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Volume 10, #2

mars- avril • 2012

S PÉC I A L

politique

D a n s c e n u méro :

POÉSIES

Zone libre

ILLUSTRATIONS

Fardoche, Dany Beauvais Mon opinion, Daniel Héroux Cedric Gyselinx, Anarky, Sacha et plus... Janine Cressier et plus...


Couverture Vitrail réalisé par l’équipe des plateaux de travail de Point de Rue

Coordonnées Journal de rue La Galère 337, rue Laurier, C.P. 46 Trois-Rivières (Québec) G9A 5E3 www.journallagalere.com Tél. : 819-373-1018

Équipe de production Timonier en chef : Olivier Gamelin Adjoint à la timonerie : André Gagnon Infographie : www.gamelinidesign.ca Responsable publicitaire : Antoine Paquin Correction : Louise Bouchard Distribution : Point de Rue

Informations Parution : bimestrielle Tirage : 2500 exemplaires Fiduciaire du journal : Point de Rue Financement : Service Canada Imprimeur : Les impressions Stampa Dépôt légal : Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque nationale du Canada Les opinions et les interprétations figurant dans le présent numéro du journal La Galère sont celles des auteurs/es et ne représentent pas nécessairement celles du Gouvernement du Canada. À chaque fois que vous achetez un exemplaire de La Galère, 1$ revient au journal. Le journal est le seul produit que l’on peut offrir au nom de La Galère. Pour faire un don au journal, prière de libeller votre chèque au nom de Point de Rue.

Toute reproduction à but non-lucratif est fortement encouragée.

Sommaire 03 04 05 06 08 09 10 11 11 12 14 16 16 16 17 18 20 21 22 24 26 28 29 30 30 31 32 33 33 34 36 38 39 40 41 42 44 45 46

Éditorial • Olivier Gamelin La politique des conservateurs • Christophe L. Béliveau Cette fameuse politique • TAZ Notre système politique • Thierry Évrard Nihilisme passif • Yan Gagnon Flash politiques • Anabelle Sauvageau Politique brute • Louise Plante Occupy Montreal • Sacha Le Sapin du maire Lévesque • Laurent « Le Père » Richard Hasard • Carole Bergeron Coordonnées des paliers gouvernementaux Gouvernement-singerie • Molockh A la mémoire de René Lévesque • Molockh La politique • Vangolet La politique • Daniel Héroux Les aventures de Mask • Serge Bonheur social • Fardoche Où est passé la joie de vivre • Cédric Gyselinx De la droite et de la gauche • Éric Bussière Les 99% • Confidence Votre opinion • Daniel Héroux Paroisse conventionnelle • Monsieur Bouton Trou Story • André Gagnon Les vikings • Molockh L’hiver c’est la galère • Sacha Pourquoi dans mon cœur • Claire et Sonia Poésies • Fardoche Poésies • Dany Beauvais L’amour simple • Anarky Traits de personnalité • Marie-Liên Duymentz On vient de se faire avoir • Denis Noël Les églises ont perdu leur vocation • Daniel Héroux Poésies • Yohann Clément Mon expérience en toxicomanie • Richard Poésies • Vangolet Donner un sens à sa vie • La rédaction Poésies • Linda Carter, alias Sharkie Les hippies • Cédric Gyselinx Criée publique

Illustrateurs / trices

Jeanine Cressier, GO, Cédric Gyselinx, Anabelle Sauvageau, Patrick Boulay, Sacha, le Chacal, Jonathan Grenier, Claire et Sonia, Anarky, Vangolet, Petite Ange, Al le Chacal, Anonyme et Dan Jalette.


Mangez la politique avant qu’elle ne vous mange ! par

Olivier Gamelin, rédacteur en chef

« L’histoire sociale enseigne qu’il n’y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l’imposer ». Pierre Bourdieu Par les temps qui courent, ce n’est pas toujours facile d’aborder le sujet de la politique en restant politiquement correct. Plus souvent qu’autrement, on a plutôt envie de crier sur la politique et non d’en parler calmement. D’autant plus lorsqu’on se retrouve dans une situation de marginalité, voire de rupture sociale, et que toutes les oreilles semblent sourdes à nos revendications. On se dit alors : « La politique, c’est pour les autres, les politiciens ne s’intéressent pas à moi, leurs politiques, j’m’en fous ». Et pourtant, pourtant… Comme dit le dicton bien connu, lorsqu’on ne s’occupe pas de la politique, c’est la politique qui s’occupe de nous. Au journal de rue La Galère, on s’occupe de nos rames. Le gouvernail est vissé serré dans la coque de notre drakkar. Le présent numéro, placé sous la thématique « La politique », a été rédigé dans cette optique : reprendre le contrôle sur ce qui, trop souvent, nous semble incontrôlable.

Olivier Gamelin

Éditorial

plus d’humanisme, plus d’altruisme et de respect aux politiciens et à leurs politiques. Et ce, peut importe le palier gouvernemental. Le changement doit venir de la base si on veut qu’il se réalise, qu’il se développe et qu’il perdure. Nous sommes, galériens et galériennes, la base de ce changement actuellement réclamé sur les tribunes par toutes les sphères de notre société. Contrairement à ce que certains laissent entendre, il n’est pas si difficile de faire les choses autrement ; les politiciens doivent se mettre à l’écoute des revendications des citoyens, peu importe leur statut social, leur niveau d’éducation ou leur compte en banque. Les citoyens, eux, doivent s’engager, dénoncer les mauvais coups, saluer les bons, mais surtout exprimer leur opinion publiquement et librement. C’est ce que nous avons fait dans le présent numéro de La Galère. Si notre action sert d’exemple à d’autres, nous aurons réussi ! Ensemble, nous vaincrons.

Écrire, dessiner ou vendre le journal La Galère, c’est (aussi) faire de la politique. C’est réfléchir, exprimer et diffuser publiquement une idée, une identité, une volonté de vivre libre. La liberté d’expression est une denrée rare lorsqu’il s’agit de politique. Les tabous sont nombreux, les susceptibilités aiguisées au couteau, les lignes de parti sont souvent plus près de l’index moyenâgeux que de la démocratie. On a souvent la varlope lourde sur le bois. Trop souvent on a vu des familles explosées sous la pression des divergences politiques. Trop d’amis se sont éloignés pour une simple question d’opinion ou de conviction politique. Trop, beaucoup trop… Dans les pages suivantes, les lecteurs seront à même de constater que malgré leurs valeurs parfois différentes, leur expérience originale et leur personnalité propre, les galériens sont demeurés unis sous la même voile. La solidarité est de mise sur le pont de notre navire. Nous sommes liés les uns aux autres par une responsabilité commune, par des intérêts réciproques, par une réalité que nous partageons tous. Pour paraphraser la citation de Pierre Bourdieu placée en exergue, nous nous engageons ici dans un mouvement social qui imposera – c’est ce que nous souhaitons –

Illustration par Dan

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La politique

La politique des conservateurs pour l’environnement c’est d’être contre P Christophe L. Béliveau ar

Apparemment que Kyoto serait dépassé selon Peter Kent et malheureusement pour nous et la planète, ce type est le ministre de l’environnement au Canada. M. Kent aurait aussi dit que comme les États-Unis d’Amérique et la Chine ne participent pas, le Canada doit faire comme eux. Ça me rappelle ce que mon père disait lorsque que je faisais des bêtises sous prétexte que : « mes amis le faisaient eux autres ». Il me lançait après ma petite défaite : « Fils, si tes chums sautent en bas du pont vastu sauter en bas du pont toi aussi ? » Donc Monsieur le Ministre, si les States et les Chinois se jettent en bas du pont, vous faites de même? Je suis loin d’être un fan de la famille Trudeau (en grande partie à cause du père qui avait le don de prendre le Québec pour un petit peuple, et aussi une certaine St-Jean avec une attitude de mange-marde sans compter le fait qu’il a déjà frappé Raymond Beaudoin dans le temps de « Taquinons la planète ») mais je dois m’avouer surpris et dire chapeau à Justin Trudeau le député libéral pour, en plein débat aux communes sur le protocole de Kyoto, avoir traité le ministre Kent de « petite merde ». Pour choquer encore plus ceux qui respectent la Terre, c’est-à-dire pas mal tout le monde, et bien sachez que notre premier ministre (ce robot coiffé tel un Play-mobil) affirme que les cibles de Kyoto sont stupides! J’aimerais bien qu’il se contente de jongler avec les chiffres de son économie au lieu de parler à travers son chapeau. De plus, il pourrait aussi se faire parler dans le casque par des gars comme Hubert Reeves qui pourrait lui expliquer (lentement) que « estimer correctement son degré d’ignorance est une étape saine et nécessaire ». Il faudrait qu’il prenne un bain de boue dans ses sables bitumineux de l’ouest ou bien qu’il s’allume un brin aux gaz

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r Janine Cressie

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de schiste ou encore qu’il se radioactive la face à Gentilly pour qu’il lui pousse un 3e bras dans le dos, histoire qu’il lui matraque le derrière de sa tête de phénomène de foire, juste pour lui replacer les idées... Choquez-vous donc un peu…

autorité


Cette fameuse politique Par TAZ

Saviez-vous, chers lecteurs de La Galère, qu’il existe aujourd’hui deux nouveaux partis politiques ? Et oui ! Et moi, en tant que citoyenne québécoise, canadienne, française, irlandaise, écossaise, allemande, autochtone et abénakise de l’Amérique du Nord, je crois fidèlement qu’un de ces nouveaux partis politiques sera très très important pour notre avenir. Son nom est Option nationale dirigé par Monsieur Jean-Martin Aussant. La seule fois que j’ai exercé mon droit de vote c’était pour Monsieur René Lévesque, afin de garder le droit de lire, d’écrire et de parler en langue française, québécoise et canadienne. De plus, cet homme était honnête, juste et droit. Moi, depuis, je n’ai plus exercé mon droit de vote, car je suis une personne qui n’aime pas vraiment la politique. Mais je crois que cette année, il existe deux nouveaux partis et, en tant que citoyenne, je vais aller voter pour un homme qui a une confiance en lui et qui a l’air vraiment honnête dans son dialogue, j’entends Jean-Martin Aussant. C’est un nouveau candidat aux élections. Cet homme parle le même langage que Monsieur René Lévesque. Il souhaite que le Québec soit reconnu comme un pays. Je crois et je souhaite de tout mon cœur qu’un jour nous soyons reconnus comme un pays francophone. J’aimerais vraiment, pour moi et ma descendance, gagner cette lutte au

parlement ! Aujourd’hui je suis âgée de 50 ans et c’est à l’âge de 18 ans que je me suis déplacée pour Monsieur René Lévesque. Mais cette année, c’est en Monsieur Aussant que je mets toute ma confiance, pour l’avenir de notre pays. Maintenant je vais vous jaser d’un homme qui porte le nom de Stephen Harper. En partant, je ne l’aime pas pantoute. Pourquoi, me direz-vous ? Parce qu’à lui seul il a eu le pouvoir de nous enlever des subventions auxquelles je tiens énormément. Mais tenez-vous bien, chers lecteurs et chères lectrices de La Galère, parce que moi, TAZ, j’ai un degré de connaissance plus fort que sa politique. S’il veut nous couper les subventions pour nos droits de survivre, TAZ a les moyens et le pouvoir de le surprendre à son propre jeu, comme dans une partie d’échecs. Échec au roi, échec à la reine et finalement échec et mat. La game ne fait que commencer. Je connais personnellement des hommes et des femmes très haut placés que je contacterai au mois de mai. Mon effet de surprise ne sera que meilleur. C’est comme une abeille qui butine le bon miel, si doux au palais. On n’attire pas un homme comme lui avec ce miel si bon. Je vais l’attraper avec du vinaigre politique. Ha ! Ha ! Ha ! P-S : Je vous dirai plus tard ma recette magique. C’est un truc ancestral. D’où je suis née, dans les bois, on trouve tout ce qu’il faut pour une parfaite cuisine. Comme disait mon père : « Mets de la viande après l’os de ton ennemi et quand il aura fini de grignoter la viande, pète l’os en deux, ma fille, et déguste la moelle devant lui. Ne juge jamais ton prochain avant même d’avoir marché dans ses mocassins ».

