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Musique de l’infanterie Chef de musique principal Chef de musique adjoint Tambour-major

Jean-Claude LEBERRUYER Hervé BLANLUET Jean-Michel GATTA

Salle du galet –Reyrieux Dimanche 18 mai 2014 – 17H00

Saint-Saëns (Arr. Dondeyne) Vers la victoire Tomasi (Arr. Dondeyne) Les noces de cendres (1&2) Robert La madelon (Arr. Saint-Léger) Chaplin/Delange/Willson/Phillips/Parsons ( Arr. Peeters) Charles Chaplin Clarke Mata-Hari (scène 1. « Dancer in the Shadows »)

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Programme

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Historique

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Sur scène

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Le centenaire

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Présentation

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Administration

Sagnol Mémorial (2006)

Entracte Batterie-fanfare Strauss (Arr. Pelz) Königsmarch Gillis (Arr. Ford) Tulsa, a Symphonic Portrait in Oil

Présentation : Florence Sadrin – Martial Drapeau

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Du Royal-deux-ponts à la Musique de l’Infanterie Profondément ancrée dans la cité lyonnaise, la Musique de l’Infanterie a su traverser les âges sans jamais faire défaut à son arme. Dès 1757, par ordonnance royale, le régiment Royal Deux Ponts est créé. Il est composé de deux milles hommes d’infanterie, parmi lesquels sont déjà présents des musiciens gagistes enrôlés par le Duc de Zweibrücken, premier Chef de Corps. Le 1er janvier 1791, sur décision de l’Assemblée Constituante, il perd son identité royale pour se transformer ème en 99 régiment d’infanterie au sein duquel des générations de Lyonnais ont servi. Au cours des années, la musique régimentaire s’inscrit dans le paysage local et suit les différentes évolutions de l’armée de terre pour devenir successivement: -

Musique du GMR5 (Groupement des Moyens Régionaux 5)

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Musique du 22ème Régiment d’Infanterie

-

Musique du 22ème Bataillon d’Infanterie

-

Musique de la Région Terre Sud-Est

Mais c’est sans aucun doute sous l’appellation « Musique du 9-9 » qu’elle reste dans le cœur et l’inconscient collectif de tous les Rhône-alpins. Fière de cet héritage, la Musique de l’Infanterie prend son appellation actuelle le 1er janvier 2011. Elle est implantée au cœur de Lyon, dans le quartier de Gerland. Elle est actuellement dirigée par le Chef de Musique Principal Jean-Claude LEBERRUYER, assisté du Major Sous-chef de Musique Hervé BLANLUET et du Tambour-major, l’Adjudant-chef Jean-Michel GATTA. Forte d’une cinquantaine de musiciens, la Musique de l’Infanterie assure les cérémonies officielles et protocolaires, constituant un élément de relations publiques de premier ordre, vecteur essentiel de communication pour l’Armée de Terre. Elle rayonne naturellement dans tout le quart sud-est de la France mais également dans le reste de l’Hexagone. Son répertoire varié ainsi que ses différentes configurations lui permettent de se présenter en concert, aubade, défilé, parade ou orchestre de batterie-fanfare. De même, elle participe aux festivals internationaux de musiques militaires, en France comme à l’étranger, dont l’Estonie, la Pologne, l’Allemagne et plus récemment Sébastopol en Ukraine. Enfin, le quintette de cuivres et l’ensemble dixieland assurent aussi l’animation de soirées de gala et des concerts au profit des autorités civiles et militaires. Montrant sa solidarité et son soutien aux soldats français, la Musique de L’Infanterie donne tous les ans le Concert du Gouverneur Militaire de Lyon, au profit des blessés de l’armée de terre devant un parterre de 2000 personnes.

