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WOMEN SIDE N°5 MAR. 2017

JOEL SAGET / AFP


DANS LE MOT « WOMEN » IL Y A « MEN »


WOMEN-SIDE.COM


TOP

OFF THE TOP ? Capucine Bertrand Fondatrice et directrice de la publication

Le mois de Mars est notre mois. Un mois pour recenser. Entreprises, représentants politiques, marques, vous et nous. Une journée et un mois l’entourant, pour créer le débat, battre le fer des idées, désigner des role models, leur donner la parole et les mettre en lumière. Aussi, nous faisons cela tous les mois. Et nous y ajoutons les hommes engagés. La société doit évoluer avec 50% de la population que sont les femmes, mais l’égalité n’existera pas uniquement avec elles, et en opposition aux 50 autres pourcents de la population, que sont les hommes. Rien ne sert d’opposer, il faut y travailler ensemble. Nous dédions ces pages à ceux qui agissent en faveur des femmes et vous les présentons.


SOMMAIRE

P.36 La Journée de la Femme Digitale P.41 100 000 entrepreneurs sensibilisent les femmes P. 7 Cartier Women’s Initiative Awards : elles sont finalistes

P.30 Romain Compingt, divin scénariste P.24 Antoine de Gabrielli, so Happy P.44 Neil Richmond, pour l’éducation des filles dans le monde P.20 Yves Deloison, le moderne P.18 Mohamed Diab, le clash de la modernité

P.11 Ils sont au top : ces hommes qui travaillent pour les femmes


©Copyright, 2017 – CARTIER INTERNATIONAL


Les Cartier Awards sont heureux d’annoncer les 18 finalistes de l’édition 2017. Ces femmes entrepreneures fortes et audacieuses ont été sélectionnées parmi près de 1900 candidats de plus de 120 pays différents. Pour toutes les découvrir: https://www.cartierwomensinitiative.com/

Ciara Donlon Irlande www.theyahealthcare.com Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez les femmes dans le monde, avec près de 1,7 million de nouveaux cas diagnostiqués chaque année (Source: World Cancer Research Fund, 2016). Les progrès majeurs dans le traitement signifie que la survie du cancer du sein est de plus en plus probable. Cependant pour les femmes qui ont vécu cette épreuve, il y a beaucoup de changements importants de style de vie, qui doivent être faits et qui ne sont pas souvent considérés par les fabricants de lingerie. En voyant la détresse des survivantes du cancer du sein entrer dans son magasin de lingerie de Dublin, Ciara Donlon, 40 ans, a décidé d'explorer le marché pour voir si elle pourrait créer un produit qui réponde à leurs besoins. Les soutiens-gorge existants étaient soit laid, soit volumineux, soit avec des couleurs insipides. La plupart ont été conçus pour garder les prothèses en place, sans trop réfléchir à ce que les femmes voulaient vraiment porter ou comment elles se sentaient.

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Trupti Jain Asie

www.naireetaservices.com/

En Inde, plus de 6,72 millions d'hectares de terres sont affectés par la salinité et l'exploitation saisonnière de l'eau et près de 5 millions de petits agriculteurs marginaux, en particulier les agricultrices, doivent supporter les conséquences des conditions météorologiques extrêmes. Un système innovant de gestion de l'eau libère les petits exploitants indiens des défis de l'exploitation saisonnière de l'eau et de la pénurie d'eau, de la transformation des terres incultes et de la sécurité alimentaire des agriculteurs ultrapauvres. Naireeta Services, une entreprise sociale co-fondée par Trupti Jain, 46 ans, offre une solution durable aux agriculteurs touchés par la sécheresse et les inondations à l'aide d'un ingénieux tuyau fabriqué à la main qui dure jusqu'à 30 ans. Bhungroo - qui signifie paille ou tuyau creux en hindi - permet à l'eau de pluie d'être filtrée, injectée et stockée sous terre pour une utilisation pendant les périodes de soudure.

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Thea Myhrvold Emirats Arabes Unis www.teachmenow.com

Un tuteur basé à Dubaï luttant pour coordonner ses cours en ligne a inspiré cette plateforme mondiale qui facilite un tutorat en direct personnalisé et l'apprentissage par des experts à travers le monde. Thea Myhrvold, 26 ans, a combiné ses deux passions, la technologie et l'éducation pour lancer Teach Me Now comme alternative à l'apprentissage vidéo préenregistré. La plateforme basée sur le cloud fonctionne sur n'importe quel appareil et s'appuie sur les connaissances des enseignants, des experts, des mentors, des mères et des pères au foyer, des diplômés récents et de personnes natifs du monde entier. «Même si nous tirons parti de l'efficacité des marchés mondiaux, nous renforçons également les individus et créons des emplois. Nous voyons des milliers d'étudiants et d'enseignants en utilisant notre plate-forme et se connectant à travers le monde. » ©Copyright, 2017 – CARTIER INTERNATIONAL


Vous êtes attendues


MEN SIDE

Pas sans eux


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Denis Mukwege

JOEL SAGET / AFP

« Dans les zones de conflit, les batailles se passent sur les corps des femmes »

Ce gynécologue obstétricien a créé des centres de santé au Congo, des écoles d’infirmières et de sage femmes. Un hôpital est massacré pendant la guerre, le personnel et les malades sont tués. C’est le début de sa bataille. Il crée l’hopital de Panzi pour lutter contre la mortalité maternelle et sa première malade est une femme violée. Le viol est une arme de guerre, avec une méthode de torture pensé avec des balles tirés au niveau du vagin. Ces viols sont massifs. Denis Mukwege est témoin de ces massacres et devient « l’homme qui répare les femmes ».


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Guy Mamou Mani

Président d Open, professeur certifié de Mathématiques, Guy Mamou s engage depuis plusieurs années pour la promotion des femmes dans le secteur du numérique et pour l’égalité entre les femmes et les hommes via son soutien au réseau « Femmes du Numérique » et le Trophée Excellencia, mais aussi après son tweet contre les tables rondes sans femmes participantes le menant au combat de #JamaisSansElles. Il est aujourd'hui membre d une commission au sein du Haut Conseil a l’Egalite entre les femmes et les hommes.


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Olivier Simmat

Les musées d'Orsay et de l'Orangerie ont créé le Cercle des Femmes Mécènes en octobre 2013. Olivier Simmat œuvre pour pérenniser un cercle de 120 femmes et de 7 réseaux influents.

