et de leurs médiocres masques

Nomades des cités au rythme de la musique Cette épaisse cloche de bronze massif Éveillant les enfants maudits, les camés et les insomniaques Elle les envoie vers les mystères Et les vauriens déambulent sur un pavé post-apocalyptique L’humeur cinglée, dans un royaume festif Où l’homme bafoué se transcende en macaque Primitif, instinctif et drôlement fier

Illustration par Lulu Fréchette

t-Hilaire

Plomb sur papier, par Claude Sain

octobre • novembre 2013

ı La Galère 25


Par Alain

Villeneuve

Jésus dit : « Aimons-nous les uns les autres », mais l’humain fait le contraire. Pourquoi ? Je ne vois pas Jésus sacrer une volée à quelqu’un. Je ne vois pas Jésus voler sa famille ou ses semblables. Je ne vois pas Jésus faire de la médisance. Je ne vois pas Jésus abuser de quelque façon que se soit. Je ne vois pas Jésus crever des pneus. Je ne vois pas Jésus envoyer chier du monde. Je ne vois pas Jésus mettre le feu volontairement. Je ne vois pas Jésus se venger sur quelqu’un. Je ne vois pas Jésus être jaloux. Je ne vois pas Jésus refuser de nourrir quelqu’un dans le besoin. Je ne vois Jésus être gourmand. Je ne vois pas Jésus donner des mauvais soins. Je ne vois pas Jésus faire des millions sans partager. Certes, je pourrais continuer longtemps, mais je crois personnellement que d’essayer d’imiter Jésus est tout un défis de vie, que je fais depuis longtemps. Oui, j’ai échoué à plusieurs reprises, mais il n’y a personne de parfait. Croire sans voir : Tentez Toujours d’Imiter Jésus (TTIJ). P-S : Avant une action, pensez toujours TTIJ. AVE Espoir

Reposez en paix Par Johanne

Chevanel

Moi j’ai connu Pascale et Éric le Illustration par Johanne Chevanel 20 décembre 2006. C’étaient les p r i s meilleurs amis que j’ai trouvés Johanne, prends soin de Benjamin ». depuis que je suis arrivée à TroisElle est alors rentrée chez elle en me Rivières. Ainsi que leur petit garçon demandant de bien vouloir la réveiller Benjamin. J’ai toujours dis à à 20h30. En ouvrant la porte de la Benjamin  : « S’il se passe quelquechambre à l’heure dite, Benjamin et chose de grave, vient chercher moi nous avons retrouvé Pascale matante Johanne ». Un jour, Pascale décédée. Nous avons alors appelé est venue me voir pour me demander les policiers, et sommes partis à la si je ne pouvais pas l’accompagner recherche d’Éric. Malheureusement, en cour. Je lui ai dis : « Désolée, nous ne l’avons pas trouvé. La DPJ a mais je suis trop maganée pour alors prit soin du petit Benjamin. t’accompagner en cour ». Elle de me répondre : «  Pas de problème Depuis, Éric est aussi décédé. Johanne ». Pascale était une femme Benjamin est donc orphelin. Il qui avait un cœur de 83 ans. Elle souhaiterait récupérer les cendres de était très malade. Souvent, je lui son père, mais ne sais pas où elles rappelais combien elle était malade, sont. Je vous aime toujours, Pascale mais aussitôt Pascale me répondait : et Éric. Reposez en paix. « Toi, Johanne, tu n’es pas mieux. Tu devrais parler de ta santé avant de parler de la mienne ». Mais moi je suis forte et suis capable de m’en sortir. Souvent je vais vendre La Galère plutôt que de consommer. Avec Éric, nous sommes souvent partis sur la rue des Forges pour vendre le journal La Galère. En 2009, Pascale est sortie de l’hôpital. Elle est venue à Point de Rue pour voir Éric et leur fils Benjamin. Mais personne n’y était. Nous sommes donc allées au parc Victoria. Toujours rien… C’est alors qu’elle m’a dit : « S’il arrive quelque chose, je t’en

