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for all women & men about equality

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MAGAZINE

? Pour toutes les femmes et tous les hommes, à propos d’égalité.


Le 12 Avril en LIVE from Singapor

©Copyright, 2017 – CARTIER INTERNATIONAL


Capucine Bertrand

EDITO

Vous lisez le numéro d’Avril et il s’agira de politique évidemment. Quand on sait que notre premier numéro parlait des élections américaines illustrées par un portrait d’Hillary Clinton, le démarrage de Women Side est certainement une formidable occasion. L’occasion de quoi ? De revenir à ce qui est politique ; en dehors d’échéances électorales. C’ est-à-dire, à peu près tout. Nous allons sortir de France d’abord, et de la politique politicienne aussi.

En découvrant sa Note sur la suppression générale des partis politiques au moment où je cherchais une couverture pour ce mois si spécial, son travail de philosophe m’a bouleversé. Au regard de son parcours et de sa vie, il était nécessaire de lui dédier ce mensuel.

Simone Weil était philosophe, écrivain et militante. Juive, elle a cherché à comprendre la montée du nazisme et a prédit la victoire d’Hitler. Le sentiment de renversement vers les extrémismes est tellement palpable aujourd’hui, que son travail trouve un Pour cette raison, Simone Weil est malheureux écho. Travailleuse à la chaine en usine, notre covergirl. Peut-être sourirait-elle en sachant que nous c’est aussi une mystique qui s’est rapprochée du Christianisme. la nommons ainsi ! A travers sa note qui peut choquer, elle démontre comment le « parti » politique est le contraire de la démocratie, qui ne peut exister que dans la recherche de la vérité et de la justice. Sa liberté de ton et de penser est absolue. Un grand esprit inconnu toute sa vie et toujours ignoré aujourd’hui. Décédée à l'âge de 34 ans d'une crise cardiaque, Simone Weil laisse une œuvre fascinante dont l’importance a été saluée par Albert Camus qui a fondé la collection « Espoir » aux éditions Gallimard, pour faire connaitre sa pensée, ou encore André Breton.


p

8 Simone Weil,

SOMMAIRE

Note sur la suppression générale des partis politiques

9 Hervé Naillon, P

Ecologie et féminisme

11 Olivier Simmat

P

Au nom des femmes artistes

15 Carine Bonnefoy, P

Cheffe d’Orchestre


18 Présidentielles,

P

SOMMAIRE

Proposition pour l’égalité. On a fait le tour.

25 Sarah Abadie, P

A toute allure.

29 Maryam Radjavi, P

Une présidente pour l’Iran ?

36 Brenda Boukris, P

Professeure de séduction


Femmes d'Avenir en Méditerranée, programme unique élaboré par Sciences Po à l'attention de jeunes femmes issues de la rive sud de la Méditerranée, pour les guider et les former dans leur épanouissement professionnel et personnel, se tiendra du 9 au 19 mai 2017.  


Extrait – Note sur la suppression générale des partis politiques

SIMONE WEIL

« Il est impossible d'examiner les problèmes effroyablement complexes de la vie publique en étant attentif à la fois, d'une part à discerner la vérité, la justice, le bien public, d'autre part à conserver l'attitude qui convient à un membre de tel groupement. La faculté humaine d'attention n'est pas capable simultanément des deux soucis. En fait quiconque s'attache à l'un abandonne l'autre. Mais aucune souffrance, n'attend celui qui abandonne la justice et la vérité. Au lieu que le système des partis comporte les pénalités les plus douloureuses pour l'indocilité. Des pénalités qui atteignent presque tout — la carrière, les sentiments, l'amitié, la réputation, la partie extérieure de l'honneur, parfois même la vie de famille. Le parti communiste a porté le système à sa perfection. Même chez celui qui intérieurement ne cède pas, l'existence de pénalités fausse inévitablement le discernement. Car s'il veut réagir contre l'emprise du parti, cette volonté de réaction est elle-même un mobile étranger à la vérité et dont il faut se méfier. Mais cette méfiance aussi; et ainsi de suite. L'attention véritable est un état tellement difficile à l'homme, tellement violent, que tout trouble personnel de la sensibilité suffit à y faire obstacle. Il en résulte l'obligation impérieuse de protéger autant qu'on peut la faculté de discernement qu'on porte en soi-même contre le tumulte des espérances et des craintes personnelles. Si un homme fait des calculs numériques très complexes en sachant qu'il sera fouetté toutes les fois qu'il obtiendra comme résultat un nombre pair, sa situation est très difficile. Quelque chose dans la partie charnelle de l'âme le poussera à donner un petit coup de pouce aux calculs pour obtenir toujours un nombre impair. En voulant réagir il risquera de trouver un nombre pair même là où il n'en faut pas. Prise dans cette oscillation, son attention n'est plus intacte. Si les calculs sont complexes au point d'exiger de sa part la plénitude de l'attention, il est inévitable qu'il se trompe très souvent. Il ne servira à rien qu'il soit très intelligent, très courageux, très soucieux de vérité. Que doit-il faire ? C'est très simple. S'il peut échapper des mains de ces gens qui le menacent du fouet, il doit fuir. S'il a pu éviter de tomber entre leurs mains, il devait l'éviter. Il en est exactement ainsi des partis politiques. Quand il y a des partis dans un pays, il en résulte tôt ou tard un état de fait tel qu'il est impossible d'intervenir efficacement dans les affaires publiques sans entrer dans un parti et jouer le jeu. Quiconque s'intéresse à la chose publique désire s'y intéresser efficacement. Ainsi ceux qui inclinent au souci du bien public, ou renoncent à y penser et se tournent vers autre chose, ou passent par le laminoir des partis. En ce cas aussi il leur vient des soucis qui excluent celui du bien public. Les partis sont un merveilleux mécanisme, par la vertu duquel, dans toute l'étendue d'un pays, pas un esprit ne donne son attention à l'effort de discerner, dans les affaires publiques, le bien, la justice, la vérité. Il en résulte que — sauf un très petit nombre de coïncidences fortuites — il n'est décidé et exécuté que des mesures contraires au bien public, à la justice et à la vérité. Si on confiait au diable l'organisation de la vie publique, il ne pourrait rien imaginer de plus ingénieux. »


le féminisme avant tout

HERVE NAILLON

Ecodesigner, spécialiste des questions de développement durable, Hervé Naillon est également auteur de poésies et photographe. Il nous rejoint pour une tribune liant écologie et égalité. Réflexions.

