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DEMAIN

GRAND LYON / FOTOLIA

Gestion de trafc Bientôt un navigateur à Lyon

ÉCHÉANCE. Une centaine de véhicules en test, à partir du printemps.

Dans le cadre d’Optimod, dispositif de gestion des transports, le Grand Lyon élabore un outil de prédiction du trafic. Premier pas vers un logiciel d’optimisation des tournées. PAR FLORENCE ROUX/PLEINS TITRES

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epuis un an, Phoenix Isi et IBM, une PME et une multinationale spécialisées dans les solutions informatiques et informatives, élaborent avec le Grand Lyon, mais, pour l’instant, chacun de son côté. En vue : un outil de prédiction du trafic à une heure. Il s’inscrira dans Optimod’Lyon, le dispositif de gestion de la circulation en préparation dans l’agglomération. « Un déplacement sur deux s’effectue en voiture à Lyon, pour des trajets de 30 minutes à une heure, explique Jean Coldefy, coordinateur gestion de trafic et transports public du Grand Lyon. Or, les temps de parcours sur Internet, par exemple, ne prennent pas en compte la congestion du trafic. L’outil que l’on teste donnera une vision plus juste de la circulation à 15, 30, 45 et 60 minutes. » Pour élaborer ce prédicteur, les deux entreprises s’appuient sur le système que le Grand Lyon a mis en place pour collecter des informations sur le trafic. « Grâce à 400 capteurs installés sur la chaussée, nous avons récolté et archivé des données de circulation à la minute, de manière systématique, depuis quatre ans, explique le chargé de projet du Grand Lyon. Avec ce système, nous avons une idée précise du trafic en temps réel, qui nous permet déjà de mieux gérer les feux. Mais il peut aussi nous être utile 66

MARS 2013 /// ACTEURS URBAINS

pour mettre au point un outil prédictif. » Avec cette base de données, on peut observer des récurrences et construire des modèles grâce à un algorithme dédié. Boris Demay (Phœnix Isi) explique qu’il s’agit de « scruter à la fois les heures qui viennent de passer et de plus anciennes, pour établir des schémas de ressemblance entre elles. » Puis, plutôt que de créer des modèles, les chercheurs de cette PME spécialisée dans les outils de gestion du trafic, notamment autoroutier, s’appuient sur la statistique afin de mettre au point un système prédictif qui, à partir de causes comparables, permettra de déduire finement des effets proches. « Même s’il est impossible d’avoir toutes les variables explicative, on cherche à aller dans la complexité, ajoute Boris Demay, à intégrer des pannes partielles, par

LE PROJET ENTEND DONNER UNE VISION PLUS JUSTE DE LA CIRCULATION À 15, 30, 45 ET 60 MINUTES.

exemple, ou d’autres aléas, incident de réseaux ou travaux ». Si on ne peut pas prévoir un accident, on peut détecter un contexte accidentogène, observer «l’empreinte» qu’a pu produire un aléa, par la brutalité d’une chute de vitesse. Chez IBM, qui s’appuie également sur les enregistrements du Grand Lyon. Thomas Baudel, directeur de projet recherche, remarque « la nécessité de comprendre la dynamique du système de circulation, afin de repérer des configurations identiques, puis de mettre au point des modèles ». Si, à tel endroit, on observe 500 véhicules à telle heure, puis 600 dans le quart d’heure d’après, c’est un indice pour prédire le trafic plus tard, au même endroit à la même heure et dans un contexte proche. Première application du prédicteur de trafic : la gestion des 1500 feux de la circulation, dont 1200 sont déjà régulés en direct (et en temps réel) pour mieux intervenir sur la congestion. Plus la prévision de trafic sera fiable, plus il sera possible d’intervenir en amont de la congestion, voire de l’éviter. Même s’il est impossible d’avoir toutes les variables explicatives, comme l’accident brutal. L’outil en cours de mise au point va permettre de proposer une information très complète au particulier qui veut se déplacer, grâce au navigateur qui doit être testé dès la mi-2013 par le Grand Lyon. Disponible sur le téléphone portable, il proposera, en cas de grand trafic, d’emprunter les autres modes : marcher, prendre le bus, le tram ou le métro, grâce au référentiel multimodal de la ville. « Le partage d’une bonne information est essentiel pour fluidifier le trafic et mieux partager l’espace public », souligne Jean Coldefy. Dans le cadre d’Optimod’Lyon, IBM met également au point avec d’autres acteurs (1) un outil d’optimisation des tournées de fret qui devrait être testé par des transporteurs, et une centaine de véhicules, à partir du printemps. Chaque matin, les transporteurs enverront leurs tournées et recevront en échange les informations de la ville sur les événements prévisibles de la journée concernant, par exemple, les travaux, fermetures de rue, marchés ponctuels... ❚ (1) travail mené par IBM et le laboratoire LIRIS de l’INSA de Lyon, avec le Grand Lyon.

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ACTEURS URBAINS N°10 - MARS 2013  

Le premier magazine mensuel des décideurs de la distribution urbaine de marchandise. Porté par le développement du e-commerce notamment, la...

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