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Nouveau Monde - Numéro 1 - édition 2012

AUVERGNE

NOUVEAU MONDE www.auvergne-tourisme.info

AUVERGNE

YOUR NEW WORLD

édition 2012

AUVERGNE

* INITIATIVE > Saint-Bonnet-le-Froid / Electric Palace

YOUR NEW WORLD www.investir-en-auvergne.com

* DOSSIER > Bien manger

* CULTURE > Le CNCS de Moulins / Kütu Folk Records * INDUSTRIE > La filière aéronautique

* SPORT > Le centre de formation de l’ASM * FIGURES > Les acteurs du recyclage

� 30 bonnes raisons D’ENTRER DANS LE NOUVEAU MONDE

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E Édito

Horizons nouveaux Q

© Emmanuel Lattes

Bon voyage dans notre Nouveau Monde.

NOUVEAU MONDE

EAU

NDE

du partage et préserver une forme d’idéalisme qu’ils réinventent au quotidien. Ici, les entreprises cultivent le sens de l’exigence et de la créativité ; préservés, protégés, les paysages déclinent une exceptionnelle naturalité, confèrent à la région un sentiment de bien-être unique. Il n’y pas de saison pour découvrir ce Nouveau Monde. L’hiver y est magique, le printemps revigorant, l’été stimulant et l’automne chatoyant. C’est sans doute pour cela qu’au fil du temps, l’envie de s’y installer se fait de plus en plus évidente.

ui n’a jamais rêvé, au moins une fois dans sa vie, de partir à l’aventure, de voguer à la découverte de nouveaux horizons, de nouveaux mondes ? La dure réalité de la crise économique et sociale renforce un peu plus ce besoin de repères inédits, cette volonté de « mieux vivre », cette quête de lien social et d’épanouissement. Notre magazine présente un territoire, plus précisément une région de France qui a su maintenir à tout prix des espaces de vie, de travail, d’études, de vacances… tous ayant comme point commun d’offrir à leurs hôtes une qualité de vie exceptionnelle. Dans ce Nouveau Monde, les hommes et les femmes ont su garder intact le sens

Nouveau Monde N° 1 – Édition 2012 Directeur de Publication : Philippe Laurent. Chef de Projet : Véronique Jal. Rédacteur en chef : Gilles Dupuy (magazine En Auvergne). Directeur artistique: Julien Bonicel. Comité de rédaction : Pierre Beal, Emma Boyer, Emmanuelle Collin, Sylvain Depale, Elisabeth Durantin, Sandra Einsenberg, Pierre-Jean Ferrer, Claudine Fontaine,

Philippe Laurent, Christophe Martin, Sigolène Morichau-Beauchant, Jean Pinard, Vincent Salesse, Natacha Sibellas et Claude Vincent. Rédacteurs : Corinne Chesne, Denis Couderc (agence Par Écrit), Corinne Dupasquier, Christophe Grand, Noël Graveline, Hélène Leroy, Corinne Pradier et Julien Teiller. Photographes : Jérôme Cambier, Laurence Barruel, Chacha Belmont, Jérôme Chabanne, Ludovic Combe, Emmanuel Dubost, Gérard Fayet, David Frobert, Jean Harixçalde, Luc Olivier, Denis Poucher et Jodie Way. Photo de couverture : Emmanuel Lattes.

Chef de publicité : Stéphane Szyjewski. Conception et Réalisation : Publi Compo/Magazine En Auvergne 63, boulevard François-Mitterrand, 63000 Clermont-Ferrand. Impression : Imprimerie Lesaffre. La revue Nouveau Monde est éditée par l’association Auvergne Nouveau Monde, Siret 532156643 00019, Parc technologique de La Pardieu, 7, allée Pierre-de-Fermat, CS 50502, 63178 Aubière Cedex. Toute reproduction (même partielle) des articles publiés dans Nouveau Monde sans accord de l’association éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. La rédaction n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes ou des photos qui lui sont adressés pour appréciation.

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S Sommaire

06-15 Valeurs

Idéalisme, Naturalité, Partage, Exigence, Créativité

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16-20 Zooms

Les figures, les lieux, les objets, les entreprises qui font l’Auvergne

22-24 Saint-Bonnet-Le-Froid L’aventure collective

26-27 Electric Palace

Les rouages du métier

28-44 Nutrition

L’intelligence au service du bien manger !

46-53 Saint-Jacques de Compostelle

Sur les chemins de la découverte

54-55 Nattitude

L’esprit nature avant tout

56-64 Filière aéronautique L’appel d’air

66-70 Centre de formation de l’ASM La fabrique de champions

72-78 Acteurs du recyclage Les vraies richesses

80-85 CNCS

La scène française s’affiche à Moulins

86-88 Kütu Folk Records Cousu main

90-94 Portfolio

Les lumières de la ville

95-97 Clin d’œil

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Valeurs

Idéalisme

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© Jérôme Cambier

n Auvergne, on croit à ces valeurs fortes que sont la famille, la solidarité, l’échange… Le « mieux-vivre » s’y incarne dans tous les domaines, et le caractère préservé de la région doit d’abord à la mobilisation et à la prise de conscience de tous les Auvergnats. Parce qu’ici, le futur se conjugue au présent, et grâce aux efforts de chacun, c’est un monde meilleur que nous léguerons à nos enfants.

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Valeurs

Naturalité

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© David Frobert

’Auvergne, c’est un ensemble de paysages sauvegardés, d’une très grande diversité et d’une beauté à couper le souffle. Terre de grands espaces, la région se distingue par la profusion de ses formes et de ses couleurs, mais également par ses zones sauvages. Ici, la nature est toute-puissante, vecteur de pureté, de bien-être et d’authenticité.

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Valeurs

Partage

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© Ludovic Combe

oin du tumulte ambiant, il existe en Auvergne une vraie qualité de vie, liée notamment à la solidarité et au respect. Ici, le lien social est loin de s’être rompu, ou même distendu. Il s’incarne entre autres dans les nombreuses initiatives collectives qui font de la région un lieu où il fait bon vivre ensemble.

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Valeurs

Exigence

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© Jérôme Chabanne

arce que rien ne leur a jamais été donné, les Auvergnats ont développé une culture de l’excellence qui les pousse à se dépasser dans tous les domaines, qu’il s’agisse d’artisanat, d’industrie, de gastronomie, de tourisme ou même de sport. En Auvergne, l’exigence est une vertu cardinale qui s’incarne au quotidien, en paroles comme en gestes ou en actes.

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Valeurs

Créativité

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© Jérôme Chabanne

oin d’être repliée sur elle-même, l’Auvergne est une région en mouvement, portée par une belle santé économique et touristique. Dans les entreprises, les clusters ou les pôles de recherche, au cœur des grandes écoles, toutes les forces vives concourent à parfaire l’image d’une région qui brille également par son dynamisme artistique, la richesse et la variété de ses manifestations culturelles.

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La figure

Zoom

© Jérôme Chabanne

JOHANNY BERT

LE THIERS L’objet

EUROPAVOX Le festival En six éditions, Europavox s’est imposé comme l’un des rendez-vous qui comptent en matière de musiques actuelles, tant au plan national qu’européen. Dès sa création, en 2006, ce festival s’est singularisé par son ambition de « parler de l’Europe autrement, en dépassant son image bureaucratique et impersonnelle ». Durant les quatre journées d’Europavox, peu de têtes d’affiche anglo-saxonnes, mais une flopée d’artistes issus d’Islande, de Pologne, de Belgique, de Suède, de Lituanie ou du Portugal, reflétant la richesse et la diversité culturelle du vieux continent. Réputée pour sa simplicité et sa convivialité, cette manifestation à taille humaine, ancrée dans le centre-ville de Clermont-Ferrand, a également comme ambition de favoriser les rencontres entre professionnels de la musique et des médias. En 2011, Europavox a attiré 25 000 spectateurs, de quoi l’admettre parmi les grands festivals auvergnats que sont La Chaise-Dieu, le théâtre de rue d’Aurillac, Gannat ou le court- métrage de Clermont-Ferrand. • www.europavox.com/fr

La marque

PICTURE ORGANIC CLOTHING

Fondée par trois jeunes Auvergnats, passionnés de glisse et issus de milieux variés (le marketing, l’architecture, le… lycée), Picture Organic Clothing est une ligne de sportswear intelligente, en ce sens qu’elle allie des valeurs morales, biologiques, technologiques et esthétiques. Tous les produits commercialisés par la marque sont garantis éthiques, 100 % bio ou composés de matières recyclées. En parallèle, Picture exploite une matière révolutionnaire : la membrane biocéramique, qui présente des propriétés étonnantes pour le corps (elle rééquilibre, confère une chaleur inégalable, accélère la récupération…). Et ça marche ! De nombreux musiciens, artistes ou sportifs arborent fièrement les t-shirts, sweats ou smartgoods de la marque qui, en accord avec ses principes, reverse 1 % de son chiffre d’affaires à des associations de protection de l’environnement. • www.picture-organic-clothing.com

© Jean-Louis Fernandez

Créé en 1994, le Thiers symbolise le renouveau de la coutellerie thiernoise, une industrie millénaire, aujourd’hui confrontée comme tant d’autres aux défis de la mondialisation. Authentifiée par un poinçon, la fabrication de ce couteau 100 % auvergnat obéit à un cahier des charges élaboré par une confrérie et basé sur trois principes : la territorialité, la qualité et la moralité. Contemporaine et dépouillée, sa ligne permet à chaque coutelier d’en donner sa propre interprétation. Ce dont ils ne se privent pas ! Qu’ils aient pour nom Dozorme, Chambriard, Florinox, Beillonnet ou Viallon, qu’ils soient industriels ou Meilleur Ouvrier de France, tous se sont emparés d’un produit désormais emblématique pour le décliner à toutes les sauces du design, en une farandole de formes, de couleurs et de matières. Du plus fantaisiste au plus rare, du plus basique au plus raffiné, il y a forcément un Thiers qui vous ressemble. • www.lethiers.fr

Originaire du Puy-enVelay, formé à l’école de la Comédie de SaintÉtienne et au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, Johanny Bert était jusqu’à présent artiste associé à la Scène nationale de Clermont-Ferrand. Privilégiant le croisement des disciplines, ce comédien et metteur en scène a mené plusieurs expériences de travail en décentralisation en Auvergne et RhôneAlpes. Aujourd’hui, Johanny Bert passe la vitesse supérieure en devenant le nouveau directeur du Festin, Centre dramatique national de Montluçon, auquel il souhaite donner une nouvelle identité, caractérisée par le croisement des formes de théâtre (avec une place de choix accordée à la marionnette, sa spécialité), tout en plaçant l’acteur et l’écriture au centre de son projet. Concrètement, le CDN devrait embaucher des acteurs permanents et tisser des liens avec différents auteurs en formation ou déjà affirmés. Johanny Bert entend par ailleurs développer un projet de théâtre itinérant dans un lien étroit avec les acteurs culturels locaux. • Le Festin, Centre dramatique national de Montluçon, Espace Boris-Vian, 27 rue des Faucheroux, 03100 Montluçon. Tél : 04 70 03 86 18 www.lefestin-cdn.com

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Le lieu

© Emmanuel Dubost

CHEMIN FAIZ’ART

Au cœur des Combrailles, le Chemin Fais’Art immerge le promeneur dans un univers où art et nature ne font qu’un. Cette véritable galerie à ciel ouvert est l’œuvre du sculpteur Gilles Perez qui, sur un sentier communal étiré au pied du puy de Beaufort, a créé un surprenant théâtre en plein air, d’où émergent colonnes, cages, clôtures, demi-sphères ou lignes serpentines taillées dans la pierre de Volvic. Par les dimensions monumentales de ses sculptures, l’artiste souligne ce que l’espace et la matière ont d’essentiel. Un rapport de force s’établit entre l’œuvre et la nature, dans une volonté de dialogue évidente. Passé, présent et avenir mêlés, les installations de Gilles Perez évoquent aussi bien des sites archéologiques de civilisations disparues que des vestiges à découvrir dans un futur indéterminé. • Chemin Fais’Art, 63230 Chapdes-Beaufort. Tél. : 04 73 79 23-37 - www.lespierresquimarchent.fr

Le produit

«Hedgehog», en anglais, ça veut dire hérisson, et c’est justement à Hérisson, petit village médiéval du Bourbonnais, qu’Olivier Perrier a choisi d’installer la Distillerie de Monsieur Balthazar. Comédien et metteur en scène de renom, adoubé par le théâtre et le cinéma (Des hommes et des dieux), Olivier Perrier s’est taillé un rôle sur mesure, en bouilleur de cru d’un genre un peu spécial, lui qui fabrique un whisky à base de maïs bio, de malt d’orge et de seigle, soigneusement distillé par ses soins, vieilli trois ans en fûts de chêne, puis écoulé dans un élégant flacon de forme angulaire. Drapé dans une robe ambrée, sur un nez de tabac frais et de céréales, long, rond et suave, ce « straight whisky » à l’américaine se déguste en fin de repas (avec modération !), entre amateurs éclairés des bonnes choses de la vie. • Distillerie de Monsieur Balthazar, 8, place de la République, 03190 Hérisson. Tél. : 04 70 06 85 57 www.whisky-hedgehog.fr

© Jodie Way

WHISKY HEDGEHOG

Le groupe

MUSTANG

Clermont-Ferrand « capitale du rock français », ce n’est pas qu’une vue de l’esprit ou une tocade de journaliste, mais une réalité concrétisée par la réussite de groupes comme Cocoon ou Mustang. Emmené par Jean Felzine, un quasi-sosie d’Elvis Presley, ce très jeune trio réactualise les années 1960, à travers une pop teintée de sonorités rockabilly, évoquant tour à tour Jacques Dutronc, Nino Ferrer, Michel Polnareff ou, plus près de nous, Taxi Girl. Un parti pris néo-yéyé relevé d’un large soupçon de modernité et d’un sens évident de la mélodie, mais aussi de textes écrits d’une plume trempée dans le curare et chantés d’une voix tout à la fois sincère et cynique, évoquant les fêlures amoureuses, la condition d’artiste ou la peur de grandir. Tabou, le deuxième album du groupe, est distribué par Sony Music. Excusez du peu. • www.legroupemustang.com

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L’acteur culturel

CHEYNE ÉDITEUR

© Luc Olivier

Au Chambon-sur-Lignon, Jean-François Manier et Martine Mellinette poursuivent une démarche atypique, un labeur de moine copiste entamé il y a trente ans par ces deux passionnés de poésie et de littérature contemporaine, qui fabriquent et diffusent eux-mêmes les livres qu’ils éditent. Depuis 1980, le catalogue de Cheyne Éditeur s’est enrichi de quelque 300 titres, totalisant plus de 300 000 ventes. Une belle réussite pour cette maison artisanale, dont les ouvrages sont imprimés à l’ancienne, en typographie au plomb et sur papier vélin. Soucieux « d’accompagner l’œuvre des auteurs qu’il a découvert », Cheyne Éditeur organise chaque été les « Lectures sous l’arbre », un festival de littérature vivante, dont le succès ne se dément pas avec les années. De quoi conforter Jean-François Manier dans sa démarche : « C’est très encourageant, parce dans ce que l’on donne à lire et à entendre, on ne va jamais vers la facilité. » • www.cheyne-editeur.com

L’école

ÉCOLE NATIONALE SUPÉRIEURE DE LA PÂTISSERIE (ENSP)

© Jérôme Chabanne

Reprise en main par Alain Ducasse et Yves Thuriès, l’École nationale supérieure de pâtisserie (ENSP) d’Yssingeaux se positionne depuis trois ans comme l’une des plus prestigieuses dans son domaine. Installée dans les murs du château de Montbarnier, elle accueille des stagiaires issus des quatre coins de la planète, venus suivre les cours dispensés par de véritables stars en la matière, Meilleurs Ouvriers de France ou Champions du monde de pâtisserie.