Témoignant d'une volonté commune de mettre les femmes à l'honneur, le Cercle a pour but, via la généreuse contribution de particuliers ou d'entreprises, de financer des projets issus de la programmation des musées d'Orsay et de l'Orangerie, dédiés aux femmes. Il s'agit également de sensibiliser les acteurs économiques à différents enjeux autour de la place des femmes dans la société : parité, égalité professionnelle, éducation et de créer, sur le long terme, une véritable plateforme d'échanges de référence. Pour les rejoindre : www.musee-orsay.fr


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Eric Garandeau

Haut fonctionnaire et ancien directeur du CNC, Éric Garandeau est un serial engagé. Il intervient notamment pour créer un partenariat avec le festival de Cannes et le groupe Kering en 2014 dans le but de permettre aux femmes du cinéma de s’exprimer sur leurs carrières, leurs projets, leurs visions du monde, et de disposer d'espaces de rencontres pendant le festival.. Intitulé « Women in Motion », ce programme inclut la création d’un Prix international, et un cycle de discussions avec de grands médias internationaux.


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Jean Marc Gallot

Jean-Marc Gallot est directeur général de la maison Veuve-Clicquot Ponsardin et accompagne le Prix Veuve Clicquot de la Femme d’Affaires qui récompense chaque année des femmes d’exception pour leur esprit d’entreprise. Il rend hommage à la première d’entre elles, Madame Clicquot, qui a su s’imposer en tant que grande figure féminine dans le monde des affaires. Dignes héritières de « La Grande Dame de Champagne », ces femmes possèdent les qualités qui font d’elles des pionnières capables de relever tous les défis : l’esprit d’entreprendre, l’audace, la créativité et le talent.


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Jacques Rocher

La Fondation Yves Rocher – Institut de France est née il y a plus de 20 ans d’une volonté familiale. Depuis l’origine, à partir du village contemporain de La Gacilly en France, et désormais partout dans le monde, notre vocation est d’agir pour une empreinte positive sur la planète. Nous avons l’intime conviction que les individus peuvent changer le monde. Le rôle de la Fondation Yves Rocher est justement de se concentrer et d’agir en faveur de la biodiversité. Nous choisissons de le faire à travers 4 programmes durables dont un dédie au soutien des femmes engagées, créatrices de communautés actives à l image des lauréates du Prix Terre de Femme récompensées chaque année.


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Patric Jean

« Je préfère le mot « pro-féministe » . Il faut accepter l’idée que l’on connait le monde que depuis le point de vue où on l’ observe. » Auteur et réalisateur, Patric Jean prône un engagement social qui soulève des débats et des polémiques. Son livre "Les hommes veulent-ils l'égalité ?" et son film sur "La domination masculine" tracent le sujet principal de son œuvre, les rapports de classe. .


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Mohamed Diab

A aucun moment le Coran ne dit qu’il faut traiter les femmes comme des êtres inférieurs. Le bus 678 raconte l’aventure de trois femmes qui se font harceler quotidiennement dans un bus du Caire et qui décident un jour de déclencher une révolte en rendant coup pour coup. Une bombe dans un paysage cinématographique formaté et sage, souvent réduit à des films constats où l’on montre des victimes qui subissent sans rarement se rebeller. Et c’est d’autant plus une bombe, ce film, qu’il est réalisé par un homme, Mohamed Diab. Retenez bien son nom car grâce à lui, une loi a fait changé les choses, reconnaissant le harcèlement sexuel d’une part, comme un crime d’autre part.

Comment Mohamed Diab en est-il arrivé là ? C’est la question que tout le monde se pose. Avant, Mohamed Diab était employé de banque. Un jour, il a envie de raconter des histoires. Il part aux EtatsUnis étudier le scénario à la New-York Film Academy, écrit quatre scénarios mais ne passe pas à la réalisation faute de sujet assez fort à son goût. Et puis en 2008 a lieu en Egypte le premier procès pour harcèlement sexuel. Il n’en rate pas une miette. Les remarques sexistes de deux reporters le dégoûtent. Lui qui, avant cela, était comme les autres, persuadé qu’une femme harcelée était souillée. Il va alors mener sa propre enquête. Il interroge ses amies, ses sœurs et se heurtent au début à un silence forcé dans un pays dominé par la gente masculine.


TOP Ce qui favorise le harcèlement sexuel en Egypte selon lui : la foule, la pauvreté et la honte. Et ce n’est pas propre à l’islam. L’Inde est un autre exemple peu glorieux. En tant que musulman pratiquant et laïque, il décide de faire un film qui donne aux femmes le courage d’oser porter plainte. Une solution à court terme. Il va même plus loin finalement en les faisant se venger. Mohamed Diab est un homme et la majorité d’entre eux dans son pays sont des gens respectables qui ne harcèlent pas les femmes. Sauf qu’une minorité le fait et toute la journée. Lui met ça sur le compte d’un « héritage tordu » qui oblige les hommes à se marier tard faute d’argent et les force ainsi entre la puberté et le mariage à pratiquer assidument la masturbation, frustration intolérable qui finit par pousser au vice. Du coup, offrir une bombe lacrymogène est un cadeau romantique au Caire. Le film a bien sûr suscité le scandale de l’autre côté de la Méditerranée. Mais Mohamed Diab, après bien des procès pour interdire son exportation et l’accuser d’incitation à la violence contre les hommes, a fini par gagner. Le film a même rapporté 2 millions de dollars de recette. Un film quand même produit par une femme, une chanteuse très populaire, Bushra Rozza qu’il faut saluer au passage.

Jamais un film – pourtant oublié des grandes récompenses dans le 7ème art – n’aura eu une telle répercussion sur un problème aussi grave. Et il s’agit d’un très rare voire même peut-être du seul film réalisé à ce jour qui a eu l’idée magnifique de proposer une alternative aux femmes. Et c’est un homme qui l’a fait. Pourquoi pas une femme ? Se posent-elles trop en victimes ? N’osent-elles pas se donner les moyens de faire ce genre de films ? En attendant, reconnaissons-lui le mérite d’avoir su traiter un sujet aussi fort au cinéma. Mohamed Diab n’est pas qu’un activiste, c’est aussi un homme qui aime les femmes. Alors si vous l’aimez, n’ayez pas peur de prendre le bus.

