Page 3

Éditorial PAR BENOÎT BARBEDETTE Rédacteur en chef bbarbedette@ groupeliaisons.fr

L’économie

des économies

Gros temps sur les finances publiques ! Les projets d’avenir sur l’énergie,

L’OBJET EST LE MÊME: FAIRE MIEUX AVEC L’EXISTANT.

les « grands travaux » et le numérique rabotés au coin des économies : voilà le lourd signal envoyé par Bruxelles, le 9 février, à l’issue de tractations forcément «âpres» (selon la liturgie bruxelloise) entre les chefs d’État et de gouvernement. Le budget de l’Union européenne voté à 960 Md€ entre 2014 et 2020 (en repli de 33 Md€) n’échappe pas aux rigueurs de l’époque, qui veut que chaque crédit, chaque investissement, chaque dotation fasse l’objet d’une cure d’amincissement. Tous les secteurs, publics et privés, passent au tamis de l’austérité, les entreprises n’étant pas mieux loties. Difficile de croire que ce choix budgétaire drastique, quand il dessine un futur commun, est anodin. Il porte en lui une équation impossible : comment donner une impulsion quand tout converge vers la rigueur ? Comment prendre le risque d’investir (en temps ou en argent) quand tout incite à réduire la voilure ? Dans les villes, dans les transports, les grands chantiers sont connus : obligation de favoriser des énergies de substitution, nécessité d’infrastructures et de réseaux innovants, développement de nouvelles pratiques sur des marchés de niche ou gourmands en capitaux… Dans une grande majorité des cas, le modèle économique est encore incertain et le rendement loin d’être garanti. C’est exactement ce qui peut bloquer un projet d’entreprise ou un investissement public ! Et c’est exactement ce même contexte de disette qui donne tout son sens aux nouvelles formes de partage, prônées ici dans des pôles de compétitivité, défendues là par des opérateurs prêts à mettre en commun des outils. Qu’on appelle cela massification des marchandises, mutualisation de données éparses (en amont et en aval) ou optimisation des capacités disponibles (mobiles ou immobilières), l’objet est le même, quelle que soit la sémantique : faire mieux avec l’existant. Ce fil conducteur, repris à tous les étages, ne peut que faire naître de nouveaux schémas d’organisations logistiques que les villes appellent de leurs vœux. Et c’est cette émergence d’une économie d’économies, qui pousse au détail, qui fournira matière à réflexion et à actions. ACTEURS URBAINS /// MARS 2013

3

Profile for Isabelle  Besson-Moreau

ACTEURS URBAINS N°10 - MARS 2013  

Le premier magazine mensuel des décideurs de la distribution urbaine de marchandise. Porté par le développement du e-commerce notamment, la...

ACTEURS URBAINS N°10 - MARS 2013  

Le premier magazine mensuel des décideurs de la distribution urbaine de marchandise. Porté par le développement du e-commerce notamment, la...

Advertisement