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A PRESS WILLIAM ALIX /SIP ÉCO-EMBALLAGES/

PRESS WILLIAM ALIX /SIPA ÉCO-EMBALLAGES/

La mécanisation a permis d’accroître fotement la productivité de la chaine de tri. Mais le contrôle manuel demeure indispensable pour réduire les erreurs en début et fin de process.

TRI DES EMBALLAGES

Paprec donne de la valeur à nos poubelles Une fois collectés, les emballages passent par un centre de traitement. Visite du site ultramoderne de Paprec en SeineSaint-Denis qui les sépare en vue de leur valorisation.

S

ur toute la longueur du hangar, alignés de chaque côté, des millions d’emballages usagés et compactés se préparent à leur dernier voyage. Celui qui les mènera vers une usine de recyclage pour connaître une seconde vie, voire renaître sous une autre forme. Empilées les unes sur les autres, par famille de matériaux, il y a là des colonnes de balles de papiers, de canetes, de conserves, de briques de lait, de bouteilles PET… Soit dix catégories parfaitement identifées et séparées. Et pourtant, quelques heures auparavant, tous ces emballages ne constituaient encore qu’un amas de déchets hétéroclites, réceptionnés et entassés quelques mètres plus loin. Dans la surface adjacente : le point de départ de la chaîne de tri de l’usine Paprec du Blanc-Mesnil, en Seine-Saint-Senis. L’une des plus modernes de France. Dans ce bâtiment de 8 000 m2, au toit recouvert de panneaux solaires, quelque 50 tonnes de produits sont traitées quotidiennement. « Cela peut atteindre les 200 tonnes pendant les

fêtes de fin d’année », précise Émilie Lacroix, responsable du site. Chaque jour, à partir de 7 h 30, une vingtaine de bennes transportant le contenu des poubelles jaunes de tri sélectif des villes avoisinantes, auxquelles s’ajoutent quelques camions chargés d’une partie du tri sélectif de la Seine-et-Marne, viennent le déverser à même le sol dans un premier hangar. L’autorisation de vider la benne est donnée par un opérateur qui en vérifie la conformité par un prélèvement. Si la cargaison est souillée, contenant trop de produits non recyclables, elle est déclassée et renvoyée à l’incinération.

UNE CATHÉDRALE DE FER PARÉE DE 90 TAPIS ROULANTS TRAITANT 15 TONNES DE DÉCHETS PAR HEURE.

Alors que le taux de refus est en moyenne de 20 % au plan national, il est ici de 27 %. Une perte financière pour la collectivité locale qui reste propriétaire des déchets et récolte le bénéfice de leur vente. « La qualité de la collecte dépend beaucoup du type d’habitat. Il s’agit essentiellement d’immeubles dans les communes avoisinantes. Cela explique en partie le taux d’erreurs plus élevé que la moyenne », juge Émilie Lacroix. Dans un coin du bâtiment, un monticule de cadavres de bouteilles de verre le confirme. Elles n’avaient rien à faire dans les bacs jaunes. Si l’autorisation de décharger est donnée, un nouveau flot vient grossir la montagne de déchets. Mais à l’odeur âcre planant en ce lieu on devine immédiatement que des déchets organiques franchissent toutefois le barrage de ce contrôle visuel. Certains, comme le verre, seront immédiatement rejetés par la trémie. Alimentée par une pelleteuse, elle constitue la première étape d’une longue chaîne de tri d’une capacité de 15 tonnes par heure. Pour découvrir la suite du processus, il faut passer de l’autre côté du mur.

Mécano géant

C’est une cathédrale de fer qui se dresse dans le bâtiment contigu de 4 000 m2. Un mécano géant, à 8 M€ investis en 2010, s’élève sur près de 10 mètres de hauteur et compte pas moins de 90 tapis roulants. Sur leurs 2 kilomètres de pistes en caoutchouc, qui se croisent et se chevau- ■ ■ ■ ACTEURS URBAINS /// MARS 2013

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ACTEURS URBAINS N°10 - MARS 2013  

Le premier magazine mensuel des décideurs de la distribution urbaine de marchandise. Porté par le développement du e-commerce notamment, la...

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