26 La Galère ı octobre • novembre 2013

Johanne Chevanel et Miam-Miam

Ce que je pense de Jésus : tentez toujours d’imiter Jésus Pauvre Jésus

Alain Villeneuve

Zo

e r b i l ne


Entrevue

Crime, alcool et vagabondage de

CHRISTOPHE L. BÉLIVEAU

En juillet dernier, le galérien Christophe L. Béliveau lançait son premier livre-cd intitulé Crime, alcool et vagabondage. Le journal de rue La Galère vous propose une entrevue exclusive avec l’artiste. Parle-nous de ton roman audio ? De quoi ça parle ? Quels sont les thèmes abordés ? C’est l’histoire d’un vagabond nommé Jack Rousseau qui est rongé par l’alcool et qui est témoin d’un crime. On suit le clochard avec l’enquêteur et, parallèlement, on suit le sociopathe criminel. Les thèmes principaux sont : l’itinérance, le milieu criminel et un brin de romance… C’est un livre audio qui comprend une narration avec une voix d’or. Il y a une trame sonore originale faite par un musicien/artiste/ compositeur/lyrique/alcool###, Sam Caya, qui possède un talent fou. La trame sonore des 3 derniers chapitres est faite par un DJ majestueux : Étienne Béliveau.Les comédiens et comédiennes ont un jeu sensationnel et plutôt juste. Pourquoi avoir choisi de t’exprimer sur ces thèmes ? Ça venait tout seul quand je l’ai écrit. Je dirais que c’est probablement mon vécu… Quelles sont les grandes étapes de réalisation d’un roman audio ? Par exemple, écris-tu d’abord les textes ? Ajoutetu le bruitage par la suite ?

Parle-nous de ta démarche artistique. Pourquoi écristu ? Qu’est-ce que tu retrouves dans la création que tu ne retrouves pas ailleurs ?

Christophe L. B éliveau

Les grandes

Je m’exprime de manière davantage réfléchie et moins éparpillée lorsque j’écris. Je fais plus le focus et ça me «  thérapeutise » peut-être. J’écris depuis que je fais de l’art au primaire. Je crois que j’ai une imagination fertile. Les épreuves,ça endurcit le caractère.Ultimement, mon but serait de partir ma propre maison d’édition. Elle s’appellerait Maison d’édition L’individu louche aux intentions douteuses. Si tu avais à choisir entre la rage ou l’engagement ? Les deux sont-ils irréconciliables ? J’ai un passé quelque peu trouble et j’ai souvent été en colère, mais parfois c’est cette colère qui me poussait à persévérer malgré les embûches que j’ai subies (jouer du violon dans votre tête, et sourireen coin…) Un mot de la fin ? Chaque univers est une idée dans la tête de quelqu’un. C’est sûrement déjà arrivé près de chez vous…

L’écriture du livre m’a pris tout le long d’un cours de journalier donné par Emploi/ Québec,c’est-à-dire environ 2 mois de 9h30 à 3h30. Après, il faut s’occuper de la musique de la trame sonore, donc trouver un musicien qui compose dans toutes sortes de genres musicaux. Après, il faut un studio professionnel pour enregistrer les voix du narrateur, c’està-dire moi-même, et des comédiens : Rock-de-Bross, Sam Caya, Sophie Boily et Roxanne Martel. Puis trouver un gars pour le son… faire « fiter » les horaires de tout ce beau monde. Bref, beaucoup de logistique. Pourquoi avoir choisi le roman audio comme forme d’expression créatrice ? Quels sont les avantages de cette forme ? Quels en sont les inconvénients ? Les avantages que je vois c’est : mettons que tu fais le trajet Trois-Rivières/Québec pis que tu ne veux pas écouter 26 fois de suite la même chanson irritante à la radio, ben c’est une bonne alternative… Il y a aussi les analphabètes qui aiment la littérature mais ne peuvent pas vraiment l’apprécier et doivent toujours attendre le film…

octobre • novembre 2013

ı La Galère 27


Faire preuve de bonté Par le père Zambie

Serge Arseneault , missionnaire en Afrique

J’ai croisé par hasard une dame hier, camelot du journal de rue pour La Galère. Le magazine qu’elle offre est dédié à la religion et à la spiritualité où le leitmotiv est le respect mutuel inconditionnel.