Denis Bertrand


Ecce Homo

Yves Deloison

Journaliste et auteur, voici l’homme du futur, du changement. Pas si sûr me direz-vous, tant les préjugés sont tenaces. Dans son ouvrage, « Pourquoi les femmes se font-elles toujours avoir ? », le ton est donné : provocateur et bienveillant. Les hommes se font tirer le portrait par la même occasion et c’est toute la société qui pourrait bénéficier d’une complémentarité annoncée. Rencontre avec la force tranquille du futur changement. Justement aussi c’est le titre de son blog et d’un livre. Quelle est ton approche en tant qu’homme sur le sujet ? Le fait d’être un homme est un moyen plus facile pour parler aux femmes. Il n’y a pas l’idée « c’est une femme donc une potentielle ennemie ». Mais le fait d’être un homme est difficile aussi parce que je n’ai pas envie de passer pour un donneur de leçons, de les braquer. Je dois sans cesse trouver le juste milieu.

Comment en vient-on à parler de la place des femmes, qui plus est dans un livre ? C’est mêlé à mon parcours professionnel. J’ai voulu devenir journaliste. C’est une reconversion. Mon idée était d’abord de ma céder à la facilité en reproduisant des stéréotypes mais de rendre accessibles des sujets tels que celui-là, sans faire de raccourcis.


Ecce Homo Et c’est un vrai challenge. J’interviens également dans les écoles et les entreprises. Lorsque je vois des collégiens venir discuter à la fin de mes interventions, parce qu’ ils sont interpellés par ces questions d’égalité, je me rends vraiment compte qu’il y a matière à discussion. Dans les entreprises souvent j’utilise des anecdotes sur un ton provocateur et j’en profite pour aller au bout du débat. Tu es spécialiste du changement. Ce changement concerne-t-il davantage les femmes aujourd’hui ? On aime me présenter comme ça. J’ai un début de carrière dans la formation et surtout dans le cadre de l’orientation professionnelle. C’est l’entrée parfaite pour discuter de la question du choix de carrière. Lorsque l’on parle de choix de métier, on est tellement dans les stéréotypes ! Au cours d’une de mes interventions, une jeune fille me faisait remarquer les difficultés qu’elle avait rencontrées lors d’un forum d’orientation, car elle voulait devenir

maitre-chien dans la gendarmerie. Elle a essuyé des réflexions gênantes et des moqueries. Au début de ma carrière je travaillais auprès de femmes qu’on aidait à choisir un métier. J’ai remarqué à ce moment-là qu’elles n’exploraient pas tous les secteurs qui embauchaient, estimant qu’elles n’ont pas les prérequis. Il s’agit de leurs propres résistances. Aujourd’hui, on sent qu’il y a un gros travail et cela touche toutes les catégories socio-professionnelles.


Ecce Homo

Aux femmes qui disent qu’il n’y plus vraiment de problème, que réponds-tu ? Lorsque j’interviens dans les entreprises, elles sont rares à le dire, même si certaines considèrent qu’elles sont là pour aider les hommes à faire carrière. Je trouve cela triste. Aujourd’hui, personne ne peut dire qu’il n’y a pas de problème puisque l’on en parle partout et souvent. En revanche, l’on dépasse rarement le constat, les statistiques. Le problème est partout, il a une grande inégalité, on en parle et puis c’est fini. Après ce livre, quels sont tes autres projets en ce sens ?

En tant que journaliste, je trouve que c’est un sujet clé. Je continue à travailler là-dessus. J’attire l’attention des femmes sur les mécanismes stéréotypés, pour élargir mon propos sur la place des individus, finalement.

Retrouvez les travaux d’Yves Deloison : « Pourquoi les femmes se font-elles toujours avoir » Ed. First, 2013. « L’homme, le nouveau sexe faible ? » Ed. First, 2014. « Changer de job : la méthode pour réussir » Ed. Héliopoles, 2015. « Heureux comme un Français en France », Ed. Presses de la Cité, 2016

Capucine Bertrand


« Où sont les femmes ? » 5e édition : non, rien n’a changé. Depuis 5 ans, nous comptons méthodiquement saison par saison, le nombre d’œuvres de femmes programmées dans le spectacle vivant, l’audiovisuel et le cinéma. Nous observons avec la même régularité depuis 2012 les évolutions du nombre de femmes dirigeant des établissements culturels et audiovisuels. Pour cette 5e édition de la brochure Où sont les femmes ?, nous avons choisi de réaliser un bilan sur 5 ans pour analyser les tendances profondes. Malgré les déclarations dans les médias, les engagements politiques, les efforts ponctuels de certain⋅e⋅s et les impressions de réussite, les chiffres nous montrent que rien n’a vraiment changé ​: la présence des femmes reste faible.

Nous vous invitons à parcourir ce bilan, résultat de 5 années d’études, et à le partager autour de vous pour que, par-delà les vœux pieux et les formules de principe, des engagements concrets et mesurables soient pris.

Bonne lecture !

Une année présidentielle commence. La SACD appelle les pouvoirs publics à prendre des mesures fortes et concrètes pour promouvoir la parité dans l’art et la culture : consacrer la parité dans les nominations à la tête des établissements culturels, mais aussi mettre en place des objectifs chiffrés de réduction des inégalités dans les programmations (+5 % de femmes par an pendant 3 ans dans les programmations de spectacle vivant). En 2012, nous reprenions le slogan présidentiel en ouverture de notre première brochure pour poser la question ​: Le changement, c’est maintenant ​?. En matière de parité dans le secteur culturel, il faudrait à minima que ce soit demain. ©Copyright, 2017 – SACD


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Antoine de Gabrielli

Rencontre so happy ! Découvrez le travail des Happy Men et d’Antoine de Gabrielli. Où sont les hommes ? Maintenant, vous savez. J’ai lu un tas d’interview à votre sujet, je vais essayer d’être original. Vous avez créé « Happy Men » en 2013 et vous comptez 250 adhérents c’est ça ? Plus de 300 maintenant. Et qui sont essentiellement des hommes ?

Ah ce ne sont que des hommes, 100 % d’hommes. Comment, un matin, vous vous êtes levé et vous vous êtes dit… ? C’était pas un matin, c’est petit à petit. Y a déjà l’histoire familiale.

J’ai une mère qu’a bossé toute sa vie, qu’est médecin et qui bossait avec mon père. Ce qu’ils vivaient en tant que couple étaient vraiment intéressant. Ils soignaient des personnes, des cas compliqués, ensemble. Je trouvais ça merveilleux. Et du coup, quand je pensais à ce que serait ma vie plus tard, je ne pouvais pas concevoir d’avoir une femme qui ne travaille pas. Je trouve que c’est une relation plus égalitaire. C’est la relation que je recherche avec une femme. Ce n’est pas une relation de domination spécifiquement. J’avais besoin de respecter ma femme intellectuellement. Sur le plan business, sur le plan des idées, sur le plan de la citoyenneté, exactement comme un homme


TOP Oui, j’ai vu que vous aviez six enfants !