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Sur scène Piccolo

Bugles

Adjudant-chef Paul-Philippe Neyrac

Adjudant-chef Denis Germain Sergent-chef Laurent Fermond

Flûtes

Cornets

Adjudant Sébastien Massera

Sergent Adrien Barrial Caporal Renaud Servanin

Hautbois

Trompettes

Caporal Cindy Balaguer

Adjudant Xavier Pfister

Clarinettes

Adjudant Jean-Noël Garde

Sous-chef de musique de 1ère classe

Adjudant Stéphane Oehm

Pascal Saint-Léger

Sergent Jean-Christophe Jeanne

Adjudant Christophe Mahieu

Caporal-chef Christophe Hecka

Adjudant Florence Sadrin

1ère classe Clément Trintignac

Sergent-chef Stéphanie Lochet

Trombones

Sergent-chef Nassima Seddiki

Sergent-chef Jordi Medina

1ère classe Théo Montagut

Sergent-chef Christelle Mouchon Caporal-chef Elphège Proisy

Saxophones

Caporal Romain Samson

Adjudant Wilfried Bonnet

1ère classe Marina Bastide

Adjudant Martial Drapeau

Euphoniums

1ére classe Anne Duperron

Adjudant-chef Francis Faure

Cors

Adjudant Julien Gervasoni

Adjudant Lionel Brayard

Tubas

Sergent-chef Fabien Mouly

Sergent Cyril Blanchet

Caporal Pierre-Loup Perez

1ère classe Gabriel Lacombe

Percussions Adjudant-chef Jean-Michel Gatta

Adjudant Sébastien Prévot

Sergent-chef Alexandre Marion

Sergent Boris Brun

Caporal-chef Guillaume Brouillard

1ère classe Adrien Moulard

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Des musiciens dans la grande guerre A l’aube du vingtième siècle les plus grandes puissances européennes rentrèrent en conflit, rejoint en 1917 par les USA, ce qui en fit le 1er conflit mondial. Les musiciens, artistes interprètes ou compositeurs loin d’être épargnés, jouèrent un double rôle dans cette guerre. Tout d’abord le moins connu, celui de combattant : Des deux côtés de la ligne de front et pendant quatre longues années ils prirent part pour beaucoup d’entre eux aux longs et harassants combats. Citons les plus connus : Maurice Ravel, conducteur de camion ; Albert Roussel, qui commande une section de transport à Verdun en 1916 ; André Caplet, qui combat sur les Hauts de Meuse bien qu’exempté de service militaire et qui succombera six ans après l’armistice aux effets du gaz ; Lucien Durosoir, qui est de toutes les batailles ; Fernand Halphen, chef de musique militaire ; Reynaldo Hahn, trois ans de front ; Francis Poulenc, Florent Schmitt ou encore Jacques Ibert. Les musiciens allemands ou autrichiens, attachés à leur patrie comme les français, ne furent pas en reste : Alban Berg, dont Wozzeck opéra écrit après la guerre s’inspire directement de son vécu ; Paul Hindemith, dont le père est tué sur le front de l’Yser en 1915 ; Fritz Kreisler, grièvement blessé à Lemberg ; Arnold Schoenberg ; Ernest Toch ; Anton Webern ou bien encore Paul Wittgenstein, célèbre pianiste autrichien, blessé en août 1914 et amputé du bras droit, futur dédicataire du concerto pour la main gauche de Maurice Ravel. Nos amis et alliés britanniques consentirent aussi à de grands sacrifices, George Butterworth, Francis Bevis Ellis, Frederick Kelly, Franck Bridge, Arthur Bliss, Cecil Coles, ou les plus connus comme Gustav Host ou Ralph Waughan-Williams, ambulancier et artilleur.

Les dommages aux civils furent également très nombreux. Les faits les plus connus sont la mort du compositeur Albéric Magnard, tué alors qu’il défendait sa propriété face à un détachement de Uhlans en 1914 à Baron dans l’Oise. Autre drame en 1916, le musicien espagnol Enrique Granados voyage en compagnie de son épouse à bord du Sussex. Celui-ci est torpillé par un sous-marin allemand sans les avertissements d’usage. Madame Granados est projeté par-dessus bord, son mari plonge pour la secourir, ils périssent noyés tous les deux. A l’arrière tout est fait pour exacerber les passions et nos compositeurs ne sont pas en reste. Camille Saint-Saëns, 80 ans en 1914, compose pléthore de marches militaires et chansons patriotiques. Nombre d’entre eux écriront des marches régimentaires, à l’instar de Caplet ou Schmitt. Debussy déclarait « La musique a moins à souffrir de son immobilité que de sa mobilisation » Avant de décéder en 1918 il écrira le « Noël des enfants qui n’ont plus de maison » et ses trois pièces « en blanc et noir », dont la deuxième inspirée de la Ballade contre les ennemis de la France de François Villon, est dédiée à la mémoire du lieutenant Jacques Charlot, neveu de son éditeur Durand, tué au combat. Usé par la maladie il lui écrivit d’ailleurs « si j’osais et si, surtout, je ne craignais pas le certain « pompiérisme » qu’attire ce genre de composition, j’écrirais volontiers une marche héroïque. » Ce souhait se concrétisera d’une manière un peu détournée puisqu’il prit part, en composant sa « berceuse héroïque », au King’s Albert book, recueil incroyable de dédicaces et de contributions poétiques, picturales ou musicales pour rendre hommage à la Belgique et à son peuple. Citons pêle-mêle des artistes ou politiques comme André Messager, Claude Monet, Sarah Bernhardt, Pietro Mascagni, Anatole France, Edward Elgar, Jack London ou bien encore Baden-Powell. Musique de l’infanterie 4 | P a g e


