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FACULTE DES LETTRES ET DES SCIENCES HUMAINES BEN M’SIK CASABLANCA

LA LICENCE APPLIQUEE EN COMMUNICATION « La sémiologie de l’image » Fiche de lecture du premier chapitre de l’ouvrage :

Du : MARTINE JOLY

Exposé réalisé par : RABÎ WAGRI JAMAL LIABAD LAMIA MANJOUR BOUCHAÏB RIMA

Année universitaire 2004 - 2005


Le plan

QU’EST CE QU’UNE IMAGE ?

1. La notion d’image : Usages et significations 1.1 L’image comme image médiatique 1.2 Souvenirs d’images 1.3 Images et origines 1.4 Image et psychisme 1.5 L’imagerie scientifique 1.6 Les « nouvelles images » 1.7 L’image – protée

2. L’image et la théorie sémiotique 2.1 L’approche sémiotique 2.2 Origines de la sémiotique 2.3 Linguistique et sémiologie 2.4 Vers une « théorie des signes » 2.5 Différents types de signes 2.6 L’image comme signe 2.7 Comment la théorie aide à comprendre l’usage du mot « image » 2.8 Imitation / trace / convention


QU’EST CE QU’UNE IMAGE ? 1. La notion d’image : Usage et signification La difficulté de la définition du terme « image » est liée principalement à ses différents usages. Malgré la diversité de sa signification, il reste saisissable de sorte qu’il nous renvoie toujours au visuel. Quelle que soit son origine, culturelle ou naturelle, l’image implique la représentation du réel.

1.1 L’image comme image médiatique : La façon dont le public perçoit l’image est causée par l’omniprésence de l’image médiatique de telle manière que les individus identifient l’image à la télévision et à la publicité (l’image médiatique). Toutefois, on trouve l’image incarnée dans autres supports non visuels notamment la publicité radiophonique. Cette fausse conception : image = télévision = publicité, engendre des confusions nuisibles à l’utilisation et à la compréhension de l’essence même du terme « Image ». La délimitation de l’image contemporaine dans l’image médiatique met à l’écart toutes les autres formes de l’image contemporaine telles que la peinture, les images fixes médiatiques comme les affiches, les publicités imprimées, les photographies de presse et toutes les créations visuelles possibles. Une confusion qui nous amène vers une amnésie qui altère la compréhension du terme « image ».

1.2 souvenirs d’images : L’image n’est pas seulement une représentation visuelle, mais aussi une ressemblance selon la vision Judéo-chrétienne et celle du philosophe Platon. L’être humain lui-même est une ressemblance spirituelle de Dieu. L’image est aussi identifiée à l’immobile auquel un enfant est pris par sage. Une conception qui reste loin de l’image animée et donc de la télévision.

1.3 Images et origines : En dissociant le terme « Image » de la télévision et de la publicité, on réalise que l’image contemporaine n’a pas surgi avec ces deux notions mais en réalité elle vient de loin. L’Homme, à travers son développement dans le monde, a laissé les traces de ses facultés imaginatives sous forme de dessins sur les roches qui étaient destinés à communiquer des messages. Il a utilisé des procédés de description-représentation qui constituaient une étape antérieure de l’imitation des choses réelles. Les religions Judéo-chrétiennes et comme toutes les religions monothéistes prohibent la fabrication des images et interdisent de se prosterner devant elles en les considérant comme statues et comme Dieux. La renaissance a connu l’apparition des genres picturaux à cause de la séparation de la représentation religieuse et la représentation profane. L’image dans l’art se rattache essentiellement à la représentation visuelle qui exclut souvent le statutaire. Faisant recours à l’étymologie du mot « Image » qui vient du mot latin


« Imago », il désigne cependant le masque mortuaire porté aux funérailles. Et par conséquent, l’image dans l’Antiquité romaine se rattache à la mort et à l’histoire de l’art. L’image se considère également comme un noyau de la réflexion philosophique de l’Antiquité tant qu’elle est l’origine de l’écriture, des religions et de l’art.