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Notre système politique est gravement malade ! Par Thierry Évrard Tant au Québec qu’au Canada, nos systèmes politiques semblent évoluer dans un monde parallèle ayant perdu le contact avec le peuple. Conséquemment, la confiance n’est plus. L’électorat vogue maintenant sans boussole sur une mer particulièrement agitée. Que se passe-t-il dans notre partie du monde qui nous semblait, pourtant, démocratiquement évoluée ? Du côté du fédéral, rien ne va plus. Nous avons trois partis d’opposition qui n’ont plus de chef et un parti dont le chef abuse de son pouvoir. Une fois élu, M. Harper, imbu de sa majorité, a décidé de régner en despote. Malgré le fait que sa prétendue majorité absolue, ne soit supportée que par moins de 40 % de l’électorat canadien, il règne comme un dictateur. Ce dernier ne se préoccupe pas de l’opinion du peuple qu’il gouverne mais agit plutôt en fonction d’une idéologie qui semble de plus en plus loin des citoyens. Notre pays, qui pouvait se vanter de son image internationale, est maintenant considéré parmi les plus récalcitrants.

deux œillères, qui ignore tout ce qui se passe autour de lui pour se concentrer sur la carotte (idéologie partisane) qui lui pend au bout du nez. Devant un tel état de fait, le peuple n’a que deux choix : réagir ou subir. Actuellement, il subit… Ce qui, conséquemment, a fait en sorte de créer un climat de non confiance, voire même d’indifférence face à la politique. Il faut avouer que ce à quoi nous assistons présentement frise le ridicule. Le rétablissement de la monarchie, le durcissement de la justice pour les jeunes contrevenants, le déni des changements climatiques, les milliards de dollars pour des avions militaires, la surprotection des entreprises impliquées dans nos polluants sables bitumineux, le désengagement dans l’entente de Kyoto, les pertes d’emploi et de services dans la fonction publique, la surprotection des riches entreprises au détriment des simples citoyens, le non-respect de l’environnement, etc. Voilà bien des politiques qui démontrent

comme une action hautement antidémocratique. Comment l’éthique et la décence peuvent-elles permettre de telles choses ? Comment un simple citoyen qui a voté pour une idéologie peut-il accepter de se retrouver comme s’il en avait choisi une autre ? Je considère cela aussi grave qu’une falsification des bulletins de vote. De tels états de fait mériteraient de devenir l’objet de recours collectif puisque notre système ne semble pas s’en préoccuper. Examinons maintenant la situation politique du Québec … Quel fouillis! Un gouvernement soupçonné de malversation et qui manque royalement de transparence, une opposition officielle qui s’oppose contre ellemême et qui dégénère, une seconde opposition qui a changé de clan, une troisième opposition qui n’a qu’un représentant mais 2 chefs, un nouveau parti qui fait miroiter des étoiles énergisées avec des « On verra » des sessions en chambre où l’on se déchire à qui mieux-mieux… C’est quoi le problème? Va-til falloir que le Ministère de la Famille prenne en main ce jardin d’enfants tumultueux?

e autre n u à ie g lo d’une idéo nction de leur r e s s a p s is en fo nos élu « L’on voit qu’ils aient été chois it On est en droit de se malgré le fa iale ». demander si cela vaut vraiment it idéologie in à quel point les la peine d’aller encore voter car,

Les nouveaux projets de loi des conservateurs, malgré les arguments contradictoires des plus grands spécialistes, semblent passer sans vergogne au détriment de l’intérêt de tous. M. Harper est en train de transformer le Canada qui, pourtant, a toujours évolué en fonction de la conscience des gens qui y vivent. Les conservateurs règnent comme un âne bardé de ces

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conservateurs sont très loin des valeurs du peuple canadien. Il y a aussi un grave phénomène qui se passe actuellement dans notre pays tant sur le plan fédéral que provincial. La députation joue maintenant à la chaise musicale. L’on voit nos élus passer d’une idéologie à une autre malgré le fait qu’ils aient été choisis en fonction de leur idéologie initiale. Je considère cet état de fait

pour qui opter ? Nous avons un chef libéral issu des conservateurs, un chef caquiste issu des péquistes, un chef blocquiste qui voulait remplacer le chef péquiste, un parti adéquiste muté en caquiste, des indépendants issus des péquistes et des adéquistes, sans compter les rumeurs de nouveau parti en germination. Un vrai casse-tête politique dans lequel il semble y avoir des pièces en trop et des pièces


manquantes. C’est rendu qu’il est plus simple de préparer ses rapports d’impôt que de faire un choix aux élections. Va-t-il falloir, au Québec, former des conseillers en votation ? Ce qui me déroute, c’est de voir un nouveau parti offrir des illusions de changement sans aucun programme précis, ni ligne de parti claire et réussir à s’accaparer les faveurs du public dans les sondages ; il faut vraiment que le peuple soit désespérément à la recherche d’un profond changement pour réagir ainsi. Nous nous retrouvons avec le parti de M. François Legault qui se dit ni de gauche, ni de droite, ni séparatiste, ni fédéraliste mais alors, qu’est-il ? Peut-être une simple balloune qui risque d’éclater à tout moment. Nous ne pouvons ignorer que cette nouvelle option attire plus des opportunistes assoiffés de pouvoir puisqu’il n’y a rien à offrir sinon de vagues changements… proposés par des personnes issues de toutes sortes de philosophies divergentes. Mais il y a pire encore ! Nous avons un gouvernement fédéral qui gère un pays totalement à l’encontre des valeurs québécoises. Nous avons un gouvernement provincial qui dilapide nos richesses naturelles en les donnant à des pays étrangers en échange de quelques emplois dans le nord. Où sont donc ces grands hommes ou femmes intègres, dotés d’une vision évolutive pour notre pays et vibrant plus sur cette dernière que sur la soif du pouvoir ? Pourtant, ces derniers doivent bien exister quelque part ou sont-ils tout simplement partis face à toute cette détérioration politique ? Rappelons-nous Jean Lesage, René Lévesque et combien d’autres qui ont su marquer l’histoire par leur

Illustration par Cédric Gyselinx

vision. J’en suis rendu à penser que nombre de nos politiciens actuels ne méritent plus notre confiance, ni les salaires et fonds de pension que nous leur versons. Dans les conditions actuelles, des gouvernements minoritaires, de coalition, me sembleraient plus aptes à respecter la démocratie. Présentement, quoi que l’on en dise, tant sur le plan fédéral que provincial, nous sommes dans une oligarchie et non une démocratie. Nous ne pouvons ignorer le fait que le seul espace que nous avons pour nous exprimer se retrouve sur un bulletin de vote à tous les quatre ou cinq ans. Mais, ces pouvoirs absolus sous lesquels nous vivons, devraient faire attention. Il y a une limite qu’ils ne peuvent se permettre de dépasser :

mettre le peuple en face d’un « plus rien à perdre ». Rappelons-nous simplement le printemps arabe ; qui aurait pu penser que ça arriverait un jour dans ces pays ? L’abus de pouvoir et le despotisme n’ont plus de place dans notre monde des télécommunications. Nous réalisons de plus en plus que les stratégies du silence des pouvoirs en place ne sont plus de taille contre les réseaux sociaux. Avec Internet, la vérité court plus vite que le mensonge ! Malgré tous ces états de fait, je conserve espoir de voir les choses changer bientôt. Il n’y a qu’à voir tous les scandales qui éclatent au grand jour les uns après les autres. C’est comme si une énergie nouvelle reprenaît le contrôle envers et contre tous. MARS • AVRIL 2012

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Nihilisme passif Par Yan Gagnon

Le nihilisme, petit cousin de l’anarchisme, est une tendance révolutionnaire caractérisée par le rejet de certaines valeurs des générations précédentes. Le nihilisme est en fait la négation des valeurs intellectuelles et morales communes à une ligne de pensée établie par un groupe prosocialiste qui impose ses doctrines (système) aux peuples du monde. Il est une fraction d’un parti politique fondé sur des idées divergentes de la majorité qui dit vivre dans un pays libre et démocratique. Foutaise ! Refusons d’adhérer à cette fausse démocratie et à ses gouvernements corrompus qui se resserrent sur nous en créant un état policier d’où surgit l’oppression, le profilage racial et social, l’argent mal employé, etc. Un exemple flagrant est, bien sûr, tout cet argent acheminé à l’armée qui nous plonge sans cesse dans des crises économiques et sociales. Le nihilisme est un changement radical d’une utopie ou d’un système établi, d’un individu ou d’un groupe attaché à des causes répressives, abusives et décadentes. Aucun être ne détient la vérité absolue ou l’ultime solution aux problèmes de l’être humain. Mine de rien, l’homme est encore aux abords d’une guerre mondiale, tandis que la plupart des citoyens se laissent engourdir le cerveau par ses dirigeants, les médias et une tonne d’autres maîtres du monde qui nous dictent le pas tels des pantins. Peut-on qualifier toute cette merde de démocratie ? Ou plutôt une forme de dictature ?

trait surtout aux religions, aux capitalistes et aux militaristes. Ce tout neutralise et, d’autre part, le rapport qu’il entretient avec les ensembles dont ils dépendent. Dans certains pays où la démocratie doit être restaurée, certaines personnes ont recours à un coup d’état, comme on a pu le voir en Libye ou dans plusieurs autres pays sous régime dictatorial. D’autres groupes s’expriment par des actes terroristes. Leur liberté est brimée à un tel point qu’ils en viennent à poser des actions radicales délibérées. La liberté au prix du sang. En résumé, il faut abattre la monarchie et la dictature, qui ont été critiquées de toute part par plusieurs théoriciens anarchistes, philosophes libertaires et nihilistes. Pareil pour la tyrannie. Les rois, les gouvernements et leurs doctrines ne peuvent pas respecter l’ensemble d’un peuple. Il en découle donc la lutte des classes, la bourgeoisie, le capitalisme, les inégalités sociales. Tout ceci aboutira un jour ou l’autre à la décadence, aux conflits et même à la guerre… Ma politique à moi : vivre et laisser vivre !

Toutes les idées sont divergentes et doivent être respectées et écoutées. L’anarchisme, quant à lui, défend une conception politique et sociale qui se fonde sur le rejet de toutes tutelles gouvernementales, administratives, religieuses, militaires et autres qui privilégient certaines classes sociales. L’anarchie est basée sur la liberté d’être son propre chef, le respect des autres et l’initiative individuelle et collective. Mouvement d’idées ayant pour objet bien précis de garantir la liberté, l’anarchisme s’oppose à toute forme de domination et d’oppression. Les problèmes philosophiques que pose l’individu ont

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La politique Flash sur la politique par

Anabelle Sauvageau

Le 13 décembre dernier, le Rassemblement citoyen mauricien qu’est la Coalition 911 de Trois-Rivières a effectué une tournée des bureaux de comtés des députés de la Mauricie afin de signaler aux élus leurs préoccupations sociétales. Madame Julie Boulet, députée de Laviolette, Madame Noëlla Champagne, députée de Champlain, ainsi que Madame Danielle Saint-Amand, députée de TroisRivières, ont ainsi reçues la visite des

Anabelle Sau

vageau

Manifestation devant les bureaux de la députée de Champlain.

membres et sympathisants de la Coalition 911. La journaliste galérienne Anabelle Sauvageau, qui a suivi les manifestants, nous propose aujourd’hui son reportage photographique. plain, et Anabelle

am pagne, députée de Ch Madame Noëlla Cham . lère Ga La use à Sauvageau, chronique

L’autobus de la Coalition 911

Parmi les revendications et inquiétudes soulevées auprès des élus mauriciens, notons, en outre, l’augmentation de 75% des frais de scolarité, la taxe santé qui atteindra 200$ en 2012, la vision réductrice d’un système éducatif géré comme une entreprise et la tarification et la privatisation des services publics.

parcourant la Mauricie.

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Par Louise Plante

Et moi, vous me donnez combien ? Et à tous ceux et celles qui sont pauvres ? Ceux qui vendent La Galère, qui sont au beau milieu de la rue, mendiant pour manger, pour se mettre quelque chose sous la dent, ou finalement acheter du linge pour nos enfants ? Qu’adviendra-t-il, Madame Marois, Monsieur Charest, Monsieur Harper, Monsieur Lévesque et les autres ? Où êtes-vous quand nous découpons nos rabais pour aller chercher de la nourriture ? Tandis que vous vous payez un dîner d’affaires de 1500 $ et plus, limousine payée, essence payée, et poupoune en surplus ($$$) ? Vous vous pavanez avec vos manteaux de fourrure, habillés à quatre épingles, tandis que nous, nous portons souvent le même linge et attendons un don de Point de Rue. Moi, Louise Plante, je suis sans manteau et je vous regarde de bien bas. Vous avez les pieds au chaud ; nous nous promenons avec des godasses comme bottes d’hiver. Par chance, merci Seigneur, nous avons Point de Rue pour nous réchauffer le cœur et remplir notre bedon. Les personnes responsables de cet endroit où l’on trouve de la nourriture, de l’aide, du réconfort et une oreille attentive, auraient besoin de votre monnaie de poche pour faire des projets et nous venir en aide davantage. La prochaine fois que vous ferez une fête, ou un méga-party pour finaliser votre augmentation de salaire, sacrament, pensez à nous ! Vous, gens qui dirigez notre pays, êtes supposés avoir une tête sur les épaules et le cœur sur la main. C’est nous qui vous avons élus. À ce moment, on pensait que vous aviez cette tête, que vous étiez responsables. On s’est mis un doigt dans l’œil !

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Petit conseil d’ « amie » : regardez le film La petite fille aux allumettes. Elle était plus que démunie, on l’a laissée mourir de froid et de faim. Nous, les plus démunis, dormons souvent dans les parcs, par terre, et un peu partout, tandis que vous dormez dans des lits moelleux et au chaud. On a frette, on a faim, on veut des vêtements d’hiver, alors que vous jetez vos canapés à vos chiens. Pourquoi tant d’écart entre vous et nous ? Je suis une ancienne infirmièreauxiliaire, préposée aux patients et au ménage, qui gagnait au-dessus de 400 $ clair par semaine. Par la maladie, je vis de la régie des rentes d’invalidité, je dois malgré moi utiliser les services d’aide alimentaire de Trois-Rivières. Ce texte s’adresse à nos gouvernements, ainsi qu’à notre très cher maire, monsieur Lévesque, et les députés de TroisRivières, Madame SaintAmant, Monsieur Aubin et Madame Brosseau. Coucou ! Ceci se passe sous vos yeux, ici même à Trois-Rivières. Venez constater par vous-même la pauvreté dans la rue. Vous avez le choix de venir nous rencontrer ou de continuer à pousser vos crayons. Je vis dans votre ville. Où êtesvous, je ne vous vois pas ? Merci à l’avance de votre bienheureuse compréhension. De la part de moi et de tous ceux et celles qui ont faim et frette.

Repas frugal de Pablo Picasso, par GO

Louise Plante

Politique brute


Occupy Montreal Par Sacha

Ça va mal dans le monde et on veut que ça change. S’il y avait une pensée qui les réunie tous, je pense que ça serait celle-là.