A la fin du conflit une page est définitivement tournée dans l’histoire des hommes et l’histoire de la musique. Le foisonnement musical artistique et culturel né de la guerre et du siècle se sclérose, laissant place à des œuvres de recueillement comme le « war requiem » de Britten ou les « Pagine di Guerra » de Casella. Paul Landormy dans La musique française après Debussy écrivit « L’œuvre d’art allait chercher à s’imposer vite, en frappant à grands coups, en ne s’embarrassant d’aucune espèce de raffinement ou de scrupule. » Le concert d’aujourd’hui ne pourra bien sûr pas tout vous présenter. Nous essaierons néanmoins, à travers quelques pièces choisies, de vous faire sentir l’atmosphère qui régnait alors. De la fleur au fusil avec vers la victoire de Camille Saint-Saëns aux premières désillusions représentées par les noces de cendres d’Henri Tomasi. Des épisodes plus enjoués avec La Madelon ou un Medley Charlie Chaplin, très engagé aux USA pour leur entrée en guerre. Un passage du « côté obscur » pour évoquer le rôle de l’espionnage et l’implication de Mata-Hari. Le Mémorial de Pierre-Etienne Sagnol nous plongera dans les combats de la Somme. Enfin après la marche de l’empereur Guillaume de Richard Strauss nous rendrons hommage aux USA avec une pièce très peu connue en France intitulée Tulsa, du nom d’une ville américaine, symbolisant ainsi par l’individualité l’action d’un pays tout entier. Le début de la deuxième partie mettra en valeur la Batterie-fanfare. Hervé BLANLUET

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Programme

Camille

Vers la victoire

Saint-Saëns

Orchestration Désiré Dondeyne

opus 152

1835 - 1921

Camille Saint-Saëns, compositeur, pianiste et organiste virtuose, infatigable voyageur, fut également un patriote convaincu. Dès 1870 il s’engage dans la garde nationale pour participer à l’effort de guerre contre la Prusse. En 1871 il fonde la société nationale de musique, dont le but est de favoriser la diffusion des œuvres écrites par les compositeurs français contemporains, dans un contexte de défaite française. Parmi les fondateurs de cette association on trouve aussi César Franck, Edouard Lalo et Gabriel Fauré. A l’instar de ses contemporains, y compris de nombreux artistes et intellectuels, le patriotisme de Saint-Saëns n’allait pas sans un sentiment de profonde défiance à l’égard de l’étranger, et tout particulièrement des allemands. En 1913 il reçoit au Caire la Grande Croix de la Légion d’Honneur. En 1914, alors âgé de soixante-neuf ans, il résiste encore à sa manière en composant des mélodies et des chansons destinées à soutenir le moral de la population, comme La Française, à célébrer l’union des peuples avec une Marche Interalliée, ou à encourager les troupes au front avec cette marche intitulée vers la victoire, sous-titrée marche militaire, initialement écrite pour le piano et rapidement orchestrée par divers chefs de musique militaire. La transcription de ce soir est l’œuvre de Monsieur Désiré Dondeyne, ancien chef de la musique des gardiens de la paix de Paris.

Henri

Les noces de cendres

Tomasi

Orchestration Désiré Dondeyne

1901 - 1971

En 1939, à 38 ans, Tomasi (1901-1971) est déjà un chef d'orchestre respecté, mais il est gagné par le mal-vivre. Il abandonne tout et s'embarque sur un cargo de marchandises à destination de Dakar. Mais la déclaration de la guerre l'oblige à revenir en France, où il est mobilisé quelques mois comme chef d'une fanfare militaire. En 1940, il prend la direction la direction de l'Orchestre national délocalisé à Marseille en raison de l'occupation allemande. Il vit mal l'absurdité de la guerre et entre dans une quête mystique et se retire dans un couvent et entreprend les compositions du Requiem pour la paix, la symphonie en ut, et l'opéra Don Juan de Mañara. Quelques années plus tard, suite à la naissance de son fils Claude, il reprend ses activités de chef d'orchestre à l'Opéra de Monte-Carlo.

