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Hillary Clinton, l’astronaute !

Première femme à marcher sur la Maison Blanche N°1 N°1 Nov. Nov. 2016 2016


Un petit magazine avec de grandes ambitions


Et non pas l’inverse

WOMEN-SIDE.COM

Merci à eux


© Women’s Forum


EDITO

UN HOMME

PREM’S Voilà, ça y est, on est les prem’s ! Les prem’s à sortir un magazine féminin qui parle, à la fois des femmes du monde entier dans tous les domaines et à la fois, des hommes qui parlent des femmes comme de leurs égales. Un premier numéro consacré à la politique avec Hillary Clinton, la très probable première présidente de la première puissance mondiale. Quoi de mieux pour démarrer ? Une synchronisation parfaite qui donnera peut-être des idées à d’autres. Les femmes sont souvent les premières, tant pour leurs performances que pour se démarquer des hommes. Espérons que viendra le jour où nous n’aurons plus besoin de dire que « c’est la première femme … » car il n’y aura plus besoin de classer les femmes et les hommes. Cela voudra dire qu’il y aura un parfum d’égalité dans l’air tout simplement. Enfin, prem’s à créer un magazine féminin avec une directrice de la publication et un directeur de la rédaction. A égalité. Pour ma part, c’est tout naturellement que je me suis porté volontaire dans cette tâche à laquelle, malheureusement, peu d’hommes s’adonnent : lutter aux côtés des femmes pour plus d’égalité entre les sexes, à tous les niveaux. Je n’avais pas seulement envie d’écrire des fictions sur le sujet, j’avais aussi envie de parler de la réalité à la base de ces fictions. Car, nous le savons tous, la réalité dépasse souvent la fiction et dans ce cas précis, je le souhaite de tout cœur le plus longtemps possible.

Denis Bertrand Directeur de la rédaction


© Women’s Forum


MERCI

Une FEMME

JE REVE C’était en 2011. Oui, maintenant je me souviens très bien. Je voulais réaliser un film à propos des femmes, des stéréotypes. Il est né l’année suivante, et a éclos sur les écrans à Paris, au Festival de Cannes, et même jusqu'en Allemagne. Sans budget. Juste avec de l’énergie mutualisée et une vision. Le miracle vient à nouveau de se reproduire avec le magazine que vous découvrez. Sortie de la fiction en 2014 à la naissance de ma fille, je voulais créer une mise en valeur de ce que font les femmes, au monde et dans le monde. Histoire de lui faciliter le chemin. Consciente de la petitesse de mon geste, j’écrivais les premiers portraits de mes amies. Jusqu’à celles, plus médiatisées, ces role models, qui m’on ouvert la porte de leur bureau, de leur entreprise, de leur ambition. Puis ces hommes engagés pour elles. Dès lors, l’évidence s’est faite qu’il leur fallait quelque chose de plus grand. Le monde s’est ouvert à nous, d’abord de notre collaboration avec le Conseil National de la Résistance Iranienne, puis d’ Entrepreneurs for Hillary, qui travaillent au cotés d’Hillary Clinton pour sa campagne. Nous rejoindrons l’Inde en 2017 avec à l’esprit toutes celles et ceux qui, de près ou de loin, auront imaginé avec nous ce magazine à but égalitaire.

Capucine Bertrand Fondatrice et directrice de la publication


S’informer

ŠLe Cancer du Sein, Parlons-en !


Créé en 2012 par le Groupe Estée Lauder France à l’occasion des 20 ans du Ruban Rose en hommage à Evelyn H. Lauder, à l’origine d’Octobre Rose, ce concours photo contribue à mobiliser le grand public en faveur de la campagne de sensibilisation au dépistage précoce du cancer du sein et à soutenir les actions de l’association Le Cancer du Sein, Parlons-en !.

GRAND PRIX DU JURY 2016

© Jacques LANNEGRAND [La Ville-aux-Dames (37)] « Comment s’aimer pendant et après une telle épreuve qu’est le cancer du sein. Ma femme, qui a été modèle, a toujours posé pour moi. La reprise de cette activité photographique l’a aidée à retrouver la confiance en elle et une féminité qu’elle pensait à jamais perdue. Cette image représente pour moi un immense cadeau et encore plus pour elle, ce retour à la pleine vie en recommençant à s’aimer. Je l’adore. »


#MOiPrésidente

HASHTAG MOI AUSSI ! Hashtag si je pouvais. Nous rêvons toutes et tous de changer les choses. A quelques jours de la présidentielle américaine, à l’issue historique pour les femmes, celles que nous avons rencontré ont, elles aussi, un plan pour l’avenir. Condensé.

« Le rêve français existe. Il faut éduquer les jeunes en leur expliquant que la réussite d’un pays passe par eux. Il ne serait plus question d’assistanat mais d’accompagnement. Je suis convaincue qu’il faut donner envie aux gens d’être indépendant et remettre au cœur de la France, l’entrepreneuriat. Même sans construire une entreprise, il faut apprendre à être entrepreneur de sa propre vie. Et puis, il faut cesser ce clivage systématique entre salariés et patrons. Cela donnerait du souffle et une attitude positive à la société française, si bien qu’en voyant une personne tentant de soulever un immeuble, les gens lui diraient : ‘Vas-y c’est génial, tu vas y arriver’.

# HAPSATOU SY entrepreneuse et animatrice de télévision française

On nous montre des patrons comme étant des gens qui cherchent à payer moins d’impôts tout en profitant, alors qu’on ne parle pas de tous les gens qui font le tissu économique de ce pays, qui ne sont pas millionnaires, qui se battent tous les jours et qui ne touchent pas de salaires, qui se bagarrent et qui n’ont pas de reconnaissance de leur pays, alors qu’ils payent des impôts. C’est dommage. » ©WS


#Moi Présidente Que vivons-nous aujourd’hui ? Des jeunes partent en Syrie, chercher un idéal qu’ils n’ont pas trouvé ici. Si j’étais présidente, je commencerai par recruter des ministres qui connaissent le monde de l’entreprise, en faisant de l’éducation et de l’emploi mes priorités. Et bien sur, si j’étais Présidente, j’imposerais l’égalité hommes-femmes à tous les niveaux. »

# LUCILLE DESJONQUERES présidente de Femmes au cœur des Conseils # JULIE GOMMES consultante en cyber sécurité

« La France est un pays compliqué à gouverner. Il faut être novateur et audacieux. J’ai récemment regardé une émission sur Daniel Balavoine, lors de laquelle il fut invité par un journaliste à participer à une table ronde avec François Mitterrand. Ce dernier n’avait pas daigné le regarder de toute l’émission, puis l’a rappelé après qu’il soit parti fâché. Et Daniel Balavoine a prononcé cette phrase qui résonne avec notre actualité : ‘ Si vous ne vous préoccupez pas des jeunes, ils vont partir à la dérive et faire des bêtises.’.

« La possibilité de se former et/ou faire de la recherche au moins une demi journée par semaine, que ce soit pour des montées en compétences professionnelles ou tout simplement le plaisir d’apprendre d’autres choses (langues étrangères, couture, plomberie). C’est super valorisant, de progresser, et c’est bon pour le moral. Il faudrait aussi créer plus de ponts entre les filières littéraires et les écoles d’ingénieurs et de commerce pour permettre plus de réorientations tardives.

©WS


#MOiPrésidente La

valorisation de certaines filières dès le collège, par exemple. Aujourd’hui, on s’aperçoit que dès la seconde, les adolescentes choisissent davantage les options langues et arts, qui les enverront vers des études littéraires, alors que les garçons se tournent plus facilement vers les sciences. Il faut casser ces clichés et cela se fait à partir du collège, justement avant que ces jeunes se fassent les leurs. C’est déjà pas mal, non ? »

# MINETOU NDIAYE présidente d’ENERGIE FEMMES

« Si j’étais présidente, je pense que je serai élue sur mes idées concernant tout simplement la liberté.