Ici, des locaux ultramodernes aux produits utilisés, tout est conçu pour dispenser un apprentissage haut de gamme, et la variété des formations est telle qu’elle attire aussi bien des néophytes que des professionnels confirmés. Et ce n’est qu’un début ! Car l’ambition affichée de l’ENSP et de ses illustres parrains, c’est bel et bien de devenir le leader mondial de la formation en pâtisserie. • Château de Montbarnier, 43200 Yssingeaux. Tél. : 04 71 65 72 50 www.ensp-adf.com

Le lieu

L’AVENTURE MICHELIN

Siège tutélaire de la Manufacture Michelin, Clermont méritait ce lieu. Mieux qu’un musée, L’Aventure Michelin raconte l’histoire désormais plus que centenaire d’une multinationale intimement liée à la capitale auvergnate, avec une intelligence et un luxe de moyens propres à ravir tous les publics. Installé dans un ancien atelier, le « site culturel officiel du groupe Michelin » plonge le visiteur dans un univers interactif, dominé par la figure de Bibendum, élu « meilleur logo de tous les temps ». Enrichie de centaines de pièces parfois très rares, la scénographie met en valeur les différents aspects d’une saga industrielle marquée de nombreuses innovations, tant sur le plan de la technologie que du marketing. Au centre de tout, la part accordée à l’homme est prépondérante, des fondateurs de l’entreprise jusqu’aux milliers d’anonymes qui contribuent chaque jour à son rayonnement international. • L’Aventure Michelin, 32, rue du Clos Four, 63000 ClermontFerrand. Tél. : 04 73 98 60 60 - www.aventure-michelin.com

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L’entreprise

CELNAT © Jérôme Chabanne

Si l’alimentation bio occupe une place de plus en plus importante dans notre quotidien, Celnat n’a pas attendu l’engouement actuel pour semer les premières graines d’une démarche tout à la fois familiale et militante. Dès la fin des années 1970, cette entreprise de minoterie basée en Haute-Loire s’est spécialisée dans le négoce, puis la production et la transformation de produits biologiques, et tout particulièrement de céréales complètes. Aujourd’hui, Celnat emploie une cinquantaine de personnes et fait figure de leader dans son domaine, grâce notamment à l’absence de compromis et au souci de qualité dont fait preuve l’entreprise au quotidien : sélection rigoureuse des fournisseurs, achats en direct auprès d’agriculteurs bio et dans un esprit de partenariat à long terme, stockage et conditionnement optimaux, rejet des technologies dégradant la qualité nutritionnelle des produits… Un exemple à suivre. • www.celnat.fr

ROBERTO FORÉS VESES

Si l’Orchestre d’Auvergne s’est hissé parmi les meilleurs ensembles à cordes de la planète, c’est entre autres grâce à la qualité des hommes qui l’ont dirigé. Après le Français Jean-Jacques Kantorow et le Hollandais Arie van Beek, c’est désormais au tour de Roberto Forés Veses de faire son apparition au pupitre. Lauréat de plusieurs concours internationaux, ce jeune chef espagnol a conduit de nombreux orchestres à travers le monde : Théâtre du Bolchoï, Teatro Regio de Torino, Opéra de Nice, Orchestre National de Montpellier, Orchestra Sinfonica di Milano Giuseppe Verdi, Hague Residentie Symphonic Orchestra, New Russian State Symphony Orchestra… Très éclectique, il est aussi à l’aise dans le répertoire symphonique que dans l’opéra. Parmi ses projets pour l’Orchestre d’Auvergne figurent notamment une tournée en Espagne, ainsi que des concerts avec divers orchestres, français, ibériques ou finlandais... • www.orchestre-auvergne.fr

La marque

PARFUMERIE

GÉNÉRALE C’est une success story à la mode d’aujourd’hui, une histoire mettant en scène un jeune Auvergnat versé dans la chimie, basculant peu à peu dans l’univers de la parfumerie. Pierre Guillaume a créé son premier parfum à l’âge de 24 ans, et c’est par l’entremise d’Internet qu’il s’est fait un nom, grâce également à une approche très personnelle de son art, en proposant « une alternative aux productions de masse, lisses et formatées ». Aujourd’hui, après avoir conquis la toile, puis les pages des magazines spécialisés, les parfums

© Gérard Fayet pour TC Dôme

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de Pierre Guillaume sont distribués dans plus de 120 points de vente à travers le monde. Mais c’est dans la banlieue de Clermont que sont situés les laboratoires de la Parfumerie Générale, et c’est au cœur de la capitale auvergnate que Pierre Guillaume vient d’ouvrir sa première boutique (Haramens), persuadé qu’« il y a tout ici pour réussir. J’aimerais vraiment que cette boutique marche, pas seulement pour moi, mais pour cette ville et pour cette région dont nous pouvons être fiers ». • www.parfumeriegenerale.com

La nouveauté

LE PANORAMIQUE DES DÔMES

Au mois de juin 2012, c’est une nouvelle ère qui débutera pour le puy de Dôme, avec l’entrée en service d’un train électrique à crémaillère, en passe de révolutionner l’accès au volcan le plus célèbre d’Auvergne. Désormais, douze mois sur douze, en 20 minutes et de façon beaucoup moins polluante que les navettes empruntant l’ancienne route, quatre rames ultramodernes achemineront les centaines de milliers de personnes qui chaque année honorent ce sommet emblématique (1 465 mètres) de leur visite. Un sommet qui, grâce aux travaux entrepris pour l’occasion, devrait recouvrer son aspect naturel de dôme volcanique. Outre ses vertus pratiques et écologiques, le Panoramique des Dômes participera également à la mise en valeur de la chaîne des Puys et de ses quatre-vingts volcans, dont la candidature au Patrimoine mondial de l’Unesco a de bonnes chances d’aboutir en 2013. • www.panoramiquedesdomes.fr

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Le lieu

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L’innovation

L’ÉCOQUARTIER DE TRÉMONTEIX

Appelé à devenir une référence nationale, l’écoquartier de Trémonteix répond à la forte demande de logements liée à l’attractivité de Clermont-Ferrand, avec en filigrane le souci de maîtriser l’étalement urbain. Situé en limite d’une zone naturelle protégée, labellisé « Haute Qualité Environnementale », ce nouveau quartier préservera le cadre exceptionnel de son lieu d’implantation (les côtes de Clermont), tout en privilégiant la performance énergétique des bâtiments (récupération des eaux de pluie, panneaux solaires…). L’écoquartier favorisera également la mixité sociale, à travers un programme immobilier mêlant harmonieusement le locatif et le privé. Enfin, les déplacements dans et hors le quartier seront eux aussi optimisés, grâce notamment à l’aménagement de chemins de circulation piétonne, mais aussi d’un terminal de lignes de transport en commun. Les premiers logements devraient être livrés en 2013. • www.tremonteix.fr

Le chef

SERGE VIEIRA

Ils ne sont que six ! Six chefs français à avoir remporté le Bocuse d’Or, le plus prestigieux concours gastronomique de la planète. Et parmi eux, Serge Vieira fait figure de surdoué, lui qui a décroché la précieuse statuette à seulement 28 ans. C’était en 2005 et depuis, ce Clermontois d’origine portugaise s’est installé à Chaudes-Aigues où, dans le cadre futuriste et médiéval d’une forteresse des XIVe et XVIe siècles agrémentée d’une structure de verre et d’acier, il concocte une cuisine à son image, à la fois spontanée, colorée et très pointue, pensée en termes de développement durable, privilégiant les saisons et les produits du Cantal. Une cuisine pleine de promesses, déjà récompensée d’une étoile au Guide Michelin, en attendant mieux dans un futur sans doute très proche. • Restaurant Serge Vieira, château du Couffour, 15110 Chaudes-Aigues. Tél. : 04 71 20 73 85 - www.sergevieira.com

© OT Royat

Attention, ceci est très sérieux. Avec Wild Customs, la guitare électrique s’est découvert un nouveau sanctuaire, non pas du côté de New York ou de Los Angeles, mais plus simplement à Vichy et à Orléat, où Julien Roure et Renaud Sauzedde ont installé leur showroom et leur atelier de lutherie. Pour ces deux jeunes Auvergnats, il n’est de limites que celles que l’on repousse. Entièrement fabriquées par leurs soins, ou « simplement » customisées, leurs guitares et leurs basses sont des modèles uniques, qui tranchent à la fois par le soin mis dans leur réalisation, mais également par leur look, classique ou totalement débridé. Au dire des spécialistes, Wild Customs rivalise déjà avec les plus grandes marques américaines. Et ce n’est qu’un début, tant l’ambition est grande de « conduire Wild Customs le plus loin possible, de porter les couleurs de l’Auvergne et de la France hors de nos frontières ! » • www.wildcustomguitare.com

Alimentés par la source thermale des Grottes Rouges, le centre thermoludique Royatonic se présente comme une lumineuse coupole de verre et de bois, agrémentée de lagunes et de bassins (tant intérieurs qu’extérieurs) et rehaussée d’un décor évoquant le volcanisme auvergnat. Durant deux heures et demie, on jouit ici d’une offre privilégiée en termes de détente et de relaxation : piscines et bains d’eau thermale, lits à bulles, jets de massages, bain parfumé, contrecourant, banquettes bouillonnantes, jacuzzis et zones de repos forment le parfait complément des vapeurs chaudes des hammams et de la chaleur sèche des saunas. Le spa SanHoa propose quant à lui toute une gamme de soins et de modelages issus des quatre coins de la planète, et dispensés dans un cadre exotique à souhait. • Royatonic, 5, avenue Auguste-Rouzaud, 63130 Royat. Tél. : 04 73 29 58 90 www.royatonic.com

© Jérôme Chabanne

WILD CUSTOMS

© Chacha Belmont

La marque

ROYATTONIC

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Initiative

Saint-Bonnet-le-Froid L’aventure collective

Texte

Corinne Pradier Photos

Laurence Barr uel

À Saint-Bonnet-le Froid, les chiffres défient les lois de la logique. Ce petit village d’à peine 250 habitants fait vivre pas moins de 100 personnes, essentiellement dans les secteurs de la restauration et de l’hôtellerie. Figure de proue de cette pépinière, Régis Marcon et ses trois étoiles au Guide Michelin symbolisent le dynamisme d’une communauté soudée autour d’un même esprit d’entreprise.

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xposé au vent du nord, Saint-Bonnetle-Froid doit son destin radieux à sa situation géographique privilégiée, entre les hauts plateaux touristiques de la Haute-Loire et la vallée du Rhône. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, de jeunes couples s’y installent et reprennent des commerces : boucherie, transport ou menuiserie,

tous adossés à un restaurant. Ainsi, les Chatelard, Dumond, Aulagnon et autres Marcon constituent ensemble un formidable vivier entreprenarial. Parmi eux, Joannès Marcon rachète un commerce de vin en 1948. Marie-Louise, son épouse (bientôt mère de sept enfants), tient quant à elle un café-restaurant devant lequel se dresse une pompe à essence. Mais rythmée par le passage

des automobiles, l’activité reste saisonnière. Face au vieillissement de la population, ainsi qu’à son manque d’investissement, Joannès Marcon estime d’ailleurs le village « promis au désert ». Son décès prématuré, en 1968, ne lui offrira pas la chance d’être contredit.

Les petits ruisseaux La même année, Marcel Charrière quitte la vallée du Rhône

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Initiative

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En chiffres • 242 habitants recensés en 2010 • 20 enfants à l’école • 2 jeunes agriculteurs • 32 activités artisanales, commerciales et de service, soit plus de 100 emplois salariés • 6 restaurants, dont un 3 étoiles au Guide Michelin (chez Régis et Jacques Marcon) et 3 récompensés d’un « bib gourmand » au même Guide Michelin

et vient faire commerce de fruits et légumes à Saint-Bonnet. Ses tresses d’ail font recettes et très vite, le marchand de saison reste ouvert à l’année. Cinquante ans après, René, son fils, se souvient : « Ça s’est trouvé comme ça. On était dans notre métier, faire du commerce. La route, c’est le moteur ». Chez les jeunes du village, cette marque d’audace provoque une prise de conscience bientôt renforcée par l’arrivée de « soixantehuitards » fuyant l’enfer des villes. Un vent nouveau souffle sur la montagne et les jeunes, soudés par des valeurs et des souvenirs communs, décident de rester au pays pour y bâtir ensemble un avenir. Le dynamisme qu’ils insufflent à la vie associative – en aménageant notamment une mini-station de ski – fait bientôt boule de neige. En 1971, Jean-Pierre Marcon devient à 21 ans le plus jeune maire de France (18 ans plus tard, il passera le relais à son frère André). Les éléments de la refondation sont réunis et, porté par la force que crée le consensus, Saint-Bonnet-leFroid connaît un essor hors du commun. Comme le souligne Régis Marcon, « une des clés de la réussite réside peut-être dans le fait que personne ne pouvait imaginer un tel résultat ». Élevé à deux pas de la ligne de partage des eaux, au sein de foyers pour qui la solidarité n’est pas

un vain mot, chacun sait d’instinct que les petits ruisseaux font les grandes rivières. Aussi s’attache-t-on à accomplir au mieux les « petites choses du quotidien ».

Figure d’exemple Aucune recette miracle pour ce village devenu un haut lieu de la gastronomie française, sinon l’alliance constante – et ce depuis quarante ans – de l’initiative privée, publique et collective. Tandis que le maire, entouré d’une équipe municipale de choc, joue pleinement son rôle de « facilitateur » (« La place du financement public consiste à prendre des responsabilités, des risques… »), les commerçants, stimulés par la renommée croissante de Saint-Bonnet, investissent afin d’améliorer leur offre en visant l’excellence. Complémentaires les uns des autres, chacun ou presque est pluriactif, car avant de « croquer la recette » au plus fort de l’hiver, des mois durant il s’agit de « faire les fourmis ». Unis par une même philosophie, parents et amis forment une famille élargie, animée par la passion des défis, la joie de tout faire ensemble, la fête comme les affaires. « En toute occasion, les gens sont réactifs. Le pays est enthousiaste. » Une bonne humeur qui transparaît tout au long d’une année rythmée par les grands

rendez-vous associatifs, lesquels ne pourraient avoir une telle ampleur sans le soutien inconditionnel de bénévoles, dont une partie venus de l’extérieur : la Pesée du bœuf de Pâques, la « barbecue party » organisée par les chefs, la Rencontre des toqués de la moto, le 14 Juillet, la Foire aux champignons, le passage du Rallye Monte-Carlo… Dans le paysage français, Saint-Bonnetle-Froid fait aujourd’hui figure d’exemple. « Nous sommes peut-être à contre-courant mais pas à contresens », souligne André Marcon. À la fois humbles et fiers de leurs réalisations, les bâtisseurs d’avenir savent qu’on ne peut reposer sur ses acquis. Porté par la nouvelle génération, le prochain défi (récompensé par le Pôle d’excellence rurale) est de faire de ce point culminant un phare en matière de développement durable. Ainsi, La Grange au Bien-être, centre de montagnothérapie qui verra le jour en 2013, se présente comme un lieu de ressourcement où retrouver santé et dynamisme. En figure de proue, qui conseille les aventuriers face à certaines épreuves, Régis Marcon sait que « la nature et la vie en communauté sont deux réalités très similaires. Elles reposent sur un respect mutuel. C’est ce qui donne un sens à la vie de chacun. »

• Une capacité d’accueil de 300 lits, avec 2 établissements hôteliers classés au Guide Michelin pour leur confort ; 4 hôtels (un 2*, un 3*, un 4* et un 5*) et 2 gîtes d’étapes • 25 logements HLM répartis dans le village • 6 places de camping-car aménagées en plein centre

!

À lire

• Saint-Bonnet-le-Froid, les bonnes recettes d’un village toqué, éd. Hauteur d’homme, 2010. • « La renaissance de Saint-Bonnet-leFroid grâce à l’énergie des fratries », Michel Godet et André Marcon, in Bonnes nouvelles des conspirateurs du futur, Odile Jacob, avril 2011.

• La 2e agence postale communale d’Auvergne • L’une des premières communes à avoir installé un système propriétaire pour diffuser Internet haut débit.

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I

Initiative

Electric Palace Les rouages du métier Inscrit en marge du Festival international du courtmétrage de Clermont-Ferrand, l’Electric Palace est un des rendez-vous phare de la vie culturelle clermontoise. Un événement dans l’événement, initié dans le cadre de leur formation par vingt étudiants de l’Université d’Auvergne. Texte

Corinne Chesne PHOTOS

LE TRANSFO

V

ice-président de l’Université d’Auvergne délégué à la communication, président de la Coopérative de Mai et viceprésident du TRANSFO (l’agence régionale de développement culturel en Auvergne), Stéphane Calipel est également maître de conférences en économie, musicien, chanteur et créateur de spectacles. Un personnage aux multiples facettes, bouillonnant de motivation et d’idées, de ces idées qui font bouger les choses. Son rêve ? Faire de ClermontFerrand une ville référence en termes de musiques actuelles et d’audiovisuel. Créée il y a deux ans sous son égide et dans le cadre du Master « management

des activités culturelles et audiovisuelles », l’association Electric Palace est la structure idéale pour œuvrer dans ce sens. Destinée à proposer un lieu de vie durant la semaine que dure le Festival du courtmétrage, l’association implique vingt étudiants dans son fonctionnement, tous formés dans le cadre de l’Institut d’administration des entreprises. À ces futurs responsables de structures culturelles, l’Electric Palace offre un outil unique. Comme l’explique Stéphane Calipel, « Aucune université en France ne propose ce type de formation. Les étudiants, par le biais de l’Electric Palace, travaillent sur du concret tout au long de l’année  ».