Photographie par Han Xiao

« Qu’en estil de ma spiritualité ? » d’écrire Carole Bergeron.À vrai dire, elle ne répond pas. Elle énumère plutôt une longue série de rejets, d’abus et d’hypocrisie. « Je déteste  », dit-elle. C’est une âme profondément b l e s s é e , meurtrie par l’injustice et abandonnée avant tout par les membres de sa famille.

des membres du clergé. Malheureusement, beaucoup de gens ne semblent pas comprendre la souffrance que je porte d’être associé malgré moi à une institution blâmée pour avoir essayé de couvrir un crime. Je paie pour l’affreuse faute commise par d’autres prêtres. Chère camelot, je veux simplement te dire que Jésus t’aime profondément et qu’Il connaît, pour l’avoir vécu luimême, le chemin de croix sur lequel tu marches encore. Je ne t’ai croisée que le temps d’acheter une copie de ton journal, mais je l’ai fait avec joie. J’ai pris la peine de te dire quelques mots d’encouragement dans l’espoir que tu sentes mon empathie. J’ose espérer que tu trouveras ta véritable spiritualité. Je pressens qu’elle est très proche de celle de Jésus. En Le regardant sur sa croix, je penserai aussi à toi. Et à vous tous qui me lisez, je vous invite avant tout à FAIRE PREUVE DE BONTÉ. Il n’y a pas d’autre religion véritable que celle-là.

Je comprends un peu cette profonde blessure. Moi aussi, j’ai souffert d’intimidation à l’école. Heureusement, j’ai toujours été entouré de tendresse et d’attention à la maison. J’ai construit ma vie sur les fondements de cet amour familial. J’en suis profondément reconnaissant. J’ai le privilège aujourd’hui de redonner cet amour à mes sœurs et frères africains que je côtoie depuis trente ans. « Qui est donc mon prochain ? » demanda un jeune homme à Jésus. Celui-ci lui raconta l’histoire d’un Samaritain qui porta secours à un homme blessé et laissé à moitié mort par des voleurs. Le prochain est celui qui fait preuve de bonté. Voilà tout ce qui compte : FAIRE PREUVE DE BONTÉ. Plusieurs collaborateurs du magazine en ont gros sur le cœur à propos de la religion, catholique ou autre. Je ne suis pas une victime de prêtres agresseurs qui ont traumatisé pour toujours la vie d’enfants. Par contre, je suis parfois la cible d’une injuste accusation étant moi-même prêtre. Je sympathise avec les victimes d’actes sexuels commis par

28 La Galère ı octobre • novembre 2013

lay

Plomb sur papier, par Patrick Bou


Capsules historiques 1763 : le bilan Par

Denis Marcotte

L’année 1763 aura été riche en événements aussi inattendus qu’imprévisibles. D’abord les uniformes des troupes coloniales qui changent du bleu et blanc pour le rouge, les Forges du Saint-Maurice qui amorcent une ascension sans précédent, mais aussi l’arrivée discrète d’un homme qui allait marquer l’histoire des Trois-Rivières, à savoir Aaron Hart. Sous le régime français, seul les Français fidèles au roi et à l’Église de Rome avaient le droit de venir en NouvelleFrance et, surtout, de s’y installer. Les huguenots et autres protestants, de même que les juifs, étaient sous le coup d’une interdiction de séjour. Or, l’arrivée des Britanniques allait changer la donne. C’est que dans le sillage des troupes anglaises suivirent des civiles qui faisaient œuvre de commerce, principalement pour assurer le ravitaillement des troupes du roi George III. Arrive donc ainsi aux Trois-Rivières un certain Aaron Hart, un juif, qui allait laisser son empreinte dans l’histoire de la cité de Laviolette. Le gouverneur Burton signa en août 1763 un acte par lequel Trois-Rivières voyait apparaître son tout premier bureau de poste, géré par le sieur Finlay. Ce bureau de poste fut installé dans la demeure du sieur Hart, marchand de son état, nouvellement installé dans la ville. Décidément, la cité de Laviolette prenait bien rapidement un nouveau visage.