Vous aviez peur de ne pas la respecter si elle restait à la maison ? Le fait est que les mères de mes copains, des femmes au foyer, je les trouvais pas assez branchées sur la vie, le monde, la politique. Je ne suis pas politisé mais je suis passionné par la politique. Mais je ne veux surtout pas normer. Je conçois très bien qu’une femme qui n’a pas d’activité rémunérée peut avoir une perception très aigüe de la vie sociale et un engagement politique fort. Donc peu importe son statut social ? Peu importe. Même si j’ai reproduit ce que vivaient mes parents. L’idée des « Happy Men » c’est venu à quel moment alors? Si ce n’est pas indiscret, vous avez rencontré votre femme quand ? En 1987. On voulait tous les deux avoir une famille nombreuse.

Oui et on s’est dit qu’on n’y arriverait jamais si on bossait tous les deux. Comme on fait aujourd’hui. Elle était dans le marketing dans l’édition et moi, dans le marketing des produits de luxe. Tous les deux très engagés. On avait un principe de base : on fait les enfants d’abord, on réfléchit ensuite. On voulait pas que nos choix de boulot influencent nos choix dans la vie privée. J’ai toujours été mal à l’aise avec l’injonction silencieuse qu’est faite aux femmes, par exemple, d’utiliser des contraceptifs quand elles obtiennent un poste pour leur faire comprendre qu’il ne faut pas faire un enfant tout de suite. Ça veut dire que la culture de l’entreprise influe directement vos choix, qui sont pour des choix véritablement essentiels. Demander à une femme ou à un couple de contrôler sa fécondité au nom du job que l’on fait, je trouve ça inimaginable, insupportable. Vous avez attendu d’avoir vos six enfants pour créer « Happy Men » ? Oui, c’est ça. On a créé une première boîte ensemble en 1987 et elle est devenue en 2000 « Campanieros ». Et on a donc bossé sur le problème de l’inégalité professionnelle. Tout le monde me disait autour de moi qu’il fallait lutter contre les hommes, qu’ils n’allaient pas céder le pouvoir tous seuls et encore moins, se mettre tous seuls aux tâches familiales ou domestiques. Ma conviction était qu’il y avait une grande erreur là-dedans.


TOP Alors certes, il y a un grand nombre d’hommes qui n’ont aucun intérêt dans les choses de la famille peut-être, mais il y en a de nombreux autres qui ont un vrai intérêt et ceux-là apprennent assez vite qu’ils ne peuvent pas porter ses besoins dans un cadre classique professionnel. C’est là toute la question des stéréotypes. Ils comprennent vite qu’ils vont être considérés comme désengagés s’ils prennent leur mercredi après-midi, s’ils partent tôt, s’ils refusent une réunion tardive, s’ils refusent une mutation. Ils vont très vite comprendre que cela ne se fait pas pour un mec. C’est presque les mêmes sanctions pour les femmes… Oui, alors ce sont les mêmes et donc on est dans un système qui n’évolue pas. Ça évoluera le jour où les collègues et le patron arrêteront de penser qu’on peut plus compter sur le type qui prend ses mercredis après-midi ou se « désengage » selon eux. Le jour où ça changera pour les hommes, ça changera pour les femmes. Il faut changer la culture. Et ce n’est pas une question de loi. Légalement, les hommes comme les femmes ont le droit de demander un congé leur mercredi. Le problème c’est comment on regarde les hommes qui utilisent ça. Ça, ce serait votre objectif ? Oui. C’est le changement de regard des hommes sur les hommes qui permettra de changer le regard que les hommes portent sur les femmes. Et je crois que le cœur du problème se passe dans l’entreprise.

Et pour que cela change, il faut que le pouvoir dans l’entreprise soit supporteur. Et là encore c’est que des hommes. 75% des cadres supérieurs sont des hommes. Si ces hommes-là ne changent pas, rien ne changera. Quel est le regard des autres hommes sur ce que vous faites ? En général, ils sont indifférents ou légèrement narquois. Je parle de tout le monde : vos collègues, vos amis, le journaliste qui vous interview…D’accord, alors vous avez 1% d’hommes militants, vous avez 5% d’hommes entièrement opposés à ce sujet, et 94% d’hommes indifférents ou légèrement narquois.

J’ai justement la question que personne ne vous a posé : mais qui sont-ils ces adhérents ? Des hommes absolument classiques. Ce sont des gens qui sont dans l’entreprise mais pas forcément militants. Je n’en cherche pas d’ailleurs à priori. Ceux-là ne m’intéressent pas, ils sont déjà sensibilisés.


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Les gens qui m’intéressent, ce sont ceux pour qui ce n’est pas un sujet. Pour eux, c’est un sujet de femmes, de bonnes femmes, un sujet politiquement correct. Ce sont des gens qui ont l’impression d’être pour l’égalité, qu’il n’y a pas besoin de changer les choses. Ils ne voient pas ce qu’ils ont à faire. C’est pour cela que chez les « Happy Men », nous accordons beaucoup d’importance à la formation. Pour être « Happy Men », il faut être formé. Sinon on ne comprend pas où est le sujet. Il faut comprendre que ce qui se gagne pour la femme dans le milieu professionnel, se gagne pour les hommes dans la vie privée. Que c’est un enjeu de business, de management et de performance pour que les gars comprennent bien. Ce qu’on a mesuré chez les « Happy Men », d’après des sondages qui ont été fait, est que la principale préoccupation des hommes cadres c’est leur couple. C’est pas le temps pour les enfants, c’est le couple. Le temps pour les enfants, il est connu. Il est normé. On l’identifie bien. Alors que pour le couple, la question est : qu’est-ce qui est essentiel à mon équilibre ? Ce ne serait pas très dur d’arranger tout le monde, les horaires … Ils seraient tous d’accord en plus. Il suffirait juste de changer le regard. On est dans la culture.

Et les femmes, alors, comment réagissent-elles ? A 90, 95% elles réagissent très bien. Elles sont très supporteurs. Y a quelque chose de symptomatique c’est qu’il y a deux réseaux de femmes avec qui on travaille : la SNCF et la Caisse des Dépôts. Le réseau des « Happy Men » a été créé par des réseaux de femmes. Elles sont très engagées. C’est elles qui ont voulu qu’il y ait un réseau « Happy Men ». Il n’y a que quelques femmes qui pensent que de créer un réseau d’hommes c’est une stupidité, qu’il faut faire des réseaux mixtes. Ce en quoi je ne crois pas du tout. A l’origine, les femmes ont créé des réseaux uniquement de femmes parce qu’elles avaient besoin d’avoir une parole libre entre elles. Sur ce sujet et notamment parce qu’il y a un certain nombre de sujets difficilement abordables face aux hommes. Et les hommes ont exactement le même problème. Et y a un moment où il faut se parler entre soi. Après il n’y a que de très rares femmes qui s’opposent à ces réseaux car elles pensent qu’il s’agit d’un combat de femmes contre les hommes.


