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Au Sénégal, les femmes et les fillettes en situation de handicap sont, tous les jours, confrontées à des violences physiques et sexuelles (sévices physiques, viols, mariages précoces et forcés, rejet ou viol par le conjoint,…) et des abus psychologiques (préjugés, mépris, insultes, rejet,…). Leur handicap les expose quotidiennement à des préjugés culturels qui prennent diverses formes, tout au long de leur vie. La stigmatisation en milieu scolaire des fillettes en situation de handicap par les élèves, qui prennent plaisir d’elles, est un frein à leur éducation, tandis que la surprotection par leurs parents empêche l e u r épanouissement personnel. Leur plus vive inquiétude face au handicap est d’être prises pour des incarnations surnaturelles : des enfants de jinn, qui, selon les croyances, peuvent apporter une forte opulence ou beaucoup de malheur. Elles traînent une mauvaise image d’handicapée considérée comme source de malheur ou porte-bonheur destiné à améliorer, par un pouvoir mystique imaginaire, la situation financière et la position sociale de son mari. Elles s’entendent souvent dire : « si l’on est marié à une handicapée, les enfants naîtront aussi avec un handicap ». Les problèmes de santé, en général, et de santé de la reproduction, en particulier, des adolescentes et des femmes en situation de handicap sont des plus critiques. Elles ont d’abord des difficultés d’accès aux structures de santé. En effet, la prise en charge spécifique dont elles ont besoin dans les hôpitaux, les maternités et les postes de santé n’existe pas ou peu. Les structures médicales sont totalement inadaptées à leurs conditions physiques et ne répondent pas à leurs demandes. Au niveau de la santé de la reproduction, elles ont peu accès aux services de planification familiale. Elles manquent, pour leur majorité, d’informations claires sur leur corps et leur santé reproductive. Elles sont peu initiées aux méthodes contraceptives. Elles sont également très vulnérables aux MSTIST. Elles subissent des mutilations génitales, propres à certaines cultures, qui ont des conséquences négatives importantes sur leur santé et leur sexualité, aussi bien que sur leur vie familiale, sociale et économique. Elles pratiquent l’avortement clandestin qui affecte leur santé. Le manque de formation du personnel soignant et le manque de tables gynécologiques rend leur maternité et leur accouchement extrêmement difficiles. Aïssatou Cissé Écrivaine

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Nafi est une petite fille de 11 ans, vivant dans une famille nombreuse. Elle allait à l’école, jusqu’au jour où, suite à la poliomyélite, ses jambes deviennent paralysées. La pauvre Nafi est aussitôt sortie de l’école qu’elle aime tant. La voilà maintenant, assise aux feux rouges, à tendre la main pour quelques piécettes, des bougies, du sucre, des noix de cola. Qu’il pleuve, qu’il fasse une chaleur étouffante ou un froid mordant, Nafi est toujours assise dans son fauteuil roulant, à un feu rougepour mendier. Elle y est installée par un membre de sa famille. Le regard triste, elle voit les écoliers passer près d’elle, sans même lui prêter attention. Innocente, elle ne comprend pas les mains un peu trop caressantes de Messieurs qu’elle appelle « tontons ». Nafi est livrée à tous les dangers de la rue, sans protection, aucune.

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Témoignages « Rendre accessible les soins et structures de santé, c’est contribuer au de la femme vivant avec un handicap! Arrêtez de violenter les femmes vivant avec un handicap qui sont en état de grossesse ; c’est son droit le plus absolu! »

Fanta Secrétaire - Présidente NPH Louga

« Participer à l’amélioration des conditions de vie des personnes vivant avec un handicap, c’est lutter contre toutes formes d’inégalité sociale qui est souvent facteur de paralysie économique. »

Iyanatou Houma Mbaye

Consultante à Bonergie et Govico et volontaire à Ashoka Sahel

« Respecter les droits des personnes vivant avec un handicap, c’est respecter les droits humains ! »

NdèyeYacine Fall AMNESTY INTERNATIONAL

« Les croyances aux choses supranaturelles ne doivent pas régenter notre vie. Tous les êtres humains ont des droits et des devoirs dans la société ! »