Photographie par Claudia Hamelin

1775 : Trois-Rivières ville ouverte Par

Denis Marcotte

Les rebelles américains ont chassé la Couronne britannique de leurs colonies et veulent étendre le nettoyage à toute l’Amérique du Nord. Le 9 novembre 1774, devant la menace des Bostonnais, les notables trifluviens réunis à la maison des Récollets décident d’envoyer une supplique au général américain Montgomery pour demander que les biens et les personnes de la ville soient épargnés par les troupes qui montent vers Québec. Trois-Rivières n’a d’autre choix, dès lors qu’elle ne possède ni garnisons ni munitions. Messieurs Badeaux et Morris portent donc la demande à laquelle on répond que la cité de Laviolette ne connaîtra aucune occupation. Une soixantaine de sympathisants à l’indépendance dans Trois-Rivières en profite pour désarmer les royalistes de la ville. Mais, en 1775, une fausse rumeur d’un soulèvement à Montréal change la donne et décide les Américains à attaquer TroisRivières. Les envahisseurs s’emparent d’un cultivateur de Pointe-du-Lac, Antoine Gauthier, pour le forcer à les guider vers Trois-Rivières. Le rusé paysan fait mine de se perdre, imposant des détours aux envahisseurs qui n’arriveront à TroisRivières qu’au matin du 8 juin. Le chevalier de Niverville, secondé par 12 Trifluviens, bloque les Américains aux pieds du coteau Ste-Marguerite. Au terme de la bataille, le général américain Thompson et 200 de ses hommes sont faits prisonniers. Les Trifluviens peuvent donc se vanter d’avoir défait l’armée américaine !

octobre • novembre 2013

ı La Galère 29


Nouvelle littéraire Secousse Julie C.

Je roule tranquillement sur cette route de campagne que je connais à peine. Je reviens de la ferme maraîchère où j’ai acheté un tas d’aliments frais. Mes sacs en papier débordent sur le siège du passager. J’entonne une vieille chanson country de langue anglaise dont j’oublie la plupart des paroles hormis celles du refrain. Je préfère la climatisation à l’air frais à cause des allergènes. Ça m’évite aussi de renifler les effluves de l’épandage du fumier dans les champs.

la soirée qui s’annonce calme. On jettera un œil à la finale de la coupe Stanley et on fera un feu de camp. La chaleur et la lumière du soleil de juin me font un bien fou. Ce congé est très reposant.

C’est la première fois que je conduis la nouvelle automobile de mon mari. Elle avance sans modération et la direction est sensible. Je pense à

Je me rends compte que mon pied est toujours sur l’accélérateur. Je l’enlève tout en sachant que c’est inutile. Je me fais à l’idée de cet accident. Je pense à ce que va dire mon entourage. Je regrette déjà le gaspillage de ces fruits, ces légumes, ces herbes et ce poulet de grain qui revolent sur la vitre à ma droite.

Cette pancarte jaune attire mon regard un peu trop tard et je trouve cela étrange. Le véhicule cahote brusquement et je ne contrôle plus le volant. Je vois l’asphalte à ma gauche et le lac droit devant moi.

Illustration par Michel Forcier

30 La Galère ı octobre • novembre 2013

Le choc est inévitable et je me demande si j’aurai mal. Le bruit est fracassant. L’eau verdâtre s’infiltre rapidement à l’intérieur de l’habitacle. Je m’extirpe de force et de misère de la porte du conducteur. Ma cuisse saigne et je tousse affreusement. Tout ce dont j’ai besoin à l’instant c’est de me réfugier sur la berge.

Julie C.

Par

Mes vêtements sont passés de légers à lourds. Je reprends mon souffle. Personne à l’horizon. Je dois escalader la falaise abrupte. Le véhicule abandonné finit de caler. Je me mets à grimper la pente avec difficulté. Mes yeux pleurent malgré moi. Je tremble de partout. Arrivée à la hauteur du champ, je crie de toute ma voix désespérée. Un motocycliste semble avoir compris la scène. Il court vers moi. Il me tend les bras, m’aide à marcher. Je m’assois sur son engin stationné en retrait. Il téléphone pour rapporter l’incident. Le mot « urgence » résonne dans mon crâne douloureux. Je me tourne vers lui qui ne ronfle plus. Il ouvre l’œil et me sourit. Je lui raconte ce cauchemar. Il dit qu’il a aussi rêvé à une sorte de déluge destructeur. Mon guide des rêves nous apprend que l’eau est le symbole représentant la fertilité. Nous sommes heureux, car nous essayons d’enfanter depuis des mois.


