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éâtre, le théâtre qui fait réfléchir Vos UPT reviennent en 2017-2018, avec de magnifiques lectures-spectacles qui donnent envie d'apprendre le monde Jeudi 1/3 à 20h

Madame de Staël. L’Ombre des Lumières

Née à Paris en 1766, le destin de Germaine de Staël est exceptionnel. Dans le salon que tient sa mère, elle a l’occasion de monter sur les genoux de Diderot et de d’Alembert et forme ainsi son esprit à l’ombre de ces Lumières. Elle est la fille unique de Jacques Necker. Ce banquier suisse protestant richissime, ministre et créancier de Louis XIV, a redressé plusieurs fois les finances de la France. Mais les dépenses de la Cour et de la noblesse restent déraisonnables. Necker en désespoir de cause, convainc le roi de convoquer les États Généraux et de doubler la représentation du Tiers-Etat. Indirectement, ce geste mettra “en branle” la Révolution. Germaine assiste à tout ceci et participe avec son père aux séances de l’Assemblée Nationale. Elle se marie à 20 ans avec le baron de Staël-Holstein, bientôt ambassadeur de Suède à Paris et reçoit La Fayette et Condorcet dans ses salons. Elle est partisane d’une monarchie constitutionnelle basée sur le modèle anglais, et d’un sociallibéralisme économique éclairé par les Lumières. Tout cela sera balayé par la Terreur. Elle échappe de peu à la mort en fuyant Paris et se réfugie à Coppet, la propriété de son père, au bord du lac de Genève. Elle reviendra à Paris pendant le Directoire où son ami Talleyrand lui fera rencontrer Napoléon. S’est-elle éprise de lui? L’a-t-il repoussée comme il l’affirme? Toujours est-il que ces deux-là resteront ennemis jurés pour toujours. Elle ne cessera de l’attaquer dans ses écrits. Lui la bannira, la proscrira, l’interdira de séjour, l’insultera jusque dans le Mémorial de Sainte-Hélène. À Coppet, Madame de Staël devient européenne et, en découvrant l’Italie et l’Allemagne, fera entrer le Romantisme en France. Mère de 5 enfants, amoureuse passionnée, toujours trahie et insatisfaite, elle divorcera du Baron de Staël et ira de passions en amitiés amoureuses, de Benjamin Constant à Chateaubriant, et finira par épouser, en seconde noce, un jeune homme dont elle pourrait être la mère. Madame de Staël, femme libre d’esprit et de corps, fera le scandale des honnêtes gens et frayera, à sa manière, une voie au féminisme, revendiquant pour les femmes le droit à l’Esprit.  Texte et mise en espace: Jean-Claude Idée. Distribution: en cours

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Lundi 4/6 à 20h

À bas Guillaume. Apollinaire, le surréaliste!

Enfant naturel, né russe, d’une mère polonaise, à Rome, Guillaume Apollinaire de Kostrowitzky, métèque absolu, a toujours rêvé d’être français. Il grandit à Nice avant de débarquer à Paris puis de voyager en Belgique et en Allemagne, en Angleterre, aux Pays-Bas… Précepteur bohème, journaliste à scandale, écrivain érotique, grand buveur et traine-misère, laid complexé, fort en gueule, mal à l’aise avec les femmes, toujours amoureux, et mal aimé toujours. Il dirigera l’Enfer de la Bibliothèque nationale, sera accusé à tort d’avoir volé La Joconde et jeté en prison. Amateur d’art nègre, poète, auteur de théâtre, critique d’art, il invente le mot surréalisme pour présenter la pièce “Les Mamelles de Tirésias” quelques jours avant le ballet “Parade”, autre glorieux échec fondateur. Pablo Picasso sera témoin à son mariage lorsqu’il épousera – enfin! – Jacqueline, sa “jolie rousse”. Ses amis Max Jacob, Alfred Jarry, Jean Cocteau, Érik Satie, Stravinski, Diaghilev... écrivirent l’histoire de l’art moderne après guerre – pas lui. Son obsession d’obtenir la nationalité française le pousse à s’engager, bien qu’il n’ait plus l’âge, comme volontaire dans l’armée. La guerre ayant déjà broyé beaucoup d’hommes, on n’est plus très regardant et on l’accepte: le voilà Français! Artilleur, il voit la guerre comme un jeu d’artifice. Guillaume part fou de joie pour le front et s’y fait blesser gravement à la tête d’un éclat d’obus en 1917. L’Homme à la tête étoilée, auteur d’“Alcool” et de “Calligrammes”, deux des plus beaux recueils de poèmes de la langue française, mourra trop jeune de la grippe espagnole en 1918. Guillaume Apollinaire est enterré le 11 novembre, le cortège funèbre traversera Paris en fête – surréalisme oblige! Partout sur les trottoirs on conspue le Kaiser en hurlant: “À bas Guillaume!” Texte et mise en espace: Jean-Claude Idée. Distribution: en cours

Organisation: UPT et CCU au 02 374 64 84 Pour tous ces évènements gratuits, une réservation est vivement conseillée. Par téléphone au 02 374 64 84, via le site www.ccu.be ou sur place, du lundi au samedi de 12 à 18h.

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Wolvendael magazine n° 631 septembre 2017  

Un numéro géant Comme nous tous, vous avez sans doute l'impression que que tout va plus vite qu'hier - sauf dans les embouteillages bruxell...

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