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Les Noces de Cendres écrites en 1954 ouvrent cette nouvelle période de travail inlassable. Son lyrisme et son style néoclassique ne furent pas toujours accepté et firent l'objet d'attaques virulentes de la part de l'avant-garde musicale des années 50. Son œuvre est puissante, indépendante et considérable, notamment dans le domaine symphonique. Les Noces de Cendres : ballet en deux actes sur un argument d'Hubert Devillez, est écrit pour l'orchestre symphonique avec une prédominance des cuivres et des vents. La création du ballet a lieu au Grand Théâtre de Strasbourg en janvier 1954, puis repris dans de nombreuses villes de France et de l'étranger. L'argument : la guerre est finie, c'est le retour des combattants, les mères, les épouses et les fiancées retrouvent, chacune, leurs chers absents. Seule, Lénore cherche désespérément à travers les groupes joyeux. Elle finit par rester seules sur la place déserte ; son cœur bat à se rompre ; elle devient la proie d'un effroyable cauchemar. Elle est dans la zone des combats, la bataille fait rage, les soldats tombent autour d'elle ; soudain elle entend un cœur qui bat à l'unisson du sien, c'est son fiancé Gilles, elle lui exprime toute sa tendresse mais au moment de l'étreindre, elle recule d'épouvante : Gilles n'est qu'un squelette qui s'effondre. Le cri de Lénore retentit, la malheureuse a perdu la raison. A son tour son cœur a cessé de battre, vaincu par la guerre, cette folie des hommes. La version symphonique n'a jamais été enregistrée. Désiré Dondeyne a réalisé une version pour orchestre à vents dédiée comme il se doit à la Musique des Gardiens de la Paix de Paris des années 1970. Les Noces de cendres, dénonçant l’absurdité de la guerre, présente une suite de trois numéros très narrative. C’est une véritable danse macabre. Nous vous présentons ce soir les deux premiers. (source : Editions Robert Martin)

Camille

La madelon

Robert

Arrangement Pascal Saint-Léger

1872 - 1957

Lorsque Francis Poulenc est interrogé sur son goût pour « le folklore et l’exquise mauvaise musique », se référant à une anecdote, il répond que « c’est la musique que tout le monde connaît mais dont personne ne peut nommer le compositeur » .Pour la chanson parisienne et le bal musette, le premier exemple qui lui vient à l’esprit est Camille Robert « dont le nom n’apparaît dans aucun dictionnaire de la musique ». Camille Robert est né à Paris en 1872 et a résidé place de La Pompe à Saint-Raphaël, ville alors très prisée des artistes tels que Charles Gounod, Louis Oscar Roty, Maupassant, Picasso, Léon Carvalho, Pierre Renoir et Véra Sergine, la chanteuse Polaire, Albert Cohen, Marguerite Audoux, Mathilde Monnier, etc… Sa situation professionnelle est éloquente : c’est un compositeur de musique de plus de 300 œuvres déclarées à la Société des Auteurs Compositeurs et Editeurs de Musique dont il est membre depuis 1903. C’est aussi un professeur de musique et un chef d’orchestre qui dirigea à partir de 1927 l’orchestre symphonique du Palais de l’Elysée, après y avoir été musicien de 1894 à 1914, puis sous-chef en 1918.

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Il fut un soldat exemplaire et bien qu’exempté de la classe de 1892, il est versé sur sa demande en 1916 dans les armées combattantes, à la 38è division (général Mangin) d’où il est évacué à Fismes le 16 avril 1917. Sur le front, il venait d’être blessé, en service commandé, par l’explosion d’un obus. Au seuil de la « Grande Guerre » il est demandé aux comiques troupiers de dynamiser le moral des Français par des chansons patriotiques. Caricatures du soldat français naïf, les comiques troupiers emplissent les salles : Perchinot, Vallez, Jacki, Bach, Polin, Dranem, Ouvrard, Fernandel, et tant d’autres… En 1913, Bach, de son vrai nom Charles-Joseph Pasquier, demande à deux auteurs à la mode une chanson qui réponde à ces critères. Louis Bousquet écrit les paroles et Camille Robert compose une musique vive et entraînante. C’est ainsi que Bach crée « Quand Madelon » sur la scène de l’Eldorado le 19 mars 1914. Mais le succès est des plus modestes… Dans leur « Guide raisonné et déraisonnable de l'opérette et de la comédie musicale. » Louis Oster et Jean Vermeil expliquent comment un jeune serveur (ailleurs qualifié de chansonnier) engagé à l’Eldorado et qui entend Bach chanter « Quand Madelon », se plaît à fredonner cette chanson alors inconnue du grand public. En août 1914, Sioul est un des artilleurs cantonnés à Fontenay-Sous-Bois dans les locaux de l’école Jules Ferry. Il amuse ses camarades, chante, et tous reprennent « La Madelon » qui aussitôt devient un chant militaire populaire. A partir d’août 1914, des artilleurs du 17e d'artillerie cantonné à Fontenay-sous-Bois ont chanté fréquemment « Quand Madelon » devenue rapidement « La Madelon ». Les bataillons voisins en ont fait de même et la chanson s'est propagée dans toute l'armée française. Bouche à oreille qui a fait de La Madelon un chant militaire et un vrai succès populaire. Marlène Dietrich l'a chantée à Paris lors de la célébration du 14-Juillet en 1939. Gilbert Duflos

C’est sur un arrangement spécialement écrit pour notre formation par Pascal Saint-Léger que vous l’entendrez ce soir.