« Le débat politique en France aborde tous les sujets avec plus ou moins de conviction, de temps et d’analyse. Chacun veut mettre son thème comme central, de la dette au chômage, de la démocratie à l’écologie. Il me semble évident que sans éco-système viable, le reste n’est que mots et illusions qui deviendront promesses intenables. Et pourtant, il est un sujet qui est à mon sens premier et primordial, le féminisme. Nous ne pouvons espérer changer quoique ce soit dans nos sociétés tant qu’une majorité sera discriminée. Cette discrimination initiale ouvre le champs de toutes les discriminations de minorités, aux racismes, à l’antisémitisme... Si la majorité des citoyens français, parce nées femmes, ne peuvent vivre pleinement leur droit, comment pourrait-il en être autrement pour toutes les minorités? Elles ne sont d’ailleurs minorités dans l’esprit que parce que la majorité existe comme ensemble discriminé. L’égalité n’existe de facto que lorsqu’il n’y a plus de distinction entre minorité et majorité. Nous vivons donc dans une société où les femmes sont discriminées. Du choix de jouets roses à 4 ans, à la tenue « adaptée » pour sortir à l’adolescence, du corps confisqué dans la sexualité ou le droit à l’avortement remis en débat. Quant aux règles sociales qui en découlent, c’est le long inventaire des salaires minorés,


des carrières impossibles pour cause de maternité ou la soumission au projet du patriarcal époux au destin exceptionnel. Un humanisme est-il possible dans ce contexte? Bien évidemment, non, le socle est mauvais, nauséabond, inique. S’il ne peut y avoir d’humanisme, il ne saurait y avoir de fraternité et donc d’empathie. Cette absence d’empathie pour l’autre se reporte sur cette totale rupture que nous avons avec la nature, préférant la compétition à la symbiose. Dès lors, sans symbiose possible, point d’écologie. Et qu’est ce que l’écologie? L’étude de la maison (oikos logos), le préalable à la gestion de la maison (oikos nomos): l’économie. Notre économie, hors sol, hors vie, parce que sans écologie, est faussée. Nous nous lançons dans des projets qui échappent aux possibles, comme si nous pouvions voler parce que nous nierions la gravité. Alors cette économie illusoire, cette chrématistique écrivait Aristote, détruit ce qu’elle devrait construire, le lien social. Elle se nourrit de cette perte de lien jusqu’à nous infliger la fin de nos libertés. L’espèce humaine se trouve confrontée à des défis incommensurables qu’elle s’est elle-même donné. Jamais cette espèce qui se veut dominante n’a été mise dans une situation mêlant la diminution des ressources, la perte dramatique de biodiversité, un dérèglement climatique majeur sur un temps historique aussi court. Et tout cela se produit alors que la population humaine croit chaque jour et que les inégalités se creusent avec indécence. Il n’existe qu’une seule réponse que l’espèce humaine puisse donner à ces paradigmes nouveaux créés par elle-même: s’inventer en humanité. L’humanité en tout cohérent et conscient, vivant en symbiose avec son éco-système, abandonnant le délire mortifère de la compétition. Tout est à faire. Et dans ce contexte, le féminisme a deux visages. Celui de la libération de la moitié de notre espèce pour poser les bases de l’invention à venir. Et le féminisme à venir qui n’est pas donner les mêmes pouvoirs destructeurs que ceux donnés aux hommes pendant des siècle mais inventer, ensemble une chose si tentante: l’humanité dans un projet humaniste, écologique et spirituel. Voilà pourquoi il ne peut y avoir de changement sans poser avant tout le préalable féministe à ce changement. Sans cela, tout relèvera de la variable d’ajustement d’un modèle indécent, destructeur et cynique où seuls les plus violents croient pouvoir être gagnants. Voilà pourquoi cette période est absolument merveilleuse puisqu’elle nous offre l’héritage de milliers d’années d’histoire, de culture et de civilisation pour inventer, ensemble, l’humanité. »


au nom des femmes artistes

OLIVIER SIMMAT

Conseiller auprès du Président des musées d'Orsay et de l’Orangerie, nous avons rencontré Olivier Simmat qui œuvre pour pérenniser un cercle témoignant d’une volonté commune de mettre les femmes à l’honneur. Il s’agit également de sensibiliser les acteurs économiques à différents enjeux autour de la place des femmes dans la société.

Vous êtes un ancien banquier. Ce qui peut surprendre de prime abord.

C’est donc un atout.

Les subventions baissent et on nous J’étais effectivement banquier et j’ai rejoint demande de trouver des financements. le musée, il y huit ans. Je devais m’occuper Si l’on veut faire de grands travaux, il faut beaucoup d’argent. Nous avons mis des Amis du Musée pour quelques mois. en place la restauration des collections, Le Musée est une organisation comme les tout mis sous verre, tout ré-encadré. Je autres, même si le produit final diffère. m’attaque également aux grands C’est une petite entreprise de 700 formats académiques comme l’œuvre personnes avec son service informatique, Les Femmes Gauloises pour laquelle sa comptabilité, en plus des dix-sept nous avons impliqué le Cercle des conservateurs. C’est de la gestion Femmes Mécènes. C’est un projet d’entreprise. Et j’apporte ma vision de amusant, un clin d’œil, de restaurer ce l’entreprise à un établissement public avec tableau avec ces femmes combattantes la moitié des salariés qui sont des qui poussent les hommes au combat, et fonctionnaires. D’ailleurs, pour s’occuper qui s’apercevant que tout est perdu, du mécénat, il faut discuter avec les tuent leurs enfants. banquiers, dont je connais les processus Un thème très joyeux ! internes et les besoins.


Auguste Glaize (1807-1893) Les femmes gauloises : épisode de l'invasion romaine 1851 Huile sur toile H. 424 ; L. 651 cm © Musée d'Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

Justement, comment choisissezvous les œuvres à restaurer ? C’est une décision du département de la Conservation. L’ancienne génération de conservateurs vient de nous quitter cette année ; nous fêtons les 30 ans du Musée. Et il s’avère qu’ils n’étaient pas friands des tableaux académiques, qui sont restés dans les réserves tout ce temps. Je tente de mettre en lumière ces tableaux comme Les Femmes Gauloises, une œuvre qui n’avait pas été montrée depuis 1852.


Comment est né le Cercle des Femmes Mécènes ? Nous avons eu une programmation très tournée vers les femmes artistes comme Degas et Le Nu ou Les Femmes Photographes. Et pour faire parler de ces expositions, nous avons commencé à rencontrer des structures et cercles déjà existants. Au fur et à mesure de nos discussions avec ces groupes professionnels, l’intérêt pour le musée se présentait comme un atout à leurs propres réunions. Ces femmes ont une grande énergie puisqu’elles s’occupent de ces réseaux en plus de leur poste, et il était très difficile de trouver une date pour l’assemblée générale, pour faire I venir les adhérentes etc. En leur proposant un rendez-vous au musée, l’idée du Cercle est finalement née en 2012. A côté de cela, je gère les Amis du Musée et les American Friends, mais l’idée que ce cercle soit autonome et composé d’entreprises diverses était primordiale.