Par Laurent Le Père Richard

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Le sapin du maire Lévesque

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Illustration par Sacha

La ville de Trois-Rivières a acheté un sapin de Noël de 32 000 $, installé au bout de la rue des Forges. Certains conseillers municipaux ont jugé que cette dépense était exagérée pour ce temps de l’année. Moi, pour ma part et pour bien des gens, un arbre de Noël c’est très beau, mais une somme de 32 000 $ c’est trop pour un sapin. Pourquoi ne pas avoir distribué cette somme aux enfants démunis et aux personnes vivant dans la rue ? On aurait pu, par exemple, leur fournir un endroit où dormir. Noël c’est la joie et l’amour, c’est une période où les enfants et les plus démunis devraient être priorisés. Même Jésus a bénéficié de la chaleur du bœuf ; deux mille ans plus tard, les gens dans la rue n’ont même pas cette chance, pas un

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âne, pas un bœuf, pas de chaleur, mais un arbre de Noël de 32 000 $ ! Sans compter les coûts d’installation, d’éclairage, de démontage, etc. Actuellement, je couche au centre d’hébergement Le Havre. Quand je regarde le sapin du maire Lévesque, je me dis que beaucoup d’enfants et de démunis n’auront rien à mettre en-dessous.

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Par Carole Bergeron

Carole Bergeron

Hasard – Hazard Risque, péril. Do you happen to know ? – Le connaîtriez-vous par hasard ? To run the risk again and again – Courir le risque encore et encore ? To cheat at play – Corriger le hasard. Pouvoir politique, investissement politique, contact politique, politique intérieure, internat politique, sciences politiques, engagement politique, politique extérieure, capital politique, salaire politique, élus politiques, discussions politiques, assemblée politique, coulisses politiques, politique étrangère, conseillers politiques, discours politiques, bavardages politiques, politique à une voie, unilinguisme politique, lynchage politique, politique castrée, contexte politique, politique contestée, militants politiques, politique encastrée, défis politiques, politique au jeu, enjeux politiques, parti politique, crédibilité politique, fréquentation politique, invités politiques, réflexions politiques, politiques erronées, minorité politique, événements politiques, résultats politiques, porte-parole politique, poésie poétique, options politiques, politique réfléchie, illusions politiques, intérêts politiques, silence politique, cible politique, politique au service de…tributaire de son peuple, gaffes politiques, politique abusive, autorité politique, négociations politiques, rang politique, politique au rang, sillons politiques, enlisement politique, la glisse en politique, l’apache politique, initiative politique, bonnet blanc – blanc bonnet, leaders politiques, politique compliquée, démarcation politique, contrôle politique, politique équilibrée, politique de la compagnie, risque – partisans – discussions, ensemble politique, réunion inclut l’appartenance, éléments incontournables, adhésion, le don de soi : fondement d’un peuple fort, association, conscientisation, solidarité, avantage son peuple, notre peuple, souverain, engagement nécessaire, passage obligé, débats d’idées, mobilisation, partons d’un principe dont le principal actif est chacun de nous, tout un chacun, habile à répondre de nos gestes, ne pas voter au hasard, conscience universelle, majorité absolue, finalisons notre fleuron, la trace de notre fierté qui va jusqu’au bout, chaleur québécoise, rallions notre peuple. Politicien, pollution mentale, pollution visuelle, pollution olfactive, pollution sonore, pollueur en monopolisant nos acquis, notre pays, nos richesses, nos ressources, nos

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enfants, politicien crieur, usurpateur, hypocondriaque, nous accablant de tous les maux, de tous les mots, polytiques, plusieurs tiques, tiques polis, plusieurs tiques shinés, parasites acariés, sucker au gros ventre, iodes acares s’accaparant tous nos avoirs, faux-semblant, comédien de bas étage s’élevant dans la monarchie des machiavéliques agissant sournoisement par des mensonges, traître fallacieux dissimulant son jeu de pouvoir, imposteur sournois, tartuffe déloyal, trompeurs aux simagrées outrageantes qui violent nos droits et nos femmes, donnant une envie de se décharger le ventre sur leur face chiante. Harper : prend et sert fortement les mains. Harper : celui qui a le devant et les deux côtés fort ovales avec un gros ventre de manière à présenter une sorte de ressemblance avec une harpe. Harpagon : personnage principal de l’Avare de Molière : figuré : homme avare et avide. Tiens c’est curieux… Harpie : monstre fabuleux qui a un visage de femme, un corps de vautour, des ongles tranchants et des ailes, tel un voleur, personne avide, rapace ou méchante, drôle de hasard, décidément ça me rappelle quelqu’un… Continuons : Harpin : croc dont se sert un certain politicien, m’enfin ! Harpoise : fer recourbé à l’extrémité d’un Harper…désolé, d’un harpon… Harpon : instrument qui sert à piquer le peuple, oups, j’ai glissé, qui sert à piquer les poissons. Bah ! C’est pareil… que de mots.


e u q i t i l o La p HARPER : Ma reine Éliza, c’est le temps du break ! ÉLIZA : Avec ou santé ? HARPER : Hum, avec ! LA REINE : Un craindre le pire avec ça ? HARPER : Vous savez, my dear, tant que j’ai ma vache à lait pur Québec, je ne crains rien, nada, niet, nothing. THE QUEEN : Stephen, j’en aurais besoin d’un char, es-tu capable de m’en fournir un ben full ? HARPER : Ben sûr, plus sûr, plus sûr que ça, tu pourris. Je connais un charretier au ministère qui pourrait s’en charger. LES DEUX : À go ! Pour notre p’tite toune. Un, deux, trois, Legault !

Une pilule, une p’tite granule Un gin, un char de marde La bipolarité politique rend malade Une pilule, une p’tite granule Des injections, des élections Y’a rien de mieux, mon vieux Pour piocher sur les pions… ENTRE-NOUS : Notre émancipation est tributaire des fruits de notre savoir. Sommes-nous des gens de savoir ? Goûtons la valeur intrinsèque du savoir. Accordons plus d’attention aux rebelles. Dans leur refus d’apprendre, y’a une vérité qui se veut criante. Rappelons-nous « qu’être conscient de ne pas endoctriner permet de ne pas le faire ». Adaptons notre discours lorsque nous interprétons une information de culture générale. Distinguons-nous par nos connaissances acquises, communes, passées, présentes. Soyons clairs, précis. Arborons l’étendard de la révolte. Soyons des patriotes ! Peuple souverain par un peuple distinct, différent. Arborons avec discernement de manière à nous faire entendre nettement. Il nous faut développer une nouvelle idéologie commune. Arborons le sujet entre-nous, en famille, entre amis/es. En venir à ce sujet ; aborder cette cause. Engageons-nous ! Puis développons une décision collective, une pensée unique. Il faut avoir en tête que :

place à l’amélioration par une grande ouverture d’esprit en guise d’accueil, afin de préserver la dignité humaine. C’est la base. Tout être humain a besoin d’être un individu convenable aux dignes mains, d’avoir une conduite digne, d’être grande et grand dignitaire de la démarche honnête, utilisant un langage digne de foi. Ici, maintenant, nous y voilà. Il faut approfondir l’abîme de nos maux, mots. Il faut pénétrer dans la connaissance de ce quelque-chose. On se doit d’approfondir les choses. On doit s’approfondir, s’examiner pour reconnaître bientôt la noblesse de son être. Premier résultat d’une première action. GALÈRE : italien (galera), n.f. : bâtiment à rames et à voiles qui était le vaisseau de guerre des anciens. Au sens figuratif : et vogue la galère ! Arrive ce qui pourra + gros rabot à deux poignées, galère d’un charpentier. Travaillons comme un galérien à livrer notre travail, comme seul le charpentier digne de ses mains peut le rendre si bien.

s fruits de notre SAVOIR ».

butaire de « Notre émancipation est tri

Ceux qui oublient le passé sont condamnés à le revivre. On a tous une mission, c’est pourquoi on se doit de respecter la mission des autres. L’eau a une mission, le vent aussi, et nous par le fait même, individuellement et collectivement, avec nos qualités et les défauts de celles-ci, d’où l’importance de faire une grande

ABORDABLE : Adj. Qu’on peut aborder ; côté abordable. Figuratif : Qui est de facile abord ; homme, femme abordable. ABORDAGE : Action d’aborder un vaisseau ; se dit des combats de mer. Rencontre fortuite. ABORDER : Joindre quelqu’un. Il m’aborde avec amitié. Figuratif : en venir à un sujet, aborder une cause + aborder l’ennemi, s’aborder, s’approcher pour se parler. L’environnement coûte cher, ne rien faire coûtera encore plus en vies humaines, animales, végétales. Qu’on y croit ou qu’on y renonce : « L’espoir est la dernière chose qui meurt chez l’être humain ». Soyons honnêtes, loyaux, dignes de confiance. À bon entendeur, salut ! Carole Bergeron MARS • AVRIL 2012

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La politique

Coordonnées des différents paliers gouvernementaux Monsieur Stephen Harper

Premier ministre du Canada 80, rue Wellington Ottawa (Ontario) K1A 0K2 Télécopieur : 613-941-6900 pm@pm.gc.ca

Monsieur Jean Charest

Premier ministre du Québec Conseil exécutif Édifice Honoré-Mercier 835, boulevard René-Lévesque Est 3ième étage Québec (Québec) G1A 1B4 Téléphone : 418-643-5321

Monsieur Yves Lévesque

Maire de Trois-Rivières 1325, place de l’Hôtel-de-Ville, C.P. 368 Trois-Rivières (Québec) G9A 5H3

Madame Danielle Saint-Amand

Députée provinciale de Trois Rivières 1500, rue Royale, bureau 180 Trois-Rivières (Québec) G9A 6E6 Téléphone : 819-371-6901 www.daniellestamand.ca

Madame Noëlla Champagne

Députée provinciale de Champlain 278, rue Saint-Laurent Trois-Rivières (Québec) Téléphone : 819-694-4600 nchampagne-chmp@assnat.qc.ca

Monsieur Robert Aubin

Député fédéral de Trois-Rivières 214, rue Bonaventure Trois-Rivières (Québec) G9A 2B1 Téléphone : 819-371-5901 robert.aubinc1@parl.gc.ca

Madame Ruth Ellen Brosseau

Députée fédérale de Berthier-Maskinongé 343, avenue Saint-Laurent Louiseville (Québec) J5V 1K2 Téléphone : 819-228-1210 ruthellen.brosseau@parl.gc.ca

nale du Québec

Assemblée natio

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«Moi, Monsieur, je ne fais pas de politique …» Combien de fois ai-je entendu cette phrase provenant de la bouche d’adultes ou d’étudiants qui reprenaient le discours qu’ils avaient reçu ?

le pouvoir en regard d’une philosophie qui éclairera les choix que nous aurons à faire.

Curieusement, le cynisme que je tente de combattre bien humblement avec mon passage en politique active m’apparaît soudainement moindre depuis que je suis en poste. Comme si les citoyens que je rencontre, malgré leur critique à l’égard de la politique et des politiciens, reconnaissaient l’importance de ce travail, dans une société démocratique imparfaite certes, mais chèrement défendue au fil des générations et des grandes guerres du XXe siècle.

Si nous croyons à la mise en place de mesures capables de créer de la richesse, nous croyons également que nul ne devrait être laissé pour compte dans une société riche comme la nôtre.

Cependant, l’essentiel de mon action politique a toujours été d’aider mes concitoyens à prendre conscience du fait que notre vie est politique et que notre influence sur l’avenir est toujours plus grande que ce que nous estimons. En effet, quelle utopie que de croire que nous puissions échapper au monde politique alors que chacun des gestes que nous posons fait de nous un «politicien» capable d’influencer la société à laquelle nous participons!

Voilà pourquoi j’œuvre au sein du NPD, un parti pour qui le bien commun est à la source de toutes les décisions à prendre.

Gouverner, c’est choisir. Mes choix sont clairs et, par conséquent, je fais de la politique. Chaque jour où vous faites vos propres choix, vous devenez vous aussi politicien ou politicienne. Alors, ensemble, rappelons-nous cette pensée d’un politicien parti trop rapidement, qui croyait fermement que nous pouvions changer le cours des choses. «Mes amis, l’amour est cent fois meilleur que la haine. L’espoir est meilleur que la peur. L’optimisme est meilleur que le désespoir. Alors aimons, gardons espoir et restons optimistes. Et nous changerons le monde.» Jack Layton

Robert Aubin Député fédéral de Trois-Rivières

819-371-5901

Il nous faut pour cela dépasser la pensée d’Aristote qui définissait la politique par l’État. La politique ne réside pas simplement dans l’organisation structurelle de la société, mais également, dans l’exercice du pouvoir. Or, acheter, consommer, économiser, recycler, se rebeller, s’entraider, manifester, défendre ses idéaux sont autant de facettes du monde politique auquel nous appartenons et sur lequel nous exerçons une grande influence voire un réel pouvoir. La politique partisane, quant à elle, se veut le reflet d’une organisation de nos moyens d’actions permettant d’exercer MARS • AVRIL 2012

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La politique Gouvernement-singerie

La politique

Par Molockh

Jean Charest, tu nous déplais Harper, ce n’est pas le meilleur Où c’est qu’on s’en va comme ça Nous le Canada Pis les Québécois ? Nous prennent-ils pour des épais ? On a bien voté pour eux pourtant Pour subir ça en attendant Ça prendrait un messie, un sauveur Pour remettre les pendules à l’heure Pour sauver mon pays, ma nation Pour nous remettre su’l piton Mais en fait c’est nous qui détenons la solution Votons pour le bon !