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En chiffres • 250 000 euros d’investissement (dont un tiers de subventions allouées par la ville de Clermont-Ferrand) • 20 étudiants tout au long de l’année • 16 personnes employées sur le site à plein temps • Un lieu ouvert de 10 heures à 2 heures du matin • 15 soirées musicales et thématiques organisées • Une cinquantaine d’artistes programmés • 30 000 entrées sur le site en 2011

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Dans le cadre du Master « management des activités culturelles et audiovisuelles », vingt étudiants participent chaque année à l’aventure de l’Electric Palace.

! Electric Palace/

Stéphane Calipel, Université d’Auvergne, 49, boulevard François-Mitterrand, 63000 Clermont-Ferrand. Tél. : 04 73 17 74 25

Plus qu’hier, moins que demain Conception, communication, recherche de financements, développement de partenariats, logistique, encadrement administratif... Des travaux pratiques grandeur nature qui offrent aux étudiants une véritable ouverture sur

le monde culturel et ses spécificités. « Les étudiants apprennent sur le terrain les rouages de leur futur métier et, chose très importante, expérimentent ce qui demain sera efficace. » Une partie « recherche » intégrée au cursus à laquelle Stéphane Calipel tient tout particulièrement. Cela passe d’abord par une bonne évaluation de l’événement lui-même et de sa portée. Une enquête est ainsi menée chaque année, dans le but de réinterpréter les attentes de chacun. « Pour l’édition 2012, nous avons décidé de proposer une programmation plus en phase avec la thématique du festival, sans oublier de viser un public très large. » Sous deux chapiteaux de bois et de toile installés dans le quartier des Salins – l’un dédié aux spectacles, l’autre à la restauration ‑, les festivaliers

peuvent manger un morceau, boire un verre et se retrouver pour discuter. Quant à ceux dont l’humeur est plus festive, ils peuvent assister à des spectacles et à des concerts tout au long de la soirée. Une formule idéale que l’association cherche encore à faire évoluer, « pour chaque année proposer un plus ». Au-delà de l’évènement proprement dit, « utile pour la collectivité et répondant à une vraie demande », se développe également un partenariat avec tous les acteurs locaux et les entreprises liées aux secteurs des musiques actuelles et de l’audiovisuel. Une véritable interface où tout le monde a son rôle à jouer, de près ou de loin – un investissement sur le présent mais aussi sur l’avenir, pour faire de Clermont-Ferrand un site référence en matière de formation et de développement culturel.

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Nutrition

L’intelligence au service du bien manger !

Réputée pour sa gastronomie, l’Auvergne est également en pointe dans les domaines de la nutrition et de l’alimentation saine, à travers des initiatives diverses et nombreuses, relevant de la sphère publique comme des secteurs privés ou associatifs. Tour d’horizon d’une région où le bien manger relève d’abord de l’intelligence.

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Nutrition

Évelyne Debourg Cantine en exemple

Cantinière de l’école primaire d’Ébreuil, dans l’Allier, Évelyne Debourg milite pour le retour du goût dans les cantines de France. Parcours d’une cuisinière engagée qui côtoie les chefs étoilés.

Texte

Hélène Leroy Photo

Jérôme Chabanne

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Simple et savoureux, le potimarron selon Évelyne Laver le potimarron, mais ne pas l’éplucher. Couper la queue, le fendre en deux, l’épépiner. Dans chaque moitié, déposer 5 g de beurre demi-sel, une gousse de vanille fendue (ou de la cannelle), une poignée de châtaignes. Cuire lentement au four (30 minutes, thermostat 5/6).

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etite, Évelyne Debourg n’est pas tombée dans la marmite de sa maman, qui tenait un restaurant gastronomique, ni dans celle de sa mère-grand, qui officiait dans les châteaux. Mais à 13 ans, elle ressent le fameux déclic en lisant leurs écrits sur la préparation des volailles et des tartes aux fraises. Alors, puisque « c’est dans les gènes », elle s’engage avec détermination dans les rudes études de cuisine. Plus tard, chef de rang dans un palace, elle apprend la confiance en soi. C’est en 1993 que cette Jurassienne arrive dans l’Allier, via l’émission SOS Campagne, sur Canal +, où elle postule à la reprise du café-restaurant-épicerie de Naves, comme 2 000 autres personnes ! Sa motivation et le sérieux de son projet feront la différence. Mais l’heure de direct sur le plateau de Delarue n’est pas encore son heure de gloire. Conduite à prendre en main la cantine d’Ébreuil, elle y sert chaque jour plus de cent repas, proposant des menus

goûteux, équilibrés et colorés, concoctés à base de produits frais et cuisinés maison. À l’heure où d’autres sont incités à mettre en œuvre des œufs en poudre, à décongeler du poisson pané, à javelliser les salades, Évelyne s’arc-boute pour régaler les enfants de chips de navet, de patates violettes qui n’absorbent pas l’huile, de bananes plantain, de courgettes crues à l’orange, de raviolis de saumon. Et là, au milieu des enfants, elle se prend de passion pour la transmission.

Prix, médaille, label Le dossier qu’elle monte pour défendre sa vision de la nutrition dans les cantines est choisi parmi 150 autres et lui vaut le prix Talents du Goût 2006, catégorie Artisans et Métiers de bouche. Dans le même temps, le ministre Christian Jacob lui remet la médaille de la Fonction publique. Cette fois, les portes s’ouvrent, et d’abord celle de L’Arpège, à Paris, le restaurant triple étoilé d’Alain Passard. Dans la cuisine et les jardins

biologiques du chef, au fil des stages et des étés, elle apprend l’excellence, retrouve la passion et crée, en 2008, l’association des Cantines de France. Cela lui permet « d’être écoutée » lorsqu’elle défend une meilleure formation pour les chefs de cuisine, la valorisation du métier, la possibilité pour les cantines de se fournir en produits frais, à prix raisonnables, et surtout la délivrance d’un label de qualité et de goût. « Il y a quinze ans, les cuisiniers me méprisaient, maintenant je suis respectée », déclare Évelyne qui s’active sans compter : animation d’ateliers culinaires, consultations en nutrition enfantine, conférences sur l’ortie (sa spécialité), interviews de chefs étoilés, chroniques gourmandes sur Radio Coquelicot, rédaction des « Secrets de Pétronille » dans Les Cahiers du Bourbonnais. Et derrière l’active Madame Debourg, voici déjà que se profile son fils cadet Nicolas, qui démarre dans la restauration. À suivre ?

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Nutrition

Auvergne Bio Distribution Du bio pour tous

À Combronde (63), Auvergne Bio Distribution développe et structure les filières de l’agriculture biologique en fournissant la restauration collective en produits et repas bio. De l’expérience et des idées d’avance !

Texte

Hélène Leroy Photos

Jodie Way

«

Nous sommes là pour aider les producteurs », déclare Nathalie Carthonnet, qui anime la plate-forme Auvergne Bio Distribution, créée en 2007. Elle s’emploie pour cela à réintroduire des produits bruts dans les cantines, et à refaire cuisiner les chefs pour améliorer la qualité des repas. Information ou formation des cuisiniers et des gestionnaires de cantines, animation et pédagogie auprès des convives accompagnent l’introduction du bio et

favorisent le changement des habitudes. Avec l’association interprofessionnelle Auvergne Biologique, sont proposés des visites de fermes, des interventions de producteurs et même un spectacle de magie, à destination des petits. L’équipe, enfin, peut apporter un appui aux producteurs en matière de gestion administrative, législative et commerciale. Très au fait des demandes de la restauration collective, Nathalie leur suggère aussi, parfois, d’inventer de nouveaux produits. En 2010, Auvergne

Bio Distribution a livré 771 900 repas dans 176 établissements (contre 217 000 en 2008). La progression attendue pour l’année 2011 est de 20 %. Les clients sont essentiellement des cantines scolaires ; s’y rajoutent quelques restaurants d’entreprise et maisons de retraite. Nathalie reçoit leurs commandes et chaque lundi, recherche les produits nécessaires auprès d’une trentaine de producteurs et de transformateurs qui, à leur tour, sollicitent de nombreux collègues. Après mutualisation

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des transports, les produits arrivent dans les locaux de la plate-forme où ils sont répartis en fonction des commandes. Quelques heures plus tard, celles-ci sont livrées.

Bons produits cherchent bon client Contrairement aux platesformes existantes, Auvergne Bio Distribution a choisi d’acheter ailleurs ce qui n’est pas produit localement, « pour maintenir la demande en même temps qu'on organise l'offre de production ». Autre originalité :

cette société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) est la seule plate-forme autonome en France. En cela, elle intéresse d’autres régions, ainsi que la Belgique ou l’Espagne, où elle apporte son conseil et propose son logiciel, développé avec un informaticien de Gerzat. Très motivée et soutenue par les collectivités territoriales, la petite équipe de quatre personnes se sait toutefois dépendante des politiques publiques, tant locales qu’européennes. Forte de quatre années d’expérience, Nathalie

Carthonnet estime ne pas pouvoir ajuster beaucoup plus l’offre régionale aux demandes spécifiques de la restauration collective — en matière de prix, de conditionnements, de volumes —, et elle cherche « un client qui corresponde mieux à ce qui est produit sur le territoire ». Elle étudie donc la possibilité de placer les produits auvergnats de grande qualité dans la restauration commerciale ou dans les magasins spécialisés partout en France. « Pour faire travailler plus de producteurs ! »

! Auvergne Bio Distribution, ZAC de La Varenne, 63460, Combronde. Tél. : 04 63 85 80 18 auvergnebiodistribution.fr

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Nutrition

Laiterie de la Tourette Une affaire de cohérence À Saint-Genès-la-Tourette, dans le Puy-de-Dôme, trois agriculteurs biologiques poursuivent le développement de leur laiterie artisanale avec, à chaque étape, le souci de la « cohérence globale ».

« C’est dans la proximité que le bio prend tout son sens », appuie René, cohérence oblige. Pour lui, « il n’y a pas de petit client ». La laiterie fournit des commerces de proximité, des petites ou des grandes surfaces, des restaurants et, grâce à la plate-forme Auvergne Bio Distribution (lire

Texte

Hélène Leroy Photos

Jodie Way

! Laiterie de La Tourette, la Barthe, 63580 Saint-Genèsla-Tourette. Tél. : 04 73 71 28 28 laiteriedelatourette.fr

L

a cohérence est déjà à l’œuvre lorsque à la fin des années 1990, Dominique Viallard, Pierre Fraisse et René Moranne, trois agriculteurs du Livradois, liés par l’amitié et une communauté de valeurs, décident de « mettre en adéquation [leur] façon de penser et [leur] façon de travailler ». Soucieux de l’impact environnemental de leurs pratiques, ils entament l’un après l’autre une conversion en bio. À SaintGenès-la-Tourette et à Chaméane, sur près de 300 hectares d’herbe et de céréales, leurs 145 vaches montbéliardes et holstein, « pas poussées », produisent un lait de qualité. Mais, fin 2002, plus de la moitié de ce lait part encore dans le circuit conventionnel. Les trois éleveurs songent alors à créer leur entreprise pour faire reconnaître leurs bonnes pratiques agricoles, reprendre un peu la main sur leur production et vivifier l’économie de leurs petites communes. « Au départ, on ne savait pas si l’on allait faire du fromage ou des produits frais », se souvient Dominique. Une étude de faisabilité révèle que l’offre régionale en produits frais, artisanaux et

biologiques est dérisoire, et la laiterie de La Tourette, créée en 2005, commercialise ses premiers yaourts en avril 2006.

Ultra-frais et humainement riche En 2011, sur un quota laitier de 700 000 litres, la SARL et son trio d’associés auront transformé 230 000 litres, contre 60 000 litres à leurs débuts. Yaourts nature et fromages blancs à la faisselle se vendent bien. Viennent ensuite les yaourts parfumés et, derniers-nés de la gamme, le dessert chocolaté et le fromage blanc lissé au lait cru est une production marginale. La laiterie continue de « butiner » des marchés dans la vallée de la Dore, d’Arlanc à Thiers, et dans la vallée de l’Allier, de Langeac à Vichy, ainsi qu’au Puy-en-Velay.

page 32), des cantines. Dominique reconnaît cependant un déficit de communication, par manque de moyens et de savoir-faire. Il sait d’autant mieux ce qu’il doit à certains privés et aux collectivités qui « ont toujours bien accueilli et accompagné le projet ». Et d’ajouter : « Nous, on a tenu notre promesse d’embaucher cinq salariés : on vient d’embaucher le septième ! Dans une commune de 140 habitants, c’est inespéré ! » Cette jeune équipe polyvalente s’inscrit désormais au cœur du questionnement sur les orientations à donner à son activité : création de nouveaux produits ? Augmentation des tarifs? Accroissement du volume transformé Quand la conjoncture laitière n’offre aucune visibilité, leur credo les guide : « Cohérent pour nous, nos ouvriers et nos clients ».

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Parc Naturopôle Nutrition Santé Croissance et nature

Modernité et ruralité, sœurs jumelles d’un nouvel essor en val de Sioule. La belle histoire du Naturopôle met du baume au cœur de tous les impatients d’un décollage « écolo-compatible » de l’économie régionale. Texte

Denis Couderc (agence Par écrit) Photos

Jérôme Chabanne et Denis Poucher

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Sept entreprises sur le Parc Naturopôle • Biosphère (groupe 3i nature) Extraction végétale. http://www.3inature.fr • LPH (groupe 3i nature) Développement et fabrication de compléments alimentaires à base de plantes et de micronutriments d’origine naturelle. http://www.3inature.fr • Herbal T Prestations de transformation de plantes. • Sétubio Département Nutrition et Santé Humaine Biotechnologies. www.setubio.fr • Neuronergy Prévention des troubles neurologiques chroniques. http://neuronergy.com • Eskiss Packaging Conception, développement et sérigraphie de produits d’emballage et de bouchage. www.eskisspackaging.com • AL4 – Auvergne Logistique Mutualisation des compétences pour des solutions logistiques et de transport.

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’idée a pris racine en 1995 à Saint-Bonnetde-Rochefort, petite commune de l’Allier : créer et développer, dans l’environnement rural du val de Sioule, une zone économique centrée sur des productions végétales, notamment dans le domaine de l’alimentation pour la santé. Fabriquer, en quelque sorte, de l’industrie propre à la campagne, préserver les qualités de celle-ci et même les ajouter aux plus-values de celle-là. L’initiateur de ce projet – qui va s’intituler Naturopôle – n’est pas un doux rêveur. Habitant à Charroux, à moins de 10 kilomètres de SaintBonnet-de-Rochefort, Philippe Laurent aime à se définir comme « à la fois pharmacien,

maçon et agriculteur ». En bref, un réaliste bien enraciné, et tout sauf fataliste. Au fil des années de formation qui l’ont conduit jusqu’au Doctorat en pharmacie, il a gardé intacte l’envie de « vivre et travailler au pays », un bien beau slogan, mais difficile à concrétiser lorsqu’on choisit l’industrie.…

La recherche d’abord... En 1987, le Docteur Laurent fonde à Saint-Bonnet le laboratoire LPH. Forte de trois salariés, l’activité de départ est la réalisation de préparations magistrales en phytothérapie : des médicaments à base d’extraits de plantes, destinés aux pharmacies d’officine. La production s’élargit rapidement au secteur des

compléments alimentaires, toujours à base de plantes, depuis la conception jusqu’au conditionnement. « Nous étions des “micro-façonniers” pour officines, nous faisons maintenant du macro-façonnage pour l’industrie. Aujourd’hui, un complément alimentaire sur quatre commercialisés en France sort d’ici », précise Philippe Laurent. LPH a été rejoint par Biosphère, puis par Vert Product Ingredients en Ariège et enfin LBS Pharma à Bessaysur-Allier. Ces quatre entités composent désormais le Groupe 3i nature, comptent plus de 250 salariés (en équivalent temps plein) et ont réalisé 31,8 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2010, dont près de 15 % à l’export. Par ailleurs,

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Les projets du Naturopôle

la zone de Saint-Bonnet de Rochefort a accueilli cette année quatre nouvelles entreprises (lire encadré) qui forment, avec les trois déjà présentes, un ensemble cohérent    : le Parc Naturopôle Nutrition Santé. En quelques chiffres : 14 000 m² de locaux répartis sur 20 hectares et 230 emplois à ce jour ! Outre la présidence d’Auvergne Nouveau Monde, Philippe Laurent assure également celle de Nutravita, le réseau de compétences sur l’alimentation santé en Auvergne, et ne manque pas de rappeler la richesse de la recherche régionale dans ce domaine, avec 350 chercheurs en région clermontoise, mais aussi à VichyLardy. « Il faut rendre hommage à Maurice Arnal et à Bernard Beaufrère, qui dans les années 1990

ont su réorienter les ressources de la recherche vers la nutrition humaine. » Le Parc Naturopôle Nutrition Santé en recueille aujourd’hui quelques fruits.