Une liberté sociale, une liberté concernant les conditions de travail, concernant notre façon de vivre, d’assumer et d’accepter notre histoire et notre destin commun mais aussi la parité, le droit de rêver d’un avenir meilleur, d’oser ! Tout un concept. Oui c’est ça en fait je serais élue car j’aurai une créé une sorte de FRENCH WAY OF LIFE. Ma première loi concernerait l’égalité salariale et la flexibilité au travail. Une sorte de deux en un qui mettrait les hommes et femmes sur le même pied et donnerait les mêmes chances à tous. »

# HILLARY CLINTON candidate à la présidentielle américaine Eleanor Roosevelt « L’un des meilleurs conseils que j’ai entendu est celui d’Eleanor Roosevelt, qui dans les années 1920, a dit que les femmes en politique et dans des rôles publics devraient s’assurer de se fabriquer une peau de rhinocéros. »

©WS


#MOiPrésidente

# CAROLE FRARESSO directrice artistique de la maison de joaillerie Motché Paris-Lima

« Les gouvernements ne prennent malheureusement pas assez au sérieux le travail des créateurs d’entreprises qui constituent pourtant le poumon économique de la France de demain. Je réformerais le gouvernement, tout simplement. Il manque de jeunesse et de vision, il manque de courage et de compétences. Je mettrais différentes équipes de collaborateurs en place, constitués d’hommes et de femmes de terrain, des gens comme vous et moi, capables de travailler en équipe pour atteindre des objectifs communs. »

# AURELIE MATEO actrice française

« Je mettrai en valeur Humanity Power qui est un nouveau concept en diplomatie et en relations internationales. L’idée est d’accélérer la puissance des valeurs humaines, selon Michele d’Auria et Christelle Selosse, les fondateurs. L’ambition est grande : faire s’accorder les pays du Sud, de l’Ouest et de l’Est, pays occidentaux et orientaux sur un certain nombre de valeurs, de libertés, et de droits communs, alors qu’ils ne sont pas forcément inscrits dans leurs traditions. L’ambition est d’aboutir à un concept ouvert aux cultures de tous les pays, qui ne choquent aucune d’entre elles. S’occuper de l’éducation et de la culture. » ©WS


WOMEN SIDE est le 14756 ème signataire du Manifeste Pour les Femmes et la Science par la Fondation L’Oréal. Seulement 30% des chercheurs sont des femmes. Davantage de femmes scientifiques pour faire avancer l’égalité. ET VOUS ?

Signer le manifeste ©Copyright, 2016 – FONDATION L OREAL


Eve story

Destins politiques

Dans le domaine politique, la domination masculine se fonde sur le constat que la femme a été créée, à partir de l’homme, pour lui venir en aide. Les épisodes marquants de l’Histoire illustrent parfaitement ce constat. Du Moyen Âge à la Renaissance, les femmes des familles royales étaient souvent mariées très jeunes aux ennemis. Et malgré les exceptions comme Sparte ou les Amazones jugées différentes, indépendantes et dangereuses, les femmes ont toujours été considérées, comme le disait Vésale, père de l’anatomie moderne, comme n’étant pas plus qu’ «un homme non développé ». Les temps modernes et notamment le XXe siècle ont démontré que les femmes pouvaient être bien plus crédibles que les hommes dans le rôle de chef d’Etat. ©WS


Eve story Quelques grandes figures de l’Histoire (en toute subjectivité) La reine Gorgo, l’égale du roi Les femmes spartiates ont sans doute été assez irrévérencieuses et se sont sans doute comportées de façon extrêmement virile, surtout à l’égard de leurs maris puisqu’à la maison, elles détenaient un pouvoir sans partage et qu’à l’extérieur elles intervenaient en toute liberté dans les affaires d’État les plus importantes. Plutarque La reine Gorgo, épouse du roi Léonidas (6e s. av-JC) est l’une des rares femmes grecques à mener un rôle politique actif à l’époque classique, et la plus connue des femmes spartiates. En – 480, elle organise la mise sur pieds d’une armée de défense entre les villes de Grèce, tandis que son mari se fera tuer en retenant l’avancée des Perses. Dans cette Sparte, les femmes pouvaient faire tout ce qui leur était strictement interdit à Athènes. A Lacédémone, les femmes étaient beaucoup plus libres que les hommes. Non seulement en amour mais aussi en affaires. Elles jouissaient de droits inconnus partout ailleurs. Les femmes spartiates possédaient plus de richesses que leurs maris, leurs frères ou leurs amants. A l’étranger habitué à un strict et exclusif patriarcat, la ville de Sparte offrait presque le spectacle d’un État « exotique », dominé par les femmes.

Aliénor D’Aquitaine, deux fois reine De France avec Louis VII, puis d’Angleterre avec Henri II de Plantagenêt. Séductrice, elle va remettre en question la tradition masculine du pouvoir. Insoumise et libre, elle va rendre fou de jalousie Louis VII et ira jusqu’à demander le divorce. Une révolution pour l’époque. Se remariant finalement avec Henri II, elle aura le droit de se taire et de s’occuper de ses huit enfants. Mais elle ne se laissera pas faire et retournera ses fils contre lui puis s’alliera avec l’ennemi écossais. Enfermée seize ans par son mari, elle sera libérée par son fils Richard Cœur de Lion. Elle assurera la régence pendant les Croisades et fera en sorte que le trône soit occupé par sa famille.

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Eve story Elisabeth Ière, la reine vierge Fille d’Anne Boleyn et d’Henry VIII qui la fit exécutée trois ans après sa naissance, Elisabeth fut, tour à tour, privée de son titre de princesse, jetée en prison pour rébellion protestante et écartée de la succession au trône avant de devenir reine, de rester vierge (elle refusa toute sa vie de se marier) et de se proclamer gouverneur suprême de l’église protestante. Politiquement modérée, relativement tolérante sur le plan religieux, reconnue pour son charisme et son caractère obstiné, elle échappa à plusieurs complots, fut excommuniée mais permit à l’Angleterre de connaître un âge d’or sans précédent (l’ère élisabéthaine).

Catherine II de Russie, l’impératrice rouge Régnant sur la Russie durant 34 ans, le plus long règne de son histoire, elle a su, à la fois développer à peu près tous les domaines et à la fois, repousser l’envahisseur. Elle multiplie par 3000 le nombre d’usines, invente le concept de ville-modèle, fait construire des établissements scolaires en pagaille, fonde le premier collège de médecine et créé l’académie des Beaux-Arts. Son âme de guerrière accomplie lui permet de gagner la guerre contre les Turcs obtenant la libre navigation sur la Mer Noire et l’indépendance de la Crimée, sans compter l’expansion de son empire. Sa vie privée est plutôt tumultueuse. Elle choisit notamment ses amants en faisant analyser leurs cultures et leurs performances sexuelles.

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Eve story

Catherine de Médicis, la régente noire Plus ou moins à l’origine du massacre de la Saint Barthélémy qui vit les catholiques exécuter les protestants, elle avait pourtant privilégié une politique de tolérance religieuse. Elle avait même organisé le mariage de la reine Margot avec Henri de Navarre pour apaiser les tensions entre les deux camps. Mais le problème protestant devint insoluble. Négociatrice hors pair, elle a tendance à se battre pour des causes perdues. Elle apaise les tensions entre Marguerite et Henri de Navarre, s’allie avec Elisabeth Ière d’Angleterre, aide le Portugal à reconquérir son territoire envahi par son voisin espagnol et affronte la rébellion parisienne au cours de la Journée des Barricades.

Jeanne d’Arc, comme un homme Tout le monde connaît son histoire. Des voix de son enfance qui lui ordonnent de mener Charles VII à Reims pour le couronner roi de France et bouter les Anglais hors du territoire, en passant par sa transformation en véritable chevalier à la tête d’une armée d’hommes pour libérer Orléans, jusqu’à sa capture après avoir été trahie et vendue aux anglais pour finir par être brûlée vive, elle meurt en habit d’homme préférant cela à vivre prisonnière en habit de femme.

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Olympe de Gouges, citoyenne à part entière O femmes ! Femmes, quand cesserez-vous d'être aveugles ? Quels sont les avantages que vous avez recueillis dans la Révolution ? Un mépris plus marqué, un dédain plus signalé. Dans les siècles de corruption, vous n'avez régné que sur la faiblesse des hommes. Votre empire est détruit ; que vous reste-t-il donc ? La conviction des injustices de l'homme. Quelles que soient les barrières que l'on vous oppose, il est en votre pouvoir de vous en affranchir ; vous n’avez que le vouloir. Olympe de Gouges

Veuve et mère à dix huit ans, indépendante à vingt, elle prend le nom de scène d’Olympe de Gouges et fréquente écrivains et intellectuels. A trente, elle écrit des pièces de théâtre et des romans s’attaquant notamment à l’esclavage. Pendant la Révolution, elle plaide pour le droit au divorce et parodie la Déclaration des droits de l’homme en publiant la Déclaration des droits de la Femme et de la Citoyenne. Partisane d’une monarchie constitutionnelle à l’anglaise, elle sera guillotinée sur ordre de Robespierre.