Par Vangolet

À la mémoire de René Lévesque Défenseur du QUÉBEC Par Molockh Il fumait comme une cheminée, il prenait du café et il voulait nous libérer de l’oppression des anglais, et ce dans notre propre pays le KANADA.

Quel courage ça prend De laisser mourir les gens ? Et d’en faire d’autres ? Pour se battre de l’erreur En diluant la spiritualité Dans un commerce de multitude Une foule d’enfants religieux L’esprit d’une foule L’âge d’une foule Les dieux de la foule Les mères, frères, professeurs L’A.D.N. d’une existence commune Dans sa foi individuelle Respect de tous L’irrespect condamné d’autant Quel courage ça prend ?

Le KÉBEC, le nouveau pays existe de toute façon, on a juste à ne pas se laisser crosser par les taxes et les impôts exorbitants, parce qu’on l’aurait notre nation indépendante si on se serrait vraiment les coudes. Les Québécois, on est tricotés serrés comme une bonne tuque de laine chaude des Blakhawks de Chicago, ou une bonne paire de bas de laine rouge et grise que tricotait mon défunt grand-père.

Illustration par Jonathan Grenier

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r Éric Bussièr e


Par Daniel

Daniel Héroux

La politique Héroux

Vous voulez que je vous parle de la politique. Ben je vas vous dire ce que j’en pense (Jean Pense, Jean Narrache, voyez le jeu de mots. Ha ! Ha ! Ha ! ) Bon ben voyez-vous quand mon père est décédé, j’allais avoir 18 ans. Le droit de vote qui était à 21 ans venait de passer à 18 ans. Alors, pour ce qui est de mon père, si je me fie à ses convictions, il était sûrement conservateur. Pour ce qui est de ma mère, quand René Lévesque est arrivé en politique, elle a sauté à pieds joints dans le Parti Québécois. Et du même coup, j’ai suivi. J’ai été membre en règle, j’ai travaillé pour les élections dans Saint-Maurice, Maskinongé, etc. Le jour où René Lévesque a dit : « Si j’ai bien compris, vous venez de me dire à la prochaine fois », j’ai versé une larme. vvoire même une fois j’ai voté pour tout le monde. Je n’aime pas la chicane.

quitter cette terre, tous les dollars, immeubles, biens et le reste, ils ne l’emporteront pas avec eux. Ça donne quoi de mourir millionnaire ? Le gouvernement, lui, y’a compris ça ; la preuve il gaspille notre (votre) argent. Ce n’est pas grave si on fait de mauvais investissements, c’est pas notre argent. Pis comme Jean Narrache dit dans les débats 1900 : « Il faut payer les gens comme moi qui sont dans la rue, itinérants, vagabonds, etc. etc. etc. » C’est pas dure, la majorité ont un mal à l’âme, alors avec un petit 40 onces de gros gin, pis le vote est dans la poche !

Faque tant et aussi longtemps que la vie va me le permettre, je vais voter pour le Bloc pot, etc. etc. et je vais aussi continuer à œuvrer dans la même optique que Monsieur JeanLuc Mongrain pour l’injustice. Pis s’il y en a un que cela dérange, ben la prison ne me fait pas peur car mes convictions, ça, y’a personne qui peut me les enlever.

Asteur, ben c’est les grosses compagnies qui reçoivent des enveloppes brunes. Pure corruption.

, tous les dollars, rre te tte ce er itt qu nt vo ils d « ... quan ils ne l’emporteront pas immeubles, biens et le reste, avec eux ».

Pis de toute façon, de ce que l’on voit ces tempsci, ben la politique c’est de la grosse marde. Ça change de chaise comme ça change de bobette. Ça nous beurre de menteries, pis quand ils sont élus ils se câlissent bien de nous autres parce que dans la politique comme dans les grandes usines, même au gouvernement, il y a de la magouillerie, corruption, au plus fort la poche. Faque le gros grossit et le petit rapetisse. Mais il y a une chose que les gros n’ont pas compris c’est que quand ils vont

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anin par J

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les aventures de Mask

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Par Serge


l’itinérance et la Politique

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Par Fardoche

Fardoche

Bonheur social Aujourd’hui le premier Le chèque de B. est arrivé Enfin de quoi à manger Oublions la sobriété Pris dans un état policier Souriez vous êtes filmés Tous les délits enregistrés Secoué par cette société Surveillé par ces oubliés Ces oubliés malmenés A jamais pour l’éternité Dans un bac à vidange brûlé Brûlé par ces tenanciers Acharné à longueur d’année Conçu pour les éliminer Pareil à des chiens enragés Sauvegarder les sinistrés De cette société reniée A tout jamais condamnés Pris dans c’te politique damnée Comme un souvenir photographié Comme à jamais tatoué Pris pour fuir la réalité Dans cette société cachée Gouverné par ces enculés Des putains d’enfoirés De politiciens endimanchés A jamais corrompus achetés Brusqué par ces fumiers Désiré comme une prostituée Qui a oublié de se geler Qui forge son identité Enfermé comme un animal Captif mais sauvage dans l’âme En cage au brique pis au fanal

Illustration

an Grenier

par Jonath

sniffer

came

Pogné pour d’la Par Fardoche

C’est comme un voyage astral À me demander si c’est normal Perdu dans ce monde immoral C’est comme le moment crucial As-tu voté pour le libéral Ou ben le provincial Crasserie gouvernementale Perdue dans la phase anale Pour moi ce qui est primordial Serait d’être heureux en général Avec un trip phénoménal Surtout pas de caporal Solide comme de l’acier chirurgical Excitant comme de l’amour oral Oublié le contrôle parental A chercher le bonheur social

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Cédric Gyselinx

Où est passé la joie DE vivre ? Par Cédric Gyselinx

Le monde entier va mal, l’économie des grandes nations est en chute libre, le virus se transmet de pays en pays. Un coup d’œil à l’Europe qui collectionne les faillites, elle est mal en point. Les Etats-Unis aussi et le Canada s’essouffle. La Chine est un cas exceptionnel et s’enrichie. Presque partout le taux de chômage atteint des sommets et de plus en plus de gens vivent sous la pauvreté. Les riches, de moins en moins nombreux, sont de plus en plus riches, hautains et égoïstes. Le fossé entre les classes sociales continue de s’élargir. Tant de personnes ont du mal à payer leurs factures, à garder la tête hors de l’eau et à vivre décemment. Pour beaucoup d’entre-nous, se rendre dans les soupes populaires et les banques alimentaires fait partie du quotidien. La joie de vivre authentique, de même que les gens authentiques, semblent avoir presque disparus des villes et des campagnes de notre pays, le Canada, qui continue à faire rêver à travers le monde. Convivialité, gestes de simplicité, rires et sourires, sens de l’humour sont devenus relativement rares au pays du nord. Le monde moderne fait tant de ravages, tant d’exclus et crée un tel mal de vivre, en premier chez les jeunes. La télévision, les ordinateurs, les cellulaires et autres ont nuit grandement à la communication humaine. L’auto a remplacé la marche et les rencontres fortuites qui en découlent. De nos jours, c’est le tout en char qui domine, même si l’homme est fait pour marcher. Tant de gens souffrent de maladies physiques et mentales ! La solitude se répand. Le Québec autrefois si vivant et joyeux est en train de perdre son identité et son âme. La belle province, connue pour sa beauté, ses traditions et son hospitalité voit tout cela disparaître peu à peu au profit du Québec moderne de plus en plus inhospitalier. L’atmosphère s’est refroidie et les fêtes sont en diminution. On néglige les personnes âgées, les pauvres, les itinérants, pourtant eux aussi ont besoin d’attention, d’être aimés. Le Québec sauvage ne sera bientôt plus qu’un souvenir. Nous voyons les forêts disparaître, les lacs pollués, tout comme les rivières et l’air que l’on respire. L’homme est-il devenu fou ou à ce point inconscient ? Le grand pays blanc est blessé en son cœur par les compagnies minières, pétrolières et forestières. Quant aux Amérindiens, ils tentent à tout prix de survivre dans cette société qui leur a été imposée et qui est dominée par la bêtise et l’injustice. Leur culture, axée sur la vie communautaire, le partage, la solidarité et la simplicité est totalement différente de la mentalité occidentale capitaliste et ultra-individualiste.

Illustration par Molockh

C’est vrai, le communisme n’a pas marché. La preuve est en Russie. Mais le capitalisme exacerbé d’aujourd’hui est un fléau qui continue de détruire l’humanité. Il laisse des déserts dans son sillage. Pourquoi ne pas penser à nos enfants et aux générations futures ? Ne devrions-nous pas leur laisser une belle planète préservée en héritage plutôt qu’une terre poubelle, véritable cimetière nucléaire ? Alors soulevons-nous contre le capitalisme, l’impérialisme et la politique actuelle pour essayer de sauver notre monde avant qu’il ne soit trop tard. Notre magnifique planète bleue est unique et irremplaçable. C’est notre seul lieu de vie et sans elle, on ne peut pas subsister, continuer d’exister. La vie sur terre est un miracle, ne l’oublions pas. Je le dis, je le crie : honte à vous, politiciens, beaux parleurs prétentieux qui ne font rien pour changer les choses et qui font passer leurs propres intérêts (surtout financiers) avant tout. Notre monde n’est pas un produit. On ne peut pas tout acheter, tout consommer. Avis à tous ceux qui ont encore une conscience, résistez car il est grand temps de changer de mode de vie et d’en parler autour de soi. Sans révolution, il n’y aura pas de changement. Les indignés de Wall Street, les anticapitalistes se sont soulevés déjà. Beaucoup ont été arrêtés. Pourtant, ils ont agi pour le bien de tous. Oui, la révolte contre le peuple de l’argent a commencé et elle n’est pas prête de s’arrêter. Je suis un anarchiste et un résistant de notre époque. MARS • AVRIL 2012

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De la gauche et de la Par Éric

Bussière

Depuis quelques années, nous pouvons remarquer dans le paysage politique l’émergence de nouveaux partis au niveau international, national, provincial, voire municipal. Ceux-ci se positionnent ou prétendent se positionner soit à gauche ou à droite de l’échiquier politique. Qu’en est-il de ces notions de droite et de gauche ? Il y a quelques années j’ai eu le plaisir d’écrire quelques lignes sur le sujet dans votre journal ; l’article abordait plus ou moins une définition historique de la droite et de la gauche, le tout étant ponctué de quelques exemples de l’époque en question. Il existe une confusion entre gauche et droite, surtout depuis l’émergence de tous ces nouveaux partis politiques. Bref, disons que le sujet mérite une mise à jour. Les termes gauche et droite sont historiquement liés à la Révolution Française. L’ancien régime, terme par lequel on qualifie la monarchie en France, était formé de trois classes de citoyens : la noblesse, le clergé et le tiers-état. Ces catégories sont évidemment grossières, car la réalité est plus complexe. Comme nous le verrons, elle détruit beaucoup de clichés. Le type de vie que mène un duc ou un marquis à la cour de Versailles n’est pas celui d’un baron de Gascogne ou de Bretagne, ces derniers étant souvent aussi pauvres que les serfs qui travaillent pour eux. Même chose pour le clergé ; il y a toute une différence entre la réalité d’un haut prélat de l’Église et celui d’un simple curé de campagne. Le cas du tiers-état est plus complexe. Dans un premier temps, au Moyen-âge, il comprend l’artisan et le paysan et, dans un deuxième temps, grâce aux développements techniques et scientifiques de la Renaissance, nous assistons à l’émergence de deux nouvelles classes sociales : les bourgeois et les ouvriers. Disons que la réalité du royaume de France a radicalement changé quand Louis XVI convoque les états généraux en mai 1789 (la dernière convocation date en effet de 1614). Sans vouloir rentrer dans les détails et causes de la Révolution Française, disons simplement que la situation financière

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du royaume de France est désastreuse et que le Roi a besoin d’argent... Les états généraux s’ouvrent donc à Versailles, à la DROITE du Roi siègent les représentants de la noblesse et du clergé, à la GAUCHE siègent les représentants du tiers-état. Peut-on en conclure que tous les représentants du clergé et de la noblesse sont de droite et que ceux du tiers-état sont de gauche ? Pas du tout, car certains membres de la noblesse de campagne et du bas clergé se rangeront du côté du tiers-état et, à l’inverse, certains représentants du tiers-état se rangeront du côté droit du Roi. C’est qu’il n’y a pas une droite et une gauche; mais des DROITES et des GAUCHES.