Quels sont les projets futurs de ce Cercle ? C’est encore expérimental et nous réfléchissons encore à son évolution. Il vit avec l’engagement de ses adhérentes. C’est un laboratoire. Nous avons des projets de restauration d’œuvres en lien avec le National Museum for Women In Arts à Washington, un musée entièrement dédié aux femmes artistes et qui lève beaucoup d’argent pour étudier les tableaux de ces femmes artistes. Nous collaborons en ce sens pour pouvoir faire de même ici, en faisant venir un étudiant chercheur pour travailler à retrouver les informations à propos de tableaux dont nous savons le nom de l’artiste mais pas davantage. C’est un grand projet. Pour recréer en quelque sorte une histoire de l’Art avec ces femmes artistes inconnues. Oui, en publiant cette action menée par les femmes mécènes du musée. Le budget ne serait pas colossal, mais il faut éveiller l’intérêt en interne. Nous sommes le premier établissement public à participer au Women’s Forum et Jacqueline Franjou est entrée au Conseil d’administration, afin que ce projet devienne celui de l’établissement. Il n’est pas seulement question d’argent mais d’engagement, depuis l’intérieur. C’est un beau combat à mener.


Le programme international « Beauty for a Better Life », initié et déployé à travers le monde par la Fondation L’Oréal, a pour mission d’aider des personnes en situation de fragilité sociale à retrouver estime de soi et à se réinsérer socialement à travers une formation d’excellence, gratuite, aux métiers de la beauté (coiffure, maquillage, esthétique) ; des métiers qui par essence sont caractérisés par la relation humaine, la responsabilité, mais également où la passion est mise au centre, la création, l’imagination qui permettent, nous en sommes convaincus, d’agir positivement sur la confiance en soi et la prise en main dynamique de son avenir.

©Copyright, 2017 – FONDATION L OREAL


musicienne de grand ensemble

CARINE BONNEFOY

Et l’idée première de ma mère était de mener une activité de musique qui puisse faire le lien avec des manifestations familiales. J’ai donc fait une école de musique avec l’idée de faire de la guitare ou du piano. Il n’y avait pas forcément beaucoup de places aux cours de guitare et un jour, j’ai flashé sur un piano. J’avais sept ans. Je me suis inscrite à un cours.c’est comme ça que j’ai rencontré Yvan Belmondo et ses deux fils avec qui j’ai grandi, Stéphane et Lionel, tous musiciens de jazz et Elisabeth Couette, flûtiste désormais musicothérapeute dans le sud.

Pianiste, compositrice, arrangeur et cheffe d’orchestre, Carine Bonnefoy signe ses musiques d’inspiration polynésienne et a l’international comme terrain de jeu. Entrevue jazzy avec une multi récompensée qui veut aussi enseigner pour transmettre.

Parlez nous de votre parcours. Et à ce sujet, je voudrais savoir si tout était prévu d’avance ? Alors on va dire oui et non. Oui, de par mes origines. Ma mère polynésienne est venue s’installer avec mon père militaire il y a plus de trente ans dans la région de Toulon où je suis née. Et dans cette région, il s’est implantée une forte communauté tahitienne qui s’est développée jusqu’à aujourd’hui. Cette communauté forme une famille culturelle. On peut dire que cette culture me prédestinait à la musique. J’ai grandi avec la danse, avec les chants.

C’est elle qui m’a donné le goût du jazz. Il n’était pas évident du tout que je trouve ma place dans cette école de musique et que ça puisse continuer. Donc non ce n’était pas prévu d’avance non plus dans le sens où je me suis retrouvée à apprendre le piano et la musique de jazz. Et ce qui m’a vraiment permis de tenir le coup, ce sont ma mère qui a véritablement été collée à mes basques et je l’en remercie aujourd’hui et le sport. Je faisais partie d’une équipe de volley féminine quand j’étais ado. Ç’a été un moteur physique, psychologique et mental qui m’a poussé à persévérer dans la musique. Les musiciens sont des sportifs et il faut un mental d’acier pour réussir. En plus, le côté collectif du volley a fait le lien avec le groupe de jazz. Ce sentiment d’appartenir à une famille.


Aujourd’hui vous êtes musicienne, compositrice et donc cheffe d’orchestre. Vous êtes cheffe d’orchestre à partir du moment où vous prenez en charge un collectif de musiciens soit deux ou cent cinquante. Vous devez gérer, porter et transmettre les éléments musicaux et un répertoire que ce soient les compositions autres que les miennes ou bien les miennes. Jusqu’en 2004, je mettais mes talents de compositrice et de cheffe d’orchestre au service des autres pour formaliser, mettre en œuvre, ou accompagner des projets de réalisation de musique. Et c’est ce qui m’a passionné en premier dans ce métier c’est d’être au service des autres – comme je l’étais au volley, comme passeuse.

Le fait d’être une femme dans votre métier est-il un avantage ou un inconvénient ? En fait, je ne sais pas si je me pose vraiment la question. C’est un milieu d’hommes, ça c’est clair. J’ai toujours aimé être en contact et des plus vieux et de la gente masculine. Peut-être parce que ça rejoint mon côté « garçon manqué » mais peu importe. On peut dire que ça m’a rarement desservi. Il y a eu certains contextes qui étaient plus maladroits et du principe de l’impolitesse plus que foncièrement une espèce de méchanceté directe, de vouloir rabaisser ou mettre la femme à un autre niveau que l’homme en tous cas. Je n’ai pas de souvenirs de mettre retrouver dans cette situation ou alors peutêtre et là j’en reviens encore à mon éducation qui m’a, en quelque sorte, prémunie, blindée, qui fait qu’au contraire, ça m’a même plu d’affronter cette chose là. Me retrouver dans cette situation où il vaut mieux convaincre par les capacités que j’avais à travailler et à faire du bon travail plutôt qu’on me facilite la tâche ou qu’on soit gentil avec moi parce que je suis une fille. Et pourtant l’apprentissage de la musique avec Yvan Belmondo fut un enfer, c’était dur, parce que c’était intransigeant, qu’il fallait être minutieux, fonceur, bosseur et ça ne devait pas être juste, ça devait être parfait.