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La reine Victoria, la plus populaire Au début de son règne, l’Angleterre est au plus mal suite à la révolution industrielle. Un quart des femmes se prostituent à Londres. Exemple de couple idéal, Victoria et son mari le prince Albert et leurs neuf enfants atteignent l’apogée de leur popularité lorsqu’ils organisent L’Exposition Universelle. La puissance anglaise va se traduire alors par: une capitale devenue la principale métropole mondiale; la démocratie parlementaire; la domination des mers. A sa mort, après 63 ans de règne, l’empire occupe un quart de la planète, l’Angleterre est la première puissance mondiale et Victoria, tellement populaire qu’on qualifiera son époque d’ère victorienne.

Hubertine Auclert, la suffragette française Fonde la société Le droit des femmes qui deviendra plus tard Le suffrage des femmes. Militante pour le droit politique des femmes, elle créé le journal La Citoyenne pour défendre la libération de la femme. Enfin, elle fonde Le conseil national des françaises avec d’autres féministes. Elle revendique la non imposition des femmes, le contrat de mariage avec séparation des biens et l’égalité complète. A la suite d’un voyage en Algérie avec son mari, elle prendra également fait et cause pour les femmes arabes. Elle mènera des opérations d’envergures dans sa lutte pour l’égalité des sexes.


Benazir Bhutto, première dirigeante musulmane

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Première femme à diriger un pays musulman, elle connaît d’abord l’exil suite au renversement du gouvernement mis en place par son père. Relâchée deux ans plus tard, elle quitte son Pakistan natal pour l’Angleterre évoquant des raisons médicales. Elle devient alors cheffe du Parti du Peuple Pakistanais et retourne au pays où elle échappe d’abord à un attentat avant d’être élue premier ministre à la mort de son père. Accusée de corruption et démise de ses fonctions par le président d’alors, elle gagne une seconde fois les élections législatives. Mais condamnée pour corruption, elle s’exile pendant huit ans. A son retour, elle remet ça en annonçant sa candidature, échappe encore une fois à un attentat mais c’est la fois de trop, et elle est finalement assassinée par un taliban.

Eleanor Roosevelt, l’omniprésente De bourgeoise antisémite et homophobe, elle va devenir une femme de gauche engagée, présente sur tous les fronts : elle défend les femmes, les minorités, publie tous les mois un éditorial dans un magazine féminin à succès, écrit un livre incitant le recours à la force contre le Japon, intervient constamment dans des réunions à la Maison Blanche et invite le roi d’Angleterre afin de renforcer les liens entre les U.S.A. et le Royaume Uni. Populaire, sa vie privée est chaotique, tantôt hétéro, tantôt homo, elle est vite nommée au Bureau de la Défense Civile par son mari qui n’en peut plus. Mais elle finit par démissionner. Après la conférence de Yalta, son mari diminué, elle reprend le flambeau en devenant membre de la délégation américaine à l’assemblée générale des Nations Unies et présidente de la Commission des Droits de l’Homme pour six ans.

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Eve story

Margaret Thatcher, la dame de fer Elle ne laissera personne indifférente, détestée ou adulée, elle devient la première femme à la tête du parti conservateur. Adepte de la doctrine néolibérale de Milton Friedman, elle réduit l’inflation et le rôle des syndicats, prétextant : « There is no alternative ». Ce sont les journalistes soviétiques qui la qualifient de dame de fer à cause de son inflexibilité dans ses rapports à l’URSS, son grand ennemi. Elle le sera également avec les membres de l’IRA et dans sa gestion de la guerre des Malouines contre l’Argentine. Elle échappera à un attentat de l’IRA, et ne cèdera pas non plus face à la grande grève des mineurs. Seule la maladie d’Alzheimer la fera plier.

Et aujourd’hui ? Leur nombre équivaut à la location d’une salle de réunion.

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Eve story

La carte du monde des femmes au pouvoir.

Cette carte indique en rouge les pays où des femmes sont des présidentes ou des premiers ministres. Dans le monde, elles sont simplement 12. 4,93% des pays du monde sont dirigés par des femmes. Le chiffre monte légèrement pour les états reconnus (6,21%). ©Tuxboard.com

Denis Bertrand

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Une femme marche sur la maison blanche


GALAXIE HILLARY

HILLARY en mission La campagne la plus passionnante de l’année s’achèvera le 8 Novembre . Quels qu’en soient les résultats, Hillary Clinton aura changé la donne. Celle qui rêvait d’ être astronaute découvre une autre planète et la révèle au monde. Peut être une dirigeante pour les Etats-Unis. Décollage. Une femme présidente est un fantasme. Hillary incarnera t-elle l’avenir des Etats-Unis ? Laetitia Garriott de Cayeux a répondu à nos questions, en tant que co-fondatrice de Entrepreneurs for Hillary. Comment s’est constituée l’équipe de Entrepreneurs for Hillary ? “Entrepreneurs for Hillary” a pour but d’assembler et d’organiser la vaste communauté des entrepreneurs américains au soutien de la campagne d’Hillary – en matière d’engagement, d’incitation au vote et de levée de fonds. Tout a commencé un beau weekend de juillet 2012 ou j’ai été inspirée pour acheter le site web « Entrepreneurs for Hillary », en préparation de sa possible candidature à la présidentielle. Et puis l’été dernier, je me suis associée avec quatre autres entrepreneurs américains, qui comme moi et des millions d’autres entrepreneurs, sont intimement convaincus qu’ Hillary et la plateforme qu’elle propose, sont fondamentalement le meilleur choix pour les américains. Et « Entrepreneurs for Hillary » est né !

Hillary Clinton et Laetitia Garriott de Cayeux

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Galaxie Hillary S’agissant des trois piliers du succès entrepreneurial que sont le capital, le talent et l’innovation, Hillary préconise le soutien au financement des PME, une réforme de l’immigration qui offrirait, en particulier, une opportunité aux étudiants étrangers qui ont fait leurs études aux Etats-Unis, de rester aux Etats-Unis et devenir une partie intégrale de l’économie américaine, et d’investir dans la recherche et le développement, Aujourd’hui nous comptons parmi nous le directeur du festival South by Southwest, Hugh Forrest, le fondateur du Musée des Mathématiques, Glen Whitney, et bien d’autres qui sont convaincus qu’Hillary est le futur !

Quelles sont ses propositions pour une plus grande égalité entre femmes et hommes, et une plus grande représentation des femmes dans les domaines traditionnellement à prédominance « masculine » ?

Quelles sont les propositions d’Hillary pour les entrepreneurs américains ?

En 1995, lors de la 4eme conférence mondiale sur les femmes à Pékin, Hillary Clinton a déclaré : « Les droits humains sont les droits des femmes, et les droits des femmes sont des droits humains. » Malgré le progrès des 20 dernières années, l’objectif d’une équité entre femmes et hommes et un des chantiers non achevés, qu’ Hillary est déterminée à faire avancer lors de son mandat, si elle est élue présidente des Etats-Unis. Hillary propose de combler l’écart salarial qui est actuellement de 28% entre femmes et hommes. Elle préconise à cet égard de pousser pour l’adoption d’une loi pour l’équité salariale, Fairness Paychex Act, qu’elle a introduite lors de son mandat de sénateur, et d’augmenter le salaire minimum fédéral qui affecte disproportionnellement les femmes, et qui permettrait de sortir de la pauvreté des millions de femmes américaines.

L’entrepreneuriat est l’épine dorsale de l’économie américaine, et les PME le moteur de sa croissance. Il y a 30 millions de PME aux Etats-Unis. Ces PME emploient plus de 55% de la masse salariale du pays, et ont généré plus de 65% des nouveaux emplois crées aux Etats-Unis au cours des 20 dernières années. Et chaque année 400,000 Américains se lancent dans l’aventure entrepreneuriale. Hillary est déterminée pour créer un environnement favorable aux PME et à ses entrepreneurs, et à promouvoir leur accès au capital, au talent, et à l’innovation – les trois piliers du succès entrepreneurial. En matière d’environnement pour les PME, Hillary propose de réduire les formalités administratives, de simplifier le processus de déclaration fiscale, et d’offrir aux PME davantage de crédits fiscaux.