Le suicide n’est

pas un choix

En mémoire à tous mes amis(es) disparus(es) Par

Michel Favreau

La personne qui veut se suicider est aussi une personne qui veut vivre. Ce n’est pas un terme à sa vie qu’elle veut mettre, mais plutôt un terme à ses souffrances. Pour l’aider, on peut toujours miser sur son désir de vivre et trouver des solutions à ses problèmes. Le suicide, ce n’est pas un choix, c’est plutôt par manque de choix que ce geste radical est posé. Regarde la vie, la vie est spéciale et n’est pas sortie d’une boîte de céréale. Si tu veux avoir le bonheur avant toute chose, il faut que tu libère ton cœur. Mais faut pas que tu fasses d’erreur. Je sais que la vie, parfois, c’est Tough, mais il ne faut pas se décourager ni se rabaisser. Reprend-toi en main. Regarde plus au lendemain et tout ira bien pour ce qui s’en vient. Regarde devant toi et non derrière. Reste au présent et non au passé. Y’a des choses qui ne s’oublient pas. Ça, je le sais. Mais ne pense pas à ça. Pense à toi, reste là, ne part pas, car même si tu t’enfuis, le passé te rattrapera. Oublie tout ça. Regarde la vie, elle n’est pas encore finie. Bouge pour trouver ta liberté. Arrête de penser, parle, écrit, fait de quoi pour t’en sortir. Faut savoir le dire pour avoir un sourire. Si tu sais où tu vas, tu ne te perdras pas. Si tu veux dormir, couche-toi. Si tu veux agir, lève-toi, mais ne te suicide pas. Le suicide n’est pas un choix. Écoute-moi. Prend courage pour tourner la page. Faut que tu fasses volte-face et te regarder en face. Rallume ta lumière pour que tu vois clair. Maintenant, écoute ça : la personne suicidaire ne veut pas mourir, elle veut seulement que cesse sa souffrance. C’est tout. Une différence. En gros, une personne en détresse, ça se voit par sa faiblesse, mais le suicide n’est pas un choix.

La violence envers les animaux, est-ce un crime ? Par Patrick

Illustration par Carole Bergeron

Conroy

L’ALF, ou Animal Liberation Front, est une bannière sous laquelle des activistes des droits des animaux font du sabotage économique et libèrent des animaux des laboratoires et des centres de recherche (action directe). L’ALF n’est pas un groupe en tant que tel. C’est plus des idéaux sous lesquels des petites cellules opèrent et dont ce qui est nécessaire pour la libération des animaux. La première cellule de l’ALF a été bâtie en Angleterre par Ronnie Lee, après sa sortie de prison pour avoir brûlé un laboratoire de vivisection. Toute industrie qui tire profit des animaux peut être attaquée par l’ALF. Il y a des cellules qui sont actives partout dans le monde. Aux États-Unis, l’AFL est considéré comme le groupe terroriste le plus dangereux, au point où ceux et celles qui sont moindrement affiliés avec eux, ou même avec PETA, son suivis, mis sous écoute et espionnés. On pense notamment à Shannon Keith, avocate pour certains activistes qui, dans des documents du FBI, est considérée comme ayant des liens terroristes. Ce qui complique leur tâche énormément pour infiltrer le mouvement, c’est que ces petites cellules fonctionnent vraiment en petits groupes de 1 à 5 personnes qui opèrent indépendamment sans aucun contact entre eux. Pourtant, depuis que l’ALF existe, aucun humain n’a été blessé par une action directe. En fait, s’il y a un risque de danger pour des humains, les principes de l’ALF disent d’annuler l’Action. Tous les dommages qu’ils font sont économiques a des industries qui ont les mains couvertes du sang des milliards d’innocents, comme par exemple des laboratoires qui versent du shampooing dans les yeux des lapins pour voir ce que ça peut faire ! La question qui se pose est la suivante : si personne n’est blessée, que des animaux torturés se font sauver de cruautés inimaginables, et que la seule « victime  » est le portefeuille de compagnies meurtrières, est-ce que c’est vraiment un crime ? octobre • novembre 2013

ı La Galère 31


Peu importe le geste Par

Mélanie Lefebvre

Mélanie Lefebvre

Rien n’est plus important, il faut penser aux conséquences avant d’agir. Malgré l’impulsion, la vengeance et la colère, il faut se retirer et prendre une meilleure solution. Ou simplement se retirer et continuer la routine dont laquelle tu mérites d’être sans s’épuiser pour une folie, une connerie ou essayer de montrer qui sera le ou la gagnant(e) dans ce geste. Ce moment présent pourrait nuire aux fonctions de ton avenir, détruire des efforts accumulés ou affaiblir le sens d’orientation de ton succès. Il faut prendre un temps de réflexion car tout peut s’écrouler en position défensive. Je peux vous faire part de ce que la vie m’a montré et ce qu’elle m’a offert durant ces épreuves que j’ai vécues si difficilement.