Une logique de filière « Proposer de l’emploi salarié à la campagne, c’est offrir la possibilité de vrais projets de vie de qualité, estime Philippe Laurent. C’est donc une question fondamentale d’équité sociale. Cela dit, l’objectif n’est pas de faire grossir le Parc à tout prix, mais bien de "verticaliser" nos activités, de rester dans une logique de filière : nous cherchons les services complémentaires qui peuvent venir utilement s’associer à nos savoir-faire, toujours dans un strict respect de la nature qui

nous entoure. Ainsi, nous avons refusé des candidatures dont le positionnement n’était pas en accord avec les principes du Parc. » Autour des productions initiales, qui utilisent ou transforment des matières premières végétales, les autres entreprises du Parc Naturopôle Nutrition Santé fournissent des ressources en extraction végétale, mais aussi d’emballage et de conditionnement des produits finis ; une société se consacre essentiellement à la recherche-développement, une autre développe des applications spécifiques dans le domaine de la prévention des troubles cognitifs avec des formules innovantes pour la supplémentation humaine. « Un de nos principes consiste

• Développement : Les perspectives du Parc à cinq ans sont d’accueillir trois ou quatre nouvelles entreprises, dans 8 à 10 000 m2 de nouveaux locaux, soit près de 110 emplois supplémentaires. • Stockage : Programmée pour 2013, la mutualisation des futurs espaces de stockage doit permettre des économies (en surfaces agricoles et transport) de l’ordre de 100 tonnes équivalent carbone par an. • Déchets : Les déchets des plantes utilisées en production, puis les déchets verts du parc alimenteront le chauffage des bâtiments, et ultérieurement des cultures sous serres. Économie annuelle attendue : l’équivalent de la consommation d’énergie de 15 000 automobiles à 20 000 kilomètres par an. Les 20 à 30 % de déchets restants seront employés pour amender les sols. • Fête annuelle : Le 3 juin 2012 aura lieu la fête annuelle du Naturopôle, organisée conjointement par la commune de SaintBonnet-de-Rochefort et le Parc. Forte d’un millier de visiteurs, elle a surtout une dimension éducative, ludique et familiale, avec des animations centrées sur “les plantes et...” : la cuisine, les jouets, la santé… « Une fête sans marchands du temple », promet en souriant Philippe Laurent.

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! Parc Naturopôle Nutrition Santé, Mairie, 03800 Saint-Bonnet-de-Rochefort. Tél. : 04 70 58 50 67 www.parc-naturopole.fr

à développer autant que possible les actions communes, poursuit Philippe Laurent, que ce soit en amont dans la recherchedéveloppement, ou en aval dans des actions de communication, de façon à ce que chacun de ses membres puisse porter l’offre du pôle. »

Éco-responsables Enfin, le transport et la logistique sont évidemment des enjeux cruciaux lorsqu’on prétend œuvrer à l’écart des métropoles. Certes, l’environnement du site est préservé, les bâtiments et les aménagements extérieurs – notamment les parkings filtrants – répondent aux prescriptions les plus récentes du développement durable.… Mais l’on a déjà vu s’obscurcir les projets les plus « verts » au moment d’intégrer à leur bilan carbone le défilé des poids lourds qui assurent approvisionnements et livraisons. Le projet qui s’élabore actuellement avec trois entreprises locales de transport consiste à créer une plate-forme à 35 kilomètres, sur la zone de Saint-Loup, desservie

par la RN 7, mais également par ferroutage. « À terme, toutes les livraisons et expéditions du Parc transiteront par deux ou trois camions chaque jour ; ainsi n’a-t-on pas besoin d’exiger des réfections routières incessantes, et l’on économise à la collectivité une route “hors-gel” », conclut Philippe Laurent : « Être écoresponsables, c’est aussi, avant de tout demander aux collectivités locales, réfléchir avec elles à ce qu’on peut faire ensemble. » Les relations du Naturopôle avec les instances élues, politiques ou consulaires (CCI de Montluçon-Gannat, Comité d’expansion économique de l’Allier), s’inscrivent dès l’origine dans un travail d’équipe mutuellement apprécié (lire ci-contre). Labellisé Pôle d’Excellence Rurale en 2006, puis en 2010, certifié ISO 14001 en 2010, le Parc Naturopôle Nutrition Santé est un des deux seuls sites de France ainsi doublement distingué ; mais c’est bien tout un réseau publicprivé qui s’est mobilisé depuis plus de vingt ans pour faire croître cette belle plante en val de Sioule.

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Trois questions à Anne-Marie Defay Maire de Saint-Bonnet-de-Rochefort.

Le Parc Naturopôle Nutrition Santé : quels avantages pour la commune ? D’abord, l’apport de la taxe professionnelle qui a représenté jusqu’à deux tiers de nos ressources directes, ce qui a permis des investissements importants : écoles, caserne des pompiers, lotissement, réhabilitation du bâti communal, voirie, etc. C’est surtout la preuve éclatante que des emplois à la campagne, c’est possible. La moitié des salariés du parc réside dans un rayon de 15 kilomètres. Le Parc Naturopôle génère aussi de nombreux emplois indirects : assistantes maternelles employées par les salariés de la zone, repassage, etc. Nous avons également créé des emplois avec l’ouverture d’un restaurant et d’un commerce de type multiple rural dont l’activité est confortée par cette clientèle supplémentaire que représentent les employés du parc. Et bien sûr, nous espérons continuer : une prochaine enquête devrait nous permettre d’évaluer les besoins des habitants et des salariés du Naturopôle en matière de services afin d’orienter nos futures actions pour développer l’emploi sur notre secteur. À 30 kilomètres de Vichy et à 50 de Clermont-Ferrand, sans le Naturopôle, nous serions une commune rurale isolée avec l’agriculture pour seule ressource, et le risque de devenir une commune « dortoir ». Au-delà de l’évolution de Saint-Bonnet, c’est tout un bassin de vie qui bénéficie de cette dynamique économique. Quelles embûches avez-vous rencontrées ? Au départ, sans doute, nous avons pu ressentir une part d’incrédulité quant au développement de cette zone sur une thématique qui n’était pas encore dans l’air du temps. Aujourd’hui, devant l’évolution du parc, il y a bien sur davantage d’adhésion. Y a-t-il une “bonne méthode” ? Je ne suis pas sûre qu’il y ait une véritable méthode, mais tout élu doit accompagner les entreprises si nous voulons créer des emplois et maintenir une vitalité en milieu rural. Nous devons être des « facilitateurs » pour nos entrepreneurs. Je dirais qu’il faut avoir un peu l’esprit d’entreprise, aimer prendre quelques risques, mesurés bien sûr, et aller de l’avant. Avec Philippe Laurent, le courant est passé dès le début ; nous avons une vision commune sur l’évolution de notre territoire rural. Nous formons un bon tandem et nous travaillons en concertation avec nos partenaires, industriels ou institutionnels. Nous discutons, ensemble, de nos problèmes comme de nos projets. C’est une belle expérience.

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Nutrition

RECHERCHE Jean-Michel Chardigny – Directeur de l’unité de Nutrition Humaine (UMR 1019 INRA/ Université d’Auvergne) du centre INRA de Clermont-Ferrand-Theix

* L’ambition de la bonne dose Jean-Michel Chardigny n’a pas le temps de faire du gras. Disponible entre un avion et un rendez-vous avec un chercheur de son équipe, il est prêt à toutes les questions grand public sur les acides gras, trans- ou cis, saturés ou pas, oméga 3 ou 6. Bon gras, mauvais gras ? « Là, on est dans des messages binaires ; mais pour l’équilibre alimentaire, il faut manger de tout et à la bonne dose : là est le problème. » Chercheur à l’INRA, Jean-Michel est arrivé à ClermontFerrand en 2005 pour monter une équipe de recherche autour de la nutrition lipidique. En 2008, il prend la direction de l’unité mixte de recherche en nutrition humaine, à l’INRA-Université d’Auvergne. Pour ce récent quinquagénaire, c’est un changement de métier : « Moins de science au quotidien, beaucoup de management et de stratégie de la recherche. Maintenant, mon rôle est de pousser des idées, de faire avancer les équipes, de dynamiser les projets et d’ouvrir l’unité à l’international. » Avec des objectifs ambitieux, dans le domaine de la nutrition préventive des troubles associés au vieillissement et aux maladies chroniques : « On a peu d’armes thérapeutiques et il y a sûrement beaucoup à faire en termes de prévention. » Une nouvelle approche se développe avec la métabolomique, qui permet d’avoir une vision globale d’une situation en analysant tous les composants du sang : « Ce qui nous manque, c’est de déceler suffisamment tôt les déséquilibres pour intervenir avant que la maladie ne s’installe. »

Yves-Jean Bignon – Directeur du département d’oncogénétique – Centre de lutte contre le cancer

* trouver les gènes contre le cancer Guérir du cancer, c’est bien, ne pas en avoir c’est mieux ! Cette idée guide Yves-Jean Bignon depuis que, jeune cancérologue des années 1980, il se formait à Clermont-Ferrand, mais aussi à Villejuif et San Diego. Aujourd’hui directeur du département d’oncogénétique au Centre de lutte contre le cancer Jean-Perrin, il se souvient : « On était des pionniers, on a monté la première consultation en 1988, dès 1991 on a commencé à former des médecins. On se débrouillait comme on pouvait. » Cet homme posé et plutôt discret sait être persuasif. À partir de la prise de conscience du ministère de la Santé en 2002, des fonds sont débloqués. Depuis, l’oncogénétique a explosé en France et « l’on rend vraiment service aux familles », insiste-t-il. Il y a pourtant encore des freins, des craintes du grand public ou des médecins, nombreux à ses conférences. « On sait que le risque héréditaire est de très loin le plus fort. Avec une prise en charge adaptée, on évite des apparitions de cancers ou des diagnostics tardifs. » Sujet fétiche de son équipe, le cancer du sein : un programme d’alimentation et d’exercice physique des femmes en fin de traitement dans un environnement thermal est en cours d’évaluation et les résultats seront bientôt publiés : « Les signes d’un “plus” considérable sont très forts » confie-t-il. Malheureusement, un mode de vie adapté ne suffit pas à éviter le cancer, car nous ne sommes pas tous égaux face à lui… C’est pourquoi Yves-Jean Bignon pense que l’avenir de la recherche en oncogénétique est de « comprendre pourquoi on n’est pas malade en trouvant les gènes qui protègent. »

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SUPÉRIEUREMENT QUALIFIÉS Nutrition, agronomie, traitement de la douleur ou prévention du cancer. En Auvergne, la matière grise travaille au service de la personne, et s’incarne dans quelques figures supérieurement qualifiées dans leur domaine respectif.

Texte

Corinne Dupasquier Photos

Jodie Way

Christian Perrier

– Ingénieur en chef des Ponts, des Eaux et des Forêts (IPEF) – Enseignant chercheur à VetAgro Sup – Responsable du département Agricultures et espaces

* Les vertus de la myrtille Christian Perrier doit tirer son énergie des vertus médicinales de la myrtille. À la veille de sa retraite, le responsable du département agricultures et espaces de VetAgro Sup compte rester actif en mettant son expertise au service du développement des « petits fruits ». Cet agronome est tombé dans un sous-bois de myrtilles en 1984, époque des excédents alimentaires et des montagnes de beurre à gérer. Un contrat de plan État-Région prévoit alors de diversifier les productions agricoles, et lance les premières expérimentations sur ce petit fruit. Tout est à découvrir sur les différentes espèces, leur physiologie, les conditions de production. Vingt ans plus tard, Christian est devenu la cheville ouvrière du petit groupe de spécialistes français. Mais il n’est jamais très loin du terrain et connaît tous les vergers de myrtilliers de France, « qui se prêtent bien à l’agriculture biologique ». Autre domaine de prédilection de l’enseignant en protection des cultures, les systèmes plus économes en produits phytosanitaires, « ce qui concerne beaucoup plus de monde que les myrtilles ! » Convaincu que les agricultures biologiques et conventionnelles finiront par se rapprocher, il compte sur la jeunesse et les progrès de la science. « Confions le transfert à nos étudiants, c’est un défi qui les accroche. » Car sa plus grande fierté est d’avoir participé à la formation de près de 2 000 ingénieurs.

Alain Eschalier – Directeur UMR 766, Inserm/Université d’auvergne

* Fédérer contre la douleur

Pour Alain Eschalier, la création de Neuro-Dol, unité de recherche de l’INSERM, va « pérenniser à Clermont-Ferrand une nouvelle approche de la douleur ». Une satisfaction pour ce chercheur de 62 ans qui a su fédérer les énergies, publiques et privées : « Il y a une vraie dynamique sur ce sujet en Auvergne, on est capable de satisfaire les étapes indispensables au développement de médicaments sur la douleur. » Pharmacien, médecin psychiatre et Docteur ès sciences, il a absorbé tous les ingrédients pour aborder le sujet : recherche fondamentale et clinique, pharmacologie et neurosciences. Ils s’appliqueront à la douleur, car « les psychotropes utilisés comme antidépresseurs en psychiatrie le sont également dans le traitement de la douleur. » Il s’intéresse à leurs mécanismes d’action. À la fin des années 1990, il devient professeur de pharmacologie à la faculté de médecine de Clermont. La France est un peu en retard, mais en 1993, un congrès mondial à Paris amène une prise de conscience, « avec une période importante dans cette volonté d’optimiser la prise en charge, et de développer la recherche ». Depuis, le regard sur la douleur a évolué : « On ne doit pas juger le ressenti de l’autre, chacun a sa sensibilité et sa manière de l’exprimer ». C’est un phénomène complexe, multifactoriel : « On n’a que des médicaments anciens, peu de progrès ont été réalisés, même certains « Big Pharma » ont abandonné le sujet. » Mais il y croit : « on peut faire la différence avec notre capacité à innover, notre réactivité. » Pour progresser, il compte sur une nouvelle stratégie de recherche qui place l’homme au centre de la démarche.

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Nutrition

Slow Food

L’éloge de la lenteur

Les fromages issus du lait cru de vaches salers ont rejoint cet été la lentille blonde de Saint-Flour sur la liste des « Sentinelles du goût », une famille de 300 productions soutenues dans le monde par Slow Food, mouvement né en 1986 en Italie d’un refus catégorique de la malbouffe.

Texte

Corinne Dupasquier Photos

Jérôme Chabanne et Ludovic Combe

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Les “Sentinelles du goût” sont des petites productions artisanales de qualité, mais menacées de disparition » explique Serge Ramadier, président de l’Association des producteurs de lentilles blondes de Saint-Flour. Produite sans pesticides à 1 000 mètres d’altitude, sur le plateau basaltique de la planèze, cette lentille avait disparu au début des années 1960. En 1997, un petit groupe de passionnés prend l’initiative de sa relance, grâce à quelques

échantillons trouvés dans un grenier. Aujourd’hui, cultivée par 34 producteurs, la lentille blonde de Saint-Flour occupe 67 hectares de terrain. Une renaissance dont l’écho est parvenu jusqu’aux oreilles de Slow Food France : « Ils ont vu comment on travaillait notre produit. Ils ont aimé son histoire et en plus, ils l’ont trouvé excellent ! », poursuit Serge. En 2006, la légumineuse sanfloraine devient « Sentinelle » : « On a parlé davantage de nous dans les médias, ça a permis un développement commercial intéressant. » Pour autant, Slow Food n’est ni un label ni une appellation. « On ne se sert pas du petit escargot Slow Food sur les paquets, ce n’est pas une estampille commerciale. On fait partie d’un mouvement, on participe à des salons, on rencontre des personnes et des cultures différentes.… »

L’humain, la technique, l’environnement, l’économique C’est également par passion qu’une poignée d’éleveurs de vaches salers s’est acharnée à maintenir une production laitière, alors qu’aujourd’hui, 98 % du cheptel de la race est élevé pour sa viande. Son caractère docile et maternel a rendu la vache acajou très attachante à leurs yeux, bien qu’elle ne se laisse traire qu’en présence de son veau. En contrepartie, son lait donne un si bon fromage ! La microbiologie le constate : la tétée du veau confère au lait un taux de protéines plus élevé, et favorise une flore bactérienne propice. Pour Sophie

Hulin, animatrice du pôle fromager AOC Massif central, Slow Food « met en exergue des produits exceptionnels, délaissés parce qu’un peu compliqués à mettre en œuvre. » Elle espère que cela incitera des jeunes éleveurs à renouer avec cette traite si particulière, dont l’image était devenue un peu « ringarde », mais qui possède des valeurs très contemporaines. Ces jeunes seraient sans doute très fiers de voir leurs fromages à la carte des « Apéri’ slow », dégustations conviviales organisées par Volca’niac, l’association du mouvement à Clermont-Ferrand. Pour Véronique Jal, sa présidente, « Slow Food a éclos en Auvergne parce qu’il y a matière, avec les traditions agricoles, la proximité entre le rural et l’urbain, et la nature qui n’est jamais très loin ». À Volca’niac, on approche l’alimentation « dans le plaisir et la simplicité, et avec le souci d’être à la portée de toutes les bourses. » Les Apéri’slow sont l’occasion de découvrir les deux « Sentinelles » auvergnates. D’autres fromages pourraient d’ailleurs les rejoindre, tant ils témoignent de traditions et de coutumes qui constituent l’héritage des terroirs dont ils sont issus et dont ils marquent l’identité. « C’est vrai, acquiesce Sophie Hulin, Slow Food identifie des systèmes qui associent l’humain, la technique, l’environnement, l’économique.… Le lait cru de vache Salers est un beau modèle, avec une race adaptée à notre territoire, un système de production qui demande beaucoup de travail, mais qui a une grande cohérence. » ! www.slowfood.fr/volcaniac

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Saint-Jacques de Compostelle

Sur les chemins de la découverte Chaque année, au départ du Puy-en-Velay, des milliers de marcheurs s’élancent sur la via Podiensis, qui relie la cité mariale à Saint-Jacques-de-Compostelle. Entre Velay et Margeride, ils traversent quelques-uns des plus beaux paysages d’Auvergne, en une démarche tout à la fois sportive, touristique et spirituelle. Rencontres et témoignages. Photos

Jean Harixçalde

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Martine, Vallon-en-Sully, France Pour moi, le miracle, c’est d’être sur ce chemin, de pouvoir y être, d’être en assez bonne santé pour pouvoir le faire.