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GALAXIE HILLARY

En matière de représentation des femmes, Hillary a clairement exprimé son intention de travailler à réduire les écarts de représentation qui existent dans certains secteurs comme le secteur “STEM” (Sciences, Technologie, Ingénierie, Mathématiques) ou les femmes ne sont représentées qu’a 24%. Quelles sont ses conseils aux femmes qui veulent entrer en politique – et qui pourraient s’appliquer à une femme française qui voudrait devenir présidente ? « Une peau de rhinocéros, et des oreilles grandes ouvertes ! ». Hillary crédite Eleanor Roosevelt pour l’avoir inspirée en terme de leadership. Il y a un vieux dicton qui dit, « Ceux qui vous critiquent peuvent devenir vos meilleurs alliés si vous les écoutez sans les laisser vous tirer vers le bas”. C’est une façon de créer une démarche pour recevoir, entendre et évaluer les critiques sérieusement mais pas personnellement.

Hillary est en faveur d’un congé parental rémunéré de 12 semaines. Selon elle, aucun parent – père ou mère – ne devrait avoir à retourner au travail juste après avoir accueilli un nouveau-né. Aujourd’hui, 25% des femmes américaines retournent au travail moins de 10 jours après la naissance de leur enfant, parce qu’elle ne bénéficient pas de congé maternité, durant lequel elles continueraient de percevoir leur rémunération habituelle. Les Etats-Unis sont le seul pays développé sans congé parental avec rémunération, et c’est quelque chose qu’Hillary veut changer ! En matière de contraception et de droits reproductifs, Hillary veut protéger le droit des femmes américaines à choisir. Pour ce faire, elle a choisi de se battre contre les tentatives des Républicains pour retirer aux femmes américaines ces droits fondamentaux. Qu’il s’agisse de contraception ou d’avortement, il s’agit d’une décision très personnelle que seule la femme concernée peut et devrait prendre, guidée par ses propres convictions, sa foi, sa famille, en prenant en compte un contexte particulier, qu’elle seule peut pleinement appréhender, et des circonstances souvent difficiles et douloureuses. Les droits reproductifs sont des droits fondamentaux garantis par la constitution américaine, et confirmés par la Cour Suprême. Hillary Clinton les protégera.

Quel est son avis sur les congés des pères dans les entreprises, et la contraception et autres droits reproductifs ? Capucine Bertrand ©WS


CARTIER soutient les femmes entrepreneures dans le monde depuis 10 ans . Une marque qui fait rêver les femmes et les encourage.

Happy Birthday

Découvrir ©Copyright, 2016 – CARTIER INTERNATIONAL


BULLES D’AMBITION

Un prix éclatant depuis 1972 !

Madame Clicquot

Le 18 Octobre dernier, une des plus belles maisons françaises célébrait les talents féminins entrepreneurs . Ce femmes ambitieuses et talentueuses faisaient parfaitement écho à l’incroyable histoire de Madame Clicquot, grâce à deux prix, le Prix de la Femme d’Affaires et le Prix Clémentine, en référence à la fille de la très célèbre Nicole Ponsardin Clicquot, qui devint veuve et entrepreneure en 1805, à l'âge de 27 ans.

Créé en 1972 pour célébrer le bicentenaire de la Maison, le Prix Veuve Clicquot de la Femme d’Affaires récompense chaque année des femmes d’exception pour leur esprit d’entreprise. Il rend hommage à la première d’entre elles, Madame Clicquot, qui a su s’imposer en tant que grande figure féminine dans le monde des affaires. Dignes héritières de « La Grande Dame de Champagne », ces femmes possèdent les qualités qui font d’elles des pionnières capables de relever tous les défis : l’esprit d’entreprendre, l’audace, la créativité et le talent. Le Prix Clémentine, pour sa troisième édition, récompense celles qui représentent aux yeux de la Maison la future génération des "Femmes d'Affaires". Clémentine est le prénom de la fille de Madame Clicquot, et nous sommes convaincus que cette filiation spirituelle ne peut qu'être valorisée par ces jeunes femmes. ©Copyright, Veuve Clicquot, 2016


BULLES D’AMBITION

De gauche à droite Jean-Marc Gallot - Président de la Maison Veuve Clicquot Anaïs Barut – Fondatrice et PDG de DAMAE Medical Caroline Hilliet Le Branchu - PDG de la Conserverie La Belle-Iloise Delphine Arnault ©David Atlan

Son Excellence Madame Jane D. Hartley, Ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique en France et à Monaco, a fait honneur à la Maison Veuve Clicquot en accueillant la cérémonie de remise du Prix Veuve Clicquot de la Femme d’Affaires et du Prix Clémentine France 2016, au sein de sa résidence officielle à Paris. Le Président de la Maison Veuve Clicquot, Jean-Marc Gallot, était accompagné de Delphine Arnault, Chantal Gaemperle et Christophe Navarre, ainsi que de nombreuses personnalités du monde des affaires pour remettre le Prix Veuve Clicquot de la Femme d'Affaires France 2016 à :

Caroline Hilliet Le Branchu PDG de La Conserverie la belle-iloise Et pour sa troisième édition, le Prix Clémentine a été décerné à :

Anaïs Barut Fondatrice et PDG de DAMAE Medical

©Copyright, Veuve Clicquot, 2016


Créé en 2012 par le Groupe Estée Lauder France à l’occasion des 20 ans du Ruban Rose en hommage à Evelyn H. Lauder, à l’origine d’Octobre Rose, ce concours photo contribue à mobiliser le grand public en faveur de la campagne de sensibilisation au dépistage précoce du cancer du sein et à soutenir les actions de l’association Le Cancer du Sein, Parlons-en !.

PRIX ACCESSIT & PRIX DU PUBLIC TEVA 2016

© Cyrielle RENAULT [Strasbourg (67)] « J'ai connu Valérie dans le cadre d'une exposition sur la féminité que je suis en train de monter à Strasbourg. Quand je l’ai rencontrée, ce qui m'a frappée, c'est sa force. La force de se battre contre la maladie et de mener de front sa vie de femme, de mère et d'épouse. Lors de la séance photo, Fabien était présent avec son rire et son regard rempli d'amour pour sa femme. Leur couple est fort ; il ne s’apitoie pas sur la maladie. Je souhaitais prendre les éléments de cet amour, l’humour qui les caractérise et aussi leur lieu de vie. Valérie s'accepte telle qu'elle est, sans artifice. Juste sa beauté. Elle jette ainsi sa perruque en se libérant de l'apparence pour être elle-même et s'aimer. Comprenant la symbolique, son mari participe à la scène, amusé, toujours plus amoureux. »


WESH T’ES BONNE

C’EST DANS TA TETE ! Non, vous n’avez pas rêvé, on a sollicité votre bonnassitude en pleine rue ou en plein rush dans les transports en commun. Quelle réponse à cela ? Le dialogue. Alma Guirao, fondatrice de l’application Handsaway entre en guerre de communication et de sensibilisation.

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Quelle est l’histoire de cette application ? Il y a un an, une goutte d’eau a fait déborder mon vase en terme d’agression sexiste. Deux hommes m’ont interpellé dans la rue. Je n’ai pas répondu et me suis faite insultée. A cette époque, je n’ai pas su quoi faire. Je ne sentais pas légitime de porter plainte et de m’adresser à des associations. Je suis donc rentrée chez moi et puis rien.

Que vous ont-ils dit exactement ? « Mademoiselle, vous êtes charmante. Est-ce qu’on pourrait avoir votre numéro ? » Ce à quoi je n’ai donc rien répondu. Puis, ils m’ont traité de « sale pute ». Classique. Qu’auriez-vous aimé faire concrètement ? J’aurais d’abord aimé avoir une réaction. Je n’ai pas osé. Quand on en parle à ses proches, cela n’a pas d’écho et ne peut pas servir à quoi que ce soit par la suite. ©WS


WESH T’ES BONNE C’est là que le projet d’application pour témoigner est né. Oui, Handsaway n’existait pas encore lorsque j’ai eu l’idée de favoriser le dialogue avec les gens à proximité après une agression sexiste. Aujourd’hui, il s’agit de créer une cartographie de ces agressions au niveau national.

Un dialogue peut alors s’instaurer. Je constate énormément de soutien et de réconfort. Je réfléchis maintenant à ce que l’application soit plus humaine encore ; Je voudrais notamment développer un système de covoiturage piéton pour sécuriser les femmes tard le soir.