Est-ce que vous avez des modèles, hommes ou femmes ? J’ai ma maman. Ça c’est un modèle. Mon grand-père c’est un modèle. La culture polynésienne en soi. La manière dont elle fonctionne est un modèle pour moi. Il y a cet espèce d’état d’esprit communautaire, de l’attention donnée à l’autre, d’investir un rôle au sein de cette tribu.


Et alors pour arriver à cheffe d’orchestre justement, ça s’est fait comment ? Par hasard.

Y a-t-il un adage ou un proverbe que vous aimez ?

Sans difficulté ? Si, avec difficulté.

« Apprendre à prendre ». C’est quelque chose que j’aime bien dire à mes élèves.

Vous savez combien il y a de cheffes d’orchestre dans le jazz ?

Si vous étiez présidente, sur quelle idée auriez-vous aimé être élue ?

Aucune. Dans la musique savante, il y en a quelques unes. Mais on a tendance à les mettre sous couverture parce que ça reste un milieu d’hommes. C’est mal vu.

Il y a une chose dans laquelle je m’investis depuis deux ans et dans laquelle, je vais m’investir davantage par la suite, c’est la cause animale. Je rattacherai ça à l’humain, l’humanité, si j’étais présidente. Un principe d’égalité et de respect. Qui deviendrait aussi naturel que de manger. On est à la fois en retard et à la fois, on a rien compris.

Et pour vous, pour y arriver… ? Il a fallu faire ses preuves. Et si problème il y a eu, c’est en France, c’est ici. La meilleure expérience que j’ai eu c’est aux Pays-Bas avec soixante musiciens qui m’ont fait confiance, une institution, un chef d’orchestre prestigieux, l’américain Mendoza, qui m’a accueilli, et la production qui m’a donné carte blanche. Ici, on vous regarde, on se demande si vous êtes capable de gérer. Les banques, la SACEM, ce genre d’institution qui vous accompagnent ont tendance à vous prendre de haut. Les musiciens français aussi sont difficiles à convaincre. Si vous connaissez des gens connus comme Stéphane Belmondo par exemple, ça va mais sinon si vous osez appeler des pointures c’est inenvisageable limite.


On a fait le tour.

PRESIDENTIELLES

Le choix de l’égalité Au sortir d’un mois de Mars étincelant côté engagement en faveur des femmes, les propositions d’actions des candidat.e.s sont attendues. De plus en plus, et au-delà des associations et structures dédiées. Comme une évidence, chaque parti assimile les problématiques liées aux questions d’égalité femmes et hommes. Du constat sommaire aux mesures vindicatives, nous faisons un tour d’horizon des programmes des principaux candidats. Lecture et commentaires. Capucine Bertrand


Marine Le Pen Le programme du Front National classe les questions d’égalité dans la partie intitulée « France Libre » et classe ainsi les priorités : Défendre le droit des femmes 1.Lutter contre l’Islamisme qui fait reculer leurs libertés fondamentales 2.Mettre en place un plan national pour l’égalité salariale 3.Lutter contre la précarité professionnelle et sociale. Salaire, religion et précarité. Pas d’autres détails et en dehors de la proposition nommant l’objectif « égalité », les deux autres pouvaient tout aussi bien être placée à d’autres endroits du programme et ne relèvent pas en particulier de l’égalité femmes hommes en son entier. Comme si les femmes étaient les seules dans notre société à être plus inquiétées pour leur liberté face à l’Islamisme. Lorsque l’on sait ce qu’est le radicalisme islamique, la caricature nous pousse à imaginer que les hommes sont des rois dans un monde totalitaire. Confusion. Personne n’est roi en dictature. Du côté des précaires, même si les femmes sont les plus touchées, c’est un plan concernant tous les citoyens qu’il est intéressant d’imaginer. François Fillon La campagne de François Fillon a tout de suite été de pair avec le droit des femmes puisqu’un comité « Les Femmes avec Fillon » a été créé en amont. Il rappelle que l’égalité est une priorité de son programme et que des femmes de toutes les générations, milieux, origines et croyances se sont assemblées auprès de lui. Voici les éléments de son discours : - Comportements discriminants dans notre société - Violences intolérables - Les femmes représentent 51% de la population Monoparentalité - Favoriser l’accès prioritaire aux crèches aux femmes isolées - Création d’une plateforme intergénérationnelle de manière à ce que les seniors se chargent d’aider aux devoirs et de la garde d’enfants. Les violences - Développer un hébergement d’urgence, via les logements sociaux notamment - Encourager les plaintes avec un référent dans les commissariats et gendarmeries pour accueillir les femmes


- Délivrer des amendes pour incivilité à l’égard des femmes dans l’espace publique les transports. - Vérifier le casier judiciaire du personnel professionnel en relation avec des mineurs - Bloquer l’accès à la pornographie Droit des femmes et égalité - S’engager pour un gouvernement paritaire - Lutter contre le sexisme en politique rendant inéligible tout élu en cas de condamnation Lutte contre les zones de non droit où pèse la menace terroriste - Suppression des aides publiques aux associations qui ne respectent pas l’égalité femmes hommes - Aider les associations des mères des quartiers qui luttent contre la radicalisation de leurs enfants Les contenus sont notables mais des manques demeurent. Si la plateforme intergénérationnelle est un beau concept, déjà existant et mis en place pour beaucoup de familles, elle ne résout en rien la précarité des familles monoparentales. L’amende attribuée pour incivilité envers les femmes et la suppression des aides publiques pour non-respect de la parité doivent concerner les entreprises. Enfin, les zones de non droit et la menace terroriste ne concerne pas le volet des femmes en particulier, de même que la surveillance des personnels en lien avec des mineurs. Femme et enfants sont enlacés dans ce programme de manière incohérente. Les pères s’inquiètent également des violences qui menacent leurs enfants, encadrants scolaires ou islamistes. Benoit Hamon Les questions d’égalité sont traitées dans le programme de Benoit Hamon sous le titre « Egalité Femme Homme ». Les propositions sont clairement explicitées avec des détails importants. - Création d’un corps de contrôle anti-discriminations : nouveau service public de brigade contre les discriminations - Respect des règles de parité en politique : amendes en cas de non parité au sein des partis - Augmentation du délai de prescription du viol