L’économique et le sociétal

L’une des confusions les plus marquantes du débat gauche-droite débute sans aucun doute avec le libéralisme. La confusion est peut-être dûe au fait que libéral et liberal (en anglais) ne veulent pas dire la même chose. Le Canada est un pays de tradition parlementaire britannique, nos institutions surtout au niveau fédéral, sont calquées sur ceux de l’Angleterre ; par exemple, les liberals au sens anglais du terme ont une connotation progressive sociétale (du moins historiquement) que l’on pense au Bill Omnibus de Pierre-Elliot Trudeau qui décriminalisa l’avortement et l’homosexualité, que l’on pense d’une façon plus actuelle à Bob Rae, actuel chef par intérim du parti libéral fédéral et transfuge du NPD (il a été premier ministre de l’Ontario sous la bannière de ce parti) ce qui démontre qu’il existe un certain lien idéologique. Mais libéral en français est aussi synonyme de libéralisme économique, en France un libéral c’est quelqu’un qui prône la libre-circulation des biens, pas nécessairement des personnes... Disons qu’il existe aujourd’hui une bonne entente entre ces deux groupes. En France, par humour, on dénote ces nouvelles coalitions par le terme de BoBo-Bling Bling : l’alliance de bourgeois-bohème (prof d’université, artiste jet-set, haut fonctionnaire) avec la haute finance, les premiers donnent une certaine culture aux seconds et ceux-ci leur assurent un certain statut aristocratique. En effet les coupures de l’état font rage partout en Occident sauf pour quelques privilégiés, que l’on pense aux clauses orphelins au Québec... Nous serons tous égaux mais certains seront plus égaux que d’autres disait Monsieur Orwell. Qu’en est-il de la droite conservatrice ? En quoi estelle différente de la droite libérale ? Elle propose (du moins théoriquement) un conservatisme moral, voire un retour aux valeurs anciennes, voire une nostalgie de la monarchie. L’un des exemples le plus probant est sans


droite

aucun do ute le pre mier min des port istre Harp raits de la Reine er qui dis de délin Élisabeth tr quance II, qui prô ibue partout juvénile sur certa la basto n e en ma ins doss nnade, q tière iers socié mariage Sans vo ui reste taux (avo gai, etc.) uloir fair ambigu rtement, et enfin En matiè e trop de un certain peine de re écono cynisme mort, goût pou mique, le protectio , disons que ce r le milita conserva nnisme (d risme. c tisme dé o u moins n opposé s e rvatisme a une fend un c théoriqu à un lais ertain bonne ement). ser-faire Adam S Il est en d teinte , à un la ’a mith est m aigrissem général is plus un dépense conserva ent fondeme ser-aller en éco la de s teur. Dis de l’état. privatisa n nt idéolo homme on tion des .. Imagin s craignen gique lib omie. d ’a p o t les con s que beaucou ff ri ns aires s’in s éral p de ge il faut bie servateu Je crois téresse à ons, car pour qu ns au Q que rs pour n d ’u personn es clients ce type u des moti ellement d’entrep n est à cra non ? fs idéolo ébec rise, indre, m que le g iq u Pour co ais pas suis d’av pour les gouvernement H es. nclure, o is que to bservon raisons arper définir la ut le fla monarch s qu’il y mention fla religie droite et ique ne n a deux é e u s s x . l’ la ont que , militaire a J certain é x e g e a axes po u s che : l’a ociétal. de la po , judiciair lectorat ur x O e écono u b d a s e a re aux ye bandonn ervons lliances et 40 de e t m iq a e u é par la rnières a u u n e x s tr s e je e i q t tée à un ces deux clas nné éditoriali la délinq axes son ue de nouvelle ste le pe uance, n es. Je suis d’avis se politiques de s t p rm o s s s e e s ur des c que les lo 30 l’ordre d as partic t, j’aurai l’occasio ibles. Si votre ans la so sont pas un mo uli n tif moral is resserrant ciété... dans un prochain ers qui nous son de développer et un re tour à t contem article. porains

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Illustration par Anonym

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les 99% Par Confidence

Dernièrement, j’ai lu et regardé quelques reportages qui parlaient des indignés. Je ne sais pas si vous serez du même avis que moi, mais j’ai remarqué que ce n’est pas juste quelques personnes qui sont indignées, mais pratiquement tout le 99% de la population. L’indignation que vit le peuple n’est pas dû à un seul facteur mais à plusieurs facteurs et parfois même plusieurs facteurs en même temps. De plus, il ne faut pas se voiler la face : chaque cause a un ou plusieurs effets secondaires. Et des exemples, il y en a plein…

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Quand tu es malade et que les connaissances et les possibilités de guérir sont là, mais que tu n’as pas la possibilité de voir un médecin, que ta santé est volontairement mise en danger par une élite absente à te donner les soins nécessaires à ta guérison. Ce n’est pas juste toi qui en souffre, c’est toute la ville et ses citoyens. Car tout le monde, un jour ou l’autre, finit par avoir besoin d’un médecin. A long terme, tous seront privés de soins essentiels, les coûts en seront plus élevés et la société encore plus mal en point… C’est au début qu’il faut faire des changements, avant même que les problèmes existent, avec de la prévention et des examens préventifs. Pas une fois qu’il est trop tard… S’il n’existe pas encore une commission sur la prévention et la réglementation en santé, alors il serait temps d’en faire une… Une loi qui interviendrait au début et qui dirait « stop » en prenant le taureau par les cornes et en interdisant, par exemple, la vente de tous ces fameux aliments comestibles qui contiennent des tas de poisons reconnus en diététique. Certains bonbons, aliments et breuvages vendus en magasin, ceux-là même que nos enfants mangent et boivent, contiennent des poisons si importants qu’ils Illustration par Petite Ange hypothèquent déjà gravement la santé de ceux-ci ! Comment un gouvernement, qui se dit responsable, n’aura pas la chance d’étudier, d’avancer peut-il laisser ça se vendre encore sur le marché ? Peut-être dans ses recherches, d’être diplômée, de parfaire ses un ajout de 0,03$ sur les taxes municipales pourrait servir à connaissances, en apporter tant et tant à la société. C’est courtiser quelques médecins pour qu’ils viennent s’installer encore toute la société qui en souffre. Le gouvernement ici, et afin qu’au moins on puisse commencer concrètement et les hauts placés du 1% devraient enfin collaborer à pourvoir et à combler les déficits en soins urgents et en ensemble pour changer la situation en réduisant les frais santé… scolaires et en accordant des bourses d’études plus complètes pour faciliter les études de tout le monde !

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Lorsqu’une personne a peu de génie et qu’elle pourrait, et qu’elle a le désir d’apporter plus à ce monde grâce à ses connaissances et à des études plus poussées, et qu’elle se voit arrêtée dès le départ à cause du système, elle

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C’est quand le système scolaire est fait pour les adultes et les dirigeants et non adapté aux enfants et aux adolescents qui doivent y étudier. Ce qui a pour


résultat la création d’une société abrutie par le manque de connaissance, par négligence éducative et par la non responsabilisation. Alors il sera plus difficile et insensé, pour eux, simplement de vivre et de gagner leur vie plus tard. Le futur de ces jeunes adultes en voie de devenir est tout simplement mis aux oubliettes. Et c’est encore toute la société qui en souffre et qui en souffrira davantage !

Un simple et immense respect collectif humain et planétaire ! Tout le monde doit s’y mettre, avec des petits gestes, même anonymes. On peut venir à bout de faire de grands changements pour un monde meilleur pour tout le monde, pour tout ce qui vie !

4planétaire… Ce, sans oublier la nature, le fameux bouleversement Peut-être faudrait-il mieux attendre que la planète fasse son ménage elle-même ! Au bout du compte, c’est plus que le 99% qui en souffre et qui est privé de vivre simplement dignement, ce sera les générations à venir… Visiblement, l’écart de richesse causé par le 1% et le gouvernement n’est déjà plus juste un fait sur papier, c’est visible à tous les jours et depuis longtemps. Chaque jour, tous voient et/ou vivent et/ou entendent quelque chose pour s’indigner… Ça se nomme l’injustice !

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Les pasmpe ny

Par Ano

ir du trotto Au milieu jambent cle sants l’en s a p Un obsta s e d ressés Les pas p et sans but lle Course fo ir du trotto Au milieu villé e u q recro Un corps vreté u a p arge s de tu fœ t ti ettre en m e m P e s r u vre po Trop pau Enfin, à tout vouloir contrôler et tout ir garder pour vous, les richesses et du trotto Au milieu om n s n tout, rien pour les autres, soyez-en a cle s Un obsta le monoxyde sûrs, vous aussi vous allez y perdre, ns Meurt da audible et pas rien qu’un peu ! Déjà, pensez-y, ement in m n gé iss o ille S jambent grâce à qui avez-vous pu accumuler s la mitra ts qui l’en n a s s perd dan a e p S es toutes vos richesses ? Et qui pourra pressés d Des pas faire en sorte que vous en accumuliez evillée davantage si vous abrutissez tout le e recroqu ne femm U ir peuple ? du trotto Au milieu mourante e Une femm Tout le monde a droit à une justice juste, ts e é s passan Piétin ressés de à l’égalité monétaire, à l’égalité des p s a p s Par le plus soins, à une éducation adaptée à son jambent ui ne l’en Q rythme, à ses capacités, à sa différence, stacle Aucun ob à sa différence culturelle. Même la nature a droit au respect ! Les différences de toutes sortes font de notre monde une magnifique œuvre d’art qui reste encore à découvrir, à cultiver, à partager, à apprendre à observer… Un genre d’humanisation mondiale, quoi ! MARS • AVRIL 2012

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Daniel Héroux

Votre opinion Par Daniel Héroux

Cette lettre s’adresse au responsable D.G. directeur général GRAND BOSS de la rubrique Votre opinion du Nouvelliste. Bonjour à vous, J’aimerais savoir pourquoi vous ne publiez plus mes textes, lettres que je vous fais parvenir depuis un certain temps. Jadis, par le passé, vous en publiiez, je me disais : ça doit être parce que mon article Opinion était regroupé avec d’autres lettres, mais je ne voyais pas mon nom. J’ai aussi pensé que peut-être ma main d’écriture était trop dure à déchiffrer. J’ai aussi pensé que c’était parce que je suis dans la rue, sans adresse et sans numéro de téléphone. Je me suis aussi posé la question à savoir si vraiment les lettres que je vais porter en mains propres (ou sales Ha ! Ha !) à la secrétaire à l’accueil se rendaient jusqu’à vous ? Pourtant, les articles, textes, lettres que je vous fais parvenir sont tous d’intérêt public. Même que Point de Rue est prêt à les publier dans notre journal La Galère. Je ne sais pas si vous avez remarqué que la plupart des endroits où l’on veut écrire, ben il n’y a plus d’adresse postale, juste des courriels, Internet, Youtube, etc., voire même bien des fois pas de numéro de téléphone. Alors comment voulez-vous que les gens puissent se faire entendre quand tu n’as pas de fax, d’ordinateur, pas de dactylo pour écrire ? Si ce n’est pas de la discrimination, je me demande bien c’est quoi ? Les gens dans la rue, itinérants, va-

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nu-pieds, traîne la savate, vagabonds, font quoi quand ils n’ont pas accès à la modernisation ? En les gardant le plus possible dans la rue, les policiers vont les avoir un après l’autre. En tout cas, c’est bien parti, déjà deux de moins. C’est à part ceux qui meurent dans la rue sans famille et dont le corps n’est pas réclamé. Il y a 7 à 10 suicides par semaine à Trois-Rivières et personne n’en parle. Faut avoir accès à un C.B. qui prend les ondes de la police ( illégal ). Bon ben, j’attends une réponse de votre part pour me plaindre.

ns par Illustratio

yselinx

Cédric G


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La politique Par Monsieur

Bouton

Compte écologique Tel un conte de télévision pour enfant, on vous propose aujourd’hui une histoire sans fin. Un problème contre un autre. Sacs de plastique contre évolution végétale, et sacs de tissus de bon attribut. Plastique : 5¢ en magasin, optique de poubelle, utilités diverses (exemple : bonbon). Un monde de conscientisation de clôture mondiale. Et pif ! Tissu : fabriqué dans pays propice, essentiel pour les attributs divers (exemple : ne peut étouffer un enfant). Un monde féérique ! Ampoule 100 watts, 1 effet Et ampoule compacte, toujours blanche. Mercure : action de pensée évolutive, bon attribut aux environnements, thermomètre gratuit aux 100 ventes. 100 watts : solide en simplicité, propice au chauffage, le four ouvert c’est du tout cuit. Hum… Hum… du verre contre du verre. Pourquoi pas des sacs de plastique ? Comme les nombreux contes appréciés pendant quelques générations. Demain on vous propose un nouveau classique, une histoire de sorcières. I pomme, on la frotte Elle est belle, elle est rouge Mais on ne la mange pas.

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Paroisse conventionnelle et moment sombre Silence ! La congrégation paroissiale des cravates saintes divulguera la problématique du jour. Les cravates se sont réunies pour le désaccord des deux groupes. Ils ont pris place sur position debout et assise. Le dernier groupe fait présage de balance car le silence les incombe. Qui a introduit la nouvelle parenthèse « under the wall » sur le hall des convergentes paroles habituelles ? - Dans la réflexion des 10 règlements, proliférée par l’encre ancienne, je vous le rappelle. Un de nos membres a vu outrance à la tarte au citron. - Impossible ! La tarte à la crème est bon marché.

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«...il est impossible, dans un groupe aussi grand, de tous s’apprécier ».

Devant ces paroles justes et données à ma personne, je dis que cette mésaventure ne peut durer éternellement. Le silence se doit d’être libéré. La parenthèse sera retranscrite sur les écritures de compilation, préface de lecture. Avant de retourner à vos habituelles occupations de remplacement de girouette, je rappelle la sage parole qu’il est impossible, dans un groupe aussi grand, de tous s’apprécier.


par

André Gagnon

Trou story André Gagnon

Je suis en avance de 30 minutes lorsque j’arrive à la salle AnaïsAllard-Rousseau où je vais assister à la projection de Trou Story, filmdocumentaire co-réalisé par Richard Desjardins et Robert Monderie. Nombreux sont ceux qui en ont fait l’éloge tant pour son apport historique, son propos dénonciateur, ses images à la limite du réel et du tolérable. Trou Story c’est un 3 en 1. Un volet histoire qui retrace l’implantation des minières dans le bouclier canadien vers 1880, plus spécifiquement dans le nord de l’Ontario et du Québec. Le trésor convoité est un immense gisement de nickel, de cuivre et d’or. Le deuxième volet porte sur les conditions de travail inhumaines auxquelles étaient soumis les travailleurs ; mais aussi sur leurs revendications, leur lutte et leurs espoirs d’adhérer à un syndicat, le tout réprimé dans la violence. Enfin un troisième volet qui lui, sans équivoque, nous balance en plein visage le saccage et les ravages environnementaux de ces minières qui n’en ont rien à branler de ce qu’ils «catastrophisent» sous terre, sur terre et dans le ciel. Dans certaines villes minières la question se pose : « Y a-t-il encore de l’air dans l’air ? » ( Gilles Vigneault ) En remontant ainsi l’histoire jusqu’à aujourd’hui, Desjardins et Monderie nous proposent leur thèse : d’une part les Québécois comme les Ontariens se sont faits et se font toujours piller leurs richesses collectives, saccager leur territoire en retour de maigres redevances (des miettes), et d’autre part, comment leurs dirigeants politiques ont été depuis le début de l’Histoire des complices de ce vol du bien collectif. Pour se faire, Desjardins et Monderie se sont associés à Pascale Bilodeau qui a assumé la recherche du film.