Charlie

Chaplin

Chaplin

Arrangement Marcel Peeters

1889 - 1977

L’année 2014 marque à la fois le centenaire de la Première Guerre mondiale et celui des débuts de Charlie Chaplin au cinéma. Le conflit eut un impact certain sur la destinée de cet artiste de génie, parti de rien et devenu monstre sacré en seulement quatre ans. Le temps d’une guerre qui plongera l’Europe et le monde dans le chaos, faisant quelques neuf millions de morts. Cette guerre au sortir de laquelle le visage de l’industrie cinématographique ne sera plus jamais le même. Alors que les poilus se préparent vaillamment à aller au front, confiants dans leurs chances de gagner une guerre dont chacun ignore la barbarie à venir, de l’autre côté de l’Atlantique, un jeune homme pousse les portes des studios Keystone, à Los Angeles. Charles Spencer Chaplin, sujet britannique, a eu la chance de se faire repérer au bon moment, alors qu’il est en tournée aux USA avec la troupe de Fred Karno, un an seulement avant l’assassinat de l’archiduc François Ferdinand à Sarajevo. En 1910, on estime à environ 70% la part de films vendus par les studios français dans le monde. C’est considérable, mais ça ne va pas durer. Le premier rééquilibrage a lieu avec la naissance d’Hollywood. C’est l’apparition des grands studios et des vedettes internationales, D. W. Griffith, Douglas Fairbanks et bien sûr Chaplin. Dès 1912 déjà, la concurrence américaine commence à Musique de l’infanterie 8 | P a g e


grignoter le quasi-monopole des productions françaises. Mais c’est surtout avec l’entrée en guerre des différents belligérants que la balance va définitivement pencher du côté des USA. En Europe, tout le monde est mobilisé, et cela inclut naturellement acteurs, réalisateurs et techniciens. Max Linder ou Louis Feuillade eux-mêmes sont appelés au front et doivent cesser leur activité. Les studios sont réquisitionnés, certains deviennent des usines d’armement. Par ailleurs, les armées se dotent de services cinématographiques chargés de filmer la guerre selon des consignes strictes. Les autorisations de projections sont rares. C’est l’apparition de la censure et de la propagande. Sur la côte Pacifique, Charlie Chaplin a déjà gagné toutes ses guerres. Sur le plan financier, il a patiemment gravi toutes les marches, encaissant des cachets toujours plus importants et se retrouvant à la tête d’une fortune considérable. En 1918, sa popularité est déjà à son apogée. On vend partout des figurines à l’effigie de Charlot, bien avant les produits dérivés de Star Wars. Et même si la guerre l’a épargné personnellement, il n’en reste pas moins sensible à ses ravages et réalise en 1918 une comédie acide avec pour décor les tranchées : Charlot soldat. À l’époque, une controverse agite le monde médiatique : Chaplin est accusé d’avoir délibérément gardé la nationalité anglaise pour éviter la mobilisation, les États-Unis venant de prendre part au conflit. Pour prouver sa bonne foi, il passe une visite médicale, à l’issue de laquelle il est déclaré inapte. Mais il voulut tout de même y apporter sa modeste contribution en utilisant ses propres armes, à travers Charlot soldat. Il écrira plus tard : « Au début de la Première Guerre mondiale, l’opinion publique estimait que les hostilités ne dureraient pas plus de quatre mois, que la science de la guerre moderne prélèverait un si lourd tribut de vies humaines que l’humanité exigerait la cessation d’un massacre aussi barbare. Mais nous nous trompions. Nous nous trouvâmes pris dans une avalanche de folle destruction et de boucherie sans merci qui se poursuivit quatre ans durant, à la stupéfaction de l’humanité. Nous avions provoqué une hémorragie de proportions mondiales et nous ne savions plus l’arrêter. » (Charlie Chaplin, Histoire de ma vie.) Joseph Boinay « Charlot est né au front » par Blaise Cendrars « Charlot est né au front. Jamais je n’oublierai la première fois que j’ai entendu parler de lui. C’était au bois de la Vache, par une soirée d’automne, pluvieuse et détrempée. Nous pataugions dans la boue, en sentinelles perdues, dans un entonnoir de mine, qui se remplissait d’eau, quand Garnier, dit Chaude-Pisse, vint nous rejoindre, retour de permission. C’était en 1915. Garnier était le premier permissionnaire de notre demi-section de hardis patrouilleurs. Il radinait tout droit de Paris. Toute la nuit il ne nous parla que de Charlot. Qui ça, Charlot ? Garnier était plein comme une bourrique. Je crois que Charlot était une espèce de frangin à lui. Et il nous fit bien rigoler avec ses histoires. À partir de ce soir-là et de huit en quinze jours, chaque fournée de permissionnaires nous ramenait de nouvelles histoires de Charlot et, nous autres, pauvres bougres, qui attendions notre tour d’aller en permission (on nous avait oubliés, nous sommes restés 92 jours sans décoller de ce petit poste du bois de la Vache), nous nous faisions salement engueuler quand nous posions des questions pour savoir ce qu’il y avait de neuf à Paris. « Non mais des fois, t’as besoin de savoir Paname ? R’gardez-le donc, c’salé, qui n’a pas vu Charlot ! La ferme, hein ! » Nous nous taisions. Tout le front ne parlait que de Charlot. À la roulante, au ravitaillement, à la corvée d’eau ou de pinard, le téléphoniste au bout du fil, la liaison dans le P.C., le vaguemestre qui apportait les babillardes et, jusqu’à ces babillardes elles-mêmes, d’un copain à l’hosteau ou d’une marraine distinguée, jusqu’à ces babillardes elles-mêmes qui ne nous parlaient que de Charlot. Extrait de Aujourd’hui 1917-1929 (suivi de) Essais et réflexions 1910-1916, paru aux éditions Denoël.