1.4 Image et psychisme : La conception de l’image ne se limite pas à ce qui est à l’extérieur de l’Homme mais il est aussi lié à son intérieur. Puisque le terme « Image » peut être évoqué dans des activités psychiques telles que les représentations mentales, le rêve, le langage par image… L’image mentale peut être définie comme l’impression qui se présente lors de la représentation d’un lieu. Une impression où la visualisation domine. A côté de l’image mentale on trouve l’image de soi et l’image de marque. L’élaboration de ce type d’image, que soit individuelle ou collective, repose plus sur l’aspect constructif et identitaire que sur l’aspect visuel ou de ressemblance. De même on peut utiliser des images (des affiches, des photographies) pour construire l’image de quelqu’un ou d’une profession. L’image existe aussi dans la langue à travers ce qu’on appelle la métaphore. Une façon qui consiste à employer un mot pour un autre en raison de leur rapport analogique ou de comparaison. Après avoir citer tous ces types des images, on peut dire que le terme « Image » ne se limite pas à la télévision et à la publicité. Il va au-delà de ces deux notions puisqu’on le trouve également dans la langue quelle soit écrite ou parlée.

1.5 L’imagerie scientifique : Les images scientifiques existent et se développent dans tous les domaines scientifiques : l’astronomie, la médecine, les mathématiques…leur constitution repose sur la visualisation des phénomènes. Ainsi, les images scientifiques sont des images « vraies » du fait qu’elles émanent de l’observation directe et sophistiquée de la réalité. L’image dans les métamériques est conçue comme une représentation différente d’un même objet auquel elle est équivalente et non identique. L’image dans cette science ne repose pas donc sur la ressemblance ou l’analogie.

1.6 Les nouvelles images : Elles sont appelées aussi les images de synthèse qui sont produites sur ordinateur. Elles sont utilisées dans les jeux vidéo et dans les salles de cinéma, la publicité ainsi que la conception des clips. Ce sont principalement des images virtuelles qui sont employées dans la création des univers illusoires.

1.7 L’image protée : Dans l’Odyssée, protée était l’un des dieux de la Mer qui avait le pouvoir de prendre toutes les formes : animale, végétale, eau, feu… L’auteur trace un parallèle entre protée et l’image tant que cette dernière peut être tout et son contraire : visuelle et immatérielle, fabriquée et naturelle, réelle et virtuelle, sacrée et profane, rattachée à la vie et à la mort…


2. L’image et la théorie sémiotique : 2.1 L’approche sémiotique : Etablir une approche théorique de l’image pourrait aider largement à comprendre sa spécificité. Compte tenu des différents aspects de l’image, on peut évoquer plusieurs théories : théorie de l’image en mathématiques, en psychologie, en sociologie, en psychanalyse, etc. le problème qui se pose, c’est que chacune de ces théories ne va traiter que la partie fonctionnelle de l’image qui la concerne. C’est pour cela, on doit faire appel à une théorie plus générale et plus globalisante. Cette théorie est la théorie sémiotique. L’approche proposée doit permettre d’aborder l’image sous l’angle de la signification et de l’interprétation et non celui de l’émotion et du plaisir. En effet, un signe n’est « signe » que s’il exprime des idées, et s’il provoque dans l’esprit de celui ou de ceux qui le perçoivent une démarche interprétative. Le rôle du sémioticien n’est pas de décrypter le monde ni de recenser les différentes significations que nous donnons aux objets, aux situations, etc. mais plutôt de voir s’il existe des catégories de signes différentes, et s’ils ont des spécificités et des lois qui les régissent, ainsi que des processus de signification particuliers. 2.2 Origine de la sémiotique : La sémiotique, en sciences humaines, est une discipline récente. Elle est apparue au début du XXème siècle. Ses grands précurseurs en sont le linguiste suisse Ferdinand Saussure, en Europe, et le scientifique Charles Peirce, aux Etats-Unis. La sémiologie n’est pas née du jour au lendemain, elle a des racines fort anciennes, ses ancêtres remontent à l’antiquité grecque, et se retrouvent aussi bien dans la médecine que dans la philosophie du langage. Précisons d’abord l’étymologie de « sémiotique » comme celle de « sémiologie ». les deux termes sont produits à partir du mot grec « séméion » qui veut dire signe, mais ils ne sont pas pour autant synonyme : le premier, d’origine américaine qui désigne la sémiotique comme philosophie de langage, le second, est d’origine européenne, il est plutôt considéré comme l’étude de langages particuliers (image, gestuelle, théâtre, etc.). Le concept signe est donc très ancien et désigne déjà quelque chose que l’on perçoive et à quoi on donne une signification. 2.3 Linguistique et sémiologie : Saussure est un linguistique précurseur de la langue. Selon lui : « la langue n’est pas le seul système de signes exprimant des idées pour communiquer », c’est pour cela, il a annoncé la naissance de la sémiologie en déclarant que la linguistique est une composante de la sémiologie.