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Marie-Hélène et Pascale, Tours, France

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L’idée, c’est de partager un moment ensemble tout en marchant, une de nos passions communes. Sur le chemin, l’ambiance est très conviviale, on rencontre plein de gens.

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Young Tak Ahn, Séoul, Corée du Sud Ces dernières années, j’ai travaillé très dur en Corée et là, je dispose de trois mois de liberté, trois mois pour aller le plus loin possible. Ici, sur le plan spirituel, la réponse est partout, je suis impressionné par tout ce que je vois.

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Jakob et Lucas, Hambourg, Allemagne

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On est parti un peu à l’aventure, sans but précis, juste pour découvrir les paysages. On espère se faire des amis et arriver jusqu’à Saint-Jacques. On verra bien…

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Barthélemy, Rennes, France Le chemin, c’est une coupure que je m’accorde, dans un cadre magnifique, avec le pèlerinage en toile de fond. Il faut savoir être seul de temps en temps.

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Sophia, Berlin, Allemagne

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J’avais trois mois devant moi, alors pourquoi pas ? Le but, c’est de rencontrer des gens et si possible d’arriver jusqu’à Saint-Jacques.

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Louis, Voguë, France

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Florence, Châteauneuf-deGalaure, France C’est la troisième fois que je fais le chemin, et à 76 ans, c’est peut-être la dernière. Je veux juste savoir si j’en suis encore capable. Pour moi, c’est une façon de continuer mon chemin vers Dieu, tout en accompagnant mon père à travers ces paysages que je découvre.

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Tourisme

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L’esprit nature avant tout

Créé pour mettre en relief le caractère insolite et naturel de l’Auvergne, le réseau Nattitude offre des lieux de séjours atypiques, éco-responsables et hautement qualitatifs à tous ceux qui souhaitent s’imprégner de la région et se ressourcer. Texte

Corinne Chesne

et Gilles Dupuy Photos

Nattitude

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ites uniques, ambiances soignées, confort douillet, approche écologique du séjour, activités de bien-être, aménagements de haute technologie, loisirs créatifs… Le réseau Nattitude offre toutes les raisons d’aller à la rencontre d’une Auvergne insolite et qualitative, afin d’y vivre une expérience originale et authentique. Comme le souligne Cédric Corre, en charge de l’animation, du développement et de la promotion du réseau, « Nattitude s’est donné pour mission de valoriser l’offre existante et de créer une émulation pour la création de nouveaux lieux, tout en gardant l’identité de l’Auvergne comme fil rouge ». Une démarche territoriale globale, qui a permis de mutualiser les forces et de développer des partenariats, aussi bien avec les institutionnels qu’avec le secteur privé. Aujourd’hui, le réseau compte cent cinq hébergements, et du camping à l’hôtel haut de gamme en passant par la chambre d’hôtes et le gîte, tous jouent le jeu de la « naturelle attitude ». « Les gens qui

viennent ici sont en quête d’autre chose », témoigne ainsi Daniel Siegel, dont l’Ecolodge du lac du Pêcher symbolise parfaitement la démarche Nattitude (lire également page 16). Plantée sur les berges d’un lac solitaire du Cantal, cette ferme du XVIIIe siècle conjugue la patine des vieilles pierres, le confort d’un mobilier et d’une déco design, l’authenticité d’une cuisine préparée avec des produits du cru, le tout distillant une ambiance épurée, une atmosphère de calme et de détente, propice au ressourcement.

La « naturelle attitude » Opter pour un hébergement nattitude, c’est s’accorder une pause salutaire, dans le sens où savoir voyager, c’est savoir s’arrêter et profiter d’un break en famille, découvrir une région préservée, tisser des liens privilégiés avec ses hôtes. En d’autres termes, s’offrir une véritable expérience en Auvergne. « C’est pourquoi nous ne proposons que des séjours d’au moins deux nuitées. C’est le laps de temps minimum pour s’imprégner des lieux, se détendre,

se balader dans les environs, s’offrir une parenthèse zen », confirme Daniel Siegel. Car à l’image de l’Ecolodge du lac du Pêcher, outre un emplacement privilégié, au cœur de paysages de rêve, la plupart des hébergements Nattitude disposent d’un spa ou d’un espace bien-être, avec piscine, bain bouillonnant, hammam et/ou sauna – certains proposent même des massages et/ou des soins esthétiques. Avec Nattitude, l’imagination est au pouvoir, chaque propriétaire ayant à cœur de proposer toutes sortes d’expériences : balades diverses et variées (à pied, à VTT, en raquettes, en chiens de traîneaux…), stages en tout genres (pêche, équitation, œnologie, méditation, découverte de la faune ou de la flore…), accueil d’artistes ou d’expositions, concerts, spectacles… Avec toujours, le souci de privilégier les circuits courts, les acteurs locaux, les produits bio ou éco-compatibles… Bref, d’adopter une attitude responsable sur le plan écologique, et de la partager avec le plus grand nombre, au service du bien-être et de la découverte.

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Le point de vue des hébergeurs Avec ses cinq chambres d’hôtes et son pigeonnier-gîte, le jardin des Thévenets est l’un des premiers à avoir rejoint le réseau Nattitude. « Nous sommes au plus proche de la nature, dans un cadre idyllique. Nous avons restauré la maison dans les règles de l’art, je cultive des plantes biologiques, nous préparons nos repas avec des produits locaux... bref, nous avons exactement la même optique que Nattitude. L’esprit nature, sans le côté intégriste ! ». Consciente que son adhésion au réseau apporte avant tout plus de force et de lisibilité – sans pour autant faire perdre de sa crédibilité -, Lynn Chaulieu apprécie le partage d’expériences qu’il a rendu possible. « Nous vendons l’Auvergne ensemble, en en véhiculant ce qu’elle a de meilleur », affirme-t-elle. Un point de vue partagé par Vincent Fages, l’un des propriétaires des Demeures de Montagne, où se côtoient chambres d’hôtel, gîtes et espace détente : « Nattitude est un très bon concept pour faire valoir l’Auvergne, une région au fort potentiel qui ne demande qu’à être mis en avant ». Ce lieu magique, Vincent Fages et ses collaborateurs ont tenu dès le départ à l’intégrer à une démarche éco-sensible. « Nous sommes complètement dans l’esprit du réseau. Depuis notre adhésion, nous avons bénéficié d’un bon soutien qui nous a fait progresser dans notre façon de travailler, notamment sur des choses moins visibles, tels que l’entretien des locaux, l’économie d’eau, d’énergie... » Parmi les petits derniers ayant adopté « la naturelle attitude », le gîte de groupe la Redonde, vieille bâtisse isolée au cœur du Mézenc, est un lieu propice à la détente et aux activités de pleine nature. La propriétaire du lieu s’est tournée vers le réseau auvergnat en 2009, presque naturellement. « Nous proposons un lieu d’hébergement en harmonie totale avec la nature et nous avons une démarche en accord complet avec Nattitude, explique Marie-Pierre Boyer. C’est pour nous une réelle satisfaction d’en faire partie. Quelque part, c’est une récompense pour le travail effectué, qui nous conforte dans notre parti pris ».

! Nattitude, Comité régional de développement touristique d’Auvergne, 7, allée Pierre-de-Fermat, 63178 Aubière cedex. Tél. : 04.73.29.49.35. www.auvergne-nattitude.fr

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FILIÈRE AÉRONAUTIQUE - L’appel d’air On ne le sait pas assez, mais depuis l’entre-deux-Guerres, l’Auvergne compte parmi les grandes régions aéronautiques du pays. Avec près de 10 000 salariés, cette filière pèse de tout son poids dans l’économie régionale, à travers des mastodontes de l’industrie comme Michelin ou Aubert & Duval, et des entrepreneurs innovants et passionnés comme Philippe Moniot. Texte

Noël Graveline Photos

Jérôme Chabanne (Sauf mention)

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Philippe Moniot Ê Innover, entreprendre, piloter...

Patron de REXIAA Group, un conglomérat de huit entreprises employant plus de 800 personnes dans le domaine de l’aéronautique, Philippe Moniot reste avant tout un passionné d’aviation.

tre à la tête de REXIAA, une « multirégionale » forte de huit entreprises travaillant pour des géants de l’aéronautique tels que Dassault, Airbus ou Eurocopter, voilà qui suffirait à faire déborder n’importe quel agenda. Pourtant, Philippe Moniot trouve encore le temps et l’énergie de concevoir une gamme d’avions très innovants, dont il est de surcroît le pilote d’essai et de présentation. Philippe Moniot est également le cofondateur et viceprésident d’Auvergne Valorisation de l’Industrie Aéronautique (lire page 62), et l’infatigable promoteur de l’activité aérienne en Auvergne, comme en témoigne l’accueil mémorable réservé aux jeunes pilotes du dernier Tour de France aérien, lors de l’étape à Issoire.

Dans une continuité presque centenaire

Issoire, c’est la base de REXIAA, et c’est aussi l’un des hauts lieux de l’aviation légère. Une vocation qui remonte à la Première Guerre mondiale, quand en bordure de la piste actuelle un certain Benjamin Wassmer installe une usine destinée à assurer la fabrication de 10 000 hélices d’avion. La paix revenue, la firme se lance dans la fabrication de meubles en noyer, acquérant ainsi un précieux savoir-faire dans le travail du bois et la réalisation des collages, ce qui lui permet de revenir aux choses de l’air et de se développer dans ce secteur dans les années 1950, par le biais de la construction sous licence d’avions Jodel. Suivent

des appareils conçus par la firme elle-même avec une évidente volonté d’innovation, concrétisée notamment par le planeur Javelot (qui comporte des éléments en stratifié), et surtout, en 1970, le Wassmer 51 Pacific, premier avion au monde certifié en stratifié. L’appareil porte déjà la patte de Philippe Moniot, jeune ingénieur des Arts et Métiers embauché en… mai 1968 par les Avions Wassmer. « Depuis gamin, j’ai chevillée au cœur une passion pour les choses qui volent. D’abord les avions qu’on allait voir avec mon père, puis la construction d’un avion en rotin, avec un moteur à élastique. Ce goût de concevoir, de construire et d’essayer, je l’ai toujours gardé. Et voilà comment je suis devenu le plus gros avionneur

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Le Simba, le dernier fauve imaginé par Philippe Moniot, ici avec son fils Jacques, directeur général de Rex Composites.

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Un Simba à Issoire, survolé par l’hélicoptère de la Sécurité civile.

de France !», conclut-il dans un sourire, tournant en dérision sa forte corpulence. Aussi projeté soit-il vers l’avenir, Philippe Moniot n’oublie pas ce qu’il doit à la firme de ses débuts. En témoigne par exemple le sigle des Avions Philippe Moniot (APM), qui reprend la forme en lames de sabre des premières hélices de Benjamin Wassmer. De grosses zones de turbulences ont pourtant affecté leurs relations, et après avoir lancé au-dessus d’Issoire quelques planeurs aux noms de fleurs et de beaux fauves motorisés, comme le Guépard en 1973, l’ingénieur quitte Wassmer par solidarité avec son directeur, évincé, puis revient dans ce qui est devenu Issoire Aviation, avant de reprendre son indépendance en 1986, en fondant Rex Composites. Tout le groupe actuel est parti de cette petite société montée sans apport extérieur, avec les économies du ménage.

Quatre ans plus tard, Philippe Moniot crée une première filiale (Air Flo à Sainte-Florine), puis revient aux sources en reprenant Issoire Aviation. Avec le renfort de sa fille Isabelle et de son fils Jacques, il poursuit l’expansion de l’entreprise familiale en lui adjoignant Techniques Avancées d’Auvergne (à Langeac) et Concept Composites d’Auvergne (à Arlanc), avant d’autres créations, acquisitions et fusions.

REXIAA, un pôle de haute technologie Née en juin 2011, REXIAA Group, la « multirégionale » chère à Philippe Moniot, agrège désormais huit entreprises et emploie plus de 500 personnes. Sur le principe « un métier, un site », ces sociétés disposent de compétences complémentaires en matière de composites hautes performances, d’outillages et de pièces métalliques ou hybrides,

ce qui a permis au groupe de devenir le fournisseur attitré de grands donneurs d’ordre dans le secteur de l’aéronautique et des transports en général. « Cette organisation nous permet de proposer un seul point d’entrée à nos clients, puisque l’on maîtrise les approvisionnements, les délais, les coûts et la qualité. Je ne gère pas tout, évidemment : il existe un premier cercle pour prendre des décisions sur les questions

commerciales, techniques, les ressources humaines et financières, et ensuite la partie opérationnelle est assurée par les entreprises, qui sont indépendantes tout en cultivant au maximum leurs synergies. » Avec ce solide pôle de haute technologie, que de chemin parcouru depuis l’époque de Wassmer ! La vente d’avions neufs, qui ne représente aujourd’hui que 3 % du chiffre d’affaires du groupe, n’en est pas moins une superbe vitrine des savoir-faire innovants développés en Auvergne. Trois nouveaux fauves sont en effet en piste aux APM : le Lionceau, un biplace qui a été le premier avion au monde tout carbone certifié en 1999 ; le Lion, un triplace qui l’a été en 2007 ; et désormais le Simba, un quadriplace de voyage, de formation avancée et de voltige élémentaire, qui a reçu sa certification en juin dernier, à la veille du dernier salon du Bourget. Ce qui a permis à son concepteur de le présenter en vol – car la voltige est une autre des passions de Philippe Moniot –, devant ce que toute la planète compte de professionnels de l’aéronautique. Ou l’art et la manière de prouver les avantages des matériaux composites hautes performances, élaborés au sein de REXIAA : propulsé par un moteur de 125 chevaux, le Simba transporte quatre passagers et leurs bagages à 1 200 kilomètres en ne consommant que 24 litres à l’heure, et ce, plus rapidement qu’un appareil traditionnel doté d’un moteur de 180 chevaux et consommant 40 litres à l’heure. Enfin, le portrait de Philippe Moniot ne serait pas complet sans l’évocation du jardin secret qu’il partage avec son épouse et ses enfants : une collection d’avions anciens méticuleusement restaurés pour être remis en vol : « En dehors de la complicité familiale nouée autour de ces appareils, confie-t-il, c’est une façon de témoigner du respect pour ce que les anciens ont réussi, sans informatique ni fibre de carbone. » ! REXIAA Group, ZI des Listes, rue Pierre-Antoine-Rouvet, 63500 Issoire. Tél. : 04 73 89 71 00 www.rexiaa.fr

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AVIA

À la conjonction des talents

Regroupant quelque 45 entreprises, l’association « Auvergne valorisation de l’industrie aéronautique » (AVIA) souligne le rôle majeur de la région dans ce secteur, notamment dans les domaines du travail des métaux et de la maintenance.