- Extension du congé paternité : aligné sur le congé post-natal des femmes - Plus de centres de planning familial : pour faire face à l’inégalité territoriale - Extension de la PMA aux femmes seules et aux homosexuels - Hausse du budget du Ministère des droits des femmes : grâce notamment aux amendes aux partis non paritaires - Création d’un service public de la petite enfance : pour mères isolées, jeunes parents aux horaires décalés. - Respect de l’égalité salarial : amende et prison en cas de non-respect La modernité de la proposition concernant le congé paternité est indéniable. Il était temps de lire une telle évidence. De même pour la sévérité face au non-respect de l’égalité dans les entreprises et en politique : amendes et prison, moyens radicaux. C’est un moyen extrêmement clair pour en finir avec une domination instituée dans la société et dans les esprits. Lier la petite enfance aux parents est un soulagement, et les centres de planning familial une arme face à la régression. En revanche, le point évoqué sur le délai de prescription pour le viol est une vraie déception. Aucune prescription ne devrait être maintenue en cas de violence et d’atteinte à la dignité. Pour quiconque d’ailleurs. Rien sur le harcèlement et la prise en charge des victimes en cas de violences. La brigade antidiscriminations enveloppe des paramètres allant au-delà de la problématique. Quant à la proposition pour une PMA étendue, il s’agit d’un vrai débat d’égalité femme homme qui aura lieu au rendez-vous des urnes.

Jean-Luc Mélanchon Le grand programme de Jean-Luc Mélanchon réserve ses propositions concernant l’égalité sous le titre « Egalité femmes hommes : se débarrasser du patriarcat. » La clarté du propos laisse songeur et c’est avec d’autant plus de précipitation que l’on découvre ces points précis. - Mise en place d’un ministère du droit des femmes et de l’Egalité placé auprès du Premier Ministre - Négociation annuelle entre les partenaires sociaux sur le respect de l’égalité professionnelle ; sanctions renforcées - Loi cadre à partir de celle votée en 2010 contre les violences faites aux femmes incluant les propositions élaborées par les associations du mouvement féministes


- Texte de loi antisexiste élaboré avec des moyens de sanctions. Condamnation des discriminations, de la banalisation de la pornographie et de l’instrumentalisation des corps à des fins marchandes. Des textes de loi, un Ministère avec le titre dédié à l’Egalité, des sanctions et des discussions avec les partenaires sociaux. Un cadre législatif est apprécié et le caractère militant assumé. En dehors de ces gros traits, pas de détails alléchants. On imagine que d’évoquer un Ministère pour l’Egalité rassemble tous les thèmes qui lui sont évidemment rattaché. Des suppositions. Violences, salaires et sexisme. Rien qui ne se raccorde aux hommes. Et rien qui ne se raccorde aux enfants. C’est déjà pas mal.

Emmanuel Macron Le très attendu candidat a réservé l’exhaustivité de son programme pour le mois de Mars. Un timing parfait pour l’écosystème féministe. Moderne et dynamique, le programme se veut au plus près des besoins des citoyennes en la matière. « L’égalité entre les femmes et les hommes » est ainsi souhaitée. - Aider les femmes à concilier vie familiale et vie professionnelle : Défense du droit à l’avortement Egalité des couples face aux modes de garde avec surveillance des critères d’attribution Effort massif de construction de crèches Congé de maternité unique pour toutes les femmes aligné sur le plus avantageux Individualisation de l’impôt sur le revenu pour ne pas décourager le travail des femmes Permettre aux femmes de vivre de leur travail Egalité professionnelle dans la fonction publique Création du Défenseur des Droits pour favoriser le contrôle aléatoire et imprévus sur les politiques salariales et de rendre publics les résultats - Lutter sans relâche contre le harcèlement et les agressions qui touchent les femmes Campagne nationale de communication et de sensibilisation sur ce sujet Augmentation des amendes pour incivilité ; exigées immédiatement Généralisation du téléphone d’alerte pour secourir plus vite les victimes de violence - Parité politique


Femmes, travaillez. Rien pour les précaires et négation de la femme au foyer. Vouloir concilier vie professionnelle et vie personnelle est une chose admirable, mais c’est dommage d’en faire un sujet spécialement féminin. Justement il s’agit de libérer les femmes des contraintes de part et d’autres. Superbe nouvelle pour les crèches, mais la conciliation vient avec des propositions du côté "père" et du côté "conjoint" d’une vie personnelle. Le téléphone d'alerte est une solution d’appoint à un problème qui doit dépasser le basculement sécuritaire. IVG/ PMA Harcèlement, violence et sécurité Égalité salariale et parité professionnelle. Politique exemplaire Maternité Travail  Chaque candidat.e appuie plus sur une proposition plutôt qu une autre mais la réalité reflète tous les points soulevés.  Aucune loi au monde ne devrait réguler le corps des femmes et disposer de sa volonté de procréer ou non. Tout parti se doit de sanctionner via la justice les cas de harcèlement de sexisme ou de violences, sans équivoque ni délai de prescription.  Avec ou sans quotas, donner les chiffres d’écart des salaires chaque année et se féliciter de la lenteur des avancées est en soit une chose aberrante pour un pays comme le nôtre. Cristalliser sur la menace terroriste à propos des femmes est dangereux. N avonsnous pas assez de menaces intérieures avec nos stéréotypes toujours exacerbés ? Aucun.e candidat.e ne s'appuie sur des propositions visant l’éducation et le savoir être. Comme si des lois et des sanctions évitaient un ancrage culturel que rien ne semble ternir, mais dont la menace est toujours plus importante. Et ce malgré le fait de parler de son existence.  Tout parti se doit de sanctionner via la justice les cas de harcèlement de sexisme ou de violences, sans équivoque ni délai de prescription. 


à toute allure

SARAH ABADIE

Team manager au sein de l’écurie Panis Barthez, Sarah Abadie s’est associée à son frère Simon depuis 15 ans et a acquis le respect d’un domaine réservé à priori aux hommes. Initiée par son père, son entreprise toulousaine dirige aujourd’hui une quinzaine de salariés et gère l’ingénierie, la logistique et le bureau d'études techniques. Rencontre avec une fonceuse. Aviez-vous décidé de faire ce métier ? Est ce une vocation ou un pur hasard ? J'avais décidé de travailler dans le milieu du sport, en effet, après ma maîtrise de droit des affaires j'ai fait un DESS management des organisations sportives à l'UT1 de Toulouse. Pendant mon année de DESS mon frère et moi même avons créé l'écurie Tech1Racing, et à la fin de l'année universitaire j'ai rejoint Simon mon frère qui

n’était à la moitié de la première saison, et voilà une aventure qui dure depuis 17 saisons !   Quelles sont les anecdotes les plus drôles concernant votre statut et votre métier dans cet univers dit "masculin" ? Si pas "drôle" quelles sont celles qui vous ont marqué et pourquoi ?