Quelles sont les données relevées par Handsaway ? Le nombre d’agression, le lieu et l’heure. Les autorités légales ne sont pas alertées parce qu’il n’y a pas de chiffres. C’est un pouvoir d’expression aux femmes, une main tendue aux victimes et un exutoire pour elles. Le résultat c’est de l’écoute et une certaine sensibilisation. Tout le monde sait ce qui se passe pourtant. Oui et la remarque que l’on m’a faite au début du projet est que si tu es sollicitée dans la rue c’est que tu es jolie et que c’est plutôt cool. Mais encore « Voyons ! Tu sais très bien que si tu mets une jupe le soir et que tu rentres seule … ». Ça me révolte. De quelle manière l’appli fonctionne ? Une femme est agressée, elle déclenche une alerte avec des degrés de précisions. Surtout, l’alerte peut être déclenchée par la victime ou par le témoin.

Le risque c’est de faire entrer « le loup dans la bergerie » via l’application. On balise et on sécurise de ce côté-là. La sécurité est notre maître mot.

Faire un lien avec la police vous intéresserait ? C’est évident. Ils profitent déjà d’une application géo localisée des victimes en intranet. Toutes les données de Handsaway devraient servir à aider et informer les autorités légales. Il s’agit aujourd’hui de prouver que Handsaway est utile et utilisé. Nous devons créer de la motivation. ©WS


WESH T’ES BONNE

Comment pensez-vous convaincre les femmes de s’inscrire et d’être attentive aux autres ?

Le premier facteur c’est la récurrence du phénomène. Même si des femmes ne se sentent pas concernées ou se sentent fortes face à la question, qu’elles conseillent les autres ! Je voudrais faire disparaître leurs réflexes quotidiens entravés par les agressions sexistes. En parler, c’est la révolte par « le dire ». Il faut dire les choses pour qu’elles changent.

Capucine Bertrand ©WS


JAMAIS SANS LUI

PART FEMININE Dirigeant d’Open, il s’est engagé pour les femmes sur un coup de gueule, avec une expérience du numérique et de l’absence féminine de son domaine d’expertise. Tribun, ce gentleman compte bien endiguer le problème de la représentation féminine dans le numérique. Guy Mamou Mani, président.

© Christophe RABINOVICI

Votre engagement pour les femmes n’est pas un scoop. D’où vient-il ? C’est une constatation qui provient effectivement de mes fonctions au sein de Syntec Numérique. Nous nous sommes rapidement aperçus que très peu de femmes étaient présentes le domaine du numérique et de l’informatique. Nous avons créé ainsi Femmes du Numérique dont la mission est de développer une meilleure image de la profession auprès des jeunes filles, d’étudier les raisons objectives de la non-attractivité du secteur.

L’action majeure est le Trophée Excellencia. C’est le résultat d’un travail d’étude de marché auprès de l’ONISEP, afin d’analyser ces raisons. Quels en sont les résultats ? Nous avons du mal à clarifier ces raisons. Il est toujours question de stéréotypes. J’observais pour ma part et systématiquement le manque de présence des femmes dans les tables rondes du numérique. A mon arrivée au conseil d’administration de Syntec, il y avait une seule femme sur les 30 présents. ©WS


JAMAIS SANS LUI A chaque fois que je croisais une femme chef d’entreprise, je lui disais de se présenter. Au fur et à mesure, nous sommes parvenus à huit femmes présentes. Sans quota, juste en essayant de les convaincre de le faire, pour qu’elles soient élues démocratiquement.

Ou alors parce qu’elles ont d’autres engagements. Je dois reconnaitre que cette recherche a ouvert les champs des possibles, et ce chasseur de têtes a trouvé des profils incroyables. Il reste les actions, comme votre fameux Tweet qui a favorisé un rebond sur ce débat. Quelles en est l’histoire ?

© Silicon.fr

Selon votre expertise, c’est du côté des femmes que ça coince, c’est cela ? Lorsque je l’ai fait remarquer lors d’une table ronde, cela n’a pas vraiment plu. J’ai d’ailleurs fait cette plaisanterie en disant que 100% des femmes qui s’étaient présentées au CA avaient été élues. Une seule femme s’était présentée. Présentezvous mesdames !

Natacha Quester Semeon, présidente de Girl Power 3, a tweeté un jour une photo d’une table ronde qui se tenait à l’Elysée à propos du développement numérique franco-allemand. Douze hommes étaient présents. Pas une femme. J’en ai eu assez. J’étais dans le TGV et j’ai tweeté pour signifier que désormais je ne participerai plus à une table ronde sans femme intervenante. C’était un « coup de gueule » naturel. Ensuite d’autres hommes m’ont rejoint et nous avons créé Jamais Sans Elles avec Tatiana F Salomon.

L’autre réponse pourrait être la loi des quotas. Je trouve qu’il est plus légitime que les femmes se présentent et se fassent élire. J’ai recruté un chasseur de têtes pour aller les chercher. Soit parce que celles que l’on connait sont déjà présentes dans plusieurs conseils et ce sont toujours les mêmes.

©WS


JAMAIS SANS LUI Une initiative d’un groupe d’hommes, ce qui est rare. Cela nous a été reproché d’ailleurs. Nous avons envie de dire que sans être militant, les hommes peuvent adhérer à des actions féministes. Le mouvement Jamais Sans Elles est naturel et ça marche ! Désormais, je vérifie chaque table ronde à laquelle je suis convié. Si la seule intervenante ne vient finalement pas, moi non plus. J’ai donc annulé deux fois depuis. Les gens me connaissent maintenant. Vous êtes d’ailleurs connu et donc sollicité à ce sujet, en tant qu’expert du domaine numérique. Tout de même. Je suis beaucoup plus connu pour Jamais Sans Elles que pour Syntec Numérique ou Open (rires). Mais je ne cherche pas à personnaliser le mouvement. On m’a même demandé si l’on pouvait utiliser le hashtag Jamais Sans Elles alors qu’il ne nous appartient pas. Au contraire, plus il est répandu, mieux c’est ! Nous voudrions maintenant créer une application pour valoriser les évènements où les tables rondes sont paritaires. Les femmes dans le numérique. Pourquoi avons-nous encore un problème de représentation aujourd’hui ?

Sur 415 000 salariés du secteur du Numérique, 27% sont des femmes et le chiffre baisse pour les métiers techniques. L’Opiiec qui a été chargé de comprendre ce mécanisme a souligné trois raisons dominantes : l’image « geek » de la profession, les stéréotypes et la mauvaise cohabitation à priori entre vie privée et vie professionnelle. Il faut que les métiers du numérique évoluent, y compris du côté des hommes. Je suis le parrain de la dernière promotion de l’Epita, une école d’ingénieurs en informatique, et sur 280 étudiants il y a 14 filles. Une des jeunes filles de la promotion m’a confié qu’elle avait toujours rêvé de faire de l’informatique et qu’un conseiller d’orientation l’année du bac avait trouvé l’idée formidable et l’avait dirigé vers un BTS Secrétariat. Avec Syntec Numérique, nous voulons faire bouger les lignes à ce niveau et nous avons obtenu qu’il y ait des cours de code dès l’école primaire, l’enseignement de l’ISN (Informatique et Sciences du Numérique) en Terminale et nous menons des actions avec l’Onisep tout au long de l’année pour changer la donne. Et surtout nous prenons l’exemple de l’Inde ou de la Corée où les métiers du numérique sont féminisés. ©WS


HOMME DU WEB Votre engagement arrive maintenant jusqu’au Laboratoire de l’Egalité et au Haut Conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes. L’ont m’y invite parce que je suis engagé, même si j’ai une vision un peu disruptive des choses, et que je suis surtout expert en numérique. J’interviens surtout auprès de la commission de la mixité dans les conseils d’administration. Je suis vice-président du Conseil National du Numérique.

Les Jamais Sans Elles

Avez-vous des modèles de femmes, que vous admirez ? J’ai un profond respect pour Christine Lagarde, pour son travail et qui elle est. J’apprécie Axelle Lemaire et Fleur Pellerin et je pourrais vous parler de mes grands classiques Elizabeth Badinter et Simone Weil.

©BFMTV.COM

Capucine Bertrand ©WS


DRESS CODE

NOUVELLE DONNA Française vivant aux Etats-Unis, Aurélie Jean est développeuse en mécanique numérique. Une génie de l’informatique, prophète des femmes du digital, elle parcourt les conférences et les journaux pour booster celles qui sont tentées de changer le monde.