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’Auvergne, place forte de l’aéronautique ? La formule pourrait laisser perplexe. Elle reflète pourtant une réalité ancrée depuis l’entre-deuxGuerres, quand la région s’est vue assigner ce rôle pour des raisons stratégiques (elle était éloignée des frontières de l’Est) et énergétiques

(elle disposait d’abondantes ressources en électricité). En 1993, conscients de ce déficit d’image, trois chefs d’entreprise – JeanPaul Fafournoux (Auvergne Aéronautique), Philippe Moniot (Issoire Aviation) et François Lacoste (NSE Intégrations) – ont créé l’association Auvergne valorisation de l’industrie

aéronautique (AVIA). Président d’AVIA, Jean-Michel Plasse donne la mesure de cette activité, rappelant que l’association fédère 45 entreprises employant de 8 à 10 000 salariés et représentant toutes les compétences du secteur, hormis les moteurs. « Ce tissu est fait de très grosses entreprises, avec des leaders tels que Michelin, l’AIA,

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Industrie

En haut : Une série de tuyères façonnées chez Slicom pour Eurocopter. En bas : L’entretien d’un turbopropulseur chez Enhance Aero À droite : La grande révision d’un Transall à l’AIA ; l’aménagement intérieur d’un jet d’affaire chez Enhance.

Aubert & Duval ou Constellium, de grosses PME (NSE, Slicom-Auvergne Aéronautique et Rex CompositesIssoire Aviation), ainsi que de PME et de TPE aux savoir-faire de niches. C’est pour ces dernières qu’AVIA est le plus utile. Nous leur apprenons à se connaître et à se faire confiance, ce qui est devenu indispensable, l’époque étant au regroupement. » Il faut savoir par exemple qu’Airbus, après avoir fait travailler jusqu’à 4 000 sous-traitants, n’en occupe plus aujourd’hui que 3 à 400, ses nouveaux appels d’offre concernant désormais des ensembles ou des sous-ensembles. AVIA travaille également à développer la formation, notamment à travers une plateforme technique qui ouvrira à la rentrée 2013, dans une partie des anciens locaux de Regional, à Aulnat. « Les jeunes s’y sentiront tout près de la vie active, poursuit Jean-Michel Plasse, et c’est d’autant plus nécessaire qu’il y a une très forte

À la pointe de la métallurgie

tension sur ce marché du travail spécifique. » L’association œuvre en outre depuis trois ans pour l’export au travers du guichet unique qu’est Auvergne International. Enfin, elle souhaite développer l’innovation en favorisant les contacts entre le monde de la recherche et les industriels.

Au premier rang de la large palette de savoir-faire disponibles en Auvergne figure le travail des métaux, ce qu’illustre une actualité particulièrement riche. À SaintGeorges-de-Mons, près de son unité des Ancizes, la société Aubert & Duval, spécialiste mondial des aciers spéciaux, a fait sortir de terre en un temps record l’usine Ukad, qui renforce la place prééminente de l’Auvergne. En effet, Ukad est le produit d’un joint-venture avec le groupe kazakh UKTMP, l’un des principaux producteurs mondiaux de titane. L’usine, qui abrite notamment le troisième four le plus important au monde, vient de démarrer la fabrication de produits semi-finis en alliage de titane, sécurisant ainsi une filière stratégique, notamment pour EADS qui a signé un contrat à hauteur d’un milliard de dollars courant jusqu’en 2022. Plus que

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* En haut : Les installations actuelles de Régional, près de l’aéroport de Clermont-Ferrand Auvergne, dont les capacités d’accueil vont être multipliées par quatre avec leur transfert en zone aéroportuaire sud. En bas : chez Slicom, deux phases d’assemblage de cockpits pour Eurocopter.

! AVIA Service Industrie, CCI du Puy-de-Dôme, 148 boulevard Lavoisier 63000 Clermont-Ferrand Tél. : 04 73 43 43 85 www.puy-de-dome.cci.fr

centenaire et toujours à la pointe de la technologie, Aubert & Duval investit aussi à côté de son usine d’Issoire, à Interforge, dont elle est l’actionnaire majoritaire. Célèbre pour posséder depuis 1977 la presse à matricer la plus puissante d’Europe hors Russie (65 000 tonnes), cet établissement travaillant essentiellement pour l’aéronautique vient ainsi de mettre en service une presse à forger ultramoderne de 3 000 tonnes ayant d’ores et déjà commencé à produire des éléments (éclisses de jonction fuselage-voilure) pour le futur Airbus A350 ou les cadres et les poutres d’inverseur de poussée du tout nouveau Boeing Dreamliner. Cette presse forgera de nouveaux alliages d’aluminium également élaborés à Issoire, où le Monopoly de la mondialisation a récemment fait naître Constellium, héritier d’une

ancienne filiale de Pechiney. Plus que jamais champion de France de la transformation de l’aluminium, le groupe a mis son usine auvergnate aux avant-postes dans la bataille des alliages légers face aux matériaux composites. Le site sera en effet équipé de la première fonderie industrielle capable de produire Airware, un alliage aluminiumlithium dont la structure issue des nanotechnologies fait gagner un quart du poids, tout en étant recyclable à 100 %.

Aulnat, pôle de la maintenance La maintenance est un autre point fort de la filière aéronautique en Auvergne,

avec à la clé, là encore, de nombreuses créations d’emplois. La spécialité est ancienne puisque l’Atelier Industriel de l’Aéronautique (AIA) de Clermont-Ferrand, principal employeur du secteur avec près de 1 300 personnes, a été créé en 1939 sur la plate-forme d’Aulnat, maintenant dotée d’une piste pouvant accueillir tous les avions civils ou militaires. Disposant d’une surface couverte de 157 000 m² et d’installations industrielles dernier cri, l’AIA a un rôle d’expert dans la maintenance et la modernisation des aéronefs militaires de l’armée française (hormis ce qui concerne les moteurs et l’armement), du Rafale à l’Alpha Jet en passant par le Transall et les hélicoptères. Chaque année, plus de 140 appareils et près de 5 000 équipements passent par les ateliers auvergnats, dans le cadre de leur maintenance programmée. En fin d’année, Regional, autre acteur majeur de la maintenance, aura rejoint l’AIA dans la zone sud d’Aulnat et multipliera par quatre ses capacités d’accueil. Depuis 2001, cette compagnie de transport aérien réalise la maintenance majeure de sa flotte sur sa base de Clermont-Ferrand et depuis quatre ans, forte de cette expérience, elle propose ses services à d’autres transporteurs pour leurs avions Embraer et ATR. Mentionnons encore Enhance Aero, qui a débuté à la même époque avec la remise en vol pour la compagnie ukrainienne DinproAvia de la flotte d’Embraer 145 parquée sur l’aéroport d’Aulnat, suite à la faillite d’Alitalia Express. Depuis, Enhance Aero assure la maintenance d’avions régionaux et d’appareils d’affaires haut de gamme, dont les Falcon de Michelin Air. La croissance de la société a été spectaculaire puisqu’elle a recruté 130 salariés depuis ses débuts et que son chiffre d’affaires est passé de 3,5 millions d’euros à 23 millions d’euros en 2010.

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Sport

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CENTRE DE FORMATION

DE L’ASM La fabrique de champions Créé en 2002, le centre de formation de la section rugby de l’Association sportive montferrandaise (ASM) est aujourd’hui une référence en France. Dans le sillage d’un club professionnel en progression constante, il tente d’attirer les meilleurs rugbymen de demain. Comment, et pourquoi ça marche ? Plongée dans les rouages de cette fabrique de champions.

Texte

Julien Teillier Photos

Ludovic Combe

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S Sport sortis du centre depuis 2002, onze sont toujours professionnels chez les « Jaune et Bleu ». Chaque intersaison, le centre propose plusieurs de ses joueurs aux responsables du club, avec un idéal de trois nouveaux pros « maison » par saison. Un quota élevé dans un club de premier plan, dont les résultats et la réputation attirent désormais des stars mondiales. Pour le centre, suivre le rythme imprimé depuis cinq ans par l’équipe de Vern Cotter est un challenge, comme en

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es pessimistes prédisaient un début de saison 2011-2012 galère à l’ASM Clermont Auvergne, désertée par une quinzaine de ses meilleurs joueurs partis disputer la Coupe du monde de rugby. C’était mal connaître les ressources du club. Le temps d’un automne enchanteur, le grand public aura découvert une bande de jeunes d’à peine 20 ans de moyenne d’âge, mais déjà parfaitement à l’aise en Top 14, le championnat de clubs le plus relevé au monde. Ils s’appellent Jean-Marcellin Buttin, Loann Goujon, Baptiste Hézard, Clément Ric, Raphaël Chaume, Julien Bardy, Wesley Fofana, Noa Nakaïtaci... Ils sont tous issus de la formation clermontoise, comme leurs glorieux aînés Aurélien Rougerie, Anthony Floch, Julien Malzieu ou Thomas Domingo.

Un avenir en Auvergne Aujourd’hui, Clermont est l’un des clubs français comptant le plus de joueurs issus de son propre centre de formation. Sur 59 joueurs

Du balcon de leur appartement, Mike Corbel et Cameron Pierce ont une vue imprenable sur le théâtre de leurs rêves. Hébergés par le centre de formation dans un 70 m² voisin du stade Marcel-Michelin, ces deux jeunes rugbymen sont programmés pour intégrer le groupe pro clermontois. À 19 ans, le pilier breton Mike débute sa deuxième saison au centre de formation. Cameron, son colocataire, un deuxième ligne canadien de la région de Vancouver tout juste âgé de 20 ans, a débarqué

cet été à Clermont. La perspective d’un avenir en Auvergne a convaincu ces deux espoirs de signer au centre de formation de Clermont. « La saison dernière, voir tous ces joueurs formés au club dans le groupe pro, c’était plus que bien. Et cette année, avec la Coupe du monde, ils se “gavent” encore plus, donc ça donne envie, témoigne Mike. C’est l’un des meilleurs centres de formation en France. J’avais pris ma décision avant que Clermont soit champion. »

De gros moyen pour la future élite témoigne son directeur, Bertrand Rioux. « Il faut qu’on augmente en permanence nos performances, notre travail et nos exigences, car au-dessus, ils sont toujours en train d’avancer. Ce n’est pas simple, mais c’est intéressant, parce que ça débouche sur quelque chose. » En effet, malgré une concurrence de plus en plus forte, le centre de formation reste un vrai réservoir pour l’équipe professionnelle. Un solide argument, au moment d’attirer les jeunes talents en Auvergne.

Si les professionnels de l’ASM ont attendu près de 100 ans pour obtenir un premier Bouclier de Brennus, les jeunes de Clermont ont très vite accumulé les trophées. Les générations dorées se succèdent depuis 2002, avec trois titres de champion de France espoirs (moins de 23 ans) en 2006, 2010 et 2011, deux titres en junior Reichel (moins de 21 ans) en 2004 et 2010, et un titre en junior Crabos (moins de 19 ans) en 2010. Des résultats qui témoignent de la qualité du centre,

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Une volonté régionaliste, une ouverture sur le monde

de fonctionnement, le centre de formation clermontois a obtenu la classification de niveau 1, la plus élevée, grâce notamment aux apparitions régulières d’espoirs dans l’équipe professionnelle. de son équipe et du contenu de la formation. Émanation de l’ASM omnisports, mais indépendant de la SASP ASM Clermont Auvergne, le centre de formation de la section rugby est installé à la Gauthière. Terrain d’entraînement, salle de musculation, cabinet médical, espace de restauration et bureaux, tout est concentré sur ce seul site. Sous la direction de Bertrand Rioux, ancien demi de mêlée de l’ASM, on trouve trois encadrants sportifs, trois préparateurs physiques, une personne chargée du suivi scolaire et un responsable administratif. En plus de ces permanents, une équipe de quatre médecins, un diététicien et un préparateur mental interviennent très régulièrement auprès des jeunes. Une grosse structure, dotée d’un budget de fonctionnement annuel de près d’1 million d’euros, dont bénéficie une cinquantaine de rugbymen âgés de 18 à 23 ans. Comme Mike Corbel

et Cameron Pierce, une vingtaine d’entre eux sont sous convention avec la Ligue nationale de Rugby, et par conséquent autorisés à jouer en équipe Première. Ce sont les plus gros potentiels, sous contrat avec l’ASM, le centre voyant en eux les futurs pros de demain. La trentaine restante constitue l’Académie : plus jeunes, moins mûrs, mais tout aussi prometteurs. Nourris, logés, rémunérés pour certains, les pensionnaires du centre sont totalement pris en charge. Un engagement qui exige un retour sur investissement. Les jeunes rapportent des points à leur centre de formation, en vertu de critères établis par la Ligue nationale de rugby. L’évaluation s’appuie sur les infrastructures du centre, l’organisation sportive, le suivi médical, l’organisation scolaire et professionnelle, et l’efficacité sur le plan sportif et les résultats scolaires. Dès sa première année

Double projet Dans la salle de musculation, maillot des Springboks trempé de sueur, Mike Corbel s’acharne sur un stepper. Musculation et entraînement quotidiens, c’est le prix à payer pour espérer toucher du doigt une carrière professionnelle. « L’entraînement est vraiment difficile, témoigne Cameron. Mais ce n’est pas une surprise, je savais que c’était le haut niveau.» Un entraînement presque aussi intense que celui des pros, auquel les pensionnaires du centre ajoutent un emploi du temps d’étudiant, au risque de frôler le surmenage. Mais ce double projet sportif et scolaire est la colonne vertébrale de la formation. « S’il n’y a qu’un projet sportif, on va faire un chômeur, analyse Jacques Champaix, président de l’ASM omnisports. Pour tous ces jeunes, il y a forcément une sortie du rugby en vue. Soit parce qu’ils

• Pour sélectionner les meilleurs talents, les responsables du centre cherchent d’abord dans les clubs de la région, avec qui ils ont tissé de profonds liens. Mais à l’image de Cameron et Mike, le centre doit recruter hors des frontières auvergnates, faute d’un vivier régional suffisamment étoffé. « Notre volonté, c’est bien évidemment de s’appuyer sur ce qui existe chez nous, mais hélas, le rugby n’est pas aussi pratiqué en Auvergne qu’en Midi-Pyrénées, région par ailleurs bien plus peuplée. Pour les jeunes venus d’ailleurs, c’est l’occasion de découvrir un nouvel espace de vie… » Ainsi, un partenariat a-t-il été signé en 2010 avec le club de Massy dans l’Essonne, pourvoyeur de talents franciliens. Mike Corbel a fait ses classes près de Rennes, puis au pôle espoirs de Tours, où il a été repéré par Clermont. Le prometteur arrière Jean-Marcellin Buttin est originaire de Metz et son aîné, Alexandre Lapandry, troisième-ligne international intégré au groupe pro en 2008, a été déniché en Saôneet-Loire. Et à l’image de Cameron Pierce, venu du Canada, ou de l’Écossais Marc Bennett, l’ASM a également établi des connexions à l’étranger, avec les équipes de jeunes de Géorgie ou encore l’Académie rugbystique de la province de Nadroga, aux Fidji, d’où sont issus Kini Murimurivalu et Noa Nakaïtaci.