Je travaille avec mon frère et de fait nous avons le même nom de famille, du coup les gens pensent que nous sommes" mari et femme" et ils imaginent que je suis comptable, délit de généralité probablement. 
 J'ai pu, à quelques occasions au début de mon activité, ressentir une forme de mépris. Mais généralement ça n'a jamais duré très longtemps, juste le temps de défendre ce que je pensais ! Mais généralement je ne ressens pas de différence de traitement, à partir de notre génération les hommes ont quand même pris l'habitude de travailler avec et pour les femmes.    


des années. Avec Panis-Barthez Communication, nous sommes donc trois avec notre Responsable de la Communication.
 En 16 ans, nous avons seulement eu une seule mécanicienne, qui a démissionné un mois après !

D'après vous, pour quelles raisons évidentes et non évidentes, les femmes ne songent pas à ce domaine pour leur carrière ? Sarah Abadie et Fabien Barthez

Avez-vous des projets en terme de parité dans l'équipe ? Lesquels ?

Dès leur plus jeune âge, la société n'intéresse pas les filles au sport en général et encore moins au sujet de la mécanique en particulier. Les femmes que je connais, qui travaillent dans le sport et le sport mécanique explique leur passion comme d'une histoire de famille. Le père ou la mère était dans le sport, ou sportif.ve de haut niveau. 
 Il faut quand même souligner que les métiers dans le sport sont très difficilement compatibles avec une vie de famille. 


Oui et non, nous avons la volonté de recruter plus de personnel féminin. Malheureusement il y a très peu de candidates sur les postes les plus nombreux : ingénieurs et mécaniciens. En 2015 nous avons recruté une assistante communication au sein de Tech1Racing qui baigne dans le milieu amateur depuis 



Equipe Panis-Barthez

Si vous étiez présidente demain, sur quel programme auriez-vous été élue et pourquoi ? Mon programme serait basé essentiellement sur rendre leur liberté aux gens, leur libre arbitre. L’Etat ne sait pas mieux que les citoyens eux mêmes ce qui est bon pour eux. Diminution de moitié de tous les codes nous régissant concluant à une loi votée, égale à deux lois supprimées.   Quelle serait votre première loi ? La première décision serait de donner une place beaucoup plus importante au sport pour tous, filles et garçons dans la vie scolaire. Je mettrais en place un partenariat avec la sécurité sociale pour un remboursement de la pratique du sport dans la prévention de certaines pathologies.  


Led BY HER, est une association qui a pour objectif spécifique de répondre aux besoins professionnels des femmes victimes de violences afin de leur permettre de créer leurs propres projets.
 


Aujourd'hui, plus de dix pour cent des femmes en France et une femme sur trois dans le monde sont victimes de violence.


un nouvel Iran ?

MARYAM RADJAVI

Présidente élue du Conseil National de la Résistance Iranienne, Maryam Radjavi est connue pour son opposition au régime de la République islamique d'Iran et pour ses prises de position en faveur de la démocratie, de la séparation de la religion et de l’État, et de l’égalité des femmes et des hommes. La rencontrer s’imposait.

discriminations avec de multiples Quelle est la situation des femmes en contraintes. Iran ? Du point de vue économique, sur une Pour avoir une image globale, la situation population de 80 millions d’habitants en des femmes aujourd’hui en Iran ressemble à Iran, 45 millions sont inactifs. Près de ça : une énergie comprimée et enfermée, ou 90% de cette population inactive sont des encore un ressort tassé qui pousse à tout femmes. Les femmes sont les victimes de prix pour se détendre et avancer vers le la crise économique profonde, qui a progrès. Mais les cloisons de plomb du commencé en 2008. Un huitième des 24 régime du guide suprême forment un millions de familles en Iran sont dirigées barrage. L’Iran est l’un des pays au monde par des femmes, mères isolées, qui sont où règnent les conditions les plus toutes plongées dans une misère noire. oppressives contre les femmes. Ces dix dernières années, elles ont été des Dès le premier jour, les mollahs ont réprimé dizaines de milliers à perdre leur emploi, les femmes et leur ont fait subir des réduisant leur participation à la vie économique à 14%.


Les femmes au chômage sont deux fois plus nombreuses que les hommes et la vente des nouveau-nés est devenue une manière pour les plus pauvres de trouver de quoi survivre. A Téhéran, on trouve peu de rue où ne soient pas affichées des annonces de ventes de nouveau-nés. On dénombre dans la seule capitale 5000 femmes SDF, un nombre qui grossit au fil des ans. D’un point de vue législatif, le code civil des mollahs est fondé sur la discrimination. Les femmes ne peuvent pas accéder à la présidence de la république, diriger le pays ou de devenir juge. Elles sont privées de nombreuses autres fonctions. Les femmes héritent moitié moins que les hommes et leur témoignage devant un tribunal vaut aussi la moitié de celui d’un homme. Dans quelques cas, leur témoignage n’a aucune valeur. Même le montant du prix du sang que, selon les lois des mollahs, un meurtrier doit verser en compensation du meurtre d’une femme est la moitié de celui d’un homme.

Dans les lois des mollahs, la valeur et les droits humains d’une femme sont réduits à la moitié de ceux d’un homme. Cela ouvre la voie à la violence et au meurtre, comme les crimes d’honneur. Un mollah de haut rang du régime, MakaremChirazi, qui promulgue des fatwas, n’a pas hésité à déclarer il y a peu que « dans certaines femmes il existe toujours une forme de masochisme, qui parfois s’intensifie. Dans ce cas de crise exceptionnel, cela leur fait du bien de les punir modérément. » Les lois de la charia des mollahs a rendu courante la culture patriarcale, avec des coutumes décadentes comme la polygamie ou le mariage temporaire. Les lois des mollahs facilitent clairement le viol des femmes. Les tribunaux du régime n’accordent pas d’importance aux appels à la justice des victimes, et celles qui se défendent face à ces agressions sont pendues comme Reyhaneh Jabbari, cette jeune fille exécutée à Téhéran en octobre 2015.


Du point de vue de la famille, la femme doit être soumise à son mari, elle n’a pas le droit au divorce, et si elle est divorcée, elle n’a pas le droit de garde des enfants. Elle doit aussi demander la permission à son mari pour jouir de ses propres biens, voyager, sortir de chez elle et même observer certains rites religieux. Dans les relations sociales, il existe un apartheid sexuel. Cette ségrégation dans l’éducation, les centres de soins, les administrations et jusque dans les autobus sert à maintenir l’infériorité du statut des femmes et à les priver de leurs droits et de leur liberté. Elles sont même privées d’aller voir des matches dans les stades et de chanter en public. En septembre 2016, Khamenei a annoncé que le rôle des femmes était d’être mères et de s’occuper de la maison, et que le rôle des hommes était d’être père et d’avoir des activités économiques. Il a également demandé le renforcement de la politique officielle de la multiplication des naissances.La méthode centrale des mollahs pour réprimer et humilier les femmes, c’est le voile obligatoire. Pour faire appliquer cette loi, les mollahs ont fait en sorte que les femmes en Iran, où qu’elles soient, ne se sentent pas en sécurité. Car il existe un contrôle permanent où les femmes sont réprimandées, arrêtées, humiliées et sanctionnées.