Décrié tant par les responsables aux communications des minières, que par certains fonctionnaires du gouvernement aux ressources naturelles et à l’environnement, on dit du film qu’il est biaisé, ancré dans un passé révolu. Et pourtant ! La loi 14 régissant l’activité minière, écrite il y a plus de 100 ans, loi écrite par les minières elles-mêmes et le gouvernement, est toujours en force. Ce n’est que depuis quelques années qu’on la revisite timidement. Que l’Histoire fasse la lumière sur ce qui s’est passé, qu’elle expose les vrais raisons qui font que les choses en soient là aujourd’hui, contribuera à éviter peut-être que les bêtises et les tragédies humaines et écologiques du passé ne se répètent pas dans le futur... si on le veut bien ! Il y a aussi le propos du film signé Richard Desjardins; un propos musclé selon certains, donnant dans la démagogie pour d’autres, mais qui nous fait descendre à coup sûr dans un trou bien réel où même la poésie n’enjolive rien, où l’indignation doit faire gaffe, comme avec un « gun ». « Les lobbyistes des minières (une centaine) sont présents à Québec pour faire valoir leurs points » avoue Desjardins. S’il y a démagogie, ou à tout le moins une mauvaise foi, ne serait-elle pas là où l’on croise une certaine voix qui reproche au film de ne pas mentionner que le gouvernement a haussé il y a quelque temps les redevances des minières de 12% à 16% alors que le trésor nous appartient ? Ne serait-ce aussi de ne pas s’être saisi du rapport du vérificateur général du Québec de l’époque, Renaud Lachance, qui révélait que de 2002

à 2008, les minières n’avaient payé aucune redevance ou presque (à peine 2%) pour un bénéfice de 17 milliards de dollars... méchant « deal » ! Et qu’est-ce que tout cela annonce dans la perspective d’un Plan Nord ? Les images du troisième volet débarquent dans la modernité, résolues d’aller voir, de ne rien taire ; sans effets spéciaux, sous l’éclairage grand jour, quelque soit l’angle ou le plan, elles regardent... comme on le ferait soi-même en plein désastre écologique, en pleine tragédie humaine dans certains cas... Là où il y avait un grand lac il y a quelques années, le ministère du tourisme, à court d’idée, pourra y ouvrir un site touristico-aventure et ainsi permettre aux gens de voir comment ici on métamorphose un lac en l’une des plus grandes poubelles de déchets toxiques à ciel ouvert au monde. Une fois que l’on sait, peut-on détourner le regard et prétendre que l’on a rien vu ? Quoi faire pour que ça change ? Et si la réponse était ailleurs qu’à Québec, qu’au PLQ, qu’au PQ, qu’à la CAQ, mais aussi ailleurs que chez MinAliance, Osisko, Noranda etc. ? La réponse flâneraitelle du côté de la dernière réplique du film et qui rejoint ce que déclarait Henri Jacob, porte-parole de la coalition pour que le Québec ait meilleur mine : « La seule façon de faire changer et les gouvernements et les mines, c’est quand les gens se mobilisent. Il s’agit juste que les gens se lèvent debout et se disent : on est maître chez nous ».

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La politique Les Vikings Par Molockh

Y rentraient sur un ring avec leurs haches de King Sur des drakkars nord sud est ouest C’étaient les maîtres des océans Les plus combattants Oye ! Oye ! Les Vikings arrivés Armés de capes et d’épées Avec des casques cornus

L’hiver c’est la galère Par Sacha

L’hiver c’est la galère quand tu dois dormir par terre. Abrité sous un sapin n’empêche pas l’air de passer. Je sais, je l’ai essayé. Marcher dans la rue avec ses bagages, et les gens te dévisagent. « Hé, toi ! Va travailler ! T’as rien de mieux à faire que de te promener ? » Hé non ! J’ai décidé de marcher pour évoluer. Découvrir ces terres déjà cent fois explorées, et qui sont dorénavant sans foi exploitées. Heureusement, il y a ces gens qui m’aident à trébucher. C’est grâce à eux que j’apprends à me relever. Il y a aussi cette journée ensoleillée où j’accepte et je laisse tout passer. J’me retrouve dans le moment, et j’le vis pleinement. Et là, on dirait que tout s’est organisé pour s’harmoniser. Hé oui ! Parfois c’est la galère, mais je sens que j’vais m’y faire.

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Pourquoi dans mon coeur ? Par Claire et Sonia, centre de détention pour femmes Tanguay

Pourquoi ces montagnes russes dans mon cœur Me font perdre la tête ? Pourquoi ce mal de vivre ne cesse de me poursuivre ? Pourquoi dans mon cœur toute cette angoisse Comme un morceau de papier se froisse et se défroisse ? Pourquoi je tremble si fort dans mon cœur Et que j’ai encore peur Comme un enfant dans la noirceur ? Où es-tu, toi, supposée sérénité ? Pourtant je n’ai jamais cessé de te chercher Combien ça coûte pour sortir du doute ? Pourquoi j’ai toujours l’impression d’être toujours seule au fond ? Y a-t-il un escalier pour remonter ? Combien ça coûte pour sortir de la voûte ? Depuis ma naissance J’ai aperçu mon enfance J’ai entrevu mon adolescence Et je cherche toujours ma maturité Mais qui suis-je ? Toutes ces questions Me donnent le vertige Je suis comme une vagabonde Coupée du reste du monde Maintenant je suis troublée De l’enfance détournée De la démarche accélérée Du mauvais chemin emprunté

Illustrati

on par

Claire e

t Sonia

Sera-t-il possible un jour D’oublier mon passé Et ne plus y retourner Pour que ma vie soit ensoleillée ? Sera-t-il un jour possible De prendre le bon chemin Et d’y marcher très loin Jusqu’au petit matin Pour me sentir bien enfin ?

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Dans la dernière édition du journal de rue La Galère, nous avons publié un poème de Fardoche intitulé Festival. Malheureusement, c’est sans savoir qu’une erreur de notre part s’y était glissée. En nous excusant mille fois auprès du poète pour cette faute, nous publions ci-dessous le texte intégral du poème de Fardoche. Olivier Gamelin, rédacteur en chef

Fardoche

Erratum

Éternité ensoleillée

Festival

C’est comme ça toute la journée Pourtant tout essoufflé Même pas dégonflé À moitié percé comme le rocher

Des mouches mentales Une psychose carcérale D’la poésie trifluviale Pourquoi pas l’carnaval

Faites-moé pas rusher J’veux pas être oublié D’être ainsi traité Comme d’la viande avariée

Le carnaval des mal-aimés Le festival des oubliés Pour éviter l’autorité Caché derrière mes pensées

Faites-moé surtout pas penser Que je me fais crosser Pour ne pas dire manipuler Comme un pion dans la société

Une commotion cérébrale Rien de plus normal Pour un marginal Pas abonné au journal

Excusez-moé d’en parler C’est plus fort que moé Pourtant pas handicapé J’me sens parfois surveillé

À travers tous ces chacals Faire le bien pis le mal De me faire la morale Comme un grand punk sale

Triste belle liberté Qui n’a jamais changé C’est pourtant la réalité J’ai le goût de décâlisser

Inspiration

Je n’ai plus d’inspiration Ce n’est quand même pas une raison Pour ne pas prendre mes leçons De me faire une occupation

Tanné de me faire bafouer Comme un ostie d’crotté Qui veux s’faire pardonner De se sentir rejeté

Pas de problème, juste des solutions S’cusez-moé pardon J’ai un problème de boisson Qui me fait monter le ton

Ce n’est pourtant pas compliqué On ne peut surtout pas lâcher J’ai presque le goût de voler Ce n’est pas moi qui vais l’hériter

Malgré tout chus un bon garçon Qui peux parfois être con Pour ne pas faire le pion D’être souvent en prison

Mais peut-être bien travailler Peut sûrement être mérité C’est pareil comme une volonté Pourtant bien imaginée

Ben assis sur le perron Je regarde la vie de diverses façons Y’a aussi plein de totons Dignes de ce nom

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Illustration par

Sacha


Danny Beauvais

Une âme dans l’ombre Par Danny

Beauvais

Par Danny

Bauvais

Vient tout d’abord la vie Vient ensuite l’apprentissage Vient ensuite la première femme que l’on séduit Vient ensuite le savoir de l’âge

Depuis maintenant plusieurs centenaires Mon esprit a été enfermé dans un miroir Et, aujourd’hui, un chevalier téméraire A projeté mon âme dans un trou noir

Chapitre suivant, la dispute Ligne suivante, les larmes Ensuite l’oubli par l’alcool brute Finalement disparaît le drame

Je les cherche encore sans grand succès Je les entends m’appeler de leur prison Dont je n’ai pas accès Ne connaissant pas la raison

Toujours dans l’attente de l’âme sœur Petit homme trouve un boulot Un peu plus tard s’arrêtent les sanglots Et enfin vient celle qui fait frémir son cœur

Le temps va bientôt m’être insuffisant J’en ai déjà perdu suffisamment J’aimerais bien que l’on m’assiste Tant et aussi longtemps que cela persiste

Les chapitres derniers commencent par le mariage Sans voir le temps qui fuit Évidemment mort s’en suit Causée par l’avancement de l’âge

L’amour simple par

Qu’y a-t-il ensuite ?

Mais qu’y a-t-il ensuite ?

Anarky

Donne une chance à la vie Car elle est si belle Donne un sens à mes nuits Et mes jours un goût de ciel De corps éphémère Mais nos âmes sont vieilles... Au travers du temps Au-delà de la mort L’univers est si grand Et je t’aime si fort Au travers des ténèbres Au-delà de l’aurore Soleil levant Une lumière d’or

Illustration par Anark

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Traits de personnalité associés aux sympathisants de la droite et de la gauche Par Marie-Liên

Duymentz

Existe-t-il un lien entre la personnalité d’un individu, ses valeurs et son idéologie politique ? Le sens commun permet d’observer, par exemple, que les gens très religieux votent plutôt à droite et que les amateurs d’art contemporain votent plutôt à gauche, mais pourquoi ? Y a-t-il un rapport entre les goûts personnels, la façon de vivre et les choix politiques ? Des décennies de recherche scientifique ont démontré que ce lien existe, qu’il est plutôt stable dans le temps et qu’il est international, c’est-à-dire que des partisans de la gauche politique en Israël, au Japon et au Québec, par exemple, adoptent un système de valeurs sociales similaire. Cet article se base sur les travaux de recherche de deux professeurs d’université : Steven Pinker est professeur de psychologie à l’Université Harvard aux États-Unis et Gian Vittorio Caprara est professeur de psychologie à l’Université de Rome en Italie.

et de la continuité dans les comportements et dans les différents contextes de vie ; elle préserve un sens d’identité personnelle. En résumé, les traits de personnalité décrivent comment les personnes sont ; les valeurs réfèrent à ce que les gens considèrent important.

Attitudes associées droite et à la gauche

Idéaux de société

Les valeurs personnelles sont des objectifs larges auxquels les gens accordent de l’importance. Les valeurs de base servent de guide lors de choix de vie et s’appliquent à une variété de domaines. Des exemples de valeurs sont la tradition, le dévouement aux autres, la recherche du plaisir (hédonisme), etc.

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la

Les gens plus à droite valorisent l’entreprenariat et l’économie de marché pour générer de la richesse et pour procurer aux gens des ressources. Ces personnes mettent l’accent sur la sécurité nationale, souhaitent une armée forte, une intervention limitée de l’état et une réduction des impôts.

Les valeurs personnelles et la personnalité : définitions

La personnalité est un ensemble dynamique de caractéristiques psychologiques qui opère tout au long de la vie, au service de l’adaptation individuelle. Ce système interne guide les gens vers l’accomplissement d’objectifs individuels et collectifs. La personnalité amène de la cohérence

à

Illustration par Carlos Pesos

Les gens plus à gauche défendent le bien-fondé de l’intervention de l’État et ils se préoccupent de justice sociale. Ils valorisent la tolérance face aux différents groupes, même ceux qui viennent déranger l’ordre social. Les partisans de la gauche favorisent l’égalité entre individus de différents groupes dont les minorités ethniques, les minorités sexuelles et les individus marginaux.