TOP Aujourd’hui comment ça fonctionne ? Comment vous vous regroupez ? Dans chaque entreprise partenaire, ça commence par deux cercles animés par deux référents Happy Men. Ils vont réunir de cinq à vingt personnes. On recommande d’ailleurs de ne pas dépasser vingt personnes. Sinon on se parle plus. On leur recommande de se réunir cinq fois par an. Plus c’est compliqué, moins c’est trop léger. Il faut prendre un temps convivial comme autour d’un déjeuner. Et ça débouche sur quoi concrètement à chaque fin de réunion ? Dès que les gars sont au point, tu quittes ton cercle et t’en crées un. Après tu organises un temps fort avec les femmes. On ne travaille pratiquement qu’avec des entreprises qui ont un réseau de femmes. Puis tu prépares le forum des Happy Men qui a lieu une fois par an. C’est beaucoup de boulot. Est-ce que vous avez un proverbe ou un adage auquel vous tenez particulièrement ? J’ai une phrase de De Gaulle qui dit : « La vraie école du commandement c’est la culture générale. » Pour aborder ces sujets dont on parle, si on n’a pas de vision littéraire, politique, historique, il nous manque des billes. Si on ne maîtrise pas le passé, on peut pas inventer le futur. .

Découvrez le Grenelle du Travail Moderne porté par le réseau Happy Men et le Forum le 1 Juin 2017 !

Si vous étiez Président ? … Je changerai le travail, de manière très profonde. Je créerai un immense service civique obligatoire où tout le monde serait impliqué de la même façon dans le monde économique privé comme dans la vie publique. Les hommes comme les femmes. Le travail a tout envahi. Les hommes ET les femmes travaillent, ce qui est une nouveauté historique. C’est dans ce monde du travail, qu’il faut trouver les solutions. Aujourd’hui, le travail est trop orienté vers la consommation et isole chacun de nous de sa vie privée. Il ne donne pas suffisamment d’ouverture. On ne va pas réduire le travail. Donc il faut le penser autrement. D’où l’idée d’un grand service civique à l’israëlienne, par exemple, qui propose aux chômeurs de rebasculer immédiatement dans le domaine public pour ne pas se sentir « inutile », qui est une notion effrayante. Ça détruit les familles, ça détruit les gens. Les 35 heures n’ont pas permis de passer plus de temps en famille mais davantage de consommer. Le service civique permettrait de donner un effet d’enracinement au travail. Aujourd’hui, il a plus un effet de déracinement. C’est magnifique de travailler, ce n’est pas un hasard si les femmes se sont battues pendant si longtemps pour ça. Denis Bertrand


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INTERVIEW de

Romain Compingt Produit et réalisé par Women Side

EXT. FACE À L’HORIZON DEGAGÉ – JOUR Quelque part entre le Festival de Cannes 2016 et la Cérémonie des Césars 2017. Le scénariste de Divines d’Houda Benyamina et de Populaire de Régis Roinsard, se confie : ROMAIN (voix off) Alors quel est mon parcours ? Eh bien, j’ai fait le C.E.E.A., le Conservatoire Européen d’Ecriture Audiovisuelle, juste après le BAC, parce que j’ai toujours su que je voulais écrire, j’ai toujours voulu vivre de mon écriture et j’avais aussi envie de jeu. C’était mon obsession, donc j’ai passé le concours très tôt. J’ai fait mes deux ans de formation scénaristique, c’était très enrichissant. J’ai pu travailler avec des gens qui avaient trente ans de moyenne d’âge, ce qui m’a ouvert pas mal de perspectives.

A la sortie du Conservatoire, j’ai commencé à aller frapper aux portes des producteurs mais bon, j’avais vingt ans, c’était un peu compliqué. J’ai donc continué mes études, de lettres (littérature générale et comparée) à Paris III, et suivi un an de conservatoire de théâtre. Suite à quoi j’ai fait un stage dans une boîte de production (FIT production) pour Jean-Pierre Ramsay Lévi, qui m’a embauché. J’ai lu les textes des autres en tant qu’assistant littéraire, et c’est durant cette période que j’ai rencontré Alain Layrac. Alain a créé Une famille formidable avec Danièle Thompson, et écrit pour le cinéma, entre autres Mauvaises fréquentations et Héroïnes.


TOP Je suis un fan absolu de Marilyn Monroe et du cinéma américain des années 50. Régis m’a proposé de faire ma version de Populaire, qu’on a vendu aux Films du Trésor. Populaire a donc été le premier scénario qui s’est concrétisé et il s’est concrétisé assez vite parce que Romain Duris s’est positionné rapidement après notre entrée au Trésor pour le rôle de Louis. A la sortie de Populaire, les producteurs sont venus davantage vers moi, j’ai développé d’autres films qui n’ont pas vu le jour, avant que je ne commence à travailler sur Divines.

Il se trouve que j’avais vu Héroïnes quand j’avais treize ans, qu’il n’avait pas eu le succès qu’on lui promettait tant mais qui, chaque fois qu’il passe à la télé, explose l’audimat. Ce film m’avait fasciné. Des années après, je rencontre son auteur… Alain a lu un roman que je développais à l’époque, et c’est lui qui m’a donné ma chance. On a commencé à écrire ensemble. On a mis sur pieds un projet de série et ça a été très formateur. Puis deux longs métrages qui n’ont pas été tournés mais pour lesquels nous étions sous contrat - dont un pour Isabelle Adjani en tant que productrice et rôle principal, une histoire incroyable qui m’a appris beaucoup sur l’écriture. Travailler avec Adjani, c’est un honneur, elle est d’une bienveillance et d’une intelligence absolues. Alain m’a ensuite présenté Régis Roinsard quidéveloppait Populaire avec Daniel Presley et n’avait pas de producteur.

C’est la première fois que je travaillais avec une femme à la réalisation. La rencontre s’est faites via le producteur d’Houda, Marc Benoît Créancier, qui avait été touché par Populaire. Houda aussi y avait vu une sensibilité qui lui avait plu. Elle cherchait un scénariste parce qu’elle avait commencé à développer le projet qui s’appelait encore Bâtarde avec son ami d’enfance Malik Rumeau, metteur en scène de théâtre, et ils étaient dans une impasse en termes de dramaturgie.