La méthode centrale des mollahs pour réprimer et humilier les femmes, c’est le voile obligatoire. Pour faire appliquer cette loi, les mollahs ont fait en sorte que les femmes en Iran, où qu’elles soient, ne se sentent pas en sécurité. Car il existe un contrôle permanent où les femmes sont réprimandées, arrêtées, humiliées et sanctionnées. En 2016 le chef des forces de sécurité a déclaré qu’en moyenne 2000 femmes « malvoilées » avaient été arrêtées par jour en Iran. Il existe plus de 20 organes pour faire appliquer le voile obligatoire.


qui serait là pour préserver et renforcer le patriarcat. C’est une image totalement Absolument. Cependant il me faut expliquer inversée de l’islam. Car les versets du quelles sont les raisons de la misogynie des Coran place les hommes et les femmes sur un pied d’égalité et récuse toute contrainte mollahs et celles qui ne le sont pas. Pour atteindre la liberté et la démocratie, la en religion. Dans les premières années de son existence, l’islam a franchi de grands nation iranienne a renversé la dictature du pas pour donner aux femmes des droits chah en 1979. Les mouvements de sociaux et économiques qui par rapport à libération et les partis démocratiques cette époque, il y a 14 siècles, a constitué avaient subi de longues années de une grande révolution. Ces pas répression. C’est ce qui a permis à s’orientaient vers l’égalité. Khomeiny, dans des conditions exceptionnelles, de profiter de ce vide et Dans un pays où le pouvoir a une telle d’usurper le leadership de la révolution. conception des femmes comment une Khomeiny était un obscurantiste et femme s’est-elle hissée à la tête de son tyrannique. C’est pourquoi dès son arrivée opposition ? au pouvoir, sa tâche principale a été de combattre les aspirations démocratiques de Le statut de la femme sous la tyrannie la société. Mais ces aspirations étaient religieuse au pouvoir en Iran est sans surtout et d’abord portées par les femmes. commune mesure avec la position qui doit Car les femmes, surtout les jeunes avaient revenir aux Iraniennes, à leur degré de acquis une conscience politique, et avaient conscience, à leur progrès intellectuel et le par millions participé à la révolution de niveau de leur lutte. 1979. Elles refusaient dès lors l’inégalité et Les femmes en Iran ont commencé dès la ne supportaient plus les humiliations. révolution constitutionnelle de 1907 à se Avec la répression des femmes, la dictature battre pour la liberté et l’égalité. Leurs religieuse que Khomeiny a instaurée efforts tout au long de l’histoire débordent emprisonne toute la société. de passion et de persévérance. De grandes Mais ce qui n’est pas la raison de la femmes célèbres sont apparues dans les misogynie des mollahs, ce sont leurs domaines de la poésie, de la littérature, de prétentions d’appliquer les lois de l’Islam. l’enseignement et de la science et se sont Ils présentent, en effet, l’islam comme une efforcée de démontrer la nouvelle identité religion d’inégalité et de contrainte, de des femmes iraniennes, libres, émancipées répression et d’exploitation des femmes et capables de faire ses choix. Le régime en Iran est un régime sexiste.


Les efforts les plus dévoués ont été le fait des femmes qui sont entrées en lutte contre la dictature. Dans cette lutte, elles ont combattu pour la liberté de leur peuple, pour dessiner une nouvelle identité aux Iraniennes qui se veulent libres et indépendantes, pour prendre en main leur propre destin et jouer un rôle déterminant dans celui de leur pays. Dans la lutte contre la dictature religieuse qui est l’une des tyrannies les plus sauvages de l’histoire de l’Iran, les femmes ont joué un rôle d’avant-garde déterminant dans les salles de torture, devant les pelotons d’exécution ainsi que dans les révoltes et le mouvement organisé de la résistance. Le fait qu’aujourd’hui les femmes se trouvent dans les divers degrés de la direction de l’organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) et occupent plus de la moitié des sièges du parlement en exil de la résistance (le Conseil national de la résistance iranienne, CNRI), est le fruit de ce dévouement et de ce rôle d’avant-garde. Les Iraniennes ont acquis leurs compétences dans une lutte longue et difficile, sur un chemin semé d’obstacles, plongé dans l’obscurité et le flou. Cela fait des années qu’au nom de la Résistance iranienne, j’ai annoncé que la participation active et égale des femmes à la direction politique est un des points majeurs du programme de la résistance pour l’Iran libre de demain. A nos yeux, le leadership des femmes n’est pas seulement un beau slogan ou un rêve, c’est une réalité à portée de la main. Car il s’appuie sur un passé riche de lutte de femmes ayant mené un combat ardu contre ce régime et qui ont acquis des mérites.


Si aucune mesure n’est prise en faveur de la liberté des femmes en Iran, que recommandez-vous ? Il faut savoir que sous le régime des mollahs, on ne peut attendre le moindre pas en faveur des droits et des libertés des femmes. La théocratie en place a pour caractéristique la misogynie et si elle veut cesser la répression et la discrimination contre les femmes, elle se dissout. Ce régime n’est pas réformable et il n’a cessé de le démontrer durant près de 40 années de pouvoir. A trois reprises les mollahs ont prétendu à la modération. Une fois avec Rafsandjani, une autre fois avec Khatami et maintenant avec Rohani. Mais les faits ont démontré qu’ils n’avaient d’autre but que de prolonger la vie de cette théocratie et ils n’ont pris aucune distance avec la politique misogyne. Rafsandjani disait que le cerveau des femmes est plus petit que celui des hommes, et sous le mandat actuel de Rohani environ soixante-dix femmes ont été exécutées.

Envisagez-vous d’être une présidente pour l’Iran ? Si oui dans quelle mesure ? Le Conseil national de la Résistance iranienne est une alliance de groupes et de personnalités de convictions et de tendances politiques diverses, issues des minorités ethniques multiples d’Iran. Il est l’alternative démocratique à la tyrannie religieuse. C’est ce conseil qui m’a élue comme présidente de la République pour la période de transition du pouvoir après le renversement. C’est un mandat pour une durée limitée qui prendra fin avec la formation de la nouvelle Assemblée constitutionnelle et législative et l’adoption de la nouvelle constitution du pays. La présidence de la République à venir de l’Iran sera définie au suffrage universel par le peuple iranien lors d’une élection libre.