Traits de personnalité

En général, les gens qui votent à droite accordent plus d’importance à la religion, ils apprécient le patriotisme, la famille et les traditions. Ils sont pragmatiques plutôt qu’idéalistes, répressifs plutôt que permissifs, méritocrates plutôt qu’égalitaires et favorables à des changements progressifs plutôt qu’à des mesures


l ca Ch a ll e rA pa n st ra tio Illu

révolutionnaires. La recherche démontre que les électeurs de droite mettent un peu plus d’énergie à atteindre leurs buts personnels que les électeurs de gauche. Ils manifestent davantage un besoin d’exceller, de persuader les autres et sont plus compétitifs. Ils seraient légèrement plus conformistes, consciencieux et persévérants que les gens à gauche. De leur côté, les gens qui votent à gauche valorisent la solidarité, l’éducation et la tolérance pour la diversité. D’après la recherche de terrain, ils s’avèrent être effectivement plus sensibles aux autres et à leur besoin sur une base quotidienne. Comparé aux gens favorables à la droite, ils sont un peu plus amicaux, ouverts, ont des intérêts culturels plus larges et explorent davantage la nouveauté.

Pourquoi y a-t-il une congruence entre les traits de personnalité et les choix politiques ?

être porteurs des traits de personnalité qu’ils jugent bons. Il y aurait dans le vote une fonction de réassurance personnelle.

Conclusion La recherche scientifique ne démontre pas d’écarts énormes et clivés entre les partisans de la droite et de la gauche. Certains possèdent un peu plus ou un peu moins certains traits. Lors d’échanges sur la politique, il s’agit d’aller à la rencontre de l’autre dans toute sa complexité, d’éviter les jugements faciles et de favoriser le dialogue.

Références Pinker, S. (2005). Comprendre la nature humaine. Paris : Odile Jacob. Caprara, G. V., Schwartz, S., Capanna, C., Vecchione. M., & Barbaranelli, C. (2006). Personality and politics : values, traits, and political choice. Political Psychology, 27(1), 1-28.

Le paradigme de similarité-attraction suggère que les électeurs sont davantage attirés par un leader ou un parti dont la personnalité et les politiques sont congruentes avec leur personnalité. Une autre théorie soutient que le vote sert de fonction expressive pour les électeurs. En votant pour un parti dont les valeurs convergent avec leurs idéaux, les électeurs expriment posséder les traits de personnalité qu’ils croient avoir ou espèrent avoir. En d’autres mots, ils s’identifient aux valeurs du leader et affirment activement MARS • AVRIL 2012

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Denis Noël

On vient de se faire avoir Par Denis Noël

C’est ça la politique, nous qui voulions avoir du changement en votant massivement pour le parti NPD. Alors que Madame Lise Saint-Denis, une transfuge qui a décidé pour tous les gens qui ont voté pour elle, de changer son fusil d’épaule en s’enlignant avec le parti libéral. Hé ! Wow ! Nous autres qui avons voté pour vous élire dans notre circonscription pour le programme du NPD, non pour les libéraux. On devrait vous sortir avec un bon coup de pied dans le cul de la chambre des communes. Parce que nous autres, nous avons voté NPD et que vous décidez de virer votre capot de bord. Hé ! C’est nous qui vous avez élue dans notre circonscription. On devrait choisir par quel parti on veut se faire représenter. Si nous décidons d’avoir d’autres élections dans notre circonscription, vous perdrez votre siège automatiquement, car on ne votera pas pour vous. Il devrait y avoir une loi pour protéger les électeurs contre cette aberration des transfuges. Dès qu’ils sont élus dans un parti, ils ne pourraient pas changer de parti durant leur mandat. Comme ça, peut-être que nous, les électeurs, aurions plus confiance en nos élus. Car c’est nous qui payons le salaire des députés élus et c’est nous quise font avoir dans tout ça.

r Le Pic

Illustration pa

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Le gouvernement qui nous gouverne Par Denis

Noël

Le gouvernement qui nous gouverne présentement profite de son pouvoir pour créer une anarchie. En vendant au plus offrant nos ressources naturelles à des étrangers. Ils sont venus vider notre sol de ses richesses, les minéraux qui sont présents dans notre sol dans le nord québécois. Le plan nord, comme ils disent, mais à qui vat-il profiter ? À des étrangers qui vont rester ici jusqu’à ce qu’ils n’aient plus d’intérêt, et sans qu’ils payent leurs dividendes au gouvernement ? Alors le gouvernement donnera des subventions astronomiques aux compagnies pour s’installer dans notre pays. Ils miroiteront qu’ils créeront des emplois, mais la réalité est autre, car les employés devront avoir des qualifications et qu’ici, des qualifications pour ce genre de métier-là, c’est rare. Alors ils vont amener des employés étrangers qui ne paieront pas d’impôt au gouvernement. Maintenant, ne vous demandez pas pourquoi on est endetté autant. Le gouvernement devrait arrêter de donner des subventions aux compagnies étrangères et subventionner plus de compagnies québécoises qui essaient de concurrencer avec des compagnies étrangères qui viennent s’installer ici. On pourrait créer une vraie société québécoise au lieu d’une société ethnique qui nous représente.


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Daniel Héroux

Zone LIBRE Les églises ont perdu leur vocation par

Daniel Héroux

Hé oui, jadis quand l’on voyait un clocher d’église, nous savions que la vie existait et que l’on pouvait avoir de l’aide. Les clochers des églises servaient de point de repère. C’est la raison du pourquoi de leur hauteur, quand arrivait un quêteux itinérant, vagabond, va-nu-pieds, un traîne-la -savate, un gars dans la rue quoi. Voilà qu’aujourd’hui j’ai téléphoné au presbytère de l’église SainteMarguerite pour savoir si je ne pouvais pas installer ma roulotte sur le terrain de stationnements, car Le Havre m’avait donné le numéro de téléphone. Le monsieur qui m’a répondu au presbytère m’a dit qu’il louait des terrains de stationnement saisonniers. La secrétaire, elle, m’a dit qu’elle s’informerait. J’ai rappelé pour avoir sa réponse et elle m’a dit qu’il ne pouvait pas faire ça. Présentement nous sommes 2 à 3 à coucher dans mon camion depuis l’automne. Mais ça fait depuis cinq mois que je vis dans mon camion, alors vu que Le Havre déborde, je pensais que

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r Patrick Boul

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ça pourrait aider d’avoir 3-4 places de plus pour coucher. Mais il n’y a pas de place sur leur terrain. Il y a de la place l’été pour des tentes mais il n’y a pas de place pour une roulotte l’hiver ? Alors oui, l’église a perdu sa vocation d’aider le pauvre monde comme jadis, anciennement dans le passé, quand un quêteux arrivait dans le village. Les portes des églises étaient grandes ouvertes. Chaque village gagnait son ciel s’il y avait un quêteux dans le village. Mais aujourd’hui, le sens du partage, de l’entraide, n’est plus ce qu’il était. L’INDIVIDUALISME a pris le dessus. En tout cas c’est mon opinion. Que l’on ne se demande pas pourquoi les églises sont vides ! P-S : Pis dire qu’on a un sapin de Noël de 32 000 $ qui en janvier va disparaître pour laisser place à celui en acier stainless, alors que la Ville pourrait en planter un naturel de 2530 pieds de haut ! Je sais que ça se fait, ça coûte peut-être un peu plus cher, mais je pense que payer une fois 40 000 $ pour un arbre qui va rester, et à la retraite de Monsieur le Maire ben il sera peut-être rendu à 50 pieds de haut. Ça n’aura eu besoin que d’un seul coût d’achat. Encore là, c’est mon opinion.

Vogue la galère ! Par Monsieur

Bouton

L’île de l’amarre, de ce qu’il en est depuis fort longtemps. En advient au nageur sans palme. L’anxiété, le travail, le stress de cette époque moderne d’adhérence à la pro-activité ou censurée. Pour bien des gens ce n’est qu’une simple île, d’un décor renversé, oblique à leur état d’esprit. Toujours dans l’attente d’un spectre de mer qui ne vient pas. Pirates de terre, vagabonds des mers. Offre un cône qui n’est pas sabre ou boulet. Au grand désarroi de tous, ce n’est que vent de papier. Qui permettra seulement de regarder de front les vagues des futurs à venir. Camelots qui ne peuvent ou qui ne veulent qu’avancer, à se démener pour mieux galérer. Donne par prestance ou opposition un papier à ceux qui attendent une nouvelle de beau vent. Au-delà de ce qui en est des idées ou de la réflexion. Ce n’est, souvent, qu’un bateau qui fait changement. Vieille cale de bois, barbe fatiguée, plume d’idée d’avenir. Gens ; galère, souvenirs et faits divers. Pour les temps sans vent. Pesant des tonneaux sans eau, plutôt plein de vin. Patie, parlotte, parler, patience, patienté, parloir. Tous au rapport ! Petite lunette et barbe dépeignée. Aux rames de vélo ! Au tissu de sac ! On se doit de ne pas échouer ! Les prochains soleils sont encore sans boussole. Le capitaine écrit encore.


Yohann Clément

Poésie Par Yohann

Clément

Sérénité

Les obélisques pointent vers le ciel de mon espoir Afin de me faire toucher l’étoile de l’Issue de la vie Les arbres dans l’eau de mon calme aplati chantent L’avènement de mon rossignol L’apothéose de l’âme est glorieuse Et la déification de l’esprit est ondoyante Comme les sons d’un harmonica Illus Comme le chant d’un ocarina trat ion Les oripeaux se redorent comme un moteur neuf par GO Le moteur est mon cœur qui pompe pour la conservation de mon être Et pour la préservation de mon identité Les fortifications de mon âme sont renversées Il en reste poussière d’or dans le souffle divin d’Éole Le vermillon me couvre les haillons Afin de faire de moi un prince majestueux La reviviscence du pélobate est pendulaire Le soufflet que l’on veut me donner Il retourne à la vie comme il revient à la mort Je l’intercepte par mon pouvoir vernal Ainsi qu’un amour oscillatoire Le renouveau se crée en moi Je vais de la sécheresse à la floraison C’est la palingénésie de mes esprits Le printemps et l’automne se complètent Le ciel lui-même me couronne La naissance et le décès se marient Le soleil de son nimbe m’entoure La renaissance et la chute s’interpénètrent L’auréole divine est maintenant à portée de main L’apogée et le déclin s’embrassent Je suis le condor d’or des cieux Le lustre et la rouille se rencontrent en notre monde Qui apporte la grâce La richesse et la pauvreté se voisinent Je suis le cumulonimbus éclatant de la sérénité La Justice… où est-elle ? Et je suis la colonne céleste sur laquelle s’appuie l’amour Le Bien n’est pas entre mes mains Que j’inspire comme un air revitalisant Le sol aride et la fertilité se complètent Et la soif la plus aiguë Fait apprécier l’eau la plus insipide La faim la plus creuse Fait aimer la viande la plus étrangère La plus grande solitude Nous fait aimer Dieu Et je me relève, glaive à la main Comme un Spartiate Et je me couche, lance entre les bras Comme une sentinelle en congé Qui dort une oreille ouverte La dessiccation réclame la rosée de la Vitalité Par objurgations aux dieux souverains Et une pâquerette naît du cœur le plus vitreux Les saisons sont un cercle multicolore Les tristes novembres et les joyeux avrils Forment le destin de tous Et créent la joie et la sagesse

Reviviscence

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Mon expérience en toxicomanie Par Richard

Suite au partage que j’ai fait à l’organisme « De l’autre côté de l’ombre », j’aimerais vous faire part de mon histoire. Je me nomme Richard, j’ai 52 ans, et je consomme de la drogue depuis l’âge de 3 ans. Je n’ai donc pas choisi la drogue, c’est la drogue qui m’a choisi. Le 18 octobre 2001, je suis arrivé à Trois-Rivières. C’est là que j’ai effectué ma première thérapie à « De l’autre côté de l’ombre ». A l’époque, j’étais matérialiste, je voulais me payer des objets. Cette première thérapie n’a donc pas fonctionné car je ne la faisais pas pour moi. J’ai rechuté.

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moi, d’avoir quelque chose à manger et de m’entourer d’intervenants compétents. Je suis fier de me mêler de mes affaires et de faire mon petit bonhomme de chemin. Aujourd’hui je sais qu’on est toxicomane un jour, toxicomane toujours. Je parle beaucoup de mon expérience autour de moi pour aider les gens à s’en sortir. Je leur parle, je leur explique les choses, je rencontre individuellement mes chums qui ont un problème de consommation. Il ne faut pas jouer une game. En terminant, si j’avais un conseil à donner c’est de ne pas se faire de pression. Il faut accepter sa

«... si j’avais un conseil à donner c’est de ne pas se faire de pression ».

Aujourd’hui, je fréquente l’organisme Domrémy depuis environ deux semaines. Depuis quatre mois je suis abstinent. J’ai eu besoin d’aide et d’encadrement, entre autres d’organismes communautaires. Mais le plus important c’est que je me suis donné un coup de pied dans l’cul. Je cherche la sobriété, être bien dans ma peau. Le temps qu’il me reste à vivre, je veux bien le vivre. A force de consommer, j’ai développé le diabète. Je dois également vivre avec le VIH, l’hépatite C et la schizophrénie. Malgré tout, je souhaite améliorer mon sort. Le seul outil que je possède pour ne pas retomber dans la drogue, c’est de ne pas y penser, d’être bien chez

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ar Laeticia

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nd

Chamberla

Richard

Témoignage

toxicomanie et vivre avec. Si tu n’as pas à prendre de la drogue, tu n’en prends pas ; si tu as à en prendre, prends-en. Il faut dégager ses épaules de toute cette pression et accepter qui on est.