© JFD 2015

Votre parcours est très inspirant. Alors, vous aviez un plan ou il n’y a que du hasard ? J’ai toujours pensé que ceux qui parlaient de parcours tout tracé, étaient surement naïfs ou peut être un peu menteurs (rire…). La vie n’est pas un chemin droit, et si on la perçoit de cette façon, c’est surement du au fait qu’on passe à côté d’opportunités. La vie est pleine de virages et c’est ce qui rend l’aventure intéressante. Je suis aux EtatsUnis depuis 2009.

Après avoir soutenu ma thèse à Paris en mécanique numérique, j’ai décidé de commencer une aventure américaine en prenant un poste de chercheuse en médecine numérique, ce fut un sacré virage dans mon parcours. La mécanique numérique permet en développant des modèles mathématiques que l’on implémente dans un code de calcul, de simuler la déformation des matériaux, la fissuration ou l’élasticité par exemple. C’est un domaine qui peut très facilement s’appliquer à la médecine. ©WS


Un professeur (Dr. George C. Engelmayr de l’Université d’État de Pennsylvanie) avait repéré mes travaux sur les matériaux mous et a été convaincu de ma forte valeur ajoutée dans la compréhension de la mécanique des tissus cardiaques. J’ai fait de la médecine numérique pendant 7 ans jusqu’à récemment. J’ai travaillé notamment sur le cœur, en modélisant mathématiquement et numériquement la formation d’un cœur en laboratoire. J’ai par la suite travaillé sur le traumatisme crânien quand je suis partie au MIT (Massachusetts Institute of Technology) en 2011. Il s’agissait d’analyser par la simulation numérique, comment les tissus du cerveau se déformaient sous impact et donc de mieux comprendre les mécanismes des traumatismes crâniens chez l’humain.

DRESS CODE

Une recherche très intéressante et de pointe. Oui, j’ai adoré travailler 7 ans dans la médecine numérique, je me suis challengée, j’ai rencontré des personnes formidables, mais au bout d’un moment, j’avais fait le tour. Je fonctionne à l’envie et à l’ennui donc je passe à autre chose quand j’en ressens le besoin, et c’est toute la force du numérique. Les possibilités sont infinies. Aujourd’hui je suis scientifique et développeuse chez Bloomberg, au sein de leur service equity. Chez Bloomberg, nous développons des outils numériques et mathématiques pour délivrer des informations nécessaires aux acteurs mondiaux de la finance. A Bloomberg nous avons la mission de rendre la finance plus transparente. Comment votre engagement pour les femmes du numérique est arrivé ? Il y a deux ans et demi quand j’étais au MIT, j’avais remarqué que la sous-représentation des femmes dans le numérique n’évoluait pas encore assez vite. Dans mon équipe de numériciens, nous avions du mal à recruter des codeuses! Les femmes et jeunes filles ne se sentent pas assez bien accueillies par cette discipline, elles pensent que ce n’est pas pour elles. Beaucoup d’études s’accordent à dire que l’enseignement du code dans les lycées n’est peut être pas assez adapté aux envies des filles, avec beaucoup de compétition et de travail individuel. Également, elles ont besoin de plus de role model dans ce domaine afin de les inspirer et de les encourager. Pourtant les filles sont excellentes en mathématiques! ©WS


DRESS CODE Je pense aussi qu’il faut davantage communiquer sur ce qu’on peut faire avec le code, plus que sur le code lui même afin d’attirer la gente féminine !

Axelle Lemaire et Aurélie jean

Le code est perçu comme un secret d’experts, triés sur le volet.

Que faut-il leur dire pour les convaincre ? Qu’elles peuvent changer le monde en codant. J’ai formé des filles au code, je les sensibilise lors de mes interventions sur le fait que le code est partout, qu’il peut s’appliquer à la finance, à la médecine, à l’éducation et tant d’autres choses. Point important aussi, je communique sur les salaires compétitifs actuellement dans le numérique! Je dis souvent aux femmes qu’elles peut combiner indépendance financière et intellectuelle, ainsi que le pouvoir de changer le monde! C’est une discipline d’avenir et je le montre aux gens, hommes et femmes pour qu’ils me suivent dans ma vision! J’écris dans des magazines, je réponds à des interviews, j’écris des articles ou posts, et je suis speaker. Je viens d’ailleurs de créer ma compagnie In Silico Veritas (http://aureliejean.wixsite.com/in-silicoveritas) basée à NYC mais à impact mondial, afin d’augmenter la visibilité de mon action et de faire encore plus de choses pour un monde meilleur pour tous! Etats-Unis ou France en tant que femme ?

C’est une question compliquée ou devrais je dire complexe. Je me suis toujours mieux Il faut démystifier le code. Pour les femmes sentie en tant que femme aux US pour et pour le monde ! C’est une langue écrite travailler. Aux US, dans le milieu dans lequel qui s’apprend comme toute autre langue, j’évolue, les femmes sont très respectées et le qui a une syntaxe, une structure et une gender gap est un sujet étudié depuis très logique. Tout le monde a sa place dans cet longtemps déjà. J’ai la chance de travailler aussi écosystème, nous avons besoin autant de pour une entreprise formidable Bloomberg développeurs web, de développeurs de tous qui soutient intensivement la diversité à travers niveaux, que de grands mathématiciens diverses actions au sein de l’entreprise pour développer des algorithmes de pointe (Bloomberg Women in Technology) ou à et d’en optimiser l’implémentation dans un l'extérieur (code camp, programmes de code de calcul. ©WS mentorat).


DRESS CODE Selon mon expérience il est plus simple en tant que femme de naviguer dans le milieu numérique aux US qu’en France. C’est pourquoi à présent, je travaille aussi beaucoup avec la France car je veux transmettre à ce magnifique pays toute les connaissances et méthodes que j’ai apprises ces 7 dernières années aux US pour plus de diversité. La principale leçon des américaines que je retiendrai est qu’elles s’aident entre elles, elles sont plus solidaires, nous Françaises avons beaucoup à apprendre d’elles. On parle beaucoup des femmes françaises qui réussissent au moment où elles deviennent inaccessibles et j’ai envie de leur dire « Redonnez ! ». Tu as un vrai talent de speaker, et tu véhicules une image très féminine et sexy. Sexy? (rires…) J’aime bien faire mes speeches avec une tenue très féminine, je suis très féminine de nature. Dans ma vie courante, je peux autant m’habiller « à la cool » que de façon très distinguée, je pense etre une femme libre :-) Quand je parle au public, j’ai envie de marquer les esprits, de bouleverser les stéréotypes. Je veux donner envie aux femmes d’être codeuse et d’assumer leur féminité. C’est toujours une question de choix bien sûr. Il faut qu’elles aient le choix d’être elles-mêmes. Concernant mes talents de speaker (merci beaucoup pour le compliment) je pense qu’il faut toujours utiliser des mots simples, clairs mais percutants pour donner un message dynamique, convaincant et attirant! Je travaille toujours sur ces points mais ca avance.

Quelles personnes t’inspirent ? Il y avait peu de role model dans ma discipline quand j’ai commencé. Ma professeur de physique à l’Université m’a beaucoup inspirée parce qu’elle était brillante et avait du pouvoir selon moi (rires…). Quand on me demande pourquoi j’aime coder, je réponds « because I have the power », oui j’ai le pouvoir de changer les choses, les scientifiques en général ont le pouvoir de mieux comprendre notre monde et de le transformer! Aux Etats-Unis, je pense à tellement de femmes et hommes qui ne sont pas toujours dans ma discipline, une juge de la Cour Suprême, une artiste peintre, un chercheur, une professeure du MIT, une scientifique neurologue et sublime businesswoman, un médecin de l'hôpital de Boston, des entrepreneurs... il y en a tant ! ©WS


DRESS CODE

J'ai aussi des role model en France, je pense en particulier à Delphine RemyBoutang (CEO de la société The Bureau et créatrice de la Journée de la Femme Digitale http://www.lajourneedelafemmedigitale.fr/) qui a été la première en France à croire en moi et ma vision sur le code informatique, et qui m'a ouvert des portes pour transporter mon message en France. Son parcours, son humilité et sa générosité m'inspirent. Bien plus que le métier de mes role model, c’est leur liberté qui m’inspire. Enfin mon message à toutes ces femmes qui réussissent dans le code informatique: exposez-vous, parlez de vous et de votre expérience! Car plus ces femmes s’exposeront, plus les stéréotypes disparaîtront.