à l’école de séduction

BRENDA BOUKRIS

Brenda est chargée de la production vidéo de Morning Kiss, une école, fondée par Alex Wagner, dont la mission est d’offrir aux hommes des méthodes simples pour dépasser leur timidité et gagner en confiance, pour aborder, séduire et faire aboutir des rencontres. Une femme qui apprend aux hommes à séduire des femmes, en totale bienveillance, loin du harcèlement de rue.

Peux-tu nous parler de ton parcours et nous dire comment tu t’es retrouvée à travailler avec Alex Wagner ? Alors moi, à la base, je suis quelqu’un qui n’a pas du tout confiance en elle. Je n’étais pas du tout dans le monde de la séduction, du coaching, du développement personnel. Ce n’était pas ce que je faisais au quotidien. Au contraire, j’étais quelqu’un de très complexée, qui était harcelée au collège, je n’étais pas vraiment dans cette optique là. Et en fait, suite à ma toute première rupture amoureuse, j’avais le cœur brisé et je me suis dit qu’il serait intéressant que je fasse un stage ou quelque chose à côté de mes études pour rentrer dans mes frais. Et c’est là que je suis tombée sur une annonce d’Alex, qui demandait à la base une assistante monteuse.

Et moi je suis en école d’audiovisuelle. La start-up venait d’ouvrir. En gros, il cherchait une stagiaire et j’ai sauté dessus. Et j’ai réussi plus ou moins à me vendre alors que c’était pas du tout mon domaine. De fil en aiguille, comme je suis quelqu’un qui observe beaucoup, je me suis pris de passion pour ce monde, pour le développement personnel, pour la séduction, pour les valeurs de la société. Je me suis dit que c’était génial et peu à peu, ce qui est assez extraordinaire, la boîte a grandi de la même façon que moi j’ai grandi. Mon physique a changé, j’ai perdu énormément de poids, le regard des hommes sur moi a changé. Avant j’étais la fille qu’on regardait jamais et je suis devenu le centre.Et quelque part, Morning Kiss a beaucoup contribué à mon épanouissement personnel. Tout mon quotidien a changé et je me suis transformé avec la société.


Etre une femme au sein du coaching séduction est-il un avantage ou un inconvénient ? Plutôt un avantage. Du fait, déjà que les femmes ont une manière de penser qui est assez complexe. L’humain est complexe par définition. Donc, parfois les hommes vont avoir des réflexes qui va leur sembler logique mais on est tellement imprévisibles dans nos façons de réfléchir que la part de douceur et de sensibilité que l’homme n’a pas toujours peut leur apporter un plus. Au-delà de ça, en terme de coaching pur, je pense qu’on a vraiment notre place du fait que l’on a cette empathie envers le mec qui se retrouve sorti de sa zone de confort. Etre une femme au sein du coaching séduction est-il un avantage ou un inconvénient ? Plutôt un avantage. Du fait, déjà que les femmes ont une manière de penser qui est assez complexe. L’humain est complexe par définition. Donc, parfois les hommes vont avoir des réflexes qui va leur sembler logique mais on est tellement imprévisibles dans nos façons de réfléchir que la part de douceur et de sensibilité que l’homme n’a pas toujours peut leur apporter un plus. Au-delà de ça, en terme de coaching pur, je pense qu’on a vraiment notre place du fait que l’on a cette empathie envers le mec qui se retrouve sorti de sa zone de confort.

De quel genre de harcèlement as-tu été victime étant plus jeune ? J’ai eu des remarques d’un peu tout le monde. J’étais la grosse du lycée. On me poussait dans les escaliers, on m’a même dit que j’étais l’iceberg qui avait fait coulé le Titanic. C’était assez violent. Et le pire, c’est un mec qui m’a obligé à faire trois fois le tour du pâté de maison et j’ai crié pour qu’il s’en aille.


Par rapport à ce que tu as subi, en tant que coach aujourd’hui, quel est ton regard sur les hommes ? Je remercie tous ces gens qui m’ont fait tant de mal car si j’avais eu la vie dont j’avais rêvé je ne serais pas la personne que je suis aujourd’hui. J’ai jamais autant savouré ma vie qu’aujourd’hui. Ma vie a un sens. Je connais le prix du bonheur. J’étais l’étiquette que la société m’avait donnée. Quel est ton point de vue sur les hommes qui harcèlent les femmes dans la rue ? Il y a deux cas d’hommes qui harcèlent au sens propre : il y a ceux qui vont tenter quelque chose et vont revenir à plusieurs reprises parce qu’ils n’ont pas compris, parce qu’ils n’ont pas les codes si je puis dire, ce sont des gars naïfs plus que méchants ; et il y a ceux qui vont de suivre sur plusieurs mètres et tu vas devoir leur faire comprendre clairement que c’est pas possible et ça c’est inadmissible. Nous, chez Morning Kiss, on se bat littéralement contre ce genre d’individus qui sont égocentriques, en demande, et qui n’ont pas confiance en eux.

Est-ce que tu penses qu’il vous est possible, avec cette méthode, de faire baisser le taux de harceleurs de rue ? On se bat au quotidien pour avoir des approches qui soient élégantes, qui soient sincères et charismatiques. On a envie de faire reculer ces chiffres mais on ne peut pas obliger ces personnes à venir suivre notre coaching. On tente de les attirer mais on ne peut rien faire de plus. Après, on a fait une charte de bonne conduite à l’égard des hommes qui veulent séduire les femmes. C’est de notre initiative. Qu’est-ce que vous diriez aux femmes si vous en coachiez ? Ah mais j’en coache aussi au sein de ma propre société. Ce que je dis aux femmes c’est : « épanouissez vous, osez être autre chose que l’étiquette qu’on vous a collée sur le front, assumez votre féminité ». Le problème aujourd’hui, c’est tout le cadre social qui est autour de nous. C’est très agréable de se faire séduire par un homme mais c’est bien aussi d’aller voir une personne qui nous attire. Et on peut le faire sans passer pour une salope. Il suffit d’assumer nos valeurs.


EQUIPE

Capucine BERTRAND Fondatrice et directrice de la publication

Denis Bertrand Directeur de la rédaction

Hiame Rachdi Directrice Communication & Partenariat Raphael Bussereau Image Merci à tous nos soutiens, et partenaires.

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