TOP Elle voulait un scénariste qui avait déjà une expérience. J’ai fait mon propre traitement puis Houda et moi avons travaillé de la première version dialoguée du scénario à celle du tournage. Houda m’a ouvert des perspectives : via son association 1000 VISAGES (qui tend à démocratiser les métiers du cinéma dans les quartiers populaires), je me suis retrouvé à écrire un court-métrage, Please love me forever, pour une réalisatrice qui œuvre dans l’asso, Holy Fatma. Non pas que je me sois dit que dorénavant je ne travaillerais qu’avec des femmes. Je crois surtout aux rencontres, aux énergies… Pour accompagner la sortie de Divines, je me retrouve souvent à devoir exposer un point de vue sur la société. C’est une chance absolue que de pouvoir partager publiquement son opinion et en débattre, mais il est vrai que certaines choses me paraissent si évidentes - l’égalité entre les sexes, entre les gens, l’importance de l’altérité, par exemple – que cela m’a demandé un effort de les conscientiser et d’en faire des arguments. Ce que je veux dire, pour en revenir à la question réalisateur/réalisatrice, c’est que je n’ai pas fait de différence dans ma démarche… Mais il est vrai que j’avais jusque là travaillé avec des hommes et qu’avec Houda, il s’est passé autre chose. Alors qu’est-ce qui a été différent du fait que ce soit une femme ? Eh bien, moi ma marotte ce sont les personnages féminins, ils m’ont toujours inspiré. Ma mère et ma sœur ont eu une importance capitale dans mon éducation, j’ai toujours eu beaucoup d’amies, et cela se ressent dans mon écriture.

Avoir Houda comme interlocutrice m’a permis d’aller plus loin dans la caractérisation de ces personnages, elle m’a poussé vers des territoires que mes interlocuteurs masculins ne connaissaient pas, elle a galvanisé ma sensibilité féminine. Dounia, par exemple, est longtemps restée simplement un garçon manqué en colère, violente et fermée. Houda (et plus tard Oulaya, quand elle s’est emparée du rôle) m’a amené à en faire un personnage plus doux, plus complexe, avec notamment un vrai sens de l’humour. On a été plus vite en écrivant ensemble pour le coup. Après, ça s’est enchaîné, j’ai fait des consultations pour Emmanuelle Bercot, Marion Vernoux, Marie Monge… Il y a finalement une sorte de logique par rapport à ma vie personnelle où les femmes sont très présentes.


TOP J’ai souvent entendu Houda dire, de manière générale, qu’en tant que femme, elle devait en faire trois fois plus pour convaincre. Mais avec son producteur et ses collaborateurs masculins, elle a réussi à créer une émulation collective qui fait que sur Divines, je n’ai pas ressenti que c’était un désavantage pour elle d’être une femme. Houda est prête à déplacer des montagnes. C’est sa nature. C’est une guerrière. « Ceux qui rêvent éveillés ont conscience de mille choses qui échappent à ceux qui ne rêvent qu’endormis » Edgar Allan Poe J’ai assisté de manière épisodique au tournage de Divines. En tant que scénariste, j’aime aller sur les plateaux voir le travail qui prend forme. Mais c’est compliqué d’être sur un plateau quand tu n’y as pas une fonction définie. C’est pour cela qu’on s’est mis d’accord avec Houda pour que je vienne les moments où elle avait besoin que je lui rappelle les enjeux de telle ou telle scène. Par ailleurs, j’avais accès aux rushes chaque soir. Ce qui nous permettait de débriefer notamment sur les intentions, convenir si elles avaient été imprimées ou non sur la pellicule. Voir si on pouvait se passer de certaines scènes pour alléger le plan de travail et ne pas être redondants dans le propos et l’histoire ou si en supprimant le début d’une scène, on allait comprendre la suite. Cette collaboration s’est ensuite poursuivie sur certaines étapes de montage.

Son discours à Cannes, c’est elle. Je crois que ce qui a pu déranger tient plus sur la forme que sur le fond. Elle était survoltée et submergée par l’émotion. Je trouve magnifique qu’elle dise qu’on n’a pas le droit d’être fatigué quand on fait du cinéma, qu’elle mette les femmes et les laissés pour compte en lumière, qu’elle rende hommage aux scénaristes. C’est rare. On aura toujours besoin de défendre l’égalité homme-femme, il faudra toujours des petites piqûres de rappel. C’est la marche de l’Histoire, qui est bien souvent amnésique. Pour moi, la valeur la plus importante c’est la compréhension de l’autre. C’est pour cela que j’écris.

Denis Bertrand


Jolie Nouba déniche les dernières tendances de décoration festive

Le 9 Mars à Paris Billetterie ouverte


ROLE MODEL

Delphine Remy-Boutang, digital master

Delphine Remy-Boutang est fondatrice de The Bureau, une agence digitale de conseils stratégiques, et de la Journée de la Femme Digitale, qui se tiendra le 9 mars prochain à la Cité de la Mode et du Design. Entretien avec une self made woman qui doit tout à sa détermination optimiste. Vous êtes connue pour votre engagement, qui est lié à votre parcours d'autodidacte et votre persévérance. Comment le digital est-il arrivé dans votre vie ? C'est ma passion. Depuis toujours, les nouvelles technologies ont eu de l'importance pour moi. J'ai travaillé chez IBM et j'intervenais pour parler d'innovation, souvent en étant la seule femme sur scène. En France ou à l'étranger. Les femmes ont été trop longtemps vues comme celles qui achètent plutôt que comme celles qui créent.

Il fallait donc un évènement pour célébrer celles qui innovent. Les femmes sont les pionnières du digital, c'est le message. 28% de femmes seulement dans le secteur. Que se passe t-il ? Les hommes ont pris possession du web, quand il a acquis ses lettres de noblesse. Mais, le digital a le pouvoir d'accélérer l'égalité entre les hommes et les femmes.


ROLE MODEL On lui attribue le destruction d'emplois, alors que l'on va recréer d'autres emplois et plus d'égalité. Il faut que les femmes se réapproprient ce domaine pour devenir les architectes du monde de demain. Cette femme du futur est digitale. C'est une femme libre qui innove avec intuition, en expérimentant et en partageant. Il faut prendre notre place, et accepter que nous avons changé de monde. Si vous étiez présidente, sur quel programme seriez-vous élue ? Je pars du mot "politique" qui revient à s'occuper des affaires de la cité. La Journée de la Femme Digitale est politique. Si je parle de l'importance de l'égalité, ce sera une priorité. Pour cela, l'inégalité avérée dans les entreprises, les comex entre autres, serait interdite, et punie concrètement.