Ute G. Bocandé Adjointe du Représentant de la Fondation Konrad Adenauer, Dakar

Une société plus juste et équitable où les droits de tous les citoyens et de toutes les citoyennes sans distinction aucune sont respectés est une société toujours viable. Dans cette société, les droits des femmes et des filles vivant avec un handicap sont protégés au même titre que les autres catégories. Donc respecter les droits des handicapées est une exigence de l’État de droit. »

Ababacar Ndiaye Consultant / Expert en droits

« Il faut venir à bout des stéréotypes qui font croire que les femmes handicapées ne sont pas sexuellement actives. Ce sont aussi des êtres humains qui ont le droit de jouir de leur vie, sans discrimination fondée sur le handicap. Elles sont des actrices incontournables dans les politiques et les programmes de développement. »

Aïda Sarr

Directrice de Programme Bureau régional de Dakar Secrétariat de la Décennie africaine des personnes handicapées

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Témoignages « Il est inacceptable qu’en 2010 des filles soient privées d’école, mariées sans leur consentement, ou soient victimes de violences physiques, mentales ou sexuelles, culturellement tolérées, sous prétexte qu’elles sont porteuses de handicap. Quelles que soient leurs spécificités et leurs différences, les êtres humains naissent tous libres et égaux en droits. Nous devons nous engager, chacun à notre niveau, en faveur d’un changement des mentalités et de l’abandon de préjugés qui sont un frein à l’épanouissement des filles et des femmes vivant avec un handicap. Et pour ce faire, des aménagements doivent être faits pour faciliter l’accès et l’insertion dans les écoles, les structures de santé, les transports en commun, la rue, les entreprises et établissements publics, etc. Il s’agit là d’une question de justice sociale et de respect des droits humains. »

Mariama Faye Ressources Humaines Consultante GREFELS

« Le respect des droits des personnes vivant avec un handicap n’est pas une négociation ni une faveur. Ne pas pouvoir faire les choses comme les autres, parce que rien n’est adapté (services de santé, lieux et bâtiments inaccessibles...), les réactions négatives de l’entourage, les violences et l’exploitation réduisent parfois les personnes vivant avec un handicap au rang de citoyens de seconde catégorie ! »

Fanta Cissé Sociologue / Consultante GREFELS « L’État de droit est l’État qui protège nos droits d’être humain ! »

Fatou Kiné Camara Professeure de Droit à l’UCAD / Membre de l’Association des sénégalaises

« Si nous ne nous défendons pas, les unes les autres, qui nous défendra ? Nos meilleures alliées pour défendre nos droits, c’est nous-mêmes. »

Fatime Faye

Société civile / Féministe

« Il faut venir à bout des stéréotypes qui font croire que les femmes handica« Les droits à l’éducation, à la santé sont des droits humains. La personne en situation de handicap ne peut en bénéficier du simple fait de son handicap (inaccessibilité des locaux, inadaptation des curricula…) D’autre part, on assiste tous les jours, sans broncher, à des abus sexuels faits aux femmes et aux filles déficientes mentales. Les auteurs sont là, tout le monde les connaît, mais personne ne réagit. Il est temps que cela cesse ! »

Diao Guèye Standardiste à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, Présidente régionale des femmes FRAPH, Saint-Louis « Rendre accessible le plateau technique et les services de santé contribue à l’élimination de toutes sorte de discriminations négatives dont sont victimes les femmes en situation de handicap à la recherche de services de santé de la reproduction corrects. »

Dieynaba Diallo

Coordinatrice régionale Coalition WILDAF/FEDDAF, Thiès

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Khadija Khadija est une jeune fille ; elle est amoureuse de Demba. Malheureusement, les parents du jeune homme s’opposent farouchement à leur union, car Khadija est albinos (puunéau Sénégal). Ils croient dur comme fer que Khadija va porter malheur à leur fils, car elle a le mauvais œil. Les femmes albinos ne sont pas à épouser. Demba, très épris de la jeune fille, ne croit pas à ces histoires et défie ses parents. Il insiste à vouloir leur faire comprendre que son bonheur est avec Khadija, un point c’est tout ! Prise de panique, la mère de Demba court consulter un marabout.

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ODIA * ce sont des ĂŞtres humains * les mariages sont scellĂŠs bien avant notre naissance

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Les Histoires de Nafi et de Khadija: les droites pour tous!  

Bande dessinée. Nafi est une petite fille de 11 ans, vivant dans une famille nombreuse. Elle allait à l’école, jusqu’au jour où, suite à la...

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