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Nigel

Mata-Hari

Clarke

1. Dancer in the shadows

* 1960

Nigel Clarke est un compositeur et musicien britannique. Il a commencé sa carrière en tant que musicien militaire, puis a étudié la composition à l'Académie royale de musique avec comme professeur le compositeur Paul Patterson. Il fut compositeur associé au célèbre Black Dyke Mills Band et compositeur attitré à la musique des «Grenadier Guards ». Il a également été professeur invité à l'Institut des Arts du Xinjiang en Chine et compositeur associé à l' « Ecole Royale Militaire de la musique », Kneller Hall. Plus récemment, il est devenu compositeur associé au Brass Band Buizingen en Belgique, et est actuellement compositeur en résidence à la « Marinierskapel Koninklijke Marine (Marine Band de la marine royale néerlandaise) ainsi que professeur invité auxiliaire de musique de Middle Tennessee State University. En 1997, Clarke a séjourné aux États-Unis dans le cadre du programme International Visitor Leadership du pays, et l'United States Marine Band, couramment appelé "The President's Own", a créé une de ses pièces, "Samurai", dirigée par le colonel Timothy Foley. En 2008, le prix de docteur en musique lui a été conféré par l'Université de Salford. Son concerto pour cornet, intitulé "Les mystères de l'horizon", a été le vainqueur de la catégorie brass band en 2013 aux « Composer Awards » britanniques. Clarke est membre de la Royal Academy of Music. Note du compositeur « Mata Hari » est une commande de Matthew George et du « Symphonic Wind Ensemble » de l'Université de Saint Thomas dans le Minnesota, États-Unis. J'ai écrit « Mata Hari » comme trois scènes spéculatives de sa vie. 1 Danseur dans les ombres -. Met l'accent sur Mata Hari, la danseuse, qui divertit les troupes au début de la Grande Guerre. 2 tromperie et séduction -. Décrit Mati Hari, la séductrice, la courtisane qui soutire les confidences sur l’oreiller. 3 Evasion et Capture -. Dépeint Mata Hari dans l'œil de la tempête avec des forces hostiles en mouvement contre elle. J'ai donné à `Mata Hari 'une fin triomphale pour refléter ses moments de défi. Margaretha Zelle Geertruida-McLeod, mieux connu sous le nom de Mata Hari, est née en Hollande en 1876 et fusillée comme espionne par les français, le 15 Octobre 1917. Accusée d'espionnage au profit de l'Allemagne dans le cadre d'une enquête sommaire où apparaît déjà l'inspecteur Pierre Bonny, Mata Hari passe du statut d'idole à celui de coupable idéale dans une France traumatisée par la guerre et dont l'armée vient de connaître d'importantes mutineries après l'échec de la bataille du Chemin des Dames. Son avocat et ancien amant Édouard Clunet n'a le droit d'assister qu'aux premiers et derniers interrogatoires. L'instruction est assurée par le capitaine Pierre Bouchardon, rapporteur au Troisième conseil de Guerre. À ce titre, il instruira toutes les grandes affaires d'espionnage du premier conflit mondial. Le procès, dont le substitut du procureur est André Mornet — un ancien amant —, ne dure que trois jours sans apporter de nouveaux éléments. Elle est même, lors du procès, abandonnée par son amoureux Vadim Maslov qui la qualifie tout simplement « d'aventurière ». Elle est condamnée à mort pour intelligence avec l'ennemi en temps de guerre sur réquisitoire de l'avocat général Mornet et sa grâce rejetée par le Président Raymond Poincaré, qui laisse la justice suivre son cours. Musique de l’infanterie 10 | P a g e