Quelles sont les femmes qui vous inspirent ? J'aime Simone de Beauvoir et ses citations qui m'aident quotidiennement, contre le sexisme ordinaire. J'aime dire qu'on ne nait pas entrepreneure ou intrapreneure, on le devient. La Femme n'est pas fragile, c'est sa condition qui l'est.

Capucine Bertrand


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Le prix Margaret récompense chaque année une femme intrapreneure et une femme entrepreneure, engagées dans le digital. Créé par la Journée de la Femme Digitale en hommage à Margaret Hamilton, codeuse au MIT et pionnière de l’informatique moderne, le prix fait lumière sur une femme de l’ombre qui a pourtant révolutionné le digital.

A l’image de Margaret Hamilton, les lauréates du prix sont des femmes engagées, inspirantes, qui participent à créer un monde plus juste grâce au digital. Grâce au digital, le trophée est totalement personnalisé ​: une première pour une remise de prix ​! Judith Darmont, digital artiste interdisciplinaire et sensorialiste, rencontre chacune des lauréates pour créer un trophée personnalisé sous forme de portrait video-art ​: une minute où le temps est suspendu, comme un avantgoût d’hologramme. ​Chaque lauréate du prix est telle une étoile qui vient s’ajouter à la constellation de femmes digitales, aux côtés de Margaret Hamilton.

Margaret Hamilton se tenant auprès du code du logiciel de navigation qu'elle et son équipe du MIT Draper Lab ont produit pour le programme Apollo.

Découvrez dès à présent les 10 nominées dans les catégories « ​Femme intrapreneure ​» et « ​Femme entrepreneure ​» de l’année, ​et rendez-vous le 9 mars pour découvrir les lauréates et vivre cette remise de prix unique !


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Rendez vous le 9 Mars 2017 !


ROLE MODEL

SEMAINE DE SENSIBILISATION

Initiée par le secrétariat d'Etat chargé des Droits des femmes et 100 000 entrepreneurs, en partenariat avec le ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et le ministère de l'Economie, entre autres, la Semaine de sensibilisation des jeunes à l’entrepreneuriat féminin sera reconduite pour la 5ème année consécutive du 6 au 12 Mars 2017 En résonance avec la Journée internationale des droits des femmes, il s'agit de montrer la diversité et la richesse de l'entrepreneuriat féminin en France et de sensibiliser les jeunes à la culture d'entreprendre. Une sensibilisation des filles et des garçons dès l'âge des premiers choix d'orientation Plus de 400 femmes entrepreneures interviendront pendant une semaine auprès de jeunes de 13 à 25 ans dans les établissements scolaires du secondaire et dans l'enseignement supérieur. A travers leurs témoignages, elles portent un message audacieux : il faut oser entreprendre ses propres projets, que l'on soit fille ou garçon.

Une mobilisation massive croissante Les femmes sont toujours plus nombreuses à rejoindre l'action de la Semaine à l'instar de la région Rhône-Alpes où plus de 150 femmes entrepreneures de différents réseaux, fédérées autour du Réseau Economique Féminin, sont attendues pour mutualiser leurs forces afin de faire changer les mentalités et les représentations sur la réussite professionnelle et l’entrepreneuriat. Une participation et des actions très diversifiées pour illustrer la richesse de l'entrepreneuriat féminin Des entrepreneures de tous domaines, aux parcours divers, à la tête d'entreprises de toutes tailles s'impliquent dans toute la France mais également des personnalités publiques et politiques.


ROLE MODEL 100 000 Entrepreneurs est une association qui a pour objet de transmettre l’esprit et l’envie d’entreprendre aux jeunes de 13 à 25 ans (de la 4e jusqu’à l’enseignement supérieur) en organisant des témoignages d’entrepreneurs et de salariés porteurs de projets dans les établissements scolaires. En 2014-2015 ils ont : - sensibilisé 63 000 jeunes à l’esprit et l’envie d’entreprendre sur la période scolaire 20142015, notamment dans les quartiers difficiles, - sensibilisé près de 300 000 jeune depuis la création de notre association en 2007 - organisé des interventions dans 20 régions

Cette association a créé en 2013 la semaine de sensibilisation des jeunes à l’entrepreneuriat féminin afin d’inciter les femmes entrepreneures à nous rejoindre pour témoigner de leur expérience auprès des jeunes. La dernière édition a permis à 410 femmes entrepreneures de témoigner de leur expérience auprès des jeunes. L’objectif de cette semaine : Diffuser l’esprit d’entreprendre et découvrir le monde professionnel à travers le parcours d’entrepreneures et d’intrapreneures. Montrer aux jeunes la diversité et la richesse de l'entrepreneuriat féminin et faire changer les représentations sur la réussite professionnelle.

Modalité de l'action : sur une semaine dédiée les entrepreneures interviennent dans les classes soit individuellement dans une classe, soit collectivement dans le cadre de "forums d’entrepreneures" ou de conférences. Chaque entrepreneure assiste à une séance de formation préalable soit collectivement soit via un outil de elearning. Les interventions sont gratuites pour les enseignants. Pour plus d’informations sur la méthode 100 000 Entrepreneurs.


ROLE MODEL

Cette année des binômes dans toute la France animent un réseau d’entrepreneures chevronnées et débutantes. Exemple en Ile de France. Diplômée de l'ESCP Europe, Véronique di Benedetto a occupé différents postes de Direction en France et à l’International dans des sociétés informatiques. Elle est actuellement administratrice et Vice Présidente France d’Econocom, groupe européen qui accompagne la transformation numérique des entreprises. Administratrice du Syntec Numérique et Présidente de Femmes du Numérique, elle soutient aussi plusieurs projets autour de l'entrepreneuriat et des jeunes. « Je m'appelle Ketleen LOUISJEAN, j'ai 24 ans et je porte le projet Curly Vanity qui est une trousse d’accessoires indispensables pour prendre soin de ses cheveux crépus, défrisés, ondulés et bouclés. Après avoir fini mes études en communication, j'ai postulé au poste de chef d'entreprise à travers le projet Curly Vanity. Ce qui m'a décidé ? ​ Mon stage au sein du pôle de compétitivité Cap Digital pendant lequel j'ai découvert l'écosystème du numérique et de l'entrepreneuriat .»