fatigue, de victoire et d’autorité, elle m’a enlevé tout ce qui m’occupait, me rendait fière d’être une personne et surtout d’accomplir le chemin que j’avais choisi depuis plusieurs années. C’est comme perdre une personne précieuse ou perdre un emploi régulier sans être préparée. Pour un simple geste, vouloir être plus forte, stable et solide. Selon moi, peu importe l’occasion, le choix ou l’influence, tout vaut la peine d’être réfléchi et trouver la meilleure solution. Avoir au moins d’autres occupations multi plus que de se détruire pour un geste mal placé ou une parole facile qui peut achever un succès, une vie et un avenir. Je continue malgré le temps, les décisions déchirantes du futur et le jugement de ma personnalité et surtout l’injustice d’être une femme ou un humain responsable et mature pour un futur réussi. Je garde espoir et je continue d’espérer qu’un jour, mes erreurs seront améliorées pour être écoutée et devenir meilleure de jour en jour. Vivez un instant à la fois et pensez à ce qui est le meilleur moyen à prendre pour vivre sans regret ou vivre avec ce que vous méritez vraiment.

Par une belle journée identique à celle des jours précédents, j’ai ressenti une colère énorme au fond de moi. L’impatience et mes faiblesses m’ont envahi l’esprit. D’être une perdante, un mauvais exemple ou modèle, de ne rien faire de ce qu’il se doit. L’ambiance n’a pas été du bon côté, tout fonctionnait très mal. L’impulsion a monté en moi, l’autorité de mon espace a explosé et l’audace d’agir sans avoir peur de rien ni à ce qu’il pourrait m’arriver. Le geste a été à ce moment-là une victoire et un moment paisible. Mais laissez-moi vous dire que sans être consciente réellement de ce qui m’attendait, quelques jours et quelques mois, même aujourd’hui quelques années. Ce moment, si vite fait et passé, m’a mise bien plus qu’au pied du mur, car j’ai perdu une chance d’être une mère comme je l’espérais, à temps plein. J’ai perdu la seule richesse que la vie m’a offerte, ma source d’énergie de pouvoir vivre ce que j’avais construit et préparé. En me retirant ce bonheur, pour une seule journée de Félix-Antoine Ébacher Photographie par

32 La Galère ı octobre • novembre 2013


C’est l’automne Couleur de sa vie, couleur de l’envie Émulsion de charme et de magie S’imaginer le monde transformé Temps de silence bien mérité Signe de la main, murmure de forêt Aquarelle d’une nature orangée Univers se fanant dans l’or du soir Touche ces arbres dégarnis d’espoir Opale jaunie volant dans le ciel Mirer ces étoiles au couleur de miel Nuages dansant au souffle du vent Écoper l’hiver et son manteau blanc

Vangolet

Nathalie Poirier

irier lie Po a h t a N

Par

Intervenant Par Vangolet

Critique de la civilisation Sourdif Nicolas Sourdif

Par Nicolas

La vraie vie est dehors La civilisation est mauvaise Elle amollit l’homme La Terre appartient à tout le monde Contrôle Les choses deviennent superficielles L’argent mène le monde Toujours plus vite, toujours plus soi-même, aboutit à une impasse Travail inhumain Toxines, possessions et beaucoup de bruit Vie sauvage Dur pour le corps, mais doux pour l’âme Faut toujours que tu sois au maximum, se tenir sur ses gardes C’est ce que je pense présentement Tantôt j’ai dit Maintenant, qu’un Dieu vienne nous démontrer le contraire !