Pierre-Etienne

Mémorial (2006)

Sagnol * 1970

À l’occasion du 90ème anniversaire de la bataille de la Somme en 2006, la Somme Remembrance Association, présidée par François Bergez, a initié, en collaboration avec la Fédération Musicale de la Somme et l'Office National des Anciens Combattants, l'idée de commémorer musicalement la mémoire des hommes. Le compositeur suisse Pierre-Étienne Sagnol a été associé à cette démarche: Memorial évoque tout d’abord pour moi, le lieu géographique mais également le souvenir de quelqu’un, de quelque lieu ou contrée chérie. J’ai donc essayé dans cette œuvre de décrire les événements qui se sont déroulés sur le terrain mais aussi de traduire mes émotions ressenties à la lecture des récits de cette période de l'histoire. Je souhaite que cette œuvre rende hommage aux français, aux anglais, aux allemands ainsi qu’aux autres nations touchées par ce conflit. Au début de l’œuvre, c’est l’optimisme général qui règne quant à cet assaut qui doit être décisif. Le moral, dans les deux Armées alliées, était magnifique de confiance et d'entrain : c'était, enfin, le grand combat pour la délivrance et, comme disaient les Anglais, le « suprême effort » de la guerre ! La phase de bombardements : Il dura six jours pleins. Plus d’un million cinq cent mille obus sont tirés. L’assaut : Avec ses vagues de poilus sortant des tranchées, ses massacres immédiats. Alors, [le 1er juillet 1916] à 7h30 très précises, de toutes les tranchées, sur une ligne de 45 kilomètres, l'infanterie bondit. Les poilus dans les tranchées : Les repos inévitables des poilus, leurs moments d’attente et d’angoisse mais aussi et surtout le souvenir, de leur famille, de leurs pays. Par ces chansons, ils oubliaient pour un instant les atrocités de la guerre. Retour à la réalité : Brusque, choquante… Cette réalité, c’est que la guerre n’apporte que mutilation, souffrance, désolation et mort. Choral final : Une mélodie évoque le recueillement, la prière que l’on fait devant la sépulture de nos proches, de nos ancêtres. J’ai voulu évoquer ici le côté religieux qui apporte le réconfort et qui accompagne le souvenir. Mais, durant une prière, nous avons aussi envie de crier pourquoi? Cette prière se fera alors plus intense, plus suppliante ! Elle retournera finalement vers une atmosphère calme mais empreinte tout de même de résignation et [une] « sonnerie aux morts » permettra à cette œuvre de rester en suspension, car rien ne sera jamais plus comme avant, rien ne pourra être oublié. Qu’elle apporte à chacun un moment de réflexion et de Souvenir. Que cette œuvre vous touche autant qu’elle m’a touchée. Pierre-Etienne Sagnol, septembre 2006

Memorial a été interprété pour la première fois dans le cadre des cérémonies commémoratives 2006. Source : Somme Remembrance Association - www.somme-remembrance.com