Une entrepreneure c'est … une femme passionnée qui porte son projet avec confiance et détermination, et qui sait persévérer, malgré les difficultés, jusqu’à obtenir le succès . Une citation ​? ​ Dans la vie, il n'y a pas de solutions il y a des forces en marche : il faut les créer et les solutions suivent. Antoine de Saint –Exupéry

Une entrepreneure c'est... une femme qui fait de ses rêves une réalité. Une citation ? Choisissez un travail que vous aimez et vous n'aurez pas à travailler un seul jour de votre vie" Confucius


ONELIFE

NEIL RICHMOND

« 100% des bénéfices donnés aux enfants pour l’Education. Avec une éducation, une fille détient quelque chose qui n’a pas de prix : le choix. » C’est ainsi que le projet Onesqin se dessine pour des millions de filles dans le monde. Leur redonner le pouvoir. Le pari de Neil Richmond et de son associé Sinisa Jovic. Deux hommes, des produits cosmétiques et hygiéniques pour changer le monde. En s’adressant à nous pour nous présenter leur vision, nous avons forcément pensé à vous, chers lecteur.rices. L’émotion nous a gagné. Call from London, just for you ! Vous rappelez-vous le moment exact où vous avez pensé à créer Onesqin? Mon ami très proche et co-fondateur de OneSqin Sinisa Jovic m'a appelé en Janvier 2016 avec l'idée de créer la plus haute qualité de cosmétiques naturels et d’utiliser les profits pour faire « le bien ». Il attendait probablement que je le traite de fou - mais j'ai toujours voulu faire quelque chose de vraiment significatif dans ma vie et j’ai aimé l'idée. Sinisa et moi avons trouvé notre but dans la vie en lançant OneSqin.

J'ai toujours été un grand partisan de l'égalité. Ayant vécu et voyagé dans de nombreux pays et cultures, depuis ma plus tendre enfance, j'ai appris combien il est insensé pour les gens de ne pas être traités comme égaux simplement parce qu'ils sont nés dans un pays différent, d'une religion, d'un sexe, d'une couleur de peau ou d'une situation financièr.e.s différent.e.s. Sini et moi partageons des expériences similaires, ayant tous deux travaillé sur des super yachts et voyageant dans le monde. Nous avons vu comment les plus riches de la planète vivaient.


ONELIFE Mais lors nos voyages nous avons aussi été témoins de situations désespérées. Nous nous considérons chanceux d’avoir vu ces parties du monde tout en étant bien payés, mais nous nous rendons compte que nous sommes parmi un petit pourcentage de la population mondiale. Maintenant il est temps pour nous de redonner. Tout en recherchant et en essayant d'identifier la meilleure façon de changer la société, nous avons rencontré des statistiques choquantes des Nations Unies sur l'inégalité vécue par les filles et les femmes. Mais en même temps nous avons réalisé le potentiel énorme de changement qui peut être créé si nous pouvons éduquer des filles - le coup sur l'effet est incroyable. Sini a 2 jolies petites filles et il a réalisé combien il est plus facile pour eux - l'éducation, les soins de santé etc. est quelque chose que nous pouvons facilement prendre pour acquis mais pour la plupart des filles dans le monde ce n'est malheureusement pas la réalité qu'ils font face. Aider une fille dans le besoin change non seulement sa propre vie, mais celle des familles, des communautés et du monde.

Un rêve est né pour créer un changement social positif à grande échelle, et vraiment changer le monde pour le mieux, pas seulement localement, ou nationalement, mais dans le monde entier. Nous avons commencé à travailler ensemble presque immédiatement et nous nous sommes plongés dans la recherche et le développement du concept pour trouver une incroyable équipe de bénévoles qui s’est joint à notre voyage. À l'automne 2016, nous avons créé la marque; l’été 2016, nous avons formé un CIC (société d'intérêt communautaire), et à la fin de 2016, nous avions fini de développer nos produits et avions commencé à parrainer les deux premières filles, qui allaient recevoir une éducation à l'école SEGA pour les filles en Tanzanie par le biais de la charité Nurturing Minds. Comment ça marche ? En changeant de marque lorsque vous achetez des articles essentiels, vous pouvez créer un changement social positif. OneSqin offre des tampons en coton organique de première qualité et une crème pour la peau naturelle, et 100% des profits sont versés à des projets qui offrent de l'éducation aux filles dans le besoin. Maintenant, il est facile de changer le monde!


ONELIFE

Avez-vous des remarques sur le fait que vous êtes un homme, pour la cible très féminine des produits ? Merci d'avoir posé la question. Beaucoup de gens sont surpris de voir que les 2 fondateurs sont des hommes, qui vendent des tampons et qui donnent tout l'argent pour éduquer les filles. La plupart de ces gens pensent que nous sommes fous. Diverses circonstances et faits nous ont amenés à choisir de soutenir les filles dans le besoin, et aussi de faire des produits féminins essentiels. Sini a dû cesser de travailler comme un capitaine de yacht à cause de la naissance de ses 2 filles, et comme il ne voulait pas utiliser des produits chimiques nocifs sur ses enfants, il a commencé à faire ses propres savons et baumes pour les couches. J'ai grandi en Allemagne où les cosmétiques biologiques sont très populaires, et j’utilise des produits naturels depuis 24 ans. Comme les femmes sont de loin les plus grands utilisatrices de produits cosmétiques naturels, nous avons décidé de fabriquer d'excellents produits naturels pour elles et leur offrir un produit de meilleure qualité qui est éthique, et en plus qui change la vie des filles dans le besoin. Les tampons sont un élément essentiel utilisé par tant de femmes - nous visualisons l'énorme potentiel de changement si seulement un petit pourcentage des femmes, socialement conscientes choisissent les tampons OneSqin à la place.

Lorsque nous avons essayé d'identifier la meilleure cause pour faire don de 100% des bénéfices de OneSqin, nous avons trébuché sur les statistiques choquantes des Nations Unies sur les filles dans le besoin qui ne reçoivent pas d'éducation, et les nombreuses personnes qui font face au mariage des enfants, l'abus sexuel, et la mort en couche. Nous savions que nous avions trouvé notre cause. Quels sont les prochains projets majeurs avec Onesqin? Nous sommes extrêmement heureux de lancer OneSqin en avril de cette année avec un projet de crowdfunding qui sera soutenu par la RSA (Royal Society of Arts). C'est l'occasion pour les gens de se joindre à notre mouvement, de créer un monde meilleur grâce au #OneSqinEffect et de profiter de grands produits naturels! Inscrivez-vous sur www.onesqin.org maintenant pour en savoir plus. Ce projet étonnant pourra évoluer avec votre aide. Ensemble nous pouvons changer le monde.

www.onesqin.org BE THE CHANGE! Capucine Bertrand


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WOMEN SIDE - Mar. 2017  
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