Saussure s’est donc attaché à isoler les unités constitutives de la langue ( les phonèmes et les monèmes), en étudiant ensuite la nature du signe linguistique. Il a considéré le signe comme une entité psychologique liant « un signifiant » (St) ou l’image acoustique, et « un signifié » (Sé) ou le concept. Entité que Saussure a représenté sous forme du diagramme suivant : Sé St La spécificité de la relation entre le signifiant et le signifié dans la langue, a été ensuite déclarée « arbitraire », c’est à dire conventionnelle, par opposition a une relation dite motivée, lorsqu’elle a des justifications naturelles comme l’analogie et la contiguïté. Saussure s’est aussi attaché à décrire la forme des signes linguistiques (leur morphologie) ainsi que les grandes règles de fonctionnement du langage. 2.4 Vers une théorie des signes : Peirce a essayé de penser dès le départ à une théorie générale des signes (semiotics), et une typologie plus globalisante, qui comprend la langue, bien entendu, mais insérée et relativisée dans une perspective plus large. Selon Peirce : « un signe a une matérialité que l’on perçoit avec l’un ou plusieurs de nos sens », on peut le voir ( un objet, une couleur, un geste), l’entendre (langage, cri, musique), le sentir (odeurs diverses, parfum, fumée), le toucher ou encore le goûter. Cette chose que l’on perçoit, tient lieu de quelque chose d’autre. C’est la particularité essentielle du signe. Etre là présent pour désigner ou signifier autre chose absent, concret ou abstrait. On peut donc déduire selon Peirce, que le signe entretient une relation solidaire de trois pôles ( et non plus deux comme chez Saussure) : la face perceptible du signe ou « signifiant » (St), ce qu’il représente « objet » ou référent, et ce qu’il signifie « signifié » (Sé). Cette triangulation peut être représentée comme suit : Signifié

Signifiant

Objet


2.5 Différents types de signes : Tout signe linguistique renvoie à un concept qui peut néanmoins varié selon les circonstances. C’est ce qu’on appelle « la transparence du signifiant ». Pourtant, ces variations d’interprétation ne concernent pas que les signes linguistiques mais tous les types de signes même naturels. L’image en tant que signe, ainsi que tous les autres types de signes ont la même structure tripolaire liant le signifiant au référent et au signifié. Cependant, malgré cette structure commune qui caractérise les signes ils demeurent différents et non identiques. Pierce classifie les signes en fonction du type de relation qui existe entre le signifiant (la face perceptible) et le référent (l’objet) en excluant le signifié (le sens), ainsi il distingue trois grands types de signes :  L’icône : la catégorie de signe qui a un rapport d’analogie entre le signe et le

phénomène représenté. Ce rapport peut être visuel, auditif ou olfactif.  L’indice : une classe de signe qui établit un rapport de contiguïté entre les

signes et ce qu’ils représentent. Dans l’indice on ne peut pas dissocier le signifiant et le référent.  Le symbole : il correspond à la classe des signes qui entretiennent avec le référent une relation de convention. Cette classification Peircienne des signes n’a pas manqué de critiques dans la mesure où il n y a pas du signe pur mais seulement des caractéristiques dominantes. En effet, l’icône peut porter également les caractéristiques du symbole, l’indice lui-même peut avoir une dimension iconique lorsqu’il ressemble à ce qu’il représente, et le symbole peut avoir sa part d’iconicité lorsqu’il ressemble à ce qu’il représente.



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