En terre avenue Sûr de son statut De laine pure Celui-ci agit Sur les venants arrivants Dit soucoupe N’a droit à l’assiette De là la coupe sur lui Emplie d’inter jus Aux rats bols De n’être qu’une carotte J’ai deux pattes Oui marche à l’appel

Le temps d'un souffle Par Vangolet

Dans la vie Ou il y a oui Y’a non Ou y’a papa Ouilla Y’a maman Pile ou face Et ceux qui tranchent Sur une branche En sifflant Le vent qui fait Tourner la pièce Au dernier souffle Illustration par Alain C.

octobre • novembre 2013

ı La Galère 33


INTIMIDÉE Par

Linda Carter, alias Sharkie

Des fissures dans les murs J’entends respirer la haine L’ennemi, son odeur si près J’étouffe chaque matin Davantage

Mes livres s’éparpillent D’la gomme dans les cheveux L’incompréhension dans les talons Incapable d’écouter, d’apprendre

Par

Mes nuits sont des cauchemars Maman, j’peux pas aller à l’école J’suis encore malade, la tête Le cœur, mal en dedans, en dehors En août, j’avais hâte à la rentrée Mi-septembre, j’ai hâte d’avoir vingt ans Enfin respirer, sans trembler

ourd est un cri s Ma douleur agé c n e t ri n esp Libérant mo rmes mondes info Entre deux ment nt inévitable Qui flambe Ensemble

La dérision

7 Patrick Boulay

Par

Linda Carter, alias Sharkie

Sommeil derrière la dérision L’histoire cachée du linceul Où sa folie se fait image Sombre délire sans ridules

rkie er, alias Sha

Linda Cart

op souvent M’y perd tr îne e sous cha M’y retrouv retenue e n u c ir, au Qu’un soup muet nt de cœur Un batteme point ne s’invente La tristesse usent res se reco Les déchiru e pas plus ar millimètr Millimètre p enfoncée as l’aiguille J’n’oublie p a vie trailles de m Dans les en ier à un fil d’ac Suspendue s chairs ait dans me triturer Qui s’enserr douleur me la s lu p e s J’n’lais ement ttre farouch Sans me ba

Linda Carter

La peur des sièges d’autobus Où m’enfoncent les autres Qui se disent mes copains Ils me tapent, me bousculent

Un cri

r Alain C.

Illustration pa

Sa double personnalité s’observe Noires pensées, brume lumineuse Partie dans son monde, un filet de temps Rêvant d’être fusionné à son père Sans pouvoir, il est retombé poussière Dérision du linceul dont l’image remplie De ridules observe la lumineuse partie du temps Où le père repose sous une ondée De poussière de diamants

34 La Galère ı octobre • novembre 2013

Illustration par Patrick Boulay


La Criée publique PROCHAINS THÈMES : • Enfance et famille ... Apportez vos textes et dessins avant le 1 novembre 2013

•... Apportez Argent et économie vos textes et dessins avant le 20 novembre 2013 •... Apportez Animaux de compagnie vos textes et dessins avant le 15 janvier 2014 Par courriel journallagalere@gmail.com EN PERSONNE 377, rue Laurier, C.P. 46, T-R (QC) G9A 5E3

Illustration par Gabriel Corriveau

COUPON

T D’ABONNEMEN

AU JOURNAL

_________ ________________ Nom: __________ ________ ________________ __ __ __ __ :_ se es dr A ________ ________________ ________________ ________ ________________ ________________ _____ ________________ __ __ __ __ __ l:_ rie Cour journal La des nouvelles du Je désire recevoir ⎕ NON l : ⎕ OUI rie ur co r pa e èr al G

votre parvenir Faites re de rd chèque libellé à l’o : à » e « Point de Ru

Galère Journal de rue La P. 46 C. , ier 337, rue Laur bec) ué (Q es ièr Trois-Riv G9A 5E3

un an ⎕40 $ pour

2 ans ⎕70 $ pour

Vous souhaitez collaborer au journal

La Galère ?

N’hésitez pas à nous faire parvenir vos textes, poésies, dessins, peintures, photographies, etc., en lien ou non avec le thème.

En personne : mardi au jeudi, 8h00 à 16h30 Par courriel : journallagalere@gmail.com Par téléphone : 819-373-1018 RÉMUNÉRATION 1/2 page de texte : 10,00 $ 1 page de texte : 20,00 $ (900 mots) Illustration / photo2013 : 15,00 octobre • novembre La$ Galère 35

ı


Carole Carole Bergeron Bergeron

Bonne lecture !

écrivez-nous ou passez nous voir.

Pour vous procurez les ouvrages publiés aux éditions La Galère,

www.journallagalere.com

VisiteZ-NOUS sur le web

Crayons Crayons de de bois bois sur sur papier, papier, par par


Journal de rue LA GALÈRE / octobre-novembre 2013