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Sport progresser, une éthique de travail. Même pour un étranger. Marc Bennett, qui est arrivé d’Ecosse au début de l’année et qui s’est rompu les ligaments croisés du genou, ira dès qu’il le pourra à l’Université. Ce qu’on veut, c’est qu’il apprenne très vite le français. » Arrivé début août à Clermont, Cameron Pierce a immédiatement débuté des cours intensifs. « J’aimerais progresser en français, pour améliorer mes relations avec mon colocataire et mes amis sur le terrain. C’est important,

d’abord par rapport à l’âge, et aussi parce qu’ils ont un savoir-faire. » Éthique de travail et sentiment d’appartenance au club. Des valeurs fortes à Clermont et à l’ASM, et sur lesquelles les responsables du centre insistent, pour que la concurrence reste saine entre ces futurs cracks. « On leur répète que l’important, c’est l’équipe, pas l’individu », explique Bertrand Rioux. Y compris pour éviter les dérives comme le dopage, qui pourrait être une tentation. Par des contrôles réguliers, des

c’est une marque de respect. » Et pour reprendre ensuite ses études en France, après deux ans d’éducation physique et d’histoiregéographie à la faculté de Victoria, au Canada.

sessions d’information et par le suivi longitudinal auquel sont soumis les jeunes sous convention, le centre n’a pour l’instant jamais été confronté à ce problème. Mais les responsables gardent l’oeil ouvert en permanence. Parce qu’on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, l’ASM veut continuer à s’appuyer sur le savoir faire de la formation locale, et René Fontès, le président de la SASP, l’affirme volontiers : « Le développement du club professionnel et du centre de formation ne vont pas l’un sans l’autre. » Témoin ce début de saison fracassant, et ce constat que les supporters jaune et bleu ne sont pas près d’oublier. Quand les stars étaient à l’autre bout du monde, ce sont bien les aspirants pros qui ont tenu la baraque…

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Sport de haut niveau et métiers du sport • Relevant du Conseil régional, l’Association pour le développement professionnel des sportifs a été mise en place par l’ASM omnisports en 2003, et installée dans les locaux de la Gauthière. « Nos jeunes n’ont pas forcément la capacité et le temps de faire de hautes études, plaide Jacques Champaix. Mais on veut les aider à faire quelque chose, et des formations aux métiers du sport ou de l’animation nous intéressent. La proximité entre un organisme de formation et le milieu sportif de haut niveau créé des synergies fantastiques. » C’est un résumé du parcours de Mike Corbel, qui prépare actuellement un Brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport (BP Jeps), une formation en alternance d’animation sportive, après avoir échoué au bac l’été dernier. « J’ai bien rebondi, et je me plais dans l’animation, donc j’aimerais aller au-delà du BP, passer d’autres diplômes. Il faut que j’aie ma première année, et mon diplôme en deuxième année, mais il n’y a pas de raison que je me loupe. C’est obligatoire ! »

ne parviendront pas à trouver de contrat professionnel, soit à la fin de leur carrière. Il faut les préparer à cette vie après le rugby.» Les jeunes sont donc recrutés pour leurs qualités rugbystiques, mais aussi pour leur volonté de mener des études à terme, quelles qu’elles soient. L’ASM travaille en bonne entente avec l’Académie et les universités pour que ses jeunes puissent suivre les études de leur choix, avec des emplois du temps leur ménageant de larges plages consacrées au rugby. Le centre regroupe des lycéens, des étudiants en classe préparatoire aux écoles d’ingénieur, des étudiants en Staps ou en animation, des apprentiartisans… « On est très ouvert, mais quand on discute avec un jeune, il faut qu’on sente une volonté de

Prévenir les risques de dérive Si Mike et Cameron, comme leurs responsables, évoquent une bonne ambiance, les places sont chères au centre de formation. « La concurrence est rude, surtout à mon poste, explique le pilier Mike Corbel, qui évolue encore en Reichel. Pour intégrer les Espoirs, il y a encore beaucoup de travail, encore plus pour aller chez les pros. Des gars comme Cément Ric ou Raphaël Chaume (qui jouent avec les pros – NDLR), je me sens loin d’eux. Je les respecte,

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Portraits

Acteurs du recyclage Les vraies richesses Il suffit de se rendre aux quatre coins de l’Auvergne pour trouver ce que Giono nommait « les vraies richesses ». À force d’ingéniosité et de persévérance, nombreux sont ceux qui ont su imprimer leur marque de fabrique (Gombag, Dédale, BatiPack…) et leur mode de pensée pour transformer et recycler ce que tant d’autres croyaient perdu. Ne serait-ce pas là la clé du Nouveau Monde, savoir faire du plus avec le moins, et le faire savoir ? Texte

Corinne Pradier Photos

Ludovic Combe

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Nathalie Girardin Dedale « Faire revivre ce qu’on trouve »

athalie Girardin a toujours eu la passion du travail manuel, de la récupération, de la transformation. Elle se souvient de son grandpère breton qui, à la pointe du Finistère, faisait un tout avec du presque rien. « Il fouillait dans ce que les autres jetaient. Je suis comme lui, j’adore chiner. » En 2003, elle quitte Paris – où elle est informaticienne dans la grande distribution – pour suivre son mari en Auvergne. Mère de trois enfants, elle entend bien allier vie professionnelle et familiale. Elle décide alors de métamorphoser la montagne d’objets accumulés en

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vraie activité. En 2006, elle ouvre son atelier « à la maison, sans la contrainte d’une boutique » et diffuse aujourd’hui ses créations jusqu’au Japon, grâce à Internet. Pour cette autodidacte, le besoin d’apprendre est constant et c’est pourquoi elle s’entoure des compétences d’autres artisans (peintre en décor, électricien, ébéniste…) auprès desquels elle sous-traite certaines étapes. « J’ai choisi pour nom “Dédale”, car il désigne bien ce labyrinthe dans lequel on part en quête dès l’aurore. De plus, il existe tant de voies possibles pour faire revivre ce qu’on trouve. » Simples objets, mécaniques ou matières

dévoilent l’âme d’une personne ou d’une époque. En fouillant leurs entrailles, Nathalie touche au génie de l’homme. En plus de leur pouvoir décoratif, où la patine domine, ses objets racontent tous une histoire. « En prenant mes distances avec la grande distribution et la standardisation, je redonne du lien et du sens. Quant à l’aspect purement technique, je m’adapte au fur et à mesure des problématiques en utilisant des produits simples et non agressifs. Puis, je recycle mes déchets d’atelier. » Pour sa dernière trouvaille, Nathalie a fait un tour au Creux de l’Enfer, une ancienne friche industrielle

thiernoise devenue centre d’art contemporain. Là, elle a déniché des plaques de la coutellerie Dozorme dans lesquelles les couverts apparaissent en négatifs : « On appelle ça les chatilles ». Partant de là, elle a créé une série de lampes haut de gamme en faisant appel à des entreprises de la région pour le traitement du métal et l’éclairage. Une idée lumineuse parmi d’autres que l’on peut admirer depuis juillet dernier, dans un show room clermontois où, au fil des saisons, se joue une scénographie rehaussée d’un plafond en lattis xviiIe siècle. Un nid de symboles !

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Portraits

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Cecile Boursin Alexandre Guillaume MS Valoriser et préserver our Cécile Boursin et Alexandre Guillaume, l’aventure industrielle commence dès l’enfance, sur de « très gros tas de sable ». Nous sommes en 1976, à Monton, et leur père, Jean-Paul Guillaume, doué d’« un vrai tempérament d’entrepreneur et d’un talent de concepteur », se lance (avec un bac technique en poche) dans la conception de matériels de traitement de sable et d’eau. La tournée des clients et des salons professionnels offre un peu de dépaysement. De quoi faire passer dix années de « disette » au terme desquelles la persévérance finit par payer. Dans les années 1990, proposant des solutions pour les industries minérales, les travaux souterrains et l’environnement (comme le traitement des boues), MS implante ses usines clés en main aux quatre coins du monde. Tandis que leur sœur aînée suit une autre voie, Cécile et Alexandre se préparent insensiblement à marcher dans les pas de leur père. Diplômée ingénieur INSA en génie civil à Lyon, Cécile fait un stage au Caire, puis rejoint Sydney en tant qu’ingénieur projet. Elle y restera trois ans. « Au départ, je voulais aller chez les Majors, mais riche de mes expériences à l’étranger et comprenant la technicité en jeu, j’ai accepté la main tendue par mon père. » Après une licence en physique à l’Université d’Auvergne, Alexandre, lui, retrouve ses gros tas de sable sans hésitation. « Pour mon père, la transmission du savoir passe par

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le fait de toucher les matériaux, mettre les mains dedans. Il m’a pris sous son aile et confié les calculs théoriques pour prédimensionner les installations, puis des dossiers à forte ingénierie et je me suis pris au jeu. » Le sablier de la vie faisant son œuvre, et après un temps de transition, tous deux prennent la suite en 2005. « Nous sommes passés d’une méthode de management verticale à une conception plus horizontale. À deux, nous avons une vue plus générale. Chacun gère son domaine avec une grande latitude. Il y a une énorme synergie. Et puis, nous avons la chance d’être accompagnés par une garde historique rapprochée, dont la loyauté est chevillée au corps. » En s’installant sur son lieu de naissance en 2010, MS a doublé sa surface de production et regroupé tous les services sur un même site. L’espace ouvert au public y est spacieux, calme et lumineux, à l’image d’une société sélectionnée par le cluster d’excellence des éco-entreprises innovantes de la région (E2ia), qui emploie 79 personnes et génère environ 20 millions d’euros de chiffre d’affaires. Ambassadrice du développement durable et récompensée du prix de l’Entrepreneur Ernst & Young dans la catégorie Business Vert région Rhône-Alpes, MS démontre qu’en Auvergne on sait comment changer la boue en or ! ! MS,

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Emmanuel

Roux Meygalit AVI 43 La vie d’un autre œil

our avoir fréquenté le cours accidenté des rivières, Emmanuel Roux sait que celui d’une vie trouve lui aussi sa force dans les écueils. Après dix ans d’accompagnement auprès de jeunes en difficulté (de 13 à 21 ans), il quitte son poste d’éducateur. « Bientôt père de trois enfants, je travaillais pour la plupart du temps en décalage avec ma vie familiale. » Il reste dans le domaine social et entre au Syndicat intercommunal d’aménagement de la Loire et de ses affluents. (SICALA). « En restaurant les berges de cours d’eau grâce aux personnes en insertion, cette collectivité utilise un support économique pour aider à gagner en confiance et se reconstruire. J’ai découvert le travail avec les élus sur un petit territoire. » Six ans plus tard, alors que l’équipe est remodelée, il sent qu’il est temps de repartir. Cette période coïncide avec une étude sur l’offre d’insertion en Haute-Loire, lancée par la Direction du travail et le Conseil général, qui met en évidence un déséquilibre de l’offre avec une forte demande dans la partie est du département. Vivant à SaintJulien-Chapteuil, Emmanuel sait qu’à portée de main existe un fort potentiel en tourisme vert. Il quitte son poste de contractuel

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de la fonction publique et passe un Master 2 en ingénierie et management des entreprises d’insertion à Saint-Étienne. « Je me suis mis au chômage au tout début de la crise. Grâce à la pratique du sport, je sais qu’on peut prendre des risques s’ils sont maîtrisés. » Après avoir rencontré les acteurs locaux, il fonde Meygalit (Meygal Insertion Travail), association d’insertion par le travail dont le bureau regroupe travailleurs sociaux, chefs d’entreprises et élus. « C’est un outil qui m’a permis de créer neuf postes, dont le mien. » Une petite structure n’étant pas viable à long terme, il se demande comment mutualiser les moyens.

Après 12 ans d’existence, AVI 43 (chantier d’insertion localisé sur Yssingeaux et intervenant dans la récupération et traitement des matières textiles) est également en phase de reconstruction. Emmanuel est là au bon moment. Il en prend la direction conjointe, tandis qu’une convention de partenariat à part égale est signée entre les deux associations. Son parcours et l’univers qu’il s’est choisi correspondent à sa conscience humaniste : « Se retrouver dans un dispositif d’insertion peut arriver à n’importe qui. » Débordant d’idées pour mettre en relief les qualités de chacun, il sait « devoir agir en

douceur, car nos salariés ont besoin de stabilité. Trouver un équilibre sans surprotéger. » Que ce soit en réhabilitant les chemins où en recréant un vêtement, au-delà des taux de réussite exigés, la réinsertion aide à voir la vie d’un autre œil !

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Nicolas Lepron Gombag Gonflé ! on futur métier, Nicolas Lépron en a l’intuition vers 13 ans. Le flash se produit dans une maroquinerie de Sainte-Énimie, dans les gorges du Tarn. « L’odeur, l’ambiance » se glissent dans sa peau. À 17 ans, il entre aux Compagnons du devoir. Après trois années passées entre le CFA de Marseille et son apprentissage chez un petit artisan de Toulouse, il obtient un CAP et un BEP en maroquinerie sellerie. S’ensuit une itinérance qui le conduit de Besançon à Nice où tantôt il réalise des prototypes de bracelets-montres ou fait de la sous-traitance pour Vuitton. Puis, sonne l’heure d’un compagnonnage éclaté qui durant 10 ans l’amène à explorer

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d’autres métiers, jusqu’au jour où un licenciement économique le pousse à se lancer. « Durant six mois, j’ai travaillé exclusivement du cuir. Puis, en voulant faire des doublures de blague à tabac, réalisées autrefois en latex, j’ai eu l’idée de travailler la chambre à air. » Plutôt gonflé si l’on songe aux difficultés inhérentes au matériau. « Entre le cuir et la chambre à air, tout est différent. Le caoutchouc est assez dense et exige tout un travail de préparation invisible afin de le rendre noble. Il faut un sacré nettoyage pour ôter les graisses. J’utilise des jets à haute pression et haute

température avant de faire un passage en machine à laver au bicarbonate de soude. » Hormis sur de grosses épaisseurs où l’on trouve quelques surfaces planes, le roulement du pneu imprègne sa forme, il faut donc jongler avec l’élasticité en multipliant les coupes, d’où l’importance de réaliser croquis, gabarits et prototypes en carton afin que tout roule. Installé à Chanonat depuis six ans, Nicolas confectionne des modèles uniques ou des mini-séries dans un matériau voué autrefois au rebut et cependant résistant, imperméable et intachable.

Outre le dépôt en magasins et la vente directe en salon d’artisans d’art et de créateurs (trois à quatre par an), ses réalisations sont accessibles par le biais d’un site Internet mis en route dès la première année. Besaces, trousses, porte-monnaie et portefeuilles, ceintures homme et femme, pochettes trapèzes, sacs holster ou sacs sur mesure pour matériel photo… Gombag (prononcer « gomme bag »), une collection originale, cousue en fil de Nylon coloré, ornée de valves et de rustines, qui marque son empreinte dans l’ère du recyclage.

! Gombag, 8, place de la Mairie, 63450 Chanonat. Tél. : 06 78 69 47 www.gombag.com

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Portraits

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Jean Pierre Ladvie BatiPack Un jeu d’enfant ngénieur de formation, Jean-Pierre Ladvie a passé 35 ans dans le monde de la montagne, où il fut directeur de stations, avant de démissionner en 2006. Ses trois fils ayant rejoint les études, il jouit d’une grande liberté géographique et réalise son rêve d’enfant. « Depuis la maternelle, je me disais : à 50 ans, j’arrête tout ! » De là à l’imaginer jouer au Lego, il y a un pas qu’il n’hésite pas à franchir. « C’est une petite histoire qui a tout déclenché. Lors d’un championnat de France de ski à Chamrousse, nous avions deux chalets à construire en partie sommitale, sans aucune fenêtre météo pour l’hélico. J’ai réalisé qu’il n’existait aucun système de bâtiment modulaire qu’on puisse transporter en motoneige. » Il passe un Master 2 entrepreneur à l’École supérieure des Mines de Saint-Étienne où il finalise son nouveau concept d’éco-construction bois. « Durant 18 mois, j’ai rencontré des gens qui pensent bien et juste. Leurs analyses m’ont conforté. » Dans la foulée, son système (aux valeurs sismiques exceptionnelles) fait l’objet de nombreux essais au laboratoire du FCBA (Centre national du bois à Bordeaux)

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et décroche les brevets internationaux. « Comme il y a très peu d’innovations dans la filière bois, on gagne en visibilité. » Reste alors à trouver un lieu où installer sa société et lancer la fabrication du BatiPack : caissons en panneaux OSB4 renfermant de la laine de roche (produite en Auvergne). « J’ai choisi le Cantal en raison d’un lien filial et d’une circonstance. GMV Ameublement ayant déposé le bilan (un drame pour Aurillac !), j’ai signé un bail commercial et acheté le parc de machines à commandes numériques, aisément adaptables à mon

projet. En Auvergne, les masses salariales sont extrêmement fiables. Il y a un vrai attachement au lieu et à l’entreprise. Et, qui plus est, l’accès aux décideurs est aisé. J’ai pu mettre en œuvre ma philosophie : sortir de la seule matière grise pour produire. C’est le seul moyen de s’en sortir. » En dehors du matériau écologique et économique (« la quatrième offre » après le parpaing, la brique et le béton cellulaire), l’originalité du concept repose sur le principe de tenségrité : réalisation d’un système rigide et déformable stabilisé par la répartition et l’équilibre des contraintes mécaniques dans

la totalité d’une structure. D’un point de vue logistique, les maisons (30 vendues en France depuis la création en 2009) partent en prêt-à-monter sur des palettes Europe avant d’être assemblées au rythme de 50 m² par jour (même en hiver). Un village est en cours de finalisation en Haïti et la Côted’Ivoire est sur les rangs. Un jeu d’enfant ! ! BatiPack,

Wood Way SAS, ZI de Sistrières, rue Félix-Daguerre, 15000 Aurillac. Tél. : 06 80 24 71 00 ou 09 63 67 67 77 www.woodway.fr

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CNCS

La scène française s’affiche à Moulins Photos

Christophe Grand Photos

Emmanuel Dubost

Le Centre national du costume de scène (CNCS) de Moulins vient de fêter ses cinq ans d’existence. Un lustre durant lequel 350 000 visiteurs ont pu apprécier des expositions de costumes ayant beaucoup à raconter sur les arts de la scène. Montrés ici pour eux-mêmes, ils ont gagné un statut que le monde du spectacle ne leur avait encore jamais accordé.

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* En haut : Le CNCS, extérieur nuit. Au milieu, à gauche: Départ d’une exposition « hors les murs », chargement du camion. Au milieu, à droite : Mise en place d’une exposition, déambulation de mannequins. En bas : Mise en place d’une exposition (« Vestiaires de Divas »), préparations des accessoires, ici une paire de chaussures. À droite : Mise en place d’une exposition (« Rudolf Noureev »), installation des décors.