#Coding for a brighter and better future for Suivre Aurélie Jean everyone

Capucine Bertrand

©WS


Start up STORY

TU T’ES VU QUAND T’ Y CROIS ? Enfermez des entrepreneures pendant 54 heures pour monter des projets. Secouez. Résultat, la colonie de vacances business. Dingue ! L’́énergie est ponctuée par d’ambitieux porteurs de projet criant « Startup ... Weekend ! » . Leur recette ? 70 entrepreneures qui ne se connaissaient pas le Vendredi soir. 10 idées retenues et équipes formées naturellement. Un cadre bienveillant. Pari réussi pour la 3e édition de Startup Weekend Women Paris qui se déroulait les 14,15 et 16 Octobre.

©WS


Start up STORY

Startup Weekend Women a su s’imposer au fil des ans comme un événement incontournable de l’écosystème. Un concept unique : valoriser l’entreprenariat féminin en rassemblant pendant 54h des entrepreneures ou des femmes aspirant à l’être et confronter leurs idées à un jury d’experts. Pour cette édition, sponsorisée par RCI Bank and Services, et sous le marrainage de l’Agence pour l’Entreprenariat Féminin et Garçonne Magazine, les hommes étaient (eux aussi) de la partie, même si assez peu représentés (5% d’hommes Vs 95 % de femmes).

De cet événement ont pu émerger 10 projets forts avec un vrai potentiel. Chacun des projets finalistes a été présenté devant un jury de spécialistes reconnus. Parmi eux : Caroline Ramade, Directrice Générale adjointe de Paris Pionnières, Marine Aubin, Co-Présidente de Girlz in Web, Arbia Smiti, CEO Carnet de Mode, Goretty Ferreira, Dirigeante et fondatrice de l’agence pour l’entreprenariat féminin, Areeba Rehman, CEO de Fretbay, Frédérique Cintrat, fondatrice d’Axielles.com, Sabine Zylberbogen, fondatrice de Made In Law ou encore Alice Altemaire, CFO RCI Bank and Services et Julien-David Nitlech, Partner chez Iris Capital.

Armonie Bellepeau Crochet et Damien Gromier

« Comme à leur habitude, les participantes de Startup Weekend Women Paris ont bouillonné d’idées et de projets passionnants… Elles ont su sortir des clichés et mettre de la technologie dans leur projet pour rendre leurs idées plus ambitieuses ! Des échanges riches qui permettent de voir naitre de vraies pépites à suivre de (très) près… Vivement la prochaine édition ! », déclare Armonie Bellepeau Crochet, co fondatrice de B.LIV champagne, à l’initiative de l’édition Women.


Start up STORY Et les grandes gagnantes de cette 3ème édition sont :

1ère Erin Morgan et sa plateforme Beauty Brain : une plateforme depuis laquelle les utilisatrices de produits cosmétiques pourront donner leur avis aux grands groupes, le tout en interaction avec une application pour scanner chaque type de peau. Objectif final ? Créer le tout premier réseau social vertical et interactif, dédié aux cosmétiques et à la beauté.

2ème Co-fondé par Florence Henry et Jean Christophe Klein, Lib'Héros se présente comme un outil de réservation de soins faits par des professionnels de la santé à domicile. De plus, via un réseau social, les praticiens libéraux pourront optimiser le parcours de soin d’un patient.

3ème Sophie Demartini et son algorithme d’optimisation des différents trajets possibles avec Kid's Move. Les parents pourront être mis en relation avec des accompagnateurs pour les activités périscolaires de leurs enfants.

Prix entrepreneure « coup de cœur » du jury Myriam Dahani, et son site Internet Paris Poppins, veut transformer son blog de bons plans parisiens en parcours touristiques personnalisables. Après plusieurs pivots Myriam a su fédérer son équipe et présenter un projet avec énergie et enthousiasme !


Créé en 2012 par le Groupe Estée Lauder France à l’occasion des 20 ans du Ruban Rose en hommage à Evelyn H. Lauder, à l’origine d’Octobre Rose, ce concours photo contribue à mobiliser le grand public en faveur de la campagne de sensibilisation au dépistage précoce du cancer du sein et à soutenir les actions de l’association Le Cancer du Sein, Parlons-en !.

PRIX ACCESSIT 2016

© Léa DAVID [La Talaudière (42)] « Pour ce concours, j'avais l'envie de réaliser une belle image, simple. J'ai choisi d'aborder le thème « S'aimer » dans le couple et d'inclure le conjoint dans le processus de dépistage : il est à ce moment un soutien, une présence mais il peut aussi être l’initiateur de cette démarche. Sur ce cliché, un « vrai » couple que j’ai souhaité photographier de la manière la plus naturelle possible, sans pour autant montrer leurs visages de manière afin que tout autre couple puisse s'identifier à eux. L’objectif est aussi de sensibiliser les hommes au dépistage précoce du cancer du sein. Il me semblait essentiel de réaliser une prise de vue avec un réel travail de lumière sur ces corps pour magnifier le côté pur du nu et la beauté d'un moment fort, celui de la présence de l'un pour l'autre dans un moment inquiétant. »


GREEN COP 22

Elle le veut et elle le fait de tout son cœur ! Cyrielle Hariel est marraine du Prix International Terre de Femmes 2016 de la Fondation Yves Rocher, présentatrice à Ushuaia Tv et se prépare à la sortie de son livre, traçant la ligne de son cœur. Des bénédictions pour une green journaliste particulièrement convaincue et convaincante au parcours angélique. Attention émotion. Vous précisez sur votre blog que vous êtes journaliste green & positive. Comment en êtes-vous arrivée à cette définition particulière ? Je suis attirée par le domaine de la télévision depuis l’enfance. Et, je me disais qu’un jour, j’y serai peut-être. Dès mes premiers pas, mon père m’a fait découvrir un artiste en particulier dont l’univers me confronta à mes premières images humanitaires. C’est l’univers de Michael Jackson. J’ai grandi avec sa musique et c’est grâce à lui que j’ai voulu apprendre l’anglais pour comprendre les paroles de ses chansons. Je pouvais pleurer devant le Roi Lion, mais aussi en regardant « Heal the world» « Man in the Mirror » « Earth Song » ! Si bien que lorsque l’on me demandait ce que je voulais faire plus tard, je répondais avec un regard à la fois rêveur et déterminé à mon interlocuteur, dès l’âge de 4 ans: « J’interviewerai Mickael Jackson ! ».

28 ans plus tard, j’ai ma carte de journaliste, il n’est plus vivant, mais il le reste pour moi et je compte bien un jour lui rendre hommage en réalisant un documentaire. Votre parcours a pris un virage il a un an. Quel est le chemin parcouru ? Mon baccalauréat scientifique en poche, passée par la case internat, je suis d’abord stagiaire auprès de l’équipe de Pascal Bataille et Laurent Fontaine lorsqu’ils étaient chez Loribel. ©WS


GREEN COP 22 C’est en 2010 que je décroche mon premier contrat pour l’émission les Animaux de la 8 sur D8 (ndlr anciennement Direct 8), en tant qu’enquêtrice junior. Ce fut une très belle formation avec une équipe incroyable. Je remercie d’ailleurs encore les deux animatrices Sandrine et Élodie et le groupe Bolloré de m’avoir permis de faire mes premiers pas en TV! C’est une véritable opportunité de commencer dans une chaine naissante et qui évolue à pas de géant, on ne peut qu’apprendre, ce fut une expérience première bénéfique. C’est là que je découvre mon goût pour le terrain et mon envie d’aller vers l’autre, de comprendre les intérêts des gens à faire leur métier, et à suivre leur passion. En 2012, je découvre que le Cirque du Soleil organise une tournée européenne en hommage à Michael Jackson. Ceux qui m’inspirent ce sont les gens qui ne partent de rien comme le québécois Guy Laliberté, l’un des fondateurs de cet empire moderne de divertissement. Et donc, je me passionne pour le Cirque du Soleil à ce moment-là. Je découvre qu’il a fondé une ONG One Drop pour répondre à l’un des fléaux les plus importants au monde : l’accès à l’eau salubre, qu’il a réussi avec son propre argent alors qu’il vient de la « rue » , à financer son propre voyage dans l’espace. Avec ce spectacle « MichThe Immortal World Tour by Cirque du Soleil », je me dis que c’est une formidable occasion pour moi et j’écris à Live Nation.