Richard


Vangolet

poésie Par Vangolet

Je m’en silence Bonne année grand nez 2012 est la dernière année Si je n’ai pas d’excuse Je me pends avant 2013 Je suis une très bonne personne Malheureusement on s’en fout Ou bien malheureusement les fous Moi l’indépendance seule Malade, pourquoi il faut mourir ? Malade de celle qui gueule à sa fenêtre Les autres, un problème de son existence J’étais en plaisir et toi au travail Un soir de l’an amusant Et toi au travail Je dépense, tu gagnes Je vis l’instant présent Pour toi c’est demain Tu auras droit aux spéciaux J’aimerais te dire que j’ai fait pire Et je l’ai fait Bien pire je suis sûr Je suis l’amoureux Celui qui veut le bon Me taper sur les doigts Pourquoi ? Pourquoi ? Ma souffrance est meurtrière Je m’en silence comme un Dieu Pour vivre Si tu ne comprends pas ce texte Sans être en épouvante Veux-tu le faire vérifier Il y a des gens qui sont vraiment intelligents Et ça, même toi tu le sais Que de ne pas se mettre en doute Est une parfaite folie Je crois à l’immalice C’est ma façon Je suis maître en art Parce que je suis comme ça Libre de la beauté acquise

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ango par V

Un plan B Dans ce temps-là L’attente à l’urgence Était de trois heures. Y’a eu mieux Un petit boutte Pas longtemps Si tu ne coulais pas trop T’avais des chances Aujourd’hui le plan B Ne prend même pas de chance Les cadavres font la queue Du camping, du shopping Fallait que ça rime Deux noms À chaque jour Exténué, affamé De peine et de misère On les regardait Ces chanceux Un price is right Réalité life Au ralenti supérieur Hi fi stéréo Un état de grâce absolu Deux minutes ou trois Une fois trois Dans la même journée Légende urbaine, y paraît C’est un sujet difficile Un plan B

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Donner à sa vie Par la

un

sens

rédaction

Le 22 décembre dernier, les participants aux plateaux de travail de l’organisme Point de rue dévoilaient en grande pompe leur dernière création : un magnifique vitrail haute gamme, cette fois aux couleurs du journal de rue La Galère (voir la page couverture du présent numéro). Depuis, cette nouvelle figure de proue trône fièrement dans le hublot de notre galère, faisant la grande fierté des galériennes et des galériens qui souquent ferme dans la cale de notre navire. Nous vous proposons aujourd’hui un bref survol des plateaux de travail de l’organisme Point de rue qui, année après année, permettent à des jeunes de redonner un sens à leur vie.

Les plateaux de travail…

Depuis 2003, l’organisme Point de rue offre aux jeunes de moins de 30 ans la possibilité d’occuper un emploi sur des plateaux de travail adaptés à leurs besoins et à leur rythme. Conception de vitraux, ateliers de musique, initiation à la photographie, participation à des projets de coopération internationale, mise en place

d’une cuisine collective, sont autant de prétextes de rassemblement essentiels au cheminement

cKenzie

arie-Ève M

hie par M Photograp

personnel et social de chacun des participants. Depuis septembre 2011, huit participants exercent leur minutie à la pratique du vitrail, de la musique, de la photographie et organisent la cuisine collective de l’organisme Point de rue. Encadrés et encouragés par l’excellente coordonnatrice et intervenante, Patricia Côté, la cohorte 2011-2012 est composée de Jonathan Grenier, Laeticia Chamberland, Janine Cressier, Wesley Power, Erick Savard, Evelyne Benedict, Kevin Petit et Marie-Ève McKenzie.

Travailler…sur soi-même

Photographie par

Erick Savard

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Développer la technique propre aux vitraillistes est une chose, apprendre à se connaître soi-même, ses valeurs, ses forces et ses faiblesses, son rythme, en est une autre. Le respect d’autrui, par exemple, est une réalité quotidienne lorsqu’on œuvre en équipe. D’autant plus lorsqu’il faut d’abord développer sa confiance en soi pour se respecter soi-même. « Avant, raconte Erick, je ne me respectais pas pantoute. Sérieusement, je me câlissais de toute. Asteure je me pose des

questions sur moi-même et j’essaie d’avancer. Avant j’étais sur le neutre dans une pente. J’ai changé pas mal depuis que je suis ici ». Le changement est aussi perceptible chez Evelyne. La jeune femme n’hésite pas à affirmer combien les plateaux de travail l’on accompagné dans sa reprise en charge personnelle : « Pour moi, arrivée en forme aux plateaux c’est aussi le respect des autres et de moi-même. On a tous des problèmes de consommation, on rechute. Les plateaux m’aident à être plus en forme mentalement et physiquement. On a tous de la misère à arriver correct, à se concentrer sur ce qui est vraiment important, c’est-à-dire notre santé. C’est plus facile de s’évader dans dope et dans la consommation… Je travaille sur cette forme de respect de moi-même ». Laeticia, qui participe aux plateaux depuis 2009 et qui occupe maintenant le poste de superviseure technique, abonde dans le même sens : « Depuis que je suis aux plateaux de travail, je m’affirme davantage, je me laisse moins écrasée. Avant je me sentais plus intimidée car je n’avais pas confiance en moi. Aujourd’hui j’ai beaucoup plus confiance, je prends davantage de décisions, j’ai moins peur ». Y aurait-il donc la vie avant les plateaux de travail et la vie maintenant ? Pour la plupart des jeunes, deux tableaux complètement différents se dessinent. Pour Kevin, la vie, qui était noire, s’éclaircie tranquillement : « T’as le noir, dit-il, le gris et le blanc. Blanc t’es correct, gris t’es fifty-fifty et noir t’es dans marde. Je tire sur le beige, beige-blanc… Je ne pourrais jamais être blanc-clair, ça c’est sûr ! »


S’il y a la vie avant et maintenant, il y a également la vie après les plateaux de travail. Les objectifs à atteindre sont nombreux. Les rêves également. Si certains souhaitent entreprendre de longs voyages autour du monde, que se soit au Mali, en République Tchèque ou en Irlande, d’autre, comme Kevin, espère simplement continuer à remonter la pente : « Quand tu vas en thérapie pour arrêter de te geler, raconte Kevin, c’est plus facile en

Photographie par Wesley Power

dedans qu’en dehors. En sortant d’ici je veux continuer de monter ma pente. L’objectif c’est de ne pas retomber comme j’étais. Ça ne sera pas facile ! »

Donner un sens à sa vie

Evelyne est catégorique : les plateaux de travail lui ont « sauvé le cul » : « J’ai lâché l’école, je n’étais plus motivée. Si j’avais continué à ne rien faire, je serais retombée dans mes vieux patterns. [Ce travail] m’a permis de passer d’un pattern négatif à un pattern positif ». Aujourd’hui, la jeune femme de 25 ans a repris le chemin des bancs d’école. Après

avoir complété ses études secondaires, elle souhaite s’inscrire Photographie par Marie-Ève McKenzie en technique en milieu naturel au CÉGEP de SaintVous êtes des galériens Félicien. « J’aime la faune, la flore, la Nous sommes tous, sur cette foresterie, raconte Évelyne, rêveuse. mer déchaînée Les plateaux m’ont aidé à retourner Des galériens dans le même à l’école ». Pour trouver sa place, le groupe joue un rôle important pour chacun des participants. Tous apprécient la solidarité qui s’est construite au sein de la petite équipe. Pour Erik, ses collègues de travail sont sa deuxième famille : « Quand je viens ici, les autres me permettent de décrocher un peu de la vie de consommation, de ne rien foutre. On a tous nos hauts et nos bas, par chance pas tous en même temps ! » Idem pour une participante aux plateaux de travail qui avait, avoue-t-elle, quelques difficultés à travailler en équipe : « Ici j’apprends à travailler en groupe, racontet-elle. C’est la première fois que je travaille en groupe. Y’a fallu que je laisse une couple d’affaires de côté… Y’a ben des affaires que je n’aurais jamais été capable de faire si j’avais été seule. Les plateaux ont développé mon esprit de solidarité ». Au nom de tous les galériens et galériennes du journal de rue La Galère, merci aux artistes vitraillistes des plateaux de travail de Point de rue pour leur magnifique vitrail, mais surtout bravo pour leur persévérance exceptionnelle qui fait office d’exemple à tous ceux et celles qui, devant un moment plus difficile, trouvent l’énergie et la volonté pour le surmonter.

bateau.

Le mot de la fin « Si tu n’as pas ce que tu aimes, alors aime ce que tu as ». Wesley Power « Écoutez-nous ». Evelyne Benedict « Il faut détruire les préjugés. Avec le vitrail de La Galère, ça donne une meilleure image à notre belle gueule de débauché ! » Kevin Petit « L’habit ne fait pas le moine ». Erick Savard « Il faut regarder en arrière du vitrail tout le travail qui a été fait ». Laeticia Chamberland

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Photographie par Marie-Ève McK

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Par Linda

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POURQUOI N’ÉCOUTEZ-VOUS PAS? Carter, alias Sharkie

Vous qu’on a élus aux élections Pour que vous soyez nos voix Vous ne nous écoutez même pas Que pourrions-nous bien faire Pour avoir un peu d’attention? Nous sommes contre les guerres Vous, Mesdames et Messieurs Vous, les dirigeants de notre pays Pourquoi n’écoutez-vous pas La voix du peuple qui vous parle : Rapatriez nos militaires Ce ne sont pas nos guerres Mais, ce sont tous nos frères Qui meurent dans d’autres pays Que celui où, ils ont grandi Vous leur mettez un fusil en mains Leur dites de tirer sur des humains Qui êtes-vous pour ainsi décider Qui doit vivre et qui doit mourir ? Vous devriez protéger nos terres Nos femmes, nos maris, nos frères Ne faites surtout pas de nos enfants Des orphelins pleurant et craignant D’être seuls pour le reste de leur vie Vous, les dirigeants de notre pays Écoutez-nous avant qu’il ne soit Trop tard, pour nos frères Mères et pères, ces militaires.

PREUVES MANQUANTES Par Linda

Carter, alias Sharkie

Mensonges sur papier givré Crachée la confiance Dans une gueule d’égout Les rats s’en font Des casse-croûtes amers Jette tes promesses À travers la ligne jaune Impossible d’en justifier Leur mort subite Sous les viles roues De l’oubli Saccage d’infidélité Responsabilité inexistante Des squeejees ont lavé Au windex les preuves Des graffiteurs ont fait Disparaître le reste Violence mise au panier Pas d’témoin, pas de délit Tes bleus sont ceux Du ciel qui frappe Pas ceux d’amour sale Qui tue à l’usure, censure.

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Les hippies Gyselinx

Katmandou et San Francisco comme on va en pèlerinage. Ils voulaient avoir une vie plus simple et une alternative à l’ultra-consommation qui empoisonnait leur vie.

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faisait rage et de jeunes soldats innocents revenaient dans des sacs en plastique. C’étaient des héros sacrifiés. C’était la révolution de la jeunesse et le temps des Beatles, The Rolling Stones, The Byrds et Bob Dylan, ce dernier étant un des plus grands de son temps en musique. Les manifestations se succédaient et le mouvement du flower power avait conquis le monde entier. Partout des hommes et des femmes-fleurs apparaissent végétariens en tous genres, auto-stoppeurs de tous les âges et de toutes les nationalités. Tant de jeunes hippies voulaient aller à

Illustration par Patrick Boulay

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Il est né sur le bord d’une route, un jour de printemps, alors que les fleurs s’épanouissaient et les animaux s’accouplaient. Ses parents étaient des artistes musiciens voyageant à travers tous les Etats-Unis et donnant des concerts un peu partout. Leur maison était un vieux bus Volkswagen couvert d’inscriptions pacifistes et philosophiques. Il avait sept ans quand il reçut sa première guitare et devait avoir un don car il devint vite très doué. Sa voix d’enfant était belle comme son père et sa mère, il avait les cheveux longs et des habits de couleurs. La guerre du Vietnam

Patric

Par Cedric

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La Criée publique Mission du journal de rue la galère

Le journal de rue La Galère est un média indépendant et alternatif traitant de sujets divers avec un angle différent des médias de masse. Ses principaux collaborateurs – pigistes, poètes, artistes, illustrateurs, camelots – vivent ou courent le risque de vivre une situation de marginalité sociale. Les objectifs du journal La Galère sont : • Encourager les hommes et les femmes à se prendre en charge personnellement par le biais de la pratique journalistique, artistique et culturelle ; • Permettre à des hommes et à des femmes en situation de marginalité de développer des habilités sociales liées à la communication et à l’expression de leurs sentiments, de leurs expériences et de leurs opinions; • Proposer une voix aux sans-voix en leur offrant une plage publique d’expression où priment la liberté et l’affirmation de soi ; • Développer chez les individus vivant ou courant le risque de vivre une situation de rupture sociale un sentiment d’appartenance active à la communauté.

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Exprime zfluviale, vous sur l’itin érance, motoris ée qu avec vo tre mais , etc. Quel rap ’elle soit urb ain o p Habitez n -vous un , votre « chez ort entretenez- e, v a o s une ma ison d’h ppartement, un oi », votre refu us e cellule ébergem ge ? , une ch ent, de ambre, repos, d e transit ion ? * VOUS A PARVEN VEZ JUSQU’A U IR VO S TEX 20 MAI 2012 P PHOTO TES, P GRAPH O IES, ET OÈMES UR FAIRE C. , DES SINS, Par cou rriel : jo urnallag alere@g mail.co Par la p m os Illustrati 377, rue te ou en perso on par A nne : La nonyme Trois-Riv urier, C.P. 46 ières (Q uébec) G9A 5E 3

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LES PHOTOS AU

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(de gauche à droite) : Erick Savard, Janine Cressier, Patricia Côté, coordonnatrice, Marie-Ève McKenzie, Wesley Power, Kevin Petit et Evelyne Benedict. Absents de la photo : Jonathan Grenier et Laeticia Chamberland.

Les créateurs du vitrail de et participants aux plateaux de travail de l’organisme Point de Rue


Journal de rue LA GALÈRE / mars-avril 2012