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our les cinq ans du Centre national du Costume de Scène, il y avait bal sur la place d’armes. L’esplanade, qui devance le centre, a reçu des acrobates, on y a dansé, chanté et donné la réplique… Juillet n’en était qu’à son jour premier, mais la ville de Moulins a fait tirer un feu d’artifice. Il est vrai que le lieu s’est très rapidement taillé une place de choix sur le circuit des amateurs de culture, et que la préfecture de l’Allier s’est ainsi enrichie d’un lieu de visite dont l’attrait rayonne très au-delà de la région. Presque un miracle, si l’on songe que le quartier Villars (qui l’abrite) est passé à un godet de pelleteuse de la démolition ! Reconnaissons que cette ancienne caserne, avec son bâtiment central aussi vaste et vide qu’un paquebot désarmé, ne semblait promettre que des tracas. Mais la robustesse

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Costumes et air du temps Chaque année, le CNCS produit deux expositions temporaires d’une durée de six mois chacune. En 2011, après « Les insolites » qui montrait l’utilisation dans le costume de matériaux inattendus (les robes en clous ou les costumes en latex ont beaucoup amusé les enfants), « L’Art du costume à la Comédie-Française » a présenté plus de 220 costumes dans une scénographie signée par Roberto Platé. On a pu notamment voir deux costumes du milieu du XVIIIe siècle (ce qui très rare, car on utilisait alors les vêtements de scène jusqu’à leur usure complète) dont un commandé par Voltaire pour la création de L’Orphelin de la Chine. Le philosophe aurait renoncé à son cachet pour financer lui-même les costumes dont le dessin ne plaisait pas à la ComédieFrançaise. Depuis son ouverture, il y a cinq ans, le CNCS a reçu 350 000 visiteurs, et la fréquentation est en progression : « L’Art du costume à la Comédie-Française » a ainsi attiré quelque 32 000 visiteurs, soit 20 % de plus que « Vestiaires de Divas » en 2010. Chaque jour, le centre accueille en moyenne 350 personne, et jusqu’à 600… les jours de pluie !

du bâti, l’équilibre rigoureux de sa façade et la qualité de ses aménagements intérieurs ont conduit à son classement au titre des Monuments historiques. C’était un premier pas vers la réhabilitation. On ne projetait pas encore d’y faire

venir le public, on a même pensé le convertir en réserves pour le Centre GeorgesPompidou, mais les portes manquaient d’ampleur pour des œuvres d’art contemporain parfois créées sous le signe de la démesure.

La gueule de l’atmosphère d’azote On s’est alors avisé que Paris comptait des greniers bondés de costumes particulièrement fragiles, qui ne serviraient plus à ce pour quoi on les avait créés, mais qu’il fallait

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C Culture

* En haut : Mise en place du costume sur le mannequin. En bas, à gauche: Vue d’une table des ateliers du CNCS. En bas, à droite : Détail, étiquettes avec les références des costumes.

absolument conserver. Dans leurs réserves, la Bibliothèque nationale de France, l’Opéra de Paris et la Comédie-Française détenaient d’encombrants trésors et prospectaient celui qui recevrait le précieux cadeau, tout en lui garantissant de bons soins. Ainsi est né le Centre national du costume de scène. Parrainé par le couturier Christian Lacroix, le CNCS, avant d’être le cadre d’expositions de prestige, est d’abord un lieu conservatoire, tant les textiles anciens sont fragiles, altérés par le temps et l’usage, menacés par des bestioles

discrètes mais voraces. Pour les protéger, il faut mettre en œuvre des recettes et des technologies connues des seuls spécialistes. Pourtant, ce n’est pas la notion de « conservation » que mettent en avant les acteurs du centre – sans doute le trouvent-t-ils poussiéreux et contraire à l’image de cette maison dont ils souhaitent qu’elle soit avant tout un lieu de vie. Toutefois, pour les costumes qui sont les stars de l’endroit, tout commence en coulisses. À de rares exceptions près, ils arrivent à Moulins après avoir été déclassés du

répertoire. Privés de scène, ils viennent ici entamer une nouvelle existence, qui débute dans une sorte de ballon étanche rempli d’azote. Cette mise en anoxie les débarrasse des œufs ou larves d’insectes qui ne peuvent vivre sans oxygène.

Silhouettes d’époque Puis ils sont « mannequinés » – un mannequin de couture de modèle courant étant ajusté, découpé ou rembourré pour adopter la morphologie du comédien à qui était destiné le vêtement. En une même époque, les corps sont très différents, et les costumes en adoptent les lignes, coupés pour un danseur-étoile ou une opulente diva. Mais la morphologie des corps a également évolué avec le temps et pour retrouver une silhouette, il faut beaucoup de travail aux quatre personnes qui sont ici en permanence, et reçoivent même du renfort à l’approche des expositions.

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Le mannequin est recouvert d’un tissu sombre pour disparaître dans le décor noir lorsqu’on photographiera le costume qu’il porte. Le centre possède son propre studio de photographie et des images de chacun des quelque 9 000 costumes de théâtre, d’opéra ou de ballet seront bientôt accessibles à tous par le biais d’Internet, assorties des références du vêtement et d’informations techniques. Car chaque pièce est un document auquel est attaché un peu d’histoire des arts de la scène. En cela, le CNCS contribue a changer le statut de ce montage de matériaux. Destiné à créer l’illusion, il était fabriqué pour être vu à distance, sous les lumières préméditées de la scène. Qu’il affiche un luxe tapageur ou l’aspect misérable de haillons, ce qu’il devait montrer était factice. Ici, le vêtement se révèle désormais tel qu’il est, dévoilant les artifices des costumiers. En somme, à Moulins, le costume est mis à nu.

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À voir et à faire En période scolaire, il y a tous les jours des enfants en visite au Centre. Ils peuvent même venir y fêter leur anniversaire – en 2012, un préau sera construit sur la place d’armes. Pour eux et pour les adultes sont proposés des ateliers hebdomadaires le samedi, destinés à la pratique du dessin et à la réalisation de décors, costumes et accessoires. Des stage d’un jour (où l’on apprend par exemple la broderie) sont également organisés tous les premiers dimanches du mois. Le CNCS dispose d’un centre de documentation accessible au public, riche de 10 000 ouvrages, dont de nombreux programmes de danse, de théâtre ou lyriques. Le décor de la boutique et du restaurant – très prisé des Moulinois comme des visiteurs extérieurs – est renouvelé à chaque changement d’exposition.

* En haut : les réserves du CNCS. En bas : Préparation de costumes pour l’anoxie.

! Centre national

du costume de scène, quartier Villars, route de Montilly, 03000 Moulins. Tél. : 04 70 20 76 20 www.cncs.fr

Ouvert tous les jours, de 10 à 19 heures en été, de 10 à 18 heures en hiver.

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Texte

Gilles Dupuy

Kütu Folk Records Cousu main

Créé par de jeunes musiciens clermontois, Kütu Folk Records s’est bâti une belle notoriété, grâce à la qualité de ses artistes et à ses CD cousus main. Authentique aventure collective, ce label accueille désormais des musiciens issus de toute la France, mais aussi des États-Unis et du Canada.

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ls l’ont fait ! Au mois de décembre 2011, cinq soirs durant, vingt-cinq musiciens estampillés « Kütu Folk Records » ont investi la scène des Rencontres Transmusicales de Rennes, le temps d’une carte blanche offerte par les programmateurs de ce prestigieux festival, réputé pour son intransigeance et son acuité en matière de musiques actuelles. Une sacrée reconnaissance pour ce label 100 % clermontois, dont n’avait bénéficié jusqu’alors que des artistes de renom (Gaétan Roussel, Yann Tiersen, Dominique A...), mais surtout l’illustration

d’une démarche singulière et collective, basée sur des valeurs simples, voire incongrues dans ce milieu, telle l’entraide ou le travail artisanal. Kütu Folk, c’est d’abord une histoire d’amitié, unissant quatre jeunes Clermontois passionnés de musique. Alexandre Rochon, directeur du label, également chanteur et leader de The Delano Orchestra, se souvient : « En février 2006, avec Damien Fahnauer, François-Régis Croisier et Bertrand Blanchard, nous avons eu envie de concrétiser notre projet musical (20206 – NDLR) sous la forme d’un CD et dans une édition très limitée. Nous avons dessiné la

pochette, puis nous avons eu l’idée de la coudre. Nous avons dû en tirer une cinquantaine d’exemplaires… » À l’époque, dans le bouillonnement caractérisant une scène rock clermontoise comptant parmi les plus dynamiques de France, l’initiative passe un brin inaperçue, mais rapidement, concerts et boucheà-oreille aidant, le nom de Kütu Folk commence à circuler parmi les amateurs de musique boisée et mélancolique, des blogs les plus pointus jusqu’aux pages des magazines spécialisés (Magic, Les Inrockuptibles…), puis des quotidiens nationaux (Le Monde, Libération…).

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* KIM NOVAK

* HOSPITAL SHIPS

Réhabiliter l’objet disque Aujourd’hui, la renommée de Kütu Folk dépasse largement les frontières de l’Auvergne, puisque le label accueille des musiciens issus de toute la France, mais également du Canada ou des Etats-Unis, tous séduits par l’atmosphère de liberté, la philosophie et l’esthétique véhiculées via les fameuses pochettes en carton fort, amoureusement cousues par Alexandre et sa… maman. « Effectivement, au départ, nous faisions ça en famille, à la maison. Aujourd’hui, nous faisons appel à toutes les bonnes volontés, à travers des ateliers de fabrication ouverts à ceux qui veulent bien nous donner

un coup de main. Nous avons même lié un partenariat avec Singer ! Ces pochettes, c’est notre identité, le nom du label vient d’ailleurs de là. » À l’heure du tout numérique et de la dématérialisation de la musique, la démarche de Kütu Folk pourrait paraître anachronique ; elle traduit au contraire l’ambition démesurée de réhabiliter l’objet disque à travers le soin mis dans sa réalisation. « L’idée, c’est de renforcer les liens qui existent entre la musique, le graphisme et l’art en général. Nous imposons que chaque artiste dessine intégralement sa pochette. Et nous proposons à ceux qui le souhaitent de choisir une

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C Culture

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La Pépinière de Mai • Il y a la vitrine, la salle d’envergure internationale, ayant accueilli quelques-unes des plus grandes têtes d’affiches en termes de musiques actuelles, de Patti Smith aux White Stripes en passant par Christophe ou Alain Bashung. Mais la Coopérative de Mai, c’est également un soutien de tous les instants aux artistes régionaux, « de l’aide à la production et au montage de spectacles ou du soutien à la structuration des activités artistiques. » En ce sens, la « Coopé » a très récemment franchi un nouveau cap, en se proposant d’héberger des entités telles que Kütu Folk Records, désormais domicilié place du 1er-Mai, dans des locaux adaptés à ses besoins. « Pour nous, il s’agit d’incuber des projets, en mutualisant nos moyens et nos compétences ! », souligne François Audigier, responsable de la Pépinière de Mai. D’autres entreprise ou associations, moins structurées, ont également leur siège social dans les locaux de la pépinière. « Nous mettons à leur disposition une boîte aux lettres, un box personnel,une salle de réunion, un téléphone, un accès au hotspot wifi,un photocopieur… » Via ses ressources humaines et techniques, la Pépinière de Mai prodigue également informations et conseils techniques, juridiques ou financiers personnalisés, le tout porté par une vision idéaliste de sa mission. « On se situe là dans l’économie sociale et solidaire ! », conclue François Audigier.

* EVENING HYMNS

œuvre dans la collection du FRAC Auvergne, afin qu’elle accompagne ou illustre le livret. » De ce point de vue, mais également en termes de notoriété, 2009 aura marqué un tournant dans la jeune histoire du label, avec la sortie nationale et quasi simultanée de quatre albums, œuvre de chacun des membres fondateurs du collectif (The Delano Orchestra, Leopold Skin, St-Augustine et Pastry Case)  

Un acteur de l’économie auvergnate Depuis, l’association Kütu Folk est devenue une société employant trois personnes à plein temps, hébergée dans les locaux de la Pépinière de Mai (lire encadré). « Le soutien de la Coopérative de Mai et des collectivités locales a été primordial, nous avons vraiment bénéficié d’un climat propice au développement de notre projet », confirme Alexandre Rochon qui, toutes proportions gardées, voit dans Kütu Folk un véritable acteur de l’économie auvergnate. « Par exemple, pour l’impression de nos pochettes, nous travaillons avec des entreprises clermontoises. C’est d’ailleurs un casse-tête pour elles, parce que nous leur demandons d’être très réactives. Nos disques sont fabriqués en fonction de l’actualité des artistes ! » Des artistes qui se comptent désor-

* ST-AUGUSTINE

mais au nombre d’une dizaine, parmi lesquels des Français (Kim Novak, Zak Laughed, Garciaphone…), des Américains (Hospital Ships) ou des Canadiens (Soso, Evening Hymns…), tous œuvrant dans des registres très différents, de la pop au hiphop en passant par le post-rock – le label s’étant par ailleurs ouvert à d’autres formes d’expression artistiques, comme la danse ou la vidéo. « Nous avons voulu rompre avec cette étiquette “folk” qui nous collait un peu trop aux baskets ». Musicien accompli, inlassable ambassadeur de Kütu Folk

(notamment auprès des médias parisiens), Alexandre Rochon est décidemment sur tous les fronts, puisqu’il préside également le Damier, un projet de grappe d’entreprises pour la filière musicale et audiovisuelle, labellisé par la DATAR en janvier 2011, et dont l’objectif est de favoriser les passerelles, de professionnaliser et de renforcer économiquement les acteurs d’un secteur en plein boom. Comme quoi, les chemins de la couture et du folk artisanal peuvent mener aux plus grands desseins…

! www.kutufolk.com

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LES LUMIÈRES DE LA VILLE C’est beau, une ville, la nuit. Avec Clermont-Ferrand, l’Auvergne compte une métropole vivante et animée, mais au Puy-en-Velay, à Aurillac, Moulins, Montluçon ou Vichy, le sens de la fête est aiguisé, les rues brillent aussi de mille feux. Photos

Jérôme Chabanne, Ludovic Combe, Emmanuel Dubost et Luc Olivier

Clermont, Champion de France de rugby, le 28 mai 2010.

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Les Musicales, Le Puy-en-Velay.

Théâtre de rue, Aurillac.

Vulcania.

Place de la Victoire, Clermont-Ferrand.

L’école des Beaux Arts, Clermont-Ferrand.

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Berges de l'Allier, Vichy.

Procession aux flambeaux, Le Puy-en-Velay. France-Espagne, Coupe Davis de tennis, juillet 2010.

Le Grand CafĂŠ, Moulins.

Dionysos en concert, la CoopĂŠrative de Mai, Clermont-Ferrand.

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Avenue Marx-Dormoy, Montluรงon.

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FĂŞte de la musique, Clermont-Ferrand.

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� 30 � BONNES

Clin d’œil

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Parce que je veux RAISONS le meilleur pour

D’AIMER mes enfants L’AUVERGNE

Parce qu’ici, il pleut moins qu’ailleurs

Parce que j’ai le goût de la victoire

Parce que je n’aime pas perdre

mon temps dans les embouteillages

Parce que j’ai l’esprit pionnier

Parce que je veux changer de vie

Parce que le coût de la vie

y est plus intéressant Parce que les plus grands réalisateurs de cinéma

viennent y tourner leur film

Parce que j’ai besoin de me ressourcer

Parce que l’atmosphère

est moins polluée 95

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� 30 � BONNES RAISONS

D’AIMER

L’AUVERGNE

Parce que la vie culturelle y est intense

Parce que je n’ai jamais

skié sur un volcan

Parce qu’ici, on m’aide

à créer mon entreprise Parce que l’Auvergne, c’est déjà le Sud

Parce que le taux de chômage

est un des plus faibles de France

Parce que je veux vivre

au plus près de la nature Parce que je sais que j’y serai bien accueilli

Parce que l’Auvergne,

c’est une terre de rock

Parce QUE j’aime LES VIEILLES PIERRES 96

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Parce que j’aime l’esprit « rugby »

Parce que je veux me joindre aux 42 000 étudiants déjà présents

Parce que je le mérite Parce que l’Auvergne Parce que l’eau pure jailli de plus de 109 sources minérales

Est une région sportive Parce que l’Auvergne est entièrement

couverte par le haut débit

Parce que j’aime les bonnes tables

et les bons produits de terroir Parce que la vie est y plus sûre Parce QUE j’aime me détendre dans les bains chauds

Parce que je suis à moins de 4 heures de Paris,

des Alpes, de la Méditerranée et de l’Atlantique

Parce que je veux découvrir

le NouveaU

Monde 97

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R Repères

TOUS LES CHEMINS MÈNENT

AU NOUVEAU MONDE

AUVERGNE

NOUVEAU MONDE

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Auvergne Nouveau Monde Edition 2012  

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