Je réalise alors mon premier reportage pour le web, avec mes moyens, aidée par un ami réalisateur Pierre Noguéras, réalisateur de la dernière campagne « Regarde moi » pour l’association Laurette Fugain et un preneur de son. Je fonctionne par flashs comme cela. Par exemple, un dimanche, alors que je sors d’un cours de Gym Suédoise en marchant en plein soleil et que j’écoute pour la énième fois « Man in the Mirror » de M.J, j’ai un grand frisson qui me traverse tout le corps de la tête aux pieds et qui me donne l’impression qu’il chante cette chanson pour moi à cet instant. J’écoute avec attention chaque mot, je crois que c’est à cet instant que tout a commencé. La chanson dit : « Si tu veux que le monde soit meilleur commence par changer l’homme dans le miroir. » C’est tout le message de notre cher Pierre Rabhi, Michael nous incitait déjà en 87 d’être un colibri ! (Sourire)

©WS


GREEN COP 22

Cyrielle Hariel et Jacques Rocher, président d’honneur de la Fondation Yves Rocher

D’un seul coup, en une fraction de seconde, ce fut une évidence pour moi : je répète à longueurs de journées « il faut que », mais qu’en est-il de ce que je fais, moi ? Je commence alors mes premières interviews en ONG afin de comprendre les différents enjeux, je me documente sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement des Nations-Unies (OMD) devenus les ODD, dans le but de faire des émissions/reportages/documentaires humanitaires positifs, sensibiliser le grand public et surtout les jeunes. Ma chance réside dans les rencontres que je fais. Comme celle de Frédérick Lacroix, producteur, qui a été le premier à croire en mon projet. Puis, j’ai été séduite par le fait qu’une femme préside une ONG comme Stéphanie Rivoal, alors Présidente d’Action Contre la Faim en 2013. Lorsque je rencontre cette femme qui finit par me répondre au bout de plusieurs mails (rires), elle accepte de m’emmener avec elle sur le terrain, au Bangladesh. La veille de mon départ pour Dacca une amie me rappelle que je dois passer un check up afin d’être à jour sur mes vaccins. Et me voilà à l’Institut Pasteur.

Une femme médecin, que je ne remercierais jamais assez, le Dr Goesh Julia, me détecte un souffle au cœur. De retour de mon voyage, un cardiologue, le Dr Sitruk Laurent, lui aussi avec son équipe formidable car ils ont su me rassurer chaque jour précédant mon intervention, m’explique que le côté droit est en train d’étouffer la partie gauche de mon cœur. Une déformation congénitale. On me découvre un trou de 2 cm entre les oreillettes à 27 ans ! Une valve qui ne s’est jamais fermée, un défaut de fabrication qui aurait pu me couter la vie (sourire). Je suis alors opérée en urgence. C’est l’histoire du symbole de mon blog et des photos que je fais avec toutes les personnalités engagées que je rencontre. Depuis cette opération, j’ai compris que j’avais quelque chose à faire et qu’il fallait que je fasse de mon métier quelque chose d’utile. Et vous faites partie de l’équipe de l’émission Le Mag sur Ushuaia TV. Absolument, et j’en suis ravie. Je présente une chronique « coup de cœur » (rires) ! Je continue de parler des engagements des personnes que j’interviewe pour mon blog par exemple. J’apprends beaucoup de tous ces parcours, ces destins, ces combats. Je suis jeune, j’ai encore tellement à apprendre. Si je pouvais apprendre 24h/24 je le ferais car cela me nourrit ! Des gens qui viennent de cultures différentes, qui ont eu une éducation différente, des expériences différentes et qui pourtant ont cette même ambition : ©WS


GREEN COP 22 changer le monde pour que l’humanité puisse vivre en harmonie avec son environnement ! Je me lève chaque jour impatiente d’une nouvelle rencontre !

Tout en continuant à travailler sur votre projet personnel qu’est votre blog. Oui, j’ai commencé au printemps 2015 avec le soutien des équipes de mon ancienne école de communication, l’EFAP qui m’ont permis de faire des vidéos. J’ai ensuite été accréditée pour la COP21 en partenariat avec Paris Match, au cours de laquelle j’ai rencontré Marion Cotillard, Sean Paul, Robert Redford, Pierre Rabhi, le cacique Raoni, la primatologue Jane Goodal.

Y aurait-il un moyen de créer un ordre mondial en faveur de l’environnement ? La Cop 21 est un pas. Un accord signé en 2015. Enfin ! Sinon les ONG sont présentes pour agir. Il faudrait qu’il y ait davantage de personnalités qui s’engagent, qui éveillent les consciences sur la réalité de la situation. La jeunesse prend jour chaque conscience du monde qui est en train de se dessiner pour les générations futures si les mentalités ne changent pas. Les idées germent alors à vive allure aux quatre coins du globe et nous n’avons pas fini pas fini de voir des innovations utiles ! C’est ça qui est génial, avoir une vision positive de notre futur, aussi bien celui de l’humanité que de notre vaisseau commun, notre Planète Terre. Comment imaginez-vous votre vie dans les dix prochaines années ?

Vous êtes une adepte de la protection animale, environnementale, de la nourriture saine.

J’aimerais me rendre utile sur le terrain et créer une fondation, et un orphelinat. Parcourir le monde à la rencontre de ces hommes et femmes, ces pionniers qui changent déjà le monde via leurs innovations frugales ou digitales, leurs associations ou ONG.

Pour moi, tout commence dans l’assiette et comme le dit si bien le capitaine Paul Watson « Si l’Océan meurt, nous aussi. ». Il est temps de consommer autrement. Devenir végétarienne a été très simple pour moi, car en tant que sportive, avoir une alimentation équilibré, il n’y a pas mieux ! ©WS


GREEN COP 22 J’aimerais collaborer avec de ambassadeurs dans le monde pour essayer d’être une « porte-parole » un jour des personnes que l’on entend encore si peu dans les médias. Lors de mon voyage au Bangladesh en 2014 j’ai rencontré une petite fille lors d’une « visite » dans un camp de réfugiés, son regard, son sourire, sa joie de vivre, sa curiosité m’ont beaucoup émue. L’idée d’adopter un jour des enfants m’a à ce moment-là traversé l’esprit. Si j’avais été plus âgée et qu’elle avait été orpheline, je me serais bien vue l’adopter. Donner de mon énergie et de mon cœur. Les actions humanitaires d’Angelina Jolie m’inspirent beaucoup par exemple ! Elle a eu son déclic lors d’un tournage au Cambodge pour le film « Lara Croft » . Elle en est revenue avec son fils adoptif Maddox quelques mois plus tard. C’est peut-être ce qui m’arrivera un jour à la suite d’un tournage. Justement, avez-vous des modèles, des mentors qui vous inspirent ? J’ai une grande admiration pour ces femmes carriéristes et engagées qui ont à la fois une vie de famille épanouie. Mon rêve est de pouvoir tout faire, avec un homme à mes côtés qui me comprenne, à la manière de Céline Dion. Je m’imagine avec une personne qui agit. Angélina Jolie par exemple pourrait être une de ces femmes, en plus nous sommes nées le même jour ! (Rires) Sur le plan journalistique j’apprécie beaucoup le travail et le ton d’Élise Lucet et de son équipe. « Cash Investigation » épouse parfaitement mes valeurs.

Je n’aime pas le conflit mais quand il y a mensonge et danger pour la population, ça je ne l’admet pas. Se remplir les poches sur le dos de personnes vulnérables est contraire à mes convictions. Se remplir les poches c’est bien, quand ça permet d’élever, de guérir ou de pérenniser la vie d’autrui, tout en protégeant notre environnement et la biodiversité, c’est encore mieux selon moi. Quelle est la phrase qui vous donne le plus d’ l’énergie ? Je n’en ai pas de précise. Je dirais « s’aimer soi-même ». Se respecter, c’est la base, par là que tout commence. Ce qui rejoint le proverbe « Aide-toi et le ciel t’aidera » qui résume un peu le début de ma nouvelle vie en fait. Ma prothèse cardiaque, je la vois comme une récompense de l’univers, de la vie. (Sourire)

Capucine Bertrand ©WS


Handsaway est votre outil du quotidien contre les agressions sexistes. Handsaway est la première application mobile gratuite destinée lutter concrètement contre les agressions sexistes dont sont victimes les femmes dans l’espace public et dans les transports en commun.

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WOMEN SIDE - Nov.2016  
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