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Richard

Königsmarch

Strauss

Arrangement Fr. Pelz

1864 - 1949

Richard Strauss a abordé à peu près tous les genres : musique instrumentale pour orchestre, instrument soliste (dont le concerto) ou œuvres pour formation de chambre, poème symphonique, opéra, lied, ballet. Si son nom est connu du grand public, c'est avant tout grâce aux trois opéras Salomé, Elektra et Le Chevalier à la rose, sinon par le biais du poème symphonique Ainsi parlait Zarathoustra (1896), dont le Prologue, célèbre à travers le monde entier, fut utilisé dans le film 2001, l'Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick. Ces pages célèbres de Richard Strauss ne sont pourtant qu'une infime partie d'une production fort riche qui aborde une grande diversité de genres, styles et caractères. Le patronyme Strauss est extrêmement commun dans les pays germaniques, et il n'existe aucun lien de parenté entre Richard Strauss et les deux Johann Strauss (père et fils), originaires de Vienne (Autriche) et surnommés les rois de la valse. Les quelques valses composées par Richard Strauss ne sont présentes dans ses œuvres qu'à titre de clin d'œil à la tradition viennoise, en référence à une époque antérieure (par exemple dans les opéras Le Chevalier à la rose ou Arabella) ou comme élément connotant l'érotisme et la sensualité. Il est vrai que le patronyme Strauss est très courant dans le monde germanique (il signifie « bouquet »). Richard Strauss est le fils d'un premier corniste de l'Orchestre Royal de Munich, Franz Strauss, qui était farouchement conservateur et anti-wagnérien. Richard, enfant prodige, est formé à l'école brahmsienne, et découvre la musique par l'étude des œuvres des classiques allemands ainsi que des premiers romantiques, tels Schumann et Mendelssohn. La musique allemande connaît alors une période de conflit esthétique entre les tenants de la musique pure, parmi lesquels compte Brahms, et les tenants de la musique à programme, dont le chef de file est Franz Liszt. Ce conflit sera incarné notamment par la controverse opposant Richard Wagner, adepte de l'art total (Gesamtkunstwerk), et le critique viennois Edouard Hanslick, très influent dans toute la seconde moitié du XIXe siècle. Le père de Richard Strauss choisit de préserver son fils de l'influence wagnérienne. Richard ne découvrira donc véritablement la modernité et la puissance expressive des œuvres de Liszt et Wagner qu'une fois sa carrière de chef d'orchestre amorcée. Il est en effet initié à la musique à programme à partir de 1883, lorsqu'il est appelé à diriger l'orchestre de Meiningen, au sein duquel il se lie d'amitié avec le premier violon Alexander Ritter, un familier des cercles lisztiens. Reconnu à l’époque du Chevalier à la rose comme le plus grand musicien allemand vivant, il se trouve être le meilleur ambassadeur de la paix durant la Première Guerre mondiale, lorsqu’il rend visite à Clémenceau. Outre ses concertos pour cors ou hautbois Strauss écrivit beaucoup pour les vents ou les cuivres : sérénades ou symphonies pour instruments à vents, fanfares pour ensembles de cuivres. Dans ce cadre il a été amené plusieurs fois à composer des marches militaires pour différents régiments ainsi que des marches festives ou protocolaires. Ainsi, en 1904, après une rencontre avec l’empereur Guillaume II de Prusse lors d’une représentation d’un de ses opéras à Berlin, Richard Strauss écrivit Königsmarch qu’il lui dédia. Si le début est empreint d’une rigidité toute prussienne le trio quant à lui évoque des subtilités et une finesse de la meilleure veine straussienne, le tout terminant sur un hymne. La version jouée ce soir a été revue pour orchestre militaire par Fr. Pelz.

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Donald

Tulsa

Gillis

a Symphonic Portrait in Oil

1912 - 1978

Don Gillis fut un compositeur américain très prolifique, arrangeur et professeur de musique. Il débuta comme tromboniste dans différents orchestres. Il commença sa carrière à la radio à Dallas dans les années 1930 et devient chef d'orchestre, compositeur et producteur. En 1944 il est à New York pour devenir producteur et scénariste pour le NBC Symphony Orchestra, dirigé par Arturo Toscanini. Gillis a produit plusieurs émissions de radio NBC, y compris « Sérénade à l'Amérique » et « Heure de Concert NBC ». Après que Toscanini ait pris sa retraite en 1954 Gillis, en tant que président de la Fondation Symphony of America, a contribué à former la Symphonie de l'Air, avec des anciens membres de l'Orchestre symphonique de NBC . Gillis a également produit l'émission de radio « Toscanini : l’homme derrière la légende, » qui s'est déroulée pendant plusieurs années sur la chaîne NBC, après la mort du chef d'orchestre italien. Il a composé dans quasiment tous les styles et genres contemporains. Sa musique est engagé, accessible, et souvent satirique et humoristique avec des titres fantaisistes. Ses compositions reflètent souvent un merveilleux sens de saveur régionale et Americana. Ses plus de 150 œuvres comprennent dix symphonies et six quatuors à cordes. Tulsa, a Symphonic Portrait in Oil est un poème symphonique de dix minutes en hommage à «La capitale mondiale du pétrole", comme la ville s’appelle elle-même. Il a été commandé par la plus grande banque de Tulsa dans la foulée du succès de sa symphonie n ° 5 ½ humoristique. Elle décrit la ruée vers les terres de l'Oklahoma en 1889 au cours de laquelle Tulsa a été fondée, incluant une parade de rue ainsi que la construction de derricks.

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Programme concert reyrieux  

Concert du dimanche 18 mai 2014. Musique de l'infanterie

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